Don d'organes : que disent les religions?

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1 LE DOSSIER Don d'organes : que disent les religions? Le don d'organes permet de sauver des milliers de pcrsonnes, sans cela condamnées. La prêmière cause qui explique le non-prélèvement est I'opp-o- sition du défuntbu ou de son entourage- entourage. Et les chiffres chiflres français (taux de refusr supérieur à 3O 30 o/o en 2008) sont particu lièrement élevés Par rapportrt à ses.r.',i.i.," voisins (l'f.snaqne comdte trn taux!) ",,r.r.réens européens (l'espagne compte compte un tâux moitié moindre l) La religion explique les iéticences de clrtaines personnes. Prétexte.ou manque d'information?'nous avons réalisé une petitê enquête au cæur des principales religions monothéistes, documentation et interview à l'appui, dans I'espoir de donner des réponses claires et de dissiper les doutes et malentendus existants. lunanimité de I'lslam Dans le cas de donneurs de confession musulmane, rappelons que les principaux référents sont le Saint Coran, le Hadith (paroles saintes du Prophète)et les fatwas (décisions prises par des oulamas et savants musulmans). Dans le Coran et Hadith ce sujet n'a pas été abordé explicitement car cette pratique n'existait pas à l'époque. Le Conseil lslamique de la doctrine a émis à cet effet une décision fondée sur les rapports médicaux. ll a déclaré permise l'utilisation des organes d'un être humain mort ou en vie afin de les greffer à d'autres malades. ll est d'ailleurs recommandé à tous ceux qui veulent léguer, après leur mort, leurs organes au profit des malades d'en informer leur entourage de leur vivant. Le Conseil lslamique confirme ainsi, la décision de l'académie du droit musulman (al-n,4alma'âlfiqhî al-islâmî) basée à la N,4ecque (et qui est affiliée à la Ligue islamique mondiale - Râbita al-'alam al-islâmî) et la décision n"26-1/4 du Conseil international de iurisprudence (2) basé à Jeddah en Arabie Saoudite (et affilié à l'organisation de la conférence islamique - OCI) sur la transplantation Il y a unanimité des théologiens de I'Islam pour autoriser le don d'organes d'organes, que le donneur soit mort ou vivant. Les théologiens de l'lslam sont unanimes pour dire que le don d'organes est âutorisé en lslam, dans les limites tracées par la Sharia (< chemin pour respecter la loi de Dieu > : ensemble de règles de conduites applicable aux musulmans). Ces conditions, posées par les savants (ulémas) sont les suivantes: Dans le cas d'un donneur vivant : '1. Le donneur doit être en pleine possession de ses facultés afin qu'il puisse prendre seul une telle décision; 2. ll doit être adulte et majeur; 3. ll faut que cela se fasse de son plein gré sans aucune pression extérieure ; 4. forgane dont il fait don ne doit pas être vital, sa survie et sa bonne santé ne doivent pas en dépendre; 5. Les transplantations d'organes sexuels sont interdites. Dans le cas d'un donneur décédé : 1. Le consentement du donneuravantson décès est obligatoire, il doit être établi parun testament ou en signant la carte de donneur 2. Le consentement peut être obtenu auprès des parents les plus proches du défunt qui sont habilités à prendre de telles décisions. 3. ll doit s'agir d'un organe ou d'un tissu en mesure de sauver la vie ou de maintenir la qualité de la vie d'un autre être humain, en référence aux médecins

2 4. forgane ne doit être prélevé sur la personne décédée qu'après l'établissement du décès par des procédures médicales fiables. 5. Si l'identité est inconnue, le prélèvement d'organe peut se faire après la décision d'un juge en bonne et due forme. Dans le but de nous faire confirmer tous les documents que nous avons glanés sur le don d'organes dans l'lslam, nous avons joint monsieur Azzedine Gaci, recteur de la mosquée Othmane de Villeurbanne et président du CRCM (Conseil Régional du Culte Musulman) en Rhône-Alpes. Son témoignage est précieux, puisqu'il intervient fréquemment dans les Hôpitaux civils de Lyon pour rappeler aux familles musulmanes dans le doute la position de I'lslam. ll souligne tout d'abord un élément essentiel : pour l'islam, la vie de l'être humain est sacrée depuis la grossesse jusqu'au dernier souffle. L'islam considère que toute l'humanité est issue d'un même père et d'une même mère ( Nous vous avons répârtis en peuples et en tribus pour que vous fassiez connaissance entre vous ) (Coran 49113). En outre, le prophète Mohammad dit que < le meilleur des hommes est le plus utile aux hommes >. l\ilonsieur A. Gaci affirme que le CRMC a adopté les résolutions prises au Conseil international de la jurisprudence islamique n"54 (5/6) concernant le don d'organes et les a complétées par les recommandations émises par le Conseil européen de la fatwa. En se basant sur cette tolérance de la religion musulmane, sur l'importance qu'elle donne à l'entraide, au don du soi, et sur les décisions des instances religieuses musulmanes reconnues, il est clair que l'islam autorise le don d'organe pour sauvegarder une vie humaine, ou améliorer considérablement l'existence d'un malade. Azzedine Gaci constate néanmoins que < beaucoup de musulmans sont très réticents et pensent que la religion leur interdit de faire don de leurs organes. On leur donne alors la position des savants musulmans, on leur rappelle que l'lslam ne s'oppose pas au don d'organes, mais, en fin de compte, c'est à eux de prendre la décision, pas à nous. Même si certaines personnes savent que c'est autorisé par la religron, ils peuvent ne pas accepter, c'est leur droit le plus absolu >, rappelle-t-il..-lz:t:lûtt Gni. pr[tùbtt lrt CRCJI Rhô'llt-..llprs / Photo I).It. Fervent défenseur de la tolérânce et du dialogue interreligieux, Azzedine Gaci a égâlement fait du don d'organes un de ses chevaux de bataille. < Chaque année, pour la journée du don d'organes. le CRCIVI fait un communiqué sur son site internet (cf. encadré) pour rappeler que le don d'organes est autorisé en lslam et que les grands savants musulmans appellent tous les musulmans du monde à faire don de leurs organes. On ne peut pas en tant que musulman porteur de foi accepter l'organe d'âutres personnes et refuser de donner. C'est inconcevable I D, s'exclame-t-il, avant de rappeler que < le plus important pour un musulman est de savoir que le fait de donner est conforme aux exigences de sa foi. Ce qu'on peut leur dire, c'est que si ils donnent, non seulement ils ne sont pas en porte-è-faux par rapport aux exigences de leur foi, mais que bien au contraire, l'lslam recommande de faire cela à travers toutes les fatwas énoncées par les différents conseils de fatwas à travers le monde >. Faiïa Belartaoui Romain Bonfillon Un site, des textes de réfét'ence Le site dtr. CRMC (Conseil Régionnl du Cuhe Mrculman) de Rhône-Alpes (www. crmc-ra.org ) est uttc mine d'or pou'trouuer lcs textes fficiels concentnnt I'Islam et le don d'orgnnes (tdp( - dln d'orgnnes ', dans le ntoteur de rechet'che du site, qui se trouue en pnge d'nctucil). En ronnuioit aqer le don. d'nufi'cs teïtes pnssionnnnls se fi'utue t vrr rc silt, cor nta rchti bapti.té. Etnts gcnérnrm de ln bioéthitlue : juifs, catholiques et ntun.lmans, trois aoix nùrr del)nt - oti tn\bellc lcs Doints dt conuergentc er de disscttsiol des nois religiotts sttr des thèntei nussi inponnt;ftq (k fttctèi'e sno'i de ln uie, lnjércndntiotr in iin'0, ln utennce cugéniste. etc. (tlper : - étnts générnm,lr In bioétltique " moteu- de recherche du site). dnns lt'

3 LE DOSSIER u Seul le don rend heureux r Bruno-Marie Duffé est prêtre, aumônier au centre de cancéroiogie Léon Bérard et délégué épiscopal à la Santé pour le diocèse de Lyon. Empreinte de générosité, sa réflexion sur le don déborde largement le cercle de la médecine. Pour notre plus grand bien. Brtrno Llaric DtrJlé cnscigte iglencnt l'itltiqttc :ocxlc ct tt:li c, i l^ &klrc! ù mtti notnnnnt. / Photo Ronrin Bonlillon Comment résumer ce que pense l'eg lise catholique du don d'organes? C'est une question sur laquelle l'egise catholique a toujours eu une position assez posltive. < Assez > car il n'y a jamais eu de restriction et toujours eu un encouragement. ( A condition que la dignité de a personne soit sauvegardée > (Mgr Etchegaray) en particulier lorsque le donneur est décédé. Et i1 n'y a pas de contradiction entre le don d'organes et le falt de croire en la résurrection de ia chair. Nous sommes en pleine actualité bioéthique, avec le rapport Léonetti. Quelle est la position de l'eglise, notamment sur l'élargissement du cercle des donneurs? L'Eglise n'a pas de position officielle aulourd'hui, mais sur une telle question, elle rappellerait 1e principe de la dignité du corps et se demanderait si la démarche est opportune, si elle va dans le sens d'une solidarité humaine, d'un acte d'amour Elle dirait aussi : attent on au lien créé dans ce don... Un tel don pourralt déboucher sur une dette. Officiellement, il n'y a pas d'échange, de transaction, mals il pourrait y en avoir officieusement. Aussi, ce que 1'on appelle compensation peut assez vite devenir un système pervers, dangereux. Le fait que, pour l'instant, l'etat lnterdise le don entre amis est une extension du pr ncipe de non d sponibilité du corps. Votre corps, d'une certaine mân ère, ne vous appartient pas. fentourage des personnes que vous rencontrez vous semble-t-il sensibilisé au don? 90 % des gens ont entendu parler du don d'organes. Ce n'est plus une question qui échappe à l'opinion publique. ll y a eu une telle suêmédiatisation des greffes, de cceur notamment... Ce qui est plus compliqué est de faire e pas pour deven r donneur potentlel. Des gens ont peur de la mutilatlon du corps, d'autres ont des réticences pour des raisons religieuses (ce corps rn'a été donné par Dieu ; à quoi va ressembler mon corps dans l'au-delà? Cette dernière question a quelque chose de caricatural et anecdotique. Quand on affirme qu'il y a une vie au-delà de la mort, ce n'est p us une vie avec le même rapport au corps. C'est ce que l'on affirme en partlculier dans le christianisme du Moyen-âge au travers de la notion de < corps glorieux > : c'est un corps qui n'est plus soumis aux contingences, qui n'a p us rien à voir avec notre métabolisme de mortels. Cette notion passe difficilement dans certains esprits qui se demandent s'lls auront encore leurs deux reins, leur cæur, etc. I\,4ais on est comme Dieu dans la vie éternelle, donc on n'a plus besoin de ce corps. Et si 'on ressuscite, c'est corps et âme, c'est tout notre être qui ressusclte. Enfin, parmi tous ceux qui ne s'estiment pas prêts à donner, il y a ceux, très nombreux, qui ne se rendent pas compte de ce que représente l'attente d'un organe. Beaucoup de gens ne savent même pas ce qu'est une dialyse, ce que c'est qu'être dépendant d'une mach ne pendant des années. Une fois que les gens ont croisé le regard d'un enfant eucémique, ils sont capables de remuer ciel et terre pour donner leur moelle. C'est souvent l'expér ence du besoin qui transforme la conscience et qui incite les gens à donner Quels mots utiliser pour convaincre des familles endeuillées d'accepter le don? Mon oblectif, lorsque je parle à ces famil es, est de leur apporter une sérénité en leur dlsant : offrir un orqane, c'est la plus belle des démarches que vous pouvez fa re à la mémoire de celui ou celle que

4 vous avez âimé(e), en signe de solidarité à l'égard de la communâuté humaine. Si l'on n'est pas là pour prononcer des mots très doux dans ces moments-là, cela ne peut pas passer. Pour faire passer l'acte de prélèvement, i faut la même douceur, et expliquer que le corps sera traité avec beaucoup de soin, de respect. Les gens ont parfois un imaginaire terrible, quelqu'un m'a même dit un jour que ça allait être < de la boucherie,. ll faut un soutien psychologique des personnes, j'en suis convaincu. A l'occasion de la Journée du don d'organes, des bénévoles de notre association ont été confrontés au témoignage d'une personne qui, dans l'urgence, a refusé que l'on prélève son enfant et qui aujourd'hui le regrette, au motif que ( sa mort aurait pu servir à quelque chose >...Quel sens donnez-vous à ce regret? Cela signifie deux choses:que la personne a réfléchi et qu'au moment du don, il a manqué un conseii. La personne, souvent, se trouve très seule à décider. Quand on vous annonce que votre père, votre mère ou votre frère est en coma dépassé et qu'ij est vra isemblablement en mort cérébrale, vous avez un coup sur la tête, et vous n'êtes pas en capacité de prendre une décision sereinement. C'est le prre des momenls pour penser a ça. L'accablement, l'effondrement vous empêchent de penser. C'est à ce moment-là qu'il faut la liberté et le courage de quelqu'un qui ne soit pas tétanisé et sidéré par l'événement. Je me vois encore à l'hôpital neurologique aux urgences, aux côtés de ce jeune coup e dont le fils était encore sous machine dire : < on va prendre quelques minutes pour se parler >. Quand vous avez pris le temps d'expliquer que cette mort peut être Source de vie, que vous avez laissé faire le chemin des consciences, la personne vous remercie longtemps après. ll y a aussi une question difficile : qui peut dire ces choses-là? Des familles ont très mal supporté que ce soit un médecin qui soit venu annoncer la mort et proposer le prélèvement. D'une certaine manière, le médecin récupérait une partie de ce corps, et cela peut être très mal interprété. Comment a évolué la vision de la société par rapport à la question du don? Beaucoup de gens sont au courant des possibilités de don, donc il y a une générâlisation dans l'oprnion publique des chances que représente le don d'organes. L'autre versant du paradoxe, c'est que l'on est dans une culture, une société de plus en plus individualiste. Chacun voit pour soi-même et pas pour l'autre, sauf le jour où l'on est confronté à la possibilité du don, qui engendre une explosion de la réflexion. La société a évolué en connaissance (on n'a iamais eu autant d'informations médicales sur le don d'organes, et les besoins). Mais malheureusement, notre rapport à la vie est trop souvent un rapport [a position des catholiques, par Mgr Barbarin Le Cardinal etarchevêque de Lyon, Philippe Barbarin a bien voulu nous écrire ces quelques lignes pour nous rappeler la position ofêcielle de I'Eglise Catholique Jean-Paul ll et Benoît XVI ont encouragé fortement le don d'organes, cette forme moderne de charité. Pour le pape Benolt XVl, ( l'acte d'amour que l'on exprime par le don de ses organes vitaux, reste un véritable témoignage de charité qui sait regarder audelà de la mort pour que la vie l'emporte toujours >1. Et celui qui reçoit ce don, reçoit d'abord un ( témoignage d'amour qui doit susciter une réponse aussi généreuse ). Benolt XVI n'a pas hésité à confier que, depuis des décennies, il portait toujours sur lui sa carte de donneur. Cela signifie qu'en cas de décès, nous sommes prêts à ce qu'un de nos organes soit prélevé, s'il peut être utile pour sauver la vie d'un autre. Cette décision personnelle ne doit jamais être objet de pression, mais nous pouvons faire en sorte que cet appel soit davantage connu et ce choix accessible à tous ceux qui le désirent. Si les greffes sont un acte d'amour, elles ne peuvent entrer dans la logique du marché, a précisé le pape Benoît XVI : ( Le corps ne pourra iamais être considéré comme un simple objet. > Depuis mon arrivée à Lyon, j'ai été touché par mes différentes rencontres avec le Dr Michel Corniqlion, qui est maintenant le plus ancien greffé du cæur dans le monde. Pour prolonger et sauver des vies humaines, il s'emploie à faire connaître l'adot2 (Association pour le Don d'organes et de Tissus humains), et je suis heureux, à chaque fois que l'occasion m'en est offerte, de l'assurer des encouragements de l'eglise catholique dans son action. < ll faut insuffler dans le cceur des personnes et spécialement des jeunes, disait Jean- Paul ll, une reconnaissance authentique et profonde du besoin d'amour fraternel, un amour qui puisse trouver une expressron dans la décision de devenir un donneur d'organes >3. l- Discours de Benoît XVI aux pafticipants du Congrès intemational su le thème du don d'organes, organisé par l'académie Pontificale pour la Vie, le 7 novembre France Adot, B.P PARIS Cedex 10. Pour avot une cafte de donneu d'organes et lâ pofter ensuite sur soi, il suffit d'aller voir sur le site vvvvw.france-adot.org. ll est utile de signaler à ses proches que I'on a fait ce choix. 3- Discours au 18e Congrès international de transplantation d'organes, 29 aottt 2000.

5 LE DOSSIER ( à la petite semaine )). On fait ce qu'on peut pour survivre, on compte ses jours de RTl, et puis voilà... Le nombre de personnes qui vous disent ( je n'ai jamais pensé au don ) est impressionnant. On consomme notre vie sans grand prolet, sans idéal. Or, il y a un certain idéalisme à donner son corps. Nos parents dans l'après-guene, avaient des idéaux extraordinaires de don de la vie, de reconstruction, de foi dans le progrès, la justice sociale, le droit... Quand je fais des formations en éthique, je dis souvent qu'on a oublié le pôle de la conviction, Je ne veux pas paraître passéiste et dire qu'avant c'était bien mieux. lvlais je pense qu'il y a un déficit d'idéal, d'espérance, de projection de soi. J'ai été directeur de l'lnstitut de Droit de l'homme et je demandais à mes étudiants : < êtes-vous prêt à donner deux ans de votre vie pour les pays du Sud? Certains disaient non ) Or, pour que les gens donnent d'eux-mêmes, y compris de leur corps, il faut apprendre à donner. Toutes les relations humaines ne sont pas régies par des rapports de contrat donnant-donnant, de marchandage. ll y a une partie de notre vie, de notre aventure humaine qui est de donner gratuitement. gracieusement et abondamment. C'est ça l'idéal! Tous ceux qui ont vécu une expérience d'idéal vous disent qu'ils ont reçu beaucoup plus qu'ils n'ont donné. ll faut donner de soi, il n'y a que ça pour être heureux. On a toujours un peu de temps pour les gens qu'on aime. Est-(e que ce que vous appelez individualisme n'est pas simplement une crise spirituelle, la manifestation que la foichrétienne n'a pas été remplacée par une transcendance laique, républicaine? C'est plus complexe que ça. Notre culture est baignée de valeurs bibliques. Sije vous dis ( Ne fais pas à autrui ce que tu ne voudrais pas que l'on te fasse >, c'est la règle d'or du Nouveau Testament qui est passée dans la morale politique...hobbes en parle, Locke aussi et la plupart des théoriciens du contrat. ll y a eu la Bible, maas aussi la philosophie grecque et le phénomène de sécularisation, c'est-à-dire que les valeurs dites religieuses sont devenues laïques. ll y a une morale laïque qui est très belle, qui repose sur l'égalité, la non discrimination, l'équité, la solidarité, le respect de l'autre. Ces valeurs sont partagées par beaucoup de personnes mais l'on a peur de les affirmer. Certains vont jusqu'à penser qu'elles ne sont plus de mise, parce qu'on peut apparaître comme fragilisé quand on y tient. On est au fond dans une société du commerce. Les valeurs existent bien, mais elles sont mises à mal par un modèle consumériste et individualiste. D'ailleurs le vrai consommateur est toujours seul, ( il boit tout seul )) sij'ose dire. Dès l'instant que vous offrez quelque chose à l'autre, vous n'êtes plus dans Ia consommation pure, vous êtes dans le partage. Quant à la crise spirituelle, il y a en effet de plus en plus de personnes qui disent douter de la religion, mais beaucoup n'ont pas abandonné la question de Dieu. lls ne prononcent d'ailleurs pas le mot ( athée ) et ont toujours des questions spirituelles sur Dieu, le commencement de la vie, la mort, la vie après la mort... Ces questions-là sont toujours d'actualité. Et c'est là qu'on va retrouver la question : qu'est-ce que je peux faire de ma vie? Est-ce que j'ai réussi quelque chose ou est-ce que j'ai tout raté. La question du don revient ici. Quand vous rentrez dans l'intimité des personnes, elles vous disent souvent : < la seule chose qui a eu de la valeuç du sens pour moi, c'est quand j'ai aimé quelqu'un profondément >. Ou encore : ( Mes enfants, mes petits-enfants,.je serais prêt à tout donner pour eux >. Symboliquement, ils ont compris que seul le don a du sens et donne du sens. On est dans une période de crise des appartenances religieuses et de repéraqe de grandes allégeances à des dogmes religieux. On est pourtant dans une nouvelle période. pour peu que l'on ouvre le débat. Y aura-t-il quelqu'un sur la route pour poser la question du don? C'est une spiritualité en attente, /; Nous avons, dans le cadre d'une précédente revue (cf. le portrait de la revue n'1 16) interrogé le Pr. Cabrol sur le don. ll insistait sur le fait que c'était un devoir humain et qu'il n'y avait aucune raison de faire des donneurs des héros. Qu'en pensez-vous? En effet, ces personnes ne sont pas des héros, au sens où elles ont découvert le sens profond de l'humanité. Elles accomplissent ce que veut dire < être homme >. Donner de soi, en termes de savoir, d'amour et de corps (le don d'organes), c'est sans doute la plus haute forme d'humanité. ll y a cette phrase magnifique du Christ qui dit : ( ll n'y a pas de plus grand amour que de donner sa vie pour ceux qu'on aime >. J'ajouterai en commentaire : < il n'y a pas de plus grand bonheur que d'avoir compris que seul le don rend heureux >. Propos recueillis par Romain Bonfillon

6 Ouid des protestants? La position protestante s'inscrit dans le respea da donnetn" car tlut être humain. est et reste à I'image de son Créateur. C'est pourqttoi il faut impératiaement écat'ter tuû nansfet-t d'ute panie de son corps d'mze r1aelcontlue notiltt écbappant à la gatuité absolue. Le clrps est un don tle Dieu et n'est la propriété de petsonne. Il est inaiolable mais,fnce à la dén esse d'autnti, sous la responsabilité scientifitlue et médicale,, il peut y être poné atteinte dans le respect de la aolonté du. donnem'. Concennnt la moft céréhnle, l'église protestante se fe aux oitères d.e la comtnanauté scientifque et médicnle. Un appel de 1994 des églises réform.ées d'alsace-lonnine., pronottcé par le théologien protestnnt lean-ftançois Collange, précisait que,, le corps mtrt n'a rien de sacré. "Poussière, il retotmze à la pottssière" (Genèse 3, 19), dans l'attente de la révurection ; II n'y a pas de phrs gmntd amour qtte de donner sa aie potu' ses amis" Çean I 5, 13). Il n'y a pas de meilleure façon de nansform.er I'abstu'de et le trngi(llte d'une disparition soudaùrc Ete de pennetfi'e à d'auù'es de pouuoir encore cotrtintter à aiare." Plus encore, dans ce tetcte, Jean-Frunçois Collange incite ses coreligionnaires à se protzoncer pour le don d.'orgatzes. "[...] nous appelons r.os Par\isses, 1eua 'es, mornunents et tous leu.rc tnetnbrcs, à prenfu'e cottscieu.ce dæ possibilités ffirtes par les transplantations d'organes, de faire qae la n'agédie des urzs se mue en espémnce plu.r les autres; nous appelons à y refléchh' etz consùence, à en débnttre et à faire connaîn'e de façon claù'e les décisions perconnelles qui peuaent en rénther; nou.s encuû'ngeons m.édecins et équipes médicales engagés dans l'aaentm'e des ûansplantatiotts, à potuvriare leu' tâcbe. Celle-ci toutefois, poru' être pleinem.ent réussie, ne doit pas settlement pret2dre en com.pte le souci du malade à n'aiter; mais aussi le respect d dispant et des siens, dont le m.nlheur pextt certes, a'éer ailleurc ùt bonheut; m.ais n'en reste pas moins tm dtanne." SAUÊ J'An6tr l*f Mars Fi-:air r:.i I2-i

7 LE DOSSIER La charité du Judalsme Pour le judaïsme, le monde repose sur rrois piliers : la Torah, la avoda er la guemilout hassadim (l'étude. le culte et la bienfaisance). De cetre dernière dimension (la charité) découle en grande partie le positionnement des Juifs en Faveur du don d'organe.. Le don du vivant : Donner un organe de son vivant est accepté dans lâ mesure où il s'agit d'un acte volontaire, désintéressé, philanthropique (cet acte de bonté est appelé ( midat hassidout >). ll y a même une obligation de la Torah de sauver l'individu, au nom de la restitution de biens (Deutér.22,3 :Tu ne resteras pas indifférent devant le sang de ton prochain). On entend tci par don d'organes aussi b en le don de moelle osseuse, que celui de reins, de cornée, d'un lobe de foie ou de poumon. Le don du vivant, pour autan! est déconseillé s'il met la vie du donneur en danger. Un cas original nous éclaire sur la position particul ère que le judaïsme accorde à la femme. Soit deux frères qui sont susceptibles de pouvoir donner un de eurs reins à leur sceur. L un est marié mais sa femme s'y oppose, ie second est célibataire mais il craint en étant privé d'un rein qu'il ait du mal à trouver une épouse dans ces conditions. ll est préférab1e de choisir l'homme marié, à condition que le don de son rein ne porte pas atteinte à ses relations conjugales, c'est-à-dire au bon fonctionnement de sa virilité. En effet. il n'est pas permis d'être généreux aux dépens de son épouse. Par contre, il est possible de faire preuve de générosité, en matrère de don de son rein, pour sauver la vie d'autrui, même contre la volonté de ses parents ou de son épouse, le sa ut de la vie d'autrui étant une va eur suprême. Mais il est nécessaire de disposer de toutes ses facultés mentales et de l'âge de responsabilité, c'est-à-dire de 13 ans, au moins pour un garçon et de '12 ans pour une fille, pour être habilité à prendre une décision de cette importance et donner son consentement. En deçà de cet âge, l'enfant n'est pas soumis au devoir de sauver autrui ou d'accomplir les prescriptions religieuses. Ses parents tout comme son tuteur n'ont aucun droit sur lui pour disposer de son corps, ils n'en sont pas les propriétaires. En conclusion, le judar'sme condamne l'automutilation volontaire, mais cette condamnation ne concerne pas les actes généreux pour sauver la vie d'autrui. Ouand le donneur est mort... Le judalsme fixe trois rnterdits, mais chacun d'entre eux peut être dépassé, comme nous allons le volr ll y a d'abord I'interdit de dégrader, de détériorer le corps d'un mort. Celui-ci est l'écrin de l'âme. ll est son enveloppe corporelle. Pour avoir accueilli, l'étincelle divine, l'âme, reflet de la Divinité, le corps doit être respecté. Par ailleurs, le cadavre ressent le couteau qui le cisaille (Chabbat 13b). Lâme reste liée au corps, même après l'avoir quitté, en tout cas dans la première année qui suit la mort. Ouvrir le ventre, extraire un ceil, pourrait entrer dans cet interdit. l\,4ais certains déclsionnaires considèrent que pour les besoins d'une transplantation d'un patient qui est en attente d'un orqane de substitution, il n'y a plus d'interdit de nivoul hamet (dégradation de la dépouille mortelle). Puisque l'organe à transplanter est utile et que le donneur potentiel aura t été heureux d'aider autrui, dans le cadre du pikoua'h nefech (la sauvegarde d'une personne en danger de mort), l'interdit est repoussé. cependant, il est obliqatoire, d'enterrer le mort rapidernent et de ne pas imposer au cadavre une nuit supplémentaire à I'extérieur de la terre (Deutéronome ). ll y a en effet un devoir de protéger le corps et de lui éviter toute humiliation, ne serait-ce que la vision de sa décomposition. La tradition ésotérique ajoute un autre êrgument: en privant le corps de sépulture, l'âme ne peut accéder aux félicités éternelles. Mais en redonnant vie à l'organe transplanté, on sort de l'interdit de n'avoir pas inhumé le corps. La connexion de l'orqane à un corps vivant lui redonne la vitalité. i{f'(rvl {

8 Troisième interdit : tirer profit d'un cadâvre (Avoda Zarah 29b). Là encore, cet interdit est levé lorsqu'il s'agit de sauver une vie humaine. A noter que le prélèvement d'organes ne peut être réalisé qu'avec I'accord préalable du donneuri de son vivant. Ce n'est pas le point de vue de la législation française qui admet le consentement présumé de tout défunt au prélèvement de ses organes. Certains rabbins considèrent que lorsque le pronostic vital d'un receveur potentiel est engagé, il n'y aurait pas besoin de l'accord préalable du défunt exprimé de son vivant (Rav FIRRER, Noam 4, 1961). ll faut en tout état de cause, l'accord de la famille du défunt. Quand bien même, le défunt aurait, de son vivant, donné son accord, la famille est en droit de s'y opposer, si l'on ne se trouve pas devant un cas de pikoua'h néfech (sauver une personne en danger de mort). Devant un tel cas, et dans le cas où l'avis du défunt â été clairement exprimé de son vivant (s'il porte une carte de donneur, par exemple) sa famille ne peut pas s'opposer à sa décision. Autre réquisit : l'acte de prélèvement doit être lustifié par I'existence réelle d'un receveur potentiel, présent hic et nunc, au moment du prélèvement, en réel danger de mort. En aucun cas, il s'agit d'une autorisation donnée pour la création d'une banque d'organes. D'autres tissus et organes peuvent être stockés dans une banque pour s'en servir ultérieurement le cas échéant: la peau ou la cornée. La mort cérébrale, source de débats ll est permis de prolonger la vie d'un agonisant, dans le seul but de pouvoir utiliser ses organes, pour une transpla ntation. lvlais il est interdit d'extraire l'organe d'un homme encore vivant ou même agonisant, ou blessé à mort, tout ce qui pourrâit accélérer sa mort, on ne repousse pas une vie devant une autre vie, et même un blessé à mort devant un vivant. Un cas particulier et problématique se pose dès iors avec la greffe cardiaque. La première question est le pourcentage de chance de réussite de la greffe, la prise en compte du danger lié à cette opération et de ses conséquences dans la vie du patient. Le taux de réussite des greffes du coeur a évolué de façon très positive ces dernieres annees, ce qui encourage à l'envisager favorablement. lvlême si certains s'opposent farouchement à la greffe du cæur, ils considèrent comme un devoir sacré de profaner le shabbat si besoin était, pour le transplanté. Encore faut-il établir avec certitude que le donneur est vraiment mort. Ce diagnostic concerne particulièrement les gref{es d'organes comme le cceuç le foie et les poumons. Les critères sont : ârrêt du cæur (cessation de toute pulsation cardiaque) de la respiration et mort cérébrale (ârrêt de toute activité neurologique et réflexe). Ce troisième élément est très récent. Ce cas se présente avec les accidentés de la route, bénéficiant de la réanimation artificielle. Lorganisme est maintenu en vie, malgré la mort cérébrale. ll peut dans ces conditions être disponible pour une transplantation. En 1986, le Grand Rabbinat d'lsraèl a assoupli sa position, au niveau de la mort cérébrale, pour les transplantations cardiaques. ll faut en connâître les raisons, avoir les preuves cliniques de la mort du tronc cérébral, de l'arrêt de toutes ses fonctions, durant douze heures minimum, malgré des tentatives intensives de réanimation, arrêt absolu de la fonction respiratoire naturelle, accord du donneur ou de sa famille pour le prélèvement, association d'un rabbin-expert à I'équipe médicale pour déclarer la mort du donneur Mais encore maintenant, l'approche du Grand Rabbinat n'est pas suivie par la plupart des grands décisionnaires qui considèren1, au nom d'un respect absolu de la vie, que procéder à la transplantation d'un cceur qui continue à battre naturellement, c'est pratiquer un véritable meurtre, même s'll est pratiqué avec les meilleures intentions du monde, dans un but thérapeutique. < On ne repousse pas une vie à cause d'une autre vie. La vie d'un seul instant est aussi précieuse qu'une vie durable et autorise pour la préserver qu'on transgresse le chabbat (Yoma 85â ). Celui qui ferme les yeux d'un moribond est un véritable meurtrier (Yoré Déah 339, 1). Le Grand Rabbin Richard Wertenschlag '.ff&,.,t.-.)i) i...-i!:.,,r.l

9 LE DOSSIER Les Témoins de Jéhovah : la fin d'une exception? La position des Témoins de Jéhovah* sur le don d'organes a bien évolué depuis une trentaine d'années et n'est plus aussi doctrinaire que par le passé. & / Photo D.R. Rappelons que la Société Watchtower, l'organisation officielle des témoins de léhovah qui détermine dans les moindres détails la vie quotidienne des fidèles, a très tôt interdit la transplantation d'organes et de manière très ferme. Donner ou accepter un orqane était considéré comme une transgression majeure de la loi divine et La Tour de Garde (le journal officiel des Témoins de Jéhovah, 15 août page 509) précise que cette interdiction est assimilable à celle qui pèse sur la transfusion sânguine. Ainsi.la transplantation d'organe serait une sorte de transfusion de chair, pire : du cannibalisme! Mais l'année 1980 marque un revirement complet de cette position (la pirouette doctrinale de l'organisation est toujours la même: on dit tout d'abord qu'une chose est interdite en citant la Bible, puis on affirme que rien dans la Bible ne permet de dire que la chose est interdite). Dans la Tour de Garde du 15 juin, page 31, la Société annonce qu'il n'y a aucun commandement précis dans la Bible interdisant les transplantations d'organes. Cela devient une ( question de conscience >. Depuis lors, d'autres articles mettant à l'honneur la transplantation ont été publiés par l'organisation. Certains Témoins persistent cependant à la refuser (à la fois comme donneurs et receveurs) ce qui provoque de véritables drames humains. La vaccination, la tlansplantation... bientôt la translusion? 5i l'interdiction de la transplantation d'organes (comme celle de la vaccination d'ailleurs) a disparu, un problème technique demeure avec l'interdiction de la trânsfusion sanguine qui, elle, persiste. Comme l'a encore récemment rappelé le Dr François Bayle, néphrologue transplanteur au CHU de Grenoble, ( cette interdiction pose de gros problèmes techniques ). Pour autant, de nombreux éléments permettent aulourd'hui d'affirmer que l'organisation changera sa position vis-à-vis de la transfusion sanguine. La Watchtower n'interdit délà plus l'utilisation de bon nombre de composants sanguins. En fait, tous les dérivés mineurs extraits des quatre composants majeurs (plasma, plaquettes, globules rouges, globules blancs) sont autorisés (rangés sous la rubrique "question de conscience"). La Société permet aussi depuis plusieurs années l'administration du facteur 8 aux hémophiles. Ot comme font remarquer certains observateurs, ce facteur (ainsi que les autres composants) est extrait d'énormes quantités de sang étranqer et stocké. Source : wwwaggelia.be et R. B. * Cette organisation, qui se présente comme la troisième confession chrétienne en France - appellation qui leur est contestée par les Eglises catholique et protestantes -, a été c/assée en 1995 parmi les sectes par le rapport parlementaire de 1995, qui estimait alors ses effectifs à C'est importance de ce nombre (quand bien même le caractère religieux de ce mouvement fait encore débat dans lbphion publique) qui justifie que nous en parlions dans nos pages.

10 Témoignages de croyants Thierry : [a sotidarité comme maître mot Ce catholique d'origine martiniquaise a été greffé le 5 mai dernier à Lyon. ll est l'une des rares personnes en France à avoir bénéficié de la oreffe avec donnerrr I à cæur arrète. I 5u.roy.n." reliqieuse a très tôt influence son comportement vis-à-vis du don en général. < Je donnais dé]à mon sang à l'armée >, raconte-t-il. Lorsqu'il arrive en dialyse à l'âge de 38 ans, alors qu'il est en pleine âctivité (il est chauffeur de car), son moral s'en trouve profondément affecté. Pourtant, il retourne aujourd'huiencore dans son ancien centre de dialyse < par solidarité avec les patients r, ceux qu'il appelle ses ( anciens collègues ). Lors de ses visites, il leur transmet un message d'espoir, afin qu'ils ne baissent jamais les bras. Thierry porte toujours sur lui sa carte de donneur, ce qu'il juge ( tout à fait normal et naturel >. Pas seulement parce qu'il a reçu et qu'il estime devoir rendre en retour, mais par conviction. Une conviction bâtie notamment sur sa religion. < Est-ce qu'il ne nous est pas demandé quelque part dans la Bible d'aider notre prochain? ), interroge-t-il innocemment. Badia:*c'estune des ptus betles preuves d'humanité '' < Renaître, telle est ma sensation depuis que j'ai reçu ma greffe rénale. Je sais en tant que musulmane que mon donneur a fait non seulement une bonne action en me donnant une deuxième chance de vivre correctement, mais en plus le bon Dieu le récompensera (lnch' Allah) car c'est une des plus belles preuves d'humanité. Ne sommes-nous pas tous frères et soeurs, enfants d'adam et Eve? ) Asim : * [e corps est un véhicute,' Transfusion, don d'organes ou transplantation : dans le bouddhisme, il n'y a pas de rarson, sinon person nelle, de les refuser. C'est aussi une forme de don de soi pour le bien d'autrui, comme en témoigne Asim, un leune bouddhiste : ( Je considère le corps comme un véhicule, une fois qu'il ne peut plus remplir sa fonction, si il peut servir à d'autres, c'est fantastique, je n'ai pâs d'attachement particulier à ce niveau-là. De plus, en faisant ce don, on sauve la vie d'un être humain, ce qui ne peut être qu'un âcte positif qui, pour ceux qui croient aux renaissances, leur assurera du positif dans les vies prochaines. Personnellement, je ne pense pas spécialement aux vjes futures mais simplement à sauver une vie car toute vie est précieuse... )

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