Sommaire. Revue des principales retombées presse ASMEP-ETI janvier - mai 2014

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1 Sommaire Revue des principales retombées presse ASMEP-ETI janvier - mai 2014 «Les ETI, moteur de la croissance» Le Parisien Economie 13 janvier 2014 Les ETI espèrent retrouver de la compétitivité par rapport au reste de l Europe L Usine Nouvelle 15 janvier 2014 Vœux aux acteurs économiques: les patrons déplorent "flou" et "complexité" L Express-l Entreprise.com 21 janvier 2014 Comment la pression fiscale a rogné l'investissement et l'emploi Les Echos 29 janvier 2014 La pression fiscale sur les entreprises a affecté l'investissement et l'emploi Le Figaro 29 janvier 2014 KPMG souligne l'impact négatif de la fiscalité sur l'emploi La Tribune 29 janvier 2014 France-Les prélèvements brident l'investissement des entreprises Reuters 29 janvier 2014 La hausse des prélèvements suit un rythme plus rapide que celle de la compétitivité des entreprises Daf Mag 31 janvier 2014 Progression continue des prélèvements fiscaux et sociaux depuis 10 ans Finyear 3 février 2014 Politique pro-entreprise : le double discours de Hollande Le Figaro 4 février 2014 Un texte veut protéger les PME des appétits des grands groupes Le Figaro 9 février 2014 Les Entreprises de Taille Intermédiaire souffrent d'un double discours La Tribune/Les acteurs de l économie 10 février 2014

2 Dossier Les ETI en quête d un nouveau souffle Les Echos 5 mars 2014 Elizabeth Ducottet (syndicat ASMEP-ETI) : «ETI : Ne nous trompons pas de combat!» 6 mars 2014 Le Journal des Entreprises Le gouvernement travaille sur plusieurs scénarios de baisse de charges 11 mars 2014 Le Figaro ESI Group: distingué par un prix ASMEP-ETI / Bpifrance. 12 mars 2014 BFM Business Le sort des PMEETI inquiète plus que jamais 11 mars 2014 WanSquare Compétitivité: les entreprises appellent à ne pas oublier la fiscalité locale 11 mars 2014 Dépêche AFP Compétitivité: ne pas oublier la fiscalité locale 11 mars 2014 Le Figaro L ASMEP-ETI réclame un "pacte de responsabilité locale" 11 mars L'Usine Nouvelle Les patrons veulent aussi un «pacte de responsabilité locale» 12 mars Le Figaro Philippe d Ornano : «La fiscalité locale et sectorielle française est deux fois supérieure à la moyenne européenne» 20 mars 2014 L Opinion Fiscalité locale : ces 44 taxes qui étouffent les entreprises 20 mars 2014 L Opinion Les patrons d'eti satisfaits sur les principes, pas sur le tempo 8 avril 2014 Le Figaro Discours de Valls : le patronat en veut plus, les syndicats se montrent méfiants ou hostiles 9 avril 2014 Les Echos «Réformes, il faut aller plus loin et plus vite!» : l appel de 82 patrons d ETI à Manuel Valls 15 avril Les Echos «L Europe a les moyens d agir concrètement pour la compétitivité» L Opinion 22 mai 2014

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6 Les ETI espèrent retrouver de la compétitivité par rapport au reste de l Europe 15 janvier 2014 Les annonces de François Hollande ont été accueillies favorablement par l ASMEP-ETI, l association des entreprises de taille intermédiaires. Mais, pour Philippe d Ornano, son président, il y a urgence à agir. Il espère des mesures rapides, en termes de baisse de la fiscalité, pour permettre aux entreprises françaises de regagner de la compétitivité par rapport à leurs homologues européennes. "C est un diagnostic encourageant", considère Philippe d Ornano, le président de l ASMEP- ETI (l association des entreprises de taille intermédiaires) et le PDG de Sisley. Les annonces faites par François Hollande le mardi 14 janvier ont eu le mérite de dresser le constat d une fiscalité trop pesante pour la compétitivité des entreprises et pour l emploi. "Aujourd hui, la fiscalité globale sur les entreprises est de 60 % plus élevée en France par rapport à la moyenne européenne, rappelle Philippe d Ornano. La vraie problématique, ce n est pas de savoir si on fait un cadeau aux entreprises. Il s agit plutôt de voir si elles sont en mesure de travailler à concurrence égale avec leurs voisins européens." Le président de l ASMEP-ETI plaide pour une révision de la fiscalité dans son ensemble et non pas par petits morceaux. "Nous saluons la démarche de François Hollande lorsqu il dit qu il ne faut pas que des sujets du ressort de la collectivité, comme la famille, ne soient pris en charge que par les entreprises, explique-t-il. Il faut que ce schéma soit appliqué à l ensemble des charges." C est seulement en reprenant l ensemble de ces charges que la fiscalité des entreprises françaises pourra être mise au niveau de leurs homologues européennes. Même chose pour les 153 taxes affectées. "Il est salutaire de constater que, pendant dix ans, on a laissé un nombre incroyable de taxes se créer et qu il faut, aujourd hui les réévaluer", estime Philippe d Ornano. Des mesures à prendre dès cette année L industriel insiste également sur l urgence de la situation, en brandissant le risque d une poursuite de la désindustrialisation et de l augmentation du chômage. Selon lui, les mesures doivent se faire sentir dès cette année dans les entreprises. "Si elles ne sont prises qu en 2015 ou 2016, il sera trop tard", martèle-t-il. La réduction des dépenses publiques, qui doit compenser une partie des réductions de charges, ne pourra toutefois produire des effets

7 qu à long terme. La solution? "Le seul moyen, c est d augmenter la TVA, estime Philippe d Ornano. Quitte à gager sa baisse future sur la réduction des dépenses publiques." Quant aux contreparties demandées aux entreprises, le président de l ASMEP-ETI préfère rester prudent. "Il est très difficile pour une entreprise en situation de concurrence de prendre un engagement défini sur l emploi, confie-t-il. Si les conditions dans lesquelles elle travaille changent, elle ne pourra pas les respecter." En revanche, il estime que les engagements pris par le président de la République, s ils sont respectés, devraient permettre de relancer l investissement. La France présente des atouts favorables pour le développement des entreprises, infrastructures, créativité, productivité des salariés, etc. "Si on se retrouve dans des conditions de concurrence normale, cela créera donc forcément des emplois", assure-t-il. Reste maintenant à attendre le rendez-vous des Assises de la fiscalité, pendant lesquelles l ASMEP-ETI compte faire entendre sa voix. Pour Philippe d Ornano, il sera important d y parler de fiscalité globale. "N opposons pas les ménages et les entreprises, les PME et les grands groupes, le problème est commun", insiste-t-il. Avec un objectif clair : "une économie complète, riche, dans laquelle chacun peut se développer."

8 Vœux aux acteurs économiques: les patrons déplorent "flou" et "complexité" PARIS, 21 janvier Voici quelques réactions du monde des entreprises après les vœux du président François Hollande mardi matin aux "forces vives" de la Nation, à savoir les représentants du patronat et des syndicats: - Le président du Medef Pierre Gattaz a estimé qu'une "forte inquiétude" perdurait autour de la fiscalité, de la baisse des charges et des taxes sur les entreprises dans le pacte de responsabilité, annoncé par M. Hollande le 1er janvier et précisé la semaine dernière. De plus, "on reste assez flou sur la baisse des dépenses publiques", a-t-il relevé auprès de la presse dans la cour de l'élysée. "C'est un point extrêmement important pour nous". Selon lui, "la baisse des finances publiques est la clé de voûte de ce pacte de responsabilité". - Jean-François Roubaud, président de la CGPME, a relevé sur LCI que M. Hollande avait "confirmé" ce qu'il considère comme la "seule stratégie" possible pour créer des emplois en France dans les prochaines années. "La baisse de charges qui a été annoncée est confirmée", a fait remarquer M. Roubaud. "Malheureusement, il n'y a pas de relation directe entre la baisse de charges et la création d'emplois". "Il faut du temps, mais tout cela est bien accepté par l'ensemble de nos partenaires", a-t-il poursuivi. "Il faut du temps et de la croissance". - Christophe de Margerie, PDG du groupe pétrolier Total, a souligné que l'important était de "participer à la relance de notre économie et en se faisant véritablement confiance. Chacun fait des efforts". "Mais je préfère éviter le côté +je te donne ci, tu me donnes ça+ parce que dans certains métiers comme les nôtres ce n'est pas aussi facile", a déclaré M. de Margerie à la presse devant l'élysée. "Ce qui compte, c'est de pérenniser, c'est de rendre notre industrie plus compétitive et donc de se développer en France et à l'extérieur". - Pour le syndicat des indépendants (SDI), les précisions apportées par M. Hollande au sujet des contreparties attendues du pacte de responsabilité "constituent en l'état une complexité supplémentaire" pour les petites entreprises.

9 "Décliner les contreparties par branches professionnelles suppose la mise en œuvre de négociations en vue de la modification des 600 conventions collectives applicables en France avec des objectifs multicritères, liés au nombre et à la qualité des emplois notamment", a relevé le SDI dans un communiqué. Selon lui, une baisse des charges "légèrement supérieure à celle déjà acquise avec le CICE ne justifie pas de plonger 2,5 millions d'entreprises de moins de 20 salariés dans l'expectative de négociations complexes aux effets difficilement mesurables". - Frédéric Monlouis-Félicité, délégué général du cercle de réflexion l'institut de l'entreprise, a indiqué à l'afp que le pacte de responsabilité est globalement "un mouvement positif", qui a un "effet symbolique très fort" mais "l'idée même de contrepartie est délétère". "C'est la première fois qu'un président reconnaît de façon aussi explicite qu'il y a un problème de production en France", a-t-il relevé. "Mais si on voulait créer un choc, ce n'est pas assez". "L'autre grande limite, c'est que ce n'est pas financé", a indiqué M. Monlouis-Félicité. "Il ne suffit plus de raboter, il faut repenser en profondeur l'état-providence". - L'Union professionnelle artisanale (UPA) "souscrit au cap fixé" par le président de la République, dans un communiqué. Les entreprises de l'artisanat et du commerce "participeront à cette bataille pour l'emploi dès lors que l'allègement du coût du travail et de la fiscalité des entreprises, ainsi que la simplification et la stabilisation de l'environnement juridique et réglementaire des entreprises deviendront effectifs", a-t-elle fait savoir. Au sujet des contreparties demandées aux entreprises, l'upa veillera à ce qu'elles soient "simples et adaptées en fonction de la taille des entreprises et de la réalité économique". - Elizabeth Ducottet, co-présidente de l'asmep-eti (entreprises de taille intermédiaire), a constaté auprès de l'afp que M. Hollande a "fait son introduction sur l'emploi et sa conclusion sur l'emploi". Il s'agit d'une "prise de conscience définitive et profonde que le chômage et l'emploi sont des problèmes majeurs de notre vie économique aujourd'hui". "Il y a également une vraie affirmation que la compétitivité des entreprises doit être restaurée et que la confiance doit être restaurée". Les annonces présidentielles paraissent "extrêmement réalistes", "courageuses et dotées d'espérance. Mais on est dans l'urgence et il faut qu'il y ait des mesures en 2014". - Michel-Édouard Leclerc, PDG de l'enseigne de grande distribution E. Leclerc, a estimé sur son blog que "le projet présidentiel répond aux attentes des entrepreneurs". En revanche, "la notion de contreparties attendues des entreprises me laisse perplexe". "Soyons clairs, que l'état veuille évaluer et vérifier les conséquences économiques de ses décisions, je trouve cela normal", a poursuivi M. Leclerc. Mais "ce matin, dans les propos

10 présidentiels, on sent hélas poindre une sorte de marchandage, la promesse devient conditionnelle et perd une grande partie de son effet". "La baisse de charges financée par des économies publiques, c'est tout bon pour les entreprises et pour le pays", a relevé le PDG. "A charge pour le gouvernement de tenir ses promesses (...). Que nos gouvernements assument la responsabilité de leur politique, nous nous engageons à notre tour à être responsables socialement", a-t-il fait valoir.

11 Comment la pression fiscale a rogné l'investissement et l'emploi Par Marie Bellan 29/01 Une étude de KPMG se penche sur l'augmentation des taxes et ses effets sur la compétitivité des entreprises depuis dix ans. Beaucoup s'interrogent ces derniers jours sur l'effet que pourrait avoir une baisse des charges sur le niveau général de l'emploi en France. Le cabinet KPMG, mandaté par deux associations patronales, Croissance Plus et l'asmep-eti, s'est lui penché sur la façon dont les entreprises, ces dix dernières années, ont fait face à la hausse des prélèvements obligatoires. Et à son impact sur l'emploi et la productivité. En partant d'un échantillon de entreprises (dont seules celles qui ont survécu depuis 2003 ont été retenues), le cabinet de conseil a étudié la répartition de la valeur ajoutée entre les salariés (salaires et participation), l'etat (prélèvements sociaux et fiscaux) et celle dédiée aux investissements et à la rémunération des actionnaires depuis dix ans. Globalement, la capacité à investir a chuté sur cette période, mais industrie et services n'ont pas été impactés de la même manière. Fort impact sur les services Dans l'industrie, cette baisse s'explique pour 60 % par l'augmentation des prélèvements fiscaux et sociaux et pour 40 % par l'augmentation des salaires versés par les employeurs, note KPMG. Dans les services, la part de la valeur ajoutée absorbée par les prélèvements,

12 notamment sociaux, est beaucoup plus importante : elle s'élève à 80 % du fait d'une masse salariale plus importante dans ce secteur. Si l'on ne tient compte que des cinq dernières années, c'est-à-dire depuis le début de la crise, les prélèvements ont augmenté quatre fois plus que la valeur ajoutée produite par salarié dans les services. Les effets sur l'emploi sont tout aussi préoccupants. «La croissance continue des prélèvements par salarier tend à transformer ceux-ci en variable d'ajustement dans une période où la contrainte extérieure est forte», indique l'étude. Le constat est surtout vrai dans les services. «Jusqu'en 2008, il y a une plus grande résistance des services qui ont absorbé une partie des sureffectifs de l'industrie. Mais depuis, avec l'arrivée de la crise, le retournement est complet. Les destructions d'emplois sont plus fortes dans les services», explique Jacky Lintignat, directeur général de KPMG France. Si l'effet nocif sur l'emploi de la hausse des prélèvements est ici démontré, les auteurs sont prudents sur ce qui pourrait résulter d'une baisse dans le contexte actuel. «Si les entreprises ont davantage de marges de manœuvre, cela ira d'abord à l'investissement. Les effets sur l'emploi seront plus longs à venir. D'ailleurs notre étude s'étale sur dix ans. Ce n'est pas en une année que les choses vont radicalement changer», conclut Nicolas Beaudouin, associé chez KPMG.

13 La pression fiscale sur les entreprises a affecté l'investissement et l'emploi Par Cyrille Pluyette, publié le 29/01/2014 à 16:24 Une étude du cabinet de conseil KPMG montre que la progression des prélèvements fiscaux et sociaux sur les entreprises depuis 10 ans a contribué à la baisse des effectifs. C'est une étude qui confirme le sentiment exprimé par de nombreux chefs d'entreprise. Elle est particulièrement d'actualité, alors que Jean-Marc Ayrault donne aujourd'hui le coup d'envoi des Assises de la fiscalité. Selon ce rapport, réalisé par le cabinet de conseil KPMG en partenariat avec les organisations patronales ASMEP-ETI et CroissancePlus, la pression fiscale sur les entreprises a progressé de façon «continue depuis 10 ans», ce qui «a contribué à réduire de façon significative l'emploi et la capacité à investir des entreprises». L'étude est basée sur un échantillon de près de entreprises françaises, se focalisant sur celles qui ont survécu sur la période La recherche a porté sur l'évolution de la répartition de la valeur ajoutée de ces sociétés - dont les effectifs sont compris entre 10 et salariés- entre la part qui revient aux salariés, celle prélevée par les pouvoirs publics, et celle dédiée aux investissements, à la politique financière et à la rémunération des actionnaires (excédent brut d'exploitation ou EBE). Des chiffres inquiétants Les chiffres sont inquiétants. Sur 5 ans, c'est à dire depuis le début de la crise, en 2008, les prélèvements fiscaux et sociaux par employé ont augmenté de 10 % dans l'industrie et de 12 % dans les services, tandis que la compétitivité (valeur ajoutée par employé) ne progressait dans le même temps que de 3 % dans les deux secteurs. «À la crise de la conjoncture s'ajoute un alourdissement des prélèvements obligatoires par salarié, exerçant une contrainte complémentaire sur les entreprises», souligne l'étude. Résultat, l'ebe, qui correspond à la capacité de l'entreprise à investir et à se financer, a reculé. Dans l'industrie, sur les 10 dernières années, la part de l'ebe dans la valeur ajoutée est passée de 24 % à 20,4 %. Une diminution qui s'explique pour 60 % par l'augmentation des prélèvements fiscaux et sociaux et pour 40 % par celle des salaires versés par les entreprises.

14 Dans les services, la part de l'ebe est tombée en 2012 à 15,7 % de la valeur ajoutée produite par les entreprises. Mais les prélèvements ont davantage pesé puisqu'ils expliquent, à eux seuls, 80 % de cette diminution sur 10 ans. «L'accroissement des prélèvements obligatoires, particulièrement après le retournement de conjoncture de 2008, a contribué à réduire les capacités d'investissement des entreprises», souligne Jacky Lintignat, directeur général de KPMG France. Inverser la tendance Conséquence logique: en période de crise, l'augmentation de la pression fiscale représente une menace supplémentaire pour l'emploi. Après avoir augmenté de 2003 à 2007, l'effectif moyen a ainsi chuté de 4 % dans l'industrie de 2008 à Dans les services, l'érosion atteint 3 % sur cette période. «La pression externe alliée à la pression fiscale semble avoir amené les dirigeants à arbitrer en défaveur des hausses d'effectifs pour préserver leur capacité d'investissement voire leur pérennité», constate KPMG. Pour les entrepreneurs, il y a donc urgence à inverser la tendance. «La corrélation entre la croissance continue des prélèvements sur les entreprises et la baisse des effectifs et des profits nous montre à quel point cette politique erronée a stoppé l'économie française. Ceci nous a mis en grande difficulté vis-à-vis de nos principaux compétiteurs», conclut Stanislas de Bentzmann, président de CroissancePlus.

15 France-Les prélèvements brident l'investissement des entreprises mercredi 29 janvier h36 PARIS, 29 janvier (Reuters) - La progression continue des prélèvements fiscaux et sociaux sur les entreprises depuis dix ans a contribué à réduire "de façon significative" l'emploi et leur capacité à investir, selon une étude du cabinet KPMG publiée mercredi. Réalisée auprès d'un échantillon de près de entreprises employant de 10 à salariés, l'étude fait apparaître que l'excédent brut d'exploitation (EBE) a diminué sur la période de 3,6 points de pourcentage dans l'industrie et de 2,2 points dans les services, à respectivement 20,4% et 15,7% de la valeur ajoutée produite. L'augmentation des prélèvements fiscaux et sociaux explique 80% de la baisse constatée dans l'industrie et 60% de celle des services, le solde (20% et 40%) provenant de l'augmentation des salaires versés, montre l'étude publiée le jour du lancement des assises de la fiscalité des entreprises. Jacky Lintignat, directeur général de KPMG France, souligne dans un communiqué que "l'accroissement des prélèvements obligatoires, particulièrement après le retournement de conjoncture de 2008, a contribué à réduire les capacités d'investissements des entreprises". Pour Elizabeth Ducottet, coprésidente de l'association des entreprises de taille intermédiaire (ASMEP-ETI), "le constat est sans appel : les ETI sortent fragilisées par 10 années de hausse continue des prélèvements. Il y a urgence à stopper cette dynamique". Dans l'industrie, les prélèvements fiscaux et sociaux par employé ont augmenté de 35% en près de 10 ans alors que la compétitivité (valeur ajoutée produite par salarié) n'a progressé parallèlement que de 25%. Depuis 2008, la hausse des prélèvements atteint 10% et celle de la productivité 3%. Pour les services, les prélèvements par employé ont augmenté de 34% et la compétitivité de 27% sur cette même période. Sur les cinq dernières années, la hausse de ces prélèvements s'est intensifiée, représentant quatre fois celle de la compétitivité (12% contre 3%). S'il a progressé entre 2003 et 2007, l'effectif moyen des entreprises industrielles a subi une forte baisse après le début de la crise. "La pression externe alliée à la pression fiscale semble avoir amené les dirigeants à arbitrer en défaveur des hausses d'effectifs pour préserver leur capacité d'investissement, voire leur pérennité", souligne l'étude réalisée en partenariat avec l'asmep-eti et Croissance Plus.

16 La hausse des prélèvements suit un rythme plus rapide que celle de la compétitivité des entreprises Publié le 31/01/2014 par Antoine Pietri Et cette hausse des prélèvements fiscaux et sociaux aurait contribué à une réduction significative de la capacité à investir selon une récente étude. L'excédent brut d'exploitation, qui correspond notamment à la capacité de l'entreprise à investir et à se financer, a chuté sur les dix dernières années. Tel est le constat d'une étude du cabinet KPMG publiée le 29 janvier. La part de l'ebe dans la valeur ajoutée produite a ainsi reculé de 3,6 points dans l'industrie et de 2,2 points dans les services sur la période selon cette étude, réalisée auprès d'un échantillon de près de entreprises. La hausse des prélèvements sociaux explique 60% de cette baisse dans l'industrie, et 80% dans les services selon KPMG. Le solde provient de l'augmentation des salaires versés. " Constat sans appel " " L'accroissement des prélèvements obligatoires, particulièrement après le retournement de la conjoncture de 2008, a contribué à réduire les capacités d'investissement des entreprises ", synthétise Jacky Lintignat, directeur général de KPMG France, cité dans le communiqué. Pour Elizabeth Ducottet, co-présidente d'asmep-eti, " le constant est sans appel : les ETI sortent fragilisées par 10 années de hausse continue des prélèvements. Il y a urgence à stopper cette dynamique. Le tissu industriel et l'emploi de nos régions sont aujourd'hui menacés. " Surtout, l'étude met en lumière le fait que la hausse des prélèvements suit un rythme plus rapide que celle de la compétitivité des entreprises. Ainsi, dans l'industrie, les prélèvements fiscaux et sociaux ont augmenté de 35% en dix ans tandis que la valeur ajoutée produite par salarié ne progressait que de 25%. La tendance est identique dans les services, où les prélèvements par employés ont augmenté de 34% contre une hausse de 27% pour la compétitivité. " Fardeau fiscal " Selon KPMG, la pression externe alliée à la pression fiscale semble avoir amené les dirigeants à arbitrer en défaveur des hausses d'effectifs pour préserver leur capacité d'investissement, voire leur pérennité. " Cette étude sur dix ans montre clairement que le déficit de compétitivité de nos entreprises provient pour l'essentiel d'un fardeau fiscal trop lourd. La hausse continue des impôts sur la période s'est faite au détriment de l'investissement et de l'emploi ", estime Philippe d'ornano, co-président d'asmep-eti.

17 03/02/2014 Progression continue des prélèvements fiscaux et sociaux depuis 10 ans Selon la nouvelle étude KPMG sur les ETI et les entreprises de croissance en partenariat avec ASMEP-ETI et Croissance Plus, la progression continue des prélèvements fiscaux et sociaux depuis 10 ans a contribué à réduire de façon significative l emploi et la capacité à investir des entreprises Cette étude intitulée «Crise économique, prélèvements fiscaux et sociaux, quels arbitrages pour la pérennité des PME et ETI?» est basée sur un échantillon de près de entreprises françaises de l industrie et des services actives entre 2003 et 2012, issues de la base Diane et dont les effectifs sont compris entre 10 et salariés, excluant les entreprises qui ont cessé leur activité durant cette période. L analyse a porté sur la répartition de la valeur ajoutée de ces ETI et les entreprises de croissance, afin de montrer son évolution à travers la part qui revient aux salariés (salaires et participation), celle prélevée par l Etat, les Collectivités locales et les organismes sociaux (prélèvements fiscaux et sociaux), et celle dédiée aux investissements, à la politique financière et à la rémunération des actionnaires (l excédent brut d exploitation EBE).

18 Les prélèvements fiscaux et sociaux ont progressé de façon constante depuis 10 ans, y compris durant les 5 dernières années de crise économique L excédent brut d exploitation qui correspond notamment à la capacité de l entreprise à investir et à se financer a diminué sur les 10 dernières années : - Dans l industrie, la part de l EBE dans la valeur ajoutée produite est ainsi passée de 24 % à 20,4 % (-3,6 points). Cette diminution s explique pour 60 % par l augmentation des prélèvements fiscaux et sociaux et pour 40 % par l augmentation des salaires versés par les entreprises. - Dans les services, l excédent brut d exploitation ne représente plus que 15,7 % de la valeur ajoutée produite par les entreprises en 2012 (-2,2 points). Cette diminution s explique à hauteur de 80 % par l augmentation des prélèvements fiscaux et sociaux et pour 20 % par l augmentation des salaires versés. Jacky Lintignat, Directeur Général de KPMG France : «L accroissement des prélèvements obligatoires, particulièrement après le retournement de conjoncture de 2008, a contribué à réduire les capacités d investissements des entreprises». Elizabeth Ducottet, Co-Présidente d ASMEP-ETI «Le constat est sans appel : les ETI sortent fragilisées par 10 années de hausse continue des prélèvements. Il y a urgence à stopper cette dynamique. Le tissu industriel et l emploi de nos régions sont aujourd'hui menacés.» Les prélèvements fiscaux et sociaux ont augmenté plus vite que la productivité des entreprises, ce phénomène est l explication principale de l évolution de l EBE. Dans l industrie, les prélèvements fiscaux et sociaux par employé ont augmenté de 35 % en près de 10 ans alors que la compétitivité (valeur ajoutée produite par salarié) n a augmenté

19 que de 25 %. Depuis 2008, les prélèvements ont augmenté de 10 % et la productivité seulement de 3 %. A la crise de la conjoncture s ajoute ainsi un alourdissement des prélèvements obligatoires par salarié, exerçant une contrainte complémentaire sur les entreprises. Dans les services, les prélèvements par employé ont augmenté de 34 % et la compétitivité de 27 %. Sur les cinq dernières années, la hausse de ces prélèvements s est intensifiée, se révélant quatre fois plus importante que l indice de compétitivité (12 % contre 3 %).

20 Avec la crise, la pression fiscale et sociale se transforme en pression supplémentaire sur l emploi De 2003 à 2007, l effectif moyen des entreprises du secteur de l industrie a augmenté, avant de connaitre une forte baisse avec le retournement de conjoncture de En parallèle, les prélèvements par employé ont connu une hausse continue durant cette période. La pression externe alliée à la pression fiscale semble avoir amené les dirigeants à arbitrer en défaveur des hausses d effectifs pour préserver leur capacité d investissement voire leur pérennité. Stanislas de Bentzmann, Président de CroissancePlus : «La corrélation entre la croissance continue des prélèvements sur les entreprises et la baisse des effectifs et des profits nous montre à quel point cette politique erronée a stoppé l économie française. Ceci nous a mis en grandes difficultés vis-à-vis de nos principaux compétiteurs.» Philippe d Ornano, Co-Président d ASMEP-ETI «Cette étude sur 10 ans montre clairement que le déficit de compétitivité de nos entreprises provient pour l essentiel d un fardeau fiscal trop lourd. La hausse continue des impôts sur la période s est faite au détriment de l investissement et de l emploi. Si on continue à fermer les yeux sur cette réalité, ce sont des pans entiers de notre économie qui sont menacés à court terme» 10-ans_a28420.html

21 Politique pro-entreprise : le double discours de Hollande Par Marc Landré, publié le 04/02/2014 ANALYSE - Alors que le chef de l'état tient aujourd'hui un discours clairement proentreprise, plusieurs textes actuellement en débat visent à limiter la liberté d'entreprendre et sèment le doute sur la réalité de ses intentions. Erreurs héritées de la première partie du quinquennat ou double langage? En matière de messages envoyés aux entreprises en ce début d'année, l'exécutif n'est pas à une contradiction près. Certes le discours a changé et François Hollande, par trois fois lors de la séquence des vœux, a vigoureusement pris un tournant social-démocrate au travers de son Pacte de responsabilité, en mettant en avant une vraie «politique de l'offre». Le chef de l'état a promis aux entreprises de baisser leurs charges à hauteur de 30 milliards d'euros d'ici à 2017 (inclus les 20 milliards du CICE) et de toiletter leur fiscalité. Pour ce faire, il a mandaté le Haut Conseil au financement de la protection sociale (HCFPS) afin qu'il réfléchisse à la suppression des 30 milliards de cotisations familiales employeurs et lancé les Assises de la fiscalité des entreprises. Dont acte Reste que les mots ou les intentions ne suffisent pas. «Il n'y a pas d'amour, il n'y a que des preuves d'amour», disait d'ailleurs le poète Pierre Reverdy il y a un siècle. Or les preuves, pour l'instant, laissent à désirer. Trois exemples l'attestent. Primo, les contreparties exigées au pacte de responsabilité. Les entreprises n'embaucheront en effet que parce que leurs carnets de commandes se remplira, et pas parce que le gouvernement aura supprimé des cotisations. «Les entreprises sont capables de s'engager dans un mouvement positif mais on le fera dans la mesure de nos possibilités», rappelle Élisabeth Ducottet, la coprésidente de l'asmep-eti. Exiger des employeurs qu'ils s'engagent sur des volumes de recrutement ou d'embauches, même pour des publics éloignés du marché de l'emploi (jeunes, seniors, chômeurs de longue durée ), est donc un non-sens et revient à leur enlever un boulet du pied droit pour leur mettre au pied gauche. Des mesures passées «à bas bruit» Le deuxième exemple a trait à la proposition de loi «visant à redonner des perspectives à l'économie réelle et à l'emploi industriel», dite «PPL Florange», examinée cet après-midi au Sénat. Elle n'est que la transcription de l'engagement 35 de François Hollande qui promettait, en réponse à la fermeture des hauts fourneaux d'arcelormittal à Florange, de «dissuader les licenciements boursiers». Elle devait lutter contre la fermeture de sites rentables. Au final, tout groupe de plus de 1000 salariés qui souhaite fermer l'un de ses établissements doit en informer trois mois auparavant son comité d'entreprise et rechercher un repreneur. L'employeur sera soumis à une obligation de moyens, et non de résultats. Les

22 salariés pourront déposer un dossier de reprise, sous forme de Scop. Et si «l'employeur n'a pas joué le jeu», en écartant «des offres crédibles», les salariés pourront porter l'affaire devant le tribunal de commerce, et l'employeur être condamné, s'il est jugé «coupable», à «verser une forte pénalité, d'un montant maximum de 20 fois le smic par emploi supprimé». Les Sénateurs ont certes amendé le texte, le patronat n'en reste pas moins arc-bouté sur ses principes. «Cette proposition de loi remet en cause un point fondamental du droit des sociétés», accuse Élisabeth Ducottet. «C'est une contrainte de plus qui va freiner la recherche d'investisseurs étrangers», abonde Louis Godron, le président de l'association française des investisseurs pour la croissance (Afic). «Ce qui m'inquiète, ce sont les choses passées à bas bruit, fustige encore Élisabeth Ducottet. Ce n'est pas une loi mineure. Elle démontre que derrière les promesses de simplicité et de stabilité on n'a que complexité et changement.» Même jugement de Louis Godron: «Il est trop tard pour revenir en arrière, le symbolique de cette loi est trop fort.» Un retour trente ans en arrière Dernier exemple, la loi Hamon sur l'économie sociale et solidaire, examinée en novembre au Sénat, qui oblige tout entrepreneur qui veut céder son entreprise d'en informer les représentants de son personnel au moins deux mois avant. Histoire de laisser le temps nécessaire aux salariés pour proposer une reprise sous forme de Scop, faute de quoi la cession pourra être annulée par le tribunal de commerce. Là encore, cette disposition du projet de loi Hamon va à l'encontre des intérêts des entreprises. «Monsieur Hamon a oublié que le prix de vente d'une entreprise représente en moyenne une année de chiffre d'affaires et que cela correspond à cinq années de salaire net de l'ensemble des salariés, rappelle Louis Godron. Il y a un prix de marché de cession qu'il faut respecter.» Cette mesure est d'autant plus irréaliste qu'elle rappelle une similaire, prise en 1984, qui attribuait un crédit d'impôt aux salariés qui devenaient majoritaires dans une holding lors d'une opération de reprise. Résultat? Les deux tiers des projets montés échouèrent leur première année de mise en œuvre, avec beaucoup de basculement individuel en surendettement De mauvaises langues glissent en coulisses qu'il n'y a aucune contradiction entre le discours et ces deux textes de loi. La raison? Ils n'entreront jamais en application, jurent-ils. Soit parce qu'ils ne seront jamais votés définitivement, soit parce que les décrets ne seront jamais publiés. Tout juste sont-ils laissés dans le tuyau législatif aujourd'hui afin de ne pas braquer plus la gauche de la gauche avant les municipales. Et aussi une opinion publique de plus en plus désabusée quant à la capacité de l'exécutif de limiter les suppressions d'emplois et les fermetures d'usines Ce n'est pas de l'économie, mais de la politique.

23 Un texte veut protéger les PME des appétits des grands groupes Par Marie-Cécile Renault, publié le 09/02/2014 Une proposition de loi PS vise à empêcher les prises de participation «toxiques» dans les petites entreprises. Le mal français est bien connu: les PME ne parviennent pas à grandir et les entreprises de taille intermédiaire (ETI) y sont trop peu nombreuses. Face à ce constat partagé, le député PS de l'hérault, Christian Assaf, a déposé une proposition de loi visant à les protéger. L'intention de ce texte -qui sera prochainement défendu en séance par le groupe PS- est louable: sécuriser juridiquement PME et ETI quand elles ouvrent leur capital à un grand groupe. Ainsi, pense le député PS, elles n'hésiteront plus à utiliser ce moyen alternatif au crédit bancaire pour financer leur croissance. Mais l'enfer est pavé de bonnes intentions. Et ce texte pourrait être l'exemple même de la fausse bonne idée. Une telle loi permettrait en effet, lorsqu'une PME ou ETI s'estime lésée par un grand groupe devenu actionnaire majoritaire, de demander réparation devant les tribunaux et de l'obliger à racheter le minoritaire à un prix fixé par le juge. «Le grand groupe ne va pas prendre de risques et va acheter tout de suite le minoritaire ou s'engager à le faire à un prix négocié, pour éviter de garder l'épée de Damoclès d'un contentieux, affirme Stéphanie Chatelon, avocate associée du cabinet Taj. C'est donc la mort des minoritaires!» Autre conséquence, ce texte risque de tarir le flux de grands groupes, notamment étrangers. «Je ne suis pas convaincue que les PME en ressortiront gagnantes. Elles risquent de se couper des investissements des grands groupes alors qu'elles en ont souvent un besoin vital», observe Déborah David, avocate associée chez Jeantet. Car à l'heure du «choc de simplification», ce nouvel arsenal juridique pourrait apporter de la complexité et de l'incertitude dans des sujets qui relèvent d'accords entre associés et peuvent être gérés par des pactes d'actionnaires librement négociés. «Climat de défiance entre entreprises» «Cet interventionnisme à l'extrême répond à une vision très politique, dans une ambiance où l'on essaye à tout prix de défendre les sociétés françaises, observe Stéphanie Chatelon. Ce protectionnisme risque de donner une image chauvine de nos PME.» Surtout que des dispositifs légaux et jurisprudentiels pour protéger les PME, par exemple l'abus de majorité, existent déjà. La moindre divergence de vue pourrait désormais être considérée comme contraire à l'intérêt de la société et permettre au minoritaire d'enclencher une procédure. «Il ne faut pas prendre tous les grands groupes pour des

24 prédateurs, rappelle Déborah David. Quand ils investissent, c'est à la demande de la PME et font partager leurs propres ressources en termes de recherche et développement.» Le problème tient au postulat de départ. Le faible nombre d'eti serait dû, selon Christian Assaf, à la volonté des grands groupes de ne pas laisser prospérer des PME de peur qu'elles ne viennent leur faire concurrence. Cette proposition de loi part d'un a priori négatif sur les relations entre grands groupes et PME. D'ailleurs, les premières intéressées, les ETI elles-mêmes, ne s'y reconnaissent pas. «Ne nous trompons pas de combat: la priorité, pour voir nos PME accéder à la taille ETI, est de leur donner les moyens de refaire leurs marges pour monter en gamme et en taille, tout en garantissant leur pérennité», observe Alexandre Montay, secrétaire général de l'asmep-eti, le syndicat des entreprises de taille intermédiaire. «Ce n'est pas en légiférant maladroitement, en figeant les mouvements de capitaux et en créant un climat de défiance entre les catégories d'entreprises que l'on créera un climat propice à la croissance de nos PME et au développement de nos ETI, mais en améliorant l'écosystème de compétitivité du site France», ajoute-t-il.

25 Les Entreprises de Taille Intermédiaire souffrent d'un double discours Par Diane Dupré la Tour et Julien Tarby 10/02/2014 Elles ne votent pas, sont en général installées loin de la capitale, bénéficient de moins de soutiens publics que les PME, et ne disposent pas des bataillons de fiscalistes des grands groupes. Et pourtant, c est en partie sur les épaules des Entreprises de Taille Intermédiaire (ETI) que repose le maintien des emplois sur le territoire français Cinq ans après leur reconnaissance officielle par l'etat français, les Entreprises de Taille Intermédiaire (ETI) font les gorges chaudes de l'administration et des collectivités territoriales. Mais sur le terrain, les dirigeants rhônalpins s'alarment du tarissement des sources de financement et d'un double discours tenace, qui consiste à se lamenter sur le retard accumulé face aux voisins allemands, tout en faisant perdurer les choix d'orientation stratégique en faveur de grands leaders nationaux, au détriment des pépites régionales. Champions cachés L'acronyme est dans toutes les bouches des élus qui ne tarissent pas d'éloges, et la Journée du 16 avril consacrée aux ETI a amplifié l'effet de mode. Cependant, depuis leur reconnaissance en 2008, les entreprises de taille intermédiaires (ETI) qui comptent entre 250 et salariés (ou au moins 50 millions d'euros de chiffre d'affaires), font beaucoup parler, mais peu agir. Les pépites hexagonales sont encore bien peu nombreuses face aux allemandes ou britanniques. "Leur grand tort est de ne pas peser par leur nombre comme les PME ni par l'influence comme les grands groupes", glisse un député. Ainsi dans les faits, à quelques exceptions près, l'énumération de ces champions cachés de l'économie européenne ne provoque guère d'écho dans l'imaginaire du grand public. Somfy, Aldes, Pomagalski, Martinet, Eurotherm, GL events, ARaymond, Porcher Industrie, MGI Coutier, Bouvard, Tivoli, Eurotab, Serge Ferrari, Gattefossé, Aguettant, Gérard Perrier Industrie, Adequat, Devernois, Emin Leydier, Electrifil Des noms aux consonances souvent industrielles, parfois familiales, rarement connus au-delà du petit monde de leurs concurrents et partenaires stratégiques. Ce sont eux, pourtant, les élèves modèles de l'économie régionale. Les "vrais" critères des ETI "Malgré le discours ambiant en faveur des ETI, nous disposons de très peu d'informations quantitatives et qualitatives sur ces dernières, relève le président du CESER, Bruno Lacroix, qui a lui-même transmis en 2011 la direction opérationnelle d'aldes, l'eti familiale, à son fils Stanislas. Jusqu'en 2009, il n'existait qu'une étude nationale à la méthodologie

26 controversée". En lien avec la Banque de France en Rhône-Alpes, le CESER Rhône-Alpes s'est donc lancé dans une cartographie des ETI - spécifiquement industrielles - et des PME à fort potentiel en Rhône-Alpes. Une enquête unique de par son approche : "D'habitude, les études sont toutes basées sur le même principe. Les algorithmes ne tournent qu'à partir de comptes sociaux, ce qui ne permet pas d'éviter les erreurs, par exemple en incluant les filiales de grands groupes ou en oubliant des implantations à l'étranger. En Rhône-Alpes, nous avons travaillé à partir des comptes consolidés, ce qui permet d'identifier les ETI de manière exhaustive, et en se fondant directement sur le bon périmètre économique, explique Cédric Traversaz, adjoint au directeur des affaires régionales de la Banque de France. "Notre avantage à Lyon est que nous suivons ces entreprises depuis de nombreuses années, et que nous les connaissons bien. Cela facilite le travail de filtre". Les critères officiels d'effectifs et de chiffres d'affaires suffisent-ils pour autant à définir les ETI? "Il y a peu d'eti en Rhône-Alpes, si l'on applique ces critères au sens strict, analyse Claude Blanchet, directeur interrégional de la Caisse des dépôts. Tout le monde parle du besoin d'eti, mais elles ne constituent pas une réalité qui se décrète. Il faut partir de l'existant". La "vraie" définition d'une ETI serait donc bien plus subjective que normée : elle est en général autonome, c'est-à-dire indépendante financièrement, et en position de négocier face à un donneur d'ordre ou un sous-traitant, et non dans une relation de dépendance. Elle est dans une posture d'innovation permanente, non seulement par le biais de son budget R&D, mais également au travers de ses process, de ses marchés et de sa relation client. C'est le cas par exemple dans la vallée d'oyonnax où, au-delà des simples dépôts de brevets et licences, les entreprises de la plasturgie s'organisent de manière à partager leur travail de veille pour conserver leur valeur ajoutée face à la concurrence étrangère. Enfin, les ETI apparaissent comme des entreprises capables d'identifier leurs marchés elles-mêmes, et de partir à leur conquête. Une caractéristique qui suppose une structuration marketing/export suffisamment solide, et des équipes commerciales en taille et compétence suffisantes. Avec 200 salariés et 41 millions d'euros de chiffre d'affaires, Eurotab fait partie de ces PME qui n'ont pas encore franchi le seuil du statut d'eti mais répondent à tous les critères subjectifs. "Nous sommes en train de passer le cap", reconnaît Olivier Desmarescaux, président du directoire de l'entreprise leader dans la compression des poudres, qui réalise 50 % de son chiffre d'affaires à l'international et en consacre 7 % à la R&D, contre 1 à 3 % chez ses concurrents. Dans l'ain, les meubles design Roset font également partie de ces ETI industrielles qui produisent et emploient en France, et commercialisent à l'étranger. Pierre Roset, quatrième génération à la tête de l'entreprise familiale, en appelle à une redéfinition de la segmentation ETI : "Il faudrait passer cette catégorie à un peigne plus fin, entre 250 et salariés, car elle couvre des réalités trop disparates". Des familles qui réinvestissent mais manquent de considération La structure actionnariale de plus d'une ETI sur deux est à caractère familial. Un facteur d'indépendance, à première vue. Cependant cette donnée n'est pas sans véhiculer une certaine ambivalence. Du fait de leur pérennité, celles-ci proposent un modèle de gestion différent, axé sur une vision et des investissements à long terme. 60 % des entreprises familiales interrogées par Ernst & Young dans le cadre d'une enquête sur les ETI familiales réalisée en 2012 en collaboration avec le Family Business Network International et le Crédit Suisse, déclarent avoir enregistré une croissance d'au moins 5 %, une sur six une croissance

27 d'au moins 15 % entre juillet 2011 et juin 2012, malgré la dégradation de la conjoncture. Mais cette caractéristique vient heurter l'inconscient collectif : en France, les "héritiers" qui reprennent les rênes d'une société familiale sont aisément considérés comme des "rentiers". Et les créateurs ne sont pas obnubilés par la croissance. "Soit on est un petit patron et dans ce cas on bénéficie d'une image positive, soit on est un grand patron qui gagne de l'argent, et l'on perd alors tout son capital sympathie", déplore Bénédicte Michon, qui a fondé PMETI, un cabinet d'accompagnement à la croissance des PME et ETI. "Celui qui réussit est toujours l'objet de jalousies et peut être découragé par la fiscalité", constate pour sa part Yvon Gattaz. Or la valorisation des ETI françaises permet rarement d'intégrer les classements des grandes fortunes : "Le niveau de rémunération des actionnaires familiaux en Rhône-Alpes n'a rien à voir avec la fortune des familles industrielles américaines ou allemandes, souligne Claude Blanchet. Quand une ETI gagne de l'argent, celui-ci est systématiquement réinvesti". Un réflexe dû notamment aux faibles marges réalisées par les entreprises françaises, en comparaison avec celles dégagées par leurs voisines européennes, souvent positionnées sur des volumes quatre à cinq fois supérieurs. Au-delà du déficit d'économies d'échelles, ce sont les taxes françaises sur le cycle de production qui seraient en cause. "On parle beaucoup des cotisations sociales, mais on oublie toutes les autres taxes assises sur le chiffre d'affaires ou la masse salariale, qui renchérissent le coût de l'investissement : versement transport qui finance les transports collectifs dans les grandes agglomérations, prélèvement sur la garantie des salaires, taxe d'apprentissage, taxe pour l'autonomie, relève Alexia de Monterno, directrice adjointe de l'institut Montaigne. Celles-ci sont une source forte d'inertie pour les ETI françaises ; elles contraignent leur marge, dont leur capacité de financement et leur potentiel de développement". Pour parer à la concurrence européenne, la plupart des familles actionnaires d'eti françaises se versent donc des dividendes moindres que leurs homologues étrangères. Plus qu'ailleurs, Rhône-Alpes incarnerait-elle les contradictions auxquelles sont confrontées les ETI en France? La région, énumère Elisabeth Ducottet, Pdg de Thuasne, leader dans le domaine des textiles techniques médicaux basé dans la Loire, "possède un savoir-faire industriel développé dans la durée, des pôles de compétitivité et centres de recherche de premier ordre, est pourvue d'infrastructures de transports efficaces et située à la frontière de zones très dynamiques". C'est aussi une terre d'entrepreneuriat, avec de nombreux capitaines d'industrie renommés originaires de ses territoires. Autant de raisons qui ont, selon la vice-présidente de l'asmep-eti, le syndicat des ETI, "permis aux Boiron, Babolat à Lyon, aux Desjoyaux dans la région de Saint-Etienne de faire passer leur avantage technologique au-delà des générations". Or si elle dispose d'atouts indéniables sur le plan de la culture industrielle, Rhône-Alpes ne s'avère pas un si bon élève au regard des ETI. Seules 139 ETI dédiées à l'industrie et aux services à l'industrie ont été recensées par le CESER, et on ne compte "que" 82 PME à fort potentiel, dont un quart réellement en croissance sensible, capables de prétendre dans les années qui viennent au statut d'eti. "Cette catégorie se vide bien plus qu'elle ne se remplit", s'inquiète Bruno Lacroix. "Le niveau industriel de la France est en train de se faire distancer par celui de la Grande Bretagne, en terme de PIB de l'industrie", renchérit Gérard Combe, délégué général du CESER. Ecraser les marges, au lieu de participer à la création de filières Rhône-Alpes, alors qu'elle se présente comme la première région industrielle en France, ne se distingue pas de manière évidente par le nombre de ses ETI. En cause notamment : la

28 réticence du tissu économique français à faire preuve de patriotisme économique. Un constat dressé à la fois sur l'hexagone, et à l'export. En France, cette frilosité se traduit par un déséquilibre des relations entre donneurs d'ordre et sous-traitants, y compris lorsque les premiers répondent au statut de collectivité locale : "On observe un allongement des durées de paiement de la part des grands groupes et des collectivités, qui dépassent souvent la durée légale, et risquent de mettre à mal la trésorerie de certaines ETI", observe Alexia de Monterno. Même en Rhône-Alpes, région qui compte le plus de pôles de compétitivités et de clusters en France, la culture de la "chasse en meute", pour reprendre l'expression de Henri Lachmann, président du conseil de surveillance de Schneider Electric, est encore loin de se vérifier sur le terrain. "La grande distribution française n'a aucune notion de développement de la filière nationale, témoigne Olivier Desmarescaux. Le discours présenté dans les rapports annuels est loin de correspondre à la réalité. Tous les grands groupes se sont dotés d'un responsable RSE ou d'un responsable PME, mais celui qui anime la relation avec le sous-traitant, c'est l'acheteur. Or celui-ci travaille sur un cycle de rentabilité à l'échelle d'une année." Chez Chomarat, en Ardèche, Michel Cognet reconnaît lui aussi l'importance d'avancer dans l'ombre de quelques grands groupes, érigés en partenaires stratégiques. "Lorsqu'une ETI allemande s'implante en Chine, elle emmène avec elle quatre ou cinq fournisseurs", commente le directeur général du groupe spécialisé dans les textiles techniques. "En France, ou on rachète, ou on maltraite", résume Guy Mathiolon, Pdg de Serfim spécialisé en environnement et travaux publics, ancien président de la CCI Lyon. "Ils ne nous font pas de cadeau en ce moment. Nous avons une relation de donneur d'ordre / sous-traitant, même si dans le cadre d'une forte collaboration ils nous confient des données précieuses", révèle Olivier Jolland, directeur financier de Tessi à Grenoble, qui conseille les entreprises sur leurs flux (document, moyens de paiement,...). Les grands groupes auraient pourtant tout à gagner à faire émerger des fournisseurs stratégiques qui évolueraient avec eux, comme ont su le faire les Bosch, Porsche, Mercedes ou Siemens en Bade-Wurtemberg, devenu un pôle puissant grâce à son tissu industriel. L'écosystème allemand trouve sa source dans cette coopération. Autant de mauvaises habitudes qui contribuent à la désindustrialisation rampante de la France. "Rhône-Alpes a des points similaires avec l'allemagne et son écosystème de croissance, mais avec une culture française", résume Jean- Luc Gaffard, directeur du Département de recherche sur l'innovation et la Concurrence à l'ofce. Article 1 : Lafuma, la fin d'une époque La firme créée en 1930 par les trois frères Lafuma n'est plus maîtresse de son destin, et démontre par les faits la trop grande vulnérabilité capitalistique des ETI françaises. La perte de 15 millions d'euros due aux difficultés de son pôle "surf" et l'échec récent de la cession au groupe coréen E-land ont suffi à fragiliser la société rhônalpine de textile et d'équipements sportifs de salariés. Son directeur général Philippe Joffard, à la tête de la société depuis 28 ans, a démissionné et cédé avec sa famille la participation de 15,2 % du capital au suisse Calida, propriétaire d'aubade. C'est le dirigeant de ce dernier, Felix Sulzberger, qui prend donc les rênes, bien décidé à lancer une augmentation de capital qui devrait accroître de 50 % le nombre des actions existantes. La société de lingerie de salariés, qui s'est engagée à ne pas posséder plus de 29 % des titres à l'issue de l'opération afin d'éviter le déclenchement d'une OPA, est plus petite que sa proie, avec 167 millions d'euros de CA contre 225 pour Lafuma. La rapidité avec laquelle la production d'aubade a été délocalisée

29 en Tunisie après le rachat en 2005 ne laisse pas grand doute sur les déconvenues futures qui attendent l'eti. Article 2 : Péril en la demeure : la question épineuse de la transmission Février Pour fêter sa cinquante millionième paire de skis, Rossignol a fait les choses en grand. Charters venus de Paris pour plusieurs centaines d'invités superbement accueillis dans les plus beaux hôtels de Courchevel 1850, en présence d'alberto Tomba, Marielle Goitschel, Jean-Claude Killy venus assister à la présentation de la nouvelle collection. Laurent Boix-Vives, 78 ans, propriétaire dirigeant depuis 1955, jubile devant la valse des prétendants alors qu'il cherche un successeur. C'est finalement Quicksilver qui rachètera le fleuron isérois. Le réveil sera douloureux, tant les cultures sont différentes. S'ensuivront déficits, restructurations, fermetures, vente au fonds australien Macquarie, qui a taillé dans les effectifs avant de relocaliser la production de Taïwan vers la France. En 1997 Georges Salomon est quant à lui confronté à un problème de succession et doit vendre le spécialiste des sports d'hiver d'annecy, qui compte alors salariés, à Adidas qui lui-même le cèdera au groupe Finlandais Amer Sports, lequel n'hésitera pas à restructurer et cesser des productions. Le point commun de ces deux ETI? Toutes deux ont été vendues pour ensuite "perdre leur âme" puis leur richesse, au détriment de leurs territoires. Un constat qui soulève une problématique majeure pour les ETI : celle de la pyramide des âges de leurs dirigeants. "Nous ne sommes pas dans une bonne phase pour transmettre, ce qui rend les cédants opportunistes, ouverts aux propositions des grands groupes", soutient Nathalie Bulckaert Grégoire, directrice de la région Centre-Est Banque Palatine. Surprenant pour des entreprises patrimoniales voire familiales. En cause? "La fiscalité responsable de gâchis sans nom", alerte Guy Mathiolon, Pdg de Serfim spécialisé en environnement et travaux publics, qui a commencé à transmettre 40 % de sa société à ses cadres. "Il faut étaler dans le temps et être un vendeur généreux, car ils n'ont pas d'exonération alors qu'ils achètent l'entreprise dans laquelle ils travaillent. Je leur fait un crédit vendeur - c'est-à-dire qu'ils paieront plus tard - mais je dois déjà m'acquitter de la taxe sur la plus-value. Nous marchons sur la tête", s'insurge l'ancien président de la CCI Lyon. Seule solution? Vendre Si peu de politiques s'emparent du sujet malgré l'urgence à repenser la politique de transmission c'est que "les ETI conservent leurs effectifs en temps de crise et sont donc peu spectaculaires", analyse Yvon Gattaz, président du syndicat ASMEP-ETI. Le problème est simple : développer une entreprise signifie y investir de l'argent et en sortir le moins possible. Les dirigeants d'eti ont donc bien souvent peu de patrimoines en dehors de l'entreprise. Face aux droits de succession ou de donation exorbitants, les héritiers n'ont souvent pas les moyens de prendre la relève. La seule solution consiste donc bien souvent à vendre. La modification du pack Dutreil en 2011 a amélioré la situation, mais les familles de dirigeants sont encore lourdement taxées. "Je suis sidéré par ces propriétaires d'eti allemandes qui me disent ne pas payer de droits de succession", s'indigne Patrick Martin, Pdg du groupe Martin Belaysoud. Car la sévérité fiscale française pénalise aussi les velléités de développement. "La renonciation à l'investissement est un mal sournois car invisible. A

30 un certain âge, le dirigeant se demande pourquoi il continuerait de prendre des risques et préfère retirer de l'argent, notamment sous forme de dividendes", ajoute l'ancien président du Medef Rhône-Alpes. Article 3 : Une chance pour les régions? A Paris, les ETI se situent en-dessous des radars, les collectivités territoriales considérant avant tout les sièges sociaux de grands groupes. "Ce qui a fait le plus de mal a été de penser que l'industrie appartenait au passé. La pensée "fabless" (sans usine) a fait du mal, et, l'industrie fonctionnant sur des cycles longs, il faut du temps pour rattraper ce désintérêt", souligne Elisabeth Ducottet, Pdg de Thuasne. Conséquence, elles sont situées à 73 % en régions, directement nées des savoir-faire des territoires, mais aussi mieux épaulées. "Elles y sont cajolées. En Rhône-Alpes, les élus connaissent parfaitement le tissu et sont très sensibles aux ETI", illustre Bertrand Rambaud, Pdg de Siparex. Dans les territoires, le dirigeant d'eti est un notable. Son amour propre est stimulé, "mais ses demandes seront aussi mieux prises en considération parce qu'il emploie des familles entières du coin et représente une belle contribution fiscale pour les collectivités", note Patrick Martin, Pdg du groupe Martin Belaysoud à Bourg-en-Bresse, et ancien président du Medef Rhône-Alpes. Moins avouable, "il est plus facile de contourner les règlements européens à l'échelon local. Les Länder aident leurs entreprises à tous les niveaux. Le centralisme trop lisible ne permet aucune liberté de ce genre", glisse un député. Article 4 : Brossette, un destin chahuté par les grands groupes Fondée en 1842 par Claude Brossette et son fils François qui ont profité du dynamisme industriel et commercial du bassin lyonnais à cette époque, Brossette a patiemment tissé sa toile de Lyon jusqu'à Marseille, puis au niveau national et international. Spécialisée en distribution de produits sanitaires, chauffage et canalisations, la société est devenue une ETI de premier ordre réalisant 730 millions d'euros de CA et comptant salariés. En 1992, le britannique Wolseley, premier négociant mondial de plomberie et sanitaire, rachète l'eti et la renforce par diverses acquisitions. Mais il n'hésite pas non plus, alors que la crise économique fait rage entre 2007 et 2012, à enchaîner trois plans sociaux en trois ans qui ont réduit de 30 % les effectifs de Brossette, puis finalement à la vendre à Saint-Gobain qui l'intègre dans son réseau de distribution PointP, où les doublons sont nombreux. Article 5 : Financement: hauts de bilan en péril Tandis qu'à Bruxelles, la France mène un lobbying tenace pour faire reconnaître le statut des ETI et leur ouvrir ainsi un accès favorisé aux aides publiques, en Rhône-Alpes les regards se tournent plutôt vers la consolidation des outils de mise en relation avec les investisseurs. Non sans un pessimisme certain à l'égard de la frilosité des financeurs privés. "La crise a frappé tout le réseau industriel. Il est devenu de plus en plus difficile de dégager des ressources pour financer l'investissement. Les volumes sont challengés, les marges se sont érodées". Le témoignage de Michel Cognet, directeur général du groupe Chomarat, industriel ardéchois spécialisé dans le textile technique (1 500 salariés, CA 2012 : 150

31 millions d'euros), pourtant réputé pour le confort de sa trésorerie, est emblématique des contradictions auxquelles se heurtent les ETI : le financement n'est pas un problème pour ces dernières. Il pourrait le devenir. "Les ETI manquent de fonds propres", alerte de son côté Elisabeth Ducottet, Pdg de Thuasne, entreprise basée dans la Loire. Certes, 80 % des ETI affichent une santé financière excellente, selon les chiffres avancés par les équipes régionales de la Banque de France, dans le cadre d'une étude avec le CESER. Mais leurs besoins n'en demeurent pas moins cruciaux. Plus de la moitié du besoin de financement des ETI est couvert par autofinancement, mais près de 43 % résulte de l'endettement et des concours bancaires, d'après une enquête réalisée en 2012 par la DGCIS et OSEO. "Les ETI ont besoin de financement pour investir, pas pour fonctionner comme les PME", observe Yvon Gattaz, président du syndicat ASMEP-ETI. Exclues des aides publiques Pour les dirigeants, la première des ruptures de stratégie se situe au niveau des aides publiques. Le statut d'eti n'existe pas au niveau européen : les sociétés relèvent soit de la catégorie des PME, soit de celle des grands groupes. En vertu des règles de libre concurrence, la plupart des dispositifs d'accompagnement publics sont donc limités aux PME. C'est le cas par exemple du Crédit Impôt Innovation (CII), voté avec la loi de finance 2013, dans lequel plusieurs ETI avaient placé leurs espoirs, y voyant un volet d'élargissement du très prisé Crédit Impôt Recherche. Mais le CII se trouve explicitement limité aux entreprises de moins de 250 salariés. "Nous observons un véritable sentiment d'exclusion des ETI à l'égard des subventions publiques", rapporte Pierre Roset, quatrième du nom à défendre l'implantation de l'entreprise familiale dans l'ain, et président du groupe des exportateurs de meubles. "Certes, nous ne vivons pas grâce aux aides, mais elles peuvent contribuer à favoriser une phase de développement. Et nous assistons surtout à un double discours, qui promeut les ETI tout en ne les soutenant pas dans le maintien des emplois sur le territoire". Selon Guy Mathiolon, Pdg de Serfim : "La politique française consiste à charger la mule et à étrangler les entreprises, pour ensuite accorder des subventions afin de rétablir la donne. Arrêtons ce système, adoptons une fiscalité intelligente. Avec les subventions, on s'attaque aux conséquences, c'est la cautère sur la jambe de bois". A la Direccte, davantage que sur les subventions, l'attention se porte plutôt vers le Hub de la finance, lancé en 2012 sous sa version virtuelle. "Ce qu'il faut, c'est favoriser la mise en relation avec les financeurs". Or si certains dispositifs publics, comme OSEO ou le FSI, ont permis de soutenir efficacement leurs hauts de bilan, et que la BPI devrait selon toute vraisemblance prolonger cette action, les ETI doivent compter sur d'autres sources qui pourraient, elles, s'avérer problématiques à l'avenir. "Les dispositifs publics ont vocation à compléter le marché, pas à s'y substituer", commente Arnaud Peyrelongue, qui pilote les équipes du réseau Sud-Est d'oseo. Ces dernières, qui répondent en priorité aux demandes de financement des PME, ont vu ces dernières années le nombre d'eti venues frapper à leur porte s'accroître. Celles-ci sollicitent souvent des produits plus sophistiqués que leurs petites sœurs, et mettent en avant leur capacité à gérer le passif, à gérer leurs ressources de financement de manière souple. S'il ne constitue pas la première revendication des dirigeants, le déficit d'aides publiques directes aux ETI s'avère-t-il pour autant justifié? "Il est vrai que certaines entreprises ont beau répondre au critère juridique d'une ETI, elles n'en demeurent pas moins des lilliputiens sur leur marché. C'est le cas par exemple dans le

32 secteur de la chimie, où certains acteurs régionaux se trouvent face à des mastodontes", relativise Arnaud Peyrelongue. Centralisme bancaire préjudiciable La reconnaissance des ETI est acquise depuis 2008, mais dans la pratique, qu'en est-il? "Nous sommes toujours dans le fameux triangle des Bermudes. En matière de financement, les ETI sont trop petites pour les centres de décisions parisiens et trop importantes pour les régionaux", ironise Patrick Martin, Pdg du Groupe Martin Belaysoud à Bourg-en-Bresse. A quelques exceptions près, les dossiers doivent souvent remonter à la capitale où se trouvent les centres de décision. Un dirigeant d'eti qui demande un crédit conséquent verra ainsi sa demande rapatriée à la direction nationale des risques : un détour synonyme d'allongement des délais et d'une lecture déshumanisée, purement technique du projet. Or dans ce domaine, la valeur des hommes est essentielle. En Italie, les organisations bancaires de proximité, dites "Confidi", ont été déterminantes dans le développement de certaines sociétés, au sens où elles ont fondé leurs prêts sur des critères économiques (tels que le business plan), mais aussi sur les acteurs portant le projet, au-delà des promesses de rentabilité à court-terme. Alors que Bâle III et Solvency II servent d'argument supplémentaire au resserrement des crédits, les banques non mutualistes tendent à réduire le pouvoir des acteurs locaux. Pour les ETI, la menace se profile. Timide financement par la bourse "La Bourse et tous les acteurs s'y rattachant sont regroupés sur la place parisienne afin de peser à l'échelle mondiale", rappelle Yvon Gattaz. Il faut multiplier déplacements et rencontres à Paris, en dépit des efforts passés de Lyon pour créer une bourse réservée aux entreprises moyennes. "Il n'y a pas de second marché très dynamique et liquide en France, abonde Alexandre Moulin, commissaire au redressement productif en Rhône-Alpes. Certains avantages d'avoir des entreprises cotées sont indéniables, car la bourse confère aux ETI une transparence financière et une visibilité plus importantes, mais cela ne représente pas une source de liquidité considérable". Malgré tout, certaines s'y essayent, le régulateur encourageant la désintermédiation et la baisse de seuils pour prétendre au marché obligataire afin de copier le modèle américain, où le financement bancaire s'avère beaucoup moins présent. "Nous avons tenté l'émission obligataire pour 20 millions d'euros, révèle Olivier Jolland, directeur financier de Tessi, leader du traitement de flux en France (transactions devises, documents ) basé à Grenoble. Le produit est souple et le coupon n'est pas trop cher. C'est une diversification des sources de financement intéressante". Obstacles culturels au private equity Bien que l'écosystème s'accorde à dire qu'il faut consolider les hauts de bilan, les dirigeants n'en gardent pas moins une certaine réticence à ouvrir leur capital. "Rhône-Alpes opère sa mue doucement, en atteste la présence dans la région de Siparex, qui prend des parts minoritaires", confie Nathalie Bulckaert Grégoire, directrice de la région Centre-Est Banque Palatine qui a fait le pari des ETI depuis cinq ans. Par ses véhicules dédiés, Siparex a financé une quarantaine d'eti sur les dix dernières années. "Bien souvent, leurs dirigeants "marchent" à la confiance. Il faut entretenir des relations de long terme avec eux. Peu endettés, ils sont rarement dans l'urgence. Et un jour, souvent pour la réalisation d'une

33 croissance externe, ils font appel à nous", explique le Pdg de Siparex, Bertrand Rambaud. Ce dernier observe un autre frein à ce mode de financement : la frilosité des fonds à investir dans ce type de société. "Dans la grande famille du Private Equity, certains fonds d'investissement privilégient des LBO majoritaires et sont peu enclins à prendre des positions minoritaires au sein d'eti familiales". Article 6 : Ces pépites qui visent la relève Le fichier demeure jalousement gardé : 82 "PME à fort potentiel" ont été officiellement identifiées en Rhône-Alpes parmi les PMI qui composent le tissu régional. Leur point commun? Présenter suffisamment de critères d'autonomie, de capacité d'innovation et d'audace à l'export pour laisser espérer qu'on a affaire à une ETI en puissance. Ce sont les chouchous de l'administration et des collectivités territoriales : "Les pépites dont on suppose qu'elles ont du potentiel, mais qui ne sont jamais à l'abri d'un retournement de marché", présente Alexandre Moulin, commissaire au redressement productif, qui a reçu du ministère la tache de "suivre" une centaine de PME de croissance. La méthode de repérage? Revue de presse, analyse de bilan, et surtout bouche à oreille. Dans ce listing, on trouve pêle-mêle : La Boule Obut, qui rivalise sans complexe avec ses concurrents chinois sur le marché de la boule de pétanque, Fermob, le mobilier de jardin coloré qui plaît aux New- Yorkais, les sirops Routin, dont la famille Clochet vient de céder la main faute de successeur, et dans un secteur plus industriel Ryb, Maviflex ou encore Mecelec, qui avec 258 salariés, est coté sur Euronext. Quelle coopération dans le cadre de la BPI? Au reste, il n'existe pas un mais plusieurs fichiers : ERAI, qui soutient le développement des entreprises à l'international, dispose du sien. L'ARDI, qui œuvre sur la branche innovation, toujours pour le compte de la Région, travaille sur sa propre base de données. La CCIR également. Tout comme la Direccte, dont le service d'intelligence économique alimente sa propre veille. Chacun conserve envieusement ses données, car ces fichiers, qui sont en général la résultante d'un travail de fourmi effectué depuis des années, s'immiscent souvent dans l'intimité des entreprises. Eléments stratégiques, données à l'export, identification des partenaires-clés Ce qui rend le partage d'information délicat. Tel est le contexte dans lequel fait irruption la BPI, dont la mission est de coordonner l'aide apportée aux PME afin de les aider à crever le plafond de verre et de répondre à leurs carences de capital. Si le travail de recensement existe bel et bien, il s'agit désormais de croiser les bases de données entre structures accompagnantes. Tâche non aisée, reconnaît Jean-Louis Gagnaire, viceprésident du Conseil régional en charge du développement économique, qui vient de commander une feuille de route stratégique à celles d'entre elles qui se trouvent dans le giron de la Région, afin "de nous montrer proactifs et d'éviter de perdre du temps sur ces aspects". Ouvrir des portes Au-delà du travail de recensement, l'heure est à l'accompagnement personnalisé. Pour ces enfants chéris de l'économie régionale, il faut du sur-mesure. Les services de la Direccte

34 viennent eux-mêmes frapper à leur porte, pour faire connaissance, et proposer d'accélérer leurs démarches sur toutes les questions qui sortent de la vie ordinaire d'une entreprise : décrocher un permis de construire, recruter un salarié étranger, mener une augmentation de capital, identifier un partenaire stratégique hors de son domaine technologique Alexandre Moulin insiste sur le rôle de médiation assuré par ses équipes. "En général, les dirigeants se montrent contents que l'etat s'adresse à eux pour autre chose qu'un contrôle réglementaire ou fiscal. Nous les aidons à renouer un lien avec l'administration ou les collectivités territoriales et favorisons les mises en relation". Le Plan PME, financé par la Région et l'etat (à hauteur de deux-tiers et un-tiers) et coordonné par l'ardi, dispose d'une enveloppe de 15 millions d'euros par an pour donner accès aux chefs d'entreprise à une palette de consultants, experts et formateurs. "En général, les équipes dirigeantes n'en sortent pas indemnes, observe Jean-Louis Gagnaire. Ce travail questionne fortement toute l'organisation interne, jusqu'aux rapports hiérarchiques qui régissent l'organigramme. Il s'agit de faire tomber les croyances, d'abandonner les pratiques anciennes. Pour un chef d'entreprise, c'est un peu comme se retrouver sur le divan du psy. Cela permet à l'entreprise de se replacer dans une nouvelle dynamique". Car au-delà de la fameuse recette des "3 I" (Investissement, Innovation, International), les ressources humaines et la formation du dirigeant forment un levier décisif pour créer les conditions de passage au stade d'eti. "C'est le point clé, reconnaît Alexandre Moulin. Le dirigeant d'une PME n'en a pas conscience lorsqu'il se lance dans une étape de croissance. Il sent en général que cela ne va plus chez lui, mais sans comprendre pourquoi. La raison est bien souvent qu'il n'a pas adapté sa vision des ressources humaines à sa stratégie. Pour passer du statut d'homme-orchestre à celui de chef d'orchestre, il faut témoigner d'une véritable capacité à remettre en question ses méthodes managériales. Toutes les PME ne réussissent pas à passer ce cap". Article 7 : Le modèle allemand est-il transposable aux ETI rhônalpines? Si Rhône-Alpes est parfois comparée à l'allemagne au nom de son fort ancrage industriel, du dynamisme de ses clusters ou pôles de compétitivité et de sa capacité à l'export, la région n'en reste pas moins profondément marquée par sa culture française. Certaines bonnes pratiques peuvent cependant inspirer quelques dirigeants d'eti. "En France, le choix qui a été fait est celui d'accompagner et de mettre un coup de projecteur sur nos grands champions nationaux. Cela a connu un certain succès. Le problème est que ces grandes entreprises sont devenues mondiales et ne sont pas restées françaises, observe Alexandre Moulin, commissaire au redressement productif en Rhône-Alpes. En revanche, le pays n'a pas fait le choix conscient d'accompagner les entreprises du milieu, comme c'est le cas en Allemagne". Cinquante ans plus tard, Rhône-Alpes a-t-elle les moyens de renverser ce modèle culturel? Information à 365 Le secret des ETI allemandes résiderait dans l'identification permanente de la demande du marché, permettant de proposer le bon produit. La raison? "Leur grande force réside dans l'information. Les fédérations professionnelles exercent une formidable veille du marché. Des micro fédérations aux branches globales, tout le monde est impliqué. Un mouvement impulsé par le bas, qui n'a rien à voir avec la veille des préfectures françaises pour les PME",

35 observe Isabelle Bourgeois du centre de recherche et d'information sur l'allemagne (Cirac) à l'université de Cergy Pontoise. Une toile invisible moins structurée en France, atteste Bertrand Rambaud, Pdg du groupe de capital investissement Siparex : "Les syndicats professionnels de certaines filières sont souvent puissants, mais les dirigeants agissent en général seuls. Connaissant bien leur marché, ils savent souvent qui fait quoi aux niveaux national et international. Leur vision est, en revanche, plus restreinte sur les autres filières". Les vrais lieux de rencontre sont encore rares. "En matière d'exportation, ceux qui ont réussi dans un pays devraient raconter leur histoire, créer dans leur sillage des bonnes pratiques juridiques, de marché ", propose Elisabeth Ducottet, Pdg de Thuasne. Pour ce faire, les ETI allemandes peuvent aussi compter sur l'omniprésence des foires et expositions outre-rhin, qui génèrent mobilité humaine et communication permanente. "Les entreprises échangent même avec des concurrents lors de ces manifestations, le contact est permanent et permet de se tenir au courant de la situation générale et des bonnes pratiques dans chaque pays, insiste Isabelle Bourgeois. La région, la CCI, les pouvoirs publics ne devraient pas intervenir directement mais plutôt encourager ces ETI et PME à toujours plus échanger, à faire de la formation, à accroître la présence sur les foires et salons. Ce qui commence à se mettre en place doucement dans des régions comme Rhône-Alpes", ajoute la rédactrice en chef de la revue Regards sur l'économie allemande. La tradition d'individualisme est d'ailleurs parfois rompue grâce aux contraintes économiques. "Songez à la vallée de l'arve en Haute-Savoie pour le décolletage ou à celle du Haut-Bugey dans l'ain pour la plasturgie. La crise, les pôles de compétitivité et les nouvelles générations ont favorisé les rapprochements", illustre Patrick Martin, Pdg du groupe Martin Belaysoud à Bourg-en-Bresse. Stabilité des relations Dissemblance de taille, les ETI allemandes disposent de marchés captifs grâce à leurs relations privilégiées avec des grands groupes, quand ceux-ci en France adoptent une vision beaucoup plus utilisatrice que partenariale. "Areva se comporte bien en Rhône-Alpes. Le groupe est un des rares à avoir compris qu'il avait besoin d'un Hinterland de fournisseurs ancrés territorialement", remarque Patrick Martin. En Allemagne, l'activité entrepreneuriale "du cru" est prépondérante. "Les acteurs économiques sont conscients d'appartenir à un même territoire et d'œuvrer à sa santé économique. En France cette notion de proximité a été oubliée. Les PME ne sont que des succursales à presser", déplore Isabelle Bourgeois. Cordons solides de la bourse Enfin le capital des ETI en France n'est pas assez protégé. "Les structures allemandes sont très peu cotées, et donc à l'abri des OPA et achats inappropriés", rappelle Jean-Luc Gaffard, directeur du département de recherche sur l'innovation et la concurrence à l'ofce. Car les banques régionales exercent un grand rôle. Les Länder sont actionnaires de référence des caisses d'épargne, qui aiguillent la manne vers les ETI locales. Les "Sparkassen" représentent 40 % du marché de financement des entreprises. Les grosses entreprises, elles, font appel aux banques publiques régionales ou aux banques commerciales privées. "Nous avons oublié ce système en France, la BPCE n'a plus ce même rôle", soutient Isabelle Bourgeois, convaincue que Rhône-Alpes dispose d'atouts à faire valoir, notamment au niveau des infrastructures de transport, sachant que les filières se développent sur les points nodaux. "Il lui faut simplement emprunter quelques bonnes pratiques au voisin allemand, en terme de

36 réseaux et de collaboration "bottom-up". Comment voulez-vous que l'etat, à distance, entretienne des filières et décide des pôles de compétitivité dans les territoires?" Article 8 : Export : L'Europe. Et au-delà? Fortes de leur capacité d'innovation, les ETI les plus solides n'hésitent pas à s'ouvrir aux marchés voisins. Mais des obstacles structurels freinent encore les exportations "exotiques" des ETI rhônalpines. Lors d'une récente note de conjoncture régionale devant les journalistes, Bernard Gaud, le président du Medef Rhône-Alpes, a enchaîné les mauvaises nouvelles sauf une : la région réalise à nouveau un excédent commercial de 1,8 milliard d'euros en 2012, soit 11 % des exportations nationales. Les ETI n'y sont certainement pas étrangères, constituant 41 % des entreprises exportatrices de la région selon Ubifrance Rhône-Alpes. Un joli tableau de bonnes nouvelles qui comporte cependant quelques fissures. Créer un courant d'affaires La demande est faible en Europe, dynamique en Asie ou en Amérique, les marchés du "grand large". "58 % des exportations rhônalpines sont destinées aux marchés de l'union européenne alors que l'asie bien qu'étant la deuxième région d'échange n'en représentent que 13 %", souligne Marc Fortier, directeur international Grand Sud Est chez Ubifrance. Les dirigeants d'eti, bien que plus ouverts aux quatre vents que les autres, pourraient encore faire mieux. Tessi, une ETI grenobloise qui conseille les entreprises sur leurs flux (documents, moyens de paiement,...), a affiché une croissance insolente de 20 % par an entre 2000 et 2010 pour atteindre 262 millions d'euros. "Nous avions trois clients dans les années 1970, aujourd'hui. Nous ne pouvons plus grandir en France, il nous faut partir à l'international", explique le directeur financier Olivier Jolland. Les raisons de cette envolée tardive? "Il est difficile de franchir les frontières en matière de services. Il faut aussi adapter l'organisation et sortir de la culture franco-française". Les ETI hexagonales ont un esprit de conquête, mais une moindre maîtrise des langues et une culture moins tournée vers l'étranger freinent leurs velléités hors des frontières. "Très souvent les entreprises prospectent, puis reviennent. Il faut les aider à créer un courant d'affaires. Seulement 13 % des entreprises rhônalpines qui partent à l'étranger réussissent au final leur implantation", illustre Marc Fortier. Au-delà de 500 salariés, le marché domestique ne suffit plus Pour mieux comprendre les leviers de développement à l'international, le CESER a mené une étude qualitative auprès des ETI industrielles rhônalpines, en collaboration avec Coactis, laboratoire de l'université Lyon 2 dédié aux dynamiques de croissance des entreprises et des organisations. "Le comportement des entreprises patrimoniales à l'international va à l'encontre de l'image de gestion de bon père de famille, commente Martine Séville, responsable du Master Management de la PME et économie des activités internationales. Pour les dirigeants d'eti, l'international n'est pas un choix, mais une obligation. A partir de 500 salariés, le marché domestique ne suffit plus. Mais les entreprises qui ne proposent pas d'emblée une offre suffisamment différenciée reviennent bredouille". Le schéma classique d'implantation passe par une filiale de distribution, puis de production.

37 "Nous cherchons à faciliter les collaborations avec des dirigeants français de filiales qui donnent des conseils sur les meilleurs canaux de distribution, puis à aider les ETI à nouer des partenariats et signer des cessions de licences", évoque Olivier Pageron, délégué régional Rhône-Alpes chez Ubifrance. ERAI aide également à l'implantation légère par des VIE et au portage par des grands groupes. Mais ces coups de pouce sont inutiles si le mouvement ne vient pas du dirigeant lui-même. Culture de la valise "Il faut faire émerger une culture de la curiosité et de l'international, développe Claude Blanchet (Caisse des dépôts) : au-delà de la maîtrise des langues - qui n'est pas encore un fait acquis dans bien des ETI - il faut transmettre aux jeunes la "culture de la valise" : une ETI se bat avec le monde entier. Il faut pour cela qu'elle soit dotée de compétences en interne, qui y soient préparés dans leur tête". Chez Mérieux Développement, la société d'investissement de l'institut Mérieux, François Valencony prône le "baptême du feu" : "Il ne faut pas avoir peur de lancer de jeunes trentenaires à la tête de filiales à l'étranger. La région a la chance d'être riche en sociétés familiales. Elles n'ont pas la même force de frappe que les grands groupes mais elles sont capables de sortir des sentiers battus".

38 PanoramaLesETIenquêted unsecondsouffle //P.32 EnjeuxGrandirplusviteenattirantlestalents //P.33 Analyse Financement: l ère de la désintermédiation // P. 34 Stratégie Etre plus conquérant à l international // P. 35 ENTREPRENEUR MERCREDI 5 MARS 2014 // LESECHOS.FR PANORAMA//Les entreprises de taille intermédiaire ont poursuivi leur croissance durant la crise, mais elles en sortent fragilisées. Trop petites et trop peu nombreuses, beaucoup souffrent dans la compétition internationale. Les ETI enquêted unnouveausouffle L eseti entreprisesde taille intermédiaire devraient être le Graal de la stratégie de relance du gouvernement. Ces entreprises définies par leur nombre de salariés (entre250et5.000) etleurchiffre d affaires annuel (moins de 1,5milliardd euros)sontàlafois créatrices d emplois, innovantes et fortement exportatrices. Combien sont-elles? Environ 4.600, soit trois fois moins qu en Allemagne et deux fois moins qu au Royaume-Uni. La très grande majorité sont des entreprises familiales ayant leur siège social en province où elles assurent75%del emploitotaletconstituent85%desunitésdeproduction. Elles y garantissent la pérennité d un tissu de sous-trai- tants et de fournisseurs, chaque emploi dans une ETI générant, selon leur syndicat Asmep-ETI, 3,5 emplois indirects en moyenne. Résilientes à la crise, 70% d entre elles ont augmenté leurs effectifs au cours des cinq dernières années, privilégiant l emploi sur la distribution des dividendes, affirme l Asmep-ETI. Defait,lesETIreprésentent23% de l emploi salarié en France (33% de l emploi industriel) et ont créé près de emplois de2009à2013quandlesgrands groupes en supprimaient près de Elles assurent 23% des investissements, constituent le gros des troupes des entreprises cotéesetsurtoutlebrasarméde la France à l international avec 34% du total des exportations, grâce, pour un tiers d entre elles, à des implantations en Europe, enasieetenamériquedunord. «Les dirigeants d entreprise de croissanceportentlacompétitivité delafrance.lesaideràsedévelopper,innovertoujoursplus,conquérir de nouveaux marchés et créer encoreplusd emploisdoitêtreune prioritépourtous»,affirmealain Pons, président de la direction générale de Deloitte en France. RestequecesanciennesPMEpeinent à grandir, souvent par manquedefondspropres:lagrosse majorité d entre elles ont moins de 350 salariés et leur développement basé sur l autofinancement et le crédit bancaire (faute d ouvrir leur capital) risque de souffrir des nouvelles normes prudentielles qui s imposent aux établissements financiers. 3 QUESTIONS À ELIZABETH DUCOTTET PDG du groupe Thuasne «Ilfautalignerles règlesfrançaisessur lamoyennedesautres payseuropéens» E lizabeth Ducottet, tout en dirigeant l entreprise familiale, est coprésidente d Asmep-ETI, syndicat des entreprises de taille intermédiaire et des entreprises patrimoniales. Ellelanceuncrid alarmesurla fragilitéaccruedesetifrançaises. 1 Comment les ETI françaises ont-elles traversé la crise? Ellesontplutôtbienrésistéenfaisant des efforts importants. Elles ont réussi parce qu elles bénéficiaient de schémas de diversification optimisés, d un développement à l international solide, parce qu elles sont rapides à la décision, qu elles font preuve d une bonne réactivité pour s adapter à leur environnement. Mais leur capacité de résistance a seslimites.lacrisen estpasterminéeetceseffortsnepeuventpas dureréternellement.tropderésilience aboutit à un essoufflement et le décalage de compétitivité avec nos concurrents européens s accroît. Aujourd hui, les dirigeants d ETI sont inquiets et en appellent à des mesures d urgence. 2 Quelles mesures? Il faut rapidement aligner les règles fiscales, sociales, juridiques françaises sur la moyenne des autres pays européens, car, danslapartiecommunequise joue,nousavonslesrègleslesplus dures et c est un lourd handicap. Labaissedeschargesdoitêtrela pierre angulaire du dispositif pourdonnerlaprioritéàl emploi, avec des mesures simples, visibles, lisibles y compris par le dirigeant d entreprise qui pourra en bénéficierdefaçonimmédiate.en cesens,leciceestencoretrop compliquéetneporteravéritablement ses fruits qu en Cette baisse des charges doit être sensible, pas anecdotique, pour être véritablement incitative à l embauche, comme le prévoyait d ailleurs le rapport Gallois. On permettra ainsi aux ETI de s adjoindre des compétences nouvelles dans les champs de l innovation et de l internationalisationetdoncdegagnerencompétitivité. Il faut également que notre fiscalité notamment l impôtsurlessociétés soitdu mêmeordrequecequiacours dans les autres pays européens. 3 Qu attend-on aujourd hui deseti? Sansdoutetropdechoses,notammentàcourtterme.Orcesentreprises sont inscrites dans le moyenetlelongtermeenparticulierdansl industrie, etc estàcette échelledetempsqu ilfautjugerde leur réussite. C est pourquoi nous défendons la création d un statut d investisseurdelongtermecapabled accompagneruneentreprise surdescycleslongsdedixou douzeans,avecuntraitementparticulierdelafiscalitédetransmission.jecroisquecetteproposition suscite l intérêt des pouvoirs publics. Reste à passer aux actes. Propos recueillis par G.L. H. deoliveira/expansion-réa Inquiétude En outre, ces entreprises fragiliséesparlacriseenvisagentdésormais l avenir avec inquiétude: en février 2013, 23% d entre elles déploraient une baisse de leur activité(sondage OpinionWay pourkpmg)et17%prévoyaient deréduireleurseffectifs.mêmesi le nombre de défaillances d ETI a diminuéen2013( 4,9%),selon les derniers chiffres publiés par Coface, quand la tendance généraleestaucontraireàlahausse (+ 4,3%), cette catégorie d entreprises avait payé un lourd tribut l année précédente avec 45 faillites, un chiffre équivalent à celui enregistréen2009auplusfortde lacrise.en2013,lecoûtsocialet financier reste lourd. Enfin, ces entreprises de taille intermédiaire, sur lesquelles notre société en panne de croissance fonde tous ses espoirs, se disent pénalisées face à leurs concurrentesparlesrèglesdujeuàla française. Fiscalité, charges sociales, contraintes juridiques, elles veulent tout remettre à plat. Ces entreprises se disent pénalisées face à la concurrence européenne. «Les ETI, familiales en particulier, doivent être préservées face à un environnement réglementaire et fiscal toujours plus contraignant», avertitjean-pierreletartre, président d EY en France. «L accroissement des prélèvements obligatoires, particulièrement après le retournement de conjoncturede2008, acontribuéà réduire les capacités d investissements des entreprises», ajoute Jacky Lintignat, directeur généraldekpmgfrance.«leseti sortent fragilisées par dix années de hausse continue des prélèvement, avertit Elizabeth Ducottet, coprésidente d Asmep-ETI. Il y a urgence à stopper cette dynamique, car le tissu industriel et l emploi de nos régions sont aujourd hui menacés.» Georges Lucien «Plusd untiersdenotreactivitéetdenotre effectif est à l international», souligne Philippe Robardey, PDG de Sogeclair. PhotoDR Sogeclaira élargi sonchampd action A l origine, société de services en ingénierie, l entreprise toulousaine Sogeclair(une dizaine d implantations en France) a étoffé sa palette d activités au fil des années, avec une offre de produits dans la simulation et la réalité virtuelle. Ses clients: l aéronautique, le spatial, la défense, le ferroviaire, l automobile. Philippe Robardeyareprisilyaquinzeanslesrênesde l entreprise créée par sa mère en Habitué des croissances annuelles à deux chiffres,legroupeadepuisrejointlecerclefermédes ETI françaises avec un millier de salariés et 104 millions d euros de chiffre d affaires en Allemagne, Espagne, Royaume-Uni, Benelux, Tunisie, Canada.«Plus d un tiers de notre activité et de notre effectif est à l international», souligne Philippe Robardey. La crise? Sogeclair l a mise à profit pour consolider sa croissance, sécuriser ses financements, réduire son endettement, dans une logique continue d indépendance financière. Coté en Bourse depuis 1998, le groupe est encore majoritairementdanslesmainsdelafamille(67%du capital), qui revendique une belle rentabilité de 11%en2013. Contre le«harcèlement réglementaire» Pour autant, le président du Medef toulousain ne décolère pas, notamment contre la dernière loi de Finances.«Ilfautêtrecapabledesestructurerpour aller à l international, c est un parcours compliqué, or le Parlement a supprimé la possibilité qu avaient les entreprises de déduire de leur bénéfice imposable enfrancelespertesdeleursfiliales.ilachangéles règlesencoursdejeuetréduitnotrecapacitéà investir.uneloivotéeendécembreremetencausele résultat de douze mois d activité. C est insupportable ettrèsdémotivant.»lorsdelavenueduprésident de la République à Toulouse en janvier dernier, Philippe Robardey qui se félicite d avoir créé 120emploisnetsenFranceentrejuin2012et janvier2014necachepasavoireudeschoses plutôt désagréables à dire au chef de l Etat. «Surlacomplexitédel environnementdesentreprises enfrance, surleharcèlementréglementaireetfiscal dontellesfontl objet.» A bon entendeur G. L. François Lacoste, fondateur de NSE, estime que«lefinancementestcequifragiliseleplus uneeti».photodr NSEa misé sur despaysàpotentiel L e parcours est impressionnant. En 1976, François Lacoste était agriculteur. En 1983, il créait à Nizerolles(Allier) la société NSE (Nizerolles Systèmes Electroniques) avec cinq salariés. Trente ans plus tard, l entreprise auvergnate emploie 800 personnes dont 550 en Francesurunedouzainedesiteset250àl étranger. Tout à la fois concepteur, intégrateur de systèmes électroniques et prestataire de services (maintenance et réparation) pour l aéronautique civile, la défense et le ferroviaire, NSE a réalisé 67 millions d euros de chiffre d affaires en «Pour réussir à l international, il faut du temps, explique François Lacoste. Nous nous sommes concentrés sur des marchés porteurs comme le Canada pour l Amérique du Nord, le Brésil pour l Amérique latine, le Maroc pour l Afrique, l Inde pour rayonner sur Singapour et la Malaisie.» «Ilfautchangerlemodèle qui nous pénalise» Silegroupen apasrelâchéseseffortsdurantla crise, s installant à Casablanca en 2008, à Sao Jose DosCamposauBrésilen2011etàBengaloreen Indel anpassé,lacriseanéanmoinseuunimpact: «NousavonsdûréduirenoseffectifsenFrance,mais la baisse d activité a été compensée par la croissance à l étranger», souligne François Lacoste pour qui cette stratégie internationale a un coût élevé.«le financementestcequifragiliseleplusuneeti», insiste le président de NSE. Le groupe, qui avait accueilli des fonds d investissement en 2001, est entréenbourseen2012,maislamajoritédeson capital(61%) est encore familiale. Confiant dans la capacitédesonentrepriseàallerdel avantgrâceà sa capacité d innovation technologique et managériale «Ilfautsavoirseremettreencause,être capable d anticiper, c est ce qui fait la force des ETI», l industriel reste pessimiste sur la relance de la compétitivité française.«en France, il faut changer le modèle qui nous pénalise. Aujourd hui, notre compétitivité nous la forgeons avec nos filiales en zones dollar et low cost, ici, nous n investissons plus que modérément, en nous concentrant sur la technologieetlepilotagedugroupe.» G.L.

39 Les Echos Mercredi 5 mars 2014 ENTREPRENEUR// 33 ENJEUX// Dans un environnement très concurrentiel et un marché du travail rigide, les entreprises de taille intermédiaire se dotent de nouveaux outils pour trouver, fidéliser et faire évoluer les bons profils. Grandir plusvite enattirant lestalents rouver et fidéliser les compétences sont un T enjeu majeur pour les entreprises de taille intermédiaire(eti),l unedesclefsdeleur compétitivité dans la bataille concurrentielle qu elles se livrent entreellesetaveclesgrands groupes. Et cette guerre des talentsvas intensifieraufuretà mesure que la reprise économiqueseconfirmera:14%deseti européennes estiment ainsi que «le recrutement et la rétention des talents constitueront les principaux défis pour l année à venir» (baromètre Sage Business Index*). EnFrance,lesETImisentsur l attractivité de leur modèle circuits hiérarchiques courts, responsabilité individuelle pour séduirelesjeunesdiplômés.mais elles doivent aussi «travailler leur marque employeur» pour attirer les bons profils, estime ENTREPRISES FAMILIALES Franck Berguig, chef de produits chez Cegid Ressources Humaines, «et ne pas hésiter à s investir sur les réseaux sociaux». Autres impératifs: aller dans les écoles, «sponsoriser»descyclesdeformation, créer des chaires de recherche et d enseignement (commel afaitparexemplele groupe Toupargel à Lyon avec l EMLyon). Le groupe Gifi(équipement pourlafamilleetlamaison, salariés, 410 magasins, 977 millions d euros de chiffre d affaires en 2013) basé à Villeneuve-sur-Lot(47) a ainsi noué unpartenariataveclacitédela formation de Marmande pour développer un BTS en apprentissage management des unités commerciales Gifi. Gifi, qui veut atteindrelecapdumillierde magasins en 2025, mise sur cette formation pour satisfaire en partie ses besoins d encadrement. Thierry Boukhari, directeur délégué de Gifi, défend une politique salariale visant à faire progresser les collaborateurs. DR Pour autant, les rigidités du marchédutravailenfranceetla fragilitédelareprisepoussentles dirigeants d ETI à privilégier la promotion interne des compétences par rapport aux recrutements.et,pourêtreperformante, cettequêtedestalentsdoitseprofessionnaliser. «Jusqu à présent les logiciels de gestion des talents étaient surtout l apanage des grands groupes, mais aujourd hui ces outils sont adoptés par les ETI et les PME, et le marché de la GPEC [gestion prévisionnelle des emplois et des compétences, NDLR] est en pleine croissance», souligne Pascale Boyaval, directrice marketing, activité ressources humaines chez Cegid. Cartographier les compétences Ces outils permettent de cartographier les compétences et donnentauxsalariéslemoyende construire leur parcours de mobilité en fonction des besoins de l entreprise. Le tout étant accompagnéd uneffortsignificatif de formation. «Chez nous, il avoisine 4 % de la masse salariale», explique ThierryBoukhari, directeurdélégué du groupe Gifi. Cette entreprise familiale créée par son PDG, Philippe Ginestet, en 1981, mise sur ses compétences internes pour assurer son développement. «Nous sommes installés près d Agen et cela peut paraître difficile d attirer chez nous de jeunes diplômés et encore plus de les r e t e n i r, reconnaît Thierry Boukhari. Nous y parvenons dans 80 % des cas grâce à notre politique salariale, à nos 200 métiers et à notre capacité à faire progresser nos collaborateurs.» Thierry Boukhari en est le parfait symbole. Entré comme stagiaire au servicepaieen2003,ilagravi tous les échelons pour devenir DRH en 2007, avant d être nommé directeur délégué en novembre dernier. «Depuis cinq ans, nous pratiquons la GPEC pour identifier les compétences clefs en interne et évaluer les attentes de nos collaborateurs. Nous utilisons un logiciel dédié pour les entretiens annuels de développement et un site Internet Gifi RH talents permet aux salariés d identifier les opportunités de mobilité au sein du groupe.»gifi,quiveut accélérer son développement à l international, mise sur cette excellence RH pour y parvenir, quiluivautpourlaseconde année d être certifié Top Employers France par l Institut CRF. Georges Lucien * Etude réalisée par Populus auprès de décideurs issus de moyennes entreprises (plus de 100 employés) dans 17 pays, du 31 juillet au 28 août heurespour coacher lesleadersde demain Le groupe d audit et conseil Deloitte a réuni pour deux journées d échanges et de formation des responsables d entreprises familiales. Ilesttoujoursbonpourundirigeant d entreprise de prendre une bouffée d oxygène, de s offrir une parenthèse pour réfléchir sur son rôle, ses objectifs et ses perspectives.maislesdeuxjournéesorganisées récemment par le cabinet Deloittesousletitre«Les24heures des nouvelles générations», sont un peu particulières: elles sont réservées à de jeunes dirigeants ou futurs dirigeants d entreprisesfamiliales. L objectif?«leur permettre de sortir de leur solitude. Les repreneurs familiaux sont souvent mal perçus, parce qu on s imagine qu ils sont nés avec une cuillère en argent dans la bouche. En réalité, la reprise d une entreprise familiale est souventdifficile : ils enbavent tousles jours et se sentent prisonniers d un devoir de loyauté et de pérennité, «Ilestbonde susciter le dialogue entre la génération enplaceetcellequi est appelée àreprendre.» CHRISTOPHE SAUBIEZ Associé expert entreprises familiales chez Deloitte sans pouvoir échanger sur le sujet. Lors du séminaire, ils peuvent partager avec d autres dirigeants d entreprise, qui vivent la même expérience», explique Christophe Saubiez, associé expert entreprises familiales chez Deloitte et organisateur du séminaire, qui s est tenu en région parisienne. Si la«nouvellegénération»aentre 25et40ans, lepublicestenréalité unpeupluslarge. «Les jeunes sont contents d être entre eux, mais il est bon aussi de susciter le dialogue entre les générations, de bousculer les schémas établis entre la génération en place et celle qui est appelée à reprendre», précise Christophe Saubiez.Ainsi,onestàmi-chemin entreleséminaireprofessionnelet la«cousinade»:unequinzainede famillessontvenuesen«clan»,à 2, 3ou4avecunparent, desfrères etsœursoudescousins.c estlecas par exemple de Bertrand Lajugie, directeurgénéraldéléguéetreprésentant de la quatrième générationauseindugroupeseeb(ingénierie et construction de machines-outils 30 millions de chiffre d affaires et 200 salariés dans quatre filiales), venu avec deuxdesescousinschercher «des contacts et des témoignages pragmatiques et informels, au-delà des formations par des experts» Car c est bien là l objectif. «Nous souhaitons créer les conditions d un échange fructueux entre les participants, qui sont réunis en huis clos. Ils peuvent parler entre eux de leur parcours, de leur aventure d entrepreneur, mais aussi de leurs difficultés au sein de la famille»,poursuitchristophesaubiez. «Despistespouravancer» Leprogrammeduséminairecombine donc travail et détente. Côté travail, des présentations techniques, sur la fiscalité et les évaluations d entreprise, mais aussi des ateliers et des tables rondes. A l ouverture«officielle», en milieu de matinée, ils étaient ainsi une centaine de participants pour écouter les témoignages de quelques«stars»du«familybusiness» comme Philippe d Ornano (Sisley)ouAntoineMayaud(Association Familiale Mulliez) sur le thème de«l entreprise familiale: comment inventer de nouveaux modèlesdecroissance?».auprogramme des festivités, de longues soirées d échanges, autour d un buffet, puis d un verre de whisky tardif(très tardif pour certains), dans un cadre agréable mais sans prétention. «Nous avons rencontré des modèles d entreprises très différents, mais constaté que nos valeurs étaient communes, conclue Bertrand Lajugie, qui est sorti du séminaireconfortédansseschoix. Un actionnariat familial très dispersépeutconstitueruneforcepour l entreprise, à condition que la structuration juridique repose sur debonsprincipesetquelafamillene soit pas un frein au développement de l entreprise.» Chez d autres, la réflexionestmoinsavancée. «Certains jeunes découvrent que leur cas n est pas unique. S ils ne repartent pas avec toutes les réponses, ils ont aumoinsdespistespouravancer», résume Christophe Saubiez. Fort dusuccèsdelarencontre, rendezvous est déjà pris pour l année prochaine. CécileDesjardins AVEC RÉCYLUM, RECYCLER LES LAMPES DE VOTRE ENTREPRISE, C EST SIMPLE. PourrecevoirvotreLumibox : - Récylum: RCSParisB Choisissez une solution simple pour recycler les lampes de votre entreprise. Avec le optez pour la sérénité: votre distributeur en fournitures de bureau, partenairederécylum,s occupedetout,delalivraisonàlareprisedevotrelumibox pleine. C est simple, éco-responsable et conforme à la réglementation.

40 34// ENTREPRENEUR Mercredi 5 mars 2014 Les Echos ANALYSE// Devant l incapacité des banques, contraintes par un nouveau cadre réglementaire, à financer des projets de moyen et long terme, les entreprises de taille intermédiaire se tournent vers d autres solutions. Financement: l ère de la désintermédiation est une évidence qui s impose désormais à C tous les chefs d entreprise : les banques ne prêteront plus. Quand la reprise s annoncera, et avec elle le retour aux investissements, il faudra trouver d autres sources de financement. «Enraisondeleursnouvelles contraintes réglementaires, les banques devraient être moins en mesure de financer à long terme, même les meilleurs projets. Elles doiventdèsaujourd huimenerune réflexion sur la structure, les produits et les maturités de leurs financements, devenus stratégiques», juge Emmanuel Gadret, associé responsable régions chez Deloitte.«Lacriseamontréqu il était risqué d être dépendant d un oudeuxpartenairesbancairestraditionnels», confirme Alexandra Krief, responsable des évaluations «mid-market» chez Standard & Poor s. Au cœur du problème? Les financements à moyen et long termes, c est-à-dire supérieurs à six ans. Avec un paradoxe terrible :«Plusgrandserale financement, plus il sera facile à obtenir, résume Nadine Veldung, associé gérant chez Oddo Corporate Finance. Les investisseurs jugent que les petits financements manquent de liquidité, et les frais d étude, de structure,etc.sontidentiquesquelleque soitlatailledufinancement.» Audelà de 200 millions d euros, le marché obligataire est actuellement une solution attractive. «Les investisseurs se bousculent surcesmontantsdedette,que «Des financements plus flexibles» Il en existe trois principaux types. Les USPP, tout d abord.«très mature, le marché américain des USPP permet d obtenir des finanl entreprise soit de qualité investissement grade ou inférieure», estime Nadine Veldung. De fait, le marché de la dette «high yield» (entreprises notées BB ou moins) se porte très bien : fin janvier, le spécialiste des pièces automobiles Autodistribution (1,2 milliard de chiffre d affaires) y a par exemple levé 240 millions d euros sur cinq ans au taux de 6,5 %. Pour un financement moins élevé, mieux vaut se tourner vers les placements privés : entre 3 et Une charte pour accélérer le développement des placements privés C estsouslenomdechartedel EuroPP quetroisassociationsprofessionnelles, l Afte(destrésoriersd entreprise), l Af2i (desinvestisseursinstitutionnels) etl Amafi (marchésfinanciers) ontpubliémi-février leursrecommandationspourde«bonnes pratiquessurlemarchédeseuropp». Letexteproposeun«cadrederelations» entreémetteursetinvestisseurs, ainsi quedesmodèlesjuridiquestypespour cesopérations, cequidevraitpermettre àcesfinancementsd êtreplusfacilement etplusrapidementmontés.«leslignesde 10 investisseurs professionnels (de type assureurs ou fonds d investissement) s engagent en amont et dans une négociation de gré à gré à financer l entreprise, sous forme d obligations ou de prêt. conduitequenousavonsposéesdevraient permettredemettreenplaceuntel financementenunedizainedesemaines», estimehervélabbé, directeurdelasalle desmarchésetdesétudes macroéconomiquesdugroupeorange etreprésentantdel Afteauseindugroupe detravailquiaétablicettecharte. Toutefois, lecadreneseveutpastroprigide. «Ilfaut, pourlemoment, laisserlaplaceà lanégociationentreacteurs: d uneentreprise àl autre, lessituationssonttropdifférentes», ajoutehervélabbé. cements essentiellement obligataires, auprès d investisseurs qualifiés, d un montant minimal de 50 millions d euros, sur cinq à quinze ans», explique Alexandra Dimitrijevic, responsable de la notation des entreprises en Europe chez Standard & Poor s. Si des entreprises comme Bonduelle ou plus récemment Neopost ont régulièrement fait appel à c e m a r c h é, i l n e s t p a s forcément facile d accès.«la documentation est importante et doit correspondre aux formats américains, avecnotammentl établissement des comptes selon les normes IFRS. C est donc un mode de financement réservé aux entreprises qui ont une activité importante en dollars ou qui bénéficient d une bonne notoriété sur le marché américain», ajoute Alexandra Dimitrijevic. Seconde solution, le marché allemand, dit des «Schuldschein», essentiellement constitué de prêts.«iloffre des financements de trois à sept ans, dès25millionsd euros», précise Alexandra Krief. Mais, là aussi, mieux vaut avoir une activité et une réputation sur le marché allemand. Autant dire que la grande majorité des entreprises françaises mise aujourd hui sur le développement plus récent des Euro PP, marché sur lequel les ETI ont déjà levé quelque 7 milliards d euros entre 2012 et Ses avantages?«lesfinancements sont plus flexibles et peuventprendrelaformedeprêtsou d obligations, cotées ou non. Ils sont accessibles dès 10 millions d euros sur cinq, sept, voire dix ans», explique Alexandra Krief. Certains tablent sur quelque 10 milliards de financements Euro PP par an, grâce notamment à un changement réglementaire intervenu l été dernier et qui devrait permettre aux assureurs français d accroître leur mise sur ce marché. Surtout, émetteurs et investisseurs viennent de se mettre d accord sur un «cadre de référence» qui devrait faciliter le développement de ces financements (voir ci-contre). Au-dessous de 10 ou 15 millions d euros? Les entreprises peuvent se tourner vers les particuliers et leur proposer des obligations à travers un IBO (pour «initial bond offering»). La levée de fonds prend alors des airs de campagne marketing grand public, ce qui peut constituer un avantage pour les entreprises qui ont la même cible commerciale. Les groupes immobiliers Capelli ou Réalités ont ainsi respectivement levé 15 et 7 millions d euros (en décembre 2012 et juin 2013). Mais, outre les contraintes liées au visa de l AMF, ces opérations comportent un risque «d exécution».«ilya jusqu audernier moment un risque que l opérationnesefassepascarlemarché n est jamais garanti», juge Nadine Veldung. De quoi expliquer leur relatif échec : il n y a eu en tout et pour tout que 4 IBO en deux ans. La grande majorité des entreprises françaises mise sur le développement des Euro PP Marché sur lequel les ETI ont déjà levé quelque 7 milliards d euros entre 2012 et Reste alors la solution des fonds communs de placement obligataire, de type Novo ou Micado. Si le premier peut apporter jusqu à une cinquantaine de millions d euros par opération, le second vise plutôt entre 5 et 10 millions d euros. Mais encore faut-il répondre aux critères fixés par ces structures : s afficher «entreprise de croissance» est indispensable pour séduire Novo (qui a récemment participé au placement privé réalisé par le groupe MK2). Micado, de son côté, cible les «ETI françaises cotées mais non notées», ce qui a permis à VM Matériaux d émettre fin décembre un emprunt obligataire de 3, 8 millions d euros (à taux fixe de 6 % et remboursables in fine en décembre 2019). Chacun peut donc finir par trouver chaussure à son pied même si les petites pointures sont plus rares. CécileDesjardins Trois exemples récents de financements alternatifs GroupeRealités Jean-FrançoisLabadie/PhotoDR Altrad IBO:Réalités,7millionsd eurosà9%sursixans Spécialisé dans l immobilier neuf, le groupe Réalités a mené enjuin2013laplusrécente«initialbondoffering»(ibo) réalisée en France. C était aussi la première à concerner une société non cotée. L entreprise, qui visait 10 millions d euros,enafinalementobtenuunpeuplusde7, à travers l émission de obligations au prix unitaire de 100 euros, à destination d investisseurs particuliers ou institutionnels. Ces titres sont cotés sur le marché Alternext de Nyse Euronext à Paris, leurs intérêts étant versés semestriellement, en juillet et en janvier, depuis janvier dernier. Crééen2003,legroupearéaliséen2012unchiffred affaires de 42 millions d euros. USPP:Neopostemprunte50millionsdedollarssursixans C est en complétant un placement privé de 175 millions de dollars, mis enplaceenjuin2012,quelegroupedetraitementdecourrierneopost alevéfinjanvier50millionsdedollars.concluenoctobre2013,autaux variabledelibor3mois+1,75%,lefinancementaprislaformed une dette senior non garantie auprès d un investisseur unique. La mise à disposition des fonds a été réalisée le 23 janvier. Le directeur financier de Neopost, Jean-François Labadie, a jugé que,«avec cette nouvelle tranche complétant notre placement privé, nous continuons à profiter des opportunités qu offre le marché américain pour obtenir un nouveau financement dans de très bonnes conditions». Neopost, coté ausbf120,aaffichéunchiffred affairesde1,07milliardd eurosen 2012, pour un endettement de quelque 800 millions à fin juillet Euro PP: Altrad obtient 100 millions d euros auprès de 3 investisseurs Numéro un européen des échafaudages, le groupe Altrad a émis, en octobre 2013, 100 millions d euros d obligations par le biais d unplacementprivéeuropp,avecunematuritéde7ans etpouruncouponde4,4%.troisinvestisseurs Natixis Assurances,lefondsNovoetAmundi sesontengagés dans le financement de l entreprise, qui devrait cette année dépasser les 700 millions d euros de chiffre d affaires. Legroupe,quiaouvertsoncapitalàhauteur de25%aufsien2011,souhaitaitainsidiversifier ses sources de financement, jusqu à présent exclusivement bancaires.

41 Les Echos Mercredi 5 mars 2014 ENTREPRENEUR// 35 STRATÉGIE// Partir à l étranger est un facteur d accélération de croissance. Les ETI réalisent un tiers des exportations françaises. Mais certaines manquent d ambition. Etre plusconquérant àl international Yves Vilagines L a question n est pas : «C o m b i e n d e d i v i - sions?». Près de 90 % des ETI sont exportatrices, soit en 2013, selon le dernier comptage des Douanes. La question est plutôt celle de l intensité, de la détermination, de l ambition et de la stratégie.«beaucoupde PME deviennent des ETI avec l international», assure Arnaud Leurent, consultant en organisation et stratégie. De même, un bon nombre deviennent de grandes entreprises en intensifiant leur présence partout dans le monde. L export, un premier pas L ancien vice-président du Medef Jean-Claude Volot décrit le parcours classique :«Au-delàde 100 personnes, une volonté concomitante d innovation et d internationalémerge.»le patron de la PME toulousaine Dedienne Aerospace détaille les trois volets de l international : les achats, l export et l implantation.«le sourcing de fournisseurs est un premier pas nécessaire, un bon moyendesefrotterauxprocédures de dédouanement par exemple.» Puis vient l export, souvent à la demande de clients, par opportunisme, voire l implantation par nécessité dans des pays à bas coûts, poussée par les donneurs d ordre. Ainsi, lorsque à la fin des années 1980, Plastivaloire investit dans une première usine en Pologne, c est pour ne pas perdre le marché des façades plastiques de petits téléviseurs dont son client Philips délocalisait la production. Le patron Patrick Findeling a suivi. Aujourd hui, la moitié des 24 usines du groupe de plasturgie sont situées à l étranger. Mais, une fois implantée, l entreprise en profite pour«grapiller» des clients. Jean-Claude Après avoir investi en Europe, l entreprise toulousaine de«facility management» aborde la Thaïlande et l Indonésie. 32% DES EXPORTATIONS (EN VALEUR) Les ETI exportatrices sont selon les Douanes et réalisent un tiers des exportations françaises. En comparaison, les 360 grandes entreprises exportatrices ont réalisé 40% des exportations l an dernier. `SUR LEWEB Bâtir une stratégie à l international, les conseils d Arnaud Leurent sur lesechos.fr Chine: l expérience de Moret industries et les conseils de Dominique Jolly sur lesechos.fr Elizabeth Ducottet portera le flambeau des ETI françaises sur lesechos.fr Atalianpart àlaconquêtededeux nouveauxmarchés chaque année Volot regrette cependant que trop d entreprises françaises subissent l international faute de stratégies de conquête. Au Medef, il a été l artisan d un plan pour y remédier. Baptisé Stratexio, il doit permettre aux entreprises qui réalisent de 20 à 30 % de leur chiffre d affaires à l export d aller encore plus loin.«ils agitdepasserdel étatde survieàl étatdeconquête», assure Jean-Claude Volot. Olivier Dhonte est le fondateur et président de Viseo, société de solutions de gestion informatiques. Au début, pour suivre ses clients à l étranger, l entreprise dépêchait quelques expatriés. Par la suite, elle a créé des filiales locales, par exemple aux Etats-Unis en 2005 pour accompagner L Oréal. En parallèle, Viseo a créé une filiale de développement informatique au Maroc pour réduire ses coûts. Là où elle est présente, Viseo souhaite maintenant s attaquer au marché local. «Nous avons un savoir-faire, des références, uneéquipe, uneorganisation, pourquoi ne pas avoir une stratégie plus agressive?» reconnaît Olivier Dhonte. Répliquer les succès Passer de quelques clients locaux à l ouverture d un nouveau pays est une autre frontière à franchir. Et le plus souvent par croissance externe. Les ETI sont les mieux armées : un savoir-faire ou un produit éprouvé, et une surface financière suffisante. Le consultant Arnaud Leurent recommande de faire preuve de méthodologie pour répliquer le succès. A l image de Solutions30, société d assistance à l installation d équipements technologiques. Après avoir analysé son succès en France, le fondateur Gianeppi Fortis a cherché«desmarchés avec la même structure pour faire un copier-coller». L entreprise de 95 millions d euros de chiffre d affaires est aujourd hui implantée en Italie, au Benelux et en Allemagne. La dernière étape est celle de la globalisation, illustrée par ce que Gabriel Attias, associé chez Deloitte appelle«la stratégie des paysàrebond». Force est de constater que conquérir l Afrique depuis la France avec une structure de coûts européens est illusoire. Gabriel Attias recommande d investir d abord au Maroc puis de s en servir comme plate-forme de conquête sur le continent. Et ainsi du Vietnam pour l Asie ou de l Argentine pour l Amérique latine. n Meralliance est spécialisé dans les poissons fumés. PhotoDR Meralliancesécurise safilière saumon àl étranger et en France Franco-française jusqu en 2008, l entreprise bretonne aélargisagammeet sesbases,grâceàsesusines enpologneetenecosse. En 1993, lorsque Gilles Charpentier reprend Meralliance, l entreprise spécialiste des poissons fumés, créée vingt-deux ans plus tôt à Quimper, perd le quart de son chiffre d affaires de 18 millions d euros. Recentrée sur les marques de distributeur, la société retrouve la forme, mais reste cantonnée à la France, ayant juste, depuis 2001, un acheteur en Norvège, haut lieu de l élevage de saumons. La véritable première incursion à l international est en Pologne, où l entreprise sous-traitait déjà sa gamme premier prix. Meralliance y rachète une usine en 2008, qui aujourd hui emploie 170 personnes et conditionne tonnes de poissons pour la France, le Benelux et l Allemagne. Puis Meralliance investit en Ecosse, autre haut lieu de production, dans une usine plus haut de gamme et pour y servir surtout le marché britannique.«ma stratégieestderemonterverslamatière première, de créer une filière. Car nous sommes pris entre des producteurs très concentrés en Norvège et des distributeurs eux aussi très puissants», avoue Gilles Charpentier, le patron de Meralliance, qui emploie 950 salariés et réalise 155 millions d euros de chiffre d affaires. Pour sécuriser l accès à la ressource, l entreprise va investir dans une ferme d élevage de saumons en Bretagne. Elle renforcera sa stratégie export hors d Europe depuis sa base britannique pour exporter du saumon d Ecosse. Yv.V. Au-delà des clichés LA CHRONIQUE dephilippe Bloch il est un cliché qui colle trop souvent S à la peau des entrepreneurs français, c est bien celui du malin plaisir que prendraient certains à se séparer de leurs collaborateurs à la moindre occasion ou à manquer d ambition quant à la croissance de leur entreprise. Au prétexte que la dictature du court terme pousse parfois les dirigeants de grands groupes à tailler dans leurs effectifs pour satisfaire l appétit insatiable des analystes financiers et faire monter leur cours de bourse, tous ne seraient que de cyniques personnages motivés par le seul profit financier. Et parce que la France manque cruellement d ETI si on la compare à l Allemagne, ils ne seraient que des petits joueurs incapables de se hisser un jour dans la cour des grands. C est oublier un peu vite la nature même de l esprit d entreprise, qui consiste à décider un jour qu un projet forcément fou mérite d être vécu et surtout partagé avec une équipe d hommes et de femmes prêts à conquérir le monde à nos côtés. Retrouvez l intégralité de cette chronique sur lesechos.fr ATTIRER LES MEILLEURS TALENTS POUR L INTERNATIONAL, C EST L EFFET UBIFRANCE. Au rythme actuel, Atalian ne sera bientôt plus une ETI : le chiffre d affaires atteint 1,3 milliard d euros, dont 200 millions réalisés à l international dans 16 pays, e t l e f f e c t i f d é p a s s e l e s salariés, dont à l étranger Créée en 1944 par Paul Julien sous le nom de TFN, l e n t r e p r i s e a p r o c é d é à 200 acquisitions en vingt ans, surtout en France, et fait ses premiers pas à l étranger il y a six ans, pour suivre ses clients, en créant des filiales en Espagne (revendue depuis), en Slovaquie et en République tchèque.«créer ex nihilo prend trop de temps, explique Franck Julien, petit-fils du fondateur et actuel président du directoire. Désormais, on privilégie la croissance externe. On recherche un entrepreneur, souvent du nettoyage,qu onrachèteà51%etpuis, petit à petit, on consolide nos positions.» Une stratégie rodée La stratégie d abordage puis de développement est rodée. La Turquie est un cas d école. L implantation date de 2012 avec le rachat d une société de nettoyage de Franck Julien, petit fils du fondateur et actuel président du directoire d Atalian, privilégie la croissance externe. PhotoDR 10 millions d euros de chiffre d affaires. Le mois dernier, Atalian a acquis une entreprise de maintenance technique de 13 millions d euros de chiffre d affaires. Et le groupe a déjà en ligne de mire une cible dans la sécurité. Après la Turquie, les prochains pays d implantation sont l Indonésie et la Thaïlande. «En Europe, nous concentrons nospositions, maisnousnecréons plus de points d implantation. Nousmisonssurletrèsgrand export où la croissance est plus forte et les taux de rentabilité meilleurs. Notre objectif est de tripler notre chiffre d affaires à l internationald iciàtroisansavec l implantation dans deux nouveauxpayschaqueannée», assure Franck Julien. Pour tenir cet engagement, l entreprise dispose d une cellule interne audit et acquisitions chargée de répérer les cibles et de faire les premières approches. Les décisions de prises de participation sont, elles, du ressort d un comité d investissement où siègent tous les patrons de divisions du groupe. Yv.V. Etudes& conseils Prospection Communication UBIFRANCE vous met en relation avec le Volontaire International en Entreprise* adapté à votre projet: vous accédez à un vivier actif de candidats formés, motivés et multilingues notre service matching** peut pré-sélectionner ou rechercher un profil rare Plus de 8 OOO V.I.E contribuent actuellement au succès des entreprises françaises dans 13O pays. Pour toute information : ou COÛT D UN D'APPEL LOCAL L Agence française pour le développement international des entreprises * Décisionn 16duPactenationalpourlacroissance, lacompétitivitéetl emploi... «FaireprogresserlenombredeVIEde25% en3ans»... **rapprochement entreprise/ candidat.

42 Elizabeth Ducottet (syndicat ASMEP-ETI). «ETI : Ne nous trompons pas de combat!» 6 mars 2014 Le constat est connu et largement partagé : notre pays peine à faire croître ses entreprises. La France souffre d'un important déficit d'entreprises de taille intermédiaire, ces fameuses ETI, restées jusqu'à leur reconnaissance en 2008 sous le radar des politiques publiques. Les chiffres parlent d'eux-mêmes: ETI en France, contre en Allemagne, au Royaume-Uni, en Italie On ne peut naturellement que se réjouir de l'intérêt croissant des décideurs publics pour cette catégorie d'entreprises, industrielles, solidement ancrées dans les territoires, internationalisées, qui constituent un véritable actif stratégique et dont la résilience en temps de crise ( emplois nets créés par les ETI entre 2009 et 2013) comme la réactivité en période de reprise ne sont plus à démontrer. Conduire nos PME à la taille ETI. D'accord. Encore faut-il que le diagnostic soit bien posé et le problème véritablement appréhendé. Ce qui est loin d'être évident. Dernière curiosité en date, un projet de proposition de loi qui vise à sanctionner les participations dites «toxiques» de grands groupes dans les PME. Derrière une intention fort louable - aider nos PME à grandirse cachent les travers devenus habituels de lois qui, en opposant les acteurs économiques les uns aux autres, en promettant de nouvelles complexités, sanctions et autres punitions, finissent par produire l'effet inverse que celui recherché. Ne nous trompons pas de combat! La priorité, pour voir nos PME se développer et accéder à la taille ETI, est de créer un écosystème au service de leur montée en gamme et en taille. Il s'agit là d'une urgence absolue. La France décroche. 16 points d'is supplémentaires nous séparent de nos voisins européens. Nos entreprises payent des charges sociales patronales de 50% supérieures à la moyenne européenne. Notre pays compte 153 petites taxes majoritairement assises sur la production, une exception mondiale. La croissance de nos entreprises est devenue une sinistre course d'obstacles faite d'innombrables seuils sociaux et fiscaux. Pour croître, gagner des parts de marché, nos PME et nos ETI ont besoin de pouvoir se battre à armes égales avec leurs compétiteurs qui sont dans leur grande majorité européens. Aujourd'hui ce n'est plus le cas. L'ambition d'un Mittelstand français, industriel et conquérant, générateur d'emplois et d'investissements dans nos territoires est encore à portée de main. Le retour à un environnement compétitif raisonnablement aligné sur nos voisins européens en est le plus court chemin. Elizabeth Ducottet, Présidente d'asmep-eti, syndicat des entreprises de taille intermédiaire et des entreprises patrimoniales.

43 Le gouvernement travaille sur plusieurs scénarios de baisse de charges 11/03/2014 Maintenant que le patronat et les syndicats se sont mis d'accord sur les contreparties du pacte de responsabilité, il reste à savoir comment se répartira l'enveloppe de 30 milliards d'euros de baisse de charges promise par le chef de l'état. Et sur cette épineuse question, c'est au gouvernement de trancher. «Il y a un arbitrage à faire entre ce qui va vers l'emploi - et plus on allège sur les bas salaires, plus c'est créateur d'emplois - et ce qui va vers la compétitivité et donc vers les plus hauts salaires», a déclaré dimanche sur BFM TV le ministre de l'économie, Pierre Moscovici. Aujourd'hui, un allégement de 20 milliards existe via le Crédit d'impôt compétitivité emploi (CICE). Au sein de l'exécutif, le débat est vif sur l'affectation des 10 milliards supplémentaires. D'un côté, il y a les partisans d'une baisse de charges concentrée sur les bas salaires. Ils soutiennent que la réduction du coût du travail pour les rémunérations proches du smic permet de créer plus de postes, et plus vite. En ces temps de chômage élevé, l'argument fait mouche. «En faisant diminuer le coût du travail sur les plus bas salaires, nous irons dans le sens d'un maximum de création d'emplois», a insisté Michel Sapin, le ministre du Travail, dimanche dans le JDD. En outre, politiquement, il est plus facile de «vendre» une mesure d'allégements qui dope l'emploi des moins qualifiés. Car ainsi, l'argument du «cadeau aux entreprises» peut être désamorcé. En face, les tenants d'une mesure favorable à la compétitivité ne désarment pas. Ils soulignent que les subventions sur les bas salaires n'incitent pas le tissu productif français à monter en gamme. Et rappellent qu'il existe déjà plus de 20 milliards d'allégements de charges sur les rémunérations comprises entre 1 et 1,6 smic (appelés allégements Fillon). Ils plaident donc pour un élargissement du CICE qui, au lieu de s'arrêter à 2,5 smic, pourrait aller jusqu'à 3 smic. De quoi couvrir davantage de salariés. Après les municipales Pour l'heure, le Medef ne veut pas en entendre parler. Il préfère, comme mesure de compétitivité, une division par deux du taux des cotisations familiales - un dispositif qui a l'avantage de toucher l'ensemble des salaires. Le Medef et l'afep se sont vus hier pour se mettre en ordre de bataille et développer un argumentaire commun. Le Medef doit également rencontrer aujourd'hui l'asmep-eti, qui représente les entreprises de taille intermédiaire. La bataille n'est perdue pour personne car rien n'est arbitré à ce jour. D'ailleurs, le gouvernement ne compte pas dévoiler la solution retenue en matière de baisses de charges avant les élections municipales. «On est plutôt vers avril», précise-t-on à l'élysée. Mais une chose est certaine: l'exécutif devra prendre en compte l'impératif de compétitivité. D'autant que les syndicats réformistes, CFDT en tête, veulent des mesures en ce sens. La solution finale devrait donc comporter un mélange des deux mesures, emploi et compétitivité. Jean- Marc Ayrault a d'ailleurs parlé la semaine dernière de baisses de charges «principalement concentrées sur les bas salaires». Une orientation que l'on traduit à l'élysée par: «cela peut donc être significatif sans être forcément majoritaire».

44 ESI Group: distingué par un prix ASMEP-ETI / Bpifrance. 12/03/2014 (CercleFinance.com) - ESI Group annonce l'obtention du prix ASMEP-ETI (syndicat des Entreprises de Taille Intermédiaire et des entreprises patrimoniales) / Bpifrance dans la catégorie 'Innovation et Stratégie industrielle'. 'Ce prix reconnaît et récompense les entreprises patrimoniales ou les ETI qui, dans le cadre d'une stratégie cohérente et pérenne, réussissent à se différencier par la mise en place des conditions d'une croissance durable au travers de l'innovation', explique le fournisseur de solutions de prototypage virtuel. Il précise que ce prix découle d'un processus de sélection fondé, entre autres, sur sa capacité d'innovation, avec une politique d'investissements dédiée dont le montant représente environ 30% du chiffre d'affaires total. Il repose aussi sur sa capacité à réussir à l'international, révélée par la présence d'esi Group dans plus de 40 pays lui permettant de réaliser un chiffre d'affaires hors de France de près de 90% de ses revenus globaux.

45 Le sort des PMEETI inquiète plus que jamais 11 mars 2014 L'ASMEP-ETI, le syndicat des entreprises de taille intermédiaire, tenait aujourd'hui ses assises annuelles. Dans un contexte fiscal qu'il est urgent de réformer, il lance 5 propositions pour un "pacte de responsabilité locale" que WanSquare publie en avant-première. A l heure où nombre d intervenants se penchent sur le berceau des petites et moyennes entreprises, aussi bien certains financiers, bien décidés à mettre en place des solutions alternatives aux financements bancaires, que le lobby de la Bourse, Paris Europlace, qui vient de publier un rapport sur le financement en dette des PMEETI, d autres institutions lancent de véritables cris d alarme et s inquiètent pour la survie de ces acteurs cruciaux de la société française. C est le cas de l ASMEP-ETI, le syndicat des entreprises de taille intermédiaire. Celui-ci intervenait aujourd hui devant ses membres dans le cadre de ses assises annuelles. L occasion pour ses deux présidents, Philippe d Ornano, par ailleurs président du directoire de Sisley, et Elizabeth Ducottet, également Pdg de Thuasne, de faire un point sur la situation fiscale de la France par rapport à ses homologues européens en matière fiscale, mais aussi de formuler 5 propositions en vue d améliorer les choses Au chapitre des comparaisons, la France n est effectivement pas loin de s approprier le bonnet d âne. Du côté de l impôt sur les sociétés, il est supérieur de 16 points (à 38,1%) à celui communément pratiqué dans le reste de l Europe (22,3%) le taux de prélèvement atteint 64,7% pour les entreprises hexagonales quand il ne dépasse pas 40,1% sur le Vieux Continent. Pire : de 2006 à 2011, le montant des petites taxes locales s est accru en France de 100%. Du coup, à masse salariale, production et chiffre d affaires équivalents (130 millions d euros), une ETI française fait 2,4 fois moins de bénéfices que la même entreprise allemande, indiquent les dirigeants de l ASMEP-ETI. D où leur inquiétude pour ces acteurs et ce, d autant plus que les établissements bancaires ont moins de latitude aujourd hui pour les accompagner dans leurs projets de développement. Soucieux d aider ses membres et de mobiliser les parties prenantes aussi bien privées que publiques, le syndicat vient d élaborer 5 principes pour un «Pacte de responsabilité locale» que WanSquare a réussi à obtenir en avant-première. 1/ A rebours des engagements nationaux, la fiscalité comme la réglementation locales poursuivent leur inexorable inflation. Rien qu en 2013, l ensemble des taxes locales pesant sur les entreprises a augmenté de 6,3%, quand le PIB n a progressé que de 0,3%. Il y a donc urgence à mettre en place un moratoire sur la fiscalité locale. 2/ L ASMEPETI plaide pour le remplacement de toutes les taxes locales par une contribution territoriale unique (CTU) assise sur des bases objectives. 3/ Transport, équipement, ordures ménagères, énergies renouvelables... autant de politiques locales indispensables dont le financement doit être assuré par tous, et pas seulement par les entreprises privées et leurs salariés. «Lorsque ces politiques bénéficient directement aux entreprises, il convient de passer de la culture de l impôt à celle de la redevance».

46 4/ Les structures locales chargées de représenter les acteurs économiques et de stimuler l activité doivent aujourd hui se rapprocher pour gagner en efficacité au service du développement local et de l emploi. 5/L ASMEPETI propose, enfin, que le vote des budgets annuels des collectivités soit précédé d un «examen de compétitivité», et plaide pour l adoption d indicateurs évaluant l impact en termes d emploi de tout nouvel investissement. «Ces principes seront le fil rouge de la contribution des ETI au débat local, qui s ouvre avec les élections municipales du printemps et se refermera en Ce débat est crucial, tant il est urgent que l ensemble des acteurs publics œuvrent pour créer en France un écosystème favorable à l investissement, à la croissance et à l emploi», soutiennent les dirigeants du syndicat.

47 Compétitivité: les entreprises appellent à ne pas oublier la fiscalité locale 11 mars 2014 Au moment où le gouvernement planche sur la Pacte de responsabilité annoncé par François Hollande, et sur des Assises de la fiscalité, l'organisation ASMEP - ETI qui représente les entreprises de taille intermédiaire, a appelé mardi à ne pas délaisser le champ de la fiscalité locale. "Il ne faut pas parler que des charges sociales et prendre la question de la fiscalité par petits bouts", a dit à l'afp Philippe d'ornano, qui dirige cette organisation revendiquant 600 entreprises membres. Le Pacte de responsabilité est la promesse aux entreprises d'une baisse totale de 30 milliards d'euros du coût du travail, qui devrait passer pour 20 milliards d'euros par le Crédit d'impôt compétitivité et emploi, déjà en place, et pour 10 milliards par des allègements des cotisations familiales. L'ASMEP-ETI a fait la liste de cinq principes devant guider selon elle la création d'un "Pacte de responsabilité locale": l'urgence pour freiner " l'inexorable inflation" de la fiscalité et de la réglementation locales; la simplicité en remplaçant l'éventail des taxes locales par une "contribution territoriale unique"; la cohérence; l'efficacité en favorisant le rapprochement des structures locales impliquées dans la vie des entreprises; et l'efficacité, en demandant que le vote des budgets annuels des collectivités soit précédé d'un " examen de compétitivité ". "En France nous payons le double de la moyenne européenne en terme de fiscalité locale", avec des taxes pesant 3% du produit intérieur brut, a déclaré M. d'ornano, ajoutant qu'en moyenne depuis 1998, 7 nouvelles taxes ont été créés chaque année en France dont 5 au niveau local. Par ailleurs, a-t-il fait valoir, il s'agit d'impôts qui "souvent taxent la masse salariale" et non les bénéfices

48 Compétitivité: ne pas oublier la fiscalité locale 11 mars 2014 Au moment où le gouvernement planche sur la Pacte de responsabilité annoncé par François Hollande, et sur des Assises de la fiscalité, l'organisation ASMEP-ETI qui représente les entreprises de taille intermédiaire, a appelé à ne pas délaisser le champ de la fiscalité locale. "Il ne faut pas parler que des charges sociales et prendre la question de la fiscalité par petits bouts", a dit à l'afp Philippe d'ornano, qui dirige cette organisation revendiquant 600 entreprises membres. Le Pacte de responsabilité est la promesse aux entreprises d'une baisse totale de 30 milliards d'euros du coût du travail, qui devrait passer pour 20 milliards d'euros par le Crédit d'impôt compétitivité et emploi, déjà en place, et pour 10 milliards par des allègements des cotisations familiales. "En France nous payons le double de la moyenne européenne en terme de fiscalité locale", avec des taxes pesant 3% du produit intérieur brut, a déclaré M. d'ornano, ajoutant qu'en moyenne depuis 1998, 7 nouvelles taxes ont été créés chaque année en France dont 5 au niveau local. Par ailleurs, a-t-il fait valoir, il s'agit d'impôts qui "souvent taxent la masse salariale" et non les bénéfices.

49 L ASMEP-ETI réclame un "pacte de responsabilité locale" 11 mars 2014 DOCUMENT L association qui représente les entreprises de taille intermédiaires (ETI) réclame un moratoire sur la fiscalité locale et le remplacement de toutes les taxes locales par une contribution territoriale unique. Selon l ASMEP-ETI, qui demande aux collectivités locales d adopter un "pacte de responsabilité locale", la fiscalité locale sur les entreprises a augmenté de 6,3 % en 2013 et pèse sur la compétitivité des ETI.

50 12 mars 2014 Les patrons veulent aussi un «pacte de responsabilité locale» Réunis aujourd'hui par leur syndicat, l'asmep-eti - avec Pierre Gattaz, le patron du Medef, invité en «guest star» au déjeuner -, les patrons d'eti, ces entreprises industrielles fortement implantées en régions, poids lourds de l'emploi et de l'export, jettent un pavé dans la marre. Dans leur ligne de mire: la fiscalité locale. A trois semaines des municipales, et un an des Régionales, ils réclament une déclinaison au plan local du pacte de responsabilité et propose que le vote des budgets annuels des collectivités soit désormais précédé d'un «examen de compétitivité». «Tout le débat actuel porte sur la fiscalité nationale et les charges sociales, mais il ne faut pas oublier la fiscalité locale qui a largement dérapé, affirme Philippe d'ornano, coprésident de l'asmep-eti, le syndicat des entreprises de taille intermédiaire. Depuis 1998, sur les 7 nouvelles taxes créées chaque année, 5 sont locales ou sectorielles.» Devant la gravité de la situation, l'organisation patronale juge que le statu quo n'est plus possible et que la réforme des collectivités locales doit accompagner celle de l'état. «Il y a urgence. Cela fait deux ans qu'on nous annonce des mesures, mais rien n'est mis en place. Le CICE, on l'annonce, on en parle, on le commente, mais il ne sera versé qu'en mai 2014, même si des avances bancaires ont été faites à 10 % des entreprises les plus en difficultés, indique Philippe d'ornano. En attendant, cela n'a pas permis de recruter une personne, d'acheter une machine, et la France compte chômeurs de plus par mois. Non, tout n'a pas été fait contre le chômage!» poursuit-il. Encourager les acteurs publics à des réformes Dans cette perspective, le syndicat ASMEP-ETI formule 5 principes pour un «pacte de responsabilité locale». Avec l'objectif d'encourager les acteurs publics à des réformes. Moratoire fiscal: l'asmep-eti demande en urgence un moratoire sur la fiscalité locale, soulignant que rien qu'en 2013, l'ensemble des taxes locales pesant sur les entreprises a augmenté de 6,3 %, quand le PIB n'a progressé que de 0,3 %. Simplification: Au-delà de ce moratoire, les patrons d'eti demandent que soit engagée la simplification de la fiscalité locale. ASMEP-ETI plaide pour le remplacement de toutes les taxes locales par une contribution territoriale unique (CTU) assise sur des bases objectives: le résultat (capacité contributive de l'entreprise) et le foncier. Charge au service percepteur d'en répartir le bénéfice entre les différentes collectivités concernées. Cohérence: les dirigeants d'eti ne veulent plus que leurs entreprises financent seules des prestations qui bénéficient à l'ensemble de la collectivité nationale. «Transport, équipement, ordures ménagères, énergies renouvelables Autant de politiques locales indispensables dont le financement doit être assuré par tous et pas seulement par les entreprises privées et leurs salariés, indique l'organisation. Lorsque ces politiques bénéficient directement aux entreprises, il convient de passer de «la culture de l'impôt à celle de la redevance.» Efficacité: Les patrons réclament que les structures locales chargées de représenter les acteurs économiques se rapprochent pour gagner en efficacité. Ils estiment ainsi que le rapprochement des

51 chambres consulaires seront sources d'économies d'échelles et de redéploiement de ressources considérables. Responsabilité: les patrons réclament que les collectivités territoriales privilégient les dépenses d'investissement à celles de fonctionnement, et évaluent systématiquement l'impact de leurs engagements budgétaires sur la compétitivité et l'emploi.

52 Philippe d Ornano : «La fiscalité locale et sectorielle française est deux fois supérieure à la moyenne européenne» Publié le jeudi 20 mars Par Raphaël Legendre, Journaliste Philippe d Ornano, président du directoire de Sisley et co-président de l'asmep-eti, propose un «pacte de responsabilité locale» Vous lancez un pacte de responsabilité locale. Pour quoi faire? Nous sommes dans une Union européenne sans frontières où les entreprises sont en concurrence. Pour analyser l écosystème dans lequel nos entreprises évoluent, il faut prendre l ensemble de la cascade fiscale et voir si nous sommes raisonnablement en ligne avec la moyenne européenne. Or, il apparaît que la fiscalité des entreprises françaises est 50% supérieures en moyenne à celle de nos voisins européens : 17,9% du PIB en France contre 12,6% en moyenne en Europe. On a laissé les choses se dégrader de manière invraisemblable depuis une quinzaine d années. A l intérieur de cet écart global, les fiscalités locale et sectorielle pèsent énormément. Ces dernières sont deux fois supérieures à celle de nos voisins européens : 3% du PIB contre 1,5% pour la moyenne européenne. En dix ans, la décentralisation a multiplié par deux le poids de la fiscalité locale! Depuis 1998, cinq des sept nouvelles taxes qui se créent en moyenne par an sont des taxes locales ou sectorielles. Il faut absolument corriger cette dérive. D où l idée d un pacte de responsabilité pas uniquement national, mais aussi local. Quelles sont les caractéristiques de la fiscalité locale pour un chef d entreprise? Premier constat, elle est pléthorique. Et deuxièmement, elle n est absolument pas maîtrisée. On recense 192 taxes fiscales et sectorielles - une quarantaine de taxes locales et une ribambelle de taxes sectorielles - quand ce nombre n excède pas une trentaine en Allemagne où la taxe locale est un simple complément d impôt sur les sociétés, collecté par l Etat et redistribué aux collectivités. Le deuxième point important, c est qu en Allemagne, vous payez ces taxes sur vos bénéfices. Ne payent donc que les entreprises en bonne santé. En France, l essentiel de ces taxes porte sur le chiffre d affaires ou sur la masse salariale. Ce sont donc des taxes que les entreprises payent même quand elles sont en mauvaise santé. Non seulement nous avons des surtaxes par rapport à l étranger mais en plus, nous faisons payer les entreprises fragiles, que l on met dans des situations difficiles. Ce n est pas comme cela que nous allons pouvoir recréer un tissu d entreprises dynamiques dans nos régions, et gagner la bataille du chômage. Que proposez-vous dans votre pacte de responsabilité locale? Nous demandons en priorité un moratoire sur ces taxes. Une de nos grandes inquiétudes concerne les économies annoncées par l Etat qui ne sont en réalité qu un transfert de charges vers les collectivités, en leur laissant la possibilité d augmenter les impôts. Une simple opération de passe-passe. Il n y a d ailleurs pas de pause fiscale en France, mais une augmentation assez nette. Parallèlement, aucune des mesures annoncées en faveur des entreprises n a encore été concrétisée. Très peu de sociétés ont touché le crédit d'impôt pour la compétitivité et l'emploi (CICE) dont on parle pourtant depuis près de deux ans. Son montant ne représentera d ailleurs que 15% de l écart entre le coût du travail en France et dans l Union européenne. Quant aux baisses de charges supplémentaires, elles ne sont pas attendues avant Le deuxième point, c est le besoin tout aussi urgent de simplifier le maquis des 192 taxes locales et sectorielles. Il faut enfin être cohérent : on taxe aujourd hui des entreprises pour des prestations qui ne les

53 concernent pas, comme cette entreprises adhérente de l Asmep-ETI qui paye la taxe transport alors que le premier arrêt de bus est à 6 Km. Nous devons passer d une culture de l impôt à une culture de la redevance.

54 Fiscalité locale : ces 44 taxes qui étouffent les entreprises A la veille des élections municipales, l Opinion décrypte un état des lieux exclusif du maquis des taxes locales. Inquiétant pour la compétitivité des sociétés françaises Publié le jeudi 20 mars Par Raphaël Legendre, Journaliste Les faits - Un sondage Ifop pour Ouest France place la fiscalité locale au premier rang des préoccupations des ménages appelés aux urnes ce dimanche. Les entreprises, elles aussi, s alarment de l inflation des taxes locales. Elles ne cessent de s alourdir au fur et à mesure de la diminution des dotations de l Etat aux collectivités locales. Une étude du CMS Bureau Francis Lefebvre, présentée dans le cadre des Assises de la fiscalité et que l Opinion s est procurée, dresse un panorama édifiant de la situation. Elles sont quarante-quatre. Quarante-quatre taxes locales recensées par le Bureau CMS Bureau Francis Lefebvre. Quarante-quatre taxes dont les entreprises doivent s acquitter pour financer les territoires. Un maquis d acronymes ésotériques (CET, CFE, CVAE, TABIF, TASCOM, IFER, TLPE, TFPB, TFPNB, TEOM) dont le règlement s égraine tout au long de l année. «L imagination fiscale est sans limite. Il n y a quasiment pas un mois sans qu une entreprise n ait une taxe à déclarer ou à payer», commente Laurent Chatel, avocat associé de CMS Bureau Francis Lefebvre et auteur de l étude présenté fin février aux membres du groupe de travail sur la fiscalité locale des Assises de la fiscalité. De l acquittement du «versement transport» au mois de janvier au règlement des soldes des taxes pour frais de chambre des métiers, de CCI (chambres de commerce et de l industrie), des IFER (imposition forfaitaire sur les entreprises de réseaux) et de CFE (cotisation foncière des entreprises) au mois de décembre, la liasse fiscale des entreprises s est transformée, au fil des ans, comme les territoires, en un vrai mille-feuille. Un fardeau devenu insupportable pour les sociétés qui se plaignent de plus en plus d une fiscalité «pléthorique, en complet décalage avec les services rendus aux entreprises», comme l indique l Asmep-ETI, le syndicat des entreprises de taille intermédiaire. Cela fait trente ans que ça dure. «L explosion de la fiscalité locale peut être datée de 1981, avec la décentralisation des dépenses lorsque l Etat conserve les recettes qui les finançaient», constate l étude de CMS Bureau Francis Lefebvre. Une tendance jamais démentie. Dernier épisode en date, la baisse de 1,5 milliard d euros des dotations de l Etat à l adresse des collectivités locales, qui a été compensée cette année par une augmentation des droits de mutation à titre onéreux (les frais de notaires), payés par les ménages et les entreprises, qui vont passer de 3,8 % à 4,5 %. Soixante-six départements ont déjà annoncé qu ils augmentaient leurs DMTO au mois de mars, pour un total de recettes supplémentaires de 1,3 milliard d euros. D autres devraient suivre. Au fil des ans, les assiettes fiscales aussi se sont élargies : résultat des entreprises avec l impôt sur les sociétés ; les salaires avec le versement transport ou la taxe sur les salaires ; la valeur ajoutée avec la contribution sur la valeur ajoutée (CVAE) ; le chiffre d affaires avec la contribution sociale de solidarité des sociétés (C3S) ou le foncier avec la cotisation foncière des entreprises (CFE). Rien n échappe à l impôt. Depuis 1998, cinq des sept nouvelles taxes créées chaque année concernent la fiscalité locale! En 2013, l ensemble des taxes locales ont encore augmenté de 6,3 % alors que le PIB n a progressé que de 0,3 %. Et ce n est pas fini. Engagée en 2013, la révision des valeurs locatives des locaux professionnels va encore augmenter la cotisation foncière de nombreuses entreprises à partir de Et le projet du gouvernement de réduire jusqu à 10 milliards d euros les dotations de l Etat aux collectivités d ici la fin du

55 quinquennat laisse présager une nouvelle explosion des ponctions locales, tant pour les ménages que pour les entreprises. «Une grande défiance.» Et même quand l Etat décide de donner un peu d air aux entreprises, comme ce fut le cas à l occasion de la réforme de la taxe professionnelle en 2010 qui a été remplacée par la contribution économique territoriale (CET), moins douloureuse pour une majorité d entreprises, ces dernières sont rattrapées par des créations de nouvelles taxes compensatoires. Bercy avait identifié quelques grands bénéficiaires de la réforme de la taxe professionnelle, parmi lesquelles EDF, Areva, la SNCF ou encore France Télécom, et a décidé de mettre en place une imposition forfaitaire sur les entreprises de réseaux (IFER) pour compenser le manque à gagner. Une taxe qui s est depuis élargie à d autres entreprises, comme les sociétés spécialisées dans l énergie éolienne ou photovoltaïque, qui payent aujourd hui plus d impôts qu avant la réforme. «Une grande défiance s est installée entre l administration fiscale et les entreprises, ces dernières ayant le sentiment que toutes les réformes visant des allégements de charges sont compensées de par de nouvelles impositions», commente Laurent Chatel. Cet historique a conduit à une fiscalité complexe qui varie selon l implantation de l entreprise et comporte des lourdeurs administratives délétères pour la collecte de l information. Autant de travers connus du gouvernement, qui a mis en place un groupe de travail spécifique dans le cadre des Assises de la fiscalité, coprésidé par le président de la région Rhône-Alpes Jean-Jack Queyranne, et le président de l Union des industries textiles, Yves Dubief. Est prévue pour l heure la suppression de 24 petites taxes comme la taxe sur les appareils automatiques, la redevance pour création de bureaux ou la nouvelle taxe sur les friches commerciales. Mais les élus locaux, déjà vent debout contre la réduction des dotations de l Etat, ne sont absolument pas prêts à voir leurs sources de revenus diminuer. Une solution assez simple est alors avancée par Laurent Chatel : «Avant de créer de nouvelles taxes, il faudrait d abord s assurer du bon recouvrement des impositions existantes.» Car selon ses données, seules 4 millions des 5,4 millions d entreprises qui s acquittent en France de l impôt sur les revenus payent la cotisation foncière. Peut-être faudrait-il commencer par là.

56 Les patrons d'eti satisfaits sur les principes, pas sur le tempo Publié le 08/04/2014 par Marie-Cécile Renault INTERVIEW - S'il est d'accord sur les principes du discours de politique général du Premier Ministre, Philippe d'ornano, président de l'asmep-eti, juge que le calendrier n'est pas adapté à l'urgence où se trouvent les entreprises françaises. LE FIGARO. - Manuel Valls a confirmé l'objectif de réduction de 30 milliards d'euros du coût du travail d'ici Êtes-vous satisfait? Philippe D'ORNANO.- Je souscris à la vision qui met l'entreprise au centre. C'est positif et encourageant. Mais il y a un paradoxe entre les principes et les mesures annoncées. Nous sommes du décalage entre le constat dressé de l'économie française, et le calendrier adopté. Le CICE, dont on parle depuis deux ans, n'entrera en action qu'au mois de mai. De même, les mesures annoncées n'entreront pas en vigueur cette année, mais en en 2015, 2016, voire Face à l'urgence où se trouvent les entreprises françaises, la réaction doit être plus rapide. Manuel Valls a annoncé un dispositif «zéro charges pour les salariés au smic». Une bonne mesure pour l'emploi? C'est le choix du court terme car cela a un impact immédiat sur l'emploi. Mais pendant que l'on adopte une stratégie des bas salaires, on ne fait pas autre chose. On ne construit pas suffisamment une économie de long terme, reposant sur les emplois qualifiés, l'innovation, la montée en gamme, qui assure pourtant la compétitivité de la France. Nous allons voir les emplois peu qualifiés se développer, mais la France va perdre en substance sur tous les autres. Le taux de marge des entreprises est historiquement bas à 28 %, contre encore 38 % au début des années Le stock de robots est quatre fois moins important qu'en Allemagne, et deux fois moindre qu'en Italie. On ne construit pas l'économie de demain avec une politique assise uniquement sur les bas salaires. Le premier Ministre a cependant promis aussi un allégement de charges jusqu'à 3,5 smic Certes, mais on reste loin de la moyenne européenne. Les charges patronales en France sont le double de la moyenne européenne. Trente milliards d'allégement de charges, cela ne représente qu'un quart de l'écart entre la France et la moyenne européenne. Nous plaidons pour une baisse uniforme et simple afin que le système français soit aligné avec l'environnement européen. Sans compter qu'on nous parle de 2,5 smic, de 3,5 smic, de seuils Où est, dans tout cela, la simplification tant attendue par les entreprises? La baisse du taux d'is à 28 % d'ici 2020 et la suppression de la C3S vont dans le bon sens? Baisser l'is c'est bien, mais pourquoi attendre 2020? On nous annonce toujours des baisses pour dans 3 ou 4 ans. Les chefs d'entreprises sont des gens concrets, pragmatiques. Ils sont devenus très sceptiques sur les promesses. La surtaxe de l'is, qui ne touche pas que les grands groupes mais aussi beaucoup d'eti, devait être temporaire. On la reporte encore! La suppression de la C3S s'effectuera progressivement entre 2015 et Je rappelle que les taxes sectorielles et locales représentent en France 3,1 % du PIB, contre 1,4 % en Europe. Le gouvernement va certes en supprimer une partie, mais cela ne nous ramènera même pas dans la moyenne européenne. S'attaquer au millefeuille administratif est courageux. Il faut le saluer, car c'est difficile. Mais c'est vital si l'on veut lutter pour la croissance et l'emploi.

57 Comment va-t-il financer tout cela? La seule manière de financer les allégements de charges, c'est de recréer une dynamique. Non pas une dynamique de la demande, dont on a vu les échecs, mais une dynamique de l'offre. L'objectif n'est pas de faire des «cadeaux» aux entreprises mais de les placer dans une situation compétitive face à leurs concurrents européens.

58 Discours de Valls : le patronat en veut plus, les syndicats se montrent méfiants ou hostiles Par Leïla de Comarmond le 9 avril 2014 Le calendrier de baisse des impôts est jugé beaucoup trop distendu par le patronat. Côté syndicats, seule la CFTC apparaît satisfaite. Deux jours après sa déclaration de politique générale devant le Parlement, va venir le temps des contacts avec les partenaires sociaux. Le nouveau Premier ministre va recevoir jeudi en tete à tête les représentants des organisations syndicales et patronales. Celles-ci ont réagi très diversement aux annonces qu'il a faites dans son discours de politique générale. Côté patronal, les artisans de l UPA ont été ceux qui les ont accueilli le plus positivement. Ils ont salué une baisse du coût du travail «qui va contribuer à rétablir la confiance des chefs d entreprise». En particulier celle de 60 % de la cotisation d allocations familiales des artisans commerçants et travailleurs indépendants, «une réponse concrète au mouvement des «sacrifiés»». «Nous restons sur notre faim» S il s est montré aussi satisfait, le Medef a pris soin de tempérer son enthousiasme. Pierre Gattaz a «salu[é] le discours» du chef du gouvernement, «un bon discours plaidoyer pour l entreprise et pour la communauté de l entreprise, salariés, cadres, entrepreneurs, patrons, artisans» ce mercredi matin sur France info. Tout en ajoutant «attendre la confirmation du discours». Le dirigeant patronal a pointé deux sujets. Il a évoqué la façon dont l Etat va économiser 50 milliards qui n est «pas complètement réglée». Il a aussi souligné que «sur la fiscalité, nous restons sur notre faim», évoquant le fait qu à l horizon de 2015, la baisse prévue soit limitée à 1 milliard d euros. C est essentiellement ce point-ci que la CGPME a, elle, retenu. La Confédération des PME avait dès mardi soir dénoncé le fait que, selon elle, en matière fiscale, «les grands gagnants sont les grands groupes», critiquant un impact «ni massif, ni rapide» des mesures annoncées, comme l ASMEP-ETI, syndicat des entreprises de taille intermédiaire (ETI) et des entreprises patrimoniales créée par le père de Pierre Gattaz, qui a déploré que «toutes les mesures annoncées pour restaurer la compétitivité n entreront en vigueur, au mieux, qu en 2015, voire en 2016 et pour certaines en 2020» «c est le bout du monde» pour une entreprise, a estimé pour sa part le mouvement Ethic que préside Sophie de Menton. «Des actes concrets» Côté syndical, le discours de Manuel Valls a manifestement convaincu la CFTC, qui salue «la volonté de poser maintenant des actes concrets sur ce qui constitue à ses yeux la mère de toutes les batailles», s interrogeant simplement sur la «faisabilité» des économies sur les dépenses publiques. La CFDT s en est tenue, elle, à ce que l on pourrait appeler un soutien critique. Laurent Berger, ce mercredi matin sur France inter, s est gardé de tout enthousiasme. Constatant sobrement que le Premier ministre «a dit qu il respecterait» le relevé de conclusion signé par la CFDT et la CFTC avec le patronat sur les contreparties au pacte de responsabilité. Il a cependant émis un regret : «Il manque la trajectoire», a souligné le cédétiste. «Ce n est pas on fait un calendrier en trois ans et de toute façon vous l aurez ; vous l aurez simplement si vous tenez vos engagements en termes d emplois», a-t-il insisté.

59 L Unsa, elle aussi dans ce que l on appelle communément le camp réformiste, a affirmé, elle, en l état actuel du discours prononcé, rester «plutôt sur sa faim», ajoutant : «Les réponses attendues pour le passage à l action concernant le pacte de responsabilité manquent encore de précision, tandis que les inquiétudes sur le maintien du modèle social ne sont pas dissipées». Du côté de Force ouvrière et de la CGT, l heure est restée, sans surprise, à la dénonciation du pacte de responsabilité. «La logique de l austérité perdure», déplore FO, qui titre son communiqué «le changement dans la continuité, c est maintenant?». Quant à la CGT, elle juge que «le patronat [a été] entendu et servi».

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