Congres des métallos FGTB en mars Enjeu : flexibilité et management participatif

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1 Hebdomadaire syndical et wallon Fondé le 5 Janvier 1961 par André Renard Rédaction : 55, rue de la Régence, 4000 Liège. Tél Télex_ Fax Abonnements : 9, place St-Paul, 4000 Liège - Tél Tarif : 1 an : F - 3 mois : 300 F N" compte Editeur responsable: Carol GLUZA, 9, place St-Paul, 4000 Liège 12 PAGES NUMERO 2 8 JANVIER 1990 I*" ^ * T» i..^ tf. JV.-.*.M * >\ Congres des métallos FGTB en mars Enjeu : flexibilité et management participatif SOMMAIRE Sur la place publique * Budget: le rniracle.de Saint-Sylvestre - (PAGEa^H-""* Consommation^ ^ * Droits nouveaux pour consommateurs de gaz et d'électricité (PAGE 3) Régions * Maintien de la croissance en Wallonie mais stagnation du chômage (PAGE 3) Social * Nouvelle convention interprofessionnelle : 10 jours de congé non payés pour des motifs urgents (PAGE 4) Entreprises * La F.N. dans le giron de la Snecma (PAGE 4) Histoire * Ce que fut l'épargne sociale en Belgique à travers l'évolution de Codep (PAGE 8) Palestiniens * Déjà deux années d'intifada dans les territoires occupés par Israël (PAGE 9) Le monde * L'intervention armée américaine à Panama : déplorable et laborieuse (PAGE 10) Cinéma * Un bilan sélectif de la production mondiale au cours de la dernière décennie (PAGE 11) Comprendre * Nos fiches : l'indexation et le précompte immobilier v (PAGE 12) Citoyenneté dans une société pluricuiturelle... pour les années '90? (Pages 6 et 7)

2 SUR LA PLACE PUBLIQUE Budget : le miracle de la Saint-Sylvestre... Par quel miracle de l'orient le déficit annoncé de 435 milliards pour 1989, une «dérive» de 30 milliards, s'est-il transformé le 3 janvier en un dépassement d'objectif, soit 397,2 milliards seulement de solde net à financer, alors que le gouvernement s'était assigné comme but le chiffre de 405,4? Il faut donc croire que, dans ce pays, on peut trouver comme ça, quand on s'appelle Schiltz ou Maystadt, 38 milliards en quelques jours! A la veille encore de la conférence de presse Schiltz- Maystadt (3 janvier) des quotidiens sérieux faisaient état d'«informations (qui) circulaient mardi dans les milieux politiques» sur une dérive budgétaire de 30 milliards en plus de S.N.F. (solde net à financer). Glissez, n'appuyez pas... Comment expliquer ce miracle, sinon par un gonflement des recettes fiscales de décembre, et un amaigrissement des dépenses corrélatives? C'est ici que pointe aussitôt le scepticisme et que s'élèvent les objections. N'at-on pas fait glisser des dépenses imputables à 1989 sur 1990, le coup classique? Si les chiffres de Schiltz sont vrais de vrais, on sera ici parmi les premiers à s'en réjouir. De bons chiffres ne peuvent qu'éloigner le danger de la régression sociale. Mais attention! Si le gouvernement pousse indûment ses cocoricos, il ne pourra pas demain prétendre qu'il y a de nouveaux «sacrifices» à consentir, s'agissant des plus démunis. Objections et questions Du côté de l'opposition libérale, le scepticisme est évidemment de rigueur. On se gardera bien de prendre pour argent comptât tout ce que raconte Guy Verhofstadt, le prédécesseur d'hugo Schiltz. Le leader libéral flamand est trop intéressé au sens de sa démonstration pou qu'elle soit entièrement valable. Néanmoins, elle comporte des éléments d'information à ne pas négliger, au moins des questions. Il dit.ainsi : «Le mois de décembre est traditionnellement bon, et les spécialistes s'accordaient pour prévoir 10 à 25 milliards d'économies. Mais non 62. Cette différence ne s'explique que par le report à l'année 90 d'une série d'ordonnancements de crédits. Par exemple, le solde des subventions de l'etat à la Sécurité Sociale, ou encore la dernière tranche de notre fac- ture à la CEE. Ces dépenses, différées, apparaîtront en janvier ou en février dans le livre vert de la trésorerie, provo-. quant un boom de la dette.» Opacité Où est la vérité? Probablement au milieu, comme d'habitude! Ce qu'il y a de plus opaque dans tout cela a trait aux charnières entre les dépenses régionalo-communautaires et le budget de l'etat central. «Il n'y a pas dix personnes en Belgique qui comprennent», nous disait un jour Philippe Busquin, quand il était en charge des finances régionales wallonnes... Guy Verhofstadt affirme que le déficit réel pour 1989 est de 437 milliards! «En revanche, les régions et communautés affichent, elles, un boni de 40 milliards, alors qu'on prévoyait un déficit de 23 milliards. Pourquoi? Parce que la mise en route de la réforme de l'etat a retardé les premiers paiements. Régions et communautés (et surtout, semble-t-il, la Région wallonne) conservent à l'égard de l'etat central des «lignes de crédit» qu'elles ne vont pas tarder à utiliser. La loi prévoit en effet qu'elles peuvent reporter jusqu'à fin février les ordonnancements prévus l'année précédente.» Fin de citation, extraite du «Soir» du 4 janvier. Quel sac de noeuds! Plumes de paon Sans doute peu apte à chercher des explications techniques au miracle de la Saint-Sylvestre, le ci-devant président du PRL, Louis Michel, met tout sur le compte de la bonne conjoncture : «Si la croissance a été aussi forte en 1989, c'est aux entreprises qu'on le doit et aux plus-values fiscales que celle-ci a engendrées. Le gouvernement ne peut se permettre de mettre une plume de paon à son chapeau.» («L'Echo de la Bourse» du 5 janvier). Bien sûr que c'est surtout la conjoncture! Mais si le PRL et le PW étaient encore au gouvernement, il n'y aurait pas assez de paons en Belgique pour garnir de plumes les chapeaux de leurs ministres. «Comédie» comme chante Paolo Conte... Manque à gagner II faut alors en venir à la vraie question, qui doit être posée avec force à l'occasion du contrôle budgétaire : celle du manque à gagner dans les recettes de l'etat. A la fois au niveau de la perception et des mécanismes de contrôle de la fraude et de l'évasion fiscales. A la F.E.B., on se lamente sur la prétendue aggravation de la charge fiscale des entreprises. Tony Vandeputte, le nouvel administrateur délégué de l'organisation patronale, plaide en même temps pour une réduction plus rapide du déficit budgétaire. Mais le moyen d'y parvenir sans améliorer la colonne des recettes, sauf à faire encore de la régression sociale. Coucou D'une haute actualité, dans ce contexte, est la note Schiltz du 13 décembre sur «l'effet coucou». Le coucou, ce volatile quelque peu parasite, est en l'occurence la Dette publique nichée dans le budget de l'etat. Citons largement : «Le volume des recettes de l'etat en pourcentage du P.N.B. continue d'ailleurs de diminuer. Il était de 27,8 % il y a trois ans. Maintenant il est de 26,9 % et en 1990 de 26,7.» Les taux La charge des taux d'intérêt est tuante. Et le gouvernement belge ne peut rien y faire : «La Belgique n'a pas les moyens de poursuivre une politique autonome des taux d'intérêt. C'est à la FED ou à la Bundesbank que l'on décide des taux et nous ne pouvons que les subir pour le meilleur et pour le pire.» Pour le pire! La tendance est à la hausse internationale. Or : «Une hausse des taux, sur le marché international, de un pour cent coûte à notre budget, sur base annuelle, quelque 25 milliards de FB. Une diminution des taux, d'autre part, facilite dans les mêmes proportions la diminution du solde net à financer et la naissance d'un solde primaire sain et vigoureux.» Oui, mais en cette conjoncture ça monte, ça ne descend pas... Milliards volatilisés Le miracle de la Saint-Sylvestre, enfin, n'ôte rien à la pertinence des propos de M. Schiltz à cette même date du 13 décembre : «Compte tenu de la conjoncture, nous aurons donc un déficit de recettes de près de 47,5 milliards par rapport aux recettes qui devaient découler des décisions prises lors du contrôle.budgétaire. L'origine de ce déficit se retrouve essentiellement dans les recettes du ^précompte mobilier, dans les versements anticipés, dans les rôles et dans les accises.» Justement, celles-ci, on vient de les augmenter. Reprise rue de la Loi Le gouvernement allait reprendre ses activités le 8 janvier, ainsi que le Parlement. Les importants avant-projets de loi sur les IPC (Institutions publiques de crédit) et sur les entreprises publiques (SNCB, RVA, Postes, TT) devraient aboutir sur la table du Conseil en janvier. On sait qu'ils sont politiquement ficelés... Au Conseil d'etat, il y a embouteillage. Les projets Maystadt sur la réforme de, la Bourse étaient en souffrance, dit-on, faute de spécialistes. D'autres projets, comme celui sur les saisies, étaient aussi, début janvier, sur la table de la vénérable institution. Au chapitre de l'actualité immédiate, rappelons aussi que c'est le samedi 13 janvier que le «kern», les super-ministres, devrait trancher dans le dossier des pensions. Au «Soir» Depuis la démission d'yvon Toussaint de ses fonctions de rédacteur en chef du «Soir», dans le cadre de l'affaire Hersant, on attendait la nomination de son successeur, réclamée à cor et à cri par la rédaction. Depuis le 4 janvier, c'est chose faite, alors que les journalistes menaçaient de se mettre en grève. Le nouveau titulaire est Guy Duplat, jusqu'ici chef du service politico-économique. Il est apparenté, sauf erreur, au Duplat qui dirige maintenant la Commission bancaire, venant du tribunal de Commerce de Bruxelles. Guy Duplat a lui-même travaillé à «Traction Electricité» avant d'entrer au «Soir» en Dix ans dans la «boîte» pour occuper un tel poste, ce n'est pas énorme. Mais la valeur n'attend pas le nombre des années, comme disait Corneille. Devins Notre presse n'est plus au siècle des Lumières, c'est dépassé de deux siècles! Avec titres barrant la première page, des gazettes s'en donnent à coeur joie avec des prédictions pour 1990, émanant de mages et de devins de tout poil, ou de l'une ou l'autre madame Soleil. Tout est bon pour vendre du papier. D'ailleurs, en prédisant des coups d'etat et des catastrophes, ces augures seront toujours un peu dans le vrai, selon la loi des probabilités. Et comme personne ne vérifiera d'ici un an... Robert FALONY Combat du 8 Janvier 1990 Electricité et gaz Droits nouveaux pour les consommateurs C'est en 1984, durant l'hiver particulièrement rigoureux que le problème des coupures de gaz et d'électricité a été posé avec force. Des familles qui jusque-là, se tenaient vaille que vaille au seuil de pauvreté, allaient basculer dans un extrême dénuement. Depuis, la Région wallonne, comme le Comité de contrôle allaient prendre différentes initiatives auxquelles les organisations syndicales et la FGTB en particulier, ont grandement contribué. Notons par exemple la garantie d'un minimum de fourniture d'électricité (2 ampères) aux personnes vivant du minimex ou du revenu minimum garanti ou encore le tarif social spécifique correspondant au tarif normal, moins la redevance fixe (2.700 FB pour l'électricité, 600 FB pour le Ees az). nouvelles conditions de fourniture prévoient quelques obligations nouvelles pour les distributeurs. Par exemple, l'obligation de prouver eux-mêmes l'origine d'une perturbation. Jusqu'à présent, les abonnés devaient prouver euxmêmes que leur installation n'était pas responsable d'une perturbation. L'obligation est également faite au distributeur de maintenir à ses frais le branchement (raccordement à l'installation de l'usager) en bon état de sécurité. En ce qui concerne l'abonné, de nouvelles facilités sont avancées. En cas de facture unique pour l'électricité et le gaz, il pourra dorénavant donner priorité au paiement de l'une ou l'autre dette, de manière à être en rè- le au moins sur un dossier, g e même, en cas de contestation, il ne sera tenu qu'au paiement des montants incontestablement dus (sur base des consommations passées). Deux questions-clés en discussion Deux questions-clés ont suscité des débats particulièrement difficiles, l'accord n'étant intervenu qu'en dernière minute. Il s'agit des garanties financières exigées des clients et le problème des coupures. Les organisations syndicales entendaient que la garantie soit l'exception et non Ta règle. Elles ont finalement obtenu que les personnes pouvant bénéficier du tarif social spécifique ou faisant l'objet d'une guidancades CPAS ne doivent jamais verser de garantie. Elles ont obtenu également qu'aucune garantie ne dépasse la valeur estimée de trois mois de consommation, ce qui limite certaines pratiques actuelles. Le droit à un minimum d'énergie est devenu, en ces temps de crise, une question de respect de la dignité humaine. Les multiples enquêtes sur les «familles en difficulté» confortent la thèse syndicale. Les ménages qui ont subi une coupure, sont a plus de 40 % des nonactifs, une proportion équivalente disposant de revenus inférieurs au minimex. Actuellement, le minimex atteint FB pour un ménage, FB pour un isolé, FB pour un cohabitant et FB pour un isolé avec enfant à charge. Le revenu garanti est de FB pour un ménage et FB pour un isolé. Le souci des syndicats e organisations de consommateurs fut donc de faire reconnaître les droits des familles à un minimum d'énergie. Aucune coupure ne pouvant, selon elles, être réalisée sans décision judiciaire préalable. Quelques chiffres encore qui donnent la mesure de ces recommandations pour une plus grande protection des' consommateurs, les plus défavorisés d'abord. En 1988, coupures (dont.600 dues à la «disparition» du client) ont été effectuées suite à une dette moyenne de FB ( coupures en 1983, en 1986). La même année, abonnés pour l'électricité et pour le gaz ont demandé à bénéficier du tarif social spécifique. Reste maintenant à appliquer ces quelques modestes recommandations. Dans le texte approuvé par le Comité de contrôle, il est, entre autres, précisé : «Pour les personnes en situation sociale difficile, la reconnaissance d'un tel principe de droit à l'énergie, n'a pas été rejeté, mais au niveau de son application, on a buté sur des problèmes d'ordre financier et autres qui devront être examinés en groupe de travail coupures». Les sociétés d'électricité et de gaz ne manquent pas d'air, elles qui s'arrogent de plantureux bénéfices et ne paient en impôts que 1,4% de leurs bénéfices I Combat 55, rue de la Régence, 4000 LIEGE s> SOUSCRIPTION D'ABONNEMENT Nom. Rue.. N Code postal Localité. souscrit un abonnement à l'hebdomadaire "Combat" au prix de F pour un an Mode de paiement choisi D joint à la présente D est adressé ce jour au C.C.P de "La Wallonie" Liège avec la mention "abonnement Combat" D.H. INDICE DE DECEMBRE : 141,28 points Janvier Février Mars Avril Mai Juin Juillet Août Septembre Octobre Novembre Décembre EVOLUTION DE L'INDICE DES PRIX (Base = 100) ,34 149,66 150,62 150,54 150,43 151,26 153,72 154,46 155,90 156,50 158,06 159, ,59 160,97 161,25 163,22 164,68 166,16 166,37 168,39 170,48 171,87 172,06 171, ,05 175,02 175,65 176,21 177,13 178,28 179,99 181,70 182,97 183,00 183,92 184, ,76 121,67 122,18 122,99 123,26 123,60 124,27 124,76 125,13 125,71 125,76 126, ,85 128,16 129,19 129,70 129,83 129,85 130,56 130,56 130,83 130,76 131,07 131,11 (Base 81 =100) ,27 131,37 131,17 131,58 131,28 131,45 131,44 131,56 132,02 131,87 131,77 131, ,43 132,69 132,83 133,44 133,50 133,61 134,12 134,54 134,30 134,16 133,75 133, ,68 134,06 134,11 134,71 134,84 135,07 135,48 135,77 135,92 135,96 135,87 136, ,88 137,49 137,81 138,74 138,87 139,13 139,58 140,05 140,74 140,91 140,73 141,28 Le 1 er janvier 84, un nouvel index, basé sur 1981 = 100 est entré en vigueur. Pour obtenir le chiffre de l'ancien index, basé sur = 100, il faut multiplier le nouvel index par 1,5401. Ce qui donne pour décembre 141,28 x 1,5401 = 217,59. Pour ramener l'indice = 100 à l'indice 1971 = 100 il faut multiplier l'indice par 1, Pour ramener l'indice 1971 = 100 à l'indice 1966 = 100, il faut multiplier l'indice 1971 par 1,1889. Pour obtenir un indice de base 1953 = 100, il faut multiplier l'indice 1966 par 1,2992. Indice «lissé» (moyennesdes 4derniers mois) 140,92 (base 1981 = 100). Prochain indice-pivot pour les allocations sociales : 140,77. Mais pour que les allocations sociales soient indexées, il faut que l'index-pivot soit dépassé par la moyenne des deux derniers index «lissés», ce qui n'est pas encore le cas : l'indice «lissé» de novembre étant de 140,61, celui de décembre de 140,92, ce qui donne une moyenne de 140,77. En plus, l'indexation des allocations sociales ne se fait qu'à partir du deuxième mois qui suit ce franchissement. La prochaine indexation interviendra probablement à partir de mars Wallonie : maintien de la croissance et stagnation du chômage L'Institut de Recherches économiques (IRES) vient de publier son tableau de bord de l'économie wallonne. Pour la deuxièma année consécutive, le taux de croissance, en Belgique, aura dépassé, en 1989, les 4 %. Les investissements ont connu également une nouvelle accélération de leur croissance dans le secteur industriel. La Wallonie s'inscrit dans cette conjoncture favorable. Avec les données partielles dont il dispose, TIRES estime qu'il convient de prévoir les progressions suivantes : 3 % pour la Région wallonne et 5 à 6 % pour la Flandre. En moyenne annuelle, la production industrielle de wallonie égalera au moins son record historique de 1974 (112,61). En conclusion, TIRES estime que la Wallonie a résolument renoué avec la croissance de son économie, l'année '88 ayant été particulièrement ex- Et mi djj5o L dindon! ceptionnelle, grâce à la conjoncture très favorable dont bénéficie la sidérurgie. Et le chômage alors? C'est la stagnation. Le taux de chômage national (chiffres ONEm fin novembre) est de 12,3 % 9,9 en Flandre, 16,5 à Bruxelles et 19,8 en Wallonie (les chiffres sont exprimés en pourcentage de chômeurs par rapport aux assurés uniquement, hors indépendants et fonctionnaires). Le taux de chômage wallon est donc le double du taux flamand. C'est toujours en Hainaut qu'est localisé le taux de chômage le plus élevé : 26,5 % à Mons, 25 % pour Charleroi - La Louvière. Liège-Huy suit avec 22,2. Et dans ces trois arrondissements, le chômage a encore augmenté sur le mois de novembre : Mons ( + 134), Charleroi (+ 246), Liège (+ 265). Encore deux considérations au niveau national. Il y a plus de personnes qui sont au chômage depuis plus de trois ans ( ) que depuis moins d'un an ( ). Le chômage féminin (17,6 %) est globalement plus de deux fois supérieur au chômage masculin (8,4 %). A Mons, le taux de chômage féminin est de 36,3 %. HOTEL-RESTAURANT CASTEL ANSEREMME (DINANT) Tél. : DEPONT-A-LESSE 25 HECTARES DE NATURE, A COTE DE DINANT OUVERT TOUTE L'ANNEE

3 -SOCIAL Nouvelle convention interprofessionnelle : 10 jours de congés non payés pour des motifs urgents A partir du 1er janvier de cette année, les ouvriers et employés du secteur privé peuvent s'abstenter du travail pour faire face aux imprévus durant le temps nécessaire avec un maximum de 10 jours par an. C'est le résultat de la convention collective n. 45 au Conseil Natonal du Travail le 19 décembre Ne confondons pas Cette convention ne porte pas atteinte aux régimes légaux et conventionnels de suspension du contrat de travail, susceptibles de donner lieu au paiement du salaire garanti, appelés couramment «obligations familiales et civiques» ou «petits chômages». Elle est à distinguer également de l'article 27 de la loi de 1978 sur les contrats de travail qui prévoit deux hypothèses d'absences pour des raisons indépendantes de la volonté du travailleur sans perte de salaire : - le travailleur qui se rend à son travail et qui est apte à travailler n'arrive pas sur les lieux de son travail ou n'y parvient qu'avec retard, à condition que le retard soit dû à une cause survenue sur \e chemin du travail, et qu'elle soit indépendante de sa volonté (par exemple : des embouteillages suite à un accident de la circulation); - le travailleur qui ne peut, pour une cause indépendante de sa volonté, soit entamer le travail, alors qu'il s'était rendu normalement sur les lieux du travail, soit poursuivre le travail auquel il était occupé. 15 ans pour concrétiser ce droit Dans l'accord interprofessionnel du 10 février 1975, syndicats et patrons s'étaient déjà mis d'accord sur le principe de permettre aux travailleurs de s'absenter du travail pour des raisons familiales, sans que cette absence donne droit au maintien de la rémunération. Toutefois, ce droit n'avait pas été concrétisé dans une convention collective interprofessionelle. Mais les interlocuteurs sociaux avaient convenu que les jours d'absence non rémunérés accordés en vertu d'une convention collective (sectorielle ou d'entreprise) ou d'un accord individuel, seraient assimilés à concurrence de 10 jours maximum par an pour tous les secteurs de la sécurité sociale, à l'exception des vacances annuelles (1). Notamment dans les secteurs forts, des conventions cojlectives ont été conclues, qui prévoient 3, 5 ou 10 jours d'absence autorisée, le plus souvent pour des raisons purement familiales. Dans les cahiers de revendications déposés par la FGTB durant les quinze dernières années, notre mouvement syndical a continué à réclamer la généralisation de ce droit. Mais l'absence d'une véritable concertntion socialo interprofessionnelle et les pouvoirs spéciaux ont bloqué cette revendication. A l'automne 1989, le ministre de l'emploi et du Travauikl a déposé un projet de loi pour l'instauration d'un régime légal de «congés familiaux» et a sollicité l'avis du Conseil national du Travail à ce sujet. Comme cette matière relève traditionnellement de la compétence des interlocuteurs sociaux et qu'un système légal n'aurait pu entrer en vigueur qu'à partir de 1991, syndicats et patrons ont conclu une convention interprofessionnelle qui est entrée en vigueur au 1er janvier Les lignes de force de cette convention La convention interprofessionnelle n'est qu'un minimum légal. En d'autres mots, elle s'applique à l'ensemble des secteurs sans porter atteinte aux régimes plus favorables pour les travailleurs, existant ou en voie d'élaboration au niveau d'un secteur ou d'une entreprise. Ainsi, selon certains systèmes sectoriels ou d'entreprise, le congé est rémunéré et le restera. Contrairement au projet ministériel, non seulement les raisons familiales sont reconnues, mais également d'autres motifs urgents. Tout événement imprévisible et indépendant du travail qui nécessite l'intervention urgente et indispensable du travailleur et ce, pour autant que la présence au travail rende l'intervention du travailleur impossible, donne droit à l'absence. Sont ainsi visés : - tes maladies, accidents ou hospitalisations survenus à un membre de la famille du travailleur habitant sous le même toit ou à un parent ou proche du premier degré (père, mère, enfant) n'habitant pas sous le même toit ; - les dégâts matériels importants causés à des propriétés du travailleur (dégâts causés à l'habitation par un incendie ou une catastrophe) ; - un événement nécessitant la présence personnelle du travailleur suite à une convocation par les autorités publiques. D'autres événements peuvent venir compléter cette liste de commun accord entre l'employeur et le travailleur. On peut penser ici, par exemple, à des événements familiaux qui nécessitent l'intervention urgente et indispensable du travailleur au-delà du congé légal et conventionnel pour «petits chômages». Afin de faire face à ces événements, le travailleur peut s'absenter du travail pendant le temps nécessaire, mais sans que la durée puisse dépasser dix jours ouvrables par année civile et sans que l'employeur doive lui payer son salaire, sauf si la convention sectorielle ou d'entreprise prévoie le maintien de la rémunération. Pour le travailleur à temps partiel, la durée maximale d'absence est ramenée proportionnellement à ses prestations. Le travailleur doit utiliser ce congé aux fins pour lesquelles il a été accordé. A la demande de l'employeur, il doit pouvoir en fournir la preuve. Il doit informer au préalable ou le plus rapidement possible l'employeur de son absence. Herbert MAUS. (1) Avis du CNT n. 505 du 27 novembre 1975 entré en vigueur par l'arrêté royal du 12 juilet Prépensions : augmentation du complément et du plafond au 1 janvier 1990 Rappel. Le complément prépension, à charge de l'entreprise ou du secteur, est égal à la moitié de la différence entre la rémunération nette perdue et l'allocation de chômage. La rémunération nette est calculée au départ de la rémunération brute plafonnée. Les modifications. L'ancien plafond de F, qui n'avait plus été augmenté depuis 1976, passe à F (+ 1%) au 1" janvier A la même date, le complément versé aux prépensionnés d'avant le r janvier 1989 a été augmenté de 2% par l'application d'un coefficient de 1,02. Pour les prépensionnés plus récents, les coefficients sont les suivants : - Janvier, février et mars 1989:1,015 ( + 1,5%) - Avril, mai et juin 1989 :1,010 ( + 1 %) - Juillet, août et septembre : 1,005 ( + 0,5%) L'accord F.N. SNECMA enfin finalisé Le processus de restructuration et de sauvegarde de la division Moteurs entamé par la F.N. au cours de ces dernières années, s'est soldé comme prévu par la signature d'un accord définitif entre la Fabrique nationale (FN) d'herstal et la Société nationale d'étude et de construction de moteurs d'avions - Snecma, l'un des premiers groupes aéronautiques français. Cet accord est l'aboutissement d'une recherche systématique par la F.N. Herstal d'un partenariat industriel pour sa filiale F.N. Moteurs. La stratégie des dirigeants de la F.N. a en effet consisté en 1988 à abandonner une politique de diversification de. production de biens civils et d'armements pour se recentrer sur une spécialisation de l'activité militaire estimée plus rentable. Dans ces conditions la F.N. s'est dégagée de toutes les activités industrielles civiles qui selon la direction compromettaient l'existence même des activités de base, et a confié à la SNECMA la conduite de l'activité aéronautique. Cet accord prévoit la cession à la Snecma de 51% des actions de FN Moteurs SA, conformément aux engagements pris le 9 juin A l'issue de cette cession, le capital de FN Moteurs est détenu à raison de 51% par le groupe Snecma, 42,5% par la FN et 6,5% par la Région wallonne. Montage sophistiqué Pour finaliser l'ensemble des engagements qui avaient été pris en juin 1989 et notamment la décision de l'exécutif régional wallon d'investir 1 milliard de francs dans FN Moteurs, le conseil d'administration de la FN a décidé, dans le cadre de la procédure du capital autorisé, d'augmenter le capital de la FN de 250 millions de FB, représentés par actions ordinaires et correspondant à un prix d'émission de 550 francs par action. Les mécanismes d'investissement du milliard de la Région Wallonne sont relativement complexes. D'une part, la société mère F.N. cède 250 millions de ses parts F.N. Moteurs à la Région Wallonne: elle devient ainsi actionnaire pour 6,5% de la F.N. Moteurs, par l'entremise de la F.N. D'autre part, la Société Régionale d'investissement de Wallonie (S.R.I.W.) achète pour le compte de.la Région Wallonne 750 millions d'actions de la F.N.: elle devient ainsi actionnaire à 8% de la F.N. C'est ainsi que la F.N. dispose d'un milliard de fonds nouveaux. Ces fonds seront conformément aux engagements pris, mis à disposition de F.N. Moteurs par la F.N. sous forme d'obligations subordonnées participatives à long terme qui renforceront la structure financière de F.N. Moteurs. A l'issue de cette augmentation de capital, le capital de la F.N. sera représenté par actions, dont actions ordinaires et actions privilégiées. A ce moment, sur base des éléments actuellement connus du conseil d'administration, le Groupe de la Société générale de Belgique détiendra environ 73% du capital de la FN et la SRIW environ 8%. La part des actions présumées détenues par les actionnaires privés sera ramenée de 21% à 19%. Sur le plan social, la nouvelle direction de la Snecma et les organisations syndicales vont dans les prochaines semaines prendre la mesure des nouveaux enjeux pour chacun des partenaires. On se souvient qu'en décembre dernier les ouvriers de la Division-Moteurs ont entamé une grève pour exiger une compensation salariale dans le cadre de la revalorisation progressive de leurs fonctions. La revendication des syndicats dans le cadre de l'enrichissement des tâches est de 30 F brut par heure alors que la direction proposait 500 F brut par mois... Pour éviter à l'époque de mettre la F.N. en difficulté, les ouvriers ont repris le travail aux conditions antérieures à l'enrichissement des tâches, ramenant ainsi la négociation dans les mains de la SNECMA. Agnès Lejeune. 50CIAL- Congrès national de la CMB Métal Flexibilité et management participatif : un nouveau défi Le prochain congrès national de la Centrale des Métallurgistes FGTB devra répondre aux questions que pose la nouvelle évolution dans l'organisation du travail «Tous, nous pensons que de profonds changements viendront demain trasformer radicalement l'entreprise. L'introduction de nouvelles technologies, mais surtout leur généralisation ne pourront être sans effet sur l'organisation du travail. Peu à peu, le management participatif pourrait se substituer au taylorisme. Rien n'est cependant encore joué. Bien des obstacles et des contraintes entravent cette progression. Le danger ne peut être écarté du revers de la main. Il nous impose une réflexion en profondeur. Il nous faudra ensuite mener une politique d'information et de démystification. Enfin, nous mettrons en œuvre une politique alternative. Devons-nous refuser de négocier? Ne risquonsnous pas d'être dépassés par les travailleurs? Quels objectifs devons-nous tenter d'atteindre? Quel rôle l'organisation syndicale doitelle jouer face au management participatif? Ces questions restent ouvertes.» Ces quelques lignes extraites de «Inform» (1), posent, on ne peut mieux, un des enjeux du prochain congrès national de la Centrale des Métallurgistes FGTB, congrès qui se tiendra le 31 mars Questions précises, enjeu fondamental II y a plus d'un an déjà que le débat est ouvert. Il a été lancé par l'inform spécial congrès. Il s'est poursuivi, par des discussions au sein de chacune des fédérations débouchant sur la rédaction de notes préparatoires. Les questions sont précises et l'enjeu fondamental. Le défi ne date pas d'aujourd'hui. Il y a quatre ans déjà, les cercles de progrès et qualité faisaient leur apparition à Cockerill-Sambre. Mais une réponse syndicale cohérente se fait pressante car «on se trouve devant une stratégie patronale globale, programmée sur une longue période», comme le souligne un des documents préparatoires des Métallos liégeois. Pendant des décennies, le mot d'ordre patronal, surtout dans les usines d'assemblage était : «Travaillez bien, ne pensez à rien». Un mot d'ordre qui caractérise bien l'organiseation taylorienne de la production. Centralisateur, le taylorisme rêvait d'une immense intelligence regroupant toute l'information et le savoir, prenant toutes les décisions et transmettant aux exécutants des ordres complets, détaillés et préprogrammés. Mais aujourd'hui, ansi que le souligne Philippe Messine i(2), «l'espoir de sortir de la crise, en revigorant le taylorisme par une cure d'informatique risque de faire long feu. En effet, la recette montre vite ses imperfections, voire ses vices profonds. Les inconvénients sont à la fois techniques et humains. En cherchant un accroissement de la productivité qui exclut le travailleur, on débouche inexorablement sur des effets contre-productifs venant tôt ou tard miner la compétitivité. Le taylorisme touche ainsi à ses limites : à force de marcher sur une seule jambe, celle du progrès figé dans les machines, au mépris du travail humain, considéré comme contrainte, il perd l'équilibre.» Aussi, sont-ils de plus en plus nombreux les patrons qui, aujourd'hui, lancent un nouveau mot d'ordre : «Travaillez bien, pensez à tout». Un mot d'ordre qui caractérise bien le management participatif. Ce changement INFORM SPECIAL CONGRES d'attitude patronal découle d'un changement dans la technologie et l'organisation du travail, changement, à son tour, dicté par de nouveaux impératifs économiques. La présentation patronale C'est le président de la FEB lui-même, Philippe Bodson qui, il y a un peu plus d'un an, présentait, on ne peut plus clairement, cette nouvelje stratégie patronale. «Le management participatif est-il une nouvelle recette en matière de gestion des entreprises? Slogan ou nécessité? La question est posée. Personnellement, je répondrai que la question participative est l'aboutissement naturel d'un type de management qui permet aux entreprises d'anticiper les nombreux changements dé son environnement pour mieux les traiter et garantir ainsi son avenir.» (3) C'est la loi du marché qui impose ce nouveau mode de gestion. Le patron des patrons le dit sans détour : «Avec l'ère de la technique et l'arrivée de nouveaux concurrents, le marché de nos entreprises s'est aussi internationalisé. Autrement dit, sur tous les marchés-forteresses traditionnels, se livre aujourd'hui une bataille sans merci où chacun tente de vaincre l'autre par des armés appelées «compétitivité» ou «parts de marché». Les investissements coûteux en nouvelles technologies, en informatique exigent une nouvelle organisation du travail. L'ouvrier doit devenir un technicien d'entretien créatif, motivé et polyvalent. Et surtout, tient à le préciser Philippe Bodson, «il est important 'de le faire adhérer aux valeurs de l'entreprise». Sur le registre des valeurs, l'argument est séduisant : «Le travailleur nouveau, continue le président de la FEB, c'est aussi l'homme mieux formé, mieux informé qui veut comprendre dans quelle pièce il joue, notamment dans l'entreprise, capable de se mobiliser avec enthousiasme pouv une cause qu'\\ comprend.» Plus,prosaïquement, l'on pourrait dire : pour maintenir leur taux de profit, les entreprises sont amenées à investir dans l'humain, avec toute l'ambiguïté que peut revêtir ce terme. En effet, il n'est pas question de laisser «dormir» le capital investi. Dès lors, les objectifs «zéro délai», «zéro stock», «zéro défaut» impliquent flexibilité, polyvalence et paix sociale. N'est-ce pas, en définitive, un nouveau pacte social que le monde patronal souhaite signer avec les organisations syndicales, un «pacte saturnien» du nom de «l'usine du XXIe siècle» que ' General Motors a construit autennessee, aux Etats- Unis. Un pacte qui échange la flexibilité salariale et professionnelle contre une reconnaissance des syndicats comme partenaires à part entière, un patriotisme d'entreprise, voire la garantie de l'emploi pour une partie du personnel. Certes, ce pacte a ses atouts. Qui pourrait prétendre que le travail créatif et varié n'est pas plus agréable que le travail monotone et automatique? Qui pourrait soutenir que l'appel à la créativité des ouvriers, à la reconnaissance de leur valeur individuelle ne rencontre pas un écho certain parmi eux? Mais ne risquet-on pas d'assister en même temps à une nouvelle forme de domination sociale? A ce propos, le bulletin de la CMB Métal lève toute ambiguïté : «Les soi-disant libertés offertes par \e management. part'\- c/par/f ne sont que des leurres. S'il est vrai que le groupe peut fixer lui-même certaines règles mineures, c'est pour mieux intégrer le travailleur à une logique d'entreprise tout en lui refusant l'accès à la détermination d'objectifs globaux qui restent, bien sûr, l'apanage du top management. C'est également en le transformant en gendarme vis-à-vis de ses propres collègues» (4). Denis HORMAN. (1) CMB, IFORM spécial congrès, mensuel n. 117, avril-mai 1988, p (2) Philippe Messine, «Les Saturniens», éd. La Découverte. (3) Philippe Bodson, Athéna, 36, décembre (4) Les cercles à Cockerill-Sambre, deuxième convention cercles et qualité totale, Charleroi, avril 89, p. 14. Les sept thèmes préparatoires cosn? une analyse Su sujet en question plus un, rapport de synthèse des groupes de travail dans les fédérations régionales. Thème 1 : (R)évolution démograpique. Thèmes 2 et 3 : Les nouvelles structures industrielles. Thème 4 : taylorisme ou management participatif : les enjeux de l'organisation du travail. Thème 5: la flexibilité. Thème 6 : nouvelles technologies et organisation du travail : qualifications. Thème 7 : La formation, un nouveau terrain d'action syn- Nous reviendrons sur chacun de ces thèmes

4 Citoyenneté dans une société pluriculturelle pour les années 90? Pour la citoyenneté «Pour nous, la naturalisation est un choix individuel... Par contre, l'accès à la citoyenneté est une question collective et sociale.» Le rapport de la Commission des Travailleurs immigrés de ('Interrégionale wallonne de la FGTB, rapport présenté au dernier congrès de la FGTB wallonne, en septembre 1989, ne laisse planer aucune ambiguïté. Pour la Commission, droits sociaux et politiques pour les immigrés doivent être intimement associés. Et parler de droits politiques et civiques, c'est soulever le problème de la citoyenneté. «Les élections sociales, (auxquelles participent les immigrés) ne trouvent leur sens profond que si elles sont prolongées au niveau des élections politiques.» Déjà en décembre 1986, le congrès national de la FGTB se prononçait pour la participation politique des étrangers CEE et hors CEE aux élections communales, après cinq années de résidence. L'urgence de la question, la Commission Immigrés \a- tevia à la construction de l'europe : «Dans plusieurs pays, des réalisations très intéressantes ontété faites,en ce qui concerne les droits, politiques de la population étrangère. En Suède, le droit de vote aux éjections communales existe depuis 1976, au Danemark, depuis 1981, en Norvège depuis 1983, aux Pays-Bas depuis 1985, en Irlande depuis longtemps... Les caractéristiques propres à la vie locale se prêtent tout particulièrement bien au processus d'intégration.» La citoyenneté (les droits politiques pour les immigrés) renvoie également à une véritable politique d'intégration de cette couche de la population. «Au lieu de profiter, les travailleurs immigrés enrichissent la Wallonie économiquement, socialement et culturellement... Et la stabilité effective des populations d'origine étrangère est une, vérité criante qu'il est bon de rappeler... Sait-on que sur les étrangers qui vivent en Belgique, trois quarts y sont nés ou y résident depuis plus de vingt ans? Ces ressortissants de nationalité étrangère constituent. 12,7 % de Ja population en Wallonie et c'est grâce à leurjaux de natalité plus élevé que la Wallonie se rajeunit.» Alors, où sont les obstacles à l'intégration? Une véritable politique d'intégration implique la sécurité tje séjour. «Que ce soit en ce qui concerne l'école, souligne la Commission, ou encore les rapports de voisinage, le travail, si les personnes en question sont menacées à tout moment d'être expulsées, si cette sécurité de séjour n'est pas garantie..., alors, on ne peut aborder la. question de l'intégration.» Position d'actualité évidente, quand la crise alimente les réflexes, xénophobes, quand des communes bloquent les inscriptions d'immigrés ou encore quand certains suggèrent le renvoi au pays d'origine. De son cêté, le rapport du Commissariat royal à l'immigration ouvre des pistes intéressantes pour une politique d'intégration, bien qu'il laisse de côté le droit de vote. Il faudra bien toute la pression du mouvement syndical et des associations antiracistes pour que ces propositions aient, sans trop attendre, force de lois. Un consensus possible autour du rapport du Commissariat royal à l'immigration Un rapport de 700 pages intitulé «L'intégration, une politique de longue haleine», 81 propositions concrètes et des pistes de réflexion qui devront déboucher sur des décisions politiques, voilà la première initiative du commissaire royal à l'immigration, M Paula D'Hondt et de son adjoint Bruno Vinikas. Ce rapport se prononce résolument pour une politique d'intégration, pour des mesures facilitant la naturalisation et môme la double nationalité pour les enfants de la troisième génération. Il prône la lutte contre le racisme et la xénophobie. Mais il reste plus que discret sur les droits politiques des immigrés. Intégration «Le Commissariat royal estime qu'une politique de retour est, en Belgique, inefficace et constitue un gouffre financier qui ne stimule aucunement les immigrés à l'intégration.» Après tout, sur les quelque étrangers vivant en Belgique, trots quarts y sont nés ou y résident depuis une vingtaine d'années. Cette politique d'intégration doit, dès lors, pour le Commissariat royal, s'accompagner de mesures concrètes. «Le gouvernement doit mettre à la disposition des autorités responsables les moyens budgétaires nécessaires à l'application réelle des législations existantes, impliquant des droits et devoirs pour les immigrés.» Le commissaire royal pointe par exemple le refus de certaines communes d'inscrire les immigrés et de verser aux CPAS les fonds prévus par la loi. «II plaide en faveur de la suppression progressive de la condition de nationalité en matière de minimex, d'allocations aux handicapés et de revenus garantis aux personnes âgées (proposition 50). Le rapport insiste également sur une intégration à travers le logement et renseignement. Il plaide même l'embauche d'étrangers dans les services publics, pas seulement dans des fonctions subalternes, mais «dans des fonctions qui, par leur caractère public, produisent reconnaissance et estime» (49). Lutte antiraciste ~ Le rapport souhaite que la loi de 1981, tendant à réprimer certains actes inspirés par le racisme et la xénophobie, soit mieux connue et appliquée. Il plaide également pour la mise sur pied d'un Centre national contre la discrimination et pour l'intégration des communautés étrangères (62). Il insiste de même sur la mise sur pied, dans l'enseignement primaire en particulier, de cours sur «les droits de l'homme, le racisme et l'histoire de l'immigration» (...), une pédagogie interculturelle impliquant la présence d'un personnel enseignant issu partiellement de l'immigration». A corriger également «des pratiques déterminées émanant de certaines administrations dans l'accueil des étrangers». -,v La nationalité Les enfants de la troisième génération (les étrangers nés de parents eux-mêmes nés en Belgique) doivent recevoir automatiquement la nationalité belge. Ils peuvent même avoir la double nationalité, ce qui, souligne le rapport, garantit «une position d'égalité dans tous les domaines de la vie publique et politique» et n'entraîne pas «l'obligation de se détacher.sentimentalement du pays d'origine», ni «la rupture avec une partie de l'identité propre». Pour les autres, - «la réglementation en matière de naturalisation doit être réformée, tant au niveau de la compétence d'attribution en la matière,, les aspects procéduraux, les coûts, qu'au niveau des conditions de fond». Quant aux réfugiés et les demandeurs d'asile, Te rapport invite les autorités régionales compétentes à faciliter pour ceux-ci l'accès à l'emploi et à encourager le recours à l'autorisation provisoire de mise au travail. De même, «il faut donner au CPAS de réels moyens financiers et la mise à leur disposition de ressources humaines indispensables à l'accomplissement de ces missions» (45). Et le droit de vote? Le rapport ne l'envisage pas. Objectif irréaliste, en l'absence de consensus politique? En mars 1989, le Parlement européen approuvait une directive de la Cornmission accordant le droit de vote et d'éligibilité aux immigrés ressortissant aux douze Etats membres et cela pour les élections communales et après cinq ans de résidence dans le pays d accueil. Le Danemark, la Suéde, la Norvège, les Pays-Bas et même l'irlande ont déjà appliqué cette directive. La Constitution belge (art. 4) confère au seul citoyen belge le droit de vote et d'éligibilité. Convenons qu'il va là une situation paradoxale. En effet, les immigrés sont pris en compte dans le chiffre de la population qui détermine le nombre de sièges aux Conseils communaux et provinciaux ainsi qu'au Parlement. Un nombre non négligeable de mandataires publics doivent ainsi leur siège à la présence des étrangers, sans que ces derniers puissent Intervenir dans les choix de ces mandataires. La caravane des Potes à Charleroi, le 21 mai Un consensus possible? Le rapport du Commissariat royal à l'immigration tranche incontestablement et positivement avec la situation d'immobilisme, voire de régression et de répression que l'on a connue vis-à-vis de Ja population immigrée, les Immigres hors CEE tout particulièrement. Jusqu'à présent, on a plutôt connu des limitations et même des blocages d'inscriptions dans certaines communes, des limitations au regroupement familial, des incitations au retour, des tracasseries sans nombre pour obtenir la naturalisation, etc.. Bien sûr, les petits partis d'extrême-droite vont continuer leur campagne raciste et xénophobe. Le Vlaams Blok qui a séduit un électeur sur cinq à Anvers, aux dernières élections communales d'octobre 88, est lui pour un secrétariat aux immigrés, mais pour or- ' ganiser le retour des étrangers non européens. Le PRL est pour les primes de retour et le blocage de toute immigration nouvelle, réfugiés politiques y compris. Le PW va plus loin en proposant l'exclusion du chômage, sur base de l'article 43, de tout chômeur immigré qui refuserait cette prime. Un consensus politique pourrait-il se dégager au gouvernement sur base des propositions. D'Hondt-.Vinikas? On devrait normalement être fixé en mai Le SP s'oppose à une politique prônant le retour, mettant plutôt l'accent, comme le fait le rapport, sur l'intégration sociale des immigrés. Il souhaite également un assouplissement des conditions d'accès à fa nationalité belge pour les immigrés et pour les réfugiés politiques. Par exemple, les enfants d'immigrés nés en Belgique SOS-Racisme, ce n'est plus seulement la France où le mouvement est né. Souvenez-vous, les 17 et 18 octobre 1988, à Paris, deux mille jeunes, venus de tous les pays de la Communauté, mais aussi de Suisse et de Scandinavie, se réunissaient pour discuter d'un projet de charte européenne de l'egalité. La délégation belge était bien représentée avec ses deux, cents participants. Tous ces jeunes et moins jeunes, membres et représentants de dizaines d'associations anti-racistes, immigrées, de maisons de jeunes de quartier, d'organisations syndicales (une délégation de la Commission des Travailleurs immigrés de la FGTB wallonne était présente) et de défense des Droits de l'homme..., ainsi que des sections de SOS-Racisme adoptèrent un texte commun de référence : la Charte des citoyens de l'europe ou «déclaration des Droits des immigrés d'europe». Une Charte qui met aussi bien l'accent sur l'automaticité de la nationalité que sur le droit de vote - devraient recevoir automatiquement la nationalité belge. Le PS développe sensiblement les mêmes thèmes que le SP. Lui aussi met l'accent sur une politique d'intégration, à travers le logement, l'enseignement. Il privilégie également la nationalité, ne concevant les droits politiques pour les étrangers qu'à travers la naturalisation. Le PSC arrive à des positions relativement proches des socialistes, mettant l'accent sur le rôle des autorités locales, sous la forme de «missions locales». Quant au CVP, il reste jusqu'à présent très discret sur le sujet. Ajoutons que les Verts, le PC et l'extrême-gauche sont plus ou moins sur la même longueur d'ondes, en se prononçant en plus pour le droit de vote et d'éligibilité pour les immigrés. Consensus politique I Encore faut-il qu'il se traduise dans les faits. Et là se posent deux problèmes. D'abord les moyens nécessaires à la réalisation des propositions positives du rapport. «Toute politique des immigrés ne prendra sa signification réelle que si elle se traduit par des moyens de sa propre mise en œuvre, notamment sur le plan financier», souligne le rapport. Et on sait que le budget est un point sensible. Et puis, II y l'attitude concrète sur le terrain. Quand on voit les décisions prises par certaines communes, même socialistes, quand on lit la position d'un Jean-Pierre Detremerie, député-bourgmestre PSC de Mouscron et secrétaire de la Commission des Naturalisations de la Chambre (voir encadré), il y a de quoi s'inquiéter. Et surtout, on prend conscience que la lutte contre le racisme et pour une véritable politique d'intégration passe par l'information, la sensibilisation, la prise de conscience et un large mouvement de mobilisation autour de ce problème de société. Denis HORMAH. pour les immigrés, dû moins aux élections locales. Depuis, à Bruxelles comme en Wallonie, des sections locales de SOS-Racisme se sont créées, regroupant des personnes et des représentants d'organisations, belges et non belges, jeunes et moins jeunes d'horizons divers. Travail de sensibilisation sur les 17 articles de la Charte, construction d'un véritable mouvement anti-raciste capable de réagir aux événements, de se camper comme interlocuteur sur les problèmes de la citoyenneté et des droits politiques pour les immigrés, tel est l'objectif de SOS-Racisme. Dans les écoles aussi, «Jeunes contre le racisme», sa branche lycéenne, jetent les bases d'un, avenir en couleur, d'une société interculturelle, lia:.font circuler une pétition poùfgv«pne école sans racisme». Lés'sighataires, élèves, enseigriàntsftet^rnême parfois directions,rengagent à bannir de l'écoletouté''fofmé où expression de racisme et de discrimination. L'école qui recueille Un document édifiant! Le rapport Paula D'Hondt se prononce pour une révision de la réglementation en vigueur en matière de naturalisation, pour les immigrés de la première génération. Il y a de fait urgence pour éviter l'arbitraire, les refus ou acceptations à la «tête du client». En voici la preuve. Mohamed est pensionné mineur, avec une vingtaine d'années de bons et loyaux services dans les charbonnages belges. Il y a deux ans, il demandait la nationalité belge. L'agent de quartier le trouvait chez lui en djellaba et lui arrachait quelques confidences. Mohamed lui confiait entre autres qu'il ne sortait plus beaucoup ça coûte trop cher et qu'il préferait inviter chez-lui des amis plutôt que d'aller au bistrot. Sur base du rapport de cet agent, voici ce qu'écrivait, fin octobre 1989, en réponse à une lettre d'information d'un collègue, Jean-Pierre Detrèmmerie, député-bourgmestre de Mouscron et secrétaire de la Commission dès Naturalisations de la Chambre des Représentants. Une proposition de loi bienvenue Trois députés socialistes, Yvan Mayeur, Claude Eerdekens et Laurette Onkelinx ont déposé une proposition de loi visant à assouplir les conditions d'octroi de la nationalité belge 51 % de signatures est alors déclarée «école sans racisme». Liège sans frontières «Dans l'ensemble, il semble bien qu'il n'y ait pas de réels problèmes vis-à-vis des populations étrangères installées régulièrement sur les territoires de la Ville.de Liège.» C'est ce qu'écrit le Commissariat royal à la politique dès immigrés dans son rapport en page 82. La situation a depuis quelque peu changé. En sa séance du 23 octobre dernier, le Conseil communal décidait de ne plus accepter l'inscription non seulemenjme.candidats réfugiés, maisijlus largement de tout ressorti; gant non; CEE ou assimilé, et ce a pour un&période de trois &àhs.vu..."<,.-.- "<?' \ A J finjtiatiye.id.ei'sos-racisme LiègfésùnëV(jç>çy:ç)lnatlqn dé :-! nompreùses assbctetions:cultu--. relles4îf.sociales^set5:politiqu:es viehrae se constituer sous l'appellation «Liège sans frontières». Son objectif est d'obtenir pour les immigrés. Et, pour ce faire, adapter l'article 5 de la Constitution. Actuellement, comme le souligne les développements de la proposition, «la procédure d'acquisition de la nationalité belge est soumise à une procédure administrative complexe, coûteuse et peu susceptible d'encourager les étrangers installés durablement dans notre pays, d'entamer les démarches nécessaires. Cette procédure est perçue négativement par les candidats à la naturalisation, tant du fait de son coût et de sa durée, que du caractère parfois humiliant ou ressenti comme tel des enquêtes procédées par le parquet. La lourdeur administrative fait craindre l'arbi-, traire dans le traitement des dossiers et entraîne le recours à des interventions politiques. Or, ces dernières années ont vu - na<uiatisa*.con de H. < Ék Mohamed, - ail en Suite, a mon couti-ie* du 10 6t.pte.mbie. et à ta tzttu du II ottobw, je X'in&oKme. que la demande aoué Aubitque a ttl aj'ouine'e te 17.II.Ï9JI, tuite. a un manque d'inclination du pkltitt, cal cerfein-ieine i\îquinte, que dit alabll e-t ne i'habille, qu'en djt.lt.aba. Ce doaiia it.ua donc ilixaminî iin 1990 ou dlbut 199}. Je ne manquera* pat de tt te.nii au couhant du tuiui e.t àztie. a ton tnti&w disposition pou* toutz dimanche, que tu.touhaite.1aii obtlnil de ma pam. Je te. plie, di cxoir.i, Mon Cfce* thilippt, a l'atiu- \ance de ma tintiminti tu mtilliuu la non ratification par le ministre de la Justice de cette décision du Conseil communal. La coordination a envoyé une lettre à Bruno Vinikas, adjoint du Commissaire royal à l'immigration, Paula D'Hondt. «Il nous apparaît d'emblée, souligne la lettre, que le texte luimême de l'article 18 bis de la loi du 15 décembre 1980 (sur l'accès au territoire, le séjour, l'établissement et l'eloignement des étrangers, N.C.) est contraire aux conventions internationales applicables en droit belge concernant la libre circulation à l'intérieur du territoire et la liberté de s'inscrire dans la commune de son choix.» C'est d'ailleurs sur cette question qu'une pétition circule actuellement., Elle signale précisément queua.décision du Conseil communal «entré encpntradictiorravëc les libertés iridividuelles établies en Belgique par les ratifications des Coventions internationales et notamment le droit d'asile». Les soussignés demandent au ministre de la dit H/tu\aliiation6 de lu Chambit du Rzp\ttt.ntantt. Justice, Melchior Watelet, «la non ratification de la délibération du Conseil communal et la libre insarjption de toute personne étrangère, en résidence régulière, quelle que soit sa nationalité». «L'accroissement de la population étrangère à Liège nuit à l'intérêt public.» A cet argument du Conseil communal, «Liège sans frontières» émet,- en réponse/ plusieurs observations. Retenons-en trois. Sur la concentration étrangère d'abord. Le «seuil de tolérance» serait-il atteint? Les chiffres fournis par le Service d'immigration et d'accueil de la Province de Liège ne permettent pas de dire qu'il y a accroissement significatif de la concentration étrangère. Les finances communales? Il faut savoir: que l'aide accordée par les CPAS aux candidats réfugiés;-:comrne à tous les étrangers;sâ,hs.;'ressqurces, est entièrement remboursée par l'etat et sous forme d'avance trimestrielle. De plus, l'ensemble do la population étrangère bénéficie s'accroître le nombre de demandes de naturalisation. C'est le signe d'une évolution des mentalités des ressortissants des communautés immigrées qui se considèrent désormais liés à la Belgique par une communauté de destin et pour lesquels l'installation dans notre pays est définitive (...) Il convient donc que des mesures soient prises visant à régulariser à stabiliser et à sécuriser la présence des personnes d'origine immigrée dans notre pays. C'est le sens de cette proposition qui vise notamment à accorder d'office la nationalité belge à Ventenl né en Belgique d'un auteur ou adoptant né luimême en Belgique. La proposition vise également à accorder d'office la nationalité belge à l'âge de 18 ans aux enfants nés en Belgique ou qui ont eu leur résidence principale dans notre pays depuis plusieurs années, sauf renonciation expresse par eux. La proposition comporte également une simplification et une accélération de la procédure d'acquisition de la nationalité et met le tribunal dans l'obligation de motiver ses décisions refusant la naturalisation... Enfin, la réduction des droits de FB à FB devra également permettre de lever un obstacle économique à l'acquisition de la nationalité belge.» d'une aide globale du CPAS légèrement inférieure à celle octroyée aux Belges. De même, l'analyse conjuguée du taux de chômage et de la pyramide des âges montre assurément que la population immigrée verse plus de cotisations de sécurité sociale que la population belge en termes relatifs. Cette décision du Conseil communal inquiète d'autant plus «Liège sans frontières» qu'elle vise toutes tes personnes en situation de «carte blanche» (carte de séjour renouvelable) et touche aveuglément les regroupements familiaux, «Et d'une manière plus générale, souligne la lettre au Commissariat royal, loin de calmer certains réflexes xénophobes, ce vote a été immédiatement suivi d'une vaste campagne d'affichage de mouvements d'extrême-droite stigmatisant la faiblesse, selon eux, des autorités communales et réclamant, expressément, sans qu'il n'y ait de poursuites, l'expulsion des immigrés hors CEE.»

5 -LIVRES-SERVICES- Histoire de l'épargne sociale à travers l'évolution de la banque d'épargne Codep et de ses prédécesseurs Pour ses 50 ans d'histoire, la CODEP a eu la bonne idée de proposer à des universitaires et des chercheurs de retracer l'histoire de l'épargne socialiste. Cette initiative prend corps aujourd'hui sous la forme d'un volumineux ouvrage (1). Outre la destinée de la CODEP, il retrace un siècle d'histoire sociale et économique. C'est notamment cet aspect qu'il nous a paru intéressant de relater ici. Longtemps marginale, l'épargne sociale a dû attendre les années 60 et l'émergence de la société de consommation pour trouver les voies de son autonomie. Pour le prolétariat issu de la première révolution industrielle, impossible de faire des économies, vu les conditions de travail et les bas salaires qui sévissaient à cette époque. Peu à peu, suite à une prise de conscience de la solidarité ouvrière, on y est venu. C'est surtout grâce au succès des coopératives qui créèrent leurs propres caisses d'épargne qu'est née l'épargne ouvrière socialiste. A partir de 1900, l'épargne individuelle fit son apparition pour atteindre son apogée après la première guerre mondiale. L'épargne sociale acquit Une nouvelle dimension en la personne d'edouard Anseele, qui avait la ferme intention de Banque belge du travail à Gand en 1923 substituer aux firmes capitalistes des «usines rouges». Les socialistes différaient des autres courants idéologiques : les catholiques prêchaient la charité et la lutte contre la dépravation morale, les libéraux estimaient que les travailleurs n'avaient qu'à se débrouiller. Sous leur impulsion fut créée lacger(en1865). Au tournant du XIX' siècle Au tournant du XIX e siècle apparut la nécessité de centraliser ces fonds d'épargne (éparpillés dans le pays) dans une seule institution. D'où la fondation, en 1913 sous l'impulsion d'edouard Anseele, de la Banque belge du travail. Les débuts du P.O.B. en 1885, favorisèrent cette centralisation qui se manifesta en premier lieu sur le plan politique. Ceci dit, la constitution de cette banque ne fit pas que des heureux. Face à cette société anonyme, les chefs defile socialistes faisaient la grimace. En 1922 fut donc créée une institution concurrente, le Comptoir de Dépôts et de Prêts, ayant pour tâche de soutenir les organisations socialistes. Mal géré, il passa finalement sous le contrôle de la BBT en Mais là non Voiture de livraison de la boulangerie coopérative «La Concorde» à Roux (cour de la boulangerie) plus, tout n'était pas rosé. Bien sûr, la crise économique y était pour quelque chose mais elle n'expliquait pas tout. En fait, l'aile politique du POB a longtemps considéré l'épargne sociale comme un fonds destiné à soutenir son action. Sa participation au gouvernement l'a conduit en outre à privilégier les instruments d'épargne publique, comme la CGER. En 1933, la BBT est au plus mal. Le parti va jusqu'à solliciter Emile Franqui, gouverneur de la Société générale. Mais toutes les tentatives sont vaines. En 1934, le couperet tombe. C'est la faillite. Un drame qui ébranla profondément les assises du monde socialiste et mit en difficulté très sérieuses les coopératives qui avaient connu, jusque-là, une expansion rapide. Cet échec donnait raison à De Man contre Anseele et condamnait l'épargne sociale à une longue traversée du désert sous l'égide de Coop-Dépôts créée en Ici s'achève la première partie de l'ouvrage par les conclusions de Els Witte, historienne à la V.U.B. En 1935, Coop-Dépôts était fondée afin d'opérer le sauvetage financier des coopératives. Au départ, l'objectif était uniquement d'éviter le sort de l'institution précécente. Mais après la guerre, il fallut passer de la défensive à l'offensive. On fit appel aux syndicats et aux mutuelles. Ce fut finalement la compagnie d'assurance PS qui répondit présent. Mais les problèmes n'en étaient pas résolus pour autant, notamment suite aux difficultés croissantes des coopératives en crise. Les unes après les autres, elles fermaient leurs portes. A cela s'ajoutaient les tensions avec la compagnie d'assurance et le renforcement de la concurrence. Il fallait absolument convaincre le reste du mouvement socialiste de la nécessité d'une caisse d'épargne privée face au tout puissant secteur public (peu contrôlé par la gauche). Il faut noter par ail- Maison du Peuple et cinéma de l'union Coopérative à Montegnée leurs que le secteur coopératif auquel Coop-Dépôts (devenue CODEP en 1968) appartenait, était mal vu. Les syndicats n'appréciaient pas les divergences de positions des coopératives. De plus, les socialistes préféraient l'initiative publique à la caisse d'épargne. Cette époque voit en effet triompher les théories économiques de J.M. Keynes, attribuant un rôle d'intervention important à l'etat et s'accordant bien avec les théories de Henri De Man. Or le «planisme» ignorait les coopératives. Bref, les socialistes boudaient la CODEP qui en plus, véhiculait une image négative, que son décollage raté dans les années 60 ne fit que renforcer. L'autonomie difficilement acquise et le nouveau paysage financier de ces 20 dernières années ont écarté l'entreprises de ses objectifs initiaux et des choix idéologiques de l'epargne sociale, mais les liens avec la famille socialiste persiste. De quoi sera fait l'avenir? se demande Claude Desama (un des auteurs du livre, professeur à l'université de Liège). Il est bien sûr conditionné par les perspectives de 1993, qui impliqueront sans doute une spéclalistation dans des produits de plus en plus sophistiqués. A.D. Sous la direction de Els Witte et René De Prêter «Histoire de l'épargne sociale» - Editions Labor, Bruxelles pages illustrations F. Les dirigeants socialistes Louis de Brouckère et Emile Vandervelde Combat du 8 Janvier 1990 INCROYABLE MAIS VRAI! EUROPEAN FOURRURES CUIRS & DAIMS LES PRIX LES MOINS CHERS D'EUROPE TOUS VOS VETEMENTS FOUR HOMMES ET DAMES EN CUIRS - DAIMS - AGNEAUX RETOURNÉS ET LES PLUS BELLES FOURRURES DIRECTEMENT AU PRIX DE GROS! Un choix fantastique dans toutes les tailles et coloris. Des collections exceptionnelles Une ligne pour hommes et dames réalisée dans les plus belles peausseries et griffée Ralph Valens European Fourrures Cuirs et Daims grâce à sa formule de vente directe vous permet d'acquérir des vêtements haut de gamme à des prix défiant toute concurrence I Votre économie : 20 à 4O % N'hésitez pas à nous rendre visite. 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Le commandement unifié du soulèvement appelle les habitants des territoires à poursuivre l'intifada jusqu'à la victoire. But proclamé : l'établissement d'un Etat palestinien indépendant, avec Jérusalem comme capitale. Le 7 novembre 1989, les Etats-Unis ont, une nouvelle fois, opposé leur veto à une résolution du Conseil de Sécurité des Nations unies approuvée par les quatorze autres membres et condamnant la répression israélienne en Cisjordanie et à Gaza. Les médias internationaux eux aussi se désintéressent de plus en plus des meurtres quotidiens commis dans les territoires occupés. Pourtant, ce sont bien les Palestiniens qui perdent les leurs, qui se font arrêter, démolir leurs maisons, arracher leurs arbres ( ont été ainsi déracinés dans la bande de Gaza pour construire une route destinée à desservir une colonie), qui se voient interdire de réparer leurs puits, etc.. Ce sont bien les Palestiniens qui subissent les contrecoups du soulèvement : chômage, fermetures de magasins. Les écoles, rouvertes finalement l'été dernier, ont à nouveau été fermées par ordre militaire durant les deux mois de novembre et décembre. Et les universités palestiniennes restent closes depuis bientôt deux ans. Ce sont également les Palestiniens qui se font tabasser et subissent toutes sortes de brimades du fait de soldats trop zélés, sans parler des descentes nocturnes qu'effectuent parfois les colons armés pour semer la terreur. Malgré cela, le mouvement ne s'effrite pas. Au contraire, ce qui frappe tout observateur sur place, c'est l'esprit de fermeté et de cohésion qui réunit la population faisant siens les mots d'ordre de la direction unifiée du soulèvement, que deux ans de répression n'ont pas réussi à démanteler. L'Intifada représente le premier mouvement de masse de longue durée. C'est bien le "réveil du sursaut" (sens littéral du mot "intifada") d'une génération de Palestiniens qui n'ont connu que l'occupation et savent désormais de façon certaine que le sort de leur pays se joue d'abord et avant tout sous leurs pieds. Et leurs aînés, emportés par le courage et sans illusions quant au secours à attendre des gouvernements arabes, ne peuvent qu'abonder dans le ' / même sens. L'\nWada est bien plus que la "révolte des pierres". Elle est un vaste mouvement social contre lequel - sauf exterminations ou déportations massives, aucune armée ne peut lutter, a fortiori si elle n'est pas chez elle. En consolidant leur résistance civile, les Palestiniens construisent une société différente où se tissent des solidarités nouvelles qui s'ajoutent aux liens de solidarité traditionnels et où émergent des entreprises inédites. Il existe bien sûr un réseau de soutien en faveur des familles les plus touchées. Mais plus remarquables encore sont les projets destinés à accroître l'autonomie des territoires. En particulier dans l'agriculture où l'accroissement de la production locale et je boycottage des produits israéliens permettent de réduire d'un double point de vue la dépendance à l'égard du marché israélien : d'une part, en utilisant sur place la force de travail naguère exportée au-delà de la "ligne verte" séparant les territoires occupés d'israël; d'autre part, en augmentant la part des produits indigènes sur le marché local. Ainsi, ce dernier est-il devenu autosuffisant en légumes et en produits avicoles, malgré toutes les entraves mises par les autorités (interdiction de forer les puits, interdiction de poules pondeuses, etc.). Israël proclame qu'il n'éprouvera aucune difficulté a maintenir hommes dans les territoires pour continuer la même politique de répression pour un ou deux ans supplémentaires, durée qu'il estime nécessaire pour trouver une solution politique. Cet effort, précise Yitzhak Rabin, le ministre israélien de la Défense, ne coûte que 4 % du budget militaire israélien." Pourtant, côté israélien, l'intifada est aussi présente. Une perte de 4 % du produit national brut, une stagnation économique, un taux de chômage sans précédent et un moral national de plus en plus bas. Résultat, un déchirement qui traverse le pays et des tensions de plus en plus vives entre pacifistes de gauche et annexionnistes de droite. Selon un sondage effectué début décembre, une majorité d'israéliens est d'accord pour des négociations entre Israël et l'olp. La question aujourd'hui n'est pas.de savoir s'il y aura ou non un Etat palestinien, mais quand, après combien de morts, de blessures, de destructions. On ne peut pas réprimer une population entière, les Palestiniennes et les Palestiniens désormais le savent et n'ont plus peur. Ils savent aussi, que l'intifada est leur dernière chance, ils n'ont pas d'autres, voies. Plus les sacrifices consentis augmentent, moins il est probable que les Palestiniens renoncent aux objectifs qui les soudent dans leur combat. Alors, les gouvernements occidentaux devraient comprendre qu'il n'est plus admissible de fournir une aide (directe ou indirecte) à un gouvernement qui sabote les chances de paix et s'enferme dans e cercle vicieux d'une vaine répression. (1) Nous vous renvoyons à l'article "L'Intifada dans la longue durée", dans Le Monde diplomatique, décembre 1989.

6 10 L'ECOUTE DU MONDE- Panama : une action militaire américaine déplorable et laborieuse «Les capitales occidentales en Europe ont réagi avec une indifférence complice à l'intervention militaire américaine au Panama, hormis quelques murmures de réprobation ici ou là». Les événements de Roumanie, il est vrai, mobilisaient l'attention de l'opinion publique.' Le gouvernement Thatcher, bien entendu, apporta son soutien tout particulier à l'opération engagée par le président Bush. La condamnation, d'ailleurs mesurée, vint de Moscou. Quelle que soit la manière dont on considère cette intervention, on ne peut arriver à l'absoudre dans son principe. Manuel Noriega était un dictateur? Washington en a supporté au moins cinquante dans le monde, à commencer par Marcos aux Philippines, Pinochet au Chili, le shah en Iran, Mobutu au Zaïre, sans parler, en Amérique centrale, des Truffilo et des Somoza. Il a été mêlé à des trafics de drogue? Autant il est légitime de chercher, au moyen de traités d'extradition, à se faire livrer tel ou tel de ces crimine\s, comme ceux de Colombie, autant la méthode de l'enlèvement sur le territoire d'un Etat en principe «souverain» fait bon marché de cette souveraineté. La vérité est que Panama n'est pas, n'a jamais été, pour Washington, un Etat comme les autres. Malgré l'esprit du traité Carter-Torrijos de 1977, l'administration Bush a donc, au terme de sa longue «guérilla» contre l'homme fort de Panama, franchi le pas de l'intervention militaire directe, au mépris de toutes les règles du droit international. Il est piquant de constater qu'en même temps, l'u.r.s.s. s'abstenait d'intervenir en Roumanie... L'obsession du canal Depuis février 1988, Washington avait tout essayé pour se débarrasser de Noriega : pressions économiques et financières, soutien discret à deux soulèvements intérieurs qui échouèrent. En mai 1989, Noriega refusait de se soumettre à un verdict électoral qui lui était défavorable. Lors du coup militaire raté d'octobre, l'administration Bush s'abstint d'intervenir. On ne peut s'empêcher de penser que l'occasion aurait été Scène de guerre à Panama : un soldat américain en position auprès du cadavre d'un partisan de Noriega meilleure qu'en décembre, que des vies humaines auraient été épargnées, à commencer par celles des insurgés militaires panaméens, victimes de la cruauté de Noriega. Non sans cynisme, la presse anglo-saxonne révèle le vrai motif de la date choisie : au 1er janvier 1990, Washington avait à exécuter une clause du traité Carter-Torrijos, remettant à une autorite panaméenne l'administration de la zone du canal. Noriega avait désigné un homme à lui pour cette fonction. Le nouveau gouvernement panaméen, celui du président Guillermo Endara, se mettra d'accord avec Washington sur le choix d'une Le dictateur Noriega s'est livré aux Américains jeudi dernier : il a été sur-le-champ expédié en Floride (notre photo, :. i sqndôpart de la base,howard à Panama) e présenté à un tribunal personnalité plus «convenable». Rappelons que le traité Carter-Torrijos prévoit le départ de toutes les forces armées américaines de la zone du canal au 31 décembre Dans dix ans... Le successeur de Noriega s'est autoproclamé président à la faveur de l'intervention militaire américaine. Il tire sans nul doute sa légitimité des élections de mai 1989 contestées par Noriega. Mais quoi qu'il fasse dans l'avenir, il sera l'homme «installé par les Américains». En Amérique latine, ce n'est pas un titre de gloire I Et cela restera pour Endara, un lourd handicap... Le gâchis L'intervention armée des Etats-Unis n'a pas non plus été une promenade militaire. Elle s'est heurtée à une résistance inattendue de la garde nationale panaméenne, l'instrument de Noriega. De plus, la ville a été livrée aux pillards. Quel gâchis! Le moins que puissent faite les alliés européens des Etats- Unis, c'est de réclamer le départ des troupes américaines qui doivent rentrer au plus vite dans la zone du canal. Quant au président Bush, il a montré quel genre d'homme il était, incapable de tenir tête à la pression du chauvinisme et de la démagogie. Robert Falony. Déjà traduit devant un tribunal de Floride Transféré dès son arrestation vers la Floride, l'ex-homme fort du Panama Manuel Noriega a ete officiellement inculpé jeudi dernier devant un tribunal fédéral de Miami de complicité de trafic de drogue et blanchiment des profits de ce trafic. Manuel Noriega restera en détention préventive jusqu'à son procès dont la date n'a pas ete fixée. S Jl est reconnu coupable, Noriega risque un maximum de 135 ans de prison et 1,1 million de dollars d'amende. Ses avocats ont conteste la compétence du tribunal dans cette affaire et. en conséquence, le juge Hoeveler a enregistré un plaidoyer de non-culpabilite. A l'appui de leur position, les défenseurs du général panaméen ont soutenu que leur client était un ancien chef d'etat, un prisonnier politique, qu'il avait été arrêté illégalement par des forces d'invasion, et que les traités du canal de Panama interdisaient son extradition du Panama. Le jupe a communique à Noriega 12 chefs d'accusation qui avaient ete retenus contre lui en février 1988 par une chambre de mise en accusation de Miami. Cela dit, toute la vérité sur le dénouement de l'affaire n'a pas encore ete écrite et comme le soulignait «Le Monde», «c'est autant dans le «caves» de la diplomatie vaticane que dans le QG des militaires américains peinturlures pour la guerre que tout s'est joué». Si un épisode s'est achevé par la reddition du général Noriega, la fin du feuilleton n'est pas encore en vue et le procès de l'ex-homme fort de l'isthme pourrait réserver quelques surprises. «Je tiens Bush par les c...» avait l'indélicate habitude de répéter le général déchu. Sous la présidence de Ronald Reagan, Noriega, a été un «salarié» de la CIA et a rencontré à deux reprises au moins George Bush alors qu'ils étaient l'un et l'autre responsable des services secrets de leur pays respectif. On prête aussi à Noriega d'avoir des relations personnelles avec William Casey, directeur de la CIA. Ce dernier aurait fermé les yeux sur des éléments accablants liant Noriega au cartel de Medellin parce qu'il fournissait «un soutien appréciable à la politique américaine en Amérique Centrale, en particulier au Nicaragua». Le plus cocasse, c'est qu'il a reçu régulièrement des lettres de félicitations des... responsables de la brigade antidrogue et notamment de son directeur John Lawn qui écrivait en mai 1986: «Je tiens à profiter de cette occasion pour vous dire à nouveau à quelpoint j'appreçie la vigoureuse politique anti-drogue que vous avez adoptée». Selon plusieurs témoignages recueillis à l'occasion du procès du colonel North et de I «Iraogate», Noriega aurait permis le transport aérien de matériel destine a la contra: les avions une fois les armes déchargées, rentrait au., pays, les calles pleines de cocaïne... Combat du 8 Janvier COMBAT-LOISIRS- -LA BONNE TOILE : les riches années du cinéma mondial Le cinéma en crise, que faut-il en penser? Bien sûr, dans certains pays comme la France, les chiffres de fréquentation ont chuté (mais bon nombre de films ont maintenant bien plus de spectateurs, suite à la diffusion en cassettes vidéos); par contre, ailleurs, et c'est le cas des Etats-Unis, les salles fonj à.nouveau de plantureuses' recettes;-quant à la création cinématographique, elle se porte - paradoxalement - fort bien, en partie grâce aux aides officielles (France, Belgique, etc..) ou aux coproductions avec certaines chaînes de TV (Channel Four, La Sept...). Cet article en forme de bottin des réalisateurs a pour but de prouver la richesse du cinéma des années Le bilan français FRANCE : les «auteurs chevronnés» ont continué sur leur lancée : Bertrand Blier, Michel Deville, Doillon, Godard, Claude Miller, Louis Malle, Pialat, Resnais, Rivette, Rohmer, Tavernier, Téchiné, Agnès Varda ont créé chacun plusieurs superbes films : on pourrait citer une cinquantaine de titres méritant de prendre place dans les «Histoires du Cinéma». On peut ajouter à cette liste quelques réussites isolées d'alain Corneau («Nocturne Indien») d'alain Cavalier («Thérèse») ou de Jacques Demy («Une chambre en ville»), ainsi que les noms des «méconnus» : René Feret, Philippe Garrel, Christine Pascal, Paul Vecchiali (quand seront distribués en Belgique «Baptême», «Les baisers de secours», «Zanzibar» ou «Encore»?). Il faut également citer ceux qui attirent, les foules : Jean-Jacques Annaud, Luc Besson, Jean-Jacques Beinex (une fois sur deux), Claude Berri, Claude Lelouch et Coline Serreau, et mettre en évidence l'étonnante reconversion (de la comédie au film psychologique) réussie par Patrice Leconte («Monsieur Hire») et par Claude Zidi («Deux»). Les révélations véritables ont été relativement rares : Leos Carax, après «Boy meets Girl» et «Mauvais Sang», s'enlise depuis deux ans dans les méandres d'une production coûteuse; on attend beaucoup d'olivier Assayas (magnifique «Enfant de l'hiver»), de Jean- Claude Brisseau («De bruit et de fureur», un des films-chocs des années 80) ou Eric Rochant («Un monde sans pitié», coup d'essai, coup de maître!). L'apport de la Grande-Bretagne Décidément, une grande décennie pour le cinéma français! GRANDE-BRETAGNE : les deux grandes révélations anglaises des années 80 : Stephen Frears et Peter Greenaway : le premier, après des films incisifs sur la realité londonienne contemporaine (ex. : «Sammy and Rosie get laid»), s'est attaqué aux «Liaisons dangereuses» et a recueilli les louanges de la critique et du public; le second a réalisé des œuvres très esthétisantes («Meurtre dans un jardin anglais», «Zoo», etc..) qui ont eu admirateurs et détracteurs. Citons ensuite James Ivory qui, bien qu'américain (né en Californie en 1928) fait les films les plus «british» («Chaleur et poussière», «Chambre avec vue», très appréciés par un assez large public...). La richesse en profondeur du cinéma anglais s'est manifestée aussi par l'éclosion de nouveaux venus talentueux comme Mike Newell («Dancewith a stranger»), David Leland («Too Much»), Mike Leigh («High Hopes»), Bruce Robinson («Whitnail and I») ou Terence Davies («Distant voices, still lives»). Souhaitons qu'ils puissent confirmer dans les années 90! Enfin, n'oublions pas que la décennie a vu Alan Parker continuer une œuvre efficace («The Wall», «Birdy») et a permis à quelques réalisateurs comme le vétéran David Lean («La route des Indes»), Attenborough («Gandhi») ou Roland Joffé («Mission») de montrer leur savoir-faire dans des super-productions réussies et couvertes de récompenses officielles. Terminons en saluant un des grands du cinéma britannique, John Boorman : «Excalibur», «La forêt d'émeraude», «Hope and Glory» : trois remarquables films! Confirmation et révélation US USA : parlons comme à Wall Street et mettons d'abord l'accent sur quelques «valeurs en baisse» comme Sidney Pollack, Robert Altman ou Arthur Penn (le splendide «Georgia», a-t-il été son chant du cygne?). David Lynch («Eléphant Man») et Alan Pakula («Le choix de Sophie») n'ont pas, on l'espère, dit leur dernier mot. Blake Edwards, Jonathan Demme, Philip Kaufman, Norman Jéwison, Barry Levinson, Lawrence Kasdan, Alan Rudolph et Oliver Stone sont des valeurs sûres qui (à eux huit) ont réussi plus de 20 films très agréables. Quant aux «immigrés», Milos Forman, Andrei Kontchalovski et Tony Richardson, ils ont connu des fortunes diverses : la gloire pour le premier avec «Hair», «Ragtime» et «Amadeus», le succès d'estime pour le deuxième avec «Maria's lovers» et «Runaway Train», l'oubli pour le troisième après «Hôtel New Hampshire» en 84. Les révélations US de la décennie se nomment Jim Jarmush («Stranger than Paradise», «Down by law», «Mystery Train»), Spike Lee («Nola Darling», «Do the right thing») et Steve Soderbergh («Sexe, mensonges et vidéo», premier long-metrage, grand prix à Cannes!); on attend avec impatience leurs prochains films : pas de doute leurs actions sont «à la hausse»! Deux grands réalisateurs tournent très peu (pour des raisons différentes) : à l'actif de Michaël Cimino, «Heaven's Gâte» (la version longue est un chef-d œuvre), à celui de Stanley Kubrick : «Full Métal Jacket» : deux œuvres fortes, dérangeantes, qui ont marqué les spectateurs. Au box-office, Spielberg (réalisateur et-ou producteur) a cartonné avec «E.T», «Gremlins», «Indiana Jones 1, 2, 3» et «Qui veut la peau de Roger Rabbit» (une date dans l'histoire du cinéma d'animation). Nous ayons gardé; pour la bonne b^fuçhe -les «trois: grands».-jsf-fancis ïfpdç laima^râscof Woodp^ljgrfë: personne n/â&u- blié lesagranq?*mdmehtsïàprl portes pjc4,<.sjru.st3j;;'james»i(np- pjc4,sju.3j;;jamei(np tre photp)}f «Coup dë/'ccèur», «Tuckër» (F.F.C.), «La valse des pantins», «After hours» et le premier sketch de «New York Stories» (M.S.), «Zelig», «La Rosé pourpre du Caire», «Hannah et ses sœurs», «Radio Days», «Une autre femme» (cinq exemples pris dans la liste des dix films réalisés par le géniale Woody depuis 1980!). Nous venons de citer 25 noms (en oubliant - volontairement - les cinéastes récemment décédés et - involontairement - quelques autres) : le cinéma américain qui concilie à merveille les contraintes du «business» et les exigences artistiques, fait toujours honneur au 7emeArt! La semaine prochaine, nous continuerons ce,tour d'horizon du cinéma des années 60, ce qui nous permettra, entre autres, de célébrer les mérites de trois, grands «auteurs de filmsjc : Angelopolilos, Kieslowsfci, Kusturica, de parler du ' cinéma belge et aussi de rendre'nbmrhage à quelques ci-.néastes disparus comme Truffaut, Huston et Cassavetes. J-LC. JELECULTURE. RTBF - Mercredi 10 janvier Bizness news Glasnost sur la charité Devenu secrétaire d'etat à l'action humanitaire, Bernard Kouchner a été, au préalable, fondateur et président de «Médecins sans Frontières» et de «Médecins du monde», un passé qu'il assume pleinement. Après avoir imaginé d'aborder le sujet de la «charité bizness» au mois de juin, l'équipe de «Bizness News» a pris contact avec Bernard kouchner, l'invitant à participer à cette émission, mais il a fallu attendre le mois d'octobre pour avoir la confirmation de la présence de l'intéressé. Il y a actuellement de grandes discussions autour de ces organisations caritatives qui ne ratent aucune occasion pour réclamer au public leur aide financière. Le débat touche à la pratique de la collecte des fonds (par la publicité, le marketing direct, le mailing, l'appel par la TV, etc.) «Les donateurs se demandent à quel point peut-on, ou doit-on, dépenser de l'argent pour la communication. Encore faut-il que dans le but de collecter des fonds, le message reste objectif ou devienne tout à fait sensationnel», constate André Zaleski, reporter de l'émission. C'est lui qui a pris contact avec Bernard Kouchner. Pourquoi a-t-on choisi le fondateur de «Médecins sans * Le Théâtre de La Louvière présente, le jeudi 25 janvier à 20 h, un spectacle intitulé «Music Hall», avec Claude Semai et Jacques-Yvon Duchesne. Réservation à la Maison de la Culture, 36, rue Albert ", tél v >v AGENDA- * En la salle du Palace,; à La Loù- ;. jw ère,s.e/à t présen éï,(e; vendredi,^ 26;j : janvier, à :2tgh ïu^- «concert ^acoustique» dtitgrpypè «Les;.(h: l'nbcéntsurréser^aiyçin^à~la Mai; ïsc-jîvde la Culture&fyôir ci-desr * Le Cirque Divers, à Liège annonce, pour le vendredi 12 janvier à 21 h 30, l'ensemble germano-iranien «Nawa», le vendredi 19 janvier à 20 h une exposition de dessins et collages du cinéaste Peter Greenaway. * Le cinéma «Le Parc», à Liège présentera, le vendredi 19 janvier à 21 h, le dernier film de Peter Greenaway : «The Cook, the Thief, his Wife and her Lover». * Les mercredis du jazz (11, en Roture, à Liège) auront au programme, le 10 janvier à 20 h 30, Stéphane Martini et Papagaio Feat, Ali Ryerson. * Le Centre anti-cancéreux de Liège effectuera un dépistage du cancer sur la population féminine de Blegny, le 12 janvier (sur rendez-vous au n" ), rue de la Station, 4. frontières» comme invité? «Parce qu'il est Français, donc en dehors de la "charité business" belge. De plus, il a une grande expérience dans le domaine de I aide», répond le journaliste. La «charité business» en Belgique n'est pas soumise à un code de déontologie. En France, par contre, une réglementation est sur le point d'être votée. Chez nous, quatre organisations caritatives se sont rassemblées pour discuter d'un tel projet. Elles vont, d'ailleurs, proposer une table ronde aux cinq cents autres organisations caritatives dans tout le pays. Existe-t-il vraiment un abus de confiance de la part de ces associations? Leur position officielle tend vers la transparence. Il faut démontrer que, si on demande de l'argent, c'est bien pour aider et non pas pour «s'aider». Et si on essaie de s'expliquer, de présenter son fil conducteur, c'est d'un acte militant qu'il s'agit, dit-on. Ce 10 janvier, «Bizness News» essaiera principalement de montrer la façon dont on récolte l'argent, le nouveau positionnement socio-politique de ces organisaf/ons traditionnellement bénévoles et un peu «à gauche» et la façon d'amener les gens à donner leur argent en toute connaissance de cause. * Le célèbre hématologue français Jean/Bernard,,de;:<;rAcadémie française, président du Comité d'éthique, donnera, le vendredi 19 janvier à 18 h (pour les écoles) et à 20 h 30, au 104 décrue St-Gilles, à Liège, une conférence sur l'évolution de la bioéthique (locations : et ). * Le Conservatoire de musique de Liège ouvrira sa saison 1990, le vendredi 12 janvier à 20 h, par.un;concert de l'orchestre philharmonique consacré à Ives, ^,0ë,rshwin et Dvorak (locations atfrft et ). * Lé Centre d'action laïque de la province de Liège et des F.B.A. organisé une opération «Salut et fraternité Roumanie» ; un badge est vendu au prix de 50 F. Les dons sont reçus au compte Adresse du Centre : 6, rue Hazinelle. * Le Centre de langue russe, 21, rue du Méridien à Bruxelles, présente, le mercredi 31 janvier à 19 h, salle Vega ; 19, rue du Méridien, le film soviétique «Les trois Cartes fidèles», de A. Orlov. * La Maison de la Culture de Tournai présentera, le samedi 27 janvier à 16 h, le chanteur Henri Dès dans un spectacle pour les enfants. Réservations : * La Fondation Léon Fredericq organise, le 16 février à 20 h 30, au Forum.de Liège, un concert du chanteur Philippe Lafontaine, au profit de la recherche médicale. au CHU de Liège. Locations : Caroline Mus q,v FNAC, F v orurjn, Infor-Spectacles, Librairie Pierre au CHU. Tél. 041^ Wiî: v * Le Festival du jeune Théâtre'.présente','le.rrtèrçfëdi 17 r janvierà t 2CTh"Ï5,"au Palais des Çéhgrès" de Liège (salle Reine Elizabeth) un spectacle chorégraphique d'ivon Bayer.

7 12 COMPRENDRE indexation L'indexation des salaires est le mécanisme qui assure l'adaptation des salaires à la hausse des prix. Cette adaptation se fait en fonction de l'évolution de l'indice des prix à la consommation (voir fiche ft 6). Il s'agit donc bien d'un mécanisme qui permet aux travailleurs d'acquérir la même quantité de biens lorsque le prix de ceux-ci augmentent; en d'autres termes, d'un mécanisme de garantie du pouvoir d'achat. Un peu d'histoire... un principe Après la guerre qui avait provoqué une forte montée des prix (notamment des prix des denrées alimentaires), les ouvriers mineurs obtinrent la première indexation des salaires. Dans les années 30, certains secteurs adoptent le principe d'indexation des salaires; principe qui se verra anéanti sous l'occupation. Après la guerre, des mécanismes d'indexation se remettent en place, ils se généralisent et à partir de 1974 s'appliquent également aux allocations sociales. Le principe de l'indexation est une grande victoire de l'action interprofessionnelle des travailleurs et de la solidarité avec les travailleurs non actifs. L'évolution des salaires deux composantes Si l'on observe sur une longue période l'évolution des salaires, que peut-on constater? Nous avons choisi la période qui va de 1953 à 1981 (dernière année avant les pouvoirs spéciaux de Martens-Gol). En 1953, le salaire-horaire brut moyen pour les ouvriers de. l'industrie, était de 23 francs. En 1981, il était de 245 francs. D'autre part, si on observe l'évolution de l'indice des prix à la consommation, celui-ci passe de 100 en 1953 à 324 en Ceci signifie donc que sur une période d'environ 30 ans : - les salaires ont été multipliés par 10; - les prix ont été-multipliés par 3,3. Que traduit cette évolution des salaires? Deux mécanismes, essentiellement : a) le mécanisme d'indexation a multiplié les salaires par 3,3 puisqu'il s'établit en raison de la hausse des prix; b) les salaires ont été une seconde fois multipliés par 3,3 (3,3x3,3 = 10 I). Il ne s'agit plus ici d'une adaptation au coût de la vie mais bien d'une augmentation du pouvoir d'achat obtenue par les travailleurs organisés syndicalement. Autrement dit, le pouvoir d'achat du salaire-horaire a plus que triplé. Les mécanismes d'indexation trois périodes A. Jusqu'en 1982 Si le principe d'indexation est légalement acquis pour l'ensemble des travailleurs et des allocataires sociaux, les modalités d'application sont définies au niveau des commissions et des souscommissions paritaires (l'indexation des allocations sociales est définie selon les conventions pour le secteur public avec toutefois certains aménagements). Dans la plupart des secteurs, l'indexation garantit une augmentation de 2 % du salaire du mois qui suit une augmentation de 2 % de l'indice des prix. Supposons que l'indice des prix du mois de janvier soit de 120 et que la dernière indexation ait eu lieu en décembre. L'indexation suivante sera octroyée lors du mois qui suit celui qui affiche un index de % = 122,4 B La politique d'austérité a mis ce principe à mal. A partir de février 1982, le gouvernement a, dans le cadre des pouvoirs spéciaux, procédé au blocage de l'indexation. Ce blocage a été appliqué dans les mois qui ont suivi (entre mars et juin, selon les secteurs). Les indexations ultérieures de 2 % qui auraient dû intervenir ont été remplacées par des augmentations forfaitaires correspondant à 2 % du salaire minimum garanti ( francs bruts à cette époque). Fin 83, le gouvernement a rétabli le principe de l'indexation mais en effectuant une fois par an un prélèvement 6e 2 % destiné à financer le déficit des caisses de sécurité sociale par l'intermédiaire du Fonds d'équilibre financier créé à cet effet, ce qui permit à l'etat de diminuer son intervention dans le financement du déficit de la sécurité sociale, intervention pourtant bien prévue par la loi. La perte en salaire est importante et est allée en s'amplifiant puisque lorsque l'indexation fut partiellement rétablie, elle s'appliquait sur un salaire inférieur à ce qu'il aurait dû être selon l'ancien système. Un salaire mensuel brut de francs début 82 s'est traduit par un salaire de francs fin 87 alors qu'il aurait été de francs avec indexation automatique, soit une perte de quelque 10 %. Après 1987 Avec la chute du gouvernement chrétien-libéral, le mécanisme d'indexation automatique a été rétabli avec cependant une modification importante par rapport au système d'avant 82 : le lissage de l'index. L'adaptation des salaires n'a plus lieu le mois qui suit celui où l'indice des prix a augmenté de 2 % mais bien le mois qui suit Celui où la moyenne des indices des quatre derniers mois a augmenté de 2 %. Le «lissage accroît donc le temps d'adaptation des salaires à l'index». Janvier 90. C'est la perception à l'avance d'un impôt direct sur les revenus d'immeubles. Sont considérés comme immeubles : les terrains, les maisons, les usines, les ate- fjfers (y compris Jes installa- ët!or]s : e.t machines qui restent '»âans çes immeubles). Quant aux revenus, ce sont les loyers perçus de ces immeubles ou la valeur locative, c'est-à-dire le loyer estimé qu'un propriétaire percevrait de son immeuble s'il le louait. Le revenu cadastral Connaître le montant exact des loyers (ou la valeur locative) est un problème difficile pour le fisc. C'est pourquoi un forfait de valeur locative est fixé pour tout immeuble par l'administration du cadastre, c'est le revenu cadastral (en abrégé : RC). Ce forfait est actuellement fixé sur base du revenu net de l'année 1975 (Revenu net d'une maison d'habitation = 60 % de la valeur locative). Ces revenus seront revus («péréquation») probablement en L'Administration du cadastre gère les plans cadastraux. Ce sont dés dattes très détaillées où sont reprises tou- - tes les proprié,tés (parcelles).' Un RC est jf ^pîoùr chaque parcelle. Ljn liste; reprend par commune (ou partie de commune) tous les immeubles d'un même propriétaire, c'est la matrice cadastrale. Calcul du précompte immobilier Le précompte immobilier est calculé sur base du revenu cadastral. Une partie du précompte immobilier va à l'etat, une autre à la Province et la troisième à la commune. Exemple : Etat: 1,25 %durc Province : 15 % du RC (province Liège) Commune : 36,875 % du RC (Ville Liège) Une famille possédant un immeuble à Liège, d'un RC de francs, paiera : (RC) x (1,25 % + 15 % + 36,875 %) = F de précompte immobilier. Dispenses et réduction Les établissements d'enseignement, de culte, les hôpitaux, etc. sont exonérés de précompte immobilier. Certains nouveaux investissements immobiliers (nouvelles usines, nouveaux ateliers) sont exonérés de 5 à 2 ans du précompte immobilier). Les familles de 2 enfants ou plus (1 enfant handicapé à 66 % ou plus est compté pour 2 enfants) peuvent sur demande obtenir une réduction du précompte immobilier de 10 % par enfant (la famille doit être propriétaire, ou locataire, mais supporter le. précompte immobilier). Les demandes de réduction doivent être introduites auprès du directeur des contributions directes par recommandé (réclamation). Taxation définitive Les propriétaires d'immeubles paient leurs impôts directs sur les revenus de leurs immeubles, cumulés avec tous leurs autres revenus (professionels et autres). Après avoir calculé l'impôt global (c'est-à-dire sur tous les revenus : immobiliers, professionnels et autres), on décomptera de cet impôt 12,5 % du revenu cadastral à titre de précompte immobilier déjà payé, même si le précompte immobilier total (Etat + Province + Commune) est plus élevé. Si l'on se réfère à l'exemple liégeois (voir ci-avant), le total du précompte immobilier s'élève à 53 %durc. Des réformes souhaitables * Ce système de taxation des immeubles est fort ancien. Il y a un siècle, c'était à peu près le seul impôt direct existant. Cet impôt bénéficie surtout aux provinces- et aux communes, alors pourquoi ne pas la transformer en simple taxe communale et provinciale? D'autre part, il serait préférable de tenir compte des revenus réels dégagés par les immeubles, en tout cas pour les locations à titre professionnel et d'abandonner le système forfaitaire basé sur le revenu cadastral. Et enfin, cet impôt mobilise plusieurs administrations : l'administration du cadastre, l'administration de l'enregistrement qui renseigne le cadastre sur les ventes d'immeubles..., le Service du cadastre des administrations communales et d'autres encore. Regrouper ces fonctions au sein d'une Administration du patrimoine immobilier (cadastre, enregistrement, hypothèques, domaines de l'etat) rendrait plus de transparence à ce mode de taxation ainsi que plus d'efficacité à l'administration. Pourquoice projet est-il aujourd'hui au frigo? Janvier 1990.

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