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1 décembre 2011 Numéro 12 interview Christophe Juen prédit des temps difficiles dans l hôtellerie et exige un abaissement de la TVA. 2 economie Selon l enquête de l UBS, une dégradation est attendue au dernier trimestre. Seul l emploi devrait rester stable. 6 marché du travail Par la formation et l emploi, les réseaux AFP permettent de lutter contre le chômage des jeunes. 9,12 AZB 3001 Berne Il semblerait donc que les budgets cantonaux et communaux tendent à être financés de manière accrue par les émoluments. Est-ce parce qu il est plus facile d exiger de nouvelles taxes que de voter une hausse d impôt soumise à référendum? n quatrième constat: dix-neuf offices cantonaux de la circulation routière affichent des émoluments supérieurs aux coûts administratifs comptabiliedito taux unique de tva Par amour des PME le mensuel des Pme Romandes émoluments Souvent introduits par voie d ordonnances, ils échappent au contrôle des citoyens. Transparence bienvenue Marco Taddei, vice-directeur usam Le nouveau Parlement issu des urnes le 23 octobre 2011 a-t-il à cœur les intérêts des PME? Pour le savoir, il suffit d attendre le 21 décembre prochain, date à laquelle le Conseil national se prononcera sur le taux unique de TVA. Une décision sans équivoque est attendue : s il est sensible au sort des PME le Conseil national doit soutenir cette ambitieuse réforme. Car qui dit taux unique, dit avant tout allégements administratifs des PME assujetties à la TVA. La majorité des partis politiques représentés sous la Coupole fédérale a fait de la lutte contre les tracasseries bureaucratiques une priorité. Leurs propositions concrètes laissent toutefois à désirer. Une chose est sûre : nulle autre réforme n a, à l heure actuelle, l efficacité administrative du taux unique de TVA. Quelques chiffres révélateurs : la suppression de l incertitude liée à l existence de trois taux et de vingt-neuf exceptions se traduirait par une économie annuelle de quelque 300 millions de francs. Les 1500 pages que réclame aujourd hui l application de la TVA seraient réduites de deux tiers. Soutenir le module taux unique proposé par le Conseil fédéral et accepté par le Conseil des Etats, c est aussi renforcer l égalité de traitement et la sécurité juridique des contribuables ; c est encore, par la réduction de la taxe occulte, insuffler des impulsions positives à la croissance. Or, étonnamment, le Conseil national a rejeté jusqu ici le module taux unique, lui préférant un modèle à deux taux avec exceptions. Décision incompréhensible. Pourquoi privilégier une réformette qui fige le statu quo plutôt qu une vraie réforme qui sert l intérêt des PME? La Chambre du peuple perçoitelle l opposition latente au projet du citoyen lambda (et donc de l électeur moyen), qui redoute une hausse de la charge fiscale pour les produits alimentaires et les prestations médicales? Crainte infondée: le taux unique accroît le pouvoir d achat des consommateurs. Trois quarts des biens et services assujettis à la TVA, dont l énergie, les vêtements et les appareils électroniques, bénéficieront d une réduction d impôt. A l heure où l économie suisse est soumise aux aléas du franc fort, le moment est donc venu pour les parlementaires, qui à longueur d année expriment leur sollicitude envers les PME, de leur offrir le plus beau des cadeaux de Noël. S il y a un domaine sur le plan fiscal qui manque de transparence, c est bien celui qui a trait aux émoluments. Rares sont en effet les publications rendant compte de la charge que ces redevances causales font peser sur les citoyens et les entreprises. Autre zone d ombre : les émoluments sont généralement introduits en catimini par voie d ordonnances ou de règlements, échappant ainsi au contrôle des citoyens. Passée quasiment inaperçue, la récente publication du rapport «Financement par les émoluments dans les cantons et les communes» de l Administration fédérale des finances (AFF) doit donc être saluée. Etayée par une foule de données chiffrées, l étude contribue enfin à dissiper entre confirmations et mauvaises surprises l opacité qui entoure les émoluments. Après lecture du rapport, quatre constats s imposent. quatre constats n Premier constat : les émoluments sont essentiellement perçus par les cantons et les communes. En 2008, les recettes cantonales et communales tirées des émoluments s élevaient à 8 milliards de francs, soit 8% de l ensemble de leurs recettes. C est dix fois plus que les contributions causales prélevées par la Confédération. n deuxième constat : de 1990 à fin 2007, tant les recettes provenant des émoluments que celles liées aux impôts ont connu une progression mirobolante, respectivement de 90% Rarement, il est arrivé en Suisse qu une initiative populaire provoque autant de vagues, au stade de la récolte des signatures, que celle engagée par une coalition PEV-PS en faveur d un impôt national sur les successions et les donations. Les fiduciaires et les notaires sont débordés, de même, les registres fonciers et les registres de commerce sont surchargés, car le temps presse. En effet, les concepteurs de l initiative y ont placé une bombe à retardement: en cas d acceptation de cette initiative par le peuple, la loi qui en résulterait, ne pourrait certes pas entrer en vigueur avant 2016, mais une clause rétroactive permettrait au fisc de pénaliser massivement toute donation dès le 1 er janvier Dès le lancement de l initiative, l usam l a rejetée catégoriquement. L évolution des émoluments, qui au cours de ces 20 dernières années ont augmentés jusqu à 90%, n a rien d équilibré. et de 70%. Cette spirale à la hausse indique que les émoluments introduits ou augmentés ces dernières années sont venus s ajouter aux impôts déjà existants, avec pour conséquence une hausse notable de la quote-part fiscale. n troisième constat : depuis 1990 la croissance des recettes liées aux émoluments a été largement supérieure (de 20%) à celle des impôts. Ainsi que le souligne Marco Taddei, vice-directeur usam, «nous espérons que dans les urnes, le peuple enterrera cet impôt mesquin. Mais attention, l attrape-nigaud réside dans le fait que le produit de l impôt doit revenir pour un tiers aux cantons et deux tiers à l AVS.» Il comprend dès lors que des patrons de PME n entendent pas prendre de risques et désirent absolument faire table rase d ici à fin «Par la plus crasse des négligences, cet impôt mettrait en danger surtout l existence de nombreuses entreprises familiales. Il peut notamment entraîner des problèmes graves de liquidités pour les PME ainsi que des difficultés dans le règlement de la succession dans l entreprise.» C est ce que soulignent des experts fiscaux. Voilà pourquoi la semaine passée, l usam a, une fois de plus, lancé un avertissement d importance. Dans une lettre circulaire, elle a conseillé à ses organisations d adresser à leurs membres des recommandations en conséquence et Marco Taddei de préciser: «Outre le fait de prendre des précautions patrimoniales, il convient éventuellement de transmettre les immeubles à la génération suivante.» doutes sur la légalité de l initiative L association professionnelle FIDU- CIAIRE SUISSE pousse également un cri d alarme. Son directeur Patrik Kneubühl déclare : «Cette étrange réforme entraînerait une double, voire triple imposition des contribuables. Par ailleurs, elle violerait sés. Dit autrement, les contribuables payent plus d émoluments qu ils ne reçoivent de prestations. Cette violation du principe fiscal de la couverture des coûts a pour effet de transformer les émoluments en impôts déguisés. la recette est simple En résumé, l étude de l AFF a le mérite de relever que la charge fiscale en Suisse repose non seulement sur les impôts, mais également sur les émoluments. A ce titre, on peut rappeler qu une enquête menée en 2006 par la Société suisse des propriétaires fonciers montrait que pour un ménage de trois personnes, les taxes liées à l eau, l épuration des eaux usées, l électricité et l évacuation des ordures pouvaient se monter à 1200 francs par an. Reste à espérer que ce rapport tempère la gourmandise étatique à vouloir encaisser toujours plus d émoluments. Cela passe par le respect de trois principes de bonne gouvernance fiscale : le prélèvement d émoluments doit reposer sur une base légale (principe de légalité) et être soumis au référendum (principe démocratique) ; le montant des émoluments ne doit quant à lui jamais dépasser les coûts de la prestation étatique fournie (principe de la couverture des frais). La recette est simple : aux autorités fiscales de l appliquer. Marco Taddei, vice-directeur de l Union suisse des arts et métiers impôt successoral En introduisant dans leur initiative populaire une clause perfide de rétroactivité, les initiants mettent les milieux des PME sous pression. Il est temps de se protéger. La bombe à retardement fait déjà tic-tac divers principes constitutionnels telles que l égalité de traitement et la liberté du droit de propriété, mais également la souveraineté fiscale des cantons.» L association doute de la légalité de l initiative surtout en raison de son caractère rétroactif. «Cependant», poursuit Patrik Kneubühl, «de nombreux experts fiduciaires et fiscaux ainsi que des gérants de fortune etc. actifs en Suisse sont instamment invités à examiner, dans chaque cas particulier, la problématique de la rétroactivité.» Ainsi, cette initiative entraîne aujourd hui déjà d immenses charges administratives supplémentaires, que doivent assumer une fois de plus et surtout les PME. Patrick M. Lucca RAPPORT PAGE 5 Administration: Téléphone fax Internet: - Annonces: Téléphone

2 2 interview Journal des arts et métiers décembre 2011 christoph Juen Le directeur d hotelleriesuisse s attend à des temps difficiles et exige un abaissement transitoire de la TVA pour les prestations d hébergement. «Je n exclus plus un contrecoup» arts et métiers: Le nombre de nuitées a reculé de 2% jusqu en septembre Compte tenu des circonstances, ce résultat n est en définitive pas trop mauvais? n christoph Juen : En soi, ce chiffre dit peu de choses. Actuellement, le franc fort se fait pleinement ressentir dans l hôtellerie suisse. Le nombre d hôtes de la zone euro, notamment, a baissé de 7% jusqu au mois de septembre, avec un fléchissement spécialement marqué pour la clientèle d Allemagne. Si l hôtellerie urbaine, fortement tributaire du tourisme d affaires, a pu profiter d une conjoncture favorable dans les derniers six mois, le tableau est nettement plus sombre du côté de l hôtellerie de vacances. Certains hôteliers m ont dit avoir perdu jusqu à 30 % de leur chiffre d affaires, sans compter que cette situation dramatique se conjugue avec une ruineuse guerre des prix. A quoi l hôtellerie suisse doit-elle s attendre en 2012? n En ce qui concerne la saison d hiver qui démarre, il faut espérer que la météo et les conditions d enneigement soient avec nous. C est capital pour l hôtellerie de vacances. En ce qui concerne les perspectives à plus long terme, je suis pessimiste. Au vu des turbulences qui agitent actuellement les marchés financiers, je n exclus plus un contrecoup sur l économie réelle. A l appui de cette hypothèse, je citerai les dernières prévisions publiées par l Institut d études conjoncturelles BAK qui annoncent une chute des nuitées en 2012 sous l effet de tendances récessives. Si ces prévisions se confirment, le tourisme d affaires devrait souffrir lui aussi. Dans l ensemble, je m attends donc à une récession spécifique dans l économie touristique et hôtelière. «Je m attends à une récession spécifique dans l économie touristique et hôtelière.» Quelques lueurs positives dans ce tableau général? n L hôtellerie s est montrée bonne élève dans les dernières années et a opéré des investissements intelligents en termes de qualité ; ceux-ci, précisément, sont aujourd hui essentiels pour subsister dans la concurrence globale. Il est aussi un autre élément qui m incite à l optimisme, à savoir portrait Christoph Juen (1953), titulaire d un doctorat en économie de l Université de St-Gall, est CEO de l association de branche hotelleriesuisse. Après des études d économie à Lausanne et St-Gall, ainsi qu à la Stanford Business School, il a travaillé en qualité de spécialiste des questions économiques, monétaires et financières à l Office fédéral des affaires économiques extérieures (aujourd hui Seco) et à l Union suisse du commerce et de l industrie (aujourd hui economiesuisse), avant d être nommé à la tête d hotelleriesuisse à la fin Christophe Juen, directeur d hotelleriesuisse, exige une intervention énergique du Conseil fédéral. l engagement considérable des investisseurs étrangers qui ont identifié un grand potentiel dans le tourisme suisse. D une part, la demande de la clientèle indigène joue un rôle stabilisateur sur les nuitées et, d autre part, l hôtellerie enregistre un boom du côté de la clientèle des pays émergents tels que la Chine, l Inde et les Etats du Golfe. Cet essor compense en partie les pertes sur les marchés saturés. A la faveur d une augmentation du crédit-cadre, Suisse Tourisme pourra ouvrir de nouveaux marchés de clientèle. Le Conseil fédéral a récemment annoncé qu il n y aura pas de second paquet de mesures contre le franc fort n C est à mon sens très regrettable, car la politique des déclarations du Conseil fédéral a éveillé des attentes correspondantes dans la branche. Le premier paquet de mesures a donné un signal important aux entreprises touristiques concernées. Les mesures cependant ne vont pas assez loin et déploieront leurs effets à moyen terme seulement. Or ce qui compte, c est l impact immédiat des instruments mis en place. La TVA se présente ici comme un levier efficace, c est pourquoi hotelleriesuisse demande une baisse de la TVA pendant un an pour les prestations d hébergement. Une telle mesure soulagerait véritablement l hôtellerie jusqu à ce que nous ayons dépassé le creux de la vague. La commission économique du Conseil national a franchi un premier pas important en novembre en chargeant le Conseil fédéral d élaborer un arrêté fédéral urgent et de soumettre les bases de décision nécessaires. Est-ce qu une baisse transitoire de la TVA répond au caractère d exportation du tourisme? n Absolument! Environ 60 % de l ensemble des nuitées sont le fait d hôtes étrangers. Dans ce sens, une baisse transitoire de la TVA pour les prestations d hébergement serait un puissant instrument de promotion des exportations. Elle agirait en effet immédiatement et donnerait aux hôteliers une plus grande latitude pour investir et fixer leurs tarifs. En même temps, une telle mesure serait propre à contrecarrer l érosion de la clientèle suisse, toujours plus encline à passer ses vacances à l étranger. «la tva pour les prestations d hébergement devrait être suspendue pour un an.» Votre association a adressé ces derniers mois diverses revendications au monde politique. Où faut-il agir d après vous? n L objectif politique premier d hotelleriesuisse consiste à supprimer l îlot de cherté suisse. J attends du Parlement et du Conseil fédéral qu ils adoptent des mesures efficaces et inscrites dans la durée pour améliorer le cadre économique général. Cela doit passer par une déréglementation systématique, par un allégement bureaucratique et une ouverture des marchés. On tend en effet à oublier que l hôtellerie est essentiellement une branche d exportation qui produit à des coûts suisses élevés tout en devant s imposer avec les prix des marchés mondiaux. L économie touristique et hôtelière a certes réussi ces dernières années à réduire progressivement son handicap des coûts par rapport à ses voisins étrangers, mais la soudaine et forte surévaluation du franc a tôt fait de réduire ces efforts à néant. Qu avez-vous inscrit à votre agenda pour la prochaine législature? n L hôtellerie tient avant tout à préserver la libre circulation des personnes avec l UE. Celle-ci nous assure un accès direct au marché du travail européen et nous permet ainsi de recruter de la main-d œuvre qualifiée. Nous exigeons aussi l ouverture systématique des marchés suisses pour les biens importés, en particulier pour les denrées alimentaires et les produits agricoles. Pourquoi ne pas commencer par ouvrir les marchés de la viande? Dans le domaine des infrastructures, il y a lieu d éviter toute hausse des prix, surtout dans le domaine énergétique. S agissant de la réforme de la TVA, nous avons longtemps soutenu la position du Conseil fédéral et donc le taux unique. Compte tenu des résistances des partis politiques, nous préconisons aujourd hui, pour assurer une première consolidation, un modèle à deux taux, le taux le plus bas devant s appliquer aux prestations hôtelières. C est à notre sens une première étape en direction du taux unique. «nous exigeons l ouverture systématique du marché suisse pour les biens importés.» Quel type de soutien hotelleriesuisse offre-t-elle à ses membres dans la lutte contre le franc fort? n Nous épaulons nos membres au moyen d initiatives précisément destinées à renforcer leur compétitivité. Nous entendons réduire le pouvoir des plateformes de réservation hôtelière en ligne et leurs importantes commissions. La création d une plateforme nationale, assortie de commissions peu élevées, pourrait alléger la charge des hôteliers. Via notre réseau de consultants, nous transmettons en outre un savoir-faire à des conditions préférentielles, avec à la clé une baisse des coûts et un supplément de recettes. Nous centrons cependant nos efforts sur un lobbying politique assidu. Nous menons avec l Union suisse des arts et métiers un combat permanent contre les barrières administratives et la hausse des coûts. Interview: Patrick Lucca impressum administration: Union suisse des arts et métiers usam Schwarztorstrasse 26, case postale 8166, 3001 Berne tél , Hans-Ulrich Bigler, directeur Chef de publication: Urs Wyler communication/rédaction: Patrick M. Lucca, chef de rédaction tél annonces: Publicitas Publimag AG, Seilerstrasse 8, case postale, 3001 Berne tél , direction: Alfred Blaser tirage: exemplaires (certification REMP 2010) Le prix de l abonnement est inclus dans la cotisation annuelle. impression: St.Galler Tagblatt AG, Saint-Gall.

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4 4 Échos des arts et MÉtiers Journal des arts et métiers décembre 2011 hommage À MarKUs KÜNdiG La Suisse a récemment perdu un homme et politicien exceptionnel. L usam porte le deuil de son président d honneur. Véritable fonceur et artisan de cœur Durant la période de l après-guerre, les politiciens suisses de la trempe de Markus Kündig se comptent sur les doigts d une main. Ils n accèdent en effet que rarement aux échelons politiques les plus élevés, et ceux qui se hissent jusqu au Conseil fédéral sont encore plus rares. Cela est généralement dû à la volonté du Parlement de confier le pouvoir à des hommes et des femmes qui ne sortent pas vraiment du cadre moyen. Il ne s agit pas de faire preuve de brio et d audace, mais d être prévisible. Né en 1931, Markus Kündig s amusait à faire exploser ce cadre restreint. «J aurais été malheureux au Conseil fédéral, car l élection oblige en quelque sorte de déposer sa liberté de penser et d agir au vestiaire du Palais fédéral. Je n aurais pas pu le faire, alors que cela n a pas dérangé Furgler et Hürlimann», répétait-il souvent. Etait-ce vrai ou pas? Les médias l ont cru. D ailleurs, sur ce point, il ne servait à rien d en discuter. * Cet imprimeur qualifié était en tout cas un vrai fonceur et un excellent stratège. Il a d ailleurs posé bon nombre de jalons pendant la durée de son mandat en tant que conseiller aux Etats zougois de 1974 à Son rôle dans la création du 2 e pilier reste d ailleurs gravé dans les mémoires. En qualité de président de la commission du Conseil des Etats pour l élaboration de la loi sur la prévoyance professionnelle (LPP), Markus Kündig a réussi à imposer ses propres idées en dépit d une énorme résistance de la part du Gouvernement et du Conseil national. Il a ensuite surveillé de près son application et n a pas hésité tourisme d achat Des études prévisionnelles récentes montrent que le shopping dans les régions frontières des pays voisins a pris une telle ampleur qu il fait énormément de tort aux producteurs et détaillants indigènes. «Bonne affaire» ou menace? «Le marché de la bière est en plein essor, mais les brasseries suisses ne profitent pas de la croissance. Et cela s aggrave encore.» Ces propos résignés tenus par Markus Zemp, président de l Association suisse des brasseries (ASB), résument la situation sur le marché de la bière. C est un fait : pour l année brassicole 2010/2011, on a enregistré une augmentation totale de 0,7%. Alors que la production intérieure des brasseries suisses connaissait un léger recul de l ordre de 1,1%, les importations ont progressé de 7,1%. C est dans la restauration que le recul a été le plus sensible. «A cause des prix, mais aussi de l interdiction de fumer en vigueur depuis 2010, on préfère, à la sortie du travail, boire sa bière à la maison plutôt qu au restaurant», déplore Markus Zemp. Selon l ASB, la tendance à la consommation domestique de bières étrangères est renforcée par deux autres facteurs: n Les importations privées résultant du «tourisme d achat» progressent en flèche à cause du franc fort. n La bière importée est parfois bien meilleur marché; grâce à de superpromotions (celles des distributeurs à bas prix), elle est écoulée en grande quantité. La modicité des prix est due aux avantages de change et aux énormes surcapacités des brasseries allemandes. trois milliards «exportés»? Les brasseurs de bière ne prévoient pas d amélioration à court terme. «Les coûts de production en Suisse sont simplement plus élevés. Si les consommateurs ne modifient pas leurs habitudes d achat, ce sera vraiment difficile pour les producteurs locaux, et cela dans tout le secteur agroalimentaire», constate Marcel Kreber, directeur de l ASB. Car le temps est à l orage : selon de récentes prévisions, les Suisses auront acheté cette année, dans les régions étrangères proches de la frontière, pour plus de 3 milliards de francs, soit deux fois plus qu il y a deux Pour les responsables de l ASB, la bière indigène se trouve dans une passe difficile : Markus Zemp, président (à droite), et Marcel Kreber, directeur. ans. «Cet argent va douloureusement manquer à l économie suisse», prévient Markus Zemp. Les premières réactions n ont pas tardé. Du nord-ouest de la Suisse et du Tessin sont parvenues des nouvelles annonçant de premiers licenciements dans le commerce de détail et des réductions de taille des magasins existants (Migros y compris). Défiant quelques fournisseurs de boissons, la pugnace association des cafetiers-restaurateurs Gastro- Basel a organisé pour ses membres des importations parallèles de Coca- Cola et de Schweppes en provenance d Allemagne, à un prix abaissé de 30%. appel à des limitations Mais il y a également des efforts visant à priver les Confédérés du plaisir de faire de bonnes affaires avec les produits importés. Le conseiller national Otto Ineichen, du PLR, prend une fois de plus les devants en demandant que l importation de viande soit limitée à un kilo par per- sonne (contre une livre de viande fraîche et 3,5 kilos de produits carnés actuellement). En contrepartie, il faudrait abaisser les droits de douane sur les denrées fourragères, qui représentent une bonne moitié du prix de la viande de porc et de la volaille. «Tout comme l abaissement des droits de douane, des contrôles rigoureux à la frontière auraient un effet durable et pourraient être rapidement réalisés», souligne Otto Ineichen. Patrick M. Lucca Markus Kündig ( ): politicien d exception et regretté président d honneur de l usam. à entreprendre les améliorations nécessaires comme l élimination des «chaînes dorées». Précisons ici que tous ceux qui avaient osé désigner Markus Kündig comme étant «le père du 2 e pilier» en ont subi les conséquences. «Les Zougois que nous sommes n aiment pas les honneurs, pas même ceux que l on nous rend», réagissait-il de manière bourrue. Otto Fischer, qui pourtant ne tenait pas particulièrement les membres du PDC en estime, lui rendit hommage: «On peut dire ce que l on veut de Kündig, mais c est quelqu un qui a la tête sur les épaules», reconnut le directeur des arts et métiers. Mais les deux hommes avaient d autres points communs, surtout la foi en un Etat libéral et fédéraliste qui garantit non seulement la liberté des citoyens et de l économie, mais qui sait aussi mettre l accent sur la responsabilité individuelle. Le fait que, dans ses jeunes années, ce chrétien démocrate se soit toujours engagé en faveur des préoccupations sociales et notamment du partenariat social a représenté un plus non négligeable. * Markus Kündig était un artisan corps et âme. Normal, puisqu il a commencé sa carrière par un apprentissage d imprimeur. A tout juste 24 ans, il a dû abandonner sa formation supérieure en Allemagne pour reprendre l imprimerie de son père, une solide PME de 35 employés. Pour Markus Kündig, c était un devoir de s engager dans les arts et métiers parallèlement à la politique. C est ce qu il fit d abord comme président de l Association de l industrie graphique, puis comme président de l Union suisse des arts et métiers de 1982 à A ce poste, il a réussi l exploit de remettre sur les rails l union qui avait perdu sa voie après le départ d Otto Fischer et qui connaissait de graves problèmes de personnel. Il a pu le faire grâce à son habileté, son savoir-faire, son autorité naturelle et grâce à une saine obstination. Enfin, il a réussi à faire de l union la principale organisation faîtière des PME. L usam lui a témoigné sa reconnaissance pour son énorme engagement en lui décernant le titre de président d honneur. Markus Kündig est d ailleurs toujours resté lié à l union dont il est peu à peu devenu l emblème patriarcal, l ami et le mentor. Ce violoncelliste passionné n a pas connu la retraite et est resté de nombreuses années à la tête de la Fondation commune des arts et métiers (aujourd hui proparis) ainsi qu à celle de l Institut suisse pour la formation des chefs d entreprise. Jusqu à récemment, et en dépit de sa grave maladie, Markus Kündig était présent aux séances de l usam, notamment aux sessions de la chambre des arts et métiers ou aux conférences d hiver à Klosters. * Le décès de Markus Kündig est une grande perte à plusieurs titres. Cet homme s est en effet engagé de tout son cœur, avec tout son enthousiasme et ses principes pour la prospérité du pays. Les services qu il a rendus aux arts et métiers resteront gravés dans nos mémoires tout comme sa vision analytique et la finesse de son humour. Patrick M. Lucca

5 Journal des arts et métiers décembre 2011 échos des arts et métiers 5 industrie du Bois La branche suisse des scieries, qui fête son 125 e anniversaire, souhaite davantage de liberté dans l exploitation forestière. Mais les autorités fédérales voudraient aussi tenir compte d autres exigences. Lebois,élixirdelonguevie La conseillère fédérale Doris Leuthard, cheffe du DETEC et «Ministre des forêts», fut la plus éminente des personnalités venues exprimer leurs félicitations au Congrès de commémoration de l Association Industrie du bois Suisse (IBS). Lors de son passage au Kursaal de Berne, elle a été comblée de cadeaux: on lui a remis, en tant que représentante du peuple suisse, un certificat attestant que le bois est une matière première écologique, donc ménageant l environnement. Le certificat de qualité n était rien d autre que le justificatif d avoirs correspondant à 7,85 millions de tonnes CO 2 auprès de la banque du CO 2, ce qui équivaut au volume de polluant épargné chaque année à l atmosphère par l accroissement de celui du bois en Suisse. Il en est ainsi aussi bien lorsqu on laisse le bois pourrir en forêt que lorsqu il continue de vivre dans des produits du bois. La conseillère fédérale Doris Leuthard et le conseiller national Jean-François Rime, président d IBS, considèrent la forêt selon des perspectives parfois différentes. Un pilier solidement enraciné Les représentants de l association ont entendu avec plaisir Doris Leuthard souligner l importance du bois pour atteindre les objectifs de la politique de protection climatique et de la politique de l énergie. Elle a alors gratifié l Industrie du bois Suisse d une véritable profession de foi: «Votre branche est plus qu une simple plaque tournante entre les arbres et les matériaux de construction, elle est un pilier de notre économie solidement enraciné.» Sa valeur ajoutée est forte, notamment dans les régions périphériques. Miser sur le bois, c est promouvoir la santé de nos forêts et investir dans des emplois durables en Suisse. Elle n a, par contre, pas recueilli un écho aussi favorable avec sa déclaration magistrale indiquant que le Conseil fédéral conformément à la politique forestière 2020 fera son maximum pour concilier les diverses exigences, souvent divergentes, de la collectivité concernant la forêt suisse. Pour Doris Leuthard, «la forêt doit être à la fois exploitée et protégée». Ne pas écouter seulement les coureurs d orientation Alors que la conseillère fédérale avait déjà dû quitter la manifestation, le initiative sur L imposition des successions En dépit des incohérences de l initiative, des spécialistes recommandent de l analyser avec soin et, au besoin, d agir vite. L échéance estproche Au stade de la récolte des signatures, une initiative fédérale entraîne rarement des réactions de hâte. Pourtant il faut se méfier de l initiative populaire «Imposer les successions pour financer notre AVS». En effet, dans le pire des cas, les donations et les avantages successoraux accordés après le 1 er janvier 2012 pourraient être imposés et cela, même si l initiative ne devait être acceptée par le Peuple qu en 2014 et la loi qui en découlerait, mise en vigueur qu en Cela ferait énormément de tort à de nombreuses PME surtout pour le règlement de leur succession. Toni Z graggen, de la Société de fiduciaire et de révision Mattig-Suter et Partner, à Schwyz, n est assurément pas un semeur de panique. Cependant, il recommande à tous ceux qui veulent assurer leurs arrières d organiser encore en 2011 leur succession en faveur de leurs héritiers. Avant d aborder leur fiduciaire, Toni Z graggen recommande d analyser la situation. Il faudrait avant tout que deux points soient clairs, afin de savoir quelles réflexions appellent cette situation: Celui qui ne veut pas prendre de risques, ne devrait pas redouter la paperasse qu entraîneraient immédiatement les dispositions à adopter pour régler sa succession. n Mon patrimoine est-il aujourd hui (notablement) supérieur à deux millions ou le sera-t-il en 2016? n Ai-je la volonté de garantir absolument que mes descendants ou d autres personnes ou institutions bénéficiant de privilèges fiscaux cantonaux ou imposés à moins de 20 pour cent, recevront la donation ou l avantage successoral, sans payer d impôt ou avec des allègements? Si c est le cas, il conviendrait, à tout le moins, d examiner avec précision si je voudrais faire bénéficier mes descendants en ligne directe (ou d autres destinataires fiscalement président de l association, Jean-François Rime, riposta en affirmant que le droit de propriété devrait revêtir une haute priorité ; il ajouta qu il espérait vivement une politique forestière 2020 qui ne soit pas déterminée seulement par les organisa- privilégiés, comme indiqué ci-dessus) d un cadeau (donation ou legs) qui serait exonéré encore en A cet égard, il convient de faire diverses réflexions, par exemple: n Les valeurs à transférer sont-elles liées à l entreprise et cela empêchet-il de les céder? n Peut-on transférer la nue propriété de la succession, tout en maintenant la jouissance viagère pour le donateur qui garde alors pour lui le produit de cette succession? n Peut-on, par des règles conventionnelles de mariage ou de succession, augmenter en fait la franchise de deux millions (par exemple, attribution de la totalité des acquêts au conjoint survivant au détriment des enfants communs, selon l art. 216 CC). A cet égard, il ne faut pas perdre de vue que la charge fiscale pourrait éventuellement n être que différée, étant entendu que l ajournement de l impôt a toujours compté parmi les moyens d optimisation fiscale. agissez sans délai! Tony Z graggen et les organisations de fiduciaires signalent qu il y a urgence. Concrètement cela signifie, que si vous constatez qu il faut agir ou si vous voulez savoir exactement ce qu il faut faire, vous devrez contacter immédiatement votre fiduciaire ou votre notaire. Il reste peu de temps et de surcroît, il faut s attendre à ce que les services officiels (registre foncier ou éventuellement registre du commerce) puissent être débordés jusqu à la fin de l année à cause de ces problèmes. Lu tions écologistes, les chasseurs et les coureurs d orientation, mais également par l industrie du bois et les propriétaires de forêts. De plus, la forêt suisse ne doit pas devenir le «jouet de l administration» et l on ne saurait accroître, à volonté, la part des surfaces boisées vouée à une «exploitation naturelle de la forêt». Malgré des défis, comme celui du franc fort, il ressent, dans la branche, une atmosphère de renouveau. «La gestion forestière n a pas l unique avantage de procurer du bois à usage énergétique», rappelle le président de l IBS. Sous les auspices de la Société à 2000 Watts, le bois devient aussi un matériau de construction recherché. Plus de 1000 logements en bois seront construits à Zurich en contre une bataille des subventions Dans son allocution de bienvenue, Bruno Zuppiger, président de l usam, a tenté de jeter un regard au-delà des limites du champ de la branche sur les thèmes de la politique énergétique et de la politique climatique de la Suisse de demain, qui doivent être aussi minutieusement planifiées qu une randonnée sur les glaciers. «L économie est tributaire de la sécurité de l approvisionnement et d un processus prévisible de mise en œuvre», constate-t-il. «Nous devons à tout prix éviter une bataille des subventions focalisée sur l électricité.» Il s agit plutôt d encourager les innovations. L industrie du bois fera tout pour contribuer à des conceptions innovantes en matière d énergie et de construction : c est du moins ce qu ont fait clairement percevoir tous les avis exprimés lors de ce congrès anniversaire. Devant un parterre de quelque 200 membres et invités, le président de l IBS Jean-François Rime a encore déclaré que «sa branche veut fournir une contribution importante avec du bois produit durablement et de provenance suisse». met

6 6 économie Journal des arts et métiers decembre 2011 CONJONCTURE Les PME n ont pas pu totalement se soustraire à la dynamique négative au troisième trimestre. Unesituation économique difficile Prix de vente Cashflow Dans la plupart des secteurs, les petites et moyennes entreprises (PME) sont moins touchées par le ralentissement conjoncturel et la force du franc que les grandes entreprises. Les PME n ont toutefois pas pu totalement se soustraire à la dynamique négative au troisième trimestre. UBS WMR pense que compte tenu de la situation économique difficile, la croissance économique en Suisse devrait fléchir, passant de 2,0% pour l année en cours à 0,8% l an prochain. arts et métiers: Une faillite de la Grèce est-elle possible? n Claudia Sigl : On ignore encore si le sommet européen de la fin octobre pourra être considéré comme un tournant dans la crise de l euro. Nos calculs montrent que la Grèce a besoin d une coupe de 70% dans sa montagne de dette environ 350 milliards d euros pour permettre un assainissement durable de ses finances publiques. La participation prévue des investisseurs privés à la réduction de la dette ne concerne toutefois qu une partie de cette dette. Par exemple, la Banque centrale européenne (BCE), dont les avoirs en emprunts obligataires représentent près de 60 milliards d euros, et les crédits de secours du Fonds monétaire international (FMI), qui s élèvent à 20 milliards d euros, ne sont pas touchés par cette mesure. Nous pensons que la Grèce va se retrouver en situation d insolvabilité au cours des cinq prochains mois. Même le rééchelonnement «volontaire» de la dette récemment convenu, qui a été relevé par rapport à cet été, devrait valoir à la Grèce une notation «Selective Default» pour un défaut de paiement partiel. n Micro n Petit n Medium n GE Selon l enquête trimestrielle réalisée par UBS auprès de plus de 500 entreprises, la dynamique s est ralentie ou est en recul pour tous les indicateurs dans les PME du secteur industriel. Seul le nombre d emplois a encore légèrement augmenté au troisième trimestre. Les grandes entreprises comme les PME ont stabilisé leur chiffre d affaires au troisième trimestre, mais s attendent déjà à un léger recul pour le dernier trimestre. Les prix de vente, les bénéfices et le INTERvIEw Claudia Sigl, analyste, UBS. La charge reste élevée Claudia Sigl, analyste, UBS SA, Wealth Management Research Quel est le plus grand danger pour l Europe (la zone euro): la crise de la dette ou les instabilités dans le secteur bancaire européen? n Le point de départ et donc le plus important facteur négatif dans la crise actuelle est sans conteste l endettement des Etats. C est surtout l industrie financière qui souffre de la crise. Les banques européennes auront besoin de plus de capital, tant du fait de leurs investissements dans des emprunts obligataires des Effectifs Chiffre d affaires total flux de trésorerie se sont dégradés au troisième trimestre dans toutes les entreprises, le recul ayant toutefois été moins marqué dans les PME que dans les grandes entreprises. Le niveau de l emploi toujours stable dans le bâtiment Tandis qu après un trimestre négatif, les bénéfices des grandes entreprises se sont à nouveau stabilisés dans le secteur du bâtiment, cela fait maintenant six trimestres qu ils Etats périphériques que des activités commerciales correspondantes. Jusqu à quel point le système bancaire européen (et mondial) est-il stable? n La charge pour l industrie financière européenne reste élevée. Nous pensons toujours que le besoin en capital de 106 milliards d euros calculé par l autorité bancaire européenne (EBA) est trop bas pour rétablir durablement la confiance dans les banques européennes. Selon nos simulations, les établissements européens devraient se procurer des capitaux nouveaux à hauteur de 300 milliards d euros. Cela représenterait une augmentation de capital de 20 à 30% en moyenne. Les établissements les plus touchés, dont le besoin en capital représente près des deux tiers de ces 300 milliards estimés, sont ceux qui ont leur siège dans l un des Etats périphériques, suivis par les établissements allemands et français. Comme les banques suisses ne détiennent dans leur portefeuille que des positions minimes vis-à-vis des Etats fortement endettés, elles ne sont concernées que marginalement par une éventuelle réduction de la dette grecque. sont en recul dans les PME. Les prix ont également continué à baisser au troisième trimestre dans les grandes entreprises comme dans les PME. Les entreprises s attendent à une dégradation de tous les indicateurs au dernier trimestre de cette année. Seul le nombre d emplois fait exception et devrait rester stable dans les grandes entreprises et dans les PME. Dans la situation économique actuelle, le secteur des services souffre moins que l industrie. Ainsi, les chiffres d affaires, les bénéfices et les flux de liquidité sont restés inchangés au troisième trimestre et les effectifs ont même, une fois encore, légèrement augmenté. La situation varie toutefois selon la taille de l entreprise. Tandis que les grandes entreprises ont pu créer davantage d emplois que les PME, ces dernières ont moins eu à rogner sur leurs prix de vente. Le commerce de détail et le tourisme sont en crise quelle que soit la taille de l entreprise. Dans le commerce de détail, seule la situation de l emploi restait inchangée au troisième trimestre dans les PME; tous les autres indicateurs se sont dégradés tant dans les PME que dans les grandes entreprises. Les PME s en sont toutefois relativement mieux tirées que les grandes entreprises. C est la même chose dans le tourisme: dans les PME, les chiffres d affaires, les prix de vente, les bénéfices et les flux de liquidité ont moins reculé que dans les grandes entreprises. Juste cours pour le franc suisse L enquête interroge les entreprises sur le juste cours du franc suisse par rapport à l euro et au dollar US. Un cours légèrement supérieur à 1,20 franc par rapport à l euro est jugé trop fort par 37% des entreprises, l industrie ayant davantage tendance que le secteur des services à considérer un taux de change plus élevé par rapport à l euro comme équitable. 22% des entreprises du secteur industriel jugent qu un taux de change du franc entre 1,30 et 1,40 est équitable. Chez les prestataires de services, cette proportion est de 12% seulement. Par rapport au dollar américain, la plupart des entreprises situent le taux d équilibre entre 0,96 et 1,00 franc. Les points de vue varient néanmoins selon les secteurs. Par exemple, dans le bâtiment, toutes les grandes entreprises considèrent qu un taux de change de 1,30 ou plus par rapport à l euro est équitable, tandis que quelques PME préféreraient un taux de change de 1,20. L activité d exportation des différentes entreprises peut influer sur cette situation: les petites entreprises sont plus nombreuses à n être présentes que sur le marché intérieur. Dans le secteur du tourisme, le nombre de collaborateurs ne joue aucun rôle dans l évaluation du juste taux; la plupart des entreprises de ce secteur considèrent qu un taux de change de 1,30 ou plus par rapport à l euro est équitable. COMMENTaIRE «Les pronostics sont difficiles surtout s ils portent sur l avenir.» Voilà, à peu près, ce qu auraient déclaré selon les sources Karl Valentin, Mark Twain ou Winston Churchill. Quoi qu ils aient dit, ils ont définitivement raison. S agissant de la croissance économique pour 2012, les grands esprits sont divisés. L UBS parle de 0,8 pour cent, alors que la majorité des économistes suisses s accordent à admettre 1,2 pour cent. Le CS enfin s aventure à prévoir une croissance de 2 pour cent du PIB. Mais pourquoi donc les attentes divergentelles tant? La réponse générale à cette question est simple: chacun évalue d autres critères. Il est pourtant beaucoup plus important de connaître les perspectives des entreprises. Si l on admet que les entreprises jugent leurs perspectives avec réalisme, la marge de manœuvre négative est plus élevée. En d autres termes, si je pars de l idée que toutes s orientent en direction d une situation réaliste, alors en tant que pronostiqueur, je dois forcément envisager le «Worst Case». Si, par contre, je suis préparé au scénario du naufrage, je ne peux plus avoir que d heureuses surprises! Lorsque que le baromètre économique montre d incontestables tendances à la baisse, on peut se demander si les PME doivent s attendre au pire ou si leurs estimations représentent l évolution réaliste de la conjoncture économique. Il n est pas possible de donner à cette question une réponse définitive. Mais en bref, on peut fort bien dire qu il est raisonnable de se préparer à des années de vaches maigres. Tant et aussi longtemps que la crise de l endettement européenne n est pas résolue, les perspectives resteront négatives pour l Europe. Mais elles resteront sombres également pour la Suisse, et la force du franc deviendra la normalité. L Europe réussira-t-elle à résoudre ses problèmes ou à mettre son économie sur les rails, sans tomber dans la récession? La réussite de son entreprise est plus vraisemblable que son échec. Et pourtant, cela ne sera pas une affaire simple de s y adapter, même pour la Suisse qui en sera aussi affectée. On le voit bien, les pronostics sont difficiles Henrique Schneider L industrie d exportation souffre tout particulièrement de l environnement économique actuel.

7 Journal des arts et métiers décembre 2011 économie&politique 7 loi SuR le co 2 L usam rejette le projet adopté définitivement en décembre par le Parlement car elle le juge inapproprié. Les régulateurs ne devraient pas obtenir de nouveau chèque en blanc. Lechamp minédespme «La nouvelle loi sur le CO 2 est pleine de contradictions et nuisible à l économie; elle édifie toute une administration bureaucratique et onéreuse.» A première vue, le jugement de Hans- Ulrich Bigler, directeur de l usam, a de quoi étonner. De tous côtés, on fait l éloge de la nouvelle loi sur le CO 2 qui passe pour un compromis équilibré. D un côté, le Programme Bâtiments a été étendu et, de l autre, la hausse de 5 centimes du prix de l essence a été plafonnée. Quels sont donc les arguments qui parlent contre cette loi? un chèque en blanc? Le projet, qui doit être soumis à délibération et adopté lors de la prochaine session d hiver, est plein de contradictions sur bien des points. Initialement, le Parlement avait décidé d atteindre en 2020 l objectif d une réduction de 20% du CO 2 en Suisse. Mais la conseillère fédérale Doris Leuthard a dit au Parlement que, grâce à la participation au système européen d échange de quotas d émission, les grandes entreprises pouvaient continuer de compenser à l étranger. Cela signifie-t-il que, désormais, pour compenser la nonréduction des émissions des grandes entreprises, les PME devront encore réduire les leurs? L Office fédéral de l environnement n est pas encore à même de répondre à cette question. Hausse des taxes? Certes, la taxe CO 2 sur les carburants n a été «que» doublée, et l obligation de compensation touchant les carburants n a été «que» triplée ; mais ce qui ne s est pas encore passé peut encore arriver. Une fois cette loi adoptée, il sera facile d actionner derechef le levier des taxes. Lorsque le loup est dans la bergerie, on ne saurait attendre de lui qu il n attaque pas les moutons pour la seule raison qu il a l air pacifique. A quel niveau doivent être fixées les taxes pour que l objectif visé en Suisse soit atteint? L OFEV n est pas encore à même de répondre à cette question. La loi implique également de très nombreuses délégations de compétences au Conseil fédéral. Ce qui semble anodin peut mal finir. D autant que les procès-verbaux de divers débats parlementaires mentionnent que quelques mesures seront différées et pourront être remises en œuvre ultérieurement. Le Conseil fédéral plus précisément l OFEV reçoit du Parlement un chèque en blanc pour édicter de nouvelles réglemen- tations. A quoi ressembleront-elles? L OFEV n est pas encore à même de répondre à cette question. l érosion des Pme La conjugaison des deux politiques climatique et énergétique offre de grandes chances aux PME. Or cette loi, justement, les enterre. Elle instaure un système qui, non content d ourdir une bureaucratie compliquée et onéreuse, fait des subventions de l Etat le moteur d une partie de l économie. Les exemples espagnols et allemands montrent pourtant bien que le chant des sirènes des subventions est suivi d un réveil brutal. «Cette loi est comme un champ de mines», prévient Bruno Zuppiger, président de l usam. «Nous ne savons pas où sont cachées les mines antipersonnelles ni comment fonctionne leur mise à feu. Il est inconcevable que la crise européenne et le problème du franc fort ne nous instruisent pas, et que nous nous entêtions à traire les PME. Pour elles, l érosion des marges est une réalité, et tout supplément de coûts fixes ne fera que les éreinter davantage. Ce qui se fait à Berne relève de la négligence crasse.» Henrique Schneider, responsable usam dossier Politique économique RÉCLAME

8 8 économie&politique Journal des arts et métiers décembre 2011 le libéralisme en question Pour diverses raisons, dont certains excès rendus possibles par la prospérité, de nombreux Etats d Europe occidentale sont tombés dans le piège du surendettement et cherchent en ce moment à sortir de l impasse. Ya-t-ildesalternativesàl Etatsocial? «Le repli de l Etat social est le grand défi de la société du savoir au XXI e siècle.» Tel est le «programme» de cet ouvrage en quête d alternatives à la forme actuelle de l Etat social. Mais en quoi l Etat social gêne-t-il Christian Hoffmann et Pierre Bessard, éditeurs de l ouvrage en question? Ils le disent sans détour: «Ces systèmes collectifs fortement redistributifs ne sont plus à même de protéger les citoyens contre la pauvreté, la maladie ou le chômage. Les structures actuelles, caractérisées par une croissance permanente des dépenses et un amenuisement constant des bases financières, entraînent une spirale de l endettement avec, pour corollaires, des risques majeurs menaçant le système et des crises financières et économiques, comme le montre de façon saisissante l évolution actuelle en Europe.» oppression et crise L ouvrage contient dix exposés d auteurs internationaux. Il traite tout d abord des racines historiques de l Etat social, dans la Prusse du XIX e siècle. Afin de tenir les foules tranquilles, des institutions ont été créées pour répartir les rentes, les denrées alimentaires ou les vêtements. L Etat social a ainsi commencé par être un moyen d oppression du peuple. La deuxième partie expose les conséquences selon une perspective actuelle. Que l Etat-providence et les crises économiques aillent de pair n est pas un pur hasard. C est le résultat d un mécanisme qui n incite en rien à sortir de la pauvreté, mais supplante la responsabilité individuelle, jusqu à la culture sociale, c est-à-dire l initiative personnelle et la diligence appliquée à soi-même et à ses semblables. Des exemples de réussite Si intéressantes que soient les deux premières, c est pourtant la troisième partie qui offre l argumentation la plus solide. Elle présente des systèmes ayant réussi, dans lesquels le principe de la responsabilité personnelle permet de fournir une meilleure «prestation sociale» que ne fait l Etat social. A la différence des assurances, qui incitent les assurés à solliciter des prestations alors même qu ils n en ont pas besoin, les systèmes de prévoyance peuvent être équilibrés. Si chaque personne peut (ou doit) mettre de côté un certain capital pour les cas d urgence, elle ne se résoudra à entamer cette réserve que si c est vraiment nécessaire. Les coûts administratifs et les frais de contrôle de l Etat s en trouveront diminués d autant. A cet égard, deux exemples de réussite sont le modèle chilien d épargne-retraite et les comptes d épargne-santé du système singapourien de prévoyance. Repli en bon ordre Un dernier chapitre ouvre des pistes pour sortir de l Etat social de manière ordonnée et contrôlée. Pour les auteurs, il est clair que le préalable indispensable est une sensibilisation Une société vieillissante doit chercher de nouveaux moyens de garantir la sécurité sociale. RÉCLAME générale à ce sujet, car l Etat social est cher à beaucoup de gens. Mais la Suisse, précisément, grâce aux atouts qui sont les siens prévoyance et responsabilité personnelle, devrait oser faire ce pas. Facteur d implantation L argumentation de l ouvrage, de l exposé du sujet jusqu aux alternatives examinées, est convaincante et bien compréhensible. Elle repense les approches classiques du libéralisme et les rend plausibles. Mais il y a un aspect de la question dont l ouvrage ne traite guère. Si l Etat social tend à brider les activités et performances sur le plan individuel, il n empêche qu une certaine dose de sécurité sociale peut avoir des effets positifs sur l ensemble d une place économique. La certitude qu il existe un filet de sécurité peut justement permettre à des gens disposant de faibles réserves en capitaux de se décider plus facilement à mettre en œuvre leur propre esprit d entreprise. D une manière générale, l Etat social peut aussi avoir un effet stabilisateur sur la collectivité, ce qui se répercutera positivement sur la place économique dans son ensemble. Henrique Schneider Hoffmann, C. P.,&Bessard, P. (2011): Sackgasse Sozialstaat: Alternativen zu einem Irrweg. Zurich. ISBN Stratégie de rénovation d une grande simplicité ImmoGreen Un outil stratégique de rénovation durable pour les immeubles: Avec ImmoGreen, vous pouvez comparer et étudier différents scénarios de rénovation d immeubles avec calcul de l efficacité énergétique, de la rentabilité et de la durabilité. L Union suisse des arts et métiers usam soutient ImmoGreen par un montant substantiel, car le projet sert la stratégie énergétique de l usam, en particulier l augmentation du rendement énergétique. De nombreux propriétaires d immeubles, de dimensions variées, et aussi des gérants de portefeuille connaissent ce problème: malgré des travaux de rénovation à intervalles réguliers, l immeuble a subi quelques dégradations au fil des années en particulier sur le plan énergétique; des travaux de réfection s imposent donc. ImmoGreen vient de créer un outilconseil qui permet de considérer l aspect énergétique des rénovations envisagées et qui tient compte des trois aspects de durabilité: efficacité énergétique, rentabilité et aspect social. Service simple Grâce aux modèles prédéfinis d immeubles, la saisie des composants de l objet est rapide et simple. En fonction du degré de précision souhaité, l utilisateur saisira plus ou moins de paramètres définis pour ce type de bâtiment. Parmi les scénarios de rénovation, l on a le choix entre une simple remise en état, sept propositions de rénovation totale et une construction de remplacement. Dans l évaluation finale, trois scénarios sont comparés avec l état actuel du bâtiment en tenant compte des paramètres: classe d efficacité énergétique, coûts des mesures correspondantes et analyse de durabilité. Deux versions Deux versions: la Version Base (gratuite) est à disposition de toute personne intéressée; la Version Expert (payante) permet de définir les scénarios de rénovation avec plus de précision. En outre, le revenu locatif envisageable peut être estimé. Combiné avec les coûts de rénovation, il est alors possible d évaluer si la stratégie est rentable financièrement. liens

9 Journal des arts et métiers déecembre 2011 FORMATION PROFESSIONELLE 9 RéSEAu AFP Elle représente pourtant un véritable tremplin pour les jeunes: la formation professionnelle initiale de deux ans avec attestation fédérale (AFP). Le réseau AFP entend donc accroître la notoriété de ce diplôme et aider les jeunes ayant des aptitudes pratiques à intégrer le monde du travail. Pasdediplômesansdébouché Se retrouver dans les locaux de «Lernwerk» constitue pour Stephan Käser et Antigona Sinani une sorte de retour aux sources, un retour à l institution qui les a accompagnés pendant leur formation de base de deux ans et qui continue de les aider, même après l obtention de l AFP, jusqu à ce qu ils soient effectivement entrés dans la vie professionnelle. Pour des jeunes avec des aptitudes pratiques Le réseau d entreprises formatrices «Lernwerk» préparant à l attestation fédérale dans le canton d Argovie et quatre autres associations analogues réparties dans différents cantons constituent le réseau AFP. Celui-ci a pour but de mieux faire connaître ce diplôme et d encourager les entreprises à former des «employés qualifiés juniors». Stephan et Antigona ont tous deux suivi leur formation dans des sociétés privées, membres du réseau d entreprises formatrices «Lernwerk», lequel assume tout le travail administratif qu exige un apprenant. Celui-ci emploie également des coaches qui gèrent les préoccupations des jeunes, petites et grandes. «La formation AFP est destinée à des jeunes qui présentent des aptitudes pratiques et s intéressent généralement à une profession spécifique, mais dont les performances scolaires sont légèrement inférieures aux résultats requis pour entreprendre un apprentissage de trois ans», explique Marianne Maurer, responsable de l une des antennes du réseau «Lernwerk». INITIATIvE «TOuS unis contre LE chô- MAgE des jeunes» Dans le cadre de son action à long terme en faveur de la formation et de l emploi en Suisse, le Crédit Suisse s engage pour l amélioration des opportunités professionnelles des jeunes. En lançant l initiative «Tous unis contre le chômage des jeunes», il a mis trente millions de francs à disposition et entrepris une collaboration de trois à cinq ans avec sept partenaires compétents au nombre desquels figure le réseau AFP. Une attestation fédérale professionnelle ouvre le monde du travail aux jeunes en difficulté scolaire. Soutien moral et pratique Ce n est pas seulement son cursus scolaire qui a incité Stephan à suivre cette formation professionnelle. Lorsqu il repense à ses années d école secondaire, il se rappelle le harcèlement de ses camarades, ses problèmes personnels et le mélange de colère et d impuissance qu il ressentait face à cette situation. «A la fin, ça faisait trop.» Stephan a alors fréquenté une institution socioéducative, dans laquelle il a trouvé stabilité et reconnaissance. C est à cette époque qu il a achevé l école obligatoire et qu il a entrepris, après l interruption d un apprentissage, sa formation AFP d employé de cuisine au centre de soins régional de Baden. Se remémorant les deux années qu il y a passées, Stephan déclare : «J ai appris l importance de la ponctualité et de la fiabilité, mais aussi à aborder les gens avec aisance tout en gardant la distance nécessaire.» Il ne tarit pas d éloges sur son chef, affirmant qu il a toujours fait preuve à la fois de bienveillance et de fermeté. Très satisfait de ses prestations, celui-ci n a pourtant pas pu l embaucher. Voilà pourquoi, muni de son AFP, Stephan cherche actuellement un emploi et rédige sans relâche des lettres de candidature. Lorsqu il se sent frustré ou qu il doute de lui, il sait qu il peut compter sur son coach. Ce dernier lui apporte un soutien aussi bien moral que pratique, l aidant notamment à corriger les fautes d orthographe dans ses dossiers de candidature et lui donnant des conseils pour les entretiens d embauche. «Nous discutons du déroulement des entretiens, de la manière dont je me présente et d autres sujets similaires», explique Stephan. Avec de la confiance en soi Alors que Stephan a déjà son attestation professionnelle en poche, Antigona Sinani doit encore l obtenir, à l issue de sa formation de deux ans dans une société d accessoires pour automobiles à Gebenstorf. «Je redoute les examens», avouet-elle. Elle sait que son manque de confiance en elle est son point faible, mais elle a appris à ne pas baisser les bras trop vite et à faire face à la situation. Et si elle devait malgré tout échouer à nouveau, les coaches de «Lernwerk» sauraient la remotiver. Une fois sa formation achevée, Antigona aimerait passer un an à Londres pour améliorer son anglais. Mais ce n est pas tout : «Je souhaite aller plus loin et devenir employée de commerce.» Pour réaliser ses projets, Antigona peut compter elle aussi sur le soutien de son coach. Elle étudie avec lui les démarches à entreprendre et passe en revue les sociétés où elle pourrait préparer le diplôme d employée de commerce pendant deux années d apprentissage supplémentaires. Seul problème: une faible notoriété Marianne Maurer du réseau AFP nous apporte des précisions sur ces projets: «Le passage de l AFP au CFC de commerce sera probablement assez difficile pour Antigona, pas en raison RéSEAu AFP de ses performances, mais parce que les entreprises formatrices susceptibles de l embaucher ne connaissent pas encore cette attestation fédérale.» En 2004, l Office fédéral de la formation professionnelle et de la technologie a remplacé ce qu on appelait la formation élémentaire ou l apprentissage d employé de bureau par la formation professionnelle initiale avec attestation fédérale, laquelle est à présent proposée dans trente-huit domaines d activité différents. «Nous faisons de gros efforts pour faire accepter l AFP par les entreprises formatrices et ne cessons de rappeler que les compétences des titulaires de cette attestation sont élevées et évaluées de façon uniforme selon les directives émises par les associations professionnelles», précise Marianne Maurer. Or bon nombre d entreprises hésitent encore à faire confiance à des jeunes ayant des aptitudes pratiques alors qu ils sont opérationnels dès le début de leur apprentissage. Pourtant, l aplomb avec lequel Antigona expose ses projets professionnels et la confiance inébranlable de Stephan face à l avenir, malgré une recherche d emploi encore infructueuse, montrent à l évidence que, quelles que soient les difficultés, le réseau AFP réalise un travail extraordinaire auprès des jeunes. Oliver Demont Travail d équipe et coordination sont demandés. Cinq organisations à but non lucratif bien implantées au niveau régional et divers spécialistes de l insertion professionnelle mettent en commun leur expérience en matière de formation afin de créer des places d apprentissage AFP et d accompagner les jeunes qui achèvent leur formation professionnelle initiale et souhaitent intégrer le monde du travail. D ici à 2013, quelque 300 jeunes titulaires de l AFP devraient bénéficier dans toute la Suisse d un coaching individuel pour la recherche d emploi et la présentation de leur candidature. Les fondateurs du réseau AFP sont Verein Lernwerk à Turgi/Vogelsang (AG), Overall à Bâle (BS/BL), fribap à Guin (FR), Stiftung Chance à Schlieren (ZH) et le Bildungsnetz Zug (ZG/Suisse centrale).

10 10 Portrait Pme Journal des arts et métiers décembre 2011 CoNStrUCtioN écologique Patron de l entreprise de maçonnerie Arbio à St-Barthélemy, Pascal Favre a été l un des premiers en Suisse à utiliser le chanvre comme matériau isolant. Un parcours qui n a pas été sans embûche. Lanatureentrelesmurs Les murs ont une histoire. Autodidacte, Pascal Favre a dû expérimenter longtemps avant de parvenir aux résultats escomptés. RÉCLAME Quand il voit le produit fini, c est un peu comme une retrouvaille. Il se remémore les étapes, parfois douloureuses et difficiles, de sa fabrication. Pascal Favre travaille le chanvre comme matériau de construction depuis plus de vingt ans. Maçon de formation, il n a que 25 ans lorsqu il fonde sa propre entreprise, baptisée Arbio. Parti de rien, ou presque, c est à force de voyages, de rencontres et d expériences qu il est parvenu à se constituer une assise dans le domaine. Au gré des réalisations, l autodidacte gagne en visibilité et surtout en crédibilité. Ses bâtiments sont esthétiques, résistent aux épreuves du temps, et surtout, respectent l environnement (lire cidessous). L itinéraire d un pionnier Durant son apprentissage, Pascal Favre se rend rapidement compte qu il ne pourrait pas exprimer ses convictions écologiques dans la maçonnerie traditionnelle. Suite à plusieurs voyages effectués en Afrique, notamment au Maghreb, le jeune homme découvre des habitations construites en terre, avec des matières premières locales. «Ça m a parlé», dit-il simplement, avec encore l étincelle de la découverte au coin des yeux. Puis l élan de la jeunesse le pousse vers une petite entreprise française de la Sarthe, active dans la valorisation du chanvre. Elle exploite notamment la chènevotte, l écorce de la plante qui était initialement un déchet, souvent utilisée pour la litière des chevaux. Pascal relève le pari de mélanger cette partie de la plante du chanvre avec de la chaux pour en faire un agrégat naturel. Encouragé à poursuivre par ses hôtes français, le Vaudois se lance et fonde Arbio en 1992 à St-Barthélemy (VD), endossant la casquette de pionnier suisse en la matière. Les débuts sont un peu chaotiques et les résultats ne sont pas toujours au rendez-vous. A cette époque-là, la construction naturelle ne mobilise pas les foules et rares sont les architectes qui lui accordent sa confiance. A force de tests, de réflexions et de patience, il parvient à un nouveau type de mélange convaincant. En 1994, sa première construction en chanvre aggloméré voit le jour. Il s agit d une villa à Ependes. Une dizaine d autres suivront ainsi que des projets publics, comme cette tour dans un terrain de jeux pour enfants à Lausanne en 2000 ou la rénovation d une ancienne usine en crèche à Yverdon-les-Bains en D autres projets importants, encore en tractation, devraient également voir le jour tout prochainement. De l acharnement à la réalisation Pascal Favre se surprend lui-même : «On me demande des choses qui n ont jamais été faites. Je ne suis pas du genre à refuser. Parce qu au final il y a toujours une solution.» Les liens tissés avec quelques architectes et ingénieurs, suite notamment à une étude réalisée par l Ecole d ingénieurs et d architectes de Fribourg en 2000, lui permettent d affiner ses calculs. Des chiffres qui se limitent d avantage au volet technique que financier. L entrepreneur artisan accepte les mandats au prix traditionnel, même si cela ne lui laisse qu une modeste marge. Pourvu qu il puisse payer ses cinq à six collaborateurs et ses fournisseurs. C est ce qui lui importe avant tout. «Je n ai pas cherché en priorité à faire du business avec mon entreprise. Si cela avait été le cas, j aurais sûrement dû arrêter! Parce que les fins de mois ont souvent été difficiles, surtout lorsque j expérimentais différentes techniques sans avoir de chantier en parallèle.» Idéaliste et confiant oui, mais pas naïf. L homme est débrouillard. Il diversifie son domaine d activité en se tournant vers des matériaux plus traditionnels, mais toujours écologiques : la fabrication de briques en terre crue, l utilisation de la paille ou du liège comme isolants. Le chanvre décliné en couleurs Dans son atelier du Gros-de-Vaud, Pascal ne cesse de perfectionner ses connaissances de cette matière qu il s est peu à peu approprié. Souvent ce sont les désirs des clients qui le poussent à expérimenter de nouvelles choses. Dernière découverte en date : la couleur. «Le chanvre naturel donne une couleur jaune. Souvent j y ajoute de la brique pilée qui lui donne cette teinte chaude ocre. Et depuis qu un client a demandé de l anthracite, je fabrique toutes sortes de couleurs avec des pigments naturels.» Une fois le produit fini, Pascal tient à laisser le chanvre à l état brut sur la surface extérieure. L exemple de la crèche à Yverdon le montre parfaitement : les fibres de chanvre restent visibles et créent un effet de vague plaisant sur l ensemble de la surface (1200 m 2 au total). Ces lignes poétiques et irrégulières varient en fonction de l ensoleillement. Une structure si particulière qu elle intrigue nombre de passants, qui n hésitent pas à s en approcher pour venir la toucher. Un revêtement particulier qui suscite l admiration. Au point de se dire que ce genre d artistes mériterait aussi de voir leur signature apposée au fond du mur. Laetitia Bongard

11 Journal des arts et métiers déecembre 2011 Portrait Pme 11 isolation NatUreLLe Le potentiel écologique du chanvre convient à merveille à la construction. Une technique qui nécessite un savoir-faire particulier. Laredécouverted unmatériaud autrefois Utilisé depuis la nuit des temps pour fabriquer du papier, de l huile, des voiles, des cordages, des vêtements ou encore des matériaux de construction, le chanvre a été délaissé des agriculteurs au fil des décennies. Pourtant, la plante de chanvre est facile à cultiver puisqu elle nécessite peu d eau et qu elle exclut l usage de pesticides et d insecticides. Un peu partout en Europe, on assiste aujourd hui à la redécouverte de cette plante aux multiples usages, notamment pour ses propriétés écologiques intéressantes. La confusion crée la mauvaise réputation Comme le bois, l utilisation du chanvre offre un écobilan intéressant du fait de la proximité de la provenance de la matière première et du stockage du CO 2 en circuit fermé. Excellent régulateur thermique et acoustique, le chanvre confère une bonne hygiène au bâtiment et procure par conséquent une sensation de confort. Il répond aux exigences du label Minergie. Matériau renouvelable, il peut être éliminé sans problème. Malgré toutes ces qualités avérées, le chanvre continue à souffrir d une mauvaise réputation. Pascal Favre tient à préciser à Les fibres de chanvre donnent cet aspect de vagues au bâtiment. Ici, la crèche d Yverdon-les-Bains rénovée en 2009 par Arbio SA. ce propos : «Le chanvre utilisé pour l usage industriel est dépourvu de substance psychotrope. Cet amalgame fondé sur une méconnaissance a d ailleurs considérablement nuit à son image.» Il existe donc au niveau botanique différentes sortes de chanvre qui ne contiennent pas toutes du THC. En Suisse, seules les variétés homologuées peuvent être cultivées. Peut tout faire sauf les murs porteurs Pascal Favre s approvisionne en France. Il a besoin d environ 150 m 3 de chanvre pour une villa d une surface habitable de 200 m 2 et des murs de 38 cm d épaisseur. Le chanvre fait office d isolant pour les murs intérieurs et extérieurs, y compris le sol et le plafond, mais ne peut être utilisé pour les fondations. C est là l unique limite du matériau, à en croire le spé cialiste vaudois. Le béton de chanvre se marie très bien à une ossature bois, d où son utilisation fréquente pour les rénovations de bâtiment. Mais comme les villas qu il a réalisées le prouvent, le matériau s utilise très bien pour des constructions sur site. Autre variante encore : la préfabrication en béton de chanvre aggloméré, qui a l avantage d être plus rapide et de s adapter à tous types d architecture. Le mélange des copeaux de chanvre (la chènevotte) avec la chaux comme liant naturel, de l eau, du sable et des pigments naturels permet d obtenir une pâte qui sera tassée dans les coffrages manuellement. Le béton de chanvre doit ensuite sécher pendant un à deux mois. Ce travail nécessite un savoir faire particulier. «Ce n est pas la matière première du chanvre qui coûte cher, mais la main d œuvre. Plus d ouvriers sont nécessaires pour la mise en œuvre et la préparation que pour un chantier normal», explique le patron d Arbio. La rénovation de l usine en crèche à Yverdon a mobilisé sept personnes durant quatre mois. Mais le résultat est à la hauteur de ses ambitions et de ses convictions: doux pour l environnement. Bo RÉCLAME

12 12 MARChÉ DU TRAvAIL Journal des arts et métiers décembre 2011 RÉSEAUX D ENTREPRISES FORMATRICES Le réseau AFP est un partenaire des arts et métiers. La responsabilité de la formation est partagée, déchargeant ainsi les entreprises. Unealternativeéprouvée La Suisse peut être fière de son système de formation: deux tiers des jeunes accomplissent un apprentissage. La formule la plus fréquente consiste en une formation duale répartie entre l entreprise et l école professionnelle. Elle repose sur des professions initiales et des procédures de qualifications nationales clairement définies. Elle se caractérise également par une grande flexibilité. Des jeunes doués dans la pratique par exemple, qui débutent avec une formation professionnelle initiale de deux ans avec attestation fédérale (AFP), peuvent poursuivre, en fonction de leurs résultats, avec un apprentissage de trois ou quatre ans avec CFC. Il faut toutefois savoir que seule une année d apprentissage leur sera comptabilisée. A la recherche de personnel Trouver la main-d œuvre nécessaire représente actuellement un défi important pour de nombreuses PME. Plusieurs scénarios de l Office fédéral de la statistique annoncent clairement une baisse du nombre d actifs à partir de L offre en places d apprentissage dépasse déjà la demande. Dans le rapport «Du personnel qualifié pour la Suisse», le Département fédéral de l économie liste une série de mesures dans les domaines de la formation et du marché du travail à l intention de la Confédération, des cantons et des milieux économiques, qui permettraient d améliorer efficacement la situation de la maind œuvre qualifiée en Suisse. Parmi celles-ci, les jeunes non actifs doivent être intégrés dans une formation et les jeunes sans emploi après une formation initiale intégrés dans une activité professionnelle. C est exactement dans ces deux étapes de transition c est-à-dire Les chômeurs ont la tâche deux fois plus difficile suite à un accident : outre l absence pesante d activité professionnelle, un accident complique encore davantage la situation. La Suva et le Secrétariat d Etat à l économie (SECO) se sont fixés comme objectif de réintégrer rapidement les chômeurs accidentés dans la vie active, et par la même occasion, de réduire la durée du droit d indemnisation journalière en cas d accident. Prenons un exemple: F. M., chômeur, se casse le bras en jouant avec ses enfants. Il est maintenant non seulement au chômage, mais en plus de cela, dans l incapacité de postuler pour un emploi. Normalement, l Office régional de placement (ORP) ne pourra lui proposer un emploi que lorsqu il sera en capacité de travailler. Entre-temps, la Suva lui paie une indemnité en tant que personne assurée ayant droit à une indemnité chômage. La somme de celle-ci dépend du dernier revenu du chômeur. Les chiffres de la Suva montrent que «Nous avons décidé à la dernière minute de proposer une place d apprentissage. Le réseau AFP nous a épargné de nombreuses démarches administratives.» Karin Winet, centre pour personnes âgées «Im Kehl» à Baden (à g.), et Fabienne, spécialiste en restauration (17 ans). de l école à l apprentissage et de la fin de la formation initiale à la vie active que les réseaux d entreprises formatrices intégrées au réseau AFP interviennent depuis de nombreuses années. Ce réseau décharge les entreprises de l organisation et de l administration de la formation des apprentis. Il recrute et sélectionne des candidats potentiels, assume les aspects administratifs de la formation, se tient à disposition du formateur et coordonne la partie scolaire de la formation. Les apprentis sont encouragés individuellement et accompagnés de manière compétente (des cours d appui sont par exemple proposés). En cas de problème, la situation sera assumée sans occasionner de charge bureaucratique supplémentaire. Une entreprise membre du réseau AFP MESURES DE RÉADAPTATION La Suva et le Seco essaient d intégrer le plus rapidement possible les chômeurs accidentés. Un double fardeau possible à gérer les chômeurs touchent en moyenne des indemnités journalières de l assurance-accident pendant 69 jours, contre 44 jours en moyenne pour les personnes actives. Huit chômeurs accidentés sur 1000 bénéficient en outre d une rente invalidité, contre deux personnes actives sur Conséquence : alors qu un accident d un chômeur coûte en moyenne 8000 francs à la Suva, ces charges s élèvent à 4800 francs pour des personnes actives. Continuer à chercher un emploi «Les personnes actives ont un environnement qui leur est en principe possible de retrouver après leur rétablissement», observe Peter Ley, responsable du key account management à la Suva. «Cela leur donne une sécurité et les motivent.» Les chômeurs accidentés doivent en revanche non seulement se rétablir, mais aussi trouver un emploi. Ce double impératif nécessite beaucoup d énergie. Notons aussi qu un accident n interrompt pas ni ne prolonge peut ainsi entièrement se consacrer à la formation pratique. Depuis 2001, les réseaux d entreprises formatrices membres du réseau AFP ont conclu 502 contrats d apprentissage avec 282 entreprises partenaires. 97% des apprentis ont terminé leurs examens finaux avec succès, dont 8% avec mention. Parmi ceux qui ont accompli leur formation avec une attestation fédérale AFP, près de 20% d entre eux rejoignent chaque année une formation avec CFC. Un pourcentage qui promet encore d augmenter étant donné la croissance constante du nombre de formations professionnelles initiales de deux ans. le délai-cadre d indemnisation chômage. Une règle qui augmente considérablement la pression auprès des chômeurs accidentés. La Suva fait en sorte que les près de chômeurs accidentés par année soient à nouveau rapidement capables de travailler et par conséquent, de postuler. Les agences de la Suva d Aarau, Genève et Linth participent à un projet pilote de deux ans : il s agit de réduire les coûts des indemnités journalières occasionnés par les chômeurs accidentés de 10%, soit de 5 millions de francs. Si cela fonctionne, il s ensuivra un effet positif sur les primes. Car la Suva reporte les économies réalisées en diminuant les primes des assurés. Donner une chance aux blessés La Suva est convaincue que des mesures appropriées participent à réintégrer rapidement les chômeurs blessés dans la vie active. C est la raison pour laquelle elle renforce ses mesures de réadaptation, lesquelles sont déterminées en étroite collabo- tenus financièrement par le département en charge de l économie ou de la formation. Il est également de plus en plus fréquent que l union cantonale des arts et métiers ou la chambre du commerce et de l industrie apportent leur contribution. Ces organes sensibilisent leurs membres et les rendent attentifs à un modèle de formation initiale fondé sur un partenariat. Plus il y a de monde qui tire à la même corde, plus le succès de l intégration professionnelle est garanti et plus la main-d œuvre indigène «junior» trouvera sa place au sein de l économie. Le projet des réseaux AFP est par ailleurs soutenu par le Credit Suisse et s insère dans son initiative «Ensemble contre le chômage des jeunes». Des moyens sont mis à disposition jusqu au printemps 2013 afin que les jeunes en possession d une attestation fédérale AFP trouvent un poste de transition ou une place d apprentissage avec CFC. Les entreprises qui s adressent au service de recrutement du personnel d un réseau d entreprises formatrices en profitent également : ils peuvent compter sur des collaborateurs expérimentés, efficaces et loyaux. Christine Rennhard Communication et coordination du réseau AFP pour toute la Suisse Les réseaux d entreprises formatrices par canton : AG : n lernwerk.ch BS/BL: n overall.ch FR: n fribap.ch ZG: n bildungsnetzzug.ch ZH: n chance.ch ZH: n berufslehrverbund.ch Un effort commun Dans certains cantons, les réseaux d entreprises formatrices sont souration avec le SECO et les ORP. Il est fondamental que la Suva soit le plus rapidement possible informée d un accident et qu il soit rapidement défini quels sont les blessés qui nécessiteront une prise en charge plus importante. Les chômeurs doivent également être bien informés des possibilités offertes en cas d accident et de leurs interlocuteurs dans ce cas de figure. Nous les sensibilisons particulièrement au fait qu ils doivent signaler le plus vite possible leur accident à la caisse de chômage. Dans les régions du projet-pilote, ils reçoivent une carte d information de la taille d une carte de crédit sur laquelle est indiqué où signaler un accident. L incapacité de travailler se surmonte non seulement grâce au soutien des médecins de famille, mais aussi des entreprises qui, en les embauchant, donnent une chance à ces chômeurs accidentés. Angela Zobrist, Suva LIEN Un accident représente un double fardeau pour les chômeurs. Les médecins de famille, la Suva et le SECO apportent leur soutien. FAITS ET ChIFFRES sans emploi Le chômage pose à nouveau problème en Suisse: au mois d octobre, le taux a de nouveau augmenté, passant à 2,9% contre 2,8% en septembre personnes étaient inscrites auprès des ORP, soit 3834 de plus qu en septembre. La situation n est toutefois pas dramatique. Le chômage a reculé de 17,4% par rapport au mois d octobre Serge Gaillard, chef de la Direction du travail au SECO, s attend cependant à une continuation de la progression : il estime un taux de chômage de 3,4% en moyenne annuelle pour Si le franc reste surévalué, le taux pourrait même grimper à 3,7% en fin d année «Nombreuses sont les entreprises qui depuis un an et demi ne font que peu ou pas de bénéfice», relève Serge Gaillard. La question se pose aussi de savoir si l Europe et les USA parviendront à éviter une récession. Le franc fort est dans tous les cas négatif pour l emploi dans l industrie, le tourisme, les banques et le commerce de détail. La construction, la santé et le domaine public continuent en revanche à donner des signaux positifs en termes d emploi. L Europe souffre Le chômage a augmenté dans la zone euro : une personne sur dix est sans emploi. Dans certains pays, il s agit même d une personne sur cinq. Selon les estimations de l OCDE, l économie dans la zone euro devrait encore s affaiblir davantage que ce que l on avait longtemps craint. Les experts de l OCDE ne s attendent qu à une croissance économique de 0,3% pour l année à venir pour les pays de la monnaie commune. Les dernières prévisions datant du mois de mai s élevaient à 2,0%. Selon l office de statistique de l UE Eurostat, le taux de chômage a augmenté de 10,1 à 10,2%. Eurostat estime le nombre de chômeurs actuel dans la zone euro à 16,198 millions de personnes, soit de plus qu en septembre. Par rapport au mois de septembre de l année dernière, il s agit de personnes supplémentaires. Les taux les plus élevés ont été répertoriés en Espagne (22,6%), en Grèce (17,6%) et en Lettonie (16,1%). Le boom du sud de l Allemagne Le sud-ouest de l Allemagne, qui représente l un des plus importants partenaires économiques de la Suisse, a connu un mois d octobre en or pour le marché du travail : le Land de Bade-Wurtemberg a enregistré un taux de chômage de 3,7% le meilleur depuis près de vingt ans. Ce taux n avait jamais été aussi bas depuis décembre En octobre, le nombre de chômeurs a reculé de 8166 personnes ( 3,8%) par rapport au mois précédent, passant à Le taux de chômage se situait à 4,4% en octobre AIDES POUR LES EMPLOyEURS Les services ORP répertoriés cidessous sont gratuits pour les demandeurs d emploi et les employeurs: n placement des personnes en recherche d emploi n présélection rapide et professionnelle de candidats appropriés n conseils dans les questions liées au marché du travail n procédure simple pour l enregistrement de postes vacants n prise en considération des emplois dans l ensemble de la base de données des orp en Suisse et sur demande, sur le télétexte, les bornes self- service SSI et/ou Internet (www.espace-emploi.ch) n collaboration avec des agences de placement privées Les adresses des ORP sont disponibles: n sur Internet n sur le télétexte, TSR 2, à partir de la page 430 n par le biais de la coordination orp du Secrétariat d etat à l économie, Marché du travail et assurance-chômage, effingerstr , 3003 Berne, tél

13 Journal des arts et métiers déecembre 2011 SERVICE 13 CONSEILS EN ASSURANCES Dès le 1 er janvier 2012, la vignette pour cycles sera de l histoire ancienne, mais qu en est-il de la couverture d assurance responsabilité civile des cyclistes? Lavignettepourcyclesavécu P. F. à Z.: «C est à vélo que nous livrons à notre clientèle les produits et remèdes de ma pharmacie: ainsi, nous sommes rapides et très mobiles, et nous sommes quittes des problèmes de parcage. Maintenant, que signifie, pour mes trois cycles de coursier et mon vélo électrique domestique, la suppression de la vignette pour cycles?» Désormais, plus de vignette pour cycles Cher Monsieur F., à partir du 1 er janvier 2012, la vignette pour cycles sera de l histoire révolue. Ainsi en a décidé le Parlement. Il s ensuit que l assurance responsabilité civile obligatoire pour les cyclistes sera également caduque. Cependant, toute personne ayant encore une vignette 2011 sur son vélo restera assurée en RC jusqu à fin mai Comme jusqu ici, lorsque des dommages seront causés par ce moyen de transport, la responsabilité incombera au détenteur ou au conducteur du cycle. En cas d accident de vélo entraînant des dommages corporels ou matériels, plusieurs lois et ordonnances peuvent entrer en ligne de compte : l art. 70 de la loi sur la circulation routière (LCR) dispose que la responsa- TEST ACTUEL Jusqu ici, aucun entrepreneur n aurait pensé à acheter une Mini. Cela pourrait pourtant bien changer, car le Mini Countryman est un véritable break, disponible également en version quatre roues motrices. De nouvelles dimensions pour une Mini toujours aussi typique. Minibreak qui a du pep parfait pour la flotte d entreprise A considérer: il est souvent plus important pour les collaborateurs du service externe de se retrouver au bon endroit à la bonne heure que de conduire un gros véhicule lourd. Avec le Mini Countryman, la filiale BMW Mini propose pour la première fois un véritable break cinq portes disponible également en version 4 roues motrices. Pour cela, il a fallu rallonger la Mini de 40 centimètres, mais les développeurs ont veillé à conserver le caractère de conduite typique Mini. L avant paraît nettement plus massif, mais les caractéristiques de base ont été préservées. La troisième fenêtre placée entre les deux portières modifie un peu la ligne latérale, de même que le grand haillon change un peu l arrière, mais le look général reste celui d une Mini. Habitacle plus grand L intérieur de la Mini est lui aussi devenu plus vaste et accueille confortablement quatre personnes. Un rail d aluminium court entre les sièges pour y clipser différents éléments comme un porte-gobelet, des accoudoirs, un cendrier et divers vide- La responsabilité de l entreprise prévaudra pour les coursiers et les déplacements des employés. poches. La possibilité de rabattre les sièges arrière individuellement permet d augmenter le volume du coffre en plusieurs étapes. Il est également possible de commander une banquette arrière trois places. Le conducteur et le passager bénéficient d une vue très dégagée, et le conducteur apprendra très rapidement à utiliser tous les interrupteurs s il a déjà conduit une Mini. Comme dans toutes les Mini, le compte-tours et l immense affichage du compteur de vitesse sont situés dans le champ de vision du conducteur au milieu de la voiture qui peut également intégrer des fonctions secondaires ou le système de navigation. Diesel puissant et efficace Tous les moteurs ont récemment subi de sensibles modifications. Le turbo diesel de la Cooper D a été doté de 38 cm 3 supplémentaires, ce qui lui confère désormais un couple de 270 Newton mètres, soit 30 de plus pour le même nombre de tours. De ce fait, ce moteur est non seulement plus économique, mais tracte aussi sans peine les L utile et l agréable: tant les ramoneurs que les représentants peuvent utiliser le Mini Countryman pour leur travail kilos à vide de la Cooper D version ALL4. Outre ce moteur diesel très puissant, la gamme comprend trois motorisations essence développant 90, 122 et 184 chevaux, la dernière pouvant elle aussi être commandée avec 4 roues motrices. INFORMATIONS UTILES Comme un GoKart Qu elle ne soit occupée que par le conducteur ou par plusieurs personnes et le coffre chargé d échantillons, le Mini Countryman ALL4 passe partout. Comme son ancêtre, il maîtrise les virages avec une aisance qui rappelle un GoKart. Comme ce dernier, il est direct et spontané. Bien que le Countryman ne soit pas équipé d un mode tout terrain, cette Mini est désormais à l aise même sur les routes non goudronnées ou recouvertes de neige, et les détours par une pelouse mouillée ne lui font pas peur non plus. Roland Hofer bilité civile des cyclistes est régie par le code des obligations (CO). Quant à l art. 41 du CO, il statue que «celui qui cause, d une manière illicite, un dommage à autrui ( ) est tenu de le réparer». Lorsqu un cycliste enfreint les règles de la circulation routière en vigueur, sa faute est assimilée à celle d un détenteur ou d un conducteur de véhicule à moteur. En tant que chef d entreprise, vous endossez en outre une responsabilité supplémentaire : celle d un propriétaire d entreprise (responsabilité de l employeur). Selon l art. 55 du CO, vous êtes responsable du dommage causé par vos employés dans l accomplissement de leur travail. Vous pouvez être tenu responsable des courses officielles effectuées par vos employés au moyen de vos vélos de coursier. Vérifiez votre couverture d assurance Pourquoi la vignette pour cycles estelle supprimée? Elle coûte pratiquement le même prix que la couverture d assurance qu elle sert à garantir. De plus, en Suisse, la plupart des citoyennes et citoyens ont une assurance responsabilité civile privée et toutes les entreprises sont assurées en responsabilité civile d entreprise. Dans cette couverture d assurance, le risque de rouler à bicyclette peut être endossé quasi gratuitement. Toutefois, les assureurs ne sont pas tenus de l assumer. Vérifiez, avec l aide de votre conseiller en assurance, si votre assurance responsabilité civile d entreprise couvre les trois vélos de coursier. Votre vélo électrique est-il équipé d une assistance au pédalage dépassant les 25 km/h? Si tel est le cas, il est assimilé par la loi à un véhicule à moteur et nécessite une assurance responsabilité civile privée. Celle-ci est acquittée à l achat de la plaque jaune d immatriculation. Si l assistance au pédalage ne dépasse pas les 25 km/h, votre vélo électrique est assimilé aux cycles ordinaires. Dans ce cas, si vous l utilisez à titre privé, le risque devrait être couvert par votre assurance responsabilité civile privée. Que se passe-t-il, en cas d accident de vélo, lorsque la personne fautive n a pas d assurance responsabilité civile valable? Les personnes lésées ne sont pas sans protection : c est précisément pour des cas de ce genre qu a été institué le fonds national de garantie. Ce fonds prend d abord à sa charge les frais éventuels ; puis il se retourne contre le conducteur fautif non assuré. Il couvre également les dommages causés par des conducteurs de bicyclette non identifiés. Typiquement Mini: les détails géniaux ainsi que les nombreux interrupteurs au plafond et sur la console médiane donnent une allure typiquement Mini. Photos : usine Modèle: Mini Countryman Cooper D ALL4 Moteur:4 cylindres, 1598 cm 3, turbo diesel Puissance (kw/cv): 82/112 à 4000/min. Couple (nm): 270 nm à partir de 1750/min. Consommation (l/100 km): 4,7 mixte/129 Co 2 g/km Transmission: 6 vitesses/4 roues motrices Longueur largeur hauteur: mm Volume de chargement: de 350 à 1170 dm 3 Prix: (dès Fr.) ; modèle de base LIEN Andreas Althaus, expert de la Mobilière, bénéficie de 30 ans d expérience dans le domaine de l assurance où il est reconnu comme spécialiste pour le secteur PME. Les questions sont à adresser à:

14 14 SERVICE Journal des arts et métiers décembre 2011 VACANCES En dépit du franc fort, on trouve des offres intéressantes démentant la réputation qu a la Suisse d être la destination de sports d hiver la plus chère d Europe. Mais l abondance des idées est-elle vraiment récompensée? Sauvées grâce au «principe de la bonne affaire»? Les vacances d hiver pourraient être si avantageuses! En surfant sur internet, on trouvera par exemple, pour 314 francs, une offre de vacances d hiver tout inclus, comprenant deux nuits dans un hôtel situé au milieu d un domaine skiable, avec demipension, panier-repas et boissons sans alcool jusqu à 21 heures. De plus, on vous délivre gratuitement bien entendu une carte forfaitaire régionale vous permettant de skier toute la journée. Réfuter les préjugés Beaucoup de «vrais Autrichiens» penseront que, si ce n était pas si loin, eux aussi profiteraient à coup sûr de ces offres de vacances apparemment imbattables. Certes lointaine, l offre en question n en est qu une parmi tant d autres bonnes affaires proposées sur le site internet de Suisse Tourisme, à la rubrique «La Suisse à petit prix». En dépit de tous les préjugés sur la cherté de la Suisse, les opérateurs touristiques suisses sont en mesure de satisfaire même l hôte le moins dépensier en lui proposant UNIVERS INfoRmATIqUE Tous les sondages menés auprès des utilisateurs révèlent que le courrier électronique représente un réel problème. un raz-de-marée qu il est possible d endiguer Qui ne s est pas déjà plaint du razde-marée d s et qui ne s est pas déjà énervé devant des messages qui semblent avoir été envoyés par Cro-Magnon? Quoi qu il en soit, l fait désormais partie de notre quotidien professionnel et privé. Le courrier électronique est un support hybride situé entre la communication formelle et informelle. En effet, si sa forme écrite est gage de sérieux, la rapidité avec laquelle il est expédié tend à le traiter de manière plutôt désinvolte. De ce fait, l exige plus d efficacité et de vigilance, faute d en devenir esclave. Voici quelques conseils pour y réussir. Envoyer moins d s Endiguer le raz-de-marée d s commence par soi-même. N envoyez des s qu aux personnes concernées et ne mettez pas en copie les collaborateurs X et Y qui pourraient éventuellement être intéressés. Laissez la mentalité de la réassurance au mode d'emploi 1. utilisez les fonctions «copie à» et «répondre à tous» avec parcimonie. 2. ne traitez vos mails que deux à trois fois par jour. 3. désactivez les signaux qui informent de la réception de nouveaux messages. 4. Traitez immédiatement les s qui ne vous demandent pas plus de cinq minutes. 5. Votre boîte de réception doit être vide à la fin de la journée de travail. 6. observez des règles si vous recevez beaucoup d s: classez directement tous les bulletins électroniques (newsletters) dans un dossier. Les familles aussi peuvent trouver en Suisse des possibilités de vacances d'hiver à des prix très avantageux. Qui pourrait penser que 80% des s ne sont pas importants? vestiaire. De plus, tous les s ne demandent pas forcément une réponse, alors oubliez les «ok, je le fais» ou «merci pour l info». En d autres 7. choisissez un intitulé parlant et un seul objet par Veillez à rédiger vos messages de manière claire et compréhensible, proprement et sans faute de frappe % des s ne sont pas importants. Il faut donc en effacer autant que possible afin de se protéger des cimetières contenant des milliers de messages. 10. n oubliez pas le bon vieux téléphone pour discuter de sujets particulièrement complexes ou faisant l objet de controverses, car dans ce cas, l n est définitivement pas approprié. termes, mieux vaut un de moins qu un de trop. En principe, il faudrait répondre aux s dans les 24 heures. Toutefois, il n est pas indispensable de s interrompre pour chaque mail entrant. Il vaut en effet mieux traiter le courrier électronique deux à trois fois par jour et désactiver tous les signaux avertissant de l arrivée d un nouveau message. Travailler de manière rationnelle Dans le cadre de mes activités, je vois que beaucoup de personnes consultent et reconsultent plusieurs fois les s reçus, les ouvrent, puis les referment. Une étude a révélé que, de cette manière, le même était ouvert et refermé entre 5 et 10 fois pendant son cycle de vie. Pourtant, deux tiers au moins des s pourraient être traités de manière définitive en cinq minutes seulement. Vous gagnerez donc beaucoup de temps si vous traitez immédiatement les messages qui demandent moins de IlluSTraTIon SwISS-IMagE.ch/chrISTof SondErEggEr Willy Knüsel, auteur de cet article, est coach indépendant en matière de gestion du travail à Soleure. Il a rédigé une brochure sur la gestion des e- mails. Cet ouvrage peut être demandé gratuitement sous forme de fichier PDF à cinq minutes et que vous les éliminez ou les classez. Planifiez les s dont le traitement demande plus de temps comme tâche ou comme point à l ordre du jour dans l agenda. Effacer, effacer, effacer Beaucoup d utilisateurs laissent s accumuler des centaines de messages dans leur boîte de réception qui contient un mélange de courriers pas encore traités, pas encore classés, oubliés, perdus et, bien sûr, nouvellement reçus. Est-ce bien à cela que doit servir la boîte de réception? Non! Elle doit être réservée aux nouveaux messages et, idéalement, être vide ou presque chaque soir. Les autres messages doivent être effacés, classés ou agendés. Un intitulé parlant En matière de trafic de courrier électronique, l intitulé joue un rôle primordial, car il aide le destinataire à traiter plus efficacement le flux quotidien de messages. C est souvent sur cette base qu il décide si et quand il lira votre courrier. De ce fait, rédigez un intitulé parlant qui résume brièvement le contenu du message, et n écrivez qu un seul message par sujet. Cela simplifie le traitement, le classement et la recherche. L a fait entrer un nouveau style de communication au bureau: simple, rapide et succinct des atouts qu il ne faut pas confondre avec bâclé et imprécis. une quantité d offres, de prestations et de produits avantageux, que ce soit par internet, à l office du tourisme ou directement sur place. La branche du tourisme, à l évidence, relève avec élan et profusion d idées les défis d une concurrence étrangère que les fluctuations monétaires ont rendu bien plus attractive sans même qu elle ait eu à y mettre du sien. Paquets d offres intéressantes «Face à une évolution d une telle ampleur sur le marché des changes, notre marge de manœuvre reste limitée. Malgré des conditions défavorables, les destinations touristiques suisses font tout ce qu elles peuvent pour être aussi attrayantes que possible, tant pour les visiteurs suisses que pour les hôtes étrangers», déclare Daniela Bär, responsable de la communication chez Suisse Tourisme. En matière touristique, la qualité de l expérience constitue, en Suisse, la variable permettant de se démarquer de la concurrence internationale. «Et c est justement sur quoi misent les prestataires de services touristiques en concoctant des offres géniales pour l hiver qui vient». Des «paquets d offres» sont ainsi élaborés en bien des endroits. Pour Daniela Bär, une chose est claire: «En composant des gerbes d offres à des conditions très intéressantes, on propose à la clientèle qu il s agisse d un hôtel, d un téléphérique ou d une destination une plus-value émotionnelle qui rend sensible la qualité de la Suisse touristique» et cela pas seulement pour les couples qui décident d improviser une excursion de deux jours. «Nous avons justement des offres extrêmement intéressantes pour les familles», nous confirme Daniela Bär. Attirer l attention en ligne Le site MySwitzerland.com/preiswerteschweiz rassemble les offres de divers prestataires qui proposent aux visiteurs des conditions très avantageuses pour découvrir la Suisse tous azimuts. Ces offres vont des possibilités d hébergement auberges de jeunesse, chambres d hôtes, appartements de vacances, campings jusqu aux entrées gratuites, chèques Reka et petites «astuces épargne», en passant par les offres imbattables de certains hôtels et cela dans toute la Suisse. Pas seulement pour la glisse Mais quel attrait peuvent exercer les vacances d hiver pour les hôtes suisses et étrangers qui ne pratiquent pas (ou plus) de sport d hiver? «Les cartes journalières incluant, par exemple, les remontées mécaniques ne sont pas intéressantes que pour les skieurs, précise Daniela Bär, mais aussi pour les avides de soleil qui, au cours de randonnées hivernales en montagne au milieu de panoramas sans pareil, adorent lézarder sur nos terrasses ensoleillées». Parmi ces super-offres se trouvent également quantité d idées de vacances loin des pistes de ski : par exemple, dans les villes suisses qui proposent un large éventail d activités culturelles ou sous le ciel clément du Tessin, pour passer des vacances tranquilles au bord de l eau ou un séjour relaxant, comprenant cure et traitements sur mesure. Matthias Engel LIENS preiswerteschweiz

15 Journal des arts et métiers décembre 2011 opinions 15 TRoiS questions à... l invité du mois Six semaines de vacances: un coup de poignardpour les PME Raoul EgEli, président central de FIDUCIAIRE SUISSE Rejet de l initiative sur les successions Notre économie est actuellement malmenée, quels fondements et perspectives pour 2012? n Nous souhaitons nous rapprocher davantage encore de nos membres et, par leur biais, de leurs clients. C est ce qui nous a incités à réorganiser nos dicastères. En outre, en début d année, nous avons créé un nouvel Institut pour le contrôle restreint et sous peu, deux autres instituts vont être constitués, l un pour les questions fiduciaires et l autre pour la fiscalité. Ils ont pour tâche la mise à disposition de nos membres d aides de travail ou de thèses ainsi que des offres de formation conjointement proposées avec la «Schweizerische Treuhänderschule» (STS) et l Institut Romand d Etudes Fiduciaires (IREF). Pour nous, la formation constitue une préoccupation essentielle. Dans le seul domaine commercial, nos entreprises forment, chaque année, près de 300 apprentis. Nous abordons aussi un grand nombre d autres sujets, tels que le droit pénal ou civil. Dans une optique stratégique, FIDUCIAIRE SUISSE veut placer davantage d accents en fournissant aux politiciens des informations ciblées. Quelles perspectives politiques et économiques pour 2012? n J estime que les élections d octobre 2011 ont engendré une situation nouvelle. Il n y a plus quatre grands blocs traditionnels, mais un centre morcelé au profit de partis plus petits, alors que les formations situées aux pôles se sont révélées relativement stables. L un des défis consistera à inclure ce «nouveau centre» dans nos travaux en matière de politique financière. En même temps, les nouveaux partis obtiennent ainsi une chance de se positionner de manière relativement claire. FIDUCIAIRE SUISSE a l habitude de se montrer assez sceptique lorsqu il est question de nouveaux impôts ou d intégrer des normes de droit international. Néanmoins, nous avons l esprit ouvert et sommes comme toute citoyenne et tout citoyen de ce pays curieux de voir comment la situation politique va évoluer. Peuple et cantons décideront en mars prochain du sort de l initiative «six semaines de vacances pour tous», lancée par le syndicat Travail.Suisse. Ce texte a été rejeté par le Conseil fédéral et le Parlement, en raison de ses conséquences négatives. Les petites et moyennes entreprises seraient particulièrement touchées. A un moment où notre économie souffre sérieusement du franc fort et de la crise de la dette en Europe, cette initiative ne peut que susciter l incompréhension. augmenter les vacances de 50%? La loi fixe actuellement la durée des vacances à quatre semaines au minimum par an (cinq pour les jeunes jusqu à 20 ans). L initiative vise à faire passer leur durée à six semaines pour tous les travailleurs, ce qui représente une augmentation de 50% des congés payés ou, exprimé autrement, un demi-mois de salaire supplémentaire. Mis en rapport avec l ensemble de la masse salariale suisse, les coûts supplémentaires induits par l initiative dépasseraient les 6 milliards de francs. Or il faut se rappeler que les coûts du travail sont déjà élevés en Suisse. Toute hausse supplémentaire a des effets économiques négatifs sur les prix, la compétitivité, les salaires, voire le chômage. Ces coûts seraient particulièrement insupportables pour les PME. petites entreprises touchées de plein fouet Notre pays compte 99,7% de PME, soit des sociétés comptant moins de 250 employés. Mais une analyse plus fine montre que 88% de ces petites entreprises sont en fait des micro-entreprises occupant moins de 10 salariés. L augmentation de la durée des vacances leur poserait de nombreux problèmes. Le premier est financier: les absences augmentent, la productivité diminue, mais les salaires ne baissent pas! Cette situation met l entreprise en difficulté si elle n a pas les moyens de financer ces vacances et elle devra choisir de couper ailleurs pour s y retrouver. Vincent Simon sur les votations fédérales du 11 mars 2012 Le second problème est lié à l organisation : dans une petite structure, il n est souvent ni simple ni possible de remplacer les collaborateurs absents. Organiser les quatre semaines actuelles de vacances n est pas toujours une sinécure. S il y en avait deux semaines de plus, le problème organisationnel s amplifierait fortement. Qui remplacera la seule secrétaire, le seul comptable, le seul technicien d entretien etc. durant leur absence? Personne probablement. Salariés mécontents? Pour l entreprise, un aspect de cette initiative n est pas à négliger : le risque de mécontentement des salariés. Il est en effet probable que de nombreux collaborateurs souhaiteraient bénéficier de vacances supplémentaires. Mais si l entreprise n a pas les moyens de financer ces vacances supplémentaires, elle devra se rattraper sur d autres postes. Ainsi par exemple, elle pourrait décider de réduire les augmentations ou les indexations des salaires, et ceci durant plusieurs années. Ou alors augmenter l horaire de travail. Dans les deux cas, on peut parier que les salariés ne seront guère satisfaits. initiative basée sur de faux prétextes Parmi les arguments avancés par les initiants figure en bonne place une étude du Secrétariat d Etat à l économie (SECO) qui montre que le stress a augmenté en Suisse au cours de ces dernières années. Ce fléau provoque des coûts à hauteur de 10 milliards de francs par an. Il suffit toutefois de parcourir le document pour se rendre compte que le stress n a rien à voir avec la durée des vacances. Le stress résulte clairement d un défaut d organisation de l entreprise : pauses insuffisantes, pression des délais, interruptions fréquentes etc., organisation qui ne s améliorera pas si la durée des vacances augmente. Au contraire, on peut craindre que, dans de petites structures, la multiplication des absences devienne source de stress supplémentaire, sous forme de surcharges de travail. modèle économique suisse gagnant Les initiants affirment aussi que d autres pays sont plus généreux en matière de vacances. C est vrai : la France, par exemple, offre 5 semaines. On ne saurait toutefois s arrêter à cette comparaison partielle, en oubliant d autres aspects moins séduisants, comme le niveau des salaires (beaucoup de «smicards») et un risque de chômage élevé. La Suisse, pour sa part, offre une durée de vacances correcte, de bons salaires et un marché de l emploi dynamique. Et l on n oubliera pas qu avec l initative, notre pays accorderait plus de vacances payées que les autres pays européens, même les plus «sociaux». Cherchez l erreur! Les citoyens n oublieront pas, au moment de voter, que la Suisse a bâti sa prospérité sur le travail, non sur les vacances. FIDUCIAIRE SUISSE a récemment pris position contre l initiative populaire relative à l imposition sur les successions et les donations. Pourquoi combattez-vous cette initiative? n Cette initiative est dommageable à la place économique et industrielle suisse et son objectif soit l assainissement de l AVS ne peut être réalisé de cette manière. La récolte des signatures court toujours alors que l initiative est censée entrer en vigueur rétroactivement au 1 er janvier Cela génère une insécurité juridique massive auprès des nombreuses PME et au sein de la population. FIDUCIAIRE SUISSE a publié dernièrement ses thèses concernant la révision envisagée. Actuellement, il n est pas possible de mettre sur pied une «liste de contrôle» destinée à nos membres et les questions liées à son applicabilité sont trop complexes concernant la licéité de la rétroactivité. Personnellement, je trouve douteuse la manière dont on insécurise la population par un tel effet rétroactif. Dans le passé, la Suisse avait la réputation d un pays stable, doté d un système juridique solide lequel est inutilement mis en péril. La moitié plus de vacances qui ne le voudrait pas? Mais en particulier pour les PME, le coût serait insupportable.

16 16???&??? PublirePortage Journal des arts et métiers decembre décembre Sécurités des données pour les PME Les données professionnelles sont le cœur de chaque entreprise. Les protéger doit être une priorité de tous les instants. Toutefois, nombre d entreprises associent aujourd hui encore la sécurité des données à un effort important en matière d investissement et beaucoup de travail. A tort en effet, une PME peut protéger efficacement ses données face aux abus et aux pertes avec quelques menues mesures de précaution. Perte des données: si elle est en premier lieu contrariante pour un particulier, elle peut s avérer catastrophique pour une entreprise et pas seulement en prévision de la prochaine clôture annuelle. Perdre des données professionnelles peut arriver de multiples manières : un smartphone oublié dans un train, des virus entrés clandestinement sur l ordinateur portable, voire une infrastructure informatique détruite à cause d un incendie. Afin de se protéger de ces situations et de bien d autres encore, les entreprises seraient bien avisées de se pencher à temps sur le thème de la sécurité des données et de prendre les mesures appropriées pour les protéger. Et surtout, les réflexions à ce propos devraient faire intervenir les trois éléments suivants : la sauvegarde des données, la transmission des données et la sensibilisation des collaborateurs. Sauvegarde des données De nombreuses entreprises pensent, à tort, qu il suffit d un mot de passe pour protéger leurs données. Mais des dispositions supplémentaires sont nécessaires pour minimiser les dangers potentiels. Cela commence par le fait que les entreprises doivent sauvegarder leurs données de manière sûre afin d éviter les retombées tragiques que pourraient avoir un vol ou un autre imprévu comme un incendie ou une conduite d eau rompue. En guise de prévention, il est conseillé de recourir à un serveur externe sur lequel archiver toutes les données. Ainsi, les données ne se trouvent pas uniquement sur un seul support au bureau. Cela permet en outre de travailler depuis la maison ou en déplacement, car on peut accéder aux données à tout moment par le biais d Internet. Une seconde possibilité de sauvegarder les données: les solutions dites «Online Backup». Les collaborateurs sauvegardent leurs données sur leur propre ordinateur ou portable. Ces derniers font ensuite l objet d une sauvegarde régulière et automatique sur un serveur externe via Internet. Avantage supplémentaire : on évite le processus chronophage et récurrent de la synchronisation des données. Au-delà de la flexibilité gagnée dans le travail quotidien, ces deux solutions épargnent aussi à l entreprise des investissements lourds pour une infrastructure informatique propre et onéreuse puisqu il lui suffit de louer l espace de stockage nécessaire sur le serveur du fournisseur. Transmission de données Une autre source de danger guette lors de la transmission des données, donc sur Internet. Car, aujourd hui comme hier, les pirates ou les programmes malveillants dits «malware», notamment vers et cheval de Troie se servent le plus souvent d s au contenu nuisible ou de certains espaces sur le Net. C est pourquoi les PME doivent systématiquement installer sur les ordinateurs, portables et autres terminaux mobiles des logiciels antivirus, des pare-feux et des filtres antispam. Afin que les collaborateurs puissent travailler de manière efficace aussi en déplacement, ils ont besoin d un accès à toutes les données professionnelles pertinentes comme les mails, le carnet d adresses et le calendrier. Pour ce, les appareils mobiles doivent être reliés à l entreprise, par exemple grâce à un serveur Exchange. Et pour empêcher toute personne non autorisée d accéder aux données, il faut veiller à utiliser une technologie de cryptage efficiente qui chiffrera les données pour leur transmission et les déchiffrera à l arrivée sur le terminal approprié. Sensibiliser les collaborateurs Toutefois, aucune des solutions évoquées ne peut garantir une sécurité à 100%. Car un certain risque en matière de sécurité se trouve toujours du côté de l utilisateur, c.-à-d. du collaborateur. Nombre de situations critiques pour la sécurité peuvent être engendrées par la négligence d un collaborateur comme oublier l ordinateur portable dans le train, utiliser un téléphone portable professionnel sans antivirus ou un ordinateur sans mot de passe. Les infos divulguées à des tiers sur des points sensibles de sa propre entreprise peuvent également représenter une source de danger. On trouve même des logiciels malveillants sur les supports de données amovibles comme les clés USB, pénétrant par ce biais sur l ordinateur pour y exécuter des fonctions nuisibles. Aussi est-il, entre autres, déconseillé d utiliser à titre professionnel des clés USB privées ou empruntées à un tiers. Conclusion Beaucoup de solutions assurent une sécurisation accrue du travail fixe ou mobile sur un téléphone portable ou un notebook. Le danger de perte et d espionnage de données est en diminution constante. Toutefois, les PME ont tout intérêt à sensibiliser leurs collaborateurs à la question de la sécurité des données. Bref, il faut s informer soi-même sur les dangers et menaces potentiels et mettre à disposition des collaborateurs des lignes de conduite sur l utilisation correcte de l ordinateur, des terminaux mobiles et des données professionnelles. Les entreprises peuvent ainsi se concentrer pleinement sur le cœur de leur activité et sur les opérations de bouclement annuel à venir. RÉCLAME

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