MEMOIRE. L Initiative Privée comme Moteur de Développement au Bénin : Analyse et Perspectives. Florie Brisbois

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1 MEMOIRE P r é s e n t é e n v u e d e l ' o b t e n t i o n d u M a s t e r e n I n g é n i e u r d e g e s t i o n, f i n a l i t é s p é c i a l i s é e L Initiative Privée comme Moteur de Développement au Bénin : Analyse et Perspectives Florie Brisbois Directeur: Professeur Christian Platteau Commissaire: Professeur Ali Bayar Année académique Année académique

2 «L Afrique a une histoire. L Afrique, berceau de l humanité, a enfanté l histoire. Malgré des obstacles géants, des épreuves majeures et des erreurs tragiques, l Afrique a illustré notre aptitude au changement et au progrès : notre historicité. Mais celle-ci doit, par la conscience historique, gouverner les trois moments du temps : le passé, le présent et la projection vers l avenir C est pourquoi chaque africaine, chaque africain doit être, ici et maintenant, une valeur ajoutée.» KI-ZERBO Joseph (2007), Message à la jeunesse, Livre posthume «REPERES POUR L AFRIQUE», Panafrika - Silex - Nouvelles du Sud 2

3 Remerciements Avant tout, je tiens à remercier un certain nombre de personnes qui m ont aidé dans la réalisation de ce mémoire. Premièrement, mon directeur de mémoire, M. Christian Platteau pour son aide, sa disponibilité et ses propos rassurants lors de mes moments de doute ainsi que pour les propos passionnants qu il m a permis de recueillir en m introduisant auprès de ses connaissances. Je remercie également M. Ali Bayar pour avoir accepté d être commissaire de cette recherche. Je tiens aussi à remercier Mr Yves Mathieu pour son soutien tout au long de mon travail et ses conseils avisés. Il m a permis à plusieurs reprises de ne pas m égarer et de trouver le courage et la force de m impliquer toujours plus. Je remercie Mike Herrington, directeur exécutif du GEM consortium de m avoir autorisée à utiliser les questions du National Expert Survey pour ma collecte de données et mon analyse. Ensuite, je tiens à remercier toutes les personnes qui m ont accordé de leur temps et m ont éclairée lors de mes entretiens en Belgique, en France et au Bénin. Elles m ont offert de belles rencontres humaines et furent une source d informations et d inspiration importante. Plus particulièrement, je voudrais remercier tous les membres de l ONG Songhaï pour leur accueil chaleureux et l aide qu ils m ont apportée. Songhaï est un endroit que je n oublierai jamais, un modèle tant pour l Afrique que pour le monde entier. Je tiens également à remercier tout particulièrement M. Miskine Oumar Izzo pour son aide lors de l organisation de mon séjour au Bénin ainsi que pour le temps qu il m a accordé sur place et les personnes qu il m a permis de rencontrer. Je remercie du fond du cœur Mme Sempoux pour les contacts qu elle m a donnés, l interview qu elle m a accordée et le temps qu elle a consacré à la relecture de mon mémoire. Sans malheureusement pouvoir toutes les citer, je remercie les autres personnes qui ont répondu à mes questions. Chaque interview m a apporté une partie de la substance qui permet aujourd hui à ce mémoire d exister. Le temps qui m a été accordé est précieux et ma reconnaissance est sans limite. Enfin, je tiens à remercier ma famille pour son soutien tout au long de ces mois de recherche et d écriture. Merci de m avoir permis de repartir d un bon pied lors de mes moments de doute et d avoir consacré du temps à la relecture de mon mémoire. 3

4 Aperçu La dernière décennie a été caractérisée par une croissance robuste en Afrique. Cette croissance est, selon de nombreux experts, amenée à perdurer pour les 50 prochaines années si l Afrique sait tirer avantage des tendances démographiques, macro-économiques et structurelles qui jouent en sa faveur. Il s agit notamment de la croissance de la population active, l urbanisation, la modernisation agricole et l émergence d une classe moyenne. Au Bénin, pays étudié dans le cadre de ce travail, les mêmes tendances sont observées, bien qu on puisse se rendre compte que derrière chaque opportunité, se cache également d énormes risques. Un des risques réside par exemple dans la croissance démographique, 2,91% 1 en 2011, qui est supérieure au taux de croissance économique (taux de croissance du PIB de 2,5%) 2. Actuellement, cette situation mène à des taux élevés de chômage et surtout de sous-emploi, qui atteint 70% 3 en L urbanisation croissante, qui peut être un moteur important de la modernisation de l agriculture et de création de richesse, peut également mener à la paupérisation des zones urbaines et à la naissance de bidonvilles. La prise de conscience des risques existant derrière ces opportunités est un premier pas pour arriver à orienter les politiques de développement nationales dans la bonne direction. La plupart des ouvrages et rapports sur le développement se focalisent sur l efficacité de l aide et l analyse des barrières au développement, sans réellement accorder d attention au potentiel de l initiative privée. Dans cette étude, l ambition est d analyser comment l initiative privée permettra de saisir les opportunités nouvelles au Bénin pour accélérer le développement socio-économique du pays. L idée est que l intensification des efforts de facilitation de l initiative privée la mènera à jouer un rôle primordial dans le développement du pays. La question de recherche principale qui en découle est «Comment favoriser l émergence d initiatives privées entrepreneuriales au Bénin, qu elles soient économiques, sociales ou culturelles?». Pour répondre à cette question, la situation actuelle du Bénin dans le cadre de l initiative privée est d abord étudiée. Une carte d identité du secteur des Micros, Petites et Moyennes Entreprises (MPME) au Bénin est dressée, ainsi qu une liste des moteurs et barrières principales auxquelles elles sont confrontées. L intérêt de cette étude réside également dans les recommandations finales fournies pour améliorer l environnement de l initiative privée et lui permettre de jouer pleinement son rôle de moteur du développement. De cette question de recherche principale découlent deux sous-questions qui sont «Quel pourrait être l impact de l initiative privée sur le développement du pays?» et «Quel serait son impact sur les populations?». La volonté récente du gouvernement béninois de favoriser 1 Sur le site : consulté le 04 avril African Economic Outlook, sur le site de l African Economic Outlook, consulté le 2 mai Ministère Chargé de la Microfinance, de l Emploi des Jeunes et des Femmes (2011), Plan national d actions pour l emploi (PNAE) 4

5 l initiative privée tant comme moteur de développement que comme outil des stratégies de réduction de la pauvreté ont démontré que ces questions étaient judicieuses, bien que difficilement quantifiables. Des efforts réels sont depuis quelques années mis en œuvre pour favoriser l environnement de l initiative privée, même si la partie «analyse» de ce document permet de se rendre compte qu il reste beaucoup à faire pour le rendre réellement adapté. Les hypothèses de base de cette étude sont les suivantes : Les barrières principales à l initiative privée sont le manque d infrastructures, la réglementation non adaptée, la lourdeur des procédures, le manque d accès au financement, la formation inadaptée, le manque de sécurité juridique, le manque de transparence et de stabilité politique et le manque de soutien aux entrepreneurs. Les moteurs principaux sont le microcrédit, les structures de type associatives ou communautaires, certains organes d aide à l initiative privée et la nécessité d entreprendre pour pouvoir travailler. L initiative privée est un moteur de développement. L initiative privée a un rôle important à jouer dans la réduction de la pauvreté. Certaines catégories de la population comme les jeunes, les femmes ou encore les populations rurales font face à des barrières supplémentaires. Pour tenter de vérifier ou d infirmer ces hypothèses et pour répondre à la question de recherche principale, des entretiens semi-directifs et des entretiens basés sur le National Expert Survey (NES) développé par le Global Entrepreneurship Monitor (GEM) ont été réalisés. Au total, une trentaine d interviews d experts ont été réalisées et, parmi celles-ci, 16 ont été basées sur le questionnaire du GEM. L utilisation de ce questionnaire est l un des avantages de cette étude car, cela rend possible une analyse systématique et quantitative. Cependant, le complémenter avec des entretiens semi-directifs permettait de surmonter son principal désavantage, selon la littérature, qui est le manque d intérêt porté à l information de type qualitative. Dans la partie «analyse», les résultats de l étude sont détaillés. Premièrement, on remarque que les entreprises béninoises sont pour la plupart de petite taille. Leur capital social est faible, n atteignant pas même un million de FCFA pour 90% d entre elles (RGE, 2008). De plus, 97,3% d entre elles sont constituées sous la forme de sociétés individuelles. De ce fait, la majorité d entre-elles n a aucun employé permanent. En effet, moins de 10% des établissements ont un employé permanent (RGE, 2008). Elles sont actives dans le secteur informel (98%) ce qui explique en partie leur faible développement et sont, pour plus de 90% d entre elles, commerciales ou artisanales ce qui met l accent sur le manque de diversification de l économie béninoise. Par exemple, en 2011, seuls 0,2% des établissements béninois sont des établissements de transformation industrielle (RGE, 2011). Cette faiblesse de l industrie 5

6 est l une des caractéristiques pénalisantes de l économie béninoise qui maintient sa position de dépendance vis-à-vis de l extérieur. Cela l empêche également de créer des emplois car les secteurs peu développés comme les transports ou l industrie sont les plus formalisés et ceux qui créent le plus d emplois. Enfin, en 2011, les MPME représentent 45,5% du PIB national (RGE, 2011). Ce sont donc des acteurs économiques importants, dont le rôle pourrait être amplifié si l environnement était rendu plus favorable à l initiative privée. Différents thèmes impactant l environnement de l initiative privée sont étudiés, il s agit du financement, des réglementations gouvernementales, des programmes gouvernementaux, de l éducation et la formation, des transferts de R&D de la recherche aux entreprises, des infrastructures commerciales et de service, de l ouverture du marché, des infrastructures physiques et des normes culturelles et sociales. Parmi les nombreuses barrières qui entravent l initiative privée, les principales sont l accès au financement, les normes culturelles et l inadéquation de l éducation par rapport aux besoins du marché, et enfin les réglementations gouvernementales dont principalement le système de taxation et les lourdeurs administratives. Le financement est difficilement accessible en raison notamment des garanties importantes à fournir dont les entrepreneurs ne disposent généralement pas. Une autre raison réside dans les lourdeurs administratives qui rendent le processus d accès au financement laborieux. Les taux d intérêts sont également fort élevés en raison du manque d informations disponibles sur les antécédents de crédits. Enfin, la nonformalité des entreprises ne facilite pas l accès au crédit. Dans les hypothèses initialement définies, l accès au financement avait été omis, ce qui est une omission de taille puisque cette barrière fut citée par 75% des interviewés. De plus, le rôle de barrière des infrastructures et la stabilité politique avait été surestimé. Les autres barrières postulées comme les réglementations et les lourdeurs administratives sont vérifiées. Les femmes semblent savoir entreprendre autant que les hommes car elles représentent presque la moitié des chefs d entreprises béninois. Cependant, cette prise de position de la femme est plus courante dans le secteur informel où les femmes représentent 49,8% des chefs d entreprise que dans le secteur formel où les femmes représentent seulement 21,7% des chefs d entreprise en 2011 (RGE, 2011). Des barrières existent donc, dans le secteur formel, principalement car le niveau d éducation des femmes est plus faible. Les populations rurales font également face à des barrières supplémentaires, notamment pour l accès au crédit qui, souvent à court terme, ne convient pas à l activité agricole dont les rendements sont générés à long terme. Par ailleurs, certains moteurs de l initiative privée ont tout de même été identifiés dont les principaux sont les efforts au niveau des réglementations avec notamment la mise en place d un Guichet Unique de Formalité des Entreprises (GUFE), la volonté gouvernementale affirmée de supporter l initiative privée pour en faire un moteur du développement et les efforts mis en œuvre dans le domaine de l accès au financement. Dans l hypothèse formulée à 6

7 la base, le rôle de support joué par le microcrédit était surestimé car celui-ci n est en fait accessible qu à un nombre très limité d entrepreneurs, est cher et n est pas toujours adapté. Suite à ce diagnostic de la situation, les principales recommandations pour le futur sont liées à la facilitation de l accès au financement des MPME, notamment par le biais de la création d un fonds de garantie, la mise en place d un système d information sur les antécédents de crédits, la réforme du système foncier, la mise en place d un «kit d accompagnement d une demande de financement», la formation des membres des Institutions Financières, la mobilisation de l épargne et des investissements étrangers, la facilitation des transferts de fonds provenant de la diaspora et la création d IF spécialisées pour les PME et le secteur agricole. La réforme du système éducatif est également nécessaire car l éducation doit mener les jeunes à la recherche de l indépendance, l autonomie, la prise de risque et à avoir confiance en l autre. Les programmes scolaires doivent être revus dès le primaire pour inculquer ces valeurs et inclure au niveau secondaire des cours d entrepreneuriat. Les études universitaires doivent être revues pour mener les jeunes vers un métier et non plus uniquement vers un diplôme. À plus court terme, la propagation des politiques de support à l entrepreneuriat actuellement organisés par divers organismes tels que le CDEL est nécessaire. Ensuite, la révision du Code d Investissement est nécessaire notamment au niveau de la taxation mais également au niveau des formalités à effectuer pour créer et gérer formellement une entreprise. De plus, l amélioration de la mise en œuvre des programmes gouvernementaux est nécessaire et devrait commencer par une clarification du rôle des différents acteurs pour permettre une bonne transmission de l information et une application effective des programmes. Enfin, des changements culturels doivent être impulsés au niveau national pour favoriser l initiative privée. Les recommandations précitées sont celles à mettre en œuvre en urgence au vu de la situation actuelle du pays. Elles doivent être mises en œuvre dans le cadre d un plan de développement intégré tel que prôné au sein de l ONG Songhaï, un développement qui tirerait avantage des ressources locales pour créer une économie nationale solide, libérée de sa dépendance vis-àvis de l extérieur une économie où ce que le pays a est valorisé pour créer ce qu il veut, où «rien ne se perd tout se transforme» (Songhaï). Pour finir, il est évident qu en raison des contraintes de temps et de moyens ainsi que de l étendue du sujet, ce travail n a pas l ambition d être la référence dans le domaine mais bien d apporter un point de vue nouveau et critique sur la situation actuelle au Bénin. Si cette analyse peut mener d autres chercheurs à continuer dans la même direction et à mettre en pratique certaines des recommandations définies, alors ce travail aura atteint pleinement ses objectifs. 7

8 Liste des acronymes ANPE : Agence Nationale pour l Emploi ANPME : Agence Nationale des Petites et Moyennes Entreprises BAD : Banque Africaine de Développement BCEAO : Banque Centrale des États d Afrique de l Ouest BIT : Bureau International du Travail BM : Banque Mondiale BTP : Bâtiments et Travaux Publics BUBEDRA : Bureau Béninois des Droits d Auteurs CAPOD : Projet de renforcement des Capacités en Conception et Analyse des Politiques de Développement CCIB : Chambre du Commerce et de l Industrie CDEL : Centre de Développement Economique Local CENAPI : Centre National pour la Propriété Industrielle CEPED : Centre de Partenariat et d Expertise pour le Développement Durable CePEPE : Centre de Promotion et d Encadrement des Petites et Moyennes Entreprises CFE : Centre de Formalités des Entreprises CNSS : Caisse Nationale de Sécurité Sociale CPI : Centre de Promotion des Investissements DSDST : Direction Générale de la Stratégie et du Développement Scientifique et Technique EFC : Cadre de Conditions Entrepreneuriales EMICoV : Enquête Modulaire Intégrée sur les Conditions de Vie des Ménages FAO: Food and Agriculture Organisation FAGACE : Fonds Africain de Garantie et de Coopération Economique FCFA : Francs CFA (655 FCFA =1euro en mars 2012) FIG : Fonds International de Garantie FMI : Fonds Monétaire International FNPEEJ : Fonds national de Promotion de l'entreprise et de l'emploi des Jeunes GEINDEX : Index Global de L Entrepreneuriat et du Développement GEM : Global Entrepreneurship Monitor GUFE : Guichet Unique de Formalisation des Entreprises IDA : International Dispensary Association IDH : Indice de Développement Humain IF : Institution Financière IFC: International Finance Corporation IFU : Identifiant Fiscal Unique IMF : Institut de Microfinance 8

9 INED : INSAE : MCA : MCPP : MPME : NES : NLTPS : OCDE : ODA : OIT : ONG : PADME : PAPEEJ : PAPME : PAS : PIB : PME : PNE : PNUD : ProCCI : RGE : RGPH : R&D : SCRP : TEA: TIC : UEMOA: UNDAF: WEF: Institut National des Etudes Démographiques Institut National de la Statistique et de l Analyse Economique Millenium Challenge Account Microcrédit aux Plus Pauvres Micro et Petites et Moyennes Entreprises National Expert Survey Etudes Nationales de Perspectives à Long Terme Organisation de Coopération et de Développement Économiques Official Development Assistance Organisation Internationale du Travail Organisation Non Gouvernementale Projet d Appui au Développement des micro-entreprises Projet d Appui à la Promotion de l Entreprise et de l Emploi des jeunes Projet d Appui aux Petites et Moyennes Entreprises Programmes d Ajustement Structurel Produit Intérieur Brut Petites et Moyennes Entreprises Politique Nationale de l Emploi Programme des Nations Unies pour le Développement Projet de Compétitivité et de Croissance Intégré Recensement Général des Entreprises Recensement Général de la Population et de l Habitation Recherche et Développement Stratégie de Croissance pour la Réduction de la Pauvreté Total Entrepreneurial Activity Technologies de l Information et de la Communication Union Economique et Monétaire Ouest Africaine United Nations Development Assistance Framework World Economic Forum 9

10 Table des matières REMERCIEMENTS... 3 APERÇU... 4 LISTE DES ACRONYMES... 8 PARTIE I : INTRODUCTION CHAPITRE 1 : PRÉFACE CHAPITRE 2 : CONTEXTE CHAPITRE 3 : BREF HISTORIQUE CHAPITRE 4 : PROBLÉMATIQUE Section 1: Des contextes nationaux dans ce contexte global Section 2: Un nouveau moteur Section 3 : Précision de la problématique Justification du choix du pays L initiative étudiée Section 4 : La situation socioéconomique au Bénin Bref historique de la libéralisation à nos jours Situation actuelle L initiative privée au centre des débats CHAPITRE 5 : QUESTION DE RECHERCHE Section 1 : Chemin vers la définition de la question de recherche Section 2 : Définition et opérationnalisation des principaux termes utilisés CHAPITRE 6 : HYPOTHÈSES CHAPITRE 7 : ANALYSE DE LA LITTÉRATURE Section 1 : Considérations préalables Section 2 : La littérature sur le développement Qu est-ce que le développement? Les causes du «sous-développement» selon les économistes modernes Les solutions proposées La place de l initiative dans la littérature sur le développement Section 3 : La littérature sur l entrepreneuriat et l initiative L entrepreneuriat et la croissance économique L entrepreneuriat et le développement économique La croissance et la réduction de la pauvreté Section 4 : Conclusion de l analyse de la littérature PARTIE II : MÉTHODOLOGIE CHAPITRE 8 : PRÉSENTATION DE LA MÉTHODOLOGIE Section 1 : Gestion du temps et de la méthode Section 2 : Cadre théorique Section 3 : Le choix du type de recherche Section 4 : Les outils de la collecte de données Introduction L analyse de la littérature

11 4.3 Les ouvrages méthodologiques L analyse des rapports Les articles scientifiques Le National Expert Survey du GEM L interview L interview semi-directive La grille de questions d interview Le déroulement pratique des entretiens Les interviews initiales Les interviews d experts Les interviews au sein de l ONG Songhaï L utilisation d un carnet de note/ journal de recherche Un relevé photographique et des enregistrements audio CHAPITRE 9 : PRÉSENTATION DE L ÉCHANTILLON Section 1 : Introduction Section 2 : Les experts rencontrés en Belgique Section 3 : Les experts rencontrés au Bénin Au sein de l ONG Songhaï À Cotonou Section 4: Conclusion sur l échantillon PARTIE III : MÉTHODE DE TRAITEMENT ET D ANALYSE DES DONNÉES CHAPITRE 10 : PRÉSENTATION DE LA MÉTHODE DE TRAITEMENT DES DONNÉES PARTIE IV. PRÉSENTATION DES RÉSULTATS CHAPITRE 11 : PRÉSENTATION DE L ANALYSE ET DES RÉSULTATS Section 1 : carte d identité du Bénin dans le cadre de l initiative privée Des sociétés individuelles, peu diversifiées, informelles et de petite taille Des entreprises offrant peu de débouchés à la jeunesse béninoise L initiative privée pour saisir les multiples opportunités existantes Conclusion sur la situation actuelle de l initiative privée au Bénin Section 2 : Les barrières et moteurs de l initiative privée Financement Statistiques et interprétations Les sources de financement existantes La facilité à obtenir du financement Les obstacles à l obtention de financement La demande excessive de garanties Les lourdes formalités administratives Les taux d intérêts L ampleur du secteur informel Pistes pour améliorer la situation Mobiliser l épargne et des investissements étrangers Financer plus particulièrement les jeunes et les femmes Profiter des liens avec la diaspora

12 2.2 Réglementations gouvernementales Statistiques et interprétations Le support à l entrepreneuriat Les formalités de création d une entreprise La lourdeur administrative Le système de taxation Le système juridique Programmes gouvernementaux Statistiques et interprétations Le manque d information sur les programmes gouvernementaux Les programmes gouvernementaux existants L efficacité du support La nécessité de mettre en place un programme de développement intégré Education et formation Statistiques et interprétations Des programmes scolaires inadaptés Réformer l enseignement Une prise de conscience récente et des améliorations embryonnaires Transferts de R&D Statistiques et interprétations La fréquence des transferts de R&D L intérêt des consommateurs pour l innovation La confiance vis-à-vis du respect des droits de propriété intellectuelle Infrastructures commerciales et de services Statistiques et interprétations Ouverture du marché Statistiques et interprétations Les opportunités de création d entreprise La faciliter à entrer dans de nouveaux marchés et l évolution des marchés Infrastructures physiques Statistiques et interprétations Normes culturelles et sociales Statistiques et interprétations L impact de la culture béninoise sur l initiative privée L image sociale de l entrepreneuriat Conditions de base pour permettre le changement Section 3 : Identification des actions prioritaires Bref rappel des barrières et moteurs principaux Les recommandations principales Section 4 : Détails de la mise en œuvre Section 5 : Impact sur la croissance et le développement PARTIE IV. CONCLUSION CHAPITRE 12: RETOUR SUR LA PROBLÉMATIQUE, QUESTION DE RECHERCHE, HYPOTHÈSES 113 CHAPITRE 13 : LIMITES ET PISTES DE RECHERCHES COMPLÉMENTAIRES

13 Introduction Les biais côté enquêteur Biais du côté des enquêtés Les biais liés aux méthodes d enquêtes Pistes de recherche complémentaires PARTIE V. BIBLIOGRAPHIE MONOGRAPHIES OUVRAGES COLLECTIFS ARTICLES SCIENTIFIQUES ET DOCUMENTS DE RECHERCHE MÉMOIRES ET THÈSES DE DOCTORAT SOURCES INTERNET VIDÉOS/BANDES AUDIO/ CONFÉRENCES BASES DE DONNÉES STATISTIQUES PRESSE ÉCRITE COURS OUVRAGES ET ARTICLES DE MÉTHODOLOGIE ETUDES ET PUBLICATIONS OFFICIELLES LOIS, CHARTES ET CONVENTION INTERVIEWS QUESTIONNAIRES NATIONAL EXPERT SURVEY PARTIE VI. ANNEXES CHAPITRE 1 : PRÉSENTATION DES OUTILS D ENQUÊTE Section 1 : Le plan de communication Section 2 : Les grilles d entretiens semi-directifs Section 3 : Le programme de rencontres à Songhaï Section 4: Questions du NES

14 Liste des tableaux Tableau 1: Proportion des interviewés ayant cité le financement parmi les barrières, moteurs et recommandations principales Tableau 2 : Taux effectif annuel du crédit type d une échéance de 12 mois au niveau de 2 imf béninoises Tableau 3 : Proportion des interviewés ayant cité les règlementations gouvernementales parmi les barrières, moteurs et recommandations principales Tableau 4 : Proportion des interviewés ayant cité les programmes gouvernementaux parmi les barrières, moteurs et recommandations principales Tableau 5 : Proportion des interviewés ayant cité l éducation et la formation parmi les barrières, moteurs et recommandations principales Tableau 6 : Proportion des interviewés ayant cité les transferts de r&d parmi les barrières, moteurs et recommandations principales Tableau 7 : Proportion des interviewés ayant cité les infrastructures commerciales et de services parmi les barrières, moteurs et recommandations principales Tableau 8 : Proportion des interviewés ayant cité l ouverture du marché parmi les barrières, moteurs et recommandations principales Tableau 9 : Proportion des interviewés ayant cité les infrastructures physiques parmi les barrières, moteurs et recommandations principales Tableau 10 : Proportion des interviewés ayant cité les normes culturelles et sociales parmi les barrières, moteurs et recommandations principales Liste des Graphiques Graphique 1 : Disponibilité des moyens financiers selon les interviewés Graphique 2 : Rôle joué par les règlementations gouvernementales dans l environnement de l initiative privée selon les interviewés Graphique 3 : Rôle joué par les programmes gouvernementaux dans l environnement de l initiative privée selon les interviewés Graphique 4 : Evaluation par les interviewés du support aux activités entrepreneuriales à forte croissance Graphique 5 : Evaluation par les interviewés du rôle joué par l enseignement dans la stimulation de l initiative privée Graphique 6 : Capacité des béninois à créer et gérer une entreprise selon les interviewés Graphique 7 : Rôle actuel joué par les transferts de r&d selon les interviewés Graphique 8 : Intérêt porté à l innovation selon les interviewés Graphique 9 : Rôle actuel joué par les droits de propriété intellectuelle selon les interviewés 96 14

15 Graphique 10 : perception des infrastructures commerciales comme support à l iniative privée selon les interviewés Graphique 11 : évaluation des opportunités de création d entreprise selon les interviewés Graphique 12 : évaluation de l ouverture du marché selon les interviewés Graphique 13 : perception des infrastructures physiques comme support à l initiative privée selon les interviewés Graphique 14 : rôle actuel des normes culturelles et sociales dans le cadre de l initiative privée Graphique 15 : l image sociale de l entrepreneuriat selon les interviewés Graphique 16: support aux femmes dans le cadre de l initiative privée selon les interviewés Graphique 17 : classement des barrières principales Graphique 18 : classement des moteurs principaux Graphique 19 : classement des recommandations principales

16 Partie I : Introduction Chapitre 1 : Préface Avant d entrer dans le vif du sujet, il semble intéressant et important de clarifier la raison du choix du sujet de l étude. Ce mémoire clôt cinq années d études d ingénieur de gestion à la Solvay Brussels School of Economics and Management (SBSEM- ULB). Ce cursus fut l occasion d approfondir de nombreuses matières et de développer des compétences variées. Cependant, au terme de celui-ci, certains thèmes restaient inexplorés. Le besoin d explorer le thème de l économie du développement, largement ignoré dans le cursus suivi, fut nourri par un intérêt très particulier pour ce domaine cependant méconnu. Rédiger un mémoire sur le développement n est pas un choix anodin. Le choix de cette direction est motivé par la volonté de contribuer à l amélioration de la situation globale, même si l écriture de ce mémoire fut surtout l occasion de découvrir sa complexité. En 2010, l année de mon entrée en Master, la réforme des programmes a entraîné la suppression de l option développement qui était jusque-là disponible, et a donc éliminé l opportunité qui se présentait auparavant d en apprendre plus sur ce domaine. C est dans le but de tout de même découvrir le domaine de l économie du développement que j ai contacté Monsieur Platteau dans le cadre de mon mémoire. Une problématique non encore explorée et pouvant être digne d intérêt fut recherchée et c est suite à ces recherches et réflexions que le thème de l initiative privée et de son lien avec le développement d une nation fut choisi. Ce choix avait l avantage de combiner une étude sur la thématique du développement avec la thématique de l entrepreneuriat, qui est l option de mon master. Suite à l approbation de ce thème par M. Platteau et M. Verstraeten, la recherche a pu commencer. Ce travail commence par une définition du contexte actuel, de la problématique précise, de la question et des hypothèses de recherche. Ensuite, il contient une analyse de la littérature dont le but est d évaluer et de comparer la position de nombreux auteurs quant à cette problématique. La méthodologie de recherche et de traitement des données utilisée est alors définie. Enfin, l analyse des données permet de vérifier ou d infirmer les hypothèses de base et de répondre à la question de recherche définie initialement. 16

17 Chapitre 2 : Contexte On a observé au cours de ces 10 dernières années des taux de croissance importants en Afrique (African Economic Outlook ). Cette croissance est vouée à perdurer plusieurs décennies selon de nombreux analystes et apparaît alors que le contexte mondial est loin d être favorable en raison notamment des récentes crises alimentaire et financière. En effet, les pays africains ont affiché des taux de croissance record avant la crise financière, ont connu une reprise économique relativement rapide après celle-ci, et devraient atteindre une croissance économique rapide dans les années à venir. Par exemple, selon le magazine Finances et Développement, une croissance économique africaine de plus de 5% est attendue entre 2010 et 2060 (Finances & Développement, 2011). D autres experts craignent cependant qu un retournement de conjoncture ralentisse fortement la croissance qui est encore dépendante du prix des matières premières si les pays africains ne parviennent pas à diversifier leurs sources de revenus. Cependant, les bonnes performances économiques des pays exportateurs de matières premières sont également atteintes dans des pays africains peu riches en matières premières, ce qui est de bon augure pour l Afrique (Severino & Ray, 2010). D après le Rapport 2011 sur les progrès de l Afrique «Celui qu on qualifiait de continent désespéré il y a dix ans est incontestablement devenu le continent de l espoir ( )» (Africa Progress Panel, 2011, p.6). Cependant, il ne faut pas se réjouir trop tôt car, même si cette croissance attendue est une excellente nouvelle pour le continent africain, il faudra plusieurs décennies de croissance pour combattre la pauvreté actuellement très importante et il faudra mettre en place des mesures pour réduire les inégalités (Finances & Développement, 2011). De plus, bien que de nombreuses tendances pour le futur créent des opportunités pour les pays africains, elles induisent également certains risques. Plusieurs éléments semblent pouvoir jouer un rôle pour favoriser la croissance économique. C est notamment le cas de la croissance démographique rapide et de la proportion importante de jeunes en Afrique qui est supérieure à celle de tous les autres continents. D ici 2050, un quart de la population mondiale sera africaine selon l Institut National des Etudes Démographique (Afrique Avenir, 2011). En effet, d ici 2050, la population d Afrique subsaharienne devrait atteindre 1,5 à 2 milliards de personnes alors qu elle n atteignait que 770 millions d habitants en 2005 (FAO, 2009). Si l on considère la main d œuvre africaine en âge de travailler, elle atteint actuellement 500 millions de personnes et comprendra plus de 1,1 milliard de personnes en 2040 (Africa Progress Panel, 2011). Il y a actuellement en Afrique 200 millions de jeunes entre 15 et 24 ans qui représentent donc plus de 20 % de la population et 37% de la population en âge de travailler (FIJ, 2011). Cette population jeune est une opportunité pour l Afrique bien qu elle puisse être une menace si on 17

18 ne parvient pas à en tirer avantage. En effet, ces jeunes sont les principales proies du chômage puisqu ils représentent actuellement 60% du total des chômeurs. (FIJ, 2011). Ils souffrent également fortement du sous-emploi et n ont souvent pas d autre solution que de travailler pour un salaire misérable. Selon l IDA ( ), 72 % des jeunes africains sont contraints à vivre avec moins de deux dollars par jour. Si on valorisait les ressources humaines du continent et que des possibilités d emploi ou de création d entreprise étaient offertes à ces jeunes, ils pourraient représenter un moteur important de la croissance économique. En effet «l Afrique pourrait bénéficier à son tour du dividende démographique 4» (Severino & Ray, 2010, p.110). Selon un rapport récent de la Banque Africaine de développement (BAD, 2011), l Afrique pourrait devenir d ici 50 ans l une des économies les plus dynamiques mondialement si elle s en donnait les moyens en investissant dans les infrastructures et dans sa jeunesse. Le rapport estime que la production totale et celle par habitant s accroîtront de manière constante pendant 50 ans, entre 2010 et 2060 et que, en 2060, la plupart des pays africains deviendront des pays à revenus intermédiaires supérieurs (BAD, 2011). Un deuxième moteur de la croissance pourrait résider dans une meilleure valorisation des ressources naturelles du continent. En effet, l Afrique est un continent riche en ressources naturelles précieuses. Si jusqu ici les plus gros bénéficiaires de cette situation favorable n ont que rarement été les populations africaines, la situation pourrait bien évoluer et tourner à leur avantage dans le futur (BAD, 2008). La demande en matières premières est vouée à augmenter dans le futur ce qui offre de nouvelles opportunités pour le continent africain. Il est cependant nécessaire d éviter que ce potentiel d exploitation des matières premières ne ralentisse le développement des autres secteurs de l économie. C est pourquoi d importants investissements doivent être faits pour permettre à divers secteurs de se développer. L Afrique aurait besoin annuellement de 93 milliard de dollars pour remplir ses besoins en investissements (Africa Progress Panel, 2011, p.18). Sans investissements dans les différents secteurs de l économie, la dépendance de l Afrique vis-à-vis de l extérieur subsistera. Une tendance intéressante est celle des investissements directs étrangers qui ont triplé au cours de la période (Les Afriques, 2011). Ce nouvel attrait du continent pour les investisseurs étrangers est un bon signe pour le futur. Les échanges commerciaux avec les pays émergents comme la Chine, l Inde et le Brésil jouent également un rôle dans la croissance africaine. De plus, ces pays investissent en Afrique et y développent des infrastructures. Selon l IMF, le commerce avec l Inde passera de 3 milliards de dollars en 2000 à 70 milliards en 2015 et celui avec la Chine de 10 milliards en 2000 à 110 milliards en À nouveau, la relation de l Afrique avec les pays émergents serait rendue moins dangereuse si les économies africaines évoluaient vers une diversification de leur production (Finances et développement, 2011). 4 Selon Severino et Ray (2010, p.110), «le dividende démographique fait référence aux bénéfices économiques du stade de la transition démographique caractérisé par un faible taux de dépendance (nombre de jeunes et de personnes âgées qui dépendent des revenus de la population active entre 15 et 64 ans)». 18

19 D autres moteurs du développement futur sont l urbanisation croissante du continent et la densification des territoires. En effet, «lorsque les villes ne représentaient que 5 à 10% de la population, le marché urbain, souvent éloigné du lieu de production, ne constituait pas un débouché suffisamment rémunérateur pour les agriculteurs. ( ). Mais le basculement urbain nous permet aujourd hui d envisager un véritable renversement de la donne agricole africaine. ( ). La campagne subsaharienne est en voie d acquérir les moyens de sa modernisation (Severino & Ray, 2010, p.109). Le secteur agricole est un secteur qui offre des opportunités de croissance importantes pour le futur. En effet, ce secteur est actuellement sous- exploité et a été délaissé ces dernières années. La production agricole africaine a chuté de 10% alors que la production mondiale s est accrue de 145% (Finances et développement, 2011). De plus, comme Adam Smith l avait énoncé en parlant de l Angleterre, «le regroupement des populations encourage le développement du commerce et la hausse de la productivité» (Severino & Ray, p.109). La densification et l urbanisation croissante en Afrique vont donc jouer un rôle dans la croissance du continent. Cependant, encore une fois, dans cette opportunité résident de nombreux risques car l urbanisation croissante tend à amplifier la pauvreté urbaine et la naissance de bidonvilles. De plus, on voit déjà aujourd hui une classe moyenne émerger et croître en Afrique atteignant 34% de la population en 2010 (355 millions de personnes) en raison de l évolution rapide des deux dernières décennies. La classe moyenne, définie comme celle qui possède un revenu journalier se situant entre 4 et 20 dollars, atteindra 42% de la population en 2060 selon les estimations des analystes (Finances & Développement, déc. 2011). L apparition d une classe moyenne est, comme cela fut observé dans de nombreuses économies par le passé, un moteur important du développement. En effet, la classe moyenne possède un pouvoir d achat supérieur qui lui permet d augmenter son niveau de consommation et donc de stimuler l économie. Selon un rapport de McKinsey (2010), 221 millions de nouveaux africains auront accès au marché des biens de consommation de base d ici 2015 en raison notamment de la croissance du PIB par habitant et de l urbanisation croissante. De plus, si en 2010 la part de la population contrainte à vivre avec moins de 1,25 $/jour s élève encore à 44%, elle chutera pour atteindre 33% en La pauvreté va donc, selon les experts, diminuer sans toutefois disparaître dans les prochaines décennies (BAD, 2011). Elle est et restera un problème sérieux, auquel de nombreux pays africains vont devoir faire face. Le secteur public ne saurait faire face seul à ce phénomène. Le secteur privé, les ONG, les organisations locales ont un rôle important à jouer en Afrique subsaharienne pour permettre aux pays de se développer et de faire face à la pauvreté (Finances et Développement, 2011). 19

20 Cette étude vient donc s insérer à un moment clé de l histoire des pays africains. En effet, s ils trouvent les moyens de saisir les multiples opportunités qui s offrent à eux, ils pourraient bien être les pays émergents de demain. Par contre, si rien n est mis en place pour les saisir, la situation pourrait bien se détériorer pour une portion importante de la population. Cette étude envisagera l une des pistes qui permettrait à l Afrique de prendre ce virage primordial de son histoire et de sortir de sa situation de dépendance vis-à-vis de l extérieur. 20

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