Parcours de vie & intervention sociale : l impensé du genre. Filles et garçons : accompagner vers l âge adulte

Dimension: px
Commencer à balayer dès la page:

Download "Parcours de vie & intervention sociale : l impensé du genre. Filles et garçons : accompagner vers l âge adulte"

Transcription

1 Parcours de vie & intervention sociale : l impensé du genre Journée d étude du 9 novembre 2010 Organisée par la MiRe (Mission Recherche) de la DREES (Direction de la Recherche, de l Evaluation, des Etudes et des Statistiques du Ministère de la Santé et des Sports), en collaboration avec l ETSUP (Ecole Supérieure de Travail Social) Communications de la 1 ère table-ronde Filles et garçons : accompagner vers l âge adulte - Adolescent(e)s : des pratiques de placements différenciées? Jacinthe MAZZOCCHETTI - L invisible délinquance (violence) des jeunes filles. Regard historique. Véronique BLANCHARD - Parcours en protection de l enfance : inégalités de genre. Isabelle FRECHON, Stéphanie BOUJUT, Didier DRIEU

2 Adolescent(e)s : des pratiques de placements différenciées? par Jacinthe MAZZOCCHETTI, Docteur en Anthropologie Chargée de cours et de recherches LAAP-CIRFASE-UCL Chercheuse associée Université d Amsterdam - Programme "Culturalisation of citizenschip" - Cette communication repose sur une démarche de terrain de type ethnographique. Elle s appuie sur trois recherches principales réalisées en Belgique. Une recherche menée dans une institution de placement judiciaire pour mineures délinquantes (Mazzocchetti, 2005). Deux études toujours en cours. La première autour des questions de violence au sein des relations amoureuses adolescentes (Mazzocchetti, 2009). Et la seconde sur la thématique des «bandes urbaines» (Mazzocchetti, 2010a). Après une rapide présentation des politiques en matière de protection de la jeunesse en Belgique, je mettrai l accent sur les ambiguïtés inhérentes au système, recentrant mon propos sur la gestion différenciée en fonction des origines sociales, culturelles et du genre. La question d une judiciarisation des conduites à risques des jeunes filles sera soulevée. J aborderai ensuite les répercussions différenciées au sein des trajectoires de vie à partir de la question des «réputations». 1) Cadre juridique et institutionnel Les Institutions de Protection de la Jeunesse (IPPJ) sont les institutions qui en Belgique accueillent les mineurs dits «délinquants». Chaque placement, ordonné par un juge de la jeunesse, est précédé d'un dossier pour un fait qualifié «infraction». Résultat d'une loi aux accents sanctionnels et éducationnels, les IPPJ se placent entre protection et répression. En effet, en Belgique, depuis 1991, il y a séparation des mesures concernant les mineurs en danger et les mineurs délinquants. En ce qui concerne les mineurs «délinquants», le côté sanction et la responsabilité sont plus clairement notifiés qu'auparavant. Le régime juridique des mineurs reste cependant distinct du régime des adultes (sauf en cas de dessaisissement) et doit, selon le droit international comporter un aspect éducationnel. Nous verrons que dans les faits cependant, la distinction entre mineurs délinquants et mineurs en danger est loin d être claire. Les mineurs en danger et les mineurs délinquants partagent, par ailleurs, en bonne partie le même circuit institutionnel et ont affaire aux mêmes intervenants (Franssen, 2003 : 174). 2) Gestion différenciée des dossiers De l ambivalence juridique entre répression et protection, découle une ambiguïté entre les actes posés et les réponses reçues. Le passage au judiciaire n est pas directement corrélé à la gravité du ou des actes commis. Il dépend de divers éléments. Pour un «fait» similaire, on observe des réponses très différentes en fonction des ressources du jeune et de sa famille ou encore du juge responsable du dossier ainsi qu une balance entre judiciarisation et psychiatrisation, en particulier des formes de violence retournée Parcours de vie et intervention sociale : l impensé du genre Communication Mazzocchetti Novembre

3 contre soi. Bien entendu, il ne s agit pas de nier la réalité de certains actes délictueux, mais la réponse qu'ils reçoivent dépend du jeune, de son histoire, de ses ressources (matérielles, sociales...) et du contexte dans lequel s'inscrivent à la fois son délit et son placement (juge, nombre de places dans les institutions ). Premièrement donc, les contingences. L'urgence des situations amène parfois certains magistrats à prendre des mesures précipitées. Une pratique de placements au coup par coup est observée, sans base de critères objectifs. Le placement dans un IPPJ ne s'inscrit pas toujours comme l'ultime mesure. Ce sont parfois des facteurs strictement organisationnels qui poussent à la judiciarisation : un juge ou un autre, un jour de semaine ou de week-end C'est par exemple le cas flagrant du vendredi soir où l'intervention du parquet est rendue nécessaire par l'absence de permanence du SAJ (Service d Aide à la Jeunesse) (Franssen, 2003 : 168). Deuxièmement, la majorité des jeunes placés proviennent de familles précarisées économiquement et/ou socialement. D une part, les liens établis entre exclusion sociale et insécurité laissent supposer que les personnes précarisées peuvent s'avérer dangereuses, entre elles et pour les autres (Schaut, 2001). D autre part, le manque de ressources des familles joue sur les possibilités de trouver des solutions de dérivation. La surreprésentation des jeunes issus de milieux précaires ne reflète pas les comportements délinquants au sein de la société. Les comportements délinquants sont en réalité distribués socialement de manière bien plus équilibrée que ne le laissent entendre les données officielles (De Fraene, Moreau, 2003 : 43). Troisièmement, on observe également une sur-criminalisation des jeunes issus de l'immigration. Ils sont d une part bien plus souvent interpellés indépendamment de toute infraction flagrante, lors notamment de contrôle d'identité. Tout se passe comme si le fait d'être jeune et étranger suffisait à fonder l'hypothèse de dangerosité. D autre part, sans nier les faits délictueux commis par certains jeunes d'origine étrangère, de très nombreuses études montrent qu'ils sont davantage discriminés à tous les stades du système judiciaire, depuis l'interpellation par la police jusqu'à la sanction, qu'ils subissent une inégalité pénale (Réa, 2001 : 34). Ces jeunes combinent les stigmates de la pauvreté «effrayante» et de l origine incriminée. Quatrièmement, comme je le développerai ci-après, des différences subsistent dans le traitement des dossiers selon des critères genrés. 3) Une entrée en institution différenciée selon le genre Ces observations reposent sur une étude de terrain (6 mois d observation en IPPJ, des récits de filles durant le placement, des récits de filles sorties d institution depuis plusieurs années, des récits d équipes éducatives et de juges, un accès aux dossiers ). Beaucoup des jeunes filles placées ont été victimes de maltraitances. La majorité d entre elles sont par ailleurs dans des logiques de violences retournées contre soi. Même les filles placées en section fermée, dossiers en principe les plus lourds, le sont majoritairement pour raisons de fugues ou de toxicomanies. Il est par ailleurs précisé dans le projet pédagogique de l institution que les jeunes filles ne font pas uniquement l'objet d'un placement au sein d'un IPPJ en raison d un acte délinquant, mais aussi dans le cadre d'une prise en charge plus globale de leur personne. Parcours de vie et intervention sociale : l impensé du genre Communication Mazzocchetti Novembre

4 Vu le temps imparti, je ne donnerai ici qu un seul exemple. Samira, 16 ans, est d'origine maghrébine (Maroc). Elle est arrivée en Belgique avec ses parents quand elle était petite. Les équipes ne savent pas grand-chose de son histoire. Son père est décédé et sa maman est retournée au Pays. Actuellement, elle n'a plus de famille ici. Avant d arriver à l IPPJ, elle a fait un long passage par la rue et certains réseaux de prostitution. Quand la police l a trouvée, elle dormait dans une gare. Ces quelques bribes de son histoire me permettent de mettre le doigt sur l écart existant entre ce qu on l on pourrait imaginer autour des notions de «délinquance», de «placement judiciaire» et la complexité des histoires de vie. Un audit interne à l institution révèle «un non-respect flagrant de critères d'admission» et des motivations protectionnelles récurrentes. Les juges rencontrés m ont par ailleurs confirmé que dans l'urgence, afin de retirer un jeune d'un milieu «à risque», de mise en danger, la politique de «l acte délinquant-prétexte», pour être en accord avec la loi, est souvent utilisée : «Moi, quand le mineur est en danger. Je place. On trouve n'importe quoi dans son dossier, vol de rouge à lèvre ou je ne sais pas, mais on le place pour le protéger». La judiciarisation des comportements de mises en danger des jeunes filles repose sur différents facteurs. Le premier est lié aux représentations, esquissées ci-avant, des «jeunes», en particulier issus des milieux précaires et de l immigration, comme nouvelles classes dangereuses. L'idéologie «américaine» du choc, de la leçon à donner, de l'arrêt à signifier influence de plus en plus la politique belge en matière pénale (Wacquant, 2002). Le second s inscrit dans cette ambiguïté des idéologies et des lois qui concernant les mineurs d âge et le rôle des parents. Les politiques de désinstitutionalisation ont pour revers des placements plus radicaux par manque d'intermédiaires (Franssen, 2003). Se surajoutent à ces facteurs, présentés très grossièrement, des critères genrés. Premièrement, la déviance au féminin reste beaucoup plus dramatisée socialement que celle au masculin. Les mesures de placement sont prises plus rapidement. D un côté, même si les mentalités évoluent, les moteurs de placement des jeunes filles restent sensiblement identiques à travers le temps. Le vagabondage est devenu fugue, les grossesses hors mariage sont devenues précoces, mais les motifs avant tout de «protection» restent premiers. De l autre, les comportements, par exemple de violence, du côté des filles ne correspondent pas aux stéréotypes de genre et sont donc beaucoup plus vite dramatisés (Mucchielli, Le Goaziou, 2009). Deuxièmement, le double mandat de répression et de protection, le grand nombre de filles victimes d'abus et le manque de places dans les institutions privées favorisent une politique du «placement d'urgence» dans les IPPJ. Ces institutions, étant en Belgique, les seules à ne pouvoir refuser un mineur si ce n'est par manque de place. Parcours de vie et intervention sociale : l impensé du genre Communication Mazzocchetti Novembre

5 4) Un placement à conséquences Ces placements durs, connotés, stigmatisant ont des conséquences importantes sur la suite des trajectoires de ces jeunes. Conséquences qui m ont amenée à poser l hypothèse du placement comme risque (Mazzocchetti, 2010b). Je n ai malheureusement pas la possibilité de développer cette question dans le cadre de cette communication. Je mettrai dès lors l accent sur un seul aspect : l enjeu des réputations. Les jeunes filles racontent être, suite au placement, enfermées dans une image. Elles sont devenues «des filles de l'ippj», c'est-à-dire, selon leurs propres mots : «des délinquantes, des droguées, des salopes, des filles faciles». Elles expliquent notamment que les garçons, mais aussi les hommes de leur entourage, ne les respectent plus. Bien que des processus similaires de stigmatisation et d étiquetage se retrouvent du côté des garçons placés (et jouent par exemple sur le fait de trouver une école, un emploi ), ce type de placement peut receler une connotation positive au sein de la bande de copains, ajoutant à la construction d une image de «caïd». Au sein des groupes de pairs, de certains quartiers, avoir une «réputation» est fondamental et repose avant tout sur les conduites de provocation et de bagarres. Dans les «bandes» fréquentées, les hiérarchies se reconstruisent au jour le jour en fonction du courage, de la bravoure, de la réputation de chacun et le passage par la prison peut être un facteur clef de construction de cette réputation (Bailleau, 2009 ; Chantraine, 2008). Du côté des filles, les questions de réputation, au contraire, ont bien souvent une incidence très négative (Clair, 2008). Elles sont particulièrement aux prises avec cet enjeu de réputation et ses conséquences à tout niveau : en famille, en couple, en amitié. «Avoir une réputation», pour les filles, est une expression qui parfois s auto-suffit. Avoir une réputation, autrement dit «être pute», «ne pas être sérieuse», a des effets qui peuvent être particulièrement violents. Une jeune fille considérée comme «pute» ne mérite par exemple pas le respect Notons que, d'un côté comme de l'autre, cet enjeu de la réputation participe au renforcement des conduites qui ont précédé le placement, qu'il s'agisse des carrières délinquances ou des mises en danger de soi. Ouverture Pour conclure, j aimerais soulever la question des projets institutionnels qui découlent des représentations différenciées des comportements à risque des jeunes filles et des jeunes garçons ainsi que celle de leurs répercussions en termes de prise en charge. Pour les filles, il s agit avant tout de les protéger d elle-même, des autres, de leur milieu. Pour les garçons, il s agit surtout de protéger la société, de les «recadrer». Ainsi, nous l avons vu, le présupposé des jeunes filles «victimes», «faibles» et dès lors qui doivent être protégées a pour conséquence des interventions parfois disproportionnées, une oscillation plus visible entre judiciarisation et psychiatrisation. Les filles sont placées plus vite, le plus souvent pour des motifs protectionnels, sans prise en compte de l impact sur leurs trajectoires de vie de ce placement judicaire. Parcours de vie et intervention sociale : l impensé du genre Communication Mazzocchetti Novembre

6 Dans les institutions pour jeunes femmes, le balancier vacille, avec de multiples ambiguïtés et questionnements, entre soin et contrôle. L'ambivalence entre protection et répression est à son paroxysme. Ceci dit, ces injonctions contradictoires permettent que le relationnel, le travail autour de l estime de soi y soient valorisés. Ce qui n est pas le cas dans les institutions pour garçons où le cadre, l hétéro-contrôle sont généralement priorisés. En découlent, une attention moins soutenue au mal-être des jeunes garçons, une politique de la sanction et de la responsabilisation encore plus prononcée alors que les uns et les autres, sous des formes différenciées, sont de plus en plus dans la violence retournée contre soi. Le suicide étant, entre autres, la deuxième cause de mortalité chez les adolescents, après les accidents, et la première chez les hommes entre 25 et 35 ans. Bibliographie sélective Bailleau F., 2009, «Jeunes et politiques publiques. Comment juger et punir les jeunes», mis en ligne en février Chantraine G. (dir.), 2008, Trajectoires d enfermement, récits de vie au quartier mineurs, Paris, CESDIP. Clair I., 2008, Les jeunes et l amour dans les cités, Paris, Armand Colin. De Fraene D., Moreau T., 2003, La prise en charge des mineurs délinquants par la communauté française, Rapport de recherche. (Ce rapport est aujourd'hui publié) Franssen A., 2003, Dix ans de décret de l'aide à la jeunesse: des principes aux pratiques, L'aide à la jeunesse à l'épreuve de la déjudiciarisation, Namur, Editions jeunesse et droit. Mazzocchetti J., 2005, L adolescence en rupture : le placement au féminin. Une enquête de terrain, Louvain-la-Neuve, Academia-Bruylant. Mazzocchetti J., 2009, «Pornographisation et relations amoureuses des adolescents», in J. Marquet et Ch. Janssen eds, Amours virtuelles. Conjugalité et Internet, Louvain-la-Neuve, Academia-Bruylant, pp Mazzocchetti J., 2010a, Gangs, locality and identities in Brussels, to be published. Mazzocchetti J., 2010b, «Filles en institutions. Un placement à risque?», VST - Vie Sociale et Traitements, n 106, pp Mucchielli L., Le Goaziou V., 2009, La violence des jeunes en questions, Paris, Champ Social. Réa A., 2001, Jeunes immigrés dans la cité, Bruxelles, Labor. Schaut C., 2001, «Les nouveaux dispositifs de lutte contre l'exclusion sociale et l'insécurité en Belgique francophone : orientations, mise en œuvre et effets concrets», Sociologie et sociétés, vol. XXXIII.2, pp Wacquant L., 2002, Les prisons de la misère, Paris, Raisons d'agir. Parcours de vie et intervention sociale : l impensé du genre Communication Mazzocchetti Novembre

7 L invisible délinquance (violence) des jeunes filles. Regard historique. Par Véronique BLANCHARD, Docteure en Histoire Formatrice chercheuse à l'ecole nationale de Protection Judiciaire de la Jeunesse (EN-PJJ) - Responsable du centre d'exposition historique «Enfants en justice» Article à paraître prochainement dans la revue Champ pénal/penal Field : Volume VIII sur le thème «Penser la violence des femmes», numéro dirigé par C. Cardi et G. Pruvost. Parcours de vie et intervention sociale : l impensé du genre Communication V. Blanchard - Novembre

8 Parcours en protection de l enfance : inégalités de genre Par Isabelle FRECHON, CNRS (UMR8085) INED Stéphanie BOUJUT, INED Didier DRIEU, Université de Caen Les recherches dans le champ de l éducation ont permis d éclairer les origines des différences de comportements entre les sexes, montrant ainsi qu elles sont socialement construites depuis la prime enfance. D abord par l éducation au sein de la famille, à la fois avec le rôle différencié entre le père et la mère mais aussi les comportements différenciés des parents à l égard d une fille ou d un garçon (Lamb M. E., 1997 ; Coslin P.G., 2007). Les supports pédagogiques et éducatifs comme les jouets sont sexuellement stéréotypés (Vincent, 2001), tout comme les albums pour enfants (Brugeilles, Cromer & Cromer, 2002) où les rôles des pères et mères y sont présentés sur un mode traditionnel qui vont à leur tour favoriser la distinction de comportements entre les filles et les garçons. Les études de genre portant sur cette question dans les institutions socialisant les enfants, en premier lieu l école, ont mis ainsi en évidence les influences des instituteurs dans l apprentissage, favorisant l orientation des garçons vers les filières scientifiques, plus valorisées, au détriment de l orientation des filles qui, du fait d une moindre estime d elles-mêmes et d un comportement auto excluant des filières prestigieuses, s orienteront davantage dans des études littéraires ou en sciences sociales (Duru-Bellat, 2004). Notons toutefois quelques exceptions à ces comportements sexués, qui dans le champ de la protection de l enfance peuvent faire sens : les résultats scolaires des filles et garçons en milieu populaire sont relativement différents de ceux des autres classes sociales. L image de la mère au foyer assignée aux tâches domestiques semble encourager les filles à poursuivre leurs études afin de dépasser ce statut féminin relié négativement à la sphère familiale (Battagliola, 1985). D autres lieux de socialisation tels que les crèches et les centres de loisirs mettent en évidence les représentations sexuées des adultes quant à leurs attentes différenciées pour les filles et pour les garçons (Murcier N., 2005). Tout ceci contribue à la différentiation normative de l identité sexuée attendue et socialement sanctionnée entre les filles et les garçons. Pour autant les lieux de prise en charge des enfants protégés n ont pas fait l objet de recherche à partir d une interrogation en termes de genre. Entre 2006 et 2008, nous avons mis en place une étude sur les trajectoires institutionnelles de prise en charge d une cohorte d enfants placés d une part, pour mieux connaître les parcours en protection de l enfance qui restent une donnée manquante dans le cadre de l observation de Parcours de vie et intervention sociale : l impensé du genre Communication I. Frechon, S. Boujut et D. Drieu - Novembre

9 l enfance protégée et d autre part, pour interroger ces parcours relativement à une dimension genrée (Frechon, 2009). Plusieurs questions nous ont orientées tout au long de cette étude : entre-t-on de la même manière dans le système de protection de l enfance que l on soit une fille ou un garçon? Vont-ils connaître le même type de parcours de prise en charge? Vont-ils bénéficier des mêmes aides? Et à terme de leur parcours de prise en charge, quelles seront leurs conditions de sorties du système de protection? Les a priori sur les motifs d entrée différenciés selon le sexe et relégués par des données statistiques (ODAS, 2005, 2006 ; SNATEM site web) ont-ils un fondement réel ou cachent-ils des comportements différenciés et attendus de chaque sexe? En effet, on a coutume d entendre que les filles sont plus victimisées que les garçons et que ces derniers sont davantage protégés du fait de problèmes de comportements. Nous avons souhaité interroger ces représentations ordinaires en rompant avec l observation transversale captant un phénomène à une date ou une période donnée, pour prendre en compte la dimension du genre dans les trajectoires institutionnelles de placements. Nous avons alors tenté d aller au-delà de l observation par motif d entrée à une date donnée pour retenir chaque motif d entrée dans l ensemble du parcours de prise en charge, ainsi que les révélations de maltraitance une fois l enfant protégé. Pour répondre à cet ensemble de questionnement, une étude à partir des dossiers archivés n aurait pas suffit, c est pourquoi nous y avons associé une série d une trentaine d entretiens auprès des différents acteurs de la protection de l enfance qui, à un moment ou un autre du parcours de ces jeunes, ont un réel pouvoir décisionnel. Ont-ils une réflexion en termes de genre dans leur action quotidienne? Font-ils des distinctions quant aux problématiques des jeunes selon leur sexe? Ou bien est-ce une question qui ne fait pas sens pour eux? Nous n aurons pas le temps de présenter l ensemble des résultats de cette étude et préférons nous concentrer sur les trajectoires institutionnelles qui sont typiquement reliées au sexe de l enfant et à son comportement. La présentation de la méthode de recherche est néanmoins nécessaire pour présenter ces principaux éléments. Méthode d enquête : 809 parcours institutionnels de prise en charge L objectif de cette enquête a été de reconstruire les parcours de prise en charge d une cohorte d enfants ayant atteint 21 ans, l âge limite de la protection de l enfance en France. Ils sont tous nés la même année (au milieu des années 80), ils ont connu au moins un placement au cours de leur jeunesse (quelle que soit sa durée) et sont sortis du système de protection de l enfance après l âge Parcours de vie et intervention sociale : l impensé du genre Communication I. Frechon, S. Boujut et D. Drieu - Novembre

10 de 10 ans 1. Cette étude exhaustive, à partir d archives judiciaires et administratives, a été réalisée dans deux départements : en Ile-de-France et en province. A l aide des méthodes de collectes biographiques, les parcours de prise en charge de 809 jeunes de leur naissance à 21 ans ont pu être reconstitués. En nous appuyant sur ces différents écrits présents dans les dossiers (signalements, évaluations écrites des travailleurs sociaux, ordonnances, rapports médico-légaux ) l ensemble des raisons motivant chaque début et chaque fin de mesure ont été recueillies sans hiérarchisation de celles-ci. Les situations des jeunes sont donc analysées ici au travers des écrits servant à la décision de prise en charge pouvant masquer la situation réelle des jeunes. Au total 809 trajectoires d enfants ont été reconstituées. Plus de garçons protégés que de filles La cohorte d enfants telle qu elle a été observée ne représente «que» la moitié des jeunes pris en charge en protection de l enfance. Deux grands manquants dans cette étude : les jeunes entrés et sortis définitivement du système de protection avant l âge de 10 ans (estimé sur un département à 14%) et les jeunes qui n ont bénéficié que de mesures en milieu ouvert 2 (estimés sur un département à 36%). Dans cette cohorte d ensemble, les garçons sont un peu plus nombreux que les filles (G : 55% - F : 45%). Parmi ceux de l étude (avoir connu au moins un placement et être sortis après 10 ans), les proportions sont les mêmes. En revanche les filles sont proportionnellement plus nombreuses à avoir connu des parcours de placements courts et précoce (G : 46% - F : 54%) et à l inverse les garçons connaissent davantage de parcours de protection uniquement en milieu ouvert (G : 59% - F : 41%). Cette différenciation de type de prises en charge se retrouve aussi parmi les enfants ayant connu au moins un placement. On laissera davantage un garçon dans son milieu familial avec une mesure en milieu ouvert qu une fille (Frechon, Robette, 2010). Une lecture stéréotypée des comportements des filles et des garçons. Les motifs de prises en charge différent selon l âge et le sexe de l enfant. Dans la petite enfance, on les protège de maltraitances mais aussi des situations familiales rendant l enfant vulnérable au sein de cet entourage. A l adolescence, le jeune est davantage considéré pour ses propres attitudes qui sont souvent révélatrices d un dysfonctionnement familial. A partir de la majorité, les évaluations de la situation laissent largement la place aux motifs plus dynamiques d une possible insertion 1 Cette seconde restriction est liée aux conditions d archivage des dossiers de l Aide sociale à l enfance. Les dossiers les plus anciens étant classés aux archives départementales, il aurait été particulièrement difficile de les récupérer et les efforts déployés n étaient pas à la mesure de notre objectif initial. 2 les mesures en milieu ouvert : AEMO (mesure judiciaire) et AED (mesure administrative) sont des mesures éducatives ici à domicile, c'est-à-dire que l enfants est pris en charge par un éducateur (une éducatrice) au sein de sa famille. Parcours de vie et intervention sociale : l impensé du genre Communication I. Frechon, S. Boujut et D. Drieu - Novembre

11 socioprofessionnelle. Tout se passe comme si l enfant victime cessait de l être le jour de sa majorité pour devenir un jeune adulte comme les autres. Les filles sont effectivement davantage entrées pour des raisons de maltraitance que les garçons (G : 27% - F : 44%) à cela s ajoute une plus grande facilité à se confier puisque un tiers d entre elles ont révélé des mauvais traitements une fois protégée (G : 15% ; F : 34%).. En se concentrant plus particulièrement sur les comportements des filles et des garçons qui vont motiver les prises en charge, nous considérons de fait les jeunes au moment leur adolescence. Plus de deux jeunes sur cinq sont entrés pour des problèmes de comportements mais cette définition recouvre des situations fortement genrées : aux attitudes hétéro-agressives masculines s opposent les comportements d auto agressivité des adolescentes (tableau 1). Ces comportements sont à prendre comme la traduction d un mal-être comme le signifie ce juge des enfants. ça se manifeste de manière différente, chez les filles quand elles ne vont pas bien elles vont se mettre en danger dans leur corps, avoir des relations sexuelles précoces, sans protection avec des risques de grossesse. Chez les garçons ça va être des passages à l acte délinquants. Oui c est sûr qu au même âge le mal être se manifeste différemment. C est des mises en danger des garçons mais d une autre manière quoi, en volant une voiture, en faisant les fous en descendant les étages de chez eux. On a plus de prise sur eux quand il y a de la délinquance. Ca c est évident avec les garçons qui se mettent en danger on a une prise, avec les filles beaucoup moins, si elles ne commettent pas de délinquance on se retrouve à devoir les laisser retourner chez elles sans rien pouvoir faire. (Juge des enfants) Tableau 1 : Les comportements mentionnés dans les dossiers selon le sexe Filles Garçons Total Infraction dont 6% 25% 16% - Actes de violence 5% 19% 13% - Vol 4% 22% 14% - Outrage à agent 2% 6% 4% - Détention de produits illicites 1% 4% 2% - Autres délits 1% 5% 3% Toxicomanie 6% 6% 6% Tentatives de suicide 18% 4% 10% Fugues 26% 16% 21% Pbs alimentaires 7% 1% 4% Attend un enfant 14% 1% 7% Lecture : 26% des filles de la cohorte ont fugué au moins une fois Si les deux sexes présentent des problèmes de comportements, ils ne se traduisent pas de la même manière et les stéréotypes du genre viennent ici alimenter très sérieusement ces évaluations différenciées : les filles se mettent en danger par les fugues, les tentatives de suicides, les problèmes Parcours de vie et intervention sociale : l impensé du genre Communication I. Frechon, S. Boujut et D. Drieu - Novembre

12 alimentaires alors que les garçons mettent en danger la société par les infractions, la délinquance. On retrouvera davantage de filles en conflit avec leurs parents, conflit tels que la séparation est la seule issue (G : 14% ; F : 24%), à l inverse les garçons sont plus fréquemment pris en charge du fait de problèmes scolaire (déscolarisation, démission scolaire) (G/ 39% ; F : 29%). On retrouve ici les différences de comportements socialement attendus des filles et des garçons. Des réponses institutionnelles différentes selon le sexe. Ces différences sexuées à la fois de comportement mais aussi de perception de la victimisation selon le sexe de l enfant ont bien évidemment des conséquences sur leur prise en charge. Des comportements qui font du bruit, qui se voient sont davantage le lot des garçons : leur situation est alors évaluée plus précocement et des mesures en milieu ouvert sont davantage offertes aux garçons même si l issue sera le placement. Les filles arrivent en moyenne un an plus tard que les garçons en protection de l enfance 3 et surtout elles arrivent en masse au moment de l adolescence. Elles y resteront aussi plus tardivement 4. Probablement pour une autre raison : les mesures adressées aux jeunes majeurs ans ont un tout autre fonctionnement : sous forme contractuelle ces mesures conviennent davantage aux filles qu aux garçons (Turcotte Bellot, 2009). Les garçons sortiront donc plus tôt du système de protection. Mais quand ils y sont leur comportement est bien plus encadré voire surveillé par une mesure en milieu ouvert que les filles pour lesquelles un placement (en famille d accueil de préférence) est le plus souvent décidé par les institutions de protection. De manière générale, les placements de type familiaux (famille d accueil, Tiers digne de confiance et au domicile des parents) sont fortement prédominant au cours de l enfance et laissent la place aux placements collectifs puis aux hébergements autonomes à partir de l adolescence. Mais à cet âge dans les placements collectifs, l offre varient en fonction des progrès pédagogiques entrainant des accueils distincts entre filles et garçons. Particulièrement victimisées dans les abus sexuels (G : 12% - F : 30%) et généralement fortement perçues au travers de ce lourd passé de victime, les offres de prises en charge uniquement féminines vont dans le sens d une reconstruction psychologique de la personne. A l inverse les garçons qui entrent majoritairement en autre pour des problèmes scolaires (G : 39% vs F : 29%) se verront offrir une offre vers l insertion professionnelle (Boujut S., Frechon S., 2010). 3 L âge moyen d entrée en protection de l enfance est de 10,4 ans pour les garçons et de 11,2 ans pour les filles. Comme les garçons connaissent des périodes de mesures en milieu ouvert plus importantes que les filles, l âge moyen au premier placement se rapproche : 11,5 ans pour les garçons et 11,2 ans pour les filles. 4 Les filles sortent en moyenne de leur dernier placement à 17,8 ans et les garçons à 17,2 ans, certains bénéficient en fin de prise en charge de mesure en milieu ouvert ce qui amène l âge moyen à la dernière protection à 18,2 ans pour les filles et 17,7 ans pour les garçons. Parcours de vie et intervention sociale : l impensé du genre Communication I. Frechon, S. Boujut et D. Drieu - Novembre

13 BIBLIOGRAPHIE Coslin, P.G La socialisation de l adolescent, Paris, Armand Colin. Battagliola F., 1985, «Familles et devenir des filles, in Valabregue C., (éd.) Fille ou garçon, éducation sans préjugés, Magnard Boujut S., Frechon I., 2010, Construire la mixité en protection de l enfance : une affaire de professionnels, Colloque international, «La dimension relationnelle des métiers de service : Cache-sexe ou révélateur du genre?», UNIL, Lausane, Suisse En ligne : Boujut S., Frechon I., 2009, Inégalité de genre en protection de l enfance, Revue de Droit sanitaire et social, n 6, Novembre, décembre 2009, pp Brugeilles C., Cromer I., Cromer S., 2002, «Les représentations du masculin et du féminin dans les albums illustrés ou Comment la littérature enfantine contribue à élaborer le genre?», Population, vol. 57, INED Duru-Bellat M., 2004, L école des filles : quelle formation, pour quels rôles sociaux?, 2 de édition, Paris, L Harmattan. Frechon I., Robette N., 2010, The variety of childcare trajectories of French youths having experienced out-of-home care, In Knorth E. J., Kalverboer M.E., Knot-Dickscheit J., (eds.) Insideout, How interventions in child and family care work. An International source book, Garant, 2010, pp Frechon I. (resp.), 2009, Les politiques sociales à l égard des enfants en danger, Trajectoires des prises en charge par la protection de l'enfance dans deux départements d'une cohorte de jeunes ayant atteint 21 ans, Rapport final remis à la Mire, 142 p. Lamb, M.E., 1997, «L influence du père», Enfance, n 3, pp Murcier N., 2005, «Le loup dans la bergerie. Prime éducation et rapports sociaux de sexe», Recherches et Prévisions, n 80, juin, p. 67 à 75. ODAS, 2005, Protection de l enfance : observer, évaluer, pour mieux adapter nos réponses, rapport annuel. Turcotte M-E., Bellot C., 2008, Vers une meilleure compréhension de la contribution des services sociaux à l insertion sociale de jeunes adultes en difficulté, SEJED, Automne, N 8 Vincent S., 2001, Le jouet et ses usages sociaux, la Dispute Parcours de vie et intervention sociale : l impensé du genre Communication I. Frechon, S. Boujut et D. Drieu - Novembre

Un seul droit de la famille pour toutes les femmes.

Un seul droit de la famille pour toutes les femmes. 2 Protection de l enfance et droit de la famille FR 002 LE DROIT DE LA FAMILLE ET LES FEMMES EN ONTARIO Un seul droit de la famille pour toutes les femmes. Renseignez-vous sur vos droits. Protection de

Plus en détail

ELAP : Etude sur l Autonomisation des jeunes Après le Placement

ELAP : Etude sur l Autonomisation des jeunes Après le Placement Le 20 décembre 2010 Isabelle Frechon - Projet 542.1.0 ELAP : Etude sur l Autonomisation des jeunes Après le Placement Equipe : Isabelle Frechon (Responsable, Chargée de recherche CNRS associée à l INED)

Plus en détail

> En 2009, 2 996 Informations Préoccupantes (IP) concernent 4 101 enfants parisiens, dont 467 de moins de 6 ans.

> En 2009, 2 996 Informations Préoccupantes (IP) concernent 4 101 enfants parisiens, dont 467 de moins de 6 ans. L enfant en danger Repérage de l enfance en danger > En 2009, 2 996 Informations Préoccupantes (IP) concernent 4 101 enfants parisiens, dont 467 de moins de 6 ans. L accueil d urgence > 216 enfants de

Plus en détail

Trajectoires des prises en charge par la protection de l'enfance dans deux départements d'une cohorte de jeunes ayant atteint 21 ans

Trajectoires des prises en charge par la protection de l'enfance dans deux départements d'une cohorte de jeunes ayant atteint 21 ans Trajectoires des prises en charge par la protection de l'enfance dans deux départements d'une cohorte de jeunes ayant atteint 21 ans Responsable du projet : Isabelle Frechon, Chargée de recherche CNRS

Plus en détail

FONDATION FONDATION TRAVAIL-UNIVERSITÉ

FONDATION FONDATION TRAVAIL-UNIVERSITÉ NOTES NOTES ÉDUCATION ÉDUCATION PERMANENTE PERMANENTE N N 18 2011-05 OCTOBRE 2005 JUIN 2011 ASSOCIATION ASSOCIATION POUR POUR UNE UNE FONDATION FONDATION TRAVAIL-UNIVERSITÉ CHAUSSÉE DE HAECHT, 579 B-1031

Plus en détail

2015 PCF/FG 1 : Femmes victimes de violences : hébergement et accès au logement. PROPOSITION DE DELIBERATION EXPOSE DES MOTIFS

2015 PCF/FG 1 : Femmes victimes de violences : hébergement et accès au logement. PROPOSITION DE DELIBERATION EXPOSE DES MOTIFS 2015 PCF/FG 1 : Femmes victimes de violences : hébergement et accès au logement. PROPOSITION DE DELIBERATION EXPOSE DES MOTIFS La lutte contre les violences faites aux femmes est un enjeu essentiel de

Plus en détail

Prévention des conduites addictives : des sciences sociales aux pratiques locales

Prévention des conduites addictives : des sciences sociales aux pratiques locales Colloque régional de prévention des addictions Mardi 31 mars 2015 Clermont-Ferrand Prévention des conduites addictives : des sciences sociales aux pratiques locales Appels à communication Le Pôle de référence

Plus en détail

Liste de points concernant le cinquième rapport périodique de la France

Liste de points concernant le cinquième rapport périodique de la France Distr. générale 22 juin 2015 CRC/C/FRA/Q/5 Original: français Anglais, français et espagnol seulement VERSION AVANCEE NON EDITEE Comité des droits de l enfant Soixante-huitième session 11-29 janvier 2016

Plus en détail

De la construction des «déviances parentales» : la maltraitance

De la construction des «déviances parentales» : la maltraitance De la construction des «déviances parentales» : la maltraitance par Arnaud Frauenfelder SUMMER UNIVERSITY, 22 juin 2011, Lausanne Le point de départ 1) Une recherche sur mandat du Grand conseil genevois

Plus en détail

La dynamique des liens entre genre, âge et désir

La dynamique des liens entre genre, âge et désir La dynamique des liens entre genre, âge et désir Michel Bozon Lausanne, 21 juin 2011 Université d été «Genre, rapports intergénérationnels et travail social» Plan de la présentation Transformations de

Plus en détail

Projet de loi n o 59. Présentation. Présenté par Madame Stéphanie Vallée Ministre de la Justice

Projet de loi n o 59. Présentation. Présenté par Madame Stéphanie Vallée Ministre de la Justice PREMIÈrE SESSION QUARANTE ET UNièmE LéGISLATURE Projet de loi n o 59 Loi édictant la Loi concernant la prévention et la lutte contre les discours haineux et les discours incitant à la violence et apportant

Plus en détail

«La prison est la seule solution pour préserver la société.»

«La prison est la seule solution pour préserver la société.» «La prison est la seule solution pour préserver la société.» Nous n enfermons rien d autre en prison qu une partie de nous-mêmes, comme d autres abandonnent sur le bord de la route leurs souvenirs encombrants

Plus en détail

Association l Enfant Bleu Enfance Maltraitée

Association l Enfant Bleu Enfance Maltraitée L Enfant bleu, Enfance Maltraitée 18 avenue des Mazades 31200 Toulouse Tél : 05.61.53.21.10 lenfantbleutoulouse@wanadoo.fr www.lenfantbleutoulouse.fr SIRET : 441 506 722 000 2 APE : 853 K N Déclaration

Plus en détail

L ORIGINE DE LA VIOLENCE : CE QUE RÉVÈLE LA DOCUMENTATION, PARTICULIÈREMENT AU SUJET DES TROUBLES DE SANTÉ MENTALE DES ENFANTS ET DES ADOLESCENTS

L ORIGINE DE LA VIOLENCE : CE QUE RÉVÈLE LA DOCUMENTATION, PARTICULIÈREMENT AU SUJET DES TROUBLES DE SANTÉ MENTALE DES ENFANTS ET DES ADOLESCENTS L ORIGINE DE LA VIOLENCE : CE QUE RÉVÈLE LA DOCUMENTATION, PARTICULIÈREMENT AU SUJET DES TROUBLES DE SANTÉ MENTALE DES ENFANTS ET DES ADOLESCENTS RÉSUMÉ Ce rapport donne une vue d'ensemble de la violence

Plus en détail

Chapitre 2 Les enfants

Chapitre 2 Les enfants Chapitre 2 Les enfants Si vous avez un ou des enfants, c est le problème capital de votre séparation. Que vous soyez marié, pacsé ou en concubinage, les enfants qui sont nés de votre union, enfants dits

Plus en détail

L'attrait pour un logement indépendant dépend-il du genre?

L'attrait pour un logement indépendant dépend-il du genre? L'attrait pour un logement indépendant dépend-il du genre? Manon Bourligueux et Oriane Duchier Le recensement réalisé en 2012 montre que sur les 1396 étudiants en troisième année des Universités Paris

Plus en détail

Suivis socio-éducatifs sous contrainte pénale. Formation GREA 21 avril 2015

Suivis socio-éducatifs sous contrainte pénale. Formation GREA 21 avril 2015 Suivis socio-éducatifs sous contrainte pénale Formation GREA 21 avril 2015 UAP Unité d Assistance Personnelle : art13 DPMin 3 Art13 DPMin : émergence! En 2007 : nouveau code de procédure pénale du Droit

Plus en détail

POLITIQUE D ÉGALITÉ ENTRE LES FEMMES ET LES HOMMES

POLITIQUE D ÉGALITÉ ENTRE LES FEMMES ET LES HOMMES POLITIQUE D ÉGALITÉ ENTRE LES FEMMES ET LES HOMMES MAI 2008 POLITIQUE D EGALITÉ ENTRE LES FEMMES ET LES HOMMES 1. LE CONTEXTE L égalité entre les femmes et les hommes est une condition essentielle au développement

Plus en détail

Femmes lectrices et Hommes lecteurs?

Femmes lectrices et Hommes lecteurs? Femmes lectrices et Hommes lecteurs? Une observation dans les transports publics J ai réalisé ce travail d enquête suite à mes travaux sur inégalités Femmes et hommes en situation d illettrisme pour l

Plus en détail

FICHE DE BONNE PRATIQUE

FICHE DE BONNE PRATIQUE FICHE DE BONNE PRATIQUE Programme d actions pour améliorer la prévention des violences faites aux femmes, des violences intrafamiliales, et l aide aux victimes MESURE D ACCOMPAGNEMENT PROTÉGÉ DES ENFANTS

Plus en détail

Quelques résultats d une enquête de la FTU pour la FEC

Quelques résultats d une enquête de la FTU pour la FEC NOTES NOTES ÉDUCATION PERMANENTE N N 18 2007-16 OCTOBRE - AOÛT 2005 2007 ASSOCIATION POUR POUR UNE UNE FONDATION TRAVAIL-UNIVERSITÉ CHAUSSÉE DE HAECHT, 579 B-1031 BRUXELLES RUE DE L ARSENAL, 5 B-5000 NAMUR

Plus en détail

Le référentiel RIFVEH www.rifveh.org La sécurité des personnes ayant des incapacités : un enjeu de concertation. Septembre 2008

Le référentiel RIFVEH www.rifveh.org La sécurité des personnes ayant des incapacités : un enjeu de concertation. Septembre 2008 Le référentiel RIFVEH www.rifveh.org La sécurité des personnes ayant des incapacités : un enjeu de concertation Septembre 2008 Louis Plamondon Centre de recherche de l institut universitaire de gériatrie

Plus en détail

REPUBLIQUE TUNISIENNE --00-- MINISTERE DES AFFAIRES ETRANGERES --ooo--

REPUBLIQUE TUNISIENNE --00-- MINISTERE DES AFFAIRES ETRANGERES --ooo-- REPUBLIQUE TUNISIENNE --00-- MINISTERE DES AFFAIRES ETRANGERES --ooo-- REPONSE DU GOUVERNEMENT TUNISIEN AU QUESTIONNAIRE ELABORE PAR LE HAUT COMMISSARIAT DES NATIONS UNIES AUX DROITS DE L HOMME EN VUE

Plus en détail

Agir ensemble contre le sexisme et les violences sexuelles, sexistes et homophobes :

Agir ensemble contre le sexisme et les violences sexuelles, sexistes et homophobes : Agir ensemble contre le sexisme et les violences sexuelles, sexistes et homophobes : On a souvent considéré la mixité comme un fait acquis, comme si le «vivre ensemble» allait de soi. Et pourtant, les

Plus en détail

Véronique LE GOAZIOU (Chercheuse associée au Cnrs-Cesdip) Avec la collaboration de. Laurent MUCCHIELLI (Directeur de recherche au Cnrs-Cesdip)

Véronique LE GOAZIOU (Chercheuse associée au Cnrs-Cesdip) Avec la collaboration de. Laurent MUCCHIELLI (Directeur de recherche au Cnrs-Cesdip) Synthèse Les déterminants de la criminalité sexuelle (étude du viol) Véronique LE GOAZIOU (Chercheuse associée au Cnrs-Cesdip) Avec la collaboration de Laurent MUCCHIELLI (Directeur de recherche au Cnrs-Cesdip)

Plus en détail

AGENCE NATIONALE DE LA STATISTIQUE ET DE LA DEMOGRAPHIE

AGENCE NATIONALE DE LA STATISTIQUE ET DE LA DEMOGRAPHIE K A F REPUBLIQUE DU SENEGAL Un Peuple Un But Une Foi ------------------ MINISTERE DE L ECONOMIE, DES FINANCES ET DU PLAN ------------------ AGENCE NATIONALE DE LA STATISTIQUE ET DE LA DEMOGRAPHIE ------------------

Plus en détail

SÉNAT PROPOSITION DE LOI

SÉNAT PROPOSITION DE LOI N 640 SÉNAT SESSION EXTRAORDINAIRE DE 2011-2012 Enregistré à la Présidence du Sénat le 6 juillet 2012 PROPOSITION DE LOI relative au versement des allocations familiales et de l allocation de rentrée scolaire

Plus en détail

Quel devenir à la majorité pour les mineurs pris en charge en famille par le 115 de Paris?

Quel devenir à la majorité pour les mineurs pris en charge en famille par le 115 de Paris? Le point sur :.. Quel devenir à la majorité pour les mineurs pris en charge en famille par le 115 de Paris? Emmanuelle Guyavarch Plusieurs recherches se sont intéressées au devenir des jeunes placés en

Plus en détail

Éléments sur l évolution et la représentation de la sexualité en France. Nathalie Beltzer, ORS Île-de-France

Éléments sur l évolution et la représentation de la sexualité en France. Nathalie Beltzer, ORS Île-de-France Éléments sur l évolution et la représentation de la sexualité en France Nathalie Beltzer, ORS Île-de-France 08/06/2013 1 Nouveau contexte de la sexualité Depuis les années 1960 : nombreux changements dans

Plus en détail

Protection juridique de l enfant en situation difficile

Protection juridique de l enfant en situation difficile Protection juridique de l enfant en situation difficile INTRODUCTION I- MESURES DE PROTECTION DES ENFANTS EN DANGER MORAL ET LES ORGANES JUDICIAIRES COMPETENTS II- SITUATION JURIDIQUE DES ENFANTS ABANDONNES

Plus en détail

la décentralisation et la protection de l ENFANCE Quelles réponses pour quels dangers?

la décentralisation et la protection de l ENFANCE Quelles réponses pour quels dangers? la décentralisation et la protection de l ENFANCE Quelles réponses pour quels dangers? Rapport de l Observatoire national De l Action Sociale décentralisée 15 octobre 2003 la décentralisation et la protection

Plus en détail

Orientations. gouvernementales. en matière. d agression. sexuelle. Plan d action

Orientations. gouvernementales. en matière. d agression. sexuelle. Plan d action Orientations gouvernementales en matière d agression sexuelle Plan d action Édition produite par : La Direction des communications du ministère de la Santé et des Services sociaux Pour obtenir d autres

Plus en détail

RAPPORT DU CONGRES D OSLO SUR LA PREVENTION DES ABUS SEXUELS ET DE LA MALTRAITANCE EN EUROPE (*)

RAPPORT DU CONGRES D OSLO SUR LA PREVENTION DES ABUS SEXUELS ET DE LA MALTRAITANCE EN EUROPE (*) RAPPORT DU CONGRES D OSLO SUR LA PREVENTION DES ABUS SEXUELS ET DE LA MALTRAITANCE EN EUROPE (*) A travers ce que nous avons pu écouter et échanger au congrès d Oslo, en mai 1995, ainsi que ce que nous

Plus en détail

Ministère de l éducation nationale, de la jeunesse et de la vie associative Ministère des sports

Ministère de l éducation nationale, de la jeunesse et de la vie associative Ministère des sports Ministère de l éducation nationale, de la jeunesse et de la vie associative Ministère des sports Direction de la jeunesse de l éducation populaire et de la vie associative Sous-direction des politiques

Plus en détail

Santé des jeunes et postures éducatives dans les zones urbaines. Christophe Moreau sociologue moreau@jeudevi.org

Santé des jeunes et postures éducatives dans les zones urbaines. Christophe Moreau sociologue moreau@jeudevi.org Santé des jeunes et postures éducatives dans les zones urbaines Christophe Moreau sociologue moreau@jeudevi.org 2012 Données de cadrage sur l adolescence jeunesse et la santé Les inégalités de santé :

Plus en détail

Campagne Don t Look Away! End Child Prostitution, Child Pornography and Trafficking of Children for Sexual Purposes

Campagne Don t Look Away! End Child Prostitution, Child Pornography and Trafficking of Children for Sexual Purposes Campagne Don t Look Away! Ne détournez pas le regard! VOILÀ OÙ PEUT FINIR UNE COUPE DU MONDE End Child Prostitution, Child Pornography and Trafficking of Children for Sexual Purposes A L ÉTRANGER COMME

Plus en détail

Le divorce des couples mixtes

Le divorce des couples mixtes Le divorce des couples mixtes Spécialiste de la famille et de l enfance, Gérard Neyrand évoque les résultats d une étude très instructive menée sur le divorce des couples mixtes (du point de vue de leur

Plus en détail

Mariages forcés. Information pour les professionnel-le-s

Mariages forcés. Information pour les professionnel-le-s Mariages forcés Information pour les professionnel-le-s De quoi parle-t-on? Mariage forcé de type A une personne subit des pressions pour accepter un mariage dont elle ne veut pas. Mariage forcé de type

Plus en détail

REPÈRES. Les mineures mises en cause pour crimes et délits non routiers en 2009. n 13. Septembre 2010

REPÈRES. Les mineures mises en cause pour crimes et délits non routiers en 2009. n 13. Septembre 2010 n 13 REPÈRES Septembre 2010 Directeur de la publication : André-Michel VENTRE, Directeur de l INHESJ Rédacteur en chef : Christophe SOULLEZ, chef du département de l ONDRP Les mineures mises en cause pour

Plus en détail

Enquête sur les habitudes de consommation d alcool des étudiants et leurs rapports aux actions de prévention

Enquête sur les habitudes de consommation d alcool des étudiants et leurs rapports aux actions de prévention Enquête sur les habitudes de consommation d alcool des étudiants et leurs rapports aux actions de prévention Etude réalisée par la FAGE entre mars et mai 2014 auprès de 3086 étudiants 1 Eléments de contexte

Plus en détail

Qualité de vie des Franciliens de 60 ans ou plus : agir sur les limitations physiques

Qualité de vie des Franciliens de 60 ans ou plus : agir sur les limitations physiques 20 Qualité de vie des personnes âgées Qualité de vie des Franciliens de 60 : agir sur les limitations physiques A l heure où «la révolution de la longévité» est engagée se pose avec acuité la question

Plus en détail

Mythes et réalités des peines de substitution

Mythes et réalités des peines de substitution Mythes et réalités des peines de substitution Analyse CODE Octobre 2008 Par Delphine Paci, avocate au Barreau de Bruxelles, Présidente de la section belge de l Observatoire International des Prisons, pour

Plus en détail

ACCOMPAGNEMENT ET SOINS DES ENFANTS ET DES ADOLESCENTS EN INSTITUTION. Accompagnement et soins des enfants et des adolescents en institution

ACCOMPAGNEMENT ET SOINS DES ENFANTS ET DES ADOLESCENTS EN INSTITUTION. Accompagnement et soins des enfants et des adolescents en institution Accompagnement et soins des enfants et des adolescents en institution Les souffrances des adolescents sont réelles et conséquentes, dans une période du développement de la personne, empreinte de bouleversements.

Plus en détail

La Mutuelle Des Etudiants

La Mutuelle Des Etudiants 4ème Enquete sur la ^ Nationale Santé des Etudiants Etat de santé des étudiants en France Premiers résultats de l Enquete Nationale sur la Santé des Etudiants 2014 (ENSE4) La Mutuelle Des Etudiants www.lmde.com

Plus en détail

Note de présentation APDISCRI. «Mise en évidence de discriminations envers les jeunes»

Note de présentation APDISCRI. «Mise en évidence de discriminations envers les jeunes» Note de présentation APDISCRI «Mise en évidence de discriminations envers les jeunes» Juin 2015 L appel à projets «Mise en évidence de discriminations envers les jeunes» - APDISCRI a été lancé en février

Plus en détail

Strasbourg, le 19 janvier 2007 CCPE-Bu (2007) 05 [ccpe-bu/docs2007/ccpe-bu(2007) 05 fr]

Strasbourg, le 19 janvier 2007 CCPE-Bu (2007) 05 [ccpe-bu/docs2007/ccpe-bu(2007) 05 fr] Strasbourg, le 19 janvier 2007 CCPE-Bu (2007) 05 [ccpe-bu/docs2007/ccpe-bu(2007) 05 fr] BUREAU DU CONSEIL CONSULTATIF DE PROCUREURS EUROPEENS (CCPE-Bu) LES ALTERNATIVES AUX POURSUITES «LES MESURES ALTERNATIVES

Plus en détail

Cinzia Grassi, Loredana Ceccacci, Anna Elisa D Agostino Observatoire pour le contraste de la pédophilie et de la pornographie enfantine

Cinzia Grassi, Loredana Ceccacci, Anna Elisa D Agostino Observatoire pour le contraste de la pédophilie et de la pornographie enfantine 14. La collecte de données sur la violence envers les enfants Cinzia Grassi, Loredana Ceccacci, Anna Elisa D Agostino Observatoire pour le contraste de la pédophilie et de la pornographie enfantine Introduction

Plus en détail

N 2015-XX. Les études de l emploi cadre

N 2015-XX. Les études de l emploi cadre DOCUMENT SOUS EMBARGO JUSQU AU 4 MARS À 00 h 01 LES ÉCARTS DE SALAIRE HOMMES-FEMMES ÉDITION 2015 Les études de l emploi cadre N 2015-XX Mars 2015 Composantes de la rémunération des cadres Méthode employée

Plus en détail

Etendue des violences domestiques à Genève. Premier bilan exhaustif et perspectives

Etendue des violences domestiques à Genève. Premier bilan exhaustif et perspectives Etendue des violences domestiques à Genève Premier bilan exhaustif et perspectives 20.09.2013 - Page 1 Introduction Etablir des données chiffrées exhaustives: une nécessité pour lutter efficacement et

Plus en détail

Vu la loi organique n 2011 333 du 29 mars 2011 relative au Défenseur des droits ;

Vu la loi organique n 2011 333 du 29 mars 2011 relative au Défenseur des droits ; Paris, le 19 septembre 2012 DECISION DU DEFENSEUR DES DROITS N MDE-2012-128 Vu l article 71 1 de la Constitution du 4 octobre 1958 ; Vu la loi organique n 2011 333 du 29 mars 2011 relative au Défenseur

Plus en détail

LA PLACE DES FEMMES EN AGRICULTURE

LA PLACE DES FEMMES EN AGRICULTURE Le statut : des situations inconfortables qui persistent Sur notre panel : 47% des personnes interrogées sont cheffes d exploitation 17% sont conjointes collaboratrices 12% sont cotisantes solidaires 12%

Plus en détail

- définition du droit pénal des mineurs (ensemble de règles visant à réprimer les comportements délinquants des personnes de moins de 18 ans)

- définition du droit pénal des mineurs (ensemble de règles visant à réprimer les comportements délinquants des personnes de moins de 18 ans) Leçon introductive au droit pénal des mineurs - définition du droit pénal des mineurs (ensemble de règles visant à réprimer les comportements délinquants des personnes de moins de 18 ans) - textes régissant

Plus en détail

PLACEMENT avec MAINTIEN PRIORITAIRE en MILIEU FAMILIAL

PLACEMENT avec MAINTIEN PRIORITAIRE en MILIEU FAMILIAL PLACEMENT avec MAINTIEN PRIORITAIRE en MILIEU FAMILIAL PRESENTATION DU SERVICE Chef de service : Frédéric Beyssac Tel : 06 32 12 32 28 Accueil de 12 enfants et/ou adolescents (+ suivi du service de placement

Plus en détail

Les 7 enjeux de la loi du 5 mars 2007 réformant la protection de l enfance ----

Les 7 enjeux de la loi du 5 mars 2007 réformant la protection de l enfance ---- Les 7 enjeux de la loi du 5 mars 2007 réformant la protection de l enfance ---- La réforme de la Protection de l Enfance a été précédée de nombreux rapports (10 entre novembre 2004 et janvier 2006 parmi

Plus en détail

Les Jeunes, Acteurs du Développement

Les Jeunes, Acteurs du Développement Nations Unies Commission économique pour l Afrique Bureau pour l Afrique du Nord Les Jeunes, Acteurs du Développement Le dialogue et la compréhension mutuelle Note conceptuelle UNFPA Tunis (Tunisie), 8-10

Plus en détail

Plan d Action de Ouagadougou contre la traite des êtres humains, en particulier des femmes et des enfants, tel qu adopté par la Conférence

Plan d Action de Ouagadougou contre la traite des êtres humains, en particulier des femmes et des enfants, tel qu adopté par la Conférence Plan d Action de Ouagadougou contre la traite des êtres humains, en particulier des femmes et des enfants, tel qu adopté par la Conférence ministérielle sur la migration et le développement. Plan d Action

Plus en détail

LES RÉFÉRENTIELS RELATIFS AUX EDUCATEURS DE JEUNES ENFANTS

LES RÉFÉRENTIELS RELATIFS AUX EDUCATEURS DE JEUNES ENFANTS LES RÉFÉRENTIELS RELATIFS AUX EDUCATEURS DE JEUNES ENFANTS 1. RÉFÉRENTIEL PROFESSIONNEL D EDUCATEUR DE JEUNES ENFANTS 2. RÉFÉRENTIEL ACTIVITÉS 3. RÉFÉRENTIEL DE 4. RÉFÉRENTIEL DE CERTIFICATION 5. RÉFÉRENTIEL

Plus en détail

L expérience de la France

L expérience de la France Direction de l administration pénitentiaire Le placement sous surveillance électronique mobile des auteurs d infractions sexuelles Le dispositif électronique de protection anti-rapprochement L expérience

Plus en détail

Formation spécialisée pour magistrats du tribunal de la famille et de la jeunesse

Formation spécialisée pour magistrats du tribunal de la famille et de la jeunesse Formation spécialisée pour magistrats du tribunal de la famille et de la jeunesse réf.: JUR-011 Public cible juges souhaitant siéger au tribunal de la famille et de la jeunesse magistrats de parquet souhaitant

Plus en détail

Tribunal correctionnel de Paris Pôle Chambre N Parquet : CONCLUSIONS EN NULLITE POUR : Ayant pour avocat : EN LA PRESENCE DU MINISTERE PUBLIC

Tribunal correctionnel de Paris Pôle Chambre N Parquet : CONCLUSIONS EN NULLITE POUR : Ayant pour avocat : EN LA PRESENCE DU MINISTERE PUBLIC Tribunal correctionnel de Paris Pôle Chambre N Parquet : CONCLUSIONS EN NULLITE POUR : M. Ayant pour avocat : EN LA PRESENCE DU MINISTERE PUBLIC PLAISE AU TRIBUNAL 1. Après avoir été placé en garde à vue,

Plus en détail

Formation continue Droit scolaire

Formation continue Droit scolaire AVERTISSEMENTS Ce document est un support créé pour les étudiants de la HEP et complété à l occasion d une journée pédagogique. Il ne peut pas être exhaustif de la réglementation, ni répondre à toutes

Plus en détail

Le Conseil supérieur de l égalité professionnelle entre les Femmes et les Hommes

Le Conseil supérieur de l égalité professionnelle entre les Femmes et les Hommes Le Conseil supérieur de l égalité professionnelle entre les Femmes et les Hommes Intervention de Brigitte Grésy, Secrétaire générale du CSEP Commission pour l égalité entre les femmes et les hommes (GEC),

Plus en détail

MÈRE ADOLESCENTE À GENÈVE : QUEL PARCOURS, QUELS SOUTIENS?

MÈRE ADOLESCENTE À GENÈVE : QUEL PARCOURS, QUELS SOUTIENS? MÈRE ADOLESCENTE À GENÈVE : QUEL PARCOURS, QUELS SOUTIENS? Module : Immersion en communauté Juin 2012 Fournier Jacinthe, Mareschal Julie, Siegfried Danielle PLAN DE LA PRÉSENTATION Introduction Problématique

Plus en détail

Plan de cours Justice des mineurs - CRI 3900L

Plan de cours Justice des mineurs - CRI 3900L Université de Montréal Automne 2015 École de criminologie Plan de cours Justice des mineurs - CRI 3900L Chargée de cours : Me Amélie St-Denis Coordonnées : amelie.st-denis@umontreal.ca et (450) 928-5125

Plus en détail

Gestion de la diversité: une opportunité pour l'égalité hommes-femmes?

Gestion de la diversité: une opportunité pour l'égalité hommes-femmes? Gestion de la diversité: une opportunité pour l'égalité hommes-femmes? Association femmes et mathématiques - 13 juin 2009 - Paris Annie CORNET Etudes sur le genre et la diversité en gestion (HEC- Ulg)

Plus en détail

CONSEIL NATIONAL DE L INFORMATION STATISTIQUE. Commission Services Publics. 26 novembre 2013

CONSEIL NATIONAL DE L INFORMATION STATISTIQUE. Commission Services Publics. 26 novembre 2013 CONSEIL NATIONAL DE L INFORMATION STATISTIQUE Commission Services Publics 26 novembre 2013 Intervention de Christophe SOULLEZ, chef du département ONDRP Depuis notre dernière encontre nous avons poursuivi

Plus en détail

L entrée e dans la sexualité : initiation et prises de risque

L entrée e dans la sexualité : initiation et prises de risque L entrée e dans la sexualité : initiation et prises de risque Geneviève ve Paicheler Centre National de la Recherche Scientifique Que sait-on sur la sexualité des jeunes? Les données des enquêtes Accompagner

Plus en détail

Qui sont les joueurs de jeu vidéo en France? (version août 2013)

Qui sont les joueurs de jeu vidéo en France? (version août 2013) Qui sont les joueurs de jeu vidéo en France? (version août 2013) Samuel Coavoux, Centre Max Weber, ENS de Lyon Samuel Rufat, Université de Cergy-Pontoise Vincent Berry, Laboratoire EXPERICE, Université

Plus en détail

Le référentiel professionnel du Diplôme d Etat de Technicien de l Intervention Sociale et Familiale

Le référentiel professionnel du Diplôme d Etat de Technicien de l Intervention Sociale et Familiale A R D E Q A F Le référentiel professionnel du Diplôme d Etat de Technicien de l Intervention Sociale et Familiale 1.1 Définition de la profession et du contexte de l intervention p. 2 1.2 Le référentiel

Plus en détail

LA DELINQUANCE A PARIS AU COURS DE L ANNEE 2006

LA DELINQUANCE A PARIS AU COURS DE L ANNEE 2006 Janvier 2007 LA DELINQUANCE A PARIS AU COURS DE L ANNEE 2006 Note sur la méthodologie : Les données chiffrées présentées dans ce document sont issues de l état 4001, qui est tenu et mis à jour par la Direction

Plus en détail

Les clés de la mixité

Les clés de la mixité Women Matter 2012: Making the Breakthrough Les clés de la mixité Focus sur les entreprises françaises 2 McKinsey conduit depuis de nombreuses années des travaux de recherche sur le rôle des femmes au sein

Plus en détail

APPEL A PROJET 2015 FONDS INTERMINISTERIEL DE PREVENTION DE LA DELINQUANCE HORS VIDEOPROTECTION(FIPD)

APPEL A PROJET 2015 FONDS INTERMINISTERIEL DE PREVENTION DE LA DELINQUANCE HORS VIDEOPROTECTION(FIPD) PREFET DE LA VIENNE Direction Départementale de la Cohésion Sociale APPEL A PROJET 2015 FONDS INTERMINISTERIEL DE PREVENTION DE LA DELINQUANCE HORS VIDEOPROTECTION(FIPD) [Référence : stratégie nationale

Plus en détail

Le placement judiciaire des mineurs

Le placement judiciaire des mineurs 46 Dossier forum 205 Le placement judiciaire des mineurs Âperçu de la procédure Le placement fait partie de l arsenal des mesures que peut prendre le tribunal de la jeunesse à l égard des mineurs. L article

Plus en détail

Prévention de la radicalisation Ce qu il faut retenir

Prévention de la radicalisation Ce qu il faut retenir 2015 Prévention de la radicalisation Ce qu il faut retenir Définition de la radicalisation : «Par radicalisation, on désigne le processus par lequel un individu ou un groupe adopte une forme violente d

Plus en détail

Admission à l hôpital pour tentative de suicide : analyse des facteurs de risque, du suivi médical et de la récidive

Admission à l hôpital pour tentative de suicide : analyse des facteurs de risque, du suivi médical et de la récidive Admission à l hôpital pour tentative de suicide : analyse des facteurs de risque, du suivi médical et de la récidive Synthèse Bien que les comportements suicidaires représentent un problème majeur de santé

Plus en détail

LA CHARTE D'ETHIQUE PROFESSIONNELLE DES EDUCATEURS SPECIALISES ONES. Organisation nationale des éducateurs spécialisés.

LA CHARTE D'ETHIQUE PROFESSIONNELLE DES EDUCATEURS SPECIALISES ONES. Organisation nationale des éducateurs spécialisés. LA CHARTE D'ETHIQUE PROFESSIONNELLE DES EDUCATEURS SPECIALISES ONES. Organisation nationale des éducateurs spécialisés. -Avril 2014- Article premier Les dispositions qui suivent constituent la charte d

Plus en détail

MEMENTO. Mieux prendre en compte l égalité entre les femmes et les hommes dans les études d impact des projets de loi

MEMENTO. Mieux prendre en compte l égalité entre les femmes et les hommes dans les études d impact des projets de loi Introduction : contexte et objectifs MEMENTO Ce mémento vise à formaliser et faire mieux connaître les pratiques qui se sont établies depuis l entrée en vigueur de la circulaire du Premier ministre du

Plus en détail

Protection de l enfance

Protection de l enfance Protection de l enfance En situation de danger ou en risque de l être De quoi parle-t-on? Extraits du «Petit Guide de procédures, Enfance en danger» réalisé par le conseil général de l'yonne Les situations

Plus en détail

Symposium international

Symposium international Symposium international sur l interculturalisme DIALOGUE QUÉBEC-EUROPE Montréal Du 25 au 27 mai 2011 Interculturalisme et perspectives de l éducation à mieux vivre ensemble Contribution au chapitre 8 :

Plus en détail

REGLEMENT INTERIEUR ACCUEIL PERISCOLAIRE - CENTRE PIERRE LEGRAND

REGLEMENT INTERIEUR ACCUEIL PERISCOLAIRE - CENTRE PIERRE LEGRAND REGLEMENT INTERIEUR ACCUEIL PERISCOLAIRE - CENTRE PIERRE LEGRAND Préambule La ville de Longueil Annel organise un accueil périscolaire pour les enfants : le matin, le midi et le soir, avant et après la

Plus en détail

FICHE DE BONNE PRATIQUE

FICHE DE BONNE PRATIQUE FICHE DE BONNE PRATIQUE Programme d actions à l intention des jeunes exposés à la délinquance Action de prévention ANIMATION DE MÉDIAS NUMÉRIQUES OU D EXPOSITIONS À THÉMATIQUE CITOYENNE ET DE SENSIBILISATION

Plus en détail

Le coup en valait-il la peine de prison?

Le coup en valait-il la peine de prison? Les peines pour adolescents Le coup en valait-il la peine de prison? Mise en situation Salut, je m appelle Jason et j ai 16 ans. Cet été, j étais au palais de justice. C était mon procès. J ai été déclaré

Plus en détail

FICHE ETABLIE PAR LE CONSEIL NATIONAL DE L ORDRE DES SAGES-FEMMES

FICHE ETABLIE PAR LE CONSEIL NATIONAL DE L ORDRE DES SAGES-FEMMES FICHE ETABLIE PAR LE CONSEIL NATIONAL DE L ORDRE DES SAGES-FEMMES LES CERTIFICATS MEDICAUX ETABLIS PAR LES SAGES-FEMMES EN VUE DE CONSTATER DES LESIONS ET SIGNES QUI TEMOIGNENT DE VIOLENCES Article R.4127-316

Plus en détail

L accueil péri scolaire : la conception des Francas

L accueil péri scolaire : la conception des Francas L accueil péri scolaire : la conception des Francas Depuis plusieurs années, et suite à l apparition de nouvelles contractualisations (CEL, Contrat Temps Libre, Contrat de Territoire ), de nombreux partenaires

Plus en détail

Jurisprudences Harcèlement moral

Jurisprudences Harcèlement moral Jurisprudences Harcèlement moral Les éléments constitutifs du délit de harcèlement Des agissements se déroulant sur une courte durée n écartent pas la qualification de harcèlement moral Rappel : l'article

Plus en détail

LE MINISTRE DE L INTERIEUR, DE LA SECURITE INTERIEURE ET DES LIBERTES LOCALES

LE MINISTRE DE L INTERIEUR, DE LA SECURITE INTERIEURE ET DES LIBERTES LOCALES DIRECTION DES LIBERTES PUBLIQUES ET DES AFFAIRES JURIDIQUES LE DIRECTEUR DU CABINET DU MINISTRE Paris, le 2 MAI 2005 N NOR/INT/D/05/00053/C LE MINISTRE DE L INTERIEUR, DE LA SECURITE INTERIEURE ET DES

Plus en détail

L Enfance des loisirs Trajectoires communes et parcours individuels de la fin de l enfance à la grande adolescence

L Enfance des loisirs Trajectoires communes et parcours individuels de la fin de l enfance à la grande adolescence L Enfance des loisirs Trajectoires communes et parcours individuels de la fin de l enfance à la grande adolescence Un ouvrage de Sylvie Octobre, Christine Détrez, Pierre Mercklé et Nathalie Berthomier

Plus en détail

Convention internationale sur les Droits des personnes handicapées

Convention internationale sur les Droits des personnes handicapées Convention internationale sur les Droits des personnes handicapées Version Facile à lire Réalisé avec le soutien de l AWIPH 1 Ce texte est une explication en Facile à lire de la Convention. Ce n est pas

Plus en détail

Avis de la Fédération des commissions scolaires du Québec

Avis de la Fédération des commissions scolaires du Québec Avis de la Fédération des commissions scolaires du Québec dans le cadre de la consultation de la Commission des relations avec le citoyen sur le deuxième plan d action gouvernemental pour l égalité entre

Plus en détail

A.Gt 12-09-2013 M.B. 30-10-2013

A.Gt 12-09-2013 M.B. 30-10-2013 Docu 39496 p.1 Arrêté du Gouvernement de la Communauté française relatif aux conditions particulières d'agrément et d'octroi de subventions pour les services qui organisent des projets éducatifs de rupture

Plus en détail

BERGONNIER-DUPUY Geneviève (Université Paris X - Nanterre) ESPARBES-PISTRE Sylvie (Université Toulouse II) LACOSTE Serge (Université Toulouse II)

BERGONNIER-DUPUY Geneviève (Université Paris X - Nanterre) ESPARBES-PISTRE Sylvie (Université Toulouse II) LACOSTE Serge (Université Toulouse II) BERGONNIER-DUPUY Geneviève (Université Paris X - Nanterre) ESPARBES-PISTRE Sylvie (Université Toulouse II) LACOSTE Serge (Université Toulouse II) 7163 Perception du suivi scolaire parental et stress au

Plus en détail

PROTOCOLE DE PARTENARIAT

PROTOCOLE DE PARTENARIAT DISPOSITIF EXPÉRIMENTAL POUR LA PRISE EN CHARGE DES ENFANTS MINEURS LORS D UN FÉMINICIDE OU D UN HOMICIDE AU SEIN DU COUPLE PROTOCOLE DE PARTENARIAT entre le Conseil général, via l Observatoire des violences

Plus en détail

AMENAGEMENTS DE PEINE

AMENAGEMENTS DE PEINE AMENAGEMENTS DE PEINE TEXTES DE REFERENCE La loi du 9 mars 2004 portant adaptation de la justice aux évolutions de la criminalité a affirmé le principe selon lequel les peines d emprisonnement ont vocation

Plus en détail

Conjuguer la paternité au temps de l après-divorce : des trajectoires plurielles

Conjuguer la paternité au temps de l après-divorce : des trajectoires plurielles Conjuguer la paternité au temps de l après-divorce : des trajectoires plurielles Agnès Martial, Centre Norbert Elias ANR 08-JCJC-0057-01-PATERNITES. Colloque Pères en solitaire : paternités contemporaines

Plus en détail

LES LIEUX de placement pour enfants et adolescents sont souvent. Les lieux de placement collectif en France. Chapitre 8

LES LIEUX de placement pour enfants et adolescents sont souvent. Les lieux de placement collectif en France. Chapitre 8 Chapitre 8 Les lieux de placement collectif en France LES LIEUX de placement pour enfants et adolescents sont souvent désignés par le terme générique d «internat spécialisé». Le nombre d enfants séparés

Plus en détail

LES RÉSEAUX SOCIAUX. Mais, au fait! Un réseau social, qu est-ce que c est?

LES RÉSEAUX SOCIAUX. Mais, au fait! Un réseau social, qu est-ce que c est? Facebook, Twitter, MySpace, Netlog... ces noms te sont sans doute très familiers. Il s agit en effet des réseaux sociaux les plus populaires. Mais, au fait! Un réseau social, qu est-ce que c est? C est

Plus en détail

Vers une image chiffre e de la de linquance enregistre e des jeunes en Re gion de Bruxelles- Capitale - Résumé

Vers une image chiffre e de la de linquance enregistre e des jeunes en Re gion de Bruxelles- Capitale - Résumé Vers une image chiffre e de la de linquance enregistre e des jeunes en Re gion de Bruxelles- Capitale - Résumé Recherche réalisée à la demande de l Observatoire Bruxellois pour la Prévention et la Sécurité

Plus en détail

LA SOCIALISATION DE L ENFANT ET LE METIER DE PSYCHOLOGUE DU DEVELOPPEMENT

LA SOCIALISATION DE L ENFANT ET LE METIER DE PSYCHOLOGUE DU DEVELOPPEMENT B**** Andréa BROSSARD PAULINE B****** Mélodie LA SOCIALISATION DE L ENFANT ET LE METIER DE PSYCHOLOGUE DU DEVELOPPEMENT ANNEE 2010-2011 UFR V, LICENCE DE PSYCHOLOGIE SOMMAIRE Introduction I- La socialisation

Plus en détail

B Le diplôme est-il un bon passeport pour l'emploi?

B Le diplôme est-il un bon passeport pour l'emploi? B Le diplôme est-il un bon passeport pour l'emploi? a) Le diplôme facilite l'accès à l'emploi typique 1. Les sortants du système éducatif sont de plus en plus diplômés. En 1979, sur 742 000 sortants du

Plus en détail