DU MÊME AUTEUR L'ŒIL

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2 Georges BARBARIN OUVRAGES SPÉCIAUX DU MÊME AUTEUR LA CLE (en cojl.oborauon), 9" mille (Editions du ITieuré de Dn~Junvillc). LE SECRET DE LA GRANDE PYRAMIDE, M' mille (EdiLlons Adyor). LE LIVRE DE LA MORT DOUCE, 11- mille. TroduiL en Uolien, Finois, Allemand, Hongrois, Espéranlo (Edilions Adyar). QU'EST-CE QUE LA RADIESTHESIE 7, 11" mille (Edilions Astra). LA VIE AGITEE DES EAUX DORMANTES, l!jo mille (Libl'uirie Slocl'l. L'INVISlBLE ET MOI, 10' mille (Edilio:1s Oliven). LA DANSE SUR LE VOLCAN,.,. mille (Edilions Adyur). LE REGNE DE LA BETE (EdiUons de la Sourœrie). LE REGNE DE L'AGNEAU, 8- mille (Edilions Oliven). L'AMI DES HEURES DIFFICILES, 11' mille (Editions Niclnus). LES CLES DE LA SANTE, 10' mille (Editions Astral. LES CLES DE L'ABONDANCE (Editions Niclaus). DIEU EST-IL MATIIEMATlCJEN 1, 9' mille (Editions Astra). LES CLES DU BONHEUR, 7- mille (Edilions AslrnJ. L'INITIATION SENTIMENTALE (Edilions Nic]ous). F'HANCE, FILLE AINEE DE L'ESPRIT, 10' mil!e (Editions de ]u Source.rie). CAiN11QUES DE LA VIE HEUREUSE (Edilions Oliven). LA SOROIEIlE, 8' mille (Editions Astrlll. L'ENIGME DU GRAND SPHINX (Ediliol\s Adynr). I.l':'<:; DESTINS oc.cur.:n;;s DE L'/IUMANITE (EdiliollS Asll'u). DE LA L'ŒIL TEMPÊTE

3 OUVRAGES de Georges BARBARIN édités actuettement TARIF Jan 2008 disponible en librairie, à l'association,et lou famille de l'auteur Titres Editions ASTRA La clé Editions COURRIER DU LIVRE L'Invisible et Moi Les Clés de la Santé Les Clés du Bonheur Editions DANGLES J DG Diffusion Comment vaincre peurs et angoisses L'Optimisme Créateur La Vie commence à 50 ans Affirmez et vous Obtiendrez Ret GB7 GB13 GB19 GB21 GB31 GB45 GB41 GB ,5 17,5 17,5 17,5 mu. " A L'ASSOCIATION (reéditions privées) Faites des Miracles Demande et tu recevras car Il y a un Trésor en toi Sois ton propre Médecin, le Docteur Soi Même Clé du Succés Le Mysticisme expérimental Dieu mon copain (inédit) Le Jeu Passionnant de la Vie Calendrier Spirituel Comment le PROTECTEUR INCONNU devint l'ami Vous êtes jeunes mais vous ne le savez pas Le règne de l'amour (ex le règne de l'agneau) Le Seigneur m'a dit Comment on soulève les montagnes Sois un As LIVRET: résumé du site sous plastique 40 p. avec Photos La guérison par la foi FAMILLE DE L'AUTEUR (fin de série) L'Après Mort grand format Vivre avec le Divin (ex Vivre Divinement) Le Livre de la Mort Douce La Nouvelle Clé Le livre de chevet (l'ami des heures difficiles) Je et Moi J'ai Vécu 100 Vies Voyage au Bout de la Raison 20 Histoires de Bêtes France Fille Aînée de l'esprit Quelques Photocopies reliées de livres épuisés (liste sur demande) vieilles éditions dont il faut découper les reliures de pages GB58 GB29+30 GB42+62 GB50 GB44 GB68 GB34 GB61 GB63 GB59 GB16 GB60 GB39 GB64 GB47 GB38 GB37 GB11 GB53 GB25 GB27 GB65 GB57 GB54 GB23 1 ~ 176g 409g ~ ~ ~ ~ ~ ~ ~ 3419 ~ ~ ~ 2~ ~ g ~ ~ ~ ~ ~ 11Q9.. 77g à15 UN CATALOGUE PLUS DETAILLE EST DISPONIBLE SUR DEMANDE: contre trois timbres tarif normal

4 Amour Bazainville Prix GB11Dangles GB1.2 GB13 GB15 GB16 GB18 GB20Dangles GB22Niclaus GB23J.Olivensociété GB26 GB30 G831DanQlesspirituel GB32 GB33Dangles GB35 GB39 GB43Niclaus GB44 GB46 GB66Auteur GB49 GB50 GB51 GB54 GB55 GB56Niclaus GB58 GB59 GB63 GB10 GB14 GB17 GB19 GB21 GB24 GB25 G827Du GB28Aillaudvécu GB29 GB34 GB36Niclaus GB37Du GB38Du GB40 GB41 GB42 GB45Dangles GB47Aubanel GB48 G852 GB53 GB57Age GB60 GB61 GB62 GB64 GB65J.Mever GB68 GB7 GB8 GB9 Courrier Omnium Astra Crepin-Leblondnature Calman-Lévyroman AQed'orl Advar Aae J.Oliven/ Adyar Flammarionroman Flammarionpoésie Flammarionhumour Calman-Levy Dangles/AGB Flammarionnature Ret EDITIONSGENRE La Astra destocknature Sourcerie Adyar Ermite Dervy Astra Nizet 1 Roseau Plon Rocher spirituel /Dangles 1 ésotérique vie d'or du J'ai Femmeroman AGBvécu 1 IAGB Astraspirituel 1 Livre spirituel Lu TITRE société ANNEE

5 PREMIERE PARTIE LA MAISON -D U-SOLEIL-A U-CŒUR

6 AVANT-P ROPOS On dit que dons certains typhons de, Mer, orien""'" un tottrbillon immense engendre le d4lire de la mer. On dit aussi que ce tourbillon est creuz et qu'au çentr. même du cyclone il existe une ~OtJe calme où le navire." abrité de l' o"ragan. On dit m6me qlle, par la chemin4e du tourbillon, on aperçoit les étoiles, comme si, ail plafond dbl nutlg, un. l"carne s'ouvra,t dans les ciel~~. Et c'est là ce que les marins appellent c l'œil de III tempête». De même, dans la grande tbmp'te du monde et d hommes, nous avons trouvé une.l'one de protection. Le flot et le vent grondaient à,'entour. Mer et ciel étaient el'un noir d'encre. Mais, là-haut, une merveilleu" étoile brillait pour nous dans le' ciel. c.,ytvmy'w~ Ai~,.BtUJN:"4'r.i!119,"' T"..., ~iu ~ """'';''',. a-.a.,wüii ~~cijjul.""'~lf,",,."ai""""ïfu d àiru ~.'''III't.",p.Y'' y'u""rü l'u.r.s.s.

7 .. - ""---- POURQUOI? POURQUOI, appartement en 1933, parisien, tandis un ami quenous nouspropos étions a-t-il confinés de nousdans vendre, un d'occasion, une vieille automobile? Pourquoi, ayant conclu le marché, fûmes-nous à la recherche d'une maison de campagne devant servir de garage d'hiver?... Pourquoi, après avoir battu banlieue et grande banlieue Sud Est, Sud, Sud-Ouest et Ouest sans trouver ce que nous cherchions, décidâmes-nous de faire une dernière tentative en direction de Mantes? Pourquoi, Mantes dépassée, devinai-je qu'il fallait rebrousser chemin? Pourquoi, à la sortie de la petite viile, pris-je une route inconnue qui m'amena dans la commune de Bazainville? Pourquoi s'offrit à notre vue une maisonnette inhabitée au milieu d'un petit clos de pommiers? Pourquoi s'y instaila-t-on en vue de passer les étés? Pourquoi un de mes amis de Neuilly vint-il visiter l'église du lieu, au cours d'une promenade archéologique? Pourquoi le chef de la caravane eut-il l'idée de pénétrer dans le Prieuré? Pourquoi ce domaine était-il la propriété d'une Américaine mystique? Pourquoi cette dernière saisit-elle le prétexte du premier incident venu pour entrer dans notre logis? Pourquoi l'étrangère s'obstina-t-eile à me parler c intuition ~ et moi à lui répondre c logique ~? Pourquoi les circonstances et les choses firent-elles alliance avec elle pour me convaincre que j'étais dans l'erreur?

8 12 L'ŒIL DE LA TEMP~TE LA MAISON-DU-SOLEIL-AU-CŒUR 13 Pourquoi naquirent les Editions du Prieuré et pourquoi notre vie se trouva-t-elle transformée? Pourquoi écrivîmes-nous puis vécûmes-nous les enseignements de c la CLÉ ~? Autant de questions différentes, autant de réponses identiques. Il n'existe ni hasard ni coïncidences mais seulement des sollicitations du Partenaire Inconnu. Quand nous eomes réalisé les intentions de l'intelligence Cachée rien ne justifiait plus l'association qu'elle avait fait naître. Chacun de nous suivit son chemin personnel sans abandonner la direction commune et, sur des voies parallèles, se continua la collaboration avec le Divin. Rien ne nous retenait dans la région de Houdan où nous n'avions été conduits que pour cette éducation spirituelle. Et, comme on le verra par la suite, les desseins de l'invisible étaient à longue échéance et ses ordres de plus en plus impérieux (1). Le propre d'une existence consacrée à l'esprit est de n'avoir en vue que l'intérêt de J'Esprit, même dans les préoccupations d'apparence vulgaire, même dans les incidents de la vie quotidienne, car tout sert d'instrument et de démonstration à l'esprit. C'est ainsi que. notre existence se trouva transposée, sans que nous ayons besoin de changer d'existence et que, sans modifier nos actes normaux, nos actes normaux furent transfigurés. Nous n'eûmes pas à prier expressément l'esprit. L'Esprit s'introduisit dans notre vie ou, plus exactement, nous nous aperçûmes qu'il y était déjà. A partir de ce moment tout prit un sens nouveau. La plus simple de nos pensées fut grosse de significations profondes, la moindre de nos paroles concourut au plan universel, la plus humble de nos actions eut sa place dans le mécanisme du Monde et nous commençâmes vraiment à être les «apprentis ~ de la Divinité. La prière, cela se vit. Prier, c'est trouver le bon en toutes choses. Le comble de la prière est l'extase. L'extase est J'organisme de J'Esprit. Il Y a des gens qui parlent sans cesse de Dieu, qui agissent au nom de Dieu, pour qui Dieu est un monopole et qui n'entreront jamais en contact avec l'esprit.. Il Y en a d'autres qui n'expliquent pas Dieu, qui ignorent jusqu'au nom de Dieu et qu'habite l'esprit de Dieu parce que leur âme est grande ouverte et que, perpétuellement en offrande, ils sont, à leur insu, de plain-pied avec le Divin. Tout est rythme dans l'univers. Pierres, plantes, animaux sont soumis à la même loi d'alternance. Lumière et Ombre, Bruit et Silence, Chaleur et Froid, Haut et Bas, Santé et Maladie, Beauté et Laideur, Bonté et Malice se succèdent continuellement. L'Homme est un composé de tout cela, une sorte d'univers en miniature, fait d'élans et de réticences, de certitudes et de doutes, d'amour et de haine, de noblesse et de vulgarité. Cet équilibre en instance de déséquilibre voilà préèisément ce qui fait la Vie efficace. Tout est réaction, tout est rétablissement. Rien n'est laid, rien n'cst inutile. Il dépend seulement de l'homme que son effort soit délibéré. Si nous nous jetons à corps perdu dans l'esprit, la plus infime de nos minutes mérite d'être vécue. Si nous restons hors de l'esprit, la plus significative de nos journées n'a pas de sens. C'est pourquoi il nous suffit de vivre en Esprit la simple existence journalière tance matérielle, pour que celle-ci, fût-elle dénuée de toute impor acquière spirituellement une immense et impérissable valeur. (1) Voir l'inuisible et Moi (Elilitions J. Oliver).

9 CHAPITRE PREMIER UN VOYAGE TRIOMPHAL Q AND leles vent forces de l'esprit nous poussent se met àpar souffler les épaules il faut qu'on et nous luivoici obéisse. en route vers le Sud. La veilie du départ, nous avons arraché le plus possible d'arbres fruitiers. Il y a là des pêchers, brugnonniers, poiriers, pruniers, pommiers, figuiers, vignes, groseilliers, framboisiers, ronciers sans épines, toute une arboriculture sablière que nous avons plantée depuis trois ans. Certains sujets sont devenus jeunes arbres dont la production est imminente. Comment laisser tout cela à l'abandon et à l'inconnu? Nous revendiquons toujours nos amis, surtout quand ce sont des plantes. Cette ménagerie végétale nous suivra dans la nouveile habitation. Là, du moins, s'il n'y a qu'un prunier sauvage et un merisier qui nous attendent, l'eau, si crueilement absente de Bazainville, affleure partout. Notre pensée, qui construit les choses dans l'invisible avant coteau qu'elles ne se manifestent de fruits nombreux. dans l'apparence, couvre déjà le Cette vision illumine le présent. Mais il reste à savoir comment un verger peut tenir dans une vieille automobile, fût-elle cabriolet à quatre places, même accrue d'un spider. La leçon encore fraîche du métro parisien nous aide à résoudre le problème. Si, avant d'admettre les voyageurs d'un quai plein dans des voitures déjà combles, on considérait la chose comme impossible, jamais le chef de station ne sifflerait le départ. Et, pourtant. chaque fois. tout le monde se case et déma rre contre le calcul et la logique, la science et le raisonnement. "

10 L'ŒIL DE LA TEMPËTE LA MAISON-DU-SOLEIL-AU-CŒUR Je souffre en mutilant nos pêchers, surtout les premiers greffés dont la ramure s'amplifie, et même nos jeunes de semis, vigoureux comme des bâtards. Le sécateur tranche sans arrêt. Au c1aquemert de ses mâchoires plates, les branches secondaires s'affaissent et les troncs sont liés en anonymes fagots. Le poirier se prête plus difficilement à cette chirurgie, parce qu'il est moins souple d'abord, et puis pour des raisons d'art. Je m'émerveille de voir comment un sauvageon, dès qu'il est au pouvoir de l'homme, abandonne ses tendances naturelles pour se plier à l'artifice du planteur. Tout arbre cherche à pousser droit en gardant les caractères de son espèce, dont le premier est de vivre, non pour d'autres mais pour soi. L'arboriculteur le greffe, parfois dès le pied, lui impose un autre tempérament, une autre forme et l'ajuste si bien à ses besoins propres qu'il le force à vivre contre son gré. Quoi qu'il arrive par la suite, et même si la plantation retourne à l'état sauvage, jamais le sujet ne s'affranchira de l'emprise humaine ni du sceau qui l'a marqué. Enfin. le deuxième jour, tout est prêt. Cinquante arbres et arbrisseaux jonchent la cour envahie. Au total, douze à quinze bourrées qu'un miracle seul peut faire tenir sur l'auto. L'intérieur est déjà plein : nous devant, les fleurs derrière. Il y a tout un chargement d'oignons, de tubercules, de rhizomes, de caïeux, de rosiers. Les faisceaux moyens d'arbustes sont liés aux ailes et aux marchepieds. Les petits s'amarrent sur le capot. Et les arbres les plus hauts sont maintenus debout par le couvercle du spider où s'emboîtent leurs racines. Le toit reçoit sa charge végétale. Des chapelets d'échalottes encapuchonnent les phares. Des paquets d'ail enguirlandent les amortisseurs. Nous avons juste la 'place de nous glisser, qui au volant, qui dans les vides de la cargaison intérieure et la B 14 se met en branle comme un char de Mardi-Gras. Ma vue est masquée à droite et à gauche, en haut et à l'arrière. Aussi je marche prudemment sur le chemin rocailleux. La route de Brest franchie, c'est la paix et la liberté. La voiture prend de la vitesse. Les bois de Rambouillet se dessinent à gauche de Gambais. Si nous nous arrêtions en elle nous nous confondrions avec la forêt. Mais la surprise est grande pour le bûcheron de voir ce bosquet en marche, d'où sort, aux carrefours, une brève éructation. La B 14 n'est pas née d'hier. Sa fabrication remonte à 1927 et sa carrosserie reste surannée. C'est dire que notre voiture est de celles qui n'attirent point les regards. Tout au plus quelque châssis surbaissé nous contemple-t-il d'un œil ironique. Mais, cette fois, notre hautjuchée emplit les gens de stupeur. L'automne est d'un roux somptueux. Il fait un soleil de braise. Si bien que les fils de la Vierge accrochent leurs guides-ropes à chaque buisson. Les manouvriers, dans les champs, dévissent le corps nu des betteraves. Ceux qui aperçoivent notre caravane les premiers poussent les autres du coude et tous s'esclaffent en chœur. Dans la Beauce, le capot herbu suscite des enthousiasmes. A quinze lieues à la ronde on ne vit pareille densité d'arbres à fruits. Déjà, au sortir de Rambouillet, un vacher, en notre honneur, avait lancé dans l'air sa casquette. Durant la traversée des villages, les gens s'assemblent sur les portes et, à soixante à l'heure, nous emportons leurs vivats. L'entrée dans Pithiviers met le comble à l'apothéose. Les durs pavés gâtinais font danser notre char. A l'arrêt, devant la boutique d'un boulanger, se forment des groupes hilares. Durant que je vérifie l'amarrage, je comprends la raison d'un tel succès. Les grands arbustes du spider avec leurs tiges verticales ont râtissé les fils de la Vierge sur cent kilomètres de chemin.' Une chevelure d'argent traîne derrière nous. En marche cela nous fait une crinière triomphale. Hâtons-nous de reprendre ratif ne soit fermé. la route avant que le cercle admi Bellegarde, Nibelle, Bouzy se noient dans le crépuscule. L'arrivée à la ferme s'effectue aux premières heures de la nuit. Tous feux allumés, nous franchissons la grille disjointe et nous stoppons au fond de la cour. C'est là qu'à la lueur des phares nous avons brisé l'armure feuillue et mis le pied des arbres dans l'eau. Mes membres sont engourdis comme les racines voyageuses et, dans ma hâte d'en finir, je mets les deux pieds dans le vivier. Ce baiser glacial me fouette le sang. Mon énergie ressuscite et j'entre dans la maison froide, le cœur ardent et les pieds chauds.

11 CHAPITRE II LA MAISON DANS LES ORTIES ILest _ mesure, douxmais de sel'habitation réveiiler dans où une nouschose avonsà soi, dormi c'est-à-dire pour la première faite sur fois n'est pas encore la nôtre. Car il ne suffit pas d'avoir payé sa valeur matérielle par chèque ou en argent. On n'est vraiment propriétaire de biens matériels que lorsqu'on a fait connaissance avec eux, qu'on s'est lié à leur âme, tant par les satisfactions qu'ils procurent que par les sacrifices qu'ils ont coûtés. Le riche qui acquiert un château tout meublé ne sera jamais le parent ni l'ami de la chose vendue. Le pauvre qui construit sa cabane ou achète un terrain au moyen de privations successives, est vraiment le père et le frère de son bien. Nous aussi, nous nous marierons avec notre maison des champs, après de longues accordaiiles, où se révèleront, de part et d'autre, nos défauts réciproques et nos mutuelles qualités. Nous sommes, de notre côté, des gens sans fard, disposés à tenter honnêtement une autre expérience. Ce domaine est aussi sincère que nous et ne cache rien de ses pauvretés. Le Pâtis était jadis loué à un modeste exploitant qui l'avait abandonné depuis cinq années. A force d'être closes, les fenêtres se sont disjointes au souffle des hivers et des étés. Les toitures de tuile tiennent bon et les charpentes semblent intactes. Les murs, à cause de l'ancienneté de leur construction, ont une grande épaisseur. Mais des crevasses s'ouvrent un peu partout. Les portes pendent sur leurs gonds. La plupart des vitres sont brisées et des âtres déserts monte une odeur d'abandon. Il y a deux bâtiments princ,ipaux dont les faça~es mutilées se

12 20 L'ŒIL DE LA TEMPhTE LA MAISON-DU-SOLEIL-AU-CŒUR 21 regardent à travers une cour en pente. Au milieu, sinue tristement l'ancienne rigole des purins. La baraque de gauche comprend une chambre et une cuisine, à quoi des ouvertures minuscules font des yeux de taupe, où l'écho ébranle les toiles d'araignée et que peuplent des fantômes désuets. La construction de droite renferme la grange, la chambre aux herbes, l'écurie et l'étable. De vastes greniers, dallés de bardeaux, reposent sur le tout. Au fond, et même devant, s'élèvent les toits à porcs, des hangars ou dépendances aux parois feutrées de crasse et au dallage d'excréments séchés. La cour n'est plus qu'un champ d'orties où nous disparaissons jusqu'au sillon. ventre. Les roues de la voiture y ont tracé leur double En annexe à la vieille cuisine est le four, qui croule silencieusement sous les ronces. Mêlées à des viornes géantes, celles-ci montent plus haut que les murs. Dans ce taillis épais poussent des osiers, mélangés d'épines noires qui puisent leur sauvagerie dans les restes d'un fagotier. La terre y est couleur de tourbe, avec des exhalaisons marécageuses. Les maçons ils ont dû reculer. ont tenté de s'y frayer un passage mais Aujourd'hui le soleil magnifie tout et sa chaleur nous pénètre. Grâce à lui les herbes sont tièdes et les mousses somnolent sur les toits. Il fait sombre dans l'intérieur mais les portes sont grandes ouvertes. Nos âmes s'épanouissent de gratitude. abandonnée sera la Maison-du-Soleil-au-Cœur. Cette double cabane Celui qui verrait notre demeure dans cet état lui refuserait d'être aimable. Et, de fait, Maya frissonné au seuil d'une telle désolation. Mais notre esprit à tous les trois est tendu contre le mensonge de:; apparences et nous refusons de voir ce qui est pour ne voir que ce qui sera. Nous avons apporté dans nos bagages les plus belles dots, celles de la Foi, du Courage, vertus majeures qui, séparées, ne peuvent rien et qui, unies, peuvent tout. Nos bras sont diligents plus que musclés, industrieux plus que forts. Déjà ils ont d'autres réalisations à leur compte. Ce n'est pas la première fois que nous faisons beaucoup avec peu de chose et que nous tirons la vie du chaos. Ce que d'autres yeux ne voient pas, nous l'apercevons. La Maison-du-Soleil-au-Cœur nous apparaît toute blanche dans la prai- 1., 1 1 rie, avec des murs percés de baies et des chambres offertes au soleil. Des espaliers et des roses montent à l'assaut des toits du levant; ceux du couchant sont assiégés par le bignonia et la vigne-vierge. La cour s'est comblée et unie et des eaux murmurantes courent entre les racines des saules pleureurs. Le coteau dénudé, qui sert d'arrièreplan, est couvert de pommiers et de conifères. Dans la brume de l'heure présente le paysage de rêve s'est levé. C'est précisément cette mémoire du futur qui est à la naissance de la Vie et qui constitue le travail du Créateur. Celui de l'univers n'a pas agi autrement. Sa pensée d'abord organisa le Chaos. Puis le Verbe tira la Création de sa Pensée: c Que le monde soit»! dit-il seulement. Et, du coup, le monde fut. Pour l'instant, nous campons dans le néant et les neuf ans de Françoise en font une terre enchantée, univers libre et permis. On peut pousser des cris aigus, comme ceux des martinets dans le ciel, thnser sur les carreaux fendillés sans émouvoir la Vieille-Dame-du Dessous, qui est la Terre maternelle, heureuse de sentir grouiller sa progéniture à fleur du sol. Nous avons tout vu, tout fouillé, d'un bout à l'autre, de bas en haut et de long en large, sondé les murs, compté les solives, inspecté les toits. Le diagnostic tient en quatre mots: pauvre. mais sain ; vieux, mais solide. De la porte du grenier on aperçoit l'immensité des prairies avec une poussière de fermes éparpillées parmi des boqueteaux. Au fait, où sont les habitants de ce pays? Nous n'avons pas encore aperçu de silhouettes humaines. Ou peut-être étions-nous si occupés par notre quête depuis trente-six heures que nous avons vécu sans les voir. Pourtant la maison est au carrefour de deux chemins de village, dont le meilleur court en zig-zags vers la Loire et le moins bon entre tout droit dans le côteau. Le seul voisinage immédiat est celui d'une ferme à demi-ruinée qui, dans la pente de l'est, abrite un couple de vieux. Ceux-ci sont venus, dès le jour de l'acquisition, nous faire leurs offres de service. A travers leurs protestations nous devinons la \...,.

13 22 L'ŒIL DE LA TEMPËTE LA MAISON-DU-SOLEIL-AU-CŒUR 2) crainte d'être évincés. Ehl quoi 1 Serions-nous de trop dans ce bosquet idyllique? Il y a si longtemps que notre maison est sans maître que tout le monde en jouit. Rassurez-vous, braves gens 1 Nous apportons la paix, non la guerre. Et notre culture ne portera pas ombrage à la vôtre car nous ne plantons que l'olivier. En somme, il y aura là deux familles qui ne peuvent manquer de s'entendre, en vertu du principe spirituel que l'amour Divin luit pour tous. Si nous avons acheté quelque chose dans ce coin, c'est que le vendeur était malade. Ce vieil homme du canton voisin était éloigné de ses intérêts. Depuis huit ans ses diverses tentatives pour se déli vrer de son bien avaient échoué, y compris la dernière adjudication (coûteuse en timbre) parce que le bonhomme voulait vendre la maison avant les terres et que les amateurs voulaient les terres sans la maison. Enfermé dans ce dilemme immpbilier, notaire, marchand de biens, propriétaire voyaient venir avec crainte le jour où l'ensemble des frais retomberait sur leur dos. Notre arrivée fut pour tous le salut. La mise à prix était de dix mille francs pour l'immeuble seul, avec.j'attenance de 40 ares. En vertu du droit de préemption qu'on nous ouvrait sur le reste nous y ajoutâmes : pour moi un ruisseau à écrevisses et, pour May, une lande haute qui serait un jour sa forêt. L'homme d'affaires en profita pour nous faire payer au double de leur valeur ces deux dernières parcelles. Or il ne tenait qu'à nous de dicter nos prix car nous étions maîtres de la situation. Mais nous pensâmes que le prix d'achat de la maison était déjà inférieur à sa valeur réelle et qu'il était juste que nous y missions du nôtre. Ainsi l'opération avait le mérite de contenter vendeur, acheteur, intermédiaire et tolis les paysans d'alentour. Pardon 1 Il manqua une voix à l'unanimité: celle d'un gros fermier voisin, dont nous saurons plus tard l'attente passionnée et qui, depuis dix ans, guettait cette proie destinée à lui tomber dans le bec. Nous fûmes attristés, Mayet moi, en pensant que nous frustrions un désir, même illégitime. Pourtant il nous fallait reconnaître dans ces conjonctures l'habile et secrète intervention. Par notre anonyme truchement (rencontres, hasards apparents, fausses coïncidencej) nous avions été amenés directement ici pour dénouer le nœud gordien. Petit incident rural, il est vrai, mais taillé sur le patron des. grands événements du monde. C'est de la même manière et avec la même tfficacité mystérieuse que la Haute-Intelligence astres et l'histoire des humains. gouverne les Nous ayons beaucoup de courage et peu d'argent. Nous ne sommes pas de ceux qui entassent. Toute ressource mise 'à l'ombre est soustraite à la communauté. Les biens sont de la Vie en marche. Les arrêter, c'est les sortir du circuit de la Vie et faire d'un sang fécond un liquide mort. D'ailleurs, comment fixer ce qui est fugitif. immobiliser ce qui est nomade? Dès que la richesse cesse de couler elle se dissipe entre nos mains. Aujourd'hui, particulièrement dans les temps d'évolution rapide où nous sommes, le rythme du Progrès se précipite et ne souffre plus les anciennes thé$aurisations. Chacun doit se borner à être un canal des bénédictions divines et se laisser parcourir par la Vie et par l'amour. Tout bien mis en liberté est productif de biens de toutes sortes. Tout bien séquestré s'évapore et ne laisse que toxines et déchets. Nous avons payé le notaire comptant, grâce à un chèque providentiel de dernière heure, mais nous n'avons pas le premier argent des futurs travaux., N'importe! Les devis sont demandés. Maçon et menuisier sentent la présence d'un gage. L'Invisible fera le reste. Nos tranchées sont ouvertes dans le terrain de l'espoir. Celui qui attend d'avoir rassemblé intégralement autour de lui IOlls les éléments de la maison qu'il veut construire ne construira jamais sa maison. Celui qui n'enverrait son courrier qu'après avoir obtenu la certitude absolue que celui-ci arrivera à destination ne ' mettrait jamais de lettre à la poste. Toute entreprise humaine repose sur le béton de )a Foi. Il n'y a. aucune exception à cette règle dont l'universalité est entière. Le sceptique est obligé, comme les autres, de bâtir la moindre. de ses

14 L'ŒIL DE LA TEMPtTE LA MAISON-DU-SOLEIL-AU-CŒUR 25 réalisations sur la Foi. Il peut nier Dieu, l'equilibre Universel, la Providence Invisible, il n'en a pas moins l'obligation de se comporter comme les gens de foi. S'endormir le soir avec l'espoir de s'éveiller le matin'estun acte de foi dans la Vie. Tailler un vêtement, ouvrir un silion, dessiner un plan, mettre des œufs sous une poule, constituent autant d'actes. de foi. Si l'homme qui ne c croit :t pas n'avait pas confiance dans les actes qui suivront son acte initial, il n'aurait jamais d'habit neuf, de moisson, d'habitation, de couvée. Théoriquement, n'importe qui a la faculté de ne pas admettre la nécessité de la Foi, mais pratiquement tout le monde l'utilise dans les plus petits gestes de l'existence, si bien qu'on peut dire, à juste ti!re, qu<: tout dans la vie ~st assemblé, ajusté, cimenté, lié par la Foi. Forts de cette assurance, nous avons approuvé les devis qui nous étaient présentés, puis nous sommes partis en voyage, de manière i ménager ensemble la liberté des ouvriers et la nôtre. Mayet moi avons toujours procédé ainsi. A Paris, quand le frotteur s'emparait de l'appartement, notls Gisparaissions pour la 'demi-journée. Cela mettait le brave homf1~e à l'aise et nous épargnait la vue de l'anarchie du mobilier. A notre retour, le désordre avait pris fin. Chaque meuble était rentré à sa place. Une bonne odeur de térébenthine et de cire flottait dans les chambres et il ne restait plus qu'à payer et à remercier. Cette opération s'effectuait "sans compte soupçonneux, sans vérification, sans enquête et May arrondissait toujours la somme comme aussi le sourire du journalier. Combien à plaindre sont les constructeurs, esclaves des drrcwur.::s qu'ils édifient! Par crainte d'être mal compris, ils se font leurs propres geôliers. Qu'est-ce qu'un oubli dans un escalier, ou li!~e erreur de mesure? Les c loups :t engendrent l'imprévu et créent la diversité. Il y' a des avantages dans tout et, plus spécialàilé:j11, da us nos fautes. Mais il n'est pas défendu d'extraire des fautes des ;liilrl's IllllnJ propre lilililé. " Quand nous remonterons du Midi, le vestibule neuf comportera 'qu'âtre 'portes, dont aucune n'aura la même hauteur. Maçon er m~llllisler's'l:n rejetteront mutueliement la: responsabilité. Je les mettrai d'accord en leur affirmant que cette disposition est pleine d'avantages. La port'e la plus basse m'obligera à baisser la tête et, cent fois par. jour, à m'humilier. Mais je le ferai si volontiers, et bientôt à mon insu, que cette perpétuelle mise en garde m'évitera plus tard des heurts multiples dans la cave et les greniers, Foin de la symétrie à l'excès, créatrice d'ennui et de pessimisme! L'optimisme est asymétrique, comme l'est aussi l'intérêt. L'ordre extérieur est chaos s'il cache le pessimisme. Que de désordre intime, bien Salivent, derrière des meubles alignés! Comme je le prévoyais, les maçons ont respecté le roncier. Ils se. ~ont bornés à démolir le vieux four et les dépendances en ruines. Puis ils ont fait un tas de leurs déblais au beau milieu de la cour. Et comme chacun y'apporte sa pierre, c'est bientôt une petite colline. Mais le bâtiment à usage d'habitation a pris tournure sous son crépi neuf. Les tuiles défaillantes ont été renouvelées. Des portes vitrées ont pris la place des portes pleines. Les anciennes fenêtres ont été agrandies et une nouvelle a été percée au Midi. La cuisine et la chambre sont étonnées de se voir si claires. Enfin, les allées et venues des ouvriers ont ramené les herbes à leur juste condition. Tout prend un aspect sale de chantier, car souillure et civilisation sont sœurs jumelles. J'ai demandé dans tout le pays un jardinier, puis un manœuvre. Mais ni l'un ni l'autre ne se sont présentés. Si les jardins avaient été dessinés et bêchés et s'il eût suffi de les entretenir, de loin en loin, à coups de binette, nous aurions trouvé, sans doute, plusieurs concours empressés. Mais notre Eden en friche décourage les travailleurs. A une lieue à la ronde, nul n'ignore le labeur que ce débroussaillement représente. Aussi tous les bras disponibles sont-ils pour longtemps occupés. Quand il est avéré que nos seuls ouvriers doivent être nos jambes et Il()~ hras, 110 us Cil IllllbiiisOIlS cc quc nous pouvons, c'cst-à-dirc quatre de chaquc sur te. Jc pousse jusqu'à la ville voisine et j'en rapporte une faux, un volant, des forces, une fourche et un croissant. Et voici la bataille de l'homme contre le désert. La Vie s'est enche\'êtrée en liens épineux et, rivée au sol par mille racines, oppose à l'acier brutal la flexibilité de ses ressorts. Dans mon ignorance des travaux de fauchaison, je me suis laissé vendre une vaste faux à froment, au lieu d'un court fauchon à brous-

15 26 L'ŒIL ne LA TEMPETE LA MAISON-DU-SOLEIL-AU-CŒUR 27 sailles. En moins d'une heure, je la brise et j'appelie sant. à moi le crois Deux jours durant, d'un crépuscule à l'autre, j'abats, je coupe, j'arrache. Le tas des branches mortes atteint, puis dépasse celui des tailiis vivants. Je suis piqué et meurtri par les dards et les biseaux d'épines. dressés. Je marche sur les esquilles végétales, semblables à des os BelIe défense! Rude assaut! Je n'admetùai jamais qu'une tâche me résiste, quand je l'estime urgente et de véritable utilité. Loué soit l'ingénieur de mon corps, qui le fit souple et maniable et si apte à se servir seul! Dans l'univers presque tout est plus dur que lui, plus pesant que lui, et, malgré cette fragilité apparente, l'organisme humain vient à bout de la difficulté universelle, rien que par une once de pensée dans quelques kilos de chair. T rois autres jours passeront en piochages frénétiques. Chaque pelletée est conquise de haute lutte, triée, expurgée des rhizomes suspects. Arroser le sol de sa sueur n'est pas une métaphore. Sur la terre fangeuse et noire mon front ruisselie sans arrêt. Le travail d'amateur ne ressemble pas à la besogne professionnelje. Le salarié voit la journée à gagner; je vois la tâche à finir. Nous avons tort l'un et l'autre, moi par excès et lui par manque. La vérité est entre nous deux. Mais, de temps en temps, dans le paroxysme de l'effort, quand mes oreilles sifflent et que mon cœur bat sa contredanse, une voix intérieure, paternelje et calme, me dit: c Repose-toi ~. Aussitôt que cet avertissement m'est donné ou, plus précisément, dès que je le perçois, je m'étends, n'importe oll. de mon long. après m'être épongé les muscles. Alors tout s'abolit. Je ne vois plus la terre qui m'environne; mes yeux plongent directèment dans le ciel. Et un bien-êtrdmmense m'envahit. Je suis au niveau des anges. Et tout ce qu'il y a de gratitude en moi bénit le Père Admirable qui m'accorde la Paix après l'effort. Peu à peu, les pignons ruinés s'abiment dans la poussière. La coljine de gravats devient montagne et ma filie y danse au couchant avec des effets de Loïe Fuller. Bientôt, ce tas monstrueux nous obsède et nous opprime. Nous l'attaquons à la masse, à la houe, à la pelie et au râteau. Une vieille demeure paysanne est un nid à surprises.. Déjà, en arrachant des racines sauvages dans une encoignure, j'ai mis au jour un dépotoir. Les mœurs rurales' sont ainsi : quand un ustensile est hors d'usage, on le jette dehors et le plus près possible de la maison. Comme les cassots seraient déshonorants auprès de l'huis, on les laisse choir, à droite ou à gauche, dans le mystère d'un buisson. Faute de buisson, le paysan tolère auprès de lui la présence de fleurs et d'arbustes, où s'amassent les déchets de plusieurs générations. Plus les lilas sont touffus, plus la décharge est profonde, de sorte que le volume des détritus se mesure à la poésie des seuils. Ici, plus j'extrais de déchets et plus le sol en prodigue. Il y a plusieurs assises de vaisselje cassée, de casseroles crevées, et de souliers éventrés. Par la suite, et dans tous les coins, j'évacue, à pleines brouettes, vieux peignes, lampes disjointes, poids d'horloges, ressorts, lanternes, poêles, chaudrons. Et) de toutes parts, émergent des cercles de barrique oxydés, les uns petits, les autres moyens ou de grande tailje comme si un paroxysme de tonneljerie avait jadis atteint cette contrée sans vignobles et sans vins. ' J'éventre inlassablement du pic cette veine inépuisable et voici qu'entre les rejets d'églantier j'éparpille des cartouches Lebel. Ce filon doit être prospecté avec précaution; c'est celui des souvenirs de guerre. Un peu plus tard, quand nous tapons dans le tumulus central à grands coups de masse, nous avisons deux ou trois objets cylindriques qui s'avèrent des culots d'obus. Mais l'invisible Protection nous couvre tous de son ombre; nous pouvons marcher sur le feu, sur l'eau et manier sans crainte les explosifs. Seulement, comme tout le monde n'a pas la foi et, par conséquent, n'est à l'abri des humaines contingences, j'enfouis à un mètre de profondeur tous ces trophées belliqueux. May a trouvé dans l'intérieur de la maison les mêmes revenants-bons agricoles. L'immeuble nous a été vendu avec tout ce qu'il

16 28 L'ŒIL DE LA TEMP~TE contenait. Suie en croûte et gravats en poudre, bouteilles à médicaments et jarres d'huile sèche constituent la prime mobilière et nous sont laissés par-dessus le marché. Les méthodes citadines de nettoyage ne sont, au hameau, plus de mise. Une chambre se lave à grande eau, comme un évier. Quelques seaux, lancés à la volée, purifient le territoire et l'eau souillée s'écoule par une sortie naturelle qui est l'entrée naturelle des souris. Tout sera badigeonné à la chaux et plafonds et murs riront d'allégresse. Après avoir fait au dehors peau neuve, la maison change de muqueuse au-dedans. Nous ne.jogeons pas encore, nous campons: tables. sièges pli<111t5. bambous et toiles. Cela nous paraît une aventure biblique, un bol de jeunesse que nous buvons. Partout où nous passons nous inaugurons la propreté: eau pijr~ et conscience nette, ce sont là nos seuls luxes, à la ville comme aux champs. Nous mettons l'ordre là où il n'est pas, non par l11anj:~t!~ rangement, car nous sommes les moins formalistes du monde. Maya une manière de faire le ménage qui est un miracle d'cui cacité. SOI1coup de balai est vertigineux et son nettoyage dynamiquc. La vaisselle du déjeuner est lavée tandis que la dernière bouch~c descend dans nos estomacs. La besogne lui fond littéralement entre les doigts, sans qu'elle cesse d'être attentive à toute chose. Pour faire mentir le proverbe. elle mène de front dix tâches différentes et lcs conduit à terme gentiment. Il arrive bien, de temps à autre. qu'un district échappe à sa surveillance, qu'un objet tombe, que le lait déborde ou que Françoise lui glisse entre les mains. Mais la parade n'est jamais loin. Un geste prompt: tout s'apaise. Et l'harmonie et l'ordre reprennent le dessus. Notre ordre n'est évidemment pas celui d'un majordome de palais. Nous ne traquons pas sans arrêt la poussière sous les meubles. Les glaces sont souvent ternies, sans doute parce que nous ne nous y regardons pas. Le soleil entre chez nous comme chez lui. L'air aussi. Ce sont de vieux camarades. L'un et l'autre ne s'essuient jamais les pieds. CHAPITRE III DU MAÇON AU MARECHAL-FERRANT EN PASSANT PAR QUELQUES AUTRES LAmaison exposée. des Nousgens nous est instalierons trop petite pour dans nous la maison et médiocrement des bêtes métamorphosée du Nord au Sud. La grange, avec son toit élevé, permettra des plafonds hauts, si rares à la campagne. Là s'ouvriront le studio, la chambre de Françoise et une entrée-carrefour. La chambre aux herbes, toute noire de la fumée des cuissons, se changera pour nous en chambre claire. La salle à manger du cheval deviendra salle à manger des gens.,la vaste étable contiendra cuisine, salle de chauffe, resserre et garage. Et tout cela prendra jour par de larges ouvertures sur ce superlatif du levant qu'est le Sud-Est. Reste le pignon méridional qui appuie sa vétusté sur un hangar, lui-même étayé par des béquilles. Deux matinées suffisent à abattre les constructions parasites et à dégager le mur aveugle du Midi. J'y veux une baie de trois mètres cinquante local en frissonne. de large et le maçon - Si vous percez vos murs de la sorte, dit-il, je ne réponds plus de rien. - J'en réponds, moi, c'est l'essentiel. Mais, dès les premiers coups de pic, l'homme de la partie abandonne. Les rognons de silex s'effondrent nids à rats. d'eux-mêmes et dégagent des - Où placerai-je ma ferme de métal avec une pareille portée? Si je continue, tout s'écroule. La brèche aura trop de largeur.

17 L'ŒIL DE LA TEMPETE LA MAISON-DU-SOLEIL-AU-CŒUR 31 - Homme de peu de foi! Que diriez-vous si, au lieu d'une seule ouverture de trois mètres cinquante, tures d'un mètre? je vous demandais deux ouver -.le dirais qu'alors c'est facile. - Eh bien! ces ouvertures, faites-les. - Bon! Après? - Après, vous monterez un pilier de briques dans chacune de vos brèches. Puis vous placerez vos poutrelles de fer sur vos piliers. L'illumination visite enfin le maçon. - J'ai compris. Je me charge du reste. - Vous voyez... Rien n'est impossible, si l'on veut... Durant que l'ouvrier défonce la vieille muraille: - Les Guyannais, lui dis-je, estiment qu'il y a une cheville pour chaque trou. Il suffit de chercher dans le lot jusqu'à la bonne chevilie. ce qu'on trouve Le gars du bâtiment hoche la tête. - Il Y a tout de même des cas... - Il n'y a que des gens, mon ami. Là où celui-ci ne récolte rien, celui-là fait une récolte abondante. L'un aperçoit de la lumière là où d'autres ne voient que du feu. La solution d'une difficulté ne réside pas dans la difficulté mais elle repose en vous-même. C'est en vous qu'est le ressort que vous devez déclencher... Voyez ce moellon qui résiste sous la masse. Votre force même y échoue. - Aussi les bouts. vais-je le prendre à la pince et le solliciter par tous - Ainsi de la vie. Nous la sollicitons continuellement et, selon que nous savons nous y prendre, les obstacles cèdent sous notre effort ou nous barrent le chemin. Mais qu'est-ce votre métier? Vos talents ou vos maladresses? qui vous a appris - Eh! dit l'homme, quand j'ai commencé à travailler avec mon père, j'avais plus de maladresse que de talent. La preuve, c'est que mon père ne me complimentait jamais et qu'il me grondait sans cesse. On peut dire que j'ai appris la maçonnerie à coups de pieds au derrière. Le métier m'est entré par le fondement. Que de gens sont obligés de saisir par le bas ce qu'ils pourraient comprendre par le haut! Mais l'inspiration souffle où elle veut et moins souvent en zéphyr qu'en tempête, parce que les éoliennes de l'esprit sont mal graissées et peinent à démarrer. Enfin la maison est trouée de part en part. L'air et la lumière y pénètrent. La voilà transfigurée par cette intense visitation. Imaginez un bâtiment aveugle et secret, condamné depuis cinquante ans à l'obscurité, depuis cinq ans au silence et qui, brusquement, renaît au bruit et à la clarté. Son architecture est restée la même : celle d'un long et triste parallélipipède. Mais il a maintenant une âme et des yeux. Le maçon est blond et fluet et long comme un jour sans' pain. Çà lui est bien utile lorsque l'échelle est trop courte, ce qui est fréquemment le cas. Quand il pense à apporter le plâtre il oublie d'apporter le ciment. Quand il a trop de chaux il n'a plus assez de sable. II passe un tiers de son temps à perdre ses outils et un autre à les chercher. Mais, dans le tiers qui reste, il déploie une activité si fébrile qu'il oublie régulièrement l'heure de boire et de manger. Avant d'édifier, il commence par tout dévaster autour de lui. Il broie le verre, casse les tuiles, fend les pierres. Et il en jette autour de lui les morceaux dans l'ivresse de sa destruction. Il n'est à l'aise que lorsqu'il piétine un tapis de gravats, qu'il bute dans les matériaux et qu'il est enfariné comme un geindre. Alors le génie de la réédification entre en lui. II est persévérant, consciencieux. Il a des attentions délicates. Après une absence de quelques jours, nous retrouvons une salle à manger banane avec des boiseries vert-pomme du plus impressionniste eitet. Banane et pomme vont nous rester sur l'estomac, mais l'artiste en les présentant a un si gentil sourire que May se défige la première et dit: c Curieux!... Nouveau!... Inattendu!... ~ Le menuisier semble avoir vingt ans. Il est petit et noir comme une puce. Rien n'échappe à ses yeux vifs. Il m'approuve entièrement de vouloir une maison de verre. Non qu'il aime tellement une vie transparente mais parce qu'il est aussi vitrier. Serrurier en même temps etgrillageur, car il sait tout faire, même ce qu'il n'a jamais fait. _ Avec son unique commis, il fait les travaux de la contrée, prodiguant les demi-journées à droite et à gauche et les promesses par-

18 32 L'ŒIL DELA TEMPeTE LA MAISON-DU-SOLEIL-AU-CŒUR 33 tout. Il arrive quand on ne l'attend plus, il disparaît comme une ombre. Et le travail se fait tout de même, 'rien que par sa propre vertu. Le maréchal est doublé d'un marchand de vins. Les tournées de blanc lui font une conscience amère. Il a la graisse pessimiste ct rabroue ferme ses clients. Depuis que je l'entretiens de sa santé, il me recherche au passage. En quelques phrases de sollicitude, je lui verse J'apéritif de l'espoir. On croit qu'i! y a des hommes incompréhensifs. Nullement. Il y a seulement des gens dont on n'a pas cherché la serrure ou qu'on veut ouvrir avec la mauvaise clé. Il suffit parfois d'une goutte de compréhension pour dégeler la mer de glace. Tel homme, à la réputation de roc stérile, n'attend que la bonne semence pour faire un terreau productif. Jadis - au temps de mes incompréhensions - je posais en principe que tout homme nouveau pour moi était d'emblée une canaille: c S'il s'avère, pensai-je, que je me trompe, la surprise et le bénéfice seront pour moi ~. A présent que je suis entré dans la compréhension, je présume chacun honnête homme. Et je n'ai jamais de déconvenue parce qu'il y a un honnête homme jusque dans le pire criminel. L'électricien est un colosse obèse qui cumule les états de garagiste, pompier, receveur buraliste et entrepreneur de chauffage centrai. Quand il n'est pas ici comme représentant d'une profession, il y est comme représentant d'une autre. La dernière installation qu'il fait est celle de l'eau chaude. L'hiver, chaque jour, menace et nous aspirons à l'achèvement des travaux. c Il faut souffrir pour être belle, dit le coiffeur à la cliente qu'il martyrise ~. Il faut vivre en décembre, toutes portes ouvertes, pour croire au miracle des radiateurs. Pendant des jours et des jours, les tuyaux de fer à grande section sont recourbés sur eux-mêmes. Et j'admire que l'homme vienne à bout de la matière avec d'aussi pauvres moyens. Le dernier boulon posé, et,la bouteille de cent litres dûment sceliée au-dessus de la chaudière, l'homme-qui-dispense-la-chaleur me dit: - Nous alions faire un essai. Mot-magique, mot-fée par quoi tout Frimaire s'illumine. Le foyer ronfle, les canalisations ont des borborygmes, le petit circuit s'échauffe et le spécialiste arbore un air triomphant. Une heure, deux heures. L'eau de la bouteille ne tiédit pas. On pousse les feux. On ouvre l'air. La chaudière dépasse quatre-vingtquinze. Des coups sourds de bélier se font entendre dans les canalisa tions. Cent! L'eau bout dans les profondeurs. Le tuyau d'évacuation craohe uhe vapeur blanche. Nous sommes à l'extrême limite de chauffage. Et la bouteille reste de marbre froid. L'homme de l'art commence à s'arracher les cheveux. - Mon «départ ~ est brûlant, marmonne-t-il, et mon c arri. vée ~ est tiède. Pourquoi la chaleur s'arrête-t-elle au coude et ne passe-t-elie pas dans le siphon? 1nterrogation pathétique et qui reste sans réponse. L'artisan éprouve le besoin urgent de se disculper devant moi. - L'installation est conforme au plan. Tout a été prévu. Tout s'enchaîne. La logique veut que ça marche... Mais en dépit de toute logique. l'événement, lui, ne marche pas.,pour qui veut se donner la peine de regarder, les conflits sont incessants entre la logique et la Vie. Le logicien ne veut pas tenir compte de la vie; la Vie bouscule souvent les plans des logiciens. Les théories sont une invention d'homme. La Nature secoue les théories. Les théories changent d'une époque à l'autre. La Nature est immuable dans ses cheminements. A onze heures du soir, mon équipe se replie vers son bourg d'attache après un aveu d'impuissance. - Il y a là, dit le patron, quelque chose qui me dépasse. C'est la première fois que cela m'arrive... Je n'y comprends vraiment rien... Parbleu! Il vient toujours un temps où 'le raisonnement humain fait faillite. On recourt alors à l'intuition. Huit jours plus tard, mon électricien-pompiste cherche toujours la clé du problème. Comme le froid s'accentue, je dresse un bref croquis des tuyauteries et l'envoie à l'ingénieur qualifié... Celui-ci passe le surlendemain avec l'installateur et dit :

19 34 L'ŒIL DE LA TEMP~TE -< Je vois où la chose pèche. Puis, désignant le fameux coude à l'entrée de la bouteille: - Percez-y un trou, assure-t-il. Mon ouvrier ouvre des yeux incroyants. Il nie les interventions miraculeuses. _ Vous croyez que ça suffira? dit-il ironiquement. Durant que la chignole mord l'acier, deux fois adverses sont en présence: celle de l'artisan qui connaît les connexions métaliiqucs, celle de J'ingénieur, qui sait les caprices de l'eau. A peine le tuyau percé. un long sifflement se fait entendre. _ Compris! dit l'homme avec un soupir. Une autre fois, je m'en souviendrai. Une heure après, la bouteille est à 70, c'est-à-dire à la température de la chaudière, et l'eau fume au robinet. _ Qui aurait pu se douter qu'il y avai't là une poche d'air? grommelle notre Saint-Thomas demi-confus, mais bien content tout de même. Il en est ainsi de la plupart des certitudes humaines. Les calculs sont exacts, les dosages définitifs. Seulement, au moment où l'on s'y attend le moins, il y a une poche d'air. Comment ne pas être frappé par le système du chauffage central? Celui-ci m'a toujours émerveillé, non comme une invention propre à l'homme, mais comme une copie religieuse de la mécanique de l'univers. Tant que l'industrie imite la Nature, ses réalisations sont efficientes ; c'est ce qui explique le moteur, pâle copie de l'organisme animal et l'avion, pâle réplique de l'oiseau. Dès que l'homme écarte sa chimie de l'alchimie de la terre, les déboires innombrables fondent sur lui. Mais il arrive que les humains, dans leur recherche empirique, conçoivent un plan qui se rapproche de l'un des étages spirituels. C'est ce qui s'est produit pour le chauffage central, image de la circulation des richesses. Tout. part du Foyer Divin, où brûle le combustible Amour. L'eau chaude, porteuse de calories, monte vers les hauteurs et, par vingt canaux, que successivement elle échauffe, dilate les poumons des radiateurs. d'où partent les ondes d'amour. LA MAISON-DU-SOLEIL-AU-CŒUR 35 Puis, l'eau refroidie par ce don supérieur de divine osmose, tend à descendre vers les régions basses et à regagner le Foyer de départ. Et le circuit recommence perpétuellement, tant qu'il y a de l'amour dans la chaudière et la chaleur radie sans cesse dans les chambres de la demeure de l'homme tant qu'on ne ferme pas les radiateurs. Mais à quoi servirait à un locataire de l'humanité de s'isoler du circuit, sous prétexte de garder pour lui la chaleur produite? Son geste n'aboutirait qu'à transformer l'eau chaude de ses éléments en eau tiède, puis la chaleur ambiante en air froid. L'Amour ne peut se renouveler qu'en circulant. Dès qu'il est immobilisé, il perd ses calories et ne reprend vie qu'en se rapprochant à nouveau du Foyer Central. Que me disait-on qu'il n'y avait pas de main-d'œuvre par ici? Ce matin, un auxiliaire-jardinier se présente. Il roule carrosse comme au grand siècle; mais le sien est une voiture à chien. Son compagnon à quatre pattes est un splendide animal à la toison rousse. Il semble plein d'affection pour son maître qui, d'ailleurs, le lui rend bien. Le tout est à ma disposition pour le prix normal d'une journée d'homme. Immédiatement, je mets l'attelage à l'œuvre dans ce qui sera le potager du levant.. Pour l'heure, ce potager n'est qu'un rectangle d'espoir, aux barrières de certitude. J'y entrevois des cordons de pommiers et d'innombrables légumes, mais le passant n'y aperçoit que de l'ortie et du chiendent. Une demi-heure après, je vais voir comment le déchaumage s'opère. Le chien est dételé, la voiture rangée contre un mur et le maître en train de déposer son veston. L'homme a:j chien n'a pas d'outils. Il cherche dans les miens une bêche à sa convenance. Enfin, il attaque le sol avec une froide résoiution. Je repars vers d'autres tâches qui, pour la plupart, sont urgentes. Je voudrais tout saisir d'un coup, entreprendre de mille bras. Je n'en ai qu'une paire, mais de si obéissants, qui jamais ne boudent ni ne se révoltent. Les déblais sont culbutés à la brouette et jetés dans un champ en contrebas.

20 L'ŒIL DE LA TEMPeTE L'effICacité d'un travail repose sur sa répartition. On ne doit jamais redescendre une échelle sans utilité et jamais ramener sa brouette à vide. Ce qu'on fait doit toujours être effectué à plusieurs fins. Sans quoi la réalisation serait à la portée de n'importe qui, et n'importe qui ne se fait pas obéir de la mati~re inerte. C'est précisément le cas de mon collaborateur. A la deuxième heure, il n'y a pas un mètre carré de bêché et le bêcheur m'explique pourquoi, non sans avoir posé l'outil et pris la pipe. - Moi, Monsieur, j'aime le travail soigné, ou alors je ne me mêle de rien. Si j'ai entrepris votre potager, c'est que j'entends que ce soit irréprochable. Ce discoureur parle bien, avec un grasseyement léger. Il a une énorme chevelure acajou, assortie à celle du chien. - Une supposition que j'aurais pris votre potager en large au lieu de le prendre en long, le labour serait moins bon et la terre moins travaillée. maximum. Avec moi, il faut que ça rende, et toujours au Voilà qui est dit. Je quitte cet ouvrier conscient et m'applique à d'autres nécessités évidentes, jusqu'aux approohes de midi. Quand je retourne à l'est, l'homme-au-chien déjeûne et le chien déjeûne avec l'homme. Quand je me représente à quatorze heures, tous deux achèvent leur méridienne. Quand je repasse à seize, l'un et l'autre font collation.. A dix-huit heures, je trouve le chien attelé. Le maître enfile son veston et essuie la sueur de ses tempes. Le produit de la journée équivaut au bêchage de quatre mètres' carrés environ. 'Comme j'ai les yeux sur le résultat, l'homme-au-chien me dit: - Ici, c'est comme dans une forêt vierge. J'ai honte de ce que je vous ai fait dans une journée. C'est un bêchage qui ne rend pas. Je pense exactement comme lui et ma pensée est fidèlement traduite. Dès lors, pourquoi la formuler à haute voix? - Je reviendrai au-chien. un de ces jours, annonce sans précision l'homme - C'est cela. Je vais toujours vous régler votre salaire. Je paie. L'argent s'engouffre dans la poohe et nous nous séparons galamment. Le maître monte dans la voiture et le chien emporte le maître. LA MAISON-DU-SOLEIL-AU-CŒUR 37 Adieu, collaborateur émérite! Ton travail revient cher au mètre. Mais c'est du bêchage en long.. Plus nous enlevons de matériaux de la cour, plus les travailleurs du bâtiment en apportent. Hier, ils étaient tous là en même temps: électriciens, menuisiers, maçons, peintres, plâtriers, qui cognaient, sciaient; grattaient, plaisantaient, se taquinaient ou se fâchaient et se gênaient les uns et les autres. Lorsqu'il y a faute ou retard ils s'en lavent chacun les mains, s'en rejettent la responsabilité comme autant de Ponce-Pilate. Le rabot s'abrite derrière le fii-à-plomb, qui accuse la lampe à souder, qui met en cause le pinceau, qui incrimine la truelle. Je suis, une fois de plus, enfermé dans leur cycle corporatif. Aujourd'hui, comme s'ils s'étaient donné le mot, l'immeuble est complètement désert. Il n'y a plus ni coups de marteau, ni romance en fausset, ni plaisanteries. Car l'habitude des corps d'état de tous pays est d'entreprendre plusieurs chantiers à la fois. Ceci dans le but de contenter tout le monde, pour ne satisfaire personne. De temps en temps, couvreurs ou charpentiers vous filent dans la main et vont distribuer des lambeaux de journées à droite ou à gauche dans le but de ranimer l'espérance chez les bâtisseurs. Ils ont du matériel et des outils partout, qui pourrissent sous la pluie ou se fendillent au soleil durant des lunes. Et, sur quelque chemin qu'ils passent, les clients délaissés les invectivent, ce dont ils ne s'émeuvent aucunement. Où est la vérité en pareil cas? Chez l'homme-au-chien qui lazzaronne et chez l'ouvrier qui se dissipe? ou chez ceux qui mangent la besogne et accumulent trois jours en un' seul? Je n'ose répondre absolument. Sans doute il y a du bon de part et d'autre. L'indolence est une peste jaune; la trépidation un mal blanc.. Profitons de ce répit imprévu et utilisons le silence.. Un calme étonnant nous habite, précurseur des longues semaines d'isolement. La campagne est une école de vertu. On s'y entraîne nécessairement au rythme de patience. L'artisan rural travaille à la cadence de l'année et ralentit ou accélère sa peine, suivant l'ordre des saisons.

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