Le défi alimentaire. Bimestriel mai - JUIN - juillet 2008 n 3 P308613

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1 LE JOURNAL DE LA COOPÉRATION BELGE Bimestriel mai - JUIN - juillet 2008 n 3 P Editeur responsable : P. Moors, Directeur général. Rue des Petits Carmes 15, B-1000 Bruxelles - Bureau de dépôt Bruxelles X Le défi alimentaire Service Public Fédéral affaires étrangères, commerce extérieur et coopération au développement

2 Dans ce numéro L E J O U R N A L D E L A COOPÉRATION BELGE Crise et sécurité alimentaire : l agriculture et l élevage remis à l honneur 3 Manger tous les jours est un droit 5 La qualité assure l'avenir des petits éleveurs de bétail laitier au Vietnam 8 Un service vétérinaire de proximité au Niger 10 Les races trypanotolérantes : une solution pour la maladie du sommeil 12 Pour une agriculture mondiale durable 13 Commissions mixtes 14 Charles Michel, Ministre de la Coopération 16 Rubrique : La petite dimension 18 Rapport annuel Photo de couverture : EC/ECHO/Daniela Cavini R. Somers et D. Tiberghien VSF Belgique CTB/BTC Editorial Au 18 ème siècle, la majeure partie de l'europe continentale étant dévastée par la famine, la pomme de terre devint une ressource salvatrice contre la faim. Le tubercule pourrait à nouveau s affirmer comme un élément-clé pour la sécurité alimentaire, c est du moins l argument de la FAO qui a déclaré 2008 "Année internationale de la pomme de terre". Pourquoi ces considérations à l heure de boucler ce dossier sur la sécurité alimentaire? D abord parce qu elles nous rappellent que l insécurité alimentaire a toujours et partout existé, et ensuite parce que cette année est marquée par une crise alimentaire grave. Partout, les prix des aliments flambent. Pour certains, cela ne se limite encore qu'à une gêne supplémentaire dans le portefeuille ; pour d autres, c'est la simple survie au quotidien qui est compromise. Aujourd hui, grâce à la technologie, on est pourtant capable de produire suffisamment pour pouvoir nourrir toute la planète. Cependant, plus de 860 millions de personnes souffrent à présent de la faim, et 100 millions supplémentaires ne pourront plus se nourrir correctement suite à la hausse des prix des aliments (voir articles p. 3 et p. 5). Pour diminuer de moitié la proportion de personnes qui souffrent de la faim d ici 2015, il faudrait une augmentation de 6% par an de la productivité agricole. Cette urgence doit impérativement être affrontée par la coopération. Dans les mois qui ont suivi le début de son mandat, le Ministre de la coopération (il nous expose les grands points de sa politique dans une interview, p. 16) avance un plan d action dont le but est l autosuffisance alimentaire de l Afrique d ici Il identifie 5 moyens pour y parvenir : la recherche ainsi que le transfert de connaissances et de technologies, le développement des marchés locaux, la promotion d achats locaux (voir p. 4), le soutien à l agriculture familiale, et la gestion durable de l eau. La Belgique s engage à consacrer 10% de l APD à l agriculture. Et, lors du Sommet de la FAO sur la sécurité alimentaire, le Ministre plaidera pour un plan d action et un engagement mondial, afin que 10 % de l aide publique soit consacrée à l agriculture. D ores et déjà, les secteurs productifs (chasse, pêche, élevage) sont revus à la hausse dans les programmes de coopération (voir commissions mixtes, p.14). Vous trouverez également des projets concrets de développement rural via l amélioration de l élevage (p. 8, 10 et 12). Bref, la problématique est vaste et complexe, et les pistes de réflexion ne manquent pas. C est pour cette raison que nous avons décidé de rajouter 4 pages supplémentaires à ce numéro. La rédaction 2 DIMENSION 3 LE JOURNAL DE LA COOPÉRATION BELGE 3/2008

3 Défi alimentaire : Agriculture CE/Guy Stubbs Crise et sécurité alimentaire : l agriculture et l élevage remis à l honneur C est dans un monde secoué par les émeutes de la faim consécutives à la crise alimentaire mondiale que s ouvre ce dossier sur la sécurité alimentaire Un sujet brûlant et fondamental, qui touche tout le monde ; les portefeuilles des Occidentaux et la ration alimentaire quotidienne déjà maigre des pays du Sud. On estime en effet que, suite à cette crise, 100 millions de personnes seraient menacées d insécurité alimentaire en plus des 860 millions de personnes qui en souffrent déjà. Dès lors, l agriculture et l élevage local, longtemps négligés par les politiques internationales, sont réappréciés. Objectif du Millénaire n 1 : Réduire l'extrême pauvreté et la faim Les ODM prévoyaient la diminution de moitié des personnes qui souffrent de la faim d ici La faim concernait 824 millions d'individus en 1990, soit 20% de la population mondiale. En 2002, elle était encore une réalité quotidienne pour 814 millions d'individus. En 2006, la FAO constatait que Dix ans plus tard, nous sommes confrontés à une triste réalité : aucun progrès n a été réellement accompli depuis la période (Rapport 2006) Pour le dire autrement, Toutes les 5 minutes, un enfant meurt de faim. Pourtant, le droit de s alimenter correctement semble le plus basique et le plus simple des droits. Jean Ziegler, ancien Rapporteur du Droit à l alimentation auprès de l ONU affirmait : Etant donné l état actuel de l agriculture dans le monde, on sait qu elle pourrait nourrir 12 milliards d individus sans difficulté. Pour le dire autrement : tout enfant qui meurt actuellement de faim est, en réalité, assassiné. Quel est alors le problème? Un problème mondial Sur le banc des responsables de la crise : la flambée des prix du pétrole entrainant la hausse des prix des transports, les biocarburants qui occupent les terres cultivables, l augmentation de la consommation en Chine et en Inde ; la spéculation sur les matières premières et enfin les changements climatiques. Autant de sujets qui posent question au système de la consommation effrénée de l énergie ; de promotion des exportations au détriment de la souveraineté alimentaire ; de la négligence des effets de l industrialisation sur l environnement naturel. Face à ce problème, pour certains, le seul remède à long terme passe par une remise en question du système économique actuel. Mais en attendant, c est à la production agricole et aux paysans qu il faut accorder plus d attention. Ce sont précisément les zones rurales qui souffrent le plus de la faim. Sécurité alimentaire : l agriculture et l élevage remis au goût du jour La sécurité alimentaire définie par la FAO, désigne une situation dans laquelle chacun peut accéder en toute circonstance à une alimentation sûre et nutritive, lui permettant de mener une vie saine et active. Pour certains, ce principe serait indissociable de celui de souveraineté alimentaire : le droit des populations, et des pays de définir leurs propres politiques alimentaires et agricoles. Ces politiques doivent être écologiquement, socialement, économiquement et culturellement adaptées à chaque contexte spécifique et ne pas menacer la souveraineté alimentaire d autres pays (Oxfam). Après avoir été incités à délaisser leurs cultures nationales au profit des exportations soumises aux caprices du marché, les pays du Sud, devenus dépendant des importations, ne sont plus capables de nourrir leurs propres citoyens. Par déni de souveraineté alimentaire, ils se retrouvent en situation d insécurité alimentaire. C est une DIMENSION 3 LE JOURNAL DE LA COOPÉRATION BELGE 3/2008 3

4 La crise alimentaire mondiale Défi alimentaire : Agriculture Pays ayant connu des émeutes liées à l'alimentation ou des épisodes climatiques ayant réduit l'offre alimentaire logique très résumée car bien sûr, d autres éléments entrent en ligne de compte, comme les aléas climatiques. Mais il y a autre chose. Longtemps, l agriculture a été oubliée des politiques de développement. On estime en effet que seulement 4% de l aide publique au développement allait à l agriculture alors que dans certains pays en développement jusqu à 80 % de la population vit de la production agricole. Dans son Rapport 2008 (voir Dimension 3 n 2/2008), la Banque Mondiale a reconnu qu elle avait négligé l agriculture. En 20 ans, la part de ses prêts au secteur agricole est passée de 30% à 12%. Ce mea culpa était suivi d une augmentation substantielle de crédits pour la production agricole en Afrique (de 288 à 512 millions EUR). La réponse belge Traditionnellement, l agriculture et la sécurité alimentaire sont l un des cinq secteurs d actions prioritaires de la coopération belge au développement. Mais la Belgique reconnaît ne pas avoir suffisamment soutenu ce secteur essentiel aux pays du Sud. Depuis quelques mois, le Ministre de la coopération belge a décidé d accorder plus d attention et d augmenter ses contributions au secteur productif (voir p.17). Un acteur important est le Fonds belge de survie dont les objectifs sont d'assurer les chances de survie de personnes menacées par la faim, la pauvreté et l'exclusion dans des pays africains confrontés de manière chronique à un déficit alimentaire. Le Fonds verra son budget s élever à 32,5 millions EUR en De même, le soutien à la recherche agricole et vétérinaire via le CGIAR va en s accroissant vers 6,4 millions EUR en La Belgique joue aussi un rôle de moteur international via son plaidoyer pour une aide alimentaire non liée * et payée en cash et l achat de l aide alimentaire sur les marchés locaux (voir encadré). Le Ministre de la coopération incite également la présidence slovène de l Union européenne à mettre la problématique du prix de la nourriture à son agenda. Il compte également prendre une part active à la Conférence de Haut Niveau de la FAO qui se tiendra en juin à Rome sur les défis de la bio-énergie et des changements climatiques face à la sécurité alimentaire mondiale. Les aides alimentaires d urgence Loin de la coopération structurelle qui travaille sur le long terme, l aide d urgence répond à des besoins immédiats qui sont la conséquence de situations de crise humanitaire comme une famine ou une catastrophe naturelle, par des dons directs et concrets : nourriture de base qui permet de faire face aux besoins immédiats, ou le cas échéant des semences et des outils qui permettent aux sinistrés de redémarrer leurs activités agricoles. En 2008, la Belgique consacrera environ 18 millions EUR à l aide alimentaire humanitaire (contre 17 millions en 2007) via le PAM, la FAO et l UNRWA (United Nation Relief and Works Agency for Palestine Refugees in the Near East). Le Programme Alimentaire Mondial (PAM) subvient aux besoins alimentaires de 73 millions de personnes, dans près de 80 pays. L agence recevra au minimum 11,5 millions EUR et son budget pourrait augmenter jusqu à presque 13 millions. D une manière générale, face à la crise alimentaire mondiale et la montée des prix des denrées de base, les agences d aide alimentaire d urgence tirent la sonnette d alarme : leur pouvoir d achat est réduit de moitié tandis que la population affamée augmente. C est pourquoi la Belgique examine la possibilité d augmenter encore sa contribution pour Elise Pirsoul * Aide conditionnée à l achat de produits dans le pays donateur. Source : Organisation des Nations unies pour l'alimentation et l'agriculture/fao, National Agriculture Marketing Council (NAMC) La Libre Belgique Achats locaux de maïs en République démocratique du Congo (PAM) Depuis plusieurs années, la Belgique plaide au niveau international auprès du Programme alimentaire mondial (PAM) pour que la famine soit soulagée grâce à l achat d aliments sur les marchés locaux. Ces opérations doivent de la sorte permettre également d encourager et de renforcer le développement du marché agricole local, le dumping de surplus alimentaires occidentaux perturbant encore trop souvent les marchés locaux. Une première étude du marché local en RD Congo devait s intéresser aux procédures d achat. Grâce aux efforts belges, le PAM a élaboré de nouvelles directives pour les achats de vivres locaux. Les Iles de Paix ont du dispenser aux organisations paysannes congolaises une formation destinée à leur permettre d appliquer les procédures d achat du PAM. En 2007, au Nord Kivu et en Ituri, les premiers achats locaux de maïs et d haricots ont été réalisés avec succès par le PAM. Les achats pour cette année se montent déjà à 800 tonnes de nourriture produite localement. Une prestation exceptionnelle, compte tenu du conflit meurtrier dans la région et de la mauvaise infrastructure routière. Le directeur de l organisation paysanne congolaise Coocenki, est très enthousiaste : Grâce à l achat de vivres locaux du PAM sur nos marchés, nos paysans vont pouvoir remplir un rôle social et économique. Mais l organisation de la livraison de 150 tonnes de farine de maïs a bien évidemment représenté un défi de taille. La DGCD a financé via les Iles de Paix l achat de deux nouveaux moulins dans le Nord Kivu, ce qui a permis de réduire le prix de revient de la transformation du maïs dans la province et par conséquent, le prix de vente de la farine de maïs sur les marchés locaux. Un point capital car la farine de maïs est l aliment de base dans la préparation du foufou par la population congolaise. R. Van Vaerenbergh 4 DIMENSION 3 LE JOURNAL DE LA COOPÉRATION BELGE 3/2008

5 Manger tous les jours est un droit Interview avec Olivier De Schutter "Toute personne a droit à un niveau de vie suffisant pour assurer son alimentation." Déclaration universelle des droits de l'homme, article 25 (10 décembre 1948). Défi alimentaire : Interview Le belge Olivier De Schutter occupe le poste de Rapporteur Spécial pour le Droit à l'alimentation auprès des Nations Unies depuis le 1 er mai Spécialiste des droits de l'homme à l'université Catholique de Louvain et au Collège d'europe, il a également été Secrétaire général de la Fédération Internationale des Ligues des Droits de l'homme pour les questions liées à la mondialisation économique. En début de mandat dans un contexte mondial plus que jamais agité, il a répondu à nos questions xxx Les émeutes de la faim ne feraient que commencer. Montrent-elles que le système mondial de production alimentaire vient d'atteindre une limite? Une quarantaine de pays ont connu ces dernières semaines des émeutes liées à l augmentation des prix des denrées alimentaires. Au Pakistan et en Thaïlande, l armée a dû être déployée pour éviter le pillage des lieux de stockage des produits alimentaires ou des champs. En outre, cette évolution met en danger la capacité des agences internationales à faire face aux demandes qui leur sont adressées, puisque les coûts de l aide alimentaire qu elles prodiguent ont considérablement augmenté. Or, cette crise n est pas uniquement conjoncturelle : les mauvaises récoltes de 2006 et 2007, notamment de blé en Australie et en Europe ou de riz au Vietnam, ne constituent pas l explication-clé. Les causes de cette crise sont bien structurelles ; et l augmentation des prix aboutissant à un quasi doublement des prix des denrées alimentaires de base depuis 2000 est donc là pour durer. En ce sens, oui, le système mondial de production alimentaire atteint ses limites. L offre ne parvient plus à répondre à la demande, elle-même liée à l évolution des habitudes alimentaires dans un contexte d urbanisation croissante et d émergence d une classe moyenne dans les pays en transition tels que la Chine ou l Inde, mais aussi à l encouragement aux agrocarburants. Ceci a généré les comportements spéculatifs. En raison des résultats décevants des marchés financiers, les investisseurs se sont tournés vers les matières premières à partir de 2002, d abord vers le pétrole, puis vers les métaux, et à présent vers les céréales. Ceci a poussé vers le haut les prix des denrées alimentaires sur les bourses spécialisées, telles que le Chicago Board of Trade. Ces investissements, motivés par des fins purement spéculatives, sont - faut-il le préciser - totalement indifférents à leurs impacts sociaux. La communauté internationale, dont en particulier ses institutions financières, a-t-elle donc failli? Oui, et c'est inexcusable. Beaucoup criaient dans le désert depuis des années pour qu'on soutienne l'agriculture dans les pays en développement. Pendant vingt ans, les institutions financières ont gravement sous-estimé la nécessité d'investir dans l'agriculture - la Banque mondiale l'a reconnu fin Et les plans d'ajustement structurel du Fonds monétaire international ont poussé les pays les plus endettés, notamment dans l'afrique subsaharienne, à développer des cultures d'exportation et à importer la nourriture qu'ils consommaient. Cette libéralisation les a rendus vulnérables à la volatilité des prix. En même temps, rien n'a été fait contre la spéculation sur les matières premières, depuis qu'avec la chute de la bourse, les investisseurs se sont repliés sur ces marchés. Avec l'augmentation de la demande alimentaire, l'offre ne suit plus. L'agriculture industrielle, fondée sur des intrants coûteux, montre ses limites. DIMENSION 3 LE JOURNAL DE LA COOPÉRATION BELGE 3/2008 5

6 Défi alimentaire : Interview Comme vous l'avez souligné à l'instant, les carburants de substitution élaborés à partir de végétaux - éthanol, biodiesel -, sont accusés d'être l'une des causes de la crise alimentaire actuelle. Ainsi, votre prédécesseur, le suisse Jean Ziegler, n'hésite pas à parler de "crime contre l'humanité". Selon vous, qu'est-il urgent de prendre comme décision à ce propos? Un consensus se fait jour sur deux points : le recours accru aux agrocarburants constitue une des causes principales de l augmentation actuelle des prix des denrées alimentaires ; les bénéfices que représente le recours aux agrocarburants pour l environnement ont été largement surestimés. Depuis 2004, la totalité de l augmentation de la production de maïs aux Etats- Unis a été consacrée à la production de bioéthanol. Pour 2008, près de 25% des 13,1 milliards de boisseaux des maïs produits aux Etats-Unis seront consacrés à la production de bioéthanol, l objectif étant d'en produire 9 milliards de gallons (34,02 milliards de litres), et 10 milliards en 2009 (37,8 milliards de litres). Ceci conduit sans conteste à mettre en concurrence la production de maïs à des fins d alimentation et la production d agrocarburants. Je constate que le Secrétaire à l énergie de l administration Bush, M. Samuel Bodman, reconnaît la nécessité de progressivement abandonner le recours au maïs pour la production d agrocarburants. Je note également que la Commission européenne, et plusieurs dirigeants européens, expriment leurs doutes quant à l objectif de 5,75 % d agrocarburants dans le transport pour 2010, et 10% pour Une prise de conscience se fait jour, et la mise en œuvre du moratoire réclamé par Jean Ziegler n est plus, aujourd hui, irréaliste. Un lien évident semble donc avoir conduit de la crise énergétique - la raréfaction des combustibles fossiles, le réchauffement climatique - à la crise alimentaire qui survient à présent. Les agrocarburants auraient ainsi amorcé la spéculation sur certaines céréales, mais aussi sur une série d'autres produits alimentaires de base. Quelles pistes suivre pour, simultanément sur les deux plans, affronter cette crise à présent globale? En effet, le changement climatique constitue une menace considérable pour la sécurité alimentaire. Nous savons bien que les pays en développement à déficit vivrier, qui sont déjà les plus fragilisés par la volatilité des prix des produits alimentaires, subiront les conséquences les plus graves du changement climatique. Celui-ci affectera les pluies, la température et la disponibilité en eau douce pour les besoins de la production agricole. Dans son Rapport sur le développement humain , le PNUD estime qu en Afrique sub-saharienne, de 60 à 90 millions d hectares de terrain, jusqu à présent épargnés, seront atteints par la sécheresse en raison du changement climatique. Le Panel intergouvernemental sur le changement climatique (GIEC) estime qu en Afrique sub-saharienne, entre 2000 et 2020, la production agricole pourrait chuter de près de 50%, car trop peu d investissements y ont été réalisés pour l irrigation des cultures. Mais la réponse à ce défi passe par des investissements dans l irrigation, pour protéger les paysans des conséquences de la sécheresse ; par des transferts de technologies propres ; et par une révolution dans les habitudes de vie des pays industrialisés. Les agrocarburants de la première génération sont une mauvaise réponse au défi du changement climatique. Je n exclus pas que les agrocarburants de la seconde génération, produits à partir de déchets de plantes, et n entrant donc pas en concurrence avec l alimentation, puissent offrir des solutions. La recherche doit se poursuivre sur ce plan. L agriculture, et l'élevage, auront comme immense défi de nourrir 9 milliards d'êtres humains en Cependant, l agriculture et l'élevage sont eux-mêmes l'une des causes des changements climatiques. Comment réduire le taux des émissions de gaz à effet de serre tout en produisant plus d alimentation? Oui, le temps est venu de repenser notre manière de pratiquer l agriculture. La révolution verte qui n a d ailleurs qu assez faiblement touché l Afrique, mais qui a tant bénéficié à l Inde et à la Chine a été nécessaire. A présent un autre modèle doit être conçu, moins dépendant du prix de l énergie, moins coûteux en pesticides et en engrais chimiques, plus soucieux d économiser les sols. Il faut financer les recherches agronomiques qui permettront de progresser. De plus en plus de voix se font entendre pour attribuer un rôle plus important à l'agriculture familiale durable, au petit maraîchage, et à sa distribution locale, en vue d'atteindre la souveraineté alimentaire des populations. Comment va-t-on les développer et les améliorer, les diversifier et les garantir? Beaucoup de pistes intéressantes ont été ouvertes dans le rapport de l Evaluation internationale des sciences et technologies agricoles au service du développement (EISTAD, ou IAASTD en anglais - voir p.13). Or, que préconisent ces experts? Une réorientation des sciences et technologies agricoles vers les besoins des plus petits producteurs, par exemple pour limiter les pertes suivant les récoltes ou les aider à faire face à l épuisement des sols ; l encouragement à des techniques agricoles plus respectueuses de l environnement et qui tiennent compte des nouvelles contraintes qu entraîne le changement climatique ; et des investissements dans l infrastructure de communication des zones rurales, ainsi que dans l agriculture familiale. Vous avez souligné la nécessité d'investir dans l'irrigation. Mais l'agriculture consomme déjà d'énormes quantités d'eau dans certains pays jusqu'à 85 % de l'eau disponible. Comment résoudre ce problème? Votre diagnostic est absolument exact. De plus, dans plusieurs pays, les nappes aquifères sont en train d être épuisées, et les techniques agricoles actuellement en vigueur, fortement consommatrices d eau, ne sont plus soutenables même à relativement court terme. Il faut d urgence développer et diffuser des technologies d irrigation plus économes en eau. Comment se fait-il que les paysans, les premiers producteurs de nourriture dans les pays en développement, soient les plus touchés par la faim et ses conséquences? Quelle est à cet égard l'incidence du "dumping" occasionné par les subventions européennes ou américaines sur leurs productions agricoles, dont les excédents se retrouvent sur les marchés locaux des pays en développement? 6 DIMENSION 3 LE JOURNAL DE LA COOPÉRATION BELGE 3/2008

7 Défi alimentaire : Interview Les paysans gardent en général une partie de leur récolte pour leur consommation personnelle, vendant le reste pour compléter leur diète et rencontrer leurs autres besoins. Trop souvent, les prix qu ils en obtiennent sont insuffisants. Ici, les subsides des pays industrialisés à leurs agriculteurs estimés à près de 350 milliards USD annuels jouent un rôle important : ils sont une source de concurrence déloyale pour les agriculteurs des pays en développement. Mais leur abolition pure et simple aurait un impact négatif sur le pouvoir d achat des familles qui, dans les pays en développement, sont des acheteurs nets de nourriture, puisque mettre fin aux subsides, c est accepter une montée des prix. Donc, il faut mettre fin à ces subventions, mais en les accompagnant de deux mesures : un, des programmes sociaux permettant aux populations des pays en développement de faire face au choc ; deux, un réinvestissement massif dans l agriculture, notamment par une amélioration des infrastructures de communication, un meilleur accès aux technologies, aux engrais, ainsi qu au crédit. Comme je le disais, on paie aujourd hui le prix de vingt ans de mépris de l agriculture : la Banque mondiale le reconnaît. D'autre part, l'ocde paie chaque année à ses agriculteurs 370 milliards USD, contre 1 milliard d'aide à l'agriculture pour les pays en développement. C'est une honte. Mais, comme je l'ai indiqué, si on supprime les subventions immédiatement, les pays en développement, qui importent ces produits, devront les payer plus cher. Avant, les Etats-Unis et l'ue déversaient l'aide alimentaire quand il y avait des surplus. Les prix baissaient, mettant en difficulté les producteurs locaux. Il faut au contraire les encourager à produire, acheter leurs produits sur les marchés locaux et les donner aux plus pauvres. Au lieu des cargos de blé qui traversent l'atlantique, il faut une aide financière. Qu'y a-t-il à changer d'urgence pour faire face à la crise alimentaire? Au niveau des programmes d'aide et de coopération au développement, au niveau des méthodes de production, au niveau économique, que doit-on dès à présent reconsidérer, et quel est l'ordre des priorités? A court terme, il faut aider les agences internationales à remplir leur mission. Avec l augmentation des prix, 755 millions USD supplémentaires sont requis. Les Etats commencent à se mobiliser, soit en versant une aide supplémentaire au PAM soit en fournissant une aide directe. Ces aides sont urgentes. On estime que 100 millions de personnes supplémentaires sont menacées d insécurité alimentaire dans le contexte actuel. En même temps, il faut être attentif à deux choses. Un, si elle se prolonge, l aide internationale crée une dépendance qui n est pas souhaitable. Deux, l aide si elle prend la forme de l envoi de produits alimentaires, donc en nature peut être dommageable pour les producteurs locaux, qui, en raison de cette concurrence, ne pourront plus écouler leur production sur les marchés. Idéalement, l aide devrait prendre la forme d achats locaux et de redistribution aux plus nécessiteux, ou d allocations aux plus nécessiteux que ceux-ci peuvent dépenser en achats sur les marchés locaux. A moyen terme, il faut réinvestir massivement dans l agriculture. A long terme, en effet, il faudra réfléchir aux moyens de garantir une stabilité des prix agricoles. C est dans l intérêt de tous : des producteurs, qui peuvent mieux prévoir leurs rentrées dans le temps, ce qui rendra le crédit moins cher ; des consommateurs, qui seront mieux à l abri de spirales comme celle qu on voit aujourd hui ; et des Etats, dont les stratégies de sécurité alimentaire seront plus aisées à conduire. Des pistes sont explorées. Parmi elles figurent le retour à des accords de stabilisation, tels qu ils étaient en vigueur au cours des années 1970 ; la taxation des mouvements spéculatifs sur les produits agricoles, dont l Inde vient de donner l'exemple ; ou encore, la constitution de stocks de produits alimentaires, permettant de faire baisser les cours internationaux lorsque naît une spirale agflationniste *. Une des tâches que je me suis fixées, en tant que Rapporteur spécial, est d explorer ces pistes avec des experts, et de faire des recommandations sur cette question. Dans le cadre économique actuel, le marché alimentaire ne serait plus en mesure, selon vous, de s'autoréguler? La "main invisible" n'est pas la solution, c'est le problème. J'étudie des mécanismes de taxation des mouvements spéculatifs, que l'inde entend mettre en place. Dans le domaine agricole, l'offre est relativement inélastique et les terres arables ne sont pas extensibles à l'infini. Par ailleurs, un petit nombre d'entreprises - Monsanto, Dow Chemicals, Mosaic -, détiennent les brevets sur des semences, des pesticides, des engrais, qu'elles peuvent vendre à des prix élevés pour les petits producteurs. Il faut aussi réfléchir à une modification des règles de la propriété intellectuelle de ces entreprises, dont les profits explosent. L'augmentation de la consommation de produits carnés, au Nord comme au Sud, est aussi mentionnée comme cause de la crise. Comment voyez-vous cette tendance? Il faut 4,5 calories de céréales pour une calorie de produits laitiers ; et 9 calories de céréales pour une calorie de viande. Donc oui, le changement des habitudes alimentaires dans les économies émergentes, le recours à des menus plus riches en protéines animales, cela conduit à une transformation structurelle de la demande de produits alimentaires. Mais s il faut appeler à réduire la consommation de viande, ce sont surtout nos habitudes alimentaires qu il faudrait revoir. La consommation per capita de viande représente encore, aux Etats-Unis, près du double de ce qu elle est en Chine Quel devrait être, selon vous, le rôle des "biotechnologies" (au sens large), dans la quête d une maîtrise de la crise alimentaire actuelle? C est une question que j instruis encore. Je constate que le recours aux plantes transgéniques, notamment, a parfois donné des résultats spectaculaires, mais dans d autres cas leurs promesses ont été déçues. C est une question centrale dans le choix du type d agriculture que nous voulons. Propos recueillis par Jean-Michel Corhay & Chris Simoens * agflation : inflation causée par la hausse des prix agricoles. DIMENSION 3 LE JOURNAL DE LA COOPÉRATION BELGE 3/2008 7

8 Défi alimentaire : Un projet laitier R. Somers et D. Tiberghien La qualité assure l'avenir des petits éleveurs de bétail laitier au Vietnam Accroître de façon durable le revenu des producteurs de lait demande bien plus qu'une simple augmentation de la production laitière. Un projet développé dans le Nord du Vietnam a permis l'installation d'un système entièrement neuf de contrôle du lait et de paiement, dans lequel tout le monde trouve son compte : les éleveurs de bétail laitier, les collecteurs de lait, l'industrie laitière et les consommateurs. Si l on revient quatre ans en arrière, il était clair que la situation du secteur laitier dans cinq provinces du Nord-Vietnam (Bac Ninh, Hanoï, Vinh Phuc, Hatay, Hanam, toutes situées autour de Hanoi) était loin d'être rose : la production laitière ne répondait pas aux attentes, sa qualité était décevante et son prix sous la norme. Le revenu des éleveurs de bétail laitier se situait donc à un niveau désespérément bas. Aujourd'hui, la CTB (Coopération technique belge) a opté pour une approche innovante, en mettant en place le projet "Développement et expansion de l'élevage laitier dans les environs de Hanoi" : le développement d'un système entièrement neuf de contrôle du lait et de paiement. Elle collabore dans ce cadre avec l'industrie laitière; des appareils de mesure ont été installés aux points de collecte. De plus, les éleveurs et les techniciens reçoivent des conseils professionnels sur la façon d'améliorer la qualité du lait. L'analyse transparente du lait fait que cette qualité est également récompensée financièrement. Il va de soi que les améliorations au niveau des entreprises ont, elles aussi, une influence positive sur la productivité. L'ancien système Au Vietnam, la collecte du lait se fait via les points ad hoc. Le lait des éleveurs est rassemblé dans un réservoir réfrigéré au point de collecte, avant d'être transporté vers l'entreprise de traitement du lait. La qualité du lait est ensuite soumise à des contrôles aléatoires dans les laiteries. Si le lait ne satisfait pas aux normes de qualité fixées par l'usine, la totalité du lait est frappée d'une amende. Ceci implique que tous les éleveurs sont punis, même si la plupart de ces éleveurs ont livré un produit de bonne qualité. En d'autres termes, la responsabilité de la qualité du lait retombait toujours sur le groupe des éleveurs, celle des collecteurs de lait n'étant jamais remise en question. Ces derniers jouent cependant un rôle important dans le processus de conservation du lait. En outre, les collecteurs de lait détenaient trop de pouvoir dans l'ancien système. L'argent provenant des laiteries et destiné aux éleveurs transitait toujours par les collecteurs de lait. Par conséquent, ces derniers pouvaient décider selon leur bon plaisir lesquels des agriculteurs seraient sanctionnés et lesquels ne le seraient pas, sans tenir compte de la qualité du lait au départ de la ferme, mais plutôt sur la base de suspicions ou de griefs personnels. "Mesurer, c'est savoir" : le système de collecte rénové Pour remédier au manque de données disponibles constaté dans les fermes, le projet a installé en dix points de collecte un appareillage électronique destiné à tester le lait. Ces machines sont conviviales, 8 DIMENSION 3 LE JOURNAL DE LA COOPÉRATION BELGE 3/2008

9 Défi alimentaire : Un projet laitier précises, rapides, fiables et ont été conçues pour répondre aux besoins du terrain. La teneur en matière grasse et en matière sèche, de même que la présence éventuelle d'eau ajoutée au lait, sont analysées pour chaque éleveur. En plaçant l'appareillage aux points de collecte, on a assuré la visibilité concrète du système de contrôle. En outre, les résultats des analyses sont directement accessibles aux éleveurs. Tout ceci rehausse la transparence, la crédibilité et l'honnêteté du système. Outre ces analyses de base, des échantillons supplémentaires de lait sont prélevés toutes les deux semaines en vue d'analyses complémentaires dans un laboratoire indépendant. La qualité est récompensée! D'autre part, le système de paiement a été optimalisé et complètement refondu. Le projet collabore avec l'industrie de traitement du lait pour rémunérer les éleveurs sur la base de la qualité du lait produit par chaque éleveur, à titre individuel. Chaque agriculteur obtient ainsi le prix dû pour le lait fourni. C'était un choix délibéré du projet de maintenir les collecteurs de lait au sein du système, et de leur confier un autre rôle. Désormais, ils ne participent plus activement au paiement des éleveurs, mais perçoivent uniquement une commission. Bien qu'amoindris dans leur position de force, les collecteurs de lait sont très satisfaits. Le nouveau système évite en effet les tensions avec les éleveurs. Leur paiement se fait maintenant via leurs comptes bancaires personnels. Ceci a comme autre avantage de rendre la banque plus proche et de permettre à celle-ci de se faire une idée de la solvabilité de tel ou tel éleveur. Des conseils individualisés pour chaque éleveur Facteur important du système de paiement, le "bonus" favorise les éleveurs disposés à suivre les directives en matière de "Good Dairy Farming Practices" (Bonnes pratiques de l'élevage laitier). Les éleveurs sont évalués tous les deux mois par une équipe d'experts qui donnent aussi, outre l'évaluation, des conseils sur la façon d'améliorer la situation à la ferme. Cette évaluation est en fait considérée comme une formation à part entière, et reprend les diverses facettes des "Good Dairy Farming Practices" qui ont été mises en lumière au cours de ce projet. Cette évaluation fait le lien entre les différentes activités du projet - comme la formation des éleveurs, l'optimalisation de la production d'herbe, l'amélioration des services vétérinaires - et le paiement du lait. R. Somers et D. Tiberghien Impact et durabilité Le nouveau système de paiement du lait est très apprécié et est défendu par toutes les parties concernées. Le succès de ce nouveau système repose sur une situation où tout le monde gagne ("win-win"). Tant les éleveurs, les collecteurs de lait, l'industrie de transformation du lait que le consommateur y trouvent leur avantage. Le contrôle de qualité a démarré en août La qualité s'en est trouvée spectaculairement améliorée, et l'effet sur la production est nettement sensible. De toutes les activités du projet, ce sont surtout le contrôle de qualité et le paiement du lait qui détermineront la durabilité dudit projet. L'amélioration de la productivité en soi ne garantit en effet ni la qualité ni un revenu décent. Mais la garantie d'un contrôle et d'un paiement transparents constituent un élément de confiance. Le nouveau système en tant qu'instrument Toute la mise en place du nouveau système de paiement du lait doit être considérée comme un instrument. D'abord comme un instrument permettant de renforcer la position de négociation des éleveurs au sein du marché vietnamien et d'obtenir un meilleur prix pour leur produit de qualité; ensuite commue un instrument de sensibilisation du gouvernement vietnamien et de l'industrie transformatrice à la nécessité d'utiliser des normes de qualité, et de mettre en place un système transparent de contrôle de qualité. Le projet examine enfin la faisabilité économique du système afin de rendre un avis aussi productif que possible sur une application éventuelle à l'ensemble du Vietnam. Car le marché est vaste pour un lait de bonne qualité! Raf Somers et Didier Tiberghien La deuxième phase du projet "Développement et expansion de l'élevage laitier dans les environs de Hanoi" est financée par les autorités belges et vietnamiennes. Le projet est mis en oeuvre par le Ministère de l'agriculture et du développement rural du Vietnam, avec les conseils techniques de la Coopération technique belge. Pour plus d'information : DIMENSION 3 LE JOURNAL DE LA COOPÉRATION BELGE 3/2008 9

10 Défi alimentaire : Santé du bétail Un service vétérinaire de proximité au Niger Le Niger, vaste pays enclavé d'afrique de l'ouest, est régulièrement exposé à des périodes de sécheresse et de crises alimentaires. 88 % de sa population y vit de l'élevage, mais ce secteur est confronté à une santé animale précaire, à un faible investissement de l'etat, et à une prépondérance des circuits informels : la santé alimentaire et économique y est inévitablement liée à la santé animale. Afin d améliorer le revenu et la sécurité alimentaire des pasteurs et des agro-éleveurs, une ONG belge, Vétérinaires Sans Frontières, et une ONG nigérienne, Karkara, ont uni leurs savoir-faire afin de mettre en place le PROXEL, un réseau de santé animale et de conseils de proximité en élevage. VSF Belgique Le projet PROXEL VSF-Belgique est intervenu au Niger à la demande du projet "Appui à l élevage des bovins de la race Azawak", un projet bilatéral entre le Ministère des Ressources animales du Niger et la Coopération Technique Belge. L'objectif spécifique du PROXEL est d améliorer les productions du cheptel par la vulgarisation de nouvelles techniques d élevage adaptées au contexte local. Dans la pratique, cela s'est traduit entre autre par la mise en place d un Service Vétérinaire Privé de Proximité (SVPP). Le PROXEL - la contraction des termes Proximité et Elevage -, c est l histoire d un partenariat équilibré entre VSF-Belgique et Karkara : toutes les activités du projet sont le fruit de larges collaborations et synergies avec les partenaires au développement, les organisations de base, et les autres structures existantes qui valorisent les aptitudes et expériences de chacun et permettent une meilleure efficacité sur le terrain. Sa zone d intervention couvre une superficie supérieure à celle de la Belgique, avec une population de près de personnes constituée d ethnies Haoussa, Touareg, Peuhl et Arabe. Le projet y a d'abord ciblé les zones défavorisées souvent délaissées des interventions humanitaires. Pour un nombre important de bénéficiaires, l élevage est l unique source de subsistance et, pour les autres, l élevage représente une source d épargne, d alimentation du ménage et de revenus complémentaires à la production agricole, souvent dérisoire. Une attention toute particulière est accordée à la couche la plus vulnérable de la population rurale. Une clinique à la tête du réseau C est dans le département de Dakoro que le SVPP est le plus abouti. La clinique privée PROXIVET, dirigée par le Dr vétérinaire Hamidou Issoufou, y encadre un réseau d'auxiliaires d'élevage répartis à 10 DIMENSION 3 LE JOURNAL DE LA COOPÉRATION BELGE 3/2008

11 Défi alimentaire : Santé du bétail travers tout le département. Elle est le départ des campagnes de vaccination massive du bétail et le dispensaire du circuit de commercialisation des produits vétérinaires dans la zone. Elle répond également aux différentes sollicitations d urgence sanitaire pour limiter la propagation des maladies animales. Dans l enceinte de la clinique, outre les éleveurs, on croise les auxiliaires du Dr Hamidou : ils viennent se réapprovisionner en produits vétérinaires ou demander l'appui du vétérinaire ou de son adjoint. Ce réseau, fort d une soixantaine d auxiliaires d'élevage à Dakoro, permet d'étendre l action de la clinique et de rapprocher les soins de qualité des éleveurs. Les auxiliaires sont issus des communautés, ce qui leur confère l'ancrage et la reconnaissance sociale indispensables à la pérennisation des activités. Les appuis du PROXEL au SVPP Outre les soins, le SVPP assure également la formation et la sensibilisation des éleveurs. Avec les associations d éleveurs, les services techniques déconcentrés, les élus communaux et les chefs traditionnels, tous les moyens sont déployés pour toucher un maximum d hommes et de femmes. Ainsi, tout le monde entend parler de l importance de la santé des animaux et adhère petit à petit à la vaccination de son bétail. VSF Belgique Par ailleurs, plusieurs appuis (remboursables partiellement ou totalement) ont été apportés en équipements vétérinaires et zootechniques pour installer le réseau et permettre son essor. Tous ces appuis ont contribué à dynamiser le SVPP et à le rendre autonome. Le PROXEL tente maintenant d impliquer les communes, nouvellement créées et déjà théoriquement responsables, ainsi que les services techniques déconcentrés, souvent délaissés. La réussite de cette étape ultime marquera l aboutissement des appuis et permettra une meilleure cohérence et fonctionnalité à tous les niveaux. Dix fois plus de vaccinations A Dakoro, il y a un "avant" et un "après" PROXEL. En 2003, vaccinations étaient réalisées, un chiffre multiplié par 10 en quatre ans: en 2007, la barre des vaccinations a été atteinte! Autre indicateur du succès, le nombre d éleveurs adhérant au réseau : ils sont aujourd'hui plusieurs milliers. Qu en pensent-ils? " Grâce à la vaccination, mes animaux ont moins de maladies et produisent beaucoup de lait. Nous remercions beaucoup le projet à la tête de zébu : depuis son arrivée, les maladies animales ont beaucoup diminué et nous avons moins de difficultés. J ai pu améliorer la rentabilité de mon élevage. J ai fait des vaccinations et il me restait encore de l argent pour acheter un cheval et une charrette". Vétérinaires Sans Frontières - Belgique Prix d'alphabétisation En 2007, VSF-Belgique fut lauréat du prix d'alphabétisation du Fonds 8 Septembre géré par la Fondation Roi Baudouin. Ce prix de EUR récompense des initiatives innovantes en matière de lutte contre l analphabétisme dans un pays en développement. L analphabétisme est un sérieux handicap pour les éleveurs: le programme d alphabétisation de VSF-Belgique s adresse dès lors aux personnes qui prennent des décisions dans le processus de production il s'agit souvent d'auxiliaires ou de femmes qui font partie d un groupement ou d un comité d administration. Les formations sont données en langue locale, une méthode novatrice par rapport aux formations d alphabétisation courantes en français, qui souvent ne tiennent pas compte du vocabulaire professionnel. VSF-Belgique espère à présent pouvoir atteindre familles d éleveurs grâce au prix du Fonds 8 Septembre. VSF Belgique DIMENSION 3 LE JOURNAL DE LA COOPÉRATION BELGE 3/

12 Défi alimentaire : Santé du bétail Les races trypanotolérantes : une solution pour la maladie du sommeil qui frappe le bétail en Afrique La maladie du sommeil, ou trypanosomiase, continue de poser un problème majeur à l'élevage en Afrique subsaharienne. Les pertes directes et indirectes sont estimées à 5 milliards d'usd par an. Mais la nature elle-même a trouvé une solution : des races de bétail trypanotolérantes. Dans de nombreux pays africains, la survie des bovidés et des petits ruminants est conditionnée à des traitements réguliers contre la maladie du sommeil au moyen de produits trypanocides et/ou par des applications d'insecticides contre la mouche tsé-tsé qui transmet la trypanosomiase à l'animal et à l'homme. La plupart des produits destinés à traiter la maladie du sommeil du bétail sont présents sur le marché depuis 40 à 50 ans déjà, et la résistance des trypanosomes à ces produits se développe de manière inquiétante. En outre, la lutte durable contre la mouche tsé-tsé n'est pas chose aisée. Elle demande une organisation rigoureuse et des moyens financiers importants, et ceux-ci ne sont pas toujours disponibles dans les pays où la trypanosomiase animale sévit. IMT La nature a toutefois trouvé une solution simple que sont les races de bétail trypanotolérantes, comme les bovidés N'Dama, et les moutons et chèvres naines Djallonke. Ceux-ci ont en effet développé, par un processus de sélection naturelle qui dure depuis des milliers d'années, un niveau de résistance aux trypanosomes qui leur permet de survivre et de se reproduire sans traitement, ce que d'autres races comme le zébu ne peuvent faire. Bien que les races de bétail trypanotolérantes soient le plus souvent de taille plus petite que les autres races, cela ne signifie pas nécessairement que leur productivité soit inférieure. Les bovidés trypanotolérants constituent quelque 6% de l'ensemble du cheptel en Afrique. Pour ce qui est des moutons et des chèvres, la proportion des races trypanotolérantes est respectivement de 41% et 43%. Au Centre international sur la Trypanotolérance (ITC) à Banjul (Gambie), la trypanotolérance est étudiée sous toutes ses facettes. Depuis sa fondation en 1984, l'itc reçoit une aide de la DGCD et collabore étroitement avec l'institut de médecine tropicale d'anvers (IMT). Des résultats intéressants ont déjà été enregistrés, à savoir: Les bovidés N'Dama sont non seulement résistants à la maladie du sommeil, mais présentent aussi un certain degré de résistance à certaines tiques et à certaines maladies transmises par les tiques. Les moutons Djallonke sont moins résistants à la maladie du sommeil que les bovidés N'Dama; le degré de trypanotolérance des chèvres naines Djallonke est encore plus bas que celui des moutons. Les chèvres naines Djallonke ont en effet déjà perdu partiellement leur trypanotolérance par croisement incontrôlé avec d'autres races de chèvres (entre autres les chèvres du Sahel). Les techniques moléculaires permettent de réaliser un meilleur diagnostic de la maladie du sommeil et d'une autre maladie grave chez les petits ruminants (cowdriose ou heartwater). Des kits destinés aux éleveurs ont été développés; ils contiennent des directives permettant de mieux lutter contre la maladie chez les moutons et les chèvres. Le stress et les infections peuvent en effet affaiblir les animaux trypanotolérants à un point tel qu'ils finissent malgré tout par succomber à la maladie du sommeil. L'impact des activités de l'itc sur le niveau de vie des éleveurs locaux est considérable! Les familles qui ont bénéficié des interventions de l'itc enregistrent environ trois fois plus de revenu par unité de bétail (= TLU ou Tropical Livestock Unit) que les familles où aucune intervention n'a eu lieu. S. Geerts et P. Van den Bossche IMT, Anvers Plus d'informations au sujet de l'itc : 12 DIMENSION 3 LE JOURNAL DE LA COOPÉRATION BELGE 3/2008

13 Défi alimentaire : Agriculture durable Pour une agriculture mondiale durable CE/R. Canessa Après le climat, l agriculture fait l objet d un bilan scientifique global. Les méthodes de production actuelles menacent l environnement et risquent d aggraver les famines, selon un rapport présenté le 15 avril dernier. Au moment où l explosion des prix menace de famine des dizaines de pays pauvres, le rapport des 400 scientifiques de l IAASTD* - comparable au Groupe d experts intergouvernemental sur l évolution du climat aboutit après quatre ans de travaux à une conclusion sans appel: la production alimentaire actuelle n est pas durable. Co-présidé par l agronome suisse Hans Rudolf Herren, ce travail a été approuvé à Johannesburg par 60 pays représentatifs de toutes régions ainsi que par la Banque mondiale. Seules des multinationales de l agro-chimie comme Monsanto ou Syngenta s en distancient. Nous grignotons notre capital-terre Et la mauvaise? Les crises alimentaires vont augmenter tant qu on poursuit sur la lancée actuelle, prédit l agronome. Nos méthodes épuisent les sols et consomment trop de pétrole. Le changement climatique accentue les sécheresses et les inondations. Les politiques agricoles, le commerce mondial libéralisé et les agro-carburants défavorisent l alimentation des plus pauvres. Aujourd hui, l humanité grignote son capital-terre. Paradoxe frappant. Depuis trente ans, la Banque mondiale incite lourdement les pays pauvres à développer des cultures d exportations pour rembourser leur dette au détriment des cultures vivrières. Aujourd hui on voit que ces cultures intensives (coton, café, soja, palme ) ont dégradé l environnement et ruiné les petits paysans. Et la même Banque mondiale préconise maintenant de réinvestir dans l agriculture de subsistance. Un autre protagoniste du rappport, Achim Steiner, directeur du Programme des Nations Unies pour l environnement, estime que nous allons dans le mur d ici 30 ans si l agro-industrie poursuit la maximisation de la production au coût le plus bas. ( ) Il y a une ignorance collective sur l interaction entre l agriculture et les systèmes naturels, et ceci doit changer. Augmenter massivement les rendements n est pas une solution, reprend Herren. D abord, cela réclame trop d énergie fossile et d argent. Au niveau global, le problème principal n est pas la productivité, mais la distribution. Et le génie génétique n a pas fait preuve de miracles jusqu ici. De même que la chimie, ces techniques ne font que traiter temporairement les symptômes mais pas les causes du problème alimentaire. Le rapport ne les exclut pas, mais elles ne formeront qu une petite partie des solutions. Les semences à haut rendement ne servent à rien si les sols, les marchés, la santé, les savoirs et les structures sociales ne s améliorent pas! Seul bémol, donc : l agro-chimie n a pas trop apprécié... Le rapport propose aux décideurs 21 constats-clé pour une agriculture plus humaine et en harmonie avec la nature, la régénération des sols, l aide aux paysans, la diffusion de méthodes à la fois productives et écologiques, l emplacement et la distribution de stocks lors de famines, la lutte contre la spéculation sur les céréales, une production moins énergivore, etc. Daniel Wermus InfoSud Une vision réellement globale Quatre ans de travaux, 2000 pages, 400 scientifiques creusant l agriculture sous tous ses aspects agronomiques, sociaux, écologiques, économiques, commerciaux, politiques, législatifs, culturels. Le rapport de l IAASTD a intégré à tous les stades les milieux paysans et consommateurs, la société civile, les secteurs public et privé. Ce processus innovateur pour définir les dangers et les solutions pour l humanité d ici 2050 reste une feuille de route non contraignante. * International Assessment of Agricultural Knowledge, Science and Technology for Development - DIMENSION 3 LE JOURNAL DE LA COOPÉRATION BELGE 3/

14 Commissions mixtes Commissions mixtes Ces mois derniers, la Belgique a tenu des commissions mixtes avec 4 pays partenaires : les Territoires palestiniens, le Bénin, le Mozambique et la Bolivie. Durant ces rencontres à haut niveau, les représentants des deux gouvernements, le pays partenaire et la Belgique, décident en commun accord du Programme Indicatif de Coopération (PIC) bilatérale. Ce programme traduit les lignes de force, c est-à-dire les montants, les principaux secteurs ou régions, de la coopération au développement entre les gouvernements des deux pays pour les prochaines années. Ces décisions prennent en compte les priorités définies dans les plans nationaux de réduction de la pauvreté (PRSP) ainsi que les accords internationaux comme les Objectifs du Millénaire pour le développement, la Déclaration de Paris sur l efficacité de l aide, le Code de conduite européen. Ainsi, la Belgique limite sa coopération avec ces pays à deux secteurs - sauf pour ses trois pays de concentration, la RD Congo, le Rwanda et le Burundi - en ligne avec le Code de conduite européen et la Déclaration de Paris pour l efficacité de l aide. (5,5 millions EUR) et le développement rural (24 millions EUR). Dans un pays où 80 % de la population vit de l agriculture ou de la pêche, nous nous devons d accorder une attention particulière au monde rural, expliquait le Ministre Michel, plus encore suite à la hausse des prix des matières premières. Le programme décidé de commun accord reflète également la volonté de modernisation de la coopération. Ainsi, les impacts climatiques seront pris en compte dans certains projets via le développement d énergies renouvelables. Nouveauté également, 2 millions EUR seront consacrées à des bourses d études dont la moitié des bénéficiaires seront... des boursières. Nous sommes satisfait car le gouvernement belge a bien entendu les besoins présentés par notre pays, a conclu le responsable mozambiquien, et le programme de coopération reflète ces demandes. Signature du programme indicatif de coopération avec le Mozambique. Commission mixte Belgique Mozambique Ce 10 avril 2008 s est tenue la commission mixte entre la Belgique et le Mozambique durant laquelle le Ministre de la coopération Charles Michel et le Vice-Ministre du Mozambique ont signé un programme indicatif de coopération (PIC) pour les années Ce nouveau programme traduit la satisfaction des deux pays à l égard des exécutions du programme précédent et la volonté d approfondir cette collaboration. Ainsi, le montant du PIC se voit considérablement augmenté : 48 millions EUR pour trois ans, contre 17 millions pour le programme précédent. Une grande partie de ce montant (12 millions EUR) sera affecté à l aide budgétaire, preuve de la confiance du gouvernement belge en mon pays, ajoutait, complice, le Ministre du Mozambique. Deux secteurs prioritaires sont identifiés : la santé DGCD/D. Ardelean *** Commission mixte Bénin Belgique La 3 ème réunion de la Commission mixte entre le Bénin et la Belgique a eu lieu le 20 mars 2008 à Cotonou. Via le programme indicatif de coopération, la Belgique met à disposition un montant de 52 millions EUR pour la période L'aide belge s'articule autour du document stratégique béninois pour la croissance et la lutte contre la pauvreté. L'aide belge tient compte des trois thèmes de base de ce document stratégique : diversifier l'économie, améliorer l'accessibilité et la qualité des services de santé, et consolider le processus de déconcentration et de décentralisation. Sur la proposition du gouvernement béninois, la Belgique concentrera son aide dans les secteurs de la santé publique (18,6 millions EUR) et de l'agriculture (18,5 millions EUR). L'égalité hommes-femmes est élevée au rang de question prioritaire spécifique. De plus, des moyens seront mis à disposition pour l'aide multisectorielle (6,75 millions EUR), comme p. ex. des fonds et des bourses spéciaux. Une partie sera réservée à la coopération déléguée, formule dans laquelle l'exécution est confiée à un donateur bilatéral ou multilatéral. Six millions d'euros sont tenus en réserve. 14 DIMENSION 3 LE JOURNAL DE LA COOPÉRATION BELGE 3/2008

15 Commissions mixtes Commission mixte Belgique Bolivie La cinquième Commission Mixte de Coopération au Développement entre la Bolivie et la Belgique s est tenue à Bruxelles les 14 et le 15 avril Le Chef de la délégation bolivienne, Monsieur Hugo Fernandez Araoz, Vice-Ministre des Relations Extérieures, a remercié les quarante années de présence de la coopération belge en Bolivie. La politique générale de son pays tend à promouvoir un développement destiné au bien-être de tous les habitants, un développement basé non sur la compétitivité mais sur la complémentarité, le respect de la nature dont fait partie l être humain. La Bolivie assure dépendre de moins en moins des ressources provenant de la coopération internationale, grâce à la redistribution des revenus de la production d hydrocarbures. Les deux Délégations ont convenu d une stratégie pour le nouveau PIC basée sur la Déclaration de Paris et le Code de Conduite de l Union européenne: Une concentration programmatique sur deux secteurs : la santé et l agriculture. Une concentration géographique dans les zones où la coopération est déjà présente avec une extension possible en direction du Lac Titicaca. L utilisation d instruments de financement conjoints type basket funding. Le Programme Indicatif de Coopération approuvé se chiffre à un montant total de 40 millions EUR, dont 25 millions pour la santé et 10 millions pour l agriculture. Les interventions à caractère multisectoriel (bourses d études et de stage, fonds d études et micro-interventions) représentent 3 millions EUR. Enfin, à côté de ces interventions qui seront mises en œuvre par la Coopération Technique Belge, 2 millions EUR seront consacrés à une ou plusieurs actions de coopération, déléguées à d'autres donneurs bilatéraux ou multilatéraux, en relation avec des thèmes comme l environnement et le changement climatique. Commission mixte Belgique Territoires Palestiniens Le 4 mars 2008, le Ministre de la coopération au développement Charles Michel et le Ministre palestinien de la planification Samir Abdullah se sont rencontrés à Ramallah sur la rive occidentale du Jourdain, afin de définir les priorités de la coopération bilatérale belgo-palestinienne pour la période La Belgique met à disposition un budget de 50 millions EUR. Comme convenu en décembre 2007 à Paris, lors de la Conférence internationale des donateurs pour l'état palestinien, la Belgique dégagera au cours des quatre années à venir un total de 86 millions EUR. Ces fonds seront affectés principalement via la coopération bilatérale, tandis que les 36 millions EUR restants seront dégagés via l'unrwa (l'agence des Nations Unies pour les réfugiés palestiniens), et via le financement d'ong. Le programme bilatéral de coopération se limitera désormais à deux secteurs prioritaires, le secteur de l'enseignement (21 millions EUR) et la consolidation de la société via le soutien aux administrations locales (15 millions EUR). Le programme de coopération est axé sur le Plan palestinien de réforme et de développement Dans le secteur de l'enseignement, la Belgique sera surtout active au niveau de la construction des écoles, du développement du programme d'études et du soutien à l'enseignement professionnel et technique. En ce qui concerne les administrations locales, les efforts profiteront essentiellement aux communes rurales, avec une attention spéciale pour les personnes les plus fragiles, c est-à-dire les femmes et les jeunes. Il s'agit entre autres ici du programme de bourses pour les étudiants et des microprojets. En outre, un nouveau fonds d'expertise est créé pour le renforcement institutionnel du ministère palestinien de la planification, qui joue un rôle important dans la coordination de l'aide. Il est accordé enfin, via le fonds Jérusalem, un aide à Jérusalem-Est, et une contribution importante a été dégagée pour Pégase, le nouvel instrument européen pour l'aide au gouvernement palestinien. EP et RVV Atelier pour agriculteurs dans la région de Cochabamba. CTB/BTC DIMENSION 3 LE JOURNAL DE LA COOPÉRATION BELGE 3/

16 Charles Michel : Interview Charles Michel, Ministre de la Coopération au développement depuis le 21 décembre 2007, se qualifie volontiers d obsessionnel du rapport qualité-prix en matière de coopération. Il nous a accordé une entrevue Avant d occuper ce poste, aviez-vous déjà un intérêt pour la coopération? Un certain engouement ne vous a-t-il pas été légué par votre père, lui-même actuel Commissaire européen à la coopération au développement? Il est certain que l éducation a une influence sur ma volonté de m engager dans le débat démocratique et politique. Mais l intérêt pour la thématique de la mondialisation et ses conséquences en termes de répartition des richesses est naturel dès lorsqu on est intéressé par le débat politique. Et ce qu il y a d excitant, c est la dimension concrète qui se cache derrière les dossiers : l accès à l eau potable, à la santé pour des centaines de familles, etc. Et l engagement pour l Afrique centrale? Qu avez-vous retenu de vos voyages sur le terrain? Tout d abord, je suis ministre et je porte la voix du gouvernement belge qui s est engagé politiquement pour l Afrique centrale. Je concrétise d abord un engagement politique. Ensuite, j ai fait deux visites en Afrique centrale et elles consolident ma conviction que notre devoir est d être volontaristes et optimistes. Et, parallèlement, il y a la conscience du potentiel, des ressources du territoire pour la population. Sur place, on ressent les choses différemment, de façon plus charnelle. On respire le pays... Cela renforce ma volonté de travailler de manière intelligente dans la direction de la paix et la sécurité. Charles Michel est né le 21 décembre Il est licencié en droit et avocat au barreau de Bruxelles depuis Il est également bourgmestre de Wavre depuis décembre DGCD/D. Ardelean existent. Et comme la coopération s inscrit dans la durée, on ne pourra stopper la coopération avec un pays sans envisager une stratégie progressive de sortie. Troisième idée : dé-compartimenter les piliers de la coopération. Aujourd hui, le bilatéral (NDLR : la coopération intergouvernementale), le multilatéral (ONU, Union européenne, et autres) et l indirect (ONG, universités et autres acteurs) travaillent de façon étanche. Je voudrais une coopération bilatérale qui prenne plus en considération les autres pays et l avis du secteur indirect. Je vais lancer une expérience pilote dans un pays partenaire. Mais j essaie de ne pas résumer le débat sur le développement au "chèque". Au-delà des moyens, doivent primer les répercussions positives sur le bien-être des populations. C est pourquoi je me bats contre l émiettement de l aide. Les Assises de la coopération vont dans ce sens? Précisément. Je souhaite que les assises soient un point de départ pour un large débat politique, non seulement avec les représentants politiques mais surtout avec les acteurs de la coopération. Ce serait le point de départ d une dynamique de réformes non partisane. Je souhaite, via un débat décloisonné, ouvert, sans tabous, examiner comment on peut mettre en œuvre concrètement un nombre d instruments internationaux qui font consensus et par lesquels la Belgique est liée. On parle de "modernisation" de la coopération. Quels seront les points nouveaux de votre politique de coopération? Des instruments internationaux ont été ratifiés : la Déclaration de Paris, le Code de conduite européen, les Objectifs du Millénaire. Ils sont postérieurs à la loi de 1999 régissant la coopération belge au développement. Il faudra faire en sorte que ces principes soient davantage traduits dans la pratique. Par exemple, la RD Congo reçoit au total 150 millions EUR par an de la Belgique mais l harmonisation avec les autres bailleurs de fonds est insuffisante, les secteurs (domaines d action) trop divers. Il faudra aussi avoir un débat, sans doute difficile, sur la liste des pays partenaires de la coopération (NDLR : les pays, prédéfinis et actuellement au nombre de 18, qui bénéficient d une aide directe selon des accords intergouvernementaux). S il faut prendre une décision, ce sera dans le sens d une réduction pour se concentrer vers davantage de moyens par pays partenaire. En Tanzanie, par exemple, la contribution s élève à quelques millions EUR par an, une somme faible en comparaison du volume global de l aide octroyée à ce pays ; ce qui ne signifie pas qu il va sortir de la liste car d autres critères Quels sont, selon vous, les points forts de la coopération belge? Je pense qu il y a des personnes, au sein de l administration et la Coopération Technique belge, motivées et compétentes. Je pense aussi que nous avons une relation privilégiée avec l Afrique centrale qui nous autorise à être actifs dans cette région. Mais il y aussi des points faibles : la coopération bilatérale a trop peu de moyens. Si on compare avec d autres pays, on note qu ils consacrent 50 % de leur budget au bilatéral. Nous n en sommes qu à la moitié. Je souhaite une croissance globale de l aide avec une augmentation plus marquée pour le bilatéral. Nous devons également faire mieux en terme de décloisonnement entre bilatéral et indirect. Nous assistons à une crise alimentaire mondiale qui touche le plus durement les pays en développement. La coopération va-t-elle y faire face? C est un thème central. On a réagi dès le mois de février lorsqu il n y en avait qu une faible médiatisation. Dorénavant, les attachés de coopération doivent veiller à ce qu au moins un des 16 DIMENSION 3 LE JOURNAL DE LA COOPÉRATION BELGE 3/2008

17 Charles Michel : Interview deux domaines d actions appuyés dans les accords avec les pays partenaires soit un secteur productif (agriculture, pêche, élevage ). D une manière générale, les pays européens ont délaissé les secteurs dits productifs. Il faudra une réponse structurelle via l harmonisation des bailleurs de fonds dans une approche globale de la sécurité alimentaire. Dans les décennies à venir, deux grands enjeux prévaudront : l énergie et la sécurité alimentaire. C est pourquoi, je me rendrais à Rome pour le sommet de la FAO début juin, j y porterai des propositions concrètes. Au delà de l aide structurelle, il y a une réponse immédiate et urgente. Les agences d aide d urgence sont en difficulté suite à la hausse des prix des denrées de base. Nous avons déjà augmenté nos dons et nous cherchons à mobiliser davantage de moyens au profit de l aide alimentaire. Vous avez multiplié les déclarations sur les enfants soldats et les violences sexuelles. Pourquoi cet intérêt pour un sujet qui n est pas nouveau? Je pense que le ministre de la Coopération au développement doit être le ministre de la paix et assumer un rôle d "advocacy". Ici, on touche aux droits les plus fondamentaux de l homme et de la femme, aux fondements des valeurs communes de l humanité. Ma conception des relations internationales m amène à croire que c est une responsabilité du gouvernement de se mobiliser. Lorsqu au cours d une mission en Afrique on est confrontés à des témoignages de jeunes filles victimes d atrocités, on a un rôle de témoin envers l opinion publique belge. Il nous faut susciter la solidarité et mobiliser les moyens qui seront traduits en actions de prévention et de suivi post-traumatique. Je me rendrais à Rome pour le Sommet de la FAO début juin, j y porterai des propositions concrètes. Le Ministre prendra en effet dans ses valises un plan d action qui vise l auto-suffisance alimentaire de l Afrique en 2015 et la réalisation de l Objectif 1 (ODM). Le plan identifie 5 moyens pour y parvenir : Des mesures techniques (transfert de connaissances et technologies). Le développement des marchés locaux. La promotion d achats locaux. Le soutien à l agriculture familiale. La gestion durable de l eau. La Belgique s engage à consacrer 10% de l aide publique à l agriculture et plaidera pour un engagement mondial. Vous vous êtes affirmé comme farouche défenseur des 0, 7% du PNB consacré d ici 2010 à la coopération via une augmentation régulière de l aide. Pourtant, en Europe comme en Belgique, l aide a diminué l an dernier. Comment comptez-vous reprendre le chemin des 0,7%? La Belgique devrait atteindre les 0,7% en 2010, soit 5 ans plus tôt que le reste de l Europe. C est un engagement juridique et politique, puisqu il a été voté en 2002 au Parlement, que je vais m employer à atteindre. Le budget 2008 devrait se rapprocher de 0, 5% du PNB, s élever à 0,6 % en 2009, et 0,7% en Mais tout n est pas une question d enveloppe, la qualité de l aide est fondamentale. Il y a des petits projets qui font des choses formidables avec peu de moyens. Vous avez déclaré accorder beaucoup d importance à la communication et à la sensibilisation de l opinion publique? Il faut tout mettre en œuvre pour que le peuple belge soit convaincu de l utilité et de la légitimité de mobiliser des fonds publics en faveur de l aide au développement. Une réforme de la communication et de la sensibilisation doit être envisagée pour une stratégie plus efficace, et ce, pour tous les acteurs de la coopération. Je plaide pour la transparence sur la manière dont les moyens publics sont utilisés en faisant une information systématique des décisions financières qui concernent la coopération au développement sur internet. Je pense qu il faudrait également davantage de petites opérations peu onéreuses de proximité envers, par exemple, des associations comme les scouts qui ont une sensibilité naturelle pour les opérations humanitaires. Propos recueillis par Elise Pirsoul DGCD/D. Ardelean Les Assises du développement Le Ministre de la Coopération au développement a organisé ces 13 et 14 mai 2008 les Assises de la Coopération au Développement. L'objectif était d échanger les vues avec tous les acteurs sur la modernisation de la Coopération belge au développement, à la lumière des nouvelles tendances internationales en matière d'aide au développement. Des personnalités internationales introduisaient les débats. Les discussions s'articulaient autour des thèmes suivants: Les Objectifs du Millénaire pour le Développement. Les synergies avec les acteurs indirects. La concentration géographique, la spécialisation sectorielle et la répartition des tâches. Le prochain Dimension 3 rendra compte des débats. En attendant, pour en savoir plus : DIMENSION 3 LE JOURNAL DE LA COOPÉRATION BELGE 3/

18 Rubrique : La Petite Dimension Le climat, un nouveau défi pour la coopération Les changements climatiques étaient au centre d une conférence organisée par la coopération belge au développement ce 7 mars Coup d envoi d une nouvelle façon de penser la coopération. Les changements climatiques ne sont plus simplement un thème environnemental. Ils touchent à tous les aspects de notre société, y compris la coopération au développement. Un exemple : la lutte contre la pauvreté. Les changements climatiques accélèrent la spirale vicieuse de la pauvreté. Les plus démunis ont moins de moyens pour se protéger des conséquences négatives des changements climatiques. Ils ont des conséquences sur les soins de santé et l enseignement. Les enfants nés durant une période de sécheresse ont 35% de risque supplémentaire d être mal nourris. Cela conduit inévitablement à une santé fragile et à un retard scolaire. Le grand défi consiste à intégrer les changements climatiques dans l ensemble de la coopération. En partant de zéro. Les experts présents à la rencontre se sont penchés sur les mécanismes d adaptation et de mitigation qui ont été discutés lors de la Conférence sur les changements climatiques à Bali (voir Dimension 3, jan-fevr 2008). L adaptation consiste à aider les pays en développement à limiter les effets du changement climatique. En installant, par exemple, des systèmes d alarme pour les futures catastrophes, ou encore en rétablissant des mangroves qui protègent les côtes des raz-de-marée. Par mitigation, on entend la limitation des gaz à effet de serre. L utilisation d énergie renouvelable pauvre en carbone (comme la puissance hydraulique) est en question, tout comme la protection ou la replantation d arbres qui peuvent fixer le CO 2. Pour que l adaptation et la mitigation soient possibles, les pays riches doivent fournir technologie et financement. Différentes propositions ont été avancées durant la conférence de Bruxelles. La plupart des intervenants étaient d accord sur le fait que l argent du climat doit exister en dehors de l aide officielle au développement. Le Fair Trade peut générer des contributions, comme les financements privés et les taxes sur les transactions boursières. Certains optent pour le principe de pollueur payeur. Les petits projets pourraient aussi bénéficier des crédits carbone. Les projets de coopération eux-mêmes doivent de différentes manières tenir compte des changements climatiques. Les changements climatiques peuvent influer sur les résultats attendus d un projet et même l anéantir. Un projet d adduction d eau a peu de sens si l eau provient des glaciers en train de fondre. Tôt ou tard, le glacier disparaitra et tous les efforts seront rendus inutiles. Un projet qui stimule la production de thé est naturellement très favorable à l emploi, mais les méthodes habituelles utilisées pour sécher les feuilles de thé dévorent une grosse quantité d énergie. Pour une telle action, on devrait opter pour des alternatives pauvres en carbone sur base de l énergie solaire. Il faut tenir compte de tous ces aspects. C est pourquoi est mis au point un toolkit facilement utilisable qui permet de prévoir comment chaque projet de coopération belge a une influence ou est influencé par les changements climatiques. Une tâche qui n est pas évidente. Le climatologue Jean-Pascal Van Ypersele qui modérait la conférence a été chargé d étudier de nouvelles propositions. Son rapport est attendu cet été. La plate-forme belge pour la santé et l élevage sous les tropiques (be-troplive) En 2006, différents experts belges dans le domaine de l'élevage sous les tropiques ont créé be-troplive dont les objectifs sont les suivants: Créer un réseau de personnes et d'institutions belges impliquées dans des activités liées à la santé et à la production animale. tropicale dans le but d échanger de l'information sur les recherches, la formation et les projets de développement en cours. Stimuler des actions conjointes dans le but de développer des synergies dans le domaine. Augmenter la visibilité nationale, européenne et internationale de l'expertise belge en santé et production animale tropicale. Améliorer la cohérence de la Coopération belge dans le domaine de la santé et de la production animale tropicale. Améliorer les relations avec les secteurs agricole et médical dans le but d augmenter l'efficacité des activités dans le domaine de la santé et de la production animale. La DGCD apporte un soutien financier à la plate-forme be-troplive dans le contexte d'un Accord-cadre conclu avec l'institut de Médecine Tropicale (IMT) à Anvers. À côté de ses activités destinées à stimuler la constitution de réseaux, be-troplive organise une réunion annuelle à laquelle tous les membres sont invités. En novembre 2007, au cours d'un atelier qui s'est tenu au Palais d'egmont à Bruxelles, 79 experts de 23 nationalités différentes ont examiné les moyens de rendre durable la production animale sous les tropiques. Ces rencontres sont le début d'une réflexion à long terme qui devra bénéficier tant aux petits éleveurs qu'aux grands producteurs de bétail, mais également contribuer à produire davantage de produits d'origine animale sains et nourrissants, destinés aux populations du Sud. Pour en savoir plus: 18 DIMENSION 3 LE JOURNAL DE LA COOPÉRATION BELGE 3/2008

19 Rubrique : La Petite Dimension Troisième Forum de Haut Niveau sur l efficacité de l aide Accra, Ghana, Septembre 2008 En septembre 2008, des ministres issus de plus de cent pays, des dirigeants d agences de développement bilatérales et multilatérales, des organisations de la société civile du monde entier se rassembleront à Accra pour le Troisième Forum de Haut Niveau sur l efficacité de l aide (2-4 Septembre). Leur objectif commun sera d épauler les pays en développement et les personnes marginalisées dans leur lutte contre la pauvreté en rendant l aide plus transparente, prévisible et orientée vers les résultats. Ce troisième forum sur l efficacité de l aide visera à : Examiner les progrès dans l amélioration de l efficacité de l aide. Elargir le dialogue à de nouveaux acteurs. Définir un plan d'action international et continu pour l'efficacité de l'aide. Pour plus d info sur le processus, consulter le site de Accra : Prix du Cercle Royal Africain de l'outre-mer Fondé en 1890, le Cercle Royal Africain et de l'outre-mer (CRAOM) a pour but de promouvoir la compréhension mutuelle et le développement des relations harmonieuses entre la Belgique et les pays d'outre-mer. Dans le cadre de cette mission, le Cercle organise tous les quatre ans un concours en vue de récompenser par un prix, l'auteur d'un travail ou d'une initiative utile au développement de l'afrique ou de l'outre-mer, à sa connaissance ou à son illustration, ou à la promotion de partenariats avec ces régions. Le prix est réservé à des étudiants inscrits dans une institution belge d'enseignement supérieur ou à des nationaux de pays africains y ayant obtenu un diplôme officiel depuis moins de trois ans. Le montant du prix est de EUR. La première attribution du Prix aura lieu le 15 décembre 2008 et récompensera un mémoire de haut niveau scientifique sur "L'amélioration des cultures vivrières africaines et leur mode de conservation". Le mémoire doit parvenir au siège de CRAOM avant le 15 octobre Règlement et renseignements : 02/ , fax 02/ A l occasion de la Journée mondiale de l eau A l'occasion de la Journée mondiale de l'eau, ce 20 mars, la DGCD a organisé une action de sensibilisation sur le thème de l'eau, et plus particulièrement sur la préservation, la prévention de la pollution et l'assainissement de ce qui est la source de la vie. Une mini-exposition d un jour était organisée à la Gare du Midi et à la Gare Centrale à Bruxelles. Cette exposition présentait les grands enjeux liés à l'eau à l'échelle mondiale. Des feuillets explicatifs, et de manière symbolique un bouchon, étaient également distribués au public. Cette exposition peut être prêtée gratuitement aux associations, communes, écoles, etc. qui en font la demande. Infos et réservation : Ed. resp.: J. Grauls SPF Affaires étrangères, commerce extérieure et coopération au développement - A ne pas jeter sur la voie publique. L eau, source de vie et levier du développement durable Sauvons l eau 2008: ANNÉE INTERNATIONAL E DE L ASSAINISSEMENT. 22 MARS: JO U RNÉE MONDIAL E DE L EAU. P ENS ONS-Y TOUS LE S JO U R S. Tout le monde a besoin d eau. Y avoir accès est un élément essentiel dans le développement, en particulier des pays les plus pauvres. L eau est une ressource que nous devons protéger aujourd hui pour demain. Pollution, raréfaction, problèmes d assainissement, gaspillages en tous genres, les défis sont nombreux. Constatez: Chez nous, - moins de 1 % de l eau de la planète la consommation moyenne d eau peut être consommée par l être humain par les ménages se ventile - plus de 1,2 milliard de personnes de la façon suivante: n ont pas accès à l eau potable - chaque année 1,5 million d enfants de moins de 5 ans meurent de la diarrhée principalement causée par le manque d eau ou par sa faible qualité sanitaire - 2,6 milliards de personnes n ont pas accès à des installations sanitaires de base - un européen consomme chaque jour 7 fois plus d eau qu un africain Objectif 7 du Millénaire: Assurer un environnement durable réduire de moitié, d ici à 2015, le pourcentage de la population qui n a pas accès à l eau potable La Belgique soutient les partenaires du Sud dans la mise en œuvre de leur politique en matière d eau. - bains, douches 39% - sanitaires 20% - utilisations domestiques diverses 40% - boisson 1% L eau est un bien universel, chaque goutte est précieuse Enquête sur Dimension 3 Vous êtes plus de personnes à avoir répondu à notre enquête de satisfaction! Le bénéfice de vos suggestions sera bientôt visible dans les prochains Dimension 3. En attendant, nous avons, ce 15 mai 2008, tiré au sort parmi les répondants les 50 gagnants du concours. Voici leurs noms : Knoops André (Sivry), Biliothèque communale (Perwez), Verbrugghe Carlos (Wielsbeke), Verbeke Dominique (Izegem), Fievez P. (Fleurus), Seberechts Jozef (Wommelgem), Steenhaut Hilde (Gijzegem),Vandermesse (Jumet), Meuris Patrick (Sint-Eloois-Vijve), Vandenbroucke Koen (Lichtervelde), De Backer Nele (Merelbeke), De Craecker C. (Braine-l Alleud), Vander Steene Piedro (Ingooigem), Vermeulen Anneke (St.-Niklaas), Verheyen Maria (Brecht), Hucorne Jean-Michel (Charleroi), Lootens Marcel (Wannegem-Lede), Boonaert Annie (Zomergem), De Lathauwer W. (Brussegem), Vandenabeele Elza (Sint-Maartens-Voeren), Kumbakisaka Diumi Armand (Marchienne-au-Pont), Devos Pascal (Goutroux), Fontaine Philippe (Manage), Gigot Cécile (Bruxelles), Beaton Beaseme Eric (Tervuren), Wemaere Katrien (Poperinge), Gogne René (Oostakker), Delstanches Christianne (Céroux-Mousty), Gielen Lieve (Hasselt), Demil Luc (Tollembeek), Lohest J. (Sart), Anneet (Jette), Janssens Koen (Vosselaar), Laurent Monique (Ecaussinnes), Daelemans F. (Puurs), De Proft Magda (Asse), Jacquinet André (Charneux), Golvers Léon (Bonheiden), Robert Jean-Pol (Bièrges), Allaert Rosa (Drongen), Hakizimana Michel (Charleroi), Vanlierde (Lessines), Rouard Sébastien (Namur), Aubry Nathalie (Bruxelles), Van Tornhout (Oostende), Piette Evy (Oostende), Vandenberghe Mia (Brugge), Salazar Noël (Brussel), Loves Yvonne (Bruxelles), Cognie Pierre (Gullegem). DIMENSION 3 LE JOURNAL DE LA COOPÉRATION BELGE 3/

20 Rapport annuel 2007 de la DGCD Place aux résultats! En 2007, plus d un milliard EUR étaient affectés à la coopération belge, soit 0,43 % du PNB. Mais surtout, la DGCD changeait de vision et de type de gestion en mettant l accent sur les résultats et en intégrant davantage les accords internationaux. Le présent rapport annuel est l'expression de ce changement d orientation : il s'intéresse moins aux moyens mis en œuvre et met davantage l'accent sur les résultats de la politique belge de développement. Ces résultats à atteindre sont les Objectifs du Millénaire pour le développement. Si en tant qu'administration, la DGCD doit justifier l'usage qu'elle fait des fonds publics, désormais, elle veut aussi mesurer et connaître les effets des efforts belges. Mettre systématiquement l'accent sur les résultats est une approche relativement récente dans la coopération au développement (Déclaration de Paris, 2005). Elle est également nouvelle pour la DGCD. Ce qui importe, n est plus tant de détailler l aide via les différents canaux, mais de voir comment les canaux contribuent tous ensemble au résultat final. C est pourquoi il faut aller remonter plus loin dans le passé que Il convient également d'accorder une attention particulière aux évaluations des programmes de développement. Ces évaluations sont très utiles, leurs conclusions et recommandations permettent de tirer des enseignements pour une politique de développement plus efficace. Et comme la coopération au développement est avant tout le résultat de l'engagement commun de nombreuses personnes, la parole est donnée aux collaborateurs et acteurs de terrain. Cette édition du rapport annuel est le signe d un nouveau départ pour la DGCD, vers une image plus représentative de ses activités. Quand on vise une politique axée sur les résultats, il est logique de présenter un rapport annuel axé lui aussi sur les résultats. Mais l'affectation des fonds publics n en est pas négligée pour autant. Dans les annexes, vous trouverez le rapport financier et les données statistiques pour Le rapport annuel 2007 de la DGCD est disponible gratuitement en français et néerlandais et peut être commandé par courriel : La version anglaise paraîtra au mois de juin. L E J O U R N A L D E L A COOPÉRATION BELGE Périodique bimestriel de la Direction générale de la Coopération au Développement (DGCD) CHANGEMENT D ADRESSE / DEMANDE D ABONNEMENT GRATUIT Retourner le cadre dûment complété à : DGCD - Direction Programmes de Sensibilisation Dimension 3 Rue des Petits Carmes, Bruxelles (Belgique) NOUVELLE ADRESSE DEMANDE D ABONNEMENT Rédaction: DGCD - Direction Programmes de Sensibilisation Rue des Petits Carmes 15 B-1000 Bruxelles Tél.: 02/ Fax: 02/ Secrétariat de rédaction: Elise Pirsoul Jean-Michel Corhay Chris Simoens Graphisme et production: Les articles publiés ne représentent pas nécessairement le point de vue officiel de la DGCD ou du gouvernement belge. La reproduction des articles est autorisée pour autant que la source soit mentionnée et qu une copie de la publication soit envoyée à la rédaction. Dimension 3 paraît 5X par an tous les 2 mois sauf en été. Abonnement: gratuit en Belgique et à l étranger Imprimé sur papier blanchi sans chlore Nom, prénom:... Éventuellement institution:.... Rue et n :... Code postal: Localité:... Pays:... Code abonné (pour changement d adresse):...

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