4 NUMÉROS JOURNAL BIMENSUEL PARUTION DU JEUDI 19 JANVIER 2012 COMMENT FAIRE DE LA FRANCE LE PAYS DE L INNOVATION?

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1 4 NUMÉROS JOURNAL BIMENSUEL PARUTION DU JEUDI 19 JANVIER 2012 COMMENT FAIRE DE LA FRANCE LE PAYS DE L INNOVATION?

2 1 C e P e t i t J o u r n a l d e C a m pa g n e e s t l a contribution de CroissancePlus aux débats économiques et sociaux qui vont marquer la campagne électorale. Nous voulons ainsi défendre nos idées et nos convictions pour relancer la croissance de l économie et le dynamisme des entreprises dans notre pays. Nous voulons prendre part aux débats, parfois les provoquer, pour le progrès de la réflexion et de l action. Le premier sujet que nous avons choisi est celui de l innovation. Certains penseurs de l économie estiment que l innovation et le marketing constituent les deux priorités d une entreprise. Est-ce une vision réductrice, provocatrice ou réaliste de l'entreprise d'avenir? Si nous pouvons difficilement restreindre les complexités de gestion de nos entreprises à deux fonctions centrales, il n'en demeure pas moins vrai que les économies gagnantes du XXI ème siècle seront celles qui auront su favoriser partout la création, l'innovation et la recherche. Destruction créative ou construction dévastatrice, l'accroissement de la richesse d'un pays se jouera inéluctablement sur sa capacité à penser, fabriquer, vendre et protéger les produits et services du futur, dans le plus grand nombre possible d'industries et de services. satisfactions, notons que les pouvoirs publics ont multiplié les actions en la matière : renforcement du CIR, mise en place des pôles de compétitivité, création du grand emprunt, adaptation de la JEI... Autant d'initiatives qui témoignent d une volonté forte mais qui ne placent pas encore la France parmi les grandes nations innovantes. La dépense R&D ne représente que 2,1% de notre PIB (3,4% au Japon, 2,8% aux USA). Et seulement 50% de cette dépense est privée (contre 70% en Allemagne) et reste concentrée sur les grands groupes des secteurs de l'automobile, de la pharmacie ou de l'aérospatiale. Dépenser plus, dépenser mieux. L'un ne va pas sans l'autre. Une politique conduisant à multiplier les crédits et dérogations fiscales pourrait s'avérer inefficace sans coordination et modération. Ayons le souci de l efficacité des dispositifs existants, renforçons les plus vertueux, corrigeons les effets d'aubaine et continuons à imaginer de nouveaux mécanismes de promotion de l'innovation au retour sur investissement performant. Olivier Duha, Président de CroissancePlus Dans ce contexte, nous avons le souci de la pertinence et de l'efficacité de nos structures publiques et privées en matière d'innovation et de R&D. Au registre des

3 2 3 LE PETIT JOURNAL DE CAMPAGNE EST ÉDITÉ PAR CROISSANCEPLUS Quelques mots sur CroissancePlus PREMIÈRE ASSOCIATION FRANÇAISE DES ENTREPRENEURS DE CROISSANCE, CroissancePlus réunit une nouvelle génération de 350 entrepreneurs innovants afin de réformer l environnement économique, social, juridique et fiscal, et favoriser la création d entreprises et d emplois en France. Présidée par Olivier DUHA, CroissancePlus agit au quotidien comme force de propositions et de lobbying en formulant de nombreuses recommandations auprès des pouvoirs publics et des leaders d opinion. Lieu d échanges et de networking, CroissancePlus s impose également dans le débat public à travers l organisation de nombreux événements autour de personnalités politiques et économiques de tout premier plan. PORTER TOUJOURS PLUS HAUT L ESPRIT D ENTREPRISE ET FAIRE ENTENDRE LA VOIX DES ENTREPRENEURS dans les médias, telle est la volonté de CroissancePlus qui accompagne les dirigeants d entreprise dans leur développement en France et à l international. Nos missions ÊTRE UNE FORCE DE PROPOSITIONS RECONNUE DES POUVOIRS PUBLICS. Les propositions de CroissancePlus émanent d hommes et de femmes de terrain, de commissions et groupes de travail qui se réunissent régulièrement dans les domaines suivants : création et financement d entreprise / juridique et fiscal / social et emploi / recherche et innovation / relations grands groupes-pme / international / croissance responsable. Propositions consultables sur CONSTITUER UN RÉSEAU PERFORMANT D ENTREPRENEURS CroissancePlus est également un lieu reconnu d échanges et de rencontres permettant de développer des synergies entrepreneuriales, des compétences techniques ou tout simplement partager expérience et bonnes pratiques. Les nombreux événements : déjeuners et dîners-débats, petits-déjeuners thématiques, Be to Be, déjeuners mensuels business etc sont autant d occasions d accueillir des personnalités de tout premier plan et contribuer à la notoriété de CroissancePlus et de ses membres. RÉDACTION ET DOCUMENTATION : Antoine Bayle DIRECTION ARTISTIQUE GRAPHISME : Alexandra Roucheray, Olivia Grandperrin COMITÉ ÉDITORIAL : Florence Dépret, Clothilde Hervouet, Gwennaelle Pierre, Emmanuelle Skowron UN JOURNAL RÉALISÉ PAR Les Rois Mages - - téléphone : DANS L ACTUALITÉ LE RETOUR DE LA TVA SOCIALE...5 LE CHÔMAGE BAISSE EN ALLEMAGNE...7 VU DANS LA PRESSE LA FRANCE VEUT SA TAXE TOBIN...9 QUAND LA FRANCE FORME DE FUTURS INGÉNIEURS CHINOIS...10 LA PRESSION FISCALE S'ACCROÎT PARTOUT DANS LE MONDE...11 DOSSIER : FAIRE DE L'INNOVATION UNE CLÉ DU REDRESSEMENT DE LA FRANCE 12 LES 10 ENJEUX-CLÉS LES CHIFFRES DE L'INNOVATION LE GRAND ENTRETIEN : NICOLE NOTAT IDÉES LU POUR VOUS...32 EN DIRECT DU PARLEMENT...33 LIVRES L'Euro dans tous ses états...34 SIGNES L'année du dragon d'eau...35 PETITES HISTOIRES DE GUERRE ÉCONOMIQUE DE L'ART D'ACCOMMODER SUN TZU

4 4 5 Plus que jamais, les sujets clés de la campagne électorale concerneront en grande partie les problèmes économiques. Relancer la création d emploi, susciter de la croissance, trouver des solutions de financement pour les entreprises, créer de la solidarité entre les entrepreneurs, redonner de la compétitivité à la France, tels sont quelques-uns des grands dossiers ouverts ces dernières semaines. Ils concernent tous, au plus haut point, les chefs d entreprise, d où l importance pour eux de se faire entendre et de participer à ces débats. Le retour de la TVA sociale Cela fait plusieurs mois déjà que le sujet de la TVA sociale a refait surface, sur un constat assez généralement partagé du poids du financement de la protection sociale et de la nécessité de redonner des marges de manœuvre aux entreprises en matière de coût du travail. «Le financement de la protection sociale ( ) ne peut plus reposer principalement sur le travail, si facilement délocalisable» a indiqué Nicolas Sarkozy, lors de ses vœux à la nation, le 31 décembre L idée centrale de la TVA sociale est de transférer une partie des charges de la protection sociale vers la consommation en augmentant le taux de TVA et en diminuant les charges sociales payées par les entreprises. Ce principe peut connaître des variantes et s accompagner notamment d une baisse des charges pour les salariés afin de leur redonner une partie du pouvoir d achat entamé LA POSITION DE 1. CROISSANCE Is exerit ipiciis que voleni. PLUS CroissancePlus est favorable à la TVA sociale et à l harmonisation européenne en matière fiscale et de protection sociale. Pour éviter une concurrence intra-européenne induite par des taux de TVA différents, il serait encore plus innovant d envisager une TVA sociale européenne, c est à dire une augmentation de la TVA qui soit la même dans tous les pays européens, compensée par une baisse du prix hors taxe, ce qui aurait pour effet de ne renchérir que les biens et services importés de pays hors de la zone euro.

5 QUELQUES EXEMPLES ÉTRANGERS 6 7 par la hausse de la TVA. C'est une proposition des entrepreneurs de CroissancePlus. Ce mécanisme frappe indirectement les produits importés, concernés à plein par la hausse de la TVA, tandis qu il aide les entreprises françaises à mieux exporter puisque la baisse des charges renforce leur compétitivité. La TVA sociale permet donc de faire baisser le coût du travail, que la plupart des chefs d entreprise estime trop élevé. C est donc une arme anti-délocalisation car la baisse des charges peut inciter les entreprises à embaucher. En outre, les cotisations patronales sont payées actuellement uniquement par les entreprises présentes en France. Or, avec une TVA sociale, tous les produits seront taxés, notamment ceux qui viennent de l étranger. De cette manière, la protection sociale est financée par tout le monde, même les entreprises étrangères. Ainsi, si le taux de TVA augmente de 5 points, on peut dire qu un produit fabriqué en Chine financera aussi notre assurance maladie Selon les déclarations du gouvernement, la France se dirige vers une mise en place de cette TVA sociale dès ce printemps Tous les détails du dispositif ne sont pas encore connus. Il manque notamment le taux d augmentation de la TVA (élément stratégique de l efficacité du système) et les modalités précises concernant l impact sur les charges des entreprises et les cotisations des salariés. Il serait faux de dire que ce projet fait l unanimité. Certains redoutent une hausse des prix à la consommation qui frapperait les Français les plus atteints par la crise. Mais si le dispositif est adopté, il s agira d un changement considérable dans la politique économique et fiscale de la France, dans le sens d une amélioration de la compétitivité des entreprises. En Allemagne, le gouvernement Merkel a décidé d augmenter la TVA de trois points, de 16 à 19%, au 1 er janvier 2007, pour financer une baisse des cotisations chômage payées par les entreprises de 1%. Les exportations allemandes ont explosé en trois ans, même si tout n est pas à mettre au crédit de la baisse des cotisations sociales. Entre 1987 et 1989, le Danemark avait baissé ses cotisations sociales employeurs de 50 à 30% en finançant cette mesure par une hausse de 3 points de la TVA, portée à 25%. Les Danois ont bien accueilli la mesure, préférant une hausse de la TVA à celle d un impôt sur le revenu déjà très lourd. Les autorités danoises avaient interdit aux entreprises d augmenter leurs prix, une disposition dont elles n ont pas strictement vérifié l application. En Europe, le taux de TVA est maintenu dans une fourchette étroite, comprise entre 19 et 20% pour la plupart des pays, si l on excepte quelques exemples de TVA à 15 et 25%. La Commission Européenne devra se prononcer sur une hausse du taux de TVA en France, ce qui peut poser quelques difficultés. Source : Commission européenne Le chômage baisse en Allemagne À ceux qui pensent encore que l on ne peut «rien faire» contre le chômage, l exemple de l Allemagne fournit un spectaculaire démenti. Le chômage en Allemagne est tombé à son plus bas niveau depuis vingt ans, à moins de 3 millions de personnes en moyenne, son meilleur niveau depuis Le taux de chômage a reculé de 0,6 points, à 7,1% de la population active, contre un peu plus de 9% en France. En Europe, seuls l Autriche, le Luxembourg et les Pays- Bas font mieux que l Allemagne. Ces résultats sont le produit de réformes structurelles du marché du travail engagées par le chancelier Gerhardt Schröder en 2005, qui avait taillé de manière drastique dans le système d assurance chômage de manière à inciter les chômeurs à retravailler le plus rapidement possible. Par ailleurs, les Allemands ont payé une relative sécurité de l emploi par des sacrifices en termes de Le chômage en Europe % 7,1 9,8 4,9 4,9 salaires : selon une étude de l institut de conjoncture DIW, les salaires réels en Allemagne ont baissé de 4% entre 2000 et L Allemagne peine encore, toutefois, à régler le problème des disparités régionales en matière de développement économique et d'emploi. Le taux de chômage est en effet de 5,6% dans les länders de l ouest mais de 10,6% dans les régions orientales (chiffres de décembre 2011). Les économistes anticipent pour 2012 un taux de chômage brut moyen de 6,7%. Pour autant, l Allemagne n en souffre pas moins, comme d autres pays européens, de problèmes structurels : le nombre de postes à pourvoir, affiché dans les locaux de l Agence pour l emploi fin décembre était de , soit de plus qu en décembre 2010, ce qui démontre un vrai problème d adaptation de l offre et de la demande. Les chômeurs de longue durée (un tiers des inscrits) et âgés (un tiers des inscrits a plus de 50 ans) sont les principales victimes du chômage. 22,9 18,8 AL. FR. LU. NL. ES. GR. AT. Allemagne, France, Luxembourg, Pays-Bas, Espagne, Italie, Grèce, Autriche (source : Eurostat, taux de chômage en novembre 2011) 4

6 8 9 La France veut sa «taxe Tobin» «Le chef de l Etat veut faire payer la finance, responsable à ses yeux de la crise économico-financière, et adopter la taxe sur les transactions financières en conformité avec une proposition de directive de la Commission européenne de septembre 2011 : 0,1% sur les achats d actions et d obligations, et 0,01% sur les produits dérivés. Bruxelles vise une mise en œuvre en Mais la présidence danoise de l Union n a pas encore inscrit le sujet au forme d un droit de timbre de 0,5% avec à la clé, selon Bercy, 2 à 3 milliards de livres par an pour le Trésor britannique.» Le Monde, 10 janvier 2012 La mesure rapporterait 57 milliards d'euros par an.» menu des ministres des Finances. La mesure si elle était adoptée par les Vingt- Sept, chose improbable compte tenu du refus de Londres rapporterait 57 milliards d euros par an. En France, la taxe Tobin pourrait se réduire, au moins dans un premier temps, à la réintroduction de l impôt de Bourse, qui taxe les simples achats d action ( ). Cela reviendrait à remettre au goût du jour l impôt de Bourse. Et qui a l avantage d exister à Londres sous la

7 10 11 Quand la France forme de futurs ingénieurs chinois «Ils étaient des centaines, ministres chinois et français, industriels, centraliens, professeurs, et étudiants, réunis début janvier sous les ors de l imposant Palais du Peuple de Pékin, temple de l architecture communiste, sur la place Tienanmen pour célébrer la remise des diplômes de la première promotion d ingénieurs de l École centrale de Pékin, 75 jeunes revêtus de toges à l anglosaxonne pour l occasion. Centrale est la première grande école française à avoir, sous l impulsion de la Chine, tenté l aventure à 100% en 2005 : ouvrir une implantation en propre en Chine, en partenariat avec l université aéronautique de Beihang, au nord de Pékin. Ces soixante-quinze diplômés ont suivi un cursus : six ans de formation incluant l année de français intensif, deux ans de classe préparatoire intégrée puis trois ans de cycle ingénieur, éventuellement complétés par un doctorat. À la sortie, tous sont parfaitement bilingues, diplômés de Centrale et titulaires d un master de Beihang. Centrale vise à terme 500 diplômés par an, alors que la Chine en demandait La première promotion aura coûté 24 millions d euros, dont 12 financés par la France. Or, Centrale Pékin doit renouveler ses sources de financement, plusieurs partenaires n ayant soutenu que le lancement.» La Tribune, 10 janvier 2012 LE «SOFT POWER» DES ÉTATS-UNIS «Le patron américain le plus doué de ces dernières années quitte ses fonctions à la fin de ce mois. Samuel Palmisano d IBM a présidé ces dix dernières années à une transformation remarquable du géant high-tech, l extrayant de l industrie des ordinateurs personnels pour en faire une entreprise de services et de logiciels extrêmement performante. Dans une récente interview, Palmisano a expliqué son axe de travail chez IBM : «pourquoi quelqu un dépenserait-il de l argent avec moi, qu ai-je de si unique?». Au fond, le business c est encore de transférer de l argent de votre poche vers la mienne. En se fixant comme objectif de rendre IBM unique, Palmisano a fait couler des flots d argent dans l entreprise. Les profits et le cours de bourse ont suivi. Une question me vient : si IBM a réussi son retournement, pourquoi l Amérique n y parviendrait pas? Est-ce que les prophètes du déclin américain sont en train de manquer quelque chose? Les États-Unis sont adaptables. Les erreurs commises depuis dix ans sont réparables. Un pouvoir américain plus intelligent pourrait fort bien confondre les déclinistes.» Roger Cohen, International Herald Tribune, 10 janvier 2012 La pression fiscale s accroît partout dans le monde Ministère de l Économie, des Finances et de l Industrie (DR) La tendance est à l'accroissement des taxes indirectes comme la TVA» Les temps sont durs pour les États. Confrontés à une forte pression de la part des marchés et des investisseurs, les gouvernements doivent mettre de l ordre au plus vite dans les comptes publics. Conséquence : «des interventions budgétaires sans précédent, en particulier par l utilisation d instruments fiscaux», résume Charles Ménard, avocat, responsable du département tax policy & controversy d Ernst & Young, Société d Avocats. Le cabinet Ernst & Young publie l édition 2012 de l Observatoire des politiques budgétaires et fiscales. «Neuf États, dont la France, ont durci leur assiette fiscale dans l'objectif de réduire les déficits publics», indique le rapport. On est loin, en revanche, d une réelle convergence fiscale francoallemande, estime Charles Ménard. «Une éventuelle convergence entre les deux systèmes fiscaux ne pourrait intervenir qu à moyen terme» développe-t-il. Plus largement, aucune zone du monde n est épargnée par les tours de vis fiscaux. En Europe et outre-atlantique, la tendance est à l accroissement des taxes indirectes comme la TVA et à l alourdissement de la charge pesant sur les hauts revenus. En Asie, la taxation sur les actifs immobiliers augmente. Alors que l assiette fiscale est globalement consolidée ou élargie, plusieurs pays réduisent le taux d imposition sur les sociétés et renforcent les incitations fiscales pour attirer les investisseurs, surtout étrangers. C est le cas notamment en Asie et outre-atlantique. La lutte contre l évasion fiscale devient aussi un objectif primordial pour bon nombre de pays. Une lutte qui incite à davantage de coopération internationale. Près de 500 traités et accords d échange d informations et d assistance administrative ont déjà été signés. Mais seuls une moitié d entre eux sont entrés en vigueur.» Les Échos, 6 / 7 janvier 2012

8 FAIRE DE L INNOVATION LA CLÉ DU REDRESSEMENT DE LA FRANCE L innovation est aujourd hui un véritable moyen dont nous disposons pour relancer la croissance, créer des emplois et nous différencier des pays émergents. Si la France est une zone d excellence en matière de recherche scientifique dans de nombreux domaines, il lui reste à enclencher un véritable courant d innovation qui traverserait l ensemble du tissu économique et des entreprises. Les entreprises innovantes existent, elles ne demandent qu à partager leurs expériences et à s engager afin que la France devienne le pays de l innovation, dans le domaine des technologies mais aussi des organisations et des modes de pensée. Mode d emploi en dix enjeux-clés.

9 10 enjeux-clés à propos de l'innovation Améliorer le financement de l innovation par une assurance Le problème du financement de l innovation dans les entreprises se pose d autant plus actuellement que la crise financière conduit les banques et les fonds de capital-risque à adopter une attitude très prudente face aux investissements à risque dans les entreprises. Or les entreprises françaises qui sont le plus à même de développer des innovations sont des petites et moyennes entreprises, dont le financement est justement celui qui est le moins facile. CroissancePlus propose donc qu une structure connaissant bien les besoins de financement des PME comme Oséo et qui attribue aux entreprises des avances remboursables en cas de succès, élargisse la gamme de ses interventions. Elle pourrait proposer aux jeunes entreprises innovantes, aux PME et aux ETI un produit «assurance de l innovation». Celui-ci serait bâti sur un modèle comparable à celui de l assurance export de la Coface. L entreprise financerait en totalité son programme d innovation, sur fonds propres ou en faisant appel au crédit bancaire, et en cas d échec, Oséo rembourserait un pourcentage contractuel du programme (de 50 à 75% par exemple). Le coût de l assurance serait éligible au crédit d'impôt recherche (voir Idée n 7). Pour développer l écosystème entrepreneurial en France, la redirection de l épargne vers l investissement, notamment pour les T.I.C, est essentielle.» THIBAUT BECHETOILLE, Dirigeant de Qosmos Christophe Fornes, Dirigeant de Mémobox, co-président de la Commission Recherche & Innovation de CroissancePlus (DR) Nous avons besoin de simplifier le réseau français d aides avec une entrée unique pour les entreprises qui souhaitent innover et se tourner vers des centres de recherches ou des pôles de compétitivité.» CHRISTOPHE FORNES, Dirigeant de Mémobox, co-président de la Commission Recherche & Innovation de CroissancePlus L innovation n est pas que technologique L innovation n est pas seulement technologique. Elle appartient à toutes les branches d'activité (chimie, agro-alimentaire, conseil, biotech, bâtiment ), à tous les secteurs de l entreprise, mais elle doit aussi imprégner l organisation de la société toute entière. La compétitivité des entreprises dépend de leur capacité à innover. On peut faire le même raisonnement à propos des Etats : dans la compétition économique dans laquelle ils sont engagés, l innovation peut être un facteur clé de succès. L innovation Je peux dire que sans l Etat, sans Oséo ou le crédit d impôt recherche, je n aurais pas pu lancer Novapost. Mais une entreprise n est pas non plus là pour être subventionnée. L Etat essaie d'inciter les investisseurs privés à financer les jeunes entreprises innovantes. C est par la fiscalité et certaines exonérations de charges que les investissements se multiplieront.» JONATHAN BENHAMOU, Dirigeant de Novapost sociale, fiscale, sociétale peut concourir à améliorer le fonctionnement de l Etat. D une manière générale, l efficacité d un pays se mesurera de plus en plus à la façon dont il saura organiser des croisements entre les idées, les industries et les financiers. Il faudrait créer un «marché de l idée», donner une valeur d échanges aux idées, plus simplement qu'avec un brevet, en accordant par exemple un copyright pour les droits industriels comme on le fait pour les droits d auteurs.

10 10 enjeux-clés Il faut sortir l innovation des laboratoires de recherche et l élargir au marketing ou au design. L innovation va bien au-delà de la recherche fondamentale qui devrait être associée davantage à des projets commerciaux concrets.» THIBAUT BECHETOILLE, Dirigeant de Qosmos Anne-Laure Constanza, Dirigeante d'envie de Fraises (DR) Créer des réseaux de PME solidaires Anticipation face aux évolutions de l environnement, réactivité face à la demande inattendue d un client Votre entreprise sera alors plus prompte Pour innover, une PME doit être extrêmement réactive. C est la raison pour laquelle son management doit être plus humain et peu hiérarchique. Les décisions doivent être rapides et fluides.» JONATHAN BENHAMOU, Dirigeant de Novapost que les autres à saisir les opportunités et à les transformer en innovations créatrices de valeur. L agilité est essentielle au sein d une start-up. Les process ne suffisent pas pour réussir. Il faut le plus d initiatives possibles sur les projets. Une start-up, c est un peu du darwinisme où l on peut évoluer, rediriger rapidement des projets.» THIBAUT BECHETOILLE, Dirigeant de Qosmos La force des PME, c est leur souplesse, leur rapidité de réaction, leur proximité du terrain et une forme de management souvent plus participative. Mais elles peuvent parfois être isolées et pâtir de leur taille lorsqu il s agit de se développer ou d innover. Un réseau serré de PME innovantes peut être une source de créativité et de dynamisme nouveau pour les entreprises. Organiser des forums d échange sur le thème de l innovation, développer la notion d entreprises «marraines» mettant à la disposition d équipes plus petites des L innovation c est d abord de l'anticipation et de la réactivité Innover, c est aussi un état d esprit. La première qualité dont il faut faire un usage immodéré est celle de l'anticipamoyens de recherche, peuvent constituer quelques pistes de réflexion Comme adhérer à CroissancePlus, dont c est précisément l une des missions. Les entreprises françaises devraient davantage collaborer entre elles. L innovation naît avant tout des rencontres et de l émulation.» STANISLAS DE BENTZMAN, Dirigeant de Devoteam, vice-président de CroissancePlus tion et de la réactivité. Au sein de l entreprise, elle doit irriguer toutes les fonctions et tous les domaines. Et si l on apprenait à innover à l école? Le rôle de l éducation et de l enseignement est déterminant. Dans le domaine de l innovation, il faut aller vers des cursus universitaires pluridisciplinaires ouvrant aux étudiants plusieurs directions de travail, comme par exemple : l informatique, le design, la créativité, l ergonomie. Les idées nouvelles naissent souvent du croisement de plusieurs disciplines et approches. Il serait plus efficace de réunir tous les étudiants sur des campus, car les métiers et les connaissances doivent se mélanger dès l'enseignement supérieur. Il est indéniable cependant que depuis quelques années, les entreprises sont mieux accueillies dans les universités, et les organismes de recherche comprennent mieux l intérêt des partenariats avec les entreprises. Il faut aussi préparer les ingénieurs à la création ou à la reprise d entreprise, faire participer des élèves à des projets mêlant plusieurs disciplines, intégrer dans les programmes de formation un module spécifique sur l entrepreneuriat. Même si toute innovation n est pas technologique, il est important de revaloriser l image de l ingénieur comme acteur essentiel de l innovation et du progrès. Stanislas De Bentzman, Dirigeant de Devoteam, vice-président de CroissancePlus (DR)

11 10 enjeux-clés On a créé une barrière culturelle entre les métiers de la création et ceux de la recherche. Il faut réunir sur des campus tous les étudiants. Dans l enseignement supérieur, il faut mélanger les métiers et avoir moins de spécialisations. Créer de la mixité culturelle entre les étudiants, ce serait par exemple mélanger les Beaux Arts avec une école de marketing et une école de commerce. Tout cela sur le campus de Polytechnique.» FRÉDÉRIC BEDIN, Dirigeant du Public System-Hopscotch Inventer de nouveaux rapports entre le monde de la recherche et l entreprise Pour que la France conserve un rôle majeur dans l innovation, il est nécessaire de réinventer les rapports entre la recherche et l entreprise. Nous disposons d un potentiel de recherche très performant, reconnu sur le plan international, au point que beaucoup de nos jeunes chercheurs se voient offrir des opportunités de poursuivre leur carrière aux Etats-Unis ou en Asie. L un des chaînons manquants qui empêche de développer l innovation à partir de la recherche scientifique est le manque de relais entre les centres de recherche, les entreprises et les modes de transformation des résultats de la recherche en On sous-estime le potentiel des jeunes. Dans les sociétés web, un jeune peut être opérationnel en quelques mois seulement. Si ces jeunes n ont pas toujours les diplômes, ils manipulent internet depuis toujours. Certains deviennent rapidement des community manager par exemple. Le problème, c est que Pôle Emploi a ses critères et que la case geek n existe pas.» ALAIN GUISLAIN, Dirigeant de TMG projets d entreprises. Cela pose le problème du statut des chercheurs, du financement des start-up au stade initial de leur développement et de la relation entre les institutions publiques et parapubliques de recherche (universités, centres de recherches ), le monde de l entreprise et les investisseurs. Ce cercle vertueux doit être consolidé pour que le potentiel scientifique et technique français puisse déboucher sur de la création de valeur, profitable à tous. Dans ses universités ou ses écoles scientifiques, la France manque de formations centrées sur l innovation et l entrepreneuriat. Les chercheurs ont des idées sur la technologie, mais aucune culture du client, Assurer la pérennité du crédit d'impôt recherche Le crédit d'impôt recherche est un système innovant, que des pays étrangers nous envient. Il joue un rôle majeur dans le financement de la recherche en France et malgré l état délicat des finances publiques, il faut le stabiliser et le rendre pérenne. L utilisation d un produit innovant est souvent vécue comme un risque pour le client, mais c est pourtant la confrontation entre le produit nouveau et celui qui va s en servir qui permet d affiner les concepts. C est la raison pour laquelle l assiette du crédit d'impôt recherche pourrait intégrer les dépenses liées au développement et au test des services associés à des produits innovants, ainsi que les dépenses liées au marketing de lancement. En outre, il pourrait aussi constituer une incitation pour les entreprises qui choisissent d être parmi les premières à utiliser un service, une technologie ou un produit nouveau en finançant les coûts relatifs aux problèmes de jeunesse d un produit nouveau. de l innovation et de ses applications commerciales.» HUGUES SOUPARIS, Dirigeant d Hologram Industries, co-président de la Commission Recherche & Innovation de CroissancePlus La priorité est de financer les innovations technologiques. C est indispensable que le crédit d impôt recherche continue de soutenir les entreprises qui ont besoin de personnel hautement qualifié et de matériel de pointe. Sans ces aides, je ne vois pas très bien comment certains entrepreneurs pourraient s entourer de collaborateurs à Bac+8.» JEAN-LOUIS BRAYER, Dirigeant de Diverchim Hugues Souparis, Dirigeant d Hologram Industries, la Commission Recherche & Innovation de CroissancePlus (DR)

12 10 enjeux-clés Que les grandes entreprises aident davantage les petites La solidarité et l entre-aide entre grandes entreprises et PME sont souvent citées comme des armes de compétitivité redoutables dans certains pays comme l Allemagne. En France, rien ne s oppose à ce que l on aille plus franchement dans cette direction. En matière d innovation, les grandes entreprises disposent de moyens sans commune mesure avec ceux des PME. Elles pourraient donc les mettre en partie à leur disposition, selon des Pour transformer les PME en entreprises de taille intermédiaire (ETI), et innover toujours plus, les barrières sociales entre start-up, PME et les grands groupes doivent tomber. CroissancePlus souhaite un big bang de l externalisation. Par exemple, des salariés d un grand groupe pourraient aller travailler chez des soustraitants du groupe. Cette externalisation permettrait de faire grandir les PME. Miser toujours plus sur le web On ne dit pas assez que la France est l un des pays au monde où le développement de l internet fut le plus rapide et le plus spectaculaire. L économie Internet a permis de créer des centaines de jeunes entreprises formes et des contrats à élaborer. Mais les grandes entreprises peuvent aussi aider les PME en matière de développement international, et surtout les associer à leurs stratégies d externalisation. Elles préserveraient ainsi leur compétitivité tout en permettant aux PME de se développer et d enrichir leurs compétences. Un pari gagnantgagnant dont le potentiel économique du pays sortirait renforcé. Si beaucoup de PME innovantes créent de l emploi, c est parce qu elles sont sous-traitantes de grandes entreprises. Ces grands groupes, ouverts à l international, devraient capter la croissance du monde et l importer en France. Ils devraient transmettre plus d affaires aux PME innovantes.» FRÉDÉRIC BEDIN, Dirigeant du Public System-Hopscotch innovantes, dans le e-commerce, les médias, les services à haute valeur ajoutée ou les technologies. Le web recèle d énormes gisements d innovation et de productivité. Le développement des médias sociaux ouvre des perspectives nouvelles dans de nombreux métiers, dans lesquels l innovation sera l arme déterminante. L appétence des jeunes générations pour le web peut permettre de multiplier les créations d emplois dans ce secteur quel que soit le niveau de formation. L innovation dans l économie digitale est autant affaire de services, de design que de technologies. Nous avons les moyens d innover en France. Et le web va permettre d accélérer le changement des mentalités. Si la vision de l entrepreneur a tant changé ces dix dernières années, c est en partie grâce aux bouleversements amenés par le web.» OLIVIER DUHA, Dirigeant de Webhelp, Président de CroissancePlus Donner plus d importance au design Innover c est aussi être capable d apporter des formes nouvelles aux produits de consommation courante mais aussi aux produits industriels. Le rôle du design est en train de changer. Il s intègre désormais dès la conception du produit. Le design est partie intégrante du processus d innovation. Qui mieux qu Apple a su rendre cette démarche productrice de richesse et vecteur de développement économique et commercial? Sur le web, les médias sociaux sont les plus innovants. Leur modèle économique reste encore à découvrir, mais ils révolutionnent les usages et l idée même du collaboratif.» ALAIN GUISLAIN, Dirigeant de TMG Le web reste le secteur qui recrute le plus. Il faut soutenir cette industrie. Par exemple, le e-commerce n est pas encore considéré comme innovant en France. Alors que nous créons de nouveaux métiers.» ANNE-LAURE CONSTANZA, Dirigeante d'envie de Fraises L innovation est le seul moyen d améliorer la vie des gens. Et le design y a contribué en façonnant notre culture quotidienne. Le design c'est le futur. Il rend l innovation plus désirable et la vie des gens plus belle.» JEAN-BAPTISTE DANET, Dirigeant de Dragon Rouge

13 Les chiffres-clés de l'innovation Capital-risque > Au cours du premier semestre 2011, > Sur les 316 millions d'euros l industrie française du capital-risque investis dans le capital-risque, le a investi 4,317 milliards contre secteur médical et des biotechnologies 2,974 milliards au premier semestre en a reçu 112 millions, l informatique 83 millions, l énergie 34 mil- de Sur ce montant total, l investissement en capital-risque s est élevé lions, les services et le transport 27 à 316 millions d euros (282 millions au cours du premier semestre 23 millions, les télécoms et la com- millions, les biens de consommation 2010). Le capital-développement a munication 17 millions, l industrie mobilisé 1,48 milliard d euros et la chimie 13 millions, la construction et le bâtiment 7 millions. (contre 817 millions en 2010) et le capital-transmission à 2,4 Source Afic milliards d'euros (contre 1,78 milliard en 2010). Source Afic > Aux États-Unis, les fonds de capitalrisque ont levé 18,1 milliards de dollars en 2011, contre 13,7 milliards en 2010 et 16,4 milliards en Mais on est encore loin du record de 2007, avec plus de 30 milliards de dollars. Source : National Venture Capital Association Recherche Crédit d'impôt recherche - Montant moyen alloué en % < 50 K > 50 K et < 100 K Source : Baromètre européen du financement de l innovation, Alma Consulting Group 29 > 100 K et < 500 K 9 > 500 K et < 2 M 3 > 2 M et < 10 M Les brevets > En 2010, brevets ont été déposés en France, dont par des étrangers, personnes morales ou physiques. Il s est déposé, cette même année, plus de brevets européens dont originaires des Etats-Unis, d Allemagne, du Japon, de France, des Pays-Bas, de Suisse, du Royaume-Uni, de République de Corée et d Italie. Sources : INPI, Office européen des brevets-oeb Les dépôts de brevets dans le monde Les dépôts de brevets à l échelle internationale (dépôt possible dans 144 pays) se sont élevés à en On constate la part déterminante des entreprises américaines et japonaises. À noter la quatrième place de la Chine ÉTATS-UNIS JAPON ALLEMAGNE CHINE RÉPUBLIQUE DE CORÉE Dépôts de brevets en 2010 aux États-Unis, au Japon, en Allemagne, en Chine, en Corée et en France. (source : International Patent System-OMPI) FRANCE

14 Le grand entretien Nicole Notat : «L innovation c est aussi la prise de conscience des nouveaux enjeux.» Dans l entretien qu elle a accordé au Petit Journal de Campagne, Nicole Notat aborde les différents domaines où l innovation peut provoquer des résultats positifs sur la perception de l entreprise et de son rôle dans la société. Pour l ancienne Secrétaire générale de la CFDT, l innovation doit aussi s emparer des relations sociales dans notre pays. Nicole Notat Du syndicalisme à la responsabilité sociale de l'entreprise Nicole Notat, native de la Marne, a d abord choisi le métier d institutrice avant de s engager dans le mouvement syndical, à la CFDT, dont elle sera la Secrétaire générale entre 1992 et Elle fût la première femme à diriger une confédération syndicale en France. Elle fonde en 2002 la société Vigeo, dont elle est le PDG. Depuis sa création, Vigeo s est imposé comme le premier expert européen de l analyse, de la notation et de l audit-conseil des organisations et des entreprises, s agissant de leurs démarches, leurs pratiques dans les domaines environnementaux, sociaux et de gouvernance. Vigeo et sa présidente sont des experts de la notation extra-financière des entreprises, une démarche qui gagne peu à peu les marchés financiers et les pratiques managériales. DATE-CLÉ 2002 Nicole Notat fonde sa société : Vigeo. Antoine Bayle / Le Petit Journal de Campagne : Comment réagissez-vous au concept d innovation, appliqué à l entreprise? / Nicole Notat : Comment ne pas être sensible au concept d innovation? Il est partout, il irrigue toute la société, et l on peut même dire que parfois, il est mis à toutes les sauces. Il risque même de devenir un marronnier comme on dit, et d être inopérant si on ne le nourrit pas et si on ne le questionne pas davantage. / LPJC : Estimez-vous que la France est un pays qui n est pas assez innovant? / N. N. : Je ne crois pas que la France souffre d un défaut d innovation dans le domaine de la recherche, de l évolution des technologies, des procédés de fabrication, de la formation des ingénieurs et des chercheurs. De ce point de vue, je suis convaincue que notre pays est l un des plus performants. Il suffit d ailleurs de voir ses réussites techniques dans un certain nombre de domaines, qu il s agisse de l aéronautique, de l espace, du TGV ou des sciences de la vie. Mais l innovation n est pas que dans les laboratoires. La question qui m intéresse est celle-ci : comment nous mettre collectivement et aussi individuellement en situation de changement et d innovation face aux défis qui sont devant nous? Comment nous mettre collectivement et aussi individuellement en situation de changement et d innovation face aux défis qui sont devant nous? / LPJC : Que voulez-vous dire? / N. N. : Nous devons trouver des réponses innovantes à beaucoup de questions fondamentales concernant notre avenir. Mais il existe des freins. Le premier d entre eux est culturel. Notre tradition historique et intellectuelle nous pousse à camper de façon trop rigide le rôle respectif des grands acteurs de la vie économique et sociale.

15 Le grand entretien En particulier, notre représentation de la fonction de l entreprise, et donc de ses responsabilités sociales, est trop définitive. Je fais le même constat concernant notre conception collective du rôle de l Etat. Nous ne questionnons pas suffisamment ces représentations. Certes, je ne veux pas caricaturer au point de dire que rien ne bouge en France, mais les changements sont encore isolés, insuffisamment capitalisés. / LPJC : Vous évoquez la perception du rôle de l entreprise. C'est-à-dire? / N. N. : L image qui est projetée sur l entreprise par l extérieur est encore relativement négative, et cela concerne surtout la grande entreprise. Ces entreprises sont engagées dans un système d échanges internationaux, elles sont soumises à la concurrence, elles évoluent sous les yeux des marchés financiers et de leurs actionnaires, qui expriment des attentes fortes sur les résultats, la rentabilité des capitaux investis, la maximisation de la valeur pour l actionnaire. Même si tous ces concepts sont questionnés par la crise financière et économique actuelle, ils existent, ils continuent d imposer leurs lois aux entreprises et ils contribuent à leur image dans l opinion. Mais les chefs d entreprises qui savent résister à ces pressions, qui envisagent un rôle différent de l entreprise dans la société, qui sont capables d ouvrir les yeux sur les évolutions de la société, de capter les tendances nouvelles, ce sont eux qui font preuve d innovation et qui sont en mesure de générer des réponses innovantes aux questions que nous nous posons aujourd hui. Et je suis convaincue que l entreprise qui prend conscience qu elle évolue dans un monde en recherche, un monde de ressources rares en quête de sobriété, un monde où le maître mot est le développement durable, bref une entreprise qui prend conscience de ces nouveaux enjeux, va générer des comportements innovants. / LPJC : Dans quels domaines de l activité de l entreprise par exemple? / N. N. : Je prends un exemple parmi d autres : si les entreprises veulent se développer, elles vont devoir considérer le fait de vendre leurs biens et services à des catégories de la population qui risquent de plus en plus d en être exclues. La question de l accès aux services et aux produits, pour les ménages les plus fragilisés, doit être traitée par les entreprises. Cela aussi est un terrain d innovation. C est ce que l on nomme «social business», une réalité qui monte. Certaines grandes entreprises, particulièrement sensibilisées à ce sujet parce qu elles commercialisent des biens très sensibles, comme l eau par exemple, commencent à réfléchir sérieusement à cette question. Mais, bientôt, elle interrogera beaucoup d autres entreprises qui devront apporter des réponses, dans le domaine de l énergie, des télécommunications, du numérique, ou même des produits de consommation courante. Laisser des gens exclus de notre société de consommation n est plus possible aujourd hui. Laisser des gens exclus de notre société de consommation n est plus possible aujourd hui.» / LPJC : Elargissez-vous cette recherche de solutions innovantes à la relation entre l entreprise et ses salariés? / N. N. : Certainement. Nous sommes dans une période de crise. Dans un tel contexte, des entreprises sont confrontées à des décisions difficiles vis-à-vis de leurs salariés, qui peuvent prendre la forme de plans sociaux ou de fermetures de sites. Doit-on considérer ces situations comme une sorte de mal n é c e s s a i r e, causé par des circonstances extérieures, et que la collectivité, l Etat, les territoires doivent prendre en charge de façon quasi mécanique? Ou l entreprise doit-elle intégrer la préoccupation de réduire les impacts négatifs de ce type de décisions pour la collectivité, pour l Etat, pour les territoires? Répondre à cette question, c est ré-interroger le rôle de l entreprise dans la société. Et certaines d entre elles savent, dans ces circonstances, adopter des comportements innovants, mettre en œuvre des solutions nouvelles. Je suis convaincue que l on ne peut pas réduire l entreprise à sa fonction de productrice de biens et de services, de créatrice de valeur et de profits, de distributrice de dividendes et mettre en place une sorte de cordon sanitaire entre elle et ce qui l entoure, les défis environnementaux, les intérêts des parties prenantes, les évolutions de la société. Mais si l on pousse ce raisonnement un peu plus loin, on voit aussi que cela interpelle notre vision des rôles respectifs de l entreprise, de la puissance publique, de la société en matière de gestion de l espace économique. On avait coutume de considérer jusqu alors que la fonction de protection L'entreprise aussi peut prévenir et atténuer les effets négatifs.» et de réparation, autant que faire se peut, appartenait à la puissance publique. Mais l entreprise aussi peut prévenir et atténuer les effets négatifs / LPJC : Vigeo est un bon poste d observation pour étudier le comportement des entreprises puisque vous les scrutez en permanence. Les voyez-vous évoluer dans le sens que vous indiquez? / N. N. : Effectivement, depuis une dizaine d années, je peux constater que les entreprises ont mis en œuvre beaucoup de pratiques innovantes au service d une vision nouvelle de leur rôle faisant une plus large part aux considérations environnementales, sociétales et solidaires. Mais le paysage demeure très hétérogène. Les entreprises qui opèrent dans des secteurs où la nature des activités les expose à la critique de l opinion ou au regard des médias sont, en général, plus promptes que les autres à adopter des comportements et des pratiques innovants. Je ferais la même observation concernant les entreprises qui opèrent dans des métiers en forte résonnance avec les besoins d'une «croissance verte», qui se fondent notamment sur la limitation du rejet de gaz à effet de serre, ou encore sur la qualité énergétique des bâtiments. Ces nouvelles «contraintes» sont génératrices de recherches, de développements nouveaux, mais aussi de nouveaux marchés. Et cet aspect de l innovation est très important : elle peut être génératrice de développement et de croissance, même si elle est dictée par un environnement réglementaire nouveau.

16 Le grand entretien 29 / LPJC : Certaines entreprises font donc de la résistance? / N. N. : On peut le dire comme cela. Mais je suis intimement convaincue que les choses vont changer. Il est impossible que les entreprises dans leur ensemble ne prennent pas au sérieux ces sujets de la responsabilité sociale, de la croissance durable, de la qualité des relations sociales. La performance financière, aussi importante soit-elle, ne dit pas tout. Il faudra de plus en plus mettre en avant la performance extra-financière et je crois que de plus en plus de dirigeants sont convaincus de cela. / LPJC : Ne pensez-vous pas que le concept d innovation devrait s appliquer aussi aux relations entre partenaires sociaux? / N. N. : Très certainement. Aujourd hui, le cadre conceptuel dans lequel s organisent les rapports sociaux est calqué sur le cadre institutionnel français. Le rôle et le poids de l Etat dans notre pays ont pour corollaire le fait que c est aussi au niveau central que s organise la relation entre les partenaires sociaux. On fait le grand écart entre la réalité du terrain, telle que constatée au niveau de l entreprise, et ce qui se passe au niveau national ; et ces deux réalités ne sont pas forcément connectées. Faut-il donner plus de latitude à la négociation d entreprise, dans quelles limites, dans quelles formes de dérogations? L organisation sociale des petites et moyennes entreprises doit-elle être repensée, et sous quelle forme? Voilà des questions importantes. Mais je pense aussi qu il faut innover sur la nature des sujets qui font l objet des négociations. / LPJC : Sur quels nouveaux sujets pourrait-on faire migrer la discussion? / N. N. : Aujourd hui, la thématique centrale est celle de la protection sociale. C est un sujet important, certes, mais il n est pas le seul. Les entreprises se déploient aujourd hui dans de nouvelles régions. Les organisations syndicales pourraient s intéresser aux conditions dans lesquelles les entreprises opèrent dans certains pays et s assurer, par exemple, que les conditions de travail, de rémunération et Il faudra de plus en plus mettre en avant la performance extra-financière et je crois que de plus en plus de dirigeants sont convaincus de cela.» d expression des salariés sont respectés et ne sont ni contraints ni limités par l environnement local. Et je dois dire que les choses évoluent dans le bon sens. J ai vu des accords sur des engagements de ce type concernant la Chine par exemple, et ils étaient bien agréables à lire. Propos recueillis par Le Petit Journal de Campagne Bref inventaire de ce qu'un entrepreneur doit savoir par les temps qui courent 85% des entreprises innovantes passent le cap des cinq ans D après une étude* publiée en décembre dernier par Oséo, en partenariat avec le ministère de l Enseignement supérieur et de la Recherche, 85% des créations d entreprises innovantes (CEI) survivent après cinq ans d existence. Un taux de pérennité annuel moyen qui tombe à 53% pour l'ensemble des entreprises françaises. La grande majorité des jeunes entreprises innovantes traverse donc cette fameuse étape charnière qui se situe, d après des chercheurs canadiens, entre trois et cinq ans d existence. Toujours selon l étude d Oséo, ce taux de survie à l aube des trois ans est cette fois-ci de 94% pour les nou- velles entreprises innovantes, contre 66% pour l ensemble des créations. Une pierre de plus ajoutée à l édifice du dynamisme économique de l innovation en France. * Étude Oséo, menée auprès de 5500 entreprises, entre 1998 et 2007.

17 Steve Jobs dans le texte Verbatim Petites leçons de concurrence «Nous voulons des ingénieurs, des scientifiques, des technologues. Pour cela il faut améliorer fondamentalement notre système éducatif [américain]. Nous avons besoin de faire de la science et des maths des matières désirables. Il nous faut des professeurs enthousiastes. Nous ne pouvons pas nous plaindre si nous ne les avons pas, si nous n investissons pas sur eux.» Ursula Burns, PDG de Xerox, au CES de Las Vegas, lors du Consumer Electronics Show (CES) de Las Vegas «Nous nous fichons de ce que nos concurrents du jeu vidéo font. Nous nous fichons de ce qui arrive dans le paysage général du divertissement. Ce qui nous intéresse c'est de concevoir une nouvelle expérience qui va attirer les gens.» Reggie Fils-Aime, Président de Nintendo America, durant une conférence sur l innovation Celui qui fut à l origine de la renaissance et du succès planétaire d Apple, disparu prématurément le 5 octobre 2011, aura marqué, plus qu il ne l imaginait lui-même, l ensemble de ses contemporains. Dans l imposante biographie qui lui a été consacrée (et dont la lecture est passionnante 1 ), on voit comment l homme a profondément marqué le fonctionnement de l entreprise par une approche non conventionnelle des sujets, et notamment celui du design, dont il fait le cœur de l intelligence d Apple. Un autre livre a été publié récemment, qui reprend un certain nombre d intuitions, de sagesses et de pensées de l inventeur de l Iphone et de l Ipad 2 donne une assez bonne idée de la façon de penser et de formuler les idées de Steve Jobs. Puisque le thème central de ce numéro du Petit Journal de Campagne est l innovation, voici quelques une de ses «pensées» sur ce thème : «En fait j ai commencé par la tablette. J ai eu l idée de pouvoir me débarrasser du clavier et taper sur un écran tactile. Et j ai demandé à nos gars si nous pouvions fabriquer un écran tactile sur lequel poser les doigts et taper directement. Environ six mois plus tard, ils m ont appelé et apporté le prototype d écran. C était extraordinaire. Nous étions au début des années Je me suis dit, mon Dieu, on pourrait fabriquer un téléphone avec cela. Et j ai laissé la tablette de côté parce que le téléphone était plus important.» «La victoire, dans notre industrie, c est la survie. La manière dont nous allons survivre, c est en innovant.» entreprises créées en 2010 L'entrepreneuriat ne se porte pas si mal que cela en France entreprises ont vu le jour en 2010*, soit une hausse de 7% sur un an. Alors que la croissance du PIB français plafonnait elle à 1,5%, postes se créaient dans Sociétés l Hexagone cette même année. L effet d aubaine lié au statut d auto-entrepreneur, lancé en 2009, participe largement à cette hausse puisque près de la moitié de ces structures sont des auto-entreprises. * Rapport 2011 sur l'évolution des PME (Observatoire des PME, décembre 2011) Évolution des créations d'entreprises en France Steve Jobs, par Walter Isaacson (JC Lattès, 2011) 2 I.Steve, édité par George Beahm (Michel Lafon, 2011) Entreprises individuelles hors auto-entrepreneurs Auto-entrepreneurs Source : INSEE, répertoire des entreprises et des établissements. Champ : ensemble des activités marchandes non agricoles.

18 32 33 LU POUR VOUS Un smic en Allemagne? EN DIRECT DU PARLEMENT Entendu au Sénat Extrait Commentaire Le modèle proposé par Angela Merkel promet toutefois d être compliqué. La chancelière souhaite qu un salaire plancher soit négocié par les partenaires sociaux dans chaque branche. Un parcours d obstacles car si les lois actuelles ne sont pas modifiées, les secteurs qui refuseraient le tarif négocié au niveau national pourraient défendre leurs droits devant la justice ( ). Par ailleurs, beaucoup d Allemands estiment que le salaire minimum risque de réduire la compétitivité de leurs entreprises ( ). Une seule chose semble acquise : un Smic verra bien le jour avant les législatives de 2013.» FRÉDÉRIC THERIN, «Smic : et si l Allemagne copiait la France?» Enjeux - Les Échos du 6 janvier 2012 Alors que l Institut allemand de recherche économique (DIW) met en lumière une chute de 4,2% des salaires moyens outre- Rhin, l état de la «désinflation» envisage la mise en place d ici 2013 d un Smic à l allemande. Les entreprises et l Etat français ne manqueront pas de suivre les impacts d une telle mesure sur le coût du travail chez nos voisins allemands. Lors de la séance du 13 décembre 2011, le Sénat est sur le point de voter le rétablissement des charges patronales et sociales accordées aux jeunes entreprises innovantes depuis 2004, et victimes d un coup de rabot en Frédéric Lefebvre, Secrétaire d'état chargé du Commerce de l Artisanat, des Petites et Moyennes Entreprises, du Tourisme, des Services, des Professions Libérales et de la Consommation, répond alors à une question sur l innovation. Extrait des débats. / François-Noël Buffet, sénateur UMP du Rhône : «Dans cette assemblée, nous savons tous que l innovation est un atout pour la compétition mondiale ; c est également un moteur important de la compétitivité de nos entreprises ( ) Aussi aimerions-nous connaître les mesures que le Gouvernement entend prendre en matière d aide publique à nos entreprises afin d être rassurés.» / Frédéric Lefebvre, Secrétaire d État auprès du ministre de l Économie, des Finances et de l Industrie : «Non, il n est pas question de revenir sur les dispositifs de soutien à l innovation de notre pays, bien au contraire ( ). Nous avons des traditions. Nous sommes le pays de l immatériel, des savoir-faire portés par des artisans ( ). J ai engagé un plan destiné à favoriser l innovation dans les entreprises de services. Des moyens d Oséo seront mobilisés : 7 millions d euros ; des appels à projets seront lancés partout sur le territoire. Cela représente plus de 50 % du PIB national et concerne des entreprises mondialement connues. Dans un contexte budgétaire qui est contraint, maîtriser les finances publiques, c est en même temps soutenir la croissance.»

19 34 L'EURO DANS TOUS SES ÉTATS, DU BON USAGE DE L'INNOVATION, RÉINDUSTRIALISER LA FRANCE LIVRES L année 2011 aura été celle de la remise en cause de l euro, au travers des difficultés rencontrées par certains pays de l eurozone quant au financement de leur déficit public. Jamais, depuis la mise en service de la monnaie unique, voici dix ans, la fragilité de l Europe n était apparue aussi clairement. L acuité de la crise a fait émerger une réalité que l on avait couverte d un voile pudique ces dernières années : une monnaie unique ne se conçoit que dans une zone dont les économies convergent et où les pays s accordent sur des objectifs de politique budgétaire et fiscale relativement cohérents. Pour autant, faut-il jeter le bébé avec l eau du bain? L année 2012 sera-telle celle de la fin de la zone euro? Deux experts se penchent sur la question. Jacques Sapir : un saut dans l inconnu «Cette crise était prévisible depuis de nombreuses années, car les défauts structurels de la zone euro étaient notoires et bien connus des économistes, y compris de partisans de l euro» écrit l économiste Jacques Sapir. De fait, beaucoup d économistes, lors du lancement de l euro avaient fait de l existence d un pacte de stabilité un outil essentiel de la zone euro. Mais l esprit de ce pacte s est progressivement dissous dans des politiques qui se sont de plus en plus affranchies des contraintes budgétaires. Jacques Sapir le déplore et constate que les Etats européens ont laissé se détériorer la situation jusqu à un point où elle est difficilement réparable. L objet central de son livre est de creuser les interrelations entre l économique, le politique et le symbolique, qui expliquent le manque de rigueur avec lequel a été conduite la gestion de la zone euro. Et il estime que la question taboue, «faut-il sortir de l euro» est désormais posée. Cette sortie n est pas inéluctable, mais il ne faut pas refuser cette idée par principe. La réponse définitive à cette question dépendra des actions mais aussi des inactions de nos dirigeants. «Faut-il sortir de l euro?», par Jacques Sapir (Éditions du Seuil, 2011) Jean Pisani-Ferry : une construction inachevée «La crise grecque souligne crûment le caractère inachevé de la construction monétaire européenne» écrit Jean Pisani- Ferry, économiste, directeur du think tank européen Bruegel. Dans un livre qui est un peu le pendant «optimiste» de celui de Jacques Sapir, il défend l idée que pour que l euro demeure un ciment de l Europe, il faut pousser plus avant l intégration économique des états membres de la zone euro, aller vers un fédéralisme bancaire et financier, et créer une véritable union budgétaire, le tout parachevé par une union politique. Un programme ambitieux sur lequel les chefs de gouvernement des dixsept pays membres de la zone tenteront de se mettre d accord lors du sommet européen du 29 janvier. La question de la gouvernance est désormais clairement posée. A défaut de nouvelles règles acceptées et mises en œuvre par tous, la zone euro ne sera pas en mesure de régler son problème de crédibilité. Bref, pour Jean Pisani-Ferry, un sursaut de la machine européenne s impose d urgence. «Le réveil des démons, la crise de l euro ou comment nous en sortir», par Jean Pisani-Ferry (Fayard, 2011) Scott D. Anthony : du bon usage de l'innovation Séparer le bon grain de l ivraie dans la constellation de l innovation C est le thème du «livre noir» écrit par l un des directeurs d une société américaine de conseil en innovation. Scott D. Anthony, qui collabore notamment avec Clayton Christensen, l un des gourous de l innovation outre-atlantique, se propose d éclairer le lecteur sur les innovations utiles, les idées reçues et se fait coach avec son programme de 28 jours pour innover dans les affaires. «The Little Black Book of Innovation : How It Works, How to Do It», par Scott D. Anthony (Harvard Business Press Books, janvier 2012) Jean-Louis Beffa : choisir son mode de développement économique Ancien PDG de Saint-Gobain, une entreprise qu il a portée à la dimension mondiale, Jean-Louis Beffa s interroge sur le destin industriel de la France. Il entend «contribuer à la définition d un modèle alternatif au choix libéral-financier et montrer que des actions publiques simples et concrètes, aux niveaux français et européen, sont suffisantes pour redresser la barre». Pour Jean-Louis Beffa, la France et l Allemagne doivent faire émerger un modèle commercial-industriel à l échelle de l Europe. C est une politique d envergure qu il faut engager pour permettre à l Europe de continuer à exister «face à ce que sera la confrontation américanochinoise».«la France doit choisir» par Jean-Louis Beffa (Seuil, 2012) SIGNES 2012 : L'ANNÉE DU DRAGON D'EAU Le 23 janvier 2012, les communautés chinoises entreront dans l année du Dragon, qui succède à celle du Lapin. Durant la prospère dynastie des Tang ( ), le dragon était notamment le symbole de l empereur, un totem de puissance. En astrologie, le signe du Dragon marque le volontarisme, l esprit d entreprise et la confiance. Si comme l écrivait Schumpeter, le rôle de l entrepreneur consiste à «réformer ou à révolutionner la routine de production en exploitant une invention», cette année du Dragon sera une période d opportunités pour l innovation et la croissance. L esprit de Dragon viendra peut-être aider les économies européennes à sortir de leur torpeur.

20 36 37 De l art d accommoder Sun Tzu Des historiens s interrogent encore pour savoir si Sun Tzu, l auteur putatif de l un des textes militaires les plus fameux, L Art de la Guerre, a réellement existé. Qu importe La tradition veut que Sun Tzu ait été un brillant général à la fin de la Période du Printemps et de l Automne de la dynastie des Zhou de l Est ( avant J.- C.) et ait écrit L Art de la Guerre à l aube de l ère des Royaumes Combattants ( avant J.- C.). Ce livre comprend treize courts textes sur la philosophie de la guerre, inspirés de la pensée taoïste. Mais il aborde aussi les sujets du management public, de l organisation, de la diplomatie et de la politique étrangère. À la fin du XVIII ème siècle, une traduction sommaire du livre par le père jésuite Amiot fût disponible en Europe. Napoléon l admirait et a suivi ses principes dans ses premières campagnes. L amiral Togo Heihachiro, qui a conduit la guerre victorieuse du Japon contre la Russie impériale en était un lecteur avide. Et Mao Zedong lui-même attribua en partie sa victoire sur Chiang Kai-shek et le Kuomintang à L Art de la Guerre. Sun Tzu a connu une seconde brillante carrière grâce aux consultants en management qui ont vite fait d établir des connections entre l art de la guerre et celui de la conduite des affaires. Depuis une bonne vingtaine d années, le livre de Sun Tzu a été traduit dans de multiples langues, décortiqué, analysé et a fait l objet d innombrables exégèses. En voici quelques-uns des extraits les plus célèbres, que tout chef d entreprise peut interpréter à sa manière et qui peuvent donner quelques idées sur la façon de manœuvrer en temps de guerre économique : «Si l ennemi est supérieur en nombre, évitez-le. S il est colérique, irritez-le. Faites semblant d être faible, cela le rendra arrogant. Ne le laissez pas se reposer. Si ses forces sont unies, séparez-les. Si le souverain et ses sujets sont en harmonie, tentez de les diviser. Attaquez l ennemi là où il n est pas préparé. Apparaissez lorsque vous n êtes pas attendu.» «Soyez extrêmement subtil, et même totalement indéchiffrable. Soyez extrêmement mystérieux, et même tout à fait insondable.» «L art suprême de la guerre est de vaincre l ennemi sans livrer bataille.» «Les opportunités se multiplient lorsqu elles sont saisies.» «La vitesse est l essence de la guerre. Prenez avantage de l impréparation de l ennemi ; utilisez des itinéraires inattendus, et frappez-le avant qu il n ait eu le temps de prendre des dispositions.» «Dans l art de la guerre, la meilleure chose de toutes est de s emparer du territoire de votre ennemi tout entier et intact.» «Faites en sorte que vos plans soient obscurs et aussi impénétrables que la nuit, et lorsque vous vous mettez en mouvement, frappez comme la foudre.» «Gardez vos amis près de vous et vos ennemis encore plus près.» «Les guerriers victorieux emportent la victoire avant de livrer bataille.» «Un chef dirige par l exemple et non par la force.» «Celui qui sait lorsqu il peut combattre et lorsqu il ne le peut pas, sera victorieux.» Le samouraï Sato Tadanobu attaque un de ses ennemis avec un goban

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