LE CONSEIL D'ADMINISTRATION

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1 LE CONSEIL D'ADMINISTRATION Président Jean- Marc STEINDECKER Professeur agrégé Vice- Président Jean- Pierre DEDONDER - Professeur des Universités Secrétaire Général Pierre DUCROQ Ancien Directeur Général de la Fondation Trésorier Xavier ROY Inspecteur Général des Affaires Culturelles Membres Omar BRIXI Médecin épidémiologiste Chantal GOYAU Directrice Générale d une école de travail social Claudine GUTHMANN Présidente de 1999 à 2008 Danièle JOURDAIN- MENNINGER Haut fonctionnaire et professeure associée Dominique LABADIE - Avocate Jean ROUCHE Avocat au Barreau de Paris Commissaire du Gouvernement Jean- Marie MARTINEZ 1

2 Le mot du Président L année 2012 s achève sur fond de crise de l emploi, en particulier pour les jeunes et les adultes les plus fragilisés. Plus que jamais le travail social et éducatif est nécessaire pour apporter à chaque public accompagné des solutions adaptées. Face à ces situations, d une ampleur nouvelle, les professionnels sont mis à rude épreuve. Comme je le disais lors de notre cinquante- cinquième anniversaire, il vous faut aujourd hui de fortes convictions, de l imagination, de la ténacité pour protéger les enfants et les adolescents et répondre aux besoins d insertion et de formation des personnes. C est ce que montre la lecture attentive de ce rapport d activité, je constate une nouvelle fois votre dynamisme par l important travail réalisé par les équipes éducatives : personnes dont jeunes ont bénéficié en 2012 d un suivi éducatif ou social. Les éducateurs s engagent chaque jour à lutter contre les inégalités et à donner plus de chances aux enfants, adolescents et personnes en souffrance et/ou en danger. Les droits de l enfant et de la famille, le respect de la dignité humaine, l accompagnement, les expériences de vie partagées avec les jeunes témoignent de l engagement de nos professionnels. L année 2012 s est révélée très chargée à l instar des années précédentes. C est avec engagement et détermination que le conseil d administration et le bureau se sont réunis à dix reprises et ont accueilli Jean- Pierre Martinez nommé commissaire du gouvernement en décembre Merci pour cet engagement. C est avec professionnalisme et motivation que l ensemble des professionnels de la Fondation avec l aide des cadres remplissent les missions qui nous sont confiées par les pouvoirs publics. Ce qui ressort, c est que l activité de tous les établissements et services a été en 2012 soutenue, atteignant très souvent 100% des prévisions budgétaires, et comme à la Maison de la Juine, au- delà. Je salue notamment votre implication à tous, lors de notre cinquante- cinquième anniversaire. Cette manifestation placée sous le haut patronage de Pierre Joxe, militant d une justice des mineurs protectrice et éducative, a réuni plus de 500 personnes à la salle Olympes de Gouges. Myriam El Khomri, adjointe au maire de Paris, chargée de la prévention et de la sécurité et Nawel Oumer, maire adjointe du 11 ème arrondissement ont insisté sur le rôle de nos services dans le partenariat parisien et salué l engagement des professionnels et plus largement la place du secteur associatif pour accompagner les jeunes et les familles les plus fragilisés. Je veux retenir l excellente ambiance qui y a régné traduite par le plaisir manifeste et manifesté par les participants qui ont échangé avec nos équipes et fait honneur au magnifique buffet préparé par les jeunes de la Maison de la Juine et par leurs encadrants. Nous avons applaudi le spectacle de rap et de danse des jeunes de Seine- Saint- Denis. Par ces pratiques culturelles, ces jeunes tentent de reprendre la parole et donc une place dans la société, ce n est pas seulement une expression musicale qui apparaît, mais un ensemble de liens qui permet aux jeunes d être reconnus positivement. 2

3 Plusieurs autres temps forts ont ponctué l année : Le conseil d administration a validé le processus de fusion absorption de l association Parcours, avec notamment la reprise de l Espace Dynamique d Insertion «le Tipi». La Fondation a adhéré à IDEE 93, association dont l objet est la mise en réseau des associations intervenant en Seine- Saint- Denis dans le cadre de la protection de l enfance. Trente nouveaux salariés, arrivés depuis moins d un an, ont participé à la journée d accueil organisée en novembre, moment important de présentation et d échanges autour du projet global de notre Fondation. L évènement marquant aux Jacquets a été l emménagement à Nanterre à la fin de l année. Nous avons inauguré de très spacieux locaux, en février Monsieur Devedjian, Président du Conseil Général des Hauts- de- Seine et Monsieur Jarry, Maire de Nanterre, ont souligné l originalité de cette structure d accueil de jour avec une scolarité intégrée «unique en Île- de- France pour les enfants du primaire». Le partenariat avec les services départementaux et municipaux va se poursuivre et se développer pour aider les enfants et leurs familles. Il y a eu cette année d autres grands moments : exposition de photos à l Ile- Saint- Denis illustrant deux séjours de jeunes en Ukraine et au Maroc, présentation de trois chantiers de solidarité réalisés par trois équipes du service de prévention Paris, deux au Maroc et un au Sénégal et bien d autres projets encore. Je souhaite encore souligner la dimension partenariale de ces projets, le sens de la solidarité et le remarquable engagement des éducateurs. Confrontés à des situations de plus en plus périlleuses sur le plan budgétaire, les collectivités publiques doivent faire des choix financiers ; il faut s en inquiéter car il est à craindre que certains arbitrages soient faits au détriment de réponses pertinentes aux besoins des enfants, des adolescents et de leurs familles. L action des associations intervenant dans le domaine de l hébergement et de la réinsertion sociale est réinterrogée. L Etat a annoncé en 2011 une baisse de 12% des dotations sur trois ans, poussant les associations gestionnaires à se rapprocher entre elles pour réduire les coûts mais aussi diminuer le nombre d interlocuteurs devenu trop important. La refondation du système français d hébergement et d accès au logement devrait être axée vers de nouvelles réponses, notamment vers le dispositif appelé «dirigé vers le logement», expérimenté à New York et qui fait référence au niveau européen aujourd hui. En 2012, cette orientation s est traduite par une diminution de la dotation 2012 du CHRS Coquerive. La réorientation des actions de la PJJ a également des incidences sur la Maison de la Juine qui accueille des jeunes adolescents, particulièrement fragiles. Le secteur de la prévention spécialisée est également touché, notamment le service de Seine- Saint- Denis qui a eu une baisse de sa dotation en 2012, équivalente à un poste. Nous devons nous interroger sur la façon de communiquer sur nos actions, renforcer la lisibilité de nos actions de prévention spécialisée. Je tiens à remercier tous ceux qui sont des acteurs essentiels de la vie de la Fondation et de la cause que nous défendons. Par leur action, leur engagement, leur soutien, administrateurs, salariés, partenaires et élus contribuent et participent à la mise en œuvre des missions qui nous sont confiées. Jean- Marc STEINDECKER 3

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5 SIEGE SOCIAL 34 rue de Picpus Paris Tél. : Fax : Directrice générale : Nicole GLOAGUEN Directrice générale adjointe : Mireille LE YAOUANQ Comptabilité : Nathalie MUSSOT Seu- Leng KY Gestion du personnel : Christine LAUDRIN Valérie LEJUSTE Sonia TÉBIGUI Secrétariat de Direction : Cécile LE BERRE 5

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7 SOMMAIRE LE SIEGE Page 9 LA PREVENTION SPECIALISEE - Prévention Spécialisée Paris - Prévention Spécialisée Seine- Saint- Denis Page 15 Page 17 Page 41 MAISON DE LA JUINE Page 81 SERVICE ÉDUCATIF 91 Page 99 MAISON COQUERIVE Page 115 LES JACQUETS Page 133 SAFIP Page 159 SYNERGIE Page 167 LES CENTRES DE VACANCES Page 173 INFOBAT Page 177 7

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10 Le siège, instance opérationnelle du conseil d administration, est chargé de la mise en œuvre de la politique générale de la Fondation. Il est mobilisé comme ressource de la dynamique du projet global de la Fondation à tous les niveaux : fonctionnement des instances statutaires, communication interne et externe, évaluation, gestion des ressources humaines, administrative, juridique et financière, gestion logistique et informatique, suivi des centres de vacances. Il regroupe trois pôles, la direction générale, le service administratif et financier et le pôle ressources humaines. Complémentaires et indissociables, ces trois fonctions sont assurées par huit salariés qui travaillent en liaison avec les dix établissements et services, les financeurs et les administrations concernées par la vie et le fonctionnement de notre fondation. Cette année, marquée par un fort contexte de crise, s est concrétisée par : Un moment symbolique, le cinquante- cinquième anniversaire de la Fondation. Préparé tout au long de l année, ce fut l occasion de retracer l histoire parcourue et de nous projeter dans l avenir. Ce temps fort a permis aussi de rappeler nos valeurs et surtout de les faire vivre au cours de cette manifestation, rassemblant administrateurs et salariés, anciens et nouveaux, élus, acteurs des multiples partenariats publics et associatifs. Retenons aussi la qualité de réflexion du séminaire tant par l intérêt qu a suscité son thème «le métier d éducateur hier et aujourd hui», que la manière dont il a été traité par les intervenants. Pour cet évènement, nous avons actualisé la plaquette de présentation des activités de la Fondation et diffusé un film réalisé par José Sorba de l agence Polynome qui les illustre. Cette manifestation très réussie a aussi montré l engagement de tous les acteurs de la Fondation, administrateurs et salariés, et le dynamisme des jeunes. La conduite de la politique générale de la Fondation En concertation permanente avec le Président, la directrice générale a préparé les dossiers nécessaires au bon fonctionnement associatif. Sur le plan fonctionnel, nous avons finalisé le document de délégations aux directeurs. La fondation a dû faire face aux nouvelles règles des politiques publiques en œuvre depuis un certain temps mais dont les effets directs se sont faits réellement sentir (réorientation de certaines politiques publiques - réduction de financements - gels de postes- appels à projets ). Partageant des valeurs proches, la fondation a validé le processus de fusion absorption de l association Parcours au 1 er janvier 2013, en raison du départ à la retraite de son directeur. La reprise de l Espace Dynamique d Insertion «le Tipi» représente un outil supplémentaire pour répondre à l insertion des jeunes. Les trois centres de vacances de la Fondation mis à disposition des établissements demandent un suivi régulier (planning, entretien, investissement, ). En 2012, la commission de sécurité a renouvelé pour cinq ans son avis favorable pour Montaure. Un soutien important aux établissements La direction générale a apporté son soutien au bon fonctionnement des établissements et services dans le respect des responsabilités propres à chaque directeur. Notons des changements importants dans la vie des établissements : l accueil de 29 nouveaux salariés dans nos différents services, la nomination de Yann Bourhis comme directeur du service de prévention spécialisée de Seine- Saint- Denis en janvier et l arrivée de Samir Lamouri comme directeur- adjoint en juin, l arrivée en juillet de Medhi Lacheheb comme directeur d Infobat. La direction générale a apporté un appui régulier à ces nouveaux directeurs dans le cadre du comité de pilotage mensuel à Infobat et de réunions régulières avec le service de prévention de Seine- Saint- Denis. 10

11 Des chantiers importants ont ponctué l année et impliqué un fort engagement du Président et de la Direction générale avec chaque service concerné. Nous citerons plus particulièrement : - Le déménagement des Jacquets Colombes à Nanterre porté par Serge Burghoffer et son équipe a nécessité une attention soutenue. Certes, des difficultés ont ponctué le chantier mais l installation à Nanterre début janvier 2013 a permis d augmenter notre capacité d accueil de 39 à 45 enfants et d offrir un cadre de travail et d accueil spacieux, agréable et plus fonctionnel. La réalisation de ce projet montre que lorsqu il y a une volonté politique forte, de beaux projets se concrétisent. - Nous avons accompagné le service de prévention spécialisée parisien dans la réponse à un appel à projet pour la reprise d une activité de prévention spécialisée dans le 15 ème arrondissement, mais nous n avons pas été retenus. La convention de notre service de prévention spécialisée avec le département de Paris a été signée début Lors des échanges sur ce renouvellement, nous avons été vigilants à la prise en compte de la dimension éducative de notre mission, dans une démarche commune avec les associations parisiennes. - Nous avons soutenu la direction du Safip dans le suivi de son activité. La situation financière s est améliorée mais reste cependant fragile. Dans ce contexte, la Fondation a dû dénoncer l accord d entreprise signé en 2001, tout en répondant à la demande des partenaires sociaux d appliquer la valeur du point depuis 2009, dans le cadre d un échelonnement de trois années. Nous avons également accompagné la reprise du dispositif «Lutte contre le trafic» dans un travail très concerté avec le service de prévention Paris, la Mission de prévention des toxicomanies (DASES) et la Direction de la Prévention et de la Protection de la ville de Paris. - Avec l ensemble des associations de prévention spécialisée de Seine- Saint- Denis, nous avons discuté les nouvelles orientations en matière de prévention spécialisée avec le Conseil Général, notamment la contractualisation département- association- ville. Nous avons également proposé au Conseil Général une alternative aux gels de postes demandés. - La Maison de la Juine est l établissement le plus concerné par les réductions de financements ainsi que par des gels de poste, dont ceux de chef de service technique et d éducateurs de l atelier technique. Les aspects budgétaires ont été beaucoup discutés avec le Conseil Général qui, en fin d année, a réalisé un audit financier ayant pour second objectif de déterminer des coûts par service. Nous sommes particulièrement préoccupés par cette évolution car notre établissement reçoit des jeunes fragilisés, dont les parcours sont particulièrement difficiles. Il est important de proposer à ces jeunes un cadre structuré, des activités diversifiées dont celles liées à une socialisation professionnelle dans nos ateliers de bouche. Nous notons un grand intérêt du foyer départemental (IDEF) qui nous adresse des jeunes en accueil de jour dans le cadre d un partenariat expérimental. - La direction générale a aussi soutenu le processus d actualisation du projet d établissement qui sera présenté au conseil d administration en Afin d approfondir le sens de nos actions, renforcer la cohérence des réponses mises en œuvre dans un contexte d évolution des missions, nous avons échangé lors des huit comités de direction : de la refondation des CHRS, de la hausse d activité demandée pour le service AEMO du SE 91, de thématiques de formation et d insertion mais aussi de nombreuses questions de gestion des ressources humaines et d organisation. Ces échanges ainsi que les rencontres avec les équipes éducatives sont précieux pour affiner nos orientations stratégiques. Ces temps de travail participent à une évolution de pratiques plus transversales entre nos différents établissements. Cela se concrétise, par exemple, par la mise en œuvre de projets plus partagés autour de l insertion, avec la mise en place de projets portés par les services de prévention, Infobat et le Safip, de la 11

12 mutualisation, comme la réflexion sur l évaluation interne des trois établissements de l Essonne ou des journées de réflexion ou de formation. Les ressources humaines et le dialogue social Les professionnels de la fondation sont les principaux acteurs de la qualité du service rendu aux personnes les plus fragilisées. À ce titre, les instances de la Fondation sont particulièrement attentives à leur expression et à leur participation. La direction générale assure par délégation du Président, la présidence des 4 Comités d Entreprise et du Comité Central d Entreprise. En 2012, cela a représenté 29 réunions de CE et 3 réunions de CCE ainsi que 7 réunions de Négociations Annuelles Obligatoires avec les partenaires sociaux. Le renouvellement des instances du personnel en mai a nécessité un important travail administratif ainsi que trois réunions préparatoires avec les délégués syndicaux pour négocier le protocole préélectoral. La principale modification concerne la création d un Comité d Entreprise unique pour les trois établissements situés dans le département de l Essonne. Nous avons aussi mené d autres chantiers avec les directions d établissements : la prévention des risques professionnels, le diagnostic en vue du plan d action par service de prévention de la pénibilité, l analyse de la situation femmes/hommes pour préparer la base d un accord sur l égalité femmes/hommes. Le pôle ressources humaines a travaillé à la migration du logiciel de paie (élaboration d un référentiel de paie, doublons de paie, ), qui sera finalisée début La formation est un outil essentiel dans les parcours professionnels des salariés. En plus des formations retenues au niveau de chaque établissement, la Fondation a réalisé une journée sur la responsabilité civile et pénale à l attention des cadres et trois formations rassemblant des personnels de différents établissements : trois jours sur les écrits professionnels, deux jours sur la thématique de la justice des mineurs, des fichiers et des casiers judiciaires ainsi que deux jours sur l accueil des jeunes et des familles par le personnel administratif. Concernant le personnel du siège, nous avons recruté une gestionnaire de paie ainsi qu une assistante de gestion en contrat de professionnalisation. L année a aussi été marquée par de longs arrêts maladie, et des temps partiels thérapeutiques. Nous avons accueilli un stagiaire en communication pendant deux mois. Fin 2012, nous avons obtenu la création d un poste de direction administrative et financière qui sera pourvu courant Il y aurait encore beaucoup à dire sur cette année 2012, mais je conclurai en soulignant la qualité du travail, l engagement de l équipe du siège et l implication de chaque directeur pour créer un socle solide fondé sur la cohérence, la responsabilité de chacun et l amélioration de notre organisation au service de nos missions et de notre projet. Dans un contexte particulièrement instable, le travail, la solidarité sont des bases solides qui nous aiderons à garder notre équilibre. 12

13 De nombreux chantiers se poursuivront en Sans être exhaustifs, nous citerons : - L accueil des salariés de l association Parcours. - La finalisation de l évaluation interne, avec la prise en compte de nos points forts et de nos axes d amélioration, l actualisation des projets de service. Ensuite, nous pourrons commencer à travailler l évaluation externe des établissements conventionnés. - Le soutien aux cadres dans leur fonction : après la finalisation des délégations aux directeurs en 2012, dans une démarche participative, nous engageons un travail sur les subdélégations des directeurs aux chefs de service. - Plus que toute autre, la fonction ressources humaines continue de faire face à de grandes mutations. Nous devons notamment approfondir la question du recrutement et les modalités d accueil des nouveaux salariés mais aussi la mobilité des salariés, le temps de travail, la prévention des risques professionnels et notamment les risques psychosociaux à partir des éléments recueillis auprès des délégués du personnel et des Comités d Hygiène, de Sécurité et des Conditions de Travail (CHSCT). - Une journée d étude concernant les informations à caractère secret, confidentiel ou sensible rassemblera les personnels éducatifs sur cette problématique où les pratiques professionnelles sont souvent soumises à des enjeux antagonistes. - Sur le plan administratif et légal, nous allons actualiser le règlement intérieur et le document de procédures administratives et financières. Nous devons également intégrer le module budget prévisionnel et compte administratif de notre prestataire CEGI. Un travail sera mené pour affiner le suivi de la gestion du patrimoine de la Fondation. 13

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16 La prévention spécialisée relevant de la Fondation s exerce dans le cadre de deux services : celui de Paris et celui de Seine- Saint- Denis. Les équipes sont confrontées aux mêmes problèmes. Mais les contextes d intervention, les orientations départementales, les dynamiques des quartiers, l urbanisme, le système des acteurs et de partenariat sont différents. Une synthèse de l activité sera présentée par département, mais chacun pourra se reporter au bilan très exhaustif réalisé par chaque service s il en fait la demande. En 2012, jeunes ont bénéficié d un accompagnement éducatif mené par l ensemble des équipes des deux services de la Fondation. Un contexte de vie difficile Dans les deux départements, les équipes continuent de relever une aggravation des difficultés socio- économiques des familles et des jeunes. L activité de chaque service montre que la prévention est une construction locale qui nécessite en préalable un diagnostic du milieu de vie, portant sur sa structuration, ses ressources, ses réseaux et les dynamiques institutionnelles qui sont à l œuvre. Sa mise en œuvre et son efficience reposent sur la capacité d une équipe à construire sur le terrain une légitimité basée sur des relations de confiance. Cette confiance, le sens du dialogue avec les jeunes, le travail dans la proximité, l engagement quotidien des professionnels permettent, dans les quartiers où les équipes agissent, d apaiser les tensions, de privilégier la parole aux actes et d aider à l intégration des jeunes dans leur environnement. Les bilans de l activité des deux services illustrent particulièrement : La connaissance fine des milieux de vie des jeunes et des familles. La diversité et l originalité des actions menées en direction des jeunes et aussi le travail réalisé auprès des parents dans un objectif de protection de l enfance et de soutien aux familles. Le développement des actions en direction des collèges. Le potentiel d énergie et de ressources que recèle la jeunesse de ces quartiers, qui aspire à se faire une place dans la société. Le partenariat avec les pouvoirs publics : - Participation à des réunions avec le bureau prévention du Conseil Général de Seine- Saint- Denis sur les questions de prévention spécialisée. - Participation à la commission «jeunes en difficulté» à Paris. - Participation aux projets des villes. - Participation aux différents dispositifs existant dans les villes (contrat de ville, Contrat Local de Sécurité et de Prévention de la Délinquance). - Coopération avec les partenaires de la protection de l enfance, de la Protection Judiciaire de la Jeunesse, de l Éducation Nationale, de la santé - Interventions de la Fondation dans des séminaires et colloques. 16

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18 SERVICE de PRÉVENTION SPÉCIALISÉE de PARIS 60 Boulevard de la Guyane SAINT- MANDÉ Tél. : Fax : Financement : dotation globale du département de Paris Directrice : Annie LÉCULÉE Directeur adjoint : Patrick GOSSET Chef de service administratif : Véronique PASCHAL 2 secrétaires de Direction 10 Chefs de Service Éducatif 1 Chef de Service chargé des questions d'insertion 40 Éducateurs Spécialisés 10 Équipes de Prévention Spécialisée Paris 11 ème Orillon - Chef de Service : Marie- Claire RIPOLL Paris 14 ème Didot Vanves - Chef de Service : Joël DUPIN Paris 19 ème Curial- Cambrai - Chef de Service : Karim LFAREH Paris 19 ème Rébeval - Chef de Service : Antoine PLAQUET Paris 19 ème Place des Fêtes - Chef de Service : Philippe MOREAU Paris 20 ème Amandiers - Chef de Service : Lydia BAÏLEN Paris 20 ème Belleville - Chef de Service : Adama SENE Paris 20 ème Fougères - Chef de Service : Boualem CHABIRA Paris 20 ème Pyrénées - Chef de Service : Mathieu FERIN Paris 20 ème Pelleport Ménilmontant - Chef de Service : Nathalie MADRE 18

19 L'engagement éducatif a encore du sens aujourd'hui. La prévention spécialisée le prouve chaque jour grâce à ses équipes dont les actions en trois dimensions (travail de rue, action collective, accompagnement individuel) permettent de toucher et de maintenir un lien avec un public souvent inconnu des institutions ou du secteur associatif du quartier, alors que le champ de l'intervention sociale est de plus en plus complexe. Le service parisien de Prévention Spécialisée compte 10 équipes éducatives qui interviennent sur des territoires définis dans les 11 ème, 14 ème, 19 ème et 20 ème arrondissements, conformément à la convention et à la Charte qui nous lient au Conseil Général, avec des missions de protection de l'enfance et de réduction des phénomènes d inadaptation sociale des jeunes. Parmi les quartiers qui nous sont assignés, 8 font l'objet à ce titre d'une inscription dans le Contrat Urbain de Cohésion Sociale (CUCS). Le service travaille avec les différents acteurs du dispositif global de prévention et de protection de l enfance. L implantation dans des arrondissements implique un même travail de mise en cohérence avec les différents acteurs locaux. I. LES MISSIONS ET LEUR CONTEXTE Dépasser les apparences, chercher à comprendre, permettre qu'une communication s établisse ou se rétablisse entre des jeunes isolés ou en bande et leur environnement social et institutionnel, vivre auprès d'eux sans compromission mais avec suffisamment d'intérêt, tel est le fil conducteur de chacun des rapports d activité rendant compte de l année écoulée. Le travail de chaque équipe tient compte des conditions économiques, sociales et culturelles des populations qu'elle prend en charge et adapte ses modalités et ses contenus en fonction du quartier. L'analyse fine des problématiques rencontrées nous permet de définir un ensemble d'objectifs qui définissent et donnent du sens au travail de Prévention Spécialisée réalisé par les équipes éducatives. Toutes les actions engagées auprès de jeunes exclus ou en voie de l être, de leurs parents, et de leur environnement relationnel, social, scolaire ou professionnel, s inscrivent dans une logique commune aux dix équipes que nous nous sommes efforcés de conceptualiser et formaliser. Nous essayons de faire acquérir le sens de lui- même et des autres à «l homme de la cité», et nous avons l ambition de lui permettre de réussir sa scolarité et son insertion professionnelle. Toute notre stratégie de prise de contacts de ces jeunes, de leur accompagnement, de la recherche de partenariats est fondée sur cette conviction que leur avenir se construira plus aisément s ils trouvent ou retrouvent une place dans un cursus scolaire ou professionnel. Parce que prévenir, c est aussi s intéresser aux causes avant de pouvoir modifier les effets Nous devons inventer, créer un maximum de choses avec les jeunes, faire en sorte qu ils expérimentent, et que d eux- mêmes ils trouvent les clés de leur transformation propre et petit à petit celle du quartier La recherche du bon relais, de ce pont qui autorise à franchir l abîme de leur désespérance violente et de la peur que leur inspire le monde des «inclus» est le moteur de ce que nous considérons devoir faire dans le cadre de nos missions de Prévention Spécialisée. L année 2012 a été marquée par l élaboration du dossier de reconventionnement à l aune des années 2013/2015 et la nécessité de toujours ajuster nos réponses aux attentes des jeunes eux- mêmes mais aussi de nos financeurs. L appropriation des diverses évaluations, la prise en compte d une évolution de l action éducative, liées à des diagnostics actualisés de façon permanente, notre inscription dans des partenariats multiples mais opérationnels sont un souci constant porté autant par la direction du service que par les équipes et les cadres qui les animent. II. LE PUBLIC 19

20 Au 31 décembre, RELEVE QUANTITATIF DES JEUNES RENCONTRES ET SUIVIS EN 2012 ENSEMBLE DES EQUIPES - 12 ans 12/15 ans 16/18 ans 19/21 ans + de 22 ans F G F G F G F G F G Total A.Premiers contacts jeunes approchés en groupes B. Premiers contacts jeunes approchés individuellement C.Jeunes participant exclusivement aux activités collectives D.Relation éducative instaurée E.Accompagnement éducatif personnalisé Total Proportion filles/garçons 20

21 a. Analyse des catégories de population La population suivie par les 10 équipes est passée de jeunes à jeunes, marquant une évolution liée à une lecture renouvelée des publics suivis. Nous remarquons une augmentation de 136 jeunes que nous accompagnons de façon personnalisée et qui sont au «cœur» de notre intervention éducative. Les items de comptage des jeunes en cinq catégories ont été précisés et annexés à la nouvelle convention. Nous avons, dans le cadre de réunions avec les chefs de service, retravaillé notre façon de comptabiliser le public, en respectant la consigne d une seule identification, marquant nos rapports avec ce public, tant dans les âges cibles de 12 ans à 21 ans, que dans les frontières en amont ou en aval de ces cibles. Néanmoins, si ces définitions tentent de rendre plus lisibles les modalités d'approche des jeunes individuellement et collectivement, lors de nouveaux contacts, elles introduisent des concepts qui, dans la réalité d'une équipe implantée sur son territoire, demandent à être précisés. Il nous semble que «la photographie au 31 décembre» du public ne peut se confondre avec «une mise en mouvement» des liens établis avec ces jeunes. Nous avons mieux identifié les items dits de premiers contacts qui ne sont pas traduits dans l année par des actions concrètes comme des participations à des actions collectives (sorties séjours), ou par des interventions individualisées, prémisses d une relation éducative instaurée ou d un accompagnement éducatif individualisé. Les chiffres plus importants des items de premiers contacts, 585 contre 230 en 2011, «du jeune rencontré au jeune suivi!» sont le signe d un public potentiel pour lequel l intervention éducative de la prévention spécialisée est à mettre en place. Nous avons identifié jeunes (contre 2469 jeunes l an dernier) bénéficiant d'une relation éducative instaurée ou d un accompagnement éducatif personnalisé, soit 64%. Cette évolution est liée à la décision retenue, de mieux identifier les accompagnements éducatifs quel que soit l âge du jeune, dès lors qu il y a une intervention éducative, parfois co- construite ou relayée par les dispositifs de droit commun, ou par les partenaires sollicités. Les jeunes participant exclusivement aux actions collectives (évènements sportifs, fêtes de quartier), autrement dit sans qu'il y ait de relation éducative instaurée ou un accompagnement personnalisé (démarches concrètes) sont 890 (contre 801 l an dernier) soit 22%. Cela concerne en majorité des 12/15 ans, car ils fréquentent les actions d'aide scolaire, les sorties ponctuelles, ou sont inscrits par nos soins à des projets de vacances l'été. Quelques jeunes majeurs, de plus en plus nombreux pratiquent eux aussi une activité sportive (futsal). Ce qui est l occasion d instaurer déjà une relation éducative informelle, prélude potentiel à un accompagnement au moment où le jeune en exprimerait le besoin et/ou il y aurait pertinence à intervenir. b. Les tranches d âge significatives Toutes catégories confondues, la population des 12/21 ans, plus directement ciblée par l'action de Prévention Spécialisée selon les recommandations de la charte signée entre le Conseil Général et les associations représente personnes contre 2478 en 2011, soit 73% de la population totale. Moins de 12 ans 474 enfants de moins de 12 ans, soit 12% du public, en augmentation par rapport à 2011 (370), qui bénéficient plutôt de propositions ponctuelles d actions collectives, comme des inscriptions en séjours, l été. Ce public devrait pouvoir être suivi par d autres associations ou institutions de proximité, notamment par les centres sociaux. Mais tant nos équipes (Orillon Porte de Vanves - Belleville Fougères Pelleport) que d'autres observateurs (instituteurs, assistante sociale scolaire et associations de quartier) maintiennent leur sonnette d alarme. La présence des jeunes de moins de douze ans dans la rue est de plus en plus grande, il y a un déficit de réponses d'animation adaptées aux plus difficiles, une augmentation des situations qui nécessiteraient une attention éducative, voire une prise en charge administrative (AED). Nous réitérons, cette année encore, nos préoccupations pour ces enfants, qui, faute d un cadre éducatif sécurisant, expriment par leurs comportements, leurs difficultés et leur mal- être. 12/15 ans La population scolarisée au collège (12/15 ans) est en forte augmentation 1298 adolescents (992 l an dernier) mais ce chiffre est à pondérer car il englobe ceux rencontrés lors de premiers contacts. En 21

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