Spuhler, Dorothee ENAC-SSIE. Projet SHS de 1 ère année master

Save this PDF as:
 WORD  PNG  TXT  JPG

Dimension: px
Commencer à balayer dès la page:

Download "Spuhler, Dorothee ENAC-SSIE. Projet SHS de 1 ère année master"

Transcription

1 Intégration d une approche durable d un projet de coopération Nord / Sud pour l amélioration de l accès à un assainissement abordable, sain et écologique dans quatre secteurs périphériques de Ouagadougou, Burkina Faso Spuhler, Dorothee ENAC-SSIE Projet SHS de 1 ère année master Encadré par Alexandre Buttler, Professeur titulaire, Séction Siences et Inginérie de l Environnement, EPFL Gaëlle Serquet, Collaboratrice scientifique, Laboratoire des systèmes écologiques, EPFL SHS Développement durable Nord - Sud Accepté le Vérsion abregée, 2 ième édition Lausanne, année académique

2

3 Intégration d une approche durable d un projet de coopération Nord / Sud pour l amélioration de l accès à un assainissement abordable, sain et écologique dans quatre secteurs périphériques de Ouagadougou, Burkina Faso Etude de l enracinement du projet Ecosan_UE, financé par la Commission Européenne: Quel futur après la phase pilote subventionnée? Spuhler, Dorothee ENAC-SSIE Encadré par Alexandre Buttler, Professeur titulaire, Séction Sciences et Inginérie de l EInnvironnementt, EPFL Gaëlle Serquet, Collaboratrice scientifique, Laboratoire des systèmes écologiques, EPFL SHS Développement durable Nord - Sud Lausanne, année académique

4

5 Résumé Les pays à revenus faibles et moyens connaissent aujourd hui un taux d'urbanisation extrêmement rapide. Malgré tous les efforts déployés depuis la décennie internationale de l'eau potable et de l'assainissement (DIEPA), les couches les plus défavorisées de la société des grands centres urbains du sud ne connaissent toujours pas une amélioration notable en matière d'accès à des services adéquats d'approvisionnement en eau potable et d'assainissement. L'insuffisance des services existants d'assainissement et une forte poussée démographique résultent en une dégradation environnementale et une menace réelle pour la santé publique. Des services adéquats d'alimentation en eau et d'assainissement environnemental sont une nécessité pour soutenir la stabilité urbaine, favoriser l'équilibre social, la croissance économique, le développement et l'amélioration des services publics dans les centres urbains. Cependant, aux cours des dernières décennies, l'approvisionnement en eau potable était la priorité du moment. Aujourd'hui, 2.5 milliards de personnes, soit environ 40% de la population mondiale, vivent sans installations sanitaires de base. Des installations sanitaires innovatrices et appropriées ne suffisent pas à elles seules. À part le simple accès à une installation adaptée, un véritable changement de comportement et de vision est nécessaire. De plus, les expériences ont montré que lorsque les mesures d assainissement prises créent des possibilités de revenus dans le secteur privé, par exemple pour les constructeurs de latrines, l expansion des installations sanitaires se renforce. Ce travail, s'inscrivant dans le cadre du travail de master SHS (Science Humaines et Social) à l EPFL (Ecole Polytechnique Fédérale de Lausanne) en 2007/2008, a pour objet l'étude du projet Ecosan_UE, ayant lieu à Ouagadougou, Burkina Faso, et vise à analyser la durabilité et l enracinement dans le contexte local de ce projet. Financé dans par le programme «Water Facility ACP» de l Union Européenne, le projet Ecosan_UE («Assainissement écologique dans les quartiers périphériques de la ville de Ouagadougou») réunit, à part les populations locales touchées, la GTZ (Gemeinschaft Technischer Zusammenarbeit, Allemagne), le CREPA (Centre Régional pour l Eau Potable et l Assainissement à faible coûts, Burkina Faso) et l ONEA (l Office National de l eau et l assainissement du Burkina Faso). L objectif du projet est l implémentation d un système d assainissement sain, abordable et écologique en se basant sur l approche d Assainissement Ecologique Centré sur le Ménage (AECM) et l approche Ecosan. L approche AECM tient compte des principes de la gouvernance participative et prend avantage des points forts à la fois de l approche «descendante» et «ascendante». L assainissement écologique (Ecosan) est une variante de l assainissement autonome qui permet d économiser de l eau et préconise la réutilisation des excréta (qui sont riches en azote, phosphore et potassium) comme fertilisants dans l agriculture. Dans un pays où la majeure partie de la population a une activité dans l agriculture fortement dépendante de l utilisation de fertilisant, ce concept demeure adapté. L étude du projet a été basé sur l hypothèse que la durabilité dépend essentiellement de l enracinement dans le contexte local. Quelques théories d implication des parties prenantes dans les projets d assainissement comme celui de Koanda (2006) qui porte notamment sur l équilibre entre trois piliers (implication de toutes les parties-prenantes ; volonté d amélioration ; promotion du marché et le développement d un secteur privé) ont été revues. Il a été constaté que le cadre institutionnel du projet permet une implication de la population sur tous les niveaux locaux, nationaux et internationaux dans les processus de planification, décision et mise en oeuvre. En outre, un bureau de coordination constitue le point de confluence pour toutes les parties prenantes et favorise ainsi les flux d informations. La volonté de la population a été recensée par un état de lieu. Le plan stratégique, ainsi élaboré en collaboration avec les représentants de tous les parties prenantes, prévoit des mécanismes impliquant les groupement locaux et les petites et moyennes entreprises (PME). Le marché des maçons et fabricants a été pris en compte et des procédures d acquisition des latrines ont été mises en place. Les associations et groupements locaux reçoivent des formations pour mettre en œuvre la campagne de sensibilisation, la procédure d acquisition des ouvrages ainsi que la gestion de la collecte et de la redistribution des éco-fertilisants. Les maçons et pré-fabricants bénéficient également des formations pour pouvoir construire des pièces d ouvrages sanitaires certifiées Ecosan_UE. Les bénéfices économiques pour les groupements locaux et les petits entrepreneurs ont un effet très motivant pour la population locale. Les agriculteurs des secteurs concernés ont été formés et instruits pour le concept d Ecosan. Un système a été mis en place pour faciliter la distribution des produits éco-fertilisants. Néanmoins, les vendeurs de légumes dans les marchés n ont pas été incluent dans la campagne de sensibilisation et les latrines construites bénéficient des subventions considérables. Trois questions ont été identifiées comme critiques pour l enracinement durable du projet Ecosan_UE : Le niveau élevé des subventions ; L acceptabilité des consommateurs des éco-aliments et la création d un marché moteur ; L inscription d Ecosan dans les stratégies nationales et la création d un cadre politique et légale pour ce type d assainissement. Le projet est innovateur et les leçons apprises lors de ces trois ans de phase pilote financée par la Commission Européenne vont avancer le développement vers un accès à l assainissement et une souveraineté économique de tous même si le projet ne survit pas. Cependant, il est souhaitable qu en particulier le système de collecte et l hygiénisation des fèces et des urines demeure, car dans un contexte périurbain, ou l agriculture n est pas une occupation primaire des ménages, le problème des vidanges et des boues de vidange se déplace vers celui des fèces et des urines s accumulant dans les latrines à séparation si un mécanisme de collecte sain, abordable et écologique ne peu pas être garanti. Mots clés : Stratégies d assainissement écologique (Ecosan) à échelle périurbaine, Assainissement Ecologique Centrés sur le Ménage, Implications des parties-prenantes, Projet de coopération Nord / Sud I

6 II

7 Table des matières Résumé... I Table des matières... III Abréviations...V Liste des Figures...VI Avant-propos...VII Contexte et déroulement de l étude...vii Structuration du rapport...vii Remerciements...IX I- Introduction 1 Problématique... 1 Contexte... 3 But de l étude et méthodologie... 4 Objectifs... 4 Gouvernance et gouvernance participative... 4 Approche adoptée... 6 Les trois piliers -fondations d un projet pour l amélioration des conditions de vie à long terme... 6 II- Situation de départ 9 Le contexte du projet Ecosan_UE... 9 Les objectifs du projet Ecosan_UE L'approche AECM Ecosan Les défis d Ecosan_UE Les financeurs L équipe de mise en œuvre du projet Le comité de pilotage et d orientation Le bureau de coordination du projet L équipe du projet Les comités directeurs Les populations bénéficiaires Associations et groupements locaux des secteurs concernés par le projet Bénéficiaires L implication L implication au niveau des ménages et la procédure d acquisition des latrines Ecosan L implication au niveau de la collecte et du transport L implication au niveau de la réutilisation des «produits Ecosan_UE» Cadre financier et institutionnel Les subventions au niveau des ménages Les subventions au niveau des PME Les subventions au niveau des Associations Après la phase pilote IV- Résultats de l analyse 31 Les obstacles qui restent à franchir Le RSI potentiel du projet Ecosan_UE Impact économique Valeur de l assainissement : Santé Valeur de l assainissement : Eco-fertilisant L impact social L'impact environnemental V- Conclusion 37 Bibliographie III- Analyse des parties prenantes 19 Le cadre institutionnel du projet Ecosan_UE III

8 IV

9 RSI Retour Sur Investissement Abréviations SARL UE-ACP Société à Responsabilité Limitée Acteurs et processus de la coopération entre l Union Européenne et les pays ACP (Afrique, Caraïbes, Pacifique) UN Nations Unies (United Nations) AECM Assainissement Environnemental Centré sur le Ménage WHO Organisation Mondiale de la Santé (World Health Organisation) AEP AFD Alimentation en Eau Potable Agence Française pour le Développement WSSCC Commission d adduction en eau potable et d assainissement (Water Supply and Sanitation Collaborative Council)) AMBF Association des Municipalités du Burkina Faso CREPA Centre Régional pour l Eau Potable et l Assainissement à faible coût DDC Coopération Suisse pour le Développement DG Directeur Général DIEPA Décennie Internationale de l Eau Potable et de l Assainissement Eawag Institut de Recherches sur l'eau du Domaine des EPF, Zürich, Suisse Ecosan Assainissement Ecologique (Ecological Sanitation) EPFL École Polytechnique Fédérale de Lausanne FCFA Franc de la Coopération Financière de l Afrique centrale GTZ Gemeinschaft Technischer Zusammenarbeit, Allemagne Mia. Milliard Moi. Millions NPK Azote, Phosphore et Potassium OMD Objectifs du Millénaire pour le Développement ONEA Office National de l Eau et de l Assainissement ONG Organisation Non Gouvernemental ONU Organisation des Nations Unies PME Petites et Moyennes Entreprises PSAO Plan Stratégique d Assainissement des Eaux usées à Ouagadougou V

10 Liste des Figures Figure 1 : Des images montrant des examples de la vie de tous les jours de l assainissement au Burkina Faso. Bien que la gestion non salubre des dechets humains constitue un danger essentiel pour la santé humaine et pour l environnement, on préfère aujourd hui encore ne pas y penser, n y d en parler... 2 Figure 2 : La bonne gouvernance est nécessaire à toutes les échelles et tous les niveaux d une société pour permettre un cadre idéal de conertation et de développement Figure 3 : Les étapes à passer pour intégrer les populations dans le processus de developpement et pour leur permettre de renforcer leurs capacités Figure 4 : L hypothèse de l analyse du projet Ecosan_UE est basée sur l hypothèse de la nécessité de l implication des acteurs locaux pour la durabilité du projet Figure 5 : Le modèle hybride d organisation du secteur d assainissement selon McGranahan (2001)... 6 Figure 6 : Les trois pilliers, fondation d une gestion d assainissement durable selon Koanda (2006) Figure 7 : Les objectifs du projet Ecosan_UE Figure 8 : La prise de décision dans l approche AECM (Eawag, 2001) Figure 9 : Les objectifs du milliénaire pour le développement et Ecosan Figure 10 : Le cycle Ecosan Figure 11 : Chaîne Ecosan : le cycle de vie des excréta humains dans quatres secteurs phéripheriques de Ouagadougou Figure 12 : Les défis du projet Ecosan_UE aux niveaux social, financier et technique Figure 13 : Montage institutionel du projet Ecosan_UE Source : Ecosan_UE, GTZ, 2006 : Document de mise en œuvre/ Année 1, CREPA-Siège Figure 14 : Les dimensions de gouvernance du projet Ecosan_UE Figure 15 : Les acteurs du projet Ecosan_UE et les trois niveaux de gouvernance Figure 16 : Les interactions des acteurs au sein du projet Ecosan_UE Figure 17: Le financement du projet Ecosan_UE à long terme Figure 18 : La valeur «éco-fertilisante» des excréta humains ouagalais Figure 19 : La stabilité des trois piliers de fondation du projet Ecosan_UE VI

11 La deuxième partie est consacrée à la description du projet étudié (le projet «Ecosan_UE»). Après un petit survol sur le contexte du projet (Chapitre II.1), cette partie décrit les objectifs et les approches adoptées par le projet (Chapitre II.2). Avant-propos Contexte et déroulement de l étude Dans le cursus académique obligatoire de l Ecole Polytechnique Fédérale de Lausanne (EPFL), la quatrième année réserve 6 crédits à un travail de recherche de science humaine et sociale. Pour approfondir un stage et des expériences pratiques obtenues lors d un séjour au Burkina Faso après avoir terminé le cycle de Bachelor, j ai choisi d étudier de plus près et d un point de vue de développement durable Nord / Sud un projet d assainissement écologique dans le contexte périurbain de Ouagadougou, capitale du Burkina Faso. Structuration du rapport La rédaction de ce rapport a été inspirée par deux thèses, c est-à-dire celle de Halidou Koanda (2006), et celle de Doulaye Koné (2002), les deux effectuées en collaboration avec le Centre Régional pour l Eau Potable et l Assainissement à faible coût (CREPA) au Burkina Faso pour l obtention du grade de docteur à l EPFL. La première porte sur la planification de la gestion de boues de vidange. La deuxième porte sur l épuration des eaux usées par lagunage dans le contexte ouest africain. Ces deux rapports m ont aidé à compléter ma vision de la problématique d assainissement en Afrique de l Ouest. Ainsi, le présent rapport se base amplement sur ces travaux, en particulier la première partie du présent travail où certains passages ont été repris ou adaptés des rapports du Dr. Halidou Koanda et dudr. Doulaye Koné. Le rapport est divisé en cinq parties: Une première partie contient une introduction et explique la problématique (Chapitre 1.1). Elle définit également les objectifs et la méthodologie adoptée introduisant quelques concepts sur des approches conceptuelles de gestion de projet pour définir des critères d appréciation (Chapitre I.2). La troisième partie constitue le coeur du rapport et cherche à répondre à la question de départ qui est celle de la durabilité d un projet de développement Nord / Sud tel que le projet Ecosan_UE. On part de l hypothèse que pour qu un projet soit durable, il faut qu il soit complètement intégré et porté par toutes les parties prenantes, y compris les bénéficiaires eux-mêmes, soit au niveau de la définition des besoins, soit au niveau de la réalisation des ouvrages et de l implémentation du système d assainissement. Après l analyse des différents acteurs (Chapitre III.1-III.4) et de leur implication (Chapitre III.5) au niveau de chaque pilier de l enjeu d un projet porté par la population, à savoir le niveau de la construction des ouvrages sanitaires et le niveau de la réutilisation des excréta humains, le montage financier du projet sera brièvement abordé (Chapitre III.6) ainsi que le passage du projet de la phase pilote à un suivi autonome (Chapitre III.7). La quatrième partie porte sur les résultats de l analyse des parties prenants et essaye d évaluer l impact potentiel aux niveaux économique, social et environnemental du projet (Chapitre IV.2). La dernière partie, qui est la cinquième, présente brièvement les conclusions de ce travail. VII

12 VIII

13 Remerciements Au terme de ce travail, je voudrais remercier les institutions et personnes ci-après citées pour leur soutien avant, pendant et après mon stage au CREPA-Siège à Ouagadougou, qui m a motivé à faire cette étude : En premier lieu, j aimerais remercier le coordinateur et l équipe du projet Ecosan_UE et tout le bureau de coordination du projet au CREPA Siège à Ouagadougou qui m a accueilli si gentiment pendant ces quelques mois chez eux. J aimerais également remercier le CREPA Siège pour m avoir aidé à financer mon trajet jusqu à chez eux à Ouagadougou, mais aussi le retour en Suisse. Je tiens aussi à remercier tout le reste de l équipe travaillant au CREPA Siège et à ses annexes, qui m ont offert un lieu de travail très agréable et favorable. Je remercie aussi toutes les personnes des milieux si divers avec qui j ai eu le plaisir de travailler lors de mon implication dans ce projet. Ces personnes m ont accueilli généreusement dans leur pays, leur ville. L échange avec elles m a permis d apprendre beaucoup non seulement sur le contexte et la problématique d un assainissement durable à faible coûts mais aussi sur leur culture. J adresse aussi mes remerciements aux responsables du cours SHS dont le cadre a permis d écrire ce travail : Professeur Alexandre Buttler et Michael Reinhard pour avoir accepté ma proposition de sujet, Gaëlle Serquet et Olivier Schmid pour leur soutien et leur motivations de mener ce travail à terme. IX

14 X

15 Problématique À l heure actuelle, environ 2.6 milliards êtres humains, soit 40% de la population mondial vivent dans des villes. Et dans les pays à faibles et à moyens revenus avec un taux d'urbanisation rapide, les populations vivant dans des bidonvilles, les agglomérations denses et pauvres autour des grands centres urbains doubleront en moins de 30 ans (Eawag, 2001). I- Introduction Une population dense, concentrée dans les milieux urbains, a une forte influence sur les écosystèmes à l échelle locale et régionale et exerce une pression importante sur les ressources naturelles. L augmentation de la population et ainsi de la consommation et la production de déchets se traduit par toutes sortes de dépenses pour les citoyens et les autorités publics. L exode rural de parties de la population souvent très pauvres intensifie de plus en plus la pression démographique aux alentours des grands centres urbains démunis d infrastructures suffisantes tant au niveau politique que sanitaire pour accueillir ces masses d une manière acceptable. Les données concernant les citadins pauvres sont déplorables (Eawag, 2005) : Les populations démunies vivent dans les zones les plus vulnérables et sujettes aux inondations ou aux glissements de terrain. Les villes collectent en moyenne 60 à 70% des déchets solides municipaux tandis que les quartiers urbains défavorisés de ces mêmes villes continueront à lutter pour atteindre un taux de collecte de 30%. 25% à 50% de la population urbaine mondiale soit 0,5 à 1 milliard de personnes n'ont pas accès à des systèmes d'assainissement appropriés. L'insuffisance des services existants d'assainissement engendre une dégradation environnementale et une menace réelle pour la santé publique. Aujourd hui environ 40% de la population mondiale n a pas accès à un assainissement acceptable et enfants, soit un toutes les 15 secondes, meurent chaque jour de maladies liées au manque d eau propre et d installations sanitaires. La diarrhée à elle seule, causée par le manque d assainissement, d hygiène et d eau potable, est responsable de la mort de 2 millions de personnes par an, dont 90% d enfants - soit l équivalent de 5 airbus A380 pleins d enfants qui tomberaient chaque jour du ciel! 1

16 des services adéquats d'approvisionnement en eau potable et encore moins d'assainissement. Pour assurer un cadre de vie acceptable, les citoyens et leurs autorités de toutes les villes autour du globe- soit en Chine, en Island, en Floride, au Tessin ou du Burkina Faso- doivent se poser deux questions essentielles : Comment pouvons-nous assurer notre approvisionnement en nourriture? Comment pouvons-nous gérer les déchets solides, liquides ou gazeux que nous produisons avec notre mode de vie chaque jour, tout en gardant notre environnement proche mais aussi globale en état acceptable nous permettant de survire? Figure 1 : Des images montrant des examples de la vie de tous les jours de l assainissement au Burkina Faso. Bien que la gestion non salubre des dechets humains constitue un danger essentiel pour la santé humaine et pour l environnement, on préfère aujourd hui encore ne pas y penser, n y d en parler. Des services adéquats d'alimentation en eau et d'assainissement environnemental sont une nécessité pour soutenir la stabilité urbaine, favoriser l'équilibre social, la croissance économique, le développement et l'amélioration des services publics dans les centres urbains. De nombreux efforts ont été faits au cours de la décennie internationale de l'eau potable et de l'assainissement (DIEPA, ) et sont en cours pour résoudre les problèmes liés à la surpopulation et la consommation et production des déchets, intensifiés au niveau urbain. Malheureusement les efforts consentis au cours des dernières décennies en vue d'améliorer les conditions de vie et les services en faveur des personnes privées de tout accès à un aménagement de base tendaient à faire de l'approvisionnement en eau potable la priorité du moment. Les composantes également vitales comme les services d'assainissement environnemental ont été invariablement reléguées au second plan. Ainsi, malgré tous les efforts déployés, les couches les plus défavorisées de la société urbaine ne connaissent toujours pas une amélioration notable en matière d'accès à L approvisionnement en nourriture et l amélioration de l accès à l assainissement et de sont essentielles aussi pour atteindre les objectifs du Millénaire pour le développement (OMD) adoptés lors du Sommet du Millénaire au Siège des Nations Unies à New York en septembre De plus en 2003, lors du Sommet mondial sur le développement durable, le défi lancé pour assurer un accès universel à l'assainissement est de réduire de moitié d'ici à 2015 la proportion de personnes privées de tout accès à un système d'assainissement de base. Mais pour diminuer de moitié le nombre de personnes qui n ont pas accès à des installations sanitaires convenables d ici 2015, il faudrait que plus de nouvelles personnes par jour puissent bénéficier d installations appropriées de traitement des matières fécales et des eaux usées Les expériences ont montré, que la production, respectivement le recyclage local, comme la diminution quantitative des flux plus général, constituent les réponses les plus durables à la première et la deuxième question d un point d une politique et environnemental. On peut tirer certaines leçons des efforts antérieurs en vue d'améliorer les services d'assainissement environnemental : Les résidus organiques ont le potentiel d'être réutilisés et peuvent améliorer la productivité économique. La pression de l'humanité sur des ressources en eau fragiles et les besoins pour la protection de l'environnement et l'économie d'eau douce nécessite que les eaux usées et les déchets soient recyclés et utilisés comme ressources. Des services durables peuvent être accomplis à condition d'opérer des changements dans l'approche. Le progrès et le succès continus dépendent de la connaissance et de la réaction face à la demande des usagers. L approche adopté edoit englober la planification, la conception et la mise en 2

17 pratique en concertation avec le parties prenantes à tous les niveaux et avec leur participation. Afin de relever ce grand défi du XXIe siècle, aussi bien en Suisse que dans les pays du Sud, des nouveaux modèles d'assainissement et des nouvelles approches plus intégrées au niveau technique, sociologique ou économique sont nécessaires. En effet, bien que des solutions techniques existent, elles ne sont pas toujours suffisantes. La plupart des systèmes intensifs traditionnels développés par les pays du Nord, tels que les boues activées, restent souvent inadaptés au contexte climatique et social des pays du sud. Les systèmes qui ont été installés dans les grands centres urbains des pays africains dans les derniers 30 ans, se sont très souvent soldés par un échec en raison de leur coût d exploitation élevé, leur nonadaptabilité au contexte démographique et climatique local, la non disponibilité des pièces de rechange, le manque d expérience et la non appropriation technologique du personnel en charge de la gestion de ces systèmes. De plus, ces approches de type «tout-à-l'égout» sont parfois inefficaces et montrent aussi de nombreux désavantages même pour nos sociétés dites «développées». Encore, des installations sanitaires innovatrices et appropriées ne suffisent pas à elles seules. L assainissement est essentiel non seulement pour la santé et pour sortir de la pauvreté, mais aussi pour la dignité. À part le simple accès à une installation adaptée, un véritable changement de comportement et de vision de la population cible est nécessaire pour couper la transmission involontaire des agents pathogènes dûs à une mauvaise hygiène (lavages des mains avec du savon etc). Les expériences ont montrés que pour obtenir des résultats probants dans les projets visant à améliorer l accès à l assainissement et l hygiène et un changement de comportements de la population dans les agglomérations, des nouvelles approches basées sur la gouvernance participative sont nécessaires ainsi que l intégration d un maximum des parties prenantes et le renforcement de capacité (capacity building) et de pouvoir (empowerment) plutôt que le simple financement par. De plus, lorsque les mesures d assainissement prises créent des possibilités de revenus dans le secteur privé, par exemple pour les constructeurs de latrines ou les vendeurs d appareils sanitaires, l expansion des installations sanitaires se renforce. Contexte Au Burkina Faso le taux de croissance moyenne de la population sur tout le pays est de 3% par an, comparé à 1.1% en Suisse1. À Ouagadougou la capitale et pôle d attraction de la population paysanne dans l espoir de faire fortune, le taux 2 d accroissement est de 8.5%! En conséquence, les habitants de la ville de Ouagadougou représentent aujourd hui à eux seuls presque 10% de la population sur 0.08% de la superficie du pays. Le projet «Ecosan_UE» à Ouagadougou, financé par la Commission Européenne et issu d une coopération Nord/Sud entre la SARL allemande GTZ (Gemeinschaft für Technische Zusammenarbeit), l ONG (Organisation Non Gouvernemental) CREPA (Centre Régional pour l Eau potable et l Assainissement à faible coûts) basée à Ouagadougou et des autorités locales ougalaises, se veut être une proposition pour répondre à ces défis d ordre technique, sociologique et économique. Ce projet s est mis comme objectif d implémenter une approche intégrée et durable de l assainissement dans les secteurs périphériques de Ouagadougou à travers la mise en œuvre des latrines base sur le principe d assainissement écologique ou Ecological Sanitation (Ecosan) et l approche Assainissement Ecologique Centré sur le Ménage (AECM) (Chapitre II.2). Dans le présent travail, je cherche à étudier ce projet Ecosan_UE pour en apprendre plus sur la façon de mener des projets de développement du secteur d assainissement d une manière durable et efficace. 1 dernière consultation dernière consultation

18 But de l étude et méthodologie Objectifs Comment mener un projet de développement en coopération Nord / Sud en général, et celui d assainissement écologique dans les quartier périphériques de Ouagadougou en particulier de manière durable et comment le rendre «intégré»? Un projet «durable» vise à apporter une solution à long terme à une population donnée pour un problème donné. Les expériences ont montré que les projets de type «intégré» montrent une pérennité plus soutenue. Un projet «intégré» ne veut pas apporter une solution à long terme, mais la développer ensemble avec une population donnée pour un problème donné en intégrant toutes les sphères qui pourront être touchées ou être à l origine du problème ou de la solution donnés. Dans ce contexte, l équipe menant ce projet au rôle de facilitateur, déclanchant un processus favorable dans un contexte donné en mobilisant l intégralité des acteurs liés à la problématique donnée et en leur fournissant un soutien d information, de formation et des ressources (financières) pour leur permettre de développer leurs propres capacités. L équipe de ce projet a donc une position écartée au sein des parties prenantes. Ainsi, même que le «projet» se veut «durable» et cherche une «pérennité», il est sous-entendu que «l équipe du projet» n est active que temporairement au début pour déclencher et se retirera après avoir accompli sa mission. Pour connaître la durabilité des projets tels que Ecosan_UE UE (mise en oeuvre des latrines écologiques et d un circuit de collecte et réutilisation des «produits» issus des installations sanitaires), nous devons donc analyser l intégration des différentes parties prenantes, leur implication et leur acception du projet. Quel est l enracinement dans le contexte local du projet Ecosan_ dans les périphériques de Ouagadougou, Burkina Faso? L objectif global de cette étude consiste ainsi à identifier et étudier les différents acteurs, parties prenantes impliquées au projet (bénéficiaires, artisans, groupements associatifs, maraîchers, autorités locales etc.) ainsi que leurs besoins réels, leurs souhaits et les réponses apportées par le plan stratégique issu du projet Ecosan_UE. L objectif spécifique de ce travail est d analyser la capacité «autoporteur» du projet Ecosan_UE en mettant en évidence notamment l implication des institutions publiques (mairies, municipalités et ministères), des associations locales (collecteurs, bénéficiaires, gestionnaires, etc.) et leur futur rôle et contribution (financière structurelle et organisationnelle). En effet, l implication des différentes parties prenantes demeure cruciale pour un passage du projet aux acteurs locaux une fois la convention de financement du projet pilot à travers la Commission Européenne pilote arrive à ses termes en juin En même temps, il s agit de valider l approche Ecosan à faibles coûts sur l échelle périurbaine. En effet, l atout de l approche Ecosan se définit dans son concept non seulement par le traitement approprié et écologique des excréta, mais également à travers la réutilisation des nutriments contenus dans les fèces et les urines pour une production agricole locale. Dans un contexte comme au Burkina, une majorité des projets basés sur l approche d Ecosan qui ont été menés avec succès jusqu à présent portaient sur l implémentation dans un contexte rural. Pendant que dans des pays tels que la Suède ou la Chine, des système d assainissement écologique ont été développés en mis en œuvre dans un contexte urbaine, cette expérience n a pas encore été fait dans un situation oû la population est particulièrement pauvres et les fonds publics sont moindres. Le projet Ecosan_UE visant à mettre en œuvre Ecosan dans un centre urbain d un pays du sud est donc novateur et mérite donc une attention particulière. Gouvernance et gouvernance participative Le terme de gouvernance a ses origines dans la navigation et désigne l action de diriger un bateau, de maintenir un navire à un cap donné au moyen du gouvernail3. Aujourd hui, ce terme appartient à plusieurs sciences sociales contemporaines, se référant globalement a l exercice d une autorité pour mener un groupe d individus

19 On distingue généralement deux grands types de gouvernance: la gouvernance d'entreprise pour le secteur privé et la gouvernance politique pour la pensée politique et administrative. Dans les sociétés occidentales régies par la démocratie libérale, la gouvernance (politique) renvoie aux interactions entre l'état et la société, c'est-à-dire aux systèmes de coalition d'acteurs publics et privés. Ces démarches de coordination d'acteurs différenciés ont pour but de rendre l'action publique plus efficace et les sociétés plus facilement gouvernables. C'est pourquoi, cette théorie de la régulation sociale, qui peut être déclinée à toutes les échelles de gouvernement, a été abondamment utilisée par les théoriciens de l'action publique, les politologues et les sociologues. L approche de participation s est imposée dans la réflexion générale sur le développement et dans la rhétorique officielle, mais est également de plus en plus fréquemment adoptée dans la pratique. Néanmoins, de nombreuses conceptions différentes de la participation sont encore en usage. Ces dernières années, le débat s est déplacé vers le renforcement du pouvoir (empowerment) et des capacités (capacity building) des pauvres, ce qui suppose que la participation ne se situe pas uniquement à l échelon local mais à différents niveaux. De renforcer le pouvoir des populations défavorisées est un élément déterminant pour lutter efficacement contre la pauvreté et contribuer à l accomplissement des objectifs du millénaire (ODM) (Schneider, 1999). The empowerment, l autonomisation ou la capacitation des individus d une communauté, constitue une approche souple de la gestion publique, en partie déterminée par la demande. Le renforcement du pouvoir peut être décrit comme l acquisition de la force nécessaire sur tous les plans pour pouvoir s extraire de la pauvreté. Les populations défavorisées sont souvent dépourvues des moyens qui constituent le fondement du pouvoir au sens large, et qui permettent de se sortir de la pauvreté. Parmi ces moyens figurent- à part les ressources financières et matérielles- la connaissance, l éducation, l organisation, les droits et la parole. En conséquence, le renforcement du pouvoir passe tout d abord par la participation des parties prenantes au processus décisionnel, la marque d une gouvernance participative. D identifier concrètement cette nouvelle forme de gouvernance est difficile en face de la complexité des situations réelles sur le terrain. Mais les approches appliquées ont cependant certaines étapes principales en commun : Figure 3 : Les étapes à passer pour intégrer les populations dans le processus de developpement et pour leur permettre de renforcer leurs capacités. Figure 2 : La bonne gouvernance est nécessaire à toutes les échelles et tous les niveaux d une société pour permettre un cadre idéal de conertation et de développement. 5

20 Approche adoptée Se basant sur les théories de la gouvernance participative, on peut donc pour ce travail partir de l hypothèse que la «durabilité» d un projet de développement héréditaire de la coopération Nord/Sud est liée au dégrée d intégration et l implication des différentes parties prenantes, en particulier celles issus de la population et de l autorité locale. En conséquence, la méthodologie adoptée pour l étude du projet Ecosan_UE est celle de l analyse d acceptation et d intégration des différents groupes d acteurs. Pour cette analyse on s inspire de la théorie des trois piliers de Koanda (2006). (modèle du marché libre) ; et des associations d individu volontaires ou les décision collectives sont des résultats négociés (modèle de l action collective). Ainsi dans une version simple du modèle de planification, ce sont les experts, les planificateurs et les ingénieurs qui vont décider comment et quand les améliorations doivent être faites, pendant que les autorités publiques assurent que les améliorations seront effectuées. Dans le modèle du marché, la volonté des individus de travailler ou de payer va guider les efforts d amélioration, qui sont implémentés par des esprits commerciaux ou par les ménages eux-mêmes. Dans le modèle de l action collective, les individus membres de la population locale organisent ensemble leur chemin vers une amélioration de la situation tel que l accès à l assainissement et la salubrité de leur environnement immédiat. Figure 4 : L hypothèse de l analyse du projet Ecosan_UE est basée sur l hypothèse de la nécessité de l implication des acteurs locaux pour la durabilité du projet. Les trois piliers -fondations d un projet pour l amélioration des conditions de vie à long terme La résolution des problèmes sanitaires souvent liés directement à la pauvreté et cause de nombreuses maladies, des problèmes de malnutrition et ainsi de l éducation manquante, constituent souvent une des premières étapes pour renforcer les pouvoirs de la population et pour sortir du cercle vicieux du sous-développement et de la pauvreté. McGranahan et al. (2001) proposent trois caricatures des approches courantes pour affronter les problèmes de sous-développement local: L approche basée sur le modèle de planification (Planning Model) ; L approche basée sur le modèle du marché (Market Model) ; L approche basée sur le modèle de l action collective (Collective Action Model). Ces trois modèles sont construits autour les différentes modes interaction : L organisation bureaucratique, qui veut appliquer une rationalité d un ordre supérieur que le comportement de la population (modèle de planification) ; les processus du marché, qui repose sur la «main invisible» qui va changer les préférences individuelles Figure 5 : Le modèle hybride d organisation du secteur d assainissement selon McGranahan (2001) 6

21 Dans l abstrait, on peut parler de ces trois approches comme de modèles parfaits. Dans la réalité, c est une combinaison de ces trois secteurs d interactions qui peuvent coexister dans une société et s échanger entre eux. Bien que ces approches soient idéalisées, elles sont utiles pour obtenir une vision globale du fonctionnement d une société réelle où ces trois mécanismes agissent simultanemment dans une seule organisation. L approche repose également sur trois piliers: Selon ces théories, la meilleure manière d organiser l amélioration de la situation sanitaire est de trouver des rôles appropriés pour l état, les marchés et les organisations populaires locales pour développer un modèle «hybride». Le marché et les entreprises privés devront jouir de liberté, là ou les externalités ou les biens publics ne posent pas de problèmes et dans le cas d une entreprise, qui dominerait le marché et irait vers un monopole, elle pourrait être freinée par des régulations du gouvernement central ; Le niveau approprié de gouvernance corrigerait les externalités et les associations locales ou les NGO rempliraient certaines tâches là ou l état ne peut pas assumer ses responsabilités et là où le marché ne peut pas gagner. Halidou Koanda dans sa thèse «Vers un assainissement urbain durable en Afrique subsaharienne : Approche innovante de planification de la gestion des boues de vidange» (2006) a développé une approche qui tient compte des conclusions tirées de l analyse des différentes approches citées ci-dessus d une population. Koanda, comme McGranahan conclut, qu aucun des modèles conventionnels (planification, marché, communautaire) ne permet à lui seul de garantir l accès des services d assainissement à toutes les couches sociales. L approche proposée dans la thèse de Koanda intègre donc à la fois les impératifs d amélioration de l hygiène du milieu et de protection de l environnement, en se basant sur les valeurs, les ressources, les capacités, les savoir-faire locaux, tout en profitant des opportunités et du dynamisme des petits entrepreneurs privés. Figure 6 : Les trois pilliers, fondation d une gestion d assainissement durable selon Koanda (2006). Le 1ier pilier est l implication de toutes les parties prenantes dans le processus de planification. Cette implication est essentielle pour rallier tous les acteurs à la «bonne cause» et concilier leurs intérêts souvent divergents mais légitimes. Il s agit pour la communauté des acteurs (privés et publics) de partir d une compréhension commune de la situation courante, d imaginer le futur ensemble et d élaborer des 7

22 scénarii souhaitables et cohérents avec les stratégies et capacités de chaque groupe d acteurs. Le 2ième pilier est la volonté d améliorer la situation sanitaire par les populations et des institutions publiques. Il s agit, en plus de se référer à leur capacité de payer pour le montage financier, de déterminer les facteurs de motivation et de blocage pour l amélioration de l hygiène du milieu et de l assainissement urbain. Ce pilier consacre la participation «populaire» et la prise en compte des préférences individuelles à travers le partage des idées sur les problèmes vécus, les solutions envisageables et les conditions de leur mise en pratique. Le 3ième pilier est la structuration du marché et le développement d un secteur privé dynamique pour répondre à la demande en assainissement urbain. Il s agit là de créer les conditions pour que les petits entrepreneurs privés formels, informels ou associatifs améliorent leurs revenus tout en rendant le service abordable à toutes les couches sociales. Ce pilier consacre la délégation du développement de la fourniture du service aux forces motrices que sont les associations locales et les petits entrepreneurs privés mais également les institutions publiques. Ces trois piliers sont reliés par trois axes d interactions : La légitimation (parties prenantes / populations) Les parties prenantes sont des groupes représentant des intérêts constitués et spécifiques (décideurs, société civile, secteur privé, planificateurs). Elles contribuent à la prise de connaissance de la problématique d assainissement. Elles doivent contribuer à une meilleure connaissance des besoins spécifiques de certaines catégories de population. Cependant, il y a des risques de biais dans la formulation des besoins des populations par les représentants ou les intermédiaires, ce qui peut avoir un effet néfaste sur le succès et la durabilité des actions. Les parties prenantes ont aussi la charge de conduire le processus de planification de la gestion (vision future, arrangements financiers et institutionnels, réglementations, mécanismes d exécution et de suivi). Les actions des parties prenantes ont alors besoin d être légitimées par les populations à travers la formulation des besoins spécifiques, le plaidoyer et la défense des intérêts des groupes défavorisés ou marginalisés, et la prise en compte des capacités, propositions, pratiques et comportements des ménages. La concertation (parties prenantes / secteur privé) La concertation est l interaction cruciale pour la définition et le suivi du respect des cahiers des charges (qualité et continuité de l activité) par chacune des parties. Elle offre le cadre aux parties prenantes d allier les objectifs de service d assainissement (abordable et accessible pour toutes les couches sociales) avec les impératifs de rentabilité des activités des opérateurs privés. Dans le cadre d une délégation profitable, les mesures incitatives et de promotion des petits opérateurs indépendants (arrangements financiers et institutionnels) doivent constituer un objectif de cette concertation. Les actions (populations / secteur privé et parties prenantes institutionnelles) La mise en pratique des actions d amélioration est à la charge de toutes les parties prenantes (autorités publiques, populations et opérateurs privés). Pour les populations, il s agit de prendre conscience des risques et d opérer un changement dans les comportements. Les opérateurs doivent développer le service amélioré à travers les institutions publiques pour satisfaire la demande exprimée par les populations. Les institutions publiques doivent mettre une structure au système d assainissement et créer un cadre idéal pour que les actions des populations et du secteur privé (construction des ouvrages sanitaires, collecte des produits issus des ouvrages sanitaires, exploitation des sites d hygiénisation et dans le cas d Ecosan la réutilisation dans les cultures de maraîchage et la vente des produits cultivés avec du fertilisant Ecosan). La volonté d améliorer la gestion de l assainissement par les populations a une influence déterminante sur le développement de l offre et la qualité du service à fournir par les petits opérateurs privé. La connaissance des pratiques, des perceptions et des capacités financières des populations, ainsi que de la distribution de la demande permet aux opérateurs d adapter le niveau du service aux prix. Les facteurs de motivation et de blocage orientent les discussions avec l ensemble des parties prenantes sur les mécanismes financiers à mettre en place pour assurer l équilibre financier et la continuité du développement. 8

23 et vise à montrer la possibilité d un assainissement durable, sain, abordable et écologique pour toutes les couches sociales de la population locale. Au Burkina Faso, c est l Office national de l eau et de l assainissement (ONEA) qui est chargé de répondre à la question d accès à l assainissement. Pour ceci, l ONEA mène de nombreux projets souvent en collaboration et avec le support des organismes de coopération nationaux et internationaux de tailles très variées. À Ouagadougou, les efforts effectués dans le secteur de l assainissement et de l hygiène sanitaires se sont concentrés pendant la dernière décennie sur la construction de latrines aérées et l amélioration des latrines traditionnelles en ajoutant une aération. II- Situation de départ Le contexte du projet Ecosan_UE Ecosan_UE est un projet issu de la coopération Nord / Sud entre les autorités publiques ouagalaises, la NGO ouest africaine CREPA, la compagnie allemande GTZ et la Comission Européenne qui, elle, assure le financement de la phase pilote ( ). Ce projet a pour but de mettre en œuvre 1000 latrines Ecosan, un réseau de collecte et un système d hygiénisation des excréta issus de ces latrines ainsi qu un cadre de redistribution des «éco-fertilisants» aux maraîchers périurbaines. Le projet a lieu dans quatre secteurs périphériques de Ouagadougou (secteur 17, 27, 29 et 30) Il existe un système de financement et de facilitation des constructions à travers de subventions partielles et de micro-crédits impliquant au premier plan des constructeurs de latrines «certifiés». Malheureusement, ces efforts, aussi grand soient-ils ne peuvent couvrir qu une minorité de la population et ne tiennent pas compte des eaux grises (les eaux usées des cuisines, douches etc.) en général et des eaux usées industrielles en particulier générées par les quelques grandes industries au bord du barrage au centre ville ouagalais. Pour répondre à cette problématique, l ONEA, en 2004, s est lancé dans le projet de construction d une station d épuration des eaux usées de la ville de Ouagadougou, située à Kossodo à la périphérie de la zone industrielle au Nord-ouest. Cette station devrait traiter les eaux usées du centre ville de manière centralisée et fait partie du Plan Stratégique d Assainissement de la ville de Ouagadougou (PSAO), financé par l Agence Française pour le Développement (AFD) et la Banque Mondiale. Elle est destinée à l assainissement collectif des eaux usées domestiques et industrielles. Les eaux sont épurées par lagunage, une technique naturelle et extensive qui s avère adaptée au contexte climatique local et permet de réutiliser l effluent en agriculture urbaine. Bien qu un assainissement partiel du centre ville ainsi que de nombreux sites industriels (souvent très polluants) soit planifié et en train d être mis en œuvre, cette station ne va rien apporter à la situation sanitaire de la population bien plus nombreuse éloignée du centre dans les régions périphériques ouagalaises. De plus, demandant des investissements importants de la part des privés (ménages et industriels) pour la construction de conduites de raccordement, la mise en œuvre est extrêmement lente. Parallèlement à cette approche de traitement centralisé, l ONEA a mené une étude en Assainissement Ecologique (Ecosan) qui portait sur la possibilité technique d installer des latrines de type Ecosan, l acceptabilité potentielle de ses ouvrages par les populations, les besoins effectifs des populations et le potentiel de réutilisation des excréta «hygiénisés» issus des latrines Ecosan dans la culture maraîchère locale. Ecosan se base sur les principes fondamentaux de l épuration à travers un processus écologique, la minimisation des eaux polluées par des excréta et leur recyclage pour 9

24 une valorisation en termes de fertilisants à réutiliser dans l agriculture. L approche a vécu une application croissante partout dans le monde cette dernière décennie, notamment en Suède, en Chine, en Inde et en Afrique de l ouest. Cependant, il existent que peu des projets où ce concept a été implanté, dans un contexte de région urbaine ou périurbaine avec des populations particulièrement pauvres et une quasi inexistence des infrastructures de base. En effet, dans les pays sahéliens, compte tenu de la rareté de la ressource eau, la réutilisation des eaux usées et excréta dans le maraîchage et l'horticulture est devenue une activité qui s'intensifie avec l'accroissement démographique des villes et du chômage. Ainsi les eaux usées peuvent représenter une source importante en nutriments à réutiliser pour la fertilisation des sols, particulièrement pauvres au Burkina Faso central (Koné, 2002). En conséquence, les coûts en engrais seront diminués et rendus accessibles aux fermiers. Néanmoins, l'utilisation des eaux usées brutes pose des risques sanitaires (pollution bactériologique et virale) et environnementaux (pollution chimique) et contribue à la surface d eau stagnante causant une augmentation des maladies hydriques, encore plus en milieu urbain avec une forte densité d habitation. Le concept EcoSan, la séparation des urines et des fèces, suivie d une hygiénisation écologique, permettra de valoriser les nutriments contenus dans les excrétas sans créer des flux d eau polluée et pourra donc proposer une solution efficace. L ONEA a ainsi décidé de mener un projet pilote et une proposition de projet a été soumise ensemble avec des partenaires, qui sont le CREPA et la GTZ, à la facilité d eau de l UE-ACP (Acteurs et processus de la coopération entre l Union Européenne et les pays ACP (Afrique, Caraïbes, Pacifique), intitulé «des ouvrages d assainissement écologique des eaux usées et excrétas dans les quartiers périphériques de la ville de Ouagadougou, contrôle et surveillance des travaux». Par la suite, le CREPA et la Communauté Européenne ont asigné en 2004 une convention d exécution et de financement. La GTZ s est également impliquée en proposant du support technique au CREPA qui mène le projet. Quatre Secteurs périphériques ont été soigneusement choisis et désignés pour héberger le projet pilote pendant trois ans (2006 à 2008) en vue de l intégrer dans la structure administrative et sociale locale. Le projet «Ecosan_UE» est né. En premier lieu, une étude approfondie d état des lieux a été menée où ont été interrogées de nombreux ménages, artisans locaux ainsi que des maraîchers sur les différents aspects. L état sanitaire de la population a été étudié plus profondément. Ensuite, un plan stratégique a été élaboré, planifiant l implantation de 1000 ouvrages tests dans les 4 secteurs dans des endroits publics et privés. Actuellement, le projet se trouve dans sa phase 5 et le plan stratégique est en exécution. Pendant tout le processus, l implication de tous les acteurs, et surtout de la municipalité, demeure comme le défi majeur (et la condition par défaut de l Union Européenne) pour pouvoir garantir une durabilité au-delà du financement de la Communauté Européenne. Les objectifs du projet Ecosan_UE L objectif global du projet est de faciliter aux populations des secteurs désavantagés et à croissance rapide de Ouagadougou l accès aux systèmes d assainissement durables, sains, écologiques et abordables qui protégeront la santé humaine ce qui contribuera aussi à la sécurité alimentaire de la population, à la protection des ressources naturelles et au renforcement des petites et moyennes entreprises. Cet objectif global repose sur trois objectifs spécifiques: 10

25 Les autorités publiques (services communaux, étatiques) et le projet joeunt la rôle d assistance et d appui. Intégration et participation du secteur privé local L implication du secteur privé local (Les petites et moyennes entreprises (PME) dans la construction, la maintenance et l entretien des systèmes sanitaires est primordiale pour prendre en compte la dimension du marché économique dans l approche. Une attention particulière doit être portée sur les activités de sensibilisation et de formation pour répondre aux principes de renforcement des pouvoirs et des capacités (empowerment et capacity building). Le projet Ecosan_UE prévoit un programme de suivi et d évaluation tout au long du processus de l action. L approche «assainissement écologique» (Ecosan). L approche d Ecosan cherche à traiter les excréta humains pour pouvoir les utiliser de manière productive en agriculture. Le projet en soi, financé par la Commission Européenne se comprend comme la phase pilote d un assainissement à long terme. Il est reparti en six sous-phases principales, chacune terminée par un atelier de restitution en présence de tous les acteurs : Phase 0 : Prise de contact avec les acteurs directement liés à la convention avec la Commission Européenne. Phase 1 : Identification des partenaires / acteurs globaux et préparation du lancement du projet. Figure 7 : Les objectifs du projet Ecosan_UE Les approches adoptées pour atteindre les objectifs sont : Approche d Assainissement Environnemental Centré sur le Ménage (AECM) Le projet adopte une approche participative et multidisciplinaire qui repose sur l idée-force que l assainissement est avant tout l affaire des ménages localux eux-mêmes, soutenu par un cadre législatif et réglementaire approprié. Cette approche envisage des solutions aux problèmes d assainissement à un niveau aussi proche que possible des ménages et avec leur pleine participation. La population locale devient donc un véritable acteur dans la résolution du problème de l eau et de l assainissement. Phase 2 : Evaluation de la situation initiale à l aide d une étude d état des lieux. Phase 3 : Elaboration du plan stratégique. Phase 4 : Implémentation. Phase 5 : Terminaison et passage du flambeau aux populations et autorités locaux. L'approche AECM Lors des efforts déployés au cours de la décennie internationale de l'eau potable et de l'assainissement, les services d'assainissement urbain ont été souvent négligés au 11

26 profit de l'approvisionnement en eau potable. En revanche, cette décennie a été riche en enseignements et la principale leçon qu'on peut en tirer est la nécessité de répondre à la demande du consommateur en vue d'opérer un changement durable et effectif. Dans le souci de donner une place de choix au secteur de l'assainissement et de favoriser par ailleurs l'orientation de tous ces programmes de planification et de mise en oeuvre de l'assainissement vers une «approche qui répond mieux à la demande», le Conseil de Concertation pour l'approvisionnement en Eau et l'assainissement (WSSCC) 4 a créé un Groupe de travail sur l'assainissement environnemental. Ce groupe de travail, lors d'un atelier tenu en 1999, a élaboré une approche qui fait des services d'assainissement environnemental son leitmotiv. Elle a été plus tard adoptée et synthétisée dans les Principes de Bellagio 5. Il s'agit de l'approche d'assainissement Environnemental Centré sur les Ménages (AECM). Cette approche se distingue radicalement des précédentes approches de planification centralisées parce qu'elle met le ménage et son voisinage ou la communauté au centre du processus de planification. Le but de l'approche AECM n est pas seulement de créer mais également de maintenir les conditions favorables à une vie saine et productive des populations et la protection et la mise en valeur de l'environnement. Les bases de l approche sont : 4 «Water Supply and Sanitation Collaborative Council», une organisation internationale administrée par l organisation mondiale de la santé (WHO). Le WSSCC organise des forums où des professionnels du secteur de l assainissement des pays développés et en développement se rencontrent et s échangent. Le premier forum a eu lieu en 1991 à Oslo et depuis, cinq forums ont eu lieu, le dernier en 2003 à Kyoto. Plus d informations sur 5 En 1987, la Commission mondiale de l'environnement et du développement (la Commission Brundtland) exprimait le souhait que soient adoptées de nouvelles méthodes de mesure et d'évaluation des progrès en faveur du développement durable. Ce voeu a été formulé à nouveau dans le cadre d'action 21, le plan adopté au Sommet de la Terre de 1992, et d'autres rencontres tant locales qu'internationales. En novembre 1996, un groupe international de spécialistes de l'évaluation et de chercheurs des cinq continents s'est réuni au Centre d'études et de conférences de la Fondation Rockefeller à Bellagio, en Italie, pour faire le point sur le chemin parcouru et la synthèse des leçons à tirer des examens pratiques en cours. C'est ainsi qu'ont été établis et adoptés à l'unanimité ces principes. Ces principes visent à faciliter la réalisation et l'amélioration des activités d'évaluation des groupes locaux, organisations non gouvernementales, grandes sociétés, gouvernements nationaux et institutions internationales. La demande «effective» des ménages conduisant à des services durables et équilibrés et la résolution des problèmes le plus près possible de leur «zone» d'origine. L'utilisation d'un «modèle circulaire» qui s'appuie sur la conservation et la réutilisation des ressources afin de réduire l'évacuation des déchets, au lieu du «modèle linéaire» traditionnel de l'approvisionnement et de l'évacuation illimitées. De plus, l'approche AECM tente d'éviter les problèmes générés par les approches de types «descendant» ou «ascendant» en se servant des éléments des deux approches dans un cadre intégré. L approche est ainsi caractérisée par sa spécificité à s'intéresser à plusieurs secteurs et plusieurs parties prenantes en s'appuyant sur la participation de toutes les parties prenantes à la planification et la mise en pratique des services urbains d'assainissement en commençant au niveau de la communauté (ménages et voisinage). Pendant longtemps, la planification des services d'approvisionnement en eau et d'assainissement se basait sur l approche «descendante». Les besoins étaient déterminés aux niveaux central, régional ou municipal par des responsables bien intentionnés sur la base de leurs propres perceptions. Ceux qui devaient bénéficier des services n'étaient rien d'autre que les «bénéficiaires» sans plus en termes de niveau de service ou de détermination des priorités. Ces bénéficiaires devenaient malgré eux des partenaires dans cette approche et refusaient par conséquent de payer les services ou négligeaient de maintenir les installations. Ces réalités étaient la conséquence négative de la Décennie internationale de l'eau potable et de l'assainissement (DIEPA, ) et la principale leçon qui en résulte est le besoin de répondre plus aux demandes de l'usager pour promouvoir un progrès durable. Ainsi, avec l'évolution des mentalités, les bénéficiaires sont vus comme consommateurs de services et participent donc activement au processus de prise de décision. Ce changement de mentalité pour satisfaire aux exigences de l'usager est connu populairement comme étant l'approche «ascendante». 12

27 Figure 8 : La prise de décision dans l approche AECM (Eawag, 2001) L'application de l'approche AECM aux services d'assainissement environnemental urbain a pour but d'offrir aux parties prenantes à tous les niveaux, et plus particulièrement aux niveaux du ménage et du voisinage, l'opportunité de participer à la planification, la mise en pratique et à l'opération des services urbains d assainissement. Les services d assainissement ainsi créés permettront d'assurer : Une vie saine et productive aux populations. Un environnement naturel protégé et restauré. Un encouragement à conserver et à réutiliser les ressources afin de contribuer aux activités économiques au niveau local. La force d ACEM doit être qu'elle offre la possibilité de fournir des bénéfices économiques et non-économiques, toute une gamme intégrée, abordable et durable de services qui satisfont les priorités des utilisateurs. Ecosan Lors du sommet de Johannesburg consacré au Développement Durable, les états membres de l ONU (Organisation des Nations Unies) ont fixé 8 objectifs du Millénaire pour le Développement (OMD). L approvisionnement d un service d assainissement sain et durable est une composante clé et indispensable pour atteindre les OMD. Les techniques d épuration connues des eaux usées sont nombreuses et ont des caractéristiques relativement différentes selon les conditions de fonctionnement et de milieu. Néanmoins, la durabilité des systèmes technologiques conventionnels souvent utilisés dans les pays développés est mise en question. Pour éviter un impact négatif sur la santé de la population et de l environnement, les systèmes conventionnels demandent souvent un grand investissement au niveau de la construction et de l exploitation, consomment de l énergie et des produits chimiques, ont besoin d une quantité considérable d eau et de personnel formé spécifiquement pour l exploitation. En même temps ils gaspillent pas seulement de l eau mais aussi les éléments nutritifs tels que le phosphore, contenus dans les eaux usées. Bien que nombreux, la plupart des systèmes intensifs traditionnels (par exemple les boues activées) installés par exemple dans les grands centres urbains des pays africains restent souvent inadaptés au contexte climatique et social et se sont ainsi soldés par un échec dû au coût d exploitation élevé, la non disponibilité des pièces de rechange, le manque d expérience et la non appropriation technologique du personnel en charge de la gestion de ces systèmes. L alternative aux systèmes de «tout-à-l égout» sont alors des équipements sanitaires individuels (latrines et fosses septiques), qui malheureusement génèrent de grandes quantités de boue de vidange. Les dispositifs d'assainissement collectifs représentent à peine 20 % des systèmes rencontrés au Burkina Faso et près de 70 % de la population ayant accès à une installation sanitaire utilisent des latrines rudimentaires, constituées principalement d un trou dans le sol (Koné, 2002). Les ouvrages de ce type ne prévoient pas ou que peu de traitement des matières fécales et leur forte densité et leur mauvaise conception contribue à polluer les eaux souterraines et de surface utilisées pour la consommation humaine. 13

28 Les composantes de l'assainissement dans les contextes des pays en voie de développement ont été négligées à cause d un manque de volonté politique, de peu de prestige et de reconnaissance, de la promotion inefficace et à une prise de conscience publique peu profonde, d une politique défaillante à tous les niveaux, de cadres institutionnels inappropriés, des ressources insuffisantes et faiblement utilisée et de la négligence des préférences des utilisateurs. Pour répondre à la problématique d accès aux installations sanitaires aggravé par l explosion de la population et un taux forte d urbanisation, on a alors besoin de développer de nouveaux concepts. Dans la dernière décennie, des systèmes d assainissement écologiques («ecological sanitation systems» dites Ecoan) ont gagné en intérêt. Ces systèmes sont basés sur une séparation à la source des eaux grises (l eau des lavabos, douches, cuisines etc.) des eaux noires (fèces éventuellement mélangées à l eau) ainsi que de l eau jaune (urine). En effet, la séparation à la source facilite considérablement la collecte, le traitement et le recyclage et assure une solution plus durable. Ces systèmes ne nécessitent pas de chasses d eau et on peut donc transformer le «déchet» dans une ressource de valeur, comme du fertilisant applicable pour l amendement du sol toute en diminuant la quantité d eau gaspillée. Figure 10 : Le cycle Ecosan Figure 9 : Les objectifs du milliénaire pour le développement et Ecosan. Ecosan représente un changement conceptuel dans la relation entre les humains et l environnement. Le principe ne privilégie pas une technologie spécifique. C est plutôt une nouvelle «philosophie» de traitement des substances considérées jusqu ici 14

29 comme déchets, dont il faut se débarrasser. Le recyclage écologique rétablit un équilibre naturel remarquable, c est-à-dire un équilibre entre la valeur fertilisante (la quantité d éléments nutritifs) des excréta d une personne en un an et celle qui est nécessaire pour produire sa nourriture vitale. Selon le rapport de l état des lieux du CREPA, 25 à 50 kilogrammes de fèces sont produits par personne par an contenant jusqu à 0,55 kilogrammes d azote, 0,18 kilogrammes de phosphore et 0,37 kilogrammes de potassium. Aussi, un adulte peut produire 400 litres d urine par an. Tableau 1 : Quantités de phosphore et d azote contenues dans les exréta humains Substance Phosphore (g/personne/an) Azote (g/personne/an) Urine Fèces Eaux grises Total Source : Ecosan_UE, Mars 2007 : Rapport d Etat des lieux du Secteur 30, Bureau de coordination Ecosan_UE, CREPA Siège, Ouagadougou. En tenant compte de ces valeurs et en fonction de la taille de la population, on peut aisément apprécier la quantité énorme de nutriments rejetés dans l environnement sans aucune précaution de réutilisation et leur présence dans les eaux de surface à l origine des phénomènes d eutrophisation. En outre, dans la perspective de l épuisement des gisements de phosphore, dont les réserves naturelles seront épuisées dans 50 à 100 ans au rythme actuel d extraction dûs à l exploitation excessive pour la production de fertilisants industriels, ce rejet semble aberrant. L amenuisement progressif des ressources en nutriments, notamment en phosphore, impose désormais une gestion durable des éléments fertilisants. L idée de base est ainsi de fermer le cycle entre l homme et l agriculture. Les objectifs principaux d Ecosan sont : Collecte et traitement des excréta sans ou avec très peu d eau. Confinement des excréta pour empêcher la dissémination des germes pathogènes (germes qui peuvent transmettre des maladies) : Hygiénisation. Traitement des excréta pour terminer la hygiénisation et en vue de leur valorisation et réutilisation. Il existe de nombreuses technologies développées ou encore en développement pour progresser vers un recyclage aussi complet que possible de ces éléments fertilisants. La plupart des ouvrages d Ecosan sont décentralisés, considèrent une séparation des différents flux de déchets (no-mix) et essayent de minimiser l utilisation de l eau. Les avantages d Ecosan sont nombreux. Pour le présent travail, les impacts économiques et sociaux sont primordiaux : L impact sur l économie locale Les applications du système Ecosan et les nombreuses leçons tirées à travers le monde, montrent que la préférence générale pour les installations modulaires et décentralisées et le besoin d une logistique novatrice pour la collecte, le transport, le traitement et le recyclage des produits encourage la participation du secteur privé particulièrement les PME et les associations locales telles que les mouvement des femmes. Les PME et les associations locales peuvent participer par exemple à la construction des installations, la fabrication des composantes (fabrication des sièges, maçonnages etc.) ou fournir les logistiques nécessaires au transport / stockage. L accroissement des rendements agricoles et la diminution des dépenses pour l achat des intrants peuvent contribuer à l amélioration de l économie locale. Les dépenses de santé liées aux des mauvaises conditions d assainissement et d hygiène peuvent être économisées. Les impacts du système Ecosan au niveau de la société Lorsqu on considère l entretien des ouvrages, la gestion des eaux usées et des excréta, la valorisation et l utilisation des produits, le système intègre la participation de toute la famille. La gestion du système collectif peut contribuer à la création d emplois et améliorer les revenus. Si l application du concept Ecosan est reconnue comme protectrice de l environnement, il n y a plus de raison pour que les activités qui y sont liées soient pratiquées nuitamment ou illégalement ou dans la clandestinité comme c est le cas de la vidange manuelle des boues des latrines traditionnelles. En outre, la production d un fertilisant peut améliorer la situation financière et sanitaire du ménage. Le produit fertilisant pour cultiver de la nourriture, peut contribuer à leur meilleure santé. Pour la durabilité du cycle Ecosan, une chaîne de quatre maillons sont essentielles : 15

30 Une acquisition de connaissances sur l importance et la valeur du recyclage des nutriments, favorisant la motivation pour la recherche de moyens nécessaires de la mise en œuvre ; Une solution technique qui permet le recyclage ; Des pratiques et systèmes assurant la qualité sanitaire du cycle ; Des activités agricoles pour la récupération et l utilisation des nutriments des excréta. Le projet Ecosan_UE s organise autour du cycle illustré dans la figure ci-dessous. Figure 11 : Chaîne Ecosan : le cycle de vie des excréta humains dans quatres secteurs phéripheriques de Ouagadougou. Le projet prend en compte le système depuis la génération des excréta au niveau des ménages et des latrines publiques, la collecte et le transport des produits Ecosan brutes au site d hygiénisation appelé éco-station jusqu à la réutilisation des éco-fertilisants. L aspect de réinjection dans le marché, donc la vente et la commercialisation des produits agricoles fabriqués avec du fertilisant du projet Ecosan_UE (éco-fertilisant) n est prise en compte qu à travers la sensibilisation générale des populations au sujet du concept Ecosan. Les défis d Ecosan_UE Dans le dernier siècle, l utilisation des excréta humains pour l amendement du sol est sortie de mode, due à la prise de conscience au niveau de l hygiène d une part et à cause des législations suite à l eutrophisation de milieu naturel d autre part. Pour produire un fertilisant sans dangers à partir d excréta humains, de nombreux obstacles doivent encore êtres surmontés. Il faut que cette idée de recyclage fasse son chemin et finisse par s imposer aussi bien sur le plan politique et économique que technique et écologique avant de pouvoir être appliquée avec succès dans la pratique. La condition posée est cependant que le fertilisant proposé soit efficace, bon marché, sans risque sanitaire et exempt de micropolluants organiques tels que les résidus médicamenteux et les hormones. Dans le contexte ouagalais, les micropolluants ne sont pas encore un sujet préoccupant parmi la populations face aux problèmes immédiats et prioritaires tel que la nourriture quotidienne, l eau potable ou l assainissement. Cependant, les défis majeurs pour le projet Ecosan_UE peuvent se résumer comme suit : Parce qu elle intervient au niveau de ce que les ménages ont de plus privé, la technologie doit impérativement être acceptée et plébiscitée par la population. Les aspects sanitaires sont des sujets très personnels qui doivent être traités avec prudence afin de prendre en compte des aspectd psychologiques, culturels religieux et sociaux ; L acceptation de l approche Ecosan et l utilisation des produits fertilisants issus d Ecosan par un grand nombre de personnes et de couches sociales différentes est une question clé pour permettre à un marché libre de s installer. L approche doit être entièrement comprisr par les utilisateurs pour assurer une application, une gestion et une maintenance appropriées. L utilisation incorrecte (par exemple la contamination de l urine par les fèces) et l élimination insuffisante des pathogènes sont des risques sanitaires à prendre en compte. 16

31 L implantation d EcoSan dans des zones fortement urbanisées demande un niveau d organisation plus élevé. Pour analyser les différents acteurs, leur impact, leur volonté d améliorations ainsi que la dynamique du secteur privé touché par le projet, nous pouvons séparer les parties prenantes locales en trois sous-groupes d intérêt de trois catégories d acteurs : Le marché des systèmes sanitaires (construction, collecte, gestion) : PME et associations. Les producteurs agricoles urbains : maraîchers. Les ménages eux-mêmes Les PME sortent de la «pépinière» de l ONEA. Les associations sont en général motivées, elles ont déjà effectuées les entretiens dans les ménages nécessaires pour l état des lieux. Les maraîchers sont réceptifs à l utilisation des fertilisants Ecosan. mais demandent une assurance «hygiénisation». voient une réduction des dépenses et des effets nuisibles sur l environnement provoqués par les fertilisants commerciaux. Le plan stratégique qui a été élaboré lors de la phase 3 du projet définit les réponses apportées par le projet aux besoins énoncés lors de l état des lieux et qu il s agit d implanter sur terrain. Est-ce que le plan stratégique élaboré par l équipe du projet va mener à une durabilité du système d assainissement implanté? Figure 12 : Les défis du projet Ecosan_UE aux niveaux social, financier et technique. Le défi du projet est de répondre aux besoins réels de ces acteurs issus de la population locale, mais aussi aux acteurs indirects tels que les institutions publiques (maries etc.). Les constats et besoins principaux repérés lors de l état des lieux (phase 2 du projet) sont d ordre social, financier et technique et ils peuvent être résumés comme suit : Les ménages ont un revenu faible à moyen. un niveau faible d épargne. une volonté d acquérir et de contribuer. 17

32 18

33 Le cadre institutionnel du projet Ecosan_UE Les principaux acteurs et partenaires de mise en œuvre et le cadre institutionnel du projet Ecosan_UE sont résumés dans le schéma suivant : III- Analyse des parties prenantes Figure 13 : Montage institutionel du projet Ecosan_UE Source : Ecosan_UE, GTZ, 2006 : Document de mise en œuvre/ Année 1, CREPA-Siège 19

34 Le CREPA La GTZ L ONEA Commission Européenne Comité de Pilotage et d orientation Bureau de Coordination du projet Équipe du projet Le Centre Régional d Eau Potable et d Assainissement à faible coûts (CREPA) a soumis le projet ensemble avec la GTZ et l ONEA à la Commission Européenne pour demander son financement. Le CREPA assume la coordination du projet. Il a beaucoup d expérience en Afrique de l ouest dans la réalisation des systèmes Ecosan et la valorisation des sous-produits, la micro-finance et d autres activités liées au secteur de l eau et de l assainissement. La communauté de coopération technique allemande (GTZ) a acquis des années d expérience et de coopération avec l ONEA spécialement dans le domaine de l alimentation en eau potable. Elle a aussi une forte expérience dans les systèmes d assainissement écologiques, incluant les systèmes centralisés et semi centralisés dans les contextes géographiques et culturels différents. L Office Nationale de l Eau et de l Assainissement (ONEA) est l agence nationale chargée de la planification et de l exécution des plans stratégiques dans les grandes villes du Burkina Faso (Ouagadougou et Bobo-Dioulasso). La Commission Européenne est le principal bailleur de fond du projet. Elle tient le Bureau de coordination du projet à l obligation des résultats escomptés. La coordination doit rendre régulièrement compte des réalisations techniques et financières du projet à la Commission Européenne. Instances de décision et de validation des orientations techniques du projet. Ce comité veille à ce que les options choisies ne compromettent pas les stratégies et politiques nationales. Il s imprègne des résultats du projet pour les intégrer dans les plans stratégiques d assainissement locaux et nationaux. Point focal des interactions entre acteurs. Il s assure du bon déroulement des activités du projet tout en prenant en compte les préoccupations des divers intervenants. Il tient l équipe du projet à l obligation des résultats et au respect du calendrier du projet. Il doit constamment considérer les feedbacks des actions d accompagnement du projet pour une réorientation des actions. Composée d experts des principaux organismes partenaires Comités Directeurs Groupements associatives des secteurs Bénéficiaires (CREPA, la GTZ et l ONEA), elle s assure de la mise en œuvre dans les délais réglementaires des actions du projet, telles que organisées par le Bureau de Coordination. Elle doit travailler en étroite collaboration avec les groupements et associations locaux identifiés ainsi que les Comités Directeurs menant des actions d accompagnement. Instances pouvant influencer les populations pour la réussite des actions du projet. Ils sont constitués de personnes ressources ayant une bonne connaissance des populations et capables de donner des directives à suivre pour atteindre les objectifs du projet. Ils mènent les actions d accompagnement et de suivi et facilitent la mise en place d alliances d apprentissage. Chaque secteur dispose de son Comité Directeur. Organes dynamiques en contact permanent avec les populations. Ils sont de bons conducteurs des informations et actions d implémentation du projet. Ils appuientl équipe de projet dans la mise en œuvre des actions et sont consultés par les CD dans la mise en œuvre des actions d accompagnements du projet. Ce sont les ménages, les maraîchers, les artisans et PME œuvrant dans l assainissement. La mise en œuvre des actions à leur égard partira de l identification de leurs besoins à la base comme le veut l approche AECM. Ils ont un rôle déterminant dans l appropriation des solutions technologiques proposées en vue de la résolution des problèmes identifiés. L arrière-plan du projet peut se structurer en deux dimensions de gouvernance. La première dimension découle de la manière dont il est financé et regroupe les acteurs impliqués dans le montage financier du projet, donc l Union Européenne et la GTZ. Il existe de nombreuses raisons pourquoi des organisations de l hémisphère Nord «développé» ont une motivation de financer et promouvoir des projets de développement ou coopération Nord / Sud et elles sont bien trop complexes qu elles puissent être discutées ici. Quoi qu il en soit, ces organisations ont un intérêt d avoir un bon retour sur leur investissement (RSI) donc d un bon fonctionnement du projet mais aussi un contrôle en tant que bailleur des fonds. Pour assurer un bon fonctionnement, les deux investisseurs (UE et GTZ) ont mandaté le CREPA pour exécuter le projet. Il existe des mécanismes de contrôle, certes, que les financeurs ont mis en œuvre, par exemple l obligation de la coordination du projet 20

35 de délivrer des comptes-rendus après chaque phase du projet ; mais la bonne relation entre financeurs et le CREPA dépend fortement de la confiance mutuelle. La seconde dimension est celle de la gouvernance participative. Cette approche est une condition du bon fonctionnement imposée par l Union Européenne et de la GTZ liée au financement. Mais sa mise en œuvre doit être assurée indépendamment par les acteurs impliqués dans l exécution du projet. Le niveau de coordination doit rendre régulièrement compte des réalisations techniques et financières du projet au niveau stratégique. Le niveau des bénéficiaires qui devront selon le principe de la gouvernance participative autant participer à la mise en œuvre du projet qu en bénéficier. Figure 14 : Les dimensions de gouvernance du projet Ecosan_UE La gouvernance participative veut que la formulation du problème, la solution ainsi que la mise en oeuvre soient portées principalement par la population elle-même afin d assurer la durabilité d un projet (comme illustré dans la figure ci-dessus). Les bénéficiaires doivent former la base du projet qui va leur apporter des bénéfices : Pour l analyse du projet Ecosan_UE, les acteurs peuvent être repartis en trois différents niveaux de gouvernance : Le niveau stratégique dont font partie le comité de pilotage et la commission européenne en tant que financeurs du projet. Ce niveau a un intérêt dans la mise en œuvre conforme au lignes directives définies comme dans un retour sur l investissement sous la forme «d impact positive», donc le développement favorable de la situation de la population locale. Le niveau de la mise en œuvre et de la coordination, dont font partie la coordination et l équipe du projet avec ses antennes, les comités directeurs. Figure 15 : Les acteurs du projet Ecosan_UE et les trois niveaux de gouvernance Les financeurs La commission Européenne intervient en tant que financeur du projet à travers de son programme «Water Facility ACP (Afrique, Caraïbes, Pacifique)» tel qu il est défini dans un accord signé en 2004 entre le CREPA et la Communauté Européenne. La GTZ pour sa part s implique en proposant du support technique, donc la mise à disposition de ressources humaines spécialisées. Comme il est courant pour les projets de développement de coopération Nord / Sud, chaque phase est liée à un budget différent et chaque budget est séparé en différentes catégories (personnel des différentes organisations impliquées, infrastructures administratives, matériel, ouvrages sanitaires à mettre en place, etc). 21

36 En effet, l équipe du projet, constituée des différents experts, est composée des gens de toutes les organisations impliquées (autorités publiques : ministère, mairies et l ONEA ; la GTZ ; l UE et le CREPA). Ces experts sont employés soit à plein temps soit à temps partiel et ils sont sollicités et rémunérés par heures de travail effectuée au sein du projet. Les membres du comité de pilotage, souvent très chargés, sont payés pour leurs heures de présence pour assurer qu ils assistent aux événements décisives tels que les atelier de restitution après chaque phase du projet. Les groupements locaux impliqués (par exemple les associations des femmes du quartier effectuant l état des lieux lors de la phase 2 et le système de collecte à partir de la phase 3) sont également rémunérés par le budget de la Commission Européenne jusqu à la fin de la période pilote. La GTZ ne soutient le projet pas directement avec de l argent, mais avec une quantité d heures de travail considérable du personnel compétent pour conseiller aux niveaux technique et sociologique. Ainsi, la Commission Européenne est l organisation la plus éloignée du projet mais avec un rôle très important. Au contraire de la GTZ, elle n est pas impliquée directement dans les actions sur ce terrain et son intervention est restreinte sur l acceptation et la vérification des comptes-rendus. Le financement du projet par la Commission Européenne est limité aux trois ans (phase pilote). Après cette première étape, les associations gardent leur matériel et ce sont les contributions des ménages et le soutien des autorités publiques qui devront rendre le système rentable (entretien, collecte, hygiénisation, redistribution et réutilisation). Pour une contribution suffisante et régulière par les ménages autant que par les autorités publiques, il faut qu il existe une motivation pour l entretien de l infrastructure d assainissement et pour le renforcement des marchés locaux comme les petits artisans et la main-d œuvre des ouvrages sanitaires, et les agriculteurs de maraîchage. L équipe de mise en œuvre du projet Le comité de pilotage et d orientation Le comité de pilotage et d orientation est constitué des Directeurs Généraux (DG) des institutions publiques mais aussi privées qui sont impliquées dans la politique de l assainissement au Burkina Faso ou dans l orientation stratégique du projet Ecosan_UE. Du côté des institutions publiques, on trouve le DG de l ONEA, le DG du service de l hygiène, le DG du ministère d urbanisme, le DG du ministère d agronomie, le DG du ministère AEP (Alimentation en Eau Potable), le DG de l AMBF (Association de Municipalités du Burkina Faso), le DG du Service de l Assainissement et prévision des pollutions et nuisances ainsi que le Maire de la ville de Ouagadougou. Les membres du secteur privé sont notamment le DG du CREPA et un représentant de la GTZ. On n y trouve pas de membre directement lié à la Commission Européenne. Cet organe se trouve au niveau stratégique de gouvernance ensemble avec la Commission Européenne. Le rôle du comité est de valider et d orienter les techniques du projet pour assurer la cohérence des options choisies avec les stratégies et politiques nationales. Leur tâche et de préparer la route pour intégrer le projet dans les plans stratégiques locaux et nationaux d assainissement dans l option d encastrer le projet pour une vie après la phase pilote dans les structures institutionnelles existantes (les mairies des arrondissements concernés de Ouagadougou). Les membres du comité ne tiennent pas des réunions indépendantes, mais assistent aux ateliers de validation tenus après chaque phase déterminante du projet, principalement l état des lieux et l élaboration du plan stratégique. Lors de ces séances de restitution, les résultats des différentes étapes et les conclusions tirées sont présentés en détail et ainsi approuvés à l unanimité. 22

37 Certains membres, comme le DG du CREPA ou la GTZ surveillent et conseillent de manière continue la coordination du projet. Le bureau de coordination du projet Le bureau de coordination, situé dans les locaux du CREPA Siège à Ouagadougou dans le secteur 27 (qui est également touché par le projet), forme le point de confluence entre les parties prenantes qui sont toutes membres de l équipe du projet (permanents ou à temps partiel), le comité directeur (représentants des parties prenantes des différents secteurs), les animateurs ou encore les associations chargées de la collecte et de la mise en œuvre du projet. La tâche principale du bureau, à part la planification et la coordination de la mise œuvre, est d assurer la cohérence des intérêts évoqués par l intégralité des acteurs. Ainsi, l équipe du projet, étant constituée d employés de ce bureau, ne doit pas seulement assurer un bon déroulement des activités, mais aussi prendre en compte les préoccupations des divers intervenants au fur et à mesure. La coordination est dirigée par une personne, le coordinateur du projet, qui a son bureau à côté de l équipe du projet, dont il fait également partie. Le coordinateur du bureau est donc d une manière le chef de l équipe du projet, mais assure aussi les liens avec tous les autres acteurs, parfois à travers la représentation par un membre de l équipe du projet. La coordination ou le coordinateur doit assurer une cohérence du projet avec les intérêts des parties prenantes, mais également la réorientation en fonction des retours suite aux actions. Ce bureau de coordination illustre bien l importance de l intégration et du rassemblement des tous les acteurs pas seulement d un point de vue participatif mais aussi spatial permettant les contacts et les échanges personnels et physiques! L équipe est chargée de la planification de la mise en œuvre et doit assurer le bon déroulement du projet. L équipe travaille en étroite collaboration avec le coordinateur du projet. Le bureau de coordination organise les actions de l équipe du projet dans les délais réglementaires issus de la convention de financement avec La Commission Européenne. Cette équipe fait également le lien avec les comités directeurs et les groupements associatifs des secteurs concernés par le projet pour assurer leur participation à la planification et à la mise en œuvre. Les comités directeurs Les comités directeurs sont constitués des maries des arrondissements concernés et de leurs représentants, des représentants des services d aménagement, des représentants de associations locales ainsi que des pouvoirs locaux, non publics, comme les anciens chefs de villages etc. Il existe un comité directeur pour chaque secteur et chacun de ces comités dispose d un homme relais responsable du lien avec le bureau de coordination et l équipe du projet. Les comités directeurs assurent le contact entre les parties prenantes de la population (associations, PME, maraîchers et ménages) et le bureau de coordination dans les deux sens. D un côté, ils transmettent toutes les préoccupations des parties prenantes de la population vers le bureau de coordination qui les coordonne avec les intérêts publics et les traduit en actions. D autres côté, ils assurent la bonne communication et la transmission des lignes directives définies par le niveau stratégique du projet et leurs mises en œuvre appropriées par les parties prenantes issues des secteurs. L équipe du projet L équipe du projet est composée des employés permanents basés au bureau de coordination. Pour renforcer cette équipe, des experts externes issus du CREPA, de l ONEA et de la GTZ (ingénieurs, techniciens et sociologues) sont rémunérés par heure de travail. Parmi les employés permanents, on trouve des ingénieurs civils et ruraux, un expert des finances, une secrétaire et le coordinateur du projet. 23

38 Les populations bénéficiaires Associations et groupements locaux des secteurs concernés par le projet Dans les nouveaux centres urbains à forte croissance démographique comme Ouagadougou, les associations, groupements et organisations locaux qui rassemblent un groupe d intérêt parmi la population ont un statut très important dans l organisation de la vie social, remplaçant le cadre institutionnel souvent peu développé. Ainsi, lors d un projet touchant les populations locales, ces groupements jouent un rôle primordial au niveau de l enracinement dans le contexte local, soit-il à travers la communication et la sensibilisation, la formulation des besoins ou la mise en œuvre. L intégration des associations dans le projet Ecosan_UE permet d intégrer une grande partie de la population dans la définition et la mise en œuvre à travers l action civile. Les associations importantes dans chaque secteur ont été recensées au début du projet et un représentant a été intégré dans les comités directeurs pour assurer le lien avec la coordination du projet. Le projet Ecosan_UE a choisi un moyen efficace pour faire adhérer ces groupements locaux : les bénéfices financiers. Lors de toute action de terrain, où il ne faut pas forcément des experts externes, ce sont les associations locales qui vont organiser l activité, soutenues par le comité directeur concerné, l équipe du projet et le bureau de coordination. C est ainsi que l état des lieux, la sensibilisation ou encore le recensement de potentiels bénéficiaires de construction de latrine ont été faits. Pour ces activités, les organisations populaires sont rémunérées directement sur le budget de la Commission Européenne. Bénéficiaires Les bénéficiaires, comme les ménages, les PME ou les maraîchers ne sont pas intégrés directement dans une équipe ou un comité du projet. Cependant, ils sont souvent représentés par une association en direct (associations des maraîchers par exemple), ou indirectement, car les membres des associations sont aussi des membres des ménages, des familles, des petits entrepreneurs etc. La sensibilisation des ménages est assurée par une équipe d animateurs issus des groupements locaux et formés spécifiquement pour chaque phase du projet. Pour l élaboration du plan stratégique, les représentants des agriculteurs et des PME ont été conciliés. Les constructeurs de latrines bénéficient d une formation, pour pouvoir construire de latrines de type Ecosan_UE certifiés. Ensuite, ils sont intégrés dans le projet par les procédures d acquisition des ouvrages Ecosan_UE. Les maraîchers sont fomés pour la manipulation et l utilisation des éco-fertilisants. 24

39 L implication La figure ci-dessous représente les implications des différents acteurs et parties prenantes qui ont pu êtres répertoriés lors de ce travail dans la chaîne Ecosan_UE telle qu elle a été présentée auparavant : Figure 16 : Les interactions des acteurs au sein du projet Ecosan_UE. L implication au niveau des ménages et la procédure d acquisition des latrines Ecosan L implication des parties prenantes au niveau des ménages et de la construction des latrines est définie par la procédure d acquisition des latrines Ecosan. Cette procédure a pour objectif de ne pas seulement intégrer les ménages bénéficiant d une latrine lors du projet mais aussi d assurer la promotion d un marché local des ouvrages Ecosan et de contrôler leur construction en norme. La procédure d acquisition d une latrine est prédéfinit par le projet et ne permet pas, dans un premier temps, l émergence d un marché libre d Ecosan, mais prépare le terrain pour un marché d assainissement sain, abordable et écologique. Les rôles des différents acteurs sont décrits ci-dessous : L équipe d animation Les ménages L équipe technique L équipe d animation est composée d animateurs recrutés directement par la coordination du projet et d animateurs provenant des associations locales adhérentes au projet. Elle est chargée de susciter la demande par la sensibilisation au niveau des ménages dans les différents secteurs concernés par le projet. Pour ceci, ils bénéficient d une formation spécifique à chaque phase du projet. Dans la phase pilote du projet, les animateurs sont pris en charge par le bureau de coordination donc par les fonds provenant de la Commission Européenne. A la fin du projet, les municipalités assureront la continuité de l activité en s appuyant sur les associations ayant pris part dans la structure lors de la phase pilote et ayant bénéficié de la formation. Les ménages peuvent contacter les animateurs (pour une demande de latrine ou d autres questions) au niveau des «maisons Ecosan» localisées dans chaque secteur et tenues par les animateurs. Ces maisons sont mises à disposition également par le bureau de coordination et financées par le budget de la Commission Européenne. L équipe technique est chargée du suivi technique de la construction des ouvrages Ecosan ou de la préfabrication des pièces par les artisans locaux et du recyclage des écofertilisants par les agriculteurs. Il s agit surtout d assurer la bonne qualité des ouvrages pour garantir une hygiène suffisante et de produire un éco-fertilisant de qualité. Chaque mairie d arrondissement recrutera un technicien qui sera pris en charge par le projet pendant la phase pilote. La rémunération du technicien se fera selon les termes d un protocole élaboré entre la mairie d arrondissement concernée et le projet. Après le projet, ce technicien sera pris en charge par les mairies eux-mêmes. 25

40 Les PME L équipe et la coordination du projet Les mairies Les artisans (pré fabricants et maçons) sont chargés de la construction des ouvrages et de la préfabrication des pièces certifiées suivant les prescriptions techniques reçues lors d une formation obligatoire organisée par l équipe du projet. L équipe et la coordination du projet sont chargées de la coordination des activités du projet avec les différents acteurs. En tant que autorités locales et dans le cadre de la décentralisation, les mairies sont intégrées dans le projet pour qu elles prennent la relève à la fin du projet. L implication au niveau de la collecte et du transport Il est inhérent au concept d Ecosan, que les fèces et les urines, étant des ressources riches en nutriments soient recyclés au niveau local. Le projet Ecosan_UE se distingue des approches Ecosan mis en œuvre par le CREPA en Afrique de l ouest auparavant, dans la mesure que la réutilisation ne se fait pas par les ménages euxmêmes (dans les jardins familiaux), mais à plus large échelle en collectant et redistribuant les produits éco-fertilisants aux maraîchers urbains de Ouagadougou. Les PME et les associations / groupements locaux Les mairies La collecte et la redistribution sont organisées et assurées par les organisations locales adhérant au projet. Tout le matériel est fourni par le projet lors de la phase pilote. Postérieurement, l entretien et le renouvellement est sous la responsabilité des associations elles-mêmes. Les mairies se chargent de désigner et de mettre à disposition le terrain pour les sites d hygiènisation des produits Ecosan (éco-stations) collectés chez les ménages pour y produire des éco-fertilisants. Ainsi elles emploient les opérateurs qui exploitent et entretiennent ces sites. La gestion des récipients de transport (bidons pour l urine et sacs pour les fèces) destinés aux ménages seront disponibles auprès d elles. L implication au niveau de la réutilisation des «produits Ecosan_UE» Au niveau de la réutilisation des éco-fertilisants, après qu ils aient été collectés par les associations désignées à ce propos dans chaque secteur, ce sont l équipe du projet et les associations des maraîchers qui interviennent. L l équipe du projet, grâce à l expérience du CREPA (dans la domaine Ecosan-agriculture autant que dans celui de la formation et sensibilisation) démontre étape par étape l utilisation et les avantages d Ecosan sur des sites d expérimentation et de démonstration. Ici, c est le modèle du marché qui va devoir jouer. L idée est qu une sensibilisation ponctuelle au début du projet suffira pour trouver un intérêt naturel pour cette technique auprès les producteurs agricoles, aussi en raison de l augmentation des prix des fertilisants chimiques et les problèmes environnementaux y liés. Une fois que cette approche sera acceptée et aura gagné en popularité, ce seront les associations des maraîchers, incité par les maries qui effectueront un contrôle de qualité des aliments produits avec du éco-fertilisant. Dans le cas favorable, les produits issus de l agriculture avec éco-fertilisant pourront être sujets à une labellisation. Pour assurer la formation des capacités au niveau des maraîchers, ils seront fournis avec de la documentation en français et en langage local (le moré) donnant des indications précises sur l application d éco-fertilisants. Ces documents sont élaborés par l équipe du projet. 26

41 Cadre financier et institutionnel Les subventions au niveau des ménages Lors de la phase pilote du projet, les latrines sont construites grâce à la sensibilisation et à la subvention du projet à travers le budget de la Commission Européenne. Pour faciliter l accès aux ouvrages Ecosan et en vu du pouvoir d achat de la population cible la subvention du projet est fixée à environ FCFA (Francs de la Coopération Financière de l Afrique centrale) pour chaque ouvrage. Le coût de construction des latrines Ecosan_UE proposé par le projet se trouve entre 65'000 et 200'000 FCFA. Ainsi, la latrine la moins chère est entièrement financée par la subvention. Ce système de subvention permet l accès aux ouvrages sanitaires aussi aux populations les plus défavorisées et a l avantage de ne pas devoir gérer un système de micro-crédits. De plus, il a été recensé lors de l élaboration du plan stratégique que les institutions de micro-finance ougalaises demandent des garanties trop importantes pour que les populations très pauvres puissent bénéficier d un microcrédits à travers le projet. Cependant, ce système provoque deux critiques importantes : 1. Des nombreuses expériences de coopération et de développement à travers le monde ont montré qu une subvention complète des ouvrages (sanitaires) implique une utilisation moins durable : Il n est que naturel qu une famille très pauvre ne disposant quasiment pas de biens matériels et encore moins immobiliers va accepter une latrine, si celle-ci est entièrement subventionnée. Dans le concept d Ecosan, exempt ses nombreux avantages, un entretien et une utilisation plus élaborés des latrines du côté de son utilisateur et alors une compréhension et une motivation particulières sont nécessaire pour rester sain et écologique. 2. Les ménages disposant de plus de moyens pourraient êtres tentés de choisir une option fortement subventionnée due à une motivation insuffisante pour gérer correctement une latrine Ecosan. Les subventions au niveau des PME On entend par PME l ensemble des acteurs du secteur privé qui pourraient s intéresser aux activités du système Ecosan (construction des latrines Ecosan, collecte des produits Ecosan, commercialisation des engrais et légumes Ecosan). Les PME bénéficient des formations et de la mise à disposition de matériel. Le matériel pour l exécution des activités de construction des ouvrages Ecosan_UE est organisé par l équipe du projet. Les PME de chaque secteur sont sélectionnés et formés pour exécuter les différentes activités également par l équipe du projet, ce qui est validé par un contrat. Les maraîchers profiteront ainsi de la mise à disposition de tout matériel (y inclu les semences pour les champs de démonstration), cependant, ils doivent fournir le terrain et respecter les consignes au niveau de l utilisation. À part les outils de travail (brouette, pelle, fil à plomb, mètre, etc.), des tenues de travail labellisées Ecosan_UE sont distribuées pour donner une identité au projet et à ses adhérents. Les subventions au niveau des Associations Les associations locales bénéficient du projet comme il leurs propose un gain supplémentaire à travers les campagnes de sensibilisation et la gestion de collecte et de redistribution. Comme pour les PME, le matériel sur l ensemble du circuit est organisé et mis à disposition par l équipe et la coordination du projet. Les associations de chaque secteur sont sélectionnées par l équipe du projet est validé par un contrat pour exécuter les différentes activités d implémentation sur terrain. Pendant la phase pilote, les charges découlant de ces activités sont portées par le budget de l Union Européenne. Poura près cette phase, il est prévu que les bénéfices se constituant des taxes de collecte prélevées auprès des ménages supporteront ces activités financièrement. 27

42 Après la phase pilote Le projet n est possible que grâce au financement de la Commission Européenne. Cependant, le but est d initier un système autoporteur, comme il est illustré dans la figure ci-dessous: Figure 17: Le financement du projet Ecosan_UE à long terme Une fois la phase pilote soit terminée, le projet doit être suffisamment intégré dans la structure locale pour qu il continue à exister sans aide (financière) extérieure. L adhésion des acteurs au projet dépend certainement beaucoup de la rentabilité économique effective, donc de la volonté publique d investissement et du développement d un marché de produits Ecosan (ouvrages, fertilisants, aliments). Autant le marché Ecosan est profitable, autant les subventions publiques d assainissement nécessaires seront petites. La municipalité est un acteur très déterminant : elle ne doit pas seulement assurer le financement, mais également fournir un cadre institutionnel fonctionnel et un contrôle de qualité, après la phase pilote, pour permettre le développement d un marché d assainissement favorable. Les rôles et responsabilités des différents acteurs après le passage du projet des mains de la Commission Européenne dans les mains des institutions locales publiques et privées peuvent être résumés comme suit : Ménages Collecteurs (associations) Animateurs (associations) Exploitant et Gardiens (PME) Main d œuvre (associations ou individus locaux) Fournisseurs de fertilisants agrés Utilisateurs des produits (maraîchers) La coordination du projet et le futur service technique au niveau des maries La municipalité et les mairies des arrondissements concernés Les ménages assurent une bonne utilisation des ouvrages et des équipements et assurent une bonne collaboration pour la collecte des produits Ecosan brutes. Les collecteurs assurent la collecte des produits Ecosan brutes vers les éco-stations et la livraison des éco-fertilisants aux utilisateurs. Les animateurs assurent la formation et l information des ménages et des utilisateurs de fertilisant et la promotion des produits Ecosan. Ils coordonnent les activités des constructeurs et collecteurs avec les ménages. Les gardiens des éco-stations assurent la sécurité des lieux de stockage et des équipements. Les gérants des écostations gèrent les activités et veillent à la qualité des produits (déposés et livrés). Il seront chargés d engager un laborantin pour les analyses primaires et les prélèvements des produits pour les analyses au laboratoire pour le contrôle de qualité. La main d œuvre assure la propreté des éco-stations et aide à charger et à décharger les produits. Elle peut jouer le rôle d agent de liaison et de distributeur des produits Les vendeurs et fournisseurs d engrais, agréés au projet, déterminent les points de livraison des produits d écofertilisants. Les maraîchers veillent à une bonne utilisation des écofertilisants hygiénisés et assurent la promotion des produits Ecosan. Le bureau de coordination et l équipe du projet assurent le contrôle et le suivi des activités de collecte, la qualité des produits, les charges liées à la gestion des sites, ensemble avec l équipe technique publique. Pendant le projet Veiller à la mise à disposition des terrains d écostations et des champs de démonstration et d expérimentation. Élaborer les textes réglementaires en accord avec les 28

43 ministères concernés. Par la suite, elles veillent aux activités de collecte et participent à la désignation des associations en remplaçant la coordination du projet. Reprendre les activités du projet. Réorganiser la gestion du système pour assurer la pérennisation du projet. Créer un service technique pour le soutien et le contrôle des ouvrages et produits Ecosan. Elaborer et contrôler des textes de gestion réglementaires entre les municipalités et les acteurs, comme il le faisait l équipe du projet lors de la phase pilote. Les conditions pour que la municipalité puisse mener à bien ces tâches sont entre autres : Rendre transparent par une définition précise les interventions des municipalités. Créer d un fonds de fonctionnement (fonds de roulement). Prendre en compte des préoccupations des mairies dans les prises de décision (choix des acteurs, etc) pendant la phase pilote. Participer à l élaboration des décisions pour un meilleur partage d expérience avec les autres acteurs. Créer des conditions de motivation pour les personnes impliquées. 29

44 30

45 être élaboré conjointement par les différents acteurs nationaux et internationaux lors de la phase 3 grâce au cadre institutionnel et la structure organisationnelle du projet permettant d intégrer tous les acteurs dans les processus de planification et de mise en œuvre. Le tableau suivant résume les acteurs analysés et leurs rôles : Niveau Acteurs Rôles Génération Associations Formation et information (sensibilisation) auprès des ménages ; Coordination des activités de construction et collecte. IV- Résultats Ménages Maçons et fabricants Demande des latrines Ecosan et entretien correct. Construction des ouvrages Ecosan certifiés au niveau des ménages et pré- fabrication des pièces certifiées Ecosan_UW. de l analyse Collecte et transport Mairies (équipe technique) Ménages Suivi de la construction des ouvrages. Préparation pour la collecte des excréta issus des ouvrages Ecosan et payement du service de collecte. Associations Collecte des excréta bruts à partir des ménages et transport vers les éco-stations. Hygiénisation Mairies (équipe technique) Suivi de l hygiénisation des produits de fèces et urines dans les éco-stations. Nous avons vu dans la première partie de ce travail que la stabilité du projet Ecosan_UE dépend de la construction de trois piliers qui sont : L implication des parties prenantes. Livraison aux Agriculteurs Gestionnaires Associations Gestion des éco-stations et contrôle de qualité des écofertilisants. Livraison des éco-fertilisants au niveau des maraîchers, d autres utilisateurs. La promotion des opérateurs privés. La volonté d amélioration privée et publique. Le premier contact du projet avec son environnement social qui était l état des lieux lors de la phase 2 du projet n a pas permis que de déceler les besoins réels de la population, mais aussi de la sensibiliser à l approche Ecosan et à la motiver d améliorer la situation d assainissement. Niveau global de gestion de l ensemble du système Fournisseurs agréés Coordination du projet Mairies Ministères Vente et commercialisation des eco-fértilisants. Suivi de la chaîne de gestion (génération - collectehygiénisation - livraison- utilisation). Pérennisation du projet en prenant la relève à sa fin. Réglementation de la gestion des systèmes Ecosan Le chapitre précédent a illustré les implications des principales parties prenantes issues de la population et des institutions publiques locales dans le cycle Ecosan du projet telles qu elles ont été définies par le plan stratégique. Ce plan stratégique a pu Utilisation en agriculture Agriculteurs, maraîchers, fleuristes etc. Utilisation des éco-fertilisants dans les champs et pour le maraîchage et commercialisation des «écoaliments». 31

46 Parallèlement à chaque phase, les parties prenantes, des ménages jusqu aux municipalités, ont toutes été formées au concept Ecosan et y adhèrent. L idée de produire un fertilisant à partir des urines et des fèces collectés a été bien acceptée par les agriculteurs grâce à l échange et aux expériences gagnés avec des autres projets dans le contexte Ecosan mené par le CREPA. Les obstacles qui restent à franchir La question du risque pour la santé de la réutilisation des excréta reste un souci commun à tous les acteurs. Bien que l utilisation des eaux usées pour l agriculture est pratiquée communément en Afrique de l Ouest, la question du risque sanitaire est souvent négligée en raison de la nécessité et du manque d alternative et l origine des ces «fértilisant» sont souvent ignoré volontairement. Ecosan ne fait rien d autre de valoriser les mêmes nutriments provenant des déchets humains, mais soulève la question d hygiène ouvertement. Car les risques microbiologiques et sanitaires liés aux excréta ont été largement disséminé par les campagnes d hygiène, la confrontation avec la réalité d utiliser ces mêmes matériaux pour la production agricole peut provoquer une rétention de côté de bénéficiaires cibles. Ces soucis ont été largement détruits auprès des acteurs impliqués directement dans le projet. Mais quoi qui en soit, un marché Ecosan nécessite un débouché pour les éco-aliments produits avec de l éco-fertilisant autant que pour les produits fertilisants. Une demande et une volonté d acheter parmi la population plus élargie de Ouagadougou est donc indispensible. C est pourquoi il est crucial pour le projet d établir un contact personnel et une sensibilisation aussi avec les habitants, potentiels consommateurs des aliments produits avec de l éco-fertilisant. Le RSI potentiel du projet Ecosan_UE Naturellement, les parties prenantes impliquées dans un projet quelconque cherchent à obtenir un impact positif. Toutefois, les opinions peuvent êtres divergentes sur la nature et la manière d obtenir cet impact bénéfice. Il a été défini au départ de ce travail que la durabilité d un projet dépend essentiellement du niveau d implication des tous les acteurs intégrés au projet et de l efficacité de leur partenariat. Cependant, une analyse rapide des possibles impacts économiques, sociaux et environnementaux peut permettre de prévoir ou d évaluer à court terme le bénéfice d un projet. Impact économique Les bénéfices financiers du projet en ce qui concerne les PME et les organisations populaires ont été mis en évidence. Toutefois, le projet a quelques avantages financiers d une dimension supérieure. D une part il y a l aspect qui concerne tous les projets d assainissement, qui est celui de la santé de la population et son influence sur l économie. D autre part, le projet Ecosan_UE permet la production d éco-fertilisant constituant une alternative durable au fertilisant chimique pour assurer la sécurité alimentaire au niveau local. Valeur de l assainissement : Santé Les problèmes économiques d une population sont souvent directement liés à son état de santé. Le Burkina Faso à l instar d autres pays en voie de développement connaît une forte prévalence des maladies liées à l eau, au manque d hygiène et d assainissement avec des conséquences néfastes sur la santé des populations les rendant ainsi inaptes à travailler pour le développement macro- et micro-économique. 32

47 Dans une famille, par exemple, où le père travaille occasionnellement pour nourrir sa famille au jour le jour, une maladie qui l empêche de partir chercher du travail pendant quelques jours peut alors mettre en péril la survie d un petit enfant déjà au départ mal nourri ou malade. Comme ces maladies sont à l origine des absences de longue durée au travail et à l école ou d une perturbation du développement physique et psychique des enfants, leur diminution est essentielle pour permettre le développement économique d'une population. De nombreuses études ont montré que l adoption de mesures préventives notamment l amélioration de la situation sanitaire et la pratique de l hygiène permettent de freiner la transmission de ces maladies souvent infectieuses. L accès à une latrine par exemple peut réduire le taux de diarrhée de 30 à 40%. Au Burkina Faso on a répertorié environ 5 millions de patients, dont 17% ont consulté pour la diarrhée ou parasitose en Si on se base sur les coûts nationaux de santé en 2005 et on considère une diminution de 40% de ces 17%, on peut estimer les gains suivants : Facteur Traitements et médicaments Transports Pertes de temps de travail Gain 5 milliards FCFA 2 milliards FCFA 1 milliards FCFA Total 8 milliards FCFA pour 2005 (Estimations par Clement Klutsé, ECOSAN_UE, rapport provisoire) Ainsi un système d assainissement approprié a un double effet positif sur la santé et ainsi sur l économie d un pays : Permettre un développement de la micro- et macro-économie d un pays. Diminuer les frais privés et publics de santé (médicaments, consultations médicales, transports). étendues, demande des grandes quantités de matières premières, en particulier du pétrole. Pourtant, un être humain, consommant une grande quantité de nutriments chaque jour avec la nourriture qu il ingère, en rejette la quasi totalité une fois son mets a passé la digestion! Si on considère environ 0.13 % d azote des protéines et % de phosphore pour les protéines totales et végétales consommées, on peut estimer la quantité de N (azote), P (Phosphore), K (potassium) générée par personne ou par pays. Le calcul pour la population burkinabé illustre très bien que les nutriments contenus dans les excrétas suffiraient pour remplacer largement les quantités de fertilisant consommées chaque année. Engrais commercial (consommation annuelle) Génération population Ration Excréta / Fertilisant * Données sur fertilisants de 2000/2001 NPK (tonnes) N (tonnes) P (tonnes) K (tonnes) NPK * Urée TOTAL (kg) Tonnes nutriment dans excréta au Burkina Faso** ,6 1,1 2,8 ** Population du Burkina ~ ; Protéines totales (g/pers/jour) 72.6 (statistiques FAO) ; Protéine végétale (g/pers/jour) 64.8 (statistiques FAO). En effet, la valeur économique de ces nutriments générés est d environ 3600 FCFA par an et par personne: Valeur de l assainissement : Eco-fertilisant A part que l impact environnemental de l utilisation excessive des engrais chimiques a fait que cette technique est de plus en plus controversée, l épuisement des ressources ne s arrête pas au nutriments. Les mines de phosphore mondiales ne vont plus suffire que pour quelques décennies à produire des fertilisants phosphorés aujourd hui devenus indispensables pour la production de nourriture. La production de fertilisant industriel azoté, même si les réserves sont estimées d être plus 33

48 de les utiliser tout le temps et correctement, de les entretenir, de les nettoyer et de les réparer à chaque fois que c est nécessaire. Les programmes de sensibilisation qui font partie des tâches des animateurs et associations de chaque secteur ont pour objectifs d amener les populations à faire le lien entre l hygiène de leur cadre de vie, l approvisionnement en eau potable et les problèmes de santé tels que les maladies hydriques et parasitaires. Pour atteindre cet objectif ceux qui sont chargés de mener les actions d information, d éducation et de communication ont bénéficié d une formation intensive durant le projet. Ayant acquis, ces capacités et outils nécessaires pour la sensibilisation à l hygiène et la santé ainsi que aux aspects techniques d Ecosan, ils jouent un rôle important dans la dissémination et la formation des capacités du reste de la population d un secteur. Figure 18 : La valeur «éco-fertilisante» des excréta humains ouagalais. En conséquence, le potentiel économique des toilettes burkinabées est éstimé à 50 milliards FCFA par an et FCFA pour une famille de 5 personnes (ce qui correspond à un salaire mensuel d un ouvrier ordinaire). En vue de l évolution du marché mondial et de l épuisement des ressources, les coûts des fertilisants commerciaux vont continuer à augmenter. Une production locale de fertilisant n aura donc pas que des avantages économiques et nationaux en assurant la souveraineté alimentaire, mais aussi dans une dimension élargie, sur les transports internationaux des biens, partie importante de la consommation mondiale en pétrole. L impact social L amélioration de la situation sanitaire et ainsi de la situation économique à un impact sur la vie, le statut familial et social et, comme nous avons vu, sur le développement économique d un ménage. L intégration des associations et PME locaux permet à la population non seulement un revenu, mais aussi de contribuer activement eux-mêmes à l amélioration de leur situation. Cependant, pour améliorer de façon significative les conditions d assainissement et d hygiène, il ne suffit pas de réaliser des ouvrages. Il faut surtout qu il y ait une appropriation de ces technologies par les populations. Ce qui implique l acceptation L'impact environnemental Naturellement, tout système d assainissement a un impact considérable sur l environnement. Le traitement adapté des excréta et des eaux usées évite la pression de pollution sur l environnement naturel. Le concept de la séparation d urine, comme il est proposé par le projet Ecosan_UE a l avantage de ne pas nécessiter de l eau, ressource rare au Burkina Faso et de minimiser les infiltrations vers les nappes souvent peu profondes et directement liées à la source d eau potable. De plus, la séparation de l urine permet de garder celui quasiment sans pathogènes et les fèces ainsi séchés facilement deviennent moins hostiles aux pathogènes et sont dans quelques mois également rendus inoffensifs en ce qui concerne les maladies hydriques. Par une production de fertilisant locale seront réduites non seulement les exploitations des mines des éléments fertilisantes, mais aussi la consommation énergétique globale sera diminuée (raffinage des fertilisants, transports etc.). Les éco-fertilisants sont d ailleurs aussi avantageux pour une agriculture écologique. Leur composition complexe est souvent plus adaptée au sol naturel et plus facilement assimilable par les plantes. Une application d éco-fertilisant n entraîne donc pas une détérioration de la qualité d un sol agricole à long terme, comme c est souvent le cas avec les engrais chimiques. Malheureusement, les excréta contiennent aussi des résidus médicamenteux et hormonaux qui sont introduits aussi dans la nature par l utilisation agricole. En effet, nous rejetons avec nos urines une grande proportion des médicaments que nous 34

49 absorbons, comme les préparations à bases d hormones telle que la pilule contraceptive. A ces résidus viennent encore s ajouter des hormones produites naturellement par notre propre organisme. Des recherches, notamment à l Eawag (Zürich, Suisse) s occupent de cette problématique. Cependant, dans un contexte de situation sanitaire comme celle du Burkina Faso, cette problématique est encore négligée estimant, que le besoin en fertilisant et l installation sanitaire est prédominant et que la consommation de tels médicaments «modernes» est moins élevée. Pour un «scaling-up» de l approche, il est nécessaire d étudier cette question de plus près aussi dans un contexte burkinabé. 35

50 36

51 Ce projet convainc néanmoins par son approche très intégrée, se concentrant sur de nombreux aspects de son environnement cible à tous le niveaux. L approche Ecosan gagne de plus en plus en intérêt parmi les alternatives sanitaires écologiques ce qu est dû à ses avantages économiques et il est important de gagner plus d expérience à des échelles et des contextes bien différents. L avantage du projet est de disposer d un bureau de coordination avec son équipe de projet dynamique, agissant comme point de confluence pour les acteurs de tous les niveaux locaux, nationaux et internationaux. Ce bureau permet aussi de donner une identité au projet et ses locales permettent d organiser de nombreuses rencontres et formations. V- Conclusion Au départ de ce travail, il a été supposé que la durabilité du projet Ecosan_UE dépend du degré d implication de toutes les parties prenantes dans le processus de planification et de l efficacité de leur partenariat, de la volonté d améliorer la situation sanitaire par les populations et les institutions publiques (et la volonté de payer le prix de l amélioration) ainsi que de la promotion des opérateurs privés locaux. Si ce projet était une fleur, elle ne pourrait fleurir qu à condition d être nourrie avec suffisamment de nutriments qui sont contenus dans le sol où sont emplantées ses racines. Le cadre institutionnel du projet permet d impliquer la population à trois niveaux. Le premier niveau est celui des ménages bénéficiaires d une installation sanitaire. Le deuxième niveau est celui des associations et PME locales impliquées dans le processus de planification et de mise en œuvre à travers la représentation dans le comité directeur de chaque secteur. Le troisième niveau est l implication, à travers la création d une possibilité de revenus pour les associations, des maçons, des préfabricants, maraîchers etc. La structuration du marché et le développement d un secteur privé dynamique pour répondre à la demande en assainissement urbain est à la base de l intégration du projet dans le secteur économique local. Il en est de même pour le marché des aliments produits avec de l éco-fertilisant, mais cette dernière composante n a pas été prise en compte. L équipe du projet jouit également d une certaine liberté budgétaire permettant dès les débuts de motiver les acteurs de tous les niveaux de s impliquer concrètement et avec sérieux grâce au rémunérations conséquentes. Cependant, au niveau des autorités publiques, la durabilité de cette approche peut être mise en doute. Le point faible, commun à beaucoup de projets, est celui des échéances du budget annuel qui force le projet à intervenir parfois de manière précipitée à dépenser l argent dans les délais pour ne pas le perdre. Toutefois, un avancement rapide dans un rythme dynamique est en même temps un avantage. Trois facteurs ont été identifiés qui sont critiques pour la durabilité de l approche adoptée par ce projet : 1. Niveau élevé des subventions Les subventions prévues par le projet sont considérables. Beaucoup d argent est investie dans la construction des latrines et l infrastructure de la chaîne Ecosan_UE. Les latrines les plus basiques peuvent êtres acquises sans véritable contribution financière de la part des ménages concernés. Cependant, l expérience des projets de développement sanitaires ont montré, que de «donner» n est jamais une manière de «convaincre» à long terme. Autant que l approche Ecosan demande une motivation et une capacité plus élevées de son utilisateur comme la mauvaise utilisation, dans les pires des cas peut engendrer une situation hygiénique détériorée. 2. Acceptabilité des éco-aliments Ni au niveau de la sensibilisation, de la planification ou de la mise en œuvre du projet, les vendeurs ou consommateurs des produits alimentaires de maraîchage ont été pris en compte. Il est évident que la production des légumes à la base d excréta humains peut rebuter les consommateurs, même si l utilisation de l eaux usées dans l agriculture est pratiquée couramment. Les excréta humain restent dans la plupart des sociétés un sujet tabou et les soucis de leur réutilisation ne se trouve pas seulement au niveau hygiénique mais aussi culturel et religieux. 37

52 Pour favoriser l acceptation et consolider l intégration d Ecosan dans le système économique local il s agit donc de véritablement créer, non pas seulement un marché des produits éco-fertilisants, mais aussi des éco-aliments. 3. Inscription dans les stratégies politiques locales Les élus des mairies d arrondissement qui sont aujourd hui intégrés dans le projet à travers le comité directeur ont été peu à peu sensibilisés et familiarisé au concept Ecosan. En effet, l intégration et l inscription du principe Ecosan dans la stratégie d assainissement national est nécessaire pour la survie du projet Ecosan_UE. Le risque politique demeure dans le fait que les autorités sont élues en général pour une période de quatre ans et aucune garantie n est donnée sur l acceptabilité du projet par les nouveaux élus. Figure 19 : La stabilité des trois piliers de fondation du projet Ecosan_UE. Les problèmes d'assainissement peuvent êtres efficacement résolus grâce aux technologies existantes et émergentes, mais nécessitent l'application correcte des systèmes et des approches, en permettant un développement favorable social, économique et environnemental de la communauté. Une planification holistique et intégrée des besoins en service d'assainissement est une condition. Pour promouvoir l'appropriation des services par l'usager, les décisions doivent être prises à un niveau aussi près que possible de la source du problème et en concertation avec les personnes les plus directement touchées tout en intégrant les autorités publiques locales. Le projet Ecosan_UE est prometteur dû à son approche intégré qui tient compte des dernières leçons apprises lors de la Décennie International de l Eau Potable et de l Assainissement (DIEPA) : l Assainissement Ecologique Centré sur les Ménages (AECM) au niveau social et économique et Ecosan au niveau technologique. Dans peu de temps, la phase pilote va arriver à son terme et la capacité autoporteuse du projet va être mise à l épreuve. Quoi qu il en soit, le projet reste innovateur et les leçons apprises lors de ces trois ans de phase pilote vont avancer le développement vers un accès à l assainissement et une souveraineté économique pour tous. Néanmoins il est à espérer que le projet Ecosan_UE survivra avec toutes ses composantes, en particulier le système de collecte et de hygiénisation. Bien que le concept Ecosan en soi propose une solution d assainissement individuelle durable d un point de vue écologique et économique, implémenté dans un contexte périurbain, où l occupation majeure de la population n est pas l agriculture, les latrines d Ecosan, d un point de vue des ménages, présentent à peine une amélioration par rapport à l assainissement individuel basé sur les latrines traditionnelles. Puisque, dans ce contexte, le problème d élimination des boues de vidange, posé aux ménages et le rejet clandestin causant des dommages environnementaux et des situations non-hygiéniques, se déplace vers le problème d élimination des fèces et des urines s accumulant dans les latrines Ecosan à séparation. En conséquence, autant pour des latrines traditionnelles que pour des latrines Ecosan dans un contexte péri-urbaine comme celui du projet Ecosan_UE, il est indispensable d avoir un mécanisme de collecte sain, abordable et écologique fonctionnel, indépendamment du fait que ce soit un projet de coopération, la population elle-même ou encore les institutions publique qui l exploitent et s en chargent.. 38

Assainissement et hygiène dans les pays en voie de développement : identifier les obstacles et y apporter des réponses

Assainissement et hygiène dans les pays en voie de développement : identifier les obstacles et y apporter des réponses Assainissement et hygiène dans les pays en voie de développement : identifier les obstacles et y apporter des réponses Étude de cas au Burkina Faso ACCEDES Assainissement et hygiène dans les pays en voie

Plus en détail

Dans une liberté plus grande : développement, sécurité et respect des droits de l homme pour tous

Dans une liberté plus grande : développement, sécurité et respect des droits de l homme pour tous Nations Unies A/59/2005* Assemblée générale Distr. générale 24 mars 2005 Français Original: anglais Cinquante-neuvième session Points 45 et 55 de l ordre du jour Application et suivi intégrés et coordonnés

Plus en détail

Le Droit à l Eau: Du concept à la mise en oeuvre

Le Droit à l Eau: Du concept à la mise en oeuvre Le Droit à l Eau: Du concept à la mise en oeuvre Rédigé par Céline DUBREUIL Sous la direction de Paul VAN HOFWEGEN Conseils juridiques fournis par: Soutien financier assuré par: Préface Le droit à l eau

Plus en détail

COMMUNICATION DE LA COMMISSION AU PARLEMENT EUROPÉEN, AU CONSEIL, AU COMITÉ ÉCONOMIQUE ET SOCIAL EUROPÉEN ET AU COMITÉ DES RÉGIONS

COMMUNICATION DE LA COMMISSION AU PARLEMENT EUROPÉEN, AU CONSEIL, AU COMITÉ ÉCONOMIQUE ET SOCIAL EUROPÉEN ET AU COMITÉ DES RÉGIONS COMMISSION EUROPÉENNE Bruxelles, le 27.2.2013 COM(2013) 92 final COMMUNICATION DE LA COMMISSION AU PARLEMENT EUROPÉEN, AU CONSEIL, AU COMITÉ ÉCONOMIQUE ET SOCIAL EUROPÉEN ET AU COMITÉ DES RÉGIONS UNE VIE

Plus en détail

Cadre d action de Dakar

Cadre d action de Dakar mondial sur Forum l éducation Dakar, Sénégal du 26 au 28 avril 2000 Cadre d action de Dakar L Éducation pour tous : tenir nos engagements collectifs Adopté par le Forum mondial sur l éducation Dakar, Sénégal,

Plus en détail

Des politiques meilleures pour une vie meilleure. La mission de l OCDE depuis 50 ans

Des politiques meilleures pour une vie meilleure. La mission de l OCDE depuis 50 ans Des politiques meilleures pour une vie meilleure La mission de l OCDE depuis 50 ans Crédits graphiques : Page 24 OCDE (2011), Panorama des statistiques de l OCDE 2010 : Économie, environnement et société,

Plus en détail

Education pour Tous d ici 2015

Education pour Tous d ici 2015 A N A L Y S E d e l I E Education pour Tous d ici 2015 La réponse de l Internationale de l Education au Rapport mondial de suivi 2008 Développer la protection et l éducation de la petite enfance Rendre

Plus en détail

3 The Millennium Development Goals: Report 2010. Objectifs du Millénaire pour le développement Rapport 2014. asdf NATIONS UNIES

3 The Millennium Development Goals: Report 2010. Objectifs du Millénaire pour le développement Rapport 2014. asdf NATIONS UNIES 3 The Millennium Development Goals: Report 2010 Objectifs du Millénaire pour le développement Rapport 2014 asdf NATIONS UNIES Le présent rapport est fondé sur un ensemble de données compilées par le Groupe

Plus en détail

Phase VI (2014-2018) du Réseau européen des Villes-santé de l OMS : objectifs et conditions

Phase VI (2014-2018) du Réseau européen des Villes-santé de l OMS : objectifs et conditions Réseau européen des Villes-santé de l OMS Phase VI (2014-2018) du Réseau européen des Villes-santé de l OMS : objectifs et conditions RÉSEAU EUROPÉEN DES VILLES-SANTÉ DE L OMS Phase VI (2014-2018) du

Plus en détail

Rapport du Sommet mondial pour le développement durable

Rapport du Sommet mondial pour le développement durable ** Nations Unies Rapport du Sommet mondial pour le développement durable Johannesburg (Afrique du Sud), 26 août-4 septembre 2002 ** Rapport du Sommet mondial pour le développement durable Johannesburg

Plus en détail

Pour une fonction publique audacieuse et Business friendly

Pour une fonction publique audacieuse et Business friendly Pour une fonction publique audacieuse et Business friendly Rapport Mars 2014 L Institut Montaigne est un laboratoire d idées think tank créé fin 2000 par Claude Bébéar et dirigé par Laurent Bigorgne. Il

Plus en détail

CONSOMMATION DURABLE. Quel rôle pour le consommateur? CONSOMMATION DURABLE

CONSOMMATION DURABLE. Quel rôle pour le consommateur? CONSOMMATION DURABLE iv u n l fg oa r i ms e r CONSOMMATION DURABLE CONSOMMATION DURABLE Synthèse des recherches menées dans le cluster consommation durable du PADD II Quel rôle pour le consommateur? D/2007/1191/13 Publié

Plus en détail

Faire face à la pénurie d eau Un cadre d action pour l agriculture et la sécurité alimentaire

Faire face à la pénurie d eau Un cadre d action pour l agriculture et la sécurité alimentaire Faire face à la pénurie d eau Un cadre d action pour l agriculture et la sécurité alimentaire 8 Faire face à la pénurie d eau Un cadre d action pour l agriculture et la sécurité alimentaire FAO Rapports

Plus en détail

Stratégie nationale pour la biodiversité 2011-2020

Stratégie nationale pour la biodiversité 2011-2020 Stratégie nationale pour la biodiversité 2011-2020 Sommaire Page 4 Introduction 6 Une vision pour agir 9 Une ambition commune 10 Agir ensemble 12 La biodiversité en France 15 Les 20 objectifs de la SNB

Plus en détail

L a u d a c e d e s p e t i t s pa s. L audace des petits pas

L a u d a c e d e s p e t i t s pa s. L audace des petits pas L a u d a c e d e s p e t i t s pa s L audace des petits pas ii L audace des petits pas L audace des petits pas D i x a n s d e G l o b a l W a t e r Pa r t n e r s h i p L audace des petits pas iii ISBN:

Plus en détail

TOUT SAVOIR SUR LE COMMERCE ÉQUITABLE

TOUT SAVOIR SUR LE COMMERCE ÉQUITABLE TOUT SAVOIR SUR LE COMMERCE ÉQUITABLE SOMMAIRE Pourquoi y a-t-il un commerce équitable? Historique du commerce équitable Les engagements du commerce équitable Quels sont les impacts du commerce équitable?

Plus en détail

Glossaire de la promotion de la santé

Glossaire de la promotion de la santé WHO/HPR/HEP/98.1 Distr. : limitée Glossaire de la promotion de la santé Organisation mondiale de la santé Genève Organisation mondiale de la santé 1999 Les opinions exprimées dans ce document par des auteurs

Plus en détail

L efficacité du développement aux niveaux local et régional. Promouvoir les synergies entre autorités locales et régionales et l UE à l ère post-busan

L efficacité du développement aux niveaux local et régional. Promouvoir les synergies entre autorités locales et régionales et l UE à l ère post-busan L efficacité du développement aux niveaux local et régional Promouvoir les synergies entre autorités locales et régionales et l UE à l ère post-busan La voix européenne des Autorités Locales et Régionales

Plus en détail

Rapport Brundtland - Avant-propos

Rapport Brundtland - Avant-propos Rapport Brundtland - Avant-propos Notre avenir à tous Avant-propos de la présidente «Un programme global de changement», c est ce qu'on a demandé à la Commission mondiale sur l environnement et le développement

Plus en détail

Innover par la mobilisation des acteurs : 10 propositions pour une nouvelle approche de l aide au développement

Innover par la mobilisation des acteurs : 10 propositions pour une nouvelle approche de l aide au développement Innover par la mobilisation des acteurs : 10 propositions pour une nouvelle approche de l aide au développement Rapport complet remis par Emmanuel Faber et Jay Naidoo Rapport d orientations Direction générale

Plus en détail

Financer l eau pour tous

Financer l eau pour tous Rapport du Panel mondial sur le financement des infrastructures de l eau PRÉSIDENT : MICHEL CAMDESSUS RAPPORTEUR : JAMES WINPENNY Financer l eau pour tous CONSEIL MONDIAL DE L EAU 3 ÈME FORUM MONDIAL DE

Plus en détail

évaluation des activités de développement

évaluation des activités de développement Évaluation des activités de développement 12 leçons du CAD de l OCDE évaluation des activités de développement fonder l apprentissage et la prise de décision sur des résultats éprouvés Évaluation des

Plus en détail

Acheter social. Un guide sur les appels d offres publics avec clauses de responsabilité sociale

Acheter social. Un guide sur les appels d offres publics avec clauses de responsabilité sociale Acheter social Un guide sur les appels d offres publics avec clauses de responsabilité sociale La présente publication bénéficie du soutien du programme de l UE pour l emploi et la solidarité sociale PROGRESS

Plus en détail

Vers des principes communs de flexicurité: Des emplois plus nombreux et de meilleure qualité en combinant fl exibilité et sécurité

Vers des principes communs de flexicurité: Des emplois plus nombreux et de meilleure qualité en combinant fl exibilité et sécurité Vers des principes communs de flexicurité: Des emplois plus nombreux et de meilleure qualité en combinant fl exibilité et sécurité Vers des principes communs de flexicurité: Des emplois plus nombreux

Plus en détail

Produire plus avec moins. Guide à l intention des décideurs sur l intensification durable de l agriculture paysanne

Produire plus avec moins. Guide à l intention des décideurs sur l intensification durable de l agriculture paysanne Produire plus avec moins Guide à l intention des décideurs sur l intensification durable de l agriculture paysanne ORGANISATION DES NATIONS UNIES POUR L ALIMENTATION ET L AGRICULTURE Rome, 2011 Réimpression

Plus en détail

Guide méthodologique. L accès aux services pour les personnes handicapées. Direction des Ressources Techniques Décembre 2010 GM 05

Guide méthodologique. L accès aux services pour les personnes handicapées. Direction des Ressources Techniques Décembre 2010 GM 05 Guide méthodologique L accès aux services pour les personnes handicapées Direction des Ressources Techniques Décembre 2010 GM 05 Auteurs Diana Chiriacescu Maryvonne de Backer Rozenn Botokro Recueil des

Plus en détail

LES ENFANTS D HAÏTI : DEUX ANS APRÈS. Qu est-ce qui change? Qui participe au changement?

LES ENFANTS D HAÏTI : DEUX ANS APRÈS. Qu est-ce qui change? Qui participe au changement? LES ENFANTS D HAÏTI : DEUX ANS APRÈS Qu est-ce qui change? Qui participe au changement? Children of Haiti: Two Years After What is changing? Who is making the change? 1 Avant-propos Sa ou plante se sa

Plus en détail

Manuel de Gestion des Camps

Manuel de Gestion des Camps Manuel de Gestion des Camps Ceci est la traduction partielle du manuel Camp Management Toolkit. Le Kit d outils n y figure pas. Le Manuel doit donc être utilisé en se référant à la version intégrale en

Plus en détail