Centre Africain d Etudes supérieures en Gestion CESAG. Master en Banque et Finances MBF. Année académique

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1 Centre Africain d Etudes supérieures en Gestion CESAG Master en Banque et Finances MBF Année académique CESAG BIBLIOTHEQUE Option : Finance d entreprises et Marchés financiers PROJET PROFESSIONNEL OFFRE DE MISE EN PLACE D UN SYSTEME DE NOTATION INTERNE DES ENTREPRISES INDUSTRIELLES ET COMMERCIALES AU SEIN DES BANQUES COMMERCIALES AU SENEGAL Présenté par : Khady FALL 11 eme Promotion MBF Sous la supervision de: M. Soulakata KEBE Chef du Service des Opérations Bancaires à la BCEAOSIEGE Dakar, Juin 2013

2 AVANT PROPOS Le programme Master en Banque et Finance (MBF) est un programme professionnel bilingue (français anglais) d études post universitaires de haut niveau en Banque et en Finance. Ce programme, créé en 2001, sous l impulsion des Etats de l Union Monétaire Ouest Africaine (U MOA), est le fruit de la collaboration entre le CESAG, la Banque Centrale des Etats de l Afrique de l Ouest (BCEAO), la Banque de France, l Agence Française de développement (AFD), l Union Européenne, la Banque Mondiale, le Ministère français des Affaires Etrangères et la Fondation pour le Renforcement des Capacités en Afrique ( ACBF). C est un programme d excellence de l UEMOA qui bénéficie de l appui de divers partenaires académiques, techniques et financiers, dont la Banque des Règlements Internationaux (BRI), l INSEAD de Paris, la New York University, l Université Paris Dauphine, la Bundesbank, l UEM OA, la Bank of Ghana, Thompson Reuters, la BRV M, Ecobank, Bloomberg. Le diplôme délivré est le Master en Banque et Finance (MBF). CESAG BIBLIOTHEQUE Le MBF a pour objectif de répondre au besoin croissant de formation bancaire et financière de haut niveau en Afrique. L accès au programme se fait sur concours ouvert aux cadres des institutions bancaires et financières, des entreprises privées et des administrations économiques et financières publiques. L objectif vise est la maitrise des instruments financiers, des techniques de mesure et de gestion des risques développés sur les marches internationaux de capitaux en vue de relever le défi de la globalisation. A leur sortie, les «Mastériens» ont plusieurs profils avec comme débouchés possibles : Gestionnaire de la trésorerie nationale et internationale ; Gestionnaire des risques de marches ; Gestionnaire de portefeuille ; Operateur de marche (frontoffice) ; Responsable du front ou du back office ; Contrôleur interne ; Contrôleur de gestion. L année 2012 marque l entrée du MBF dans sa troisième phase. Désormais, l obtention du diplôme est sanctionnée, non plus par un mémoire, mais plutôt par un projet professionnel. Le présent document s inscrit dans ce cadre.

3 DEDICACE A mon père Serigne Mbacke FALL et à ma mère Saynabou FALL, en témoignage de ma profonde gratitude pour les sacrifices tant consentis pour l épanouissement intellectuel de vos enfants, je vous dédie ce travail ; puisse Dieu nous accorder la grâce de vous faire jouir des fruits des multiples efforts que vous consentis pour notre éducation et notre réussite. A mon brave grand frère Serigne Moustapha FALL, mon modèle de réussite ; merci de m avoir inculque le gout du travail et de la persévérance. A mes petites sœurs Mame Fatou FALL et Ndeye Bineta Fall, avec toute mon affection, je vous dédie ce travail avec toute la fierté que peut éprouver une grande sœur et souhaite vivement qu un jour vous puissiez vous inspirer de cet exemple. CESAG BIBLIOTHEQUE FALL Khady MBF 11 ème promotion , CESAG. Dakar, Senegal Page i

4 REMERCIEMENTS J adresse mes sincères remerciements à l ensemble des personnes qui ont participé à la réalisation de ce rapport. J exprime plus particulièrement ma gratitude à : A Monsieur Soulakata KEBE, mon encadreur, pour son inestimable soutien. A Madame Clarisse LIAUTAUD, Chargée de mission Secteur Privé de l Agence Française de Développement au Sénégal, je vous adresse un merci sincère pour votre disponibilité et vos précieux conseils sur la notation financière. CESAG BIBLIOTHEQUE A Madame Astou SAGNA, de l Agence Nationale de la Statistique et de la Démographie, pour avoir facilite la collecte de données financières sur les entreprises sénégalaises, je ne saurai vous remercier à votre juste valeur. Au Professeur Boubacar BAIDARI, Coordonnateur du Programme MBF, et à l ensemble du personnel de la coordination, pour leur ardeur dans le renforcement, la pérennité de la qualité de l enseignement et de la notoriété de ce programme. Au corps professoral, et à l ensemble du personnel du CESAG pour les enseignements et les services dont j ai eu à bénéficier durant ma formation. A ma famille pour son soutien de tous les jours. A mes collègues de la 11 ème promotion, pour leur soutien moral. FALL Khady MBF 11 ème promotion , CESAG. Dakar, Senegal Page ii

5 LISTE DES SIGLES ET ABREVIATIONS ANSD BCEAO BEAC BFI BIS Agence Nationale de la Statistique et de la démographie Banque Centrale des Etats de l Afrique de l Ouest Banque des Etats de l Afrique Centrale Banque de Financement et d Investissement Bank for International Settlements CAF CBAO CEMAC CESAG CP CREPMF DDD DF DSCR DSECN IFRS L MBF CESAG BIBLIOTHEQUE Capacité d Autofinancement Compagnie Bancaire de l Afrique Occidentale Communauté Economique et Monétaire de l Afrique Centrale Centre Africain d Etudes Supérieures en Gestion Capitaux propres Conseil Régional de l Epargne Publique et des Marches Financiers Direction des crédits Dettes Financières Délai de Récupération du Capital Direction des Statistiques Economiques et de la Comptabilité Nationale International Financial Reporting Standards Liquidité Master en Banque et Finance OPCVM Organismes de Placement Collectif en Valeurs Mobilières R RN S SCPI Sum Rentabilité Résultat Net Solvabilité Sociétés Civiles de Placement Immobilier Somme FALL Khady MBF 11 ème promotion , CESAG. Dakar, Senegal Page iii

6 TN UBA Trésorerie Nette United Bank of Africa UEMOA Union Economique et Monétaire Ouest Africaine UMOA WARA Union Monétaire Ouest Africaine West Africa Rating Agency CESAG BIBLIOTHEQUE FALL Khady MBF 11 ème promotion , CESAG. Dakar, Senegal Page iv

7 LISTE DES TABLEAUX Tableau 1 : Fichier processus de notation Tableau 2 : Classification des risques Tableau 3 : Ratios médians par classe d entreprises Tableau 4 : Ratios moyens par secteurs d activité Tableau 5 : Matrice De Confusion CESAG BIBLIOTHEQUE FALL Khady MBF 11 ème promotion , CESAG. Dakar, Senegal Page v

8 LISTE DES ANNEXES Annexe 1 : Elaboration des classes de risques de 150 entreprises sénégalaises à partir de la base de données de l ANSD Annexe 2 : Résultats obtenus Annexe 3 : Scores individualises des 150 entreprises sénégalaises extraites de la base de données de l ANSD. CESAG BIBLIOTHEQUE FALL Khady MBF 11 ème promotion , CESAG. Dakar, Senegal Page vi

9 SOMMAIRE DEDICACE... i REMERCIEMENTS... ii LISTE DES SIGLES ET ABREVIATIONS... iii LISTE DES TABLEAUX... v SOMMAIRE... 7 INTRODUCTION GENERALE... 8 CHAPITRE 1 : Nomenclature des risques bancaires et définition du risque de contrepartie.. 14 I. Définition et classification des métiers de la banque CESAG BIBLIOTHEQUE II. Présentation des risques bancaires et du risque de contreparties III. Les sources du risque de contrepartie et ses exigences réglementaires CHAPITRE 2 : Méthodologie de notation des entreprises industrielles et commerciales du Sénégal I. Notation Intrinsèque de la contrepartie II. Facteurs externes de notation III. Procédure de notation CHAPITRE 3 : Marche de la notation financière au Sénégal I. Industrie de la notation financière II. Analyse du marché et de la concurrence CHAPITRE 4 : Conception du système de notation des entreprises industrielles et commerciales au sein des banques commerciales du Sénégal I. Echelle de notation interne et méthodologie de construction du modèle proposé II. Méthodologie de construction du modèle CONCLUSION : ANNEXES TABLE DES MATIERES FALL Khady MBF 11 ème promotion , CESAG. Dakar, Senegal Page 7

10 INTRODUCTION GENERALE Aujourd hui, une des préoccupations majeures des pays de la zone UEMOA est le financement de l économie. En effet, ces pays en voie de développement sont des économies d endettement : c'estàdire que les agents économiques font largement appel au crédit bancaire en raison de la perception qu ils ont des contraintes et risques associés aux modes de financement alternatifs. Cependant, face aux besoins d investissement croissants des économies des pays de l UEMOA qui sont confrontés à des déficits budgétaires récurrents avec des taux d intérêts rigides, il s impose de plus en plus la nécessité d aller vers le marché financier qui donne l avantage de proposer à des taux plus faibles des ressources plus longues que le marché des prêts bancaires. CESAG BIBLIOTHEQUE En effet, le marché financier de l UEMOA créé en 1998 a été conçu pour compléter et renforcer le marché monétaire, et offrir aux opérateurs économiques de la sousrégion des opportunités de placement et de financement alternatifs. Mais force est de constater quelques difficultés pour ce marché à s imposer comme une source de financement dans la sousrégion contrairement aux cas des marchés asiatiques, européens et américains. Le constat est que les émetteurs hésitent toujours à recourir au marché financier régional. C est dans ce cadre qu un plan de relance pour développer le marché financier régional de l UMOA a été adopté par le conseil des ministres de l Union en Parmi les plans d actions de l UMOA, il a été retenu la mise en place d un système de notation au sein de l Union. Dans le cadre de notre étude, nous pouvons donc considérer que le Sénégal est une économie d endettement. Et que les banques constituent la principale source de financement du développement dans un pays comme le Sénégal. Donc, une banque peut être définie comme une société financière qui gère des dépôts, collecte l épargne des clients, accorde des prêts et offre des services Cependant depuis quelques années, avec l augmentation des besoins de financement des particuliers et des entreprises mais aussi des profits qui s offrent en termes d intérêts, nous assistons à l émergence des banques au Sénégal. En effet, l'activité d'intermédiation des banques reste aujourd'hui le mode de financement le plus développé au Sénégal. La nécessité de préserver le système bancaire dans le tissu économique sénégalais afin de promouvoir le financement des investissements et par là l'essor économique de la nation, devient alors un enjeu majeur. En effet, depuis 2004, le système bancaire sénégalais a subi une grande mutation. En outre, on note l opération de grande envergure du groupe marocain ATTIJARIWAFABANK qui a opéré un rachat à hauteur de 79,15% sur la CBAO et une acquisition du Crédit du Sénégal. D autre part, on assiste à l apparition de nouveaux entrants sur ce marché que sont : La Banque Régionale de Solidarité (BRS) du groupe BRS Holding SA ; FALL Khady MBF 11 ème promotion , CESAG. Dakar, Senegal Page 8

11 La Banque des Institutions Mutualistes d Afrique de l Ouest (BIMAO) créée par la confédération des caisses mutualistes d Afrique de l Ouest ; La Banque Atlantique (filiale du groupe Atlantic Financial Group) ; L International Commercial Bank (ICB Sénégal) ; La Banque Régionale de Marchés (BRM). Et les banques nigérianes que sont : Union Bank of Africa (UBA); Diamond Bank. A la fin de l année 2011, l agrément bancaire au Sénégal s est caractérisé avec l implantation de 19 banques. Ainsi, l installation de ces nouvelles banques crée une concurrence acharnée qui pousse les banques à proposer de nouveaux produits, à acquérir de nouveaux marchés, des investisseurs nouveaux. Ceci explique en partie l augmentation du chiffre d affaire des banques passant par une augmentation du volume des crédits. D où intervient la notation qui apparait aujourd hui comme un moyen incontournable pour dynamiser le secteur bancaire sénégalais. Elle se définit comme «une évaluation indépendante, objective et rigoureuse de l aptitude ou la capacité d une entité économique à honorer aux échéances prévues, ses obligations financières (remboursement du capital et des intérêts d un emprunt)» (KARYOTIS, 1995 : 12). CESAG BIBLIOTHEQUE L'acte de crédit étant au cœur du métier de banquier, il exige toujours un réflexe sécuritaire, l'examen attentif et objectif de la contrepartie. Ceci explique largement l'approche risque au sein des banques. La posture adoptée par les banques aujourd'hui et ce, dans un souci de stabilité bancaire conduit cellesci à s'intéresser à la dimension risque. Leurs décisions d'octroi de crédit se fondaient alors sur l'optimisation du couple Risque/rentabilité. Ainsi, la préoccupation du banquier est celle d'éviter un défaut de la part de la contrepartie. Le contexte économique du Sénégal à l instar des pays de l UEMOA a été caractérisé durant les années 80 jusqu'au début des années 90 par un faible niveau de régulation prudentielle associé au nonrespect des règles prudentielles en vigueur. Cette situation a eu de fâcheuses conséquences, dont la plus importante est la faillite de plusieurs banques. De l'analyse faite de cette crise bancaire, il ressort que cette crise est le résultat de décisions peu judicieuses en matière de crédit. A la suite de cette crise bancaire, des réformes ont été mises en œuvre sur deux axes, l'une sur la restructuration des établissements bancaires défaillants et l'autre sur la refonte du dispositif de surveillance bancaire avec l'avènement de la Commission Bancaire pour la zone UEMOA. Cette opération de restructuration avait pour principal objectif de restaurer durablement la solvabilité, la rentabilité et la liquidité des banques. Selon plusieurs analystes financiers, la récente crise financière bancaire née des «subprimes» aux EtatsUnis est la conséquence d'une conduite imprudente des banques poussées par la recherche effrénée de profits dans un environnement caractérisé par une concurrence intense, exacerbée par la globalisation. Cette nouvelle crise, comme les précédentes a pour détonateur la défaillance des contreparties mais plus exactement, la défaillance des systèmes FALL Khady MBF 11 ème promotion , CESAG. Dakar, Senegal Page 9

12 d'appréciation du risque de contrepartie. Le métier de banquier est donc au cœur même des difficultés auxquelles il est confronté. Il s'agit en effet pour le banquier de peser au quotidien la probabilité de défaut des contreparties, de faire face et de gérer au quotidien les questions de «confiance envers la clientèle», lesquelles sont traduites au travers du risque de contrepartie. En effet, l'intermédiation bancaire qui consiste à garantir aux déposants la sécurité du dépôt et sa restitution, couplée au financement de l'économie, fait courir à la banque un risque de crédit en cas de défaillance de l'emprunteur. Malgré les crises engendrées par le risque de crédit et la menace qu'il représente pour la stabilité des systèmes bancaires, ce n'est qu'au début des années 90 que la gestion des risques est devenue effective. A cette période, les banques, en plus de leur tendance à renforcer les fonds propres conformément aux exigences édictées par l'accord de Bâle de 1988, se sont lancées dans le développement de nouvelles techniques de gestion des risques de crédit afin de réduire, ou au mieux d'éviter les défauts de contrepartie que l'activité bancaire génère. CESAG BIBLIOTHEQUE L'on a alors vu apparaître quelques années plus tard des systèmes et modèles de mesure et d'optimisation du risque de contrepartie sous l'impulsion du Comité de Bâle II. Conscient des limites de son premier accord et soucieux de permettre aux banques ayant fait un long parcours dans le domaine, d'utiliser leur propre savoirfaire et leur technologie pour évaluer le risque, ce comité a laissé la possibilité aux établissements de crédit d'édifier leurs propres modèles de gestion du risque en conformité avec ses exigences. Toutefois, l'appréciation du risque de contrepartie intègre des notions parfois subjectives et très difficilement mesurables ; lesquelles ne sont pas forcément prise en compte par tous les outils de notation. En outre, d un point de vue pratique, et spécialement dans l'environnement sénégalais caractérisé par une typologie d'entreprises nettement différente de celle retrouvée à l'occident, les outils de notation devraient tenir compte du clivage entre les entreprises commerciales et industrielles du Nord et du Sud. Face à cette situation, un système de notation interne fondé sur des principes de la finance moderne, visant à la fois la mesure du risque et l'optimisation du Couple Risque/Rentabilité au Sénégal, s avère nécessaire. En outre, la notation financière devrait permettre de rétablir la confiance entre prêteur et emprunteur en instaurant des systèmes d évaluation à temps réel. Toutefois, pour que cette notation atteigne ses objectifs, il faudra qu elle intègre les spécificités des économies subsahariennes en général et celle du Sénégal en particulier à travers la définition des échelles et l établissement de critères de notation en cohérence avec l environnement de la zone. Notre projet professionnel vise alors à apporter une réponse à la problématique suivante : Quel est le système de notation applicable aux entreprises industrielles et commerciales au sein des banques commerciales du Sénégal? FALL Khady MBF 11 ème promotion , CESAG. Dakar, Senegal Page 10

13 L objectif principal de notre projet professionnel est de contribuer à la mise en œuvre d un système de notation pertinent, pour les entreprises industrielles et commerciales, destiné aux banques commerciales du Sénégal. Spécifiquement, il s agit pour nous : de montrer l importance de la mise en œuvre d un système de notation interne au sein des banques commerciales du Sénégal ; de proposer une démarche de notation interne des entreprises industrielles et commerciales au sein des banques commerciales du Sénégal ; de concevoir un système de notation spécifique aux entreprises industrielles et commerciales dédié aux banques commerciales du Sénégal. CESAG BIBLIOTHEQUE Le projet que nous proposons revêt plusieurs intérêts au niveau des banques commerciales du Sénégal, des entreprises industrielles et commerciales emprunteuses auprès des banques commerciales du Sénégal, de l économie nationale, de la communauté scientifique, et pour nous: Pour les banques commerciales du Sénégal : il permet de mieux appréhender le risque que représentent les emprunteurs. Le système de notation interne que nous proposons de mettre en place permettrait aux banques commerciales du Sénégal d effectuer un suivi permanent du risque de crédit des entreprises industrielles et commerciales au Sénégal. Elle permettrait à ces banques de disposer d outils de gestion plus fiables et performants dans la période actuelle de montée du risque de crédit au sein des banques commerciales du Sénégal avec la concurrence acharnée qui se mène dans le secteur bancaire sénégalais. En effet, aujourd hui, pour la plupart des banques commerciales au Sénégal, l évaluation de l emprunteur est effectuée juste lors de la demande de crédit. Mais, ensuite, le suivi lors de toute la durée du crédit n est pas effectué. Ou encore, s il y a quelques banques commerciales au Sénégal qui font le suivi à l instar de UBA ou encore ECOBANK, leur système de notation interne ne prend pas en compte tous les aspects de l analyse du risque des entreprises et commerciales du Sénégal puisque leur système de notation interne est basé sur des critères quantitatifs et laisse en rade les critères qualitatifs (ce type de notation est appelé plus couramment le «scoring»). Et c est là toute la portée que revêt notre projet ; et l innovation qu il représente. Ainsi, il permettrait aux banques commerciales du Sénégal de faire un suivi efficace de l évolution des entreprises industrielles et commerciales qui sont des emprunteuses au niveau de leurs établissements en leur imputant une note qualitative et quantitative qui fera l objet d une note finale chaque semestre. Donc, les banques commerciales du Sénégal, avec ce projet, disposeraient d une meilleure visibilité et d une meilleure perception du risque à l encontre de leurs clients que sont les entreprises industrielles et commerciales du Sénégal. Pour les entreprises industrielles et commerciales du Sénégal : la notation devrait servir de support d une bonne stratégie marketing en leur permettant de mieux se faire connaitre auprès des banques commerciales du Sénégal. Elle devra conférer aux entreprises industrielles et commerciales du Sénégal bénéficiant d une bonne note une certaine notoriété. De plus, elle FALL Khady MBF 11 ème promotion , CESAG. Dakar, Senegal Page 11

14 leur donne l opportunité de diversifier leurs sources de financement, de devenir plus attractives par rapport aux banques commerciales du Sénégal. Il devrait s en suivre une réduction du coût de l emprunt et de pouvoir mobiliser des ressources pour des échéances plus longues. Pour l économie nationale : étant donné que la notation interne encourage la productivité des agents économiques, elle est donc un vecteur d accroissement de la richesse nationale. Pour la communauté scientifique entres autres, le CESAG : notre étude complète des travaux précédents d anciens étudiants du CESAG et pourrait ouvrir des pistes de réflexion sur la proposition d un système de notation des entreprises industrielles et commerciales du Sénégal. En somme, la notation crée un «effet d'entraînement» stimulant de ce fait l économie nationale. Le succès auprès du public des entreprises notées, entraînerait leurs concurrents respectifs à en faire autant afin de bénéficier aussi de cette confiance. La conséquence de ce comportement est que toutes les entreprises commerciales et industrielles du Sénégal rechercheraient une solidité financière et la transparence dans la gestion de leurs activités, pour se faire noter «A». Cette dynamique devrait apporter plus d assurance aux banques commerciales du Sénégal, de même qu aux entreprises industrielles et commerciales du Sénégal. Pour nous, les travaux et recherches effectues dans le cadre ce projet nous ont permis de consolider les connaissances acquises dans le cadre de notre formation au Master en Banque et Finance (MBF) et de développer une réelle compétence en matière d analyse financière des entreprises. Aussi, nous restons convaincus que ces connaissances développées devraient favoriser notre insertion professionnelle. CESAG BIBLIOTHEQUE Notre démarche méthodologique a consisté, dans un premier temps, a effectuer une revue de littérature à travers le fonds documentaire de la bibliothèque du CESAG afin de proposer une définition des métiers de la banque, d appréhender les risques auxquels elle fait face, et de proposer une méthodologie de notation. De même, nous avons procédé a une analyse documentaire des rapports disponibles sur le site internet de la BCEAO et de BIS pour cerner la règlementation bancaire au sein de la zone UEMOA et les exigences du comité de Bale sur le contrôle bancaire. Sur la base des informations financières de 150 entreprises sénégalaises fournies par l Agence Nationale de la Statistique et de la Démographie (ANSD), nous avons pu concevoir notre système de notation. Les difficultés lors de la mise en œuvre de notre travail sont : la collecte d informations :afin de mieux appréhender le sujet de la notation financière au Sénégal, nous avons eu a effectuer des stages, en qualité d analyste financière, respectivement à l Agence Française de Développement qui a mis en place un système de notation de ses contreparties, et à West Africa Rating Agency (WARA) qui est la première agence de notation locale de l Afrique de l Ouest à avoir reçu l agrément du CREPMF pour opérer sur le marche financier régional de l UEMOA. Cependant, bien que nous ayons été en contact avec les systèmes de notation de ces deux entreprises, nous avons été confrontés à l aspect confidentiel de toutes les informations en rapport avec ces entreprises. De ce fait, nous n avons pu exploiter les méthodologies de notation de ces deux entreprises sur notre projet professionnel. FALL Khady MBF 11 ème promotion , CESAG. Dakar, Senegal Page 12

15 l impossibilité d accéder à une banque commerciale sénégalaise dans le cadre du projet professionnel : en effet, il aurait été plus aisé de comprendre l ampleur du besoin pour les banques commerciales du Sénégal de se doter d un système de notation interne des entreprises industrielles et commerciales, si nous avions eu à y effectuer un séjour professionnel, ou encore à administrer des guides d entretien aux chefs de département risques. La suite du rapport s articule autour de quatre chapitres. Dans un premier temps, nous présenterons la nomenclature des risques en environnement bancaire. Dans un second chapitre, nous aborderons la méthodologie de notation que nous avons mise au point pour les entreprises industrielles et commerciales du Sénégal. Ensuite, nous procèderons a l exposé du marché de la notation financière au Sénégal. Enfin, nous présenterons la conception du système de notation mis en place. CESAG BIBLIOTHEQUE FALL Khady MBF 11 ème promotion , CESAG. Dakar, Senegal Page 13

16 CHAPITRE 1 : Nomenclature des risques bancaires et définition du risque de contrepartie Dans les économies modernes, les banques sont des entreprises à part entière qui assurent des services au public. Toutefois, elles ont une particularité par rapport aux autres entreprises parce qu'elles remplissent un rôle économique original lié à la création et à la réallocation monétaire mais aussi parce que ce rôle induit des prestations de services bâties autour des dépôts des clients. Cette activité qui est faite avec l'argent d'autrui, en diverses monnaies, selon un florilège d'échéances, est source de risque. Par conséquent le métier de banquier est confronté à plusieurs sortes de risque, dont le risque de contrepartie pour l'octroi des crédits bancaires. Il s'agira, dans ce chapitre, de présenter les risques auxquels font face les banques en insistant sur le risque de contrepartie et ses exigences règlementaires. Par ailleurs, une brève présentation de la banque et de ses métiers sera faite afin de nous situer dans le contexte. I. Définition et classification des métiers de la banque Nous allons d abord donner une définition de la banque, et ensuite nous ferons une distinction des types de banques selon leurs métiers Définition de la banque 1 CESAG BIBLIOTHEQUE Selon l article 2 de la loi cadre portant réglementation bancaire de l UEMOA de 2010, une banque est une entreprise particulière qui collecte des dépôts de fonds du public, octroie des prêts et gère des moyens de paiement. Les établissements de crédits se définissent dans l UEMOA comme des personnes morales qui, dans le cadre de leur profession habituelle, effectuent à titre principal une ou plusieurs opérations dites de banque à savoir : la réception des fonds du public, les opérations de crédits ainsi que la mise à la disposition de la clientèle des moyens de paiement ou leur gestion ; le placement, la souscription, l'achat, la gestion, la garde et la vente de valeur mobilière et produits financiers ; le conseil et l'assistance en matière de gestion de patrimoine ; les opérations de changes ; les locations simples et avec options ; le conseil et l'assistance en matière de gestion financière, l'ingénierie financière et, d'une manière générale tous services destinés à faciliter la création et le développement des entreprises, sous réserve des dispositions législatives et réglementaires relatives à l'exercice de certaines professions ; la bancassurance qui consiste pour les banques à commercialiser les produits d'assurances. 1 FALL Khady MBF 11 ème promotion , CESAG. Dakar, Senegal Page 14

17 Il est également possible de définir la banque de par ses activités. Ainsi, l'on peut considérer que la banque est toute institution qui se prête aux activités : d'intermédiation bancaire pour la transformation des durées, risques et échéances ; de prestation de services connexes ; de prestation de services d'investissement. On peut citer les opérations sur les actifs financiers côtés, les opérations de fusion acquisition, Classification des banques L'évolution de l'économie, la concurrence et les exigences de la clientèle ont poussé les banques à se spécialiser dans différents métiers ; il fut un temps où les banques faisaient toutes, à peu près les mêmes métiers. Depuis une vingtaine d'années, les banques se sont très largement diversifiées et les nouveaux marchés sur lesquels elles opèrent sont très différents les uns des autres en termes de risques et de rentabilité. Selon les métiers bancaires, nous pouvons distinguer : CESAG BIBLIOTHEQUE la banque commerciale ou de détail (VERNIMMEN, 2012 : 355) : la banque de détail est une banque qui exerce une activité de crédit et d'offre de produits de placements auprès de clientèles individuelles : particuliers, professions libérales, entreprise de petite taille (commerçants, artisans,...) ou de taille moyenne (PME/PMI), collectivités locales et associations. En d'autres termes, la banque de détail offre des services financiers et non financiers aux particuliers, professionnels et les petites entreprises. La banque de détail distribue une gamme de produits ou de services (épargne, crédit, moyens de paiement, produits d assurance). La banque de détail assure la vente des produits et services, qui sont parfois conçus et réalisés par des structures spécialisées comme les compagnies d'assurance ou les sociétés de gestion d'actifs financiers (ou «d'asset management»). S'agissant des banques d'entreprises, on les assimile souvent à des banques de détail au niveau des moyennes et grandes entreprises car jouant pratiquement le même rôle à des échelles différentes. En effet, elle est la partie du métier bancaire concernant les opérations des entreprises. la banque d'affaires : pour les opérations de fusionsacquisitions, introduction en bourse et marché primaire d'actions, elle est pratiquement inexistante au niveau de la zone UEMOA malgré quelques opérations effectuées par certaines banques de la place et relevant de la banque d'affaires. la banque de financement et d'investissement (FLEURIET, 2010 : 3) qui est une banque, ou une division de banque, qui rassemble l'ensemble des activités de conseil, d'intermédiation et d'exécution ayant trait aux opérations dites de haut de bilan (introduction en bourse, émission de dette, fusion/acquisition) de grands clients (entreprises, investisseurs, mais aussi États...). C'est dans le cadre de la banque d'investissement que se réaliseront les opérations de FALL Khady MBF 11 ème promotion , CESAG. Dakar, Senegal Page 15

18 capitalrisque, de capital développement... La banque de financement a pour but d'accompagner les clients dans leurs projets à long terme (généralement supérieur à 7 ans). À la différence d'une banque de dépôt, elles ne reçoivent pas les dépôts des particuliers et recherchent donc les liquidités auprès des autres banques, des marchés monétaires ou de la Banque Centrale. Elles donnent également accès au marché de capitaux par émission d'actions et obligations. On différencie parfois la banque d'investissement de la banque de financement en attribuant à la première les activités de marchés et à la seconde celles de finance d'entreprise. Toutefois le terme de banque de financement et d'investissement (BFI) qui inclut les deux activités, tend à se généraliser. la banque de gestion d'actifs (VERNIMMEN, 2012 : 357) pour les activités des marchés financiers, elle intervient pour le compte de ses clients dans l'optique de gérer des actifs financiers ou de conserver des titres. Une banque de gestion d'actifs est une banque spécialisée dans la gestion des actifs des particuliers et des entreprises. Cette catégorie de banque propose une offre sur la gestion de fonds (souvent collective avec les OPCVM), mais aussi, différents autres produits qui se réfèrent aux actifs immobiliers (SCPI) ou à l'assurancevie. CESAG BIBLIOTHEQUE II. Présentation des risques bancaires et du risque de contreparties La banque comme toute autre entreprise court, d une part, des risques que nous qualifierons de risques bancaires. Par ailleurs, de par son métier, elle court des risques associés aux différents crédits qu elle consent ; on les appellera «risque de crédits bancaires».au préalable, il est nécessaire de fournir une définition succincte du risque Définition du risque et classification des risques bancaires Définition du risque Etymologiquement, le risque vient du mot latin «resecum» qui signifie le risque encouru par une marchandise transportée par bateau. Le risque est le fait d'être face à un danger, comme par exemple le risque de se faire mal. Le risque a donc plusieurs connotations tant en littérature qu'en finance. La signification financière est celle qui va le plus retenir notre attention. Dans cette optique, le risque peut donc être défini comme «l'occurrence d'un fait imprévisible, ou à tout le moins certain, susceptible d'affecter les membres, le patrimoine, l'activité de l'entreprise et de modifier son patrimoine et ses résultats» (COHEN, 1997 : 308). De cette définition nous retenons deux éléments essentiels qui caractérisent le risque dans le milieu bancaire : Le caractère probable du fait générateur du risque : ici, la probabilité joue un rôle essentiel, car c'est elle qui rend possible la gestion des risques financiers. Cette FALL Khady MBF 11 ème promotion , CESAG. Dakar, Senegal Page 16

19 probabilité vient créer le fossé qui existera entre l'incertain et le risque en ce sens que pour le premier, on ne possède pas de probabilité. L'enjeu lié aux objectifs de la banque, c'estàdire son incidence sur les objectifs poursuivis par la banque qui se matérialisera par une perte si le risque se réalise Classification des risques bancaires (CALVET, 2002 : 95) Parmi les risques bancaires couramment rencontrés, nous pouvons citer : le risque de liquidité (risque d'illiquidité) : En admettant qu`a un moment donné une banque est solvable, mais incapable de transformer suffisamment d'actifs en cash pour honorer les retraits, elle est alors illiquide. Le risque d'illiquidité a pour origine une mauvaise configuration du bilan de la banque, selon laquelle, à un moment donné, la banque ne présenterait pas un volume d'actifs mobilisables suffisants pour faire face à une demande de remboursement des ressources (retraits espèces, solde de compensation, etc.) ce risque est accru par le manque de qualité des emplois et/ou la trop grande volatilité des ressources ; CESAG BIBLIOTHEQUE le risque de contrepartie (ou risque de crédit) : le risque de crédit ou de signature d un établissement de crédit est le risque de défaillance d un débiteur ou que sa situation économique se dégrade au point de dévaluer la créance que l établissement détient sur lui ; le risque de marché : Il est le risque que court la banque de réaliser des pertes du fait de la variation dans la variation des prix des instruments financiers de marché, des cours de devises et des matières premières. Il est issu de l'évolution défavorable d'un prix d'actif sur lequel la banque détient une position (longue ou courte). Ce risque englobe le risque de taux d'intérêt, de change et de produit dérivé ; le risque économique : Il provient du cycle de production consommation de chacun des secteurs d'activité auxquels sont rattachés les clients de la banque. Il est exacerbé du fait de la chaîne économique. En effet, le fait que chaque client soit luimême fournisseur d'un client entraîne que tout l'amont de la chaîne est masqué au banquier ; le risque pays : Au sens strict, le risque pays, ou risque souverain, est la probabilité qu'un pays assure le service de sa dette extérieure. Certains pays peuvent présenter des vulnérabilités par rapport aux investissements internationaux. Il dépend des aléas de nature politique et/ou catastrophique auquel est exposé chacune des zones d'activité avec lesquelles les clients travaillent, mais aussi dans lesquelles la banque s'est ellemême implantée. Le risque pays résulterait donc de la situation économique ou politique du pays. Il peut se réaliser du fait d'un évènement dans un pays géographiquement voisin ou lié par des accords économiques et/ou politiques ; les risques opérationnels : Cet ensemble regroupe des sources de risques communes à toutes les entreprises. Bien sûr, certains prennent une importance particulière dans le cadre des banques comme le respect des procédures ou le dysfonctionnement des systèmes FALL Khady MBF 11 ème promotion , CESAG. Dakar, Senegal Page 17

20 d'information, compte tenu de la place que ceuxci occupent au sien de l'activité bancaire. On retrouve parmi les risques opérationnels : le risque opérationnel proprement dit et le risque juridique ; les risques de gouvernance : Ce dernier groupe de risques, comme le précédent est commun à toutes les entreprises ; ils sont relatifs à la politique de gestion de l'entreprise. Il s'agit du : risque de management qui décrit la défaillance dans le système de pilotage de l'entreprise pour cause de chocs externes (par exemple une mauvaise anticipation de l'évolution économique) ou internes (par exemple une dégradation du climat social ou altération des relais interne) ; risque extérieur ou environnemental qui regroupe les changements dans l'environnement de la banque qui peut affecter ses intérêts et dépasser largement les domaines habituellement «sous contrôle». Nous pouvons citer les décisions liées à la puissance publique. CESAG BIBLIOTHEQUE 2.2. Présentation du risque de contrepartie Il s'agira, à ce niveau, d approfondir la notion de risque de contrepartie, de classifier les différents risques qui y sont associés ; tout ceci dans l'objectif de mieux appréhender le risque de défaut Définition du risque de crédit bancaire Encore appelé risque de contrepartie ou risque de signature, il est le premier risque auquel est confronté la banque. Il occupe une place de choix dans l'activité bancaire d'une part parce qu'il est dépendant d'une relation basée sur la confiance avec le client, d'autre part parce qu'il représente la source principale de provisionnement des banques. Autrement dit, il est le risque de perte consécutive au défaut d'un emprunteur sur un engagement de remboursement des dettes (prêts bancaires) qu'il a contractées. Le produit est l'élément clé de la relation entre le prêteur et l'emprunteur. C'est lui qui véhicule le risque. Sans produit, il n'y a pas de risque. De cette relation, le risque de contrepartie est une probabilité de l'incapacité de l'emprunteur à honorer l'engagement qu'il a visàvis du prêteur. Ce risque peut se matérialiser aussi bien par une perte que par un manque à gagner qui ne trouvera pas obligatoirement sa traduction dans le résultat comptable. Le risque de crédit se décline en deux variantes : le risque de non remboursement et le risque d'immobilisation Les différents types de risque de crédit bancaire (CALVET, 2002 : 132) On distingue: le risque de non remboursement : c'est le risque le plus redouté par le banquier. Il apparait quand le client, en raison d'une dégradation de sa situation financière ou par mauvaise foi, FALL Khady MBF 11 ème promotion , CESAG. Dakar, Senegal Page 18

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