Gageure tenue. ont démontré à Bruxelles que notre communauté est moyens de son redressement EDITORIAL. six JOURS APRES LES ELECTIONS

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1 Gageure tenue six JOURS APRES LES ELECTIONS HEBDOMADAIRE N l'5 12.PAGES 8«A.NINEE H AVRIL PRIX : 5 FR. ont démontré à Bruxelles que notre communauté est moyens de son redressement V.,' III IIII«IIIIII1IIIIWIIIIM!IUIIIM EDITORIAL TRAVAILLEURS ont montré samedi, dans les rues de Bruxelles, le visage résolu d'une Wallonie qui entend vivre. Une semaine après les élections, cette démonstration sans précédent a la valeur d'un avertissement au futur gouvernement, quel qu'il en soit : c'en est fini du bradage de l'économie wallonne, opéré sous l'œil indulgent des tenants du conservatisme, Le coup d'arrêt est donné, solennellement, par un monde du travail uni comme il ne l'a jamais été par le passé, en Wallonie, Après des années d'efforts tenaces, l'unanimité reconstituée des fédérations wallonnes de la F.G.T.B, est probablement, depuis la fin de la guerre, l'événe- Volr suite page 8,

2 COMME SI VOUS Y ETIEZ F. G. T. B. En appelant les travailleurs wal- Dons à manifester le 6 avril «pour mappeletr à ceu^c qui songent à former le prochain gouvernement qu'ils auront à tenir compte de leurs revendications, W i 1 1 y Schugens, secrétaire national de ila F.G.T.B., a souligné dans «Syndicats a que «]es travailleurs ne doivent compter que SUT eux-mêmes» et que «seule leur action peut sauver la.waluonde et leur avenir». Seule, en effet, la vigilance et l'acriaon des travailleurs wallons peut (forcer les partis politiques à ne pas retourner aux combinaisons gouvermentales où les travailleurs wallons eont dupés. Les expériences «Lefèvtre-Spaak i ou «Harmel-Eyskens- Spinoy i sont encore fraîches à lia mémoire des travailleurs. P. S. B. A la Fédération bruxelloise du P.SJ3., on commence à se demander si les «Brands» bourgmestres socia- Bistes sont vraiment la force de Êrappe que certains se représentent. A force de vouloir imposer un «néoeociailisme» moderne et d'adopter des positions presque uniquement 'linguistiques, U semble que les socia- Jistes bruxellois aient persuadé beaucoup de leurs électeurs de voter... 3T.D.F. ou P.L.P. A tél poimt que Ûans certains cantons, le F.D-F. obtient plus de voix que le P.S.B. Cornent s'en étonner, après avoir vu les Simonet tricolores s'identifier presque au P.L.P " Bruxelles Dans certains milieux, on espère que M. Van Ack&r serait chargé par le Palais d'une mission d'infoornaitâon pour préparer le nouveau gouvernement. M. Van Acker, qui est un champion de l'tinit&rixme et des pouvoirs spéciaux, est aussi connu pour les actions qu'fl a menées contre les organisations syndicales. Seuls les partisans non pas de la «Belgique de papa» mais de la «Belgique de grand-papa» pouirmaient se réjouir du retour de M. Van Acker sur l'avant-plam de la scène politique. Cartel V.d.B.-C.V.P. Le Piremier mimdstire a obtenu tant de voix de préférence que les votes en case de tête de la liste 7 ont été insuffisants pour faire élire les candidats dans l'ordre. Le résultat en est que la liste V.d.B. a fait élire trois francophones pour six Flamands plus un C.V.P. de Louvain, pair le jeu de l'apparentement. H est très comique de voir «La Libre Belgique» regretter ces caprices de l'arithmétique électorale, dus (finalement... à l'écrasant succès de V.d.B. et demander des compensa- Wons. Or, la feuille conservatrice avait largement contribué à ce succès! Dès lors, de Quoi se pûainteue? Hainaut II manquait un siège au P.S.B. pour avoir la majorité aoi Conseil, provincial du Hainaut. Le P.S.B., ai en effet, 44 sièges sur 90. Le Hainaut aura cependant une majorité homogène socialiste grâce à l'appui des trois communistes. Cette majorité homogène socialiste au Conseil provincial du Hainaut, réalisée avec l'appui des communistes, a évidemment déclenché la colère des milieux réactionnaires du P.S.C. et du P.L.P. Ces messieurs sont d'autant plus mécontents que le député permanent socialiste Thone y a défendu Vidée d'une union des gauches pour lutter contre les conservateurs. La réaction, qui est in>quiète du Front commun syndical, craint de se retrouver demain devant un front politique regroupant l'ensemble des élus progressistes. Pan L'hebdomadaire satirique «Pan» vient, de réussir une jolie mystification. Sous 3e titre d'éditorial, il avait publié, avant les élections, un ramassis de conseils contradictoires : «Votez pour l'unité et l'autonomie, le capital et le travail, l'autorité et Ha liberté!», le tout enrobé dans des phrases pompeuses, puisées dans divers profiîrojnjnes électoraux. Otr; dans sa revue de la presse hebdomadaire, Frédéric François, spécialiste de la politique intérieure à la R.T.B., n'y a vu que du feu. Il a déclaré sentencieusement que «Pan» avait pris parti, pour la première fois après vingt ans de neutralité. Dans les milieux journalistiques, on n'a pas fini de rire de ce oanubar si candidement gobé par un soidisant spécialiste! Frédéric François, Qud ne ratait aucune occasion de parler de V.d.B. et de défendre sa politique, a perdu une belle occasion de se taire. Anderlecht Anderlecht est le fief de M. Simonet, néo-socialiste tricollore dont les affiches unitaristes ont été peu appréciées des Fédérations wadlonnes du P.S.B. où certains estiment que les appels unitaristes du P.S.B. bruxellois ont handicapé le P.S.B. en Wallonie. ElQes ne semblent guère avoir séduit les électeurs socialistes d'andeirlecht, comme le montre l'évolua tiom des voix recueillies par le P.S.B. à Andeaflecht depuis CANTON D'ANDERLECHT Voix P.S.B ,38% ,91 % ,67 % En deux élections, le P.S.B. a perdu à Anderflecht plus de yoix, soit 40 % environ des suffrages qu'il récoltait avant de suivre la politique défendue par M. Simonet. Cet échec cinglant devrait ouvrir les yeux à ceux qui considèrent M. Simonet comme le j?rand homme du P.S.B. et qui seraient prêts à le uiwe dama ses folies. Transports en commun Les poissons d'aviril n'ont pas été très nombreux dons la presse cette année, par suite des élections. Un farceur a cependant réussi à faire passer dans un grand quotidien bruxewois la prétendue annonce de la sixième phase de la restructuration du réseau des tramways. La suppression de quasi toutes les lignes et un tas d'explications, fairfevues, ont été acceptées comme évangile. Cette mésaventure montre combien l'opinion publique est habituée à voir traiter les services publics, en parents pauvres. H devient urgent que les progressistes s'attachent à présenter des alternatives dons ce domaine. Un développement harmonieux de tous les. services publics doit être un objectif priritaire à opposer au démantèlement actuel, qui se réalise au bénéfice des intérêts particuliers. Centre d'action sociale Le C.A.S., qui fait partie du mouvement socialiste, vient de publier une étude sur le problème des orèohes et des pouponnières en Belgique. On y trouve incidemment des chiffres très éloquents. Par exemple, pour toute la province de Namur, il n'existe qu'une seule crèche. Dans le Hainaut : six crèches et deux pouponnières. A Liège : cinq crèches et deux pouponnières. Si O'on songe à la densité de la population et au nombre de femmes travailleuses cfains ces régions, cette carence est tout simplement scandaleuse. Ministère des Affaires étrangères Après l'annonce, par le président des U.S.A., de la cessation partiewe des bombardements sur le Nord Vietnam, le ministère des Affaires étrangères belge a publié un communiqué. Il approuve la décision de M. Johnson et s'en félicite. Le gouvernement aurait peut-être, eu des raisons de s'en féliciter s'il avait en temps utiile «pris ses distances» avec la politique américaine. Mais il ne fallait pas l'espérer, puisque cette déclaration récente constitue une nouvelle preuve de la subordination totale" à toute décision de l'oncle Sam. On a eu tout juste droit à de vagpes motions, en novembre et décembre derniers, votées par la Chambre et le Sénat, dans des termes soigneusement équilibrés. Innovation Le dramatique incendie diu_ grand magasin <t L'Innovation», à Bruxelles, commence à s'estomper dans Ja mémoire du grand pubuic. L'instruction piétine, faute d'éléments suffisants. Comme les compagnies d'assurances ont accepté d'indemniser les victimes provisoirement, les retards dans l'enquête ne sont pas trop vivement ressentis pair l'opinion publique. Il faut toutefois souhaiter que d'ici peu on connaîtra les causes qui furent à l'origine de ce drame. Courte permanent des Fédérations socialistes wallonnes Le Comité'a chargé de prendre tous les élus waillons dès la constitution des Chambres législatives pour confronter leurs vues sur les mesures exigées pour le redressement de la Wallonie et l'organisation de la communauté wallonne. La réunion de tous les élus wamons avait été souhaitée tant par les Fédérations wallonnes du P.S.B. que par le P. C. et le Rassemblement WaMon. L'opinion wallonne ne manquera pas de juger sévèrement ceux qui mettraient obstacle à cette réunion des élus wallons. Moyenne de la DIFFUSION totale par semaine exemplaires Editeur responsable ; Soclctû U'impression et d'&lltlnn, société coopérative. Directeur Kénenil i Robert LAMB1ON, 110, rue de Plaincvuux. à Sernlng. Forces vives de Wallonie Certains indices sont encourageants. L'indépendance syndicale n'a Suite de Téditorial pas empêché la propagation des ondes de choc de la F.G.T.B. jusqu'au niveau politique. Le parallélisme entre les prises de position d'agimont et celles de Verviers est clair et dispense d'insister sur ce point. Mais le problème de la gauche n'est pas réglé pour autant. A un des chapitres les plus ternes de l'histoire du socialisme de ce pays doit succéder la phase, amorcée par quinze ans de réflexion syndicale, de la contestation. Nous ne sommes pas prisonniers de formules doctrinaires. Nous ne récusons ni l'économie de compétition, ni l'élargissement des marchés. Nous ne voulons pas davantage la mort de l'entreprise privée mais nous lui contestons le droit de régenter l'économie du pays, comme si celle-ci lui appartenait en propre. Nous n'accepterons plus que de vastes secteurs restent en friche parce que tel est le bon plaisir de médiocres gérants d'une épargne, fruit du travail de tous. Nous exigerons des pouvoirs publics qu'ils prennent sous des formes appropriées, une part active à la création de la richesse nationale. Dans plusieurs pays de l'hémisphère occidental, l'énergie, les industries de base, voire les banques de dépôt, sont passées dans le domaine public ou sous son contrôle. Faute d'avoir pu procéder à ces réformes, la gauche belge a été ridiculisée par ses adversaires et a connu une crise qui a entraîné une certaine désaffection des travailleurs à son égard. Cette crise, nous en sommes persuadés au M.P.W., touche à sa fin. Ce serait folie de décevoir l'intense vitalité qui se manifeste à nouveau chez les travailleurs en ne leur proposant pas des objectifs valables, répondant à leurs besoins et à leurs espérances. ment le plus positie que nous ayons connu. Il est impossible de ne pas être frappé par le contraste entre un régime politique unitaire en décomposition et un monde du travail cohérent et sans fissure., II nîest de richesse que d'hommes. Non, la Wallonie n'est pas ce pays usé et vide de ressources que d'aucuns s'apprêtaient à coloniser. Ses travailleurs constituent une force de frappe redoutable, qui ne peut être utilisée qu'à bon escient. Le moment approche, avec rapidité, où les travailleurs vont devoir jeter tout leur poids dans la balance. Sur l'échiquier parlementaire, le morcellement atteint des proportions effrayantes, à tel point qu'il n'y a plus d'espoir d'aboutir à des solutions promptes et efficaces dans un cadre traditionnel. Mais nous sommes également bien au-delà de certains affrontements du passé. La Wallonie, toute la Wallonie, prend conscience du. capital que représentent pour elle les forces organisées du monde du travail. Quand les travailleurs se battent pour maintenir des entreprises ou pour en créer de nouvelles, toute la population se sent concernée. Les manifestations régionales de l'hiver en ont été la preuve. Les traumatismes provoqués par la grève du siècle s'effacent. Devant le déclin d'une économie que le pouvoir central n'a pas su prévenir et qu'il tente d'enrayer maintenant avec des moyens nettement insuffisants, la Wallonie est en train de s'unir, pour la première fois dans son histoire. Sur le plan syndical, la manifestation de Bruxelles ne restera pas sans lendemain. Il faut qu'elle soit le prélude à une unité d'action de tous les travailleurs sur des objectifs précis. Les mouvements wallons en avaient esquissé dès L'heure n'est pas à la concurrence mais à la concentration des forces vives du peuple wallon. Car nous allons, dans ce pays, vers des changements fondamentaux. Le fédéralisme serait une conquête bien maigre s'il n'était accompagné d'une refonte de nos structures économiques et financières. Il n'est plus un seul travailleur, chrétien, socialiste ou communiste, qui soit encore prêt à faire confiance au capitalisme privé pour remettre la Wallonie sur pied. La création d'un secteur industriel, public et semi-public, s'impose à côté du secteur privé. Pour être efficace, cette coexistence des deux types d'entreprise doit s'inscrire dans le cadre d'une planification souple, démocratiquement élaborée, dont les directives s'imposeront à tous, y compris, bien entendu, aux puissances financières. Si nous avions imposé aux holdings les mêmes règles qu'en Italie, ou 40 % des bénéfices réalisés dans le Nord doivent être réinvestis dans le Sud, nous serions certainement moins mal en point. Sur tous ces points, le syndicalisme doit se montrer intransigeant. La situation est telle qu'il est en mesure de faire accepter ses conditions. Elles n'ont rien d'excessif. Dès à présent, il raut préparer les dossiers de la négociation car le règlement du contentieux entre les communautés englobe tous les aspects de la vie en commun. * * * Une question se pose : la synchronisation de l'action syndicale et de l'action politique sera-t-elle satisfaisante? STYLE ITALIEN OU AMERICAIN? A quelle sauce le capitalisme français va-t-il être accommodé? Si, comme il faut le souhaiter, les inquiétudes sur la conjoncture se font moins pressantes grâce à l'effet des mesures de relance, la question centrale soumise aux responsables de notre économie durant les prochains mois sera celle de la préparation de notre industrie aux grands affontements de demain. Le gouvernement ne peut plus rester comme l'une de Buridan, hésitant entre deux formules, celle de l'élargissement du capitalisme d'etat et celle du rétablissement du grand jeu libéral, entre, si l'on veut, le style italien et le style américain. Ces dernières années, la barque penchait nettement du côté de l'extension des réseaux de l'etat industriel, déjà bien en place. Le secteur public pousse ses avantages du côté de la chimie, des industriels de pointe. Pierre Guillaumat arrondit son empire pétrolier, voyant sans déplaisir son «concurrent» français, le C.F.P.. ruer dans les brancards de l'iraq Petroleum CompEiy, à majorité anglo-américaine. Et c'est maintenant le tour de la télévision en couleurs. La suite logique de ce mouvement, c'est la formule de l'i.k.i. (Istitute per la Rieonstruzione Industriale), contrôlant banques et trusts industriels prenant des participations dans les affaires privées, en créant de nouvelles. On aboutit à la Banque nationale des investissements proposés par la F.G.D.S. ou à l'institut national d'investissement d'albin Chalandon. «Le Monde» (centre-gaucho). INVESTISSEMENTS PAR LES ETATS-UNIS DE L'ECONOMIE BRITANNIQUE Deux Journalistes spécialisés des questions économiques, James MacMlUan et Bernard Harrls, viennent de publier un Uvre («The American Take Over») consacré à la pénétration économique américaine en Grande-Bretagne, qui vient de paraître à Londres. Ils constatent nue vers le milieu de 1967 l'industrie américaine possédait au Royaume-Uni filiales ou succursales employant plus d'un million de personnes et fabriquant un dixième des produits manufacturés britanniques. De plus, leur nombre s'accroît rapidement et les investissements sont de l'ordre de deux milliards deux cent cinquante millions de livres. Les auteurs analysent cette pénétration secteur par secteur. Ils rappellent, par exemple, qu'à la suite de l'acquisition de la Société Rootfw par Chrysler, l'industrie automobile américaine contrôle plus de 50 pour-cent de la production britannique. La pénétration américaine est particulièrement forte dans d'autres secteurs : alimentaires, conserves, appareils électroménagers, électronique et surtout produits pharmaceutiques dont 50 pour-cent sont américains. Il ne semble pas que, pour l'instant, cette pénétration ait provoqué des perturbations importantes dans ' un secteur quelconque de l'économie. Néanmoins, les auteurs redoutent que les sociétés américaines des construction d'automobiles General Motors (Vauxhall), Ford et Chrysler (Rootes) ne décident, en vue de rationaliser leur production, de transférer sur le continent tout ou partie de leurs installations. L'ECHO DE LA BOURSE. APPEL SOVIETIQUE A UNE ALLIANCE ECONOMIQUE INTEREUROPEENNE En conclusion d'une série d'articles sur le destin de l'europe, publiés dans la «Pravda» de Moscou, le plus célèbre journaliste soviétique Youii Joukov, a lancé uu appel pour une coexistence inlereuropéenne et une alliance économique entre «.un tronçon d'europe» à l'ouest et l'autre à l'est (dans lequel il inclut toute l'u. R. S. S.). L'U. R. S. S. donne par cet article l'impression, estiment certains observateurs qu'au-delà du Vietnam et de la crise du dollar, elle soûl il te, sans doube poux mieux affronter elle-même la -mlssance américaine, offrir en une première étape coexistence a l'europe occidentale et non plus a Etats- Unis, * * * Les syndicalistes wallons ont fait leur part. Ils constatent avec joie _ que les politiques wallons ne paraissent pas disposés, en ces lendemains d'élection, à enfourcher les chevaux du vieux manège unitaire. Les accords de Verviers constituent un minimum sur lequel il ne peut être ques&on de céder. La solution ne doit d'ailleurs pas être recherchée, de prime abord, au sein du Parlement. Socialistes et communistes, d'accord en cela avec le Rassemblement wallon, l'ont compris en préconisant la réunion de tous les élus wallons. Une fois que la Wallonie se sera trouvée et définie, le dénouement de la crise du régime sera proche. Toutefois, les travailleurs doivent prendre garde de croire qu'une refonte des institutions politiques entraînerait d'elle-même une renaissance du socialisme. Le fédéralisme est et n'est qu'un moyen. Si l'on essayait de camoufler sous son couvert une certaine forme de conservatisme, c'en serait bientôt fini d'une Wallonie, incapable d'assumer son propre destin. JLe dépassement du capitalisme ne peut être le monopole d'une focmation quelconque. Si nous voulons progresser dans la voie tracée par la F.G.T.B. wallonne, aucun concours ne sera de trop et il s'imposera de mettre au point, avec la participation de tous les travailleurs intéressés, des formules qui, elles aussi, soient d'inspiration fédérale. Nous sommes condamnés à faire du neue. Il ne faudrait pas que, par manque d'un peu d'imagination ou de générosité, les représentants politiques des travailleurs ratent un rendez-vous qui s'avère capital pour la Wallonie. Selon Joukov, «l'hégémonie américaine sur l'europe occidentale n'est pas inévitable >. Mais le «défi américain > ne pourra être relevé qu'à trois conditions : 1) que l'europe de l'ouest ne lutte pas seule ; 2) qu'en reconnaissant enfin que l'u. R. S. S. est l'europe ; 3) qu'on admette que l'u. R. S. S. tout entière a vocation pour collaborer avec l'europe da l'ouest. Pour la * Pravda >, l'europe de l'atlantique ne s'arrête pas nécessairement à l'ou/ral «Nul ne niera, écrit Joukov, que l'u. R. S. S. es* une grande puissance eurasienne, mais elle n'en est pas moins présente en Europe et il serait ridicule d'exclure son potentiel économique total du poteii/- tiel européen». Ces conditions énumérées, et se basant sua: des statistiques établies spécialement à l'intention de son étude, Joukov affirme que le pari peut être tenu, et que peuvent se réaliser (c'est le titre de l'article) les -i possibilités de la grande Europe >. «CORRESPONDANCE EUROPEENNE «i. TRANSFORMER NOS STRUCTURES FINANCIERES Cela ne signifie pas que les capitaux disponibles fassent défaut en Belgique. Les seuls dépôts bancaires se sont accrus de plus de 30 milliards l'an dernier. Mais il s'en faut que ces capitaux soient toujours utilisés à bon escient et une partie excessive des res-, sources disponibles est employée à-des fins non productives Comme le reconnaissait récemment un journal financier : «les spéculations foncières, mobilières prennent le pas sur les activités créatrices jugées trop peu dignes d'intérêt et cela au détriment du développement économique».., C'est pour cela qu'il sera également nécessaire tto modifier complètement les méthodes utilisées pour rassembler les ressources nécessaires au développement de nos industries et de procéder à une restructuration du secteur financier comportant une coordination efficace des organismes publics et la nationalisation des banques de dépôts. <(Le Drapeau Rouge» (Hebdomadaire communiste); COMBAT PAGE 2 COMBAT PAGE 3

3 IL y a, de par le monde, deux tiers de miséreux Qui attendent, plus ou moins patiemment, que la solidarité humaine se concrétise. Cette situation est, aujourd'hui, bien connue de tous et de chacun. Les ' revues, la presse, ont traité le sujet en long et en large. Le pape lui a consacré une encyclique. Il n'est pas de gouvernement qui ne se soit dit désireux de faire. Quelque chose. La bonne volonté y est, les œuvres ne suivent pas. A la Nouvelle-Delhi, la conférence sur le développement se solde par un échec. Le club des riches convient de l'existence du problème, mais se dérobe au manient de la solution. Pour beaucoup, la stabilisation du cours des matières premières est une hérésie doublée d'u?ie mauvaise affaire, l'ouverture des marchés occidentaux aux produits des pays à bas salaire une menace co-ntre la stabilité de I'e7n.ploi, la contribution financière demandée un pour-cent du revenu national un tour de force impossible. L'instabilité mondiale est, par ailleurs, une source abondante de profits auxquels il est malaisé de renoncer. Les Etats-Unis, la France et d'autres, rivalisent d'ardeur pour vendre à des pays qui manquent encore du nécessaire, avions, chars et autres joujoux pour militaires. L'armement -fait partie du commerce mondial et les marchands de canons sont les artisans bienvenus de l'équilibre de Va balance des payements Naturellement, il ne peut être question de. vendre des armes aux sousdéveloppés et d'y renoncer pour soi-même. La réduction des dépenses militaires est un vœu dont les gouvernements n'ont cure. Il y a toujours des engagements sacrés, des temps incertains, et un patrimoine menacé pour justifier des dépenses insensées. Près de vingt-cinq ans après la /in de la guerre, nous en sommes encore à nous armer les uns contre les attires,- en Europe. Des milliers de milliards de jrancs sont ainsi dépensés en pure perte. Nos arsenaux- regorgent d'en-gins de wort, etnous nous contentons de faire la charité^ quelques boîtes de. lait pour.- «es pauvres enfants, s. v. p.! aux peuples affamés Les valeurs morales, dans nos sociétés occidentales, ont perdu toute LA REVUE' DES IDEES ET DES FAITS LEÇON DUN SCRUTIN II est clair maintenant que la majorité du corps électoral est au-delà de cette option (celle d'une Belgique unitaire-et conservatrice) et qu'elle se rapproche de celle que le P.S.B. a présentée. La reconnaissance de communautés dotées des pouvoirs et des moyens qui leur permettent, dans le cadre d'institutions centrales adaptées, de participer activement à leur développement propre. C'est la seule façon de réaliser les objectifs majeurs qui s'imposent d'urgence au pays : consolider l'union réelle des communautés par le rétablissement de l'équilibre et de l'harmonie entre les communautés ; assurer une large expansion par la prospérité de toutes les régions. Léo COLLARD dans «Le Peuple» (P.S.B.). NE PAS FAIRE LE JEU DU P.L.P. Ne pas faire le jeu du P.L.P. Ce qui compte maintenant pour le Parti socialiste, c'est de n'accepter aucune formule qui ferait de lui un partenaire du P.L.P. Cela signifie le rejet de la tripartite comme d'une formule P.L.P. - P.S.B. clairement interdite par l'arithmétique et bien d'autres raisons. Ceci indique aussi que les accords Verviers - Klemskerke et nos propositions dans le domaine économique et en matière de progrès social doivent être le fondement même de tout programme gouvernemental destiné à nous intéresser. Nous ne sommes pas là pour les mauvaises besognes que certains voudraient nous réserver en parlant d'une «tripartite à durée limitée» chargée de résoudre (sur quelle base?) le problème institutionnel et communautaire. LA RAISON D'ETRE D'UNE SAINTE ALLIANCE Déclaration d'ernest GLINNE au «Journal de Gharlëroi» (socialiste). Tout se passe, en effet, comme si la raison d'être de la Suinte Alliance des partis traditionnels était moins de rencontrer les aspirations du pays que de défendre une «chasse gardée» contre l'intrusion de petits partis devenus menaçants. Peut-on interpréter autrement la détermination affichée par les états-majors des «trois grands» d'ignorer un «extrémisme» où ils confondent, pôle-mêle, la Volksunie, le F.D.F. et le Rassemblement Wallon? Cette attitude les expose a de nouvelles déconvenues, Plus cuisantes encore que celle de dimanche. S'ils n'y renoncent pas, elles les conduira inéluctablement à leur perte. «La Nouvelle Gazette» (P,L.P.). UNE NOUVELLE GENERATION FLAMANDE Le P.L.P. peut continuer à défendre un point de vue unitaire et modéré en Flandre mais il doit se rendre compte qu'il n'est pas possible de loucher à un certain nombre de principes que les Flamands de tous les partis veulent que l'on respecte. On voit venir sur le devant de la scène la génération des hommes de 40 à 50 ans. Elle a été instruite entièrement en néerlandais, elle entraîne la génération-précédente et elle fait de ses enfants les électeurs de demain des Flamands conscients de leur personnalité. Elle surgit d'un milieu qui n'est plus exposé à la. francisation. Le P.L.P. ferait bien de prendre en considération les thèses du Liberaal Vlaams Verbond. «Het Laatste Nieuws» (P.L.P.). L'OPINION SE RADICALISE II est clair que les élections ont porté, presque exclusivement, sur les structures de l'etat... Le choix de l'électeur ne laisse planer aucun doute : il est marqué par le radicalisme. Il a été radical en Flandre et en Wallonie, par l'entremise de partis qui, sans suivre dès voies parallèles, veulent briser avec le -passé et préconisent résolument une nouvelle structure de l'etat Radical encore à rencontre des partis qui défendent un unitarisme sans nuance et dont les aspirations wallonnes ou flamandes n'étaient pas défendues avec une conviction suffisante. A voir les choses de près, le vote de Bruxelles a été aussi teinté de radicalisme. Les vainqueurs à Bruxelles n'ont pas été les traditionalistes ; ce sont, a'u contraire et nous y joignons le cartel du Premier ministre les partisans d'une Belgique nouvelle et d'une solution neuve a nos problèmes communautaires. «Tijd» (quotidien boursier' LA CAPITALE SAIT CE QU'ELLE VEUT, LA WALLONIE AUSSI... Pour ce qui est du sort de Bruxelles, la preuve est faite que la capitale sait ce qu'elle veut : un régime signification.précise. L'Alliance atlantique aura été le pourrissoir de la dignité humaine. Bile aura marqué presque tous les dirigeants revenus au pouvoir au lendemain de la guerre. Le capitalisme privé.devrait élever à Staline un mausolée. Le dictateur a fait la fortune de toute une caste politique dont Washington est désormais la patrie. ' -Aussii n'est-it pas surprenant de constater que l'europe occidentale se dispose, à/.vo.ler du secours de la première puissance économique et financière du monde, et à lui prodiguer les ressources qu'elle refuse au monde de la faim. Ainsi se vérifie le vieux proverbe : on ne prête qu'aux riches. Mais le prêt 7i'est qu'une des formes de la soumission de l'europe occidentale aux volontés américaines.'il leur faut des crédits pour écraser des peuples récalcitrants? Les ministres des Finances du club des riches s'empressent de discuter des modalités de droit de tirage. Nous refusons de faire la guerre pour défendre «l'ordre», mais nous ouvrons nos coffres-forts au gendarme des nations. Dans ce monde, d'esclaves, une seule nation ose faire front et défier ouvertement le colosse américain : la France. Le président de Gaulle et ses ministres^ dénoncent l'immoralité d'un système qui nous rend..les complices de l'impérialisme d'une grande puissance. Il est pourtant dans la ligne du développement du capitalisme aux règles. duquel les dirigeants français actuels n'entendent pas déroger. Car il n'y aura pas de coalition des tenants d'tm capitalisme européen contre Wall Street, de Gaulle ne doit avoir aucune illusion à ce sujet. L'avenir, pour le monde de la faim comme pour celui de la consommation à outrance, est dans le réveil du socialisriie démocratique, partant des réalités de base que sont les nations pour, édifier la communauté des peuples..... '.... En faisant du profit un dieu, l'humanité est en'train de préparer sa propre. perte. Il serait bon qu'on s! en avisât en Belgique également; Trop de socialistes, eux aussi, sont*encore à la remorque de Washington dans-tous les domaines et ont jeté allègrement leurs principes par-dessus-bord. -...». L'autocritique n'est pas une mode, mais'une nécessité. Il n'y a aucune, raison que le socialisme, s'y soustraie, surtout dans un pays où il a.été trop - longtemps sou-t la coupe de ce grand conservateur qui a nom P.-H. Spaak... équitable pour les deux groupes linguistiques qui la composent, mais à la condition que la liberté de l'individu soit totalement respectée. Toute autre solution conduirait à une véritable révolte ; la démonstration politique vient d'en être donnée. Pour la Wallonie, le doute n'est "lus permis ; l'heure ' de la passivité et de la résignation est écoulée ; le sud du pays revendique avec une énergie maximum son droit à une existence économique et sociale satisfaisante. En Flandre, le succès de la Volksunie établit que les exigences culturelles flamandes seront vigoureuses et soutenues. SOMBRE AVENIR «La Dernière Heure» (P.L.P.). L'avenir immédiat est sombre. L'amertume prévaut dans chacun des partis traditionnels, bien que tous doivent collaborer pour trouver une solution aux problèmes qui divisent maintenant l'opinion. Que l'on n'oublie pas que les nouvelles Chambres ont une tâche constituante pour laquelle une majorité des deux tiers est requise, ce qui condamne les trois partis à s'entendre'. S'ils ne se mettent pas d'accord, une prochaine consultation électorale ne pourra que renforcer les extrêmes. Les trois partis devr.ont donc trouver un dénominateur commun et faire preuve de modération. On dit que c'est présentement impossible. Cela se peut, mais alors nous serons sous la menace de la plus dangereuse aventure que le pays ait jamais connue. «De Nieuwe Gids» (social-chrétien). UN PORTRAIT DE LA VOLKSUNIE - La Volksunie apparaît comme nationaliste, Le sentiment national flamand n'est pas une fiction ; il s'exprime, certes, dans une mesure moindre, mais aussi concrète également au sein du C.V.P., du parti socialiste flamand et du Liberaal Vlaams Verbond. Mais il n'y a pas do nationalisme wallon. Croire, d'autre part, que la Volksunie est un mouvement d'extrême-droite est contraire à la vérité. En matière sociale et économique, la Volksunie se situe à gauche et la jeunesse flamande qu'elle recrute a manifesté récemment dans les rues de Flandre son hostilité au système capitaliste. Le mouvement flamand que les Wallons et les francophones continuent de mal connaître, a constamment revendiqué des réformes sociales profondes étant attaché à la promotion d'un peuple trop longtemps méprisé par la bourgeoisie francophone qui l'exploitait. Le patriotisme est d'abord flamand en Flandre, ailleurs il est belge ; cette conception différente a engendré et continue d'engendrer des méprises à Bruxelles et en Wallonie. Il faudra s'en souvenir lorsqu'on redéfinira l'etat belge. «La Cité» (démoeratre-chrétien). COMBAT PAGE 4 Les syndicats, gardiens des droits de l'homme Le thème essentiel, de la déclaration que. prépare la Confédération internationale, des Syndicats libres pour la Conférence internationale sur les Droits de l'homme (qui se tiendra du 22 avril au 13 mai à Téhéran) est que le mouvement syndical représente l'un de s gardiens des droits de l'homme sous tous leurs aspects éeomomàque. social, culturel et politique. La C. I. S. L.. qui groupe 63 millians de travailleurs dans 94 pays, sera représentée à la Conférence de Téhéran par Enzo Friso, le représentant de la C. I.-S. L ; pourie"moyens Orient. Convoquée r- sur ' décision ; de; l'assemblée générale" -des"» Nationsis; fa-conférence fait partie des PENSIONS activités prévues,po(/sr célébrer l'année internationale des Droits, de.l'jlornrne.... L'objet de la Conférence sera de passer en revue les réalisations dans le domaine des Droits de l'homme depuis l'adoption de la Déclaration Universelle des Droits de l'homme, d'évaluer l'efficacité des méthodes appliquées par les Nations Unies, particulièrement en ce qui concerne î'éliminaibion de toutes les formes de disoriminiation raciale et de l'apart- heid'-ëit d'élaborer un. programme de nouvelles! -mesures à appliquer après i raiinée>'iinteiniationa.le 'sur les>diroi1s' de PHonfwne. Les élections étant terminées, il importe maintenant d'essayer de faire le point en ce qui concerne l'évolution des idées en matière de pensions. Une constatation fondamentale s'impose : ctest que le programme socialiste sur les pensions a fait une véritable percée, puisque les deux autres partis principaux se sont alignés, chacun. 1 'pour une partie, sur les : propositions du P.S.B. On sait que le mbuyement socialiste revendique deux choses importantes à ' cet egf}rd pouir les salariés et appointés : "'... une majoration des pensions à concurrence de 26 % ; la réalisation de la pension de 75 % du salaire à l'exemple des services publics.. Le P.S.C., eh proposant une pension de base de francs, se rallie pratiquement à là première revendication socialiste, puisque' la majoration dé 25 % de la pension de ménage, d'ouvrier, complétée par un pécule de vacances plus convenable, conduit â u ; n' 'taux socialiste dépassant de très peu celui'du P.S.C. D'autre part, le P.L.P. a. rejoint le programme socia-' liste pour ce qui concerne le deuxième point, puisqu'il propose à son tour une pension de 75 % du 'salaire moyen des 5 dernières années. Si on examine les résultats obtenus par les trois grands partis, soit en pourcentage des voiac soit en nombre de sièges, et compte tenu d'ailleurs de l'appoint communiste à ce programme, on. constate qu'il "existe pratiquement dans le pays comme au sein "des assemblées parlementaires :. 1 une majorité P.S.B;-P.S.C. pour voter la pension de francs ; V.. ' 2 une majorité P.S.B.-P.L.P. pour atteindre la pension de 75 %. Bien sûr, il faut savoir distinguer. En évrivant ce qui précède, nous déclarons exclusivement qu'il existe en puissance une majorité de parlementaires qui, pour la première comme pour la deuxième partie, pourraient se rallier à cette double proposition, conformément aux programmes électoraux de leurs partis respectifs. Mais c'est une autre question de savoir si un programme gouvernemental serait susceptible de reprendre cette, double réalisation. Kntre les positions d«principe des partis et leur traduction dans la loi, 11 y a la même différence qu'entre les promesses et les réalités. Il faudra donc observer de très près les dispositions relatives aux pensions que contiendra le programme du futur gouvernement. COMBAT PAGE 5 Une enquête sur les jeunes chômeurs Une enquête effectuée pairmî les bénéficiaires des allocations compilé» menteires de chômage de plusieurs régions françaises, a permis de met tre en lumière quelques traits caractéristiques diu chômage des jeunes, dont les problèmes ont récemment attiré l'attention de l'opinion publique Ḋe cette enquête, qui portant sur les jeunes âgés de 22 ans, et moins, il ressort que : 7 sur 10 d'entre eux n'ont pas de diplôme technique (plus de la moitié des hommes et 31,5 % des femmes n'ont même aucun diplôme) ; 8 suir 10 étaient en chômage à lia suite de licenciements ; r 4 sur. 10 ne voulaient pas aliler. travailler dans.une.autre région. Le.sondage a révélé d'autre paît des insuffisances dans l'orientation professionnelle et dans riin.form<a.tion relative aux moyens de formation professionneme. La protection du travail des jeunes Un projet de loi smir la protectii/n des jeunes tira va Meurs a été présenté à la Chambre des députés du Luxembourg. ' II contiemt notamment des dispositions sur : la durée du travail, limitée à. 8 heures par jouir et 4Q heures par semaine, l'interdiotion du travail à la pièce, nocturne ou de jour férié. lia durée du congé annuel, fixée à 24j jours ouvrables, les travaux insalubres, qui sont interdits. Le projet visait la protection des jeunes de 15 à 21 ans, mais le Conseil d'etat a proposé de Limiter l'application de -la loi aux adolescents de 1 l'5 à'iu arts, ce qui a soulevé de vives protestations syndioailes. ÂPRES LES ELECTIONS Les programmes électoraux ne constituent généralement que des résumés fort brefs n'indiquant ni les dates de réalisation, ni les modalités essentielles ni les propositions de financement. Il peut donc y avoir des différences,très importantes entre les programmes électoraux et les programmes gouvernementaux. Ce fut vrai dans le passé et cela reste possible pour l'avenir. De nombreueses questipns se posent, à propos desquelles les programmes électoraux sont, muets : 1 La promesse de francs est-ewe indexée? A quelle daté est-elle prévue? Sèra-t-elle adaptée à l'évolution des salaires? Est-elle proportionnelle, sans restrictton, pour toutes les catégories? 2 La pension de 75 % sera-t-elle calculée sur des salaires adaptés? Comment? Prendra-t-on la moyenne des dernières ou des meilleures années? Sera-t-elle applicable à la fois aux mariés et aux isolés? Les anciens pensionnés en bénéficieront-ils? Sera-t-elle péréquatée? 3 Comment financera-t-on tout cela? Avec des cotisations supplémentaires? Ou avec des subsides de l'etat? Ou avec les réserves. de 90 mihiards? Ou bien.avec une combinaison des trois formules? Ni le P.S.C.- nd le P.L.P. n'ont donné la moindre réponse à ces questions importantes. Le P.S.B., par contre, a' donné des réponses précises à toutes ces questions dans sa dernière proposition déposée au Parlement. Mais il s'est écarté de celle-ci, d'une manière plus ou moins inquiétante, dans son programme électoral. Dès lors, deux conclusions peuvent être tirées de la récente campagne électorale : 1 II faut dire bravo au P.S.B. pour avoir présenté un très bon programme de principe qui a servi de modèle aux deux autres partis principaux. ; 2 Mais pourquoi le même P.S.B. a-t-u édulcoré ce programme par rapport à sa proposition parlementaire? Dans de proohains" articles, nous soulignerons ces divergences regrettables entre la proposition Hicguet, qui est le véritable programme socialiste, et la plateforme électorale qui en est un mauvais résume. H faut, en effet : d'une part, éviter le renouvellement d'erreurs graves comme celles qui ont été commises entre 1961 et 1966 au préjudice des pensionnés ; d'autre part, empêcher que le P.S.B. n'affaiblisse son programme tandis que les partis concurrents ont tendance à s'en emparer. Jean MARCY. Les fermetures de charbonnages au cours] des cinq dernières années Depuis urn peu pks de dix ains.to marché énergétique européen a «ta caractérisé par une offire pléthorique de combustibles ; il en est "résulte una concurrence aiguë dont le charbon, al été la principale victime. Ce combustible traditionnel fuit et est toujours handicapé par napport aux autres sources d'énergie; paw un prix de revient tirop élevé ainsi quia par une moindre commodité à l'usagei» La forte diminution de la demanda de charbon nécessitait ainsi una adaptation inévitable de la production. Dans tou s les P av s de l'europe Occidentale, de s programmes ^'assainissement et de rationalisation.jiujrenifl ainsi élaborés et exécutés. En Beligtîque, où les conditions géologiques d'exploitation sont à considérer, poirr*' me les moins bonnes, la suppression; de la part, la mn'ns rentable de lai production s'imposait d'une façon. particulière et urgente. Dans l'a période , 59 sièges d'exploitation furent fermés emr traînant un e réduction de la production d'environ 8 millions de tonnes a!nsi qu'une diminution du pereoor nel inscrit de i" ouvriers.' Au 31 décembre 1962; la Belgique comptait encore 63 sièges en exploitation. Fin ce nombre sera réduit à 37, ce qui signifie qu'aiti 1 owuira des cinq dernières années 26- sièges auront été fermés. Ceci a eu- pouir coniséquence que la production torrtbeira 1 à près de tonnes en 1967 contre tonnes en 1962, solu une réduction d'environ O tonnes, ou 22 %. Fin 1962, on notait ouvriers du fond et ouvriers de SUII> face inscrits dans les charbonnages belges, soit au total. En temiamit compte des fermetures encore à réac liser avant lia fin de 1967, ce nombre se réduira à ouvriers au 311 décembre 1967 ( au tond elj à la surface), ce qui revient à une diminution de unités en' cinq ams, soit plus c(e S5 %. Grève à la Bacnnre La grève se poursuit att charbonnage de la Petite Bacnure, où 1100 ouvriers exigent que des sanctions soient prises contre le médecin de l'entreprise et son in-< firmière, accusés de remettrai au travail à des postes pénibes, des ouvriers malades ou blessés et insuffisamment rétablis. Des séances de concilia»* tion se sont succédées, mais se sont toutes terminéeg sans qu'une solution soit in* tervenue. Dans ces condîu tions, les ouvriers ont décida que s'ils n'obtenaient pas) satisfaction sur leurs rêver** dications, ils abandonneraient l'outil à partir du 29 avril.

4 i INQUANTE MILLE travailleurs wallons ont répondu ce samedi à l'appel des Régionales wallonnes de la F.G.T.B. Dans un quotidien comme «Le Soir», cette manifestation de masse, à Bruxelles, est pourtant moins longuement relatée qu'une réunion de quelques centaines de délégués C.S.C. à Namur. Un tel déséquilibre est évidemment aberrant mais ^ sans qu'il soit justifiable il s'explique peut-être par le fait que la force tranquille n'est pas, pour certains, bonne «fournisseuse de copie». Ceci dit, l'importance considérable que revêt la pleine réussite de cette démonstration wallonne ne peut que s'avérer pour tous un fait incontestable. N'est-ce pas la première fois que des syndiqués de toutes les régions de Wallonie viennent clamer, à Bruxelles, leur volonté d'obtenir les moyens nécessaires au rendement de leur communauté? N'est-ce pas la première fois que, dans la semaine qui suit les élections, les parlementaires de nos régions se voient fixer avec une clarté lumineuse les exigences des forces laborieuses de Wallonie? Poser ces questions c'est y répondre. Que cette manifestation des travailleurs wallons à Bruxelles ait connu une aussi éclatante réussite alors que sa date n'avait été fixée que moins d'un mois auparavant (le 9 mars) et que sa préparation ait dû essentielllement se dérouler pendant une campagne électorale très courte elle aussi (et donc fort contraignante pour les militants politiques), cela suffit à prouver combien le programme des Régionales wallonnes de la F.G.T.B. correspond aux aspirations profondes des masses populaires de nos régions. Nous ne répéterons pas ici les comptes rendus de cette journée du 6 avril que vous avez pu lire dans les quotidiens ouvriers de lundi. Nous n'essayerons pas non plus de citer (sans en oublier aucun) tous les dirigeants syndicaux wallons qui participèrent à la manifestation, ni les très nombreux responsables politiques -wallons et bruxellois (du parti socialiste, du parti communiste, du rassemblement wallon et du front démocratique des francophones) qui étaient présents dans les rangs de l'immense cortège ou qui étaient venus sur les trottoirs témoigner leur sympathie aux manifestants. Les quelques photos que nous publions.nous paraissent à cet égard plus parlantes que de longs discours. Nous voudrions cependant nous réjouir du très grand nombre de jeunes qui vinrent à Bruxelles et aussi de leur dynamisme. Nous pensons par exemple à des groupes comme celui des-étudiants et jeunesses syndicales F.G.T.B. de Liège - Huy Waremme qui fort de plusieurs centaines de camarades, ne cessa de scander des slogans comme «Fédéralisme!» ou encore «Du travail, oui! Du chômage, non!», que pour conspuer les affiches V.D.B. ou P.L.P. ou pour crier longuement «La Meuse», feuille de chou! devant l'immeuble bruxellois de ce journal. " Nous soulignerons enfin, avec beaucoup de satisfaction, l'enthousiasme avec lequel les très nombreux militants et sympathisants du M.P.W. ont répondu à l'appel des Régionales wallonnes de la F.G.T.B., marquant ainsi leur entière approbation à l'égard de la réunification dans l'action des forces les plus progressistes de Wallonie. Cette active et massive participation démontre une nouvelle fois toute l'utilité de notre mouvement. Et nous concluerons en rappelant l'un des slogans dont nous avons le devoir de prouver la justesse. Ce mot d'ordre inscrit sur un des grands calicots officiels proclamait : «L'action est déclenchée en Wallonie! Plus rien ne l'arrêtera». J.-M. HOBERTL

5 - > La Communauté Européenne compte 255 usines sidérurgiques Fin 1966, les pays de la C.E.C.A. comptaient 255 usines sidérurgiques, soit Un accroissement de 11 unités en 5 ans. Parmi ces usines, une seulement occupe plus de travailleurs : il s'agit d'une usine néerlandaise. Le tableau ci-dessous indique l'évolution des unités sidérurgiques européennes en fonction du nombre d'emplois (en milliers). Pays Allemagne Belgique France Italie Luxembourg... Pays-Bas il n Tôt , II Total Total C.E.C.A Toujours Franco La récente décision des Cortes (Parlement espagnol) de supprimer la subvention que le gouvernement espagnol verse pour le Centre international de Formation professionnelle de l'o.i.t. (Organisation Internationale du Travail) à Turin, en Italie, sera certainement considérée dans le monde syndical comme une nouvelle preuve de l'attitude antiouvrière du régime dictatorial du général Franco. C'est à la demande de Fernando Fugardo, soi-disant «délégué ouvrier» à la Conférence internationale du Travail de l'o.i.t., que la décision a été prise par les autorités espagnoles. F. Fugardo a rappelé à cette conférence, il y a trois ans, que cette subvention avait été accordée par le gouvernement «dans l'espoir que l'o.i.t. cesse sa campagne antiespagnole». Il a justifié sa proposition en soulignant que l'espagne ne pourrait pas subventionner une organisation internationale qui-attaque l'espagne à des fins politiques. La campagne antiespagnole et les attaques non justifiées, menées à des fins politiques, dont se plaint le soi-disant délégué ouvrier espagnol sont en réalité les multiples critiques et condamnations de la politique et de la législation antisynciale du gouvernement espagnol, des répercussions massives et des arrestations dont sont victimes les travailleurs et les grévistes, ainsi que de la violation constante des conventions internationales du travail n» 87 et n 98 de l'o.i.t. (la première concernant la liberté syndicale et la protection du droit syndical, l'autre'le droit d'organisation et de négociation collective). Pour le mouvement syndical international libre, la décision des Cortes démontre que les autorités espagnoles considèrent une contribution financière comme un moyen d'acheter le silence des défenseurs de la démocratie et des droits syndicaux. En fait, le seul moyen pour le gouvernement espagnol de ne pas se voir condamné par l'organisation Internationale du Travail et par le mouvement syndical libre international, serait de restaurer la liberté syndicale conformément aux conventions de l'o.i.t. et de cesser l'oppression qu'il fait peser sur les travailleurs de son pays La situation économique dans le Namurois En février 1964, période de haute oanjonctuire marquée seulement par le chômage pour intempéries, on recensait 1655 chômeurs complets indemnisés pour les arrondissements de Namur et Dînant. En février 1968* les chiferes étaient passés à 2089 chômeurs et 1093 chômeuses, soit une augmentation'de près de 100 pour-cent. En outre, 362 homrhes et 172 femmes ne sollicitant pas les allocations de chômage, avaient demandé leur inscription, dans les.services officiels de placement, contre une centaine seulement en période de pleine activité économique. Au total, personnes (2.451 hommes et femmes) étaient inscrites comme demandeuses d'emploi, pour une population totale de 321,065 âmes. Plus de 1 'pour-cent des Naniuirois sont à Xa recherche d'urne occupation. Par rapport aux assujettis à la sécurité sociale (51.981), le pourcentage est de 7,15 %, alors que les économistes bsipitiiilfstes estiment que 3 % de chômeurs est un ohiffire normal. ' - > ' A' cette' situation,' staitîsti'qu'emeti.t ' décelable, répond, une instabilité profonde dans' la vie 'des ( entreprises., ''". t'.,'.- '... '.'.. Certaines glacerïes de La Basse-Sambre ont modernisé leurs installations avec l'aide, de JfEtat pout: réduire leurs effectifs de quelques centaines d'ouvriers. Mécanisation aussi dans' les carrières et fours à chaux, où disparaît progressivement,1e pénible métier de casseur de pierres,.. Deux grands ateliers de la Basse-Sambre qùa' ; ': v ônt chômé-'presque totalement pendant dé.longs mois-, n'ont été sauvés que..pav',.aes commandes émanant des pays de l'est. Il est pi<ju_ant de constater; à ççt.,égard. què'-pien dans la formation administrative dé nos cadres, ne les prédispose - à traiter avec les pays du" bloc soviétique. Vie à la petite semaine aussi'dans les poêleries ÇTàinînes, Narhêçhe, Ciney) i où le chômage partiel vient périodiquement frappetr; l'une ou l'autre En tout état de cause.' une yllle comme Ciney voit ses deux usines principales, connaître une situation critique* alors- qu'elle vient de perdre ses deux Laiteries du fait de la concentration à Floreffe de l'industrie laitière namu.roise. Ajoutons que les Chantiers Navals de Béez, qui occupaient pl.us de 150 personnes en 1958, n'ont conservé qu'une trentaine d'ouvriers. Quant aux Chantiers Navals de Namèche, il ne s'y trouve plus 10 personnes! A Gembloux, l'usine américaine Manui'actu.ring procède actuellement à des licenciements. La Nash américaine a fait remblayer les terrains suir lesquels elle avait projeté de's'installer. Ceci démontre.à nouveau qu'on ne peut accorder qu'une-.confiance mitigée 'àù -capital «étranger, dans la relance de'nos régions.. C'est pourquoi, l'on ooh1prend i mat' qu'tlne'de liôs oonfitureries se soit associée aux Américains. Comme si nous avions besoin d'eux pour faire 4e,1a confiture ou. polir la vendre.! , ' A Gembdoux encore,.xa,coutellerie Le Paon (100 personnes) a fermé ses portes, tandis que Bereco (30 personnes en i960) annonce sa liquidation pour le mojs de mai prochain. ' ' '. '"' Mais il y a mieux! Au cours des dernières années, on â installe dains le zoning de Gembloux, avec l'aide des, deniers publics, une. usine. livrant des maisons "préfabriquées. Dans le domaine du logement, les besoins sont imlnenses, à Namur comme dans toute la WalUonie. Cette usine s'est occupée d'un gros chantier"dans la région. Elle s'est occupée du. logement du SHAPE. Mais, depuis novembre, plus rien! Tout le personnel est en chômage, y compris pas mal de travailleurs musulmans reorutés pour les besoins de la cause. On a donc installé dans le zoning de Charleroi, une usine dont on ne sait que faire. Mieux! Une usine qui concurrence ses propres promoteurs. Et cela, en partie avec l'argent du contribuable. Une telle situation est normale dans notre système libéral. C'est pourquoi nous disons qu'il faut abattre un tel système, générateur de désordres et de gaspillages. Marcel DARIMONT. Les permanences S.E.T.Ca dans la région de Charieroi Des permanences sont à La disposition des employés pour répondre à toute demande de renseignements s>u<r le contrat d'emploi, vacances, pensions, olassiéications, barèmes. Ces permanences se tiennent à : GILLY : Tous les 2* 1 mardis du mois de H» h. 30 à 17 h. 30, à lia Maison du Peuple. FLEURUS : Delvenne, 38, nue J. Lefèvre, tél Tous les jeudis à son domicile et tous le.s mardis de 18 h. 30 à 20 h., à la Maison du Peuple. GOUYllez-PIETON: HaLlet Robert, 2 A, rue des Champs Elysées, tous Le s mardis, de 19 à 20 h., à ia Malson du Peuple. FRÀSNES-lez-GOSSELIES :. Baudet Mairceau, 1, rue Bring'and, à son..«domicile, d.e 18 à 20 h. "GOSSELIES : 'Baudet Marceau, tous àès"vendredis, de 16 h. 30 à 18 h., à la Maison du; Peuple. SOUVRET:' Rombeaux Georges, 1, Cité Nouvelle, à son domicile et tous les mardis, de 18 h. 30 à 20 h., à la Maison du Peuple. FARCIENNES : Tous les l r " dimanches du mois, de 9 à 12 h., à la Maison du Peuple. CHATELINEAU : Tous les 3»» dimanclies du mois de 10 à 11 h. 30 à la Maison du Peuple. LUTTRE : Stenuit Robert, 15, iui e A, Léonard, tous le s 4 e * samedis du mois, de 18 à 19 h,, à ia Maison du Peuple. MONTIG-NIES - SUR SAMBRE : Bier-ainge Richard, 34-12, rue Paul Janson, tous les samedis de 10 à 11 h. 30, à ia. Maison du Peuple. MARCINELLE : Decoster Louis, 35, rue des 3 Fontaines, à son domicile. VIESVILLE : Dujacquier Roger, 2, ru Sainte-Famille à son domicile; MONCEAU-sur-SAMBRE : Van HMe Joseph, 24, rue de Mont-sur-Marchienne, à Montignies-le-Tille.u : l, à la Maison dit Peuple de Monceau-suir- Sambre. THUIN: Brochart Julien «Le Gad Logis», à son domicile. RANSART : Genot Maurice, 97, nue Masse s Diàa-bois, à la Maison diu Peuple... MONT - sur - M ARCHIENNE : Brun Léon, à la Maison du Peuple. ' CHATELET : Daneux Jacqques, 73 rue d'àiseau, tous les mercredis' de h., à la Maison du Peuple. PIRONCHAMPS : Tous le s jeudis de 9 à 12 h.,,à la Maison du.peupte, WANGEN.JES : Tou s les mercredis, de 17 à "19 h., au salon de la Gaieté'. JUMEt-GÔHYSSART : Alexandre-Godefroid, tou s le s samedis, de 14 à 16 h., paiement tous les jours à la Maison du Peuplé. WANFERCEE-BAÙLET : Tous les l" r " samedi du moi s de 9 h. 30 à 11 h., à la Maison du Peuple LAMBUSART : Tous les jeudis,' de 9 à 12 h., à la Maison du Peuple VIEUX-CAMPINAIRE : Tous 'les 4 M vendredis du mois de 19 à 20 h., Café du Peuple, Chaussée de Gi'My. GERPINNES et environs : Tous les 2 * vendredis du.mois de 18 à 20 h. nue Thiébamt, -10 (face à la Gendarmerie). MOMTIGNIES et environs : Derzelile Philippe (permanence mutuelle), rue des Marbignons, 15G. APRES des semaines d'hésitations entre le F-5 de Northrop, le CL-985 de Lock- -A hecd, l'un et l'autre américains, et le Mirage V de Dassault, le gouvernement, belge a choisi,' en février dernier, l'avion français pour renouveler les F-81 démodés, de la Force aérienne belge. La commande porte sur 88 appareils et une option a été prise pour 18 autres, mais il est possible que celle-ci soit reportée sur le «Jaguar», avion militaire d'interception, objet d'une réalisation franco-britannique, dont le premier vol est prévu à Istres en mai prochain. Les «Mirage» sont devenus malheureusement célèbres depuis leur utilisation par Israël, lors de la guerre du Moyen-Orient, en juin dernier. Depuis l'embargo par le gouvernement français, cet appareil est maintenant livré à l'armée Irakienne. Comme on le voit, le capitalisme ne s'embarrasse d'aucun scrupule. Des «Mirage» sont également vendus à l'afrique du Sud ségrégationniste, à l'amérique du Sud, et fabriqués sous licence en Australie. En France, cet appareil -est aussi utilisé comme vecteur de la bombe atomique gaulliste et sa fabrication est effectuée dans les usines de. la G.A.M. DASSAULT de Paris et.du Sud-Ouest, ainsi qu'en sous-traitance dans d'autres usines aéronautiques. Quant aux. réacteurs, ce sont des «Atar» fabriqués par la S.N.E.Ç.M.A., firme nationalisée. Dassault est pratiquement la seule firme privée d'importance dans le domaine aéronautique, toutes les autres étant des entreprises nationales françaises contrôlées par l'etat. La propriété de la G.A.M, DASSAULT est entre les mains de M. Marcel Dassault, propriétaire par ailleurs d'une chaîne de journaux dont l'hebdomadaire «Jours de France». C'est le. type même du capitaliste, moderne «marchand de canons», plus connu dans la faune du «Tout Paris» et des champs de course, que pour discuter des salaires avec les représentants syndicaux. Cette chaîne de production des «Mystère 20» à Mérignac nous montre une industrie de haute technologie. LES COMPENSATIONS INDUSTRIELLES D'un.montant de sept milliards*et demi de francs belges, la commande de «Mirage» intéresse non seulement les firmes françaises, mais également l'industrie belge. Avec un coût moins élevé que celui des appareils américains, l'argument décisif semble avoirété les compensations obtenues par l'industrie belge, Septante pour-cent, des fabrications seraient effectuées en Belgique dont 50 % en Wallonie. Pour obtenir l'affaire, le gouvernement fran- " çais a dû promettre par ailleurs un investissement dans une usine d'oxygène liquide qui doit être implantée dans la région de Ghlin, et apporter son appui au projet belge d'installation à Focant, près de Namur, d'un accélérateur géant de particules du Centre de Recherche Nucléaire. Théoriquement, la commande de «Mirage» représente l'emploi de personnes pendant sept années. Elle intéresse Fairey et la S.A.B.C.A., à Gosselies, pour les cellules, la Fabrique Nationale d'armes de Herstal pour les propulseurs, et un certain nombre d'entreprises comme les ACEG, Bell - Téléphone, M.B.L.E. pour les équipements. NE PAS ETRE LIMiïE ' AU SEUL STADE DE L'INDUSTRIALISATION ' Si pour le «Mirage V» le rôle de l'industrialisation belge se limite au stade de l'industrialisation, en ce qui concerne l'avion français à géométrie variable, l'intervention doit en principe avoir lieu dès l'étude et les prototypes. Il est plus que souhaitable qu'il en soit de même pour les programmes de coopération à venir, car il est essentiel que l'industrie belge de matériel aéronautique ne reste pas une éternelle sous-traitante, au moins dans certains domaines, et qu'ainsi elle sorte de l'état de dépendance quasi absolue dans laquelle elle- se trouve, tant vis-àvis du marché, que vis-à-vis des constructeurs étrangers. L'avion entre dans la voie du transport de masse <; passagers actuellement. UNE-DEPENDANCE ETROITE POURQUOI? Depuis vingt ans, les commandes de quelque importance n'ont jamais été obtenues qu'en compensation de m'ar-' chés d'avions militaires passés par 'la gouvernement belge. L'industrie aéronautique dépend donc en très grande partie des besoins du ministère de la Défense nationale, ce qui est plus que regrettable non seulement quant au fond du problème mais également en ce qui concerne le caractère irrégulier du volume de travail qui résulte de cette situation et le manque de planification à terme de commandes. Après guerre, la F.N. a démarré une production de turbo-réacteurs lors du programme de fabrication de L'avion «Gloster-Météor», les ACEC ont été le contractant principal pour la Belgique lors du programme des fusées Hawck pour l'o.t.a.n., et plus récemment la plupart des entreprises ont travaillé sur la commande des «F. 104 G Starfighter», mais pour tous ces programmes, il s'agissait de fabrications uniquement et strictement militaires. Le premier utilisateur de matériel aéronautique est la Force aérienne belge dont la flotte comptait ces dernières années 400 appareils dont 130 «F. 84» et «RF 84», 100 «Starfigter» et environ, 170 appareils divers de.transport et d'entraînement. Les «Mirages» doivent remplacer les «F. 84» et entre ce sera le tour des «F. 104 Starfighter». Le second client est la Sabena qui occupe près de travailleurs dans ces ateliers de réparation et d'entretien de Bruxelles, sur les salariés de la compagnie. Celle-ci disposait en 1966 de 70 appareils dont 7 Boeing, 9 Convair, une dizaine de «Caravelle» et une quarantaine de Douglas «DC 3» à «DC 7». Or, les,. matériels de la Sabena proviennent tous de firmes étrangères, : américaines, anglaises et françaises. Quant au dernier utilisateur potentiel : le secteur tourisme, sportif ou l'aviation d'affaires il est encore fort peu développé, et la surface limitée de la Belgique ne constitue en aucun cas une base de développement important. 200 millions de Plus d'avions militaires, mais des avions civils! UNE ACTIVITE EN «DENTS DE SCIE» Le retard des décisions gouvernementales a eu pour résultat le non maintien de l'accord de coopération réalisé antérieurement avec les Pays- Bas pour la fourniture de propulseurs par la F.N., à Herstal, seul producteur de moteur du Bénélux, et la Hollande a commandé ses réacteurs de * Northrop F5» au Canada. La dépendance dont nous venons de faire état tant vis-à-vis des matériels militaires que des firmes étrangères amène une activité en «dents de scie * des entreprises aéronauttques belges. Globalement, celles-ci occupent une dizaine de milliers de salariés, dont pour les cellules, pour les propulseurs, et environ pour les équipements. Il est bien évident que ces chiffres varient en fonction de la conjoncture et des programmes en cours. Ces variations ont pour conséquences graves les licenciements et le chômage, mais aussi la perte de personnel qualifié pour l'industrie : ingénieurs et. techniciens. Lors de la commande de «F. 104 G», il a fallu à nouveau former une partie du personnel spécialisé nécessaire. Par ailleurs, l'utilisation d'équipements et de' matériels coûteux sur dte courtes périodes pèse sur le coût des 'fabrications.. - LA NECESSAIRE COOPERATION Compte tenu des moyens limités d'un pays comme la Belgique, mais- également ' de l'évolution des industries aéronautiques et spatiales caractérisées par l'importance de plus en plus grande des techniques et de la technologie mises en œuvre, la masse considérable d'investissements nécessaires à la réalisation des programmes, l'importance des moyens industriels, etc.. Il est bien évident que la Belgique ne peut trouver sa voie dans une coopération étroite avec les autres pays. Le «Mirage III R» en vol. La France et la Grande-Bretagne qui ont pu avoir jusqu'à ces dernières années des programmes spécifiques, et alors même qu'elles possèdent l'une et l'autre une industrie aéronautique importante, sont amenées de plus en plus à la réalisation de projets communs avec d'autres pays. A titre d'exemple, l'avion supersonique < Concorde» franco-britannique qui volera à mach 2,2, coûtera la bagatelle de 110 milliards de francs belges, a nécessité la participation de 630 entreprises, dont 350 françaises, 250 britanniques et 30 américaines, employé plus de spécialistes. La génération d'appareils (sans doute des avions fusées) qui suocèdera, posera des problèmes techniques encore plus complexes, nécessitera des moyens encore plus grands, et ne pourra être effectué que par une coopération encore plus étendue. Il n'est pas sûr, que même dans ce cadre, les pays de l'ouest européen soient capables de la réaliser (1). UN «BALLON D'OXYGENE» OU L'INSERTION DANS LES PROGRAMMES EUROPEENS? La commande de «Mirage V» risque d e n'être qu'un «ballon d'oxygène» pour l'industrie aéronautique belge si celle-ci ne parvient pas à s'insérer rapidement dans les programmes européens ou réalisés entre les divers pays d'europe occidentale. Nombre de projets sont en cours : l'avion à géométrie variable, le minibus «Mercure», l'«airbus», avion franco-allemand de grande capacité, pouvant transporter 237 passagers a 930 km./h., les satellites de télécommunications, les hélicoptères, etc.. Mais encore faut-il, pour que l'industrie belge sorte de sa situation extrême de dépendance, que sa participation commence au niveau des études et des recherches,- afin d'avoir on ce pays un potentiel technique disposant d'une certaine autonomie. La seconde condition concerne la nécessaire spécialisation sur un certain nombre de techniques. Enfin, 11 lui fau* disposer d'un potentiel eh personnel hautement qualifié et notamment au niveau des ingénieurs et des techniciens. LA CARENCE UNIVERSITAIRE! Certes, il faut éouligner ici la carence de certaines universités belges dans tout le domaine dés techniques de pointe. Celles-ci sont trop souvent tournées vers les industries du passé ou les disciplines classiques, et cette situation lamentable est fort loin.de favoriser le développement qualitatif de la Wallonie, par exemple. Mais, en ce qui concerne les industries aérospatiales, il serait fort possible de notre point de vue, de pallier à cette carence, en envoyant ingénieurs et techniciens se former, dans un premier temps, dans les instituts spécialisés de, France ou de Grande-Bretagne;- UNE INDUSTRIE-CLE POUR LE. DEVELOPPEMENT TECHNOLOGIQUE:... :. La. place occupée par' l'industrie aéronautique qest eertes faible en Belgique, tant du point de vue des travailleurs occupés que sur le plan de la production. Mais elle est extrêmement importante dans la perspective d'un.développement, qualitatif du pays. En effet, l'aéronautique comme l'aérospatial sont à la tête du progrès scientifique et constituent des industries clés dans le développement technologique d'un état moderne. Le stade actuel de la construction des matériels aéronautiques comme son évolution exigent l'util.isati'pn de procédés hautement techniques avec un personnel très, qualifié. En outre, la recherche intensive effectuée dans cette branche conduit à des applications dans de nombreux autres secteurs industriels par les retombées technologique qu'elle amène. Le développement d'une telle industrie est donc capital pour la Wallonie, dans la mesure même où un potentiel technique appréciable pourrait ainsi être créé et se développer. COLONISATION OU DEVELOPPEMENT QUALITATIF? Un tel type d'industries est d'ailleurs autrement plus essentiel à la reconversion des régions wallonnes plutôt... que des usines de conditionnement de produits pharmaceutiques ou de fabriques de pièces détachées. Car, dans le premier cas, le développement peut s'effectuer tant au plan quantitatif que qualitatif, dans le second 11 s'agit seulement d'un changement de forme de colonisation, le pays devenant encore plus qu'auparavant sous la dépendance des grands trusts internationaux. La création ou le développement d'industries aérospatiales en Wallonie permettrait par ailleurs à des entreprises entières de remonter la pente technologique dans laquelle elles sont en train de s'enfoncer. Mais ainsi que nous venons de le souligner, une telle orientation ne peut être réalisée sans formation et sans capacité technique des hommes de ce pays, condition sans doute encore plus indispensable que celle des capitaux. La commande des t Mirage» est certes un gouffre à milliards!... et il aurait été autrement préférable de fabriquer des avions de transport civil. Sachons au moins l'utiliser pour le développement technique et technologique de la Wallonie. Jacques GERSANT. (1) Cel appareil volera entre mach 3 el 4, el devra franchir un «mur de chaleur de 3 à 500 degrés centigrades. La célèbre «Caravelle» qui précéda le <i Concorde». COMBAT PAGE 8 COMBAT PAGE 9

6 COUP DŒIL SUR LE CINEMA POLONAIS ET D'AUJOURD'HUI UAND en 1!)45, l'industrie cinématographique polonaise fut étatisée, Q elle pouvait compter pour se réorganiser sur l'appui spontané du groupe START (Société des Amis du film Artistique, fondée en 1929) et spécialement sur les talents déjà affirmés de Cebalski, Kowalski, Jakubowska, Wohl, auxquels étaient venus se joindre A. Ford et Jerzy.Toeplitz. Les années de l'immédiat après-guerre furent pour le cinéma polonais des années difficiles. C'est Léonart Buczwokski qui réalisa le premier long métrage de fiction, «Chansons interdites» (1947). En 1948 et 1949 sortirent «La Dernière Etape», de W. Jakubowska et «La Vérité n'a pas de Frontière», d'aleksander Ford, qui attirèrent sur la production du pays les regards étrangers. Ces films contenaient déjà Virtuellement les thèmes qui seront exploités et développés plus tard et qui prouveront, suivant le mot heureux d'un critique «la photogénie du désespoir». «La Barrière», de Jerzy Skolimowski VERS les années 50, les cinéastes se ' firent les illustrateurs diligents d'une réalité sociale et leur production se borna il répondre aux besoins de la demande. En 1947, Toeplitz et A. Bohziewicz créèrent la fameuse école de Lodz, dans le but d'assurer la relève de jeunes talents dans un esprit de liberté étranger aux impératifs politiques staliniens. Cette école forma dans ses murs une pléiade de réalisateurs et de techniciens si extraordinaire qu'elle passe à juste titre pour un modèle. Munk, Passendorfer, \Vajda, Chmielewski, Karabasz, Kutz, Majewski, firent leurs classes dans cette exceptionnelle pépinière à talents. Ce fut en janvier 55, à Varsovie, que A. Wajda présenta «Pokolénie» (Génération) et lançait du même coup une esthétique cinématographique qui devait faire long feu. Il donnait le premier coup de pioche dans la veine littéraire qui, systématiquement explorée, par la suite, jusqu'à épuisement, allait donner des œuvres, qui malgré le recul du temps, n'ont rien perdu de leur profondeur tragique. «Ces films présentaient toujours, dit Boleslaw Michalck (Cinéma 68, n" 123), l'homme confronté avec l'histoire. Il est cependant caractéristique que la logique et la signification de l'histoire échappent aux protagonistes (comme c'est le cas dans «Cendres et Diamant», «Kanal» et tant d'autres), mais aussi aux auteurs. L'Histoire apparait toujours comme une force anonyme non identifiée, qui écrase inlassablement les aspirations, les espoirs et l'existence même des personnages. Les auteurs de l'ecole polonaise n'ont jamais manqué de force dramatique, ni de sensibilité, parfois déchirante ; mais ils n'ont pas cherché à traduire ce drame sous la forme d'une analyse historique, ils n'ont jamais cherché à découvrir un déterminisme psychologique ou social plus profond. Ils se contentaient de créer une atmosphère sombre et hallucinante, sans pénétrer plus à fond... L'insuffisance est d'ordre intellectuel...» Cet avis «a posteriori,> me parait d'une sévérité excessive. En fait, les films de cette époque continuaient la tradition littéraire de la nation et traitaient de sujets familiers au peuple : les épreuves de guerre, la nouvelle voie politique, le récent ordre social, sujets dont le public aimait débattre. Ainsi les films de cette période venaient à point nommé. Ils firent en quelque sorte office d'exutoirc d'un état d'esprit bouillonnant. Munk vint se joindre au groupe («Un Homme sur la Voie» (19S7) ainsi que le scénariste J.-S. Stawinski, qui travailla a «Kanal», «Eroica», «Le Déserteur», et «De la veine à revendre». N 1957, Wajda sort «Kanal» (Us E aimaient la vie) film tout imprégné des souffrances de l'insurrection de Varsovie de 1944, qui obtint le prix spécial du Jury à Cannes, la même année, bientôt suivi par «Eroica» (1958) de Mùnk (une démystification du culte de l'héroïsme) et par un nouveau film de Wajda et Andrzejewski «Cendres et Diamant». Cette œuvre fut peut-être celle qui souleva en Pologne le plus de discussions et de controverses. Avec un-réalisme parfois brutal et un lyrisme exacerbé Wajda y parle des sombres lendemains de la libération polonaise. L'auteur se situait dans un courant d'inspiration néo-romantique et révélait au public un acteur exceptionnel, Zbigniew Cybulski. C'est à cette époque que furent réalisés «Train de Nuit» (1959) et «Mère Jeanne des Anges» (1961) de Jerzy Kawalerowicz, «Les Chevaliers Teutoniques» (1960), de A. Ford. Munk et Wajda voulurent apporter leur contribution à un genre plus léger avec respectivement «De la veine à revendre» et «Les- Innocents charmeurs» (1960). Cette dernière œuvre étonna : «Wajda abandonne le «symbolisme visuel» pour un réalisme plus intime, plus dépouillé. Il s'attache à l'étude ironique et tendre-amère du comportement d'un groupe en proie aux démons modernes : la peur d'être dupe, le refus du sentimentalisme qui ne va pas sans un certain cynisme dans le marivaudage intellectuel...» (M. Capdenac Let. Franc, n. 1127). Enfin, «Le Dernier jour de l'eté», de Konwicki «constitua une tentative de tourner le dos aux historiettes cinématographiques consacrées et d'introduire dans ie film un souffle lyrique» (S. Grzelecki dans «Le Film en Pologne»). Tous travaillèrent dans l'esprit que Wajda avait ainsi défini : «Nous devons tourner des films qui disent quelque chose au public. Il faut que nous fassions penser. Nous ne pouvons pas nous limiter à faire des films pour des publics réduits, nous devons attirer TOUT LE PUBLIC. Nous ne devons pas sous-cstiniur le public... En définitive, il apparaît que le public soviétique comprit Ifs films tl'elscnsteln... VERS 1902, l'ecole polonaise sentit kl nécessité de changer de route, de rafraîchir son inspiration. Quelques films de cette époque méritent d'être signalés. Ce sont «Le couteau dans l'eau», d e Roman Polanski (1962), «La Voix de l'au-delà», de S. Rozewiez, «Le Bonheur d'être aimée», de Wojoieoh J. Has et «Le Silence», de K. Kutz. Ce fut le temps où un certain nombre d'écrivains-scénaristes prirent en main la caméra et voulurent faire du film d'auteur. Citons T. Konwicki (La Toussaint et Salto), Stavinski (il n'y aura pas de Divorces, Pingouin, Le Soir avant la Fête) et A. Scibor-Rylski (Leur jour quotidien, L'AprèsMidi tardif, Demain le Mexique). t*n 1963, on assiste à l'éclosion de " conceptions nouvelles. Les cinéastes s'intéressent à la contemporanéité des sujets. «L'Art d'être aimée» et «Le Code», de Has. «L'Echo» de Rozewicz, et quelques autres témoignen.t d'un réel souci de moderniser les thèmes encore que B. Michalek (op. cit) considère ce cinéma comme ' iû.:. ' $ - «l'ombre d'un cinéma antérieur». Où pau'pra-t-on dès lors situer le groupe de ceux qui ne se sont plus nourris «de 'littérature mais de journalisme» tels W. Lesiewicz, K-luba (Le maigre et les autres) et J. Morgenstern qui abordèrent avec courage la «réalité sociale»? L E DES TEMPS HOMMES ORCHESTRE Jerzy Skolimowski, ancien scénariste de Wajda et de Polanski, est avec ce dernier, un des talents les pi'us prometteurs du jeune cinéma polonais. Exception faite pour «Barriera», il est aussi celui qui se tient le plus a l'écart de la tradition cinématographique de son pays. Son œuvre balance curieusement entre le nihilisme et.l'indifférence et parle poétiquement le langage de l'inquiétude et de l'insatisfaction d'une certaine jeunesse contemporaine. Il utilise toutes les ressources de «l'esthétique de la pudeur» dont parlait récemment Michel Ciment (Positif 90). Un t'ait est certain : il a subi l'influence de J. L. Godard par son goût de l'insolite et de l'insolent, de la référence et de.l'humour, sa fausse désinvolture, sa construction dramatique libérée' des, contraintes. Ainsi par nra.'nts côtés, il fait penser aux modernistes. français et tchèques. * Particulièrement prolifique (5 films en quatre ans «Rysopis», «Walkover». «Barriera». «Le Départ» ( réalisé en Belgique pour le compte de l'elisabeth films) et enfin «Haut les Mains» qui a été interdit par la censure polonaise, Skolimowski s'impose à l'étranger par sa façon toute personnelle de visualiser ses études de comportement. Enfin Polanski vint... Avant de réaliser son premier long métrage. Po'.anski, par ses talents de conteur-fabuliste, avait déjà acquis en Europe une solide réputation («Deux Hommes et une Armoire», «Le gros et le maigre», «Les Mammifères»). Quand en 1962, îl eut réalisé «Le Couteau dan s l'eau», les cinéphiles comprirent que ce jeune homme de 29 ans. extrêmement doué, prenait brillamment la succession des aînés. Il partageait avec Skolimowski tous les talents (acteur, scénariste, technicien, metteur en scène, etc.). Dès son premier grand film 11 donnait un bon exemple de cinéma «ouvert» (entendez aux multiples significations). : 4::; :: S :Sii;rfi iêêèêêêêêt' ' i.-«sis;! : î'ii:-:-'-j.«: s*»»* «La Passagère», de Munk M^:-'-MM&mÊÊSÈËÊA Déjà y apparaissait l'essentiel de sa thématique future le défi, la complicité la duplicité) en même temps que son goût pour les situations ambiguës et l'humour inquiétant. Polanski n'hésitera d'ailleurs pas, un peu plus tard, à jouer la carte commerciale afin de s'imposer sur le plan international. Ce fut «Répulsion» («m. Hitchcock, l'humour en moins), qui témoigne, entre autres choses, de l'intérêt de son auteur pour lia symbolique freudienne. Mais c'est avec «CuL de Sac» (1966), que les amateurs de bon cinéma purent l'apprécier à sa juste mesure : œuvre synthèse (déjà), qui mettait en lumière son sens extraordinaire du dérisoire. Nous n'avons pas encore vu son dernier film. «Le Bal des Vampires». H est probable que Polanski soit plus intelligent, plus ingénieux que sensible. On peut dire qu'il apporte au cinéma polonais le complément de raison trop souvent dédaigné par ses prédécesseurs. Son lyrisme- contrôlé ne l'empêche pas d'être une des plus belles bête s de cinéma que nous puis-. sions admirer. Il donne à la Raison ce que Skolimowski apporte à la Poésie. L'un et l'autre constituent le capital énergétique 'd'un cinéma en pleine expansion. Ils sont inconstestabiement pour la relève (W; Leszczynski («La Vie de Mathieu»), A. Zulawnskl, W. Solarz, M. Piwrowski, K. Zanussi et A... Kostenko des chefs de file. Jean LECLUSE., Bloc-notes k La fédération polonaise des Oiinéclubs compte adhérents. La Pologne est le' seul pays où les ciné-olubs sont subventionnés pair l'etat. * L'école de Lodz fusionnée avec l'ecole Supérieure de Théâtre depuis 1958, compte environ 200 élèves t 80 professeurs. 50 films y sont réalisés par an. * En 1959, décentralisation de lia cinématographie polonaise ; création de 8 équipes unifiées de réalisateurs : Studio Kadr, Rytm, Stairt, Kamera, H-buzion, Droga et Syrena. * Comme courts métrages, l'industrie cinématographique produit par an 50 documenta ires, 100 actualités, (dessins animés, films didactiques)! 100 films éducatifs, 150 films diverti etc.). - Théâtre, du Gymnase I, I E G E UN SUCCES DE RIRE OSCAR Ou SHiui'tli 1,-; uu iiiiii-di 16 avril, A 20 licurôh, Illmuiu-llu 11 ut LUNDI 15, ù ut 20 h. ' Les décentralisations du Théâtre du Gymnase Le Théâtre Royal du Gymnase de Liège, Centre théâtral de Wallonie, décentralisera dans les provinces wallonnes. «Ktiock», de Jules ' Romains : le 10 à Jemeppe-sur- Sambre, le 11 a Hastière, le 17 à Gedinne, le 18 à La Roche, le 19 à Welkenraedt, le 26 à Ciney, le 27 à Profondeville, le 28 à Biesmes, le 30 à Couvin, «Oscar», de Claude Ma. gnier : le 25 à Vottem. PAGE 10 Les Cœurs Verts pour pouvoir tourner à Nanterre ce film-document sur l'adolescence délinquante, Edouard Luntz a véou un an parmi les jeunes. A ces cœurs verts, il fallait un cœur pur, une âme qui fût à l'abri de l'envie un peu nauséabonde de se servir d'un sujet grave pour faire peur aux bourgeois du parterre. Luntz n'est pas Corman. Il répugne au scandaleux comme il dédaigne les dénonciations à résonance platement moralisatrices. «... Je les ai écouté parler pour essayer de comprendre le pourquoi réel et le comment de leur désœuvrement, de leur ennui, de leurs jeux T violents et.^stupides, de leurs plaisirs, de leurs soucis, de leurs terreurs aussi... je n'ai rien imaginé...» dit Luntz. C'est vrai. On n'a pas un instant l'impression que les acteurs débitent un rôle, ni Zim ni Jean-Pierre ni personne. Ce sont bien des événements qu'ils ont vécus quand ils se sont sentis «mal dans leur peau», quand ils ont essayé de devenir adultes vaille que. vaille. Ils ont dix-sept ans. Ceux qui ne les connaissent pas, ou plus justement qui ne veulent pas les connaître (nous en sommes bien souvent) ont tôt fait de les cataloguer : des blousons noirs, des traîne-la-flemme, des petits merdeux qiui n'ont de respect pour rien. Ça rassure, ça empêche de se poser des questions embarrassantes telles que : Pourquoi agissent-ils ainsi, qu'est-ce qui les pousse à ne rien richer de leur dix doigts, à se faire faire la sérénade par le juke-box de coin, à arpenter les rues...? Après quoi on tourne la page. Luntz aussi constate, mais lui ne s'en tient pas là. Il cherche les raisons. Il n'excuse pas, il cherche à comprendre. Et avant tout à les comprendre. Il découvre que si Zim «tombe», par exemple, c'est à cause de l'atmosphère familiale d'abord (son frère est un caïd, il purge une peine). Cause sociale aussi : qui voudrait de lui avant le service militaire, qui embauche un nonqualifié? qui l'aide à s'accrocher à quelque chose, une idée, un idéal? Et qui en a un d'abord? Les adultes? Allons donc! L'essentiel pour Zim c'est de pouvoir s'accrocher à quelqu'un. Une fille, une ouvrière? Même pas. Parce qu'elle préfère le blanc bec de Neuilly, un fils à papa. Lui, au moins, il possède une voiture. Alors quoi? La seule famille c'est la bande. Ce n'est pas fameux mais c'est mieux que rien. Au moins avec ceux de la bande (pour les jeunes bourgeois délinquants on parle plus volontiers de groupe) on trouve à qui parler. On est entre égaux. Pourtant Zim, lui, sera sauvé. Le plomb dans l'aile, lui a donné du poids dans la cervelle. Il travaillera, il s'intégrera. Sauvé? C'est vite dit, rectifie Luntz : «Estce être sauvé que se trouver voué à une vie entière de travail à la chaîne, de boulot salissant, mal payé et sans le moindre intérêt, simplement pour pouvoir donner la becquetée à une petite famille grise et triste, avec comme perspective essentielle ' d'avenir, comme le dit un personnage du film «la télé à quarante berges, si t'as fait des économies»? Est-ce être sauvé? Honnêteté de Luntz qui laisse ouverte la question. Jean-Pierre, au contraire, ne s'intégrera pas. Dans les dernières images on Te verra repincé par la police pour tentative de vol en criant : «Je veux rentrer chez moi!» Où cela? Quel chez' soi? Zim regarde s'éloigner la cellulaire avec un regard qui en dit long. Il n'y a que les optimistes béats pour' s'imaginer que le chez soi d'un H.L.M. est plus chaud qu'un chez soi de bidon-ville. Vide. Vide de tout parce que vide des adultes. Vide de l'esprit. Et de l'intérêt pour rien. Ces jeunes gens là n'ont aucune envié de créer une quelconque cellule politique. La politique, connaissent pas. Pas plus d'ailleurs que telle ou telle idéologie dans le vent. Ils n'en ont pas les moyens. Ils considèrent que ce sont des trucs de riches. Ecrasés par un monde qu'ils ne comprennent pas parce que personne n'a jamais essayé vraiment de le leur expliquer, ils préfèrent vivre au hasard, Ou pkis exactement dans l'attente de quelque chose que personne ne se soucie de leur apporter. L'ennui partout, l'ennui sans couleur qui les place aux antipodes des privilégiés de Paris («La Chinoise») que la culture à défaut de COMBAT PAGE 11 Le coin par bon sens et de cohérence d'esprit préserve de la grisaille, du nonêtre. Tout dans le, film, depuis les terrains vagues, la «zone» proche et les rues de banlieue en passant par les mines des personnages, est uniformément gris et sans relief. L'amour même y est gris-et sans joie. Rien de plus significatif à ce propos que le «viol» de la petite amie de Jean-Pierre (Marise Mair) une ouvrière d'usine, en présence de ses copains à peine intéressés. Rien dans cette scène qui ressemble à la scène-choc dont certains l'encyclopédie solutions Un «professeur» permanent pour seulement 393 francs. n'importe qui peut tout réussir... voyez comme c'est clair, pratique, facile Tour chaque true, vous disposez de plusieurs dessins très précis, quelquefois même décomposés. 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Je vous i>nje de m'envoyer L'ENCYCLOPEDIE DU BRICOLAGE Q Si ce Mivne nie pkût, je pourrai! le conserver et je le pajeirad seuieimemit 395 F (port compris) dans les 8 jours après la réception ou en deux versements de 200 F. le premier 8 jours après réception, le second uin mois après celui-ci. (Soulignez le paiement choisi.1 Une documeiita'tioin jointe à ce livre m'explique les avaniafies qui sonit réservés aux adhérente (PN) de votre eomeelion. # Simon je le rehauiraieraii dons les aieq jours sams avoir à justmiik>>r mon refus et sains être ten<u(e) à quoi que ce soi! MON NOM ET PRENOM RUE et N» VILLE DATE SIGNATURE films font un plat. Ici quelle tristesse, bon Dieu! et comme le dramatique, à se voir si dépouillé, y gagne en puissance et en potentiel émotif. On n'oubliera phis cet air d'infinie déception et de rage impuissante qui décompose les traits de la jeune fille. Faut-il dire qu'un film aussi anticommercial risque de stagner dans les salles d'essai. L'objectivité, l'authenticité on peut bien employer le mot pour une fois qu'il prend signification ne payent pas en ces temps où 11 est inojpportun, semble-t-il, d'avoir vraiment quelque chose à dire. Car Luntz nous livre un message. Il nous dérange en mettant le doigt dans l'une des plus laides plaies de l'époque et surtout en malmenant une bonne conscience. La dernière bobine ne contient pas le mot PIN «parce que, dit l'auteur, le film n'est effectivement pas fini et ne le sera pas aussi longtemps' qu'il y aura sur terre des jeunes mal à l'aise dans leur peau avec S9\ anod auuos.i8d uemu

7 22 juin 1941 mai 1945 dans la seconde guerre mondiale OAHHA-MATb 3OBET! Pour la première foîs un ouvrage : Présente et illustre les grands mouvements stratégiques qui ont modifié un front qui allait de la Baltique à la mer Noire ; Décrit les batailles les plus sanglantes de l'humanité; Explique la défaite du Nazisme et la victoire des hommes libres. Un témoignage authentique d'hommes héroïques, maréchaux de l'état-major, écrivains illustres, ou simples soldats, qui montre à travers une abondante iconographie,puisée dans les archives du ministère de la défense soviétique, la vérité quotidienne de la Guerre en U.R.S.S. Une collection de bibliophile en 5 volumes i^milfl^f'ssaa^lî^^^ifll^^l^ - Reliure rouge, luxueusement présentée - Format élégant et classique 23 x 31 cm Impression réalisée en offset sur papier couché Iconographie considérable 4000 illustrations 1000 documents couleurs 2400 pages de récits passionnants 8SSS3B5 édité à l'occasion du C I N Q U A N T E N A I R E de la révolution russe un document historique exceptionnei L'U.R.S.S. dans LA SECONDE GUERRE MONDIALE 9, place du Samedi Bruxelles 1 il deao>ciil em ation I ^ïns engagemenrae ma par., recevoir le plus ns engagemen rapidement possible, une information complémentaire id concernant I cette exceptionnelle collection. I NOM. I PRÉNOM PROFESSION " RUE No I VILLE.-; Dpt I ^^^ ^^^ ^^^B ^^H ^^H BHH ^Hi MflH HHI UMB ^m a Réservez dès maintenant une collection et VOUJ pourrez être le gagnant d'un magnifique voyage en u.r.s.s. Offert pour 2 personnes, à l'un des 2000 premiers souscripteurs. Pour environ 300 francs par mois, vous serez un des privilégiés possesseurs de cette collection exceptionnelle. COMBAT PAGE 12

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