LA MICROFINANCE ET LES DIFFICULTÉS DE FINANCEMENT DU MONDE RURAL L EXEMPLE DES IMPAYÉS AU SEIN DE LA MECFEPRODES

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1 LA MICROFINANCE ET LES DIFFICULTÉS DE FINANCEMENT DU MONDE RURAL L EXEMPLE DES IMPAYÉS AU SEIN DE LA MECFEPRODES Mémoire de fin d étude, Sciences Po Toulouse Master «Développement économique et coopération internationale» Oriane Barthélemy 2013

2 REMERCIEMENTS Je tiens à remercier l ensemble de l équipe de la MecFEPRODES, qui par son accueil et sa générosité a rendu ce stage très agréable et formateur. Je remercie plus particulièrement Mme Cissé qui m a donné l opportunité de faire un stage au sein de la mutuelle et Katim Touré qui a facilité sa mise en œuvre. Abdou Ba et Henry Diatta m ont largement aidé à comprendre les enjeux actuels de la Feprodes et les comportements de ses clients. Ils ont toujours étés présent pour répondre à mes questions. Je remercie aussi l ensemble des agents de crédits qui ont acceptés de répondre à mes questions au cours des entretiens, sans quoi ce mémoire n aurait pas été possible. Mes remerciements vont aussi à Rokhaya Ndiaye et sa famille qui m ont permis de découvrir la culture sénégalaise et de mieux cerner l environnement de l étude. Je remercie encore une fois Henry Diatta pour m avoir relue et fournit des informations complémentaires sur l évolution de la Mutuelle. Je remercie enfin Isabelle Guérin pour son encadrement en tant que maitre de mémoire. Ses relectures et ses commentaires pertinents m ont été très utiles pour améliorer mes premiers écrits et arriver à ce mémoire final.

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4 INTRODUCTION GENERALE La microfinance est un secteur qui a émergé rapidement. En moins de 10 ans, il est il a pris un véritable essor et de relativement marginal est devenu un secteur très prisé et encouragé par les institutions internationales; en 2005, les Nations Unies célèbrent «l année du microcrédit», en 2006, la Grameen Bank et son fondateur M. Yunus reçoivent le «prix Nobel de la Paix». Cette reconnaissance a permis la croissance des financements commerciaux, et la microfinance a ainsi pu se développer rapidement à travers le monde entier. Entre 2004 et 2008, le secteur a affiché un taux de croissance annuel de 39% sur les marchés émergents 1. Nous prendrons ici comme définition de la microfinance et du microcrédit celle proposée par I. Guérin 2, «Le microcrédit est une composante de la microfinance, définie comme l ensemble des services financiers (crédit, épargne, assurance, transferts de fonds pour les migrants), généralement de faible montant, destinés aux populations exclues des institutions financières classiques» 3. On peut se demander pourquoi un tel engouement pour la microfinance? Bateman 4 nous explique que la microfinance s inscrit dans les logiques néo-libérales et les légitiment : proposer une aide aux pauvres en s appuyant sur le courant libéral dominant a rapidement séduit l ensemble des institutions internationales et principaux bailleurs de fond. En effet démontrer que tout individu, même le plus pauvre, peut devenir entrepreneur et voir ses revenus augmenter accrédite la théorie du «self-made-man» et de l «entrepreneur innovant schumpéterien». Cependant, depuis l émergence des crises d impayés de la microfinance vers la fin des années 2000 (2008 en Zambie, au Nicaragua, en Bosnie-Herzégovie, au Pakistan et au Maroc, 2010 en Inde, 2011 au Bénin) les critiques envers le secteur se font croissantes. Ces 1 Microfinance Information Exchange (MIX) 2 Dette et pauvreté en Inde rurale, I. Guérin, Ici nous utiliserons principalement le terme microfinance ce qui englobe une offre de services financiers plus vastes que le microcrédit. On entend par microcrédit l offre de crédit et d épargne proposé aux populations les plus pauvres. 4 Why doesn t microfinance work? The Destructive Rise of Local Neoliberalism, M. Bateman (2010). 4

5 critiques ne sont pas récentes (Roesch 2006) mais émergent avec plus de vigueur car vérifiées par l Histoire. L «euphorie» sur la microfinance est un temps révolu, et la réflexion la plus intéressante aujourd hui, porte sur sa restructuration, les enseignements à tirer des crises d insolvabilité et les facteurs qui nous permettent de l envisager comme un outil capable d aider les populations. En effet, il est important de ne pas être uniquement négatif sur ces expériences de microfinance qui répondent toutefois aux problèmes d exclusion financière des plus pauvres. Le sujet aujourd hui est notamment de revoir la politique financière, la capacité d emprunt des plus pauvres, leur rapport à l argent et d être plus réaliste quant aux impacts de la microfinance ; que ce soit au niveau économique, dans quelle mesure la microfinance peutelle être un levier de développement et apporter des revenus supplémentaires aux ménages? Au niveau social, comment la microfinance peut-elle permettre de réduire les inégalités d accès aux services financiers? Au niveau du genre, en quoi la microfinance a-t-elle une influence sur l empowerment 5 des femmes? Il a été démontré que la microfinance n a pas seulement apporté que des réponses positives et encourageantes à ces différentes questions. La plus-value du secteur est plus complexe que les simples avantages (fin de la pauvreté, empowerment des femmes...) mis en avant par ces précurseurs. Par exemple, une «éradication de la pauvreté» via la microfinance ne semble pas réaliste cependant le secteur peut permettre de limiter la vulnérabilité des ménages. Il faut re-analyser les attentes que l'on peut avoir de la microfinance pour comprendre l impact qu elle a pu ou peut avoir à l avenir. Ce sont ces nouvelles interrogations et dynamiques qui m ont attirées dans la microfinance. En effet cette nécessité de revoir la pertinence et l impact de la microfinance me semble un challenge intéressant et prometteur qui mérite qu on s y attarde, car sur le long terme c est un vrai accompagnement politique notamment en matière de développement. C est dans cette optique que j ai effectué un stage à la MecFEPRODES. Trouver une institution de microfinance (IMF) qui corresponde à mes attentes (pratique d une microfinance plutôt sociale que commerciale) n a pas été chose facile. Mais la MecFEPRODES a répondu à ces objectifs. Durant ce stage j ai pu observer le fonctionnement d une IMF, la gestion de ses risques opérationnels et ses difficultés pour maintenir son taux d impayés à un niveau 5 L empowerment désigne le processus qui permet aux individus de prendre conscience de leur capacité d agir et d accéder à plus de pouvoir. L empowerment, nouvel horizon de la politique de la ville, S. Zappi, Le Monde, fevrier

6 raisonnable, synonyme de stabilité. J ai aussi pris conscience de la vulnérabilité des ménages ruraux, très dépendants de l agriculture dans la région et constituant souvent la population la plus pauvre. Les défis du financement du secteur agricole m ont beaucoup intéressés et j ai compris la difficulté de concilier une politique de prêt dédiée aux entrepreneurs agricoles et un taux de recouvrement acceptable. L utilisation de la microfinance pour résoudre des défis de développement dans des situations rurales difficiles est-elle vraiment la panacée? C est pour répondre à ses défis que j ai souhaité étudier la politique de recouvrement des prêts (les taux d impayés) des IMFs et les difficultés de financement du monde agricole. La question centrale de ce mémoire est la suivante : En quoi les crises d impayés traduisent-elles les difficultés de financement du monde rural? Pour répondre à ces questions, il m a semblé utile en premier lieu de revenir sur les crises d impayés qui se sont déclarées à la fin des années Cette revue théorique et cet état des lieux nous permettra de comprendre pourquoi une augmentation des taux d impayés fragilise les IMFs et favorise l émergence de crise globale dans le secteur. Nous analyserons aussi les différents chemins causaux entrainant cette augmentation. Dans un deuxième temps, nous verrons que le financement du secteur agricole est une activité risquée. Ces risques peuvent engendrer de fort taux d impayés si des solutions adaptées au secteur agricole ne sont pas mises en place. C est ainsi que nous en arriverons à l étude de cas de la MecFEPRODES ou la forte augmentation des taux d impayés est due, entre autres, aux difficultés rencontrées dans le financement des acteurs ruraux. Nous verrons les raisons de ces difficultés et les solutions apportées. 6

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8 SOMMAIRE Remerciements... 2 Introduction générale... 3 Sommaire... 4 Listes des tableaux et des figures... 5 Sigles et Acronymes... 6 Partie 1 : Reprises des données théoriques sur les impayés I- Le surendettement, facteur clé de la crise en Inde en 2010? A) Les politiques laxistes (conscientes ou non) des institutions de microfinance ont permis aux ménages de s endetter jusqu à devenir insolvables B) Les ménages se laissent tenter par la société de consommation et n hésitent pas à s endetter auprès de plusieurs sources (IMF, préteurs sur gage...) II) Le renouveau des théories sur les impayés ou la mise en valeur des facteurs macroéconomiques et politiques A) Les dérives du secteur à l origine des crises et notamment du surendettement des ménages B) L influence de l environnement macroéconomique sur la crise des impayés C) L importance de la légitimité des IMF et le rôle des leaders locaux dans les crises d impayés Partie 2 : Les difficultés pour les institutions de microfinance de financer l agriculture dans les pays du sud I- Les problèmes de financement de l agriculture : En quoi et pourquoi les IMFs ont du mal à proposer une offre de services financiers adéquats aux acteurs du monde rural? A) Inadéquation entre l offre et la demande en services financiers dans les milieux ruraux? B) Les grands défis des IMF : risques variés et coûts de transaction élevés II- Quelles sont les nouvelles approches mises en œuvre par les IMFs pour répondre aux difficultés de financement de l agriculture? A) Exemples d innovations en matière de services financiers proposés aux acteurs du monde rural B) L approche de filière ; une nouvelle stratégie de financement considérant une approche plus macroéconomique du problème de financement en zone rurale Parti 3 : Etude de cas, la MecFEPRODES : Le lien concret entre impayées et financement de l agriculture

9 I. Contexte général du Sénégal et méthode de collecte des données A) La microfinanciarisation de l économie sénégalaise B) Les caractéristiques de la MecFEPRODES: son ancrage dans la région et la prévalence de ses buts sociaux C) La méthodologie adoptée afin de récolter des informations au sein de la MecFEPRODES II- Quelles incidences l augmentation des impayées a-t-elle sur les SFD? Pourquoi les impayés augmentent-ils? A) Une augmentation des impayés qui se révèle handicapante pour la FEPRODES et qui correspond à une difficulté de conjuguer performances sociales et performances financières B) Dans le cas de la MecFEPRODES, quelles sont les raisons qui ont entrainées un fort taux d impayés? III- Quelles solutions pour le financement de l agriculture? A) Les difficultés de recouvrement des crédits agricoles B) L expérience du warrantage : une solution pour la sécurisation des crédits agricoles? Conclusion Bibliographie Annexe

10 Liste des tableaux : Tableau 1 Niveau d'endettement croisé au Nicaragua, Maroc, Bosnie-Herzégovine et Pakistan Tableau 2 Evaluation du risque sectoriel (en % des enquêtés) Tableau 3 Avantages et limites du warrantage Tableau 4 Offre et demande de financement au sein d'une chaine de valeur Tableau 5 Buts et objectifs sociaux de la MecFEPRODES Tableau 6 Les différentes caractéristiques des crédits proposés par la mutuelle Tableau 7 Tableau utilisé à la MecFEPRODES pour analyser le caractère risqué ou non d'un futur prêt Liste des figures : Figure 1 Evolution de la structure de l'endettement (en volume) en Inde du Sud Figure 2 Hausse des impayés dans les IMFs au Pakistan, Nicaragua et en Bosnie- Herzégovine Figure 3 Les trois acteurs du warrantage Figure 4 Nombre de produits d'assurance accessibles aux exploitants agricoles à faibles revenus par région Figure 5 La microfinance entre utilité sociale et performances financières

11 Liste des sigles et acronymes : AGR : Activité Génératrice de Revenus BCEAO : Banque Centrale des Etats de l Afrique de l Ouest CECAM : Caisse d Epargne et de Credit Agricole Mutuel (Madagascar) CPAG : Consultative Group for Asisting the Poor FARM : Fondation pour l Agriculture et la Ruralité dans le Monde GEC : Groupement d Epargne et de Crédit IMF : Institution de MicroFinance LPS/MF : Lettre de Politique Sectorielle de la MicroFinance MEC : Mutuelle d Epargne et de Crédit MecFEPRODES : Mutuelle d Epargne et de Crédit des de femmes productrices de la vallée du fleuve du Sénégal MFEEF : Ministère de la Femme, de l Enfant et de l Entrepreneuriat Féminin Nabard : National Bank for Agriculture and Rural Development (India) OCDE : Organisation for Economic Co-operation and Development ONG : Organisation Non-Gouvernemental OPA : Organisation Professionnel Agricole RCB : Rural and Community Banks (Ghana) PAR : Portefeuille à risque PIB : Produit Intérieur Brut SFD : Système Financier Décentralisé SHG : Self-Help-Group USAID : United States Agency for International Development 11

12 PARTIE 1 : REPRISE DES DONNÉES THÉORIQUES SUR LES IMPAYÉS La montée brutale des impayés est la manifestation la plus évidente d une crise dans le secteur de la microfinance. L origine de ces impayés est la plupart du temps attribuée à un surendettement généralisé. Ceci est vérifié mais n en constitue pas le seul élément. Les crises d impayés sont des éléments complexes que des facteurs contextuels rendent encore plus difficiles à interpréter. On relève une suite de crises d institutions de microfinance (IMF) depuis la crise bolivienne de 1999, chaque crise ayant ses spécificités locales. Dans le domaine de la recherche, les explications des crises d impayés ont évolué. La crise indienne ayant été la plus choquante et la plus brutale a été le point de départ des analyses concernant les impayés. Comme nous le verrons, le déclenchement de la crise indienne a été attribué au surendettement des ménages. Les recherches ont rapidement généralisé cette cause comme cause principale des crises de microcrédit, quitte à relire l histoire de ce point de vue. La création de l indice «Over-Indebtedeness Early Warning Sign» (indice OID) par le Center for Microfinance de l Université de Zurich, en 2011, va dans ce sens. Cet indice est basé sur des indicateurs qui devraient théoriquement «signaler» un risque accru de surendettement sur un marché. Les indicateurs avancés couvrent quatre niveaux différents (macroéconomique, marché de la microfinance, niveau des sociétés et des ménages) et 14 variables sont retenues (taux de croissance du portefeuille de crédit total, pénétration de marché, multi-crédits, crédit à la consommation...). Outre les variables économiques, l indice OID tente donc de prendre en compte les logiques des ménages et des IMFs. Toutefois il ne tient pas compte de l environnement microéconomique, social, culturel ou politique dans lesquels les acteurs de la microfinance évoluent. Les chercheurs y donnent une définition complète du surendettement : «Le surendettement des personnes ou des ménages peut être défini comme l impossibilité de rembourser toutes ses dettes en totalité et au moment voulu. Le surendettement ne survient que lorsque cette situation se présente de manière chronique, c est-à-dire dans le cadre de plusieurs périodes consécutives, et contre la volonté des emprunteurs.» 6 Plus récemment des chercheurs ont mis en évidence que les raisons des impayés sont 6 Le surendettement et la Microfinance, construction d un indice d alerte précoce, Center for Microfinance, Zurich University. 12

13 plus complexes qu un «simple» surendettement des ménages et qu elles conjuguent souvent plusieurs facteurs d ordre économique, politique ou social. Une relecture des crises par l anthropologie politique ou les sciences sociales ont permis de démontrer en quoi la dette n est pas la seule cause des crises et le surendettement la seule raison des impayés. Comme dans toute crise financière se rapportant à la dette, le fait d être endetté n est pas le principal problème mais lorsque la crise se déclenche il en devient un, majeur, et pose surtout la question : comment résorber la dette? Cette question est d autant plus cruciale que dans le cas du microcrédit nous avons affaire à des ménages pauvres, voir extrêmement pauvres. Ils ont peu de marge de manœuvre pour recouvrir leurs dettes, parfois 3 à 4 fois supérieures au revenu annuel moyen du ménage. Dans ces cas là, le microcrédit a engendré un résultat contraire à son objectif initial : aider les plus pauvres, exclus des services financiers, à sortir de la pauvreté via une offre de microfinance adaptée. Dans cette partie nous étudierons en premier lieu, la crise indienne (qui comme indiqué plus haut a été très sévère) et les recherches effectuées sur ce thème démontrant l importance du surendettement des ménages débouchant sur une crise d impayés. Puis nous étudierons, l importance de prendre en compte des facteurs macroéconomiques et politiques afin d avoir une vision globale des causes d une crise d impayés. I - Le surendettement, facteur clé de la crise en Inde en 2010? Le microcrédit en Inde a fait son apparition dans les années 70, et s est développé à partir des années La microfinance en Inde détient actuellement deux records : «celui du plus grand nombre de clients actifs, avec 144 millions de crédits en cours ; celui de la plus forte croissance, avec une croissance annuelle, entre 2005 et 2010 de 87% pour les encours de crédit et de 63% pour le nombre de client.» 7. On peut y ajouter un autre record, celui de la crise la plus violente et par la même, la plus médiatisée. A l automne 2010, une trentaine de clientes d IMFs se sont suicidées dans le district d Andhra Pradesh. En effet, se voyant dans l impossibilité de régler leurs dettes et sous la pression «inhumaine» des agents de crédits, elles n ont trouvé que cette solution fatale. Le gouvernement a rapidement réagi ; un décret a été rendu public par le gouvernement de l état d Andhra Pradesh, punissant l utilisation de méthodes contraires à l éthique dans les 7 Les fondements d une crise exemplaire : la microfinance indienne. I. Guérin, M. Roesch, TFD 106, Mars

14 procédures de recouvrement de dette. Les sanctions pouvant aller de la révocation de la licence de l IMF à 1,600 d amende ou des peines de prison allant jusqu à trois ans. De plus, le premier ministre de l état d Andhra Pradesh déclara «Les taux d intérêts des institutions de microfinance sont exorbitants. Les pauvres sont amenés à se suicider à cause du fardeau que représente leur dette et des méthodes brutales utilisées pour recouvrer les créances». Se légitimant par les déclarations du gouvernement et le ralentissement d activité de nombreuses IMFs, des millions d emprunteurs ont cessé de rembourser. En quelques semaines, les taux de remboursement sont passés de 90% à 10%. Un an après, les crédits de quelques 4 millions d emprunteurs sont classés «irrécouvrables». Les IMFs de la région affichent des pertes record. Certains expliquent la crise d une façon assez manichéenne, qui donne à voir les IMFs comme des représentantes du capitalisme libéral cherchant à tout prix le profit, et les femmes indiennes comme des sujets passifs de la crise. «La crise actuelle du microcrédit dans l Inde et les suicides de femmes, sont l aboutissement du surendettement mis en place par le grand capital pour maintenir dans l asservissement gouvernements et populations du tiers monde depuis 50 ans» 8. Les raisons sont plus complexes que cela. Le surendettement en Inde serait dû à la surchauffe du système. En effet, trop de crédits (qui se sont avérés être consacrés à la consommation) ont été accordés aux ménages, en trop peu de temps et sans réelle vérification de la solvabilité des ménages. A Les politiques laxistes (conscientes ou non) des institutions de microfinance ont permis aux ménages de s endetter jusqu à devenir insolvables. Tout d abord, il est important de comprendre que de nombreuses institutions de microfinance se sont lancées dans une telle activité non pas pour ses retombées sociales positives mais pour ses retombées économiques. Ainsi, on trouve de nombreuses logiques et comportements qui différent entre la théorie et la pratique. 1) Les retombées économiques souhaitées exacerbent la concurrence et vont à l encontre des intérêts des clients. La microfinance a rapidement intéressé de nombreux investisseurs et bailleurs de fonds parce que considérée comme rentable et même propice à faire des bénéfices. En Inde, 8 14

15 les taux d intérêts pratiqués par les banques vers les IMFs sont de l ordre de 17% aujourd hui (I. Guérin et M. Roesch, 2012) et les taux de remboursement ont longtemps été remarquables, avoisinant les 98%, ce qui garantit une certaine rentabilité. Ainsi, en 2010, l investissement étranger en capital des IMFs atteint 2 milliards USD, soit 18% de l investissement étranger total (CGAP, 2011). En Inde, les IMFs ont fleuri ses dix dernières années, ce qui a conduit à une forte concurrence. Dans son rapport , la NABARD recense institutions de microfinance. Les Self-Help-Group (SHG), une forme spécifiquement indienne de microfinance, sont passés quant à eux de 500 la première année en 1992, à 1.5 millions en 2005 et 4.6 millions en 2007 (Fernandez 2007). La concurrence entre les IMFs est donc motivée et accrue par les buts lucratifs que peut permettre la microfinance. Cette concurrence a engendré des effets néfastes sur le secteur. Un trop grand nombre d IMFs s installant dans un même secteur sur un même laps de temps entraine une «chasse aux clients». Chaque IMF tente de capter le plus de clients possibles, selon une logique de rendement d échelle ou la production d une unité supplémentaire s accompagne d une baisse du cout unitaire, et la même quantité de facteurs permet de produire plus. Il est préférable que chaque agent de crédit s occupe de 100 clients plutôt que de 50 (parfois les agents de crédit doivent gérer jusqu à 600 clients 9 ), ainsi le nombre de crédit et donc de taux d intérêt perçus augmentent. Les IMFs ont donc majoritairement préféré se fixer des objectifs quantitatifs plutôt que qualitatifs. Les IMFs ont encouragé leurs agents de crédits à prospecter toujours plus de clients, en mettant en place un système de primes, par exemple. «Dans de nombreuses organisations de microfinance, en particulier les IMFs, les agents sont rémunérés pour partie au nombre de clients mais surtout au volume des crédits et aux taux de remboursement» 10 Les investisseurs ont poussé les IMFs dans ce sens, selon la logique économique suivante :, plus l agence a de clients et, de crédits en cours, plus les retours sur investissement peuvent être élevés grâce aux remboursement des prêts et surtout aux taux d intérêts. Le but des IMFs était donc d optimiser le pourcentage du taux d intérêt acceptable et le nombre de clients maximum pouvant être suivis par un agent de crédit. On comprend rapidement, que dans un tel contexte de recherche de rentabilité, la concurrence ne pouvait qu être néfaste et entrainer des abus. 9 Déclaration d un directeur d IMF en Bosnie-Herzégovine dans Note Focus n 61, CGAP, février 2010, p Les fondements d une crise exemplaire : la microfinance indienne. I. Guérin, M. Roesch, TFD 106, Mars

16 La concurrence peut être bénéfique pour les clients dans le sens ou les IMFs ne peuvent avoir des taux d intérêts trop importants sinon elles se font évincer par les autres agences. Selon la théorie libérale, le marché de l offre et de la demande s autorégule, les taux d intérêts se stabilisent et l on arriverait à l optimum de Pareto. Cependant, dans la pratique, on se rend compte que les taux d intérêts sont largement supérieurs au solde acceptable devant assurer une aide sociale aux exclus des systèmes financiers. Dans le Tamil Nadu, les taux d intérêts varient entre 4 et 25% par mois (M. Roesch). 2) La détérioration de la relation entre les agents de crédit et les clients due à la «chasse aux clients». Poussé par cette nécessité d extension rapide, les agents de crédit tendent à négliger le suivi des clients et de leurs activités. Selon la théorie du microcrédit social, les agents de crédit doivent s assurer que les crédits accordés seront investis dans une activité génératrice de revenus afin d éviter l endettement inutile des individus dont on sait que la solvabilité est peu probable. Les clients doivent proposer un projet pour lequel ils souhaitent recevoir le crédit. Les agents de crédit doivent recueillir les informations nécessaires dans le but d analyser le besoin réel en crédit et la capacité de remboursement du client. Les garanties souhaitées sont plus souples que dans le secteur bancaire. Plusieurs types de garantie sont possibles, elles peuvent être formelles comme une analyse de la trésorerie de l entreprise existante (très difficile à obtenir, peu de micro entrepreneurs tenant vraiment des comptes de leurs activités). Ou plus subjectives, se basant sur l avis de l agent de crédit comme c est le cas lors d une visite sur le terrain pour évaluer la viabilité d un projet. Ces garanties peuvent aussi être une référence d un tiers attestant du sérieux du nouveau client ou le principe de caution solidaire tel qu il existe dans les Self Help Group (SHP) système le plus répandu en Inde 11. Dans tous les cas, les garanties ne peuvent pas se substituer à la capacité de remboursement. Dans la théorie, suite à l accord de crédit (et souvent la constitution d une épargne minimum), le client reçoit la somme adaptée à son projet. L emprunteur et l agent de crédit se coordonnent afin de trouver la durée la plus avantageuse. L agent de crédit connaît d expérience la durée moyenne nécessaire pour chaque type d activité, il peut donc guider le 11 Lorsqu un prêt est accordé à un groupe, tel les SHG, la seule garantie est la «peer pressure», chaque membre du groupe se porte garant des autres, de tel sorte qu en cas de défaut de paiements d un des membres les autres doivent payer à sa place s il souhaite conserver une bonne relation avec l IMF et recevoir d autres prêts dans le futur. 16

17 client. Il s assure ainsi que la durée ne soit pas trop longue afin que le remboursement soit effectif et que le client minimise les taux d intérêt dus. Dans le cadre du suivi de crédit, l agent peut de temps à autre se rendre sur le site d exploitation du client afin de s assurer de la bonne utilisation du crédit. Le suivi de crédit est très important pour inciter le client à rembourser en temps et en heure. Cela lui montre que l agence ne l oublie pas et permet de créer une relation stable entre l agent de crédit et le client. Le suivi de crédit permet de ne pas se retrouver dans des situations ou les agents doivent faire pression pour que les clients remboursent à chaque fin de mois. En Inde, les pressions faites par les agents de crédit dans le cadre des recouvrements ont aussi été décriées. On parle de «harcèlement» tellement les techniques ont été violentes. De plus, dans le cas de l Inde, on a pu remarquer que la «chasse aux clients» à perverti le système. La crise illustre bien les dysfonctionnements et les impasses d une microfinance motivée par l appât du gain. Les agents de crédit vérifient peu les projets des clients et l utilisation effective des crédits dans des activités génératrices de revenu. Par exemple, en Inde du Sud, dans la région du Tamil Nadu, une étude montre que 80 % des microcrédits sont affectés à des dépenses dites «non productives», c est-à-dire ne générant aucun revenu direct : en priorité remboursement d anciennes dettes (25 %) et dépenses de santé (19 %) 12. Cela ne correspond pas à l idéologie de base du microcrédit ou les prêts accordés aux femmes devaient servir des micro-entrepreneurs investissant dans des activités génératrices de revenus. Le crédit doit être investi dans une activité rentable et permettre son expansion ou tout au moins sa pérennité. Les surplus dégagés doivent permettre de rembourser le prêt et ses taux d intérêts. C est ce que l on explique aux nouveaux clients désireux de souscrire un crédit. Cependant, on remarque que la réalité est loin de ce modèle théorique et que la «chasse aux clients» pousse les agents de crédit et par la même les IMFs à s agrandir au plus vite, à augmenter leur portefeuille au détriment de sa qualité. Les agents de crédits évitent de regarder de trop près l utilisation faite des crédits parce qu ils risquent des remontrances par la hiérarchie, s il s avérait que les crédits ne soient pas destinés à un investissement. Par ailleurs, les agents de crédit se protègent derrière le fait que souvent les crédits ont plusieurs usages (une partie investissement, une partie consommation, une partie remboursement...) et qu il est plus simple dans le rapport d écrire l usage principal, 12 Microfinance, endettement et surendettement : une étude de cas en Inde du Sud, I. Guérin et al. Revue du Tiers Monde, n 197,

18 celui qui les arrange, à savoir l investissement. H.B Burki 13 explique qu au Pakistan, les IMFs ont ajusté les termes et conditions pour accorder des crédits plus importants plus facilement. Pour rester compétitives, les IMFs essaient d attirer ou de retenir les emprunteurs en augmentant le montant des prêts, réduisant les délais de traitement des demandes et simplifiant les exigences en matière de documents requis. En l absence de contrôles compensatoires des risques, de tels ajustements ne font qu augmenter le risque de crédit des IMFs. Cette chasse aux clients montre la transformation de projets à caractère social vers une financiarisation des IMFs qui cherchent le profit. Conclusion On comprend pourquoi les IMFs se sont plutôt fixées des objectifs de quantité plutôt que de qualité, ce qui a entrainé des politiques d octroi de crédit plus laxistes. Ces dérives ont permis aux ménages de s endetter et parfois de se surendetter. Nous allons voir comment, et pourquoi les ménages ont eux mêmes utilisé le système pour s endetter. B) Une augmentation des normes de consommation financées par l endettement auprès de multiples sources. 1) L endettement comme mode de consommation. Dans les pays du nord, comme dans les pays du sud, les normes de consommation sont plus élevées qu autrefois. La part de la consommation des ménages consacrée aux produits périssables (autres que la nourriture) tels que les transports, la communication, l habillement est de plus en plus importante. La transmission rapide des informations et des technologies a entrainé des modes de consommations qui se globalisent. Les individus aux différents endroits de la planète souhaitent les mêmes produits, les mêmes marques. Comme on peut s en douter l acquisition de ces produits est plus facile pour les ménages des pays du Nord ayant des revenus moyens plus élevés que la majorité des ménages des pays du Sud. Comme l explique D. Clerc dans «Déchiffrer l économie», cette élévation de la norme moyenne de consommation contribue à appauvrir ceux qui ne peuvent suivre et à entrainer des 13 Unraveling the delinquency problem (2008/2009) in Punjab-Pakistan, Hussan-Bano Burki, in Pakistan Microfinance Network, n 10, oct

19 frustrations 14. La consommation n est donc pas un phénomène en soi mais un phénomène social, le signe d appartenance à une société ou à une classe. Ainsi acquérir les mêmes produits de consommation que ceux des pays du Nord sont pour de nombreux ménages au Sud, une manière de montrer à la société le pouvoir d achat, donc la richesse que l on possède. La nécessité de ces biens est mise en avant par la publicité, ce qui pousse davantage encore le ménage à les acquérir sentant un besoin non satisfait. En plus des biens améliorant la condition de vie des ménages (réfrigérateur, four, lit...), des biens dits «secondaires» (télévision, téléphone portable...) sont de plus en plus achetés par les ménages. La qualité et le prix de ces biens jouent un rôle important sur le prestige social qu ils peuvent apporter. D. Clerc reprend la formule «je dépense donc je suis», pour expliquer que ces nouveaux modes de consommation servent principalement à un individu à être reconnu comme appartenant à une certaine classe. Cette reconnaissance sociale via l argent dépensé est très marquante quand on voit les sommes dépensées dans les cérémonies religieuses, comme les baptêmes ou les mariages. Les ménages ont nécessairement besoin d argent pour acquérir cette reconnaissance et n hésitent pas à s endetter pour cela. Fatou Diome dans son livre Celles qui attendent 15 donne une explication de ce phénomène d (sur)endettement, qui peut paraître irrationnel: «Un matin bleu de l île, une rumeur annonça l avènement du microcrédit. Quoiqu elles n eussent jamais eu de compte en banque, Bougna et Arame ne furent pas les dernières à venir s informer. Leur raisonnement était d une simplicité désarmante : il y avait de l argent à prendre, elles en avaient besoin.» L intérêt des ménages et des femmes plus particulièrement, peut être synthétisé en leur volonté d acquérir de l argent par tous les moyens, le microcrédit étant un moyen comme un autre. On peut ajouter à cela «une addiction croissante au crédit» (Servet 2007), les ménages prennent pour habitude de financer leurs vies quotidiennes par l endettement. Ainsi, parmi les diverses populations du Tamil Nadu que l on peut qualifier de pauvres: plus de 80 % des familles sont endettées et l encours moyen se situe entre et roupies 14 «Paradoxalement la croissance de la consommation engendre des nouveaux pauvres. On aura beau jeu de souligner que ces pauvres le sont bien peu, puisque nombre d entre eux disposent de plus de confort et de calories que la majorité des habitants de notre pays, il y a deux siècle, cette comparaison n a aucune valeur, car chacun de nous côtoie dans la rue ses contemporains et non les fantômes des sans-culottes.» Déchiffrer l économie, D. Clerc, 17ème édition, La Découverte. 15 Celles qui attendent, F. Diome, Flammarion, 2010, p208 19

20 selon les zones d étude (soit l équivalent d au moins un an de salaire familial) 16. Le microcrédit n intervient pas dans ces régions comme seule source de crédit possible. Le microcrédit se superpose aux anciennes sources de liquidités, comme les prêteurs sur gages, les tontines, la famille, les amies, les money lenders... La microfinance vient s insérer dans un marché financier informel très actif. On remarque sur le tableau 1, qu en 2006, les ménages sont principalement endettés auprès des institutions de microfinance (43,1%) et des prêteurs sur gage (21,1%). Figure 1 Evolution de la structure de l'endettement (en volume) en Inde du Sud Source : étude de cas en Inde du Sud, I. Guérin et al, ) Comment s articulent les dettes et leurs remboursements dans les stratégies économiques des ménages? Dans cette sous-partie, nous nous baserons sur les enquêtes menées par l équipe de Microfinance de l Institut Français de Pondicherry depuis Les différentes enquêtes menées notamment par I. Guérin ou M. Roesch, dans ce cadre, ont souligné l importance de la jonglerie des ménages entre les différentes sources de crédit. Avant même l arrivée du microcrédit, la dette était une possibilité de gestion de budget pour les ménages. Leurs ressources n arrivent pas à couvrir leurs besoins, la course à l argent est permanente. «Bien menée, cette stratégie permet une meilleure répartition temporelle entre 16 Microfinance, endettement et surendettement : une étude de cas en Inde du Sud, I. Guérin et al. Revue du Tiers Monde, n 197,

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