4 ième Colloque CESR. «Economie d énergies : mythes et/ou réalités»

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1 4 ième Colloque CESR «Economie d énergies : mythes et/ou réalités»

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3 COMPTE RENDU INTEGRAL DES DEBATS LE 12 MAI 2010 SOMMAIRE OUVERTURE DU COLLOQUE PAR M. MICHEL DOLY, PRÉSIDENT DU CONSEIL ÉCONOMIQUE ET SOCIAL... 5 INTERVENTION DE M. ALAIN MARTEL, PRÉSIDENT DE LA COMMISSION SPÉCIALE «LES ÉNERGIES» AU CESR ère PARTIE CONSTRUCTION DURABLE : PRISE EN COMPTE DE L ÉNERGIE GRISE... 9 INTERVENTION DE M. JEAN-LOUIS COUTAREL, ARCHITECTE- ENSEIGNANT A L ENSACF, «INTERVENIR SUR LE BÂTI EXISTANT»... 9 INTERVENTION DE M. LUTZ, ARCHITECTE ETS CPG EPEL, «LIMITATION DES CONSOMMATIONS ÉNERGETIQUES ET DES ÉMISSIONS POLLUANTES, L EXPÉRIENCE «GREEN OFFICES» ÉCHANGES AVEC LA SALLE ème PARTIE : BILAN GLOBAL DES BIOCARBURANTS INTERVENTION DE M. REMI CHABRILLAT, DIRECTEUR RÉGIONAL AUVERGNE DE L ADEME : «TRANSPORTS, ÉNERGIES, BIOCARBURANTS : DONNÉES GÉNÉRALES» INTERVENTION DE M. JEAN-CHRISTOPHE POUET, CHEF DU SERVICE «BIORESSOURCES» DE l ADEME/PRÉSENTATION D UNE ÉTUDE RÉCENTE : «ANALYSES DE CYCLES DE VIE APPLIQUÉES AUX BIOCARBURANTS DE PREMIÈRE GÉNÉRATION CONSOMMÉS EN FRANCE»

4 ÉCHANGES AVEC LA SALLE INTERVENTION DE M. CHRISTIAN BOUCHARDY, VICE-PRÉSIDENT, REPRÉSENTANT LE PRÉSIDENT DU CONSEIL REGIONAL CLÔTURE DU COLLOQUE PAR M. PATRICK STÉFANINI, PRÉFET DE LA RÉGION AUVERGNE

5 Le Colloque CESR du 12 mai 2010 «Economie d énergies : mythes et/ou réalités» est ouvert à 9 h 06. M. CONSTANTIN : Bonjour à tous. Nous sommes ensemble jusqu à 13 heures à l occasion de ce 4 ième colloque du CESR pour une rencontre d information, de réflexion et de débat sur la question des énergies, les économies d énergie, mais également la production d énergie renouvelable. Ces sujets concernent l humanité entière puisqu il s agit de lutter contre le réchauffement climatique et de préparer l épuisement des ressources en énergies fossiles. Ils concernent l Auvergne au même titre, mais aussi pour des raisons économiques : l économie verte représente une réserve de croissance et un gisement d emploi pour la région, donc des opportunités de développement. Quelles opportunités dans ce domaine? C est la question que s est posée le CESR et à laquelle nous allons répondre aujourd hui. Nous travaillerons sur deux questions : Comment limiter la consommation d énergie dans le secteur du bâtiment? Avec des architectes, nous verrons qu il est possible de réduire l impact environnemental de la réhabilitation et de la construction des bâtiments. Ce sera la première partie de nos travaux, entre 9 h 30 et 10 h 45. Vous pourrez interroger les experts qui sont avec nous aujourd hui. Dans la seconde partie de la matinée, entre 11 h 00 et 12 h 30, nous réfléchirons à la question controversée des biocarburants avec des spécialistes de l ADEME. Le terme même est controversé puisqu il faut dorénavant parler d agrocarburant. En fin de matinée, l intervention du Préfet portera sur la stratégie de l État en la matière, ainsi que celle du Conseil régional d Auvergne par la voix de son Vice-Président qui est déjà avec nous. Pour l heure, la parole est à Monsieur DOLY, Professeur des Universités et Président du Conseil économique et social d Auvergne. Le Conseil économique et social s est emparé spontanément du sujet des énergies sous l angle économique, il l a fait à travers une autosaisine. Cette réflexion a fait l objet d un avis et d un rapport dense et passionnant. Il se présente dans une version «prototype», mais il a été imprimé, vous le trouverez à la sortie de la salle et sur le site internet du CESR. Nous sommes aujourd hui en colloque. Pourquoi ce colloque alors que tout aurait pu être dit, Monsieur le Président, dans ce rapport? Vous allez nous le dire maintenant. 4

6 OUVERTURE DU COLLOQUE PAR M. MICHEL DOLY, PRÉSIDENT DU CONSEIL ÉCONOMIQUE ET SOCIAL M. Le PRÉSIDENT DOLY : Merci, cher ami, pour cette présentation. Mesdames et Messieurs, bonjour, j ai effectivement le plaisir et l honneur d ouvrir au milieu de vous, ce 4 ième colloque organisé par le Conseil économique et social régional. Il s intitule : «Économie d énergies : mythes et/ou réalités». Ce sont des moments privilégiés. Notre Assemblée tient beaucoup à ce genre de réunion car il est bon de faire une parenthèse de réflexion, d échange, de débat, dans les activités professionnelles et les engagements des uns et des autres. J'espère vivement que nous sortirons les uns et les autres de cette matinée d'échange, plus informés, voire plus intelligents que lorsque nous y sommes rentrés. Je salue la présence de M. le Vice-Président, M. BOUCHARDY, présent dès le début de nos travaux et qui nous accompagnera pendant cette matinée et conclura nos débats, ainsi que celle de Mme MOLLON, élue de la Région qui a souhaité participer à nos travaux. Il s agit bien d un débat d échanges. Le Conseil économique et social n a pas vocation à arbitrer, ni le débat politique, ni les confrontations politiques qui peuvent avoir lieu dans un territoire donné, mais d être l'expression des socioprofessionnels au service des politiques. 4 ième colloque, comme vous le disiez, après «Agriculture et société» en 2005, «L économie sociale et solidaire en Auvergne» en 2007, «Femmes, inégalités et conciliation des temps» en Au travers des titres, vous constatez que les thèmes et les sujets traités sont divers. Je profite de cette ouverture pour remercier un certain nombre d'acteurs. En premier lieu pour vous remercier, vous qui êtes en face de moi, présents dans cet amphithéâtre, nombreux. Vous avez raison d avoir choisi de venir participer à ce débat qui s annonce riche. Je remercie notre Conseiller Andrés ATENZA d avoir mis à notre disposition cet amphithéâtre qui porte un nom emblématique : Amphithéâtre Jean-Philippe GENOVA, ancien membre de notre Assemblée. Qu il m excuse, mais nous nous considérons presque un peu chez nous puisqu'il est lui-même membre de notre Assemblée, Conseiller économique et social. 5

7 Je remercie le Comité de pilotage de cette manifestation, soit le bureau de notre autosaisine, M. MARTEL, M. LEPINARD et M. PASSAVY, auxquels se sont joints M. COUTAREL et M. CHABRILLAT. Ils ont entièrement piloté et monté cette affaire. Pour terminer, je voudrais pointer un petit élément de sémantique. Le titre de notre autosaisine était «Énergies : quelles opportunités pour l Auvergne». Ce travail est disponible sous forme papier et sur le site de notre Assemblée. Le titre de notre colloque est : «Économie d énergies : mythes et/ou réalités». Nous sommes passés d un titre d étude, que je qualifierai de «sage», à un titre qui comporte un petit élément provocateur. Allons-nous évoquer le débat actuel sur les «climatosceptiques» et les «anthropo-réchauffistes»? Il est temps que je cesse mon introduction pour laisser la place au vrai débat. Je vous remercie. (Applaudissements) M. CONSTANTIN : Merci, Monsieur DOLY, de parler des colloques comme une pause dans l'agitation du quotidien, pour réfléchir et échanger sur des sujets à enjeu. Le CESR nous avait déjà proposé de le faire sur l'agriculture, l'économie sociale et solidaire et sur les Femmes. Aujourd hui, l'énergie pour alimenter la réflexion et aider à la décision, c'est bien la mission du CESR, vous l avez rappelé Monsieur le Président. La parole est à Monsieur MARTEL, Délégué régional Auvergne d EDF et Administrateur de l Ecole d ingénieur IFMA. Il préside la Commission spéciale «Les Énergies» du Conseil économique et social régional d Auvergne. Cette Commission est l auteur du rapport et de l avis du CESR sur les opportunités, les mythes, les réalités que constituent les énergies pour l Auvergne. Quelles sont les énergies consommées en Auvergne, mais aussi en France? Quelles sont les activités humaines les plus consommatrices d énergie et sur quel levier agir pour réduire la consommation? Pour ces données de cadrage, Monsieur MARTEL, nous vous écoutons. INTERVENTION DE M. ALAIN MARTEL, PRÉSIDENT DE LA COMMISSION SPÉCIALE «LES ÉNERGIES» AU CESR M. MARTEL : Merci, bonjour Mesdames et Messieurs. Que pèse finalement l énergie en France? Je vous ai indiqué quelques chiffres. Elle pèse un peu plus de 2 % de la valeur ajoutée, 2,8 % des investissements en France, 2,5 % des dépenses de R&D (25 % des dépenses de R&D de l industrie), 0,8 % de la population active. Pour globaliser ces chiffres, nous pouvons retenir qu elle représente entre 2 % et 3 % de l activité. 6

8 Même si ce n est que 2 % et 3 % de l activité, c est comme dans le corps humain le sang qui fait fonctionner le reste. Sans énergie, le monde ne tournerait pas très bien. De tout temps, nous avons eu besoin d énergies sous différentes formes. À quoi cette énergie nous sert-elle? Vous constatez sur le graphique que 23 % de l énergie en France est consommée par l industrie, 2 % par l agriculture, 43 % par le résidentiel et tertiaire principalement en chauffage des bâtiments, et 32 % par les transports. Le résidentiel plus le transport représentent donc les trois-quarts de la consommation d énergie en France (80 % pour l Auvergne). D où provient cette énergie? Le graphique suivant montre l origine de l énergie qui provient pour 29 % du gaz, pour 27 % du pétrole, pour 6 % du charbon, pour 29 % d électricité nucléaire et hydraulique, et pour 9 % des ENR avec l utilisation des déchets. Si l on appliquait ce schéma au monde entier, la proportion de charbon serait beaucoup plus importante. L ensemble des énergies fossiles (charbon, pétrole, gaz) représente 62 % de l origine de notre énergie. Ces deux graphiques permettent de comprendre où sont les enjeux et les leviers d actions. Les enjeux se trouvent dans le bâtiment et les transports qui représentent les trois-quarts de la consommation française, et 80 % en Auvergne à cause de la dispersion de l habitat dans notre région et d un besoin de chauffage supérieur à celui de la région PACA. Les bâtiments et les transports sont donc les deux domaines dans lesquels les leviers d action sont les plus importants et sur lesquels il faut agir. Les principales priorités Les priorités concernent les économies d énergie telles que l isolation dans le bâtiment. On dit souvent que la meilleure énergie est celle que l on ne consomme pas. En fait, il s agit d un équilibre économique, lorsque le prix des énergies est élevé, il peut y avoir un intérêt à l économiser et à faire quelques dépenses d isolation pour diminuer les coûts d énergie futurs. On peut également améliorer les process énergétiques, aussi appelés «l efficacité énergétique des bâtiments», mais cela améliorera la performance des chaudières pour le chauffage autant que les véhicules pour les transports véhicules électriques, hybrides, voire thermiques avec de meilleurs rendements. Les progrès sont encore possibles. On peut aussi imaginer développer d autres moyens d énergie comme cela se fait déjà avec des sources d énergie souvent nommées «renouvelables» : l éolien, la géothermie, dont on ne parle pas suffisamment, la biomasse qui peut inclure les biocarburants, le solaire D autres idées existent, mais nous concernent moins, l énergie marine par exemple. 7

9 Bâtiments et transports sont repris dans le plan que nous avons produit. Entre ces deux domaines, comme je l évoquais pour l Auvergne avec la densité de l habitat, on retrouve un lien : l urbanisme, l organisation et l aménagement du territoire. Ce sont quelques éléments que je souhaitais vous communiquer à titre introductif pour avoir quelques idées de progrès dans le domaine énergétique. M. CONSTANTIN : Merci, Monsieur MARTEL, de nous avoir rappelé que l'énergie est consommée à 80 % en Auvergne dans le logement et dans les transports par les particuliers. C est le sens de la statistique. Il s agit d une énergie non-renouvelable, fossile aux deux-tiers et émettrice de gaz à effet de serre. L heure est grave, faire des économies nécessaires, réduire la consommation, améliorer l efficacité énergétique et développer des énergies alternatives renouvelables à partir de biomasse, notamment, ce sera l objet de la deuxième partie de nos travaux. L enjeu est considérable comme il est mentionné dans le rapport. Le bâtiment est le secteur le plus consommateur d énergie en France et la consommation continue sa progression malgré les menaces décrites. Dans ce secteur, c est le chauffage qui consomme le plus d énergie. Si nous nous comparons aux Hollandais, les Français sont très en retard sur les économies. Les solutions existent pourtant, il s agit de construire et de réhabiliter différemment. Nous le verrons avec l architecte suisse M. LUTZ et l architecte M. COUTAREL. Ce dernier étant enseignant à l Ecole nationale supérieure d Architecture de Clermont-Ferrand, il enseigne l architecture et le développement durable. C est un spécialiste des matériaux de construction. Il a luimême développé un matériau d isolation notamment conçu à partir de tiges de tournesol dont on ne savait que faire. Votre propos porte notamment sur l énergie grise, énergie dépensée pour produire les matériaux utilisés dans la construction. Comment lutter pour réduire la consommation d énergie des bâtiments déjà construits? C est l enjeu de la réhabilitation des bâtiments existants. Sur ce sujet, Monsieur COUTAREL, vous avez la parole. 8

10 1 ère PARTIE CONSTRUCTION DURABLE : PRISE EN COMPTE DE L ÉNERGIE GRISE INTERVENTION DE M. JEAN-LOUIS COUTAREL, ARCHITECTE- ENSEIGNANT A L ENSACF, «INTERVENIR SUR LE BÂTI EXISTANT» M. COUTAREL : Mesdames, Messieurs, bonjour. Je vais intervenir essentiellement sur la question du bâti existant et des efforts que nous devons fournir dans ce domaine. L énergie grise dans le secteur d'activité bâtiment est d'abord l énergie utilisée pour produire les matériaux. Le matériau principal de notre pays est le béton donc le ciment. Pour cuire le mélange de roches nécessaires à la fabrication des ciments il faut suivant le type au moins 800 C pour certains et 1450 C pour le plus répandu. Ceci témoigne de l énergie nécessaire. Quant au béton armé, il faut de l acier, qui nécessite aussi beaucoup d'énergie dans sa production. Nous, architectes, sommes en train de revoir notre façon de considérer les produits pour le bâtiment. Le ciment, le béton armé, resteront des produits importants pour certains usages, mais ces matériaux "énergivores" commenceront à être considérés comme des matériaux "précieux" dont l'usage sera limité à certaines applications où ils sont particulièrement appropriés. L énergie grise, c est aussi la mise en œuvre avec tout ce qui sera consommé sur le chantier et dans l'acheminement. Notre profession travaille et réfléchit sur le sujet. Si chaque architecte, chaque bureau d études, chaque métreur et chaque maître d ouvrage étudie le parcours jusqu au chantier de chaque matériau utilisé, cela contribuera à diminuer les consommations globales de transport. En revanche, nous ne pourrons pas, de notre fait, diminuer la consommation d usage de tout un chacun : éteindre la lumière, faire attention aux veilleuses, etc. Le bilan de l'impact énergétique du secteur bâtiment comporte de nombreuses sousparties. Celles qui croissent le plus inexorablement aujourd hui sont les consommations d usage. Pourquoi s intéresser à la question du patrimoine bâti et non à des bâtiments exemplaires qui sont affichés par les médias? Nous ne renouvelons que 1 % du patrimoine bâti chaque année. Il n est pas réaliste de penser qu à partir d aujourd hui nous allons changer les règles et démolir tout ce qui n'est pas conforme, pour tout reconstruire ensuite. Dans cinquante ans, la majorité des bâtiments existants seront toujours là, cela paraît évident. Par ailleurs, chaque fois que nous démolissons un bâtiment, l énergie grise mobilisée pour le construire est "mise à la poubelle" recyclée maintenant de plus de l énergie est utilisée pour démolir. Les curseurs sont obligés de changer et malheureusement, dans les conditions économiques actuelles, il est souvent plus économique pour un maître d ouvrage de démolir plutôt que de conserver. Le bilan carbone que nous 9

11 attendions nous aurait aidés dans cette démarche. Il est un peu repoussé, mais c est toujours de cela dont il est question. Si, dans une opération on ne considère pas le bilan d énergie consommée dans les décisions économiques de démarrage du projet, il y a peu de chance que l énergie dépensée au final tende vers une diminution. M. LUTZ vous montrera ce que cela signifie exactement. En particulier la démonstration que si vous parvenez à beaucoup diminuer les consommations de chauffage, et si vous n intervenez pas pour réduire l énergie grise, elle devient la proportion la plus importante de l énergie consommée par le bâtiment. Dans le bâti existant, la partie principale sur laquelle il faut intervenir est le patrimoine qui a été construit lorsque nous considérions que l énergie était disponible sans limite. Après-guerre et jusqu à nos jours, nous avons consommé nettement plus qu'à des périodes plus anciennes. A la demande de Macéo, avec mes étudiants et plusieurs partenaires dont l'ophis plus les publications internationales, nous avons commencé à procéder à quelques vérifications. Les bâtiments les plus consommateurs sont ceux qui touchent au domaine de la santé, et dans les bâtiments d habitation, ce sont ceux de la période Peu à peu, nous nous sommes intéressés à d autres éléments de patrimoine plus anciens, ce qui nous a permis de mettre en évidence quelques paramètres mal connus. Sur cette diapositive vous voyez une intervention sur existant maintenant conventionnelle au Vorarlberg, territoire emblématique pour nous, architectes. Il est présenté le bâtiment avant et après réhabilitation ainsi qu'une vue de chantier. Vous pouvez constater des épaisseurs de 20 cm de polystyrène appliquées sur les façades. Ici l'intervention a lieu sur des bâtiments dont la qualité architecturale est discutée je tiens à respecter le travail de mes confrères qui ont travaillé à cette époque, mais nous sommes moins émus en doublant une façade des années 80 que nous ne le serions sur une du XVIII e siècle, voire antérieure. Si vous disposez des isolants d une épaisseur de 20 centimètres sur les constructions de la Place de la Victoire, cela risque de ne pas plaire. Nous avons donc procédé à une campagne de relevés, nous en avons gardé 300 sur les 500 ou 600 réalisés, et l Ophis nous a donné accès à ses propres relevés (plus de 3 000). Les conclusions sont étonnantes. Ce patrimoine des années antérieures à 1950 est construit en pierres essentiellement bâties avec des mortiers d argile ou de chaux. Par exemple, cet appartement au deuxième étage, sans d isolation thermique en murs ou fenêtres, ne consomme que 68 kw d énergie finale avec un chauffage au gaz ancienne. Cela s'explique bien sûr par le fait qu il est entouré de voisins. Nous disposons de plusieurs relevés dans plusieurs sites du Massif Central. Sur ces exemples, il ne faut pas s'arrêter à la valeur de chaque consommation car beaucoup de paramètres peuvent influer. Il faut seulement comparer les valeurs entre elles. Dans le village de Saint-Jean-d Alcapies à côté de Saint-Affrique, l'échantillon relevé dans le village présente des consommations moyennes de chauffage de 115 kwef par mètre carré et par an, le lotissement qui se trouve audessus, bien placé exposé climatiquement se situe à 130 kw alors que les valeurs passent à 200 kw sur le plateau exposé aux vents. Sur un micro climat, à quelques centaines de mètres d éloignement, nous constatons d énormes variations liées à ce que nous qualifions d'exposition climatique (densité, climat local, situation dans le relief, protections climatiques). Les architectes, et tout un chacun, connaissent ces 10

12 phénomènes et tendent à les prendre en compte dans leur conception. On ne peut que déplorer que la réglementation thermique 2012 qui est en préparation ne tiendra pas suffisamment compte de ces questions dont on lit ici l'influence réelle. Nos anciens préféraient s installer dans des endroits du territoire où il faisait bon, plutôt que là où il était facile de constater que le climat était moins favorable. C est aussi simple que cela. Un fait est étonnant : l échantillon qui habite les constructions non réhabilitées, antérieures à 1950, consomme rigoureusement la même quantité, en moyenne, que l échantillon qui habite des bâtiments réhabilités. C'est-à-dire que les personnes qui ont réhabilité leur bâtiment se seraient seulement offert le luxe de chauffer plus, en particulier toutes les pièces. Si nous voulons valoriser les comportements responsables parmi nos concitoyens, il faut commencer par dire qu il faut faire attention dans la gestion de l'énergie au quotidien. Je suis originaire du Cantal, Nous sommes plutôt connus pour notre âpreté à l'économie. Sur la Margeride, certains dorment encore la fenêtre ouverte l'hiver mais bien sûr sans chauffer les chambres par contre la pièce principale, elle, est bien chauffée. On ne peut pas continuer à dévaloriser ce type de comportement aujourd hui. Nous savons que 80 % de la population mondiale a une empreinte écologique "durable". C est la nôtre qui n'est pas viable, nos façons de vivre avec nos hypothèses de confort. Ne dévalorisons pas ceux qui ont d'ores et déjà des comportements responsables. Sur un plan complémentaire je vous présente la réhabilitation d'une maison diocésaine à Châlons-en-Champagne. Ce bâtiment devenu emblématique chez les architectes a subi une rénovation d ensemble. Une isolation a été rapportée dans la toiture, la chaudière et les vitrages ont été changés, et seulement cinq à sept centimètres de béton de chanvre ont été disposés sur les parois. Ce bâtiment arrive à une consommation mesurée de 64 kw par mètre carré et par an, soit moins que les objectifs actuels de la réglementation thermique 2012 en cours de finalisation. Sur le document figure une photographie du béton de chanvre. La Maison de l Habitat de Clermont-Ferrand a été construite avec ce matériau. Le travail réalisé par les acteurs de la filière chanvre et principalement M. Laurent ARNAUD enseignant chercheur à l ENTPE de Lyon pourrait être déterminant pour l'avenir de la rénovation thermique du bâti ancien. Il a été mis en évidence un phénomène étonnant : l eau qui traverse les parois est interceptée par certains matériaux, se condense et s évapore dans les parois, en créant une amplification de résistance thermique, que l on pourrait rapprocher du fonctionnement d'une «pompe à chaleur». Il y a simplement des cycles de condensation-évaporation dans un milieu capillaire. Le phénomène d amplification commence à justifier, pour nous, la réalité du comportement thermique du bois dans la masse et des argiles qui se trouvent dans nos murs. Quand nous avons voulu appliquer les modes de calcul actuels (destinés aux parpaings, laine de verre, polystyrène, plaque de plâtre) sur les constructions anciennes, nous ne sommes jamais arrivés à obtenir une corrélation entre le calcul et la réalité consommée constatée. Avec de nombreux organismes de recherche, nous multiplions actuellement les observations pour mieux connaître ces phénomènes dans le but de construire des outils de modélisation plus proches des mesures. 11

13 Le phénomène est identifié et les matériaux sont ceux que nous connaissions, le bois, l argile, les fibres végétales en général, certains liants, certaines cendres volcaniques Ce pourrait aussi être les matériaux isolants du futur : les matériaux perspirants. Notre confrère Hermann Kaufmann (célèbre architecte autrichien) utilise un mélange de copeaux de bois avec de l argile dans une de ses maisons publiées comme des exemples de l architecture passive. Vous trouverez cela dans un petit film sur le site de la Cité de l Architecture à Paris. Nous nous sommes intéressés à d autres matériaux. Je vous ai amené un échantillon de broyat de tournesol aggloméré avec une colle ordinaire. Le tournesol est une jolie fleur. Sa tige comporte en périphérie une sorte de bois et à l'intérieur un matériau ressemblant à du polystyrène. Cette matière est disponible car les tiges sont indigestes pour la consommation animale. Nous disposons de hectares de ce produit en Auvergne qu il faut multiplier par une vingtaine de mètres cube à l hectare. Vous comprenez qu'il y a là une ressource importante. C est très simple à produire, c est assez stable, on peut doubler un mur, encastrer des prises de courant Nous pouvons imaginer une filière constituée d'un agriculteur qui récolte en broyant dans une ensileuse adaptée, procède à un traitement fongicide et insecticide simple, un entrepreneur du bâtiment qui malaxe avec un liant à faible bilan carbone et met en œuvre. Les procédés et les intervenants des "filières courtes" doivent être encadrés et assistés par des organismes scientifiques disponibles localement tels que Polytech ou l'école d'architecture, lesquels seraient en mesure de tester ces matériaux pour vérifier leurs caractéristiques. On peut aussi imaginer des productions plus organisées pour des éléments préfabriqués. Pour conclure sur les caractéristiques du bâti, quand nous observons la façon dont les villages sont implantés, nous ne pouvons que constater que la question climatique a été envisagée comme un déterminant du choix de position dans le territoire. Des formations végétales ont été créées en pare-vents à l arrière des villages. L'orientation du coteau, la densité mais aussi des habitants responsables, tout ceci concoure à ce que la consommation de cette partie du patrimoine bâti ne soit pas très importante. Cela ne veut pas dire qu'aucune intervention d'amélioration thermique ne soit nécessaire mais cette intervention doit être mesurée et adaptée à la réalité de chaque situation, au risque de mal orienter les moyens d'investissement disponibles. Pour revenir sur les matériaux, le pisé est aussi emblématique dans une partie de la région Auvergne. Le Parc du Livradois Forez travaille actuellement avec nos collègues de Grenoble et d'habis qui défendent depuis longtemps l'architecture de terre. L environnement scientifique est maintenant plus ouvert et plus conséquent sur ces sujets. Un confrère, Monsieur Martin RAUCH, lui aussi du Vorarlberg, produit de magnifiques textures contemporaines à partir de ce matériau très ancien. Au final il se dégage une dimension poétique de tout cela outre le fait de choisir le lieu de son habitat en fonction de ses qualités climatiques : l homme habitant un bâtiment émet de la vapeur d eau, que les matériaux perspirants font "travailler" pour le confort de l homme. La symbiose homme-habitat s'exprime aussi dans les dimensions techniques. 12

14 M. CONSTANTIN : Je vous remercie, Monsieur COUTAREL. Energie grise, énergie dépensée en amont pour produire de l acier, du béton dont il va falloir limiter l usage et le transport, ce qui nécessite une prise de conscience des professionnels du bâtiment. Autre axe de progrès : les bâtiments existants. C est la priorité, vous nous l avez démontré. Si l on veut atteindre les objectifs, on n aura pas le temps de construire des bâtiments nouveaux. Détruire n aurait pas de sens, c est là qu il faut donc concentrer nos efforts, en particulier sur les bâtiments construits pendant les Trente Glorieuses qui sont les plus énergivores. La marge de progression se trouve dans la conception des bâtiments ou la restauration, dans l utilisation des matériaux, mais également dans l urbanisme. Le «totalement urbain» est une hérésie en termes de consommation d énergie, sans parler des paysages. Comment réduire? En prenant en compte l urbanisme, la situation géographique, en changeant les comportements, en installant une culture de l économie chez les habitants, et en appliquant des techniques nouvelles pour l isolation : béton de chanvre, bois, argile, il y en a en Auvergne, le tournesol est exploitable nous en avons la preuve ici et c est au point, et le pisé également. La parole est à Monsieur LUTZ qui est architecte, fondateur du Cabinet Conrad LUTZ à Givisiez près de Fribourg, en Suisse. Depuis une vingtaine d années, vous enseignez les disciplines liées au développement durable appliquées à l architecture, des cours dispensés auprès d architectes, mais aussi d ingénieurs dans le domaine de la construction bois notamment. Vous êtes un peu chez vous ici, puisque vous avez vécu quelques mois, lorsque vous étiez enfant, à Royat. L oncle de Monsieur LUTZ était maître chocolatier à La Marquise de Sévigné. En 2008 et 2009, il a reçu plusieurs prix dont le Watt d Or pour un bâtiment baptisé Green Offices. C est un immeuble de bureau construit entre 2006 et 2007, à Givisiez. Il s agit d un concept de bâtiment permettant de réduire de 90 % l impact environnemental d un projet de construction. Cela se joue au moment de la construction, mais aussi pendant son exploitation. Comment cela fonctionne-t-il? Monsieur LUTZ, vous allez nous le dire. 13

15 INTERVENTION DE M. LUTZ, ARCHITECTE ETS CPG EPEL, «LIMITATION DES CONSOMMATIONS ÉNERGETIQUES ET DES ÉMISSIONS POLLUANTES, L EXPÉRIENCE «GREEN OFFICES» M. LUTZ : Mesdames, Messieurs, merci pour l introduction. C est vrai que le domaine de l énergie est très large. Je vais essayer de me limiter au domaine du bâtiment, mais j'ai quand même amené quelques images d histoire sur l'énergie. Dans les changements projetés en Europe au niveau des températures et des précipitations hydrauliques, on constate que dans la partie sud de l'europe, le Sud de la France, l'italie, l'espagne, les températures vont probablement augmenter jusqu'à quatre degrés. Nous savons aujourd hui qu une augmentation de quatre degrés sera catastrophique. Il est urgent d essayer d économiser de l énergie. J emploie le terme «essayer» parce que les courbes ne vont pas encore dans le bon sens. On en connaît les effets, ils se sont produits en Vendée l hiver dernier, au Brésil en La Suisse qui se situe plus en altitude est également atteinte. Un glacier a perdu quasiment mètres cube en trois jours, mais la presse ne s en fait pratiquement pas l écho. Cela montre que nous sommes sensibles à des informations (CO2, énergie), mais d'autres évènements passent malheureusement inaperçus. Nos réserves vont tarir à un certain moment. Or, la consommation augmente même chez nous, dans les pays européens alors que l on sait avec la RT 2005 et la RT 2012 qui va sortir que l on devrait pouvoir inverser la courbe de consommation énergétique. Hélas, nous avons encore du travail sur la planche. Un graphique est impressionnant. Il présente, sous forme de cube le rapport d'énergie chez nous. Le petit cube noir à côté du cube jaune représente la totalité de l'énergie consommée sur la Terre par année, et le cube jaune est la totalité de l'énergie solaire reçue par année. On voit que l on se sert «à la mauvaise pompe», la pompe à charbon, à essence, à nucléaire. Il est trop risqué de continuer à se servir exclusivement à cette pompe, il faut alterner nos habitudes. Comme cela a été dit, 30 % à 40 % de notre énergie est consommée par les bâtiments. Je ne parlerai pas de rénovation, mais d un bâtiment neuf et de réfection que nous essayons d entreprendre par rapport à une nouvelle construction. Ce bâtiment est nommé «Green Offices». Il est possible de télécharger sur le site, un fichier contenant toutes les informations s y rapportant. Nous l avons conçu en , alors que j étais en formation avec une collaboratrice à l Institut d Ecobiologie à Zürich. Nous avons décidé de le choisir comme «bâtiment école» Power-point en annexe 14

16 pour y faire des simulations de calculs d énergie consommée car il était intéressant pour nous, de savoir ce qui se passait. Nous sommes tous, d une certaine manière, des consommateurs de bâtiments, mais nous ne savons pas ce qui se passe dans un bâtiment. On achète des matériaux, de l acier, du béton, du bois, du chanvre et autres, en fonction de leurs qualités mais surtout de leur prix, en laissant au prochain la gestion de ce qui se passera au niveau environnemental. Le bâtiment m appartient mais nous sommes une équipe de 25 personnes au bureau, c est pourquoi je parle de «notre bâtiment». Pour nous, il est important de minimiser l impact au maximum. Il y a trois impacts dans un bâtiment : L énergie grise : énergie consommée pour construire le bâtiment. Le chauffage et la ventilation : utilisera-t-on de l énergie renouvelable (soleil) ou non-renouvelable (pompe à chaleur alimentée au nucléaire, au charbon ou autres)? L énergie électrique consommée car il existe d importantes différences d énergie grise dans l énergie. 1 - L énergie grise - Le lieu d'un bâtiment : On n'a pas toujours la possibilité de choisir le lieu puisqu un client achète parfois une parcelle. L impact sera différent en fonction de la position d un bâtiment, selon qu il sera placé à l extérieur ou à l intérieur d un village. La distance que l utilisateur va faire pour se rendre à son travail, a une importance primordiale sur le bilan global. Une simple petite villa bien isolée consommera à litres de mazout par année, mais certaines voitures consomment plus pour parcourir kilomètres ou kilomètres. - La forme Certes, les architectes aiment les belles formes. Qu est-ce qu être beau? Le débat est trop long pour le traiter ici, mais la forme a un rôle très important. L igloo de l Esquimau était très intéressant parce que son rapport entre la surface utile (le SHON ou le SHOB) et l enveloppe du bâtiment est très différent d un cube ou d un bâtiment longitudinal. Les normes de consommation énergétique aujourd hui en vigueur prennent toujours en compte la consommation énergétique du bâtiment par rapport à une surface utile de plancher de bureau ou d habitat. Une forme intelligente de bâtiment permettra de consommer beaucoup moins d énergie. C est la première source d économie que peut avoir un projeteur dans sa démarche de créer un bâtiment. 15

17 - Les matériaux Le domaine est gigantesque. Je vais vous montrer deux ou trois exemples qui me semblent intéressants. Je n ai pris en compte que des isolants thermiques. Que se passe-t-il pour 1 m 2 d isolant thermique avec une valeur thermique de 0,11 qui correspond à la valeur thermique d une construction labellisée «Passive house» en Allemagne, soit 30 à 40 cm d isolation thermique? Concernant l isolant thermique, qu il s agisse de cellulose, on parlera plus tard des végétaux, de l herbe séchée, cela pourrait être le maïs qui se «balade» dans la salle, de fibre de bois, de laine de verre, de laine de pierre ou de polystyrène. L énergie consommée pour en produire 1 m 2 et le mettre en place dans un bâtiment peut varier de 1 à 5, voire de 1 à 6. C est identique pour le CO2 équivalent : tous les polluants générés par la production d un matériau s expriment en CO2 équivalent. D autres matériaux sont plus gourmands. L isolation sous vide, un verre cellulaire soufflé, ont des facteurs deux à trois fois plus élevés que le polystyrène. Nous ne pourrons pas construire tous les bâtiments avec de la cellulose, du maïs ou du tournesol, mais nous avons la responsabilité de le faire si ce matériau est disponible dans la région, car cela demande moins d énergie pour le produire, le transporter et le mettre en place. Concernant un revêtement de façade pour 1 m 2, en bois brut : un lambrissage pré-grisé, peint, ou un panneau à base de ciment Eternit, une fibre de bois ou un panneau de crépissage, vous constatez que la production de l Eternit qui contient une certaine fibre naturelle, bien qu il n ait que 7 ou 8 mm d épaisseur, est un multiple du matériau bois. Je n ai pas introduit dans le graphique le débat sur la durabilité. Je cite souvent l exemple de la fenêtre en PVC car tous les bâtiments français neufs en sont équipés. Or, les fenêtres en bois durent plus de cinquante ans alors qu il faut refaire les fenêtres en PVC au bout de 30 ans, voire de 20 ans. Il faut que nous soyons crédibles, mais aussi critiques par rapport aux informations qui nous sont transmises sur la durabilité des matériaux. - La provenance Dans le bâtiment Green Offices de Givisier, nous avons essayé de maîtriser la chaîne de provenance des matériaux. Nous avons fait couper du bois à la bonne lune (lune décroissante et descendante au mois de janvier), dans le Canton, à 20 kilomètres environ de notre chantier. Tout le monde nous traitait de fous car nous demandions du bois coupé à la bonne lune, mais le résultat intéressant est que cela ne nous a pas coûté plus cher parce que nous avons court-circuité certaines filières, nous avons directement traité avec le forestier, le scieur, celui qui sèche, cela nous a évité des ponctions intermédiaires. D après la RT 2005 en vigueur à l époque, un bâtiment à faible consommation d énergie devait consommer moins de 110 à 120 kwh/m 2. Chez nous, la norme de l époque était fixée à 90 kwh/m 2. D après la norme Minergie, le MINERGIE-P correspond plus ou moins aux «Passive Houses» d Allemagne, soit à 30 kwh/m 2, 16

18 sans la consommation électrique des luminaires, des ordinateurs, mais avec le chauffage et la ventilation qui lui est liée. Nous avons réussi à construire un bâtiment qui consomme entre 7 et 10 kwh/m 2. Cette performance semble magnifique, mais je répète toujours que nous n avons rien inventé, nous n avons fait qu appliquer la physique connue grâce aux programmes informatiques qui sont sur le marché pour faire des calculs. Pour obtenir un bâtiment aussi performant au niveau thermique il a été construit en bois pour les raisons écologiques citées précédemment avec des valeurs thermiques très basses, la préfabrication s impose. Il mesure 17 mètres sur 27 mètres en plan, avec un sous-sol plus trois niveaux. La tolérance de construction pour le constructeur est d environ un millimètre, c est indispensable pour pouvoir être compétitif sur l ensemble du bâtiment. Il est toujours intéressant de comparer avec d autres pays. Nous avons construit un bâtiment similaire en Haute-Savoie avec la préfabrication, en MINERGIE-P et ECO, c est-à-dire avec très peu de mouvements en énergie, mais il a malheureusement coûté plus cher, non pas parce que les salaires sont ici plus élevés qu ils ne le sont chez nous c est plutôt l inverse, mais parce que la préfabrication n était pas aussi poussée. Je suis certain que la préfabrication s impose pour avoir des constructions très performantes au niveau thermique dans l ossature bois. Sur les piliers centraux qui ont des connecteurs métalliques, nous enfilons des goujons dans des trous de 8 mm de diamètre, c est pourquoi la tolérance doit être de 1 mm. Le bois a un inconvénient : il faut construire rapidement. L ensemble du bâtiment a été monté en cinq jours ouvrables pour des raisons d intempéries. - La qualité de l enveloppe Nous avons utilisé essentiellement des matériaux végétaux. La structure est en sapin, elle est généralement en épicéa. Les isolants sont en fibre de bois pour la toiture et le plancher, plusieurs fabricants en proposent. Pour des raisons de logistique industrielle, les planchers et la toiture ont été soufflés avec la cellulose c est-à-dire de nouveau avec de la fibre de bois, mais recyclée. Pour les architectes et les futurs architectes ici présents, je raconterai une anecdote concernant l architecture du bâtiment. Comme tout architecte, nous avons rêvé d un bâtiment très vitré grandes baies vitrées sur la façade sud sud-ouest et nous avons commencé les calculs de confort intérieur avec des programmes informatiques très avancés. Nous avons constaté que nous n arrivions pas à gérer la surchauffe. Nous avons donc mis un avant-toit de 2 m à 2 m 50 sur le projet, nous avons végétalisé la façade à 2 m 50 avec de belles plantes et nous avons compris que ce n était pas possible car la végétation est en pleine feuille, fin mai, mais avec un soleil bas au printemps et en automne le bâtiment surchauffait jusqu à 36 ou 37 en été. Cela a remis en question l ensemble du projet. Nous avons visité d autres bâtiments entièrement vitrés pour constater une aberration qui se produit presque 17

19 quotidiennement dans des bureaux administratifs tout vitrés : la valeur thermique est relativement mauvaise. Même si l on met des verres triples, la surchauffe est garantie en été, c est ainsi que l on baisse les stores et que l on allume la lumière. Nous avons alors compris que cela ne pouvait pas être la solution. Nous avons calculé les surfaces vitrées qu il nous fallait effectivement pour le confort de l utilisateur et non pas pour le côté visuel apprécié de l architecte. La façade du bâtiment est un mélange entre l envie architecturale, le confort intérieur et le bilan énergétique entre l énergie gagnée pendant la période de chauffage d énergie solaire passive et la limitation de la surchauffe en été. Résultat : nous avons un peu de surchauffe pendant deux semaines par an pendant lesquelles nous atteignons presque les températures extérieures à l intérieur du bâtiment, le reste du temps, nous restons autour de 4 à 5 C en dessous de la température extérieure sans climatisation. - La technique L un des chapitres concernant la technique est celui de la préfabrication. Les éléments ont été préfabriqués chez un petit artisan, dans une entreprise de charpentes de 15 employés qui possède une menuiserie dans laquelle il fabrique encore des murs et des fenêtres. Un autre artisan a produit les fenêtres que nous avons posées en atelier avant le transport, y compris le vitrage. Ces opérations demandent une précision de planification de notre part, mais aussi de la part des ingénieurs et du constructeur bois pour pouvoir ainsi finaliser un bâtiment. 2 - Le chauffage et la ventilation - Le chauffage Ce bâtiment a une puissance de chauffage de 10 Watt au mètre carré ce qui équivaut à deux ou trois bougies. C est ce que nous impose le label MINERGIE-P, voire le label «Passive House». Le chauffage d une maison de 450 mètres carrés correspond à Watt de puissance quand la température atteint 10 dehors et + 20 à l intérieur, ce qui représente aussi une de s plaques électriques de votre cuisinière. La puissance globale du bâtiment est de 13 kw, c est-à-dire celle d un petit poêle qui consomme 2 tonnes de granulés de bois par année. Les frais de chauffage coûtent environ 0,40 par mètre carré et par année. - Le choix de l énergie Je ne veux pas faire de la politique énergétique ici, mais il est intéressant de savoir d où provient l énergie que l on consomme et quel type d énergie l on consomme. Un graphique montre le mazout, le gaz, un bâtiment 100 % solaire, une pompe à chaleur sol eau alimentée par l électricité nucléaire, du pellet ou du granulé de bois, une installation au bois avec du solaire thermique comme appoint pour produire l eau chaude sanitaire, la bûche. 18

20 Il faut savoir que la livraison de 1 litre de mazout consomme déjà 1,3 litre. C est l énergie grise. Pour 1 m 3 de gaz acheté, on en a consommé 1,3. Pour le 100 % solaire, un client a voulu une maison de 300 m 2 habitables en 100 % solaire thermique. Nous avons prévu une installation 100 % thermique avec une cuve de litres avec 60 m 2 de capteurs thermiques, etc. Cela fonctionne sans aucun appoint thermique pour chauffer le bâtiment. La consommation énergétique pour produire cette installation a été de 0,75 au niveau des énergies renouvelables. Cela signifie que pendant les 40 ans de durée de vie de cette installation thermique, chaque fois qu un kwh sera consommé, on en aura consommé préalablement 0,75 pour l installation. Ce n est donc pas si performant, parce que c est une grosse installation. Le pellet se situe à 0,29. L installation au bois avec du solaire thermique pour l eau chaude sanitaire est plus intéressante et se situe à 0,14. La bûche est encore plus intéressante car mis à part le carburant de la tronçonneuse et du camion, c est la nature qui se charge de sécher le bois. On constate, une fois de plus, que la biomasse est la source d énergie après le solaire la plus intéressante au niveau de l énergie grise. Au niveau des besoins annuels, les 220 kwh correspondent à la moyenne en Suisse et à peu près à celle de la France. En 2000, en Suisse, la consommation maximale légale était de 90 kwh. Le législateur a fait un gigantesque pas le 1 er janvier en imposant une réduction de près de 50 %, le bâtiment n ayant plus le droit de consommer plus de 48 kwh sans l électricité de service (sans luminaires, sans les ordinateurs, etc). MINERGIE-P et les «Passive Houses» allemandes sont à 30 kwh, et le Green Offices de Givisier est à 7, chiffre mesuré depuis deux hivers, c est pourquoi nous sommes plutôt à 8, voire 8, L énergie électrique consommée Dans l énergie électrique, les différences sont importantes d une source d énergie à l autre. Le 100 % nucléaire consomme 4 kwh pour produire 1 kwh. Je parle des kwh que vous achetez et non pas du rendement des lampes. Le photovoltaïque est intéressant au niveau de l énergie grise car pour 1 kwh consommé, 0,4 kwh ont été préalablement consommés. Pour l éolienne, pour 1 kwh consommé, 0,11 kwh ont été consommés. L hydraulique est encore meilleur, mais je ne le cite pas parce qu il est déjà vendu. Concernant la ventilation, un bâtiment à très faible impact environnemental donc avec un chauffage très performant, doit être ventilé. Chacun de nous a besoin de 20 m 3 d air à l heure pour se sentir bien dans une pièce. Si nous ne les avons pas, nous avons une augmentation du CO2 et une baisse d oxygène qui provoquent des maux de tête. Il faut que cet air soit renouvelé. Concernant l entretien du bâtiment, il était important pour nous de penser qu il devait être performant au niveau énergétique sur le long terme et que son entretien devait être aussi faible que possible. La façade en bois pré-grisée ne demande aucun entretien. Le grisonnement du bois est un champignon qui arrive naturellement. Le système de pellet est une petite chaudière qui coûte environ 8 000, il faudra la remplacer d ici 15 ou 20 ans comme toute installation technique. 19

21 Ensuite, il y a trois aspects du bâtiment : social, économique et écologique. L aspect social Il était très important pour moi car c est toujours le lien humain qui reste lorsque l on se souvient d une affaire, d un lieu, d une rencontre. J ai voulu créer des bureaux open space dans ce bâtiment qui comporte trois niveaux et abrite neuf entreprises et 57 employés. Il n y a pas de porte entre les entreprises, cela fonctionne très bien. Si je le devais, je le referais aujourd hui en le prévoyant juste plus grand, mais cela dépend des finances. Concernant les peintures, nous avons essayé de consommer le moins possible de produits de synthèse. La peinture du plafond est à base de petit-lait et de poudre de marbre comme pigments, les crépis de la face intérieure des façades sont 100 % en argile, les pigments sont des sables. L aspect économique C est le nerf de la guerre même pour moi qui avais l avantage d endosser plusieurs casquettes, étant le planificateur, l utilisateur et le propriétaire. La surface énergétique du bâtiment est de m 2, il a coûté presque 2 M TTC et 1,7 M H.T. En 2006, le mètre carré brut (y compris l épaisseur des murs) a coûté y compris nos honoraires que nous ne nous sommes pas versés et les rabais particuliers que nous avons obtenus des entreprises parce qu il s agissait d un projet pilote. C est donc le prix que cela aurait coûté à un client lambda. Le coût de chauffage est intéressant. Le document montre le bâtiment tel qu il aurait été conçu en fonction de la RT 2005 (norme consommation énergie en vigueur à l époque), le bâtiment s il avait été conçu en MINERGIE-P, et le bâtiment que nous avons construit, car nous avons été plus loin que la norme passive. La consommation en pellet, en kwh aurait été de kwh dans le premier cas, kwh dans le second et kwh pour notre construction. En coûts, nous trouvons à 500 par année sur dix années. En étudiant le coût sur dix ans, on peut admettre que le prix va doubler en dix ans, le prix moyen passe de 250 la tonne à 375 la tonne. La différence d investissement pour le chauffage d un bâtiment construit d après la norme RT 2005 et un bâtiment très performant tel que nous l avons conçu représente une économie d environ en dix ans. Ce qui correspond à des sommes considérables quand on les capitalise à 3 % ou à 3,8 %. Il est primordial pour les clients que nous fassions des calculs de ce type pour montrer le long terme et pas seulement le court terme. L aspect global du bâtiment. Chez nous, la production de bois est gigantesque. On ne coupe pas tout le bois en Suisse, il y a un potentiel de masse disponible pour la construction qui permet de construire encore beaucoup en bois avant que la situation ne devienne problématique. 20

22 Réduction de l impact : le document montre trois bâtiments identiques au niveau de la conception. L impact environnemental du bâtiment de gauche a été calculé en fonction de matériaux standards (béton armé, polystyrène, fenêtres en PVC, etc). Le bâtiment du centre est identique, mais très performant au niveau de sa consommation énergétique après sa construction en utilisant volontairement des matériaux très gourmands en énergie grise pour constater ce qui se passe. Le bâtiment de droite est fabriqué avec les matériaux que nous avons utilisés, la cellulose, le bois de la région, la peinture au petit-lait, l argile, etc. Les calculs ont été faits sur l ensemble du bâtiment y compris sur les revêtements intérieurs, sans le mobilier et sans l installation technique. On passe de 2 millions à 2,8 millions, à 1 million de kwh. Lorsque j ai découvert ces chiffres, j étais certain qu ils étaient faux et que de telles différences ne pouvaient pas exister. Or, après avoir refait les calculs avec des écoles d ingénieurs, ils s avèrent assez justes. Nous avons effectivement économisé environ 1 million de kwh. Si nous comparons ce chiffre à l énergie de chauffage dont nous avons besoin pour chauffer ce bâtiment, c est 100 ans d énergie de chauffage. Cela montre bien la responsabilité que nous avons en tant qu utilisateurs, mais aussi en tant qu architectes quand nous pouvons réaliser une économie substantielle lors de la conception et du choix des matériaux utilisés pour le bâtiment. Un autre graphique avec les mêmes bâtiments indique en gris foncé, l énergie grise pour construire le bâtiment, en gris clair, l électricité utilisée sachant que dans les deux premières variantes il s agit d électricité nucléaire. En vert figure l énergie grise utilisée pour chauffer le bâtiment. À gauche, il s agit d une pompe à chaleur alimentée par de l électricité nucléaire, de même qu au centre où la pompe à chaleur est plus petite car le bâtiment est performant puisqu il est labellisé MINERGIE-P. Il s agit à droite de granulés de bois, ces derniers ayant besoin de 0,14 kwh pour 1 kwh fourni contre 4 kwh pour 1 kwh fourni pour le nucléaire. Les rejets de CO2 dépendent de la source d énergie. Il est étonnant de constater que l on a absorbé plus de CO2 que rejeté de CO2 pour la construction du bâtiment, parce que les 450 m 3 de bois utilisés ont absorbé environ 450 tonnes de CO2 lors de leur croissance. Quand nous étions en projet du bâtiment, je pensais que nous nous situions bien par rapport à l écologie mais j ai voulu savoir ce qui se passait au niveau de l eau potable. Dans un pays industrialisé comme la France, on consomme environ 500 litres d eau potable par habitant et par jour. Sur cette quantité, la quantité d eau qui doit être potable est très petite, cinq ou six litres suffisent. Après m être renseigné, j ai rencontré deux personnes en Suède qui utilisaient des WC biodégradables ou des WC séparatifs, sans consommation d eau. C est interdit en Suisse, comme en France, mais nous l avons quand même fait. Cela fonctionne très bien et l on économise environ litres d eau potable par année, ce n est pas rien. Ces eaux ne seront pas retraitées. C était un geste pour savoir si cela fonctionnait, c est le cas. J aime la phrase de Saint-Exupéry : «On n hérite pas de la terre de nos parents, on ne fait que l emprunter à nos enfants». Elle résume tout et qui nous dit que nous avons encore beaucoup de travail. Je vous remercie de votre attention. 21

23 ÉCHANGES AVEC LA SALLE M. CONSTANTIN : Voilà la démonstration du fait que l'on peut limiter considérablement la consommation d énergie et plus généralement l impact d un bâtiment sur l environnement. L objectif était de limiter l impact au moment de la construction sur le poste chauffage et sur la consommation d électricité. Nous avons compris les étapes clés auxquelles il faut s intéresser : l implantation, la forme du bâtiment, les matériaux isolants performants en tenant compte de leur provenance, l utilisation de composants préfabriqués pour limiter les coûts, la réflexion sur la conception pour qu elle soit moins consommatrice d énergie, le choix de l énergie après réflexion, l efficacité de la ventilation du bâtiment et l entretien du bâtiment. Le coût tout compris s élève à du mètre carré et l économie à sur les coûts d exploitation en dix ans, soit par an. Avez-vous des questions, des témoignages ou des objections à apporter à Monsieur LUTZ? M. MATTHES : Ma question s adresse à Monsieur LUTZ. Je commencerai sur le ton qu il a lui-même employé. Le consommateur peut être ignorant, mais pas forcément idiot, surtout s'il est Auvergnat! Dans vos différents tableaux et les comparaisons fort éloquentes que vous rappeliez à l instant, qu'est-ce qui selon vous, retarde ou empêche la généralisation de constructions nouvelles de ce type? J aimerais apporter un autre éclairage si l on me laisse à nouveau la parole. M. CONSTANTIN : Pour formuler la question de manière plus triviale : pourquoi ne le fait-on pas puisque cela fonctionne si bien? M. LUTZ : Ce constat ne se fait pas seulement ici, il est le même chez nous. Certains pays comme l Allemagne et le Vorarlberg sont plus avancés que les nôtres. Je pense qu il y a plusieurs raisons à cela. La première tient à l inertie des confrères. Soyons clairs et un peu critiques! Dans la typologie de mandat que l on transmet à un architecte aujourd hui, l architecte ne fait qu une partie de la planification puis l entreprise l exécute. Une scission d informations se passe à ce niveau puis, sans vouloir trop généraliser, on fait ce qui arrange l entreprise pour qu elle rentre dans son budget sans qu elle ait une vision globale du début à la fin du bâtiment. C est primordial si l on veut être performant. Chez nous, les calculs physiques du bâtiment, les calculs thermiques sont tous faits en interne pour pouvoir les gérer. Par ailleurs, il est important de former les personnes dans ce sens. Nous avons un manque en Suisse dans la formation des architectes. Il est difficile de faire venir des architectes dans des formations continues ou pour traiter de la physique du 22

24 bâtiment parce qu ils pensent que c est un domaine réservé à l ingénieur qui gérera cette partie. Je suis convaincu que la jeune génération est différente quand je vois qu un à deux stagiaires par mois veulent venir chez nous. Nous ne pouvons pas tous les accepter, mais ils ont une envie. M. CONSTANTIN : Monsieur Serge BAGEL puis Monsieur MONTAGNE. M. BAGEL : Je suis artisan plâtrier peintre. Je ferai un témoignage et je poserai des questions. S agissant de la Confédération de l Artisanat et des Petites Entreprises du Bâtiment (CAPEB), on a compris que malgré les impostures climatiques, l énergie va être de plus en plus rare et de plus en plus chère. Il faut l économiser. Nous avons une réponse dans une prise de conscience professionnelle puisque nous avons créé la marque Eco-artisan sur tout le territoire français. Il s agit de faire en sorte que, du terrassier au peintre en passant par le plombier, tous les professionnels aient le même savoir technique et emploient le même langage face aux clients et aux architectes, grâce à des formations. Pour résumer, nous avons créé une sorte «d éco-artisan Docteur ès habitat», puisqu il sera en capacité de faire un diagnostic par le biais d un bilan énergétique dans le bâtiment existant, de rédiger une ordonnance, c est-à-dire un devis chiffré, et de proposer des soins par des mises en œuvre. Tout cela sera contrôlé par une institution neutre, Qualibat. Il faudra des résultats prouvés. Cette marque Eco-artisan a démarré depuis 2009 et aujourd hui je ne peux présenter qu une quarantaine d éco-artisans sur le Puy-de-Dôme car tout le monde ne réussit pas les examens à l issue des formations. En revanche, quand ils seront suffisamment nombreux, nous ferons bâtir une cartographie d éco-artisans et nous démarrerons des campagnes d abord thermographiques puis nous proposerons différentes choses. Au-delà de ce témoignage, j ai une question. Monsieur COUTAREL a bien montré que dans des patrimoines immobiliers classés pour lesquels interviennent les architectes des Bâtiments de France, on ne peut pas passer par de l isolation extérieure pour des raisons techniques, esthétiques, etc. Des isolants minces se posent à l intérieur et permettent les mêmes performances sans trop réduire les espaces habitables, mais des problèmes de certification, de normes, d agrément, se posent. J ajoute que tous les nouveaux produits isolants que l on peut trouver sur le marché n ont pas été expérimentés ; ils ne sont donc pas normés, certifiés. Les chefs d entreprise et artisans sont très respectueux, ils ont donc du mal à mettre en œuvre des isolants sans doute très performants, mais qui pourraient leur poser des problèmes de responsabilité à l avenir. M. CONSTANTIN : Monsieur COUTAREL, trouve-t-on, sur le marché, les isolants qui ont les performances décrites ainsi que les qualités de certification? Les professionnels peuvent-ils trouver des matériaux en lesquels eux-mêmes et leurs clients peuvent avoir confiance? 23

25 M. COUTAREL : La question de la disponibilité des matériaux est un mal français. Les produits utilisés par Monsieur KAUFMANN dans les bâtiments et véhiculés par la Cité de l Architecture, nous ne pouvons pas les utiliser dans les bâtiments publics, nous ne pouvons pas nous assurer pour le faire, vous comme nous. On a une marge de progrès considérable. Mon souhait est que nous puissions, à une échelle locale, garantir des filières courtes. Les matériaux étant anisotropes, si nous voulons des filières courtes, il faudra que nous ayons des règles communes certifiées. C est un chantier énorme que l on ne peut pas traiter ici aujourd hui. Nous ne disposerons de ces matériaux que s il y a une réelle volonté du monde scientifique, de CSTB (Centre scientifique et technique du Bâtiment) en premier, du politique et des assureurs, d ouvrir les yeux et d accepter ces produits qui ne sont pas des produits neufs. La première nécessité dans un bâtiment ancien consiste à ne pas empêcher l eau de migrer à travers le mur sinon le matériel dont nous disposons ne pourra plus fonctionner. Il faut bien comprendre ce qui se passe dans ces bâtiments et laisser le système fonctionner comme il faut, pour cela il faut utiliser de vieux matériaux techniquement améliorés. Le pisé, par exemple, peut s améliorer en ayant, dans l épaisseur du mur, une petite partie contenant des fibres. Ce sont des choses très simples à mettre en œuvre. Il faut reconsidérer les grandes évolutions techniques dans les lieux les plus emblématiques de Vorarlberg en particulier sont partis de là et de la confiance de la population vis-à-vis des personnes du bâtiment qui n est pas avérée dans nos régions. Il faut pouvoir à un moment faire confiance à cet entrepreneur, à la personne qui va mettre en œuvre. Nous n arriverons jamais à faire de l amélioration de nos méthodes au-delà. Ce secteur qui représente 10 % de l activité économique est le secteur dans lequel les emplois sont le moins délocalisables. C est un levier important sur l économie et sur l indépendance d une région. M. CONSTANTIN : Madame la Vice-Présidente de Clermont Communauté. Mme AUROI : Je mettrai pour commencer ma casquette de Présidente de Atmo Auvergne, de la qualité de l'air, car quand on parle de bâtiments basse consommation, de bâtiments passifs, même si la ventilation est bien faite, il faut vérifier la qualité de l air intérieur. Vous venez de faire allusion au CSTB, quelques mesures sur l air intérieur ont été prises sur des maisons passives en Alsace, les résultats ne sont pas bons. Faire respirer des COV, c est-à-dire du pétrole cancérigène, aux habitants pour faire de l efficacité énergétique, n est pas une bonne solution. L exemple qui nous a été présenté et qui utilise d autres matériaux ne posant pas les problèmes cancérigènes des produits issus du pétrole, sont une solution. Il faut traiter l ensemble du champ et ne pas créer un nouveau problème en voulant en traiter un. J ai une question à poser en tant que Vice-Présidente de Clermont Communauté. Le bâtiment neuf est facile à traiter à condition d en avoir la volonté mais l efficacité énergétique touche principalement la réhabilitation. Quand nous gérons des agglomérations ou des Communautés de Communes rurales, nous devons d abord réhabiliter de l ancien pour faire de l efficacité énergétique. Monsieur 24

26 COUTAREL nous a rassurés sur la culture du bâtiment très ancien. L exemple de la Place de la Victoire est parfait, nous arrêterons ainsi de nous chamailler avec les architectes des Bâtiments de France, mais ce n est pas la première urgence. En revanche, l agglomération de Clermont-Ferrand est chargée en habitat social des années Je rejoins les questions du Président de la CAPEB. Si les collectivités locales s emparent du sujet, comme c est le cas avec le Conseil régional, quel est le coût? On nous dit toujours que les matériaux «écolo compatibles» coûtent plus cher. Le béton de chanvre coûte plus cher au départ que le polystyrène. Pouvez-vous nous aider dans ce domaine car c est cette question que nous aurons à traiter? M. CONSTANTIN : Est-ce plus cher oui ou non? La question est claire. Si des bailleurs sociaux voulaient s exprimer sur ce sujet, ils seraient les bienvenus. M. LUTZ : Nous travaillons sur un projet de recherche pour la réhabilitation de vieux bâtiments au niveau thermique, bâtiments des années Notre souhait est d utiliser au maximum des matériaux à faible impact environnemental. Je pense que nous obtiendrons des résultats d ici deux mois environ. Je suis convaincu que nous réussirons à rénover un bâtiment à des coûts similaires, voire égaux car ce doit être équivalent. Si vous isolez avec de la cellulose, du vieux papier par exemple, dans une ossature bois, vous économisez le barrière-vapeur par rapport à de la laine de pierre. Le coût global d investissement sera le même, que ce soit dans le neuf ou dans l ancien. Il est important de veiller à ce que le bâtiment respire. Vous avez cité les COV et la ventilation contrôlée. J ouvrirai une parenthèse sur ce sujet. Les portes et les fenêtres que nous achetons doivent être étanches à l air. Ces normes veillent à ce que le bâtiment soit étanche, mais elles n ont pas réfléchi à la ventilation car cela produit une augmentation des COV. Il est primordial de traiter l ensemble d un bâtiment et de bien le ventiler. D autres recherches ont été faites. Des bâtiments ont été mesurés en Suisse et labellisés MINERGIE-P. On a pu y constater que la quantité de polluants dans un bâtiment ventilé par une VMC est réduite. Il ne faut pas oublier que nous avons, dans le bâtiment en Europe, jusqu à polluants (pigments sur les chaises, déodorants, etc). Le renouvellement d air est indispensable, l oxygène est notre première énergie, l eau vient ensuite, avant le bon vin! M. COUTAREL : Nous avons effectivement un projet de recherche sur le sujet. Différentes techniques sont possibles. J ai eu l occasion d en discuter avec les bailleurs sociaux de la région, il faut rendre possible les conditions économiques car il y a un enjeu sur l économie des résidents, sur celle des bailleurs sociaux, et il faut mettre en place un financement au jour le jour. Un important travail est à fournir pour participer à l effort national sur l amélioration de ce patrimoine, chacun à son niveau de responsabilité doit travailler sur le sujet. Les solutions ne sont pas toutes trouvées, loin s en faut, mais des mécanismes se mettent en place. Nous sommes d accord avec M. GEORGES, ingénieur thermicien français emblématique du moment, pour dire qu il faut être vigilant car dans un programme d amélioration thermique, chaque action entreprise est une action définitive par 25

27 rapport à la performance finale du bâtiment. Si l on n a pas les moyens de financer la totalité de la rénovation, il faut commencer par en financer un élément, mais complètement, ce qui contribue d année en année, à un programme d investissement pour qu après plusieurs années, le bâtiment soit efficace. C est un travail économique important. M. CONSTANTIN : Monsieur MONTAGNE. M. MONTAGNE : Je fais partie du Conseil économique et social, bailleur, mais pas social. J ai une double question à poser à Monsieur COUTAREL. Pouvons-nous connaître le coût de la réhabilitation d une façade avec les matériaux que vous avez présentés? L École d architecture propose-t-elle des expertises sur des travaux importants à faire réaliser? Ma seconde question s adresse aux deux architectes. Monsieur LUTZ a évoqué des évolutions nécessaires du côté des architectes telles que des formations. Quelle tâche pourrait être accomplie en direction du public en général, des maîtres d ouvrage, des artisans? Ces nouveaux matériaux imposent, je présume, des technologies qui ne sont pas pleinement acquises par l ensemble des artisans. Quel peut être le rôle des collectivités territoriales, de l État, des Conseils généraux, des Conseils régionaux, des municipalités? Le choix peut se faire en termes d investissements direct à celui qui fait construire ou aménager, ou par des aides pour produire ces nouveaux matériaux ou de la recherche. Votre présentation me paraît très importante en termes d aménagement du territoire, car produire de nouveaux matériaux correspond à de l industrialisation de proximité, à du développement de l artisanat local qui, comme vous l avez souligné, ne partira pas en Indonésie et ne suscitera pas l appétit féroce de grands groupes qui se réveillent tous les deux mois pour bénéficier de la crise. Je vous remercie. M. CONSTANTIN : La question de la structuration des filières sera abordée par M. BOUCHARDY tout à l heure ainsi peut-être que par le Préfet qui nous rejoindra ultérieurement. Une question portait sur les prix et sur l expertise disponible auprès de l École d architecture. M. COUTAREL : L'expertise économique nous échappe un peu. Néanmoins, si vous me posez la question, je vous renverrai vers les bailleurs sociaux qui connaissent maintenant les coûts. Des travaux ont démarré, le programme de la Région qui aide ce type d interventions a une bonne visibilité des coûts présentés dans les dossiers. Nous avons localement une visibilité sérieuse du coût d intervention sur le patrimoine. Dans l appel à projet de la Région Auvergne, des bailleurs privés ont déposé des dossiers. La question porte sur les mécanismes de financement surtout au niveau des bailleurs sociaux, comment pouvons-nous aider le mode de financement de ce type d intervention? Je me tournerai vers l ADUHME, vers l ADEME et vers les bailleurs sociaux pour vous fournir une réponse précise sur ces sujets. 26

28 M. CONSTANTIN : Monsieur LUTZ, voulez-vous compléter la réponse? M. LUTZ : Il me semble qu il est important pour le maître d ouvrage d avoir un interlocuteur de confiance. Il faut mettre l accent là dessus, créer des pools de compétences locales que ce soit avec des éco-artisans que vous venez de citer, ou avec des personnes qui travaillent à la planification du calcul thermique, avec des bureaux techniques et des confrères architectes prêts à aller dans cette direction. Comme l a dit Madame AUROI, la grande quantité d économie d énergie ne se fait pas dans les nouveaux bâtiments, mais dans la rénovation d anciens bâtiments. Le travail est gigantesque et je suis certain que des confrères sont intéressés par cela, mais il faut peut-être leur ouvrir les portes et leur indiquer qu une collectivité ou qu un bailleur de fonds est prêt à investir des sommes, pour montrer ce qui est faisable. Il n y a rien de tel que de montrer l exemple, même sur site, pour montrer aux artisans, aux maîtres de l ouvrage, aux confrères, que cela est faisable. M. CONSTANTIN : Monsieur COUTAREL, encore un élément de réponse. M. COUTAREL : Sur la dernière partie de la question qui portait sur la formation au public en matière d ouvrage, nous essayons de participer les uns et les autres à des manifestations. Je voudrais souligner l initiative de l ADEME de doter toutes les régions d un centre de ressources sur le sujet de la construction durable. Nous, écoles d architecture, souhaitons y être associés. En France, seize régions ont ce type de structure, nous ne l avons pas encore. Il est important de finir la carte de France de ces structures. La plus ancienne qui est dans la culture des écoles d architecture est celle de la Méditerranée (EnviroBat Méditerranée). Cela va permettre de donner de l information, des schémas, des chiffres, des exposés, de façon à fournir un accès à des données qui soient bien constituées, pédagogiques, mais aussi contrôlées pour nuancer l inflation de matériaux un peu moins catastrophiques qu auparavant, qui deviennent des matériaux verts. C est à l initiative de l ADEME que nous nous sommes réunis en début d année pour démarrer ce site. M. CONSTANTIN : Si j ai bien compris, nous sommes en phase de démarrage et de développement, même si certaines choses fonctionnent, les filières ne sont pas tout à fait structurées : déficit de formation des architectes, déficit de production des matériaux, de disponibilité, etc. Existe-t-il des endroits dans le monde où les filières sont déjà structurées ou y a-t-il une place vide à occuper pour l Auvergne? M. COUTAREL : La question n'est pas d occuper la place d'un autre, car toutes les régions du monde ont à occuper leur propre place avec leur force respective. Je cite souvent le Vorarlberg parce que nous sommes face à une conjonction d habitants, d élus, d entrepreneurs, de maîtres d œuvre qui se sont mis en route ensemble. L exemple le plus important du Vorarlberg est la structuration territoriale. M. CONSTANTIN : Monsieur le Président, il faudrait prévoir pour l année prochaine, le rapport, le colloque et le voyage d études car nous ne savons pas de quoi nous parlons concernant le Vorarlberg! 27

29 M. BAGEL : Je souhaite répondre à Monsieur MONTAGNE sur deux aspects de ses questions. Sur la formation des professionnels la marque éco-artisan en est un exemple, il faut un vocabulaire et un savoir commun parce que si le plombier propose la plus performante des chaudières mais que les murs ne sont pas isolés, cela ne servira pas à grand-chose. Il faut une responsabilité et une traçabilité de travaux communes. Concernant les grands fournisseurs d énergie, la marque Eco-artisan est aussi une démarche de liberté pour les professionnels qui peuvent aller dans des réseaux, mais nous leur offrons, par ses formations, la possibilité d être maîtres de leur destinée professionnelle. M. CONSTANTIN : Merci. Une dernière question avant de passer à la dernière partie. M. DI PASQUALE : J appartiens à la Fédération française du Bâtiment du Puy-de-Dôme. Nous avons aussi notre label qui se nomme «Pros de la Performance Énergétique». Je ne pouvais pas ne pas le dire. Cela prouve qu il y a une filière, celle des entreprises, qui se structure, s organise et forme ses adhérents. C est très positif à ce niveau, me semble-t-il. J ai été très séduit par la proposition de M. COUTAREL de constituer une filière locale en matière d isolation. Nous y adhérons totalement. Je pense que les professionnels suivront. La formation coûte cher, elle nécessite du temps, nous acceptons de le faire car avoir une distribution locale est très séduisant pour nous à condition d avoir un minimum de pérennité dans le système. M. CONSTANTIN : Merci, Madame et Messieurs, pour vos questions et vos contributions. (Applaudissements) M. CONSTANTIN : En 2020, 20 % de l énergie consommée en Europe devra être renouvelable puisque c est l objectif ambitieux fixé par les institutions de l Union. L énergie éolienne a été citée, elle est une énergie renouvelable, le bois l est également. Idem pour ce que l on appelle les bio ou les agrocarburants. Ils sont produits à partir de matières premières animales ou végétales. Des ressources renouvelables, mais qui font débat. Faut-il utiliser des matières premières agricoles pour produire de l essence alors que ces ressources pourraient nourrir l humanité? C est une des questions. Les biocarburants sont-ils efficaces dans la lutte contre le réchauffement climatique? Émettent-ils moins de gaz à effet de serre que les énergies fossiles? Pour trancher la question, il faut établir les faits. C est ce que nous allons faire avec deux spécialistes de l ADEME, un expert en biocarburant et le représentant régional de l ADEME, M. CHABRILLAT qui est Directeur régional de l ADEME (Agence de l Environnement et de la Maîtrise de l Energie). C est un établissement public chargé de mettre en œuvre les politiques publiques dans les domaines de 28

30 l environnement, du développement durable et de l énergie. Il intervient auprès des entreprises mais aussi auprès des collectivités et des particuliers. Missions de conseils et d expertise, de soutien financier également, l ADEME a une mission d information et d observation. Pour l état des lieux des usages et de la consommation de biocarburants plus généralement sur la consommation de carburants dans les transports en particulier Monsieur CHABRILLAT, vous avez la parole. 2 ème PARTIE : BILAN GLOBAL DES BIOCARBURANTS INTERVENTION DE M. REMI CHABRILLAT, DIRECTEUR RÉGIONAL AUVERGNE DE L ADEME : «TRANSPORTS, ÉNERGIES, BIOCARBURANTS : DONNÉES GÉNÉRALES» M. CHABRILLAT : Merci, Monsieur CONSTANTIN, Monsieur le Président, Monsieur le Président de la Commission, Monsieur le Vice-Président du Conseil régional, Madame la Vice-Présidente de Clermont Communauté, Mesdames, Messieurs, merci de votre intérêt pour ces réflexions. Le spécialiste de ces questions est M. POUET qui vous tiendra des propos plus structurés et pointus que moi sur les biocarburants. J ai la simple tâche de livrer des éléments de cadrage sur la part que peuvent prendre les biocarburants dans les transports, l énergie, et de la mettre en perspective par rapport aux questions globales relatives aux déplacements et aux transports. Les données - Les transports aujourd hui représentent 32 % de la consommation d énergie en France, au deuxième rang après le bâtiment résidentiel et tertiaire. C est légèrement plus en Auvergne avec 39 %, toujours au deuxième rang avec l effet de la ruralité. On est plus diffus et moins nombreux sur un territoire vaste, donc on parcourt plus de kilomètres pour se déplacer, et plus souvent en voiture qu en transport en commun pour des raisons structurelles. Au niveau mondial, la part est moins importante (27 %) et arrive au deuxième rang derrière l industrie et non plus le résidentiel tertiaire. Un point central des préoccupations et des politiques en la matière est l évolution relative de la consommation d énergie dans les transports. Depuis 1973 et le premier choc pétrolier, notre consommation globale d énergie a augmenté de 20 % et la consommation des transports a doublé. Pour quelles raisons? D abord parce que l on transporte beaucoup de choses, mais aussi du fait de l augmentation de la part du transport routier. Celui-ci représentait 70 % du transport en 1973, et 83 % en

31 - L importance de l urbain : 40 % de la consommation de notre pays se fait en zone urbaine et 62 % se fait en voiture particulière en zone urbaine. - Le transport est le premier consommateur de produits pétroliers, le premier émetteur de gaz à effet de serre puisqu un tiers des gaz à effet de serre de notre pays sont émis par les transports, et 94 % sont émis par les transports routiers. Le transport routier c est 100 % de combustion donc d émissions de gaz à effet de serre alors que ce n est pas le cas d autres transports. - Le transport routier est un émetteur important, voire le principal émetteur de polluants tels les oxydes d azote, le monoxyde de carbone, les particules fines. Les déterminants L évolution en termes de trafic et la répartition entre les différents modes de transport conduisent à la prédominance du transport routier. Il faut rappeler l efficacité des différents modes de transport et l importance des comportements dans les choix. En quoi la demande sociale des particuliers et des entreprises, et les options prises volontairement ou par défaut, conduisent-elles à cette situation? L augmentation de l étalement urbain, l évolution des formes urbaines, la concentration de la population vers des grands pôles de vie, les phénomènes de pluri urbanisations conduisent à une augmentation des trafics, à un allongement des déplacements quotidiens. L urbanisation de ces dernières décennies en tâche d huile contrairement à celle du début du XX e siècle en doigts de gant et les aménagements qui en découlent, poussent à utiliser l automobile pour les déplacements. Une révolution industrielle des ces dernières décennies a consisté dans le développement des flux tendus dans l industrie avec le zéro stock. Les matières premières ne sont plus stockées et il est possible de se faire livrer un produit dès qu il a été vendu. Cela a conduit mécaniquement à une augmentation de la demande de transport et à un transfert massif vers le transport routier qui est, aujourd hui, le plus adapté pour répondre à l approvisionnement rapide. Un autre élément important tient à la mondialisation. La division internationale du travail avec les délocalisations de productions conduit à une augmentation des transports. La nature des produits, les organisations commerciales, les livraisons rapides de petits lots, conduisent à un accroissement des distances parcourues, à une multiplication du nombre des trajets faits majoritairement au profit de la route considérée aujourd hui comme permettant une plus grande souplesse et une plus grande réactivité, et également parce que ses coûts sont proportionnellement faibles. Jusqu à une date récente, l énergie était bon marché et les coûts des infrastructures de transport, financées par la collectivité, n étaient pas répercutés sur les utilisateurs. Concernant l'efficacité énergétique environnementale, les différents modes de transport présentent des rejets de CO2 très variés par voyageur ou par tonne. Un train fonctionnant à l électricité rejettera structurellement moins de tonnes de CO2 30

32 par kilomètre parcouru. Par ailleurs, le nombre de voyageurs est plus important dans le train que dans une voiture individuelle. Le constat est qu aujourd hui les transports routiers dominent. Or, ce sont eux qui ont l efficacité énergétique et environnementale la plus faible alors que les transports collectifs ont une efficacité supérieure. Dans le transport régional de voyageurs, c est d abord le transport aérien qui émet le plus de gco2 par voyageur par km. Mis à part le transport aérien, le mode le moins émetteur de CO2 est le TGV (22 gco2/voy.km), puis les autocars, les TER qui ne fonctionnent pas tous à l électricité et dont le remplissage n est pas toujours optimum. Les voitures particulières émettent plus de CO2 et les motocyclettes en émettent encore davantage. Dans les déterminants, n oublions pas la question des comportements de consommateurs et d acheteurs. L âge moyen du parc a augmenté, les véhicules ont huit ans d'âge moyen en Ils sont un peu mal réglés et moins efficaces mais surtout, en vingt ans les véhicules achetés sont beaucoup plus lourds (370 kg en plus en moyenne par véhicule), plus puissants et plus rapides (70 % des véhicules mis sur le marché peuvent dépasser 170 km/h). Je mentionne au passage la spécificité française qu est le diesel. Il représente 77 % du parc automobile. Il faut noter que la mise en place du bonus/malus influence, semble-t-il fortement, ces évolutions de vitesse, de poids et de puissance, bien que nous ne disposions pas de recul. L orientation des politiques françaises et européennes en termes de transports Je ferai le parallèle avec ce que l on dit en parlant de tous les domaines énergétiques : préoccupons-nous de sobriété, d efficacité, et ensuite seulement de la question des énergies que nous utilisons. La sobriété consiste à ne pas utiliser une énergie dont on n a pas besoin. Quand je ne suis pas dans une pièce, j éteins la lumière. Ma qualité de vie et mon confort n en pâtissent pas. L efficacité consiste à se poser la question d optimiser la façon dont on la produit. Les ampoules basse consommation fournissent le même éclairement avec cinq fois moins d énergie. Savoir si l électricité est produite à partir de nucléaire, de solaire, de photovoltaïque ou d éolien ou autres est la question qui doit se poser en dernier. Le schéma sera le même pour les biocarburants. Concernant les transports, la sobriété consiste à éviter de se déplacer et à faire en sorte de ne pas se déplacer inutilement. Réfléchissons à la maîtrise de l étalement urbain et cherchons à mieux organiser notre ville pour avoir moins besoin de se déplacer, concentrons à nouveau, habitons plus près de notre lieu de travail, ayons des services à proximité et une meilleure mixité des usages pour éviter de nous déplacer pour rien, en vivant aussi bien. Concernant le transport des marchandises, la sobriété c est la question de la relocalisation des productions et des transformations, pour éviter les gabegies telles que la récolte d un légume dans l Ouest de la France, transporté en Italie pour être épluché puis en Allemagne pour être conditionné, emballé et renvoyé en France pour 31

33 être consommé. La question des filières courtes est intéressante dans de nombreux domaines. L augmentation du coût des énergies risque de nous amener à être plus vertueux de ce point de vue. La relocalisation des productions sera envisagée au fur et à mesure de l augmentation du coût des transports qui est liée à celle du coût des produits pétroliers. Elle conduira à remettre en cause des fonctionnements. Cela n aura pas que des inconvénients d un point de vue social, nous en sommes conscients. Concernant l efficacité, si le transport routier est le moins efficace énergétiquement, cherchons à le limiter ou à basculer là où cela est possible, vers d autres modes de transport. Développons les infrastructures de transport collectif, c est un enjeu, un choix et une volonté politique de nombreuses collectivités. Cela figure dans le Grenelle 2. La volonté politique de développer les transports collectifs est assez partagée. Il ne suffit pas de développer les structures mais il faut aussi augmenter leur attractivité. Toujours dans une logique d efficacité, si nous devons nous déplacer en véhicule individuel, cherchons à le faire avec des véhicules les plus efficaces possible. La consommation unitaire dépend des technologies de motorisation, et du poids des véhicules, voire de leur taille. Ensuite se posent les questions basiques : ai-je besoin d un véhicule de quatre mètres de long et d 1,4 tonnes pour parcourir les cinq kilomètres quotidiens qui relient mon domicile à mon travail, si tant est que je n aie pas d autres alternatives? Les véhicules urbains ont-ils besoin d être aussi lourds et puissants qu ils le sont à l heure actuelle? La réponse est sans doute négative. Concernant l optimisation des logistiques, certains transporteurs routiers, notamment auvergnats, ont commencé à réfléchir sur le sujet à travers des chartes CO2 développées entre les services de l État, la DREAL, l ADEME, et les professionnels du transport, pour accompagner les transporteurs dans les réflexions sur leurs pratiques. L objectif est de consommer moins d énergie en effectuant le même travail. Les entreprises arrivent à des réductions de 5 % à 10 % de consommation sans diminution d activité. Le carburant C est seulement après s être posé les questions de sobriété et d efficacité que se pose celle du carburant ou de l énergie que l on utilise car c est à ce moment qu intervient la réflexion sur les véhicules électriques, sur les véhicules hybrides puis sur les biocarburants. Les biocarburants sont majoritairement de l éthanol, obtenu par la transformation du sucre en alcool à partir de betteraves, de cannes à sucre, de blé, de maïs, l éthanol étant ensuite additionné à l essence. Le biodiesel ou le diester consiste à transformer en esters les corps gras du colza, du tournesol, du soja, de la palme ou de l huile de friture, et à les additionner au gasoil. Certains procédés consistent à utiliser des huiles végétales filtrées dans des moteurs, cela reste minoritaire et se limite à des tracteurs anciens, d autres à utiliser 32

34 le biogaz notamment le gaz récupéré sur des décharges comme carburant comme cela se développe dans la métropole lilloise. Ce que l on appelle aujourd hui les biocarburants correspond à l éthanol et au biodiesel. On entend souvent la terminologie «première génération» et «deuxième génération». Aujourd hui, les process de fabrication de nos biocarburants de première génération (éthanol, biodiesel) n utilisent pas l intégralité de la plante. L enjeu des recherches actuelles autour des biocarburants deuxième génération porte sur la valorisation de la plante entière, et notamment la valorisation de la partie ligneuse, cellulosique, de la plante. Cela passera par l utilisation de résidus, de sousproduits agricoles ou par des cultures dédiées. Les procédés sont l hydrolyse, la gazéification, etc. Aujourd hui en France, les biocarburants sont pour 75 % des biodiesels et 25 % des bioéthanols. En 2008, en France, ils représentaient 5,71 % de la consommation totale de carburants sachant que notre consommation totale s élève à 38 millions de mètres cube de gasoil et 12 millions de mètres cube d essence. En Europe, les biocarburants représentent 3,3 % de la consommation totale en Au niveau mondial, ils représentaient 1,9 % de la consommation en 2005 sachant que les situations sont très contrastées puisqu au Brésil, 70 % du parc roulent à un taux assez élevé de biocarburants éthanol. En France, le biodiesel est majoritairement produit à partir d huile de colza. Le soja progresse. L éthanol est surtout diffusé sous forme d ETBE (Ethyl tertio butyl éther), c est une synthèse d éthanol et d isobutène. C est un additif à l essence. L ajout direct d éthanol sans passer par la phase ETBE est en progression. L approvisionnement des unités de fabrication d ETBE est à 70 % français. Les objectifs en matière de biocarburant ont été définis depuis le Plan Climat 2004 et la Loi de programmation et d orientation de la politique énergétique 2005, et ont été rappelé dans le cadre du Grenelle. Les objectifs français étaient de passer de 1,2 % à 5,75 % en 2008, ce qui est globalement réalisé. Nous sommes autour de 6,5 % en Cet objectif a nécessité 2,4 % de la surface agricole utile en France. 27 % du colza produit en France sert à faire du biocarburant, 8 % de la betterave sert à faire de l éthanol, 7 % du tournesol, 1,8 % du blé produits en France servent à faire du biocarburant. L Auvergne est très minoritaire dans la production française de biocarburant, elle représente 0,2 % parce que les grandes cultures ont une place moins importante en Auvergne que dans d autres régions et qu elles sont déjà, en grande partie, sur des filières à haute valeur ajoutée. En Auvergne, 0,16 % de la surface agricole utile est consacrée aux biocarburants. 8 % du colza, 5 % du tournesol et 0,6 % du blé, produits en Auvergne sont destinés aux biocarburants. En 2009, il n y avait pas de betteraves. Je laisse la parole pour des propos plus pointus à mon collègue. Je vous remercie. (Applaudissements) 33

35 M. CONSTANTIN : Merci, Monsieur CHABRILLAT. L Auvergne particulièrement consommatrice d énergie pour les transports : 40 % de l énergie consommée dans les transports, transports routiers dont la consommation augmente ce qui est inquiétant, transports qui consomment de l énergie et émettent des gaz à effet de serre. Comment sortir de cette logique? En visant la sobriété par des comportements, par la rationalisation des déplacements et par le développement de la relocalisation et des filières courtes, par l efficacité et par le recours à des énergies alternatives, les biocarburants ou agrocarburants en l occurrence de première génération fabriqués à partir d alcools ou d huiles mélangées à de l essence ou du gasoil, et ceux de deuxième génération produits spécifiquement à partir du plant, de l ensemble de la plante cultivée spécialement pour cela ou résidus de plantes. Cela reste marginal dans la consommation même si la France a un peu d avance semble-t-il, et marginal dans l utilisation des surfaces agricoles. M. POUET travaille au siège de l ADEME à Angers, Chef du service Bio ressources, un service qui travaille sur la valorisation de la biomasse pour produire des matières premières ou de l énergie. L ADEME finance des programmes de recherche ou de développement, des études également. Avec les Ministères de l Agriculture et de l Environnement, l ADEME a commandé une étude sur les biocarburants dits de «première génération». C est la première étude d une telle ampleur. Il s agissait de faire taire un certain nombre de rumeurs ou d idées reçues et d établir les faits sur la question des émissions de gaz à effet de serre, et de savoir si les biocarburants émettaient plus ou moins de gaz à effet de serre que les autres carburants fossiles. Pour la synthèse et les conclusions de cette étude, nous écoutons M. POUET. INTERVENTION DE M. JEAN-CHRISTOPHE POUET, CHEF DU SERVICE «BIORESSOURCES» DE l ADEME/PRÉSENTATION D UNE ÉTUDE RÉCENTE : «ANALYSES DE CYCLES DE VIE APPLIQUÉES AUX BIOCARBURANTS DE PREMIÈRE GÉNÉRATION CONSOMMÉS EN FRANCE» M. POUET : Bonjour à tous. Je remercie le Conseil économique et social pour son invitation. Je vous rappelle pour mémoire les carburants commercialisés en France, que vous utilisez aujourd hui dans vos automobiles : Pour le gasoil : - le carburant grand public, sans marquage, avec 7 % maximum d ester méthylique d huile végétale en volume, pour le gasoil, c est le biogazole introduit dans le gasoil d aujourd hui mais vous n en voyez pas la couleur lorsque vous circulez, 34

36 - la deuxième catégorie de carburant gasoil est dédiée à des flottes captives pour un maximum de 30 % de biogazole en volume, le B 30. En général, ce sont les collectivités qui s équipent de bus ou d une flotte de véhicules qui décident d y introduire 30 % de biocarburants. Pour l essence : - le carburant grand public, le sans plomb 95 ou le sans plomb 95-E10 dans lequel on introduit au maximum 10 % d éthanol en volume, - la deuxième catégorie de carburant pour l essence est un carburant dédié pour les véhicules flexfuel, pour lequel la part de bioéthanol est de 85 % au maximum. Une loi fixe le rythme. En 2010, nous sommes sur le rythme des 7 %, les agréments pour les usines de fabrication ont été délivrés depuis plusieurs années. Une directive européenne a été votée en fin d année passée. Elle fixe un objectif obligatoire de 10 % de la consommation d énergie finale couverts par les énergies renouvelables, dans le secteur des transports, à l horizon Cela ne concerne pas seulement des biocarburants, mais aussi les véhicules électriques sous réserve que l électricité soit produite à partir d énergie renouvelable. Nous pensons que, vu le développement du véhicule électrique et celui de la production d électricité pour les véhicules électriques, la grande part de ces objectifs seront réalisés par les biocarburants dans les dix années à venir. Cet objectif de 10 % est associé à deux conditions importantes sur lesquelles nous travaillons dès maintenant : les productions de biocarburants à l horizon 2010 devront respecter des critères de durabilité et la production de biocarburant de nouvelle génération (deuxième et troisième génération) devra être opérationnelle en A cet effet, nous finançons des programmes de recherche visant à mettre au point des technologies sur le marché français ou international dans un proche avenir. Les critères de durabilité à respecter prévus par cette directive : - La réduction de gaz à effet de serre par les biocarburants devra être au minimum de 35 %. Sans ce respect de 35 % d économie de gaz à effet de serre, les producteurs de biocarburants ne pourront pas bénéficier de la défiscalisation. - Les biocarburants ne devront pas être produits sur des terres avec forte biodiversité ou comportant un important stock de carbone ou des tourbières. - La mise en place de mesures de protection des sols, de l air, de l eau, de restauration des terres dégradées et de maîtrise des consommations d eau. - Le respect des grandes conventions internationales en environnement et droit du travail. Cela s applique plutôt à certains pays tropicaux qu à la France ou à l Europe où nous sommes en avance sur le droit du travail et le respect de l environnement. Une commission Française sur la mise en place de ces critères de durabilité est en cours. L objectif est de mettre en œuvre des systèmes de traçabilité fiables, du 35

37 champ au réservoir, permettant d assurer le respect des critères de durabilité que je viens d évoquer. La traçabilité est simple à mettre en place sur le territoire national car les agriculteurs instruisent aujourd hui des bases de données, par contre ce sera plus difficile pour les importations. L objectif de cette étude visait à répondre à une des recommandations du Grenelle de l environnement qui stipulait qu une étude exhaustive et contradictoire des bilans des biocarburants consommés en France devait être réalisée. Il s agissait de mettre à jour et de compléter les données nécessaires au calcul des bilans énergétiques, des gaz à effet de serre et des polluants atmosphériques en général, et des impacts des filières. Il fallait calculer ce bilan pour chaque filière, du puits au réservoir et du réservoir jusqu à la roue de votre véhicule avec une organisation sur le mode de la concertation «grenellienne» : d abord les financeurs (l ADEME, le Ministère du Développement durable, le Ministère de l Agriculture et FranceAgriMER), un partenaire qui est un cabinet d études BIO intelligence Service, et un comité technique très important qui avait pour objectif d échanger, de fournir les données exhaustives et de valider les hypothèses retenues dans le cadre de ce travail. L ensemble des représentants des filières productrices de biocarburants participaient à ce comité technique, les parties agricoles, les usines, les instituts agricoles, les constructeurs automobiles (Peugeot et Renault), un pétrolier (Total), et des ONG (WWF, FNE, Réseau Action Climat-France). Pour mémoire, une étude datait de 2002, elle était moins exhaustive. C est sur sa base que la politique a été définie. Le Grenelle de l environnement a souhaité aller plus loin en reprenant cette étude, en appliquant une étape pour la mise à jour de la méthode avec la prise en compte des évolutions intervenues dans les modélisations méthodologiques d évaluation des impacts. Cela a été fait de 2007 à 2008 puis ensuite l étude ACV à proprement parlé. Cette étude couvre les filières suivantes : - Pour le bioéthanol, l éthanol de blé, de betterave, de maïs ainsi que l éthanol de canne à sucre incorporé en direct sans transformation, dans le réservoir de notre voiture. - La filière ETBE qui est un composé obtenu à partir de l éthanol et de l isobutène via une transformation thermochimique. L isobutène est une molécule d origine pétrolière, la transformation thermochimique et la molécule d origine fossile vont dégrader le bilan de l ETBE. - L essence classique SP % fossile. - Pour le biodiesel, nous avons étudié les esters méthyliques d huile végétale, d huile de colza, de tournesol, d huiles alimentaires usagées (huiles de friture) et les graisses animales (issues des abattoirs), les esters méthyliques d huile végétale de palme et de soja (filières d importation) et l huile végétale pure de colza par rapport au gasoil. 36

38 Quelles sont les étapes que nous avons considérées? Nous avons dû considérer toutes les étapes, celles de la phase agricole, et pour chacune d entre elles, nous avons comptabilisé chaque intrant : pour cultiver des céréales, on introduit de l engrais, pour les fabriquer on dépense de l énergie puis pour les transporter jusqu aux champs, on dépense à nouveau de l énergie. Nous avons ainsi cumulé chacune des étapes et chaque consommation d énergie pour les phases agricoles, les phases de transport de cette biomasse du champ jusqu à l usine, les phases industrielles de transformation en éthanol ou en ester méthylique, la distribution jusqu à la pompe à essence et jusque dans les réservoirs, et enfin la combustion dans le moteur des automobiles. Cela procure des résultats au kilomètre parcouru pour deux types d automobiles. Nous avons aussi étudié le partage des impacts. Par exemple, lorsqu on plante du blé, on obtient un grain et une tige (la paille). Lorsque des engrais ont été répandus pour cultiver le blé, l engrais doit-il être impacté à 100 % sur la graine ou partagé avec les pailles? Nous avons dû définir des règles du jeu, c était l occasion de cette étude. Quels sont les résultats? Le rapport comporte 260 pages d explications sur les procédés sans les annexes. Je vous relate un bref bilan en quatre diapositives. Le rapport répond clairement aux nombreuses questions qui peuvent se poser. Il fournit des données précises sur les données d entrée, sur la modélisation des impacts et des analyses de résultat à travers plusieurs études de sensibilité. Tout est public car nous avons souhaité une totale transparence de ces travaux. Les documents sont téléchargeables sur le site internet de l ADEME en français et en anglais. En rouge apparaît la photographie de la situation actuelle sur la base de données robustes, âprement discutées lors du comité de pilotage et du comité technique. En violet figure la situation dans un futur proche, dans les cinq ans à venir, grâce à des évolutions des pratiques agricoles, des procédés de fabrication, ou de combustion des moteurs avec des évolutions plausibles et réalistes dans un proche avenir. En termes d économies d'énergie donc de réduction de consommation d énergie non-renouvelable, pour le bioéthanol pur, par rapport à l essence, ces diapositives présentent des résultats significatifs. Sous forme d additif et en ETBE les réductions des consommations d énergie fossile et fissile, vont de 18 % à 22 % pour les filières métropolitaines et jusqu à 50 % pour la filière canne à sucre. Les résultats sont encore plus significatifs en termes d économies d énergie pour les filières métropolitaines et incorporées en direct, l éthanol de betterave, l éthanol de blé, l éthanol de maïs et l éthanol de canne à sucre où les économies d énergie fossile et fissile vont de 49 % à plus de 85 %. On a réellement des économies d énergie quand on consomme du bioéthanol pur que l on mélange avec l essence. 37

39 Ces résultats sont robustes. Les données sont fiables et les tendances sont solides. Dans un avenir proche, on constate une progression intéressante, la production de biocarburant permettra plus d économies d énergie pour la filière bioéthanol. Pour la filière gazole biodiesel pur, par rapport au gazole, c est encore plus significatif. Le biogazole de colza va de 65 % à plus de 80 % pour le biogazole issu d ester méthylique d huiles alimentaires usagées, et pour les esters méthyliques de graisses animales. Les économies d énergie sont importantes plus pour les graisses animales et les huiles alimentaires usagées parce que l on ne tient pas compte de l étape amont, on n élève pas une vache pour produire des biocarburants. Nous avons tenu compte du bilan à partir de l abattoir et non pas de l étape d élevage. C est identique pour les huiles de friture, dont on a tenu compte des impacts qu à partir du moment où cette huile était un déchet. Il faudra que cela change à l avenir car si ces filières de biocarburants, à partir de déchets, se développent, il faudra probablement partager l impact de l élevage ou de la production d huiles pour l alimentation avec les biocarburants et l alimentaire. Les économies d émission de gaz à effet de serre Il est possible de réaliser des économies d énergie fossile et fissile, mais il faut vérifier si l énergie fabriquée et consommée est émettrice de gaz à effet de serre. La situation est alors un peu différente. Sur la base des hypothèses retenues, nous constatons que toutes les filières permettent des réductions de gaz à effet de serre assez importantes. Sur la droite de l écran, les filières ETBE : les émissions de gaz à effet de serre varient de 24 % à 47 % pour la filière d importation. Ces réductions sont intéressantes et significatives, mais elles le sont plus encore pour l éthanol incorporé en direct puisque cela varie de 50 % à plus de 70 % des gaz à effet de serre. Je disais que la Directive européenne imposait un minimum de 35 % de réduction de gaz à effet de serre. En théorie, certaines filières ne peuvent plus bénéficier d exonérations, il s agit de l ETBE à partir de blé et de l ETBE à partir de maïs qui se situent entre 24 % et 31 %. On voit que ces usines vont améliorer leurs performances dans les cinq ans à venir et atteindre les 35 % d ici là. En réalité, l ETBE de votre automobile ne vient pas uniquement du blé, un mélange est fait et améliore globalement le bilan. Concernant le biodiesel, les réductions sont plus significatives encore car il n y a pas de transformations complexes. Les réductions de gaz à effet de serre varient de près de 60 % pour le colza à près de 90 % pour les esters méthyliques d huiles alimentaires usagées ou pour les esters méthyliques de graisses animales. Ces filières sont donc performantes en termes de réduction de gaz à effet de serre, entre 59 % et 90 %. Il faut noter que les filières de recyclage dépassent les 90 % de réduction et que les filières d importation sur la base de ces hypothèses, sont assez performantes avec 77 % pour le soja, 76 % de réduction de gaz à effet de serre pour le palme. 38

40 Pour mémoire, nous étions à 75 % de réduction de gaz à effet de serre pour l éthanol sur les filières d importation. Les résultats sont robustes et établis sur des bases de données assez fiables, faciles à quantifier. Cette étude fait toutefois apparaître deux points sensibles qui ne sont pas à négliger : - Le premier concerne le N2O, c est-à-dire les engrais mis au moment de la culture de la plante car nous maîtrisons mal le comportement de ces engrais. Une partie des engrais s évapore, une partie s évacue avec les pluies, une partie est absorbée par la plante, une autre partie reste dans le sol et la plante suivante la captera. Le bilan du N2O est difficile à faire et variable d une région à l autre en fonction des conditions climatiques. INTERVENANT : Sans oublier la partie que le consommateur boit au robinet! M. CONSTANTIN : Je vous propose de compléter par la suite et de laisser terminer la présentation de M. POUET. M. POUET : Nous avons appliqué une approche prudente et nous sommes restés sur le calcul officiel du GIEC, avec des valeurs d émission dans la fourchette haute par précaution. - Le second concerne le changement d affectation des sols direct ou indirect. Pour le bilan des filières d importation, que ce soit le soja, le palme, la canne à sucre, nous devons être prudents sur le bilan que je viens de vous présenter. Pour simuler le changement d affectation des sols, nous avons arbitrairement choisi, avec le cabinet d études, des scénarios tranchés qui vont du scénario optimiste on ne déforeste pas, on réintroduit de la forêt progressivement, on applique des pratiques durables au scénario le plus pessimiste on déforeste une forêt tropicale et on y plante de l huile de palme, du soja. Je rappelle qu il existe deux types de changement d affectation des sols : - L un concerne le changement d affectation des sols direct qui consiste à convertir, en France, une surface cultivée ou non, en culture de biocarburant. Ce changement d affectation des sols n est pas possible en Europe car les règles de la Politique agricole commune imposées à toute l Europe interdisent ces pratiques en France où l on n a pas le droit de déforester au bénéfice de cultures alimentaires ou de biocarburants. Ce n est pas le cas pour les autres pays qui ont cette possibilité. - L autre est plus complexe, le changement d affectation des sols indirect qui consiste à remplacer une culture alimentaire par une culture énergétique. La culture alimentaire qui se faisait auparavant en France doit se faire ailleurs par manque de place. S il s agit d une terre agricole, ce n est pas grave, mais le problème se pose s il s agit de déforester et de produire la culture alimentaire ailleurs. Lorsque l on rase une forêt tropicale, on déstocke non seulement du carbone aérien mais aussi du carbone des sous-sols, le bilan devient très vite négatif. 39

41 Nous avons donc envisagé des scénarios optimistes, intermédiaires et modérés, des scénarios avec des valeurs maximums parce que nous sommes incapables de dire quel est le bon scénario car le biocarburant issu des importations est produit suivant différents scénarios. Nous avons voulu présenter des bilans tranchés pour que des décisions politiques importantes soient prises. Je ne présenterai que l exemple de l huile de soja, mais les résultats pour les autres filières sont sensiblement identiques. Vous voyez en jaune, le gasoil de vos automobiles sans biocarburant. L histogramme rouge est le résultat présenté précédemment avec les vraies économies telles que nous vous les avons présentées (77 % de réduction de gaz à effet de serre pour la filière soja). À côté, vous pouvez voir les quatre scénarios : le changement d affectation des sols direct, le maximum de changement d affectation direct et indirect qui se cumule parfois. En tenant compte de ces scénarios, on renverse la tendance. Vous constatez que les histogrammes bleus sont plus élevés que les histogrammes jaunes, ce qui signifie que l on émet plus de gaz à effet de serre que le pétrole lui-même en raison des mauvaises pratiques agricoles. Il faut des scénarios modérés ou optimistes pour retrouver des économies de gaz à effet de serre et un bilan positif ou légèrement positif. Dans l étude complète, les résultats montrent les mêmes tendances quelles que soient les filières d importation si chaque filière est produite dans les mêmes conditions. Pour le biodiesel de palme, le bilan est défavorable avec la prise en compte des scénarios maximums, le bilan redevient favorable avec un scénario intermédiaire. Pour l éthanol de canne à sucre, le bilan devient défavorable avec la prise en compte d un scénario maximal de changement d affectation des sols direct, le gain est réduit avec un scénario intermédiaire 4 %, il devient plus favorable avec un scénario modéré, jusqu à 52 %. Nous avons fait la même chose avec le changement d affectation des sols indirect pour le biodiesel de colza comme cela se produit en France et les bilans deviennent également défavorables avec la prise en compte d un scénario maximum de changement d affectation des sols indirect. Le gain est réduit avec les scénarios intermédiaires. Cette position pour le territoire national est complexe eu égard aux évolutions des politiques agricoles. L exemple de la betterave est parlant avec les récents accords de l OMC qui interdiront à la France d exporter son sucre. Cela signifie que des centaines de milliers d hectares de surfaces agricoles occupés par la betterave et qui servaient à produire du sucre, seront dégagées. On peut imaginer s en servir pour produire du carburant. Nous allons devoir poursuivre ce travail sur le changement d affectation des sols. Je passe rapidement sur les points sensibles de l étude, notamment sur les aspects modélisation du N2O, modélisation du changement d affectation des sols, c est complexe, mais il faut être vigilant. La modélisation des autres impacts qui 40

42 touchent la toxicité humaine, l eutrophisation, et l'oxydation photochimique, ont été étudiés. Il apparaît clairement que la modélisation est difficile. Nous avons rencontré des difficultés sur l application fine de l allocation des impacts entre les coproduits et le biocarburant lui-même, c est extrêmement complexe. Nous avons rencontré des difficultés sur la modélisation des filières pétrolières elles-mêmes. Il est difficile de savoir comment Total produit réellement les carburants. Nous n avons pas pu faire le même travail d investigation pour les biocarburants et pour les filières pétrolières. En conclusion, un schéma montre en abscisse les économies d énergie, et en ordonnées, les économies de gaz à effet de serre hors changement d affectation des sols, trois groupes de biocarburants émergent. Les filières de recyclage apparaissent en vert. Les huiles alimentaires usagées ou les graisses animales sont très performantes. Un deuxième groupe qui comprend les filières biodiesel ou bioéthanol en incorporation directe parce qu il n y a pas de processus de transformation supplémentaire à faire, montre de réelles économies d énergie entre 60 % et 80 % et des gains à effet de serre intéressants. Une filière au bilan mitigé : l ETBE de betterave, de blé ou de maïs. Le bilan des biocarburants purs est positif par rapport aux carburants fossiles sans le volet des changements d affectation des sols, avec une grande sensibilité des bilans au changement d affectation des sols direct ou indirect. La suite de ce travail consiste en une stratégie d études et de recherches sur le thème du changement d affectation des sols en lien avec les filières biocarburants, mais pas seulement parce que le phénomène de changement d affectation des sols concerne aussi l urbanisation, l accroissement des villes qui dévorent les surfaces agricoles, je rappelle que nous avons perdu l équivalent d un département agricole en France en moins de dix ans, mais aussi les autres énergies renouvelables et les cultures extensives. Nous allons nous intéresser à ce phénomène plus généralement avec des études qui seront lancées à court terme pour obtenir des résultats dans un an, et à moyen et long termes, pour un ensemble de travaux de R&D. Je vous remercie de votre attention. (Applaudissements) 41

43 ÉCHANGES AVEC LA SALLE M. CONSTANTIN : Voilà qui va donner matière à débat. Biocarburants : objectif européen, mais dont les conditions de production sont encadrées, et complexité d étudier très finement les conséquences de la production des biocarburants. Néanmoins, nous savons, grâce à cette étude, qu ils permettent de réduire la consommation d énergie fossile dans des proportions significatives et de réduire les gaz à effet de serre. Là encore, les résultats sont bons même s ils sont contrastés en fonction des produits. Les réserves que vous avez énoncées et les questions que vous avez soulevées : que deviennent les engrais utilisés pour produire les plantes qui elles-mêmes vont dans la production des biocarburants? A priori, nous n en savons pas grand-chose. Concernant la question liée à l affectation des sols, on constate que c est un non-sens dans certains cas puisque la production des biocarburants aurait plus d effets pervers que de conséquences vertueuses. Monsieur BOUCHARDY, Vice-Président du Conseil régional d Auvergne, vous vouliez la parole pour réagir. M. BOUCHARDY : Je précise que j interviendrai là à titre personnel plus qu en tant que Vice-Président du Conseil régional. On peut être élu et avoir le droit de s exprimer en tant que citoyen. Par rapport à l intervention de M. CHABRILLAT, je voudrais vous donner un exemple concret. Je suis un peu obsédé par les dommages collatéraux. On a beaucoup de bonnes idées, mais on n imagine pas toujours ce qui en découlera. À propos des flux tendus et des zéro stocks, je citerai un exemple personnel. Je suis éditeur et je distribue des livres. Dans le temps, lorsque je faisais un livre sur l Auvergne, les trois magasins qui vendent des livres en Auvergne m appelaient pour m en demander 50 ou 100 exemplaires dans le but de les écouler sur une période de trois à quatre mois. Nous faisions un déplacement pour livrer les trois caisses de livres dans les trois magasins. Aujourd hui, la plupart des magasins ont été rachetés par des grands groupes ou en sont devenus et ont oublié qu ils étaient des coopératives au début et ils ont mutualisé les moyens. Pour en revenir aux dommages collatéraux, on nous commande les livres cinq par cinq, parfois par deux exemplaires. Je suis obligé de les livrer dans la région parisienne pour les trois magasins dont je parle, à mes frais vous imaginez aisément la perte due au coût du transport, et ces livres reviennent à Clermont-Ferrand en voiture, mais pas tous ensembles car ce ne sont pas les mêmes magasins. Ensuite, nous préférerions entendre parler d agrocarburants d une manière générale plutôt que de biocarburants. Nous pouvons féliciter l ADEME pour son travail et pour le courage qu elle a exprimé dans ses conclusions. Au début de votre 42

44 intervention, Monsieur POUET, j étais inquiet car je craignais que vous ne parliez pas des changements d affectation des sols. Honnêtement, tout le monde a bien compris, que cela signifie que l on détruit des forêts primaires pour faire des soi-disant biocarburants que personnellement j appellerai agrocarburants. Si l on considère ce changement d affectation des sols, je ne pense pas que l on puisse trouver votre scénario optimiste d autant que vous avez bien montré la difficulté d arriver à des résultats, quand vous avez étudié les modèles. Personne ne croit à des résultats optimistes, pas même vous, me semble-t-il! Bien que l on ne puisse pas le dire officiellement, il est difficile d arriver à des résultats optimistes et nous avons beaucoup de soucis à nous faire par rapport à ces préconisations. Si vous le permettez, je vous lirai les conclusions de France Nature Environnement, que je partage en tant qu individu. Nous verrons, par la suite, les implications politiques pour la Région car des choix politiques doivent être faits, mais c est collectif et nous en décidons autrement. Je précise que je parle toujours à titre personnel. La conclusion est la suivante : «La conséquence c est que l incorporation obligatoire de 10 % d agrocarburants dans les carburants conventionnels en Europe va se traduire par une déforestation accélérée des forêts brésiliennes, malaisiennes et indonésiennes, et donc par une conséquence accrue sur l émission des gaz à effet de serre. On peut craindre que cette préconisation du développement des agrocarburants aient l effet contraire de celui recherché». (Applaudissements) M. CONSTANTIN : Merci, Monsieur BOUCHARDY. Nous vous retrouvons dans quelques minutes pour vous exprimer au nom de la Région. M. POUET : Concernant le terme de biocarburant, il est officiel. C est le terme le plus neutre, il regroupe les agrocarburants obtenus à partir des cultures agricoles, les lignocarburants fabriqués à partir du bois, les rudocarburants fabriqués à partir des déchets, les oléocarburants produits à partir de l huile. On parlera à l avenir d algocarburants fabriqués à partir d algues. C est la raison pour laquelle ce terme national et international est utilisé. Pour des questions de neutralité, l ADEME utilise le terme officiel. Ensuite, concernant nos scénarios. Ils ont volontairement été tranchés pour mettre en évidence les impacts, mais le sujet est complexe. Prenons l exemple de l huile de palme : 98 % de la consommation d huile de palme dans le monde est destinée à l alimentaire et à l agroalimentaire. Les industriels de l agroalimentaire l utilisent parce qu elle est la plus économique à utiliser. Les 2 % restants sont destinés aux biocarburants. L échelle montre que l impact du biocarburant sur la consommation d huile de palme ne correspond pas à ce que l on peut entendre dire. La forte croissance de l utilisation de l huile de palme par le passé, notamment lors de la dernière crise, est consécutive à la spéculation sur les matières premières métropolitaines qui avaient augmenté. Il fallait rechercher des matières premières plus économiques. Par ailleurs, l accroissement de la population chinoise et indienne a des conséquences car ce sont de très gros consommateurs d huile de palme pour leur alimentation, et ils l importent. 43

45 Le sujet est complexe. Si nous prenons l exemple de la Malaisie qui a une qualité de vie identique à la nôtre, le même niveau de santé, on trouve de l eau potable dans tout le territoire même dans les villages les plus retirés où vous pouvez la boire au robinet. Leur niveau de scolarité est identique au nôtre. C est un pays de même niveau de richesse que le nôtre qui n a pas bâti sa richesse en faisant n importe quoi, il a fait comme nous, il a déforesté son pays, il a vendu les produits de son pays et les a exportés. On peut dire qu il déforeste, mais c est nous qui avons montré l exemple. Il est normal que ces pays veuillent atteindre le même niveau de vie que le nôtre. Ils ne possèdent pas énormément de richesses, ils ont du bois et un climat et des terres formidables sur lesquelles tout pousse très rapidement. Que ce soit le soja, la canne à sucre au Brésil ou l huile de palme, leur performance agronomique est extraordinaire. Leur production d huile de palme est très rentable et nous sommes très contents de l acheter pour l alimentaire ou pour nos automobiles. Je suis d accord avec vous pour dire qu il faut que nous restions très vigilants. Nous attendons de la Commission européenne qu elle instaure des règles, des critères de durabilité que nous pourrons nous appliquer à nous, mais il faut aussi savoir comment nous pourrons discuter avec le Brésil, la Malaisie, l Indonésie et l Inde maintenant pour que leurs pratiques soient respectables et qu ils puissent poursuivre leur développement. M. CONSTANTIN : Nous allons écouter la question de Madame. INTERVENANTE : Je suis la Présidente de la Confédération nationale du logement local c est-à-dire la Fédération départementale. Je représente ma Fédération, mais aussi celle de l Allier, son Président M. AVELIN n a pas pu se déplacer. Je me bornerai à vous dire ce que je ressens en matière de logement et de transport sur le plan local. En matière de logement, je ne m aventurerai pas sur les traces de nos talentueux architectes qui nous ont présenté des choses intéressantes qui, je l espère, vont pouvoir se concrétiser. Je parlerai de mon ressenti par rapport à la consommation énergétique du chauffage. Nous assistons périodiquement à des remises en cause de décisions établies pour durer longtemps puis qui tombent dans l oubli. Je pense aux réseaux de chaleur dans les années 60 qui avaient de nombreux défauts. L idée semble avoir été abandonnée, mais elle revient en force puisqu il nous a été présenté il y a quelques mois, un nouveau réseau de chaleur pour la promotion de la filière bois. Cela se situe dans les mêmes quartiers nord de Clermont-Ferrand. J ai des inquiétudes sur ce sujet. Je pense que nous nous dirigeons vers un échec retentissant qui perdurera de par sa mise en œuvre pendant des années. D autres que moi l observeront. Je veux bien être optimiste, mais on est parfois forcé de ne pas l être! Parlons aussi de la production énergétique par bâtiment. Dans les mêmes années, traditionnellement, tous les HLM devaient avoir une chaufferie collective par bâtiment ou pour un groupe de plusieurs bâtiments. La mode a ensuite voulu que ce soit du chauffage individuel au gaz pour chaque appartement. J habite dans un appartement doté de cet équipement et j avoue que c est très intéressant pour moi. Je ne veux pas généraliser, mais je maîtrise parfaitement ma consommation de gaz qui n est pas trop élevée. Elle est beaucoup moins élevée que certains chauffages 44

46 collectifs qui ont été mal étudiés : chauffage par le sol, chauffage mixte qui se dérègle et doit être alimenté par de la production électrique individuelle ce qui pèse très lourd dans le budget des familles. Je pensais que ces modes de chauffage collectif seraient définitivement abandonnés. Or, ils reviennent en force. C est très difficile à gérer personnellement car l on est tributaire des productions plus ou moins efficaces et l on n a aucune maîtrise personnelle de l affaire. M. CONSTANTIN : Vous posez la question de la fiabilité et de la durabilité des procédés que l on emploie : le réseau de chaleur apparaît comme la panacée puis chute, nous ne savons pas si les biocarburants vont durer, les procédés présentés aujourd hui semblent valables, mais peut-être s apercevra-t-on qu ils ne le sont pas dans quelque temps. Ce sont beaucoup d incertitudes, c est ce que nous dit Madame. Monsieur CHABRILLAT, qu est-ce que cela vous inspire? M. CHABRILLAT : Dans de telles circonstances, on adore être consensuel et dire que l on est d accord avec tout le monde. Je suis obligé d annoncer que je ne partage pas votre analyse sur les réseaux de chaleur. Il peut arriver qu une bonne idée soit mal mise en œuvre. Cela veut dire que l on a commis des erreurs, mais ne signifie pas que l idée n est pas performante. Les réseaux de chaleur restent un mode de fonctionnement de chauffage urbain mis en place dans de nombreuses régions et qui a duré. Ceux qui se sont maintenus sont notamment ceux qui avaient été mis en place à partir d énergies renouvelables. Une part importante des logements de la région parisienne est chauffée depuis des décennies par des réseaux de chaleur fonctionnant à partir de géothermie. Des réseaux de chaleur au bois sont à l étude comme dans les quartiers nord de Clermont-Ferrand. Je fais le lien avec le deuxième aspect évoqué dans votre intervention : chauffage collectif versus chauffage individuel. En appliquant un raisonnement technique, de purs calculs, un chauffage collectif correctement réparti aura un meilleur rendement notamment de la chaudière et sera économiquement plus performant. Vous avez raison de dire que cela implique l existence de moyens individuels de contrôle des compteurs individuels sont nécessaires et sont d ailleurs obligatoires du point de vue réglementaire, mais ce n est aujourd hui pas le cas partout. On est, par ailleurs, toujours tributaire des comportements des individus. Plus vous êtes responsabilisés par l installation d un compteur et par le fait que vous payez en fonction de votre consommation, plus vous faites attention. Le chauffage collectif peut très bien fonctionner, mais chacun doit être responsabilisé. Concernant les réseaux de chaleur, il y a pu y avoir des difficultés, mais ce système reste globalement considéré comme performant. Cela fait partie des moyens de développer des systèmes de fonctionnement avec des énergies renouvelables, notamment le bois, dans des conditions optimisées au niveau technique et de protection de l environnement, grâce à des chaufferies importantes qui permettent une bonne régularité des combustions et un traitement des fumées très efficaces, et de fonctionner avec un combustible qui sera vraisemblablement plus intéressant sur la durée, que le combustible fossile dont nous ne maîtrisons, ni l approvisionnement, ni le coût. 45

47 M. CONSTANTIN : Madame la Présidente, vous vouliez compléter ce qui vient d être dit. INTERVENANTE : J ai salué avec plaisir l instauration de soi-disant comptage individuel avec une nouvelle méthode de chauffage à distance gérée par un gestionnaire. Celui-ci se trouve à Boulogne-Billancourt ce qui rend difficile les échanges quand se posent des problèmes. M. CONSTANTIN : Merci Madame. N entrons pas dans des détails trop locaux car ce n est pas l enjeu de nos travaux. Mme AUROI : Les rapports et l éclairage de l ADEME sont intéressants, mais une question sociale n a pas été traitée. Aujourd hui, si les agriculteurs cherchent à faire soit du photovoltaïque parfois n importe comment, soit des agrocarburants, c est qu ils estiment avoir besoin de compléments financiers pour vivre. Leur cœur de métier est de nourrir. Il ne faudrait pas que peu à peu, on les fasse passer de nourrir les personnes à nourrir les automobiles. C est un risque. Vous avez cité le Brésil, je voudrais vous faire part d un exemple en Amérique Latine, au Paraguay. Que s y passe-t-il? On parle beaucoup de la déforestation en Amazonie, c est une chose. Du coup, les produits alimentaires diminuent au profit de l éthanol issu de la canne à sucre pour nourrir les voitures. Le Paraguay, pays voisin, possédant moins de règles sociales qu au Brésil, ce dernier y exporte un certain nombre de ses pratiques agricoles. Le nord du Paraguay, zone où vivaient encore des tribus d Indiens dans des conditions traditionnelles, a été déforesté. Ces Indiens se retrouvent au pied de silos de maïs ou de structures de canne à sucre auxquels ils ne comprennent rien, avec l eau des Arroyos empoisonnée qui fait mourir leurs enfants. On nous dit que ce qu ils font n est pas bien, mais on importe leur éthanol parce que c est écologique. Je ne suis pas d accord. Il faut, comme le disait M. BOUCHARDY, regarder l ensemble du champ et pas uniquement un seul critère. Par ailleurs, les agrocarburants émettent moins de gaz à effet de serre, certes, mais mesure-t-on les poussières émises par le diesel par exemple qui sont dangereuses pour la santé? Ce qui est vrai pour le diesel l est autant pour l agrodiesel. Ces poussières sont cancérigènes. Il faut le prendre en compte bien que ce ne soit pas le but de votre étude. Pour terminer, pourquoi je parle d agrocarburant? Je me permets de rappeler que lorsque j étais parlementaire européenne, j ai rédigé un rapport sur l agriculture bio. Nous avons fixé pays par pays le nom «bio» pour l agriculture bio. Pour la France, le terme «bio» a été retenu, pour la Grande-Bretagne, il n y a pas de souci, c est Organic farming. Les Anglais peuvent parler de biofuel, ils n ont pas de problème puisque ce n est pas le même terme que l agriculture biologique alors qu il y a incompatibilité chez nous en raison de l ambiguïté qui règne. De grâce, parlez d agrocarburants chaque fois que c est possible, d autant que tous ceux que vous avez cités, que ce soit en direct ou en indirect avec la biomasse, sont des agrocarburants et rien d autres. Cela clarifierait les discours, éviterait de mauvais 46

48 débats parce qu il y a une récupération rampante du terme «bio» pour des produits qui sont tout sauf issus de l agriculture biologique. (Applaudissements) M. CONSTANTIN : Nous poursuivons les questions. M. JAVION : Je fais partie du CESR et suis Rapporteur de la Commission économique. Merci à Monsieur CHABRILLAT pour sa présentation et notamment sa sensibilisation sur les transports et leur niveau de pollution. Dans sa présentation, il a noté à deux reprises l intérêt des recentralisations des productions et des transformations, c est-à-dire favoriser les cycles courts. C est une préconisation tout à fait pertinente pour la qualité de notre environnement, pour notre économie et par conséquent pour l emploi. L ADEME estelle autorisée à faire des préconisations ou à ouvrir des pistes pour l État et le Gouvernement? Si tel est le cas, lesquelles? Dans le cas contraire, ma question ira au représentant de l État. M. CONSTANTIN : Le représentant de l État sera présent tout à l heure. M. BONNET : Je voudrais aborder le problème éthique autour des agrocarburants pour souligner la concurrence qui s installe entre l'alimentation et l énergie quand on commence à utiliser les mêmes sources, l alimentation, pour faire de l énergie. M. CONSTANTIN : Merci d avoir validé la question. Enjeux sociaux, enjeux philosophiques, question de la terminologie, émission de particules et l ADEME estelle en mesure de faire des recommandations sur la relocalisation des productions en circuits courts? Lequel de vous deux, Messieurs, veut-il répondre à ces questions? M. CHABRILLAT : Pour répondre à la question de Monsieur JAVION, malheureusement l ADEME ne détient pas les clés de la relocalisation de la production et des cycles d approvisionnements courts. La responsabilité est notamment portée par le secteur de la distribution, sachant qu en tant que consommateurs prescripteurs, nous pouvons tous avoir un rôle. M. CONSTANTIN : Quelques points d'étude sur les conséquences de la culture des «agro bio carburants». M. POUET : J'ai fait un focus sur les économies d'énergie et sur les réductions de gaz à effet de serre sans parler des autres impacts qui ne faisaient pas partie du sujet traité aujourd hui mais l'étude comprend les questions d eutrophisation (de pollution de l eau) et d oxydations photochimiques qui correspond au phénomène dont vous parlez. M. CONSTANTIN : Qu est-ce que l'oxydation photochimique? M. POUET : Il s agit de la pollution de l air, due à la combustion des automobiles par exemple. Nous avons également étudié la question de la toxicité humaine. Je peux vous en parler rapidement. 47

49 Concernant le potentiel d eutrophisation, les productions de biocarburants ne sont pas meilleures que les productions agricoles alimentaires, ce sont les mêmes, nous produisons du blé de la même façon. Les impacts en termes d eutrophisation sont à des niveaux très proches de l agriculture classique et le facteur prépondérant est l utilisation des engrais azotés que ce soit pour l alimentaire ou pour les biocarburants. Les biocarburants ne font, ni mieux, ni pire que l alimentaire. Les carburants fossiles et l extraction du pétrole émettent d autres pollutions comme nous le constatons actuellement, mais nous ne retrouvons pas ce phénomène d eutrophisation car les plates-formes de forage ou les puits de pétrole ne nécessitent pas d engrais. Le potentiel d eutrophisation est donc supérieur avec les biocarburants (ça c était avant la catastrophe de BP aux USA cet été). Concernant l oxydation photochimique, c est variable d un moteur à l autre, le comportement de l essence ou du gasoil dans un moteur est très différent d une gamme de véhicules à une autre, d une grosse à une petite voiture, d un constructeur à l autre. En réalité, c est lié à l étape de combustion du moteur, variable en fonction du moteur et du biocarburant. Pour le moment, les bilans semblent équivalents entre le biodiesel et le gasoil, le bilan est légèrement meilleur pour l éthanol par rapport à l essence, cela réduirait les émissions des véhicules mais il faut rester prudent, cela dépend des automobiles et des moteurs. rien. M. CONSTANTIN : Cela pourrait être «moins pire», mais nous n en savons Mme AUROI : Il n est pas fait mention des particules. M. POUET : C est sensiblement identique, cela n améliore pas la situation parce qu il s agit d un phénomène de combustion. Il n y a pas de miracle. Concernant la toxicité humaine qui est l indicateur le plus difficile à quantifier, vous constatez les commentaires laconiques : effet variable selon les biocarburants, apparemment meilleur pour le biodiesel et bilan dégradé pour la filière éthanol. M. CONSTANTIN : Merci d avoir répondu aussi précisément que possible. M. GRANGEON : Je suis ex Conseiller économique. Je souhaiterais revenir sur la question du transport collectif et notamment sur la réalisation du tramway de Clermont-Ferrand. On a beaucoup focalisé sur la question du transport collectif notamment sur le tramway, sur le financement tripartite entreprise usagers collectivités, mais personne ne nous a parlé du retour d investissement sur l ensemble de la structure. Pour la Ville de Clermont-Ferrand, favoriser le transport en commun permet de réaliser des économies de voirie puisqu un moins grand nombre de véhicule roulera, ce sont des économies d échelle importantes. Ensuite, cela va dans le sens de l habitat souhaité dans le cadre des économies, c est-à-dire la densification qui s accompagne de l augmentation des recettes fiscales notamment de la taxe d habitation. Le troisième retour sur investissement qui n est pas le moindre tient au fait que le tramway consomme de l électricité et que l entreprise EDF reverse des taxes municipales et des taxes générales. Ce sont des retours d investissement important au bénéfice du budget de fonctionnement de la Ville de Clermont-Ferrand qui ne sont pas répercutés sur le transport. 48

50 Quand on parle de déficit, je pense que c est aléatoire et qu il faut remettre l ensemble de ces éléments en perspective. Nous voyons qu il existe un lien entre habitat et transport, et qu il faut répercuter l ensemble des coûts dans sa globalité. Voilà l objet de ma question. M. CONSTANTIN : Monsieur CHABRILLAT nous dira si une analyse aussi fine a été menée. INTERVENANTE : Je représente la Fédération Alinature, la FRANE en l occurrence. Je voudrais rebondir sur les impacts sur la santé dont il a été question plus tôt. Je trouve que nous nous focalisons sur la rentabilité et pas suffisamment sur les impacts sur la santé. Je le vis depuis vingt ans et je suis les travaux du Professeur BELPOMME. Tout ce que l on nous dit sur les agrocarburants et sur les énergies fossiles est ravageur. L espérance de vie est en train de stagner. Il va falloir penser d une autre façon globale, non plus par rapport à la rentabilité, et rebêcher son jardin. Je vous remercie. M. CONSTANTIN : Si l'espérance de vie venait à stagner, ce serait peut-être un début de réponse pour le problème des retraites! Voilà un nouveau dossier pour Monsieur le Président! Nous allons répondre sur les bénéfices collatéraux des transports en commun et du tramway en particulier. M. CHABRILLAT : Vous comprenez que l'ademe s'exprime ici en tant qu établissement public de l État qui est censé apporter une certaine expertise dans le domaine de l énergie et non pas pour parler des finances locales globalement ni de celles de Clermont-Ferrand. Je ne dirai rien sur l intérêt ou non, pour Clermont- Ferrand de faire un tramway vu sous l angle que vous évoquez. J ajouterai simplement qu il est généralement considéré qu à la fois d un point de vue environnemental, social et économique, les transports en commun sont plutôt une bonne idée pour les grandes collectivités. Concernant les nuisances liées à la fabrication et à la consommation de carburants mais également à d autres activités humaines, je ne pourrai que rappeler qu en matière énergétique il faut commencer par être sobre, puis continuer par être efficace dans ce dont nous ne voulons pas nous passer. Brûler un carburant quel qu il soit entraîne des impacts. La première des priorités consiste à en brûler le moins possible. M. CONSTANTIN : Monsieur BAGEL. M. BAGEL : Je souhaitais répondre à Monsieur JAVION que c est l Union professionnelle artisanale qui peut plaider la cause de ce que nous avons évoqué. La représentation des 1,2 million d entreprises commerciales et artisanales et les 5 à 6 millions d employés, avait présenté il y a deux ans à l État, son projet de société qui faisait le choix de l économie de proximité. Nous sommes force de proposition avec dossiers, interventions. Nous sommes écoutés, peut-être pas toujours compris parce qu il y a beaucoup de lobbying mais nous sommes pugnaces. Pour nous autres, les 49

51 entreprises à dimension humaine, nous recherchons simplement un développement durable de l'humain dans son épanouissement. M. CONSTANTIN : Avez-vous d autres questions, remarques, témoignages? M. BONNET : Excusez-moi, il n a pas été répondu à ma question sur la concurrence en termes de valeur de l alimentaire et de l énergie. M. CONSTANTIN : Quand j élude une question c est pour éviter d y réponde car je crains que la réponse soit très longue sauf si ces messieurs peuvent y répondre rapidement. (Arrivée de M. le Préfet STEFANINI, à 12 h 30.) M. PIEUCHOT (OPHIS) : Nous avons été interpellés à plusieurs reprises en tant que bailleurs sociaux. Je voudrais vous donner notre vision de ces sujets en particulier sur le logement. Je salue l intervention de Monsieur LUTZ qui nous a montré une très belle réalisation. Des questions qui ont suivi n ont pas obtenu de réponses. Aujourd hui la préoccupation des bailleurs sociaux n est pas tant de réaliser de beaux logements et des opérations performantes. Notre problème est un problème de masse, principalement sur le stock. Je voudrais apporter des éléments de réflexion au CESR. De nouvelles réalisations vont montrer que nous savons faire, ce n est plus un problème technique que d améliorer la performance. Comment réussirons-nous à traiter la globalité du problème et à sortir quelques opérations à des niveaux de performances très élevées? Il faudra augmenter la qualité de nos réalisations, j ai entendu avec beaucoup d intérêt la Fédération du Bâtiment s exprimer sur ce sujet. Je suis inquiet car nous allons procéder aux mesures réelles de la performance et je ne suis pas certain que nous arriverons aux objectifs que nous nous sommes fixés. Comment allons-nous réussir à donner des moyens pour traiter des problèmes de masse? Comment les filières professionnelles vont-elles réussir à atteindre un résultat quantifié et mesuré? M. CONSTANTIN : Il nous reste très peu de temps pour répondre aux questions posées avant l intervention du Vice-Président du Conseil régional d Auvergne et celle du Préfet de la Région Auvergne. M. CHABRILLAT : Concernant la question de la capacité des professionnels à faire, la question leur revient. La FNE et la CAPEB ont dit qu ils étaient mobilisés. Il y a une réelle mobilisation et une volonté, nous nous jugerons tous les uns les autres au fait. Sur la question de la massification, j imagine que nous parlons d argent et de moyens. Comment mettre sur la table les moyens financiers pour assurer la réhabilitation énergétique massive du parc social? Certains sont plus compétents que moi pour répondre à cette question. Des outils ont été mis en place spécifiquement pour les bailleurs sociaux à travers des prêts de la Caisse des Dépôts, un outil a été mis en place par le Gouvernement pour les particuliers depuis 50

52 l année passée (l éco-prêt à taux zéro), il ne concerne pas le logement social. Cela ne suffit peut-être pas. Une réflexion est en cours sur les modalités d intervention du FEDER dans le cadre des révisions à mi-parcours pour, au-delà de l appel à projet, intervenir plus systématiquement sur la réhabilitation du logement social. Nous ne sommes pas au bout du déploiement de la boîte à outils sur le sujet mais tout le monde est mobilisé. M. CONSTANTIN : Merci Messieurs, la parole est à Monsieur BOUCHARDY. Vous disiez être éditeur, vous êtes aussi réalisateur de documentaires et naturaliste. Vous êtes Vice-Président du Conseil régional d Auvergne en charge de l environnement, une délégation qui couvre les parcs naturels régionaux, les espaces protégés, l eau et l énergie. Quelle stratégie pour le Conseil régional d Auvergne en matière d énergie? Quelles priorités? Quelles mesures et quels soutiens? Vous allez nous le dire, Monsieur BOUCHARDY. INTERVENTION DE M. CHRISTIAN BOUCHARDY, VICE-PRÉSIDENT, REPRÉSENTANT LE PRÉSIDENT DU CONSEIL REGIONAL M. BOUCHARDY : Monsieur le Président du CESR, Messieurs les élus, Monsieur le Préfet, je vais rapidement évoquer le rôle du Conseil régional et son implication en matière d énergie puis je vous ferai part d un sentiment personnel par rapport à notre matinée de travail. Depuis 2004, le Conseil régional est engagé dans une politique énergétique avec une logique de partenariat. Cette politique s est amplifiée au cours du temps et nous espérons que cela continue dans les années à venir. Le Plan Energie Climat régional adopté à l unanimité par l Assemblée régionale les 16 et 17 novembre 2009 a été l occasion de réintérroger cette politique et de mettre en cohérence l ensemble des actions régionales en matière d énergie et de climat. Le Plan Energie Climat poursuit donc trois grands objectifs : - contribuer à l effort mondial de lutte contre le changement climatique, - préparer le territoire aux impacts du changement climatique, - réduire la vulnérabilité du territoire vis-à-vis de sa dépendance aux énergies fossiles. Pour ce faire, un plan d action a été adopté qui poursuit et amplifie celui qui avait été adopté dans le cadre de l Agenda 21 de novembre Ce plan d actions est organisé autour de cinq thèmes : les bâtiments résidentiels et tertiaires, l urbanisme et les transports, les activités économiques, la production d énergie, et la sensibilisation et les actions transversales. 51

53 Le Plan Energie Climat concerne l ensemble des services de la Région. Les actions plus particulièrement menées au niveau du service sont organisées autour de trois grands axes, c est là l implication importante de la Région. 1 er axe : les économies d énergie par le biais de la sensibilisation du grand public, par les critères d éco-conditionnalité qui s appliquent maintenant à l ensemble des programmes et des aides régionaux, par le soutien aux constructions exemplaires, et par l exemplarité sur notre propre patrimoine, en priorité sur les lycées. 2 ème axe : le soutien aux énergies renouvelables. Les deux principaux sont le bois et le solaire thermique. Avec un complément pour les énergies renouvelables émergentes parmi lesquelles la géothermie ou la méthanisation mais nous en sommes plus au stade de la recherche qu à celui des applications pratiques. 3 ème axe : l accompagnement des territoires dans leur démarche prospective sur les questions énergétiques. Afin de permettre une déclinaison territoriale de ses objectifs, la Région a mis en place un programme de soutien aux démarches territoriales, Plans Climat territoriaux, études et dans certains cas, recrutements de postes dédiés, travail sur les éco-quartiers, etc. Ce sont les implications de la Région, mais celles-ci peuvent évoluer en fonction des choix et des opportunités qui vont se présenter à nous dans les prochaines années, en fonction aussi des programmes nationaux dans lesquels nous nous impliquons tels le programme de réduction des phytosanitaires à 50 % depuis 2008 et d autres dans lesquels nous serons partenaires. Par rapport à la matinée que nous venons de vivre, ce que j ai ressenti dans toutes les interventions et que je retiens, c est qu il n y a rien de simple. Il n y a pas de règles faciles à appliquer. Je retiendrai les mots : réflexion, modestie, recherche. M. LUTZ a très souvent employé les termes «anticiper» et «essayer» au cours de ses interventions parce qu il n y a rien de simple. J ai apprécié quand il a expliqué qu au début, leur bâtiment, tel qu ils l avaient conçu, avait un énorme problème de surchauffe et qu ils ont modifié leur projet par la suite. Au lieu d avoir des idées préconçues et de les faire appliquer de force, ils ont réfléchi, imaginé les dommages collatéraux que cela entraînait. C est l honneur du politique : anticiper sur l avenir et imaginer les dommages collatéraux des mesures préconisées. Cela doit se retrouver à tous les niveaux de la réflexion et de la gestion du territoire : quels sont les risques liés aux conséquences de nos décisions? La construction de 600 nouvelles micro centrales dans des nouvelles petites vallées du Massif Central nous permettraient de produire moins de 1 % d électricité supplémentaire. Cela vaut-il la peine? Ne vaut-il pas mieux éteindre les lumières autour de nous? On peut facilement gagner le 1 % de consommation par l économie. Pour conclure, je reprendrai la phrase de M. CHABRILLAT qui disait : «La sobriété c est de ne pas utiliser ce dont je n ai pas besoin.» Nous devons tous partager cette philosophie générale. 52

54 Enfin, pour répondre à la question «Économie d énergie : mythes et/ou réalités», il faut tout faire pour que ce ne soit pas un mythe mais une réalité, car la plus performante des sources d énergie est celle que nous n aurons pas consommée. Je vous remercie. (Applaudissements) M. CONSTANTIN : Merci, Monsieur BOUCHARDY. Je vous confirme que le Plan Climat Energie est largement présenté dans le rapport. Nous avons bien compris qu il prenait en compte les sujets évoqués ce matin de manière transversale avec les mesures pour les économies d énergie dans les bâtiments sur lesquels la Région a une emprise, une incitation au développement du photovoltaïque et de la filière bois et les aides aux territoires impliquées dans ces démarches. Nous avons noté la complexité des enjeux ainsi que l invitation à la prudence avec la prise en compte des dommages collatéraux. Vous avez mentionné la nécessaire réflexion de fond avant d agir et votre invitation à la sobriété. Nous allons refermer cette matinée de travail très dense avec M. STEFANINI, Préfet de la région Auvergne et du Puy-de-Dôme. Il est chargé, à ce titre, de mettre en œuvre la politique du Gouvernement. Il dirige les services de l État et notamment une nouvelle structure nommée la DREAL qui est la fusion de la DRE, la DRIRE et la DIREN. C est la représentation du Ministère de l Écologie, de l Energie, du Développement durable et de la Mer, il s agit du Ministère de Monsieur BORLOO. Sur l action de l État en matière de politique de l énergie, Monsieur le Préfet, et sur ses interventions pour réduire la consommation d énergie et développer les filières économiques dans ce domaine, nous vous écoutons. 53

55 CLÔTURE DU COLLOQUE PAR M. PATRICK STÉFANINI, PRÉFET DE LA RÉGION AUVERGNE M. STÉFANINI : Monsieur le Président du Conseil économique et social régional, Monsieur le Vice-Président du Conseil régional, Mesdames et Messieurs les Présidents, Mesdames, Messieurs, je voudrais tout d abord, Monsieur le Président du Conseil économique et social régional, vous remerciez pour votre invitation et vous dire que j ai regretté de ne pas pouvoir assister à l ensemble de cette matinée de travail, mais mes collaborateurs Monsieur CHABRILLAT, le Directeur régional de l ADEME, Monsieur VANLAER qui préside aux destinées de la nouvelle Direction que vient de citer M. CONSTANTIN, ont pu le faire et je suis certain qu ils m en feront un compte rendu détaillé. Je voudrais d abord, Monsieur le Président, vous dire bravo pour les travaux conduits par votre Assemblée. J ai pris connaissance, avec beaucoup d intérêt, de votre rapport ainsi que des onze fiches par lesquelles vous avez formulé des propositions très précises. Je n hésite pas à dire que ces deux documents constitueront dans les prochains mois, des documents de référence pour l État en tout cas, et très certainement pour ses partenaires avec lesquels nous aurons à travailler dans les semaines qui viennent. Je pense en particulier au Conseil régional. Il est vrai que les questions énergétiques sont partout dans l actualité. Bien sûr, il y a le drame des difficultés de la plate-forme pétrolière BP au large des côtes des États-Unis, mais il suffit d ouvrir les journaux, d écouter la radio, tous les jours, les questions énergétiques s invitent. On nous parle du nucléaire et des problèmes de déchets, on nous parle des éoliennes et de la pollution paysagère. Nous n échapperons pas à la problématique de l énergie. Cette problématique est complexe. Nous avons vu, avec le semi-échec du Sommet de Copenhague, que la nécessité de réduire les émissions de gaz à effet de serre pour contenir le réchauffement de la planète, fait assez largement consensus - pas totalement - dans la société française, mais elle ne fait pas complètement consensus à l échelle planétaire. Nous savons également que la forte croissance des pays émergents qui peuvent être fortement consommateurs d énergies fossiles, va probablement provoquer un renchérissement du coût de ces énergies dans les prochaines années. Ce renchérissement n est pas nécessairement une mauvaise chose, il peut au contraire contribuer à modifier les comportements des acteurs économiques nous sommes aussi sur un marché au sens économique du terme, mais il faudra veiller à ce que ce renchérissement du coût des énergies fossiles n ait pas de conséquences par trop négatives pour ceux de nos concitoyens qui sont les plus modestes. 54

56 C est donc sans surprise, Mesdames, Messieurs, que le Grenelle de l environnement a mis les questions énergétiques au cœur de la problématique. Vous savez que l Assemblée nationale a adopté hier le projet de loi portant engagement national pour l environnement appelé «Grenelle 2». Le Grenelle 1 avait déjà été une rupture considérable, le Grenelle 2 ouvre des perspectives encore plus prometteuses. Je me réjouis particulièrement de ce que le Conseil économique et social ait anticipé sur les initiatives gouvernementales en organisant depuis plusieurs semaines maintenant, les réflexions qui trouvent aujourd hui dans cette enceinte plénière, leur couronnement. Je voudrais évoquer trois sujets en commençant par les économies d'énergie. Comme l'a dit le Président BOUCHARDY, finalement la meilleure énergie renouvelable est celle que l'on ne consomme pas. Je voudrais braquer le projecteur sur quelques-uns des efforts les plus significatifs qui ont été faits au cours des derniers mois dans ce domaine. Je voudrais rappeler que l État, dans le cadre du Plan de relance, n est pas resté au bord du chemin et qu il a, lui aussi, pris un certain nombre d initiatives pour améliorer l efficacité énergétique de ses bâtiments. Plus fondamentalement je rappelle que l État a mis en place, avec le concours de la Caisse des Dépôts et Consignations, un prêt à taux préférentiel pour la rénovation thermique du logement social. Je voudrais souligner, parce qu on ne le dit pas assez, que l Auvergne a été à la pointe des Régions françaises dans la mise en œuvre de ce dispositif. Nous avons consommé 5 % des prêts de la Caisse des Dépôts et Consignations pour la rénovation thermique du logement social en Je voudrais rappeler à votre Assemblée que, traditionnellement, l Auvergne pèse 1,3 % ou 1,4 % de l économie nationale aussi bien en termes de démographie qu en termes de PNB. En consommant 5 % des prêts de la Caisse des Dépôts et Consignations pour la rénovation thermique du logement social, nous avons fait tous les acteurs de l économie en Auvergne ont fait un effort considérable dans la bonne direction. Je rappelle que le Secrétaire d État au Logement, Monsieur APPARU qui est venu au mois de novembre à Clermont-Ferrand, a annoncé une forme de reconversion de la politique de l État s agissant du logement, avec une priorité nettement affirmée, dans des zones moins tendues en termes de logement social comme c est le cas de l Auvergne, en direction de la réhabilitation du parc ancien et notamment de la réhabilitation des logements les plus modestes. Je suis allé, il y a quelques semaines à Issoire, signer avec le Président du Pays Issoire Val d Allier, Monsieur BACQUET, et huit Présidents de Communautés de Communes, une convention exemplaire qui mobilisera les efforts financiers de l État, en particulier d un de ses établissements publics qu est l ANAH, et les efforts des collectivités locales pour réhabiliter, sur le plan thermique, un nombre très important de logements : 700 logements pour le bassin d Issoire. Je vous laisse deviner ce que nous pourrions faire à l échelle du Puy-de-Dôme et à celle de l Auvergne si nous imitions l exemple de ce qui a été fait à Issoire. Il nous faut également réfléchir à l emploi des matériaux. Vous l avez fait ce matin, je rappelle que j ai installé il y a une quinzaine de jours, un observatoire régional des matériaux pour réfléchir à la problématique des matériaux en Auvergne et singulièrement dans le département du Puy-de-Dôme. 55

57 J insiste sur une autre dimension des économies d énergie, tout ce qui a trait à l étalement urbain car, qu on le veuille ou non, c est un facteur d accélération de la consommation d énergie. Il est vrai que l on n a pas fait suffisamment attention à cette dimension pendant un certain temps, on a laissé l urbanisme se développer, non pas de manière anarchique, mais de manière excessivement libre, et ce faisant, on s est dirigé vers une forme d urbanisme, vers des formes d organisation des transports entre le domicile et le lieu de travail qui sont fortement consommatrices d énergie, sans doute excessivement consommatrices d énergie. Je lance un appel aux élus. Je sais par exemple que l agglomération de Clermont-Ferrand vient d adopter son SCOT, je l ai reçu hier en Préfecture. Nous allons avec les services de la Direction départementale des territoires et les services de la DREAL, l étudier avec soin. L Etat sera attentif à la question de savoir si les projections d urbanisme faites par ce grand document d urbanisme qui couvrira une large partie de l agglomération de Clermont-Ferrand, sont soucieuses de ne pas consommer excessivement d espaces naturels, en particulier agricoles. Il y a là en termes d économies d énergie, un enjeu important. Je ne doute pas que les élus auront eu à cœur dans ce document de le prendre en compte mais nous le vérifierons en bonne intelligence avec eux. La deuxième priorité pour l État, au-delà des économies d énergie, porte sur ce qui a trait au développement des énergies renouvelables. Là encore je voudrais souligner les bons résultats obtenus par l Auvergne. Je citerai l exemple le plus récent : la Commission de régulation de l énergie organise périodiquement des appels à projet. L un de ces appels a été organisé dans le courant de l année 2009 et portait sur la biomasse. Sur 32 projets retenus au niveau national, quatre projets l ont été en Auvergne. Une simple règle de trois nous montrer que l Auvergne a été plus performante que son poids traditionnel dans l économie ou la démographie nationale, je me réjouis de ce dynamisme. Évidemment, ce dynamisme ne va sans susciter parfois des questionnements ou des remous. Je n ai pas entendu le Président BOUCHARDY parler de l éolien dans l énumération qu il a faite des énergies nouvelles. Il va pourtant falloir que nous en parlions, Monsieur le Président. D abord parce que la loi qui a été votée hier par l Assemblée nationale et ne doit plus franchir que la Commission mixte paritaire, prévoit l élaboration de schémas régionaux de l éolien. Il faudra que nous y travaillions ensemble. C est un sujet compliqué. Je suis «bombardé» à la Préfecture, de lettres de protestation. Je les lis avec intérêt, certaines émanent de personnalités considérables. À chaque fois, je me tourne vers mes services pour qu ils me fassent le point sur ces protestations. La réponse est invariable : nous ne sommes saisis d aucun dossier. Certaines formes d énergie renouvelable suscitent des fantasmes ou des craintes exacerbées. Je voudrais dire les choses très simplement, que ce soit sur les questions de l éolien ou sur celles du photovoltaïque. J ai la conviction que l Auvergne est une terre d équilibre. Je suis dans ce département et dans cette région depuis un an, mais ma conviction est ancrée, l Auvergne est une terre d équilibre. Nous veillerons à instruire les demandes dont nous sommes saisis dans cet esprit d équilibre. 56

58 Je ne suis pas certain qu il faille diaboliser telle ou telle filière pour mieux concentrer telle ou telle autre. Ma conviction est qu il n y a pas de bonne filière en soi ou de mauvaise, il n y a que de bons ou de mauvais projets. Nous les étudierons au cas par cas tout en nous concertant bien évidemment avec les instances du Conseil régional pour élaborer les schémas d ensemble dont nous avons besoin. Pour revenir un instant sur l éolien, je rappelle que le projet de loi tel qu il a été adopté hier à l Assemblée nationale prévoit plusieurs dispositions pour encadrer l éolien : un seuil minimal de cinq mâts, une distance minimale de 500 mètres par rapport aux zones d habitation, une procédure qui sera celle des installations classées pour la protection de l environnement et l élaboration de schémas régionaux. Je voudrais insister sur la dimension économique de tous ces projets. Nous avons tous en tête la nécessité de mieux protéger l environnement, de réduire la consommation de matières fossiles. Je parle devant une Assemblée qui a été réunie à l initiative du Conseil économique et social régional, nous devons toutes et tous être conscients que ces nouvelles techniques, ces nouvelles technologies, peuvent être créatrices d emplois, créatrices de percées technologiques, créatrices d activités dans des secteurs je pense notamment à la filière bois dans lesquels l Auvergne a à l évidence, un avantage comparatif par rapport à d autres régions. Je voudrais Mesdames, Messieurs, Monsieur le Président, conclure mon propos en vous donnant une assurance : l État est particulièrement mobilisé sur le sujet que vous avez placé au centre de votre réunion. S il l est, il n entend pas pour autant agir seul. J ai entendu le Président BOUCHARDY souligner après d autres orateurs, la complexité de ces sujets. C est vrai qu il faut prendre le temps de la réflexion, qu il faudra veiller systématiquement à distinguer les bons projets des mauvais. Il faudra aussi décider si je peux me permettre, Monsieur le Président, nous le ferons dans un esprit de partenariat. Je vous remercie. (Applaudissements) M. CONSTANTIN : Merci, Monsieur le Préfet STÉFANINI, merci Monsieur BOUCHARDY, Monsieur Le Président, merci à vous tous. Les travaux en cours du CESR : services à la personne et culture, le rapport sur le site du Conseil économique et social régional d Auvergne. Le prochain rendez-vous avec le CESR se fera à l occasion du Sommet de l élevage pour la présentation d un travail sur les nécessaires évolutions du métier d agriculteur. C est un plaisir d être avec vous une nouvelle fois, au revoir. (Applaudissements) Le Colloque CESR du 12 mai 2010 «Economie d énergies : mythes et/ou réalités» est levé à 13 h

59 28/04/2010 Limitation des consommations énergétiques et des émissions polluantes Exemple Green Offices 1 er bâtiment administratif Minergie-P-Eco de Suisse Auvergne, 12 mai 2010 lutz architecte preuve du réchauffement climatique Introduction Typiquement ? 1

60 28/04/2010 changements projetés en Europe hiver (dec fev) été (juillet - aout) Introduction res (C ) températur ios (%) précipitati source: exposé M.Meier ( Focus Events AG); OcCC les effets Introduction p.ex: Inondation au Nord du Brésil, Mai 2009 Aujourd hui : chute de glacier de Saas Fee (VS), m3, 15 Septembre m3, 21 Septembre 2009 source: Reuters / 2

61 28/04/2010 nos réserves la disponibilité des énergies fossiles est limitée Introduction Maximum 2015 à 2030 extraction Mia. t / année demande croissante source: exposé M.Meier ( Focus Events AG); P.Kehre r Das Erdöl im 21.Jahrhudert Mangel oder Überfluss?, Bundesastalt für Geowisseschaften und Rohstoffe, Han nover nos ressources le soleil: source d énergie qui couvre x nos besoins annuels Introduction Consommation annuelle d énergie dans le monde Rayonnement solaire annuel Réserves des énergies fossiles uranium gaz pétrole charbon sources : BMWi / solarintegration.de/ sunbeam Gmb bh 3

62 28/04/2010 consommation énergétique en fonction de l utilisation Introduction sources: dena / Energiedaten BMWI 3 étages 9 entreprises 57 pl. de travail 450 m 3 bois 2 prix 4

63 28/04/2010 Critères de planification vue globale TECHNIQUE ENVELOPPE ENTRETIEN MATERIAUX LIEU FORME VOLUME Critères de planification vue globale TECHNIQUE ENVELOPPE ENTRETIEN MATERIAUX LIEU FORME VOLUME 5

64 28/04/2010 Forme Volume Surface extérieure Influence des volumes avec la même surface au sol Lieu Surface au sol: 20m 2 Forme Volume Matériaux Enveloppe Technique Entretien Surface ext.: 40m 2 Surface ext.: 65m 2 Surface ext.: 80m % + 100% source: au fil du bois/ 2008 Critères de planification vue globale TECHNIQUE ENVELOPPE ENTRETIEN MATERIAUX LIEU FORME VOLUME 6

65 28/04/2010 Impact environnemental des isolations Pour 1m 2 de façade, valeur U: 0.11 W/m 2 K, durée de vie: 30ans PRG: Potentiel de réchauffement global en kgco 2 -Eq/m 2 Lieu EP-nr: Energie primaire non-renouvelable en kwh/m 2 Forme Volume Matériaux choix Enveloppe Technique Entretien Source: dena-energies, 2010 Impact environnemental des revêtements façade Pour 1m 2, durée de vie: 30ans y.c entretien si nécessaire PRG: Potentiel de réchauffement global en kgco 2 -Eq/m 2 Lieu EP-nr: Energie primaire non-renouvelable en kwh/m 2 Forme Volume Matériaux choix Enveloppe Technique Entretien Source: dena-energies,

66 28/04/2010 Lieu Forme Volume Matériaux provenance Enveloppe Technique Entretien Lieu Forme Volume Matériaux production Enveloppe Technique Entretien 8

67 28/04/2010 Lieu Forme Volume Matériaux innovation Enveloppe Technique Entretien Critères de planification vue globale TECHNIQUE ENVELOPPE ENTRETIEN MATERIAUX LIEU FORME VOLUME 9

68 28/04/2010 Construction Avec éléments bois préfabriqués Lieu Forme Volume Matériaux Enveloppe Construction Ouverte àl la diffusioni Valeurs-U Toit: 0.10 W/m 2 K Façade: 0.11 W/m 2 K Fenêtres: 0.5 W/m 2 K Plancher: 0.10 W/m 2 K Technique Entretien Lieu Forme Volume Matériaux Enveloppe Lumière de jour Technique Entretien 10

69 28/04/2010 Critères de planification vue globale TECHNIQUE ENVELOPPE ENTRETIEN MATERIAUX LIEU FORME VOLUME Lieu Forme Volume Matériaux Enveloppe Technique Préfabrication Entretien 11

70 28/04/2010 Lieu Forme Volume Matériaux Enveloppe Technique Préfabrication Entretien Lieu Forme Volume Matériaux Enveloppe Technique Système chauffage Entretien 12

71 28/04/2010 Lieu Forme Volume Matériaux Enveloppe Technique Système chauffage Entretien Impact environnemental des systèmes de chauffage Durée de vie de l installation: 20 ans Lieu Forme Volume Matériaux Enveloppe Technique Système chauffage Entretien PRG: Potentiel de réchauffement global en kgco 2 -Eq/m 3 EP-nr: Energie primaire non-renouvelable en kwh/m 3 Source: dena-energies,

72 28/04/2010 Besoin énergétique annuel pour chauffage Lieu Forme Volume Matériaux Enveloppe Technique Besoin énergétique Entretien Source: Impact environnemental éléctricité Lieu Forme Volume Matériaux Enveloppe Technique éléctricité Entretien PRG: Potentiel de réchauffement global en kgco 2 -Eq/kWh EP-nr: Energie primaire non-renouvelable en kwh Sources: KBOB / eco-bau / IPB 2009/1 14

73 28/04/2010 Lieu Forme Volume Matériaux Enveloppe Technique Ventilation Entretien Critères de planification vue globale TECHNIQUE ENVELOPPE ENTRETIEN MATERIAUX LIEU FORME VOLUME 15

74 28/04/2010 Lieu Forme Volume Matériaux Enveloppe Technique Entretien p.ex façades Buts atteints du développement durable SOCIAL Aspect social ECONOMIQUE ECOLOGIQUE Aspect écologique Aspect économique 16

75 28/04/

76 28/04/2010 Buts atteints du développement durable SOCIAL Aspect social ECONOMIQUE ECOLOGIQUE Aspect écologique Aspect économique coûts d investissement du green-offices Volume SIA 5291 m3 SOCIAL ECONOMIQUE Surface de référence énergétique 1411 m2 ECOLOGIQUE coûts CFC 2 3'093'266 CHF 1'909'423 ttc coûts CFC 2 2'858'178 CHF 1'764'307 ht prix / m3 540 CHF 333 ht prix / m2 2'026 CHF 1'250 ht (prix 2006) 18

77 28/04/2010 coûts d investissement du green-offices Volume SIA 5291 m3 SOCIAL ECONOMIQUE Surface de référence énergétique 1411 m2 ECOLOGIQUE coûts CFC 2 3'093'266 CHF 1'909'423 ttc coûts CFC 2 2'858'178 CHF 1'764'307 ht prix / m3 540 CHF 333 ht prix / m2 2'026 CHF 1'250 ht (prix 2006) coûts d investissement du green-offices Volume SIA 5291 m3 SOCIAL ECONOMIQUE Surface de référence énergétique 1411 m2 ECOLOGIQUE coûts CFC 2 3'093'266 CHF 1'909'423 ttc coûts CFC 2 2'858'178 CHF 1'764'307 ht prix / m3 540 CHF 333 ht prix / m2 2'026 CHF 1'250 ht (prix 2006) 19

78 28/04/2010 coûts d investissement du green-offices Volume SIA 5291 m3 SOCIAL ECONOMIQUE Surface de référence énergétique 1411 m2 ECOLOGIQUE coûts CFC 2 3'093'266 CHF 1'909'423 ttc coûts CFC 2 2'858'178 CHF 1'764'307 ht prix / m3 540 CHF 333 ht prix / m2 2'026 CHF 1'250 ht (prix 2006) coûts de chauffage SIA 380/ = F: RT 2005 MINERGIE-P MINERGIE-P-ECO green-offices SOCIAL ECONOMIQUE kwh/an kwh/an kwh/an ECOLOGIQUE 22.6t / granulé de bois 7.0t / granulé de bois 2.0t / granulé de bois à / t à / t à / t / an / an / an 20

79 28/04/2010 coûts de chauffage sur 10 ans SIA 380/ = F: RT 2005 MINERGIE-P MINERGIE-P-ECO green-offices SOCIAL prix constant prix constant prix constant /t /t /t ECONOMIQUE ECOLOGIQUE prix double Ø /t prix double Ø /t différence : capitalisation : 10 ans à 3.8% = Buts atteints du développement durable SOCIAL Aspect social ECONOMIQUE ECOLOGIQUE Aspect écologique Aspect économique 21

80 28/04/2010 Protection/Gestion des ressources SOCIAL ECONOMIQUE ECOLOGIQUE Les 450 m3 de bois utilisés pour la construction du green-offices ont poussé en 25 minutes dans nos forêts suisses. Réduction des impacts environnementaux SOCIAL SIA 380/ MINERGIE-P MINERGIE-P-ECO green-offices ECONOMIQUE ECOLOGIQUE matériaux standards béton isolation polystyrène peinture acrylique matériaux standards béton isolation verre cellulaire peinture acrylique matériaux éco structure bois isolation naturelle crépi argile 22

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