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1 TABLE DES MATIÈRES Maison de retraite d Ajain : un professeur d anglais Maison de retraite d Ajain : Je suis là depuis 38 ans... 4 Maison de retraite d Ajain : Une dame élégante... 5 Maison de retraite d Ajain : Une dame un peu triste... 9 Maison de retraite d Ajain : Le journalier célibataire Maison de retraite d Ajain : L institutrice sérieuse Une fermière du sud Émilie, la centenaire Six retraités racontent Neuf retraités se racontent à Bussière Dunoise Un couple : de Felletin à Guéret Murielle de Guéret Environs de la Celle Dunoise : un couple Environs de la Celle Dunoise : une sœur et son frère Sud de Guéret : un homme Vallières : une photographe Vallières : un danseur Environs de la Celle Dunoise : une femme Mots recueillis en Creuse

2 Maison de retraite d Ajain : un professeur d anglais. Ici la nourriture est bonne, les aides soignantes sont gentilles, il n y a pas de bruit. Je suis presque né en Creuse, à côté de Montaigu en Combraille, dans le coin du Puy De Dôme, pas loin de l Allier. Ce sont mes origines. J y ai vécu toute mon enfance. J étais professeur, alors après le cycle habituel du secondaire je suis allé à la fac de Clermont, ensuite Paris, j ai passé l agrégation en Je suis un petit peu universitaire, mon père était prof de math, et moi je suis prof d anglais. C est un peu ardu, il y a beaucoup de choses à apprendre tout de même. Après la fac j ai commencé à Melun dans la Seine et Marne, je m y plaisais assez, après je suis descendu à Bourges parce que mes parents qui prenaient de l âge étaient dans la région de Montaigu, après j ai connu Nevers, et finalement j ai fini ma carrière ici. J étais toujours professeur du secondaire, mais je finissais ma carrière à Guéret. C était un choix parce que c est ma région d origine, et je me sentais naturellement attiré par les paysages de la Combraille, qui est la région qui s étend de Évaux en direction de Bellac, jusqu à Montluçon. Je me suis senti toujours attaché à la Creuse. J ai fait toutes mes études secondaires à Moulins où mon père était professeur de math, Moulins c est calme, un peu trop calme. Je suis revenu en Creuse, en je suis de 1926 Mon grand-père était agriculteur. J ai connu l agriculture tout jeune. Une petite ferme. À les Vallières. Une ferme creusoise typique, 4 ou 5 vaches, un petit cheval, des chèvres. Une maison solide, cinq pièces, en pierre. Il y avait une source près de la maison alors on avait l eau courante. Il y avait déjà l électricité, je me rappelle je l ai vue poser en Avant il n y avait pas de lumière électrique, ils s éclairaient avec des falots, des lampes à pétrole. Il y avait ce qu on appelle ici le cantou, la grande cheminée assez haute en pierre comme en faisaient les maçons de la creuse. On avait aussi une cuisinière à bois, la cuisine se faisait partie cheminé, partie cuisine. C était un régime alimentaire très simple à base de légume, un petit peu de cochon de temps en temps. C était l alimentation typique des paysans d autrefois du 19 siècle, d avant la guerre de 14. Ils mangeaient beaucoup de porc et beaucoup de fruits. Il y avait des pommes de terre, du porc. Le dimanche les gens allaient à la messe, et après les hommes allaient au café boire le canon de rouge pour évoquer la guerre, la conversation des cafés je m en rappelle comme si c était hier, c était avant tout la guerre de 14, ils ne parlaient que de ça. Ils racontaient les horreurs qu ils avaient vécues, des fois il y avait une petite note d humour, mais le plus souvent c était le tragique. Mon oncle, le frère de ma mère, a été tué juste au début de la guerre, au mois d octobre quatorze. Pour vous monter à quel point la saignée s est étendue, dans chaque village il y a un monument, à Vallières il y a 35 noms, 35 tués, pour une population de l ordre de 300 habitants. Je me rappelle j avais un instituteur de ceux qu on appelait les hussards de la République, de ceux qu on avait formés d une manière extrêmement solide par les écoles normales. À six ans on savait lire. Mon grand-père était né en 1859, il avait connu la guerre de 1870, et mon père celle de Il n est pas resté toute la guerre dans les tranchées, ça lui a sauvé la vie. Mon grand-père est mort en 1947 à 88 ans. C était le type du vieux Creusois dur à cuire, les gens travaillaient beaucoup, mais ils travaillaient lentement et dans l ensemble ils se maintenaient en bonne santé. C était des gens solides. On en voit encore ici, des coriaces qui dépassent les 100 ans. Mon père avait des ruches, j ai continué la tradition, j ai des abeilles depuis 70 ans. La Creuse c est la ruralité. Et puis les Creusois passent pour des gens fermés, pas très sociaux, et ça peut se repérer dans toute la région qui s étend du plateau de mille vaches jusqu à la Corrèze. Mais ce sont des gens qui ont toujours brillé par leur patriotisme et par leur ardeur au travail

3 J aime Marcillac en Combraille. Avec des souvenirs d autrefois, les châteaux. L agriculture a beaucoup changé, maintenant il y a des exploitations avec cent vaches. C est une tout autre vie. Les charrons fabriquaient des roues de voiture, des chariots. Je les ai vus disparaître. Plus de boulot. Celui de notre village il est parti à Montluçon. La batteuse c était la grande fête, ils aimaient bien boire un petit coup. J habite Sainte Feyre, il y a encore une fête de la pomme à la Toussaint. Ici à Ajain il y a une fête du jambon. Il y eut des nouveautés techniques, des «Rombader», des machines qui font des grosses bottes de foin. C est apparu un beau jour. Il y a eu d abord les choses de la vie courante, les scies, et après sont apparues des choses plus sophistiquées, mais c est allé en se compliquant. Il y avait des maraichers, des gens qui cultivaient leurs légumes et les vendaient au marché. Guéret n a pas vraiment changé depuis trente ans, il y a eu le machinisme, mais les mentalités sont restées les mêmes. Quand je suis arrivé il y avait encore des petites boutiques qui vendaient un peu de tout, mais ça a disparu complètement. Il y en avait une sur la petite place du Marché, une petite boutique qui vendait de tout, et il y a longtemps qu elle a disparu. J ai connu les voitures à âne, c était la Creuse pittoresque. Je me rappelle quand j avais 4 ou 5 ans avec mon frère jumeau on s amusait dans le jardin. Ce temps-là ne reviendra jamais. Mais c est comme ça la vie. Mais quand je vois des gens qui arrivent à presque 100 ans d un côté ça vous ragaillardi, on se dit pourquoi pas moi. Des centenaires il y en a pas mal dans la région. La Creuse c est une terre agricole. J aime bien Évaux, il y a une cascade. Je me rappelle être allé à des fêtes foraines quand j étais jeune. J étais trop jeune pour faire la guerre. Mais j ai eu tous les échos de ce qui se préparait. Il y a eu une espèce de petite bataille à la sortie de Moulins, une vingtaine de tués. Il y avait des Allemands, mais en fait c était des Géorgiens qui venaient de chez Staline. Ça n a pas été trop dramatique, moins que dans la région de la Creuse et la Corrèze. Il y a des souvenirs qui s évaporent. J ai eu une vie très calme, sans beaucoup d événements. Ma carrière a été très simple. La main c est l uniforme de vie. J ai failli me battre au lycée de Montluçon avec un élève qui était une forte tête et voulait faire ce qu il voulait, il a eu une bonne colle et après il s est calmé

4 Maison de retraite d Ajain : Je suis là depuis 38 ans Je suis née à la Saunière le 11 janvier Entre Sainte-Feyre et Ahun. Je suis là depuis 1969, depuis 38 ans je suis à la maison de retraite. Je suis restée à la Saunière jusqu à 21 ans. Je suis toujours restée en Creuse. Toujours à la Saunière. Toujours. Ça en fait des années que je suis ici. C était des maisons dans mon village. Mon père est mort jeune, ma mère était seule pour nous élever, on était deux, elle allait faire des journées pour les paysans, des ménages. On avait une belle petite maison. À cette époque il n y avait pas grand confort. On avait l eau et l électricité, on avait tout. Il y avait une cheminée, une cuisinière. J étais placée en nourrice. Je faisais des ménages comme ma mère, à Guéret, à Ahun. Il y a eu des maisons qui se sont construites, mais sinon rien n a changé. J aime bien la Creuse, je m y plais bien. J ai une belle petite chambre. Je suis entrée à tente cinq ans dans la maison de retraite, parce que je ne peux pas me suffire. Ma mère est au deuxième je vais la voir tous les jours. Je sors plus. Jamais. Je me suis fracturée une cheville. Je suis restée dix ans dans cette chambre là. On est bien ici, rien ne me manque. J ai une cousine à Guéret. Je ne suis jamais retournée à la Saunière. Je ne peux pas y retourner, il n y plus rien, ça ne me dit rien. Il n y a rien d autre à dire. J aime bien parler

5 Maison de retraite d Ajain : Une dame élégante Je suis née à Guéret, j ai été à Limoges, à Montluçon, et je suis revenue à Guéret. J étais très attachée à mes parents alors je suis revenue. J ai passé toute mon enfance à Guéret. J ai été à l école à Guéret, à l annexe de l école normale, qui a été dissoute, donc on a été à l école normale de filles, pas très loin du groupe Saclier, dans une petite rue, après on a été à l école normale de garçons. Après je suis partie au collège et après au lycée qui existe toujours. Mon père travaillait aux ponts et chaussées. Il y avait des prés un peu partout à Guéret, ce n était pas construit. J habitais rue Jeanne d Arc, la rue n a été construite que pendant la guerre. Derrière chez nous il y avait un grand pré, en bas du champ de foire, à la place de la piscine. C était un champ de foire qui accueillait le samedi des bêtes et des paysans. Il y avait des champs, il y avait le ruisseau des Chers qui existe toujours et qui passe sous l avenue Fayolle. J y passais mes journées entières, j aimais beaucoup la nature, j aimais beaucoup jouer, je suivais le cours du ruisseau, je pensais que si j arrivais à sa source j aurais fait un grand voyage. Je me promenais. Il y avait une planche sur le ruisseau, je sautais à pied joint dans le ruisseau. Maman me disputait parce que je me salissais. On habitait un logement avec quatre ou cinq pièces, et après on a été dans une maison à côté qui avait le même nombre de pièces. Il y avait un évier avec l eau courante, et pas d eau chaude. Les toilettes étaient à la cave. On se chauffait avec une cuisinière à feu continu. Maman cuisinait très bien. Je me rappelle la blanquette de veau, le haut du lapin en civet, et le derrière en rôti. Elle faisait de la morue à la Mornay, avec de la sauce blanche et du gruyère râpé, du gâteau, du macaroni au gratin, des pommes de terre dans le four, parfois elle les épluchait et elle les faisait avec du beurre et des lardons, et d autres fois elle les mettait dans la pelure. J avais des attaches paysannes du côté de mon père, dans la Creuse. Mes arrière-grandsparents étaient paysans et mon grand-père était greffier huissier de justice de paix, ma grandmère est morte quand mon père avait dix ans. Elle avait la tuberculose. Il n y avait rien pour soigner à cette époque là. Ma mère était d origine bretonne, elle était née à Rennes et avait vécu à Saint Brieux. Je suis allée très souvent en Bretagne quand j étais enfant parce que mon père s était attaché à la Bretagne, ça lui rappelait la Creuse avec des chemins creux, les mêmes pierres en granit. Le dimanche j allais beaucoup au cinéma. Il y avait le cinéma du théâtre qui a disparu, on aurait dit un théâtre de poche parisien. Il y avait le Continental, rue de Verdun. C était marécageux en dessous, ils avaient eu des ennuis avec l eau dans les soubassements du bâtiment. Ils avaient construit un cinéma et un dancing, et pendant toute ma jeunesse j ai été danser au Continental et j aimais beaucoup les films. Je me rappelle des visiteurs du soir, la fille du puisatier, toute la série des Pagnol, Manon des sources. J aimais beaucoup les films qui nous emportaient dans les pays d au-delà. C était le dimanche le cinéma, sinon on allait se promener. Le matin on allait à la messe. On achetait des gâteaux. On allait à la pâtisserie Villechalane dans la grande rue, je crois bien que maintenant ils se sont installés rue de Limoges. J aimais les choux à la crème, et les tartes. On faisait souvent le dimanche un rôti de veau. L après-midi on allait souvent à Pommeil à pied. Mon père avait un tempérament nerveux, il n aurait jamais pu conduire. Je me suis mariée très tard, à 44 ans, et je n ai pas eu d enfant. Mon mari travaillait aux ponts et chaussées et c est mon père qui me l avait fait connaître. Il était chef principal de chantier et il se donnait énormément de mal sur les routes. Il s était occupé de circuit touristique dont il reste quelques panneaux, pour attirer les touristes, car la Creuse est très belle, et on a tort de l envoyer au dortoir. Il habitait Saint Éloi. On allait tous les dimanches dans sa famille. Ma belle-mère tenait un café et un restaurant où elle nous invitait tous les dimanches

6 Il ne me reste plus tellement de famille aujourd hui, ma belle-sœur est morte, son frère est mort aussi, ils avaient tous des ennuis au point de vue de la circulation, et ils ont eu tous des ennuis cardiaques et hémiplégiques. Mon mari a subi quatre opérations cardiaques, il est mort le 13 février Il est venu me voir pendant deux ans ici, à la maison de retraite d Ajain, il a fait tout ce qu il a pu pour m aider, il n en pouvait plus, il ne pouvait plus se traîner, c était épouvantable. Il a été pris par les jambes, et il n a pas pu survivre, il est mort après une opération au CHU de Limoges. Mon mari m avait fait rentrer à l équipement. Ça m a intéressé, ça m a plu. Je faisais la paie des journaliers, des chefs d équipe, des cantonniers. Je faisais le service de nuit pour faire partir les conducteurs d engins sur les lieux où il y avait de la neige. Avant j avais fait d autres métiers. Quand je suis partie d avec mes parents, je suis allée à Montluçon, j étais institutrice de l enseignement libre, j y suis restée pendant huit ans, mais après ma santé s est dégradée, je n ai pas pu continuer. Je suis revenue à Guéret. J ai toujours eu des ennuis de santé avec le système nerveux, avec des passages à vide, j ai commencé à souffrir des nerfs à six ans. J avais une imagination débordante. Après institutrice je suis revenu à Guéret avec mes parents. Ils m ont fait rentrer dans un laboratoire d analyse, j étais contente, c est pourtant pas très agréable comme travail, mais je pouvais m occuper de gens qui étaient dans la peine à qui je remontais le moral. Après j ai été envoyé en pharmacie par le même patron. J ai travaillé en pharmacie pendant plusieurs années encore, c était vers On faisait encore des préparations. Je faisais en même temps de la correspondance de presse pour un journal catholique, le courrier français, mon père faisait la rubrique du pays, et moi je faisais des reportages sur les pièces de théâtre, sur les concerts, et sur les personnalités qui venaient parler à l Hôtel de Ville. J ai pu faire ça pendant deux ans. Je tapais tout à la machine à écrire et je l envoyais à Limoges. Ça me passionnait, mais je n avais plus la force de mener ce travail de presse et mon métier. Après j ai travaillé dans un magasin de meubles pendant huit ans à Guéret, Le Vieux Noyer, place Bonnyaud, qui n existe plus, mais qui était très connu à l époque. Ça me passionnait de vendre des meubles, de faire de la décoration d intérieur. Quand j ai rencontré mon mari et qu il m a fait partir à l équipement ça a été un déchirement terrible parce que dans ma jeunesse j étais passionnée par la peinture et j aurais voulu être artiste peintre, mais mes parents n avaient pas les moyens de me faire faire des études, et il a fallu que je renonce. J avais trouvé un écho avec ce magasin de meubles où je pouvais développer mes facultés artistiques. Mais je n avais pas beaucoup de goût pour l administration et pour les bureaux, j avais écrit une fois à mon mari qu on n a pas besoin de transformer les hommes en robot à usage administratif. Alors, j ai travaillé pour l équipement, j ai travaillé dans la subdivision de Guéret, pas bien loin de l étang de Courtille, j ai ensuite travaillé aux archives. J ai toujours essayé de m intéresser à ce qu on m a donné à faire. Les archives étaient dans un état épouvantable, il y faisait un froid de canard, il fallait que je travaille avec un manteau. J y suis restée 3 ou 4 ans. J avais réussi à reconstituer des dossiers de personnes qui étaient très âgées, pour leur faire payer la retraite. J avais toujours eu dans mon idée de faire des métiers où on pouvait se dévouer pour les autres : institutrice, laboratoire, meuble, mais à l équipement j étais dans un bureau et je n avais plus la possibilité de faire de mon métier un idéal. Il fallait se soumettre au règlement et c était dur de se plier. Un ingénieur m a joué un mauvais tour, il avait sa fille qui travaillait place Bonnyaud dans un bureau du personnel, il ne savait plus quoi en faire de sa fille, elle souffrait des nerfs, il m a fait partir de la subdivision de Guéret où j étais bien pour aller la remplacer. J ai les nerfs qui ont lâché, je suis tombée malade, j ai été obligée de prendre ma retraite, et je suis arrivée ici en février 96, j avais pris ma retraite depuis 5 ou 6 ans. Je suis née le 11 octobre 1930, j ai 76 ans, j ai dû prendre ma retraite vers 62 ou 63 ans

7 Après j ai été de chute en chute. Il a fallu que je sois hospitalisée plusieurs fois à l hôpital, pour dépression nerveuse. J ai été au pavillon 13, je ne pouvais plus y rester. Mon mari est venu me voir, je lui ai dit : «Je ne peux plus rester là, il ya a des personnes qui s habillent avec mes vêtements.» J y suis restée quand même. Je ne pouvais pas me réveiller le matin. On était réveillé par une sonnerie électrique et quand on ne se réveillait pas, on nous passait à la douche. Quand j étais correspondante de presse, j ai fait des photos, j ai photographié ma maman, mon papa, là. J ai fait beaucoup de photos en Bretagne et dans la Creuse. C est ma maman, elle devait avoir 62 ans. On m a transporté dans un pavillon plus perfectionné, j étais bien contente, je m y suis beaucoup plu. J y ai passé très longtemps. Je m occupais, j avais une douche, mon mari m avait acheté un grand sèche-linge. J étais bien, mais bien sûr je ne pouvais pas tout le temps rester là. Il a fallu que mon mari me mette en sécurité parce qu il sentait que sa santé déclinait, alors il m a fait partir à l hospice d Ajain. Il a fallu attendre un an avant de trouver une place. Autrefois l hospice d Ajain n avait pas une réputation bien brillante. C était des chambres à 5 ou 6 lits où les gens n étaient pas très heureux. J ai été au premier étage pendant plusieurs années, je suis descendu vers J ai installé ma chambre. Je retourne à Guéret pour aller chez le dentiste, pour voir des docteurs, et pour voter. J ai voté pour les présidentielles, je vais aller voter pour les législatives. Je n ai plus tellement de famille. J ai encore la femme du frère de mon mari qui a un an de plus que moi. Elle a une fille et son gendre, ils n ont pas eu d enfant, je les aime bien, mais toute mon affection se reporte sur mon neveu, le fils de la sœur de mon mari. Mon mari s était dévoué pour lui et lui a servi de père parce que ma belle-sœur n était pas mariée. Mon mari s est occupé de lui pendant toute sa jeunesse, toute son enfance et toute sa scolarité. Mon neveu aimait beaucoup son parrain. Je trouve qu on a beaucoup embelli Guéret. On a refait des magasins, on a refait des rues, des jardins. Malheureusement, je crois que ça s en va à vau-l'eau, qu il y a pas mal de faillites. Un des fils de mon neveu a une boutique d appareil photographique, il dit que ce n est pas facile. J aime beaucoup le jardin public du musée. Je l ai photographié en couleur et en noir. Je faisais beaucoup de photos dans le jardin public. Quand j étais au lycée, on y faisait la gymnastique. Avec mon mari on se promenait à Saint Éloi. Je cueillais des fleurs, je me promenais dans l herbe. J ai regretté le pré qui était derrière le champ de foire à Guéret. J ai regretté un peu qu on déplace les administrations. Il y en avait place Bonnyaud dans un hôtel ancien qui avait de très jolies formes. Bien sûr quand je vais à Guéret je ne m y reconnais plus. Il y a un quartier que j ai beaucoup regretté, c est «La Pigue». C était un lotissement vers Maindigour. Il y avait beaucoup de jardins, de fleurs, d arbres fruitiers. J y ai habité un certain temps avec mes parents. On avait des commodités qui étaient beaucoup mieux, il y avait de l eau à l évier, il y avait une douche, il y avait un bac à douche, un lavabo, de grandes fenêtres qui donnaient sur des prés. On entendait le soir des oiseaux, on voyait des vaches dans le pré. Ils ont construit des écoles et des bâtiments. Petit à petit on a grignoté la nature à Guéret pour y construire des bâtiments. Mais je trouve que c est mieux. Je n aimais pas tellement la Croix de la Mission c était vieux et délabré. Petite j y allais au catéchisme dans une maison ou les parquets s enfonçaient et les escaliers aussi. Le Continental, le cinéma, c est devenu une résidence et j y ai habité avec mon mari. Mais les fenêtres donnaient sur des murs, des bâtiments réciproques, et mon mari, ça lui était très dur d y rester, il ne s y plaisait pas, on y est resté 33 ans, mais ce qu il aimait c était la campagne. Quand il voyait ces murs On a beaucoup voyagé, mon mari aimait les voitures, il disait : «Je n ai pas beaucoup de plaisir dans la vie, je ne suis pas exigeant, mais j aime avoir une - 7 -

8 belle voiture.» En dernier lieu, il avait une Alpha Roméo, il a eu des Chrysler, il a eu des Simca, il a eu de tout. On a été en Espagne, en Italie, en Suisse, dans le Lot, dans les Pyrénées, dans les Alpes, dans le Massif Central, au Mont d Or, partout. Il disait : «Je regrette de ne pas connaître la Bretagne.» Je lui disais : «Tu y perds parce que c est très beau.» Toutes les idées qui me reviennent en tête je les écris et parfois je les relis. J aimais bien retrouver la cuisine de maman, le jardin de papa, j aimais bien revenir chez moi, j aimais bien rentrer à Guéret. Quand Guéret a été pris par les maquisards, les Allemands étaient retranchés au Saint- François. Il y a eu des batailles de rues qui ont duré pendant 48 heures et on a été bombardé. J ai beaucoup de souvenirs aussi de la déclaration de la guerre de 39. J étais rue Jeanne d Arc, la guerre a été déclarée le 1 septembre 1939 et la mobilisation générale le 2 septembre. Je l ai appris par la radio, et je savais que mon père allait être mobilisable au bout du troisième ou quatrième jour. Alors, j étais complètement effondrée de voir partir mon père à la guerre. J avais une peur épouvantable, j avais autant peur qu il soit tué que peur qu il tue pour se défendre. Je me rappelle de toute la guerre, on a eu des hivers terriblement rigoureux et on manquait de tout. Il fallait se débrouiller pour aller à la campagne et ramener ce qu on pouvait. Et je me rappelle des années où on se calfeutrait dans les maisons et les Allemands rentraient dans les maisons sans se faire prier. J ai beaucoup souffert par la prise de Guéret, j ai été terriblement marquée par Oradour sur Glane et les camps de torture. Ça me mettait dans un état terrible. Je n ai jamais pu accepter que tant de gens aient été tués dans les camps de torture. On a tué des enfants, on a tué des juifs, c est affreux. J ai vu des arrestations par des miliciens qui dénonçaient les leurs. Dans mon quartier, rue Jeanne d Arc ça a été équivalent : cinq personnes dénoncées par la milice, et cinq personnes exécutées par les maquisards, c était la guerre civile. J ai eu une jeunesse qui a été complètement détruite. Ce qui m a sauvé c est ma foi et mes goûts artistiques. Mon père n a pas été sur le front. Il a été dans le génie à Surdon en Normandie sur un chantier de chemin de fer. Ma mère ne pouvait pas supporter cette séparation, mon père l a fait venir en Normandie où on est resté jusqu à ce que les Allemands nous chassent, le canon tonnait au Mans, on était du côté d Argenton. Ça a été terrible, il a fallu revenir sur les routes, sous la mitraille dans des camions à charbon. On était déguisé en nègre. J ai connu l exode de Normandie avec un déraillement en plus, deux trains qui se sont télescopés. Je crois que ça a laissé des traces sur mon système nerveux. J ai gardé un très bon souvenir de l armistice, les gens du quartier de la rue Jeanne d Arc se sont tous retrouvés les uns chez les autres, pour boire, pour danser, pour chanter, il parait qu on a été le quartier où on a le plus fêté la victoire. Il n y avait plus de barrière entre les gens, c était une fraternité complète. La vie a repris, les cinémas et les magasins ont rouvert, petit à petit le ravitaillement a repris quand les Américains sont rentrés en France. On a réussi à reprendre vie et à reprendre gout à la vie après toutes ces années de misère. Mais de 9 ans à 14 ou 15 ans j étais constamment sur un baril de poudre. Ce n est pas beau la guerre. Mon père m avait traumatisé dans mon enfance parce qu on l avait emmené à Verdun, et il avait dit : «Je veux que ma fille ait l horreur de la guerre,» et il m avait montré à 6 ans toutes les photos qu il avait faites à Verdun, j avais des visions d épouvante. Je crois que ça m a marqué. Mes parents sont enterrés à Guéret, moi je veux être enterrée à Saint Éloi avec mon mari. Mon mari s est fait incinérer, ça m a fait beaucoup de peine. De toute manière, les cimetières n ont pas d avenir parce qu on ne peut pas faire de concessions perpétuelles. À Saint Éloi il y a mon beau-père, ma belle sœur, mon mari, il y aura moi, mon neveu m a dit qu il y irait peut-être. Mon mari aimait beaucoup Saint Éloi

9 Maison de retraite d Ajain : Une dame un peu triste Je suis née à Guéret le 25 mai 1926 au 26 Grand-rue où mon père tenait un salon de coiffure. J avais un frère et une sœur que j ai perdus dernièrement qui sont nés au même endroit parce que dans le temps les mamans elles accouchaient avec une sage femme à la maison. Je me rappelle même du nom de la sage femme, c était madame Verrier. Mon père tenait un salon de coiffure. J ai vécu là. Malheureusement, ma maman était très malade et elle est morte en 1944, j avais 16 ans et elle avait 49 ans. Pendant 5 ans on a été seul avec mon père parce que j avais une sœur aînée qui était montée travailler à Paris et mon frère était prisonnier de guerre. Je me suis débrouillée comme j ai pu pendant la guerre. Guéret c était beaucoup mieux que maintenant, la ville était beaucoup plus mouvementée, la grande rue était beaucoup plus jolie, parce que c était les pavés anciens, c était le caractère creusois. Maintenant ils ont mis tout ça moderne. Il y avait beaucoup de très jolis magasins, de prêt-à-porter, en face du salon de papa il y avait la boutique de madame Guilbot ; à côté de chez nous, il y avait un monsieur et madame Passerat qui tenaient un magasin de chaussures, et ce sont des gens qui m ont beaucoup aidée à la mort de maman. Plus haut vous aviez un bon pâtissier, monsieur Villechalane, qui faisait des pâtés aux pommes de terre, il est décédé il y a longtemps, c était un ami de mes parents qui a été très gentil avec mon frère : pendant la guerre il lui envoyait des colis. En face de monsieur Villechalane il y avait une boulangerie qui s appelait Bonnerat, monsieur et madame Bonnerat, ensuite il y avait un bijoutier, en face il y avait un marchand de casquettes, monsieur et madame Queullet, ensuite il y avait un magasin de chaussures, monsieur et madame Sartin, ensuite il y avait la pharmacie Ribière, après il y avait un grand magasin de prêt-à-porter, c était tenu par monsieur et madame Lacoste, c était un magasin très chic, les grandes dames de Guéret s habillaient là. Les jouets c était chez monsieur Dury, un grand magasin qui faisait les jouets, la lingerie, le prêt-à-porter, et pour les fêtes de fin d année il faisait venir de Paris des dessins animés qu il exposait dans les vitrines, et c était très très joli. J avais des poupées, j ai eu des petites chambres pour les poupées, une année j ai eu un martinet pour Noël, j ai eu des petits gants, des oranges. On habitait une maison. Il y avait le salon de coiffure, une cuisine, et les chambres en haut. Il n y avait pas le confort, il fallait chercher l eau à la fontaine qui était en face de la pâtisserie Villechalane. Elle existe toujours, mais elle est condamnée. Dans le salon de coiffure on n avait pas l eau courante, alors papa avait fait installer un grand tonneau dans une pièce et il allait chercher l eau avec des seaux, et en hiver je me faisais beaucoup de soucis parce que la rue était très en pente et j avais peur qu il glisse. Cette eau il la mettait dans ce réservoir. En haut on avait une table de toilette avec cuvette, broc d eau, tout ce qu il fallait pour la toilette. En bas on avait une cuisine Rosière, maman était une très bonne cuisinière. Des petites boulettes avec des carottes, et des tartes aux pommes, des clafoutis aux cerises. J étais un peu débrouillée, heureusement parce que j avais 16 ans quand elle est morte. J allais au cinéma au Continental qui était un très beau cinéma, et il y avait un dancing en dessous. Je ne sais pas pourquoi ils ont supprimé ce cinéma qui était si beau. Maintenant c est moche le cinéma dans une rue affreuse. Le dancing du Continental c était le dimanche de quatre heures à sept heures et le soir de neuf heures à minuit. Moi j allais l après-midi et quand j étais plus âgée mon père me laissait un peu aller le soir. Le fils de mes voisins qui avaient le magasin de chaussures m emmenait souvent avec eux à Grigny. Où il y a la rivière, il y avait aussi un dancing, il m emmenait avec eux. Ils avaient une maison de week-end à Pauillac à côté de Saint Etienne-de-Furssac, où ils sont enterrés. Ils avaient une très jolie maison, avec un verger rempli d arbres, et je passais de très beaux moments avec eux. Leur fils était dans l Hérault, il est mort l année dernière d un cancer, il s appelait Gilbert Basserat

10 J allais à l école communale à Guéret où j ai eu mon certificat d études. Maman aurait voulu que je sois préparatrice en pharmacie, elle avait demandé au pharmacien de me prendre, mais j étais petite et menue, et il n a pas voulu me prendre parce que je faisais trop gamine. Alors, je suis allée à l école Pigier ou j ai appris la sténodactylo, la comptabilité et tout, ce qui m a beaucoup aidé. La directrice s appelait mademoiselle Granjean, elle faisait des compliments à maman parce que je travaillais très bien. Quand maman est morte je m occupais de la maison, et puis après je suis allée travailler aux éditions Magnard, rue Maubey, comme secrétaire. Je gagnais pas tellement et quand j ai eu mes 21 ans j ai voulu quitté Guéret parce qu il n y avait aucun débouché, je suis parti à Paris parce que ma sœur m avait trouvé un emploi dans le 17e. Je suis partie au mois de novembre 1947, je suis arrivée le soir à Paris, et le lendemain matin j ai commencé à travailler. Je suis restée quinze ans dans cet emploi, c était un monsieur qui vendait des roulements à billes, à l époque, après la guerre, on n en trouvait pas beaucoup. Rue Philibert Delorme, au bout du boulevard Malesherbes, près de la place Pereire. J ai habité tout près. Quand ce monsieur est mort j ai trouvé un autre emploi, mais je n y suis pas restée longtemps, ça ne me plaisait pas, c était boulevard Voltaire un magasin d aquarium. Il fallait nourrir les poissons je n aimais pas ça. J ai trouvé un autre emploi comme secrétaire d un monsieur qui dirigeait le bureau de Paris d une cartonnerie du Pas de Calais. Et puis j ai passé ma vie là. Des amis m ont fait rencontrer mon mari, je me suis mariée le 30 avril J avais 29 ans et lui 35 ans. On s est installé dans un petit appartement dans le onzième, à côté de la place Voltaire, rue Péquion. On avait une voiture, notre garage était rue Saint Maur. On a vécu 27 ans rue Péquion. Mon mari est tombé malade, il était Breton du Finistère Nord. Lui il était cadre chez Phillips. On a fait des petites économies et on a acheté un terrain en Bretagne où on a construit une maison qui me plaisait beaucoup, on y a vécu 9 ans, malheureusement mon mari est tombé malade et il est mort d un cancer. Je n ai pas voulu rester seule là bas parce que je n étais pas bretonne, et je me suis décidée à revenir près de ma sœur et de mon frère à Guéret. J ai acheté un appartement rue de la Sénatorerie à la résidence du jardin public. Je marche difficilement, j ai été opérée, il faut que je sois suivie. Voilà ma vie, je suis là. Ma sœur s est sentie partir, elle avait 92 ans, mon frère était à la maison de retraire de Guéret, mais il avait perdu deux femmes d un cancer et la troisième est morte en quelques heures, et il s est laissé mourir, il avait été prisonnier de guerre et il était revenu asthmatique. J ai fait mon testament, je donnerai mon appartement à un de mes neveux parce que je n ai pas eu d enfant. Mes parents n avaient pas de voiture alors je ne connaissais pas la campagne creusoise. Mon frère quand je suis revenue m emmenait dans la campagne le dimanche, il aimait beaucoup la Creuse, il me l a fait découvrir. Lui il est mort le 13 janvier 2006, il avait 88 ans, il est mort le jour de son anniversaire, et ma sœur est morte le 16 juin 2006 à 92 ans. Elle s est tuée avec mon frère parce que quand il est tombé malade, tous les jours elle prenait un taxi pour aller le voir à la maison de retraite. Moi je ne pouvais pas y aller, je ne pouvais pas marcher. C est elle qui a tout fait pour me faire entrer ici, je suis là depuis un an. J espère rentrer chez moi. J y suis retournée l autre jour dans mon appartement et je n avais pas envie de revenir ici. Il est au quatrième étage, et de ma fenêtre je vois le jardin public, le musée, et le tilleul. J aimais la place Bonnyaud. Quand j étais petite fille, maman m emmenait me promener au jardin public. On allait aussi à Grancher, on aimait bien. On faisait le tour de Guéret par la route d Aubusson et de Limoges en passant par le sanatorium. C est moche Guéret, maintenant. Il n y a plus rien. Le dimanche matin il n y a personne place Bonnyaud. Le matin à la sortie de la messe il y avait des dames élégantes, des femmes de commerçants, les gens étaient curieux pour les voir et la Grande rue était animée. Ce qui est moche ils ont fait une espèce de porte place Bonnyaud, c est affreux. Et la place du marché, ils ont supprimé les Halles, c était bien. Il y avait les femmes de la campagne qui

11 venaient vendre leurs produits, maman y allait et elle achetait tout pour la semaine, lapin, poulet, légumes. À la Trinité il y avait une cavalcade, une course cycliste, une retraite aux Flambeaux avec les pompiers qui descendaient la grande Rue, et un feu d artifice. On avait un petit chien, un ratier qui s appelait Turc, il avait peur du feu d artifice il se cachait sous une banquette, je m en suis rappelé toute ma vie. Il est mort il avait 13 ans. Voilà. Quelquefois je prenais un car pour aller aux fêtes aux alentours, à Sainte Feyre, à Guigny, il y avait des parquets, on allait danser. Sainte Feyre c est très mignon. Place Rochefort on se rassemblait avec tous les petits copains du coin, dernièrement Pierrot Douceau est mort, j ai appris ça ici. C était un bon copain. On jouait à la marelle, à la corde, au ballon, on discutait. Pendant la guerre il y avait une petite jeune fille qui venait voir sa grand-mère place Rochefort, qui s appelait madame Geai. Je l avais revue à Paris, rue de Tolbiac, ses parents tenaient un bougnat, c était loin dans la rue de Tolbiac, j avais marché longtemps après le métro. Je l avais perdue de vue, et un jour dans un taxi je parle de ça et le chauffeur m a dit : «Vous savez qu elle est à Guéret, mais elle ne sort pas parce qu elle est très malade.» Elle s était mariée, il m a dit son nom, et je suis allée la voir, maintenant elle est décédée. Le soir avec papa on jouait aux petits chevaux, on jouait aux cartes, aux dominos. Papa aimait beaucoup jouer, il m avait appris à jouer à la belote. Pendant l occupation ma sœur nous avait amené une radio, et papa il écoutait la radio anglaise, et moi j entendais les Allemands qui descendaient la grande rue avec leurs bottes, j avais peur qu ils entendent, j avais tellement peur. Il y a beaucoup d Allemands qui venaient au salon de coiffure de mon père se faire couper les cheveux. Des moments ils se battaient entre eux les boches, dans la grande rue. Du moment qu ils ont été partis un monsieur qu avait été résistant ou je ne sais pas quoi ils l ont sorti de chez lui alors là à six heures du matin, je me suis levée, je me suis mise derrière mes volets en bois, et j entends des Allemands sortir un monsieur de chez lui. C était monsieur Lafond, ils ont dû l emmener, je pense. Et le jour où ils ont attaqué l hôtel Saint François, un très bel hôtel sur la place Bonnyaud, et il y avait l hôtel Central en face, alors là c était les maquisards qui attaquaient les Allemands, ça a bardé, j ai eu peur, mais ça s est bien passé. Ce qui me faisait peur aussi c est quand il y avait les avions et qu il y avait des alertes. On a été bombardés une fois par les Italiens, ça avait fait beaucoup de mal dans certains quartiers, il y a eu des morts et des blessés graves, il y avait un peu la débâcle, il y avait beaucoup de gens qui venaient de Paris, surtout sur la route de Limoges près du jardin public, le 10 juin Il y a un quartier qui s'appelait «la croix de la mission», un quartier qui va vers le cimetière, une maison a été abattue et les gens étaient dessous, on a réussi à déblayer la maison et les gens étaient tous vivants. D ailleurs après j ai travaillé avec un monsieur qui était dans cette maison. J avais très peur, mon père me disait : «Fais ce que tu veux, mais moi je reste dans mon lit.» Moi j avais peur, en face de chez moi il y avait le boucher qui avait une cave voûtée, alors dès que la sirène sonnait il y avait un monsieur qui venait ouvrir et qui m emmenait à la cave. Je revois le boucher qui avait un grand machin de sel et qui enfonçait ses mains tellement il avait peur. Quand la sirène ressonait je remontais à la maison et papa me disait : «Tu vois, tu aurais mieux fait de rester dans ton lit.» Quand papa est mort, mon frère est revenu d Allemagne, et c est lui qui a repris le salon de coiffure, il était monté à Paris pour se perfectionner dans la coiffure de femme, il travaillait à l Étoile, rue Trollon. Il a transformé le salon en salon de femme. Le propriétaire a vendu, mon frère a été expulsé, mais il a trouvé quelque chose place du marché, à côté de la pharmacie Andrion. Un très joli salon qui marchait très bien. Il a gagné beaucoup d argent. Ils travaillaient à 5. Il s était marié avec une dame qui n était pas coiffeuse, mais qui était très courageuse et qui s y est mis. Malheureusement, il l a perdue. Quand il a pris sa retraite, il avait fait construire une petite maison rue de l École de la gare, c est le quartier de Bellevue. Son salon

12 de coiffure sa femme l avait vendu à sa filleule, elle n aurait pas dû, le salon a été bazardé en peu de temps. Il parait qu elle buvait, mais ma belle sœur s en serait aperçue. Quand mon frère allait voir, c était sale, il a dit : ça ne marchera pas. Il a fermé. Il y a eu une esthéticienne. Et maintenant je ne sais plus. C est ma vie. J ai ramené mon mari ici, il est enterré à Guéret. J ai un caveau que ma sœur avait fait construire. Il n y a plus qu une place, c est pour moi. On sera 5 dedans. Pour l enterrement de ma sœur, j ai été au bord du caveau et j ai vu où je serai. Mon père et ma mère sont enterrés dans le nouveau cimetière, mais le caveau est dans l ancien cimetière. Pour y aller, ça descend à pic. J ai fait mettre des plantes vertes, je vais faire mettre des géraniums pour l été. Une partie de la famille de mon mari ne me parle plus parce qu ils voulaient que je le fasse enterrer en Bretagne

13 Maison de retraite d Ajain : Le journalier célibataire Le bébé c est moi. À Bourg Saint-Georges. C est là que j habitais. C est moi qui ai pris les photos. Pas trop de confort à ce moment-là. L eau au puits pour deux maisons. Il ne gelait pas. On voyait un peu de fumée au fond. Il y avait une cheminée et la cuisinière. Mon père était en Allemagne, ma mère faisait des journées. Mon père travaillait pour un exploitant agricole. Mon père a trouvé un endroit où on était tous les trois. On est resté 54 ans dans cette maison là. Quand je suis venu là, les patrons ont vendu la maison. Mes parents sont entrés dans des maisons médicalisées. Moi je suis resté dans la maison jusqu à l âge de la retraite et je suis venu là. Je faisais du blé, des légumes, tout. Je faisais juste du blé à la fin, j étais tout seul. J avais une petite de moissonneuse batteuse. J avais 10 hectares à couper, je coupais quand je voulais. La télé ça fait déjà longtemps, c est la cinquième. Avant y avait la radio, ou on allait voir la Piste aux étoiles chez des voisins. Le mercredi je crois. J aimais bien. On apportait un gâteau et on mangeait ensemble. J allais au bal des fois, et le cinéma dans le bourg, il y avait un gars qui venait. Il y avait des fêtes. Pour la Saint Georges à Bourg Saint Georges. On s amusait pour la batteuse, des fois jusqu à la minuit. J allais à tous les bals. Je n avais pas de voiture, j allais en vélo, en solex. J avais été au service militaire en 57 en Allemagne. 30 mois. Ce n était pas de la rigolade, fallait aller en Algérie, j aurais pu y aller, mais j ai attrapé une pleurésie et je suis resté huit mois en préventorium, après j étais guéri et je suis revenu chez moi. J ai eu le téléphone, j avais des bêtes, les vaches faisaient les petits veaux, j appelais le vétérinaire. Les marchands de bêtes ils passaient. Le blé on le gardait pour faire de la farine pour donner aux bêtes. J avais mon moulin. Des fois j allais à la foire à Boussac avec mon père ou ma mère. On ne quittait pas la Creuse. Une année j ai été à l exposition à Paris. On a visité les bêtes, on a mangé au milieu de l exposition. On partait le matin de bonne heure et on rentrait le soir. Je m inquiétais pour mes bêtes. Guéret, ça a changé. Les rondspoints, j en perdrais les pédales, j ai passé mon permis là-bas. J allais au marché à Boussac, ça existe toujours. On connait beaucoup de monde. C était le jeudi. Dans le village on était 4 maisons, j allais en vélo au bourg à 1 kilomètre. Il y avait tout, maintenant c est maigre. Le maréchal ferrant, le boucher, le boulanger. Maintenant le boucher il vient de Gouzon, 8 km. Il y avait une scierie, un bourrelier pour réparer les harnais des chevaux. Après on se débrouillait, on mettait des rivets pour réparer les harnais. Le négociant en vin il y en avait deux, il y en a plus qu un, il n y a plus de garages, il n y a plus de maçons, il y en avait trois. Il y avait un entrepreneur de moissonneuse batteuse, c était un cousin à moi. Disparu. Les cafés il y en avait cinq, il y en a plus qu un, il n y a plus de tabac. Je buvais un verre en allant chercher le pain. Il y avait un Martiniquais, monsieur Diouf, il disait je veux un blanc pour un noir, ça me faisait rigoler. Chez nous on ne parlait pas beaucoup en patois creusois. J ai pas à me plaindre de ce métier, j étais fils unique, je pouvais pas laisser tomber mes parents comme une chaussette, j avais trouvé une femme pour me marier, mais par rapport à ça j ai pas pu me marier, elle ne voulait pas faire ce métier, ça lui plaisait pas. J aurais voulu, moi, mais c est mes parents. Y a bien des moments je regrette un peu d être resté célibataire, j aurais des enfants peut-être ils seraient là. On est resté 54 ans avec le même propriétaire, on ne devait pas être mauvais sinon il ne nous aurait pas gardés. Onze personnes des propriétaires qu on a vu mourir. C est arrivé aux petits enfants de la belle fille, je suis parti, elle a vendu un an après. Finalement, je suis ici, je suis correct. Il n y a rien qui me manque. Je vais leur aider le lundi à faire de la pâtisserie, il n y a que des femmes

14 Maison de retraite d Ajain : L institutrice sérieuse Je suis née à Guéret, j ai fait toutes mes études à Guéret. J ai toujours habité la même maison à Guéret, seulement j ai perdu mon père, j ai perdu ma sœur. Mon frère n était qu à l école normale à Guéret. Dans ce temps-là, il y avait deux écoles normales, une de garçons située route de Courtine, et une école normale de filles sur la place Maryla, une petite place tout entourée d école. Une école qui va redevenir le théâtre. Ce théâtre il servait dans le temps à accueillir les tournées Barret qui présentaient des petites pièces pour les enfants des écoles. Ils le font reconstruire. Je suis venue ici il y a cinq ou six ans. J ai grandi près de la route de Courtine, il y a un chemin qui descend à côté d une borne-fontaine, ma maison était la quatrième maison avant le petit chemin qui descend. Elle était assez grande, il y avait trois locataires. Il n y avait pas d eau à Guéret à ce moment-là. Il y avait une fontaine juste au coin de ce chemin. On allait chercher de l eau. Ma mère était laveuse, elle lavait du linge à la maison, mon père était maçon. On se chauffait avec la cuisinière à bois. La fontaine ne gelait jamais. L eau courante : ils ont fait venir des sources à Guéret qui étaient sur la route de Limoges. L électricité on l avait, mais quand j ai été nommée à Puy-Malsignat il y avait une lampe dans la chambre et une dans une autre chambre et une dans la cuisine, un fil qui descendait. C était très peu éclairé. Au début de la guerre, des Parisiens ont demandé à des familles de prendre des enfants, et je me suis retrouvé à Puy-Malsignat avec 45 gosses dans la classe. C était pas tout gagné. Il y avait 200 habitants. Il y avait une épicerie, deux bistrots, c était très riche en buveurs. Il y avait un boucher qui passait une fois par semaine le samedi. Le boulanger passait tous les jours, il y avait un dépôt de pains à l épicerie. Et les gens faisaient leur pain à la campagne. À l école on avait une cantine, la dame venait le matin pour mettre le feu et la soupe sur la cuisinière, et les enfants amenaient leur pain pour le mettre dans la soupe. Son mari travaillait chez un cultivateur et venait manger à midi, et il s appelait Lassoupière, c est stupide, mais ça fait rire. Les enfants aidaient la famille pour ramasser les pommes de terre, et prenaient des vacances pour les foins. Il y en a qui venaient qu avec des petits sabots. Ce n était pas la période de la richesse. À Guéret je ne sortais pas. Mes parents nous mettaient à l école. Je ne sortais jamais. Quelquefois j allais à des séances de cinéma, il est toujours à la même place avenue Fayolle. Le Continental. Je ne me souviens pas du dancing, en tout cas je n y allais pas. Le soir on faisait les devoirs. Et à l école normale, j étais interne. Le dimanche on se promenait, c est tout. On allait sur la route de Bénévent, on ramassait de l herbe pour les lapins. Le dimanche midi on mangeait mieux. On mangeait quelquefois du hachis Parmentier, et la salade et le fromage faisaient partie de tous les repas. Je ne jouais pas quand j étais petite. Je ne partais pas en vacances, ou chez des tantes dans un village plus petit que Guéret, mais je n aimais pas, je préférerai rester à Guéret. J aimais la place Bonnyaud. Il y avait la fontaine, elle existait encore. Une année pour Noël ils avaient l habitude d installer un grand sapin qu ils mettaient à côté de la fontaine, il faisait une espèce de tempête, et l ouvrier était en train de l installer, il est tombé dans la fontaine, il est mort sur le coup. La ville de Guéret a pris en charge les enfants, mais ça ne remplace pas le papa. Ça m avait marqué ce mort pour Noël. Il y avait des bancs, et des tilleuls place Bonnyaud, le dimanche on s installait à l ombre. Il y avait des boutiques sur la place, il y avait un hôtel qui vient de se vendre, l hôtel Auclair qui était à l embranchement de la route de Limoges. Il y avait un quincailler, un pharmacien dans l autre angle, et puis Un fumiste de l autre côté, Clément, et qui fermait la place c était la Banque de France. Guéret, ça s est amélioré, ils ont des jardiniers, aux printemps ils plantent des arbres. La grande rue il n y avait guère d habitation, il y avait un bijoutier qui était au coin de la grande rue, en dessous la librairie Saint Martin. En dessous il y avait des marchands de chaussures, le

15 coiffeur devait être plus bas, en face il y avait un magasin qui s appelait «Les dames de France» et au moment de Noël il avait beaucoup de succès parce qu il installait des jouets animés dans sa devanture, des trains électriques. La Trinité, ça commençait par un lâcher de pigeons voyageurs, ils s envolaient, ils restaient au-dessus de la place, et hop ils partaient dans la direction qu on leur avait indiquée. Et il y avait toutes les fanfares de tous les coins voisins, il y avait les majorettes, c était joli à regarder. Ça traversait la ville. Il y avait la fête des amis de l école laïque dans la salle du jardin public, pour Noël des élèves jouaient des petites pièces, ça faisait partie des fêtes qui avaient une réputation. On allait dans le jardin public pour toutes les fêtes qui avaient lien à la guerre, devant le monument aux morts, un des plus beaux monuments aux morts de la région, une paysanne qui tenait ses enfants. À Puy-Malsignat je n avais pas le temps de m ennuyer. J y ai fait toute ma carrière. J ai aussi été à Bussière Vieille entre Saint Médard et Alleyrat pendant six ans, avant de venir ici. Je marchais un peu. Il y avait des bois, et des jonquilles dans les champs. Il y a des tas de ponts en Creuse. Il y avait la station thermale d Évaux-les-Bains, j étais allée la visiter quand j étais à l école normale, il y avait une côte, une côte! Il y avait des gens riches qui jetaient des pièces dans un bac, d autres les attrapaient avec une épuisette. J aime à Saint Médard le cimetière là haut perché, les gens qui sont enterrés là haut, c est intéressant. À Puy-Malsignat dans notre cimetière à nous il y a une tombe d un maréchal ferrant, il a fait une croix où on voit les différents outils dont il se servait. (Ces deux villages proches sont vers Aubusson) Il y avait une épicerie qui n existe plus, un café épicerie qui n existe plus, plus de cantonnier, on ne voit plus de ruches. On a refait l église à Puy-Malsignat, ils ont descendu les pierres une à une, ils les ont numérotées, et ils les ont remontées une par une. Je suis restée en Creuse : je connaissais tout le monde, alors c était plus agréable que d aller dans un endroit où je ne connaissais personne. J ai un mauvais souvenir. Pendant la guerre la Kommandantur était installée à la place de l hôtel Saint-François. Un jour il est venu à Guéret, Guingouin. Il descendait la Grande rue en voiture en saluant la foule, mais ça leur a pas tellement plus, et par la suite ils avaient repéré des gens et ces gens-là on eu beaucoup de misère. On avait un inspecteur d Académie, le pauvre garçon il avait une seule fille, et un jour il a demandé ce que je devenais et elle a dit que je suivais des cours à Limoges où j étais logée par le Secours National c était une horreur, eh bien il a dit : «Moi je vais faire l impossible pour la faire revenir.»

16 Une fermière du sud C est mon grand-père, il est né en Je ne sais pas bien si c est en 1896 ou en C est l un des deux, mais je ne sais pas. C est ma grand-mère, ma grand-mère et puis moi. C était chez moi. Pas dans ma maison natale parce que je suis née à Paris. Oui. Ma mère m a ramenée j avais 28 jours. C était la déclaration de la guerre quelque temps après, la guerre de 14. C est mes deux enfants dans notre maison. J ai travaillé à 17 ans comme employée de maison à Vallières. J ai travaillé chez des postiers. Et puis après j ai été travaillé dans une très grande maison bourgeoise. C était une dame, je vais vous faire rire, quand elle allait à la messe elle aurait pu amener une personne qui avait des sabots sales. Mais les autres jours elle n avait pas besoin, non, ce n était pas le jour. Il y avait une cuisinière. Oui, il y avait de l argent. C était une dame du Nord, son mari était entrepreneur de maçonnerie. Je suis restée trois ans chez eux, avant j avais travaillé quelques jours comme ça, mais dans cette maison-là j ai travaillé trois ans. Après je me suis mariée. Il est mort. Je l avais rencontré à Vallières, au bord du Thaurion, à côté du moulin. Notre maison elle restait sur Monteil-au-Vicomte. C était une maison que mes parents n ont pas pu faire de réparation. On l a fait couvrir et puis c est tout. Mon père était mort à la guerre, mes grands-parents m ont gardée, ma mère travaillait dans les fermes. À ce moment-là on ne gagnait pas de l or. Mon mari travaillait la terre, il est revenu de Paris parce que les travaux ne marchaient plus. Ça marchait par moment, par période. Alors, il est venu travailler sa ferme. Il arrachait des arbres, ça en aurait fait de l argent tous ces arbres. Si on savait l avenir Mon fils est entrepreneur de maçonnerie à Paris et puis l autre il a gardé la ferme. Une ferme de 40 hectares. Oui. On avait trente bêtes, on les mettait toutes dehors parce qu on avait tellement de pertes dedans. Le vétérinaire nous avait dit que si on mettait les vaches dehors on aurait moins d ennui. Et mon fils est allé les voir un matin, elles étaient toutes couvertes de neige, jamais elles ne se sont jamais si bien portées. C est quand même mieux qu à l étable, ces vieux bâtiments c est plein de microbes. Et il fallait les nettoyer les matins. On achetait des vaches elles faisaient des veaux dehors et on s en occupait plus. Un jour on a trouvé un veau qui n avait plus de tête, le renard avait mangé la tête, c est terrible. Elle a fini de faire un veau comme ça : un veau sans tête. Il y a des miracles. Dans l agriculture comme ailleurs. On faisait du seigle et puis du blé. On a fait du blé noir, mais pas longtemps. Du blé noir ça ne se vendait pas beaucoup, mais pendant la guerre on en faisait des crêpes. Mais ça n a pas duré après la guerre. On mangeait son œuf avec des crêpes et c était bon. Une crêpe passée au beurre. Oh!... Ça ne m a pas fait maigrir pour ça. Le lait... Il ne nous manquait rien pour faire des gâteaux. La tarte aux pommes, c était bon. Je ne me vante pas, monsieur, je les réussissais bien. Vous savez il faut beaucoup de matière grasse pour les tartes pour que la pâte soit fine. Je voulais travailler dans une maison, mais pas la terre. Non, je n ai jamais aimé. Mais vous me diriez : pourquoi on s est marié avec un cultivateur? Non, on ne réalise pas. Je ne sais pas. Je n ai jamais su comment j avais fait. Je le connaissais vaguement, vaguement. Il y a des coïncidences vraiment impensables. J aurais voulu être dans un bureau, écrire, mais je ne pouvais pas faire autre chose parce que j ai que mon certificat d études. Mon institutrice s appelait madame Michaux. Ah oui! J étais forte en orthographe et elle avait une maladie de voix, et quand elle avait trop mal, elle me mettait à son bureau et elle me faisait dicter la dictée aux autres. Je vous assure que ce moment-là je m en souviendrais toute ma vie. Le roi n était pas mon cousin

17 L école était à un kilomètre. On n avait que des sabots et on avait de la neige dans les sabots et il fallait passer la journée comme ça. Je cassais les sabots parce qu on sautait à la corde. Un jour ma grand-mère m a dit : «Je vais t en faire un en fer!» Elle m a acheté des galoches. Ça a résisté. J aimais ça le bal. Il y avait tout à Vallières, et il n y a plus rien. Il n y a même pas un bal maintenant. Je ne comprends pas la jeunesse. Ils se battent c est affreux la jeunesse. Le cinéma c était trop cher. On a vécu honnêtement, mais on a vécu convenablement. C est l année de mes 20 ans sur la photo. Je suis allée chez un photographe à Vallières, mais il est mort maintenant, c était monsieur Nardonet. C était un jour comme un autre mes 20 ans, je travaillais. J ai vécu pauvrement, mais honnêtement. C est une vie simple, mais honnête. Je ne regrette pas ma jeunesse. Il n y a plus de bal maintenant, il y a le terrain de football à la place. J ai aimé danser. J ai connu des garçons comme toutes les filles convenables. On se couchait à plus d une heure et le matin il fallait se lever à 5 heures pour être au travail à six heures. Ce n était pas drôle, mais on était content quand même

18 Émilie, la centenaire Je suis née à Saint Marc À-Loubaud dans la Creuse, près de Felletin. Je me suis mariée. J ai suivi mon mari. Je me suis mariée à 21 ans. J étais bien pressée. Je ne me rappelle plus où on s est rencontrés. Sans doute à un bal. Je ne dansais pas, mais j ai bien dû rencontrer quelqu un qui m a donné rendez-vous, c est le cas de le dire. Mes parents, ils faisaient des journées quand ils trouvaient. Nous avions une petite maison. Ma mère faisait des pommes de terre rôties dans la cocotte, un autre jour dans la poêle. Un jour elle faisait des carottes. Il fallait bien varier un peu. Le soir on faisait une bonne soupe de légume

19 Six retraités racontent Jean-Paul : Je suis d Ajain. J ai été embarqué comme STO, je me suis sauvé pour rejoindre les Russes antiallemands à Vienne et on a été du côté des Russes chez eux. Quand j y repense Quand on était en bas d une colline et que les Allemands étaient en haut et qu on les prenait pour les nôtres, et qu ils nous ont tirés dessus et qu on a laissé des copains par terre. Fermière : Dire qu on leur a fait à manger aux Allemands. Jean-Paul : Ça la mémé elle n accepte pas. Fermière : Ils venaient à la maison, ils demandaient qu on leur fasse le déjeuner, sans payer, rien. Oh le plus qu ils m ont fait peine : on avait un beau petit chien, ils jouaient avec ce chien et ils l appelaient de Gaulle. C est affreux ce qu on a pu vivre. Il fallait leur faire à manger, mais ce n est pas eux qui payaient. On achetait de la viande et des légumes, à déjeuner quoi. Émilie (la centenaire) : Il faut commencer par le commencement, quelque chose que je comprenne facilement. J y suis née même en Creuse. Jean-Paul : On se voit depuis hier on se reconnait pas. Émilie : Mon mari était maçon. On allait où ça se construisait. Je n ai pas quitté la Creuse. Maintenant je ne m en vais pas parce que je suis trop vieille. Je suis née en J ai eu cent ans. Je suis née le 11 mars Fermière : On a sept ans de différence. Émilie : J ai vu le soleil se lever quelquefois. Je suis née à Saint Marc à Loubaud à 25 kilomètres d Aubusson à 2 kilomètres près. J habitais une maison en granit. Jean-Paul : J avais une maison dans le bourg. Il y avait la cuisinière à charbon, le Butagaz on l a acheté juste avant la guerre. Émilie : L électricité on l a en tout ça doit faire cent ans, n est-ce pas? J ai toujours connu l électricité. Fermière : J ai été avec mes parents jusqu à mon école, et puis après je suis allée dans les maisons bourgeoises, et puis je me suis mariée avec un propriétaire qui avait une ferme de quarante hectares, mais en friche parce que mon mari était maçon, mais avec les difficultés qu il avait eues à Paris il était revenu travailler sa ferme. Émilie : Vous me demanderez, Monsieur, parce que je ne sais pas ce que vous désirez entendre. Fermière : Il n y avait rien dans les villages. Il y avait juste un feu de joie le 28 juin. Jean-Paul : Tréfujo. Madame Chatou : Un roudo on appelait ça nous. Jean-Paul : Ah bon. Émilie : Roudo? Je ne sais pas où c est ça. Jean-Paul : Dans un village. Émilie : Dans un village? Jean-Paul : Oui on était dans un village le jour du 28 juin. Fermière : Il y avait une grande fête à Vallières en septembre, et bien on m emmenait à la fête. Deux ou trois tours de manège et on revenait. Je me suis élevée pauvrement. Je n avais pas de père. Émilie : On était bien civilisé, les dames se racontaient bien des histoires quand elles avaient le temps. Madame Chatou : On allait jouer aux cartes. Jean-Paul : À la belote. On a vu les débuts de la belote. Madame Chatou : On se réunissait tous les soirs pour jouer aux cartes. L hiver. Il fallait quatre hommes pour jouer à la belote, alors ils se rassemblaient. Fermière : Chez nous on se réunissait pour tricoter et puis travailler au coin du feu. Jean-Paul : Ce n était pas les mêmes choses à faire

20 Émilie : Les messieurs ne tricotaient pas, ils lisaient le journal. La Montagne. Jean-Paul : La politique. La politique. Émilie : La Montagne. Jean-Paul : La Dépêche. Madame Chatou : Pas de mon temps. Le Parisien. Fermière : Il n y avait pas de café dans les villages, dans le bourg, oui. Jean-Paul : Il y avait la camionnette qui passait. La voiture de Caïfa. Elle était jolie. Il passait avec sa petite voiture. Vous l avez vu Caïfa? Madame Chatou : Oui, il avait une petite voiture comme une table, rectangulaire. Il avait de tout, il était habitué, du café, du sucre. Jean-Paul : J ignorais l histoire de la bonne vierge d Ajain. Pendant la guerre de 70 ils avaient juré que si les Allemands ne venaient pas jusqu à Ajain, la vierge aurait sa chapelle, eh bien la bonne vierge elle a sa chapelle, vous pouvez la voir. Il n y a pas grand monde qui la connait. Fermière : Il y avait les feux de joie au mois de juin pour la Saint Jean. Émilie : Dites on apportait des bouquets de fleurs. Fermière : Ça faisait des étincelles. C était beau. Maintenant ça n existe plus. Émilie : Il faut m interroger pour que je me souvienne. Fermière : Il y avait des bals dans le temps, dans les cafés ou dans les granges. Il y avait des accordéons. Madame Chatou : On dansait la valse, la java, la rumba, la bourrée. Émilie : La bourrée il faut être quatre. C est une danse spéciale. Fermière : On la dansait avec des grelots aux pieds. Le Notable : Les cols des barbichets qui disaient : les limousines sont des roses leurs barbichets, leurs petits bonnets en dentelles, des papillons. La vielle et une espèce de corne. Jean-Paul : Vous en savez des choses. Le Notable : Un nommé Duranton tenait un parquet salon pour danser, il allait à Felletin, il allait partout en Creuse. C était un joueur de vielle. Jean-Paul : L histoire de la rigole du diable moi je ne la connaissais pas. Le Notable : On trouve la même au Goure des Limonières. Émilie : La rigole du diable c est une petite rivière de la Creuse. Le Notable : Un jour le malin a voulu séduire une bergère, elle a refusé ses avances et pour la punir il l a poussée dans le précipice. Ce n est pas très impressionnant. Émilie : Ça l est assez impressionnant. Le Notable : À 3 ou 4 km dans le Thaurion un accident géologique a créé un à pic de quelque 20 ou 30 mètres, c est impressionnant, il y a la même légende avec le diable et une bergère. Fermière : Pour les poissons il y a une histoire. Il était défendu de prendre les poissons et un monsieur il prend un sac en papier il met des poissons dedans mais quand il les passait devant les gardes le sac s est effondré. Jean-Paul : J en ai appris des nouvelles ce soir, je suis pourtant creusois. Fermière : Pour aller à l école je faisais 1 km tous les jours. Pour mes enfants je les avais mis au Monteil il y a 5 km à peine. Jean-Paul : Tous les bourgs avaient leur école. Fermière : il ya trop de montagnes en Creuse. Jean-Paul : C est ma région préférée. C est bien plus beau les montagnes. Fermière : Pour les vieux c est triste. Madame Chatou : Jeune je trouvais ça bien. Jean-Paul : Les jeunes ils travaillaient à la ferme. Madame Chatou : Il fallait garder les bêtes. On jouait à monter à la bicyclette. Femme du notable : On allait aux champignons, on allait aux écrevisses, on restait avec les parents

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