PROGRAMME D INVESTISSEMENTS D AVENIR

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1 PROGRAMME D INVESTISSEMENTS D AVENIR Appel permanent à projets pour le développement de la culture scientifique et technique et l égalité des chances Projet : 65 MILLIONS D OBSERVATEURS Porteur : Référent : Muséum national d Histoire naturelle Romain Julliard, Professeur au Muséum 55 rue buffon,

2 65 MILLIONS D OBSERVATEURS : LE PROJET LES COMPOSANTES DU PROJET FICHES OUTILS SYNTHÈSE 2

3 65 MILLIONS D OBSERVATEURS Présentation du projet Nos valeurs partagées Le périmètre du projet La gouvernance du projet 3

4 65 MILLIONS D OBSERVATEURS 1.1 Présentation du projet LES SCIENCES PARTICIPATIVES : UNE FORME MODERNE DE FORMATION À LA DÉMARCHE SCIENTIFIQUE Notre mode de vie urbain, nous coupe, de plus en plus, de la nature. Pour un citadin, l expérience de la nature se limite le plus souvent à quelques émissions télévisées. A la différence de la tradition anglosaxonne, les médias français laissent souvent de côté les bases scientifiques, pourtant absolument nécessaire pour bien comprendre les enjeux liés à l environnement, pour ne montrer que les éléments alarmistes (pollution, sécurité alimentaire, disparition de la biodiversité...). Il existe pourtant des initiatives originales qui visent à améliorer la connaissance scientifique de notre environnement tout en aidant à reconnecter les citoyens à la science. Il s agit des sciences participatives. Leur philosophie repose sur le partage de la démarche scientifique entre participants volontaires et chercheurs académiques. Parmi les diverses déclinaisons des sciences participatives, le modèle sur lequel nous nous appuyons, est fondé sur un triple partenariat : 1. Entre le chercheur et l observateur : le premier doit concevoir un protocole pour le second, en respectant ses motivations, en échange de quoi l observateur bénévole a envie de s impliquer et de fournir ses données pour alimenter la recherche. C est en résumé une approche gagnantgagnant ; 2. Entre une structure généralement associative et cette relation chercheur-citoyen : Cette structure est en charge de l animation de la communauté des observateurs (recrutement et fidélisation). il s agit de trouver les leviers de mobilisation : création d un sentiment d appartenance à un projet scientifique et collaboratif. 3. Entre le dispositif de science participative et un ensemble d acteurs intéressés par ces dispositifs : acteurs de la recherche, acteurs locaux (collectivité, entreprise) souhaitant mobiliser leurs concitoyens, acteurs institutionnels ayant besoin d indicateurs d état de la biodiversité, acteurs de la diffusion de la culture scientifique. Pour les citoyens participer à un programme de sciences participatives va bien au-delà de la simple observation. Ils s approprient la démarche de recherche : à quelles questions ces protocoles peuvent-ils répondre, en quoi chacune des observations contribue-t-elle à répondre à la question? Quels résultats et conclusions peut-on tirer de l ensemble du dispositif? En permettant ces questionnements, les sciences participatives contribuent à réduire deux inégalités fortes en matière d accès à la culture scientifique : Par la possibilité de s approprier par l expérience personnelle la nature immédiate, sa complexité et les mécanismes sous-jacents, les sciences participatives permettent aux citoyens participants de se reconnecter avec le monde naturel et sa complexité. Ils découvriront que l environnement qui les entoure est infiniment plus complexe que ce qu ils imaginaient. 4

5 Les sciences participatives valorisent des compétences non académiques : la capacité d observation, d'interprétation et d identification, la curiosité,... Les approches des sciences participatives sont ainsi en rupture avec celles classiquement utilisées. En cela, les sciences participatives permettent à chacun, catalogué ou non comme ayant prétendument un esprit scientifique, de tisser des liens avec le monde de la recherche et la démarche scientifique. L autre force de ces dispositifs est de s adresser aussi bien aux individus de tous âges qu à des communautés diverses (groupes d amis, groupes familiaux, collègues ). L aspect tribu de ces observations est l occasion d échanger en direct ou via des forums créant ainsi du lien social, familial et. Tous ces éléments contribuent à mettre en évidence chez nos concitoyens le fait qu ils peuvent agir localement pour améliorer leur environnement, leur santé, leurs relations sociales et leur intégration. DEVELOPPER UN OUTIL STRUCTURANT ET PÉRENNE Pour être pleinement efficientes les sciences participatives doivent s appuyer sur des outils informatiques performants. Actuellement, les outils dont nous disposons sont disparates et souvent obsolètes, ce qui limite considérablement leur portée et leur pérennité. Dans le cadre de 65 millions d observateurs, nous avons rassemblé 6 dispositifs pour lesquels les besoins de développement sont similaires : chacun s appuie sur des spécificités et des partenariats propres, mais tous partagent un même ensemble de valeurs. En les rassemblant, nous souhaitons non seulement atteindre une taille critique visant à des économies d échelle mais également proposer un outil informatique interopérable, flexible, simple et robuste. Par cette offre unifiée, nous espérons mobiliser et fidéliser le plus grand nombre d'observateurs, mais aussi convaincre un ensemble de nouveaux partenaires locaux de s approprier les sciences participatives et de les mettre en œuvre à leur échelle dans un projet structurant. Ces relais sont multiples : Muséum en région, Centres permanents d'initiatives pour l'environnement (CPIE), Réserves Man & Biosphere, collectivités locales (de la commune à la région), entreprises, qui, faute d outils adaptés, ne trouvent pas aujourd hui leur place dans ces dispositifs. LES 6 COMPOSANTES DU PROJET 1. VIGIE-NATURE RESTRUCTURÉ Il s agit de restructurer et d ajouter de nouvelles fonctionnalités à cinq des observatoires Vigie-Nature «grand public» : L Observatoire de la Biodiversité des Jardins (fonctionnel depuis 2006) en collaboration avec Noé Conservation ; L Observatoire des Bourdons (depuis 2009) avec l association Estuaire ; Le Suivi Photographique des Insectes POLLinisateurs (SPIPOLL, 2010) avec l Office pour les Insectes et leur environnement (OPIE) ; Sauvages de ma rue (depuis 2011) avec Tela Botanica ; Oiseaux des Jardins (depuis 2012) avec la Ligue pour la Protection des Oiseaux (LPO). Les outils informatiques constitutifs de ces cinq observatoires sont les facteurs limitant majeurs à la participation des observateurs et ont tous besoin d évoluer. Une refonte des ces outils et un élargissement des fonctionnalités proposées (participation des observateurs aux analyses ) permettra une meilleure communication entre les bases de données favorisant ainsi l'émergence de nouveaux questionnements. 2. SCIENCES PARTICIPATIVES À L ÉCOLE Il s agit du déploiement au monde scolaire du projet 65 millions d observateurs à travers les déclinaisons des observatoires actuels. Les observatoires sélectionnés sont compatibles avec le calendrier scolaire et s inscrivent parfaitement dans les programmes scolaires. Ce projet largement entamé sur le fond, nécessite un outil web performant et spécifique qui permettra le dialogue avec les observatoires tout public. Natureparif et le CRDP de Paris sont cofondateurs avec le Muséum du premier volet de cette initiative : Vigie-Nature École qui dispose de l appui du ministère de l Éducation Nationale. 5

6 3. VIGIE-CIEL En cours de montage, il s agit du volet participatif tout public du projet de recherche FRIPON de détection des chutes de bolides célestes : un réseau de caméras fixes filme le ciel et permet de prédire les points d impacts de petits corps célestes qui tombent régulièrement sur le territoire français (10 à 15 par an). L objectif de Vigie-Ciel former un vaste réseau de volontaires capables d aller retrouver ces objets afin de les déposer dans les collections du Muséum. Le principal partenaire est l Association française d'astronomie (AFA). 4. VIGIE-MER L Agence des Aires Marines Protégées promeut depuis quelques années les dispositifs de sciences participatives en Mer (littoral, en surface et en plongée). Comme son pendant terrestre, Vigie-Mer est une somme de dispositifs qui nécessitent des outils informatiques restructurés. Les partenaires associatifs sont nombreux. 5. PLATEFORME D ÉCHANGE PRATIQUES AGRICOLES ET BIODIVERSITÉ Prolongement naturel de l Observatoire Agricole de la Biodiversité, l étude de préfiguration en cours montre l intérêt des réseaux d acteurs du monde agricole pour un tel dispositif : un lieu de partage d expérience afin de formuler des questionnements, dont une partie peut être mis en œuvre dans un réseau de sites fixes (lycées agricoles, exploitations expérimentales ). L assemblée permanente des chambres d'agriculture (APCA) et le réseau des instituts des filières animales et végétales (ACTA) avec le soutien du Ministère de l Agriculture soutiennent cette initiative au côté du Muséum. 6. NOUVELLES FORMES DE SCIENCES PARTICIPATIVES Deux nouveaux dispositifs permettront d élargir la manière de faire de la science participative telle que proposée jusqu à maintenant : l écologie expérimentale participative et la surveillance des évènements inhabituels concernant la biodiversité. Dans le premier cas, il s agit de proposer de mettre en œuvre collectivement des expériences (ayant trait à la biodiversité, l écologie fonctionnelle ) afin de répondre à une question de recherche qui bénéficierait de la participation d un grand nombre de personnes. Dans le deuxième cas, il s agit de recueillir toutes ces observations de bizarreries de la nature qui n entrent pas dans les protocoles standardisés auprès de ceux qui accumulent des savoirs locaux sur la nature : forestiers, chasseurs, piégeurs, agriculteurs, jardiniers. Documentées dans des bases de données, elles devraient permettre d identifier des manifestations précoces de phénomènes qui pourraient se généraliser (migration d une espèce au-delà de sa zone habituelle en raison de changements anthropiques ou du changement climatique, espèce invasive...). Enfin, nous souhaitons apprendre d une expérience originale d'implication par la participation Mon Village Espace de Biodiversité menée dans les Deux-Sèvres. Cette initiative tache de mobiliser de manière intégrée dans le même projet les habitants, scolaire, agriculteurs et municipalités dans une forte proportion et dans un territoire rural. Il s agira de développer les outils prometteurs pour reproduire cette expérience dans d autres territoires. Bien que d approches variées, les six composantes de notre projets sont porteuses des mêmes valeurs, elles favoriseront l acculturation scientifique du grand public tout en répondant aux besoins des scientifiques. LES OUTILS À DEVELOPPER 1. LES OUTILS POUR FACILITER LA PARTICIPATION. Il s agit de faciliter la vie du participant. Il faut à la fois un système permettant un dialogue pérenne entre bases de données de différents types et origines (l interopérabilité dont l expérience montre qu elle est difficile à maintenir sans un format de données très homogène) sans que cela constitue une contrainte pour les différents dispositifs dont l ergonomie, la charte graphique, l univers doit être adapté aux participants cibles. Ces supports, souhaités open-source, seront évolutifs pour permettre de créer de nouvelles plateformes pour de nouveaux observatoires une fois l investissement clos. Ces plateformes seront également adaptées pour être accessibles sur des tablettes et des smartphones. 6

7 2. LES OUTILS POUR S APPROPRIER LA DÉMARCHE SCIENTIFIQUE. Ces outils s adressent à une communauté de sympathisants et autres utilisateurs de données, plus large que les observateurs. Il s agit ici : de favoriser la consultation des données appuyée par des outils de téléchargements et guides d utilisation ; de développer des modules de restitution automatique standardisée accompagnée de tutoriels ; de construire un espace collaboratif d analyses des données. de développer des outils pour faciliter l accès au contenu : clés d identification collaborative, identification automatique sur photos, sur sonagrammes, outils de création de contenus collaboratifs (de type wiki, y compris sur la démarche d interprétation des données). 3. LES OUTILS D ANIMATION. Le sentiment d appartenance à une communauté est une des clés du succès des sciences participatives. Pour notre projet, il s agit d inventer le «community management» adapté aux sciences participatives. Il s agit également de développer des kits pour qu un relais local (type Muséums, CPIE) puisse décliner à la carte les outils des dispositifs qu il souhaite animer. Nous souhaitons également que les participants à l échelle la plus locale puissent disposer de tous les éléments nécessaires à la création de leur propre club de sciences participatives. Il faudra également concevoir une offre adaptée aux collectivités et aux entreprises (par exemple mettre en œuvre la science participative dans la démarche RSE). Associé à cela, un kit pour créer du matériel de communication imprimé (flyer, posters, newsletters) sera disponible et libre de droit. C est également l adaptation de tout cela aux départements et territoires d outre-mer ce qui suppose des spécialistes des thématiques et des dispositifs qui s y prêtent, mobilisés sur place. 7

8 65 MILLIONS D OBSERVATEURS 1.2 Nos valeurs partagées Le projet 65 millions d observateurs et ses acteurs partagent des valeurs communes, en adéquation avec les objectifs du présent appel à projets. Ce sont ces valeurs partagées qui en forment le socle fondateur et justifient sa cohérence globale. OUVERTURE DU MONDE SCIENTIFIQUE Les programmes de sciences participatives déjà mis en œuvre par le Muséum ces dix dernières années apportent expérience et recul nécessaire pour mieux appréhender les relations entre participants et programmes de science participative. Ainsi, la transparence et la diffusion des problématiques de recherche à l origine des programmes, comme celles des résultats, traduisant une ouverture de l univers de la recherche au plus grand nombre, apparaissent à la fois comme une demande forte des participants et comme des facteurs clefs de succès des programmes. RECHERCHE CITOYENNE Lors de la mise en œuvre de ces programmes, chacune des parties, chercheurs et participants, se retrouve dans une situation gagnant-gagnant. Si les chercheurs bénéficient de moyens inégalés pour appréhender des phénomènes à larges échelles temporelles et spatiales, les «non-chercheurs» accèdent à l univers relativement fermé de la recherche contemporaine, en termes de questionnement comme en termes d approche et de recherche action, univers habituellement difficilement accessible sans parcours académique. Les participants ne sont pas de simples thermomètres, mais sont porteurs d un véritable projet commun de recherche citoyenne. C est un lien privilégié qui se crée entre recherche et société civile ; et c est un des objectifs de «65 millions d observateurs» que de faciliter, d étendre et de renforcer ce lien. PARTICIPATION LOCALE L animation locale et l inscription territoriale des protocoles se sont révélées des facteurs décisifs d adhésion et appropriation, eux-mêmes moteurs de participation individuelle des citoyens volontaires. Cet ancrage territorial est lui aussi facteur d émergence de véritables questionnements scientifiques de la part des participants eux-mêmes. L articulation entre l animation nationale et les relais locaux peut cependant être fortement améliorée, c est une part importante de l investissement demandé. APPARTENANCE ET LIEN SOCIAL Le sentiment d appartenance à une communauté d observateurs et d acteurs, tous impliqués dans un programme de recherche participatif, est un facteur clef de la participation. Les outils développés dans le cadre du projet ont vocation à générer et renforcer ce sentiment d appartenance. 8

9 APPROPRIATION DE LA DÉMARCHE SCIENTIFIQUE PAR LA PARTICIPATION L approche scientifique proposée par «65 millions d observateurs» est une porte d entrée vers l éducation à la démarche scientifique dans l enseignement, permettant ainsi de créer ou de renforcer le lien entre monde de la recherche et monde scolaire. Les sciences participatives à l école promettent d être un outil efficace, offrant une approche concrète de la science et permettant d impliquer tous les scolaires, quels que soient leur âge, leur genre, leur niveau scolaire ou bien leur perception même de la science. Par définition, les protocoles sont accessibles à tous, qu on soit «scientifique» ou «non-scientifique». ACCÈS POUR TOUS L accès pour tous est une valeur forte de «65 millions d observateurs». L accès aux programmes de sciences participatives doit être possible : Où que l on soit : la grande majorité des protocoles proposés jusqu ici est restée limitée à la France continentale et à la Corse. Ils doivent s élargir aux territoires ultramarins avec une approche propre aux spécificités, problématiques et contraintes de ces territoires. Qu on soit en ville ou à la campagne, avec un accès aisé ou non à la culture scientifique, les sciences participatives permettent à tous de s insérer dans un projet de recherche. Qui que l on soit : employé de bureau, médecin, naturaliste avertit, jeune ou retraité, financièrement aisé ou non Quelles que soient nos capacités : accès aux personnes en situation de handicap : L'accessibilité est une thématique importante pour le Muséum, prise en compte dans plusieurs domaines. Pour ce projet et toujours dans un principe d'égalité des chances, porté par l'ensemble du projet «65 millions d'observateurs», les contenus et applications web seront, dans la mesure du possible, conçus et développées pour être accessibles à tous les publics, y compris les personnes en situation de handicap ou ayant un accès réduit à internet et ainsi favoriser la diffusion de la culture scientifique, l'accès et la participation du plus grand nombre au monde de la science et de la recherche. Une attention particulière sera portée à l'accessibilité dans les cahiers des charges des outils et contenus web qui seront développés. Les recommandations du référentiel général d'accessibilité pour les administrations / RGAA seront notamment portés à la connaissance des rédacteurs et prestataires. ÉCONOMIE DU DON L information que l on collecte dans ces dispositifs est destinée à être offerte au reste de la communauté pour être utilisée librement. L accès gratuit et facilité aux données est donc un trait des programmes participatifs rassemblés dans ce projet, tous basés sur le principe de l économie du don. Il ne s agit pas là de bien matériels, mais de don de savoirs et d observations, de temps consacré à la mise en œuvre des protocoles. FONCTIONNEMENT PARTENARIAL L ensemble des dispositifs de 65 millions d observateurs repose sur une dynamique partenariale forte. Cette dimension partenariale est même intrinsèque au projet, qui ne peut être porté par les seuls scientifiques, associations ou citoyens. Ce sont les liens entre tous ces acteurs qui rendent ce projet possible. Ainsi, partenariat entre chercheurs institutionnels et «non-chercheurs», copilotage par une institution de recherche et une ou plusieurs structures de la société civile, accès pour tous au monde de la science et de la recherche, intégration au cœur de l éducation, ancrage et animation territoriale, participation collaborative élargie aux différentes étapes de la démarche scientifique, extension à l ensemble du territoire, y compris outre-mer et enfin accès facilité et gratuit aux données comme aux productions, doivent être considérés comme les constituants essentiels de ce projet. 9

10 65 MILLIONS D OBSERVATEURS 1.3 Le périmètre du projet PÉRIMÈTRE ORGANISATIONNEL Les programmes de sciences participatives associent par définition chercheurs et participants et sont portés par un établissement de recherche en partenariat étroit avec une ou plusieurs structures de la société civile. Ils sont, où ont vocation à être, également relayés sur l ensemble du territoire national à travers un maillage fort de relais locaux permettant de toucher le plus grand nombre. PÉRIMÈTRE GEOGRAPHIQUE Jusqu ici, les protocoles proposés sont restés limitée à la France continentale et à la Corse. Nous souhaitons profiter de l opportunité qui s offre ici pour nous pour élargir aux territoires d outre-mer, avec une approche propre aux spécificités, problématiques et contraintes de ces territoires. Si le périmètre géographique sera étendu, l expérience a montré qu un élément décisif de participation et d appropriation, est l animation locale. Cet ancrage territorial est facteur d émergence de véritables questionnements scientifiques de la part des participants eux-mêmes. Ce déploiement local sera donc favorisé partout, y compris en outre-mer, avec la possibilité de déclinaisons spécifiques. PÉRIMÈTRE SOCIAL Les programmes de sciences participatives 65 millions d observateurs visent à mobiliser et permettre l accès au monde de la science à tous les publics, du profane à l amateur éclairé. Ils s inscrivent dans l enseignement avec Vigie-Nature-école, sont ouverts au monde agricole, à celui des entreprises L objectif étant que chacun des 65 millions de citoyens français soit touché et se sente concerné d une manière ou d une autre. 10

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12 65 MILLIONS D OBSERVATEURS 1.4 La gouvernance du projet CADRE GÉNÉRAL Ce projet, porté par le Muséum est le résultat d un consortium de programmes participatifs associant chercheurs et non-chercheurs. En conséquence, tous ces programmes résultent de partenariats concernant animation, co-pilotage, valorisation des données et des résultats, partenariats sans lesquels aucun de ces programmes ne serait en mesure de fonctionner. Il est donc essentiel de s assurer d une gouvernance collective. Nous prévoyons la mise en place d un comité de pilotage, véritable maître d œuvre du projet, qui pourra s appuyer sur des sous-commissions thématiques, par dispositifs, par type d outil ou par type d acteur. COMITÉ DE PILOTAGE Compte-tenu du grand nombre de partenaires distribués partout en France, le comité de pilotage fonctionnera autant que possible en se passant de réunions plénières, de manière déconcentrée et souple, en tirant parti des outils de réunions à distance existants. Enfin, étant donné l importance de la dimension collaborative du projet, le chef de projet spécialement recruté pour la gestion générale de ce projet tout au long de sa mise en œuvre, (cf 3.4. Coordination opérationnelle du projet 65 millions d'observateurs), s assurera, entre autre, du fonctionnement de ce comité. Un budget pour ce fonctionnement est par ailleurs prévu. RÔLE DU COMITÉ DE PILOTAGE Outre le pilotage et le suivi du bon déroulement du projet, le comité de pilotage aura pour missions de : Évaluer et proposer la meilleure option pour héberger les différents chargés de missions recrutés pour telle ou telle tâche parmi les différents partenaires, Déterminer, pour chaque outil à développer, la meilleure stratégie. Parmi celles-ci seront notamment prioritairement évaluées celles consistant à s appuyer sur les compétences existantes au sein des partenaires, si besoin renforcées spécifiquement, Former des commissions d appels d offre pour faire appel à un prestataire extérieur au consortium. 12

13 COMITÉ D ORIENTATION Nous prévoyons un comité d orientation pour nous conseiller sur les choix stratégiques lors de la mise en œuvre de l investissement. Ce comité se réunira 2 fois par an. Il sera composé de personnes extérieures au consortium mais impliquées à divers titres dans les sciences participatives. Afin de rester efficace, ce comité devrait être composé de 6 à 8 personnes. Pour l instant 5 ont été approchées : Bénédicte Herbinet, Directrice de la Fondation pour la Recherche sur la Biodiversité (confirmé) Pierre-Benoit Joly, Directeur de l Institut Francilien Recherche, Innovation, Société (INRA-IFRIS) (confirmé) Lionel Larqué, fondateur et secrétaire exécutif de l Alliance Sciences-Société (confirmé) Olivier Las Vergnas, Chercheur en science de l'éducation, Université de Nanterre (confirmé) Mark Lipinski, Chargé de mission sciences participatives au CNRS (confirmé) 13

14 LES COMPOSANTES DU PROJET Vigie-Nature restructuré Vigie-Ciel Vigie-Mer Sciences participatives à l école Pratiques agricoles et biodiversité Nouvelles formes de sciences participatives Bilan des structures mobilisées 14

15 LES COMPOSANTES DU PROJET 2.1 Vigie-Nature restructuré CONTEXTE ET ENJEUX DU PROJET Vigie-Nature est un programme de sciences participatives qui consiste à suivre les espèces communes (faune et flore) à l'échelle nationale, grâce à des réseaux d'observateurs volontaires. Reposant d abord sur le suivi de l avifaune commune via le Suivi Temporel des Oiseaux Communs depuis 1989, il s est renforcé à partir de 2006 avec le suivi de nouveaux groupes, tels les papillons, chauves-souris, escargots, insectes pollinisateurs, libellules et la flore. Vigie-Nature est coordonné par le CERSP au niveau national, animé par des réseaux associatifs, et mis en œuvre grâce à des réseaux d observateurs volontaires. L ensemble des programmes Vigie-Nature rassemblent aujourd hui observateurs, qu ils soient naturalistes débutants ou confirmés, professionnels ou bénévoles, ainsi que de nombreux partenaires associatifs naturalistes, des structures de gestion d espaces protégés (Parcs naturels régionaux, conservatoires d espaces naturels) ou de gestion du territoire (collectivités territoriales, entreprises). Pour mobiliser un grand nombre d observateurs et avoir une vision qui couvre l ensemble du territoire, les protocoles proposés sont à la fois rigoureux et simples. L analyse des données permet de caractériser le devenir de cortèges d espèces communes, à l aide du concept d indicateur d état des communautés. Vigie- Nature permet ainsi d évaluer l impact des activités humaines (fragmentation du paysage, urbanisation) et des changements globaux (climat) sur la biodiversité à différentes échelles, cantonale, régionale, nationale ou européenne. Outre l intérêt de documenter des indicateurs nationaux et régionaux de biodiversité, les observateurs peuvent profiter immédiatement d un dispositif structuré et bénéficié des derniers développements de la recherche pour des applications locales. Depuis 2006, des observatoires à destination du Grand public voient le jour au sein du programme Vigie- Nature. Ces observatoires requièrent une animation particulière pour mobiliser des participants ayant des approches très diverses sur la nature et la science. Cette animation ne peut se faire à l échelle nationale et s appuie donc sur des relais locaux. Pour la réussite de ces observatoires participatifs, l enjeu d animation est double : Mettre à disposition les outils nécessaires pour les relais locaux pour qu ils puissent mener à bien leurs actions de sensibilisation et de mobilisation Fournir tous les dispositifs nécessaires aux participants pour qu ils s approprient à la fois la problématique du projet, sa démarche scientifique et qu ils acquièrent les compétences naturalistes nécessaires pour participer. Notre volonté est d impliquer les observateurs a d autres niveaux du projet, notamment dans les analyses des données à leur échelle géographique. OBJECTIF DU PROJET, PUBLIC CIBLE Tous les programmes Vigie-Nature destinés au Grand public sont des suivis d éducation à la biodiversité. Les participants apprennent à reconnaître les espèces qui les entourent, à suivre un protocole scientifique simple tout en prenant plaisir à observer la nature. Cette nature peut-être dans leur rue (les plantes de sauvages de ma rue), leur jardin, un jardin public proche de chez eux (observatoires des papillons, escargots, bourdons et 15

16 oiseaux des jardins), ou dans la nature au sens propre (collection photographiques SPIPOLL d insectes pollinisateurs sur une plante à fleurs). Des documents d identification, des fiches de saisie existent pour chaque observatoire. Les observations multipliées par le nombre d observateurs permettent de couvrir le territoire national et la répétition des observations d années en années, permettent d avoir un suivi dans le temps et aux scientifiques de comprendre par exemple les effets du climat, de l urbanisation et de l agriculture sur la biodiversité. 1. L OBSERVATOIRE DE LA BIODIVERSITE DES JARDINS (depuis 2006) Responsable scientifique (MNHN): Benoît Fontaine Responsable animation (Noé Conservation) : Véronique Brondeau Site Internet : et Volet 1 : l'observatoire des Papillons des Jardins L Observatoire des papillons des jardins (OBJ), accessible à tous, emmène à la découverte des papillons, au plus près de chez soi. Dans son jardin ou un jardin public, grâce aux fiches d'identification faciles d utilisation, les participants sont invités à compter les espèces communes, pour permettre un suivi à grande échelle. Outre l ouverture du regard naturaliste et scientifique des participants, cet observatoire peut conduire à adopter des pratiques de jardinage plus respectueuses de l'environnement. L'association Noé Conservation propose aux communes de devenir Relais de l'observatoire de la Biodiversité de Jardins. Elle met ainsi à disposition des collectivités et des associations des outils d'animation et de formation, permettant de donner vie au projet au niveau local. Le MNHN assure le volet scientifique du projet et analyse les données au niveau national. Volet 2 : L'Opération Escargots (depuis 2009) Face au succès rencontré par les papillons en 2006, l Observatoire s est agrandi en 2009 avec l Opération Escargots. On trouve plus de 400 espèces d escargots et de limaces en France. Ces animaux discrets participent au maintien de la qualité du sol et à la création de l humus, et nourrissent les oiseaux et les hérissons. Deux protocoles sont proposés : un inventaire mensuel similaire à l Observatoire des papillons de jardin, et une démarche plus quantitative, qui consiste à compter les escargots et limaces qui viennent s abriter sous une planche que l on installe dans son jardin. Les données collectées par les volontaires sur les escargots et les papillons sont complémentaires. Alors que le cycle de vie des papillons se déroule généralement sur quelques mois, peut-être une année, beaucoup d espèces d escargots vivent plusieurs années. Alors que les papillons, dotés d ailes, volent, et ont par-là même de bonnes capacités de dispersion, la vie des escargots se déroule sur quelques mètres carrés. Pour survive à une perturbation, un papillon va quitter le secteur perturbé, un escargot va se mettre en état d estivation, parfois en s enterrant. Ces différences fondamentales de mode de vie se traduisent sans doute par des réponses différentes aux fluctuations de l environnement, qu il s agisse des variations climatiques, de la modification des paysages ou de l utilisation de produits phytosanitaires. 2. L OBSERVATOIRE DES BOURDONS (depuis 2009) Responsable scientifique (MNHN): Romain Julliard Responsable animation (Asterella): Fabien Verfaillie et Estelle Kerbellec Site Internet : Les bourdons, tout comme les papillons, sont des espèces pollinisatrices, mais sans doute moins sensibles aux aléas environnementaux. Leurs effectifs semblent en déclin dans plusieurs pays. L Observatoire des bourdons a été lancé en 2008 avec un protocole similaire à celui de l observatoire des papillons de jardins, avec 11 groupes d espèces faciles à reconnaître. Des Quiz bourdons sont disponibles pour s entraîner et des formations sur le terrain proposées tout au long du printemps et de l été. 3. LE SPIPOLL - SUIVI PHOTOGRAPHIQUE DES INSECTES POLLINISATEURS (depuis 2010) Responsables scientifiques (MNHN) : Romain Julliard et Colin Fontaine Responsable animation (l Office pour les Insectes et leur environnement) : Mathieu De Flores Site Internet : 16

17 Le déclin des populations d abeilles mellifères est aujourd hui de notoriété publique, et l on s attache à présent à en comprendre les causes. Par contre on connaît plus mal l état des autres insectes qui participent à la pollinisation, et qui représentent un grand nombre d espèces d abeilles sauvages et d autres insectes qui visitent les fleurs. Le SPIPOLL, ou Suivi Photographique des Insectes POLLinisateurs, est un programme de sciences participatives visant à étudier et quantifier la diversité des insectes pollinisateurs et autres insectes floricoles en France métropolitaine (Continent + Corse). Ce suivi a pour principal objectif de mesurer les variations de leur diversité au cours du temps et selon l espace. Le SPIPOLL permet au plus grand nombre, par l'observation de son environnement immédiat, de participer à la récolte de données sur la biodiversité, tout en s'initiant à l'identification des insectes et des plantes à fleurs. Simple et ludique, il s agit de photographier les insectes en train de butiner puis les identifier grâce à une clé de détermination en ligne, il peut entrer dans le cadre d'animations Nature. Sur le site du SPIPOLL, les communes disposeront d'un espace dédié où elles pourront présenter les animations qu'elles mettent en place sur le thème de la pollinisation. L opération peut être répétée autant de fois que souhaitée sur différentes espèces de plantes. Chaque utilisateur dispose d un accès personnel pour consulter ses photos, ainsi que celles des autres utilisateurs. C est le seul suivi pour lequel il n y a pas d engagement dans le temps. 4. SAUVAGES DE MA RUE (depuis 2011) Responsables scientifiques (MNHN) : Nathalie Machon Responsable animation (Tela Botanica) : Jérémy Salinier Site Internet : Les villes concentrent sur des surfaces restreintes une grande proportion de citoyens et une nature tout à fait particulière. Cette biodiversité, à travers les services qu elle rend, est indispensable à la vie des citadins : elle tempère les ilots de chaleur, elle aide à la dépollution de l air et de l eau, à la détoxification des sols Elle offre également à certains citadins leur seule relation régulière avec la nature. En conséquence, de son bon état dépend la qualité de vie des citadins, leur bien-être et même leur santé. Avec l essor de l écologie urbaine, l écosystème urbain est de mieux en mieux connu. A l échelle de la ville, les espèces présentes, animales ou végétales, sont à peu près répertoriées même si elles restent lacunaires. À une échelle encore plus fine : celle de la rue, les listes d espèces n existent pas. Pourtant, ces données sont indispensables pour comprendre comment les «brèches urbaines» : pieds d arbres, espaces engazonnés, les structures urbaines et les modes de gestion influent sur la qualité de la biodiversité. Le projet Sauvages de ma rue a pour but de permettre aux citadins de reconnaître les espèces végétales qui poussent dans leur environnement immédiat, les plantes qu ils croisent quotidiennement dans leur rue, autour des pieds d arbres, sur les trottoirs, dans les pelouses Même s ils n ont aucune connaissance en botanique, grâce à l utilisation des outils très simples mis à leur disposition, ils peuvent faire la liste des espèces qui poussent dans leur rue et envoyer leurs données aux chercheurs grâce à ce site internet. Les données arriveront dans les bases de données du Muséum national d Histoire naturelle et de Tela Botanica qui pourront les analyser. 5. L OBSERVATOIRE DES OISEAUX DES JARDINS (depuis 2012) Responsable scientifique (MNHN): Frédéric Jiguet Responsable animation (LPO) : Marjorie Poitevin Site Internet : L Observatoire des oiseaux des jardins est un observatoire pour apprendre à reconnaître les oiseaux et les compter dans son jardin, dans un parc public ou même sur son balcon, grâce à des outils d identification. En participant, tout au long de l année, à la fréquence qu ils le souhaitent, les observateurs aideront directement les scientifiques à comprendre quand et pourquoi les oiseaux visitent les jardins. Les migrateurs reviennent-ils plus tôt quand le printemps est précoce? Les oiseaux granivores viennent-ils plus aux mangeoires dans les jardins proches des plaines agricoles où les graines sauvages manqueraient en hiver? Comment les aménagements urbains agissent sur la capacité des oiseaux à vivre en ville? Des quizz de reconnaissance visuelle et auditive devraient être développés pour permettre aux observateurs de s entraîner et de progresser. 17

18 GOUVERNANCE ET PARTENAIRES SCIENTIFIQUES DE L ACTION Comme les autres dispositifs de ce projet, le fonctionnement de Vigie-Nature repose sur un triptyque. On y trouve un acteur de recherche, une ou plusieurs structures co-porteuses et des participants. Chacune de ses parties occupe un rôle défini permettant à l ensemble de fonctionner. Ainsi, la composante recherche a la responsabilité d une part du bien-fondé du protocole de collecte des données et d autre part de l analyse de ces dernières. Les structures co-porteuses s acquittent de l animation du programme auprès des participants comme des utilisateurs de résultats potentiels. Cela englobe le porté à connaissance mais aussi l assistance à la participation, l organisation d évènements spécifiques, la création et la diffusion de supports médiatiques, l animation de forums et de listes de diffusions, etc. Ce rôle est véritablement la clé du succès participatif en ce qu il permet de toucher le plus largement et le plus diversement possible les participants. Jusqu'aujourd'hui, l animation a véritablement pâti du manque d harmonisation des programmes Vigie-Nature, nés pour la plupart de manière très opportunistes. L animation, le portage et le co-pilotage sont en conséquence très difficiles voire parfois impossibles à coordonner transversalement, entre programmes, comme verticalement, entre relais locaux et partenaires nationaux. Cet appel à projet devra permettre d harmoniser, d assouplir, de simplifier et surtout d étendre ce type de travail effectué par les partenaires et les relais. Pour ce faire, les outils permettant l appropriation locale ou thématique des programmes, tant en ce qui concerne la saisie qu en ce qui concerne la restitution de résultats. BILAN DES STRUCTURES IMPLIQUÉES DANS LE FONCTIONNEMENT DE VIGIE-NATURE Structures coordinatrice et de recherche Structures nationales co-fondatrices et animatrices nationales Partenaires institutionnels Relais locaux étant parties prenantes de la réponse à l'appel à projet VIGIE-NATURE MNHN OPIE LPO Tela Botanica Estuaire Noé Conservation Ministère en charge de l'écologie Fondation Nicolas Hulot Fondation nature et découvertes Museum d'histoire Naturelle d'angers Muséum d'histoire Naturelle de Bourges Muséum d'histoire Naturelle du Mans Muséum d'histoire Naturelle de Grenoble Muséum d'histoire Naturelle de Marseille Muséum d'histoire Naturelle de Nice Muséum d'histoire Naturelle de Toulon Muséum d'histoire Naturelle d'orléans Muséum d'histoire Naturelle de Dijon Muséum d'histoire Naturelle d'aix-en-provence UNCPIE Natureparif Conservatoire d'espaces Naturels du Nord et du Nord pas de Calais Chico Mendes Conseil général 77 Conseil général 93 Communauté d'agglomération de Grigny et Viry Chatillon Commune de Lille 18

19 LES COMPOSANTES DU PROJET 2.2 Vigie-Ciel CONTEXTE ET ENJEUX DU PROJET Issues de «cailloux errants», les météorites sont des objets naturels ubiquistes dans le système solaire. Elles touchent aux sciences naturelles comme à la planétologie et à l astronomie, mais également aux arts, à la littérature et aux sciences humaines et sociales en raison de leur forte valeur émotionnelle. De plus, il existe une grande variété des représentations mentales sur les phénomènes de météores et de météorites. Parmi ces représentations, il faut démystifier les peurs irrationnelles tout en prenant en compte les risques réels (formation de cratères et évènements massifs comme les chutes de la Toungouska et de Chelyabinsk). Nous savons qu entre 10 et 20 météorites tombent chaque année en France. Une tous les deux ans étaient trouvées au 19ème siècle contre seulement une tous les 10 ans au 20ème et au début du 21ème. Ceci résulte de l évolution des modes de vie : les chutes n ont plus de témoins. De là est née l idée de remplacer les témoins visuels par un réseau de caméras couvrant le territoire, une centaine au minimum pour pouvoir trianguler, soit un peu plus d une par département. Un projet scientifique a été déposé auprès de l Agence Nationale pour la Recherche en vue d implanter la moitié des caméras et de déterminer les trajectoires des «bolides» (voir en annexe le projet FRIPON - Fireball Recovery and Inter Planetary Observation Network). La motivation centrale du projet Vigie-Ciel est d accompagner ce projet scientifique en formant le public à la reconnaissance des météorites. En effet, les zones concernées par les chutes seront typiquement de l ordre de la trentaine de km2, bien trop vastes à parcourir pour un petit nombre d individus, et l idée est de s appuyer sur un réseau citoyen afin de constituer des viviers locaux de «retrouveurs de météorites». Ce projet est bien évidemment vu comme l occasion de renforcer ou développer les contacts entre les mondes de la recherche, de la médiation scientifique, de l éducation (projet Vigie-Ciel Ecole) et le public en vue de diffuser de manière informelle les connaissances autour des météorites et de la planétologie. En accumulant des images du ciel sur toute la surface de la France pendant une durée minimale de 20 ans, le programme Vigie-Ciel sera l occasion d une moisson inégalable de données qui devraient pouvoir être l occasion de développer de nouvelles applications (météo, astronomie de base, variation de luminosité des étoiles les plus brillantes, débris spatiaux ). Les images issues des caméras doivent donc pouvoir être mises à disposition des différents acteurs (scientifiques, public ). Par ailleurs, les caméras détecteront aussi oiseaux (dans la journée) et chauve-souris (à l aube et au crépuscule) ce que nous voyons comme une chance d établir des synergies entre Vigie-Ciel et Vigie-Nature. Note : Pour laisser à chacun la possibilité de participer matériellement à l établissement du maillage de caméras, trois réseaux seront en fait distingués, correspondant à 3 niveaux de matériel et d exigence de qualité: FRIPON (Fireball Recovery and Inter Planetary Observation Network - payé et maintenu par des fonds publics), FRIPON-participatif, et Vigie-Ciel. Ne pourront être intégrées au réseau de caméras «FRIPON-participatif» que les caméras homologuées, connectées via un serveur et pilotées par un logiciel agréés. Le réseau Vigie-Ciel sera, en revanche, ouvert à chacun avec son matériel, mais les données qui en seront issues ne seront pas stockées par le réseau FRIPON). Enfin, le programme Vigie-Ciel comportera dès le départ un module participatif lié à la détection des cratères d impact. En effet, la Planète Terre a connu depuis sa formation un nombre incalculable d impacts de 19

20 météorites. Aujourd hui du fait de l activité tectonique et de l érosion sur Terre, seuls 178 cratères sont recensés officiellement. Statistiquement il doit exister beaucoup plus de cratères à la surface de notre planète. Afin de détecter de nouveaux cratères sur la grande superficie des continents, nous proposons une démarche participative qui a pour but de découper la Terre en parcelles et de proposer aux participants de les étudier en détails grâce à l imagerie satellitaire type Google Earth. Le «chercheur de cratères d impact citoyen» examinera alors une zone de la Terre (typiquement 50 km x 50 km) et recensera les structures circulaires observées pour ensuite un examen approfondi. Les structures proposées seront examinées par la suite par un comité scientifique. De nombreux processus géologiques peuvent former des structures circulaires, et seule une analyse approfondie sur le terrain et en laboratoire des échantillons de roches prélevés peut permettre de déterminer si une structure proposée est un cratère d impact. Certains sites identifiés comme prometteurs par le comité scientifique pourront donner lieu à une exploration sur le terrain pour déterminer la nature de la structure circulaire découverte. Les participants au programme pourront également être invités à se rendre eux-mêmes sur les différentes structures identifiées et relever des indices sur le terrain (brèches d impact, cônes «de percussion», roches choquées) pour les partager avec les scientifiques. La plateforme Internet de recherche de cratères fera partie intégrante de Vigie-Ciel et permettra au public intéressé de connecter «astéroïdes», «météores», «météorites» et «cratères». En s inscrivant, le «chercheur de cratères d impact citoyen» aura la possibilité d étudier le nombre de parcelles qu il souhaite et ainsi essayer de détecter le maximum de structures d impacts potentielles. La pérennité de cette action repose notamment sur l engagement d un grand nombre d institutions scientifiques liées par le projet ANR FRIPON, tant au niveau national (MNHN, Observatoire de Paris et CNES) qu au niveau régional (institutions des coordinateurs scientifiques régionaux). Un soutien du Conseil National des Astronomes et Physiciens est en cours de négociation, car celui-ci a une forte compétence dans la menée de projets sur le long à très long terme par le biais de ses Services d Observations qui sont les tâches des Observatoires des Sciences de l Univers. Nous comptons par ailleurs sur le soutien de certains Muséums en région et surtout sur le relais pris par les associations, notamment celles qui sont liées à l Association Française d Astronomie (AFA) et à la Société Géologique de France (SGF). OBJECTIF DU PROJET, PUBLIC CIBLE Les étoiles filantes qui marquent l arrivée dans l atmosphère de la Terre de matériaux d origine cosmique sont connues de tous, et la fascination du public est importante pour l exploration du système solaire et l astronomie en général. Cela signifie que les thèmes au cœur du programme Vigie-Ciel permettront des actions vers une grande diversité de publics, avec une bonne capacité de leur adapter très spécifiquement des propositions (grand public, scolaires, jeunes scientifiques, passionnés de science, publics empêchés ou en situation de handicap, acteurs territoriaux ou du patrimoine, décideurs ) L objectif du projet Vigie-Ciel est donc d utiliser les météorites et les phénomènes qui y sont associés comme des médiateurs de choix pour l ouverture à la culture scientifique et technique, permettant la mise en place d une démarche éducative innovante: En s appuyant sur la fascination liée au ciel, aux objets célestes, et au suivi «rapproché» des missions d exploration spatiale vers les autres planètes et corps du système solaire dont les météorites sont issues et peuvent en être considérées comme les ambassadeurs ; En mettant en avant une démarche de science participative (rechercher les météorites sur le terrain et les cratères sur des images et/ou au sol ; En donnant aux participants la possibilité d apprendre à reconnaître les météorites et les roches d impact sur Terre (initiation à la géologie) afin qu ils puissent être pleinement impliqués dans le programme, et en s appuyant sur la plateforme participative et l animation du réseau aux niveaux local, régional et national ; En proposant aux publics de regarder le ciel pour mieux comprendre la Terre (avec un champ d étude allant des météores aux impacts) et de bénéficier «en direct» des retombées d un projet scientifique en cours (ANR FRIPON) ; En valorisant la multidisciplinarité scientifique du domaine : sciences naturelles (astronomie, géosciences, biologie), sciences fondamentales (physique, chimie, mathématiques) dans les actions de diffusion des savoirs ; 20

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