Le Cassaïre Restauration écologique et physique d un marais et d une dune fluviatile. Décembre 2010

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1 Université de Provence Master Gestion des Eaux et des Milieux Aquatiques Option Zones Humides Méditerranéennes Le Cassaïre Restauration écologique et physique d un marais et d une dune fluviatile Décembre 2010 Analyses & rédaction : Master2 ZHM promotion 2010 Encadrement : Évelyne FRANQUET Céline BERTRAND Patrick GRILLAS Photo : PINEL C.

2 Sommaire I Réhabiliter le domaine du Cassaïre : une demande, des opportunités, des objectifs p.7 I. 1 - Pourquoi réhabiliter le domaine du Cassaïre? p.8 I. 2 Objectifs généraux p.8 II Etat initial du site et diagnostic p.9 II. 1 Données historiques p.9 II. 2 Fonctionnement hydrologique du site p.10 II. 3 Pédologie p.11 II. 4 Milieux naturels p.11 II. 5 Les communautés animales et végétales p.11 II. 6 Conclusion p.12 III. Cadre administratif et règlementaire p.13 III.1 Les distinctions internationales, nationales et régionales dont bénéficie le Cassaïre et la règlementation associée à chacune d elle. p.13 III.2 Considération du Cassaïre au niveau local p.19 III.3 Le cadre législatif p.20 IV. Proposition de réhabilitation p.22 Objectif 1 : Maîtriser les paramètres physiques et hydrauliques du milieu p.22 Sous objectif 1,1 Rétablir un fonctionnement hydrologique propre au climat méditerranéen p.22 Sous objectif 1,2 Reconstitution d un ensemble de marais temporaires p.23 Sous objectif 1,3 Création d habitats particuliers pour la Cistude d Europe p.24 I. Réalisation du projet p.26 I.1. Contexte physique du milieu p.26 I.2. Contraintes techniques et financières p.28 I.3. Localisation et caractéristiques des étangs p.29 I.4. Volumes à déplacer lors de la création du marais p.33 2

3 II.Le déroulement des travaux pour la création des marais p.34 II.1. La période de réalisation p.34 II.2. Les étapes du creusement p.34 III. Le budget attribué à la création des marais et aux p.35 habitats pour les Cistudes d Europe IV. Suivi de la gestion hydraulique des futurs marais p.36 IV.1.La durabilité des travaux : la vitesse d envasement des mares p.36 IV.2. Le contrôle des hauteurs d eau p.37 IV.3. Le contrôle de la pluviométrie p.39 IV.4. Le contrôle du niveau de la nappe p.39 IV.5.Le contrôle de la salinité p.40 IV.6. Aide à la gestion hydraulique du site p.40 IV.7. Le budget p.42 V. Suivi du site aménagé pour les cistudes p.43 Objectif 2 : Restauration d une dune fluviatile p.44 I. Résultats attendus / Milieu de référence p.44 I.1 Choix du site p.44 I.2 Description p.45 II. Moyens à mettre en œuvre p.47 II.1 Arrachage d Arundo donax et récupération du sable p.47 II.2 Travaux de terrassement p.47 II.3 Fixation du sable sur la dune p.48 III. Indicateurs de suivi p.49 III.1 Erosion p.49 III.2 Suivi de l évolution de la nappe p.49 Objectif 3 : Restauration des communautés végétales et animales dans un double objectif biodiversité/gestion cynégétique p.50 Sous objectif 3,1 Viser les herbiers caractéristiques des milieux Temporaires p.50 I. Résultats attendus en termes de communautés végétales submergées et immergées p.51 II. Moyens d'intervention p.52 II.1 Non-intervention p.52 II.2 Apports de graines p.53 3

4 III. Indicateurs et suivi des communautés p.53 III.1 Inventaire des communautés végétales p.53 Objectif 4 : Maintenir et restaurer le patrimoine écologique du site p.55 Sous objectif 4,1 Préservation & création des habitats caractéristiques de l'écosystème dunaire p.55 I.Espèces cibles et actions de préservation p.55 I.1 La dune fixée p.56 I.2. Le bas-marais dunaire p.56 II. Introduction d espèces p.57 Sous objectif 4,2 Préserver les espèces patrimoniales recensées ou potentielles p.59 I. Les espèces cibles p.59 I.1 Patrimoine génétique du Cassaïre : Les espèces cibles présentes : p.59 I.2 Patrimoine génétique du Cassaïre : Espèces cibles potentiellement présentes: p.60 II. Espèces retenues p.61 III. Le campagnol amphibie p.63 IV. Les moyens de préservation et d'action p.63 V. Identifier les menaces p.63 VI. Remédier/ Limiter ces menaces p.64 VI.1 Les habitats à préserver p.64 VI.2 Le curage des roubines: p.65 VI.3 Pâturage p.65 VI.4 Relation pâturage cistude p.65 VI.5 Relation chasse cistude p.65 VI.6 Mares et marais temporaires p.66 VI.7 Mare permanente p.66 VI.8 Montilles p.66 VI.9 Batrachochytrium dendrobatidis p.67 VII. Les indicateurs biologiques : Critères de réussite p.67 VII.1 Cistude, espèces indicatrice p.67 VII.2 Indices de présence p.67 VII.3 Critères d'échec p.68 VII.4 Que faire? p.69 VIII. Bilan contrasté, réflexions p.69 4

5 IX. Points supplémentaires sur deux espèces p.70 IX.1 Le campagnol amphibie: p.70 IX.2 Triton crêté (Annexe II et IV de la DH) p.70 Sous objectif 4,3 Lutter contre les espèces invasives p.71 I. Cas général p.71 II. Liste des espèces végétales potentiellement envahissantes p.71 III. Moyens à mettre en œuvre p.72 IV. Le cas particulier de la dune : p.73 IV.1. Le cas d Arundo Donax ou canne de Provence p.73 IV.1.1 Arundo donax comme habitat p.73 IV.1.2 La canne de Provence sur le Cassaire. P.73 IV.1.3 Les méthodes de contrôle. P.75 IV.2 Le sénéçon en arbre, Baccharis halimifolia. P.75 IV.2.1 Les nuisances liées au Baccharis. P.76 IV.2.2 Le Baccharis halimifolia sur le Cassaïre. P.77 IV.2.3 Les méthodes de gestion. P.77 Objectif 5: Concilier les différents usages dans la gestion du site p.78 Sous objectif 5,1 Vers un cahier des charges de l'activité cynégétique p.78 Sous objectif 5,2 Gestion pastorale du site p.78 I. Le pâturage par les ovins p.79 II. Le pâturage par les équins p.80 III. Le pâturage sur la dune p.80 IV. Le suivi des effets du pâturage p.80 V - Plan de travail et budget prévisionnel p.82 V.1. Echéancier p.82 V.2. Budget p.83 VI. Tableau de bord de suivi du milieu p.84 VII - Conclusion générale p.86 VII Bibliographie p.87 5

6 Liste des annexes (p91 à p98) Annexe 1 Fiche terrain pour le suivi hydraulique du marais Annexe 2: Article 6 de la directive faune flore habitat de 1992 : La règlementation associée aux sites Natura (source : Ministère de l environnement) Annexe 3 : Plan d occupation des sols ou Plan local d urbanisme de la ville d Arles le 30 Janvier 2003 Annexe 4 : fiche technique de la jute de coco Annexe 5 : Mise en place d un piézomètre Annexe 6 : Budget Annexe 7 : Tarifs de chantier 6

7 I Réhabiliter le domaine du Cassaïre : une demande, des opportunités, des objectifs CHEVAL A. PATRY N. Les zones humides méditerranéennes telles que la Camargue, représentent un ensemble riche et varié de milieux naturels. Une valeur écologique forte est associée à un nombre important de ces espaces comme en témoigne la multitude de mesures de protection sur ce territoire. Les divers usages établis sur le delta (agriculture, chasse, salins, etc.) ont tendance à perturber fortement la dynamique de ces milieux. Afin de pérenniser leurs activités, des aménagements sont réalisés, souvent au détriment d'espèces animales ou végétales menacées. Le Conservatoire du Littoral et des Espaces Lacustres (CLERL) acquiert un ensemble de sites sur la Camargue (entre autres) afin d'y instaurer une gestion durable et intégrée. Constitué d'anciennes rizières aujourd'hui inexploitées, le domaine du Cassaïre est l'un de ces espaces. Le présent document constitue un avant-projet de réhabilitation en zone humide du site. Deux problématiques se dessinent sur cet espace. Il s'agit en effet de restaurer un fonctionnement «naturel» du site tout en permettant l'installation de l'activité chasse. Deux milieux sont principalement visés : - un marais de chasse (réhabilitation) - une ancienne dune fluviatile (restauration) Ce document s'appuie sur un état initial du site réalisé en 2009 (TOUR DU VALAT, 2009) et une série d études sur des milieux de référence entre septembre et décembre L'organisation générale de la planification du projet reprendra le plan proposé dans l'abcdaire sur l'écologie de la restauration (Society for Ecological Restauration International, 2004). Après une justification du projet de réhabilitation et une présentation du site d'étude, les objectifs visés seront énoncés. La quatrième partie du rapport présentera les milieux de référence et en tirera les conclusions utiles au projet. Il s'agira ensuite de proposer une intégration paysagère du site, en s'attachant tout particulièrement à la cohésion du Cassaïre avec les écosystèmes voisins. Le plan d'aménagement pourra ensuite être détaillé et justifié. Un calendrier prévisionnel des travaux ainsi qu'une estimation du budget seront proposés. La dernière partie du rapport exposera les outils de suivis qu'il conviendrait de mettre en place ainsi qu'une stratégie permettant le maintien à long terme du site restauré. Les rapports réalisés à partir de l étude des milieux de référence sont disponibles en annexes. 7

8 I. 1 - Pourquoi réhabiliter le domaine du Cassaïre? Plus que la simple opportunité de l'acquisition du domaine par le CLERL, plusieurs points motivent la réhabilitation du Cassaïre. Les objectifs environnementaux du conservatoire, justifient la mise en place d'un fonctionnement naturel du milieu, en lieu et place des anciennes rizières, tout en permettant différentes activités telles que la chasse. Situé à proximité des marais du Vigueirat, la réhabilitation en marais temporaires des parcelles permet la création de milieux complémentaires, augmentant ainsi les habitats présents. Par ailleurs, un milieu témoin du fonctionnement antérieur du fleuve Rhône, la dune fluviatile, est actuellement présent sur le site. Leurs disparitions quasi complètes du territoire (perte de la dynamique fluviale), et des habitats qui leurs sont associés, sont autant d'arguments justifiant la nécessité d'une intervention. D'autre part la majorité du territoire Camarguais étant constitué de chasses privées, les chasseurs communaux se retrouvent sur un territoire restreint, souvent à proximité d'aires naturelles protégées. Le rachat du terrain offre aux chasseurs de Mas-Thibert une opportunité de créer, en lien avec l'association des Amis des Marais du Vigueirat (gestionnaire du site AAMV), un projet durable de territoire de chasse au gibier d'eau. Ce futur terrain de chasse permettra de réduire la pression exercée en périphérie des emplacements protégés. Le projet vise à concilier sur un même territoire une gestion cynégétique respectueuse du fonctionnement hydrologique «naturel» afin de sensibiliser les acteurs locaux à une exploitation durable du milieu. La faisabilité du projet ne semble pas limité par des problèmes techniques (accessibilité, etc.) et est accepté par les populations locales. L'état initial (TOUR DU VALAT, 2009) montre qu'il n'y a pas de contraintes majeures aux futurs aménagements. Le financement du projet est assuré par le CLERL. L'agence de l'eau Rhône Méditerranée Corse (RMC) soutient la préservation et la restauration des zones humides, à hauteur de 50 %. Il n'existe actuellement qu'un nombre limité d'exemple d'une telle gestion et ce projet pourrait soutenir la recherche en ingénierie de la restauration et servir de vitrine en termes de pluriactivités. I. 2 Objectifs généraux Deux objectifs sont principalement visés : - la réhabilitation d'une ancienne rizière en marais. Ce marais devra répondre à deux exigences : accueillir des gibiers d'eau pendant la période de chasse et fournir un habitat refuge pour les espèces animales et végétales indigènes. - la restauration de la dune fluviatile, habitat prioritaire Natura 2000 (code corine 64.61). 8

9 II Etat initial du site et diagnostic Le Cassaïre est un site de 70ha qui appartient depuis 2004 au domaine propre du CLERL. Il se situe en bordure des marais du Vigueirat à l'ouest du canal d'arles à Fos (cf. carte n 1). Actuellement, 9,3 % du domaine sont constitués de milieux naturels dont une dune fluviatile (TOUR DU VALAT, 2009). Carte 1 II. 1 Données historiques A l'image du territoire qui l'entoure, le site du Cassaïre a subi, depuis l'endiguement du Rhône, une pression conséquente des activités humaines. Si les marais du Vigueirat, situés à proximité directe du site d'étude, sont des milieux protégés et gérés dans une perspective de préservation des milieux naturels, de nombreuses autres parcelles sont tournées vers l'activité agricole ou la chasse induisant souvent un fonctionnement hydrologique différent des conditions naturelles du milieu. Situés dans le lit majeur du Rhône, les dépôts sableux de ce dernier construisent entre le IV ème et le X ème siècle de notre aire la dune fluviatile dont il ne reste aujourd'hui qu'un reliquat (TOUR DU VALAT, 2009). C'est réellement avec l'apparition de la riziculture sur le site (1945) que les dysfonctionnements hydrauliques majeurs semblent avoir eu lieu. La topographie a été modelée et des drains ont été installés afin de permettre l'irrigation estivale du riz. Dès l'achat du site, toute activité agricole est stoppée. Depuis 1977, afin de diversifier son activité, le propriétaire du Cassaïre met en place un pâturage ovin qui atteindra environ 180 têtes au début des années 80. Le pâturage, depuis 2008 est restreint à certaines zones. 9

10 II. 2 Fonctionnement hydrologique du site Le fonctionnement hydrologique actuel est un élément fondamental à prendre en compte pour la réhabilitation des rizières en étang. Globalement, du fait de sa situation géographique, le domaine du Cassaïre devrait subir les influences du climat méditerranéen caractérisé par des précipitations automnales (600 mm/an en moyenne) et par un assèchement estival lié à une évapotranspiration importante (1200 mm/an en moyenne). Les objectifs de gestion de l'aamv sur leur territoire, vont dans le sens d'une remise en adéquation du fonctionnement hydrologique avec les conditions naturelles (sous réserve des aménagements de protection du Rhône). Les différentes activités agricoles qui se sont succédées sur les parcelles du Cassaïre ont nécessité la création d'un ensemble de roubines permettant l'irrigation des cultures ainsi que la mise en place d'un certain nombre de drains permettant l'assèchement de ces dernières à la sortie de l'été. (cf carte n 2) Carte 2 Source : Les marais du Vigueirat 2010 Le fonctionnement des rizières implique en effet, une mise en eau estivale suivie d'un assèchement hivernal. L'eau utilisée était pompée dans le Rhône par l'ancien propriétaire. Ce sont donc des eaux douces (salinité = 0,1 g/l) qui sont amenées lors de l'irrigation des parcelles (mesure au conductimètre en septembre 2010). Le document de l'état initial précise qu'une submersion estivale du terrain est nécessaire depuis l'arrêt des cultures afin de limiter les remontées de sel (excepté en 2009 où les précipitations furent suffisantes). La topographie des terrains montre une pente générale orientée vers le Nord-Est, permettant l'alimentation en eau du site de manière gravitaire. En dehors de la dune, le site présente une dénivellation peu accentuée avec des altitudes variant entre 0.8 et 1.4 mètres (TOUR DU VALAT, 2009). Deux piézomètres sont installés au centre de la parcelle et permettent d'évaluer le niveau de la nappe. 10

11 II. 3 Pédologie Les marais du Vigueirat sont situés sur un socle géologique constitué de galets et cailloutis duranciens surmontés de sédiments fluvio-lacustres ou laguno-marins récents. Une nappe superficielle est présente, directement alimentée par l'émergence de la nappe de la Crau en eau douce. Il convient de noter que sur une partie majeure du territoire, le niveau de la nappe est directement lié aux nombreux drains présents. Sur le site du Cassaïre, un ensemble de sondages pédologiques indique que l'on est en présence d'un sol sableux à limoneux surmontant une première couche d'argile d'une dizaine de centimètres d'épaisseur autour de 60 cm de profondeur. Une seconde couche d'argile est située à un mètre de profondeur. Un horizon sableux est intercalé entre les deux couches argileuses. Si les couches d'argile forment des niveaux imperméables, les horizons sableux présentent des capacités de rétention bien moindre. Toutefois, l'utilisation du terrain pour la riziculture nécessite la mise en eau de grandes surfaces et il semblerait qu'il n'y ait pas eu de problèmes majeurs d'infiltration (TOUR DU VALAT, 2009). II. 4 Milieux naturels Les milieux naturels ne représentent plus que 9.3% de la superficie totale du domaine du Cassaïre (TOUR DU VALAT, 2009). Ces milieux sont situés aux extrémités est et ouest de la parcelle. L'état initial met en évidence un certain nombre de milieux possédant une importance patrimoniale. En effet sur les 7 habitats naturels inventoriés, 5 sont d importance européenne. Ces habitats sont : les prés salés, les sansouires, les bas-marais dunaires à Cannes de Provence, les pelouses méditerranéennes xériques et la dune fixée. Seules les prairies artificialisées et les friches ne constituent pas un habitat d intérêt communautaire. La dune fluviatile Ce milieu présente un intérêt majeur du fait de sa quasi-disparition du territoire camarguais. Il fait partie des habitats prioritaires de la directive Habitats. Une végétation caractéristique des habitats sableux s'y est installée, comme le montre la présence dominante du Brome élevé (Bromus diandrus) et la présence de Lagurus ovatus, Scirpus romanus, etc. De plus une importante hétérogénéité se maintient sur ce milieu ; bien que certaines espèces soient dominantes, elles n ont qu une faible occurrence, permettant ainsi une grande diversité. Ces habitats sont menacés par la présence sur le site de certaines espèces exotiques invasives notamment la Canne de Provence (Arundo donax) sur la dune fluviatile. Une attention particulière devra être portée au potentiel colonisateur du Sénéçon en arbre (Baccharis halimifolia) et le Faux indigotier (Amorpha fruticosa). II. 5 Les communautés animales et végétales La faune L avifaune a été particulièrement étudiée, recensant 14 espèces nicheuses, dans l ensemble assez communes dans la région. A noter que certaines, comme la Caille des blés et le Faisan de Colchide, ont un intérêt cynégétique. Concernant les mammifères, des lapins (faible nombre) et des lièvres ont été dénombrés. 11

12 Le peuplement batrochologique observé est très faible malgré la présence d habitats terrestres favorables. Ceci s explique par le manque d habitats aquatiques de reproduction. Suite aux travaux de mise en eau, une colonisation par les amphibiens est donc espérée. Pour les reptiles, 4 espèces ont été observées dont la Cistude d Europe (Emys orbicularis) avec la présence d un important site de ponte à l est du site qui constitue l intérêt majeur du site. Ces pontes subissent cependant un fort taux de prédation probablement dû à la taille réduite de l habitat. Ainsi le rapport initial recommande d en augmenter les superficies en créant de nouvelles buttes de faibles hauteurs. Pour finir concernant l entomofaune, un inventaire des criquets a été réalisé et un odonate Oxygastra curtisii, espèce protégée au niveau national, a été observé. La flore Plus de la moitié de la richesse floristique du site est présente exclusivement dans les habitats naturels. Quatre espèces sont protégées au niveau régional, il s agit de l Asperge maritime (Aspargus maritimus), du Crypsis aigu (Crypsis aculeata), du Ceraiste de Sicile (Cerastium siculum) et du Chiendent allongé (Elytrigia elongata). De plus 35 espèces trouvées sur le site du Cassaire sont menacées en PACA. D après les inventaires réalisés, les espèces annuelles ont un poids prépondérant sur le site. La banque de graines Un échantillonnage a été réalisé avec 75 prélèvements de sédiments collectés sur 5cm d épaisseur. Suite à l étude de la germination, une richesse de 44 espèces a été déterminée. En prenant en compte l abondance des graines, il a été mis en évidence une forte contribution des espèces strictement rizicoles à l abondance totale. En comparaison au niveau de la végétation exprimée, il y a au contraire davantage d espèces prairiales. Ceci s explique par le passé du site où la riziculture était la culture dominante. Depuis l arrêt des mises en eau, ce sont les espèces prairiales qui ont été favorisées mais les espèces rizicoles sont encore bien présentes au niveau de la banque de graines. II.6 Conclusion Ce rapport apporte un état initial du site et permet une vision générale de l ensemble des facteurs à prendre en compte. La présence d espèces invasives sur le site a été détectée, leur possible extension sera à surveiller dans les années suivantes pour contrôler leur impact sur le milieu. Un complément d étude pédologique sera cependant nécessaire au vu du faible nombre de relevés (un carottage par parcelle). En effet la supposition de l homogénéité des parcelles est à vérifier. Les recommandations de gestion de ce rapport seront évidemment à prendre en compte dans la réalisation de notre projet. 12

13 III - Cadre administratif et règlementaire GUENEL N. Les projets de restauration doivent être en accord avec la règlementation attribuée au site concerné. Cette règlementation s impose généralement lorsque le site a une valeur biologique, patrimoniale ou paysagère reconnue. Cette partie vise ici à lister les différentes mesures de protection dont bénéficie le Cassaïre. Celles-ci imposent parfois une règlementation particulière à laquelle le projet devra se conformer. Les distinctions internationales, nationales et régionales seront abordées dans un premier temps tandis que les impératifs locaux seront traités dans une seconde partie. Enfin, le cadre législatif dans lequel s inscrit le projet sera détaillé. III.1 Les distinctions internationales, nationales et régionales dont bénéficie le Cassaïre et la règlementation associée à chacune d elle. Objectifs : Présenter les qualités biologique, paysagère et patrimoniale du Cassaïre grâce aux diverses reconnaissances internationales, nationales et régionales dont il bénéficie. Quel cadre règlementaire nous imposent-elles pour le projet de restauration? Le Cassaïre est au cœur de vastes espaces reconnus dans le monde entier pour leur richesse biologique, paysagère et patrimoniale. A ce titre, ils bénéficient de diverses distinctions qui les mettent en valeur et les protègent (Parc nationaux, réserve naturelle, etc.). Les activités anthropiques (tourisme, aménagement du territoire, etc.) y sont contrôlées et des suivis (faune et flore par exemple) permettent d évaluer l évolution de ces milieux. Le présent projet encourage, pour sa mise en œuvre, des travaux d aménagement. Ceux-ci doivent être en accord avec les règlementations du site. Le site à restaurer appartient à un vaste ensemble de zones humides, la Camargue, qui bénéficie du titre de réserve de biosphère. Un réseau mondial de réserves de la biosphère (Man and Bioshère MAB) a été mis en place dans les années 70 par l UNESCO afin de conserver la diversité biologique et favoriser l'utilisation durable des ressources par l'espèce humaine. - Zones humides d importance internationale (RAMSAR) Cette distinction encourage les Etats à maintenir les caractéristiques écologiques de leurs zones humides d'importance internationale et à planifier «l'utilisation rationnelle». Ces zones sont désignées par les Etats eux-mêmes. Ces reconnaissances n ont pas de valeur règlementaire. 13

14 Carte 3: Le site du Cassaïre est englobé dans le réseau Man and biosphère (orange) et se situe à proximité d une zone humide d importance internationale (jaune) au sens de la convention de RAMSAR. (Source : DIREN paca carmen) Les parcelles à restaurer sont soit englobées, soit à proximité de périmètres reconnus par la directive faune flore habitat de 1992 et appartiennent donc au réseau Natura Elles font partie du complexe humide de la Camargue et présente donc une forte richesse avifaunistique. Des zones de protection spéciale (ZPS) constituent des zones privilégiées d hivernage, de reproduction, d alimentation ou des haltes migratoires pour de nombreux oiseaux, dont plus de soixante espèces sont d intérêt communautaire. Le réseau N2000 s attache également à protéger les habitats d intérêt communautaire en les désignant comme zones spéciales de conservation (ZSC). Carte 4 : Localisation des différents éléments appartenant au réseau Natura 2000 (Source : DIREN paca carmen) 14

15 Ces délimitations visent à conserver (ou à rétablir) dans un état favorable à leur maintien à long terme, les habitats naturels et les populations de faune sauvage qui ont justifié la désignation du site Natura Tout projet d aménagement doit se conformer aux mesures de conservation et de gestion fixées au niveau national pour ces sites : les travaux ne doivent pas aller à l encontre des fondements du réseau Natura 2000 (cf Annexe 2). - ZNIEFF de type I Le Cassaïre appartient également à une zone naturelle d intérêt écologique faunistique et floristique (ZNIEFF) de type I. Les ZNIEFF sont généralement le siège d éléments remarquables du patrimoine naturel. Elles bénéficient d inventaires rigoureux réalisés par des spécialistes. La classification en zone type I insiste sur la sensibilité des espèces aux équipements et la transformation de l espace. De plus le secteur abrite des espèces dites «rares» au sens de la directive faune flore habitat de Le Cassaïre est aussi à proximité d autres ZNIEFF (de type I ou II), ce qui témoigne de la richesse du site et de son environnement. L'inventaire ZNIEFF est un outil de connaissance. Il ne constitue pas une mesure de protection juridique directe. Ces zones sont créées dans le but de développer les connaissances du patrimoine naturel national, de constituer une base scientifique et cartographique des éléments remarquables du site et d adapter au mieux les futurs projets d aménagement. Carte 5 : Localisation des différentes zones naturelles d intérêt écologique faunistique et floristique. (Source : DIREN paca carmen) 15

16 - Parc naturel régional (projet) Les parcelles du Cassaïre sont concernées par un projet de parc naturel régional. Ces périmètres permettent de protéger et de mettre en valeur de grands espaces ruraux (Fédération des pars naturels régionaux de France). Ceux-ci disposent d'un patrimoine culturel, de milieux naturels et/ou de paysages de grande qualité mais dont l'équilibre est fragile. L'objectif principal de ces périmètres est de protéger la nature sans exclure les activités humaines. Cette attribution n implique aucune mesure règlementaire spécifique. Une charte est mise en place et l'aménagement de l'espace doit être en accord avec elle. Ce projet constituera une extension du parc naturel régional existant actuellement en Camargue. Carte 6 : Délimitation du projet de parc naturel régional englobant le site du Cassaïre. (Source : DIREN paca carmen) - Une réserve naturelle nationale et régionale, ainsi qu un site inscrit sont à proximité du Cassaïre Ces trois périmètres de protection rejoignent les éléments cités plus haut. Ils témoignent de la richesse du territoire dans lequel s inscrit le Cassaïre, tant sur le plan faunistique et floristique (réserves), que sur le plan patrimonial ou paysager (site inscrit). Les réserves bénéficient d une règlementation particulière en faveur des espèces qu elles hébergent. (Cf carte 7 et 8) 16

17 Carte 7 : A l ouest du Rhône se situe un site inscrit qui témoigne de la qualité paysagère, patrimoniale ou biologique de la zone. (Source : DIREN paca carmen) Carte 8 : Une réserve naturelle régionale à l ouest (orange) et nationale à l est encadre le site du Cassaïre. (Source : DIREN paca carmen) 17

18 Conclusion : Le site du Cassaïre se situe au cœur d un complexe de zones humides reconnues du niveau régional au niveau international. De nombreuses distinctions (cf tableau 1) permettent de juger de la valeur du site ou des espaces auxquels il appartient. Toutefois, seule la directive faune flore habitat de 1992 a un réel pouvoir réglementaire. Le projet doit donc se conformer particulièrement à celle-ci. Notre projet d aménagement s inscrit dans un objectif de valorisation de la biodiversité et de gestion durable de l activité cynégétique. Il est donc en accord avec les volontés de protection et de valorisation du site et en particulier avec l article 6 de la directive 92/43/CEE : ce projet n est pas susceptible d'affecter le site de manière significative. Mesures de protection Justifications Implications pour le Cassaïre Man and biosphère (MAB) conservation de la diversité biologique et favorisation de l'utilisation durable des aucune valeur règlementaire ressources par l'espèce humaine RAMSAR maintenir les caractéristiques écologiques des zones humides d'importance aucune valeur règlementaire internationale et planifier «leur utilisation rationnelle" conservation des habitats Réseau Natura 2000 ayant justifié la désignation forte richesse avifaunistique N2000, Article 6 de Directive 92/43/CEE ZNIEFF de type 1 patrimoine naturel remarquable aucune valeur règlementaire Parc naturel Régional (projet) patrimoine culturel, milieux naturels et paysages de grande qualité mais dont l'équilibre est fragile aucune valeur règlementaire à proximité Site inscrit, réserve nationale et régionale Richesse faunistique, floristique, patrimoniale et paysagère aucune valeur règlementaire Tableau 1 : Récapitulatif des mesures de protection dont bénéficie le Cassaïre et les impératifs législatifs qui en découlent. 18

19 III.2 Considération du Cassaïre au niveau local Trois parcelles cadastrales sont concernées par le projet : Carte 9 : Extrait du Cadastre de la commune d'arles en 2010 (Source: cadastre.gouv.fr) Nom de la parcelle Superficie (m²) 000 KL KL KL Tableau 2 : Récapitulatif des parcelles cadastrales concernées par le projet de restauration du Cassaïre (Source: cadastre.gouv.fr) Au niveau local, le Plan local d urbanisme (PLU) d Arles considère le site comme une zone à vocation agricole NC1 (cf Annexe3). Cette zone englobe des espaces naturels à protéger en raison de la valeur économique des sols. Elle est réservée au maintien et au développement d activités agricoles et doit à ce titre être protégée de toute occupation et utilisation des sols non liées directement à ce type d activité. L occupation et l utilisation des sols sont donc admises. Les contraintes associées à ce zonage figurent dans le règlement du Plan local d urbanisme de la ville d Arles. Celui-ci est à demander auprès de la ville. 19

20 III.3 Le cadre législatif Objectifs : Présenter les dossiers de règlementation ou d autorisation à réaliser avant le début des travaux afin d être en accord avec la législation française. - Loi sur l'eau : Dans le cadre de ce projet, des aménagements seront concernés par la loi sur l'eau et les milieux aquatiques de 2006 (loi LEMA). En effet, la création de mares ainsi que la modification du réseau hydraulique nécessitent de se conformer au code de l'environnement. - La création des mares : Les mares qui vont être creusées ont une superficie supérieure à 3 ha au total. Un dossier d'autorisation devra donc être réalisé avant la conception des travaux selon l'article R du code de l environnement. Article R du code de l'environnement Plans d'eau, permanents ou non : 1 Dont la superficie est supérieure ou égale à 3 ha (A) ; 2 Dont la superficie est supérieure à 0,1 ha mais inférieure à 3 ha (D). - Les prélèvements de la ressource en eau : La restauration du site inclus le prélèvement d'eau dans le canal d'arles à Fos au moyen d'une pompe électrique. Ce prélèvement n'est pas interdit pas la loi sur l'eau et les milieux aquatiques de 2006 (Article de L ) Article de L du code de l'environnement I. - Toute personne dont les activités entraînent un prélèvement sur la ressource en eau est assujettie à une redevance pour prélèvement sur la ressource en eau. II. - Sont exonérés de la redevance : [ ] 5 Les prélèvements effectués hors de la période d'étiage, pour des ouvrages destinés à la réalimentation des milieux naturels ; [ ] Cependant un dossier d'autorisation ou de déclaration doit être rédigé en amont du prélèvement s'il est supérieur à 400 m3/h (article R du code de l'environnement). 20

21 Article R (Code de l'environnement) A l'exception des prélèvements faisant l'objet d'une convention avec l'attributaire du débit affecté prévu par l'article L , prélèvements et installations et ouvrages permettant le prélèvement, y compris par dérivation, dans un cours d'eau, dans sa nappe d'accompagnement ou dans un plan d'eau ou canal alimenté par ce cours d'eau ou cette nappe : 1 D'une capacité totale maximale supérieure ou égale à m3 / heure ou à 5 % du débit du cours d'eau ou, à défaut, du débit global d'alimentation du canal ou du plan d'eau (A) ; 2 D'une capacité totale maximale comprise entre 400 et m3 / heure ou entre 2 et 5 % du débit du cours d'eau ou, à défaut, du débit global d'alimentation du canal ou du plan d'eau (D). - Accessibilité du site : Que ce soit au moment des travaux ou lors de l'utilisation du site par les gestionnaires ou les chasseurs, le site doit être accessible. Il existe un droit de passage sur le chemin qui traverse le Mas de l'ancien propriétaire. Cet accès pourra être utilisé par les engins lors des travaux et par les futurs utilisateurs. Il faudrait, dans un objectif de courtoisie, prévenir le propriétaire avant le début de la restauration afin qu'il laisse le chemin libre d'accès. Une proposition d'échange de droit de passage avait été proposée entre le chemin actuel et le chemin passant sur la limite sud-est des vignes, dans un souci de maintien de la tranquillité des lieux. Cette proposition a été refusée. Conclusion : Avant le lancement des travaux il faudra : - réaliser un dossier d'autorisation pour la création des mares - réaliser un dossier d'autorisation ou de déclaration pour le prélèvement d'eau dans le canal d'arles à Fos (selon le débit de prélèvement d'eau souhaité par les utilisateurs) - prévenir le propriétaire du Mas avant les travaux, afin qu'il laisse l'accès libre aux engins. 21

22 IV - Proposition de réhabilitation Objectif 1 : Maîtriser les paramètres physiques et hydrauliques du milieu Les projets de réhabilitation de milieux doivent s appuyer sur une maîtrise conséquente des paramètres physiques du milieu. Cela est d autant plus important que les communautés végétales et animales attendues sur les marais temporaires dépendent finement du fonctionnement hydrologique du milieu. Les dysfonctionnements observés dans l état initial exposent la nécessité de rattacher le fonctionnement hydrologique aux caractéristiques du climat méditerranéen (sous objectif 1.1). Au regard de la double demande Biodiversité/Chasse, un certain nombre de bassins de formes et de profondeurs différentes est proposé (sous objectif 1.2). Enfin, un intérêt particulier a été apporté à différents habitats spécifiques tels que les buttes pour la tortue Cistude d Europe (sous objectif 1.3). - Sous objectif 1,1 Rétablir un fonctionnement hydrologique propre au climat méditerranéen - GUENEL N. - PATRY N. - PINEL C. La Camargue se caractérise par un climat méditerranéen avec une forte sécheresse estivale, qui entraîne un déficit hydrique, puis des précipitations importantes à l automne et au printemps. Les espèces typiques à la Camargue sont donc adaptées à ces conditions difficiles particulières. Cependant depuis l endiguement du Rhône (fini au 19 e siècle) et la création d un réseau de drainage, la gestion de l eau à l intérieur du delta est entièrement influencée par les activités humaines. L agriculture et notamment la riziculture entraîne une forte demande en eau douce l été avec l irrigation massive des parcelles. De plus, les marais de chasse sont mis en eau en été pour permettre à la végétation aquatique de se développer et ainsi attirer le plus grand nombre de canards pour l ouverture de la chasse. Ces mises en eau estivales créent une inversion des cycles hydrologiques naturels et sont à l origine d une banalisation des milieux aquatiques. En effet, un milieu moins perturbé va entraîner la prolifération des espèces les plus compétitives, notamment des invasives, au dépend des espèces les plus spécifiques. Enfin depuis 1950 la moitié des zones humides européennes ont été détruites et une régression générale des espaces naturels est observée au profit des milieux anthropisés. Les missions du Conservatoire du littoral sont de protéger les espaces naturels qu il acquière et d y favoriser une biodiversité riche. Dans ce contexte actuel, il apparaît comme une priorité de conserver des espaces au fonctionnement le plus naturel possible et d y rétablir des processus, des cycles adaptés au climat et aux particularités de la région. Ainsi notre marais de chasse sera composé d étangs temporaires pour respecter les conditions naturelles du milieu et favoriser un habitat typique qui tend à disparaître en Camargue. De plus la mise 22

23 en place d une chasse dite «exemplaire» d un point de vue environnemental servira d exemple aux autres Fédérations, pour leur témoigner que chasse et protection sont compatibles. Notre société actuelle tend trop souvent à adapter l environnement à ses besoins et envies et non à changer ses habitudes, ce qui n est pas sans conséquence sur la nature. Résultats attendus / Milieu de référence Concernant le fonctionnement hydrologique de notre site, le Clos des montures a été retenu comme milieu de référence car il possède, dans un contexte similaire, le fonctionnement naturel attendu. (Voir compte-rendu «Clos des Monture» en annexe) Contexte similaire Le Clos des montures est situé à proximité ; c est une des parcelles des Marais du Vigueirat située au sud-est du Canal d Arles à Fos. Ce site possède donc le même climat et les mêmes conditions spatio-temporelles. D une superficie d environ 10ha, ce marais temporaire est entretenu artificiellement comme le sera le marais du Cassaire. Cette gestion est réalisée par l Association des Amis du Marais du Vigueirat grâce à l ancien système de canaux et de martellières. Résultat attendu Le Clos des montures possède le fonctionnement attendu ; c est un milieu temporaire avec un assec estival assez long et qui est mis en eau de début octobre jusqu à début mai. Il retient l eau la majeure partie de l année puis il s assèche naturellement en été par évaporation. Il possède un habitat de jonchaie scirpaie et aucune espèce invasive telle que la Jussie n est observée. Ainsi ce milieu servira de site de référence et une date de mise en eau semblable, de début octobre à début mai, est choisie. Il est cependant important de souligner que la richesse des milieux temporaires provient de leur imprévisibilité qui fait toute leur dynamique. La mise en eau ne se fera donc pas chaque année à une date fixe mais dépendra des particularités pluviométriques annuelles, laissant une marge de manœuvre. Cette adaptabilité est déjà réalisée au marais du Vigueirat où les gestionnaires s inspirent du suivi d un canal resté hors digue pour étudier les variations de niveau d eau et choisir les dates d ouverture et de fermeture des vannes. - Sous objectif 1,2 Reconstitution d un ensemble de marais temporaires Cet objectif répond à la fois aux besoins des chasseurs en gibiers d eau pour pouvoir pratiquer l activité de chasse prévue sur ce territoire et à la mission de sauvegarde du Conservatoire du littoral concernant la protection des espèces méditerranéennes adaptées et des espèces patrimoniales. Il s agit donc de déterminer les caractéristiques physiques (superficies, profondeurs ) ajustées à cet objectif. 23

24 Résultats attendus / Milieu de référence Les caractéristiques physiques ont été choisies en s inspirant de marais de chasse existants (Port Saint Louis/ Le Verdier/ Marais de la Petite forêt) et d après les données bibliographiques recueillies sur l écologie des espèces cibles à atteindre (cf objectif 4.2.) Les possibilités s avèrent multiples : les marais de Port Saint Louis et du Verdier se caractérisent par de grandes étendues de profondeurs moyennes alors que les marais de la Petite forêt sont constitués de petites mares peu profondes. Il a été décidé de créer des étendues d eau les plus diversifiées possible pour favoriser une mosaïque d habitats. Superficies un grand étang d environ 3 hectares et plusieurs mares de moins de 0,5 ha. Une diversité d étangs permettra de diversifier les habitats et ainsi les possibilités d accueil des espèces. Plusieurs petites mares par rapport à une grande surface d eau permettent de privilégier la surface des berges, car ce sont des zones très favorables aux espèces avec de faibles profondeurs et de la végétation. Profondeur 20cm et 10cm. Ce sont les profondeurs recommandées pour l accueil du gibier d eau. La bécassine préfère des zones très peu profondes de 10cm et les canards de surface sont favorisés par des profondeurs de 20cm. Une mare plus profonde de 40cm de profondeur sera créée pour avoir un nouveau type d habitat permettant d accroître la diversité d espèces présentes. Pentes faible 1 et 2%. Des pentes douces permettront l installation d un cortège d espèces floristiques diversifiées et augmenteront la superficie en zones peu profondes propices aux gibiers d eau. Berges sinueuses. Les berges seront très découpées pour augmenter le périmètre par rapport à la surface de la mare et ainsi augmenter la diversité des habitats. Chez certaines espèces de canards, le mâle possède un territoire qui s étend à perte de vue et où il chasse ses congénères. Sur un plan d eau aux berges sinueuses, son champ de vision est réduit et par conséquent son territoire aussi, ce qui permet l accueil d un plus grand nombre d individus pour une même surface d eau. - Sous objectif 1,3 Création d habitats particuliers pour la Cistude d Europe L état initial a montré la présence d une population de Cistude d Europe (Emys orbicularis), peuplant le système hydraulique situé à l est du site, et d un important site de ponte de cette espèce sur les parcelles Echasses et Petite dune. Ces pontes ont été mises en évidence par un nombre élevé d œufs prédatés (53 pontes). Un fort taux de prédation est donc suspecté, probablement dû à la taille restreinte de cet habitat. Ainsi il est proposé d augmenter la superficie des sites de pontes en créant des buttes de faibles hauteurs qui constitueraient des habitats favorables. 24

25 La Cistude d Europe, appelée également la Tortue boueuse, est une espèce inscrite en annexe II et IV de la Directive «Habitats-Faune-Flore», en annexe II de la Convention de Berne et protégée au niveau national en France. La cistude, bien qu encore très présente, est l espèce de reptile qui a le plus régressé en valeur absolue en Europe ces dernières années (Fiches Natura 2000, p ). Son statut de protection et sa présence importante sur notre site justifie la mise en place de mesures de gestion favorisant sa conservation. Pour augmenter la taille de ce site de ponte, des buttes de sable vont être construites sur la parcelle Crécerelle, au sud-est et à proximité des parcelles où les pontes prédatées ont été observées. Ces buttes devraient constituer un habitat de ponte favorable : en effet la Cistude d Europe choisirait préférentiellement un substrat fin pour pondre, tel que le sable, car cela faciliterait le creusement du nid (MEESKE, 1997) et un terrain surélevé pour éviter l inondation. Une mare permanente va également être creusée car la Cistude a besoin d un milieu en eau toute l année. Cette mare sera directement connectée au canal où les cistudes ont été dénombrées pour permettre sa mise en eau en continu. Les cistudes pourront donc y accéder et la coloniser directement par ce canal. Cette mare sera située à proximité des buttes pour espérer une colonisation par les petits éclos sur ce nouveau site. La Cistude d Europe montre un comportement de fidélité au site de ponte (THIENPONT, 2004) ; une fréquentation annuelle (ponte annuelle) de ces buttes, par les femelles qui y auront pondu une première fois, est donc espérée. La mare permanente : La mare permanente sera creusée jusqu à 1m50 pour faire la même profondeur que le canal qui la met en eau. Elle aura une forme de «haricot» semblable à un canal mais d une taille plus importante. Cette mare est située sur la parcelle Crécerelle contenant justement du sable qui servira à la création des buttes. Ce sable se situe sur une couche de 50cm, ainsi, pour avoir un volume assez conséquent, la mare fera une largeur d environ 15m sur une longueur de 140m, soit une superficie qui approchera les 2000 m². Des pentes relativement douces sont préconisées : 17% au niveau des berges pour descendre de 50cm en avançant de 3m puis une pente à 33% pour descendre de 1m sur 3m. Ainsi en prenant en compte les pentes, un volume de 840 m3 de sable est fourni. Lors de l étude du volume total (avec la topographie) sur le logiciel de cartographie MapInfo, un volume de 1850m3 est trouvé pour le projet proposé. Il restera donc 1010m3 de terre pour la réalisation du socle. Les buttes : Les buttes seront composées d un socle de 40cm de hauteur avec de la terre composée de limon et d argile pour consolider l ensemble. Puis le sable sera déposé par-dessus de manière inégale pour créer un relief irrégulier de plusieurs bosses d une hauteur de 1 m. Remarque : la banque de graines sera conservée dans la partie de sable prélevé pour permettre une meilleure colonisation par les végétaux, fixer le sable et ainsi limiter l érosion. D après nos volumes prélevés, ces buttes feront une superficie de : 1010/0.40 = 2525, soit environ 2500m². 25

26 I. Réalisation du projet I.1. Contexte physique du milieu Notre projet prend également en compte les conditions physiques actuelles du milieu et les contraintes existantes en s appuyant sur les conclusions de l état des lieux initial du 15 octobre 2009, la topographie (Modèle numérique de terrain de la tour du Valat) et divers documents recueillis auprès de l association des marais du Vigueirat. Pédologie : Le premier point à traiter concernait la nature des sols. En effet, la capacité de rétention d eau des futures mares et donc leur imperméabilité va en dépendre. Le Cassaïre étant une ancienne rizière, l état des lieux du 15 Octobre 2009 (TOUR DU VALAT, 2009) admet que les parcelles sont potentiellement imperméables. De plus, un échantillonnage permet d apprécier la quantité d argile présente sur le site par rapport aux limons ou au sable moins imperméables. Ces carottages confirment l imperméabilité potentielle du site. Aucun apport extérieur d argile ou de géotextile quelconque n est donc envisagé. Il y a en moyenne 30 cm d argile sur l ensemble des parcelles avec un maximum de 50 cm et un minimum de 10 cm. Le rapport initial conclu que ce premier horizon argileux se situe en moyenne à partir de 60cm de profondeur. Cette couche étant limitée en épaisseur, il est conseillé de ne pas creuser les parcelles au-delà de cette profondeur. Cependant dans cette étude pédologique, nous ne disposons que d un échantillonnage réduit : seulement 6 carottes pour 70 ha. Lors de la réalisation de notre projet nous avons supposé qu un carottage par parcelle était suffisant pour renseigner de l aspect général du sol sur celle-ci et nous avons extrapolé le résultat de la carotte obtenue sur l ensemble de la parcelle. Ceci nécessite que les différentes strates soient organisées uniformément sur une même parcelle. Cette extrapolation mérite d être confirmée par des études complémentaires (réalisation de nouveaux carottages sur chaque parcelle avant la réalisation des travaux). Il apparaît, au vue de ces carottages, que les parcelles Proyer et Crécerelle soient les moins imperméables. En effet, une couche de sable affleure et atteint des profondeurs respectives de 80 cm et 60 cm. La rétention d'eau étant compromise, aucune mare se sera créée à ces endroits.toutes les autres parcelles peuvent être aménagées. Elles se composent de différentes couches d argile plus ou moins mélangées aux limons ou à du sable. La profondeur des futures mares doit être en adéquation avec le mode de vie des espèces visées par cette restauration : les anatidés en particulier (gibier d eau). Comme nous l avons précisé précédemment, il est conseillé de créer des mares de 10 à 20 cm de profondeur. De plus l état initial préconise de ne pas creuser au delà de 60 cm. Ces recommandations seront prises en compte. Topographie : La base de données MNT renseigne, pour l ensemble du site du Cassaire, une altitude moyenne de 1,55m, avec un minimum de -0.31m et un maximum 4,88m, soit un intervalle de 5,19m. Ces données comprennent également l altitude de la dune à restaurer, les différences d altitudes sont donc relativement faibles, ce qui est typique en Camargue. Lors du choix de l emplacement de nos mares, nous avons cependant choisi les points les plus bas d après cette base de données (cf carte n 10) 26

27 Carte 10 Système de drainage : L eau doit être contenue à l intérieur des futures mares et non être drainée dans les canaux présents actuellement. Comme le propose le rapport d aide aux décisions (TOUR DU VALAT, 2009), les drains doivent être comblés. Il ne sera conservé que les drains permettant l acheminement de l eau jusqu aux mares. Le choix des canaux condamnés s est basé sur la localisation de la future pompe qui sera installée par les marais du Vigueirat. Afin de rendre son action plus efficace, toute l eau pompée sera canalisée dans une seule et même roubine au centre du site. Ceci facilitera la répartition de l eau dans les différentes parcelles. De plus un petit chenal de faible profondeur sera crée pour permettre de relier les mares entre elles. La carte ci-dessous (cf carte n 11) présente la situation actuelle du site ainsi que les drains qui nécessitent d être comblés. 27

28 Carte n 10 Carte 11 I.2. Contraintes techniques et financières Pour des raisons budgétaires, il n est pas envisagé d exporter la terre en dehors du site. Le matériel extrait des futures mares sera déversé dans les canaux pour les obstruer. Les estimations des volumes de terre nécessaires et disponibles sont présentées dans le paragraphe 1.4 «Volumes à déplacer». De plus, il est prévu une restauration de la dune fluviatile avec un apport de sable. Ce sable sera fourni lors du creusement du marais sur la parcelle Crécerelle qui contient du sable jusqu à 50 cm de profondeur. Il faudra prendre garde à décaper les dix premiers centimètres pour éviter de prélever la banque de graines qui pourrait amener des espèces non voulues sur la dune. Des déplacements de matériaux se font également lors de la création d habitats pour la cistude : site de ponte (buttes) et nouveau plan d eau permanent. Enfin le substrat supplémentaire sera étalé autour du marais sur les zones les plus basses. Par ailleurs, les précipitations ne suffiront pas à remplir le marais de manière durable d où le besoin d une pompe pour amener l eau qui évoluera ensuite sur le site de manière gravitaire. La pompe déjà en place et appartenant à l ancien propriétaire est assez ancienne, sa réhabilitation et son entretien futur nécessiteraient des travaux coûteux. De plus, les marais du Vigueirat souhaitent rester autonome dans la gestion hydraulique du site. Ainsi une nouvelle pompe va être installée, celle-ci pompera l eau du canal d Arles à Fos, contrairement à l ancienne qui prélevait l eau dans le Rhône. 28

29 Remarque : L objectif souhaité est d avoir de l eau pour la chasse en automne et hiver ; l été n est pas la saison visée pour cette activité. Même si une mise en eau tardive recule la date favorable, ceci se justifie par notre objectif de favoriser une biodiversité adaptée à la région. I.3. Localisation et caractéristiques des étangs Voici une proposition d un aménagement prenant en compte nos différents objectifs et contraintes existantes, les contours cartographiques ne sont donnés qu à titre indicatif ; une marge de manœuvre est laissée lors de la réalisation. Le «grand étang» est celui situé le plus au sud. Les autres mares sont numérotées de 1 à 3 du sud vers le nord en suivant l ordre d arrivée de l eau. Tableaux récapitulatifs : Tableau 3 : Marais Grand étang Superficie 31300m² Profondeur 20 cm max Pente 2% Rappel du Possède une partie substrat sableuse qui permettra de fournir le substrat nécessaire à la restauration de la dune Mare 2 Superficie 3100m² Profondeur 20 cm max Pente 2% Rappel du Recouvert d une couche de substrat mélange sable-limonargile sur 50 cm puis alternance de sable et d argile. Mare 1 Superficie 4150m² Profondeur 10 cm max Pente 2% Rappel du Recouvert d une couche de substrat mélange sable-limon-argile sur 50 cm puis alternance de sable et d argile. Mare 3 Superficie 5700m² Profondeur 40 cm max Pente 2% Rappel du Possède du limon et de substrat l argile sur 50cm puis une alternance de sable et d argile. Tableau 4 : Habitats pour les Cistudes Mare permanente Superficie 2000 m² Profondeur 1,5 cm max Pente 17% puis 33% en descendant Rappel du 50cm de sable puis une substrat couche de limon-argile Buttes Superficie Hauteur max Pente Rappel du substrat 2600m² environ 1 m faible 40 cm de limon et argile puis du sable au dessus 29

30 Les buttes pour les cistudes représentées sur les cartes ci-dessous (cf cartes 12, 13 et 14) ne sont pas à l échelle des volumes de substrat disponibles, elles ne sont présentées qu à titre d exemple d un aménagement. Les marais temporaires et la mare permanente sont eux représentés à l'échelle réelle tel qu il a été proposé précédemment dans le projet de réalisation. Remarque : les altitudes indiquées sur les cartes sont exprimées en mètres Carte 12 30

31 Carte 13 31

32 Carte 14 32

33 I.4. Volumes à déplacer lors de la création du marais Volume de terre total à extraire en tenant compte de la topographie existante : m3 Volume des drains à combler : 6000m3 Volume de sable nécessaire à la dune : 900m3 (sable) Volume du socle de la butte à cistude : 1010 m3 Volume du sable nécessaire à la butte : 840 m3 (Ce volume total est extrait de la mare à cistudes : 1850m3 situé juste à côté) En déduisant les volumes utilisés, il reste 3250 m3 de terre ce qui permet de valider la faisabilité de cette proposition. La création des mares offrira ainsi suffisamment de matériaux pour combler les différentes roubines, ce reste de substrat sera ensuite étalé autour des mares dans les zones les plus basses. La surface potentielle pour cette répartition est représentée en jaune sur la carte du projet (Cf carte 12), celle-ci fait une superficie de m² soit une épaisseur de 5-6cm. Bilan : Pour conclure, ce projet s est mis en place en tenant compte de plusieurs facteurs. Tout d abord, en respectant notre objectif de favoriser un milieu riche à la fois pour la chasse et la biodiversité. Pour cela, un régime hydraulique temporaire propre au système méditerranéen est restauré. Ensuite les conditions physiques du milieu et les contraintes techniques et financières sont prises en compte. N ayant pas de nécessité d être enlevée, la digue principale entre les deux parcelles est maintenue, permettant ainsi une voie d accès au site. Une nouvelle pompe sera installée à l est du site, elle pompera l eau du canal d Arles à Fos, puis l eau évoluera ensuite sur le site de manière gravitaire. Notre projet comprend un marais composé de 4 mares temporaires de surface variant de 0,3ha à 3ha et de profondeurs comprises entre 10 et 40 cm, les berges seront très découpées et en pente douce de 2%. De plus une mare permanente pour les cistudes d une profondeur de 1m50 est créée à partir du contre-canal d Arles à Bouc. Elle sera située sur la parcelle Crécerelle, située à proximité des deux parcelles sur lesquelles un nombre important de pontes prédatées a été observé. Un nouveau site de ponte est donc crée au même endroit pour diminuer la pression de prédation. Il aura la forme d une butte d une altitude maximum de 1m. Ainsi ce projet répond au double objectif de préservation de la biodiversité et de favorisation de l activité de chasse. 33

34 II. Le déroulement des travaux pour la création des marais II.1. La période de réalisation Les travaux débuteront à l'automne 2011 à partir de septembre. Cette période est à privilégier pour éviter les périodes de productivité intense, tant pour la flore que pour la faune. En effet, effectuer les travaux au printemps ou en été est à l encontre d au moins un objectif du projet à savoir la favorisation de la biodiversité. La mise en eau sera effectuée en novembre II.2. Les étapes du creusement 1ère phase : La création des marais. Le colmatage des drains et canaux. La création des marais entraîne l extraction de 10150m 3 de terre (sable, limon et argile principalement). Afin de rentabiliser l opération, la terre va être prioritairement utilisée pour colmater les drains et canaux. Ainsi un premier engin minipelle sera chargé de creuser les étangs selon les superficies définies ci-dessus et des pentes douces à 2%. Le matériel extrait est transporté dans un camion vers les roubines à combler où une deuxième minipelle sera chargée de placer et tasser le substrat dans ces drains pour les combler complètement. L utilisation du surplus de terre. Suite au colmatage des drains, il restera de la terre. Celle-ci sera étalée autour des marais (les cartes précédentes indiquent la zone concernée en jaune). La terre sera étalée d abord près des berges puis dans les secteurs s éloignant de la mare, en favorisant les zones de basses altitudes du secteur. Cette couche ne doit pas dépasser les 10 cm d épaisseur. Le cas de la mare Sud : Le creusement de la plus grande mare au sud se déroulera différemment. En effet, la couche de surface se compose essentiellement de sable. Celui-ci est destiné à la restauration de l ancienne dune fluviatile située au nord du Cassaïre. La minipelle devra d abord décaper les 10 premiers centimètres pour éviter la banque de graines et amener des espèces non voulues sur la dune. Puis les 10 centimètres en dessous (la mare n étant creusée que jusqu à 20cm) seront transportés en camion vers la dune. La surface à creuser fait 9000 m², elle est indiquée sur la carte n 13 «Zone de prélèvement du sable pour le projet de restauration de la dune». La fin des travaux : Après avoir creusé mais avant de redéposer la terre qui contient la banque de graines, il serait intéressant que les engins tassent le fond des mares afin de favoriser l étanchéité. 2ème phase : La création de la mare permanente à cistudes et la construction des buttes. Les matériaux extraits lors de la création de la mare permanente seront utilisés pour le nouveau site de ponte. La première couche de 0 à 50 cm retirée lors du creusement de la mare permanente est du sable, il va être mis de côté pour la construction du sommet des buttes à cistudes. Cette couche de sable sera utilisée dans son intégralité de manière à conserver les 10 premiers centimètres contenant la banque de graines pour permettre une recolonisation de la végétation sur les buttes. Le socle des buttes sera constitué du mélange argile et limon prélevé plus en profondeur entre 50cm et 1.50 m pour assurer une stabilité des buttes et limiter l érosion. 34

35 III. Le budget attribué à la création des marais et aux habitats pour les Cistudes d Europe Le colmatage des drains et canaux, la création des marais, de la mare permanente à cistudes ainsi que la construction des buttes vont nécessiter la location de 3 engins : 2 minipelles (pour creuser, colmater les canaux et construire les buttes) et 1 camion (pour déplacer le sable ou l'argile). Il y aura donc 3 chauffeurs. Les minipelles utilisées seront des 2,5 t pour remplir plus rapidement le camion. Le camion quant à lui sera d'une petite capacité (10 t) pour minimiser l'impact (sur la végétation en place, sur le sol par tassement notamment) de ses nombreux déplacements sur le site. Pour les mêmes raisons et dans la mesure du possible, les engins concentreront leurs trajets en empruntant la digue et le chemin à l'ouest du site. Le temps estimé de ces travaux est d'environ un mois et demi soit 32 jours. Les prix de location des engins indiqués en annexe 7 correspondent aux prix pratiqués sur le marché et donc aux prix des sociétés de la région. Concernant la réalisation de ces travaux, voici les coordonnées de deux sociétés installées à Arles et aptes à les réaliser. Entreprise Masoni (SA) La Sacristane Secteur d activité: Entreprise de démolition - Entreprise de terrassement Adresse : Chemin de Gimeaux Arles Téléphone : Entreprise Trivella Secteur d activité : Construction, terrassement, assainissement Adresse : Chemin Severin Arles Dirigeant : Mauro TRIVELLA Le budget de ces travaux devrait s'élever à : par jour : (2*45 + 1*50) * 8 + 3*12 = 1 156e. pour 32 jours : 1156 * 32 = e. 35

36 IV. Suivi de la gestion hydraulique des futurs marais Le projet de restauration a été initié pour répondre à deux objectifs : attirer le gibier d eau pour permettre l activité de chasse et favoriser la biodiversité faunistique et floristique du site. Afin d apprécier l atteinte de ces objectifs, le devenir du site doit être surveillé : un suivi est nécessaire. Celui-ci permet de «vérifier que les paramètres jugés essentiels restent dans des limites acceptables ou évoluent dans le sens souhaité» (Grillas et al, 2004). Ces paramètres sont mieux connus sous le nom d indicateurs. Ils renseignent directement ou indirectement du devenir du milieu. Les indicateurs directs ciblent la diversité et l abondance de la faune et de la flore du site (cf suivi des espèces patrimoniales) tandis que les indicateurs indirects visent les paramètres sous-jacents au développement des espèces (qualité de l eau, etc.). Ceux-ci permettent d adapter la gestion du site (Grillas et al, 2004). Ils se partagent en deux catégories : soit ils évaluent la durabilité des travaux (envasement, aplatissement des buttes, état des canaux), soit ils indiquent les conditions physico-chimiques des mares (hauteur d'eau, paramètres physico-chimiques). Par exemple, l absence de gibier d eau (constat direct dont les causes sont ignorées) sur les futurs marais pourra être expliquée par des hauteurs d eau trop faibles (indicateur indirect). Le suivi de ce paramètre permettra de moduler la gestion afin de résoudre ce problème. Cette partie présente donc les indicateurs à suivre pour veiller au bon fonctionnement du système. La première partie concernera la gestion hydraulique du site. Elle développera en particulier le suivi des travaux puis l indicateur de l état physico-chimique des marais. La seconde partie présentera le suivi du site aménagé pour la reproduction des Cistudes d Europe (buttes et mare permanente). Enfin le budget à consacrer au suivi conclura cette partie. Suivi de la gestion hydraulique L objectif de la gestion hydraulique du Cassaïre est d une part de maintenir les marais en eau pendant toute la période de chasse et d autre part de conserver des niveaux d eau stables, approchant les hauteurs d eau espérées lors de la conception (Voir partie I : réalisation du projet, localisation et caractéristiques des étangs). Le suivi proposé ci-dessous est également à appliquer au milieu de référence, le Clos des montures. IV.1.La durabilité des travaux : la vitesse d envasement des mares Les objectifs Éviter l'atterrissement des mares. La pérennité des mares est limitée par son atterrissement progressif. Celui-ci est dû, entre autres, à l'envasement des pièces d'eau. En effet, la matière organique en décomposition sédimente continuellement dans le fond des mares pour les combler à terme. 36

37 Le déroulement du suivi Un suivi de la bathymétrie (selon la méthode de Grillas et al, 2004, p90, par exemple) du site doit être réalisé chaque année en période d'assec. Celui-ci permettra d'observer l'évolution de la topographie du site et d'apprécier la vitesse de comblement des mares. La fréquence du suivi : Les relevés devront être réalisés le plus tard possible en période d'assec afin d'en déduire les volumes d'eau nécessaires et donc les conditions d'utilisation de la pompe électrique. Le traitement des données L envasement d une mare est un phénomène naturel. La couche de vase peut atteindre une épaisseur quelquefois importante. Elle provoque à terme un comblement de la pièce d eau. Pour contrer ce phénomène, le curage est la meilleure solution. D'après les études déjà réalisées (CREN Languedoc-Roussillon), un curage partiel (une moitié ou un tiers par an selon la surface de la mare) peut être réalisé lorsque la hauteur de vase est supérieure au tiers de la profondeur du trou d eau. Généralement ce type d opération intervient tous les cinq ans. Une telle opération peut être très néfaste à la flore et à la faune naturelle des mares. En effet, la vase abrite un grand nombre d espèces animales (mollusques, insectes, organismes planctoniques) et une quantité de graines souvent importante. Afin de ne pas trop porter atteinte à la biodiversité des marais, le curage devra donc s'échelonner sur plusieurs années (un tiers par an). IV.2. Le contrôle des hauteurs d eau Les objectifs Objectif à court terme : Surveiller la mise en eau et adapter l utilisation de la pompe. Il permet d une part de contrôler le déroulement de la mise en eau afin d adapter le fonctionnement de la pompe. Ensuite, les hauteurs d eau conditionnent la faune et la flore des milieux. De ce fait, il convient de maintenir des hauteurs d'eau relativement constantes afin que les espèces ciblées puissent s installer. La pompe devra donc être redémarrée en cas de baisse du niveau d eau (si la période le permet). Objectif à long terme : Connaître l évolution des hauteurs d eau de chaque mare afin d établir un historique du site. En cas de dysfonctionnement faunistique ou floristique, cet historique constituera une explication potentielle. Le déroulement du suivi Les outils : Concrètement, huit échelles limnimétriques seront installées aux emplacements précisés sur la carte n 6. Étant donné la surface réduite de la plupart des mares, une seule échelle placée à l endroit le plus profond de chacune d elle est suffisante. Le point le plus profond est choisi comme localisation afin de pouvoir effectuer le suivi le plus longtemps possible. Pour avoir une vue uniforme de la mare la plus grande (au sud du site), trois échelles seront utilisées. 37

38 Ces échelles peuvent être créées artisanalement (les règles vendues dans le commerce sont assez coûteuses). Il faut planter un piquet gradué et l'ancrer solidement dans le sol. Les graduations doivent être visibles depuis la berge à l'aide de jumelles. Le piquet ne doit pas trop perturber le paysage, c'est pourquoi il faudra limiter sa hauteur. La fréquence du suivi : Afin que les variations de hauteurs d eau soient observées le plus précisément possible, le suivi doit être fréquent (Grillas et al, 2004). Le budget est limitant, nous proposons donc un relevé mensuel à partir de la mise en eau jusqu à l assèchement. Au moment de la mise en eau, la gestion sera différente. Le volume d eau à disperser est de 9340m 3 ; plusieurs jours seront donc nécessaires pour réaliser cette opération. Un suivi journalier est indispensable afin de fixer l arrêt du pompage et ainsi limiter les gaspillages. Seuls les extrêmes du site (les points les plus longs à mettre en eau) c'est-à-dire les points 1 et 6 seront à prospecter. Cependant cet effort supplémentaire pourra être adapté d année en année car la gestion du site (vitesse de mise en eau) sera de mieux en mieux connue. Figure 1: Planning théorique de la gestion de l eau des marais réhabilités Cas du Clos des montures : Les échelles limnimétriques sont déjà installées au Clos des montures, elles seront donc utilisées pour ce suivi. La fréquence des relevés devra être identique à celle du Cassaïre et ces relevés devront être réalisés les mêmes jours. Le traitement des données Le relevé des hauteurs d eau nous permet d évaluer l évolution du niveau d eau au cours du temps (sous forme graphique). Il sera normal d observer une baisse des niveaux d eau entre le début et la fin de la période d inondation. En effet toute masse d eau est sujette à évaporation. Il faut cependant surveiller que cette évaporation ne soit pas trop importante et qu elle soit réellement la cause de la diminution des hauteurs d eau. Une comparaison au Clos des montures permet d évaluer la vitesse d évaporation. La diminution des hauteurs d eau des deux sites devra être simultanée et comparable puisqu ils sont soumis aux mêmes conditions climatiques. Ainsi, une évaporation anormale sur le site du 38

39 Cassaïre peut être considérée comme telle dès lors que la vitesse du phénomène est supérieure à l évaporation du Clos des montures. Ceci peut être dû à une porosité trop importante du sol, à des fuites (drains mal colmatés) et à la non saturation du sol entre la nappe et la mare. Une solution est proposée pour chacun de ces problèmes à titre indicatif ; le budget nécessaire à ces travaux ne sera pas évalué par manque de temps de l équipe. Tout d abord une couche d argile peut rendre le fond des mares étanche et ainsi limiter le volume d eau à déverser pour saturer les sols et remplir les mares. Ensuite, les brèches doivent être colmatées avec de la terre dans la mesure où les dégâts sont réparables (si le colmatage des drains réalisé lors des travaux n est pas efficace, il faut préférer le seul comblement des buses d alimentation anciennement utilisées). Enfin, un volume plus important d eau pourrait être déversé dans le système hydrique afin d engorger les sols et de faire affleurer la nappe. Les mares pourraient être creusées plus profondément afin de se rapprocher de la nappe, en conservant toutefois les hauteurs d eau préconisées (remplissage non total dans ce cas, attention à la nature des sols). Afin d assurer une gestion efficace et réactive, la fiche de terrain (cf Annexe 1) proposée permet de connaître en temps réel la hauteur d eau évaporée entre deux relevés. Dès lors qu'il manque un centimètre d'eau (comparer la hauteur réelle à la hauteur théorique), la pompe doit être réactivée afin de conserver des hauteurs d'eau les plus stables possibles. L'ouverture de la pompe doit tout de même être cohérente avec les évènements pluvieux. L inondation des marais a lieu en hiver, l évaporation est donc limitée et un suivi mensuel paraît suffisant pour anticiper les variations d eau potentiellement néfastes au milieu. IV.3. Le contrôle de la pluviométrie Les objectifs Évaluer la part réelle d évaporation et disposer d un historique de la pluviométrie ; l évolution des hauteurs d eau sera probablement différente d une année à l autre. Les hauteurs de précipitations peuvent constituer une explication potentielle. Le déroulement du suivi Les outils : Un pluviomètre sera placé sur le site (cf carte 15). Cas du Clos des montures Un pluviomètre sera également installé sur le site (cf carte 15). La fréquence du suivi : Les relevés devront se dérouler en même temps que les relevés des hauteurs d eau. Des relevés supplémentaires devront être réalisés, dans la mesure du possible, à la suite des évènements pluvieux. IV.4. Le contrôle du niveau de la nappe Les objectifs Définir la distance qui sépare la nappe phréatique de la surface afin d évaluer le volume de sol à saturer pour assurer le maintien de l eau dans les mares. Le déroulement du suivi Les outils : utiliser le piézomètre déjà en place sur le Cassaïre (cf carte 15) La fréquence du suivi : Un relevé mensuel est proposé. 39

40 IV.5.Le contrôle de la salinité Les objectifs Vérifier le maintien des conditions favorables au développement d une végétation attractive pour le gibier d eau. Le déroulement du suivi Les mesures seront effectuées à l aide de sondes aux stations prévues à cet effet (cf carte 15). La fréquence du suivi est établie à une fois par mois. Cette fréquence est souvent retenue lors de la gestion des sites et elle paraît exploitable. Le traitement des données Le facteur majeur qui influence les communautés floristiques et faunistiques est la salinité. En effet, la végétation d'intérêt patrimonial visée par le projet de restauration se développe prioritairement en milieu de faible salinité. Ce paramètre doit donc rester relativement stable et faible. Il est déductible des mesures de conductivité (associée à la température). En cas d'augmentation de ce paramètre (remontée de sel par capillarité en cas d'assec prolongé), l'inondation du site pourrait être allongée. Afin d'éviter tout problème, ce paramètre devra être contrôlé avant chaque activation de la pompe afin de limiter les apports de sels potentiels par le canal. IV.6. Aide à la gestion hydraulique du site Les dates de mise en eau et de relevés de terrain suggérées sont à moduler en fonction des conditions climatiques. En effet, quand une date de mise en eau est proposée, si un fort évènement pluvieux a lieu avant ou est prévu quelques jours après cette date, il faut profiter de celui-ci pour économiser l eau. De même, il est conseillé de relever les pluviomètres (Cassaïre et Clos des montures) à la fin des épisodes pluvieux même si la visite sur le terrain n est pas prévue. Ceci pour avoir un historique pluvieux le plus précis possible. Toutes les mesures sont à réaliser au même point comme précisé sur la carte (cf carte 15). Ceci limite le piétinement du site, limite les déplacements de l agent de terrain et permet la comparaison des résultats entre eux. Il n est pas nécessaire que l agent de terrain soit le même pour tous les relevés, en effet ceuxci laissent peu de place aux erreurs d appréciation par l observateur. 40

41 Carte n 15 Carte 15 : Mise en place du suivi du réseau hydraulique du projet de restauration Bilan de la gestion hydraulique du site : Avant la mise en eau des marais, il convient de vérifier : - la qualité physico-chimique du canal source (salinité, T C), - la topographie du site - le niveau de la nappe - les conditions météorologiques annoncées Une fois le site totalement approvisionné, un suivi mensuel est préconisé pour les hauteurs d eau, le niveau de la nappe, la pluviométrie, l envasement et le taux de salinité des mares. Le même suivi est réalisé sur le site de référence : le Clos des montures. L approvisionnement en eau doit s adapter aux résultats du suivi et aux prévisions météorologiques selon les modalités précisées plus haut. 41

42 IV.7. Le budget Les éléments pris en compte dans le budget du suivi proposé ci-dessus sont : - la personne responsable du suivi - les sondes - les pluviomètres N ont pas été pris en compte les éléments communément utilisés pour la gestion telle que les jumelles nécessaires à la lecture des échelles limnimétriques, les outils de terrain (bottes, etc ), ainsi que le coût de déplacement jusqu aux marais. - Le salaire à reverser à la personne responsable du suivi : -> La durée d un relevé : Le temps nécessaire à chaque relevé de terrain mensuel (circuit 1) est estimé à 3.13h selon le calcul ci-dessous. Lors de la mise en eau (circuit 2), le suivi ne dure que 0.96h. CIRCUIT 1 (suivi mensuel): Vitesse de déplacement (V) : V= 3 km/h (le caractère accidenté et potentiellement inondé du site ralenti les déplacements, en temps normal la marche est généralement estimée à 5km/h) Distance (D) : Un circuit de suivi a été simulé de sorte qu il soit le plus court possible et qu il permette de relever tous les points. Ce circuit (cf carte n 15) a une distance de D= 1.7*2= 3.4km. Temps approximatif (Tc) : Tc= D/V = 3.4/3= 1.13 h à cela il faut ajouter - le temps passé par station (Ts) évalué à 15 minutes (0.25h) en moyenne. - Le temps nécessaire pour effectuer le suivi du Clos des montures est évalué subjectivement à 30 minutes. Il comprend le trajet entre le Cassaïre et le Clos, le relevé des pluviomètres et des échelles liminmétriques et les mesures de salinité. Soit pour une période d inondation : T = Tc + (6*0.25)+0.5= T = 3.13 h CIRCUIT 2 (suivi journalier lors de la mise en eau) D= 1.2*2=2.4 km V=3km/h Ts=5min=0.08h Tc= (2.4/3)=0.8h Soit pour une période d inondation : T = (2.4/3) +(2*0.08) T = 0.96h -> Le salaire d un technicien : Un technicien peut réaliser ce suivi. Si l'on prend le smic comme référence, il a un salaire de 8.86 e/h brut. -> La durée du suivi : La période d inondation au Cassaïre est semblable à celle du Clos des montures soit en moyenne 6 mois. Le suivi journalier sera réalisé approximativement pendant une semaine ouvrable (de l'ouverture de la pompe au remplissage complet des mares). -> Le salaire approximatif à prévoir pour la personne responsable du suivi : Le salaire à reverser à l'agent de terrain pour une période d inondation est d'environ (3.13*8.86*6)+(0.96*8.86*5)= e 42

43 - les sondes et les pluviomètres Les prix de ces deux éléments sont des prix moyens calculés à partir d'un sondage de plusieurs types de matériels. En fonction de la qualité et des perfectionnements souhaités, ce prix peut varier. Pour le suivi proposé, aucun impératif concernant les marques ou les options des instruments n'est préconisé. Les sondes ont été évaluées à 150e et les pluviomètres à 10e. Globalement le budget attribué au suivi du système hydraulique est de (2*10)= e V. Suivi du site aménagé pour les cistudes La mare permanente Un limnimètre est installé dans la mare permanente pour les cistudes. Afin de s'assurer que les variations du niveau d'eau de cette mare sont «normales», un second dispositif est placé dans le canal. Ainsi un problème topographique peut être décelé. En effet, si la mare permanente s'assèche sans que le canal s'assèche lui aussi : il y a un problème. Les buttes La colonisation du site par les Cistudes d'europe peut se traduire par un comptage de pontes prédatées (donc visibles) ou des traces laissées par les adultes ou les juvéniles. Le délai de colonisation d'un site nouveau est inconnu, par conséquent les interventions pour les introduire sont délicates à prédire. Afin d'assurer la pérennité du site, les hauteurs des buttes doivent être contrôlées une fois par an. Le risque principal est leur disparition par érosion (due au vent). Une reconstruction peut être envisagée en fonction de l'étendue des dégâts et de l'attractivité du site constatée sur le terrain. 43

44 Objectif 2 : Restauration d une dune fluviatile - FLAMME L. - BARCELONE A. - VIGIER C. Le lieu dit «Grande Dune» est, sur le site du Cassaïre, le vestige d un système dunaire fluviatile autrefois beaucoup plus important. Ce milieu représente un site remarquable car il fait partie des derniers vestiges de dunes fluviatiles, comme la dune de la Commanderie, les dunes de Beynes ou encore la dune fluviatile de Lauricet (MOLINIER & TALLON, 1974). En effet, la plupart des dunes fluviatiles en Camargue ont été détruites par arasement pour les transformer en parcelles agricoles et pour exploitation du sable. Actuellement, les habitats dunaires sont dans un mauvais état de conservation, d où la nécessité d une restauration ou d une meilleure gestion du site. I. Résultats attendus / Milieu de référence I.1 Choix du site La dune fluviatile de la Commanderie se situe au niveau de la rive ouest du Rhône, à l opposé de la dune du site du Cassaïre, à quasi égale distance du fleuve (cf carte n 16). Cette situation particulière motive le choix de ce site en tant que milieu de référence car cette dune possède un fonctionnement similaire à la dune du Cassaïre de part sa situation. Sa grande diversité floristique et la présence de peuplements végétaux exceptionnels font de ce site une référence idéale pour la restauration de la dune du Cassaïre. La dune de la Commanderie présente un complexe de quatre habitats distincts, permettant l établissement d espèces différentes et d une biodiversité plus complexe et complète. Carte 16 Situation des deux dunes 44

45 I.2 Description La dune de la Commanderie présente une altitude minimale de 3 mètres et maximale de 4 mètres avec une superficie de 5,55 hectares. Considérée comme relictuelle dans les paysages de Camargue, la dune de la Commanderie est située au milieu d étendues aplanies pour les besoins agricoles (COULET et al, 2003). A sa base, cette dune d origine fluviatile abrite l Imperato-Erianthion et l'artemisio-teucietum sur les points hauts, deux habitats retrouvés très communément sur les montilles de Camargue. Mais de manière plus originale, ce site abrite de façon sporadique plusieurs peuplements de Corispermum leptopterum, espèce extrêmement rare et présentant ses derniers pieds au niveau de la dune dans la région Camarguaise. La plante, liée à un milieu difficile avec des sables nus mis en mouvements par le vent, est rarement présente sur le site. Elle n a pas été confirmée récemment mais pourrait tout à fait réapparaître lors d une année favorable (COULET et al, 2003). La plupart des dunes fluviatiles de la Grande Camargue ont été sacrifiées aux besoins humains. Mais seule cette parcelle, vestige des montilles de la Commanderie près du Sambuc, récemment acquise par la Fondation Tour du Valat dans un but de protection, est assurée de la pérennité. Quatre habitats, présents seulement en région PACA, composent le site dunaire de la Commanderie, les Dunes blanches de la Méditerranée (code Corine ), les Communautés avec les Cannes de Ravenne (code Corine 53.61), les Pelouses dunaires méditerranéennes xériques (code Corine ) et les Galeries de Peupliers provençolanguedociennes (code Corine ). Les dunes blanches méditerranéennes (Groupement à Holoschoenus romanus (GEHU et al, 1992) et les Communautés à Canne de Ravenne (Imperato-Erianthion) sont considérées comme des milieux déterminants. Selon l INPN (Inventaire National du Patrimoine Naturel), trois espèces sont déterminantes au niveau de la dune. Parmi les monocotylédones, nous pouvons trouver des peuplements de Canne de Ravenne (Erianthus ravennae) et d Imperata cylindrique (Imperata cylindrica) rares et situés sur seulement quelques points du littoral méditerranéen et parmi les plantes dicotylédones la fameuse Corispermum leptopterum. Cette dune est orientée parallèlement au fleuve et sa structure particulière indique une importante action du vent remaniant le paysage dès qu une ouverture s effectue dans la végétation. La zonation de la végétation est assez régulière mais on observe dans l ensemble un groupement psammophile à Artemisia glutinosa et à Teucrium polium recouvrant une grande partie de la dune avec de nombreux arbustes et beaucoup de Chênes pubescents (Quercus pubescens) (cf schéma 1). Toute trace de sel semble absente et la végétation basse (plus proche de la nappe) est représentée par des peuplements de Brachypodion phoenicoidis ou de Phragmition. La Canne de Ravenne (Erianthus ravennae) joue un grand rôle dans la fixation de la dune et paraît y préférer les bas-fonds plus humides et la dune elle-même est fixée par un groupement arbustif appartenant au Quercion ilicis. Avec la profondeur, augmentent également les espèces du Populetum albae (Populus alba, P. nigra, Salix alba, Ulmus campestris). 45

46 Cette dune possède des caractéristiques beaucoup plus rhodaniennes que camarguaises car on note l absence d halophytes, un Filaire (Phillyrea angustifolia) rare et l absence de sel. Sur les points les plus soumis aux aléas du vent, le groupement végétal se modifie et laisse place à des espèces ne possédant qu un fort enracinement et pouvant se maintenir. En sommet de dune on a donc une association à Artemisia et Teucrium. Les sables nus en constant mouvement sous l action du mistral sont colonisés par le très rare Corispermum hyssopifolium. Schéma 1: Ceintures de végétation de la dune de la Commanderie Le mistral a une action importante et dès qu une ouverture a lieu dans la végétation, ce vent froid et sec remodèle la structure des dépressions d arrière dune, les caoudeyres. De plus, seules les espèces à fort enracinement peuvent se maintenir sur les points très attaqués par le vent avec des espèces psammophiles mais un appauvrissement des associations. Les caoudeyres issues de l érosion éolienne, sont en très grand nombre sur ce site. Le sable y est presque nu et peu d espèces colonisent ces espaces. La fixation des dunes est assurée en partie par Erianthus ravennae située principalement dans les bas-fonds humides et par des éléments du Populetum albae. Sur la dune, la fixation est assurée par un groupement arbustif appartenant au Quercion ilicis. Les pentes de ces dunes sont plutôt douces avec par exemple des pentes de 10-20% pour les sables à Corispermum très pauvres. 46

47 II. Moyens à mettre en œuvre - CHENEVAZ M. - GRILLON N. - LIAUTAUD Q. II.1 Arrachage d Arundo donax et récupération du sable Arundo donax est une espèce invasive, c est pour cela qu elle sera enlevée sur la dune. Dans un premier temps, les cannes de Provence seront coupées grâce à une débroussailleuse à lames, puis les rhizomes seront arrachés à l aide d une mini-pelle mécanique en prenant soin qu il n en reste aucun. Nous disposerons de 900 m 3 de sable afin de remodeler la dune. Le sable sera issu du creusement des marais sur la parcelle Crécerelle. Les 10 premiers centimètres seront excavés puis mis de côté pour s abstenir de la banque de graines qu ils contiennent. Les travaux d excavation seront réalisés à l aide d une mini-pelle et les transports entre la parcelle et la dune à l aide de deux camions benne de 10 tonnes. Nous avons choisi d utiliser des engins assez légers pour trouver un compromis entre impacts sur le terrain et rentabilité. II.2 Travaux de terrassement Pour estimer le volume de sable nécessaire à l agrandissement de la dune, une cartographie et une modélisation ont été réalisées. Le but étant de prolonger la dune afin d en augmenter ses capacités d accueil floristique. L ajout de sable se fera au nord de la dune. Il sera ainsi dans le prolongement de la dune afin de conserver son profil et sa dynamique. Les cartes 17 et 18 illustrent la topographie de la dune avant et après l ajout de sable. Cartes 17 et 18 : Dune actuelle et projet dune future (VIGIER C.) Grace à la modélisation, le volume estimé de sable nécessaire à la restauration de la dune est de 900 m 3 environ. Le nouveau profil obtenu suivra la topographie de la carte

48 Carte 19 : Vue tridimensionnelle du projet dune (VIGIER C.) Le sable sera déposé et modelé sur l extension de la dune à l aide d une mini pelle mécanique, en prenant soin de ne pas dégrader les habitats autour de la dune et notamment la canne de Ravenne. II.3 Fixation du sable sur la dune A l emplacement où les Cannes de Provence seront enlevées, le sable va se retrouver libre. En effet les Cannes de Provence ont un important système racinaire qui permettait de fixer le substrat de la dune et de renforcer la structure du sol. Un remaniement dans la couverture végétale a lieu dès qu une ouverture se produit (MOLINIER & TALLON, 1965). Or la «Grande dune» n a plus une dynamique de dune mobile et aucun apport naturel de sable ne peut avoir lieu, c est pour cela qu à cet emplacement le sable sera fixé à l aide d un géotextile biodégradable utilisé en génie écologique, la jute de coco. La jute de coco possède de multiples avantages. Tout d abord c est un matériel biodégradable qui prévient de l érosion causée par le vent, les précipitations et le ruissèlement de l eau en absorbant l énergie qui en est issue (VISHNUDAS et al, 2006). La jute de coco permettra d assurer le rôle fixateur de la couverture végétale en attendant que le système racinaire soit suffisamment développé (ALLEN & LEECH, 1997). De plus, la dégradation des fibres organiques a lieu en même temps que le développement du système racinaire, permettant de stabiliser le sol. Les fibres dégradées enrichissent la fertilité du sol. Ce géotextile permet de retenir l humidité et les nutriments et facilite ainsi la croissance de la végétation (VISHNUDAS et al, 2006). Enfin c est une méthode de génie écologique relativement peu chère. Les plants seront piqués à travers la jute de coco. Au niveau des points les plus attaqués par le vent, seules les espèces à fort enracinement peuvent se maintenir d où le choix de cette espèce (MOLINIER & TALLON, 1965). 48

49 III. Indicateurs de suivi III.1 Erosion La dune fluviatile, du fait de l endiguement du Rhône ne peut plus retrouver sa dynamique naturelle, c'est-à-dire un apport de sédiment par les crues du fleuve. On ne peut donc pas lui redonner son fonctionnement naturel, notre but est donc de la réhabiliter pour lui redonner un aspect d écosystème non dégradé et aussi de réduire son érosion puisqu elle ne subit plus d accrétion. Dans notre région, les principaux facteurs de l érosion sont le vent et la pluie par le ruissellement. Pour le suivi, nous avons choisi l érosion comme un des indicateurs. Il nous faut observer les pentes et leurs degrés d inclinaison pour voir s il y a un départ de matière, ainsi que l abondance du recouvrement végétal qui contribue à fixer le sol. On pourra également effectuer des relevés topographiques tous les deux ou trois ans pour voir s il y a une évolution de l altitude. III.2 Suivi de l évolution de la nappe L état initial réalisé en 2009 a mis en évidence le développement d espèces prairiales au détriment des Cannes de Ravenne sur le pied de la dune ainsi que l appauvrissement du cortège floristique de la dune. Cette dynamique, associée au développement de Canne de Provence monospécifique sur une partie de la dune, serait la conséquence de la remontée régulière de la nappe d eau du sol due à la pratique d une irrigation estivale des parcelles voisines. Or le changement de végétation constaté au niveau de la parcelle ne permet pas de justifier à 100% l évolution de la nappe phréatique présente en dessous de la parcelle. La mise en place d un dispositif pour la mesure d un niveau piézométrique en un point donné de l aquifère semble nécessaire. L implantation de trois piézomètres, dont l installation est présentée en Annexe 5, de part et d autre de la dune auront des objectifs multiples. En premier lieu, la réalisation d un tube piézométrique permet de mesurer le niveau d eau et indique la pression de la nappe (PELLET et al, 2002). L évaluation du sens de l écoulement ainsi que des mesures physico-chimiques pourront être réalisées afin de caractériser la nappe. La réalisation de mesures régulières ou en continu de niveau d eau permet d évaluer les variations saisonnières de la pression de la nappe et pourra constituer un indicateur de suivi du milieu physique au niveau de la dune. 49

50 Objectif 3 : Restauration des communautés végétales et animales dans un double objectif biodiversité/gestion cynégétique La réhabilitation du site du Cassaïre se justifie entre autre par une demande sociale forte, notamment de l'activité chasse. L'objectif est double puisqu'il s'agit par la même occasion de créer un système conforme aux caractéristiques du climat méditerranéen en permettant l'installation des communautés végétales et animales adaptées. Il s'agit donc de réhabiliter les rizières en un écosystème capable d'accueillir les populations de gibier d'eau visées par les chasseurs (cf. objectif 3,2). Pour cela, il est nécessaire de permettre le développement des herbiers caractéristiques aux milieux temporaires (cf. objectif 3,1). La réflexion sur les aspects physiques et hydrauliques des futurs milieux temporaires sur le site a permis l'identification de mesures et d'habitats propres à l'installation des habitats naturels caractéristiques ainsi qu'à l'installation du gibier d'eau (cf objectif 1,1 & 1,2). Enfin, ce grand objectif nécessite la mise en place d'une gestion pastorale future ainsi que la création d'un cahier des charges adapté de l'utilisation du site qui seront abordées dans l'objectif 5,2. Sous objectif 3,1 Viser les herbiers caractéristiques des milieux temporaires - CHEVAL A. - DUFOUR O. - URBAN G. Les milieux temporaires sont le résultat naturel des conditions climatiques du climat méditerranéen (cf. II,3). Mesleard et al. (1995) montrent que la restauration d'un régime hydrologique conforme à ces conditions de milieu permet la mise en place d'habitats nécessaires au gibier d'eau et permettant une activité pastorale. Or, la gestion actuelle des marais de chasse en Camargue vise la création de milieux permanents souvent colonisés par une densité importante de Phragmites australis (cf. rapport La petite forêt). Ces marais temporaires répondraient donc aux objectifs visés en termes de biodiversité. Outre le fait d'avoir des plans d'eau libres durant la période de chasse, il est nécessaire de mettre en place un écosystème capable de subvenir aux besoins alimentaires du gibier d'eau. McKinstry et Anderson (2002) montrent que les zones humides utilisées préférentiellement par le gibier d'eau présentent une superficie supérieure à 1 ha, situées dans un réseau de zones humides à moins d'un km et présentant une végétation émergée et submergée abondante. Ces derniers insistent sur l'importance de la végétation submergée comme source directe de nourriture et comme source indirecte en étant l'habitat d'un grand nombre d'invertébrés. 50

51 I. Résultats attendus en termes de communautés végétales submergées et immergées Les projets de restauration s'appuyant sur l'étude et le suivi de milieu de référence ayant un fonctionnement similaire aux objectifs poursuivis, le Clos des montures permet un aperçu général des communautés visées (malgré les limites de l'étude énoncées en conclusion de ce rapport). La gestion hydraulique proposée (objectif 1), en restant proche des conditions naturelles du milieu permettra l'installation de communautés adaptées plus stables dans le temps, faciles à maintenir et moins sensibles au développement d'espèces invasives (MESLEARD, 1996). La gestion par le pâturage (expliquée dans l'objectif 5,2) devra permettre de maintenir le milieu ouvert et sera aussi un moyen de favoriser les espèces émergées (MESLEARD, 1996). Si la gestion à des fins de conservation du site est l'un des objectifs poursuivis, il s'agit aussi de préserver des milieux ouverts afin de permettre le gagnage des anatidés ainsi qu'une végétation plus dense par endroit (nidification de certains oiseaux d'eau MESLEARD, 1996) Les études complémentaires, de la végétation sur ce dernier ainsi que les données bibliographiques permettent l'élaboration d'une liste d'espèces cibles caractéristiques des milieux temporaires d'eau douce du territoire. Les végétaux immergés sont différenciés des végétaux submergés. Végétation submergée Zannicheilie pedicellée Zannichellia palustris subsp. pedicellata Callitriche tronqué Callitriche truncata Renoncule peltée Ranunculus peltatus Characées d'eau douces Characeae spp, Zannichellie a feuille optuse / Zannichellie pelté Zannichellia obtusifolia / Zannichellia peltata Végétation immergée Joncs piquants Juncus acutus Scirpes maritime Scirpus maritimus Tableau 5 : Communautés végétales attendues En zone humide, Mauchamp et al. (1999) précisent que les prédictions sur la structure de la végétation peuvent être établies sur la base des conditions abiotiques. Dès lors, les conditions de milieux proposées dans l'objectif 1 sont adaptées à l'installation de ces communautés (faibles profondeurs d'eau, faibles salinités et assec estival long). Le schéma de principe suivant (MESLEARD, 1996) permet de visualiser l'installation des communautés ciblées le long d'un gradient d'inondation. L'assèchement estival du marais et les faibles profondeurs d'eau limiteront l'installation des massettes et des grands cyrpes. 51

52 Figure 2 : Schéma des successions végétales le long d'un gradient d'innondabilité (MESLEARD, 1996) Les herbiers submergés sont fortement appréciés par le gibier d'eau (gagnage, alimentation), de même que le Scirpe maritime pour les oies cendrées. Les conditions de milieu nouvellement crée pourraient permettre l'installation de deux espèces de Zannichellie protégées au niveau régional : les Zannichellies peltées et à feuilles obtuses. II. Moyens d'intervention Deux options sont envisageables et devront être confrontées avec l'ensemble des acteurs concernés (chasseurs, gestionnaires, etc.). La première solution consiste en la nonintervention alors que la seconde accélère les processus d'installation des espèces. II.1 Non-intervention Le Cassaïre est situé au centre de deux hydro-éco-complexes reconnus pour leurs richesse spécifique : les Marais du Vigueirat à l'ouest et la Camargue à l'est. Des conditions de milieux similaires à proximité doivent permettre la colonisation des marais sans l'intervention humaine. En effet, Green et al (2002) montrent que les anatidae en particulier, ainsi que de nombreux oiseaux d'eau jouent un rôle important de dispersion passive des propagules de plantes aquatiques. Plus récemment, Brochet et al (2010) confirment que le transport par endozoochorie par les oiseaux semble être un mécanisme de dispersion généralisée entre les zones humides. L'épizoochorie peut aussi être un vecteur de dispersion important, notamment par les sangliers (HEINKEN, 2006). Toutefois, cette dernière semble assez limitée sur le site du Cassaïre à cause de la présence du Canal d'arles à Fos qui forme une barrière difficilement franchissable. L'ensemble de ces informations justifient la possibilité d'une non-intervention sur le Cassaïre en terme d'apport de végétaux. Il pourrait de plus être intéressant de mener un suivi de l'arrivée des différentes espèces sur un milieu nouveau afin de connaître l'importance des processus de dispersion sur le territoire. 52

53 II.2 Apports de graines La seconde option proposée vise à accélérer les processus de colonisation des marais par les végétaux aquatiques en apportant une couche de terrain superficiel d'un marais voisin correspondant aux objectifs visés (Clos des montures par exemple). Il s'agit dans ce cas de satisfaire le plus rapidement possible les attentes de l'activité chasse. La banque de graines des marais similaires permettra le développement des végétaux attendus. Il faudra toutefois veiller à plusieurs points : 1. Ne pas dégrader considérablement le milieu d'origine ; 2. Ne pas prélever des espèces potentiellement envahissantes ; 3. Respecter la réglementation en vigueur (espèces protégées, déblais ) ; 4. Trouver un substrat identique ; 5. Bien cibler les marais possédant les communautés ciblées. Ce transfert peut être provoqué ou dépendre d'une opportunité. Dans le cas où il est provoqué, il conviendra de choisir un site (proche et accessible facilement), de louer une mini-pelle et un camion le temps de l'opération. Les coûts de revient sont indiqués sur le budget prévisionnel (cf annexe 6). L'autre solution est d'attendre une opportunité (curage d'un étang similaire, travaux à proximité d'un marais temporaire) et de négocier avec le maître d'ouvrage la récupération d'une partie de la terre superficielle). III. Indicateurs et suivi des communautés Ces indicateurs devront permettre de vérifier le bon fonctionnement du milieu et son intégration dans le territoire. Plusieurs indicateurs peuvent être envisagés : III.1 Inventaire des communautés végétales Objectif : Mettre en évidence l effet des changements du milieu sur la végétation dans son ensemble (GRILLAS et al, 2004). Le suivi mis en place devrait permettre de vérifier la mise en place des communautés visées. Référence : Le milieu de référence choisi est le Clos des montures (cf. rapport le Clos des montures) pour son fonctionnement hydrologique similaire. Les communautés attendues devront correspondre à celles présentes sur ce site. Il sera intéressant de vérifier l impact d événements exceptionnels sur les communautés végétales sur les deux sites afin d avoir un aperçu de la résilience du site réhabilité. 53

54 Méthode : La végétation de ces milieux présente souvent une zonation sous forme de ceintures liée pour beaucoup à la fréquence et la durée de l inondation. Dès lors, Grillas et al (2004) préconisent la méthode des transects afin de visualiser les variations de la végétation le long de ces gradients. Cette méthode présente l avantage d une grande facilité de mise en œuvre. Le long de ces derniers, plusieurs quadras seront réalisés. Leur situation devra être définie de manière aléatoire stratifiée par rapport aux différents régimes d inondation (zones en eau, zones de faibles profondeurs ). Echelles / Période : Le transect sera positionné de manière à être représentatif du site réhabilité, en échantillonnant dans les parties immergées et exondées. Les relevés seront réalisés une fois par an les trois premières années puis à des pas de temps plus longs les années suivantes (suivi quinquennal par exemple). Un aspect intéressant à prendre en compte serait l impact des événements exceptionnels sur les communautés végétales car il permettrait de vérifier la résilience du système. Il s agira alors de réaliser un suivi de la végétation l année suivant cet événement (assèchement estival plus long, intensité des précipitations, etc.). Il s agira de comparer le système avec les communautés du Clos des montures. Ces relevés devront être réalisés pendant la période de mise en eau, au moment le plus propice à l observation de la végétation (printemps). Domaine d étude : Plusieurs paramètres peuvent être observés afin de vérifier le bon fonctionnement du système : Pourcentage annuelles / pérennes : les milieux temporaires sont caractérisés par une part importante des espèces vivaces ; La richesse spécifique ; La présence d espèces invasives Le suivi doit permettre de montrer que le système fonctionne bien, qu il n est pas altéré par des espèces envahissantes et qu il contient bien les espèces ciblées par l objectif. Suivi des tableaux de chasse En plus des inventaires directs sur le terrain, l'analyse des tableaux de chasse permettra une comparaison avec les données récoltées. Un des objectifs sous-jacent de cette réhabilitation étant de montrer que les marais temporaires sont des milieux capables de soutenir l'activité chasse, ces données sont particulièrement intéressantes à se procurer et devront permettre une comparaison avec les tableaux de chasse sur les marais permanents. 54

55 Objectif 4 : Maintenir et restaurer le patrimoine écologique du site Situé entre la Camargue et les Marais du Vigueirat, le Cassaïre présente des potentialités d'accueil importantes pour un certain nombre d'espèces d'intérêt patrimonial. Une attention particulière est portée sur la dune fluviatile et les habitats qui la composent (sous objectif 4.1). D'autre part, la préservation des espèces protégées déjà présentes sur le site est une priorité au vu des différents enjeux de protection expliqués dans la partie réglementation. Ces enjeux seront énoncés dans le sous objectif 4.2. Enfin, un troisième sous objectif s'attachera au problème des espèces envahissantes. Sous objectif 4,1 Préservation & création des habitats caractéristiques de l'écosystème dunaire - VIGIER C. - BARCELONE A. - FLAMME L. I.Espèces cibles et actions de préservation La parcelle de la Grande dune présente deux habitats naturels d importance européenne (inscrits dans la directive Habitats). La reconnaissance de l importance patrimoniale de ces habitats est renforcée par la présence d espèces rares et une riche diversité spécifique. Dans un premier temps, il est important de remarquer qu aucune espèce floristique n est protégée sur la parcelle de la Grande dune. En revanche, il est à noter la présence de 3 espèces rares mais non menacées en région PACA et d une espèce rare courant un risque de part cette rareté (MINISTERE DE L ENVIRONNEMENT, 1994). Il est donc important d orienter la gestion du système dunaire sur la préservation de ces espèces mais aussi, plus généralement, sur celle du cortège floristique caractéristique du milieu dunaire participant à son importance patrimoniale. La parcelle de la «Grande dune» est de petite taille (1,1 hectare) mais présente toutefois une forte richesse spécifique. Le milieu dunaire est constitué d espèces psammophiles, inféodées aux dunes et aux milieux sableux. Ce sont principalement des espèces annuelles. Le bas-marais dunaire, quant à lui, présente des espèces caractéristiques de dépressions humides intra-dunales, c'est-à-dire des espèces hygrophiles et principalement vivaces. 55

56 I.1 La dune fixée L important gradient topographique de la dune permet l existence d une richesse spécifique élevée ainsi qu une importante variation spatiale de la composition floristique. De plus, le milieu dunaire se caractérise par une importante hétérogénéité spécifique. En effet, certaines espèces dominantes présentent toutefois une faible occurrence. Il y a donc une répartition localisée des populations végétales. Cela s explique par une zonation de la végétation qu il est important de préserver afin de conserver une forte biodiversité d espèces et d habitats. La dune peut être divisée en trois zones : le sommet, les flancs et le pied de dune ; chaque zone présentant des disponibilités en eau différentes. Au sommet de la dune, huit espèces dominantes sur 11 sont des psammophiles présentes uniquement sur les rares dunes fluviatiles et parfois sur les dunes littorales de Camargue (MOLINIER et al, 1965). Les espèces psammophiles tel Artemisia campestris et Teucrium polium sont aussi rencontrées sur la dune de référence. Même si ces espèces sont communes en France métropolitaine, elles sont aussi rencontrées sur la plupart des dunes intérieures de Camargue (GUITTONNEAU et al,1983). Ces deux espèces sont associées sur la dune à d autres espèces végétales définies comme étant rares dans la région mais non menacées comme Medicago littoralis, le Scirpe de Rome (Scirpoides romanus) et Silene conica conica. Il est donc nécessaire de conserver ces espèces caractéristiques dont certaines présentent un fort enracinement et permettent de fixer une partie de la dune fluviatile. Pour cela, nous préconisons de ne pas intervenir afin de laisser une dynamique végétale naturelle. Il sera par la suite nécessaire de suivre l évolution de ce cortège floristique du sommet dunaire afin d en évaluer l évolution. Au niveau des flancs de la dune, la végétation est dominée par le Scirpe de Rome, une espèce rare en région Provence-Alpes-Côte d Azur. La présence d eau, en plus importante quantité et plus accessible qu en sommet de dune, induit la dominance de cette espèce caractéristique de milieux sablonneux humides (BOCK, 2010). Elle est accompagnée de deux autres espèces, la centaurée rude (Centaurea aspera) et la scabieuse maritime (Scabiosa maritima), deux espèces annuelles. Enfin, en pied de dune, Scirpoides romanus domine accompagné de Medicago littoralis ainsi que de nombreuses espèces hygrophiles se développant sur sol sableux. Il est à noter que le Brome élevé (Bromus diandrus), une fabacée annuelle, est en forte abondance sur l ensemble du relief dunaire. Cette espèce est aussi rencontrée sur la dune de référence. Il est donc important de la conserver. Pour cela il n est pas nécessaire d intervenir puisqu il n apparaît aucun problème au niveau de la croissance de la population, il suffira de la surveiller. I.2. Le bas-marais dunaire Le bas-marais dunaire présente de nombreuses espèces vivaces ainsi qu une végétation relativement homogène mais toutefois pauvre en raison d une gestion hydraulique inadaptée. La répartition des espèces végétales est localisée. Il peut ainsi être remarqué, sur certaines zones, l influence de la dune fixée par la présence de certaines espèces végétales comme Scirpoïdes romanus. De plus, la présence de la Canne de Ravenne (Erianthus ravennae), caractérisée comme étant une espèce rare et menacée de part cette rareté, permet de classer le milieu en habitat d intérêt communautaire. Il est supposé que la présence d une quinzaine de 56

57 touffes isolées de Canne de Ravenne pourrait être les vestiges d un front délimitant l extension de ce groupement végétal (MOLINIER et al, 1965). Ainsi de part une mauvaise gestion de l irrigation des parcelles voisines, entraînant une remontée de la nappe souterraine, la population a fortement diminué. Ne pouvant pas rectifier la hauteur de la nappe, un suivi de cette dernière sera effectué afin de justifier du réel impact des remontées de nappe sur la végétation. Par la suite, il sera nécessaire de réaliser un suivi de la population de Canne de Ravenne. Erianthus ravennae sur le bas-marais dunaire du Cassaïre (Photo 1 : PINEL C.) Il est à noter la présence de trois espèces hygrophiles parmi les huit espèces principales du bas-marais dunaire. Les 5 autres espèces sont des espèces prairiales communes qui témoignent de l appauvrissement du milieu. Cet appauvrissement serait aussi dû à une gestion hydraulique inadaptée. II. Introduction d espèces Il n est pas souhaitable de modifier la végétation au niveau de la dune initiale. La partie vierge, c'est-à-dire le lieu d agrandissement de la dune, ne nécessitera que peu d actions. En effet, les espèces floristiques présentes sur la dune étant des annuelles, la colonisation devrait se faire facilement. Il serait toutefois intéressant d introduire une espèce afin d accélérer l évolution de la végétation et tendre vers l état de référence. Nous conseillons d introduire du chêne pubescent (Quercus pubescens). En effet, cette espèce, présente sur la dune de référence, présentera plusieurs avantages. Dans un premier temps, son introduction, en plus de 57

58 la présence initiale du peuplier blanc, permettra d impulser la mise en place de strate arbustive à court terme puis arborée. Ainsi, par la présence de ces deux espèces, la dynamique végétale se verrait accélérée. De plus, la présence d une strate arborée permettra de fixer la dune grâce à un fort enracinement mais aussi permettra à long terme la présence et la nidification de certaines espèces d oiseaux utilisant ou non le marais (PNRC, 2003). L introduction d espèces végétales au niveau du bas-marais dunaire n est pas souhaitée pour le moment. Un changement de gestion hydraulique et de la fluctuation de la nappe devrait permettre une colonisation du milieu par d autres espèces et ainsi augmenter la diversité biologique. Une espèce comme Imperata cylindrica pourrait se mettre en place, ce qui permettrait d augmenter la diversité du milieu et les espèces caractéristiques du basmarais, car cette espèce est aussi retrouvée sur la dune de référence. Bilan : Cette dune fluviatile est une dune relictuelle nécessitant comme seule action de gestion le principe de non-intervention, afin de maintenir la libre évolution de sa dynamique naturelle. Il est recommandé de conserver une hétérogénéité spécifique. Après la mise en place des différentes actions, il est recommandé d effectuer un suivi de la végétation permettant d estimer son état et l évolution de sa structure. Pour le bas-marais, il serait tout d abord possible d effectuer un dénombrement pour suivre l évolution des populations de Canne de Ravenne. Ensuite il serait judicieux d effectuer des relevés selon la méthode des «points présence», comme effectué pour réaliser l état initial, deux fois par an. Pour la dune, la même méthode de suivi du cortège floristique peut être réalisée (tableau 6). Conservation des espèces rares et caractéristiques du milieu (psammophiles et rares) Fixation de la dune - Dune fixée : suivi des espèces Artemisia campestris, Scirpoides romanus, Silene conica conica - Bas-marais : suivi des populations d Erianthus ravennae - Introduction d une espèce : Quercus pubescens - Suivi des espèces à fort enracinement : Scirpoides romanus, Artemisia campestris - Méthode des points de présence deux fois par an. - Suivi par dénombrement deux fois par an. -Suivi de l évolution des populations de Chêne et de la mise en place de la strate arbustive. Dénombrement et points présence. - Suivi par méthode des points présence deux fois par an. Tableau 6 : objectifs et actions pour la conservation des espèces du milieu dunaire 58

59 Sous objectif 4,2 Préserver les espèces patrimoniales recensées ou potentielles I. Les espèces cibles : - DUFOUR O. - CHEVAL A. - URBAN G. I.1 Patrimoine génétique du Cassaïre : Les espèces cibles présentes L'étude hydraulique et environnementale publiée en janvier 2009 par la fondation Tour du Valat nous a fourni des informations fondamentales et notamment une partie de l'inventaire des espèces animales et végétales actuellement présentes (cf tableau 7). Tableau 7 : Espèces actuellement présentes sur le Cassaïre présentant un intérêt patrimonial Espèces Règne Plantae Brachypode de Phénicie Salicaire à feuilles d'hysope Massette de Laxman Souchet Brun Asperge maritime : Asparagus maritimus Crypsis à aiguillon : Crypsis aculeata Céraiste de Sicile : Cerastium siculum Chiendent allongé : Elytrigia elongata Mammifère Lièvre Lapin Reptiles La cistude d'europe Amphibiens Hyla meridionalis Oiseaux Rollier d'europe Pipit Rousseline Oedicnème criard Chevêche d'athéna Arthropodes Cordulie à corps fins Gomphe gentil Merioptera fedtsschenkoi azami Pteronemobius heydenii Particularités vivace Annuelle et hydrophyte Vivace Annuelle Vivace Annuelle Annuelle vivace Espèce inconnue Effondrement des populations en Camargue Annexe V DH Plan national d'action en cours Protégée au niveau national + DH, se reproduit vraisemblablement dans le canal d'arles à bouc et le contre canal Présence notable et probablement liée au fait que cette espèce se reproduise dans le rhône. Espèce forment menacé d'extinction sur la liste rouge des orthoptères de France (Sardet et Defaut, 2004) Rareté méditerranéenne, menacée d'extinction en région méditerranéenne 59

60 L'analyse des banques de graines a révélé la présence de Typha Laxmannii, Lythrum hyssopifolium et Cyperus fuscus. Il semble peu pertinent de concentrer des efforts particuliers à leur conservation sur le Cassaïre car leur abondance est faible et ailleurs dans les Bouchesdu-Rhône existent des populations stables ne subissant pas de menaces particulières. Bien qu'au moins quatre espèces d'arthropodes recensées sur le Cassaïre méritent une attention particulière parce que rares voire protégées, nous ne bénéficions pas de données biologiques ni de moyens techniques qui nous permettent de gérer précisément ces espèces. I.2 Patrimoine génétique du Cassaïre : Espèces cibles potentiellement présentes Puis s'ajoutent les connaissances actuelles de populations d'autres espèces à valeur patrimoniale à proximité du site du cassaïre, afin d'éditer une liste d'espèces potentielles. On considère que leur aire de distribution est telle que, si le cassaïre leur fournit les habitats nécessaires, elles le coloniseront spontanément par les canaux, la zoochorie (permise notamment par les oiseaux) et la migration terrestre. Tableau 8 : Espèces actuellement présentes à côté du Cassaïre présentant un intérêt patrimonial Amphibiens Espèces Etat de la population Statut Pélodyte ponctué Commun localement TDV et présent au marais du vigueirat Liste rouge des amphibiens de France métropolitaine (2008) Crapaud Calamite Hab favorable sauf ponte Annexe IV (DH 1 ) Grenouille Rieuse Présence possible Annexe IV (DH) Grenouille de Perez Hybride Rana ridibunda * Perez Présence possible Présence possible Pélobate cultripède Hab favorable sauf ponte Annexe IV (DH) Mammifères Campagnol amphibie Présent en camargue, présent au marais du vigueirat Espèce quasiment menacée IUCN, enquête nationale SFEPM L annexe IV liste les espèces animales et végétales d intérêt communautaire qui nécessitent une protection stricte : elle concerne les espèces devant être strictement protégées. Cette liste a été élaborée sur la base de l annexe 2 de la Convention de Berne. Certains groupes taxonomiques sont plus strictement protégés par la Directive HFF que par la Convention, tels que les chauves-souris et les cétacés. 60

61 L annexe V concerne les espèces animales et végétales d intérêt communautaire dont les prélèvements dans la nature et l exploitation sont susceptibles de faire l objet de mesures de gestion. II. Espèces retenues: Au total, 10 espèces attirent notre attention de par leur statut, le faible état actuel des populations dans la région et les possibilités de gestion: la cistude d Europe, le pélobate cultripède, le pélodyte ponctué, le crapaud calamite, le campagnol amphibie, la rainette méridionale, la grenouille de Perez, le rollier d'europe, l'oedicnème criard et le pipit rousseline. Photo 2: Bufo calamita Photo 3 : Hyla meridionalis, Rainette méridionale Photo 4: Pelobates cultripes 61

62 Le tableau suivant indexe les compatibilités entre les activités humaines sur le site du Cassaïre et le développement des espèces cibles basées sur la biologie des espèces que nous avons fait le choix de protéger prioritairement dans ce projet de réhabilitation (période de reproduction, période d'incubation, période d'envol, lieu et période d'hivernage, lieu et période de ponte) Tableau 9: Compatibilités activités humaines/biodiversité Contraintes Assec Chasse Pâturage Cistude ok gest gest Pelobate cultripède (Pelobates cultripes) ok ok Ok Crapaud Calamite (Bufo Calamita) ok ok ok Rainette méridionale (Hyla meridionalis) Ok ok Ok Grenouille de Perez (Rana perezi ) inc ok Ok Pélodyte ponctué (Pelodytes punctatus) ok ok Ok Mammifères Campagnol Amphibie ok ok ok Oiseaux Oedicnème criard (Burhinus oedicnemus) ok ok ok Rollier d'europe (Coracias garrulus) ok ok ok Pipit Rousseline ( Anthus campestris ) ok ok ok Chevêche d'athéna (Athene noctua) ok ok ok Arthripodes Le Gomphe gentil (Gomphus pulchellus) ok Po Po Cordulie à corps fins (Oxygastra curtisii) ok Po Po Grillon des marais (Pteronemobius heydenii) ok Po Po Decticelle des ruisseaux (Metrioptera fedtschenkoi azami) ok Po Po Massette de Laxmann (Typha laxmannii) ok ok ok Souchet Brun (cyperus fuscus) ok ok ok Brachypode de Phénicie ok ok ok Salicaire à feuilles d'hysope (Lythrum hyssopifolia) ok ok ok Légende : Chasse ok inc gest Po Pratique de la chasse sur les espèces gibiers compatible incompatible compatible sous certaines conditions de gestion Pas de données 62

63 III. Le campagnol amphibie Cette espèce ne dispose pas encore de statut de protection, elle reste néanmoins présente dans les listes rouges française et mondiale (UICN). Dans la première, le campagnol amphibie figure dans la catégorie des espèces au statut indéterminé, tandis que dans la seconde, il est classé dans les catégories "espèce à faible risque d'extinction" et "espèce quasiment menacée". De plus, l'examen des pelotes de réjection révèle que le campagnol amphibie est une proie notable de l'effraie, du busard des Roseaux (tous les deux préoccupations mineures d'extinction IUCN, observés au marais du Vigueirat) et d'autres rapaces. Le campagnol amphibie constitue alors une composante essentielle du réseau trophique que le projet de restauration vise à encourager. Carte 20: Aire de répartition du campagnol amphibie IV. Les moyens de préservation et d'action Les aménagements dans le golf de Fos du Grand Port Maritime de Marseille vont probablement entraîner, dans un futur proche, le déblocage de fonds financiers au titre de mesures compensatoires. Ces financements pourront être utilisés notamment pour financer l'introduction d'individus de pélodyte ponctué et pélobate cultripède sur le site du Cassaïre. En effet, le pélodyte affectionne les milieux ouverts, les sols superficiels exposés, les ripisylves comme lieu d'hivernage et présente souvent une bonne capacité de colonisation des milieux modifiés par l'homme (Les Amphibiens de France et de Belgique, Biotope). Même si la reproduction est difficile sur le site, il pourra constituer un vecteur de colonisation du pélobate vers les habitats favorables de la localité. V. Identifier les menaces La préservation de ces espèces passe par l'élimination des menaces présentes sur le Cassaïre et la préservation de leurs habitats: 63

64 Tableau 10 : Menaces présentent sur les espèces à préserver Espèces Cistude Campagnol amphibie Amphibiens Crapaud calamite Pélobate cultripes et Pélodyte ponctué Grenouille de Perez Oiseaux Oedicnème criard et Pipit rousseline Menaces Tortue de Floride, sanglier, curage des roubines Ragondin, Disparition de son habitat Terres cultivées ceinturant les sites de reproduction, fractionnement des populations Avancée du couvert forestier, prédation par poisson Poisson, écrevisses, Grenouille rieuses, avancée forestière, tortue de Floride Grenouille rieuse, Tortue de Floride Prédation par Sanglier VI. Remédier/ Limiter ces menaces VI.1 Les habitats à préserver Parmi les 7 habitats identifiés sur le Cassaïre, 5 figurent dans la directive habitat. (calcul des superficies par tracé sur logiciel Mapinfo ) Tableau 11: Habitats identifiés sur le Cassaïre Type d habitat Intérêt Superficie (Ha) Objectif (Ha) Prés salés Communautaire (Pas d intervention physique) Sansouires Communautaire (Pas d intervention physique) Bas marais dunaire à Canne de Ravenne Communautaire Non cartographié Dune fixée Prioritaire 0.24 Pelouse méditerranéenne xérique Prioritaire (consolidation de la dune avec sable) 0.86 (Pas d intervention physique) 64

65 Les sangliers représentent une grosse pression de prédation pour la cistude: ils prédatent très efficacement les adultes comme les juvéniles et également les nids. (Institut pour le développement forestier, DIREN centre) VI.2 Le curage des roubines En période d'hibernation des cistudes et amphibiens, cette pratique est à proscrire. VI.3 Pâturage Le pâturage dans la parcelle sud permettra de maintenir ouverts les prés salés et gazons à brachypodes. D'une part, les prés salés sont un habitat prioritaire. D'autre part, le secteur Sud de la parcelle est mitoyenne avec la zone de ponte des cistudes. Les cistudes ont besoin d'un fort taux d'ensoleillement. C'est une première raison pour laquelle la fermeture des milieux est défavorable à la ponte (ZUFFI & ROVINA, 2006). VI.4 Relation pâturage cistude Les taureaux éventuellement utilisés pour pâturer à proximité ne devront pas avoir accès aux sites de ponte de la cistude (naturels ou aménagés) ou alors ponctuellement hors période de ponte et de reproduction. Les observations menées par la Tour du Valat ont mis en évidence la corrélation entre le pâturage par les taureaux et une augmentation significative du nombre de cistudes à la carapace fendue. La préservation des lieux de vie de la cistude (excepté lieu de ponte) ne nécessite pas, par ailleurs, de maintien draconien du milieu ouvert puisqu'elles se satisfont des marais à touradons de jonc ombragés et d'arbres morts flottants. Photo 5: Un habitat de la Cistude, Marais du Vigueirat, septembre 2010, O. Dufour VI.5 Relation chasse cistude Etant donné la faible fréquentation et pression que représenteront les activités cynégétiques futures, la population de Cistude ne devrait pas être négativement affectée par le passage humain. Il est indispensable de limiter (pâturage ou débroussaillage) la couverture forestière pour conserver tous les habitats favorables ou potentiellement favorables aux amphibiens. Cet entretien des habitats ouverts pour les amphibiens pourra se faire par un pâturage (Cheval de Camargue ou ovidés) au travers par exemple d un contrat Natura 2000 ou sous forme d une Mesure Agro-environnementale territorialisée (MAET) (exemple : programme de réintroduction de la Cistude en Savoie, , lac du Bourge). Mais en l'état actuel des choses, la strate arborée ne consiste qu'en une mince ripisylve d'intérêt écologique (espèces nicheuses, épuration des eaux du canal, etc.), ce n'est donc pas une menace. Si un pâturage est pratiqué, on évitera de préférence de l'appliquer dans les lieux de ponte de Pipit Rousseline et d'oedicinème Criard en période d'incubation pour ne pas déranger l'espèce et éviter les risques de piétinement. 65

66 VI.6 Mares et marais temporaires Nous recommandons la construction de 4 mares temporaires de profondeurs et d'aires variables (20 à 60 cm, 25 à 100m²). Les mares temporaires présentent un intérêt de part leur rôle de conservation des espèces végétales annuelles (ex : Crypsis à aiguillon, Céraiste de Sicile, Souchet Brun, Salicaire à feuilles d'hysope) mais aussi car elles ne peuvent pas abriter d'espèces de poissons prédateurs. En conséquence, la faune de macroinvertébrés et de prédateurs amphibiens peut se développer et atteindre des densités intéressantes. Le crapaud calamite peut se reproduire dans des mares avec le pélobate cultripède, le pélodyte ponctué, le triton crêté et la rainette méridionale. Créer un point d'eau temporaire peu profond permet de limiter le risque d'extinction locale en établissant des connexions entre les habitats (Les mares temporaires méditerranéennes, Volume 2 : Fiches espèces) et d'établir une cohésion spatiale des sites de reproduction du pélodyte ponctué. Ce dernier préfère les milieux aquatiques temporaires inondés suffisamment longtemps aux milieux permanents. Dans le Loir-et-Cher, le creusement de mares adaptées a donné de concluants résultats de reproduction (Les Amphibiens de France et de Belgique, Biotope). Le caractère temporaire de ces mares permettra de limiter l'introduction d'espèces indésirables (écrevisse de Louisiane, poissons, tortue de Floride) et d'observer d'éventuelles différences de colonisation par ces espèces suivant la profondeur et la superficie (l'introduction de poissons provoque le déclin et la disparition des espèces d'amphibiens comme le crapaud calamite ou le pélobate cultripède). VI.7 Mare permanente Un point d'eau permanent sera favorable au maintien de vivaces florissant entre mai et août (ex: Brachypode de Phénicie) à condition que la propagation des espèces invasives soit maîtrisée. De plus, les assecs des milieux temporaires peuvent entraîner de nombreux déplacements, ce qui augmente le risque d écrasement, de prédation, de mortalité en été des espèces comme la grenouille de Perez. Cette mare permanente que nous recommandons d'aménager présentera aussi un intérêt pour la cistude d'europe: elle constituera une extension de son habitat favorable, une augmentation de la ressource trophique disponible... Idéalement, cette mare ne sera pas trop profonde pour éviter le développement des poissons, prédateurs efficaces de ponte d'amphibiens. Le creusement pourra s'accompagner de la pose en bordure de la mare permanente d'abris favorisant la survie des jeunes pélobates nouvellement formés en limitant les prédations et en garantissant une partie du développement. VI.8 Montilles Accompagner la création d'une mare permanente de montilles proches d'1m de haut avec des pentes de 1 pour 3 (33%) permet d'aménager un lieu de ponte pour cistude et d'hibernation pour certains amphibiens. L'ensoleillement, la topographie surélevée et la proximité d'une mare permanente répondront à la «demande» en site de ponte de cette espèce (Guide technique pour la conservation de la Cistude d'europe en Aquitaine) : le grand nombre de pontes (53) de cistudes constatées en juillet 2009 indique que la population est importante et que les lieux de pontes sont probablement un facteur limitant. 66

67 VI.9 Batrachochytrium dendrobatidis Ce fungi est présent en France dans le sud-ouest de la région centre. Il constitue une importante menace pour la richesse spécifique amphibienne de toute la Camargue. Nous recommandons une prévention par lavage du matériel provenant d'un site possiblement contaminé (bottes, cuissardes, épuisettes, sonde d'analyse physico-chimique) avec une solution d'eau de javel à 10%. Ce nettoyage sera impératif lors d'un déplacement d'une région à l'autre. VII. Les indicateurs biologiques : Critères de réussite VII.1 Cistude, espèces indicatrice Aucune ponte de Cistude n'a été observée sur la dune malgré le fait que des reliefs sableux soient souvent un habitat favorable. Très probablement, la réduction de l'ensoleillement et la fermeture du milieu dû à l'envahissement de la dune par Arundo donax sont les causes majeures de cette absence de ponte. Si, dans les années à venir, l'espèce Arundo donax est contenue et ne vient pas recoloniser la dune après arrachage, on peut s'attendre à une colonisation de cette dune par des pontes de cistude. Cette extension indiquera que le marais restauré tend bien vers le milieu temporaire souhaité. De plus, la cistude fait partie des espèces ombrelles. Lorsque son habitat est présent, c'est une indication que les habitats d'un grand nombre d'autres espèces (reptiles aquatiques et amphibiens) sont également présents. Si l'augmentation de la population en Cistude ou du nombre de pontes est constatée, cela indiquera une amélioration des conditions également pour le Crapaud Calamite, le Pélodyte, le Pélobate... VII.2 Indices de présence Si le marais du Cassaïre remplit correctement ses objectifs de zone refuge pour les populations indigènes remarquables, on peut s'attendre, dans les années à venir, à constater un plus grand nombre d'observations pour le même effort de recherche (ex: chant nuptial d'amphibiens). Le rôle des gardes et chasseurs sera alors primordial dans le suivi. Les suivis de la grenouille de Perez feront l'objet d'un méthodisme particulier car les confusions sont fréquentes avec les autres espèces de grenouilles vertes et notamment la forme hybride issue du croisement Grenouille Perez * Grenouille rieuse. De même, le pélodyte ponctué est souvent confondu avec l'alyte accoucheur qui possède des membres plus courts ou avec le têtard de pélobate. Les indices de présence de la cistude: cette dernière est relativement facile à observer lorsqu'elle se chauffe au soleil au début du printemps sur les radeaux de végétaux flottant ou les berges ensoleillées et les blocs rocheux proches de l'eau. Les trajets des femelles qui viennent de pondre subsistent sur les sols dégagés (Direction régionale de l'environnement, Fiche code natura ). 67

68 Tableau 12: Indices de présences Printemps Eté Automne Hiver Cistude : lieu de ponte, et bain de soleil, inspection visuelle des canaux et pièges à verveux Cistude : inspection visuelle des canaux et pièges à verveux Amphibiens (points d'écoute des chants nuptiaux) Campagnol amphibie : On trouvera des fécès de la taille de grains de riz flottant dans les canaux toute l'année Rainette méridionale : Chant nuptial puissant et caverneux, audible de loin, nettement plus lent que celui des autres rainettes Reptiles (plaque de fibrociment) VII.3 Critères d'échec A l'inverse une régression ou une disparition des habitats prioritaires ou des effectifs de Cistude, Rainette méridionale, etc. suite aux aménagements révélera un important dysfonctionnement dans notre démarche scientifique. Une implantation de tortue de Floride, par exemple, sera fort dommageable,: cela ne serait pas qu'un simple inintérêt mais une réelle menace pour la population de cistudes d'europe et une pression de prédation importante pour les amphibiens. Photo 6: suivi des espèces de reptiles (plaque de fibrociment). De même, Rana ridibunda est une espèce exogène et envahissante, si sa population venait à augmenter, cela signifierait très probablement : une disparition des conditions environnementales favorables au crapaud calamite, pélobate cultripède et pélodyte ponctué, 68

69 mais également une augmentation de la pression de compétition (pour les ressources trophiques). En outre Rana ridibunda peut se reproduire avec la grenouille de Perez pour donner un hybride, polluant ainsi génétiquement le milieu. Une forte richesse en écrevisse américaine risque de provoquer des dommages, par prédation, sur les pontes de pélobates, pélodytes et grenouilles de Perez. VII.4 Que faire? Le piégeage de chéloniens aquatiques permet de surveiller les populations de tortues de Floride, de les contrôler en cas d'envahissement, d'examiner la population de cistude (ratio mâle/femelles, femelles matures) et de comparer l'abondance relative de chaque espèce. 2 sortes de pièges existent : le piège à verveux et la nasse souple. Photo 7: Piège à verveux Le Programme CEN Corse sur le site de Portiglioli Corse sur le suivi de Trachemys elegans et Emys orbicularis présente dans ses conclusions la nasse souple comme le piège à tortue de Floride et de Cistude le plus efficace. Dans le cas où la grenouille rieuse deviendrait franchement envahissante, combler la mare permanente par des sables pourra être efficace dans la mesure où cette espèce est défavorisée par l'assec, comme la majorité des espèces du genre rainette. Des campagnes de chasses locales ou régionales menées à l'encontre des sangliers présenteront l'intérêt de limiter la prédation des amphibiens, reptiles et de certains oiseaux remarquables (Oedicnème criard et Pipit rousseline). Une surveillance de la prédation des nids est donc recommandable et permettra également l'implication des chasseurs. VIII. Bilan contrasté, réflexions En revanche, s'il n'y a ni amélioration ni détérioration de la situation actuelle en termes d'effectifs estimés, il est intéressant de réfléchir aux causes sous-jacentes possibles. Le ratio mâle femelle des cistudes peut avoir une importance sur la fécondité de la population. Des campagnes de piégeage hors période de reproduction permettront de répondre à cette question. Parmi les 13 sous-espèces d'emys orbicularis rencontrées sur le territoire européen, trois existent sur le territoire français E. orbicularis orbicularis, E. orbicularis lanzai (Corse), E. orbicularis galloitalica (Var et Italie) en plus des hybrides entre ces sous-espèces (cahier d'habitat cistude). E. orbicularis orbicularis est présente dans le reste du pays (Guide technique pour la conservation de la Cistude d Europe en Aquitaine). Sur le Cassaïre, il peut alors s'agir de la sous-espèce orbicularis ou galloitalica. Puisque la détermination des sousespèces et de leur aire de répartition fait partie des axes prioritaires de conservation de cette espèce, il paraît indispensable de mener une campagne d'identification plus poussée sur le 69

70 terrain. Les mâles de la sous-espèce Emys orbicularis orbicularis présentant un iris orangé (étude des cistudes du parc ornithologique de pont de Gau, Céline Faure, 2009) Si le taux de reproduction des amphibiens semble faible, le taux de salinité des eaux du Cassaïre pourrait être suivi au moins de février à mai dans les mares temporaires : dans les mares où la reproduction (Pélobate, pélodyte, Buffo calamita...) est possible, la salinité doit impérativement être inférieure à 10g/L. IX. Points supplémentaires sur deux espèces IX.1 Le campagnol amphibie: Ce rongeur bénéficiera bientôt d'un statut national de conservation et devrait prochainement faire partie d'un plan national de gestion. De nos jours, sa biologie est mal connue et les données concernant sa répartition sur le territoire français sont très fragmentées. Toutefois, les canaux calmes, permanents et bordés de joncs constituent un habitat très favorable. Il est raisonnable, au vue de la configuration actuelle des roubines du Cassaïre, de le considérer comme présent. Pour cette raison, nous conseillons des campagnes de recherche d'indice de présence : quadra de 10 km sur 10km, les 100 km² sont maillés en carrés de 2x2 kms, dans chaque maille on sélectionne un tronçon de cours d'eau présentant à priori le plus propice à la présence de l espèce. On note alors sur chaque tronçon la présence ou l'absence d'indices ou traces : particulièrement la recherche de fèces (Souvent larges d 1cm, ressemblant à un gros grain de riz noir et flottant à la surface de l'eau). Pierre Rigaux (responsable de la centralisation des données françaises sur le campagnol amphibie) et Anthony Olivier (fondation Tour du Valat) pourront être deux acteurs essentiels du suivi et de la récolte de données biologiques : reproduction, compétiteurs, comportements, régime alimentaire, etc. Le manque de connaissance sur la biologie, l'écologie et les effectifs de cette espèce en Camargue nous empêche de nous fixer des objectifs de conservation en effectif chiffré. IX.2 Triton crêté (Annexe II et IV de la DH) Le Cassaïre, en l'état actuel des choses, ne constitue pas un enjeu pour la conservation de Triturus cristatus (Triton crêté) car aucune population n'est présente à proximité, l'habitat est encore peu favorable, il n'existe pas de site de reproduction car le futur marais est ceinturé par de terres agricoles. Cependant, il est intéressant dans le futur de recueillir des données sur les populations régionales, de rechercher sur le Cassaïre des habitats favorables et de suivre les effectifs des espèces dont l'habitat s'approche de celui du Triton (Pélobate, Crapaud, Pélodyte...). Triturus cristatus est une espèce remarquable car présente dans le contexte périurbain de la ville d'arles (Trinquetaille), il est parfaitement adapté aux marais temporaires sans poissons (Les mares temporaires méditerranéennes, volume 2: Fiches espèces) et, à l'heure actuelle, la Camargue est en zone limite de son expansion. Si à terme la restauration du Cassaïre est suffisamment fructueuse pour permettre l'introduction du triton crêté, alors nos objectifs auront été remplis. 70

71 Sous objectif 4,3 Lutter contre les espèces invasives - URBAN G. - DUFOUR O. - CHEVAL A. I. Cas général La présence, sur le site du Cassaïre et dans la banque de graines, d'espèces végétales potentiellement envahissantes pose un problème pour la réhabilitation de cette zone humide. En effet celles-ci contribuent à une baisse globale de la biodiversité locale, provoquant la disparition des espèces menacées encore présentes sur certaines parcelles. De plus, elles participent de façon très active au comblement et à l'envasement du milieu, gênant alors les activités humaines comme la chasse, un objectif visé dans la réhabilitation du Cassaïre, en empêchant la présen ce du plan d'eau libre. L'état initial sur le site du Cassaïre a permis de réaliser un recensement de ces espèces végétales présentant un risque d'envahissement sur les parcelles à restaurer. II. Liste des espèces végétales potentiellement envahissantes Espèces colonisatrices envahissantes répertoriées au niveau des canaux et bordures, présentent dans la banque de graines : 6. Aster squamatus (60%) 7. Conyza naudini (4%) 8. Paspalum distichum (50%) 9. Helminthia echioides (2%) 10. Dittrichia viscosa (1%) Espèces envahissantes présentent sur le site du Cassaïre, à surveiller : - - Cortaderia solleana ; herbe de la pampa - - Baccharis halimifolia - - Amorpha fruticosa - - Arundo donax ; Canne de Provence Espèces envahissantes non observées sur le Cassaïre Ludwigia grandiflores Ludwigia peploides Liste des espèces animales envahissantes Myocastor coypus Procambarus clarkii 71

72 Six espèces potentiellement colonisatrices envahissantes ont été répertoriées au niveau des canaux et bordures et sont présentes dans la banque de graines. Celles-ci sont peu abondantes, représentant un total de 7% de l'ensemble de la végétation, mais seules deux d'entre elles, Aster squamatus et Paspalum distichum, sont largement distribuées sur le site, et notamment sur les parcelles visées par la réhabilitation d'un marais. Les quatre autres espèces, Conyza naudini, Helminthia echoides, Dittrichia viscosa sont très peu abondantes et très peu fréquentes, ne nécessitant pas une surveillance accrue pour le moment. Aster squamatus et Paspalum distichum sont des espèces accompagnatrices des rizières. La première se développe en bordure des plans d'eau, l'assèchement estival prévu en été pourrait accentuer son caractère envahissant, mais sa saisonnalité en fait une espèce transitoire dont les risques d'envahissement à long terme sont faibles (MAUCHAMP et al, 1999). Paspalum distichum se développe, quant à elle, dans des zones immergées en été et en bordure de rizière. Les risques d'invasion sont nuls pour les marais temporaires à assec estival, puisque cette espèce ne résiste pas à un assèchement prolongé au printemps et en été, mais la présence du marais permanent, destiné au maintient de la population de cistudes, présente un risque majeur d'invasion par cette espèce. Pour empêcher un recouvrement total de cette mare par Paspalum distichum, il convient d'éviter le pâturage dans cette zone, car étant moins compétitif que les Phragmites, ceux-ci se développeront préférentiellement. III. Moyens à mettre en œuvre L herbe de la pampa est pâturable par les ovidés. Il existe aussi des techniques d éradication par le feu. C est délicat et doit être bien réalisé si on veut que cela soit efficace mais particulièrement adapté aux zones humides car le risque d incendie est nul. On peut limiter l herbe de la pampa aussi en demandant au chasseur ou garde de couper les plumeaux dès leur apparition : on empêche ainsi la reproduction. Sur le site du Cassaïre actuellement en assec, nous avons constaté la présence de Baccharis, d'amorpha fructicosa et d'arundo donax. La compétition interspécifique devrait nous aider à lutter contre leur propagation : le régime hydrique du Clos des montures encourage la compétition des espèces invasives avec les espèces végétales annuelles pour la conquête du milieu. Effectivement, faisant défaut à la Petite forêt, on trouve au Clos des montures un cortège d'espèces adaptées à l'assèchement estival, au climat type méditerranéen (hiver pluvieux et été sec et chaud). Les espèces invasives profitent des niches écologiques laissées vacantes quand l'homme dégrade un milieu pour s'implanter dans le milieu et ensuite l'envahir. Le marais de la Petite forêt est aussi sévèrement touché par les invasives probablement parce qu'à chaque trouée faite au tracteur, c'est un terrain d'implantation idéal pour les invasives : parce que, sur les mises à nu, la compétition interspécifique est nulle. Il n'y a pas d'autres espèces déjà présentes qui sécrètent par exemple des substances allélopathiques. Alors que sur le Clos des montures, toutes les niches écologiques sont occupées par des espèces indigènes ce qui rend moins facile la colonisation par les invasives (et en effet nous n'avons pas vu d'invasives au Clos des montures, même si c'est aussi dû en grande partie aux interventions des gardes). 72

73 IV. Le cas particulier de la dune : - BARCELONE A. - VIGIER C. - FLAMME L. Les espèces invasives côté dune. La dune, cet espace fragile et remarquable pour sa flore, est en partie colonisée par des espèces potentiellement envahissantes comme la canne de Provence (Arundo donax) et le Séneçon en arbre (Baccharis halimifolia). Ces espèces ont une forte aptitude à dégrader rapidement les milieux. En Camargue, elles sont qualifiées d invasives, c est pour cela qu elles méritent une attention particulière et/ou un traitement particulier. IV.1. Le cas d Arundo Donax ou canne de Provence Arundo donax, est une des plus grandes représentantes de la famille des graminées, elle peut atteindre 8m de hauteur. Elle est originaire de la partie est de l Asie (POLUNIN et HUXLEY, 1987). Elle a été introduite comme plante ornementale, mais dans le milieu naturel afin de maintenir les sols et limiter l érosion. La canne de Provence est une hydrophyte qui pousse le long des lacs, des réseaux de drainages ou de toutes autres zones humides. En Camargue, c est une plante invasive qui a tendance à fermer les milieux, diminuer leur richesse spécifique et empêcher ou diminuer l implantation d espèces autochtones. Les formations de canne de Provence sont souvent tellement denses, qu elles forment des formations mono-spécifiques. Elles peuvent produire plus de 20 tonnes de matière sèche par hectare (PERDUE, 1958). Leurs rhizomes forment des mattes, qui rendent impossible la germination des graines présentes dans la banque de graines du sol. Arundo donax, est une plante très productive, dans de bonnes conditions elle peut croître de plus de 5 cm par jour (PERDUE, 1958 ; IVERSON, 1994). IV.1.1 Arundo donax comme habitat Arundo donax ne présente aucune fonction d habitat ou d alimentation pour les espèces sauvages autochtones. La canne de Provence contient de nombreux produits toxiques comme de la silice (JACKSON et NUNEZ, 1964), des tri-terpines et des stérols (CHANDHURI et GHOSAL, 1970), des acides hydroxamiques (ZUNIGA et al, 1983) et de nombreux autres alcaloïdes qui la protègent des insectes et des autres herbivores. La suppression des populations de cette espèce ne devrait donc avoir aucun impact négatif sur la faune ou la flore en place. IV.1.2 La canne de Provence sur le Cassaire. Il y a des stations de canne de Provence sur le Cassaire. La station de canne de Provence la plus importante se situe sur la dune fluviatile, mais on trouve de petites stations éparses le long de certaines roubines. L espèce n est pas encore au stade invasif au niveau des 73

74 roubines et ne présente pas un gros risque vis-à-vis des populations végétales et animales, mais le peuplement recensé sur la dune est relativement préoccupant, vis-à-vis de sa taille par rapport à la dune. C est pour cela que vu la petite taille des stations actuellement présentes et la difficulté à gérer cette espèce une fois qu elle a colonisé tout un milieu, nous recommandons une gestion de la canne de Provence tant que les stations sont de petites tailles. Ce traitement sera économique en moyens humains, mécaniques et financiers. Carte 21: La localisation des cannes de Provence (Source : Etat initial Tour du Valat) Photo 8 : Les cannes de Provence sur la dune (Source : Claire PINEL) 74

75 IV.1.3 Les méthodes de contrôle. Peu de méthodes de contrôle sont efficaces afin de lutter contre la canne de Provence, cependant il est ressorti de la bibliographie, certains éléments. Pour traiter le problème de la canne de Provence, nous recommandons de couper les cannes à 30cm du sol, de façon à ce qu elles restent repérables de loin, pour pouvoir extraire les rhizomes à l aide d un tractopelle, tout en faisant attention de déstabiliser le milieu le moins possible. Nous recommandons de brûler les cannes coupées sur une zone qui ne présentent aucun intérêt en termes d habitat. Nous déconseillons fortement de brûler les cannes de Provence sur place, cela aurait pour effet de détruire la flore existante et d empêcher le repérage des têtes de rhizomes pour leur extraction future. De plus, le brûlage favorise la croissance des cannes de Provence, qui se régénèrent plus rapidement que les autres espèces végétales grâce aux ressources contenues dans les rhizomes. Cette régénération rapide favorise la colonisation totale des milieux après une perturbation. Nous recommandons un suivi très régulier des cannes de Provence, il s agit de l éradiquer totalement de ce site. Tant que possible, il faut traiter le problème des cannes par une éradication physique. En cas d ultime recours, si la lutte physique ne suffit pas, nous préconisons l usage de l herbicide Rodeo produit par Monsanto. Cet herbicide systémique et non sélectif est le seul labellisé pour les zones humides malgré la présence de glyphosate. En effet, la formulation «Rodéo» à base de glyphosate, utilisée à 2 kg.ha-1 tue complètement la plante 3 à 8 semaines après application (GOPAL, 1987 ; GUTIERREZ et al, 1996). Il est faiblement toxique pour les invertébrés aquatiques et son efficacité dans la lutte contre Arundo Donax (FINN et MINNESANG, 1990, JACKSON, 1994, USDA Forest Service 1993). L approche conventionnelle recommandée pour traiter la canne de Provence est de la couper, enlever les cannes, attendre entre 3 et 6 semaines pour laisser le temps à la canne d atteindre environ 1 m de taille et enfin d appliquer le Rodeo sur le système foliaire. IV.2 Le sénéçon en arbre, Baccharis halimifolia. Le Baccharis halimifolia est un arbuste originaire des marais d Amérique du Nord. Il a été introduit sur le littoral français à la fin du XVIIème siècle (FOURNIER, 1961). Cet arbre était très prisé pour ses qualités ornementales, sa croissance rapide, sa résistance au sel, au vent et à la sécheresse. Son expansion rapide, alliée à sa résistance, est aujourd hui devenue problématique sur les zones qu il colonise. 75

76 Photo 9 : Pied de Baccharis halimifolia (source : Tour du Valat) Le séneçon en arbre, de la famille des astéracées, est un arbuste à feuilles caduques de forme arrondie qui peut atteindre 3 à 4m. Il est facilement reconnaissable à l automne, au moment de sa floraison (août/octobre), car il se couvre de fleurs regroupées en inflorescences avec de nombreux capitules blancs pour les pieds femelles ou jaune pour les pieds mâles. Il fleurit tous les ans et ce dès sa seconde année (CORTOT, 2003). Le baccharis est un arbuste très productif en semence, en effet, il est estimé qu il produit environ 1 million de graines par pied femelle (KLOESING et ADAMSON, 1994), la dissémination se fait essentiellement par le vent. Les semences ont une durée de vie d environ 5 ans et peuvent germer quand elles rencontrent des conditions favorables, qu il y ait présence ou non d un couvert végétal (KLOESING et ADAMSON, 1994 ; MULLER, 2002). Le baccharis est un arbuste très colonisateur, grâce aux qualités précitées. IV.2.1 Les nuisances liées au Baccharis. Comme de nombreuses plantes invasives, le séneçon en arbre perturbe les écosystèmes locaux en les homogénéisant, en l occurrence dans ce cas, en créant des fourrés très denses, entraînant une perte de la biodiversité. Le Baccharis est peu appétant et de ce fait est peu consommé par les herbivores. La grande diversité des habitats colonisés par le Baccharis laisse penser que, si aucune mesure de contrôle n est mise en place, le B. halimifolia peut coloniser une grande partie de la Camargue. 76

77 IV.2.2 Le Baccharis halimifolia sur le Cassaïre. Le site du Cassaïre est colonisé par certains individus de Baccharis Halimifolia, particulièrement du coté de la dune fluviatile. L espèce n est pas encore gênante pour la biodiversité, mais pourrait le devenir dans un avenir proche. Nous recommandons de traiter les Baccharis avant qu ils ne soient trop nombreux et que la population soit devenue difficilement contrôlable ou seulement au prix d effort humains et financiers conséquents. IV.2.3 Les méthodes de gestion. Dans la continuité de la politique menée par les amis du marais du Vigueirat, nous recommandons une politique de lutte contre cette espèce. Il est ressorti de la littérature diverses méthodes de gestion sur le Baccharis et leurs impacts (TOLLIVER et al, 1997 ; KLOESING et ADAMSON, 1994 ; TRETON, 1999), mais une nous a parut plus efficace et simple à mettre en œuvre. Nous recommandons la coupe des Baccharis halimifolia, puis la pulvérisation de phytocides sur les rejets, les pieds fragilisés ou les jeunes pieds (ALARY, 2005). Nous recommandons aussi l emploi de Rodeo de Monsanto, qui semble être le seul phytocide puissant, agrée pour un usage en bord de zones humides. 77

78 Objectif 5: Concilier les différents usages dans la gestion du site Cet objectif sert de soutien aux autres objectifs, notamment en terme de gestion durable du milieu réhabilité. Il est important, dans ce type de projet, d'investir les acteurs locaux aux problématiques de gestion. Dans le cadre de la réhabilitation du Cassaïre, deux points semblent particulièrement importants à prendre en compte : - L'encadrement de l'activité chasse ; - La gestion du pâturage. - CHEVAL A. - URBAN G. - DUFOUR O. Sous objectif 5,1 Vers un cahier des charges de l'activité cynégétique Cet objectif d'accompagnement vise à permettre la meilleure utilisation du site par les différents usagés, en s'arrêtant particulièrement sur les chasseurs. Ce cahier des charges devra être réfléchi lors de réunion avec les différents intéressés (société de chasse de Mas Thibert, Conservatoire du littoral, Fédération de chasse de Bouches-du-Rhône, Office Nationale de la Chasse et de la Faune Sauvage, Association des amis du marais du Vigueirat). Les points suivant devront être abordés : 11. Pression de chasse : limitation du nombre de chasseur présents en même temps sur le site, réglementation des prises? 12. Date d'ouverture et de fermeture du site : être plus restrictif que la réglementation nationale? jours non chassés dans la semaine? 13. Matériel : interdiction des plombs, accès aux véhicules motorisés? nettoyage des bottes pour limiter l'apport d'espèces envahissantes ; 14. Limiter la fréquentation sur certaines zones pendant les périodes critiques : montilles pour la cistude pendant la reproduction, limitation de l'accès sur la dune. Il s'agira d'intégrer ces points dans le règlement de la société de chasse de Mas-Thibert. Sous objectif 5,2 Gestion pastorale du site Une problématique récurrente de la gestion des zones humides et particulièrement lorsqu'elles visent l'accueil du gibier d'eau en hiver, concerne le contrôle de la végétation émergente (DUNCAN, 1982). La présence de gibier d'eau est en effet fortement dépendante de la préservation de plans d'eau libre. Dans ce même document, Duncan (1982) estime que l'un des principaux objectifs du pâturage vis-à-vis des communautés aviaires est d'ouvrir la végétation émergente afin de conserver des plans d'eau libre. 78

79 Deux types de pâturage sont préconisés sur l'ensemble de la parcelle : - Le pâturage par les moutons dans la partie Nord ; - Le pâturage par les équins dans la partie Sud (étangs). I. Le pâturage par les ovins Depuis le rachat du site par le Conservatoire du littoral, une partie reste pâturée par des ovins. Les objectifs d'une telle gestion concernent essentiellement l'entretien du milieu et l'augmentation de la richesse spécifique. De plus, le pâturage est intéressant dans le cas du Cassaïre afin de maintenir le milieu ouvert (habitat pour le rollier d'europe par exemple). Seul le pâturage extensif est compatible avec les objectifs de conservation (MESLEARD, 1996). Le mouton est ici particulièrement intéressant pour brouter les végétaux jeunes et peu coriaces des marais asséchés. Le pâturage par les ovins pourra se poursuivre dans les parties Est de la parcelle (cf carte 22). Les moutons sont moins intéressants dans les milieux en eau et ont un impact plus faible sur les ligneux. Les parcelles à pâturer sont les friches et prairies artificialisées situées hors du périmètre de creusement (TOUR DU VALAT, 2009). Les espèces hygrophiles y sont particulièrement abondantes (roseau, paspalum). Le site pourra être pâturé au printemps, en été (à partir de fin avril) et en automne, jusqu'à l'ouverture de la chasse. Les moutons pourront être mis en stabulation pour l'hiver. La pression pastorale doit rester extensive dans un objectif de contrôle de la végétation et afin de limiter les refus. La charge pastorale est souvent difficile à estimer car dépendante de nombreux critères (poids de l'animal, âge, taille de la végétation, diversité spécifique, période, etc.). Afin d'adapter le plus justement possible la charge avec les capacités du milieu, il conviendrait de déterminer la productivité primaire de ce type de végétation. Les résultats obtenus dans le pré-diagnostic indiquent que les parcelles pâturées par les ovins sont des prairies mésophiles dominées par des graminées plus ou moins hygrophiles. Coût : Mise en place des clôtures : 2.3 km (46 rouleaux de 50 m piquets + 8 jours-technicien) 2800 (46 * 62) (1200 * 1.8) + 8 * 120 (1) Contrat agriculteur : poursuivre avec l'agriculteur actuel s'il le souhaite. (1) Source : Rivière Rhône Alpes 79

80 II. Le pâturage par les équins De la même façon que le pâturage ovin, il s'agit de maintenir un milieu ouvert sur la zone des étangs. Les chevaux ont été préfèrés aux bovins pour plusieurs raisons : - Aptitude à aller dans les milieux inondés ; - Moindre pression au sol (impact éventuel diminué sur les cistudes). Le pâturage par les équins se fera sur la zone des marais temporaires. Plusieurs clos pourront être réalisés. Le pré-diagnostic en préconise trois afin d'avoir une meilleure gestion de la zone. Les chevaux pourront rester sur le site au printemps, en été et jusqu'à la réouverture de la chasse. Mesleard (1996) préconise sur les marais à Scirpes maritimes un chargement de l'ordre de 1.2 têtes par hectare au printemps et 0.8 têtes par hectare en été. L'ensemble de la surface ne sera pas couvert de Scirpe (prairie dans les milieux secs difficilement prévisible au vu des informations actuelles), le chargement devrait donc être vu à la baisse. Il serait judicieux de commencer par un chargement très faible (une tête pour deux hectares) et suivre l'évolution des exclos afin d'adapter le chargement. Coût : Mise en place des clôtures : 2.5 km (clôture 2 bandes + porte + batterie) + 8 jours-technicien 5700 (1) + 8* Un contrat pourra être passé avec un éleveur local avec, au départ, une quinzaine de chevaux. (1)Source : III. Le pâturage sur la dune Le pâturage, qu'il soit réalisé par des ovins, bovins et équins sera interdit sur la dune reconstituée. En effet, la fragilité de ce milieu et sa taille restreinte en font un espace non adapté à ce type de gestion. Une clôture doit être installée autour afin de limiter les intrusions. IV. Le suivi des effets du pâturage Un suivi de l'impact du pâturage peut être réalisé en créant des exclos de pâturage de l'ordre de dix mètres carrés dans les différents clos. Le pourcentage d'espèces annuelles par rapport au vivaces pourra y être analysé et comparé avec les endroits pâturés. De même pour la composition spécifique qui permettra d'identifier les refus éventuels et de modifier la pression de pâturage. 80

81 Carte 22 : Localisation des enclos de pâturage 81

82 V - Plan de travail et budget prévisionnel V.1. Echéancier Semaines travaux relevés bathymétriques installation des pluviomètres et des échelles limnimétriques contrôle de la salinité du canal mise en eau des marais suivi journalier suivi mensuel (pluviométrie, hauteur eau, hauteur de nappe, salinité, érosion buttes) assec Option 2 : apport de végétation (banque de graine) Pâturage (peut être pas la première année) Suivi végétation Suivi Pâturage (la seconde année après le début du paturage) Suivi amphibien (3 visites annuelles) Suivi Cistude Suivi oiseau Enquêtes chasseurs 82

83 V.2. Budget travaux réhabilitation marais cout nombre volume horaire total terrassement 144, pompe 1 sous total restauration de la dune fluviatile cout nombre volume horaire total TOTAL TRAVAUX suivi gestion hydraulique cout (e) nombre volume horaire (h) total agent de terrain (/h) 8, ,58 208,9188 pluviomètre sonde sous total 378,9188 gestion de la flore/faune cout (e) nombre volume horaire (h) total Option 1 : non intervention Option 2 : Apport extérieur Minipelle Camion benne 3.5T 100 / 100 km Techniciens sous total 840 Paturâge ovin Paturage equin sous total Suivi Techniciens qualifiés (AAMV) jours-techniciens / ans 1200 sous total 1200 TOTAL SUIVI 15318,9188 TOTAL PROJET 52310,9188 Tableau 12 : Récapitulatif du budget à prévoir pour le projet de restauration 83

84 VI. Tableau de bord de suivi du milieu indicateurs objectif(s) outils fréquence suivi évolution/valeurs attendues perturbation possible cause(s) solution(s) hauteur eau Surveiller la mise en eau et adapter l utilisation de la pompe historique du site/base de données échelles limnimétriques mensuelle baisse modérée du niveau d'eau par évaporation baisse trpo importante du niveau d'eau porosité des sols/brèche/non saturation du sol couche argile/colmater les brèches/engorger les sols/mares plus profondes Suivi du réseau hydraulique pluviométrie Evaluer la part réelle d évaporation disposer d un historique de la pluviométrique pluviomètres mensuelle piezométrie volume pédologique à saturer piezomètre mensuelle mesures physicochimique (salinité, O2 dissout,, ph, température maintien des conditions favorables au développement d une végétation attractive pour le gibier d eau sondes adaptées mensuelle évolution de ces mesures selon les conditions météo et la qualité de l'eau introduite (canal) évolution de ces paramètre vers des extrêmes mauvaise qualité de l'eau introduite/remontée de sel vérifier la qualité de l'eau son utilisation/augmenter la durée d'inondation pour déssaler le sol Suivi des habitats pour les cistudes hauteur eau Surveiller la permanence de l'eau et son évolution par rapport au canal échelles limnimétriques mensuelle évolution semblable au canal assèchement topographie non propice au maintien de l'eau rendre la mare apte à maintenir de l'eau Suivi du compartiment biologique Transect de végétation Vérifier la mise en place des communautés visées Piquets permanents Annuelle puis quinquennale quand les communautés visées sont atteintes Cf. Tableau des espèces végétales immergées et submergées ciblées Système d'espèces perenes ; peu de végétation ; sélection des espèces Assec trop court ou trop long ; salinité ; sur (ou sous) pâturage Modifier pression de paturage ; apport d'une banque de graine externe ; modifier hydrologie 84

85 Indice Ponctuel d'abondance (oiseaux) connaître l'utilisation du site par les oiseaux d'eau essentiellement. Estimer le rôle des futures marais par rapport aux marais environnant Personnel qualifié à la reconnaissance visuelle et auditive des oiseaux Annuelle Cf tableau des espèces du gibier d'eau ciblées : essentiellement des anatidaes brouteurs Faible installation des oiseaux comparé au système du Clos des Montures Dérangement ; Faible quantité d'herbier ; Plans d'eau encombrés Vérifier la bonne installation des herbiers aquatiques ; réduire la pression de pâturage ; Tableaux de chasse Inventaire des oiseaux du site ; connaissance des proses et de la pression de chasse Enquête avec l'oncfs et la société de chasse Annuelle Les chasseurs doivent être satisfait du site. Il est intéressant de comparer les résultats avec ceux du marais de la petite foret Peu de prise ; faible utilisation du site par les chasseurs Faible installation du gibier sur le site ; difficulté de chasser Vérifier la bonne installation des herbiers aquatiques ; réduire la pression de pâturage ; Exclos de pâturage Suivre la pression de pâturage Exclos d'une dizaine de mètres carrés (un dans le marais, un en périphérie et un avec les moutons Annuelle Ouverture du milieu par les herbivores ; Développement d'espèces annuelles ; Augmentation de la richesse spécifique Refus ; sélection de certaines espèces ; recouvrement important d'une seule espèce ; Sur ou sous pâturage Réévaluer la pression pastorale nécessaire Suivi de la cistude Suivi des amphibiens La cistude est une espèce clè de voute des écosystème, son maintien dans le milieu signifie le bon fonctionnement de l'écosystème Vérifier l'instalation des espèces visées (crapaud calamite, pélobate cultripède et pélodyte Pieges à verveux possibles Personnel qualifié à la reconnaissance visuelle et auditive des amphibiens Annuelle Annuelle Presence de ponte régulière sur le Cassaïre et augmentation du nombre d'individus Observation de pontes, chants, instalation d'individux Diminution des pontes et du nombre d'individu ; rescenssemnt d'espèces invasives Diminution des pontes et du nombre d'individu ; rescenssemnt d'espèces invasives Habitat défavorable ; cohabitatin avec le paturage ; dérangement Habitat défavorable ; cohabitatin avec le paturage ; dérangement Réévaluer la pression pastorale nécessaire ; Etudier les causes du dysfonctionnement ; piegage Etudier les causes du dysfonctionnement 85

86 VII - Conclusion générale Les projets de restauration tel que celui mené sur le Cassaïre sont des solutions permettant de rendre aux milieux dégradés des fonctionnements proches de l'état initial ou d'états références : milieux ayant des conditions physiques, pédologiques, climatiques similaires. La démarche peut être initiée pour plusieurs raisons qui sont l'addition d'opportunités (acquisition de terrain, moyens financiers, compensation ) et parfois d'une demande sociale locale forte (création de milieux favorables à l'activité chasse). Les dégradations importantes du fonctionnement du domaine du Cassaïre, du fait de son histoire agricole, des nivellements et de l'endiguement du Rhône sont autant d'éléments à prendre en compte dans le projet de réhabilitation, avec comme objectif d'en faire un milieu multifonctionnel (aspect chasse et biodiversité). Si la plupart des milieux artificiels créés pour une optique cynégétique sont des milieux en eau de façon permanente, le projet Cassaïre vise la création de milieux caractéristiques du climat méditerranéen (assec estival) qui répondront à la demande des chasseurs grâce à l'accueil du gibier d'eau. Les aménagements mis en place s'articulent autour d'un certain nombre d'aspects : - Création d'étangs temporaires dont le fonctionnement hydraulique doit rester proche des conditions climatiques méditerranéenne (mise en eau hivernale et assec estival) ; - Création de milieux particuliers permettant la présence d'une faune et d'une flore d'intérêt patrimoniale ; - Restauration du reliquat de dune fluviatile ; - Mise en place d'un pâturage extensif de chevaux afin de maintenir le milieu ouvert ; - Lutter contre les espèces potentiellement envahissantes ; - Associer les chasseurs à la gestion durable du site (plan de chasse particulier). Afin de s'assurer du bon fonctionnement de l'écosystème reconstitué et de l'atteinte des objectifs, des indicateurs de suivi sont pensés afin de visualiser les changements à plus ou moins long termes. L'évolution du système doit être connue afin de prendre éventuellement des mesures correctionnelles. Mais, l'un des principal intérêt de ce suivi réside dans l'aspect recherche qui lui est rattaché. Il s'agit en effet de montrer que ces milieux temporaires, en plus de créer des habitats caractéristiques au milieu méditerranéen et pouvant abriter potentiellement une faune ou une flore rare et menacée, sont en mesure de servir de support à l'activité chasse. Cette vision de la réhabilitation est d'autant plus importante qu'elle se situe dans un contexte de réflexion durable et intégrée de l'aménagement du territoire : comment mettre un sous afin de répondre à plusieurs enjeux à la fois en conciliant l'ensemble des usagers à une échelle adaptée. 86

87 VII - Bibliographie ALARY M Plantes envahissantes et biodiversité-evaluation du niveau de colonisation de Baccharis halimifolia sur le territoire du Parc Naturel de Camargue et des moyens à mettre en œuvre pour son contrôle. Rapport de stage BTSA-GPN. BOCK B Base de données nomenclaturale de la flore de France. Scirpoides holoschoenus subsp. Holoschoenus. 3p. Tela Botanica. BROCHET A.L., GUILLEMAIN M., GAUTHIER-CLERC M., et al Endozoochory of mediterannean aquatic plant seedsby teal after a period of dessication : determinants of seed survival and influence of retention time on germinability and viability, Aquatic Botany. p CHANDHURI R.K. and GHOSAL S Triterpines and sterols from the leaves of Arundo donax. Phytochemistry 9: COHEN M. and REY F Vegetation dynamics and water erosion on marls in the French Southern Alps. Geomorphologie relief, processus, environnement. 1 : CORTOT G Les cladiaies : Ecologie et gestion par le feu et invasion biologique. Rapport de stage de DESS. COULET E., MICHAUD H., YAVERCOVSKI N Inventaire du Patrimoine Naturel de Provence-Alpes Côte d'azur ZNIEFF actualisées. DUNCAN P., D'HERBES J.M The use of domestic herbivores in the management of wetlands for waterbirds in the Camargue, France. 19p. FINN M. and MINNESANG D Control of giant reed grass in a southern California riparian habitat. Restoration & Management Notes 8: FOURNIER Les 4 flores de France. Ed. Lechevalier GHOSAL S., CHANDHURI R.K., CUTTA S.K., BHATTACHAUPA S.K Occurrence of curarimimetic indoles in the flowers of Arundo donax. Planta Med. 21: GREEN A.J., FIGUEROLA J., SANCHEZ M.I Implications of waterbird ecology for the dispersal of aquatic organisms. Acta Oecologica. 23: GRILLAS P. et al Les mares temporaires méditerranéennes. Volume 1.Tour du Valat. 118p. 87

88 GUITTONNEAU G.G. and HUON A Connaitre et reconnaitre la flore et la végétation méditerranéennes. 332p. ed.ouest-france. HEINKEN T., SCHMIDT M., VON-OHEIMB G., et al Soil seed banks near rubbingtrees indicate dispersal of plant species into forests by wild boar. Basic and applied Ecology.7 : HEURTEAUX P. and CHAUVELON P Les mares temporaires méditerranéennes Volume 1 : Enjeux de conservation, fonctionnement et gestion. Station biologique de la Tour du Valat. 119p. IVERSON M.E The impact of Arundo donax on water resources. In: Jackson, N.E., P.Frandsen, S. Douthit (eds.), November 1993 Arundo donax workshop proceedings.19-25p.ontario, CA. JACKSON G.C. and NUNEZ J.R Identification of silica present in the giant reed (Arundo donax.). J. Agric. Univ. (Puerto Rico) 48: JACKSON N.E Control of Arundo donax: techniques and pilot project. In: Jackson, N.E., P. Frandsen, S. Douthit (eds.), November 1993 Arundo donax workshop proceedings p. Ontario, CA. KLOESSING and ADAMSON The ground sel bush management problem. Workshop Report of the Cooperative Research Centre for Tropical Pest Management, University of Quennsland, Australia. MAUCHAMP A., CHAUVELON P., GRILLAS P Restoration of floodplain wetlands : opening polders along a coastal river in mediteranean France, Vistre marshes. Ecological Engineering. 18 : MCKINSTRY M.C., ANDERSON S.H Creating wetlands for waterfowlin Wyoming. Ecological Engineering. 18 : MEESKE M Nesting ecology of european pond turtle (Emys orbicularis) in South Lithuania. Acta Zoologica Lithuanica, Biodiversity. 7: MESLEARD F., GRILLAS P., TAN HAM L Restoration of seasonally floodedmarshes in abandoned ricefields in the Camargue : preliminary results on vegetation and use by ducks. Ecological Engineering. 5 : MESLEARD F., PERENNOU C La végétation aquatique émergente, écologie et gestion. Conservation des zones humides méditerranéennes. numéro 6, Tour du Valat, 88

89 Arles. 86p. MINISTERE DE L ENVIRONNEMENT Arrêté relatif à la liste des espèces végétales protégées en région PACA : arrêté du 9/05/1994, J.O. du 26/07/1994. MOLINIER RE. & TALLON G Etudes botaniques en Camargue. I La Camargue pays de dunes. La Terre et la Vie 1-2: MONSANTO Label for Rodeo aquatic herbicide. Monsanto Company, St. Louis, MO. Parra-Sjizz, E. A Revegetation in the Sepulveda Wildlife Reserve: a seven year summary. Extrait de la conférence annuellé de la Societé de la restauration écologique. MULLER C Invasion du Baccharis halimifolia dans les marais à marisque de Sollac. Tour du Valat. OMORI G Eradicating the giant reed (Arundo donax) in riparian areas of Marine Corps ase, Camp Pendleton, California. Unpublished report to Environmental Security, Marine Corps Base, Camp Pendleton, California and The Nature Conservancy. Agri Chemical & Supply, Inc, Oceanside 7 p. QUEZEL P. et al CENTRE NATIONAL DE DOCUMENTATION PEDAGOGIQUE. Ecologia mediterranea, revue d'écologie terrestre et limnique. Tome 7, Fascicule 3. PARC NATUREL REGIONAL DE CAMARGUE Géographie, climats, milieux et écosystèmes en Camargue. 8p. PETIT-BERGHEM Y L'assèchement des dépressions dunaires du littoral du Cotentin : mécanismes et propositions de gestion. Physio-Géo. 2 : PETIT-BERGHEM Y La gestion conservatoire des dépressions tourbeuses intradunales : l exemple des dunes du Nord de la France. Géocarrefour. 79 (4) : PELLET P., RAIMBAULT I., FIESSENGER C Diagnostic des sites pollués Forages et prélèvements. Ed. Techniques ingénieur. 23p. PERDUE R.E Arundo donax - source of musical reeds and industrial cellulose. Economic. Bot. 12: POLUNIN O. and HUXLEY A Flowers of the Mediterranean. Hogarth Press, London. RECON (Regional Environmental Consultants) Draft comprehensive species management plan for the least Bell's vireo (Vireo bellii pusillus). Prepared for San Diego Association of Governments, San Diego. 212 p. 89

90 REY F. and al Rôle de la végétation dans la protection contre l'érosion hydrique de surface. Comptes Rendus Geosciences. 336 (11) : SCOTT G Fire threat from Arundo donax. In: Jackson, N.E., P. Frandsen, S. Douthit (eds.) TAMISIER A Habitat hivernal des anatidae et des foulques en Camargue : comparaison avec les autres quartiers d hivers du bassin occidental de la Mediterranée, application en matière de gestion. ENV-SRAE. 22p. TARHOUNI and al, Mesure du biovolume de quelques espèces végétales autour depoints d eau en zone aride tunisienne. Science et changements planétaires. 18 (4) : THIENPONT S Habitats et comportements de ponte et d hivernation chez la Cistude d Europe (Emys orbicularis) en Isère. Mémoire EPHE. 160p. TOLLIVER K.S. and al Freshwater and Saltwater flooding response for woodu species common to barrier island swales. Wetlands, 17 (1): USDA Forest Service Eradication of Arundo donax, San Francisquito and Soledad Canyons. Environmental Assessment. USDA Forest Service, Angeles National Forest, CA. ZUNIGA G.E., ARGANDONA V.H., NIEMEYER J.M, and CORCUERA L.J Hydroxamic acid content in wild and cultivated Gramineae. Phytochemistry 22:

91 Les annexes au projet de restauration du Cassaïre 91

92 Annexe 1 Fiche terrain pour le suivi hydraulique du marais Date Nom H theo = hauteur d'eau prévue Si H theo - H réelle > 1 cm : ouvrir la pompe H theo Station (cm) Clos des montures Hauteur H (cm) Pluviométrie P (cm) Hauteur réelle H-P (cm) Conductivité (ms/m²) Température ( C) 92

93 Annexe 2: Article 6 de la directive faune flore habitat de 1992 : La règlementation associée aux sites Natura (source : Ministère de l environnement) Article 6 (92/43/CEE) 1. Pour les zones spéciales de conservation, les États membres établissent les mesures de conservation nécessaires impliquant, le cas échéant, des plans de gestion appropriés spécifiques aux sites ou intégrés dans d'autres plans d'aménagement et les mesures règlementaires, administratives ou contractuelles appropriées, qui répondent aux exigences écologiques des types d'habitats naturels de l'annexe I et des espèces de l'annexe II présents sur les sites. 2. Les États membres prennent les mesures appropriées pour éviter, dans les zones spéciales de conservation, la détérioration des habitats naturels et des habitats d'espèces ainsi que les perturbations touchant les espèces pour lesquelles les zones ont été désignées, pour autant que ces perturbations soient susceptibles d'avoir un effet significatif eu égard aux objectifs de la présente directive. 3. Tout plan ou projet non directement lié ou nécessaire à la gestion du site mais susceptible d'affecter ce site de manière significative, individuellement ou en conjugaison avec d'autres plans et projets, fait l'objet d'une évaluation appropriée de ses incidences sur le site eu égard aux objectifs de conservation de ce site. Compte tenu des conclusions de l'évaluation des incidences sur le site et sous réserve des dispositions du paragraphe 4, les autorités nationales compétentes ne marquent leur accord sur ce plan ou projet qu'après s'être assurées qu'il ne portera pas atteinte à l'intégrité du site concerné et après avoir pris, le cas échéant, l'avis du public. 4. Si, en dépit de conclusions négatives de l'évaluation des incidences sur le site et en l'absence de solutions alternatives, un plan ou projet doit néanmoins être réalisé pour des raisons impératives d'intérêt public majeur, y compris de nature sociale ou économique, l'état membre prend toute mesure compensatoire nécessaire pour assurer que la cohérence globale de Nature 2000 est protégée. L'État membre informe la Commission des mesures compensatoires adoptées. Lorsque le site concerné est un site abritant un type d'habitat naturel et/ou une espèce prioritaires, seules peuvent être évoquées des considérations liées à la santé de l'homme et à la sécurité publique ou à des conséquences bénéfiques primordiales pour l'environnement ou, après avis de la Commission, à d'autres raisons impératives d'intérêt public majeur. 93

94 Annexe 3 : Plan d occupation des sols ou Plan local d urbanisme de la ville d Arles le 30 Janvier 2003 (Source : 94

95 Annexe 4 : fiche technique de la jute de coco 95

96 Annexe 5 : Mise en place d un piézomètre Le terrain aux allentours de la dune est du sable, c'est-à-dire une roche meuble. De plus, on peut supposer que la nappe d eau souterraine est peu profonde. Dans ce cas ci, il est commode de fabriquer des piézomètres avec du tube PVC normalisé assez épais pour éviter le gauchissement (Heurteaux & Chauvelon, 2004) Dans ce cas ci un tube de PVC de 120 à 125 mm de diamètre convindra si les mesures de niveau d eau se font avec un système à flotteur. Ils seront alors mis en place dans un avant trou creusé avec une tarrière, de type Hélix de 125 mm de diamètre, à la main et le plus verticalement possible. La crépine sera constituée par un morceau de bas nylon, fixé à la base du tube par du fil de fer (ou un serre joint), et protégé par un manchon de gravillon pour éviter le colmatage. La meilleur période pour l implantation du piézomètre sera une période de basses eaux (dans ce cas ci, le cœur de l hivers est la meilleur période) car le sable, étant un terrain non cohesif, n est pas facile de travailler en milieu saturé. Le piézomètre est alors placé dans le trou le plus verticalement possible. Un peu de gravillons siliceux seront versés autour de celui-ci, puis le tube sera relevé de quelques centimètres créant ainsi un petit manchon perméable comme illustré sur la figure (phases 2 et 3). Ensuite, avec la terre sortie de l avant trou, une boue assez fluide sera réalisée, puis elle sera versée et tassée dans l avant trou autour du piézomètre (phase 4). La partie aerienne doit etre suffisament longue pour ne pas risquer d être submergée. Il est égalmeent recommandé de protéger la base du tube des infiltrations parasites, en le plaçant au centre d un carter (morceau de tube de plus grand diamètre) enfoncé d une vingtaine de centimètres dans le sol et rempli de terre (phase 5). Le piézomètre doit être bouché, mais la libre circulation de l air doit être assurée. Figure : Fabrication et mise en place de piézomètre 96

97 Annexe 6 : Budget -Coût voyages des 2 camions benne de 10 tonnes de la parcelle vers dune : Temps de déplacement : 3 jours et demi soit 28 heures de travail: 56*50+12*4*2(coût déplacement des chauffeurs)=2900 euros -Mini pelle pour charger le sable Temps: 3 jours et demi : 28*44+12*4=1280 euros -Débroussaillage canne de Provence : Temps : 2heures : 2*25=50 euros -Remodelage+ arrachage canne de Provence Temps : 5jours : 8*5*44+5*12=1820 euros -Coût jute de coco : 3,9*300 =1170 Total coût dune physique : =7220 euros 97

98 Annexe 7 : Tarifs de chantier Source : 98

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