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1 JOURNEE REGARDS CROISES 2012 Addiction sans substance : éducation, soin et réduction des risques Jeudi 06 Décembre 2012, Orléans, Centre Régional de Documentation Pédagogique Rédaction des actes : Redaq -

2 Sommaire Ouverture Madame Christine TELLIER, Directrice Générale de l Apléat, Déléguée Régionale de la Fédération Addiction... 3 Monsieur Denis GELEZ, Département de la prévention et de la promotion de la santé, Agence Régionale de Santé du Centre... 4 Madame Saadika HARCHI, Conseillère Régionale du Centre et Présidente de la commission «Apprentissage, insertion, formation professionnelle et formation tout au long de la vie, formations sanitaires et sociales et santé»... 5 Madame Christine TELLIER, Directrice Générale de l Apléat, Déléguée Régionale de la Fédération Addiction... 6 Monsieur Karl CERNY, Directeur adjoint CSAPA et CAARUD, Espace du possible, Lille... 7 Jeux d argent et jeux vidéo, d hier à aujourd hui Monsieur Hervé STIPETIC, Directeur de l ANPAA Monsieur Sylvain AMSTOUTZ, Intervenant de prévention, Apléat... 9 Repères éducatifs : permanence et vacillement Docteur Linette ERMINY, Psychiatre à Orléans Addiction aux jeux vidéo et jeux d argent : demandes et stratégies de soin Docteur Mario BLAISE, Psychiatre au Centre médical Marmottan, Paris Jeudi 06 Décembre 2012, Orléans, Centre Régional de Documentation Pédagogique 1

3 Echange avec la salle Réduire les risques et dommages liés aux jeux d argent? Docteur Olivier SIMON, Centre de jeu excessif, CHUV, Lausanne Table ronde avec les intervenants de la journée Animée par Monsieur Karl CERNY, Directeur adjoint CSAPA et CAARUD, Espace du possible, Lille Clôture Madame Martine LACOSTE, Vice-présidente de la Fédération Addiction Jeudi 06 Décembre 2012, Orléans, Centre Régional de Documentation Pédagogique 2

4 Ouverture Madame Christine TELLIER Directrice Générale de l Apléat Déléguée Régionale de la Fédération Addiction Bonjour à toutes et à tous. Je vous souhaite la bienvenue, vous êtes vraiment très nombreux, comme chaque année. Trois quarts d'entrevous sont des femmes, toute la région est représentée, particulièrement le Loiret. 86 % d'entre-vous ont un métier directement alloué à l addictologie ou en rapport direct avec les addictions. 48 % sont du secteur social, 25 % nous viennent du secteur médical, 20 % de l'éducation et en particulier de l'éducation nationale, le Conseil Général, les hôpitaux, la justice sont également représentés. Comme chaque année, vous formez un public pluridisciplinaire, c'est une grande satisfaction pour nous, tant nous pensons au sein de la Fédération Addiction que le sujet concerne tout le monde. Je voudrais vivement remercier l ARS, représentée par Monsieur GELEZ, et le Conseil Régional, représenté par Madame HARCHI, qui nous soutiennent chaque année, techniquement et financièrement, pour pouvoir vous offrir cette journée. Monsieur Denis GELEZ Département de la prévention et de la promotion de la santé, Agence Régionale de Santé du Centre Bonjour à toutes et à tous. Merci de nous avoir invités, nous sommes honorés de participer à cette journée. Le sujet d'aujourd'hui est un sujet émergeant lié à l'évolution de notre société. Peut-on vraiment parler d'addiction en matière de jeux d'argent et de jeux vidéo? L'Académie de médecine n'était pas d'accord, initialement, pour parler d'addiction. On retrouve d'ailleurs aujourd'hui le distinguo, on parle de joueur excessif, pathologique, mais le terme addiction fait toujours débat. Le traitement de cette pathologie ressemble, en tout cas, à ce qui est en vigueur quand on s'attaque au sujet des addictions en général. Jeudi 06 Décembre 2012, Orléans, Centre Régional de Documentation Pédagogique 3

5 La notion d'addiction mérite donc d'être débattue. Elle est aujourd'hui relayée par les médias et peut avoir un certain nombre de conséquences, familiales, professionnelles, collectives... c'est donc un sujet qui mérite une certaine attention. En tant qu établissement public administratif, l'agence Régionale de Santé est le relais des directives nationales du Ministère de la santé, mais nous avons une latitude au niveau régional pour fixer certaines priorités. Nous avons ainsi déterminé un Plan régional de santé, avec des priorités sur l'ensemble des champs, ambulatoire, hospitalier, médico-social et prévention. Bien entendu, la question de l'addiction est pour nous fondamentalement transversale puisqu'elle s'intéresse à tous les sujets. Nous planifions également en termes de structures pour apporter des réponses aux besoins de la population, exprimés ou non, et nous attribuons des subsides en essayant d'en faire la meilleure utilisation possible, en cohérence avec les priorités établies et en associant les acteurs et les partenaires. La prise en charge des addictions aux jeux d'argent et aux jeux vidéo est une des missions des CSAPA via l'accueil et le suivi des personnes ayant des addictions sans substance. Il convient d ailleurs de citer le travail de la Fédération Addiction sur ces problématiques. Au niveau national, la DGS a délégué une enveloppe pour améliorer cette prise en charge au sein des CSAPA, l objectif étant de renforcer les moyens en dépit de la réduction globale des subsides. Il me semble que l'éducation et la promotion de la santé font partie des premières marches à franchir, tranquillement mais sereinement, pour pouvoir se prémunir d'éventuels dérapages. Dans le cadre de l élaboration du Plan régional de santé, nous avons travaillé ainsi sur trois items, la thématique, la population et le territoire. Lorsque nous mettons en oeuvre des actions, via les acteurs de prévention, de soin ou du médico-social, nous essayons de faire le lien entre les priorités définies et là où il convient de mener des actions. Vous êtes aujourd'hui un public pluriprofessionnel, c'est également un axe important et une préoccupation de l'agence de montrer que sur ce sujet, comme sur bien d'autres, nous ne pouvons travailler seuls. Aujourd'hui, les opérateurs, les interlocuteurs et les personnes proches des populations ciblées doivent se mettre en relation les uns avec les autres. Cette idée de réseau, de partenariat, est importante, car nous avons chacun une part de responsabilité à notre niveau. Je vous souhaite une bonne journée d'échange. Jeudi 06 Décembre 2012, Orléans, Centre Régional de Documentation Pédagogique 4

6 Madame Saadika HARCHI Conseillère Régionale du Centre Présidente de la commission «Apprentissage, insertion, formation professionnelle et formation tout au long de la vie, formations sanitaires et sociales et santé» Bonjour à toutes et à tous. Je suis intéressée par cette journée à double titre. A titre personnel, tout d abord, puisque étant moi-même infirmière au sein de l Université de Tours. Mais si je suis ici aujourd'hui, c'est à titre d'élu, puisque je suis Conseillère Régionale avec une délégation Prévention-santé. Je représente François BONNEAU, Président du Conseil Régional du Centre, qui a souhaité mettre un accent particulier sur le champ de la santé par la mise en place des maisons pluridisciplinaires de santé en lien avec l ARS et l'etat, mais aussi un dispositif de promotion de la santé et de prévention en direction des jeunes. Nous avons souhaité cela car nous gérons les lycées et les centres de formation des apprentis de manière directe. Ce n'est pas une nouveauté, cela fait des années que le Conseil Régional soutient l Apléat et ce type de journées. Nous avons un budget dédié de par an, avec un cofinancement de l ARS de près de Le dispositif agit de différentes façons. Nous finançons les établissements porteurs de projets, jusqu'à 4500 par an, ce qui permet de faire des choses et de mobiliser les acteurs. Nous avons également, avec le soutien de l ARS, un appui méthodologique à l'élaboration des projets, et des contacts avec les partenaires locaux pour la mise en oeuvre des projets et leur évaluation. Nous favorisons les journées thématiques comme celle-ci, nous en avons organisées notamment avec l'aide du CRDP sur des thèmes comme le refus scolaire anxieux, la sexualité des ados ou le mal-être et les risques suicidaires. Il y a aussi des lieux Espace Ecoute mis en oeuvre depuis de nombreuses années par l'apléat dans le Loiret, avec AddictoCentre nous avons souhaité élargir ce dispositif sur d'autres départements, l'eure-et-loire, le Loir-et-Cher et le Cher, l'espace Santé Jeunes intervient sur l'indre-et- Loire, tandis que nous allons également développer un partenariat sur le département de l'indre. Nous avons travaillé à partir d'un diagnostic de territoire, nous avons ainsi sollicité l'observatoire régional de la santé pour faire une étude sur les perceptions et les représentations des jeunes sur leur santé lycéens de 76 établissements ont été interrogés, l'étude étant disponible sur les sites Internet du Conseil Régional et de l'observatoire régional de la santé. Vous trouverez non seulement les résultats, mais aussi le questionnaire et la méthodologie. Deux ans après la mise en place du dispositif, nous en sommes à la mise en oeuvre des projets par les acteurs du territoire, notamment par les équipes éducatives des établissements scolaires. Nous nous appuyons sur un réseau intérieur aux établissements, mais aussi extérieur puisque nous favorisons les partenariats avec les associations locales. C'est une vraie dynamique qui se met en place, nous sommes aujourd'hui à plus de 200 actions portées dans 54 établissements, soit lycéens touchés l'année précédente. Cela crée des synergies dans les équipes et légitime les actions portées dans le cadre du projet d'établissement, avec à la clé une amélioration du climat scolaire. Jeudi 06 Décembre 2012, Orléans, Centre Régional de Documentation Pédagogique 5

7 Cela n'aurait pu se faire sans le partenariat avec le rectorat, l'agence régionale de santé, la DRAAF et l'ensemble des acteurs associatifs. Je tenais à les remercier et vous souhaite une excellente journée. Jeudi 06 Décembre 2012, Orléans, Centre Régional de Documentation Pédagogique 6

8 Madame Christine TELLIER Directrice Générale de l Apléat Déléguée Régionale de la Fédération Addiction Avant-hier, je m installe devant l'écran de mon ordinateur pour préparer cette introduction. Aussitôt le titre écrit, je suis interrompue par le téléphone. C'est une maman, très angoissée et coupable d'oser nous contacter alors qu'elle n'est même pas sûr que cela soit vraiment nécessaire. Elle pleure et m'explique que son fils, bon élève, depuis qu'il a eu en cadeau d'anniversaire une PSP au printemps dernier, ne s'arrête plus de jouer, devient violent quand elle lui parle d'abus ou quand elle tente de lui confisquer le jeu. Il s'enferme, au propre comme au figuré, ses résultats scolaires régressent, sont catastrophiques. Quand elle lui parle d addiction, il lui répond qu'elle est folle, elle ne sait plus quoi faire, elle se demande si effectivement ce n'est pas elle qui exagère et qui est folle, elle s'excuse d'avoir appelé, elle donne très vite son numéro dans la conversation pour qu'on la rappelle et me remercie même avant d'avoir eu une aide réelle, elle me remercie juste puisque je lui assure que nous sommes là, que c'est notre travail, qu'il n'y a pas de questions idiotes ou inutiles, que son appel n'est ni vain ni inutile puisqu'elle s'inquiète. Je l'oriente vers l une de nos psychologues spécialement formées à l'accueil des parents. Si le jeune accepte de venir avec sa maman, de suite ou plus tard, nous lui proposerons d'évaluer sa prise de risque avec un professionnel formé à l'intervention précoce et aux addictions sans substance, mais aussi de venir avec sa maman rencontrer un psychologue pour un accompagnement commun. Je m'assure auprès de la même psychologue qu'elle va pouvoir appeler immédiatement la maman, et puis je rassure, je tâche de faire sauter le verrou de la solitude, de la culpabilité et de l angoisse, le sentiment d'anormalité. Je raccroche, en plein cœur de notre sujet, et pourtant j'ai l'impression d'avoir déjà eu cette conversation de nombreuses fois à propos d alcool ou de cannabis. C'est à la fois pour ce fil-là, cette idée-là, pour partager une synthèse de tous nos propos et pour nous ouvrir quelques pistes de réflexion, que j'ai demandé à Martine LACOSTE, Vice-présidente de la Fédération Addiction, de venir de Toulouse où elle dirige l'association Clémence ISAURE pour conclure la journée, après les échanges en table ronde animés par Karl CERNY, de l'espace du possible de Lille. Premièrement, addiction sans substance, de quoi parlons-nous ce matin? De jeux d'argent et jeux vidéo, c'est ce que nous verrons avec Hervé STIPETIC et Sylvain AMSTOUTZ. Pour cette maman, ce qui est sûr, c'est le constat de mal-être, la culpabilité voire la solitude. La prévention et l'intervention précoce, c'est aussi l'aide aux parents. Pour cette maman comme pour tous les parents, que lui dire? Sur quels repères se forger une opinion? Pour cette question, j'ai sollicité le Docteur Linette ERMINY, psychiatre à Orléans. La première question habituellement posée est la suivante : y a-t-il addiction sans substance? Où en est-on de ce concept? Comportement, conduite, et usage, assiduité, addiction, parents et adolescents, de l'éducation à la prévention, de la dépendance du bébé à l'indépendance de l'adulte, de l'interdit à la confiance, du soin à la réduction des risques, nous constatons une progression exponentielle de la demande. Que faire donc? Y réfléchir ensemble, aujourd'hui, pour commencer. Pour les stratégies de soins, nous avons fait appel au Docteur Mario Jeudi 06 Décembre 2012, Orléans, Centre Régional de Documentation Pédagogique 7

9 BLAISE, Psychiatre au Centre médical Marmottan de Paris, pour la stratégie de réduction des risques nous aurons le plaisir d'accueillir le Docteur Olivier SIMON, du Centre du jeu excessif de Lausanne, et nous aborderons également ensemble les questions de sens, de comportement, de prévention, de formation des adultes, etc. Pour commencer cette journée, je voudrais donner la parole aux adolescents en vous proposant un extrait du DVD «Abus d écrans»* produit par la Fédération Addiction et réalisé en collaboration avec la Mairie de Paris et l Ecole des Parents. *DVD téléchargeable sur le site web de la Fédération Addiction : Jeudi 06 Décembre 2012, Orléans, Centre Régional de Documentation Pédagogique 8

10 Monsieur Karl CERNY Directeur adjoint CSAPA et CAARUD, Espace du possible, Lille Présent depuis la nuit des temps dans toutes les sociétés, le jeu présente un caractère addictogène. On peut s'interroger sur l'utilité du jeu, qu'est-ce que l'on fait dans un jeu? Nous allons essayer d'éliminer l'autre, de se dépasser soi-même, d'aller plus loin dans le jeu. Il y a l'écran également, nous n'avons pas besoin de jeu sur l écran pour qu'il soit addictogène, l'écran est le tiers qui permet de remplir un vide, de rompre l'isolement et maintenant de jouer. C'est la nouvelle addiction du XXIe siècle. Compte tenu du nombre de consommateurs d'écrans, du nombre de jeux existants, n'est-ce pas l'addiction la plus saine? Ne devrait-on pas tous devenir des consommateurs avertis des jeux et de l'écran? Jeux d argent et jeux vidéo, d hier à aujourd hui Monsieur Hervé STIPETIC Directeur de l ANPAA 36 Jeux d'argent et jeux de hasard sont intimement liés tout au long de l'histoire. L objectif de mon intervention est de déterminer la place des jeux et de définir de quelle manière ils ont été traités par les différents discours, la manière dont l'etat a appréhendé les jeux d'argent et les jeux de hasard car cela vient influer sur leur accessibilité. Nous allons également voir l'évolution des jeux dans leur format. Finalement, comme il n'y a pas de société humaine sans drogue, n'y a-t-il pas de société humaine sans jeux d'argent? Le rôle de la religion et de l Etat Pour la religion, le jeu était de l ordre du péché avant de devenir un vice au siècle des lumières. Le rôle de l'etat a également conditionné le rapport de l'homme au jeu. Il a été censuré, tout en étant autorisé dans certains cercles de jeux sur une partie du territoire, pour ensuite devenir toléré à partir du XVIIIe siècle pour des raisons de fiscalité, le jeu devenant un enjeu économique national, ce qui se vérifie encore aujourd'hui. Néanmoins, tout au long l'histoire, l'etat a conscience des problèmes et prend la précaution de s'intéresser aux personnes en souffrance. Du coup, la structuration des jeux d'argent et de hasard, telle que nous la connaissons aujourd'hui, est relativement récente puisse qu elle date de la fin du XIXe siècle et du début du XXe siècle, l'etat Jeudi 06 Décembre 2012, Orléans, Centre Régional de Documentation Pédagogique 9

11 devenant un véritable opérateur du jeu, avec les responsabilités qui lui incombent, jusqu'à la privatisation d aujourd'hui. L évolution sociétale et technologique L'évolution des jeux va de pair avec l évolution sociétale des enjeux, mais aussi avec les évolutions techniques. Les supports ont été modifiés, ce qui change la donne également dans la posture du joueur, nous sommes passés du «loto à papa» où l'on est dans une posture d'attente, aux jeux d'aujourd'hui comme le PMU qui s'adresseraient à des connaisseurs. Du pur hasard, plutôt festif, on fait croire que l'on peut avoir le contrôle du jeu. La logique du casino n'a pas été profondément modifiée, par contre la posture du joueur avec les jeux en ligne à très clairement changée. L'émergence de nouveaux jeux, dont on connaît le résultat immédiatement, empêche la frustration de l'attente, le temps d'angoisse de l'attente, des jeux qui permettent surtout de rejouer systématiquement. Ce n est pas un hasard si un rapport du Sénat s est intéressé au Rapido, dont on connaît immédiatement le résultat et qui supprime ce temps d attente et de frustration. Concernant le jeu pathologique, beaucoup de choses restent à inventer, mais la connaissance et la prise en considération du phénomène sont connues depuis très longtemps. Des écrits nous disent qu'il y a 2000 ans, en Inde, un joueur «acharné» s'était lui-même mis en jeu n'ayant plus de mise. Finalement, à travers l'histoire, les jeux d'argent, à la fois avec le rôle de la religion, le rôle de l'etat et l'accessibilité du jeu en tant que tel, ne peuvent se résumer aux joueurs. Les jeux de hasard sont devenus des enjeux sociétaux, fiscaux, économiques et probablement psychologiques pour les personnes fragilisées. Accueillir une personne addicte au jeu, c'est donc d abord accueillir une personne en souffrance. En conclusion, je citerai Monsieur PARTOUCHE : «Il existe une vraie façon de gagner systématiquement au casino, c'est d'abord d'en acheter un». Monsieur Sylvain AMSTOUTZ Intervenant de prévention, Apléat Pour commencer, je vous informe que je tue des zombies régulièrement, je voyage beaucoup dans des vaisseaux spatiaux, je fais régulièrement du trafic de drogues et des actions terroristes ou anti terroristes, mais tout le monde me considère comme plutôt équilibré dans ma vie. Je vais vous présenter un récapitulatif de l'historique des jeux vidéo. En 1958, naissance du premier jeu vidéo, Tennis for two. L'aspect addictif est ici extrêmement faible, c'est une nouvelle façon de prendre du plaisir. Par contre les facteurs protecteurs sont relativement importants, ne serait-ce que la très faible disponibilité d'une part et la culture parentale d'autre part. En 1962, Space World est créé par des étudiants du MIT. Les aspects addictifs sont ici plus importants, l'immersion dans un autre monde, le Jeudi 06 Décembre 2012, Orléans, Centre Régional de Documentation Pédagogique 10

12 jeu contre un adversaire, et les facteurs protecteurs encore très présents, une faible disponibilité et également la culture parentale. Les années 1970, l'ère de l'arcade Pong, créé en 1972 par Nolan BUSHNELL, père fondateur d Atari. Pour la petite histoire, les bornes d arcades étaient présentes dans les centres commerciaux américains dont les toits sont en forme d'arcade, d'où le nom bornes d'arcades. Dès les premiers jours, le jeu est tombé en panne car le tiroir à pièces était complètement plein! 1978, Space invaders, un jeu qui sort un an après le film La guerre des étoiles. Ses aspects addictifs sont assez importants avec une immersion plus prononcée, le sentiment d efficacité qui apparaît également par le biais des scores et des classements, et des facteurs protecteurs qui diminuent. Les années 1980, l'alpha et l'oméga du jeu vidéo Pacman sort en Ses aspects addictifs sont la maîtrise d'un univers connu, puisqu'à la base c'est un dessin animé qui a très bien marché, et le sentiment d'efficacité, tandis que les facteurs protecteurs reposent sur la jouabilité relativement pauvre. 1981, année très importante avec le premier jeu de rôle, Ultima. Les aspects addictifs sont le fait d'être un héros, d'avancer à son rythme, une jouabilité donc très riche, une immersion de plus en plus importante, quant aux facteurs protecteurs, ils diminuent au fur et à mesure ne serait-ce que par une disponibilité croissante , des échecs commerciaux ont failli entraîner la mort cérébrale des jeux vidéo, notamment le jeu vidéo dédié à E.T, film sorti en 1982, un jeu totalement injouable car développé à la «va vite» pour être disponible à Noël. Atari se retrouvant avec plus de 5 millions d'invendus , renouveau des jeux vidéo avec Tetris, créé par un étudiant russe, dont les aspects addictifs sont encore plus importants avec la démocratisation des consoles et des ordinateurs, et des facteurs protecteurs qui se limitent à un prix élevé. Les années 1990, l âge d or des jeux vidéo 1993, Doom : immersion narrative et imagée très forte, être un héros, avancer à son rythme sont les aspects addictifs de ce jeu. Cependant, les jeux de tir peuvent rebuter certains parents. 1995, la 3D fait une apparition réussie dans le monde du jeu vidéo pour permettre un positionnement nettement plus adulte avec Resident Evil et Tomb Raider, les aspects addictifs résidant dans des graphismes soignés, avec une immersion beaucoup plus forte et, là aussi, le fait d'être un héros. Le facteur protecteur principal étant le faible degré de réalisme. Jeudi 06 Décembre 2012, Orléans, Centre Régional de Documentation Pédagogique 11

13 2000 à 2012, une nouvelle ère 2004, création de World of Warcraft qui reste le MMORPG (jeu de rôle en ligne massivement multi-joueurs) le plus populaire avec plus de 20 millions de joueurs. Les aspects addictifs sont ici extrêmement forts, le fait d'être un héros, de jouer contre d'autres personnes, l'immersion, le sentiment d'efficacité, la facilité d'accès et l'acceptation croissante des jeux vidéo par les parents. Le facteur protecteur va rester le prix de l'abonnement. 2007, Apple, avec l iphone, propose un nouveau système, l Apple Store, où l'on trouve une multitude d applications et de jeux qui vont permettre de passer le temps, notamment dans les transports. La réalité augmentée serait-elle l'avenir du jeu vidéo? Peut-être. Du coup, la frontière réel-virtuel disparaît progressivement comme le montre les principes de déroulement des jeux en réalité augmentée. Pourquoi joue-t-on? Pour le jeu tout d'abord, l'aspect ludique, le fait de prendre du plaisir. Pour l'autonomie également, le fait d'être à l'origine des actions. Le sentiment d'efficacité, faire de manière brillante quelque chose. Le besoin de relations, il n'y a qu'à voir le nombre de forums sur Internet et de salons dédiés aux jeux vidéo. Le fait d'être un héros. Avancer à son rythme par le biais des sauvegardes. Enfin l'immersion, qui reste le plaisir du jeu vidéo, se découpe en trois phases : elle va d'abord être sensorimotrice, notamment par le biais des nouvelles consoles, elle va ensuite être imagée par le fait de pouvoir modifier l'environnement, et enfin elle sera narrative puisque l'on va maîtriser tout l'univers du jeu vidéo. Au fur et à mesure du temps, nous avons donc assisté à une baisse des facteurs protecteurs et à une amplification des aspects addictifs.. Jeudi 06 Décembre 2012, Orléans, Centre Régional de Documentation Pédagogique 12

14 Repères éducatifs : permanence et vacillement Docteur Linette ERMINY Psychiatre à Orléans Voilà 45 ans que j'aide les enfants et les adolescents à grandir et que je vois le monde changer. Je vois les médias brouiller les repères générationnels, je vois se développer et se répandre des jeux dont personne n'est capable encore de mesurer les conséquences à l'échelle de la planète. Justifier l attitude éducative Nous avons cru autrefois au progrès, puisque nos parents et nos grands-parents ont connu des évolutions extraordinaires leur rendant la vie beaucoup plus confortable. Or, nos enfants savent maintenant que ces grands progrès sont des facteurs de pollution grave pour la planète et eux ne croient donc plus au progrès, ce qui ne les empêche pas pour autant de s en servir très largement. En tout cas, cela les amène à ne plus trop croire à la parole des adultes, les adultes non plus ne croyant pas à leur propre parole, à leur propre capacité, ils savent bien qu'ils ne sont plus respectés comme autrefois en tant qu'adultes parce qu'adultes. Les adultes ont ainsi du mal à justifier leurs attitudes éducatives et se laissent très souvent débordés par les jeunes. Il est également difficile pour les adultes de faire face à l'éducation de leurs enfants, parce qu'ils sont ballottés par des théories et des concepts, des idées très contradictoires. Si autrefois ils étaient respectés parce qu'adultes, ils ont voulu ensuite essayer de comprendre la difficulté des enfants à grandir, refusant pour cela le conflit. Pour les jeunes parents, il est devenu beaucoup plus difficile de supporter les chagrins de leurs enfants, de supporter les pleurs, de supporter la plainte, pourtant il faut bien les éduquer jusqu'à ce qu'ils acquièrent une autonomie véritable. Notre société ne protège pas les jeunes, elle est incapable de contrôler les drogues, de contrôler les écrans, de contrôler les informations vraies ou fausses, elle soumet les jeunes à toutes les excitations possibles. Cette société pervertie ses enfants tout en hurlant vertueusement à la perversité des adolescents. C'est une société qui offre de multiples tentations, le seul mot d'ordre étant de consommer, de consommer toujours plus. Comment faire pour ne pas essayer de compenser, en tant que parents, la frustration subie? Comment faire pour assumer et accepter la frustration qui va permettre à l'enfant de grandir? Les enfants ont envie de tout et les parents veulent leur faire plaisir, c est normal, mais est-il vraiment nécessaire de faire entrer l'enfant dans cette course permanente à la consommation pour qu'il nous aime? L'enfant aime ses parents quoi qu'il arrive, les parents doivent aider l'enfant à assumer la frustration et non pas au contraire le gaver. Jeudi 06 Décembre 2012, Orléans, Centre Régional de Documentation Pédagogique 13

15 Enfance et adolescence, des périodes critiques Au cours de la vie, on ne peut éviter que l'enfant s'oppose aux parents à deux moments bien précis. La première crise se fait entre 2 et 3 ans, c'est le moment où l'enfant marche, apprend à parler et à contrôler son corps. Il faut faire comprendre aux enfants qu'ils doivent grandir en obéissant et les aider très tôt à accepter cela. Une autre époque est bien sûr l'adolescence. Le jeune se sent frustré, déprimé, en manque parce qu'il doit déjà assumer le deuil de son enfance. Il est également mal dans son corps qui change, qui parfois s'enlaidit un peu, il est bouleversé par l'érotisation de ses pensées, par les pulsions nouvelles qui traversent son corps, et il est parfois soumis à un trop-plein d'excitation, un trop-plein d'agressivité, un trop-plein d'émotions violentes et érotisées. L'adolescent va rechercher le rôle hypnotique des écrans qui vont soulager les tensions et empêcher de penser. Les téléphones, les tablettes, les SMS font en sorte de ne jamais être seul avec soi-même, d'être toujours relié, non plus aux parents mais à ceux qui vous reconnaissent comme vos pairs, qui font partie de votre monde et qui donnent du coup l'impression d'exister. Leur rôle est de soulager l'absence, le vide et le manque. L'adolescence est donc la période privilégiée de toutes les addictions pour à la fois soulager les tensions et remplir le vide. Les addictions aux produits qui vont permettre de se calmer, de s'exciter ou de faire partie d'un groupe, voire les trois à la fois, les addictions sans produit, l addiction à la nourriture sous forme de boulimie et l anorexie. Une légitimité parentale vacillante Les parents doivent donc éduquer alors qu eux-mêmes ont des repères éducatifs vacillants. Plus le monde est complexe, plus est grande la nécessité de mettre des repères éducatifs face aux nouvelles tentations offertes. Pourtant, les adultes se croient eux-mêmes disqualifiés, ils n'arrivent plus à trouver leur légitimité de parents. Contrairement à ce que croient les jeunes, l'expérience personnelle n'est qu'une infime partie du savoir, nul besoin de fumer du cannabis pour en comprendre les effets négatifs sur le cerveau. Il est donc faux de penser qu'il faudrait nous immerger totalement dans la culture adolescente pour pouvoir leur poser des repères éducatifs, il faut laisser aux ados leur culture. Le cerveau des jeunes n'est pas un cerveau d'adulte, c'est pour cela que l'alcool est infiniment plus dangereux pour un cerveau de 14 ans que sur un cerveau de 30 ans, que le haschisch l'est également. Il faut donc limiter à tout prix le temps d'écran sous peine de fabriquer des jeunes qui n'auront pas un cerveau très opérant à l âge adulte, comme la drogue peut s'avérer dangereuse également pour le cerveau. Beaucoup de parents commencent à sentir le danger de ces pratiques et essaient d'y remédier. Toutefois, ils n'y arrivent pas forcément, il semblerait donc important de poser les repères éducatifs bien avant l'adolescence. Cela passe par l'absence de télé et d'ordinateur dans la chambre, cela passe par une parole qui circule dans l'ensemble du milieu familial, y compris les grands-parents, pour demander à ce que chacun contrôle l'argent donné aux enfants pour qu elle ne serve pas forcément à l'achat de consoles. Jeudi 06 Décembre 2012, Orléans, Centre Régional de Documentation Pédagogique 14

16 FREUD a dit : «Trois tâches impossibles : gouverner, éduquer et psychanalyser». C'est vrai qu'il est très difficile d'éduquer, c'est vrai que ce que nous essayons de transmettre aux enfants n'est pas forcément ce que nous avons vraiment transmis. Nous pouvons tout de même penser que l'exemplarité est importante, apprenez à éteindre vos écrans vous-même et racontez votre histoire à vos enfants, ils seront très heureux de vous entendre. Ce sont ces histoires qui les aideront à grandir sans se perdre dans les sables mouvants des addictions. Karl CERNY : Je me permets de faire quelques remarques qui feront le lien avec l'intervention à suivre du Docteur Mario BLAISE. Je pense qu'il faut relativiser la nocivité des expérimentations au cannabis, je ne suis pas sûr qu'une expérimentation par un enfant de 12 ans soit beaucoup plus nocive qu'une initiation, par le père ou le grand-père, à la première gitane maïs sans filtre ou à la gnole lors des fêtes de famille ou du village. Par ailleurs, ne pourrait-on pas envisager que les adolescents, même âgés, qui ne savent toujours pas laver leur linge ou faire cuire un oeuf, aient acquis d'autres compétences éloignées de leur autonomie? De plus, il me semble que les jeux ont une fonction psychique dans le développement de l'être humain, est-elle en lien avec une gestion de la notion de la mort? Quelle est donc la conséquence psychique sur la construction de l'individu des addictions aux jeux? Docteur Linette ERMINY : Le jeu est extrêmement important chez l'enfant, c'est à travers le jeu qu'il se projette, représente et retravaille la réalité vécue. Toutefois, le jeu chez l'enfant de 4 ou 5 ans n'est plus le même que chez les adolescents. Autrefois, les jeux étaient des jeux de survie, remplacés aujourd'hui de façon fictive par les jeux vidéo, mais il me semble que la réalité matérielle reste importante. Il est important que l'adolescent se confronte à ses véritables peurs, à la réalité. Des jeux virtuels tentent de mimer cela, l'adolescent est dans la recherche de sa propre survie, il y a donc un lien effectivement avec la notion de mort. Il me semble toutefois que le contact avec les réalités tangibles demeure extrêmement important, car on ne peut pas être dans le faire semblant. Par ailleurs, personne n est capable aujourd'hui d'anticiper les conséquences de ces expériences de jeu, ce qui rend l'éducation encore plus difficile et incite à la prudence. Les adolescents ont effectivement des compétences, mais il est important d'avoir une autonomie dans la vie réelle, ce qui leur pose beaucoup de difficultés. Jeudi 06 Décembre 2012, Orléans, Centre Régional de Documentation Pédagogique 15

17 Addiction aux jeux vidéo et jeux d argent : demandes et stratégies de soin Docteur Mario BLAISE Psychiatre au Centre médical Marmottan, Paris Mon regard sur la question d aujourd hui est celui d'un psychiatre clinicien, un soignant qui travaille dans un centre spécialisé dans les addictions, le Centre médical Marmottan à Paris. Les gens viennent consulter car ils sont conscients d'avoir un problème d'addiction, initialement des addictions aux drogues, et depuis une dizaine d'années beaucoup plus fréquemment des addictions comportementales. J'ai également une activité plus partielle dans un centre de thérapie familiale, le centre Monceau, qui reçoit des familles dont un des membres peut avoir un problème d'addiction. Pourquoi des soins? La question se pose pour toutes les consommations de drogues, mais aussi pour tous les comportements à risque, cependant tous les joueurs n'ont pas forcément besoin de soins. Certains ont une conduite expérimentale, d'autres ont une conduite occasionnelle, certains ont une conduite régulière et d'autres ont une conduite pathologique, c'est-à-dire qu'ils entrent dans une problématique nécessitant des soins, une faible proportion par rapport au nombre de joueurs. En France, on estime à 28,8 millions le nombre de joueurs, pour 1 ou 2 % de joueurs pathologiques. En ce qui concerne les jeux vidéo, on estime qu'il y a 25 millions de joueurs en France, ce qui fort heureusement ne signifie pas 25 millions de personnes à soigner. D'ailleurs, c'est assez drôle de voir que la moyenne des joueurs de jeux vidéo se situe au-dessus de 30 ans, la problématique ne concerne donc pas que les adolescents. Concernant les consommations et conduites potentiellement addictives, on distingue souvent trois types : la conduite récréative, la conduite à risque et la conduite à problème. La conduite récréative, dans les addictions sans produit comme le jeu, est donc assez évidente contrairement aux autres types de consommations. Il est difficile de tracer les limites de l addiction et de dire à partir de quand un comportement devient une addiction. Il n'y a pas de marqueurs biologiques et cela dépend beaucoup de la tolérance de l'environnement. Ce qui vient légitimer les soins et permettre d'employer la notion d'addiction, c est souvent la souffrance de l'intéressé luimême. Cette souffrance est la pierre angulaire de la notion d'addiction, elle résulte de la rencontre d'une personne et d'un produit, à un moment socioculturel, pour reprendre la formule de Claude Olievenstein. On semble redécouvrir le problème de l'addiction à chaque nouveau mode de consommation, à chaque nouveau moment socioculturel. La toxicomanie semble être un problème depuis 40 ou 50 ans, avec une prise en compte Jeudi 06 Décembre 2012, Orléans, Centre Régional de Documentation Pédagogique 16

18 médicale de cette pathologie. Il y a eu différentes vagues et modes de consommations qui ont fait apparaître de nouvelles formes d'expression, avec l héroïne, la cocaïne, le cannabis, le crack. Aujourd'hui, avec l'avènement des jeux en ligne, émerge une nouvelle problématique. Pour autant, à chaque nouvelle problématique d'addiction qui apparaît, doit-on trouver de nouvelles solutions? Pas tout à fait, les expériences précédentes peuvent servir, d autant plus si on parvient à adapter les réponses à chaque nouvelle problématique en termes de prévention, de réduction des risques et de soins. Le problème récurrent principal réside dans le fait que les individus ayant un besoin de soins n'ont pas forcément de demande. Les personnes en ayant le plus besoin sont celles qui ont le plus de mal à en faire la demande, le plus souvent du fait même de leur addiction, l'addiction permettant un échappement de la réalité. Toute la difficulté réside donc dans la reconnaissance par la personne elle-même de sa souffrance. Il faut également que cette souffrance soit comprise par l'entourage, qui peut jouer un rôle important dans la reconnaissance et la possibilité d expression de cette souffrance. En termes de soins, il est important de développer des stratégies d'information, de prévention et de réduction des risques qui permettent un accès aux soins facilité pour la personne intéressée. Il est également nécessaire de permettre l'accompagnement de la demande de la famille, du conjoint, du proche mandaté pour porter la demande de soins. Autrement dit : pouvoir entendre l'entourage et accompagner cette demande en donnant une place à ce médiateur. Autre point important : il est intéressant de respecter la demande pour être le moins menaçant possible, et partir de ce que la personne vient demander et ainsi créer un cadre de soins adapté le plus sécurisant possible. L hétérogénéité des situations Commençons par deux situations particulières, les deux extrêmes en terme de demande de soins : - La situation de non demande : une personne vient en consultation mais finalement ne demande rien. On se demande pourquoi elle est venue et elle aussi. Cette manière de faire, venir malgré tout pour voir ce que l'on va proposer, c'est aussi une forme de demande. Ces venues sont à travailler pour passer «du non au oui». - Autre forme de demande particulière, la demande multipliée et éparpillée, qui pourrait se résumer par : trop de demande. Fréquemment des gens appellent au centre en expliquant qu'ils ont déjà un médecin généraliste, un suivi avec un psychiatre, un psychanalyste, un addictologue mais qu ils voudraient essayer autre chose. Ils semblent ne pas réellement s engager dans une démarche de soins, mais plus s éparpiller et ont tendance à chercher une réponse rapide qui puisse convenir à leurs multiples maux. Entre ces deux situations particulières, pas de demande ou trop de demande, il existe de grandes variations. Que ce soit pour les addicts aux jeux vidéo ou les addicts aux jeux d'argent, il y a une grande hétérogénéité des situations et des demandes de soins. Qui demande? L'intéressé, la famille, l'école, le conjoint, la justice, etc. Pourquoi maintenant? Souvent cela provient de moments de crise, d'ultimatums, autrement dit de moments d'obligation de changement. On voit aussi que la population est très diverse et de plus en plus âgée, et une hétérogénéité également des situations familiales et des situations professionnelles. Les enjeux sont aussi différents selon le moment du cycle de vie familiale, l'adolescence, le départ du foyer familial, le passage à la vie adulte, le départ des enfants, la retraite, sont des moments particuliers et peuvent être des moments de crise. Jeudi 06 Décembre 2012, Orléans, Centre Régional de Documentation Pédagogique 17

19 Parmi les différentes composantes et fonctions des addictions, on peut distinguer : - Une fonction qui serait la recherche de sensations, de plaisir, d exploration, pour apprécier la vie et repousser les limites notamment corporelles. - A l inverse, l addiction peut comporter une fonction de protection. L'addiction serait ici un refuge, un repli dans espace maîtrisé et non menaçant, c'est dans cette fonction là que l'on peut penser aussi que les addictions ont une valeur d'automédication. - Une autre fonction serait celle de la transgression, dans sa composante positive notamment. Le jeu avec les limites de la loi, le défi que peut représenter certaines conduites permettent d échapper à la régression, aux frustrations et «prises de tête» et peuvent aller jusqu à constituer une véritable recherche identitaire. Ces conduites ordaliques, telles qu elles ont été définies par Marc Valleur, établissent un rapport étroit entre prise de risques, loi et mort. - Une autre fonction de l'addiction est celle d'opposition. Elle correspond aux conduites d échec, de disqualification et d agressivité plus ou moins passive à l encontre de l'entourage. Certains auteurs parlent même de légitimité destructrice. Un même type d'addiction peut avoir plus ou moins ces fonctions et chaque sujet peut aussi développer plus ou moins ces fonctions. Dans les addictions aux jeux vidéo, la transgression et le risque sont moindres, tandis que la fonction de protection paraît beaucoup plus grande. Pour les addictions aux jeux d'argent, les fonctions de transgression et le rapport à la loi sont souvent au premier plan. L hétérogénéité du contexte explique aussi l hétérogénéité des situations. Les facteurs qui favorisent la conduite (accès, influences des pairs, de la famille, de la société, notamment l injonction paradoxale des publicitaires qui serait de consommer plus avec modération, souvent difficile à comprendre pour les plus jeunes ) sont tout aussi important à prendre en compte dans le développement d une addiction que le manque de facteurs inhibant la conduite (absence de ressources familiales, sociales ) Les stratégies de soins Quand il y a un problème d'addiction, la situation se présente comme une pelote de fil tout emmêlé. Des relations particulières se sont tissées dans lesquelles certaines personnes se sont emmêlées et dont ils n'arrivent plus à se défaire. Il faut donc trouver des stratégies adaptées à la demande et tirer les fils, là où nous pouvons le faire, par les bouts qui dépassent. Les soins sont à travailler simultanément à plusieurs niveaux. - Le premier niveau, la demande et le contexte. Comme nous l avons vu, il faut ici des outils adaptés et non menaçants qui respectent la demande et le contexte particulier, lié notamment à des décisions de justice, un contexte familial, des problèmes professionnels... - La motivation et la relation thérapeutique. Comment la personne se place dans les soins, si elle est active ou si elle reste passive? Pour activer les processus de changement, il est important de pouvoir questionner, Jeudi 06 Décembre 2012, Orléans, Centre Régional de Documentation Pédagogique 18

20 d'élaborer les problèmes, de donner un regard différent du problème, d analyser les échecs antérieurs ainsi que les réussites, favoriser les stratégies qui ont permis à la personne de changer, en privilégiant une vision positive et en faisant également ressortir les points positifs de l'addiction. Certaines fonctions de l'addiction sont en effet positives et permettent d'avancer, la protection par exemple, voire la transgression. Il est donc important de construire ensemble le problème, l'histoire de la personne, l'alliance thérapeutique. - Les pathologies associées sont un autre niveau de soins. Dans toutes les addictions se retrouvent des comorbidités, des dépendances au tabac ou à l'alcool, des troubles psychiatriques ou de la personnalité associée, notamment des éléments dépressifs voire des éléments suicidaires. Les pathologies somatiques sont également souvent associées aux addictions. - Enfin, nous pouvons travailler sur la conduite même de l'addiction, autour de deux axes : arrêter ou ralentir le processus de dépendance, en l'occurrence moins jouer ou s'arrêter totalement, et rechercher le sens de l'addiction dans la vie du patient dans un travail psychothérapique plus classique. Ce qui est parfois difficile à comprendre est que les premiers niveaux sont tout autant indispensables que le travail sur l addiction lui-même. Le suivi s'organise à partir de réponses concrètes aux demandes, il est important de travailler à partir de ce que l'on constate mais aussi à partir de ce qui apparaît au premier plan. Quand quelqu'un vient parce qu'il est déprimé, il faut commencer par travailler sur cette déprime, l'idée étant avec le temps de tisser les choses autrement. Pour conclure: Video games ruined my life. Good thing I have two extra lives... Echange avec la salle Karl CERNY : Votre intervention m inspire une réflexion sur les enjeux économiques des addictions sans produit, en particulier les jeux d'argent. Nous somment conscients des enjeux économiques en ce qui concerne les addictions aux opiacés, personne n'ose s'aventurer sur ce terrain là en ce qui concerne les jeux. Je rappelle que la Française des jeux est une des entreprises les plus prospères de France, que les fabricants de jeux vidéo et de téléphones font des bénéfices considérables, ainsi que la télévision française qui a développé des émissions où le public est invité à voter pour éliminer un invité via l'envoi de SMS surtaxés. Ces entreprises n'ont aucun intérêt à ce que les consommateurs soient malheureux, bien au contraire, il faut produire des joueurs heureux, des gagnants. La Française des jeux investit ainsi énormément dans Jeudi 06 Décembre 2012, Orléans, Centre Régional de Documentation Pédagogique 19

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