LE NUCLEAIRE POUR L'ENERGIE ET LA SANTE : VERS UN POLE D'EXCELLENCE EN BASSE-NORMANDIE

Dimension: px
Commencer à balayer dès la page:

Download "LE NUCLEAIRE POUR L'ENERGIE ET LA SANTE : VERS UN POLE D'EXCELLENCE EN BASSE-NORMANDIE"

Transcription

1 LE NUCLEAIRE POUR L'ENERGIE ET LA SANTE : VERS UN POLE D'EXCELLENCE EN BASSE-NORMANDIE RAPPORT présenté au Conseil Economique et Social Régional de Basse-Normandie par Jean CALLEWAERT Février 2009

2 R E M E R C I E M E N T S Ce présent document est l'aboutissement d'un important travail d'enquêtes et de contacts menés auprès des personnes et organismes concernés par le nucléaire aux plans national et régional. Une originalité de ce travail a consisté dans la collaboration fructueuse avec la Direction Régionale de l'industrie, de la Recherche et de l'environnement (DRIRE) de Basse-Normandie ; que son Directeur, ses services et le Cabinet Sofred chargé d'une étude sur les entreprises sous-traitantes du nucléaire soient ici remerciés. Le Rapporteur témoigne sa profonde reconnaissance à l'ensemble des personnes auditionnées ou consultées dans le cadre de cette étude et sans lesquelles cette réflexion n'aurait pu voir le jour et notamment, parmi les acteurs impliqués dans le nucléaire : - les entreprises concernées comme le siège d'areva, l'établissement AREVA NC de La Hague, le Groupe EDF, La Délégation EDF Basse et Haute-Normandie, DCNS-Cherbourg, le centre ANDRA de Digulleville, l'aisco, la SOTRABAN, la CCI de Cherbourg-Cotentin, la Coordination Grand Chantier EPR à Flamanville, Normandie Incubation, PANTECHIK SA, ELDIM, EURIDIS, l'apave en tant que délégataire de la plate-forme maîtrise d'ambiance de Cherbourg-Octeville ; - parmi le monde académique, le Rectorat de l'académie de Caen, l'université de Caen Basse-Normandie et toutes ses composantes, l'ensicaen, le Lycée de TOCQUEVILLE, l'instn de Cherbourg, l'eamea, le Centre AFPA de Cherbourg ; - concernant la recherche, le CEA et en premier lieu M. Bernard BIGOT, son Administrateur Général et toutes ses directions et laboratoires concernés, l'in2p3 du CNRS, le GANIL, CYCERON, l'ensemble des laboratoires de l'université de Caen et de l'ensicaen dont les travaux portent sur les sciences de la matière, le biomédical et les sciences humaines et sociales en relation avec le nucléaire, l'irsn, l'association ARCHADE, le CCSTI-Relais d'sciences, la Direction Régionale à la Recherche et à la Technologie, le CIRALE, le Groupe de Physique des Matériaux (INSA-Université de Rouen-CNRS). - pour le secteur de la santé, la DRASS de Basse-Normandie, le Centre de Lutte contre le Cancer François BACLESSE de Caen, le CHU de Caen ; - les institutions et organismes chargés du contrôle au premier rang desquels l'autorité de Sûreté Nucléaire et tout particulièrement la division de Caen et, au titre des associations indépendantes, l'acro ; - les organisations syndicales de salariés du nucléaire. Le Rapporteur tient à remercier les Membres des Commissions n 5 "Développement Economique - Energie" et n 6 "Enseignement Supérieur - Recherche - Prospective - Relations Internationales et Interrégionales" du Conseil Economique et Social Régional ainsi que le Groupe de Travail composé de MM. CHARLES, CORNIER, GUETIN, GUERREAU, JAMME et TORD. Enfin, il remercie Philippe HUGO, Chargé de Mission au CESR de Basse- Normandie, pour son implication passionnée dans ce dossier.

3 CESR de Basse-Normandie Le nucléaire pour l'énergie et la santé : S O M M A I R E AVANT-PROPOS... 1 INTRODUCTION... 5 I. LE CONTEXTE GENERAL ET LES ENJEUX GLOBAUX... 7 I.1. Quelques notions préalables... 7 I.1.1. Définitions et principes... 7 I.1.2. Effets biologiques des rayonnements ionisants... 9 I.2. Les principales applications du nucléaire I.2.1. Les applications énergétiques I Utiliser le principe de la fission I Le cycle amont du combustible I La production électronucléaire : une longue expérience française I L'aval du cycle : un enjeu fondamental pour le nucléaire du futur I.2.2. Les applications médicales du nucléaire I La radiothérapie face à de nouveaux défis I L'imagerie nucléaire et l'imagerie fonctionnelle au cœur de l'innovation thérapeutique I.2.3. Les autres applications du nucléaire I Les applications industrielles et agroalimentaires I La propulsion navale et les applications spatiales I Les applications dans la culture et le patrimoine I Bien d'autres applications I.3. Les principaux acteurs du Nucléaire I.3.1. Les Institutions Internationales I.3.2. Le cadre français I Les acteurs de contrôle de la sûreté nucléaire et de la radioprotection I Les Commissions Locales d'informations I Les associations indépendantes : l'exemple de l'acro I La structuration de la recherche nucléaire en France I Les exploitants I.4. Les perspectives et les enjeux I.4.1. Un défi énergétique planétaire I L'état des lieux I Répondre, demain, à des besoins énergétiques considérables I Les choix stratégiques I.4.2. La problématique des ressources en uranium face à une éventuelle croissance du nucléaire dans le monde I.4.3. Réacteurs de demain et d'après-demain I L'EPR, un réacteur évolutionnaire de troisième génération I Les perspectives ambitieuses de la quatrième génération de réacteurs : une étape vers un nucléaire durable? I ITER : exploiter, demain, l'énergie des étoiles I.4.4. Les enjeux considérables autour du démantèlement des installations nucléaires I.4.5. Les perspectives de nouvelles applications médicales I Les nouvelles applications diagnostiques pour un meilleur traitement des malades I Les nouvelles applications thérapeutiques I.4.6. Répondre, demain aux besoins importants de main d'œuvre dans le nucléaire I Le rapport du Haut Commissaire à l'energie Atomique I Des besoins considérables en radiothérapie et en médecine nucléaire II. LE NUCLEAIRE EN BASSE-NORMANDIE : SITUATION ET PERSPECTIVES II.1. Les activités économiques liées au nucléaire en Basse-Normandie II.1.1. Le pôle "nucléaire" du Nord-Cotentin II La production d'électricité à Flamanville II Le site de recyclage des combustibles nucléaires usés à La Hague II Le Centre de stockage de l'andra II DCNS, une volonté forte de développement vers la filière "nucléaire civil" II Le Grand Chantier pour la construction de la tête de série EPR à Flamanville II.1.2. Un nombre important de sous-traitants et filiales des donneurs d'ordre du nucléaire II Une forte présence des filiales du Groupe AREVA II Les sous-traitants du nucléaire ou impliqués dans l'industrie nucléaire en Basse- Normandie

4 Le nucléaire pour l'énergie et la santé : CESR de Basse-Normandie II La place des hommes au sein des activités du nucléaire : les certifications, la maîtrise d'ambiance et la sécurité au travail II.1.3. La médecine nucléaire en Basse-Normandie : état des lieux II Un plateau technique et scientifique exceptionnel II La radiothérapie en Basse-Normandie : état des lieux II.1.4. Un recensement encore partiel des activités liées au "nucléaire de proximité" II.2. La Recherche et les Plates-formes Techniques en Sciences Nucléaires en région : du vivant au monde subatomique, de la recherche amont aux applications (santé, énergie, environnement) II.2.1. Le GANIL : sonder la structure élémentaire de la matière II Plus loin dans la connaissance sur le noyau de l'atome II Les installations et équipements du GANIL II Le projet SPIRAL 2, une étape stratégique vers la machine européenne de seconde génération EURISOL II La Recherche Appliquée et l'ouverture du GANIL vers le monde industriel II.2.2. L'implication des laboratoires de recherche et des structures d'enseignement supérieur dans le nucléaire II Le Centre de Recherche sur les Ions, les Matériaux et la Photonique II Le Laboratoire de Physique Corpusculaire II Le Laboratoire de Cristallographie et Sciences des Matériaux II Le Laboratoire d Accueil en Radiobiologie avec les Ions Accélérés (LARIA) II Le Laboratoire Universitaire de Sciences Appliquées de Cherbourg-Octeville II Le Laboratoire CORRODYS et les recherches sur la biocorrosion des matériaux II Les équipes en sciences humaines et sociales impliquées dans des travaux en lien avec le nucléaire II.2.3. La recherche biomédicale autour de CYCERON à la pointe des technologies nucléaires en imagerie II Les équipements de la plate-forme CYCERON II Le Centre d'imagerie - Neurosciences et d'applications aux PathologieS (CI-NAPS) - UMR II La poursuite et l'affirmation des recherches dans le nucléaire II Les développements et valorisation autour de CYCERON dans la médecine nucléaire II De nouveaux axes de recherche prometteurs pour demain II CYCERON et les perspectives en termes de formations dans le nucléaire II.2.4. Les recherches autour de l'imagerie médicale et l'histo-imagerie quantitative au GREYC et au GRECAN II.2.5. Le Centre d'imagerie et de Recherche sur les Affections Locomotrices Equines (CIRALE) : premier site français agréé pour la scintigraphie osseuse chez le cheval II.2.6. Les structures de recherche et d'expertise dans les domaines de l'environnement, de la radioécologie, de la radioprotection et de la maîtrise d'ambiance II Le Laboratoire de Radioécologie de Cherbourg-Octeville de l'irsn II Le Centre IMOGERE de l'université de Caen Basse-Normandie II La plate-forme Maîtrise d'ambiance de Cherbourg-Octeville II.2.7. ARCHADE, le projet de centre de R&D pour l'hadronthérapie en France et en Europe II D'ASCLEPIOS II à ARCHADE II.2.8. Des collaborations prometteuses entre la Haute et la Basse-Normandie dans le nucléaire II Le Groupe de Physique des Matériaux II Les collaborations avec le projet de pôle "Energie" haut-normand II.3. Les dispositifs de formation en région autour du nucléaire : situation et perspectives II.3.1. Les filières d'ingénieurs au cœur des formations du nucléaire II L'offre de formation en sciences et technologie nucléaires de l'ensicaen II L'Ecole d'ingénieurs de Cherbourg-Octeville II.3.2. La licence-professionnelle "Maintenance en milieu nucléaire" II.3.3. Le baccalauréat professionnel "Environnement Nucléaire" II.3.4. L'Ecole des Applications Militaires de l'energie Atomique de Cherbourg-Octeville II.3.5. Les formations proposées par l'antenne de l'instn de Cherbourg-Octeville II.3.6. Le centre de formation AFPA de Cherbourg : des partenariats historiques exemplaires avec l'industrie nucléaire II Un partenariat exemplaire AFPA - AREVA NC II La reprise par l'afpa de Cherbourg des activités de formation de DCNS II Le partenariat EDF - AFPA de Cherbourg II Les autres interventions de l'afpa de Cherbourg dans le nucléaire II L'implication actuelle en faveur du Grand Chantier EPR II.3.7. La formation de Personne Compétente en Radioprotection (PCR) à l'université de Caen Basse-Normandie

5 CESR de Basse-Normandie Le nucléaire pour l'énergie et la santé : II.3.8. Des filières de formations plus "généralistes" qui répondent également aux besoins des entreprises II La filière "Sciences" à l'université de Caen II Les filières techniques en "Maintenance Industrielle", cible principale des industriels du nucléaire en région II Analyse des besoins de qualifications des entreprises II.3.9. Les filières de formation dans le biomédical en lien avec le nucléaire : des perspectives prometteuses II Les formations dans l'imagerie et les sciences du vivant II Les perspectives de développement de formations autour de la radiophysique médicale et de l'imagerie nucléaire II.4. Les enjeux autour de la culture scientifique et technique II.4.1. La sensibilisation des jeunes à la culture scientifique et technique II.4.2. Relais d'sciences, un acteur majeur en termes de compréhension et de sensibilisation des populations aux problématiques du nucléaire II.4.3. Les projets dans le Nord-Cotentin ANNEXES

6

7 CESR de Basse-Normandie Le nucléaire pour l'énergie et la santé : AVANT-PROPOS La découverte de la radioactivité, à la fin du XIX ème siècle, a marqué l'histoire de l'humanité entraînant de réels bouleversements dans la compréhension de la matière. Les premières applications ciblèrent la médecine et la biologie avec la possibilité de "voir" à travers les corps et de soigner. En France, c'est en 1896 à Lyon que l'on annonça le premier traitement du cancer par rayons X. L'année suivante, le premier appareil de radioscopie fut installé dans un hôpital parisien. Ces évènements ont eu lieu avant la découverte en 1898 du radium par Pierre et Marie CURIE. Lors de la guerre , Marie CURIE qui seconde Antoine BECLERE au poste de directeur du service radiologique des armées équipe, en matériel radiologique, des automobiles appelées "petites Curie" 1. Le service des armées conçoit des unités chirurgicales mobiles qui vont directement soigner les blessés sur le front. L'évolution ne cessa pas ensuite, les dispositifs gagnant en sécurité et en protection des personnes traitées sur le plan médical ; cette problématique reste encore aujourd'hui d'actualité, d'où les enjeux importants en matière de contrôle et de radioprotection. D'autres applications du nucléaire furent développées au cours du XX ème siècle pour le meilleur comme pour le pire (bombes A et H). L'énergie nucléaire fut également exploitée dès la seconde partie du siècle dernier pour la production d'électricité. Tous les experts mondiaux s'accordent à reconnaître que l'humanité, pour survivre, va devoir faire face à plusieurs grands défis majeurs dans les décennies qui viennent. A défaut de revoir en profondeur leurs pratiques actuelles, les civilisations vont être confrontées, demain, à de réelles impasses : démographique, alimentaire, énergétique, climatique, et inévitablement économique et sociale. Depuis la révolution industrielle dans les pays développés, le niveau de vie n'a eu de cesse de progresser. Les dernières générations ont continuellement bénéficié du progrès leur permettant potentiellement de vivre mieux et plus longtemps que leurs parents et aïeux. Cette évolution peut-elle vraiment se poursuivre dans le futur ou devons-nous réellement craindre une régression de nos sociétés? Dans un contexte où les ressources de toutes sortes s'épuisent face à la pression démographique comme économique et à la croissance exponentielle que connaissent certains pays (cas de la Chine et de l'inde), l'énergie se trouve au cœur des problématiques vitales. C'est de l'énergie que dépend la survie de l'humanité, ne serait-ce qu'au niveau alimentaire avec le développement inévitable des rendements agricoles. L'accès à l'eau potable est également un autre grand défi stratégique pour demain mais, sans énergie, l'accès aux ressources ou aux méthodes de traitement sera impossible L'humanité entrevoit donc la fin d'une période où l'énergie était abondante et peu chère. Selon Jean-Marc JANCOVICI, expert spécialisé dans les domaines de 1 Source : Institut CURIE 1

8 Le nucléaire pour l'énergie et la santé : CESR de Basse-Normandie l'énergie et du climat, au cours des 100 dernières années, le prix relatif de l énergie - donc du carbone - a été divisé par 10 environ en Occident et le prix du service énergétique par 20 voire par 30. L énergie est donc devenue "quasi-invisible" dans la formation des prix. Ce schéma était "viable" tant que l'offre restait supérieure à la demande mondiale mais les perspectives d'épuisement des ressources fossiles les plus facilement exploitables comme le pétrole et le gaz rendent une telle configuration impossible demain. Certes, il sera toujours envisageable d'exploiter -mais à des coûts plus importants- des gisements pétrolifères ou d'accroître l'exploitation du charbon, ressource la plus abondante mais la plus polluante mais ceci au détriment de l'équilibre climatique de la planète. La quasi-totalité des experts mondiaux s'accordent à reconnaître les réalités des bouleversements climatiques actuels pour lesquels l'homme n'est sans doute pas étranger. En ce début du XXI ème siècle, le changement de paradigme est déjà perceptible du fait d'une offre des énergies fossiles qui peine à répondre à la demande croissante et des nécessités impérieuses de diminuer les rejets de CO 2 dans l'atmosphère. A cela se greffent également des considérations d'ordres géopolitiques qui, du fait des problématiques d'accès aux ressources, peuvent fragiliser demain l'occident. C'est dans un tel contexte qu'à côté d'une prise de conscience sur la nécessité incontestable de consacrer les moyens utiles au développement des énergies renouvelables non polluantes et de s'engager dans des politiques ambitieuses d'économies d'énergie, un grand nombre de pays (développés mais également parmi ceux qui accèdent au développement) ont opté en faveur d'une relance du nucléaire. Après une période de déclin, surtout à partir des années 90 suite au "choc" suscité par la catastrophe de Tchernobyl suivi d'un désintérêt dû à l'absence de projets nouveaux, on assiste depuis ces dernières années à une relance du nucléaire dans le monde avec des projets de nouvelles générations de réacteurs plus sécurisants, plus économes en ressources et limitant la production de déchets très problématiques. Les avancées de la recherche en la matière (avec la fusion) laissent même espérer, à plus longue échéance, une énergie inépuisable et plus "propre" Bien entendu, le nucléaire qui ne représente aujourd'hui que 6,4 % de la production d'énergie primaire mondiale ne pourra à lui tout seul résoudre, loin s'en faut, l'équation énergétique ; il ne représentera que l'un des maillons du "Mix" énergétique de demain même si l'on constate actuellement sa relance mondiale. La France est l'une des nations au monde qui s'est le plus engagée en faveur du nucléaire. La relance mondiale des programmes va nécessiter la mobilisation des compétences les plus pointues en la matière au niveau international. Les accords de coopération conclus ces derniers mois dans le nucléaire civil entre la France et bon nombre de pays comme la Chine, l'inde, le Maroc, la Libye, l'algérie, le Qatar, l'afrique du Sud, les Emirats Arabes Unis ouvrent de nouvelles perspectives de développement pour un secteur industriel qui emploie directement plus de personnes au plan national. 2

9 CESR de Basse-Normandie Le nucléaire pour l'énergie et la santé : La Basse-Normandie représente l'une des régions françaises où l'activité autour du nucléaire est la plus importante avec une forte concentration d'activités et de compétences dans le Nord-Cotentin. Le nouveau contexte de reprise laisse augurer des perspectives de développement au niveau industriel nécessitant des besoins nouveaux considérables dans la formation et la recherche. Partant du constat des choix fondamentaux de société qui ont été faits en faveur de la relance du nucléaire civil dans le monde, la Basse-Normandie qui présente des atouts majeurs dans les domaines de l'industrie, de la formation et de la recherche a toute vocation à s'organiser pour tirer profit de la croissance attendue. A l'heure où des secteurs industriels dans laquelle la région se distingue (automobile, microélectronique ) risquent d'être fortement touchés par la crise économique mondiale actuelle, il paraissait légitime au CESR de consacrer une étude consacrée à ce thème d'avenir. 3

10

11 CESR de Basse-Normandie Le nucléaire pour l'énergie et la santé : INTRODUCTION Le nucléaire n'est pas sans soulever des débats voire susciter des interrogations légitimes dans le public. Il fait peur du fait notamment de ses applications militaires (les bombardements d'hiroshima et de Nagasaki restent profondément ancrés dans les esprits) ou des conséquences d'accidents graves intervenus au cours des dernières décennies (Three Miles Island, Tchernobyl ). Les acteurs du nucléaire civil doivent avoir bien conscience que c'est une activité sensible dont les efforts en termes de transparence, de sécurité, de radioprotection et de maîtrise des risques se doivent d'être permanents. Mais le nucléaire civil ne se limite pas au seul secteur de l'énergie, même si cette activité, par les moyens consacrés et l'activité générée, apparaît prédominante. Le nucléaire est, depuis plus d'un siècle, utilisé pour diagnostiquer et pour soigner des affections qui ne pourraient, sinon, être traitées. Dans le contexte actuel de relance du nucléaire civil dans le monde et d'avancées scientifiques majeures dans le secteur de la santé ayant des effets majeurs dans le développement de l'humanité du fait des progrès qui en découlent, il paraissait tout à fait justifié au Conseil Economique et Social Régional de réaliser une étude sur la situation et les perspectives des activités autour du nucléaire dans laquelle la Basse-Normandie se distingue tout particulièrement au niveau national. C'est pourquoi l'approche retenue du CESR a été d'intégrer à la réflexion toutes les applications du nucléaire dans laquelle notre région est reconnue pour ses compétences comme la recherche fondamentale et appliquée autour de la physique nucléaire -dont Caen est l'un des pôles mondiaux reconnu- ou encore les applications biomédicales dans le domaine diagnostic (imagerie nucléaire) et thérapeutique (radiothérapie). La démarche retenue par le Conseil Economique et Social Régional a donc consisté à réaliser une étude "filière" mettant en avant les potentiels régionaux et les perspectives d'avenir dans les secteurs concernés. L'objet final de ce rapport est d'étudier, au regard de l'inventaire des forces en présence, si la fédération des acteurs peut susciter la constitution d'un pôle d'excellence reconnu. Le but recherché consiste donc à étudier les conditions d'un rapprochement durable entre les différentes "familles" d'activités en région qui n'ont, à ce jour, pas ou peu de relations entre elles (secteurs de l'énergie, de la recherche, du nucléaire médical, etc.). Il convient de souligner que la présente étude analysant les potentiels régionaux sur la base du triptyque industrie - formation - recherche n'a volontairement pas ou peu traité des éléments concernant les dispositifs de prévention des risques industriels ou environnementaux. Sur ces points, une étude du CESR est en cours sur la thématique "des risques technologiques majeurs en Basse-Normandie" qui consacrera un développement spécifique aux activités autour du nucléaire. Enfin, il convient de signaler que le présent rapport a été réalisé en parfaite coordination et complémentarité avec une démarche initiée parallèlement par la Direction Régionale de l'industrie, de la Recherche et de l'environnement (DRIRE) 5

12 Le nucléaire pour l'énergie et la santé : CESR de Basse-Normandie qui a confié, en septembre 2007, au cabinet Sofred Consultants la réalisation d'une étude sectorielle de la filière nucléaire industrielle en Basse-Normandie. Cette étude très pointue met notamment l'accent sur l'état des savoir-faire industriels autour du nucléaire et la situation des entreprises sous-traitantes. De cette approche a été décliné un objectif opérationnel de soutien à la filière par l'identification d'actions à mettre en œuvre permettant de mieux anticiper les mutations industrielles et économiques des entreprises régionales afin d'assurer la pérennisation et le développement de la filière. Cette démarche rigoureuse réalisée par des experts n'a pu qu'enrichir la réflexion menée, conjointement, par le CESR dont le présent rapport reprendra des éléments fondamentaux. Ainsi, dans le présent rapport, une première partie est consacrée successivement au champ de l'étude, aux différentes applications du nucléaire, au contexte général et aux enjeux en présence : technologiques, scientifiques, économiques, éducatifs Cette partie d'ordre générale a été souhaitée dans un double objectif. Il s'agissait tout d'abord de faire de ce rapport un document de référence qui présente les principaux enjeux actuels et futurs. Par ailleurs, la volonté était également de réaliser un ouvrage pédagogique présentant, en des termes simples, les différentes technologies et applications du nucléaire. Puis, un second volet est spécifiquement dédié à la Basse-Normandie dans lequel il s'agissait de mettre en évidence, à travers les principaux domaines d'applications, les potentiels existants et les spécificités de la région dans ce secteur en termes de formations, de recherches fondamentales comme appliquées et d'activités industrielles. 6

13 CESR de Basse-Normandie Le nucléaire pour l'énergie et la santé : I. LE CONTEXTE GENERAL ET LES ENJEUX GLOBAUX I.1. QUELQUES NOTIONS PREALABLES I.1.1. Définitions et principes Le nucléaire regroupe toutes les activités et tous les usages qui exploitent les effets consécutifs à des événements qui se déroulent au cœur de l'atome et qui sont, plus précisément, liés à la transformation de son noyau. Outre le fait qu'elle peut être provoquée par un évènement extérieur, cette transformation vient d'abord du fait que la matière n'est pas toujours immuable et certains atomes sont capables de changer de nature, de masse et de propriétés physiques. Il fallut attendre 1913 pour que Niels BOHR découvre que les noyaux des atomes et non les atomes eux-mêmes sont responsables de la radioactivité, découverte 17 ans plus tôt par Henri BECQUEREL. En fait, certains atomes sont naturellement instables du fait d'un excès soit de protons, soit de neutrons, ou encore d'un excès des deux 2. La seule manière pour eux de retrouver l'équilibre est de se transformer, de transmuter en se débarrassant de l'excès d'énergie qu'ils contiennent par émission de particules ou de rayonnements électromagnétiques. La radioactivité est, selon le physicien Etienne KLEIN "le moyen qu'ont trouvé les noyaux pour évacuer leur trop-plein d'énergie nucléaire" 3. Tout est ainsi une question de transfert d'"énergies" dans le sens global du terme. Une question de forces A l'échelle nucléaire deux forces fondamentales sont à l'œuvre : Tout d'abord, l'interaction forte permet la cohésion des particules constitutives du noyau atomique en liant les protons et les neutrons 4 entre eux. Si cette interaction n'existait pas, les noyaux ne pourraient pas être stables et seraient dissociés sous l'effet de la répulsion électrostatique des protons entre eux. L'interaction faible est responsable de la radioactivité bêta (cf. ci après). C'est une force qui agit sur toutes les particules. Citons également, à l'échelle atomique (et non nucléaire!), une troisième force : l'interaction électromagnétique qui permet aussi la cohésion des atomes en liant les électrons et le noyau des atomes. Cette interaction peut, dans certaines conditions, créer des ondes électromagnétiques, parmi lesquelles on distingue la lumière, les ondes radio, les ondes radar, les rayons X, les rayons gamma... Source : D'après document IN2P Ils sont alors dits radioactifs et dénommés radio-isotopes ou radionucléides. Etienne KLEIN, Directeur du LARSIM (Laboratoire de Recherches sur les Sciences de la Matière) au CEA, in "les secrets de la matière", Plon, janvier Appelés nucléons. 7

14 Le nucléaire pour l'énergie et la santé : CESR de Basse-Normandie Parallèlement aux radio-isotopes 5 naturels tels que l'uranium 238 ou encore le potassium 40, il est possible de produire de tels éléments radioactifs de manière artificielle au moyen d'un accélérateur ou d'un réacteur nucléaire, activité à la base de nombreuses applications (énergie, imagerie médicale, médecine nucléaire ). Il existe trois types de radioactivité dénommés par les lettres de l'alphabet grec : alpha (α), bêta (β) et gamma (γ). Lorsqu'un noyau est trop lourd car excessivement chargé en protons et en neutrons, il évacue son excès d'énergie par l'émission d'un noyau d'hélium constitué de deux protons et de deux neutrons fortement liés appelé particule alpha (α). Une feuille de papier suffit à l'arrêter. Un noyau cette fois-ci trop riche en neutrons par rapport au nombre de protons transforme, pour retrouver l'équilibre, l'un de ses neutrons en proton. Cette désintégration du neutron appelée radioactivité bêta moins (β-) est l'émission d'un électron et d'un antineutrino accompagnant la transformation d'un neutron en proton. Une feuille d'aluminium de quelques millimètres permet de l'arrêter. La radioactivité bêta plus (β+), son contraire, est la transformation d'un proton en neutron avec émission d'un positon et d'un neutrino 6. A la suite d'une émission alpha ou bêta, lorsque la désintégration du noyau de départ n'a pas permis l'évacuation de son trop-plein d'énergie, intervient alors la radioactivité gamma (γ) qui consiste en l'émission, par certains noyaux, d'un rayonnement de même nature que la lumière (donc électromagnétique) mais de très haute énergie. Celui-ci a un grand pouvoir de pénétration. Seule une forte épaisseur de plomb ou de béton atténue sa propagation. Les rayons X découverts dès 1895 par le physicien allemand Wilhelm RÖNTGEN relèvent également d'un rayonnement électromagnétique. La distinction entre les rayons X et les rayons gamma vient de leur différence d'énergie : les rayons X sont des photons produits par les électrons des atomes alors que les rayons gamma, plus énergétiques, sont produits par les noyaux des atomes. Les rayons X sont un rayonnement électromagnétique comme les ondes radio, la lumière visible ou les rayons infrarouge. Ils peuvent être produits de deux manières : par des changements d'orbite d'électrons provenant des couches électroniques ou par accélération, freinage, changement de trajectoire des électrons. Tous ces rayonnements issus de transmissions d'énergie sous forme électromagnétique ou corpusculaire sont dits ionisants 7. Cette radioactivité qui peut tuer le vivant peut également soigner et guérir ou encore prémunir des contaminations bactériologiques On appelle "isotopes" des atomes ayant le même nombre de protons et un nombre différent de neutrons. Le neutrino est une particule de masse infime qui n'interagit quasiment pas avec la matière. Difficilement détectables, les neutrinos (tels ceux émis par le Soleil) traversent tous les corps y compris la Terre de part en part sans même dévier de trajectoire. Un ion est un atome qui a perdu ou gagné un ou plusieurs électrons et qui se trouve ainsi électriquement chargé positivement (cation) ou négativement (anion). 8

15 CESR de Basse-Normandie Le nucléaire pour l'énergie et la santé : I.1.2. Effets biologiques des rayonnements ionisants 8 Les rayonnements ionisants (ou radiations ionisantes) sont des rayonnements électromagnétiques (gamma, rayons X) ou des rayonnements particulaires (bêta, alpha, neutrons, protons ) ayant une énergie associée supérieure à 10 électronvolts (niveau d énergie minimal pour arracher un électron à la matière irradiée). Le qualificatif "ionisant" est important car il souligne que, directement ou indirectement, ce sont les ionisations ainsi créées dans la matière qui seront à la base même des dégâts biologiques observés. Ces radiations agissent sur le vivant à travers deux modes d action : - l effet direct qui se traduit par des ruptures dans les liaisons covalentes, ce qui signifie qu elles "cassent" des molécules qui perdent alors leur activité biologique. Ainsi de telles cassures sur des molécules d ADN conduiront soit à des altérations de gènes, soit à des délétions ou aberrations chromosomiques (pouvant entraîner la mort de la cellule) ; - l effet indirect qui conduit à la production de radicaux libres (espèces chimiquement toxiques) à partir de la radiolyse de molécules d eau (le constituant majeur de tout élément vivant). L action prépondérante de ces espèces radicalaires sur l ADN constituera des lésions chimiques potentiellement mutagènes et/ou cancérogènes. Selon ces deux modes d action, une cellule vivante ne peut être altérée que si elle est la cible même de l action de radiations. Au cours de la dernière décennie, des travaux importants en radiobiologie ont contribué à des avancées dans la compréhension de ces phénomènes. En effet, des développements biotechnologiques ont permis de mettre en évidence des lésions radio-induites au sein de cellules voisines non irradiées (effet bystander) ou dans la descendance d une cellule irradiée mais non affectée (instabilité génomique). Ces travaux constituent actuellement un réel engouement en matière de recherche. Les rayonnements ionisants agissent au hasard. Aussi, au sein d une cellule, toute molécule peut être la cible de leur action. Cependant, en raison du rôle central du patrimoine génétique dans le fonctionnement cellulaire, les lésions portées sur l ADN seront responsables de l essentiel des dégâts biologiques observés. Ils induisent dans la matière irradiée des événements initiaux (ionisations, excitations) pratiquement instantanés (de l'ordre de seconde) mais dont les conséquences pathologiques éventuelles peuvent n'apparaître que plusieurs années ou décennies plus tard (risque cancérogène), voire dans la descendance (risque génétique). Certes, des mécanismes de réparation existent et une cellule altérée peut "se débarrasser" d anomalies radio-induites. Dans d autres situations, l anomalie n est pas réparée ou elle est mal réparée, ce qui conduira à une cellule toujours vivante mais comportant une (ou des) mutation(s) susceptible(s) de s exprimer tardivement : risque de cancers ou d effets génétiques qui définissent les "effets stochastiques". Enfin, lorsque les doses sont élevées, les dégâts induits dans une cellule sont tels qu ils entraînent la mort de la cellule par nécrose. Quand, dans un tissu ou organe, 8 Rédaction issue d'une aimable contribution du Dr Pierre BARBEY - Université de Caen Basse- Normandie. 9

16 Le nucléaire pour l'énergie et la santé : CESR de Basse-Normandie un grand nombre de cellules sont ainsi atteintes, c est le tissu même ou l organe qui est alors gravement affecté : on parle alors d "effets déterministes". Dans le champ de la radioprotection, les limites d exposition aux rayonnements ionisants qui sont établies sur le plan réglementaire ont pour objet : - d empêcher toute apparition d effets déterministes car il s agit d effets "à seuil" (et les limites sont fixées en-dessous de ces seuils) ; - de limiter à un niveau jugé "acceptable" (mais cela fait débat) les risques d effets stochastiques car actuellement les instances internationales (Commission Internationale de Protection Radiologique -CIPR-, Biological Effects of Ionizing Radiation -BEIR- Comité de l'académie Nationale des Sciences des Etats-Unis, United Nations Scientific Committee on the Effects of Atomic Radiation - UNSCEAR- ) admettent qu ici la relation "dose/effet" est de type "linéaire et sans seuil". I.2. LES PRINCIPALES APPLICATIONS DU NUCLEAIRE Les forces en présence dans le noyau de l'atome peuvent être utilisées pour de nombreuses applications civiles. La première application la plus évidente concerne la production d'énergie consommable pour répondre aux besoins des populations et de leurs activités mais elle n'est pas la seule. L'énergie nucléaire est aussi utilisée pour diagnostiquer et guérir des affections et participe par exemple à la lutte contre le cancer. D'autres utilisations du nucléaire au plan industriel ou au niveau de la recherche seront également largement développées dans le cours du présent rapport. I.2.1. Les applications énergétiques I Utiliser le principe de la fission Au cœur de l'atome, les forces de liaison du noyau sont considérables. Une partie de cette énergie peut être libérée à deux occasions : - lorsque deux noyaux légers fusionnent pour faire un noyau moyen, c'est la fusion thermonucléaire, l'énergie des étoiles, Réaction de fusion 10

17 CESR de Basse-Normandie Le nucléaire pour l'énergie et la santé : - lorsque l'on réussit à casser un noyau lourd en fragments plus petits, c'est la fission. Réaction de fission En attendant les avancées espérées du projet ITER (International Thermonuclear Experimental Reactor) à Cadarache, seule la seconde voie est, pour l'heure, maîtrisée par l'homme et donc utilisée pour ses besoins énergétiques depuis plus de cinquante ans 9. Le mécanisme consiste à bombarder un noyau fissile avec un neutron libre dont il provoque l'éclatement en deux fragments. Sont ainsi libérés plusieurs neutrons en même temps qu'une grande quantité d'énergie. Les neutrons expulsés peuvent, à leur tour, aller fissionner un autre noyau et ainsi de suite. C'est la réaction en chaîne. Le seul noyau fissile (i.e. élément apte à subir la fission) existant à l'état naturel est l'isotope 10 de l'uranium de masse 235 mais celui-ci ne constitue que 0,7 % de l'uranium des ressources minières, ce qui rend les phases d'enrichissement nécessaires (entre 3,5 et 5 %) pour fonctionner dans les réacteurs actuels. En revanche, lorsqu'un autre isotope naturel de l'uranium, l'uranium 238 capture au sein des réacteurs un neutron 11, il se transforme en plutonium 239 (principe de la transmutation) qui, lui, est fissile. On dit alors que l'uranium 238 est fertile, comme tout noyau qui, en absorbant un neutron, devient fissile. Un autre isotope naturel, le thorium 232, peut se transformer en un isotope fissile : l'uranium 233. Au sein des centrales nucléaires actuelles, la réaction déclenchée volontairement est amenée puis entretenue au niveau voulu de puissance. Elle peutêtre modulée voire arrêtée en contrôlant à tout moment la population de neutrons. Pour réaliser efficacement la fission du noyau, il est nécessaire d'abaisser la vitesse des neutrons de km/seconde à environ 2 km/seconde. Des éléments modérateurs qui doivent contenir des noyaux aussi légers que possible sont alors utilisés comme l'eau ordinaire, le graphite ou l'eau lourde. Dans le cas des réacteurs 9 C'est en 1951 que la première centrale nucléaire fut mise en service aux Etats-Unis. 10 Les isotopes sont des atomes qui présentent le même nombre de protons mais un nombre différent de neutrons. Ainsi, les isotopes de l'hydrogène sont l'hydrogène léger (dont le noyau contient 1 seul proton), l'hydrogène lourd ou deutérium (1 proton et 1 neutron) et le tritium (1 proton et deux neutrons). 11 Plus précisément, le neutron capturé est converti en proton. La capture de neutrons est suivie de deux désintégrations bêta rapides qui conduisent au Plutonium

18 Le nucléaire pour l'énergie et la santé : CESR de Basse-Normandie dits à eau pressurisée, cette dernière qui traverse le cœur possède ainsi le double rôle d'élément modérateur et de fluide caloporteur. Cette technologie qui régule la vitesse des neutrons est dite à neutrons thermiques ; en d'autres termes, au sein des réacteurs actuels de seconde génération et ceux de troisième génération (de type EPR par exemple) qui vont entrer en service dans les prochaines années, les neutrons sont en équilibre thermique avec la matière. Le contrôle de la réaction en chaîne est en outre assuré en introduisant ou en retirant des "poisons", sous forme de barres de commandes au sein du combustible, contenant des éléments tels que le bore, le cadmium, le hafnium ou gadolinium dotés d'un pouvoir élevé de capture des neutrons sans produire de fission. Lors de la réaction, l'énergie libérée sous forme de chaleur est récupérée par un fluide caloporteur (qui peut être liquide ou gazeux selon le type de réacteur) permettant d'alimenter un circuit primaire. Le type de fluide caloporteur détermine aujourd'hui la filière de réacteur nucléaire. C'est la filière de réacteur à eau légère qui est la plus répandue au monde. Selon l'agence de l'ocde pour l'energie Nucléaire, 80 % des réacteurs de puissance en service début 2003 étaient refroidis et modérés à l'eau ordinaire. Cette filière se divise en deux groupes principaux : les Réacteurs à Eau Pressurisée (REP) et les Réacteurs à Eau Bouillante (REB) que l'on trouve principalement au Japon, aux Etats-Unis et en Allemagne. Schéma d'un réacteur à eau pressurisée Source : AREVA 12

19 CESR de Basse-Normandie Le nucléaire pour l'énergie et la santé : Au sein des REP qui constituent aujourd'hui la totalité du parc électronucléaire français, l'eau pressurisée du circuit primaire transmet sa chaleur, via un échangeur, à l'eau circulant dans un autre circuit fermé dit secondaire. Au contact des tubes parcourus par l'eau du circuit primaire, l'eau du circuit secondaire s'échauffe à son tour et se transforme en vapeur. Cette vapeur fait tourner la turbine entraînant l'alternateur qui produit l'électricité. Après son passage dans la turbine responsable de la production d'électricité, la vapeur est refroidie, condensée en eau et renvoyée vers le générateur de vapeur pour un nouveau cycle. Pour que le système fonctionne en continu, il faut assurer son refroidissement. C'est le but d'un troisième circuit indépendant des deux autres, le circuit de refroidissement dont la fonction est de condenser la vapeur sortant de la turbine. Pour cela est aménagé un condenseur, appareil formé de milliers de tubes dans lesquels circule de l'eau froide prélevée à une source extérieure : fleuve avec aéroréfrigérant ou mer. Au contact de ces tubes, la vapeur se condense pour se transformer en eau. Les autres filières qui composent les 20 % de réacteurs restants dans le monde sont les réacteurs à eau lourde sous pression, filière dans laquelle s'est engagée très tôt le Canada, et les réacteurs refroidis au gaz (dioxyde de carbone) utilisant le graphite comme modérateur, tous situés au Royaume-Uni (réacteur MAGNOX devant son nom à l'alliage de magnésium utilisé pour le gainage des éléments combustibles utilisant de l'uranium naturel et réacteur AGR -Advanced Gas-Cooled Reactor- qui consomme de l'uranium enrichi). Citons également la filière des réacteurs de forte puissance (RBMK) qui utilise l'eau ordinaire comme réfrigérant et le graphite comme modérateur rendu tristement célèbre par la catastrophe de Tchernobyl en Enfin la filière des réacteurs surgénérateurs à neutrons rapides (ainsi dénommés car les neutrons ne sont plus ralentis) vers laquelle certains pays comme la France s'étaient engagés a été quasiment abandonnée avant de renaître depuis peu parmi les technologies possibles de futurs réacteurs de quatrième génération sur lesquels nous reviendrons. I Le cycle amont du combustible Les ressources d'uranium sont assez équitablement réparties sur la planète. Parmi les plus gros producteurs, on peut citer l'australie, le Kazakhstan, le Canada, le Niger, les Etats-Unis, l'afrique du Sud, la Namibie, le Brésil Après extraction, les blocs de minerai sont concassés, finement broyés et font l'objet d'un traitement chimique pour obtenir un concentré sous forme d'une poudre jaune appelée "yellowcake". Mais, comme l'uranium naturel est inutilisable dans la plupart des centrales nucléaires actuelles, il faut l'enrichir grâce à des traitements physiques (diffusion gazeuse, centrifugation) afin d'augmenter la proportion de noyaux fissiles d'uranium 235. Un kilogramme d'uranium enrichi à 3 % peut fournir autant d'énergie que 80 tonnes de charbon. A l'issue de ce processus d'enrichissement, la poudre d'uranium obtenue est alors fortement comprimée afin d'obtenir des pastilles cylindriques d'un centimètre de long 12. Ces pastilles sont ensuite cuites ou "frittées" à une température de degrés. Les pastilles sont introduites dans des tubes métalliques pour 12 Cf. infographie du cycle du combustible en annexe n 1. 13

20 Le nucléaire pour l'énergie et la santé : CESR de Basse-Normandie constituer des crayons (environ 300 pastilles dans un crayon). Les crayons étanches sont alors assemblés dans des structures métalliques formant une armature rigide. Le tout constitue le combustible nucléaire (264 crayons dans un assemblage de combustible de type REP 17x17) prêt à être introduit dans la cuve du réacteur où il y restera pendant 3 à 4 ans. Le combustible utilisé dans le cœur des réacteurs est composé de 3 à 5 % d'uranium 235 et de 95 à 97 % d'uranium 238. Au bout de quatre années environ d'utilisation, le combustible contient encore de l'uranium 235 et de l'uranium 238 mais également du plutonium et des déchets dont des éléments, produits de fission et actinides mineurs, très radioactifs sur lesquels nous reviendrons. I La production électronucléaire : une longue expérience française C'est en 1945, sous l'impulsion du Général de GAULLE, qu'a été créé le Commissariat à l'energie Atomique (CEA) dans le but d'engager des "recherches scientifiques et techniques en vue de l utilisation de l énergie nucléaire dans les domaines de la science, de l industrie et de la défense nationale" (article premier du décret du 18 octobre 1945 portant création du CEA). Trois ans plus tard entrera en fonctionnement la première pile ZOE, huit ans après la pile de FERMI. Et c'est le 28 septembre 1956 que le premier kwh nucléaire est produit à Marcoule. La France se lançait ainsi dans un programme nucléaire basé sur l'utilisation de l'uranium naturel, ne disposant pas encore, comme aux Etats-Unis, de la maîtrise des filières reposant sur l'uranium enrichi. La première centrale construite par EDF sur le site de Chinon constitua la tête de série de la filière des réacteurs à Uranium Naturel, Graphite et Gaz carbonique (UNGG) 13 que l'on assimile à la première génération de réacteurs. En 1970, grâce à la maîtrise par le CEA de l'enrichissement de l'uranium, la France a pris la décision d'abandonner la filière graphite-gaz au profit de celle, développée aux Etats-Unis, des réacteurs à eau sous pression testée dès 1967 en partenariat avec la Belgique à Chooz. Avant de s'engager dans cette technologie, sous licence Westinghouse, d'autres types de réacteurs avaient été expérimentés comme la centrale modérée à l'eau lourde et refroidie au gaz carbonique installée en Bretagne sur le site des Monts d'arrée (Brennilis) et qui a fonctionné entre 1967 et De même, la France s'est engagée en faveur de la recherche autour des réacteurs surgénérateurs qui présentent la caractéristique d'être très économes en combustible puisqu'ils produisent plus d'éléments fissiles qu'ils n'en consomment. Depuis 1973, le CEA et EDF exploitent près de Marcoule le réacteur surgénérateur à neutrons rapides Phénix, de 250 MWe 14. Par ailleurs, Superphénix, prototype de surgénérateur de MWe a été exploité de 1985 jusqu'à 1997 à Creys-Malville. Cette technologie revient au goût du jour dans le cadre du consortium mondial qui s'est constitué autour des projets de réacteurs de IV ème génération (cf. infra). 13 Bien que baptisée à l'époque de "filière française", cette famille de réacteurs était fort voisine au départ de celle des MAGNOX britanniques. 14 Le terme technique "watt électrique" (symbole : We) correspond à la production de puissance électrique. Ses multiples sont le Mégawatt électrique (MWe) et le Gigawatt électrique (GWe). 14

Chapitre n 6 MASSE ET ÉNERGIE DES NOYAUX

Chapitre n 6 MASSE ET ÉNERGIE DES NOYAUX Chapitre n 6 MASSE ET ÉNERGIE DES NOYAUX T ale S Introduction : Une réaction nucléaire est Une réaction nucléaire provoquée est L'unité de masse atomique est une unité permettant de manipuler aisément

Plus en détail

I. Introduction: L énergie consommée par les appareils de nos foyers est sous forme d énergie électrique, facilement transportable.

I. Introduction: L énergie consommée par les appareils de nos foyers est sous forme d énergie électrique, facilement transportable. DE3: I. Introduction: L énergie consommée par les appareils de nos foyers est sous forme d énergie électrique, facilement transportable. Aujourd hui, nous obtenons cette énergie électrique en grande partie

Plus en détail

A. Énergie nucléaire 1. Fission nucléaire 2. Fusion nucléaire 3. La centrale nucléaire

A. Énergie nucléaire 1. Fission nucléaire 2. Fusion nucléaire 3. La centrale nucléaire Énergie Table des A. Énergie 1. 2. 3. La centrale Énergie Table des Pour ce chapitre du cours il vous faut à peu près 90 minutes. A la fin de ce chapitre, vous pouvez : -distinguer entre fission et fusion.

Plus en détail

EXERCICES SUPPLÉMENTAIRES

EXERCICES SUPPLÉMENTAIRES Questionnaire EXERCICES SUPPLÉMENTAIRES SCP 4010-2 LE NUCLÉAIRE, DE L'ÉNERGIE DANS LA MATIÈRE /263 FORME C Version corrigée: Équipe sciences LeMoyne d'iberville, septembre 2006. QUESTION 1 (5 pts) 1. La

Plus en détail

8/10/10. Les réactions nucléaires

8/10/10. Les réactions nucléaires Les réactions nucléaires En 1900, à Montréal, Rutherford observa un effet curieux, lors de mesures de l'intensité du rayonnement d'une source de thorium [...]. L'intensité n'était pas la même selon que

Plus en détail

Chapitre 10 : Radioactivité et réactions nucléaires (chapitre 11 du livre)

Chapitre 10 : Radioactivité et réactions nucléaires (chapitre 11 du livre) Chapitre 10 : Radioactivité et réactions nucléaires (chapitre 11 du livre) 1. A la découverte de la radioactivité. Un noyau père radioactif est un noyau INSTABLE. Il se transforme en un noyau fils STABLE

Plus en détail

POLY-PREPAS Centre de Préparation aux Concours Paramédicaux. - Section Orthoptiste / stage i-prépa intensif -

POLY-PREPAS Centre de Préparation aux Concours Paramédicaux. - Section Orthoptiste / stage i-prépa intensif - POLY-PREPAS Centre de Préparation aux Concours Paramédicaux - Section Orthoptiste / stage i-prépa intensif - 1 Suite énoncé des exos du Chapitre 14 : Noyaux-masse-énergie I. Fission nucléaire induite (provoquée)

Plus en détail

CENTRE NUCLÉAIRE D ÉLÉCTRICITÉ. EDF Nogent-sur-Seine

CENTRE NUCLÉAIRE D ÉLÉCTRICITÉ. EDF Nogent-sur-Seine CENTRE NUCLÉAIRE DE PRODUCTION D ÉLÉCTRICITÉ EDF Nogent-sur-Seine Le groupe EDF DES ENJEUX ÉNERGÉTIQUES MONDIAUX SANS PRÉCÉDENT LA CROISSANCE DÉMOGRAPHIQUE ET ÉCONOMIQUE VA ENTRAÎNER L AUGMENTATION DES

Plus en détail

La physique nucléaire et ses applications

La physique nucléaire et ses applications La physique nucléaire et ses applications I. Rappels et compléments sur les noyaux. Sa constitution La représentation symbolique d'un noyau est, dans laquelle : o X est le symbole du noyau et par extension

Plus en détail

C3. Produire de l électricité

C3. Produire de l électricité C3. Produire de l électricité a. Electricité : définition et génération i. Définition La matière est constituée d. Au centre de l atome, se trouve un noyau constitué de charges positives (.) et neutres

Plus en détail

Quel avenir pour l énergie énergie nucléaire?

Quel avenir pour l énergie énergie nucléaire? Quel avenir pour lénergie l énergie nucléaire? Origine de l énergie nucléaire État critique du réacteur Utilité des neutrons retardés Quel avenir pour le nucléiare? 2 Composant des centrales nucléaires

Plus en détail

première S 1S7 Géothermie

première S 1S7 Géothermie FICHE 1 Fiche à destination des enseignants Type d'activité Activité documentaire Notions et contenus du programme de première S Radioactivité naturelle et artificielle. Activité. Lois de conservation

Plus en détail

Dossier «L énergie nucléaire»

Dossier «L énergie nucléaire» Dossier «L énergie nucléaire» (ce dossier est en ligne sur le site de La main à la pâte : http://www.inrp.fr/lamap/?page_id=16&action=2&element_id=374&domainsciencetype_id=7) Rédacteur David WILGENBUS

Plus en détail

Lycée Galilée Gennevilliers. chap. 6. JALLU Laurent. I. Introduction... 2 La source d énergie nucléaire... 2

Lycée Galilée Gennevilliers. chap. 6. JALLU Laurent. I. Introduction... 2 La source d énergie nucléaire... 2 Lycée Galilée Gennevilliers L'énergie nucléaire : fusion et fission chap. 6 JALLU Laurent I. Introduction... 2 La source d énergie nucléaire... 2 II. Équivalence masse-énergie... 3 Bilan de masse de la

Plus en détail

Chapitre 6. Réactions nucléaires. 6.1 Généralités. 6.1.1 Définitions. 6.1.2 Lois de conservation

Chapitre 6. Réactions nucléaires. 6.1 Généralités. 6.1.1 Définitions. 6.1.2 Lois de conservation Chapitre 6 Réactions nucléaires 6.1 Généralités 6.1.1 Définitions Un atome est constitué d électrons et d un noyau, lui-même constitué de nucléons (protons et neutrons). Le nombre de masse, noté, est le

Plus en détail

5 >L énergie nucléaire: fusion et fission

5 >L énergie nucléaire: fusion et fission LA COLLECTION > 1 > L atome 2 > La radioactivité 3 > L homme et les rayonnements 4 > L énergie 6 > Le fonctionnement d un réacteur nucléaire 7 > Le cycle du combustible nucléaire 8 > La microélectronique

Plus en détail

Chapitre 11: Réactions nucléaires, radioactivité et fission

Chapitre 11: Réactions nucléaires, radioactivité et fission 1re B et C 11 Réactions nucléaires, radioactivité et fission 129 Chapitre 11: Réactions nucléaires, radioactivité et fission 1. Définitions a) Nucléides (= noyaux atomiques) Les nucléides renferment les

Plus en détail

Lycée français La Pérouse TS. L énergie nucléaire CH P6. Exos BAC

Lycée français La Pérouse TS. L énergie nucléaire CH P6. Exos BAC SVOIR Lycée français La Pérouse TS CH P6 L énergie nucléaire Exos BC - Définir et calculer un défaut de masse et une énergie de liaison. - Définir et calculer l'énergie de liaison par nucléon. - Savoir

Plus en détail

Compétence 3-1 S EXPRIMER A L ECRIT Fiche professeur

Compétence 3-1 S EXPRIMER A L ECRIT Fiche professeur Compétence 3-1 S EXPRIMER A L ECRIT Fiche professeur Nature de l activité : Réaliser 3 types de productions écrites (réécriture de notes, production d une synthèse de documents, production d une argumentation)

Plus en détail

Introduction à la physique nucléaire et aux réacteurs nucléaires

Introduction à la physique nucléaire et aux réacteurs nucléaires Introduction à la physique nucléaire et aux réacteurs nucléaires Nassiba Tabti A.E.S.S. Physique (A.E.S.S. Physique) 5 mai 2010 1 / 47 Plan de l exposé 1 La Radioactivité Découverte de la radioactivité

Plus en détail

Le marché du démantèlement des installations nucléaires d EDF.

Le marché du démantèlement des installations nucléaires d EDF. Le marché du démantèlement des installations nucléaires d EDF. ITER & nucléaire civil 2012 Saint-Etienne, le 30 novembre 2012 Rhône 9 réacteurs en déconstruction en France 1 réacteur à eau pressurisée

Plus en détail

Energie Nucléaire. Principes, Applications & Enjeux. 6 ème - 2014/2015

Energie Nucléaire. Principes, Applications & Enjeux. 6 ème - 2014/2015 Energie Nucléaire Principes, Applications & Enjeux 6 ème - 2014/2015 Quelques constats Le belge consomme 3 fois plus d énergie que le terrien moyen; (0,56% de la consommation mondiale pour 0,17% de la

Plus en détail

LE NUCLEAIRE POUR L'ENERGIE ET LA SANTE : VERS UN POLE D'EXCELLENCE EN BASSE-NORMANDIE

LE NUCLEAIRE POUR L'ENERGIE ET LA SANTE : VERS UN POLE D'EXCELLENCE EN BASSE-NORMANDIE LE NUCLEAIRE POUR L'ENERGIE ET LA SANTE : VERS UN POLE D'EXCELLENCE EN BASSE-NORMANDIE AVIS du Conseil Economique et Social Régional de Basse-Normandie adopté par 66 voix pour, 1 contre et 2 abstentions

Plus en détail

Groupe Areva Usine de La Hague Métier CNP

Groupe Areva Usine de La Hague Métier CNP Groupe Areva Usine de La Hague Métier CNP Jean-Christophe Dalouzy ANP 17 Novembre 2014 Rencontres Jeunes Chercheurs Sommaire Présentation du groupe AREVA Présentation du cycle du combustible Présentation

Plus en détail

FUSION PAR CONFINEMENT MAGNÉTIQUE

FUSION PAR CONFINEMENT MAGNÉTIQUE FUSION PAR CONFINEMENT MAGNÉTIQUE Séminaire de Xavier GARBET pour le FIP 06/01/2009 Anthony Perret Michel Woné «La production d'énergie par fusion thermonucléaire contrôlée est un des grands défis scientifiques

Plus en détail

Energie nucléaire. Quelques éléments de physique

Energie nucléaire. Quelques éléments de physique Energie nucléaire Quelques éléments de physique Comment produire 1 GW électrique Nucléaire (rendement 33%) Thermique (38%) Hydraulique (85%) Solaire (10%) Vent : 27t d uranium par an : 170 t de fuel par

Plus en détail

La Fusion Nucléaire (Tokamak) Nicolas Carrard Jonathan Carrier Guillomet 12 novembre 2009

La Fusion Nucléaire (Tokamak) Nicolas Carrard Jonathan Carrier Guillomet 12 novembre 2009 La Fusion Nucléaire (Tokamak) Nicolas Carrard Jonathan Carrier Guillomet 12 novembre 2009 La matière L atome Les isotopes Le plasma Plan de l exposé Réactions nucléaires La fission La fusion Le Tokamak

Plus en détail

L énergie nucléaire aujourd hui

L énergie nucléaire aujourd hui Développement de l énergie nucléaire L énergie nucléaire aujourd hui AGENCE POUR L ÉNERGIE NUCLÉAIRE Développement de l énergie nucléaire L énergie nucléaire aujourd hui AGENCE POUR L ÉNERGIE NUCLÉAIRE

Plus en détail

Chapitre 5 : Noyaux, masse et énergie

Chapitre 5 : Noyaux, masse et énergie Chapitre 5 : Noyaux, masse et énergie Connaissances et savoir-faire exigibles : () () (3) () (5) (6) (7) (8) Définir et calculer un défaut de masse et une énergie de liaison. Définir et calculer l énergie

Plus en détail

THEMES SCIENTIFIQUES ET TECHNIQUES - SESSION 2.1 Moins ou pas de déchets : quand, comment? Le retraitement-recyclage à l épreuve des faits Yves Marignac Directeur de WISE-Paris 8 octobre 2005 Débat public

Plus en détail

Les besoins en eau de refroidissement des centrales thermiques de production d électricité. Alain VICAUD - EDF Division Production Nucléaire

Les besoins en eau de refroidissement des centrales thermiques de production d électricité. Alain VICAUD - EDF Division Production Nucléaire Les besoins en eau de refroidissement des centrales thermiques de production d électricité 1 Les circuits d eau d une centrale thermique Circuit secondaire Appoint Circuit primaire Circuit tertiaire Purge

Plus en détail

P17- REACTIONS NUCLEAIRES

P17- REACTIONS NUCLEAIRES PC A DOMICILE - 779165576 P17- REACTIONS NUCLEAIRES TRAVAUX DIRIGES TERMINALE S 1 Questions de cours 1) Définir le phénomène de la radioactivité. 2) Quelles sont les différentes catégories de particules

Plus en détail

Renouvellement à 50000MW étalé sur 20 ans (2020-2040) rythme de construction nucléaire: 2500MW/an

Renouvellement à 50000MW étalé sur 20 ans (2020-2040) rythme de construction nucléaire: 2500MW/an L uranium dans le monde 1 Demande et production d Uranium en Occident U naturel extrait / année 40.000 tonnes Consommation mondiale : 65.000 tonnes La différence est prise sur les stocks constitués dans

Plus en détail

SOMMAIRE : Sommaire page 1. Introduction page 2. L'énergie solaire page 2. Le panneaux solaires thermiques page 3

SOMMAIRE : Sommaire page 1. Introduction page 2. L'énergie solaire page 2. Le panneaux solaires thermiques page 3 SOMMAIRE : Sommaire page 1 Introduction page 2 L'énergie solaire page 2 Le panneaux solaires thermiques page 3 Les panneaux solaires photovoltaïques page 4 Glossaire page 5 Conclusion page 7 Bibliographie

Plus en détail

Chap 2 : Noyaux, masse, énergie.

Chap 2 : Noyaux, masse, énergie. Physique. Partie 2 : Transformations nucléaires. Dans le chapitre précédent, nous avons étudié les réactions nucléaires spontanées (radioactivité). Dans ce nouveau chapitre, après avoir abordé le problème

Plus en détail

A retenir : A Z m n. m noyau MASSE ET ÉNERGIE RÉACTIONS NUCLÉAIRES I) EQUIVALENCE MASSE-ÉNERGIE

A retenir : A Z m n. m noyau MASSE ET ÉNERGIE RÉACTIONS NUCLÉAIRES I) EQUIVALENCE MASSE-ÉNERGIE CP7 MASSE ET ÉNERGIE RÉACTIONS NUCLÉAIRES I) EQUIVALENCE MASSE-ÉNERGIE 1 ) Relation d'équivalence entre la masse et l'énergie -énergie de liaison 2 ) Une unité d énergie mieux adaptée 3 ) application 4

Plus en détail

Principe et fonctionnement des bombes atomiques

Principe et fonctionnement des bombes atomiques Principe et fonctionnement des bombes atomiques Ouvrage collectif Aurélien Croc Fabien Salicis Loïc Bleibel http ://www.groupe-apc.fr.fm/sciences/bombe_atomique/ Avril 2001 Table des matières Introduction

Plus en détail

DIFFRACTion des ondes

DIFFRACTion des ondes DIFFRACTion des ondes I DIFFRACTION DES ONDES PAR LA CUVE À ONDES Lorsqu'une onde plane traverse un trou, elle se transforme en onde circulaire. On dit que l'onde plane est diffractée par le trou. Ce phénomène

Plus en détail

A) Les réactions de fusion nucléaire dans les étoiles comme le Soleil.

A) Les réactions de fusion nucléaire dans les étoiles comme le Soleil. INTRODUCTION : Un enfant qui naît aujourd hui verra s éteindre une part importante de nos ressources énergétiques naturelles. Aujourd hui 87% de notre énergie provient de ressources non renouvelables (Charbon,

Plus en détail

Parcours de visite, lycée Exposition: LA RADIOACTIVITÉ De Homer à oppenheimer

Parcours de visite, lycée Exposition: LA RADIOACTIVITÉ De Homer à oppenheimer Complétez le schéma de gestion des déchets nucléaires en vous aidant du panneau, les surfaces des cercles sont proportionnelles à leur importance Parcours de visite, lycée Exposition: LA RADIOACTIVITÉ

Plus en détail

Chapitre 8 production de l'énergie électrique

Chapitre 8 production de l'énergie électrique Chapitre 8 production de l'énergie électrique Activité 1 p 116 But Montrer que chaque centrale électrique possède un alternateur. Réponses aux questions 1. Les centrales représentées sont les centrales

Plus en détail

L énergie solaire DOSSIER RESSOURCE

L énergie solaire DOSSIER RESSOURCE DOSSIER RESSOURCE SOMMAIRE 1. Pourquoi les énergies renouvelables?... 3 2. L'énergie solaire... 4 3. Principe de fonctionnement du panneau solaire... 5 4. Pourquoi orienter les panneaux solaires?... 6-2

Plus en détail

Les énergies fossiles et renouvelables

Les énergies fossiles et renouvelables Les énergies fossiles et renouvelables Plan : Introduction : définition 1) En quoi consiste les deux sortes d'énergies? Sous quelle forme les trouve t-on? 2) Quels sont les avantages et les inconvénients?

Plus en détail

DM 10 : La fusion nucléaire, l énergie de l avenir? CORRECTION

DM 10 : La fusion nucléaire, l énergie de l avenir? CORRECTION Physique Chapitre 4 Masse, énergie, et transformations nucléaires DM 10 : La fusion nucléaire, l énergie de l avenir? CORRECTION Date :. Le 28 juin 2005, le site de Cadarache (dans les bouches du Rhône)

Plus en détail

Origine du courant électrique Constitution d un atome

Origine du courant électrique Constitution d un atome Origine du courant électrique Constitution d un atome Electron - Neutron ORIGINE DU COURANT Proton + ELECTRIQUE MATERIAUX CONDUCTEURS Électrons libres CORPS ISOLANTS ET CORPS CONDUCTEURS L électricité

Plus en détail

Mise en œuvre et suivi de l ISO 14001 sur l établissement COGEMA Cadarache

Mise en œuvre et suivi de l ISO 14001 sur l établissement COGEMA Cadarache COGEMA Mise en œuvre et suivi de l ISO 14001 sur l établissement COGEMA Cadarache Roger FANTON Chef des services QSSE Directeur Adjoint Journées SFRP, les 17 et 18 novembre 2005 COGEMA L'énergie, cœur

Plus en détail

CORRIGE. CHAP 04-ACT PB/DOC Electrolyse de l eau 1/12 1. ALIMENTATION ELECTRIQUE D'UNE NAVETTE SPATIALE

CORRIGE. CHAP 04-ACT PB/DOC Electrolyse de l eau 1/12 1. ALIMENTATION ELECTRIQUE D'UNE NAVETTE SPATIALE Thème : L eau CHAP 04-ACT PB/DOC Electrolyse de l eau 1/12 Domaine : Eau et énergie CORRIGE 1. ALIMENTATION ELECTRIQUE D'UNE NAVETTE SPATIALE 2.1. Enoncé L'alimentation électrique d'une navette spatiale

Plus en détail

La situation du nucléaire en France

La situation du nucléaire en France Fiches extraites du dossier du participant remis à l'occasion du Débat national sur les énergies lors de la rencontre de Rennes, le 6 mai 2003. Le thème de cette rencontre était "Énergies nucléaire, énergie

Plus en détail

DIPLOMES ET PARCOURS DE FORMATION

DIPLOMES ET PARCOURS DE FORMATION DIPLOMES ET PARCOURS DE FORMATION Journées SFRP : Démantèlement des installations nucléaires et problématiques associées Serge PEREZ CEA/INSTN, Alain PIN CEA/INSTN. www-instn.cea.fr GRENOBLE 23 ET 24 OCTOBRE

Plus en détail

Les déchets pris en compte dans les études de conception de Cigéo

Les déchets pris en compte dans les études de conception de Cigéo Les déchets pris en compte dans les études de conception de Cigéo Juillet 2013 2 SOMMAIRE Avant-propos ----------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------

Plus en détail

L IRSN VOUS OUVRE TOUTES SES PORTES

L IRSN VOUS OUVRE TOUTES SES PORTES Dans le cadre des Journées Européennes du Patrimoine L IRSN VOUS OUVRE TOUTES SES PORTES SAMEDI 15 SEPTEMBRE 2012 ENTRÉE LIBRE DE 10H30 À 17H SUR PRÉSENTATION D UNE CARTE D IDENTITÉ 31, AVENUE DE LA DIVISION

Plus en détail

Le but de la radioprotection est d empêcher ou de réduire les LES PRINCIPES DE LA RADIOPROTECTION

Le but de la radioprotection est d empêcher ou de réduire les LES PRINCIPES DE LA RADIOPROTECTION LES PRINCIPES DE LA RADIOPROTECTION TOUT PUBLIC 1. Source de rayonnements ionisants 2. Les différents rayonnements ionisants et leur capacité à traverser le corps humain 3. Ecran de protection absorbant

Plus en détail

Les Ressources énergétiques

Les Ressources énergétiques AGIR : Défis du XXIème siècle Chapitre 17 Partie : Convertir l énergie et économiser les ressources Compétences attendues : - Recueillir et exploiter des informations pour identifier des problématiques

Plus en détail

La fusion : rêve de physicien, bluff de technocrate

La fusion : rêve de physicien, bluff de technocrate Monique et Raymond Sené 1 La fusion : rêve de physicien, bluff de technocrate Pour ces physiciens, les questions environnementales posées par ITER ne sont pas négligeables,puisque la radioactivité générée

Plus en détail

SOLUTIONS TECHNOLOGIQUES D AVENIR

SOLUTIONS TECHNOLOGIQUES D AVENIR CPTF et CSC CYCLES COMBINES A GAZ (CCG) COGÉNÉRATION DÉVELOPPEMENT DES RENOUVELABLES SOLUTIONS DE STOCKAGE CPTF ET CSC Le parc thermique est un outil essentiel pour ajuster l offre et la demande, indispensable

Plus en détail

Équivalence masse-énergie

Équivalence masse-énergie CHPITRE 5 NOYUX, MSSE ET ÉNERGIE Équivalence masse-énergie. Équivalence masse-énergie Einstein a montré que la masse constitue une forme d énergie appelée énergie de masse. La relation entre la masse (en

Plus en détail

Le réchauffement climatique, c'est quoi?

Le réchauffement climatique, c'est quoi? LE RECHAUFFEMENT CLIMATIQUE Le réchauffement climatique, c'est quoi? Le réchauffement climatique est l augmentation de la température moyenne à la surface de la planète. Il est dû aux g az à effet de serre

Plus en détail

MAISON POUR LA SCIENCE EN MIDI-PYRENEES

MAISON POUR LA SCIENCE EN MIDI-PYRENEES MAISON POUR LA SCIENCE EN MIDI-PYRENEES L énergie : un concept abstrait Intervenants Bénédicte de Bonneval Gabriel Soum Fernand Padilla I- INTRODUCTION Définitions Activité : le ventilateur électrique

Plus en détail

PROTECTION EN CAS D URGENCE DANS L ENVIRONNEMENT DE LA CENTRALE NUCLEAIRE DE CATTENOM

PROTECTION EN CAS D URGENCE DANS L ENVIRONNEMENT DE LA CENTRALE NUCLEAIRE DE CATTENOM PROTECTION EN CAS D URGENCE DANS L ENVIRONNEMENT DE LA CENTRALE NUCLEAIRE DE CATTENOM Informations pour la population de Rhénanie-Palatinat Editeur: Aufsichts- und Dienstleistungsdirektion Willy- Brandt-

Plus en détail

N/Réf. : CODEP-PRS-2010-037299 Monsieur le Directeur Institut Gustave Roussy (IGR) 39, rue Camille Desmoulins 94800 VILLEJUIF

N/Réf. : CODEP-PRS-2010-037299 Monsieur le Directeur Institut Gustave Roussy (IGR) 39, rue Camille Desmoulins 94800 VILLEJUIF RÉPUBLIQUE FRANÇAISE DIVISION DE PARIS N/Réf. : CODEP-PRS-2010-037299 Monsieur le Directeur Institut Gustave Roussy (IGR) 39, rue Camille Desmoulins 94800 VILLEJUIF Paris, le 06 juillet 2010 Objet : Inspection

Plus en détail

TS1 TS2 02/02/2010 Enseignement obligatoire. DST N 4 - Durée 3h30 - Calculatrice autorisée

TS1 TS2 02/02/2010 Enseignement obligatoire. DST N 4 - Durée 3h30 - Calculatrice autorisée TS1 TS2 02/02/2010 Enseignement obligatoire DST N 4 - Durée 3h30 - Calculatrice autorisée EXERCICE I : PRINCIPE D UNE MINUTERIE (5,5 points) A. ÉTUDE THÉORIQUE D'UN DIPÔLE RC SOUMIS À UN ÉCHELON DE TENSION.

Plus en détail

Terrorisme nucléaire. Michel WAUTELET Université de Mons 6 août 2011

Terrorisme nucléaire. Michel WAUTELET Université de Mons 6 août 2011 Terrorisme nucléaire Michel WAUTELET Université de Mons 6 août 2011 Terrorisme nucléaire Menace ou risque? - Avril 2010, Washington: Barack Obama réunit un sommet de 47 pays sur le sujet - Terrorisme?

Plus en détail

La Géothermie D.Madet

La Géothermie D.Madet La Géothermie D.Madet La chaleur de la terre augmente avec la profondeur. Les mesures récentes de l accroissement de la température avec la profondeur, appelée gradient géothermique, ont montré que cette

Plus en détail

L ENERGIE CORRECTION

L ENERGIE CORRECTION Technologie Lis attentivement le document ressource mis à ta disposition et recopie les questions posées sur une feuille de cours (réponds au crayon) : 1. Quelles sont les deux catégories d énergie que

Plus en détail

Le défi énergétique. Exercices. Correction. 1. Le charbon est une ressource renouvelable. Il s puise. 2. L énergie s exprime en Watt (W).

Le défi énergétique. Exercices. Correction. 1. Le charbon est une ressource renouvelable. Il s puise. 2. L énergie s exprime en Watt (W). 1L/1ES Exercice.1 : QCM Cochez vrai ou faux. Exercices Correction 1. Le charbon est une ressource renouvelable. Il s puise. 2. L énergie s exprime en Watt (W). En Joule V F Le défi énergétique 3. L énergie

Plus en détail

Avis et communications

Avis et communications Avis et communications AVIS DIVERS COMMISSION GÉNÉRALE DE TERMINOLOGIE ET DE NÉOLOGIE Vocabulaire de l ingénierie nucléaire (liste de termes, expressions et définitions adoptés) NOR : CTNX1329843K I. Termes

Plus en détail

Philippe BERNET. Philippe LAUNÉ. Directeur-adjoint du CIDEN. Chef de la division déconstruction

Philippe BERNET. Philippe LAUNÉ. Directeur-adjoint du CIDEN. Chef de la division déconstruction Philippe BERNET Directeur-adjoint du CIDEN Philippe LAUNÉ Chef de la division déconstruction Centre d Ingénierie Déconstruction et Environnement 154 avenue Thiers 69006 Lyon Diaporama propriété d EDF.

Plus en détail

Les effets de température

Les effets de température Les effets de température 1. Introduction La chaleur issue du combustible est transférée au caloporteur (eau) grâce au gradient de température qui existe entre ces deux milieux. Combustible Gaine Eau Profil

Plus en détail

Transformations nucléaires

Transformations nucléaires Transformations nucléaires Stabilité et instabilité des noyaux : Le noyau d un atome associé à un élément est représenté par le symbole A : nombre de masse = nombre de nucléons (protons + neutrons) Z :

Plus en détail

Atelier «Innovation et Société»

Atelier «Innovation et Société» Atelier «Innovation et Société» Journée de présentation AAP Andra,15 décembre Luis Aparicio, Direction R&D Andra Les installations à l arrêt ou en démantèlement en France Usines de retraitement de La Hague

Plus en détail

Les matières premières nucléaires

Les matières premières nucléaires 041-050 Bigot 31/03/10 14:43 Page 41 Les matières premières nucléaires ÉNERGIE 41 Depuis 1990, la production annuelle des mines d uranium ne couvre que de 50 à 60 % de la consommation totale des réacteurs.

Plus en détail

C4: Réactions nucléaires, radioactivité et fission

C4: Réactions nucléaires, radioactivité et fission 1re B et C C4 Réactions nucléaires, radioactivité et fission 30 C4: Réactions nucléaires, radioactivité et fission 1. Définitions a) Nucléides (= noyaux atomiques) Les nucléides renferment les nucléons:

Plus en détail

Transformations nucléaires

Transformations nucléaires I Introduction Activité p286 du livre Transformations nucléaires II Les transformations nucléaires II.a Définition La désintégration radioactive d un noyau est une transformation nucléaire particulière

Plus en détail

Master ITDD UJF Valence

Master ITDD UJF Valence Master ITDD UJF Valence Un master dédié à l industrie nucléaire (déchets nucléaires, démantèlement et sûreté nucléaire) M1 : Formation initiale M2 ITDD : Formation en alternance Responsable Eric Liatard

Plus en détail

Professeur Eva PEBAY-PEYROULA

Professeur Eva PEBAY-PEYROULA 3-1 : Physique Chapitre 8 : Le noyau et les réactions nucléaires Professeur Eva PEBAY-PEYROULA Année universitaire 2010/2011 Université Joseph Fourier de Grenoble - Tous droits réservés. Finalité du chapitre

Plus en détail

La recherche sur l énergie nucléaire: relever le défi de la durabilité

La recherche sur l énergie nucléaire: relever le défi de la durabilité La recherche sur l énergie nucléaire: relever le défi de la durabilité LEAFLET Informations pratiques Éclaircir le mystère des atomes! Les atomes sont les éléments constitutifs fondamentaux de la matière.

Plus en détail

NOTIONS FONDAMENTALES SUR LES ENERGIES

NOTIONS FONDAMENTALES SUR LES ENERGIES CHAPITRE 1 NOTIONS FONDAMENTALES SUR LES ENERGIES 1 suite Chapitre 1 : NOTIONS FONDAMENTALES SUR LES ENERGIES 1.1 Généralités 1.2 L'énergie dans le monde 1.2.1 Qu'est-ce que l'énergie? 1.2.2 Aperçu sur

Plus en détail

«Résoudre les problèmes de l'énergie, une clé pour la survie de l'humanité»

«Résoudre les problèmes de l'énergie, une clé pour la survie de l'humanité» Fédération mondiale des travailleurs scientifiques World Federation of scientifique Workers 85ème session du Conseil exécutif Symposium «Résoudre les problèmes de l'énergie, une clé pour la survie de l'humanité»

Plus en détail

Synthèse. Le démantèlement des installations nucléaires et la gestion des déchets radioactifs. du Rapport public particulier.

Synthèse. Le démantèlement des installations nucléaires et la gestion des déchets radioactifs. du Rapport public particulier. Synthèse du Rapport public particulier Janvier 2005 Le démantèlement des installations nucléaires et la gestion des déchets radioactifs Sommaire Présentation............................5 1 - Le démantèlement

Plus en détail

MEMOIRE DE PROJET DE FIN D ETUDES

MEMOIRE DE PROJET DE FIN D ETUDES Université de Monastir Ecole Nationale d Ingénieurs de Monastir Année Universitaire:2009/2010 MEMOIRE DE PROJET DE FIN D ETUDES PRESENTE POUR OBTENIR LE DIPLÔME NATIONAL D INGENIEUR Spécialité : GENIE

Plus en détail

Production électrique : la place de l énergie éolienne

Production électrique : la place de l énergie éolienne Production électrique : la place de l énergie éolienne I Production électrique : principes de base L énergie électrique n est pas un fluide que l on pourrait «mettre en conserve», l énergie électrique

Plus en détail

La vie des étoiles. La vie des étoiles. Mardi 7 août

La vie des étoiles. La vie des étoiles. Mardi 7 août La vie des étoiles La vie des étoiles Mardi 7 août A l échelle d une ou plusieurs vies humaines, les étoiles, que l on retrouve toujours à la même place dans le ciel, au fil des saisons ; nous paraissent

Plus en détail

c) Défaut de masse et énergie de liaison

c) Défaut de masse et énergie de liaison c) Défaut de masse et énergie de liaison Calculons la masse d un noyau de 2 manières : à partir de la masse des constituants (2 neutrons + 2 protons) à partir de la masse mesurée de l atome (cf «Tabelle

Plus en détail

Historique. Les radiations nucléaires 1

Historique. Les radiations nucléaires 1 Les radiations nucléaires Dans notre vie de tous les jours, nous sommes continuellement bombardés de radiations de toutes sortes. Certaines sont naturelles et d autres, artificielles. Les premières proviennent

Plus en détail

Rapport d information sur la sûreté nucléaire et la radioprotection du site AREVA la Hague. Édition 2013

Rapport d information sur la sûreté nucléaire et la radioprotection du site AREVA la Hague. Édition 2013 Rapport d information sur la sûreté nucléaire et la radioprotection du site AREVA la Hague Édition Ce rapport est rédigé au titre de l article L 125-15 du code de lʼenvironnement AREVA / Site de la Hague

Plus en détail

Stage : "Développer les compétences de la 5ème à la Terminale"

Stage : Développer les compétences de la 5ème à la Terminale Stage : "Développer les compétences de la 5ème à la Terminale" Session 2014-2015 Documents produits pendant le stage, les 06 et 07 novembre 2014 à FLERS Adapté par Christian AYMA et Vanessa YEQUEL d après

Plus en détail

L énergie sous toutes ses formes : définitions

L énergie sous toutes ses formes : définitions L énergie sous toutes ses formes : définitions primaire, énergie secondaire, utile ou finale. Quelles sont les formes et les déclinaisons de l énergie? D après le dictionnaire de l Académie française,

Plus en détail

L ÉNERGIE C EST QUOI?

L ÉNERGIE C EST QUOI? L ÉNERGIE C EST QUOI? L énergie c est la vie! Pourquoi à chaque fois qu on fait quelque chose on dit qu on a besoin d énergie? Parce que l énergie est à l origine de tout! Rien ne peut se faire sans elle.

Plus en détail

2.1 Vocabulaire à apprendre à maîtriser après ce chapitre

2.1 Vocabulaire à apprendre à maîtriser après ce chapitre 2.1 Vocabulaire à apprendre à maîtriser après ce chapitre L atome Atome Elément Proton Neutron Nucléons Electron Nuage Particule (subatomique) Symbole (complet) Charge électrique relative Tableau périodique

Plus en détail

Sur les 14 000 Gigawatts thermiques que l humanité

Sur les 14 000 Gigawatts thermiques que l humanité Comment je vois le monde Quelles sources d énergie pour demain? Réchauffement global de la Terre, ou déchets nucléaires? A l aube du XX e siècle, tel semble être le dilemme auquel notre société se heurte.

Plus en détail

par Alain Bonnier, D.Sc.

par Alain Bonnier, D.Sc. par Alain Bonnier, D.Sc. 1. Avons-nous besoin d autres sources d énergie? 2. Qu est-ce que l énergie nucléaire? 3. La fusion nucléaire Des étoiles à la Terre... 4. Combien d énergie pourrait-on libérer

Plus en détail

Programme nucléo-énergétique du Brésil

Programme nucléo-énergétique du Brésil Programme nucléo-énergétique du Brésil Les études faites par le gouvernement brésilien sur la situation énergétique du pays pour les 25 ou 30 années à venir montrent que les centrales hydroélectriques

Plus en détail

La centrale nucléaire de Cattenom au service d une production d électricité sûre, compétitive et sans CO 2, au cœur de la région Lorraine

La centrale nucléaire de Cattenom au service d une production d électricité sûre, compétitive et sans CO 2, au cœur de la région Lorraine DOSSIER DE PRESSE FEVRIER 2011 La centrale nucléaire de Cattenom au service d une production d électricité sûre, compétitive et sans CO 2, au cœur de la région Lorraine Contact presse : Dominique Pierre

Plus en détail

L'ÉNERGIE ET LA MATIÈRE PETITE EXPLORATION DU MONDE DE LA PHYSIQUE

L'ÉNERGIE ET LA MATIÈRE PETITE EXPLORATION DU MONDE DE LA PHYSIQUE Partie 1 De quoi c'est fait? De quoi sommes nous faits? Qu'est-ce que la matière qui compose les objets qui nous entourent? D'où vient l'énergie qui nous chauffe et nous éclaire, qui déplace les objets

Plus en détail

Point d actualités du site AREVA Tricastin

Point d actualités du site AREVA Tricastin Point d actualités du site AREVA Tricastin Frédéric De Agostini Directeur d AREVA Tricastin CLIGEET du 21 juin 2012 Direction Tricastin Journée sécurité des chantiers du Tricastin Plus de 1200 participants

Plus en détail

SCIENCES TECHNOLOGIES

SCIENCES TECHNOLOGIES R essources MICHEL WAUTELET SCIENCES TECHNOLOGIES et SOCIÉTÉ Questions et réponses pour illustrer les cours de sciences De Boeck Introduction générale 5 Sciences, technologies, société 1. Quels sont les

Plus en détail

PHYSIQUE Discipline fondamentale

PHYSIQUE Discipline fondamentale Examen suisse de maturité Directives 2003-2006 DS.11 Physique DF PHYSIQUE Discipline fondamentale Par l'étude de la physique en discipline fondamentale, le candidat comprend des phénomènes naturels et

Plus en détail

Production mondiale d énergie

Production mondiale d énergie Chapitre 14: Autres sources d énergie Énergie nucléaire Énergie solaire Énergie géothermale Hydro-électricité Énergie éolienne Production mondiale d énergie 23% 39% 27% Coal Nuclear Hydro Geothermal Petroleum

Plus en détail

Interactions des rayonnements avec la matière

Interactions des rayonnements avec la matière UE3-1 : Biophysique Chapitre 2 : Interactions des rayonnements avec la matière Professeur Jean-Philippe VUILLEZ Année universitaire 2011/2012 Université Joseph Fourier de Grenoble - Tous droits réservés.

Plus en détail

Le stockage de l énergie : le point faible de la filière énergétique

Le stockage de l énergie : le point faible de la filière énergétique Le stockage de l énergie : le point faible de la filière énergétique Christian Ngo Résumé Stocker de l'énergie (électricité ou chaleur) pour l'utiliser quand on en a besoin est une nécessité. Le stockage

Plus en détail