A l heure du choix, le DVB-H s impose comme le standard pour le lancement de la télévision mobile en France. Livre Blanc

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1 A l heure du choix, le DVB-H s impose comme le standard pour le lancement de la télévision mobile en France Livre Blanc JUILLET 2007

2 RESUME Forts des enseignements tirés des lancements étrangers, les acteurs français semblent aujourd hui alignés sur les conditions à réunir pour faire de la Télévision Mobile Personnelle un succès : reprendre le meilleur de la TV et du mobile et travailler ensemble autour d un projet commun et d un modèle à accès payant. L heure est désormais à la finalisation des choix technologiques : confirmation du choix de la norme, allocation des fréquences et déploiement de l infrastructure constituent les prochaines étapes pour avancer. Toutes les parties s accordent sur l urgence d un lancement et seul le DVB-H, déclinaison mobile de la TNT, sort du lot pour devenir à court terme la norme de diffusion de la TMP : il répond aux exigences d un calendrier serré, il permet des investissements progressifs et évolutifs et il s inscrit dans une démarche industrielle et réglementaire pan-européenne. A terme, lorsque les questions de complément de couverture se poseront, MBMS (3G+) et satellite, devenus alors plus matures, pourraient jouer un rôle complémentaire. Il nous semble que dans le contexte actuel d urgence et de concertations, la compréhension partagée des enjeux technologiques et la mise en commun d hypothèses claires en termes d investissements et de couverture doivent aider les acteurs dans leur réflexion et contribuer au lancement rapide de la TMP en France. Après analyse complète (technique, industrielle, réglementaire et financière), le DVB-H s impose comme une évidence pour y parvenir. OC&C Strategy Consultants 2007 Page 2

3 TABLE DES MATIÈRES 1. Forts des enseignements tirés des lancements étrangers, les acteurs français semblent enfin alignés sur les conditions à réunir pour faire de la TMP un succès : reprendre le meilleur de la TV et du mobile et travailler ensemble autour d un projet commun et d un modèle à accès payant Les exemples Italiens et Coréens montrent que pour faire de la TMP un succès, il faut combiner une diffusion de qualité à l intérieur des bâtiments avec les contenus des grandes chaînes populaires et la force de frappe commerciale et marketing des opérateurs mobiles Paradoxalement pour un service mobile, mais comme pour le GSM, la couverture indoor s avère impérative Les consommateurs veulent avant tout pouvoir retrouver les programmes TV qu ils connaissent Le téléphone mobile sera le récepteur de masse pour la TMP La clé de la TMP réside dans le modus vivendi entre chaînes de TV, opérateurs mobiles et opérateurs d infrastructures de diffusion qui sont tous nécessaires sans qu aucun ne soit individuellement suffisant Les acteurs sont alignés autour d une vision commune basée sur un système à accès payant Des revenus potentiels de l ordre de 900M à l horizon seuls capables de financer les coûts de diffusion et de rémunérer ayants droit (chaînes de TV) et distributeurs (opérateurs mobiles) Désormais, c est la technologie qui se situe sur le chemin critique : choix d une norme, allocation des fréquences et déploiement de l infrastructure constituent les prochaines étapes pour avancer. Seul le DVB-H déclinaison mobile de la TNT répond à court terme aux attentes de tous, complété dans un souci de couverture par une solution 2G+/3G et potentiellement à terme par du DVB-SH par satellite Dans la nébuleuse technologique, seul le DVB-H peut prétendre servir de support principal à la TMP en France La technologie américaine MediaFLO, arrivée trop tard et avec des contraintes de propriété intellectuelle, semble hors course La technologie DMB, bien que testée, ne semble pas adaptée aux flux de données concernés par la TMP et a été rejetée La norme DVB-H, déclinaison mobile de la TNT, a déjà été éprouvée et validée par l ensemble des acteurs de la chaîne de valeur, est disponible et bénéficie d une maturité importante Le standard DVB-SH, variante hybride du DVB-T entre 3G et diffusion satellite, bien qu encore inachevé, pourrait permettre d offrir à terme un complément de couverture appréciable principalement grâce à sa composante satellitaire Le DVB-SH, bien que séduisant, présente d importantes incertitudes sur les coûts et ne sera pas disponible avant OC&C Strategy Consultants 2007 Page 3

4 N étant pas encore une norme reconnue, le DVB-SH peine à s imposer dans les réflexions de la TMP Le DVB-SH ne dispose pas de la maturité nécessaire pour offrir des garanties suffisantes quant aux aspects techniques du réseau Le calendrier du lancement d un service en DVB-SH apparaît non seulement comme incertain, mais aussi plutôt lointain La 3G (voire EDGE) et ses évolutions (HSDPA, MBMS) devraient se positionner en complément au broadcast pur Le broadcast constitue la meilleure utilisation de la bande passante s il sert à diffuser les quelques programmes à plus forte audience alors que l unicast demeure la solution la plus adaptée pour les innombrables programmes moins regardés et dans les zones à faible densité de population Le MBMS, à mi-chemin entre technologies broadcast et unicast, offre des perspectives intéressantes mais limitées par rapport aux besoins des utilisateurs A terme, un mix de solutions devrait émerger, autour dans un premier temps de broadcast terrestre en DVB-H combiné à de l unicast en 3G, puis potentiellement complété par le segment satellitaire du DVB-SH Les infrastructures DVB-H permettent de piloter les investissements de façon progressive et évolutive Malgré quelques incertitudes sur le dimensionnement exact de l infrastructure, les nombreux pilotes techniques en DVB-H ont permis de déterminer les architectures possibles et les tailles du réseau en découlant Le DVB-H vise une couverture rapide et de qualité des zones urbaines, suivie d une optimisation des zones d ombres en indoor Il est possible d évaluer par avance les coûts réels par site, qui dépendent fortement du type de site Avec les hypothèses et les données disponibles, le DVB-H présente un caractère flexible (investissements évolutifs, progressifs et maîtrisés) en adéquation avec la montée en puissance du marché Les investissements liés au déploiement du réseau en DVB-H ont un caractère progressif et évolutif permettant de s adapter non seulement aux choix des décideurs mais aussi au succès du service La flexibilité du déploiement du DVB-H permet par ailleurs aux donneurs d ordre de maîtriser les coûts d exploitation du réseau L émergence de coûts additionnels liés à la valorisation de la propriété intellectuelle reste une inconnue qui semble toutefois mineure Aujourd hui, les conditions semblent réunies pour envisager le lancement prochain d un service commercial de Télévision Mobile Personnelle en France, s appuyant sur la norme DVB-H, et la constitution d un écosystème équilibré doit être le coup d envoi de la convergence entre l audiovisuel et les télécommunications Dans un contexte d urgence, le DVB-H est prêt à démarrer Si 2007 reste l Année 0 consacrée à l organisation de l écosystème et à l ajustement technologique, tous les acteurs veulent faire de 2008 l année du OC&C Strategy Consultants 2007 Page 4

5 lancement commercial à grande échelle, ce qui nécessite un déploiement rapide et massif du réseau de diffusion La première phase de déploiement devrait permettre un développement géographique de l offre extrêmement rapide via l utilisation des points hauts, mais la qualité de la réception en indoor nécessite une seconde phase de densification (répéteurs en points bas) plus longue La mise à disposition de fréquences devrait être imminente Les équipements d infrastructure ou de réception sont disponibles Le lancement du service de Télévision Mobile Personnelle en norme DVB-H doit encore s organiser autour d un écosystème à équilibrer La nature de l infrastructure DVB-H impose la participation importante d un fournisseur d infrastructure, ce qui équilibre les forces au sein du partenariat (MNOs/TV) Certaines briques doivent encore être précisées préalablement au lancement du service de TMP Les fondations de la TMP avec la norme DVB-H sont établies, l ensemble de l écosystème doit désormais s organiser pour entrer dans une phase de déploiement OC&C Strategy Consultants 2007 Page 5

6 1. Forts des enseignements tirés des lancements étrangers, les acteurs français semblent enfin alignés sur les conditions à réunir pour faire de la TMP un succès : reprendre le meilleur de la TV et du mobile et travailler ensemble autour d un projet commun et d un modèle à accès payant Regarder des contenus télévisuels sur son téléphone mobile est possible depuis 2005, date à laquelle les réseaux de nouvelle génération ont commencé à être déployés. Les réseaux de type 2G+ (EDGE) et 3G (UMTS) permettent en effet de bénéficier de taux de transmission de données bien supérieurs à ceux des réseaux GSM, et d une meilleure utilisation des fréquences disponibles, rendant possible la transmission de la vidéo sur les terminaux mobiles. Orange et SFR proposent ainsi un service sous deux formes principales : de la «TV sur Mobile» (reprise en direct de contenus diffusés par des chaînes de télévision) et de la «vidéo à la demande» (Figure 1). Bouygues Télécom, pour le moment, ne propose une offre que pour les abonnés I-mode haut débit (EDGE). Au total, on compte à ce jour plus de abonnés aux offres de TV mobile des opérateurs. Les 3 opérateurs françai s ont déployé des offres TV/Vidéo en 2G+/3G Offre TV Offre Vidéo Mode(s) de facturation Forfait Réseaux de support Nombre Nombre d abonnés T V d abonnés H aut- (mars 2007) Débit Orange 1 bouquet 60 chaînes 3,000 titres Coût d accès au service + facturation au temps ou au volume EDGE, 3G, 3G+ 500, Millions (décembre 2006) 3 bouquets SFR SFR (~30 chaînes) Canalsat Mobile (~50chaînes) Canal+ Mobile 60 programmes Forfait + coût d accès au portail 3G, 3G+ 140, Millions (décembre 2006) 1 bouquet Bouygues Telecom 16 c haînes Forfait EDGE, (3G+) ~60,000 (mars 2006) 300,000 (mars 2006) Source : Si tes web des opéra teurs, Presse Figure 1 : les offres TV et Vidéo des MNOs en France Cependant, la télévision sur mobile n est à l heure actuelle qu une ébauche du concept de Télévision Mobile Personnelle envisagé par la loi sur la Télévision du Futur. Alors que la TMP consiste à diffuser en direct des programmes de télévision accessibles à tous les «mobi-spectateurs» munis de récepteurs mobiles équipés de décodeur ad hoc (broadcast), les offres actuelles ouvrent une session de communication propre à chaque utilisateur qui va chercher le contenu qu il désire visualiser (unicast) (Figure 2). OC&C Strategy Consultants 2007 Page 6

7 La diffusion unicast telle que pratiquée en 3G ne convient pas à une diffusion de masse Diffusion Unicast (3G) Diffusion Broadcast Impact sur l utilisation de bande passante Bande passante utilisée par cellule GPRS UMTS Autant designaux émis que d utilisateurs simultanés Un seul signal couvre l ensemble des spectateurs de la cellule Diffusion broadcast Nombre d utilisateurs connectés simultanément Figure 2 : Diffusion Unicast vs. Diffusion Broadcast Lorsqu il s agit d adresser le même programme à plusieurs «mobi-spectateurs» dans une même cellule, ces solutions gaspillent les fréquences disponibles qui constituent une ressource rare pour les opérateurs. Par conséquent, elles ne peuvent pas supporter un service de masse sous peine de saturer rapidement la capacité des réseaux au détriment des autres applications telles que la voix, les SMS/MMS/mail, l Internet mobile (Figures 3&4). Sur les réseaux mobiles, la télévision est le produit le moins rémunérateur par rapport à la ressource consommée SMS MMS Téléchargement de jeux Voix(1 minute) Message vidéo Streamingaudio (3 kbps) Film (60 min) TV Mobile (1 Taille unitaire < Mb 0.04 Mb 0.48 Mb 0.141Mb 0.347Mb 8.44 Mb Mb 2.81 Mb Revenu moyen par Mb consommé ( ) (diffusion unicast) , Source : Voda fone Anytime Tari ff(uk) Figure 3 : Consommation et revenus des différents produits à usage mobile OC&C Strategy Consultants 2007 Page 7

8 Une consommation, même limitée, de la télévision sur mobile en unicast pourrait rapidement saturer les capacités des réseaux 3G Hypothèses Dimensionnement du réseau 3G équivalent aux réseaux 2G actuels Même densité Même nombre d utilisateurs Capacité par cellule = maximumthéorique des capacités 3G Impact de la TV mobile sur la capacité des réseaux 3G Si 20% des utilisateurs regardentla TV 5 min/jour Il reste 14 minutes de voix/jour/utilisateur Disponibilité des ressourcespar utilisateur (moyenne sur une répartition homogène) Voix (min/jour) TV (min/jour) Si 20% des utilisateurs regardentla TV 12 min/jour Il reste 1 minute de voix/jour/utilisateur Si 40% des utilisateurs regardentla TV 5 min/jour Il reste 5 minutes de voix/jour/utilisateur 23 OU Si 50% des utilisateurs regardentla TV 5 min/jour Il reste 0 minutes de voix/jour/utilisateur 2.5 Source : Deutsche Bank, analyses OC&C Figure 4 : Illustration des risques de saturation des capacités des réseaux 3G 1.1. Les exemples Italiens et Coréens montrent que pour faire de la TMP un succès, il faut combiner une diffusion de qualité à l intérieur des bâtiments avec les contenus des grandes chaînes populaires et la force de frappe commerciale et marketing des opérateurs mobiles Sous sa forme «broadcast», la Télévision Mobile Personnelle a d ores et déjà vu le jour dans plusieurs pays. Ainsi, la France bénéficie des retours d expérience notamment Coréen et Italien qui éclairent les facteurs clés à réunir pour faire de la TMP un succès Paradoxalement pour un service mobile, mais comme pour le GSM, la couverture indoor s avère impérative La TMP est sans nul doute amenée à bouleverser les usages de consommation des programmes télévisuels : l heure, l endroit, la façon et les raisons de regarder la TV. Il ressort toutefois de tous les tests conduits en France jusqu à présent que, comme pour la téléphonie mobile, les consommateurs utilisent le service à l intérieur des bâtiments avec plus de 40% de la durée d écoute en réception indoor 1. L exemple de l Italie illustre parfaitement cette nécessité. Le premier service commercial de TMP en Europe a été lancé en juin 2006 par l opérateur 3 Italia, filiale du groupe H3G, avec la technologie DVB-H. Pressé par le calendrier de la 1 Réception indoor : réception à l intérieur des bâtiments OC&C Strategy Consultants 2007 Page 8

9 Coupe du Monde de Football et désireux de toucher le plus grand nombre de consommateurs, l opérateur a misé sur le déploiement rapide d une large couverture géographique à partir d émetteurs puissants comparables à ceux de la TV classique. Son concurrent direct, Mediaset, a suivi la même approche. Après un décollage très rapide du service, explicable tant par la nouveauté du service que par le parcours de l équipe nationale dans la compétition, les abonnements se sont rapidement ralentis (Figure 5) et cette stratégie de diffusion est aujourd hui revisitée. 3 Italia a ainsi confié à Ericsson la tâche de densifier le réseau (aspect network planning) avec pour seul but d améliorer la réception indoor, et non l empreinte géographique. L offre de télévision en DVB-H proposée par 3 Italia affiche des résultats décevants 8 moi s après un lancement pourtant prometteur Abonnés au service Roadmap Nombre de mois depuis le lanceme nt Source : Communiqués de Presse de Tre Ital ia Figure 5 : Nombre d abonnés au service de TMP de l opérateur 3 Italia Les consommateurs veulent avant tout pouvoir retrouver les programmes TV qu ils connaissent Tout comme en Italie, deux offres s affrontent en Corée, avec des modèles économiques et techniques différents : d une part, un service gratuit où l on retrouve de façon exclusive les contenus des trois principaux groupes audiovisuels coréens (KBS, MBC et SBS) mais diffusé par un réseau terrestre avec une faible couverture indoor au lancement (technologie T-DMB) et, d autre part, un service payant soutenu par les opérateurs mobiles présentant une bonne qualité de diffusion dans les bâtiments (technologie S-DMB, hybride satellite et plus de 5000 répéteurs terrestres), mais avec des contenus nouveaux pour les spectateurs. OC&C Strategy Consultants 2007 Page 9

10 Le service T-DMB semble avoir remporté une forte adhésion auprès des utilisateurs, à la fois pour sa gratuité et pour ses contenus, qui sont ceux des grandes chaînes de télévision. En revanche, une enquête menée auprès de abonnés du service payant S-DMB a montré que 45% des utilisateurs n étaient pas satisfaits (31% sans opinion tranchée et seulement 24% de consommateurs satisfaits). La raison principale d insatisfaction évoquée s avère être l absence des principales chaînes de télévision au sein du bouquet Le téléphone mobile sera le récepteur de masse pour la TMP Tous les indices disponibles à ce jour laissent à penser que le récepteur de prédilection de la TMP en France sera le téléphone portable. En effet, de tous les objets nomades grand public, c est celui qui s approche le plus d une TV de poche : écran couleur, capacité de communication, autonomie étendue et puissance de calcul suffisante. C est surtout celui qui a le plus fort taux de pénétration dans la population, notamment du fait de la subvention accordée par les opérateurs mobiles lors de l acquisition ou du renouvellement du terminal La clé de la TMP réside dans le modus vivendi entre chaînes de TV, opérateurs mobiles et opérateurs d infrastructures de diffusion qui sont tous nécessaires sans qu aucun ne soit individuellement suffisant Seuls les groupes de télévision détiennent le contenu à même d attirer l audience comme le montre l exemple coréen. En revanche, en dehors des éditeurs payants comme Canal+, ils ne sont à même ni de déployer rapidement un réseau de distribution, ni d entretenir, dans le cas d une offre à accès payant, une relation client individualisée nécessaire à la facturation. De plus, ils ne disposent pas de l expertise technique nécessaire au déploiement et à l exploitation du réseau et sous-traitent déjà l essentiel de leurs activités de diffusion. Les opérateurs mobiles disposent à la fois d un réseau commercial développé avec plus de points de ventes en propre (Boutiques Orange, Espaces SFR et Club Bouygues Télécom) et d un savoir-faire éprouvé en matière de renouvellement de terminaux (34 millions d abonnés forfait qui renouvellent en moyenne leur téléphone tous les 20 mois). Ils ont ainsi une réelle légitimité pour prétendre à la distribution du service. Toutefois, créer des contenus attractifs représente un véritable challenge pour lequel les opérateurs mobiles n ont pas aujourd hui de réelle expertise, reconnaissant volontiers qu il ne s agit pas de leur métier. Quant à leur savoir-faire réseau, il demeure assez éloigné de la diffusion de télévision, en particulier puisqu ils ne maîtrisent pas les émissions de puissance à partir de points hauts communément utilisés en broadcast. OC&C Strategy Consultants 2007 Page 10

11 Quant aux opérateurs d infrastructures de diffusion, ils maîtrisent la planification optimisée des fréquences, disposent d une partie des sites de transmission nécessaires à la TMP et du savoir-faire technique, mais n interviennent que comme prestataires techniques et véhicules de mutualisation des coûts. L implication de tels acteurs se justifie notamment par le besoin d une gestion partagée et très spécifique des fréquences (SFN 2 par zones). Toutefois, les exemples italiens (Figure 6) et coréens montrent qu il est difficile de fédérer tous les acteurs autour d un projet commun et que la méfiance qui existe entre les groupes audiovisuels et les opérateurs mobiles conduit à faire émerger des modèles concurrents mais finalement imparfaits pour les consommateurs, faute de trouver un terrain d entente réunissant le meilleur des deux mondes. Les 2 offre s de diffusion broadca st de la télévision sur mobile en Italie reposent sur des modèles différents Éditions de contenus Distribution Relation client Diffusion Modèle MNOcentrique Mediaset 3 Italia Modèle de partenariat Mediaset TIM, Vodafone, Mediaset Source : Mediaset, Tre Italia Figure 6 : Les chaînes de valeur en Italie 1.3. Les acteurs sont alignés autour d une vision commune basée sur un système à accès payant L intérêt consommateur pour un service à accès payant est clairement démontré par tous les tests menés en France et à travers toute l Europe ainsi que par le succès rencontré par toutes les offres commerciales de télévision mobile malgré leurs imperfections. 2 SFN : Single Frequency Network, mode de diffusion sur une fréquence unique pour plusieurs émetteurs, nécessitant une parfaite synchronisation OC&C Strategy Consultants 2007 Page 11

12 Des revenus potentiels de l ordre de 900M à l horizon 2016 Les possibilités offertes par la 3G ont déjà suscité un intérêt croissant des consommateurs pour les offres de télévision sur mobile (Figure 7). Afin de tester la faisabilité du service, de valider les caractéristiques et capacités techniques des différentes technologies, de définir le service optimal et de mesurer l appétence des consommateurs, de nombreuses expérimentations ont été conduites en Europe. Ainsi, en France, plus de 70% des utilisateurs se sont déclarés satisfaits. En outre, les consommateurs ayant pu découvrir le service à travers ces expérimentations ont déclaré qu ils étaient prêts à payer entre 5 et 10 par mois pour visualiser des programmes télévisuels sur leur téléphone mobile. Plus précisément, en France, plus de 65% des participants se disent prêts à payer 7 par mois. La pénétration de la 3G a révélé les besoins des consommateurs pour recevoir la TV sur les mobiles Seriez-vous intéressé pour recevoir de la TV Live sur votre téléphone m obile? (% des consommateurs interrogés, 2003 & 2005) Résultat de l étude consommateur relayé pardigitag (2003) Résultat de l étude consommateur relayé par Strateg y Analyt ics (2005) 100% 100% 100% 100% 100% 100% 100% 52% 40% 59% 46% 42% 49% 55% 27% 14% 35% 16% 14% 16% 4% 7% 4% 4% 7% 4% 11% 5% 9% 12% 18% 11% 13% 2% 11% 19% 15% 12% 15% 17% 14% 8% 25% 10% 29% 11% 23% 9% 6% 4% 7% 2% Finlande Suède Royaume-Uni Royaume- Italie France Allemagne Uni Évolutiondesmentalités pré et post-3g au Arrivée tardive de la 3G Royaume-Uni Pas du tout Très intéressé Pas vraiment Intéressé immédiatement Possiblement Je la reçois déjà Source : Digitag, Stra tegy Analy tics, Analyses OC&C 17% Figure 7 : Evolution des besoins des consommateurs due à la 3G L évolution des besoins des consommateurs vers des loisirs à plus fort contenu technologique laisse entrevoir une pénétration du service comparable, en termes de progression, à celle des services 3G. Ainsi, on peut estimer, avec des hypothèses de vitesse de déploiement du service plutôt raisonnables, que, d ici 2012, près de 6 millions d utilisateurs auront souscrit le service et environ 10 millions en 2016 (Figure 8). OC&C Strategy Consultants 2007 Page 12

13 En 2016, la Télévision Mobile Personnelle en France pourrait compter plus de 10M d abonnés Utilisateurs en millions Source : ARCEP, Ovum,analyses et esti mations OC&C Figure 8 : Projections du nombre de souscripteurs à la TMP en France Pour un service facturé de 5 à 7 par mois, les revenus potentiels du seul accès au service à l horizon 2016 peuvent être estimés à 900M (Figure 9). En 2016, la Télévision Mobile Personnelle pourrait géné rer selon nous prè s de 900M de revenus liés aux abonnements (M, ) Source : analyses etestimations OC&C Figure 9 : Revenus potentiels d un service à accès payant OC&C Strategy Consultants 2007 Page 13

14 seuls capables de financer les coûts de diffusion En Corée, le service, soutenu par les pouvoirs publics, a été mis en œuvre dans le but de fournir un service public de Télévision Mobile Personnelle. A l image de la TNT en France, où les usagers supportent uniquement le coût du récepteur pour consommer gratuitement des contenus proposés, le modèle est gratuit et les coûts d infrastructure et de diffusion sont portés uniquement par les détenteurs de licences d exploitation des fréquences. Parmi les six multiplexes dédiés à la TMP, le gouvernement sud-coréen a attribué trois licences aux trois principaux groupes télévisuels (KBS, MBC, SBS) et les trois autres à des nouveaux entrants (YTN DMB, KMMB, U1 Media). A l image d un modèle télévisuel classique, la rémunération des fournisseurs de contenu se fait uniquement par les revenus publicitaires. Ce modèle, imposé par les autorités coréennes, a été fortement remis en cause par les chaînes de télévision lorsqu elles ont été confrontées au coût, initialement sous-estimé, des infrastructures à déployer pour opérer un service de bonne qualité en réception indoor et il est question aujourd hui d évoluer vers un modèle payant. En France, après une velléité de certains groupes audiovisuels de défendre un modèle gratuit, notamment afin de s affranchir des opérateurs mobiles indispensables à la distribution d un modèle payant, il semble que les principaux prescripteurs sont désormais alignés sur une offre à accès payant seule capable de financer le déploiement de l infrastructure et les coûts d exploitation du réseau de diffusion. En effet, Catherine Le Drogo Ferrari, la directrice des offres multimédia mobile d'orange, a parfaitement résumé la problématique lors d une déclaration à l'afp «la publicité ne pourra pas être le financeur intégral du réseau, elle financera au maximum à 30% des coûts» et de rémunérer ayants droit (chaînes de TV) et distributeurs (opérateurs mobiles) L organisation de l écosystème autour d un service à accès payant pourrait être basée sur un modèle de partage des revenus, rétribuant ainsi les différents participants pour leur contribution. Les opérateurs mobiles, distributeurs du service auprès des abonnés, récoltent les souscriptions pour les partager ensuite avec les ayants droit, les chaînes de télévision et les opérateurs d infrastructures. Toute la problématique réside dans la clé de partage de ces revenus d une part entre les catégories d acteurs, puis au sein de chaque catégorie, entre les acteurs. Cette question est d autant plus délicate que pendant les premières années, le système sera globalement déficitaire, les revenus des abonnés ne compensant pas les coûts de déploiement et d exploitation du réseau. OC&C Strategy Consultants 2007 Page 14

15 Il sera donc nécessaire de distinguer deux phases. Durant la première, en mode «déploiement», la majeure partie des revenus (hors frais d exploitation) serait consacrée au financement de l infrastructure. Puis, dans une seconde phase, en «régime permanent», les revenus pourraient être partagés entre chaînes de TV et opérateurs mobiles, après déduction des frais d exploitation. Une solution pourrait consister à établir la règle de partage en «régime permanent», c est-à-dire lorsque le système sera globalement générateur de profits et à mettre en place, pendant la phase transitoire, un véhicule financier ad hoc dont la vocation serait de porter le financement du réseau. La réunion des compétence s autour de la chaîne de valeur de la TMP permet de construire un éco système équilibré Chaînes de télévision Opérateur de Multiplexe (GIE) Opérateurs mobiles Offre 3G Opérateurs de diffusion Offre indifférenciée TMP/Broadcast Utilisateurs finaux Flux financiers Flux de contenus Figure 10 : Schéma d organisation de l écosystème En conclusion, l ensemble des acteurs de la chaîne de valeur française se prépare pour un lancement commercial d un service de TMP en 2008 : les opérateurs mobiles ont déjà fait part de leur intérêt en lançant des services de télévision sur mobiles, les chaînes y voient une opportunité d accroître leur audience à tel point que fin mai, les dirigeants de Vivendi, TF1, France Télévisions et M6 se sont rendus au CSA pour manifester leur intérêt pour le lancement de la TMP dans les plus brefs délais 3. Le cadre réglementaire dans lequel un tel service doit s inscrire s établit progressivement, et les diverses consultations publiques lancées par le CSA 4, la DDM 5 et les autres organismes de régulation montrent qu il y a une réelle volonté de converger rapidement sur ces questions réglementaires avec un appel à candidature attendu à la rentrée voir Les Echos du 5 juin CSA : Conseil Supérieur de l Audiovisuel 5 DDM : Direction du Développement des Médias OC&C Strategy Consultants 2007 Page 15

16 2. Désormais, c est la technologie qui se situe sur le chemin critique : choix d une norme, allocation des fréquences et déploiement de l infrastructure constituent les prochaines étapes pour avancer. Seul le DVB-H déclinaison mobile de la TNT répond à court terme aux attentes de tous, complété dans un souci de couverture par une solution 2G+/3G et potentiellement à terme par du DVB-SH par satellite Alors que la demande est avérée et que les «catalyseurs» du service (chaînes de télévision et opérateurs mobiles) s organisent, le déploiement d une infrastructure permettant l ouverture de ce nouveau marché apparaît aujourd hui comme la prochaine étape critique. Compte tenu des fréquences disponibles à l heure actuelle, des attentes des consommateurs et des procédures d attribution de licences, le réseau de diffusion dédié à la TMP doit optimiser l efficacité spectrale (i.e. rapport entre le nombre de chaînes diffusées et la bande passante utilisée), critère auquel répondent divers standards technologiques. Toutefois, pour ne pas manquer l échéance de 2008, il devient urgent d initier le déploiement qui durera nécessairement plusieurs mois Dans la nébuleuse technologique, seul le DVB-H peut prétendre servir de support principal à la TMP en France Depuis l émergence des offres TV et vidéos sur mobiles, et devant le risque de saturation des réseaux mobiles existants, plusieurs technologies ont été développées et mûries afin d adapter la diffusion broadcast aux spécificités de la TMP. En effet, si les réseaux TNT, basés sur un nombre limité de points hauts couvrant de larges zones, peuvent permettre, dans certaines situations particulières, de recevoir la télévision sur des récepteurs nomades, ils ne permettent clairement pas d atteindre le niveau de service et de qualité requis pour la TMP (couverture piéton en environnement urbain, pénétration indoor, mobilité). A l image des technologies mobiles, diverses solutions ont émergé sous l impulsion des industriels, avec leurs caractéristiques locales ou régionales. Les décideurs de la TMP en France sont désormais confrontés à plusieurs options techniques crédibles (Figure 11) dont les spécificités vont conditionner non seulement le calendrier de déploiement d un service à l échelle nationale mais aussi les coûts induits et l équilibre du futur écosystème qui devra se mettre en place. OC&C Strategy Consultants 2007 Page 16

17 Seul le DVB-H semble émerger pour servir de support principal à la TMP en France MediaFlo T-DMB S-DMB DVB-SH DVB-H Bande de fréquences Cadre légal Normalisation Statut de la technologie Archit ecture du réseau Nombre raisonnable de chaînes Supports des industriels Support des pouvoirs publics Déploiement et expérimentation UHF Audiovis uel Non Propriétaire Mix de sites hauts et bas ~24 (par couche) Qualcomm Non Amérique du N ord VHF Audiovisuel Achevée Ouverte Mix de sites hauts et bas 2 (par couche) Constructeurs de terminaux (échelle asiatique) Non Asie S Télécoms Achevée Ouverte Satellite et répéteurs en points bas ~8 (par porteuse) Constructeurs de terminaux(échelle asiatique) Non Asie S Télécoms En cours Ouverte (mais concentrée autour d Alcatel) Satellite et répéteurs enpoints bas 9 (par porteuse) (27 à 45 au total) Alcatel, DiBcom En France Pas detest grandeur nature UHF Audiovis uel Achevée Ouverte Mixde sites hauts et bas 15 (par couche) Constructeurs de terminaux (échelle mondiale), DiBcom A l échelle européenne Monde Source : Forum D VB, Qualcomm, Portail DM B Figure 11 : Tableau comparatif des différentes technologies La technologie américaine MediaFLO, arrivée trop tard et avec des contraintes de propriété intellectuelle, semble hors course MediaFLO 6 est la technologie propriétaire développée par Qualcomm 7 pour la diffusion de données vers les téléphones mobiles et les PDAs. Techniquement parlant, le standard MediaFLO apparaît comme intéressant aux yeux des acteurs : bonne efficacité spectrale, bonne qualité d images, et temps de zapping court. Aux Etats-Unis, MediaFLO offre la possibilité de diffuser jusqu à 24 chaînes sur une plage de 6 MHz, pour une qualité délivrée de 25 images par seconde, au format QVGA (320*240 pixels) avec un zapping de 2 secondes entre les chaînes. La démonstration de la technologie MediaFLO au salon 3GSM de Barcelone en février dernier a mis en évidence une très bonne qualité de service. Cependant, celle-ci présente deux contraintes de taille, qui mettent en doute son potentiel pour devenir la technologie supportant le service de TMP en France. D une part, son statut propriétaire est un frein majeur à son développement à l échelle européenne où des technologies non propriétaires sont à l essai depuis plusieurs années et généralement préférées (à l instar du GSM, dont le succès est souvent attribué à l aspect collaboratif et ouvert). D autre part, il est assez 6 FLO signifie en anglais «Forward Link Only», signifiant que le chemin de transmission des données se fait dans un sens : de l émetteur vers le récepteur 7 Qualcomm est une société américaine spécialisée dans le développement de puces et d applications pour les réseaux sans fil qui a réalisé un CA de plus de 7,5 Md$ en 2006 OC&C Strategy Consultants 2007 Page 17

18 peu probable que l ensemble des acteurs, en France du moins, abandonne les travaux et les réflexions menés jusqu ici pour se pencher sur une technologie présentée trop récemment : il leur serait nécessaire de procéder à des expérimentations, non prévues aujourd hui, ce qui repousserait un lancement réel à un horizon lointain. Ainsi, malgré des performances techniques plus qu honorables et reconnues en particulier par les opérateurs mobiles français, les délais induits et le statut propriétaire de MediaFLO permettent d ores et déjà de la considérer comme non éligible à l échelle française, voire européenne La technologie DMB, bien que testée, ne semble pas adaptée aux flux de données concernés par la TMP et a été rejetée Le DMB 9, technologie développée par la Corée du Sud, est une évolution du standard européen DAB 10, autrement connu comme Eurêka 147, développé pour diffuser des contenus audio. Le DMB vise à transmettre des données multimédia à destination de récepteurs spécifiquement adaptés et connaît deux variantes : le T-DMB, réseau hertzien terrestre opérant en bande de fréquences radio (VHF), et le S-DMB, solution hybride satellite et terrestre, opérant en bande S (télécommunications). Malgré de nombreuses similitudes avec les technologies concurrentes, le standard DMB affiche des performances spectrales plutôt décevantes pour la télévision : le nombre de chaînes sur une bande de fréquences de 1.5 MHz est nettement moindre (~ 2) que ses concurrentes (pour rappel, la technologie MediaFLO supporte près de 24 chaînes sur une bande de 6 MHz). Il a en revanche été retenu par le CSA comme norme pour la radio numérique (dans sa version terrestre). Le DMB a ainsi peu de chances d être élu comme la future norme supportant le service de TMP en France, d autant plus que l expérimentation de cette technologie menée sur Paris par TF1 et Samsung a été abandonnée après quelques mois, devant la multiplication des essais et lancements commerciaux en DVB-H en Europe. 8 Mis à part en Grande-Bretagne, où Qualcomm profite des incertitudes du calendrier du switch-over pour effectuer un lobbying très important auprès de l OFCOM et des industriels 9 Digital Multimedia Broadcasting 10 Digital Audio Broadcasting OC&C Strategy Consultants 2007 Page 18

19 La norme DVB-H, déclinaison mobile de la TNT, a déjà été éprouvée et validée par l ensemble des acteurs de la chaîne de valeur, est disponible et bénéficie d une maturité importante Adapté du standard DVB-T 11, norme retenue pour assurer la diffusion TNT en Europe, le DVB-H 12 est une technologie de diffusion broadcast reposant sur une infrastructure terrestre de diffusion et opérant sur les bandes de fréquences de la télévision traditionnelle (UHF). Cette norme, utilisant (au départ au moins) une seule fréquence 13, permettrait de diffuser 15 chaînes. La norme DVB-H, largement soutenue à l échelle européenne, voire mondiale, semble avoir été validée au cours de nombreuses expérimentations comme présentant un très fort potentiel pour servir de support à la TMP Une norme supportée par les organismes de normalisation (DVB, ETSI, Forum TV Mobile, ) Dès l avènement du DVB-T, le DVB Forum 14 a entrepris l adaptation de cette technologie à une diffusion des contenus audiovisuels vers des récepteurs mobiles et portables. Ce travail a été validé par l organisme européen de normalisation ETSI 15 en novembre 2004, avec la publication d une norme DVB- H. Le Forum TV Mobile 16, créé en France pour promouvoir un service de TMP, semble avoir accordé ses faveurs au DVB-H, comme sa présidente Janine Langlois-Glandier l a suggéré à l occasion de diverses interventions. Le 25 octobre 2006, à l occasion d une audition par le Sénat lors des débats entourant le projet de loi sur la télévision du futur, Janine Langlois-Glandier, faisant référence aux normes, a précisé que le Forum TV Mobile s était prononcé en faveur du DVB-H, actuellement utilisé par les autres pays européens. Cette décision a été relayée auprès du public à l occasion du point presse ayant suivi la démonstration d un service de TMP en norme DVB-H dans le métro parisien, en décembre dernier, soutenant ainsi que le "DVB-H va remporter un grand succès" (Interview au quotidien «20 Minutes» en février 2007) La norme de référence au niveau européen, voire mondial ; des lancements achevés et d autres planifiés Au-delà de la reconnaissance accordée au DVB-H par les organismes de normalisation et les forums publics de travail sur les services de TMP, le DVB-H 11 Digital Video Broadcast - Terrestrial 12 Digital Video Broadcast - Handheld 13 Plus précisément, une «couche» de fréquences 14 DVB Forum : Organisme regroupant industriels et fournisseurs de services ; plate-forme d échange et de formalisation de technologies ; équivalent pour la télévision numérique du GSM forum 15 ETSI : European Telecommunications Standard Institute 16 Forum TV Mobile : Organisme regroupant industriels et fournisseurs de services pour la télévision mobile en France OC&C Strategy Consultants 2007 Page 19

20 s impose depuis près d un an comme la norme de référence au niveau européen, voire mondial. En effet, après l Italie, qui a lancé des services commerciaux de TMP en DVB-H en juin dernier, plusieurs pays ont d ores et déjà planifié de prochains lancements. De ce fait, le DVB-H bénéficie déjà d un retour d expérience. A ce jour, 3 pays ont déployés un réseau en norme DVB-H pour a ssurer un service de TMP, et 5 autres s y préparent Achevés Planifiés Expérimentations terminées ou en cours Source : Presse,Foru m D VB Figure 12 : Les services commerciaux et expérimentations de TMP en norme DVB-H Une norme largement poussée par les plus grands fabricants de téléphones portables, et plus particulièrement par Nokia Depuis sa standardisation auprès de l ETSI, le DVB-H a également reçu le soutien des industriels. En premier lieu, les constructeurs de puces ont développé les premiers modèles permettant la réception d un service en DVB- H. Ensuite, les premiers prototypes de téléphones portables compatibles DVB- H ont été développés et validés à l échelle européenne au cours de tests techniques et commerciaux. Enfin, les premiers modèles ont été commercialisés en Italie. Les plus grands fabricants de terminaux, parmi lesquels Nokia, leader mondial des ventes de téléphones mobiles, Samsung ou Sagem, ont ainsi clairement démontré leur soutien pour la norme DVB-H. Cet engagement des fabricants de terminaux est crucial, à la fois pour cette industrie et pour le succès du service. En effet, la TMP impose un surcoût sur les terminaux, et il est nécessaire d entrer dans un cercle vertueux de volumes (i.e. adoption du service, économies d échelles, baisse des prix, augmentation de l adoption) afin d assurer une forte adhésion des consommateurs et un positionnement rentable pour les fabricants. De ce fait, les industriels souhaitent ne voir émerger que peu de technologies, les plus ouvertes possibles. OC&C Strategy Consultants 2007 Page 20

21 Les principaux constructeurs de terminaux, dans le Monde et en F rance, sont impliqués et ont déjà développé une gamme pour le DVB -H Implication dans le DVB-H Terminaux DVB-H disponibles Part de marché mondiale ( Valeur) Part de marché en France ( Valeur) Nokia Forte Oui 34.8% 22.5% Motorola Oui 21.1% ~7% Samsung Élevée Oui 11.8% 24.0% Sony Ericsson Forte 7.4% 9.5% LG Faible Oui 6.3% ~6% Sagem Moyenne Oui Moins de 2% 17.4% Source : Gartner, Samsung, GfK Figure 13 : Principaux constructeurs de terminaux : parts de marché et implication dans la norme DVB-H De nombreux tests validés en France par les opérateurs mobiles ainsi que les chaînes de télévision et les utilisateurs Pas moins de trois expérimentations pilotes ont été menées en France autour du DVB-H. Celles-ci avaient pour but non seulement de tester la technologie mais également les modes d utilisation et l adhésion des consommateurs (Figure 14). Les expérimentations menées en France autour du DVB-H ont permis de valider les caractéristiques essentielles pour assurer un service de qualit é Nombre de participants Dur ée de l expérimentation Nombre de cha înes TV Nombre de stations radio Objectifs du projet France/1 1, (+ phase 2 en cours) Focus technique (dimensionnement du réseau en milieu urbain, interop érabilité des équipements) France/ Focus service (qualité de la réception, attractivité de divers contenus, comportement et attente des consommateurs) France/ Focus service (qualité de la réception, attractivité de divers contenus, comportement et attente des consommateurs) Opérateur de réseau TDF TDF TowerCast Opérateurs mobiles impliqués Orange, SFR, Bouygues Télécom Orange, Bouygues Télécom SFR Terminaux utilis és Sagem Sagem Nokia Fournisseurs de contenus impliqu és Les grands groupes TV TPS (TF1+M6) Canal+ 1. Cette exp érimentation a été prolongée de 9 mois, afin de valider certaines spécificités réseaux 2. Ces deux exp érimentations utilisent les mêmes fréquences et infrastructures, mais avec deux plate -formes de service diff érentes, opérées par TDF et TPS Source: Forum DVB, Forum de TV Mobile, communiqu és de presse Figure 14 : Expérimentations DVB-H en France OC&C Strategy Consultants 2007 Page 21

22 Il est particulièrement intéressant de noter l implication de tous les prescripteurs et leur collaboration autour de ces expérimentations. Ainsi, tous les MNOs ont participé à un pilote au moins. De même, tous les grands groupes télévisuels ont pu tester le service. L infrastructure a pu être réalisée grâce aux diffuseurs classiques de télévision. Enfin, deux des plus importants fabricants de terminaux pour la France (Nokia et Sagem) se sont également impliqués. Si deux des pilotes se sont plus penchés sur les aspects service (sur l initiative de SFR/Canal+ d une part et de Orange/Bouygues Télécom/TPS d autre part), tout l écosystème s est rassemblé autour d un pilote beaucoup plus axé autour des aspects techniques (France/2). Cela révèle à la fois la nécessité ressentie de collaborer afin de déployer le service, mais également une forte adhésion de tous autour de la technologie DVB-H. Pour mémoire, seul le T-DMB a également été testé en conditions pilote en France, brièvement, par Bouygues Télécom et TF1. Même si des ajustements sont encore nécessaires, il semble que ces tests aient largement confirmé à la fois l intérêt et la validité d un service en DVB-H, les MNOs concentrant aujourd hui leurs efforts autour de cette norme Un début d engagement de la part du régulateur Egalement prescripteurs, car détenteurs de la ressource (fréquences) et promoteurs du service, les pouvoirs publics, au-delà de l enjeu dont il est question à travers la décision de promouvoir un service de TMP, indiquent fortement que le DVB-H semble remplir les conditions et les critères qui entoureront le futur service de TMP en France. En effet, le 19 mars 2007, la DDM présentait des projets d arrêtés concernant le développement de la TMP, considérant le DVB-H comme la technologie la plus adaptée au déploiement d un réseau terrestre de diffusion permettant de mettre en œuvre la TMP. Dans le même élan, le gouvernement tempérait toutefois sa position en élisant la solution technologique développée par Alcatel-Lucent, le DVB-SH, comme la plus adaptée à une solution de diffusion hybride (satellite-terrestre) Le standard DVB-SH, variante hybride du DVB-T entre 3G et diffusion satellite, bien qu encore inachevé, pourrait permettre d offrir à terme un complément de couverture appréciable principalement grâce à sa composante satellitaire Développé par Alcatel-Lucent, le DVB-SH est une variante du DVB-T (donc avec des points communs avec le DVB-H) qui repose sur une solution hybride, utilisant de la diffusion satellite et terrestre. Cette technologie opère sur les bandes de fréquence S (télécommunications), plus précisément entre 2170 et 2200 MHz (i.e. adjacente à l UMTS), bande qui, à l heure actuelle, est disponible à l échelle européenne. Autour d un satellite couvrant jusqu à 6 pays (le satellite OC&C Strategy Consultants 2007 Page 22

23 W2A 17 d Eutelsat, dont la charge utile est équipée de répéteurs en bande S, peut supporter 6 faisceaux), la technologie DVB-SH s appuie sur une infrastructure terrestre pour couvrir les zones urbaines. Il serait alors possible d acheminer 9 chaînes à l échelle nationale (en outdoor uniquement, avec W2A), et 27 chaînes (les 9 nationales + 18 additionnelles) partout où l infrastructure terrestre serait déployée Un standard en phase de normalisation jusqu en mai 2008 Le comité de direction du DVB Forum a approuvé la solution technique présentée en février 2007, lançant ainsi un processus de normalisation. Cette étape permet en outre à cette technologie d être pleinement considérée comme un standard promu par le DVB Forum, et ainsi d adopter de fait le nom de DVB-SH. Suite à cette reconnaissance par le DVB Forum, le dossier de normalisation a été transmis à l ETSI. Depuis le 15 février 2007, l institut européen étudie donc le DVB-SH, en vue de la création d une norme. Cette étape est cruciale pour l exploitation effective de cette technologie à des fins commerciales à l échelle européenne, les autorités de régulation (et très probablement les exploitants du service) exigeant ce statut préalablement à un déploiement. Pour autant, si le DVB-SH est en cours de normalisation, le calendrier de l ETSI est pour le moins précis et les échéances indiquées par l Institut sont incompressibles (Figure 15). La future reconnaissance du DVB-SH en tant que norme ne devrait donc pas intervenir avant mai 2008, reportant d autant les potentiels lancements commerciaux de services utilisant cette norme. 17 Le satellite W2A supporte une mission en bande S coopérée par EutelSat et SES Astra ; dans le cadre réglementaire qui se met en place l infrastructure terrestre en DVB-SH dépend du satellite pour être autorisée à opérer alors que le satellite pourrait offrir un service de diffusion sans le réseau terrestre en DVB-SH OC&C Strategy Consultants 2007 Page 23

24 La normalisation du DVB-SH auprès de l ETSI ne devrait pas intervenir avant mai 2008, selon le calendrier officiel de l Institut européen Milestone Target Achieved Creation of WI by WG/TB TB adoption by WI Start of work Handover bydvbproject Start oftb approval process End of TB approval process TB approval Draft receipt by ETSI Secretariat Start ofpublic Enquiry End of Public Enquiry Start of TB reviewof PE comments Start oftb approval process End of TB approval process TB approval Draft receipt by ETSI secretariat Start ofvote End of Vote Vote result determination (adopted) Publication Source : ETSI Figure 15 : Calendrier de l ETSI concernant la normalisation du DVB-SH Le CSA, dans son avis du 27 avril 2007 relatif aux projets d arrêtés concernant le développement de la Télévision Mobile Personnelle, semble avoir intégré cette contrainte, en précisant à la DDM que l adoption du DVB-SH comme solution hybride ne doit pas intervenir avant que cette technologie soit clairement définie comme une norme par l ETSI. «Le Conseil relève que les documents EN et TS n ont pas encore été publiés par l Institut européen des normes de télécommunication (ETSI). Il sera nécessaire que ces standards soient complètement définis lors de la publication des arrêtés, afin que la cohérence de l ensemble des caractéristiques techniques prévues par ceux-ci puisse être confirmée.» Avis du CSA du 27/04/ Une technologie suffisamment proche du DVB-H pour ne pas remettre en question l intégralité des développements effectués à ce jour Bien que le DVB-SH se présente avec un certain retard sur ses concurrents dès les étapes de normalisation, sa proximité technologique avec le DVB-H demeure un atout de poids pour que cette technologie se démarque des autres concurrentes. En effet, basée sur une variation du DVB-H permettant d utiliser la majorité des développements de cette technologie dans la bande de fréquences S, le DVB-SH bénéficie des avancées de celle-ci. En particulier, l ensemble des travaux menés à ce jour en amont de la diffusion et en aval de la réception, pour promouvoir le DVB-H comme support de la TMP en France bénéficierait de manière importante au DVB-SH. 18 Les documents EN et TS sont des documents relatifs à la technologie DVB-SH et à sa normalisation OC&C Strategy Consultants 2007 Page 24

25 Des conditions plutôt favorables pour assurer la disponibilité des fréquences nécessaires dès lors qu un satellite sera opérationnel Au-delà de sa proximité avec le DVB-H, le DVB-SH présente également l avantage de reposer sur des hypothèses minimes concernant la disponibilité de fréquences. En effet, la bande envisagée pour assurer le service ( MHz) est à ce jour disponible à l échelle européenne, laissant entrevoir le potentiel pour un déploiement rapide de services dès attribution de ces fréquences. Afin de pouvoir utiliser ces fréquences le cas échéant, Alcatel a pris le soin de les préempter sous réserve de disposer d un satellite à même de les exploiter avant fin Cependant, ce droit d exploitation ne fixe pour le moment pas l utilisation qui devra en être faite. Dans cette optique, la Commission européenne, relayée par l ARCEP en France a lancé une consultation publique 19 sur les modalités de mise en œuvre d un processus de sélection et d autorisation des systèmes mobiles par satellite (MSS) dans la bande S à 2 GHz. Le segment terrestre du DVB-SH fonctionnant sur les mêmes fréquences que le segment satellite, les réglementations conditionnent son utilisation à la capacité pour Alcatel à exploiter un service par satellite. De fait, il semble à ce jour que le segment terrestre ne puisse être «allumé» avant le que le service dans son ensemble ne soit sélectionné par la Commission européenne et l ARCEP Le DVB-SH, bien que séduisant, présente d importantes incertitudes sur les coûts et ne sera pas disponible avant N étant pas encore une norme reconnue, le DVB-SH peine à s imposer dans les réflexions de la TMP Bien que récemment reconnu par le forum DVB, le DVB-SH n est pour l instant pas une norme. Le travail effectué par l ETSI, bien qu essentiellement administratif, illustre néanmoins le manque de maturité dont souffre le DVB- SH. A l instar de la technologie MediaFLO de Qualcomm, le DVB-SH est apparu trop tardivement dans les réflexions des industriels pour s imposer comme la technologie supportant les services de TMP non seulement à l échelle nationale mais également européenne. D un point de vue technique et 19 Cette consultation publique fait suite à la décision 2007/98/CE du 14 février 2007 de la Commission désignant la bande de fréquences 2 GHz pour les systèmes fournissant des services mobiles par satellite afin de garantir au niveau de l Union européenne la disponibilité de la ressource spectrale pour la mise en œuvre de ces services. En application de l article 3 de cette Décision, à partir du 1 er juillet 2007, les Etats membres désignent les bandes de fréquences MHz et MHz pour les systèmes fournissant des services mobiles par satellite OC&C Strategy Consultants 2007 Page 25

26 organisationnel, les acteurs français ont tous mené des expériences en vraie grandeur afin d évaluer le DVB-H comme support à la TMP. L implication des divers opérateurs mobiles, des plus grands fournisseurs de terminaux et des grands groupes de télévision, ainsi que les divers lancements (ou planification) de réseaux utilisant la norme DVB-H en Europe sont autant de signaux forts en faveur de cette technologie, soulignant le décalage avec l émergence tardive du DVB-SH Le DVB-SH ne dispose pas de la maturité nécessaire pour offrir des garanties suffisantes quant aux aspects techniques du réseau Une infrastructure basée sur des points bas Le DVB-SH repose sur une infrastructure hybride : un segment satellitaire (pour un multiplexe de 9 chaînes) avec une couverture nationale en extérieur, et un segment terrestre (pour trois multiplexes dont celui repris du satellite) pour une couverture sur des zones géographiques choisies (Figure 16). Le projet Alcatel de Télévision Mobile sans limites repo se sur la complémentarité des offres satellite/3g/broadcast terre stre Bande de fréquences de 15 MHz, parmi 30 MHz disponibles, adjacente à la 3G DVB-SH: Évolution du DVB-H, adapté à la Bande S (2.2 GHz) Satellite pour une diffusion nationale de TV v ers les mobiles Répéteurs pour les zones urbaines et la diff usion indoor Réseau cellulaire pour les chaînes à audience limitée, la VoD et l interactivité (DVB-SH) 1 9 TV 2 45 TV channels 3 (2.5/3G/HSDPA) Source : Alcate l- LucentMob ile Broadcast Figure 16 : Schéma de principe de la technologie DVB-SH A travers une diffusion satellite (effectuée par une joint venture entre Eutelsat et SES), le DVB-SH permet ainsi de distribuer 9 chaînes par pays, sur un maximum de 6 pays. Dans un premier temps (c est-à-dire jusqu à ce qu il soit décidé d utiliser un second satellite), la réception du signal satellite ne serait cependant possible qu en extérieur et en voiture. De plus, étant donné la densité des bâtiments, la réception du signal satellite par des téléphones mobiles ne serait pas possible dans les zones urbaines. OC&C Strategy Consultants 2007 Page 26

27 La couverture urbaine, indoor, et la diffusion des chaînes supplémentaires devront donc être assurées par une infrastructure terrestre. Le DVB-SH étant situé dans la même bande de fréquence que l UMTS (3G), l approche consiste à utiliser des sites UMTS et à les adapter pour permettre la diffusion de la TMP. Du fait des contraintes de propagation des ondes (à ces fréquences), de la disponibilité de ces sites 3G mais aussi de leur faible hauteur et puissance, il s agit donc d une approche «cellulaire» : l infrastructure DVB-SH devrait donc ressembler à une infrastructure UMTS, avec de nombreux sites de faible puissance et faible couverture (Figure 17). L architecture d un réseau en DVB-SH est comparable à un réseau de téléphonie mobile: maillage serré et recouvrement important Architecturede type cellulaire: la recherche de recouvrement de couverture améliore la qualité de service Site 3G de diffusion DVB-SH Réseau 3G Source : Alcate l- LucentMob ile Broadcast Figure 17 : Principe de la diffusion terrestre en DVB-SH qui nécessitera un déploiement massif de sites L architecture terrestre du réseau en DVB-SH repose quant à elle exclusivement sur le déploiement de points bas, et plus spécifiquement sur la réutilisation des sites des opérateurs mobiles. Il s agit d ajouter des équipements électroniques dans les locaux techniques sans nécessairement intervenir sur les parties aériennes des antennes du fait de la proximité de la bande de fréquence requise pour le réseau DVB-SH avec celle de l UMTS. Toutefois, la topologie des réseaux ayant été optimisée pour l UMTS, la réutilisation de ces sites nécessite d en déployer un peu plus que théoriquement nécessaire. De plus, il faut envisager dans un second temps une deuxième intervention sur les sites afin d installer, à côté des aériens 3G en place, de nouveaux aériens correctement orientés afin d améliorer la performance du réseau et la couverture à l intérieur des bâtiments. Cette intervention engendre une modification du bail et est par conséquent soumise à renégociation avec le propriétaire voire à un vote en assemblée de copropriétaires. OC&C Strategy Consultants 2007 Page 27

28 A titre illustratif, il faut compter la réutilisation de l ordre de 60% des sites 3G pour diffuser correctement la TMP ce qui représente près de sites pour couvrir 30% 20 de la population Des investissements initiaux lourds, incertains et risqués La technologie DVB-SH est extrêmement dépendante de son segment satellite, qui lui garantit les bandes de fréquence nécessaires, ainsi qu une couverture outdoor nationale 21. Pour cela, le satellite W2A, propriété d Eutelsat, est en cours de construction (Figure 18). Ce satellite comporte une charge utile en bande S, permettant de diffuser des programmes de télévision pour les mobiles équipés. La puissance, l électronique et les antennes de W2A ont été configurés pour permettre la diffusion sur un maximum de 6 pays. Le satellite W2A pourra assurer le service du DVB-SH à l échelle paneuropéenne Source : Alcate l- LucentMob ile Broadcast Figure 18 : Le satellite W2A L investissement correspondant à la mise en service de la mission en bande S de W2A se monte à 135m. Ce montant pourra être partagé entre les pays utilisant le service DVB-H. A ce jour, il semble cependant que ce coût ne pourra être porté que par 1 à 3 pays. En effet, parmi les pays potentiellement couverts par W2A (France, Benelux, Angleterre, Espagne, Allemagne et Italie), plusieurs ont déjà décidé de lancer la TMP avec des technologies autres que le DVB-SH 20 Hypothèse : utilisation de 60% du nombre de sites UMTS ; extrapolée de données Alcatel-Lucent : 3 secteurs x 3 porteuses de 10W chacune par site, 18dB de gain d antenne, 6dB de gain de sensibilité des terminaux grâce à l utilisation de 2 antennes de réception et de forts taux de recouvrement entre les cellules 21 Si peu de pays étaient amenés à utiliser le satellite, une couverture nationale en light indoor serait envisageable OC&C Strategy Consultants 2007 Page 28

29 (Italie, Allemagne, Angleterre) et seraient probablement réticents à déployer une nouvelle infrastructure. De plus, la puissance de W2A ne permet qu un niveau de service limité (réception en outdoor dégagé ainsi qu en voiture avec antenne de toit) et ne serait en outre probablement pas suffisante pour couvrir plus de 3 pays à la fois. Le nombre de pays partenaires du projet constitue par conséquent une source majeure de variation de coûts pour les acteurs français qui devront supporter un tiers, deux tiers ou la totalité de l investissement satellitaire Le dimensionnement exact du réseau, s il apparaît séduisant, n a pas été éprouvé à grande échelle Au-delà de la volumétrie du déploiement et de la contrainte liée au segment satellitaire, le projet d Alcatel, contrairement par exemple au DVB-H, repose sur des hypothèses techniques qui n ont pu être validées au cours d expérimentations. Etant donné l importance du ticket d entrée pour une technologie qui ne bénéficie pour l heure d aucun retour d expérience, il apparaît comme improbable que les différents acteurs de l écosystème en France fassent le pari du DVB-SH, au détriment d une norme éprouvée qui semble faire consensus à l échelle européenne, voire mondiale Le calendrier du lancement d un service en DVB-SH apparaît non seulement comme incertain, mais aussi plutôt lointain Par ailleurs, outre la phase de déploiement du réseau qui nécessiterait quelques précisions et validations, l horizon de temps au terme duquel il serait raisonnable de pouvoir effectuer le lancement d un service en DVB-SH reste incertain Les équipements sont disponibles mais pas de terminaux avant mi-2008 L étape critique que constitue la disponibilité des équipements ne semble pas être un facteur limitant. En effet, Alcatel-Lucent est en mesure de proposer des équipements pour le DVB-SH, basés sur une évolution des équipements actuellement disponibles actuellement en DVB-H. Les délais d industrialisation des équipements ne sont donc pas handicapants pour le déploiement d un réseau en DVB-SH sur le territoire français. En revanche, malgré la proximité entre la norme DVB-H et la technologie DVB- SH, les puces permettant la réception d un service de TMP en DVB-H ne sont pas compatibles avec le DVB-SH. Les fréquences dans lesquelles opèrerait un réseau reposant sur cette technologie, ainsi que ses spécificités propres (turbocodes, time-interleaving, diversité, ) nécessitent des évolutions importantes. Si certaines puces ont d ores et déjà vu le jour, en particulier pour OC&C Strategy Consultants 2007 Page 29

30 l expérimentation menée à Toulouse 22, l optimisation de fonctionnalités devrait encore nécessiter plusieurs mois. Ainsi, les chipsets DVB-SH ne seront pas disponibles avant la fin d année 2007, à partir de quand il faut encore compter 6 mois pour industrialiser les premières séries de terminaux intégrant cette technologie. L écart de coûts entre chipset DVB-H et DVB-SH pourrait se réduire avec le temps pour atteindre moins de 3 23 et il est possible de voir émerger des flottes bi technologie à moyen terme Le calendrier réglementaire est incertain Les fréquences de la bande S, sollicitées par un réseau reposant sur la technologie DVB-SH, sont aujourd hui disponibles à l échelle européenne. Cependant, le caractère paneuropéen de cette ressource rare et sa proximité avec les bandes UMTS exploitées en font un actif très convoité. Dans cette optique, la Commission européenne a décidé 24 que cette bande serait accordée en priorité à des services satellitaires à destination des mobiles (MSS 25 ). La consultation publique ayant suivi cette décision communautaire vise à déterminer le calendrier et les conditions de sélection des différents projets souhaitant exploiter ces fréquences. Avant que des décisions ne soient prises sur ce sujet, Alcatel, qui a préempté l orbitale 10 Est dans le cadre de son projet de «Télévision Mobile sans limite», doit solliciter l approbation des organismes nationaux de régulation des télécommunications (l ARCEP en France) pour pouvoir utiliser au moins provisoirement les fréquences non seulement pour le segment satellite mais aussi pour le segment terrestre. Cependant, leur utilisation pour le segment terrestre avant le lancement du satellite, et avant la sélection d un projet semble improbable. Cette consultation montre de plus que le cadre réglementaire pour le projet DVB-SH en Europe et en France demeure incertain. Tout d abord, il n est pas certain que le projet de «Télévision Mobile sans limites» soit retenu pour exploiter ces fréquences étant donnée la compétition : en juillet 2006, selon la CEPT 26, 12 projets concurrents avaient manifesté un intérêt pour les fréquences en Bande S. 22 Unique expérimentation «terrain» menée sur la technologie DVB-H en bande S, avec une couverture très limitée de la région toulousaine et un simulateur de satellite 23 Après atteinte des effets d échelle, les objectifs de coûts sont de l ordre de 5-6 H.T. pour les puces DVB-H et environ 50% de plus pour les DVB-SH 24 Voir note MSS = Mobile Satellite Services 26 CEPT : Conférence Européenne des administrations des Postes et des Télécommunications OC&C Strategy Consultants 2007 Page 30

31 En second lieu, il existe également une incertitude sur les bandes de fréquences qui pourraient être accordées à ce projet. En effet, le scénario proposé par Alcatel-Lucent repose sur l exploitation d une bande de 15 MHz (parmi les 30 MHz soumis à concurrence aujourd hui), ce qui constitue le maximum qui puisse être attribué à un projet : la consultation publique prévoit en effet que le premier projet sélectionné ne dispose que d une bande 15 MHz, et que le ou les suivants se partagent les 15 MHz restants, au terme de trois processus de sélection. Enfin, l horizon de temps au terme duquel les projets auront été sélectionnés reste encore incertain. En effet, la Commission, dans sa consultation publique, prévoit trois phases de sélection entre fin juillet 2008 et fin janvier 2009, au cours desquelles, après pré-sélection des projets, sera appliqué un test de rareté sur les fréquences demandées. Ainsi, le DVB-SH pourrait espérer disposer d une bande de fréquence au plus tôt fin juillet 2008, au plus tard fin janvier Le satellite, clé de voûte du système, ne sera pas disponible avant début 2009 Etant donné la relative jeunesse de la technologie DVB-SH, le chantier satellitaire n a pu être démarré que récemment. Le temps nécessaire à sa conception et à sa construction font ainsi que le satellite W2A, élément structurant du projet DVB-SH, ne pourra en aucun cas être placé sur orbite avant février Cette date limite ainsi les possibilités de déploiement rapide d une infrastructure DVB-SH, la partie terrestre étant fortement liée à la partie satellitaire. D autre part, si l infrastructure terrestre ne peut être justifiée sans l utilisation d un satellite, l inverse est par contre possible : si toutes les conditions réglementaires sont réunies (en particulier l attribution des fréquences pour un service de TMP), il serait ainsi possible, à partir de 2009, d utiliser ce satellite en bande S pour de la diffusion de programmes de télévision pour mobiles, et ce, quelle que soit la technologie retenue par ailleurs pour le segment terrestre La 3G (voire EDGE) et ses évolutions (HSDPA, MBMS) devraient se positionner en complément au broadcast pur Le broadcast constitue la meilleure utilisation de la bande passante s il sert à diffuser les quelques programmes à plus forte audience alors que l unicast demeure la solution la plus adaptée pour les innombrables programmes moins regardés OC&C Strategy Consultants 2007 Page 31

32 Malgré une poussée des nouveaux programmes avec la TNT, de façon générale l audience TV reste très concentrée sur un nombre restreint de chaînes (Figure 19). L'audience TNT est concentrée autour de 5 chaînes, mais présente une "long tail " importante 95% Audience cumulée 71% 5% d audience répartie entre toutes les autres ch aînes (locales, étrangères, ) Nombre de chaînes Source : Média métrie (janvier-mars 2007) Figure 19 : Audience cumulée des chaînes de la TNT Pour mémoire, les réseaux broadcast sont conçus de manière à distribuer à un nombre illimité de spectateurs autant de contenus que la ressource spectrale allouée le permet (Figure 20). La limitation des réseaux broadcast dédiés au futur service de TMP se situe donc au niveau du nombre de chaînes qui seront diffusées sur ces réseaux, indifféremment du nombre d utilisateurs. Un réseau de diffusion basé sur de s technologies broadcast peut proposer un nombre limité de chaînes à un nombre illimité d utilisateurs Nombre d utilisateurs connectés simultanément Ressources spectrales nécessaires pour assurer le service dans ces conditions Nombre de chaînes propos ées Figure 20 : Un réseau broadcast est limité en nombre de chaînes OC&C Strategy Consultants 2007 Page 32

33 Par opposition, les offres TV et vidéo sur les réseaux unicast permettent de mettre à disposition un nombre illimité de contenus différents à des utilisateurs de manière individuelle tant que les réseaux supportent le nombre de sessions ouvertes simultanément. Un réseau de diffusion basé sur de s technologies unica st peut proposer une diversité de chaînes à un nombre limité d utilisateurs Nombre d utilisateurs connectés simultanément Ressources spectrales nécessaires pour assurer le service dans ces conditions Nombre de chaînes propos ées Figure 21 : Un réseau unicast est limité en nombre d utilisateurs par cellule Les réseaux broadcast semblent les plus adaptés pour répondre à une demande de masse, alors que les technologies unicast apparaissent comme le meilleur moyen d adresser les marchés de niche : VoD, chaînes plus modestes en terme d audience Pour enrichir leur offre, la plupart des opérateurs mobiles envisagent donc de proposer, en plus de contenus de la TMP en broadcast qui constituent une offre indifférenciée, du contenu TV ou vidéo complémentaire et spécifique, en utilisant leurs propres réseaux, c est-à-dire en pratiquant de l unicast, à la demande, en 2G+/3G et dans les zones à faible densité de population Depuis plusieurs années, les opérateurs mobiles étendent le déploiement de leurs offres 2G+/3G et la couverture géographique des principaux opérateurs atteint désormais plus de 60% du territoire. Les zones urbaines, caractérisées à la fois par une forte concentration de population et une utilisation importante des moyens de communication mobiles, ont été couvertes en priorité. Mais audelà de celles-ci, tenus par leurs engagements auprès des autorités de régulations et en quête du plus grand nombre de clients, les opérateurs mobiles OC&C Strategy Consultants 2007 Page 33

34 ont équipé les zones suburbaines et rurales de réseaux haut débit. Dans ces régions, la capacité des réseaux est encore loin d être saturée et la diffusion de la TMP en unicast devrait demeurer possible durablement, limitant ainsi les investissements nécessaires à l infrastructure de broadcast de la TMP. Les opérateurs mobiles, en coopération avec les industriels de la téléphonie mobile, ont déjà envisagé les atouts de cette complémentarité et développent les logiciels nécessaires pour un usage indifférencié des deux technologies par les utilisateurs Le MBMS, à mi-chemin entre technologies broadcast et unicast, offre des perspectives intéressantes mais limitées par rapport aux besoins des utilisateurs A ce jour, les limites des réseaux 3G pour la diffusion de contenus télévisuels proviennent essentiellement d une vision statique et individuelle de la gestion des utilisateurs : si plusieurs utilisateurs veulent par exemple regarder le même journal de 20 heures, il faut émettre autant de signaux qu il y a d utilisateurs. Le MBMS 27 est un algorithme qui crée localement un multiplex virtuel dès lors que l audience se concentre sur un ou plusieurs programmes au sein d une cellule. L ensemble des récepteurs adaptés peut alors recevoir le signal unique qui est émis pour diffuser le programme en question, simulant en quelque sorte du broadcast local. Le nombre d utilisateurs n est donc plus une limitation, à condition qu ils se concentrent sur un nombre réduit de programmes. De l avis des opérateurs, le MBMS n a que peu de chances de devenir le support du futur service de TMP, mais pourrait optimiser la capacité des réseaux en zones non couvertes par le broadcast. Enfin, si le déploiement potentiel du MBMS, au niveau réseau, pourrait intervenir dès 2009, le déploiement d un parc de terminaux adaptés sera quant à lui également une barrière à une utilisation massive rapide A terme, un mix de solutions devrait émerger, autour dans un premier temps de broadcast terrestre en DVB-H combiné à de l unicast en 3G, puis potentiellement complété par le segment satellitaire du DVB-SH Etant donné l état d avancement du projet, le marché français semble se diriger vers une solution mixte reposant sur un réseau terrestre en DVB-H. En effet, de l ensemble des technologies disponibles, la norme DVB-H semble être la seule à faire consensus auprès de l ensemble des acteurs, qu ils soient français, européens ou mondiaux. Ainsi, il semble que l unicast 3G demeurera le format idéal pour diffuser les programmes peu regardés, dans la mesure où la 27 Multimedia Broadcast and Multicast Service OC&C Strategy Consultants 2007 Page 34

35 demande reste à des niveaux très faibles. Une solution de broadcast terrestre en DVB-H pourrait rapidement permettre la diffusion des chaînes les plus populaires, avec une couverture géographique à déterminer, éventuellement complétée par une offre 3G/MBMS pour la couverture de certaines zones. Enfin, une solution satellite en DVB-SH pourrait permettre dans un second temps un complément de couverture en dehors des zones urbaines et en extérieur. OC&C Strategy Consultants 2007 Page 35

36 3. Les infrastructures DVB-H permettent de piloter les investissements de façon progressive et évolutive De l univers technologique qui s est déployé autour des services de Télévision Mobile Personnelle, en France, la norme DVB-H est désormais la seule technologie pouvant prétendre supporter la TMP en mode broadcast à ce jour Malgré quelques incertitudes sur le dimensionnement exact de l infrastructure, les nombreux pilotes techniques en DVB-H ont permis de déterminer les architectures possibles et les tailles du réseau en découlant Le DVB-H vise une couverture rapide et de qualité des zones urbaines, suivie d une optimisation des zones d ombres en indoor Issu des technologies de télévision numérique et émis dans la même bande de fréquences, le DVB-H appuie son infrastructure sur une approche de broadcast classique, qu il adapte ensuite en fonction des contraintes de la réception mobile. Dans le cadre du broadcast de télévision, l objectif est «d arroser» au mieux des zones géographiques, en utilisant des émetteurs hauts et puissants (ex. la Tour Eiffel). Cette approche permet de minimiser le nombre de fréquences et d émetteurs. A titre d illustration, environ 115 sites de TNT permettent de couvrir 80% de la population française. Cependant, elle se heurte à certaines limites dès lors qu il s agit de télévision mobile. Elle est en effet adaptée pour émettre vers des antennes de toit (donc de grande taille ce qui permet de capter des signaux faibles, en extérieur, ce qui limite les problèmes de propagation à travers des murs, et en hauteur, ce qui limite les zones d ombre). L approche DVB-H a donc dû être adaptée pour les spécificités de la TMP, à savoir des conditions de réception difficiles : des antennes peu sensibles, fréquemment à l intérieur de bâtiments, et souvent à peu de hauteur. L infrastructure DVB-H comporte ainsi plusieurs éléments pour répondre à ces besoins. D une part, un ensemble de points hauts ou moyens (i.e. des sites semblables à ceux de diffusion de télévision classique) assurent un «arrosage» de forte puissance de zones géographiques. Ils permettent ainsi d assurer à minima la quasi-totalité de la couverture outdoor. De plus, grâce à un maillage relativement serré, ils permettent d atteindre en partie les objectifs de réception indoor, notamment la couverture indoor dans les étages élevés. D autre part, un ensemble de points bas (i.e. des sites semblables à ceux de réseaux de téléphonie mobile) complètent l infrastructure. Ils desservent principalement les zones d ombres, c est-à-dire les étages bas en indoor et les zones outdoor de milieu urbain très dense (Figure 22). OC&C Strategy Consultants 2007 Page 36

37 Selon cette approche, il est ainsi possible de déployer le service extrêmement rapidement sur un nombre de sites limité tout en assurant une qualité de réception indoor acceptable (grâce aux points hauts) et d optimiser la couverture en ne choisissant que les points bas nécessaires. Cette architecture possède un avantage certain en termes de rapidité de déploiement et d optimisation du nombre de sites. Bien entendu, le nombre de sites nécessaires dépend du niveau de signal requis afin de permettre une réception parfaite à l intérieur des bâtiments. L architecture d un réseau en DBV-H repose sur des sites de diffusion de type TNT et des répéteurs -8 dbi Niveau minimal du signal pour une réception mobile indoor Dissipation du signal en indoor: - 8dBi, vs. +18dBi de gain avec une antenne ext érieure Répéteur 1 R épéteur n Source : Alcate l- LucentMob ile Broadcast Figure 22 : Principe de la diffusion en DVB-H A partir des différents pilotes menés en France, les simulations effectuées pour la région parisienne puis pour une couverture de 30% de la population (les 64 unités urbaines les plus importantes) et enfin pour une couverture de 50% de la population (les 88 unités urbaines les plus importantes) fournissent les chiffres ci-dessous : Couverture de la région parisienne (Paris/Première Couronne) 28 Sites hauts à moyens Sites bas Total Good indoor Deep indoor Hypothèses TDF, établies à partir d un maillage optimisé 29 Good indoor : niveau de champ à 1,5m du sol de 82 db V en zone très dense / 79 db V en dehors des zones très denses, permet la réception en premier jour dès une faible hauteur 30 Deep indoor : niveau de champ à 1,5m du sol de 85 db V en zone très dense / 82 db V en dehors des zones très denses, permet une réception quasi intégrale, dès le rez-de-chaussée OC&C Strategy Consultants 2007 Page 37

38 Couverture de 30% de la population Sites hauts à moyens Sites bas Total Good indoor Deep indoor Couverture de 50% de la population Sites hauts à moyens Sites bas Total Good indoor Deep indoor Ainsi, pour couvrir 30% de la population française, le DVB-H nécessiterait entre 700 et 1300 sites : 700 permettraient une réception dite good indoor sans utiliser de sites bas, 1300 permettraient une réception dite deep indoor. Les simulations reposant sur des pilotes, et la couverture deep indoor correspondant à l équivalent d une couverture de téléphonie mobile, éventuellement surdimensionné pour la TMP, le chiffre de 1300 sites correspond à un maximum avéré Il est possible d évaluer par avance les coûts réels par site, qui dépendent fortement du type de site Pour le déploiement des infrastructures terrestres, les investissements à effectuer, par site, se répartissent principalement entre les catégories suivantes : équipement «au sol» (réception du signal à émettre, baies, amplificateurs, ) et aérien (antennes), ingénierie et renégociation des baux. Par la suite, les coûts d exploitation incluent principalement l amortissement des investissements 31, le loyer, l énergie et la maintenance. De ce fait, les coûts et investissements par site dépendent très fortement du type de site (tours de télédiffusion, «toits terrasses», ), de la puissance et du type d équipement nécessaire, ainsi que des modifications éventuelles à apporter à des sites existants. Le mix de sites nécessaires en DVB-H repose largement sur des antennes à moyenne et grande hauteur et à forte puissance (type TDF-Towercast). Ainsi, les investissements initiaux sont importants, particulièrement pour la partie équipement. Par la suite, ce type de site nécessite également des dépenses plus importantes pour l énergie, la maintenance et les loyers. De ce fait, les investissements par site s étalent typiquement entre 73k et 257k selon leur 31 Hypothèses : TRI de 25%, 10 ans d exploitation pour l infrastructure terrestre OC&C Strategy Consultants 2007 Page 38

39 taille, hors cas exceptionnels. Finalement, le coût annuel d exploitation par site est estimé entre 89k et 96k Avec les hypothèses et les données disponibles, le DVB-H présente un caractère flexible (investissements évolutifs, progressifs et maîtrisés) en adéquation avec la montée en puissance du marché Les investissements liés au déploiement du réseau en DVB-H ont un caractère progressif et évolutif permettant de s adapter non seulement aux choix des décideurs mais aussi au succès du service A partir des éléments rassemblés, il est possible d estimer les coûts de déploiement des infrastructures DVB-H, à partir du nombre et du type de sites nécessaires et de leurs coûts unitaires. Cependant, quelques hypothèses et paramètres restent à fixer : en effet, selon la qualité de réception indoor exigée, deux simulations sont possibles (good ou deep). Par ailleurs, si les expérimentations techniques effectuées en France et les premiers retours d expérience des réseaux ayant d ores et déjà été déployés ont permis d affiner les modèles de dimensionnement des réseaux, il existe toujours une marge d incertitude sur le nombre de sites qu il sera réellement nécessaire de déployer. A ce titre, l expertise des opérateurs techniques de diffusion, tel que TDF, permet de réduire cette marge d incertitude. Ainsi, pour atteindre 30% de couverture, les investissements s élèveraient entre 145m et 240m (good indoor vs. deep indoor). Les investissements nécessaires sont par ailleurs progressifs et uniquement fonction de la couverture géographique (Figure 23), et à ce titre sont aisément maîtrisables et adaptables au succès du service. En effet, l approche consiste à «arroser» à partir de sites hauts puis à optimiser aux moyens de sites bas, ce qui laisse l opérateur libre de choisir quand arrêter les investissements, tout en garantissant la couverture et une certaine qualité de réception grâce aux sites hauts. Par ailleurs, le rendement «population couverte / investi» étant le plus élevé au début, une adoption massive du service dans les premières zones de déploiement permettra à l écosystème de réinvestir pour la couverture d autres zones géographiques. OC&C Strategy Consultants 2007 Page 39

40 Le coût de déploiement d un réseau DVB -H e st évolutif et progre ssif en fonction de la couverture et qualité souhaitée s Investissements additionnels à ceux estimés pour une couverture good indoor Deepindoor Good indoor Année 1 Année 2 Année 3 Hypothèses de déploiement : Année 1 : couverture de la Région Parisienne Année 2 : couverture de 30% de la population Année 3 : couverture de 50% de la population Source : TDF, analyses et estima tions OC &C Figure 23 : Investissements des infrastructures DVB-H La flexibilité du déploiement du DVB-H permet par ailleurs aux donneurs d ordre de maîtriser les coûts d exploitation du réseau Les mêmes scénarios et avantages d un réseau DVB-H se retrouvent dans l estimation des coûts d exploitation (Figure 24). Les coûts d exploitation s élèveront à environ 80M par an pour couvrir 30% de la population Hy pothèses éprouvées en expérimentation Optimisation du déploiement, par utilisation de points hauts pour une large empreinte et de points bas pour les compléments Deep Indoor Good Indoor Année 1 Année 2 Année 3 Hypothèses de déploiement : Année 1 : couverture de Région Parisienne la Année 2 : couverture de 30% de la population Année 3 : couverture de 50% de la population Source : TDF, analyses et estima tions OC &C Figure 24 : Coût d exploitation des infrastructures DVB-H OC&C Strategy Consultants 2007 Page 40

41 Ainsi, à 30% de couverture de la population, les coûts d exploitation seraient compris entre 60m et 100m. Si la borne haute des coûts peut sembler élevée, il est cependant très utile de rappeler que la borne basse correspond à un scénario good indoor sur lequel les expérimentations en France ont été menées, et qui a été, à ces occasions, largement approuvé par les acteurs et fortement plébiscité par les participants. Ainsi, la réalité des coûts d exploitation du réseau devrait, dans un premier temps, se situer à proximité de la borne basse de ces estimations L émergence de coûts additionnels liés à la valorisation de la propriété intellectuelle reste une inconnue qui semble toutefois mineure A ce stade, personne ne semble en mesure de quantifier les éventuels droits de propriété intellectuelle qui pourraient être revendiqués. Il apparaît toutefois que les probables détenteurs de ces droits sont les industriels eux-mêmes qui ont un intérêt bien supérieur à voir la TMP réussir qu à tenter de monétiser leurs brevets au détriment du décollage du marché. Nous nous attendons donc à retrouver une situation comparable à celle du GSM où, d un commun accord et dans l intérêt de tous, très peu de brevets sont directement valorisés sous forme de royalties. D une certaine façon, la propriété intellectuelle constitue une arme détenue à part égale entre les acteurs et qui permet ainsi d atteindre un équilibre. OC&C Strategy Consultants 2007 Page 41

42 4. Aujourd hui, les conditions semblent réunies pour envisager le lancement prochain d un service commercial de Télévision Mobile Personnelle en France, s appuyant sur la norme DVB-H, et la constitution d un écosystème équilibré doit être le coup d envoi de la convergence entre l audiovisuel et les télécommunications 4.1. Dans un contexte d urgence, le DVB-H est prêt à démarrer Si 2007 reste l Année 0 consacrée à l organisation de l écosystème et à l ajustement technologique, tous les acteurs veulent faire de 2008 l année du lancement commercial à grande échelle, ce qui nécessite un déploiement rapide et massif du réseau de diffusion Comme en Italie où la Coupe du Monde de Football a enrichi le marketing de l offre de TMP et permis un démarrage assez rapide du service, les acteurs de la chaîne de valeur française, toujours en recherche d un écosystème permettant de les réunir autour d un projet commun, contemplent avec un intérêt certain les nombreuses échéances à venir. Les prochains mois doivent permettre de préciser l organisation de l écosystème et de définir le cadre de l appel à candidatures du CSA. Pour autant, la volonté des opérateurs mobiles, comme celle des chaînes de télévision, est de permettre rapidement un déploiement massif du service avec la couverture des plus grandes unités urbaines en France. Ainsi, viser le milieu de l année 2008 semble un horizon de temps acceptable pour tous, pour pousser en masse l offre de TMP. Mais au vu des événements sportifs de l été 2008, cette échéance ne doit plus être repoussée, les acteurs espérant jouer sur l effet «Championnat d Europe des Nations» et «Jeux Olympiques» pour susciter l adhésion du marché La première phase de déploiement devrait permettre un développement géographique de l offre extrêmement rapide via l utilisation des points hauts, mais la qualité de la réception en indoor nécessite une seconde phase de densification (répéteurs en points bas) plus longue Les principes mêmes de l infrastructure DVB-H, qui s appuie largement sur des sites hauts (comparables à ceux de la TNT), permettent de rapidement couvrir, avec une qualité et une continuité de service acceptables les grandes zones urbaines. En effet, ces sites sont à la fois relativement peu nombreux et rapides à déployer (situés sur des sites propres ou sur des édifices pour lesquels les négociations peuvent se faire rapidement). OC&C Strategy Consultants 2007 Page 42

43 Cependant, cette partie de l infrastructure ne peut satisfaire toutes les contraintes (en particulier réception indoor et réception dans les zones très denses), ce qui implique une phase quasi-simultanée de déploiement sur des sites de plus petite taille. Celle-ci est nécessairement plus longue étant donné les contraintes. La partie «network planning» pour ces sites est en effet plus complexe, car il s agit d une véritable optimisation, couplée à une recherche de sites, et qui devra prendre en compte la difficulté à mettre en place un réseau SFN avec éventuellement plusieurs fournisseurs (tels que des MNOs). De plus, la renégociation des baux s inscrit dans des procédures plus ou moins longues, les assemblées de copropriétaires ne se réunissant qu une à deux fois dans l année. Pour une infrastructure DVB-H à 30% de couverture de la population, il semble que moins d un an soit nécessaire pour déployer les sites hauts et moyen-hauts, et 18 mois pour le complément en points bas et moyen-bas La mise à disposition de fréquences devrait être imminente Les fréquences nécessaires à un déploiement conséquent à l échelle de la France en DVB-H sont déjà disponibles, mais pas encore attribuées. Le CSA a entamé l identification des fréquences nécessaires au déploiement d un réseau de télévision mobile en bande UHF, dit réseau multi-villes (M7). Au sens de l INSEE, ce réseau couvrirait environ 70 à 80% de la population des 100 plus grandes unités urbaines, i.e. 30% de la population. L opérateur historique de télédiffusion en France, TDF, estime pour sa part que le réseau M7 offre même de plus larges capacités, ce qui permettrait d envisager des possibilités de couverture de l ordre de 70 à 80%, et ceci avant même la libération des fréquences UHF, via le processus de switch-over (extinction de la télévision analogique). Suite à l identification de ces fréquences, le CSA a lancé un appel à consultation, afin de déterminer la pertinence de les attribuer à un service de TMP en DVB-H (seule technologie à évoluer dans la bande disponible). A l issue de cette consultation, close le 15 mars 2007, le CSA a annoncé son intention de lancer l appel à candidatures en octobre et a mis en place un groupe de travail technique pour définir les conditions du lancement de la TMP. Bien que le cadre légal n ait pas encore été précisément établi, le processus de switch-over va de plus libérer de nombreuses fréquences, utilisées à ce stade pour la télédiffusion analogique, et permettre d enrichir l offre du service de TMP d abord par l extension de la couverture et potentiellement par l ajout de programmes. OC&C Strategy Consultants 2007 Page 43

44 Les équipements d infrastructure ou de réception sont disponibles Grâce au lancement de services de TMP en DVB-H en Italie et aux déploiements planifiés dans d autres pays, les équipementiers semblent être en ordre de marche pour fournir le marché français. Les fournisseurs d équipements tels que Thomson, Rohde&Schwartz, Sagem ou NEC, sont déjà positionnés pour répondre aux besoins éventuels du service de TMP en France. La plupart des constructeurs de terminaux ont déjà développé et commercialisé des modèles compatibles DVB-H. Les lancements intervenus notamment en Italie ont permis cette première commercialisation et le développement d une offre en conséquence. De plus, ces lancements ont permis à une première génération de terminaux d être testés en conditions réelles, et ainsi de faire mûrir l offre (technique et marketing). De fait, la plupart des constructeurs ont largement intégré la norme DVB-H dans leur roadmap, et prévoient d avoir une offre cohérente disponible durant le second trimestre Cela s inscrit dans un cercle vertueux pour les fabricants, les opérateurs et les utilisateurs, car seule une diffusion massive permettra de réduire suffisamment les coûts supplémentaires engendrés par l ajout de la TMP dans les terminaux. A terme, les constructeurs les plus importants, tels que Nokia, envisagent d intégrer le DVB-H dans une forte proportion de leur portefeuille. Il est toutefois envisageable qu une fois les économies d échelle absorbées et une flotte DVB-H conséquente déployée, l ajout de capacité de réception DVB- SH sur les terminaux devienne marginal et qu une flotte bi technologie soit lancée dans un second temps Le lancement du service de Télévision Mobile Personnelle en norme DVB-H doit encore s organiser autour d un écosystème à équilibrer La nature de l infrastructure DVB-H impose la participation importante d un fournisseur d infrastructure, ce qui équilibre les forces au sein du partenariat (MNOs/TV) Pour mémoire, l architecture d un réseau en DVB-H repose sur l utilisation de points hauts (et moyen-hauts) de forte puissance pour constituer l empreinte de couverture du service, et d un complément avec des sites moyen-bas (et éventuellement bas), permettant de densifier la qualité de pénétration indoor. Le déploiement d un tel réseau nécessite une centralisation de la gestion de l infrastructure (sous l opérateur de multiplexe) et la forte implication d opérateurs de diffusion. Ces derniers seraient à même de mettre en place OC&C Strategy Consultants 2007 Page 44

45 l infrastructure initiale rapidement, en l optimisant, et de manière neutre vis-àvis des chaînes de télévision et MNOs. La partie complémentaire de l infrastructure pourrait être prise en charge par ces opérateurs et partiellement confiée aux MNOs. Cependant, la complexité technique (réseau SFN, optimisation du nombre de sites) imposerait une gestion centrale, entièrement neutre vis-à-vis des différents fournisseurs. Une telle organisation s insère naturellement dans l écosystème, directement en relation avec l opérateur de multiplexe, sans risque de déséquilibre. En effet, la construction d un réseau reposant essentiellement sur l utilisation d un nombre important des sites 3G appartenant aux opérateurs mobiles serait bien plus complexe. Une telle hypothèse conduirait les opérateurs de téléphonie mobile à potentiellement devenir opérateurs de diffusion, en plus de leur implication dans la distribution et la gestion commerciale du service. Une telle situation pourrait induire des tensions dans les relations entre les MNOs, les revenus potentiels issus de l activité de diffusion étant relativement importants. De plus la complexité technique extrêmement forte de la diffusion de TMP (porteuses en SFN, sur des sites existants) entraînerait la mise en place d une organisation complexe. De plus, cette situation génèrerait un déséquilibre au sein de l écosystème, les MNOs percevant des revenus liés à la commercialisation du service et à l exploitation du réseau Certaines briques doivent encore être précisées préalablement au lancement du service de TMP Si aujourd hui tout semble prêt pour offrir à une large échelle un service de Télévision Mobile Personnelle en France, les acteurs doivent encore s organiser afin de répondre aux dernières questions retardant le lancement du service. Aujourd hui, il apparaît que plusieurs éléments nécessitent encore d être précisés Le prochain appel à candidatures organisé par le CSA doit définir les participants au service Les ressources radioélectriques sont gérées en France par le Conseil Supérieur de l Audiovisuel. Comme dans le cas de la TNT, préalablement à son lancement, la ressource spectrale réservée pour un service audiovisuel doit être attribuée, via un processus de sélection, aux différents acteurs montrant un intérêt pour le service. Dans le cas de la TMP, les grands groupes audiovisuels y voient une nouvelle source d audience, potentiellement forte étant donné que la consommation de OC&C Strategy Consultants 2007 Page 45

46 ce nouveau service devrait être répartie de manière plutôt homogène tout au long de la journée. Les modes de consommation de la télévision sont bouleversés par la disponibilité des contenus télévisuels sur les récepteurs mobiles Source : Site internet du portail DMB Figure 25 : Audience télévisuelle en Corée selon le médium de visualisation Le lancement par le CSA de l appel à candidatures afin de déterminer qui seront les participants au service permettra aussi aux acteurs de converger vers une vision commune de l organisation de l écosystème Afin de permettre une offre massive au démarrage, l établissement d un calendrier prévisionnel de déploiement est nécessaire S appuyant sur l expertise des opérateurs techniques de diffusion, l ensemble des acteurs impliqués dans le service doit s accorder autour d un calendrier prévisionnel de déploiement. En fonction des ressources spectrales disponibles à court ou plus long terme, le dimensionnement précis des infrastructures à déployer pour couvrir les zones décrites permettra de déterminer un calendrier de déploiement prévisionnel, et de connaître avec précision les investissements annuels nécessaires au déploiement du service. L urgence réside en particulier à la définition d un objectif de couverture raisonnable à court horizon de temps. Au vu des ressources disponibles, la couverture de 50% de la population apparaît comme un objectif faisant du sens, puisque le réseau couvrirait ainsi l ensemble des plus grandes zones urbaines françaises. OC&C Strategy Consultants 2007 Page 46

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Télévision Mobile Personnelle, deux approches, une solution? 1 Ce document a été élaboré dans le cadre des travaux de veille de la plate-forme THD Auteur : Alain Chaptal (MSH Paris Nord) Dernière mise à jour : février 2010 Document tout public Télévision Mobile

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