Cahier 9. Les Entretiens Albert-Kahn. Laboratoire d innovation publique. Sortir de la pauvreté

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1 Cahier 9 Les Entretiens Albert-Kahn Laboratoire d innovation publique Sortir de la pauvreté

2 Sommaire Les Entretiens Albert-Kahn : Laboratoire d innovation publique 2 Patrick Devedjian La pauvreté dans un contexte de mondialisation 4 Carine Dartiguepeyrou Square Dejessaint 9 Abd El Haq La misère n est pas une fatalité 12 Bruno Tardieu De nouveaux modèles à la croisée du social, du privé et du public 22 Stéphanie Schmidt Quand je serai grand je serai 33 Abd El Haq L emploi pour sortir de la pauvreté 37 Hervé Ingardia Connexions solidaires : faire du numérique un levier d insertion 42 pour tous Évelyne Héard et Cécilia Germain Terre à octets 50 Abd El Haq Synthèse prospective 53 Carine Dartiguepeyrou Biographie des intervenants 56 Programme de la rencontre 59

3 Les Entretiens Albert-Kahn Laboratoire d innovation publique Les Entretiens Albert-Kahn sont nés de la volonté de susciter la réflexion sur la mondialisation et de renouveler les formes de l action publique. Nos différences font notre richesse : comment faire en sorte de mieux valoriser nos singularités tout en permettant une coexistence heureuse? Tel est l un des questionnements qui guide mon action. La mondialisation dessine de nouveaux horizons, elle impacte l ensemble des secteurs et est en train de donner naissance à une nouvelle économie, de nouveaux usages, de nouvelles formes du vivre-ensemble dans l espace public. Cette révolution est avant tout culturelle, et nous sommes souvent désarmés face aux bouleversements qu elle entraîne. C est pourquoi j ai souhaité préserver à la fois un espace et du temps dédiés à la réflexion prospective au sein du Conseil général des Hauts-de-Seine : c est dans cet esprit qu ont été créés les Entretiens Albert-Kahn en octobre Laboratoire d innovation publique, les Entretiens Albert-Kahn ont pour objet de réfléchir aux «futurs souhaitables» et de proposer des expérimentations de nouvelles formes de politique publique. C est un lieu que j ai voulu résolument en avance de phase, libre d échanges, pour nourrir les confrontations de manière décloisonnée. La projection à dix ans facilite les échanges non partisans entre des participants venus de tous les horizons : élus, administrateurs du territoire, entrepreneurs, responsables associatifs, artistes et intellectuels. Il y a un siècle, Albert Kahn lui-même avait eu, bien avant l heure, l intuition profonde que comprendre les cultures au niveau planétaire était indispensable pour se développer économiquement, socialement, culturellement, et créer un monde en paix. Il invitait chez lui des philosophes comme Henri Bergson ou des poètes comme Rabindranath Tagore, d autres personnalités telles que Romain Rolland, Thomas Mann, Anna de Noailles, Manuel de Falla, mais aussi des industriels comme André Michelin, Marcel Dassault ou Antoine Lumière, des scientifiques comme Paul Appell ou Jean Perrin. Il soutenait financièrement des rencontres entre décideurs pour préparer le monde de demain. Aujourd hui, c est dans cette même demeure historique, située à Boulogne- Billancourt en lisière des superbes jardins Albert-Kahn, que sont établis les Entretiens. Nous y abordons les thématiques importantes et variées pour l avenir du Département. Les Cahiers des Entretiens Albert-Kahn permettent de restituer les échanges et de partager avec un plus grand nombre le foisonnement et la diversité d idées. Nous avons la chance de vivre dans une démocratie. Il est de notre responsabilité de la faire respirer en entretenant le débat public et en réhabilitant le temps long. Un nouveau monde se construit : à chacun d entre nous d en être co-créateur en «gardant, comme le disait Albert Kahn, les yeux grands ouverts devant la mobilité des faits». Patrick Devedjian Député et Président du Conseil général des Hauts-de-Seine 2 3

4 Un individu est considéré comme pauvre lorsqu il vit dans un ménage dont le niveau de vie est inférieur au seuil de pauvreté. L Insee, comme Eurostat et les autres pays européens, mesure la pauvreté monétaire de manière relative alors que d autres pays (comme les États-Unis ou le Canada) ont une approche absolue. La pauvreté est une notion objective, monétaire. Si l on prend en compte le seuil à 60 % du revenu médian national, 16,9 % des Européens, soit 84 millions de personnes selon l institut Eurostat, vivaient sous le seuil de pauvreté en La Norvège, les Pays-Bas (10,1 %) et le Danemark (13,1 %) font partie des pays où la pauvreté est la plus faible. Avec un taux à 14,1 %, le niveau de pauvreté en France fait partie des plus bas d Europe et est le plus faible des pays les plus peuplés. Cela représente un revenu au-dessous de 950 euros par foyer en moyenne en France pour le revenu médian à 60 %. ATD Quart Monde insiste pour faire en particulier attention aux personnes dont les revenus tombent au-dessous de 50 % et de 40 % du revenu médian. Le nombre de personnes vivant sous le seuil de pauvreté augmente depuis trois ans, en particulier celles qui franchissent le seuil des 40 % du revenu médian 2. Mais cette pauvreté monétaire cache une réalité bien plus grande que cela. La pauvreté dans un contexte de mondialisation Carine Dartiguepeyrou Les dimensions d exclusion sociale, de repli identitaire ou de manque de dignité sont les mieux connues. Ce sont elles qui font que le retour à l emploi est un des critères les plus bénéfiques. Car en retrouvant un emploi, on se réinsère socialement et au regard de sa famille. On peut tisser de nouveaux liens au travail et en dehors. L emploi est également le meilleur moyen de retrouver un logement, etc. Il y a la question politique, car la pauvreté entraîne un repli, on ne vote plus, on ne participe plus à la vie citoyenne, on se désengage au sens (1) (2) Voir la contribution de Bruno Tardieu à ce Cahier ainsi que le livre En finir avec les idées fausses sur les pauvres et la pauvreté, Jean-Christophe Sarrot, Bruno Tardieu, Marie-France Zimmer, Les Éditions de l Atelier / Éditions Quart Monde, Paris,

5 très fort du terme. Comment alors faire pour que la parole du pauvre soit prise en compte? La pauvreté peut aller jusqu à être une enfreinte aux droits fondamentaux. On peut même se demander si la pauvreté n a pas une dimension cognitive puisqu il y a bien perte des repères temporels lorsque l on ne travaille plus depuis longtemps. Un chômeur de longue durée a plus de risque d arriver en retard à un entretien d embauche non pas parce qu il n est pas motivé, mais parce qu il est déconnecté et a perdu ses repères temporels. Enfin, la pauvreté spirituelle, celle qui fait que l individu se sent vide, dépasse bien évidemment la pauvreté matérielle. On peut être riche matériellement et pauvre spirituellement. Le contexte mondial Selon l OCDE, «le fossé qui sépare les riches des pauvres dans les pays de l OCDE est au plus haut depuis plus de trente ans». Il y a quinze ans le sociologue des réseaux Manuel Castells avait annoncé la montée des inégalités dans le contexte de mondialisation (3 tomes de L Ère de l information). À la veille du sommet de Davos de 2014, l ONG Oxfam publiait ses travaux montrant que les 85 personnes les plus riches au monde représentent l équivalent de la richesse conjuguée de 3,5 milliards de personnes (soit la moitié des habitants de la planète). Le phénomène de paupérisation est planétaire. Il est particulièrement visible dans les bidonvilles, mais aussi dans les pays développés faisant apparaître de nouveaux pauvres, souvent touchés par une conjonction de facteurs ayant affecté leur vie : problèmes de santé, séparation affective, perte d emploi, difficultés liées au logement, etc. Le sentiment de déclassement est visible en particulier à la périphérie des villes (Christophe Guilluy, Fractures françaises). La pauvreté s accentue du fait de nos modes de vie. En France (données 2009), les familles monoparentales représentent 20 % de l ensemble des familles et leur proportion augmente de manière significative. À titre de comparaison, en Allemagne, les familles monoparentales représentent 50 % des foyers et sont les premières avec les jeunes à être touchées par le chômage. Les personnes vivant seules représentent 1/3 des ménages (très forte augmentation) ce qui a un impact en particulier sur le logement. Et ces personnes seules sont souvent des personnes âgées. Les jeunes sans formation ni savoir-faire constituent un enjeu majeur pour la lutte contre le chômage dans tous les pays européens 3. Enfin, la pauvreté est le résultat de nos modes de vie et de consommation. On surconsomme, on s endette, ce qui est le résultat d une société tournée vers l hyperconsommation. Pour une grande majorité de personnes, consommer signifie se faire plaisir voire s épanouir. Cette consommation est parfois un palliatif au sentiment de vide. Les évolutions possibles D un autre côté, face à ce tableau noir, des évolutions se tissent qui peuvent changer la donne. Le vieillissement de la population impacte la courbe des actifs. D ici dix ans, les inactifs devraient dépasser la courbe des actifs! Il y a l espoir que cela se solde par plus d opportunités professionnelles pour les actifs ou en recherche d emploi. De nouvelles activités créatrices de valeurs émergent, liées à de nouveaux besoins et donc d usages, souvent facilitées par les technologies de l information et de la communication. Les métiers d art et les savoirfaire artisanaux (joaillerie, céramique, horlogerie, etc.) sont soutenus pour ne pas disparaître. Les métiers manuels (maçons, tailleurs de pierre, carreleurs, peintres, etc.) sont poussés par une demande forte. L économie sociale et solidaire constitue une nouvelle source d énergie créative et d emploi. L apparition du numérique et le déploiement à toutes les sphères de la vie privée comme professionnelle entraînent le développement de nouveaux modes de vie et de création de valeurs (tiers-lieu, e-commerce, collaboration à distance, formation et communication à moindre coût, etc.). Même si elle entraîne également avec elle 30 % de non-connectés 4. Le pouvoir d achat par ménage diminue (de 1,9 % en 2012), ce qui ne s était jamais produit depuis le début des années quatre-vingts et un (3) Peter Hartz, ex-drh de Volkswagen, fondateur de SHS Foundation. (4) Selon le rapport du Conseil national du numérique sur l inclusion numérique, 30% des Européens n ont jamais utilisé l Internet. Ces gens sont pour la plupart des personnes âgées, sans emploi ou à bas revenus. 6 7

6 français sur deux est contraint de réduire sa consommation 5. À cette contrainte économique, subie et grandissante, d autres modes de consommation émergents, de modes de vie durables souhaités, renforcent cette tendance. L évolution de nos systèmes de valeurs fait que pour une grande minorité de personnes que l on estime à 30 %, «la simplicité volontaire» ou «l abondance frugale» deviennent une philosophie de vie. Ces évolutions impactent notre manière de consommer et donc de produire des richesses. On estime aujourd hui à plus de 58 % les personnes qui achètent des produits d occasion. 18 % des Français réduisent leur consommation et 47 % consomment autrement 6. Le recyclage, les économies d eau, le retour aux produits frais, la croissance de produits naturels sont autant de tendances qui montrent une prise de conscience de la société civile. Dans ce contexte, quels sont donc les nouveaux contours de la pauvreté? Comment est-elle en train d évoluer? Bien que le département des Hautsde-Seine soit relativement épargné, comment progresser dans les sorties de la pauvreté? Comment rendre nos actions plus efficaces? Tels sont les objectifs de cette matinée. Carine Dartiguepeyrou Secrétaire générale des Entretiens Albert-Kahn Square Dejessaint (5) Credoc, enquête «Consommation et modes de vie», avril (6) Révolution durable, 3 avril 2014, Ethicity-Greenflex, Agro Paris Tech. 10 e baromètre de l engagement durable des Français. Abd El Haq 8 9

7 On a construit notre maison Square Dejessaint, je suis le locataire du toboggan mon voisin lui occupe la balançoire. On prend possession des lieux après le départ des enfants, il reste quelques curieux devant les tables de ping-pong en béton. Le type du kiosque à journaux, nous signe «à demain». On mettra pas les voiles, il le sait bien. On a construit notre maison Square Dejessaint. Au petit matin, on détale nos couvertures à la main. Planque notre simple mobilier dans une cage d escalier, on a le code secret. On va chez le Kabyle pour un café à emporter si le bar est désert, le tôlier nous laisse faire un flipper. Je sais pas lire, je sais pas lire le score mais j aime bien quand la boule en métal va tout en haut loin ça fait changer la musique de la machine. Je comprends pas la langue, j ai mes bras pour dictionnaire et mon sourire poussé, j ai appris les essentiels chez l épicier : «Bonsoir», «Oui», «Ça va très bien», «Canette», «Fromage», «Pain». On boit de la bière chimique, fume sans arrêt, nos fesses sur le trottoir et nos doigts qui dépassent du grillage. Les passants nous ignorent, on ne leur demande jamais rien. On a construit notre maison Square Dejessaint. Toujours dehors, il y a le bruit des sirènes : pompiers, Samu, ambulances, police. Eux parfois, ils nous embarquent : simple routine, contrôle d identité. Ils attendent l heure de pointe ça impressionne les passants et nous emmènent au poste comme on va au bal en riant. Ils ne savent pas d où l on vient : Inde, Bengladesh, Sri Lanka, Pakistan. Plus de papiers, on a tout déchiré en arrivant. Refrain : On a construit notre maison Square Dejessaint, je suis le locataire du toboggan mon voisin lui occupe la balançoire. On prend possession des lieux après le départ des enfants, il reste quelques curieux devant les tables de ping-pong en béton. Le type du kiosque à journaux, nous signe «à demain». On mettra pas les voiles, il le sait bien. On a construit notre maison Square Dejessaint. Pour me détendre, je squatte face aux trois marronniers. Barbès en plein air c est la foire tous les jours : crieurs à la sauvette pour cigarettes de contrebande et subbutex à l unité, le flyer du medium docteur professeur Baba qui va te faire gagner au jeu et te ramener l être aimé, les joueurs de bonneteau qui détroussent les touristes de toutes les nationalités. Sifflets, cris et insultes, je bave sur le maïs chaud Babylone agonie. En fermant les yeux, je vois des trains. Des fois, je rêve que j en prends un, destination inconnue. Avec moi, il y a la belle fille des affiches de cinéma. Elle porte une robe aux couleurs pétantes moi un magnifique costume en lin. Elle me dit qu elle m aime, je lui prends la main. Réveil abrupt, soudain c est la voix de mon voisin, je retourne à mon toboggan, lui à sa balançoire Square Dejessaint, Refrain : On a construit notre maison Square Dejessaint, je suis le locataire du toboggan mon voisin lui occupe la balançoire. On prend possession des lieux après le départ des enfants, il reste quelques curieux devant les tables de ping-pong en béton. Le type du kiosque à journaux, nous signe «à demain». On mettra pas les voiles, il le sait bien. On a construit notre maison Square Dejessaint. Abd El Haq Auteur interprète slameur Laveur de vitres, rangeur de chaises à la fermeture des brasseries, distributeurs de tracts pour des opérateurs de téléphonie, gardien de place de parking non autorisée. Cinquante centimes, un euro de l heure si le mec est généreux. Nous sommes nombreux sur la liste des aspirants faut négocier mais pas trop, tu dégages si t es pas content. Nuages bas, Paris au mois de février carte postale délavée. Exit les bancs publics les SDF et les prostituées se déplacent sacs plastiques à la main font semblant de se promener

8 L approche de la pauvreté présentée ici est une approche délibérément politique et citoyenne. Sortir de la pauvreté, ou plus précisément, faire que la société toute entière se défasse de la misère, nécessite de faire reculer l exclusion sociale. Celle-ci est à la fois cause et conséquence de la pauvreté. Aussi, une politique globale de lutte contre la pauvreté nécessite une mobilisation des populations concernées, des politiques publiques et de tous les citoyens inclus. 1. ATD Quart Monde, ou l émergence du point de vue des personnes en situation de grande pauvreté Derrière une réalité non-marginale, une population détient des clés de compréhension. La misère n est pas une fatalité Bruno Tardieu En Europe, on s accorde à mesurer la pauvreté à partir du nombre de personnes ayant des revenus se situant au-dessous de 60 % du revenu médian. En 2011, 14,3 % de la population, soit 8,7 millions de personnes, vivait avec moins de 977 par mois (seuil de pauvreté monétaire de 60 % du revenu médian). ATD Quart Monde a toujours insisté pour que soit également surveillé le nombre de personnes dont le revenu tombe au-dessous de 50 % du revenu médian, et celui au-dessous de 40 % de ce revenu. En 2011, 7,9 % de la population, soit 4,8 millions de personnes, vivait avec moins de 814 par mois (seuil de pauvreté monétaire de 50 % du revenu médian) ; 3,5 % de la population, soit 2,2 millions de personnes, vivait avec moins de 651 par mois (seuil de pauvreté monétaire de 40 % du revenu médian pour une personne seule). Ces chiffres simplifient les réalités mais ils ont le mérite de montrer qu il ne s agit pas d une population marginale. Il faut ajouter que le nombre de personnes vivant sous le seuil de pauvreté a augmenté ces trois dernières années et que c est le nombre de personnes passées audessous du seuil de 40 % du revenu médian qui a le plus augmenté. On dit que la pauvreté a augmenté et s est aussi intensifiée

9 Dans les années 60, avec la notion d exclusion sociale, le Père Joseph Wresinski introduit une nouvelle manière d aborder la précarité et la grande pauvreté. C est en voulant créer une association avec les habitants d un camp de sans-logis association que les pouvoirs publics n ont pas voulu reconnaître, c est en retrouvant dans l humiliation et l isolement des familles de ce camp l humiliation et l isolement de sa propre famille vivant dans la misère à Angers, qu il a forgé la notion d exclusion sociale. Être dans la misère, a-t-il expliqué, c est ne plus être considéré. C est une sorte de mort sociale où les autres n attendent plus rien de bon de vous. Plus tard, il découvre qu en 1789, Dufourny de Villiers a tenté de créer «l ordre sacré des Infortunés», le Quatrième Ordre, celui des «pauvres, journaliers, des infirmes, des indigents...» restés en dehors de toute la rédaction des cahiers de doléances. Dufourny, en rédigeant les Cahiers du Quatrième Ordre, demandait à ce qu une démarche délibérée aille à la recherche de la contribution des plus pauvres pour les États généraux, sans quoi la démocratie resterait incomplète et injuste. Wresinski en a conçu la notion de Quart Monde : les populations qui, partout dans le monde, ne sont pas consultées, ne participent pas, y compris pour les décisions les concernant au premier chef et qui, de ce fait, se trouvent toujours perdantes dans les choix politiques. Sortir de la misère, c est réussir à ce que ces populations sortent du silence et apportent leur propre expertise, leur propre compréhension ; que les politiques soient pensées, mises en œuvre, évaluées avec elles et non pas pour elles, voire contre elles. Du Quatrième Ordre au Quart Monde, il s agit de faire émerger une voix manquante dans nos démocraties, une expertise manquante pour définir des politiques efficaces. 2. Mobilisation des politiques publiques : droits et responsabilités Le lien entre les privations de sécurités de base (précarités) et l exclusion économique, sociale et politique est une clé de compréhension et d action. Sans se connaître, Amartya Sen, seul prix Nobel d économie à avoir attaqué la question de la pauvreté, et Joseph Wresinski sont arrivés à la même conclusion : à perdre plusieurs sécurités on sort de la simple réalité d inégalité économique mais un seuil est franchi celui de la misère qui fait qu on ne peut plus participer à la vie avec les autres personnes. En 1987, Joseph Wresinski, alors membre du Conseil économique et social, s est vu confier un rapport «Grande pauvreté et précarité économique et sociale». La définition de la grande pauvreté y est établie en termes de déni des droits de l homme. Reprise en 1990 par le Sommet mondial social de l ONU, à Copenhague, elle fait maintenant référence en France et dans le monde : «La précarité est l absence d une ou plusieurs des sécurités, notamment celle de l emploi, permettant aux personnes et familles d assumer leurs obligations professionnelles, familiales et sociales, et de jouir de leurs droits fondamentaux. L insécurité qui en résulte peut être plus ou moins étendue et avoir des conséquences plus ou moins graves et définitives. Elle conduit à la grande pauvreté quand elle affecte plusieurs domaines de l existence, qu elle devient persistante, qu elle compromet les chances de réassumer ses responsabilités et de reconquérir ses droits par soi-même, dans un avenir prévisible.» Si les précarités s accumulent dans plusieurs domaines des droits fondamentaux, il n est plus possible d exercer ses responsabilités par soi-même : on ne peut plus participer, c est le cercle vicieux de la misère et de l exclusion. Il est maintenant reconnu que la perte d un droit, puis de deux peut entraîner la perte de tous les autres. La perte du droit au logement peut entraîner celui à l éducation des enfants, à l emploi, à des revenus, à la domiciliation et au vote, etc. Depuis le rapport Wresinski, les tableaux de bord d indicateurs de la pauvreté mesurent l accès à tous ces droits fondamentaux. Le rapport montrait également que si la perte des droits fondamentaux entraîne dans le cercle vicieux de la misère, la reconquête des droits, un à un, crée dans l autre sens un cercle vertueux de sortie de la misère. Il confirmait par l expérience la conviction viscérale du Père Joseph Wresinski et de tous ceux qui vivent la misère : la misère n est pas une fatalité. Ce rapport a lancé plusieurs politiques publiques de lutte contre la pauvreté dans tous ces domaines. En 1995, «La grande pauvreté», un rapport de Geneviève de Gaulle-Anthonioz au Conseil économique et social, a permis une évaluation de ces politiques publiques ; il a montré qu elles n atteignaient pas les plus démunis faute de cohérence et de globalité. Dans ce rapport, une enquête réalisée par le Credoc a mis en évidence : d une part, l intuition de Wresinski que de nombreuses personnes cumulaient effectivement plusieurs précarités, ce qui les entraînaient dans un piège ; 14 15

10 d autre part, que les politiques publiques pensées domaine par domaine soutenaient les personnes subissant une précarité, mais dès que des personnes subissaient plusieurs précarités ces politiques publiques, non coordonnées, ne fonctionnaient pas. Elles n atteignaient donc pas leur but. Le rapport concluait que pour s attaquer au noyau dur de la pauvreté, il fallait construire nationalement et localement des politiques globales, cohérentes et prospectives par opposition aux politiques souvent partielles, contradictoires et à court terme. À la suite de ces deux rapports et d une mobilisation large de l ensemble des associations, la loi d orientation contre les exclusions de juillet 1998 a donné un cadre général et une orientation qui ont commencé à renouveler profondément la pensée et les pratiques. 3. Vers la cohérence des politiques et la coopération entre les acteurs Le rapport De Gaulle-Anthonioz a montré que des politiques publiques incohérentes fragilisaient encore plus les familles les plus défavorisées et étaient contre-productives. Il reste bien du chemin à faire. Étudions rapidement deux exemples de non-cohérence et leurs conséquences pour montrer que ce n est pas inéluctable. Les politiques d éducation, de soutien à la parentalité et de protection de l enfance Une des raisons majeures de la pauvreté est la privation d emploi, privation directement liée à la faiblesse des acquisitions scolaires et de la formation. De plus, le fait de grandir dans un milieu défavorisé est très fortement corrélé à l échec scolaire. En France, le taux d échec scolaire est le plus haut de l OCDE et le seul pays où la corrélation continue d augmenter ces dernières années. On voit bien ici un cercle vicieux s ériger. Aussi des politiques publiques se sont mises en place avec de gros efforts pour que les enfants et les jeunes défavorisés soient plus soutenus par l école (Zones d éducation prioritaires) ; les parents sont aidés pour soutenir leurs enfants (REAAP, Réseau d écoute, d appui, et d accompagnement des parents) ; enfin, les enfants sont directement aidés, en particulier par les départements (Aide sociale à l enfance). Mais ces trois efforts sont peu coordonnés, voire contradictoires. Ainsi, un projet expérimental entre ATD Quart Monde, l Éducation nationale et la mairie de Rennes s est avéré très positif : dans des écoles, un «espace parents» permettait de réfléchir à leur rôle dans l éducation, de mieux dialoguer avec les enseignants au lieu d en avoir peur et ainsi de retrouver confiance en eux. En parallèle, dans la même école, un espace pour les enseignants leur a permis de sortir du conflit chronique avec les parents, souvent interprété comme du mépris, et d apprendre à coopérer avec eux. Cette expérience se fonde sur l observation qu un enfant dont les parents et les enseignants sont en conflit et ne se comprennent pas, vit un conflit de loyauté et une dissonance cognitive qui l empêchent d apprendre en paix. Dans le quartier le plus pauvre de Rennes, cette expérience de dialogues collectifs parents enseignants, évaluée par l université, l académie et la mairie, a prouvé son efficacité sur la paix à l école et la réussite des enfants. Pour autant cette expérience n a jamais pu être reconnue comme faisant partie des réseaux de soutien à la parentalité, du fait qu elle semblait de l ordre de l Éducation nationale. D autre part, des interventions de l Aide sociale à l enfance ont ignoré cette expérience et plusieurs fois failli détruire la confiance qui commençait à renaître entre enfants, parents et école, en considérant à nouveau les parents comme des incapables. Les exemples abondent où Aide sociale à l enfance et école ne coopèrent pas ; les parents se trouvent dans des tensions intenables, de même que des enseignants peuvent se trouver face à des enfants confiés à l Aide sociale à l enfance sans clés de compréhension, créant encore plus de rejet de ces enfants. Inversement, la loi de 2008 sur la protection de l enfance prévoit que soit établi un projet pour l enfant entre parents et professionnels, mais peu osent le faire et l Éducation nationale n est presque jamais concertée. Ainsi, alors que pour la plupart des enfants la priorité est mise sur l école, les enfants les plus démunis sont traités différemment, d abord considérés comme à protéger ce qui sous-entend à protéger de leur milieu. En 2013, le rapport Versini-Madignier (respectivement ancienne défenseure des enfants et président d ATD Quart Monde), dans le cadre du programme pluri-annuel de lutte contre la pauvreté, préconise que plutôt que de voir, d un côté, la protection de l enfance et, de l autre, l Éducation nationale, il faudrait penser promotion et développement de l enfance avec tous les acteurs, dont les premiers intéressés : les enfants et les parents

11 Les politiques d aide sociale, de logement et d emploi Sans les développer autant, on pourrait dire la même chose des contradictions entre les politiques d aide sociale, de logement et d emploi. Par exemple, aujourd hui, les minima sociaux ne permettent pas d accéder au logement social. Il est absurde et coûteux d établir ainsi un plancher non-dit d accès au logement social et de faire payer à la collectivité l hébergement de centaines de milliers de familles, ce qui, en France, devient la solution durable. En région parisienne, par exemple, l hébergement en hôtel entraîne l errance et fait que les enfants changent sans cesse d école. Les enfants en arrivent à mentir sur leur lieu d habitation de peur de se faire traiter de SDF ou de «cas soc». ATD Quart Monde et Habitat et Humanisme ont prouvé que des remises sur loyers, appuyées en partie sur les surloyers des HLM, permettraient de loger en HLM les familles vivant avec les minima sociaux. Il en coûterait beaucoup moins cher aux comptes sociaux, et les familles sortiraient de l exclusion sociale bien plus vite si elles pouvaient sortir du ghetto de l hébergement avec toutes ses conséquences de stigmatisation. À l été 2013, ATD Quart Monde et ISM Corum ont réalisé un «testing» : le fait de vivre en centre d hébergement, à compétence égale, fait baisser de 30 % les chances d obtenir un entretien d embauche. Là encore, ceci n est pas inéluctable : le projet de promotion familiale mené par ATD Quart Monde à Noisy-le-Grand permet à des familles dans l errance de vivre dans un appartement intégré à une cité. Projet sous statut de Centre d hébergement et de réinsertion sociale (CHRS) innovant, où les familles restent le temps nécessaire, sans limite de temps ; elles sont intégrées au quartier et ont accès aux sécurités fondamentales : jardin d enfants, médiathèque, soutien à la famille, recherche d emploi. 80 % des personnes qui bénéficient de ce dispositif ne reviennent pas ensuite en centre d hébergement, alors que la moyenne nationale indique que 80 % des personnes accueillies dans ces centres y retournent. 4. Qui peut coordonner les politiques publiques si ce n est les premiers intéressés? Le défi du partenariat Par leur propre force sociale, les citoyens inclus réussissent à mobiliser et à coordonner les services publics à leur profit ; ce qui permet leur promotion. Pour les plus pauvres qui n ont pas de force sociale, les logiques institutionnelles et professionnelles contradictoires prennent le dessus. Tant que les plus démunis eux-mêmes ne sont pas pris comme des partenaires centraux par les institutions, aucune coordination ne peut réussir. Mais être partenaires et ne pas agir ou penser à la place des plus démunis, est un défi pour des institutions et des professionnels qui ont tendance au surplomb vis-à-vis des citoyens, a fortiori des plus démunis d entre eux. Réveiller la capacité des professionnels de coopérer et d apprendre, réveiller le pouvoir de penser et d agir des plus démunis, ce sont là les défis décisifs pour que les politiques publiques trouvent leur cohérence et leur efficacité. Il convient ici de dire que des politiques publiques trop éloignées des réalités des personnes voient un taux de non-accès ou de non-recours considérable. Ainsi, par exemple, 65 % des personnes ayant droit au RSA activité n y accèdent pas. Cette politique a été entachée de l idée que les personnes pauvres ne voulaient pas travailler parce qu elles gagneraient autant à ne pas travailler et qu une incitation économique les y déciderait. En réalité, les consultations approfondies de personnes en situation de pauvreté montrent depuis longtemps qu elles ont un désir profond de travailler mais que les obstacles sont essentiellement la formation, le coût du transport, la garde des enfants... et non pas la prétendue trappe de l assistanat. D autre part, l heure est tellement à la crainte que les pauvres soient fraudeurs, que les dossiers pour obtenir le RSA activité sont volumineux et très intrusifs. D après nos travaux et ceux de l Odenore (Observatoire du non-recours, CNRS), ce sont les deux raisons principales de ce non-accès qui signe l échec d une politique publique pourtant fortement médiatisée. Il est reconnu aujourd hui qu une politique publique réussit mieux si elle associe les premiers intéressés à sa conception, sa mise en œuvre et son évaluation. La participation a bien été mise en œuvre pour le RSA, mais trop superficiellement et par là-même a été contre-productive. Notre évaluation, pour le gouvernement, de la participation à la gouvernance du RSA a montré que trop souvent celle-ci se réduit à faire participer un ou deux bénéficiaires avec une dizaine de professionnels et d élus aux «équipes pluridisciplinaires» qui étudient les situations et orientent les usagers, et coupent l allocation en cas de non-respect. Sans formation, sans collectif pour se forger une pensée, et très minoritaires dans ces équipes, les allocataires participants sont souvent mal à l aise, et parfois mis dans une telle position impossible qu ils en deviennent plus durs que les professionnels

12 La participation des plus démunis à l élaboration, la mise en œuvre et l évaluation des politiques publiques n est possible que si elle s appuie sur des espaces collectifs où ils peuvent forger leur compréhension des problématiques, construire leur propre savoir et si les autres parties prenantes acceptent d entrer dans une démarche de «croisement des savoirs et des pratiques». Par cette démarche, le savoir et la pensée des personnes en situation de pauvreté jusque-là inconnus des autres acteurs peuvent vraiment apparaître ; et les différents acteurs peuvent déconstruire avec eux leurs propres représentations, savoirs et analyses pour reconstruire des analyses partagées qui permettent la coopération. La lutte contre la misère fait des avancées quand l État social, issu du programme du Conseil National de la Résistance, se transforme en mobilisation des institutions et des citoyens, et quand les professionnels et les citoyens inclus et exclus apprennent à se comprendre et à coopérer. Bruno Tardieu Délégué national ATD Quart Monde 5. Sortir de la pauvreté : une mobilisation de tous les citoyens Nous ne pouvons terminer cette brève description d une approche globale de sortie de la misère sans ajouter que les professionnels seuls ne peuvent pas imposer la cohésion sociale. Si les citoyens ne veulent pas des plus démunis d entre eux, le droit ne suffira jamais. Par exemple, si le pays décide de mettre en œuvre la Couverture maladie universelle (CMU), mais que des médecins, en nombre, choisissent de refuser les clients bénéficiaires, la politique publique est annihilée. «Pour une minorité de médecins qui refusent la CMU, toute la population défavorisée craint et évite d aller chez le médecin», disait la ministre de la Santé, Marisol Touraine, le 17 octobre 2013, Journée mondiale du refus de la misère. Ce même jour, à l Assemblée nationale, à l invitation de son président, une centaine de personnes en situation de pauvreté tenaient un atelier de travail avec des députés de tous bords, plusieurs ministres et Dominique Baudis, le défenseur des droits, sur la question de la discrimination pour cause de pauvreté. Dominique Baudis a officiellement demandé que celle-ci soit reconnue par la loi, afin que tous les citoyens, toutes les organisations se rendent compte que s ils traitaient les personnes en précarité plus mal que les autres, aucune politique publique ne viendrait à bout de la pauvreté. Le succès du livre En finir avec les idées fausses sur les pauvres et la pauvreté montre que nos concitoyens en ont assez des préjugés. Ces préjugés sont humiliants pour les pauvres, les réduisent au silence et entraînent les autres citoyens à les traiter différemment. Une centaine d associations et syndicats se joignent à cette campagne «Combattre la pauvreté, c est d abord combattre nos préjugés» et une pétition «jeneveuxplus.org» a déjà recueilli signatures. Références Le souci des plus pauvres Dufourny, la Révolution française et la démocratie, Michèle Grenot, Éditions Quart Monde, Presses universitaires de Rennes, 2014 Grande pauvreté et précarité économique et sociale, rapport présenté au nom du Conseil économique et social par Joseph Wresinski, 1987 Livre blanc Discrimination et Pauvreté - «On n est pas traités comme tout le monde», étude ATD Quart Monde et ISM Corum, octobre 2013 Artisans de démocratie, de l impasse à la réciprocité, Jona Rosenfeld, Bruno Tardieu, Les Éditions de l Atelier / Éditions Quart Monde, Paris, 1998 Le croisement des savoirs et des pratiques, Groupes de recherche Quart Monde-Université et Quart Monde partenaire, Les Éditions de l Atelier / Éditions Quart Monde, Paris, 2008 Le croisement des pouvoirs, sous la direction de Claude Ferrand, Les Éditions de l Atelier / Éditions Quart Monde, Paris, 2008 En finir avec les idées fausses sur les pauvres et la pauvreté, Jean-Christophe Sarrot, Bruno Tardieu, Marie-France Zimmer, Les Éditions de l Atelier / Éditions Quart Monde, Paris,

13 Des solutions innovantes à de multiples problématiques liées à la pauvreté sont mises en œuvre par les entrepreneurs sociaux mais, vu la taille des enjeux actuels, de nouveaux relais de croissance leur sont indispensables. Il est clair que les pouvoirs publics n arrivent pas non plus, seuls, à répondre à l ampleur des besoins. De nouveaux modèles, positionnant l entreprise privée traditionnelle comme un acteur direct dans des solutions hybrides, commencent à émerger. Cette démarche, encore embryonnaire car les différents secteurs restent souvent cloisonnés, représente un énorme potentiel, peu exploité, mais capable de faire émerger des collaborations permettant une création de valeur économique et sociale partagée et des styles de leadership basés sur des principes d acteurs de changement. Un manque de citoyenneté économique Aujourd hui plus de 16 % de la population de l Union européenne vit en situation de pauvreté et, de ce fait, est souvent privée de la pleine «citoyenneté économique». Un chiffre marquant alors que l on associe encore bien souvent la pauvreté aux pays en voie de développement. En augmentation au cours des dernières années, ce chiffre cache aussi des différences importantes entre les pays - la France est à 14 %, alors que l Espagne culmine à 22 % mais les populations les plus exposées sont les chômeurs, les familles monoparentales, les moins de 25 ans et les ruraux. De nouveaux modèles à la croisée du social, du privé et du public Stéphanie Schmidt Malgré leurs faibles revenus, les plus précaires dépensent collectivement des sommes importantes en 2010, c est un total de 220 milliards d euros pour les 7 pays européens 7 faisant l objet d une étude 8 menée par Ashoka avec le soutien d Accenture France. Malgré cet enjeu économique, la grande majorité des grandes entreprises n investit guère pour innover dans des offres qui soient adaptées aux populations concernées. Résultat, elles ciblent toutes les segments de populations plus aisées, considérés comme attractifs et rentables. Tandis que les foyers pauvres ne trouvent pas les produits et services adaptés à leurs besoins ou sont (7) France, Allemagne, Royaume Uni, Pologne, Espagne, Irlande et Belgique. (8)

14 victimes de la double peine et payent en proportion plus cher que le reste de la population pour ces mêmes produits et services. En effet, ne pouvant pas acheter des volumes suffisants, ils ne bénéficient pas de tarifs avantageux - ceci s applique aux produits de consommation, mais également au logement ou à l énergie ou encore aux crédits, où le coût à l unité est plus élevé pour les petits consommateurs -, n ont pas de voiture pour se rendre dans les supermarchés pratiquant les meilleurs prix ni de connexion Internet pour accéder aux meilleures offres. Ils sont souvent victimes d un cercle vicieux : quand on est au chômage, on n a pas les moyens de faire garder ses enfants pour chercher un emploi ; on ne paye plus pour son assurance automobile. Quand on est pauvre, on consomme des aliments de moins bonne qualité nutritive, plus chers, ce qui se répercute sur l état et les frais de santé, alors qu on n a pas les moyens de prendre une complémentaire santé. La pauvreté est un phénomène complexe, qui va bien au-delà des questions matérielles, se traduit par un état d esprit, un manque d opportunités et de réseaux et une exclusion sociale. C est aussi une réalité au quotidien. Imaginez-vous un instant vivre avec moins de 18 euros par jour pour couvrir tous vos besoins : se nourrir, se loger, se chauffer, se déplacer, etc. Les dépenses vont alors à l essentiel, avec 45 % du budget familial lié à des dépenses contraintes, «pré-engagées», comme le logement et l énergie. Les chiffres sont parlants : - 12 millions de personnes subissent des privations sévères liées au logement et 21 millions n arrivent pas à chauffer correctement leur logement (sur le périmètre géographique de l étude) ; - 60 % des Français, en 2010, ont différé ou renoncé à des soins de santé pour des raisons économiques ; - 15 millions de personnes sont au chômage, dont 45 % sont en situation de pauvreté. 2 pour se déplacer 5 pour se loger 4 pour se nourrir 1 2 pour pour se soigner se et s assurer chauffer 1 pour s habiller 1 pour communiquer 1 pour se divertir 1 pour équiper son logement Les entrepreneurs sociaux, pionniers de la lutte contre la pauvreté Que faire face à des problématiques sociétales qui ne cessent de s aggraver? Il est de coutume, dans les pays d Europe occidentale, de penser qu il est du ressort des pouvoirs publics de trouver des solutions à la pauvreté, et d en attendre des réponses. Néanmoins, certains individus se lancent dans le développement de solutions nouvelles après avoir été touchés personnellement par une problématique sociétale ou après avoir identifié un nouvel angle pour attaquer un problème (insight). Ces individus les entrepreneurs sociaux - combinent une forte mission sociale et le désir de changer la société avec toutes les qualités traditionnelles d un entrepreneur : vision ambitieuse, capacité de traduire cette vision en modèles d intervention concrets, créativité, prise de risque et persévérance face aux multiples défis rencontrés en chemin. Les entrepreneurs sociaux, en Europe comme dans le reste du monde, représentent une pépinière d actions nouvelles permettant de lutter contre la pauvreté. Quelques exemples : - Guillaume Bapst, fondateur du réseau ANDES, permet aux plus pauvres de sortir de la logique de l assistanat dans laquelle les maintiennent souvent les systèmes sociaux. Dans les épiceries solidaires du réseau, les plus précaires peuvent choisir parmi une offre diversifiée de produits vendus entre 10 et 30 % de leur prix, et bénéficient d un accompagnement individuel, pour mener à bien un projet personnel, et d ateliers thématiques (nutrition et santé, finances familiales ). Son modèle économique d épicerie solidaire auto-suffisante offre aux personnes vivant sous le seuil de pauvreté un tremplin vers la citoyenneté économique, en permettant de résoudre le problème de l exclusion - économique et sociale - et celui de la mauvaise situation sanitaire des bénéficiaires de l aide alimentaire. Aujourd hui plus de 260 épiceries adhèrent au réseau et servent personnes chaque jour. Quatre sites de valorisation de fruits et de légumes ont en outre été mis en place ; - François Marty, fondateur et responsable de Chênelet, s attaque au problème de la qualité souvent médiocre des logements sociaux (dont manquent encore en France). Il construit donc des maisons écologiques en logement social qui, utilisant des matériaux naturels locaux, permettent de diviser la consommation d énergie par cinq (de même que les factures des occupants). Il permet également l insertion par le travail de chômeurs de longue durée dans un secteur qui reste porteur. Les entrepreneurs sociaux trouvent des solutions aux problèmes auxquels les pouvoirs publics sont incapables de faire face. Avec une 24 25

15 perspective entreprise, on peut aussi dire qu ils se concentrent sur les défaillances des marchés, créant des produits et des services pour les personnes exclues des approches traditionnelles - personnes âgées, handicapées, exclues du marché du travail, immigrées, etc. Mais, les problèmes ont pris une telle ampleur et apparaissent à une telle vitesse que, pour les résoudre suffisamment vite et à une échelle adéquate, il est devenu crucial de trouver de nouveaux moyens. Il faut donc regarder au-delà des divisions traditionnelles entre secteurs et impliquer tous les acteurs essentiels, notamment les entreprises classiques, de manière innovante et sans a priori ni schéma préconçu. De nouveaux leviers pour sortir de la pauvreté Aujourd hui près de 60 % des 150 entités économiques les plus importantes dans le monde sont des entreprises. Avec une telle influence et un tel poids, elles représentent un potentiel de taille pour les entrepreneurs sociaux. Après plusieurs décennies de développement, les leviers favoris des entreprises dans la lutte contre la pauvreté et ses conséquences - la philanthropie et les programmes traditionnels de responsabilité sociale (RSE) -, qui se concentrent sur des aspects de communication ou d impact local, montrent souvent leurs limites en n ayant guère plus d effet qu une goutte d eau dans l océan, surtout par rapport au potentiel réel qu a une entreprise d agir en véritable acteur de changement. Alors que traditionnellement de nombreux entrepreneurs sociaux cherchent à influencer les politiques publiques afin de pouvoir gagner en impact, le secteur privé reste absent de l évolution de l entrepreneuriat social, avec un potentiel largement inexploité. Pendant longtemps des différences idéologiques profondes n ont-elles pas divisé les différents secteurs de l économie? C est vrai, mais de plus en plus d entrepreneurs sociaux adoptent une position pragmatique et recherchent de manière proactive des liens avec les entreprises, comme le démontre la dernière édition du Baromètre de l Entrepreneuriat social, réalisée par OpinionWay (voir encadré). Au-delà de leur capacité de financement, il paraît intéressant à ces entrepreneurs sociaux d explorer les possibilités d actions communes avec les entreprises, et qui impliquent leur cœur de métier afin de gagner en pérennité et en impact : la force de frappe des entreprises au niveau opérationnel, l innovation et la capacité de développement de nouveaux produits/services, les savoirfaire en matière de distribution sont autant d atouts à exploiter. Chiffres clés du Baromètre de l entrepreneuriat social À la question «Selon vous, de quoi manque l entrepreneuriat social pour se développer?», la réponse «les partenariats avec les entreprises» arrive en 2 e position (52 % des réponses), après le financement. Selon vous, de quoi manque l entrepreneuriat social pour réussir à se développper? Trois réponses possibles - Total supérieur à 100 % De moyens financiers De partenariats avec des entreprises 52 % De la reconnaissance des pouvoirs publics 48 % De personnes qualifiées et motivées 35 % D outils et de méthodologies 21 % De formation pour les entrepreneurs sociaux 17 % Autres 10 % Entrepreneurs sociaux 65 % NSP 0 % -4 % -4 % -8 % -4 % Comparatif par rapport à la vague 4 (juillet 2012) Qu attendriez-vous d une collaboration avec des entreprises classiques ou des pouvoirs publics? Trois réponses possibles - Total supérieur à 100 % Entrepreneurs sociaux Des débouchés accrus pour vos produits ou services 68 % La conception en commun 62 % de nouveaux produits/services Des soutiens financiers 43 % -9 % Des transferts de compétences La résolution de problèmes légaux ou administratifs Des subventions Autres 33 % 30 % 13 % 6 % NSP 0 % -3 % -9 % +2 % +9 % Comparatif par rapport à la vague 4 (juillet 2012) -2 % +17 % -1 % 26 27

16 Afin de pouvoir pérenniser l engagement des entreprises dans des actions sociétales, la réciproque doit être également vraie. Comment les entreprises traditionnelles peuvent-elles bénéficier de ce nouveau type de relations, allant au-delà d actions ponctuelles? Outre les aspects de positionnement en tant qu entreprise responsable, de communication et de motivation des collaborateurs, certes légitimes et importants pour les entreprises, il semble important d explorer les bénéfices inattendus d une collaboration avec des organisations sociales, tels que l innovation en termes d offre et de modèles d intervention et le développement de nouveaux marchés. Cela peut paraître polémique ou indécent, mais collectivement les plus précaires dépensent des sommes importantes dans des biens et services essentiels de la vie quotidienne qui, de surcroît, ne sont bien souvent pas adaptés à leurs besoins comme nous l avons vu précédemment. Sans chercher à «faire de l argent sur le dos des pauvres» les entreprises traditionnelles peuvent rationaliser leur implication dans des solutions permettant de sortir de la pauvreté par des arguments économiques. 71 % des dépenses sur 5 postes Logement Alimentation Transport 220 MDS d'euros de dépenses totales des populations pauvres en Mds Santé, assurances, protection sociale 13 Énergies 12 Habillement (9) Source : étude Ashoka avec le soutien d Accenture France Loisirs/Culture Communication Biens d'équipement Alcool/Tabac Articles de loisirs Enseignement Autres Total Face à la faible croissance économique et au taux de chômage élevé en Europe, les entreprises sont incitées à chercher de nouveaux relais de croissance et de nouvelles formes de compétitivité. La co-création de produits ou de services, en collaboration avec des entrepreneurs sociaux qui sont de fins connaisseurs du terrain, peut non seulement leur permettre de détecter les défaillances des marchés plus rapidement et de trouver des solutions créatives pour les surmonter, mais aussi de prendre une longueur d avance dans leur secteur. Les entrepreneurs sociaux sont généralement précurseurs de tendances et détecteurs de nouvelles solutions. En temps de crise, ils sont capables d inverser la logique traditionnelle d entreprise, de réduire le coût de leurs solutions autant que possible, de fonctionner avec un budget très limité et d être extrêmement «orientés client», car ils sont axés sur le problème sociétal à résoudre plutôt que sur leur offre. Les premiers entrepreneurs sociaux du réseau Ashoka qui, dans leur quête de développement de leur impact, ont commencé à réfléchir à la question de la co-création, l ont fait il y a une dizaine d années déjà. Mais des barrières importantes entre le monde des organisations à vocation sociale et le monde de l entreprise existaient et, pour beaucoup, subsistent. On peut citer notamment le manque de visibilité et de crédibilité des entrepreneurs sociaux aux yeux du monde de l entreprise (il existe peu d opportunités de rencontres et d échanges entre les différents milieux, hermétiques), les différences dans les finalités premières - création de valeur économique d un côté, création de valeur sociale de l autre -, des codes culturels parfois trop prégnants, mais aussi la frilosité des entreprises à se lancer dans l exploration active d opportunités business impliquant des populations précaires et nécessitant de transformer leurs façons de faire. Pourtant, des exemples de co-création réussie existent : - Jean-Louis Kiehl est à la tête de Cresus, une organisation à but social qui combat le surendettement pour éviter l exclusion financière et les conséquences sociales et familiales souvent dramatiques qui en découlent. Plutôt que de lutter contre les institutions financières à l origine des prêts, Cresus a mis en place, depuis 2009, une plateforme de détection précoce des clients à risque et d accompagnement avec une aide budgétaire et d autres mesures de soutien. Cette plateforme, établie tout d abord avec la Banque Postale, compte désormais une trentaine de partenaires banques, compagnies d assurance et autres entreprises qui l ont intégrée à leurs processus. De façon innovante, ces institutions permettent la mise en place d un dispositif que Cresus n aurait pas pu organiser seul et qui réduit le risque d exclusion écono

17 mique et sociale. Entre 60 et 80 % des bénéficiaires de Cresus arrivent à surmonter de manière durable leur surendettement. Sur le plan économique, les institutions concernées améliorent le taux de remboursement de leurs crédits, en évitant des pratiques de recouvrement agressives, et peuvent donc s engager sur la durée. Les enjeux globaux sont également de taille : en 2010 le surendettement représentait 195 millions d euros de frais pour l État et 6 milliards d encours en péril. Cresus a milité également pendant des années pour la création d un fichier national des crédits ; - pour insuffler une dynamique nouvelle dans les quartiers populaires les plus pauvres, Anne Charpy, à la tête de la jeune organisation «Voisins Malins», fait émerger un réseau d habitants leaders positifs. Allant à la rencontre des habitants chez eux, ces «voisins malins» recréent du lien social, mobilisent les gens dans la vie locale et les reconnectent avec les grandes entreprises de services et les institutions qui sont coupées des franges les plus fragiles de la population, lesquelles n ont souvent pas accès aux services, méconnaissent leurs droits et souffrent d un sentiment d abandon. C est grâce à des partenariats montés avec des entreprises et des collectivités locales, que Voisins Malins apporte aux habitants des informations utiles à leur vie quotidienne, recueille leurs besoins et permet à ses partenaires d adapter leurs pratiques et offres. Les exemples des pionniers de la co-création, qui ont mis en place des partenariats gagnant-gagnant entre des entreprises sociales, des entreprises classiques et des pouvoirs publics, sont importants à comprendre et analyser pour permettre la duplication de ces modèles dans d autres pays ou d autres secteurs. Dans le contexte européen, le rôle des pouvoirs publics est essentiel à deux niveaux. Au niveau national, pour mettre en place un cadre fiscal et légal favorable aux modèles de co-création et plus généralement d entrepreneuriat social ou de business inclusif, et pour identifier les modèles innovants d entrepreneurs sociaux pouvant être intégrés au secteur public. Une étude menée par Ashoka, avec le soutien de McKinsey, a analysé les gains économiques, actuels et potentiels, d une dizaine d entrepreneurs sociaux français, tels que Siel Bleu qui prévient la dépendance des seniors/handicapés par une activité physique adaptée. Si le «système» Siel Bleu était généralisé à l ensemble des Français, le potentiel économique serait important, a estimé l étude Ashoka/McKinsey. Sur deux pathologies seulement les chutes et le diabète de type II, les économies atteindraient 15 milliards d euros sur 3 ans. D autre part, au niveau des territoires, des incitations pourraient être mises en place pour attirer l expérimentation et la duplication de modèles innovants, créateurs d emplois ou apportant des réponses à des problématiques liées à la pauvreté. ENTREPRENEURS SOCIAUX Démultiplication de leur impact social à grande échelle en mettant à profit les «actifs» de la grande entreprise Création de nouveaux revenus pour les projets sociaux Accès à de nouvelles compétences La co-création et ses opportunités pour le social, le privé et le public POUVOIRS PUBLICS Retour sur investissement des programmes sociaux Impact sur les finances publiques Renforcement de l «économie positive» Vers un nouveau mode organisationnel? ENTREPRISES De nouveaux marchés incluant les populations vulnérables Un laboratoire d innovation de rupture sur le cœur de métier Un positionnement RSE et une empreinte sociale renforcés Un vecteur de motivation des collaborateurs en quête de sens L entrepreneuriat social était un concept nouveau il y a trente ans (bien que le phénomène soit ancien, même si peu répandu, avec l empereur indien Ashoka, né quelque 300 ans av. J.-C., ou encore Maria Montessori au XIX e siècle), et il a fallu identifier les exemples à fort potentiel pour leur donner de la visibilité auprès du grand public et des organismes/ individus influents (grandes fondations, personnalités, monde universitaire, etc.), afin que le secteur se structure et que tout un écosystème de soutien se crée. Aujourd hui, le potentiel du secteur reste important, mais la reconnaissance et l impact sont réels. De la même manière, il est important aujourd hui de donner de la visibilité à cette nouvelle tendance qu est la co-création, et à ses profondes implications pour la société, pour les organisations sociales et pour les 30 31

18 entreprises. Ashoka s est donc donné pour objectif d en identifier les pionniers en Europe, de mettre en valeur leurs projets, de les soutenir pour qu ils se développent, et d inciter d autres innovateurs à se lancer afin que la co-création devienne à terme un modus operandi standard en collaboration avec les organisations qui partagent cette vision. Pour ce faire, des partenaires et acteurs clés doivent être rassemblés - entrepreneurs sociaux, entreprises, institutions publiques, médias et investisseurs - afin de développer à grande échelle cette approche reposant sur trois piliers : - des modèles d entreprise innovants, créant de la valeur pour tous : entreprises, organisations sociales et société. Après la vague d investissements axés sur l environnement, l époque appelle le social, qui doit prendre toute sa place ; - des modes d interaction et de collaboration entre secteurs différents, allant au-delà du mécénat classique ou d actions indépendantes du cœur de métier des partenaires afin d assurer aux engagements pérennité et potentiel de croissance. Par-delà les partenariats entre une entreprise et une organisation sociale, de véritables systèmes hybrides sont nécessaires, basés sur la participation de multiples organisations se jouant des barrières entre secteurs afin d attaquer des problèmes complexes et recherchant des expertises distinctes et complémentaires ; - de nouveaux styles de leadership centrés sur les compétences d acteurs de changement et d entrepreneuriat/intrapreneuriat comme un dénominateur commun entre les organisations qui s engagent avec succès dans ces nouvelles voies. À terme, les organisations qui n ont pas saisi l importance d intégrer les acteurs de changement qui raisonnent en termes de valeur pour tous au sein des équipes, resteront à la traîne ; et les meilleurs talents refuseront de travailler pour celles qui n ont pas mis en place un environnement favorable aux acteurs de changement. C est une nouvelle révolution qui est en route, elle a le potentiel de transformer l économie et la société. Stéphanie Schmidt Directrice Co-Création chez Ashoka Quand je serai grand je serai Abd El Haq 32 33

19 Je pouvais rester au lit toute la journée à me faire mon cinéma. Image par image, séquence après séquence en noir et blanc, muet. Je connaissais l enchaînement des dialogues par cœur. Acteur principal, réalisateur, producteur de ma série B «ou comment tout a commencé» Une seule prise toujours, moteur, action. L expression sur le visage des personnages, je la connaissais à la perfection. Un mercredi de février, le rendez-vous au bureau de la directrice des Ressources humaines. Ses yeux dirigés vers son visage, les lèvres disent : «Cela n a rien à voir avec vos compétences, votre implication, vos résultats. Le groupe a changé de stratégie, réoriente son activité.» La porte de son bureau qui se ferme sur un dernier «Je suis désolée». Les six mois suivants où je faisais semblant, semblant de prendre la voiture, d aller au bureau, de faire des heures supplémentaires, de ramener du travail à la maison, de remplir mon agenda fictif de tâches et de noms. Je jouais la montre, faisais durer l illusion. Puis, elle l a su. Il faut toujours qu un collègue vienne demander de vos nouvelles un samedi sous les néons d un supermarché entre le riz basmati et les céréales allégées. Ce fut la chanson des reproches avec ses couplets en «Pourquoi?» «Quand?» «Comment?» et «Je croyais qu on pouvait tout se dire» Le coup de canif dans le contrat, la confiance qui vole en éclats. J essayais, j essayais de temporiser, de dire qu il fallait être patient, que j allais décrocher des entretiens, que tout irait bien. J essayais de dédramatiser face aux lettres de refus types qui se multipliaient, d oublier les phrases rengaines «le marché de l emploi va mal», «notre métier est en crise vous le savez». J essayais de faire un croc-en-jambe au temps, de sauter au cou de la déveine, ce sera pour une prochaine, une prochaine, une prochaine, une prochaine. Les jours filaient, je répondais aux annonces en rageant devant mon ordinateur, les mots-clés des rédacteurs, je les connaissais par cœur. Pour chaque offre, j étais dynamique, force de proposition, expérimenté, polyvalent. Je copiais, collais, coupais, mes indemnités arrivaient à leur terme. Entre deux candidatures, paupières mi-closes, je voyais danser les sigles RSA, ASS, ASS, RSA. Un jour quand je serai grand, je serai «p», «p», «précaire» Je découvrais la peur sans son salaire, les «Mais qu est-ce qu il leur faut?» «Qu est-ce que je dois faire?» Grammaire de la solitude, conjugaison de l inactivité : futur noyé par le présent, dictature de l immédiat. Syntaxe du silence, points de suspension, deux ombres se croisaient (sans ouvrir la bouche) à la maison. Un temps, je finissais sur le canapé mes nuits d interrogation. Puis, j ai dû prendre mes affaires, laisser la voiture, quitter l appartement, enfermer mon existence dans des cartons. Le décor avait changé. Je dormais chez mon frère, des connaissances, des copains, des amis : «Bienvenue avec plaisir, tant que tu veux», ils m avaient dit. Désormais pour parer au plus urgent, je privilégiais les formulaires aux candidatures, le bureau de l assistante sociale à celui des recruteurs. Lentement, très lentement, triomphe de la résignation. Pour la première fois, je découvrais l altérité en empruntant le sentier de la dépendance : le salon, le sofa, le clic-clac, le réfrigérateur, la télévision, les photos, tout, tout appartenait à l autre. Je me levais avec eux, préparais le petit déjeuner, accompagnais les enfants à l école s ils en avaient puis j errais. Les heures, le calendrier n avaient plus de sens. J entrais dans un bar pour un café et y restais jusqu à ce que le serveur me demandât de renouveler ma commande. Je faisais du lèche-vitrine ou pénétrais dans les boutiques en jouant au client hésitant. Je traînais dans les jardins publics ou les fast-foods et les bibliothèques avec connexions wifi jusqu à la fermeture. De plus en plus taciturne, le visage redessiné par l absence de sourire, je découvrais que je n étais pas le seul. Il y avait là dans ces lieux et à l extérieur, tout un peuple vivant en deçà du médian sous le seuil, une équipe nationale d anonymes, spécialistes de la retenue, experts en divisoustraction, une garnison habituée à la gêne à force de ne connaître que le strict nécessaire. J étais des leurs et allais apprendre à mieux les connaître. Pendant trois ans (je n arrivais pas à le croire trois ans) J avais dormi ici et là. Inexorablement l accueil chaleureux de mes hôtes se muait en agacement, ils me faisaient comprendre que je n en faisais jamais assez pour m en sortir «Et au fait, tu comptes rester combien de temps? On a aussi notre vie tu comprends» J avais épuisé mon carnet d adresses et tapais aux portes des associations. Intra muros et petite ceinture, je commençais la traversée des hôtels : Château-Rouge, Asnières Gennevilliers, Noisy-le-Sec, Drancy, Saint-Ouen, Saint-Denis, Nanterre. À la semaine ou au mois, eau et gaz à tous les étages, murs qui laissent tout passer, éclats de voix, promiscuité, gaieté. Dans sa chambre ou dans les couloirs, il fallait faire attention à ses affaires au peu d affaires qu ils restaient

20 J étais bousculé, tutoiement généralisé, intimidations ou échanges de services en un clin d œil, tapes sur l épaule. Je venais d une classe moyenne dite aisée où les joies se partageaient pas les peines où la réussite et l ambition personnelles étaient reines. Je restais quelques jours, semaines, parfois quelques mois. Gueules cassées, primo-arrivants, accidentés de la vie, immigrés simplement de passage ou locataires longue durée. Ce fut chez Salah «Aux Trois Frères» à Nanterre que je retrouvais l envie. «Sortez de là dedans, c est pas dans vos 11 m² que vous allez refaire le monde» S ensuivit de longues veillées dans la salle du restaurant où les plats du jour tracés à la craie faisaient face aux portraits, Coluche près de Dietrich et Zidane de Signoret. Ils m exhortaient d arrêter de faire la gueule et de rester dans mon coin il y avait Véro l ex-infirmière, Ibrahima le maçon, Jacques le retraité, Jeanne sans emploi qui vivait seule avec sa fille Lilly, le noyau dur. Ils s étaient apprivoisés en se racontant leurs histoires, l avant, la galère, ce qu ils comptaient faire. C était à mon tour, le soir de mes présentations et toi alors? Je racontais la grande entreprise, le marketing, les études de marché, le retour sur investissement et les statistiques. À l évocation de ce terme, Jacques avait rebondit «Le reste, je sais pas vraiment ce que c est mais la statistique ça on connaît» Fou rire général ou quand l humour broie le désarroi. De discussions en discussions, la cuisine s est transformée en salon chacun y allait de sa gueule et de sa proposition : Crèches monoparentales, dépôts-ventes solidaires, éducation aux soins, ateliers CV, cours de soutien. Chacun son rôle, sa partition entre rêve et réalité. Je croyais qu ils plaisantaient, paroles de comptoir, promesses de Gascon mais non Jeanne à l administration, Ibrahima et moi à la logistique et à la direction du projet, Jacques et Véro porte-paroles. Je recommençais à ouvrir la bouche, libérais mes dents, de nouveau j écoutais. Quittais l imparfait pour le présent : moteur, ACTION. Abd El Haq Auteur interprète slameur L emploi pour sortir de la pauvreté Hervé Ingardia 36 37

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