PLAN CÔTIER DE REGHAIA

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1 REPUBLIQUE ALGERIENNE DEMOCRATIQUE ET POPULAIRE MINISTERE DE L AMENAGEMENT DU TERRITOIRE ET DE L ENVIRONNEMENT PLAN CÔTIER DE REGHAIA ACTIVITE: SITES NATURELS ET BIODIVERSITÉ TERRESTRE ÉTAT DES LIEUX ET DIAGNOSTIC Hamdane MEZIANE PHASE :1 Juillet 2012

2 i Introduction La zone de Réghaïa-Heuraoua constitue la partie la plus septentrionale de la plaine agricole de la Mitidja ; c est là que cette plaine entre en contact direct avec la Méditerranée. C est un territoire où les vocations agricoles sont dominantes et où les tableaux champêtres impriment fortement le paysage. Mais c est aussi une zone, notamment la commune de Réghaïa, où les activités industrielles sont importantes, d envergure nationale. Cette orientation industrielle du développement aura fatalement induit une urbanisation très dense, au détriment, bien évidemment, des espaces agricoles et naturels, qui ont connu une grande régression, en particulier depuis une trentaine d années. Les impacts directs du développement industriel et urbain sont une réduction des milieux naturels et, par voie de conséquence, de la diversité végétale et animale et une disparition quasi-totale de ressources génétiques rares comme c est le cas, par exemple, des chênes liège de la forêt de Kerrouch, à Réghaïa, sur sables pliocènes, écotype particulier que l on ne rencontre que beaucoup plus à l ouest, dans la région d Oran (Forêt de M sila) et au Maroc (Forêt de la Mamora). Du fait même de ces vocations, agricole puis industrielle, la région ne recèle encore que peu de sites naturels. Hormis la suberaie de Kerrouch, qui a disparu presqu entièrement, dévorée par l urbanisation, il existe dans cette zone un site remarquable, le Lac de Réghaia, né de la construction d une digue sur le cours de l oued Réghaïa, en 1930, et son marécage qui représente le dernier vestige de l ancienne Mitidja marécageuse. C est est un espace fort original dans la région, il a été classé, pour son importance comme espace naturel et réserve de biodiversité, zone humide RAMSAR. Ce site, dénommé Réserve du Lac de Réghaïa, est, aujourd hui, l unique sanctuaire où la nature a trouvé refuge dans toute la zone, il sera l élément principal de ce rapport de phase. La réserve abrite une faune variée, autochtone ou de passage (oiseaux), dont certaines espèces sont protégées aux niveaux national et international et d autres menacées ou en danger d extinction. Au plan floristique, la végétation de l embouchure et les groupements hygrophiles des bords du lac présentent une originalité et doivent être préservés. Sur son flanc Est, surtout, la pratique de l agriculture reste dominante et le glacis agricole ainsi constitué forme une véritable zone tampon entre les espaces de biodiversité de la zone du Lac et le reste du territoire dans ses aspects urbains et industriels. Le site reste, malgré tout, exposé à toutes sortes de dégradations, dont la pollution, l extraction des sables dunaires, le braconnage et le parcours incontrôlé n en sont pas les moindres. On imagine aisément l impact de ces nuisances sur la renouvellement et l intégrité des communautés animales et végétales ; certaines espèces d oiseaux sont probablement dissuadées d y nicher. Cet espace, qui s étend sur quelques centaines d hectares seulement, est constitué d une mosaïque d habitats, marécageux, lacustre, dunaire, forestier et agraire, qui en fait un véritable réservoir de diversité biologique végétale et animale ; on y a inventorié plus de 400 espèces végétales, plus de 150 venant s ajouter aux quelques 250 déjà dénombrées, suite aux récentes prospections (mai 2005) réalisées par des botanistes du conservatoire du littoral français, et plus de 260 espèces d animaux, sédentaires ou de passage. A titre de comparaison, le nombre d espèces végétales recensées dans le parc national de Chréa, à 50 km de là, d une superficie de plus de ha, n est que de 789. Malgré son importance reconnue comme réserve de biodiversité, le Lac, et ses annexes, ne jouit d aucun statut juridique officiel mis à part un arrêté du 2 novembre 1999 émanant du défunt Gouvernorat du Grand Alger portant protection de la zone humide de Réghaïa et proposant le classement du site comme réserve naturelle. Les aspects juridiques risquent donc de grever lourdement l avenir de cet espace dont la valeur écologique est reconnue par tous. Ce deuxième rapport a pour objet l évaluation de l état des milieux naturels et de la biodiversité dans la zone et l établissement d un diagnostic à même d identifier les contraintes qui risquent de compromettre des équilibres déjà fragilisés. L analyse préliminaire (AFOM et FMPEIR), esquissée dans le rapport 0 ou rapport de cadrage, a déjà permis de poser des jalons assez précis qui serviront de balisage pour l évaluation de l état général du site. Il faut d ores et déjà admettre que l extension des centres urbains environnants et des hameaux créés de toutes pièces intra muros, et souvent précaires, accentue la pression sur les écosystèmes (parcours, braconnage, déprédations de toutes sortes) et risque de compromettre à court terme l existence même de ces espaces naturels. Le tourisme 1

3 balnéaire, très intense, l extraction des sables et le parcours ont déjà déstabilisé les habitats dunaires, très fragiles, qui se trouvent ainsi les plus exposés à la destruction totale. La pollution du lac est attestée aussi bien par la rareté de la flore et de la faune aquatiques que par les résultats des analyses de qualité physico-chimiques et biologiques ; les eaux y parvenant ne sont pas épurées dans leur totalité et la station d épuration n assure que le traitement primaire des eaux usées domestiques. Un ensemble de mesures, juridiques, administratives et techniques, doivent être prises en urgence pour un règlement rapide des contraintes les plus évidentes. La surpopulation du territoire est une contrainte objective qui risque de compromettre la durabilité de ce site sensible; il s agit d intégrer, à la fois, les préoccupations des populations et celles des autorités chargées de l aménagement et de l administration du territoire. Concomitamment, un effort particulièrement soutenu doit être dirigé pour la sensibilisation des uns et des autres de la nécessité de préserver le site. En outre, les lois et textes en vigueur doivent être appliquées et adaptées à la conjoncture née des engagements internationaux de l Algérie, notamment ceux pris dans le cadre de la convention sur la biodiversité (CBD) ; la promulgation d un décret de création de la réserve demeure incontournable. 2

4 PREMIERE PARTIE : Description et caractérisation, Evaluation de l état général des sites naturels, des paysages et des espaces agricoles. DESCRIPTION ET CARACTERISATION DE LA ZONE : Une originalité écologique et paysagère 1.1. Situation administrative et géographique Les deux communes de Réghaïa et Heuraoua, avec Rouiba, constituent la circonscription administrative de Rouiba qui borde au nord-est la wilaya d Alger, à une trentaine de km à l est d Alger, aux confins nord-est de la plaine de la Mitidja ; elle est globalement comprise entre 3 10 et 3 15 de Longitude Est et et de Latitude Nord. C est une zone densément peuplée 1 et en croissance démographique forte où les activités agricole et industrielle sont prépondérantes (Grande zone industrielle de Réghaïa-Rouiba). On y retrouve un espace fort original, la réserve du Lac de Réghaïa, dernier espace naturel dans la zone, qui chevauche sur les deux communes et s étend sur environ 600 ha Géomorphologie C est un territoire de plaine se terminant sur la mer par des cordons dunaires et des plages ou des falaises et drainé par des cours d eau de faible débit naturel dont les plus importants sont les oueds Réghaïa, Bouriah et El Biar Géologie-pédologie Toute la zone de Régahïa appartient au subsident mitidjien de remplissage tertiaire et quaternaire. La plaine est une formation géologique qui serait passée par une phase de plissement au pliocène inférieur, dès le retrait de la mer, plissement qui se serait accéléré durant le pliocène supérieur, et une phase de remblaiement graduel au pliocène supérieur et au quaternaire sous l action de torrents qui se déversaient de l Atlas et dont les charriages étaient remplis de cailloutis. Les substrats sont majoritairement marneux sauf dans certaines parties où se rencontrent, de façon très localisée, des poches de grès et des sables pliocènes. Le facteur géologique a favorisé, un climax constitué d un groupement à olivier, lentisque (Oleo-lentiscetum) dans les zones hors épandage et non inondables. La présence d un substrat siliceux (sables pliocènes) dans la région de Réghaïa a favorisé l apparition du groupement à chêne liège (Quercetum suberis) dont les derniers restes ont disparu il y a très peu de temps sous la poussée urbaine (Forêt de Kerrouch). La suberaie sur sables pliocènes est une formation très rare dans le tell occidental (forêt de M sila, dans la région d Oran) et central (défunte forêt de Réghaïa, dans la région d Alger) et manque complètement dans le tell oriental. On ne la trouve en abondance qu au Maroc dans les forêts de Mamora (plus de ha), du Gharb et de Larache. La conséquence, au plan pédologique en fut la constitution de sols lourds d apport alluvial, de texture limoneuse et argilo-limoneuse mal drainés. Les sols peu évolués d apport alluvial y sont ainsi les plus fréquents reposant sur des alluvions gris noirs. La texture des sols y est à prédominance argileuse occasionnant des phénomènes d hydromorphie dans les zones de mauvais drainage, comme c est le cas de la partie nord de Réghaïa où se localise le site RAMSAR dit Lac de Réghaïa et ses annexes marécageux. On y rencontre également des sols de type brun méditerranéen, profonds, de texture lourde et de qualité moyenne pour l agriculture. Des poches de sols de type rouge méditerranéen brunifié, formations fossiles, se rencontrent çà et là ; il s agit de sols tronqués, peu profonds, de qualité assez médiocre pour l agriculture. La forêt de Kerrouch, ou plutôt ce qu il en reste, repose sur des sols bruns forestiers, qui sont par conséquent, très localisés. 1 La population de la commune de Reghaia est passée de hab. en 1998 à hab. en 2008 (taux de croissance de 2.4%), celle de Heuraoua de18121 hab. à en 2008 (Taux de croissance de 4.9%). La densité est de hab./km2, pour Réghaia, et de hab./km2, pour Heuraoua. 3

5 Photo n 1 : Vue perspective du lac de Réghaïa. En arrière-plan, la mer Méditerranée. Photo n 2 : Vue du lac à partir du centre cynégétique. 4

6 1.4. Climat La région est caractérisée par un climat méditerranéen subhumide à hiver doux et relativement pluvieux et été chaud et sec (4 mois de sécheresse). Selon les statistiques ( ) de l ONM, le mois de décembre est le plus humide avec près de 90 mm de pluie, le mois de juillet le plus sec avec moins de 5 mm. La moyenne des précipitations sur le bassin du Réghaïa est de 650 mm par an. Les variations des précipitations, qui sont notables, jouent un rôle dans le remplissage du lac. Sur 1a période de 1986 à 1999 (Station de Dar El Beïda), les températures se caractérisent par : Une moyenne annuelle de l'ordre de 18 C ; Une moyenne des minima variant de 6 à 10 C en période hivernale et de 13 à 21 C en période estivale ; Une moyenne des maxima comprise entre 24 et 33 C en été ; Des hivers aux températures moyennes relativement basses, comprises entre 12 et 15 C. EVALUATION DE L ETAT DES ESPACES AGRICOLES : 1) Régression continue de la surface agricole Tableau 1. Occupation actuelle et tendance (DSA, Beloucif &Meghenine, 2010). Commune Superficie totale (ST) Superficie agricole totale (SAT) Tendance Heuraoua % % % Réghaïa % % -1.6% DSA : Direction des Services Agricoles. Commentaire : Régression des espaces agricoles due à l urbanisation, notamment en commune de Heuraoua ( % entre 1987 et 2009). La poussée urbaine en cette commune exerce une pression très forte sur le la réserve du Lac de Réghaïa : le front des constructions n est plus qu à un jet de pierre de la berge ouest du lac et les eaux usées y sont déversées directement. 2) Pratiques et spéculations agricoles La zone est traditionnellement consacrée aux cultures de haut rapport comme le maraîchage, les cultures industrielles ou les agrumes qui sont de grandes consommatrices d eau. Les superficies ainsi que les productions par grand groupe de cultures sont donnés dans le tableau II. 5

7 Tableau II. Superficies (ha) et productions (q) par groupe de culture (Source subdivisions de l agriculture de Réghaia et Ain Taya Campagne ). Entre Commune C. maraîchères Agrumes arboriculture Viticulture Céréales Fourrages C. industrielles Surface (ha) Prod. (q) Surface (ha) Prod. (q) Surface (ha) Prod. (q) Surface (ha) Prod. (q) Surface (ha) Prod. (q) Surface (ha) Prod. (q) Surface (ha) Prod. (q) Heuraoua (1) (122) (77) (86.3) (33.8) 2 60 (30) (380) Réghaïa (2) (130) (81,6) (86.6) (98.5) (13.8) (52.2) (350) Total (1+2) (80.6) (86.5) (74.5) Wilaya (179) (88.9) (53.9) (45.6) (15.6) (65.2) (359.5) (Total (1+2)/Wilaya)x % 7.7% 2.9% 2.6% 1.9% 3.1% 10.1% 16.4% 1.9% 1.6% 3.6% 2.8% parenthèses, les rendements (q/ha). 6

8 Les productions végétales : des cultures qui consomment beaucoup d eau Les productions végétales durant la campagne sont données (Tableau II) par grand groupe de spéculations. Les principales cultures sont les maraîchages, l arboriculture et la vigne. Les cultures maraîchères sont les plus pratiquées, puis viennent la vigne, les agrumes, les fourrages et les cultures industrielles ; pour ces dernières, les deux communes produisent à elles seules près de 50% de la production de la wilaya. Les rendements globaux, notamment des cultures de plein champ, sont moyens ou relativement faibles, en particulier pour les céréales (14 q/ha). Il en est de même des cultures arboricoles, en particulier des agrumes (80 q/ha). Cette donnée est valable pour toute la wilaya. L itinéraire cultural est incomplet ou mal maîtrisé et des opérations comme les amendements organiques, les défoncements ou les traitements phytosanitaires sont de moins en moins pratiquées en raison de leur coût élevé et/ou de l érosion du savoir-faire des exploitants. L irrigation : des techniques qui économisent mal la ressource Les cultures pratiquées demandent pour certaines (agrumes, cultures maraîchères) des quantités conséquentes d eau. Le tableau III rapporte les superficies irriguées dans les deux communes pour la campagne Tableau III. Superficies irriguées durant la campagne Commune Surface agricole totale (SAT) Surface irriguée % d iirigation de la SAT Heuraoua dont 18 ha goutte-àgoutte 86.6% et 160 ha aspersion Réghaïa dont 130 ha goutte-àgoutte 61% et 90 ha aspersion Total % En 2009, 1660 ha ont été irrigués dans les deux communes, ce qui représente un taux d irrigation de 71,4%. L irrigation de la SAU reste un enjeu majeur pour l agriculture dans cette région, comme partout en Algérie, mais la ressource en eau reste rare et nécessite des investissements importants pour sa mobilisation. Le traitement des eaux usées et leur récupération pour l irrigation constituent une piste à ne pas négliger dans l avenir car l évolution du climat vers l aridité en Afrique du nord restreindra de plus en plus les possibilités de recharge des barrages et des nappes. L emploi, en progression depuis 2004, de techniques d irrigation économisant l eau devrait résoudre en partie le problème de la disponibilité de cette ressource Les données disponibles montrent que les procédés d irrigation les plus usités sont archaïques et ne permettent pas une utilisation rationnelle de l eau. En effet, les surfaces irriguées par gravité, technique qui ne permet pas une bonne économie de l eau, sont encore très largement prépondérantes (environ 76% de la superficie irriguée) par rapport aux procédés plus modernes, comme le goutte-à-goutte (8,9% des terres irriguées) ou l aspersion (15.1%). Une partie de l eau d irrigation dans les deux communes provient du lac de Réghaïa qui se trouve ainsi soumis à une pression perturbatrice de nature économique difficile à négocier : d un côté, l intérêt des agriculteurs, de l autre, celui de préserver ce milieu naturel. Il ya certes une tendance vers une utilisation de techniques économisant l eau depuis Cette tendance, en vue d une meilleure utilisation de l eau d irrigation, est une nécessité incontournable en raison de la raréfaction de cette ressource (surexploitation de la nappe phréatique, envasement du lac, pollution, etc.). 7

9 La fertilisation : des apports très en deçà des normes L examen des quantités d engrais livrées en 2005 et 2006 pour la wilaya d Alger (nous ne disposons pas des données par commune) (Tableau 3) (Ministère de l agriculture et du développement rural, 2007) montre une utilisation très en deçà des normes utilisées pour satisfaire les besoins des cultures et maintenir la fertilité des sols. Généralement, les apports se situent dans une fourchette de 6 à 13 q/ha d engrais avec un ratio de 1:6 N, 4:6 P et 1:6 K, compte tenu de l état de fertilité du sol et des titres des formulations (Nombre d unités fertilisantes apportées par l engrais employé). On notera, l indigence des quantités d engrais par hectare dans la wilaya d Alger (0,10 q/ha en 2005 et 0,27 q/ha en 2006). La figure 1 illustre les écarts entre les quantités d engrais utilisées dans l aire métropolitaine algéroise et les normes en usage. Les nitrates ne sont plus autorisés depuis les années Le constat global est valable pour les deux communes de Heuraroua et Réghaïa ; les exploitants utilisent très peu d engrais en raison des prix, exorbitants, et des difficultés bureaucratiques entourant la commercialisation des engrais en Algérie. C est une situation générale à travers tout le pays. Cela est, par contre, bénéfique pour le site du Lac de Réghaïa ; les engrais, notamment les nitrates, sont un élément polluant important des milieux, ils contribuent fortement à l eutrophisation des plans d eau et des marécages. Il est clair, que pour ce site, la pollution par les effluents industriels et domestiques est infiniment plus grave que la pollution par l agriculture q/ha 10 8 Zone des apport normatifs ,1 q/ha en ,27 q/ha en 2006 Alger Figure 1. Quantités d engrais minéraux à l ha utilisées dans la wilaya d Alger En 2005 et 2006 comparées aux normes. Les atteintes phytosanitaires Nous manquons de statistiques à ce sujet. Pourtant, les productions végétales dans la région sont marquées par la survenue périodique ou la persistance chronique de certains ravageurs et maladies. Pour ne citer que les plus fréquents et les plus spectaculaires, chez les agrumes, la mineuse, un microlépidoptère, fait des ravages depuis de longues années, surtout sur le citronnier, plus sensibles que les autres membres de la famille à ce ravageur implacable. La croissance des arbres, dans les vergers atteints, est considérablement ralentie et les fruits perdent de leur qualité. Il n ya pas, à l heure actuelle, de 8

10 traitement miracle contre ce ravageur. Chez les maraîchages, la pomme de terre est périodiquement affectée par le milidiou ; la tomate est victime d un ravageur d introduction récente, la mineuse de la tomate (Tuta absoluta), qui réduit et déprécie fortement la production ; des viroses sont fréquemment signalées sur la tomate et la pomme de terre. Chez les arbres fruitiers, le carpocapse de la pomme et de la poire est un des facteurs les plus importants de dépréciation de la production, la tavelure, champignon microscopique, ruine la qualité des pommes, des poires et des nèfles et la mouche des fruits (Ceratitis capitata) occasionne des dégâts non négligeables sur presque tous les arbres fruitiers. L oïdium et le mildiou sont des ennemis permanents des vignobles. Les pucerons et cochenilles ainsi que la fumagine affectent et déprécient bon nombre de cultures maraîchères ou fruitières. Les adventices comme l oxalis, l épervière, le chient-dent, etc., sont également des facteurs de diminution de la production auxquels on attache pourtant peu d importance ces dernières décennies. Ces atteintes phytosanitaires de toutes sortes des productions végétales sont devenues des fatalités depuis de nombreuses années en raison du coût quasi-prohibitif des traitements préventifs. Elles affectent gravement la production, quantitativement et qualitativement, et constituent une contrainte majeure au développement des ressources propres des exploitants, les incitant à opter pour des solutions de facilité comme l élevage du mouton et du caprin et le parcours sauvage qui est devenu une menace grave sur l intégrité des habitats naturels du Lac de Réghaïa. La littérature fait état d une utilisation de 4 kg de pesticides organo-cupriques et de 1 litre d insecticide par hectare pour les deux communes. Une partie de ces produits est utilisée par les exploitants de la zone du lac, ce qui constitue un péril direct ou indirect pour certaines espèces animales et végétales liées par des chaînes trophiques. L élevage : Progression de l élevage erratique et spéculatif Les données du tableau IV montrent la progression d un élevage extensif traditionnel au détriment de l élevage intensif, traduit par une diminution des effectifs bovins, traditionnellement entravé et plus ou moins intensif, contre une augmentation des élevages ovin et caprin, généralement extensif et erratique. Le phénomène intéresse surtout la commune de Heuraoua. Le cheptel appartient aussi bien à des exploitants reconnus qu à des particuliers, indus-occupants, habitants d habitations précaires, notamment les ovins et les caprins. Il y a lieu de croire que les effectifs présentés par les services agricoles sont en deça des effectifs existant réellement, car une bonne partie des éleveurs ne déclarent pas leur cheptel, en particulier les indus-occupants et les habitants des bidonvilles. L élevage extensif (ovin et caprin, notamment) est pratiquement informel et échappe à tout contrôle ; il devient un fardeau et un péril pour les habitats naturels de la faune et de la flore dans la zone du lac de Réghaïa où des troupeaux parcourent continuellement et dégradent certains habitats fragiles (cordons dunaires, berges du lac situées en dehors du centre cynégétique). Cet élevage erratique est une menace grave pour le renouvellement de la biodiversité animale et végétale dans la région du lac. Tableau IV. Effectifs d animaux d élevage recensés en 2001 et Commune Bovin Ovin Caprin Tout cheptel Heuraoua Réghaïa Total % +16% +66% +2.8% Tendance 9

11 3) Diagnostic et problématique agricoles THEME DIAGNOSTIC PROBLEMATIQUE Etat tendance Interaction avec les milieux naturels et la biodiversité Enjeux par rapport à la protection des habitats naturels (zone du Lac de Réghaïa) Le potentiel terre ++ (Fertilité) Les cultures + - L élevage - Tendance vers parcours erratique L irrigation + le Glacis protecteur contre la poussée urbaine Habitat pour un grand nombre d espèces animales et végétales Prépondérance de cultures nécessitant de grandes quantités d intrants (cultures maraîchères) Perturbation des équilibres floristiques par sélection d espèces résistantes au pacage Menace sur les habitats aquatique et marécageux de la zone du lac Système archaïque, Gaspillage de l eau La fertilisation Risques de pollution (eutrophisation) Les soins et traitements phytosanitaires Méconnaissances techniques, Risques de pollution voire d empoisonnement des habitats naturels de la zone du lac Tendre vers une agriculture biologique dans la zone du lac Protéger impérativement le glacis agricole entourant le lac (zone tampon de la future réserve). Tendre à la pratique de cultures s intégrant mieux aux objectifs de protection de la nature dans la zone du lac (arboriculture, fourrages). Destruction d habitats sensibles Déstabilisation du cordon dunaire Investissement dans les systèmes économisant l eau tels le goutte-à-goutte Tendre vers l emploi d engrais verts et l usage des composts et fumiers dans la zone du lac Pratique de cultures peu sensibles aux maladies et ravageurs Promotion de la lutte biologique dans la zone du lac L agriculture constitue une activité économique d importance dans les deux communes de Heuraoua et Réghaïa ; le potentiel est fort mais les enjeux d une agriculture plus respectueuse de l environnement se posent avec acuité. Elle-même sous le péril d une urbanisation effrénée et d un mitage qui la ronge de l intérieur, cette agriculture peut être une source de menaces diverses sur l intégrité des milieux naturels et la sauvegarde la biodiversité, notamment dans la zone du Lac de Réghaïa, dernier sanctuaire de la faune et de la flore sauvages dans cette région. La perte de technicité des exploitants, le penchant vers des solutions de facilité, comme la substitution d un élevage erratique à un élevage entravé, sont des facteurs qui accentuent les pressions traditionnelles qu exercent la pratique de l agriculture sur les milieux naturels (pollution par les engrais et les produits phytosanitaires, surexploitation par le pâturage, assèchement des nappes et plans d eau par pompage excessif, etc.). Il se pose alors, du moins pour les exploitations de la région du lac, qui s étendent sur plus de 400 ha, la question d une agriculture biologique plus en adéquation avec les préoccupations relatives à l environnement. Le problème est de la faire accepter. 10

12 EVALUATION DE L ETAT DES SITES NATURELS ET DES PAYSAGES : 1) Evolution des superficies : Un déboisement de grande ampleur La Mitidja Est, en particulier la zone de Heuraoua-Réghaïa, est une région très convoitée par l industrie et l urbanisme. Cette zone, bien que presqu exclusivement agricole, recelait çà et là, jusqu à un passé récent, quelques sites naturels ou semi-naturels qui étaient constitués de forêts et de bois de surface limitée mais intéressants sur le plan écologique et récréatif. C était le cas de la forêt de Kerrouch, à Réghaïa, suberaie sur sable pliocène d une cinquantaine d hectares remplacé par un bidonville de plus de 1500 familles. Il n en subsiste plus que quelques 2 ha 2. Les données disponibles (Tableau V) montrent une érosion conséquente de la couverture forestière des deux communes. Tableau V. Evolution de la couverture boisée entre 1980 et 2003 dans les communes de Heuraoua et Réghaïa. La surface de 1980 a été obtenue par planimétrie de la carte d Etat Major (1/25000) ; celle de 2003 provient d un inventaire par image satellite. Commune Heuraoua (27048 hab.) Réghaïa (85452 hab.) Superficie Surface boisée 1980 Surface boisée 2003 Différence totale ha % S/hab ha % S/hab ha % m2/hab M2/hab m2/hab m2/hab Tendance Total ( hab.) m2/hab m2/hab La population de la commune de Reghaia est passée de hab. en 1998 à hab. en 2008 (taux de croissance de 2.4%), celle de Heuraoua de18121 hab. à en 2008 (Taux de croissance de 4.9%). La densité est de hab./km2, pour Réghaia, et de hab./km2, pour Heuraoua. Le tableau V montre l ampleur du déboisement dans les deux communes ; les bois ont complètement disparu dans la commune de Heuraoua et régressé dans une grande proportion à Réghaïa. D un patrimoine de 173 ha en 1980 (Taux de couverture de 4.4%), il ne subsiste plus que le quart, 47.5 ha, soit un taux de 1.2%. Il convient de noter, à ce niveau de discussion, que les 47.5 ha de couverture forestière de la commune de Réghaïa sont situés dans leur totalité dans le territoire du centre cynégétique du Lac de Réghaïa, ils sont donc plus ou moins soustraits à la fréquentation libre par l habitant. La mise en défens du lieu a permis le maintien puis l expansion du mattoral arboré qui se développe sur la berge Est du lac, comme nous le verrons plus loin. Cette rareté de couverture boisée dans la zone pose un double problème, écologique et récréatif. Ecologique, par la disparition d éléments végétaux structurants ainsi que de la faune y trouvant habitat et refuge (cas des chênes liège et des plantes compagnes et de toute la faune de la forêt de Kerrouch), récréatif, par l absence d espaces verts aux fonctions récréatives et d oxygénation. En 1980, la surface boisée était de 26 m2/hab. en commune de Heuraoua et de 19.5 m2/hab. en commune de Réghaïa ; en 2003, cette couverture boisée est de 0 m2/hab. à heuraoua et de 5.5 m2/hab à Réghaïa. Cela pose de vrais problèmes, environnementaux, écologiques et socio-culturels. Il faut rétablir une certaine couverture boisée pour rétablir un équilibre minimal entre espaces urbanisés, espaces agricoles et espaces verts. En 2 La forêt de Kerrouch est un écotype (Suberaie sur sables pliocènes) rare en Algérie ; il faut impérativement sauver les résidus de cette forêt en l intégrant au périmètre de la future réserve du Lac de Réghaïa et en assurer la protection intégrale. 11

13 Europe, la surface d espaces verts par habitant peut atteindre 300 m2 dans les villes du nord (Liège, Valenciennes, etc.) ; elle peut descendre à un minimums de 3 à 4 m2/hab. dans certaines villes du sud (Espagne, Calabre). On peut envisager des seuils minimal et maximal réalistes de 10 et 20 m2/hab. pour les deux communes, ce qui donnerait des surfaces boisées minimales de 27 ha (taux de 2.2%), pour Heuraoua, et de 85 ha (taux de 3.1%), pour Réghaïa, et des surfaces boisées maximales de 54 ha (taux de 4.4%) et 170 ha (taux de 6.2%), respectivement. La zone de durabilité en matière de couverture boisée se situerait entre 2.2% et 4.4% pour Heuraoua et 3.1% et 6.2% pour Réghaïa comme l indique le tableau de durabilité ci-après. Tableau VI. Bande d équilibre et mesure de l indicateur n 14 (Couverture végétale/couverture communale totale) Commune Minimum durable Maximum durable Valeur antérieure Valeur actuelle Valeur tendancielle Valeur alternative Heuraoua 2.2% 4.4% 3.8% 0% -0.16%/an de 1980 à %/an sur 10 ans Réghaïa 3.1% 6.2% 4.6% 1.6% -0.13%/an de 1980 à %/an sur 10 ans NB : le terme couverture végétale est ambigu, il désigne, à notre sens, toute couverture d origine végétale, qu elle soit arboriculture fruitière ou forestière. Nous suggérons de lui substituer l appellation plus précise de Couverture boisée qui désigne bois, forêts et broussailles, qu ils soient d origine naturelle ou artificielle. 12

14 2) La réserve du Lac de Réghaïa La zone du Lac de Réghaïa constitue le dernier sanctuaire de vie sauvage dans toute la région. Aussi, le travail présenté ici se concentre-t-il sur ce site. Le Lac de Réghaïa est un plan d eau d origine artificiel, né de la construction, en 1930, d une digue en amont de l embouchure du cours d eau ; l objectif de sa création était l irrigation des terres agricoles environnantes. L estuaire du cours d eau était marécageux et drainait la partie orientale de la Mitidja. La création de la digue a provoqué un bouleversement profond du milieu, un plan d eau ayant remplacé, en grande partie, le marécage. Divers aménagements ont, depuis, jalonné l histoire du lac ; dans les années 1970, des opérations de désenvasement ( ) et de dragage ( ) ont été opérées ; A la fin des années 1980, la digue a été surélevée. Une station d épuration, d une capacité journalière de 800 m3 d eau, est installée en amont du lac en 1997, traitant mécaniquement les eaux usées de Réghaïa à Rouiba avant de les rejeter dans le lac. En 1983, un centre cynégétique, établissement public à caractère administratif, a été créé destiné à la production et au suivi d espèces de gibier d eau. La création du centre a été un évènement décisif dans l histoire de ce site et fut, très probablement, la cause directe de la préservation d une grande partie des espaces naturels, en particulier le mattoral couvrant la berge Est du lac. En 1997 En 2003, le Lac, avec ses annexes marécageux est classé site RAMSAR, décision motivée par le fait qu il constitue l ultime zone humide dans tout l algérois, et parce qu il représente un relais important pour de nombreux oiseaux migrateurs traversant la Méditerranée. Le lac donne asile à 4 espèces rares classées sur la liste rouge de l UICN : le fuligule nyroca (Aythya nyroca), la sarcelle marbrée (Marmaronetta angustrirostris), l érismature à tête blanche (Oxyura leucocephala) et la poule ou talève sultane (Porphyrio porphyrio). Le site donne gîte également à un passereau sédentaire devenu très rare dans toute la région, pratiquement disparu, le chardonneret (Carduelis carduelis). Toute l importance de ce site est soulignée par la présence d espèces de faune et de flore de valeur patrimoniale reconnue. Sa conservation est un devoir envers la conscience. Photo n 3 : Vue du centre cynégétique, sur la rive droite du lac. 13

15 Géomorphologie, hydrographie La géomorphologie de cet espace est assez complexe formée par une série de plateaux traversés par la vallée étroite de l oued Réghaïa endigué à proximité de la plage. A l ouest, c est le plateau de Bordj-El Bahri-Aïn Taya qui descend en falaises plus ou abruptes vers la mer et densément urbanisé (commune de Haraoua). A l est, c est le plateau de Boudouaou qui se termine également par des falaises donnant sur la plage de Réghaïa et sur lequel se localisent des terrains agricoles plus ou moins mités (constructions éparses). Au sud, c est le plateau du Hamiz-Réghaïa qui est constitué de terrasses et que terminent des marécages à proximité de l agglomération de Réghaïa, au sud. Le plateau central enserre la vallée de l oued Réghaïa qui est formée de deux versants, est et ouest, et dont la partie nord, en aval de la digue, butte sur des dunes plus ou moins fixées. C est sur ce plateau central que se localise la plus grande partie du périmètre pertinent. L altitude du plan d eau est inférieure est de 4 m, la profondeur de ses eaux pouvant atteindre 6 m. L altitude croît du plan d eau pour atteindre 35 m au niveau des collines à mattorals et des fermes du plateau. Les berges du lac sont en pente douce, ce qui permet une circulation aisée de la faune, notamment les oiseaux aquatiques, entre terre ferme et plan d eau. Le lac est alimenté par trois cours d'eau : L oued Bouriah, affluent de l'oued, Hamiz qui vient du sud-ouest (Rouiba), L oued Réghaia, qui vient du sud (Réghaïa), L oued El Biar, qui naît dans les environs de la zone industrielle de Réghaia-Rouiba et se jette directement dans le lac venant de la commune de Heuraoua. Ses eaux ne sont ainsi pas épurées. En plus des apports superficiels par ces trois cours d eau, le lac est alimenté par les remontées de la nappe phréatique dont les eaux circulent du sud vers le nord. Les eaux du lac sont utilisées à des fins d irrigation agricole. On ne connaît pas l impact du pompage sur les écosystèmes lacustre et marécageux Eléments de paysage et occupation du sol La zone du Lac est constituée d une variété de paysages dont les plus remarquables sont le plan d eau, lui-même, les terrains agricoles, les marécages et le cordon dunaire. Une formation arborée d oléolentisque, que nous dénommons mattoral dans ce qui suit, se développe sur les pentes de la vallée, le long de la berge est du lac, qu il sépare des terrains agricoles du plateau est. L ensemble s étend sur un peu plus de 600 ha. Le tableau VII ci-dessous donne les superficies et les proportions de chaque type. Tableau VII. Eléments de paysages et occupation du sol (2003) dans le territoire du Lac de Réghaïa ; évolution entre 1980 et Elément de paysage Surface 1980 Surface 2003 Tendance Causes probables ha % ha % Lac % Surélévation de la digue Terres agricoles % Constructions diverses Mattoral % Mise en défens d une partie du mattoral à la création du centre Bois (planté) % Déboisement dû à des constructions Cordon dunaire % / 14

16 Pelouse % Parcours Végétation ripicole % / Prairie humide % Transformation en zone humide? Végétation hydrophile % Submersion suite à la surélévation de la digue? Bâtiments et autres % constructions* / / / / / / Total / / *Présence de nombreuses constructions précaires. Les eaux usées de ces constructions sont évacuées directement dans le lac. Le tableau VII et la figure 2 montrent une évolution importante des superficies de certains paysages ou formations. C est le cas, notamment, de la végétation hydrophile, qui a connu une réduction de plus de 95% de sa superficie initiale, et de la prairie humide qui a vu la sienne se réduire de 70% environ. Ces formations localisées dans les abords du lac ont probablement été en partie immergées ou transformées en zone marécageuse suite à la surélévation de la digue à la fin des années Ces transformations sont importantes au vu des interactions qu elles impliquent avec la faune, notamment les oiseaux d eau qui voient leurs habitats prendre de l ampleur ; nous verrons, au chapitre consacré à la biodiversité, que cet aménagement a coïncidé, quelque temps plus tard, avec un afflux plus important de cegenre d espèces, notamment les anatidés. Les autres éléments touchés par une réduction sont les bois (- 22%) et les terres agricoles (-1%). La cause essentielle de cette réduction est la construction, licite ou illicite. L urbanisation exerce une très forte pression sur le site du lac et on assiste à la mise en place d un bidonville à proximité même du lac. Certaines formations ont, à l inverse, vu leur superficie augmenter entre 1980 et C est le cas du mattoral (+ 17%) et des pelouses 3 (+ 28%). La création du centre et la pose d une clôture au-delà des pentes de la berge Est, donnant sur le plateau agricole, ont exercé une action protectrice sur le couvert végétal qui a colonisé du terrain. Cependant, cette augmentation globale ne signifie pas que ce type de paysage gagne du terrain partout dans la réserve ; un bidonville se développe, en effet au sein d un mattoral, à proximité du centre ; la formation est bien entamée. Les pelouses sont un témoin de pâturage et représente donc un paysage de dégradation ; leur augmentation traduit une pression pastorale croissante dans la zone d étude en dehors de l enceinte du centre cynégétique. En tout état de cause, l évolution des surfaces des différents habitats et paysages est un élément fondamental dans la compréhension des variations qui peuvent survenir dans la répartition des espèces de faune et de flore dans le territoire du lac. Il est donc nécessaire d implanter un réseau de placettes permanentes d observation pour le suivi de toute la dynamique induite par les changements. 3 Notons que le terme est impropre, il s agit plutôt d ermes, formations herbeuses non climaciques, dernier stade de dégradation des fruticées ; les pelouses sont des formations végétales climaciques prospérant à des altitudes asylvatiques. Le pâturage permanent et la densité des herbacées entretiennent de telles formations en empêchent l installation des semis ligneux. Le surpâturage sélectionne des espèces non palatables, généralement grasses, type asphodèles et scilles. Dans les alentours du lac, de nombreuses ermes à asphodèles témoignent de l action des troupeaux. Abandonnées à elles-mêmes, les ermes devraient évoluer en mattoral, puis en fruticée. 15

17 Prairie humide (4.5%) Végétation ripicole (1%) Pelouse (4.7%) Cordon dunaire (0.2%) Végétation hydrophile 3.9%) Constructions (0.7%) Lac (8.3%) Bois (0.8%) Mattoral (6.2%) Terres agricoles (69.7%) Occupation des sols 1980 (a) Bois (0.6%) Prairie humide (1.3%) Végétation Pelouse (6%) ripicole (1.2%) Cordon dunaire (0.3%) Végétation hydrophile (0.2% Constructions (1.7%) Lac (12.4%) Mattoral (7.3%) Terres agricoles (69%) Occupation des sols 2003 (b) Figure 2. Evolution des paysages et habitats dans la zone du Lac de Réghaïa entre 1980 (a) et 2003 (b). 16

18 EVALUATION DE L ETAT GENERAL DES PAYSAGES ET HABITATS NATURELS Habitat lacustre (75 ha). L étendue du lac fluctue 4 au cours des saisons et des années (elle peut diminuer de 50% durant les longues périodes de sécheresse), le fond est vaseux, les plantes aquatiques supérieures ont disparu sous l effet de la pollution (DBO et DCO anormalement élevées, qui traduisent un appauvrissement du milieu en oxygène et une évolution vers l eutrophisation du lac). Il en est ainsi pour les herbiers à Ceratophyllum demersum et Potamogetum natans qui ont laissé place, dès le début des années 1990, à des algues microscopiques. Quelques lentilles d eau sont réapparues, probablement dû à une amélioration de la qualité chimique et biologique de l eau, suite à l installation d une station d épuration en 1997, bien que la pollution reste notable. Des analyses réalisées en 2004 et 2005 (mars, avril, mai) révèlent des caractéristiques physico-chimiques relativement défavorables au développement des organismes vivants ; le ph des eaux variait entre 7.78 et 8.06, l optimum se situant entre 6.0 et 7.8, en deçà duquel les phénomènes d autoépuration bactérienne sont très ralentis voire complètement bloqués ; la conductivité des eaux était élevée, allant de 1571à 2854 µs/c, valeurs qui peuvent entraîner des problèmes de régulation osmotiques chez les organismes aquatiques ; les taux de matières en suspension (MES), appartenant aux classes 5, 6 et 7, traduisent une situation critique quant à la turbidité du milieu ; les teneurs en substances chimiques, telles les sulfates et les chlorures, témoignent d une forte pollution industrielle et domestique. L eutrophisation du lac semble avancée ; les eaux du lac sont riches en matières organiques (16.4 à 21.6 mg/l), en azote (46 mg/l), sous forme de nitrites et ammonium, particulièrement, et en phosphates, et la DCO est élevée (61-92 mg/l). Selon des études effectuées dans les années 1980, les eaux du lac auraient été riches en poissons notamment la carpe (Cyprinus carpio), le mulet (Liza sp/mugil sp) et l anguille (Anguilla anguilla). A partir de la fin des années 1980, des mortalités massives de poissons étaient signalées en raison d une pollution aigüe des eaux du lac, devenu exutoire des effluents provenant des agglomérations et industries en amont. Des études sérieuses n ont pas été menées depuis, mais des témoignages laissent supposer une disparition quasi-totale des poissons du lac. Quel en est l impact sur 5 l avifaune? Des espèces, comme le fuligule morillon, qui se nourrissent de mollusques très sensibles à la pollution par les métaux lourds, sont menacées. Les études de 2005 montrent des concentrations dangereusement élevées en zinc, plomb et cadmium, aussi bien dans les vases et sédiments que dans l eau. Les fluctuations des effectifs de cette espèce (Figure 3) peuvent bien traduire les variations de concentrations de ces éléments dans le milieu. Le grèbe huppé, se nourrissant de petits poissons, de crustacés, de mollusques et de larves d insectes, ne fréquente plus le lac depuis la fin des années Les résultats des analyses physico-chimiques témoignent du mauvais état de conservation de cet habitat. 6 Les eaux du lac sont pompées pour l irrigation des terrains agricoles du plateau ; on ne connaît pas l impact de ce pompage sur l écosystème, mais il faut noter que c était là la destination première du lac. Il convient de relever que l écosystème lacustre, et encore moins son fonctionnement, a été peu étudié. 4 Une restitution cartographique récente (mai 2012) effectuée par les botanistes du conservatoire du littoral français indique une superficie d environ 92 ha. Des opérations de désenvasement et de dragage, ainsi que la construction d un canal, ont été opérés dans les années Les effectifs de cette espèce, qui se nourrit de mollusques d eau sensibles à la pollution par les métaux lourds, sont plus importants entre 1992 et 2001 (intervalle lacunaire). Est-ce un effet dû à la création d une station d épuration? En tout cas, les effets de cet aménagement semblent de courte durée puisque les effectifs de l oiseau retombent quelque temps après à des niveaux comparables à ceux ayant précédé leur réalisation. Ces questions mettent le doigt sur les lacunes existant en matière de connaissances du fonctionnement de l écosystème et des interactions entre les espèces et des espèces avec leur milieu, bien que des facteurs extérieurs (variations du climat régional, facteurs migratoires, etc.) puissent aussi induire des variations de ce type. 6 Cette utilisation à des fins agricoles d eaux fortement polluées peut soulever des inquiétudes quant aux conséquences sur la santé publique. 17

19 Dragages Station épuration Figure 3. Evolution des effectifs de fuligule morillon entre 1977 et Paysages et habitats marécageux ou humides. Les paysages et habitats marécageux ou humides occupent une cinquantaine d hectares ; ils sont colonisés par des végétaux à rythme plus ou moins saisonnier (prairies humide), des ripicoles ou des hydrophiles. Ce type de paysages occupe la vallée de l oued en amont et en aval du plan d eau. Ils étaient autrefois beaucoup plus étendus. Leur surface reste dépendante des fluctuations du niveau du lac. Les typhaies (formations à Typha latifolia) et les phragmitaies ou roselières (formations à Phragtmites communis), caractérisées par une forte densité, dominent la physionomie d une bonne partie des marécages. Les plantes inféodée à ces habitats sont indicatrices d humidité ; on y retrouve Scirpus lacustris, Calystegia sepium, Arundo donax, le chient dent pied de poule (Cynodon dactylon), des joncs (Juncus acutus), des iris (Iris pseudoacorus), etc. Des vestiges d une ancienne ripisylve sont également présent, comme le peuplier blanc (Populus alba), le saule blanc (Salix alba), du tamaris (Tamarix africana) sur les berges du canal. Ces habitats sont particulièrement importants pour les oiseaux échassiers. Il y existe, en outre, des espèces qui sont des bio-indicateurs de l état de l eau et de la faune. Il convient, également, de souligner l importance des plantes de marécages pour l autoépuration des eaux et comme habitats de l avifaune aquatique, notamment les typhaies et les phragmitaies. La pollution des eaux a certainement eu également un impact sur le spectre floristique et faunistique de ces écosystèmes, dont certaines espèces sont plus sensibles que d autres. Paysages et habitats forestiers (Mattorals et fruticées) sur les pentes et talus du lac. Ces habitats sont des vestiges de l ancienne forêt basse d oléo-lentisque et de chêne kermès. Ils forment une ceinture plus ou moins étroite sur le pourtour du marais. Les espèces qui impriment le plus les paysages de mattoral (espèces de structure) sont l oléastre (Olea europea), le pistachier lentisque (Pistacia lentiscus), le chêne kermès (Quercus coccifera), la phyllaire à feuilles étroites (Phillyrea angustifolia), la ronce (Rubus ulmifolius), l aubépine monogyne (Crataegus monogyna), la salsepareille (Smilax aspera), le lierre (Hedera helix). La formation la mieux conservée se situe sur les pentes 18

20 surplombant le centre cynégétique à l est et protégées par une clôture. Du fait de la taille et du couvert dense des oliviers matures, la diversité floristique est ici assez réduite, dominée par des mésophiles comme le fragon (Ruscus hypophyllus), l ortie (Urtica membranacea), le tamier commun (Tamus communis)et Achyranthes sicula sur les lisières. Les paysages de mattoral sont un élément de structure important du périmètre ; ils offrent également gîte et protection pour une bonne partie de la faune ; les oiseaux, notamment, sont soustraits de la vue directe et sont protégés des vents. Durant les années 1990, une partie ces habitats ont été incendiés ; on n a pas d information sur la dynamique de la végétation post-incendie ni sur l évolution du spectre phytosociologique de ces formations. Paysages et habitats dunaires au-delà de la digue vers la mer (quelques ha). Les paysages dunaires dans le périmètre pertinent sont de trois types, en allant de la ligne des eaux marines vers la terre ferme : (i) les plages de sable brut, (ii) les dunes non végétalisées, (ii) les dunes colonisées par une végétation psammophile. Ils constituent un élément très important, aussi bien sur le plan paysager, écologique (faune et flore spécifiques) qu économique (opportunités touristiques). Ces habitats ont été fortement dégradés en raison d aménagements inadéquats pour l accueil des estivants et du surpâturage. Ainsi, les formations à oyat (Ammophila arenaria), indicateurs de dunes en équilibre, ont régressé au bénéfice de groupements de dégradation (Pancratium maritimum). Ces formations dégradées, constituées d espèces négligées par le bétail et résistantes au piétinement, ne stabilisent pas les dunes d une façon complète. L extraction de sable a aggravé le phénomène. Bien que l ensemble des habitats et écosystème du périmètre soient tous plus ou moins menacés, les écosystèmes dunaires sont indéniablement soumis aux pressions directes les plus fortes (Tourisme anarchique et sauvage, surcharge pastorale, extractions de sable, aménagements inadéquats). Leur anéantissement, en plus de la déstructuration des paysages, aurait pour conséquence une fragilisation de toutes les composantes du milieu naturel, et particulièrement des zones marécageuses mitoyennes. Prairies humides Caractérisées par la présence de jonc, ce genre de paysage est peu répandu sur le site ; il se retrouve essentiellement dans la partie aval du lac, entre les dunes et le plateau Est. Piqueté de mares temporaires, il constitue un habitat propice à certaines espèces animales, notamment des batraciens. L état de conservation de ces habitats est plutôt moyen, subissant toutes sortes de pressions (surpâturage, piétinement, etc.) qui risquent à terme de les dégrader fortement. Ermes (Dénommées pelouses dans la littérature disponible) Ces paysages sont des terrains de parcours intensif. La pression pastorale permanente et la densité des herbacées entretiennent de telles formations en empêchant l installation des semis ligneux. Le surpâturage sélectionne des espèces non palatables, généralement grasses, type asphodèles et scilles. Dans les alentours du lac, de nombreuses ermes à asphodèles témoignent de l action des troupeaux. Abandonnées à elles-mêmes, les ermes devraient évoluer en mattoral, puis en fruticée. Ce sont des milieux fortement dégradés. 19

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