Le bois de l Aumône à Faumont. Octobre 2009 n 1

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1 Le bois de l Aumône à Faumont Octobre 2009 n 1

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3 Faumont et son Patrimoine «Au fil du temps» Octobre 2009 n 1 SOMMAIRE P 1 Sommaire, préface, avant propos P 3 Interviewe Doyenne de Faumont P 4 Exposition mars Victor Mignot P 6 Stéphane Tréla : Le Prieuré de Faumont P 11 Marc Debersées : La Ferme de la Croix P 14 Gérard Hugot : La Bataille de Mons en Pévèle P 19 Alain Plateaux : L'église St Roch et son architecture P 21 Photos d'hier et d'aujourd'hui P 22 Les commerces vers 1906 P 27 Histoire de la rue du Boujon P 32 Histoire d'une rue mitoyenne à Faumont P 34 Histoire de l entreprise Schlick P 42 AndréaMontpellier.com P 44 Mme Vion, institutrice à Faumont P 45 Ces dames qui ont mis au monde des Faumontois P 46 Nos partenaires P 60 Agenda 2010 Siège social de l association Mairie, 660 route Nationale, Faumont tel ou Site Internet : ISBN : Directeur de la publication Guy Desbiens Comité de rédaction, les administrateurs Bernard Bouillon, Philippe Cotton, Emmanuel Declerck, Gilbert Derthe, Colette Dransart, Jean-Marc Dupuis, Dominique Fourment, Michel Olivier, Jacqueline Schlick, Brigitte Schlick Prix public : 12 Prix adhérent : gratuit Adhésion 2010 : 8 Impression Sprintoo Lille

4 Préface Michel FACOMPRÉ Maire de FAUMONT Faumont et son Patrimoine, une association qui me tient à cœur, dirigée depuis de nombreuses années par M. Guy DESBIENS et toute son équipe. Association dont le nombre de ses membres n'a cessé de croître depuis sa création. Personne n'est insensible à connaître la valeur des bâtiments, leur histoire, leur création, il en est de même en ce qui concerne les légendes et la façon de vivre des Faumontoises et Faumontois, les faits historiques, la création des hameaux et des «lieux-dits»... Et pour moi, je pense qu'on ne peut pas construire son avenir sans connaître son passé, ses origines. Je souhaite bonne et longue vie à l association. Avant-propos Guy DESBIENS, président de l association «Faumont et son Patrimoine» De retour à Faumont en 2008, pour la retraite, mon premier souhait fut de redynamiser l association «Faumont et son Patrimoine» que nous avions créée en 1996 et qui était en standby. Cela fut possible grâce à quelques personnes passionnées d histoire locale et grâce aussi à la municipalité de Faumont que je remercie de nous apporter un soutien logistique important. Notre première manifestation en mars 2009 fut une réussite totale. Nous avons enregistré près de 80 adhésions qui étaient surtout liées à notre projet d éditer une revue historique de qualité. Ce fut aussi l occasion de rendre hommage à Victor Mignot un grand photographe faumontois qui a couvert tous les évènements de la vie à Faumont, et dans les communes limitrophes, entre 1940 et J ai une pensée envers les membres fondateurs de 1996 qui n ont pas pu nous rejoindre cette année et en particulier Mme Odette Verbecke qui nous a quittés peu avant notre 1ère manifestation de mars et qui nous avait encore prêté des photos pour celle-ci. Nous avons convenu de lui consacrer un article au prochain numéro en rappelant l histoire de sa demeure, appelée autrefois «La Ferme de la Vacquerie», qui fut au XIXe siècle la résidence de M Charles Desmoutiers, député-maire, et plus récemment celle de la famille Derbaisse. Je remercie nos partenaires, les artisans et commerçants de Faumont, qui nous ont apporté un soutien pécuniaire nous permettant de couvrir les frais de la première impression, et qui ont accepté de nous présenter leurs activités que nous avons retranscrites en articles de cette revue. La revue comprend de nombreux sujets consacrés à l histoire locale mais aussi quelques grandes pages de l histoire de Faumont racontées par de grands historiens qui nous avaient fait l honneur de nous les présenter sous forme de conférences lors de notre 1ère manifestation de mars. J espère que vous trouverez un certain plaisir à feuilleter ces pages ; sachez que nous sommes ouverts aux remarques et aux suggestions et toujours à la recherche de documents anciens.

5 A lida Duez- Briquet aura 98 ans le 15 novembre prochain, ce qui fait d elle, à ce jour, la personne la plus âgée de notre village. Encore alerte, une bonne mémoire, nous avons souhaité la rencontrer. «Mon secret c est faire du bon manger. Aujourd hui les jeunes générations mangent n importe quoi, moi je prends toujours mon ALIDA, LA DOYENNE DE FAUMONT temps et beaucoup de plaisir pour varier mes repas chaque midi avec des choses simples». Bernard Bouillon, qui était présent, confirme et se souvient que le dimanche précédent lorsqu il était venu pour prendre rendez-vous, «çà sentait drôlement bon dans la maison»! A 98 ans, Alida fait toujours ses courses au supermarché en se faisant conduire. Elle regrette le temps où à côté de chez elle se trouvait la «COOP», bien sûr il fallait s armer de patience pour faire ses courses, parfois l attente était de plusieurs heures mais c était pratique. La Dame et son chien Alida a adopté ce petit chien qui a 6 ans aujourd hui. Elle le considère comme son petit enfant, elle lui donne à manger à la petite cuillère, en le tenant dans ses bras. Une petite allée en gravillon lui est même consacrée dans le Guy Desbiens petit jardin qu Alida continue de soigner méticuleusement. Les deux maisons occupées par Alida (à droite) et sa sœur Suzanne (à gauche), formaient autrefois, un café où l on y donnait des bals. Sur la photo au centre, Bernard Bouillon et Brigitte Schlick (administrateurs de l association). ALIDA, LA DOYENNE DE FAUMONT EN

6 VICTOR MIGNOT, PHOTOGRAPHE FAUMONTOIS Julie LUCAS petite-fille de Victor Mignot Victor Mignot dans son jardin en 1974 V ictor Mignot est né le 2 mars Il résidait 3 rue Verte à Faumont. Il commença à travailler dès l'âge de 14 ans en temps que menuisier ébéniste. Passionné par la photographie, il décida de s'installer au début des années Autodidacte et avec peu de moyens, il a appris seul le métier de photographe. Il faisait des reportages, des photos d'identité, développait des pellicules, le tirage sur papier, les agrandissements et la vente de tout ce qui se rapportait à la photo. Il a "créé" les photos couleurs en colorisant au pinceau les photos Noir et Blanc. Un petit souvenir parmi d'autres : ses doigts étaient jaunis par le révélateur (produit chimique utilisé dans la photo). Il réparait aussi les postes de radio et les téléviseurs à lampe, ainsi que le petit électroménager. Son magasin était ouvert du lundi au dimanche midi et il n'a jamais pris de vacances. Il était connu des villages voisins pour son savoir-faire, sa serviabilité et sa gentillesse. Avec son épouse Thérèse Lherminez, ils ont eu 5 enfants. Il est décédé en 1975 dans sa 60ème année alors qu'il était encore en activité. Photo Victor Mignot. M Gostiaux et Julius Delaine devant la boutique. Photo Victor Mignot. L Union Musicale en 1948 Photo noir et blanc colorisée au pinceau par Victor Mignot représentant la famille Delaine, rue Verte. Intitulé humoristique : «Les mangeurs de confitures». 4 VICTOR MIGNOT, PHOTOGRAPHE FAUMONTOIS

7 EXPOSITION DU 29 MARS 2009 Francine, Pascal, Dominique et Nathalie, les enfants de Victor Mignot, étaient tous venus pour participer à l hommage rendu par l association à leur papa. Francine avait même fait l aller retour d Annecy. A u Fil du Temps, l association a recueilli de nombreux documents prêtés par les uns et les autres et plus particulièrement cette année lorsque nous avons fait une recherche pour retrouver des photos de Victor Mignot. Il faut dire que ce photographe était connu au village et bien au delà. Plusieurs générations de Faumontois se souviennent de lui car il les a photographiés de leur naissance à leur mariage et même plus tard. Très méticuleux, il conservait un registre annoté de toutes les photos qu il prenait. Malheureusement pour la mémoire, ce registre a disparu. L ensemble des documents recueillis nous a permis de réaliser une exposition fort réussie en ce printemps Aussi, nous nous permettrons de remercier nommément les donateurs en espérant n oublier personne : Mesdames et messieurs Henri Agache, Jean- Jacques Debuchy, Blanche Decottignies-Mallet, Jeannine Delaby-Boone, Anna Delaine, Henri Delaine, Louise Delaine, Maurice Delplanque, Marie Delporte, Léon Desbiens, Louis Dewas, Pierre Dhainaut, Gilbert Dherte, Colette Dransart, Solange Dubar, Jean-Marc Dupuis, Jean Dupuis, Dominique Fourment, Albert Fournel, Jeannette Ghyselen, Jean Hennet, Marie-Thérèse Houillier, Daniel kowalski, Dominique Malengé, Nathalie Mignot, Michel Olivier, Georgette Pasbecq, Charles Pinquet, Angèle Raton, Louise Raton, Jacqueline Schlick, Marie-Thérèse Stasiak, Odette Verbeke, Renée Zeghers. Des mémoires extraordinaires de notre village, un bien précieux pour notre association. Sur la photo de gauche, Louise Delaine, fille d Anna Delaine rue Verte, et Jacqueline Schlick. Sur la photo de droite, Marie-Louise Duhem en conversation avec Georgette Pasbecq. EXPOSITION «FAUMONT ET SN PATRIMOINE» DU 29 MARS

8 LE PRIEURÉ DE FAUMONT Stéphane TRÉLA LE PRIEURE BENE- DICTIN. Stéphane Tréla lors de sa conférence du 29 mars 2009 à Faumont Localisation : 635 rue de Faumont. L e prieuré s élevait rue de Faumont qui est parallèle, côté est, au CD 917 (ex Nationale). Au n 635, actuellement l exploitation agricole de M. Develter. La carte I.G.N. la nomme «Ferme de Faumont» sans doute en souvenir de l importance passée. Rappelons que ce lieu est situé à Coutiches jusqu en 1830, année de séparation entre Coutiches et son hameau Faumont. Première mention historique : un texte de Le nom de «Faumont» apparaît pour la première fois dans un texte écrit en Donc 900 ans l an prochain d existence prouvée du village. Des hommes y vivaient depuis bien plus longtemps puisqu on a retrouvé des tuiles gallo-romaines au XIXe ou au début du XXe me semble-t-il. Faumont, «fort anciennement connu par titres» est vraisemblablement cité dans des textes de la fin du XIe siècle relatifs à l abbaye Sainte Marie de Bourbourg. Le transfert, près de Dunkerque, du monastère initialement prévu à Faumont, datant de Reste à retrouver de tels documents s ils ont existé ou existent encore. Un fouineur chanceux remontera-t-il plus avant dans le temps en découvrant dans les archives un texte antérieur? Le prieuré de Faumont, 1716, Arch. dép. Nord, plan Douai 55. Le parchemin du XIIIe siècle. L acte original a disparu. On ne possède qu une copie du XIIIe siècle. Un cartulaire du XVIe siècle de l abbaye de Bourbourg précise que l original était «scellé en chire apparent blanche, couverte de rouge, dung scau pendant en double queue». C est un texte de dix-huit lignes en latin. Vercauteren en fit la transcription, Madame Denise Poulet sa traduction. Commentaire du texte. Le document fait partie d une somme qui récapitule toutes les donations des comtes de Flandre à l abbaye. Donations que les comtes successifs augmentaient, rappelaient et confirmaient périodiquement par écrit. Des copistes et des notaires vérifiaient les archives et les recopiaient, légalisant par là, en quelque sorte, les possessions ecclésiastiques très étendues avant la Révolution de Rue de Faumont, ferme Develter, emplacement de l ancien Prieuré 6 LE PRIEURÉ DE FAUMONT

9 Ces récapitulatifs, véritables aide-mémoire, valaient actes de propriété pour les terres, les dîmes, les rentes, droits de justice perçus par les divers bénéficiaires des pieuses largesses comtales au fil des siècles. Soigneusement archivés et conservés dans les cartulaires des abbayes, ces actes sont nombreux à avoir subsisté jusqu à nos jours. Le comte de Flandre Robert II et son épouse Clémence, sœur du futur pape Calixte II, rappellent la fondation d une maison de moniales à Faumont en Pévèle, les dons de terres et dîmes nécessaires à l entretien des bâtiments et la subsistance des religieuses. Comme il s agit d un rappel, Faumont fut donc fondé avant La comtesse est alors régente durant l absence du comte parti à la croisade. Il en reviendra auréolé du titre de «Robert de Jérusalem». Ces dotations de terres, de rentes en argent ajoutées aux ponctions de la dîme sur les récoltes font de l Eglise, jusqu à la Révolution, l un des premiers propriétaires terriens du pays et le principal marchand de grains. Voici donc les donations : deux manses de terres, la dîme d une nouvelle terre cultivée ou à cultiver (en cours d essartage), la dîme de lin (culture dont la dîme est sujette à contestations), une nouvelle (qui vient d être défrichée) terre à Ruhol (forêt de Clairmarais) et sa dîme, dîme des jardins à Orchies (normalement exclus de la dîme), une terre à Pétreholt (hameau de Frelinghien) et sa dîme. Le couple comtal innove en incluant dans les récoltes dîmables, le lin qui n est pas une céréale et les jardins. Un texte ultérieur accorde en outre les revenus de l autel de Coutiches. Par cette fondation et ces dons, le couple comtal espère «la rémission de (ses) péchés et le salut de (son) âme». C est acheter son paradis à bon compte car ces largesses ne lui coûtent rien, provenant du travail des paysans. Ceci montre l importance des donations et par conséquent l assurance d une vie matérielle correcte pour les religieuses de Faumont. Ces donations resteront propriété du prieuré jusqu en Pendant près de sept siècles! Bourbourg supplante Faumont. Immédiatement donnée à la récente abbaye bénédictine de Bourbourg, la maison de Faumont ne se développe pas. Devenue une simple annexe, elle reste un simple prieuré. Faumont (en diocèse d Arras) aurait pu être le point de départ d une grande abbaye. Il n en fut donc Le texte de 1110 et sa traduction Année 1110 Au nom de la sainte et indivisible Trinité. Nous voulons qu'il soit porté à la connaissance de tous les hommes présents et à venir que moi Robert, comte de Flandre et Clémence, comtesse, mon épouse, nous avons fait construire pour la rémission de nos péchés et le salut de nos âmes, une maison de moniales à Faumont, et nous avons donné aux moniales servant Dieu en ce même lieu deux manses de terre et la dîme d'une nouvelle terre en Pévèle, cultivée ou à cultiver, et la perception de la dîme de lin qui nous revient, et aussi une nouvelle terre à Ruhol et toute dîme des jardins à Orchies et aussi de Petreholt avec la perception de sa dîme. Mais que personne ne projette inconsidérément de contrevenir à ces dispositions sans faire attention à la preuve attestée par notre sceau. Fait en l'an mille cent dix devant les témoins suivants : Bernard, chapelain, Théodoric, notaire, Thibaut d'aire, Reingier échanson, Guillaume châtelain, Guillaume échanson, Bernholt de Lille, Gérard châtelain de Cassel et plusieurs autres. LE PRIEURÉ DE FAUMONT 7

10 rien. Pourquoi Faumont ne se développe-t-il pas, reste-t-il un petit prieuré dépendant de Bourbourg, promise, elle, à un bel avenir? Le précis historique et statistique sur l arrondissement de Douai, écrit en 1830 : «Voici ce que dit un écrivain contemporain (?) auteur de la vie de Hugues né à Tournai vers 1102, abbé de Marchiennes ( ) : «Hugues ayant engagé sa mère à quitter le monde et à abandonner tout ce qu elle possédait, l emmena (1127). Clémence, qui fut ensuite appelée duchesse à cause du mariage qu elle contracta après la mort de Robert comte de Flandre, son premier mari, faisait bâtir alors au pays de Pévèle, dans un endroit nommé Faumont, un couvent de femmes Ayant su que la mère de Hugues, femme très vertueuse, pouvait lui être d un grand secours, elle fit beaucoup d instances et de prières pour l y retenir, mais Hugues s y refusa et la jugeant trop proche de ses parents, la conduisit au monastère de Saint Amand à Noyon.» Ce texte nous éclaire sur les difficultés que rencontraient les fondateurs d une abbaye. L expression «grand secours» résume le triple problème : autorité morale, dotations et sans doute sécurité, à résoudre lors de la création d un établissement religieux. Une cause possible. Manqua-t-il au monastère naissant l aura d une «femme très vertueuse» pour en assurer la direction? En s y retirant, une telle femme aurait apporté, certes, la publicité de son renoncement au monde. Mais, bien plus important, une dot et la protection d une famille influente, bien que cette dernière n appréciât pas toujours la perte d héritage. Faute de trouver la perle rare, la comtesse, «malgré beaucoup d instances et de prières» en faveur de Faumont se résolut-elle à développer Bourbourg? L ayant trouvé, apparemment pour Bourbourg, rien ne l empêchait de la muter à Faumont. Il faut donc rechercher une autre explication. La vallée de la Scarpe est déjà en train de se doter de nombreuses abbayes tandis que le littoral (12 km en deçà de l actuel) en cours d assèchement reste à pourvoir. L installation d un monastère dans une région marque l emprise sur un territoire, son organisation, son peuplement. Il a toujours d importantes conséquences agricoles par les défrichements entrepris, économiques, religieuses, politiques et sociales. Le clergé et la cour comtale en étaient parfaitement conscients. Vraisemblablement, la comtesse, qui eut toujours beaucoup de sollicitude pour Faumont, dut se rendre aux arguments de ses conseillers qui voyaient à long terme l importance de la côte. On est en train de drainer ces terres amphibies. Il importe de s y installer. Les comtes de Flandre tiennent à faire valoir leurs droits sur ces territoires. Dunkerque, Bergues, surgissent à ce moment-là. De plus, la région de la Scarpe, déjà bien pourvue en abbayes, connaît une période de troubles : des abbayes étant même attaquées. Le transfert du monastère de Faumont à Bourbourg eut lieu en En 1113, un acte du pape Pascal II, confirme que la maison de Faumont dépend désormais de la toute jeune abbaye de Bourbourg qui vient d être fondée. Comment les premières religieuses s installèrentelle à Faumont? Qui étaient-elles? Comment étaientelles recrutées? Combien étaient-elles? Certaines quittèrent-elles le prieuré pour Bourbourg? Autant de questions sans réponse. L installation d un monastère est œuvre de longue haleine. Une petite communauté resta à Faumont car un texte de 1260 parle de «li abbesse de Borborc et li prieuse de Faumont et les autres dames à la capelerie de Faumont» et du «capelain» de Faumont qui y habite et que ces dames entretiennent à leur service. Combien de nonnes vivaient à Faumont? On n en sait trop rien. En 1644, elles sont quatorze et deux novices. La moyenne dut être d une dizaine. A quelles activités s adonnaient-elles? On n en sait rien non plus! Saint Benoît avait prévu une journée de 14h d activités spirituelles et physiques : 4h d offices, 4h de lectures, 6h de travail manuel. Je n ai pas étudié les liens qui unirent Faumont et Bourbourg de 1102 à Théoriquement, le prieuré devait être autonome selon la règle bénédictine. Il apparaît bien que la prieure était nommée par Bourbourg et non pas élue par Faumont. Dès le début, la comtesse impose sa loi, nommant abbesse, prieure et chapelain. L habitude se continua longtemps. On sait que les religieuses étaient envoyées de Bourbourg. Y avait-il indépendance financière? Il y eut des changements au cours de ces sept siècles. Toujours est-il que le prieuré resta durant tout ce temps sous la tutelle de l abbaye. Ainsi en 1649, Louis XIV autorise-t-il les religieuses de la côte à se réfugier dans leur «petit prieuré nommé Faumont» à cause des guerres. Il était assez vaste pour accueillir plusieurs dizaines de nonnes supplémentaires. Le plan de 1820 montre des bâtiments de 50, 40, 30 m de long. Quel rayonnement? Au milieu du XVIIe siècle, on parle de «petit prieuré». Au XVIIIe siècle, on ne parle plus de prieuré mais bien de «chapelle», par la suite de cense ou de «ferme de Faumont». Ces mots évoquent la modestie du lieu, moins matérielle car les bâtiments sont importants, que religieuse semble-t-il. Moins signe de déclin religieux que traduction d une réalité datant sans doute de l origine. Cette petite communauté de femmes ne laisse pas de trace dans les chroniques locales. Au point qu il se pourrait qu il n y eût pas grand monde à certaines époques. Le seul rayonnement spirituel est du au culte de Saint Roch apparu au XIVe siècle. Le lieu ne s anime qu à la neuvaine annuelle et lors des épidémies de plus en plus rares. Restent les revenus de la belle cense. Un prieuré riche. Dans les registres des comptes de décimes pour l impôt pontifical de financement des croisades, Fau- 8 LE PRIEURÉ DE FAUMONT

11 mont est taxé en sur la base de 263 livres, c'est-à-dire son revenu net, tous frais déduits Prenons l exemple des années L exploitation agricole s étend sur 80 bonniers, soient environ 112 hectares de terres labourables, prairies et bois. C est la grosse cense. Louée annuellement 1000 florins ou 1300 livres à un fermier. Les frais de gestion : gages du receveur, du sergent, du chapelain, du clerc, l entretien de la chapelle Saint Roch et de la muraille s élèvent à 726 livres. Il reste donc 574 livres de revenu net. Cela ne concerne que Faumont. S y ajoutent les revenus de terres et dîmes situées ailleurs comme indiqué dans l acte de Et celui de l année A la nationalisation des biens du clergé, la cense du prieuré : 80 bonniers et demi et quatre cents de terre, plus une petite dîme rapportent 3200 livres. Si on y ajoute d autres rentes et dîmes, le total brut monte à 4612 livres. Plus les droits de justice. On sait d autre part que le fermier se devait d approvisionner par contrat de location, les religieuses en farine, œufs, volaille, laitages donc assumer leurs frais de bouche. Puits et les dalles bleues de l ancien cuvelage. Configuration actuelle de la ferme Develter avec le seul bâtiment du XVIIIe qui subsiste. La mare-abreuvoir d'origine, sept. 2006, photo S. Tréla. Bâtiment subsistant du XVIIIe siècle, sept. 2006, photo S. Tréla. LE PRIEURÉ DE FAUMONT 9

12 Fournir également bois de chauffage et quelques charrois. N oublions pas le chapelain qui recevait en 1260 «un porc encrassié dix capons et un cent de harengs» sans compter argent, blé, avoine, pois, fèves, pâturage de sa vache». Ces droits persistèrent jusqu en Une constante semble-t-il : les revenus de Faumont représentaient le douzième des revenus de l abbaye de Bourbourg. (XVIIe-XIXe siècle) Le culte de Saint Roch. On ne sait exactement à quel moment et comment le culte de Saint Roch apparaît pour perdurer à Faumont et placer l église actuelle sous sa protection. Roch ( ) naît à Montpellier, ermite, sauvé de la peste par un chien. On le fête le 16 août. Une chapelle en grès et briques lui est consacrée à «l extérieur» du prieuré. Le chroniqueur Buzelin au début du XVIIe siècle parle du pèlerinage de Faumont. Pendant la neuvaine qui suit le 16 août et lors des épidémies, la foule se presse pour se recueillir devant un buste en argent. Contient-il une relique? On sait seulement avec certitude que Faumont en récupérera, deux, bien plus tard, au XIXe siècle. On compte encore dix mille pèlerins en Avant la guerre , la procession et la messe de la Saint Roch attiraient toujours du monde. A la révolution, la chapelle servit de grange puis de lieu de culte provisoire avant la construction de l église actuelle en Représentations du prieuré. Curieusement, les albums de Croÿ au début du XVIIe siècle, ne mentionnent pas le prieuré. La carte de Cassini du XVIIIe siècle montre une simple églisetype sur le lieu (est du Grand Chemin) noté Fauxmont. Une autre église-type au Bougeon (?). Cependant les censes de Plancabille, la Croix, la Vacquerie, historiquement tardives et sans renommée y sont. Croÿ et Cassini notent la chapelle N.D. de la Fontaine ou des Fièvres à Coutiches, bien plus modeste mais possédant, il est vrai, une fontaine miraculeuse. Le plan de 1716 montre un quadrilatère de 180 m sur 130 m soient environ 2 hectares et 33 ares de superficie entièrement clos de murs en briques. A gauche, des bâtiments de chaque côté de l entrée, un autre plus au nord et l église au toit d ardoises (bleu) qui n est pas la construction la plus vaste ; à droite, le pigeonnier ; vient ensuite un ensemble au carré presque fermé avec un long bâtiment à trois cheminées avec extension à l est et un autre bâtiment indépendant à une cheminée. L échelle n est pas respectée parfaitement. Les couleurs sont importantes : le rouge des murs indique qu ils sont en briques, le jaune des toits indique le chaume. Une carte des environs de Douai par Daudet, d après Masse, de 1736 représente le prieuré sous le nom de «chap. St Roch ou Faumont». A l ouest du lieu, en face, le long de l actuelle Grand route on voit un «Petit St Roch» qui annonce la future église actuelle à proximité. Le plan de 1769 peu précis, mentionne la chapelle et la cense de Saint Roch. Le plan de 1820 (?) est autrement plus précis. Véritablement à l échelle, on remarque la chapelle : 22 m x 10 m qui clôt un quadrilatère de bâtiments de 50 m x 50 m : les bâtiments conventuels. D importantes constructions en angle à l entrée (40 m x 12 m et 30 m x 6 m) avec la mare-abreuvoir centrale. La présence de deux longues basses : peut-être dues à l extraction d argile pour les briques de la construction et leur utilisation comme carpières. J ai ajouté un point représentant le puits d origine et en noir le seul bâtiment reconstruit au cours du XIXe siècle, subsistant. Jardins et basse-cour ne sont pas délimités. Le plan de 2006 extrait du cadastre informatisé, simplissime, n indique que les bâtiments de la ferme actuelle construite au nord-est de la parcelle. Cette parcelle est exactement la même que celle de Vraisemblablement ses limites remontent à la fondation du prieuré. Le seul vestige du prieuré figure au sud-est. C est un bâtiment sur les anciennes fondations qui doit dater du XIXe siècle. Ni les basses, ni le puits ne sont représentés. Conclusion. La révolution supprime abbaye et prieuré, confisque leurs biens. L ensemble qui figure sur le plan de 1820, est détruit progressivement au cours du XIXe siècle. A part le puits qui doit avoir plus de neuf cents ans (de la fin du XIe siècle?), le bâtiment isolé non d origine, une pâture mamelonnée, une parcelle intacte dans ses limites depuis le début du XIIe siècle, il ne reste rien du prieuré de Faumont. La ferme actuelle date des années Monsieur Develter se demandait où étaient enterrées les religieuses car divers travaux n ont jamais rien mis à jour. Mais pendant longtemps on enterrait profondément (6 pieds soit 1,80m) et le corps des religieuses «bien nées» devait être transféré dans un lieu plus noble. Bibliographie. Coutiches et Faumont. P. Duvillers (1913). Les églises de la Pévèle française. A. Plateaux (1990). L abbaye de Faumont et la comtesse Clémence. Henri Platelle (Pays de Pévèle n 32, 1992). Actes des comtes de Flandre. F. Vercauteren (1938). Précis historique et statistique sur l arrondissement de Douai LE PRIEURÉ DE FAUMONT

13 LA FERME DE BERSÉES DE LA CROIX Texte de la conférence de Faumont du 29 mars 2009 Marc Debersée Marc Debersée, descendant en lignée directe de la famille «de Bersées de la Croix». Membre de la commission historique du Nord La ferme de Le Croix à Faumont : mémoire d'un lieu, berceau d'une famille. L a ferme de Le Croix ou Delcroix est à Faumont un lieu de mémoire hautement emblématique. Les origines sont à mettre en relation avec le passé lointain du village. Ce fief est également associé à l'existence et à l'évolution d'une famille souche qui marquera l'histoire de ce village proche de Moncheaux. La ferme Delcroix dans la mémoire de Faumont. Dans la monographie sur l'histoire de Coutiches et de Faumont (1913) l'abbé Duvilliers évoque le fief de Michel Olivier l actuel propriétaire de la Ferme de la Croix et Marc Debersée. Plan de 1632 indiquant l emplacemnet de la ferme rue Coquet Le Croix ou de La Croix situé rue Coquet, voici ce qu'il écrit : «La Croix : - Tenu à 10 livres de relief, ce fief consistait en une motte amassée de maison, enclose de fossés, qui menait du pont de Cumont au pont de Coutiches, et d'autre part au chemin de Coutiches à Marquette, hameau de Faumont. En 1385, ce fief appartenait à Allard de Bersée (d'argent à la bande de gueules, accompagnée de six lions de sable posés en orle) (1). En 1458, son possesseur était Ricard Le Fèvre, fils de feu Gilles, vraisemblablement greffier de Douai de 1439 à 1454 environ. Puis la Croix devient une sorte d'annexe de la seigneurie des Wastines appartenant aux Montmorency, et fut acquise, vers 1700, par le Collège Anglais de Douai.» Le lieu dit La Croix et ce qui reste de cette très belle ferme est toujours visible à 100m en arrière de la rue Coquet et de sa «nouvelle» ferme ( XIXème siècle ) située en bordure de route. Située sur la proprièté de Mr Ollivier, cette motte amassée ressemble à une motte castrale mais ce n'est semble-t-il pas, selon M r Étienne Louis, de la direction archéologique du Douaisis, une motte castrale au sens strict du terme. Il s'agirait plutôt d'un aménage- Note : 1. Le blason décrit appartient en fait à Jean De Bersée seigneur de Faumont et De Bersée, décédé avant LA FERME DE BERSÉES DE LA CROIX 11

14 ment médiéval d'une ferme. Les mottes castrales sont plus hautes ( 2 à 5 mètres ) et les fossés mesurent de 10 à 20 m de largeur. La parcelle circulaire de Faumont semble trop plate, même si elle a pu être arasée par les labours. Le site peut être rangé dans la catégorie des «maisons-fortes», avec une plate-forme circulaire et entourée d'un fossé circulaire de quelques mètres de large. A proximité, on y trouvait la «bassecour» et les bâtiments d'exploitation. Le cas de plate-forme de ce type, selon Mr Louis, n'est pas si fréquent dans le secteur et ces plate-forme quadrangulaires ou plus ou moins ovalaires sont les plus nombreuses. On connaît en Ostrevent les mottes de Masny, d'emerchicourt en Pévèle, de Coutiches (ferme d'hellignies). Cette motte de La Croix est à rapprocher d'un cas similaire même au niveau des dimensions: celui de la «motte Julien», à la limite entre Douai et Flers en Escrebieux. Elle apparaît après le milieu du XIIIsiècle, au moment de défrichements. C'est une époque de pression démographique et on assiste à la naissance de «petites seigneuries intercalaires». Il semble que l'on ait le même cas à Faumont.En période de croissance forte, ces petits fiefs s'installent sur les marges du terroir jusque la inexploitées et destinées le plus souvent à caser les cadets de famille. Comment se présentait cette maison forte sur plate-forme? Le bâtiment était-il en bois ou en pierre? Y'avait-il une palissade? La date de cette installation est incertaine, les sources sont muettes pour la période du haut Moyen-age. La seule certitude c'est que ce fief appartenait en 1385 à Alars de Bersée, puis qu'après divers occupants plus ou moins connus, cette ferme devint la proprieté du collège anglais de Douai au début du XVIII siècle, d'où l'apellation de «ferme des Anglais». A cette date, c'est une très grande ferme à cour fermée, dont nous possedons deux documents du XVIIIème siècle, utilisés par Jean Claude Remy pour une étude publiée par la Société historique du Pays de Pévèle (n 23). Le premier document est le terrier du village de Faumont (ADN plan de Douai). Le deuxième est un procès-verbal de mesurage et d'estimation de la ferme (bibliothèque municipale de Lille). De cette ancienne cense, il ne reste qu'une partie de la façade, bien transformée depuis quelques decennies, soit un quart environ du bâtiment d'origine. La porte principale, aujourd'hui murée présente encore les piédroits en grès et on observe le départ du pigeonnier aujourd'hui rasé. Autre disparition: sur la toiture des tuiles brunes se dessinait une croix rappelant l'origine ancienne du lieu. Cette grande ferme comprenait l'habitation, construction rectangulaire en briques sur un soubassement de grès. Le plan donne le profil de cet imposant bâtiment en hauteur appelé «château». Pour accéder à la porte principale, il faut franchir un petit pont pavé de grès. La porte s'ouvre sur un étroit vestibule. Dans ce vestibule, un escalier monte à l'étage, aux chambres à coucher. A droite du rez de chaussée, s'ouvre une porte sur la grande salle avec une cheminée. Cette grande pièce donne sur la chapelle privée. Au fond du vestibule, à gauche, deux petits escaliers, l'un descend, l'autre monte. Celui qui monte permet d'accéder à une pièce étroite, la chambre pour le fermier. Le second escalier mène en descendant à la cuisine. C'est une pièce voutée en briques, au sol couvert de carreaux en pierre bleue.par la cuisine, on accède à la relaverie, une dépendance aux fonctions multiples (préparation de la nourriture des animaux, par exemple). Le sol est constitué de briques mises de champ. Dans un coin, on a creusé un puits. La relaverie communique par un escalier à la chambre pour le fermier. A coté, on trouve une première étable à vaches avec un escalier qui mène jusqu'au pigeonnier, lequel surplombe la grande porte cochère. L ensemble de l aile gauche constitue la bergerie, six étables à moutons, soit une capacité d abriter une centaine de moutons en tout. La grange forme presque à elle seule tout l arrière de la ferme. De la grange à la maison d habitation, on rencontre l étable à vaches puis l écurie. Au centre de la cour, on trouve très certainement le tas de fumier. Sur le terrier, on remarque l existence d un puit qui n apparaît pas sur le plan. Autour de cette cour se situe le trottoir, le 'grebion', large de 90 cm, en grès. Les toitures des différents batiments qui le longent forment une avancée, sorte d'auvent qui protège de la pluie (les 'coyettes'). Enfin, à l'extérieur on trouve une brasserie et un four qui ont également disparu mais que l'on retrouve, positionnés sur le terrier du XVIII siècle. Après l'aspect patrimonial, passons à l'impact généalogique de ce remarquable lieu de mémoire. La ferme de la Croix, berceau de la famille souche Debersee- De Le Croix. Mr Champagne, auteur de l'histoire de Moncheaux en quatre tomes a consacré plus de vingt pages à l'étude de la famille Debersée. Ce généalogiste distingue en fait six branches, dont deux sont à rattacher directement aux seigneuries de Bersée. L'une est la souche «Faumont, Moncheaux, Mons en Pévèle». Elle nous ramène à la fin du XIV siècle et c'est Alars de Bersée (dit Alars 1er) qui fonde la lignée. Alars, né aux environs de 1340, décédé après 1385 est seigneur de Le Croix à Faumont. C'est d'ailleurs à cette occasion que l'on trouve, une des premières fois, trace du nom de Faumont proprement dit. Alars a trois fils Gérard, Gillard et Alars dit Alars II. Alars II, né vers 1370, mort après 1449, vit à Moncheaux où il possède en razières de terre. L'histoire de cette famille suit alors plus étroitement l'histoire de Moncheaux mais les trois successeurs d'alars 1er porte toujours le surnom «de Le Croix» ou «dit de Le Croix». Alars II déjà cité, son fils Pierre, dit Pierre 1er (né vers , décédé avant 1474) juge de Moncheaux de 1449 à Ce Pierre de Bersée de Le Croix laisse en 1747 un héri- 12 LA FERME DE BERSÉES DE LA CROIX

15 Origine du plan : Bibliothèque municipale de Lille - Fonds anciens Lille et communes Faumont - boîte 8. Plan de la ferme de la Croix tage de 15 hectares tenus du chapitre St Pierre de Lille. En 1449, d'après une enquête fiscale conservée au ADN, Pierre de Bersée de Le Croix mène une protestation des habitants de Moncheaux contre l'assiette de la taille. Au cabinet des Médailles, on conserve le sceau de Pierre de Bersées datant de 1463 représentant un écu à la hamaïde devant un arbre. Son fils, Pierard de Bersée, alias Pierrotin (Pierre II) né en 1474, mort après 1512, portera le dernier le nom «de Le Croix». Il demeure au Haut Moncheaux et possède 5 razières et demi de terres. Le fils de Pierre II est Jehan de Bersée, cité dès 1512, mort après 1554, connu sous le titre de Jehan II de Bersée, dit «Le Rustre», qui possède 88 coupes de terres à Moncheaux. Sa signature apparaît sur un terrier de Il est également juge de Moncheaux en C'est dire que la souche traverse les époques en maintenant ses fonctions de propriétaire et de notable. Il ne faut pas y voir semble-t-il une quelconque «décadence de la famille Debersee» (Mr G. Niquet) mais une pragmatique adaptation aux mutations du XVIème siècle. Pierre IV de Bersée, dit Pierrichon, fils de Jehan le Rustre est, comme son père, laboureur, c'est à dire riche propriétaire et non pas «simple laboureur». Pierre IV meurt à Faumont après Ici s'arrête l'histoire parallèle de Faumont et de la lignée Debersée. De Noël Debersée, dit Noël 1er, autre fils de Jehan le Rustre, nous passons à Vincent, juge de Moncheaux, en 1625 et 1631 et Denys qui est le seul à demeurer à Faumont. Les autres, Maurice, Antoine IV, Jean-Baptiste II, Pierre Antoine et Amand, sont nés et décédés a Moncheaux. Pierre Antoine II, né à Moncheaux en 1817, est maçon au Wacca, hameau de Mons-en-Pévèle et y décède en Le fils de Pierre -Antoine II, Jean Baptiste ( ) fonde la fabrique de carreaux de Mons en Pévèle. Lui et ses quatre fils sont nés à Mons en Pévèle. L un d eux, Alexandre Anatole aura quatre enfants, tous nés à Mons en Pévèle. Le seul héritier mâle de la lignée est né en 1912, il s agit de mon père, Arthur Debersée qui sera un des derniers de la famille à maintenir la fabrique de carreaux Debersée-Frères, dont les anciens se souviennent. Combien de vieilles maisons de Faumont et d'ailleurs conservent encore les traces de ces carrelages de ciment qui ont fait la fierté de leurs fondateurs! La famille Debersée souche de La Croix reste associée à la mémoire de Faumont mais aussi à toute l histoire de notre Pévèle. Quel chemin parcouru du petit seigneur féodal au fabricant de carrelage, en passant par le propriétaire terrien et le notable local! Pour conclure avec cette évocation généalogique, je me permettrais de reprendre in extenso cette introduction de Mr Michel Champagne dans son tome IV de l histoire de Moncheaux p. 477 : «Le terme de < bonne famille > convient parfaitement aux Debersée, ne serait-ce que par l ancienneté du nom, la qualité des alliances, les illustrations des différents personnages au cours des siècles dans la région pevelloise.» SOURCES BIBLIOGRAPHIQUES : DUVILLERS Paul : Monographie de Coutiches et Faumont (1913) CHAMPAGNE Michel : Histoire de Moncheaux, tome ( ) DEBERSEE Arthur et Marc : Histoire généalogiques de la famille Debersée de 1340 à LOUIS Etienne : Quelques sites médievaux des campagnes du Douaisis, Revue du Nord n REMY Jean Claude : La ferme de Le Croix à Faumont. Pays de Pévèle. n 23 LA FERME DE BERSÉES DE LA CROIX 13

16 LA BATAILLE DE MONS-EN-PÉVÈLE VUE DE FAUMONT Texte de la conférence de Faumont du 29 mars 2009 Gérard Hugot Gérard Hugot, historien, auteur en 2004 de «La Bataille de Mons-en- Pévèle» édité à l occasion du 7è centenaire de la bataille. L e Pays de Pévèle a été le site, au Moyen Age, de deux batailles, celle de Bouvines en 1214 et celle de Monsen-Pévèle en La première est très connue, la seconde beaucoup moins, au point d avoir peu à peu sombré dans un quasi oubli, ou d être victime d une condescendante indifférence. Et pourtant, un personnage de l histoire de France avait pris conscience de l importance de la bataille qui s est déroulée à Mons-en-Pévèle, le 18 août 1304 : il s agit du roi Louis-Philippe. Mons en Puelle 1304, Tableau de Larivière Charles Philippe (XIXe) Celui-ci, vers 1840, avait voulu rassembler au château de Versailles, dans une longue galerie, toutes les batailles qui avaient fait la France, de Clovis à Napoléon Ier ; il marqua sa volonté d y faire figurer, à quelques mètres de distance, Bouvines 1214 et Mons-en-Puelle Louis-Philippe savait que le 18 août 1304 avait eu des conséquences politiques majeures ; en effet, la victoire remportée ce jour-là, sur les Flamands, par Philippe IV le Bel plaça les châtellenies de Lille, Douai et Orchies, sous la suzeraineté royale pendant 240 ans, c est-à-dire jusqu au règne de François Ier Mais pourquoi la bataille de Bouvines est-elle si connue, et celle de Mons-en-Pévèle si méconnue ou mal connue? Le 700 ème anniversaire de la première a été commémoré en 1914 au moment où la France et l Allemagne s apprêtaient à s entre-déchirer. Dans ce climat d extrême tension, évoquer Bouvines, magnifier Bouvines, cela contribuait à renforcer l unité nationale, et cela d autant plus qu en 1214 les Flamands s étaient acquis, outre-rhin, le concours des troupes d Othon de Brunswick! Mons-en-Pévèle, par contre, a été victime, si je puis dire, d un autre nationalisme, celui qui, dans la seconde partie du 19 ème siècle, prit naissance en Flandre belge où il était alors de bon ton de nier la victoire française et de professer qu à la limite le 18 août 1304 fut une journée sans vainqueur et sans vaincu Puis le temps a passé. Une brochure a été éditée en 1904 à Mons-en-Pévèle 1 ; une conférence fut donnée à Douai en ; il a fallu attendre la publication d une monographie en pour qu un timide essai de réhabilitation de la bataille soit tenté. Mais c est l Association Mons-en-Pévèle 2004 qui, pour le 700 ème anniversaire de l évènement, a contribué à rendre à la bataille du 18 août 1304 la juste place à laquelle elle a droit dans l histoire de notre pays. La bataille de Mons-en-Pévèle a eu, au Moyen Age, un retentissement considérable. Les chroniqueurs l ont relatée avec force détails, dans de nombreuses chroniques parmi lesquelles on peut citer : la Stèle érigée à Mons-en-Pévèle à l occasion de la célébration du 7 ème centenaire de la bataille 14 LA BATAILLE DE MONS-EN-PÉVÈLE VUE DE FAUMONT

17 Chronique artésienne, la Chronique tournaisienne, la Chronique normande, la Branche des royaux lignages, de Guillaume Guiart (soldat-écrivain orléanais qui était présent en Flandre en 1304) et les Annales Gandenses. Nous le verrons bientôt, ce sont leurs travaux qui, par exemple, permettent d affirmer que Philippe le Bel était à Faumont en août Des historiens de notre époque ont bien sûr écrit sur le règne de Philippe le Bel, le principal d entre eux étant Jean Favier, ancien directeur des Archives nationales et membre de l Institut, qui est «le» spécialiste actuel de Philippe le Bel et de son époque. Et puis, il y a les historiens locaux qui ont, pour certains, publié sous l égide de sociétés historiques : leurs travaux aident à mieux connaître tel ou tel aspect de la journée du 18 août Parmi eux, l abbé Dal tient une place à part puisqu il évoque Faumont dans le livre «En Chemin de fer, de Pont-à-Marcq à Pont-dela-Deûle» qu il a écrit en 1898, ainsi que la part prise par le village dans le déroulement et la topographie de la bataille 4. Pour quelle raison y a-t-il eu une bataille à Monsen-Pévèle? Pour répondre à cette question, il convient de se reporter une dizaine d années en arrière, tandis que Philippe le Bel régnait sur la France et que le comte de Flandre se nommait Guy de Dampierre. Mais l espace limité des lignes qui vont suivre ne permettent d évoquer que succinctement ces années-là de même que le déroulement de la bataille 5. Le comté de Flandre était fort puissant, économiquement, politiquement et militairement ; le comte figurait parmi les personnages influents du royaume puisqu il en était l un des six pairs laïcs. Dans les années , Guy de Dampierre caressa l espoir de se détacher de la couronne de France ; il entra en contact avec Edouard Ier d Angleterre, pays avec lequel la Flandre effectuait le commerce de la laine. Un projet de mariage entre le fils d Edouard et la fille du comte fut envisagé. Philippe le Bel s y opposa : d une part, un grand feudataire ne pouvait pas marier ses enfants sans son assentiment ; d autre part, une alliance entre la Flandre et l Angleterre représentait un grave danger car elle aurait eu pour effet de placer le royaume entre deux ennemis puisque les Anglais possédaient alors l Aquitaine. En quelque sorte, c était la situation qui existait avant Bouvines qui se représentait Finalement, le comte de Flandre céda, mais provisoirement, et le roi de France dut se résoudre à intervenir militairement. En juin 1297, l armée royale, sous sa conduite, entra en Flandre et l occupa ; des trêves furent conclues, des pourparlers s engagèrent mais les relations s envenimèrent encore. L armée royale était présente dans le comté, ce qui exaspérait les Flamands ; les engagements n étant pas respectés, Guy de Dampierre et son fils aîné Robert de Béthune furent retenus prisonniers par le roi de France. Nous arrivons à l année 1302 qui va se révéler comme une année tragique. En Flandre, la situation sociale est explosive ; le peuple et le bas clergé soutiennent le comte tandis que les bourgeois et le haut clergé sont, au contraire, favorables au roi de France. Dans la nuit du 17 au 18 mai, à Bruges, des émeutiers, sous la conduite de Pierre de Coninck et de Jan Breydel, entrent dans les habitations où logent des soldats de l armée royale, et les égorgent : cet acte, qui suscita l effroi et la colère en France, entrera dans l Histoire sous l appellation de «Matines brugeoises» 6. Philippe le Bel décida de venger ces assassinats contraires au code de la chevalerie et enverra en Flandre une nouvelle armée, sous la direction du prince Robert d Artois ; elle se présentera devant Courtrai où une bataille l opposera aux Flamands, le 11 juillet Cette tragique journée allait figurer dans l Histoire sous le nom de «Bataille des éperons d or» 7. L armée du prince, composée d hommes d élite, fut décimée dans les marécages de Courtrai par l armée du peuple flamand. Robert d Artois et de très nombreux nobles et chevaliers y laissèrent leur vie ; sur le champ de bataille, 700 éperons d or furent récupérés et appendus aux voûtes d une église toute proche. La nouvelle de cette défaite sema la consternation en France où le deuil frappa de nombreuses familles de haut lignage. La victoire de Courtrai permit aux Flamands de chasser les Français et de reconquérir leur comté ; toute l année 1303 fut suivie d actions militaires où les soldats du comte passèrent à l offensive, par exemple à Douai et Lens, et même sous les portes d Arras. Alors, Philippe le Bel réunit ses barons afin de pouvoir reconstituer une armée, celle qui lui permettrait de prendre sa revanche. Il la convoqua à Arras en juin 1304 En effet, chaque fois que l armée royale a été réunie en vue de châtier ou de conquérir la Flandre, c est dans la capitale de l Artois qu elle a été rassemblée. L objectif de Philippe le Bel était, à partir d Arras, de se diriger tout droit vers Lille, en passant par Lens et Seclin. De tout le royaume, les seigneurs et leurs hommes arrivèrent à Arras, conformément aux ordres du roi ; quand toute l armée se trouva réunie, l ordre du départ fut donné : c était le 29 juillet. Dans l esprit du souverain, des princes et des nobles qui l accompagnaient, la rencontre avec les Flamands s opérerait rapidement, probablement quelques lieues avant Lille. Mais un obstacle de taille vint perturber les plans du roi ; en effet, les Flamands tenaient le passage de Pont-à-Vendin, empêchant de ce fait son armée de franchir la Deûle. Le souverain dut choisir un autre itinéraire et c est ainsi qu il fixa comme nouvel objectif la ville de Tournai, qui dépendait de la couronne de France, en passant par Douai, Valenciennes et Condé sur l Escaut. L armée royale longea le fleuve sur la rive droite, tandis que, sur l autre rive, celle du comte de Flandre suivait le même itinéraire, interdisant tout franchissement à ses ennemis. Tournai accueillit Philippe le Bel et son armée le 9 août ; ils n y restèrent qu une journée car le souverain voulait au plus vite atteindre et prendre Lille, clé du comté de Flandre. Pour cela, il LA BATAILLE DE MONS-EN-PÉVÈLE VUE DE FAUMONT 15

18 lui faudrait passer la Marque, par l un des ponts qui la jalonnaient, à Bouvines, Tressin ou Pont-à-Marcq. Mais, bien sûr, les Flamands les avaient sous leur garde et s opposeraient à toute tentative de la part des hommes du roi. Philippe le Bel décida de se diriger vers Pont-à- Marcq, ce qui lui permettrait ensuite de continuer sa chevauchée vers Lille ; le 10 août son armée quitta Tournai, marcha vers Orchies, qu elle occupa, ainsi que vers Mons-en-Pévèle. La vaste plaine de Sec- Mont ainsi que les villages de Mons-en-Pévèle, Faumont, Bersée et Moncheaux offraient aux hommes du roi toute l étendue dont ils avaient besoin, tandis que celui-ci prenait ses quartiers au prieuré de Faumont. Deux chroniques, au moins, évoquent le séjour du roi à Faumont ; la première, la Chronique artésienne le fait en ces termes : «(dans ce village) c on appelois Faumont, a une lieu d Orchies, ens un kemin qui va de Douay Lille». La seconde, la Chronique normande, cite également le village : «s en ala, le roy, logier à Faumont l abaye». Une semaine allait s écouler avant la journée décisive du 18 août. Entre-temps, dans la mer du Nord, à Zierikzée, au sud de la Hollande, l une des plus importantes batailles navales du Moyen Age opposa la marine flamande à celle de Philippe le Bel. Ce dernier, qui avait confié sa flotte à l amiral Rainier Grimaldi, eut la joie d apprendre, alors qu il se trouvait à Faumont, que les bateaux flamands avaient été détruits ou dispersés par ceux de Grimaldi. Celui-ci, quelques années auparavant, c était en 1297, avait, par ruse, conquis le château qui dominait le rocher de Monaco et y avait fondé une dynastie, celle qui règne encore de nos jours dans la Principauté. A l issue de cette bataille navale, Rainier Grimaldi regagna Boulogne puis prit la route afin de rejoindre Philippe le Bel à Mons-en-Pévèle où il combattit le 18 août ; il est permis de penser qu il le rencontra au prieuré de Faumont. De la même façon, on peut évoquer l idée que les princes et seigneurs qui étaient venus en Flandre se rendaient au même prieuré pour s entretenir avec le roi. Parmi eux, il y avait Enguerran de Marigny, chancelier de France Les négociations Durant plusieurs jours, les armées ennemies stationnèrent là, les Flamands occupant Pont-à-Marcq et ses environs, l armée du roi s étant installée sur le mont et la plaine. Dans un ultime effort pour éviter un affrontement, il fut décidé d engager des pourparlers afin de déterminer si un compromis politique était envisageable. Aucun texte n indique précisément où ces négociations se déroulèrent ; Guillaume Guiart dit simplement qu elles eurent lieu «dessouz l église» de Mons-en-Pévèle. Sans doute faut-il entendre par là «en contrebas» de l église, ce qui évoque le Pas Roland, mais il ne s agit là que d une simple tradition locale et rien ne permet d affirmer (ou de nier, d ailleurs) que les négociations se sont déroulées à cet endroit. Ces pourparlers, qui durèrent du 14 au 16 août, échouèrent. Un grave problème d intendance se posa alors au roi : lorsqu il avait quitté Arras, il était persuadé qu en une semaine tout serait terminé et que l oriflamme flotterait bientôt sur Lille. Mais le long détour qu il fut contraint d effectuer par Tournai, et la perte de temps qui en découla, eurent pour effet d épuiser les réserves d alimentation et de fourrage. Alors, le 17 août, le roi décida de quitter Mons-en- Pévèle et de se diriger vers Pont-à-Vendin afin de prendre à revers le pont pour libérer le passage aux convois de vivres qui viendraient d Arras. Philippe le Bel ordonna à ses hommes de quitter le sommet du mont et de s apprêter à prendre la route vers Douai. Bien entendu, aussitôt les Flamands s empressèrent d occuper le mont ; alors, le roi décida de les combattre mais la bataille n eut lieu que le lendemain. La bataille Philippe le Bel Le matin du 18 août, Philippe le Bel partit du prieuré et rejoignit, non loin de là, le camp qui avait été dressé à son intention et à celle des gens de sa Maison. De part et d autre, les armées se mirent en place, dans un chatoiement de couleurs. Les Flamands s étagèrent sur la colline, laissant derrière eux le village et une rangée de chariots formant comme un rempart qui protègerait leurs réserves de victuailles et de boissons. Les hommes prirent place dans un ordre parfaitement établi, par villes (Bruges, Gand, Courtrai, Ypres et Lille) et par métiers. Aucun homme à cheval ne figurait dans cet ensemble car le peuple flamand se méfiait des nobles qui, pour un certain nombre, se montraient favorables au roi de France En face, occupant toute la plaine de Sec-Mont, l armée royale se disposait comme il avait été conve- 16 LA BATAILLE DE MONS-EN-PÉVÈLE VUE DE FAUMONT

19 nu : tout devant, les arbalétriers, puis la cavalerie, puis encore les fantassins placés de part et d autre de cinq machines de jet, et, enfin, d autres troupes commandées par le roi en personne et qui constituaient des réserves prêtes à intervenir en cas de nécessité. La bataille, qui opposa environ hommes ( pour le roi, pour les fils du comte de Flandre) dura toute la journée, par une chaleur torride. Elle commença avec des échanges de tirs d arbalètes par les premiers rangs des deux camps, tirs qui causèrent de nombreuses victimes ; ensuite, la cavalerie royale tenta de prendre le mont par ses deux extrémités mais les Flamands repoussèrent ses assauts. La seconde ligne des piétons du roi entra en action et de nombreux corps à corps firent que la plaine de Sec- Mont se couvrit de cadavres ; jusqu alors, les machines de jet avaient pu lancer contre les Flamands de longs carreaux et des boulets mais, soudain, les gens d Ypres se jetèrent sur elles et détruisirent quatre d entre elles. La cavalerie tenta une nouvelle offensive sur le mont ; cette fois, elle fut couronnée de succès, ce qui lui permit d atteindre le sommet et fait extrêmement grave pour les Flamands de saisir et d emporter leurs réserves alimentaires et de boissons. Ainsi, durant toute cette journée marquée par une chaleur caniculaire, ceux-ci n eurent plus la possibilité de s abreuver ou de manger. Beaucoup d entre eux, qui tentèrent d étancher leur soif sur les bords du courant de Coutiches ou à la fontaine Saint-Jean, y laissèrent leur vie sous les flèches des hommes du roi. A un moment de la journée les heures divergent selon les chroniqueurs une trêve s instaura et les armées se mirent au repos. Philippe le Bel se dirigea vers la tente surmontée des fleurs de lis, ôta son heaume et son armure ; les gens de sa Maison l imitèrent. Tandis que les soldats du roi se restauraient et buvaient, les Flamands ne disposaient ni de breuvage ni de nourriture et le soleil les écrasait de chaleur. Découragés, beaucoup décidèrent de quitter le champ de bataille et de s en retourner à Lille, sous la conduite de Jean et Henri de Namur. Ils y rejoignirent ceux qui, déjà, dans la matinée, avaient fui Mons-en- Pévèle lorsque la cavalerie royale envahit le camp flamand dominant le mont. Alors, leurs chefs se concertèrent. Du sommet, ils pouvaient voir l armée ennemie au repos, sans aucune méfiance, exposée à tous les coups ; plus loin, vers Faumont, les tentes du camp de Philippe le Bel attiraient les regards. Alors, ils décidèrent de rompre la trêve et de lancer deux offensives avec, pour objectif avoué, celui d occire le roi de France La première attaque a été menée par Guillaume de Juliers, petit-fils du comte de Flandre, à la tête de 700 hommes ; ils ont déferlé du mont sur la plaine, bousculant et tuant les soldats du roi qui étaient au repos, et se sont approchés dangereusement du camp royal. Les combats et les cris ont alerté les proches de Philippe le Bel ; heureusement pour ce dernier, la cavalerie s est regroupée et les nobles sont arrivés au galop de leurs chevaux pour briser l assaut flamand. Guillaume de Juliers, se rendant compte que son initiative allait échouer, regroupe alors ceux qui l avaient suivi et les dispose en ellipse, face tournée contre l ennemi ; mais le combat va s avérer inégal, d autant plus que le comte de Boulogne reconnaissant à ses armes le Lion de Flandre le petit-fils de Guy de Dampierre, le tuera de sa main. Le second assaut va s avérer plus dangereux encore et il se déroulera au bout de la plaine de Sec- Mont ; c est la scène que représente le tableau de la Galerie des Batailles au château de Versailles. Cette fois, ce sont les Brugeois qui s élancent, armes à la main, tandis que s élève le cri «Au roy! au roy! Jà, sera pris!». Nombreuses sont les victimes dans le camp de Philippe le Bel ; celui-ci réclame un cheval. On lui en amène un, tandis que les Brugeois sont maintenant près de lui ; il parvient à se hisser sur le cheval mais deux de ses serviteurs sont tués sous ses yeux. Le roi réclame une arme, on lui tend une hache ; alors, il frappe autour de lui, éliminant tout Flamand qui s approche. Heureusement, il n est pas reconnu Soudain, un Brugeois, muni d un goedendag 8 tente une ultime manœuvre pour faire chuter ce cavalier intrépide et dangereux : de son arme, il donne un coup au cheval du roi, espérant le tuer, mais l animal, blessé et fou de douleur, se cabre et bondit droit devant lui. La chance de Philippe le Bel est qu il l entraîna vers le camp français et non pas au devant de l ennemi. Le roi est sauvé. C est à nouveau la cavalerie qui rétablira la situation, tuant ou chassant les téméraires Brugeois ; ceuxci refouleront vers le sommet du mont afin de rejoindre les hommes qui y étaient restés. Il existe à Monsen-Pévèle un chemin qui porte le nom de «voie du reste». La tradition locale dit que c est par là que s est sauvé le «reste» des assaillants qui, par Mérignies et Pont-à-Marcq regagnèrent, à leur tour, Lille. Philippe le Bel les laissa s enfuir sans ordonner de les poursuivre. Puis, le soir venu, à la lueur des torches, il parcourut le champ de bataille, à la recherche des «morts de distinction» ; un Te Deum conclut cette journée victorieuse et le roi de France regagna le prieuré de Faumont. Il y resta encore le lendemain, puis, le 20 août, prit la route pour Seclin avant de se diriger vers Lille dont il entreprit le siège. La ville se rendit un mois plus tard, un traité fut mis en chantier en 1305 et connut plusieurs rebondissements ; en gage de son exécution, les châtellenies de Lille, Douai et Orchies furent remises en garantie au roi. C est ainsi qu en 1322, elles passèrent sous la suzeraineté royale, et cela jusqu en Les victimes Les chiffres relatifs au nombre des victimes varient beaucoup, d un chroniqueur à un autre, d un camp à un autre ; les historiens modernes estiment qu il y eut à Mons-en-Pévèle entre et LA BATAILLE DE MONS-EN-PÉVÈLE VUE DE FAUMONT 17

20 tués. Un grand mystère demeure quant aux endroits où ils ont été inhumés. D abord, il y a les victimes de l armée royale ; les dépouilles des seigneurs furent bien souvent ramenées dans leurs châteaux. Quant aux anonymes, Philippe le Bel ordonna de les inhumer «près d une abbaye» dit un historien florentin ; et puis, il y avait les Flamands mais le roi donna de strictes instructions pour qu ils ne reçoivent pas de sépultures : il se souvenait qu en 1302, à Courtrai, les Flamands avaient refusé d enterrer les Français ; par ailleurs, le comte de Flandre s étant rebellé contre le roi, il était devenu parjure, de même que ses sujets, et ils ne pouvaient donc pas reposer en terre chrétienne Mais il fallut bien les inhumer un jour, d autant plus que c était le plein été. «Près d une abbaye» : il y avait certes les bâtiments qui dominaient le mont, mais l endroit était beaucoup trop petit pour accueillir une telle quantité de cadavres. Alors? S est-il agi du prieuré de Faumont? C est une hypothèse parmi d autres mais aucun texte précis ne vient la corroborer. Seules, des fouilles méthodiques permettraient peut-être de tenter de lever le voile sur ce mystère vieux de sept siècles Dessin de la Bataille Notes 1. Abbé Jules Hérent, La bataille de Mons-en-Pévèle, Lille Général Herment, Les événements en Flandre au début du XIV siècle, la bataille de Mons-en-Pévèle, Société d Agriculture, Sciences et Art de Douai, Gilberte Waast, Essai de monographie sur Mons-en-Pévèle, Foyer Notre-Dame, Dans cet ouvrage a été incluse une étude de l auteur de ces lignes «La bataille de Mons-en-Pévèle» reprise par la suite dans le livre de Jean-Cyrille Balthazard, Histoire des communes du Pévèle, Lecoq, 1977 ainsi que dans les bulletins périodiques de «Radio-Pévèle», Ce livre a été réédité en 1997 par l association «Faumont et son Patrimoine et la société historique «Mérignies et son passé», ainsi qu en 2006 par l association «Les Amis du PP» 5. Les personnes intéressées pourront se reporter au livre «La bataille de Mons-en-Pévèle, 18 août 1304» publié en novembre 2003, par l Association Mons-en-Pévèle Sur la Grand-Place de Bruges, un monument, en face du beffroi, représente Pierre de Coninck et Jan Breydel 7. Elle est, depuis 1973, jour de Fête nationale flamande 8. Bâton qui se termine par un crochet et une pointe en fer 18 LA BATAILLE DE MONS-EN-PÉVÈLE VUE DE FAUMONT

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