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1 Le magazine de la Junior Entreprise HEC de Lausanne Économie Nouvelles technologies HEC Finance Témoignages Management Édition n

2 Impressum Editeur : Junior Entreprise HEC Lausanne - Internef, CH-1015 Dorigny, Tél. +41 (0) Responsables : Carolina Decurninge, Julian Zbar, Maxence Blanc Design : Pigment Communication Design - Crédits photos : istockphoto, Photocase, DR Imprimeur : SRO-Kundig, Genève Distribution : Universités suisses, EPFL et milieux Professionnels de Suisse Romande Copyright 2011 Junior Entreprise HEC Lausanne

3 Echos Money Édition n / 2012 Introduction 1 Carolina Decurninge Julian Zbar Maxence Blanc Équipe Echos Money, année 2010/2011 Éditorial Chères lectrices Chers lecteurs L équipe de l Echos Money est fière de vous présenter la 17 ème édition du magazine annuel de la Junior Entreprise. Depuis 1985, la Junior Entreprise s est imposée comme le lien le plus fort entre les étudiants des HEC Lausanne et le monde professionnel, considérant ce lien comme précieux. Ainsi, notre association à travers ses diverses activités se consacre à faciliter ces échanges. Chaque année, l équipe de l Echos Money s investit pour offrir un magazine innovant, abordant des thèmes passionnants, liés aux enjeux économiques: cette 17 ème édition n a pas dérogé à la règle. Cette année, l équipe de l Echos Money a eu l audace de mettre en avant une couverture conceptuelle et inédite. A première vue, des simples pixels mis côte à côte, mais observé avec un peu de recul, l image laisse apparaître une scène du quotidien. Face aux enjeux complexes pouvant survenir, n est-il pas juste de prendre du recul afin d évaluer leurs ampleur pour mieux les maitriser? Aussi, nous adressons nos plus sincères remerciements aux partenaires, sponsors, et auteurs sans qui, la réalisation de ce magazine serait impossible. Enfin, nous souhaitons à nos lecteurs autant de plaisir que nous en avons eu à préparer cette 17 ème édition.

4 2 Echos Money Édition n / 2012 Introduction Introduction 01 Éditorial 05 Le mot du Président L environment économique Suisse 08 À quoi sert la competitivite? Conversation avec Lady Gaga 11 Comment se financent les start-up? 13 Young Enterprise Switzerland Monter sa boîte à 17 ans Nouvelles technologies 18 Sécurité de l information: Comment se protéger au quotidien? 22 Résaux sociaux, et après? 26 Qu est-ce que le Crowdsourcing? Finance 30 Microfinance et les entrepreneurs sociaux 34 Les nouveaux enjeux de la gestion de crise 37 La valeur des gérants spécialisés sur l activisme financier

5 Echos Money Édition n / 2012 Introduction 3 Management 42 La Gamification 44 Décoder l ADN de l Entrepreneur On ne naît pas entrepreneur, on le devient 46 Management Responsable: Paroles dans le vent ou vent du renouveau? Témoignages 50 Ne devenez pas des spécialistes! 51 Mongol Rally Le plus petit quotidien du monde HEC 56 Les rankings: un outil de communication stratégique pour les business schools 58 Le Professeur préféré des 1ères HEC 62 Nouveaux professeurs HEC Lausanne Junior Entreprise 64 Présentation 66 Mot de la Coupe de Golf 67 Business Game 71 L équipe

6 Day one is your time to shine Day one. It s when you show what you re made of. When the doors are opened and the future lies in front of you. When your views count and making a difference is part of the job. From the day you join us, we re committed to helping you achieve your potential. So, whether your career lies in assurance, tax, transaction, advisory or core business services, shouldn t your day one be at Ernst & Young? Take charge of your career. Now. ey.com/ch/careers 2009 Ernst & Young Ltd.. All Rights Reserved.

7 Echos Money Édition n / 2012 Introduction 5 Christopher Chartier Président de la Junior Entreprise HEC Année 2010/2011 Le mot du Président La Junior Entreprise est une association qui nous permet de mettre un premier pas dans la vie professionnelle essentiellement à travers l organisation d évènements et la réalisation de mandats. Elle permet de se tester sur de nombreux points, de se faire un réseau, des amis et d acquérir une expérience précieuse. Nos partenaires ainsi que les mandats que nous réalisons nous donnent une importante marge de manœuvre. Si un membre à une idée, qu elle fait l unanimité et que le budget le permet, alors nous la mettons en place. Ce sentiment de totale liberté, cette impression de pouvoir créer et améliorer donne un tout autre visage à cette association. J avais pour coutume de dire que tout était réalisable, la Junior Entreprise m a donnée raison. Ainsi, en tant que Président, j ai fait le choix d assimiler la JE à une petite société. Aujourd hui, une entité qui n innove pas, qui ne se développe pas ou qui ne fait pas de provisions n a pas d avenir. Cette année, malgré le climat d incertitude et de crise, nous avons essayé de croitre un maximum tout en renforçant la pérennité de l association. La générosité, la motivation et l investissement personnel de chacun des membres nous a permis d avancer, de progresser et surtout de faire évoluer notre association. Une convivialité certaine est alors apparue donnant naissance à un climat familial où les membres faisaient leur travail avec plaisir et envie. Je souhaite encourager chaque étudiant à intégrer une association. Peu importe laquelle, elles vous apporterons toutes une grande expérience. Vous apprendrez, vous développerez vos connaissances, vos ambitions et vous aurez un premier aperçu de ce qu est le monde professionnel. Je tiens à féliciter tous les membres avec lesquels j ai eu tant de plaisir à travailler cette année. Je souhaiterai également remercier, au nom de la Junior Entreprise, nos nouveaux partenaires, PricewaterhouseCoopers et HEC pour leur soutien, ainsi que tous nos sponsors qui nous ont permis de réaliser nos événements.

8 L environment économique Suisse En bénéficiant de sa notoriété et de l innovation, la Suisse maintient sa position de référence économique. 08 // À quoi sert la compétitivité? Conversation avec Lady Gaga 11 // Comment se financent les start-up? 13 // Young Enterprise Switzerland Monter sa boîte à 17 ans

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10 8 Echos Money Édition n / 2012 Économie Auteur : Stephane Garelli Professeur associé à HEC Professeur à l IMD Directeur du Centre pour la Compétitivité Mondiale à quoi sert la compétitivité? Conversation avec Lady Gaga

11 Echos Money Édition n / 2012 Économie 9 Ma terreur ce sont les cocktails et les personnes, au demeurant bien intentionnées, qui me demandent de leur expliquer «en deux mots» la compétitivité. et pourtant elles ont raison. Le savant britannique Ernest Rutherford, le père de la physique nucléaire, disait volontiers «une bonne théorie doit être assez simple pour pouvoir s expliquer dans un bar». Alors que dirais-je à Lady Gaga si elle s approchait de moi dans un cocktail et me demandait tendrement: «professeur, à quoi sert la compétitivité?» (Là, je fantasme un peu ). Et bien, répondrais-je, la compétitivité est probablement le terme le plus utilisé et le plus abusé de l économie moderne: 42 millions de résultats pour une recherche en anglais sur Google! Ce n est pas mal pour un concept que l on me disait ne pas s appliquer aux pays quand j ai commencé mes recherches il y a 30 ans. Alors qu est-ce? Intuitivement, la plupart des personnes interrogées répondent: «c est être meilleur que les autres». Ce n est pas faux mais c est insuffisant. Si je suis excellent à taper à la machine à écrire ou à envoyer des télégrammes en code Morse, je suis compétent mais pas compétitif. Comme le disait Peter Drucker, «il n y a rien de plus inutile dans la vie que de faire bien quelque chose dont personne n a besoin.» La compétitivité implique donc un choix, celui d une activité où notre valeur ajoutée dépasse celle des autres. Mais comment définir cette valeur ajoutée? A la surprise de certains, ce n est pas nécessairement une activité où nous excellons. Si je suis un bon conducteur de voiture (une hypothèse ), j ai peu d intérêt à en faire mon métier car des millions d autres personnes conduisent presque aussi bien que moi. Si je suis un mauvais professeur (une autre hypothèse ) mais que les autres professeurs sont franchement très mauvais (une absurdité ), j aurais quand même intérêt à rester dans l enseignement car la différence entre moi-même et mes collègues est plus grande qu ailleurs. David Ricardo a dit la même chose dans sa théorie des avantages comparatifs. Mais faire un choix par rapport à quel objectif? La compétitivité n est pas un but en soi mais un moyen très puissant d atteindre ce but. Or ces buts changent selon les trois grands acteurs de l économie: les entreprises, les personnes et les états. Pour les entreprises, l objectif est la profitabilité. Pour les personnes c est probablement le niveau de vie voire même la recherche du bonheur («ce concept nouveau en Europe» disait Saint Just) et que l on retrouve aussi énoncé dans la Déclaration d Indépendance américaine. Pour

12 10 Echos Money Édition n / 2012 Économie les états, c est un peu plus compliqué. Un chef d état ou de gouvernement serait probablement d accord pour dire que son action devrait conduire à la «prospérité» de la population. Comment la définir? A notre avis, la prospérité c est la croissance économique plus «quelque chose d autre». Ce «plus» change selon le degré d évolution économique d un pays. Au Bengladesh, la prospérité c est la croissance économique plus un toit et de la nourriture pour chacun. En Suisse, c est la croissance économique plus le développement durable. Il existe pour chaque pays une échelle des valeurs qui lui est propre, qui évolue avec le temps et qui détermine son succès autant que la performance économique. A ce stade, tout se complique. En effet malgré des objectifs différents, ces trois acteurs - entreprises, personnes et états - sont tous confrontés au même problème: ils ne peuvent pas tout faire. Une entreprise ne peut pas vendre de la nourriture pour animaux et des turbines, une personne ne peut pas être à deux endroits en même temps (même si les politiciens essaient ) et un pays ne peut pas exceller dans la fabrication du chocolat et la sidérurgie lourde. La compétitivité est donc la capacité d identifier les bons objectifs puis de mobiliser un maximum de ressources pour y arriver. Cette approche «grand angle» en fait tout l intérêt. Lors de mes études, l économie était essentiellement une affaire de taux d intérêts, de balances des paiements, de termes de l échange et autres sujets tout aussi fascinants. Aujourd hui, la compétitivité a ajouté à l économie l éducation, les systèmes de valeurs, la technologie, l efficacité des administrations, la gestion de la réputation, l éthique et la transparence, le développement durable, etc. En fin de compte, nous sommes aussi en concurrence avec des notions souvent intangibles comme nos mentalités, un autre sujet fascinant de la compétitivité moderne. Et voilà «en deux mots» ce qu est la compétitivité! A ce stade, je me rends compte que Lady Gaga a disparu World Competitiveness Center Plus d informations sur: /centers/wcc/index.cfm

13 Echos Money Édition n / 2012 Économie 11 Auteur : Nicolas Gamard CEO & Co-Founder of salsadev Comment se financent les start-up? Lors de mes deux dernières années en tant qu entrepreneur, j ai réalisé que créer une société informatique durable et en croissance requiert deux choses fondamentales. Je précise au passage que cet article traite des entreprises informatique (logiciels plus précisément), car des jeunes entreprises dans d autres domaines d activités et marchés peuvent faire face à des challenges et problématiques significativement différents. Ces deux choses fondamentales nécessaires à construire une société pérenne, selon moi, sont les gens et le financement. Par gens, je me réfère à des personnes passionnées, compétentes et visionnaires capable de transformer une idée en produit qui réponde aux besoins précis du marché. Par financement, je me réfère au cash disponible à la banque, qui permet de payer les salaires, les ordinateurs et les frais de voyage à la fin de chaque mois. Dans cet article, je me penche sur l aspect financement en précisant son impact sur les start-ups innovantes à travers chaque étape de développement. Early Seed Funding Au commencement de chaque projet, des fonds «d amorçage» sont nécessaires pour acheter du matériel, louer des bureaux, etc. qui permettront à l entreprise de démarrer. Ces fonds sont typiquement destinés à la création d un prototype, un 1er business plan, ou pour couvrir différents frais pouvant survenir. A ce stade, l entreprise étant très risquée, l entrepreneur va chercher ces fonds là où ils sont disponibles: ses propres économies, ses amis, la famille ou d autres organismes spécialisés. C est ce qu on appelle en Anglais les «FFF»: Friends, Family and Fools. Une autre option, beaucoup plus utilisée aux Etats-Unis, consiste d épuiser les fonds disponible sur sa carte de crédit! En rétrospective, en regardant des entreprises qui ont connu un succès énorme, il est très facile de penser qu on «aurait dû investir dans l entreprise au tout début». En réalité, une grosse majorité de startup ne voient jamais le jour à cause d une trop forte aversion au risque lors de cette étape early-stage.

14 12 Echos Money Édition n / 2012 Économie Astuce Astuce Astuce Une Deux Trois SOYEZ PRÉCIS PARTEZ LARGE SOYEZ PRÉPARÉS A cette étape, la précision est un atout (c.à.d. quels sont les besoins exacts en financement, les conditions, etc.). Cette précision contribuera à créer une structure robuste sur la quelle l entreprise pourra se reposer et fonctionner dans le future. Seed Funding Le seed funding a lieu quand l entreprise génère de l intérêt dans la communauté (investisseurs et clients) grâce à ses prototypes, ses projets clients ou son business plan. A ce stade, quelques business angels, ou des «petits» investisseurs pourraient voir le potentiel de l idée, l équipe et le marché, et montreront un intérêt pour investir ou bien contribuer à la start-up d une façon ou d une autre. Assurer un financement externe à ce stade requière beaucoup de travail de la part des fondateurs, ainsi qu une évaluation des différentes options possibles (fonds propres, dette, dette convertible, etc...). Les entrepreneurs pourraient échouer dans cette phase s ils n abordent pas une quantité d alternatives suffisantes. En Suisse particulièrement, il existe beaucoup de possibilités différentes. Au pire, à la sortie de ces discussions, l entreprise sera enrichie des perspectives, contacts et idées d un nombre important d investisseurs. Later-Stage Funding Ce stade de financement, qui est généralement appelé «financement de croissance», se concentre sur le fait d élargir les ventes et les activités de marketing sur la base des produits/services développés dans les phases antérieures. A ce stade, les fondateurs et investisseurs sont conscients qu ils ont un bon produit ou service entre leurs mains, et des fonds supplémentaires sont nécessaires pour accélérer les ventes (embaucher des vendeurs, mener des activités de marketing plus avancées, etc ). Personnellement, je ne peux pas parler de mes propres expériences à ce niveau, mais il me semble que le financement de croissance a lieu quand toutes les parties actives dans la transaction sont convaincues que l entreprise informatique est bientôt prête pour être vendue ou pour une introduction en bourse (IPO, voir la partie suivante). IPO L IPO est l ultime objectif et accomplissement pour les entrepreneurs en informatique! La réglementation pour introduire une entreprise en bourse est assez stricte et y parvenir est généralement considéré comme un très grand succès. Un exemple récent est celui de l entreprise de réseaux sociaux LinkedIn qui a fait une IPO en Mai 2011: les actions ont décollées de 171% lors du premier jour de trading sur la bourse New-Yorkaise! D autres géants du web tel que Facebook et Groupon ont planifiés de faire pareil plus tard dans l année...les résultats sont à voir! Soyez préparés pour tenir la distance. Avez-vous les compétences nécessaires dans votre équipe pour lever des fonds? Quels sont vos plans si vous n arrivez pas à lever des fonds? Que se passera-t-il si cela prend cinq fois plus de temps que prévu? Etes vous prêt à relever le défi?

15 Echos Money Édition n / 2012 Économie 13 Auteur : Vincent Barras Program Manager de Young Enterprise Switzerland Monter sa boîte à 17 ans En suisse l année passée, plus de 100 petites entreprises ont été fondées par des collégiens qui participent au company program de Young Enterprise Switzerland. Young Enterprise Switzerland est une organisation à but non-lucratif dont la mission est de rapprocher le monde économique des jeunes dans les écoles. Dans le cadre du Company Program, des collégiens créent et exploitent une vraie entreprise durant une année scolaire. A la reprise des cours au mois d août, des équipes de 5 à 8 collégiens sont formées au sein des classes participantes. Des fonctions telles que CEO, CFO, CMO, CPO ou encore secrétaire, et oui, il en faut bien un ou une, sont réparties au sein du groupe. La mission première des jeunes entrepreneurs pour les prochains mois: concevoir, produire puis commercialiser un produit. Les produits développés par les collégiens font preuve d une créativité sans borne. On y trouve des trousses faites de chambres à air recyclées, des agendas doublés de plaques d immatriculation américaines, des ceintures avec des coupures de journaux pour décoration ou encore des étuis pour téléphones portables et MP3 à base d anciens ballons de foot et de basket.

16 14 Echos Money Édition n / 2012 Économie Pour plus d information, veuillez consulter le site internet de Young Enterprise Switzerland (www.young-enterprise.ch). Corporate Volunteering Le financement des premières activités économiques de l entreprise se fait par l émission de bons de participation qui sont vendus aux familles, amis et connaissances des entrepreneurs. Le capital de départ maximal de francs suisses ne doit pas être dépassé afin d éviter de trop lourdes pertes en cas de pépin majeur. Il est cependant important de préciser que rares sont les entreprises à se retrouver déficitaires en fin de projet. Young Enterprise Switzerland suit de près l évolution des entreprises. Ainsi, celles-ci s engagent à lui remettre un business plan en début de projet ainsi qu un rapport d activité en fin d année scolaire. Des workshops sont organisés afin de donner aux jeunes la possibilité de profiter de l expérience des anciens participants ou encore de travailler avec des consultants en communication et design qui les aident à professionnaliser leur image. Lors d expositions dans le cadre de foires régionales, nationales ou internationales, les jeunes ont la possibilité de se présenter au grand public et de relever les défis de la vente directe. Au cours du mois de mai, le Top25 des entreprises se qualifie pour le concours national qui se déroule dans les prestigieuses salles du Grand Hôtel Victoria- Jungfrau à Interlaken. C est lors de cet évènement que la meilleure entreprise de l année est désignée par un jury indépendant venant du monde économique. Le vainqueur national va ensuite se mesurer aux meilleures entreprises européennes à l occasion d un concours international. En effet, au niveau européen, plus de jeunes venant de 34 nations participent chaque année au Company Program. Sur les 10 dernières années, les entreprises suisses ont fait preuve d excellence à l échelon international en remportant sept médailles dont trois d or. A la fin de l année scolaire, la plupart des jeunes décident de liquider leur entreprise. Ils remboursent aux participants leurs investissements majorés d un dividende, si les états financiers le permettent. De temps à autre, il arrive aussi qu une entreprise soit vendue ou que les jeunes entrepreneurs décident carrément de se lancer avec leur produit et de fonder leur propre société. Jusque à présent, le périmètre d action du Company Program de Young Enterprise Switzerland s est limité à la partie alémanique de la Suisse. Cependant, depuis quelques années, de plus en plus d entreprises bilingues ont été créées à Bienne et à Fribourg. C est dans cette continuité que Young Enterprise Switzerland espère pouvoir également fournir ses services aux jeunes romands dans un futur proche. Le vœu de Young Enterprise Switzerland est d inspirer les jeunes et de réveiller en eux cette manière de penser et d agir dynamique qui caractérise les entrepreneurs. Mais avant tout, Young Enterprise Switzerland tient à prouver aux générations futures qu elles représentent l avenir d une Suisse innovatrice, compétitive et positive. Pour les écoles primaires et secondaires, YES propose deux programmes d éducation économique qui fonctionnent grâce au Corporate Volunteering. Des volontaires du monde économique vont dans les classes afin de leur donner une première idée de ce qu est l économie. Dans le cadre de l année européenne du bénévolat 2011, ces deux programmes «Notre commune» et «Notre économie» sont tout particulièrement d actualité. Les étuis pour téléphones portables et MP3 à base d anciens ballons de foot et de basket de l entreprise fribourgeoise Solball. Les vainqueurs de l édition suisse 2008: l entreprise bernoise Feel safe. Les champions suisses et européens 2010: l entreprise zurichoise Pnö3.

17 Relever certains défis demande des solutions sur mesure 2011 Newtone Associates SA. All Rights Reserved. Management Consulting Newtone Associates, Geneva - Singapore

18 nouvelles technologies Les technologies innovantes continuent à remettre en question le statu quo du marché. Que propose le futur? 18 // Sécurité de l information: Comment se protéger au quotidien? 22 // Résaux sociaux, et après? 26 // Qu est-ce que le Crowdsourcing?

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20 18 Echos Money Édition n / 2012 Nouvelles technologies Auteur : Evelyne Pintado Communication Architect Navixia SA Sécurité de l information: comment se protéger au quotidien? L actualité récente a fait la part belle aux effets du piratage informatique et de la fuite des données sensibles avec entre autres WikiLeaks, le «Sonygate» ou la cybercriminalité dans le domaine des paiements en ligne. Pour l entrepreneur, il devient difficile dans un tel climat de faire la part des choses: quels sont réellement les risques, et comment protéger l entreprise et ses collaborateurs au quotidien? Voici quelques pistes simples pour y voir plus clair. La presse a beaucoup parlé de Wiki- Leaks en début d année. Si elle a suscité la polémique, cette affaire surtout politique restait en définitive assez éloignée des préoccupations de l entrepreneur ou de l utilisateur d un réseau informatique. Mais l actualité vient de nous fournir un exemple plus proche de chacun d entre nous: le «Sonygate». Pour rappel, l entreprise Sony a été victime entre le 17 et le 19 avril 2011 d un piratage sans précédent de son portail interactif, Sony Online Entertainment (SOE), qui relie la PlayStation 3 à des jeux ou des films en ligne. Il s agirait ici de la vengeance d un groupe de «hacktivistes» (c est-à-dire de pirates se considérant comme des redresseurs de torts); ils auraient voulu punir Sony, qui a poursuivi en justice deux jeunes hackers ayant réussi à pirater le code de la PlayStation 3. Les conséquences ont été rudes. Sony a annoncé que des informations relatives à 24,6 millions de comptes SOE auraient été volées lors de cette opération, ainsi que les coordonnées bancaires de milliers d utilisateurs. Certaines de ces dernières auraient été mises immédiatement en vente sur internet. Cet exemple illustre bien une problématique très actuelle: le mode de stockage et de diffusion des informations. L activité en ligne croissante des internautes ainsi que l usage des forums participatifs et des réseaux sociaux ont considérablement accru pour tout le monde le risque d exposition des informations professionnelles ou personnelles. Il est toutefois bien clair qu en termes de sécurité, toutes les entreprises ne sont pas à la même enseigne. Logiquement,

21 Echos Money Édition n / 2012 Nouvelles technologies 19 le degré de protection à déployer dépend de la valeur des informations à protéger et des conséquences potentielles d un piratage pour la société. Protéger quoi? Protéger le système d information, qu est-ce que cela implique? C est plus compliqué qu autrefois. Alors qu il y a quelques années les réseaux informatiques étaient des entités clairement délimitées, aujourd hui leur périmètre est devenu beaucoup plus flou. Cela est dû essentiellement à la multiplication des appareils périphériques portables (laptops, smartphones, tablettes) utilisables partout, à la porosité de la frontière entre les usages professionnels et privés, à l usage d internet et à la virtualisation de certaines fonctionnalités du réseau. Il n est ainsi plus possible de dresser une muraille unique autour du réseau informatique pour en assurer la sécurité: les différentes protections doivent intégrer avec une grande souplesse des facettes très diverses de l infrastructure existante en fonction de l utilisation qui en est faite. Les risques actuels les plus marqués sont: La contamination possible du réseau par le biais de supports mobiles infectés ou par l utilisation d internet. Les infections de sites web constituent d ailleurs actuellement le vecteur de diffusion de maliciels le plus répandu. le vol ou la perte de données sensibles dont la publication ou la perte serait dommageable pour l entreprise. le blocage ou le ralentissement des services essentiels de l entreprise, compromettant sa capacité à fonctionner normalement. On relève une forte recrudescence de ce type d attaques. La Centrale d enregistrement et d analyse pour la sûreté de l information MELANI estime même à ce propos dans son dernier rapport que «la sophistication des moyens utilisés et les dommages collatéraux qui s ensuivent laissent songeur, même en Suisse. Il suffit de penser aux actes de représailles menés contre plusieurs entreprises suisses jugées hostiles au fondateur de WikiLeaks».

22 20 Echos Money Édition n / 2012 Nouvelles technologies Comment peut-on se protéger? Les technologies et les méthodes d attaque évoluent si vite qu il est vivement conseillé de faire appel à des professionnels qui pourront suggérer des solutions adaptées en connaissance de cause. Mais il existe un préalable incontournable à toute démarche de protection: l entreprise doit établir des règles de sécurité claires et détaillées, puis sensibiliser ses utilisateurs aux risques que présente l utilisation quotidienne du système d information. L utilisateur au centre de la politique de sécurité En effet, il est inutile de déployer des protections sophistiquées si les utilisateurs sont susceptibles de cliquer sans méfiance sur des liens à risque, ou s ils ne tiennent pas compte des règles de sécurité existantes parce qu ils n en comprennent pas l utilité. Vous pensez que pour eux la prudence va de soi? Plus que jamais aujourd hui, les méthodes à base de phishing et d ingénierie sociale restent une porte d entrée privilégiée des hackers. Le phishing est une démarche qui permet à l attaquant de profiter du réflexe qu ont les utilisateurs de cliquer sur certains liens en apparence inoffensifs pour gagner accès aux systèmes de l entreprise. Et c est une tactique assez redoutable, comme l a encore montré l actualité récente: l un des leaders mondiaux de l authentification a fait l objet d une cyber-attaque qui a failli avoir des conséquences catastrophiques pour ses activités commerciales. Les pirates ont gagné accès à son infrastructure de manière simple: ils ont envoyé à certains employés un habilement formulé accompagné d un document Excel infecté intitulé «plan de recrutement 2011». Il a suffit qu une personne consulte le document pour installer, sans s en douter, le cheval de Troie qui a ouvert la porte aux pirates Ce type de manipulation relève de ce qu on appelle l «ingénierie sociale». Il s agit pour le pirate d exploiter les faiblesses, la crédulité ou les automatismes des utilisateurs, et d obtenir ainsi à leur insu les informations souhaitées ou de gagner un accès direct à leur réseau. L utilisateur est trompé sans s en apercevoir, d où l importance de le sensibiliser aux risques potentiels: seules sa perspicacité et sa méfiance lui permettront de ne pas tomber dans le panneau. Les smartphones et les tablettes: un nouveau risque Ces méthodes d ingénierie sociale visent par ailleurs de plus en plus les nouveaux appareils périphériques portables. Il s agit en effet d une cible sensible. Non seulement les systèmes d exploitation de ces appareils n ont pas fait l objet de recherche de vulnérabilités poussées, mais l utilisateur entretient un rapport de confiance souvent excessif avec son téléphone mobile ou sa nouvelle tablette, sur lesquels les usages professionnels et privés sont souvent mêlés. De plus, de nombreuses applications pour mobiles sont disponibles au téléchargement avec les risques que cela entraîne. On apprenait par exemple le mois dernier cette information inquiétante: des intervenants malveillants avaient sélectionné plusieurs dizaines d applications gratuites pour Android disponibles sur Google Market. Ils y avaient injecté un maliciel permettant

23 Echos Money Édition n / 2012 Nouvelles technologies 21 non seulement d extraire toutes les informations du smartphone, mais aussi d y installer potentiellement du code additionnel. Ils les avaient ensuite remis à disposition en ligne. Bilan après quelques jours: des centaines de milliers de téléchargements effectués, et autant d utilisateurs qui avaient ainsi compromis leur smartphone sans le savoir. Selon une étude récente, les utilisateurs mobiles sont jusqu à trois fois plus vulnérables au phishing que les autres. Diverses raisons à cela: ils ont un accès immédiat à l information; la taille de l écran ne permet pas une bonne visibilité des indices trahissant le phishing; les URLs s ouvrent automatiquement Par ailleurs, les utilisateurs d iphones auraient huit fois plus de chances de se rendre sur des sites de phishing que les utilisateurs de Blackberries, dont l usage est plus fréquemment limité au domaine professionnel. Pour un pirate, les smartphones et les tablettes sont donc un vecteur assez idéal pour accéder au cœur des entreprises. Ces dernières sont d ailleurs toujours plus nombreuses à en prendre conscience. Les smartphones devraient être considérés comme des terminaux à part entière dans l infrastructure informatique de l entreprise, et sécurisés comme tels. En dehors de toute autre mesure, la recommandation impérative reste: former les utilisateurs à ne pas cliquer sur des liens internet via un smartphone, et soumettre l usage des périphériques mobiles à des règles de sécurité claires. Pour conclure Les risques liés à l utilisation du système d information, même nombreux, sont pondérés par la valeur des informations à protéger, qui varie d une entreprise à l autre. Il faut rester pragmatique! Mais la première démarche, simple et indispensable pour renforcer la sécurité de l entreprise, c est d y sensibiliser tous les utilisateurs. Si l entreprise ne dispose pas des ressources internes lui permettant de mettre en place ellemême de telles sensibilisations, des entreprises externes spécialisées pourront l y aider. De telles mesures sont extrêmement efficaces. A surveiller également de très près, l augmentation des risques liés à l utilisation des périphériques mobiles, qui seront de plus en plus la cible des pirates dans les futur et risquent de devenir le point faible potentiel de nombreuses entreprises. Là aussi, une aide extérieure peut être très profitable pour déterminer l exposition réelle au risque et les mesures de prévention possibles.

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