Leadership et Développement Africain les Défis, les Modèles et les Principes

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1 1 Leadership et Développement Africain les Défis, les Modèles et les Principes Prof. Mamadou KOULIBALY Président de l Assemblée Nationale. Diviser pour régner est une devise valable. Mais rassembler et guider en est une bien meilleure. Margaret Thatcher

2 2 I Introduction Dans un ouvrage publié en 2006 sur les modèles de compétitions entre les pays, leurs stratégies, la structure de la concurrence entre eux et les formes de gouvernement des Etats qui y ont du succès, le professeur Richard H.K Vietor de la Harvard Business School, à Boston aux Usa écrivait ceci : «Les pays, pour se développer, sont en compétition. Et cela est une des modalités de la mondialisation. Ils se concurrencent pour obtenir des marchés, pour accéder à la technologie, aux compétences et à l investissement international. Les pays se concurrencent pour obtenir le plus de croissance économique et pour améliorer le niveau de vie de leurs populations. Dans cet environnement de compétition, ce sont les gouvernements qui invariablement, partout et toujours, procurent les avantages qui font la différence entre les entreprises : une épargne en grande quantité, des taux d intérêt faibles pour stimuler l investissement, des droits de propriété non dilués, des règles de bonnes gouvernance et une main d œuvre disponible et technologiquement motivée, un taux d inflation faible et des possibilités d expansion rapide du marché intérieur.» Aucune nation ne peut se soustraire à cette compétition sans en payer les conséquences. Et le Professeur Vietor de citer Georges W. Bush, le Président des Etats-Unis d Amérique, qui déclarait lors de son discours sur l Etat de la Nation Américaine le 31 Décembre 2006 : «Préparons notre nation à la compétition c est le but que nous devons tous partager.» Et le Président américain poursuit en disant que dans une économie mondiale en mouvement «Nous voyons arriver de nouveaux compétiteurs comme la Chine et l Inde, et cela crée des incertitudes.» (Voir Richard H.K Vietor :( 2006) How countries compete. Strategy, structure and government in the global economy. Harvard Business School Press.).Page1 Dans le processus de développement, la compétition entre les pays, les Etats, les gouvernements et les entreprises joue un rôle majeur. Les Etats sont des agents qui peuvent être de grands stimulateurs ou de grands facteurs de blocage de la prospérité et du progrès des économies. Les systèmes et les régimes politiques, sont s ils sont judicieusement sélectionnés, de véritables catalyseurs du progrès économique et social. L ouverture des marchés ou leur fermeture dépend des mesures de politiques internes que prennent les Etats. Or qui dit rôles des Etats dit aussi rôles des élites qui gouvernent ces Etats. Donc sont concernés par le problème les leaders des Etats comme ceux des entreprises. Les défis du développement économique et social s adressent au leadership africain à celui des administrations publiques comme à celui des administrations du secteur privé et des entreprises. Il s agit en réalité du même ancien problème de la défiance perpétuelle lancée à l élite africaine qui n arrive pas encore à sortir, par des pratiques adaptées, l Afrique de la pauvreté et à conduire les pays et les peuples à la prospérité. Cette élite africaine est constituée d hommes et de femmes et ceux-ci sont donc concernés par la problématique du leadership. La mondialisation telle qu elle est présentée par les analystes revient aussi à une compétition entre les élites, les leaderships. Les économies africaines, lorsqu elles entrent en compétition dans la globalisation mettent, en fait, à l épreuve les initiatives, les politiques et les décisions

3 du leadership africain face aux autres leaderships mondiaux dans tous les domaines qui concernent l amélioration des conditions de vie des hommes. Le leadership dans chacun des pays africains est en compétition scientifique, économique, technologique, financière, entrepreneuriale, juridique, sociale et politique avec le leadership mondial. La mondialisation a pour avantage d engager le leadership africain, hommes et femmes, du secteur public comme du privé, dans la compétition pour rechercher des niveaux élevés d épargne pour l Afrique et des taux d intérêt faibles pour y stimuler l investissement. Les leaders africains sont invités, chaque jour, par la mondialisation à préciser les droits de la propriété et à en assurer une bonne gouvernance. Ceux qui, en Afrique, dirigent les administrations publiques, sont invités par la globalisation à prendre des mesures adéquates pour qu une main d œuvre qualifiée soit disponible et trouve à s employer avec la perspective d accès à un pouvoir d achat élevé sur des marchés intérieurs dynamiques et compétitifs à tous égards. Le leadership africain doit pour cela être capable d instaurer et de maintenir une grande fluidité économique qui marquerait la capacité des pays africains à s adapter aux changements de circonstances et d environnement. Il doit montrer au reste du monde toute son habilité à absorber les adaptations productives dynamiques et faire preuve d intelligence et d ouverture aux nouvelles idées qui se diffusent. Telle est la problématique du thème que la REFAMP-CI a choisi à l occasion de la célébration de son 10 e anniversaire. Les femmes leaders des gouvernements, des parlements, des entreprises et des ONG de la société civile ont choisi ce thème et elles y ont travaillé pendant ces deux derniers jours. Elles m ont demandé de prononcer le discours de clôture de leur manifestation. La question du thème abordé, telle que je l ai introduite, provient d un besoin impérieux pour nous tous qui assumons des parties de ce leadership en Afrique, d en préciser les contours. Et ma contribution n est ni une synthèse de ce qui aura été dit pendant ces deux journées, ni un compte-rendu des conclusions auxquelles elles ont abouti. L objectif dans cette communication est de proposer une vision des défis qui sont lancés au leadership en Afrique, avant de suggérer un modèle de leader à imiter et une méthodologie pour aborder avec des chances plus grandes de succès les questions qui harcèlent de toutes parts. II/ Quel problème le leadership en Afrique doit-il résoudre? Dans la mondialisation, le succès et les avancées des pays résultent d abord des prouesses de son leadership à relever correctement, avec compétence les défis. Les échecs et les retards sont, de la même façon, interprétés comme des carences ou des faiblesses de leadership. La place de l Afrique dans l économie mondiale montre combien le leadership africain a été défaillant. L histoire récente de l humanité montre comment les leaders africains ont été incapables d enrichir l Afrique comparée aux autres continents du monde. Très souvent, les analystes se sont focalisés sur les approches du développement et leurs critiques. En général, les 3

4 élites africaines se demandent comment enrichir l Afrique, la rendre prospère mais très rarement elles se sont attardées sur ce qu est la richesse elle-même. Qu est-ce donc que la richesse des nations? Où donc se trouve la richesse de la nation? Comment se présente la richesse elle-même? Telles sont les questions qu il nous faut avant tout aborder. Dans un ouvrage publié en 2006 et intitulé «Where is the wealth of Nations? Measuring capital for the 21 st century la Banque mondiale (voir ) aborde ces questions dans une perspective qui semble révolutionnaire quant on connaît les méthodes traditionnelles de cette institution internationale. La question revient à rechercher le sens de l enrichissement des nations. Si le leadership peut enrichir les nations, il importe avant savoir ce qu est la richesse elle-même. Quels sont les déterminants de la richesse? Quels instruments permettent d agir sur ces déterminants? Répondre à ces questions permet automatiquement d identifier des leviers d action pour moduler le développement durable ou pour s échapper de la trappe à pauvreté durable. III/ Les secrets de la richesse Pour comprendre la richesse d une personne ou d un pays, il faut commencer par distinguer l argent de la richesse. Généralement quand on dit qu une personne est riche, cela se résume à notre mesure de la quantité d argent qu elle a. Mais, en fait, les choses sont techniquement un peu plus compliquées. L argent liquide que les personnes détiennent se résume à leur porte-monnaie. Le porte-monnaie étant un concept qui saisit l argent liquide, les billets de banque et pièces métalliques qui constituent alors la richesse. Mais au-delà de l argent liquide, lorsque nous avons de la quasi monnaie, c'est-à-dire de la monnaie qui n est pas liquide mais que nous pouvons, dans des délais très courts, transformer en argent, la richesse passe au portefeuille. C est le cas par exemple des fonds déposés sur les comptes d épargne et dans les coffres des banques et pour lesquels des titres de reconnaissances nous sont remis. C est le cas des actions que nous achetons pour participer à différentes initiatives entrepreneuriales et des obligations que nous achetons auprès des entreprises et des Etats lorsque nous leur prêtons nos fonds disponibles, et qui rapportent intérêts et dividendes selon les options. Un portefeuille contient le porte-monnaie plus des feuilles représentant les titres des autres actifs faciles à convertir en argent. La richesse se constitue pour un Etat ou pour un individu de son portefeuille, auquel il faut ajouter tout son patrimoine non monétaire. Le patrimoine physique bâti ou pas, mobile ou immobile, présent et futur et son capital social selon les taux de rendement applicables à chacun de ses actifs. La Banque Mondiale, pour mesurer la richesse des nations part, de cette conception et commence d abord par définir le patrimoine naturel des nations, désigné capital naturel, puis elle distingue par la suite le capital produit et le capital intangible. L ensemble des trois types donnant le capital total pris comme richesse totale. 4

5 Le capital naturel des nations est constitué par les richesses initiales que la nature leur a donné sans qu aucun travail ne les fabrique ou qu aucune industrie ne les crée en particulier. Entrent dans cette catégorie : -les ressources énergétiques (pétrole, gaz naturel, charbon, lignite et autres dotations non renouvelables du sol et du sous sol ; -les ressources minières (bauxite, or, fer, nickel, diamant, phosphate, zinc ) ; -les ressources forestières (bois) et qui sont renouvelables et celles qui sont animales par exemple ; -les terres agricoles ; -les pâturages, les rivières et les fleuves ; -les espaces naturels protégés. Le capital produit, quant à lui, est constitué des machines et des infrastructures construites, de même que les terres et espaces urbains aménagés pour l habitat de l homme. Les analystes de la Banque Mondiale se rendent alors compte que lorsqu ils additionnent le capital naturel et le capital produit par pays, ils n épuisent pas pour autant le capital total de la nation concernée. On découvre des pays avec un capital naturel très élevé et un capital produit faible comparé à d autres qui ont du capital naturel faible mais du capital produit très élevé. La valeur qui vient équilibrer les comptes se trouve dans la richesse intangible des nations. Le capital intangible est cette partie de la richesse que l on ne peut toucher car elle est immatérielle. Il constitue la partie la plus importante de la richesse des nations et se compose d une part du capital humain et de l autre de la qualité des institutions. Il peut se déduire comme un résidu, c'est-à-dire la différence entre le capital total et la somme du capital naturel et du capital produit. Mais le capital intangible peut aussi se déterminer directement comme la valeur, entre autre, du capital humain et de la qualité des institutions. Les institutions sont des systèmes durables de règles sociales établies pour gouverner les interactions sociales. Elles peuvent avoir des structures formelles comme les règles de droit, les lois et les constitutions. Mais elles peuvent aussi se présenter sous un aspect informel regroupant des normes de comportements coutumiers et traditionnels avec, à chaque fois, leur mode de récompenses en cas de respect et de sanctions en cas de déviances. Bien que le capital intangible ne soit comptabilisé nulle part, il se compose en partie du fruit de la formation, de l éducation et du savoir-faire acquis par les populations de la nation. En outre, il faut y ajouter le capital social, c est-à-dire la confiance qui règne entre les différentes composantes de la nation et leur capacité à travailler ensemble de façon coordonnée, avec un minimum d effets pervers et de nuisances individuelles et collectives, dans le but commun de s enrichir. En plus, dans le capital intangible il faut prendre en compte les données de la gouvernance qui, elles, stimulent ou limitent la productivité globale de l économie. L idée que l on décèle derrière le rôle du capital intangible sert à reconnaître l effet induit du système judiciaire, du type, du mode et de régime de gouvernement, des méthodes de calcul du consentement collectif et des droits de propriété dans l activité sociale et sur 5

6 l agir humain. Dès lors, la qualité des institutions compte dans la richesse des nations comme dans celle des familles et des individus. Certaines organisations institutionnelles sont de nature à réduire l accroissement de la richesse, d autres au contraire stimulent son amélioration. Lorsque la justice est efficiente et que les droits de la propriété sont clairs et précis, que les gouvernants et autres leaders doivent rendre compte de leur gestion, alors la richesse intangible augmente et la richesse globale aussi. Dans les cas contraires, lorsque le pays est mal gouverné ou pas gouverné du tout, lorsque le système judiciaire est corrompu, mal équipé et incompétent ou lorsque les droits de propriété sont flous et mal définis, alors le capital intangible se réduit et fait baisser du même coup la richesse totale de la nation. Le capital humain s améliore avec le stock de capacités productives de l économie qui elles, sont influencées par les dépenses d éducation en qualité et en quantité, l apprentissage et la formation continue, l investissement dans le système de santé et de nutrition. Dans les pays africains, le capital humain est très rentable car le rendement de l éducation est plus élevé dans les pays à faible revenu que dans les autres pays. Le tableau qui suit (tableau 1) nous donne justement le rendement de l éducation par niveau de richesse des pays. Il présente le constat que le rendement social qu un dollar investi dans l éducation primaire dans les pays pauvres rapporte plus à ce pays que le même dollar dépensé dans le primaire dans un pays plus riche. Donc l effet de l éducation dans les pays africains sur la richesse intangible est effectif. Tableau 1 : Rendement social de 1 $ investi dans l éducation par niveau de richesse de groupes de pays. (Extrait de «where is the wealth of nation» (2006) Page 91 d après les travaux de psacharopoulos et patrinos (2004) voir Groupes de Pays Rendement social de l investissement dans l éducation en % Primaire Secondaire supérieure Pays à haut niveau de revenu 13, ,5 Pays à niveau de revenu intermédiaire 18,8 12,9 11,3 Pays à bas niveau de revenu 21,3 15,7 11,2 Moyenne mondiale 18,9 13,1 10,8 6 Partout il apparaît qu investir dans l éducation rapporte aux nations. Comment évoluera alors le capital intangible selon les modifications qui surviendront dans l une ou l autre des composantes? Le tableau 2, extrait du document de la Banque Mondiale, présente les variations subies par le capital intangible lorsque l une ou l autre des composantes varie d une unité selon que l on est dans un pays riche ou dans un pays moins riche.

7 7 Tableau 2 : Variation du capital intangible par groupes de pays, suite à un changement d une unité de ses composantes. Exprimée en $ par tête d habitants. (Extrait de Banque Mondiale : (2006) «where is the wealth of nation» Groupes de pays Variation du rendement de l école Variation du rendement de la qualité des institutions Ensemble des pays de l OCDE Pays à revenu élevé Pays à revenu intermédiaire Pays à revenu faible Dans ce tableau nous voyons qu un accroissement de la qualité des règles de droit, une fois, dans un pays à faible revenu, peut rapporter au capital intangible 111 $ par tête, là où les mêmes améliorations juridiques et institutionnelles au sein des pays de l OCDE rapportent à chaque fois en moyenne 2973 $ par tête d habitants. On remarque aussi qu une durée de la scolarité d une année rapporte au capital intangible 838 $ par tête dans les pays à faible revenu alors que dans les pays de l OCDE le rapport est de $ par tête d habitants. Les montants les plus faibles s obtiennent toujours en Afrique et le défis du leadership serait de les améliorer pour que la richesse prenne son envol. Le défi qui attend le leadership est que celui-ci puisse être audacieux et se résoudre à s engager dans les réformes décisives qui vont améliorer les institutions et le capital intangible très faible en Afrique. Le système éducatif rapporte peu aux Africains comparé au reste du monde. Il faut l améliorer en amplifiant les réformes de l école, de la formation et tout cela dans le respect des institutions qui souvent sont inadaptées, dépassées ou bien sclérosées et contre-productives. C est seulement par les réformes et le respect du droit que le leadership africain sera capable de fluidité politico économique susceptible de relever le défi que la mondialisation lui lance. Regardons ensemble le tableau 3 qui compare la distribution de la richesse intangible dans un certain nombre de pays. Sources : Banque Mondiale

8 Tableau 3 : Répartition des richesses naturelle, produite et intangible des pays africains comparées à celles de certains pays de l OCDE. (Extrait de «where is the wealth of nation».http://siteresource.worldbank.org Tableau 3 Capital naturel$/tête Capital produit+terre urbaine Capital intangible/tête Total capital/tête Burkina Bénin Cameroun Cap Vert Tchad R D Congo Rci Gabon Ghana Guinée Bissau Madagascar Mali Niger Nigeria Sénégal Afrique du Sud Togo Etat unis Royaume unis Suisse Japon Italie Allemagne France Belgique Ce tableau nous donne plusieurs leçons. Tirons-en quelques unes. 1. Le document de la Banque Mondiale donne la distribution internationale du capital intangible par tête d habitants. Le capital intangible est faible en Afrique comparé au reste du monde et l échantillon donné le montre bien en partie. Les défis sont là pour le leadership africain. 2. Des pays comme la République Démocratique du Congo, le Gabon et le Nigeria ont même du capital intangible négatif par tête d habitants. Alors que ces pays sont bien dotés en capital naturel, ils ont du capital intangible négatif lié, selon le rapport, à des institutions de piètre qualité et un capital humain tout aussi faible et inefficace. Les défis sont aussi là. 3. Dans l échantillon, seule l Afrique du Sud a, avec le Cap-Vert, un capital naturel plus faible que le capital produit. Partout ailleurs, la contribution de l exploitation du capital naturel est de très loin plus élevée que ce que rapporte le

9 capital produit. Le capital produit est faible par tête d habitants. Or c est le capital produit par tête qui, en réalité, importe dans les efforts productifs que font les pays pour sortir de la trappe à pauvreté durable et entrer dans une dynamique de développement durable. Les terres urbaines sont mal exploitées, mal organisées, mal entretenues. Les industries ne correspondent pas aux normes compatibles avec la mondialisation. Le système monétaire est défaillant et incapable de financer l investissement risqué. Le marché du travail est soit administré ou informel si non inexistant. 4. La Suisse avec 5943 $ a moins de capital naturel par tête que le Gabon ( $), ou la RDC (9 330 $). Le Japon a moins de capital naturel que la Côte d Ivoire, le Mali, le Tchad ou la Guinée Bissau. La Belgique a moins de capital naturel que la RDC ou le Nigeria. Et pourtant, le capital produit de la Belgique ( $) est presque aussi important que celui de l ensemble des pays africains de l échantillon du tableau 3. Le Japon avec $ par tête de capital produit dispose de presque du double du montant total du capital produit par l ensemble des pays de l échantillon. Le défi est là. Le leadership africain doit immédiatement prendre les dispositions pour que cette posture honteuse pour les élites africaines change au plus tôt. Est-il capable d une telle audace qui l amènerait à choisir des principes permanents d un leadership inspiré et capable d éclairer une vision qui apporte des solutions cohérentes et rigoureuses à ces défis majeurs? Si le Gabon ( $) dépasse la France (6 335 $) avec la donne du capital naturel, la comparaison tourne au ridicule quand on passe au capital produit. Gabon ( $) ; France ( $). Dans les pays riches membres de l OCDE, le capital intangible est incomparable avec le capital total des Africains, à plus forte raison à vouloir faire des comparaisons avec le capital produit et le capital intangible. Les défis sont là. La richesse ne provient pas en réalité du potentiel de capital naturel. Elle provient d abord de la qualité de la population et de celle des institutions. Il n y a de richesses que d hommes disent les économistes. Les valeurs intangibles de l éducation et des institutions sont les principaux moteurs du capital intangible qui lui-même est de très loin le premier composant de la richesse des nations. Le tableau l illustre bien. Le leadership en Afrique n est pas encore arrivé à modifier de façon décisive les leviers de la richesse des populations africaines malgré les énormes ressources naturelles non renouvelables. Que se passera-t-il lorsque ces ressources, dans deux ou trois siècles, auront disparu : puits de pétrole asséchés, minerais épuisés, exploitation terminée, et ensuite? Les leviers de la richesse des nations se trouvent dans l éducation et les institutions. Les cadres institutionnels mis en place par les élites africaines depuis toujours n ont jamais répondu aux attentes des populations africaines. Rester dans la trappe à pauvreté n est pourtant pas une fatalité. Les voies pour s en sortir existent. Il ne nous manque que le courage de décider de notre entrée dans le monde des riches. Les élites se renouvellent de génération en génération, mais ce changement se fait dans la stabilité des habitudes d inefficacité et parfois, il arrive même que les générations 9

10 nouvelles soient de moins bonne qualité que les générations passées. Le défi du leadership se trouve dans sa capacité d adoption de méthodes institutionnelles qui soient favorables à la richesse. L entropie institutionnelle doit s arrêter. Revendiquer la démocratie ne suffit pas. Faire des élections ne suffit pas. Il faut changer de cadre institutionnel et de modes de gouvernement et d éducation afin qu ils nous rendent aptes à entrer dans la mondialisation. 5. Lorsqu un Africain quitte son pays pour émigrer en France, il accède automatiquement au cadre institutionnel et éducatif d un pays qui a un capital intangible de $ par tête comparé au capital intangible par tête du pays d origine, sachant que l Afrique du Sud, qui est en tête du continent, n a que $ par tête. Le capital intangible des pays européens attire les Africains vers l Europe et les pays de l OCDE. Le niveau et la force du capital intangible dans ces pays sont un puissant facteur d attraction, surtout que les élites africaines adoptent des politiques qui fournissent un capital intangible de répulsion et d exclusion des populations dont elles proclament en principe qu elles sont des leaders. III - POURQUOI LE CAPITAL INTANGIBLE EST SI FAIBLE EN AFRIQUE? Heritage Foundation, think tank américain installé dans la ville de Washington vient de publier, en collaboration avec le Wall Street Journal, un quotidien New yorkais, l indice de la liberté économique pour l année Cet indice montre que les scores en matière de liberté économique sont très faibles en Afrique. Le tableau 4 présente l indice pour les pays Africains membres de l échantillon. La liberté économique que mesure cet indice est une évaluation de dix critères choisis et qui reprennent de nombreux éléments de la richesse intangible. Voir Index of Economic Freedom (htt://www.heritage.org/research/features/index/). Ces critères sont : 01/ La liberté d entreprise 02/ La liberté de commerce 03/ La liberté de pas être pressuré par les prélèvements obligatoires 04/ La liberté de contrôle de la taille du gouvernement 05/ La liberté d avoir une monnaie indépendante 06/ La liberté pour l investissement 07/ La liberté financière 08/ La liberté de protéger les droits de la propriété 09/ La liberté de s émanciper de la corruption 10/ La liberté de contrat sur le marché du travail 10

11 Tableau 4 : Indice de la liberté économique en Afrique noire. (Source: Index of Economic Freedom (htt://www.heritage.org/research/features/index/)). 11

12 Le rapport est très net sur l appréciation de la situation : «L Afrique sub-saharienne est bien connue comme la région du monde la plus pauvre et la plus violente. Elle semble aussi être la région du monde qui continue encore de dormir derrière le voile des cinquante dernières années du siècle passé plutôt que d avancer en terme de bien-être matériel pour ses populations.» Le produit intérieur brut par tête d habitant en Afrique, selon le rapport, n est que de $, le plus faible du monde, et l Afrique est pourtant la région du monde qui reçoit le plus d aide publique au développement, et qui est de surcroit la moins peuplée du monde. Entre 1995 et 2007, en moyenne, selon la Heritage Foundation, le score de l Afrique en matière de liberté économique est resté plus faible que dans toute autre région du monde. La tendance pour l Afrique, et cela depuis est même, au contraire, à la dégradation de ce score Comme le suggère le graphique1 ci dessous. Graphique1 : Evolution de la liberté économique dans le temps en Afrique noire comparée à la moyenne mondiale. (Source: Index of Economic Freedom (htt://www.heritage.org/research/features/index/)). 12

13 Dans le même rapport, il est établi clairement qu il y a une relation croissante entre la liberté économique et le produit intérieur brut (Pib) par tête en Afrique subsaharienne comme dans le reste du monde. Graphique 2 : Relation entre Pib par tête et indice de liberté économique en Afrique noire. (Source: Index of Economic Freedom. (htt://www.heritage.org/research/features/index/)). 13

14 L indice permet aussi de classer les pays africains des plus libres vers les moins libres. La majorité des pays africains tombent dans la catégorie des pays non libres. Plusieurs pays sont classés dans la catégorie des pays à liberté réprimée (pays liberticide) et quelques uns seulement sont classés comme étant des pays modérément libres comme le montre le graphique 3 ci-dessous. Graphique 3 : répartition de pays d Afrique noire selon leur degré de liberté économique. (Source: Index of Economic Freedom (htt://www.heritage.org/research/features/index/)). 14 La dispersion des pays autour de cette situation des pays non libres est très faible. C est donc dire que les pays sont donc regroupés autour de cette catégorie. Les pays africains les plus libres, Ile Maurice et Botswana, sont classés respectivement à la 34 ème et à la 35 ème place au classement mondial. L Afrique du Sud, le 3 ème pays d Afrique le plus libre, arrive 52 ème dans le classement mondial. En outre, on peut remarquer dans ce rapport que parmi les 20 pays qui répriment le plus la liberté dans le monde 8 sont situés en Afrique. Et cela à n en point douter est le résultat du leadership africain. Evaluée relativement aux dix critères donnés par le rapport, l Afrique subsaharienne a de piètres scores car elle n arrive pas à se libérer de la corruption, à préciser les droits de la propriété privée des populations face aux Etats, à libérer l investissement des tracasseries administratives, à libérer les structures de financement de la production, et à promouvoir la liberté d entreprise comme l illustre le graphique 4. Et le rapport de poursuivre «Il apparait que les pays d Afrique sub-saharienne ont été affligés par les plus mauvaises politiques de leurs anciens colonisateurs européens, mais par aucune de leurs politiques de prospérité.» Les leaders africains se doivent de méditer cette pensée.

15 15 Graphique 4 : Performance globale des pays d Afrique noire selon les critères de la liberté économique. (Source: Index of Economic Freedom (htt://www.heritage.org/research/features/index/)). La liberté économique est une appréciation de l autonomie des individus vis-à-vis de l Etat et des autres organisations plus ou moins prédatrices et liberticides. L individu libre est celui qui peut contrôler son travail et sa propriété. La liberté économique est nécessaire à la liberté politique mais en soi, elle constitue une valeur qui mérite d être défendue, soutient également le même rapport. La liberté économique se définit comme une absence de coercition contre l action humaine responsable et qui fait qu elle est différente de l anarchie dans laquelle tout serait librement permis. La liberté économique contient toutes les libertés qui vont déterminer la qualité des institutions et celle du capital produit. La liberté d entreprise mesure la capacité de créer, de gérer et de fermer son entreprise sans qu aucune barrière ne vienne la bloquer ou la restreindre. Quels sont les procédures, les délais, les coûts et le capital minimum exigé pour créer une affaire? Même question pour l obtention des autorisations (licences) et la gestion quotidienne des affaires. La liberté de faire du commerce pose le problème des barrières tarifaires et non tarifaires, des quotas et autres autorisations préalables des administrations, du protectionnisme et des règles abusives imposées par certaines unions commerciales et économiques. La liberté fiscale est la mesure quantitative de la charge fiscale que l Etat impose. La pression fiscale, la dispersion fiscale, les produits fiscaux sont questionnés pour savoir en quoi ils encouragent l acquisition

16 du capital intangible. Le gouvernement qui prélève l impôt devrait rendre compte aux contribuables. La taille du gouvernement mesure non seulement le montant des dépenses de l Etat, mais aussi la disponibilité des biens publics pour l ensemble de la population en qualité et en quantité compatibles avec les prélèvements obligatoires qui sont en principe organisés par les élites étatiques. Les biens et les services publics sont-ils fournis selon des critères justes d équité et d efficacité de la dépense publique? Concernant la liberté monétaire, les auteurs du rapport écrivent que «La liberté monétaire est à l économie de marché ce que la liberté de parole est à la démocratie. Les hommes libres ont besoin d une monnaie stable et fiable comme moyen d échange et réserve de valeur. Sans liberté monétaire, il est difficile de créer de la valeur sur la longue période.» Le leadership africain qui préfère dans une large mesure la formule des «comptes d opérations» ou celle des banques centrales sous tutelle ministérielle devrait savoir qu elles ne lui offre que de la servitude ou de la bureaucratie monétaire. La liberté financière dans un pays offre aux banques, aux assurances et aux activités financières non bancaires les opportunités de création de produits financiers adaptés aux besoins de la production. L investissement risqué et les financements longs sont-ils encouragés ou est ce seulement l acquisition les biens de consommation durable qui est financée? Libérer les pays africains de la corruption n a pas besoin d être longuement expliqué ici comme d ailleurs la liberté des droits de la propriété et la liberté d investissement et du contrat de travail. Pour chacune de ces libertés, un défi attend le leadership africain, mais pour aborder ces défis, quelles doivent être les postures du leadership lui-même? Quels sont, au niveau de l élite, les principes et les valeurs à observer pour se présenter sans complexe devant ces défis? L expérience du développement des cinquante dernières années nous aura donné de mieux comprendre les échecs du leadership africain. Les secrets du capital étant maintenant connus, dans quel état d esprit le leadership devrait-il aborder ces questions? Comment l élite peut-elle se transformer en leader? IV LES VALEURS ET LES LEÇONS DU LEADERSHIP Le leadership est un mélange de bravoure et d humilité, d audace et de capacité d anticipation. La conduite des affaires publiques ou privées exige du leadership une capacité d influencer de nombreuses personnes en leur offrant un but commun à poursuivre, une direction à prendre ensemble et de bonnes raisons argumentées qui les amènent à y adhérer en toute confiance quand la mission lui est confiée ou la nécessité lui est imposée de travailler à l amélioration de la situation collective de l organisation ou du pays. Le leader, pour être effectif, c est-à-dire pour avoir de l effet, doit avoir confiance en lui-même et inspirer confiance aux autres. Ceux qui se laissent diriger par lui doivent avoir réellement confiance en ses capacités, à son caractère et à l éthique qui fonde son engagement. 16

17 Pour que cela soit, il convient qu au commencement le leader lui-même se fasse confiance et ait un caractère à toute épreuve et une moralité qui rassure. Les personnes qui acceptent le leadership d une autre doivent trouver en elle une source d inspiration pour la réflexion comme pour l action et sentir sincèrement sa foi comme étant inébranlable. Ceux que le leader inspire doivent juger ses décisions comme crédibles, justes et efficaces. Même s il est difficile de définir la subtilité du leadership, il est facile de reconnaître un leader. Le leadership est en partie inné et en partie cultivé par l expérience que l épreuve de la vie impose. La partie innée n est qu une prédisposition car l on ne naît pas leader, on le devient. Le leader se forme au prix d un labeur exigeant attendu de tous ceux qui veulent atteindre des objectifs et des buts qu ils jugent dignes d être poursuivis. Le leadership a donc des capacités, des qualités, des compétences qui le rendent capable de conduire de façon efficiente les peuples ou les organisations vers le succès. Les hommes, lorsqu ils se laissent conduire, ne cherchent pas seulement un rulership, un chef, un dirigeant, un conducteur, un patron. Ils veulent aussi et surtout un leadership éprouvé. Pour dégager les principes et règles de comportement de leader en Afrique, prenons un exemple de leadership qui a été un succès. Prenons le cas remarquable de George Washington, le premier Président des Etats-Unis d Amérique ( ). Washington a été commandeur en chef de l armée américaine pendant la guerre d indépendance que les "rebelles" américains ont livré à l armée la plus puissante du monde de l époque : l armée britannique. Dans l exercice de ses fonctions comme dans sa vie de tous les jours, il a manifesté un leadership d exception, dit-on, avec une vision qui a profondément marqué l histoire des Etats-Unis. Il lui a été proposé dans le monde de 1789 de se faire introniser roi après sa victoire contre la puissance coloniale. Il a refusé. Alors qu il était considéré par les Américains comme un grand héros en 1783, à la fin de la guerre d indépendance, il ne chercha pas à s emparer du pouvoir. Lorsque les Etats confédérés commencèrent, pendant les premières années d indépendance, à se quereller sur les questions de frontières, sur celles de l utilisation des cours d eau et sur les problèmes de voisinage, c est chez lui que se réunirent les facilitateurs et autres médiateurs en 1785 pour faire la paix. Devant les difficultés et l importance des problèmes entre les Etats nouvellement indépendants, une convention se réunit en 1787 à Philadelphie et elle est présidée par George Washington, qui donne aux débats l éclat de son prestige personnel. De cette convention, il sort une constitution qui conduit à la première élection qu il gagne et il commence son premier mandat le 30 avril 1789, qui sera renouvelé en Contrairement à de nombreux leaders charismatiques des indépendances africaines, Il refuse un troisième mandat et respecte scrupuleusement les termes et dispositions de la constitution que les Américains s étaient librement donnée. Il passe pacifiquement le pouvoir au deuxième président des Etats Unis : John Adams. Il se retire du pouvoir et vit dans sa ferme du Mont Vernon où il meurt en décembre 1799 à l âge de 67ans. Après sa mort, George Washington est devenu encore plus grand dans le 17

18 cœur des Américains, qui lui vouent un culte particulier issu d un leadership exceptionnel. L encyclopédie universaliste raconte que des universités, des cours d eau, des montagnes, des comtés, des rues et des avenues, des villes (dont la capitale fédérale) et des villages et même un Etat de la côte pacifique américaine portent son illustre nom. Son anniversaire est la seule fête, avec la fête d indépendance, que tous les Etats de l union célèbrent chaque année. (22 février 1732). Et Il est par ailleurs également immortalisé sur la monnaie américaine, sur les pièces autant que sur les billets, non pas ceux de cent dollars mais sur ceux de un dollar. Après sa mort. À méditer aussi. Quels ont été les traits marquants du leadership américain des indépendances? Comment George Washington a t-il été ce leader exceptionnel qu il fallait justement, à cette époque cruciale pour la jeune nation américaine? Un ancien directeur de l association du Mont Vernon, James C. Rees et un écrivain, Stephen Spignesi ont publié aux éditions John Wiley, en 2007, un ouvrage pour répondre, selon eux, à la question de savoir quelles ont été les leçons de leadership que le père fondateur des USA peut nous enseigner plus de deux siècles après sa mort. Le titre de cette œuvre est tout un programme «George Washington s Leadership Lessons: What the father of our country can teach us about effective leadership and character». Les auteurs résument en quinze leçons ce que le leadership de Washington peut nous enseigner. 1-le leader a une vision claire 2- le leader est honnête 3- le leader est ambitieux 4- le leader est courageux 5- le leader est discipliné et sait se maîtriser (self control) 6- le leader sait prendre ses responsabilités quand il le faut 7- le leader est toujours déterminé 8- le leader a une forte éthique opérationnelle 9- le leader a un bon jugement 10- le leader sait tirer les leçons de ses erreurs 11- le leader est humble 12- le leader fait de la Recherche-Développement 13- le leader soigne sa présentation 14- le leader sait anticiper les attentes 15- le leader a foi en ce qu il fait et en les autres Les élites africaines peuvent simplement s inspirer des leçons de George Washington. Cependant, on peut dire que le premier président américain est un mythe de l histoire de son pays et que son type de leadership n est pas à la portée de tous et ne peut intéresser que ceux qui aspirent à gouverner des Etats et à bâtir des nations prospères, durables et paisibles. Il existe toutefois dans les business schools, 18

19 des enseignements en matière de leadership. Les professeurs de management enseignent dans les grandes universités du monde les principes du leadership. Parmi eux Scott Snair, qui est un Leading Business Consultant et ancien étudiant de la fameuse école militaire de West Point située sur la rive gauche de l Hudson au nord de New York et créée en 1802 dans le but de former des jeunes officiers des armées de terre et de l air des USA. Snair a publié en 2004 un livre qui présente les leçons de leadership que l on peut tirer de la formation à West Point. Certes West Point est une académie militaire dira t on, mais même si nombre de ses diplômés sont connus pour avoir été de grand soldats américains dont le leadership n est pas contesté, plusieurs de ses diplômés sont des leaders ailleurs dans la vie économique et sociale. Parmi les grands généraux américains, on peut citer pêle-mêle Ulysse S. Grant, Robert E. Lee, Dwight D. Eisenhower, Douglas Mc Arthur, Norman Schwarzkopf, George S. Patton. Cependant, de nombreux élèves de West Point travaillent en dehors de l armée et font montre d un leadership remarquable qui ne leur fait pas seulement gagner des guerres pour leur pays, mais qui va aussi contribuer à bâtir une nation puissante, prospère et stable. Les élèves de West Point devenus de grands leaders ont par exemple construit des autoroutes entre les Etats de la Fédération (Francis Greene). Ils ont bâti le système de chemin de fer de New York (Horace Porter). Ils ont servi les présidents de leur pays (Jefferson Davis, Ulysse S Grant, D D Eisenhower). D autres ont voyagé dans l espace, c est le cas de Franck Borman, Buzz Aldrin, Michael Colins). Certains ont présidé de grandes compagnies multinationales comme John Hayes chez Coca-Cola et Marshall Larsen chez Goodrich). D autres encore ont révolutionné la technologie et le business lui-même comme Jim Kimsey de AOL. Plusieurs autres exemples existent qui pourraient inspirer le leadership africain. Quelle philosophie peut-on extraire de la formation de cette école d élite qu est West Point? Scott Snair nous propose une dizaine de principes de base qui forgent le caractère, la personnalité et impriment la force du leadership dans les élèves de West Point. Leçon 1: Le devoir est au-dessus de tout et le leader se donne une conviction peu ordinaire de la responsabilité qu il a. Leçons 2 : L honneur, qui permet à tout instant de la vie de suivre un code de bonne conduite : ne pas mentir, ne pas tricher, ne pas voler ou tolérer ceux qui le font. Leçon 3 : La nation, qui implique pour le leader qu il se sente soumis à quelque chose de plus grand que lui. Personne n est au dessus du droit qui est le ciment qui soude la nation. Le leader se dévoue à cette nation et lui reste loyal. 19

20 Leçon 4 : La mission, à laquelle le leader doit se consacrer entièrement. Il doit comprendre clairement sa mission, la vivre et en faire la promotion auprès de ceux qu il conduit et leur faire assumer à chacun d eux leurs responsabilités. Leçon 5 : La perspicacité qui offre aux leaders l occasion de traiter ceux qui sont affectés aux différentes tâches de la mission comme s ils étaient plus importants que lui-même pour la cause, avec la conviction qu ils le sont effectivement. Leçon 6 : L exécution qui permet au leader de laisser ses actions le définir et influencer la perception que les autres ont de lui. Le leader doit donner partout et toujours l exemple. Leçon 7 : Une stratégie intelligente que le leader adopte en tenant compte des subtilités de l environnement et avec une bonne tactique et du bon timing. Leçon 8 : Par sa compétence, le leader s efforce d être un expert dans ce qu il sait faire le mieux. Il partage ses connaissances et ne vit pas la compétence comme la définition d un domaine (les compétences du Ministère) mais comme sa capacité à résoudre les problèmes et à exercer effectivement la mission. Leçon 9 : La loyauté. Pour le leader, une fois les objectifs, les méthodes et les instruments de l action définis il faut s y conformer strictement, sans à peu près, sans se trahir, sans trahir les autres et sans trahir la cause et la mission car pour le leader les autres comptent beaucoup plus que lui-même. Leçon 10 : La maîtrise et le contrôle du changement. Les habitudes et les pratiques quotidiennes finissent par imposer des routines et rendre le changement inéluctable. Le changement est un autre nom du progrès, de la croissance et du développement. Le leader doit être capable de rassurer ceux qui ont peur du changement et qui lui résistent. Il doit inspirer la confiance et le courage et donner l assurance aux autres que le progrès peut être anticipé, maîtrisé, organisé. V- CONCLUSION Dans cette communication, nous avons voulu comprendre comment fonctionnait la mondialisation. Il nous est apparu qu elle était faite essentiellement de compétitions entre pays qui aspirent tous à devenir riches. Nous avons accepté l idée que cette compétition entre pays était en réalité une compétition entre les décideurs de chacun des pays. Les élites et les leaders sont en compétition à travers la globalisation. Et cette perspective engage donc le leadership dans des défis plus ou moins difficiles. Nous avons repositionné le débat sur le leadership africain dans la construction des nations. Pour réussir dans cette compétition mondiale, il faut pouvoir enrichir son pays et ses populations dans un monde ouvert. Mais alors 20

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