LUXEMBOURG : de 2012 à Manuel Baldauff Gérard Hoffmann Yves Nosbusch Kik Schneider Thierry Wolter FONDATION ALPHONSE WEICKER

Dimension: px
Commencer à balayer dès la page:

Download "LUXEMBOURG : de 2012 à 2030. Manuel Baldauff Gérard Hoffmann Yves Nosbusch Kik Schneider Thierry Wolter FONDATION ALPHONSE WEICKER"

Transcription

1 FONDATION ALPHONSE WEICKER LUXEMBOURG : de 2012 à 2030 LES SCÉNARIOS REVISITÉS ET LES 12 DÉFIS ACTUELS Manuel Baldauff Gérard Hoffmann Yves Nosbusch Kik Schneider Thierry Wolter 1

2 Les défis auxquels notre pays est confronté sont majeurs, mais ils ne sont pas insurmontables DR 2

3 Table des matières Introduction Le présent rapport commence par une revue de la méthode des scénarios qui formait la base de l analyse dans «Europe 2012 : Les Scénarios Luxembourgeois». Nous revenons ensuite sur ceux élaborés en 1997 pour les comparer aux développements qui ont eu lieu depuis la rédaction du livre. Dans le même esprit, nous adaptons les trois scénarios principaux pour l Europe à l horizon Ce ne sont pas des prévisions de l évolution probable, mais plutôt un outil qui permet de réfléchir et de se préparer aux enjeux majeurs dans différents cas de figure. L analyse est basée sur une synthèse d une série d interviews réalisées par la Fondation Alphonse Weicker fin 2012 et début 2013 avec une trentaine de représentants politiques, économiques et sociaux du Luxembourg et de la Grande Région. Cette synthèse conclut par la présentation de douze défis d avenir. Elle résume des thèmes actuels, mais aussi des pistes de réflexion et de développement. Les défis auxquels notre pays est confronté aujourd hui sont majeurs, mais ils sont bien identifiés et ils ne sont pas insurmontables. Il s agit maintenant de développer rapidement une stratégie claire et pragmatique pour les attaquer et surtout, de passer à l action. L urgence est aujourd hui bien plus forte que lors de la publication de notre ouvrage précité en En n agissant pas dès maintenant, les options qui nous restent vont se dégrader. Une absence d action aujourd hui serait une décision implicite de laisser aux générations futures des ajustements bien plus difficiles. La Fondation Alphonse Weicker est actuellement en train de définir une approche novatrice qui permettrait d aligner les forces vives de la nation sur un plan d action concret et fédérateur, réellement capable de réorienter le Luxembourg sur une voie de croissance pérenne. Kik Schneider Président de la Fondation Alphonse Weicker DR FONDATION ALPHONSE WEICKER Auteurs: Manuel Baldauff, Gérard Hoffmann, Yves Nosbusch, Kik Schneider, Thierry Wolter Conception & coordination: 360Crossmedia Artistic Director: Tom Norest Cover photo: Shutterstock Print run: 500 copies 1. La méthode des scénarios : une méthode pour imaginer le futur 2. Un retour en arrière avec quelques surprises 3. Le Luxembourg face à l Europe 2030 : les scénarios revisités pour mieux anticiper les défis futurs 4. Les défis d avenir 5. Comment passer efficacement à l action? 6. Appel des auteurs Informations supplémentaires

4 La méthode des scénarios 1. LA MÉTHODE DES SCÉNARIOS : UNE MÉTHODE POUR IMAGINER LE FUTUR L originalité de l ouvrage publié en 1997 consiste sans doute dans le recours à la méthode des scénarios. Cette méthode avait montré toute sa puissance en permettant au groupe pétrolier Shell de traverser les chocs pétroliers des années 1970 d une bien meilleure façon que ses concurrents, et l un des anciens dirigeants du groupe nous avait guidés dans sa mise en oeuvre. De façon très synthétique, cette méthode consiste à : DR ÉTAPE 1 : Imaginer des «histoires» cohérentes se réalisant dans le futur, qui s excluent mutuellement tout en formant un éventail complet des possibilités envisageables. Dès qu on commence à modéliser la réalité, on la simplifie, et il est clair que les scénarios et leur qualité dépendent des dimensions d analyse choisies. Dans notre ouvrage, nous avons retenu deux axes : l ouverture commerciale et l intégration politique au niveau européen. Pour chacun de ces axes, nous avons analysé deux possibilités, «fort» et «faible». Ainsi, nous nous retrouvons avec une matrice 2x2, soit quatre scénarios. ÉTAPE 2 : S interroger sur l évolution des variables étudiées dans chacun des cas de figure résultant de la matrice ainsi construite. Dans notre exemple, cette matrice a pris la forme suivante : Quatre scénarios de base Intégration politique Élargissement économique Faible Forte Faible Eurosclérose Libre échange Forte KernEuropa Union paneuropéenne Les impacts ont été étudiés sur l État (en termes de recettes, de dépenses et de son rôle), la place financière, l industrie, le secteur des communications et les médias. Cet exercice nécessite une réflexion approfondie pour chaque scénario de la matrice. Il faut activement se poser la question sur ce qui se passerait p.ex. dans le secteur financier si le scénario de la KernEuropa devenait réalité. Ces réflexions permettent finalement de se préparer à chacune des éventualités pouvant se produire. Elles permettent également d identifier le dénominateur commun entre les différents scénarios, afin de déduire les stratégies dites «sans regret» que l on a intérêt à mettre en place en tout état de cause. Dans le monde réel, qui est dynamique et non statique, il est fort possible que l évolution du futur passe à travers plusieurs scénarios. En d autres termes, un scénario peut s appliquer pendant une certaine période, et un autre plus tard. Mais grâce à cette méthode, on se sera intellectuellement penché sur les impacts dans les différents cas, et l on sera préparé, même en cas de passage à travers des scénarios multiples. ÉTAPE 3 : Valider l ensemble des analyses à travers un groupe multidisciplinaire composé d experts crédibles et expérimentés («Scénario Team» dans le langage de la méthode). En 1997, ces experts venaient du monde de l industrie, de la finance, de la politique (l ensemble des partis importants étant représenté), de l éducation, des syndicats, d un mouvement d intégration des étrangers ainsi que de certains organes gouvernementaux. Bien évidemment, tous les participants n avaient pas toujours la même opinion sur certains sujets, mais ils ont tous adhéré au récit global dans son ensemble. 4

5 Analyse 2. UN RETOUR EN ARRIÈRE AVEC QUELQUES SURPRISES Tout comme à l époque, le présent rapport est basé sur la participation d une trentaine de spécialistes politiques, économiques et sociaux du Luxembourg et de la Grande Région qui ont été consultés moyennant une série d interviews réalisées par la Fondation Alphonse Weicker fin 2012 et début Les interviews, organisées à l occasion du quinzième anniversaire de parution de l ouvrage de 1997, comportaient d abord des questions sur l évolution de 1997 à 2012, avant de se tourner vers l avenir à l horizon Notre analyse rétrospective est d abord orientée vers l Europe. Nous faisons le bilan de nos scénarios par rapport au réalisé. Dans une deuxième étape, nous nous concentrons sur le Luxembourg. 360Crossmedia 5

6 Analyse 1. Constat d une évolution mouvementée au niveau européen Dans le rapport de 1997, nous avions, à côté des quatre scénarios de base, également présenté quelques scénarios «hybrides» débutant par une phase de KernEuropa pour déboucher soit sur l Union pan-européenne approfondie, soit sur la Zone européenne de libre-échange. Le point clé résultant de cette analyse était l impact profond et durable (négatif pour le Luxembourg), d un passage, même temporaire, par une phase d union monétaire limitée à la KernEuropa caractérisée par une sur-harmonisation. Il est apparu que les scénarios hybrides reflètent au mieux la réalité au cours des dernières années, depuis la création de l euro. En effet, on a pu observer des éléments d eurosclérose, de KernEuropa et d intégration pan-européenne approfondie. Uniquement le scénario de libre-échange est resté à l arrière-plan. Les trois scénarios principaux sont l Union pan-européenne approfondie, la KernEuropa et la Zone européenne de libre-échange. Union pan-européenne approfondie Ce scénario prévoyait un fort approfondissement politique conjugué à un élargissement économique vers une Europe des 27 (28 aujourd hui). Une dynamique de croissance continentale puissante en était le corollaire. Dans cet esprit positif d une Europe unie selon les visions des fondateurs, le principe de subsidiarité était en mesure de jouer pleinement. Le passage à l euro se faisait dans de bonnes conditions, notamment avec le Royaume-Uni et le Danemark qui renonçaient à leurs clauses d opt out de l Union. Le leitmotiv de ce scénario était une Europe fidèle à la grande ambition d un continent pacifié, ouvert, démocratique, fier de sa diversité et de ses valeurs communes. Qu en est-il devenu en réalité? Nous avons effectivement connu quelques éléments de cette «belle Europe», sans pour autant aller jusqu au bout, ni en ce qui concerne l objectif des 27 (ou 28) pays membres de l Union monétaire, ni le principe de subsidiarité, cher au Luxembourg mais de plus en plus contesté par les grands États membres, surtout depuis le début de la crise en L élément le plus fort nous rapprochant de ce scénario est sans doute le rôle et le pouvoir de la Banque centrale européenne qui a permis de maintenir la cohésion de l euro. L initiative «Bolkestein» a également conduit en 2006 à une directive de l Union européenne qui simplifie la libre circulation des services, et donc pour un prestataire de services d un État membre, les conditions dans lesquelles il peut opérer dans un autre État membre. KernEuropa Ce scénario prévoyait une Union monétaire limitée, pour longtemps, aux «durs». Sur le plan politique, la logique de régulation restait celle d une coopération intergouvernementale sous impulsion franco-allemande. La construction européenne se faisait sans le Royaume- Uni, ni le Danemark. C était l image d une Europe à tendance à la fois récessive et harmonisatrice, dans laquelle les avantages de rapidité et d ouverture sur le monde comme ceux du Luxembourg ne pesaient plus guère. En résumé, la KernEuropa était une Europe des occasions manquées. Qu en est-il devenu en réalité? Plusieurs pays ont dévié du pacte de stabilité. La France et l Allemagne ont pendant longtemps donné les orientations aux autres pays, plus par nécessité que par volonté réelle. L Europe fragmentée était vulnérable et a subi de plein fouet la crise financière de Sur le plan de l éducation, les restrictions de budget 6

7 7 360Crossmedia

8 Analyse font que les universités des grands pays sont aujourd hui moins ouvertes pour les ressortissants des petits pays qui n ont pas la masse critique, même s il faut reconnaître que grâce aux accords de Bologne, l Europe s est dotée d une reconnaissance des titres. Le protectionnisme des États s est également rendu visible en matière de TVA appliquée à l e-commerce, où c est le pays de résidence du consommateur, et non pas le pays d origine de la facture, qui déterminera le taux applicable à partir de D une façon générale, la protection des consommateurs s oriente en direction du pays de résidence du consommateur. Les pressions harmonisatrices ont poussé vers des révisions significatives du secret bancaire et certains pays essaient d imposer une Tobin tax généralisée. À nouveau, on est loin de l Europe unie avec ses degrés de liberté dont nous aurions bénéficié dans le premier scénario. Zone européenne de libre-échange Dans ce scénario, le passage à l euro était progressivement abandonné, l élargissement devenant alors le seul grand but pour éviter que l Union européenne ne perde son âme. Le résultat aurait été une Europe fortement intégrée commercialement, mais aussi très diverse sur le plan des lois et des règlements, permettant à chaque État de jouer à sa manière les cartes de la déréglementation et de la globalisation. Son taux de croissance économique aurait été élevé, du moins dans les premières années. Le rôle de Bruxelles se serait réduit très nettement au profit des parlements et gouvernements nationaux, d une part, et de l Organisation Mondiale du Commerce (OMC) de l autre. Politique et économie seraient devenues antagonistes plutôt que synergétiques. La logique dominante de ce scénario est celle de l optimisation par le marché, logique porteuse de croissance, mais sans grande visée mobilisatrice, alliée au jeu classique des souverainetés. Qu en est-il en réalité? L annonce du Premier ministre britannique David Cameron de s orienter vers un référendum sur l Europe s inscrit parfaitement dans ce scénario. En tant que conclusion globale, l Europe a bien transité par les trois scénarios de base, sur arrière-fond structurant du scénario paneuropéen. Le quatrième scénario, celui de l Eurosclérose, ne s est heureusement pas réalisé, mais ce risque demeure bel et bien présent. Dès lors, il est temps de regarder quels ont été les impacts sur le Luxembourg. 2. Recul de la croissance du Luxembourg et perte de marge de manœuvre Nous avions anticipé certains développements qui se sont matérialisés, même si le rythme du changement a pu être plus rapide que prévu, à la fois dans le bon sens et dans le mauvais sens. Les bonnes et les mauvaises surprises Parmi les bonnes surprises, il faut noter l émergence du secteur des technologies de l information. Ce secteur a connu un développement au-delà des attentes, notamment au niveau de l industrie des satellites, des data centers, de l Internet et des activités liées telles que le cloud. Selon les données Eurostat, le secteur de l ICT, avec un poids de 6,8 % du PIB, figure déjà parmi les premiers au monde en taille relative et a largement dépassé le secteur de l industrie manufacturière sur les 15 années sous revue, et cette tendance s accentuera sans doute encore. Dans le domaine de l éducation et de la recherche, l université a connu un développement d une étendue qui n avait pas été anticipée, même si la création d une telle institution avait été GRAPHIQUE 1 : EVOLUTION DU PIB (INDEX 100 EN 1995) 8 SOURCE : STATEC

9 Chômage Emploi GRAPHIQUE 2 : CHÔMAGE ET EMPLOI (INDEX 100 EN 1995) SOURCE : STATEC envisagée. Sur dix ans d existence elle a su se tailler une visibilité même internationale dans certains domaines. Nous n avions pas non plus anticipé les recettes TVA en provenance du commerce électronique. L harmonisation européenne a pris le dessus entre-temps et ces recettes disparaîtront largement à partir de Des efforts politiques sont en cours pour stabiliser les clusters en place autour de Apple et Amazon. Au cours des 15 dernières années, le Luxembourg a maintenu un niveau de vie élevé, probablement au-delà des attentes. Le PIB du pays a atteint de nouveaux records (cf. graphique 1), l emploi global a fortement augmenté et la population a franchi la barre des Mais il est loin d être évident que nous pourrons continuer sur cette trajectoire. En effet, nous avons également assisté à un nombre de développements inattendus qui sont pour le moins inquiétants. Parmi ceux-ci, il faut noter que le nombre de chômeurs a augmenté de 250 % sur 15 ans et ceci en dépit d une augmentation de l emploi de 50 % sur la même période (cf. graphique 2). Cette hausse du chômage a des causes structurelles autant que conjoncturelles. Par ailleurs, le coût de vie élevé, notamment au niveau du logement, constitue aujourd hui un vrai défi pour un grand nombre de gens, bien que les revenus soient restés égalitaires au Luxembourg. Au niveau de la dette publique, même si nous nous étions montrés soucieux du futur, nous étions loin d anticiper la multiplication par trois de cette dette que nous avons observée récemment (cf. graphique 3). La situation est bien pire si l on tient compte de l actualisation des obligations de pension. Selon une étude 35% 30% 25,9 25% 20% 19,1 15% 10% 5% 6,2 6,7 0% GRAPHIQUE 3 : EVOLUTION DE LA DETTE PUBLIQUE (EN % DE PIB) SOURCE : STATEC 9

10 Analyse de la Stiftung Marktwirtschaft, le Luxembourg se situe alors en réalité en bas du classement européen, entre la Grèce et l Irlande. Le problème est donc là encore structurel autant que conjoncturel. Au niveau de la structure économique du pays, nous avions tablé sur une augmentation du tissu industriel luxembourgeois avec une spécialisation accrue. Or, il est apparu que le secteur industriel s est rétréci au cours des quinze dernières années. Nous avons également assisté à une perte d autonomie de décision significative dans le cadre de fusions internationales de grands groupes de la place. Sur le plan réglementaire, nous avions anticipé des attaques sur notre souveraineté venant d autres pays européens, notamment la France ou l Allemagne, dans le scénario KernEuropa. Aujourd hui, force est de constater que c est l initiative américaine FATCA (Foreign Tax Compliance Act) qui a mené à une révision substantielle du secret bancaire. Un bilan mitigé pour le Luxembourg face aux stratégies «sans regret» Nous avions clôturé notre livre avec une section consacrée aux stratégies «sans regret». L objectif de ces stratégies était de pouvoir être appliquées en tout état de cause, puisqu elles seraient utiles au pays quels que soient le scénario ou la combinaison de scénarios qui allaient se matérialiser. Force est de constater que les stratégies «sans regret» n ont pas été collectivement mises en œuvre par le pays. En effet, la première stratégie était celle d un triptyque d actions («fers de lance») consacrées à la place financière, à l industrie et aux services de l information. Pour la place financière, nous avions tablé sur un potentiel considérable de l industrie des fonds de pension, en reconnaissance du financement insuffisant que l on observe partout en Europe, et notamment au Luxembourg. Il est vrai que l industrie des fonds d investissement a connu un succès considérable au Luxembourg au cours des 15 dernières années. Cependant, il n en est pas de même pour l industrie des fonds de pension proprement dite, même si elle est en partie consommatrice des fonds d investissement luxembourgeois. Un cadre légal européen permettant d épargner pour financer un complément de pension vraiment substantiel se fait toujours attendre. En effet, ceux qui épargnent aujourd hui dans les limites de la déductibilité fiscale luxembourgeoise se retrouveront au moment de leur retraite avec une épargne extrêmement limitée. Au niveau européen, il n y a pas non plus de directive qui permet de favoriser une épargne-pension axée sur plusieurs pays, ce qui aurait permis au Luxembourg de faire valoir encore davantage son industrie des fonds. Sur le plan de l industrie, le deuxième fer de lance avait visé la sous-traitance automobile, compte tenu des nombreuses activités répertoriées dans un rayon de 500 km autour du Luxembourg. Ni les actions politiques, ni les divers centres de recherche disponibles au Luxembourg n ont permis de développer une activité pérenne. Il s agit aujourd hui d un secteur à risque, suite à l ouverture de l Europe vers les pays de l Est, avec des sous-traitants dans des pays à bas coût salarial. La baisse des coûts de logistique a rendu possible des délocalisations lointaines sans réduire les marges. Le troisième fer de lance, dans le secteur des médias, est peut-être celui qui a réussi le mieux, à côté de l industrie des fonds. Le Luxembourg a pris des mesures à la fois économiques et politiques pour se positionner au centre de la société européenne d information comme relevé au paragraphe précédent sous les «bonnes surprises». Nous avions également identifié des stratégies «sans regret» au niveau de la gouvernance du pays. De nombreux défis n ont pas été relevés, notamment au niveau des réformes de l éducation, du marché de l emploi, de la tripartite, de l administration publique, des régimes de pension et de l assurance santé, ainsi que de la politique sociale et des infrastructures. Par ailleurs, il faudrait davantage encourager l esprit d entreprise et le développement de la Grande Région via une participation active du Luxembourg. Il en est de même pour une meilleure participation des résidents étrangers dans la prise de décision démocratique. 10

11 Europe 2030 : scénarios 3. LE LUXEMBOURG FACE À L EUROPE 2030 : LES SCÉNARIOS REVISITÉS POUR MIEUX ANTICIPER LES DÉFIS FUTURS Dans cette partie, nous revenons sur les trois scénarios principaux de l analyse originale pour les adapter au vu des développements depuis La deuxième partie des interviews portait en effet sur la prospective. Ceci nous mène à trois nouveaux scénarios à l horizon Nous tenons à rappeler qu il ne s agit pas de prévisions, mais d une méthodologie reconnue pour se préparer à l incertitude du futur. En particulier, des éléments de différents scénarios pourraient se réaliser dans le temps. Il s agit donc d une manière d imaginer quels pourraient être les changements et enjeux majeurs d ici 2030 afin de se mettre dans une meilleure position pour les maîtriser. Le scénario pan-européen comme point de référence On se trouve à nouveau à une croisée des chemins. Au cœur de celle-ci se situent les réformes structurelles et l assainissement du secteur financier et de l endettement public et privé. Ce sont les prémisses d une croissance soutenue en Europe. Le scénario pan-européen serait le prolongement logique des approfondissements et élargissements, commençant par une union bancaire et culminant dans un certain fédéralisme budgétaire et l introduction d eurobonds. Dans un premier temps, le Mécanisme Européen de Stabilité (MES) pourra intervenir directement dans le bilan des banques à restructurer sans devoir passer par les États membres. Si ce scénario se réalise, l Europe disposera d un réel mécanisme budgétaire synchronisé et contraignant pour tous les États membres, supervisé par un haut responsable européen des Finances. Elle sera dotée d un budget propre significatif géré par l Union et financé par un mélange de transferts budgétaires et d endettement communautaire. L Europe instaurera plus d institutions centralisées p.ex. dans le contexte de l union bancaire, et le haut responsable représentera l Europe au FMI et dans le G20. Alors que l Europe ne s entendra toujours pas sur une représentation unique au Conseil de sécurité de l ONU, la crise précipitera l intégration financière. Ce sera l événement «Hamilton», d après l accord qu un des trois pères fondateurs des États-Unis a proposé juste avant l indépendance et qui a conduit à la Constitution. Par cet accord les États-Unis avaient communautarisé les dettes des États membres. L Europe imposera progressivement aux États des réformes des systèmes sociaux et d autres réformes structurelles pour améliorer la compétitivité et le potentiel de croissance à long terme. À travers des «dévaluations internes» les économies européennes deviendront plus efficaces pour faire face à la concurrence internationale. Qui dit plus de coordination centrale, dit aussi que la marge de manœuvre des États sera progressivement plus réduite qu aujourd hui. L avantage compétitif des États passera de plus en plus par le capital humain et l investissement à long terme. Sur le plan mondial, le scénario pan-européen est le scénario de l équilibre politique entre les grandes puissances économiques que sont les États-Unis, l Europe et la Chine. C est en quelque sorte l application de la méthode Monnet à l international, l élargissement de l Union étant arrivé à ses limites géographiques et l approfondissement tributaire des contraintes internationales, notamment de l OCDE. Sous l impulsion d un nouveau président de l Union Européenne, 11

12 Europe 2030 : scénarios l Europe se saisira pour réaliser tout son potentiel international. Elle réussira à s imposer comme un acteur principal au sein du G20 et les nouveaux mécanismes de gouvernance qu elle aura développés gagneront le respect international. La Chine et les États-Unis entraîneront l Europe dans leur croissance économique par une nouvelle vague d exportation du design et du savoir-faire européens à travers le monde : voitures, machines, mode, luxe, pharmaceutique et services financiers. L Europe deviendra un pôle de recherche et d innovation porté par l ouverture internationale. L anglais continuera à s imposer comme langue des affaires. En particulier ce sera le cas en Chine qui sera représentative d une Asie de plus en plus ouverte et demandeuse de produits développés à l Ouest. Dans ce scénario, le FATCA à dimension unilatérale sera revisité et la réciprocité des engagements et échanges entre États deviendra la norme. Pour éradiquer l évasion fiscale, ce sera l échange d information réciproque, étendu à d autres types de revenu, mais limité à l essentiel pour respecter la sphère privée, qui s imposera finalement dans l ensemble de l OCDE, y compris la Suisse et les niches fiscales anglo-saxonnes. Un level playing field avec des mécanismes acceptés de concurrence par optimisation fiscale légale s établira. Le Luxembourg renforcera son assise internationale dans la gestion des fonds sur base de compétences fortes et uniques. La place verra une augmentation des mouvements d entrée de fonds avec un modèle de gestion de la clientèle internationale basé sur une approche de qualité hors pair. Le Luxembourg bénéficiera aussi de l arrivée d acteurs financiers d origine non-européenne qui utiliseront la flexibilité de régulation dans un contexte de passeport international dorénavant renforcé par le G20 pour faire du Luxembourg leur base européenne. On peut citer des fonds du Moyen-Orient ou encore les grandes banques chinoises comme précurseurs. Les recettes fiscales vont toutefois subir un déclin d une ampleur sans précédent à court terme. Une remise en question du rôle de l État notamment dans les transferts sociaux et de son poids en masse salariale en sera la conséquence incontournable. Dans ce scénario d ouverture, le Luxembourg sera amené à introduire le droit de vote pour la Chambre des Députés aux Européens de l Union, une évolution qui ira de pair avec la réforme du système social et de l État. Le Luxembourg renforcera sa place dans la télécommunication et le traitement de données. Muni d un solide dispositif réglementaire dans le secteur financier et autour de la protection des données du consommateur, le Luxembourg se taillera une part non négligeable dans le cloud. Déjà aujourd hui certaines activités IT de groupes bancaires ou encore de groupes d assurances se concentrent à Luxembourg quand il s agit de consolider les infrastructures de data centers au sein d un groupe international. Les unités de stockage informatique exprimées en terabytes remplaceront dans les indicateurs du STATEC l indicateur historique des tonnes d acier produit. Alors que la TVA réduite du Luxembourg applicable sur l e-commerce à l échelle européenne est vouée à disparaître progressivement à partir de 2015, des acteurs de ce monde continueront à affluer discrètement, avec une création d emplois toutefois limitée. En recherche et développement, le Luxembourg réussira à se tailler une place visible. Poursuivant résolument une stratégie internationale, l Université agira en catalyseur d un système d innovation autour de l ICT et de la biomédecine, du droit européen et de la finance qui seront des pôles d investissement. Bref, le scénario pan-européen continue d être la référence, c est la description quelque part caricaturale du «meilleur des mondes possibles». Même s il paraît qu à première vue nous sommes loin d un tel scénario, il n est pas exclu : la dynamique positive peut être très forte si l Europe et le Luxembourg prennent conscience de leur potentiel. Toutefois, les deux autres scénarios, la KernEuropa et la Zone européenne de libreéchange sont encore plus d actualité qu à l époque de la publication de notre livre en Ils représentent l illustration des déviations possibles, du monde, de l Europe et du Luxembourg. 12

13 La KernEuropa qui divise, dans une illusion de pouvoir politique mondial La KernEuropa devient le scénario de l écartement économique entre le Nord et le Sud. L Europe maintiendra une certaine unité politique, mais au prix de grands transferts de compensation. Le Nord finira par dominer les mécanismes de gouvernance et de contrôle et sauvegardera un rôle politique minimal international de l Europe. Il s agira d un repli de l Europe sur elle-même, marqué par un clivage durable Nord-Sud. Le Sud n arrivera pas à imposer des réformes suffisantes pour retrouver la confiance des investisseurs et partant, de la croissance suffisante pour financer ses budgets. Par ailleurs, il ne pourra plus recourir aux dévaluations externes pour regagner de la compétitivité. La France et l Allemagne s allieront après des tergiversations de quelques années. L Europe sera réduite à une puissance régionale sclérosée qui sera de plus en plus dépendante de capitaux internationaux, notamment en provenance de la Chine et du Moyen-Orient. C est l image d une Europe qui se trouvera dans une fausse illusion qu elle pourra maintenir un rôle mondial en s accrochant à ses acquis d après-guerre et à son histoire politique et sociale plutôt que de développer une dynamique d avenir. Elle retiendra l axe franco-allemand étendu au Benelux comme mécanisme structurant et ratera l opportunité d un renouveau qui lui aurait permis de s imposer à l échelle mondiale. Le mouvement vers la KernEuropa sera marqué par des mesures qui divisent, comme l introduction d une taxe sur les transactions financières (Tobin tax) sans la participation de certains pays dont le Luxembourg. Ce scénario pourrait aboutir à des restrictions sur la libre circulation des capitaux et des services. Même le risque de voir l Europe se refermer sur une KernEuropa sans le Luxembourg est réel. C est un scénario dans lequel le Luxembourg ne participera plus au centre de la construction européenne comme par le passé où il agissait comme médiateur entre les grands pays. Le Luxembourg deviendra marginal au risque de ne même pas le remarquer : divisé par des crises internes, il n arrivera pas à rassembler ses forces autour d une vision commune et ratera ses réformes sociales et sa diversification économique. L absence de vision d avenir de l Europe sera reflétée au Luxembourg par des combats d arrière-garde qui immobiliseront les forces vives. Sans réformes, l endettement public sera utilisé comme échappatoire jusqu au point où il se situera dans la moyenne européenne, freinant dès lors l investissement en recherche et innovation. L État s enlisera dans des discussions de réformes non achevées et perdra toute sa marge de manœuvre en raison d un déficit et endettement en croissance fulgurante qui paralyseront la politique. Le déficit démocratique dû au clivage entre autochtones, immigrants et frontaliers s aggravera. Le problème des pensions restera ouvert. Tout ceci sera aggravé par des problèmes structurels qui vont accélérer la délocalisation, notamment dans la production de base. En l absence d un équilibre mondial qui donne une place centrale à l Europe, le Luxembourg ne pourra guère se placer comme porte d entrée de l Europe. Le potentiel de croissance sera réduit et la dynamique de diversification sera cassée par une perte de confiance du Luxembourg au sein du pays et à l étranger. La sortie de la crise se présentera longue et pénible, c est la caricature des opportunités ratées, faute d ouverture de l Europe et du Luxembourg. La Zone européenne de libre-échange comme échappatoire économique La déviation vers une zone de libre-échange serait le résultat d un éclatement de la zone euro, déclenché p.ex. par une sortie de la Grèce et de Chypre de l euro, suivies par le Portugal et l Espagne. C est une Europe dans laquelle l Allemagne sera moins compétitive et où on verra un retour au vieux jeu des dévaluations compétitives au sein de l Europe. La zone euro perdra ainsi son influence économique et politique, elle sera reléguée au second rang derrière les États membres. Les populations blâmeront l Euro pour leur malaise et sacrifieront l intégration pour tenter de retrouver la croissance individuellement. Ce scénario verrait également une sortie de la Grande-Bretagne de l Union. L Europe, devenue 13

14 Europe 2030 : scénarios Philharmonie trop compliquée, se libérera d elle-même et permettra aux États membres de s aligner individuellement au G20. FATCA restera unilatéral, l Europe sera entraînée dans le sillon de la croissance des États-Unis, mais à des vitesses multiples. Ce sera l abandon de l idée européenne qui sera désormais associée à la stagnation économique. Les institutions européennes feront place à une Europe réorganisée au sein d un traité de libre-échange transatlantique. Ce sera une Europe aux ambitions politiques mondiales abandonnées qui laissera le leadership aux États-Unis. Le traité transatlantique sera l élément structurant de ce scénario, marqué par une restructuration sociale profonde selon le modèle anglo-saxon, devenue incontournable pour retrouver innovation, entrepreneuriat et croissance en Europe. Le Luxembourg aura une place financière indépendante d une régulation centralisée. Dans un contexte de libre-échange et libéré du carcan européen rigide, le Luxembourg disposera d une nouvelle marge de manœuvre pour créer un cadre fiscal et réglementaire favorable aux investissements. Le pays pourra se positionner comme tête de pont pour l entrée en Europe de nouveaux acteurs. Sous l impulsion d un mouvement de réforme global en Europe qui tendra vers l ouverture économique complète, le Luxembourg adoptera des réformes radicales de son système social, du droit du travail et du rôle de l État. L économie sera désindexée et dérégulée selon le modèle transatlantique anglo-saxon et la croissance interne s ajoutera progressivement à celle apportée par des acteurs externes. C est aussi un scénario qui, en l absence d un réel pouvoir central européen, permettra une approche plus opportuniste du Luxembourg, qui continuera sa tradition de jouer «l Europe et la non-europe». Ce scénario se caractérise par l absence de structures fortes en Europe, un déclin social et culturel européen qui donnera lieu à une émergence de nouveaux risques au niveau social. Même si cela paraît aujourd hui fort improbable, il n est pas exclu que des conflits régionaux menaçants surgissent proche de nous en l absence d une Europe réunie. 14

15 4. LES DÉFIS D AVENIR Défis d avenir Pendant la troisième partie des interviews, les experts étaient interrogés sur les principaux défis d avenir et les actions à entreprendre. Concrètement, on leur a demandé ce qu ils feraient s ils disposaient «d une baguette magique». En résumant les défis ainsi évoqués, nous nous sommes rendus compte que malgré la très grande diversité des personnes interviewées, il semble y avoir beaucoup de points communs quant à la nature des sujets-clés sur lesquels il s agit de progresser. Dans cette partie, nous regroupons les différentes contributions en douze thèmes qui semblent se dégager de façon assez naturelle. Toutes les idées et une bonne partie des phrases qui suivent proviennent directement des interviews. Nous citons ainsi librement les participants des interviews sans nécessairement l indiquer formellement. Notre rôle a uniquement été de faire un travail de synthèse, en essayant de donner une vision globale reflétant divers points de vue, tout en développant particulièrement les idées pour lesquelles nous avons trouvé le plus de points communs parmi les avis exprimés. 1. Un système d éducation à adapter aux besoins réels Ceci est probablement le sujet évoqué par le plus grand nombre d interviewés. Les réformes de l école et de la formation sont ainsi considérées comme un défi majeur pour notre pays. Le constat est sans ambiguïté : nous avons un système très coûteux avec des résultats mitigés. Ceci ne se limite pas aux résultats décevants dans des comparaisons internationales standardisées du type PISA. Les employeurs ne cessent de noter que le système n arrive pas à former les jeunes en vue de solliciter les nombreux emplois offerts. Par ailleurs, le système ne tient pas suffisamment compte de l internationalisation du pays. L école devrait être un facteur d intégration beaucoup plus important qu elle ne l est aujourd hui. Dans ce contexte, il faut réfléchir au rôle des langues dans l enseignement. Le luxembourgeois peutil jouer le rôle d une langue d intégration? Quelle est la place des langues allemande et française? Quel rôle pour le multilinguisme? Faut-il offrir plusieurs voies en termes de langues? Un système scolaire mieux adapté au contexte international du pays peut non seulement jouer un rôle d intégration important, mais il peut devenir un facteur pour attirer de grands groupes internationaux qui réfléchissent à la localisation de leurs quartiers généraux. D autres points abordés dans ce contexte sont le manque d accountability et de performance management du système actuel et l idée de laisser plus de place au secteur privé pour se développer dans ce domaine. 2. Un besoin de réforme pérenne du système des retraites Une deuxième thématique dont l importance a pratiquement fait l unanimité est notre système de pensions. On parle en effet de «spirale infernale dans laquelle nous nous sommes engagés avec nos promesses de pensions irréalistes» et on note qu «un ralentissement de la croissance de l emploi risque de faire écrouler cet édifice». Le problème n est d ailleurs pas limité aux pensions, mais touche également l assurance-maladie et l assurance-dépendance. D autres participants notent que le niveau de prestations de la sécurité sociale n est pas compatible avec le niveau des cotisations et que le budget actuel ne tient pas compte des engagements. Ainsi, les pensions actuelles ne répondent pas aux critères élémentaires du calcul actuariel et ceci malgré la réforme récente qui ne va donc pas assez loin. On déplore le manque de courage politique dans ce contexte et on évoque une «politique de vieux» qui est peut-être due en partie au manque de lobbying des jeunes et au manque d intégration politique des immigrés. Parmi les pistes proposées pour attaquer le problème, on note l idée d abandonner le système des préretraites et de laisser travailler les gens au-delà de 65 ans. Dans ce contexte, on pourrait mettre en place des aménagements pour ceux qui travaillent plus longtemps : flexibilité, tâches plus légères etc. 15

16 Défis d avenir Pour résumer, notre système de pensions constitue un problème extrêmement sérieux, une véritable «épée de Damoclès». Il faut agir maintenant. 3. Un budget d État à remettre rapidement en équilibre Depuis 2008, nous n avons pas eu de croissance réelle au Luxembourg. En même temps, les dépenses publiques ont augmenté de 30 %. Ce phénomène dépasse le contexte conjoncturel actuel difficile. Nous sommes en effet en présence d un déficit structurel de l État dont les dépenses indexées croissent davantage que les recettes et on note que les petites variations de pourcentage peuvent avoir un effet énorme sur la durée. Ces constats amènent certains à conclure que nous sommes en présence d un «État providence qui n est pas soutenable» et que certains acquis sociaux ne sont plus justifiés : «on hypothèque les générations futures». Dans ce contexte, plusieurs participants notent qu il faut arrêter de construire des modèles sociaux basés sur des taux de croissance démesurés et du moins envisager sérieusement un scénario de croissance de 1 % à long terme. La pression deviendra d autant plus importante avec la diminution progressive des recettes de TVA de l e-commerce à partir de Parmi les pistes à explorer, on note un système de redistribution plus sélectif où l arrosage social est mieux modulé. Il ne s agit pas de couper partout, car malheureusement la pauvreté existe au Luxembourg. Au contraire, il s agit de cibler ceux qui en ont vraiment besoin. Ceci vaut également pour les aides aux étudiants. Le développement du bénévolat aiderait également. 4. Réduire le chômage et améliorer la compétitivité Le chômage, et particulièrement celui des jeunes, est un problème de plus en plus sévère au Luxembourg. Même si les causes sont multiples et complexes, il paraît utile de commencer avec quelques faits. Le RMG au Luxembourg est très élevé par rapport au salaire minimum, qui est lui-même très élevé par rapport aux pays voisins. Ainsi, le salaire minimum au Luxembourg est comparable au salaire médian en France. De surcroît, il y a une inadéquation entre la demande et l offre. Le résultat est un marché du travail qui attire des frontaliers et des étrangers bien formés et où la création d emplois va de pair avec une augmentation du chômage local. La formation doit sans doute jouer un rôle central dans l amélioration de cette situation. Il nous faut donc des programmes de formation pour des métiers qui offrent des emplois. On cite les métiers industriels, l informatique, les services administratifs sophistiqués, les métiers manuels etc. Il faut aussi repenser la sécurité de l emploi : les gens ne doivent plus avoir peur de changer. 16 Il faudrait donc examiner des concepts comme la «flexisécurité». Il s agit toutefois d éviter des mesures qui pourraient mener de façon indirecte à une hausse du chômage à long terme. Un autre sujet-clé dans ce contexte est la compétitivité. Nous avons observé une stagnation de la productivité sur quinze ans couplée à une inflation structurellement supérieure à celle de nos voisins. Le wage drift très substantiel au Luxembourg mène à une hausse du coût salarial bien supérieure aux autres pays de l Union européenne. On note que la réduction salariale est possible au Luxembourg. Le problème est très sérieux aux yeux de nombreux participants qui préconisent des mesures importantes allant jusqu à vouloir bloquer tous les salaires pendant deux ans et ôter le treizième mois et dans le public et dans le privé. 5. Nécessité d une réforme substantielle de la fonction publique pour réduire un fossé public-privé croissant Un actif luxembourgeois sur deux travaille aujourd hui dans le secteur public. La fonction publique est constituée à 90 % de Luxembourgeois alors que les étrangers représentent 80 % de l emploi dans le secteur privé. Cette situation semble signaler que les Luxembourgeois se réfugieraient dans la fonction publique. Or, le secteur privé fait actuellement face à d importantes difficultés, non seulement pour recruter des Luxembourgeois, mais aussi pour les garder. Ceci n est pas étonnant au vu de la structure salariale. Prenons l exemple de la carrière avec comme diplôme bac+5, le salaire net moyen est distinctement plus élevé dans le secteur public que dans le secteur privé. À cela s ajoute la sécurité de l emploi dans le secteur public. En conséquence, il est extrêmement difficile d encourager l entrepreneuriat et de convaincre les jeunes à prendre des risques, d oser envisager une carrière dans le secteur privé. La création d un environnement propice à la prise de risque semble donc impérative. En particulier, il faut arriver à un état d esprit où l on accepte plus sereinement la possibilité de l échec. Alors même que les salaires moyens sont très élevés dans la fonction publique, beaucoup témoignent de la difficulté de recruter des gens de qualité. Les salaires ne devraient-ils pas dépendre de la productivité pour pouvoir attirer les meilleurs? Ne faudrait-il pas plus de flexibilité quant au recrutement et à la rémunération? Certains interviewés préconisent de diminuer les salaires à l entrée et les salaires bas et moyens et d augmenter par contre les salaires pour les hauts fonctionnaires. Ne devrait-on pas encourager le recrutement d experts non issus de la fonction publique? Beaucoup s accordent à dire qu il faudrait engager plus de non- Luxembourgeois dans la fonction publique.

17 6. Une flexibilité nouvelle à trouver à travers une véritable simplification administrative Un autre point de large consensus est qu il y a trop de réglementation, que les procédures sont trop longues et que les processus administratifs doivent être simplifiés. Il s agit de mettre en avant rapidité et réactivité, d exploiter mieux la petite taille du pays et de retrouver les chemins courts qui ont souvent contribué au succès de la place. L augmentation de l emploi dans le secteur public et para-public des dernières années n a pas toujours conduit à un meilleur service pour l économie. Certains préconisent également moins de cloisonnement entre les ministères, voire un regroupement de certains ministères. D autres propositions concernent l élimination des obstacles législatifs pour pouvoir opérer 24h sur 24, la simplification des autorisations de commerce et l accès du citoyen à l information selon le modèle scandinave. Il faut devenir plus business friendly. Il s agit aussi de «fonctionner mieux et gaspiller moins». 7. Une augmentation de la qualité de vie (immobilier, transports, énergie) qui favorisera l investissement Que l on soit en présence d une bulle immobilière ou non, les experts s entendent pour dire que le coût du terrain est le facteur déterminant de la hausse substantielle des prix de l immobilier au cours des dernières années. Si on veut rendre le logement abordable pour une plus grande partie de la population, et en particulier les jeunes, une augmentation de l offre semble essentielle. Quant aux transports, il s agit d une part d améliorer la situation des frontaliers, peutêtre par le biais de co-investissements dans la Grande Région (p.ex. le TGV ou un train rapide vers Bruxelles). De plus, la mobilité locale pourrait aussi être améliorée, notamment par des pistes cyclables et le tram. Pour les émissions de CO 2 on prédit que dans un futur proche les coûts seront supérieurs aux revenus des accises. Plus généralement, en matière d énergie, il nous faut une politique qui cible l avenir. Il faut notamment réfléchir aux bénéfices potentiels d un accroissement de la concurrence. 8. Une cohésion sociale accrue via une meilleure intégration des étrangers La cohésion sociale a évidemment beaucoup de facettes. Un aspect relevé par bon nombre de participants est la quasi-absence des non- Luxembourgeois dans le débat démocratique. Pourtant ceux-ci constituent près de la moitié de l emploi national, voire même 2/3 de l emploi intérieur si l on inclut les frontaliers. Pour assurer la cohésion sociale, il faudrait «imaginer des solutions pour que Luxembourgeois et non-luxembourgeois puissent vivre ensemble dans une nation renouvelée». Des débats sur l extension du droit de vote et sur l assouplissement des conditions d accès à la nationalité semblent s imposer. Plus généralement, une plus grande participation des étrangers aux processus décisionnels semble importante pour assurer que les points de vue de tous les groupes qui contribuent à la richesse du pays soient représentés de façon équilibrée. D autant plus qu actuellement la moitié des électeurs sont agents publics ou retraités. La participation peut également être améliorée à d autres niveaux, notamment celui des chambres professionnelles. Les partenariats Grande Région offrent une autre opportunité, p.ex. dans le domaine des centres hospitaliers universitaires et des beaux-arts. Plus généralement, il s agit de faire disparaître les frontières au niveau administratif. 9. Pour une gouvernance forte qui se concentre sur l essentiel Au niveau de la gouvernance, se dégage le sentiment que les politiques n ont souvent pas le courage de prendre des décisions qui risquent d être impopulaires, voire même que le pays compte trop peu de décideurs, qui de surcroît gaspillent trop souvent leur énergie avec des conflits internes. Pour stimuler l investissement, il faut des dirigeants qui affichent des certitudes à long terme. La prévisibilité de la législation économique et fiscale en particulier a été un atout historique du pays qu il s agit de renforcer aujourd hui. Il faut également remettre en question la forme du dialogue social quand il n aboutit pas. Le modèle tripartite est-il encore le bon instrument? Des négociations au niveau des entreprises ou au niveau sectoriel pourraient se montrer plus efficaces. Une institution qui pourrait communiquer des données scientifiques acceptées par tous pour un débat à un niveau plus élevé aurait également une valeur ajoutée. Il faut un débat transparent sur l avenir. Dans un autre domaine, certains préconisent la création d une société de participations de l État, voire d un fonds souverain, gérée par des professionnels. Ceci afin de mettre fin aux conflits d intérêt institutionnalisés et pour donner une stratégie d ensemble cohérente. 10. Une recherche proactive de diversification et de nouvelles opportunités Une diversification des activités économiques a des effets bénéfiques évidents et doit donc rester une priorité. En même temps, il ne faut pas négliger nos forces traditionnelles. Au contraire, il s agit de continuer à les développer. Ainsi, la place financière, même si elle est en pleine mutation, devrait rester un des 17

18 Défis d avenir piliers de notre économie. Elle pourrait par exemple développer une niche comme place de structuration de solutions pour les entrepreneurs internationaux, une sorte de cluster sur le même modèle que les fonds. Une autre opportunité serait de développer notre rôle de hub financier international, de porte d entrée pour l Europe. Dans ce contexte, l approche du gouvernement mettant l accent sur les aspects neutralité, rapidité, et accessibilité est appréciée, comme récemment démontré par les banques chinoises qui s installent au pays. D autres pistes mentionnées sont le traitement fiscal de la propriété intellectuelle, les fonds alternatifs et la zone franche. On pourrait également développer les services para-financiers à haute valeur ajoutée en s inspirant du modèle de l État du Delaware aux États-Unis. Plus généralement, il faut continuer l innovation en matière de nouveaux produits et services financiers grâce à une symbiose réussie entre les pouvoirs publics et les acteurs privés. À part le secteur financier, d autres secteurs à haute valeur ajoutée et à haute qualification semblent prometteurs. Un exemple dans ce contexte est la politique de siège de groupes familiaux ou internationaux qui y localisent des activités à haute valeur ajoutée. Il faut favoriser la venue de capital humain hautement qualifié. Parmi les secteurs déjà identifiés comme prometteurs on peut citer la logistique, les ICT (clusters technologiques, gestion d information, data centers etc.), les biotechnologies, la biomédecine et les écotechnologies. Afin de pouvoir se développer, ces secteurs, émergents si on les compare à la place financière, doivent obtenir la même attention que celle-ci et des moyens adéquats : cadre législatif et réglementaire, encouragement de l investissement et promotion à l étranger. En appliquant la même logique de hub que dans le secteur financier, le Luxembourg pourra utiliser sa flexibilité et sa localisation au centre des grands marchés européens. Une autre priorité devrait être le développement du tissu des PME. Il faut encourager l entrepreneuriat, l établissement de startups et le développement du capital risque. Finalement l industrie requiert une attention forte, ne seraitce que pour des raisons de diversification et pour son vaste potentiel d emploi. 11. Une remise en phase de la recherche et du développement avec les besoins réels de l économie La recherche et le développement peuvent aboutir à de nouvelles niches, mais il ne faut pas perdre de vue que certains de ces projets demandent des investissements énormes. Il faut examiner les effets directs et induits de l université et de la recherche dans le développement de nouvelles niches. Même si les résultats ne sont pas immédiats, les investissements dans l université et la recherche porteront-ils bientôt leurs fruits ou, au contraire, est-on en train de s offrir un luxe de trois centres de recherche et d une université à éventail très large où les découvertes scientifiques et les brevets manquent pour le moment? Il semble donc opportun d examiner la rentabilité de ces projets. Certains proposent ainsi d unifier rapidement les structures publiques de recherche et de leur donner une finalité économique. Un meilleur transfert de technologies entre pôles de recherche et le secteur privé est une source de richesse future à exploiter plus systématiquement. Un des participants résume ainsi les défis : «Face à la disparition des niches de souveraineté il faut créer des niches de compétences, ce qui est plus difficile». 12. Un besoin d amélioration de notre position en Europe et dans le monde Le positionnement du pays en Europe mérite réflexion. Comment peut-on réconcilier une participation accrue avec le désir de garder certaines libertés? La taxe Tobin est un exemple récent. Plus généralement il semble se dégager une évolution vers une Europe à différentes vitesses. Le scénario KernEuropa redevient crédible. Faut-il réexaminer notre positionnement en Europe? Il nous reste également des progrès à faire en termes de marketing et de l image que nous pouvons donner de notre pays à l étranger. Par ailleurs, une ouverture sur les investissements et capitaux étrangers semble inévitable. Finalement, il est important de considérer ce qui va arriver si on est incapable de changer. Le risque de glisser dans ce scénario «par défaut» est réel. En effet, bon nombre de défis qui se dégagent de ces interviews sont connus depuis des années. Et pourtant force est de constater que trop peu a été entrepris pour les relever. La réponse à la question de l un des participants «Saurons-nous demain nous adapter comme nous l avons fait hier et avant-hier?» est ainsi loin d être évidente. Il est de la nature humaine de reporter au lendemain tout ce qui peut nous faire mal. Le statu quo et la «paresse de la pensée» risquent de l emporter aussi longtemps que la main ne nous est pas forcée. Et comme le résume un des participants : «Les Luxembourgeois sont obnubilés par le bien-être. On nage dans le consensus. Le réveil risque d être dur.» 18

19 5. COMMENT PASSER EFFICACEMENT À L ACTION? Méthode Malik L approche choisie en 1997 tenait son originalité d une méthodologie encore peu connue à l époque, à savoir l utilisation de scénarios. Même si cette méthodologie nous aide à analyser le contexte européen et luxembourgeois, à nous projeter dans l avenir et à prévoir un certain nombre de défis, le constat d aujourd hui est que, tant au niveau géopolitique, économique que social, cette méthode n a pas l effet mobilisateur escompté, ni au niveau des dirigeants politiques et économiques et encore moins dans la population de notre petit pays. De nombreux chantiers ne sont pas abordés et la plupart des faiblesses du Luxembourg persistent. Comment faire pour passer à l action? C est sans doute la question la plus difficile de cette publication, et de toutes les initiatives similaires. Afin de s assurer que ce rapport ne soit pas un simple élément supplémentaire dans la collection des œuvres sans réelle suite dans les bibliothèques du pays, la Fondation Alphonse Weicker analyse des pistes concrètes pour une prochaine étape fédérant les forces vives du pays dans un exercice commun de prise de conscience et de définition d actions concrètes et réalistes. Parmi les pistes explorées, des approches modernes issues de la discipline du management nous semblent particulièrement prometteuses. Un exemple est la méthode de la MALIK Syntegration (voir encadré). Un des avantages principaux de ce type d approche, qui a fait ses preuves dans le secteur privé aussi bien que dans le secteur public, est qu elle permet d aligner les idées et les actions d intervenants et de décideurs multiples autour d une même vision dans un laps de temps bien plus court que celui de notre analyse des scénarios. En rassemblant des acteurs luxembourgeois de tous bords et tous partis confondus (membres du gouvernement, députés, syndicats, employeurs, Luxembourgeois et étrangers, ), nous pensons qu une telle approche pourrait contribuer à débloquer l impasse actuelle et créer une nouvelle dynamique débouchant sur des actions concrètes à court terme. Quelle que soit l approche retenue par la Fondation, cette prochaine étape se veut collaborative et intensive, adaptée au rythme de notre époque. Avec ce rapport de mise à jour des scénarios comme contribution à une prise de conscience générale, elle devrait avoir le potentiel de dégager un consensus d action. La méthode MALIK Syntegration La méthode de la Syntegration développée par le cabinet Malik s utilise dans toute une panoplie de contextes dans le secteur privé aussi bien que dans le secteur public, p. ex. pour définir des stratégies, gérer des procédés de réorientation, planifier efficacement de grands projets ou encore pour résoudre des conflits. Un des avantages principaux de cette approche est d être rapide et de créer un effet mobilisateur et catalyseur important. Plus précisément, la Syntegration est une méthode innovatrice importée de la cybernétique appliquée et de la science du management. C est une façon extrêmement efficace d intégrer le savoir de personnes de différents horizons dans de larges groupes. Au cœur du processus se trouve un «icosahedron» qui forme la base d une structure de communication tridimensionnelle. L idée est de permettre une diffusion optimale du savoir auprès des personnes participant au processus et ainsi de trouver la meilleure solution à un problème complexe. Les participants développent une approche commune aux questions clés d un problème en travaillant intensément ensemble durant le processus. Ils développent une optique d ensemble, un esprit d équipe et une détermination à réaliser les actions adoptées par le groupe. De cette manière le processus facilite au maximum la communication dans un délai le plus bref possible. La Syntegration combine ainsi l énergie et le dynamisme de petits groupes avec l efficacité et l intelligence de grands groupes. La méthode a fait ses preuves dans des situations diverses. Récemment, elle a été utilisée pour développer les universités dans une grande ville européenne ou pour rééquilibrer le budget de la ville allemande de Fürth. Un autre exemple très récent est l implémentation de la Syntegration dans une industrie luxembourgeoise. À chaque fois avec des résultats substantiels et durables endéans quelques mois. 19

20 Appel des auteurs L ouvrage «Europe 2012 : Les Scénarios Luxembourgeois» débutait ainsi : «Au-delà du rôle qu il doit jouer dans les réflexions collectives des Luxembourgeois, ce rapport vient en effet à point nommé souligner l ampleur des transformations qui nous attendent, nous les Européens, et proposer quelques pistes de réflexion originales. Il le fait à partir de ce qui est, en somme, «l étude de cas» approfondie d un territoire placé par l histoire et la géographie au cœur de l Europe, un territoire exposé aux vents du grand large, riche de son industrie, de ses services financiers, de ses satellites de communication et, plus généralement des efforts de sa population et de très nombreux frontaliers ou immigrés pour défendre leur compétitivité, leur niveau de vie et leur modèle de société». La mise à jour de l ouvrage par ce rapport et l extrapolation des scénarios montre que le monde a changé de fond en comble depuis la publication du livre en 1997, mais force est de constater que pour le Luxembourg, les conclusions et défis restent largement les mêmes. L ambition du rapport «Europe 2012 : Les Scénarios Luxembourgeois» était d étudier quels sont les futurs auxquels il faut se préparer dès aujourd hui, quelles sont les forces qui vont agir sur les différents secteurs économiques luxembourgeois, et quelles pourraient être des stratégies ou des éléments de stratégie de réaction pour notre pays. Le souhait était que tous s engagent dans la direction de la réflexion, de la prise de conscience et de la mobilisation de ressources à la recherche d un futur dont la croissance et le bien-être économique et la cohésion sociale n auront rien à céder à ceux du passé. Ce souhait reste le même aujourd hui, la mise à jour le confirme. Ce qui a changé depuis le premier rapport est que l urgence d agir est devenue beaucoup plus importante. Le défi aujourd hui est donc de créer une nouvelle dynamique de changement et d adaptation. La Fondation Alphonse Weicker est prête à livrer sa contribution sous forme d un exercice collaboratif et intense pour y arriver. 20

Recommandation de RECOMMANDATION DU CONSEIL. concernant le programme national de réforme du Luxembourg pour 2015

Recommandation de RECOMMANDATION DU CONSEIL. concernant le programme national de réforme du Luxembourg pour 2015 COMMISSION EUROPÉENNE Bruxelles, le 13.5.2015 COM(2015) 265 final Recommandation de RECOMMANDATION DU CONSEIL concernant le programme national de réforme du Luxembourg pour 2015 et portant avis du Conseil

Plus en détail

Fiche d'information 1 POURQUOI UN PLAN D'INVESTISSEMENT POUR L'UE?

Fiche d'information 1 POURQUOI UN PLAN D'INVESTISSEMENT POUR L'UE? Fiche d'information 1 POURQUOI UN PLAN D'INVESTISSEMENT POUR L'UE? Depuis la crise financière et économique mondiale, l'ue pâtit de faibles niveaux d investissement. Des efforts collectifs et coordonnés

Plus en détail

Débat de consultation sur la compétitivité à la Chambre des Députés: Luc Frieden, Ministre des Finances, Ministre des Communications et des Médias

Débat de consultation sur la compétitivité à la Chambre des Députés: Luc Frieden, Ministre des Finances, Ministre des Communications et des Médias Débat de consultation sur la compétitivité à la Chambre des Députés: Luc Frieden, Ministre des Finances, Ministre des Communications et des Médias 16 mai 2013 I. Le maintien de finances publiques saines

Plus en détail

Commentaires du Conseil du patronat du Québec présentés à la ministre des Finances du Québec, M me Monique Jérôme-Forget, lors des consultations

Commentaires du Conseil du patronat du Québec présentés à la ministre des Finances du Québec, M me Monique Jérôme-Forget, lors des consultations Commentaires du Conseil du patronat du Québec présentés à la ministre des Finances du Québec, M me Monique Jérôme-Forget, lors des consultations prébudgétaires provinciales 2008-2009 Conseil du patronat

Plus en détail

ENTRAINEMENT A L EXAMEN 1/Les déséquilibres des finances publiques

ENTRAINEMENT A L EXAMEN 1/Les déséquilibres des finances publiques ENTRAINEMENT A L EXAMEN 1/Les déséquilibres des finances publiques NOTE SUR LES DESEQUILIBRES DES FINANCES PUBLIQUES 1. Les facteurs d aggravation de la dette La dette publique en France s est fortement

Plus en détail

Développement du marché financier

Développement du marché financier Royaume du Maroc Direction des Etudes et des Prévisions financières Développement du marché financier Juillet 1997 Document de travail n 21 Développement du marché financier Juillet 1997 Le développement

Plus en détail

Politique de placements

Politique de placements Politique de placements Le 7 octobre 2010 Politique de placements Table des matières 1. La mission de la Fondation pour le développement des coopératives en Outaouais 2. Les principes de la gouvernance

Plus en détail

DEFIS DE LONG TERME POUR LA SOCIETE BELGE

DEFIS DE LONG TERME POUR LA SOCIETE BELGE DEFIS DE LONG TERME POUR LA SOCIETE BELGE Etienne de Callataÿ UWE Liège, le 28 octobre 2010 LES DEFIS 1. La croissance économique durable 2. La cohésion sociale 3. Les finances publiques 4. La structure

Plus en détail

ReThink:Tax. Mobiliser l épargne pour l investissement productif. ReThink:Tax

ReThink:Tax. Mobiliser l épargne pour l investissement productif. ReThink:Tax Mobiliser l épargne pour l investissement productif Pistes de réflexion stratégique en matière de fiscalité de l épargne individuelle Bruxelles, 18 juin 2014 2 Une cellule de réflexion composée d experts

Plus en détail

les facilités d approvisionnement en matières premières la proximité du marché acheteur les infrastructures (ports, aéroports, routes, )

les facilités d approvisionnement en matières premières la proximité du marché acheteur les infrastructures (ports, aéroports, routes, ) Chap 12 : Les firmes multinationales dans l économie mondiale Les entreprises qui produisaient et se concurrençaient autrefois sur leur marché national agissent désormais au niveau mondial. La plupart

Plus en détail

Remarques d Ouverture par M. Mohammed Laksaci, Gouverneur de la Banque d Algérie, Président de l Association des Banques Centrales Africaines

Remarques d Ouverture par M. Mohammed Laksaci, Gouverneur de la Banque d Algérie, Président de l Association des Banques Centrales Africaines Remarques d Ouverture par M. Mohammed Laksaci, Gouverneur de la Banque d Algérie, Président de l Association des Banques Centrales Africaines Symposium des Gouverneurs sur le thème «Inclusion financière

Plus en détail

Structure et fonctionnement de la Zone euro

Structure et fonctionnement de la Zone euro Structure et fonctionnement de la Zone euro Dusan Sidjanski Introduction Les Etats membres de la Zone euro sont confrontés à un choix politique de grande portée : s engager dès que possible sur la voie

Plus en détail

Les défis du développement du gouvernement électronique. Par Edwin Lau Résumé par Gérard Mongbé

Les défis du développement du gouvernement électronique. Par Edwin Lau Résumé par Gérard Mongbé Les défis du développement du gouvernement électronique Par Edwin Lau Résumé par Gérard Mongbé La révolution numérique a engendré une pression sur les gouvernements qui doivent améliorer leurs prestations

Plus en détail

ENTRAINEMENT A L EXAMEN N 3/ Crise économique et réformes structurelles

ENTRAINEMENT A L EXAMEN N 3/ Crise économique et réformes structurelles ENTRAINEMENT A L EXAMEN N 3/ Crise économique et réformes structurelles I. Questions à traiter 1. Pour quelles raisons le modèle de grande banque universelle est-il aujourd hui contesté? Le modèle de

Plus en détail

Consultation de la Commission Européenne sur le Plan d action relatif au droit des sociétés et au gouvernement d entreprise

Consultation de la Commission Européenne sur le Plan d action relatif au droit des sociétés et au gouvernement d entreprise 1 Consultation de la Commission Européenne sur le Plan d action relatif au droit des sociétés et au gouvernement d entreprise Introduction : La ROAM est un syndicat professionnel créé en 1855, qui a pour

Plus en détail

Culture familiale et ouverture sur le monde

Culture familiale et ouverture sur le monde > Culture familiale et ouverture sur le monde Il est dans notre culture d entreprendre, d investir dans de nouveaux projets, de croître internationalement. Location automobile à court terme CHIFFRES CLÉS

Plus en détail

Les politiques d appui à la croissance complètent l assainissement des comptes publics

Les politiques d appui à la croissance complètent l assainissement des comptes publics Bulletin du FMI PERSPECTIVES ÉCONOMIQUES MONDIALES Quelques leçons de l histoire pour maîtriser la dette publique Bulletin du FMI en ligne 27 septembre 2012 Le fronton du Trésor américain : la dette publique

Plus en détail

Commerce intra-zone Euro : et maintenant, on va où?

Commerce intra-zone Euro : et maintenant, on va où? Commerce intra-zone Euro : et maintenant, on va où? Résumé : La création de la Zone Euro a participé au développement rapide des échanges entre ses membres. L Allemagne est l élément moteur de l essor

Plus en détail

Junior ESSEC 28/11/2014

Junior ESSEC 28/11/2014 JUNIOR ESSEC CONSEIL NATIONAL DU NUMÉRIQUE CONCERTATION NATIONALE SUR LE NUMÉRIQUE 1ère journée Synthèse de l atelier 1 : les nouveaux modèles économiques et organisationnels Thème : Croissance, innovation,

Plus en détail

ALLEMAGNE. AM021f-Y 1

ALLEMAGNE. AM021f-Y 1 ALLEMAGNE AM021f-Y 1 M. Levin Holle, Directeur de section, Chef de la délégation allemande Discours de la délégation allemande à l occasion de l Assemblée annuelle 2013 de la BERD Nous sommes heureux que

Plus en détail

L innovation dans l entreprise numérique

L innovation dans l entreprise numérique L innovation dans l entreprise numérique Toutes les entreprises ne sont pas à l aise avec les nouvelles configurations en matière d innovation, notamment avec le concept d innovation ouverte. L idée de

Plus en détail

Politique municipale sur l accueil, l intégration et la rétention des personnes immigrantes Juin 2010

Politique municipale sur l accueil, l intégration et la rétention des personnes immigrantes Juin 2010 Politique municipale sur l accueil, l intégration et la rétention des personnes immigrantes Juin 2010 Commissariat aux relations internationales et à l immigration Table des matières Page Déclaration d

Plus en détail

Fiche «Politique culturelle européenne»

Fiche «Politique culturelle européenne» Fiche «Politique culturelle européenne» Prospective appliquée à la définition d'une politique nationale dans le domaine de la culture et de la communication Fiche variable sur les facteurs de l environnement

Plus en détail

Compétitivité des entreprises françaises

Compétitivité des entreprises françaises Compétitivité des entreprises françaises La compétitivité dépend en premier lieu de l évolution des coûts unitaires de production et des prix relatifs des biens exposés à la concurrence internationale.

Plus en détail

Demain l emploi si...

Demain l emploi si... Demain l emploi si... Sous la direction de Michel Didier Le rapport REXECODE 2006 Table des matières Remerciements..................................2 Introduction.....................................5

Plus en détail

Les mécanismes de transmission de la politique monétaire

Les mécanismes de transmission de la politique monétaire Chapitre 5 Les mécanismes de transmission de la politique monétaire Introduction (1/3) Dans le chapitre 4, on a étudié les aspects tactiques de la politique monétaire Comment la BC utilise les instruments

Plus en détail

Réponse à la consultation sur la réforme de la prévoyance vieillesse

Réponse à la consultation sur la réforme de la prévoyance vieillesse Réponse à la consultation sur la réforme de la prévoyance vieillesse En tant que plus grande organisation spécialisée dans les prestations de services aux personnes âgées de Suisse, Pro Senectute prend

Plus en détail

La productivité du travail et le salaire moyen par tête à l horizon 2050

La productivité du travail et le salaire moyen par tête à l horizon 2050 CONSEIL D ORIENTATION DES RETRAITES Séance plénière du mercredi 26 septembre 2007 à 9 h 30 «Actualisation des projections à long terme : les hypothèses» Document N 04 Document de travail, n engage pas

Plus en détail

Chapitre 1. Introduction

Chapitre 1. Introduction ISBN 92-64-01565-5 L assurance-maladie privée dans les pays de l OCDE OCDE 2004 Chapitre 1 Introduction Ce chapitre introductif du rapport explique pourquoi l OCDE a décidé d entreprendre une étude sur

Plus en détail

Comité permanent des finances de la Chambre des communes Consultations prébudgétaires de 2015

Comité permanent des finances de la Chambre des communes Consultations prébudgétaires de 2015 Comité permanent des finances de la Chambre des communes Consultations prébudgétaires de 2015 Mémoire de l'alliance canadienne des associations étudiantes Résumé Depuis 2008, le gouvernement du Canada

Plus en détail

EPARGNE RETRAITE COLLECTIVE ENJEUX FACE AUX DEFIS DE LA RETRAITE

EPARGNE RETRAITE COLLECTIVE ENJEUX FACE AUX DEFIS DE LA RETRAITE EPARGNE RETRAITE COLLECTIVE ENJEUX FACE AUX DEFIS DE LA RETRAITE RETRAITE COLLECTIVE, UN DEFI LEGISLATIF ET ORGANISATIONNEL Le paysage démographique comme économique de la France rend de plus en plus inéluctable

Plus en détail

Qu est-ce que la compétitivité?

Qu est-ce que la compétitivité? Qu est-ce que la compétitivité? Le but de ce dossier pédagogique est d expliquer la notion de compétitivité d une entreprise, d un secteur ou d un territoire. Ce concept est délicat à appréhender car il

Plus en détail

Optimisation du financement des pensions dans un contexte de changements démographiques et d économie volatile

Optimisation du financement des pensions dans un contexte de changements démographiques et d économie volatile Association internationale de la sécurité sociale Quinzième Conférence internationale des actuaires et statisticiens de la sécurité sociale Helsinki, Finlande, 23-25 mai 2007 Optimisation du financement

Plus en détail

Une stratégie Bas Carbone

Une stratégie Bas Carbone Colloque UFE - Mardi 17 juin 2014 Une stratégie Bas Carbone au service de la Transition énergétique Comment réussir la Transition énergétique à moindre coût? 1 12 Contexte A la veille de la présentation

Plus en détail

Droit du travail et choix du moment du départ à la retraite

Droit du travail et choix du moment du départ à la retraite CONSEIL D'ORIENTATION DES RETRAITES Réunion plénière «Age et travail» - 11 juin 2002 Fiche n 6 Droit du travail et choix du moment du départ à la retraite Cette note présente les conditions actuelles du

Plus en détail

reconnaissance et l exécution transfrontalières des condamnations pénales?

reconnaissance et l exécution transfrontalières des condamnations pénales? Réunion Informelle des Ministres de la Justice et des Affaires Intérieures Luxembourg, 27-29 janvier 2005 RENFORCER LA JUSTICE - Quelles politiques européennes pour la reconnaissance et l exécution transfrontalières

Plus en détail

Contribution au Conseil d analyse économique sur le basculement des cotisations patronales

Contribution au Conseil d analyse économique sur le basculement des cotisations patronales Contribution au Conseil d analyse économique sur le basculement des cotisations patronales Michel Didier et Michel Martinez 1. Les dépenses de Sécurité sociale à caractère universel (maladie, famille)

Plus en détail

Situation des PME et perspectives de croissance en France

Situation des PME et perspectives de croissance en France Situation des PME et perspectives de croissance en France Résumé : - Les entreprises françaises ont su résister à la crise grâce à la consolidation de leur bilan au cours des années 2000 ; - Le maintien

Plus en détail

Un régime d assurance? Si oui, lequel?

Un régime d assurance? Si oui, lequel? Un régime d assurance? Si oui, lequel? AFESH-UQAM 20 novembre 2013 Résumé Ce texte présente quelques pistes de réflexion concernant le régime d assurance collective de l AFESH-UQAM. Il s agit d un document

Plus en détail

WS32 Institutions du secteur financier

WS32 Institutions du secteur financier WS32 Institutions du secteur financier Session 1 La vision chinoise Modernisation du système financier chinois : fusion de différentes activités bancaires et financières, accès des ménages au marché des

Plus en détail

Fiche d information. Action du G8 concernant le Partenariat de Deauville avec les pays arabes en transition

Fiche d information. Action du G8 concernant le Partenariat de Deauville avec les pays arabes en transition Fiche d information Action du G8 concernant le Partenariat de Deauville avec les pays arabes en transition Un an après le début des événements historiques qui ont marqué l Afrique du Nord et le Moyen-

Plus en détail

«LES MERCREDI DE L ENA» Termes de référence DANS LES PAYS DE L UEMOA»

«LES MERCREDI DE L ENA» Termes de référence DANS LES PAYS DE L UEMOA» REPUBLIQUE DU SENEGAL =-=-=-= PRIMATURE =-=-=-= ECOLE NATIONALE D ADMINISTRATION =-=-=-= «LES MERCREDI DE L ENA» Edition spéciale Termes de référence THEME : «REFORMES DES FINANCES PUBLIQUES DANS LES PAYS

Plus en détail

Note mensuelle de conjoncture wallonne

Note mensuelle de conjoncture wallonne Note mensuelle de conjoncture wallonne Août 2012 L IWEPS est un institut scientifique public d aide à la prise de décision à destination des pouvoirs publics. Par sa mission scientifique transversale,

Plus en détail

Comité du développement et de la propriété intellectuelle (CDIP)

Comité du développement et de la propriété intellectuelle (CDIP) F CDIP/14/5 ORIGINAL : ANGLAIS DATE : 8 SEPTEMBRE 2014 Comité du développement et de la propriété intellectuelle (CDIP) Quatorzième session Genève, 10 14 novembre 2014 RÉSUMÉ DU RAPPORT D ÉVALUATION DU

Plus en détail

MODÈLE POUR L ÉLABORATION D UNE STRATÉGIE GLOBALE D ENTREPRISE

MODÈLE POUR L ÉLABORATION D UNE STRATÉGIE GLOBALE D ENTREPRISE MODÈLE POUR L ÉLABORATION D UNE STRATÉGIE GLOBALE D ENTREPRISE Direction du développement des entreprises et des affaires Préparé par Michel Coutu, F.Adm.A., CMC Conseiller en gestion Direction de la gestion

Plus en détail

La structure du marché européen des valeurs moyennes

La structure du marché européen des valeurs moyennes La structure du marché européen des valeurs moyennes Décembre 2014 1ere partie Préambule Financière de l Echiquier est l une des premières sociétés de gestion indépendantes en France, avec 8 milliards

Plus en détail

2014/2015 : Rétrospective et perspectives. Epargne mobilière pour comptes Epargne 3 et de libre passage

2014/2015 : Rétrospective et perspectives. Epargne mobilière pour comptes Epargne 3 et de libre passage 2014/2015 : Rétrospective et perspectives Epargne mobilière pour comptes Epargne 3 et de libre passage Rétrospective 2014 L annonce, l année dernière, par la Réserve fédérale américaine (Fed) de réduire

Plus en détail

Baromètre PME Wallonie Bruxelles : Quatrième trimestre 2013

Baromètre PME Wallonie Bruxelles : Quatrième trimestre 2013 Baromètre PME Wallonie Bruxelles : Quatrième trimestre 2013 L UCM a créé un indicateur de conjoncture pour les PME wallonnes et bruxelloises. Ce "baromètre" est réalisé chaque trimestre, sur base des réponses

Plus en détail

JOURNEE MONDIALE DE LA STATISTIQUE UNE MEILLEURE STATISTIQUE AU SERVICE DE LA POLITIQUE MONETAIRE ET DE LA STABILITE FINANCIERE

JOURNEE MONDIALE DE LA STATISTIQUE UNE MEILLEURE STATISTIQUE AU SERVICE DE LA POLITIQUE MONETAIRE ET DE LA STABILITE FINANCIERE JOURNEE MONDIALE DE LA STATISTIQUE UNE MEILLEURE STATISTIQUE AU SERVICE DE LA POLITIQUE MONETAIRE ET DE LA STABILITE FINANCIERE Abdellatif Jouahri Wali de Bank Al-Maghrib Rabat, 20 octobre 2015 1 Je tiens

Plus en détail

L impératif des gains de productivité

L impératif des gains de productivité COLLOQUE ANNUEL DE L ASDEQ MONTRÉAL Plan de présentation Montréal, 9 décembre 9 L impératif des gains de productivité Partie L importance de rehausser notre productivité La diminution du bassin de main-d

Plus en détail

Les défis du deuxième pilier pour les salariés

Les défis du deuxième pilier pour les salariés Jean-Michel Kupper Administrateur Directeur AG Employee Benefits & HC Les défis du deuxième pilier pour les salariés 1 29/04/2015 Ordre du jour Les défis de la pension légale Les défis du deuxième pilier

Plus en détail

LES DOMAINES DE LA POLITIQUE ECONOMIQUE

LES DOMAINES DE LA POLITIQUE ECONOMIQUE LES DOMAINES DE LA POLITIQUE ECONOMIQUE I. Quelques définitions Politique conjoncturelle : C est l ensemble des décisions prisent à court terme par les pouvoirs publics dans le but de maintenir ou de rétablir

Plus en détail

Contribution des industries créatives

Contribution des industries créatives RÉSUMÉ - Septembre 2014 Contribution des industries créatives à l économie de l UE en termes de PIB et d emploi Évolution 2008-2011 2 Contribution des industries créatives à l économie de l UE en termes

Plus en détail

Amérique Latine : bilan et perspectives

Amérique Latine : bilan et perspectives Amérique Latine : bilan et perspectives Conférence de M. Jacques de Larosière pour le colloque organisé par le CFCE et l Institut des Hautes Etudes de l Amérique Latine (Paris, le 21 mars 2001) L économie

Plus en détail

PROJECTIONS MACROÉCONOMIQUES POUR LA ZONE EURO ÉTABLIES PAR LES SERVICES DE LA BCE

PROJECTIONS MACROÉCONOMIQUES POUR LA ZONE EURO ÉTABLIES PAR LES SERVICES DE LA BCE Encadré PROJECTIONS MACROÉCONOMIQUES POUR LA ZONE EURO ÉTABLIES PAR LES SERVICES DE LA Sur la base des informations disponibles au 23 août 2013, les services de la ont réalisé des projections concernant

Plus en détail

Espagne: Une Reprise Fragile

Espagne: Une Reprise Fragile Focus OFP 28 Aout 2015 Frédéric Mackel (33) 1 85 08 13 73 f.mackel@oaksfieldpartners.com Timothée Sohm-Quéron t.sohm@oaksfieldpartners.com Chloe-Elizabeth Challier chloeelizabeth.challier@esade.edu Introduction

Plus en détail

Le financement du logement social :

Le financement du logement social : le financement du logement social : generalites Problématique générale L emprunt constitue le mode de financement principal des investissements locatifs sociaux ; la charge financière doit être couverte,

Plus en détail

Exclusif : Opportunités en temps de crise, quels défis pour les entreprises?

Exclusif : Opportunités en temps de crise, quels défis pour les entreprises? Exclusif : Opportunités en temps de crise, quels défis pour les entreprises? En marge du salon «Outsourcing & IT Solutions 2009», le cabinet Ernst & Young a présenté les résultats de l étude intitulée

Plus en détail

Publication du Bulletin BCL 2014/1

Publication du Bulletin BCL 2014/1 COMMUNIQUÉ DE PRESSE Luxembourg, le 20 mars 2014 Publication du Bulletin BCL 2014/1 Le présent communiqué comporte un survol de la situation macroéconomique, une brève présentation des projections d inflation

Plus en détail

Le DSI du futur Rapport d'étude

Le DSI du futur Rapport d'étude Le DSI du futur Rapport d'étude Devenir un catalyseur du changement Partagez ce rapport d'étude Le DSI du futur : Devenir un catalyseur du changement Tandis que la plupart des DSI s accordent à dire que

Plus en détail

Moyen terme 2014-2018

Moyen terme 2014-2018 Moyen terme 2014-2018 ATTENTES DES UTILISATEURS POUR LA PERIODE 2014-2018 Selon les entretiens réalisés par le Cnis au 2 è semestre 2012 COMMISSION «SYSTEME FINANCIER ET FINANCEMENT DE L ECONOMIE» POUR

Plus en détail

Projet de résolution «Les comités d entreprise européens au cœur de la stratégie syndicale européenne»

Projet de résolution «Les comités d entreprise européens au cœur de la stratégie syndicale européenne» UNI Europa Commerce Aller de l avant MADRID 9 & 10 JUIN 2011 Projet de résolution «Les comités d entreprise européens au cœur de la stratégie syndicale européenne» (Resolution 3) Objectif stratégique 1

Plus en détail

NEWSLETTER 1 er SEMESTRE 2014

NEWSLETTER 1 er SEMESTRE 2014 NEWSLETTER 1 er SEMESTRE 2014 ACTUALITE ECONOMIQUE L activité mondiale devrait poursuivre son affermissement. L impulsion est donnée par les pays avancés, bien que leurs redressements restent inégaux.

Plus en détail

Bulletin du FMI. France : de bons progrès mais il reste à consolider la crédibilité

Bulletin du FMI. France : de bons progrès mais il reste à consolider la crédibilité Bulletin du FMI BILAN DE SANTÉ ÉCONOMIQUE France : de bons progrès mais il reste à consolider la crédibilité Kevin C. Cheng et Erik de Vrijer Département Europe du FMI 27 juillet 2011 Vendanges dans le

Plus en détail

Alternatives offertes dans le 2 ème pilier, contradictions, réflexions

Alternatives offertes dans le 2 ème pilier, contradictions, réflexions Alternatives offertes dans le 2 ème pilier, contradictions, réflexions Giovanni Zucchinetti GiTeC Prévoyance SA Conseil en prévoyance professionnelle Av. de l Eglise-Anglaise 6 1006 Lausanne +41 21 613

Plus en détail

Table des matières. Préface par Gilles DE KERCHOVE... VII Remerciements... 1 Liste des principales abréviations... 3 Sommaire... 7

Table des matières. Préface par Gilles DE KERCHOVE... VII Remerciements... 1 Liste des principales abréviations... 3 Sommaire... 7 Table des matières Préface par Gilles DE KERCHOVE... VII Remerciements... 1 Liste des principales abréviations... 3 Sommaire... 7 Introduction... 9 I. Le cadre général de la recherche : l espace pénal

Plus en détail

CONFERENCE ECONOMIQUE AFRICAINE 2012

CONFERENCE ECONOMIQUE AFRICAINE 2012 CONFERENCE ECONOMIQUE AFRICAINE 2012 Hôtel Serena Kigali, Rwanda 30 octobre-2 novembre 2012 Promouvoir le développement inclusif et durable en Afrique dans une période d incertitude pour l économie mondiale

Plus en détail

Accès au financement

Accès au financement Accès au financement Objectif de cette enquête L accès au financement est d une importance cruciale pour la réussite d une entreprise et un facteur important de la croissance économique en Europe suite

Plus en détail

CONDITIONS DE REUSSITE, DISPENSES, REPORTS ET CREDITS DANS L ENSEIGNEMENT SUPERIEUR

CONDITIONS DE REUSSITE, DISPENSES, REPORTS ET CREDITS DANS L ENSEIGNEMENT SUPERIEUR CONDITIONS DE REUSSITE, DISPENSES, REPORTS ET CREDITS DANS L ENSEIGNEMENT SUPERIEUR Position de la Fédération des Étudiant(e)s Francophones (F.E.F.) discutée puis adoptée lors des Conseils du 25 septembre

Plus en détail

Rôle des banques centrales dans la promotion de l inclusion financière : référence au cas de l Algérie

Rôle des banques centrales dans la promotion de l inclusion financière : référence au cas de l Algérie Rôle des banques centrales dans la promotion de l inclusion financière : référence au cas de l Algérie Intervention de Mohammed Laksaci Gouverneur de la Banque d Algérie 21 e Conférence des Gouverneurs

Plus en détail

Les politiques de réduction du coût salarial en Belgique

Les politiques de réduction du coût salarial en Belgique Les politiques de réduction du coût salarial en Belgique Mars 2015 Luc Masure Plan de la présentation 1. Le Bureau fédéral du Plan 2. Cadre historique de la politique salariale et des dispositifs d exonération

Plus en détail

Chantier restructurations

Chantier restructurations Chantier restructurations Le présent document réalisé par le groupe de travail en charge du chantier restructurations, se fixe pour objectif de décrire de manière synthétique les enjeux présents et à venir

Plus en détail

L équilibre Ressources Emplois de biens et services schématisé par une balance

L équilibre Ressources Emplois de biens et services schématisé par une balance IV) l équilibre ressources - emplois et son interprétation Cet article fait suite à ceux du 19 janvier et du 18 février 2013. Il en est le complément logique sur les fondamentaux macro- économiques d un

Plus en détail

APPEL A PROJETS USINE DU FUTUR CENTRE VAL DE LOIRE 2015

APPEL A PROJETS USINE DU FUTUR CENTRE VAL DE LOIRE 2015 APPEL A PROJETS USINE DU FUTUR CENTRE VAL DE LOIRE 2015 Contexte et enjeux : Depuis plusieurs années la politique économique de la Région Centre - Val de Loire s est fixée comme objectif de soutenir la

Plus en détail

Se préparer pour le défi des retraites. Sebastian Paris-Horvitz Directeur de la Stratégie d Investissement

Se préparer pour le défi des retraites. Sebastian Paris-Horvitz Directeur de la Stratégie d Investissement Se préparer pour le défi des retraites. Sebastian Paris-Horvitz Directeur de la Stratégie d Investissement Le Défi des retraites S. PARIS-HORVITZ - 26/04/2006 1 Sommaire Le défi démographique Le défi des

Plus en détail

A la recherche de vents porteurs

A la recherche de vents porteurs OCTOBRE 2014 A la recherche de vents porteurs Le bilan d activité des TPE-PME pour le troisième trimestre s inscrit dans le prolongement des trimestres précédents. Après avoir été un peu plus favorable

Plus en détail

Charte du tourisme durable

Charte du tourisme durable Annexes Charte du tourisme durable Annexe 1 Les participants de la Conférence mondiale du Tourisme durable, réunis à Lanzarote, îles Canaries, Espagne, les 27 et 28 avril 1995, Conscients que le tourisme

Plus en détail

Les agences de publicité et de communication leaders en Suisse font preuve d optimisme dans une perspective ambitieuse.

Les agences de publicité et de communication leaders en Suisse font preuve d optimisme dans une perspective ambitieuse. Communiqué aux médias bsw leading swiss agencies. Les agences de publicité et de communication leaders en Suisse font preuve d optimisme dans une perspective ambitieuse. Les agences membres de bsw leading

Plus en détail

Proposition d orientations nouvelles pour le Dialogue international

Proposition d orientations nouvelles pour le Dialogue international Proposition d orientations nouvelles pour le Dialogue international Document 04 RÉUNION DU GROUPE DE PILOTAGE DU DIALOGUE INTERNATIONAL 4 Novembre 2015, Paris, France Nouvelle orientation du Dialogue international

Plus en détail

LE BILAN REDISTRIBUTIF DU SARKOZYSME

LE BILAN REDISTRIBUTIF DU SARKOZYSME LE BILAN REDISTRIBUTIF DU SARKOZYSME Par le Pôle Economie de Terra Nova Le 6 mars 2012 Le quinquennat a opéré des redistributions budgétaires importantes de la puissance publique (Etat et sécurité sociale)

Plus en détail

Un outil pour les entreprises en réseau

Un outil pour les entreprises en réseau STRATEGIE COMMERCIALE : LA «MONTGOLFIERE», UN OUTIL D ANALYSE DE LA PERFORMANCE COMMERCIALE DES ENTREPRISES EN RESEAU Executive summary La stratégie commerciale mise en place par les points de vente des

Plus en détail

Les perspectives économiques des différents analystes prévoient une faible croissance du PIB en

Les perspectives économiques des différents analystes prévoient une faible croissance du PIB en Relancer l investissement en France, un impératif pour la croissance. Les perspectives économiques des différents analystes prévoient une faible croissance du PIB en 2015 surement inférieur à 1%. Ce n

Plus en détail

Ainsi, les TEPOS représentent la deuxième phase de cet appel à projets national.

Ainsi, les TEPOS représentent la deuxième phase de cet appel à projets national. - 1 - APPEL A PROJETS TEPOS QU EST-CE QU UN TERRITOIRE A ÉNERGIE POSITIVE? Contexte L énergie, nécessaire à tous les domaines et besoins de la vie quotidienne, devient, du fait de sa raréfaction, de plus

Plus en détail

L'INVITE DE L'ECONOMIE Le 12/12/2014 20 :18 :27 Invitée : Marie-Anne BARBAT-LAYANI, directrice générale de la FEDERATION BANCAIRE FRANÇAISE

L'INVITE DE L'ECONOMIE Le 12/12/2014 20 :18 :27 Invitée : Marie-Anne BARBAT-LAYANI, directrice générale de la FEDERATION BANCAIRE FRANÇAISE 1/5 Marie-Anne Barbat-Layani : «C est le bon moment pour investir, pour aller voir sa banque avec un projet». Retrouvez l interview de Marie-Anne Barbat-Layani, directrice générale de la FBF, qui était

Plus en détail

Emploi, dépenses de santé, et modes de financement

Emploi, dépenses de santé, et modes de financement 1 Dix ans après ou presque. La proposition de réforme qui suit a été faite initialement dans L erreur européenne (Grasset 1998, ch.4), puis reprise dans divers articles, sans aucun succès auprès des décideurs

Plus en détail

L évolution du G20 et de l économie mondiale - Perspective du ministère des Finances

L évolution du G20 et de l économie mondiale - Perspective du ministère des Finances L évolution du G20 et de l économie mondiale - Perspective du ministère des Finances Présentation à l Association des économistes québécois Par Jean-François Perrault Direction des finances et des échanges

Plus en détail

OBSERVATOIRE DE L EPARGNE EUROPEENNE

OBSERVATOIRE DE L EPARGNE EUROPEENNE Conférence de presse du 22 juin 2001 Fiscalité des produits d épargne: une comparaison internationale Il n existe pas de véritable point de vue européen en matière de fiscalité des produits d épargne.

Plus en détail

ENTENTE À INTERVENIR. entre d une part : LE GOUVERNEMENT DU QUÉBEC. et d autre part :

ENTENTE À INTERVENIR. entre d une part : LE GOUVERNEMENT DU QUÉBEC. et d autre part : ENTENTE À INTERVENIR entre d une part : LE GOUVERNEMENT DU QUÉBEC et d autre part : LA FÉDÉRATION INTERPROFESSIONNELLE DE LA SANTÉ DU QUÉBEC (FIQ) LA FÉDÉRATION AUTONOME DE L'ENSEIGNEMENT (FAE) POUR LES

Plus en détail

Le problème de la dette (grecque) Un concept articulant résolution du problème de la dette et investissement

Le problème de la dette (grecque) Un concept articulant résolution du problème de la dette et investissement Le problème de la dette (grecque) Un concept articulant résolution du problème de la dette et investissement Gabriel Colletis Jean-Philippe Robé Robert Salais Athènes 2 Juin2015 Plan Quelques remarques

Plus en détail

fiche pratique Préparer un accord GPEC Octobre 2008 #10 des repères pour agir dans les entreprises de plus de 50 salariés

fiche pratique Préparer un accord GPEC Octobre 2008 #10 des repères pour agir dans les entreprises de plus de 50 salariés h fiche pratique des repères pour agir #10 Préparer un accord GPEC dans les entreprises de plus de 50 salariés Octobre 2008 Le souci de se mettre en conformité avec la loi pousse un certain nombre d entreprises

Plus en détail

DOCUMENT D ORIENTATION NEGOCIATION NATIONALE INTERPROFESSIONNELLE POUR UNE MEILLEURE SECURISATION DE L EMPLOI

DOCUMENT D ORIENTATION NEGOCIATION NATIONALE INTERPROFESSIONNELLE POUR UNE MEILLEURE SECURISATION DE L EMPLOI DOCUMENT D ORIENTATION NEGOCIATION NATIONALE INTERPROFESSIONNELLE POUR UNE MEILLEURE SECURISATION DE L EMPLOI Le 7 septembre 2012 Contact : ministère du Travail, de l emploi, de la formation professionnelle

Plus en détail

Economie Générale Initiation Ecole des Ponts - ParisTech

Economie Générale Initiation Ecole des Ponts - ParisTech Economie Générale Initiation Ecole des Ponts - ParisTech Stéphane Gallon Caisse des Dépôts stephane.gallon@caissedesdepots.fr https://educnet.enpc.fr/course/view.php?id=2 1 Macroéconomie : croissance à

Plus en détail

Réponses de la Fédération des chambres de commerce du Québec

Réponses de la Fédération des chambres de commerce du Québec Réponses de la Fédération des chambres de commerce du Québec Consultation du Groupe conseil sur l actualisation de la Stratégie québécoise de la recherche et de l innovation 8 septembre 2009 Préambule

Plus en détail

franc fort un marché des capitaux ouvert bénéficie à la suisse

franc fort un marché des capitaux ouvert bénéficie à la suisse franc fort un marché des capitaux ouvert bénéficie à la suisse Fiche d information 1 : intérêts négatifs et contrôle des flux de capitaux L essentiel en bref : Plus de trois quarts du volume de francs

Plus en détail

Définir un Programme opérationnel multi-fonds pour la rénovation énergétiquement efficiente des bâtiments

Définir un Programme opérationnel multi-fonds pour la rénovation énergétiquement efficiente des bâtiments Fonds structurels 2014-2020 Guide pratique Définir un Programme opérationnel multi-fonds pour la rénovation énergétiquement efficiente des bâtiments Vous définissez à l heure actuelle les Programmes opérationnels

Plus en détail

LA DETTE PUBLIQUE DU QUÉBEC ET LE FARDEAU FISCAL DES PARTICULIERS

LA DETTE PUBLIQUE DU QUÉBEC ET LE FARDEAU FISCAL DES PARTICULIERS LA DETTE PUBLIQUE DU QUÉBEC ET LE FARDEAU FISCAL DES PARTICULIERS FÉVRIER 2002 DOSSIER 02-02 La dette publique du Québec et le fardeau fiscal des particuliers Le premier ministre du Québec se plaisait

Plus en détail

Plan d action pour l industrie automobile de l UE en 2020

Plan d action pour l industrie automobile de l UE en 2020 COMMISSION EUROPEENNE MÉMO Bruxelles, le 8 novembre 2012 Plan d action pour l industrie automobile de l UE en 2020 L objet du plan d action présenté aujourd hui par la Commission européenne (voir IP/12/1187)

Plus en détail

POLITIQUES DE SORTIE DE CRISE : L ALLEMAGNE ET LA FRANCE. Patrick ARTUS (*)

POLITIQUES DE SORTIE DE CRISE : L ALLEMAGNE ET LA FRANCE. Patrick ARTUS (*) POLITIQUES DE SORTIE DE CRISE : L ALLEMAGNE ET LA FRANCE par Patrick ARTUS (*) Incertitudes sur la croissance future, cependant plus de crise aussi violente qu en 2009 On ne peut pas dire aujourd hui que

Plus en détail

POURQUOI LE GABON A-T-IL BESOIN DE STATISTIQUES FIABLES?

POURQUOI LE GABON A-T-IL BESOIN DE STATISTIQUES FIABLES? Mai 2010 POURQUOI LE GABON A-T-IL BESOIN DE STATISTIQUES FIABLES? Direction Générale des Statistiques Ministère de l Economie, du Commerce, de l Industrie et du Tourisme Pourquoi le Gabon a-t-il besoin

Plus en détail

AGO BIAT du 28 Mai 2010. de Monsieur le Président du Conseil

AGO BIAT du 28 Mai 2010. de Monsieur le Président du Conseil AGO BIAT du 28 Mai 2010 Allocution d ouverture Allocution d ouverture de Monsieur le Président du Conseil Chers Actionnaires, Mesdames, Messieurs : L année 2009 a été globalement une année très positive

Plus en détail