Schéma Régional d Aménagement et de Développement Durable du Territoire (SRADDT) Annexe. Avis des panels de Citoyens. Avril 2011

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1 1 Schéma Régional d Aménagement et de Développement Durable du Territoire (SRADDT) Annexe Avis des panels de Citoyens Avril

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3 3 La démarche des panels de Citoyens Le Schéma régional d aménagement et de développement durable du territoire (SRADDT) devant constituer un document de référence pour les décideurs et les habitants de la région Centre, le Conseil régional a souhaité les associer pleinement à son élaboration, à travers différents dispositifs participatifs. En complément des rencontres avec ses partenaires et des forums participatifs organisés dans les territoires, la Région a interrogé 3 panels citoyens sur des questions majeures pour l avenir de la région. Ces 3 panels, composés chacun d une quinzaine de citoyens reflétant la diversité de la population régionale, ont rédigé un avis sur une problématique donnée, après avoir bénéficié de sessions d information sur la thématique mise en discussion. Ces avis ont ensuite été restitués aux élus. La constitution des 3 panels de citoyens Les 3 panels de citoyens se sont réunis en parallèle. Chaque panel était composé de 15 citoyens recrutés par Ipsos à partir d annonces publiées dans la presse locale. La constitution de chaque panel reflète la diversité sociale, territoriale et générationnelle de la population régionale. Elle tient compte également des sensibilités politiques, tout comme des modes d habitat. Les questions posées aux panels - Panel «Aménagement du territoire» : problématique «cohésion» Dans les 20 ans à venir, que doit faire la région Centre pour mieux aménager le territoire : faut-il avoir des équipements de bon niveau, concentrés dans les villes ou répartir ces équipements dans les communes pour les rendre plus accessibles et limiter les déplacements? Déroulement général des sessions du panel citoyen La démarche a permis à chaque panel de bénéficier durant deux sessions d un jour et demi d une information équilibrée sur la thématique mise en discussion, grâce à des experts et différents «porteurs d intérêt» de la question. Suite à ces sessions d information/formation, chaque groupe a rédigé un avis lors d une troisième session. Le principal atout de ce type de dispositif est de permettre un «débat informé», qui permet à un petit groupe de citoyens profanes de formuler explicitement un avis sur une question, après avoir pris le temps de s informer auprès d experts et d acteurs diversifiés, et de réfléchir collectivement à ce qui fait consensus ou non. La conception et l animation de ces sessions ont été assurées par le Cabinet Planète Publique. Chaque panel devait se positionner sur une problématique spécifique : - Panel «Environnement» : problématique «mode de vie durable» Dans les 20 ans à venir, que doit faire la région Centre pour aller vers des modes de vie plus favorables à l environnement : comment concilier des modes de vie plus urbains, avec moins de déplacements, et l envie d avoir sa maison, son jardin, le tout dans un cadre épanouissant? - Panel «Formation» : problématique «mobilité et formation» SOMMAIRE Avis du Panel Environnement» p. 4 Avis du Panel «Formation» p. 12 Avis du Panel «Aménagement du territoire» p. 21 Annexe : Listes des intervenants p. 28 Dans les 20 ans à venir, que doit faire la région Centre pour développer la formation : comment concilier un accès à la formation pour tous sur le territoire régional avec la nécessité de renforcer les pôles de formation performants et attractifs? 3

4 4 Page 4 Avis du panel citoyen «environnement» Dans les 20 ans à venir, que doit faire la région Centre pour aller vers des modes de vie plus favorables à l environnement : comment concilier des modes de vie plus urbains, avec moins de déplacements, et l envie d avoir sa maison, son jardin, le tout dans un cadre épanouissant? Orléans, samedi 2 avril 2011 Les membres du panel citoyen : Eric, Daniel Dominique Christian Aude Mireille Christophe Vincent Martine Dominique-Michel Christèle Flora Pascal Eve Alain 4

5 5 Introduction Nous sommes 15 citoyens représentatifs de la région Centre, habitants urbains et ruraux des différents départements. Notre question portait sur ce que la région Centre devrait faire dans les 20 ans à venir pour favoriser des modes de vie plus urbains en s interrogeant sur notre habitat, nos modes de déplacements et de consommation tout en maintenant une qualité de vie à laquelle nous sommes tous attachés. Cette question nous est apparue complexe et mal posée, raison pour laquelle nous avons préféré remplacer par des modes de vie durables. Au cours de ces trois sessions citoyennes, nous avons ressenti quelques points négatifs, dans une appréciation globalement positive. Ce sont principalement le manque de temps et la densité du planning qui ont été perçus négativement. Une certaine frustration découle de la brève durée accordée aux échanges et à la rédaction de l avis final. Malgré ces quelques écueils, notre opinion est globalement positive sur l organisation de cette démarche conduite par la Région Centre. La qualité et la diversité des intervenants nous ont paru intéressantes, ce qui nous a permis de prendre conscience et d apprendre sur ces thématiques. Grâce à cette démarche engagée par la Région, nous nous sentons contributeurs et espérons être acteurs de l avenir de la région Centre : c était une bonne idée et il était temps que les élus nous fassent participer. Pour la suite, nous souhaitons que nos propositions se traduisent par du concret ; nous avons malgré tout encore une certaine appréhension sur leur devenir. Nous souhaitons ainsi être tenus informés des suites de notre réflexion, a minima par courrier et éventuellement en faisant un bilan dans quelques temps (en nous réunissant à nouveau), et en créant un espace pour nous sur le site de la Région. Nous resterons vigilants. Nous avons structuré notre avis en 3 thèmes qui sont très liés les uns aux autres : nos modes de déplacement dépendent de là où nous vivons, travaillons et consommons. Nous sommes conscients des impacts sur l environnement de nos modes de vie et les propositions que nous formulons reflètent notre conviction de l urgence d agir dès aujourd hui pour des résultats dans les 20 ans et compte tenu des grands enjeux environnementaux auxquels nous sommes confrontés. L habitat réfléchi Nos constats Plus de 80% des français rêvent d une maison individuelle avec jardin : la région Centre ne fait pas exception à cette règle. Mais le choix de sa localisation est souvent contraint : par le travail, le budget disponible Les extensions urbaines se sont étalées de manière non maitrisée, tant par les promoteurs que par les particuliers, alors qu il existe des «dents creuses» et des logements vacants. La croissance de la population rurale est plus importante que la croissance de la population urbaine, liée au coût du foncier et au cadre de vie. Les élus n ont pas toujours la formation et l encadrement suffisants pour supporter la pression des lotisseurs. Leur préoccupation reste souvent l accroissement de la population, sans véritable réflexion sur l organisation, tant au niveau du parcellaire, que des services et équipements associés (réseau électrique, eau, ramassage de déchets, assainissement ). Actuellement, il existe un potentiel fort d amélioration de l efficacité énergétique des maisons, mais celle-ci n est pas accessible à tout le monde, par manque de moyens, d informations, d encadrement et d offres de services compétentes et contrôlées. C est encore plus vrai pour les maisons anciennes (ou des années 1970), qui nécessitent des travaux d adaptation importants et qu il faut pourtant préserver pour garder notre identité et notre 5

6 6 patrimoine. Certaines communes ont réussi à mettre en place des extensions urbaines «intelligentes», parce qu il y a une concertation avec tous les acteurs (professionnels et citoyens) et une volonté politique, qui permet d aboutir à un véritable projet. Conséquences L étalement urbain a des effets dévastateurs sur la biodiversité, sur la disparition des meilleures terres agricoles (c est l équivalent d un département français qui disparait tous les 6 ans). Il entraine aussi l artificialisation des sols : le «tout béton» favorise le ruissellement d où une pollution des eaux et des risques naturels «à crue». Il a pour conséquence d éloigner les habitants des centres-villes. Il entraine un coût plus important, du temps perdu dans les transports (individuels et collectifs), nuit à la qualité de vie et est une source importante d émissions de gaz à effet de serre. Actuellement, la réflexion à court terme et la pression des promoteurs ont conduit à une banalisation de la périphérie des villes (standardisation des maisons individuelles, spécialisation des zones industrielles et commerciales). Nos propositions Il est indispensable de revenir à une situation dans laquelle les élus anticipent les évolutions à venir, et en cela, ils ont un rôle majeur et moteur à tenir, mais pas seuls! Les architectes et les urbanistes doivent proposer des solutions innovantes et créatives. Les artisans doivent apprendre à les mettre en œuvre. Les habitants doivent être associés aux futurs projets à différents niveaux. Les projets doivent tenir compte des nouvelles contraintes et être adaptés selon les lieux et les demandes, à la diversité de la région. Ainsi les zones de campagne doivent-elles continuer à être rayées de la carte ou redensifiées? Pour leur redonner une vie autonome (services, commerces), impliquons le monde économique pour y favoriser l emploi de proximité. Toute nouvelle étude doit être pensée d abord par rapport au fonctionnement et aux liens entre les différentes zones urbaines, les services et l intégration avec les centres-villes, l emploi et les lieux de vie. Il faut mixer habitat collectif et maisons individuelles, se réapproprier les logements vacants et les dents creuses, tout en respectant l intimité et la qualité de vie de chacun. Vineuil, près de Blois est un projet exemplaire à suivre. Pour avoir un effet sur les gaz à effet de serre, les nouveaux logements doivent impérativement répondre à une haute qualité environnementale. Un effort urgent et important doit être programmé pour réhabiliter et rénover l habitat ancien, afin qu il acquière des normes satisfaisantes et en cela l information et la communication sont très importantes (une ADIL dans chaque département). Inciter, proposer des aides sous une autre forme, donner les moyens et accompagner. La biodiversité, «notre assurance vie», étant essentielle à l Homme, il n est pas possible de la sacrifier. L habitat doit permettre son respect et sa protection. Les couloirs écologiques et les zones naturelles doivent être préservés, équilibrés et être proches des habitants en tant que havre d équilibre et de tranquillité. Des outils existent (cartes des zones naturelles), utilisons-les! Il faut intégrer un volet paysager aux projets en impliquant des architectes paysagistes, réduire la minéralisation des chaussées et des sols au maximum, enherber les trottoirs et planter des arbres Un équilibre entre l agriculture, les zones protégées (poumons verts) et l urbanisation doit être trouvé. Conclusion On ne pourra pas indéfiniment étendre les zones d habitat. La densification raisonnée, par un urbanisme réfléchi et équilibré, s impose dans les zones urbaines, périurbaines et rurales, tout en préservant la biodiversité et en 6

7 7 limitant les émissions de gaz à effet de serre. Respectons le choix et la qualité de vie de chaque individu, et favorisons les différents modes de transport nécessaires aux déplacements. Bougeons propre! Comment se déplace-t-on en région Centre? Une majorité de déplacements en voiture Nous constatons que l usage de la voiture est très majoritaire dans les déplacements des habitants de la région Centre. Cette habitude ancrée dans nos modes de vie est due au fait que la plupart des habitants de la région vivent dans des maisons souvent éloignées des centres-villes. Trois raisons à cela : les contraintes économiques, la recherche d une qualité de vie meilleure et l insuffisance de solutions alternatives à la voiture. Cela a souvent pour conséquence un éloignement des zones de loisirs et commerciales et des zones d emploi, malheureusement regroupées autour des grosses agglomérations, qui multiplie les besoins de déplacement. Même si l usage de la voiture diminue par personne (nombre de kilomètres parcourus par an), l augmentation de la population et des ménages compense cette diminution. Une utilisation des transports collectifs et une intermodalité limitées Les habitants de la région Centre disposent selon leur lieu de résidence de trois types principaux de transports collectifs : Le TER (380 trains et 150 cars quotidiens) pour des déplacements de moyenne distance Le bus ou le tramway dans les grandes villes (pour les 45% de la population vivant dans des pôles urbains) Les cars départementaux utilisés majoritairement pour les élèves Il nous semble que cette offre qui est réellement importante n est pas suffisamment adaptée aux besoins de déplacement des habitants de la région, 27% habitant dans des communes périurbaines et 28% dans des communes rurales. Nous constatons que les habitants de la région n utilisent généralement qu un seul mode de transport et ne les combinent pas. Des modes doux marginaux On ne se déplace à pied qu en centre-ville et l usage du vélo est aussi limité aux grandes agglomérations où il y a des aménagements cyclables. Il est risqué de faire du vélo dans les zones rurales parce que l absence de pistes et la différence de vitesse avec les voitures rendent dangereuse la pratique. Les intérêts et les limites de ces modes de déplacement Une liberté qui nous coûte cher : l automobile Le coût d une voiture est estimé aujourd hui en moyenne à par an. Ce coût est sans aucun doute supérieur pour les personnes vivant dans les zones rurales qui doivent bien souvent disposer de deux véhicules. Cette situation renforce leur dépendance énergétique et vulnérabilité dans un certain nombre de cas. Si l on tient compte de l évolution attendue du prix du pétrole, on ne peut qu être préoccupé par la capacité d une partie de la population à maintenir sa qualité et son niveau de vie. Des impacts environnementaux importants Les transports (et à plus de 80% l automobile) sont responsables de 26% des émissions de gaz à effet de serre et sont en augmentation de 23% depuis Par ailleurs, nos modes de déplacements impactent : la qualité de l air et les nuisances sonores et donc notre santé, 7

8 8 la faune et la flore en réduisant et fragmentant leurs espaces naturels. Des transports collectifs qui ne sont plus adaptés aux besoins actuels et futurs des habitants de la région Nous constatons que : La majorité des réseaux de transport collectif fonctionnent en étoile. Les couloirs de bus sont encore insuffisants pour réduire les temps de parcours. Les transports collectifs sont dimensionnés pour les déplacements domicile-travail mais ne sont pas assez adaptés pour les autres besoins. Le réseau TER dessert bien les deux grandes agglomérations mais ne semble pas en capacité de couvrir d autres larges zones de la région (notamment l Est et le Sud) et a une part de marché limitée par rapport à l automobile pour un coût élevé. Le vélo et la marche restent en devenir Ces modes de déplacement sont très performants, très intéressants sur le plan de l environnement et de la santé mais sur des distances courtes ou ultra-urbaines. Des efforts conséquents ont été entrepris sur le vélo mais restent insuffisants si l on veut diminuer la part de l automobile en ville et y associer d autres transports relais. Des solutions innovantes encore peu développées Nous avons constaté qu il existait aujourd hui de nombreuses solutions nouvelles peu développées qui permettent de mieux combiner les différents modes de transports et donc de réduire l usage de la voiture particulière tel que l autopartage, le covoiturage, le transport à la demande Les enjeux Il est nécessaire d agir fortement face aux grands enjeux auxquels nous serons confrontés à moyen terme : Le changement climatique, la perte de biodiversité, la consommation et l artificialisation d espace, la raréfaction de la ressource en eau L épuisement des ressources fossiles, la hausse programmée du prix du pétrole Le vieillissement de la population, la diminution de la taille des ménages Nos propositions Il faut limiter notre mode de déplacement individuel, l automobile En incitant à l utilisation des parcs-relais qui doivent être développés ; En favorisant le covoiturage et tous les autres systèmes qui permettent d utiliser mieux et moins les voitures, voire en incitant à ne plus en posséder (en ville surtout) ; En réduisant la place de la voirie dédiée à l automobile dans les zones urbanisées (dont le stationnement), voire en interdisant l accès aux centres certains jours ou certaines heures et en privilégiant un urbanisme plus «compact» pour diminuer la dépendance à la voiture ; En favorisant la prise de conscience des habitants sur l impact de nos modes de vie pour changer leurs comportements, en les faisant participer activement aux choix en organisant par exemple un référendum sur la place de la voiture et en communiquant sur les solutions alternatives ; En favorisant la recherche sur les moteurs économes mais sans oublier la diminution de l usage ; par exemple, nous nous interrogeons sur les bienfaits de la voiture électrique par rapport à l énergie nucléaire et à l infrastructure de recharge nécessaire ; 8

9 9 En développant des transports collectifs plus performants. Il faut des transports collectifs adaptés à tous les besoins, et notamment ceux qui sont les plus éloignés des centres-villes En poursuivant les efforts sur les liaisons intra-régionales pour le TER (ex. Chartres-Orléans) et en utilisant plus les gares de périphérie permettant le contournement des agglomérations sans passer par le centre ; En renforçant les transports circulaires : périphérique de bus, parking relais, gares excentrées ; En pratiquant des tarifs plus attractifs, notamment pour les jeunes, les familles et les employés, en étudiant des solutions comme des PASS voyages et en rendant plus facile et accessible l information aux différents modes de transport (adaptée à tous et partout) ; En développant des abonnements ou des titres de transport combinés et en améliorant l information pour favoriser l intermodalité, par exemple avec une carte unique d accès à tous les transports, du vélo au TGV en passant par la voiture partagée ou en organisant des journées à thèmes actifs (vélo, bus ) : essayer, c est l adopter! En favorisant les transports en site propre, en ayant des flottes de bus plus diversifiées et accessibles pour tous (poussettes, vélos, fauteuil roulant ) et en améliorant les fréquences et dessertes, notamment pour les zones périurbaines ; En expérimentant des systèmes innovants (technologiques et de services), notamment pour faciliter la mobilité dans les zones rurales : ex. autopartage, taxis collectifs, transport à la demande, transport d entreprise, systèmes aériens (télécabine) Il faut faciliter l utilisation du vélo et de la marche au quotidien et pas que pour les loisirs En développant et améliorant les pistes cyclables, dans les villes et ses accès mais aussi le long des routes et pas que pour la Loire à vélo ; En proposant la gratuité des vélos pour l usager des transports en commun ou des parkings-relais et en diversifiant le parc de vélo (ex. : triporteur pour la famille) ; En favorisant les parkings à vélo dans les habitations, sur les lieux de travail et sur l espace public (par ex. des parkings couverts par des panneaux photovoltaïques pour l éclairage public) ; En donnant de bonnes habitudes aux enfants en évitant que les parents les emmènent en voiture à l école (pistes cyclables, pédibus, ). Nos propositions ne couvrent pas toutes les questions des modes de déplacements qui sont pourtant importantes pour faire face aux grands enjeux comme le transport de marchandises, les infrastructures routières, les efforts faits par les autres (autres régions, autres pays) Consommons responsable Constats Le mode de production et de consommation en région Centre favorise les nuisances environnementales. Il engendre d importants déplacements des personnes et des produits qui émettent du carbone et augmentent considérablement leur coût économique et leur empreinte environnementale. Impacts négatifs de la grande distribution Les grandes surfaces sont devenues le recours quasi-unique d approvisionnement des particuliers. Elles imposent des prix qui étouffent les petits producteurs et tuent les commerces de proximité. Cependant, elles facilitent la consommation des habitants de la région. Face à la grande distribution, les alternatives sont encore faibles. Ainsi, 9

10 10 celles existantes actuellement comme les AMAP ne sont accessibles qu à une infime partie de la population. D autres existent comme les marchés et les boutiques de producteurs Agriculture biologique pérenne : qualité vs quantité Pour le moment les aides aux producteurs sont données en fonction de la quantité produite et non de la qualité de la production. Les aides pour soutenir les producteurs «bio» diminuent alors qu il y a une réelle demande de «bio» des consommateurs et une volonté politique d atteindre 6% des terres cultivables utilisées en agriculture biologique en 2012 (d après les lois Grenelle). Par ailleurs, le «bio» consommé n est pas toujours issu d une agriculture locale, ainsi que l atteste la cantine scolaire d un établissement de Châteauneuf-sur-Loire qui commande ses produits «bio» dans le Vaucluse. Le «bio» venu de loin a une empreinte carbone importante rendant caduque cette bonne intention de la mairie. Le Grenelle propose des grands principes consensuels mais la Région Centre peut-elle être actrice et incitatrice de mesures permettant d accélérer sa mise en œuvre? Trop d emballage, pas assez de recyclage Les produits sont actuellement sur-emballés. Le conditionnement imposé par certains distributeurs accroit inutilement la quantité de déchets et coûte aux producteurs et aux consommateurs. La France a abandonné les consignes depuis une quarantaine d années ce qui a entrainé une explosion des déchets plastiques : bouteilles de lait, boissons Le recyclage a réussi à démarrer mais peut encore progresser exponentiellement : recyclage des plastiques, récupération du verre Les Français consomment de plus en plus, incités par la publicité et la société de consommation ce qui augmente leurs déchets. Cependant, la consommation baissera nécessairement soit par épuisement soit par augmentation des coûts. Enjeux et propositions Une distribution de proximité en circuits courts Aider les regroupements de producteurs locaux à se développer pour pouvoir proposer en vente directe des produits frais et sains. Ces regroupements seraient complémentaires des AMAP. En effet, celles-ci imposent des limites géographiques, financières et structurelles qui empêchent la généralisation. Limiter les implantations des grandes surfaces et réhabiliter les commerces de proximité indépendants. Développer les étiquettes d information sur le parcours et/ou de l empreinte environnementale du produit et limiter les consommations inutiles d énergie (éclairage public et enseignes). Introduire une clause de localité dans les marchés publics en particulier dans la restauration scolaire et collective. Une terre sans pesticide dans 20 ans Supprimer entièrement leurs usages de produits phytosanitaires, dans toutes les collectivités de la région. Construire une politique pour inciter les agriculteurs à ne plus utiliser aucun pesticide polluant à l horizon 2031 et arrêter d utiliser les pesticides résiduels et systémiques à l horizon Aider les exploitations en fonction de la qualité et de la propreté du mode de production, et non en fonction de la superficie exploitée. Favoriser les polycultures et un mode d exploitation avec une mécanisation réfléchie. Sensibiliser à destination des jardiniers amateurs pour qu ils n utilisent plus de pesticides. 10

11 11 100% recyclage Monter en puissance dans le tri et le recyclage, particulièrement dans les matières plastiques. Particulièrement en proposant plus de points de tri collectif. Réduire le suremballage en imposant les entreprises sur celui-ci. Etudier la remise en place d un circuit de consigne économe en CO2 et substituer les bouteilles en plastique par les bouteilles en verre. Informer de toutes les techniques de recyclage à domicile, notamment le compost. Favoriser la réutilisation des déchets en circuits courts. Enterrer les containers de collecte ou, a minima, les masquer par des éléments végétaux. Identifier clairement le tri sur les emballages et standardiser les méthodes de tri à l échelle nationale en commençant à l échelle régionale. Sensibilisation et information Ne pas subventionner les produits qui ne sont pas cohérents avec la démarche de développement durable. Exemple : ne pas subventionner les fenêtres en PVC qui sont difficiles à recycler. Organiser une campagne d information sur ce qui est durable. Sensibiliser les enfants à réfléchir sur l alimentation, la surconsommation et la gestion des déchets. Conclusion : le cadre de vie! On ne peut, et on ne veut, plus attendre que les choses viennent du haut. Nous devons nous prendre en charge : par des gestes individuels au quotidien, tant pour habiter, que se déplacer et pour consommer. Tous les acteurs de la région et surtout les acteurs futurs doivent être sensibilisés. Cependant, nos modes de vie actuels dépendent d un système économique sur lequel nous n avons pas beaucoup de prise et impactent notre qualité de vie et aussi notre santé. Pour résoudre des problèmes mondiaux, agissons local et régional! Nous avons conscience que nous ne pouvons pas agir seuls. Il faut une réelle volonté politique à tous les niveaux. C est aussi le rôle de la Région de faire le lien avec les autres décideurs : Europe, Etat, Département, Communes Nous attendons par ailleurs de la Région dans le cadre du SRADDT qu elle : Organise le territoire régional pour préserver l équilibre entre le rural et l urbain, tant sur le plan de l économie et de l emploi que des services, Etablisse un Plan Régional d Urbanisme (PRU), Coordonne et adapte l évolution de la politique de transports (collectifs et individuels), Préserve notre cadre de vie et notre patrimoine, Agisse pour que les citoyens soient plus au cœur des problématiques des modes de vie durable. 11

12 12 Avis du panel citoyen «Formation» Dans les 20 ans à venir, que doit faire la Région Centre pour développer la formation : comment concilier l accès à la formation pour tous sur le territoire régional avec la nécessité de renforcer les pôles de formations performants et attractifs? Orléans, samedi 2 avril 2011 Les membres du panel citoyen : Marie-Pierre Magali Hervé Michel Maryline François Pascal Jacques Isabelle Clémentine Yoann Cedric Sabrina Nora Sandra 12

13 13 Introduction Dans le cadre d une démarche participative initiée par la Région Centre, 45 personnes sélectionnées par Ipsos ont été réunies en trois panels travaillant sur les thématiques de l environnement, de la formation et de l aménagement du territoire. Notre groupe s est penché sur le deuxième thème. Il était composé de 15 citoyens issus des 6 départements composant la région et représentant la diversité de sa population. La question qui nous a été posée était la suivante : dans les 20 ans à venir que doit faire la Région Centre pour développer la formation : comment concilier l accès à la formation pour tous sur le territoire régional avec la nécessité de renforcer les pôles de formations performants et attractifs? Nous nous sommes réunis durant 3 sessions d un jour et demi et avons accueilli 17 intervenants qui nous ont permis d aborder la question posée sous différents angles. A l issue de ces échanges, nous avons rédigé le présent avis. Avant de présenter notre avis, nous souhaitons dire que nous avons apprécié la démarche qui mélange des citoyens et des citoyennes de tous âges, de toutes orientations politiques et sociales. Le contexte et l accueil ont été propices à la réflexion collective, l échange des idées et la rédaction du document. Des formations de qualité au service de l emploi Nous constatons qu aujourd hui, le bac ne suffit plus pour trouver du travail. Face à deux CV, les recruteurs sont formatés et vont le plus souvent choisir la meilleure école. Certains panelistes pensent que les études longues sont nécessaires et devraient favoriser l emploi mais cela implique de changer les représentations. Mais il faut également souligner que les simples études théoriques ne permettent pas toujours une embauche : une formation pratique complémentaire s avère toujours nécessaire et elle existe déjà à l Université qui propose des stages au niveau de la licence 3 voire de la licence 2. Une formation de qualité est une formation qui sait répondre à un besoin dans le temps et l espace, à tout âge de la vie, pour conforter ses compétences professionnelles comme pour se remettre en selle lors d une perte d emploi. La qualité de la formation joue beaucoup sur l initiative de bouger, surtout en formation continue. Il y a tellement de barrières (âge, déplacement ), qu il faut que la formation soit de qualité. L idéal serait que la formation réponde à des aspirations personnelles et débouche sur le plein emploi. Certains d entre nous se demandent à quel point cette idée est utopique. Ne pas concentrer ni éclater : être élastique en réponse aux besoins Il semblerait que l enseignement supérieur généraliste doive rester concentré pour une plus grande compétitivité et une meilleure performance en pôle universitaire sur Tours et Orléans, assortis de satellites dans les départements pour des filières spécifiques comme par exemple l étude de la gestion des fleuves et de l environnement à Chinon, l informatique à Blois ou le risque industriel à Bourges Il nous paraît important de souligner la nécessité de planifier les formations sur le long terme, au même endroit, pour permettre une meilleure gestion financière et logistique des étudiants. Pour la formation technique (lycée professionnel, CFA ) ou la formation continue, l important est la capacité de réactivité pour une meilleure réponse aux besoins locaux. Par exemple, on pourrait plus utiliser les moyens existants (bâtiments publics vacants ) pour monter rapidement un module de formation répondant aux besoins à venir sur un territoire. Il ne s agit pas de saupoudrer les formations sur le territoire mais de les cibler en fonction des besoins de l emploi local. 13

14 14 Dans un même lieu, les CFA centralisent formation initiale, formation continue et apprentissage. Cette mutualisation des pédagogies et des outils permet une meilleure qualité de formation. La mixité des publics en termes d âge et de provenance sociale est à valoriser parce qu elle permet un échange intergénérationnel et un partage des connaissances. Dans cette optique, il faudrait renforcer l adéquation de la formation aux besoins du marché de l emploi. La formation, quelle qu elle soit, peut dépendre du bassin d emploi, par exemple la Cosmetic Valley (les stages se font dans des entreprises dans un rayon de 20/25 Kms) ou les lycées agricoles, mais également des aspirations personnelles. Par exemple, dans chaque département, il y a une école d aide-soignante. A Bourges, il n y a que 20 places alors qu il y a énormément d offres d emploi. N y aurait-il pas possibilité, sur un secteur qui a des débouchés, d augmenter le nombre de places et d éviter le saupoudrage? Valoriser la formation professionnelle Nous pensons qu il faudrait valoriser la formation professionnelle. Quand on envoie nos enfants au CFA, au regard de la société, cela peut représenter un échec par rapport à la filière générale. Or des métiers comme fleuriste, coiffeur ou horloger, peuvent être valorisants. La façon dont les directeurs nous ont présenté le CFA a changé le regard de certains panelistes sur leurs établissements et une formation parfois méconnue. Plus largement, ils ont mis l accent sur l accès immédiat à l emploi, l insertion professionnelle, la qualité pratique de la formation, une pédagogie plus adaptée On pourrait imaginer d étendre ce type de pédagogie à d autres secteurs de formation, notamment la formation continue. On est assez d accord sur le modèle de formation professionnelle et d apprentissage, parce qu on comprend bien le lien direct entre la formation et l employeur. Quand on a reçu les directeurs de CFA, ils avaient vraiment le souci de leurs élèves, ils vont de l avant, cherchent toujours des nouvelles possibilités pour attirer les élèves. Nous avons retenu que certains élèves ont besoin d être dans la théorie et d autres plus dans la pratique. Le CFA, c est une filière pour un élève qui a cette facilité d apprendre par la pratique plutôt que par la théorie, cela permet d éviter les situations d échec. Un directeur de CFA a mis en évidence le fait que pour certaines formations, par exemple la coiffure, on forme plus de personnes que nécessaire en raison de la pénibilité et du turn-over dans ces métiers (maternité, reconversion ). Les CFA tiennent compte de ces réalités grâce à une meilleure connaissance du terrain. Si plusieurs d entre nous pensent qu il serait bon de transférer ce modèle dans l enseignement supérieur, d autres considèrent que l université n a pas vocation à répondre à des besoins professionnels locaux. Le but, c est le métier. La formation reste un moyen pour l atteindre. Mais pas de métier sans employeur. Il faut donc trouver des employeurs et tout faire pour inciter les entreprises à recruter des stagiaires en alternance. Nous pensons qu il serait judicieux de détacher des personnes auprès des TPE/PME afin d identifier leurs besoins de développement et pouvoir y répondre par une alternance si cela s avère pertinent. Adapter la répartition de l enseignement supérieur en fonction des caractéristiques de chaque filière Pour décider de l ouverture d une nouvelle formation, il est nécessaire d intéresser un maximum d étudiants (justification d un nombre suffisamment élevé de participants) et de répondre aux besoins du marché de l emploi. C est ce que les présidents des universités d Orléans-Tours nous ont expliqué au travers de leur intervention : on forme des techniciens supérieurs qu on met sur le marché de l emploi plus rapidement. Les universités de la région Centre ont peu de relations entre elles et avec les autres acteurs de la formation. Elles se sont laissées distancer par le système des grandes écoles d ingénieur et de commerce. Elles doivent avoir à cœur de sensibiliser les étudiants sur la qualité de leur formation, en communiquant sur les matières enseignées, les débouchés, ainsi que les résultats obtenus. 14

15 15 Il nous semble que plusieurs éléments entrent en ligne de compte pour obtenir une bonne université : la taille, la notoriété et la réputation, les types de formation proposés, la proportion d élèves qui ont réussi à trouver un emploi, le réseau Dans le choix d une formation post-bac, la réputation semble parfois avoir dépassé la qualité des cours Certains enseignements peuvent être délégués dans des antennes comme Bourges ou Chartres, mais d autres, comme la médecine, doivent rester régionales, du fait du nombre de personnes concernées, du nombre d années de formation, des enseignants et de la qualité du plateau technique nécessaire. Nous avons à cœur de tenir compte des aspects financiers de la mise en place d un enseignement. Nous n avons pas la maîtrise des financements sur ces échanges. Cette période d austérité touche tous les aspects économiques de notre société et la formation dans sa globalité doit en prendre conscience (pas de formation à n importe quel prix!). Il ne faut pas forcément tout concentrer sur Orléans et Tours, mais faire telle formation à Orléans, telle autre à Tours. L avantage des pôles spécifiques, c est que ce serait plus équitable au niveau de l attractivité. Mais des villes comme Châteauroux ou Issoudun souffrent d une mauvaise réputation, non pas pour la qualité des formations qu elles proposent mais pour leur cadre de vie. L étudiant qui sort de l université ne doit pas avoir de sentiment d infériorité vis-à-vis des grandes écoles, il doit valoriser son parcours. Le problème c est que les recruteurs ne voient pas ce qu il y a derrière le CV. Il faut que l université prenne exemple sur les CFA dans l accompagnement à la sortie (stages, avant-gardisme, agenda 21, attractivité ). Clarifier le financement de la formation continue Nous avons perçu à travers l intervention d un responsable d Organisme Paritaire Collecteur Agrée (OPCA) que le financement de la formation est très complexe et souffre d un manque de cohérence entre les différents financeurs et organismes gestionnaires. Nous constatons aussi qu il existe plusieurs facteurs qui freinent l accès à la formation continue, et en particulier le coût, puisque l employeur doit remplacer la personne absente pendant sa formation et payer la formation. Nous insistons sur le fait qu il est possible de regrouper les salariés qui veulent se former, cela rendrait le coût moins important. Enfin, les organismes de formation importants, comme le GRETA soutenu par la Région, manquent de moyens humains, financiers et matériels. Informer et accompagner pour ouvrir l horizon des jeunes et de leur famille en matière de formation Informer tôt et progressivement La formation ne commençant pas au lycée, l information doit se faire dès le plus jeune âge auprès des enfants, des familles et des enseignants. Très tôt, un jeune peut commencer à avoir des envies ou des besoins d orientation. Il faut dès ce stade être vigilant pour repérer les aptitudes. Nous pensons que le livret de compétences, qui commence à se mettre en place, peut être un outil à pérenniser dans le temps. Dès le collège, un manque de visibilité de l information se fait sentir. Par manque de moyens (personnes ressources), seuls les enfants en difficultés sont pris en charge en priorité par le CIO, les autres risquant d être privés dès ce moment-là d une information globale. Il serait judicieux de faire venir les acteurs de la formation et de l information à l intérieur même des établissements (Directeur de CFA, Chambre des Métiers, Proviseur de Lycée, anciens élèves, élèves d université et de lycées professionnels, artisans, Mission Locale ) pour offrir des témoignages. L idée serait de créer une ouverture à la réflexion des élèves et de leurs parents sur leur formation 15

16 16 future. En termes d accessibilité, on amène l information pour tous dans l établissement pour les amener à une plus grande autonomie par la suite. Nous pensons qu il est important d apporter la même information à tous dans un souci d égalité sociale par rapport à l information. Cette réflexion nous amène à intégrer des modules obligatoires dans l emploi du temps sur l information et l orientation dès la 6 e et à envisager de développer un poste de référent d orientation. La Région pourrait être à l initiative de cette «passerelle» entre le collège et les formations, en coordonnant son action avec les autres collectivités (départements). Cette idée d information générale devra être reprise dans les lycées généraux, lycées professionnels, CFA et autres lieux de formation en fonction des spécificités de chaque filière. Eviter le cloisonnement de l information pour permettre les réorientations Nous constatons à l heure actuelle que les collégiens et lycéens sont cloisonnés dans leur filière de premier choix. Ils manquent d information sur les possibilités qui leur sont offertes pour leur devenir futur. Il faut également noter un dysfonctionnement de l accès à l information entre les établissements publics et les établissements privés sous contrats qui drainent pourtant un nombre important d élèves. Dans un souci d équité, il est nécessaire de mutualiser les moyens de communication comme la Base de Données de Stages de la Région qui devrait être accessible aux lycéens tant du privé que du public. Au-delà de l information et de l accompagnement, il est nécessaire de permettre une réorientation du jeune qui le souhaite, sans blocage de la part des acteurs (enseignants, familles ). Pour cela, une information régulière et simplifiée est indispensable. Les lycéens doivent être informés de la réalité de l emploi à l issue de leur formation généraliste. Un certain nombre de structures (CIO, Missions Locales) accompagnent le jeune à trouver une formation. Il serait bon de pouvoir regrouper ces organismes en un organisme plus fédérateur. Informer et accompagner pour faciliter les liens entre personnes en formation et entreprises Faciliter les liens entre la formation initiale et les entreprises Pour les lycées professionnels, les nombreuses périodes de stage nécessitent de maintenir une personne ressource dédiée pour faire le lien entre les élèves en recherche de stage et les entreprises locales. On constate que le jeune pris en CFA est celui qui a un contrat. Celui qui n en trouve pas ne sera pas accepté en formation. On constate également que les entreprises sont frileuses vis-à-vis des apprentis. Un médiateur extérieur serait utile entre le centre de formation et l entreprise. Il y aurait ainsi plus de clarté pour les jeunes et pour les entreprises. Avec un intermédiaire, l apprentissage se passera mieux, ce qui incitera les entreprises à en prendre davantage. Ce rôle pourrait être joué par la Région et par les chambres consulaires (Chambre de commerce et d agriculture), ainsi que par les Missions Locales à travers leur réseau de partenariats. Il y a un défaut d accompagnement des jeunes pour la recherche d entreprises ce qui a une incidence sur leur formation en CFA. L accompagnement pourrait être assuré par des centres d informations regroupant tous les acteurs de la formation et de l orientation sous la forme d un InfoBus itinérant qui passerait régulièrement dans tous les territoires de la région. Il ne serait pas limité à l apprentissage mais serait ouvert à tous pour donner une information complète sur la formation. Il faudrait aussi imaginer une solution pour diffuser l information vers les entreprises, créant ainsi un trait d union entre le jeune et les entreprises du bassin de formation. On pourrait s inspirer de la réforme engagée avec les OPCA pour la formation continue et qui prévoit des conseillers qui vont 16

17 17 dans les entreprises, même les plus petites et sur tout le territoire, pour les informer de l offre de formation. Promouvoir la formation continue, notamment dans les petites entreprises Quant à la formation continue, on se rend compte que bien des salariés ne sont pas au courant des formations qui existent et de leurs possibilités d y accéder. C est en particulier le cas dans les petites entreprises ou pour les personnes de faible niveau de formation initiale. Actuellement, cette information est diffusée essentiellement par les syndicats ce qui pose la question des PME où les syndicats sont moins présents. Au manque d information, s ajoute un manque de moyens dans les entreprises pour répondre aux besoins de formation. Il faut aussi sensibiliser l entrepreneur au fait que la formation est un investissement pour son entreprise de façon à l encourager à diffuser l information auprès de tous ses collaborateurs. Pour les très petites entreprises, notamment les artisans, il serait nécessaire aussi d étudier leur situation afin d obtenir l octroi d aides financières. La communication vis-à-vis des PME pourrait aussi passer par le biais de l expert comptable qui seconde le chef d entreprise. Aujourd hui, l expert comptable est assez peu impliqué dans la partie sociale et la montée en compétence des salariés, il conviendrait de le sensibiliser lui aussi. D autres panélistes pensent que l information doit être assurée par quelqu un d extérieur et que l expert comptable a d autres missions. Valoriser les compétences de l expérience professionnelle des demandeurs d emploi Nous constatons qu un bilan de compétences n est pas réalisé auprès des demandeurs d emploi : cela devrait être la première démarche avant d envisager des formations. Cela permettrait de valoriser la personne et d élargir les possibilités de recherche d emploi sans le maintenir dans sa seule formation initiale. Les dispositifs qui partent des compétences, comme le recrutement par simulation ou le passeport formation qui existe pour les métiers des aides à la personne, devraient être rendus plus connus et étendus à d autres métiers / formation. La simplification d accès à la VAE et sa généralisation sont également à encourager. Pour ce qui est des demandeurs d emploi, nous trouvons qu ils sont particulièrement mal informés sur les possibilités de formation qui leur sont offertes. Plus qu un manque de formation, c est un manque de lisibilité qui se pose. Par ailleurs, ils peuvent rarement accéder à la formation de leur choix et à une reconversion en raison des critères d éligibilité aux formations (durée de chômage ) et aux procédures qui paraissent arbitraires. Plus de transparence et d écoute vis-à-vis des demandeurs d emploi est nécessaire pour éviter de fragiliser un public en souffrance. Là aussi, la Région devrait travailler en collaboration avec Pôle Emploi et les centres de formation pour un travail conjoint et une meilleure lisibilité. Mieux détecter les personnes en rupture pour pouvoir les accompagner vers la formation En ce qui concerne les personnes en rupture (difficultés sociales, illettrisme, problèmes de santé ), qui aux premiers abords ne sont pas toujours demandeuses de formation, la nécessité est de les identifier. Nous avons compris que des freins psychologiques (représentation de soi, sentiment d infériorité ou d incapacité vis-à-vis de la formation ) doivent être pris en compte. Les acteurs sociaux tels que les directeurs d école dans les relations avec les familles, les animateurs de centres sociaux et de loisirs ou les associations diverses et variées, peuvent aider à détecter ces personnes et faire intervenir des médiateurs sociaux et des personnes ressources sous forme de tutorat. 17

18 18 Mettre en œuvre différents moyens et supports pour véhiculer l information, en particulier Internet De notre point de vue, l information est trop diffuse et trop complexe. Pour que l usager puisse se l approprier, elle doit être simplifiée, centralisée et accompagnée au moyen de différents supports : un site Internet simple et ludique, un livret d information, des accompagnateurs dans les établissements et des outils de médiatisation grand public (campagne de communication, sms...). Il nous semble important que l information ne passe pas que par les outils des nouvelles technologies qui ne peuvent se substituer à un accompagnement humain : tous les publics ne sont pas en mesure de s approprier ce genre d outils. Pour conclure sur l information, les outils de la Région en termes de formation sont réels mais connaissent un défaut d information vis-à-vis des usagers. Un travail de collaboration entre tous les acteurs de la formation devient primordial. La Région aurait un rôle à jouer en termes de cohésion. Enfin, en tant que citoyens, nous estimons ne pas être suffisamment informés de l impact des politiques publiques en matière de formation : amélioration des conditions de travail, taux de reconversion, effet sur l emploi Les évaluations réalisées devraient être rendues accessibles à tous. Une personne s inscrivant en formation pourrait ainsi mesurer l efficacité de la formation dans laquelle elle s inscrit. Améliorer la mobilité et l accessibilité à la formation Les enjeux de la mobilité pour la formation Pour se former comme pour s adapter à l emploi, la mobilité est importante. La formation favorise l épanouissement professionnel. Cette dernière augmente la reconversion, la qualification et l estime de soi. Cette mobilité concerne à la fois les apprentis, les étudiants, les salariés et les demandeurs d emploi. Elle permet d avoir le choix et le meilleur, en évitant les orientations par défaut. Les besoins de mobilité sont différents selon les publics et les lieux de formation. Pour la formation initiale, et notamment les apprentis, elle répond à un besoin vital d alternance entre plusieurs lieux de résidence (domicile parental, entreprise, centre de formation) et favorise la possibilité de se spécialiser. Pour les étudiants, elle détermine le choix de la filière et la possibilité de s insérer dans le monde professionnel à travers les stages. Pour le salarié, la mobilité pour la formation favorise son évolution dans l entreprise, sa carrière, et lui permet de s adapter en cas de licenciement ou de changement d entreprise. Dans certains cas, elle accompagne la mobilité sociale. La mobilité est un enjeu capital pour l accès à la formation en région Centre du fait de la disposition de l offre de formation et des bassins d emploi le long de l axe ligérien. Mais il est important aussi de permettre l accès aux formations de base partout sur le territoire. La mobilité ne s impose pas, elle s apprend dès le plus jeune âge. Il faut se former à la mobilité par le biais de sorties locales tout au long du parcours scolaire (sorties pédagogiques, visite d entreprises et de services publics ). L important est aussi de se détacher du noyau familial et de son quartier. Elles sont l occasion d un premier apprentissage de l utilisation des moyens de transport. Il est indispensable que ces sorties bénéficient à tous les élèves quelle que soit leur origine sociale. Nos constats Nous constatons que plus le cursus de la formation initiale est élevé, plus on se forme. Par exemple, un cadre (en particulier dans les grands groupes) aura plus d opportunités de se former qu un ouvrier, lui permettant de renforcer ses compétences en lui laissant une plus grande possibilité de progression. Concrètement, 28 % des ouvriers vont en formation contre 75 % pour les cadres. Nous constatons également que plus le niveau de formation est élevé ou spécialisé, plus la mobilité s impose au 18

19 19 niveau du territoire national. Par exemple, un lycée professionnel va attirer d abord les jeunes de sa ville ou de son département alors que le recrutement des universités se fait à l échelle régionale voire nationale. C est également le cas de formations professionnelles pour les métiers rares. Par exemple, le CFA de Tours propose une formation en tapisserie et en horlogerie unique en France. D après les intervenants que nous avons pu entendre, il y a un paradoxe entre d un côté un discours invitant à toujours plus de mobilité et de l autre des dispositifs et des moyens qui ne sont pas toujours à la hauteur. La mobilité a un coût, que ce soit pour accéder à la formation ou pour y participer. Par exemple, un apprenti qui trouve un travail à côté de chez lui et qui est à 90 km de son CFA se posera la question des déplacements (temps et coût). Le coût entre en effet dans l arbitrage. Il est à noter une inégalité de traitement pour les jeunes engagés dans un parcours de qualification à travers le contrat de professionnalisation (aucune aide financière pour le transport ni pour l hébergement, contrairement aux apprentis). Les infrastructures de transports sont insuffisantes et quand elles existent, elles sont bien souvent onéreuses pour le public en formation. Il y a un besoin de moyens de déplacement qui font défaut dans beaucoup de secteurs. Par exemple Nogent Le Rotrou Orléans ou Dreux Orléans. Nous avons compris que les logements étaient suffisants, avec à ce jour logements CROUS pour les étudiants et près de chambres pour les jeunes travailleurs, ce qui est au-dessus de l objectif national de 10 %. Mais, dans les deux cas, ces derniers sont mal utilisés parce qu ils sont gérés comme des logements occupés de manière pérenne (tout le temps) alors que certains ne sont que partiellement occupés dans le temps. Nous avons vu en particulier qu il y avait une inoccupation des foyers pendant plusieurs jours et que le CROUS compte 600 chambres libres. La gestion de l occupation des logements du CROUS et des foyers de jeunes travailleurs est à revoir, du fait d une inoccupation partielle, qui tient au désistement d une partie des étudiants. L affectation des foyers de jeunes travailleurs est différée avec une insuffisance d occupation du fait d une logique de rentabilité. Il existe également un manque de flexibilité pour l accès au logement : comment un apprenti peut faire pour occuper un appartement sur une courte durée (trois jours, une semaine ) selon son planning de formation? En ce qui concerne la mobilité des demandeurs d emploi, la question du logement est effectivement une difficulté. Les aides au logement prévues pour les personnes en demande de formation sont insuffisantes. Nous regrettons de ne pas avoir rencontré d intervenant de Pôle emploi alors que cet acteur national est, selon nous, essentiel pour l accès à la formation de ces publics, en tant que premier interlocuteur. Nos propositions pour le futur Dans l ensemble, nous avons bien entendu que l objectif de la Région était de donner le goût de se former. Pour cela différents moyens pourraient être mis en œuvre. En matière d aménagement, il faudrait d abord repenser les moyens de communication de la région (nouvelles routes, amélioration du réseau et des moyens de transport ) et les rendre plus abordables aux publics en formation. Cela passe aussi par le renforcement des aides financières pour le transport, pourquoi ne pas envisager la gratuité des transports publics pour les personnes demandeuses de formation (étudiants, apprentis, et demandeurs d emploi)? Au niveau de l hébergement, il faudrait mieux faire coïncider l offre et la demande en développant les centres d accueil et en tendant vers un hébergement à la carte. Nous proposons de mettre en place une centrale de réservation : une base informatique qui permettrait de savoir en temps réel où se trouvent les logements disponibles et les réserver. Cela impliquerait que les différents organismes de formation, qui travaillent sur des 19

20 20 publics différents, collaborent. Une autre idée serait de créer des «résidences hôtelières» qui rendraient possible l accès à un logement pour des séjours courts, à des coûts modérés. Ce système bénéficierait aux apprentis lors de leur stage en entreprise et aux demandeurs d emplois en formation. Enfin, pour favoriser et dépasser les obstacles liés à la mobilité, il faudrait continuer le développement des formations à distances avec l utilisation du numérique quand le type d enseignement le permet. Les solutions développées comme les environnements numériques de travail (ENT) nous apparaissent comme des pistes intéressantes. Cela est valable pour tous les types de formation y compris les cours du soir pour les personnes qui ne peuvent se déplacer après le travail. Mais cela nécessiterait d améliorer le réseau de communication haut débit dans les zones rurales. L enseignement pédagogique sera complété par une formation numérique de qualité, pour les personnes ayant de très grandes difficultés à se déplacer (mère de famille en formation, handicapé, mère célibataire, ). Le numérique permettrait de limiter a minima les déplacements. Néanmoins, l outil informatique connait des limites dans son utilisation pour des utilisateurs néophytes ou en difficulté. Le déplacement du formateur permet de regrouper géographiquement les salariés de différentes entreprises selon leurs besoins (on peut citer l exemple de la formation aux premiers secours qui concerne les salariés de différentes entreprises). Le séminaire pour ouvriers comme ce qui est déjà fait pour les cadres devrait être plus développé car il favorise le relationnel et augmente l estime de soi notamment. On pourrait également favoriser les échanges avec les universités étrangères afin d améliorer le dynamisme des universités de la région et de développer l ouverture d esprit des étudiants. Dans l objectif de donner ce goût de se former, la Région devrait être un acteur de l échange (organiser des rencontres internationales, journées à thèmes, ). Dès le collège, l information sur l offre de formation doit être associée au thème de la mobilité en mettant l accent sur les moyens mis en œuvre pour lever les freins techniques à la formation (logement, transport,...). Au-delà de l information, la Région pourrait être à l initiative d un «pass mobilité» qui intégrerait toutes les commodités logistiques (transports, hébergement, ). Ce pass ouvrirait des possibilités de déplacement et d hébergement sur tout le territoire régional et éviterait la multiplication des abonnements et des démarches. Par exemple, un étudiant à Bourges pourrait emprunter avec le même pass le bus de Bourges, le train pour aller jusqu à Tours et le bus jusqu à son logement. Le pass remplacerait ainsi 3 abonnements. Ce pass servirait également aux jeunes en formation ayant besoin d un hébergement ponctuel en pouvant s adresser à un réseau d hébergements (CROUS, foyer pour jeunes travailleurs, hôtel ) conventionnés avec la Région. Il nous semble primordial que la Région travaille en plus grande synergie avec tous les acteurs de la formation, y compris les acteurs privés et Pôle emploi (ainsi que ses conseillers), sur tous les thèmes abordés précédemment, en particulier le logement, le transport et le coût de la formation. Pour conclure, nous vous remercions de nous avoir fait participer à cette expérience nouvelle pour nous et enrichissante. Nous remercions également tous les intervenants et les membres du panel. Nous espérons un retour d information sur les suites données aux différents projets mis en place dans l élaboration du SRADDT. 20

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