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2 ORGANISME À BUT NON LUCRATIF ÉDITEUR Association des biologistes du Québec 1208, rue Beaubien Est, bur. 102 Montréal (Québec) H2S 1T7 Tél. : RÉDACTRICE EN CHEF Gaétane Boisseau COLLABORATEURS Suzanne Bélair; Patrick Paré; Annick Drouin; Dominique Pecqueur; Maud Laberge; Nathalie Perron; Jean-Paul Morin; Dominique Tremblay. INFOGRAPHIE Anne Piché graphiste inc. IMPRIMERIE Imprimerie CCR Photocopies PUBLICITÉ Valérie Gauvin Tél. : Courriel : TIRAGE 550 exemplaires ISSN e trimestre 2007 DÉPÔT LÉGAL Bibliothèque nationale du Québec Bibliothèque nationale du Canada COMITÉ EXÉCUTIF DE L ABQ Présidente...Nathalie Perron Vice-président...PatrickParé V-P à l'éducation...dominique Pecqueur V-P aux communications...pierre-yves Robidoux Secrétaire...Fabien Bolduc Trésorière...Huguette Varin Les auteurs des articles demeurent responsables de leurs opinions et cela n engage en rien l Association des biologistes du Québec. Société canadienne des postes Envois de publications canadiennes Contrat de vente nº Papier Rolland Enviro 100 (100 % recyclé, 10 % post-consommation) Pour soumettre un texte ou partager une opinion Date de tombée : 14 septembre 2007 Date de publication : octobre 2007 Mot de la rédactrice Gaétane Boisseau, biol. M.Sc. Rédactrice en chef Avant de vous présenter sommairement le contenu de ce numéro estival, j aimerais d abord remercier et souligner l excellent travail, au fil des numéros, des collaborateurs au bulletin. Alors, un gros merci aux chroniqueurs que sont David Carter (Biotechnologie), Dominique Tremblay (Microbiologie), Suzanne Bélair (Mode de vie et environnement; J ai lu pour vous), Nathalie Perron (Vers une foresterie durable), Hélène Godmaire et Stéphanie Côté (Plantes envahissantes) et Catherine Gouillard (Éducation, vulgarisation et interprétation) pour votre contribution au bulletin. Vos textes illustrent différentes facettes de la profession de biologiste et nous éclairent sur des problématiques environnementales très actuelles. Merci également aux auteurs occasionnels, notamment de nombreux professionnels du domaine de la recherche, de l éducation et de la consultation, qui ont su apporter un éclairage sur des enjeux qui préoccupent les biologistes. Enfin, j aimerais également remercier les représentants de l ABQ, notamment la présidente Nathalie Perron de même que les directeurs de sections régionales et les responsables de comités, qui nous ont communiqué les différentes actions de l ABQ en région et l état d avancement de certains dossiers de l Association. Au sein du bulletin, il y a toujours de la place pour de nouvelles chroniques ou des articles ponctuels. Nul besoin d être biologiste pour proposer un article. L important est l intérêt suscité chez les biologistes par votre sujet d article. Notre profession couvre de très nombreux champs de pratique, nombre d entre eux n ont pas encore été exploités dans le In Vivo. Alors je vous invite à partager vos connaissances ou vos préoccupations, et ce, pour le bénéfice de toute la communauté des biologistes au Québec. Nous débutons ce numéro avec un article de Suzanne Bélair portant sur le sort des dauphins élevés en captivité. Un sujet d intérêt qui pose un questionnement éthique évident. Nous poursuivons avec un texte d Annick Drouin concernant les lacs sans poissons, leurs particularités et leur importance pour le Garrot d Islande. Un peu plus loin, Dominique Tremblay nous explique ce qui cause la dermatite du baigneur et comment réduire le risque de contracter cette affection lors de nos baignades en milieu naturel. Et, je vous présente les lauréats des Phénix de l environnement 2007, le plus prestigieux concours en environnement au Québec. Bravo à tous les lauréats et les finalistes! En terminant, ne manquez pas la revue de presse de Suzanne Bélair et les nouvelles parutions. Bon été! 2

3 Sommaire 6 10 MODE DE VIE ET ENVIRONNEMENT Delphinarium : Éducation et protection, ou cruauté et pollution? Suzanne Bélair Les lacs sans poissons : des habitats distincts à protéger Annick Drouin CHRONIQUE MICROBIOLOGIE La dermatite du baigneur Dominique Tremblay Les lauréats des Phénix de l environnement 2007 Gaétane Boisseau Rubriques Mot de la rédactrice Gaétane Boisseau Éditorial Nathalie Perron Nouvelles de l ABQ J ai lu pour vous Suzanne Bélair Parutions et BIOagenda Gaétane Boisseau 3

4 ÉDITORIAL L Association à l action : une année riche en réalisations. par Nathalie Perron, biol. Ph.D. Présidente 4 Bien que nous ne vivions pas dans un monde idéal, la mise en commun de nos ressources, de notre expertise et de nos temps libres permet parfois de réaliser quelques tours de force. Voici quelques unes des réalisations des administrateurs et collaborateurs de l ABQ pour cette année! In Vivo Comme vous pouvez le constater depuis déjà trois numéros, notre In Vivo a subi une cure de jouvence grâce à la participation de Gaétane Boisseau, rédactrice en chef, et d Anne Piché, notre graphiste. Une couverture couleur et un contenu plus imagé agrémentent le fil de vos lectures. Maintenant, sortez vos plumes, vos crayons ou vos claviers pour nous produire des chroniques ou des articles sur les sujets qui vous passionnent. De plus, les personnes intéressées peuvent également délier les cordons de leur bourse ou ceux de leur patron pour réserver des espaces publicitaires. Pétition ABQ / AMQ Toujours actif, le comité d incorporation ABQ/AMQ a lancé auprès de ses membres en début d année une pétition électronique visant à soutenir l incorporation des biologistes et des microbiologistes (http://www.incorporation-abqamq.ca/). Cette pétition a connu un grand succès avec plus de signatures. Je vous invite à joindre les rangs des signataires si ce n est pas déjà fait et à inviter vos proches à en faire autant. Vous trouverez sur ce site Internet plusieurs raisons pour appuyer cette cause légitime ainsi que tout l historique de nos démarches auprès de l Office des professions du Québec. Vous pourrez également consulter des liens utiles avec les ordres de biologistes de d autres provinces canadiennes. Je félicite sincèrement Jean-Paul Morin et Richard Brunet pour leurs efforts soutenus dans le dossier de l incorporation et leurs initiatives. Stratégie de communication Suite aux travaux de restructuration réalisés il y a deux ans, Pierre Yves Robidoux, vice-président aux communications, a élaboré en cours d année une stratégie de communication. La stratégie est actuellement en consultation auprès des membres du conseil d administration et elle sera adoptée à la réunion de septembre. Cette stratégie nous orientera quant aux actions à poser auprès des différents publics cibles ainsi que sur les communications internes et externes. Cette stratégie se veut un guide de bonne conduite pour les administrateurs de l ABQ afin d améliorer nos façons de faire. Code de déontologie Bernard Hudon a gentiment accepté le mandat qui lui a été confié par le conseil d administration de réviser et d actualiser le code de déontologie de l ABQ, adopté en juin Ce travail a nécessité de nombreuses heures de lecture (codes de d autres professions : ingénieurs forestiers et urbanistes notamment). La version révisée par Me Robert Daigneault a été transmise aux administrateurs lors du dernier conseil pour commentaires et adoption. Trente ans plus tard, le nouveau code de déontologie sera déposé à l Assemblée générale annuelle de l ABQ en octobre prochain pour adoption par les membres. Le document sera ensuite distribué à tous les membres qui devront s engager à le respecter. 32e congrès annuel L organisation du 32e congrès annuel ayant pour thème «Tourisme, nature et biologie» va rondement. Le comité organisateur sous la direction de Patrick Paré, vice président, a recruté plus d une vingtaine de conférenciers de prestige pour alimenter ces deux jours d activités, les 26 et 27 octobre prochains à l Hôtel SPA Confort Castel de Granby. Recrutement Bien que des efforts soutenus aient été réalisés depuis le début de l année, le recrutement stagne. Force est de constater que nos objectifs ambitieux de membership ne seront pas atteints. Toutefois, nous ne devons pas baisser les bras. Il faut continuer notre sollicitation de nouveaux membres et faire les rappels pour les membres en renouvellement. De plus, nous serions intéressés à obtenir de l aide en provenance des différentes universités québécoises afin de faire connaître l ABQ auprès des étudiants et des nouveaux diplômés et d accroître le recrutement. Retroussons nos manches et passons à l action sans tarder! Autres réalisations Parmi les autres réalisations, il faut notamment souligner le travail des régions du Saguenay-Lac-St- Jean et de l Estrie pour l organisation d activités de formation et de transfert des connaissances qui ont attiré beaucoup de monde. Soulignons également la contribution de Dominique Pecqueur, vice-présidente à l éducation, dans la récente organisation d une formation continue pour nos membres à Montréal. De plus, l envoi régulier d offres d emploi par Valérie Gauvin, coordonnatrice, semble toujours très apprécié par nos membres. À venir Et ce n est pas tout! Dans les prochaines semaines, nous produirons l annuaire des membres 2007, nous mettrons à jour le site Internet et nous procéderons à l analyse des candidatures pour les distinctions De plus, nous intensifierons nos efforts de recherche de financement pour le congrès, l annuaire et le In Vivo. Si vous êtes intéressés à nous donner un coup de main sur l un ou l autre des dossiers énumérés précédemment, n hésitez pas à nous contacter.

5 Les membres du conseil d administration de l ABQ à la réunion du 19 mai dernier au Vignoble Les Trois Clochers à Dunham, propriété de Nadège Marion et de son conjoint : Jean-Paul Morin (directeur Estrie), Patrick Paré (vice-président), Bernard Hudon (administrateur), Maud Laberge (directrice Saguenay-Lac-St-Jean-Côte-Nord-Nouveau-Québec), Nathalie Perron (présidente), Marie Saint-Arnaud (administratrice), Dominique Pecqueur (vice-présidente à l éducation), Fabien Bolduc (secrétaire) et Huguette Varin (trésorière). Sont absents de la photo : Nadège Marion (administratrice) et Pierre Yves Robidoux (vice-président aux communications). 5

6 MODE DE VIE ET ENVIRONNEMENT Delphinarium : Éducation et protection, ou cruauté et pollution? par Suzanne Bélair, biologiste Après avoir abordé le sujet des croisières dans l avant-dernier bulletin In Vivo, j aimerais continuer sur la question de nos choix de vacances et parler aujourd hui d une forme de divertissement questionnable auquel certains s adonnent lors de leurs séjours à l étranger. 6 La semaine dernière, j ai rencontré une connaissance qui arrivait de vacances au Mexique. À ma question à savoir ce qui l avait le plus impressionné avec ce beau pays, elle m a répondu sans hésitation que c était son expérience de nage avec les dauphins dans un parc aquatique. Elle était fière de ses photos où on la voit, elle et sa famille, tous à l eau et souriant à la caméra, à côté de quelques dauphins qui ont l air bien heureux aussi, et d autres où les adultes et enfants s accrochent à leurs nageoires, les embrassent et les flattent. Nous savons que les dauphins sont des animaux très intelligents et de plus en plus d études révèlent qu ils ressentent les mêmes émotions que nous. Comment peut-on les réduire ainsi à n être qu un jouet ou une attraction? Comment peut-on penser qu un animal prisonnier et qui doit travailler pour sa subsistance peut être heureux de traîner derrière lui ces humains qui oublient tout scrupule quand il s agit de s amuser un peu? Notre fascination pour les dauphins, dont le nom signifie «esprit de la mer» en grec, remonte à l Antiquité où ils étaient perçus dans la mythologie comme des créatures bénéfiques et même divines. Au cours de l histoire et au fil des mythes et des légendes anciennes, le dauphin devint pour l humain symbolique du contact avec le monde marin, autrement inaccessible. Les propriétaires de delphinariums ont su s emparer de cette vision et exploiter cet engouement pour le mystérieux et l imaginaire pour créer une industrie très profitable. Aujourd hui, cette «attraction touristique» génère des millions de dollars. Tous Karen Roach ceux qui ont approché les dauphins s entendent généralement pour qualifier l expérience d unique. Mais regardent-ils plus loin que l heure qu ils ont passé avec l animal? Pensent-ils seulement qu alors que leur visite se termine et qu ils sortent la tête remplie de souvenirs, le dauphin demeure, quant à lui, prisonnier et doit faire face à la prochaine vague de visiteurs? Pensent-ils à ce qui se cache derrière cette industrie où les captures sauvages, le trafic illégal et les morts prématurées sont la norme? Le Mexique est le paradis du dauphin en captivité avec vingt parcs aquatiques. A Cancun, on a même construit un mini parc à dauphins à l intérieur d un centre commercial. Même dans un environnement si évidemment artificiel, les spectateurs ne semblent pas réaliser qu ils sont complices de l abus de ces animaux. Les dauphins soufrent de la captivité et de la chaleur, de devoir travailler sept jours sur sept dans des piscines chlorées, en plein soleil et peu profondes. À l état sauvage, quand le soleil est trop chaud, ils se laissent couler profondément à des centaines de mètres pour se rafraîchir. Dans les bassins, ils attrapent plutôt des coups de soleil, ce qui les rend parfois presque noirs. Ils soufrent de cette vie remplie de gestes répétitifs, d être touchés et manipulés à longueur de journée, d être ainsi mis à la disponibilité des touristes qui croient qu ils s amusent autant qu eux La captivité des dauphins a commencé au Marine Studio (fondé en 1938) de St-Augustine en Floride. C est là qu on a découvert qu ils pouvaient être entraînés pour performer pour notre divertissement. Suite à cela, les delphinariums ont commencé à se multiplier. L avènement du film Flipper en 1963, puis de la série télévisée des années 60 ne firent qu augmenter la popularité de ce type de spectacle. C est en 1966, que les premiers dauphins furent exportés en Europe. À cette époque, aucune législation n existait. Ce n est qu en 1972 que la Loi sur la protection des mammifères marins fut introduite aux États- Unis. Cette vision plus critique des delphinariums

7 Pamela Hodson riums força plusieurs d entre eux ainsi que la plupart des spectacles itinérants de dauphins à cesser leurs activités (Wikipedia 2007). Aujourd hui, le dauphin est l animal sauvage le plus en demande sur la planète. On le vend pour $ tandis qu il rapporte plus de 1 $ million par année. À cause de son apparence et parce qu il vit plus longtemps en captivité, l espèce la plus populaire est le dauphin à gros nez (Tursiops truncatus) mais plusieurs autres espèces dont les dauphins communs (Delphinus capensis et D. delphis) et les faux épaulards (Pseudorca crassidens) sont aussi exploitées. Au début, la plupart des dauphins à gros nez étaient capturés près des côtes de la Floride où ils étaient abondants mais depuis 1972, la pratique est interdite. Si les dauphins sont chassés pour leur viande depuis plusieurs siècles au Japon, aux Îles Faeroe et aux Îles Solomon, cette pratique barbare se perpétue aujourd hui à cause du soutien de l industrie de la captivité. Chaque chasse est en effet l occasion de vendre les plus beaux spécimens à des courtiers en dauphins, qui les achemineront ensuite à des delphinariums du monde entier, ou parfois directement à des dresseurs. Les autres sont envoyés à l abattoir. On estime que près de dauphins sont tués chaque année au cours de ces chasses sanguinaires. L Alliance des parcs marins et aquariums des États- Unis prétend que les conditions se sont grandement améliorées depuis les dix dernières années et que les delphinariums doivent maintenant justifier la garde de dauphins en captivité par le développement de programmes éducatifs. Mais quelle est la valeur éducationnelle d un contact avec un animal dans un environnement totalement étranger au sien et qui est forcé de performer et de se comporter contrairement à sa nature? La porte parole du dauphin en captivité, Sherryl Messenger, elle-même propriétaire d un petit parc à dauphins situé dans un complexe hôtelier du sud de la Floride, parle de «connexion» avec l animal. Voilà un beau terme de marketing. Au cours d une entrevue télédiffusée à «Enjeux», elle déclare qu elle n est pas au courant de la façon dont les dauphins sont capturés mais qu elle ne croit pas que c est de façon violente (Dupuis 2004). Or, aucune capture ne peut être non-violente. Les animaux sont pourchassés jusqu à épuisement, les bébés sont séparés de leur mère. Le stress provoque souvent des crises cardiaques. Comme les humains, ils ressentent une détresse extrême à être sortis de leur environnement de façon si brutale et ne comprennent pas ce qui se passe. Les vétérinaires qui les accompagnent durant le transport doivent leur donner du Valium pour les calmer et parlent d ulcères et de vomissements. Beaucoup meurent pendant le voyage ou dans les jours qui suivent leur arrivée à destination. Dans les pays développés, on favorise maintenant les programmes de reproduction. Les techniques d insémination artificielle permettent de varier le pool génétique et d atteindre des taux de natalité suffisants. Mais qu ils naissent en captivité ou non, la mortalité moyenne se situe à 53 % au cours de la première année suivant la naissance ou la capture. Au 6 avril 2005, on dénombrait morts prématurées dont 20 à l aquarium de Vancouver (CFN 2005). On redoute cependant qu un grand nombre de morts ne soit pas rapportées. En outre, la pratique des captures sauvages existe encore ailleurs et le commerce des dauphins vivants existe bel et bien, même s il est maintenant réglementé par CITES (Convention sur le commerce international des espèces de faune et de flore sauvages menacées d extinction, aussi appelée la Convention de Washington). Un des principaux exportateurs est Cuba, sous le contrôle de l Acuario Nacional de Cuba. Jusqu en 2005, les Îles Solomon pouvaient aussi capturer et exporter les dauphins sauvages mais une nouvelle loi interdit maintenant leur exportation. Plusieurs delphinariums américains importaient leurs dauphins capturés lors de chasses au Japon mais en 1993, le service national des pêches marines a refusé d accorder 7

8 corder un permis d importation pour quatre faux épaulards capturés au cours d une de ces chasses japonaises et destinés à Marine World Africa USA. S ils sont gardés en piscine, l eau en est constamment filtrée et l industrie prétend que sa température ainsi que sa composition devraient équivaloir aux conditions que le dauphin rencontre à l état sauvage. Cependant, le chlore qu on y ajoute interfère avec certains aspects de la communication des dauphins et cause des irritations respiratoires, de la desquamation et des taches décolorées sur la peau. Le ph est généralement maintenu entre 7,6 et 7,8 tandis que l eau de mer est à 8,3 (Dombrosky 2002). Et de quelle température parle-t-on, à la surface ou à 100 mètres de profondeur? La grandeur des bassins est réglementée. En Europe, l Association pour les mammifères aquatiques recommande 275 m 2 pour cinq bêtes, une profondeur minimale de 3.5 m pour au moins l aire de surface minimale et un volume d eau d au moins 1000 m 3 avec des ajustements pour chaque animal additionnel. On demande qu au moins deux de ces conditions soient remplies et que la troisième ne soit pas plus de 10 % hors norme. Aux États-Unis, la réglementation n exige que 30 pi (9,14 m) de long et 6 pi (1,83 m) de profondeur (WSPA 2007). S ils sont gardés dans des enclos comme ceux du Groupe Dolphin Discovery, qui possède sept emplacements dont quatre au Mexique, ils deviennent vite une source de pollution importante qui déséquilibre la chimie de l eau et met en danger la vie des coraux. Un de ces endroits est situé à Cozumel. Récemment, on a demandé à Tom Gaureau, président du Global Coral Reef Alliance (GCRA), d investiguer la cause de la mort des récifs de corail dans les eaux de Cozumel. Au cours de son étude, il a découvert que les pires bactéries ont comme origine les dauphins. Il a pu constater que l eau en aval des enclos à dauphins est verte et envahie par les algues et les bactéries, et que les clôtures entourant les enclos sont recouvertes de masses gluantes qui se détachent et sont 8 Hannu Liivaar emportées par le courant. Plus on s approche des clôtures, pire est la situation. Tandis que les algues sont totalement absentes en amont des enclos, elles sont très abondantes jusqu à un kilomètre en aval des enclos, la cause principale étant l abondance de phosphore et d azote. Un quart de million de touristes viennent ici chaque année, dépenser environ 150 $ US pour nager avec les dauphins et leurs déjections. Un seul dauphin excrète autant que 4 à 6 personnes. Dans un enclos de 10 à 15 dauphins, c est l équivalent de 40 à 90 personnes. Le surplus de nourriture tombe au fond de l océan avec les excréments. Ici, l eau est verte et trouble avec la présence de bactéries en décomposition sur des débris d excréments et de nourriture au lieu d être bleue et limpide. À l état sauvage, un dauphin peut nager plus d une soixantaine de kilomètres par jour, ce qui dilue sa pollution sur une grande zone et n affecte pas la balance chimique de l eau ni les coraux. À Isla Mujeres, où 23 dauphins sont confinés dans un enclos situé près de la berge, le problème est amplifié par le fait que l Île est située en aval de Cancun où la majeure partie des eaux usées est rejetée sans traitement ou après un traitement minimal. À cet endroit, on observe des algues vertes ressemblant à de la barbe à papa, indice d une quantité abondante d azote. Cette espèce se développe rapidement et s installe sur les récifs de corail provoquant leur mort. Au fond de l eau, on observe des coraux morts recouverts d épais filaments d algues. Presque tous les coraux survivants sont malades, montrant des endroits blanchis et exposant leur squelette de calcium. Après quelques jours, la couleur tourne au vert, rouge ou brun selon l algue qui l a colonisé. Plusieurs coraux meurent chaque jour à cause de cette pollution (Goreau 2006). La crise que traverse présentement tous les récifs de corail est exacerbée par la présence des enclos à dauphins. Somme toute, la meilleure façon de voir des dauphins sans déranger leur vie ou l environnement est l observation passive en haute mer. Sous le couvert

9 couvert de programmes de recherches, les delphinariums continuent d exploiter ces animaux qui ne demandent qu à vivre en paix dans leur environnement. Rick O Barry, ancien entraîneur de Flipper devenu activiste pour leur défense, compare la situation à l observation du Grand Canyon. On doit aller le voir sur place, on ne l apporte pas là où c est plus commode. Au large de Key West, les propriétaires de bateaux sont solidaires avec l idée de protéger l espèce et il est totalement interdit aux touristes de nager avec les dauphins ou de les nourrir lors des excursions d observation. Depuis 2005, il est interdit au Costa Rica de garder des dauphins en captivité et même de nager avec eux en mer. Au Canada, il existe encore deux delphinariums : un à Vancouver et Marine Land en Ontario. Seulement celui de Marine Land achète encore des dauphins sauvages. À Vancouver, on mise plutôt sur l insémination artificielle. Mais qu ils soient capturés en haute mer ou qu ils soient nés en captivité, leurs caractéristiques physiologiques sont les mêmes et leur emprisonnement dans des espaces restreints viole leurs besoins comportementaux fondamentaux. Comme n importe quelle autre activité économique, l industrie est basée sur l offre et la demande. Tant que les touristes voudront payer et supporter ce type d exploitation, les dauphins continueront d être capturés sauvagement et les programmes de reproduction vont s intensifier. Finalement, la question des dauphins en captivité est symptomatique de notre relation avec la nature et c est à nous, les consommateurs, de modifier nos comportements et nos attentes et de refuser d être complices de ce type de violence et d abus. Voir les références en page 15. Suzanne Bélair est biologiste et travailleuse autonome. Elle travaille actuellement dans la renaturalisation de milieux perturbés, en conception de paysages, et est membre du Comité Environnement d un lac de l Estrie, de même que celui de la ville de Kirkland. La solution logique SPÉCIALEMENT pour les membres de l Association des biologistes du Québec. Avec TD Meloche Monnex, le chef de file national de l assurance habitation et automobile de groupe, le résultat est toujours d une valeur exceptionnelle. Nous offrons de l assurance habitation et auto EXCLUSIVEMENT aux membres d associations de professionnels et de diplômés comme vous. Vous bénéficiez de produits d assurance de haute qualité à des tarifs de groupe avantageux. À cela s ajoute un service exceptionnel que vous nous contactiez pour acheter une police, recevoir un conseil ou présenter une demande d indemnité. PROFITEZ de tarifs de groupe avantageux et d un service exceptionnel : ou TDMelocheMonnex.com/abq Vous pourriez GAGNERune Mercedes-Benz R 350*! Programme d assurance parrainé par : Nos tarifs de groupe en assurance auto ne sont pas disponibles à l Île-du-Prince-Édouard. Les tarifs de groupe en assurance auto ne s appliquent pas à l Île-du-Prince-Édouard. En raison des lois provinciales, notre programme d assurance auto n est pas offert en Colombie-Britannique, au Manitoba et en Saskatchewan. Le programme d assurances habitation et auto de TD Meloche Monnex est souscrit par Sécurité Nationale compagnie d assurance et est distribué par Meloche Monnex assurance et services financiers inc. au Québec et par Meloche Monnex services financiers inc. dans les autres provinces et territoires. *Aucun achat requis. Certaines conditions et restrictions s appliquent. Pour plus de détails sur le concours, veuillez consulter les règlements sur TDMelocheMonnex.com/abq. 9

10 10 Les lacs sans poissons : des habitats distincts à protéger par Annick Drouin, biologiste doctorante en biologie Récipiendaire de la Bourse habitat faunique 2004, offerte conjointement par l Association des biologistes du Québec et la Fondation de la faune du Québec, dans le cadre du projet de maîtrise en ressources renouvelables à l UQAC. Selon les plus récentes estimations, il existerait plus de lacs sans poissons localisés dans les régions du Saguenay et de la Côte-Nord. Bien que les lacs sans poissons dans le sud du Québec soient souvent associés à l acidification des lacs causée par la pollution, ceux du nord sont d origine tout à fait naturelle. Ces derniers datent de la fin de la glaciation du Wisconsin, il y a environ ans. C est lors de la colonisation postglaciaire que certains lacs en tête de bassins versants sont demeurés sans poissons, en raison de la présence de seuils infranchissables marquant la limite du Plateau laurentien. L absence de poissons dans ces lacs est donc reliée à l isolement géographique en altitude et non à des paramètres physico-chimiques défavorables au recrutement de populations de poissons, tels le ph faible ou l anoxie hivernale. L existence de liens trophiques entre les écosystèmes aquatiques et terrestres amène à se questionner sur le rôle des lacs sans poissons au sein de l écosystème boréal. Plusieurs organismes aquatiques, qui sont les proies du poisson, ont un cycle de vie comportant un stade larvaire aquatique et stade adulte terrestre. Ainsi, les interactions du poisson peuvent avoir une incidence sur la faune et la flore au-delà des limites aquatiques. Par exemple, dans la région du Saguenay les lacs sans poissons pourraient être un habitat important pour la nidification du Garrot d Islande (Bucephala islandica), un canard dont la population de l est du Canada a reçu le statut d «espèce préoccupante». La sélection du lieu de reproduction par le Garrot serait grandement influencée par l abondance d insectes aquatiques, principale source de nourriture des adultes et des juvéniles lors de cette période. Il est donc possible qu il y ait compétition entre cet oiseau et le poisson pour les ressources alimentaires. Des travaux du Service canadien de la Faune confirment d ailleurs l association étroite entre les lacs sans poissons et le Garrot d Islande (Robert et al., 2000). À l heure actuelle, la plus grande menace aux lacs sans poissons est de nature anthropique. Plusieurs lacs sans poissons ont déjà été ensemencés avec succès pour le profit de la pêche sportive, principalement dans les zones d exploitation contrôlées (ZEC). L ensemencement de lacs sans poissons a également été utilisé comme mesure compensatoire pour pallier à la perte d habitat du poisson engendrée par la construction du barrage sur la rivière Ste-Marguerite (Hydro-Québec, 2003). Il y a toutefois lieu de mettre en question les activités d ensemencement. Les lacs sans poissons ont fait l objet de très peu d études et il est ainsi difficile d évaluer les conséquences de l introduction de poissons sur la diversité biologique et l intégrité biotique de ces lacs. L objectif principal de mon projet de maîtrise fut de caractériser les communautés d invertébrés des lacs sans poissons à partir d une approche comparative. Plus spécifiquement, les caractéristiques des communautés (abondance, indices de diversité) et les assemblages d espèces (indice de similarité) ont été comparés entre cinq lacs sans poissons et cinq lacs renfermant des populations allopatriques d omble de fontaine (Salvelinus fontinalis). Trois groupes d invertébrés ont été échantillonnés, soit le zooplancton en zone pélagique ainsi que le necton et le benthos en zone littorale. Les lacs à l étude étaient situés sur les territoires des ZEC Chauvin et Martin-Valin (voir Drouin et al. (2006) pour plus de détails sur le matériel et méthodes, les résultats et les listes complètes des espèces répertoriées). Principaux résultats Il est possible d affirmer que les communautés dans les lacs sans poissons sont différentes de celles des lacs avec poissons. Toutefois, cette conclusion n aurait pu être avancée sans l'utilisation des assemblages d espèces pour comparer les communautés. 1. L abondance des communautés L abondance des organismes zooplanctoniques était significativement plus élevée dans les lacs sans poissons, tandis que l abondance des organismes nectoniques et benthiques n était pas différente entre les deux types de lacs. 2. La diversité des communautés Les indices de diversité utilisés se rapportaient au nombre total d espèces trouvé dans un échantillon et à leur proportion respective, sans liens qualitatifs avec les taxa répertoriés. Selon les indices utilisés, il n y avait pas de différence entre les deux types de lacs chez les trois groupes d invertébrés étudiés. Ainsi, le même nombre d espèces était présent, selon des proportions similaires), dans les lacs sans poissons et avec poissons. 3. Les assemblages d espèces La mesure d assemblage d espèces utilisée était quant à elle dépendante des taxa répertoriés dans l ensemble des échantillons et se rapportait à leur présence et absence, ainsi qu à leur abondance respective. Une différence significative entre les assemblages d espèces a été observée chez les trois groupes d invertébrés. Les lacs sans poissons Contrairement aux théories connues sur la prédation du poisson, les communautés zooplanctoniques des lacs sans poissons n étaient pas dominées par les plus gros organismes herbivores, mais bien les plus petits.

11 Chaoborus sp. En absence de poissons, les larves de diptère du genre Chaoborus deviennent le principal prédateur des organismes zooplanctoniques. Les lacs avec poissons Étonnamment, l abondance du cladocère Daphnia pulex, une proie reconnue de l omble de fontaine, était significativement plus grande dans les lacs avec poissons. Ce résultat peut être explicable par le fait que l omble de fontaine n était pas le seul prédateur du zooplancton présent dans les lacs étudiés. Dans les lacs avec poissons, il a été observé que l abondance de Chaoborus était plus faible et que la composition spécifique des larves était différente. Les larves de Chaoborus sont des prédateurs capables de structurer les communautés zooplanctoniques et dans le cas présent, il semblerait que leur effet sur les plus gros organismes zooplanctoniques herbivores, tel Daphnia pulex, soit plus grand que celui de l omble de fontaine. L approche par assemblage d espèces s est donc avérée plus sensible à la distinction entre les communautés d invertébrés des lacs étudiés, qui était hautement dépendante de la composition spécifique. L ensemencement pourrait nuire au Garrot d Islande Bien que les résultats obtenus n aient pas démontré qu il existait une plus grande abondance d invertébrés littoraux dans les lacs sans poissons, la différence entre les assemblages d espèces démontre que l omble de fontaine influence bel et bien la présence et l abondance de certains taxa. Il est donc possible que la présence de poissons influence la présence du Garrot d Islande. Cependant, ces résultats ne permettent pas d établir un lien de cause à effet entre ces deux éléments. D autres variables pourraient également expliquer la présence du Garrot d Islande sur les lacs sans poissons, Daphnia pulex notamment l absence de pêcheurs sur ces lacs pourrait assurer une plus grande quiétude des lieux. D après les comparaisons faites dans cette étude, il est peu probable que les ensemencements de lacs sans poissons effectués jusqu à maintenant aient causé l extinction d espèces à l échelle régionale. Toutefois, il est primordial de rester vigilant face à cette activité. Une étude réalisée par le Laboratoire d écologie aquatique de l Université du Québec à Chicoutimi a décelé que les assemblages d espèces zooplanctoniques présents dans les lacs sans poissons, suite à leur ensemencement, n étaient pas dissociables de ceux retrouvés dans les lacs avec des populations naturelles d omble de fontaine. L ensemencement pourrait donc contribuer à la diminution de la diversité des habitats aquatiques à l échelle régionale. Pour terminer, j aimerais profiter de la tribune qui m est offerte pour exprimer ma reconnaissance envers l Association des biologistes du Québec et la Fondation de la faune du Québec. À mes yeux, l obtention de la Bourse habitat faunique dans le cadre de ma maîtrise a fait bien plus que m aider financièrement. Ce fut pour moi un geste d encouragement ainsi qu un symbole de fierté. Cette bourse m a permis de prendre confiance en mes qualités de biologiste et pour ce j aimerais les remercier. Références Drouin, A., Sirois, P. et P. Archambault Structure des communautés d invertébrés et des espèces d amphibiens dans des lacs avec et sans omble de fontaine (Salvelinus fontinalis) en forêt boréale. Rapport technique canadien des sciences halieutiques et aquatiques : vii + 40p. Hydro-Québec Construction of the Sainte- Marguerite-3 hydroelectric development environmental highlights. Hydro-Québec, Québec. Robert, M., Benoît, R. et J. P. L. Savard COSEWIC status report on the eastern population of the Barrow s Goldeneye (Bucephala islandica) in Canada. Service canadien de la faune, Sainte-Foy. Annick Drouin, étudiante au doctorat en biologie à l Université Laval, Québec. 11

12 CHRONIQUE MICROBIOLOGIE La dermatite du baigneur par Dominique Tremblay, microbiologiste et biologiste 12 Quoi de plus agréable qu une baignade tranquille dans un lac naturel? À cette image bucolique d un éden sans faille succède parfois une réalité moins rose. En effet, voici que, alors qu il se détend après la baignade, notre baigneur constate sur les régions cutanées découvertes l apparition de petites plaques rouges... En fait, cette réaction inflammatoire fait suite à la pénétration de la peau par des schistosomes aviaires. Appartenant à la famille des Schistosomidés, ils sont la cause de ce qu'on nomme couramment la dermatite du baigneur. Petite larve microscopique, la «cercaire» est également appelée, sans pourtant qu elle n ait aucun rapport avec les puces, «la puce du canard». Les cercaires sont généralement introduites dans l eau de la baignade par des oiseaux aquatiques porteurs de parasites, le plus souvent des canards. Si petit qu il est quasiment impossible de le distinguer à l œil nu, cet organisme foisonne dans les eaux calmes à l'abri du vent et des courants. Présente dans le monde entier, cette infection ne présente aucun risque majeur pour la santé publique au Canada. Par contre, la multiplication des cas entraîne la fermeture de certains lacs récréatifs et affecte l économie locale des régions les plus touchées. Étant donné les changements démographiques et climatiques à venir dans le sud du Québec, les cas d infection risquent de croître dans la province. Décrite pour la première fois en 1928, elle est maintenant rapportée dans le bassin Grands Lacs Saint-Laurent. À titre d exemple, plusieurs cas de dermatite du baigneur ont déjà été observés chez des personnes se baignant dans le lac Brome. D autres ont également été rapportés dans certains lacs de l'estrie et de Val des Monts ainsi que dans la région du Lac Beauport et au lac Nairne (Charlevoix). Les trématodes pathogènes pour l'homme Parmi les helminthes (vers) qui parasitent le plus fréquemment les humains, il existe deux embranchements: les nématodes et les plathelminthes (vers plats). Ces derniers sont divisés en deux classes, que sont les cestodes et les trématodes (1). La classe des trématodes comprend les schistosomes. Tous parcourent un cycle complexe comportant plusieurs générations et le passage dans divers hôtes. Le cycle du parasite Les adultes des espèces de schistosomes ont des sexes séparés, et les deux doivent être présents pour que le parasite puisse compléter son cycle de vie. Le ver femelle pond des œufs dans l intestin du canard, qui seront ensuite rejetés à l eau avec les fientes de l oiseau. Les œufs éclosent dans l eau et les larves (miracidium) nagent à la recherche de l hôte intermédiaire, un escargot aquatique (famille des Lymnaeidae). Les larves colonisent les Cycle de la cercaire du canard (Réf. : - Sentinelle, Bulletin d information en maladies transmissibles, Volume 6, numéro 10 juillet 2000) escargots et se transforment en cercaires. Elles sortent ensuite de l'escargot pour partir, dans un milieu aquatique à la température adéquate, à la recherche d un oiseau (canard) qu elles contamineront pour s'y développer. Parti du canard, le parasite y retourne donc, bouclant ainsi le cycle. Toutefois, il arrive que, faute d oiseaux, les cercaires contaminent les baigneurs (adultes et enfants). Pour la cercaire qui sort quand l eau est chaude, c est-à-dire au moment où les baigneurs sont plus nombreux, la peau de l humain vaut bien celle du palmipède! Symptôme et effets sur la santé On estime que de 30 % à 40 % des baigneurs exposés aux schistosomes aviaires ont présenté des symptômes (Blankespoor, 1980). Une fois en contact avec la peau humaine, dans l eau, les cercaires s'y agglutinent. Puis, elles piquent la peau pour y pénétrer. Ce phénomène peut prendre de 10 à 15 minutes. Si elles meurent ensuite très rapidement, leur passage n en provoque pas moins des éruptions sous forme de petites plaques rouges qui apparaissent sur la peau. Ces plaques peuvent recouvrir toutes les parties non couvertes du corps qui ont été en contact avec l eau. Quelques heures plus tard, les plaques rouges enflent pour ressembler à des piqûres d insectes (mouches). Elles peuvent alors atteindre la largeur de 1 à 2 cm de diamètre (mais ne dépasse pas une profondeur de 1 mm). Les démangeaisons surviennent quelques minutes à quelques heures après la fin de la baignade. Elles peuvent durer plus de dix jours et se résorbent en une à deux semaines. La réaction est plus sévère et plus rapide lors d'expositions répétées. Non contagieuse, cette éruption n'en est pas moins désagréable. Chez certaines personnes, le fait de se gratter peut entraîner une infection mineure de la peau. Le traitement Actuellement, il n existe aucun moyen ou crème répulsive réellement efficace. L application de compresses froides peut soulager la douleur. Pour calmer les démangeaisons, il est possible d utiliser les mêmes produits que pour les piqûres de moustiques. Le traitement conseillé consiste en l appli-

13 cation de lotion de calamine et la prise d antihistaminiques et de stéroïdes topiques (hydrocortisone à 1 %). Si les symptômes persistent, il est nécessaire de consulter un médecin. De mauvaises habitudes D une certaine façon, le cycle du parasite est en rapport avec certains de nos comportements. En effet, nous avons souvent pour habitude de nourrir les oiseaux. Même s il part d une bonne intention, ce geste entraîne pour les oiseaux une dépendance alimentaire ayant des conséquences que nous ne calculons pas toujours. Le plus souvent nourris de pain, ils bénéficient d un apport excessif de gluten qui provoque des troubles digestifs et a pour effet d augmenter la quantité d excréments, terrain fertile pour les maladies. En outre, en les nourrissant, nous les sédentarisons. Ils développent une dépendance à l humain et deviennent plus vulnérables, en particulier lors de la chasse. Enfin, leur migration est désorganisée et les risques de surpopulation les guettent. La prévention contre la dermatite du baigneur Il est possible de réduire le risque de cas graves en sensibilisant la population aux facteurs de risques. Bien entendu, le meilleur moyen consiste à éviter la baignade dans les parties peu profondes des lacs susceptibles d être infestés. Pour ceux qui décideraient quand même de s'y baigner, il est recommandé de limiter au maximum la durée de l'immersion (10 minutes au plus). Les conditions d ensoleillement de même que les vents du large, ont aussi un rôle à jouer. Finalement, il est important de s informer sur les cas antérieurs de dermatite et la présence de schistosomes dans les eaux d un lac donné. Au sortir de l eau, il est théoriquement possible de prévenir l infection de la peau en l asséchant et en la frottant vigoureusement avec une serviette, afin de détacher les cercaires. Il est également recommandé de prendre une douche et de laver son maillot après la baignade. Les cercaires peuvent aussi pénétrer la peau durant la plus ou moins longue période où le baigneur demeure dans l eau (Hoeffler, 1982 ; de Gentile et al., 1996). S il est difficile de dépister les cercaires dans les eaux naturelles, un bon équipement et une bonne expertise permettent de détecter les infections chez les escargots et les oiseaux. Les molluscicides (pesticides toxiques) utilisés par le passé pour éliminer les populations d'escargots infestés n'ont pas eu de résultats probants et ne sont pas conseillés. Cette façon de procéder n est pas recommandée car tous les mollusques sont tués et les effets sur l environnement sont néfastes. Le dérangement mécanique de l habitat des escargots, utilisé avec succès au Québec, semble plus efficace et présente moins de risques pour l environnement. Qualité de l eau et présence de cercaires Il est à noter que la présence de cercaires n'a aucune incidence sur la qualité bactériologique de l'eau d un lac. En effet, le programme de surveillance de la qualité de Tyback l'eau de baignade (Environnement-Plage) démontre que les plages qui présentent des problèmes de cercaires peuvent quand même avoir une très bonne qualité bactériologique. Il n'y a aucun lien entre la dermatite du baigneur et le degré de pollution de l'eau. Conclusion Chaque été, les risques de dermatite du baigneur reviennent avec le beau temps. Même si cette affection est sans danger pour la santé, elle n en est pas moins extrêmement désagréable, et peut entraîner de lourdes conséquences économiques pour les régions touchées. S il n existe que peu de moyens pour traiter la dermatite, il existe cependant des conseils permettant de l éviter sans trop de difficultés. En effet, la lutte contre la dermatite du baigneur exige une approche à multiples paliers. Du côté de la science, le contrôle de la dermatite du baigneur dépend d'une compréhension profonde de la biologie des schistosomes aviaires. En tant que personne responsable, il est dans notre intérêt de sensibiliser le public aux facteurs de risques et de protéger la santé des baigneurs qui désirent un moment agréable et sans surprise 13

14 32 e congrès de l ABQ Tourisme, Nature, Biologie Références (1)Prescott, Harley, Klein (eds). Microbiologie. Traduit de l anglais : Bacq-Calberg C-M, Coyette J, Hoet Ph et Nguyen-Disteche M. De Boeck-Wesmael S.A. Bruxelle 1995, 1013 p. (ISNB ) Blankespoor, H.D. (1980). «Answers to 25 of the most frequently asked question about swimmer s itch». The Michigan Riparian, mai: Hoeffler, D.F. (1982). «Cercarial dermatitis». Parasitic Zoonoses. CRC Handbook Series in zoonoses. Boca Raton, Fla. de Gentile, L., H. Picot, P.Bourdeau, R. Bardet, A. Kerjan, M.Piriou, A. Le Guennic, C. Bayssade- Dufour, D. Chabasse et K.E.Mott (1996). «Cercarial dermatitis in Europe: A new public health problem? Bulletin of the World Health Organization, 74: Sites intéressants La dermatite du baigneur. Réseau de suivi du milieu aquatique. Service environnement, voirie et réseau. Direction de l environnement. Ville de Montréal.http://www.rsma.qc.ca/pdf/dermatite_ baigneur.pdf Agence de la santé et des services sociaux de Montréal. Dermatite du baigneur - Information au public. Environnement/dermatite/index.html Le biologiste, collaborateur essentiel au développement durable de l industrie touristique L automne prochain s annonce des plus dynamiques avec notre prochain congrès axé sur le tourisme durable. Les biologistes ont leur mot à dire et participent de plus en plus activement au développement du tourisme et à l évaluation de l impact du tourisme au Québec sur la faune et les habitats. C est donc dans cet optique que vous êtes conviés au 32e Congrès annuel les 26 et 27 octobre 2007 à l hôtel SPA Confort Castel de Granby. Au plaisir de vous rencontrer à Granby les 26 et 27 octobre prochains. Patrick Paré, M.Sc. biologiste Vice-président ABQ Cinq grands thèmes, animés par plus de 24 conférenciers, seront abordés au cours de ces deux journées : Chasse et pêche, du nomadisme au tourisme Villégiature et zones riveraines Activités d interprétation et programmes de formation des guides Tourisme scientifique, écotourisme et tourisme d aventure Gestion des pressions envahissantes et évaluation des impacts INSCRIPTIONS Avant le 28 septembre Après le 28 septembre Membres 170 $ 195 $ Non-membres 215 $ 245 $ Étudiants 95 $ 115 $ Vous pouvez vous inscrire dès maintenant au siège social de l ABQ en composant le Le formulaire d inscription et le dépliant officiel du congrès vous seront envoyés sous peu par la poste. Quand la dermatite du baigneur apparaît Santé et services sociaux, Québec.http://publications.msss.gouv.qc.ca/acrobat/f/documentation/2004/ pdf Pour vous renseigner sur la survenue de cas ou pour déclarer des cas diagnostiqués ou suspectés, vous pouvez contacter la direction de santé publique de votre territoire. Pour en savoir plus, communiquez avec le service Info-Santé CLSC de votre région. Dominique Tremblay est microbiologiste et biologiste de formation. Elle écrit des chroniques et des articles à des fins de vulgarisation scientifique. Pour tout commentaire ou suggestion, n hésitez pas à lui faire parvenir vos idées 14 Photo : A. Mochon Photo : P. Breault

15 Suite de la page 9 - Delphinarium : Éducation et protection, ou cruauté et pollution? Références et sites d intérêt : BRADENBURG, M Delphinaria kill, an interview with Nicholas Entrup of the Whale and Dolphin Conservation Society. Mare No. 56, June/July. Disponible sur : CFN. Cetacean Freedom Network History of captive dolphins tel que compilé par U.S. Department of Commerce, National Oceanic and Atmospheric Administration, National Marine, Fisheries Service. Disponible sur : DOMBROSKY, J The use of ultraviolet irradiation for sole disinfection of an inland marine mammal facility. Disponible sur : %20Lagoon.pdf DUPUIS, J Le sourire trompeur des dauphins. Reportage de la série «Enjeux» télédiffusé le 25 décembre 2006 à Radio Canada GOREAU, T Tourism, Water Quality and Coral Reef Health. (film) Global Coral Reef Alliance (GCRA). Disponible sur : O Barry, H What is wrong with Discovery Cove. Disponible sur: SAMUELS, A., BEJDER, L., et HEINRICH, S A review of the literature pertaining to swimming with wild dolphins. Prepared for the Marine Mammal Commission, Contract # T Disponible sur :http://www.mmc.gov/reports/contract/pdf/samuelsreport.pdf Wikipedia WOODLEY, T.H. et al A comparison of survival rates for free-ranging bottlenose dolphins (Tursiops truncatus), killer whales (Orcinus orca), and beluga whales (Delphinapterus leucas), Technical Report No International Marine Mammal Association, Inc. Guelph. WSAP. World Society for the protection of animals What s wrong with swimming with dolphins? Disponible sur : 15

16 Les lauréats et finalistes des Phénix de l environnement 2007 Gaétane Boisseau, biol. M.Sc. 16 Les Phénix de l environnement rendent hommage aux artisans québécois qui contribuent à la protection de notre patrimoine naturel dans une perspective de développement durable. Cette année, 14 lauréats ont été récompensés, le 31 mai dernier à l Assemblée nationale du Québec. Je présente ici que les lauréats et non l ensemble des finalistes. Étant moi-même finaliste dans la catégorie «Protection, restauration ou mise en valeur des milieux naturels et de la biodiversité» pour les Forêts de haute valeur pour la conservation, je compte bien rédiger une de mes prochaines chroniques Conservation sur ce sujet. Protection, restauration ou mise en valeur des milieux naturels et de la biodiversité Protection et aménagement de l Île-aux-pommes Gaston Déry, Québec L île-aux-pommes, au Bas-Saint-Laurent, appartient à la famille Déry, de Québec, depuis 1927 et des activités de protection et de conservation du milieu insulaire y ont cours depuis cette époque. Elle constitue une aire de repos et d alimentation pour la sauvagine et les oiseaux de différentes espèces en période de migration, dont une colonie d eiders à duvet. Avec la collaboration de Canards Illimités Canada, un plan d aménagement a été mis sur pied afin d améliorer l habitat naturel de la sauvagine : maintenir la végétation insulaire et les habitats naturels propices à la nidification, à l élevage, à l alimentation et au repos d une faune aviaire variée. Programme de restauration et d aménagement faunique du Boisé des Pères Comité écologique du Grand Montréal (CÉGM), Montréal Afin de freiner la disparition du Boisé des Pères, la CÉGM a élaboré un programme de restauration de l écosystème en milieu urbain au cœur de Montréal. Les principaux objectifs étaient de créer un milieu favorable à la reproduction et à la migration des oiseaux chanteurs et de faire découvrir la valeur exceptionnelle du parc aux résidents. La consolidation du tissu forestier par la plantation de 49 espèces indigènes, l aménagement de sentiers, la reconstitution d un milieu humide disparu depuis 1956 sont quelques exemples des réalisations qui ont été rendues possibles grâce à ce projet. Gestion des matières résiduelles Sacs réutilisables Métro Richelieu inc., Montréal L initiative novatrice de METRO, en association avec Boisson Gazeuse Environnement et RECYC- QUÉBEC, d offrir un sac réutilisable pour la modique somme de 1 $ a soulevé l enthousiasme des consommateurs. En effet, plus de 1,7 million de sacs ont été distribués jusqu à maintenant réduisant du même coup l utilisation de sacs de plastique. Les sacs réutilisables servent non seulement à ramener les produits d épicerie à la maison, mais aussi à rapporter les contenants consignés chez le détaillant. METRO contribue ainsi à sensibiliser la population à l impact des sacs de plastique sur l environnement. Programme de gestion intégrée des matières résiduelles en milieu nordique Communauté de Wemindji, Wemindji La communauté crie de Wemindji compte habitants. En délaissant le mode de vie traditionnel, les citoyens consomment davantage de produits emballés qui proviennent du Sud, produisant du même coup une plus grande quantité de matières résiduelles. Dans l objectif d augmenter la durée de vie du lieu d enfouissement et de l incinérateur acquis en 2003, un programme de collecte sélective et de récupération a été mis en place en Les résultats obtenus sont impressionnants. La collecte sélective favorise en effet la récupération de près de 50 % des matières générées par les résidents. Activités de compostage sur les campus de l Université McGill Compostage Gorilla, Montréal Mis en place par un groupe d étudiants, Compostage Gorilla procède à la récupération et au compostage des matières organiques sur les campus centre-ville et Sainte-Anne-de-Bellevue de l Université McGill. Le service s adresse aux comptoirs alimentaires et aux cafétérias des deux campus où les matières organiques sont recueillies avec la collaboration des employés. Les étudiants sont aussi invités à apporter leurs résidus organiques aux points de collecte. Parallèlement à ces activités, un volet important d éducation et de sensibilisation à l intention des étudiants et du personnel contribue à la réussite du projet. Éducation et sensibilisation Recherché : jeune paysan engagé! Ferme Le Crépuscule, Yamachiche Né d une volonté de faire découvrir le milieu agricole aux jeunes citadins, ce projet offre aux élèves du secondaire l occasion de passer une journée à la ferme et de participer à différentes activités reliées au bon fonctionnement de ce type d entreprise. Planter des conifères, protéger les érables des prédateurs, nettoyer un parc à bovin, semer de l ail et préparer le bois de chauffage pour l évaporateur de l érablière occupe la journée de ces apprentis paysans. Ils repartent avec des produits de la ferme et de nouvelles connaissances dans leurs bagages. Habitat 07 Les Compagnons du rebut global Blue Storm Télé, Montréal Blue Storm Télé documente des expériences de constructions écologiques avec des émissions comme

17 comme Les Artisans du rebut global et Les Citadins du rebut global. Ces deux séries documentaires démontrent qu il est possible de construire une maison en optant pour des stratégies d achat responsable, qui font appel à la récupération et à l économie d énergie. Avec Habitat 07, les promoteurs prouvent qu il est aussi possible d édifier un bâtiment écologique alimenté uniquement par des énergies de substitution, et ce, avec un budget de $. Engagement citoyen en environnement Monsieur Claude Poudrier, Trois-Rivières Mis sur pied par M. Claude Poudrier, ce projet de formation en Éducation Relative à l Environnement et à la Citoyenneté environnementale repose sur une démarche de résolution de problèmes communautaires. Elle a pour objectif de promouvoir l action citoyenne chez les jeunes afin d améliorer la qualité de l environnement. Elle vise à intéresser les jeunes et leur communauté à l élaboration de projets durables afin de régler les problématiques environnementales qui touchent leur communauté. Implanté dans 15 commissions scolaires au Québec, ce programme touche tous les ordres d enseignement du centre de la petite enfance à l université. Journée Normand-Maurice Groupe Solidarité Jeunesse, Victoriaville La Journée Normand-Maurice est un événement de sensibilisation qui s étend sur quelques mois durant lesquels des activités sont organisées afin d encourager la collectivité à améliorer la qualité de la récupération. Des activités spécifiques, des stands d information, la Brigade Écoguide qui visite les lieux publics et les immeubles à logement de Victoriaville et le tirage au sort d une voiture écologique Yaris de Toyota contribuent à sensibiliser les citoyens. Le point culminant de la Journée Normand-Maurice est une collecte de résidus domestiques dangereux effectuée par 450 jeunes bénévoles. Réalisation-Jeunesse Écolocorde École l Étincelle de Sainte-Marguerite, Sainte-Marguerite L école l Étincelle est reconnue pour son dynamisme, ses projets innovateurs et, depuis trois ans, pour ses préoccupations environnementales. Un projet de micro-entreprise, l Écolocorde, mobilise l ensemble des élèves de tous les degrés du primaire et favorise la récupération et le recyclage des tubulures abîmées de cabanes à sucre en corde à danser. La formation de différents comités favorise la participation des élèves à toutes les étapes de production et de distribution des cordes, de la commande à la facturation, correspondant ainsi aux objectifs du Programme de formation de l école québécoise. Recherche et développement Les lubrifiants biodégradables BIOSPEC La Corporation Tribospec, Lasalle Grâce à BIOSPEC, l entreprise a atteint son objectif de développer une gamme de lubrifiants biodégradables et non toxiques dont les performances seraient équivalentes ou supérieures à celles des lubrifiants minéraux traditionnels tout en ayant une toxicité nulle et dont l impact environnemental en cas de déversement serait négligeable ou inexistant. Ces lubrifiants remplacent avantageusement les lubrifiants ordinaires et sont faits principalement à base d huile de canola, une huile végétale comestible produite au Canada. De plus, cette huile se révèle un produit atoxique et obtient un indice de biodégradabilité supérieur à 97 %. Développement durable Partenariat entre la Ville de Gatineau et Communauto : véhicules partagés pour les déplacement d affaires Ville de Gatineau, Gatineau Projet-pilote de partage de véhicules pour les déplacements d affaires, le partenariat entre la Ville de Gatineau et Communauto est le premier du genre au Québec. Au total, 26 employés du Service d urbanisme de la Ville sont inscrits à titre d utilisateurs de l auto-partage. De plus, le service d auto-partage s est étendu aux citoyens. L engagement du service d urbanisme s étend aux espaces de stationnement réservés aux véhicules de Communauto, offerts gratuitement, qui sont pensés en fonction de l accessibilité aux points de convergence des principaux parcours d autobus et des endroits centraux. Écovillage de Montcalm Terra Vie fonds foncier communautaire, Saint-Sauveur Sa mission étant de protéger la richesse des milieux naturels, Terra Vie a fait l acquisition d une terre de 238 acres à Montcalm afin de mettre en oeuvre un projet pilote d écovillage associé à une aire protégée. De fait, 75 % du terrain est géré en aire protégée reconnue où l on souhaite aménager des sentiers d interprétation et d observation. Un centre éducatif écologique sera construit et une zone habitable viendra compléter le projet par la construction d écohabitations et la mise en place d activités gérées par les résidents, par l entremise d une coopérative de travail. Prix Hors Catégorie Mission Antarctique Glacialis Production inc., Cap-aux-meules Cette expédition d envergure comportait deux volets principaux : un volet éducatif, qui s adressait aux écoles et au grand public, ainsi qu un volet scientifique, qui consistait à colliger des preuves et des données empiriques afin de soutenir les observations de l équipage. Le site Internet de la mission était mis à jour quotidiennement permettant à plus de visiteurs de profiter des observations réalisées pendant ce périple. De plus, 820 écoles se sont inscrites à «La mission dans ton école», liée à l aventure du Sedna IV, et près de 300 vidéoconférences ont ainsi été réalisées 17

18 sées dans les écoles. Des projets télévisuels et cinématographiques sont en cours de réalisation à partir des 600 heures d images réalisées pendant l expédition d envergure, la plus importante des temps modernes. Le Cercle des Phénix M. Hubert Reeves Scientifique de formation, Hubert Reeves se fait un point d honneur de communiquer au plus grand nombre les découvertes qui favorisent la compréhension de l univers. Conformément à sa conviction que la science doit être accessible à tous, il est l auteur d ouvrages de vulgarisation tels Patience dans l azur et Poussières d étoiles, entre autres, qui connaissent un énorme succès public. Son engagement s étend également aux questions écologiques et la publication, en 2003, de son livre Mal de Terre fait d ailleurs état de ses préoccupations face à l avenir de la Terre. La liste des titres et des distinctions honorifiques qu il a reçus est impressionnante. M. Frédéric Back Dès son plus jeun âge, le dessin était, pour Frédéric Back, une façon de rendre compte des beautés de la nature. Mais c est grâce à son travail en cinéma d animation qu il obtient une reconnaissance internationale considérable. Entre autres, L homme qui plantait des arbres, récipiendaire d un Oscar en 1987, a reçu plus d une quaran- taine de prix dans des festivals de films partout dans le monde. L engagement de Frédéric Back envers l environnement se traduit d abord et principalement par son œuvre artistique, mais aussi par sa collaboration à des regroupements Patrick Plante Formateur en gestion 1055 rue des Carougeois Québec (Québec) - Canada G1Y 2T4 T F écologiques comme la Société québécoise pour la défense des animaux. La mise en ligne de son œuvre sur Internet constitue un legs écologique et idéologique inestimable. INVENTAIRES FAUNIQUES PROJETS D'AMÉNAGEMENT DU TERRITOIRE SUIVIS DES CONDITIONS RIVERAINES 18 Tél. : Téléc. : Sans frais : , route 117, Mont-Tremblant

19 Nouvelles de l ABQ Estrie Administration Les membres du conseil d administration (CA) de la section régionale de l Estrie ont tenu deux réunions depuis le 25 février dernier. Ces réunions ont permis l organisation d un souper conférence traitant du retour du couguar au Québec. Le CA a également décidé d organiser de nouvelles formations sur la revégétalisation des rives. Les dernières formations à ce sujet dataient de quelques années et avaient remporté un grand succès. Enfin, n ayant pu assister à la Super Expo-Science Bell qui se tenait à Sherbrooke en avril 2007, l ABQ y a néanmoins remis un Prix. Ce prix a été décerné à Sophie Gaudreault et Maude Gamache de l Externat Saint-Jean-Eudes pour leur projet intitulé «Au fil des étoiles». Toutes nos félicitations! Activités Le 28 mars dernier, la section Estrie organisait un souper conférence portant sur «Le retour du couguar au Québec». Au cours de cette soirée, le Dr Marc Gauthier a présenté à une quarantaine de personnes de la région les résultats de ses travaux sur cet animal mythique. Tous les indices tendent à confirmer la présence du couguar au Québec. En effet, on constate une augmentation des rapports d observation au cours des 25 dernières années, une bête a été abattue en Abitibi-Témiscamingue et les stations de dépistage développées par Envirotel 3000 en collaboration avec la Société zoologique de Granby ont permis de confirmer, par des analyses moléculaires, la présence de couguar en Gaspésie, en Estrie, au Saguenay-Lac-St-Jean et au Nouveau-Brunswick. Au total 8 animaux ont pu être identifiés à l aide de cette dernière méthode, dont 4 d origine nord-américaine. D autre part, nous avons tenté d organiser une visite à la Réserve écologique de la Mine-aux-Pipistrelles, l hibernacle possédant la plus importante concentration de chauves-souris hibernantes en Estrie, mais n avons pu obtenir l autorisation gouvernementale pour ce faire. Formation À la demande de la MRC de Memphrémagog et de d autres organismes, la formation sur la protection et l aménagement de la bande riveraine a de nouveau été offerte cette année par notre section locale, en collaboration avec monsieur Claude Anctil de l Institut de technologie agricole de Saint- Hyacinthe. Un cours de niveau II est en gestation pour l automne Jean-Paul Morin Directeur, section Estrie Saguenay-Lac-St-Jean Côte-Nord Nouveau-Québec Colloque «Le territoire public : sa gestion et ses différents utilisateurs» Le colloque organisé par la section régionale sous la direction d Annie Plourde, biologiste Ph. D. a eu lieu le 30 mars à l Université du Québec à Chicoutimi. Le comité organisateur est fier que les objectifs poursuivis aient été atteints. Ce succès est largement attribuable aux conférenciers dont la qualité des présentations, ainsi que la participation enthousiaste à la table ronde ont été remarquables. Plusieurs partenaires ont participé au financement de cette activité dont l Université du Québec à Chicoutimi, le Consortium de recherche sur la forêt boréale commerciale, le Groupe de recherche sur les ressources renouvelables en milieu boréal, le Service canadien des forêts et la Conférence régionale des élus. Parmi les participants, les étudiantes et les étudiants de Techniques du milieu naturel du collège de Saint-Félicien accompagnés de leurs professeurs se sont fait remarquer par leur intérêt manisfeste et par la pertinence de leurs interventions. Les présentations des conférenciers pourront être disponibles sur le site web de l ABQ ainsi que le condensé de la table ronde «Le territoire public est-il utilisé de manière durable?». Le comité organisateur du colloque «Le territoire public : sa gestion et ses différents utilisateurs». Marcel J Mélançon, Ghislain Laflamme, Annie Plourde, Pascale Gobeil, David Cleary, Maud Laberge et Audrey Turcotte. Sont absents de la photo Robert Loiselle et Andrée-Anne Simard. Prix ABQ remis lors de l Expo-sciences Bell, finale régionale 2007 Pour une sixième année, le Prix ABQ a été décerné lors de la finale régionale de l Expo-sciences Bell qui s est tenue à Chicoutimi le 30 mars dernier. Un chèque de 100$ a été remis à Anne-Marie Brisson et Mélissa Gervais, deux étudiantes de l'école secondaire Kénogami, pour «Un remède «mer» veilleux». Le Prix ABQ est attribué pour un projet réalisé dans la catégorie 19

20 20 rie des sciences de la vie. C est Robert Loiselle, administrateur de la section régionale et juge en chef de l Expo-sciences qui a eu l honneur de remettre le Prix ABQ. Quatorze finissants et finissantes du baccalauréat en biologie Le comité exécutif de la section régionale a fait parvenir une lettre de félicitations aux quatorze finissantes et finissants qui ont obtenu leur diplôme de baccalauréat en biologie de l Université du Québec à Chicoutimi. Bravo aux biologistes! Maud Laberge, biologiste Directrice, section Saguenay-Lac-St-Jean Côte-Nord Nouveau-Québec L avancement du dossier de l incorporation des biologistes et des microbiologistes du Québec Le 5 mars 2007, des représentants de l ABQ et de l Association des microbiologistes du Québec (AMQ) ont rencontré deux représentants de l Office des professions du Québec (OPQ) pour discuter de l avancement du dossier d incorporation des deux associations. L ABQ était représenté par Jean-Paul Morin et Nathalie Perron tandis que l AMQ l était par Christian Beaulac et Michel Pronovost. La rencontre nous a permis d apprendre que notre dossier n avait pas été jugé prioritaire suite au dépôt de notre demande d incorporation en 2005 et que sans nouveaux appuis, celle-ci risquait de demeurer non prioritaire. Les points de vue des deux associations ont été exprimés quant à la réponse écrite attendue de la part de l OPQ, à notre demande. La rencontre a également permis à l ABQ de remettre un addenda très étoffé à la demande d incorporation, addenda représentant les appuis obtenus auprès des ministères du Développement durable, de l Environnement et des Parcs (MDDEP), des Ressources naturelles et de la Faune (MRNF) ainsi que d ordres professionnels*. Le document remis contenait également des copies de la Loi sur le développement durable ainsi que de notes du MDDEP où les biologistes sont expressément nommés pour signer certains rapports. Les représentants de l OPQ se sont ensuite engagés à fournir une réponse écrite à notre demande à la fin du mois de mars Étant donné la campagne électorale et la nomination de nouveaux ministres, notamment au ministère de la Justice, responsable de l OPQ, aucune réponse ne nous est encore parvenue. À la sortie de la réunion avec les représentants de l OPQ, la présidente de l ABQ et le président de l AMQ ont fait parvenir au premier ministre du Québec, une demande d appui à notre initiative. Une nouvelle rencontre du Comité conjoint ABQ-AMQ s est tenue le 16 mai dernier pour la suite des actions à poser. * Un appui sans équivoque à notre demande d incorporation a également été obtenu du ministère de la Sécurité publique peu après notre rencontre, et une copie du document a été versée à notre dossier à l OPQ. Jean-Paul Morin Responsable du dossier de l incorporation de l ABQ La Formation continue de l ABQ Après plusieurs années d inactivité et suite au Sondage sur la formation continue réalisé en 2006, un Comité de formation continue a été formé. Ce comité est composé de Dominique Pecqueur, vice-présidente à l éducation, Patrick Plante, membre de l ABQ et Valérie Gauvin, coordonnatrice de l ABQ. En tenant compte des besoins exprimés par les membres lors du sondage, une formation en gestion de projets (comprenant également une section sur la conduite des réunions) a été offerte aux membres au mois de mai dernier. Aux dires des participants, cette formation a été très appréciée et leur sera très utile dans leurs fonctions. Formation à venir Nous sommes présentement à organiser une formation de type atelier qui se tiendrait dans la région de Montréal sur la Caractérisation des milieux humides par la méthode botanique. Les objectifs de cette formation sont de sensibiliser les participants aux types de milieux humides (tourbières, marais et marécages riverains, dépressions humides), aux rôles de ceux-ci ainsi que de les préparer à caractériser ces milieux. Des travaux pratiques de caractérisation avec fiche de terrain sont prévus. Cette formation aura lieu en septembre prochain. Vous recevrez un courriel au mois d août prochain pour inscription. Aussi, nous vous proposerons de nouveau vers la fin novembre début décembre, la formation en Gestion de projets et un deuxième module de formation en gestion. Nous espérons que vous soyez nombreux et nombreuses à pouvoir profiter de la formation continue de votre association et vous souhaitons bon perfectionnement. Dominique Pecqueur, biologiste, M.Sc. pour le Comité de formation continue

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