Rapport final du Groupe de travail «Avenir de la formation en lecture publique et scolaire»

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1 Communauté de travail des bibliothèques suisses de lecture publique (CLP) Groupe régional romand du Groupe de travail «Avenir de la formation en lecture publique et scolaire» Au Comité régional romand CLP Juin 2013 (Diffusion: juin 2014)

2 Tables des matières 1. Le Groupe de travail Composition Les séances Une vision et des buts Contexte général Méthodologie Une vision de l avenir des bibliothèques de lecture publique et scolaire Une vision de l avenir de la formation du personnel des bibliothèques de lecture publique et scolaires... 7 Profil de compétences... 7 Formation Méthodologie de travail Rapprochement des besoins et des formations Besoins à moyen terme des bibliothèques de lecture publique et scolaires Analyse des quatre formations (CLP, CFC, Bachelor, Master) Correspondance entre les besoins des bibliothèques de lecture publique et scolaires et l offre des formations Conclusion Recommandations concernant les formations Amélioration de l existant Création de formations Formation continue Art Suppression de la formation de base CLP Conclusion Bibliographie

3 1. Le Groupe de travail 1.1. Composition Le Groupe de travail est composé de : Michel Gorin (président, Comité du Groupe régional romand de la CLP), Christophe Bezençon (Groupe régional romand de la CLP, Association genevoise des bibliothécaires diplômés et professionnels en information documentaire, PV et rapport), Valérie Bressoud Guérin (Comité du Groupe régional romand de la CLP), Jean-Claude Guerdat (Association jurassienne de bibliothécaires et Sous-commission francophone des bibliothèques du Canton de Berne), Jacques-André Humair (Représentant du Comité de direction du réseau des bibliothèques neuchâteloises et jurassiennes), Nicole Naef (Répondante des bibliothèques de lecture publique pour le Canton de Fribourg), Marie-Aude Python (Association genevoise des bibliothécaires et professionnels diplômés en information documentaire), Maude Thomas (Groupement valaisan des bibliothèques), Isabelle Vaudroz (Groupe régional des bibliothécaires vaudois), Laurent Voisard (Comité du Groupe régional romand de la CLP) Les séances Le Groupe de travail s est rencontré en plénière à 5 reprises entre novembre 2011 et mai Un sous-groupe ad hoc s est en outre réuni pour analyser, discuter et proposer des solutions concernant la possibilité offerte par l art. 32 de l OFPr 1. 1 Disponible à l adresse (consulté le ), pour le détail, voir plus bas. 3

4 2. Une vision et des buts 2.1. Contexte général L expérience d un Groupe de travail similaire institué au niveau suisse par le Comité central de la CLP, entre mai 2010 et avril 2011, s est avérée malheureuse, car ce sont les moyens qui ont été discutés plutôt que les objectifs à viser. Or, aucune réflexion constructive ne peut avoir cours sans se mettre préalablement d accord sur une vision aussi homogène que possible de l avenir des bibliothèques de lecture publique et de la formation nécessaire dans ce contexte spécifique. Le GT «Avenir de la formation en lecture publique et scolaire» (ci-après : GT) avait pour mandat d œuvrer dans le sens de faire des propositions et/ou recommandations concrètes en matière de formation des bibliothécaires de lecture publique et scolaires, valables et applicables dans toute la Suisse romande : c était là l objectif général à atteindre. Il fallait par conséquent que les membres de ce GT se forgent une vision claire, et dans toute la mesure du possible commune, de ce que devraient être les bibliothèques et les compétences de leur personnel à l horizon (l avenir de la lecture publique débouchant naturellement sur la nécessité de pouvoir compter sur un certain nombre de compétences parmi leur personnel). Une vision et des buts communs augmentent en effet considérablement les chances de pouvoir disposer d un plan d action clair relatif aux mesures à prendre, afin d atteindre l objectif général susmentionné Méthodologie Sur la base d un travail de réflexion préparatoire, effectué par les membres du GT, une synthèse en a été réalisée, laquelle a été complétée et modifiée durant la première séance. Ladite synthèse revue et corrigée, une fois validée par les membres du GT, est devenue le document fondateur de la réflexion menée au sujet de l avenir de la formation. La réflexion préparatoire s est articulée autour de deux axes : 1) Une vision de l avenir des bibliothèques de lecture publique et scolaires Objectif : Déterminer une vision de l avenir des bibliothèques : quelle sera la bibliothèque à l horizon ? 2) Une vision de l avenir de la formation du personnel des bibliothèques de lecture publique et scolaires Objectif : Décrire une vision de l avenir de la formation du personnel des bibliothèques : quelle formation pour le personnel des bibliothèques à l horizon ? 2.3. Une vision de l avenir des bibliothèques de lecture publique et scolaires 3 Dans une société où l information est omniprésente et directement accessible à chacun, la mission des bibliothèques se modifie profondément. Au prêt et à la consultation des livres ou des documents audiovisuels, les bibliothécaires ajoutent le conseil, l orientation, l aide à la validation de l information, en particulier à l attention des publics parfois démunis face à la masse de ressources à disposition. Par leurs programmes culturels, les bibliothèques sont également un lieu d échange qui entretient le lien social et facilite l interprétation et la compréhension du monde. Tenant compte de cette évolution, le GT postule que le rôle du bibliothécaire est plus essentiel que jamais : gestionnaire, médiateur culturel, pédagogue, il anime un service qui demande des compétences techniques et sociales couplées à des 2 Soit une vision prospective à moyen terme, par conséquent aussi réaliste que possible 3 Ce chapitre est inspiré par le Plan directeur des bibliothèques valaisannes 2012 (cf. bibliogr.) 4

5 valeurs professionnelles 4 et à une bonne dose de curiosité intellectuelle. Pour assurer un tel service, le travail en réseau s impose afin que le responsable de la petite bibliothèque qui ne peut pas assurer la totalité de ces prestations sache comment orienter ses usagers. La bibliothèque est une institution culturelle, éducative et sociale qui permet à chacun d exercer le droit et la faculté d accéder et d utiliser l information utile pour ses activités de formation, professionnelles, sociales et personnelles. Elle favorise l exercice de la citoyenneté ainsi que l expression de soi et la créativité. La bibliothèque promeut l accès à la connaissance, à la littérature et à la culture ; en particulier, elle apporte au public les moyens de connaître sa propre culture et de découvrir et approfondir celle des autres dans une perspective à la fois d ouverture et de questionnement critique. Lieu de compétence en matière d œuvres d imagination (littérature, cinéma, art, etc.), elle offre à chacun un accès aux créations de l esprit et favorise leur diffusion et leur mise en valeur. La bibliothèque promeut la lecture, dans tous les sens du terme : compréhension d une information écrite mais également, par extension, de tout autre type d information (image, son, etc.). Elle joue ainsi un rôle fondamental en lien avec la promotion de l acte de lire. La bibliothèque est l espace culturel et social de la cité ou du village, ouvert à tous sans restriction. Dans une société pluriculturelle, elle favorise l intégration et la rencontre des membres des différentes communautés qui habitent la région. Elle contribue ainsi à enrichir et à maintenir le lien social. Elle développe une forte interaction avec son public et facilite les échanges entre ses usagers en organisant des manifestations et en recourant aux réseaux tels qu internet. Elle s inscrit ainsi dans une démarche de mutualisation des connaissances et des compétences. La bibliothèque est un espace de formation et d apprentissage qui permet de développer, sur place ou à distance, les connaissances et compétences dans une démarche autonome. La bibliothèque est un service d information qui donne accès aux documents et aux sources d information, sous toutes leurs formes, qu elles soient fixées sur des supports qui se trouvent dans la bibliothèque ou accessibles à distance par son intermédiaire. Lieu de compétence en matière de recherche, d accès et d exploitation de l information, elle contribue activement à assurer un alphabétisme informationnel (Information literacy) le plus large possible dans la population. La bibliothèque est une institution qui travaille en réseau, tant au niveau régional et national qu en partenariat avec les institutions culturelles, sociales et éducatives avec lesquelles elle entretient des contacts réguliers et étroits, développe des programmes commun de travail. En matière culturelle, elle est une plaque tournante au sein de la cité. La bibliothèque est une institution hybride, à la fois lieu physique dans un bâtiment facilement accessible au cœur de la cité ou du village, «bibliothèque hors les murs» lorsqu elle va là où vivent et travaillent ses usagers (bibliobus, bibliothèque à la plage, bibliothèque de rue, etc.) et institution virtuelle à laquelle l usager accède à travers les réseaux ou qui lui donne accès à des ressources d information sous licence. Ses moyens reposent tout d abord sur sa capacité d accueil en ses murs. Forum, elle est un point de rencontre qui permet d emprunter ou de consulter des documents en mettant à disposition les appareils et infrastructures appropriés, d assister à des animations, d échanger de manière interactive et de conduire, en groupe ou de manière autodidacte, un travail de formation. Son aménagement facilite et stimule le conseil et l accompagnement que son personnel assure aux usagers. 4 Valeurs que l on retrouve dans la Charte de l UNESCO (cf. bibliogr.) ainsi que dans le Code d éthique qui a été adopté par l AG de BIS en septembre 2013 (cf. bibliogr.). 5

6 Ses collections sont faites des divers supports utiles à sa mission et d abonnements à des ressources qu elle acquiert. Elle facilite l usage de ses documents par son public. Les outils documentaires qu elle élabore (catalogues, bases de données) apportent une valeur ajoutée à la documentation qu elle propose. L intérêt de la bibliothèque reposant sur la valeur ajoutée qu elle apporte à l information à laquelle elle donne accès, son personnel constitue donc le facteur essentiel de son succès. Par sa culture, ses compétences techniques, sa connaissance du monde de l'information et ses qualités relationnelles, il organise et gère la bibliothèque en mettant la priorité sur le service au public. Inséré dans un travail en réseau, il s appuie sur les compétences de collègues d autres bibliothèques, notamment des bibliothèques régionales et spécialisées, ou fonctionne dans une équipe pluridisciplinaire. Une rationalisation des opérations répétitives, par exemple au niveau du réseau, lui permet de centrer son travail sur le développement ciblé de ses prestations ainsi que le conseil et l aide aux usagers. Chaque bibliothèque développe des programmes de valorisation et d aide à l appropriation de l information sous forme d animations, d expositions ou de formations. Chaque bibliothèque s assure également une visibilité en participant à des actions de promotion et de «lobbying». Après avoir été, jusqu à la révolution numérique, une institution permettant de gérer la «pénurie» de livres et d informations, la bibliothèque, dans une société de «trop plein de l information», est devenue l instrument qui permet à chacun de s orienter et de naviguer dans le système global d information et d accéder de manière mutualisée à des informations coûteuses. Les fondements des bibliothèques sont appelés à demeurer les mêmes, mais devront être réévalués, revisités et développés en fonction d un environnement en mutation profonde (symbolisée par deux éléments-clefs : la dématérialisation des ressources informationnelles et les nouveaux modes d appropriation des contenus et de la connaissance). Ces fondements peuvent être résumés en cinq axes : 1) «Formation» : à la «lecture» au sens large (lutte contre l illettrisme), à la recherche et à la sélection de l information, à l accès à l offre culturelle, etc. 2) «Offre documentaire» : offre en matière d information répondant à différents besoins et critères de qualité : pour la formation, dans le domaine professionnel, dans le domaine social, pour les loisirs, etc. 3) «Médiation documentaire, numérique et culturelle» : la médiation documentaire désigne une médiation des savoirs, où le professionnel en information-documentation est le médiateur qui permet à l usager de trouver l information dont il a besoin et pour lequel il met en place un dispositif documentaire adapté, 4) «Espace de vie» : les bibliothèques offrent des espaces d échange, de discussion, de débat, d apprentissage, de travail, etc. Cet axe est particulièrement important et il a le plus fort potentiel de développement : il s agit du concept de «bibliothèque 3e lieu», qui a pour caractéristique de faire de la bibliothèque du futur avant tout un lieu de vie, en parallèle aux collections qui, en raison des transformations de l environnement mentionnées plus haut, nécessiteront moins d espace, 5) «Bibliothèque hors les murs» : la bibliothèque va au-devant de ses usagers. La mort des bibliothèques, annoncée par certains, n est pas d actualité, pour autant que bibliothèques et bibliothécaires soient capables de se poser un certain nombre de questions, de remettre en cause certains acquis, de revisiter leurs rôles respectifs. Les grandes lignes de ce qu il faut bien nommer une véritable remise en question, liée à des enjeux importants, génèrent des interrogations qui devront être débattues, parmi lesquelles : Quelle place pour les bibliothèques dans la société de demain? Quels usagers pour nos bibliothèques à l avenir? Quel personnel pour nos bibliothèques à l avenir? 6

7 Faudra-t-il rechercher des nouveaux modèles, étant entendu que l avenir des bibliothèques doit non seulement être perçu sous un angle technique, mais aussi sous un angle plus conceptuel, voire structurel? La nécessité de déterminer une sorte de «plan directeur» des bibliothèques, doublé d un label commun à toutes les bibliothèques, est avérée ; ce, afin de leur permettre de se positionner comme des institutions nécessaires à la vie en société, toujours reconnues d'utilité publique. Pour ce faire, il est indispensable de commencer par définir ce qu est une bibliothèque, soit déterminer à partir de quelle taille et, surtout, de quel niveau de services et prestations, le terme «bibliothèque» est applicable Une vision de l avenir de la formation du personnel des bibliothèques de lecture publique et scolaires Profil de compétences Tout d abord, il est utile de déterminer les pivots du profil de compétences du personnel de demain, tel qu on peut les imaginer aujourd hui à la lumière des grands axes qui ont été dégagés au sujet de l avenir des bibliothèques. De manière générale, il ne fait aucun doute qu'il sera demandé au bibliothécaire de nouvelles compétences, de nouveaux savoir-faire et "savoir-être", car il ne saurait se dédouaner de ses nouvelles responsabilités, quels que soient la taille de sa bibliothèque et l espace sociogéographique qu elle dessert : Il devra avoir une vision générale tout en étant capable d entrer, lorsqu il le faut, dans une logique de spécialiste et maîtriser l'outil technologique afin de parvenir à le dépasser Il devra être un médiateur (marketing, politique, associations, réseaux, animation, mise en valeur des contenus, etc.) Il devra assumer un rôle de formateur (transmission de compétences informationnelles, en particulier) Il devra être ouvert sur l'extérieur (réseaux, partenariats, collaborations, lobbysme, politique, etc.) Il devra passer d'une logique de «face à face» à une logique de «côte à côte» par rapport à l usager, passer du rôle de prescripteur à celui d accompagnant. Plus spécifiquement, les compétences du personnel seront de différentes natures : Culture générale Culture citoyenne (connaissance de l administration locale et des démarches y relatives, de l actualité locale, etc.) Compétences techniques (informatiques, logiciels, informatique documentaire et techniques professionnelles catalogage, indexation, etc.) Compétences sociales et aptitudes relationnelles (écoute active, disponibilité, gestion des conflits, communication interpersonnelle, etc.) Compétences et aptitudes de travail (faculté d adaptation, capacité à travailler en équipe, autonomie, etc.) Compétences en matière de médiation culturelle (sociologie et connaissance des publics, animation, mise en valeur des ressources informationnelles, etc.) Compétences pédagogiques (accueil des publics, visites, formation des usagers, etc.) Compétences managériales et administratives pour les responsables (gestion de projet, planification, organisation, etc.) 7

8 Formation A leur apparition, les bibliothèques étaient destinées à soutenir le développement culturel, promouvoir la lecture, aider à la formation, à l'éducation et faciliter l'accès à la connaissance. Aujourd'hui, il faut régénérer ce modèle et réinventer les bibliothèques. Pour ce faire, seule une réflexion sur la professionnalisation progressive du métier sera capable d'entraîner le mouvement et donner une vision nouvelle de cette profession. 8

9 3. Méthodologie de travail Suite à la mise en commun de cette vision d avenir, une volonté de travailler de la manière la plus pragmatique possible a été adoptée par l ensemble du GT. Dans un premier temps, il a fallu définir des «catégories» équivalentes de bibliothèques publiques et scolaires et cela a été fait de la manière suivante : Bibliothèques publiques (habitants) Bibliothèques scolaires (élèves) Moins de Plus de Moins de Plus de Le GT n a pas fait de catégorisation spéciale pour de très grandes bibliothèques couvrant, par exemple, plus de 50'000 habitants. Il est parti du principe que les quelques bibliothèques de lecture publique répondant à ce critère sont très peu nombreuses en Suisse romande, et que, dans la plupart des cas, elles sont structurées en plusieurs sites qui, chacun, couvrent une population réduite et entrent donc dans le tableau ci-dessus. On peut également noter que pour le GT, la première catégorie (moins de 1'000 hab./moins de 100 élèves) concerne principalement des bibliothèques touchant des publics de plus 500 habitants ou 50 élèves. En dessous de cette limite, et au vu des visions à moyen terme énoncées précédemment, le GT estime que les perspectives d avenir sont très limitées étant donné que les autorités dont dépendent de si petites structures ne sont pas en mesure d offrir les ressources nécessaires pour affronter les défis qui attendent toutes les bibliothèques. Ainsi, la constitution de bibliothèques régionales couvrant une plus grande population parait plus probable dans un avenir à 10 ou 15 ans. Ce constat n exclut pas l existence de dépôts de documents gérés par de plus grandes structures et mettant à disposition une petite offre documentaire, mais le GT ne les considère pas, dans le présent rapport, comme des bibliothèques à part entière. En se basant sur l Euroréférentiel I&D des compétences professionnelles, le GT a ensuite procédé à une analyse en trois temps : 1. Besoins en compétences à moyen terme des bibliothèques, tableau Analyse des quatre formations existantes (CLP, CFC, Bachelor, Master), tableau Correspondance entre besoins à moyen terme des bibliothèques et offre des formations existantes, tableau 4.3. Cette dernière analyse est, de fait, la mise en concordance des deux premières analyses. Le détail des niveaux de chaque compétence de l Euroréférentiel I&D est disponible à l adresse suivante : consulté le ) les intitulés de toutes les compétences sont détaillés en annexe de ce rapport. Le choix de l Euroréférentiel I&D de l ECIA, qui n a pourtant pas été officiellement adopté par la Suisse, découle du besoin que le GT avait de travailler avec un panel aussi exhaustif que possible de compétences nécessaires pour le travail en bibliothèque. Après analyse, il nous a paru évident d utiliser cette référence déjà existante et complète. En effet, la situation en Suisse, bien qu ayant ses spécificités, est tout à fait comparable à la réalité des bibliothèques en Europe, notamment en terme de compétences nécessaires à la gestion des bibliothèques. Pour comprendre l analyse effectuée, le groupe de travail s est basé sur les trente-trois domaines de compétence de l Euroréférentiel I&D, répartis en cinq groupes 9

10 «Groupe I Information : «cœur de métier» de l information-documentation, c est-à-dire les domaines où il n est pas permis à un professionnel de n être pas compétent, ne serait-ce parfois qu à un niveau modeste. Groupe T Technologies : compétences traduisant le recours aujourd hui incontournable aux technologies de l informatique et de l Internet. Groupe C Communication : compétences indispensables aux métiers de l informationdocumentation et tellement liées à eux qu il est nécessaire que les professionnels de l information-documentation les possèdent aussi ; elles leur permettent d être des interlocuteurs éclairés et actifs des professionnels de la communication interne et externe dans l entreprise. Groupe M Management : également indispensables aux professionnels de l information pour le management global de l information et des activités ; ces compétences leur permettent d être des interlocuteurs éclairés et actifs des professionnels de la gestion budgétaire, du marketing, des ressources humaines et de la formation. Groupe S Autres savoirs : ce groupe particulier permet la prise en compte de compétences associées à des domaines d activité des utilisateurs ou à des informations ou documents de nature particulière à traiter». Dans chaque domaine de compétence, l Euroréférentiel I&D différencie le niveau des compétences requis. «Quatre niveaux ont été ainsi reconnus caractéristiques : Niveau 1 : professionnel utilisant les outils qu on met à sa disposition et possédant une culture de base dans le domaine (connaissance du vocabulaire essentiel, capacité d exécuter quelques tâches sans complexité). Niveau 2 : professionnel maîtrisant les outils de base, effectuant des travaux spécialisés ou répétitifs, capable de collaborer avec des spécialistes du contenu concerné, en faisant usage de savoir-faire pratiques. Il dispose d un instrument de lecture et d expression des besoins qu il rencontre permettant de proposer des évolutions ou de concevoir de nouveaux services. Niveau 3 : professionnel connaissant toutes les techniques du métier, il sait en parler et les utiliser. Il est capable d interpréter une situation, de porter un jugement impliquant une adaptation à la tâche, de créer un outil. Niveau 4 : professionnel maîtrisant la méthodologie, ce qui lui permet de concevoir des systèmes nouveaux, d auditer, de manager l information dans son entreprise ou dans un réseau». 10

11 4. Rapprochement des besoins et des formations 4.1. Besoins à moyen terme des bibliothèques de lecture publique et scolaires Le tableau ci-dessous reprend les compétences de l Euroréférentiel I&D selon sa classification et décrit quel niveau minimum de chaque compétence est nécessaire pour la gestion des trois types de bibliothèque identifiés plus haut. Pour bien comprendre les différences de niveau, se reporter au paragraphe 3 et à l Euroréférentiel I&D pour en comprendre la finesse. Compétences Moins de 1'000 hab./ moins de 100 élèves Groupe I - Information niv. 1 + niv. 2.1, I01 - Relations avec les usagers et les clients 2.2, 2.3 De 1'000 à 10'000 hab. / de 101 à 1000 élèves Plus de 10'000 hab. / plus de 1000 élèves niv. 3 niv. 4 I02 Compréhension du milieu professionnel niv. 2 niv niv. 4 I03 Application du droit de l information niv. 1 niv. 1 + niv. 2.3, niv , 2.5, 3.4 I04 Gestion des contenus et des connaissances niv. 2 niv. 2 + niv. 3.2, niv , 3.4 I05 Identification et validation des sources d'information niv. 2 niv. 3 niv. 4 I06 Analyse et représentation de l'information niv. 2 niv. 4 niv. 4 I07 Recherche de l information niv. 2 niv. 3 niv , 4.2 I08 Gestion des collections et des fonds niv. 2 niv. 4 niv. 4 I09 Enrichissement des collections et des fonds niv. 2 niv niv. 4 I10 Traitement matériel des documents niv niv , 4.3 niv. 4 I11 Aménagement et équipement niv , 3.4, niv. 4 niv I12 Conception de produits et services niv. 2 niv. 4 niv. 4 Groupe T - Technologies T01 Conception informatique de systèmes d'information documentaire niv. 1 niv. 3 niv. 4 T02 Développement informatique d'applications T03 Publication et édition T04 Technologies de l Internet T05 Technologies de l information et de la communication niv niv niv , 4.2, 4.3, 4.4 niv. 2 niv. 2 niv , 4.4 niv niv niv , 4.3 niv niv , 3.4, 4.2 niv , 3.4, 4.2 Groupe C - Communication C01 Communication orale niv niv. 4 niv. 4 11

12 Compétences Moins de 1'000 hab./ moins de 100 élèves De 1'000 à 10'000 hab. / de 101 à 1000 élèves Plus de 10'000 hab. / plus de 1000 élèves C02 Communication écrite niv. 3 niv. 4 niv. 4 niv , 2.4 niv , 3.2, niv , C03 Communication audiovisuelle , 3.3 C04 Communication par l informatique C05 Pratique d une langue étrangère niv niv , 4.2 niv , 4.2 niv. 1 niv , 2.4 niv , 3.2 C06 Communication interpersonnelle niv. 2 niv. 3 niv. 4 C07 Communication institutionnelle niv niv , 3.3 niv. 4 Groupe M - Management niv. 1 niv , 2.5, M01 Management global de l information 3.3, 4.5 niv. 4 M02 Marketing niv niv. 4 niv. 4 niv , 2.4 niv , 3.5, niv. 4 M03 Vente et diffusion 3.6 M04 Gestion budgétaire niv niv. 3 niv. 4 M05 Gestion de projet et planification niv. 1 niv. 3 niv. 4 M06 Diagnostic et évaluation niv. 1 niv. 3 niv. 4 M07 Gestion des ressources humaines niv niv. 3 niv. 4 M08 Formation et actions pédagogiques niv , 2.2 niv. 3 niv. 4 Groupe S - Autres savoirs S01 - Savoirs complémentaires niv. 3 niv. 3 niv L augmentation des exigences est logique et suit la progression de la taille de la bibliothèque. Afin de comprendre ce tableau, voici un résumé de ce qui est attendu en matière de compétences selon le type de bibliothèques. De manière imagée (et non exhaustive), dans une bibliothèque desservant moins de 1000 habitants / 100 élèves, les compétences en matière d accueil du public, de conseil et d orientation des usagers sont importantes. Concernant les compétences en analyse documentaire, il est nécessaire de pouvoir utiliser, manipuler et gérer un thésaurus. D un point de vue plus technique, la maîtrise des principaux SIGB est importante sans pour autant nécessiter de compétences plus pointues quant à leur configuration. La communication est aussi un point important, le tableau ci-dessus faisant ressortir, dans ce type d établissement, le besoin de compétences permettant d aider des usagers à reformuler leur requête, de faire des exposés oraux et des comptes rendus de réunions. En termes de management, il faut être apte à élaborer un planning, ainsi qu à évaluer le temps nécessaire à la réalisation des tâches. Toutes ces compétences sont aussi nécessaires dans une bibliothèque desservant de 1000 à habitants / 101 à 1000 élèves, mais on y ajoutera le besoin de compétence en matière d anticipation des besoins des usagers et d initiation à l usage de banques de données. Les compétences en matière 12

13 d analyse sont poussées jusqu à pouvoir définir une politique d analyse documentaire (choix d un thésaurus et implémentation d un thésaurus dans un logiciel documentaire). Techniquement, la gestion d un changement de SIGB et donc des processus de travail qui en découlent, ainsi que la définition des fonctionnalités nécessaires d un nouveau SIGB sont attendues. En termes de communication, orale notamment, la capacité d interagir avec les médias, de mener des tables rondes, de structurer un discours impromptu ou de mener un entretien semi-directif est importante à partir de cette taille de bibliothèque. Le management de ce genre de structure nécessite en outre la capacité à mener et coordonner une équipe de projet, à rédiger un cahier des charges. Pour une bibliothèque encore plus grande, soit desservant plus de habitants / 1000 élèves, en plus des compétences nécessaires pour les deux types de bibliothèques de taille plus modeste, un véritable positionnement stratégique est indispensable pour gérer l interaction avec les usagers sur tous les plans. En termes de gestion de SIGB, il faut pouvoir planifier, réaliser et contrôler un changement de SIGB à grande échelle. Le management de ces grandes bibliothèques demande de pouvoir également concevoir, mettre en œuvre et superviser l exécution d un projet ou un processus d appel d offre. Ce ne sont là que des exemples tirés de l analyse représentée par ce premier tableau Analyse des quatre formations (CLP, CFC, Bachelor, Master) Le GT a ensuite repris exactement la même logique mais en évaluant, cette fois, les formations proposées actuellement dans le paysage romand (ce tableau ne concerne pas les formations continues universitaires de type CAS/DAS/MAS) : la formation de base CLP, la formation d Agent en information documentaire (CFC), le cursus HES Bachelor (Spécialiste en information documentaire) et le cursus HES Master ID 5. Ainsi, pour chaque formation et pour chaque compétence de l Euroréférentiel I&D, le niveau atteint par les personnes diplômées y a été consigné. Il faut également noter que ce tableau ne tient pas compte de l éventuelle expérience professionnelle acquise suite à la formation citée, pas plus qu il ne la remet en question. I01 - Relations avec les usagers et les clients I02 Compréhension du milieu professionnel I03 Application du droit de l information I04 Gestion des contenus et des connaissances I05 Identification et validation des sources d'information CLP AID Bachelor ID Master ID Groupe I - Information niv. 1 niv. 2 niv. 3 niv. 4 niv. 1 niv. 2 + niv. 3.4 niv niv. 4 - niv. 1 niv. 2 niv. 3 niv. 1 niv. 2 niv. 3 niv niv niv. 2 niv. 3 niv. 4 5 Par cursus HES Master ID, nous entendons ici, et dans tout le document, le Master consécutif en Information documentaire dispensé à la HEG de Genève, en aucun cas ceux de type MAS qui sont de la formation continue donnée dans les universités ou dans d autres HES. 13

14 CLP AID Bachelor ID Master ID I06 Analyse et représentation de l'information niv niv niv. 4 niv. 4 I07 Recherche de l information I08 Gestion des collections et des fonds I09 Enrichissement des collections et des fonds I10 Traitement matériel des documents niv niv. 2 + niv. 3.2, 3.4, 3.6 niv , 2.5 niv. 4 niv. 4 niv. 2 niv. 4 niv. 4 niv. 1 niv. 2 niv niv. 4 niv. 1 niv. 2 niv niv. 4 I11 Aménagement et équipement niv. 1.2 niv. 3 niv. 4 niv. 4 I12 Conception de produits et services niv. 1 niv. 2 niv. 4 niv. 4 Groupe T - Technologies T01 Conception informatique de systèmes d'information documentaire T02 Développement informatique d'applications niv. 1 niv , 2.2 niv. 3 niv. 4 - niv niv niv. 3 T03 Publication et édition - niv. 2 niv. 3 niv. 4 T04 Technologies de l Internet T05 Technologies de l information et de la communication niv. 1 niv niv , 4.3 niv , 4.3 niv. 1 niv. 2 niv , 4.2 niv , 4.2 Groupe C - Communication C01 Communication orale niv. 1 niv , 3.3 niv. 4 niv. 4 C02 Communication écrite niv. 1 niv. 3 niv. 4 niv. 4 C03 Communication audiovisuelle niv. 1 niv. 2 niv. 3 niv. 3 C04 Communication par l informatique C05 Pratique d une langue étrangère C06 Communication interpersonnelle C07 Communication institutionnelle niv. 1.4 niv , 3.4, 3.5, 4.1, 4.2 niv , 4.2 niv , niv. 1 niv. 2 niv. 3 niv. 1 niv. 2 niv. 3 niv. 4 niv. 1 niv niv. 4 niv. 4 14

15 CLP AID Bachelor ID Master ID Groupe M - Management M01 Management global de l information niv. 1.1 niv. 2 niv. 3 niv. 4 M02 Marketing niv. 1 niv. 2 niv. 3 niv. 4 M03 Vente et diffusion - niv. 2 niv. 3 niv. 4 M04 Gestion budgétaire niv. 2 niv. 3 niv. 4 niv. 4 M05 Gestion de projet et planification - niv. 1 niv. 3 niv. 4 M06 Diagnostic et évaluation - niv. 1 niv. 3 niv. 4 M07 Gestion des ressources humaines M08 Formation et actions pédagogiques - niv , 2.2, 2.3 niv. 3 niv. 4 - niv. 2 niv. 3 niv. 4 Groupe S Autres savoirs S01 - Savoirs complémentaires niv. 1 niv. 2 niv. 3 niv. 3 Les différences de niveau de formation sont bien marquées et correspondent donc aux ambitions que chaque cursus possède. Il faut noter ici un point important, concernant la formation de base CLP : elle ne couvre pas, même à un niveau bas, l ensemble des compétences de l Euroréférentiel I&D, puisque neuf compétences ne sont pas du tout prises en compte par le programme du cursus CLP Correspondance entre les besoins des bibliothèques de lecture publique et scolaires et l offre des formations Le dernier tableau est le plus important, car il fait la synthèse des deux précédents. En fonction de leur contenu, il permet d attribuer pour chaque compétence, et ce pour chaque type de bibliothèque, la formation minimale nécessaire pour la garantir. Une quatrième colonne «Remarques» précise, lorsque cela est indispensable, si la formation nécessite idéalement un léger ajustement pour prendre complètement en compte la compétence requise. Cet ajustement prend la forme d une ou plusieurs sous-compétences de l Euroréférentiel I&D. I01 - Relations avec les usagers et les clients Moins de 1'000 hab. / moins de 100 élèves De 1'000 à 10'000 hab. / de 101 à 1000 élèves Groupe I - Information Plus de 10'000 hab. / plus de 1000 élèves AID Bachelor ID Master ID Remarques 15

16 I02 Compréhension du milieu professionnel I03 Application du droit de l information I04 Gestion des contenus et des connaissances I05 Identification et validation des sources d'information I06 Analyse et représentation de l'information Moins de 1'000 hab. / moins de 100 élèves De 1'000 à 10'000 hab. / de 101 à 1000 élèves Plus de 10'000 hab. / plus de 1000 élèves AID Bachelor ID Master ID AID Bachelor ID + AID Bachelor ID Master ID AID Bachelor ID Master ID AID Bachelor ID Bachelor ID I07 Recherche de l information AID Bachelor ID Bachelor ID I08 Gestion des collections et des fonds I09 Enrichissement des collections et des fonds I10 Traitement matériel des documents AID Bachelor ID Bachelor ID AID Bachelor ID Master ID CLP + Bachelor ID + I11 Aménagement et équipement AID Bachelor ID Bachelor ID I12 Conception de produits et services AID Bachelor ID Bachelor ID Remarques Master ID Bachelor Master ID CLP + 2.3, Bachelor Groupe T - Technologies T01 Conception informatique de systèmes d'information documentaire T02 Développement informatique d'applications CLP Bachelor ID Master ID AID AID + Bachelor ID AID + 1.1, 1.2 T03 Publication et édition AID AID Bachelor ID + Bachelor + 4.2, 4.4 T04 Technologies de l Internet AID AID Bachelor ID T05 Technologies de l information et de la communication AID + Bachelor ID + Bachelor ID + AID, Bachelor Groupe C - Communication C01 Communication orale AID + Bachelor ID Bachelor ID AID C02 Communication écrite AID Bachelor ID Bachelor ID 16

17 Moins de 1'000 hab. / moins de 100 élèves De 1'000 à 10'000 hab. / de 101 à 1000 élèves Plus de 10'000 hab. / plus de 1000 élèves Remarques C03 Communication audiovisuelle AID AID + AID + AID + 3.1, 3.2, 3.3 C04 Communication par l informatique C05 Pratique d une langue étrangère AID Bachelor ID Bachelor ID AID AID + Bachelor ID + AID + 2.3, 2.4 / Bachelor + 3.1, 3.2 C06 Communication interpersonnelle AID Bachelor ID Master ID C07 Communication institutionnelle CLP + AID + Bachelor ID CLP + 2.1; AID Groupe M - Management M01 Management global de l information AID AID + Master ID AID + 3.3, 4.5 M02 Marketing CLP Master ID Master ID CLP M03 Vente et diffusion AID AID + Master ID AID + 3.1, 3.3, 3.5, 3.6 M04 Gestion budgétaire AID AID Bachelor ID M05 Gestion de projet et planification AID Bachelor ID Master ID M06 Diagnostic et évaluation AID Bachelor ID Master ID M07 Gestion des ressources humaines M08 Formation et actions pédagogiques AID Bachelor ID Master ID AID Bachelor ID Master ID Groupe S - Autres savoirs S01 - Savoirs complémentaires Bachelor ID Bachelor ID Bachelor ID + B Légendes du tableau : CLP/AID/Bachelor ID /Master ID CLP + /AID + ou Bachelor ID + Niveau de formation le plus bas couvrant complètement la compétence requise Niveau de formation couvrant la compétence moyennant une formation complémentaire 17

18 L analyse de chaque colonne démontre que pour des bibliothèques concernant une population de : - moins de 1'000 habitants / de 100 élèves : le CFC d Agent en Information Documentaire est le diplôme minimal requis. - 1'000 à 10'000 habitants / de 100 à élèves : le Bachelor HES en Information Documentaire est le diplôme minimal requis. - plus de 10'000 habitants / de élèves : le Bachelor HES en Information Documentaire (avec une formation complémentaire 6 ) ou le Master HES en Information Documentaire est le diplôme minimal requis Conclusion Les conclusions que l on peut tirer de cette analyse sont indiscutables. A l heure actuelle, et d autant plus si l on se place dans une perspective à moyen terme, la seule formation de base CLP ne répond plus aux besoins d une bibliothèque, aussi petite soit-elle. Encore une fois, à travers cette conclusion, le GT n évalue aucunement l expérience professionnelle acquise indépendamment de la certification, expérience très différente d une personne à l autre. D autre part, les formations officielles (CFC, Bachelor ID et Master ID) répondent globalement aux besoins des bibliothèques de différentes tailles, les plans de formation atteignant ainsi leurs cibles. Cependant, quelques ajustements possibles pour ces formations ont été identifiés et seront précisés dans le chapitre 5.1. En conséquence de ce qui vient d être vu, les trois principes de base suivants ont été retenus par le GT: Principe de base no 1 : Toute bibliothèque est placée sous la responsabilité d un professionnel en information documentaire (ID), qui en assure la direction, ainsi que l encadrement du personnel Principe de base no 2 : Le professionnel ID responsable est au bénéfice d un diplôme officiellement reconnu, obtenu après avoir suivi avec succès l une des formations en ID existantes et acquis la certification correspondante, à savoir : Un CFC d assistant/d agent en ID (AID), ou Un bachelor HES de Spécialiste en information documentaire, ou Un master en ID. Principe de base no 3 : Tout collaborateur d une bibliothèque est au bénéfice de l un des diplômes reconnus, mentionnés sous principe no 2 (en fonction du profil de compétences spécifique lié à sa fonction). Il ne faut néanmoins pas exclure la possibilité, pour l employeur, de faire également appel à d autres types de compétences proposées par d autres profils professionnels (pour de l étiquetage ou du marketing, si l on prend deux exemples de tâches à faible, respectivement à forte valeur ajoutée). 6 Voir le chapitre 5.1 «Amélioration de l existant» 18

19 5. Recommandations concernant les formations Ce chapitre tire les conséquences de ce qui a été vu dans le chapitre précédent en formulant une série de recommandations au Comité du Groupe régional romand de la CLP. Elles constituent ainsi les éléments centraux du travail du GT autour desquels un consensus a été trouvé Amélioration de l existant Les formations officielles offrent un large panel de compétences complétées par les offres de formation continue essentiellement proposées par les associations professionnelles nationales (BIS et CLP). Le dernier tableau du chapitre 4 : «Correspondance entre les besoins des bibliothèques de lecture publique et scolaires et l offre des formations» met en avant quelques lacunes, il est vrai peu nombreuses, dans les différents cursus. C est pourquoi, il est souhaitable que le Groupe régional romand de la CLP et/ou les formations officielles prennent en compte plus spécifiquement les éléments suivants 7 : - pour la formation d AID, des notions plus complètes : i. en management de l information, ii. en communication (langues, communication institutionnelle). - pour la formation Bachelor HES : i. en langues étrangères, ii. en développement d applications informatiques simples iii. en droit de l information Le GT «Avenir de la formation en lecture publique et scolaire» recommande au Comité du Groupe régional romand de la CLP de prendre connaissance des éléments d amélioration possible de son offre de formation continue ponctuelle déduits des tableaux du chapitre précédent, afin de continuer à répondre à la demande des institutions et des professionnels. Il l encourage également à se mettre en contact avec les institutions de formation afin d évaluer les possibilités d offrir des formations continues ponctuelles à des publics spécifiques Création de formations Formation continue Les formations officielles (CFC d AID et bachelor ID) étant délibérément polyvalentes (c est-à-dire formant à toutes les fonctions documentaires dans tout type de services documentaires), elles dispensent des compétences très diversifiées et correspondent à une vaste demande. Il est par conséquent difficile pour les institutions formatrices de répondre de manière égale à tous les besoins spécifiques de la lecture publique et du scolaire. Le GT en est bien conscient et c est pour cette raison qu il milite pour la création de ces formations continues certifiantes (de type CAS/DAS/MAS) qui permettraient de répondre à la demande déjà existante de la part des professionnels d approfondir les compétences nécessaires à la gestion des bibliothèques de lecture publique et scolaires, notamment en matière de médiation culturelle 8. Le GT 7 Pour les détails, se reporter à la colonne «Remarques» du tableau 4.3 «Correspondance entre les besoins des bibliothèques de lecture publique et scolaires» et à l Euroréférentiel I&D. 8 Même si la médiation culturelle ne figure pas telle quelle dans l EuroRéférentiel I&D et qu elle n apparaît donc pas explicitement dans les manques observés au sein des formations officielles, c est un besoin relevé par le GT au contact des professionnels du terrain qu il est important de mentionner ici. 19

20 a d ailleurs pris note, durant son travail, de l ouverture de la formation CAS dispensée par la HEP Vaud et destinée aux bibliothécaires scolaires 9 de tous les cantons. Il se réjouit qu une telle formation existe. Le GT «Avenir de la formation en lecture publique et scolaire» recommande au Comité du Groupe régional romand de la CLP d étudier l éventualité de la mise en place - en partenariat avec un centre de formation tel que la HEG de Genève - d une formation modulaire certifiante de type CAS ou Certificat de formation continue, officiellement reconnue, portant en particulier sur la médiation culturelle et la promotion de la lecture ; le cas échéant, le GT recommande au Comité du Groupe régional romand de la CLP d en déterminer les contenus, les conditions et les partenaires. Art. 32 Le chapitre 5, et plus particulièrement l article 32 de l Ordonnance fédérale sur la formation professionnelle (OFPr) stipule notamment que : «Si des qualifications ont été acquises par une personne dans un autre cadre que celui d une filière de formation réglementée, cette personne devra justifier d une expérience professionnelle d au moins cinq ans pour être admise à la procédure de qualification». 10 Concrètement, cela a pour incidence qu une disposition légale permet, sous réserve de justifier d une expérience professionnelle suffisante (5 ans), de se présenter aux examens finaux d obtention du CFC sans en suivre le cursus. Pour ce faire, les candidats doivent constituer un dossier et, le cas échéant, suivre des cours de rattrapage ou de complément afin d y être préparés. Une autre possibilité offerte par cette procédure est d obtenir le CFC sur la base d une procédure de validation des acquis. Mais cette dernière est très longue (jusqu à 200h pour la préparation du dossier) ; de plus, le public potentiel dans les bibliothèques publiques romandes a des connaissances trop hétérogènes pour que cela soit une voie raisonnablement envisageable. C est pourquoi la voie «Art. 32 avec examen» est a priori préférable. Ces dispositions doivent être validées par l OFFT, mises en place par les administrations cantonales et surtout soutenues par un acteur professionnel d envergure nationale. La Délégation à la formation I&D 11 qui coordonne actuellement la formation des AID en Suisse et qui est mandatée par BIS et l AAS remplirait parfaitement ce rôle. D ailleurs les travaux menés par un sous-groupe du GT, composé de Michel Gorin, Valérie Bressoud Guérin et Laurent Voisard, ont déjà permis d aborder la question avec la Délégation à la formation I&D. Cette dernière voit positivement la mise en place d une telle démarche. Elle a également souligné, qu une fois le dispositif activé, il le serait pour toute la Suisse, pour autant qu il y ait un intérêt en Suisse alémanique et italienne. De plus, les deux écoles professionnelles de Genève et Lausanne en charge de la formation des AID pour la Suisse romande, également consultées par le sous-groupe, se sont également montrées ouvertes à une discussion sur cette base. Etant donné que les travaux du sous-groupe sont encore en cours, un rapport complémentaire sera transmis au Comité du Groupe romand de la CLP. 9 Plus de détails à l adresse : https://www.hepl.ch/cms/accueil/formation/offres-formation-de-la-hepvaud/formations-postgrades/offre-de-formations-postgrades/cas-certificate-advanced-studies/casbibliothecaire-en-milieu-sco.html (consulté le ) 10 L OFPr est consultable, en français, à l adresse : (consulté le ) 11 Plus de détails ici : (consulté le ) 20

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