Le Journal de laphilanthropie

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1 Le Journal de laphilanthropie 24 AVRIL 2014 LE MONDE TOURNERAIT MOINS ROND... La philanthropie d aujourd hui est plus que jamais une démarche balisée, structurée, qui recourt à des outils financiers élaborés afin de soutenir davantage d initiatives avec un maximum d impact. Comment la philanthropie évolue-t-elle? Quels sont les nouveaux instruments mis à sa disposition? Quelles sont les réalisations et comment les évaluer? Voici autant de questions auxquelles veulent répondre ce Journal et la 3 e Journée de la Philanthropie, ce 24 avril GESTION RAISONNABLE DES MOYENS? UNE OBLIGATION! Si la philanthropie se doit d être plus exigeante en temps de crise, ce n est pas tant à l égard des organisations ou des personnes qu elle veut épauler mais avant tout vis-à-vis d elle-même. Si l aide des pouvoirs publics se réduit en période de ralentissement économique, la philanthropie se doit d orienter ses moyens de manière à optimiser son impact. Le philanthrope jouit du privilège de choisir l action dans laquelle il souhaite s investir et baliser cette action avec une gestion intelligente des moyens financiers permet d atteindre les objectifs, tout en évitant de s égarer dans des causes perdues. Faire le point avec des personnes besoins des gens, dans tous les aspects engagées comme le sont les participants à cette Journée ouvre de l intérêt général. inévitablement des portes vers Si la Journée de la Philanthropie permet aussi de sensibiliser des philan- l avenir. La philanthropie est imbriquée au sein de l économie globale. thropes qui hésitent à se déclarer, elle Les tendances évoluent, les besoins aura atteint l un de ses objectifs principaux. Ce qui différencie la philan- s expriment différemment, les pouvoirs publics attribuent moins d aides thropie, c est l action structurée dans en temps de crise Sans prétendre se le temps. Le philanthrope ne s engage substituer aux pouvoirs publics qu elle pas à l aveuglette mais choisit une ne remplacera de toute façon jamais, action et des opérateurs qui l accompagnent sur le long terme. Son action la philanthropie se doit d être complémentaire tout en adaptant son action. a vocation à avoir de l impact. Car le Elle se remet sans cesse en question et philanthrope s intéresse au return en cette Journée participe à cette volonté. termes de changement, avec la satisfaction d avoir atteint l objectif au bout C est loin d être anecdotique pour une démarche qui se veut au cœur des du parcours. CONFIANCE DANS L AVENIR Bien que le parcours du philanthrope (h/f) soit balisé, son engagement est toujours une entreprise qui exige de l inventivité et de l innovation. La philanthropie est au cœur de belles histoires, tant au niveau individuel que global. Le profil du philanthrope est très éclectique. S ils sont nombreux à s engager en fin de carrière professionnelle, avec toute l énergie que l on a à ce moment, ils sont aussi de plus en plus jeunes à développer des projets philanthropiques. Quel que soit le domaine choisi, ceux qui s engagent de leur vivant se privent de la joie légitime de profiter de tout ou partie de leurs biens pour les consacrer à améliorer le sort de leurs contemporains et/ou des générations futures. Tous font confiance à des conseillers qu ils choisissent pour les accompagner dans leur projet et conduire celuici avec ou sans eux, en leur nom, et même parfois après eux. La confiance dans l avenir caractérise tous ceux qui s investissent dans la philanthropie. UNE PHILANTHROPIE MODERNE La plus grande évolution à souligner depuis l édition 2011 de la Journée de la Philanthropie est sans aucun doute la modernisation des moyens d action. On parle sans complexe aujourd hui d investissement social, de venture philanthropy, d impact financing, d une véritable philanthropie d investissement. Il en est beaucoup question dans ce Journal ainsi que de tout ce qui touche à la recherche structurée de l impact. Ces nouveaux instruments ont été bien mis au point : ils sont désormais opérationnels. Et ils ont déjà fait leurs preuves. Bien sûr, ces nouvelles méthodes n ont pas pour vocation de remplacer les outils de philanthropie plus enracinés. C est une combinaison de méthodes et un choix informé et raisonné qui apporte le plus souvent des réponses durables et à long terme. ACCESSIBLE Les grandes fortunes n ont pas le monopole de la philanthropie. Chacun(e) y a accès. Chacun(e) a la possibilité de structurer son énergie pour changer quelque chose là où il/elle le souhaite, par une action ciblée, emplie de passion. Quelques belles histoires Et aussi : en témoignent dans ce Journal. Toutes se veulent inspirantes et il y en a tant d autres, en Belgique, en Europe et dans le monde. ET MULTIPLE Actions locales, actions sociales, sur l initiative de familles, d organisations ou d entreprises, de par ses formes, ses moyens d action, ses objectifs et même sa dimension géographique, la philanthropie est multiple. Qu il s agisse de financer des projets d économie sociale à l échelle d une ville voire d un quartier, de soutenir des projets de développement à petite ou plus grande échelle en Afrique ou ailleurs dans le monde, d encourager et de soutenir la recherche scientifique ou le bien-être des patients, de vouloir réduire les inégalités, d acquérir des violoncelles historiques pour les mettre à la disposition de jeunes instrumentistes ou encore de protéger une partie significative d une rivière, cette diversité fait qu avec un peu de recul on se trouve devant une superbe mosaïque. Sans toutes ces initiatives philanthropiques mises bout à bout, le monde ne tournerait pas de la même façon. p.08 «Changer le monde, ensemble» Jeff Skoll p.19 «Le philanthrope est conduit par une émotion» Paul Dewandre Suivez-nous sur

2 SOMMAIRE & COLOPHON RENCONTRE SOMMAIRE 01 La philanthropie évolue 02 Rencontre avec la baronne Françoise Tulkens 03 Baromètre de la philanthropie 04 Investissement social 06 Crowdfunding : nouvel outil de financement 07 Motivations du don 08 La Skoll Foundation soutient les entrepreneurs sociaux 10 Pauvreté & Justice sociale 11 Santé & Engagement local 12 Développement 13 Patrimoine 14 Monde associatif 15 Les Fondations 16 Europe 17 International 18 Témoignages 20 Parcours du philanthrope COLOPHON Le Journal de la Philanthropie La Philanthropie : ça marche! Informations et témoignages en complément de la troisième journée de la philanthropie. Deze publicatie bestaat ook in het Nederlands onder de titel: De Filantropiekrant Filantropie werkt! Complementaire informatie en getuigenissen bij de derde Dag van de Filantropie. Une édition de la Fondation Roi Baudouin, 21, Rue Brederode à B-1000 Bruxelles. Coordination pour la Fondation Roi Baudouin : Josse Abrahams, Dominique Allard, Jean-Paul Collette, Ludwig Forrest, Ilse Teughels Coordination éditoriale et réalisation : Decom Developments in Communication. Vincent Orts - T. 02/ Collaborateurs rédactionnels et recherches : Sarah Buyl, Patricia Desmarès, Anne Galant, Pascal Mageren, Ines Minten, Sabine Rosseel, Caroline Sabbe, Griet Sebrechts, Johan Van Praet Graphisme : Dirk Declerck, Janne Geelen Cette publication peut être téléchargée sur notre site : Dépôt légal : D/2848/2014/11 ISBN : EAN : O-Lief Phil Collis UN ÉTAT D ESPRIT, UN OUTIL, UNE PHILOSOPHIE! La baronne Françoise Tulkens préside le Conseil d administration de la Fondation Roi Baudouin. Juge à la Cour européenne des Droits de l Homme où elle avait été élue au titre de la Belgique en 1998, elle en a assuré la vice-présidence jusqu en septembre Son parcours professionnel est riche d expériences variées et ses engagements portent sur les thèmes des droits de l homme, de la justice sociale et sur des projets visant à améliorer la société. Quel regard portiez-vous sur la philanthropie au moment d accepter la présidence de la Fondation Roi Baudouin et quel regard portez-vous aujourd hui? Je la connaissais plutôt superficiellement. A mon grand étonnement, puis à ma grande admiration, j ai découvert qu elle était une réalité bien vivante dans la société et combien elle était présente au sein de la Fondation. Pour être franche, le terme philanthropie me paraissait jusqu alors difficile, un peu ancien, portant encore une connotation de charité. Je n en avais pas une vision exacte et c est à travers la Fondation que j ai mesuré l extrême importance de la philanthropie sur le terrain. Comment la définiriez-vous aujourd hui? Je la vois comme un réservoir de générosité, de volonté et d action pour contribuer à l intérêt général et intervenir concrètement dans la société. Quels sont ses atouts? Je suis frappée par l ampleur, la qualité et la clairvoyance des projets philanthropiques de tous types. Et je veux insister sur leur clairvoyance : les initiatives et les instruments philanthropiques s attaquent toujours à des questions cruciales pour la société d aujourd hui. Depuis une position en retrait, les philanthropes développent des projets vraiment capables de répondre à des besoins évidents. Avec d autant plus de pertinence que les pouvoirs publics, et c est normal, ne peuvent pas tout affronter, sur tous les terrains. Il n y a pas de double emploi avec l initiative publique ; la philanthropie démontre au contraire qu une série de défis peuvent être relevés de diverses manières, comme à travers des partenariats privé-public. Je veux aussi souligner l incroyable diversité des projets philanthropiques, sur des thèmes qui vont de la vulnérabilité des enfants chez nous à l accès à l eau en Afrique par exemple. Vous pourriez faire le portrait-robot du philanthrope? Les philanthropes partagent de nombreuses caractéristiques. Ils veulent toujours agir de manière durable et ne craignent pas d affronter des problèmes qui ne sont pas résolus par ailleurs. Ils sont très souvent apolitiques et a-confessionnels, ils ne connaissent pas les différends linguistiques, ils dépassent les barrières. Au sein d une société comme la nôtre, le philanthrope est un acteur essentiel pour le développement de l intérêt général. Il intervient de manière positive. Wouter Rawoens Quels sont les arguments les plus neufs de la philanthropie? Un atout majeur de la philanthropie, à mes yeux, est qu elle est en mesure d anticiper les problèmes de demain. Ce que les pouvoirs publics ne peuvent pas vraiment faire, trop confrontés à la gestion des urgences. De nouvelles formes de philanthropie apparaissent, qui peuvent apporter d autres types de solutions, comme la venture philanthropy, qui investit dans l accompagnement, le conseil, la gestion auprès d autres acteurs sociétaux. C est une forme qui peut intéresser les jeunes, qui leur montre que la philanthropie, cela peut être aussi donner de son expertise et de son temps, pas nécessairement de l argent. L idée de la philanthropie doit faire son chemin chez les jeunes. Il faut oublier une certaine image des philanthropes qui seraient de vieux riches en pantoufles! Elle est dépassée! Chaque citoyen peut être philanthrope, sous des formes bien sûr différentes. Tout le monde peut contribuer à l intérêt général. La philanthropie joue-t-elle un rôle particulier face à la crise? Elle est bien sûr encore plus indispensable en temps de crise économique car celle-ci accroît toutes les précarités, toutes les vulnérabilités (celles des femmes, des enfants, des minorités, des migrants et des étrangers ). Mais ce que nous vivons n est pas seulement une crise qui perdure, car une crise sans fin n a pas de sens et elle nous fait perdre la dimension de l avenir. Ce que nous vivons aujourd hui est plutôt le signe d un passage, d une mutation (géopolitique, numérique, biotechnologique aussi). La philanthropie peut précisément contribuer à ce que la crise débouche sur quelque chose de positif. J en reviens à une définition : la philanthropie doit être pragmatique, sans aucun emballage idéologique, mais ses valeurs sont les valeurs humaines universelles. Elle est donc à la fois un état d esprit, un outil et une philosophie. Que souhaitez-vous à la philanthropie belge et européenne? J aimerais qu il y ait davantage de contacts entre philanthropes, que la philanthropie constitue d une certaine façon un réseau. Cela pourrait se faire au niveau européen, ce qui permettrait de mieux soutenir la philanthropie, de mieux l encadrer des points de vue juridique et économique. La société doit aussi mieux connaître les aspirations des philanthropes et les problèmes qu ils rencontrent. Peut-être même sont-ils trop modestes, trop discrets Mon souhait tiendrait presque d un slogan : Philanthropes, montrezvous! Prenez votre place, elle est juste! Puisque la philanthropie, cela marche, comme le prouvera encore cette journée 2 Avril 2014

3 BAROMÈTRE LE BAROMÈTRE DE LA PHILANTHROPIE MESURE L ÉVOLUTION DE LA PHILANTHROPIE LES BELGES PRÊTS À DONNER PLUS En 2011, la Fondation Roi Baudouin et le groupe de réflexion Itinera ont lancé le baromètre de la philanthropie (basé sur des données subjectives) et l indice de la philanthropie (basé sur des données objectives). L enquête réalisée auprès de Belges nous apprend que nous sommes tous prêts à donner plus qu il y a deux ans. L économiste Ivan Van de Cloot déduit quant à lui de l indice «que l impact négatif de la crise économique diminue». Ces deux signaux importants montrent que la générosité des Belges est sur la bonne voie. Comment la générosité des Belges évolue-t-elle au fil du temps? C est principalement pour répondre à cette question que la Fondation et Itinera ont collecté des chiffres, entre autres auprès de la Banque nationale, de Services publics fédéraux (Economie et Finances) et d organisations philanthropiques. Par ailleurs, l analyse repose sur les données subjectives de l enquête sur la philanthropie réalisée par le bureau Ipsos Public Affairs auprès de Belges. «Toutes ces données nous permettent de mesurer l évolution de la philanthropie, année après année», déclare Ivan Van de Cloot, Chief Economist chez Itinera, qui traite l ensemble des données. LES CHIFFRES MONTRENT UNE HÉSITATION EN 2012 Alors que pendant plusieurs années consécutives, le nombre d associations caritatives n a cessé d augmenter, l évolution a connu un recul en Le graphique 1 montre que les cotisations à ces associations ont certes augmenté, mais que les dons et legs ont connu une hésitation. Néanmoins, les niveaux restent élevés, en ce qui concerne à la fois les dons, selon l enquête budgétaire du Service public fédéral Economie, et la création de fondations d utilité publique. La diminution du nombre d associations caritatives en 2012 indique plutôt une consolidation, selon Ivan Van de Cloot. LE CLIMAT PHILANTHROPIQUE S EST ÉCLAIRCI EN 2013 En 2012, l indice de la philanthropie a fait du sur-place en raison d une stagnation, voire d un léger recul, des chiffres. Mais qu en était-il en 2013? Comme les données sont mises à disposition avec un certain décalage, nous devrons attendre encore un an avant de connaître la réponse à cette question. Par conséquent, il est tout aussi intéressant de nous pencher sur les données subjectives qui nous permettent de connaître les impressions les plus récentes. Les résultats sont encourageants sur ce plan. Ainsi, contrairement à 2012, la «disposition au don» des Belges augmente. «Un plus grand nombre de nos concitoyens déclare avoir FONDATION ROI BAUDOUIN AGIR ENSEMBLE POUR UNE SOCIÉTÉ MEILLEURE Graphique 1 : Cotisations, dons et legs aux associations caritatives : éléments de l indice de la philanthropie Graphique 3 : Quelles causes sont favorisées par les Belges? La Fondation Roi Baudouin est une fondation indépendante et pluraliste, active en Belgique et au niveau européen et international. Nous voulons apporter des changements positifs dans la société et, par conséquent, nous investissons dans des projets ou des individus propres à en inspirer d autres. En 2013, nous avons notamment soutenu organisations et individus pour un montant total de 28 millions d euros. Deux milles personnes dans des jurys indépendants, des groupes de travail et des comités d accompagnement ont mis bénévolement leur expertise à disposition. La Fondation organise également des tables rondes sur d importants thèmes sociétaux, communique les résultats de la recherche dans des publications (gratuites), noue des partenariats et stimule la philanthropie via la Fondation Roi Baudouin et non pour elle ,0 120,0 100,0 80,0 60,0 40,0 20,0 0,0 100,0 80,0 60,0 40,0 20,0 0,0 La santé et la recherche médicale Affiliations Dons Legs Graphique 2 : Evolution du baromètre de la philanthropie et de la confiance des consommateurs Baromètre de la philanthropie L aide aux personnes défavorisées L action humanitaire et l aide aux pays pauvres L accès à une éducation de qualité pour tous La protection de l environnement et le développement durable Une autre cause Confiance des consommateurs La création culturelle et la protection du patrimoine culturel donné plus, tandis que le groupe qui a donné moins diminue», poursuit Ivan Van de Cloot. Pourtant, les participants à l enquête Ipsos déclarent qu ils envisagent les douze prochains mois avec hésitation. Retenons que la disposition au don connaît une amélioration mais est encore fragile. Les répondants indiquent clairement que l impact négatif de la crise économique sur la philanthropie diminue. Parallèlement, 76% des répondants déclarent qu ils jugent la philanthropie importante, voire essentielle. «Il est à noter qu en 2013, significativement moins de Belges (45% contre 53% en 2012) considèrent le don comme un devoir moral», souligne le Chief Economist. Si nous examinons les dix facteurs qui, selon la méthodologie employée, peuvent être utilisés comme indicateur afin de mesurer le climat de philanthropie, nous constatons une amélioration globale en Alors que les données objectives et subjectives révèlent une dégradation entre 2011 et 2012, le climat de philanthropie s améliore en 2013 et dépasse même le niveau de Pour savoir si les données objectives confirment cette évolution, nous devrons encore attendre quelque temps. Cependant, nous constatons que le baromètre de la philanthropie est en corrélation avec le cycle économique, mesuré par la confiance des consommateurs (graphique 2). SANTÉ ET RECHERCHE MÉDICALE L enquête Ipsos nous fournit toutes sortes d autres d informations que les données utilisées dans le baromètre de la philanthropie. Ainsi, nous apprenons que le Belge (39%) préfère donner son argent pour la santé et la recherche médicale (graphique 3). «La réciprocité entre peut-être en jeu, avec la tendance de l être humain à vouloir recevoir quelque chose en retour quand il donne», explique l expert d Itinera. Toutefois, «l aide aux personnes défavorisées» (21%), «l action humanitaire» (18%) et «l accès à une éducation de qualité pour tous» (11%) sont également favorisés par nos compatriotes. «Nous trouvons le soutien à long terme très important, sans pour autant négliger l aide urgente.» LE MANQUE DE CLARTÉ EST UN FREIN Bien qu il soit généreux, le Belge ne distribue pas son argent aveuglément. Il veut de la clarté. Près d un tiers (31%) déclare disposer de trop peu d informations lors du choix d un don ou d une association. Une communication claire et précise est essentielle afin d inciter le Belge à coucher une association caritative sur son testament. «Il veut savoir comment et où son argent sera utilisé.» L enquête et le baromètre dans leur intégralité sont disponibles sur La Fondation a été créée en 1976, à l occasion des 25 ans de règne du Roi Baudouin. Merci à la Loterie Nationale et à tous les donateurs pour leur précieux soutien. - Suivez-nous sur Vous trouverez davantage d informations au sujet de nos projets, de nos manifestations et de nos publications sur Une lettre d information électronique vous tient au courant. Vous pouvez adresser vos questions à ou au Fondation Roi Baudouin, rue Brederode 21, B-1000 Bruxelles , fax Les dons de 40 euros ou plus versés sur notre compte IBAN: BE BIC: BPOTBEB1 sont fiscalement déductibles. 3

4 SOCIAL INVESTMENT IMPACT SOCIÉTAL ET PLUS-VALUE FINANCIÈRE : MARIAGE IMPOSSIBLE? Face à la crise financière et à la réduction des moyens que les pouvoirs publics consacrent aux activités sociales, surgissent de nouveaux modèles de financement inspirés du venture capital et qui combinent impact sociétal et plus-value financière. De belles réalisations prouvent que cela marche! L idée de base est de faire appel à des acteurs privés prêts, sous certaines conditions, à investir et éventuellement risquer leur argent dans des projets d intérêt général. La tendance se renforce depuis quelques années. Familles, entrepreneurs, fondations, y voient une nouvelle manière de s engager en finançant des projets qui ont pour finalité de résoudre un problème social. Pourtant, l enjeu est de taille puisqu il s agit de faire la jonction entre le monde du «profit social» (alimenté notamment par des subventions publiques et recherchant un impact sociétal) et le monde économique (visant à maximiser le profit tout en contribuant à la création d emplois et de richesses). Serge Raicher, cofondateur de la European Venture Philanthropy Association (EVPA) propose à l investisseur à impact de se poser une série de questions au moment d examiner un dossier : Qui finance le secteur? Quels sont les rendements attendus? Quelles sont les motivations des intermédiaires? Quels sont les critères de mesure et qui les mesure? Les réponses à ces questions peuvent indiquer de quel côté du spectre (voir graphique) on se trouve, et ce avant tout dans un souci de transparence. RENDEMENT? La rentabilité de l investissement social n est jamais garantie. C est clairement du capital à risque. Créée en 2005 à l initiative de financeurs privés, PhiTrust Impact Investors a déjà financé une vingtaine d entreprises sociales dans des pays comme la France, la Belgique, l Allemagne et dans certains pays d Afrique. C est par exemple le cas d un organisme de réinsertion actif dans le secteur du bâtiment et des travaux publics qui a réorienté 500 personnes en Olivier de Guerre, président et fondateur de PhiTrust, ne garantit pas à ses investisseurs qu ils pourront récupérer l intégralité de leur argent mais bien qu il sera uniquement investi dans des entreprises qui ont un impact social, avec 3 grands critères : ce rendement social est mesurable, le projet peut compter sur une équipe compétente et il repose sur un business plan solide. «Aujourd hui, nous pensons pouvoir donner à nos investisseurs 3 à 4% de rendement, mais pas plus», prévient-il. «Quand nous entrons dans une entreprise sociale, c est toujours pour cinq à dix ans. Ce temps est nécessaire pour se comprendre. Le mode de réactivité de ces entreprises est plus long que dans l économie classique, car il faut souvent obtenir l accord de toute une série d acteurs.» L entreprise sociale associe la recherche d un impact sociétal, avec des s intéressent principalement à des Les entreprises à finalité sociale résultats mesurables, et un «business secteurs comme l éducation, les soins model» solide qui garantit sa viabilité de santé, le logement social, l accès au financière. Le secteur est en pleine financement, l accès à la nourriture, évolution en Belgique, à la fois avec l environnement, les énergies renouvelables et l eau. Quant aux acteurs l apparition de nouveaux venus, qui n ont pas le réflexe de chercher clés de l investissement social, il s agit automatiquement des subsides, mais des philanthropes, des investisseurs aussi parce que des acteurs traditionnels, comme des asbl, sont en train start-up et grandes entreprises, des institutionnels, des partenariats entre de réfléchir à leur transformation entrepreneurs sociaux, des ONG et (partielle) en entreprises sociales. non des moindres! des (nouveaux) GOUVERNANCE : LA CLÉ D UN DÉVELOPPEMENT RÉUSSI Apporter des moyens financiers aux organisations ayant un impact social, c est bien. Leur amener l expertise externe et la mise en réseau, c est mieux encore. Dans un contexte où les moyens financiers des autorités sont limités, le Fonds Venture Philanthropy accompagne ces organisations dans la durée. Lancé en 2009 par la Fondation Roi Baudouin, le Fonds Venture Philanthropy apporte conseil et financement à des associations ou entreprises d économie sociale. Cette forme de philanthropie ne vise pas uniquement à apporter des moyens financiers aux organisations, mais aussi à amener de l expertise externe et favoriser une mise en réseau. Aujourd hui, 26 organisations bénéficient de l accompagnent du Fonds. «Il s agit de repenser le fonctionnement d une organisation, sa gouvernance. Une fois que la gouvernance et la stratégie sont en place et s il y a de bons dirigeants, le reste va suivre», explique Benoit Fontaine, en charge du Fonds Venture Philanthropy. Une méthode de suivi a été mise en place avec chaque organisation retenue. Les exemples du Kringwinkel Mechelen et de l organisation Aide à domicile en milieu rural (ADMR) et touchant à la gouvernance, illustrent la manière dont ce suivi se traduit sur le terrain. Un suivi qui prend la forme d un monitoring tous les 4 mois de quelques indicateurs clés reposant sur des critères quantitatifs (évolution du taux d emploi, du nombre de bénéficiaires, de l absentéisme, du chiffre d affaires, ) et qualitatifs (plan stratégique, composition du conseil, ). Brigitte Piérard, Administratrice déléguée de l ADMR. Fondation Roi Baudouin/Frank Toussaint SOUTIEN STRUCTUREL AU KRINGWINKEL MECHELEN Le Kringwinkel Mechelen est une entreprise socio-économique écocitoyenne qui propose entre autres des articles de seconde main de qualité à bas prix et qui offre un emploi à des personnes qui ont peu d opportunités 4

5 SOCIAL INVESTMENT entrepreneurs souhaitant investir dans des projets favorables à la qualité de vie ou réaliser des investissements en accord avec leurs valeurs personnelles. Primary driver is to create societal value Investment spectrum Blended societal and financial value Primary driver is to create financial value SOCIAL IMPACT BONDS L émergence des Social Impact Bonds (SIB) est une belle illustration de la percée de l investissement social. Ces obligations sont des contrats souscrits par des investisseurs privés qui financent (une organisation menant) des projets d intérêt général, dans lesquels les acteurs publics s engagent à rémunérer les investisseurs en cas d amélioration significative des résultats sociaux auprès d une population ciblée. L autorité publique ne rémunère les investisseurs que si ces résultats sont obtenus. Dans ce cas, elle conserve pour elle un gain net, même après le paiement de ce retour sur investissement. «Notre mission est de développer de nouveaux modèles qui garantissent des sources de financement plus durables aux organisations du secteur social et qui leur permettent ainsi d avoir un plus grand impact», expose Lisa Barclay, directrice de Social Finance Ltd, qui cherche à promouvoir le concept de Social Impact Bonds (SIB). Un SIB a par exemple été lancé à Peterborough, au Royaume-Uni, pour Grants only; no trading Charities Trading revenue and grants la réinsertion d anciens détenus. Le taux de récidive des personnes qui ont été emprisonnées est très élevé (il peut atteindre 60%) et entraîne des coûts considérables pour la société en général. Ces coûts ont été chiffrés et des objectifs de réduction du nombre de récidivistes ont été fixés grâce à un accompagnement dès la sortie de la prison qui est assuré entre autres SOCIAL PURPOSE ORGANISATIONS (SPO s) Revenue Generating Social Enterprises Potentially sustainable >75% trading revenue Breakeven all income from trading Profitable surplus reinvested Socially Driven Business Profit distributing socially driven par d anciens détenus déjà réinsérés. D après les premières statistiques disponibles, le taux de récidive a commencé à baisser à Peterborough alors qu il est en augmentation à l échelon national. L éventail des domaines de cette méthode innovante est très large : chômage des jeunes, réduction du taux CSR Company Traditional Business Company allocating percentage to charity Impact Only Impact First Finance First Grant making Social Investment Venture Philanthropy Impact Investment de sans-abris, isolement social des personnes âgées, Bien que les SIB ne soient pas une réponse à tout, ils sont néanmoins la démonstration que l investissement de capital à risque dans le secteur associatif, comme nouvel instrument au service de la philanthropie, ça marche! Mainstream Market Company Source: shaerpa and EVPA dans le circuit du travail classique. L organisation était en décroissance alors qu elle devait croître pour conserver son agrément en tant que centre de récupération. «Il s agit d un soutien structurel et non pas d un appui sur la base de projets, comme c est souvent le cas», explique Yves Lauwaert, Directeur du Kringwinkel Mechelen. «La gouvernance est considérée comme très importante. Elle est abordée de manière concrète et rendue visible, ce qui n est pas possible avec des subsides obtenus uniquement sur la base de dossiers.» Trois ans après le démarrage du soutien, l organisation a largement atteint les objectifs fixés. ADMR, GÉRER LA CROISSANCE Lorsqu elle a entamé sa collaboration avec le Fonds Venture Philanthropy, l organisation Aide à domicile en milieu rural (ADMR) se trouvait face aux besoins d évoluer dans sa stratégie de communication (améliorer l échange d informations en interne et renforcer son image auprès de l ensemble des publics ruraux, des professionnels du secteur et des pouvoirs subsidiants) et d améliorer la gouvernance de son organisation. Active dans 114 communes Fondation Roi Baudouin/Frank Toussaint en Wallonie, l organisation occupe plus de 1650 travailleurs qui sont actifs pour une majeure partie (92%) sur le terrain auprès des familles, des personnes âgées ou handicapées afin de les aider à résoudre les difficultés de gestion de vie quotidienne en mettant à leur disposition un personnel qualifié. «Le Fonds a reconnu nos efforts pour identifier correctement les défis», souligne Brigitte Piérard, Administratrice déléguée de l ADMR. «Pour nous, le Fonds est aussi synonyme de visibilité et de réseau étendu». La venture philanthropie s applique aussi à d autres fonds de la Fondation Roi Baudouin, comme le Fonds Marie Antoinette Carlier ou le Caring Entrepreneurship Fund. Petit à petit, Yves Lauwaert, Directeur du Kringwinkel Mechelen. la Fondation innove et initie des outils financiers plus élaborés comme des prêts ou des intéressements au chiffre d affaires, avec prise de participation dans le capital et siège au conseil d administration pour une durée de 5 à 7 ans. Les revenus sont ensuite réinvestis pour aider d autres organisations. 5

6 TENDANCES CROWDFUNDING LA NOUVELLE FAÇON DE DONNER OU D INVESTIR? Depuis que Wouter Verschelden, pilier du site d information NewsMonkey, est parvenu à convaincre investisseurs et que Koen Geens, ministre des Finances, a qualifié le crowdfunding de «nouvelle façon d investir», ce modèle de financement fait l objet d une attention toute particulière (des médias). En Belgique et en Europe, les initiatives se multiplient. Curieux de savoir comment fonctionne le crowdfunding et ce qu il peut vous «rapporter»? INVENTAIRE DE LA COLLECTE DE FONDS EN BELGIQUE La diminution des subventions publiques et la crise font augmenter les collectes de fonds privées. Mais quelles sont les techniques les plus efficaces pour collecter des fonds? La HoGent, la KULeuven et Fundraisers Alliance Belgium ont étudié le phénomène de la collecte de fonds auprès des organisations caritatives belges, afin de pouvoir en dresser la carte. La HoGent souhaite utiliser ces résultats afin, à l avenir, de soutenir les organisations caritatives lors de leurs collectes de fonds et d adapter l enseignement aux besoins du secteur. Après une étude approfondie de la littérature et des entretiens détaillés avec des collecteurs de fonds belges, les chercheurs ont réalisé une grande enquête en ligne. Pas moins de 630 responsables de la collecte de fonds y ont répondu (59% dans des petites, 32% dans des grandes et 9% dans des très grandes organisations). 84% des organisations interrogées collectent des fonds auprès de particuliers. Le crowdfunding est une autre façon de financer un projet, sans intermédiaires financiers (banques, business angels, bailleurs de capitaux à risques ), en mettant directement en contact les investisseurs (le grand public, «the crowd») et les personnes à l origine du projet. Grâce aux nouvelles possibilités des réseaux sociaux et du paiement en ligne, le crowdfunding offre de nouvelles possibilités de financement dans des secteurs très variés. Le soutien du programme d entraînement du patineur belge Bart Swings en est un bel exemple. Lionel Slusny, du European Crowdfunding Network qui se bat pour une réglementation européenne, distingue quatre types de crowdfunding : 1. Don (donation-based) : collecte de fonds pour une bonne cause, sans retour financier. 2. Soutien (reward-based) : soutien d un projet moyennant une petite compensation non financière, telle qu un produit ou un service gratuit. 3. Investissement (equity-based) : investissement de capitaux dans un projet ou une entreprise en échange d une «action» qui permet ou pas de réaliser une plus-value. 4. Prêt (lending-based) : prêt d argent à un projet ou une entreprise, contre un intérêt. Les prêts entre particuliers relèvent également de cette catégorie. «Le financement reward-based, en particulier, est très recherché. Aujourd hui, il représente environ 40% de tous les projets européens», précise Lionel Slusny. «Le seuil d accès bas, la popularité et la petite échelle de ce type de projets (films, CD ), mais aussi le fait que peu de règles régissant les transactions financières s y appliquent, sont des raisons importantes de ce succès. En outre, comme l apport est limité, les bailleurs de fonds peuvent répartir et différencier leurs investissements de manière plus judicieuse et plus rentable.» Le financement lending-based représente également 40% des projets, tandis que les dons et les investissements constituent les 20% restants. Des formes hybrides de crowdfunding sont aussi envisageables, par exemple un prêt sans intérêt, très populaire dans les milieux philanthropiques. HelloMerci (www.hellomerci.com) est un bel exemple d une telle plate-forme, tout comme Babyloan (www.babyloan.org). PRINCIPE DE FONCTIONNEMENT Pour collecter des dons ou des investissements, le crowdfunding utilise généralement une plate-forme Internet, d une part, et les médias et réseaux sociaux du porteur du projet pour promouvoir le financement, d autre part. La plate-forme présente l initiative. Si le projet est bien accueilli, il est soutenu par des personnes qui souhaitent donner ou investir. En échange de leur investissement, ces personnes reçoivent un certificat qui leur donne droit à une plus-value, sous une forme financière ou en nature. L investissement peut aussi n avoir aucun retour direct, comme dans le cas de dons purement philanthropiques. Plus le crowdfunding est utilisé et devient attrayant, plus le nombre de plates-formes augmente. Quelques exemples : Socrowd (crowdfunding social), KissKissBankBank (a lancé environ projets), CroFun (projets créatifs, sociaux, innovants et commerciaux), Boekensteun.be (livres et patrimoine littéraire) et MyMicroInvest (investissements dans des start-up et PME). Chacune de ces plates-formes a été conçue avec succès pour un marché de niche. Growfunding (remarquez le jeu de mots) est une plate-forme très récente. «Growfunding est une forme innovante de crowdfunding comme moteur de la créativité urbaine», explique Frederik Lamote, de MIRO (*). «Les villes sont des laboratoires d innovation sociale. Pourtant, une grande partie de ce bouillonnement est perdu par manque de moyens. Growfunding/BXL Canaux utilisés pour la collecte de fonds Contacts personnels Site web de l organisation Propres événements Direct mail Evénements organisés par d autres Médias sociaux marketing Actions par des sympathisants Inserts dans des journaux ou périodiques Publicités dans les médias de masse Imprimés toutes-boîtes Boîtes de collectes Démarche dans la rue et en porte-à-porte Télémarketing Récolte via téléphones mobiles 3% 1% 14% 13% 12% 43% 60% L étude sera présentée officiellement en juin. Si vous souhaitez poser des questions, obtenir des informations ou rester informé au sujet de l étude en cours, contactez Ann-Sophie Bouckaert ou Eef Scheerlinck a pour objet de renforcer la solidarité urbaine, en développant la plate-forme en fonction de projets urbains créatifs de petite ampleur. Les porteurs de projet peuvent donc consolider leur réseau social et leurs moyens financiers, de manière informelle et accessible, en faisant appel à des sympathisants qui soutiennent financièrement leur projet (naissant). En échange d un apport d au moins 10 euros, les donateurs savent ce qu ils auront comme retour (tangible mais jamais financier).» Pour l instant, la plate-forme est encore un projet de recherche de MIRO. Si le financement est suffisant, elle devrait atteindre sa vitesse de croisière à l automne. Avec Bruxelles comme ville phare. Le crowdfunding est soumis aux lois financières et économiques du marché traditionnel. «A mesure que les platesformes de crowdfunding se multiplient, leur qualité et celle des projets risque de diminuer», prévient Lionel Slusny. 7% 6% 68% 67% 76% 38% Ce tableau donne 36% un aperçu de quelques 35% résultats marquants et montre le pourcentage d organisations belges qui utilisent chaque canal afin de collecter des fonds auprès de particuliers. Il en ressort très clairement que pour les collecteurs de fonds belges, le contact personnel est le moyen le plus efficace, suivi par l organisation d événements et le mailing direct. «Les investisseurs courent donc plus de risques. A cette différence près que le crowdfunding est beaucoup plus transparent que les véhicules d investissement classiques tels que les fonds d actions.» Le crowdfunding est-il simplement un nouvel outil de financement à la mode au service de la philanthropie, ou bien plus? Le temps nous apportera une réponse plus claire. Le crowdfunding se fait indéniablement une place parmi les instruments philanthropiques existants et attire de nouveaux moyens pour l intérêt général. En cela, l évolution de cette technique est donc à suivre de près. (*) MIRO est un nouveau centre de recherche axé sur les applications et ciblant principalement Bruxelles. Il est issu de l orientation Travail social de la Hogeschool Universiteit Brussel (HUB) et se profile comme un laboratoire social pour Bruxelles. Le projet de recherche «Growfunding» rassemble une dizaine de projets pilotes et est financé par le Fonds social européen et la HUB. 6

7 MOTIVATIONS DU DON LE PHILANTHROPE EUROPÉEN? Si la philanthropie anglo-saxonne a été largement décortiquée, les données sur les motivations, valeurs et profils des philanthropes du continent européen restent encore assez fragmentaires. De plus, ceux-ci restaient, par culture, assez discrets. Deux études lèvent un coin du voile. En 2009, une première étude (6) financée par la BNP fut menée en «face-to-face» auprès de 63 très grands donateurs en Belgique, Espagne, France et Italie. Celle-ci vient d être complétée en 2014 par une étude similaire sur le Luxembourg, la Suisse, les Pays-Bas et à nouveau la Belgique. L un des co-auteurs, Jérôme Kohler, conseiller en philanthropie et cofondateur d une chaire sur le sujet à l ESSEC (7), explique : «il fallait donner une référence scientifique et méthodologiquement structurée s appuyant sur le témoignage direct des très grands philanthropes et l analyse de leurs motivations et non sur des interprétations de seconde main. Outre une typologie des philanthropes (le croyant, l humaniste, l héritier, le passionné et le «venture philanthropist»), l étude définit un fort clivage nord-sud. Quand le geste philanthropique au Sud de l Europe reste une initiative assez peu structurée et guidée par la famille et la religion, au Nord, priment la rationalité, la recherche de l impact et la volonté de rendre à la société ce qu elle a donné. Cependant, des deux côtés, les facteurs déclencheurs (accident de la vie, rencontre, émotion esthétique ) restent similaires. En laissant les philanthropes s exprimer de façon très libre, les auteurs de l étude ont notamment pu arriver à la conclusion qu «en Europe, la philanthropie demeure une addition de multiples intérêts personnels, ne permettant pas toujours, en raison de sa disparité, de couvrir efficacement tous les besoins de la société auxquels cette philanthropie souhaite s attaquer». Enfin une approche portant sur le rôle de la religion, la part de l éthique en philanthropie et une comparaison avec la philanthropie américaine a donné lieu à un numéro spécial de la Revue des Deux Mondes (8) soulignant l intérêt toujours croissant en Europe pour ce secteur philanthropique longtemps désuet. POURQUOI DONNONS-NOUS? UNE AFFAIRE ENCORE PLUS INTIME QU ON NE LE CROIT Passion, valeurs, intérêt pragmatique ou même phénomène biochimique, la motivation du don fait partie de ces grands mystères qu on aimerait percer. La question est assurément aussi complexe que la nature humaine elle-même Qu estce qui explique qu à fortune et éducation similaires, deux individus confrontés à une même situation dramatique réagiront par l indifférence, la gêne, l envie de verser une larme ou un don, une donation, un legs? La question vaut évidemment son pesant d or, d euros ou de dollars et ne lasse pas d inspirer une kyrielle de sociologues et «psychologues de la philanthropie». Parmi ceux-ci, l américaine Jen Shang s est spécialisée dans l étude du comportement des donateurs et dans la manière pour les «non-profit» de capter leur attention, puis de susciter leurs donations. En 2012, elle confie dans une interview (1) : «le processus psychologique nécessaire pour transformer un simple intérêt en don revient à intégrer une cause externe à soi pour la faire sienne de la manière la plus intime.» HOMO DONATOR VS. HOMO OECONOMICUS Une tendance dictée par l idéologie du marché serait de distinguer une approche du don spontanée et désintéressée de celle qui est raisonnée, pragmatique et en attente d une contrepartie (en prestige, notamment). Le Québécois Jacques T. Godbout (2), conférencier et auteur de nombreux ouvrages sur le don, préfère voir dans ce dernier «un geste de ré-enchantement du monde» impossible à comprendre selon «un modèle d analyse utilitariste». Ouf, on respire! Comme pour le conforter, la réédition augmentée en 2013 de l étude anglaise de référence Why Rich People Give (3) révèle que la majorité des riches donateurs expliquent leur geste par le fait qu il enrichit leur vie! QUAND LES NEUROSCIENCES S EN MÊLENT Hypothèse : et si la beauté, la gratuité, la spontanéité ou même le pragmatisme du geste de don étaient effectivement sous-tendus par une nécessité mais qui serait biochimique? C est ce que tente d accréditer depuis quelques années un nouveau bataillon de chercheurs, en blouse blanche, cette fois. Pour eux, la cause de notre noble empathie à l égard d autrui ne serait qu une triviale hormone secrétée par l hypophyse : l ocytocine! Un joli nom chantant pour celle qui est à l origine de nos instincts d attachement filial, amoureux et social, rien que ça! On l a même surnommée «l hormone de l amour» ou «l hormone de la morale (4)». Selon une étude publiée par le neuro-économiste américain Paul Zak (5), l ocytocine augmenterait même la quantité de dons lorsqu administrée à des cobayes humains. Dans une de ses nombreuses expériences, les participants qui avaient reçu une bouffée d ocytocine redistribuèrent 17 % d argent en plus que ceux à qui on avait administré un placebo. On constata même que les participants en confiance maximale (qui cédaient leur dotation à un parfait inconnu) étaient 21% dans le groupe placebo contre 45% dans le groupe «ocytocine»! UN CERCLE VERTUEUX AU BÉNÉFICE DE TOUS Qu on se rassure : il y a encore loin à imaginer pulvériser des nuées d ocytocine sur une assemblée de donateurs en vue de booster leur générosité! D ailleurs, le «tout à l hormone» en matière de psychologie du don a aussi ses détracteurs arguant que la confiance ne peut être réduite à un fonctionnement chimique, les conditions de celle-ci étant avant tout sociales et structurelles. Quoi qu il en soit, il est prouvé que l ocytocine a un effet rétroactif de «récompense» du donateur. En étant secrétée dans le corps à hautes doses après son geste, elle lui donne un sentiment de bien-être comparable à celui produit lors d une séance de câlins, d une soirée décontractée entre amis ou à la chorale, toutes activités déclenchant leur flot d ocytocine. Plus on a d ocytocine dans le sang, plus on est enclin à l empathie envers autrui, plus on produit d ocytocine, etc. Un merveilleux cercle vertueux, tout au bénéfice des deux parties : donateur et bénéficiaire. Et après ça, vous reprendrez bien un peu d ocytocine? (1) Getting Into a Benefactor s Head, par David WALLIS, publié dans The New York Times, 8 novembre (2) «Le don, la dette et l identité : homo donator vs homo oeconomicus», Jacques T. Godbout, La Découverte, 2000, 190 p. (ISBN ). (3) Richer Lives Why Rich People Give : Richer Lives, Beth Breeze, director of the Centre for Philanthropy at the University of Kent, and Theresa Lloyd. (4) «Ocytocine: l hormone de l amour», Pr Kerstin Uvnäs Moberg, Le Souffle d Or, (5) Barraza, J. A.; Zak, P. J. (2009). Empathy toward Strangers Triggers Oxytocin Release and Subsequent Generosity. Annals of the New York Academy of Sciences (6) Wealth and Philanthropy in continental Europe (2009), Wealth and Philanthropy in Northern Europe (2014), Jérôme Kohler et Marc Abelès : https://wealthmanagement.bnpparibas.com/public/en/about-us-research (7) (8) 7

8 INTERVIEW JEFF SKOLL «CHANGER LE MONDE, CELA SE FAIT ENSEMBLE» Il a participé à la naissance du site d enchères ebay. Il a contribué à faire connaître au grand public des films tels que Une vérité qui dérange, Les Cerfs-volants de Kaboul et La Baie de la honte. Il soutient des entrepreneurs sociaux du monde entier et il a été un des premiers signataires de l initiative Giving Pledge de Warren Buffet et Bill Gates. Son parcours, sa passion pour les histoires et, surtout, sa croyance inébranlable dans les «good people doing good things» sont autant de sujets abordés lors d un entretien avec Jeff Skoll. Jeff Skoll et Sally Osberg (CEO Skoll Foundation) en visite chez un peuple autochtone dont les terres sont menacées par la déforestation, en Amérique du Sud. Phil Collis Monsieur Skoll, vous avez dit un jour que vous souhaitiez un monde en paix, prospère et durable, dirigé par changer le monde, cela se fait ensemble. Les entrepreneurs sociaux que la Skoll Foundation soutient sont de belles personnes qui réalisent des choses nombreuses entreprises. Les technologies de pointe et la connectivité entre les gens, par le biais des réseaux sociaux, amplifient la diffusion du message Quel conseil donneriez-vous à une personne qui envisage de s engager dans la philanthropie? Lorsque j ai mis sur pied mes pre- l homme 2.0. Qu entendez-vous par formidables et qui, grâce à l aide d une des organisations qui recherchent un mières actions philanthropiques, je «homme 2.0»? entreprise ou des autorités, peuvent soutien. Les philanthropes ont eux aussi n avais absolument aucune expérience Jeff Skoll : L homme 2.0 ne hausse plus voir plus grand pour leur projet. évolué. De très nombreux philanthropes dans ce domaine. Il m a fallu du temps les épaules face aux moyens limités et américains viennent de la Silicon avant de voir ce qui était efficace ou aux inégalités croissantes à l origine Vous avez fait vos premiers pas officiels de Valley, comme moi : ils possèdent des pas. Mon conseil aux «nouveaux» des problèmes qui menacent le monde philanthrope en 1999, avec la création de connaissances techniques et d im- philanthropes serait donc le suivant : actuel. Aujourd hui, la gravité de pro- la Skoll Foundation. Comment avez-vous menses richesses, mais ce sont aussi informez-vous auprès de philan- blèmes tels que le changement clima- vu évoluer la philanthropie ces quinze des entrepreneurs qui souhaitent être thropes expérimentés et apprenez tique et la rareté de l eau est reconnue dernières années? impliqués dans les organisations qu ils peu à peu. Rejoignez des groupes qui et nous affirmons tous qu il faut agir. La responsabilité sociale est devenue un soutiennent. En outre, leur terrain de jeu s investissent dans votre «sujet de pré- Je crois en la force de l individu, mais élément à part entière de la culture de n est rien de moins que le monde entier. dilection» et posez des questions. APOPO EN CHIFFRES APOPO UTILISE DES RATS POUR DÉTECTER LES MINES TERRESTRES ET LA TUBERCULOSE LES RATS DEVIENNENT DES HÉROS m² de terrains d entraînement et d essai en Tanzanie. 78 rats ont neutralisé mines terrestres au Mozambique. En Tanzanie, 30 rats ont analysé échantillons de crachats humains depuis 2007 afin d y détecter la tuberculose ; au Mozambique, 9 rats ont analysé échantillons depuis Rendez-vous sur afin de découvrir comment les rats sont entraînés, comment ils sont utilisés sur le terrain et comment vous pouvez adopter un HeroRAT. Bart Weetjens est un des entrepreneurs sociaux soutenus par la Jeff Skoll Foundation. Son asbl APOPO entraîne des rats en Tanzanie, puis les envoie dans le sud de l Afrique et, prochainement, dans le Sud-est asiatique, afin qu ils y détectent les mines terrestres et la tuberculose. Apopo «Les mines terrestres en Afrique et dans d autres régions du monde ayant connu la guerre constituent une menace physique pour la population, mais elles sont aussi un frein au développement de la communauté», déclare Bart. «Les rats ont un odorat très développé, ils sont légers, faciles à entraîner, originaires de la région et donc, résistants aux maladies endémiques : c est ainsi qu est née l idée de la technologie naturelle d APOPO.» MINES TERRESTRES ET TUBERCULOSE Ces dernières années, les HeroRATs ont neutralisé pas moins de mines terrestres au Mozambique. 8

9 INTERVIEW «La montée des big data est un grand défi pour les organisations sociales.» Jeff Skoll LE PARCOURS DE JEFF SKOLL Quel impact votre œuvre philanthropique a-t-elle eu sur vous en tant que personne? La philanthropie m a ouvert de nouvelles portes. En 2001, John Gartner m a dit : «Bet on good people doing good things». Il y aura toujours de grands problèmes qui passeront entre les mailles du filet traditionnel et il y aura toujours des personnes visionnaires et dotées de l esprit d entreprise qui non seulement voient ces problèmes, mais qui souhaitent aussi les résoudre de manière innovante. Ce sont ces gens que je souhaite soutenir avec la Skoll Foundation, car ce sont de véritables héros. Ces entrepreneurs sociaux ont donné un sens à ma vie, qu ils donnent cours à des enfants en Tanzanie où qu ils protègent la forêt équatoriale au péril de leur propre vie. Comment la Skoll Foundation sélectionne-t-elle et évalue-t-elle les entrepreneurs sociaux qu elle soutient? Pour pouvoir prétendre à un soutien financier pendant trois ans, l entrepreneur social doit démontrer comment son projet permet de résoudre un problème urgent, quelque part dans le monde. L aide octroyée sert à développer le projet et à augmenter son impact dans le monde. La Skoll Foundation mesure les résultats et l impact, mais elle offre aussi une assistance (personnel, stratégie, marketing ). Quels sont, selon vous, les grands défis des organisations sociales qui font appel à la philanthropie? La montée des «big data» et la manière dont les organisations sociales peuvent les utiliser pour prouver que leur travail porte ses fruits et ainsi, générer davantage de moyens. La prise en charge globale des grands problèmes mondiaux, tels que le changement climatique, est aussi un défi. C est en effet la seule façon de mettre fin à ces problèmes. Le thème central de la Journée de la Philanthropie est «Inspire people to engage». Quel message souhaiteriez-vous transmettre aux personnes présentes? Défendez avec crédibilité ce en quoi vous croyez. Racontez des histoires poignantes, inspirantes, basées sur des faits réels, afin que le monde puisse vraiment changer et s améliorer : premier collaborateur à temps plein et président d ebay : fait entrer avec succès ebay en bourse : crée la Skoll Foundation, qui soutient des entrepreneurs sociaux à travers le monde : fonde Participant Media, qui lui permet de continuer à financer des films en faveur des changements sociaux, tels que Une vérité qui dérange (sur le réchauffement de la planète, récompensé par 2 Oscars en 2006), Les Cerfs-volants de Kaboul (sur la vie en Afghanistan, nommé aux Oscars en 2007) et La Baie de la honte (sur le massacre annuel des dauphins au Japon, récompensé par un Oscar en 2009) : crée le Skoll Threats Fund, articulé autour de 5 thèmes qui menacent la planète : changement climatique, rareté de l eau, pandémies, prolifération nucléaire et conflit au Moyen-Orient : Participant Media lance la plate-forme numérique, TakePart.com, qui devient rapidement une source majeure d actualités sociales : Participant Media dispose de sa propre chaîne de télévision, Pivot. Ce résultat n a pu être obtenu que grâce à l implication de la population locale dans les projets d APOPO, qu il s agisse de l entraînement des rats ou des opérations de détection proprement dites. En 2007, il est apparu que les rats pouvaient également détecter la tuberculose dans des échantillons de crachats de patients. Dans les villes très peuplées d Afrique, il est particulièrement important de pouvoir détecter cette maladie contagieuse de manière rapide et efficace. Quand on sait qu un rat entraîné peut analyser autant d échantillons en dix minutes que ne le permet l étude microscopique en un jour, l utilité de ces animaux dans cette application ne fait plus aucun doute. «La Skoll Foundation a permis un accroissement d échelle à APOPO.» Bart Weetjens, fondateur d APOPO SKOLL FOUNDATION La reconnaissance internationale d APOPO ne s est pas fait attendre. De 2004 à 2007, l organisation a remporté divers prix prestigieux. «Ces prix nous ont ouvert des portes à la Skoll Foundation», poursuit Bart. «En 2009, APOPO a remporté le très convoité Skoll Award for Social Entrepreneurship, d une valeur de 1 million de dollars. Durant trois ans, nous avons investi ces fonds dans le développement de notre capacité et avons ainsi posé les bases d une croissance durable.» LA PUISSANCE D UNE COMMUNAUTÉ Le soutien financier de la Skoll Foundation se double de la Skoll Community. «Chaque année, cette communauté se réunit à l occasion du Skoll World Forum, à Oxford», poursuit l entrepreneur social. «Elle possède une valeur inestimable. Vous y tirez des leçons de l expérience des autres participants, vous avez accès à leurs réseaux et, bien entendu, la reconnaissance par Skoll attire d autres philanthropes.» Les HeroRATs ont permis de rendre plus de 8,6 millions de m² de terres à la population du Mozambique. Xavier Rossi 9

10 PAUVRETÉ & JUSTICE SOCIALE FONDS DOMUS LOGEMENT ET ACCOMPAGNEMENT DES SANS-ABRI Pierre van den Wouwer avait derrière lui une belle carrière d ingénieur à la raffinerie Petrofina, dans le port d Anvers. Il avait envie de passer à autre chose. En plus de ses loisirs, il voulait s engager socialement. Il souhaitait faire un peu plus que son bénévolat dans un restaurant social. D un commun accord avec sa famille, il a décidé d aider des sans-abri à se trouver un toit. Frank Toussaint «J estime que s investir pour ceux qui Grâce à l expertise du CAW en matière ont moins de chance est un devoir humain. Je suis très heureux que le projet d ampleur que prévu à l origine, tout de sans-abrisme, Domus a pris plus Domus tourne si bien», déclare Pierre en respectant le budget prédéfini. Le van den Wouwer. CAW a participé à la constitution des dossiers de subvention, a recherché Tout le monde n a pas les mêmes un immeuble approprié et est devenu propriétaire-exploitant du projet. chances dans la vie et pour Pierre van den Wouwer, il était important d y faire Alors que les van den Wouwer avaient quelque chose. Mais comment? «C est songé à quelques logements familiaux mon épouse, surtout, qui a insisté pour individuels pouvant accueillir 20 à aider les sans-abri. Elle trouvait que, 25 personnes au total, le CAW a trouvé dans notre société, ce groupe avait le un grand bâtiment où, depuis le début plus besoin d aide.» Avant de lancer de l année dernière, 70 personnes son projet, Pierre van den Wouwer (28 familles) sont abritées de manière souhaitait absolument l accord de temporaire. ses deux enfants, déjà adultes, car les sommes qu il allait investir dans cette Les sans-abri peuvent séjourner dans initiative ne leur reviendraient pas plus l immeuble de Domus afin de remettre tard. Afin de les impliquer complètement, il les a nommés administra- toit, mais aussi un accompagnement leur vie sur les rails. Ils y trouvent un teurs du Fonds Domus, que la famille en ce qui concerne les affaires médicales, les formalités administratives et a fondé auprès de la Fondation Roi Baudouin. La Fondation a mis Pierre la recherche d un emploi, entre autres. van den Wouwer en contact avec le Le but est qu ils puissent redevenir CAW (Centrum Algemeen Welzijnswerk autonomes dans la société et se loger - Centre d Action Sociale Globale) hors du cadre du projet. De la place Metropool, qui a immédiatement réagi est ainsi régulièrement libérée pour de avec enthousiasme. nouvelles personnes dans le besoin. Les sans-abri peuvent séjourner dans l immeuble de Domus afin de remettre leur vie sur les rails. L objet principal de l initiative est de proposer un travail adapté. PROJET D INTÉGRATION SOCIALE PAR LE TRAVAIL T HOF À LANGDORP (AARSCHOT) «ICI, ÊTRE DIFFÉRENT, C EST NORMAL» t Hof est une des plus anciennes auberges du Hageland. Mais c est aussi un magasin et une petite boulangerie. Des personnes atteintes d un handicap mental y servent les clients avec beaucoup d enthousiasme. Un bel exemple d engagement au niveau local. t Hof est avant tout un projet d intégration sociale par le travail, mais est fermement ancré dans son environnement. «Nous vendons des produits régionaux et sommes un lieu de rencontre important du village», explique Hilde Verbinnen, à l origine de l initiative. De plus, une belle histoire familiale est liée à l endroit. «L auberge date du XVIIe siècle. Mes arrière-grands-parents l ont achetée en En 1950, ma grand-mère a été contrainte de fermer l établissement. Mon grandpère est décédé durant la Deuxième Guerre mondiale et cela devenait trop difficile pour elle d exploiter le commerce seule.» Depuis trois ans, grâce à une idée brillante et la motivation sans limite de Hilde, l endroit a retrouvé sa fonction d origine. DONNER UNE PLACE Hilde Verbinnen a une sœur atteinte d un handicap mental et a donné cours à des éducateurs qui suivaient un stage dans des institutions pour personnes handicapées. Ses visites de travail aux Pays-Bas l ont également confortée dans son intention d insuffler une nouvelle vie au bâtiment de sa grand-mère. «Il n y avait plus de boulanger, de magasin ni de café depuis longtemps à Langdorp. Je trouvais donc ce projet intéressant aussi pour faire revivre le village», précise-t-elle. L objet principal de l initiative est bien entendu de proposer un travail adapté. Pour ce faire, t Hof collabore avec Huize Eigen Haard, un centre pour personnes handicapées : «Tout au long de la semaine, 25 personnes atteintes d un handicap viennent travailler ici. Pendant une journée entière ou une demi-journée. Les collaborateurs sont très enthousiastes et fiers. Nous leur donnons une place au sens littéral aussi : certains adorent se trouver derrière le comptoir. D autres remplissent les rayons, préparent la pâte pour nos viennoiseries ou actionnent la machine à café. De plus, notre équipe de bénévoles ne cesse de croître. Nous en trouvons toujours lorsque nous en avons besoin. C est à cela que nous voyons que le projet est bien accueilli ici. Le plus beau compliment que l on puisse nous faire, c est de dire que chez nous, être différent, c est normal. Nous ne sommes pas le projet pour les handicapés. Nous sommes t Hof. Un point c est tout.» t Hof 10

11 SANTÉ & ENGAGEMENT SOCIAL FONDS DAVID-CONSTANT POUR LIÈGE, DU «FONDS» DU CŒUR La particularité du Fonds David-Constant est de concentrer toute son énergie sur la ville de Liège, avec un effet de levier et un impact local d autant plus importants. Un bel exemple de la force de la philanthropie lorsqu elle s investit localement. Simone David, chercheuse brillante et Professeur émérite de la Faculté de Droit de Liège, a confié par testament à la Fondation Roi Baudouin la constitution d un fonds qui devait exclusivement servir des projets locaux. Le Fonds David-Constant du nom de son défunt époux Procureur général près la Cour d appel de Liège est créé en Il finance trois domaines qui lui tenaient à cœur : la protection de l enfance défavorisée, la préservation du patrimoine culturel de Liège et le rayonnement de la Faculté de Droit et de l Ecole de Criminologie Jean Constant. «Liège, c était toute la vie des époux David-Constant», résume Michèle Vanwijck-Alexandre, Professeur ordinaire émérite de la Faculté de Droit à l ULg et présidente sortante du Fonds. Doté de plus de 10 millions d euros, le Fonds consacre chaque année une enveloppe de euros à chaque domaine d action. Les aides sont limitées à deux ou trois ans, sur base d un suivi du Comité de gestion composé d un proche de Madame David, d un représentant de la Fondation Roi Baudouin et d un président désigné par les deux premiers. Pour aider l enfance défavorisée, le Fonds a choisi de soutenir des projets très novateurs qui répondent à des besoins criants. Haltes-garderies pour permettre aux parents de souffler ou d accomplir des démarches, formations pour les familles qui parrainent des enfants difficiles ne trouvant pas leur place dans des institutions adaptées, projet «Etape» visant l intégration par la scolarisation dans le quartier Saint-Léonard Un nouveau cycle prévoit de prendre en compte la situation de l enfant à l hôpital : par exemple un programme d hébergement pour mamans victimes d assuétudes durant le processus de sevrage toxicologique de leurs nourrissons. «Ces mamans peuvent ainsi rester auprès de leur enfant pendant les six semaines que dure le traitement, c est Le Fonds David-Constant est intervenu dans l urgence lorsque des organisations en faveur d enfants handicapés l appelaient à leur secours. Etape essentiel pour créer le lien d attachement», souligne Michèle Vanwijck-Alexandre. FAIRE RAYONNER LIÈGE En ce qui concerne la préservation du patrimoine culturel, le Fonds David-Constant a choisi de se concentrer sur le patrimoine mobilier. «Par souci d efficacité, car toute restauration prend du temps et coûte énormément d argent.» Sans lui, par exemple, le pianoforte du compositeur André-Modeste Grétry n aurait probablement jamais retrouvé sa sonorité. Il n y a désormais plus un projet de restauration d œuvre au bénéfice des collections des musées liégeois sans l intervention du Fonds. L accessibilité du public fait d ailleurs partie des critères du Comité de gestion pour l octroi d une aide. Quant aux études de droit, dernier axe d intervention du Fonds, le Professeur David avait trouvé normal d y contribuer. «Elle était quasi vénérée par ses élèves tant elle avait le don d écoute et de la pédagogie», se souvient Michèle Vanwijck-Alexandre. Journées scientifiques de grandes associations juridiques telles que Henri Capitant, coaching des participants aux concours internationaux de plaidoirie (les Liégeois étant toujours très bien classés), création de chaires, bourses et distinctions spéciales, le Fonds (conseillé par la Commission David-Constant de l ULg) contribue au rayonnement international de la Faculté de Droit et de l Ecole de Criminologie. Cette visibilité et cette attractivité internationales sont bien ce que souhaite encore renforcer le nouveau président du Fonds, Olivier Caprasse, Professeur ordinaire en Droit à l ULg et à l ULB et avocat au Barreau de Bruxelles, qui conclut : «Plus que jamais, nous essaierons de concrétiser des projets qui sans le Fonds n auraient pas été possibles.» O-LIEF «DES VÊTEMENTS D ENFANTS, FABRIQUÉS DANS DES TISSUS DONNÉS, AFIN DE PROMOUVOIR LE DON D ORGANES» Depuis sa naissance, Stephanie Keustermans souffrait de problèmes respiratoires. A l âge de 18 ans, elle a reçu de nouveaux poumons. Aujourd hui, elle se sent en parfaite santé. Avec ses parents, elle s investit désormais dans la promotion du don d organes. Pour financer cette initiative, elle vend des vêtements d enfants faits main. Stephanie a pour ainsi dire grandi dans un hôpital. Alors qu elle avait 7 ans, il est devenu évident qu elle avait besoin de nouveaux poumons. «C était en 1989», raconte-t-elle. «A cette époque, aucune transplantation pulmonaire n avait encore réussi chez un enfant.» Devant utiliser un fauteuil roulant et une bouteille d oxygène, constamment entre sa maison et l hôpital, Stephanie a tenu bon jusqu à ses 18 ans. C est alors que la situation est devenue vraiment critique: si elle voulait avoir une chance de survivre, elle devait subir une transplantation. D UNE IMPORTANCE VITALE Etre inscrit sur une liste d attente et ne pas savoir si vous vivrez assez longtemps pour recevoir un nouvel organe, c est vivre un enfer. Il est impératif que des personnes s inscrivent comme donneur. Cette inscription, qui s effectue à l administration communale, facilite surtout aussi les choses pour les proches. Alors qu ils vivent des moments très difficiles, ils ne doivent pas décider si les organes du défunt seront donnés. C est ainsi que Stephanie et ses parents ont fondé Re-Born to be Alive, une association qui sensibilise à l importance du don d organes. «Toutefois, une telle association a besoin de revenus», expliquent-ils. Ils ont commencé à petite échelle, avec la vente de babioles. «Nous étions installés dans un piétonnier, parmi quinze autres bonnes causes», soupire Lieve Gelpkens, la mère de Stephanie. «Nous avons tenu bon pendant deux semaines.» Finalement, la famille a eu une idée en or. Lieve adore coudre. Elle s est installée derrière sa machine et a confectionné une première série de vêtements d enfants. «Elle est extrêmement perfectionniste», dit Stephanie en riant. O-Lief était né. Aujourd hui, Lieve travaille chaque jour à sa collection. Les vêtements sont vendus sur des marchés, lors d événements, dans la boutique en ligne et à domicile. Lieve fabrique la plupart des pièces, mais elle est aussi aidée par quelques couturières bénévoles et par un club très motivé de tricoteuses. Des vêtements d enfants confectionnés et vendus au profit du don d organes. «O-Lief est une belle idée», conclut Stephanie. «Nous nous investissons pour le don d organes et nous utilisons exclusivement des matériaux qui nous ont été donnés par des fabricants, des commerçants et des particuliers.» O-Lief 11

12 DÉVELOPPEMENT FONDS RENAISSANCE POUR LES FEMMES DE BUKAVU Davantage de femmes accouchent dans une petite maternité de Bukavu, en République Démocratique du Congo, que dans un grand établissement similaire de Flandre. Pourtant, là-bas, il y a peu de gynécologues (voire aucun), et encore moins d équipements médicaux. Quant aux consultations prénatales, elles sont inexistantes. Guy et Lut Verhulst-Sallet ont décidé d y remédier. Fonds Renaissance. La première consultation de Guy sur le sol africain est gravée dans sa mémoire. «C était à l hôpital de Ciriri. A l aide d un vieil échographe (un cadeau de Médecins sans Vacances), j ai examiné une femme enceinte dont le ventre était un peu (trop) gonflé pour huit mois de grossesse. Elle attendait des jumeaux.» Guy et son épouse, Lut, faisaient du tourisme à Bukavu et ont profité de ce voyage pour rechercher une mission médicale. «Pour moi, c était une évidence : je devais faire quelque chose. Quelque chose de structurel pour lutter contre les situations dignes du Moyen Âge dans les maternités, dépourvues d équipements, de connaissances» LES PLUS FORTS SURVIVENT De retour chez lui, le couple a créé le Fonds Renaissance afin d améliorer les soins médicaux prénataux en République Démocratique du Congo. Dans ce pays, le taux de mortalité maternelle est l un des plus élevés au monde, un des objectifs du millénaire consiste à y remédier. Concrètement, le Fonds Renaissance soutient des organisations et institutions actives au niveau des consultations prénatales, dans la région de Bukavu. L aide est Le taux de mortalité maternelle au Congo est l un des plus élevés au monde. utilisée pour l achat d appareils médicaux, la formation de soignants en soins prénataux et d autres initiatives ayant pour but d améliorer la santé des femmes enceintes. Depuis son expérience à Ciriri, Guy passe quelques semaines à Bukavu au moins deux fois par an, «pour y travailler, y former des infirmiers, des sages-femmes et des médecins» Lut s occupe de l administration financière et organisationnelle. «La surveillance fœtale est inexistante. Les césariennes sont pratiquées par des médecins ou des infirmiers mal ou pas formés, parfois la nuit à la lueur d une lampe de poche. A Bukavu, la réanimation néonatale se résume souvent à attendre, les plus forts survivent.» En conclusion, plus le nombre de femmes se rendant à la consultation prénatale augmente, plus le projet est un succès. Aujourd hui, le compteur affiche un peu plus de euros, ce qui représente deux moniteurs fœtaux, un échographe, un coagulateur et du matériel de base pour deux hôpitaux, à Bukavu et Nyantende. En février, Guy et Lut ont lancé une nouvelle action de soutien. «Portraits», l exposition itinérante de LP4Y présente 27 jeunes sortis des Life Project Centers de l association, ayant pu rompre le cercle de l exclusion et bâtir un projet de vie. Un magnifique message d espoir et de résilience. LIFE PROJECT 4 YOUTH DEVENIR ENTREPRENEURS? YES, THEY CAN! Derrière l abréviation LP4Y se cache une formidable initiative, Life Project 4 Youth, qui met son cœur et ses compétences au service de jeunes exclus philippins, indonésiens et vietnamiens pour les accompagner vers l entreprenariat. «On choisit pas non plus les trottoirs de Manille, de Paris ou d Alger pour apprendre à marcher», chantait Maxime Le Forestier. Mais que dire alors d apprendre à entreprendre, lorsqu on fait partie des 550 millions de jeunes terriens, âgés de 15 à 24 ans, malades, sous-nourris ou en panne d école? «Beaucoup d associations ciblaient les enfants mais très peu les jeunes adultes», explique Jean-Marie Demeure, président sortant de LP4Y Belgique. Avec LP4Y, nous avons parié qu avec un peu de soutien et de coaching, beaucoup pourraient se créer un vrai projet de vie». ROUTARDS ENTREPRENANTS C est lors d un tour du monde sac au dos en 2008 que Laure Demeure (sœur de Jean-Marie) et Jean-Marc Delaporte, couple d entrepreneurs français, découvrent la dure réalité des jeunes exclus des grandes villes. A la fin de l année 2009, ils créent un premier Life Project Centre aux Philippines. LP4Y a très vite essaimé. Il existe aujourd hui cinq centres autour de Manille, un à Djakarta, un en Indonésie et un à Hô Chi Minh-Ville, au Vietnam. L infatigable couple lancera bientôt un nouveau projet à Delhi, en Inde. Chaque centre est dédié à une activité spécifique : paniers de fruits à domicile, cosmétiques naturels, bougies artisanales,... Les jeunes y suivent un apprentissage de 12 à 18 mois comprenant une mise à niveau, la pratique d un métier avec une rémunération équivalente au double du RMI local dès la deuxième semaine et une guidance pour se lancer seuls. L encadrement est assuré par de jeunes volontaires de statut international. Un tiers des 90% de jeunes qui suivent l apprentissage jusqu à son terme entame ensuite des études, un autre tiers trouve de l emploi tandis que le dernier tiers crée son propre business. LP4Y travaille à la création d une maison des entrepreneurs, le Green Village, à deux heures de Manille, un site de relogement municipal précaire et délabré. Il sera à la fois vitrine du savoir-faire de LP4Y, centre de rencontre local et international et lieu de ressourcement pour les volontaires engagés dans les projets de l organisation. LP4Y 12

13 PATRIMOINE SLEEN, SCHUITEN, COMÈS, DES UNIVERS PARTICULIERS QUI RESTERONT ACCESSIBLES À TOUS Fragmentée en planches originales, la bande dessinée est peut-être, de tous les arts graphiques, celle qui s expose le plus à la dispersion après le décès de son auteur. Certains n hésitent pas à prendre les devants pour éviter cette dispersion. C est le cas de la Fondation Marc Sleen et du musée du même nom nés du vœu explicite de l auteur de Néron et Cie de voir son œuvre préservée et présentée au public. Dans le cadre unique des bureaux d un ancien journal, le Musée Marc Sleen propose un aperçu des multiples facettes d une œuvre exceptionnelle. La Fondation gère aussi plus de quinze mille originaux du dessinateur. L initiative de François Schuiten, créateur de la série Cités Obscures avec son complice et scénariste Benoît Peeters, relève de la même démarche : celle de perpétuer leur œuvre au bénéfice du plus grand nombre. En 2013, à l occasion des trente ans des Cités Obscures, François Schuiten décide notamment de confier les planches originales et les bleus des épisodes localisés en Belgique à la Fondation Roi Baudouin. Les aventures, dont le scénario se situe en France, sont quant à elles confiées à la Bibliothèque natio- C est la ruralité mystérieuse et fantastique de ses Fagnes natales qui inspira Didier Comès. nale de France. L auteur explique que ces planches appartiennent surtout au lecteur. «C est le lecteur qui les fait vivre. Certains m ont traité de fou quand j ai annoncé mon intention de donner, mais cette donation est pour moi une profession de foi dans la Casterman Deuxième couverture de Brüsel, in Les Cités obscures, 1992, avec Benoît Peeters. valeur du livre, une façon de dire que expressionnistes, il fut l ami et disciple tout n est pas à vendre. Aujourd hui, je d Hugo Pratt (Corto Maltese) avec qui me sens plus léger.» Eviter la dispersion des planches permet également Tintin. Silence paraît en 1979 dans A il collabora un temps au magazine la réédition des albums au gré de suivre, le magazine BD de Casterman. l évolution des techniques d impression. C est à la Bibliotheca Wittockiana, la forme d un album, est primé en 1981 Ce chef-d œuvre, édité par la suite sous institution incontournable pour les au festival de BD d Angoulême. Son amateurs de l art du livre, qu a été style évolue au fil des publications : confiée cette œuvre remarquable par Eva (1985), La Maison où rêvent les sa qualité graphique et sa dimension arbres (1994) ou encore Dix de Der poétique. L exposition Le Temps des (2006). Didier Comès n ayant pris Cités. Donation François Schuiten s y aucune disposition testamentaire, son est tenue du 16 janvier au 19 avril frère et ses deux sœurs ont contacté la Si l architecture envoutante de cités Fondation Roi Baudouin en vue d assurer la pérennité de son œuvre. La mise imaginaires sert de décor à l univers de François Schuiten, c est la ruralité mystérieuse et fantastique de ses Fagnes composé de planches originales, story en valeur de ce magnifique patrimoine, natales qui inspira Didier Comès. books, dessins et archives documentaires, a été confiée au Musée en Ce grand poète belge de la bande dessinée nous quitta en Réputé Piconrue de Bastogne, qui véhicule la pour ses clairs obscurs aux accents féérie des Ardennes chère à Comès. François Schuiten, Casterman - photo Ph. de Formanoir FONDS LAUBESPIN LAGARDE POUR L AMOUR D UN CHÂTEAU DE FAMILLE Classés «Patrimoine exceptionnel de Wallonie», les jardins classiques et le château renaissance de Freÿr s étendent majestueusement en bord de Meuse. La préservation du domaine relève d une belle dynamique familiale de transmission à laquelle la Fondation Roi Baudouin a récemment ajouté quelques chapitres. Freÿr, le «Versailles» mosan, est flanqué de jardins en terrasse avec pièces d eau, labyrinthe de charmille, pavillon Louis XVI, orangers tricentenaires Ses origines remontent au Moyen Âge. Louis XIV y prit ses quartiers avant le siège de Dinant et Marie-Christine d Autriche y signa un traité lors duquel fut dégustée la première tasse de café du pays! Fait rarissime, Freÿr a abrité vingt générations d une même famille en ligne directe, passant des ducs de Beaufort- Spontin aux comtes de Laubespin par mariage. Il y a trente ans, la famille a souhaité pérenniser ce patrimoine en créant une asbl, qui a recueilli le domaine. Une véritable dynamique de transmission s amorçait. Mais il fallait faire face aux énormes frais de conservation et de rénovation d un tel ensemble, soumis aux aléas du temps et du fleuve. Le problème fut résolu à la faveur d une succession sans descendance directe, celle de Jean de La conservation de Freÿr est un bel exemple de dynamique familiale de transmission. Laubespin, qui a souhaité la sauvegarde et la mise en valeur du domaine en érigeant un Fonds dont il confia la gestion à la Fondation Roi Baudouin. «Alimenté par les revenus des domaines français du défunt, le Fonds Laubespin-Lagarde a tout d abord permis d harmoniser le dialogue entre deux générations», explique Anne De Breuck, gestionnaire du Fonds. «A savoir l ancienne génération, qui a notamment fait ses preuves dans la gestion des jardins, et la nouvelle qui souhaitait rester aux Société archéologique de Namur commandes avec un projet crédible et ambitieux pour le lieu». PÉRENNISER EN SE PRIVANT C est la gestion écologique du domaine et des bois attenants qui s est imposée au terme d une importante réflexion. Un audacieux objectif «0 émission» a été fixé pour Freÿr. Le cahier des charges des rénovations sera supervisé par la Région wallonne. Plusieurs études remarquables, réalisées grâce au Fonds, ont aussi permis d aboutir à une proposition de restauration des jardins, dans le respect du travail accompli par les anciennes générations. Le rôle de la Fondation Roi Baudouin excède ici celui de la gestion financière. Elle est un opérateur important pour les chantiers de restauration et elle intervient en tant que facilitateur dans les contacts avec les administrations et les experts. Mais la famille garde un rôle essentiel, elle qui a fait le choix de gérer en famille le domaine dans le cadre d une asbl pour en assurer la pérennité 13

14 MONDE ASSOCIATIF L OBSERVATOIRE DE LA VIE ASSOCIATIVE OBJECTIF? CONNAISSANCE ET SENSIBILISATION Créé en novembre 2012 par la Fondation Roi Baudouin, l Observatoire de la vie associative contribue à une plus grande visibilité et à une plus grande transparence des associations. Pour ce faire, il collecte des données et dégage des tendances au fil des années. Chiffres clés des institutions sans but lucratif Associations occupant du personnel permanent Nombre de personnes employées Part de marché de l emploi salarié 11,9 % Contribution à la richesse nationale (PIB) 5,5 % Source : «Le poids économique des institutions sans but lucratif en Belgique», Fondation Roi Baudouin et Banque Nationale de Belgique, juin association sur 3 en souffrance Trois projets sont actuellement développés au sein de l Observatoire : le site internet Philanthropie.be, le Baromètre des associations et la publication d études, en collaboration avec la Banque Nationale, sur le poids économique des organisations à profit social. A la fin de l année 2013, 700 directeurs d associations ont été interrogés pour le Baromètre de la vie associative afin d avoir un aperçu de leur situation financière et de leur confiance par rapport à l avenir. Ceci a permis de déterminer que les associations constatent une dégradation de leur situation économique. Elles étaient 33% à confirmer cette tendance, contre 14% seulement qui parlaient d une amélioration. De nombreux responsables du secteur associatif affirment que la diminution de leurs revenus impose aux associations de s adapter en interne, en recourant davantage aux bénévoles et en cherchant à diversifier davantage leurs sources de revenus. Les enseignements de la dernière étude de la Banque nationale sur le poids économique des institutions sans but lucratif (isbl) sont tout aussi intéressants. Elle concerne les isbl qui occupent du personnel. Ensemble, elles emploient personnes, «La crise est aussi un facteur de restructuration, qui pousse le monde associatif à s interroger sur ce qu il veut réellement faire, et comment.» Un directeur d association 2013 Amélioration 14% Dégradation 33% Stabilisation 52% Ne savent pas 1% Source : Baromètre 2013 des associations, avec l aide de l institut de sondage Ipsos. soit 11,9% du marché de l emploi salarié vabilité», la Fondation a publié des et génèrent 5,5% du produit inté- recommandations de bonne gouvervabilité rieur brut. Les isbl se répartissent dans nance à l attention du secteur associatif. des branches d activité très diverses, Par ailleurs, une grande étude mais c est surtout dans les soins de sur le volontariat sera menée auprès santé en raison du vieillissement de de citoyens belges à la fin de la population et l action sociale que l année leur poids est le plus grand. L Observatoire répond donc à un objectif Pour rencontrer les exigences croissantes de connaissance et de sensibilisa- de transparence et de «redetion à des enjeux émergents. PHILANTHROPIE.BE : AGIR EN CONNAISSANCE DE CAUSE Instrument essentiel de l Observatoire de la vie associative, le site internet Philanthropie.be offre une plate-forme gratuite à toutes les associations en vue d améliorer leur transparence et leur visibilité. Le cœur de ce site est constitué d une base de données qui intègre des informations provenant des différentes sources, et rassemble des informations complètes sur plus de 2700 organisations de la société civile. Descriptif de la mission, des activités, de la gouvernance et des résultats financiers, tout y est. Les associations peuvent même y faire connaître leurs besoins, comme par exemple la recherche de bénévoles. Philanthropie.be veut promouvoir la transparence du secteur mais permet aussi au grand public de se rendre compte de la diversité des associations en Belgique. Tout le monde connaît la Croix Rouge et MSF, mais il y a tellement plus. Mais c est également un outil formidable pour entrer en communication avec le secteur. Très récemment, un échantillon de 902 associations présentes sur Philanthropie.be a permis d étudier comment les organisations de la société civile utilisent les médias en ligne pour renforcer l engagement sociétal des citoyens. Cette étude a été menée par le professeur Nico Carpentier du département des Sciences de la communication de la VUB. Elle révèle par exemple qu environ 90% des organisations de la société civile ont leur site internet et presque toutes les organisations (99,4%) ont recours à l . Sont aussi souvent mentionnés les sites des réseaux sociaux (59,2%), les sms (53,1%) et l intranet. Des sites de collaboration en ligne comme Google Docs (34,7%), de partage de vidéos comme YouTube (31,5%) et de conversation via internet comme Skype (24,9%), sont certes utilisés, mais à une fréquence plutôt réduite. La base est donc bel et bien là dans beaucoup d organisations : elles connaissent et utilisent un certain nombre de médias en ligne. Mais, selon une importante conclusion du professeur Carpentier, elles laissent encore beaucoup de possibilités sous-employées. Il existe de nombreuses applications en ligne que le secteur ne connait pas. Applications qui pourraient améliorer la communication, l action et la transparence de ces associations. Philanthropie.be 14

15 FONDATIONS DIX BOUGIES POUR LE RÉSEAU BELGE DE FONDATIONS Le Réseau Belge de Fondations regroupe 89 fondations d utilité publique et privées qui visent un objectif philanthropique d intérêt général. But du réseau? Aider le secteur à se développer. A l occasion de son dixième anniversaire, nous dressons l état des lieux d un secteur en forte évolution. Apremière vue, le nombre de membres peut paraître restreint, mais les apparences sont trompeuses car le réseau représente les plus importantes fondations du pays en termes d actifs. «La Belgique a été l un des derniers pays européens à se doter d un tel réseau», explique Johan Chiers, Directeur de Responsible Young Drivers, qui assure actuellement la présidence du Réseau Belge de Fondations. «Nous tentons de rattraper le retard petit à petit et la situation évolue positivement. Ces dernières années, de nombreuses nouvelles fondations d utilité publique et des fondations privées avec un objectif d intérêt général ont été créées. Le Belge est disposé à s investir dans la philanthropie et à donner de l argent, mais il faut pour cela que les conditions soient intéressantes.» Le réseau s attelle donc à convaincre le politique à mettre en place un cadre législatif et fiscal encore plus propice à la philanthropie. Les dons qui œuvrent à la défense des intérêts communs à travers une fondation reviennent à la société et profitent à l économie : il est normal que le cadre fiscal leur soit le plus favorable possible. «Et c est encore plus crucial en période de crise car les besoins y sont plus importants qu à d autres moments du cycle économique.» CARTOGRAPHIE DU SECTEUR De manière générale, le secteur connaît une expansion évidente, tant en Europe qu en Belgique. Mais combien de fondations existe-t-il en Belgique? Dans quels secteurs sont-elles principalement actives? Et quid de leur répartition géographique? Peu d experts sont à même d apporter des réponses précises à ces questions. «Il s agit d un secteur extrêmement difficile à cartographier», explique Amélie Mernier auteur d une étude sur le paysage belge des fondations* dans le cadre de la chaire Baillet Latour en philanthropie et investissement social à l Université de Liège 1. «Plusieurs sources disparates doivent être recoupées pour dresser un panorama complet et la tâche est titanesque». Selon son étude publiée en 2013 (chiffres fin 2012), on recensait en Belgique 504 fondations d utilité publique, ce qui représente une progression importante par rapport aux 362 fondations d utilité publique recen- 1 Vocatio est l une des 89 fondations membres du Réseau Belge de Fondations. Son objectif essentiel est de soutenir, tant au plan moral que matériel, de jeunes lauréats porteurs d un projet de vie en prise avec un monde en profonde mutation. Héloïse Meire est l une des lauréate 2013, fondatrice de la compagnie de théatre What s up?! composée de jeunes artistes néerlandophones et francophones vivant à Bruxelles. Photo du spectacle Amazone de la Compagnie What s up?! en partenariat avec la compagnie Point Zero. sées en Il faut rajouter à cela les Fondations privées qui parmi les 848 fondations privées créées depuis 2002, ont un caractère d intérêt général. Ce qui n est pas une tâche évidente et qui prend du temps. En termes de répartition géographique, Bruxelles occupe naturellement le devant de la scène des fondations d utilité publique (53%) de par son statut de capitale belge et européenne. S agissant des secteurs d activités, étant donné le caractère partiel des données disponibles, la Chaire Baillet Latour entame une vaste enquête auprès de l ensemble du secteur qui permettra de compléter ces données, et surtout d aller au-delà de la simple description pour apporter des éléments de réponse sur le «pourquoi» et le «comment» des fondations belges. * Overview of the foundations sector in Belgium, Amélie Mernier (décembre 2013). L ACTION DU RÉSEAU BELGE DE FONDATIONS Le Réseau Belge de Fondations œuvre également au partage des expériences en matière de gouvernance, de comptabilité ou encore d obligations légales entre ses membres. Ces actualités sont suivies par divers groupes de travail qui relaient ensuite les bonnes pratiques. «Faire progresser le secteur, c est également favoriser les échanges entre les jeunes fondations et les institutions établies de longue date», selon Johan Chiers. «L enrichissement est mutuel.» Concernant le grand public, le Réseau Belge de Fondations entend attirer l attention sur la philanthropie et accroître la notoriété du secteur. Ainsi, depuis quelques années, le réseau est par exemple présent au salon Zenith, destiné aux mediors et seniors (+50) pour toucher aussi bien des personnes susceptibles de faire des dons, que celles qui souhaitent s impliquer dans le bénévolat ou bien sûr créer une fondation. Notons encore que le Réseau Belge de Fondations est membre du Réseau DAFNE (Donors and Foundations Networks Europe) qui regroupe 23 associations européennes de fondations. Par le biais de ses membres, DAFNE représente plus de 6000 fondations d utilité publique en Europe. Ses activités consistent principalement en un partage d expériences et d informations, utiles aux chantiers européens des fondations. Odile Ramelot L HÔTEL LE PLAZA UN PALACE OUVERT AUX BELLES CAUSES Pour sa troisième édition, la Journée de la Philanthropie a posé ses valises à l hôtel Le Plaza. Ce choix ne s est pas fait par hasard. Le propriétaire actuel, le Baron Jean-Paul van Gysel de Meise, a toujours eu pour principe d ouvrir sa maison aux belles causes. Depuis sa réouverture en 1996, Le Plaza accueille chaque année le Concert de Noël de la Fondation Reine Paola qui œuvre pour l intégration et la formation de la jeunesse. Le Baron van Gysel est par ailleurs fondateur de la Fondation van Gysel pour le recherche biomédicale avec le professeur Christian de Duve (Prix Nobel de Médecine). Tous les trois ans, la Fondation attribue un prix de euros, principalement à des chercheurs de l Union Européenne. Ces valeurs d ouverture, de citoyenneté et d engagement environnemental le Plaza a obtenu le label Entreprise éco-dynamique à trois reprises ainsi que le Green key label pour sa charte écologique exigeante, le Baron van Gysel a tenu à les transmettre à ses enfants. Ainsi, son fils Jean qui effectuait un bénévolat auprès de l asbl d aide aux enfants gravement malades Prendre un enfant par la main, devenue Sun Child, lui en présentet-il la fondatrice-directrice Charlotte Beeckmans, ouvrant la voie à une indéfectible collaboration. «Chaque année, Le Plaza nous ouvre son merveilleux théâtre pour le grand goûter de la Saint-Nicolas pour les enfants malades et leurs parents», évoque Charlotte Beeckmans. «Il faut voir ces centaines de gosses ouvrir des yeux ronds devant les serveurs en livrée et le spectacle de cirque donné pour eux dans ce magnifique décor C est un moment qu ils n oublieront jamais!» Grand goûter de la Saint-Nicolas organisé par Sun Child au Plaza. 15

16 EUROPE FAIRE UN DON TRANSFRONTALIER EN EUROPE, DE PLUS EN PLUS FACILE «Faciliter la philanthropie transfrontalière en Europe.» Telle est la mission de Transnational Giving Europe (TGE). Depuis des années, le réseau plaide, en collaboration avec d autres intervenants, pour un environnement européen de la philanthropie sans discrimination juridique ni fiscale. Avec un succès qui croît lentement mais sûrement, comme en témoigne une étude conjointe de TGE et de l European Foundation Centre (EFC). Néanmoins, malgré les progrès réalisés, la route est encore longue. Les donateurs des pays de l Union européenne ne veulent et ne doivent plus être gênés par des obstacles fiscaux et juridiques lorsqu ils fondent une organisation philanthropique ou souhaitent soutenir une organisation étrangère, tout en bénéficiant des incitants fiscaux existants. «Ces dix dernières années, de nombreux pas ont été accomplis dans la bonne direction, mais la route est encore longue», déclare Thomas von Hippel. A la demande de TGE/EFC, le chercheur allemand a comparé le «level playing field» dans 28 pays. MERCI, MONSIEUR PERSCHE La législation européenne impose un traitement fiscal non discriminatoire de tous les acteurs de la philanthropie. La Cour européenne de Justice, par le biais de ses arrêts (les affaires «Stauffer», «Persche» et, récemment, «Missionswerk»), et la Commission européenne, via ses procédures d infraction, poussent les pays euro- «Dans la pratique, chaque pays recourt à un comparability test, en fonction de son agenda.» Thomas von Hippel, expert péens à adapter leur réglementation dans ce sens. Décrire les méthodes, les processus et les principes employés pour ce faire par chaque pays nécessiterait un article bien plus détaillé. Toutefois, les conclusions provisoires de l étude sont claires, selon Thomas von Hippel : «Cinq ans après les célèbres arrêts de la Cour, la législation de nombreux pays a intégré cette règle de non-discrimination. Cependant, les moyens adoptés à cette fin sont parfois très différents.» Alors que dans le pays X, il y a peu d obligations, voire aucune, et que la philanthropie internationale y est donc possible, dans le pays Y, une organisation doit se plier à une procédure d enregistrement ou d agrément très lourde et très coûteuse. Tandis que dans le pays Z, la charge de la preuve revient au donateur. Autrement dit : dans la pratique, chaque pays recourt à un «comparability test», en fonction de son agenda. La simplicité de ce test détermine la mesure dans laquelle le pays en question a transposé correctement les arrêts dans sa législation nationale. CENTRE DE CONNAISSANCES Entre-temps, TGE continue d offrir une solution pratique à ce problème. Les chiffres du réseau, quant à eux, ne cessent de croître, prouvant ainsi que les dons internationaux connaissent une forte augmentation en Europe : dans les 17 pays concernés, plus de donateurs et 350 organisations ont fait appel à TGE en ont ainsi été donnés via TGE en 2013 (contre en 2010, par exemple). Avec l étude «Cross-border Philanthropy in Europe», TGE «fait le point» détaillé de la situation dans chaque pays et informe ainsi les intervenants et les responsables concernés de la confusion parmi les systèmes. En outre, des profils nationaux détaillés sont disponibles sur le site Internet. L étude illustre également les freins encore existants à la philanthropie transfrontalière, mais propose aussi des solutions et de bonnes pratiques. A mesure que le réseau TGE se développe, il consolide son rôle de centre de connaissances et peut mieux informer et sensibiliser les donateurs et les bénéficiaires. L étude «Taxation of cross-border Philanthropy in Europe after Persche and Stauffer from landlock to free movement?» sera publiée prochainement sur et Si vous souhaitez en recevoir une copie papier, écrivez à LE STATUT EUROPÉEN DES FONDATIONS, BIENTÔT UNE RÉALITÉ? Une fondation polonaise au service des personnes âgées, malades et moins valides souhaite ouvrir une filiale en Allemagne. Un statut unique européen pour les fondations pourrait lui être d une aide précieuse à cet égard. Mais nous n en sommes pas encore là. Si? En 2012, chacun espérait que le statut européen des fondations allait enfin devenir «loi», après plus de dix années de travaux préparatoires. La volonté était manifeste au sein du Parlement européen et de la Commission. Hélas, le volet fiscal a mis toute avancée majeure entre parenthèses. «Les débats n ont repris sur le fond qu en novembre 2013, une fois que le sujet délicat a été effacé de la proposition», explique Emmanuelle Faure qui suit de près l avancement de ce dossier en sa qualité de chargée des affaires européennes au Centre européen des fondations (EFC). «La mosaïque juridique au sein de l UE freine les ambitions internationales des organisations philanthropiques.» Emmanuelle Faure European Foundation Centre L EFC est une association qui œuvre pour la consolidation et la promotion du travail des fondations d intérêt général ou public ainsi que de la philanthropie, en Europe et ailleurs dans le monde. Elle compte plus de 230 fondations et organisations affiliées, dans trente pays. «Plus de 50 législations différentes s appliquent dans les 28 pays de l Union européenne. Cette mosaïque juridique limite l action de nombreuses organisations à un cadre local, régional ou national et freine ainsi leurs ambitions et leur action internationales», déclare Emmanuelle Faure. Imaginez la simplicité de la situation si une fondation enregistrée dans un pays était reconnue automatiquement dans les 27 autres Etats membres et pouvait aussi bénéficier des même droits et, le cas échéant, des incitants fiscaux des différents pays dans lesquelles elle mène une action d intérêt public. Un juste retour des choses, non? «Ce statut européen serait en tout cas synonyme de sécurité juridique, transparence, confiance et économies de coûts, ce qui permettrait à une organisation d affecter davantage de moyens (dons, donations, etc.) à son activité principale...» En résumé, un atout de poids: un outil de simplification et d efficacité pour tous les philanthropes, citoyens et entreprises, d Europe et d autres régions qui souhaitent pouvoir s engager pour le bien commun. OÙ EN SOMMES-NOUS AUJOURD HUI? En 2013, le Parlement européen a adopté le concept et soutenu la proposition d un tel statut européen. Maintenant que le problème fiscal a été exclu de la concertation, la présidence grecque souhaite mener les négociations au finish et finaliser la question avant la mise en place de la nouvelle Commission européenne, fin Aujourd hui, la balle est dans le camp du Conseil Compétitivité, où les ministres compétents des Etats membres doivent approuver le projet de statut. «Vouloir, c est pouvoir», souligne le ministre grec Kostas Hatzidakis. 16

17 INTERNATIONAL KING BAUDOUIN FOUNDATION UNITED STATES LA PHILANTHROPIE TRANSATLANTIQUE, COMME UN RETOUR DU CŒUR À SA TERRE D EXIL Qu ils aient fait le voyage eux-mêmes à la recherche de leur «American dream», ou qu ils soient descendants des «Pilgrim Fathers», des esclaves africains ou des émigrants européens à la fin du XIXe siècle, beaucoup d Américains ont cultivé le lien avec la terre de leurs ancêtres. Certains souhaitent parfois concrétiser cet attachement en aidant une cause «back home». Consciente de ce formidable potentiel de générosité transatlantique, la Fondation Roi Baudouin a ouvert un bureau associé à New York, en Les activités de la King Baudouin Foundation United States (KBFUS) n ont cessé de croître jusqu à atteindre 18 millions de dollars de flux financiers en 2013, ce qui représente des dons au profit de plus de 150 organismes sans but lucratif, en Europe et en Afrique. «Le don est inscrit dans l ADN des Américains», explique Jean-Paul Warmoes, directeur à la Fondation Roi Baudouin qui assure la direction quotidienne de la KBFUS à New York. «Leurs ancêtres ont bâti un pays à partir de rien et il existe ici une forte conviction que chacun, riche ou pauvre, a la possibilité et le devoir de contribuer directement au bon fonctionnement de la société». Avec son réseau de conseillers expé- rimentés, la KBFUS accompagne le donateur dans son projet philanthropique. La motivation de soutenir une cause hors de son pays vient d abord du cœur : participer à la lutte contre une maladie qui a endeuillé la famille, soutenir chez les jeunes une vocation qu on a soi-même manquée, aider le développement d une région visitée et aimée Il peut aussi s agir d une histoire familiale, comme celle de Sam Fox, ancien ambassadeur des Etats-Unis en Belgique, a soutenu le jeune Musée de la Red Star Line à Anvers. Letterenhuis Sam Fox, ancien ambassadeur des Etats-Unis en Belgique, qui a soutenu via la KBFUS le jeune Musée de la Red Star Line à Anvers. Dans les années 20, cette compagnie maritime transporta sa famille vers une nouvelle vie aux Etats-Unis, loin des persécutions antisémites de son Ukraine natale. Le Belge Stéphane Janssen, collectionneur d art installé aux Etats-Unis, a quant à lui entrepris la donation à des musées belges d œuvres du peintre Serge Vandercam et du sculpteur Reinhoud d Haese. Sa motivation? Le partage de l art, avec les jeunes notamment. La démarche inverse est possible aussi. La KBFUS aide des causes européennes et africaines à récolter des fonds sur le sol américain en leur proposant une structure hébergée d «American friends fund». Par le biais d un tel fonds, l organisation bénéficie d une plateforme opérationnelle pour la réception de dons fiscalement déductibles aux yeux du fisc américain, tout en évitant les lourdeurs et les dépenses qu impliquerait la création d une antenne propre. C est ainsi que fonctionnent par exemple les «American friends funds» de l Institut Curie ou de la Fondation Nelson Mandela, qui sou- LÉGALITÉ GARANTIE Une fois la cause identifiée, viennent les questions plus terre-à-terre Comment garantir le plein respect des lois américaines en matière de philanthropie transfrontalière ou de transfert de fonds vers l étranger, qui sont fort complexes? Ou comment optimiser l avantage fiscal lié au don hors Etats-Unis? Toutes questions auxquelles la KBFUS se fait fort de répondre. En plus de se porter garante de la légalité du don, de par son statut de «public charity» américaine, elle permet aux donateurs de bénéficier de la déductibilité fiscale aux Etats-Unis. Ceci peut notamment se faire via un «donor-advised fund» ou en optant pour un programme «signature», plus personnalisé. «Le droit américain en matière de philanthropie est très sophistiqué», souligne Jean-Paul Warmoes. «Il permet notamment un abattement intégral du don avec la possibilité de l étaler sur cinq ans, alors que la déductibilité en Europe est le plus souvent plafonnée à un montant bien plus restreint et pour l année du don uniquement.» tient le magnifique projet de «Centre de la mémoire et du dialogue» pour diffuser, en Afrique du Sud et dans le reste du monde, la philosophie de réconciliation de Mandela en rendant ses archives accessibles au public. Liste complète des «American friends funds» sur AILLEURS EN EUROPE AUSSI, LA PHILANTHROPIE S ORGANISE Le souci d orienter les philanthropes et leurs conseillers dans le développement d initiatives innovantes s exprime aussi chez plusieurs de nos voisins. Comme chez nous, l évolution de la philanthropie y soulève moult questions auxquelles tentent de répondre symposiums, journées ou cycles de conférences. Coup de projecteur sur quatre initiatives intéressantes. En Suède, on voit arriver depuis quelques années de jeunes «nouveaux philanthropes» décomplexés. De quoi décontenancer les opérateurs traditionnels mais aussi susciter de nouvelles vocations. «C est ce qui nous a décidé à organiser notre premier Symposium de la Philanthropie à Stockholm, en 2012», explique Pontus Braunerhjelm, professeur d Economie et Directeur du Forum de l Entreprenariat. «Nous voulions montrer les visages et bénéfices multiples de la philanthropie moderne et les solutions fiscales disponibles». L évènement a suscité un grand intérêt, y compris dans les media, de sorte qu une deuxième édition est prévue en mai Elle mettra davantage l accent sur les divers champs d action possibles de la philanthropie. «En effet, au-delà de la recherche et de l éducation, on peut aussi s investir dans des causes autrefois réservées à l Etat, comme la culture, la lutte contre la pauvreté et les problèmes environnementaux. C est d ailleurs soutenu fiscalement aujourd hui et il faut le faire savoir», résume Pontus Braunerhjelm. Aux Pays-Bas, la tradition philanthropique gagne ses galons d action sociale véritable. Le Centre d Etudes de la Philanthropie de l Université libre d Amsterdam organise régulièrement des séminaires pratiques pour faciliter les échanges entre le monde universitaire et le terrain. Il collabore aussi avec l IF (Instituut Fondswerving) de l Université de Rotterdam dans le cycle de conférences «Science for Society». Une «Journée de la Philanthropie» (tiens, tiens ) a lieu à l Université libre d Amsterdam ce 24 avril 2014! Un think-tank composé de scientifiques et d experts sociaux doit y présenter un manifeste appelant les autorités à valoriser les initiatives individuelles de bénévolat. Le Grand-duché de Luxembourg, s inscrit aussi dans la tendance actuelle à plus d engagement et de visibilité des donateurs. Le colloque «La philanthropie, ça marche!», organisé en 2012 à l initiative de la Banque de Luxembourg en partenariat avec l Œuvre Nationale de Secours Grande-Duchesse Charlotte et la Fondation de Luxembourg, a permis de susciter et de faciliter l engagement de la société civile. Vu le grand intérêt suscité par cette initiative, une nouvelle édition de ce colloque est envisagée pour En Italie, la Fondazione Lang Italia a organisé la première Philanthropy Day à Milan en octobre 2013 et rassemblé tous les acteurs du secteur autour du thème de la philanthropie stratégique, encore à ses balbutiements dans ce pays. La prochaine édition aura lieu en octobre 2014 et s adressera davantage aux donateurs. 17

18 TÉMOIGNAGE SIHAME EL KAOUAKIBI, FONDATRICE DE LA TROUPE DE DANSE LET S GO URBAN «NOUS NE PARLONS PAS DE DIVERSITÉ. NOUS SOMMES LA DIVERSITÉ.» Let s Go Urban n est pas une école de danse. Le projet est bien plus que cela. Par le biais de la danse, du sport, de la musique et d autres activités, LGU touche chaque semaine environ 2300 enfants et adolescents qui viennent s amuser et bouger. Toutefois, pour Sihame El Kaouakibi, ce n est qu un début. Le plus important est qu ils bâtissent des réseaux, saisissent des opportunités, deviennent des citoyens responsables. «Nous ne parlons pas de diversité. Nous sommes la diversité», déclare Sihame El Kaouakibi. Telle est sa vision de l engagement social. «J ai obtenu mon diplôme d enseignante voici cinq ans, à Anvers. J avais 21 ans et je n avais pas l impression d être encouragée à agir mieux ou autrement, à entre- Lets Go Urban prendre, à être ambitieuse. C est ainsi que j ai fondé Let s Go Urban : afin de réaliser mes ambitions et d aider d autres jeunes à me suivre sur cette voie. Nos grandes villes doivent faire face à des défis majeurs : rajeunissement, appauvrissement, diversité croissante Comme je ne trouvais pas de vision à long terme suffisante auprès des autorités et de la société civile pour aborder ces problèmes, je me suis dit : Je le fais moimême!» ESTIMER LES GENS À LEUR JUSTE VALEUR «La danse est ma passion. C est pourquoi elle m a servi de point de départ. Je danse depuis l âge de 6 ans, mais je n ai trouvé le style qui me convenait dans aucune école de danse. Finalement, je me suis ralliée à ce que l on appelle le hip-hop ou la street dance. Let s Go Urban a une vision plus large et parle de Urban Culture. Ce concept générique englobe toute notre conception. Chez LGU, vous êtes respecté pour la personne que vous êtes et les ENGAGEMENT SOCIAL DÈS LE PLUS JEUNE ÂGE «Je suis née avec mon engagement social. Je viens d une famille marocaine de sept enfants, installée à Boom. Ma mère a toujours été l intermédiaire entre les nouveaux arrivants et l école, par exemple. Lorsque j avais 2 ans et demi, je me suis inscrite au club de gymnastique, ma première passion, et depuis, j y ai toujours fait preuve d engagement : j ai commencé à donner cours, puis j ai rejoint la direction. A l école secondaire, j étais présidente du conseil des élèves. Durant mes études supérieures, j étais la porte-parole des étudiants. L engagement social vous pousse à changer les choses. Il vous apprend à ne pas toujours penser à vous. J estime que si vous avez de la chance, vous devez vous battre pour les autres. La société, c est avant tout vivre ensemble.» talents que vous possédez. Nous voulons construire quelque chose ensemble, en partant de l individu. Cela peut être une production. Mais le plus important, c est la communication. Si nous remarquons, par exemple, une personne qui connaît des difficultés, qui a quitté l école, qui est perdue ou qui ne parvient pas à s en sortir avec un revenu minimum, LGU investit dans ce jeune afin qu il décroche un diplôme ou remette sa vie sur les rails d une autre manière. Participer à une production de LGU peut représenter beaucoup (les jeunes signent un contrat dans lequel ils expriment leur engagement, ndlr), mais nous avons déjà aussi aidé des gens à créer leur entreprise ou à jouer dans des spots publicitaires, entre autres. Chez LGU, tout tourne autour de la citoyenneté, la responsabilité et l estimation des gens à leur juste valeur.» RÉSEAU SOCIAL «LGU ne pense pas en termes de groupes cibles. Nous voulons rassembler toutes sortes de jeunes et être ambitieux pour chacun d eux. Un réseau social est extrêmement important : il vous aide dans vos études, votre travail et votre vie sociale, sur tous les plans. En ne parlant pas de diversité, mais en étant diversifiés, nous développons en permanence un tel réseau et donc, un capital social.» LUTTER CONTRE UNE IMAGE NÉGATIVE «On dit souvent que les jeunes sont trop peu engagés. C est faux. Chez Let s Go Urban, nous voyons qu ils s entraident. C est évident : nous avons besoin des autres pour avancer. Nous remarquons qu ils veulent vraiment s entraider, mais qu ils sont mal perçus. Il faut stimuler la jeune génération, placer la barre haut, lui donner l opportunité de faire quelque chose et la laisser prendre les rênes. Je défends avec ardeur cette position dans «Je ne suis pas mère Teresa.» Sihame El Kaouakibi mon livre, #Believe. Les jeunes qui ont la volonté, mais qui sont sans cesse confrontés à une image négative, renoncent. Une personne défavorisée peut saisir des opportunités si vous croyez en elle et si tous les intervenants (enseignement, secteur social, médias, monde politique, entreprises, secteur culturel, secteur de la jeunesse ) assument leur responsabilité. Je ne dis pas qu ils ne le font pas, mais ils agissent encore comme il y a 10 ans, alors que la réalité a évolué. Regardez notre politique d intégration : elle est encore articulée autour des personnes d une origine différente. Je le respecte, mais chacun doit s intégrer, chacun doit s adapter. Nous devons tous admettre que la société évolue, mais nous devons tous aussi y contribuer.» «MONTRER CE QUE NOUS VALONS» «Let s Go Urban fait partie de ma vie, l engagement social est inscrit dans mes gènes. Mais je ne suis pas mère Teresa. Je suis avant tout une entrepreneuse, qui souhaite intensément atteindre un résultat. J ai dû frapper à des portes pour arriver où j en suis aujourd hui et vous aussi, vous devrez le faire. A cet égard, j estime que la motivation personnelle est encore plus importante que les chances qui vous sont offertes. Vous avez besoin des deux, mais si vous ne vous battez pas, vous ne réussirez pas. J ai fait des études et j ai travaillé très dur pour concrétiser mes ambitions. A présent, je veux regarder en arrière et aider les jeunes à faire tomber des barrières. Tout le monde n y parvient pas seul. Je suis une jeune femme d origine marocaine et je veux m adresser à ce groupe : Qu attendons-nous? C est à nous de jouer, nous devons donner l exemple, montrer ce que nous valons, faire en sorte que nos parents et la société dans laquelle nous vivons soient fiers de nous. Le moment est venu.» 18

19 TÉMOIGNAGE LE PHILANTHROPE VIENT-IL DE MARS OU DE VÉNUS? Quel regard Paul Dewandre, passionné de relations humaines, porte-t-il sur le philanthrope? Entre deux représentations de son nouveau spectacle Les hommes viennent de Mars et les femmes de Vénus 2, l aventure continue, il nous consacre une carte blanche d un seul trait de plume. «Ce qui me vient avant tout à l esprit, c est qu il n y a finalement qu une petite syllabe qui sépare le philanthrope du misanthrope. Mais ces quelques lettres font toute la différence! Ce qui me fait penser que ce sont souvent les détails qui changent tout, comme dans un couple. Les mots utilisés sont souvent proches, mais n ont pas du tout le même sens en masculin ou en féminin.» «Là où le philanthrope doit être le meilleur, c est dans sa capacité à communiquer une dynamique, un tempérament, une vision.» Paul Dewandre «Le philanthrope est sûrement conduit par un élan, par une émotion Une émotion qui n est certainement pas la même pour tout le monde. Ce n est pas vraiment ce qu on fait qui est primordial, mais le sens que l on donne à notre action. Etre philanthrope par altruisme ou par amour de l autre n a pas du tout le même sens qu être philanthrope pour pouvoir dire qu on l est. Et les actions qui découlent de ce sens donné n auront à mon avis ni la même valeur ni surtout le même impact sur l autre.» «Je vous vois venir, avec votre tarte à la crème grande comme ça Vous finirez par me demander si le philanthrope serait plutôt de Mars ou de Vénus. Le philanthrope tient avant tout compte de l humain. Il œuvre pour les autres et, dans ce sens-là, il viendrait plutôt de Vénus. Mais il aime aussi laisser une trace, il cherche à atteindre des objectifs. Cela lui fait plaisir de savoir que ce qu il fait a une influence positive sur les autres. Et en cela, il serait alors plutôt de Mars.» «On dit souvent du philanthrope que c est quelqu un qui, d une certaine manière, souhaite rester sur scène Cela doit être son côté martien. Il a besoin d un objectif à atteindre. Il aime aussi être reconnu dans ses actions. C est une des conséquences très agréables d être un philanthrope mais il ne faut pas que ça devienne un but, au risque d être moins efficace dans ses actions.» «Là où il doit être le meilleur, c est dans sa capacité à communiquer une dynamique, un tempérament, une vision. Il ne s agit pas seulement de donner de l argent. En fait, idéalement, toute action devrait être philanthropique. Est philanthrope toute entreprise qui fournit des services, qui facilite la vie des gens et qui produit des biens utiles aux autres, comme c est le cas la plupart du temps. C est notre relation parfois compliquée à l argent qui nous incite à croire que tout ce qui est sans but lucratif serait honorable tandis que tout ce qui est lucratif serait malsain. Quand on achète un pain chez le boulanger, le payer, c est avant tout le remercier pour son temps, son savoir faire et tout l amour qu il a mis à fabriquer ce pain. Le monde de la finance a pu ternir l image de l argent, il y a certainement des gens mal intentionnés qui font de l argent un but et non «QUE LE MONDE CHANGE, UN COUPLE À LA FOIS» Tout d abord chef d entreprise, conférencier et écrivain sur les enjeux économiques et sociaux, Paul Dewandre se passionne en même temps pour l étude des différences entre hommes et femmes, thème qu il intègre petit à petit dans ses conférences et formations. La suite on la connaît: c est le succès phénoménal de son adaptation théâtrale hilarante et pédagogique du best-seller de John Gray «Les hommes viennent de Mars, les femmes de Vénus». Aujourd hui, avec près de 1400 représentations de cette adaptation toute personnelle, il culmine à un peu plus d un million de spectateurs Ses DVD se vendent dans tous les pays francophones. Il est même utilisé par certains thérapeutes et par des curés chargés des préparations des jeunes couples pour le mariage! «Une de mes convictions profondes est que la paix dans le monde commence par la paix dans la famille», confie Paul Dewandre. «L idée du spectacle n est pas venue d une envie soudaine de monter sur scène mais d abord de partager des informations que je trouve utiles pour une meilleure entente dans un couple. J ai pensé que le rire et l humour pouvaient être une bonne manière de faire passer ces messages. Ma vision est que le monde change, un couple à la fois. En fait pour moi, un peu plus de paix dans le monde commence par un peu plus de paix dans les foyers. J espère donc avoir une action philanthropique avec ce spectacle même si je n y défends aucun modèle de société. Ma seule ambition c est que les gens puissent un petit mieux se comprendre et s entendre après et qu ils puissent discuter entre eux de ce qui les a ou non touchés.» une conséquence, mais le philanthrope où qu il soit a une vision plus apaisée par rapport à l argent et place l homme au cœur de son action.» «Le philanthrope est un humaniste. C est d ailleurs ce qui le définit. Il provoque l admiration quand on perçoit qu il l est pour faire le bien et pas uniquement pour se montrer ou se déculpabiliser d autres actions qu il mène et qui seraient moins glorieuses. Mais on a tous une personnalité multiple, c est juste une question de dosage. Dispose-t-il d un don, du pouvoir de changer ses contemporains et d influer sur la société? Tout être a la capacité d influer sur la société et chacun le fait à son niveau. Tout dépend de sa vision.» «Il y a toujours eu des philanthropes. Il a fallu attendre les Grecs pour leur donner un nom, mais il y avait certainement des hommes et des femmes des cavernes qui devaient l être. En tous cas, il y a sûrement des Martiens et des Vénusiennes philanthropes.» Magali Bragard. 19

20 PARCOURS DU PHILANTHROPE DU RÊVE À L ACTION : UN VOYAGE QUI SE PRÉPARE Au départ, une envie : (s )investir pour changer un peu le monde en mieux. Mais difficile de passer de l idée au projet et du projet à l action! Ecouter les acteurs de terrain pour bien comprendre les principaux enjeux et les possibilités d action, déterminer des objectifs concrets, créer des synergies, maîtriser les aspects légaux et fiscaux, apprendre des réussites et des erreurs pour évaluer l impact de son engagement et le réorienter constituent autant de facteurs de succès qui permettent au philanthrope de structurer l action qui lui tient à cœur et d assurer la cohérence de ses choix. Le candidat philanthrope peut s engager seul ou se faire aider. Notaires, banquiers privés, conseillers patrimoniaux, family officers, avocats et conseillers en philanthropie peuvent l accompagner tout au long de son parcours. LES NOTAIRES Dans la démarche philanthropique, les notaires peuvent jouer un rôle primordial et leurs conseils orientent souvent les donateurs qui envisagent une action de leur vivant ou dans le cadre de la planification de leur succession. Aussi, pour la création de fondations, le recours à un notaire est obligatoire. Son rôle consiste notamment à élaborer les statuts avec le fondateur pour assurer la pérennité de la fondation. Comme la loi est très souple, le notaire accompagne bien souvent la réflexion du fondateur. LES BANQUIERS Les banquiers privés et gestionnaires de patrimoine ont également un rôle important pour aider le philanthrope. S appuyant sur leur savoir-faire d analyse et de gestion des objectifs et sur l intime connaissance des attentes de leurs clients, ils les assistent de plus en plus souvent aussi pour rendre leur générosité plus stratégique. LES CONSEILLERS EN PHILANTHROPIE Les conseillers en philanthropie disposent de compétences spécifiques pour accompagner les donateurs tout au long de leur démarche : il s agit de garantir un impact maximal à leur don, en les aidant à trouver la meilleure manière d agir sur la problématique qui leur tient à cœur. La philanthropie est une mosaïque de pratiques. Et le premier effort d un intermédiaire est de s adapter à une extraordinaire diversité de situations de famille et de fortune, ainsi qu à une immense variété de projets et d attentes. Après, il s agira pour lui de tirer de chaque cas un impact maximal. LE VOYAGE DU PHILANTHROPE : OÙ ET COMMENT LES CONSEILLERS PEUVENT-ILS SERVIR DE GUIDE? CLARIFIER PLANIFIER Cerner les souhaits du philanthrope (h/f) L inciter à réfléchir à une série d éléments qui lui permettront de mieux cibler la cause qu il souhaite aider et la manière de le faire. Quelles sont les raisons qui le motivent? Quelles sont les problèmes/injustices qui lui tiennent à cœur? Quels sont les publics qu il veut aider? Dans quelle région du monde? De quelle manière veut-il stimuler le changement? Comment veut-il faire la différence? Dans quelle mesure souhaite-t-il être impliqué, financièrement, mais aussi au niveau du temps à consacrer? Analyser les enjeux et identifier les acteurs de terrain Pouvoir analyser les problèmes de société ainsi que les leviers possibles d action pour la philanthropie. Evaluer la capacité, le potentiel et le besoin de financement des acteurs de terrain. ORGANISER Mettre sur pied les instances décisionnelles et le management Aider le philanthrope à composer un conseil d administration, à éventuellement trouver une équipe et définir les profils nécessaires. Assurer certains aspects de l organisation et de la gestion : organisation des réunions du conseil d administration (invitation, mise à disposition de salle, p.v., ), appui dans l élaboration des informations à communiquer au conseil d administration, vérification de la bonne gouvernance financière. Développer les lignes stratégiques Qu il s agisse du démarrage des activités, de moments cruciaux nécessitant des décisions et orientations stratégiques ou du souci d effectuer, sur une base régulière, une revue des objectifs stratégiques, les conseillers en philanthropie peuvent offrir un accompagnement. 1 CLARIFIER 3 ORGANISER 5 EVALUER 2 PLANIFIER 4 GÉRER Rechercher la meilleure option En fonction des capacités financières du philanthrope, de sa situation patrimoniale et d une série d autres paramètres, évaluer la faisabilité d une série d options et proposer la formule la plus efficace et la plus avantageuse : soutien à une organisation, création d une fondation privée ou d utilité publique, d un fonds qui pourra être géré par la Fondation Roi Baudouin, Définir la structure (légale) Si le philanthrope décide de constituer une fondation d utilité publique, une série de formalités devront être effectuées. Les conseillers en philanthropie peuvent assister les banquiers et leurs clients dans les différentes étapes de cette constitution. GÉRER Gestion de projets Qu il s agisse de la remise d un prix, de l octroi de bourses à des projets, d appuis stratégiques à des organisations, en Belgique ou à l étranger, les conseillers en philanthropie peuvent assurer tout ou partie de la gestion de projets : campagne de lancement, mise sur pied de jurys indépendants, procédure de sélection, rédaction des contrats, suivi des conventions et obtention de feed-back concernant les projets. Gestion budgétaire Aider les philanthropes qui le souhaitent à élaborer les budgets annuels, à superviser l information transmise aux instances décisionnelles et à présenter l ensemble des informations financières intéressant le monde extérieur. EVALUER Evaluation de projets et évaluation d impact Proposer l évaluation de projets, d associations, l évaluation de l impact de programmes. Proposer des éventuelles réorientations... Gestion financière (Re)voir la gouvernance financière (organes responsables des politiques d investissement et de l approbation des comptes), la stratégie d investissements et aider dans l élaboration, la présentation et la révision des budgets. Evaluation de la gestion financière Evaluer les stratégies et la gestion financière, en fonction des options prises par les philanthropes (notamment en regard de l investissement socialement responsable). 20

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