UNIVERSITÉ D ORLÉANS. THÈSE présentée par :

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1 UNIVERSITÉ D ORLÉANS ÉCOLE DOCTORALE SCIENCES DE L HOMME ET DE LA SOCIETÉ LABORATOIRE D ECONOMIE D ORLEANS THÈSE présenée par : Issiaka SOMBIÉ souenue le : 5 décembre 2013 à 14h00 pour obenir le grade de : Doceur de l Universié d Orléans Discipline/ Spécialié : Sciences Economiques APPROCHE MICROECONOMIQUE DE L ANALYSE DE LA PERFORMANCE DES SYSTEMES FINANCIERS DANS LES PAYS EN DEVELOPPEMENT : CAS DU BURKINA FASO THÈSE dirigée par : Chrisian RIETSCH Maîre de Conférences, HDR, Universié d Orléans RAPPORTEURS : Jean-Pierre LACHAUD Professeur, Universié de Bordeaux IV Célesin MAYOUKOU Maîre de Conférences, HDR, Universié de Rouen JURY : Jean-Pierre LACHAUD Professeur, Universié de Bordeaux IV, Présiden du jury Françoise LE QUERE Maîre de Conférences, Universié d Orléans Célesin MAYOUKOU Maîre de Conférences, HDR, Universié de Rouen Chrisian RIETSCH Maîre de Conférences, HDR, Universié d Orléans Anne Gaël VAUBOURG Maîre de Conférences, Universié de Bordeaux IV

2 L Universié d Orléans n enend donner aucune approbaion ni improbaion aux opinions émises dans les hèses ; elles doiven êre considérées comme propres à leurs aueurs. 2

3 A mon père Gaoussou, à ma mère Aminaa, à Mme Karidia SANON, à Irène, à Adam s e à Amy, je dédie cee hèse. 3

4 REMERCIEMENTS Je voudrais rès sincèremen e rès pariculièremen adresser mes vifs remerciemens aux Professeurs Chrisian Riesch e Anne-Gaëlle Vaubourg qui m on donné la chance de m inscrire à l universié d Orléans dans le cadre de ma hèse de docora au Laboraoire d Economie d Orléans (LEO). Vore consane disponibilié à m encadrer, vos conseils uiles e avisés e surou vore compréhension à mon égard m on éé d un aou précieux. J ai beaucoup appris à vos côés, aussi bien sur le plan académique que sur le plan social. Je remercie messieurs e mesdames les rapporeurs e membres du Jury qui on bien voulu consacré de leur emps à cee hèse. Mes remerciemens von égalemen à ou le personnel adminisraif e enseignan du LEO, en pariculier à Renée-Hélène Saliège, Cécile Chamaillard, Yvan Sroppa, Pascale Porée ainsi qu aux Professeurs Anne Lavigne, Parick Villieu, Jean-Paul Pollin e Raphaëlle Bellando. Pendan mes différens séjours en France, j ai pu comper sur ceraines personnes à qui j exprime ici ma profonde reconnaissance. Je pense pariculièremen à mon frère Yacouba Sombié e épouse, à Sanislas Guéré, à Abdramane Diallo (Doura), à Franck Barro, à mes amis du LEO : Marahamadou Fall, Jude Eggho, Sessi Tokpavi, Chrysos Bangaké, Felwine Sarr, Aram Belhadj, Cheikh Ndiaye, Nabila Boukef, Hanène Henchiri, Denis Acclassao, Yannick Lucoe, Herel Jesus Obame du LEO, ainsi que ous les docorans à qui je dis grand merci pour le joli cadeau offer à l occasion de ma souenance. Je n oublie pas mes comparioes burkinabè e alliés d Orléans: Dramane Sanou, Aboubakar Diaby, Daouda Barro, Alkassim Bâ, Fabrice Beogo, Dabiré Kounsonibé, Alphone Da, Souleymane Sombié, Labasse Coumaré, Papou, ainsi que leurs épouses e enfans. Merci beaucoup pour vore souien consan. Merci pariculier à Cyrielle Fonaine e son bébé Elona Diaby. En Afrique, n eu éé le souien sans faille de mon adorable grande sœur e collègue Mme Karidia Sanon, mon épouse Irène, mon oncle Bouba e son épouse Sénabou, le Professeur Taladidia THIOMBIANO, Dr Damien Lankoandé, mon grand ami Joël Korahiré, Alladari Traoré, Aline Zida, Abdramane Sow, Vicor Zabré, Mme Konfé Haoua, Mme Jusine Kielem, ma famille : Ibrahim à Abidjan, Dri, Faim, Yacouba Traoré, Mousso, Awa ma grande, Haoua Tousi, Maïmouna à Ouaga, ce serai «au revoir la Thèse». Grand merci à mon frère Adama aux USA qui m a permis d enreprendre des éudes universiaires. Merci 4

5 SOMMAIRE REMERCIEMENTS SOMMAIRE RÉSUMÉ ABSTRACT INTRODUCTION GÉNÉRALE PARTIE I : CADRE THÉORIQUE D ANALYSE DE LA PERFORMANCE DES SYSTÈMES FINANCIERS DES PAYS EN DÉVELOPPEMENT SUIVANT L APPROCHE MICROÉCONOMIQUE CHAPITRE I. ÉVOLUTION DU CADRE D ANALYSE DE LA PERFORMANCE DU SYSTÈME FINANCIER DANS LES PAYS EN DÉVELOPPEMENT LA LITTERATURE SUR LA PERFORMANCE DES INSTITUTIONS SOUS L ANGLE DE L ECONOMIE POLITIQUE L ANALYSE DE LA PERFORMANCE DU SYSTEME FINANCIER SUIVANT L APPROCHE FONCTIONNELLE ANALYSE DE LA PERFORMANCE SUIVANT L APPROCHE DU DEVELOPPEMENT FINANCIER L ANALYSE DE LA PERFORMANCE DU SYSTEME FINANCIER SUIVANT L APPROCHE MICROECONOMIQUE OU L «APPROCHE PAR LES EFFETS DIFFERENCIES» CONCLUSION DU CHAPITRE CHAPITRE II. MODELISATION DE L APPROCHE MICROÉCONOMIQUE DE L ANALYSE DE LA PERFORMANCE DU SYSTÈME FINANCIER DANS LES PAYS EN DÉVELOPPEMENT L ANALYSE FONDEE SUR LES EFFETS DIFFERENCIES SELON LA TAILLE DES ENTREPRISES AU CŒUR DE L APPROCHE MICROECONOMIQUE DE LA PERFORMANCE DU SYSTEME FINANCIER LE MODELE CONCLUSION DU CHAPITRE CHAPITRE III. MODELISATION DES FACTEURS EXPLICATIFS DE LA PERFORMANCE DU SYSTÈME FINANCIER DES PAYS EN DEVELOPPEMENT LA REVUE DE LA LITTERATURE LE MODELE CONCLUSION DU CHAPITRE PARTIE II : ÉTUDE DE CAS PRATIQUE : ANALYSE DE LA PERFORMANCE DU SYSTÈME FINANCIER BURKINABÈ CHAPITRE IV : DYNAMIQUE DE L INTERACTION ENTRE LE SYSTÈME FINANCIER ET L ÉCONOMIE RÉELLE AU BURKINA FASO PAYSAGE FINANCIER GLOBAL BURKINABE LE SYSTEME BANCAIRE BURKINABE LA DYNAMIQUE DU SECTEUR PRIVE DE PRODUCTION AU BURKINA

6 4.4. DEVELOPPEMENT FINANCIER ET CROISSANCE ECONOMIQUE : ANALYSE DE QUELQUES FAITS STYLISES AU PLAN SECTORIELLE OU MICROECONOMIQUE CONCLUSION DU CHAPITRE CHAPITRE V. ANALYSE DE LA PERFORMANCE DU SYSTEME FINANCIER BURKINA A PARTIR D UN MODELE ÉCONOMÉTRIQUE METHODOLOGIE DU MODELE ECONOMETRIQUE ET DES DONNEES PRESENTATION ET ANALYSE DES RESULTATS DE L ESTIMATION DU MODELE CONCLUSION DU CHAPITRE CONCLUSION GÉNÉRALE RÉFÉRENCES BIBLIOGRAPHIQUES ANNEXE : RESULTATS COMPLETS DES REGRESSIONS ECONOMETRIQUES SIGLES ET ABRÉVIATIONS LISTE DES TABLEAUX LISTE DES GRAPHIQUES TABLE DES MATIÈRES

7 RÉSUMÉ L objecif de l éude es de proposer, suivan une approche microéconomique, des ouils d analyse héorique e empirique permean de savoir si le sysème financier d un pays en développemen el que le Burkina Faso conribue à la créaion des richesses de la meilleure manière possible. Au erme des ravaux, quelques enseignemens se dégagen. D abord, sur le plan héorique, à parir d un premier modèle proposé, il ressor que, compe enu de leur nombre dans les pays en développemen, les PME son un maillon esseniel du disposiif de créaion de richesse e qu alors, ils consiuen le meilleur canal par lequel le sysème financier peu avoir le plus grand impac sur la croissance économique. Ensuie, un second modèle héorique monre commen dans les pays en développemen, caracérisés par un environnemen légal e insiuionnel de mauvaise qualié, la performance du sysème financier es compromise. Sur le plan empirique, les résulas révèlen qu au Burkina Faso, le foncionnemen du sysème financier n es pas performan en ce sens que les branches d aciviés de peie aille e par ransiivié les PME, éan le meilleur canal de ransmission du développemen financier sur la croissance économique au Burkina Faso, ne son pas conséquemmen financées par les banques. Par ailleurs, il apparaî que dans ce pays, les banques buen dans leur foncionnemen sur le problème de la prédominance du seceur informel dans lequel se rerouve une grande parie des enreprises. C es pourquoi, malgré le fai que les PME conribuen foremen à la créaion de richesses inérieures, les banques ne parviennen pas à faire d elles, des parenaires privilégiés en ermes de financemen. Ces enseignemens appellen à des recommandaions de poliiques ou de réformes à faire pour encourager la mise en place de srucures d inermédiaion informaionelle elles que les Cenres de Gesion Agréée, les agences de reporing, les agences spécialisées en maière de communicaion financière des enreprises. Cela permera de rendre opimale l ineracion enre les PME e le sysème financier. Mos clés : Développemen financier, PME, performance, opimalié, inermediaion informaionnelle, sysème financier, pays en développemen, croissance économique. 7

8 ABSTRACT MICROECONOMIC APPROACH OF THE ANALYSIS OF FINANCIAL SYSTEMS OPTIMALITY IN DEVELOPING COUNTRIES: CASE OF BURKINA FASO The purpose of his sudy is o propose, according o a microeconomic approach, some heoreical and empirical analysis ools which allow deermining wheher he financial sysem of a developing counry (such as Burkina Faso) conribues o he creaion of wealh he bes way possible. So, we draw some lessons. Firs of all, on he heoreical level, from a firs proposed model i emerges ha, considering heir number in developing counries, small and medium-sized enerprises (SME) are essenial for creaing wealh and hen, hey represen he bes way hrough which he financial sysem can ge he highes impac on economic growh. Secondly, a second heoreical model shows how in developing counries, characerized by a legal and insiuional environmen of bad qualiy, he financial sysem opimaliy is compromised. On he empirical level, he resuls reveal ha in Burkina Faso, he funcioning of financial sysem is no opimum because he small indusries and by ransiiviy he SME, being he bes way of ransmission of financial developmen on economic growh in he so called counry, are no enough funded by banks. Elsewhere, i appears ha in his counry, banks in heir funcioning come up agains he problem of he predominance of informal secor in which we find almos enerprises. Tha s why, despie he fac ha SME highly conribue o he creaion of naional wealh, banks don succeed on doing of hem, privileged parners in erms of financing. These differen lessons appeal o some poliical recommendaions or reforms o be doing in order o boos he privae secor in general and he SME in paricular, on he one hand; and, on he over hand, he financial sysem, for he purpose of making opimum he ineracion beween hose differen economic agens. Keywords: financial developmen, SMI, performance, informaional inermediaion, financial sysem, developing counries, economic growh. 8

9 INTRODUCTION GÉNÉRALE Les conclusions des rappors annuels successifs de la Commission de l UEMOA 1 son évocarices de la problémaique de la performance 2 du sysème financier dans les pays en développemen e pariculièremen de ceux de l espace Union don le Burkina Faso es membre. Elles révèlen que la siuaion économique e financière des Éas membres de l Union n es pas bonne au regard du faible niveau de la croissance économique (3,4 % en moyenne) dû aux effes de la décéléraion de l acivié économique dans la plupar des Éas depuis Ainsi, il apparaî que l un des principaux défis que l Union doi relever pour corriger sa croissance économique es de renforcer le rôle du seceur privé, d accroîre le volume de ses aciviés e leur impac sur le développemen. Malgré la vague de libéralisaion économique des années 90, le seceur privé manque oujours du dynamisme nécessaire pour impulser une croissance économique fore, capable d améliorer les indicaeurs de développemen socio-économique de la sous-région. Ce consa pose alors la quesion fondamenale de la disponibilié e même de la qualié du financemen, puisque au Burkina Faso, par exemple, ou comme dans la plupar des pays en développemen, le principal obsacle à l émergence d un seceur privé dynamique e créaeur de richesse semble êre la conraine liée au financemen. Cee conraine inclu les faceurs prix (niveau excessivemen élevé des aux d inérê débieurs, ec.) e non prix (la prédominance des crédis de cour erme, l exigence d une lourde garanie, la faible disponibilié des crédis d invesissemen, ec.). Il y a de réels doues sur l effecivié d un développemen financier dans ce pays. Le développemen d un seceur financier efficace es l une des condiions préalables à la mobilisaion des ressources d invesissemen pour ce seceur moeur. A ce égard, les banques doiven jouer le rôle de caalyseur du flux de ressources inérieures e exérieures en vue du renforcemen du seceur privé burkinabè. 1 UEMOA : Union Economique e Monéaire Oues Africaine comprend hui pays : Bénin, Burkina Faso, Côe d Ivoire, Guinée Bissau, Mali, Niger, Sénégal, Togo 2 La noion de performance d un sysème financier, comme on le verra par la suie, renvoie à sa capacié à favoriser l allocaion des ressources financières vers leurs usages les plus efficiens, c es-à-dire ceux qui on plus d impacs en ermes de créaion de richesses dans l économie. 9

10 Ce rôle déerminan dévolu au sysème financier en général, e aux banques en pariculier, souligne du même coup l urgence de comprendre les faceurs sous-jacens du foncionnemen du sysème bancaire e financier. Cee préoccupaion es d auan plus fondée que la par des banques dans le oal des bilans des éablissemens de crédi a légèremen augmené pour se sabiliser auour de 97 % au Burkina Faso. S il es donc bien éabli que l engagemen du sysème bancaire dans le financemen du seceur privé e pariculièremen des PME/PMI condiionne une croissance économique fore e durable (performance du sysème bancaire), commen peu-on l apprécier e quels en son les déerminans? Dans le cadre des pays de l UEMOA, cee préoccupaion a fai l obje d une large conceraion (Rappor BCEAO, 2004) conduie par la Banque Cenrale des Éas de l Afrique de l Oues (BCEAO). Le bu de cee éude visai à cerner les causes essenielles de l insuffisance e du coû jugé élevé du financemen bancaire pouran primordial pour suscier une dynamique fore au seceur privé e noammen les PME/PMI. Ces causes qui peuven êre perçues comme des hypohèses de recherche se siuen à rois niveaux : d abord les difficulés relaives à l environnemen légal, réglemenaire, juridique, macroéconomique des affaires (mise en cause des pouvoirs publics), ensuie celles inhérenes à la gesion e à la gouvernance des enreprises (mise en cause des enreprises) e enfin les difficulés relevan du foncionnemen même des banques (mise en cause des insiuions bancaires). De l avis des paricipans, les insuffisances de l environnemen des affaires consiuen un faceur limiaif majeur du développemen des crédis aux opéraeurs économiques. Aussi, les chefs d enreprises se son-ils inquiéés du clima d inceriude économique, voire d insécurié e d insabilié sociopoliiques, dans lequel se déroule l acivié économique dans cerains Éas de l Union. Cee siuaion, préjudiciable au développemen des affaires, limie la capacié de prévision e la concepion de plans d invesissemen fiables à moyen e longs ermes, ce qui a une incidence négaive noammen sur la demande e la disribuion de crédis bancaires. Le poids de la fiscalié, noammen la Taxe sur la Valeur Ajouée (TVA), dans cerains pays, a éé présené comme un frein au développemen du crédi bancaire. Par conre, dans d aures pays, le coû élevé des formaliés d obenion des ires fonciers e les difficulés liées à l éa du cadasre réduisen le nombre de naionaux déenan des ires de propriéé pouvan faire l obje d hypohèques, dans le cadre d un crédi bancaire. Les difficulés d ordre juridique e judiciaire, liées à l inadapaion des disposiions légales e réglemenaires au 10

11 conexe local, e à l applicaion jugée souven inéquiable des lois e règlemens au dérimen des éablissemens de crédi on éé évoqués. Par ailleurs, les leneurs dans le foncionnemen de l adminisraion judiciaire e l absence de magisras spécialisés dans le raiemen des conenieux bancaires, consiuen égalemen des causes majeures de perurbaion e de difficulés dans les relaions enre les banques e leurs cliens. L accumulaion d imporans arriérés inérieurs par cerains Éas représene aussi, selon le parona, un faceur limian les remboursemens des concours bancaires précédemmen obenus e la possibilié de recourir à de nouveaux crédis. Encore récemmen, le déba a éé relancé lors du symposium du cinquanième anniversaire de la BCEAO où le Présiden sénégalais Macky Sall a fusigé les banques, esiman qu elles conribuen peu au financemen des enreprises de l Union. Les représenans de l Associaion Professionnelle des Banques e Éablissemens Financiers (APBEF) des Éas membres on d abord regreé la prédominance, dans l UEMOA, d enreprises créées sous forme d affaires personnelles. En plus, ils on fai valoir, au ire des raisons qui limien le développemen des crédis bancaires, le mauvais bouclage des schémas de financemen des projes, l insuffisance des appors en fonds propres, la faiblesse ou l absence de capacié managériale des chefs d enreprise, l absence ou le caracère peu fiable des éas financiers produis, l absence de ess de sensibilié dans les projecions financières, la complexié du sau des garanies proposées e les difficulés de réalisaion des garanies consiuées. Au ire des obsacles impuables au sysème bancaire, les représenans du parona on évoqué le niveau relaivemen élevé des aux d inérê praiqués par les banques malgré la endance à la réducion du loyer de l argen sur les marchés érangers e le signal de baisse donné à plusieurs reprises par la Banque Cenrale, ce qui rend difficiles les condiions d exploiaion des enreprises en général e des PME/PMI en pariculier. Oure les difficulés liées à l environnemen des affaires, les paricipans on idenifié comme causes de l insuffisance du financemen bancaire, la faible couverure du errioire des Éas par les banques e leur préférence pour les crédis à cour erme orienés vers le seceur du commerce, au dérimen des seceurs primaire e secondaire. Pour ce qui es de l orienaion des crédis bancaires vers le seceur eriaire, les paricipans on déploré le fai que ce seceur n éan pas poreur de valeur ajouée imporane, n avai pas d effes induis significaifs sur les aures branches de l économie. Par ailleurs, l agriculure qui occupe la plus grande parie de la 11

12 populaion acive, es le seceur économique le moins financé par les banques. Considéran l imporance du seceur informel dans les pays de l Union, les paricipans on esimé que cee siuaion ne conribuai pas à la modernisaion des économies e que le mode de gesion peu orhodoxe de ces enreprises conduisai à les exclure des circuis bancaires classiques. Ces remises en cause muliples monren d une par combien il es indispensable de comprendre davanage la naure de la dynamique foncionnelle du sysème financier en rappor avec le développemen du seceur privé ; d aure par, combien il es imporan de cerner les fondemens de cee ineracion. Dans les deux cas, on s aperçoi que rouver une réponse au faible dynamisme des économies de l UEMOA e donc du Burkina Faso passe nécessairemen par une bonne compréhension des faceurs explicaifs des ineracions dynamiques enre le seceur privé e le sysème bancaire (ou plus globalemen le sysème financier). En d aures ermes, il es sinon impossible, du moins difficile de rouver une soluion adéquae au faible niveau de la performance économique des pays de l UEMOA an que cee problémaique de la performance du sysème financier n es pas bien raiée. Objecifs du ravail de hèse La liéraure dominane sur le développemen financier des pays en développemen end à réduire la quesion de la performance du sysème financier à la problémaique du raionnemen du crédi e, par ce fai, elle incrimine les banques, alors que le problème es bien plus complexe. Nous pensons qu il fau cerner le problème dans oue sa dimension macroéconomique, mais suivan une approche microéconomique afin d en saisir les ressors profonds. Auremen di, il es plus inéressan d analyser la problémaique de la performance des sysèmes financiers, c es-à-dire leur capacié à favoriser l émergence d un seceur privé créaeur de richesse e d emploi que de se conener d éudier la relaion banque-enreprise ou banque-éa. Ceci éan, l objecif de l éude n es pas de discuer si les inermédiaires e marché financiers des pays en développemen e du Burkina Faso, en pariculier, créen la richesse ou conribuen à la croissance des enreprises e de l économie (cela paraî rivial). Mais il s agi de savoir, d une par s ils le fon de la meilleure manière possible, e d aure par, dans quelles condiions cela es possible. 12

13 Inérê de l éude L inérê de cee hèse es riple : méhodologie, héorique e praique. D un poin de vue méhodologique, cee hèse se propose de faire référence à une approche peu commune en maière d analyse de la performance des sysèmes financiers. En effe, à parir de l examen approfondi de la liéraure héorique e empirique relaive aux canaux de ransmission du développemen financier sur la croissance économique, elle enera de définir un cadre d analyse de la performance du sysème financier d une enié (pays, groupe de pays) considérée indépendammen des aures. Elle se disingue alors de la plupar des éudes qui ne le fon qu à parir des comparaisons inernaionales enre plusieurs pays sur la base d un ou plusieurs indicaeurs de développemen financier. Ainsi, les présens ravaux visen à offrir un cadre méhodologique sandard d analyse de la performance du développemen financier d un pays, d un groupe de pays, d une région, ec. D un poin de vue héorique e liéraire, il s agi de conribuer à monrer que le développemen financier es un bon indicaeur des aux fuurs d accumulaion, du changemen echnologique e de la croissance comme l on déjà monré plusieurs aueurs (Levine, 1996 ; Gelb, 1989 ; Gerler e Rose, 1994 ; Roubini e Sala-i-Marin, 1992,1995 ; Easerly, 1993 ; Pagano, 1993). Mais ici, un regard nouveau es poré sur le suje, puisqu il es quesion de voir commen il es possible d esimer ou d évaluer le degré de performance d un sysème financier e d en expliquer les déerminans. Cee éude vise par ailleurs à combler le vide causé par l absence des ravaux héoriques se rapporan à ce suje. D un poin de vue praique, le choix de ce hème es lié à la fore récurrence de la problémaique de la morosié du seceur privé e de la faible croissance économique dans un cerain nombre de pays en développemen où le seceur financier es foremen suspecé de ne pas jouer son rôle. De ce fai, cee éude offre les élémens de base pouvan permere de diagnosiquer les maux réels enachan la dynamique foncionnelle du sysème financier d un pays comme le Burkina Faso. En perspecive, il es quesion de faire des recommandaions de réformes urgenes à envisager pour répondre à cee préoccupaion. Ainsi, la présene éude peu servir de cadre de référence en ermes d insiuions indispensables à créer ou à renforcer. 13

14 La hèse es organisée en cinq chapires réparis sur deux paries. La première parie es iniulée Cadre d analyse héorique de la performance des sysèmes financiers des pays en développemen suivan l approche microéconomique e compore rois chapires. Le premier chapire, Evoluion du cadre d analyse de la performance du sysème financier des pays en développemen, présene différenes grilles de lecure permean de bien comprendre la noion de la performance du sysème financier e surou la nécessié de s inéresser à l approche die microéconomique. Le second chapire, Modélisaion de l approche microéconomique de l analyse de la performance du sysème financier dans les pays en développemen, vise à conribuer à enrichir la liéraure héorique quelque peu manquane sur ce suje spécifique. Quan au roisième chapire, Modélisaion des déerminans de la performance du sysème financier des pays en développemen, il s inscri dans la même perspecive e s inéresse aux faceurs héoriques sous-jacens permean de comprendre les condiions de réalisaion de la performance. La deuxième parie pore sur une Éude d un cas praique : Analyse de la performance du sysème financier burkinabè e es raiée à ravers les chapires 4 e 5. Le quarième, comme l indique son iniulé Dynamique de l ineracion enre le sysème financier e l économie réelle au Burkina Faso, examine la dynamique des crédis bancaires en rappor avec la croissance économique. Enfin le dernier chapire, Modèle économérique d analyse de la performance du sysème financier burkinabè, raie de façon empirique à la quesion de savoir si en définiive le sysème financier burkinabè dominé par les banques, es performan, c es-à-dire s il conribue à la créaion des richesses de la meilleure façon possible. 14

15 PARTIE I : CADRE THÉORIQUE D ANALYSE DE LA PERFORMANCE DES SYSTÈMES FINANCIERS DES PAYS EN DÉVELOPPEMENT SUIVANT L APPROCHE MICROÉCONOMIQUE 15

16 CHAPITRE I. ÉVOLUTION DU CADRE D ANALYSE DE LA PERFORMANCE DU SYSTÈME FINANCIER DANS LES PAYS EN DÉVELOPPEMENT. L analyse de la performance d un sysème financier, pour qu elle soi complèe e fiable, doi préalablemen passer en revue la ypologie des approches exisanes. En effe, ce ype d analyse recouvre plusieurs varianes en foncion des objecifs visés. Cela exige un ravail de fond liéraire permean de mieux cerner le cadre d analyse approprié, an au niveau héorique qu au niveau empirique. C es noammen à cela que ce premier chapire se consacre. Il passe en revue la liéraure pour rechercher des élémens de réponse à la quesion globale de savoir : sur quelles bases peu-on savoir si le foncionnemen du sysème financier d un pays en développemen es de naure à favoriser le maximum de créaion de richesses e d emplois? Ainsi, l objecif es d une par, de bien comprendre la noion de la performance des sysèmes financiers e d aure par, dégager un cadre inégré (héorique e empirique) d analyse permean de savoir si le foncionnemen du sysème financier d un pays en développemen obéi à une logique de «souien qualiaif» à la croissance économique. Cee éape es d auan plus indispensable que la plupar des ravaux héoriques sur la performance du sysème financier ne permeen pas un repérage (une vérificaion) empirique. De même, les nombreux ravaux empiriques exisans ne son, pour la plupar, fondés sur aucun modèle héorique y afféren. Par conséquen, force es de consaer le grand fossé enre les modèles héoriques proposés en la maière e les ravaux empiriques exisans. Dans un el conexe, proposer un cadre comple d analyse permean d apprécier de la performance du sysème financier d un pays (ou groupe de pays) indépendammen des aures pays (ou groupes de pays) consiue un appor non négligeable. Ceci éan, ce chapire s organise en quare paries, ainsi qu il sui : La première parie aborde la quesion de la performance des insiuions économiques sous l angle de l économie poliique, ce qui offre des perspecives inéressanes de recherche noammen au niveau de la définiion. Après avoir défini le concep de performance, la revue de la liéraure es organisée, à ravers les rois paries suivanes, afin d idenifier les 16

17 différenes endances pouvan êre considérées comme des approches d analyse de la performance du sysème financier. La seconde parie s inéresse alors à l approche foncionnelle qui perme de comprendre les fondemens héoriques du foncionnemen des sysèmes financiers. La roisième parie oriene l éude vers l approche die du développemen financier qui es beaucoup plus empirique. Enfin, la dernière parie es consacrée à l approche die microéconomique où nous nous efforçons de monrer commen il peu êre possible de concilier la héorie e les ravaux empiriques pour offrir un cadre d analyse relaivemen comple La liéraure sur la performance des insiuions sous l angle de l économie poliique Définiion Suivan la vision des insiuionnalises (enendus ici au sens des économises poliiques), les déerminans de la croissance (accumulaion du capial physique, producivié, innovaion, éducaion, économie d échelle, ec.) suggérés par la héorie de la croissance endogène ne son, en réalié, que des causes superficielles. Pour des aueurs comme Norh e Thomas (1973), Hall e Jones (1999), Acemoglu e al. (2001), seules les différences dans les insiuions, noammen économiques 1, expliquen fondamenalemen les différences de niveau de croissance e de développemen économique enre les pays. En effe, ces économises souiennen que ce son les insiuions 2 (y compris les poliiques gouvernemenales) qui déerminen l environnemen économique dans lequel les enreprises accumulen le capial e le savoir-faire nécessaires pour produire (Hall e Jones, 1999 ; Bukiewicz e Yanikkaya, 2006 ; Eicher e Leuker, 2006). Selon eux, le mécanisme es le 1 Rappelons que, dans la liéraure (Eicher e Leuker, 2006 ; Williamson, 2000 ; Acemoglu, Johnson e Robinson, 2005), il exise deux ypes d insiuions : d une par les insiuions économiques qui induisen la performance économique e d aure par, les insiuions poliiques qui influencen les premières. 2 Cerains aueurs uilisen le concep «infrasrucure sociale» (Hall e Jones, 1999) pour désigner les insiuions. Par infrasrucure sociale, ils prennen en compe : le risque d expropriaion par le gouvernemen, les lois e les mécanismes légaux, la bureaucraie, la corrupion, les liberés civiles, l ouverure commerciale, ec. 17

18 suivan : la qualié des insiuions expliquen les niveaux de producivié e de l accumulaion du capial physique e humain qui, à leur our, expliquen le niveau de producion (ou revenu) par êe. Pour mieux comprendre cela, reporons-nous à la définiion des insiuions économiques qui, selon Norh (1990), son les règles [de jeu] définissan les conraines e orienan les ineracions enre différens aceurs ou agens économiques au sein d une sociéé. Dans cee perspecive, ce son les insiuions économiques qui condiionnen aussi bien les moivaions des agens économiques individuels que l ensemble des résulas économiques. En pariculier, elles influencen l organisaion de la producion, e noammen les invesissemens dans le capial physique e humain e dans l innovaion echnologique. Dès ce insan, de sérieuses quesions se posen : quelles son donc ces insiuions économiques si déerminanes pour la qualié des résulas économiques? D aure par, s il peu êre réellemen éabli que les insiuions son les causes fondamenales de la performance économique, pourquoi, malgré leur présence apparene dans ceraines sociéés/pays, la croissance économique n es-elle pas remarquable? Y aurai-il alors une caégorie pariculière d insiuions favorable à la libéraion effecive des forces producives e corrélaivemen à la croissance économique? En économie poliique, la liéraure récene s es beaucoup penchée sur ces quesions. Comme insiuions économiques, Acemoglu e al. (2005) meen avan la srucure des drois de propriéé, puis la présence e la perfecion des marchés. Si on s inéresse au second niveau des insiuions économiques, c es-à-dire la présence e surou la perfecion des marchés 1, on s aperçoi qu il ne suffi pas seulemen d avoir un marché ou des marchés pour mere en roue la croissance. L inérê es pariculièremen poré à la qualié des insiuions. A ce ire, les ravaux d Acemoglu (2006) permeen de comprendre que dans une sociéé quelconque, la qualié des marchés ou des insiuions en général n es appréciée qu à ravers leur capacié à jouer le rôle de caalyseur de la croissance économique. En d aures ermes, une insiuion 1 L appréciaion de la performance du sysème financier don il es quesion peu êre assimilée à l appréciaion des marchés ; c es pourquoi l inérê es pariculièremen poré sur ce axe des insiuions économiques. 18

19 économique es die performane 1 si elle indui ou perme de maximiser la croissance poenielle de l économie (Acemoglu, 2006 ; Larry, 1967). Comme elle, la performance renvoie à la capacié des insiuions économiques à favoriser l allocaion des ressources 2 vers leurs usages les plus efficiens 3. Selon ces héoriciens, lorsque les insiuions économiques foncionnen «de façon performane ou opimale», les ressources son allouées vers les usages les plus efficiens. Cela condui à l invesissemen en capial humain e en capial physique ainsi qu à l innovaion, favorables à une croissance économique plus fore e durable (Bukiewicz e Yanikkaya, 2006). Les développemens ci-dessus laissen ransparaîre oue la complexié de cee noion de performance des insiuions économiques. En effe, elle aborde plusieurs élémens à la fois e il faudra en enir compe pour une analyse rigoureuse. Cependan, quare caracérisiques semblen consiuer le socle à parir duquel il es possible de bâir un cadre (héorique) perinen d analyse visan à apprécier la performance d une insiuion économique. Ce son, de façon non hiérarchique : La prise en compe de sa capacié de simulaion des agens économiques à faire de l innovaion, de l accumulaion du capial, de l invesissemen en capial humain, ec. ; La prise en compe de son accessibilié e sa capacié d adapaion ; La prise en compe de sa foncion allocaive des ressources vers leur usage le plus efficien ; La prise en compe de ses effes poeniels. 1 Une définiion de l efficacié au sens de Pareo pourrai se révéler insuffisane dans le conexe de l économie poliique (Acemoglu, 2006). Par ailleurs, dans la liéraure, les aueurs uilisen des expressions comme «bonnes insiuions», «insiuions de qualié» pour désigner les insiuions performanes. 2 A ce niveau d analyse, le erme ressource doi êre compris dans un sens large comprenan enre aure les faceurs de producion e même les biens de consommaion. 3 Nous reviendrons plus en déail sur cee noion d allocaion de ressource vers leur usage le plus efficien dans la dernière parie de ce chapire. 19

20 Les principales caracérisiques des insiuions économiques performanes Dans cee secion, les différenes caracérisiques énoncées précédemmen seron davanage éudiées afin de, non seulemen, bien siuer chacune d elle mais aussi e surou de les mere en cohérence Capacié de simulaion des agens économiques à faire de l innovaion, de l accumulaion du capial, de l invesissemen en capial humain La prise en compe de cee première 1 caracérisique remone aux ravaux d Adam Smih qui, en faisan allusion aux marchés, souien que la prospérié d une sociéé dépend de la qualié de ses insiuions économiques. Des nombreux aueurs du 19 ème e du 20 ème siècle reprennen cee idée à leur compe. Parmi eux, John Suar Mill (Jones, 1981) relève qu une sociéé présene de bonne performance économique lorsqu elle es régie par de bonnes insiuions économiques ; celles-ci régissen la sociéé de elle manière que les individus son inciés à invesir, à innover, à prendre des risques, à prendre par aux aciviés économiques, à épargner, à s éduquer, à produire des biens. Une aure manière de cerner ce aspec es de l examiner symériquemen. Vu dans ce sens, les insiuions économiques non performanes ou de mauvaise qualié au sens de Suar Mill son celles qui posen (ou n arriven pas à alléger) d énormes conraines 2 aux agens économiques qui, voyan leur marge de manœuvre réduie, son peu ou pas moivés à prendre par à la vie économique. A ce niveau d analyse, il n es pas superflu de se demander si, fondamenalemen, la raison d êre des insiuions ne s explique pas par l exisence de diverses conraines rendan difficiles les ransacions e plus généralemen la réalisaion des aciviés économiques. Si el es le cas, alors la définiion fournie par Suar Mill e bien d aures aueurs manque de précisions noammen lorsqu on inègre les problèmes relaifs à l accessibilié des insiuions e aussi à leur adapaion face à l évoluion des conexes. C es pourquoi, il es imporan de enir compe de deux aures caracérisiques implicies, mais 1 Il s agi-là d une simple énuméraion qui ne reflèe aucunemen leur niveau d imporance. 2 Les conraines peuven êre perçues comme les divers coûs relaifs aux ransacions que nous aborderons dans la seconde parie du chapire. 20

21 complémenaires, que son d une par l accessibilié des insiuions e d aure par, leur capacié d adapaion dans le conexe d une sociéé dynamique Accessibilié e capacié d adapaion Des insiuions économiques ne peuven, vériablemen, pas êre considérées comme créan les condiions simulanes pour la bonne marche des aciviés économiques si elles ne son pas accessibles à ous les agens économiques. Cela signifie que les insiuions économiques performanes foncionnen de façon à êre le plus proche de ous les agens économiques. En d aures ermes, ous les aceurs de l économie on les mêmes chances ou opporuniés d y accéder (Eicher e Leuker, 2006), même s ils ne son pas nécessairemen servis de la même manière, compe enu d aures considéraions que nous verrons dans la secion suivane. En plus d êre accessibles, les insiuions économiques performanes, ou en créan les moivaions pour les agens économiques, doiven êre capables de répondre aux exigences des nouvelles condiions générées par l évoluion de la sociéé. Dans ces condiions, l analyse de la performance des insiuions économiques s inscri forcémen dans une perspecive dynamique, car des insiuions peuven paraîre performanes dans un conexe donné (au emps par exemple) e ne pas l êre dans d aures conexes (au emps +1 par exemple). Bien qu il soi indispensable de définir des insiuions économiques dynamiques, favorables à la paricipaion acive de ous les agens à la vie économique, une quesion de fond rese, ou de même, posée. C es celle consisan à se demander si le seul fai d avoir des insiuions économiques répondan aux caracérisiques décries ci-dessus résou sysémaiquemen le problème d allocaion efficiene des ressources qui es l objecif inermédiaire visé. Telle es la préoccupaion de la caracérisique suivane Foncion allocaive des ressources vers leurs usages les plus efficiens Au niveau de la roisième caracérisique, l accen es surou mis sur la foncion allocaive des insiuions économiques. Dans cee opique, les insiuions économiques on la «lourde» âche sociale d assurer une affecaion de l ensemble des ressources vers des 21

22 agens économiques qui, en faisan usage, accroissen au mieux le bien-êre 1 global de la sociéé. Pour revenir à l inerrogaion soulevée dans le paragraphe précéden, on voi bien que la seule prise en compe des deux premières caracérisiques n es pas suffisane pour éablir la performance des insiuions économiques. De ce fai, Acemoglu e al. (2005) précisen que les insiuions économiques performanes son celles qui allouen les ressources vers leurs usages les plus efficiens. Cela suppose qu elles puissen se consiuer en un disposiif (ou sysème) d idenificaion des meilleurs usages vers lesquels chaque unié de ressources doi se diriger. On voi bien que, en même emps que les insiuions performanes se doiven d êre accessibles par ous les aceurs qu elles moiven à pariciper à la vie économique, elles doiven opérer une discriminaion enre les différens usages possibles. Ce qu il y a de plus inéressan dans cee caracérisique, c es qu elle perme de saisir oue la porée de la performance des insiuions économiques. En effe, elle place les insiuions performanes «au cœur» de la performance de l économie enière. Encore plus inéressan es le fai de l inuiion (ou l hypohèse) que de elles insiuions conduisen à des croissances économiques fores e durables. Telle es l idée souenue dans la dernière caracérisique qui raie de la prise en compe des effes poeniels des insiuions économiques performanes Capacié de produire des effes poeniels Le dernier aspec fondamenal ayan rai à la performance des insiuions économiques es pluô une conséquence des rois premières qu une caracérisique en an que elle. En effe, il indique que les insiuions performanes valen par leur capacié de maximisaion de la croissance économique. Le fai de s inéresser finalemen à la croissance poenielle (maximum pouvan êre aein) pluô qu à la croissance effecive marque oue la différence enre des insiuions économiques quelconques e celles qui son performanes. Par cee précision, on s aperçoi que ceraines insiuions, bien que ne respecan pas l ensemble des crières de performance décries à ravers les différenes caracérisiques, peuven néanmoins conribuer à la croissance économique, mais à un niveau beaucoup moins que 1 Le bien êre peu êre assimilé à la croissance économique dans ce conexe précis. 22

23 celles qui son performanes, celles qui permeen d aeindre la croissance maximale envisageable. Il pourrai même êre possible de faire une classificaion des insiuions économiques en foncion du nombre de caracérisiques de performance qu elles présenen. Ainsi, celles qui inègren le plus de caracérisiques de performance induisen une croissance relaivemen fore e durable que les aures. Au somme se rouven les insiuions économiques performanes, c es-à-dire celle qui présenen oues les rois caracérisiques décries. C es cee caégorie d insiuions économiques qui indui la croissance maximale ou poenielle. E compe enu de leur capacié d adapaion à l évoluion de la sociéé, elle garani donc cee croissance maximale le plus longemps possible. Après avoir passé en revue la percepion du concep de la performance des insiuions économiques sous l angle de l économie poliique, une proposiion de définiion peu se dégager. Suivan cee grille de lecure, des insiuions économiques son dies performanes lorsque, ou en créan des moivaions de paricipaion à la vie économique pour ous les individus, en se rapprochan le plus près possible d eux e en s adapan à l évoluion de la sociéé, elles assuren l affecaion des ressources vers leurs usages les plus efficiens, oues choses qui induisen l accroissemen de la croissance poenielle. Bien que cee définiion soi d un appor pour la compréhension de la performance des insiuions économiques, elle rese ou de même renfermée dans des généraliés. En effe, cee définiion pose, sans doue, les bases d une analyse rigoureuse de la performance des insiuions économiques, mais il convien de l appliquer à une insiuion économique spécifique pour en comprendre davanage les différens ressors. C es dans cee perspecive que la parie suivane s inscri : elle s inéresse à la performance des sysèmes financiers suivan l approche die foncionnelle L analyse de la performance du sysème financier suivan l approche foncionnelle. La liéraure sur le lien enre finance e croissance indique que les insiuions financières n on pas oujours éé, unanimemen, considérées comme un faceur déerminan de la croissance. Parmi les plus scepiques (le couran «following demand»), on compe cerains précurseurs de l économie du développemen (Meier e Seers, 1984) comme 23

24 Robinson (1952) e des économises d aures courans liéraires comme Lucas (1988). Selon eux, «là où se dirigen les enreprises, la finance sui» («Where enerprise leads finance follows»). En d aures ermes, ils souiennen que le développemen du sysème financier, généralemen mesuré par différens niveaux de crédis ou par la aille du marché financier ou encore par la aille des inermédiaires financiers, ne s opère que par anicipaion d une croissance économique fuure. L idée es que le marché financier ne fai que capialiser la valeur présene des opporuniés de croissance à venir. De la même manière, les inermédiaires financiers ne prêen davanage que lorsqu ils son assurés que les différens seceurs de l économie connaîron une croissance. D où, pour ces aueurs l idée que le développemen du sysème financier, pluô que d êre considéré comme un faceur explicaif, consiue un faceur expliqué de la croissance économique. De l aure côé, avec le couran «supply lead», le prix Nobel Meron Miller (1988), à la suie de Bageho (1873), Schumpeer (1912), Gurley e Shaw (1955), Goldsmih (1969), e McKinnon (1973), King e Levine (1993b), affirme que le fai d ignorer le rôle des insiuions financières limie considérablemen les capaciés de compréhension des faceurs déerminans de la croissance économique de long erme. C es dans cee dernière perspecive héorique que la présene éude s inscri. Elle s inéresse noammen à l approche die foncionnelle, qui perme de dégager des pises d analyse héoriques de la performance du sysème financier des pays en développemen. Suivan l approche foncionnelle, il exise des coûs de ransacion e d acquisiion d informaions sur les enreprises, leurs dirigeans e leur environnemen. C es ce qui explique l émergence des marchés e des inermédiaires financiers (Levine, 2006). En effe, par la concepion d insrumens e conras financiers appropriés, les marchés e les inermédiaires financiers doiven pouvoir exécuer, de façon performane, leurs cinq foncions 1 suivanes, allégean ainsi ces divers coûs, e assuran alors une bonne allocaion des ressources favorable à une croissance fore e durable (Meron e Bodie, 1995) : mobilisaion de l épargne ; 1 Bien qu il soi possible d éablir un enchaînemen logique enre ces différenes foncions énumérées, comme nous avons ené de le faire, il rese que celles ci ne son pas hiérarchisées. 24

25 producion d informaions (ex ane) sur les opporuniés d invesissemen e d allocaion des capiaux; conrôle (ex pos) sur la gesion des invesissemens réalisés grâce aux capiaux alloués e faciliaion de l adopion de la gouvernance d enreprise ; gesion (lissage e diversificaion) du risque ; faciliaion des échanges de biens e services. Avan de décryper les cinq principales foncions ciées ci-dessus, il es indispensable de faire un bref rappel sur les différenes composanes du sysème financier La composiion du sysème financier. Le sysème financier se compose de la façon suivane : les inermédiaires financiers e les marchés financiers (Beck, Demirgüç-Kun e Levine, 2000). Les inermédiaires financiers son de rois ypes à savoir : les banques cenrales, les banques commerciales encore appelées les banques de second rang e les aures insiuions financières. Les banques cenrales représenen l auorié monéaire ; à ce ire, elles son chargées de la mise en œuvre de la poliique monéaire. Les banques commerciales son des insiuions financières don une parie du passif es consiuée de dépôs ransférables par chèques, viremens, ec. Ces banques, ou comme la banque cenrale, on la possibilié de créer de la monnaie. Enfin, les aures insiuions financières peuven êre réparies en cinq grands groupes. Ce son : 1. Les insiuions financières qui foncionnen comme les banques. Elles son de deux ypes : a. celles qui accepen des dépôs, mais n offren aucune possibilié de ransfer de ceux-ci. Ce son, par exemple, les caisses ou banques d épargne, les banques coopéraives ou insiuions de micro-finance, les banques d hypohèques, les sociéés d habia; b. celles qui s auofinancen à parir d émission de ires négociables c es-à-dire qu elles lèven des fonds sur le marché financier. Pour des raisons hisoriques, légales ou fiscales, ce ype d insiuions es souven spécialisé dans le financemen 25

26 d aciviés spécifiques. Tel es le cas des compagnies ou sociéés financières, par exemple. 2. Les compagnies d assurance, à l exclusion de oues formes d assurance fournies par le gouvernemen 1. Ce son, par exemple, les compagnies d assurance-vie e les aures compagnies assuran les aures risques (béail, incendie, vol, responsabilié civile, sané ). 3. Les fonds de pension, excluan l assurance fournie par le gouvernemen. 4. Les fonds d invesissemen son des insiuions qui invesissen pour leurs acionnaires sur cerain ype d acifs sous la forme de fonds muualise. 5. Les banques de développemen son, généralemen, financées par les Éas e d aures insiuions ou organisaions supranaionales. Elles s inéressen à une caégorie spécifique d empruneur don les acions son jugées opporunes pour le développemen La foncion de mobilisaion d épargne La mobilisaion de l épargne consiue une foncion capiale des sysèmes financiers parce qu il es rès coûeux 2 de mobiliser les capiaux provenan d épargnans disparaes pour répondre aux divers besoins d invesissemens de l économie. Pour parvenir à faire des économies sur les coûs inhérens à de muliples conras bilaéraux, la mise en commun de l épargne disponible se fai aussi bien par les inermédiaires que par les marchés financiers. Par exemple, des milliers d épargnans (censés êre de poeniels invesisseurs) préfèren confier leurs disponibiliés financières aux inermédiaires financiers qui invesissen dans des cenaines d enreprises e projes d aciviés (Sirri e Tufano, 1995). Indépendammen de ces effes direcs, une bonne mobilisaion de l épargne peu égalemen améliorer l allocaion des ressources e favoriser l innovaion echnologique. En effe, sans accès aux fonds de ces muliples poeniels invesisseurs, nombreux son les projes qui son conrains à des échelles de producion inefficienes 3 (Sirri e Tufano, 1995). 1 Celles ci son considérées comme des mesures de sécurié sociale. 2 Ici, la référence es faie aux coûs de ransacions e d accès aux informaions concernan les enreprises e leurs dirigeans, de même que leurs environnemens. 3 Il es for probable qu une elle siuaion soi caracérisique des pays en développemen. 26

27 Mais en réalié, la mobilisaion des disponibiliés financières n es possible que lorsque les différenes composanes du sysème financier parviennen à rassurer les épargnans sur l uilisaion efficiene des ressources (Boyd e Smih, 1992), garanissan leur pérennié. Cela implique que les inermédiaires financiers on le souci de se forger une bonne répuaion afin de rassurer les épargnans qui peuven alors êre plus disposé à leur confier leurs ressources (De Long, 1991 ; Lamoreaux, 1995). A ce propos, Bageho (1873) souien qu au 19 ème siècle, l une des différences majeures enre le sysème financier de l Angleerre e celui des aures pays, es qu il a éé capable de mobiliser d énormes ressources financières pour assurer le financemen des ravaux de grande envergure e les guerres. En fai, pour réaliser les aciviés de mobilisaion de l épargne, le sysème financier doi pouvoir concevoir e proposer aux ménages e aures agens économiques des insrumens financiers leur permean de déenir des porefeuilles diversifiés (Sirri e Tufano, 1995). Cela signifie que les mécanismes financiers qui permeen de collecer davanage d épargne e d invesir dans divers ypes de projes, y compris les plus risqués, facilien une allocaion des ressources vers les aciviés à fore renabilié, d où une incidence posiive sur la croissance économique (Acemoglu e Ziliboi, 1997). Les poliiques de libéralisaion financière 1 (Gurley e Shaw, 1955 ; Ndikumana, 2000) en son une illusraion. Ces poliiques, relaives à l épargne, son venues du consa que l une des conséquences fâcheuses de la répression financière es la faiblesse des aux d épargne e d invesissemen due aux aux d inérês mainenus à des niveaux arificiellemen bas pour des raisons poliiques. En effe, de nombreux aueurs souiennen que les aux d invesissemen dans les pays en développemen son resés bas à cause du foncionnemen inefficien des inermédiaires financiers dans un conexe de répression financière caracérisée par : la faiblesse de l épargne ; des prês de long erme limiés ; des praiques inefficienes du crédi (parce que fondées pluô sur des considéraions poliiques) ; 1 Dans de nombreux pays en développemen en Afrique au Sud du Sahara, la libéralisaion financière es survenue à parir des années 1980 sous l impulsion de la Banque mondiale e du FMI. Avan cee période, le foncionnemen du sysème financier éai régi par les poliiques dies de répression financière. 27

28 le conrôle direc du crédi par les auoriés poliiques ; l évicion des crédis accordés au seceur privé par les crédis accordés au seceur public (gouvernemen) qui s en ser esseniellemen pour ses besoins de consommaion. Dans ces condiions, les poliiques de libéralisaion financière qui on suivi on surou visé l amélioraion de la foncion d épargne par le relèvemen ou le réablissemen des aux d inérês à des niveaux correspondans à l équilibre du marché. Par ailleurs, les ravaux de McKinnon (1973) e Shaw (1973) offren des bases héoriques e empiriques pour l analyse de la foncion d épargne, noammen des inermédiaires financiers. Ces aueurs émeen l hypohèse que l invesissemen, en l occurrence l invesissemen privé, dans les pays en développemen, es posiivemen corrélé à l épargne réelle pour la simple raison que les invesisseurs, éan soumis à des conraines d accès au financemen, son obligés de consiuer une épargne préalable avan d envisager un quelconque invesissemen. De ce fai, ils éablissen une corrélaion posiive (e conre inuiive) enre le aux d inérê crédieur e l invesissemen. Cela s expliquerai par le fai qu un aux d inérê élevé indui une fore épargne e que celle-ci souien à son our l invesissemen, ce qui aboui paradoxalemen à un aux de croissance économique plus élevé. Touefois, ces analyses sur l imporance de la foncion de mobilisaion de l épargne doiven êre nuancées pour enir compe de ceraines spécificiés. D abord, il convien de relever que la foncion d épargne, elle que noée ci-dessus, n es qu une possibilié parmi an d aures d impliquer les agens à disponibilié de ressources dans le financemen de l économie. En effe, les insiuions financières bancaires peuven, sous ceraines condiions, faire des crédis avec ou sans épargnes disponibles, à ravers la créaion de monnaie. Aussi, pouvons-nous consaer que la mobilisaion de l épargne n es qu une foncion ransioire. Elle vise surou à caper l ensemble des ressources financières disponibles e à les oriener vers les usages les plus efficiens. Encore fau-il que les usages efficiens soien bien définis e idenifiés. Cela implique l exisence d un disposiif efficace permean l appréciaion ex ane 28

29 de l ensemble des usages e l allocaion opimale des ressources. C es ce que nous allons voir dans la secion suivane La foncion de producion d informaions ex ane sur les opporuniés inéressanes d invesissemen e d allocaion des capiaux. De même que dans la foncion de mobilisaion de l épargne, ici égalemen, l idée de base es qu individuellemen, il es difficile, e même rès coûeux, d observer e d évaluer les enreprises, leurs dirigeans e les condiions de foncionnemen du marché, en général (Carosso, 1970). Cela peu conduire les épargnans e aures déeneurs de capiaux à êre réicens à invesir dans des aciviés pour lesquelles ils ne disposen pas d informaions fiables e crédibles. C es dans un el conexe de coûs élevés d accès à l informaion que le sysème financier, qui apparai comme une associaion de nombreux épargnans, émerge (Diamond 1984 ; Boyd e Presco, 1986). En effe, en permean d économiser sur les coûs d acquisiion de l informaion, le sysème financier améliore la capacié d esimaion ou d appréciaion des opporuniés d invesissemens efficiens (Fisman e Love, 2003). Cela indui un effe posiif sur l allocaion opimale des ressources (capiaux) e souien la croissance de long erme (Greenwood e Jovanovic, 1990). De façon spécifique, les inermédiaires financiers favorisen l adopion de nouvelles echnologies en idenifian les projes innovans, les meilleures echnologies de producion, les enrepreneurs adopan des echnologies nouvelles ou ayan de fores chances de conduire avec succès une iniiaive de producion d un nouveau ype de bien (Gerschenkron, 1962 ; King e Levine, 1993b,c; Galeovic, 1996 ; Blackburn e Hung, 1998 ; Morales, 2003 ; Acemoglu, Aghion e Ziliboi, 2003). C es ainsi qu ils conribuen à renforcer la producivié globale de l économie e à favoriser une croissance fore e durable. Comme on peu s en apercevoir, cee hèse s inscri dans la vision schumpeérienne du rôle de la finance qui, selon son aueur, es d incier les agens économiques à innover (Schumpeer, 1912 ; 1932). Or, sur ce même suje, Bageho (1873) a noé que, dans le milieu des années 1800, le sysème financier de l Angleerre avai mieux foncionné que les aures parce qu il avai su idenifier e financer les invesissemens profiables (Fisman e Love, 2003). Cela avai permis à ce pays de réaliser des aux de croissance économique les plus élevés de l époque. 29

30 Tou comme les inermédiaires, les marchés financiers peuven égalemen simuler la producion d informaions sur les enreprises. Cela es surou vrai lorsque ces marchés son grands e liquides (Grossman e Sigliz, 1980 ; Kyle, 1984 ; Holmsrom e Tirole, 1993), auremen di, lorsqu ils son efficiens (Aghion e Howi, 1992). En somme, lorsque les agens économiques exérieurs aux enreprises esimen qu il es difficile d obenir des informaions sur celles-ci e de les évaluer, cela génère une siuaion où il es relaivemen difficile de lever des fonds pour financer les invesissemens. Cee prédicion héorique es d auan plus fondée que de nombreuses éudes empiriques monren que les enreprises qui parviennen à enreenir d éroies relaions de collaboraion avec les banques enden à êre moins soumises aux conraines de financemen (Hoshi, Kashyap e Scharfsein, 1990 ; Schianarelli e Sembenelli, 1996 ; Peersen e Rajan, 1994). En pariculier, ces enreprises empruneuses ayan des relaions privilégiées de long erme avec les banques payen des aux d inérê plus faibles e son soumises à des hypohèques moins conraignanes (Peersen e Rajan, 1994 ; Berger e Udell, 1995). Cependan, il convien de remarquer que cee foncion du sysème financier n es vériablemen déerminane que lorsqu on se siue dans un conexe saique. La réalié économique fai inervenir d aures problèmes d asymérie informaionnelle que le seul fai de la producion d informaions ex ane ne perme pas de cerner e de résoudre. Tel es le cas des comporemens d aléa moral où des enreprises à besoin de financemen s efforcen de respecer les exigences des insiuions financières. Mais, une fois le financemen acquis, elles meen en œuvre un ype d usage différen de ce qu elles avaien annoncé lors de la demande de prê. Ce risque de déournemen de ressources financières d un usage prévu vers un aure usage inerpelle le sysème financier qui doi reser en veille (dynamique) afin d assurer un usage raionnel des ressources allouées. C es en cela que la foncion suivane, consisan au monioring (conrôle ou surveillance), se révèle capiale La foncion de monioring (ex pos) e de faciliaion de l adopion de la gouvernance d enreprise. Les difficulés praiques e les coûs relaifs au conrôle ou à la vérificaion, ex pos, de la gesion faie des capiaux alloués au seceur réel (noammen les enreprises) son à la base de nombreuses anomalies qui moiven l émergence du sysème financier. En effe, les marges 30

31 de manœuvre don disposen les fournisseurs de capiaux pour effecivemen surveiller e influencer les ypes d usage fais des capiaux reçus par les enreprises consiuen un faceur déerminan dans la prise de décision d épargne (e d invesissemen en général) e donc d allocaion des ressources. L idée sous-jacene es que les dirigeans d enreprises ne son souven inciés à maximiser la valeur de la firme que lorsque les acionnaires e les crédieurs on une grande laiude d exercer un conrôle direc sur eux. Du même coup, cee siuaion donne de l assurance aux épargnans e aux invesisseurs qui deviennen davanage disposés à financer l innovaion echnologique e la producion, e cela accroî, de façon générale, l efficience des usages fais des ressources acquises par les enreprises. Symériquemen, en l absence d arrangemens financiers permean le monioring par les invesisseurs e incian à l adopion de la gouvernance d enreprise, la mobilisaion de l épargne es oujours difficile. Dans ce cas, les capiaux resen à leur source, c es-à-dire qu ils ne serviron jamais au financemen des invesissemens renables (Sigliz e Weiss, 1983). Par exemple, divers acionnaires peuven faire appliquer les principes d une gouvernance d enreprise en voan, lors des assemblées générales de sociéé, les décisions imporanes qui devron oriener les acions fuures de l enreprise. Ils peuven égalemen influencer indirecemen les acions de l enreprise en mean en place un conseil de direcion qui défend les inérês des propriéaires e des crédieurs. Touefois, il fau relever les limies ou défaillances d un marché financier rop grand où des acionnaires diffus peuven ne pas parvenir à faire appliquer la gouvernance d enreprise (Shleifer e Vishny, 1997). En fai, dans un el conexe pour enreprendre une acion, chaque acionnaire dépend des aures ; e comme le processus de consulaion es coûeux, il risque finalemen de ne pas y avoir de conrôle (Levine, 2006). Cela peu êre profiable aux managers qui son alors enés de gérer selon leurs propres inérês e non selon l inérê supérieur de l enreprise e des invesisseurs. Une aure insuffisance es qu il peu aussi se produire une fore asymérie d informaion enre les peis acionnaires e les gesionnaires d enreprise qui garden une grande discréion sur le flux d informaions qu ils déiennen. Une réponse à cee forme de fricions d un marché financier caracérisé par un acionnaria diffus peu consiser, pour les enreprises, à avoir une srucure de propriéé concenrée avec quelques grands acionnaires. En effe, la concenraion donne la possibilié 31

32 aux acionnaires qui son de grande aille (peu-êre des invesisseurs insiuionnels), d acquérir les informaions, de surveiller les managers e de briser leur pouvoir discréionnaire (Grossman e Har, 1980, 1988 ; Shleifer e Vishny, 1986 ; Sulz, 1988). Mais, ici aussi, le problème es qu il peu naîre un problème d agence enre les aures acionnaires (noammen les peis acionnaires) e les grands acionnaires qui on un réel pouvoir de conrôle e d acion (Jensen e Meckling, 1976). Éan donné leur pouvoir d influence, ces derniers peuven recourir à des praiques abusives comme, par exemple, fournir de l emploi à leurs connaissances, avec le risque de compromere l efficacié e même la viabilié de l enreprise. D un poin de vue poliique e macroéconomique, cerains aueurs (Morck, Wolfenzon e Yeung, 2005) monren que, souven, ces grands acionnaires passen pour êre des familles puissanes qui conrôlen même les acions gouvernemenales e les grandes firmes (y compris des banques) inernaionales (La Pora e al., 1999 ; Morck e al., 2000 ; Faccio e Lang, 2002 ; Caprio e al., 2003). Cee «superpuissance» des grands acionnaires peu avoir des implicaions poliiques négaives se raduisan par une recherche de rene e de proecion de leur inérê «égoïse». En conséquence, une elle siuaion peu, au niveau de la gesion des enreprises e même de la poliique naionale, inroduire une disorsion de naure à bloquer l innovaion e la croissance économique. Nous en concluons qu une srucure de propriéé caracérisée aussi bien par des acionnaires diffus que par des grands acionnaires n es, de façon absolue, pas oujours favorable. Il semble que d aures ypes d arrangemen ou de foncionnemen peuven réduire ces formes de défaillance du marché e encourager ou suscier l applicaion des principes de gouvernance d enreprise. Ce son par exemple : la liquidié du marché ou bien la présence de marchés efficiens, les conras de dees e la présence d inermédiaires financiers. En effe, le foncionnemen efficien du marché financier donne des signaux de prix e des informaions crédibles sur la sané financière de l enreprise. Il influence alors la praique de la gouvernance d enreprise (Jensen e Meckling, 1976) parce que les dirigeans d enreprise son obligés de bien se comporer pour que le cours des ires émis s apprécie ou que leur enreprise bénéficie d un bon raing (noaion). De plus, si les fusions-acquisiions son possibles sur ce marché, les dirigeans, par craine d êre «mis à la pore» après le racha de leur sociéé, s efforcen d afficher de bonnes performances en adopan les principes d une 32

33 gouvernance d enreprise. Cee menace permanene condui les managers à aligner leurs objecifs sur ceux des invesisseurs (Scharfsein, 1988 ; Sein, 1988). S agissan des inermédiaires financiers, ceux-ci mobilisen les fonds des épargnans e consenen des prês leur permean, du même coup, de faire du monioring au nom de ous ces invesisseurs poeniels (Diamond, 1984). De ce fai, le bon foncionnemen des inermédiaires financiers peu êre un moyen de promouvoir les invesissemens efficiens, puisque cela rédui les coûs de conrôle individuel. De plus, les liens de proximié enre les inermédiaires financiers e les enreprises baissen le coû d accès à l informaion. Cela améliore la gouvernance d enreprise (Bencivenga e Smih, 1993), indui des gains de producivié, l accumulaion du capial e la croissance économique (Sussman, 1993 ; Harrison, Sussman e Zeira, 1999). Comme moyen de conrôle indirec, les inermédiaires financiers se serven d une par de garanies ou d hypohèques exigées e d aure par, de divers conras financiers (aux d inérê, maurié du crédi, ). Cela rédui le coû du monioring, conribue posiivemen à accroîre l accès aux financemens des enreprises (Sharpe, 1990) e facilie les invesissemens efficiens (Williamson, 1987b, Bernanke e Gerler, 1989, 1990 ; Von Thadden, 1995). Le problème es que ces inermédiaires (les banques) peuven égalemen exploier cee siuaion en leur faveur en imposan des coûs énormes aux cliens. Dans un el cas, les enreprises peuven réduire leur vulnérabilié en diversifian leurs sources de financemen bancaire (Sharp, 1990 ; Rajan, 1992). A bien examiner les idées forces souenues dans cee foncion du sysème financier, il es facile de s apercevoir qu au fond, les déeneurs de ires de propriéé e de créances craignen de perdre leurs ressources invesies ou prêées aux enreprises. Le fai de pouvoir avoir un regard, ou mieux, d êre impliqués dans la gesion de leurs ressources apparaî, pour eux, comme un moyen de proecion vis-à-vis des enrepreneurs. Impliciemen, ils redouen que ces derniers, rop soucieux de la maximaion du profi, prennen des risques exagérés, suscepibles d engendrer la faillie. Dans un el conexe, il n es pas non plus exclu que rop de surveillance puisse consiuer un frein à l innovaion e ralenisse la croissance économique, puisque les projes les plus risqués passen pour êre généralemen les plus innovans, mais aussi les plus renables. 33

34 Même si le monioring e l adopion de la gouvernance d enreprise assuren la gesion opimale des ressources financières acquises, un niveau monioring rop prononcé peu aussi paraîre conraignan pour la croissance des enreprises. En effe, dans une dynamique de surveillance à ourance, seuls les projes les moins risqués auron endance à bénéficier de financemen alors que la héorie économique indique que cee caégorie es relaivemen moins renable, donc qu elle ne favorise pas une croissance fore. Face à ce dilemme, le sysème financier doi développer d aures foncionnaliés permean de cerner le risque dans oues ses dimensions. C es en cela que le monioring e l adopion de la gouvernance d enreprise peuven pleinemen jouer leur rôle pour une gesion opimale des ressources. La foncion suivane des sysèmes financiers concerne la gesion du risque e prend en compe son lissage e sa diversificaion La foncion de gesion (lissage, diversificaion) du risque. Il es d abord imporan de noer quelques ypes de risques (Levine, 2006) que son : le risque inersecoriel, le risque iner-emporel e le risque de liquidié. La héorie «radiionnelle» de la finance me davanage l accen sur la diversificaion inersecorielle du risque. Elle monre que les sysèmes financiers aénuen les risques associés à divers projes, enreprises, régions, pays e affecen ainsi la croissance de long erme. L explicaion vien du fai que les épargnans n aimen pas prendre de risques alors que les projes à fore renabilié son relaivemen plus risqués que ceux à faible renabilié. Les marchés e les inermédiaires financiers on alors pour rôle de facilier à ces invesisseurs poeniels, la déenion de porefeuilles diversifiés procuran de fores renabiliés moyennes aendues (Gurley e Shaw, 1955 ; Parick, 1966 ; Greenwood e Jovanovic, 1990 ; Sain-Paul, 1992 ; Devereux e Smih, 1994 ; Obsfeld, 1994). Dans le même ordre d idée, le modèle d Acemoglu e Ziliboi (1997) perme de comprendre que c es à ravers le financemen simulané de plusieurs ypes de projes (risqués e non risqués) que les sysèmes financiers offren la déenion de porefeuilles diversifiés aux épargnans. Par cee foncion, ils amélioren l allocaion des capiaux disponibles vers des renabiliés élevées e conribuen donc à la croissance économique fore. Par ailleurs, King e Levine (1993b) indiquen que le fai de proposer aux épargnans la déenion d un porefeuille 34

35 diversifié conenan des projes risqués, les sysèmes financiers favorisen l émergence d aciviés foremen innovarices, ce qui indui la croissance économique. S agissan du risque iner-emporel, les inermédiaires financiers offren des services permean d éaler e de lisser les risques sur plusieurs périodes. Cela es d auan plus indispensable que les risques, de sources diverses, peuven êre difficilemen amorissables en une seule période. C es dans cee opique que les sysèmes financiers assuren une péréquaion iner-emporelle des revenus des déeneurs de ires; cela condui à des revenus relaivemen faibles en périodes de boom e à des revenus relaivemen élevés en période de «vaches maigres» (Allen e Gale, 1997). Quan au risque de liquidié (d un acif financier), il reflèe le coû e la viesse auxquels un agen économique peu espérer céder, sur le marché financier, un ire financier à un prix conforme à sa valeur. Ainsi, le risque de liquidié se défini comme l inceriude associée à la conversion d un acif en cours d acivié. Ici encore, noons que l asymérie d informaion e les coûs de ransacion peuven dégrader la liquidié e inensifier le risque de liquidié. Ce genre d anomalies donne aux marchés financiers leur sens. La héorie sandard en la maière indique que les projes à fore renabilié requièren un engagemen de capiaux à long erme alors que les épargnans n on pas oujours la possibilié de se passer longemps de leurs réserves. On en dédui l imporance des sysèmes financiers qui, à ravers cee foncion de lissage du risque de liquidié, amélioren la liquidié des invesissemens de long erme. Du même coup, ils offren la possibilié à beaucoup de projes à fore renabilié de voir le jour. En effe, sur des marchés de capiaux liquides, par exemple, les épargnans peuven déenir des acifs liquides, que ce soi des acions ou des obligaions. Ainsi, ils on la possibilié de faire facilemen e rapidemen des ransacions elles que des venes ou des achas d acifs financiers. Ce qui es inéressan, c es qu au même momen, ces marchés de capiaux peuven ransformer ces insrumens financiers liquides en des invesissemens en capiaux physiques de long erme (Hicks, 1969 ; Bencivenga, Smih e Sarr, 1995). Tou comme les marchés, les inermédiaires financiers assuren égalemen bien cee foncion de gesion du risque de liquidié. En effe, les banques, (Diamond e Dybvig, 1983) en fournissan des compes de dépôs liquides e en assuran le financemen des projes d invesissemens liquides e illiquides, proègen les épargnans conre d évenuels risques de liquidié en même emps qu elles favorisen les invesissemens de long erme, à fore 35

36 renabilié pour les enreprises. Une aure analyse es fournie par Holmsrom e Tirole (1998) qui indiquen que les enreprises peuven êre conraines de céder ou liquider prémaurémen leur projes renables face à un choc quelconque ou un besoin de liquidié pendan le processus de producion. Pouran, les projes renables on souven besoin d une longue période de gesaion. Dans de circonsances pareilles, ces projes peuven bénéficier d un financemen complémenaire des banques qui amélioren ainsi l allocaion du capial. Toujours à ce suje, des aueurs comme Aghion, Angeleos, Banerjee e Manova (2004) on fai des analyses inéressanes d un poin de vue macroéconomique. Ils on cherché à savoir commen le fai pour les enreprises de pouvoir accéder à des financemens supplémenaires duran le cycle de producion influence l innovaion e la croissance de long erme, noammen lorsqu elles fon face à des chocs macroéconomiques (récession, par exemple). Pour ce faire, ils on développé un modèle où les enreprises on le choix enre invesir dans des projes de cour erme à faible renabilié ou invesir dans des projes de long erme, plus risqués, à fore renabilié. Dans un el conexe, ils rouven que des sysèmes financiers sous-développés, incapables d offrir une srucure appropriée de financemens aux enreprises, empêchen l innovaion. Ils souiennen que la volailié macroéconomique exerce un impac négaif sur l innovaion e la croissance pariculièremen dans un environnemen où le sysème financier n es pas développé. Ils expliquen cela par le fai que la décision des enreprises d invesir dans les projes de long erme dépend des possibiliés d emprun fuur pour faire face aux coûs d ajusemen La foncion de faciliaion d échange des biens e services Au suje de la foncion des sysèmes financiers concernan la faciliaion d échange des biens e services, les ravaux d Adam Smih (1776) peuven êre d un appor considérable. En siuan le rôle de la monnaie dans une perspecive de créaion des richesses, il monre que les mécanismes financiers qui conribuen à faire baisser davanage les coûs de ransacion peuven encourager la spécialisaion, l innovaion echnologique e induire la croissance économique. Dans le prolongemen de ces ravaux de base, Greenwood e Smih (1997), à parir d un modèle héorique, monren que plus de spécialisaion nécessie davanage de ransacions. E puisque chaque ransacion es coûeuse, les arrangemens financiers permean de réduire les coûs de ransacion, favorisen la spécialisaion. Ici, l hypohèse es, comme l a souenu Adam Smih, que la spécialisaion consiue la source de richesse des 36

37 naions. Dans cee perspecive, un sysème financier qui facilie les échanges indui des gains de producivié. Par ailleurs, au plan de la finance hisorique, il ressor que les coûs d informaion sur la qualié des biens son égalemen à l origine de l émergence de la monnaie. En effe, dans un sysème de roc, il es rès coûeux d évaluer les aribus des biens d échanges, c es pourquoi des échanges parfais y son rès coûeux. Donc, un moyen d échange convenionnel, comme la monnaie, élève le niveau des échanges (King e Plosser, 1986 ; Williamson e Wrigh, 1994 ; Osroy e Sarr, 1990). La chue des coûs de ransacion e d informaion es consécuive à la monéarisaion de l économie. Mais ex ane, c es le développemen des insiuions qui facilie les échanges (de echnologie) sur le marché e perme aux individus les plus créaifs de se spécialiser e devenir plus producifs (Lamoreaux e Sokoloff, 1996). On comprend alors combien les insiuions financières on un grand rôle à jouer pour la faciliaion des échanges de biens e services. A parir des développemens fais sur ses différenes foncions, il ressor que le sysème financier ien une place cenrale dans le souien d une croissance fore e durable de l économie. Telles que décries, il convien de remarquer que les cinq foncionnaliés du sysème financier son complémenaires e resen inerdépendanes. C es pourquoi, dans un pays (ou groupe de pays) une défaillance consaée au niveau d une ou plusieurs de ces foncions peu se raduire par une faiblesse 1 insiuionnelle du sysème financier à favoriser une croissance fore e durable de l économie. La performance du sysème financier es alors héoriquemen appréciée par sa capacié à remplir les cinq grandes foncions «sociales» (Meron, 1992 ; Meron e Bodie, 1995, 2004) qui lui son dévolues. Suivan l approche foncionnelle (Ross Levine, 1997), un sysème financier es di performan lorsque les insrumens, les marchés e les inermédiaires financiers, en remplissan bien ces différenes foncions, réduisen au maximum, bien qu il ne soi pas possible de les éliminer complèemen, les fricions générées par les coûs de ransacions e d accès à l informaion. Cela influence posiivemen les décisions d invesissemens efficiens, les innovaions echnologiques e donc le aux de croissance 1 Aucun lien de proporionnalié n es éabli enre la défaillance des foncionnaliés e la capacié du sysème du sysème financier à favoriser une croissance fore e durable. 37

38 économique de long erme (Schumpeer, 1912 ; Gurley e Shaw, 1955 ; Goldsmih, 1969 ; Mc Kinnon, 1973 ; Miller, 1998). Dans cee opique, les inermédiaires e les marchés financiers son des agens économiques pariculiers en ce sens qu ils son soumis aux mêmes conraines de gesion que les enreprises à bu lucraif, mais leur foncionnalié e leur raison d êre obéissen avan ou à des impéraifs sociaux. Bien que l approche foncionnelle offre un cadre héorique permean d apprécier la performance d un sysème financier au ravers de l analyse de ses différenes foncionnaliés, elle bue ou de même sur des insuffisances relevan des préoccupaions d ordre praique ou empirique. En effe, pour avoir une bonne appréciaion de la performance d un sysème financier, il aurai éé souhaiable de pouvoir disposer d indicaeurs permean de capurer empiriquemen l effecivié avec laquelle celui-ci mobilise l épargne, cherche les enreprises, idenifie les projes poreurs, exerce un conrôle sur les enreprises, assure la gesion du risque, e facilie les ransacions. Malheureusemen, force es de consaer que de els indicaeurs de mesures ne son pas encore disponibles (Beck e al., 2006). En d aures ermes, il n exise quasimen pas d éudes proposan un repérage empirique de l ensemble de ces foncions dans un cadre unique. C es probablemen ce qui explique le fai que la plupar des éudes empiriques raian de ce suje ne s inéressen qu à une seule foncion spécifique parmi les cinq. Dans bien d aures cas, les aueurs s efforcen de proposer des indicaeurs prenan en compe plusieurs de ces foncionnaliés. Depuis le débu des années 90, la proliféraion des éudes empiriques consacrées au développemen financier s inscri dans cee dynamique de réflexion visan à rouver des mesures alernaives perinenes d appréciaion de la performance d un sysème financier Analyse de la performance suivan l approche du développemen financier. L analyse de la performance d un sysème financier suivan l approche die du développemen financier rouve sa légiimié à parir du consa des difficulés de mesures empiriques des conceps raachés à la héorie noammen en ce qui concernen les différenes foncions éudiées précédemmen. En effe, comme il ressor dans les développemens réalisés dans cee secion, cee approche a l avanage de proposer une baerie d indicaeurs permean d apprécier concrèemen la performance des sysèmes financiers des pays en développemen. Ainsi, le développemen financier apparaî à la fois comme un concep e une 38

39 héorie alernaive de l approche foncionnelle de l analyse de la performance des sysèmes financiers Généraliés En an que concep, le développemen financier n es pas oujours facile à définir en ce sens qu il revê plusieurs formes (Demirgüç-Kun, 2006). En effe, il se présene comme un corpus d indicaeurs permean des comparaisons inernaionales enre différens sysèmes financiers. Selon Roubini e Sala-i-Marin (1992), le développemen financier se défini comme la réducion du coû de conversion d un acif financier non liquide en un acif liquide avec une incidence posiive sur la croissance économique. De façon praique, le développemen financier es perçu comme éan le fai d insiuions financières qui conçoiven e meen en œuvre des insrumens e des conras financiers adapés en vue d améliorer l accès e le raiemen de l informaion, la réalisaion des ransacions e ceci dans le bu de suscier une croissance économique durable (Levine, 2005). En d aures ermes, pour apprécier le développemen financier, on uilise comme variables explicaives de la croissance économique de long erme (Levine e Zervos 1998), différens ypes d indicaeurs liés au foncionnemen du sysème financier. S inspiran de l approche foncionnelle, ici égalemen, il s agi d observer l impac du foncionnemen du sysème financier sur la croissance économique de long erme (Beck e Levine, 2004). Comme l indiquen King e Levine (1993a, b), l idée de base es que le développemen des banques e des marchés financiers prédi la croissance économique de long erme Les indicaeurs du développemen financier. Globalemen, les indicaeurs du développemen financier peuven êre organisés en rois ypes (Beck, Demirgüç-Kun e Levine, 2000) : selon la aille, les aciviés e l efficacié du sysème financier. Bien que la «proecion du droi de propriéé» soi considérée par cerains aueurs comme un indicaeur de mesure du développemen financier, nous pensons qu il es pluô perinen de la cerner comme un déerminan 1 en ce sens qu elle a rai à 1 L analyse des déerminans de la performance du sysème financier fera l obje des chapires 3 e 4 consiuan la deuxième parie. 39

40 l environnemen insiuionnel dans lequel foncionne le sysème financier don la qualié en dépend. En foncion de l objecif de l éude à réaliser, ces rois différens ypes d indicaeurs peuven êre, plus ou moins, appliqués à une frange spécifique du sysème financier (Beck e al. 2003a). Comme il a éé indiqué plus hau, le sysème financier es composé de deux grandes eniés que son d une par, les inermédiaires financiers e d aure par, les marchés financiers. Inéressons-nous d abord aux inermédiaires financiers. Les indicaeurs relaifs aux inermédiaires financiers La aille Les indicaeurs de mesure du développemen financier par la aille 1 se présenen sous deux ypes : la aille relaive e la aille absolue. Le premier, l indicaeur de la aille relaive, mesure l imporance relaive de chacune des rois caégories d inermédiaires financiers déjà abordées. Sa valeur es donnée par le rappor de l acif d une caégorie spécifique d inermédiaire financier sur le oal des acifs de l ensemble des rois. En praique, la mesure de ce indicaeur n es possible que s il exise des données disponibles sur les acifs des rois franges des inermédiaires financiers. Éan donné que dans les pays en développemen, il n es pas oujours éviden de disposer de saisiques sur oues les rois composanes des inermédiaires financiers, il es souven plus commode d uiliser un indicaeur de aille relaif dual. Dans ce cas, au lieu de relaiviser la aille de chaque composane par rappor à l ensemble, on la relaive pluô par rappor à la aille d une aure composane. Mais, en général, on uilise l indicaeur de aille relaif, acif des banques commerciales par rappor à l acif de la banque cenrale (King e Levine, 1993a, b ; Levine, Loayza e Beck, 2000). Le résula de cee division monre le poids relaif des banques commerciales par rappor à la banque cenrale. La liéraure indique que le développemen financier s opère lorsque ce indicaeur s accroî ; cela signifie que les banques commerciales jouen un plus grand rôle dans le sysème financier qui es davanage enclin à remplir ses cinq foncions. 1 Dans un conexe de répression financière, l indicaeur de aille «des inermédiaires financiers» servai à mesurer la profondeur financière. 40

41 Quan au second, l indicaeur de la aille absolue 1, il se mesure à parir du rappor de l acif de chaque caégorie d inermédiaire sur le PIB. Cee mesure perme d apprécier, pour chaque insiuion, l imporance des services financiers rendus par rappor aux richesses créées dans le pays. Une aure façon de mesurer la aille absolue des inermédiaires financiers es de s inéresser pluô au oal du passif liquide par rappor au PIB (King e Levine, 1993a, b, c). Le passif liquide qui représene la demande de monnaie e l inérê poré au passif des banques e aures inermédiaires financiers, mesure l approfondissemen financier. Ici égalemen, le développemen financier s opère lorsque l on consae un accroissemen de ce indicaeur, c es-à-dire lorsque les agens économiques son inéressés à déenir davanage d acifs liquides qui ne son rien d aure que les passifs liquides des inermédiaires financiers e pariculièremen des banques. L acivié La seconde classe d indicaeurs de mesure du développemen financier se focalise sur les aciviés des inermédiaires financiers. Celle-ci es plus fine que la précédene en ce sens qu elle s inéresse à la finalié de la créance du seceur financier sur les aures seceurs. Au lieu d apprécier la aille relaive ou absolue d une composane du sysème financier à ravers sa valeur quaniaive, on se fie pluô à sa valeur qualiaive. La qualié es cernée par la capacié des inermédiaires financiers à drainer les crédis prioriairemen vers le seceur privé censé êre le moeur de la croissance économique de long erme. Les deux indicaeurs les plus uilisés son : le rappor des crédis ocroyés par les banques commerciales au seceur privés sur le PIB (Levine e Zervos, 1998) ; le rappor des crédis ocroyés par les banques commerciales e aures insiuions financières au seceur privé sur le PIB (Levine, Loayza e Beck, 2000 ; Beck, Levine e Loayza, 2000). 1 Remarquons que dans le cas d une division, il s agi aussi d un indicaeur relaif, mais cee fois par rappor à un aure dénominaeur macroéconomique qu es le PIB 41

42 Chaque indicaeur perme d apprécier la conribuion des financemens consenis au développemen du seceur privé dans la valeur oale des richesses créées. C es aussi, la mesure de l acivié des inermédiaires financiers dans l une de ses plus imporanes foncions qui es de canaliser l épargne vers les invesisseurs (Beck, Demirgüç-Kun e Levine, 2000). L inuiion sous-jacene à l usage de ces indicaeurs comme mesure de la performance es que les banques e les aures insiuions financières on une probabilié plus élevée de fournir les cinq foncions sociales que la banque cenrale. Comme elle, en s orienan vers le seceur privé, l hypohèse es que ces inermédiaires financiers son alors plus engagés dans la mobilisaion de l épargne, dans la recherche des usages efficiens de capiaux, dans l offre de services de gesion de risque. C es pour cee raison que, Beck e al. (2003a) indiquen que l un des meilleurs indicaeurs par lesquels il es possible d apprécier le bon foncionnemen du sysème financier es de voir commen il facilie le flux des crédis vers les enreprises privées. Par ailleurs, ces indicaeurs de développemen financier on souven fai l obje d adapaions dans ceraines éudes empiriques. Pour la mesure des capiaux emprunés, Cassimon e Engelen (2005) on uilisé deux ypes de raios : d une par, le oal des prês bancaires aux privés sur le Produi Naional Bru (PNB) e d aure par, la valeur oale des capiaux issus des ires obligaaires des enreprises privées sur PIB. Quan à Ndikumana (2000), il a uilisé un indicaeur composie qui, lui-même, es une adapaion de la formule développée par Demirgüç-Kun e Levine (1996) : m 1 F j, FINDEX 100* i m j 1 F j i avec i, j, les indices raachés respecivemen aux pays, aux indicaeurs de développemen financier F e aux années, alors que la valeur m indique le nombre j, i d indicaeurs qui, dans l éude de Ndikumana (2000), son au nombre de rois : M3 sur PIB servan à mesurer la aille du seceur financier, le oal des crédis ocroyés au seceur privé sur le PIB, e enfin le rappor du crédi fournis par les banques sur le PIB. F es une j moyenne arihméique de l indicaeur j. 42

43 A la différence des banques, la mesure de la aille e des aciviés (Demirgüç-Kun e Levine, 1996b) des aures insiuions financières prend en compe le oal de l acif, y compris les créances sur les insiuions financières. Il es imporan de noer que pour oues les mesures indiquées ci-dessus, si le numéraeur es un flux e que le dénominaeur un sock, ou vice versa, on doi procéder à la déflaion de l indicaeur. L efficacié Concernan les indicaeurs d appréciaion du développemen financier par l efficacié des inermédiaires financiers, seuls ceux des banques son facilemen mesurables, compe enu de la conraine de disponibilié des données pour les aures. Ils son mesurables de deux manières : l efficacié au niveau du foncionnemen inerne de ces inermédiaires financier e l efficacié de la srucure de leur capial. Au niveau du foncionnemen inerne des inermédiaires, deux ypes d indicaeurs de mesure de l efficacié son généralemen uilisés: l inérê marginal ne (ou marge nee d inermédiaion) qui es donné par le rappor du revenu ne généré par les prês sur le oal de l acif (Demirgüç-Kun e Huizinga, 1998 ; Sharp, 1990) e les coûs généraux calculés à parir du rappor oal des coûs généraux des banques sur le oal de l acif. Les résulas empiriques (Beck, Demirgüç-Kun e Levine, 2000) indiquen que l efficacié es plus fore dans les pays à revenus moyens e élevés. L inerpréaion des aueurs de l éude es que le développemen financier, marqué par des faibles niveaux des marges nees d inermédiaion ou encore par des coûs généraux moindres, es favorable à une croissance économique fore. Pour ces indicaeurs d efficacié relaive au foncionnemen inerne des inermédiaires financiers, il es en général admis dans la liéraure qu il n es pas nécessaire de déflaer bien que nous soyons en présence de raios de sock e de flux e ceci pour deux raisons principales : à la différence des variables macroéconomiques, il n exise pas de déflaeur pour les acifs des banques individuelles, ni pour leurs flux de revenus ; à la différence des variables macroéconomiques e des acifs du seceur financier, on esime que les flux e les socks des banques individuelles son direcemen corrélés ; 43

44 En ce qui concerne les indicaeurs de mesure de l efficacié relaive à la srucure du capial des inermédiaires financiers, rois ypes airen l aenion: la concenraion bancaire, la pénéraion des banques érangères e la srucure de propriéé publique/privée des banques. Des aueurs comme Beck, Demirgüç-Kun e Levine (2000) on proposé de mesurer la concenraion bancaire par le raio : oal des acifs des rois premières grandes banques sur le oal des acifs de oues les banques. La héorie révèle qu une rop grande concenraion peu conduire à une absence de compéiion pour airer l épargne e la canaliser efficacemen vers les invesisseurs. D un aure côé, une rop grande fragmenaion peu êre une illusraion de banques sous capialisées. Ces hypohèses héoriques son confirmées par cerains ravaux empiriques (Beck, Demirgüç-Kun e Levine, 2000) monran que la concenraion bancaire es négaivemen corrélée au niveau de revenus des pays. Pour le comprendre, on peu égalemen se référer au modèle de Sharpe (1990) où l aueur monre que dans un conexe marqué par le pouvoir excessif 1 des banques, celles-ci son inciées à exploier leurs cliens sur lesquels elles déiennen beaucoup d informaions privilégiées. Ces banques peuven se lancer dans une compéiion afin d airer de nouveaux cliens, évenuellemen inexpérimenés, en proposan des prês à des aux d inérês moindres que celui qu elles appliquen à leurs anciens cliens ayan échoué (mais probablemen plus apes à êre performan, parce que doées d une bonne expérience). Cela condui à une mauvaise allocaion des ressources e à une conre-performance globale de l économie. Le second indicaeur de mesure de l efficience srucurelle es la par des banques érangères 2 dans le sysème bancaire. Claessens, Demirgüç-Kun e Huizinga (1997) rouven qu une plus grande présence des banques érangères es favorable à la réducion de la profiabilié (marge nee d inermédiaion) e des coûs généraux des banques (amélioraion de l efficience inerne). Ces résulas son confirmés par les ravaux de Demirgüç-Kun, Levine e Min (1997) qui abouissen à la conclusion qu une fore pénéraion des banques érangères renforce la croissance économique en amplifian l efficience inerne des banques domesiques. 1 Fore concenraion du seceur bancaire. 2 Banques don les acifs son déenus à plus de 50 % par des érangers. 44

45 La dernière composane des indicaeurs de mesure de l efficience srucurelle du sysème bancaire es la srucure de la propriéé, noammen sous l aspec de la propriéé privée des banques versus la propriéé publique 1 (Demirgüç-Kun e Levine, 1996). Des rois ypes d indicaeurs permean d analyser la performance suivan l approche du développemen financier, un seul es le plus souven uilisé à cause de sa commodié noammen pour les éudes empiriques concernan les pays en développemen. Il s agi de la mesure du développemen financier selon l acivié des inermédiaires financiers, en pariculier des banques. En effe, le sysème financier y es dominé par les banques. Tel es le cas du Burkina Faso qui n a pas de marché financier propre e don seules rois enreprises son coées en bourse (la BRVM de l UEMOA). C es pourquoi le choix de ce indicaeur sied, parce qu il consiue un bon moyen d apprécier la qualié du foncionnemen du sysème financier éan donné que ses cinq foncions sociales son prises en compe. Les indicaeurs relaifs aux marchés financiers La aille Inéressons-nous mainenan aux indicaeurs d appréciaion du développemen financier se rapporan au marché des acions e des obligaions 2. L indicaeur de aille du marché financier, le plus souven uilisé, es le raio de la capialisaion boursière sur le PIB. Cee mesure indique la valeur des ires coés par rappor aux richesses créées (Demirgüç- Kun e Levine, 1996a). Comme les indicaeurs de aille des inermédiaires financiers, ce indicaeur doi êre déflaé convenablemen. Dans le même regisre, Cassimon e Engelen (2005) uilisen d aures indicaeurs, els que le raio de la capialisaion boursière sur le PNB ou le nombre d enreprises domesiques coées. L acivié L indicaeur de mesure de l acivié du marché financier consise à apprécier sa liquidié à ravers le raio, valeur des acions e des obligaions échangées sur le PIB. Il n y a 1 Banques don les acifs son déenus à plus de 50 % par l Ea ou les insiuions publiques. 2 Leurs produis dérivés y son pris en compe. 45

46 pas nécessié de déflaer ici, car le numéraeur e le dénominaeur son des variables de flux mesurées sur la même période de emps. L efficience Quan à l efficience du marché financier, elle reflèe son dynamisme e es mesurée à parir du raio de la valeur des acions e des obligaions échangées sur la capialisaion. Elle perme de relaiviser la liquidié du marché en enan compe de sa aille. Ce indicaeur peu poser problème en ce sens qu un pei marché acif aura un raio d efficience plus élevé qu un grand marché non acif (en ermes de liquidié). Ici aussi, il es nécessaire de déflaer. Tableau : Récapiulaif des indicaeurs de développemen financier 46

47 Marchés financiers Selon l efficacié Inermédiaires financiers Selon la aille MODALITES INDICATEURS DE DÉVELOPPEMENT FINANCIER INTERPRETATION Rappor du oal de l acif des banques commerciales sur le oal de l acif Ce rappor indique le poids relaif des banques commerciales par rappor à la banque cenrale. La Taille de la banque cenrale (King e Levine, 1993a, b ; Levine, Loayza e Beck, liéraure monre que le développemen financier s opère lorsque ce indicaeur s accroî avec le emps ; relaive 2000). cela signifie que les banques commerciales jouen un rôle de plus en plus dans le sysème financier qui Taille absolue Selon l acivié Efficacié au niveau du foncionnem en inerne Efficacié au niveau de la srucure du capial 2 varianes exisen : 1. Rappor de l acif de chaque caégorie d inermédiaire sur le PIB. 2. Rappor du oal du passif liquide sur PIB (King e Levine, 1993a, b, c). 1. Rappor du oal des crédis ocroyés par les banques commerciales au seceur privés sur le PIB (Levine e Zervos, 1998) ; 2. Rappor du oal des crédis ocroyés par les banques commerciales e aures insiuions financières au seceur privé sur le PIB (17.Levine, Loayza e Beck, 2000 ; 17.Beck, Levine e Loayza, 2000). 1. Inérê marginal ne (ou marge nee d inermédiaion) es donné par le rappor du revenu ne généré par les prês sur le oal des acifs des banques (Demirgüç-Kun e Huizinga, 1998 ; Sharpe, 1990) 2. Coûs généraux calculés à parir du rappor du oal des coûs généraux des banques sur le oal des acifs. 1. Concenraion bancaire (B. Beck, Demirgüç-Kun e Levine, 2000) mesurée par le raio : oal des acifs des rois premières grandes banques sur le oal des acifs de oues les banques. 2. Raio, par des banques érangères dans le sysème bancaire. 3. Raio, par des banques privées dans le sysème bancaire ou encore la srucure de la propriéé privée des banques versus la propriéé publique (Demirgüç-Kun e Levine, 1996). 1. Raio de la capialisaion boursière sur le PIB ou le PNB (Demirgüç- La aille Kun e Levine, 1996a). 2. Nombre d enreprises domesiques coées (Cassimon e Engelen, 2005) Liquidié calculée par le raio, valeur des acions e des obligaions L acivié échangées sur le PIB. Raio de la valeur des acions e des obligaions échangées sur la L efficacié capialisaion. Source : l aueur à parir de diverses lecures es davanage enclin à remplir ses cinq foncions. 1. Selon la héorie, il y a développemen financier lorsque la valeur de ce rappor s accroi au fil du emps, puisque l imporance des services financiers rendus es élevée par rappor aux richesses créées dans le pays. 2. Ici égalemen, le développemen financier s opère lorsque l on consae un accroissemen de ce indicaeur, c es-à-dire lorsque les agens économiques son inéressés à déenir d avanage d acifs liquides qui ne son rien d aure que les passifs liquides des inermédiaires financiers e pariculièremen des banques. Avec ces indicaeurs, pluô que d apprécier la aille relaive ou absolue d une composane du sysème financier à ravers sa valeur quaniaive, on se fie à sa valeur qualiaive. La qualié es cernée par la capacié des inermédiaires financiers à drainer les crédis prioriairemen vers le seceur privé censé êre le moeur de la croissance économique de long erme. C es pourquoi, la liéraure pose qu une valeur élevée de ce rappor es un signe de développemen financier. L inerpréaion de ces indicaeurs es que le développemen financier, marqué par des faibles niveaux des marges nees d inermédiaion ou encore par des coûs généraux moindres, es favorable à une croissance économique fore. Les résulas empiriques (Beck, Demirgüç-Kun e Levine, 2000) indiquen que l efficience foncionnelle es plus élevée dans les pays à revenus moyens e élevés. 1. La héorie révèle qu une rop grande concenraion peu conduire à une absence de compéiion pour airer l épargne e la canaliser efficacemen vers les invesisseurs. D un aure côé, une rop grande fragmenaion peu êre une illusraion de banques sous capialisées. Ces hypohèses héoriques son confirmées par cerains ravaux empiriques monran que la concenraion bancaire es négaivemen corrélée au niveau de revenus des pays. 2. Une plus grande présence des banques érangères es favorable à la réducion de la profiabilié (marge nee d inermédiaion) e des coûs généraux des banques (amélioraion de l efficience inerne). Une fore pénéraion des banques érangères renforce la croissance économique en amplifian l efficience inerne des banques domesiques. Cee mesure indique la valeur des ires coés par rappor aux richesses créées Ce indicaeur peu poser problème en ce sens qu un pei marché acif aura un raio d efficience plus élevé qu un grand marché non acif (en ermes de liquidié). 47

48 Pour l esseniel, les ravaux de recherche sur le développemen financier jeen un regard sur les indicaeurs permean d apprécier la performance du sysème financier en rappor avec le développemen du seceur privé. Mais dans une elle approche, la prudence s impose puisque le seceur privé n es pas homogène. Si l on inègre cee appréhension, par exemple, dans le conexe d un pays comme le Burkina Faso où la libéralisaion économique e financière es rès poussée e où le crédi bancaire au seceur privé es égalemen élevé 1, on risque de souenir qu à l évidence le sysème bancaire e par ricoche, le seceur financier, es performan. En effe, les enreprises du seceur privé son d une grande variéé : il exise des PME/PMI, des grandes enreprises, des enreprises modernes, des enreprises radiionnelles, des enreprises informelles, ec. Ces différenes composanes du seceur privé n on pas les mêmes dynamismes en ermes de créaion de valeurs ajouées e d emplois. C es ce qui es à la base des récens ravaux sur les canaux de ransmissions à ravers l éude des effes différenciés du développemen financier. Ceux-ci fonden l approche die «microéconomique» qui peu êre considérée comme une réhabiliaion de l approche foncionnelle «radiionnelle», mais avec un regard nouveau. La secion suivane s y consacre L analyse de la performance du sysème financier suivan l approche microéconomique ou l «approche par les effes différenciés». Le couran liéraire relevan de l approche microéconomique analyse la performance à parir de l examen des effes différenciés 2 du développemen financier. Cee approche explore les mécanismes «praiques» par lesquels la finance es suscepible d influencer la croissance économique (Levine, 2006). Globalemen, quare ypes d effes différenciés se dégagen. Ce son : les effes différenciés selon la source de financemen (inerne ou exerne), les effes différenciés selon le dynamisme du seceur privé, les effes selon la aille des 1 La par des crédis bancaire alloués au seceur privé se siue, annuellemen, dans l ordre de 90 % du monan des prês. 2 Spécifiquemen, on me surou l accen sur les effes disproporionnellemen avanageux pour un ype d enreprises (par mode de financemen, ailles, ) ou d indusries (leurs composiions ) données qui impulsen la croissance économique. 48

49 enreprises e enfin les effes selon la capacié des enreprises à saisir des opporuniés de venes Les effes différenciés selon la source de financemen. L éude de base de Rajan e Zingales (1998) a ouver le champ à une vase invesigaion sur le décrypage du lien enre la finance (ou plus précisémen le développemen financier) e la croissance économique. Cee éude, effecuée sur la base d un échanillon de 36 indusries dans 42 pays, a cherché à comprendre le canal par lequel le développemen financier affece la croissance économique. Pour ce faire, les aueurs on formulé l hypohèse suivane : dans un environnemen caracérisé par un sysème financier développé 1, les enreprises dépendan foremen des finances exernes 2 pour le financemen de leurs invesissemens croissen à des aux supérieurs à celui des enreprises qui en dépenden relaivemen peu. En d aures ermes, il s agi de savoir si ce n es pas en allégean la conraine de financemen des invesissemens par les fonds propres pour ceraines enreprises que le développemen financier indui la croissance économique. Le modèle empirique spécifié pour vérifier cee hypohèse es le suivan : Growh i, k jcounry j l Indusry l Sharei, k Exernal k * FDi ) j l ( i, k Avec : - Growh i, k : aux de croissance annuel moyen de la valeur ajouée de l indusrie k dans le pays i sur la période 1980 à 1990; -Counry : variables muees raachées aux différens pays; - Indusry : variables muees raachées aux différenes branches indusrielles; 1 L expression sysème financier développé renvoie à son foncionnemen opimal, sa performance dans la présene éude. 2 «Finances exernes» un concep qui prend en compe l'ensemble des financemens ne provenan pas des fonds propres de l'enreprise. De façon empirique, les aueurs on choisi l uilisaion de la finance exerne comme proxy de la demande de financemen. 49

50 - Share i, k : par de l indusrie k dans le pays i en 1980; fonds propres. - Exernal k : par des dépenses d invesissemen de l indusrie k non financée par ses - FD i : variable relaive au développemen financier pour le pays i. L indicaeur de aille a éé uilisé ; il donne la somme de la capialisaion boursière e des crédis bancaires sur le PIB en Exernal k * FD i : Variable ineracive servan à mesurer l effe du développemen financier sur la croissance économique à ravers la variable dépendance financière. La variable d inérê es la variable ineracive don le signe aendu de son coefficien δ es posiif. L esimaion du modèle par la méhode des moindres carrés généralisés a donné un coefficien posiif e saisiquemen significaif à 1 %. Conformémen à l hypohèse, le résula indique que lorsque le financemen de l économie s accroî, les indusries dépendan foremen des marchés e inermédiaires financiers pour leurs dépenses d invesissemen connaissen une croissance plus fore e cela indui la croissance de oue l économie. Dans la même opique, Demirgüç-Kun e Maksimovic (1998) rouven qu un sysème financier développé indui, chez les enreprises, un aux de croissance plus élevé relaivemen à celui qu elles auraien aein si elles s auofinançaien. Ces ravaux confirmen les précédens sur les conraines de financemen. En effe, des développemens précédens, il ressor que les diverses formes de conraines de financemen, don le défici de prês de long erme, consiuen un handicap pour le développemen des enreprises. A ravers cee éude empirique, un premier canal de ransmission du développemen financier sur la croissance économique se dégage. Lorsqu un sysème financier foncionne de façon performane, le développemen financier qui en résule favorise la croissance économique par le fai d une plus grande accessibilié de crédis de long erme à des enreprises qui en éaien relaivemen raionnées. L explicaion es que dans un conexe de sous-développemen financier, les indusries don les invesissemens dépenden foremen des finances exernes voien une bonne parie de leurs invesissemens renables non enreprises pour cause d insuffisance de fonds propres e aussi de la rareé du financemen exerne. Dans ces condiions, lorsque le financemen de l économie (en proporion du PIB 50

51 réel) s accroî 1, c es la réalisaion de ces projes renables qui va induire une croissance relaivemen élevée de cee caégorie d indusries e par conséquen de oue l économie. Ces conclusions apporen un éclairage complémenaire sur l un des principaux canaux par lesquels le développemen financier engendre la croissance économique. Néanmoins, ces ravaux resen quelque peu pariels, puisqu on ne sai pas quel ype d enreprises ou d indusries, dépendan du financemen exerne, es à l origine de la croissance économique lorsque le développemen financier s opère. Il es nécessaire de bien répondre à cee quesion quand on sai que, dans les pays en développemen, les enreprises privées e publiques n on souven pas les mêmes faciliés. C es cee préoccupaion qui fai l obje des ravaux suivans poran sur les effes différeniés selon le dynamisme du seceur privé Le canal du seceur privé dynamique. Dans un aricle iniulé «Finance e croissance : un lien posiif sous condiion pour les pays en voie de développemen», Trabelsi (2005) propose une grille de lecure originale. Il ese l hypohèse selon laquelle l effe du développemen financier sur la croissance économique dans les pays en développemen es condiionné par l imporance du seceur privé dans l économie. Son éude pore sur un échanillon de 61 pays en développemen sur la période Le modèle empirique qu il se propose d esimer es de la forme suivane : G T 0 1Y i 2H 3( M3Y. PS) GY IY MPXY INF Avec : - G T : aux de croissance du PIB réel par êe pour la période Y i : revenu par êe iniial correspondan au raio du PIB par rappor à la populaion oale au débu de la période. - H : variable capial humain, mesurée par le aux de scolarisaion dans le secondaire. - M3 Y : variable du développemen financier mesurée par le raio des acifs oaux du sysème financier (M3) sur le PIB couran. 1 L indicaeur de développemen financier uilisé ici es celui de la aille absolue du sysème financier. 51

52 PS : variable mesuran l imporance du seceur privé égale au pourcenage de l invesissemen privé dans l invesissemen oal. M3YPS : variable ineracive calculée comme le produi de (M3Y) e de (PS) GY : raio des dépenses publiques par rappor au PIB. IY : aux d invesissemen, qui es le raio de l invesissemen nominal local par rappor au PIB nominal. MPXY : aux d ouverure de l économie qui es égal au raio de la somme des exporaions e des imporaions par rappor au PIB couran ([M+X]/GDP) INF : aux d inflaion sur la base de l indice des prix à la consommaion. La variable d inérê es la variable ineracive (M3YPS). Dans un premier emps, l aueur esime une équaion de base où le revenu par êe iniial ( Y i ), le capial humain ( H ) e la variable ineracive (M3YPS) son les seules variables explicaives prises en compe. Le coefficien esimé de la variable ineracive es posiif e foremen significaif 1 saisiquemen. Puis, dans d aures équaions, il inègre différenes aures variables explicaives, c es-à-dire le raio des dépenses publiques (GY), le aux d ouverure commerciale (MPXY) e le aux d inflaion (INF). Même avec ces aménagemens, la fore corrélaion de la variable ineracive e du aux de croissance du PIB réel rese mainenue. Mieux, la significaivié du coefficien esimé de cee variable ineracive rese égalemen fore. Par ces résulas, l aueur monre qu effecivemen le développemen financier exerce un effe posiif sur la croissance économique noammen dans les pays en développemen. Mais il souien que ce effe es condiionné par l exisence d un seceur privé dynamique capable de ransformer les ressources disponibles en invesissemens producifs. Selon lui, enre des pays ayan un même niveau de développemen financier, la différence de croissance économique es due à la différence du dynamisme de leurs seceurs privés. Une aure manière d inerpréer ces résulas, compe enu de la variable ineracive, es de noer que dans un conexe de foncionnemen opimal du sysème financier, le développemen financier qui en résule influence la sphère réelle à ravers l exisence d un seceur privé dynamique (enreprenan, innovan, ec.). Ainsi, ces conclusions aiden à mieux 1 L'esimaion du coefficien donne une valeur posiive e significaive à 99 % de degré de confiance. 3 52

53 cerner celles de l éude précédene en ce sens qu elles nous permeen de savoir que c es le dynamisme des enreprises privées qui impulse la croissance économique lorsque le sysème financier se développe. Touefois, la criique que l on peu formuler à l égard de cee éude, es que ses conclusions son globalisanes. En effe, elles n opèren aucune disincion enre les différenes composanes du seceur privé, noammen suivan la aille des enreprises : les peies e moyennes enreprises (PME); les grandes enreprises, ec. Cee insuffisance semble êre corrigée par les récens ravaux de Beck e al. (2006) Les effes différenciés selon la aille des enreprises Les ravaux de Beck e al. (2006), ou en affinan les précédens 1, proposen une grille d analyse complémenaire. En effe, dans un aricle iniulé «Finance, Firm Size, and Growh», ces aueurs ouvren une pise de réflexion visan à mieux comprendre les canaux de ransmission qui fonden la performance d un sysème financier. Cee éude s inspire de celle de Rajan e Zingales (1998) qui monre que la croissance des enreprises exisanes a un effe plus élevé sur la croissance économique globale induie par le développemen financier que la croissance des nouvelles enreprises 2. L hypohèse esée dans leur modèle empirique es que lorsque le développemen financier s opère, les indusries composées d un plus grand nombre d enreprises privées de peie aille 3 (pour des raisons echnologiques) croissen plus rapidemen que les indusries composées de grandes enreprises privées. C es donc cee croissance disproporionnée en faveur des enreprises privées de peie aille qui indui le supplémen de croissance de l économie enière. Auremen di, le développemen financier renforce la croissance économique à ravers la croissance des indusries composées de peies e moyennes 1 Cee éude s inspire de celle de Rajan e Zingales (1998) 2 Selon Rajan e Zingales (1998), les enreprises anciennes conribuen pour 2/3 de la croissance andis que les nouvelles enreprises ne conribuen que pour 1/3. 3 Ulérieuremen, on emploiera indifféremmen les conceps : enreprises de peie aille, peies enreprises e peie e moyenne enreprises/indusries (PME/PMI). 53

54 enreprises privées. Pour vérifier cee hypohèse, Beck e al. (2006) définissen le modèle suivan, inspiré de celui de Rajan e Zingales (1998) : Growh i, k jcounry j l Indusry l Sharei, k SmallFirm Sharek * FDi ) j l ( i, k avec : -Growh i, k : aux de croissance annuel moyen de la valeur ajouée de l indusrie k dans le pays i sur la période 1980 à 1990; -Counry : variables muees raachées aux différens pays; - Indusry : variables muees raachées aux différenes branches indusrielles; - Share i, k : par de l indusrie k dans le pays i en 1980; - Small Firm Sharek : proporion des peies enreprises dans l indusrie k, ces enreprises éan celles ayan moins de 20 employés. - FD i : variable développemen financier pour le pays i, elle mesurée par la créance des inermédiaires financières sur le seceur privé divisée par le PIB en Small Firm Share k * FDi : variable ineracive. Les variables explicaives son : Share, la variable ineracive (FD*SmallFirmsShare) e deux aures variables ineracives ( FD*ExernaFfinancialDependence puis FD*SalesGrowh). ExernalFinancialDependence e SalesGrowh son des variables mesuran respecivemen la dépendance des branches aux finances exernes e le aux de croissance des venes de la branche. Tous les coefficiens esimés des variables ineracives son posiifs e significaifs à 1 %, mais le coefficien de la variable Share es négaif. Les résulas son en phase avec l hypohèse de base selon laquelle le développemen financier renforce la croissance économique en faisan croîre dans des proporions 54

55 relaivemen plus imporanes, la valeur ajouée des peies enreprises 1. L explicaion découle du fai que l accroissemen du financemen bancaire, en proporion du PIB réel (indicaeur de développemen financier choisi), à l endroi du seceur privé, en allégean la conraine de financemen qui pèse sur les enreprises de peie aille, renforce leur croissance. Pour comprendre cee explicaion, il es nécessaire de se référer aux développemens précédens où il es apparu qu il y a une caégorie d enreprises privées don les invesissemens dépenden des finances exernes e connaissen une croissance relaivemen fore lorsque le développemen financier s opère. Alors, les conclusions de cee éude nous renseignen davanage sur la caégorie d enreprises concernées. Elles révèlen qu il s agi des enreprises privées de peie aille, disposan de peu de fonds propres pour assurer le financemen de leurs projes renables e qui n on pas la possibilié d accéder aux insiuions de financemen. Dans ce enchaînemen d idées, on reien le mécanisme suivan. Lorsque les inermédiaires (noammen les banques) e les marchés financiers accroissen les crédis au seceur privé, en proporion du PIB réel, cela suppose l allègemen des conraines de financemen don les PME profien beaucoup plus que les grandes enreprises. E ce son elles qui en iren pari, prioriairemen, puisqu il leur devien possible de réaliser cerains de leurs projes poeniellemen renables, mais non enrepris jusque-là. Par conséquen, elles engrangen une croissance relaivemen fore de leur valeur ajouée. En somme, cela indui une croissance secorielle plus élevée des indusries à fore composiion de peies enreprises avec une implicaion sur oue l économie globale. C es à ravers ce canal des PME que le développemen financier engendre la croissance économique lorsque le sysème financier foncionne de façon performane. Ce qui paraî fondamenal dans l analyse des effes différenciés du développemen financier selon la aille des enreprises, c es la prise en compe de l aspec echnologique des conraines auxquelles les PME fon face. Cee spécificaion perme d avoir une idée claire des ypes de PME don il es quesion éan enendu que la aille opimale des enreprises dépend des faceurs financiers qui facilien l adopion de echnologie de producion incluan l inensié capialisique e les économies d échelle (Kumar, Rajan e Zingales, 2001). C es 1 Ce résula peu paraîre conradicoire à celui de Har (1962) qui indique que la croissance d une enreprise n es aucunemen liée à sa aille. Mais en réalié, il n en es pas ainsi puisque ici Beck e al. (2006) s inéressen aux enreprises qui, pour des raisons echnologiques, son de peie aille. 55

56 pourquoi, Beck e al. (2006) précisen que des PME don il es quesion, c es cee caégorie d enreprises modernes ou formelles, conraines financièremen à cause des coûs (les coûs d informaions e de ransacions) relaifs aux anomalies du sysème financier. Dans cee opique, l idée de base es que les enreprises de peie aille, dégagean des valeurs ajouées moindres 1, son plus soumises à des conraines de financemen que les grandes à cause des barrières informaionnelles e des coûs de ransacion relaivemen élevés pour accéder au sysème financier. Dans ces condiions, le développemen financier, en réduisan ces fricions, indui un impac posiif sur cee caégorie d enreprises qui réalisen alors des aux de croissance élevés (Banerjee e Newman, 1993 ; Galor e Zeira, 1993 ; Aghion e Bolon, 1997 ; Rajan e Zingales, 1998 ; Kumar, Rajan e Zingales, 2001). A conrario, ils souiennen que si des enreprises de peie aille son soumises à de lourdes conraines de financemen pour des raisons non liées aux fricions du marché, ou si elles le son pour des raisons liées à leur srucure (problèmes de gesion, enreprises informelles ), le développemen financier ne peu leur êre favorable 2. Cee précision appelle à la prudence quand on aborde les quesions relaives aux PME noammen dans les pays en développemen. Cee clarificaion es d auan plus nécessaire qu il n a pas oujours éé démonré, empiriquemen, que les PME exercen un impac de cause à effe sur la croissance du PIB par êe (Beck e al., 2005a). Ce qui es plus ou moins vérifié, c es qu une représenaivié élevée des PME es caracérisique d une croissance fore, mais non la cause de la croissance fore. Klapper (2006) explique cela par le fai que l élargissemen ou la grande présence des PME dans ces pays n es pas forcémen synonyme de créaion d enreprises formelles ayan des poeniels élevés de valeurs ajouées. Mais il es imporan de faire la par des choses enre enreprises modernes e formelles e peies enreprises du seceur informel caracérisé aussi par un ype de gesion radiionnelle. On voi bien ici que le lien enre finance e développemen es beaucoup plus complexe que la simple hypohèse 1 Beck e al. (2006) uilisen l expression, moins riches qui peu êre perçu en ermes de chiffre d affaires ou de valeurs ajouées. 2 Dans de els cas, le développemen financier exerce un effe disproporionnel posiif en faveur des grandes enreprises qui réalisen alors des aux de croissance relaivemen plus élevés (Greenwood e Jovanovic, 1990 ; Haber e al., 2003). 56

57 selon laquelle l accès au financemen résou ous les problèmes de développemen des PME e incidemmen celui de la croissance économique Les effes différenciés selon les des opporuniés de venes 1 L éude de Beck e al. (2006) a, égalemen, le mérie de révéler un aure canal ou aussi imporan que les deux précédens, celui des opporuniés de venes ou d affaires. En effe, ces résulas confirmen 2 l éude de Fisman e Love (2003b) cherchan à comprendre le canal de ransmission de l effe posiif du développemen financier sur la croissance économique. Ces derniers aueurs son parvenus à monrer que le développemen financier influence la croissance du PIB d une économie à ravers les enreprises privées ayan de bonnes perspecives de venes ou d affaires. Auremen di, le développemen financier favorise la croissance économique en permean aux enreprises privées de saisir les opporuniés de venes qui s offren à elles. De même, en uilisan des données sur les indusries, Wurgler (2000) monre que le bon sysème financier favorise l émergence d indusries croissanes en facilian l accroissemen de leur invesissemen, e de façon symérique, il favorise la dispariion d indusries périclianes. Dans le même élan, Ayyagari, Demirgüç-Kun e Maksimovic, (2006) monren que le développemen financier influence la croissance économique à ravers la croissance de la producivié des enreprises. En inégran les résulas de Beck e al. (2006) dans cee perspecive de recherche inéressane, on dira qu un sysème financier es performan si son foncionnemen s inscri dans la dynamique suivane 3 : le développemen financier qui en résule aénue la conraine d auofinancemen des invesissemens des enreprises privées de peie aille ; ce allègemen renforce leur capacié à saisir les opporuniés de venes ou d affaires se présenan à elles ; 1 Empiriquemen, les aueurs se serven des enreprises ou des branches don les aux de croissance de la valeur ajouée son siués au dessus de la moyenne. 2 Dans le modèle esimé de Beck e al (2006), le coefficien esimé de la variable ineracive FD*Sales growh es posiif e significaif au seuil de 1 %. Cela éaye effecivemen les conclusions de l'éude de Fisman e Love (2003b). 3 On observe les canaux de ransmission du développemen financier sur la performance économique 57

58 cela favorise une croissance relaivemen plus élevée de la valeur ajouée de ces ypes d enreprises, d où une croissance relaivemen plus fore des valeurs ajouées des branches d aciviés renferman un plus grand nombre d enreprises de peie aille. De ou cela, il résule une croissance plus fore du PIB, raduisan le renforcemen de la performance économique Conclusion du chapire Les nombreux ravaux de recherche relaif à l analyse de la performance des sysèmes financiers suivan l approche microéconomique guiden les acions de la Banque mondiale (1994, 2002, 2004) dans sa poliique acuelle de promoion des peies e moyennes enreprises, noammen dans les pays en développemen. Suivan cee vision, elle que nous l inerpréons, le foncionnemen d un sysème financier, s il se fai de façon performane, doi favoriser l émergence de cee caégorie d enreprises poeniellemen dynamiques en ermes de créaion de richesse e d emplois. Une aure façon d analyser le problème es de savoir si la conre-performance du sysème financier n exerce pas un effe différencié disproporionné plus conraignan pour les peies enreprises que pour les grandes. Ce qu il fau savoir, c es qu il n exise praiquemen pas de modèle héorique permean de faire l analyse de la performance du sysème financier à ravers sa capacié à assurer l émergence des PME qui son censées êre le moeur de la croissance économique. C es là ou l enjeu e c es dans cee perspecive que s inscriven les ravaux du chapire suivan qui visen à consruire un socle héorique solide pour compléer les ravaux de l approche microéconomique de l analyse de la performance des sysèmes financiers dans les pays en développemen. 58

59 CHAPITRE II. MODELISATION DE L APPROCHE MICROÉCONOMIQUE DE L ANALYSE DE LA PERFORMANCE DU SYSTÈME FINANCIER DANS LES PAYS EN DÉVELOPPEMENT Le présen chapire consise à présener un modèle héorique permean d éayer ou de compléer les ravaux empiriques sur l approche microéconomique de l analyse de la performance. Ainsi, l objecif es de comprendre commen on peu apprécier la performance d un sysème financier en s inéressan à ses aciviés de financemens ou symériquemen aux conraines de financemens qu il fai subir à différenes caégories d enreprises. Pour faire suie au chapire précéden qui a permis de dégager un cadre d analyse de la performance du sysème financier à parir de la revue de la liéraure, il s agi d examiner les rappors de force de deux classes d enreprises vis-à-vis du sysème financier. Ce son d une par, les peies e moyennes enreprises (PME) e d aure par, les grandes enreprises. L inérê es poré sur la maximisaion de la croissance économique qui, comme on l a vu en économie poliique, perme de caracériser la performance des insiuions économiques. Le chapire es srucuré en deux paries. La première parie fai une revue de la liéraure qui place l analyse selon la aille des enreprises au cenre de l appréciaion de la performance des sysèmes financiers noammen dans les pays en développemen. La seconde parie présene le modèle héorique L analyse fondée sur les effes différenciés selon la aille des enreprises au cœur de l approche microéconomique de la performance du sysème financier Le recenrage du dynamisme des PME par ypes Selon Rajan e Zingales (1998a), les deux iers de la croissance des indusries proviennen du développemen de la aille des enreprises exisanes e seulemen un iers environ es dû à de nouvelles créaions. D où, selon ces aueurs, une bonne manière d éudier les déerminans de la croissance économique es de s inéresser aux poeniels faceurs explicaifs du développemen de la aille des enreprises ou de leurs conraines. Cee approche perme, enre aures, de comprendre le regain d inérê accordé à la problémaique du développemen des PME. 59

60 Il exise une liéraure foisonnane qui raie, direcemen ou indirecemen de la aille des enreprises ; la héorie de la echnologie (Kumar e al., 2001) s inscri dans ce regisre. Cee héorie qui éabli un lien enre la aille des enreprises e les faceurs echnologiques ire sa source dans les ravaux d Adam Smih (1776). Pour ce dernier, les perspecives de spécialisaion qui reflèen les capaciés echnologiques des enreprises e déerminen leur aille, son conraines par la aille de leurs marchés. Il explique cela par le fai que la spécialisaion nécessie des echnologies de producion avancées e fai, alors, appel à des ravailleurs qualifiés. Éan donné que les ravailleurs qualifiés amélioren la réalisaion des âches nécessian un niveau élevé de perfecionnemen, les enreprises on besoin de recruer davanage de cee caégorie de ravailleurs lorsque leurs processus de producion se spécialisen davanage. Mais pour qu un ravailleur qualifié soi recrué e affecé à une âche requéran plus de perfecionnemen, cela indui oujours, pour les enreprises, des coûs supplémenaires devan êre couvers par les venes rendues possibles par la aille de leur marché. Par conséquen, non seulemen les perspecives de spécialisaion, mais égalemen la aille des enreprises, es conraine par la aille de leurs marchés de référence. Cee prédicion héorique de base d Adam Smih a connu des amendemens de la par de nombreux aueurs, don Becker e Murphy (1992). Ces derniers prennen en compe le fai que de nombreuses enreprises son présenes simulanémen sur plusieurs marchés e non sur un seul comme l avai indiqué Adam Smih. Dans ces condiions, ces aueurs souiennen que ce son pluô les coûs (de producion) qui son déerminans pour la aille des enreprises. Pour mieux comprendre ce poin, il peu êre inéressan de se référer à la héorie néoclassique e pariculièremen aux ravaux de Lucas (1978) qui monren qu une plus grande inensié capialisique (invesissemen par ravailleur) ou une plus grande inensié en R&D es l apanage des grandes enreprises. Cee pise de réflexion a éé prospecée par d aures aueurs à l insar de Rosen (1982) e Kremer (1993) qui suggèren que le niveau de capial humain es corrélé à la aille des enreprises. Le modèle de Rosen (1982) indique que les ravailleurs les plus expérimenés, ainsi que ceux ayan le plus grand niveau de savoir-faire, von vers les grandes enreprises, andis que les moins expérimenés von vers les peies enreprises. Suivan la même logique, Kremer (1993) développe un modèle héorique où il présene le capial humain comme éan le faceur conenu dans un employé, lui permean de réaliser avec succès une âche 60

61 spécialisée ou à fore valeur ajouée au sein d une enreprise. Chaque âche éan accomplie par un ravailleur qualifié, la producion oale (supposée êre une séquence de oues les âches) de l enreprise es égale à la somme des producions marginales induies par le niveau de savoir-faire de l ensemble des ravailleurs. Par conséquen, les enreprises uilisan des echnologies à fore valeur ajouée on besoin de recruer des ravailleurs hauemen qualifiés, parce que les erreurs leur son rop coûeuses. Ainsi, Kremer souien, à ravers son modèle, que les pays riches ayan des niveaux élevés de capial humain se spécialisen dans des echnologies de producion sophisiquées e on des grandes enreprises qui peuven supporer le coû de recruemen de ces ypes de ravailleurs. Une aure implicaion de son modèle es que le salaire par ravailleur es posiivemen corrélé à la aille des enreprises, parce que les plus haus niveaux de salaires von aux ravailleurs hauemen qualifiés que l on rerouve dans les grandes enreprises. En raison de ces coûs relaivemen élevés pour les PME, celles-ci on raremen les moyens d employer des ravailleurs hauemen qualifiés devan assurer leur croissance e leur développemen. Mais la référence aux PME pose un problème méhodologique relaif à l absence d une définiion convenionnelle du concep de PME. En effe, pour caracériser les PME, les pays adopen des crières différens fondés soi sur le nombre d employés, soi sur le chiffre d affaires, soi sur le niveau d invesissemens, soi encore sur le oal des acifs des enreprises. Bien que la Banque mondiale ene de dégager une norme inernaionale, cela n es pas oujours éviden, noammen lorsque l on s inéresse aux pays en développemen. Selon le déparemen des PME de la Banque mondiale (Ayyagari e al., 2003), les microenreprises son caracérisées par le fai d avoir : (i) 10 employés au plus, (ii) un oal d acifs de dollars e (iii) un chiffre d affaires annuel de dollars. Quan aux peies enreprises, elles on : (i) 50 employés au plus, (ii) un oal d acifs e un chiffre d affaires annuel de 3 millions de dollars. Les moyennes enreprises on jusqu à 300 employés, un oal d acifs e un chiffre d affaires annuel de 15 millions de dollars. Néanmoins, par commodié, nous nous inéressons, dans le cadre de cee éude, au crière fondé sur le nombre d employés. Là encore, il exise plusieurs varianes d un pays à un aure, e surou enre les pays en développemen e les pays développés. Alors que cerains pays considèren les PME comme une caégorie d enreprises ayan au plus 500 employés, d aures ramènen ce plafond à 250. Par exemple, dans cerains pays africains, les PME son 61

62 compabilisées dans la ranche des enreprises ayan au plus 200 employés andis qu au Japon, cee limie es de 300. D aures pays en développemen von jusqu à limier à 150 ou 100, voire même à 25 pour cerains peis pays pauvres els que le Burkina Faso. En général, les pays de l OCDE reiennen la caégorisaion suivane : de 1 à 4 employés pour les microenreprises ; de 5 à 19 employés pour les rès peies enreprises; de 20 à 99 employés pour les peies enreprises ; de 100 à 500 employés pour les enreprises moyennes. Dans la plupar des pays africains, c es la classificaion suivane qui a endance à êre adopée : de 1 à 10 employés pour les micro-enreprises ; de 11 à 49 employés pour les peies enreprises e de 50 à 200 employés pour les enreprises moyennes. En somme, il apparaî que dans les pays développés, les PME son des enreprises qui emploien enre 20 e 500 employés, andis que dans les pays en développemen ce son des enreprises qui emploien enre 10 e 200 ravailleurs. Une bonne classificaion es d auan plus imporane que les micro-enreprises e les rès peies enreprises (TPE) ne doiven pas êre confondues avec les PME qui représenen la classe d enreprises poeniellemen dynamiques en ermes de créaion de richesses e d emplois dans une économie. De la même manière, il es indispensable de savoir dissocier les PME des grandes enreprises, parce qu une poliique efficace de promoion des PME dépend d une définiion perinene. Pariculièremen, dans les pays en développemen, une disincion es à faire enre les PME e les micros enreprises ou les TPE qui animen généralemen «le seceur informel». Les enreprises son définies comme formelles ou modernes lorsqu elles son enregisrées au regisre de commerce, respecen les obligaions de axes e d impôs (McPherson e Liedholm, 1996 ; Mead e Morrisson, 1996). Dans le cas conraire, elles son considérées comme informelles. Dans une éude publiée par Ayyagari e al. (2003), il ressor que la conribuion des PME au PIB e à l emploi oal es posiivemen corrélée au produi inérieur bru (PIB) par êe andis qu elle l es négaivemen pour le seceur informel consiué principalemen de micros e de rès peies enreprises. En plus, ces aueurs rouven que la conribuion des PME à l emploi oal es foremen différene enre les pays à revenus faibles (17,56 %) e les pays à revenus élevés (57,24 %). Aussi, la conribuion des PME au PIB es moindre dans les pays à revenus faibles (15,56 %) e imporane dans les pays à revenus élevés (51,45 %) e moyenne dans les pays à revenus moyens (39 %). Ces résulas permeen de siuer oue l imporance 62

63 des PME dans la croissance e le développemen économique des pays. En revanche, la même éude indique une faible conribuion du seceur informel au PIB dans les pays à revenus élevés (13 %) e une conribuion élevée dans les pays à revenus faibles (47,2 %). De la même manière, la conribuion du seceur informel à l emploi es moindre dans les pays à revenus élevés (15,16 %) que dans les pays à faibles revenus (29,41 %). Ces résulas son confirmés par la plupar des ravaux même si cerains, pour des raisons méhodologiques rouven le conraire 1. La héorie de l «Organisaional Ecology» qui se focalise sur l émergence des nouvelles indusries offre des moyens permean de comprendre e d expliquer les différences de performances enre les PME e les TPE du seceur informel. Suivan cee perspecive, l émergence e la dynamique des organisaions (enreprises) dépenden aussi du degré de légiimié qu elles on dans leur environnemen. La légiimié se réfère à l accepaion par la sociéé, d une forme d organisaion (Hannan e al., 1990 ; Hannan e Carroll, 1992). Par manque de signaux clairs venan du marché, la répuaion e la légiimié deviennen des faceurs imporans pour la croissance des enreprises puisqu elles réduisen les coûs de ransacion e d informaion. Pour une enreprise donnée, la répuaion e la légiimié son acquises à ravers son enregisremen formel au regisre de commerce d une par, e sa aille iniiale d aure par. Les enreprises enregisrées bénéficien de l accès au sysème juridique e légal, au seceur bancaire formel e aux employés qualifiés qui son, enre aures, des faceurs déerminans de leur croissance (Levensohn e Maloney, 1997). Par ailleurs, l enregisremen fourni aux enreprises un bon posiionnemen insiuionnel vis-à-vis de l adminisraion publique, des consommaeurs, des fournisseurs, de la police e d aures aceurs clés de la sociéé. Cela facilie alors les relaions conracuelles avec des cliens, des fournisseurs e d aures agens économiques. Ainsi, les enreprises formelles son non seulemen mieux posiionnées sur le marché des oupus mais en plus, elles accèden plus facilemen aux ressources (inpus) rares. Dans les pays en développemen, où les marchés son souven caracérisés par de graves imperfecions, les enreprises son en concurrence pour l accès aux inpus. L accès limié aux ressources es perçu par la plupar des 1 Snodgrass e Biggs (1996), en caracérisan les PME par des enreprises ayan moins de 100 employés, rouven que la par des PME dans l emploi baisse avec le PIB par êe. 63

64 managers e des propriéaires d enreprises comme une conraine majeure sur la croissance. Ce son probablemen ces faceurs (conraignans) qui, selon Lile e al, 1987, expliquen le fai que la producivié oale des faceurs soi plus élevée dans les PME que dans les TPE. Dans la même logique, l éude de Sleuwaegen e Goedhuys (2002) monre que la répuaion es imporane, noammen dans le conexe des pays en développemen où les coûs de ransacions e d informaions son rès élevés à cause de l opacié des enreprises. C es la prise en compe des TPE du seceur informel dans la caégorie des PME qui fai que les coûs de ransacion son encore plus imporans. Comparées aux PME, les enreprises du seceur informel son plus opaques. En oure, elles n on souven aucune siuaion financière audiée permean d avoir une bonne image d elles La résorpion de la problémaique de la conraine de financemen des PME en an qu ouil d analyse de la performance du sysème financier La liéraure relève plusieurs ypes de conraines de financemen. Ce son enre aures : les garanies exigées par les banques e les insiuions financières, la lourdeur adminisraive e la bureaucraie bancaire, les aux d inérê élevés, la nécessié d avoir une relaion spéciale avec les banques e les insiuions financières pour accéder aux crédis, la disponibilié limiée de capiaux pour les banques en vue du crédi, l accès limié aux banques érangères, l accès limié à des capiaux des marchés financiers, l accès limié au financemen pour les exporaions, l accès limié aux crédis d équipemen ou crédi-bail, les crédis ou services financiers inadapés, les problèmes d informaions sur les cliens, l accès limié aux crédis de long erme, ec. Cela di, il es reconnu que les conraines de financemen consiuen l un des plus imporans obsacles au développemen des enreprises (Ayyagari e al., 2006). Mais le problème es que, comparaivemen aux grandes enreprises, ces conraines de financemen pèsen plus sur les PME (Beck e al., 2005 ; Ayyagari e al., 2006). C es pour cee raison que dans les pays en développemen, la Banque mondiale e plusieurs aures agences inernaionales d aide au développemen ciblen les PME pour leur assisance echnique e financière. Par exemple, le groupe de la Banque mondiale a alloué plus de 10 milliards de dollars dans des programmes d assisance aux PME sur la période e plus de 1,3 milliards de dollars pour la seule année 2003 (Beck e al., 2005). 64

65 En général, rois argumens son uilisés pour faire la promoion des PME, noammen dans une perspecive de développemen financier (World Bank, 1994, 2002, 2004 ; Beck e al., 2004, 2005). Le premier es que les PME conribuen à faire jouer davanage la concurrence e qu elles suscien l enrepreneuria. Cela indui des effes posiifs sur l innovaion, la croissance de la producivié e donc sur l efficience globale de l économie. C es pourquoi un souien financier significaif à cee caégorie d enreprises exerce un plus grand impac sur oue l économie qui accède à des niveaux plus élevés de compéiivié. Le deuxième argumen es qu il semble que les PME son poeniellemen plus producives que les grandes enreprises, mais que les conraines, surou d ordre financier, dues à l échec du sysème financier, empêchen leur développemen (Beck e al., 2004 ; 2005). Donc, une amélioraion dans le foncionnemen des banques e du marché financier peu accélérer la croissance économique à ravers les PME. Dans le même ordre d idées, Rajan e Zingales (1998a) avaien déjà monré que l un des canaux par lesquels le développemen financier affece la croissance économique es qu il souien le développemen des PME qui son probablemen les plus innovanes. En plus, de nombreux ravaux récens indiquen que les sysèmes financiers non développées conraignen les PME dans leur processus de croissance pour aeindre des niveaux de aille opimale (Kumar e al., 2001 ; Beck e al., 2003). Ce argumen es égalemen souenu par Beck e al. (2003) qui monren que les pays doés de sysèmes financiers développés enden à avoir des enreprises de aille imporane. Cela suggère que le développemen financier allège les conraines financières des PME e favorise leur développemen. Sleuwaegen e Goedhuys (2002), ayan examiné les enreprises ivoiriennes, monren que l accès limié aux crédis explique le faible niveau de croissance des PME, andis que les grandes enreprises croissen plus foremen. Le roisième es que le développemen des PME indui par l allègemen de leur conraine de financemen favorise les emplois, puisque ce son les PME qui uilisen plus les echnologies de producion inensives en ravail (Beck e al., 2005). Par ailleurs, de nombreuses aures éudes dressen des fais sylisés visan à monrer combien les PME fon face à d imporanes conraines de financemen e surou pourquoi il convien de s inéresser primordialemen à cee caégorie d enreprises. C es ainsi que 65

66 Ayyagari e al., (2006) rouven que les conraines de financemen d une par e l insabilié poliique d aure par, son les faceurs qui on un impac direc sur la croissance des PME. Dans la même logique, une éude fondée sur un échanillon de 71 pays, esseniellemen consiué de pays en développemen, indique que plus de 35 % des PME esimen que le coû du financemen consiue une conraine majeure (Beck, 2007). D un poin de vue srucurel, il ressor que les PME ne parviennen à financer, à ravers les financemens bancaires, qu au plus 10 % de leurs besoins d invesissemen, alors que ce raio aein voire dépasse 30 % pour les grandes enreprises. Ces fais son en phase avec les résulas de l éude de Beck e al., (2006) qui monre que la aille e l âge son les principaux déerminans de la conraine de financemen des enreprises. C es probablemen la raison pour laquelle Beck, Demirgüç-Kun, Laeven e Levine (2005) souiennen que, dans un foncionnemen performan, le développemen financier favorise la croissance économique à ravers la croissance des PME. Touefois, la quesion n es pas définiivemen ranchée, puisque de récenes éudes n on pas pu éablir l évidence empirique que les pays ayan une grande proporion de PME croissen plus que les aures (Beck, Demirgüç-Kun e Levine, 2005). En d aures ermes, il ne semble pas avoir un lien significaif enre la proporion des PME ou même des grandes enreprises e la croissance économique. Ceci éan, on peu souenir que bien que les PME souffren beaucoup plus des conraines de financemen e bien d aures obsacles que les grandes enreprises, ce n es pas leurs ailles en elles-mêmes qui doiven jusifier leur promoion, mais pluô leur poeniel de croissance Quelques echnologies de financemen des PME Dans la secion précédene, il es éabli que le sysème financier es performan lorsqu il souien de façon coninue la croissance des enreprises poeniellemen producives qui acquièren au fil du emps, des niveaux de aille relaivemen grands, ce qui perme de maximiser la croissance poenielle de l économie (Beck e al., 2003, 2004). En d aures ermes, le sysème financier devien performan lorsque, dans son foncionnemen, il parvien à assurer de façon durable l émergence de nouvelles caégories d enreprises poeniellemen producives e renables parmi les PME. Pour y parvenir, il dispose d une gamme variée de services financiers conçus à parir de ses foncions suivanes : la collece d informaions, ensuie le filrage ou le diagnosic, puis la définiion du conra de prê, l ocroi du financemen e enfin la sraégie de suivi (monioring). Comme on peu le consaer, les 66

67 services financiers s inègren dans un processus e ce ne son que les sysèmes financiers développés qui parviennen à foncionner suivan les différenes éapes décries ci-dessus. De ce fai, la qualié des prês, qui dépenden de l exercice des différenes foncions, perme d apprécier la performance des sysèmes financiers. A ravers la liéraure, on noe que les echnologies de prês son souven caégorisées en deux ypes : les prês de ype ransacionnel qui son fondés sur les informaions hard (données quaniaives) e les prês de ype relaionnel fondés sur les informaions sof (données qualiaives). Suivan cee caégorisaion, les prês de ype ransacionnel son censés êre focalisés sur les empruneurs ransparens, els que les grandes enreprises, alors que les prês relaionnels son uilisés pour les empruneurs opaques que l on rerouve souven parmi les PME. En général, les grandes insiuions financières comme les banques e les marchés financiers on un avanage comparaif pour les financemens fondés sur des données quaniaives andis que les peies insiuions financières, elles que les insiuions de microfinance, dépenden des informaions qualiaives. C es pourquoi il ressor de nombreux ravaux, que les banques enden à financer les grandes enreprises e quelques vieilles PME disposan de solides raios financiers, alors que les peies insiuions financières enden à financer les PME avec lesquelles elles enreiennen de longues relaions de confiance (Haynes e al., 1999 ; Cole e al., 2004 ; Sco, 2004 ; Berger e al., 2005c). Mais une elle percepion ou caracérisaion disculpe les sysèmes financiers, noammen dans les pays en développemen où les banques e les marchés financiers n arriven pas à concevoir des echnologies de prês permean de financer e d aeindre les PME qui son poreuses de croissance. C es comme si, dans ce cas, le sysème financier éan dominé par les grandes insiuions financières (les banques, par exemple), les PME doiven êre sysémaiquemen désavanagées dans le financemen. C es pourquoi, Berger e Udell (2006) remeen en cause cee caracérisaion qui leur paraî rès réducrice e consiuerai même une source poenielle de la non-performance du sysème financier dans ces pays. Selon eux, lorsque le sysème financier foncionne de façon performane, même les banques peuven recourir à plusieurs aures echnologies de prês fondés sur les ransacions des PME e donc sur des informaions hard pour les financer : les prês fondés sur la siuaion financière des enreprises; les prês fondés sur le credi scoring ; 67

68 les prês fondés sur la «valeur marché» des enreprises ; l affacurage ; les prês fondés sur les acifs fixes des enreprises, e le leasing. La première echnologie couvre l ensemble des prês ocroyés sur la base des informaions relaives à la siuaion financière des enreprises. Ces informaions, audiées par un cabine compable crédible, se présenen sous forme de raios financiers répondan aux normes naionales e inernaionales. Le conra de prê qui s en sui reflèe la qualié de la siuaion financière e n es proposé qu après examen des éas financiers qui son perçus comme un gage de remboursemen. Donc, une mauvaise siuaion financière enraîne le resserremen de la conraine de financemen vis-à-vis de l enreprise. Ces ypes de prês son réservés à une caégorie d empruneurs relaivemen ransparens. La deuxième echnologie de prê es celle fondée sur le credi scoring 1 qui perme de disposer d informaions hard e d informaion sof sur les PME e souven même sur leurs propriéaires. Le service de credi scoring es fourni par des bureaux de crédis commerciaux ou même par des insiuions financières. Les données recueillies son inégrées dans un modèle d évaluaion de la performance de la PME. La roisième echnologie es fondée sur le calcul ou l esimaion de la valeur de marché (de liquidaion) des enreprises. Cee valeur, perçue comme une garanie de remboursemen puisqu elle perme d apprécier le risque que consiue le prê à cee enreprise, prend en compe des informaions qualiaives fournies à parir du credi scoring, la siuaion financière. Le monan du prê accordé es oujours inférieur à la valeur esimée de l enreprise (Udell, 2004). La quarième echnologie, l affacurage, es fondée sur l analyse des créances des enreprises que les insiuions financières veulen, emporairemen ou définiivemen, acheer. Dans ce cas aussi, le conra de prê ien compe des informaions hard e des informaions sof noammen sur les créanciers des enreprises. 1 Pour de plus amples informaions sur le credi scoring e son effe sur la disponibilié de crédi, voir Berger e Frame (2006). 68

69 La cinquième es la echnologie de prê fondée sur des garanies maérielles immédiaemen disponibles e non sur la valeur poenielle de l enreprise. Ces garanies peuven êre des biens durables (ayan une durée de vie supérieure à la durée du prê, même lorsqu on prend compe leurs amorissemens) personnels des propriéaires ou des enreprises elles-mêmes (équipemens, bâimens, véhicules, ec.). Dans ce cas, il n es pas indispensable d avoir des informaions hard sur les enreprises, puisque le prêeur dispose immédiaemen d acifs don la valeur perme de couvrir le monan du prê. A la différence des cas précédens, le monioring n es évidemmen pas exigé. Enfin, le leasing es une echnologie de prê consisan, pour le prêeur, à acheer un acif (équipemen, véhicule, ec.) pour le compe d un empruneur. L acha se fai dans le cadre d un conra de prê où l informaion relaive à la valeur du bien es nécessaire e le programme de paiemen es discué. Il es possible que l empruneur puisse racheer le bien en quesion à l échéance à une valeur prédéfinie. Ici encore, cee echnologie peu êre uilisée pour financer les enreprises opaques (PME), parce que le conra es fondé sur l informaion hard relaive à la valeur du bien e non sur l enreprise en quesion. Quan au crédi relaionnel, il s agi d une echnologie de prê qui repose sur les informaions qualiaives réunies à parir de la relaion longuemen enreenue avec la PME, son propriéaire, ec. Celle-ci peu permere de prévoir le comporemen fuur de la PME sur la base des rappors passés. Ce ype d informaion n es pas facilemen ransférable, observable, vérifiable e rese en général, la propriéé de la banque ou de l insiuion financière qui l a collecé. A ravers ces diverses echnologies de prês, on remarque que même si les prês fondés sur la siuaion financière son esseniellemen desinés aux empruneurs ransparens, les aures ypes peuven permere d aeindre les PME qui, dans les pays en développemen, son considérées comme des empruneurs opaques. De ce fai, même lorsque la siuaion financière des PME n es pas disponible, les insiuions financières doiven pouvoir concevoir d aures services permean d apprécier leur promesse de remboursemen. Les crédis commerciaux bancaires, qui son relaivemen imporans dans les pays en développemen, peuven bien faire l obje de conra de prês dans ous les cas précédemmen éudiés. Malgré cela, les PME on difficilemen accès aux crédis qui son largemen desinés aux grandes enreprises (Demirgüç-Kun e Maksimovic, 2002 ; Fisman e Love, 2003). 69

70 2.2. Le modèle La formalisaion du modèle es inspirée de celle d Acemoglu (2006) qui a analysé l inefficience des insiuions en économie poliique. A ravers son modèle, ce aueur me en jeu différens aceurs en quêe du pouvoir, leur permean ainsi de conrôler des insiuions économiques. Ces différens aceurs son : les élies représenan le pari au pouvoir, ensuie l opposiion représenan le groupe des aceurs marginalisés e enfin la populaion représenée par les ravailleurs. Concernan la quêe du pouvoir, le modèle fai la disincion enre deux ypes d insiuions : les insiuions économiques e les insiuions poliiques. Les insiuions économiques son celles don le groupe au pouvoir a la responsabilié, le conrôle e qu il peu manipuler en sa faveur. En revanche, les insiuions poliiques, don le peuple a la responsabilié e le conrôle, son celles qui permeen de définir les conours du pouvoir de ces élies. Acemoglu (2006) examine divers ypes de poliiques économiques auxquels les élies on recours pour consolider leur pouvoir en affaiblissan l opposiion e en appauvrissan le peuple. Cela lui perme d analyser l incidence de ces poliiques sur le PIB e d en apprécier la performance. Dans son modèle, il prend égalemen en compe la présence de ressources naurelles qui, dans les pays en développemen, peuven êre un puissan enjeu de pouvoir e nuire par conséquen au foncionnemen opimal des insiuions. Pour répondre au besoin de formalisaion de la performance des sysèmes financiers dans les pays en développemen, nous réinerpréons le modèle de base d Acemoglu (2006) don ceraines paries son par ailleurs réaménagées (réécries). En effe, indépendammen de l environnemen du modèle qui change complèemen, les principales adapaions que nous apporons son de rois ordres. D abord, dans le modèle adapé que nous présenons, le sysème financier s apparene aux insiuions économiques dans le modèle de base. Ensuie, le pouvoir es considéré ici comme le niveau ou degré d accès au crédi. 70

71 Enfin, le dernier niveau es que les élies e les opposans du modèle iniial d Acemoglu (2006) son remplacés respecivemen par les grandes enreprises e les PME. Les résulas de ce modèle doiven permere de comprendre commen le sysème financier, à ravers les conraines de financemens qu il fai subir noammen aux PME, affece négaivemen la croissance poenielle de l économie. Symériquemen, ils doiven amener à comprendre que dans un conexe de développemen financier, c es l amélioraion des condiions de financemens des PME qui conribue à une croissance économique fore. En somme, ils pourron apporer d aures argumens héoriques aux chanres de la promoion des PME qui souiennen que cee caégorie d enreprises consiue le canal de ransmission du développemen financier sur la croissance économique Les différens agens économiques e les hypohèses sous-jacenes Le modèle inclu cinq groupes d agens économiques : les ravailleurs, les grandes enreprises, les peies e moyennes enreprises (PME), le sysème financier e l environnemen légal (règlemenaire) e insiuionnel Les ravailleurs Les ravailleurs consiuen le faceur capial humain ; il s agi de l une des composanes indispensables au dynamisme e au relèvemen du poeniel de croissance des enreprises. Les possibiliés de recruemen e de formaion coninue d un personnel qualifié capable de conribuer à l accroissemen de la capacié managériale de l enreprise son prises en compe (Kumar e al., 2001 ; Kremer, 1993 ; Rosen, 1982). Les ravailleurs les plus qualifiés e les mieux formés son hauemen producifs (Becker, 1964). Ils on égalemen une plus grande capacié d adapaion. Hypohèse 1. Les ravailleurs on pour rôle de fournir leur ravail e il y a une masse oale de 1 ravailleur 1 dans l économie. 1 Le chiffre 1 es une valeur de référence indiquan le nombre oal de ravailleurs. Il peu égalemen êre perçu en pourcenage, dans ce cas, c es 100 % des ravailleurs. 71

72 Hypohèse 2. La producivié des enreprises es direcemen liée au faceur ravail, éan donné que même l usage efficien du capial physique dépend du capial humain disponible au sein de l enreprise (Kremer, 1993). Hypohèse 3. La quanié e la qualié de ravail nécessaires pour la réalisaion d aciviés de producion (innovanes) son beaucoup rop imporanes e coûeuses pour qu une enreprise individuelle, quelle qu elle soi, puisse les couvrir par auofinancemen. C es pourquoi le financemen du sysème financier es indispensable pour la réalisaion des aciviés à fore valeur ajouée nécessian le faceur capial humain fourni par les ravailleurs (King e Levine, 1993c) Les grandes enreprises privées Tou comme les élies au pouvoir dans le modèle de référence d Acemoglu (2006), ici les grandes enreprises consiuen la première classe d enreprises. Il es imporan de noer que la aille des enreprises peu êre cernée à ravers divers indicaeurs don le chiffre d affaires ou le nombre de ravailleurs. Peu impore l indicaeur reenu, ce qui es pris en compe ici c es le fai de savoir que les enreprises de cee caégorie son censées êre de aille suffisammen imporane comparaivemen aux aures Les peies e moyennes enreprises (PME) Cee classe es caracérisée par de faibles moyens de producion, de même que par leurs peies échelles de producion Le sysème financier Le sysème financier 1, consiué esseniellemen des inermédiaires financiers, es le déeneur des moyens de financemen indispensables à la producion e au développemen des enreprises. 1 Ean donné que le raisonnemen se fai dans le conexe des pays en développemen où le marché financier es quasi inexisan, ici, nous nous référons alors aux inermédiaires financiers en l occurrence les banques commerciales. 72

73 A ce ire, il es responsable de la poliique de financemen don le mode opéraoire consise d une par, à définir la modalié de la poliique (hypohèse 4) e d aure par, à idenifier la ou les cibles (hypohèse 5). Hypohèse 4. La poliique du sysème financier consise à imposer les conraines de financemen aux enreprises. Pour cela, le sysème financier a le choix enre deux opions de conraines de financemen: la conraine de financemen ex pos producion ou la conraine de financemen ex ane producion 1. La conraine de financemen ex pos producion es perçue comme un coû direc pour les enreprises. C es le ype de conraine qu elles supporen après avoir bénéficié de financemen e réalisé leur producion. En effe, cee conraine s exprime surou sous forme de charge, plus ou moins lourde, relaive au service de la dee conracée auprès du sysème financier. Auremen di, ce ype de conraine de financemen fai poncionner une parie, plus ou moins imporane, des revenus engrangés après producion. C es, par exemple, le cas du paiemen du principal e des aux d inérê débieurs élevés (prohibiifs). Conrairemen à la conraine ex pos, la conraine de financemen ex ane producion es perçue comme un coû indirec pour les enreprises. C es le ype de conraine de financemen qui se siue avan la réalisaion de la producion par les enreprises. Dans la liéraure, cee caégorie de conraine es évoquée sous diverses formes : la faiblesse du monan du prê accordé aux enreprises, le financemen de cour erme, les garanies ou hypohèques rop élevées, le raionnemen de crédis, la bureaucraie des banques, la lourdeur des procédures de demande de crédis bancaires (frais d avocas, frais d assurance, éude de marché, ec.), e bien d aures difficulés. Cee conraine affece les niveaux de producion des enreprises noammen, en réduisan leurs capaciés de recruemen de ravailleurs producifs. La paricularié de la conraine ex ane producion, c es qu elle compore égalemen la conraine de ype ex pos producion. En effe, lorsque les enreprises fon face à cee 1 Dans la suie du documen, les expressions «conraine ex ane» e «conraine ex pos» seron parfois uilisées pour désigner, respecivemen, la conraine de financemen ex ane producion e la conraine de financemen ex pos producion. 73

74 forme de conraine (ex ane), après l acquisiion du financemen e la réalisaion de la producion, elles devron égalemen honorer le service de la dee qui peu aussi s avérer onéreuse (conraine ex pos). Hypohèse 5. Le sysème financier idenifie la ou les cibles de sa poliique de financemen. Cela consise à choisir, soi, les grandes enreprises, soi les PME ou soi un mélange de PME e de grandes enreprises L environnemen légal e insiuionnel Pour la consrucion e le foncionnemen du modèle, un disposiif exogène ineragissan avec le sysème financier pour renforcer sa performance es pris en compe à ravers le paramère consan C. Ce disposiif exogène, il s agi de l environnemen légal e insiuionnel (La Pora e al, 1997,1998) qui, en agissan sur le sysème financier, peu, en effe, alléger le poids des conraines de financemen imposées aux enreprises La définiion des variables e des relaions de base Dans le modèle, les grandes enreprises son représenées en indice par g, elles son au nombre de g e désignées par l ensemble g de ces g enreprises. Les PME son représenées en indice par p, désignées par l ensemble p p e son au nombre de. Considérons un ensemble fini consiué esseniellemen des ravailleurs, des grandes enreprises e des PME : 1 ; g ; P. Le sysème financier n y es pas pris en compe, éan donné sa paricularié. Ceci éan, la foncion de producion, de ype Cobb Douglass, d une enreprise i 1 au emps es donnée par : (1) y i 1 1 i i 1 i A k l 1 Dans un souci de simplificaion, on uilisera souven expressémen l indice i aussi bien pour désigner chaque enreprise prise individuellemen que pour désigner le groupe auquel elle apparien. 74

75 avec k, l représenan respecivemen la valeur du capial e la quanié du ravail. Le capial es supposé êre enièremen déprécié après usage. relaive aux faceurs echnologiques de l enreprise i. Les condiions du marché du ravail son données par : i A, représene la producivié (2) l g g l p p 1 Cee condiion (2) nous perme de savoir s il y a excès de demande ou excès d offre g g p p de ravail. Ainsi, lorsque la condiion (2) es respecée ( l l 1), il y a excès d offre de ravail. Lorsqu elle n es pas respecée 1 g g p p ( l l 1), il y a excès de demande de ravail. Quelle que soi l enreprise, on suppose qu il exise un niveau maximum de recruemen de ravailleurs qui es de ( l ); de elle sore que : i g p 1. Supposons aussi qu aucune des deux caégories d enreprises ne peu à elle seule employer ous les ravailleurs : 1 1 g p (3) e Rappelons que du poin de vue de la poliique du sysème financier (voir hypohèse 4), il exise deux caégories de conraines de financemen pouvan êre imposées aux enreprises. Dans le foncionnemen du modèle, ces conraines son perçues sous forme de coûs (poeniels) pour les enreprises dans leur processus de producion e de croissance. Désignons g par C 0e C p 0, les coûs des conraines de financemen de ype j imposées j j respecivemen aux grandes enreprises e aux PME. de financemen ex ane (lorsque j 1 j 1, 2 représene soi les conraines ), soi les conraines de financemen ex pos (lorsque j 2 ). 1 De façon rigoureuse, lorsque la condiion (2) n es pas respecée, on a g g p p le nombre oal de ravailleur es égal à 1, on reien alors : l l 1 g l g p l p 1. Mais éan donné que 75

76 Cependan, la présence du disposiif exogène ( C ), évoqué plus hau, perme alors de fixer une borne supérieure aux coûs inhérens aux conraines de financemen : C g p j, C e C j, C avec C 1 Concernan les ressources du sysème financier, elles son générées par les coûs que celui-ci fai supporer aux enreprises sous forme de conraines de financemen sus menionnées. Pour les conraines de financemen ex ane, cela peu conduire par exemple à la surliquidié bancaire e des marges d inermédiaion élevées. Pour les conraines ex pos, les ressources peuven provenir d une marge d inermédiaion rès élevée occasionnée par des aux d inérê débieurs élevés. Ces ressources son principalemen uilisées pour souenir, sous forme de financemen, les aciviés de producion de deux groupes d agens économiques g p du modèle : les grandes enreprises e les PME. Désignons donc par, 0, les monans des financemens perçus, respecivemen, par les grandes enreprises e les PME. Soi 0,1 un paramère qui mesure la capacié du sysème financier à mobiliser ses ressources escompées des coûs des conraines de financemen ex pos supporées par les enreprises. En d aures ermes, pour le sysème financier, mesure sa capacié de recouvremen des créances auprès des enreprises. Par exemple, lorsque 0, cela signifie qu aucune ressource escompée ne peu êre effecivemen mobilisée. Auremen di, le risque de défau de remboursemen es rès élevé. En revanche, lorsque ce paramère es égal à 1, cela signifie que le sysème financier dispose de moyens efficaces (par exemple, un bon monioring) pour renrer en possession de ses fonds. peu êre égalemen considéré comme un paramère mesuran le degré de confiance que le sysème financier a vis-à-vis des enreprises noammen à propos du remboursemen des prês ocroyés. La conraine budgéaire du sysème financier peu alors s écrire : g g p p (4) i C j, y i Pour chaque enreprise, le problème de maximisaion du bénéfice se formule ainsi : i 1 C j, i i k, l 1 max i i 1 i i i A k l w l k 76

77 Après maximisaion, on obien les résulas suivan les niveaux d équilibre du capial e du ravail donnés respecivemen par (5) e (6) : k 1 C 1 A l i i i i j (5), (6) l i 0 e si w 1 C 1 i 0, si w 1 C i j, 1 si w 1 C 1 j, i j, A A A i i i Bien que la foncion du bénéfice ne permee d avoir un premier aperçu de la source poenielle de la non performance du sysème financier, les relaions d équilibre (5) e (6), donnan respecivemen le niveau d invesissemens e le niveau d emplois d équilibre, précisen davanage sa porée. En effe, la foncion du bénéfice, elle que définie, me en lumière la source poenielle de la non performance de la poliique du sysème financier i puisqu on remarque que les enreprises ne produisen qu une proporion ( 1 du niveau poeniel. L équaion (5) perme d apprécier la porée de cee poliique sur le niveau d invesissemen. On peu voir que, oues choses égales par ailleurs, le niveau d invesissemens baisse lorsque la poliique de financemen se durci, c es-à-dire quand C, croi. i j C j, 1 i i Dans la relaion (6), l expression 1 C 1 supérieur à la producivié marginale du ravail, il n y a aucun recruemen. Si le salaire es égal à la producivié marginale du ravail, il y a recruemen, mais d un nombre inférieur à e si le salaire proposé es inférieur à la producivié marginale, le recruemen es effecué au niveau maximum de ravailleurs. Cee relaion (6) perme de consaer qu à l équilibre, noammen lorsque le salaire d équilibre es égal au produi marginal par ravailleur, qu un resserremen de la conraine de 77 j, A n es rien d aure que celle de la producivié marginale d un ravailleur employé par une grande enreprise (lorsque i par une PME (lorsquei p g ) ou ). La relaion (6) s inerprèe de la façon suivane : si le salaire es

78 financemen (lorsque C, croi), oues choses égales par ailleurs, fai baisser la producivié i j marginale. Ean donné que les deux caégories d enreprises ne subissen pas dans les mêmes g p i i proporions la conraine de financemen ( C j, C j, ), alors, les grandes enreprises e les PME ne peuven avoir ni les mêmes niveaux d invesissemens, ni les mêmes niveaux de producivié marginale du ravail e les mêmes capaciés de recruemen. Par conséquen, elles n auron pas les mêmes opporuniés de producion e de croissance. Encore plus inéressan es le fai de combiner les relaions (2) e (6). En effe, cela perme de définir les salaires d équilibre en foncion de la siuaion du marché du ravail : g g p p Si la condiion (2) es respecée, c es-à-dire lorsque l l 1, il y a excès d offre de ravail ; dans ce cas le salaire d équilibre es w 0 En revanche, si la condiion (2) n es pas respecée, c es-à-dire lorsque 1 g g p p l l 1, il y a excès de demande de ravail. Dans ce cas, le salaire d équilibre es égal à la plus peie producivié marginale du ravail enre les deux caégories d enreprises : (7) w min 1 g g p p 1 C A, C A 1 j, 1 j, 1 1 La relaion (7) indique que lorsqu il y a excès de demande de ravail, c es-à-dire le plein emploi, le salaire d équilibre es égal à la producivié marginale du ravail de l une des deux caégories d enreprises. C es pourquoi, les grandes enreprises e les PME ne peuven avoir les mêmes niveaux de producion e de croissance. En effe, le salaire du marché éan forcémen en deçà de la producivié marginale du ravail chez la caégorie d enreprises qui a la plus grande producivié, il es éviden que celle-ci peu alors recruer plus de ravailleurs e 1 g g p p La relaion d égalié l l 1 es reenue pour facilier les démonsraions sinon en cas d excès de g g p p demande de ravail, c es la relaion d inégalié l l 1 qui devai êre reenue. Cela s explique aussi par le fai qu éan donné que le nombre oal de ravailleurs es égal à 1, on esime que l excès de demande de ravail qui n es rien d aure que le plein emploi es maérialisé par la relaion d égalié à 1 e non supérieur à 1 qui ne peu êre observée. 78

79 produire davanage, puisque le coû du ravail lui es avanageux. A ire indicaif, noons qu il es aussi possible d éablir le salaire d équilibre au niveau de la producivié marginale du ravail la plus élevée enre les deux caégories d enreprises. Mais le problème es que, dans une elle siuaion, l une des deux caégories d enreprises ne pourra pas produire puisqu il lui sera impossible d employer de main d œuvre comme l indique (6). Cela nous amène à réécrire (6) de la manière suivane : a) l g l p si w C i j, 1 A i b) l g e l p p 0, si w 1 C j, 1 A p g 1 C j, 1 A g c) l p e l g g 0, si w 1 C j, 1 A g p 1 C j, 1 A p (6 ) (6 a) signifie que lorsqu il y a excès d offre de ravail ou sous-emplois de la main d œuvre, le salaire es nul, ce qui perme aux enreprises de recruer le maximum possible ( ) de ravailleurs. En revanche, lorsque qu il y a excès de demande de ravail ou plein emploi de la main d œuvre, (6 b) e (6 c) éablissen que le salaire du marché es égal à la plus peie producivié marginale du ravail enre les deux caégories d enreprises. Dans ce cas, les enreprises ayan la plus peie producivié marginale recruen un nombre de ravailleurs moindre ( ), andis que l aure caégorie recrue le maximum possible ( ). Les relaions de base éan éablies, dans la suie du modèle, l analyse de la performance du sysème financier sera faie, dans différens scénarios, en éudian les impacs de sa poliique sur le produi global d équilibre de l économie (PIB) donné par : (8) Y g g g g 1 1 p p p p 1 C A l C A l j, 1 1 j, La première composane de Y représene le produi oal des grandes enreprises e la deuxième, celui des PME ; le faceur capial ayan éé remplacé par son expression d équilibre obenu en (5). 79

80 Caracérisaion des poliiques du sysème financier e analyse de la performance Comme il a éé énoncé, dans cee secion, l analyse de la performance se fonde sur l examen des impacs des poliiques du sysème financier sur le produi global de l économie. Plusieurs cas de figures correspondan à différenes formes de foncionnemen du sysème financier dans les pays en développemen seron éudiés. Dans chaque cas de figure, le modèle foncionne selon la emporalié suivane : i. La cible de la poliique de financemen es définie, ii. Le ype de conraine de financemen es précisé iii. Supposons que la condiion (3) ienne. De ce fai, les enreprises procèden à l emploi des ravailleurs selon les cas suivans : a. Si la condiion (2) es respecée, alors w 0. Selon (6 a), chaque enreprise recrue le niveau maximum de ravailleurs,. b. Si la condiion (2) n es pas respecée, w es donné par (7). Éan donné ce salaire du marché, les enreprises fixen les niveaux d emplois des ravailleurs à ravers la relaion (6 b) e (6 c). iv. Le problème de maximisaion des enreprises es résolu. Pour ce faire, les conraines de financemen C, e g j C, qui caracérisen les poliiques du sysème financier son p j définies de façon à maximiser le revenu oal d une classe d enreprises, c es-à-dire celle qui es privilégiée (la cible). Cee dernière ne subi pas de coû e bénéficie des financemens. Ce revenu oal ( i ) es égal à la somme du bénéfice ( financemen reçu de la par du sysème financier ( ) : i i y ) e du i i i i C i y j, C j, avec i g si i p e i p si i g 1 j, 1 C j, i i i i i y C 1 A w l, le bénéfice de l enreprise i 80

81 1 i 1 i i i i i C j, 1 C j, A l i C j calculé à parir de la relaion (4),, i 1 es le monan du financemen alloué à l enreprise i. v. Enfin, on examine le produi global de l économie (8) qui es la somme des producions des deux caégories d enreprises pour apprécier la performance du sysème financier Cas de figure 1 : Poliique de financemen exclusivemen favorable à une seule classe d enreprise, les grandes enreprises Dans ce cas de figure, il s agi d apprécier la performance du sysème financier à ravers sa poliique discriminaoire en faveur des grandes enreprises qui en son donc les seules cibles privilégiées. Ainsi que nous l avons indiqué précédemmen, cee poliique g p consise à fixer les niveaux de conraines de financemen ( C C, ) de façon à maximiser le j,, j, revenu oal des grandes enreprises. Comme il a éé précisé dans l hypohèse 4, on considère esseniellemen deux ypes de coûs de conraines de financemen : les conraines ex ane ( pose ( i C, 2 ). i C, 1 ) e les conraines ex On suppose que : g p 1 (9) 2, g p A parir de la relaion (9), on peu éablir que 1. Cee condiion (9) signifie qu il y a auan de grandes enreprises que de PME e que leur nombre oal es inférieur à celui des ravailleurs La conraine de financemen ex pos comme opion de poliique du sysème financier Cee poliique concerne le choix de la conraine i C, 2 par le sysème financier. Comme souligné plus hau, en appliquan la conraine de financemens ex pos ( i C, 2 ), le sysème 81

82 financier fai le seul choix de poncionner direcemen une parie des revenus (sous forme d inérê) issus des aciviés de producions réalisées par les enreprises. Aucune aure resricion n es appliquée en ermes d accès au financemen nécessaire à la réalisaion des aciviés de producion. Afin d éudier ce seul mécanisme, supposons que la condiion (2) soi respecée ; d où w 0. Cela nous perme d écarer les effes de la conraine ex ane qui a une incidence sur le coû, la quanié e la producivié du ravail. De ce fai, comme le prévoi (6 a), la demande de ravail es idenique pour oues les enreprises e es fixée à l. Supposons que 0 ; pour simplifier, fixons le à 1, c es-à-dire à un niveau où le sysème financier a une parfaie capacié à se faire rembourser par les enreprises. Dans ce cas de figure 1, compe enu de leur posiion dominane en an que cibles privilégiées du sysème financier, les grandes enreprises son exempées de cee conraine, ce qui signifie que pour g elles C 0. En plus de ne pas supporer de coû de financemen, ces enreprises son les 2, seules à bénéficier des financemens du sysème financier, d où p 0. De ce fai, les coûs de la conraine de financemen ex pos, p C 2,, imposée aux PME, son fixés de façon à maximiser le revenu oal des grandes enreprises. Donc le problème de maximisaion qui perme de fixer p C 2, es : i (10) Max C p 2, g A 1 g 1 g C 1 1 p p p C A p 2, 1 2, avec p g g l l, w 0, C 0 e en prenan en compe qu il y a un nombre oal 2, de p PME e de g grandes enreprises. La soluion au problème de maximisaion posé par (10) donne un niveau opimum de coû de la conraine de financemen ex pos égal à conraine p C, C, p 2. Cependan, même si le niveau de 2 es celui qui es préféré par le sysème financier, le disposiif exogène g p imposé par les insiuions légales e règlemenaires ( C C e C C avec C 1) perme de ramener le coû des conraines ex pos à : j, j, 82

83 (11) C P min,c 2, La proposiion suivane résume la siuaion relaive au choix de la conraine de financemen ex pos producion comme opion d une poliique du sysème financier exclusivemen favorable aux grandes enreprises : Proposiion 1. Supposons que la condiion (3) ienne, que la condiion (2) soi respecée e que 0, alors, une poliique du sysème financier caracérisée par l imposiion d une conraine de ype ex pos aux seules PME, es donnée par C P min, C. 2, La conraine de financemen ex ane comme opion de poliique du sysème financier Comme il a éé indiqué plus hau, lorsque le sysème financier ope pour une poliique axée sur la conraine de ype ex ane ( i C, 1 ), cela créé non seulemen des coûs indirecs liés aux resricions quan à l accès au financemen e la réalisaion de la producion mais égalemen, des coûs direcs liés au service de la dee auquel les enreprises doiven faire face. En d aures ermes, la conraine ex ane incorpore égalemen la conraine ex pos qui a éé précédemmen éudié. Dans une elle siuaion, l analyse de la performance du sysème financier se fera en deux séquences, sachan qu on se siue oujours dans le cas de figure où les grandes enreprises consiuen le groupe cible favorisé par la poliique de financemen : d abord, on procède à l éude des effes du coû indirec que la conraine ex ane fai subir aux enreprises ; puis, on éudie l effe global, c es-à-dire les effes cumulés du coû indirec e du coû direc (avec la prise en compe des effes de la conraine de financemen ex pos). Analyse des effes du coû indirec de la conraine de financemen ex ane Afin d éudier l unique effe du coû indirec de la conraine ex ane sur la producivié e le coû du ravail don dépend le niveau producion des enreprises, on suppose 83

84 que 0. Cela signifie que le sysème financier ne perçoi aucun revenu lié, par exemple, au service de la dee don seules les PME s acquien. Par ailleurs, on suppose que la condiion (2) n es pas respecée ( g p 1 ), d où le salaire d équilibre es donné par (7). g Ean donné les privilèges accordés aux grandes enreprises ( C 0 ), la poliique du 1, sysème du sysème financier consise à définir le niveau approprié de coû indirec de la conraine de financemen ex ane ( p C, Ean donné que le salaire d équilibre ( 1 ) imposée uniquemen aux PME. w ) es égal à la plus peie producivié marginale du ravail (confère (7)), le niveau maximum de coû imposé par le sysème p financier es C 1. A ce niveau, le salaire d équilibre (le salaire du marché) es le plus faible 1, possible mais non nul. Ainsi, en se référan à (6 b), il apparaî que pour les grandes enreprises, le salaire du marché es inférieur à la producivié marginale d un ravailleur qu elles emploien. Cela leur perme d uiliser un niveau maximum p p que le salaire du marché ( w l de ravailleurs. Quan aux PME, éan donné g 1 p 1 C1, A avec C 1, 1) équivau à la producivié 1 marginale d un ravailleur qu elles emploien, la relaion (6 b) perme d éablir qu elles recruen un nombre de ravailleurs l p 0,. Donc, le nombre de ravailleurs des PME es bien inférieur au nombre employé de ravailleurs employés par les grandes enreprises. Une elle poliique rédui le poeniel de croissance des PME qui se rouven dans l incapacié de produire de façon opimale compe enu des faibles possibiliés d emploi de ravailleurs. En revanche, avec un aux de salaire du marché relaivemen faible pour elles, un nombre maximum de ravailleurs employés e un coû de conraine de financemen ex ane nul, les grandes enreprises produisen plus e dégagen des bénéfices beaucoup plus imporans que les PME. Tou comme au niveau des conraines ex pos, le coû de la conraine ex ane n es pas sans limie. Il exise une resricion exogène à la poliique du sysème financier. Dans ces condiions, le coû de la conraine de financemen ex ane es donné par : 84

85 C P 1, min 1, C C puisque 1 es rès proche de1alors que C 1 Malgré la resricion, ce résula suggère que la conraine de financemens ex ane es probablemen plus coûeuse pour les PME que la conraine de financemen ex pos dans la mesure où dans le second cas, le coû s éabli au niveau de la plus peie valeur enre e C. Par conséquen, le produi global de l économie (8) en souffre plus que dans le cas de la conraine de financemen ex pos. Pour le démonrer, comparons les deux niveaux du produi global de l économie correspondan aux deux différenes siuaions décries. Soi le produi global de l économie lorsque les PME son soumises à la conraine de financemen ex pos e Y, Y 2,, 1, le produi global lorsque les PME subissen la conraine de financemen ex ane. g Pour cela, rappelons que dans le cas de la conraine ex pos, l l p e que dans le cas de conraine ex ane l ; g p p l (puisque l 0, ). D aure par, nous avons p p C, C1, g 2, C2, g C1, 0 e g p. En considéran ces relaions e en les remplaçan dans 2 e Y 1,, on peu alors éablir que : Y, Y p p p 1 g g 1 1 p p p 1 C A Y A C A g g 2, A 2, 1, , Cee relaion de comparaison de 2 e Y 1,, signifie que oues choses égales par Y, ailleurs, le coû indirec de la conraine de financemen ex ane imposée aux PME enraine une réducion plus fore du produi global de l économie par rappor à la conraine de financemen ex pos. La proposiion 2 ci-dessous reprend les grandes lignes de cee secion. Proposiion 2. Supposons que la condiion (3) ienne, que la condiion (2) ne soi pas respecée. Dans ces condiions, lorsqu il es difficile, voire impossible de se faire rembourser ( 0 ) par les PME en cas d ocroi de crédis, le sysème financier durci au maximum possible la conraine ex ane ( C p 1, C ). Une elle siuaion diminue le poeniel de croissance des PME e par conséquen celui du produi global de l économie. 85

86 Analyse des effes cumulés (coû direc e indirec) de la conraine de financemen ex ane Comme il a éé précisé plus hau, dans la logique, l applicaion de la conraine de financemen ex ane fai supporer aux PME, non pas un seul coû mais deux. Il s agi du coû indirec ( direc ( p C, p C, 1 ) don les effes on éé isolemen analysés dans la secion précédene e du coû 2 ) relaif au règlemen du service de la dee, après l obenion du financemen e la réalisaion de la producion. Dans cee secion, il s agi d analyser l effe cumulé d une elle opion de poliique du sysème financier oujours favorable aux grandes enreprises. Dans la secion précédene, il éai quesion d éudier l unique effe indirec de la conraine ex ane, ce qui a condui à supposer que 0. Auremen di, on ne s es pas inéressé à la siuaion après l acquisiion de financemen e la réalisaion de la producion par les PME. Ici, il n en es pas ainsi puisque les PME, après avoir produi, doiven encore faire face aux charges liées à la dee conracée auprès du sysème financier. Cela di, le sysème financier poncionne une parie des revenus irés de la producion des PME, d où on considère que 0. Touefois, compe enu du conexe (conraine ex ane), le sysème financier n a plus une parfaie capacié de se faire rembourser e/ou sa confiance vis-à-vis des PME n es plus aussi fore que dans le cas d une simple conraine ex pos où 1. On a donc 1. Désignons par p C ', 1, le coû global des conraines de financemen ex ane. Pour analyser la performance de la poliique du sysème financier dans ce conexe, il fau rouver la valeur de p C ', 1 qui perme de maximiser le revenu oal des grandes enreprises. A ce effe, lorsque la condiion (2) es respecée, alors w 0 ; dans ce cas, on obien les mêmes résulas que dans le cas déjà éudié des conraines ex pos. En revanche, e c es ce qui es inéressan ici, lorsque la condiion (2) n es pas respecée, le salaire es non nul ( w 0 ), son aux es donné par (7) e les quaniés de ravailleurs employés par chaque enreprise son données par (6 b) e (6 c). En prenan en compe le fai que les grandes g enreprises ne subissen aucune conraine de financemen ( C 0 ), e qu en plus, elles 1', 86

87 bénéficien de ous les financemens du sysème financier, le problème de maximisaion s écri alors : 1 C 1 (12) g g g p p p p p max C p 1', 1 C g 1', 1 1', A 1 w l A l ; g g p p En prenan en compe le fai que l l 1, lorsque la condiion (2) n es pas respecée, la soluion à ce problème de maximisaion peu prendre deux formes selon que l on se siue dans (6 c) ou (6 b). Si (6 c) ien, cela signifie que la producivié marginale d un ravailleur employé par une PME es supérieure à celle d une grande enreprise. Dans ce cas, (7) perme d éablir que le aux de salaire du marché es égal à la producivié marginale d un ravailleur employé par une grande enreprise ; d où w A 1 maximisaion (12) donne comme soluion: g. De ce fai, la résoluion du problème de C, p 1 '. Ce résula es idenique à celui de la maximisaion de (10) déjà éudiée dans le cadre d une poliique de conraine de financemen ex pos qui a donné égalemen : p C, 2. Si (6 b) ien, (7) perme d éablir que le salaire d équilibre du marché es égal à la 1 p p producivié marginale d un ravailleur employé par une PME : w 1 C1', A ; 1 p g p d où l e l 1. Dans ce cas, la soluion au problème de maximisaion (12) g donne : C p 1', p 1 C1', g,,, 1 1 g 1 g Cee soluion revê deux caracérisiques essenielles permean de faire la comparaison avec les coûs des conraines de financemens précédemmen éudiés. g La première es que,, g, 1 es (un nombre) oujours g 1 1 fini ; d où p C ', 1 es oujours inférieur à 1. En rappel, il éai éabli dans la secion précédene 87

88 que le coû indirec de la conraine de financemen ex ane ( Alors, oues choses égales par ailleurs, le coû global ( indirec ( p C, 1 ) de la conraine de financemen ex ane : p C ', p p C ', C1, p C, 1 ) es quasimen égal à 1. 1 ) es inférieur au simple coû 1. Cela signifie que lorsque le sysème financier, bien que favorable aux grandes enreprises, es assuré de pouvoir consiuer ses ressources grâce aux respecs des engagemens de remboursemen des PME ( 0 ), le coû oal ou définiif de la conraine ex ane imposée à ces dernières s amoindri. g La seconde caracérisique es que,, sricemen plus grand que. De ce fai, le coû oal ( 1 g, 1 es g 1 1 p C ', 1 ) es oujours supérieur à qui correspond à la valeur du simple coû de la conraine de financemen ex pos ( p C, 2 ) imposée aux PME : p p C ', C2, 1. Un el résula es ou à fai compréhensible, parce que dans le cas d une simple conraine de financemen ex pos, le sysème financier, en ne créan aucune aure forme préalable de difficulé ou de conraine d accès au financemen, laisse oue la laiude aux PME de réaliser leur producion avan de capurer une parie de leur produi. Alors que dans le cas de l analyse des effes cumulés de la conraine ex ane, il ressor que les PME son non seulemen soumises à des conraines direces affecan leur capacié producive, mais en plus après, producion, elles son encore enues de faire face à d aures prélèvemens. Tou comme dans les cas précédens, en enan compe du fai que le cadre légal e juridique ineragi avec le sysème financier, le coû global des conraines ex ane es donné par : (13) C g,,, C g 1,,, p 1', min, La proposiion 3 résume les caracérisiques d une poliique de conraine de financemen ex ane. Proposiion 3. Supposons que les condiions (3) e (6 b) iennen, que (2) ne soi pas p respecée e que 0 ; le coû oal d une conraine de financemen ex ane ( C 1 ', ) du 88

89 sysème financier, favorable aux grandes enreprises, es donné par (13). p p p Comparaivemen aux aures conraines, il ressor que : C C, d où : Y 2, Y1', Y1,. C 2, 1', 1, Synhèse du cas de figure 1 Comme il a éé précisé au débu, la performance du sysème financier es appréciée au ravers de sa capacié à favoriser l émergence des enreprises dynamiques en ermes de créaion des richesses, ce qui conribue à accroîre davanage le PIB donné par (8). De par les éudes de cas abordées jusque-là, il peu êre inéressan de caracériser les différenes poliiques de financemen d un sysème financier ne favorisan qu une seule caégorie d enreprises, noammen les grandes enreprises. Suivan les différens résulas produis précédemmen, rois grilles d analyse se dégagen : 1. Premièremen Le fai de savoir si le sysème financier es performan ou ne l es pas lorsqu il es exclusivemen favorable aux grandes enreprises dépend noammen des produciviés marginales du ravail des deux caégories d enreprises qui son données par : 1 g g p p 1 C A e C A 1 j, 1 j, 1 1. La raison es simple. La performance du sysème financier s éabli lorsque les effes des coûs des conraines de financemen impacen le moins possible le produi global de l économie. C es pourquoi, en référence au produi global de l économie donné par (8), l analyse de la performance se fai en examinan les effes des coûs sur ses deux ermes qui représenen respecivemen le revenu oal issu de la producion des grandes enreprises e des PME : g g g g 1 1 p p p p 1 C A l e C A l j, 1 1 j,. Pour minimiser le prélèvemen (ou le manque à gagner) sur le produi global de l économie, il es raisonnable de penser que les coûs des conraines de financemen doiven êre supporés par le erme qui a la plus peie valeur. C es pourquoi, il nous fau comparer ces deux ermes du produi global de l économie : g g g g 1 1 p p p p 1 C A l e C A l j, 1 1 j,. 89

90 En supposan que (9) ien, c es-à-dire qu il y a auan de grandes enreprises que de 1 1 C j, A l e 1 PME, cela revien à comparer : g g g p p p C j, 1 A l. Avec l 1 j, A 1 g p p p g g (6 b), on sai que : e l 0, si 1C C j, 1 A. Cee relaion n es rien d aure que la comparaison des produciviés marginales du ravail enre les deux caégories d enreprise. A parir de ces considéraions, on peu éablir que si : A g g 1 C j, 1 p 1 C j, A g l g g 1 C j, 1 1 A p g 1 C j, p 1 C j, 1 A p l p C g j, 1 A g l g g C p j, 1 A g l g p 1 C j, 1 A p p l g 1 1 C j, 1 A p l p p puisque 1 A g l g 1 l p l g p 1 1 C j, 1 A p p l Donc, lorsque la producivié marginale du ravail des grandes enreprises es supérieure à celle des PME, oues choses égales par ailleurs (noammen lorsque (9) ien), leur revenu oal es égalemen supérieur à celui des PME. Dans ces condiions, il es opimal que le sysème financier leur soi favorable dans la mesure où les coûs des conraines de financemen subis par les seules PME réduisen, dans des proporions moindres, le produi global de l économie. De la même manière, si la producivié marginale du ravail des PME es supérieure à celle des grandes enreprises, la performance du sysème financier viendra du fai d avoir une poliique de financemen favorable à ces PME. Dans ce cas, les coûs de conraines de financemen subis par les grandes enreprises n affecen pas significaivemen le produi global de l économie. En somme, oues choses égales par ailleurs, la performance d un sysème financier se caracérise par le fai de privilégier dans sa poliique de financemen la classe d enreprises don la producivié marginale du ravail es la plus élevée, car les conraines, exclusivemen subies par l aure classe, induisen un manque à gagner moindre sur le produi global de l économie. A conrario, un sysème financier n es pas performan lorsqu il fai subir les coûs des conraines de financemen à la caégorie d enreprises don la producivié marginale es 90

91 supérieure, car le manque à gagner pour le produi global de l économie es beaucoup plus élevé. Ces résulas suggèren, par ailleurs, que la producivié marginale du ravail peu êre un bon indicaeur pour le choix de la caégorie d enreprises à favoriser par la poliique de financemen du sysème financier. 2. Deuxièmemen p a. Des rois ypes, une simple conraine de financemen ex pos ( C 2, ) es l opion de la poliique du sysème financier qui impose le moindre coû sur les PME : p p p C 2, C1', C1,. Une elle siuaion se présene lorsque les PME n on aucun soucis majeurs pour accéder aux financemens, mais elles doiven cependan faire face à des condiions de remboursemen plus ou moins rigoureuses. C es égalemen ce niveau de coû de conraine de financemen qui perme d aeindre le plus grand niveau du produi global de l économie : Y 2, Y1', Y1,. p b. La plus coûeuse es celle d une parfaie conraine de financemen ex ane ( C 1, ), c es-à-dire lorsque les PME fon face à d énormes difficulés d accès au sysème financier. Cee siuaion s apparene pluô à un manque oal de financemen pour les PME. Cela affaibli sérieusemen leur capacié producive e amenuise alors leur poeniel de croissance. p c. Dans la logique, c es la conraine de ype C 1 ', qui es généralemen appliquée, puisque les PME, malgré oues les nombreuses difficulés, accèden ou de même au financemen pour des monans minimes (coû indirec de la conraine ex ane) e don le coû de remboursemen peu s avérer onéreux (coû direc de la conraine ex ane). Ces résulas suggèren d aures inerpréaions. Éan donné que les grandes g g g enreprises ne subissen aucune conraine de financemen ( C C C 0 ) e que ce son 2, 1', 1, les seules PME qui poren oues les charges, l amélioraion des condiions d accès au financemen perme de relever le produi global de l économie donné par (8). Cee amélioraion qui radui le niveau de développemen financier peu, par exemple, se caracériser par le passage de la conraine de ype ype 1 à celle de ype C 1 p ', ou reculer même au p C 2,. Par ce mécanisme qui suscie davanage la croissance des PME, le développemen financier affece posiivemen la croissance du produi global de l économie (PIB). C es p C, 91

92 probablemen dans cee perspecive explicaive que ce siue l éude de Beck e al. (2004) e de ous les chanres de la promoion des PME. 3. Troisièmemen Pour oues les siuaions analysées précédemmen, la performance du sysème financier peu êre encore plus fore lorsqu il exise un environnemen exogène, comme par exemple le cadre macroéconomique, insiuionnel ou juridique, permean de réduire l ampleur des coûs des différenes conraines de financemen, c es-à-dire lorsqu il exise un C el que : p p C j, min C j,, C Jusque-là, nous avons émis une hypohèse fore (9), à savoir qu il y a auan de grandes enreprises que de PME. Mais, l analyse de la performance du sysème financier devien plus complexe lorsqu on lève cee hypohèse. Par exemple, avec g p <, il es possible d avoir une producivié marginale 1 j, A 1 1 C C p p g g supérieure pour les grandes enreprises ( j, 1 A ), ce qui leur perme égalemen d avoir une producion individuelle supérieure à celle des PME 1 1 C j, A l 1 ( g g g p p p 1 1 C 1 C j, 1 A 1 j, A l 1 l 1 1 ), mais une producion agrégée inférieure à celle des PME ( g g g g p p p p du différeniel enre g e p. C j, 1 A l ) selon l ampleur Il ressor donc qu un problème peu se poser lorsque les PME, bien que n ayan pas la producivié marginale du ravail supérieure, son largemen majoriaires d un poin de vue numérique. Dans une elle siuaion, le fai que le sysème financier privilégie uniquemen la classe d enreprises ayan la plus grande producivié marginale du ravail n assure plus forcémen à l économie d avoir le niveau maximum de son produi global. En d aures ermes, la performance d un sysème financier peu êre remise en cause même si, dans sa poliique de financemen de l économie, il ne s inéresse qu aux enreprises ayan les niveaux les plus élevés de producivié du ravail. 92

93 Alors, dans ce cas, fau-il oujours coninuer à privilégier seulemen les enreprises à producivié marginale supérieure, c es-à-dire les grandes enreprises sachan que le produi global de l économie peu en pâir? Fau-il, au conraire, privilégier les PME e faire subir les coûs des conraines de financemen aux grandes enreprises censées pouran êre les plus créarices de richesses? Ou encore, fau-il rouver un aure scénario el que les enreprises les plus créarices de richesses coninuen à êre prioriaires dans la poliique du sysème financier ou en réduisan les coûs des conraines de financemen pour cerain nombre de PME? La secion suivane vise à apporer des élémens de réponses à ces inerrogaions Cas de figure 2 : Poliique de financemen d un sysème financier non favorable qu à une seule classe d enreprises. Dans le cas de figure 2, l analyse de la performance du sysème financier se fai en opéran quelques changemen dans le foncionnemen du modèle : Concernan la cible de la poliique de financemen : ici, le sysème financier ne privilégie à priori aucune classe d enreprises, en l occurrence les grandes. Cela signifie qu à ou momen, le sysème financier peu changer de cible dans sa poliique de financemen. Il peu basculer d une classe ou caégorie d enreprises à une aure d un insan à un aure selon la conribuion relaive des différenes classes au produi global de l économie. La condiion (9), iniialemen posée, dans le cas de figure précéden, n es plus respecée, c es-à-dire que le nombre de grandes enreprises es différen de celui des PME : g p. Pour mener l analyse sur la base de ces changemens, il sera nécessaire d inroduire de nouveaux paramères permean de mieux cerner ous les conours du suje. Ces nouveaux paramères son de deux ypes. Le premier, noé q, es la probabilié qu au emps, les PME, ayan la producion oale la plus élevée dans l économie, puissen bénéficier de condiions avanageuses de financemen au dérimen des grandes enreprises. Cee probabilié q es donc une foncion 93

94 p p g g croissane de la producion oale relaive des PME donnée par : y / y. En d aures ermes, lorsque les PME accroissen leur producion oal relaivemen à celle des grandes enreprises, elles augmenen égalemen leur chance d êre favorisées par le sysème financier dans sa poliique de financemen. Alernaivemen, ( 1 q ) représene la probabilié que la poliique du sysème financier coninue d êre favorable aux grandes enreprises. Par soucis de simplificaion, nous n allons considérer que deux éas possibles de q : p p g g q es élevée lorsque y / y 1 p p g g q es faible lorsque y / y 1. ; Le second es un couple de paramères P, m permean de cerner, en un emps, le conexe du sysème financier en ermes de rappor de force producive enre les grandes enreprises e les PME. P G, P es un paramère qui indique, à un emps donné, si c es la classe des grandes enreprises ( P G ) qui es favorisée par la poliique du sysème financier ou bien si c es pluô celle des PME qui l es ( P P ). Quan à m, F, il indique si la probabilié que le sysème financier change de cible dans sa poliique de financemen es élevée ( m ) ou faible ( m F ). On adme que ce changemen de cible es posiivemen corrélé à p p g g q. Auremen di, lorsque y / y 1 a une fore chance ( m p p g g qu aux PME. En revanche, lorsque y / y 1, la probabilié q es élevée, alors il y ) que le sysème financier change de cible pour ne s inéresser, la probabilié q es faible, dans ce cas, le sysème financier n a aucun inérê ni à assouplir les condiions de financemen, ni à changer de cible en faveur des PME. Il mainien donc la même poliique que dans le cas de figure 1 déjà éudié. Le paramère m es capial en ce sens qu il perme de prendre en compe la capacié du sysème financier à développer des ouils de diagnosic e d analyse de son environnemen économique lui permean d idenifier e de souenir les agens économiques à fores poenialiés producives. Au regard des développemens ci-dessus, on voi que le sysème financier peu avoir recours à différenes opions de réponses (sraégies) en foncion des conexes ou siuaions. Touefois, la siuaion qui va pluô nous inéresser dans cee secion, c es lorsque les PME acquièren des posiions avanageuses par rappor aux grandes enreprises 94

95 avec P p p g g G; m E. Cee siuaion correspond au cas où y / y 1, d où une probabilié q élevée. Par ailleurs, à ire illusraif, nous eudierons uniquemen, dans cee secion, le cas de ~ i la conraine de financemen ex pos qu on noe. Pour ce faire, afin d écarer les effes des conraines sur les possibiliés de recruemen e de producion, supposons que (2) es C 2, g p respecée ; alors (7) éabli que w 0 ; l l. ~ g ~ Le problème de maximisaion consise à déerminer les niveaux de coû e p C 2, C 2, qui maximise le revenu oal ne des grandes enreprises donné par : (14) ~ max ~ p ~ g C2,, C2, g ~ g g G, E (1 q) G q P g ~ g 2, 2, 2, qy C 2, g ~ g ~ g ~ g ~ p 1 q y C C, C ~ ~ indiquan le revenu oal d une grande enreprise dans un conexe où g Avec G E, ce son elles qui éaien privilégiées par le sysème financemen e où le risque es élevé que ce soi dorénavan les PME qui le soien. Ce revenu es consiué, pour une proporion ( 1 q), du revenu d une grande enreprise lorsque ce son elles qui son la cible privilégiée sachan g que la menace que cela change exise ( ~ ) e pour une proporion q, du revenu d une G grande enreprise dans un conexe où ce son les PME qui son les seules cibles de la g poliique de financemen ( P ~ G, les charges son réparies enre les ~ ). On voi qu avec g deux classes, de même que les financemens. En revanche, si la endance s inverse g effecivemen, c es-à-dire si les PME parviennen à devenir les seules cibles ( ~ ), dans ce cas, les grandes enreprises seules subissen les coûs de la conraine ( e les PME obiennen l esseniel des financemens ( g 0 correspond à ce qui a éé déjà éudié dans le cas de figure 1. ~ La soluion ~ p g C 2,, C2, ~ p ~ g e C 2, g g C j, C2, P ~ p e C 0 ) j, ). Cee siuaion irée de (23) caracérise la poliique du sysème financier qui, prenan en compe le conexe G, E, améliore les condiions de financemen des PME pour 95

96 accroîre davanage la producion oale de l économie (PIB). Ce qui es imporan de reenir ici, c es de se rendre compe que ce n es plus uniquemen les PME qui supporen ous les coûs relaifs à la conraine de financemen. De façon générale, les coûs des conraines e par conséquen, les financemens son réparis de façon opimale enre les deux classes d enreprises de manière à enir compe des avanages comparaifs de chacune. Dans le cas de figure 1, el n éai pas le cas. Le seul fai que les grandes enreprises aien les plus grands niveaux de producivié suffisai au sysème financier pour faire subir oues les conraines aux PME. Pouran, le coû de la conraine conribue aussi à dégrader leur producivié. Il ne enai pas compe de l imporance numérique relaive des PME qui, en foncion du degré du différeniel de producivié, peu faire qu elles paricipen beaucoup plus que les grandes enreprises à la producion globale de l économie (PIB). C es pourquoi la performance du sysème financier n éai, en oue évidence, pas assurée. Mais dans ce le cas de figure 2, il ressor que lorsque le sysème financier se doe d insrumens lui permean de enir compe de la dynamique producive globale des PME (présence de m, F modèle), il es plus performan. dans le Proposiion 4. Supposons que (2) es respecée e considérons un environnemen où le sysème financier es a priori favorable aux grandes enreprises qui, avec la probabilié q p p g g dépendan elle-même du rappor y / y, peuven perdre ce avanage au profi des PME. Cela amène à considérer deux conexes disincs donnés par m, F. Alors, conrairemen aux siuaions précédenes évoquées dans le cas de figure 1, le sysème financier prend en compe, dans sa poliique de financemen, le dynamisme des PME ( m ou m F ) en ermes de conribuion au produi global de l économie. Ainsi : p p g g 1. Si y / y 1, on a une probabilié q faible, cela signifie que m F. Dans ce conexe, le sysème financier coninue à adoper une poliique de financemen exclusivemen favorable aux grandes enreprises. A conrario, il fai subir oues les conraines à la seule caégorie des PME qui accèden par ailleurs à un financemen rès limié (voire nul)., on a une probabilié q élevée, ce qui enraine que m E. Dans ~ p g ce cas, le sysème décide d une poliique C, C ~ qui, en permean d améliorer les p p g g 2. Si y / y 1 condiions d accès aux financemens des PME, n amenuise pas le poeniel producif des grandes enreprises ( C ~ e C ~ son irés du problème de maximaion du revenu des p g 96

97 grandes enreprises (23)). Par conséquen, (8) perme de consaer que les PME dégagen des niveaux de revenu de la producion relaivemen élevés compe enu de p ~ p la baisse de C 2, qui se siue dorénavan à. Cependan, comme le coû des conraines de financemen des grandes enreprises s élève à un niveau relaivemen ~ g supérieur ( C 0), cela fai baisser, ceres, leur revenu de producion, mais pas celui 2, du revenu global de l économie, parce que l accroissemen relaif du revenu des PME C 2, devrai compenser, voir dépasser ce manque à gagner Conclusion du chapire Le modèle fai apparaîre que le sysème financier parvien à êre performan lorsqu il es capable d assurer la croissance des PME qui paricipen davanage à la producion globale de l économie (PIB). Cee conclusion es en phase avec l éude de Beck e al. (2004 ; ) qui monre que les PME consiuen le principal canal par lequel le développemen financier affece la croissance économique. La raison es que les allègemens des conraines de financemen e l amélioraion de l accès aux financemens des PME inhérens au développemen financier favorisen beaucoup plus les PME que les grandes enreprises. Cela conribue à la croissance poenielle de l économie. Donc, les PME son le meilleur canal par lequel le sysème financier peu vériablemen exercer un impac sur la croissance économique. Touefois, il es imporan de relever que dans le modèle, nous avons supposé, dans la mise en œuvre de la meilleure poliique de financemen (conraine ex pos), que 1, c esà-dire que le sysème financier a une apiude parfaie à mobiliser ses ressources provenan de la producion des différenes enreprises, noammen les PME. En d aures ermes, ce modèle ne foncionne correcemen que lorsque les banques e les différenes insiuions du sysème financier on confiance en la capacié (ou même la bonne foi) de remboursemen des PME. E, à ce niveau, il es imporan de relever que le faceur confiance es capial pour le sysème financier dans sa poliique de financemen noammen à l égard des PME. L aure faceur capial dans ce modèle es la prise en compe de l ineracion enre le sysème financier e les insiuions économiques, poliiques e juridiques permean la 97

98 limiaion des coûs des conraines de financemen ( C ). Cela fai que le coû réel des conraines de financemen es oujours égal au minimum enre le coû imposé par le sysème financier e le coû plafond ne pouvan pas êre dépassé : i i C j, min C j,, C. Cee ineracion conribue à améliorer la performance du sysème financier noammen lorsque C es faible. En effe, un niveau faible de C se radui par un niveau de performance beaucoup plus fore ; au conraire, un niveau élevé laisse oue la laiude au sysème financier d imposer de façon discréionnaire les conraines. En somme, ce modèle héorique nous a permis d avancer dans l analyse de la performance du sysème financier suivan l approche microéconomique. Touefois, il peu êre inéressan de pousser la réflexion sur la consrucion d un aure modèle permean d affiner l analyse des faceurs explicaifs de la performance du sysème financier. Tel es l obje du chapire suivan. 98

99 CHAPITRE III. MODELISATION DES FACTEURS EXPLICATIFS DE LA PERFORMANCE DU SYSTÈME FINANCIER DES PAYS EN DEVELOPPEMENT Dans le chapire précéden, il ressor que, dans les pays en développemen, la performance des sysèmes financiers s apprécie à ravers leur capacié à réduire les conraines de financemen auxquelles les PME fon face ; ce qui favorise un niveau supérieur de créaion de richesses. Il ressor égalemen que le degré de confiance des banques en la capacié ou la voloné des PME à honorer leurs engagemens en ermes de remboursemen y es capial. Éan donné que les PME son de diverses naures, il s agi, dans ce roisième chapire, de proposer un modèle qui perme de comprendre, non seulemen le ype de PME don il es quesion, mais égalemen les mécanismes légaux e insiuionnels qui permeen de renforcer la confiance des sysèmes financiers. L inérê d un el modèle héorique es de voir commen, dans les pays en développemen, les sysèmes financiers peuven généralemen parvenir à jouer pleinemen leur rôle. De façon spécifique, il s agi de proposer un modèle héorique permean de comprendre commen les caracérisiques de l environnemen insiuionnel e légal au niveau méso-économique d une par, e les caracérisiques personnelles d une enreprise (PME) au niveau microéconomique d aure par, déerminen sa valeur e par ricoche la qualié de ses rappors avec le sysème financier (les banques). Cee éude es d auan plus imporane qu elle vien compléer la liéraure manquane des modèles héoriques relaifs à ce champ d invesigaion. En effe, face au foisonnemen des éudes empiriques e au regain d inérê pour cee quesion dans les pays en développemen, on rouve rès peu de liéraure héorique sur le suje. Mais il convien de remarquer qu une éude sur les déerminans ou les faceurs explicaifs de la performance d un sysème financier paraî rès ambiieuse. Comme elle, elle compore beaucoup de risques en ce sens qu elle es complexe e fai appel à des connaissances élargies sur des domaines variés pouvan même aller au-delà des sciences économiques. En effe, elle empièe sur des domaines d éudes propres aux sciences poliiques, à l hisoire, aux sciences de la gesion, ec. A cela, il fau égalemen ajouer que, 99

100 pour bon nombre de pays en développemen, noammen en Afrique de l Oues, les données saisiques son difficilemen disponibles e/ou accessibles. Cependan, quelles qu en soien les difficulés, cee éape (de l éude) rese inconournable lorsque l on cherche à comprendre les fondemens de la dynamique foncionnelle d un sysème financier. Elle es d auan plus indispensable que d elle dépenden la qualié des recommandaions de poliique économique, de même que la jusesse des réformes, visan à rendre performan le foncionnemen du sysème financier des pays en développemen. Pour la suie, une revue de la liéraure es d abord présenée, puis le modèle héorique La revue de la liéraure Pour avoir une bonne compréhension les faceurs décisifs concernan la performance des sysèmes financiers, il es indispensable de comprendre les mécanismes de l environnemen microéconomique e méso-économique des enreprises en jeu e surou leurs ineracions avec les insiuions financières. Pour ce faire, inéressons-nous esseniellemen aux recherches mean en avan diverses siuaions relevan des problèmes d agence e des problèmes de signal. Ce son elles qui offren une base solide pour la consrucion du modèle. Nous allons aborder le suje en examinan d abord les éudes poran sur les comporemens opporunises des dirigeans d enreprises à l égard des banques e des aures insiuions financières. Selon Ahn e Choi (2009), les comporemens opporunises des dirigeans son cernés par les banques à ravers des indicaeurs qualiaifs de mesure du risque de défau, els que leur niveau d inégrié e leurs compéences. L inégrié du dirigean fai surou référence à la fiabilié des éas financiers e des compes sociaux de l enreprise, andis que ses compéences fon référence à la qualié du managemen de cee enreprise. Cela monre que, indépendammen des mesures quaniaives (siuaion financière, renabilié, ec.) des enreprises, l appréciaion des comporemens opporunises es un faceur clé dans le processus d esimaion du risque de crédi bancaire e donc de la confiance du sysème financier vis-à-vis des enreprises. Les banques on diverses bonnes raisons de chercher à conrôler ces comporemens opporunises, que ce soi avan les prês (ex ane, c es le problème de signal) ou après (ex pos, c es pluô le problème d agence). Avan les prês, les banques veulen s assurer que les 100

101 dirigeans ne cherchen pas à présener une siuaion financière erronée permean d accroîre les capaciés d emprun de l enreprise. Quand on sai que d une par, la probabilié d accorder un prê e d aure par, les ermes des conras de dee son définis en enan compe des probabiliés de peres e de profis de l enreprise, on comprend pourquoi les dirigeans peuven avoir des comporemens opporunises ex ane (Fraser e al., 2001 ; Mishkin e Eakins, 2003). Ainsi, une imporane capacié d emprun es un signal posiif qui accroî le pouvoir de négociaion de l enreprise e lui offre de nombreux avanages : monans de prês élevés, faibles aux d inérê, faibles coûs de conra de dee, mauriés (échéances) plus ou moins longues du prê, ec. Ex pos, c es-à-dire après l obenion des prês, les dirigeans d enreprises peuven oujours développer des comporemens opporunises en coninuan à émere de faux signaux posiifs. Dans ce cas, le principal objecif du dirigean es d évier les conséquences prédéfinies dans le conra de prê en cas de violaions des clauses. Ces conséquences son enre aures (Beneish e Press, 1993) : un relèvemen de aux d inérê, une exigence de remboursemen anicipé, des resricions sur les aciviés e la gesion de l enreprise. Face à ces comporemens, les banques peuven recourir au monioring (surveillance) don le degré de mise en œuvre es mesuré par (Ahn e Choi, 2009) : 1. le volume (monan) du prê bancaire, 2. la répuaion (rang) de la banque leader dans le cas d un prê syndiqué, 3. le nombre de prêeurs dans le cas d un prê syndiqué, 4. l échéance du prê, 5. l hypohèque. Ainsi, il apparaî que le degré de monioring (surveillance) bancaire es négaivemen lié aux comporemens opporunises des dirigeans d enreprises. Auremen di, les banques, de par le monioring qui accompagne le processus de financemen, conribuen à améliorer la 101

102 valeur des enreprises en réduisan les comporemens opporunises de leurs dirigeans. En se référan au chapire précéden e en observan les différens ouils uilisés, il apparaî que le monioring es assimilable aux conraines de financemen ex pos. Mais la fore corrélaion posiive du risque de défau de remboursemen e des comporemens opporunises ex ane monre pourquoi les banques se préoccupen préalablemen des compéences du dirigean e de la fiabilié des résulas sociaux de l enreprise bien qu elles puissen recourir au monioring ex pos, c es-à-dire après avoir accordé le prê. Cela di, les compéences du dirigean e la fiabilié des compes des enreprises son déerminanes pour leur permere d accéder aux financemens bancaires e d évier alors les conraines de financemen ex ane comme cela a éé éudié dans le chapire précéden. Dans le modèle qui sera présené plus bas, les compéences du dirigean e l exisence d un mécanisme de conrôle inerne ouver aux parenaires inernes (associés, acionnaires, ec.) e exernes (banques, Éas, ec.) de l enreprise son des faceurs qui son pris en compe. Tou en resan dans le même regisre, examinons la quesion en nous inéressan, cee fois ci, à des ravaux qui s inéressen à l impac de la proecion des invesisseurs sur la valeur de l enreprise (Lapora e al., 2002). La proecion des invesisseurs prend en compe ou ce qui accroî le coû de spoliaion des invesisseurs exernes par ceux qui en son inernes (managers ou acionnaires) (Himmelberg e al., 2004). Les invesisseurs exérieurs son concepuellemen représenés par l ensemble des aceurs qui, bien qu ayan paricipé au financemen de l enreprise, son moins impliqués à la gesion de l enreprise au quoidien. Le risque pour ceux-ci es qu ils ne puissen pas renabiliser leurs capiaux invesis. Lorsque la gérance de l enreprise es assurée par des personnes n éan pas dans le capial, ous les acionnaires ou associés sans disincion peuven êre considérés comme invesisseurs exernes noammen lorsque la srucure de propriéé n es pas concenrée. Mais lorsque la propriéé es concenrée chez un ou seulemen quelques acionnaires dis majoriaires, ce son les acionnaires minoriaires qui son, dans ce cas, considérés comme les invesisseurs exernes que l enreprise soi dirigée ou pas par les acionnaires. Dans ous les cas de figure, les banques e oues les insiuions de financemen direc son considérées comme des invesisseurs exernes. 102

103 Pour comprendre les mécanismes en jeu dans cee hémaique, il es encore nécessaire de consuler la liéraire consacrée au bénéfice privé de la gérance (managemen) e à la srucure de propriéé opimale (Demsez e Lehn, 1985 ; Grossman e Har, 1988 ; Harris e Raviv, 1988 ; Bebchuck, 1999 ; Wolfenzon, 1999 ; Bennedsen e Wolfenzon, 2000 ; Ehrhard e Nowak, 2001). A propos des bénéfices privés du conrôle, de la gérance ou managemen des enreprises, la liéraure en révèle rois ypes : Le premier ype es non pécuniaire, puisqu il s agi du presige social que confère la propriéé d une enreprise ou sa gérance. Dans ce cas, le propriéaire ou le géran ne ire pas leur uilié ou n on pas de bénéfices privés aux dépens de l enreprise e de ous ses parenaires/invesisseurs exérieurs. Par exemple, le fai de voir son fils/fille diriger l enreprise qui pore le nom de la famille peu êre graifian. Dans le domaine du spor ou des médias égalemen, une famille peu influencer de grands événemens sociaux, poliiques e culurels à ravers la propriéé d une enreprise. Le deuxième es aussi non pécuniaire, mais à la différence du premier, le nom de famille que pore une enreprise peu êre un label de qualié à défendre (Faccio, 2002) sur le marché poliique e économique. Dans ce cas, la héorie affirme que les enreprises conrôlées par des familles on une plus grande valeur. Le roisième es pécuniaire en ce sens qu il se manifese par diverses sores de déournemens au dérimen des invesisseurs exérieurs de l enreprise. Dans ce cas, les bénéfices privés s acquièren aux dépens de l accumulaion du profi (Jensen e Meckling, 1976) don les invesisseurs exérieurs peuven en bénéficier. Pour la suie des analyses, c es ce roisième ype de bénéfice privé qui nous inéresse; il en exise plusieurs varianes : 1. Le géran ou manager peu vouloir déourner une par imporane du profi de la firme avan de disribuer le rese sous forme de dividende ; 2. le géran peu s accorder des rémunéraions excessives sous forme de salaires e aures avanages sociaux, de ransfers, de prês à lui-même ou puremen e simplemen de vol ; 103

104 3. dans cerains pays, de els déournemens peuven s opérer de manière légale, mais cela requier des coûs de ransacion énormes comme la créaion d une sociéé écran, la prise de risques légaux, ec. (Burkar e al., 1998 ; Johnson e al., 2000b). Concernan la srucure de propriéé opimale, il ressor que la spoliaion des invesisseurs exérieurs nécessie une gesion discréionnaire (secrèe) qui n es pas possible lorsque la gérance de l enreprise ou dans une large mesure sa propriéé es paragée (Lapora e al., 1999a). De façon alernaive, un enrepreneur qui renonce au conrôle ou à la gérance fai impliciemen appel à d aures personnes qui pourraien souhaier faire des déournemens aux dépens des acionnaires ou des associés minoriaires (Zingales, 1995 ; Bebchuk, 1999). Ce son ces raisons qui expliquen le fai que dans de nombreux pays surou en développemen, la propriéé des enreprises soi concenrée aux mains des familles fondarices qui en assuren la gérance. Mais à un momen donné de la vie de l enreprise, le fondaeur au sein de la famille voudra se reirer de la gérance soi parce qu il es obligé de parir en reraie, soi parce qu il souhaie professionnaliser (ou moderniser) davanage. Différens problèmes peuven se poser els celui de la succession au sein de la famille ou celui de l ouverure du capial à d aures personnes ou encore celui de la cession de la gérance à des professionnels. La quesion cenrale relaive à cee problémaique es de savoir commen cela affece la gouvernance e l efficacié de l enreprise de même que l accès au financemen. Les ravaux héoriques de Burkar e al. (2003) son d un grand appor. Ils indiquen que lorsque la gérance es confiée à un professionnel, la propriéé e le managemen deviennen séparés. Le bénéfice poeniel lié au recruemen d un professionnel es que celuici es probablemen meilleur manager ; cela valorise l enreprise en erme de chiffre d affaires ou de valeur ajouée e par conséquen facilie son accès au financemen. En revanche, le coû poeniel es que ce professionnel peu vouloir spolier la famille e les aures invesisseurs exérieurs. Ainsi, ces aueurs abouissen au fai que le degré de proecion des invesisseurs es le faceur déerminan pouvan incier à la délégaion de la gérance à un professionnel. Leur résula monre qu il exise une corrélaion négaive enre la proecion des invesisseurs e la concenraion de la propriéé d une par, e une corrélaion posiive avec la valeur de l enreprise d aure par. En foncion de la qualié de l environnemen légal e insiuionnel, rois opions s offren selon la liéraure : 104

105 1. Lorsque la proecion légale des invesisseurs exérieurs es fore, il n y a aucune craine de spoliaion ou de déournemen quelconque par le géran. Éan donné que les bénéfices privés son négligeables, il n y a plus besoin pour les invesisseurs exérieurs d êre à la gérance pour êre sûrs que leurs inérês son proégés. Dans ce cas, le bon choix équivau au recruemen d un professionnel pour la gérance de l enreprise. Ce ype de scénario correspond aussi à des siuaions où le créaeur d une enreprise familiale peu vendre enièremen l enreprise sur le marché financier, puisqu il n a pas à craindre ni pour la qualié de la gesion, ni pour la fiabilié des résulas e ni enfin pour la pérennié de l enreprise. Dans le premier cas, comme dans le modèle de Shleifer e Vishny (1986), le fondaeur fourni un bien public aux acionnaires minoriaires en conrôlan le manager. 2. Lorsque la proecion légale des invesisseurs exérieurs es moins fore, il peu êre égalemen bénéfique de recruer un professionnel à condiion d êre l associé principal ou l acionnaire majoriaire. Cela offre un levier pour mere en place le disposiif de conrôle adéqua permean de surveiller le professionnel. 3. Lorsque le sysème de proecion légale es faible, ou mécanisme de conrôle es inefficace e les perspecives de bénéfices privés son rès grandes. Dans ce cas, la meilleure opion es de déenir exclusivemen la propriéé de l enreprise e de ne jamais recourir à un professionnel pour la gérance. Il vau mieux, en cas de succession, passer la gérance à un membre de la famille. Si, dans un el cadre, ce acionnaire majoriaire décide de recourir à un professionnel, il sera obligé d inensifier la surveillance, non dans le bu de l inérê général de ous les invesisseurs exérieurs, mais pour son propre compe. De elles enreprises peuven égalemen êre de valeur moindre (Morc, Srangeland e Yeung, 2000 ; Perez-Gonzales, 2001) e cela consiue un obsacle pour l accès au financemen, parce que la fiabilié des résulas, de même que la qualié de la gesion, son remises en cause comme il a éé indiqué plus hau Le modèle L environnemen du modèle e les hypohèses sous-jacenes En s inspiran des idées forces présenées dans la revue de la liéraure, le modèle es développé e prend en compe quare grandes dimensions d analyse dans les rappors enre les insiuions financières e les enreprises noammen les PME (CEA, 2000). 105

106 Ce son : La qualié de l environnemen légal e insiuionnel ; la srucure de la propriéé l auonomie de la gesion e de la fiabilié des résulas la qualié de la gesion La qualié de l environnemen légal e insiuionnel Bien que l aenion soi porée sur la dimension microéconomique, il es indispensable dans ce modèle de prendre en compe la qualié de l environnemen légal e insiuionnel dans lequel l enreprise se rouve au niveau méso-économique. Tou comme les aueurs du couran de pensée «Law and Finance», il es légiime de penser que les différenes formes d anomalies consaées au sein des enreprises dépenden en parie de la manière don la loi e les insiuions légales mises en place s exercen (foncionnen) en la maière. Noons par 0, 1, la par du bénéfice réel poeniel de l enreprise capée sous forme de bénéfice privé par les associés 1 (acionnaires) de la PME ou bien par le dirigean (géran ou manager) ou par les deux. Le bénéfice privé de l enreprise représene la valeur des avanages de l enreprise ne pouvan profier qu aux seuls aceurs inernes 2 de l enreprise (associés, acionnaires, dirigeans) mais non percepibles par les aceurs exernes (Éa, insiuions financières, ec.). En d aures ermes, le bénéfice privé es la valeur acquise par l ensemble des biens e services ou des caracérisiques de l enreprise non déclarés officiellemen comme faisan parie du parimoine de l enreprise. Il peu êre assimilé à une rene. Le bénéfice privé es de deux ypes. Parmi les différens ypes de bénéfices privés, cerains profien à oue l enreprise en an que personne morale e par conséquen à ous ses aceurs inernes que son l ensemble des associés (ou acionnaires) e les dirigeans. Pour des quesions de forme, on les nommera bénéfice privé de ype A. En revanche d aures ypes de 1 On parle d associé pour faire référence aux propriéaires ou créaeurs d une PME. 2 Comme développé dans la revue de la liéraure, la noion d aceurs inernes e exernes n es pas figée noammen pour les acionnaires ou les associés de l enreprise. En effe, le fai d êre considéré comme un aceur inerne ou un aceur exerne dépend de son degré d implicaion ou de paricipaion à la gesion ou au mangemen de l enreprise. 106

107 bénéfices privés ne profien qu à une minorié d aceurs inernes, c es-à-dire seulemen au dirigean e évenuellemen à l associé principal (ou acionnaire majoriaire). Ce ype sera appelé bénéfice privé de ype B. Dans ous les deux cas, les aceurs exernes à l enreprise (insiuions financières noammen les banques, l Éa e dans cerains cas, les associés ou acionnaires minoriaires, ec.) son exclus du bénéfice privé don ils ne peuven ni déerminer la valeur, ni connaîre son uilisaion ou sa répariion. Quelques exemples de bénéfice privé de ype A son, enre aures : le personnel non déclaré, les compes non cerifiés (ou audiés), les amorissemens sur biens e équipemens mal évalués, les HAO (Hors Aciviés Ordinaires) 1 élevées. Quan aux bénéfices privés de ype B, ce son, enre aures : les dépenses ficives faies au compe de l enreprise en faveur du dirigean e évenuellemen de l associé principal (ou l acionnaire majoriaire), les services non facurés, les abus des biens de l enreprise par le dirigean e évenuellemen l associé principal, la rémunéraion excessive due au dirigean, ec. Le niveau du bénéfice privé dépend de la législaion en vigueur sur les sociéés e aussi par le foncionnemen des insiuions légales du pays. Ainsi une législaion pauvre avec un faible degré d applicaion de la loi se manifese par un élevé. Inversemen une solide législaion avec un degré élevé d applicaion se maérialise par une valeur faible de. Par exemple, lorsque 0, cela signifie que le pays es doé d un parfai sysème légal don les insiuions foncionnen bien. Par conre 1 es caracérisique d un sysème légal e des insiuions déficienes La srucure de la propriéé Il s agi ici de faire la disincion enre une PME à srucure de propriéé concenrée e une PME à srucure de propriéé diversifiée. Par souci de simplificaion, nous considérons qu une PME à srucure de propriéé concenrée a une srucure de propriéé inégaliaire alors que la PME à srucure de propriéé diversifiée a une srucure de propriéé égaliaire. La différence enre ces deux caégories es que dans la première, il exise un associé principal qui, 1 Hors Aciviés Ordinaires es une expression consacrée par SYSCOHADA (Sysème Compable de l Organisaion de l Harmonisaion du Droi des Affaires en Afrique). Elle désigne l ensemble des aciviés non déclarées comme principales e/ou secondaires. 107

108 compe enu de son influence au sein de l enreprise, perçoi un bénéfice privé de ype B, ce qui n es pas le cas dans la seconde caégorie où aucun associé n a ce pouvoir, à moins qu il soi dirigean de l enreprise. Cee disincion es indispensable dans la mesure où elle perme de pouvoir analyser le cas spécifique des enreprises individuelles e des enreprises familiales qui consiuen une frange imporane des PME dans les pays en développemen. En effe, les PME individuelles, les PME familiales son classées dans la caégorie des enreprises à srucure de propriéé concenrée ou inégaliaire. Noons par n, le nombre d enrepreneurs associés dans une enreprise e par k, le niveau moyen de capial apporé par chaque associé. Le oal des capiaux invesis dans l enreprise ou encore le capial social es donc égal à nk Dans le cas d une PME à srucure de propriéé concenrée ou inégaliaire, i es nk la par du capial de l enreprise déenue par l associé principal représené par i. i peu êre défini comme le degré du pouvoir de décision, de négociaion ou encore l influence de l associé principal au sein de l enreprise L indépendance de la gesion e de la fiabilié des résulas e des compes sociaux de l enreprise k i A ce niveau, il s agi de prendre en compe, le degré de fiabilié des résulas e des compes sociaux de la PME, puis de voir ce que cela implique. Deux cas de figure son considérés dans le modèle : 1. Dans le premier cas de figure, l enreprise n a aucun disposiif de conrôle inerne permean d évier ou de limier le recours au bénéfice privé de ype B. Une elle siuaion es possible lorsque les associés son rassurés que le bénéfice privé de ype B, même s il es envisageable, resera négligeable par rappor au bénéfice privé de ype A qui leur profie ous. En général, cela arrive lorsque l enreprise es dirigée par un associé, acionnaire ou propriéaire. Si la PME a une srucure de propriéé diversifiée ou égaliaire, aucun associé de la PME ne peu avoir recours au bénéfice privé de ype B sauf s il en es aussi le dirigean. En revanche, si la PME a une srucure de propriéé concenrée ou inégaliaire, l associé principal profie personnellemen du bénéfice privé 108

109 (de ype A e de ype B) en proporion de la par du capial social de l enreprise qu il déien ( i ). Dans ce cas, ce n es que (1- i ) du bénéfice privé de ype A qui revien aux aures associés. 2. Dans le second cas de figure, un disposiif de conrôle inerne exise afin de réduire le bénéfice privé de ype B e d augmener le bénéfice réel de l enreprise. Cee siuaion peu exiser lorsqu il y a une fore présompion de prédominance du bénéfice privé de ype B dans le cadre de la gesion faie par le dirigean qui n es qu un simple employé de l enreprise. Le disposiif de conrôle peu prendre les formes suivanes : recours à divers services pouvan êre assurés par des srucures exérieures : enue de compabilié, cerificaion des compes, conrôle de gesion, audi, reporing, ec. ; conra d objecifs avec le dirigean garanissan par ailleurs sa disponibilié; publicaion périodique des résulas. Suivan Pagano e Roëll (1998), puis Burkar e al. (2003), le modèle prend en compe 2 le coû du disposiif de conrôle inerne. Soi c ( m 2), le coû d un disposiif nécessaire pour réduire de m, la par du bénéfice privé poncionné dans le bénéfice réel ; avec m e c nkr. r représene la producivié du capial. Le paramère m peu êre aussi considéré comme un signal du degré de bonne foi des associés à rendre crédibles les résulas e compes sociaux de l enreprise aux yeux de ous (associés, dirigeans, banques, Éa, ec.). Le paramère c désigne la echnologie de conrôle ; il représene aussi la défaillance ou le dysfoncionnemen du sysème organisaionnel ou de gouvernance inerne de l enreprise. Une valeur élevée (proche de 1) de c signifie une défaillance (complèe) de l organisaion de l enreprise La qualié de la gesion La qualié de la gesion de l enreprise fai esseniellemen référence aux compéences du dirigean. Ainsi, deux modaliés son considérées dans le modèle : 1. Le dirigean n es pas un professionnel du corps de méier de l enreprise ou bien il n a pas de qualificaion pariculière dans le domaine ou même n a pas une expérience confirmée. Comme el, celui-ci ne peu avoir aucune exigence salariale, c es-à-dire qu il 109

110 es prê à ravailler au aux de salaire du marché. Dans ce cas, la renabilié des capiaux invesis es de l ordre de r a e le bénéfice bru réel es égal à nkr a ; 2. Le dirigean es doé d une expérience solide ou une qualificaion spécifique dans le domaine d acivié de l enreprise, auquel cas la renabilié des capiaux invesi vau rp e le bénéfice bru réel, nkr p. Une hypohèse qui en découle es que r r, ce qui signifie que la renabilié des capiaux invesis es oujours plus élevée quand l enreprise es dirigée par un professionnel ( r p ) que par un non professionnel ( r a ) a p. Par ailleurs, lorsque le dirigean es un professionnel e qu il exise un sysème de conrôle qui limie ses marges de bénéfice privé (ype B), le paramère v es inégré dans le modèle. Ce paramère défini comme l ensemble des préenions de revenus du dirigean au sein de l enreprise perme de prendre en compe les aures exigences pécuniaires en ermes d avanages sociaux du dirigean éan donné ses qualiés (niveau de formaion, expérience professionnelle, savoir-faire, ec.). Mais lorsqu il n y a pas de sysème de conrôle inerne, aussi bien les exigences salariales que les aures formes d exigences ne iennen plus lieu puisqu il a la possibilié de poncionner auan qu il souhaie comme bénéfice privé personnel (ype B). Dans ce cas, il accepe seulemen le aux de salaire du marché qui équivau égalemen à celui du dirigean non professionnel La valeur de l enreprise perçue par la banque On noe par y e Y, respecivemen la valeur inerne e la valeur exerne de la PME, c es-à-dire la valeur perçue respecivemen par les aceurs inernes (associés, dirigeans) e par les aceurs exernes (banques, Éas, associés dans cerains cas, ec.). La différence enre ces deux valeurs es que dans la première, le bénéfice privé peu êre incorporé andis que dans la seconde, il ne l es jamais. Cela di, les aceurs exernes en général e des banques en pariculier, ne peuven ni observer le bénéfice privé de façon objecive, ni savoir l uilisaion qui en es faie. Il n y a que l exisence d un disposiif de conrôle inerne qui perme aux aceurs inernes e exernes d êre au même niveau d informaion par rappor aux bénéfices e aux coûs réels de l enreprise. En d aures ermes, lorsqu il exise un sysème de conrôle inerne au sein d une enreprise, qu elle soi dirigée ou non par un professionnel, sa valeur exerne e sa valeur inerne son ideniques, parce que ses associés se posiionnen comme des aceurs exernes au même ire que les banques. La valeur inerne de l enreprise es abordée 110

111 pour des besoins de foncionnemen du modèle, mais c es la valeur exerne qui fera l obje des analyses. La valeur exerne d une PME es la noaion qu une banque accorde sur la base des quare aures faceurs précédemmen développés. En d aures ermes, la valeur exerne de la PME es l appréciaion de la signaure de celle-ci. Elle reflèe aussi la confiance que la banque accorde à cee enreprise au regard de ses caracérisiques inrinsèques e aussi celles de son environnemen méso-économique. Cee valeur perme de savoir si une PME es bancable ou pas (Burkar e al., 2003 ; CEA, 2004 ; Lapora e al., 2002 ; Himmelberg e al., 2004). La qualié de l environnemen légal Figure 1 : Synhèse : cadre général du modèle La PME Srucure de la propriéé Srucure de propriéé égaliaire ou diversifiée Srucure de propriéé inégaliaire ou concenrée Indépendance de la gesion, fiabilié des résulas Pas conrôle inerne Conrôle inerne Pas conrôle inerne Conrôle inerne Qualié de la gesion Géran pas professionnel Géran professionnel Géran pas professionnel Géran professionnel Géran pas professionnel Géran professionnel Géran pas professionnel Géran professionnel Scénario 1 Scénario 2 Scénario 3 Scénario 4 Scénario 5 Scénario 6 Scénario 7 Scénario 8 Valeur exerne ou bancaire de la PME Le foncionnemen du modèle Comme l indique la figure ci-dessus, il y a au oal hui scénarios correspondan aux différens cas de figure. Dans chaque cas, il es quesion de déerminer la valeur inerne d une par, e la valeur exerne d aure par. Pour ce faire, les éapes suivanes son à suivre en foncion des scénarios : Éape 1 : Formulaion de la foncion de la valeur inerne de l enreprise. 111

112 Éape 2 : Selon les cas, définiion des valeurs opimales du aux de salaire w e du niveau de conrôle m. Éape 3 : Déerminaion de la valeur inerne e de la valeur exerne de l enreprise. Éape 4 : Comparaison des différenes valeurs exernes. Éape 5 : Analyse des faceurs explicaifs de la performance du sysème financier Le scénario 1 : Cas d une PME à srucure de propriéé diversifiée ou égaliaire, ne disposan d aucun disposiif de conrôle e dirigée par un non professionnel Dans ce premier scénario, la gesion de la PME es confiée à une personne non qualifiée. Cee enreprise ne dispose d aucun sysème de conrôle inerne. Hormis le sysème réglemenaire macroéconomique don découle le niveau de, le dirigean a oue laiude dans l uilisaion du bénéfice privé pour son propre compe e celui des associés de la PME. Compe enu de l inexisence ou de la défaillance du sysème de conrôle inerne, le dirigean peu acceper de ravailler à n impore quel aux de salaire surou qu il n es par ailleurs pas un professionnel du domaine d acivié dans lequel la PME opère. La valeur inerne de l enreprise, elle que perçue par ses associés es formulée ainsi : y 1 (1 w) nkr a nkr a Dans la foncion ci-dessus, ( 1 w)nkr représene le bénéfice réel ne déclaré e a nkr a, le bénéfice privé qui n es pas déclaré, donc non percepible par l ensemble des aceurs exernes de l enreprise. Après addiion des deux composanes, la valeur inerne devien : y 1 (1 w) nkr a (1) Quan à la valeur exerne, elle prend la forme suivane puisque le bénéfice privé n es pas pris en compe : Y 1 (1 w) nkr a (2) 112

113 Le scénario 2 : Cas d une PME à srucure de propriéé égaliaire, n ayan aucun disposiif de conrôle inerne e dirigée par un professionnel A la différence du scénario précéden, dans ce cas-ci, le dirigean es doé de compéences avérées pour accomplir sa mission c es-à-dire qu il possède le alen requis pour assurer la gesion de l enreprise. Ainsi, la renabilié des capiaux invesis qui vau r p perme d avoir une valeur inerne comprenan, comme dans le scénario précéden, une ranche déclarée e une aure non déclarée (bénéfice privé) perçue que par les seuls aceurs inernes de l enreprise : y 2 (1 w) nkr p nkr p y 2 (1 w) nkr p (3) Quan aux banques, ne pouvan pas observer le bénéfice privé, elles déerminen la valeur de l enreprise selon la foncion suivane : Y 2 (1 w) nkr p (4) Proposiion 1. La valeur exerne d une PME à srucure de propriéé diversifiée ou égaliaire gérée par un associé professionnel es supérieure à celle d une PME de même ype gérée par un associé amaeur puisque r r : p a Y 2 Y1, avec Y Le scénario 3 : Cas d une PME à srucure de propriéé diversifiée doée d un disposiif de conrôle e dirigée par un non professionnel Dans ce scénario 3, l enreprise es doé d un disposiif de conrôle inerne en vue de réduire le bénéfice privé (ype B) du dirigean e d augmener le bénéfice réel ne de l enreprise. Par ailleurs, le dirigean n a aucune exigence salariale compe enu du fai qu il n es pas un professionnel. La foncion de la valeur inerne de l enreprise se formule ainsi : 113

114 y3 (1 w m) nkra c( m 2 2) avec ( 1 w m) nkr représenan le bénéfice réel ne déclaré de l enreprise e a c ( m 2 2), le coû du disposiif de conrôle inerne. de conrôle A parir de la maximisaion de la foncion ci-dessus, recherchons le niveau opimum * m à choisir. Condiion de premier ordre * y3 m 0 nkra cm 0 m * nkr c a En inégran la valeur de * m dans le bénéfice réel ne, on rouve : y * 3 nkra nkra 2 (1 w ) nkra c(( ) 2) c c nkr * y (1 w a 3 ) 2c nkr a (5) La relaion (5) donne la valeur inerne de l enreprise, c es-à-dire celle qui es perçue par les aceurs inernes. * Par le même procédé (inserion de m ), la valeur exerne de l enreprise es déerminée en enan compe du fai que l exisence d un disposiif de conrôle inerne perme à la banque d avoir le même niveau de visibilié sur les bénéfices e les coûs de l enreprise au même ire que les aceurs inernes. Ce qui qui n éai pas possible auparavan, en l absence de mécanisme de conrôle inerne. D où : Y * 3 nkra nkra 2 (1 w ) nkra c(( ) 2) c c nkr * a Y 3 (1 w ) 2c nkr a (6) 114

115 Comparaivemen au scénario 1, il ressor que Y3 Y1, Y 0. Ce son donc les reombés nees du sysème de conrôle inerne dans le scénario 3 qui renden la valeur exerne de l enreprise supérieure à celle du scénario Le scénario 4 : Cas d une PME à srucure de propriéé diversifiée e égaliaire, doée d un sysème de conrôle inerne e dirigée par un professionnel Dans ce scénario 4, on éudie le cas d une PME gérée par un professionnel don la gesion es soumise à un conrôle inerne. Dans ce cas où ses marges de bénéfice privé personnel (ype B) son réduies, le manager a, en plus de son salaire, d aures exigences pécuniaires compe enu de son savoir-faire. Ainsi, l enreprise doi définir le aux de salaire e le niveau de conrôle opimum qui saisfon le manager e permeen d opimiser le la valeur inerne de l enreprise. Le programme d opimisaion du bénéfice réel ne inerne s écri alors : Max s. c. y 4 (1 w m) nkr ( w m) nkr p v p c( m 2 2) Définissons le lagrangien en vue de la résoluion du programme : (1 w m) nkr p c( m 2 2) ( w m v nkr p ) On suppose que la condiion de qualificaion de la conraine es vérifiée. Condiion de premier ordre (Kuhn e Tucker) Alors, la soluion opimale des deux paramères es elle que : m 0 * * nkr m c 0 * * m c nkr * * w 0 nkrp 0 nkrp * * * * 0 w m w m nkrp nkrp * * * ( w m ) 0 0 ou w m 0 nkr nkr p p p p ( a) ( b) ( c) ( d) A parir de (a) e (b), nous pouvons poser que : 115

116 * * * m c nkr nkr m c 0. p p Dans ces condiions, soi m * 0, soi c 0. Éan donné que c nkrp, on a c 0 ; nous en déduisons m * 0. ressor que : A parir de (d) e prenan en compe les résulas précédens issus de w * nkr p Le aux de salaire e le degré de conrôle opimaux son respecivemen : (a) e (b), il w * nkr p e m * 0 ( nkr p A l opimum, le aux de salaire à verser au professionnel es égal à sa producivié ) (qui équivau à l ensemble de ses préenions de revenu salarial e non salarial) nee du bénéfice privé. Le niveau opimum de conrôle inerne es nul ( m * 0 ). Ces résulas indiquen qu à l opimum ce scénario 4 n es envisagé que lorsque le cadre légal e juridique es parfaiemen foncionnel e perme de dispenser l enreprise (e ses associés) de mere en place un sysème inerne de conrôle ( m 0 ) pour réduire le bénéfice privé du professionnel. En inégran * w e valeur exerne de l enreprise, on a : * m, respecivemen, dans la foncion de la valeur inerne e de la * y 4 (1 ) nkr nkr p p y * e 4 nkrp (8) Y * 4 nkrp (9) 116

117 dey 2. On a : Comparons Y 4 à Y 2 ; pour ce faire, remplaçons * w déerminé dans le scénario 4 par w Y * 2 nkrp A priori, on pourrai penser que Y4 Y2 mais il n en es pas ainsi puisqu il es rès probable que dans le scénario 2, le dirigean, en plus d êre un professionnel, soi égalemen copropriéaire (associé ou acionnaire), ce qui peu expliquer le fai qu il n exise aucun sysème de conrôle car il joui de la confiance des aures associés (acionnaires). En revanche dans le scénario 4, le dirigean peu êre qu un simple employé. De ce fai, on doi s aendre à un revenu poeniel ( ) relaivemen élevé dans Y 2 que dans Y 4. D où : Y4 Y 2, avec Y > 0 Proposiion 2. A niveau égal de compéences des dirigeans, la valeur bancaire (valeur exerne) d une PME à srucure de propriéé diversifiée ou égaliaire es plus élevée lorsqu elle es dirigée par un simple employé que par une personne qui a aussi le sau d associé ou acionnaire au sein de l enreprise. Par la suie, nous éudions les différens cas de figures pour des PME à srucure de propriéé concenrée ou inégaliaire. Les PME individuelles ou familiales se rerouven dans ces cas. Pour cela, inégrons dans le modèle, un paramère k m m ( 0,1 nk m ) qui désigne la par du capial déenue par l associé principal ou l acionnaire majoriaire. Cee par défini le pouvoir de négociaion ou encore le degré d influence de l associé principal Le scénario 5 : Cas d une PME à srucure de propriéé inégaliaire ou concenrée, n ayan aucun disposiif de conrôle e dirigée par un non professionnel Dans le scénario 5, ou comme dans le scénario 1, l enreprise ne dispose pas de mécanisme de conrôle inerne, puisque les associés son confians que le bénéfice privé (ype A) va profier à ous. Mais ici, l associé principal joui personnellemen du bénéfice privé en 117

118 proporion de m, son degré d influence au sein de l enreprise. En conséquence, la valeur inerne se défini ainsi qu il sui : y 5 (1 w) nkr a (1 ) nkr m a y 5 (1 m w) nkr a (10) Quan à la valeur exerne, éan donné que le niveau e l uilisaion du bénéfice privé son méconnus par les insiuions financières, elle prend la forme suivane : Y 5 (1 w) nkr a (11) Il apparaî quey5 Y1, c es-à-dire que pour les banques (ou les insiuions financières en général), la valeur d une PME à une srucure de propriéé diversifiée e celle d une PME à srucure de propriéé concenrée, son ideniques an qu elles n on aucun disposiif de conrôle inerne e qu elles son dirigées par des non professionnels Le scénario 6 : Cas d une PME à srucure de propriéé concenrée ou inégaliaire, n ayan pas de disposiif de conrôle inerne e dirigée par un professionnel Par rappor au scénario 5, le seul changemen qui s opère ici es la prise en compe de r p, la renabilié des capiaux invesis lorsque l enreprise es dirigée par un professionnel. Hormis cela, le raisonnemen es idenique dans les deux cas. Le bénéfice réel ne inerne ou la valeur inerne de l enreprise es donné par : y 6 (1 w) nkr p (1 ) nkr m p y 6 (1 m w) nkr p (12) E la valeur exerne es : Y 6 (1 w) nkr p (13) Éan donné que r r, alors, oues choses égales par ailleurs : p a 118

119 Y 6 Y2 Y5 Y1 avec Y > 0 Proposiion 3. A niveau égal de compéences des dirigeans, la valeur exerne d une PME à srucure de propriéé diversifiée es idenique à celle d une PME à srucure de propriéé concenrée an qu elles ne son doées d aucun sysème de conrôle inerne Le scénario 7 : Cas d une PME à srucure de propriéé inégaliaire ou concenrée, avec un disposiif de conrôle inerne e dirigée par un non professionnel Dans ce scénario, l exisence d un sysème de conrôle inerne fai que les marges de manœuvre de recourir au bénéfice privé son réduies. Touefois, compe enu de l influence de l associé principal, l enreprise ne peu récupérer qu une proporion ( 1 m ) de m, même en adopan un sysème de conrôle inerne. Alors, la valeur inerne prend la forme suivane : y7 (1 w (1 m ) m) nkra c( m 2 2) Recherchons alors le niveau opimum de conrôle inerne la valeur inerne de l enreprise. Condiion de premier ordre * m qui perme de maximiser * * y7 m 0 (1 m ) nkra cm 0 * 1 m (1 nkr m ) a c En remplaçan m dans la foncion de bénéfice réel ne inerne par sa valeur opimale * m calculée ci-dessus, on obien la valeur inerne de la PME : y * 7 1 w (1 m ) * c (1 m ) 1 w c 2(1 m ) 1 w 2c 2 1 (1 m ) nkr nkr nkra nkr 2 a a (1 m ) 2c (1 m ) nkra 2c 2 c 1 (1 m ) nkr 2 c 2 nkra nkr nkra nkr a a 2 119

120 y * 7 (1 m ) 1 w 2c 2 nkra nkr a (14) exerne, on a : En inégran la valeur opimale de conrôle inerne * m dans la foncion de la valeur Y * 7 (1 m ) 1 w 2c 2 nkra nkr a (15) D un poin de vu comparaif, il apparai clairemen que : * 7 Y5 Y A moins que l enreprise à srucure de propriéé concenrée soi une PME individuelle ou familiale ( 1), sa valeur exerne es oujours supérieure lorsqu elle es gérée par un non m professionnel soumis à un sysème de conrôle inerne comparé au cas où il n exise aucun disposiif de conrôle inerne. Si nous comparons * * Y7 à Y 3, il apparaî que : Y * * 7 Y Le scénario 8 : Cas d une PME à srucure de propriéé inégaliaire ou concenrée, doée d un mécanisme de conrôle inerne, e dirigée par un professionnel. Par rappor au scénario 7, rois changemens inerviennen dans le modèle. D une par, la renabilié des capiaux invesis es de l ordre de rp puisque la PME es dirigée par un professionnel. D aure par, l associé principal joui personnellemen, selon son degré d influence ( m ), du bénéfice privé perçu par le dirigean e de la par de ce bénéfice privé récupérée grâce au sysème de conrôle inerne mis en place. Par ailleurs, compe enu de ses qualiés, le dirigean, don la gesion es soumise au conrôle inerne a, indépendammen du salaire, d aures exigences pécuniaires. 120

121 121 Dans ces condiions, le programme d opimisaion de la valeur inerne prend la forme suivane : v m nkr w s c m c m nkr w y Max p m p m ) ) (1 (.. 2) ( ) ) (1 (1 2 8 Le lagrangien s écri : ) ) (1 ( 2) ( ) ) (1 (1 2 p m p m nkr v m w m c m nkr w Condiion de premier ordre (Kuhn e Tucker) En supposan que la condiion de qualificaion es vérifiée, les valeurs opimales des deux paramères * w e en * m son elles que : ) ( 0 ) (1 0 0 ) ) (1 ( ) ( ) (1 1 ) (1 0 ) ( 0 0 ) ( ) (1 0 ) (1 0 * * * * * * * * * * * * * * * h nkr m w ou nkr m w g m w nkr nkr m w f nkr nkr w e nkr c m c m nkr m p m p m p m p m p p p m p m c nkr m nkr m c nkr nkr m c f e e p m p m p p m * * * * ) 1 1 ( ) (1 ) ( ) ( 0 0 * * m c nkr m p m puisque par hypohèse 0 * m. ) (1 ) ( * m nkr p w h Le aux de salaire e le degré de conrôle opimaux son respecivemen : 0 ) (1 * * m e nkr w m p En inégran des valeurs dans les foncions de bénéfice réel ne inerne e du bénéfice réel ne exerne, on a :

122 y * 8 1 (1 m ) nkr nkrp p * y 8 (1 m) nkrp (16) La relaion (16) donne la valeur inerne de l enreprise, c es-à-dire celle perçue par ses fondaeurs. En procédan de manière idenique, on rouve : * Y 8 (1 m) nkrp (17) Lorsqu on compare il apparaî de oue évidence que la valeur exerne de la PME du scénario 4 es supérieure à celle du scénario 8 : * * Y 4 nkrp Y8 (1 m) nkrp, avec Y > 0 Proposiion 4. A niveau égal de compéences des dirigeans, la valeur exerne d une PME à srucure de propriéé diversifiée e égaliaire es oujours supérieure à celle d une PME à srucure de propriéé concenrée ou inégaliaire an qu il exise un disposiif de conrôle inerne Récapiulaif (marice des résulas comparaifs)* 122

123 SENS DE LECTURE ET D INTERPRETATION DES COULEURS : DU HAUT VERS LE BAS PAR COLONNE Scénario 1 : Scénario 2 : Scénario 3 : Scénario 4 : Scénario 5 : Scénario 6 : Scénario 7 : Scénario 8 : Scénario 1 : Y Y 1 (1 w) nkr a ; avec Y 1 1 Y1 Y2 Y1 0 Scénario 2 : Y 2 (1 w) nkr p ; avec Y Y 2 1 Y2 Y2 Y2 0 Scénario 3 : * 1 Y 3 (1 w nkr a ) nkr a ; avec Y 3* 0 2c Scénario 4 : Y * 4 nkrp ; avec Y 4* 0 * Y1 Y 3 * Y1 Y 4 * Y2 Y 3 Noammen lorsque es faible e l écar enre rp e r a es élevé * Y2 Y 4 Scénario 5 : Y Y 5 (1 w) nkr a ; avec Y 5 5 Y1 Y2 Y5 0 Scénario 6 : Y 6 (1 w) nkr p ; avec Y Y 6 1 Y6 Y2 Y6 0 Scénario 7 : 2 * (1 Y w m ) 7 1 nkr a nkr a 2c ; avec Y 7* 0 * Y1 Y 7 Scénario 8 : * Y1 Y 8 * Y 8 (1 m) nkrp ; avec Y 8* 0 * Y2 Y 7 Noammen lorsque 1 ou m lorsque l écar enre rp e r a es élevé * Y2 Y 8 Noammen lorsque 1 m * * Y3 Y1 4 Y1 * Y3 Y2 Noammen lorsque es faible e l écar enre r a es élevé * * Y3 Y3 * * 3 Y4 Y rp e Noammen lorsque l écar enre rp e r a es élevé Y Y5 Y1 Y6 Y1 * Y4 Y2 5 Y2 * * Y4 Y3 Noammen lorsque l écar enre rp e r a es élevé * Y4 Y4 * * Y3 Y5 4 Y5 * Y3 Y6 Noammen lorsque es faible e l écar enre r a es élevé * * Y3 Y7 * * 3 Y8 Y rp e Noammen lorsque l écar enre rp e r a es élevé Y Y2 Y6 * Y5 Y 3 * Y5 Y 4 * Y6 Y 3 Noammen lorsque es faible e l écar enre rp e r a es élevé * Y6 Y 4 Y Y5 Y5 Y6 Y5 * Y4 Y6 5 Y6 * * Y4 Y7 Noammen lorsque 1 m ou lorsque l écar enre rp e r a es élevé * * Y4 Y8 Y Y6 Y6 * Y5 Y 7 * Y5 Y 8 * * Y7 Y1 Y8 Y1 * Y7 Y2 Noammen lorsque 1 ou lorsque m l écar enre rp e r a es élevé * * 7 Y3 Y * * 7 Y4 Y Noammen lorsque 1 ou lorsque m l écar enre e r a es élevé * Y6 Y 7 7 Y7 * Y6 Y 8 Noammen lorsque 1 m * r p * Y8 Y2 Noammen lorsque 1 m * * Y8 Y3 Noammen lorsque l écar enre rp e r a es élevé * * 8 Y4 Y Y7 Y5 Y8 Y5 * * Y7 Y6 Y8 Y6 Noammen lorsque 1 m Y * Y Y * * 7 Y8 Y Noammen lorsque 1 ou lorsque m l écar enre rp e r a * * 8 7 Noammen lorsque 1 ou m lorsque l écar enre rp e r a Y8 Y *Dans chaque colonne, les couleurs jaunes (respecivemen les couleurs bleues) indiquen les scénarios don les valeurs bancaires son supérieures (respecivemen inférieures) à celle du scénario concerné

124 Analyse des déerminans de la performance du sysème financier De ce qui précède, qu es ce qui déermine pour les PME, une valeur élevée d un poin de vue des banques? Ou symériquemen qu es ce qui sous-end fondamenalemen la décision d une banque de financer une PME qu elle juge à fore valeur, plus digne de confiance pluô qu une aure? Telles son les principales quesions auxquelles nous enerons de répondre à la lumière des principaux résulas issus de la parie précédene Inerpréaions des résulas comparaifs relaifs aux hui scénarios De façon générale, les PME du scénario 4 on les valeurs exernes les plus élevées, c es-à-dire supérieures à celles des PME de ous les aures scénarios. En effe, de ous les cas de figures éudiés, les PME à srucure de propriéé diversifiée, ayan un disposiif de conrôle inerne e dirigées par des professionnels, on la valeur exerne la plus élevée. La deuxième caégorie de PME ayan une valeur exerne élevée es celle des scénarios 2 e 6. Les PME dirigées par un professionnel, don la gesion n es pas soumise à un mécanisme de conrôle inerne, on en effe une valeur exerne relaivemen élevée, comparée aux aures ypes de PME. Peu impore que l enreprise ai une srucure de propriéé diversifiée (égaliaire) ou concenrée (inégaliaire), sa valeur exerne es la même lorsqu elle es gérée par une personne doée de compéences avérées. La valeur bancaire de cee caégorie d enreprise es d auan plus élevée que l environnemen légal e insiuionnel es plus sûr e les compéences du dirigean élevées. La roisième caégorie de PME, parmi les hui, es celle des PME à srucure de propriéé concenrée ou inégaliaire, ayan un sysème de conrôle inerne e dirigées par des professionnels. Cee classe de PME a une valeur exerne moindre par rappor aux deux aures à cause de l influence que peu avoir l associé principal sur les bénéfices privés e sur le disposiif de conrôle inerne. Ensuie viennen les scénarios 3 e 7 qui son des PME gérées par des non professionnels don la gesion es soumise à un mécanisme de conrôle inerne. Ces PME, quelle que soi leur srucure de propriéé, on de rès faibles valeurs exernes dues à la faible compéence des dirigeans noammen dans un faible environnemen macroéconomique légal e insiuionnel. 124

125 Au bas de l échelle se rouven les PME dirigées par un associé amaeur (scénarios 1 e 5). Quelle que soi leur srucure de propriéé, cee caégorie d enreprise dégage une valeur bancaire faible par rappor à oue aure forme de direcion d enreprise. Au regard des résulas comparaifs, on peu s aendre à ce que les PME des scénarios 1, 5, 3 e 7, compe enu de leur faible valeur exerne, aien d énormes difficulés pour accéder aux financemens bancaires. Ces ypes de PME qui, pour la plupar du emps, animen le seceur di «informel» son peu-êre appropriées pour les insiuions financières décenralisées encore appelées insiuions de micro-finance. En revanche, les PME des scénarios 4, 2, 6 e 8 corresponden à des enreprises ayan des valeurs exernes relaivemen élevées. Il s agi d enreprises qui peuven accéder avec une relaive facilié aux banques. En pariculier, les enreprises du scénario 4 son celles qui suscien un foncionnemen opimal e une performance des sysèmes financiers dans la mesure où leur financemen correspond au meilleur canal de ransmission. Mais pour mieux comprendre les mécanismes de base qui sous-enden cela, il es nécessaire d en faire une analyse minuieuse Analyse des déerminans Dans cee secion, il es quesion d analyser ce qui explique la valeur exerne d une PME e en conséquence l inérê des banques vis-à-vis de celle-ci. Pour cela, nous analysons les faceurs explicaifs (non hiérarchisés) de la valeur exerne des PME du scénario 4 qui se dégagen comme la meilleure caégorie d un poin de vue des banques : indépendance de la gesion de l enreprise ; niveau de compéence du dirigean ; qualié de l environnemen macroéconomique légal e insiuionnel ; ype de disposiif de conrôle inerne auquel l enreprise a recours ; srucure de propriéé. indépendance de la gesion de l enreprise ou exisence d un sysème de conrôle inerne A parir des résulas du modèle, l un des plus imporans consas à faire es la convergence de la valeur inerne des enreprises vers sa valeur exerne. Auremen di, aussi bien d un poin de vue des banquiers (exernes) que des associés (inernes) les PME du scénario 4 on la même valeur : * * 4 y4 Y, avec Y

126 Cee spécificié n es pas propre aux seules PME du scénario 4, mais en général à oues celles où il y a présompion de prédominance de bénéfice privé de ype B. En effe, éan donné qu ils anicipen des bénéfices privés de ype B qui ne leur profien nullemen, les associés se posiionnen alors comme s ils éaien exernes à l enreprise. Cela les place dans la même siuaion que les banques. Alors, par soucis de minimisaion du bénéfice privé (ype B), ils meen en place un disposiif de conrôle inerne permean d accroîre le bénéfice réel ou la valeur exerne percepible par ous (dirigeans, associés, banques, Éa, ec.). Ce disposiif de conrôle apparaî comme un moyen de lisibilié pour les associés. Il ressor que compe enu de la bonne lisibilié de l enreprise e du caracère prévisible de ses compes y compris pour les banques, ces dernières apprécien la valeur de l enreprise au même niveau que ses fondaeurs (les associés ou les acionnaires). Niveau de compéence du dirigean; Les PME les plus imporanes (valeur exerne perçue par les banques) son gérées par des professionnels dans le domaine ou le seceur d acivié. Cee précision renvoie à la naure des aciviés des PME qui reiennen l aenion des banques. En effe, le fai que, pour les banques, les PME gérées par des professionnels aien les valeurs les plus élevées signifie que ce son des domaines d aciviés requéran des compéences qualifiées qui son privilégiées. Cee discriminaion opérée par les banques explique pourquoi une bonne parie des PME, dans les pays en développemen, on d énormes difficulés à accéder aux financemens bancaires. Ce son enre aures, le cas des PME qui ne nécessien de la par du dirigean aucune compéence pariculière. Les meilleures PME d un poin de vue des banques son celles don le dirigean a des compéences avérées dans le domaine ou seceur d aciviés. Cela exige qu il ai une solide expérience ou une formaion pouvan lui permere de concevoir e de mere en œuvre des plans ou sraégies de développemen de la PME. C es pour cee raison que dans une enreprise dirigée par un professionnel, les ressources disponibles son uilisées beaucoup plus raionnellemen ( r r esseniel pour les banques. Srucure de propriéé Bien que les professionnels procuren des valeurs exernes élevées aux PME, la srucure de propriéé es déerminane dans la mesure où elle peu consolider ou remere en cause ces acquis. 126 p a ) e cela consiue un faceur

127 L une des spécificiés des PME du scénario 4 es qu elles son créées par plusieurs associés qui on ous un même bu, à savoir la proecion des inérês de l enreprise e donc son développemen. Il s agi une condiion indispensable pour aeindre une valeur exerne plus élevée. En revanche, lorsque la srucure de propriéé de la PME es inégaliaire, cela reme en cause l analyse précédene. De façon spécifique, la valeur exerne es réduie lorsque la PME es consiuée par un seul associé (un individu ou une famille). Dans un el cas, éan donné son pouvoir au sein de l enreprise, l associé unique parvien à s approprier une parie du bénéfice privé capé grâce au disposiif de conrôle inerne. Par ailleurs, cee précision peu permere de mieux comprendre pourquoi dans les pays en développemen, une proporion imporane des PME fon face à de sérieuses difficulés d accès aux financemens bancaires. Une explicaion plausible es que la fiabilié de la gesion e des résulas de ces ypes de PME es enachée par la possibilié d exorsion des ressources par le propriéaire, d où la craine des banques de s engager avec de elles enreprises. Le faceur le plus imporan pour la validaion de oues les analyses précédenes son sans doue la qualié de l environnemen insiuionnel e le mécanisme de conrôle inerne. La qualié de l environnemen macroéconomique légal e insiuionnel Comme l indique le résula du programme d opimisaion du scénario 4, la qualié de l environnemen légal e insiuionnel es le principal déerminan pour qu une PME aeigne * 4 la valeur bancaire maximale ( Y ). En effe, la meilleure siuaion es celle où : w nkr p *, La qualié de l environnemen légal doi êre elle que le bénéfice privé de la PME soi au plus égal au différeniel enre ses préenions de revenu ( ) e son aux de salaire nkr p * effecif ( w ). Un el environnemen légal e insiuionnel es le meilleur qui puisse êre dans la mesure où il correspond à la siuaion où l enreprise n a nullemen besoin de disposiif de conrôle inerne ( m * 0 ) pour minimiser le bénéfice privé du dirigean e opimiser le 127

128 w nkr p * bénéfice réel ne. En d aures ermes, es le bénéfice privé incompressible à l opimum. A l analyse, il apparaî qu aucune PME ne voudra se siuer dans le scénario 4 sauf si l environnemen légal e insiuionnel es pas de bonne qualié. S il es éabli que les PME à srucure de propriéé diversifiée dirigées par des professionnels consiuen la condiion nécessaire pour aeindre une valeur exerne maximale, un environnemen légal macroéconomique de bonne qualié en es la condiion indispensable. Auan dire que dans les pays en développemen où l environnemen légal e insiuionnel es suspecé d êre de qualié médiocre, les PME ayan une elle valeur exerne son rares, voire inexisanes. Cela peu permere de comprendre la rès grande réicence des banques au financemen des PME. Au erme de cee analyse, il apparai que la performance des sysèmes financiers es compromise noammen à cause de la mauvaise qualié de l environnemen macroéconomique légal e insiuionnel qui ne favorise pas la formaion de PME à fore valeur exerne (les PME du scénario 4). Face à cee siuaion, quelles son les soluions envisageables? C es à cela que la parie suivane es consacrée. En iran les enseignemens qui s imposen, nous recherchons e proposons des soluions alernaives à un mauvais foncionnemen du cadre macroéconomique légal e insiuionnel Les principaux enseignemens du modèle. Les principaux enseignemens de ce modèle se présenen sous forme de recommandaions de poliiques ou de réformes à opérer en vue d une meilleure promoion des PME à fore valeur exerne. Ces recommandaions peuven conribuer au foncionnemen opimal des banques qui, dans le cas échéan, ne privilégien que ces PME du scénario 4 pour leur financemen à l économie. Il s agi alors de déerminer les faceurs qui peuven favoriser l émergence des PME ayan une grande valeur pour les banques. Un el exercice es d auan plus compliqué qu il es apparu dans les analyses précédenes que l exisence d un environnemen légal de bonne qualié ( * w nkr p une condiion indispensable à l émergence de ces ypes de PME. Quand on sai que l environnemen légal recouvre plusieurs dimensions, l on pourrai a priori penser que nous nous adonnons à une âche vaine. Par ailleurs, l aure condiion qui impose que ces PME soien dirigées par des professionnels soumis à un conrôle pourrai jeer encore plus de ) es 128

129 discrédi sur la perinence d un el modèle noammen pour les pays en développemen. Pouran, à bien décryper ces déerminans qui apparaissen à bien des égards comme irréalises, il es possible de faire des recommandaions perinenes de poliiques de développemen de ces PME. Pour ce faire, il es uile de savoir polariser les différens faceurs déerminans des PME du scénario 4 afin que les poliiques recommandées aien plusieurs effes induis. Deux grands pôles peuven alors de dégager ; ce son : d une par, les qualificaions du dirigean de la PME e d aure par, les aures déerminans que son : l exisence d un disposiif de conrôle inerne, la srucure de propriéé diversifiée de la PME e la bonne qualié de l environnemen légal e insiuionnel pouvan permere de se passer d un sysème de conrôle inerne. Inéressons-nous d abord au premier pôle, c es-à-dire la qualificaion du dirigean de la PME. A ce niveau, rois ypes de poliiques peuven êre recommandées : 1. Une poliique visan à encourager les jeunes diplômés e des employés qualifiés ou expérimenés à la créaion d enreprise. La créaion d enreprise par des jeunes diplômés garani leur foncionnemen, ne serai-ce que parce qu ils on un savoir facilemen converible en savoir-faire. Il en es de même des ravailleurs hauemen qualifiés ayan une longue expérience dans un domaine de compéence donné. Cee caégorie de personnes es égalemen à encourager pour la créaion de PME car avec les jeunes diplômés, ils formen une frange imporane d aceurs poeniellemen poreurs de projes innovans, faisan appel à une experise confirmée. La réussie d une elle poliique repose sur l exisence d organismes publics devan assouplir les formaliés de créaion d enreprise par ces ypes de personnes. Par rappor aux aures, ces enrepreneurs doiven bénéficier d avanages subsaniels dans leurs démarches de créaion d enreprise. Ces recommandaions son en phase avec l éude de Trulsson (1999) selon laquelle les PME les plus avancées sur le plan echnologique, les plus producives e les plus compéiives son celles qui son dirigées par des enrepreneurs bien formés (ayan au moins le baccalauréa). Cee éude monre égalemen les enrepreneurs ayan passé plus de 6 mois à l éranger pour éudier ou pour ravailler pour des sociéés érangères, réussissen mieux que les aures. Ces ypes d enrepreneurs, qui son à la base des sociéés performanes, 129

130 son plus apes à payer des salaires plus élevés e à consacrer plus de ressources à la formaion que les aures. 2. Une poliique de renforcemen des capaciés, en phase avec les recommandaions de la Banque mondiale à ravers les différens rappors annuels Doing Business. Cee poliique es capiale pour l amélioraion des capaciés managériales des dirigeans de PME. Une elle poliique peu êre mise en œuvre aussi bien par des insiuions publiques que par des srucures privées. L Éa peu mere en place des organismes de renforcemen des capaciés els que des cenres de formaion professionnelle. Ceux-ci doiven régulièremen proposer des formaions spécifiques aux dirigeans de PME d un seceur d acivié donné à ravers les organisaions socioprofessionnelles de uelle. Le seceur privé peu égalemen êre d un grand appor pour la réussie d une elle poliique. En effe, par des inciaions d ordre fiscal ou réglemenaire, l Éa peu favoriser l émergence d insiuions privées dédiées au renforcemen des capaciés des responsables de PME. Conrairemen aux organismes publics, ces insiuions privées doiven pouvoir répondre à des besoins spécifiques exprimés par un dirigean d une PME. C es pourquoi, il es imporan que l Éa prenne des mesures pouvan permere à ces aceurs privés de faire du profi dans ce domaine, sinon ils von se désiser s il s avère que ce son des aciviés non renables. 3. La consrucion de réseaux en faveur des PME. Cela passe par des srucures publiques encouragean la mise en réseau des PME. Dans un premier emps, il s agi d encourager la mise en place d organisaions (associaions) professionnelles spécifiques dans chaque seceur ou sous-seceur d une branche d acivié donnée. En favorisan une meilleure organisaion e une discipline, cela facilie la communicaion avec ce seceur e aussi enre ses membres. Dans un second emps, il peu êre inéressan d avoir des srucures publiques qui encouragen le «porage» ou le parrainage des PME par de grandes enreprises ou d aures PME relaivemen imporanes. Cela a l avanage d induire un effe d enrainemen posiif sur la PME bénéficiaire noammen à ravers d une par les possibiliés de ransfers de echnologies e/ou de compéences e d aure par la cauion morale qui la proège vis-à-vis d aures aceurs comme les banques. Dans un roisième emps, le parenaria enre les PME e les universiés ou les insius de recherche doi êre foremen encouragé en vue de favoriser l innovaion. Dans le même regisre du réseauage, il peu êre enfin inéressan que les Éas se doen d insiuions capables de facilier la paricipaion des PME à des forums d échange inernaionaux. Par exemple, en plus de fournir des informaions les concernan, des mesures fiscales avanageuses 130

131 (exempion de la TVA sur les dépenses relaives aux voyages) peuven encourager de nombreuses PME à s insérer dans des réseaux inernaionaux e à découvrir alors des perspecives d affaires. Ainsi, ces PME naionales qui acquièren plus de compéences e d expériences peuven facilemen négocier leur enrée sur le marché inernaional qui se révèle rès compéiif. A ravers les recommandaions de poliiques énumérées ci-dessus, il ressor que l Éa, les ONG e plus généralemen les srucures publiques son les principaux aceurs devan favoriser l émergence de PME dirigées par des compéences avérées. S agissan du second pôle, la âche semble plus ardue en ce sens qu il es quesion de recommander des poliiques e des insiuions capables de combler l insuffisance du cadre macroéconomique légal e insiuionnel, condiion indispensable à l émergence de PME du scénario 4. Cependan, une analyse approfondie des déerminans des PME du scénario 4 relaifs à ce pôle laisse enrevoir une possibilié de résorpion du problème. En effe, le dénominaeur commun à ous ces déerminans rese le fai de pouvoir avoir une bonne lisibilié e visibilié du foncionnemen de l enreprise e par conséquen de ses compes e résulas sociaux. Dès lors que cela es possible, aussi bien les banques que les ous les associés on la même appréciaion de la valeur de l enreprise. Par ailleurs, le souci majeur relaif au cas spécifique des PME du scénario 8 éai que l associé unique, compe enu de ses pouvoirs éendus, puisse caper la par réducible du bénéfice grâce au sysème de conrôle inerne qu il peu aussi influencer. Au regard de la préoccupaion majeure qui se dégage concernan ous ces faceurs, on peu souenir que l enjeu du développemen des PME à fore valeur exerne réside dans la recherche de soluions pour exérioriser (ou sous-raier) leurs sysèmes de conrôle inerne. En d aures ermes, puisque dans les pays en développemen, la bonne qualié du cadre macroéconomique légal n es jamais garanie, la seule manière de réduire le bénéfice privé e d accroîre alors la valeur des PME es de pouvoir disposer des srucures/organisaions privées (ou publiques) permean d assurer ou prendre en charge le conrôle inerne des PME. L exisence de els disposiifs insiuionnels lève ainsi les conraines relaives à l indépendance de la gesion, de même qu à la srucure de propriéé. 131

132 3.3. Conclusion du chapire Au erme de cee éude, il ressor que dans les pays en développemen caracérisés par un environnemen légal de mauvaise qualié, la performance du sysème financier es compromise. L explicaion es fournie suivan la chronique suivane. Le développemen financier n es pas possible puisque les banques, principal aceur du sysème financier, n on aucune possibilié d idenifier e financer les meilleures PME, c es-à-dire les PME à fore valeur exerne. Pouran, cee caégorie d enreprises consiue le meilleur canal de ransmission du développemen financier sur la croissance. La mauvaise qualié de l environnemen légal es elle que les PME à fore valeur (scénario 4) n émergen pas. Donc les PME exisanes ne son que de relaive faible valeur, ce qui suscie la réicence des banques pour leur financemen. Une analyse approfondie de la quesion laisse voir que dans de elles condiions de faiblesse légale, les banques à elles seules ne peuven assurer un foncionnemen opimal noammen parce que leurs PME clienes, éan de faible valeur bancaire, n inspiren pas confiance. D où la nécessié d un cadre insiuionnel favorable à une meilleure collaboraion enre ces deux caégories d aceurs que son les banques d une par, e les PME d aure par. Ce cadre insiuionnel animé par divers aceurs doi veiller au renforcemen des capaciés des dirigeans de PME e aussi à la ransparence des PME. Il y a donc besoin de srucures inermédiaires, spécialisées dans l offre de services aux PME. Ce n es qu à ce prix qu il es possible de combler l insuffisance du cadre macroéconomique légal e valoriser les PME vis-à-vis des banques. 132

133 PARTIE II : ÉTUDE DE CAS PRATIQUE : ANALYSE DE LA PERFORMANCE DU SYSTÈME FINANCIER BURKINABÈ 133

134 CHAPITRE IV : DYNAMIQUE DE L INTERACTION ENTRE LE SYSTÈME FINANCIER ET L ÉCONOMIE RÉELLE AU BURKINA FASO L économie burkinabè es indubiablemen l une des plus pauvres du monde. Pour s en convaincre, il suffi de se référer aux différens rappors annuels sur le développemen de la Banque mondiale ou du PNUD. Cee médiocrié de la performance économique peu s expliquer par plusieurs faceurs : la qualié du capial humain, la naure des invesissemens, l efficacié des insiuions, le foncionnemen du sysème financier. Nore éude porera sur l ineracion de deux seceurs économiques clés : le seceur financier dominé par les banques e le seceur réel. Plus précisémen, nous présenerons le sysème bancaire burkinabè 1, puis la srucure de l économie burkinabè avan d examiner la dynamique du crédi bancaire en rappor avec la croissance économique e secorielle Paysage financier global burkinabè Dans le cas spécifique du Burkina Faso, comme on peu le remarquer dans le ableau 1 ci-dessous, il n y a pas un marché financier propre. En effe, an la bourse (Bourse Régionale des Valeurs Mobilières : BRVM) que le marché monéaire, son organisés dans le cadre de l espace UEMOA (Union Économique e Monéaire Oues Africaine) comprenan hui pays e le Burkina Faso y es minoriaire. Par exemple, il y a seulemen 3 enreprises burkinabè (2 sociéés de élécommunicaion : TELMOB e ZAIN e une banque, la BOA-Burkina) coées au niveau de la BRVM sur la soixanaine de valeurs coées. Sur les 12 enreprises de référence à parir desquelles es calculé l indice boursier BRVM 12, aucune enreprise burkinabè ne figure. Lorsque l on se ourne vers les inermédiaires financiers, les banques de développemen présenes au Burkina Faso son des insiuions communauaires supranaionales qui opèren à l échelle inernaionale. Ces banques on pour vocaion de financer des projes publics e privés de développemen de grande envergure qui, généralemen, ne peuven pas rouver de financemen auprès des banques commerciales classiques. Comme l indique le ableau 1, ces ypes de banques présenes au Burkina son au nombre de quare, don : 1 L adjecif relaif à Burkina Faso es officiellemen burkinabè e c es un mo invariable. 134

135 2 banques panafricaines : la BOAD (Banque Oues Africaine de Développemen) qui couvre les hui pays membres de l UEMOA e la BAD (Banque Africaine de Développemen) présene dans ous les 54 Éas africains ; la BID (Banque Islamique de Développemen) ; Inermédiaires financiers Marché financier la Banque mondiale. Tableau 1. Paysage financier global du Burkina Faso COMPOSANTES DU SYSTÈME CAS DU BURKINA FASO FINANCIER - 1 banque cenrale : La Banque Cenrale des Éas de l Afrique de l Oues (BCEAO) Banque cenrale couvran 8 pays (Bénin, Burkina Faso, Côe d Ivoire, Guinée Bissau, Mali, Niger, Sénégal, Togo) Banques - 11 banques commerciales : Banque CBAO, Coris Bank, UBA, EcoBank, Banque commerciales ou Alanique, BCB, BOA, SGBB, BICIAB, BRS, BSIC banques de second - 1 banque d habia : BHB 1 rang Aures insiuions financières Marché monéaire Bourse Les insiuions financières qui foncionnen comme des banques - 1 caisse d épargne : la caisse d épargne SONAPOSTE - 51 insiuions de microfinance 2-4 sociéés de financemen de vene à crédi : Burkina Bail, SBE, SOBCA, Alios Finance, - 1 sociéé de garanies bancaires : SOFIGIB - 1 sociéé financière : SBIF - 8 compagnies d assurance : CORIS ASSURANCES, SONAR, GENERALE DES ASSURANCES, ALLIANZ, UAB, COLINA ASSURANCES, AGF, RAYNAL ASSURANCES - 2 Fonds/Caisse de pension : CARFO e CNSS - 0 Fonds d invesissemen - 4 Banques de développemen : la BAD couvran ous les 54 Eas africains e la BOAD couvran les 8 pays de l espace UEMOA, la BID e la Banque mondiale - 1 marché monéaire : le marché monéaire couvran les hui pays membre de la BCEAO - 1 Bourse : la BRVM basée à Abidjan en Côe d Ivoire e couvran les hui pays de l UEMOA Source : L aueur à parir de diverses sources : Annuaires des banques, Dans la praique, la BHB (Banque de l Habia du Burkina) opère comme une banque commerciale, mais dans le domaine spécifique de l immobilier. C es pourquoi, on dénombre au oal 12 banques commerciales au Burkina Faso en En 2011, le Burkina Faso compe plus de 80 insiuions de microfinance don 51 réperoriées e membres de l Associaion Professionnelle des Sysèmes financiers Décenralisés (APSFD-BF) iniialemen (avan le 12 mai 2011) dénommée Associaion Professionnelle des Insiuions de microfinance (APIM). Ce son : A.C.FI.M.E.- CREDO, ABF, APRG, ASIENA, Baïoul Maal, BTEC, CEC, CEC/Boucle du Mouhoun, CEC/SI, CECT/Tin Tua, CLECA/FICOD, CNBW, CODEC-Ouahigouya, CODEC-Manga, CODEC-Ouaga, COOPEC-AFA, COOPEC-GALOR, CPB, CVECA-Soum, ECLA, FAARF, FCPB, FINACOM, FIPROXI-SA, GRAINE SARL, MEC/ST, MEC/Toma, MEC/JOUNLIMANI, MEC/NESSA, MECAD/PO, MECAP/BF, MECP «Laafi Sira Kwieogo», MECRA, MICRO START, MICROAID, Micro-Finance Plus, MICROFI-SA, MSS-BF, MUFEDE, PAMF/B, PRODIA-AC, SID, SOFIPE, UCEC-SAHEL, UCVEC, URC Bam, URC/NAZINON, URCCOM, URCPO, URMEC. 135

136 S agissan des banques commerciales, il s agi d insiuions financières habiliées à recevoir des dépôs du public e à effecuer oues opéraions de banque, ce qui revien à créer de la monnaie par le crédi. Elles enreiennen des relaions avec les personnes physiques e les enreprises don la plupar y on un ou plusieurs compes. Ce son égalemen elles qui son censées souenir les enreprises dans la gesion de leur résorerie e même dans le financemen de leurs projes d invesissemens. Ces banques on le plus grand nombre d agences à ravers le pays. Le réseau bancaire acuel (en 2011) es dominé par les banques commerciales au nombre de 12 : BHB, Banque CBAO, Coris Bank, UBA, EcoBank, Banque Alanique, BCB, BOA, SGBB, BICIAB, BRS, BSIC. CBAO es une banque nouvellemen créée e qui n a ouver ses pores qu en Quan aux éablissemens financiers, ce son des enreprises, aures que les banques, qui fon profession habiuelle d effecuer pour leur propre compe des opéraions de crédi, de vene à crédi ou de change, ou qui reçoiven habiuellemen des fonds qu elles emploien pour leur propre compe en opéraions de placemen, ou qui serven habiuellemen d inermédiaires en an que commissionnaires, couriers ou auremen dans ou ou parie de ces opéraions. Ils son au nombre de 5. Quare d enre eux fon soi de la vene à crédi, soi du crédi-bail. Ce son : la SBE, la SOBCA, Burkina-bail, Alios finance. Le cinquième es une sociéé de garanies inerbancaires : c es la SOFIGIB. Les insiuions de microfinance son des organisaions qui offren des services financiers (crédis de faible monan ou «microcrédis», épargne, assurance, ransfer d argen, ec.) à des personnes à faibles revenus qui on difficilemen ou pas accès au seceur financier formel (banques e éablissemens financiers classiques). Au Burkina Faso, les premières insiuions financières de ce ype son apparues au cours des années En 2011, elles son plus de 80 reconnues officiellemen don une cinquanaine inscrie à l APSFD e se présenen principalemen sous quare formes insiuionnelles : les Muuelles ou Coopéraives d Epargne e de Crédi qui occupen plus de 60 % du marché ; les srucures de crédi direc ; les projes, les Organismes Non Gouvernemenaux ou les associaions ; les fonds naionaux. 136

137 De l examen du ableau 1 e des analyses faies, il apparaî que le sysème financier burkinabè es dominé par les inermédiaires financiers, noammen les banques commerciales, les insiuions de microfinance, les sociéés de financemen de vene à crédis e les compagnies d assurance. Le marché financier, en pariculier la bourse, n affece que rès faiblemen les enreprises burkinabè qui y son marginalemen représenées. C es pourquoi, d un poin de vue empirique, la présene éude repose sur les inermédiaires financiers, noammen les banques commerciales qui, dans ous les pays de l UEMOA, on une par de marché d environ 99 % comparée à celle des aures insiuions financières qui n on qu une par négligeable de 1 % Le sysème bancaire burkinabè Le sysème bancaire es composé de 12 banques commerciales, auxquelles s ajouen 5 éablissemens financiers e de nombreuses insiuions de microfinance Le réseau bancaire e les éablissemens financiers Place du réseau bancaire e les éablissemens financiers burkinabè dans l UEMOA Comme l indique le ableau 2, en 2010, les 17 banques e éablissemen financiers burkinabè représenaien 14,29 % de l ensemble des éablissemens de crédis dans la zone UEMOA conre 12,50 % en moyenne dans les aures pays. En revanche, même si comparaivemen à la moyenne dans les pays de l Union, il y a plus de banques e éablissemens financiers au Burkina, ceux-ci on un faible bilan cumulé, d où une faible par de marché (11,30 %) par rappor aux aures pays (12.51 % en moyenne). Cela es peu êre dû au fai que le supplémen consaé au Burkina Faso par rappor à la moyenne des aures pays vien du grand nombre d éablissemens financiers (5) relaivemen à celui de la moyenne (2) des pays de l Union e que ces éablissemens financiers son de peie aille (voir ableau 2). Tableau 2. Eablissemens de crédis en aciviés en 2010 Nombre d éablissemens en acivié Banques Eablissemens financiers Toal en % Cumul bilans en M. FCFA Pars de marché (*) Burkina Faso , ,30 % Moyenne UMOA , ,51 % Toal UMOA , ,00 % Source : Annuaire des banques e éablissemens financier de l UEMOA ( *) Par rappor au oal des bilans de l UMOA 137

138 D un poin de vue de la aille, il ressor du ableau 3, que le Burkina dispose de plus de grandes banques que les pays de l UEMOA. Il en es de même des peies banques e des éablissemens financiers qui on une plus fore présence au Burkina qu il y en a en moyenne dans les aures pays. Les grandes banques e banques moyennes représenen plus de 80 % des éablissemens de crédi au Burkina Faso. Tableau 3. Analyse des éablissemens de crédi selon la aille du bilan en 2010 Taille du bilan (en Mds de FCFA) Nombre d éablissemens Burkina Moyenne UMOA Toal UMOA Par de marché (*) au Burkina - Supérieur à 100 (banques uniquemen) ,10 % - Enre 50 e 100 (banques uniquemen) ,20 % - Inférieure à ,70 %. Banques ,50 %. Eablissemens financiers ,10 % Toal ,00 % Source : Annuaire des banques e éablissemens financier de l UMOA (*) Par rappor au oal des bilans des banques e éablissemen financiers du Burkina Lorsque l on examine la srucure des banques e éablissemens financiers selon la naure des aciviés (voir ableau 4), l on s aperçoi que le Burkina Faso e les aures pays de l Union son, en moyenne, presque ideniques. En effe, la seule différence réside au niveau des éablissemens financiers praiquan le financemen de vene à crédi e/ou crédi bail : le Burkina en compe plus que ce compen en moyenne les pays de l UEMOA. E, comme cela apparaî dans le ableau ci-dessous, la quasi-oalié des banques insallées au Burkina Faso son généralises, c es-à-dire qu elles inerviennen dans ous les seceurs d aciviés économiques. Tableau 4. Répariion des éablissemens de crédi par spécialié en 2010 Aciviés principales Nombre d éablissemens Pars de Burkina Moyenne UMOA Toal UMOA marché (*) Banques ,90 % - Généralises ,50 % - Spécialises ,40 %. agriculure ,10 %. habia ,20 %. Microfinance ,10 % Eablissemens financiers ,10 % - Vene à crédi ,00 % - Financemen de vene à crédi e/ou crédi-bail ,80 % Source : Annuaire des banques e éablissemens financier de l UMOA (*) Par rappor au oal des bilans de l UMOA 138

139 Analyse de la srucure du capial e répariion géographique des banques burkinabè Les banques e éablissemens financiers burkinabè son principalemen basés dans les deux plus grandes villes que son Ouagadougou, la capiale poliique e adminisraive e Bobo Dioulasso, la capiale économique. En effe, comme l indique le ableau 5 ci-dessous, ces deux villes abrien, à elles deux, un peu plus de la moiié (environ 54 %) des guiches des banques e éablissemens financiers ; les aures 46 % son réparis sur le rese du errioire, enre les 47 aures villes. La seule ville de Ouagadougou enregisre plus de 44 % des guiches de l ensemble banques e éablissemens financiers e plus de la moiié (51 %) des guiches des banques. Les banques son surou présenes à Ouagadougou e Bobo Dioulasso, car plus de 60 % des guiches y son localisés. Quan aux éablissemens financiers, ils son principalemen insallés dans des villes aures que les Ouagadougou e Bobo Dioulasso. Plus des rois quars des guiches des éablissemens financiers son en province. En clair, il apparai selon le ableau 5 que les banques occupen principalemen les 2 grandes villes, andis que les éablissemens financiers opèren plus dans les aures villes du pays. Tableau 5. Srucure du capial e répariion géographique des banques burkinabè en 2010 BANQUES ETABLISSEMENTS FINANCIERS BANQUES ET ETABLISSEMENTS FINANCIERS Répariion du capial Monan (*) % Monan (*) % Monan (*) % Personnes Morales érangères ,89 66,36 645,05 15, ,94 63,66. Seceur public ,32 20,23 0 0, ,32 19,15. Seceur privé ,57 46,13 645,05 15, ,62 44,51 Personnes physiques érangères 22,6 0,03 1,45 0,04 24,05 0,03 Personnes Morales Naionales ,7 23, ,24 63, ,94 25,16. Seceur public ,6 14,60 792,8 19, ,4 14,85. Seceur privé 6 120,1 8, ,44 43, ,54 10,31 Personnes physiques naionales 7 707,81 10,60 857,56 20, ,37 11,15 Capial oal , ,3 100 Répariion des guiches Nombre % Nombre % Nombre % Ouagadougou 73 51, , ,32 Bobo Dioulasso 14 9,79 3 9, ,66 Aures provinces/villes 56 39, , ,02 Guiches oaux Source : Annuaire des banques e éablissemens financier de l UMOA (*) Monan en millions de Francs CFA (FCFA) euro = 655,957 FCFA 139

140 Pour comprendre cee dichoomie, l analyse des capiaux e de leur répariion peu êre inéressane. En effe, il ressor du ableau 6 que les capiaux des banques son rès solides (presque 73 milliards de FCFA) e majoriairemen déenus (à plus de 66 %) par des érangers 1 qui son souven des grandes banques inernaionales. Ainsi, ces banques disposen de capaciés réelles pour pénérer le marché rès concurreniel des deux grandes villes. A l inverse, les éablissemens financiers son des insiuions faiblemen capialisées (un peu plus de 5 % des capiaux des banques) e aux mains d invesisseurs naionaux (plus de 80 %) qui ne fon pas le poids face aux érangers. C es sans doue, compe enu de leur faible niveau de capialisaion qui ne leur perme pas de faire face à la concurrence des banques basées dans les 2 principales villes, que les éablissemens financiers préfèren opérer dans les aures villes Foncionnemen des banques e éablissemens financiers Analyse selon la srucure des crédis placés par les banques e éablissemens financiers L analyse du foncionnemen des banques e éablissemens financiers à parir des crédis placés sera faie à rois niveaux, selon le schéma présené dans le ableau 6 ci dessous : selon la naure du débieur ; selon l obje du crédi ; selon la durée du crédi. 1 Les banques opéran au Burkina Faso son radiionnellemen des filiales des grandes banques françaises (Sociéé Générale, BNP Paribas) e récemmen libyennes (BCB, BSIC), marocaines (Aijariwafa Bank) e nigérianes (UBA, Ecobank). 140

141 Tableau 6. Évoluion de la répariion (en %) des crédis placés par les banques e éablissemens financiers 1. Répariion du crédi par naure du débieur (en %) Éa e organismes assimilés 0,00 0,00 0,48 4,15 3,87 Pariculiers 26,72 20,68 15,32 15,66 11,26 Clienèle financière 0,98 0,22 0,64 0,93 0,06 Sociéés d Éa e EPIC 7,07 10,94 10,52 10,13 6,15 Assurances-Caisses de reraie 0,00 0,00 0,03 0,00 0,00 Enreprises privées du seceur producif 47,81 51,43 54,85 50,28 60,95 Enreprises individuelles 12,70 12,78 12,36 15,51 14,94 Coopéraives e groupemens villageois 1,64 1,41 0,64 0,69 0,47 Divers (ONG, amicales, syndicas, ec.) 0,65 0,11 0,19 0,93 0,94 Personnels des banques 2,36 2,44 5,02 1,72 1,35 Toal Répariion par obje du crédi (en %) Habiaion 6,88 4,55 5,62 2,06 1,10 Exporaion 4,65 1,89 0,70 2,18 4,69 Équipemen 21,02 33,57 12,65 8,05 5,81 Consommaion 18,21 13,16 9,56 11,80 9,89 Trésorerie 41,45 35,73 52,30 61,23 57,04 Aures 7,79 11,10 19,19 14,70 21,47 Toal Répariion par durée du crédi (en %) inf. ou égale à 1 mois 6,48 8,55 12,65 23,41 25,75 sup à 1 mois e inf. ou égale à 3 mois 15,00 21,71 27,23 21,23 15,84 sup à 3 mois e inf. ou égale à 6 mois 5,83 3,09 8,48 12,66 19,62 sup à 6 mois e inf. ou égale à 1 an 21,02 10,40 11,12 12,79 7,76 sup à 1 an e inf. ou égale à 2 ans 11,79 11,97 10,87 7,58 11,31 sup à 2 ans e inf. ou égale à 5 ans 26,46 37,95 21,10 18,77 15,74 sup à 5 ans e inf. ou égale à 10 ans 8,25 2,92 4,23 2,43 3,85 Plus de 10 ans 5,11 3,47 4,32 1,13 0,14 Toal ,00 Source : différens numéros du rappor de la Commission bancaire de l UMOA Selon la naure du débieur, il apparai clairemen, comme le monren le ableau 6 e le graphique 1, que le seceur privé es le plus financé e ce, de façon croissane au fil des années andis que les aures seceurs ou agens économiques le son relaivemen beaucoup moins avec des proporions qui chuen avec le emps. En effe, le seceur privé, prenan en compe les enreprises privées du seceur producif e les enreprises individuelles, a bénéficié d un peu plus de 75 % des crédis ocroyés par les banques e éablissemens financiers au Burkina Faso en

142 Ce qui es frappan, c es de remarquer qu en 2006, par exemple, les enreprises individuelles enregisraien moins de la moiié (12,70 %) des crédis ocroyés aux pariculiers (26,72 %) mais qu en moins de 5 ans, la endance s es inversée : en 2010 les enreprises individuelles son neemen privilégiées par les banques e éablissemen financiers qui leur consacren presque 15 % des crédis conre seulemen 11 % aux pariculiers. En héorie, cela es révélaeur d un développemen financier, car les ressources financières son, au fil du emps, allouées majoriairemen au seceur privé, créaeur d emplois e de richesses. Graphique 1. Répariion du crédi par naure du débieur (en %) Source : différens numéros du rappor de la Commission bancaire de l UMOA De façon spécifique, les enreprises privées du seceur producif à elles seules, enregisren une moyenne d environ 54 % des crédis ocroyés par les banques e éablissemen financiers burkinabè duran les 5 dernières années. En 2010, elles on bénéficié d un niveau de financemen record dépassan 60 % des crédis des banques e éablissemens financiers. Il en es de même pour les enreprises individuelles qui son classées en 2010 comme deuxième caégorie d aceurs la plus financée après les enreprises privées du seceur producif. Le consa qui apparaî ici es que les enreprises individuelles, qui son généralemen des enreprises de peie aille e qui opèren dans le seceur di informel, son moins financées que les aures ypes d enreprises du seceur privé. 142

143 Quan aux aures aceurs els que les pariculiers, les sociéés à bu non lucraif e l Éa (l adminisraion publique, les organismes assimilés, les sociéés d Éa), ils enregisren de faibles niveaux de financemen comparés aux deux premiers aceurs qui relèven du seceur privé. Comme l illusre le graphique 1, les pars de financemens consacrés à ces aures aceurs diminuen sensiblemen depuis Une analyse plus fine sera faie pour apprécier la qualié de ces prês noammen en s inéressan à l obje e à la maurié des crédis ocroyés par ces banques e éablissemens financiers. Selon l obje du crédi, le graphique 2 laisse apercevoir une nee prépondérance des crédis consacrés à la résorerie qui connaissen un accroissemen au fil des ans au dérimen des aures formes d uilisaion des crédis. En effe, duran les 5 dernières années, la par des crédis consacrés à la résorerie des enreprises consiue en moyenne plus de 50 % de l ensemble des prês consenis par les banques e éablissemen financiers. Bien que cela augure d un développemen financier visan à souenir les seceurs producifs, il es ouefois regreable de consaer que la par des financemens alloués pour souenir les besoins d équipemen e les exporaions es en baisse. Par exemple, de plus de 20 % en 2006 e même 33 % en 2007, la par des crédis consacrés au financemen des équipemens a chué en 2010 pour se rerouver seulemen à 5 %. Quan on sai que les équipemens représenen les dépenses d invesissemen e son, pour les enreprises, l un des faceurs déerminans de la croissance de long erme, il es légiime de nourrir un scepicisme sur la qualié des financemens des banques e éablissemens financiers burkinabè, noammen leur capacié à souenir la performance des enreprises e, par ricoche, celle de oue l économie. Il en es de même pour les exporaions, don les financemens des banques e éablissemens financiers ne favorisen pas le développemen, puisque la par des crédis qui es consacrée es, non seulemen rès faible (de l ordre de 3 % en moyenne), mais égalemen en baisse jusqu en Ce n es qu à parir de 2009 qu on consae une faible embellie due sans doue au boom minier que connai le Burkina Faso depuis cee année. 143

144 Graphique 2. Répariion selon l obje du crédi (en %) Source : différens numéros du rappor de la Commission bancaire de l UMOA Lorsqu on s inéresse à la répariion selon la durée du crédi, comme l indique le graphique 3, on observe que duran la période d observaion (de 2006 à 2010), les banques e éablissemens financiers ne son inéressés à financer que les crédis de cour erme, noammen d une durée comprise enre un mois e 6 mois. Ce ype de crédi connai une croissance fore e la par de ces crédis dans l ensemble des financemens consenis par les banques e éablissemen grimpe à un ryhme rapide. Cela peu s expliquer par la prépondérance des financemens bancaires affecés aux aciviés de résorerie des enreprises qui son de cour erme (voir graphique 2). Corrélaivemen, on assise à une baisse considérable des crédis pour une durée comprise enre 2 ans e 5 ans, signe d une réicence des banques au financemen à moyen erme. Graphique 3. Répariion selon la durée du crédi (en %) Source : différens numéros du rappor de la Commission bancaire de l UMOA 144

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