L IRAK, ENJEU ET VICTIME DES GRANDES MANŒUVRES DE L IMPÉRIALISME

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1 ISSN EXPOSÉS DU CERCLE LÉON TROTSKY L IRAK, ENJEU ET VICTIME DES GRANDES MANŒUVRES DE L IMPÉRIALISME 8 NOVEMBRE 2002 N 91

2 L Irak, enjeu et victime des grandes manœuvres de l impérialisme Exposé du Cercle Léon Trotsky du 8 novembre 2002

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4 D après les commentateurs, les élections américaines de ce 3 novembre 2002 pour le Congrès, le Sénat et les postes de gouverneurs, ont été un véritable triomphe pour Bush junior. Il y a une bonne dose d intox dans cette présentation car, si Bush a fait mieux que lors de son élection à la présidence ce qui n a pas été difficile ça n a tout de même pas été un raz-de-marée. Mais le système électoral étant ce qu il est, le président américain dispose désormais d une majorité dans les deux assemblées. Seul, Chirac a fait mieux, dans les circonstances que l on sait. Est-ce que ce consensus autour de la personne de Bush, cet alignement derrière la politique guerrière qu il entretient depuis un an, feront que la préparation de la guerre contre l Irak sera poussée jusqu au bout, jusqu à l invasion de l Irak? Ou, au contraire, est-ce que Bush, ce président si mal élu, avec moins de voix que son adversaire lors de la présidentielle, se contentera des retombées intérieures de sa politique extérieure et qu il en restera à brandir la menace et à faire entendre le cliquetis des armes dans la région? Nous ne répondrons pas, ce soir, à ces questions. Nous n avons pas les moyens de sonder le cerveau et la conscience du président américain, si toutefois ces mots conviennent à propos de ce personnage. Mais, à bien des égards, l état de guerre est déjà là. Il est là par la mobilisation de l opinion publique américaine, soumise depuis le 11 septembre à une intense campagne de mensonges et d intoxication guerrière. Il est là aussi, et bien plus matériellement, mais les deux sont liés, par la présence d énormes forces militaires autour de l Irak. Il est là par la mobilisation diplomatique à travers laquelle les États-Unis sont en train de faire passer leur politique auprès de leurs alliés. Vous le savez, Chirac présente comme une victoire diplomatique le fait que la résolution présentée aujourd hui par les États-Unis devant l ONU tienne compte, dans sa forme, des observations de la diplomatie française! Mais, comme l a écrit fort justement hier un quotidien, la France «ne se bat pas contre la guerre en Irak, mais contre la guerre sans l ONU». Vous saisissez, je l espère, la fine nuance lorsqu on sait que les États-Unis ont mené quelques-unes de leurs guerres impérialistes, à commencer par la guerre de Corée, il y a déjà un demi-siècle, sous l égide de l ONU! Et personne ne doute que, si 3

5 4 la guerre, déjà engagée en réalité, passe à une phase militaire, cela sera avec l accord du gouvernement français qui voudra être dans le coup. Alors, bien sûr, tout en disant que Saddam Hussein est un dictateur et un boucher, avant tout pour son propre peuple, nous dénonçons la guerre qui se prépare. Car, même si Saddam Hussein tombait, c est le peuple d Irak qui en paierait le prix. Comme, bien plus généralement, c est le peuple d Irak qui, depuis la création de l Irak moderne, paie le fait qu il a toujours été, comme tous les autres pays de la région, l objet de manœuvres impérialistes. Ce que nous proposons ici, c est de démêler un peu l écheveau des manœuvres impérialistes dans cette région du Moyen-Orient, et plus particulièrement vis-à-vis de l Irak, depuis qu après plusieurs siècles de domination ottomane il est devenu juridiquement indépendant. Et nous avons l intention aussi de relater comment Saddam Hussein, que les dirigeants du monde impérialiste dénoncent aujourd hui comme un criminel sanguinaire, l a toujours été, mais l a été avec la bénédiction des puissances impérialistes elles-mêmes.

6 5 Dès le 19 e siècle, au centre des rivalités entre puissances coloniales L Irak d aujourd hui, avec ses quelque 25 millions d habitants, occupe une superficie proche des quatre cinquièmes de celle de la France, dont près de la moitié de zones désertiques ou arides. Il a une frontière commune avec six autres États : au nord la Turquie, à l est l Iran, au sud le Koweit et l Arabie Saoudite et, à l ouest, la Jordanie et la Syrie. Comme la plupart des pays du Moyen-Orient, l Irak est une construction artificielle récente, issue du démantèlement de l Empire ottoman au lendemain de la Première Guerre mondiale, lorsque les puissances impérialistes rivales se partagèrent les dépouilles de l empire vaincu. Cette région du Moyen-Orient n en a pas moins été le berceau de civilisations très anciennes. Plusieurs États, parmi les premiers de l histoire de l humanité, s y sont succédés. Au 16 e siècle, l Empire ottoman en pleine période ascendante intégra cette région en son sein. Le territoire actuel de l Irak coïncide avec trois grandes provinces distinctes de cet empire. Au sud, la province de Bassorah était peuplée d Arabes musulmans d obédience chiite, en partie issus de populations venues de Perse. Au centre, celle de Bagdad avait également une population essentiellement arabe, mais partagée entre chiites et sunnites. Et au nord, la province de Mossoul avait une majorité kurde. Au 19 e siècle l Empire ottoman, déjà dans une phase de déclin, devint la proie des bourgeoisies européennes montantes, qui commencèrent à mettre en pièces cette région qu il avait unifiée. La Grande-Bretagne fut la première puissance occidentale à investir l économie ottomane en général et irakienne en particulier. Ce fut elle qui, en achetant la loyauté d un certain nombre de clans féodaux basés le long des côtes du golfe persique et de la péninsule arabique, donna naissance à la fin du 19 e siècle à une série de «protectorats» en fait de véritables colonies. Ce sont ces protectorats côtiers qui finirent par donner naissance aux micro-états artificiels que l on désigne collectivement aujourd hui sous le nom d «émirats arabes» des États où des clans féodaux insignifiants ont pu continuer à régner, d abord grâce à la protection de l impérialisme anglais,

7 6 puis grâce aux dollars qu ils ont gagnés en protégeant les bénéfices des trusts du pétrole. Le cas de l un de ces micro-états, le Koweit, vaut une mention particulière, puisque son intégrité territoriale servit de prétexte à la guerre du Golfe, en Au 19 e siècle, Koweit n était qu un petit port de pêche au fond du golfe persique, dans la province ottomane de Bassorah. Mais il occupait le seul emplacement de la côte permettant la construction d un port pour les navires de haute mer. La Grande-Bretagne réussit à en accaparer l usage en gagnant l appui d un clan féodal local, les Al-Sabah. En 1899, un accord fut signé transformant la région entourant Koweit en protectorat anglais sur lequel Londres reconnaissait la souveraineté de ce clan. Huit ans plus tard, malgré les protestations impuissantes de l Empire ottoman, la première base militaire occidentale permanente au Moyen-Orient devait y être construite. Les Britanniques ne restèrent pas longtemps seuls dans la région. À partir du milieu du 19 e siècle les banques françaises réussirent peu à peu à s emparer des finances de l Empire ottoman. Vers 1870, la Banque Impériale Ottomane, Les confettis de l Empire britannique dans le golfe Persique.

8 7 qui servait de banque centrale à l empire, était contrôlée par la Banque de l Union Parisienne. Néanmoins, en 1887, pour secouer le joug de la haute finance française, le sultan ottoman se tourna vers les banques allemandes pour obtenir les fonds nécessaires à la construction d une ligne de chemin de fer Istanbul-Ankara-Bagdad-Bassorah. Ce projet déclencha des rivalités homériques entre les grandes puissances rivales. Il fallut à la France, la Grande-Bretagne, l Allemagne et la Russie impériale plus de vingt ans d arguties et de coups tordus pour arriver à un accord. Elles se répartirent avec le dernier des cynismes toutes les sources de profits que l Empire ottoman pouvait leur offrir. Un nouvel élément brûlant avait fait son apparition en cours de route : le pétrole, découvert dès les années 1870 près de Mossoul. Tant que sa seule utilisation commerciale se limitait à l éclairage, cela n intéressait personne. Mais en 1901, l Amirauté britannique décida que l avenir de sa flotte nécessitait à terme le remplacement du charbon par le fioul. Dès lors le contrôle de la production et des réserves pétrolières devint un enjeu stratégique vital pour les impérialismes rivaux dans la région et il devait l être de plus en plus par la suite. La question du chemin de fer de Bagdad prit une tout autre importance. D autant que l Allemagne exigeait l exclusivité des droits minéraux, et donc pétroliers, le long des voies dont elle finançait la construction chose évidemment inacceptable pour la France et la Grande-Bretagne. À la veille de la Première Guerre mondiale, il y eut finalement un accord sur ce fameux chemin de fer, qui obligea l Allemagne à renoncer au contrôle des deux tiers de la ligne, ainsi qu aux droits minéraux qu elle revendiquait, en échange d une simple participation minoritaire dans l exploitation future du pétrole de Mossoul. La mise en pièces de l Empire ottoman Mais la Guerre mondiale rendit rapidement tous ces marchandages caducs. D abord neutre, l Empire ottoman finit par rejoindre le camp de l Allemagne. Trois jours exactement après son entrée en guerre, un corps expéditionnaire britannique venu des Indes débarqua à Koweit pour occuper le terrain aussi loin que possible vers Bagdad et Mossoul. La tâche se révéla plus difficile que prévu. Et il fallut aux Anglais un deuxième contingent de troupes pour

9 8 CFP-Total, aujourd hui TotalFinaElf : un trust dont les origines remontent au partage des dépouilles de l Empire ottoman.

10 parvenir à Bagdad en 1917, puis occuper Mossoul en 1918, après l armistice avec les troupes ottomanes. Pendant ce temps, pour paralyser les troupes ottomanes dans l ouest du Moyen-Orient et, en particulier, protéger l Egypte, les services secrets britanniques montaient l opération que l on allait identifier plus tard au personnage d aventurier romantique du fameux «Lawrence d Arabie», cherchant à provoquer un soulèvement arabe contre les Ottomans. L opération s appuyait sur les forces de Hussein, un émir qui régnait déjà sur le Hedjaz, c est-à-dire la région entourant La Mecque dans l Arabie Saoudite d aujourd hui. En échange, la Grande-Bretagne, en accord avec la France, promit à Hussein un grand État arabe indépendant, une fois la victoire obtenue. Mais en même temps, les diplomates français et anglais s occupaient fiévreusement à préparer l après-guerre, c est-à-dire un repartage du Moyen-Orient et, cette fois-ci, sans l Allemagne. L accord auquel ils arrivèrent en 1916, dit «plan Sykes-Picot», du nom de ses signataires, ne fut pas rendu public tant son contenu était peu avouable. Mais il fut publié peu de temps après par les Bolcheviques qui en avaient trouvé une copie après la révolution d octobre Ce plan divisait le Moyen-Orient en quatre zones. La France s attribuait une zone d occupation, recouvrant le Liban et une partie du sud-est de la Turquie actuelle, et une zone d influence englobant la Syrie et le nord de l Irak actuels. La Grande-Bretagne recevait une zone d occupation comprenant la région fertile irakienne allant de Bagdad à Bassorah, et une zone d influence comprenant le reste de l Irak et la Jordanie d aujourd hui. Un protectorat commun devait être établi sur l équivalent actuel d Israël et des Territoires Occupés. Nulle part il n était question de l État arabe indépendant promis à l émir Hussein. Finalement, à la sortie de la guerre, la France obtint un «mandat» de la Société des Nations, l ancêtre de l ONU, couvrant la Syrie et le Liban, tandis que la Grande-Bretagne obtenait un «mandat» sur un territoire correspondant à ceux qu occupent aujourd hui l Irak, la Jordanie, Israël et les Territoires Occupés, et l Egypte. La formule du «mandat» ne faisait que cacher un statut colonial. La soi-disant «communauté internationale» servait ainsi déjà de couverture aux exactions de l impérialisme preuve que Bush père et fils n ont vraiment rien inventé! Par ailleurs, en guise de dédommagement pour la perte de la région de Mossoul, que le plan Sykes-Picot lui avait initialement attribuée, la France s attribua la part allemande de la compagnie pétrolière exploitant le pétrole de 9

11 10 Mossoul, soit 25% du capital. De ces 25% devait naître quelques années plus tard la CFP (Compagnie Française des Pétroles), l ancêtre de Total puis de TotalFinaElf. Dans ce règlement, le troisième et principal partenaire du camp allié, les USA, était laissé sur la touche. Mais les deux décennies suivantes allaient voir la pénétration croissante du capital américain dans la région, avant que la Seconde Guerre mondiale vienne réduire définitivement le rôle des impérialismes européens. La principale victime de ce règlement était le monde arabe. Les liens historiques qui l unissaient, et qui avaient survécu sous la domination ottomane subie en commun, auraient pu servir de fondations à une entité arabe indépendante. Même constituée sur une base bourgeoise, une telle entité aurait constitué un progrès. En particulier elle aurait été en meilleure position pour s opposer au pillage par les puissances impérialistes. Et c est pourquoi, par-delà les rivalités entre les divers protagonistes, l intérêt global de l impérialisme était cette balkanisation de la région, afin de mieux l affaiblir. De l occupation anglaise à la mise sous tutelle Entre-temps, en ce lendemain de la Première Guerre mondiale, c est tout le Moyen-Orient qui s était engouffré dans une vague d agitation nationaliste. Le mouvement commença en Egypte en 1919, par des grèves et des manifestations pour l indépendance. Puis il se propagea en Syrie, pour culminer l année suivante simultanément en Syrie et en Irak, exprimant l aspiration des peuples à se débarrasser une bonne fois de la tutelle des grandes puissances. En Irak, l occupation britannique nourrissait le mouvement. Une violente opposition s exprimait contre l administration britannique, dont les représentants étaient de purs produits de l administration coloniale indienne, avec leur morgue imprégnée de racisme. Mais Bagdad n était pas Calcutta. Comme dans toutes les grandes villes arabes, on y trouvait une riche bourgeoisie financière et marchande et une petite bourgeoisie relativement nombreuse, qui n avaient pas eu l habitude d un tel traitement sous la domination ottomane. La population était déterminée à en finir avec toute forme d occupation étrangère. Lorsqu elle prit conscience que la promesse d un État arabe indépendant n avait été qu un leurre et que l occupation britannique allait continuer, de violentes émeutes éclatèrent aux quatre coins de l Irak. Il fallut plus de trois

12 mois à l armée britannique pour écraser cette révolte, sans parler des expéditions punitives qui continuèrent jusqu au milieu de l année À Londres, le coût financier et politique de cette révolte apparut trop élevé. Il était difficile de justifier auprès de l opinion anglaise la mort au combat de plusieurs centaines de soldats britanniques plus de deux ans après la fin de la Guerre mondiale. Avec un cynisme consommé, le directeur de l administration coloniale indienne tira alors la conclusion suivante : «Ce qu il faut mettre en place, c est une administration basée sur des institutions arabes, à qui nous puissions laisser faire le travail tout en étant sûrs de pouvoir en tirer les ficelles; un système qui ne nous coûte pas très cher et que le Parti Travailliste puisse avaler sans trahir ses principes, mais qui garantisse en même temps nos intérêts économiques et politiques.» Mais en Irak, l impérialisme anglais ne disposait pas, comme dans bon nombre de ses colonies plus anciennes, d un personnel politique indigène formé par l appareil colonial. À défaut, Londres se tourna vers l un de ses alliés du temps de guerre. Ce fut Fayçal, l un des fils de cet émir Hussein à qui Londres avait promis autrefois un «grand royaume arabe». Ce Fayçal, qui venait d être chassé de Syrie par les troupes françaises après avoir tenté d y proclamer un État indépendant, fut accueilli à Bagdad et, en août 1921, il fut proclamé souverain d Irak. Les Anglais était coutumiers de telles nominations, puisque quelques mois auparavant ils avaient créé le trône de Transjordanie pour y mettre un frère de Fayçal, Abdallah, inaugurant ainsi la dynastie qui règne encore aujourd hui en Jordanie. L année suivante, en 1922, un traité anglo-irakien formalisa le contenu du «mandat» de la Grande-Bretagne en Irak. La politique extérieure de l Irak et ses finances restaient aux mains des Anglais. La protection des intérêts britanniques en Irak devait être assurée par des escadrilles de la RAF et des troupes britanniques stationnées en permanence sur place, ainsi que par des milices supplétives recrutées parmi la minorité chrétienne assyrienne ce qui, par la suite, valut à cette minorité de devenir la cible de pogromes. La Grande-Bretagne s engageait bien à créer une armée irakienne, mais elle s en réservait le commandement. Enfin, l Irak était tenu de financer non seulement l entretien des Britanniques et de leurs installations, mais aussi des grands travaux dont l exécution devrait être attribuée à des entreprises britanniques. En plus, l État irakien avait à charge de rembourser une partie de la dette de l Empire ottoman aux banques franco-anglaises! Restait à définir les frontières précises du nouvel État. Ce fut fait un beau jour de 1922, où en quelques heures les frontières de l Irak furent tracées sur 11

13 12 L Irak, une construction artificielle des puissances impérialistes dans un Moyen-Orient balkanisé. Le Koweit, un véritable bouchon bloquant l accès de l Irak au golfe Persique.

14 13 une carte à grand coups de règle, sans aucun égard ni pour les territoires traditionnels des clans nomades d Arabie, ni pour la géographie. En même temps les Anglais obtenaient du roi d Arabie Ibn Séoud qu il reconnaisse les protectorats anglais des «émirats arabes». De plus, le territoire du protectorat anglais du Koweit était agrandi au point de ne laisser à l Irak qu une quarantaine de kilomètres de côte instable en guise d accès au Golfe Persique. Le seul port de haute mer irakien se trouvait repoussé à Bassorah, à 150 km à l intérieur des terres, au bout du Chatt el-arab, un étroit chenal constamment menacé d obstruction par les alluvions des fleuves qui s y déversent, et que l Irak devait de surcroît partager avec la Perse ce qui allait être la source de bien des conflits entre les deux pays par la suite. Les Kurdes, victimes du réglement politique et des intérêts pétroliers Les accords de 1922 laissaient néanmoins en suspens la question du tracé de la frontière nord de l Irak, question des plus épineuses car, d une part, du tracé de cette frontière dépendait le contrôle du bassin pétrolifère de Mossoul et, d autre part, le règlement de cette question se heurtait aux revendications nationales et à la mobilisation du peuple kurde. Cette mobilisation avait commencé très tôt, encouragée par la défaite de la Turquie et le chaos politique qui régnait alors en Perse. Les troupes britanniques ripostèrent brutalement. Winston Churchill, alors ministre des Colonies, recommanda lui-même que la RAF la Royal Air Force, armée de l air britannique fasse usage de gaz «moutarde» contre les insurgés preuve qu en Irak, les premiers à utiliser les «armes de destruction massive» dont Bush nous rebat tant les oreilles aujourd hui, furent bien les puissances impérialistes. Et elles ne firent pas de quartier! Parmi la mosaïque de peuples qui avaient subi la domination de l Empire ottoman pendant si longtemps, le peuple kurde était sans doute l un de ceux qui attendaient le plus de son écroulement. En 1920, le traité de Sèvres proposa même, en même temps que le démantèlement de la Turquie, la formation d un État kurde indépendant. Mais ce traité contre la Turquie entraîna dans ce pays un raz-de-marée nationaliste, sous la direction de Mustapha Kemal, qui le rendit caduc. Mais du coup il n y eut pas non plus d État kurde.

15 14 En Irak, les troupes britanniques menèrent de leur côté plus de deux ans d une guerre sanglante contre les Kurdes. Une fois de plus les bombardiers de la RAF y jouèrent un rôle majeur, détruisant systématiquement les villages et camps de montagne où les maquisards kurdes irakiens trouvaient refuge, et même, en décembre 1924, la grande ville kurde de Suleimania elle-même. Si la Grande-Bretagne était si déterminée à garder un contrôle total sur cette partie du Kurdistan, c était parce que Mustapha Kemal en revendiquait le rattachement à la Turquie, pour pouvoir disposer du pétrole de Mossoul. En 1925, la Société des Nations trancha la question. Le pétrole de Mossoul resta sous contrôle britannique. Mais du même coup, la situation du peuple kurde s en trouva singulièrement aggravée. Au lieu d être coupé en deux comme auparavant, entre l Empire ottoman et la Perse, il se trouva désormais écartelé Après le démantèlement de l Empire ottoman, le Kurdistan écartelé entre quatre pays.

16 15 entre quatre États la Turquie, la Syrie sous mandat français, l Irak sous mandat anglais et l Iran! D autre part l annexion de cette partie du Kurdistan créa, dans le nord de l Irak, une poudrière comprenant un cinquième de la population et d autant plus explosive qu aucun régime irakien ne donna vraiment aux Kurdes les droits démocratiques, culturels et linguistiques qui leur furent si souvent promis. L offensive de l impérialisme américain L arbitrage de la Société des Nations en faveur de la Grande-Bretagne à propos du Kurdistan et du pétrole de Mossoul devait beaucoup au soutien des États-Unis. Il y avait évidemment une contrepartie. On le vit dès l année suivante, avec l entrée d un premier trust américain dans le capital de l Iraki Petroleum Corporation, ou IPC, la nouvelle compagnie pétrolière irakienne. De sorte qu en 1929 l IPC, qui avait le monopole du pétrole irakien, était contrôlé par les ancêtres de BP, Shell, Exxon, Mobil et CFP-Total. De plus, un nouveau bassin pétrolifère d une richesse considérable fut découvert à Kirkouk, toujours dans le Kurdistan irakien. La surface des concessions contrôlées par l IPC passa de 500 à km²! Les compagnies pétrolières américaines passaient à l offensive dans tout le Moyen-Orient et chaque fois la Grande-Bretagne était contrainte à des concessions. Mais le véritable coup de maître de l impérialisme américain eut lieu en Arabie Saoudite. Celle-ci avait pris sa forme moderne en 1926, après avoir annexé le Hedjaz, puis avait adopté le nom d Arabie Saoudite en Elle avait la particularité, presque unique dans la région, de s être formée indépendamment du colonialisme anglais et même, dans une large mesure, contre lui. C est ce qui permit au trust américain Socal, l ancêtre de Chevron, de remporter le monopole du pétrole saoudien au nez et à la barbe des compagnies anglaises, en Trois ans plus tard, une nouvelle compagnie, l Aramco, était formée par les ancêtres de Chevron, Exxon, Mobil et Texaco, pour exploiter les 1,3 million de km² de concessions attribuées par le régime saoudien et qui devaient se révéler contenir les plus vastes réserves pétrolières de la planète. En 1929, la Grande-Bretagne décida d accorder son indépendance formelle à l Irak, ceci à partir de son entrée à la Société des Nations, prévue pour

17 Mais en réalité, cette indépendance irakienne ne changea rien à sa situation de dépendance vis-à-vis de l impérialisme, donnant seulement les coudées un peu plus franches aux États-Unis par rapport à la Grande-Bretagne. Le traité anglo-irakien de 1930 modifia les apparences bien plus que le contenu des relations entre l Irak et celle-ci. Le gouvernement de Bagdad devint seul responsable de sa politique financière et extérieure, mais les bases de la RAF britannique restèrent en place avec tout leur personnel sous prétexte, déclara Londres, de «maintenir les lignes de communications au sein de l Empire». Le dernier acte du gouvernement sous mandat britannique donna un avant-goût de ce que serait l indépendance, en étendant les droits d exploitation de l IPC à la totalité du territoire national. Voilà donc comment l Irak commença son existence d État indépendant : en tant que chasse gardée d une compagnie pétrolière anglo-franco-américaine, et sous la surveillance vigilante de bombardiers anglais La mobilisation des masses pauvres Mais dès ces années 1930, il y eut de nouveaux mouvements de révolte contre l oppression impérialiste au Moyen-Orient. Ce fut le cas en Syrie, où on assista en 1936 à une grève générale qui dura 50 jours, mais aussi en Palestine et en Irak. L effervescence politique se développait à l échelle de l ensemble du monde arabe, y compris dans le Maghreb alors dominé par le colonialisme français. Elle était marquée par une irruption des masses pauvres dans l arène politique. Le creuset de cette effervescence fut les grandes villes, relativement importantes et anciennes dans l ensemble du Moyen-Orient, où coexistaient une bourgeoisie riche, mais aussi une petite bourgeoisie intellectuelle avide d idées nouvelles et également une classe ouvrière, encore peu nombreuse sans doute, mais ayant déjà ses propres organisations. En Irak, les premiers syndicats étaient apparus à la fin des années 1920, essentiellement parmi les artisans et ouvriers à domicile, mais aussi dans les chemins de fer, à l initiative de nationalistes. Ces syndicats furent à l origine de plusieurs mouvements de grève importants, entre 1931 et 1934, contre des mesures d augmentation des impôts ou encore pour imposer une baisse des tarifs prohibitifs pratiqués par les propriétaires anglais de la compagnie d électricité de Bagdad. Une nouvelle opposition politique émergeait, très différente des groupes d opposition nationalistes traditionnels. Le parti Ahali, ou Parti du Peuple,

18 17 créé par un groupe d étudiants irakiens de l université américaine de Beyrouth, à la fin des années 1920, apparut à la tête des grands mouvements sociaux des années Tout commença en mars 1935, dans le sud du pays, lorsque les paysans pauvres se mobilisèrent. Pour la première fois en Irak on vit des manifestations paysannes pour la réforme agraire et la démocratie communale. Mais ce mouvement, réprimé dans le sang, n était qu un prélude. En octobre 1936, il y eut à Bagdad un coup d État militaire anti-monarchiste, dirigé par le général Hikmet Suleyman. Plusieurs ministres issus de la direction du parti Ahali furent admis au gouvernement. Une semaine plus tard, plus de manifestants défilaient, derrière des banderoles réclamant du pain pour les affamés ou encore condamnant le fascisme. Des mouvements de grève se développaient parmi les dockers, les cheminots, les ouvriers du pétrole, etc.. Les ouvriers affluaient dans les nouveaux syndicats qui se créaient. Le nouveau pouvoir chercha d abord à s appuyer sur cette mobilisation, en usant d un langage socialisant. Mais l armée n était pas prête pour autant à se laisser entraîner trop loin sur le terrain des réformes. Les propriétaires fonciers rappelèrent la hiérarchie militaire à ses devoirs quand commencèrent à être publiés des propositions de réforme agraire. Bientôt le général Hikmet Suleyman se retourna contre les forces politiques qui le soutenaient. Il y eut de puissants mouvements de grève pour tenter de riposter à la vague montante de la répression. Mais il était trop tard. Les masses pauvres n avaient pas été préparés à faire face à cette volte-face de l armée. Elles furent prises au dépourvu sans avoir pu se donner les moyens de se battre. En revanche, à cette occasion, l armée avait fait la démonstration, à la bourgeoisie irakienne comme à l impérialisme, de sa capacité à assumer le pouvoir politique, y compris face à une mobilisation populaire qui aurait pu menacer bien des privilégiés. Ce ne devait pas être la dernière fois. Le PC irakien et l agitation de l après-guerre Toutes ces contradictions politiques et sociales allaient se développer et s aiguiser encore par la suite, et notamment dans la période qui suivit la Seconde Guerre mondiale. Cette période fut marquée au Moyen-Orient par le désengagement croissant des vieilles puissances coloniales. La pression des États-Unis, désormais

19 18 la puissance impérialiste dominante, y fut pour quelque chose. Mais au Liban et en Syrie, ce fut la mobilisation de la population qui contraignit la France à plier bagage. Le chaos créé par la guerre dans le système de domination impérialiste engendra des mouvements politiques et sociaux de grande ampleur, en particulier en Egypte, en Syrie et en Irak. Et pour la première fois, dans plusieurs pays, les Partis Communistes jouèrent un rôle de premier plan. Pour sa part, le Parti Communiste Irakien avait réussi à acquérir une certaine implantation ouvrière durant les événements de et il avait su la garder malgré la répression qui suivit. Pendant la guerre, il put encore consolider cette implantation, au point d apparaître comme le principal parti d opposition, alors que le régime était d autant plus haï des masses populaires que la guerre avait entraîné pour elles une aggravation dramatique de leurs conditions de vie. L agitation qui marqua les années montra toute l importance prise par le Parti Communiste Irakien. La première vague vint en mai 1946, avec une série de manifestations réclamant le départ des troupes britanniques, qui s étaient installées là pendant la guerre. Au début juillet, les ouvriers du pétrole de Kirkouk se mirent en grève. Très rapidement le mouvement fit tache d huile. Entre-temps la population du Kurdistan irakien s était soulevée avec l aide d armes fournies par l URSS. Le pouvoir militaire de Bagdad déclara la loi martiale, déclenchant une répression féroce qui se poursuivit tout au long de l année Puis vint, en janvier 1948, la signature par Bagdad de l accord de Portsmouth avec la Grande-Bretagne. Il ne faisait que prolonger le traité de 1930 qui faisait de l Irak formellement indépendant un vassal de Londres. Cet accord mit le feu aux poudres. Il y eut d abord deux semaines de grève et de manifestations dans les universités. Puis, le 20 janvier 1948, la police tira sur une grande manifestation d étudiants auxquels s étaient joints de nombreux ouvriers. Il y eut plusieurs morts. À partir de ce jour-là la mobilisation monta chaque jour, gagnant tout le pays. Au bout d une semaine de cette vague montante, l armée tira à la mitrailleuse sur une manifestation. On parla de 300 à 400 morts. Après ce bain de sang, à l instigation de Londres, le gouvernement démissionna et l accord de Portsmouth fut répudié. Cela n empêcha pas le pouvoir de recourir de nouveau à la répression pour faire oublier son échec face aux manifestations. Et le PCI fut le premier à en payer le prix, en particulier par la pendaison publique de ses trois principaux dirigeants, organisée par le régime en février 1949.

20 19 Malgré tout, cette montée des mouvements de masse, qui se produisait à l échelle de tout le Moyen-Orient, n en était encore qu à ses débuts. Des mouvements d émancipation commençaient à secouer l ensemble des peuples du Tiers Monde. Mais au Moyen-Orient, en Syrie et au Liban, en Egypte et en Irak, c était aussi toute une génération ouvrière qui s était éveillée à la lutte de classe et avait rapidement accumulé une expérience. Nombre de ses militants se retrouvaient désormais dans les Partis Communistes, dans lesquels ils voyaient une possibilité d émancipation non seulement nationale, mais sociale. Mais la politique des Partis Communistes arabes fut loin d être à la hauteur de ces espérances. Conformément à la politique de l URSS, bien loin d être révolutionnaire, la politique des Partis Communistes se résuma à un suivisme vis-à-vis de différents mouvements nationalistes bourgeois. Dans le contexte du Moyen-Orient, cette politique allait se révéler un véritable suicide pour les Partis Communistes, et un désastre pour les masses populaires qui commençaient à leur faire confiance. Ainsi, dans tous ces mouvements du lendemain de la Seconde Guerre mondiale, le PC irakien suivit la politique préconisée par Moscou, d alliance à tout prix avec les forces nationalistes irakiennes. À aucun moment il ne proposa réellement aux masses pauvres une politique autonome. Les objectifs qu il mit en avant, comme par exemple celui d un «gouvernement national démocratique», mettaient les masses pauvres à la remorque de la petite bourgeoisie nationaliste, voire de la bourgeoisie et des généraux anti-monarchistes. De la Guerre Froide à la chute de la monarchie Les années 1950, années de Guerre Froide, furent marquées par une intervention plus ouverte et plus brutale de l impérialisme américain au Moyen-Orient. Il y eut d abord l aide apportée par la CIA au coup d État militaire qui renversa le Premier ministre libéral iranien Mossadegh, en 1953, pour avoir osé prétendre nationaliser les avoirs des trusts pétroliers en Iran. Puis en 1958, on vit un corps expéditionnaire américain intervenir au Liban pour sauver le pouvoir de la bourgeoisie maronite menacé par une insurrection populaire. Mais ces années furent aussi marquées par l essor du nationalisme arabe, dans le sens d un nationalisme à l échelle de tout le monde arabe, et pas seulement à l échelle d un des pays qui le constituaient. Du Maroc et de l Algérie,

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