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2 En 2005, l Association des Expositions Agricoles du Québec célèbre son 50e anniversaire d existence. Ce document se veut un moyen de souligner l événement Dans ce recueil, l évolution de l agriculture au Québec dans un contexte historique sera d abord abordée. Par la suite, l histoire des expositions agricoles au Québec ainsi que les différents volets de tels événements seront présentés. Dans un troisième temps, les points marquants de l Association des Expositions Agricoles du Québec, ses fondateurs et les rôles qu elle joue aujourd hui auprès de ses membres seront relatés. Finalement, les différents acteurs régionaux qui font la force de cette association seront présentés. Bonne lecture! Table des matières Message du président... 2 Message du ministre... 3 Historique de l agriculture au Québec... 4 Les expositions agricoles, une tradition au Québec Historique de l AEAQ... 5 Les différents volets des expositions... 6 L Association des Expositions Agricoles du Québec se raconte à travers ses registres : La fondation... 7 Les premiers pas... 8 La fin des années Les années L implantation d un secrétariat permanent... 9 Le siège social déménage à Montmagny L après casino L assemblée annuelle des 28 et 29 octobre Membre honoraire à vie Rencontre au Ministère de L Agriculture en février Rencontre avec l UPA Concours Jeunes Talents Rencontre du Ministre Trudel, le 6 juin Liste des présidents et secrétaires depuis 50 ans Le conseil d administration de Services offerts aux membres par l association Les expositions agricoles au Québec : Amqui Ayer s Cliff Bedford Berthierville Brôme Calixa-Lavallée Chicoutimi Cookshire Côteau-du-Lac Drummondville Huntingdon Lachute Montmagny Notre-Dame du Lac Ormstown Québec Richmond Rimouski Rougemont Shawville Sorel-Tracy Saint-Agapit Saint-Anselme Saint-Bruno de Guigues Saint-Félicien Saint-Félix Saint-Honoré Saint-Hyacinthe Saint-Isidore Saint-Marc des Carrières Saint-Pascal Saint-Pierre les Besquets Trois-Rivières Victoriaville Conclusion 1

3 Message du président Souligner les 50 ans de l AEAQ ne peut se faire sans se référer à la contribution de ses expositions membres tout au cours de cette période. Fêter les 50 ans d existence de ce regroupement est tout à l honneur de ces organismes qui ont contribué et soutenu l évolution et le développement de l agriculture dans leur région respective. Une des caractéristiques qui les distingue est leur longévité. La majorité de ces expositions ont plus de cent ans d existence et démontre encore aujourd hui un grand dynamisme. Vous ne serez donc pas étonnés, après avoir pris connaissance de l évolution de l Association par un historique que j ai dressé à partir de la lecture des procèsverbaux, que nous fassions place à chacune de nos trentequatre expositions membres. L Association sert de lien de transmission favorisant les échanges d expériences pour assurer la pérennité de ces évènements agricoles uniques oeuvrant au niveau local, régional ou provincial. D organisme à caractère plus social, l AEAQ a su développer avec le temps des services propres à ses membres pour faciliter leurs opérations régulières mais aussi pour favoriser leur développement et leur adaptation aux réalités du 21e siècle. L avenir est prometteur même si les défis sont nombreux et la tâche est à remettre sur la table à dessin à chaque édition pour se renouveler tout en conservant son rôle premier qui consiste à faire la meilleure promotion de l agriculture de son territoire. Bonne continuité. Romuald St-Pierre, président. 2

4 Message du ministre de l Agriculture, des Pêcheries et de l Alimentation L année 2005 marque le 50e anniversaire de l Association des expositions agricoles du Québec (AEAQ). À titre de ministre de l Agriculture, des Pêcheries et de l Alimentation, je suis heureux de souligner ce demi-siècle consacré à la promotion et au développement de l industrie agricole. Les 34 expositions agricoles du Québec comptent parmi les événements les plus animés de la saison estivale. Ces manifestations populaires, éducatives et divertissantes s imposent non seulement comme de grandes fêtes de famille, mais aussi et surtout comme des carrefours de rencontre entre la campagne et la ville. Ces rendezvous annuels permettent à la population d apprécier encore davantage le monde agroalimentaire et ses principaux acteurs. Les quelque 1,2 million de visiteurs qui dépensent chaque année environ 45 millions de dollars afin de participer à ces événements témoignent de l intérêt soutenu du grand public pour le milieu agroalimentaire. Les expositions agricoles sont aussi l occasion de mettre en valeur une industrie qui engendre une activité économique essentielle à la vitalité des régions. Fort d un chiffre d affaires qui avoisine les 30 milliards de dollars, l ensemble de l industrie bioalimentaire regroupe personnes, générant ainsi un emploi sur dix dans les régions du Québec. Le Ministère est fier de soutenir l AEAQ et les expositions agricoles par l entremise du Programme d appui financier aux expositions agricoles. J invite les bénévoles à continuer de s engager activement pour le bien des expositions du secteur agroalimentaire. Le ministre de l Agriculture, des Pêcheries et de l Alimentation, LAURENT LESSARD 3

5 Historique de l agriculture au Québec Au Canada, l agriculture a évolué de façon différente selon les régions. Ceci s explique essentiellement par la différence de climat et de géographie de celles-ci. Cette diversité est également attribuable au fait que chaque région ait été colonisée à une époque différente, tant sur le plan du développement économique et politique du pays que sous l influence de forces nationales et internationales fort diversifiées. Le gouvernement a toujours constitué le principal facteur d unification depuis l époque coloniale. En effet, l agriculture a été essentiellement dirigée par l État et subordonnée à d autres intérêts. Plus d un millénaire précédant notre ère, les premiers peuples des régions inférieures des Grands Lacs et du Saint-Laurent apprennent l horticulture des peuples indigènes du Sud ou de l Ouest du continent. Les Iroquois et les groupes leur étant rattachés pratiquent la culture sur brûlis, mais aucun groupe ne dépend uniquement de l agriculture pour subsister. Ils cultivent deux espèces de maïs, des courges et des haricots, sélectionnent les semences et appliquent les principes élémentaires du forçage, mais ne connaissent pas l importance des engrais. Bien avant l arrivée des marchands français, les autochtones troquent leur maïs contre des peaux et de la viande que leur procurent les groupes de chasseurs des régions boisées. Après l avènement de la traite des fourrures, des intermédiaires algonquins fournissent les Français en pelleteries de choix qu ils troquent contre leur maïs avec des bandes vivant plus au nord. L apport de l agriculture autochtone dans l approvisionnement du commerce des fourrures demeure important jusqu à la fin du XVIIIe siècle. En 1617, Louis Hébert commence à élever du bétail et à défricher un lopin pour la culture. Par la suite, d autres colons décident de suivre son exemple et cultivent céréales, pois et maïs. Cependant, en 1625, au Québec, on ne compte encore que six hectares de terres en culture. À partir de 1612, le roi de France accorde des monopoles de traite de fourrures à une série de compagnies qui, en échange, s engagent à installer des colons. Ces compagnies à charte font venir des colons qui défrichent des terres à l aide de bœufs, d ânes et, plus tard, de chevaux. Cependant, l agriculture ne répond aux besoins locaux que vers 1640 et la commercialisation des produits agricoles demeure difficile durant tout le régime français. En 1663, Louis XIV réaffirme la domination royale et, de concert avec son ministre Colbert, encourage la colonisation par des familles. L intendant Jean Talon réserve des parcelles de terrain pour des expériences et des démonstrations agricoles, introduit notamment la culture du chanvre et du houblon, élève diverses espèces de bétail et conseille les colons en matière de méthodes agricoles. 4

6 Après 1763, à la suite de l arrivée des marchands anglais, les produits agricoles canadiens trouvent de nouveaux débouchés au sein du système mercantile britannique. La culture est surtout l affaire des habitants francophones, mais des colons anglophones viennent les rejoindre. Certains sujets anglais font l acquisition de seigneuries. Des colons de la Nouvelle-Angleterre viennent aussi s installer en Estrie. Dans les quotidiens, les Canadiens-Anglais font connaître de nouvelles méthodes de culture du blé et de la pomme de terre. En 1792, ils créent une société d agriculture. Avec l arrivée des sociétés d agriculture, les habitants québécois comprennent la nécessité de permettre l avancement de l agriculture au moyen d événements mettant l agriculture en avant-plan. La naissance des expositions agricoles, lentement mais sûrement, prend son envol. Les expos, une tradition au Québec Historique de l AEAQ À l origine, les expositions agricoles étaient sans doute des bazars et des foires. Au fil des siècles, ces rassemblements s éloignent quelque peu de leur vocation première et deviennent principalement des lieux de concours pour le bétail et les produits agricoles. Les expositions agricoles canadiennes ressemblent beaucoup aux foires agricoles d Angleterre et d Écosse. La première foire nord-américaine de ce genre a eu lieu en Nouvelle-Écosse en Les foires sont un apport social et éducatif important pour la société rurale canadienne et contribuent à améliorer l agriculture par ses concours. En 1800, dans la vallée du Saint-Laurent, il n existe pas encore de foires annuelles semblables à celles qui se tiennent depuis le Moyen-Âge en Europe. Les gens se rendent bien au marché une fois la semaine, mais aucune trace de ces grands rassemblements de la fin de l été où l on marchande les bestiaux et où l on étale les produits agricoles. L absence de pareilles manifestations s explique peut-être par la faible population et les longues distances à parcourir. Vers 1815, afin de vaincre la routine paysanne et stimuler l intérêt pour les bêtes de race, les nouvelles techniques et les travaux agricoles, les sociétés d agriculture de Québec et de Montréal imaginent de primer les cultivateurs les plus méritants à l occasion d un rendez-vous annuel. Les premières expositions agricoles à se tenir au Québec auraient eu lieu sur les Plaines d Abraham, à Québec, en 1818 et Par la suite, vers 1840, les sociétés d agriculture prolifèrent. Vers le milieu du XIXe siècle, les expositions agricoles se développent et le volet industriel fait son apparition à l intérieur de ces événements. À ce moment, les expositions deviennent une vitrine pour l avancement de l agriculture, des industries et du commerce au Québec. L idée de ce genre d exposition est tirée de la première exposition universelle tenue à Londres en La même année, la province de Québec organise à Montréal une exposition de produits qu elle présentera à l exposition de Londres en À partir de ce moment, plusieurs expositions auront lieu dans différentes villes du Québec entre 1853 et Entre 1939 et 1945, peu d expositions agricoles sont organisées. Cependant, dès la guerre terminée, de nouvelles sociétés agricoles organisent à leur tour des expositions. Traditionnellement, les expositions agricoles du Québec sont subventionnées et réglementées par les gouvernements provincial et fédéral. La réglementation provinciale classe les expositions en trois catégories, selon le territoire couvert. 5

7 Elle définit aussi des règles et procédures, tel le nombre de classes, le nombre de têtes, les critères d admissibilité et les critères de jugement. Au cours des années 1992 à 1994, les gouvernements procèdent au retrait des subventions aux concours d animaux et délaissent la réglementation. Les Sociétés et Corporations d agriculture deviennent ainsi autonomes dans l organisation, la réglementation de leurs concours d animaux et également dans la classification de leurs expositions. En 2005, trente-quatre expositions sont tenues, elles ont une existence moyenne de 72 ans. La majorité, les expositions de comté, sont des foires qui s étalent sur un ou deux jours et présentent un échantillon représentatif des produits agricoles et de l artisanat local. Les expositions régionales, d une durée de trois à quatre jours, moins courantes, couvrent des régions desservies par plusieurs foires locales et répondent à la demande pour des événements importants offrant une plus grande compétition. Un troisième type de foire, l exposition provinciale, présente des éléments provenant d une zone géographique encore plus vaste et tend à être plus «commerciale» étant donné que les détaillants de machineries agricoles et d autres technologies agricoles y présentent leurs marchandises. Pour sa part, la réglementation fédérale accorde une cote A ou B selon les classes d animaux présentées et les prix offerts. Elle impose la participation au concours de comté, puis au concours régional, pour ensuite se rendre au concours provincial. Les différents volets des expositions De façon générale, les activités programmées par les différentes expositions agricoles du Québec se rapportent aux quatre volets suivants : le volet agricole et ses concours d animaux ; le volet récréatif ; le volet agroalimentaire ; le volet commercial (incluant la machinerie agricole). Le volet agricole et ses concours d animaux sont omniprésents ; ils constituent la vocation première des expositions agricoles. En 2004, entreprises agricoles québécoises ont présenté un total de animaux lors des jugements. Plus de 50% des animaux présentés étaient des vaches laitières. Du côté volet jeunes éleveurs, un total de jeunes ont participé à cette activité. Le volet récréatif, qui comprend la programmation de spectacles, d activités de démonstration et d animation et de manèges et de jeux, est lui aussi toujours présent. L importance de ce volet se justifie par l attraction d un public plus large pour faire la promotion de l agriculture et des possibilités de générer des revenus pour financer l exposition, notamment son volet agricole. 6

8 Le volet agroalimentaire est perçu, par la plupart des expositions, comme un complément naturel au volet agricole et prend de l ampleur dans la majorité des événements. Le volet commercial constitue une vitrine disponible pour les entreprises commerciales, locales ou non, ce qui leur permet faire la promotion de leurs produits et services. L Association des Expositions Agricoles du Québec se raconte à travers ses registres La fondation En 1940, l Association des Expositions Agricoles du Québec voit le jour mais elle est dissoute l année suivante en raison de la guerre. Cette guerre rend l existence des expositions agricoles très précaire. Au début des années 1950, le droit d association est devenu la seule avenue envisageable. Les dirigeants des expositions sentent l urgence et doivent agir à l exemple des autres expositions canadiennes. En 1953, un mémoire très intéressant portant sur la précarité financière des expositions canadiennes est approuvé par cette association en vue de le présenter au ministère fédéral de l agriculture. En plus des difficultés pécuniaires, les expositions canadiennes semblent souffrir d une mauvaise presse à leur endroit. En effet, le «Farm Quarterly», dans son numéro d automne 1954, publie un article s intitulant : «Are shows slipping?» (Les expositions perdent-elles du terrain?) L auteur, M. Charles R. Koch, souligne nombre de problèmes importants résultant des normes actuelles de jugement qui semblent encourager une préparation excessive des animaux. Il pointe tout particulièrement les classes d élevage et de marché des animaux de boucherie. Devant l urgence de la situation et étant donné que la mission des expositions agricoles au Québec est d améliorer l agriculture sous toutes ses formes (incluant le commerce des animaux et de la machinerie agricole), une décision est prise : l union fera la force. Il faut mettre ses expériences et son expertise en commun. C est avec cette idée en tête que le 15 juin 1955, à dix heures, se déroule, pour une deuxième fois, la réunion de fondation de l Association des Expositions Agricoles du Québec (A.E.A.Q.). Sont présents : Messieurs Donat Girard, Alphonse Deschênes, L.-A. Sylvestre (St-Hyacinthe), L-.A. Gendreau, J.-E. Lamontagne, J.-A. Ste-Marie (Sherbrooke), Paul Martin (Trois-Rivières), Paul Morin, M. Vézina, M. Bouchard (Deux-Montagnes), Arthur Rioux, J.-B. Bérubé, Jules Rioux, Roland Leblanc, Alfred Michaud, Arthur Belzile (Rimouski), Raymond Pilote, Edgar Tremblay (Roberval), J.-H. Bruno, H.-F. Roy (Stanstead), L.-J. St-Yves, Fortuna Fournier, Jean- Paul Rousseau (Montmagny), Edgar Claveau, Marcel Tremblay, M. Potvin, M. Lapointe, M. Hamel (Chicoutimi), Eloi St-Germain, Pierre Labrecque, Emery Boucher, G.-A. Bastien et A.-D. Normandeau, commissaires provinciaux. Le bureau de direction est formé de messieurs J.-A. Ste-Marie, président ; Alphonse Deschênes, vice-président ; A.-D. Normandeau, secrétaire, J.-B. Bérubé, Edmond Pilotte et Paul Martin, directeurs. 7

9 Monsieur le Commissaire Labrecque, représentant du Ministère de l Agriculture, affirme la nécessité de former une association. Selon lui, une exposition ne peut simplement pas être uniquement agricole, car l apport de revenus est essentiel pour lui permettre de boucler ses états financiers. Malgré l intérêt du gouvernement, celui-ci désire ne pas s ingérer dans la formation de la nouvelle association car celle-ci se doit d être autonome. C est Monsieur J.-A. Ste- Marie, de l exposition de Sherbrooke, qui est élu premier président de l association. Les premiers pas L Association des Expositions Agricoles du Québec (A.E.A.Q.) a pris une vingtaine d années à prendre son envol. Les administrateurs se réunissent annuellement pour échanger des expériences et discuter de divers problèmes rencontrés lors de l organisation et du déroulement des expositions. Ceux-ci cherchent le moyen de mousser l intérêt et la participation des exposants mais les actions concrètes sont rares : elles se limitent à faire des représentations auprès des différents paliers de gouvernement. La fin des années 1970 Les administrateurs tentent de donner un nouveau souffle aux activités de l association, en annonçant les activités à venir. Diverses recommandations sont adoptées et proposées aux expositions concernant les tests de brucellose et les catalogues de jugement. Des pressions pour faire échec à la loi sur les heures d ouverture des commerces seront exercées. Il est même proposé de revoir les statuts des expositions au Québec. Le sérieux démontré amène un certain rapprochement et une reconnaissance de l association par le Ministère de l agriculture, des pêcheries et de l alimentation du Québec (MAPAQ). Les années 1980 L association tient une rencontre d information avec les responsables de la Régie des loteries et une seconde avec les secrétaires au cours de laquelle M. Florent Morasse, du MAPAQ, fait part de ses observations et de ses recommandations pour l amélioration de la présentation des expos. Le gouvernement fédéral abandonne son programme de subvention à la construction d infrastructures et ajuste sa subvention pour les prix sur la moyenne des années En 1983, il est question de permis de Black Jack. Afin de se soustraire à la loi 59 sur les heures d affaires des commerces, les expositions devraient faire reconnaître leurs terrains comme sites touristiques. L association déplore la double tarification de la Commission de l agriculture, des pêcheries et de l alimentation du Québec (CAPAQ) et de la SDE et les tarifs élevés du Conseil québécois des races laitières (CQRL) pour payer le lait des exposants. Les administrateurs de l association se rencontrent au moins une fois entre les assemblées annuelles pour planifier des actions à proposer aux membres en assemblée générale. En 1987, la «Canadian Association of Fairs and Exhibitions» (CAFE) se réunit à Québec. Le bureau de direction étudie un rapport sur le découpage des territoires. Quelles sont les orientations à privilégier pour les expositions? Les normes fédérales ont-elles encore leur place? Pour sa part, le gouvernement fédéral se propose de reconnaître uniquement douze expositions au Québec. Tous désirent introduire l agroalimentaire à leurs activités, mais sous quelle forme? 8

10 En 1988, vingt-huit permis de casino sont délivrés aux expositions (vingt-cinq rentables) pour des revenus de $. Gare à ne pas vendre son casino au risque de perdre ses droits! Il y a un peu plus d argent dans le réseau et les choses bougent. Le MAPAQ verse $ à l association pour ses activités, alors qu il s apprête à modifier la loi des Sociétés d Agriculture. Le gouvernement fédéral parle encore de modifier son programme d aide aux prix. Les expositions se doivent de percevoir la TPS et la TVQ. Implantation d un secrétariat permanent Jusqu ici, l association vivait grâce aux bénévoles qui acceptaient d assurer un certain leadership dans leur milieu et pour le plus grand bien des expositions. Le transfert de la gestion de programme fédéral par l association crée une tout autre dynamique. D ailleurs, le gouvernement fédéral consent à verser $ pour assumer les frais de gestion. En complément de ses tâches à l exposition de St-Hyacinthe, Madame Ginette Grégoire accomplit cette tâche à temps partiel. Il faut mettre en place toute la logistique d un secrétariat mais aussi assurer les opérations du comité d évaluation des projets, en faire le suivi et surtout l évaluation avant de procéder au paiement. En 1992, une journée spécifique à l intention des secrétaires est organisée pour améliorer la présentation des projets. Un montant de $ est versé à la «Coalition of Agricultural Mediation Programs» (CAMP) pour défendre les droits des membres face au tarif imposé par la Société canadienne des auteurs, compositeurs et éditeurs de musique (SOCAN). Un vérificateur externe est engagé. Le MAPAQ diminue sa contribution de $ et prévoit l abolition complète de sa contribution en , suite à une compensation obtenue par l opération d un casino dès l automne À partir de ce moment, le conseil d administration se réunit presque tous les mois pour voir à la planification de l activité qui doit accompagner l opération casino à l élaboration de programme visant à distribuer les sommes d argent aux expositions : ceci est une politique d aide financière pour l amélioration des infrastructures, pour l implantation de secrétariats informatisés, etc. L AEAQ tient son assemblée annuelle à Montréal, face à l endroit où se tient son casino. L AEAQ doit accepter de verser $ aux Fêtes Gourmandes pour que le MAPAQ consente à lui octroyer son permis. L organisation de l activité «Carrefour agricole», qui doit se tenir lors d un casino, est sous la responsabilité de la firme Comagro. Les sommes d argent que le gouvernement fédéral affectait auparavant au SAVA, qui organise des événements relevant du domaine agroalimentaire, sont désormais destinées à financer les activités des expositions de St-Sébastien, St-Pierre-les-Becquets et St-Isidore. Au début des années 90, L AEAQ se dote d une image corporative. Les casinos commencent à se faire compétition. Sorel obtient un dédommagement pour les pertes de son casino alors que Drummondville exige une indemnisation du MAPAQ. C est alors que le gouvernement annonce un décret par lequel il s engage à couvrir les baisses de revenus à la hauteur de 85% des revenus antérieurs. Une rencontre est sollicitée auprès du Ministre de l Agriculture de l époque, M. Yvon Picotte. Un avis juridique est demandé pour s enquérir des droits des foires à l égard des jeux de hasard. En 1994, on assiste au dépôt de l avis légal. Celui-ci suggère que «la réglementation adoptée par une province ne doit pas être prohibitive ou limiter les droits des détenteurs de permis». Pendant ce temps, le MAPAQ exige une contribution de $ sur les profits du prochain casino. Le casino se tient au Stade Olympique. Malgré un investissement de $, l activité n est pas satisfaisante. Le casino génère $ dont $ vont au programme d amélioration des infrastructures. Le fédéral diminue sa contribution de 15% et annonce son retrait to- 9

11 tal et définitif pour Une somme de $ est votée pour appuyer l association canadienne afin d effectuer une étude sur l impact économique des expositions. L association adopte une nouvelle réglementation pour l obtention d une subvention et décrète un moratoire sur l acceptation de nouvelles expositions. Pour une courte période de temps, le MAPAQ transfère à l association le pouvoir de la reconnaissance des expositions et l administration du fonds «casino». Conjointement à son assemblée annuelle, quatre ateliers sont tenus, abordant les thèmes de l agroalimentaire, de la constitution, du secrétariat et du financement. Une secrétaire adjointe est engagée pour appuyer Mme Ginette Grégoire dans sa tâche. Le siège social déménage à Montmagny En 1996, Benoît Boulanger abandonne son poste d administrateur et accepte la charge de secrétaire de l AEAQ. Tel que le prévoient les statuts de l association, le président remet un certificat souvenir de membre honoraire à vie à Madame Ginette Grégoire. Femme de carrière et de caractère, madame Ginette Grégoire est une personne dévouée et ordonnée. Elle a su relever le défi de structurer le secrétariat de l Association des Expositions Agricoles du Québec qui se limitait auparavant à la rédaction des procès-verbaux des réunions. Avec le retrait graduel du gouvernement provincial et celui définitif du palier fédéral, toute la gestion des prix et des subventions aux expositions relève maintenant intégralement du secrétariat de l AEAQ. De plus, l association doit maintenant assurer le financement par le biais des casinos pour générer les fonds qui ne proviennent plus des gouvernements. Le MAPAQ soumet son entente de compensation des revenus de casino, une entente «coulée dans le ciment». Le casino de 1994 rapporte $ alors que celui de 1995 génère $. Trois mois plus tard, le MAPAQ abolit sa formule de compensation, le ciment s effrite. Des démarches et des discussions se poursuivent avec le ministre et le sous-ministre. En 1996, un nouveau programme de soutien aux expositions est déposé alors que la saison a été difficile pour la majorité des expositions. Un appel à la solidarité est lancé pour éviter de se nuire et de se faire compétition en voulant rentabiliser au maximum les 200 jours de casino disponibles au calendrier. Même si le départ de madame Grégoire nous avait été annoncé depuis au moins deux ans, le défi de remplacer une personne aussi efficace et disponible est de taille. Merci, Madame Grégoire, pour votre dévouement et vos loyaux services. En 1997, le MAPAQ met en place un fonds de développement des marchés agroalimentaires à même le prélèvement des jours de casino Avec l abrogation de la loi des Sociétés d agriculture, plusieurs expositions en profitent pour étendre leur rayon d action, ce qui provoque des frictions avec certaines expositions voisines qui voient poindre une compétition certaine. Mme Ginette Grégoire en compagnie de M. Romuald St-Pierre 10

12 L après casino Le président présente le menu de l assemblée du printemps 1998 en ces termes : «Nous aurons à discuter au cours de cette rencontre des subventions disponibles pour chacune des expositions. Il y aura des changements majeurs avec la mise en place du programme de remplacement des casinos forains. Concernant les prix, la subvention versée par votre association pour vous aider à défrayer les prix aux exposants demeure et est offerte selon les mêmes critères : soit, le pourcentage des prix payés pour les sujets pur-sang qui auront été jugés. De plus, d autres services pourront être offerts par votre association pour répondre à des demandes plus spécifiques. Dans un deuxième temps, pour qu une exposition puisse se prévaloir de ce nouveau programme, que ce soit au niveau du développement des marchés agroalimentaires ou des autres projets initiatives, celle-ci devra faire ses preuves, élaborer un projet, le structurer clairement dans un plan d affaires acceptable et s engager à le réaliser ainsi qu à fournir une justification adéquate des dépenses effectivement engagées et payées.» À l automne 1998, le président annonce la fin des activités de casino : «L année 1998 s est déroulée dans l attente, mais sans grand remous. Un stress de moins pour plusieurs, soit l organisation d un casino, mais surtout l incertitude face aux revenus escomptés. De toute façon, cette activité était devenue pour plusieurs d entre nous de moins en moins lucrative. L aboutissement de la formule de compensation des casinos nous a tenus longtemps sur le qui-vive. De délais en délais, d un coup de téléphone à l autre, ce projet a enfin abouti. Je partage avec vous l appréhension que l on peut ressentir face à l avenir de ce support financier qui nous parvient par le biais de l état. Nous avons déjà vécu l expérience d une formule coulée dans le ciment qui a été tout aussi éphémère que le temps d une rose. Dans le cas présent, le programme prévoit une période fixe de cinq ans. À la lueur des discussions avec le personnel du MAPAQ, le renouvellement de l entente se fera d autant plus facilement que les projets que nous présenterons au fil des ans répondront aux critères fixés par le ministère, mais surtout qu ils feront avancer et qu ils supporteront réellement les activités de nos expositions agricoles respectives.» Mme Marie Désilets, vice-présidente, remet un cadeau souvenir à M. Gérard Drouin qui reçoit le certificat de membre honoraire à vie de M. Romuald St-Pierre, président Mme Marie Désilets et M. Romuald St-Pierre remettent un cadeau et un certificat de membre honoraire à vie à M. Roland Gaumond. À cette même occasion, l Association reconnaît deux membres honoraires :Gérard Drouin et Roland Gaumond. 11

13 En avril 1999, monsieur Bruno Maltais remplace Florent Morasse au MAPAQ. À la même période, à l instigation de monsieur Doré, l AEAQ tente de mettre sur pied un plan d achat de groupe auprès d un fournisseur unique de boisson gazeuse et de bière. L important, dans un premier temps, n est peut-être pas l ampleur de la participation, puisqu il n y a que quatre expositions qui se prévalent de cette offre, mais de prendre conscience qu il y a d autres moyens pour financer les expositions. Cellesci ne profitent pas toujours du plein potentiel offert par certaines opportunités pour maximiser les entrées de fonds et limiter les dépenses. Le regroupement d achat et l échange de «bons tuyaux» deviennent des voies à exploiter. De plus, l association tente de sensibiliser le Ministre de l Agriculture à la situation de l ensemble des expositions agricoles en province et de sauvegarder les budgets qui leur sont alloués en vertu du programme de compensation de casino car d autres organismes lorgnent ces sommes d argent potentiellement disponibles. L AEAQ leur rappelle que ces montants ont été générés par les expositions agricoles et qu il est normal que ces sommes continuent d être à la disposition des expositions. Mais au ministère, ces temps-ci, tout ce qui est récurrent n a pas une grande valeur, alors, devinez le sort de nos expositions qui opèrent depuis cent ans. Pour le ministère, il est donc primordial de s assurer que les sommes qu il verse aux expositions aient encore leur raison d être. Quelles doivent être les orientations futures des expositions agricole? C est ainsi qu il est possible de débloquer des fonds pour une étude de marché sur l état des expositions dans la province et sur l orientation à prendre pour les années subséquentes. Pour les expositions agricoles du Québec, il est urgent et impératif de mettre en place un plan stratégique de développement et de mise en marché devant permettre aux expositions membres de l association de présenter une image contemporaine de l agriculture québécoise. Il est important pour l AEAQ de se doter d un plan stratégique de développement pour elle et pour chacun de ses membres. Laissées à elles-mêmes, certaines expositions se sentent plus ou moins dépourvues, désorientées, sans but précis. De plus, avec le temps, des signes de vieillissement se font sentir. Il est urgent que les expositions agricoles du Québec présentent une image plus contemporaine. L assemblée annuelle des 28 et 29 octobre 1999 marque une étape importante dans les orientations de l AEAQ Presque toutes les expositions agricoles sont représentées à cette assemblée biannuelle tenue exceptionnellement sur deux jours afin de prendre connaissance des résultats préliminaires de l étude de la situation des expositions agricoles de la province de Québec. En avant-midi, Monsieur Michel Zins, de la Firme Zins Beauchesne et associés, présente les observations générales qui se dégagent de leur visite d une dizaine d expositions et de la consultation d au moins un responsable des trente-six expositions membres à cette époque, leur permettant de comprendre l environnement et la problématique particulière de chaque exposition en terme de performance, d évolution de l environnement, ainsi que des défis à relever. Pas moins de cent cinquante entrevues sont conduites auprès de partenaires et observateurs privilégiés du milieu des expositions agricoles et du monde agricole pour obtenir une vue d ensemble de l évolution du contexte des expositions au Québec. 12

14 Deux grandes menaces pèsent sur les expositions agricoles : La survie incertaine d une partie des expositions qui ne sont pas rentables, surtout en regard de la précarité du soutien gouvernemental, du peu de jours d opération et des aléas de la température ; Le positionnement assez vague des expositions, une à une, comme dans leur ensemble, face à une concurrence diversifiée et accrue. De grandes faiblesses handicapent les expositions agricoles au Québec : Leur faible notoriété en dehors du milieu agricole et rural ; Une gestion rarement permanente et rémunérée, qui s appuie très souvent sur du bénévolat et qui manque de certaines expertises ; Le faible support régional dans plusieurs cas ; L inégalité de la qualité d une exposition à l autre ; Des immobilisations trop élevées, à supporter à l année ; Une absence de réglementation des expositions et des concours d animaux ; Pourtant, il y a un intérêt croissant pour l agriculture, l agrotourisme, l alimentation, les campagnes. Comment en profiter? Pourquoi ne pas profiter du besoin de publicité et de la notoriété publique croissante de producteurs et de manufacturiers du domaine agroalimentaire? Comment l AEAQ, dans tous cela, peut-elle mieux utiliser la force créée par son réseau d expositions? En après-midi, les délégués présents ont l occasion de discuter et de valider ces constats au tour de trois grands thèmes : La mission d une exposition agricole Les revenus et dépenses Le rôle de l AEAQ Suite aux échanges de la veille, en assemblée générale, les membres de l association adoptent d emblée cet énoncé décrivant la raison d être de l association, sa mission : Pour atteindre cette mission, un ensemble de moyens est proposé, réalisable dans un avenir plus ou moins rapproché et selon les ressources disponibles. Lors d une rencontre subséquente avec la Firme Zins Beauchesne pour valider les grandes orientations recommandées avant de soumettre un rapport final, Monsieur Michel Zins souligne le sérieux de l association. Celuici est démontré par l engagement de celle-ci face aux constats du rapport, soit une réaction positive aux commentaires et la prise de moyens pour relancer les expositions. A l aube de l an 2000, un petit journal d information est lancé : Quoi de neuf! Volume 1 no 1, décembre 1999 «Voici la première d une série de communications que je désire vous faire parvenir régulièrement afin de garder le contact entre nous. L objectif premier est de vous tenir au courant des nouvelles concernant l organisation de nos expositions agricoles, des actions prises par le conseil d administration pour répondre à vos attentes et de vous signaler les opérations à ne pas oublier. Nous débuterons par un support papier et peut-être que, dans un avenir rapproché, nous pourrons être en contact plus direct grâce à l Internet.» (Romuald St-Pierre, président) 13

15 Membre honoraire à vie Profitant de l assemblée annuelle de l automne 1999, le bureau de direction de l association désire rendre hommage à un de ses membres qui oeuvre dans le circuit des expositions agricoles depuis cinquante ans. En effet, c est en 1949 que Gaston Auger présente sur le terrain de l exposition de Waterloo les 12, 13 et 14 août, un spectacle de trapèze avec ses deux frères. L année suivante, il se produit aux expositions de Victoriaville, St-Hyacinthe, et plusieurs autres. Au fil des ans, il fait sa marque parmi les autres spectacles américains. Pour bien lancer sa carrière professionnelle et internationale, il fait partie de la revue des étoiles 55 lors de l exposition agricole de Rimouski, en Dans ces années-là, le trapéziste monte luimême ses équipements, présente son spectacle et, par la suite, range le tout lui-même avant de retourner à la maison directement ou de dormir dans sa voiture. Le cachet est minime, ce qui ne réduit pas nécessairement la valeur du spectacle. L exposition se déroule en semaine, les enfants ont même congé d école pour assister à la fête. Le dimanche, tout le monde doit être à la maison pour respecter le jour du Seigneur. Après une dizaine d années à présenter des spectacles dans la province de Québec et dans les états du Vermont et du Maine. Par la suite, le trio se dissout, les deux plus jeunes frères étant contraints au service militaire. Gaston demeure dans le domaine et poursuit sa carrière d organisateur et de producteur. Sa clientèle préférée se retrouve en particulier aux expositions agricoles au Québec comme dans les provinces maritimes. Respectueux de sa clientèle, il ne manque aucune rencontre annuelle de l association et est souvent un des rares représentants du Québec lors de l Association Canadienne. C est avec plaisir que l AEAQ lui décerne le titre de membre honoraire à vie et il rejoint ainsi Madame Ginette Grégoire, Messieurs Roland Gaumond et Gérard Drouin parmi ses dignitaires. M. Benoît Boulanger, secrétaire, M. Gaston Auger, membre honoraire à vie, reçoit un cadeau souvenir de M. Romuald St-Pierre, président Mme Marie Désilets, vice-présidente, remet le certificat de membre honoraire à vie à M. Gaston Auger 14

16 Rencontre au ministère de l agriculture en février 2000 Les administrateurs de l Association des expositions agricoles sollicitent une rencontre avec le ministre de l agriculture de l époque, Monsieur Rémy Trudel, pour discuter du plan stratégique de développement des expositions agricoles du Québec suite au dépôt de l étude réalisée par la Firme Zins Beauchesne et associés. L association entend bien, dans la mesure de ses moyens, assurer un suivi aux différentes recommandations découlant de l étude de la situation des expositions agricoles du Québec. Le réseau dispose de forces, ne serait-ce que l intérêt encore marqué de ses exposants et l appui des différentes associations d élevage, et cela, malgré les contraintes auxquelles il est soumis, en particulier la concurrence des nombreux festivals et autres activités qui sont encore bien des fois largement subventionnées par les différents paliers de gouvernement. Il appert primordial de repositionner la mission de l AEAQ et des expositions agricoles par rapport à l Union des Producteurs Agricoles (UPA), aux sociétés de races et au MAPAQ, en leur offrant un forum unique vers le grand public, d une part, et le monde rural d autre part. Rencontre avec l UPA Plus tard, ce même 10 février, les membres de l AEAQ ont le privilège de rencontrer Monsieur Laurent Pellerin, président de l UPA. La rencontre est des plus cordiales, même si une phrase amenée par l UPA dans le rapport de Zins Beauchesne, spécifiant que les expositions agricoles ne répondaient plus aux besoins des exposants et du public, jette une douche d eau froide sur la collaboration avec l UPA lors de nos expositions agricoles. L UPA nuance sa pensée. Monsieur Pellerin se dit heureux de cette première rencontre, prémisse nécessaire si nous voulons développer avec cette organisation une certaine synergie, un partenariat pour véhiculer une image moderne de l agriculture dans notre réseau. Concours Jeunes Talents Grâce à la collaboration d Expo Québec, l AEAQ est heureuse d inviter les gens à participer à cette nouvelle activité qui vise indirectement à développer des liens entre les expositions en réalisant une activité qui s enchaîne et qui se finalise à l exposition provinciale. Rencontre du Ministre Trudel, le 6 juin 2000 L AEAQ réalise l importance de soumettre des rapports d activités de qualité et en fait part aux membres de l association. Elle souligne le fait qu il ne faut pas craindre de signaler les bons coups. L AEAQ considère l importance du programme et son impact pour les expositions agricoles de la province. Suite au dépôt du rapport de Zins Beauchesne et associés, les directeurs de l association invitent donc le ministre Trudel à une rencontre dans le but de discuter de la possibilité d élaborer un plan stratégique de développement pour les expositions agricoles du Québec. Le ministre semble éprouver certaines réticences face aux expositions agricoles mais est disposé à renouveler le programme, à certaines conditions. Voici un extrait d une lettre envoyée au Ministre de l agriculture de l époque «...Votre constat semble être beaucoup plus le fait d une généralisation qu une vision globale du réseau, à moins que l objectif soit de diviser les expositions entre elles tout simplement. Nous admettons qu il y a de grandes améliorations à apporter dans certains cas, mais de là à affirmer que les expositions agricoles suscitent peu d intérêt et n attirent pas le public, il y a toute une marge. L étude 15

17 de marché préalable à la planification stratégique réalisée par la Firme Zins Beauchesne, l an dernier, n arrive pas exactement aux mêmes conclusions et fait état, en autre, d un nombre moyen d entrées de pour un total au niveau provincial de visiteurs. De plus, nous soumettons à votre attention le rapport présenté aux administrateurs des expositions réunis en assemblée générale. Ce n est pas un roman à l eau de rose, mais un sommaire de situations vécues au Québec, au cours de l été, et de projets déjà ébauchés pour améliorer nos points les plus faibles.» En avril 2001, les dirigeants des expositions se réunissent à Brôme. Il est alors fortement question de sécurité relevant d une crise de fièvre aphteuse et du renouvellement du programme de soutien financier aux expositions. Un suivi dans le dossier du soutient des expositions agricoles est aussi fait. Le président fait part de ses réactions à la réponse du ministre à l assemblée : Le ministre a déclaré : «...notre seule préoccupation dans ce débat se voulait une amélioration de la promotion du bio-alimentaire et, par le fait même, le développement de cet important secteur de l économie québécoise.» Cependant, là où il faut être attentif et vigilant, c est lorsqu il élabore et nous fait part de ses préoccupations et de ses priorités. Sans être en désaccord avec lui, il faut bien admettre que les expositions agricoles ne sont pas là pour régler tous les problèmes de l agriculture et que nous pouvons bien avoir nos propres priorités. «Vous admettrez que nous assistons de plus en plus à un éloignement entre le monde rural et les citadins. La problématique agroenvironnementale qui freine le développement agricole en est un constat majeur. Nous nous devons d utiliser tous les outils dont nous disposons pour faire la promotion de l agroalimentaire et montrer que c est un secteur dynamique qui se renouvelle et qui est respectueux de l environnement. Votre réseau devrait contribuer à cela.» Puis, il y a un changement de ministre de l agriculture. L AEAQ invite d ailleurs Monsieur Maxime Arseneau, le nouveau ministre, à une rencontre. Quatre administrateurs sont désignés pour siéger à un comité de travail qui doit rendre compte de son mandat au MAPAQ. Le mandat de ce comité consiste à : analyser le Programme de soutien financier aux expositions agricoles ; analyser les impacts et les retombées du programme ; faire diverses propositions pour le renouvellement du programme. En janvier 2002, l AEAQ convoque les différents dirigeants de toutes les associations d élevage afin de discuter de développement des expositions, de collaboration, des concours d animaux à différents niveaux, de la problématique des copropriétés et de code d éthique. En avril 2002, l exposition de St-Félicien reçoit les dirigeants des autres expositions membres de l association. Monsieur Fletcher Peacock motive tout le monde et la thématique abordée «Arrosez les fleurs pas les mauvaises herbes» suscite de l intérêt. Madame Janice Oliver de la CAFE est présente à la rencontre. Il est question de modifier les règlements de l AEAQ concernant les prix payés aux exposants et d adopter les normes des classes de bestiaux. À compter de cette année, les expositions doivent faire leur rapport à l ATQ (Agri Traçabilité Québec). Le logiciel utilisé par plusieurs membres de l association peut transmettre électroniquement ce rapport. Les nouvelles technologies servent donc maintenant à la simplification de certaines tâches. Le 10 juillet 2002, le ministre Maxime Arseneau fait une annonce. Après avoir pris connaissance du rapport préliminaire concernant le renouvellement du programme d aide aux expositions agricoles qui avait été déposé en décembre 2001, il recommande au conseil des ministres de reconduire et même de bonifier l entente. 16

18 Le 4 décembre, les dirigeants de l association rencontrent M. Yvan Savoie et Bruno Maltais qui présentent la vision du MAPAQ sur les priorités reliées aux activités en agroalimentaire. Ils annoncent aussi qu une indexation au programme de soutient sera offerte à l AEAQ en 2004 et qu un un agent de développement économique devra être engagé. Le 13 janvier 2003, M. Savoie confirme à l association que Loto Québec a signé l entente. Le MAPAQ doit préparer le programme et des modifications seront apportées pour faire une large place à la promotion du bio-alimentaire. La première année servira de projet pilote pour évaluer le nouveau programme. Les dirigeants de vingt-cinq expositions se réunissent à Rimouski, les 25 et 26 avril M. Raynald Lavoie entretient les membres de l association sur la valeur des expositions. Comment les vendre à des partenaires, et, à quel prix? Des ateliers sont à l horaire pour approfondir la réflexion entamée au cours de l hiver sur le développement des volets commerciaux et agroalimentaires. L assemblée générale du lendemain est précédée d un atelier sur le code d éthique et sur une formation à l intention des secrétaires. En après-midi, des discussions sur la façon de bien remplir sa mission et sur la façon d évaluer ses activités sont animées par le nouvel agent de développement qui entrera en fonction dans un avenir rapproché, M. Luc Toupin. Diverses activités récréatives et touristiques complètent cette fin de semaine intéressante. En mai de la même année, la nouvelle ministre de l Agriculture, madame Françoise Gauthier, met fin au volet «initiatives des expositions». Une rencontre est alors sollicitée. Selon les priorités du plan de développement stratégique, M. Toupin invite les membres du conseil d administration à établir leurs priorités. Le 25 juin, les administrateurs de l AEAQ rencontrent madame la ministre. Ils lui démontrent clairement que les projets des expositions ont été présentés tels qu exigés selon le programme, qu en cours d exercice ou à la veille d être en opération, ils voient mal comment elle peut justifier un tel refus et/ou retour en arrière. Elle accepte de revoir sa décision. Le 11 juillet, l association reçoit la confirmation que les projets d initiatives seront subventionnés tels qu approuvés antérieurement. Par contre, rien n est assuré pour la suite des choses et pour les sommes allouées. Des échanges pour un règlement à plus long terme doivent avoir lieu avant l automne. Madame la ministre ne peut se présenter à l assemblée d automne de l association, les 17 et 18 octobre à Orford. Le renouvellement du programme se faisant attendre, il est convenu que les responsables de chaque exposition fassent des pressions auprès de son député pour la signature de l entente dans les plus brefs délais. En janvier 2004, la situation va de mal en pis. Le financement des expositions chute à $. L AEAQ lance une vaste offensive. Une démarche en quatre temps est adoptée : une demande formelle à madame la ministre pour la reconduction du programme de soutient avant la fin de mars ; une relance de chaque député ; une demande de collaboration à chaque exposant est sollicitée pour une intervention auprès de son député et de la ministre ; une relance auprès du groupe des sept (sept associations responsables de la tenue d un casino à Montréal) et la possibilité d une pression juridique pour le respect de l association. 17

19 Les 23 et 24 avril, les administrateurs des expositions se rencontrent à St-Georges de Beauce. Le président a reçu, au cours des jours précédents, une confirmation du secrétaire de madame la ministre de la reconduction du programme : «Le programme d appui financier aux expositions agricoles sera renouvelé sous peu, et ce, en respectant l entente historique du Programme Casino. Il y aura la présence d un volet «initiatives» et un second volet «subvention de base» tel que connu dans le passé.» (Le président) Le président poursuit son allocution : «L heure est à l action. Les exigences du nouveau programme de support financier aux expositions vont d ailleurs nous y inciter, il faudra être vigilant pour garder le cap, car l intervention de madame la ministre en chambre, le 30 mars dernier, nous laisse entendre qu au MAPAQ, certains ont des idées bien arrêtées sur la façon de gérer une exposition et les actions de l association. Les visites effectuées au cours de la dernière saison leur ont-ils donné des munitions? S en servent-ils maintenant dans un but de contrôle pur et simple? Il faudra maintenant renverser la vapeur et leur démontrer qu à partir de cette évaluation, on peut faire mieux, devenir plus performant, améliorer la qualité de note évènement, et être encore meilleur en terme d efficacité, de rentabilité et de visibilité. Tout le monde n en sera que plus heureux : organisateurs, exposants, visiteurs et le MAPAQ.». La négociation doit être poursuivie afin d obtenir que les concours d animaux soient reconnus dans les projets couverts par le programme de support des expositions. L AEAQ prépare et présente au MAPAQ un document faisant état de ses préoccupations face au financement des expositions, sous forme de considérations préalables au renouvellement du programme et elle va même à proposer sa propre version du programme. Les négociations se poursuivent entre l AEAQ, les représentants de la ministre et les fonctionnaires du MAPAQ. En octobre, ils font connaître leur vision : confier aux régions le mandat de développer et d évaluer leur projet régionalement. Réunis en assemblée à Berthier, les dirigeants des expositions se montrent réticents, craignant de voir les bureaux régionaux mettre la main sur les sommes réservées aux expositions. Les négociations se poursuivent jusqu à ce que l AEAQ obtienne des garanties à l effet que les montants soient contrôlés et administrés directement au MAPAQ à Québec. Les expositions font désormais partie prenante de l évaluation et de l acceptation de leur projet d exposition. Un autre avantage est obtenu : toutes les expositions recevront un montant minimum de financement de base de $. Le dossier étant réglé pour les trois prochaines années, l AEAQ pourra maintenant se consacrer à développer son réseau. 18

20 Liste des présidents et secrétaires depuis 50 ans... Présidents Secrétaires 1955 J.A. St-Marie A.D. Normandeau 1956 Alphonse Deschesnes A.D. Normandeau J.-Vincent Lanouette A.D. Normandeau 1963 Laval Marcotte Jean Alarie 1968 Fabien Corbeau Jean Alarie Arsène Tourigny Jacques Lavoie 1972 Jean Alarie Jacques Lavoie Roger Rousseau Roland Gaumond & Alphonse Laflamme 1975 Louis-Philippe Riverin Roland Gaumond & Alphonse Laflamme 1977 Marcel Sylvestre Richard Robert 1979 Gérard Drouin Etienne Hivert Louis-Philippe McCarthy Gérard Drouin Fernand Charpantier Gérard Drouin Roger Charbonneau Gérard Drouin Richard Robert Ginette Grégoire 1995 Romuald St-Pierre Ginette Grégoire Romuald St-Pierre Benoît Boulanger Le conseil d administration de 2005 Romuald St-Pierre, Président (Rimouski) Marie Désilets, Vice-présidente (Trois-Rivières) Benoît Boulanger, Secrétaire général (Montmagny) Raynald Champagne, Administrateur (Lotbinière) Jean-Pierre Laroche, Administrateur (Victoriaville) Luc Dufour, Administrateur (St-Félicien) Nathalie Dion, Administratrice (Québec) Sophie Giroux, Administratrice (Brôme) Services offerts aux membres par l association Au départ, trente-cinq expositions agricoles couvrant l ensemble du territoire québécois sont membres de l AEAQ. Les premiers mandats des dirigeants concernent surtout la standardisation des règlements et des classes pour les nombreux concours d animaux et de développement de normes sanitaires adéquates. Au fil des ans, le nombre d expositions affiliées à l association connaît certaines augmentations, principalement dues à des scissions et à l expansion des Sociétés et Corporations d agriculture, pour atteindre le sommet de quarante expositions en Comme les expositions agricoles prennent beaucoup d ampleur avec les années et qu elles constituent maintenant des événements majeurs dans la plupart des régions où elles se déroulent, l AEAQ devient le point de chute de toutes les informations concernant les nouvelles exigences et réglementations affectant l organisation de ces expositions agricoles. Aujourd hui, l AEAQ contribue à développer l industrie agricole en permettant à ses trente-quatre membres : d offrir aux agriculteurs et aux éleveurs des événements professionnels spécialisés et bien organisés; de présenter au grand public des événements populaires, éducatifs, divertissants et sécuritaires. 19

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