Les marchés financiers en Afrique Subsaharienne : Etat des lieux, problématiques, enjeux et perspectives

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1 Subsaharienne : Etat des lieux, problématiques, enjeux et perspectives Publication PMC Mars 2009

2 Performances Management Consulting est une société de conseil en management stratégique, créée en 1995 par des consultants africains ayant acquis une expérience solide dans des cabinets et des entreprises de rang mondial. Le cabinet s est fixé comme ambition d être un acteur de la transformation des économies africaines. Dans ce cadre, le cabinet Performances publie de façon régulière des notes sectorielles sur un secteur clé pour la lutte contre la pauvreté et l émergence de l Afrique. Ces notes vous proposent une description précise du secteur, identifient les enjeux stratégiques et mettent en perspective les défis majeurs auxquels les décideurs publics et les acteurs privés devront faire face. Ce document est un résumé de la note sectorielle sur les marchés financiers en Afrique subsaharienne. L intégralité de cette publication est disponible sur le site web de PMC : Performances MC 2

3 Sommaire Les marchés financiers en Afrique La finance : un pilier de la croissance économique mondiale... 4 Une libéralisation continue et des mutations accrues sur les marchés financiers... 4 De nouvelles exigences, surtout sur le risque de crédit... 6 Des politiques de financement s adaptant de plus en plus aux profils des économies... 6 Un fort dynamisme sur les places financières africaines durant les dernières années... 7 D importantes opérations de fusions acquisitions bancaires en Afrique, à l image des grandes tendances dans le monde... 7 Une situation globale en Afrique s inscrivant dans une mondialisation porteuse d opportunités mais aussi d instabilité sur les places financières... 9 Une crise des subprimes accentuant la tourmente dans le secteur financier et menaçant les économies dans le Monde et en Afrique Une réforme du système financier s impose, surtout sur l accès aux marchés et sur les systèmes de notation des risques Parallèlement, le marché financier de l UEMOA reste en excès de liquidités avec un volume d opérations modeste et peu rentable Le secteur financier reste dominé par les banques, mais avec des sociétés d intermédiation financière en plein essor Les taux de bancarisation demeurent très faibles dans l UEMOA, tout comme dans la zone CEMAC Le développement des activités des IMF s intègre de plus en plus dans les stratégies de lutte contre la pauvreté Le potentiel reste encore important dans le développement des activités des private equity Performances MC 3

4 Executive Summary Les marchés financiers en Afrique La finance: un pilier de la croissance économique mondiale Ayant vocation à mettre en relation les demandeurs et les bailleurs de fonds, la finance regroupe plusieurs activités distinctes qui représentent ses différentes ramifications : le système bancaire, les assurances, la micro finance, le marché des capitaux et le private equity. La fonction essentielle des marchés financiers est d assurer la distribution des fonds aux individus ou aux entreprises qui ont un programme d investissement productif. De ce fait, ces marchés financiers sont aujourd hui le pivot de développement de bon nombre d économies dans le monde. La croissance économique reste donc fortement liée au dynamisme et aux performances du système financier. Figure 1: principales ramifications de la finance Système bancaire Assurance FINANCE Private equity Microfinance Marché des capitaux Une libéralisation continue et des mutations accrues sur les marchés financiers D'une manière générale, la libre circulation des capitaux permet aux pays qui disposent d'un surplus d'épargne de le transférer vers les pays qui en manquent et qui en ont besoin. Ce processus qui reflète le phénomène de la globalisation financière est fondé sur la règle des trois (3) "D" : désintermédiation, décloisonnement et déréglementation. Performances MC 4

5 Figure 2: les 3D qui constituent les piliers de la base de la finance Désintermédiation Déréglementation Les 3D Décloisonnement La libéralisation financière et le décloisonnement des marchés financiers internationaux ont favorisé la mise en place d un marché unifié de l argent fonctionnant à l échelle planétaire. Ainsi, les entreprises multinationales industrielles et financières peuvent emprunter ou placer de l argent quand elles le souhaitent en utilisant tous les instruments financiers existants. Cette possibilité au niveau mondial permet aux détenteurs de capitaux de réduire les risques en diversifiant leurs placements. La finance tire parti du développement des télécommunications, de l Internet et contribue à la mondialisation. Ces nouvelles technologies sont à l origine de la part croissante des activités financières dans le PIB des pays ; elles ont permis de supprimer les barrières géographiques et temporelles : les marchés financiers fonctionnent presque 24H/24H et en totale interaction. Figure 3: Incidence des NTIC sur la finance Développement des des télécommunications Croissance de de l internet Sophistication de la finance Incidence significative sur la mondialisation Performances MC 5

6 Des politiques de financement s adaptant de plus en plus aux profils des économies La politique des banques centrales s adapte progressivement aux différentes phases du système financier. En effet, dans les économies d endettement (spécifiques aux pays en développement ou pauvres), la Banque Centrale joue le rôle de prêteur de dernier ressort «contraint», alors que dans les économies de marché, elle a un rôle de régulateur. Dans les pays pauvres, les banques constituent la principale source de financement des ménages, des entreprises et de l Etat ; il s agit d une économie où les agents ont recours au financement externe indirect. Dans une économie de marchés de capitaux, le financement externe se fait d une façon directe, les marchés monétaires et financiers permettant aux agents emprunteurs d obtenir des capitaux des agents en situation d excèdent de ressources. Dans une telle économie, le taux d autofinancement est élevé et les marchés financiers ne constituent qu un complément. De nouvelles exigences, surtout sur le risque de crédit Le risque de crédit ou risque de contrepartie, est le premier des risques auxquels est confronté un établissement de crédit. C est le risque de voir défaillir une contrepartie qui peut être un pays, une collectivité locale, un particulier, une entreprise, ou un établissement de crédit, avec laquelle la banque est engagée. Trois (3) piliers complémentaires régissent le dispositif de Bâle II pour lui permettre une meilleure couverture des risques bancaires : Le pilier 1 qui constitue le socle des exigences réglementaires minimales ; Le pilier 2 qui institue le principe de dialogue entre établissements et superviseurs ; Le pilier 3 qui fait référence à la transparence et à la discipline des marchés. Pour converger vers Bâle II, les banques devront satisfaire à trois (3) types d obligations : 1. L exigence en terme de fonds propres : les établissements doivent disposer d'un montant de fonds propres au moins égal à un niveau calculé selon l une des méthodes proposées ; 2. La procédure de surveillance de ces fonds propres : les autorités disposent de pouvoirs renforcés et peuvent notamment augmenter les exigences de garantie ; 3. La transparence dans la communication : les établissements sont tenus de publier des informations très complètes sur la nature, le volume et les méthodes de gestion de leurs risques ainsi que sur l'adéquation de leurs fonds propres. Performances MC 6

7 Un fort dynamisme sur les places financières africaines durant les dernières années Les Bourses africaines ont connu des performances inattendues durant cette dernière décennie. A titre d exemple, les indices boursiers de Lilongwe (Malawi), du Caire et de Nairobi (NSE, Kenya) ont plus que triplé depuis Plus récemment, les performances des bourses locales ont très largement dépassé celles des bourses des pays dits "industrialisés". Ces bons résultats s expliquent d une part par la «dé corrélation» entre les places financière africaines et celles du reste du monde qui subissent de plein fouet la crise du subprime. Figure 4: Zoom sur quelques places boursières de l Afrique Bourses maghrébines en stade de maturité Bourse régionale de la CEMAC en projet Bourses anglophones Bourses régionales des valeurs mobilières (UEMOA) Bourses sud africaines en stade de maturité D importantes opérations de fusions acquisitions bancaires en Afrique, à l image des grandes tendances dans le monde Les facteurs susceptibles d influencer les opérations de fusion/acquisitions bancaires sont nombreux et variés. L un des facteurs significatifs pouvant expliquer ce phénomène est la confrontation de deux (2) éléments majeurs : - Les effets de la constante mutation de l environnement économique du fait de la déréglementation, des nouvelles technologies, de la globalisation financière - Les motivations propres de l entreprise, notamment le désir de création de valeur. Performances MC 7

8 Une des conséquences de ces opérations de consolidation bancaire est leur impact réel sur les mécanismes de transmission de la politique monétaire. En effet, certains considèrent qu une augmentation du phénomène de concentration d'opérations bancaires conduit à une hausse du taux de prêt sur beaucoup de marchés locaux. Les fusions/acquisitions dans le secteur bancaire n ont pas du tout épargné le continent africain qui enregistre depuis un certain temps une croissance de ces opérations. Avec les nouveaux règlements prudentiels initiés par Bâle II, la plupart des structures bancaires tendent vers la consolidation qui leur permettra d évoluer et de pérenniser leurs activités dans un paysage concurrentiel de plus en plus accru. Les multiples acquisitions recensées en Afrique sont essentiellement à l actif de trois (3) grands acquéreurs : le Maroc avec Attijari et BMCE, le Nigeria avec notamment UBA et l Afrique du Sud avec Standard Bank. Ces opérations de fusion/acquisition ont fortement remodelé le paysage bancaire sur le continent africain. Le secteur est actuellement dominé par dix (10) grands groupes bancaires dont la cartographie de présence est détaillée dans la figure ci-après. Figure 5 : Présence des 8 grands groupes (français, maghrébins, sud africains et panafricains) dans les pays africains su sud du Sahara Société Générale BNP PARIBAS Attijari Bank Ecobank Bank Of Africa UBA BMCE Banque Atlantique Performances MC 8

9 Une situation globale en Afrique s inscrivant dans une mondialisation porteuse d opportunités mais aussi d instabilité sur les places financières La mondialisation financière et l intégration des marchés se développent à travers le monde, impulsées notamment par la levée des barrières à la circulation des capitaux. Ces évolutions ont été décisives pour le financement de la croissance et des investissements de certaines économies et entreprises. Cependant, ces tendances présentent un certain revers de médaille ; il s agit entre autres de l avènement des phénomènes de spéculations qui provoquent une instabilité financière sans précèdent dans le système bancaire et financier international. Cette instabilité est principalement imputable à l important volume d informations financières diffusées et traitées à l échelle mondiale ; la perte de contrôle, de plus en plus marqué sur ces informations financières mondialisées, accentue en continue la volatilité des capitaux. En dehors du volet informationnel, quatre (4) autres facteurs contribuent à l instabilité financière : la dégradation du bilan du secteur financier, les augmentations des taux d'intérêt, les augmentations de l'incertitude et la détérioration du bilan du secteur non financier due à des variations des prix des actifs. L instabilité financière se manifeste essentiellement par des mouvements brutaux de variables financières à l image des cours boursiers, des taux de change ou des taux d intérêt. Il convient de bien distinguer l'instabilité financière de la simple volatilité financière ; cette dernière (souvent mesurée par la «variance» des rendements des titres, des taux de change, etc.) décrit les fluctuations temporaires et de faible amplitude des variables financières autour de leur valeur moyenne. 1 Une autre conséquence majeure de la mondialisation financière est la montée du risque pays et spécifiquement le risque de transfert. Ce risque de transfert fait référence à l incapacité d un emprunteur à faire face à ses engagements du fait qu il n a pas l autorisation d obtenir des devises pour le paiement, bien qu il soit en mesure de procéder au remboursement en monnaie locale. Figure 6 : Carte des Etats du Nord et du Sud dans la mondialisation 1 Performances MC 9

10 Une crise des subprimes accentuant la tourmente dans le secteur financier et menaçant les économies dans le Monde et en Afrique L origine de la crise remonte à l adoption de la loi américaine datant de 1977, la Community Reinvestment Act qui permet aux citoyens à faibles revenus de s endetter auprès du système bancaire en vue d accéder à la propriété immobilière. Cette disposition a permis à une large partie de la population américaine de faible signature (donc à une catégorie de clients à risque) de disposer de crédits appelés «subprime lending rate». Le système du fait de la bulle immobilière présente depuis 1945 et caractérisé par des taux d intérêt modérés et des liquidités abondantes, aurait pu bien fonctionner jusqu au second semestre de l année Cependant la remontée du niveau des taux d intérêt à court terme à partir de 2006 face à une baisse des prix de l immobilier sera défavorable à la pérennité du système mentionné. Par contagion, ce fut les clients les plus fragiles qui tombèrent en faillite, ensuite les établissements de crédit spécialisés en subprimes et enfin les grandes banques actionnaires ou assurant leur refinancement. «Au total, quelques trois (3) millions de foyers américains en défaut de paiement immobilisaient milliards de dollars de prêts subprimes compromis à fin 2007, impliquant de grosses banques américaines, européennes et asiatiques et mettant ainsi en péril l ensemble du système financier de la planète.» 2 Notons à ce propos qu au-delà d une certaine taille, l établissement bancaire ne peut faire faillite sans entrainer d autres établissements du fait de l effet de contagion. Cette situation crée un risque systémique majeur qui a un impact négatif sur l économie internationale. L une des conséquences de cette crise majeure du système financier mondial est la disparition de presque toutes les banques d investissement américaines ainsi que la faillite quasi certaine de spécialistes de crédits immobilier sans dépôts 3. Notons que ces banques tiraient l'essentiel de leurs profits des activités de marchés, notamment sur les marchés dérivés, les produits complexes, où aucune autre banque non américaine n'était venue contester leur domination. Avec la paralysie observée à la suite de la crise des subprimes, les marchés financiers ont été ensuite victimes de l'action de certains «hedge funds» qui, en vendant massivement les titres, ont rendu leur situation beaucoup plus critique. La contagion de la crise financière à l économie réelle menace de ralentissement ou de récession économiques plusieurs pays ou régions à travers le monde. Par rapport aux pays développés fortement exposés à la crise des grandes places financières, les conséquences des «subprimes» en Afrique restent relativement modérées, du fait du faible niveau de développement des pays africains et de la sophistication très réduite des produits financiers. Malgré cette faible exposition directe à la tourmente des marchés financiers, la crise touchera en Afrique plusieurs secteurs avec un fort impact sur la situation socioéconomique des pays africains. Parmi ces impacts, on notera une baisse des flux d investissements étrangers, une réduction du volume de l aide au développement et surtout un recul des exportations avec la baisse de la demande mondiale en matière premières. 2 Interview Gabriel Fall DG CGF bourse, http: // www. Seneweb.com 3 Northern Rock, Countrywide Financial Performances MC 10

11 Figure 7 : illustration du mécanisme de contagion de la crise financière Une réforme du système financier s impose, surtout sur l accès aux marchés et sur les systèmes de notation des risques D abord, il faudrait revoir les conditions d accès au marché pour les entreprises. Certaines entreprises trouvent déjà que l exigence des garanties constitue un facteur de blocage dans la mesure où ces garanties rendent davantage onéreux le coût final des émissions. De plus, il est impératif de réduire les commissions d accès prélevées par différents organes (CREPMF, DC/BR, SGI) qui sont excessives, ce qui peut constituer un frein au développement du marché. L innovation de taille serait d incorporer dans la notation, un indicateur d appréciation du risque de solvabilité financière d une opération ou d une institution, et à octroyer une mention correspondant aux perspectives de remboursement des créanciers. Elle fournirait une appréciation indépendante et fiable sur la capacité d'un émetteur à assurer le service de sa dette. Performances MC 11

12 Parallèlement, le marché financier de l UEMOA reste en excès de liquidités avec un volume d opérations modeste et peu rentable Le fonctionnement actuel du marché interbancaire de l'umoa n'assure pas la fluidité des opérations. Les transactions sont effectuées de gré à gré, le plus souvent à l'initiative des emprunteurs, du fait de la physionomie globalement excédentaire des liquidités bancaires. Avec une moyenne de 100 milliards mobilisés par année sur le marché primaire, le niveau des opérations sur le marché financier régional demeure relativement modeste et ne permet pas aux intervenants commerciaux du marché de dégager une rentabilité suffisante. Près de la moitié des Sociétés de Gestion et d'intermédiation (SGI), principales animatrices du marché boursier régional, sont des filiales des banques de l'union. A ce titre, les banques participent à l'animation du marché financier régional essentiellement par le canal de leur SGI qui bénéficie de l exclusivité de la négociation des valeurs mobilières cotées à la Bourse Régionale et assurent en grande partie la conservation des titres, pour le compte de la clientèle. Ainsi, une dégradation de la situation des SGI pourrait avoir des conséquences sur le système bancaire. Tableau 1 : Situation simplifiée du système bancaire de l UEMOA Source : Commission bancaire de l UEMOA Le secteur financier reste dominé par les banques, mais avec des sociétés d intermédiation financière en plein essor A l image de toute l Afrique subsaharienne et des autres pays à faible revenu, le secteur bancaire est la plus développée du secteur financier dans l UEMOA. Les intermédiaires financiers non bancaires et les établissements de micro finance demeurent modestes, mais sont en plein essor. A fin décembre 2006, la zone UEMOA enregistrait près de 116 établissements de crédit (banques et établissements financiers) pour une population de près de 80 millions d habitants (dont près de 30% d actifs). Performances MC 12

13 Figure 8: Etablissements de crédit dans l espace UEMOA (2006) Mali Niger Guinée Bissau 3 Sénégal 22 Cote d Ivoire 16 Burkina Faso 16 Bénin Les taux de bancarisation demeurent très faibles dans l UEMOA, tout comme dans la zone CEMAC Selon la BCEAO, les faibles taux de bancarisation des pays de l UEMOA s expliquent par une agrégation de facteurs parmi lesquels figure la crise du système bancaire d il y a quelques années. Cette crise avait engendré une sérieuse perte de crédibilité. Au nombre des autres facteurs de la faible bancarisation, figurent le revenu bas des populations, l analphabétisme, la méconnaissance du système bancaire, l éloignement des structures et le manque d infrastructures, les longues procédures pour l ouverture des comptes, les coûts élevés des services et le manque d information. D autres facteurs contribuent également à limiter la pénétration des services bancaires dans l UEMOA ; il s agit notamment des éléments suivants : Des instruments de financement peu adaptés aux besoins des populations les plus pauvres ; Une part relativement faible des financements en faveur du secteur primaire ; Une prépondérance des crédits à court terme par rapport aux crédits à long terme ; Une faible promotion de la bancarisation ; Une nécessité de modernisation des moyens de paiement et de la monétique. Les autres causes majeures de la faible bancarisation portent sur la couverture insuffisante des populations par le réseau bancaire. A fin 2006, l ensemble des établissements de crédit disposait de 902 points d accès (agences et bureaux compris). Cette taille du réseau de contact clients correspond à une densité géographique de 1,2 agence sur km2. Ramenée à une échelle démographique, cette couverture correspond à une densité de 2,2 agences pour adultes. Togo 13 Performances MC 13

14 Figure 9 : évolution de la densité géographique et démographique des réseaux d agences en 2006 dans l UEMOA Source : densité des agences bancaires calculée à partir des données de la Commission Bancaire de l UEMOA De la même façon que l UEMOA, la zone CEMAC enregistrait en 2006 quelques 31 établissements bancaires 4 répartis sur les 6 pays qui la composent (cf. graph ci-dessus). Aussi avec près de 38 millions d habitants et une superficie de plus de 3 millions de Km2 (14% de la superficie totale de l Afrique subsaharienne), la région reste encore sous bancarisée avec seulement 1,2% de la population qui détient un compte bancaire 5. Figure 10: Etablissements bancaires dans l espace CEMAC (2006) Tchad 7 Guinée Equatoriale 3 Cameroun 8 Congo Gabon 4 6 RCA 3 4 Inclus dans les 50 établissements financiers de la région 5 soit quelques adultes Performances MC 14

15 Le développement des activités des IMF s intègre de plus en plus dans les stratégies de lutte contre la pauvreté De façon générale, les IMF du monde entier atteignent beaucoup plus d emprunteurs que d épargnants mais l Afrique est une exception : en 2003, 163 IMF africaines avaient offert leurs services à près de trois fois plus d épargnants volontaires (6,3 millions) que d emprunteurs (2,4 millions). L Afrique de l Est et l Afrique Australe sont les plus dynamiques en matière de développement des IMF. Elles concentrent 52% de tous les épargnants et 45% de tous les emprunteurs d Afrique. Cette prédominance s explique par la présence dans ces régions de grandes institutions du crédit : Amhara Credit and Savings Institution ou ACSI et Dedebit Credit and Savings Institution ou DECSI en Éthiopie ; Kenya Post Office Savings Bank ou KPOSB au Kenya ; Teba Bank en Afrique du Sud Figure 11: Portée des IMF dans le monde A l origine, les services offerts par les Institutions de Micro Finance (IMF) se résumaient à des prêts de petites sommes (microcrédit) à des familles très pauvres pour leur permettre de se lancer dans une activité génératrice de revenus (micro entrepreneurs). Avec ce développement, la micro finance s est élargie pour inclure désormais une gamme de services plus large (crédit, épargne, assurance, transfert d argent etc.) et une clientèle plus étendue également. Performances MC 15

16 Le potentiel reste encore important dans le développement des activités des private equity Le capital-risque dans l UEMOA fait l objet d un intérêt grandissant de la part des acteurs économiques. Des facteurs portés ces dernières années par un phénomène de mode, sont à l'origine de cet intérêt grandissant des décideurs économiques et des organes de développement pour ce nouveau mécanisme financier. Ainsi, on observe que le tissu productif des pays de l UEMOA est dominé par des P.M.E. qui souffrent essentiellement de déficits chroniques de fonds propres, de faiblesses dans leur management, de manque d'actifs pour sécuriser les crédits bancaires et d'absence d'innovation technique. Cette situation, associée à la réticence des banques à faire du crédit aux P.M.E. et à la déconfiture des institutions de financement de développement, pousseront les organes multilatéraux de financement et les autorités en charge du développement à initier des actions de promotion des mécanismes alternatifs au financement bancaire que sont les marchés financiers et le capital-risque. La faiblesse des investissements en Afrique occidentale francophone est particulièrement patente : moins de 6% des capitaux investis sur la zone ouest africaine lui sont destinés. La faible présence des fonds de private equity (sauf Cauris ou Aureos West Africa fund, qui s intéressent depuis peu au Sénégal) dans cette zone résulte de plusieurs raisons : Le climat des affaires est moins favorable en Afrique occidentale francophone et la croissance y est moins forte (pour mémoire, le Gabon, premier pays francophone à figurer au classement du Doing Business de la Banque Mondiale, ne se classe qu au 23 ème rang). Les premiers fonds ont tous été anglosaxons (Ethos, Brait, ECP, Ghana VC ). Ils se sont donc, en priorité, tournés vers la zone géographique et culturelle qui leur était la plus proche (zone anglophone), d autant que l accès à l information reste une barrière importante à l entrée sur le marché du private equity. Aujourd hui, avec les besoins de croissance rapide des entreprises du continent, l Afrique voit le secteur des private equity connaître un essor sans précèdent ; le continent attire bon nombre d investisseurs qui cherchent une diversification de leur portefeuille et de meilleurs rendements. Performances MC 16

17 Contacts VOTRE CONTACT Aissata SOW THIAM Direction Marketing et Développement Performances Management Consulting Immeuble Xeewel 15 Boulevard Djily Mbaye BP Dakar Ponty - SENEGAL Tél. : (+221) Fax : (+221) Site web : Performances MC Tous droits réservés Performances MC 17

18 Performances MC 18

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