L investissement direct et les entreprises françaises

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1 INVESTISSEMENT L investissement direct et les entreprises françaises Michel Houdebine et Agnès Topiol-Bensaïd* * Au moment de la rédaction de cet article, Michel Houdebine et Agnès Topiol-Bensaïd appartenaient à la division Marchés et stratégies d entreprises de l Insee. Les noms et dates entre parenthèses renvoient à la bibliographie en fin d article. Depuis le milieu des années 80, l investissement direct de la France s est fortement accru. Selon l OCDE, la France occupait, en 1997, le quatrième rang des pays d accueil et le cinquième rang des pays investisseurs. Globalement, la France a rattrapé son retard à partir de la seconde moitié des années 80, pour se situer, aujourd hui, en tête des pays les plus dynamiques en termes d investissement direct. Comme les autres pays développés, elle investit principalement dans la zone OCDE même si, depuis le début de la décennie, la part à destination de l Asie et de l Amérique latine progresse nettement. L investissement direct étranger en France provient essentiellement des pays développés. Il concerne pour l essentiel les secteurs industriels à forte valeur ajoutée tels que l électronique et la parachimie. Le tertiaire marchand et notamment les services occupe une place centrale dans l investissement direct français avec plus des deux tiers du stock d investissement. De même, la France investit fortement dans ces secteurs à l étranger, surtout dans le domaine des services aux entreprises. Au niveau microéconomique, les entreprises françaises internationales entreprises françaises contrôlées par un investisseur étranger ou entreprise françaises contrôlant au moins une filiale à l étranger sont singulières. Elles ont recours à une main-d œuvre plus qualifiée, plus productive et mieux payée. Par rapport à leurs concurrentes nationales, leurs marges sont supérieures dans tous les secteurs et dans l industrie elles réalisent aussi des profits plus importants. Elles sont également plus dynamiques à l exportation. Cependant, elles sont plus endettées et doivent provisionner davantage pour faire face aux risques qu elles encourent. En général, elles ne sont pas plus rentables. Lorsqu on tient compte, en plus de la taille et du secteur d activité, de l appartenance à un groupe et de la structure de qualification des emplois, ces différences de performances s atténuent mais persistent. À l instar de la plupart des pays de l OCDE, les investissements directs français se sont fortement accrus à partir du milieu des années 80. Selon l OCDE, en 1997, la France a investi 208 milliards de francs à l étranger et accueilli 135 milliards de francs d investissements directs tandis que ces flux de capitaux n étaient respectivement que de 36 milliards et de 19 milliards au début des années 80. Pour l importance des flux de capitaux, la France se place en quatrième position, après les États-Unis, le Royaume-Uni et l Allemagne. D après un rapport publié récemment par l association Invest in France, elle est de plus considérée comme un pays d accueil attractif : en 1998, la Datar a enregistré un nombre record de 700 projets de localisation d investissement. ÉCONOMIE ET STATISTIQUE N /7 113

2 La mondialisation des économies alimente depuis quelques années de nombreux débats économiques et politiques. Le sujet est complexe, mal délimité et les études statistiques portant sur la France restent encore peu nombreuses. Les analyses macroéconomiques mettent en avant le fort développement des investissements directs et la position centrale des pays de l OCDE dans ces investissements : première zone à investir à l étranger, mais aussi première zone d accueil des investissements directs (cf. encadré 1). Toutefois, de nouvelles tendances émergent depuis le début de la décennie avec un développement rapide des investissements en Asie, en Amérique latine et, dans une moindre mesure, dans les pays d Europe centrale et orientale. Ces flux d investissements se sont développés nettement plus vite que les échanges commerciaux. Plusieurs facteurs semblent influencer la décision d investir à l étranger : la fiscalité, la qualité des infrastructures, le niveau de qualification et les effets d agglomération. Les droits de douane et les coûts de transports, au contraire, ne semblent pas jouer un rôle prépondérant. Les analyses microéconomiques telles que celles, de Markusen (1995, 1998) pour l économie américaine caractérisent les multinationales. Pour s internationaliser, l entreprise doit atteindre une taille critique, investir fortement en R&D et innover. Les entreprises internationales Encadré 1 L INVESTISSEMENT DIRECT ET LE POIDS CROISSANT DES ENTREPRISES MULTINATIONALES Depuis une vingtaine d année, les investissements directs se sont très fortement développés. Ainsi, les flux d investissements directs ont été multipliés par 2,8 entre 1984 et 1990, puis par 1,7 de 1990 à 1996 pour atteindre environ 331 milliards de dollars. Cet essor traduit le poids croissant des entreprises multinationales dans l économie mondiale. Aujourd hui, près de 75 millions de personnes travaillent dans une telle entreprise dont 40 % sont salariés de filiales situées en dehors du pays d originedelamaison mère (OCDE, 1995). Depuis dix ans, l évolution des investissements directs permet de distinguer trois phases : un fort développement au milieu des années 80 jusqu au début des années 90, un fléchissement marqué de cette tendance au début des années 90, suivi d une nette reprise (cf. graphique du texte). Que l on considère les pays de l OCDE dans leur ensemble ou les pays européens, l évolution des investissements directs à l étranger a été très similaire, même si l augmentation au début des années 90 des flux de ces investissements est intervenue plus tôt aux États-Unis que dans les pays européens en raison d une reprise plus précoce de la croissance. les Pays-Bas et la France figurent parmi les principaux pays investisseurs à l étranger bien que leur contribution soit nettement plus faible que celle des pays anglo-saxons. La part de l Allemagne, de la France et des Pays-Bas dans les flux d investissement direct sortants s est érodée à partir de Cette diminution est cependant nettement moins importante que celle ayant affecté les flux du Japon qui ont été divisés par trois, probablement en raison de la crise financière qui secoue l archipel depuis près de 10 ans (cf. tableau A). En dehors des pays de l OCDE, ce sont ceux d Asie et d Amérique latine qui ont le plus investi à l étranger. En Asie, le Japon mis à part, la Chine, Singapour, la Thaïlande et la Corée du Sud sont le plus représentés à l étranger. Ensemble, ils totalisent les deux tiers des flux d investissement direct à Tableau A Part des principaux pays développés dans les flux d investissement direct En % Flux entrants Flux sortants Les États-Unis et le Royaume-Uni investissent le plus à l étranger Bien que leur poids ait diminué depuis le début des années 80, les pays de l OCDE, restent les principaux investisseurs à l étranger, réalisant plus de 90 % du flux d investissement direct soit 294 milliards de dollars en 1996 (FMI, 1997). Les États-Unis et le Royaume-Uni sont les pays qui investissent le plus à l étranger. Leur poids, en augmentation depuis 1990, est respectivement de 28 % et 14 % dans le total des flux d investissement direct sortants et de 30 % et 15 % dans les flux d investissement direct sortants des pays de l OCDE. L Allemagne, le Japon, France 6,6 12,9 7,0 6,1 14,6 16,3 9,0 8,3 Allemagne 1,3 1,6 0,7-1,0 10,2 10,3 6,8 8,7 Japon 0,9 1,6 0,4 0,1 21,2 9,1 7,2 7,4 Pays-Bas 6,1 4,6 3,1 2,1 6,5 7,5 6,9 6,7 Royaume- Uni 16,2 9,5 3,9 9,8 8,1 9,9 13,4 14,0 États-Unis 23,9 10,6 19,3 23,3 12,6 22,3 27,4 27,6 Lecture : En 1990,la France représentait 6,6%des flux d investissement direct entrants des paysdel OCDEet12,9%en Source :(FMI, 1997). 114 ÉCONOMIE ET STATISTIQUE N , /7

3 ont généralement recours à un personnel qualifié composé de cadres et de professions intellectuelles supérieures comme les chercheurs. Les actifs incorporels de ces entreprises (logiciels, brevets, etc.) sont aussi plus nombreux. La plupart d entre elles sont pérennes depuis plusieurs années et opèrent sur des marchés dynamiques, soumisàuneforteconcurrenceinternationale. En mobilisant diverses sources de données macroéconomique et microéconomique, cette étude examine la pertinence de ces faits stylisés dans le cas français. Elle cherche à établir un bilan descriptif de l investissement direct en France à partir de différentes mesures de ce phénomène. La France est le cinquième investisseur à l étranger Avec un stock de 135 milliards de francs d investissements des pays étrangers sur son territoire et un investissement d environ 208 milliards de francs en dehors de ses frontières, le solde structurel français des investissements directs est négatif. La France est aujourd hui le quatrième pays d accueil des investissements directs étrangers après les États-Unis, le Royaume-Uni et l Allemagne et le cinquième plus grand investisseur à l étranger. Le stock d investissement direct entrant (de l ordre de 750 milliards de francs), tout comme le stock d investissement direct sortant (de l ordre de milliards de francs) ont augmenté de 47 % depuis le début de la décennie. Ainsi, les investissements français à l étranger et les investissements étrangers en France se sont fortement accrus, le poids du stock d investissements directs entrants et sortants représente 8 % du stock total d investissements directs réalisés par les pays de la zone OCDE, soit une part plus grande que le poids de la France dans le PIB de cette zone (6 %). Comparé à celui des États-Unis ou du Royaume- Uni, le développement des investissements directs en France est plus récent. Après avoir accueilli les investissements américains dans les années 50, puis européens dans les années 60, les flux entrants se sont réduits dans les années 70, probablement en liaison avec les procédures de contrôle des changes et l obligation d une autorisation administrative pour investir dans l hexagone. À partir du milieu des Encadré 1(suite) l étranger de cette zone. La Chine dont les flux d investissement direct ont plus que doublé depuis 1990 ne représente que 12 % du total de ces investissements. En Amérique latine, deux pays se distinguent : le Brésil et le Chili. La nouvelle attraction de l Asie et de l Amérique latine Si la zone OCDE reste encore la principale zone d accueil des investissements directs, son attraction s est fortement réduite au profit de l Asie, des pays d Amérique latine et de l Europe de l Est (cf. tableau B). Ainsi, les pays de l OCDE n accueillent plus que 59 % des flux d investissement direct totaux en 1996 contre 84 % au début de la décennie. Dans le même temps, la part des pays asiatiques (à l exception du Japon) est passée de9à 22 % et celle de l Amérique latine de 4 à 12 %. Parmi les pays asiatiques qui bénéficient le plus de ces investissements, la Chine occupe une place toute particulière ; depuis le début de la décennie, les flux d investissement direct orientés vers ce pays ont été multipliés par 11,5 et atteignent près de 40 milliards de dollars en 1996, soit près des deux tiers des flux d investissement direct à destination de pays d Asie. D autres pays, comme la Corée dusudetsingapour, ont connu un fort développement des investissements étrangers. En Amérique latine, le Mexique, pays d investissement direct privilégié des États-Unis (près de 8 % des flux américains en 1997), l Argentine et le Brésil ont exercé un attrait important. Si la part des investissements directs en Europe de l Est s est fortement accru depuis 1990, l attraction de cette zone reste encore modeste avec seulement 5 % des flux d investissements. Tableau B Part des principales zones économiques dans les flux d investissement direct Flux entrants Flux sortants En % OCDE 84,3 70,0 58,3 58,6 95,4 93,5 93,0 92,5 Afrique et Moyen Orient 2,1 2,8 3,0 2,1 0,2 1,6 0,9 0,6 Asie 9,2 15,3 23,8 22,3 0,4 4,5 4,8 5,4 Europe de l Est 0,2 3,3 3,3 4,9 0,0 0,1 0,1 0,2 Amérique latine 4,2 8,5 11,6 12,1 0,4 0,4 1,2 1,2 Lecture : l OCDE représentait 84,3% de l ensemble des flux d investissement direct entrants en 1990 et 70 % en Source :(FMI,1997). ÉCONOMIE ET STATISTIQUE N /7 115

4 années 80, avec l instauration du marché unique et la mise en place de nombreuses mesures pour attirer les capitaux étrangers, l investissement direct s est fortement développé dans l hexagone. Entre 1990 et 1995, avec le ralentissement de l activité en Europe et plus généralement dans l ensemble de l OCDE, les investissements directs en France ont sensiblement régressé. Depuis 1995, ils progressent à nouveau. Les pays de l OCDE, partenaires privilégiés de la France Ce sont principalement les pays de l OCDE qui ont investi sur le territoire national. Ceux de l Europe des Quinze arrivent en première position. Ils détiennent 64 % du stock total d investissements étrangers en France. Les Pays-Bas, le Royaume-Uni et l Allemagne contribuent le plus à ce stock. Les pays d Amérique du Nord réalisent 20 % des investissements et les États- Unis restent le premier pays investisseur en France. La part des autres pays demeure très faible (cf. tableau 1). La France est également un important pays investisseur à l étranger. En 1997, plus de 208 milliards de francs ont été investis à l étranger, soit environ 2,6 % du PIB. L effort d investissement direct à l étranger n avait jamais été aussi important. Les investissements directs à l étranger ont été multipliés par quatre entre 1986 et 1990 (cf. graphique). Les flux d investissements directs sortants se sont ensuite réduits, probablement du fait de la faible croissance en France et en Europe au début des années 90. À partir de 1996, la tendance est à nouveau orientée à la hausse. Le stock d inves- Tableau 1 Répartition géographique du stock d investissement direct français entrant et sortant Stock entrant Stock sortant Valeur (en milliards de francs) Stock OCDE 418,6 518,6 638,7 742,4 519,4 668,7 748,4 777,9 Stock total 443,7 551,7 662,3 753,8 564,8 774,1 871, ,6 Part dans le stock total (en %) OCDE 94,3 94,0 96,4 96,5 92,0 86,4 85,8 77,0 Non OCDE 5,7 6,0 3,6 3,5 8,0 13,6 14,2 23,0 Europe des Quinze (1) 60,6 62,7 66,2 63,7 59,3 59,3 56,5 49,1 Amérique du Nord (2) 21,2 18,8 19,1 20,9 23,9 19,2 20,8 20,4 Asie 3,0 3,7 2,6 2,0 2,5 3,1 2,9 2,9 Afrique et Moyen Orient 1,3 1,7 1,0 0,6 3,0 2,0 2,1 2,3 Amérique latine 0,5 0,7 0,4 0,4 2,5 3,1 2,9 9,0 PECO (3) 0,4 0,8 0,7 0,5 0,0 0,3 0,4 1,1 Autres (4) 13 11, ,9 8, ,4 15,2 Part dans le stock de l OCDE (en %) Amérique du Nord 22,4 20,0 19,8 21,7 26,0 22,2 24,3 26,5 Europe des Quinze (1) 64,3 66,7 68,7 66,0 64,5 68,7 65,8 64,0 Autres pays de l OCDE (5) 13,3 13,3 11,5 12,4 9,6 9,1 9,9 9,7 1. Europe des Quinze : Europe des Quinze non compris la France. 2. Amérique du Nord : USA et Canada. 3. PECO : pays d Europe de l Est (Pologne, Hongrie, République Tchèque, Tchécoslovaquie, Pays Baltes, Bulgarie, Russie, Slovénie, Slovaquie, Ukraine, Roumanie ou l URSS selon les dates). 4. Autres : pays de l OCDE non inclus dans les autres zones géographiques (Suisse, Islande, Nouvelle-Zélande, Australie, Norvège) plus le stock non ventilé par l OCDE au niveau géographique. 5. Autres pays de l OCDE : Australie, Nouvelle-Zélande, Suisse, Norvège et Islande. Lecture : en 1990, les pays de l OCDE ont investi en France 418,6 milliards de francs, soit 94,3 % du stock total d investissement direct. Les pays européens ont, quant à eux, réalisé 64,3%de ce total. Source : (OCDE, 1998). 116 ÉCONOMIE ET STATISTIQUE N , /7

5 Graphique Évolution comparée des flux d investissement direct de la France, de l Europe et des pays de l OCDE* A - Flux entrants B - Flux sortants OCDE Europe France *Les flux concernant l ensemble des pays del OCDE et l Europe des Quinze (hors France) sont exprimés en millions de dollars, les flux concernant la France en millions de francs. Les flux pour 1997 sont des données provisoires. Source :(OCDE, 1998). tissements directs français à l étranger place la France en cinquième position du palmarès mondial, après les États-Unis, le Royaume- Uni, l Allemagne et le Japon. Plus des trois quarts des investissements français restent concentrés dans la zone OCDE (essentiellement en Europe et aux États-Unis) même si tendanciellement cette part se réduit depuis quelques années. Ainsi, la présence française en Asie et en Amérique latine est de plus en plus marquée. Les investissements directs français dans ces zones représentaient à peine 5 % du stock d investissements français à l étranger en 1990, ils avoisinent aujourd hui les 12 %. En revanche, les investissements directs dans les pays de l Europe de l Est et en Afrique restent peu développés. L importance des services se confirme Près des deux tiers du stock d investissements étrangers en France concernent les activités tertiaires. Ils sont principalement à destination du secteur bancaire et financier (40 %) et du commerce (10 %). Dans ces secteurs, la France apparaît comme un pays d accueil très attractif en comparaison avec d autres pays développés. Dans l industrie, ce sont les secteurs de la chimie (stock de 117 milliards de francs), de l agro-alimentaire (58 milliards de francs) et de l électronique (38 milliards de francs) qui ont été les plus pénétrés (cf. tableau 2). Tableau 2 Répartition sectorielle du stock d investissement direct français entrant et sortant En % Stock entrant Stock sortant Agriculture et pêche 0,3 0,1 0,1 0,1 0,2 0,1 0 0 Mines et exploitation 6,1 5,1 4,2 3,9 8,1 7,2 9,8 6,9 Industrie manufacturière 37,0 35,7 34,8 38,3 41,0 40,3 36,0 36,1 Électricité, gaz et eau 0 0 0,6 0,5 0 0,1 0,2 0,4 Construction 0,5 0,3 0,2 0,2 0,1 0,2 0,1 0,6 Ensemble Industrie 43,6 41,1 39,9 42,9 50,4 50,3 49,1 47,5 Commerce et réparation 11,9 10,6 10,4 9,5 6,1 6,4 6,9 3,5 Hôtels, restaurants 0 0,5 0,4 0,6 0 2,5 1,4 2,6 Transports et télécommunications 0,6 0,7 0,5 0,8 1,2 1,0 1,3 2,5 Activités financières 18,3 42,2 45,0 40,1 25,2 35,8 36,9 25,6 Activitésd entreprises et immobilier 0 1,5 1,1 1,7 0 0,7 0,3 17,9 Autres services 24,7 3,3 3,2 4,8 16,8 4,2 5,9 3,0 Ensemble Tertiaire 55,5 58,8 60,6 57,5 49,4 50,5 52,7 52,5 Non ventilé 0,7 0-0,6-0,5 0,2-1,0-1,9 0 Valeur totale (en milliards de francs) 443,7 551,8 662,3 753,8 564,8 774,1 871, ,6 Lecture : en 1990,la France a réalisé 50,4% de son stock d investissement direct à l étranger (stock sortant) dans l industrie. Source :(OCDE,1998). ÉCONOMIE ET STATISTIQUE N /7 117

6 Lesinvestissementsdirectsfrançaisàl étranger concernent pour moitié des activités industrielles et pour moitié des activités tertiaires, même si le poids du tertiaire s accroît (il passe de 49,4 % en 1990 à 52,5 % en 1996). Sur la période récente, les activités commerciales et financières ont reculé au profit des services aux entreprises (18 % du stock sortant en 1996). Dans l industrie, outre l agro-alimentaire, la France a également investi dans les secteurs de la chimie, de la mécanique et de l électronique. Contrôlées par un groupe étranger ou implantées à l étranger, ces entreprises sont différentes La comparaison des profils des entreprises internationales, que l on s intéresse aux entreprises françaises contrôlées par un groupe étranger ou aux entreprises françaises implantées à l étranger, fait apparaître des différences marquées avec les autres entreprises françaises. En 1987 comme en 1995, ces entreprises sont plus productives, plus capitalistiques et ont une activité exportatrice plus dynamique. Elles font appel à une maind œuvre plus qualifiée et les fonctions administratives et commerciales y sont nettement plus développées que les fonctions productives. Le coût du travail moyen y est également plus élevé. Plus endettées que leurs concurrentes nationales, elles réalisent des provisions plus élevées pour s assurer contre les risques auxquels elles sont soumises. En général, mais c est surtout le cas dans l industrie et les services, elles ont des taux de marge plus élevés et la part du résultat net dans le chiffre d affaires est également plus élevée. Toutefois, ces entreprises ne sont pas plus rentables. Si la prise en compte de l appartenance à un groupe atténue une partie de ces écarts, elle ne les fait pas disparaître. Les entreprises étrangères implantées en France sont plus productives... La productivité apparente du travail apparaît nettement plus élevée pour les entreprises internationales. Dans l industrie, plus de la moitié des entreprises étrangères localisées en France ont une productivité apparente du travail supérieure de 30 % à celle de l ensemble des entreprises françaises similaires. Les écarts dans le commerce sont encore plus forts, de l ordre de 50 %. La comparaison aux seules entreprises appartenant à un groupe réduit ces écarts (20 % dans l industrie et 40 % dans le commerce) mais ne les fait pas disparaître. Par ailleurs, l intensité capitalistique de ces entreprises est très forte dans tous les secteurs : la médiane de cet indicateur varie entre francs par salariés dans l industrie et 5 millions de francs dans les services. Ces montants sont nettement plus élevés que pour l ensemble des entreprises (de 1,5 fois à 40 fois supérieurs) et que pour les entreprises appartenant à un groupe. Si le parc d équipements productifs de ces entreprises est plus important ou de meilleure qualité que dans les autres entreprises, la productivité du capital y est toujours plus faible.... comme les entreprises françaises implantées à l étranger Les entreprises françaises contrôlant au moins une filiale à l étranger sont également des entreprises plus productives. Comparées à l ensemble des entreprises de taille et de secteur identiques, la productivité apparente du travail est plus élevée dans tous les secteurs. Cet écart estplussensibledanslecommerce(+43%)et les services (+ 26 %). Toutefois, par rapport aux entreprises qui contrôlent une filiale, en France ou à l étranger, ces entreprises internationales n ont pas une productivité apparente du travail plus élevée sauf dans le commerce. Seule l intensité capitalistique reste sensiblement plus forte dans tous les secteurs. Au milieu des années 80, ces différences étaient moins marquées. La productivité du travail supérieure dans les entreprises internationales est confirmée par un coût moyen du travail plus élevé. Ainsi dans ces entreprises, les salaires par tête sont supérieurs à ceux des autres entreprises. Si l on considère les implantations étrangères en France, les écarts observés avec l ensemble des entreprises et avec les seules entreprises appartenant à un groupe s échelonnent respectivement entre 16 % et 12 % dans l industrie et 56 % et 54 % dans le commerce. Dans les entreprises contrôlant une filiale à l étranger, les salaires par tête sont, quel que soit le secteur considéré, plus élevés que dans les autres entreprises, notamment dans le commerce (une différence de 44 % avec les salaires par tête des autres entreprises) et dans les services (une différence de 36 % avec les salaires par tête des autres entreprises). Ces écarts semblent s être accrus depuis ÉCONOMIE ET STATISTIQUE N , /7

7 Tableau 3 Performances comparées des implantations étrangères en France en 1995* A - Comparaison avec l ensemble des entreprises de même taille et de même secteur (référence 1 ) Médianes Industrie manufacturière Commerce Services Population 1 Référence 1 Population 1 Référence 1 Population 1 Référence 1 Productivité des facteurs (en milliers de francs) Valeur ajoutée par tête 384,0 297,2 437,9 291,3 334,6 289,4 Intensité capitalistique 659,5 368,2 564,5 205, ,9 125,7 Part de la valeur ajoutée dans le capital immobilisé 58,9 81,4 68,3 133,8 1,2 152,3 Salaire annuel par tête 175,4 151,2 229,0 147,2 263,9 179,3 Performances économiques et financières (en %) Taux de valeur ajoutée 31,2 36,5 13,6 17,6 43,8 59,1 Impôts dans la valeur ajoutée 1,2 1,3 1,6 1,9 0,4 0,2 Taux de marge 27,4 20,8 26,9 19,9 79,8 16,3 Part du résultat net dans le chiffre d affaires 2,1 1,9 0,5 1,0 0,9 2,5 Rentabilitééconomique globale 11,4 12,2 8,2 12,6 3,8 11,1 Taux d endettement 26,1 22,4 28,6 32,1 48,8 27,8 Taux d autofinancement 94,6 93,4 83,3 113,8 36,0 131,0 Taux d investissement 10,2 8,9 4,2 4,9 0,3 1,6 Part des provisions dans les investissements 47,4 32,8 160,7 65,6 225,7 49,6 Taux d exportation 32,3 14,4 3,2 0,1 0,0 0,0 Structure des emplois (en % de l effectif total) Cadres administratifs et commerciaux (CA) 12,1 8,5 42,4 25,0 57,1 25,0 Cadres de conception (CP) 19,1 16,5 10,5 6,1 6,6 7,4 Employés (EA) 9,6 7,8 20,5 22,8 19,9 20,0 Ouvriers (EP) 55,7 63,0 9,6 29,8 0,4 0,3 B - Comparaison avec l ensemble des entreprises de même taille et de même secteur et appartenant à un groupe (référence 2) Médianes Industrie manufacturière Commerce Services Population 1 Référence 2 Population 1 Référence 2 Population 1 Référence 2 Productivité des facteurs (en milliers de francs) Valeur ajoutée par tête 384,0 318,3 437,9 310,9 334,6 316,9 Intensité capitalistique 659,5 424,6 564,5 236, ,9 238,2 Part de la valeur ajoutée dans le capital immobilisé 59,5 75,3 68,0 122,8 1,1 71,8 Salaire annuel par tête 175,4 155,6 229,0 148,6 263,9 205,3 Performances économiques et financières (en %) Taux de valeur ajoutée 31,2 34,4 14,4 15,9 44,0 51,1 Part des impôts dans la valeur ajoutée 1,1 1,2 1,4 2,4 0,3 0,2 Taux de marge 27,4 23,4 27,0 23,4 79,1 21,2 Part du résultat net dans le chiffre d affaires 2,1 2,2 0,4 1,1 0,9 2,3 Rentabilitééconomique globale 11,4 12,3 8,4 12,7 4,3 9,0 Taux d endettement 26,1 21,6 27,6 32,9 49,4 20,9 Taux d autofinancement 94,6 90,8 83,3 92,8 36,0 94,0 Taux d investissement 10,1 9,5 4,1 4,7 0,1 2,0 Part des provisions dans les investissements 47,4 34,9 160,7 95,5 225,7 44,0 Taux d exportation 32,3 17,2 3,2 0,1 0,0 0,0 Structure des emplois (en % de l effectif total) Cadres administratifs et commerciaux (CA) 12,1 8,8 42,4 26,6 57,1 25,3 Cadres de conception (CP) 19,1 17,2 10,5 6,3 6,6 9,5 Employés (EA) 9,5 8,1 20,5 24,4 19,9 15,4 Ouvriers (EP) 55,7 62,1 9,6 28,5 0,4 0,0 * Pour les définitions précises des populations et références, se reporter à l encadré 2 et à l annexe. Source : échantillons d entreprises construits à partir des données de LIFI, des données BIC et de l ESE,1995, Insee. ÉCONOMIE ET STATISTIQUE N /7 119

8 Tableau 4 Performances comparées des entreprises françaises implantées à l étranger en 1995* A - Comparaison avec l ensemble des entreprises de même taille et de même secteur (référence 1) Médianes Industrie manufacturière Commerce Services Population 2 Référence 1 Population 2 Référence 1 Population 2 Référence 1 Productivité des facteurs (en milliers de francs) Valeur ajoutée par tête 350,3 297,5 400,7 280,6 368,9 293,7 Intensité capitalistique 633,2 389,6 902,4 208, ,5 142,4 Part de la valeur ajoutée dans le capital immobilisé 54,8 77,3 42,3 130,2 6,9 154,5 Salaire annuel par tête 169,5 152,1 208,4 144,2 253,0 185,6 Performances économiques et financières (en %) Taux de valeur ajoutée 36,1 36,2 17,2 16,9 46,5 59,7 Part des impôts dans la valeur ajoutée 2,2 1,3 2,1 1,9 0,1 0,3 Taux de marge 24,9 20,9 31,0 20,4 39,8 14,5 Part du résultat net dans le chiffre d affaires 2,9 2,1 1,7 0,9 3,4 2,5 Rentabilitééconomique globale 10,2 11,5 10,0 12,7 7,2 11,6 Taux d endettement 24,3 21,6 33,4 28,9 18,6 26,6 Taux d autofinancement 114,7 95,4 161,7 102,2 151,1 137,5 Taux d investissement 9,2 8,9 3,8 4,9 3,3 2,1 Part des provisions dans l investissement 67,3 37,7 154,3 62,6 207,1 52,1 Taux d exportation 34,6 16,9 9,8 0,2 0,1 0,0 Structure des emplois (en % de l effectif total) Cadres administratifs et commerciaux (CA) 11,8 8,3 37,3 23,3 48,9 27,5 Cadres de conception (CP) 17,7 16,2 7,6 5,8 9,3 8,6 Employés (EA) 10,0 8,1 25,5 24,0 19,1 20,0 Ouvriers (EP) 55,6 62,9 15,8 28,1 0,9 0,6 B - Comparaison avec l ensemble des entreprises de même taille et même secteur et appartenant à un groupe (référence 2) Médianes Industrie manufacturière Commerce Services Population 2 Référence 2 Population 2 Référence 2 Population 2 Référence 2 Productivité des facteurs (en milliers de francs) Valeur ajoutée par tête 350,3 343,6 400,7 337,0 368,7 337,0 Intensité capitalistique 633,2 613,5 902,4 682, , ,3 Part de la valeur ajoutée dans le capital immobilisé 55,1 54,8 41,7 45,4 6,6 10,0 Salaire annuel par tête 169,5 163,7 208,4 163,8 253,1 219,3 Performances économiques et financières (en %) Taux de valeur ajoutée 36,3 34,1 17,1 14,2 46,4 49,8 Part des impôts dans la valeur ajoutée 2,4 2,2 1,9 2,1 0,1 0,2 Taux de marge 25,1 25,4 31,2 28,4 40,1 35,4 Part du résultat net dans le chiffre d affaires 2,9 2,6 1,7 1,0 3,4 2,8 Rentabilitééconomique globale 10,1 10,3 9,9 9,1 7,1 8,1 Taux d endettement 24,1 22,1 33,2 33,4 19,1 24,8 Taux d autofinancement 114,7 106,3 161,6 126,7 151,1 114,7 Taux d investissement 9,4 9,3 4,3 6,1 3,2 2,1 Part des provisions dans l investissement 67,3 57,9 154,3 75,9 207,2 121,1 Taux d exportation 34,6 25,7 9,8 0,5 0,1 0,0 Structure des emplois (en % de l effectif total) Cadres administratifs-commerciaux (CA) 11,8 10,9 37,3 25,3 48,9 45,2 Cadres de conception (CP) 17,7 17,3 7,6 7,1 9,4 7,6 Employés (EA) 10,0 9,9 25,5 26,8 19,1 20,5 Ouvriers (EP) 55,7 56,7 52,9 61,0 15,8 23,9 *Pour les définitions précises des populations et références, se reporter à l l encadré 2 et à l annexe. Source : échantillons d entreprises construits à partir des données de LIFI, des données BIC et de l ESE, 1995, Insee. 120 ÉCONOMIE ET STATISTIQUE N , /7

9 Une main-d œuvre plus qualifiée explique les écarts de productivité du travail La structure des emplois des entreprises internationales est très différente de celle des autres entreprises. D une part, elles ont recours à une part plus importante de personnels qualifiés (cadres, professions intellectuelles supérieures et techniciens) et, d autre part, elles emploient davantage de personnels dans les domaines de la gestion, du commerce, du marketing et de la communication que dans le domaine de la production. Dans l industrie, la différence se traduit par un moindre recours aux ouvriers et aux personnels qualifiés de production au profit des cadres administratifs et commerciaux. Si au milieu des années 80, ces différences s observaient principalement dans l industrie, aujourd hui, elles concernent tous les secteurs d activité. Dans le commerce, 42 % des effectifs des entreprises françaises à capitaux étrangers sont des cadres responsables de la gestion, du commerce ou de la communication contre seulement 25 % dans l ensemble des entreprises du commerce (cf. tableau 3). Cette asymétrie est encore plus marquée dans les services où ces personnels représentent près des deux tiers des effectifs contre seulement un quart dans l ensemble des filiales de groupe. De la même manière, les entreprises françaises contrôlant une filiale à l étranger emploient plus de cadres et moins de personnels d exécution dans l industrie, moins d ouvriers et plus de cadres administratifs et commerciaux dans les secteurs du tertiaire (cf. tableau 4-B). Si elles se différencient par leur structure d emploi, les implantations étrangères en France n ont pas pour autant opté pour des choix stratégiques atypiques. La réduction des personnels de production, le moindre recours à des personnels non qualifiés, et le développement des fonctions administratives et commerciales dans l entreprise sont des évolutions qui concernent l ensemble des entreprises du système productif français (cf. tableau 5). Toutefois, ces évolutions apparaissent plus marquées pour les entreprises internationales. Mais, on peut penser que les implantations étrangères, parce qu elles sont le plus souvent des entreprises plus jeunes, ont pu adopté ces orientations plus rapidement que les autres entreprises (Commissariat Général du Plan, 1999). Un effet propre de l internationalisation sur la productivité du travail Le fort taux d encadrement (défini comme le rapport entre les cadres et professions intermé- Tableau 5 Synthèse de l ensemble des résultats obtenus pour 1987* Référence 1 Référence 2 Population 1 Implantations étrangères en France Indicateurs de productivité plus élevés surtout l intensité capitalistique et les salaires par tête. Écarts encore plus nets dans le commerce et les services. Taux d exportation plus élevés : 25 % dans l industrie contre 17 % et 6 % dans le commerce contre 0,5 %. Structure des emplois plus qualifiée dans l industrie. Dans le commerce, il y a moins d ouvriers et plus de cadres. Dans les services, les cadres administratifs et commerciaux sont deux fois plus nombreux et les ouvriers deux fois moins. Indicateurs de productivité plus forts dans le commerce et les services. Dans l industrie, seuls les salaires sont plus élevés. La part du chiffre d affaires à l exportation est plus élevée dans l industrie et dans le commerce. Dans tous les secteurs, la part des ouvriers est plus faible qu ailleurs et celle des cadres administratifs et commerciaux plus élevée. Référence 1 Référence 2 Population 2 Entreprise françaises implantées à l étranger Productivité du travail plus forte sauf dans le commerce. L intensité capitalistique est élevée dans tous les secteurs. Taux de marge plus fort notamment dans l industrie et les services. Taux d exportation presque deux fois plus élevé dans l industrie et sept fois plus dans le commerce. Structure des emplois différente : davantage de cadres et moins de personnels d exécution. Activités administratives et commerciales plus développées que la production. Les indicateurs de productivité sont assez proches de ceux des entreprises appartenant à un groupe. Les salaires sont plus élevés dans le commerce. Les taux d exportation sont un peu plus élevés dans l industrie et nettement plus forts dans le commerce. La structure des emplois est assez similaire, plus de cadres de production dans l industrie. * Pour les définitions précises des populations et références, se reporter à l encadré 2 et à l annexe. Source : échantillons d entreprises construits à partir des données de LIFI, des données BIC et de l ESE, 1987, Insee. ÉCONOMIE ET STATISTIQUE N /7 121

10 Encadré 2 COMPARER DEUX POPULATIONS D ENTREPRISES L étude se concentre sur deux types d entreprises appartenant à des groupes multinationaux : d une part, les entreprises localisées en France et appartenant à une entreprise étrangère et d autre part, les entreprises françaises qui possèdent au moins une filiale à l étranger (1). Au niveau de la balance des paiements, les premières correspondent aux flux (stocks) d investissements directs entrants et les secondes aux flux (stocks) d investissements directs sortants. Deux échantillons d entreprises internationales Les deux échantillons d entreprises étudiés sont constitués à partir de l enquête sur les liaisons financières de l Insee. Cette enquête permet d identifier, pour la plupart des moyennes et grandes entreprises françaises, quel que soit leur secteur d activité (cf. annexe), la nature de l actionnariat et les participations détenues par l entreprise. Pour construire ces deux échantillons d entreprises internationales, seules sont retenues les entreprises pour lesquelles, la relation financière être possédée par une entreprise étrangère, ou posséder au moins une filiale à l étranger est supérieure à 50 %. En théorie, lorsque la participation dépasse 50 % du capital, l actionnaire contrôle la filiale et à ce titre, il est en droit d exercer un rôle actif dans sa gestion. Ce critère de participation retenu dépasse nettement le seuil des 10 % adopté pour les statistiques de l investissement direct de façon à éliminer les investissements qui s apparenteraient à des investissements de portefeuille, non destinés à orienter la gestion de l entreprise. Les deux échantillons d entreprises internationales constitués couvrent l ensemble des secteurs marchands, à l exception des holdings (leur activité est essentiellement financière) et du bâtiment (peu représenté). Construire des indicateurs Ces populations d entreprises ont ensuite été enrichies par des données comptables et économiques issues des déclarations fiscales (BIC) et des données sur la qualification de la main-d œuvre et les activités exercées dans l entreprise issues de l enquête sur la structure des emplois (ESE). La mobilisation de ces informations a permis la construction des indicateurs analysés dans l article. Les données utilisées couvrent l ensemble de la période , mais la présentation des résultats ne portent que sur les résultats en coupe pour ces deux années. Choisir une population de référence pertinente Le choix d un bon référentiel est important pour faire ressortir les spécificités d une population particulière. Aussi, pour la constitution des échantillons de référence nous avons retenu deux options. Dans un premier temps, nous avons comparé les entreprises internationales à l ensemble des entreprises de même profil de taille et de secteur. Toutefois, certaines études statistiques ont mis en évidence l influence de l appartenance à un groupe sur les performances des entreprises (Parent, 1995). Aussi, on peut penser qu en comparant les entreprises internationales à l ensemble des entreprises de même profil, les spécificités misesenévidence ne proviennent que de la seule appartenance de ces entreprises à un groupe et non de leur internationalisation. C est pourquoi, dans une seconde étape, la population de référence est réduite aux seules entreprises françaises appartenant à un groupe et de même profil de taille et de secteur. Dans les deux cas, la population de référence choisie inclut la population étudiée. Le choix qui a été fait de comparer une population spécifique à une population d entreprises de référence qui l inclut, traduit la volonté de construire une référence moyenne de l ensemble du tissu économique français et pas seulement des groupes purement nationaux (2). Le tableau suivant résume les choix fait en matière d échantillons (cf. tableau). Comparer deux populations distinctes d entreprises La démarche adoptée consiste à comparer deux populations distinctes d entreprises des entreprises Les populations étudiées et les populations de référence Populations étudiées Populations de référence + Référence 1 - large Référence 2 - restreinte Population 1 (P1) Entreprises françaises contrôlées par une entreprise localisée à l étranger Population 2 (P2) Entreprises françaises contrôlant au moins une filiale dans un pays étranger Ensemble des entreprises françaises soumises au régime fiscal des BIC, de même taille et de même secteur que P1 Ensemble des entreprises françaises soumises au régime fiscal des BIC, de même taille et de même secteur que P2 Entreprises françaises contrôlées par une entreprise localiséeenfranceou à l étranger de même taille et de même secteur que P1 Entreprises françaises contrôlant au moins une filiale localiséeenfrance ou à l étranger de même taille et de même secteur que P2 122 ÉCONOMIE ET STATISTIQUE N , /7

11 Encadré 2(suite) internationales et des entreprises qui ne le sont pas suivant plusieurs critères, tels que les performances économiques, le coût moyen du travail et la structure des emplois. La méthode proposée consiste d abord à construire une population de référence comparable, suivant certains critères, à la population que l on souhaite étudier, puis à mettre en œuvre des tests statistiques permettant de valider ou de réfuter la significativité des différences observées entre ces deux populations. Dans un premier temps, afin de corriger des effets dus à la taille des entreprises et à leur secteur d activité, les deux populations que l on souhaite comparer sont stratifiées suivant le croisement de critères de taille et d appartenance à un secteur d activité. Pour les années antérieures à 1992, la stratification est fondée sur la nomenclature NAP à 40 postes croisée avec quatre classes de taille (moins de 200 salariés, de 200 à 500 salariés, de 500 à salariés etplusde2000salariés). Pour les années postérieures à 1992, la nomenclature d activité utilisée est la NAF à 36 postes. À partir de cette stratification, un système de pondération a été construit tel que la population de référence contienne un nombre entier d entreprises (en raison du logiciel utilisé) etqu elle ait une structure équivalente, au sens de la stratification introduite, à celle de la population étudiée. La procédure utilisée se base sur un tirage, avec remise, à probabilités inégales, des entreprises qui feront partie de la population de référence. La taille de la population de référence a été fixée arbitrairement à entreprises ; elle a été fixée suffisamment grande pour que le tirage effectué soit bien représentatif de la population dans chaque strate. Il peut dépasser la taille de la population dans laquelle on effectue le tirage, étant donné que seule la structure de la référence nous intéresse. Formellement, soit (xi) le nombre d entreprises présentes dans la population étudiée, on tire, dans chaque strate de la population avec laquelle on souhaite réaliser une comparaison, un nombre d entreprises égal à la partie entière de : Xi Xi i (cf. schéma). Deux tests statistiques : le test de Kolmogorov- Smirnov et le test du signe Une fois la population de référence construite, et afin de pouvoir réaliser les comparaisons au regard des indicateurs retenus, nous avons réalisé deux tests statistiques : le test de Kolmogorov-Smirnov et le test du signe. Le test de Kolmogorov-Smirnov permet de tester si les distributions empiriques des variables observées sur chacun des deux échantillons (étudié et de référence) sont différentes ou similaires (3). Le test du signe permet de tester si la médiane de la population étudiée est significativement différente de celle de la population de référence. Dans les tableaux 3 et 4, les cases grisées correspondent à des variables pour lesquelles le test du signe et le test de Kolmogorov-Smirnov sont significatifs à 5 %. Le fait que les tests ne soient pas significatifs dans cette procédure ne signifie cependant pas qu il n y a pas de différence mais plutôt que la procédure de test ne permet pas de conclure sur le niveau respectif des variables. 1. Dans le texte, ces deux groupes d entreprises sont appelés, par commodité, entreprises internationales. 2. Comparer à une population d entreprises de groupes purement nationaux aurait conduit à définir un tel groupe : doit-on choisir les entreprises pour lesquelles il n y a pas de filiale à l étranger, celles dont les filiales à l étranger ne sont que faiblement contrôlées La mise en œuvre de ce test en SAS n autorise pas de recourir à une pondération, ce qui explique la procédure utilisée. Construction des populations d entreprises Secteur Secteur Taille Comparaison Tirage Taille Lecture : une fois identifiées les deux types d entreprises à comparer (population à étudier et population de comparaison), on construit la population de référence par tirage dans la population de comparaison de telle sorte qu elle respecte la structure du secteur et la taille de la population à étudier. ÉCONOMIE ET STATISTIQUE N /7 123

12 Tableau 6 Estimation de fonction de production pour les entreprises internationalisées* A - Les implantations étrangères en France (population 1) Échantillon de référence 1 (1) Échantillon de référence 2 (1) Estimation 1 Sans contrôle par la structure des qualifications Estimation 2 En contrôlant par la structure des qualifications Estimation 1 Sans contrôle par la structure des qualifications Estimation 2 En contrôlant par la structure des qualifications Log(A) 4,98 (0,04) 4,49 (0,04) 5,74 (0,0078) 4,77 (0,083) 0,72 (0,003) 0,81 (0,004) 0,65 (0,006) 0,81 (0,009) 0,19 (0,001) 0,16 (0,002) 0,19 (0,003) 0,15 (0,003) CA - 2,15 (0,04) - 2,47 (0,094) CP - 2,06 (0,04) - 2,26 (0,101) EA - 1,30 (0,02) - 1,40 (0,065) Entreprise de moins de 200 salariés - 0,36 (0,03) - 0,09 (0,03) - 0,55 (0,049) - 0,09 (0,047) Entreprise de de 200 à 500 salariés - 0,17 (0,03) - 0,06 (0,03) - 0,33 (0,045) - 0,07 (0,041) Entreprise de de 500 à salariés - 0,08 (0,03) - 0,04 (0,03) - 0,19 (0,045) - 0,07 (0,039) Appartenance à un groupe étranger 0,17 (0,02) 0,11 (0,02) 0,11 (0,025) 0,09 (0,023) R 2 ajusté 0,32 0,34 0,33 0,27 Nombre d entreprises Entre parenthèses, écart-typedelavariableestimée. B - Entreprises françaises implantées à l étranger (population 2) Échantillon de référence 1 (1) Échantillon de référence 2 (1) Estimation 1 Sans contrôle par la structure des qualifications Estimation 2 En contrôlant par la structure des qualifications Estimation 1 Sans contrôle par la structure des qualifications Estimation 2 En contrôlant par la structure des qualifications Log(A) 4,95 (0,040) 4,47 (0,044) 4,09 (0,18) 4,07 (0,218) 0,72 (0,002) 0,81 (0,004) 68,40 (0,013) 0,73 (0,022) 0,19 (0,001) 0,17 (0,002) 0,28 (0,009) 0,24 (0,01) CA - 2,15 (0,036) - 2,29 (0,269) CP - 2,06 (0,039) - 2,56 (0,360) EA - 1,29 (0,024) - 1,80 (0,260) Entreprise de moins de 200 salariés - 0,33 (0,031) - 0,07 (0,028) - 0,01 (0,085) - 0,00 (0,099) Entreprise de de 200 à 500 salariés - 0,14 (0,031) - 0,04 (0,027) 0,01 (0,072) - 0,01 (0,075) Entreprise de de 500 à salariés - 0,05 (0,032) - 0,02 (0,027) 0,03 (0,065) - 0,01 (0,062) Appartenance à un groupe étranger 0,12 (0,015) 0,06 (0,014) 0,10 (0,028) 0,035 (0,28) R 2 ajusté 0,32 0,34 0,31 0,29 Nombre d entreprises Entre parenthèses, écart-typedelavariableestimée. + * Pour les définitions précises des populations et références, se reporter à l l encadré 2 et à l annexe. Source : échantillons d entreprises construits à partir des données de LIFI,des données BIC et de l ESE,1995, Insee. 124 ÉCONOMIE ET STATISTIQUE N , /7

13 diaires et les ouvriers et employés) des entreprises internationales explique une partie des écarts de productivité apparente du travail (cf. tableaux 3 et 4). À l aide de l estimation de fonctions de production de type Cobb-Douglas (cf. encadrés 2 et 3), la productivité apparente des entreprises peut être expliquée à partir de l intensité capitalistique, de l emploi et de la structure des qualifications, en tenant compte de la taille de l entreprise et de son secteur d activité (cf. tableau 6). Il ressort de ces estimations que les entreprises internationales (que ce soient les entreprises françaises contrôlées par une société étrangère ou les entreprises françaises contrôlant au moins une filiale à l étranger) ont une productivité apparente du travail plus élevée que les autres entreprises, toutes choses égales par ailleurs, et ce même lorsque l on tient compte de la structure des qualifications. Même en ne retenant que les seules entreprises appartenant à un groupe, ces estimations continuent à mettre en évidence un effet propre de l internationalisation sur la productivité apparente du travail. L internationalisation de l entreprise a également un effet propre sur le coût moyen du travail. Les différences observées s expliquent bien sûr par la structure des qualifications, et notamment la part plus élevée des personnels qualifiés, mais un effet résiduel, dû à l internationalisation de l entreprise, subsiste (cf. tableau 7). La valeur des équipements productifs utilisés rapportés à la taille de l entreprise est aussi nettement plus importante pour les entreprises internationales que pour les autres entreprises. Ceci peut signifier soit que le nombre des Encadré 3 ESTIMATION D UNE FONCTION DE PRODUCTION POUR ANALYSER LA PRODUCTIVITÉ DU TRAVAIL L estimation d une fonction de production permet d évaluer l impact de la structure de qualification de l entreprise sur la productivité apparente du travail. La spécification retenue est fondée sur une fonction de type Cobb-Douglas qui prend en compte la qualification des emplois dans l entreprise. La main-d œuvre de l entreprise est répartie suivant quatre catégories répondant au croisement de deux critères : la position hiérarchique et l activité. Lepremiercritère tient compte de la fonction du personnel au sein de l entreprise : fonction de conception ou d encadrement (ingénieurs, cadres, professions intellectuelles supérieures et techniciens), notée C,oud exécution (employés ou ouvriers), notée E. Il donne une idée, même si elle reste grossière, du niveau de qualification de la main-d œuvre. Le second critère distingue le type d activité des personnels : activités liées à la production de biens et services, notés P, ou activités detype administratif et commercial, notés A. Ce critère permet de distinguer les activités qui relèvent de la production de celles qui relèvent de l administration, de la gestion et du commercial. Le croisement de ces deux critères permet d établir une classification des emplois en quatre catégories CA, CP, EA et EP où CA désigne les personnels d encadrement associés aux activités administratives et commerciales, CP les personnels d encadrement associés à la production, EA, les personnels d exécution associés aux activités administratives et commerciales, EP, les personnels d exécution associés à la production. La fonction de production de l entreprise s écrit : Y A. L K 1 où K représente le capital de l entreprise, L le facteur travail utilisé par l entreprise, la productivité marginale du travail et celle du capital. De façon habituelle, l output Y est mesuré par la valeur ajoutée et le capital K par les immobilisations de l entreprise. La mesure du facteur travail, L, tient compte de la structure de la qualification observée dans l entreprise à partir de la classification des emplois proposée (Crépon et Mairesse, 1993). Le facteur travail peut alors s écrire sous la forme d une somme pondérée des différentes catégories d emplois. L CA CA CP CP EA EA EP (2) où CA, CP, EA sont des paramètres à estimer qui rendent compte de la substituabilité des salariés de chacune des catégories d emplois par rapport à la catégorie EP (les personnels d exécution associés à la production) choisie comme catégorie de référence. On note L la mesure de l effectif total de l entreprise : L CA CP EA EP (3) Le modèle estimé prend alors la forme suivante : Va Log L K Log A. Log CA. Log CA L CP L CP L EA 1. Log L EA EP L L (4) Les estimations tiennent compte de variables indicatrices sectorielles (au niveau 36 de la nomenclature NAF) et de taille (moins de 200 salariés, de 200 à 500 salariés, et de 500 à salariés). Enfin, une indicatrice permet de distinguer les entreprises qui appartiennent à un groupe multinational. ÉCONOMIE ET STATISTIQUE N /7 125

14 équipements est plus important, soit que leur qualité ou leur degré de sophistication est plus élevé. Les personnels de ces entreprises sont donc amenés à maîtriser des équipements plus nombreux ou plus complexes. Le recours à une main-d œuvre qualifiée, composée essentiellement de personnels de conception et d encadrement, peut être interprété comme un moyen d assurer le bon fonctionnement et la maîtrise de ce parc d équipements. La forte productivité de la main-d œuvre serait alors un indicateur de l adoption par l entreprise d une organisation du travail qui privilégierait la complémentarité entre travail qualifié et capital dans le processus de production. Des entreprises plus dynamiques à l exportation Comme de nombreuses études l ont déjà mentionné (Sessi,1998 ; Topiol-Bensaïd, 1996), les entreprises internationales sont très dynamiques à l exportation. La part des exportations dans leur chiffre d affaires est le plus souvent très supérieure à la moyenne nationale. Les résultats présentés ici confirment largement, et ce aussi bien pour les implantations étrangères en France que pour les entreprises françaises implantées à l étranger, ces performances commerciales. Globalement, les premières réalisent un tiers de leur chiffre d affaires à l exportation, soit 237 milliards de francs en 1995, et les secondes près d un quart de leurs ventes à l étranger, soit 773 milliards de francs. C est dans l industrie mais également dans le commerce que les écarts de taux d exportation (part du chiffre d affaires réalisé à l étranger) sont les plus marqués. Dans l industrie, plus d une entreprise internationale sur deux réalise plus du tiers de son chiffre d affaires à l exportation, soit le double de ce que les autres entreprises françaises réalisent (cf. tableau 3-A et 4-A). Dans le commerce, les différences sont encore plus nettes, même si, par la nature même de leurs activités, les taux d exportation de ces entreprises sont plus faibles que dans l industrie. Par rapport aux autres entreprises faisant partie d un groupe, les écarts se réduisent mais restent toujours significatifs. Ici, il n est pas possible de déterminer la destination des exportations de ces entreprises ; toutefois, la plupart des études sur le sujet montre qu une part importante des ventes à l étranger des entreprises internationales sont liées à des échanges internes au groupe. Ainsi dans l industrie, 58 % des exportations sont réalisées avec des entreprises tiers, 32 % sont destinées à la revente en l état par une filiale du groupe, et seulement 10 % intègrent un processus industriel plus long (Mathieu et Quelennec, 1998). Tableau 7 Estimations d équations de salaires (1995) Implantations étrangères en France (population 1) (1) Entreprises investissant à l étranger (population 2) (1) Référence 1 Référence 2 Référence 1 Référence 2 CA 261,5 (7,67) 284,2 (4,57) 247,9 (7,79) 311,7 (8,71) CP 219,1 (7,69) 232,2 (4,76) 206,3 (7,79) 218,5 (9,63) EA 124,7 (7,65) 124,6 (4,73) 112,2 (7,74) 109,2 (9,58) EP 107,4 (7,23) 104,3 (3,91) 95,3 (7,3) 100,5 (6,79) Entreprises de moins de 200 salariés - 6,31 (5,32) - 0,68 (3,38) 5,71 (5,44) 24,9 (4,96) Entreprises de 200 à 500 salariés - 6,16 (5,49) - 4,58 (3,49) 4,11 (5,57) 0,07 (5,07) Entreprises de 500 à salariés - 7,72 (5,82) - 7,51 (3,63) - 0,60 (5,83) - 4,66 (4,99) Appartenance à un groupe multinational 31,77 (3,82) 27,66 (2,17) 35,57 (2,98) 19,5 (2,61) R 2 ajusté 0,14 0,43 0,14 0,42 Nombre d entreprises Entre parenthèses, écart-typedelavariableestimée. * Pour les définitions précises des populations et références, se reporter à l encadré 2 et à l annexe. Source : échantillons d entreprises construits à partir des données de LIFI, des données BIC et de l ESE, 1995, Insee. 126 ÉCONOMIE ET STATISTIQUE N , /7

15 Des taux de marge également meilleurs Plus productives, plus qualifiées et plus dynamiques sur les marchés étrangers, les entreprises internationales dégagent également des marges supérieures. Dans l industrie, les taux de marge médians des entreprises contrôlées par un groupe étranger sont respectivement de l ordre de 27 % contre 21 % pour l ensemble des entreprises et de 23 % pour les entreprises appartenant à un groupe. Les entreprises françaises contrôlant au moins une filiale à l étranger ont des taux de marge un peu inférieurs, de l ordre de 25 %. L excédent brut d exploitation de ces entreprises rapporté à la valeur ajoutée est plus élevé que celui de l ensemble des entreprises, mais il est assez comparable à celui des entreprises contrôlant une filiale. Dans le commerce et les services, les entreprises internationales ont également des marges supérieures. Ces performances économiques ne sont pas pour autant associées à des performances financières : les entreprises internationales apparaissent en effet plus endettées que leurs homologues, toutefois cela pourrait seulement traduire un accès plus facile au crédit. De plus, l existence de relations économiques et financières avec des pays étrangers entraîne des risques supplémentaires pour les entreprises internationales (risques de change, risques politiques et économiques). Ces risques conduisent alors ces entreprises à réaliser des provisions nettement plus importantes. BIBLIOGRAPHIE Commissariat Général du Plan (1999), Qualification et fonction : une lecture transversale des contrats d études perspectives industrielles, La Documentation française. Crépon B. et Mairesse J. (1993), «Recherche et développement, qualification et productivité des entreprises», in Innovation etcompétitivité, coll. «Insee Méthodes», n 37-38, pp , Économica. FMI (1997), Balance of Payments Statistics Yearbook, Part 2 and Part 3. Markusen J.R.(1995), «The Bounderies of Multinational Firms and the Theory of International Trade», Journal of Economic Perspectives, vol. 9, n 2, pp Markusen J.R. (1998), «Multinational Firms, Location and Trade», in The World Economy, Blackwell Publishers. Mathieu E. et Quelennec M. (1998), «Production à l étranger et exportation», in Industrie française et mondialisation, Chiffres Clés, Sessi, pp OCDE (1995), Investissement direct étranger, échanges et emplois, Paris. OCDE (1998), International Direct Investment, Statistics Yearbook. Parent M.-C. (1995), «Stratégie d implantation régionale, nationale ou internationale : quelle influence sur le développement des entreprises françaises», Économie et Statistique, n 290, pp Sessi (1998), Industrie française et mondialisation, Chiffres Clés. Topiol-Bensaid A. (1996), «Les implantations japonaises en France, des entreprises commerciales et exportatrices», Insee Première, n 478. ÉCONOMIE ET STATISTIQUE N /7 127

16 ANNEXE DESCRIPTIF DES DIFFÉRENTES POPULATIONS Données de cadrage sur les différentes populations construites 1995 Population 1 : les entreprises contrôlées par un groupe étranger LIFI dénombre 877 entreprises françaises contrôlées au moins à 50 % par une entreprise localisée à l étranger. 46 % d entre elles (soit 406 entreprises) ont une activité industrielle, 4 % (soit 33 entreprises) opèrent dans le secteur du bâtiment et des travaux publics, 29 % (soit 252 entreprises) sont des filiales commerciales de groupe multinationaux et 21 % d entre elles (186 entreprises) sont des sociétés de services. Dans 68 % des cas, il s agit d entreprises de moins de 200 salariés ;15%d entre elles ont une taille comprise entre 200 et 500 salariés et seulement 14 % d entre elles ont un effectif compris entre 500 et Ces entreprises réalisent un chiffre d affaires de 859 milliards de francs dont 28 % à l exportation (237 milliards), dégagent une valeur ajoutée de 240 milliards de francs. Elles emploient personnes. Population 2 : les entreprises françaises contrôlant au moins une filiale à l étranger entreprises françaises contrôlant une filiale à l étranger sont identifiées à partir de LIFI. 49 % (soit 712 entreprises) ont une activité industrielle, 7 % (soit 107 entreprises) opèrent dans le bâtiment, 15 % (225 entreprises) sont des sociétés commerciales et 27 % d entre elles (394 entreprises) ont une activité de services. Il s agit là encore principalement de petites entreprises bien que la part des moyennes et grandes unités soit plus importante dans cette population que dans celle des filiales françaises d entreprises étrangères : 50 % d entre elles ont moins de 200 salariés, 18 % emploient de 200 à 500 salariés et 23 % de 500 à salariés. Dans leur ensemble, elles contrôlent filiales à l étranger, soit une moyenne 4,1 filiales par firme. Ces entreprises ont réalisé en 1995 un chiffre d affaires de milliards de francs dont 24 % à l exportation (773 milliards), dégagent une valeur ajoutée de milliards et emploient 1,6 millions de salariés. dans l industrie, 16 % dans le bâtiment, 27 % dans le commerce et à 26 % dans les services. Il s agit à 95 % d entreprises de moins de 200 salariés. Population de référence 2 : prise en compte de la taille, du secteur et de l appartenance à un groupe Pour la population 1 Les entreprises filiales d un groupe français ou étranger sont au nombre de ,5 % d entre elles (6 600 entreprises) font partie de l industrie manufacturière, 12 % du bâtiment (2 210 entreprises), 23 % du commerce (4 235 entreprises) et 28 % des services (5 117 entreprises). En moyenne, ces unités sont plus petites que l ensemble des entreprises françaises contrôlées par un groupe étranger (89 % d entre elles emploient moins de 200 salariés). Pour la population 2 Les entreprises qui contrôlent une filiale (en France ou à l étranger) sont au nombre de Un tiers d entre elles (1 707 entreprises) ont une activité industrielle, 11 % (soit 554 entreprises) appartiennent au secteur du bâtiment, 21 % (soit 1 070) sont des entreprises commerciales et 35 % (1 780 entreprises) ont une activité de services. En général, elles sont un peu plus petites que les entreprises françaises internationalisées (76 % d entre elles emploient moins de 200 salariés) Population 1 : les entreprises contrôlées par un groupe étranger Les entreprises contrôlées à plus de 50 % par un groupe étrangers en France étaient au nombre de 448. Elles étaient nettement plus grandes qu en 1995 (35 % seulement de moins de 200 salariés). Population de référence 1 : prise en compte de la taille et du secteur Pour la population 1 et la population 2 Les entreprises qui déclarent aux BIC sont au nombre de Elles exercent leur activité à31 % Population 2 : les entreprises françaises contrôlant au moins une filiale à l étranger Il y avait 778 entreprises françaises qui contrôlaient au moins une filiale à l étranger. Elles étaient nettement plus grandes qu en 1995 (41 % de moins de 200 salariés). 128 ÉCONOMIE ET STATISTIQUE N , /7

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