11 Lutter contre le chômage 11 programme 1 Fédérer les acteurs pour un nouveau contrat avec les demandeurs d emploi

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2 TABLE DES MATIERES 2 INTRODUCTION 8 PREMIER PILIER L EMPLOI 11 Lutter contre le chômage 11 programme 1 Fédérer les acteurs pour un nouveau contrat avec les demandeurs d emploi 13 Vers le plein emploi des jeunes 13 programme 2 Accompagner jeunes en difficulté vers l emploi durable 15 programme apprentis, étudiants des métiers 17 programme 4 Favoriser la mixité sociale dans la fonction publique par le développement de l alternance 18 Donner leur chance à tous les talents 18 programme 5 De l assistance à l emploi, une chance pour le pays tout entier 20 programme 6 Développer l économie solidaire 21 programme 7 Favoriser le retour à l emploi des chômeurs de longue durée 22 Libérer la création économique 22 programme 8 Etablir un nouveau pacte pour l emploi 24 programme 9 Accélérer le développement des services 25 programme 10 Encourager la création de leur propre emploi par les chômeurs et les personnes en situation précaire 26 Favoriser l égalité professionnelle entre les femmes et les hommes 26 programme 11 Favoriser l égalité professionnelle entre les femmes et les hommes 27 DEUXIEME PILIER LE LOGEMENT 28 programme 12 Résoudre la crise du logement par le rattrapage des retards en matière de logement locatif social 30 programme 13 Résoudre la crise du logement par la mobilisation du parc privé 32 programme 14 Résoudre la crise du logement par le renforcement de l accueil et de l hébergement d urgence 33 TROISIEME PILIER L ÉGALITÉ DES CHANCES 34 L égalité des chances entre les enfants et entre les adolescents 34 programme 15 Accompagner les enfants en fragilité 35 programme 16 Accompagner les collégiens en difficulté et rénover l éducation prioritaire 37 L égalité des chances entre les territoires 37 programme 17 Promouvoir l égalité des chances entre les territoires 39 L égalité des chances entre les personnes de toutes origines 39 programme 18 Restaurer le lien social 41 programme 19 Rénover l accueil et l intégration des populations immigrées 42 programme 20 Lutter contre les discriminations 43 ANNEXE 44 Coûts budgétaires du plan de cohésion sociale PLAN DE COHESION SOCIALE

3 La force d une nation est dans sa ressource humaine. Un pays n est puissant que par les hommes et les femmes qui le composent, par l envie qu ils ont de vivre et de construire ensemble, par le rayonnement de leur confiance dans l avenir et par la cohésion sociale qui les unit. La prospérité économique est indissociable de la prospérité sociale. PLAN DE COHESION SOCIALE 2

4 La France est l un des pays d Europe qui consacre le plus gros effort financier à la protection sociale. Chaque année, elle y affecte 30 % de sa richesse nationale, soit environ 450 milliards d euros, effort qui a plus que doublé au cours des vingt dernières années. Seule la Suède enregistre un pourcentage plus élevé (31,2 %). Et pourtant, nos résultats sont inquiétants. En effet, en quinze ans : le nombre d allocataires du RMI est passé de à ; le nombre de familles surendettées supplémentaires est passé de par an à par an et atteint aujourd hui au total ; le chômage des jeunes de 16 à 24 ans dans les quartiers en zones urbaines sensibles est passé de 28 % à 50 % ; chaque année plus de enfants entrent en 6 ème sans maîtriser les savoirs fondamentaux (lire, écrire, compter) ; les grandes écoles sont trois fois moins accessibles aux élèves de milieux modestes qu au cours des années cinquante ; les actes racistes enregistrés sont passés de 189 à 817 chaque année ; le nombre de logements indécents a doublé ; la liste d attente pour l accès au logement social a été multipliée par quatre. La cohésion sociale est en danger Cette situation n est pas acceptable dans une société démocratique et avancée. La crainte d une décomposition sociale et d une régression économique est très forte chez nos concitoyens. Devancé en 2001 et 2002 par le sentiment d insécurité, le chômage et les inégalités sociales sont désormais largement en tête des préoccupations des Français, toutes catégories sociales confondues. La France doit faire face à un chômage structurel et à l exclusion qui l accompagne, aux jeunes sans espoir et aux enfants défavorisés, aux logements insalubres, aux quartiers sans avenir, à une perte de sens de l action collective et de la République, à l intolérance et parfois au racisme. Cette nouvelle réalité paraît inéluctable, elle désespère ceux qui y sont enfermés, elle décourage les autres. Elle n est pas uniquement le fruit des difficultés actuelles de la conjoncture économique ; la situation a d ailleurs continué à se dégrader pendant les périodes de croissance soutenue. Nous devons répondre clairement, ouvertement à ceux qui se découragent : la République retrouvera l égalité des chances ; elle ne transigera pas avec son ambition, elle ne jouera pas avec son avenir. PLAN DE COHESION SOCIALE 3

5 La France rationne le travail La France est terre de paradoxes : elle vit une crise de l embauche (postes non pourvus dans le privé et dans le public, métiers sous tension, secteurs pénuriques, existence de gisements d emplois inexploités) ; elle n est pas préparée à un choc démographique de grande ampleur, qui va engendrer, du fait des départs en retraite à venir, une pénurie de salariés d environ un million d ici à 2020 ; elle ne donne pas ses chances au marché des services aux particuliers, atone et bloqué en dépit de ses potentialités ; elle compte quatre millions de personnes sans emploi et, pourtant, certains estiment qu une immigration massive lui sera nécessaire dans certains secteurs d activité. Quatre erreurs majeures ont été commises : avoir oublié que l emploi était le fruit de la rencontre d une offre et d une demande et que l une et l autre devaient s organiser et se prévoir ; la France n a que très peu investi dans ce domaine, alors que cet investissement est l un des plus rentables de tous ; avoir considéré l emploi comme un stock donné à partager, plutôt que comme le fruit sans cesse recomposé de l activité et de l inventivité humaines ; avoir organisé le contingentement de la population active et la protection systématique de l emploi existant plutôt que son augmentation et sa rotation ; avoir fait du traitement social du chômage la réponse ultime au manque de travail, alors qu il ne peut s agir que d un moyen de retour progressif vers l emploi des personnes qui en sont le plus éloignées. Il faut rompre avec tous les malthusianismes : la France a besoin de libérer l activité économique, car c est elle qui crée l emploi. Une première rupture est d ores et déjà intervenue Depuis deux ans, dans un contexte économique très difficile, une nouvelle politique de l emploi a été engagée par le Gouvernement : la création d entreprises a été facilitée, car pour avoir de l emploi il faut des entreprises ; le travail a été valorisé, avec une hausse massive du pouvoir d achat du SMIC horaire, une augmentation de la prime pour l emploi et une réforme des retraites destinée à valoriser l expérience et le travail des seniors ; les 35 heures ont été assouplies pour permettre à ceux qui le souhaitent de travailler plus pour gagner plus ; de nouvelles passerelles vers l emploi en entreprises ont été créées, avec les baisses de charges, le contrat jeunes en entreprises, le CIVIS ; avec la mise en place d un droit individuel à la formation, les partenaires sociaux ont jeté les bases d une véritable assurance emploi. PLAN DE COHESION SOCIALE 4

6 Parallèlement, le Gouvernement a œuvré pour la cohésion sociale en engageant une action décisive pour la sécurité, en relançant le dispositif des zones franches urbaines, en accélérant le traitement du surendettement pour permettre aux débiteurs de bonne foi, victimes d un accident de la vie, de connaître un nouveau départ. Aujourd hui cette action commence à porter des fruits. Avec le retour de la croissance, le bénéfice des actions engagées sera plus visible : notre économie va recommencer à créer des emplois et le chômage aura reflué d ici la fin de l année. Dans le même temps il serait illusoire de croire que la croissance réglera tous les problèmes. L embellie de la fin des années quatre-vingt-dix a davantage profité à la dépense publique qu aux Français. La croissance va elle-même nous poser de nouveaux défis, en accentuant les difficultés de recrutement de certains secteurs. Nous devons tirer les leçons du passé. C est pourquoi le Gouvernement engage aujourd hui une deuxième étape de son action, afin que la croissance qui revient soit mieux partagée, et profite à tous les Français. Il n y aura pas de croissance durable sans cohésion sociale. Les ambitions du plan de cohésion sociale Le retour à l activité est une priorité absolue. C est le meilleur rempart contre l implosion sociale et la clé de la dignité individuelle. Le plan de cohésion sociale se présente donc d abord comme un dispositif systématique de sortie d une logique d assistance : tous doivent pouvoir, sous des formes adaptées, retrouver le chemin de l activité, aussi modeste soit-elle. Les jeunes, avenir du pays, doivent être les premiers bénéficiaires de cet effort national. Aucun d entre eux ne doit être laissé pour compte. C est possible : les métiers de demain sont connus et nous pourrons donner aux jeunes les moyens de les connaître et de les exercer. Dès 2007, les départs à la retraite des baby-boomers vont nous confronter à une transition démographique inédite. Un million d emplois nouveaux vont être offerts au cours des dix ans qui viennent. Mobilisés avec efficacité, ceux qui sont aujourd hui chômeurs ou exclus seront en mesure de pourvoir ces emplois, peu qualifiés, qualifiés ou très qualifiés. Le chômage massif est devenu une donnée permanente, avec plus de 4 millions de personnes indemnisées ou allocataires de minima sociaux, et toutes les conséquences négatives qui en résultent pour la compétitivité de notre pays. Nous devons le maîtriser dans le cadre d une perspective d avenir : l allocation chômage est une indemnité, il faut en faire un investissement, un instrument de retour à l activité. La période de chômage était un moment d effritement, il faut en faire une étape de reconstruction, au cours de laquelle le rôle éminent de la puissance publique est d accompagner chacun de ceux qui en ont besoin, au nom de l efficacité, mais aussi de la fraternité. PLAN DE COHESION SOCIALE 5

7 Avec emplois détruits et emplois créés chaque jour ouvrable, le chômage frictionnel est inévitable. Ce qui n est pas acceptable, c est le chômage de longue durée, le chômage d exclusion, le chômage durable des jeunes à la recherche de leur premier emploi. Des gisements considérables d emplois restent inexploités. Si la France avait le même taux d emploi que les Etats-Unis dans les services aux particuliers, elle disposerait d environ 3 millions d emplois supplémentaires. La politique de l emploi de demain doit s attacher à lever les verrous qui empêchent le renouvellement et l accroissement de l offre d emploi ; pour cela, un équilibre plus dynamique entre la sécurisation des parcours des travailleurs et l efficacité économique doit prévaloir. Plus de fluidité, plus de stabilité et d accessibilité du droit du travail, plus d efforts en faveur de la création d entreprise sont nécessaires. Il faut libérer la création économique. Il faut, par ailleurs, rétablir l égalité effective des chances en attaquant à sa source l inégalité : dans le logement, à l école, dans les territoires aux charges socio-urbaines écrasantes et aux ressources insuffisantes. Nous le voyons aujourd hui, les inégalités initiales se cumulent et s aggravent, elles figent et sclérosent notre société. Avec un ascenseur social bloqué, le pays n est servi que par certains de ses talents et laisse les autres en marge de la société. Trop cloisonnée, notre société doit évoluer pour ne pas se calcifier. Il faut tout d abord investir dans le logement, qui connaît aujourd hui une véritable crise. Les causes sont connues : retards accumulés dans le logement locatif social, dysfonctionnements du marché locatif privé et nous devons les traiter. La République doit également se donner les moyens de relancer la mobilité, la libre circulation des talents. Une nouvelle impulsion doit être donnée dans les zones d éducation prioritaire, les élèves en fragilité doivent être repérés et suivis aux premiers signes de décrochage, dès la maternelle. Les méthodes du plan de cohésion sociale Les défis à relever sont nombreux, ils sont à la hauteur des risques d aujourd hui. Nous aurions tort de penser qu il peut suffire d adapter de vieilles recettes, seraient-elles plus énergiques, pour obtenir les résultats escomptés. Le plan de cohésion sociale adopte une démarche inédite consistant à traiter ensemble les grands problèmes qui mettent en péril la cohésion de notre pays (chômage persistant de longue durée, chômage des jeunes, accroissement du nombre d exclus, crise du logement, délitement des quartiers défavorisés, discrimination, crise du système éducatif à certains endroits, etc.). Trop longtemps, une approche cloisonnée et morcelée de questions qui en fait se nourrissent les unes des autres a prévalu. Le but de ce plan est d agir simultanément sur tous les leviers qui contribueront à briser cet engrenage et à établir le cercle vertueux de la réussite et de la cohésion. C est pourquoi les programmes du plan s articulent autour de trois piliers fondamentaux : l emploi et l activité, l accès au logement et l égalité des chances. PLAN DE COHESION SOCIALE 6

8 C est un plan d action, précis et ciblé, car il y a urgence ; construit sur une période de cinq ans, il ouvre par ailleurs des perspectives à plus longue échéance. Il sera soutenu par une loi de programmation, gage du respect des engagements de l Etat. Le plan ne réussira qu avec l engagement de tous les partenaires concernés, dans le respect des compétences de chacun. La réussite de la cohésion sociale sera celle de tous les acteurs collectivités territoriales, entreprises, associations, services déconcentrés de l Etat qui œuvrent sur le terrain. La mise au point opérationnelle des programmes se fera avec les acteurs ; au-delà de l engagement de l Etat, les mesures doivent être souples, adaptées aux spécificités locales et s inscrire dans le cadre des partenariats déjà existants. Le contrat et le co-pilotage seront privilégiés à chaque fois que la loi ne sera pas nécessaire. Le plan mobilise sur le seul budget de l Etat plus d un milliard d euros de moyens supplémentaires dès 2005, dans un contexte financier particulièrement difficile. Cet effort, qui dépassera 3 milliards d euros en 2007 pour décroître ensuite, est un investissement pour notre avenir. Ce plan est enfin une façon de réaffirmer nos valeurs communes, c est l expression d un projet de société. Nous voulons mobiliser toutes les ressources de la nation. Il n y a pas deux France : celle qui travaille et l autre, celle des assistés. Il faut sortir de cette vision manichéenne qui entretient, voire légitime, une société à deux vitesses. Puisqu il n est de richesses que d hommes, anticipons les besoins de ressources humaines, adaptons-les, soutenons les curiosités, préférons l activité à l assistance. Réaffirmons nos convictions, la France ne doit pas être la juxtaposition d individus égoïstes et rivaux mais la réunion d hommes et de femmes animés par une même fierté d appartenir à la République. L avenir de notre pays, son dynamisme économique durable dépendent de notre capacité à fédérer tous ses talents. Inexorablement, depuis quinze ans, le fossé continue de se creuser entre ceux dont les enfants ont un avenir et ceux dont la descendance en est privée. D innombrables talents sont ainsi gaspillés, recevant la rage en lieu et place de diplôme. La réussite de ce plan de cohésion sociale est la condition d un véritable dynamisme économique de ce pays et d un retour à ses valeurs fondatrices. Ce sera difficile, mais c est possible. PLAN DE COHESION SOCIALE 7

9 l emploi Lutter contre le chômage PREMIER PILIER 1 programme 1 Fédérer les acteurs pour un nouveau contrat avec les demandeurs d emploi Vers le plein emploi des jeunes programme 2 programme 3 programme 4 Accompagner jeunes en difficulté vers l emploi durable apprentis, étudiants des métiers Favoriser la mixité sociale dans la fonction publique par le développement de l alternance Donner leur chance à tous les talents programme 5 programme 6 programme 7 De l assistance à l emploi, une chance pour le pays tout entier Développer l économie solidaire Favoriser le retour à l emploi des chômeurs de longue durée Libérer la création économique programme 8 programme 9 programme 10 Etablir un nouveau pacte pour l emploi Accélérer le développement des services Encourager la création de leur propre emploi par les chômeurs et les personnes en situation précaire Favoriser l égalité professionnelle entre les femmes et les hommes programme 11 Favoriser l égalité professionnelle entre les femmes et les hommes L emploi PLAN DE COHESION SOCIALE 8

10 L emploi Le marché du travail connaît, dans notre pays, d importants dysfonctionnements engendrant une durée anormalement élevée du chômage, alors que le nombre d emplois non pourvus s accroît et dépasse La création économique y est bridée, notamment dans le secteur des services aux particuliers. Le contexte démographique va, de plus, radicalement se modifier, nous exposant au risque de voir cohabiter dans un même pays une pénurie de salariés, supérieure à un million, et un nombre particulièrement élevé de personnes éloignées de l emploi. Contrairement à l adage contre le chômage, on a tout essayé et on a tous échoué, plusieurs pays sont parvenus à faire substantiellement décroître le chômage structurel, le chômage des jeunes et le chômage dans son ensemble, en alliant la fluidité économique nécessaire aux entreprises à un filet social de haut niveau pour les individus. C est le cas des pays nordiques, mais aussi de l Irlande ou des Pays-Bas. Dans ces pays, afin de faciliter la réactivité des entreprises et de vaincre leur aversion à l embauche, les contraintes ont été allégées, les statuts et la gamme des horaires de travail diversifiés. En contrepartie, les dépenses de la politique de l emploi sont élevées ; les chômeurs bénéficient d une indemnisation très protectrice et ceux qui peinent à se réinsérer sont rapidement soutenus. La flex-sécurité danoise constitue une source d inspiration privilégiée pour mettre en place des solutions novatrices, reposant sur un compromis entre une politique du marché du travail fluide et la sécurité économique des individus. Les chiffres témoignent de la réussite de ce modèle. Ces exemples montrent qu il y a d autres moyens de faire face aux mutations de l emploi qu un désarmement généralisé en matière de protection sociale. Le plan de cohésion sociale renouvelle notre conception de la politique de l emploi. Il fonde un équilibre plus propice à la baisse du chômage de longue durée et à la création d emploi : une prise en charge collective plus efficace des chômeurs, un marché du travail plus fluide. Le plan propose d investir en faveur de la sécurisation des parcours, afin de faire du chômage une période active de préparation d un nouvel avenir et non un temps indéterminé conduisant trop souvent à l assistance. Par l institution des maisons de l emploi, fédérant tous les acteurs d un bassin d emploi, il remédie aux carences et pourvoit aux besoins de notre service public de l emploi : trop grande déconnexion entre l analyse de l évolution des métiers et des besoins en ressources humaines, d une part, l offre de formation et l orientation des jeunes et des chômeurs, d autre part ; accompagnement insuffisamment personnalisé des demandeurs d emploi, dialogue trop limité avec les entreprises. L emploi PLAN DE COHESION SOCIALE 9

11 L emploi Dans le même temps, un agenda est proposé aux partenaires du dialogue social, engagés à rechercher les moyens de renforcer la stabilité et l accessibilité du droit du travail, de rénover nos mécanismes de protection de l emploi, de moderniser le contrat de travail, de rendre plus payant le travail à temps partiel, d améliorer le taux d activité des jeunes et celui des travailleurs les plus âgés. Les jeunes, notamment lorsqu ils sont dépourvus de toute qualification, subissent plus que les autres les défauts de notre politique ; nous nous singularisons ainsi par l importance de leurs difficultés d accès à l activité, à la formation et à l emploi. Le plan mobilise en leur faveur d importants moyens d accompagnement, leur garantissant la définition d un parcours complet d accès à l emploi. Il organise par ailleurs une relance d ampleur de l apprentissage. Pour les allocataires du RMI et de l ASS, la marche est parfois trop élevée pour renouer avec l activité ; le plan met donc en œuvre une possibilité efficace de retour progressif à l emploi. Pour libérer la création économique, il favorise l essor du marché des services en en facilitant l accès. Il s attache à lever les verrous posés à la création d entreprises par les demandeurs d emploi et les personnes en situation précaire. Il pose ainsi les jalons d une politique favorisant le renouvellement et l accroissement de l offre d emplois de tous niveaux de qualification, particulièrement dans les petites entreprises. Il encourage, enfin, l activité professionnelle des femmes, dont l augmentation est une nécessité économique et sociale. Cet effort collectif est indispensable pour construire la compétitivité de demain, fonder notre pacte social sur une participation de tous à la communauté, éviter ainsi les crispations et les replis. Il permet de rechercher un équilibre plus dynamique entre protection des salariés et fluidité du marché du travail. L emploi PLAN DE COHESION SOCIALE 10

12 Lutter contre le chômage programme 1 Fédérer les acteurs pour un nouveau contrat avec les demandeurs d emploi Le dispositif français d intervention en faveur des chômeurs est le plus éclaté d Europe. Ce nombre important d acteurs ne garantit pas que soit rendu le bon service, au bon moment et à la bonne personne. Pour optimiser le service rendu aux demandeurs d emploi et aux entreprises, il faut traiter ses défauts : Premier défaut : les prévisions de besoins en ressources humaines au niveau des bassins d emploi sont insuffisantes ; de ce fait, l action manque de données objectives, reconnues et partagées sur lesquelles s appuyer. Deuxième défaut : cette insuffisance des prévisions induit un décalage dans l adaptation de l offre de formation. Troisième défaut : il n existe pas de poste d orientation unique de la politique de l emploi dans le bassin d emploi, ce qui nuit à son pilotage. Quatrième défaut : l éparpillement des acteurs rend leur action peu lisible, tant pour les demandeurs d emploi que pour les entreprises. Cinquième défaut : le suivi individualisé des demandeurs d emploi est encore insuffisant, au regard des autres pratiques européennes. La création des maisons de l emploi vise à remédier à ces différentes carences. La maison de l emploi est à la fois : une instance chargée de recenser les ressources humaines et de prévoir les besoins locaux en emplois. C est là que s articulent anticipation des besoins et déclenchement des formations ; un lieu dédié au traitement particulier des chômeurs en difficulté, après orientation par les grands réseaux, notamment celui de l ANPE ; un lieu regroupant tous les services susceptibles d être offerts en matière d aide à la création de leur propre emploi par les chômeurs ; l association de tous les partenaires de la politique de l emploi et de la formation, fédérés au sein d une structure juridique (groupement d intérêt public). Chacun des acteurs de la politique de l emploi sera représenté dans la maison de l emploi ; elle sera accueillante et conviviale, au service des demandeurs d emploi. Placée sous l autorité d un manager expérimenté, elle fera appel à une équipe pluridisciplinaire d une cinquantaine de personnes, composée pour partie d agents mis à disposition par les partenaires du GIP, pour partie d agents recrutés en propre et venant du monde de l entreprise. Elle travaillera en étroite collaboration avec l ANPE et l AFPA et mettra à leur disposition, ainsi qu à celle de tous les autres acteurs tous les moyens d information, logistiques et humains dont elle disposera. Une répartition précise des tâches sera localement opérée. L emploi Lutter contre le chômage PLAN DE COHESION SOCIALE 11

13 Lutter contre le chômage Sur la durée du plan, 300 maisons de l emploi seront ainsi créées. Le territoire national sera couvert par une maison de l emploi pour trois agences ANPE en moyenne. La maison de l emploi n est pas un concept rigide et figé : il ne sera évidemment pas nécessaire de créer ex nihilo une maison là où les acteurs de terrain ont, d ores et déjà, mis en œuvre des outils de ce type : en ce cas, une simple labellisation suffira, après renforcement des moyens si nécessaire. Parallèlement à cette relance de l investissement collectif en faveur du retour à l emploi, l ensemble du dispositif de placement des demandeurs d emploi sera réformé, au service d un nouvel équilibre des droits et des devoirs : 1/ l ouverture du marché du placement, qui existe dans les faits depuis plusieurs décennies, recevra un support juridique. Un cahier des charges précis encadrera cette activité ; 2/ l opération de revitalisation et de modernisation des agences locales de l ANPE amorcée ces dernières années sera amplifiée ; 3/ un dossier unique du demandeur d emploi, accessible en tout point des réseaux sera mis en place, pour faciliter les démarches et l accompagnement des demandeurs d emploi ; 4/ le demandeur d emploi, accompagné de manière plus efficace par le service public de l emploi, sera tenu, en contrepartie, à la recherche assidue d un travail et à une participation active au programme de formation. Pour crédibiliser ce dispositif, des sanctions justes et graduées pourront être prononcées, après une procédure contradictoire, en lieu et place du tout ou rien actuel. La responsabilité finale en incombera à l Etat ; 5/ un pilotage plus intégré sera assuré : le comité supérieur de l emploi deviendra l instance de coordination stratégique et d évaluation systématique des politiques de l emploi au niveau national. Une politique de contractualisation sera engagée au plan national et déclinée territorialement : au niveau national : signature d une convention tripartite pluriannuelle entre l Etat, l ANPE et l UNEDIC déclinant les objectifs fixés par le comité supérieur de l emploi (modalités de création du dossier unique du demandeur d emploi, calendrier de mise en place des maisons de l emploi et de rénovation des agences ANPE, critères permettant d évaluer l efficacité et l efficience des actions menées au titre du service public de l emploi) ; au niveau local : signature de conventions territoriales fixant, notamment, les objectifs à atteindre pour la création des maisons de l emploi et pour la rénovation des agences locales de l ANPE. Un fonds, inscrit au budget de l Etat, contribuera au financement des maisons de l emploi (aide à l investissement et au recrutement progressif, sur contrat de droit privé, de agents, les autres personnels nécessaires étant fournis par redéploiement). L emploi Lutter contre le chômage PLAN DE COHESION SOCIALE 12

14 Vers le plein emploi des jeunes programme 2 Accompagner jeunes en difficulté vers l emploi durable Les jeunes sont l énergie vitale de notre pays. Pour son avenir, comme pour la santé morale et l efficacité économique de notre société, tout doit être mis en œuvre pour favoriser leur accès effectif à la formation, à l activité et à l emploi. La situation est alarmante : le taux d emploi des jeunes est de 26 %, contre 55 % en moyenne en Europe, jeunes sont demandeurs d emploi à l ANPE, sortent chaque année du système éducatif sans diplôme, dont sans aucune qualification. Dans la situation actuelle, on peut considérer qu il faut trouver, pendant la durée du plan, une solution active à jeunes rencontrant des difficultés d accès à l emploi, soit déjà sortis du système scolaire, soit appelés à en sortir sans aucune qualification. 1- Un accompagnement durable et renforcé Chaque jeune concerné se voit proposer, après un diagnostic préalable, un accompagnement personnalisé et renforcé, pour une période d un an, renouvelable jusqu à l accès définitif à l emploi durable. Les modalités de l accompagnement et les engagements réciproques sont formalisés dans un contrat d avenir. Tout jeune sans emploi ni qualification a un référent qui définit avec lui son projet professionnel et l entraîne jusqu à l emploi pérenne. Le référent suit le jeune sur tous les plans : formation et emploi bien sûr, mais aussi logement, transports et santé. Les collaborateurs des missions locales et PAIO seront mobilisés sur cette tâche prioritaire. Il est par ailleurs prévu de financer emplois de référents, choisis parmi les professionnels du service public de l emploi, les travailleurs sociaux actifs dans les quartiers et les seniors expérimentés dans le champ éducatif. 500 coordonnateurs seront placés au niveau des bassins d emploi pour développer les partenariats locaux et piloter les référents. Une allocation intermédiaire est servie quand le jeune est entre deux contrats, afin qu il n y ait pas rupture de revenu. Les jeunes sont orientés vers les métiers du plein emploi grâce aux plates-formes de vocation, au sein desquelles ils passent des tests par simulation ou analogie, mis au point par l ANPE et qui favorisent la lutte contre les discriminations à l embauche. Ces plates formes doivent permettre d évaluer leurs aptitudes à occuper les métiers qui recrutent. Dans le même temps, un baromètre des métiers qui recrutent (à court terme et à long terme) sera créé et mis à la disposition des jeunes. Ces actions viendront compléter les dispositifs d information et d orientation en milieu scolaire, qui constituent l un des principaux thèmes du débat national sur l avenir de l école. L emploi Vers le plein emploi des jeunes PLAN DE COHESION SOCIALE 13

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