LA GAUCHE NE DOIT PAS MOURIR!

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1 LA GAUCHE NE DOIT PAS MOURIR! Le congrès est enfin l occasion de discuter le virage politique imposé par l exécutif sans débat préalable dans notre parti. A mimandat, un changement de cap s avère nécessaire, sans lequel la raison d être de notre famille politique serait menacée. Contribution Générale présentée par : Hoang-Ngoc Liem LES PREMIERS SIGNATAIRES: Liêm Hoang-Ngoc (51, BN), Jean Gatel (84, ancien ministre), Sylvain Mathieu (58, Premier secrétaire fédéral, CN), Sylvie Houssin (60, CN), Philippe Casier (80, CN) LES SIGNATAIRES: Syamak Aghababaï (67, CF), Salomon Ambroise (75, CF), Françoise.Ardeois (44), Olivier Ardoin (44, BF), Valérie Auvray (76), Jean-Claude Banchereau (76, BF), Jacques Bennetot (76 et BF), Robert Béraud (42), Gérard Berthiot (51, BF), Robert Betscha (67)BF), Stéphanie Bézé (58), Lucien Blondet (51), Daniel Bonnot (67), Daniel Briziou (37, BF), Dalila Brunet Catel (37), Stéphane Cahen (40, BF), Charlette Camerlynck (03), Suzy Candido (31, CF), Charles Cala (91), Judith Capelier (34, CF), Quentin Cappelle (86), Gérard Caullier (60), Guillaume Cervantes (60), Abdelouafi Chebbak (60), Olivier Chesnaux (93), Philippe Chevalier (89), Fabien Chiche (94, BF), Clément Colomb (91, CF), Patricia Coradel (51), Michel Coulange (51), Mauricette Crouzet (07), Annie Darrieux (32, CF), Guy Darrieux (32), Marie-José Ducournau (40), Arnaud Delcasse (06, BF), Patrick Dainault (34), Emile Delcher (36), Caroline Dugue (44), Isabelle Dumestre (42), Jacques Duplanil (69), Jean-Luc Dupouy (32), Jacques Esparre (30), Gérard Filoche (BN, 75), Colette Fredonnet (94), Louis Gadet (94, CF), Denis Gouteux (15, CF), Laurent Govaert (60), Vincent Grenier (44, BF), Michèle Gressus (44), Anthony Guitton (51), Virginie Houadec (CN), Céline Issiot (15), Julien Jusforgues (31, CN, BF), Jacques Klem (15), Elizabeth Labaye (76, CF), Jeanine Lacotte (36, CF), Richard Ladine (92), François Lafon (09), Damien Lecompte (92), Elisabeth Lepeltier (37), Françoise Lung (01, CF), Daniel Le Grill (44, CF), Jacky Leborgne (60), Sophie Maloberti (92), Serge Marty (75), Jean-Claude Maurin (30, CF), Christian Mazé (07), Claude M Baïtoloum (60), Jean-Marie Michel (84), Jean-Louis Michniak (92), Didier Mludek (39), Guy Mondorge (64), Bernard Motto-Ros (42), Anas Moutabarik (51), Damien Munier (37), Michèle Muratore (06), Marianne Nedyj (32), Jean-Paul Nail (13, CF), Jean-Laurent Noé (30, CF), Maryse Noy (60), Olivier Mouret (76, BF), François Panel (76), Jacky Paris (36, BF), Véronique Pater (67), Colin Phillips (92), Mathieu Pouydesseau (FFE, BF), Roland Pubert (44), Jean-Philippe Pellier (32), Hélène Réau (86), Jean Réau (86), Marie-José Rémond-Rossi (75), Franck Rey (15, CF), Claude Ronez (51, CF), Emilie Royer (15), Pierre Ruscassie (64, BF), Jean-Luc Treberne (44), Jean-Baptiste Tresson (37), Cyrille Vainsonneau (60), Thibaud Viguier (60, CF), Nicolas Vincent (76, CF), Elise Vincent (76, CN), Edouard Wagneur (44), Anthony Whitney (75), Philippe Willenbucher (67) TEXTE DE LA CONTRIBUTION Contribution générale des socialistes affligés

2 SOMMAIRE 1. NOUS SOMMES DES SOCIAUX- DÉMOCRATES, ET NON DES SOCIAUX- LIBÉRAUX 1.1. Nous sommes tous sociaux-démocrates 1.2. Le socialisme de l offre, version française de la Troisième voie 2. LES CAUSES DE LA «FRONDE» 3. POUR UN CHANGEMENT DE CAP ÉCONOMIQUE ET SOCIAL 3.1. Un keynésianisme social et écologique 3.2. Changer de politique budgétaire Dette insoutenable? L épouvantail de La faute à l Europe? Non le choix des Etats! 3.3. Le droit du travail et les 35 heures ne sont pas les ennemis de l emploi 3.4. Modifier le partage des richesses Le théorème Schmidt est faux La demande crée l offre, et non l inverse 3.5. : Changer de stratégie industrielle : la vérité sur les «problèmes d offre» 3.6. La réforme fiscale, c est pour quand? 3.7. Pour une véritable réforme bancaire incarnant l esprit du Bourget 4. BILAN ET PERSPECTIVES À MI-MANDAT 4.1. Où va l Europe? 4.2. Où va la France? 4.3. En route vers la Sixième République! INTRODUCTION Le peuple français s est massivement levé en Janvier 2015 pour défendre les valeurs universelles de la République. La vitalité de celle-ci se mesure à l aune du débat démocratique que ses institutions sont susceptibles de susciter. A cet égard, la montée de l abstentionnisme, la défiance des Français vis-à-vis de la politique, la difficulté de leur représentation nationale à véhiculer leur mécontentement sont les symptômes d une cinquième République à bout de souffle. Pour faire face aux obscurantismes qui menacent l espace public, pour réconcilier le peuple avec sa constitution, la proclamation d une nouvelle République est à l ordre du jour. Elle doit réaffirmer l attachement de notre peuple à une République laïque, à même de concilier respect du for-intérieur privé et vivre-ensemble dans l espace public. Elle doit symboliser le renouveau du débat démocratique, plus nécessaire que jamais alors que monte la défiance des citoyens à l endroit des partis politiques, instruments par excellence de l exercice de la démocratie au sein de la République. Ce débat démocratique doit plus que jamais être mené au sein de notre propre parti, qui subit une crise d identité sans précédent. Le congrès du PS est l occasion de dresser le bilan à mi-mandat de notre nouvelle expérience du pouvoir. Il serait paradoxal que l appel au sursaut citoyen pour défendre la liberté d expression soit le prétexte pris pour interdire le débat que nombre des nôtres ont lancé, quant à la pertinence du virage imprimé par les choix de l exécutif. Ce virage ne sera pas sans conséquences économiques, sociales et politiques, lors de la seconde partie du mandat. Il engage à plus long terme le devenir de notre famille politique. Pour que la deuxième partie du mandat soit celle de la reconquête de nos concitoyens déboussolés, la gauche ne doit pas mourir. L exécutif doit doit changer de cap et se méfier des sirènes libérales. Il peut encore s appuyer sur une majorité progressiste, rose-rouge-verte, prête à soutenir la réorientation réclamée par nos députés «

3 frondeurs». Clarifier notre identité, développer les arguments en faveur d un changement de cap le plus rapide possible, tracer les perspectives à mi-mandat pour la gauche, pour la France et pour l Europe, soutenir les initiatives en faveur d une sixième République laïque, sociale et démocratique, tel est le message de cette contribution générale. 1. NOUS SOMMES DES SOCIAUX- DÉMOCRATES, ET NON DES SOCIAUX- LIBÉRAUX 1.1. Nous sommes tous sociaux-démocrates Les idées dominantes sont celles de la classe dominante. Elles imprègnent désormais notre propre camp, au point que la ligne de démarcation entre le camp du progrès et celui de la réaction s est déplacé. Elle séparait jadis la droite et la gauche. Elle traverse désormais le PS. En son sein, les tenants du virage à droite nous expliquent que la demande de gauche n est pas si forte, compte tenu des résultats électoraux des Verts et du Front de gauche. Il faut dire que la campagne de discréditation des idées socialistes a fait une victime collatérale : la gauche ellemême. La plupart des éditorialistes et experts officiels sont parvenus à insinuer dans l esprit de nos concitoyens qu une politique de gauche n était en aucun cas crédible et se révélerait inadaptée aux réalités de la mondialisation. L alternative qu ils proposent n en est plus une : elle consiste à accélérer les mêmes «réformes» que prône l UMP et que la droite n a jamais osé pousser si loin. Comment, dès lors, s étonner que l impression d une politique commune défendue par «l UMPS», ait fini par se répandre parmi nos concitoyens? Désenchantés, nombre d entre eux s abstiennent. Désespérés, d autres «essaient» l extrême droite. Certains voudraient changer le nom de notre parti pour le mettre en conformité avec les nouveaux choix politiques de l exécutif, en prétendant porter le flambeau de la social-démocratie. Ils entretiennent à souhait la confusion en assimilant la socialdémocratie au social-libéralisme. Or le cap de la social-démocratie est le socialisme, c est-à-dire, le contrôle par les salariés des principaux moyens de production et de redistribution des richesses. Au congrès de Tours de 1920, le motif du divorce entre les militants de la Deuxième et de la Troisième Internationale était la route qu il fallait emprunter pour arriver à bon port. Les premiers estimaient qu il fallait construire patiemment le rapport de force nécessaire et mettre en place des réformes progressistes dans un cadre démocratique. Les seconds pensaient qu il fallait organiser au plus vite la révolution. Près d un siècle plus tard, qu elles soient radicales, écologistes ou socialistes, les gauches pratiquent de fait la stratégie réformiste. En Grèce, le programme de Syriza est un programme authentiquement social-démocrate. En France, au PS, nous sommes tous des réformistes, Ce qui distingue les différentes branches de notre famille est la ligne d horizon. À cet égard, l horizon du social-libéralisme n est plus le socialisme Le socialisme de l offre, version française de la troisième voie La doctrine sociale-libérale fut théorisée sous le vocable de Third Way et appliquée par le New Labour de Tony Blair au Royaume-Uni. Elle était déjà présentée comme le seul chemin possible du New Labour, cherchant à s émanciper du spectre du Old Labour, mort asphyxié dans les années 1980 par le retour en force de l idéologie néoconservatrice portée par Margaret Thatcher. Le manifeste Blair-Schröder proclamait alors sans détour : «La dépense publique a atteint, par rapport au revenu national, des niveaux qui sont proches de l inacceptable. L adoption de limites en matière d imposition et de dépenses oblige le secteur public à se moderniser de façon radicale et amène les services publics à adopter des réformes visant à assurer une meilleure gestion des fonds. ( ) Par le passé, les sociauxdémocrates étaient associés à une forte pression fiscale pesant, en particulier, sur les entreprises. Les sociaux-démocrates admettent aujourd hui que, si les circonstances le permettent, les réformes fiscales et la baisse de l impôt peuvent jouer un rôle primordial ( ). Par exemple, la baisse de l impôt sur les sociétés

4 accroît la rentabilité et incite à investir davantage. L augmentation de l investissement entraîne celle de l activité économique et accroît la capacité de production. Elle permet d enclencher la spirale de la croissance et d accroître les ressources dont les pouvoirs publics disposent pour réaliser les objectifs sociaux.» Outre-Rhin, Gerhard Schröder assumait lui aussi en 2003 la baisse de l impôt sur les sociétés, la hausse de la TVA et les réformes structurelles de la fiscalité et du marché du travail, présentées depuis comme étant à l origine de la compétitivité allemande. Or, ceux qui connaissent l économie allemande savent que la compétitivité hors coût made in Germany prévalait avant ces réformes, qui ont essentiellement eu pour effet d accroître le taux de marge et les dividendes versés aux actionnaires et de réduire le score du SPD aux élections législatives de 2009 à son plus bas niveau historique. Alors que son score oscillait depuis la fin des années 1960 autour de 40 %, le SPD commença à voir son audience électorale s effriter à partir de Il ne recueillait plus que 23 % des suffrages lors des élections législatives de Après le retrait de Blair et la défaite de Gordon Brown, le discours du New Labour semblait avoir vécu, invalidé qu il était par la crise en 2008 du modèle néolibéral dont il avait fait, sans complexe, l apologie. Dans les pays de la zone euro, l exercice du pouvoir par la social-démocratie fut à chaque fois l occasion d expérimenter la troisième voie. Elle conduisit à l échec politique et économique en Espagne, en Grèce et au Portugal. Les socialistes français ont longtemps résisté à ses sirènes. Lors de chaque congrès, la motion défendant explicitement une ligne sociale-libérale n a jamais réalisé plus de 2 % des suffrages. À contre-courant de certains propos tenus lors de son meeting de campagne du Bourget, le chef de l Etat nous fait désormais endosser la troisième voie, dont le socialisme de l'offre est l'avatar. Les promoteurs de ce virage martèlent qu être social-démocrate et moderne est nécessairement synonyme d adhésion à la politique de l offre. Les experts officiels habituels sont convoqués pour faire l apologie de la seule politique réputée crédible. Tous entonnent la chanson de TINA (There Is No Alternative) : «Il n y a pas d alternative». Leur refrain, que l on peut réciter par chœur, est bien connu : «aucun gouvernement n a voté un budget en équilibre depuis trente ans. La dette publique pèse sur les générations futures. Les charges d intérêt deviennent insupportables. La hausse des prélèvements obligatoires alourdit le coût du travail, réduit le taux de marge, plombe l investissement et la compétitivité des entreprises. Ceci est à l origine du déficit du commerce extérieur et la panne de croissance de l économie. Il faut donc à tout prix réduire la dette et accélérer les réformes structurelles, indispensables pour restaurer la confiance et la compétitivité.» Pour faire la pédagogie de sa politique, le Premier ministre Manuel Valls reprenait lors du Conseil National du 14 juin 2014 presque mots pout mots les textes jadis prononcés par Blair : «Le temps où l on pouvait accroître la dépense publique, et combattre les déficits par la hausse des impôts est révolu. ( ) Le deuxième acte, c est permettre aux entreprises de restaurer leur compétitivité. ( ) Réduire les charges des entreprises, c est les aider à affronter une compétition mondiale féroce. ( ) J insiste : la politique de l offre n est pas un choix idéologique, c est un choix stratégique guidé par la transformation des règles du jeu mondial ( ). Prendre un autre chemin nous conduirait à l échec.» Pour Valls, comme l avait proclamé Blair, la politique actuellement poursuivie ne serait ni de droite ni de gauche, elle serait la seule politique possible. Cette réduction est doublement fallacieuse. Les politiques de l offre ont rarement atteint leurs cibles : elles échouent partout à relancer l investissement et à réduire le poids de la dette. Le choix actuel est d autant plus idéologique qu il fait l objet d une croyance erronée dans le bien-fondé des choix économiques effectués. Il ne pouvait en outre qu attiser la «fronde» d une partie du groupe parlementaire socialiste. 2. LES CAUSES DE LA «FRONDE» Le débat économique est la poursuite du combat politique sous un autre jargon. Les choix économiques sont avant tout des choix politiques ; ils sont donc des choix idéologiques. Ceux qui prétendent ne pas faire d idéologie veulent en réalité fermer le débat en se retranchant derrière un discours pseudo-scientifique pour

5 imposer des choix aux conséquences hautement importantes en matière d organisation de la société. Les politiques de l offre ne sont pas neutres. Elles reposent sur le postulat libéral selon lequel l impôt et l emprunt qu il faut lever pour financer la «bureaucratie» découragent l initiative privée et assèchent une épargne qui aurait pu être drainée vers des projets privés. Ils détournent l offre de travail (les travailleurs) vers des emplois de fonctionnaires alors qu elle aurait pu être mobilisée par le secteur privé. Il faut donc réduire la dépense publique, jugée improductive, afin de réduire les impôts et «charges» qui pèsent sur la production. Il faut de surcroît organiser la mobilité de l emploi vers les secteurs innovants grâce à la «flexisécurité», qui nécessite une révision en profondeur du code du travail. Sous d autres hypothèses, les Keynésiens, qui sont loin d être tous des socialistes (Keynes était un des principaux dirigeants du Parti libéral britannique) soutiennent pour leur part que l épargne des actionnaires, alimentée par les profits, ne finance pas mécaniquement l investissement privé, composante de la demande globale et non de l offre. La baisse de l investissement des entreprises tarit les flux de revenus redistribués aux ménages, qui consomment moins. Il en résulte une panne de demande généralisée, à l origine du chômage de masse. Baisser les salaires et assouplir la législation protectrice de l emploi provoquerait un effet marginal, voire pervers. Il faut avant tout «euthanasier le rentier» (dixit Keynes) et soutenir la demande globale par des politiques monétaire et budgétaire appropriées. Le débat qui a agité nos députés à l Assemblée nationale n est, au fond, qu une réplique de cette controverse fondatrice de la macroéconomie : le chômage est-il «classique» ou «keynésien»? La science économique est, à l évidence, une science parfaitement inexacte, souvent empreinte d idéologie. Ses praticiens admettent toutefois que son juge de paix reste la confrontation des prédictions aux faits empiriques. À cette aune, les moins dogmatiques observent en premier lieu que la politique de l offre, appliquée méthodiquement dans chaque État membre sous la surveillance de la Commission européenne, mène la zone euro à la déflation. La compression des dépenses publiques et des salaires a abouti à un jeu à somme négative, plombant la demande intra-européenne. Face à cette situation, Mario Draghi, président de la Banque centrale européenne, a réduit à presque zéro le coût du financement des banques et multiplié les mesures «non conventionnelles» (voir Infra ), dans le but de maintenir les taux d intérêt les plus bas possibles. Malgré cela, l offre et la demande de crédit restent faibles. Les banques hésitent à prêter à des entreprises qui souffrent de commandes en berne et à des ménages subissant les affres de l incertitude sur l emploi et les salaires. Inversement, l incertitude n incite aucunement l entrepreneur innovant cher à Schumpeter, ni les ménages à emprunter pour se lancer dans de nouveaux projets. L action de la BCE est même susceptible d engendrer la formation de nouvelles bulles financières, dès lors que les liquidités injectées ne financent pas l économie réelle, où les banques n ont aucune raison de prêter à des entreprises dont l activité est atone. En deuxième lieu, l efficacité des «baisses de charges» en termes de créations d emplois est loin de faire l objet d une validation empirique incontestée parmi les économistes. En troisième lieu, la hausse tendancielle du taux de marge, observée entre 1983 et 2007 (voir Infra ), s est accompagnée d une hausse de la part des profits consacrée aux dividendes. Dans les entreprises non financières, les dividendes représentent désormais 85% des bénéfices, contre 30% au milieu des années Leur part dédiée aux dépenses de recherche et développement s est réduite, passant de 44 % des dividendes en 1992 à 25 % en Les 2 points de PIB (41 milliards) octroyés par le pacte de responsabilité pour redresser les marges risquent, dès lors, d être de l eau versée dans le sable, sauf pour les actionnaires du CAC 40 qui jouiront des surprofits octroyés. Ce n est pas le coût du travail qui est excessif en France. Il reste d ailleurs inférieur au coût du travail en Allemagne. C est le coût du capital qui a considérablement augmenté, la part des profits consacrée aux dividendes n ayant cessé de croître. Ainsi, en 2013,

6 alors que les profits des entreprises du CAC 40 baissaient de 8%, la part des dividendes s accroissait de 6%, au détriment de l investissement. Ce gaspillage de deniers publics est particulièrement dommageable à l heure où la politique budgétaire doit justement être mobilisée en complément de la politique monétaire pour consolider la reprise. La France s était libérée des marges de manœuvre en renégociant avec la Commission européenne son calendrier de réduction du déficit. Celles-ci auraient pu être affectées à l investissement public, la politique de l emploi et la redistribution. Tel est le débat que nombres de nos députés ont voulu, en toute sérénité, mener dans le cadre de leur travail parlementaire. Dans leur plateforme de l appel des 100, ils soulignent que 80 % des entreprises souffrent d une insuffisance de demande et 20 % sont contraintes par les coûts. Ils proposent donc, de façon tout à fait raisonnable et pragmatique, d affecter un peu plus de la moitié de ce paquet de 41 milliards au pouvoir d achat (16,5 milliards), aux investissements publics locaux (5 milliards), aux emplois aidés (2 milliards). Ils recommandent par ailleurs de poser les jalons d une véritable réforme de l impôt sur le revenu et de la CSG, afin de financer la sécurité sociale universelle de la façon la plus juste. On peut craindre qu en l absence d une telle réforme fiscale, les baisses de cotisations patronales et salariales, non compensées par des recettes alternatives, aient pour contrepartie des baisses massives de dépenses sociales, dont le rôle d amortisseur de crise fut pourtant avéré lors de la dépression de Certes, la réduction des dépenses publiques est plus faible que dans les pays sous assistance financière de la Troïka (BCE, Commission européenne, FMI). Pour autant, la baisse programmée de 50 milliards en trois ans, annoncée pour financer le pacte de responsabilité, est susceptible de provoquer un effet récessif non négligeable. Cet effet est mesurable à l aide du «multiplicateur budgétaire», coefficient permettant de mesurer l impact d une variation de la dépense publique sur la croissance. Les récentes évaluations du multiplicateur, effectuées par le FMI pour la zone euro, donnent plutôt raison aux keynésiens. La valeur du multiplicateur serait comprise entre 0,9 et 1,7. La contraction des dépenses publiques envisagée d ici 2017 nous coûterait alors un point de croissance par an, rendant impossible l inversion de la courbe du chômage. Pire, ce ralentissement par rapport aux prévisions rendrait inatteignables les objectifs de réduction du déficit annoncés dans le programme de stabilité remis à la Commission. La politique de l offre continuerait à creuser la dette publique qu elle était censée juguler. 3. POUR UN CHANGEMENT DE CAP ÉCONOMIQUE ET SOCIAL La situation économique actuelle où sévit le chômage et menace la déflation requiert plus que jamais le déploiement des politiques de demande. Or celles-ci sont abondamment caricaturées par les tenants de la pensée unique, qui les réduisent à une relance par la consommation dans un seul pays, réputée impossible dans un monde moderne mondialisé. Leurs objections, martelées sur toutes les ondes, peuvent une nouvelle fois être récitées les yeux fermés : «l augmentation des dépenses publiques et sociales est contrainte par une dette insoutenable. Elle n est pas crédible aux yeux des marchés qui ne manqueraient pas de spéculer contre la dette française, provoquant une envolée des taux d intérêt. Cette politique est incompatible avec les textes européens. L augmentation des salaires pèse sur le coût du travail et menace la compétitivité française. Au total, la relance ne profiterait pas à nos entreprises, mais à leurs concurrents, plus compétitifs.» Ces objections sont réfutables une par une, comme le montrent les propos qui suivent. Ces derniers ont pour vocation de définir les objectifs et les moyens d un programme socialiste, favorable à la reprise économique et traitant en profondeur la question sociale et environnementale Un keynésianisme social et écologique Les politiques de demande ne se réduisent pas à des mesures de redistribution vers les ménages à revenus moyens et modestes. Elles sont aussi soucieuses, de mettre la finance au service de l investissement, et en particulier des

7 investissements socialement et écologiquement utiles. A cet égard, le keynésianisme vert représente une alternative à l approche dominante de l écologie défendue par les libéraux, lorsqu ils sont soucieux de l environnement, ce qui nécessite notamment d éviter de fermer des gares et des lignes de chemin de fer pour les remplacer par des transports en autocar, comme le prévoit la loi Macron. L approche libérale de l écologie est une approche punitive. Elle considère en effet que les marchés sont efficients et qu il suffit de s attaquer à leurs externalités négatives, telles que la pollution, en taxant les responsables. Elle passe notamment par la mise en œuvre d un marché de droits à polluer, dont le défaut est que les droits à polluer sont manipulables par les grands groupes qui, de surcroît, ne se privent pas d'en répercuter les coûts sur le consommateur. Elle passe aussi par des «incitations fiscales» et autres écotaxes, qui ont pour inconvénient d écarter les plus démunis (incapables de consommer et d investir «propre»), du projet socialécologique. Une politique socialiste en matière de transition énergétique nécessite une stratégie volontariste pilotée par la puissance publique. L objectif est de permettre l accès du plus grand nombre aux biens non-polluants. Les investissements nécessaires doivent être lancés dans le cadre d une planification écologique, indispensable dès lors que la transition énergétique requiert, pour sortir progressivement du nucléaire, la création puis l entretien d infrastructures nécessaires à la production et la distribution d énergies non fossiles, dont les coûts fixes ne peuvent être couverts par le marché. Ces investissements peuvent être réalisés par nos entreprises stratégiques du secteur de l énergie, dont le redéploiement doit être coordonné par un planificateur. A cet égard, la poursuite du processus de cession d actifs de ces champions nationaux est une lourde erreur. Afin d éviter les erreurs technocratiques et promouvoir la démocratie, cette planification doit s opérer avec la participation des élus locaux et les représentants concernés de la société civile. Les principes d un keynésianisme social-écologique forment le socle d un programme minimum qui permettrait d inverser le mouvement du balancier de l Histoire qui nous éloigne, pour l heure, du socialisme. Ce programme minimum rassemblerait sans problème nos partenaires écologistes et du Front de gauche. Pour le mettre en place, il faut changer de politique budgétaire, modifier la répartition des revenus, remettre à plat nos choix industriels, mettre en œuvre la réforme fiscale tant attendue et s attaquer réellement à la finance Changer de politique budgétaire L obsession de la dette publique est perverse. Elle prive les États membres de politique budgétaire, à l heure où la politique monétaire, seule, est insuffisante pour relancer la croissance. Cette privation de l instrument budgétaire est d autant plus dommageable que le budget communautaire reste insuffisant et qu il a été amputé de 10 % dans le cadre des perspectives financières Dans ces conditions, au sein de la zone euro, le seul mécanisme d ajustement privilégié par la Commission européenne et l Eurogroupe, sous l influence prédominante de la chancelière allemande, est la «dévaluation interne». Cette stratégie, inspirée de la Doctrine de Berlin, prétend améliorer la compétitivité des pays dont les comptes extérieurs sont dans le rouge. Elle consiste à ajuster à la baisse le coût du travail et les dépenses publiques dont le financement conduit à une hausse des impôts sur la production. Elle a abouti à un jeu à somme négative où la compression simultanée des dépenses privées et publiques engendre une insuffisance de demande généralisée dans la zone euro, source de pressions déflationnistes. Cette pression à la dévaluation interne est d autant plus forte dans le secteur exposé à la concurrence internationale que l euro reste surévalué par rapport au dollar. La BCE en a pris conscience et a agi en conséquence, bien que le mandat ne lui ait pas été confié par le Conseil des ministres des Finances de l Union européenne, qui détient théoriquement la compétence de la politique des changes. La politique monétaire actuellement conduite par la BCE a pour but d infléchir le taux de change de l euro et d octroyer des liquidités à taux quasi nul aux banques. Elle est incapable, à elle seule, d enrayer la dépression qui s installe. C est précisément dans ces conditions que la politique budgétaire doit être mobilisée pour amorcer la

8 pompe. On oublie souvent que l endettement des uns est l épargne des autres et qu il n est pas incongru que la finance draine l épargne vers la «bonne» dépense publique. Il faut évidemment compter au sein de la «bonne dépense» les investissements publics. Il faut lui ajouter les dépenses de fonctionnement affectées à la santé, l éducation, la recherche, qui sont loin de représenter des dépenses improductives dès lors qu elles exercent un impact sur le développement économique. C est d ailleurs le rôle de l épargne que de financer de tels projets d investissement. Si tel n était pas le cas, comme l investissement privé poursuit sa chute, l épargne deviendrait encore plus excédentaire (c est d ailleurs le propre de la situation déflationniste vers laquelle tend la zone euro) et/ou alimenterait la formation de nouvelles bulles financières Dette insoutenable? «Certes», admettent les tenants de la «consolidation budgétaire». «Mais le déploiement de la politique budgétaire est contraint par le niveau insoutenable atteint par la dette publique!» objectent-ils, en brandissant le chiffre des 40 à 60 milliards par an consacrés par le budget au paiement des charges de la dette. Ils rappellent les principes de gestion du bon père de famille qui ne saurait dépenser plus qu il ne gagne. Ils oublient d ajouter que le banquier autorise ce père de famille à consacrer 33 % de son revenu aux charges de l emprunt qu il contracte pour acheter son logement. Ils devraient alors en conclure que les charges de la dette publique (60 milliards) ne représentent que 6 % des recettes de l État et de la Sécurité sociale. Tout le monde se délecte désormais de moquer l étude de Carmen Reinhart et Kenneth Rogoff qui avaient, en s arrangeant avec leurs séries économétriques, tenté de montrer qu une dette supérieure à 90 % du PIB était néfaste pour la croissance. Dans la littérature économique, la soutenabilité de la dette publique n a jamais fait l objet d une quelconque définition. On sait seulement que la dette fait «boule de neige» lorsque le taux d intérêt réel des titres souverains excède le taux de croissance en volume de l économie, ce qui est actuellement le cas parce que la croissance est atone. Le FMI estime empiriquement qu une dette publique devient insoutenable au-delà d un taux d endettement de 120 %, à partir duquel une restructuration de la dette doit pouvoir être envisagée sous des formes appropriées afin d éviter une consolidation budgétaire trop brutale. Telle fut la position que défendit le Fonds au sein de la troïka. Le débat sur le rythme de la réduction des déficits est d autant plus important que le FMI a, comme de nombreux instituts de prévisions, réévalué la valeur du multiplicateur budgétaire. Le multiplicateur a, à l évidence, été sous-évalué par les experts de la Commission européenne, qui reconnaissent même désormais que sa valeur est plus forte en période de récession. Cela devrait en théorie militer à l encontre d une consolidation budgétaire brutale et en faveur de politiques budgétaires de relance en période de récession (dites anticycliques). Les États de la zone euro et la Commission ont donc

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