Les Justes suisses. Des actes de courage méconnus au temps de la Shoah. François Wisard

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1 Les Justes suisses Des actes de courage méconnus au temps de la Shoah François Wisard

2 Sommaire Introduction 3 I. Les Justes 5 II. Les actions des Justes suisses 12 II.1. A la frontière suisse après l Anschluss de l Autriche 12 II.2. En France 18 II.3. En Belgique 51 II.4. Dans le Reich allemand 53 II.5. A Budapest 58 II.6. Prague et la Pologne, lieux d action de Justes fameux ayant un lien étroit avec la Suisse 77 III. Notices biographiques 80 IV. Sélection bibliographique 97 Table des matières 112

3 Introduction «La lutte contre la barbarie la plus dévastatrice de l histoire de l humanité fut la vraie bataille de la Seconde Guerre mondiale. La perdre aurait privé le monde de toute raison de vivre. Cette bataille fut gagnée par les Justes des Nations. Ils ont offert la vie à leurs protégés, la survie au monde et une raison de vivre à l humanité.» Lucien Lazare, Le Livre des Justes. Paris, Lattès, 1993, p des Justes constitue une des pages les moins connues de la Shoah. En ayant sauvé des Juifs au péril de L histoire leur vie, tout en n étant eux-mêmes pas juifs, ils ont maintenu la flamme de l espérance et de l humanité au milieu d une Europe en proie à la folie destructrice des nazis et de ceux qui les soutenaient. La Suisse compte une soixantaine de Justes. Leurs actions valent donc d être mieux connues. D être méditées aussi, afin de nous aider, où que nous nous trouvions, à refuser le racisme et la persécution de l Autre. Cette publication est éditée par la Coordination Intercommunautaire Contre l Antisémitisme et la Diffamation. Fondée en 1990, la CICAD lutte contre toutes les formes d antisémitisme, veille à l application de la loi suisse contre le racisme, se consacre au devoir de mémoire lié à la Shoah et défend l image d Israël lorsqu elle est diffamée. 3

4 Après une première partie sur les Justes et la façon dont on peut écrire leur histoire, la publication offre trois entrées sur les Justes suisses: thématique, avec une présentation des actions des Justes dans leur contexte historique; biographique, avec de brèves notices offrant un aperçu de la vie des Justes et un résumé de leurs actions de sauvetage; bibliographique, avec une présentation des sources utilisées et des possibilités d approfondir tel ou tel thème; la structure de la bibliographie commentée reprend celle du volet thématique. Le lecteur peut aborder un volet indépendamment des deux autres. Les volets ont toutefois été conçus comme complémentaires et comportent un dispositif de renvois internes. Ainsi, dans le volet thématique, les noms des Justes faisant l objet d une notice biographique sont marqués en gras et chaque notice s achève par l indication de la section du volet thématique où l action du Juste est présentée de manière plus détaillée et dans son contexte historique. 4

5 I. Les Justes I.1. Qu est-ce qu un Juste? Le Juste des Nations, ou Juste parmi les Nations est une personne non juive honorée par le mémorial Yad Vashem pour avoir sauvé des Juifs durant la Shoah, ou pour leur avoir apporté une aide alors qu ils étaient impuissants ou menacés de mort ou de déportation. Le titre est décerné sur la base de critères précis: le sauveur a mis sa vie en danger ou il a du moins pris des risques réels pour sa sécurité ou sa liberté; il a agi de manière désintéressée, sans rechercher d intérêt financier; enfin, son sauvetage ou son aide est confirmée par les personnes sauvées, voire attestée par des témoins directs ou des documents d archives authentiques. Les Justes ne constituent qu une petite fraction des personnes qui ont porté secours aux Juifs. D abord, des Juifs ont sauvé leurs frères, notamment dans des filières d évasion. Ensuite, des personnes ont porté secours à des Juifs sans que des traces subsistent, les témoins, notamment les personnes sauvées, ayant disparu. D autres enfin ont fait preuve d un grand dévouement à l égard des persécutés, dans des camps par exemple, sans que cela constitue une action de sauvetage ou sans que des propositions de nomination aient été présentées. Gertrud Kurz, surnommée la «mère des réfugiés», ou encore le pasteur Paul Vogt ont fait preuve d un immense dévouement pour les réfugiés juifs en Suisse, mais leur action ne remplissait pas les critères de reconnaissance du Juste. Surnommé «le sauveur de Mauthausen», Louis Haefliger a ob- 5

6 1. Yad Vashem 1 Mémorial des héros et des martyrs de la Shoah, Yad Vashem a été établi en 1953 par une loi du parlement israélien. Situé sur une colline à l ouest de Jérusalem, le mémorial comporte en particulier un musée et d autres lieux du souvenir, un centre de documentation et un institut de recherche. Il tire son nom du livre d Isaïe: «Je leur ferai un monument, yad, et un nom, va-shem, qui ne seront point effacés». Donner un nom aux martyrs: une base de données sur les victimes de la Shoah est accessible en ligne. Donner un nom aux héros: le titre de Juste parmi les Nations, emprunté à la littérature talmudique, est décerné depuis 1963 par une commission de 35 personnes. Elle se prononce sur une proposition soumise par le Juif sauvé ou le délégué de Yad Vashem du pays concerné. Le Juste reçoit un certificat d honneur et une médaille. Ceux-ci sont remis sur place, dans le pays de résidence ou dans celui du sauvetage. En cas de remise à Yad Vashem, un arbre est planté en l honneur du Juste. Depuis 1990 toutefois, faute de place, son nom est gravé sur un mur avec le nom du pays correspondant. La médaille comporte l inscription suivante: «Quiconque sauve une vie, sauve l univers tout entier». En effet, sauver la vie d un être humain, c est sauvegarder toute sa future descendance. Sauver une vie, notamment celle d un enfant, c est préserver tout ce que cet être humain sera capable de donner plus tard au service de l humanité. 1. Les sources utilisées dans les encadrés ont été regroupées en fin de publication. 2. ch/f/homepage/koweitere-kommissionen/ko-rehab.htm. tenu en mai 1945 que le camp autrichien lui soit remis sans résistance et sans destruction, malgré l opposition initiale du directeur du camp vies furent épargnées. Plusieurs récits et un film relatent cette action. Le Suisse Louis Haefliger ne porte toutefois pas le titre de Juste parmi les Nations. En vertu d une loi de 2003, le parlement suisse a mis sur pied une Commission de réhabilitation 2. Celle-ci peut annuler les condamnations prononcées pour avoir porté secours aux personnes persécutées par le régime nazi. Fin 2006, la Commission avait réhabilité 119 personnes. Certaines d entre elles sont du reste juives, comme la Genevoise Aimée Stitelmann, aujourd hui décédée. Un résumé de leurs actions est disponible en ligne. La Shoah se trouve souvent réduite à une distinction entre bourreaux (ou exécuteurs) et victimes, entre Täter et Opfer. L existence même des Justes plus de personnes honorées à ce jour montre l insuffisance de cette approche. Les Justes appartiennent à une troisième catégorie d acteurs, les témoins. Et ils y constituent une très petite minorité. Dès lors se posent les questions suivantes: peut-on encore comprendre la Shoah en portant l attention uniquement sur cette infime minorité? Ne met-on pas cette poignée d individus en évidence pour faire oublier toutes les lâchetés, les compromissions et l indifférence de l écrasante majorité? En fait, les actions des Justes ne sauraient être isolées de leur contexte historique, celui dans lequel bourreaux et victimes ont agi. De plus, l héroïsme de quelques-uns n effacera pas les manquements 6

7 de la communauté à laquelle ils appartiennent. Les Justes suisses sont-ils «l honneur de la Suisse», pour reprendre le titre d une série d émissions radiophoniques de 1998? Il ne fait aucun doute que leurs actions ont été honorables et exemplaires. Mais de manière générale, ces actions ont été individuelles (abri offert à domicile hors de Suisse, etc.) ou seule une désobéissance aux instructions reçues de Suisse les a rendues possibles (filières d évasion de la Croix-Rouge suisse, Secours aux enfants, multiplication des lettres de protection suisses en Hongrie, etc.). Ceci doit nous conduire à attribuer cet honneur davantage aux Justes eux-mêmes qu à leur patrie. I.2. Pourquoi un ouvrage sur les Justes? Il existe au moins deux raisons de s intéresser aux actions des Justes. D abord, ces actions ont été délaissées tant par la recherche que par l opinion publique. Ensuite, elles sont porteuses d une réelle valeur pédagogique. «L absence d une histoire des Justes mutile l histoire de la Shoah», rappelait en 2003 Lucien Lazare, le grand spécialiste des Justes de France 3. Et la situation n a pas radicalement changé depuis lors. De manière symptomatique, le Dictionnaire historique de la Suisse en 13 volumes, en cours de publication, ne comporte pas d article sur les Justes. Plusieurs facteurs peuvent expliquer le peu d intérêt accordé aux Justes. L un réside assurément dans la rareté des sources. En effet, quand on prenait des risques pour aider ou sauver des Juifs risques qui pouvaient aller jusqu à la condamnation à mort dans des pays d Europe de l Est on se gardait bien de laisser des traces. De plus, de nombreux Justes manifestent une forte réticence à se mettre en avant. Ils s étonnent souvent qu on parle de leurs actions tant celles-ci leur paraissent évidentes. En Suisse comme à l étranger, les actions des Justes sont intervenues dans un environnement de méfiance, bien plus que de compréhension. L après-guerre a mis en évidence les gestes de résistance politique aux nazis plutôt que ceux de secours à leurs victimes. Avoir sauvé des Juifs a pu signer aussi un arrêt de mort, comme dans la Lituanie de l été 1945 (encadré 3). Partout, l intérêt pour les Justes s est porté, dans un premier temps, sur quelques figures proéminentes. En Suisse, ces figures furent Paul Grüninger, commandant de la police saint-galloise, et 3. Le Monde, 22 août

8 Carl Lutz, vice-consul de Suisse à Budapest. Il en résulte pourtant une illusion d optique. En effet, parmi les Justes suisses, on compte en définitive très peu de fonctionnaires et beaucoup de femmes, et les personnes au service de l Eglise dépassent en nombre de loin celles au service de l Etat. De plus, la grande majorité des Justes suisses n ont été actifs ni en Suisse ni même en Hongrie, mais bien en France. S intéresser aux Justes répond également à un souci pédagogique. S ils nous enseignent quelque chose, ce n est nullement un idéal 2. Pour un (futur) Juste, témoigner n a rien d habituel Lettre manuscrite adressée par la fille d un (futur) Juste suisse à la personne à qui son père était venu en aide «[ ] Pour moi vous êtes B., un jeune homme à qui un jour mon papa a donné une partie de son cœur. Il parlait souvent de vous et avec tant d affection et peut-être aussi avec la satisfaction de quelque chose d accompli. Et puis vous êtes un peu pour moi la mémoire de ce qu il a vécu pendant la guerre. [ ] J ai reçu une lettre de Yad Vashem dans laquelle on me demande en quelque sorte de justifier la demande faite pour mon père. Je comprends cela mais moi je ne peux rien prouver j étais trop jeune, j ai oublié une partie des noms et des faits que mon père citait et c était très rare qu il le fasse. Et comme vous le savez [ ] ce qu il avait noté après la guerre, quelques heures avant sa mort, il nous demandé à mon mari et à moi de tout brûler, ce que nous avons fait avec respect et sans ouvrir un seul feuillet. Dès lors pour moi il ne reste que vous comme mémoire vivante. Je ne veux pas aller à M. chercher des témoins, je crois que ce n est pas ce que je dois faire. [ ] Cela m a amené plus d une fois à faire une réflexion sur moi-même, à savoir pourquoi je tenais à cette reconnaissance. En voilà peut-être confusément le résultat. D abord je pense quand même que mon papa aurait été touché par cette «reconnaissance» de ce qu il était et de ce qu il a fait. Pour moi, c est marquer dans l histoire, dans le temps ce que papa a fait, a été. Je ne veux pas que mes enfants, mes petits-enfants oublient comme l horreur, l injustice, la stupidité et tous ces mots qui n arrivent pas à décrire ce que l homme est capable de faire subir à son prochain. Je ne veux pas qu ils oublient 40. Je veux qu ils soient conscients que dans le monde les oppressions continuent mais que aucun geste, aucun acte positif est inutile. Je ne veux pas faire un culte de papa. C était un petit bonhomme avec ses qualités et ses défauts comme tout un chacun. Mais il a fait comme il le disait souvent «que ce que je devais faire» malgré le danger et la peur quand je le questionnais sur sa décision de rester à M. lors de la déclaration de guerre. [ ] Il me disait: «Comment aurais-je pu faire autrement? C est cela que je devais faire et pas autre chose. Comment aurais-je pu continuer à vivre si je n avais pas accompli mon devoir». [ ] Maintenant je crois que ce qui compte, c est que papa ait pu se regarder dans un miroir et se dire j ai fait avec amour ce que je devais. Je ne vais donc pas me battre pour que papa soit «reconnu» dans ces actes, parce que les plus beaux actes d amour sont souvent ceux dont on ne parle pas et dont on ne connaît même pas l existence. [ ]» 8

9 inaccessible, celui du héros prédestiné et de l homme 3. Le destin tragique d un Juste de Lituanie sans défaut, mais une action «Pendant la guerre, quatorze Juifs se rendirent dans la à la portée de chacun. Car on ferme de Mykolas Simelis. La plupart lui étaient inconnus. trouve parmi eux des êtres Il les cacha et les nourrit, lui qui avait du mal à nourrir sa dont la conduite rappelle bien propre famille. [ ] Ses enfants, dont l aîné avait huit ans, plus l homme de la rue que le virent leur enfance confisquée, parce qu ils n avaient pas le saint, et même des nazis et droit de jouer avec les enfants du voisinage. Ils étaient sans des antisémites convaincus. cesse obligés de rester près de la ferme pour donner l alerte Et s il existe un trait commun au cas où des visiteurs se seraient approchés. En 1944, la entre les Justes, c est bien leur femme de Mykolas, Jadvyga, tomba enceinte d un sixième condition d êtres humains, enfant. Pour ne pas compliquer encore la vie à la ferme, des êtres possédant des qualités et des défauts, et qui se et mourut des complications de l opération en avril qui comptait déjà quatorze réfugiés, elle choisit d avorter sont trouvés confrontés à un Après la guerre et l occupation de la Lituanie par l URSS, choix à un moment donné: un des groupes de nationalistes lituaniens parcouraient le choix entre le secours, l indifférence et la persécution. Or des Juifs était forcément un communiste et un ennemi. En pays. Ils étaient convaincus que quiconque avait sauvé face à ces dilemmes moraux, juillet 1945, ils assassinèrent Mykolas Simelis. Ses enfants grandirent dans un orphelinat.» ils ont opté pour l aide et ont ainsi «offert la vie à leurs protégés, la survie au monde et une raison de vivre à l humanité». Ainsi, c est parce que cette marge de manœuvre non seulement existe, mais existe en chacun de nous que l intérêt pour les Justes et leurs actions comporte une dimension pédagogique. L enseignement sur la Shoah peut entraîner un sentiment de fatalité et d impuissance: tout devait s enchaîner fatalement, sans que ceux qui ne furent ni bourreaux ni victimes les témoins puissent faire grand-chose, surtout à l échelon individuel. Or intégrer dans cet enseignement une réflexion sur les Justes, et plus généralement sur ceux qui ont porté secours aux persécutés, devrait réduire le sentiment individuel de fatalité Comment écrire l histoire des Justes suisses? Il existe une situation de départ idéale, ou du moins favorable: celle de l unité des sources. Ainsi, Yad Vashem achève la publication d une série d encyclopédies, composées de notices biographiques rédigées sur la base des dossiers de nomination qui contiennent 9

10 4. Pour une appréciation très critique de cette appoche portée par le directeur du Centre de recherches sur l antisémitisme de Berlin: BENZ, Wolfgang, «Das Lexikon der Gerechten unter den Völkern», Deutschland Archiv, 2/2006, pp notamment les témoignages du ou des Juifs sauvés 4 ; les deux ouvrages édités par Meier Wagner sur la Suisse reposent sur les mêmes sources, mais ils sont incomplets. Des entretiens peuvent aussi assurer une cohérence à l ensemble, comme aux neuf récits de sauvetage contenus dans Verbotene Hilfe, l ouvrage remarquable de Beate Kosmala et Revital Ludewig-Kedmi utilisé dans les écoles alémaniques. Dans le cas présent, la situation de départ était différente. Le délégué de Yad Vashem pour la Suisse, Herbert Herz, a aimablement mis à notre disposition les dossiers se rapportant à la vingtaine de propositions de nomination qu il a soumises à Yad Vashem. Pour les autres Justes, du reste pour la plupart décédés, il a fallu s appuyer soit sur la littérature existante soit sur les notices des encyclopédies de Yad Vashem publiées à ce jour (Pologne, Pays-Bas, France, Belgique, Allemagne et Autriche) qui parfois ne contiennent aucune donnée de nature biographique. Ces notices accordent une importance centrale au moment du sauvetage, à la rencontre entre le persécuté et celui, ami ou inconnu, qui lui portera secours. Ne serait-ce que par souci de ne pas copier la démarche de Yad Vashem, c est une approche différente qui a été retenue ici. Elle insiste sur les contextes spécifiques dans lesquels s inscrivent ces actions de sauvetage celui de la frontière saintgalloise en 1938 ayant peu de similitudes avec celui de Budapest en Elle tente aussi de mettre en évidence la diversité des actions: caches, filières d immigration, démarches diplomatiques, etc. Ainsi, il ne s en dégagera pas un tableau général et cohérent, mais plutôt une série d éclairages sur des actions et des personnes dont la trace a été conservée. Une attention particulière a été apportée aux sources disponibles, aux possibilités de mieux approfondir, dans un cadre scolaire par exemple, l étude de telle ou telle action de sauvetage ou d aide. C est pourquoi la publication s achève par une bibliographie commentée. I.4. Qui sont les Justes suisses? La question n a rien de simple, sans même aborder le cas des doubles nationaux. Faut-il prendre en compte le lieu de l action, la nationalité au moment de l action ou encore la nationalité lors de la remise de la médaille, voire au moment de la naissance? On doit 10

11 constater que, dans les listes établies jusqu ici, tous ces critères ont été pris en compte, tour à tour ou simultanément. La plupart des Suisses qui ont porté secours en France ont été intégrés dans le Dictionnaire des Justes de France édité par Yad Vashem, parfois sans indication de leur nationalité suisse, comme pour Germaine Muehlenthaler. La nationalité au moment de l action possède bien sûr davantage de pertinence que la nationalité au moment de la remise; mais, il y a quelques années seulement, un couple qui avait acquis la nationalité suisse après la guerre fut honoré à Berne comme Juste suisse. Et où placer Bill Barazetti, surnommé le «Schindler de Prague»? Né en Suisse, il en a perdu la nationalité à l âge de deux ans et n a plus eu de lien avec notre pays; néanmoins, invité par Yad Vashem à indiquer «son pays», ce cosmopolite a choisi la Suisse, raison pour laquelle le mémorial le considère comme Suisse 5. Et les femmes mariées? Les étrangères obtenaient automatiquement la nationalité suisse par leur mariage, mais les Justes qui se sont trouvées dans cette situation (Suzanne Curtet, May Calame-Rosset) n ont pas été toujours considérées comme Justes suisses. A l inverse, la Zurichoise Frieda Kobler, épouse du célèbre acteur et écrivain allemand Toni Impekoven, a été retenue comme Juste suisse, même si son mariage lui avait fait perdre la nationalité suisse 6. Il faut insister: dans ce contexte, il n existe pas de solution entièrement satisfaisante. D un côté, il est indispensable de retenir des critères identiques: c est ce qui a été fait dans le volet biographique. De l autre côté, cette publication vise à éclairer des actes méconnus bien que remarquables, et à offrir à la fois un aperçu de la variété des actions des Justes et des pistes de recherches. C est donc une perspective englobante qui a été retenue dans le volet thématique. La publication a été rédigée sur la base des informations dont disposait l auteur fin mai Plusieurs propositions de nomination étaient alors en cours d examen à Yad Vashem: celle de Joseph Spirig, passeur saint-gallois, celle d Arthur et Wilhelmine Jaccard, des Suisses établis dans le Jura français, et celle d Edouard Brunschweiler, un adjoint du délégué du CICR à Budapest. Il reste possible que parmi les Justes honorés par Yad Vashem, d autres que ceux mentionnés dans la publication aient eu la nationalité suisse au moment de leur action ou au moment de leur nomination 5. Tribune de Genève, 5 mai Courriel de Yad Vashem à l auteur du 22 août Wagner, Meir, Die Gerechten der Schweiz. Tel-Aviv, 1999, pp

12 II. Les actions des Justes suisses Les actions sont présentées selon le pays dans lequel elles sont intervenues. Cela permet aussi d assurer une certaine cohérence d ordre chronologique, le parcours nous entraînant de la frontière avec l Autriche en 1938 à la Hongrie en II.1. A la frontière suisse après l Anschluss de l Autriche 7. BURRIN, Philippe, Hitler et les Juifs. Genèse d un génocide. Paris, Seuil, 1995, p. 43 (coll. Points). Depuis leur arrivée au pouvoir à Berlin en 1933, les nazis poussaient les Juifs au départ, tout en confisquant leurs biens. «L émigration de tous les Juifs, tel était l objectif à terme», nous rappelle l historien Philippe Burrin 7. Après l Anschluss de mars 1938, la majorité des quelque 180 à Juifs se trouvant sur l ancien territoire autrichien tenta de trouver refuge à l étranger. Environ d entre eux émigrèrent, de gré ou de force, durant les huit premiers mois. Entre et arrivèrent en Suisse, doublant ainsi le nombre d émigrants dans notre pays. Le président Roosevelt invita 33 Etats à une conférence pour tenter de trouver une solution internationale, incluant les pays dit de destination, soit les pays d outre-mer, aux problèmes posés par cette émigration massive, mais aussi pour satisfaire l opinion américai- 12

13 ne. Les Etats-Unis avaient fait clairement savoir que les participants ne seraient pas tenus d accepter plus d immigrants que ne le prévoyait leur législation et que, pour leur part, ils n augmenteraient pas leur quota annuel d immigration, fixé à environ pour l Allemagne et l Autriche. La Suisse, comme les autres pays européens, avait réaffirmé qu elle resterait un pays de passage, ou de transit, pour les émigrants. La conférence qui s est finalement tenue à Evian en juillet 1938 n a donc débouché, sans surprise, sur aucun résultat substantiel. La Suisse pratiquait elle aussi une politique d accueil très restrictive. Le 28 mars 1938, le Conseil fédéral imposa l obligation du visa d entrée aux détenteurs de passeports autrichiens et ordonna de ne pas en délivrer aux réfugiés qui voudraient se rendre en Suisse pour y séjourner ou s y fixer. L obtention de visas de transit était soumise à des conditions très sévères. L arrivée de réfugiés diminua rapidement. Dès l été pourtant, les entrées clandestines se multiplièrent. On assista à deux processus s achevant par des décisions du Conseil fédéral qui demeurent, aujourd hui encore, les plus critiquées de sa politique 4. Les excuses du président de la Confédération, Kaspar Villiger, en 1995 «[ ] De pénibles conflits, dans le sillage de peurs démesurées, furent aussi réglés au détriment de l humanité. Le timbre «Juif» fut une concession, une concession contraire à ses objectifs, que la Suisse fit à l Allemagne. Ce timbre, la Suisse l a approuvé en Nous avons autrefois fait le mauvais choix au nom d un intérêt national pris dans son sens le plus étroit. Le Conseil fédéral regrette profondément cette erreur et tient à s en excuser, tout en restant conscient que pareille aberration est en dernier lieu inexcusable. [ ]» à l égard des réfugiés, au côté de la fermeture des frontières en août La première est la fermeture des frontières le 19 août 1938, la seconde, l approbation unanime d un accord avec l Allemagne introduisant un tampon «J» dans les passeports des Juifs du Reich, le 4 octobre Fruit de discussions entamées en avril, puis de négociations, l introduction du «J» était liée au caractère tout à fait provisoire de la solution du visa pour les passeports autrichiens; elle n aurait plus d effet dès lors que ces passeports seraient remplacés par des passeports allemands ce qui arriva le 15 août. Deux voies se présentaient: l imposition générale du visa ou le signe distinctif. En simplifiant, la Suisse hésitait à imposer le visa aux Allemands pour ne pas indisposer le grand voisin, mais voulait simultanément empêcher l afflux de réfugiés juifs; toujours désireux de forcer les Juifs 13

14 Anton Bühler à l émigration, le Reich voulait quand même éviter l imposition générale du visa. La responsabilité importante des Suisses dans le choix final du signe distinctif plutôt que du visa généralisé ne peut, aujourd hui, plus sérieusement être contestée. La législation raciale allemande pénétrait ainsi dans le droit suisse. Face à la poursuite de l immigration clandestine, le Département fédéral de justice et police convoqua une réunion des directeurs cantonaux de police; les cantons possédaient alors une très large compétence en matière d asile. Heinrich Rothmund, le chef de la Division de police, évaluait alors à le nombre de réfugiés illégaux présents sur sol suisse. Des positions contrastées se manifestèrent lors de la réunion du 17 août. Le commandant de la police thurgovienne se vanta que son canton n abritait aucun réfugié, avant d ajouter: Berne peut décider et ordonner ce qu elle veut, notre canton n acceptera aucun réfugié! Avec les représentants bâlois et schaffhousois, deux futurs Justes invoquèrent des motifs humanitaires pour déclarer qu on ne pouvait refouler tout le monde: Paul Grüninger, le commandant de la police saint-galloise, et Anton Bühler, secrétaire du département grison de Justice et Police. Le 19 août, le Conseil fédéral décida toutefois la fermeture des frontières: refoulement de tous les réfugiés se présentant sans visa à la frontière et renvoi de tous ceux qui l avaient franchie illégalement. Certains fonctionnaires refusèrent néanmoins d appliquer ces directives. II.1.1. Des visas généreusement délivrés à Bregenz: Ernest Prodolliet Le visa ayant été rendu obligatoire pour les détenteurs de passeports autrichiens, Ernest Prodolliet, un collaborateur du consulat de Suisse à Saint-Louis aux Etats-Unis, dut interrompre ses vacances européennes pour renforcer l agence consulaire de Suisse à Bregenz à partir du 1 er avril Responsable du bureau des passeports de l agence consulaire, il se trouva vite confronté à de nombreuses demandes de visas. Son activité reste mal documentée, mais on évalue à au moins 300 le nombre de visas de transit accordés à des Juifs cherchant à gagner la Palestine ou d autres pays. On connaît de lui toutefois 14

15 d autres actions: passage de la frontière en emmenant dans sa voiture un réfugié sans visa, intervention auprès d un douanier pour qu il laisse entrer un médecin juif, tentative de franchir clandestinement la frontière avec un réfugié. Cette dernière action se solda par des tirs allemands et l arrestation en Suisse de Prodolliet. Celui-ci fut ensuite rappelé à Berne. Nommé vice-consul de Suisse à Amsterdam en 1939, il y aurait aussi délivré des attestations de complaisance à des Juifs. II.1.2. Le commandant de la police saint-galloise licencié: Paul Grüninger Si, en Suisse, une figure symbolise une générosité envers les persécutés sanctionnée par les autorités, c est bien l ancien commandant de la police du canton de Saint-Gall. Pourtant, rien ou presque ne prédestinait Paul Grüninger au rôle qu il a joué en Instituteur de formation, membre du parti radical, il se 5. Rothmund se plaint des milliers de visas délivrés dans les consulats de Suisse en Italie «Au cours du mois d août dernier, plusieurs cantons se sont plaints de la présence sur leur territoire de nombreux émigrants provenant d Autriche et entrés en Suisse avec des visas délivrés par nos consulats en Italie. Les plaintes des cantons se répétant, nous avons fait savoir, le 30 août, à nos consulats en Italie qu ils ne devraient plus délivrer désormais aucun visa de leur chef à des émigrants d Autriche. [ ] Trois consulats surtout se font remarquer par le nombre des visas délivrés: en effet, alors qu à eux tous notre Légation à Rome et nos consulats à Florence, Gênes, Naples, Turin et Catane avaient délivré environ 250 visas, notre consulat de Trieste en avait octroyé 450, celui de Venise 500 et celui de Milan [ ] Les faits exposés ci-dessus dénotent chez certains fonctionnaires de nos consulats à Trieste, Venise et Milan une telle incurie (on peut se demander s ils ont jamais lu les instructions de notre Département) et un tel dédain des intérêts de notre pays ou alors une telle incapacité qu à notre avis des mesures s imposent. En agissant comme ils l ont fait, ils ont non seulement causé un grand surcroît de travail aux polices fédérale et cantonales des étrangers, occasionné des frais supplémentaires à ces administrations et aux organisations qui s occupent de l aide aux réfugiés, mais surtout ils ont contribué à aggraver les difficultés dans lesquelles notre pays se trouve, du fait de la présence d un trop grand nombre d émigrants juifs sur notre territoire». Les deux fonctionnaires concernés du bureau des passeports du consulat général de Suisse à Milan étaient Pio Perucchi ( ) et Candido Porta ( ). Perucchi prit sa retraite fin Porta resta au consulat, mais fut réaffecté aux affaires militaires, poste qu il avait déjà occupé en début de carrière. passionnait davantage pour le football que pour les activités caritatives. Il déploya l essentiel de son activité de sauvetage après la fermeture complète des frontières à laquelle il s était opposé comme on l a vu. Sur les quelque 450 autorisations de séjours délivrées dont la trace est conservée, 400 l ont été après le 19 août. 15

16 6. Récit de Hellmut R. de Vienne, arrivé peu avant Noël 1938 au camp de Diepoldsau «Après quelques jours au camp, plusieurs personnes me conseillèrent d écrire une lettre au commandant Grüninger. Je racontai que j étais l enfant de parents sourdsmuets, qui avaient vainement essayé de venir avec moi en Suisse et qui étaient rentrés à Vienne après que j eus réussi à m enfuir. Je le priai de faire tout ce qui était humainement possible pour sauver mes parents. Il m écrivit par retour de courrier qu il n était pas en mesure de leur délivrer un visa. Mais il m envoya une «citation à comparaître» qui leur était destinée pour une «audition» dans son bureau à Saint-Gall. Mes parents utilisèrent leurs derniers sous pour acheter des billets de train et, grâce à ce papier officiel, ils purent sortir d Autriche et entrer en Suisse. Le commandant veilla à ce que je retrouve immédiatement mes parents et leur accorda une autorisation de séjour». Grüninger alla jusqu à falsifier des documents. Il est établi qu il en a antidatés au moins 67, indiquant une date antérieure à la fermeture des frontières et à l ordre de refoulement. Il a fermé les yeux devant de faux visas, envoyé des citations à comparaître et des invitations à des détenus du camp de concentration de Dachau, afin de les faire venir en Suisse. Malgré ses contacts avec Prodolliet, Grüninger a surtout travaillé avec deux autres personnes: son supérieur direct, le conseiller d Etat socialiste Valentin Keel, et le dirigeant de l aide israélite de Saint-Gall, Sydney Dreifuss. Une des conditions d admission en Suisse, même pour un simple transit, voulait que le réfugié ne coûte rien à l Etat: soit il pouvait subvenir à ses besoins, soit des œuvres d entraide privées le prenaient en charge. Grüninger avait donc des contacts très réguliers avec Dreifuss pour assurer que le réfugié qu on voulait laisser entrer ou ne pas refouler serait entretenu financièrement. Quant à son supérieur, Paul Grüninger répéta qu il n avait cessé d agir avec son aval. Or quand sa position se fragilisa Rothmund réclamant chiffres et explications dès janvier 1939, le conseiller d Etat Keel ne fit guère d efforts pour prendre sa défense. Grüninger fut suspendu de ses fonctions en mars 1939, licencié six semaines plus tard. En 1940, le tribunal du district de Saint-Gall le condamna à une amende pour falsification de documents et manquement aux devoirs de sa charge. Paul Grüninger vécut ensuite péniblement de diverses activités avant d enseigner à l école primaire d Au. Des rumeurs de corruption et de copinage avec les nazis circulèrent. Encore aujourd hui, elles resurgissent épisodiquement. Bien que déposées régulièrement depuis 1968, les demandes de réhabilitation ont abouti seulement dans les années 1990, soit une vingtaine d années après sa mort. A la réhabilitation politique (1993) ont succédé la réhabilitation juridique (1995), puis le verse- 16

17 ment par le gouvernement saint-gallois de 1,3 million de francs à la Fondation Paul Grüninger, à titre de dommages et intérêts pour le licenciement immédiat de Aujourd hui, plusieurs places portent son nom. Vienne abrite une Ecole Paul-Grüninger. On ne peut plus déterminer le nombre de personnes qui doivent leur entrée en Suisse à l ancien chef de la police saint-galloise. Alors que l encyclopédie de la Shoah avance le chiffre de , la Fondation Paul Grüninger parle de quelques centaines, chiffre probablement plus proche de la réalité. Il est certain en revanche que le comportement de Grüninger et de son supérieur à l égard des réfugiés a incité des douaniers et policiers saint-gallois comme Chritian Dutler, Karl Zweifel ou Alfons Eigenmann à ne pas refouler les fugitifs. Des passeurs ont aussi été actifs à la frontière du Rheintal saint-gallois, à l instar de Wilhelm Hutter, Jakob Spirig et Johann Spirig; la Commission de réhabilitation du parlement a récemment annulé leurs condamnations. Paul Grüninger II.1.3. Un Juste grison: Anton Bühler Lors de la conférence des directeurs cantonaux de police, le 17 août 1938, le juriste Anton Bühler, qui représentait les Grisons, avait ouvertement partagé le point de vue de Paul Grüninger. Secrétaire du département grison de Justice et Police, il avait précisé que 173 réfugiés d Autriche avaient franchi la frontière cantonale, bon nombre d entre eux ayant toutefois poursuivi leur route jusqu en France. Comme Grüninger, il ne respecta pas les directives fédérales édictées lors de la fermeture des frontières le 19 août. Mais lui ne fut ni sanctionné, ni même inquiété. Bien plus, lors de la séance du 16 mai 1939 du Grand Conseil grison, un député salua la grande compréhension dont le Département de justice et police, en particulier son secrétaire général, avaient fait preuve à l égard des réfugiés politiques. La première intervention connue d Anton Bühler en faveur des réfugiés juifs date du 30 septembre On l avait appelé de Martina en Engadine où quatre jeunes Juifs de Vienne s étaient présentés à la frontière. Pouvait-on les laisser entrer, malgré les directives fédérales? Bühler accepta. L autorisation fut ensuite étendue aux parents de ces jeunes. Plus de cent réfugiés, en majorité juifs, seraient arrivés aux Grisons grâce à Bühler. 8. JÄCKEL, Eberhard, e.a., (Ed.), Enzyklopädie des Holocaust. Die Verfolgung und Ermordung der europäischen Juden. Munich et Zurich, Piper, 1995, p. 582; 17

18 II.2. En France Les actions de la plupart des Justes suisses en France s inscrivent dans deux contextes: les camps d internement mis en place début 1939 dans le Sud du pays; l application de la «solution finale» dès A la poursuite de l aide apportée aux internés s est ainsi ajoutée, avec les rafles et déportations de l été 1942, une double action de sauvetage. Il s agissait d organiser des passages clandestins en Suisse et un hébergement privé ou institutionnel pour les persécutés. Les camps d internement français dans lesquels furent enfermés au total hommes, femmes, enfants n avaient à l origine aucun lien avec la Shoah ni avec Vichy. Ils relevaient d une logique d exclusion sociale. D abord, il avait fallu placer, dans des camps de fortune proches des Pyrénées, les milliers de républicains qui avaient fui l Espagne lors de la victoire de Franco début Juifs, Roms et Sinti étaient venus les rejoindre à partir de Les armées allemandes se lancèrent à l attaque des Pays-Bas, de la Belgique, du Luxembourg et de la France le 10 mai Leur avancée fut rapide, déversant des flots de civils sur les routes. A une résistance à outrance, le maréchal Pétain, chef du gouvernement depuis le 16 juin, préféra demander l armistice. Pétain laissait de fait la Grande-Bretagne de Churchill combattre seule le Troisième Reich jusqu en Avec l armistice, la France se trouvait divisée en deux zones: au Nord une zone occupée par les Allemands, au Sud une zone dite libre avec un gouvernement établi à Vichy. L Alsace-Lorraine avait été rattachée au Reich, alors que les trois départements du Nord dépendaient de l administration militaire allemande de Bruxelles. Avec Juifs en 1939, dont deux tiers vivaient à Paris, la France comptait la plus grande communauté d Europe occidentale. Elle représentait toutefois moins de 1% de la population et seule la moitié possédait la nationalité française. Pour mettre en œuvre la «solution finale», les Allemands avaient besoin d une collaboration française. Le «compromis» suivant fut trouvé: police et gendarmerie françaises effectueraient les rafles, mais celles-ci ne toucheraient pas les Juifs de nationalité française. Les deux plus grandes rafles eurent lieu en été A Paris, les 16 et 17 juillet, près de Juifs furent arrêtés, les familles étant parquées au Vélodrome d hiver, les autres envoyés au camp de Drancy d où ils furent tous déportés à Auschwitz-Birkenau. Si 18

19 on restait relativement loin de l objectif visé de arrestations, l émotion atteignit son comble car les rafles massives intervenaient de jour, en pleine ville et n épargnaient nullement les enfants. Dans la zone sud, les rafles touchèrent d abord les camps, qui devinrent ainsi la pierre angulaire du dispositif de déportation. La rafle la plus importante survint le 26 août. En novembre 1942, en riposte au débarquement allié en Afrique du Nord, les Allemands occupèrent le Sud de la France. Leurs alliés italiens en firent de même avec une bande de terre allant de Nice à la Savoie, mais rechignèrent à livrer des Juifs. Le répit fut de courte durée: les Allemands occupèrent l ensemble de la France et de l Italie du Nord en septembre Rafles, arrestations et déportations se poursuivirent, mais sur une plus petite échelle. Trois convois partirent encore pour Auschwitz-Birkenau après le débarquement allié en Normandie, le 6 juin 1944 (depuis le premier convoi parti le 27 mars 1942, il y en avait eu jusqu alors 75). Au total, Juifs ont été déportés de France. Seuls d entre eux ont survécu. II.2.1. Le camp de Gurs Gurs, dans le pays basque français, abritait le camp d internement le plus sinistre de la France de Vichy. Baraques en bois, infestées de vermine, sur un sol en terre que l hiver transformait en champ de boue. Erigé à la hâte en avril 1939 pour des républicains espagnols, il s était quasiment vidé en automne 1940, avant de devenir un camp pour Juifs. Y furent d abord parqués Juifs expulsés du jour au lendemain du pays de Bade, du Palatinat et de Sarre. Quelque internés juifs transférés d autres camps français les rejoignirent. Les conditions d hygiène étaient effroyables et la nourriture manquait: une épidémie de typhus et la dysenterie emportèrent 800 Juifs le premier hiver. Gurs devint un des principaux points de départ des convois de déportation de la zone sud. Six convois partirent pour Drancy, puis Auschwitz-Birkenau, emportant près de Juifs. A Gurs comme dans les autres camps d internement, des œuvres d entraide s efforcèrent de procurer de la nourriture et d autres types de secours aux internés. Soucieuses de renforcer leurs actions, ces œuvres se regroupèrent dans le Comité de Nîmes. Deux Suisses délégués par des œuvres d entraide passèrent plusieurs mois en à Gurs et y sauvèrent des Juifs de la déportation: le théologien protestant Hans Schaffert, envoyé par la 19

20 CIMADE pour un stage de six mois, et l abbé Albert Gross, envoyé par l évêque de Lausanne, Genève et Fribourg. Témoin direct des déportations de 1942, Hans Schaffert écrivit à Marc Boegner, président de la Fédération protestante de France, pour le presser d intervenir. Il organisa également la fuite de prisonniers vers l Espagne ou la Suisse et leur procura de l argent. Les autorités françaises n apprécièrent guère ses activités et demandèrent son rappel. De retour en Suisse, Hans Schaffert devint le principal collaborateur de Paul Vogt, le «pasteur des réfugiés». Arrivé en mai 1942, l abbé Gross fut témoin du départ des six convois de déportation de Gurs. Il cacha une quarantaine de Juifs dans une réserve pour qu ils échappent aux déportations. Il sauva également Georges Vadnai (encadré 8). L action de l abbé Gross ne s est pas limitée au camp de Gurs. Il a également organisé la traversée du Léman pour deux ou trois 7. Le Comité de Nîmes Dispersées et spécialisées dans un type d activités ou secourant une catégorie de personnes, les œuvres se trouvèrent confrontées à une rapide dégradation de la situation dans les camps d internement. En novembre 1940, elles se regroupèrent dans un comité de coordination, dit Comité de Nîmes. La coordination répondait aussi au vœu du gouvernement de Vichy, soucieux de se décharger sur les œuvres d entraide d une aide minimale aux internés qu il n aurait sans doute pu assurer lui-même. Les œuvres eurent donc un large accès aux camps. Le Comité allait réunir une vingtaine d œuvres, dont les Quakers américains, les jeunes protestants de la CIMADE (Comité inter-mouvements auprès des évacués), les Juifs de l OSE (Œuvre de secours aux enfants) et le Secours suisse sur lequel on reviendra. En règle générale, chaque œuvre disposait d une antenne dans chaque camp. Si certaines œuvres d entraide ou certaines personnalités émergent selon le camp ou le moment, l aide aux internés fut bel et bien une œuvre collective. Il faut conserver cette dimension à l esprit lorsqu on s intéressera plus particulièrement à certaines personnalités, les Justes suisses. réfugiés et a vraisemblablement participé à la fabrication de faux papiers. Enfin, c est lui qui a transmis à Berne la première liste de non-refoulables, comportant 22 noms. Cette liste, régulièrement actualisée, allait compter noms dans sa dernière version, en août Son origine était la suivante: le pasteur Marc Boegner avait convenu avec les autorités helvétiques que certains protégés des œuvres d entraide, pour lesquels elles se portaient garantes, seraient accueillis sans risque de refoulement. Sur la liste qu il allait finalement transmettre, Albert Gross avait placé une collaboratrice de l Œuvre de secours aux enfants, elle aussi détachée à Gurs. Il passa avec elle clandestinement la frontière suisse en juin

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