Sciences, guerre, et développement

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1 Sciences, guerre, et développement E. Zaccai (partie 2) PREPARATION 3 Pole Berhneim Paix et Citoyenneté de l'ulb

2 Définitions du développement, évolution des richesses et de la santé dans le monde Composantes essentielles: la population, la santé, l'alimentation Influences de la science et des techniques sur leurs évolutions Trajectoires économiques Relations à certains développements techniques: énergie, communication, innovation Relations entre croissance et bien-être: indicateurs alternatifs

3 Alimentation : bilan global La production alimentaire a plus que doublé depuis1960 La production par habitant a augmenté Il y a en quantité suffisamment de nourriture pour tous Les pénuries alimentaires sont causées par la pauvreté (distribution, production) Les prix ont diminué sur le long terme Les prix ont augmenté en : Blé+ 110% entre juin 2007 et mars 2008 en partie à cause de la spéculation, puis retombe. En 2010 le blé double à nouveau de prix Volatilité plus grande et questions sur le futur: il dépendra de la production et des modes de consommation

4 Sous-alimentation dans le monde Monde diplo 2008 En 2009 on a dépassé 1 milliard de sous-alimentés, puis cela a baissé

5 Facteurs réduisant la sous-alimentation Améliorer la distribution de nourriture, accès Constituer des stocks tampons en cas de crises (augmentation des prix), sécheresse, etc. Améliorer la productivité en respectant l'environnement Réforme agraire Cultures vivrières (agro écologie? Voir représentant spécial des NU pour l'alimentation) Augmentation des revenus Effets des conflits Corriger les effets du soutien des pays riches à leur agriculture

6 Évolution de la part des agriculteurs parmi la population active occupée 6 Causes : - Chimie, agronomie - Energie (direct, indirect) - Capital - Spécialisation - Commerce Sources : P. Flora (1983) ; P. Bairoch & al. (1968) ; A. Lipietz (1977) ; A. Maddison (1995) ; C. Trebilcock (1981) ; C. Thélot & O. Marchand (1997); G. Ambrosius & W. H. Hubbard (1986); Banque mondiale (1997). Ch. Vandermotten & P. Marissal, TOME 1, 1998, p 65

7 Agriculture et techniques «modernes» La mécanisation et l emploi d engrais est très différente dans les régions du monde La révolution agricole a diminué très fortement la part de la population active et augmenté (engrais) certains rendements de la terre au prix d investissements lourds et de certaines pollutions Quelle sera l évolution? Monde diplo 2008

8 Les évolutions médicales ont eu un rôle crucial sur l'évolution démographique, avec des conséquences majeures Les évolutions techniques en agriculture, chimie, ingénierie, énergie, ont également eu des rôles essentiels sur l'évolution de la nourriture (population) et des emplois Mais les sciences et techniques n'agissent pas seules. Il y a rarement une réponse purement technique à un problème social. Les sciences et techniques ont également des effets négatifs et aussi imprévisibles. Elles sont de plus fortement intégrées aux systèmes économiques

9 Évolution de la structure sectorielle de l emploi dans cinq pays développés européens entre 1880 et Comparaison avec la situation actuelle dans d autres pays 9 Sources : P. Flora, 1983 ; Nations-Unies ; Banque Mondiale. Ch. Vandermotten et P. Marissal TOME 1, 1998, p 62

10 «Chemins» de développement Nécessitent : - Un transfert des emplois d un secteur à l autre avec augmentation de richesse (migrations rurales vers villes, pertes d emplois de désindustrialisation, ) - «Gérer» des problèmes de chômage (y. c accroissements de population) - Générer des surplus qui vont être réinvestis au bénéfice du pays (or les activités dépendent de marchés mondiaux, d investisseurs externes, ) - Accès à des capitaux, sécurité des structures pour les investisseurs - Capacités des populations, infrastructures, etc. 10

11 Sur le long terme : un fort accroissement des différences entre régions, intervenant dans le concept de «développement» Evolution du PNB par habitant ( ), en dollars internationaux constants de /.1 à 20./. 1 à 4 Voir aussi Gapminder 11 Sources : A. Maddison (1995). Ch. Vandermotten & P. Marissaal, TOME 1, 1998, p 64

12 Sources des gains de productivité Productivité économique: PIB par unité de travail (ou de capital) Technologies Organisation du travail Autres facteurs de production Importance de la recherche, de l éducation, des capitaux pour investissements Importance fondamentale de l'utilisation de l'énergie (voir Gapminder) Limites: - Certains services (cf. Coiffeurs, A. Smith) - Ressources naturelles et pollutions Distribution des gains: - Investisseurs - Salariés - Richesse d un pays

13 "L IMPÉRATIF D INNOVER : trouver de nouvelles sources de croissance Le monde est aujourd hui confronté à des défis sans précédent. Les effets de la récession économique continueront de se faire sentir pendant plusieurs années encore. La mesure utilisée pour évaluer le bien être est le PIB par habitant, et des variations du niveau de bien être peuvent être la conséquence d évolutions de la productivité du travail (PIB par heure travaillée) et de l utilisation de la main d oeuvre (heures travaillées par personne employée). Le ralentissement de la productivité du travail érodait déjà la croissance avant la crise ( ), imposant aux pays l obligation de trouver des sources de croissance nouvelles et durables." (OCDE, 2010) Recherche de nouveaux secteurs où une valeur ajoutée est possible de façon compétitive

14 Innovation, Brevets et universités L innovation est un facteur déterminant de la croissance et des performances de l économie mondialisée. Elle donne naissance à de nouvelles technologies et de nouveaux produits qui aident à répondre aux enjeux mondiaux comme ceux de la santé ou de l environnement. En transformant les modalités de production des biens et de prestation des services, elle stimule la productivité, crée des emplois et contribue à améliorer la qualité de vie des citoyens. ( ) Dans beaucoup de pays de l OCDE, afin de stimuler le transfert de technologie entre les universités et les entreprises, les pouvoirs publics ont encouragé les universités à breveter leurs inventions. Cela leur permet de faire connaître leurs découvertes auprès des entreprises et leur offrent une source de revenus si elles consentent à céder leurs brevets ou à octroyer des licences aux entreprises. L Australie, le Canada et les États-Unis ont été les premiers pays à adopter de telles politiques, et la part des brevets déposés par leurs universités s est stabilisée à environ 7 %. Toutefois, la prise de brevets par les universités du Japon et des pays de l Union européenne (notamment françaises et allemandes) a nettement progressé au cours de la dernière décennie, bien que sa part demeure en général modeste 1.5 % au Japon, 3 % à l échelle de l UE, mais plus de 5 % en France. ( OCDE 2007)

15 Rentabilité comparée de secteurs d activité - Rentabilité élevée exigée - Mise en concurrence - Compétitivité exigée - Choix des investisseurs vers rentabilité forte - Importance de la recherche 15 HDR 2001, p. 108

16 Les pays de l OCDE: initialement une grande majorité des dépenses de R&D (% R & D mondiale, début années 2000) Source : OCDE, L. Carroué 2002, p 155, et p. 53 Etats-Unis 36,72 NPI Asie 4,7 Amérique latine 2,59 Europe occidentale 24,75 Inde 2,53 Australie, Nouvelle-Zélande 1,1 Japon 13,5 Canada 2,26 Europe centrale 1,04 Chine 7,78 Ex-URSS 1,51 Reste monde 1,52 En 2007 près de 820 milliards d euros ont été consacrés à la recherche scientifique dans le monde. 33 % de ces fonds provenaient des Etats-Unis, 13 % du Japon, 9 % de la Chine, 6 % et 4 % respectivement de l Allemagne et de la France, les deux plus grandes puissances scientifiques européennes. Les dépenses de R&D de l ensemble des 27 pays de l Union européenne représentaient 24 % de ce total (National Science Foundation)

17 Accroissement rapide en Chine La dépense intérieure brute de recherche et développement (DIRD) de la Chine a augmenté de 18 % par an entre 1995 et La Chine se place donc troisième en termes de DIRD, juste derrière les Etats-Unis et le Japon, et devant tous les pays européens (chiffres OCDE) De seulement 5 millions en 2001, la population étudiante chinoise serait passée à 25 millions en La Chine compte désormais établissements d enseignement supérieur, dont une centaine écoles d élite qui forment 4/5 des doctorants, abritent 96 % des principaux laboratoires du pays et absorbent 70 % des financements destinés à la recherche. 1998: Chine: art. sc.; 2006: (plus que gds pays euro); 2009: (x6 en 10 ans) USA: en 2009 (+30% en 10 ans). Données : Thomson Reuters, revues, essentiellement scientifiques 20 % des publications sur les matériaux; 10 % des publications mondiales en ingénierie, en informatique et en sciences de la Terre; point forts sur les composites, les céramiques, les polymères, l ingénierie métallurgique, Près de 9 % des articles publiés par des instituts chinois sont corédigés par des auteurs américains New Scientist 8/4/2010

18 Croissance de l importance des valeurs monétaires et des entreprises Evolution vers un monde où de plus en plus de biens et services entrent dans un (des) marché(s) Augmentation de puissances financières et regroupements dans le cadre d une mondialisation Fragilité des spéculations sur des anticipations de gain, avec des indicateurs à très court terme

19 Gain en puissance des grandes entreprises privées Exemple : Les majors du pétrole Chiffres 2005 en milliards de dollars et varia4on par rapport à 2004 Chiffre d affaires Variation Résultat net Variation ExxonMobil % % Shell % % BP % % Total % % Chevron % % Total % % En 2008: Exxon a réalisé le plus gros bénéfice historique (<40 mds USD) Le Soir, février 2006, p 23. PIB Belgique : 480 Milliards $ (2011) Mais attention: les plus grosses compagnies pétrolières restent étatiques

20 Chiffre d'affaire des 10 plus grands négociants en matières premières (Trading commodities) Financial Times 14/4/2013

21 Les entreprises transnationales + le faible coût des transports et des technologies favorables (containers, internet) vont favoriser commerce et fractionnement de la production En $ constants. 1950= OMC, in C. Vandermotten et P. Marissal 1998, T.2, p. 207

22 Ex. Structure des coûts de production d une paire de chaussures de sport produite en Indonésie et vendue en Europe Impacts socio-économiques considérables Source : Campagne «Vêtements propres». Ch. Vandermotent et P. Marissal, 2003, tome 2, p 204 Permet de percevoir aussi - Les délocalisations actuelles et possibles - Les sources de bénéfices

23 Besoins solvables/besoins essentiels Besoins essentiels Besoins superficiels X: priorités pour le marché Besoins solvables x x Besoins non solvables De ce fait l'innovation est dirigée vers les besoins solvables, indépendamment de leur statut pour le développement humain (qui privilégie les besoins essentiels): Cf exemples dans la santé, dans la sous-alimentation Il faut intéresser des investisseurs pour financer des besoins essentiels Théorie de "La base de la pyramide", ou / et utiliser le micro-crédit Chercher à quel prix des pauvres peuvent acheter un produit, et jouer sur le grand nombre Le déplacement de marchés dans des pays du Sud est favorable à ces évolutions, ainsi que la démocratisation de ces sociétés: entendre demandes des des plus démunis (cf. aussi IDH p/r à PIB)

24 Conclusions partielle sur rattrapage et écarts de richesse Evolution vers un monde davantage multipolaire Ecarts pour les pays les plus pauvres difficilement rattrapables au niveau mondial Transferts partiels d activités et de richesses (gérer les conséquences) Importance de la recherche et de l éducation Pays et activités soumis à forte contrainte de compétitivité avec poids croissants de firmes et investisseurs à capital géant + Contraintes environnementales et énergétiques

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