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1 LIRE SES RÉVÉLATIONS SUR LE CÉLÈBRE CORPS DE POLICE ANGLAISE EN PAGES 2, 3, 4 et 5.

2 trar Scotland Yard, la «Tour Pointue» de Londres, où se trouvent les bureaux du fameux C. /. D. (Crlmlnal Investigation Department). PAR L'INSPECTEUR PRINCIPAL PICUET E long gentleman, tout en angles, dont la tête d'oiseau de proie est coiffée d'une casquette ; dont la bouche mince s'arme d'une pipe qui semble avoir été vissée là une fois pour toutes; dont «l'œil vigilant vous fouille l'âme» ; ce long gentleman-là, c'est le «détective» anglais tel qu'il a été stéréotypé par les auteurs de romans et de films policiers, ces mathématiciens de l'imagination. Son immense célébrité littéraire, Scotland Yard quartier général de la police londonienne l'a en quelque sorte usurpée. C'est le seul G. I. D. (Criminal Investigation Department) qui s'occupe, en réalité, des malfaiteurs. 'Le C. I. D., dont l'effectif est de hommes, est divisé en trois services, placés sous le contrôle de trois assistant-commissionners : 1 Le service central 300 détectives qui assure les permanences à la Tour Pointue de Londres ; 2 le service de ville 500 détectives qui répartit ses hommes dans les postes de police des quatre grands districts ; 3 enfin, la Spécial Branch, sorte de police d'etat chargée du contre-espionnage, de la surveillance des étrangers douteux, de la protection du roi et des hautes personnalités britanniques. Le recrutement de ces hommes est très varié. En 1937, on trouvait, parmi les candidats agréés, des mécaniciens, des employés de bureau, des ouvriers spécialisés, des manœuvres, des employés de magasin, des chauffeurs, des jardiniers, des marins, des wattmen, des manutentionnaires, des voyageurs de commerce, des étudiants, des soldats. Pour être tout à fait exact, force m'est de reconnaître que le «gentleman-détective» existait encore, voilà quelques années, à Scotland Yard. Mais la preuve ayant été établie que ces policiers distingués, qui faisaient un peu figure d'amateurs, rataient toutes, absolument toutes les affaires qu'on leur confiait, le C. I. D. s'en est débarrassé oh! fort poliment en leur expliquant que, tout compte fait, l'amateurisme en matière de police était un non-sens. Aujourd'hui, tout candidat détective doit avoir servi, pendant un an au moins et sept ans au plus, sous l'uniforme de constable. Le C,LD, f copie de notre "Direction des Recherches Criminelles 99 C'est M. Howard Vincent, premier directeur du C. I. D. qui, après un long séjour à Paris, mit sur pied l'organisation de base, en s'inspirant, point par point, de notre Direction des Recherches criminelles de la Préfecture de police. Je vais sans doute étonner le lecteur en lui disant que, pendant longtemps, les policemen en uniforme par jalousie et le peuple La première épreuve du candidat. Mesure-t-il moins d mètre quatre-vingi? Alors II peut renoncer au métier de oolicimr. londonien par traditionalisme regardèrent d'un très mauvais œil les policiers en civil du C. I. D. Tandis que les romanciers commençaient à broder sur les exploits de ces «chasseurs d'hommes», les journalistes déchaînaient campagne sur campagne, traitaient les «Tecs» d'espions et d'agents provocateurs, accusaient Mi Howard Vincent d'avoir créé cette chose dont le peuple anglais n'a jamais voulu et dont il ne voudra jamais : une police secrète. A l'heure actuelle, les policiers en civil, qui ont abondamment fait leurs preuves, qui ont démontré que le C. I. D. n'était pas une police secrète, sont unanimement aimés et respectés. Tous ceux qui ont fréquenté les cours de justice britanniques savent qu'aucun tribunal ne permettrait à un défenseur de prendre à partie comme cela se produit ailleurs un détective comparaissant en qualité de témoin à la barre. Auxiliaire indispensable de la justice, l'homme du Criminal Investigation Department peut venir en toute sérénité dans son temple, certain d'avance de n'y être ni injurié ni vilipendé, quelle que puisse être la gravité du témoignage qu'il apporte pour ou contre l'accusé. Ce respect dont il est entouré est un atout formidable pour le policier anglais. En fait, si les détectives du C. I. D. n'étaient point respectés et aidés en toute occasion par le public anglais, ils ne pourraient jamais car leurs pouvoirs réels sont restreints! accomplir leur dure tâche. Le suspect appartient à la police La police n'a point le droit d'arrêter, de son propre chef, un suspect. Mais elle a le droit de le «garder à vue». On a ôté, des bureaux du Yard et des cellules de détention préventive, les pancartes où étaient inscrits ces mots : «Les personnes mises en état d'arrestation sont informées qu'il est interdit à la police de les questionner.» Mais l'obligation subsiste pour un policier procédant à une arrestation de prévenir son «client» que «toute parole prononcée par lui à partir de ce moment pourra être utilisée contre lui». Officiellement, les détectives du C. I. D. n'ont pas le droit de questionner un suspect. Officieusement et nul ne s'en plaint ce sont ces mêmes policiers qui posent toutes les questions, qui mettent l'affaire sur pied. Pendant cette mise sur pied, le seul maître du dossier, c'est le detective-sergeant ou le detectiveinspeciot chargé de l'affaire. Le suspect est en bonnes mains. Et il a intérêt à jouer franc jeu. Sa meilleure, sa seule chance d'obtenir une sentence équitable, c'est l'esprit de fair-play, de loyauté, d'impartialité absolue qui a fait la réputation des Sharpe, des Williams, des Smith, des Nichols, des Lander, des Grifflth et autres «as» du Criminal Investigation Department. Police! Hands Up! En audience publique, le detective-sergeant présente son «client» au tribunal : Votre Honneur, permettez-moi de vous présenter les premiers éléments d'accusation que nous avons réunis contre cet homme. Son nom est Jack Edward Baldy. Il est né à Londres, le 11 avril Il habite au Greenbell Hôtel, Wardour Street, et exerce" le métier de taxi-boy au Pim-Pim Dance Club, Gerrard Street. Nous l'accusons de meurtre au premier degré (assassinat avec préméditation) sur la personne du dénommé Harvey Syke, taxi-boy également, que l'on a trouvé étranglé dans la chambre qu'il habitait au troisième et dernier étage d'une family-house située au numéro 124, Dean Street... Harvey Syke était un homosexuel professionnel... Nette, claire, la déposition du policier se poursuit. Pas de sous-entendus, pas de phrases vagues. On appelle un chat un chat. On n'épargne au tribunal aucun terme... technique. Le juge examine les éléments fournis, pèse le pour et le contre. Voyons, il est établi que le suspect Baldy, auquel Harvey Syke avait «soulevé» un généreux protecteur, a rendu visite à son rival une heure avant la découverte du corps de ce malheureux par sa landlady. Il est établi que le suspect Baldy porte, sur les poignets et sur le cou, des traces de coups d'ongles. Il est établi...

3 Grave, le policier formule la demande traditionnelle : Notre enquête se poursuit. Nous sollicitons te maintien en détention de cet homme. Le juge tranche : Pour combien de temps? Pour quinze jours! Accordé! Encore un coup, si le policier du Yard ne bénéficiait pas d'une telle aide, il risquerait de faire chou blanc plus souvent qu'à son tour. Pour «verrouiller» une affaire, il compte en effet beaucoup plus sur les interrogatoires des suspects et des témoins sans omettre les informations des indicateurs que sur la prospection subtile des indices et le dépouillement appliqué des vérifications innombrables, besognes fastidieuses auxquels s'astreint passionnément le policier français... Un vieux proverbe anglais dit qu'entre amis «toute vérité est bonne à dire et à entendre». J'en profite pour ébrécher cette légende d'infaillibilité qui fait de Scotland Yard un faux point de comparaison avec les autres polices. Pour dire les choses comme elles sont et au risque d'étonner derechef le lecteur je dois préciser que les détectives du C. I. D. sont fort pauvrement outillés. Leur office d'identité judiciaire ne comporte ni laboratoire de police technique ou scientifique, ni service de mensuration ou de bertillonage. Il se réduit, en tout et pour tout, à un atelier où les techniciens de la photo sans retouche et de la dactyloscopie tirent les portraits des personnes arrêtées et mettent sur fiche leurs empreintes digitales. Encore ces fiches doivent-elles être détruites au bout de quelques années, pour les condamnés primaires qui, après avoir subi une peine légère, n'ont point récidivé. Il est vrai que l'identification par empreintes digitales est poussée, au C. I. D., à l'extrême pointe du progrès, la maison possédant une installation de T. S. F. qui lui permet, en quelques instants, d'envoyer ou de recevoir les empreintes d'un suspect, par la voie des ondes, d'un bout du monde à l'autre. A maintes reprises, les chefs du Criminal Investigation Department ont déclaré que l'installation d'un laboratoire de police scientifique était un «luxe fort onéreux» dont l'utilité ne s'imposait aucunement. «La science aux savants», telle est la devise-maison. Comme de juste, de temps à autre, on fait appel à un expert en écritures, à un toxicologue. Mais c'est plutôt à contre-cœur, Je crois pouvoir dire que la police anglaise, d'accord en cela avec la justice anglaise, tient les experts en grande méfiance, sans mettre en doute pour cela la sincérité de ces messieurs. Fournir au jury des preuves irréfutables, des preuves qu'il peut comprendre, tel est le but du C, I. D. Il faut avoir entendu un détective anglais déposer, dans le silence le plus complet devant les assises, pour comprendre pleinement 1 importance que la Cour, la défense, l'accusation et les douze membres de la communauté hommes et femmes érigés en justiciers, attribuent aux arguments-massue â l'évidence précise fournie, sans subtilités oratoires, par le représentant du Yard. On a vu de telles dépositions mettre tout le monde d'accord, au point qu'après le départ du détective de la barre, le jury rendait son verdict en moins de cinq minutes et la Cour prononçait sa sentence deux minutes plus fard! Quinze mille affaires par an Le Criminal Investigation Department n'est point, en dépit de son nom, une «brigade criminelle». Les hommes du Yard où l'on ne possède pas même une «section d'affaires de sang» s'occupent, en fait, de toutes les affaires relevant des lois pénales. M. J.-F. Moylan, un haut fonctionnaire de la Maison, a pu dire que le travail de ses hommes consistait avant tout à écourter les périodes de liberté des «x ennemis publics» professionnels pickpockets, cambrioleurs, spécialistes de l'attaque nocturne, gangsters motorisés, escrocs et trafiquants divers qui pullulent à Londres et dont l'activité se chiffre, bon an mal an, par une quinzaine de milliers d'affaires, où les crimes n'entrent, que pour une proportion infime une trentaine par an environ. Travail ardu. Contrairement à ce que l'on imagine communément, les lois anglaises, bien que sévères, offrent aux malfaiteurs d'innombrables échappatoires. A titre d'exemple, prenons la bande Bayne et consorts. Ces cambrioleurs professionnels, parfaitement organisés en bande, sont arrêtés par le C.I.D. Bon. Les détectives parviennent à obtenir de ces virtuoses de la pince-monseigneur et du rossignol les aveux les plus complets concernant vingt-trois cambriolages et le détective-inspector, «chef d'affaire», M. Lewis, est absolument certain que ces malfaiteurs ont commis d'autres «cassements». Pourquoi n'ont-ils consenti à avouer que ceux-là? Eh! c'est bien simple. Ils ont commis ces vingt-trois cambriolages le brouillard aidant entre six heures du matin et neuf heures du soir. Ils «tombent» ainsi pour vol simple trois à cinq ans de prison. Les autres cambriolages, Bayne et consorts les ont sans doute commis entre neuf heures du soir et six heures du matin, se rendant coupables de vol qualifié avec effraction cinq à quinze ans de pénal servitude, avec hard labour. On imagine le service rendu à la communauté, dans ce pays où les prisonniers ne coûtent pas un penny au contribuable, par le détective-inspector Lewis et ses hommes, lorsqu'ils sont enfin parvenus car ils y sont parvenus à mettre à la charge du gang de «casseurs» un vingt-quatrième cambriolage, commis, celui-là, entre neuf heures du soir et six heures du matin. Il s'agit, dira-t-on, d'une bande organisée, composée de repris de justice abondamment condamnés antérieurement. L'argument produit par la découverte de ce vingt-quatrième cambriolage est-il vraiment indispensable pour obtenir une sentence maximum? Hélas! oui, cet argument est indispensable. Ecoutez bien : Lors du procès, nul n'a le droit de faire connaître au jury les condamnations antérieures de ces chevaliers de la pègre, de ces récidivistes endurcis, que sont MM. Bayne and C. Par une inexplicable faiblesse de la loi anglaise, ces chevaux de retour jouissent, par-devant les jurés, deu mêmes prérogatives que les accusés primaires! Là, le détective-inspector «chef d'affaire» n'a Dans les Cours de Justice anglaises, Jamais un policier-témoin n'est injurié ou vilipendé. Ce sont des masurs qu'on voudrait bien voir s'instaurer chez nous où notre esprit frondeur ne respecte rien. Le Yard ne veut plus de policiers-amateurs. Les candidats-détectives doivent accomplir un an 4e stage sous l'uniforme 4e constable, apprendre i résister 4 la foule, 4 opérer une arrestation*...

4 OTLAND-Y Les docks sont particulièrement surveillés par la Spécial Branch. Le détective Lander, du Criminal Investigation Department, est venu à Paris avec son collègue Mldler (à l'extrême-droite) pour demander à la police française d'arrêter l'assassin Vernon-Lacroix (au bas de la page, à gauche). qu'un droit, et naturellement il en use : si le verdict du jury est affirmatif, le policier remet discrètement au magistrat qui dirige les débats, après le prononcé du verdict et avant le prononcé de la sentence, un extrait du casier judiciaire de ses < clients», fourni par le C. R. 0. (Criminal Record Office). Voués à dix ans de servitude pénale par le jury, Bayne et consorts, ainsi handicapés par leur lourd Un brelan d'as ; (de g. à dr.) le Chief inspecter Prothero ; le Directeur du service des empreintes digitales, Battley ; le sergent Young. passé, voient leur bail s'allonger de deux ou trois ans. Spécial Branch Emanation directe du Criminal Investigation Department, la Spécial Branch, dont les membres ont été comparés bien à tort aux «G» - Men américains, est le seul service où le travail se réalise, tant soit peu, sous le sceau du secret. L'organisation de la Spécial Branch date d'une quarantaine d'années. Encore n'était-elle connue, à cette époque-là, que sous le nom de Spécial Irish Branch, son activité se bornant à surveiller et à réprimer les agissements des sociétés secrètes irlandaises, grandes organisatrices de complots et d'attentats à la dynamite Ce n'est qu'à partir de 1914 que la Spécial Branch vit se généraliser son activité, après qu'elle eut brillamment dépisté l'association de nihilislfes dirigée par le fameux Peter the Patnter. L'arrestation des membres de cette dangereuse équipe de fabricants d'engins explosifs ne put être opérée que grâce au renfort apporté par la troupe. Barricadés dans une family-house, au cœur de Londres, les extrémistes russes, abondamment pourvus de munitions, défendaient leur liberté au pistolet automatique et à la carabine... Des hommes du Spécial Branch y laissèrent leur peau. Mais on rafla toute la bande, du premier au dernier. Peu après la guerre, le detective-sergeant Quinn inaugura la liste des policiers ànnoblis pour services rendus. L'Angleterre reconnaissante faisait du sergent Quinn Sir Patrick Quinn, baronet. Comment les souverains d'angleterre sont protégés Invisible à l'œil, le réseau de protection tendu autour de la «personnalité corporelle» de Leurs Majestés est aussi solide que la Pierre Noire de Kingston, ce bloc de granit où les rois d'angleterre s'agenouillaient, jadis, pour recevoir leur couronne. En toute liberté apparente, la famille royale peut se promener dans les jardins à la française du château de Windsor, sous les frondaisons de York Cottage ; dans le parc de ce palais de Buc'kingham résidence officielle de la royauté devant quoi veille la statue de pierre de la reine Victoria. Figures représentatives de cet empire immense, sur lequel le soleil ne se couche jamais, le roi et la reine peuvent se promener tranquillement en ville, aller en soirée, au théâtre, visiter des amis, faire un tour à la foire la reine adore exercer son adresse au jeu de massacre! On les voit encore visitant les stums ces quartiers pauvres de Londres, les hôpitaux... Discrets, mais éternellement vigilants, les hommes de la Spécial Branch veillent. Leur principale crainte, leur hantise, c'est celle du geste imprévisible d'un fou. Je dis bien d'un fou. Pas d'un illuminé. Mordu par le démon de la politique, l'anglais, ce soi-disant flegmatique, ne connaît plus de frein. Son sectarisme, sa passion partisane s'exacerbent jusqu'à l'invraisemblance. Mais il peut bien haïr de toutes ses forces M, Neville Chamberlain ou M. Eden. Jamais les ressacs de cette haine ne viendront effleurer les marches du trône. Conservateur, libéral, communiste, il porte le nom de son roi gravé dans son cœur. Reste le risque d'un attentat projeté par un étranger. On va voir que les mesures, là aussi, sont prises, et bien prises. Ce sont des constables en uniforme qui reçoivent, dans les bureaux des districts, les demandes de permis de résidence formulées par les étrangers désirant s'installer en Angleterre. Avec une courtoise fermeté, ces policemen posent les questions réglementaires : Pourquoi tenez-vous à résider en Angleterre? Y avez-vous^ des parents, des amis, des répondants? Pouvez-vous fournir des références bancaires?... Si l'étranger s'égare, inconsciemment ou volontairement, dans ses réponses ; une question nette, précise, l'enserre comme dans la boucle d'un lasso et le ramène dans le cadre des réalités, Parvient-il tout de même à bluffer les constables? Aucune importance. Derrière eux, la Spécial Branch examine le dossier, et, s'il y a lieu, ouvre une enquête discrète, se renseigne auprès des polices étrangères; et transmet enfin aux stops un avis favorable ou un avis défavorable. On peut être sûr d'une chose ; une personne étrangère autorisée à résider en Grande-Bretagne ne sera jamais un élément de trouble social, Quant aux «tolérés» et aux «clandestins», la Spécial Branch a pour eux des attentions particulières... Le triomphe de l'indicateur Soho, Whitechapel, Chinatown... îlots pourris où grouillent les étrangers douteux... Minute. Le danger ne saurait davantage venir de ce côté-là. Les étrangers dont elle tolère la présence, pour des raisons dont elle est seule comptable la police les connaît, à une tête près. Elle possède parmi eux de nombreux indicateurs et sous-indicateurs» qui se chargent de neutraliser automatiquement les expansions de certains idéologues irrespectueux des lois de l'hospitalité, et de dénoncer tout projet de complot. Pour les «clandestins», la partie est terriblement inégale. Ceux qui risquent le coup sont peu nombreux, en dépit des facilités d'entrée que constituent pour eux les docks, ces docks immenses par où on peut entrer en Angleterre comme dans un moulin! L'informer (indicateur) est partout : il rôde auprès des navires ; on le trouve dans les «pubs» (bistrots) dont les fenêtres à guillotine s'ouvrent sur les quais; dans les coupe-gorge souterrains, où l'eau de la rivière suinte le long des murs, où l'air empeste le tabac à chiquer et l'oignon frit.

5 PREPARATION AU BSP àmewernewesêm e BREVET SPORTIF POPULAIRE Comment le passager clandestin fraîchement débarqué se méfierait-il des auxiliaires innombrables et si discrets de la Spécial Branch? Dans tel bouge, l'informer, appointe par le Yard, c'est l'accordéoniste aux rengaines abrutissantes ; dans tel autre, c'est le serveur ; dans tel autre encore, c'est un docker, ou un marchand d'allumettes, ou un crieur de journaux. Ces indicateurs dont certains, placés aux «points stratégiques», sont munis d'appareils photographiques secrets observent les «nouvelles têtes et ont tôt fait de repérer, dans la masse animée des visages, le suspect. Une fois sorti des docks, combien de temps le «clandestin» peut-il tenir? Deux jours, trois jours, une semaine au plus : Police I Ouvrez! Les détectives sont montés seuls. L'ind'cateur est en bas, dans la rue. Montrez votre passeport. Voilà, messieurs. Il est en règle. Pardon, il est faux. Vous l'avez acheté, le soir même de votre débarquement, dans un caboulot des East India Docks. La Spécial Branch veille dans les ports, sur les aérodromes. Tout ce qu'il est humainement possible de faire pour empêcher les fauteurs de troubles politiques de sévir en Grande-Bretagne est fait. Des hommes comme Canning et Bannon chefs responsables de la sécurité de la famille royale anglaise, des hautes personnalités britanniques et étrangères sont, par force, des adeptes fervents de la méthode préventive. Collaboration policière Franco'Britannique Depuis fort longtemps, la police anglaise et la police française collaborent étroitement au «verrouillage» de certaines affaires à caractère international. Exemple : De g. à dr. : L'éducation des Jeûnas policiers. Les techniciens de l'identité Judiciaire au travail. Certains services étudient la possibilité de réa User la fiche d'identité cinématographique à l'usage des criminels professionnels. Le 24 janvier 1936, la police anglaise découvrait, en bordure d'une route de la banlieue de Londres, le cadavre troué de balles d'un homme élégamment vêtu. Dès les premières constatations, l'inspecteur Sharpe, du C. I. D. { premier enquêteur, acquiert la conviction qu'il ne s'agit pas d'un crime crapuleux, mais d'une vengeance.. En quelques heures, l'homme est identifie. Il se nomme Allard. C'est un petit courtier en bijoux de Saint-James Street. Mais le détective Sharpe, qui a des doutes sur cette identité, décide de téléphoner à Paris. Le lendemain, il reçoit un long rapport, bourré de précisions. Le vrai nom du mort, c'est Max Kassel, dit «Max le Rouquin», courtier en bijoux pour tout le monde et, pour les initiés, chef puissant et redouté d'une vaste organisation de prostitution. Les hommes du C. L D. fouillent Soho, quartier général de la pègre étrangère à Londres, recensent souteneurs et prostituées, découvrent qu'il en manque deux un nommé Lacroix, et son amie, Suzanne Bertron. Où peuvent-ils bien être? Sans doute à Paris. Les détectives Lander et Midler rappliquent en France, prennent contact avec notre police qui, en moins de vingt-quatre heures, arrête les fugitifs et s'aperçoit que ce Lacroix se nomme en réalité Vernon, et qu'il est un ancien «tueur» évadé du bagne! On parle beaucoup, en ce moment, de coopération franco-anglaise. S'il existait une véritable brigade anticriminelle franco-britannique, les «internationaux» de la pègre ne pèseraient pas lourd! Jaune» gens et adulte», qui désires conquérir rapidement e* nouveau diplôme d'etat et profiter de» nombreux avantage» qui y sont attaché», souvenoz-vou» que la méthode DYNAM constitue le meilleur entraînement au B. S. P. et voui assure le succès aux épreuves exigées. De plus, le DYNAM-INST1TUT (Titulaire de la médaille de l'education physique) attribuera des récompense» spéciales à tous les lauréats qui auront été ses élevés. Qu'est-ce donc la méthode DYNAM? C'est avec juste raison qu'on nous appelle les «Constructeurs de Muscles». En trente jours nous pouvons transformer votre corps d'une manière que vous n'auriez jamais crue possible. Quelques minutes d'exercice, chaque matin, suffisent pour augmenter de 4 cm. les muscles de vos bras et de 12 cm. ceux de votre tour de poitrine. Votre cou se fortifiera, vos épaules s'élargiront. Nous pouvons, non seulement développer vos muscles, mais encore élargir votre poitrine et accroître la cnpacité de vos poumons. A chaque respiration, vous remplirez entièrement vos poumons d'oxygène, et votre vitalité ne sera pas comparable à ce qu'elle était auparavant, ET EN CENT CINQUANTE JOURS il faut compter qent cinquante jours pour métier à bien et parfaire ce travail ; mais dès le trentième jour les progrès sont énormes. Nous ne formons pas un homme à moitié. Vous verrez vos muscles se gonfler sur vos bras, vos jambes, votre poitrine et votre dos. Vous serez fier de vos larges épaules, de votre poitrine arrondie, du superbe développement de la tête aux pieds. NOUS AGISSONS EGALEMENT SUR VOS ORGANES INTÉRIEURS Vous serez mieux et vous vous sentirez mieux que jamais vous ne l'aurez été auparavant. Nous ne nous contentons pas seulement de donner à vos muscles une apparence qui attire l'attention i ce serait du travail à moitié fait. Nous vous donnons encore l'énergie, la vigueur, la santé. Rappelez-vous que noub ne nous contentons pas de promettre : nous garantissons ce que nous avançons. Faites-vous adresser par le DYNAM-INSTITUT, le livre GRATUIT «Comment former ses muscles» (L'Education Physique de la Nation Française). Retournez-nous le coupon ci-contre dès aujourd'hui. Ce livre vous fera comprendre l'étonnante possibilité du développement musculaire que vous pouvez obtenir. LA REPOUSSE DES CHEVEUX EST-ELLE POSSIBLE? Vous avez déjà essayé divers traitements et vous vous étonnez de n'obtenir aucun résultat. 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6 Dans le numéro du 16 juin de Détective, j'écrivais : «Je vous livre le maître-mot du journalisme de faits divers ; il ne faut ni suicide ni accident ; le crime, c'est beaucoup mieux.» Je ne me doutais guère en écrivant ces lignes que, quelques jours plus tard, une nouvelle affaire mystérieuse allait éclater ; qu'on trouverait à Thionville, dans un wagon de première classe, le cadavre de Pierre Hilarion, un jeune dévoyé, aventurier sans allure mais non sans aventures amoureuses ; que certains, les plus rares, inclineraient à croire au suicide, mais que la quasi totalité de la presse, parlerait de crime, d'espionnage, de stupéfiants, que sais-je encore... Fidèle à ma méthode, foi demandé à l'inspecteur principal Piguet de diriger notre enquête. Voici ses conclusions. MARIUS LARIQUE. NE enquête criminelle, doit avant tout être basée sur le bon sens et l'observation. Le cadavre d'un individu peu recommandable vient d'être découvert dans un compartiment de première classe du rapide Paris-Thiottville, et aussitôt on parle d'assassinat, de vol, de règlement compte, d'espionnage, de racolage pour maisons de rendez-vous, de trafic d'armes, de cambriolages, etc. C'est trop, beaucoup trop. L'homme n'a pas cette envergure, et il serait peut être temps d'examiner la thèse du suicide. La victime Hilarion Pierre Maurice dit * Pierrot» est né en 1913 à Asnières. Dès son jeune âge, sa mère ayant quitté le domicile conjugal, son éducation fut confiée à sa grand'mère habitant Courbevoie, puis à l'une de ses tantes demeurant à Trappes. A l'âge de seize ans, Hilarion fut placé chez un boucher, puis dans une fromagerie du Jura où il ne donna pas satisfaction. Son père essaya de le prendre avec lui dans son commerce de quincaillerie, mais l'accord fut de courte durée. Son service militaire accompli à Versailles, Hilarion revint à Paris, où il continue à fréquenter les milieux spéciaux de Montmartre. En 1935, Hilarion était condamné à plusieurs mois de prison pour vol. C est alors qu'il fit la connaissance, dans une piscine de la capitale, d'une femme d'un âge certain, de nationalité étrangère qui l'installa dans un studio au quatrième étage du 14, avenue I achel, au loyer de francs,- lui fournissant en outre une mensualité appréciable. Voyageant très souvent aux frais de son amie, il ne manquait jamais de se créer de nouvelles relations intéressées, dans les villes où il séjournait. C'est ce qui explique la volumineuse correspondance saisie à son domicile et provenant de femmes. Pour motiver ses nombreux déplacements auprès de ses conquêtes, Hilarion racontait qu'étant journaliste, ou agent de la Compagnie Transatlantique, ces voyages étaient inévitables. Et pourtant Hilarion n'avait rien d'un don Juan. H était surtout peu intelligent. Mme Rosette, qui depuis deux ans l'avait pris en amitié et qu'hilarion considérait presque comme une sœur, l'a représenté comme un garçon doux, serviable ayant une conversation puérile et une tournure d'esprit aussi naïve que celle d'un enfant sans intelligence. Mme Fougerat, concierge, dont le clair jugement fait impression, a confirmé cette appréciation sur son locataire, ajoutant que depuis près de trois ans, elle avait été le témoin de sa vie quotidienne, et qu'elle avait toujours eu pitié de lui, vu sa santé déplorable. Il fréquentait assidûment les boîtes de nuit de Montmartre mais ne recevait personne à son domicile. Pour moi, termine Mme Fougerat, le jeune Hilarion s'est suicidé. Il ne lui restait plus qu'un millier de francs. Les francs des travellers chèques avaient été dilapidés, de même que les 6.01)0 empruntés à Mme Arzela, laquelle réclamait son dû. La police s'occupait de lui et il était désemparé. de Aims Fougerat, la concierge de l'immeuble de l'avenue Rachel, où habitait Hilarion, croit également que son locataire s'est suicidé. L'affaire des '* Travellers-chèques 99 Il y a quelques mois, M. Thomson, en villégiatur à Cannes, avait signalé la disparition de plusieurs carnets de travellers-chèques et les divers services d«police avaient été alertés. C'est ainsi qu'au cours des, recherches on découvrit que les chèques voles? avaient été encaissés dans plusieurs villes, dont Marseille et Constantine par un individu ayant di f se nommer Hilarion et demeurer 14, avenue Rachel à! Paris. L'enquête de M. Ameline, commissaire aux délégations judiciaires démontra aussitôt qu'il s'agis sait d'un individu taré ne vivant que des ressources fournies par les femmes. Une convocation n'aurait eu d'autre but que de provoquer sa fuite et c'est pourquoi le mercredi 15 juin, l'avant-veille du drame, deux inspecteurs se présentaient au domicile de Hilarion, 14, avenue Rachel. Hilarion ouvrit sans difficulté. Il était couché avec son ami Lebris, lequel dormait profondément. Un revolver se trouvait sur la table de nuit, mais n'était 1 pas chargé. Tous les deux avaient passé la nuit dans un établissement spécial de Montmartre. Hilarion s'habilla rapidement, pendant que l'on parvenait à réveiller son compagnon surpris. Interrogé à la police judiciaire par M. Ameline, au sujet des chèques volés. Hilarion ne fit aucune difficulté pour reconnaître l'encaissement. Il déclara qu'en avril 1938 se trouvant à Marseille au restaurant «Canebière» il avait fait la connaissance d'une femme âgée de trente-cinq ans, très grande (1 m. 75) se disant Stanley Teddy, de nationalité anglaise, et qui était devenue, le soir même, sa mai- tresse. Le lendemain, sa nouvelle compagne, lui aurait demandé de négocier quelques Travellers-chèques, 1 n'ayant pas les papiers nécessaires. Hilarion a déclaré alors au magistrat qui l'interrogeait, qu'il avaitm été pris de méfiance à la suite de la proposition de sa compagne et qu'il s'était premièrement présenté dans une petite banque où il n'avait changé qu'un seul travellers. Ce dernier lui ayant été payé sans aucune difficulté, cela lui avait donné confiance pour négocier tous les autres chèques que lui remettait cette femme. Au mois de mai, Hilarion se trouvant à Paris reçoit une lettre de la Stanley Teddy, le priant de se rendre d'urgence à Tunis pour le 7 mai. Hilarion s'y rend en avion et retrouve sa compagne à laquelle il négocie quelques chèques. Ils partent le lendemain pour Constantine où ils continuent les mêmes opérations. C'est dans cette ville que Hilarion, fidèle à sa mé-! thode, fait la connaissance de Martha Bisbig, avec laquelle il correspond. Stanley aurait alors quitté I Hilarion pour rejoindre son mari officier à Malte en l'informant qu'elle se trouverait de nouveau à; Cannes vers la mi-juin. Est-ce le télégramme de cette femme que Hilarion attendait le soir de sa mort? A la suite de ces déclarations, Hilarion reconnaissant la négociation des titres \*olés, celui-ci fut maintenu dans les locaux de la police en attendant que le juge d'instruction prenne une décision à son égard. Hilarion paraissait très déprimé, et donnait des 1 explications au sujet de ses moyens d'existence, ce h qui n'arrangeait pas les choses. Enfin, vers cinq heures, conformément à la loi, Hilarion était remis en liberté, à charge par lui de se tenir à la disposition de la justice. Hilarion ne pouvait ignorer alors ce qui allait se passer. Tous ses agissements dévoilés, et une seconde condamnation s'ajoutant à la première dont le sursis* I allait être révoqué. Ajoutez à cela son état de santé* et vous aurez la situation de l'individu dont le cadavre devait être découvert is heures après sur Une banquette du train de Thionville. Le départ vers la mort 17 A. 45. Nous sommes le 17 juin. Hilarion est couché tout habillé à son domicile, 14, rue Rachèl. Il est malade. Son ami Lebris doit rejoindre soi corps à Thionville, sa permission expirant à mim C'est à Marseille que Hilarion fit la connaissance de M m «Stanley Teddy, qui lui aurait confié des chèques à négocier.

7 i Pierre Hilarion, escroc de petite envergure, tenait auprès des dames d'un certain âge le rôle du Don Juan. A dr. : son ami, le soldat Legrls, qui fut un moment suspecté. Hilarion attend un télégramme, sans doute de la femme Stanley qui devait se trouver à Cannes vers le 15 ; il ne lui reste plus qu'un billet de francs pour toute fortune et il ne peut plus compter sur sa maîtresse Mme Arzela.. Ce télégramme, c'est toute son espérance. Il ne compte plus que sur lui pour fuir les policiers du quai des Orfèvres, courir vers sa maîtresse fortunée, vers la liberté, vers la belle vie. C'est alors que son cousin Lecouteux, très au courant de sa situation, vient lui rendre visite. Il croit d'abord qu'il s'agit de sa femme de ménage Suzanne. Il ouvre et déclare à son cousin : Je suis malade, j'étais couché. Toutefois il consent, pour se débarrasser de lui, à se rendre dans un café, prendre une consommation, et accepte un dîner pour le mardi suivant. Il lui fait même cadeau d'un de ses vêtements en lui disant : Je ne le remettrai plus. 18 heures. Hilarion en passant devant sa concierge demande si le télégramme tant attendu est arrivé, et si Lecouteux était seul lorsqu'il est venu le demander. La concierge répond affirmativement n'ayant pas aperçu M. Galizot qui accompagnait Lecouteux et qui attend dans un café voisin. 18 heures 15. Hilarion est parvenu à quitter Lecouteux et Galizot. Il se rend à la gare de l'est où il retrouve sur le quai de départ son grand ami Lebris, lequel est étonné de cette visite, ayant déjà fait ses adieux à Hilarion. Lebris est en compagnie d'un caporal de son régiment, qui rejoint également son corps, et qui effectuera tout le parcours avec lui. Sur le quai de la gare se trouvent également la fiancée de ce dernier et M. Paris. J'ai voulu te revoir une dernière fois, déclare Hilarion à Lebris en l'attirant à l'écart, 18 heures 31. Le train de Thionville est parti emmenant Lebris et le caporal. Hilarion se rend à nouveau dans un café avec M. Paris et la fiancée du soldat accompagnant Lebris, mais il quitte ces derniers assez rapidement, prétextant un rendez-vous vers 19 heures, et non sans avoir demandé l'emplacement du bureau de poste N heures environ. Hilarion toujours désemparé et dans l'attente de nouvelles, rédige une demande de boîte postale afin de recevoir son courrier au bureau 18. Il dépose cette demande dans une des boîtes de la gare de l'est. C'est cette lettre qui sera timbrée lors de la levée de 22 heures. Puis il retourne à son domicile. 23 heures. - Hilarion, bien qu'il n'ait reçu aucun télégramme, a changé d'idée. Il a pris un billet de première classe pour Suippes et s'installe dans un compartiment du train quittant Paris à 23 heures, et devant arriver à Suippes à 2 h h. 30. Le contrôleur du train effectue son service et poinçonne le billet de Hilarion qui se trouve seul dans son compartiment. Du reste deux ou trois voyageurs de première classe sont montés dans ce wagon, mais pas dans le compartiment occupé par Hilarion. Peu de temps après Hilarion a tiré les rideaux de son compartiment. On découvre, en gare de Thionville, le cadavre de Pierre Hilarion, étendu sur la banauette d'un compartiment de premières classes. Hilarion était porteur de papiers d'identité appartenant à un officier de la garde mobile. 6 h. 15 gare de Thionville. 18 juin. On découvre le cadavre de Hilarion, étendu sur la banquette de son compartiment dans la position du dormeur couché sur le côté droit, la tempe gauche perforée d'un coup de revolver ayant provoqué la mort. L'examen de ses vêtements fait découvrir une carte d'identité, appartenant à M. le lieutenant Theillière, de la garde mobile en garnison à Satory. Papiers d'identité dérobés et dont Hilarion se servait pour voyager. Le revolver est tombé enrayé entre le veston et le gilet. La seule balle tirée, restée dans le crâne, est du même calibre que le revolver. Il ne paraît pas y avoir eu vol, 950 francs étant retrouvés sur la victime. Enfin on ne remarque aucune trace de lutte. Autopsie. L'autopsie effectuée par M. le docteur Gillard de Hayange n'a pu préciser s'il s'agissait d'un crime ou d'un suicide, en plein accord avec le docteur qui avait examiné le premier le cadavre. Enfin il a été établi que la victime n'avait pas été chloroformée, et que la mort pouvait se situer peu après le départ de Paris entre minuit et 1 heure. L'arme du crime Il est incontestable que l'arme trouvée sur le cadavre de Hilarion est bien celle ayant tiré la balle meurtrière, dans la tempe gauche. La première douille s'est même enrayée au moment de l'éjection. Or il apparaît bien que cette arme appartenait à la victime. Des balles semblables ont du reste été trouvées à son domicile et il avait fait la déclaration de ce revolver au commissariat de son quartier. \ D'autre part, lors de sa comparution devant M. le commissaire Ameline, 48 heures avant sa mort, Hilarion possédait son revolver, au sujet duquel il avait fait cette réflexion : Je ne sais même pas si ce revolver fonctionne, je n'ai jamais tiré avec et je devrais bien me rendre dans un stand pour en faire l'essai.» La position du cadavre On a prétendu que, Hilarion n'étant pas gaucher, n'avait pu se tirer une balle dans la tempe gauche. Je crois que la vue seule de la photographie du cadavre tel qu'il a été découvert réduira à néant cette déduction. Au contraire, la position est normale pour celui qui a l'intention de se suicider. Toujours en examinant la photographie, on remarquera que la chute du revolver entre le veston et le gilet est tout à fait compréhensible, ainsi que la position du bras après le coup mortel. Hilarion, dès le départ du train de Paris, et en attendant le contrôleur, avait dû disposer le journal que l'on remarque sur la banquette de face afin d'y poser ses pieds. Après le passage du contrôleur, il avait tiré légèrement la banquette pour s'étendre. Que s'est-il passé alors dans son esprit pour le décider à mettre fin à ses jours dans ces conditions et à cet endroit, c'est sans doute ce que s'appliquent à découvrir l'actif commissaire Delgay et ses collaborateurs, MM. Dury et Bureau dont l'éloge n'est plus à faire. Conclusions Il faut éliminer dès à présent le crime crapuleux, aucun vol n'ayant été commis. Quant à Lebris, qui aurait pu être un instant suspecté, sa rentrée au corps en compagnie de son camarade également permissionnaire le met définitivement hors de cause. Vengeance? L'enquêté n'a pas révélé que Hilarion eût des ennemis susceptibles d'attenter à ses jours. Espionnage? Hilarion n'avait aucune des dispositions requises polir se livrer à ce trafic. Règlement de compte? A part l'argent qu'il recevait des femmes, les vols et même le recel ne paraissent pas lui avoir procuré des sommes importantes susceptibles de provoquer des difficultés dans le partage. En admettant même toutes ces hypothèses, il aurait été nécessaire que les exécuteurs eussent sû à l'avance que Hilarion se trouverait seul dans son compartiment sans aucun voisin gênant. Or, n'oublions pas qu'il a décidé de ce voyage inopinément et on ne sait d'ailleurs pas exactement pourquoi. Enfin et ceci me paraît indiscutable, le ou les asisassirçs n'auraient pas eu besoin de l'arme de leur viètime pour l'exécuter. Et même si l'arme n'avait pas appartenu à Hilarion, l'auteur du crime n'aurait pas abandonné son revolver sur place, seul élément permettant de le confondre. On ne peut se prononcer formellement sur l'assassinat ou sur le suicide, déclarent prudemment les médecins. Tout ce que l'on peut affirmer c'est que l'homme n'a pas été chloroformé. Tout ceci posé, je conclus que la version du suicide est la seule plausible. René J. PIGUET.

8 errlère cette palissade; de petites malsons en planches abritent de nom- «breux xoniers : c'est là où eut lieu le drame ; M me Clotllde Chlnon, la mère de la victime ; c'est dans cette étroite ruelle que le meurtrier fit Son mauvais coup* UR l'écran, un match de boxe animé mettait aux prises James Cagney et un costaud de barrière. David contre Goliath. Le premier esquivait avec adresse, l'autre tapait avec fureur. Sur un formidable uppercut lancé par Goliath et évité par David, celui-ci, contrant avec désinvolture, lançait son gauche à la rencontre de l'estomac adverse. Ce fut foudroyant. Ce coup, qui semblait une pichenette, dynamita le colosse. Sa musculature puissante s'affaissa doucement d'abord, puis précipita sa chute. Son grand corps joncha le tapis saupoudré de résine. On ne vit plus, de la montagne de chair écroulée, qu'un frémissement de l'échine... L'arbitre leva le bras du vainqueur. La salle s'esclaffa et applaudit. Foule populaire, vibrante, des quartiers de Paris bordant la zone, passionnée du noble art, aimant les cherreurs et faisant fl de la boxe scientifique chère à lord Queensbury. Dans son fauteuil, Suzanne Chinon, dix-huit ans, flanquée à gauche de sa mère, Mme Clotilde Chinon, avait suivi avec intérêt les péripéties du match. Ça lui plaisait, cette rencontre sauvage ; ça l'ennuyait aussi De braves gens habitent cette zone qu'entoure le quartier bourgeois de Salnt-Mandé. Les drames y sont rares. faite de planches et de toile goudronnée. La lune, dans son plein quartier, éclairait les -coins, sombres, que la blafarde lumière des becs de gaz n'arrivait pas à trouer à l'ordinaire. Un train passa en grondant sur le pont de chemin de fer. Elle sursauta. Tout était de mauvais augure par cette nuit pourtant magnifique. La jeune femme avait les nerfs à fleur de peau. C'était la faute à cette discussion, à cette désillusion de n'avoir pas rencontré l'homme dont elle aurait tant voulu être la servante humble et soumise. Un voisin noctambule reconnut les deux passantes : «On rentre bien tard, mes petites chattes!» «La nuit est si belle, père Dugommier, qu'on a voulu en profiter. C'est péché d'aller se coucher, il fait si bon dehors.» Le long de la sente, bordée de barrières de bois, faites de vieilles caisses portant encore les souvenirs d'origine : Baltimore, Anvers, Marseille, Machines-outils, Pâtes alimentaires, peints au pochoir, les deux femmes avançaient lentement, presque à regret. Des poubelles fort usagées et hétéroclites jonchaient le sol. Parfois, un chien famélique, furetant dans les boîtes en fer-blanc, s'en allait en grognant, dérangé de son repas nocturne. Mme Chinon mère, blanchisseuse de son état, mais en chômage, pensa à la «chine» du matin. «Elles sont bien pleines. Tiens, le papier a donné aujourd'hui.» Elle faisait allusion à de gros paquets de carton qu'une fabrique voisine déposait tous les deux jours dans les récipients jalonnant les barrières des jardinets. Avec son ami, en chômage également et «chifpeu de voir que la magnifique brute, aux biceps roulant sous la peau brune, ait eu le dessous. Belle fille, grande, robuste, sensuelle, il lui semblait qu'un compagnon de cette taille devait être l'amant parfait. Cela la changerait du sien actuel, André Pichard, de son âge, qui partageait journellement sa couche. Chétif, malingre, peu doué pour la bagarre, il l'agaçait depuis quelque temps. Il n'avait pas des gestes d'homme, de maître. Par exemple, l'après-midi, elle avait eu une discussion avec lui. Un autre, un vrai mâle, lui eut flanqué une gifle, voire même un coup de poing. Lui, faible, presque rachitique, l'avait sournoisement pincée jusqu'au sang. Elle sentait encore, sur son bras gauche, un peu de souffrance dès qu'elle touchait le point sensible. Il l'avait meurtrie en tordant la peau, en sale petite vache qu'il était. Il voulait tout lui interdire : le bal, les sorties, les parties de belote avec les copines, chômeuses comme elle. Un peu de rage lui montait aux lèvres qu'elle avait épaisses, gonflées d'un sang généreux et vif. Elle changerait d'amoureux. Ir n'en manquait pas qui lui faisaient des avances, lui proposaient de vivre avec, lui affirmaient que la vie serait douce et lavée d'ennuis. Certes, elle savait ce qu'en valait l'aune de ces belles promesses et qu'un homme, tout miel d'abord quand il faut prendre, se révèle bientôt un tyran exigeant. Mais qu'importe, André avait fait son temps. Il lui avait plu tout d'abord avec ses beaux yeux noirs, ses traits réguliers, sa faconde aimable. Et maintenant, sa jalousie morbide gâchait tout... Cependant, le film s'achevait. Les sièges mobiles claquaient déjà sur les dossiers en contreplaqué. Suzanne se leva et, suivie de sa mère, se dirigea vers la sortie. Il était onze heures, bien tôt encore pour rentrer, pour voir la petite gueule méchante de l'autre qui lui demanderait des explications. Un «musette > attirait, avec son bariolage de lampes au néon et sa musique lascive. Elle y entraîna madame-mère. Quelques marloupins du Quartier la firent danser : ils se donnaient des airs de terreur, roulaient les hanches, affichaient une assurance qui craquerait rapidement devant un vrai de vrai, un dur, comme ce Bébert, dit la Coquette, pour qui plusieurs femmes travaillaient, et qui venait parfois dans le bistro et dont les yeux durs et cruels la hantaient. Hélas, il n'avait jamais daigné jeter le moindre regard sur elle... 'Les fadaises et les propositions des petits mecs, danseurs souples, certes, mais si peu malabars l'importunaient. Elle s'y était laissé prendre une fois, elle le payait maintenant. André l'avait connue dans un bal aussi, elle ne tenait pas à recommencer l'expérience... Une heure sonnait. Le «jeunot» en chemise Lacoste qui criait : «Passez la monnaie!» lança : * On ferme.» Une voix répondit : «On s'en fout...» «Et les flics? c'est toi qui paiera la contredanse?» Paroles classiques de fin de soirée. Dans un tohu-bohu de chaises et de tables bousculées, de monnaies tintantes, la sortie s'effectua sur le boulevard que piquaient encore de rares lumières. En compagnie de sa mère, Suzanne Chînon s'achemina vers la sente Louis-Philippe, où se trouve leur habitation, modeste maison fortin» comme elle, ils feraient une belle cueillette dès que l'aube poindrait. Parfois, tin petit sillon noir> mouvant et rapide,.zigzaguait d'un bord à l'autre de la ruelle. «Encore un qu'a pas de bile à se faire pour sa bectance, murmurait la mère.» La fille ne répondait pas. Elle était loin de ces spectacles habituels. «L'autre» devait l'attendre, impatient, la rage au ventre. Il faudrait encore mentir, se quereller, se battre peut-être. Bah! c'était la vie ; elle continuait. La maisonnette apparaissait, tout semblait dormir. Encore quelques mètres à franchir et le portillon branlant, à la serrure rouillée et rebelle leur livrerait passage... Le drame «D'où viens-tu?» La voix jaillit d'une encoignure, sèche et brève, hargneuse. Suzanne eut un sursaut, mais fit front. «Eh ben, quoi, j'ai pas fait de mal. On vient du cinéma.» «Oui, et du bal aussi. Je t'y ai vue.» Déjà, la mère s'interposait : «Calme-toi, Dédé, on t'expliquera tout.» Le jeune homme eut un mouvement d'impatience î «C'est pas à vous que je cause. Vous êtes libre de faire ce qu'il vous plaît. C'est l'affaire de Julot (son compagnon) à vous surveiller. Mais, moi, j'ai des droits sur Suzanne : c'est nia femme. Et vous avez fort de vous faire sa complice pour me tromper : ça peut pas durer.» La jeune femme devinait, plus qu'elle ne voyait, la bouche mauvaise, tordue par un rictus de colère, les mâchoires crispées, les mains frémissantes. Elle le défia quand même : «Et puis, quand on serait allées au bal, quel mal y aurait-il?» «Je te l'ai défendu», hurla-t-il. «On n'est pas encore mariés, heureusement!» persifla Suzanne. Elle n'eut pas le temps de continuer. Le jeune homme avait bondi sur elle. Peureusement elle leva le bras, pour parer la gifle qu'elle attendait. Mais le jeune vaurien, d'un geste rapide, la frappa au ventre, brutalement. Elle poussa un hurlement et s'affaissa, ensanglantée : le misérable lui avait enfoncé un couteau de cuisine jusqu'à la garde, nerforant les intestins et faisant une terrible blessure. Dans la nuit, calme tout à l'heure, les cris : «Au secours, à l'assassin!» de la mère retentirent. Franchissant le corps de sa maîtresse qui se tordait de douleur à terre et barrait toute la sente, le jeune chômeur bondit vers le boulevard, fuyant lâchement les lieux de son exploit. Cependant, les cris de la mère et de la blessée, dans le silence de la nuit, alertaient les rares passants. Parmi eux, un jeune agent, sportif, solide, habitué du stade. Il aperçut un homme qui dévalait à toute allure. Le gaillard devait avoir quelque chose à se reprocher. L'agent piqua un rapide déboulé derrière lui. En quelques enjambées, il le rejoignit et le ceintura facilement. D'ailleurs, il n'opposa aucune résistance et se laissa docilement conduire au commissariat. L'agent, faisant preuve d'une rare pré-

9 André Richard, Jeune maçon en chômage, qui affirme que la Jalousie seule arma son bras ; Suzanne Chinon, sa victime, qui revenait du bal lorsque son amant la blessa très grièvement d'un coup de couteau au ventre. le discrédit sur des travailleurs dont la vie est heureuse, puisque sans histoire. Il n'en reste pas moins que ce minable collier qui entoure la capitale reste sa honte. On a pris des décrets, des arrêtés, on a fait des projets, on a voté des crédiis pour faire disparaître, raser ces îlots insalubres, foyers d'infection, sources de meurtres et r - crimes : la zone reste et demeure. La lèpre de Paris Dans cette sorte de «no mans land», peu d'édiles, peu de hauts fonctionnaires chargés de la sécurité mettent les pieds. Il suffirait pourtant de quelques visites pour sé rendre compte, une fois encore, que si certains coins restent dangereux et foyers de crime, il ne peut en être autrement. sence d'esprit, téléphona immédiatement au service d'ambulance et, moins de vingt minutes après, une voiture franchissait les portes de l'hôpital.saint-antoine. C'est grâce à cette rapidité que. la jeune Suzanne, opérée d'urgence (elle avait douze perforations intestinales), doit d'être encore vivante a l'heure actuelle et en bonne voie de guérison.. L'Othello de barrière contait, quelques instants plus tard, son aventure sanglante au commissaire. Il l'aimait. Il était jaloux. Il -«fêtait mis en ménage avec elle, au domicile de la mère qui vivait là avec un compagnon. La jeune fempie était coquette et s'amusait à le faire souffrir, dit-il. Elle avait eu des aventures c'est toujours lui qui parle et voulait continuer une vie que lui jugeait dissolue. A ses remontrances elle répondait.5par des railleries. L'après-midi précédant le drame, ils s'étaient querellés, battus même un peu. Il,voulait imposer la loi du mâle, ce gars de dix-huit.an» sonnés depuis quelques jours seulement. Elle s'était rebiffée ; son orgueil de petit homme avait été gravement atteint. Il avait attendu patiemment, derrière" une barrière, serrant nerveusement un petit couteau de cuisine, bien affûté, la venue de son infidèle et désobéissante amie. Devant son insolence, et comme elle paraissait le narguer, il avait vu rouge. Pas assez fort pour lui administrer une correction et prévoyant le pire, il s'était armé. Maintenant, il regrettait son geste. Sur le banc luisant de sa cellule, il pleurait doucement, à petits coups, comme un grand gosse qui a un gros chagrin. La vie commençait mal pour lui. Zones diverses Il y a zone et zone. Celle qui avoisine Saint-Mandé, Picpus, est habitée par de braves gens, honnêtes, réguliers, chiffonniers pour* la plupart. Un drame comme celui que nous venons de conter est l'exception. S'il est des coins comme Gentilly, Saint-Denis, où des drames ignorés sont monnaie courante (ne nous affirmait-on pas que des rixes mortelles n'ont jamais à connaître de la police, parce que cela se règle en catimini et certains morts resteront toujours ignorés de la justice des hommes, puisque sans bruit, sans corbillard et sans manière on les enterre en douce), en revanche, certains secteurs de la lèpre de Paris, pour parler comme les romanciers populaires, d'un pittoresque inconfestér H'JSbritent qu'une population calme, qui ne se plaint pas de son sort. Tel est celui qui forme un îlot dans cette partie sudest de Paris. Et tous les zoniers sont unanimes à stigmatiser le geste du jeune maçon qui tend à jeter Des taudis, une promiscuité dangereuse, un manque d'hygiène absolu, voilà plus qu'il n'en faut pour engendrer une armée malfaisante et pourvoyeuse d'individus louches qui n'ont aucun respect pour la propriété d'autrui et sa vie. «J'ai arrêté un individu six fois pendant huit ans, me confiait un distingué commissaire de police, et dans des secteurs différents, soit parce que le meurtre s'était déroulé dans les quartiers de ma circonscription, soit au cours d'intérims divers. Le bougre a réussi toujours à apitoyer les juges et surtout, à invoquer la légitime défense. Il a trois morts sur la conscience et ses autres victimes ne sont pas très vaillantes maintenant encore. Rixe de chiffonniers, discussion entre voisins, querelle au sujet de femmes ou de chiens. Maintenant, il se saoûle et va faire de temps en temps de longs séjours à l'infirmerie spéciale du dépôt. On le désintoxique, il revient, change de coin, recommence à faire parler de lui, retourne à la Tour Pointue, et ressort toujours comme un bouchon sur l'eau. Dans la capitale, intra muros, il lui serait difficile de continuer son petit jeu, même impossible de le pratiquer. Ici, il a asile dans toutes les baraques sordides qui enlaidissent le paysage. Il échappe, non pas à nos recherches il ne -déteste pas la police, cet homme mais à notre surveillance. Et puis, vous ne voyez pas mes hommes en train de parcourir, de l'aube au crépuscule, ces ruelles défoncées, ces sentes à cul de sac et pour quoi faire... Tout est calme apparemment et tout se passe à l'intérieur. Dans la banlieue sud, notamment du côté de Gentilly, de vieilles baraques ont plusieurs issues. C'est un nid de rats créé par les habitants. Au cours de nombreuses rondes que j'y fis faire jadis, mes agents pénétrant dans ces immeubles truqués, truffés de trappes, de galeries souterraines, de cachettes insondables et impénétrables revenaient toujours bredouilles. Comme des lapins au terrier, les assiégés par cent trous fuyaient, emportant blessés ou morts. Le lendemain, au jour, on trouvait, bien sagement assis autour de la table familiale, les locataires. Ils n'avaient rien vu, ces anges, rien entendu. Ils présentaient des papiers en règle, avaient de l'argent à exhiber, un métier (toujours le même, chiffonnier) à avouer. Que faire dans ces cas? Et même si la loi du milieu est bien moins rigide que dans le monde des trafiquants de drogue et de femmes, comment poursuivre une enquête dont tous les éléments se dégonflent au premier contact? Le fer rouge 8.. La solution? Le fer rouge là-dedans. Dans cet immense ruban indigne de Paris, on peut dire que l'école du crime et du vol a de nombreuses annexes. Les gosses au ruisseau, sans surveillance, sans conseils ne peuvent, la plupart du temps, que devenir de la mauvaise graine. Ils voient leurs parents partager le butin des vols, ils assistent souvent à des batailles où le couteau est roi et ils ne voient jamais, ou presque, le coupable puni. Cela se règle à la loyale : la police n'est jamais alertée. Un progrès tout de même à enregistrer au chapitre hygiène : le nombre de poules, lapins, pigeons, en bref, le poulailler est réglementé. On n'a pas encore eu le temps de s'occuper des fosses septiques, le régime des «feuillées» chères au poilu trouve encore ici une application courante... On s'étonne que le nombre de crimes ou de meurtres (du moins ceux connus) ne soit pas plus élevé étant donné le terrain propice qui leur est préparé par la négligence ou le j'm'enflchisme de ceux qui sont chargés de veiller au bien-être de leurs concitoyens. La zone sanglante, la zone rouge devrait disparaître. Disparaîtrait ainsi un foyer permanent où s'engendrent le vice, le mépris de la vie du prochain, ou chacun fait sa justice soi-même, et où la police, quels que soient la vigilance et le dévouement de ses collaborateurs, est souvent impuissante à faire régner l'ordre et la sécurité. Hubert BOUCHET.

10 Nîmes (De notre correspondant particulier.) BPENDANT que se déroule en Belgique le procès de l'empoisonneuse Marie Becker, un petit village de France, La Calmette, à 20 kilomètres de Nîmes, subit un émoi renouvelé de celui que provoquèrent les crimes de la perfide veuve liégeoise. Le 15 de ce mois, deux habitants du «patelin» méridional, M. et Mme Reynès, ont failli périr, en effet, comme les victimes de la Becker. Heureusement, la main mystérieuse qui versa le poison fut maladroite. La dose, trop forte, provoqua, immédiatement absorbée, des vomissements qui sauvèrent la vie des époux. Ce fut en absorbant le potage, au repas de midi, que M. et Mme Reynès furent empoisonnés. Elle a un drôle de goût, la soupe aux haricots, constata l'époux. Comment la trouves-tu, toi? Mme Reynès répondit par une grimace. Soudain, comme la mère et belle-mère des convives, Mme Courtin, allait s'attabler, son gendre se dressa, défiguré par la douleur : Ne mangez pas ça, cria-t-il : il y a du poison là-dedans... De son côté, Mme Reynès se levait, torturée, elle aussi, jusqu'à avoir le teint verdâtre et le visage bouleversé d'une moribonde hallucinante. Puis les deux époux s'effondrèrent tour à tour sur le parquet, se roulèrent en écumant, s'ivanouirent aux pieds de Mme Courtin. Mais, néanmoins, le docteur Collet, arrivé d'urgence, ne laissa pas de rechercher la cause du double empoisonnement; et il put (grâce aux récipients contenant encore de la soupe aux haricots) affirmer que le toxique était de l'arsenic. L'enquête ouverte par la brigade mobile de Montpellier ne tarda pas à révéler que le drame relevait d'un crime mystérieux. Plusieurs villageois avaient, en effet, acheté chez le même fournisseur leurs haricots, leur beurre; et nul autre pourtant que les deux parents de Mme Çourtin n avait été empoisonné. Il se trouvait donc prouvé que la tragédie était l'œuvre d'un ennemi personnel des victimes. Celui-là, entrant dans la cuisine, proche d'une petite route, avait sûrement versé le poison pendant que Mme Courtin était occupée à servir la clientèle de son café. Toutefois, nulle présomption plus précise n'a encore été relevée. Personne ne connaît d'ennemi aux Reynès-Courtin, qui sont de fort braves gens, unanimement estimés, et qui n'ont ni démêlés d'intérêt ni rivalité passionnelle. Au K reste, le trouble perplexe auquel tout le village est en proie se double d'une angoisse obsédante. Sur chaque visage, on lit la méfiance à l'égard d'autrui, voire des plus proches familiers. Chacun redoute que le criminel sournois soit quelque maniaque infernal, dont la malfaisance et la lâcheté feront encore des victimes E. H. BOISSIER. Le mystère de la rue de Rennes est éclairci L E mystère de la rue de Rennes, une des plus parfaites énigmes qu'ait eu à résoudre la Brigade criminelle de la Police judiciaire, est éclairci. Le lundi 4 avril, on trouvait assassiné dans sa chambre, l'ingénieur Roger Crémieux. Les fenêtres étaient closes ; le verrou de la porte poussé a l'intérieur. Ce drame, qui faisait songer au mystère de la chambre jaune, s'annonçait comme le plus troublant de ces dernières années. Suicide? Point d'arme dans la place. Accident? Aucun voint de chute possible. Crime? Il n'y avait ni trace de lutte, ni indice de cambriolage ** pourtant, l'autopsie pratiquée par le docteur Paul avait, au lendemain de la découverte du cadavre, apporté ta confirmation d'un attentat criminel. Détective s'était naturellement attaché à résoudre cette hallucinante énigme. Et faut-il rappeler que, seul, dâns la presse, nous avions révélé, en tenant compte des moeurs équivoques de la victime, que des individus avaient subi, à quelques mois d'intervalle, et précisément à Montparnasse, des violences semblables à celles dont dont avait relevé la trace sur le cadavre de Roger Crémieux. Notre enquête se trouve aujourd'hui entièrement confirmée. Roger Crémieux a été victime de sa funeste passion. Il a été racolé au Dôme dans la nuit du samedi 2 avril par un certain Roger Collé, dit le Fakir, qui le présenta à Lucien Bellanger. Ces deux individus sont spécialistes de la «mise en l'air» des homosexuels. Crémieux fut entraîné dans l'entrée d'un immeuble rue de la Grande- Chaumière, dont la porte reste ouverte presque chaque nuit. C'est à cet endroit que Bellanger l'aurait frappé, tandis que Collé aurait fait le guet à l'extérieur. Crémieux aurait remis scm portefeuille, et, blessé à la tête, aurait regagné son domicile. Tel est le récit que Collé, qui vient d'être arrêté par les inspecteurs Schmitt et Bouygues, vient de faire à M. Roches, chef de la brigade spéciale, et qu'il a confirmé devant M. Linais, juge d'instruction. Il ne reste plus maintenant qu'à retrouver Bellanger, qui est en fuite. Comme sa femme, M. Reynès fut bris, en absorbant le potage, de violents évanouissements. L'empoisonneur avait dû entrer par la porte de la cuisine. VOTRE POITRINE iroii petite, descendue ou trop grosse, sera en quelques jours, ronde, terme et bien en place, quel que soit votre âge ou votre cas. Écrivez-moi en toute confiance comme à une amie, je vous enverrai gratuitement lu recelte merveilleuse, d'usage externe et sans aucun danger pour la santé, que vous emploierez en secret. Méthode actuellement employée par 1er.lupart des vedettes du théâtre et du cinéma et recommandée par t< cialistes esthéticiens. Discrétion absolue. Mme EVA (laboratoire D j - 12, rue des Archives, Paris. 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11 En même temps " qu'elle "^rse à boire comme stflrveuse, Clémèntlne Dubois soutient virilement ses opl nions politiques ^mjmxiu DUBOIS De &x ee* u début d'avril, en 1903, Mme 'Marie Dubois, épouse d'un cultivateur de Bécberel (Illeet-Vilaine) accouchait d'un superbe garçon. La naissance s'effectua au mieux ; mais dès qu on montra le petit être, la mère manifesta un extrême chagrin, déplorant que le nonveau-né ne fût pas la fille qu'elle avait si rademment désirée. Deux jours plus tard, Jean-Louis Dubois, le père, se présentait à la mairie, ponant l'enfant dans les bras. C'est un rejeton du sexe féminin, déclara-t-il, en souriant, à l'employé d'état-civil. Sa mère et moi lui avons choisi le nom de Clémentine. La déclaration fut tenue et enregistrée comme étant sincère ; et c'est ainsi que débuta une des plus originales supercheries commises jusqu'alors, laquelle devait durer trente-cinq ans... En, effet : Clémentine Dubois aura jusqu'à l'heure actuelle, vécu dans la condition fictive de femme, sans que nul témoin, même parmi ses familiers les plus proches, n ait décelé sa véritable nature. Tour à tour écolière, fille de ferme, femme de chambre, enfin fille de salle pendant une quinzaine d'années «il» a toujours, partout et par tous, été pris pour «elle Certes, des cas similaires se sont déjà trouvés. Des déserteurs se sont vêtus de cotillons pour se soustraire aux «inconvénients» de la virilité. Maints invertis ont eu recours aux atours féminins, soit par dépravation cérébrale, soit pour tirer profit de leur fraude équivoque. Mais ce u'il y a d'exceptionnel, voire d'unique, ans la condition de c Mademoiselle» Ï Dubois c'est qu'elle est personnellement parfaitement innocente devant la loi et que, jamais, il n'y eut rien de trouble dans ses mœurs... Néanmoins, au cours d'une rafle qu'il effectua, l'autre nuit, dans un hôtel du IV e arrondissement, le perspicace commissaire Massu (chef de la brigade volante de la police judiciaire) ne fut pas peu per- E lexe en remarquant l'attitude très emarrassée de Clémentine. Les papiers d'identité de «celle-ci» étaient strictement en règle ; mais, pour la première fois la bizarre personne «e sentait observée avec une curiosité si pénétrante qu'elle parut aussi gênée qu'une coupable. Aussi bien, M. Massu s'avisa de soumettre «la» Bretonne à un méticuleux interrogatoire ; c'est ainsi qu'il finit par obtenir la révélation de son stupéfiant secret. La confession de Clémentine De mon côté, j'ai pu joindre «Mademoiselle» Dubois, et recueillir sa confession ; mais ce ne fut pas sans mettre beaucoup d obstination dans mon entreprise. Heureusement l le c truc» que j'ai employé s'est avéré efficace, ce qui m'a permis de franchir enfin le seuil de l'hôtel où la police avait découvert l'hommefemme... Mais la gérante de l'hôtel était à sa fenêtre, qui «moralisait» les curieux et qui m'accueillit avec une mauvaise grâce fort agressive. Non! Pas de journalisses, maugréa-t-elle. Mlle Clémentine a interdit qu'on les laisse monter. Pardon! répliquai-ije, je viens pour l'assurance contractée par votre locataire... Par chance, la crédulité de l'hôtelière égalait son respect des consignes. Elle m'indiqua donc, plus, aimablement, la chambre 21, au sixième étage. fîeee- Qu'est-ce que c'est? barytottna Clémentine Dubois, en m entendant frapper à sa porte. Je parlementai à travers l'huis, me donnant, comme devant, pour un agent d'assurances. Puis, la porte fut déverrouillée et Je me trouvai devant une petite femme brune et replète. Alors, attaquai-je, c'est comme ça que vous vous barricadez? Les hommes vous font peur? Vous en êtes un autre pourtant... La riposte m'éberlua davantage que l'aspect de 1' «interlocutrice» S Oui, je suis un homme, dit- «elle» impassible. Maintenant, mon secret est connu de tout le monde : c'est rapport au roi d'angleterre... Que diable Sa Majesté britannique avait-elle à faire dans cette histoire? J'en demeurai coi pendant une demiminute. Mais Clémentine, devançant la question qui allait surgir de mes lèvres me désigna l'unique siège de sa chambre, s'assit elle-même au bord du lit (les genoux pudiquement serrés sous son peignoir) tout en ajoutant à ses premiers mots l'indispensable complément d'explication. Vous savez qu'on fouille partout, en ce moment, pour dépister ceux qui voudraient faire un mauvais coup au roi George VI, comme ça s'est passé à Marseille en 1914 (sic). L'autre matin, la police m'a donc réveillée à cinq heures du matin pour vérifier mes papiers. Mais, comme je n'étais pas encore rasée les «flics» furent pris d'un doute, m'emmenèrent à la police judiciaire, me firent examiner par un médecin et c'est celuilà qui découvrit que j'avais, exclusivement et normalement, l'anatomie d'un homme... Je sais tout cela, tranchai-je. Mais ce que j'ignore et qui m'intéresse au plus haut point, c'est le récit détaillé de votre curieuse existence... A ces mots Clémentine Dubois fit un geste plein de lassitude. Mais j'insistai opiniâtrement, si bien qu'elle se résigna à évoquer son passé. Enfance à l'école des filles J certificat d'études ; cathéchisme ; première communion en parure de mousseline blanche : tels sont les premiers souvenirs sans relief que Clémentine me confia. A treize ans, la «petite» Dubois devint orpheline. Une famille de cultivateurs la recueillit sans s'apercevoir de rien, ni sans recevoir aucune confidence. Puis, à dix-neuf ans, Clémentine fut engagée comme bonne à tout faire par un avocat d'asnières, lequel ignora également que la soubrette était un gars... D'ailleurs, précise ma confidente, il y avait longtemps que moi-même je me faisais illusion en me regardant dans la glace. Habituée depuis toujours à vivre comme si j'étais du sexe faible, j'en avais pris l'aspect tout aussi bien que les manières... La chasteté de M. Dubois Comme on pense, ces mots ne manquèrent pas de provoquer une allusion indiscrète, touchant la vertu de «la» Bretonne. Mais celle-ci se récria qu'elle n'était pas celle que je pensais! Jamais l'a. mour ne la troubla ; jamais elle ne ressentit le moindre désir ni pour une femme ni Dour un homme. Néanmoins, au cours de son étrange vie, Clémentine Dubois ne manqua pas, comme elle dit, d'avoir des «touches». La première fois, ce fut en 1925, vers midi, dans le métro. Un adjudant pressé contre «elle» lui manifesta manuellement toute la sympathie qu'il éprouvait pour le revers de sa personne! Outragée dans sa pudeur, Clémentine s'empressa de descendre à la station suivante. Par ailleurs, «elle» dut maintes fois «garer» ses jambes au cinéma. Quelquefois même, il lui fallut changer de place, étant importunée «des deux côtés»! Clémentine hausse les épaules au souvenir de ces aléas. Par contre, elle s'attendrit en évoquant Arthur I Celui-ci, employé à la Compagnie du gaz, était pensionnaire du restaurant Rémy, où «elle» travaillait comme fille de salle. Le gazier s'enflamma d'amour our la pseudo-soubrette et il la harcela Î plusieurs reprises pour qu'elle consentit à lui engager sa foi. Hélas! de son côté, Clémentine le trouvait bien agréable, sauf pour ce qu'il attendait d'elle. Arthur fut donc contraint de renoncer à l'union rêvée ; et il en éprouva un si gros chagrin que «sa» réfractaire dulcinée en est encore apitoyée i A ce récit, je félicitai Clémentine de 11 sa vertu et de sa loyauté ; mais non sans la questionner encore sur les secrets de son tempérament. Et si, au lieu d'arthur, vous aviez été aimée par une femme : sans doute auriez-vous répondu plus volontiers aux sollicitations ardentes?... Pas davantage, rétorqua l'étrange confidente. A telle enseigne que j'ai été, momentanément, habilleuse d'une troupe de girls. J'en ai vues et touchées de belles cuisses et de fermes poitrines. Ça ne m'a pourtant jamais rien «dit»! Cependant, le médecin qui examina f Mademoiselle» Dubois affirme que rien ne lui manque pour se donner du plaisir, virilement. Cette attestation démontre que, dans un corps sain et normalement constitué, le gars Clémentine vit une vie qui n'est pas la sienne. Changera-t-il, d'ici quelques jours, alors que son état-civil sera rectifié? Hélas! Il m'apparaît probable que l'étrange mimétisme auquel a été voué ce pauvre garçon demeurera définitif. Il m'a dit, en effet, pour clore sa con. fession : Devenir un homme devant la loi, il faut bien que j'y «passe»! Mais je demanderai la permission de garder mes robes, mes combinaisons et mes bibis, jusqu'à la mort... Maurice TEBOUL. ADMINISTRATION RÉDACTION ADONNEMENTS 3, RUE DE CRENELLE PARIS (Yl«) Directeur-Rédacteur en Chef i MAMUS LARIQUE TELEPHONE i LITTHE ADRESSE TELEGRAPHIQUE i DETEC-PARIS COMPTE CHEQUE POSTAL i N* o mois 12 mois Franc» < Colonies 41» 77» Etranger, Union postal* 54» 99» Etranger, Autres pays 64» 119» Los règlements do compte ot abonnements doivent être établis a l'ordre ot au *eul non do «Détective». Ext m des SI h Astres ^ u,!/-' r" Cl- "i ~4a. ' r " * ^ -^SkjJSinjÊÊi il

12 Grande animation au Palais 1 On renouvelle, comme chaque année, le Conseil de l'ordre. Ce ne sont que conciliabules, Intrigues... Il y a pléthore de candidats. NOTRE VOIX JUSTICE EXPÉDITIVE 'EST un thème classique de critique que celui de la justice trop lente. Nous y avons trouvé souvent matière, à cette place même, à des observations qui nous semblaient méritées et nous n'entendons certes pas, à l'occasion de ce qui va suivre, renier ce que nous avons écrit sur les méfaits des jugements tardifs, le défaut d'exemplarité d'un châtiment qui vient trop tard et qui perd de son sens. Tout ce que nous avons exprimé à cet égard demeure vrai. Mais nous avons lu, un peu partout dans la presse, des éloges enthousiastes pour la justice américaine, qui a condamné à la chaise électrique le ravisseur du petit Jimmy Cash, après une information judiciaire qui a duré huit jours. Et plusieurs de nos confrères d'opposer la rapidité bienfaisante de la méthode d'outre-atlantique aux piétinements de l'instruction de l'affaire Weidmann, qui dure depuis plus de six mois. Cette opposition nous semble un peu trop facile et un peu trop simpliste. Tout d'abord, il faut se garder de comparer deux affaires criminelles qui n'ont entre elles aucun rapport : dans le meurtre de Jimmy Cash, un seul individu a été arrêté; il avait avoué sa participation à l'ignoble chantage exercé sur les parents de l'enfant volé. On pouvait le juger sans difficulté. Dans l'affaire Weidmann, au contraire, si le monstre a bien reconnu ses crimes, il n'est pas le seul accusé. Il y a Million, il y a Colette Tricot, il y a Blanc, qui vient d'être, ces jours derniers, mis en liberté provisoire. Le rôle de Million doit être tiré au clair; la vérité l'exige et cette tâche n'est pas très aisée. Une justice expéditive à l'excès (à la façon de celle qui sévissait pendant la guerre) n'est pas une bonne justice. Peut-on regretter que certains procès retentissants aient eu une instruction échelonnée, à travers de multiples rebondissements, sur plusieurs années? Quand il s'agit de rechercher la Vérité incertaine, il n'est pas de délai qui doive brusquer le cours normal de la justice. Cette justice, nous ne voulons pas qu'elle ait les traits d'une vieille femme paralysée, mais pas davantage, l'aspect d'une girl habile dans l'art d'effectuer des danses acrobatiques. Nous la voulons sereine, réfléchie, lucide. Plus que jamais, ici, se vérifie le proverbe qu'en toutes choses l'excès est un défaut. Il JUSTICE PETITS PROCES L'AMOUR A LA SOURICIERE O N a reparlé, mercredi dernier, à la cour d'assises de la Seine, des mystères de la Cellule 10. Mystères, maintenant bien dissipés et qui n'ont plus que la valeur d'une des plus bouffonnes histoires judiciaires qu'on ait enregistrées, au Palais. Charles Pelissier, l'animateur de puissantes sociétés immobilières, aujourd'hui effondrées, le financier qui gagna, en quelques années, plus de cinquante millions et qui fut naturellement déclaré en faillite, recherché par le Parquet de la Seine comme escroc, banqueroutier, émetteur de chèques sans provision, réussit à s'évader, le 3 octobre 1935, de la Souricière. La Souricière était gardée par le gardien de prison Vallet, lequel apporta au dur régime de l'administration pénitentiaire quelques petits adoucissements. Les adoucissements avaient lieu à la cellule 10 : Moyennant un «pourboire» d'une importance variable, les prisonniers pouvaient librement «s'entretenir» avec leurs femmes ou leurs maîtresses ; il y avait tout un système de faux ordres d'extraction, qui permettaient à Vallet de faire sor- LES ÉCARTS D'ACHOUR CHOUR, fil«de Mohamed, né à Bougie, outilleur à Levallois, est poursuivi pour outrages i publics à la pudeur. Le 20 novembre 1927, au lieu de choisir un mur, à défaut d'une y«epasienne, pour y satisfaire un besoin naturel, il s'est planté devant une petite fille, que conduisait sa maman par la main, et, sans plus de façons, il a opéré. La mère de la petite fille traita Achour-fils-de-Mohamed de «dégoûtant :» ce qui, pour désigner le personnage était un terme vraiment trop poli. Achour, qui n'aime pas qu'on l'injurie, s'approcha de la maman et inonda sa robe et ses chaussures. Le coupable est devant ses juges, à la 17* chambre. Il commence par faire le salut militaire. LE PRÉSIDENT. Vous aviez bu? ACHOUR. Non, mon président. LE PRÉSIDENT. Alors, c'est plus grave. On entend la mère de la petite fille. LA MÈRE. Quand je l'eus traité de «dégoûtant», il m'a dit : «Je te reverrai...» et il a ajouté des mots orduriers. * LE PRÉSIDENT. Vous ne vous êtes pas contenté d'être obscène, vous avez été aussi grossier envers cette dame. Pour la troisième fois, Achour salue militairement. LA MÈRE. Je ne porte pas plainte. Un second témoin est à la barre. C'est un bon Auvergnat, qui a vu Achour, dans son activité exhibitionniste. I t TÉMOIN. // urinait face au président Wilson. (Rires.) LE PRÉSIDENT (interloqué). Vous dites? On s'explique : le témoin a voulu dire qu'achour urinait en face du café qui porte le nom de feu le président Wilson. Achour est condamné à un mois de prison avec sursis. Il semble enchanté du résultat. POJUÂ hâ beaux sfsjux du "JUina Arment «prit» la femme de Schwartz, Tltine Van Brouckoven (à droite). Des coups de poing furent échangés entre les deux hommes. Schwartz (à gauche) revint peu après et tua Armeni. Il fera six ans de bagne. 12 tir de la Santé les bénéficiaires de ses faveurs et à la fin de l'après-midi, ces messieurs réintégraient la prison, soulagés et reconnaissants. Pendant des mois, sinon des années, tout avait bien marché, à la satisfaction générale, sans difficultés, sans incidents, sans scandales. Une bonne foi réciproque animait les partenaires : Vallet empochait ce qui lui était dû et les prisonniers, sagement, quittaient la cellule 10, lorsque Vallet faisait tinter à la porte son trousseau de clefs, pour signifier l'heure du départ. Mais Charles Pélissier fut plus exigeant : grâce à sa femme qui lui avait apporté une fausse clef (fabriquée par un petit cousin, serrurier) il réussit à filer... Et on ne le retrouva que longtemps plus tard, en Belgique, d'où il fut extradé. Cependant que Mme Pélissier, la blonde et charmante Cri- Cri, le gardien Vallet et le petit cousin complaisant étaient poursuivis en cour d'assises, pour corruption de fonctionnaires. Ce fut le premier procès, jugé l'année dernière. Cri-'Cri fut condamnée à trois ans de prison avec sursis. Vallet à un an avec sursis et le petit cousin acquitté. Il restait à juger Charles Pélissier : voilà qui est fait et Pélissier, pour son premier contact avec les juges populaires, n'aura pas à se plaindre. Il a obtenu un verdict d'acquittement. Il l'a dû, ce verdict, incontestablement, à son défenseur M" de Moro-Giafferri. Jamais «Moro» ne fut plus en forme. La cause était sans doute plus plaisante que grave et le crime de corruption de fonctionnaire semblait plutôt une bonne farce, parfaitement jouée. Mais enfin, Cri-Cri et le gardien Vallet avaient été condamnés et, lui, Pélissier, l'auteur principal, allait sortir indemne des poursuites. Miracle de l'éloquence, de l'habileté et de l'esprit. M e de Moro-Giafferri fut éblouissant. Le secret du succès était de faire rire les jurés. Cela commença aux premiers mots de l'interrogatoire. Le président Lapeyre venait de demander à Pélissier quel était le «Tarif» du gardien Vallet, pour prix de ses complaisances.... «Le détenu, répondit Pélissier, lui donnait ce qu'il voulait...» «...Oui, c'est bien cela, tantôt 100 francs, tantôt 200, // était bien gentil, Vallet, et peu regardant...» M* de Moro-Giafferri, qui, jusque-là s'était tenu bien tranquille à son banc, et qui semblait (fallacieuse apparence) légèrement assoupi dans l'atmosphère étouffante de la salle, interrompit : «... Vous n'auriez pas voulu, tout de même, Monsieur le Président, qu'il regardât!» La salle, les jurés, la cour elle-même éclatèrent de rire. L'évocation du gardien transformé en voyeur était en effet plaisante, mais ce n'était qu'une évocation toute théorique, car Vallet avait trop à faire pour se livrer à ce petit jeu... Il était, au surplus, trop «sérieux» pour s'abaisser à ces fantaisies. La défense de Pélissier, telle que la présenta Moro, fut un hymne à l'amour. «...Il savait, s'écria l'étonnant défenseur (en montrant l'accusé) que depuis longtemps, la cellule 10 avait une. destination galante. Et pensant à sa femme, jeune, charmante, il voulut tout naturellement en profiter : la cellule, certes, n'était pas confortable : une table, une chaise, un sommier défoncé, un verre d'eau et un arrosoir : un vieillard ne s'en serait pas contenté, mais lui...» Et M 6 Moro fit une mimique suggestive. «... Depuis des années, on faisait l'amour à la cellule 10, et vous l'ignoriez, Monsieur l'avocat général, alors que le Parquet, dont vous êtes l'un des membres indivisibles a précisément, dans ses attributions, la surveillance des prisons!» Le coup était direct et l'excellent avocat général qu'est M. Demangeot était évidemment un peu gêné. Très en forme, Moro continua : «... Cette cellule 10, par une ironie architecturale, est située juste au-dessous du Parquet général, comme si toutes les autorités judiciaires s'étaient concertées pour ne pas troubler les amoureux de la Souricière...» «Et l'on ose poursuivre Pélissier, parce qu'il a commis le crime, cet homme condamné à la chasteté, de vouloir étreindre sa femme! On n'a pas poursuivi les autres, tous ceux qui ont fait comme lui, avant lui, et qui ont dit que «ça s'était passé et bien passé!» (Hilarité). Les jurés ont entendu l'appel fait à leur coeur ; ils ont été indulgenls à l'amour.

13 DES H CMME S K PETITES CAUSES UNE VIRILITÉ RECORD L PORTE un nom célèbre dans les milieux sportifs ; H il est commandeur de la Légion d'honneur et l'on assure que la plaque de grand-officier pourrait bien, prochainement, remplacer sa cravate. Mais, pour l'heure, il n'était pas question de décoration, mais d'une formalité désagréable : la haute personnalité sportive était traduite mardi dernier devant la 17" chambre du tribunal correctionnel, sous l'inculpation d'entretien de concubine au domicile conjugal. Il a 76 ans, ce qui est, pour ce délit, un titre de gloire. Sa complice, 66 ans et la plaignante, qui n'est autre que la femme légitime de l'inculpé, compte un an de plus que la maîtresse... A eux trois, ce n'étaient évidemment plus des jeunesses... Le mari et sa maîtresse étaient tous deux poursuivis. Quand nous disons «sa maîtresse», nous allons peut-être un peu vite, car il soutenait que la dame de 66 ans, avec laquelle il habitait, n'était pour lui qu'une «amie», en tout bien, tout honneur. Il donna, d'ailleurs, pour renforcer ses protestations d'innocence, toute une série d'arguments. J'ai été opéré, dit-il, de la prostate, il y a deux ans ; je suis incapable d'avoir des relations sexuelles. Mon chirurgien m'a délivré un certificat. Et il exhiba un certificat du docteur Lardennois. Mais à le lire de près, on constatait que le document ne disait pas tout à fait ce que voulait lui faire dire l'intéressé. M" René Floriot, avocat de la femme légitime, agressive plaignante, ajusta ses lunettes et lut le certificat. Il y était simplement mentionné que M. X... devait observer la plus grande «réserve» sur le chapitre de l'amour. Entre une «réserve» convenable et l'incapacité totale, il y a une grande différence et M e Floriot la souligna nettement. Pas du tout, répliqua l'inculpé, on sait ce Que signifient les mots et, pilus particulièrement, ceux qui sont employés dans le langage médical. Cette controverse verbale étant provisoirement close, le président de Clavel poussa plus avant son interrogatoire : Monsieur, dit-il au commandeur de la Légion d'honneur, je vous félicite de votre aspect vigoureux; si je ne savais, par les pièces du dossier, vôtres lâge, je n'y pourrais croire. Vos cheveux sont drus, la longue habitude que vous avez d'une vie sportive vous a maintenu dans une forme magnifique et c'est pourquoi (le président de Clavel toussota un peu, pour camoufler sa gêne), le délit qui vous est reproché m'a pas le caractère d'invraisemblance qu'il aurait pour un autre. Très digne, M. X... répondit : Si le sport permettait aux hommes de conserver toute leur virilité, le monde ne serait peuplé que de sportifs. L'objection tirée de la prostate 1' «exception prostatique», comme on dirait dans le jargon judiciaire était un premier moyen. Il y en avait un second : le manque de preuve. D'ordinaire, dans les procès d'adultère, la pièce capitale est le constat du commissaire de police : le coup de sonnette à la porte de l'asile coupable où s'abritent les amants, dans une matinée qui commence, la perquisition, l'examen minutieux du lit, pour vérifier si la trace n'y est pas encore marquée, toute chaude, de deux corps, les recherches dans tous les coins, recoins et placards de l'appartement où se cache la maîtresse ou l'amant, selon que la plainte émane du mari cocu ou de la femme trompée, bref, tous ces éléments classiques de l'enquête sont notés, précisés dans un style savoureux, qui a inspiré bien des vaudevillistes. Mais ici, le rapport du commissaire n'était pas très «nourri». Le commissaire, malgré l'heure matinale de sa «visite», était arrivé trop tard. Il n'aurait pas dû ignorer que le «héros» de la poursuite partait, tous les matins, au Bois, pour y effectuer une promenade à bicyclette. Lorsque le magistrat avait sonné, il n'avait été reçu que par la dame de 66 ans... La perquisition avait eu lieu, cependant. Quel en avait été le résultat? Nul, s'écriait, triomphant, le plus-que-septuagénaire inculpé. Le commissaire n'a rien trouvé. Pardon, coupa le président, il a constaté qu'il n'y avait, dans l'hôtel particulier où vous habitez avec madame (le président désigna la «complice»), qu'un seul cabinet de toilette et, dans ce cabinet de toilette, sur la même table, deux brosses, l'une à l'usage des hommes, l'autre à l'usage des femmes... L'INCULPÉ. Je voudrais bien savoir à quoi le com. missaire a vu cette distinction : est-ce à la longueur des poils? (rires). LE PRÉSIDENT. La chemise et la culotte de madame se trouvaient dans la même pièce que vos brodequins. (hilarité). (M. X... avait commencé par dire que les brodequins appartenaient à une infirmière, puis il finit par reconnaître que les brodequins étaient à lui... L'INCULPÉ, Ne parlons pas, si vous le voulez bien, monsieur le président, des brodequins. M. le commissaire a eu le bon goût d'y glisser sa carte de visite. Je ne le féliciterai pas de son tact. Enfin, dernier argument de la défense : l'hôtel particulier où s'est rendu le commissaire appartient bien à M. X..., mais celui-ci n'en a que la nue-propriété. La dame-de-soixante-six ans en est l'usufruitière. Et de cette constatation devait surgir un «moyen» juridique des plus curieux, mais singulièrement fort. L'usage de cette maison, dit l'inculpé, sa jouissance, si l'on peut dire, appartiennent à madame. Je suis reçu par elle, en toute amitié dans ce logis. Mais ce n'est pas mon domicile, ce n'est donc pas le domicile conjugal. L'argument était très solide. Car l'on sait que si l'adultère de la femme est punissable en quelque endroit qu'il se produise, celui du mari n'est un délit que s'il est accompli au domicile conjugal. Allons! le droit sert encore à bien des choses. M 0 Floriot ayant plaidé pour la partie civile, M"* Schayé et Adrien Peytel pour les deux prévenus, le tribunal, après ces assauts de spirituelle éloquence, s'est octroyé quinze jours de délibération. UN DRAME POIGNANT E drame poignant qui était évoqué l'autre jour aux assises de la Seine! Anicet Sigaud, fondeur en fer, pour une discussion futile avec sa femme au sujet de leurs prochaines vacances, dé- SUSSES cida de mourir et d'entraîner dans la mort sa femme et ses deux enfants. Il ouvrit le robinet du gaz de la cuisinière, pendant que les siens dormaient et il attendit. Une voisine, attirée par l'odeur des émanations et le sifflement d'une fuite de gaz, alerta la concierge : on enfonça la porte du logement, 1 bis, rue du Fort, au Kremlin-Bicêtre. Le plus jeune des enfants, le petit Claude, âgé de deux ans, mourut dans le transport à l'hôpital ; Sigaud, sa femme, son fils aîné, Serge, furent sauvés. Dans le box de la Cour d'assises, ce père, poursuivi sous l'accusation d'assassinat (meurtre avec préméditation) semblait tout d'abord ne pas comprendre ce qu'il avait fait. Peu à peu, au fur et à mesure qu'avançait l'interrogatoire du président Lapeyre, sa raison s'éveillait. Il pleura au souvenir du petit Glaude. Il adorait ses enfants, dirent tous les témoins, et c'est ce qui donnait au drame un caractère particulièrement poignant. Et tout ce malheur, pour quelques propos un peu vifs, échangés au diner, entre sa femme et lui. On reste confondu devant cette tragédie. Les jurés ont eu pitié. Comme le demandaient les défenseurs d'anicet Sigaud, M e " Théodore Valensi et Prado-Gaillard, ils ont pensé que l'accusé avait été assez cruellement touché par la mort de son enfant et ils l'ont acquitté. Tableau Idyllique, n'est-ce pas? Mais le drame était proche. Charles Knauss abattit sa tante. Elle refusait, assure-t'h, de le suivre en Algérie, COURRIER JURIDIQUE Mme B... à Tierceville (Calvados). La disparition de votre père et les circonstances qui l'entourent sont en effet des plus troublantes. Le rôle joué par la personne qui vivait avec lui mérite d'être élucidé complètement, vous pourriez saisir le procureur d'amiens d'une requête : une enquête officieuse aurait lieu et pourrait aboutir à des résultats utiles. Loquedu. - Rien à faire, l'inscription a été régulièrement portée. Ernest Engelhardt, Vous avez reconnu l'enfant naturel que votre maîtresse a emmené en Haute-Savoie et vous voudriez le reprendre. Toute la question est de savoir qui, de vous ou de votre maîtresse, l'avez reconnu le premier. Le droit de garde sur l'enfant naturel appartient en effet à celui des parents qui l'a reconnu en premier lieu. Toutefois, si vous avez des inquiétudes sur les conditions morales ou matérielles dans lesquelles vit l'enfant, vous pouvez vous adresser au procureur de la République, qui saisira le tribunal pour enfants. Car en cette matière, le tribunal joue le rôle d'un conseil de famille et a toujours un droit de contrôle. /.-/. Martin, Barbes. Votre femme vous a quitté depuis un an? Savez-vous où elle réside? Dans l'affirmative, faiteslui sommation de réintégrer le domicile conjugal et comme il est probable qu'elle vous a quitté sans esprit de retour, vous pourrez facilement obtenir le divorce. Ou encore, si elle habite avec son amant, déposez une plainte en adultère ; un constat sera dressé et le divorce sera prononcé à votre profit. Si vous êtes sans ressources, demandez l'assistance judiciaire, en écrivant au procureur de la République et en joignant à votre lettre un certificat d'indigence et un certificat de non-imposition. B..., négociant, Philippeville. Lee frais d'une expertise ordonnée par le juge d'instruction sont avancés par le plaignant, s'il s'agit d'une plainte avec constitution de partie civile; par l'etat, s'il s'agit d'une information ouverte d'office à la requête du procureur de la République, Le juge d'instruction ne peut pas siéger dans l'affaire qu'il a instruite. Pour déterminer si c'est le président ou le trésorier d'une association qui doit être poursuivi sous l'inculpation d'abus de confiance, il faut rechercher quel est celui des deux qui a eu effectivement les fonds en sa possession et qui les a détournés. Mme P., Courbevoie. Exposez toutes les souffrances que vous nous décrivez au président du tribunal pour enfants et vous aurez satisfaction. La petite fille, qui a besoin d'être surveillée d'une façon très stricte, sera confiée à une œuvre. Quant à l'autre, vous n'avez pas de craintes à éprouver à son sujet. Elle travaille bien et ne vous sera pas enlevée. (P&UàAWi, GA&wc, ei Çhi-Çhi, femme dévouée ' Mil L'audience où fut jugé Pélissier se déroula sous le signe de la bonne humeur. A droite, la femme du banquier, Cri-Cri. M 6 de Moro-Giafferri, qui semble poursuivre un rêve intérieur, va bondir avec sa fougue coutumière. 13

14 FAILLIT Almazian, le tailleur arménien, qu'on accusait du meurtre de son ami Rigaudin, faillit être victime d'une erreur d'expertise. Quant à Nourrie et Duquesne, qui sont actuellement au bagne, c'est sur un rapport de M. Bayle, fortement combattu par leur avocat, qu'ils furent condamnés. n LES experts les plus redoutables sont naturellement ceux dont la compétence paraît offrir le plus de garanties d'honnêteté et de savoir. Tout de suite après les médecins-légistes nous avons montré, la semaine dernière (1), que les plus célèbres d'entre eux se sont lour. dément trompés viennent les experts des laboratoires de police scientifique. Si l'examen du cadavre ou des plaies de la victime n a pas apporté au magistrat instructeur la preuve décisive de l'accusation, le juge reporte alors toutes ses espérances vers les indices relevés sur les lieux du crime et demande aux techniciens du laboratoire de police de les interpréter impartialement pour ou contre l'inculpé. A Paris, notamment, il n'est guère de dossiers criminels qui ne passent pas par l'identité judiciaire du quai des Orfèvres, aujourd'hui dirigée par un vrai savant, le docteur Sannié, professeur à la Faculté de médecine, ancien chef de chimie et de physico-chimie à l'institut du Cancer. Le guillotiné par méprise Ce n'est pas sans de graves raisons que les techniciens du crime ne sont pas encore considérés, en France, par les jurys d'assises, comme des experts dont le rapport peut être accepté sans contrôle, alors que les médecins légistes sont désormais écoutés religieusement, à la barre, et n e sont plus en butte aux questions insidieuses de l'avocat. Bien que l'étude des empreintes, des traces, des taches des armes, des -explosifs se soit considérablement perfectionnée depuis 1910, avec les travaux des docteurs Lacassagne, Balthazard et Locard père et fils, la justice et l'opinion publique continuent à se montrer dune extrême prudence à l'égard des techniciens de la police. C'est que les faillites du laboratoire des recherches criminelles ont été et restent nombreuses. Comment voudriez-vous que le défenseur d un inculpé, (1) Yoir DÉTECTIVE n 504. traîné sans preuves certaines aux assises de Douai, n'agite pas régulièrement, devant les jurés, le spectre d'une erreur judiciaire horrible que les habitants de Cambrai n'ont jamais pu oublier : l'exécution capitale d'un homme complètement innocent. Le 31 janvier 1811, un incendie détruit la grange du maire de Noyelles. Le feu a certainement été allumé par une main criminelle, mais aucun indice ne permet de soupçonner l'incendiaire. Un seul indice : des empreintes de pas autour de la ferme dévastée, empreintes laissées par un individu chaussé de bottes. Des bottes! Mais un seul habitant de la commune en porte. C est le garde champêtre, Maximilien Flament. Une sourde rumeur monte : le garde champêtre et le maire, victime de 1 incendie, ont eu autrefois de violentes discussions. Flament aurait même alors proféré des menaces. Mais je suis aussi innocent que le plus jeune de mes enfants! répète Maximilien Flament. Sur mon honneur et ma conscience, les empreintes de pas laissées par l'incendiaire ont certainement été produites par les semelles des bottes du garde, et leur enfonr P T e hnh» rres. P0 î ld 1?u P ids de l'inculpé! affirme l'expert. Ces bottes n ont-elles; pas été retrouvées, encore pleines de la terre jaune de l'endroit du crime?,~ Mais c'est partout la même terre dans le pays! crie désespérément Flament. 1 ' En vain. Le 29 juillet, la cour de Douai l e condamne à m %\ T on! tait i ort sévère alors P ur les incendiaires et I échafaud se dresse incontinent sur la place publique de Lambrai. La tête du malheureux tombe en dépit de ses protestations angoissées. Le 20 octobre 1817, on guillotina sur la même place, un mendiant convaincu d'assassinat, Félix Moreau. - Je puis maintenant vous déclarer, s'écria le condamné avant de mourir, que le garde de Noyelles était innocent. C'est moi qui ai mis le feu chez le maire. De peur d'être inquiété alors, j'ai enfoui mes bottes sous un grand saule, près de la rivière... Tandis que le couperet s'abattait, une voix monta : c'était celle d'un prêtre : A genoux pour l'innocent! Et toute la foule tomba en prière, Les bottes du véritable incendiaire furent retrouvées, expertisées. Le doute n'était plus possible, cette fois. Un innocent avait bien été guillotiné. Alphonse Bertillon était-il fou? Sans doute dira-t-on qu'un homme ne risque plus aujourd'hui sa tête sur le simple rapport d'un technicien de laboratoire. C'est que la loi a adouci le châtiment. Entrons en pleine actualité et voyons comment, en vingt ans, l'identité judiciaire parisienne a été formellement surprise en flagrant délit de faillite, dans des affaires qui, l'une et l'autre, auraient pu normalement se terminer boulevard Arago. Le dimanche 7 juin vers 8 heures du matin, Renard, le varet de chambre de M. Rémy, riche propriétaire d'un hôtel particulier, rue de la Pépinière, apportait à son maître le petit déjeuner. Soudain, Renard crie : Monsieur est mort! Monsieur est mort! M. Rémy était étendu au pied de son lit, le visage ensanglanté. Dans la pièce tout était saccagé, un petit secrétaire à cylindre, en acajou, était fracturé et montrait dans ses tiroirs ouverts les écrins à bijoux qu'il renfermait, brisés et vidés de leur contenu. Enfin, sous le lit, l'arme du crime : un petit couteau à dessert. C'est un couteau de l'office! remarqua encore Renard. L'enquête parut démontrer que l'assassin n'avait pu venir du dehors et devait faire partie de la nombreuse domesticité de l'hôtel. Le 26 juin, sans preuves décisives, le valet de chambre Renard était arrêté bien qu'il niât éperdument. C'est alors qu'alphonse Bertillon, chef du service de l'identité judiciaire à l'époque, fut commis. Bertillon, on le sait, avait été l'inventeur, en 1882, d'un système d'identification des malfaiteurs que la sécurité actuelle de l'identification par empreintes a rendu désuet : l'anthropométrie. Bertillon, ancien rédacteur à la préfecture, n'était titulaire d'aucun diplôme universitaire. Cependant, on le bombarda là la tête du service dont il était le vulgarisateur et qu'il nomma lui-même «Identité judiciaire». Malheureusement, sa vive imagination ne suppléait pas toujours à son défaut de science et, après avoir triomphé en identifiant Ravachol, il sombra sous la honte, comme nous le verrons, dans l'expertise du fameux Bordereau de l'affaire Dreyfus. Néanmoins, ayant perdu toute autorité devant les jurys, il continua là diriger l'identité judiciaire jusqu'à sa mort, en Il n'abandonna jamais l'inquiétante habitude de prendre l'avis du juge d'instruction avant d'entreprendre ses travaux de laboratoire, et, c'est ainsi que, dans l'affaire Rémy, Renard étant le seul coupable possible, aux yeux du juge, Bertillon déposa, le 18 juillet 1908, un rapport où il déclarait qu'un seul assassin avait opéré «comme le prouvaient les pesées effectuées sur la serrure du secrétaire» mis au pillage. Pauvre Bertillon! Voilà que, le 20 juillet, on découvrait au château d'anel, où se trouvait Mme Rémy, tous les bijoux volés, dans la poche de la veste d'un autre domestique de la victime, le jeune Courtois, âgé de dixsept ans. C'est avec Renard que j'ai fait le coup! avoua le gamin en pleurnichant. En pesant chacun d'un côté de la serrure nous avons fait sauter ensemble le secrétaire. Renard a pris tout l'argent et ne m'a donné que les bijoux, dont je ne savais que faire. Que devenait devant ces aveux le mirifique rapport où Bertillon avait traduit en formules scientifiques sa conviction d'un assassin unique? Ne pensez pas qu'il se troubla. Il rédigea séance tenante un second rapport intitulé «Annexe à mon mémoire du 18 juillet», où il affirmait tout aussi catégoriquement qu'il y avait bien eu «deux coupables, en raison du parallélisme des pesées retrouvées de chaque côté de la serrure du secrétaire». On devine de quelle voix éclatante M e Lagasse, défenseur de Renard, fustigea l'inconstant expert au procès. 14 J'ai fait mille bons rapports dans ma vie, répliqua Bertillôn à la barre. Mais vous en avez fait un mille et unième qui, celui, là, est mauvais au-delà de toutes les limites permises. Renard sauva sa tête, car le jugement fut cassé sur le seul fait du rapport contradictoire de l'expert. Et M» Mornard, avocat à la Cour de cassation, put s'écrier : Nous sommes arrivés, dans cette affaire, à des constatations véritablement stupéfiantes de la folie de M. Bertillon! Nous sommes en présence de l'œuvre d'un fou (sic)! Comment Bayle se trompa A Alphonse Bertillon succéda un grand savant, le professeur Edmond Bayle, qui mourut il faut, hélas! le reconnaître aujourd'hui d'avoir cru à l'infaillibilité de son art. Bayle restera cependant un des plus inventifs techniciens du laboratoire de police scientifique. Pendant la guerre, il parvint à réaliser avec succès l'analyse rapide des gaz foudroyants de l'allemagne ; il découvrait aussitôt le contrepoison qui en limitait les ravages sur le front et créait à son tour, pour notre armée, des gaz plus terribles encore qui décontenancèrent toujours les chimistes ennemis. Ce sont encore les travaux de Bayle qui permirent de situer en Hongrie le lieu de fabrication des faux billets de mille francs du prince Windinschgretz. C'est lui qui barra la porte des musées aux faux tableaux de maîtres anciens, Puis, brusquement, avec l'affaire Nourrie et Duquesne, accusés de l'assassinat de l'encaisseur Desprès dans leur villa du Perreux, en mars 1927, une clameur de voix autorisées s'éleva au Palais pour affirmer que Bayle «forçait» sa science des recherches au laboratoire et que ses éprouvettes, son microscope et ses lanternes à rayons infra-rouges l'amenaient à des conclusions tellement formelles qu'il en oubliait que de terribles coïncidences peuvent jouer pour accumuler des indices contre un homme accusé d'assassinat. C'est sur l'expertise du mouchoir à fils rouges et blancs qui servit aux meurtriers à envelopper la tête de l'encaisseur avant de le jeter à la Seine, que tonna, le 8 mars en cour d'assises de la Seine, la grosse voix de M* Henri Torrès, avocat des époux Nourrie. A la barre, très simple derrière ses lunettes et sa longue moustache tombante, Bayle était venu déclarer d'une voix égale : Le mouchoir qui entourait le visage de la victime est rigoureusement identique aux cinq mouchoirs saisis nu domicile de Duquesne. De toute évidence, l'examen micros copique de la trame de ces six carrés d'étoffe, tissés méch niquement, montre que les six mouchoirs ont été débités dans la même pièce de tissu. Au même endroit des ourlets ourlets qui sont l'œuvre de la même main on retrouve la succession des fils rouges et blancs qui se continuent de l'un ià l'autre... Je vous concède vos constatations, coupa M* Torrès, mais combien pensez-vous que l'on puisse tailler de mouchoirs dans une pièce d'étoffe tissée mécaniquement et demeurée entière à sa sortie de l'usine, avec sa trame uniforme d'un bout à l'autre? Tout au plus Non, rétorqua M e Torrès, pas 180 mouchoirs, mais peut-être ! Les déclarations des fabricants sont là, formelles, dans mon dossier... Il n'en reste pas moins que dans les six mouchoirs saisis dans cette affaire, la trame se continue... Sans doute, mais si vous entrez dans un magasin du Perreux, vous en achèterez un septième, puis un huitième, puis d'autres encore, qui continueront la même trame. Qu'est-ce que votre expertise prouve? Bayle ne répondit rien. Pour la première fois il avait senti passer le vent de la critique. L'avocat général tenta d'effacer l'atteinte portée à la science infaillible et triompha : Nourrie et Duquesne s'en furent, condamnés aux travaux forcés. Le savant chimiste reprit le cours de ses travaux de laboratoire. Quelques mois plus tard on lui soumit l'acte de bail contesté d'un appartement, d'un loyer de francs, situé 82, rue de Rochechouart. Ce bail conclu entre le propriétaire de l'immeuble, M. Dichamp, et un de ses locataires, Jean-Emile Philipponnet, contenait une clause spéciale concernant la reprise d'un mobilier que l'expert de Philipponnet avait évalué à francs, mais dont la valeur de reprise avait été, d'entente commune entre les deux hommes porté à francs. Le bail fut signé. Quand il l'eut en mains, Philipponnet s'aperçut que l'acte avait indûment porté la valeur du mobilier à francs. Violente colère du locataire, qui attaque aussitôt son propriétaire en justice. Un premier expert est commis, M. Vigneron, vérificateur à la préfecture de la Seine. Nouvelle surprise : le bail-reprise qu'on lui remet ne porte plus francs, mais, cette fois, les francs convenus. Cependant il apparaît aussitôt à l'expert que l'acte a été truqué. Le papier n'était ni gommé ni gratté, répétera inlassablement M. Vigneron au procès de l'assassin de Bayle : il avait été lavé et, sous le chiffre 1 de , j'ai vu la silhouette d'un 3... Il y avait là de quoi envoyer le propriétaire en cour d'assises. M. Vigneron prévint donc Philipponnet du faux commis, mais s'abstint d'en avertir M. Dichamp. Par surprise une plainte est déposée. Protestations de l'accusé. Cette fois, c'est Bayle, expert criminel, qui est commis pour la contre-expertise du document. Malheureusement, pour se convaincre s'il y avait eu faux par lavage, le savant se livra à trois sortes d'expériences qui le forcèrent à échancrer le document incriminé, ce qui faisait disparaître toute nouvelle possibilité d'une troisième expertise. Et c'est par là qu'edmond Bayle pécha... Ses conclusions devenaient sans appel... L'expert venait de signer son arrêt de mort! Mon maître, vint raconter aux assises M. Amy, collaborateur de Bayle, a médité plusieurs semaines devant l'acte de bail litigieux avant de le soumettre à des réactions chimiques. Enfin, il le photographia tel quel, puis sous des verres appropriés, puis sous écran lumineux. C'est alors qu'il le soumit à des réactifs chimiques et lui fit subir un dégraissage au chloroforme. Le rapport de Bayie concluait à la parfaite clarté de

15 XPERT! 'acte, sans omettre de signaler que des signes parasitaires subsistaient autour du 1 de ! Philipponnet, débouté Be sa plainte, en fut pour les frais d'expertises.! On sait le reste : les tentatives du vindicatif bonhomme )Our faire revenir Edmond Bayle sur son rapport et sa onviction sincère d'être victime d'une friponnerie. Enfin, ;e fut l'assassinat longuement prémédité de l'expert, le undi 16 septembre 1929, à 10 heures 30 du matin, de juatre coups de revolver tirés sur le savant, à bout porant, sur les marches de l'escalier du Palais qui menait adis au 3 e Conseil de guerre. Scandale à l'identité judiciaire On pouvait penser qu'après pareille alerte une refonte profonde allait être opérée dans les méthodes de recherhes de police scientifique et ne plus laisser à un seul himiste la responsabilité complète, et sans appel, de ses Expertises. Mais, après Bertillon, après Bayle, le docteur Amy tvait repris allègrement la direction du laboratoire de Identité judiciaire. Par malheur pour lui, sa première ffaire fut accompagnée de telles inconséquences que -opinion publique se révolta. Des sanctions, des mesures évères vinrent enfin donner à notre laboratoire de police ette prudence dans la recherche par la vraie science qui ^îous évitera désormais les inexcusables erreurs du passé. On n'a pu oublier l'assassinat de Rigaudin et les chares nombreuses qui avaient valu l'arrestation du tailleur lalmazian. Seulement, ces charges ne constituaient pas Ides preuves décisives, et, faute d'éléments certains d'ac- Içusation, le commissaire Benoist eut l'idée de livrer à t'analyse de M. Amy les moindres indices que l'on pourrait découvrir dans la boutique du tailleur, rue Saint- Gilles. Bientôt chaque perquisition amena l'apport de traces jsuspectes sur des infiniment petits : poils de fourrure, taoussières, papier vitrauphane, débris de coton, graminées (exotiques. Des giclures de sang furent révélées sur la porte de la boutique, sur un tabouret et sur le pantalon 'Almazian. Il y avait du sang humain partout. Le jeune expert rédigea alors un long rapport, précis, ccablant, qu'il déposa le 21 décembre 1929 entre les mains du juge Matifas. Ce rapport fut attaqué par la défense de l'accusé M" Jean-Charles Legrand et trois nouveaux experts, choisis parmi l'élite de nos savants, les professeurs Gabriel Bertrand, Joly et Chevallier. Les conclusions du rapport de ces derniers devaient anéantir, jusqu'au dernier, les arguments de M. Amy. Chaque alinéa commençait par ces mots : «Il n'est pas possible de dire que... «Il n'est pas possible d'affirmer que... Le successeur de Bayle avait notamment cru pouvoir identifier le sang de Rigaudin avec celui ayant giclé sur la porte de la boutique en se basant sur la réaction de Bordet-Wassermann. Unanimes, les trois savants démontraient l'impossibilité absolue de la réaliser avec du sang séché! Enfin, M. Amy avait encore pensé retrouver du sang humain dans les maculatures d'un tabouret. Les trois savants, ayant recommencé l'analyse, avaient alors trouvé que ces traces n'étaient pas du sang, mais des déjections, enfin, de la... C'était de la... oui, hélas! La faillite du chef du service de l'identité éclatait. A la suite d'une discussion orageuse à la Chambre, le docteur Sannié fut sollicité de prendre la direction du service de l'identité, et M. Amy n'est plus depuis que son assistant. De tristes sires : Les experts en écriture Voilà donc huit années que le laboratoire de police du quai des Orfèvres a retrouvé son calme et son renom mondial par la grande prudence apportée désormais dans la recherche scientifique des preuves du crime. Mais quand donc établira-t-on le contrôle sévère d'une caste d'experts voisine, dont les interventions dans un procès se terminent, presque immanquablement, par la condamnation morale de ces techniciens de la plume qu'on appelle, bien à tort, les «experts en écriture». La plupart deux sur trois au moins sont de dangereux empiristes qui feraient rire s'ils ne provoquaient pas la condamnation de tant d'innocents. Plus qu'aucune autre branche d'experts, ils apportent une contribution régulière à la chronique des erreurs judiciaires. Nous n'essayerons même pas de résumer ici leurs méfaits. L'expertise des documents écrits, déclare le docteur Locard, est sans aucun doute la partie la plus difficile de la technique policière..., Aussi le docteur Locard, qui a eu jadis des revers dans cette dangereuse branche de son activité, n'agit-il en ces matières qu'avec la plus extrême prudence, en s'appuyant sur des procédés d'investigations qui mériteraient d'être appliqués partout ailleurs. Ainsi limiterait-on les erreurs souvent irréparables dont l'arbitre en écriture est l'unique promoteur. Au siècle dernier, le lieutenant de La Roncière passe une partie de sa vie au bagne parce que trois experts avaient cru reconnaître pour être de sa main d'ignobles lettres anonymes adressées à une timide jeune fille de la haute société de Saumur, Mlle de Morell, en qui l'on devait découvrir plus tard trop tard naturellement j une mythomane perverse. C'était elle-même qui avait rédigé les missives infâmes qui l'accusaient de se livrer à la plus basse prostitution! ;, Que d'innocents jetés en prison, que d héritiers frustrés de leur patrimoine, parce qu'un expert en documents écrits avait affirmé, sous la foi du serment : Telle main a tracé ces lignes! Mais l'affaire la plus retentissante du genre, l'erreur judiciaire-type qui eût permis depuis longtemps au législateur de supprimer définitivement les experts en écriture en laissant au juge le soin de vérifier par luimême l'authenticité d'un texte, reste et restera l'historique affaire Dreyfus, au COÛTS de laquelle Alphonse Bertillon - nous revenons à lui discrédite à jamais ces pseudosavants dont il se croyait le phénix. En 1938, il est utile de situer ces faits, vieux de plus de quarante ans. Donc, en 1894, des rumeurs de trahison couraient dans le 2 e Bureau de l'état-major de l'armée. Qui communiquait à l'allemagne tous nos secrets militaires? Un officier de rang subalterne sans doute. Le 24 septembre, le commandant Henry, arrivé de bonne heure à son bureau, appelle l'archiviste Gribelin et lui tend une feuille de papier pelure, de nuance jaunâtre, qui avait été déchirée en plusieurs morceaux et recollée : Voyez ce que la femme Bastian, la balayeuse, a ramassé au fond d'une corbeille à papier, ce matin. La feuille, écrite au recto et au verso, commençait par ces mots : «Sans nouvelles m'indiquant que vous désirez me voir, je vous adresse cependant, monsieur, quelques renseignem mi s intéressants...» Suivait une liste de documents ultra-secrets sur l'or ganisation de notre armée. La pelure jaunâtre était donc le brouillon qui avait servi au traître : ainsi fut découvert le fameux bordereau de l'affaire Dreyfus. Le général Mercier, à cette nouvelle, éprouve une vive irritation. Il fallait retrouver au plus vite, parmi les membres du 2 e Bureau, une écriture similaire. Tous les documents nécessaires sont aussitôt rassemblés : une seule écriture est analogue et non pas identique! à celle du bordereau : c'est celle du capitaine Dreyfus. La feuille révélatrice est alors envoyée à Bertillon pour qu'il en tire plusieurs photographies tandis que l'expert en écriture Gobert commence à comparer les documents saisis et conclut : Analogies sérieuses entre les deux écritures, même type graphique, mais aussi nombreuses dissimilitudes, dans le tracé de la lettre s notamment... Le 15 octobre, le capitaine Dreyfus reçoit l'ordre de se présenter en civil au ministère de la Guerre. Le commandant du Paty de Clam l'attend, dans un bureau où se tient caché le chef de la Sûreté, Cochefert. Sous un faux prétexte, du Paty de Clam obtient de Dreyfus qu'il écrira sous sa dictée. Le texte dicté est celui du bordereau. A la seconde ligne, du Paty s'écrie : Qu'avez-vous donc, capitaine? vous tremblez! Pas du tout, réplique l'officier, devenant très pâle, j'ai froid aux doigts, c'est tout! Cochefert sort de sa cachette et met la main sur l'épaule de Dreyfus. Au nom de la loi, je vous arrête... L' «Affaire» commençait. L'expert Gobert se montrant trop imprécis au gré de l'état-major, Alphonse Bertillon fut chargé du rapport définitif. Se trouvant convaincu par avance de la culpabilité de Dreyfus, selon sa méthode de toujours chercher à justifier les accusations portées par les magistrats qui faisaient appel à ses «lumières», Bertillon se tint le raisonnement suivant : Pourquoi Dreyfus n'a-t-il pas maquillé son écriture? C'est très simple : Dreyfus a conservé l'intégralité de son écriture sur le bordereau pour s'en servir, si on l'accusait un jour, comme sauvegarde, en raison même de l'invraisemblance du fait. La pelure saisie est bien un document d'auto->forgerie. Trois experts nouveaux furent cependant chargés de contie-expertiser ce rapport, où s'étalaient, sur cent huit pages, les élucubrations de l'inventeur de l'anthropométrie. M. Teyssonnière se rangea aux conclusions de Bertillon. M. Charavey réserva la possibilité «d'un sosie en écriture». Seul, l'expert Pelletier refusa d'attribuer le bordereau à l'officier soupçonné. Un expert contre trois, c'était insuffisant pour innocenter le capitaine Dreyfus, Ce fut la condamnation ignominieuse, suivie de la dégradation dans la cour de l'ecole militaire et du transfert en Guyane, aux îles du Salut. Ce fut surtout, durant quatre ans, le triomphe d'alphonse Bertillon, l'infaillible expert «en tous genres». Nul n'a pu oublier les procès, les scandales, les émeutes PARFAIT 15 Le corps de l'infortuné Ni. Bayle, directeur de l'identité judiciaire, qui vient d'être tué par Philipponet, est emporté au Palais de Justice, suivi par les principaux fonction' nalres de la police. Au-dessous : l'assassin Philipponet, qui expie aujourd'hui au bagne son geste criminel. qui se succédèrent bientôt pour ou contre la culpabilité de Dreyfus. Le forçat fut ramené en France, comparut devant de nouveaux juges ; enfin, l'arrêt de condamnation fut cassé, à Rennes, en 1903 ; l'officier fut réhabilité. Mais Bertillon tenait bon. Il savait au moins ne pas se déjuger. II vint plaider inlassablement les arguments de son rapport, au procès de Rennes, les émaillant de nouvelles découvertes que la cour qualifia d'abracadabrantes. Il fallut que trois grands professeurs en Sorbonne : Henri Poincaré, Appel et Darboux, se missent à l'étude du dossier, pour démontrer «la complète absurdité du système de Bertillon», ajoutant que son obscurité seule pouvait le défendre contre la critique «de même que la seiche s'enveloppe d'un nuage d'encre pour échapper à ses ennemis». Disqualifié comme savant, honni, bafoué, Bertillon ne se retira pas du laboratoire de police, où nous l'avons vu accumuler de nouvelles gaffes. Mais il est demeuré l'emblème de l'éternelle faillite des experts en écritures. Emmanuel CAR. (A suivre). XPERITIF FAMILLES Triomphe des Vins Généreux

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