«Ny Betsileo tsa mba mamo fa ny toaka ro mahery» Proverbe en Betsileo. «Ny Betsileo tsy mamo fa ny toaka no mahery» Proverbe en malgache officiel

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1 «Ny Betsileo tsa mba mamo fa ny toaka ro mahery» Proverbe en Betsileo «Ny Betsileo tsy mamo fa ny toaka no mahery» Proverbe en malgache officiel «Les Betsileo ne sont jamais ivres, mais c est le rhum qui est trop fort» Traduction en français 1

2 Introduction Madagascar est la quatrième plus grande île du monde, après le Groenland, la Nouvelle Zélande et Bornéo. Ce pays, décrit comme «une omelette mal pliée couchée sur l océan Indien» par Gérald Durell1, est plus souvent représenté, par ses habitants, par la métaphore d une empreinte d un pied gauche ou la moitié d une feuille de «l arbre de Madagascar»2. L îlecontinent s étend sur km² (soit la France et le Bénélux réunis), et se situe à des latitudes tropicales. Cependant la Grande Ile se partage en trois parties. L épine dorsale structurante est incontestablement les Hautes Terres, qui laissent apparaître une plaine côtière à l est de la Falaise. Quant à l ouest, elles s ouvrent sur un dénivellement plus modéré, en «pentes douces» afin d aboutir aux plaines bordant le canal du Mozambique. L étude suivante s appuie exclusivement sur des espaces des Hautes Terres. Ce relief se divise, en réalité, en trois massifs montagneux ; le Maromokotro au nord de la capitale, l Ankaratra au sud d Antananarivo et l Andringitra au sud de Fianarantsoa. Trois foyers de peuplement façonnent les paysages de ces terres montagneuses : l Imerina autour de la «ville des milles guerriers», le Vakinankaratra dont la ville principale est Antsirabe, et tout au sud de ce substrat montagnard, le Betsileo dominé par Fianarantsoa. Cette région est plus verdoyante que les deux précédentes, du moins à première vue, puisque les basfonds sont occupés par les rizières et les pentes accueillent allègrement des vignes et d autres cultures fruitières et/ou légumières (voir carte p 3). Des vignes, effectivement! Le touriste ainsi que le géographe ne s attendent pas forcément à trouver cette plante d origine méditerranéenne sous les tropiques. Et pourtant ce végétal occupe des espaces dans le Betsileo, ainsi que quelques zones des Hautes Terres Centrales (voir carte p 4). La vigne représente plus qu une simple «exportation» coloniale. Elle est devenue un véritable moyen de mise en valeur des terrains agricoles. Les ceps servent même comme plante ornementale. En effet, il est facile de constater que la façade du commissariat d Ambohijatovo Atsimo à Antananarivo est recouverte d une vigne. Plus au sud, à Fianarantsoa, le long de la rue commerciale, plusieurs maisons de particuliers arborent un pied de vigne sur le mur extérieur. Le raisin devient un motif de décoration pour l artisanat malagasy (broderies, poteries, fer forgé ). La vigne demeure donc plus qu une simple 1 DURELL G., 1992, Le AyeAye et moi, Paris, Hachette Un arbuste qui est répandu un peu partout sur l île, et dont le feuillage est vert au dessus, blanc en dessous et les tiges sont rouges, les trois couleurs du drapeau malgache 2 2

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5 fantaisie, elle modèle des espaces sur l Ile Rouge, ou du moins apparaît comme une culture exogène qui a trouvé une place parmi le système agricole des Hautes Terres malgaches. Selon P. Montagnac3, Perrier de la Bathie pense que la vigne serait arrivée sur l île avec les Arabes au Xème siècle. Rien ne le prouve réellement, et les historiens ne se sont pas penchés sur la question. Les premiers à mentionner l existence de ce végétal à Madagascar sont Gauche et de Flacourt, au XVIIème siècle. La vigne est alors implantée dans la région de Fort Dauphin. Cette expérience relève de volontés singulières, juste pour tenter de réussir des introductions. Et pourtant, l historicité accumule les temporalités et les essais se multiplient. Avec l arrivée des colons, l implantation de vigne est de plus en plus un leitmotiv, aussi bien pour le vin de messe, que pour la pérennité de la culture bachique. Cependant, ce phénomène est géographiquement marginal, puisque le vin produit n est que luxe aux yeux des Malgaches, une boisson du Blanc colonisateur, une boisson pour le riche, un luxe sans volupté!4 Pourtant la vigne s émancipe et «colonise» les terres rouges. Les vignobles apparaissent pourtant, après l indépendance (1960), comme un moyen de développement «local». Une coopération suisse va mettre au point un projet de création de vignobles paysans. En 1971, le centre vitivinicole du Betsileo (CVVB) voit le jour. A sa création, 11 hectares émergent à Soaindrana (20 km au sud de Fianarantsoa) et une cave moderne s érige. Les paysans sont sollicités, et peuvent planter plusieurs unités de base (25 ares). Le CVVB prévoyait ainsi la mise en place d un vignoble paysan «mosaïque» de ha. Rêve et désillusions rythment cette expérience. En 1986, le projet est au mains des décideurs locaux, et une société (Lazan i Betsileo) regroupant plusieurs actionnaires reprend la suite. Le système de la coopérative viticole est gardé, mais la gérance se libéralise. La débâcle s installe petit à petit, pour attendre son apogée depuis un demi lustre. Mais plusieurs vignobles s individualisent, et ne se ressemblent pas tous. Cependant, trois types peuvent être dégagés. La première catégorie s apparente aux espaces viticoles crées par le CVVB. Aujourd hui, les paysans «polyculteurs» les détiennent. Ils détiennent environ la moitié de la surface viticole de la Grande Ile. Les 600 actionnaires membres de Lazan i Betsileo cultivent quelques parcelles de vignes, formant un tout de 250 ha. Ces vignobles s intègrent à la logique de l exploitation agricole de base dans la Haute Matsiatra, à savoir une complémentarité des terroirs. Le vignoble jouxte les plantations de manioc, les rizières, les cultures pluviales, etc. De plus, les vignes sont complantées (les interlignes accueillent des 3 MONTAGNAC P., 1971, Les cultures fruitières à Madagascar en 1960, tome I et II, document n 9, Antananarivo, IRAM 4 Ces suppositions sont élaborés à partir des récits laissés après la colonisation 5

6 haricots, du soja, des arachides, du maïs ), ou au minimum enherbées. Ces petits vignobles sont entretenus de façon «bio» (de façon involontaire, car cette logique est une nécessité et non un choix), puisque les paysansviticulteurs utilisent le fumier de leurs zébus pour enrichir la terre pauvre et acide. Une deuxième catégorie de vignoble se démarque. Il s agit des champs de vigne aux mains des propriétaires de grands domaines. Ils se classent dans une logique entrepreneuriale. Un dizaine de grandes propriétés5 est présente dans le Betsileo, et deux autour d Antsirabe. Enfin, un troisième groupe structure les vignobles malgaches : ceux des religieux. Les pères et les frères détiennent plusieurs vignobles : Maromby (des trappistes cisterciens au nord de Fianarantsoa), Antrahamasina (propriété du diocèse de Fianarantsoa), Soavimbahoaka à Antananarivo, et Soamandrakizay Androhibe appartenant au cardinal de Madagascar. Le vin produit alimente les églises et les temples protestants en vin de messe (blanc pour les catholiques et rouge pour les protestants), mais les religieux ne se contentent pas de cela, ils vinifient aussi pour la vente des consommateurs lambda. Tous ces espaces forment le vignoble malgache, qui ne présente pas d unité cependant. Le tout s évalue à environ 550 hectares, ce qui renforce l impression de marginalité de ce vignoble, par rapport aux autres cultures. Face au contexte actuel du monde des vins, des vignobles émergent et souhaitent se faire une place dans le marché vinicole, afin de concurrencer les vins du Vieux Continent. Mais seuls les vignobles qui entrent dans la logique du vin aromatique (vin de cépage) ont une chance de «sortir gagnants». Et pourtant, des petits vignobles résistent, tant bien que mal (c est le cas du vignoble de Madagascar), et se trouve en position marginale (tout aussi bien dans le contexte mondiale qu au niveau local). La marginalisation se résume au fait d être en dehors du système, d être singulier, de se situer à l extérieur du modèle (celui qui dicte les évolutions ou bien celui qui s impose, finalement le modèle qui paraît légitime pour la majorité des acteurs concernés), de se trouver accessoirement en annexe d un phénomène global. Les espaces marginaux peuvent être étudiés selon différentes approches. Cette étude se penche surtout sur la problématique suivante. Les vignobles de Madagascar (donc marginaux) permettentils la mise en place d une véritable filière vitivinicole? Quelques sousquestions apparaissent à ce stade du problème. Qu estce qu une filière? Comment s organisetelle autour des espaces vitivinicoles malgaches? Comment se définit véritablement les impacts de la marginalité sur cette filière? L organisation d amont en aval des produits vinifiés estelle tricéphale6? N est5 Au dessus de 5 hectares de vigne Un amont autour du vignoble luimême, un noyau autour du vin et un aval orienté autour de la vente et de la consommation 6 6

7 elle pas plutôt systémique? Aboutitelle à des constructions spatiales liées à la consommation (voire la culture!) du vin? Quel est son avenir? La géographie est une science humaine, une science sociale. Mais elle reste inévitablement une discipline qui nécessite un travail de terrain (observation, analyse, enquêtes ). Ce mémoire n aurait pas pu voir le jour sans les études faites à Madagascar, notamment à cause de l absence d une bibliographie spécialisée sur le sujet. Cependant, les lectures tout au long de l année universitaire 2004/2005 ont permis d établir des bases de travail sur l île. Le voyage d étude s est déroulé du 28 février au 14 avril 2005, grâce aux aides du service des relations internationales de la faculté Michel de Montaigne (Bordeaux III), de mon laboratoire d accueil DyMSET (UMR ADES), ainsi que l apport de certaines personnes sensibilisées par le travail de recherche. Cette période d observation et d analyse sur place s est découpée en trois temps. Une semaine et demie fut nécessaire pour prendre des contacts avec des acteurs du vin et des vignobles à Antananarivo, ainsi que pour amplifier mon travail bibliographique (largement enrichi par les conseils de M. Andriamananjara Harivola [maître de conférences en géographie à l université d Antananarivo] codirecteur de ce mémoire de DEA). Puis le voyage s est prolongé par la «visite» des vignobles du Betsileo pendant un mois environ. Enfin, la dernière semaine (et demie) s est organisée autour des rencontres avec mon codirecteur à Tananarivo, ainsi que l analyse des vignobles de la capitale et d Antsirabe. Mais le travail de terrain sur l Ile Continent est déconcertant pour un occidental. La culture étant singulièrement différente, une méthode élaborée par des spécialistes est fondamentale pour cette approche. Le travail suivant se base sur la méthode proposée par Emmanuel Fauroux7. Cet anthropologue préconise une méthode articulée autour de l observation avant toute chose. Il avertit l éventuel chercheur travaillant sur Madagascar de se méfier des données chiffrées sur l île, souvent erronées. Cette affirmation a été vérifiée à maintes reprises et les chiffres proposés tout au long de cette analyse tentent de refléter le plus possible la réalité. Pour cela, les chiffres officiels utilisés sont ceux de l Ambassade de France, et pour les mesures de parcelles, l observation de ces dernières a permis la vérification des chiffres donnés par les interrogés. En outre, les tonnages et autres chiffres utilisés n ont pas pu être vérifiés totalement, mais seuls les chiffres vraisemblables (ou jugés comme tels) sont utilisés. Pour comprendre la filière vitivinicole de la Grande Ile, des enquêtes auprès des viticulteurs et des acteurs du vin sont apparus comme un bon moyen pour 7 FAUROUX E., 2002, Comprendre une société rurale, une méthode d enquête anthropologique appliquée à l ouest malgache, Paris, Collection Etudes et Travaux, GRET 7

8 avancer dans la recherche d informations. Les entretiens se font de manière informelle (comme le préconise E Fauroux) en ce qui concerne ceux faits auprès des paysans et des consommateurs. Toutefois, le problème des recherches à Madagascar est le besoin constant de montrer son attestation de recherche et l accord du responsable de la société Cet accord n a pas été évident à obtenir pour Lazan i Betsileo à cause des conflits internes à la société. Pour les autres vignobles, les recherches ont été largement bien accueillies et facilitées par les paysans et les gérants des grands domaines. Les enquêtes8 effectuées se faisaient selon un fil conducteur élaboré par des grilles de lecture (cf annexe), afin de répondre aux grands questionnements. Ces entrevues ont été réalisées selon deux procédés. Soit les interlocuteurs maîtrisaient parfaitement la langue française (en «ville», les Zanatany9, les Pères et les Frères religieux ) alors les questionnaires étaient directs entre l impétrant et les interrogés, soit les interviewés parlaient malgache (particulièrement en brousse), ce qui demandait un interprète (une étudiante de l université de la capitale travaillant sur le vignoble de la commune de Alakamisy Ambohimaha, et plus souvent le père de famille qui me logeait dans le Betsileo). Cette méthodologie est enrichie par les apports de la géographie, à savoir, en particulier, l analyse paysagère, la tentative de comprendre le compartimentage spatial (et sociétal), la diachronie enrichie de la synchronie, sans oublier bien sûr la lecture cartographique. Afin de répondre à la problématique, focalisée sur la filière (d autres choix s avèrent possibles, mais cet angle semble pertinent pour comprendre les espaces du raisin et du vin à Madagascar), le développement suivant s articule autour de trois grands chapitres. Le premier s intitulant «les vignobles sontils les premiers maillons d une filière vitivinicole malgache?» observe les espaces viticoles (marginaux) comme l amont de cette organisation. Il se penche aussi sur le fait de savoir si la marginalité n entrave pas le processus de «filiarisation». Puis le deuxième chapitre met en place une analyse du segment médian de la filière, en le «décortiquant» selon les vignobles paysans et les vignobles entreprises (y compris ceux aux mains des religieux). Enfin, le chapitre final «les espaceslieux du vin : l aval de la filière vitivinicole de l IleRouge» s intéresse aux lieux de vente (formels et informels), aux espaces qui tendent vers l anomie, et aux espaces «surfabriqués» enquêtes plus ou moins formelles, dont 21 chez les paysans viticulteurs. Blancs issus de la colonisation 8

9 CHAPITRE I : Les vignobles sontils les premiers maillons d une filière vitivinicole malgache? I) De la marginalisation spatiale des espaces vitivinicoles à la «filiarisation» : quelques éléments généraux. 9

10 A) Une filière dynamique peutelle être issue d espaces marginaux? Le vin est un produit qui est au cœur d une organisation en plusieurs pôles, tous dépendants les uns des autres. A Madagascar, une filière vitivinicole existe bel et bien, malgré la relative marginalité des vignobles. Les 550 hectares (environ) de vignes10 façonnent un chaîne géographique et socioéconomique qui demeure une filière contrôlée par différents acteurs. Pour comprendre le relatif dynamisme de cette organisation «linéaire» liée au vin sur l IleContinent, les notions utilisées doivent être définies. La marginalité est une notion complexe, qui peut s analyser selon plusieurs manières. La plus évidente est celle issue des statistiques, mais cette approche pose des problèmes vu la fiabilité des chiffres sur le sujet. La marge est considérée, ici, selon une géographie plus phénoménologique, qui relève de l espace vécu et ressenti. Selon Benoît Raoulx «la notion de marginalité implique une dimension spatiale forte ; elle renvoie à la question fondamentale des liens entre rapports sociaux et rapports spatiaux» 11,. R. Brunet pense que la marginalité représente un «caractère de ce qui ne fait pas pleinement partie du système, une mise à l écart et en situation dominée, dépendante, hors du centre de décision» 12.Une autre définition doit venir compléter ces propos. Le même auteur renvoie à la notion de marche, qui se définit comme «une frontière plus ou moins inculte, en marge du territoire de chaque clan, un espace de protection ou d expérimentation, tantôt insoumis, tantôt ignorés». Les vignobles malgaches répondent parfaitement à cette logique, puisqu ils sont ignorés de la mondialisation, et à l échelon national, ils ne correspondent qu à une logique spatiale secondaire, oubliée des politiques centralisées du gouvernement. La marge peut évoluer dans deux sens. Soit elle ne fait que s éloigner du centre actif, au point de vue géographique et socioéconomique, et là, la situation devient critique, soit elle sort de son état léthargique, en passant par le stade de la fragilité, afin de devenir émergente, et de ne plus être une marge. Cette deuxième voie semble, pour la majorité des vignobles, l évolution du futur proche de ces espaces, avec cependant, toutes les réserves possibles. Mais estce que cette marginalisation des espaces viticoles permetelle une véritable «filiarisation»? Avant toutes choses, le terme filière doit être observé de plus près. 10 estimation personnelle lors des enquêtes auprès des viticulteurs in FOURNIER J.M (et alii)., 2001, Faire la géographie sociale aujourd hui, Caen, PUC, p BRUNET R, FERRAS R, THERY H., 1993, Les mots de la géographie : dictionnaire critique, Paris, Reclus, La découverte française

11 Pour Pierre Georges, le paysan «participe alors à un mouvement de concentration verticale qui lui donne un simple rôle d intermédiaire entre un amont qui lui fournit produits et services et un aval qui transforme et commercialise les aliments» 13. Cette définition se concentre essentiellement sur les deux extrémités d une filière classique. Le corps central est inexistant selon cette citation. D autres géographes enrichissent cette vision. Roger Brunet14 tente de démontrer que les filières sont des stratégies rassemblées par des liens. Une filière est un «ensemble des stades successifs d élaboration et de fabrication d un produit La filière s oppose à la branche en ce que, centrée sur le produit, elle met souvent en jeu plusieurs branches Une filière s étudie d amont en aval et s y divise entre stades de conception, de fabrication et de distribution, la fabrication ellemême comporte plus ou moins clairement un segment amont, un segment moyen ou médian, un segment aval [elle peut aussi se définir comme] un cheminement organisé avec des relais». Le dictionnaire de Yves Lacoste conçoit la filière comme un «ensemble des stades successifs de production et d élaboration d un produit industriel ou d origine agricole»15.ces approches restent les seules références, puisque les derniers dictionnaires de géographie omettent de définir ce terme. Ce fait s explique par le désintérêt que portent les «dernières géographies» à la notion de filière, perçue comme une notion de géoéconomie classique. Pourtant, cette approche permet de s intéresser à la spatialisation d un produit. Cette approche considère la filière comme une entrée qualitative, afin de sortir de la géoéconomie où est emprisonnée cette notion. Cependant, ces définitions possèdent des écueils. La première perçoit la filière, uniquement, comme produit de l agroalimentaire (l auteur prend soin d ajouter ce qualificatif au mot filière avant de le définir [il ne faut pas perdre de vue le contexte des années 1970 pour cette approche géographique qui explique en partie ce choix]), et la deuxième s oriente plus vers une optique industrielle. Enfin, la troisième est un mélange des deux. Ce mémoire étudie la filière en terme de construction linéaire qui aboutit à la mise en place d un géosystème. Le schéma classique s avèrent pertinent, même s il doit être enrichi par quelques points. La filière tourne autour de trois axes comme le montre la figure suivante. 13 GEORGES P., 1970, Dictionnaire de la géographie, Paris, PUF 14 BRUNET R., 1993, ibid. LACOSTE Y., 2003, De la géopolitique aux paysages, dictionnaire de géographie, Paris, Armand Colin 15 11

12 AMONT AVAL pépinière intrants formation etc. distribution commercialisation consommation Production du vin Amont indispensable Intermédiaire dépendant de l encadrement Aval plus ou moins efficace Relation linéaire du circuit Interaction : l amont et l aval peuvent être contrôlés par la même structure Figure n 1 : Organisation d une filière vitivinicole Source : travail de terrain NB Ce schéma peut s appliquer pour la plupart des filières créées par des vignobles. Il n est pas spécifique de celles conçues par les vignobles de la Grande Ile. Et pourtant, il fonctionne aussi, malgré le caractère idiographique de ces derniers. Cependant les produits vinifiés naissent selon plusieurs logiques. Les vignobles détenus par les paysans interfèrent avec ceux des grandes propriétés. Deux filières parallèles cohabitent à Madagascar pour le vin. Mais la réalité paraît plus complexe. Pour comprendre le fonctionnement du système, la dissection des deux principales organisations est nécessaire. Pour les «vignobles entreprises», la filière reste contrôlée par les propriétaires. Plusieurs exemples illustrent ce fonctionnement. L ECAR Maromby (nord de Fianarantsoa), détenue par des frères trappistes, tente de maîtriser le plus possible sa production et ses écoulements. Ils vendent directement le vin de messe aux paroisses de l île, sans intermédiaires. Les ventes des produits vinifiés à destination de la grande distribution se réalisent grâce à leur réseau. En effet, les frères ont investi dans un minibus pour transporter leurs bouteilles dans les grandes villes de Madagascar. Ils se servent des autres couvents cisterciens comme dépôts pour stocker les demandes trop loin de la capitale Betsileo. Un deuxième exemple renforce cette idée. Le vin d Iharanany (ou vin de Mendrika, c est le même mais l appellation n est pas tout à fait fixée) se vend dans tout le pays. La famille productrice achalande ellemême les points de vente à proximité du lieu de 12

13 production (la Haute Matsiatra). Ceci s explique par la volonté des propriétaires de rester une entreprise artisanale, afin de s apparenter à une entreprise de «qualité». En revanche, pour les destinations plus lointaines (Tuléar, Diego ), la société fait appel à des transporteurs, mais ne passe pas par le biais de grossistes (pour l instant, puisqu elle est à la recherche d un distributeur). La chef d exploitation s engage personnellement à retirer les bouteilles dans les magasins quand cellesci ne sont plus présentables (audelà de trois ans, des dépôts se forment dans le vin et influencent négativement l image de la qualité). Les paysans, qui s apparentent à des polyculteurs (riz, cultures pluviales, maraîchage, élevage ), ne se contentent que de la production du raisin. Ils ne constituent que l amont classique de la filière. Ils achètent les intrants et profitent des recherches menées par les caves coopératives qui ramassent leurs fruits. Ils apparaissent uniquement comme un maillon de ce «système» linéaire. Pour conclure, il semble intéressant de comprendre l amont de la filière. Pour la plupart des géographes, l amont se limite à la recherche, à la formation, aux intrants, aux pépinières Pourtant, en terme spatial, une filière n existe pas si l espace n est pas le substrat de cette organisation. Tout au long de ce développement, l amont sera donc considéré comme les vignobles, non pas comme éléments producteurs de raisin, mais plus comme un espace structurant le reste de la filière. La marginalité des espaces supportant des vignes (aussi bien au point de vue de l exploitation, à l échelon du finage ou à l échelle nationale) entraîne donc une impression de fragilisation de la filière. Cette mise en marge des vignobles peut laisser penser que l organisation qui découle du vin ressemble à un château de sable rongé par la mer à sa base. Et pourtant, la filière vitivinicole malgache connaît un certain dynamisme, tout du moins pour une grande partie de celleci. Finalement, la crise touche uniquement les vignobles aux mains des paysans, qui ne sont qu une partie de l amont de cette filière. La marginalisation affecte donc principalement l espace des petits vignobles, et en terme géographique, elle ne concerne qu une partie de ces derniers. La marge se ressent plus au point de vue économique (qui se traduit par la baisse des prix d achat du raisin, donc des revenus moins importants pour les producteurs ), où là, toutes les zones viticoles paysannes souffrent d une certaine débâcle provoquée par plusieurs facteurs. La marge est une notion relative, et seule une analyse approfondie permet de définir les impacts sur la filière. L échelle du territoire national offre une certaine objectivité pour savoir si cette filière vitivinicole a une assise conséquente, en terme de viabilité. B) Madagascar possèdetelle vraiment une filière (liée aux vignobles) d importance nationale? 13

14 En terme de méthodologie, l approche statistique et quantitative pour les vignobles est difficile à cause du manque de données fiables. Tenter d en avoir relève du «folklore». L INSTAT (qui correspond à l INSEE en France) possède peu de chiffres sur la production du vin. Le ministère de l agriculture offre des données qui paraissent fortement pipées, et ne détaille pas distinctement la production de raisin des autres cultures. Pour répondre à la question, les informations recueillies à l ambassade de France, au service d expansion économique, sont de mise. Mme Andrianandrasana Angéla, responsable sectorielle élevage, pêche, agroalimentaire et beauté, avoue la faiblesse des statistiques à propos des espaces vitivinicoles. Dans sa fiche synthétique, elle met en garde les «utilisateurs» de ces chiffres : «en l absence d informations fiables il convient de traiter ces données chiffrées commerciales avec des réserves d usage» 16. Le vin est devenu un produit structurant une filière à Madagascar uniquement depuis 1948, au point de vue «protoindustriel». Le vignoble du Betsileo est le plus important, regroupant une dizaine de vitiviniculteurs, ainsi que 600 paysans viticulteurs. Mais ce n est pas la seule région viticole du pays. Voici une estimation sommaire de l importance des vignobles et de ses produits dérivés. En 2000 Surface en ha ? Betsileo Antsirabe Autres Production en hl Source : PEE Ambassade de France Tableau n 1 : Quelques chiffres de l Ambassade française La production «autres» s apparente, certainement, à la production des vignobles de la capitale, plus celle dite informelle. Les vignobles malgaches produisent, donc, environ hectolitres par an, qui se répartissent de la manière suivante : blanc : 65% de la production rouge : 20% de la production rosé : 15% de la production. Le vin gris est le grand manquant de cette estimation, et pourtant il occupe une part importante dans la distribution. Cependant, cette catégorie de vin doit être certainement pris en compte dans les rosés. 16 AMBASSADE DE FRANCE., 2000, Fiche de synthèse : filière vins et spiritueux, service d expansion économique, Antananarivo, fiche informatisée 14

15 Le vin subit les lois du marché international. Malgré la production nationale du «divin liquide», les importations sont nombreuses et entravent le fonctionnement interne de la filière, mais permet en même temps de la solidifier. Sur le total des boissons alcoolisées, les importations de vins représentent 30% de la quantité. Ce sont surtout des vins à faible valeur commerciale. Entre 1998 et 1999, les importations venues de France auraient augmenté de 62% (notamment à cause du Champagne, du Bordeaux et de quelques vins régionaux comme le Cahors). La France est le principal fournisseur. L Afrique de Sud représente 18% des importations et l Italie n atteint que 2% des importations (aussi bien en quantité qu en valeur). Elles évoluent ainsi ; Source : PEE Ambassade de France En 1998, les mousseux entrés sur le territoire s élevaient à Fmg, soit euro (1 euro = Fmg au mois de mars 2005, ), les champagnes à Fmg (environ euro) et les vins à Fmg, qui équivaut à euro. En contrepartie, les exportations sont minces, pour ne pas dire plus. Jusqu en 2002, certains vins (Lazan i Betsileo surtout) s exportaient principalement vers la Réunion, les Seychelles et la France Métropolitaine. Selon la douane, ces exportations en 1998 s estimaient à environ Fmg ( euro). A l heure actuelle, aucune exportation n est réalisée, selon l Ambassade de France. Mais, tout au long des enquêtes, certains exploitants vitiviniculteurs avouent qu ils exportent quelques cartons vers les Seychelles et Mayotte, tout particulièrement Clos Malaza. Enfin, la distribution se fait principalement par Leader Price, Cora Jumbo, Shoprite (les principales grandes surfaces du pays), la Cave à Vins, Royal Spirit et Cie, SOREDIM, 15

16 NETTER et MELVINO (des grossistes et/ou «embouteilleurs»). Elle passe aussi par le biais des hôtels et des restaurants. Le secteur de l informel joue également un rôle important et s opère de manière générale le long des côtes et dans les régions «isolées». Il est nécessaire de préciser, aussi, que l informel du vin gagne, de plus en plus, tous les espaces. Les vignobles restent des marges au niveau national, mais offrent une réelle organisation selon une logique de filière. L échelle du territoire politique reflète la structuration économique, principalement. Les déficiences commerciales handicapent le «système», surtout pour l aval. La commercialisation connaît des problèmes, mais la filière continue à exister. Il se pourrait que la filière vitivinicole de la Grande Ile résiste grâce au paradoxe de la marginalité. En effet, puisqu elle apparaît comme une marge, la rentabilité n est qu une préoccupation minime au niveau national, et du fait qu elle soit une périphérie des priorités du pays, elle subsiste toute seule tout en continuant d exister. Cependant, quelques vignobles (donc l amont de cette chaîne) se fragilisent, et disparaissent selon quelques cas, ce qui renforce encore plus la marginalisation de la sphère vitivinicole. II) La fragilisation d une partie des vignobles entraînetelle la déstructuration de la filière? A) Une filière entravée par la disparition de quelques vignobles, amplifiée par la déshérence de quelques parcelles de vigne. Les études des vignobles à Madagascar sont peu intenses, et encore aucun travail n a permis la cartographie intégrale des espaces viticoles de l Ile Rouge. Les premières études géographiques sur ce sujet datent des années 1970/80 (Montagnac, Salomon 17). Cependant, aussi complètes qu elles soient, elles n élaborent pas l exhaustivité de ces régions. M. Andriananananjara Harivola (maître de conférences à l université de Antananarivo) se passionne pour cette géographie, et en fait sa thèse nouvelle formule à paraître prochainement La présente analyse n a pas l ambition de cartographier tous les domaines viticoles, elle se veut plus idiographique. 17 MONTAGNAC P., 1971, Les cultures fruitières à Madagascar en 1960, tomme I et II, document n 9, Antananarivo, IRAM SALOMON J.N., 1980, «Les vignobles et les vins de Madagascar» in Les cahiers d outremer, n 132, vol 33 16

17 Pendant les enquêtes à Fianarantsoa, un événement majeur concernant le recensement des vignobles a été communiqué. Selon un géographe (Monsieur Eric) travaillant pour le PACT, un inventaire des vignobles du Betsileo est en cours. Ce regain d intérêt s explique par le fait que la culture du raisin fait partie d une des douze priorités de développement dans le cadre du plan régional de la Haute Matsiatra. Cette action reste un travail de fourmis, puisque plusieurs centaines de paysans possèdent quelques ares de vignes. La cartographie semble donc très délicate. La carte n 3 page 19 tente de montrer les principaux lieux (voire zones) de production du Betsileo. Par dessus devraient se greffer les vignobles paysans, mais la capacité des caves coopératives de Lazan i Betsileo donne des indications par rapport aux potentiels de production des paysans. Le temps manquant (un mois et demi paraît trop court), l étude partielle est de rigueur. Cependant les exemples essaient d être les plus représentatifs possibles. La carte illustre la concentration vitivinicole de la région de Fianarantsoa, capitale incontestable du vin à Madagascar, donc un nœud structurant pour la filière. Les différents espaces cartographiés ont été visités, sauf Nasandratrony puisque la société Lazan i Betsileo n a pas souhaité que l étude de cette cave régionale soit réalisée. Ce choix inexpliqué trouve certainement une réponse dans le fait que cette cave est l une des plus dégradé de toutes les caves coopératives (selon les propos recueillis surplace), ainsi qu elle devait, probablement, être vide actuellement. Une analyse sur la dernière décennie montre la dislocation de certains vignobles, donc une fragilisation de l amont de l organisation du vin à Madagascar. En 1997, Raharijaona Hans Christian (consultant) a réalisé un recensement, en voici les résultats : Sociétés Lazan i Betsileo Chan Foui Mac et Frères Ecar Maromby Ecar Antsahamasina Verger Lovasoa Les Bonnes grappes Tsara Laza Président Njatotsiory Côtes d Isandra Soamanpiadana Chan Fao Tong Surfaces en ha blanc rouge

18 SVS Amblard Autres TOTAL Source : Raharijaona Hans Christian Tableau n 2 : Recensement des vignobles en 1997 En ce qui concerne l état actuel (marsavril 2005), le constat est moindre. Tout d abord, Lazan i Betsileo déclare encore 250 ha (et des fois 300 ha), mais les enquêtes de terrain permettent de dire qu au moins 20 ha sont en abandon. De plus, les Côtes d Isandra n existent plus. C était l exploitation (106 ha) de Monsieur Fiévet, pionnier de la viticulture moderne à Madagascar. Elle demeurait le plus grand domaine viticole de l Afrique. La société a été vendue à M. Chan Kaye, un Chinois de la région d Isandra. Il avait agrandi ce vignoble avec les 28 ha des coteaux de Famoriana. A la mort de Win Chan Kaye, ses deux frères frères gérants sont partis au Canada, commencer une nouvelle aventure (dans le vin diton, mais ces dires n ont pas pu être vérifiés!). Le fils de Win a donc voulu reprendre le domaine, mais il ne connaissait rien en gestion et encore moins en vin. Aujourd hui l entreprise a un endettement de 45 milliards de Fmg envers la banque. Cette exploitation ne produit plus une seule goutte de vin et le vignoble est en déshérence. Enfin, les vignes d Amblard connaissent également des déboires. Cette entreprise de la région d Ihosy ne produit plus rien (elle était spécialisée dans les mousseux) depuis 1997, selon M. R, œnologue en retraite à Fianarantsoa. L addition, ou plutôt la soustraction est simple, il s avère que seuls 506 ha subsistent. Mais quelques vignobles expérimentaux commencent à voir le jour, d où un total de 550 ha pour toute l île. L extinction n est pas la seule fragilisation de la base de la filière. Plusieurs parcelles sont de moins en moins entretenues, et fournissent donc moins de raisin. Un paysan/instituteur en retraite à Andoharanomaitso, fokontany Betapoaka, village Imaha, 18

19 n hésite pas à faire part, de son désappointement face à l âge de ces ceps. Il délaisse de plus en plus ses pieds de vignes trop vieux, puisqu ils ne donnent presque plus de fruits. Cette année, il n a pas récolté son raisin lors des vendanges de février, car le travail n aurait pas était «rentabilisé» (d autant plus que la grêle de décembre lui a abîmé un grande partie de sa production). Les paysans ne sont pas les seuls à délaisser leur capital viticole. En effet, les religieux abandonnent certaines terres mises en valeur par la vigne. Le vignoble de Soavimbahoaka (couvent à Antananarivo) périclite, et l hémorragie ne cesse plus. La production diminue, et le vin peine à offrir des revenus satisfaisants au monastère. Lors de l entretien du 11 avril 2005, le caviste de Soamandrakizay Androhibe (autre monastère de la capitale) révèle que le vignoble date des années Sur les 21 ha appartenant au père diocésain et au cardinal de Madagascar, seuls 7 ha continuent à fournir du raisin. De plus, comme le montre la photographie n 1, les rangées sont discontinues et le spectacle conforte l impression «d abandon» des parcelles. Photographie n 1 : une parcelle de vignes en abandon Source : photographie personnelle Cette parcelle appartient au domaine Soamandrakizay Androhibe. Les plants sont du Petit Bouschet. Face aux vols récurrents, les frères préfèrent laisser les vignes en abandon, ainsi que remplacer les treilles en fil de fer par des tuteurs en bambou. Cependant ce domaine des religieux désire renouveler sa production et continuer à approvisionner les églises en vin de messe. Les 7 ha (dont 4 plantés en Couderc 13 [blanc] et 19

20 3 en Seyve Villard , Petit Bouschet et Isabelle) offrent, pour les vendanges de 2005, 20 tonnes de raisin, qui se transformeront en / litres de vin. Au vu du potentiel possible lié au vin, l extension du vignoble est prévu (grâce à des investisseurs réunionnais). Même si les vitiviniculteurs prennent conscience qu il faut renouveler les parcelles «encépagées», la déshérence de la majorité des terres aux mains des paysans et de certains grands propriétaires marginalise le socle de la filière vitivinicole de l IleContinent. Par dessus cette fragilisation, vient se greffer un deuxième constat négatif, le fait que le vignoble n est que secondaire pour les paysans des Hautes Terres Centrales. B) La production de raisin n est pas la «priorité» des paysansviticulteurs, quel en est l impact produit sur l organisation de la chaîne? La base de la filière naît donc des vignobles. Malgré l importance que ces espaces jouent dans la construction de la «filiarisation», les paysans (qui détiennent la moitié de la superficie viticole nationale) se préoccupent peu de ces vignobles. Parallèlement, la crise des caves coopératives renforce incontestablement le caractère secondaire de ces espaces, au sein même de l exploitation. Le fait de planter des ceps est né, pour les «agriculteurs» de la Matsiatra, avec la coopération suisse, en Cette culture entre dans la logique culturale uniquement, au départ, pour augmenter leurs revenus. La totalité des paysans rencontrés affirme qu ils se sont intéressés aux vignobles, au départ, uniquement pour les gains engendrés. La vigne, en revanche, ne concurrence pas les autres terres ainsi que le calendrier agricole au niveau de l exploitation. Ces faits expliquent, en partie, le développement de l intérêt des paysans pour la vigne, tout en lui accordant une importance moindre par rapport au reste, notamment à la riziculture. La complémentarité suit la logique des trois types de sols. Les basfonds rizicoles s apparentent à des cuvettes alluviales. Les premières pentes, marquées par la présence de colluvions, accueillent surtout les cultures pluviales et/ou maraîchères. Enfin les parties plus accidentées des tanety (collines) supportent les vignobles. D après Justin Razafindrakoto, les sols des vignobles sont «des sols rouges ferralitiques compacts, imperméables, difficilement pénétrés par les racines et l air, donc les bactéries fertiles sont restreintes» 18. Ces sols, qui ne semblent pas être le seul élément explicatif de la présence des vignes, contiennent des hydroxydes d alumine et de fer, se mêlant à une proportion élevée d argile, d où une acidité importante. 18 RAZAFINDRAKOTO J., 1978, Comparaison des conditions écologiques du vignoble de Madagascar et de celui de la côte Vaudoise, mémoire de technicum pour branches agricoles spéciales, Nyon p

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