Guide de l épargne et des finances solidaires

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1 Guide de l épargne et des finances solidaires en PACA

2 sommaire page introduction Le guide de l épargne et des finances solidaires, une réalisation collective page 4 L épargne citoyenne au service des initiatives solidaires page 5 L argent, outil de transformation sociale? page 7 Investir «utilement» à travers une épargne de «conviction» page 9 page que faisons-nous avec notre argent? Nature, sens et utilité de l argent page 12 Redistribution publique, inégalités et pauvreté page 20 Comment peut-on utiliser son argent sous forme de don dans une optique solidaire? page 22 page épargne et finances solidaires Enjeux page 26 Comment ça marche? page 41 Transparence et garanties page 45 En quelques chiffres page 47 Qui sont les acteurs/actrices? page 50 Guide pratique de l épargne et des finances solidaires en Paca

3 page comment utiliser mon argent de manière solidaire? Je suis cliente d une banque page 66 Je deviens associée d une structure de financement solidaire page 74 Je deviens investisseur/se directe page 90 page je cherche un financement pour mon projet Je sollicite un organisme de financement de développement local page 100 Je sollicite un prêt auprès d un organisme de l économie sociale et solidaire page 104 Je cherche une actionnaire solidaire page 122 Nous finançons nous-mêmes notre projet page 126 Je sollicite des aides et/ou des partenariats page 131 Comment je construis le plan de financement de mon projet? page 141 page synthèse Tableaux page 148 Glossaire page 152 Bibliographie page 155 Liste des sigles page 157 Index page 158 Comment s est réalisé le guide? page 159 Partenaires / remerciements page 160 sommaire

4 introduction Le guide de l épargne et des finances solidaires, une réalisation collective L édition de guides pratiques est née de la nécessité pour l Apeas de rendre visible et lisible dix ans de collecte d informations, de rencontres avec des projets alternatifs, de travail de réseau et de mise en liens. De la nécessité également de donner une unité à un ensemble d activités économiques et sociales qui participe à un même objet : proposer un modèle de développement alternatif. Ce travail d observation a constitué le socle du projet d édition des guides pratiques de l économie solidaire. Pour transcrire les réalités du terrain, nous nous devions d inviter d autres acteurs impliqués dans ces pratiques à participer à l élaboration de ces guides. C est ainsi que l Apeas a invité dans le comité de pilotage du guide de l épargne et des finances solidaires une quinzaine d acteurs régionaux. La plupart travaille avec les épargnants solidaires et/ ou des entrepreneurs solidaires et sont également mobilisés dans des réseaux. Le rôle qu ont bien voulu endosser les membres du comité de pilotage a été déterminant pour la réalisation du guide. Le comité de pilotage a permis de compléter et de valider les contenus. Les réunions du comité ont également permis d orienter et d affiner la structuration du guide, ainsi que de suivre les décisions principales prises pour son lancement. La plupart des membres du comité de pilotage ont aussi participé directement à la rédaction de certains articles. Nous remercions chaleureusement toutes les personnes ayant participé à ce comité. Grâce à cette participation, nous pouvons présenter ici un ouvrage, certes perfectible, mais qui a l avantage conséquent de réunir des réseaux d acteurs variés autour d un même objectif : développer et participer à une citoyenneté économique. Pour connaître la composition de ce comité, rendezvous au texte présentant les partenaires à la fin de cet ouvrage! Nous avons eu dans ce guide le souci de mettre en avant l égalité homme/femme en «genrant» les textes. Il y a des oublis mais nobody is perfect. On fera mieux la prochaine fois! 4 Guide pratique de l épargne et des finances solidaires en Paca

5 J e introduction L épargne citoyenne au service des initiatives solidaires suis heureux de vous présenter ce deuxième ouvrage de la collection des Guides pratiques de l économie solidaire édité par l Apeas. Après la Consommation responsable et solidaire en PACA, nous vous présentons aujourd hui le Guide de l épargne et des finances solidaires. Le point de départ de ce guide reste le même : En tant que citoyen nous pouvons tous, par nos pratiques de tous les jours, ré-interroger le sens que nous donnons à l économie, que ce soit par nos manières de consommer comme nous l avons abordé dans notre premier guide, ou par notre rapport à l argent comme nous l abordons dans celui-ci. L argent est au centre de nos vies et de notre société, il participe à l organisation des échanges et au modèle économique. Parler de l utilité et du sens de l argent est donc éminemment politique. Cela nous renvoie à la question : dans quelle société souhaitons-nous vivre? par BRUNO LASNIER moyen la concurrence, devient chaque jour plus prégnante. Cette logique nous entraîne à ne plus nous questionner sur nos besoins réels ou nos envies mais à répondre constamment aux nécessités du marché, à consommer quitte à s endetter, à placer son argent dans l espoir d en tirer un profit maximum qui nous permette de consommer davantage, etc. Le cercle vicieux s installe. A l opposé de cette approche, des citoyens se regroupent, s associent pour construire des alternatives. Ils se questionnent sur la valeur de l échange, sur une autre conception du développement plus respectueux des hommes, de la redistribution des richesses, du développement durable, du respect de l environnement. Ils réinventent des manières d échanger autrement, de consommer autrement, d entreprendre autrement, que ce soit dans une économie non marchande (réseau d échange de savoir, système d échange local...) ou au coeur de l économie marchande (commerce équitable, insertion par l économie, tourisme solidaire, écodéveloppement...). Aujourd hui, le modèle économique dominant, basé sur le capital, donne une place prépondérante à l argent et plus particulièrement à la finance. Il conduit à faire du profit la finalité de l économie au détriment de l économie comme moyen au service des hommes. Où est le vivre ensemble? La mondialisation en cours, en favorisant la libéralisation des marchés des capitaux, accentue les inégalités entre une minorité qui profite de ce système et une majorité qui le subit. En plus de l accroissement des inégalités sociales, ce système a un impact de plus en plus négatif sur la gestion de la planète, la gestion des biens communs de l humanité (pillage des ressources naturelles, destruction de la bio diversité...). L argent, à travers la marchandisation accrue des biens et des services, s infiltre au coeur de tous nos échanges. Ce qui avant relevait du troc, de l échange de services ou de la solidarité familiale devient aujourd hui une prestation de services à la personne. Tout s achète et tout se vend, prône le libéral convaincu. La société humaine est en fait un vaste marché où l offre et la demande se régulent pour le bien-être de l humanité. Cette vision d un monde basée sur les valeurs du marché, qui institue comme finalité la recherche de profit et comme En tant que consommateur, nous pouvons faire nos choix dans nos modes d achat. Nous pouvons aussi décider d utiliser notre argent à d autres fins que la consommation. Etre un épargnant solidaire, c est décider de donner une autre utilité à son argent. C est choisir d utiliser cet argent pour soutenir des initiatives solidaires, que ce soit par une participation directe à un projet ou par un don d une partie des gains de son épargne à une cause solidaire. Entreprendre au sein de l économie marchande dans une démarche d économie solidaire, c est placer une finalité sociétale (protection de l environnement, solidarité, partage du savoir, lien social) au centre de son activité en lieu et place du profit et de la rentabilité financière. Cette situation place «l entreprise» solidaire dans un double défi : assurer une viabilité économique pour permettre de pérenniser son activité et remplir sa mission d utilité sociale. Cette nécessité de maîtriser à la fois gestion économique et utilité sociale se confronte à une difficulté supplémentaire : trouver des financeurs. La finalité sociale est beaucoup moins attractive que la finalité de profit d une entreprise classique pour les banques ou les investisseurs traditionnels, puisque c est le profit qui intéresse l investisseur. Introduction 5

6 introduction De plus l entreprise solidaire est souvent innovante ce qui ne garantit pas sa viabilité économique à court terme. Cette situation a amené les acteurs de l économie sociale et solidaire à réfléchir sur les moyens de contribuer au financement des initiatives solidaires, tant du point de vue de la collecte que du financement. Comment utiliser mon argent pour contribuer à l émergence d initiatives solidaires? Comment investir directement, placer mon épargne dans des instituts de finances solidaires, redonner une partie de la rémunération de mon livret d épargne? Quels choix en terme de prise de risque? Pour quelle participation? Comment est utilisé mon argent? Quelle transparence? Fonds éthiques, épargne solidaire, quelle différence? Comment trouver des capitaux pour mon projet? De quoi ai-je besoin : participation au capital, prêt, garanties financières...? Qui fait quoi? Comment ça marche? D où vient l argent? L objet de ce guide est de vous présenter à la fois : les enjeux, pour comprendre et contribuer à redonner du sens, les acteurs et les outils de l épargne et des finances solidaires pour vous permettre en pratique de faire des choix en cohérence avec vos valeurs, que vous souhaitiez épargner ou financer votre activité. Et parce qu on n est pas tous des experts de la finance (!), un glossaire est présent à la fin du guide pour vous expliquer certains mots relatifs à l économie. Bruno Lasnier Directeur de l Apeas 6 Guide pratique de l épargne et des finances solidaires en Paca

7 introduction par Philippe Chesneau L argent, outil de transformation sociale? A ctuellement, profitant de la hausse de l immobilier et des actifs financiers, la France d en haut consomme allègrement. Mais la surmonétarisation des uns alimente la spéculation et aggrave la sousmonétarisation des autres condamnés de plus en plus souvent à l exclusion. La spéculation boursière aggrave la désindustrialisation, le pillage du tiers-monde, la destruction de l environnement (gaz à effet de serre, l accumulation de déchets nucléaires dangereux pour des milliers d années), la fracture sociale (deux millions de chômeurs, six millions de pauvres en France). Chacun constate que le capitalisme financier n apporte plus rien de positif. Il nous faut donc une autre économie, une économie alternative. Déjà au XIXème siècle, s est constituée l économie sociale pour apporter une réponse collective à l individualisation des risques face, aux accidents du travail, à la maladie et à la vieillesse. D où les mutuelles, coopératives. Ces problématiques ressurgissent aujourd hui, comme quoi rien n est définitivement acquis. À la fin du XXème siècle, face à la pénurie de travail, à la pénurie d argent, s est constituée l économie solidaire. Au début du XXIème siècle, les défaillances de l Etat font de l économie sociale et solidaire un acteur clé de l organisation de la régulation sociale. L économie sociale et solidaire a trois ambitions : répondre à des besoins non satisfaits (services à la personne, produits recyclés ), remettre l économie à sa juste place (au service du plus grand nombre), redonner de l espoir dans l avenir (valeur du lien social et des choix élaborés démocratiquement). locaux, encourager des échanges et des activités que la monnaie officielle ne valorise pas, et favoriser la cohésion. L échange est l occasion, non seulement de satisfaire ses demandes, mais aussi de valoriser ses compétences. Les monnaies sociales, si elles se développent, reste extrêmement marginales : elle concerne un million de personnes sur la planète pour trois mille associations différentes situées dans près de quarante pays. Il ne faut pas imaginer qu il suffirait de changer de monnaie pour changer le monde. Il s agit au contraire de dépasser l opposition entre la logique commerciale des monnaies officielles et la logique sociale des monnaies sociales. Entre le profit et le lien, certains outils de finance solidaire proposent des chemins complémentaires. A chacun de se questionner sur ses choix financier et de placer son argent en cohérence avec sa philosophie. Aux politiques de favoriser l émergence et le développement d autres rapports d échanges monétaires. La finance socialement responsable ou l épargne éthique respecte des critères environnementaux, la responsabilité sociale, l équité avec les fournisseurs et les sous-traitants. Elle exclue l armement, le tabac, l alcool. Elle vise à responsabiliser des entreprises déjà présentes sur le marché. L épargne solidaire permet de financer des projets qui ne trouvent pas de financements dans les circuits financiers classiques ; lutte contre l exclusion, entreprises créées par ou pour des personnes en difficulté, logement de familles en situation précaires, territoires marginalisés, développement durable, solidarité nord-sud. Pour que l économie sociale et solidaire prenne toute sa place, il faut s en donner les moyens. Notamment en développant la finance solidaire. Depuis le début des années 80, se développent les monnaies sociales. Elles tentent de récupérer l argent, en le débarrassant de ses tendances spéculatives et d accumulation inégalitaire. Ainsi l outil monétaire est mis au service de trois objectifs majeurs : dynamiser les échanges entre les acteurs La collecte et la gestion solidaire de l épargne participent de la citoyenneté économique sur les territoires de projets et de vie : agglomérations, pays, parcs naturels. Un territoire de projet est un territoire qui s organise, qui compte d abord sur ses propres forces, qui construit son avenir en prenant en compte toute sa richesse, qu elle soit naturelle, économique ou humaine. Après des siècles de centralisme, il s agit maintenant de renouveler nos pratiques vers des approches Introduction 7

8 introduction locales, transversales et autogérées qui inventent ou réactualisent des modes de concertation et de coopération. La Région en partenariat avec France Active, la Caisse des dépôts, des banques de l économie sociale et l Etat a créé un fonds pour les projets d économie sociale et solidaire : ESIA Economie Solidaire et Insertion Active. La Région intervient également auprès d autres outils financiers et sur la promotion de l épargne solidaire (cf. page consacrée à l intervention régionale). À côté de l aide des pouvoirs publics et de l intervention d outils spécifiques, comme ESIA, il s agit de développer la collecte et la gestion solidaire de l épargne. Les finances solidaires sont acceptées par la Commission des Opérations de Bourse et chemin faisant, elles sont reconnues par les grandes institutions comme la Banque Mondiale. Il est nécessaire également d activer l épargne solidaire pour que les projets solidaires puissent faire appel aux banques qui développent des produits solidaires. On peut citer les Fonds d amorçage comme Capital local provençal, Garrigue (capital risqueur solidaire), Cigales (club d investisseurs militants), l Adie, La Nef Et quelques organismes de structuration : Finansol, l organisme qui labellise les produits bancaires dont 10 % doivent s investir dans les entreprises solidaires. La Fédération européenne de finances et de banques alternatives (Febea) qui réunit 14 Banques Éthiques et Alternatives, la Société d investissement et de développement international (Sidi). Il s agit pour chacun de croiser idéaux et pratiques. Comment agir avec son épargne? Comment utiliser son argent autrement? Qu est-ce qu un organisme de finances solidaires? Comment les organismes de finances solidaires interviennentils dans des projets solidaires? C est pourquoi la Région soutient et apprécie le guide de l Apeas qui propose enfin de répondre à ces questions et de faire connaître l étendue des possibles. C est grâce à des outils de cette qualité que les valeurs et les pratiques de l économie sociale et solidaire ensemenceront nos sociétés pour un monde où l économie et l argent seront des outils de bonheur. Philippe Chesneau, Conseiller régional Vice-Président du Conseil régional Provence-Alpes-Côte d Azur Délégué à l emploi et aux politiques territoriales 8 Guide pratique de l épargne et des finances solidaires en Paca

9 introduction Investir «utilement» à travers une épargne de «conviction» A ux antipodes du chacun pour soi, l épargnant solidaire témoigne d un sens aigu des problèmes de notre temps : préservation de notre environnement, création d emplois au profit des personnes qui en sont exclues, développement de nouveaux services privilégiant la qualité de vie, la santé, l éducation En souscrivant à un produit d épargne solidaire, il associe deux termes qui conjuguent l expression d une confiance en l avenir et un futur construit solidairement avec les acteurs de la vie sociale et économique de notre département. Investir «utilement» à travers une épargne de «conviction» contient la promesse d un avenir plus solidaire dans une société de plus en plus rude pour par Jocelyn Zeitoun les plus vulnérables, où le sens de l intérêt général acquiert une fonction vivante qui irrigue le présent. L utilité sociale devient alors une ressource pour l ensemble de la société : entreprises, associations, citoyens. Face à l émergence de «consommateurs responsables», c est l ambition de cet ouvrage que d éclairer par des informations précises, nos concitoyens, et tous les décideurs sur les enjeux de la finance solidaire, dans une perspective où l argent n est plus une fin en soi. Jocelyn Zeitoun Conseiller général des Bouches du Rhône, Délégué à l économie sociale et solidaire Introduction 9

10 Film documentaire Film documentaire «Pour une consommation responsable» Ce DVD Rom comprend : Film documentaire «Pour une consommation responsable» de 55 minutes réalisé par Christophe Gay scénario Bruno Lasnier - Anne Catherine Josset - Christophe Gay - Fabrice Sanchez Deux animations «Utilitest de Fabrice» de 2*2 minutes réalisé par Christophe Gay et Florian Braizat Une filmographie, webliographie et bibliographie Financé dans le cadre de l appel à projet «consommation durable» lancé par : Synopsis En regardant la télévision, qui lui livre des images de la société de consommation, de la bourse, des publicités, des catastrophes naturelles et industrielles, ce téléspectateur se pose la question «on ne peut pas faire autrement?» et il découvre le guide de la consommation responsable. En consultant ce guide, ce citoyen décide d aller à la rencontre d entrepreneurs solidaires. Son parcours initiatique se construit au fur et à mesure des rencontres, chaque personne le guidant vers un autre entrepreneur. Contact presse Fabrice Sanchez Développeur régional Association loi 1901 : 49 rue de Village, Marseille - Tél: / Fax : /

11 1 que faisons-nous avec notre argent?

12 PAR BRUNO LASNIER Nature, Sens et utilité de l argent La monnaie est un instrument de mesure et de conservation de la valeur d un bien, c est un moyen d échange. La monnaie est un objet dont la valeur fictive repose sur une garantie, c est une convention et non une marchandise, elle est un produit social. Dans le langage courant, l argent est un mot qui contient plusieurs sens. A l origine l argent est un métal. Mais aujourd hui son sens le plus usuel est celui de l argent synonyme de monnaie : on sort son argent de son porte-monnaie, on paye argent comptant ou en liquide, ou encore on retire l argent de son compte en banque. Enfin, dans l expression «avoir de l argent» par exemple, on voit que le mot argent renvoie à la notion de capital. On ne peut donc pas aborder la question de la nature, du sens et de l utilité de l argent sans aborder la question de la monnaie et du capital. Un peu d histoire Aussi loin que nous pouvons remonter dans l histoire, les hommes ont toujours compté leurs biens et pratiqué des échanges. Rapidement, des instruments d échange s imposent : coquillages (c est le cas des cauries dont l emploi apparaît en Chine en 1100 av. JC et s étend jusqu en Afrique d où l usage ne disparaît qu au milieu du XXème siècle), minéraux précieux ou utiles comme le sel (à l origine du mot salaire), petits lingots de métal (fer, puis argent ou or), etc. L apparition de la monnaie permet alors de représenter la valeur de biens que l on ne pourrait pas échanger facilement. L étape suivante est la mise en place d une monnaie permettant de représenter une grande quantité de monnaie métallique laissée en dépôt et en lieu sûr. Ainsi apparaît la monnaie papier (le billet de banque est connu en Chine dès le VIIIème siècle ). Jusqu au XIXème siècle, l argent et l or sont les monnaies étalons, toutes les monnaies sont définies à la fois par rapport à l or et à l argent. Chaque Etat, en fonction de ses disponibilités métalliques, utilise selon ses préférences l un ou l autre métal. Mais les évolutions d une économie qui se mondialise et le développement de la monnaie papier et du crédit permettent de limiter les besoins de métal et de supprimer l argent-métal comme étalon. L or devient alors le seul étalon. La monnaie-papier est un substitut à l or. Le taux de conversion de chaque monnaie en or est fixe, entraînant des taux de conversion fixes entre les monnaies. En 1914, l étalon de change-or est mis en place. Il s agit d un système mixte qui permet de conserver les avantages de l étalon-or, tout en permettant aux pays qui le veulent d avoir des taux de change variables. Ce système va très vite être remis en cause. Le coût de la Première Guerre mondiale entraîne une forte dévaluation de toutes les monnaies européennes par rapport à l or. Lors de la conférence de Gênes, en 1922, un nouvel ordre monétaire est mis en place où seuls les États-Unis conservent l étalon-or classique. Le dollar repose sur l or, la livre britannique sur le dollar, et les autres monnaies européennes sur la livre britannique. Cependant, en 1931, le Royaume-Uni abandonne le système de change-or afin de pouvoir augmenter sa masse monétaire. Les accords de Bretton Wood sont alors signés en 1944 : le dollar, seule monnaie encore ancrée à l or devient la monnaie étalon. Mais en 1971, les États- Unis, ne pouvant plus maintenir le prix de l or à 35 dollars l once ni éviter une dévaluation du dollar, abandonnent l étalon-or. Dès lors les monnaies varient entre elles librement, suivant l offre et la demande, et donc en principe selon la quantité de crédit émise par chaque pays (une baisse de l émission de crédit se traduit par une baisse de la valeur de la monnaie par rapport aux autres devises). Il n y a plus de contrepartie métallique à la monnaie émise, seulement de la dette. C est le régime des changes flottants. Nature et fonction de l argent L argent, c est ce que représente la monnaie. Bien que le terme argent vienne d une des formes matérielles de la monnaie, il est difficile de définir celle-ci par ses formes matérielles qui ont énormément évolué 12 Guide pratique de l épargne et des finances solidaires en Paca

13 que faisons-nous avec notre argent? au cours de l histoire et demeurent aujourd hui multiples. On peut par contre définir la monnaie («l argent») par sa nature et ses fonctions. La monnaie a donc trois fonctions : 1. c est un instrument de compte qui permet d estimer la valeur d un bien ; 2. c est un instrument d échange qui permet d effectuer le paiement ; 3. c est un instrument de réserve de valeur liquide, que l on peut stocker. La monnaie est une unité de compte : L économiste Walras démontre cette fonction dans Elément d économie politique pure : afin de simplifier les échanges, une marchandise sert de référence pour mesurer les autres, elle devient le numéraire dans lequel on exprime tous les prix. Cette fonction est la base pour qu un système d échange s établisse. Il est alors possible de faire circuler des produits uniquement grâce à une unité de compte qui s accompagne de procédure d enregistrement et de stockage. C est cette fonction que l on retrouve dans divers modes d échanges : troc, don et contredon, opération à terme, crédit, système d échange local (SEL)... Pour remplir cette fonction, peu importe sa forme, sa seule finalité est de compter. Ce qui ne nécessite ni l existence d un prix ni celle d un marché puisque des équivalences suffisent. N importe quelle marchandise peut jouer le rôle de numéraire, le grain de sel par exemple. Mais l essentiel est que la monnaie choisie soit reconnue socialement comme unité de compte. La monnaie n est donc pas juste un instrument de comptabilisation ou une marchandise ordinaire, c est une unité de compte validée socialement dans le temps et dans l espace. La monnaie est un instrument de paiement : Si on a longtemps considéré la monnaie à partir de sa valeur intrinsèque, faisant des métaux précieux la seule véritable monnaie, on a admis progressivement comme le dit Scipion de Grammont que «la monnaie n emprunte point sa valeur de la matière dont elle est composée mais bien de la forme qui est l image ou la marque du Prince». La monnaie est alors un signe de valeur représentant un pouvoir d achat conféré par une autorité (monétaire, sociale, étatique...). La valeur de la monnaie n est plus exclusivement en lien avec sa valeur intrinsèque, elle devient une convention. Ce n est plus une marchandise mais un produit social et c est à ce titre que l on doit la considérer comme fiduciaire, c est-à-dire basée sur la confiance accordée à celui qui l émet. Mais que ce soit par sa valeur intrinsèque (or, argent...) ou par sa valeur-signe, la monnaie permet de se libérer de ses dettes, c est un instrument de paiement. Le moyen de paiement est sans doute la fonction qui caractérise vraiment la monnaie puisque, dans ce rôle, la monnaie a un monopole. Légalement, une dette ne peut être éteinte que par un transfert de monnaie. Il est vrai que d autres moyens de paiement sont possibles, par exemple en nature, la généralisation de la monnaie en tant que moyen de paiement n a pas fait disparaître l échange des biens les uns contre les autres. En fait, la monnaie a supplanté le troc pour des raisons essentiellement techniques. Pour que le troc puisse fonctionner de manière globale, il nécessite de passer d un mode d échange bilatéral à un mode d échange multilatéral. Pour cela, il faut accepter deux conditions : - un individu n acceptera un bien que parce qu il en a besoin ou qu il y a une demande pour ce bien ; - pour qu un échange se fasse, il doit y avoir adéquation entre la quantité offerte et la quantité demandée. Cette double coïncidence des désirs rend difficile la généralisation du troc. Pour accepter le règlement d une dette il faut être sûr de la valeur du paiement et de la possibilité de payer ses dettes avec d autres moyens que la monnaie et seule celle-ci permet de se libérer sans opposition ni restriction grâce à sa qualité de réserve de valeur liquide. La monnaie est un instrument de réserve de valeur : Par réserve de valeur, on entend la capacité que possède un bien financier ou réel de transférer du pouvoir d achat dans le temps. Ainsi, un actif réel (un bien immobilier par exemple) constitue une réserve de valeur puisqu il peut être acheté aujourd hui et revendu dans le futur en procurant un pouvoir d achat à son détenteur. Mais à la différence de la monnaie, les actifs réels sont soumis au risque de perte en capital ou à l opportunité d une que faisons-nous avec notre argent? 13

14 augmentation en capital. Au contraire, la monnaie a une valeur constante (un billet de 20 euros vaudra 20 euros dans un an). Même si la monnaie n est pas à l abri de variation de son pouvoir d achat (inflation), sa valeur, elle, est constante. En effet, si nous acceptons la monnaie comme moyen de paiement, c est parce que nous sommes assurés que demain sa valeur sera la même et que nous pourrons à notre tour nous en servir comme moyen de paiement à tout moment. Cette qualité qui permet de récupérer une valeur sans risque et sans délai s appelle la liquidité. La monnaie est le bien le plus liquide, le plus facilement échangeable, c est cette notion de valeur échangeable à tout moment et sans perte qui a conduit historiquement au choix des monnaies (barre de sel, coquillage, métal, or...). C est le bien le plus liquide qui devient monnaie, c est-à-dire celui qui a le plus de facilité à être accepté dans l échange, et non la monnaie qui devient un bien liquide. La monnaie est un instrument de réserve de valeur liquide que l on peut stocker. Cette dernière fonction qui permet le processus d accumulation du capital est essentielle dans le développement de l économie moderne, dont la définition première nous vient d Adam Smith dans son oeuvre La Richesse des Nations (1776). Elle est en substance définie comme la gestion de ressources rares et elle est caractérisée par une pénurie d argent due à la compétition liée au processus de maximisation du capital. Elle ouvre la voie à l accumulation de monnaie pour en tirer un profit et non par principe d économie. C est également cette dernière fonction qui introduit la notion d épargne. Qu est-ce que l épargne? L épargne est une somme économisée. Elle est le fruit d une gestion où les dépenses sont maintenues en dessous des recettes afin de constituer une réserve. Ce qui fait dire à Bainville que : «L épargne est à l origine du capital, comme elle est la justification morale du Capitalisme puisqu elle représente une privation, un effort et même un sacrifice». Selon Marshall, trois idées essentielles motivent le comportement d épargne des individus : la rationalité et la prévoyance, l investissement humain et la recherche du gain (intérêt). Si la prévoyance amène l individu à faire des calculs économiques, Marshall note que le facteur d épargne le plus puissant est l investissement humain : éducation, préparation de la retraite, développement de la famille... L épargne non investie dans le capital humain l est dans les placements financiers. Ce comportement est pour Marshall un acte volontaire d affectation du revenu entre consommation (ce dont j ai besoin maintenant : le présent) et épargne (ce dont j aurai besoin demain : le futur), mais il est également affecté par l intérêt (ce que je peux en tirer : le gain). L épargne n est pas seulement un choix entre consommation et prévoyance, il est également le fruit de l intérêt. Le taux d intérêt est un des facteurs incitatifs à l épargne. L épargne est donc une somme d argent qui n est pas affectée à la consommation mais employée : soit sous forme d épargne liquide (espèce, compte courant, compte rénuméré) afin de rester disponible ; on parle alors de thésaurisation ; soit sous forme d investissement dans des moyens de production ou des placements (comptes d épargne, livret d épargne, valeur mobilière). Un placement est le fait de bloquer pendant un certain temps un montant d épargne dans une opération financière pouvant rapporter un gain. La notion de placement comporte donc un espoir de gain (rentabilité) couplé à une prise de risque. L argent affecté à l épargne devient un outil de financement. Qu est-ce que la finance? La finance est d une part l obtention de ressources monétaires et d autre part l utilisation de ces ressources sous forme de placements ou d investissements, au fil du temps et en présence de risque. Les principaux intermédiaires de la finance sont la banque, l assurance et les Bourses d un côté et les budgets publics de l autre. La finance nécessite donc d abord la création de ressources monétaires. Mais comment se crée l argent? A l origine, quand un bien était reconnu par tous comme monnaie, tous ceux qui pouvaient produire 14 Guide pratique de l épargne et des finances solidaires en Paca

15 que faisons-nous avec notre argent? ce bien pouvaient émettre de la monnaie. Mais du fait du pouvoir que conférait cette possibilité, très rapidement les autorités politiques ont cherché à contrôler et à se réserver cette capacité. Aujourd hui, contrairement à une croyance commune selon laquelle l Etat, via les banques centrales, est l organe producteur de monnaie, ce sont les banques qui sont devenues les émetteurs de monnaie. L émission monétaire se fait essentiellement sous forme de monnaie scripturale par l octroi de crédit et la récolte de dépôts à vue. Seule une petite partie de la monnaie créée se transforme en monnaie fiduciaire. En fait, tout part de la demande des agents économiques de monnaie. Les banques répondent à la demande principalement par des opérations de crédit et créent alors de la monnaie scripturale en que faisons-nous avec notre argent? 15

16 fonction des besoins ; et à l occasion d opérations monétaires, les banques centrales, elles, créent la monnaie fiduciaire (billet et monnaie). Le schéma ci-dessus montre les différentes étapes du processus. Les banques prêtent de l argent à leurs clients. Ceux-ci à leur tour déposent en banque une partie de l argent emprunté. La banque garde alors une partie (obligation de 10 %) de cet argent en réserve pour faire face à ses besoins en liquidité, c est ce qui est appelé le coefficient de réserve. Mais elle utilise la plus grosse partie pour faire de nouveaux crédits, cet effet multiplicateur est ce qui permet la création monétaire. Ce mécanisme constitue comme l épargne un instrument de financement. Les principaux domaines de la finance sont : la finance d entreprise (financement et investissement des entreprises, épargne salariale) ; les marchés financiers qui comprennent les marchés d actions, les marchés de taux d intérêt (marché monétaire pour le court terme et marché obligataire pour le long terme) et le marché des changes. Ils constituent aujourd hui les principaux circuits de financement de l économie en remplacement des banques ; les marchés de matières premières (blé, pétrole...) ; les finances publiques : financement et budget de l Etat, des collectivités publiques (dont les collectivités locales) et des organismes sociaux ; les finances privées (gestion du patrimoine, des revenus personnels, prévoyances...). Le système financier, aujourd hui mondial, est donc le rassemblement d un ensemble d acteurs (banques supranationales, banques centrales, banques privées nationales, sociétés financières, caisses de prévoyance, compagnies d assurance, trésor public...) au sein d un marché financier dont le but est de permettre l équilibrage de l offre de moyens financiers (épargne des ménages, fonds de prévoyance...) et de la demande en besoin de financement (entreprises, Etat...). Ce système financier est devenu un élément essentiel de notre économie. Il traduit un recours de plus en plus important des agents économiques (citoyens, entreprises, Etat...) au financement et à l endettement. On parle de financiarisation de l économie. Cette financiarisation est le fait d une multiplication des outils financiers et des opérations financières au niveau international. Depuis plusieurs décennies, on assiste à un décloisonnement et à une déréglementation du système financier. La politique économique de nombreux pays les a amenés à supprimer les barrières existant entre les différentes sources de financements, ce qui a fait passer d un système d économie d endettement, dans lequel les activités bancaires n étaient pas en concurrence, vers un système de financiarisation favorisant la navigation des flux financiers et la concurrence entre les banques. Des alternatives à la financiarisation de l économie : du rôle de l argent à l épargne et la finance solidaires La financiarisation accrue de l économie renforce la place du profit financier au détriment de la production et entraîne de plus en plus l économie vers une finalité d accumulation de capitaux et de concentration des richesses. La mondialisation de l économie, en facilitant les transferts financiers à travers le monde, fragilise les économies locales notamment dans des pays soumis à des tensions internes. Le retrait brutal des capitaux investis face à un risque de perte peut entraîner l effondrement brutal d une économie, comme cela a été le cas en Argentine en décembre Cette financiarisation de l économie renforce la pratique de la spéculation et notamment d une spéculation subjective (bulle financière) au détriment de la valeur économique réelle, provoquant des crises comme celle qu a connu le secteur de l informatique. Cette orientation de l économie vers une économie financière mondialisée est aujourd hui remise en cause par un nombre important de personnes qui revendiquent de redonner à l économie sa place de science au service d un projet social basé sur des valeurs de répartition des richesses, de solidarité et de développement durable : l économie alternative et solidaire. Cette économie alternative et solidaire propose de repenser le sens que nous donnons à l économie et de réfléchir à d autres manières de gérer les échanges. Comme nous l avons déjà souligné, la monnaie 16 Guide pratique de l épargne et des finances solidaires en Paca

17 que faisons-nous avec notre argent? remplit à la fois une fonction d instrument d échange et une fonction d instrument de réserve de valeur. C est cette dernière qui aujourd hui a pris le plus d importance dans le modèle économique. Elle permet le processus d accumulation du capital et conduit à une économie ayant pour principale finalité le profit. En favorisant ce processus d accumulation du capital, elle détourne les capitaux du cycle de la production et des échanges entre agents économiques et renforce la concurrence. Cette fonction de l argent a donc été remise en cause. Des monnaies alternatives ont été conçues. On peut citer : les monnaies complémentaires, les monnaies sociales, les monnaies fondantes, les Systèmes d Echange Local (SEL), les monnaies libres ou open money, etc. Toutes ces monnaies ont en commun de remettre en cause la capacité de thésaurisation : on ne peut ni les accumuler ni en tirer un intérêt. Toutes sont fondées sur la volonté de recentrer la monnaie sur ses fonctions d instrument de compte et d échange, et de lui retirer sa fonction de réserve de valeur. Elles existent toutes parallèlement aux monnaies officielles et ont pour objet de lutter pour une pacification des échanges, une meilleure répartition des richesses et un développement de l activité locale. Ces monnaies n ont cessé de se développer dans le temps et elles démontrent que l on peut développer les échanges quand la rareté de l argent officiel l empêche. En somme, ces monnaies favorisent la coopération plutôt que la concurrence. Au-delà des alternatives sur le rôle et l utilité de la monnaie, les acteurs d une économie alternative et solidaire ont oeuvré en faveur de l épargne et du financement solidaire : en agissant auprès des banques pour que les épargnants affectent une partie des gains obtenus sur leur épargne à des projets de solidarité ou ayant une utilité sociale ; en créant des outils financiers solidaires : club d investisseurs, outils de capital risque... ; en favorisant la participation directe, et la prise d intérêt de citoyens au sein des entreprises ; en réfléchissant à d autres manières d entreprendre et de soutenir la création d activité dans une démarche d utilité sociale (Scic, pôles locaux d économie solidaire, couveuses d activités, coopératives d activités et d emploi., etc.). Ce sont ces alternatives que nous vous présentons dans ce guide. Bruno Lasnier Directeur de l Apeas Les moyens puissants sont oppressifs, les moyens faibles sont inopérants Simone Weil que faisons-nous avec notre argent? 17

18 pour aller plus loin L explosion des monnaies sociales Article paru dans la revue Territoires n 447, avril 2004 (www.adels.org) Si, dans l inconscient collectif, le seul outil d échange valable est la monnaie officielle d une nation, on assiste depuis vingt ans à une véritable explosion de systèmes d échanges alternatifs, également appelés «monnaies complémentaires». Loin d être un débat d experts financiers, la question de la monnaie est centrale si l on pense le développement solidaire des territoires et le changement social. Car, comme le dit en substance Margrit Kennedy, spécialiste des monnaies complémentaires, quand les inégalités sont si intolérables que le peuple se révolte, on peut à ce moment là partager autoritairement les richesses, mais si l on ne change pas le fondement des inégalités (accumulation de la monnaie à un bout de la chaîne et croissance exponentielle de la dette à l autre), peu de temps après les inégalités redeviendront ce qu elles étaient. Plus un colloque, plus un groupe de travail sur la crise de notre modèle de développement - surdéveloppement au Nord et survie au Sud étant les deux faces de la même pièce - qui n évoquent les alternatives à ce modèle : en plus des désormais traditionnels discours sur l économie solidaire (subordonner l économie au politique en concevant de nouvelles façons de consommer et de produire), on entend désormais parler de nouveaux systèmes d échanges, de monnaies «sociales», libérées des taux d intérêt. Bernard Lietaer, autre économiste de référence sur le sujet, définit la monnaie comme «un accord à l intérieur d une communauté, qui consent l utilisation d une chose comme moyen d échange». Ce que réalisent les systèmes de monnaie complémentaire, créées par et pour une communauté sur un territoire, c est de créer un outil d échange, sans contrôle démocratique, qui serve au développement solidaire de ce territoire. Car le «doux commerce» entre peuples pacifie les relations, alors que la guerre économique ne produit que domination et accaparement. Une chose est sûre, l économie de demain aura besoin de plusieurs systèmes de transactions, et pas d un seul et unique outil, l argent, comme c est le cas aujourd hui. Les taux d intérêt, cancers de la monnaie C est dit : le taux d intérêt, appliqué aux monnaies à travers l histoire, et d autant plus avec la mondialisation néo-libérale actuelle, minore les deux fonctions utiles à la société (fonction d étalon pour mesurer la valeur et fonction d échange pour permettre l échange entre offreurs et demandeurs sur un marché), et sur-valorise la fonction de réserve de valeur (capitalisation). Les taux d intérêts, véritables cancers de la monnaie, favorisent le transfert de monnaie des plus pauvres vers les plus riches. Les monnaies complémentaires pratiquent l inverse du système avec taux d intérêt : elles pénalisent l accumulation de la monnaie par une petite taxe (dite parking fee, soit littéralement «honoraires de stationnement», ou encore «démurrage»), incitant les détenteurs de monnaie à la réinjecter dans le circuit économique. Ainsi, emprunter de l argent est gratuit (pas de taux d intérêt), mais en détenir et ne pas l utiliser coûte, par le système de démurrage. Ces monnaies sont à parité avec la monnaie officielle, on en achète et on en vend librement, et elles ne concurrencent pas la monnaie officielle qui continue de circuler. Particuliers ou entreprises entrent dans ce système et acquièrent de la monnaie locale pour acheter ou vendre des biens et services et non pour l accumuler. La confiance devient un élément fondamental des systèmes de monnaie complémentaire, qui sont gérés par un organisme central régional sous contrôle démocratique (souvent une coopérative bancaire, mais le statut de banque n est pas nécessaire), qui émet la monnaie et la rachète. Souvent, le système de paiement est informatisé, les magasins et les clients adhérents sont dotés de terminaux de paiement, ce qui permet aussi à la coopérative financière de rendre les comptes transparents à tous. Toujours d après Bernard Lietaer, ces monnaies 18 Guide pratique de l épargne et des finances solidiare en Paca

19 que faisons-nous avec notre argent? locales se développent à un rythme soutenu, surtout depuis les années 1990, leur essor actuel, sans équivalent dans l histoire, dépassant très largement la précédente vague importante des années Ce sont de plus en plus des collectivités locales qui témoignent un intérêt pour ces systèmes. Car les effets des systèmes les plus anciens et les plus important sont très encourageants, en termes économiques, de cohésion sociale et territoriale. L organisme chargé de gérer les comptes tire un petit pourcentage de chaque transaction qui alimente un fonds qui peut ainsi être affecté au développement social ou territorial (voir l exemple des Chiemgauer en Allemagne). De Pharaon à Lignières en Berry Bernard Lietaer dénombre quelques monnaies locales actuellement en activité de par le monde. Il signale que plusieurs périodes de l histoire ont utilisé des monnaies fondantes (taux d intérêt négatifs). Par exemple, les dynasties égyptiennes ou les royaumes du moyen âge du Nord de l Europe avaient mis en place une monnaie locale fondante, complémentaire de la monnaie officielle. Contrairement aux croyances habituelles, ces sociétés connaissaient une forte expansion économique qui leur a permis de financer les chantiers des pyramides et les grandes cathédrales. Actuellement, les systèmes se développent principalement en Australie, au Japon, en Amérique latine et en Europe. Parmi les exemples historiques, citons celui de Lignières en Berry (1950) ou celui plus notoire du comté de Wörgl en Autriche, de 1931 à Le maire de Wörgl, devant la crise économique et devant les forts besoins d investissement de sa collectivité dans les services d intérêt général, plutôt que d endetter la collectivité auprès d une banque, convertit les shillings officiels en «attestation de travail» utilisables pour le commerce local. Cette monnaie locale étant taxée à 1 % par mois pour inciter les familles à ne pas l épargner (en période de crise, l épargne augmente proportionnellement au revenu). L effet sur l emploi, le désendettement de la collectivité, les investissements publics et le développement du territoire sont remarquables en peu de temps. L expérience prendra fin au terme d un procès intenté par le gouvernement du Tyrol pour atteinte au droit exclusif de la banque centrale à émettre des billets. De façon parcellaire et arbitraire, on peut également citer des systèmes dont le fonctionnement diffère légèrement mais qui constituent également des expériences de monnaies alternatives : Peanuts au Japon (canton de Shiba), Vecksel en Russie, Cercles de troc en Argentine, Ithaca Hour aux États-Unis, Roland, Bethel-Euro et Chiemgauer (voir encadré) en Allemagne, Talent et WIR en Suisse, LETS en Angleterre, Crédito et Banques du temps en Italie (voir journal de Territoires n 443) et évidemment Systèmes d échanges locaux en France. En savoir plus sur les monnaies complémentaires : En français : site consacré aux monnaies sociales animé par l Alliance 21 : The Transitionner, site (très fourni) de «Intelligence Collective dans l Economie», comporte de nombreux articles sur les monnaies sociales : le site de la banque Wir en Suisse : wir.ch/index.cfm En anglais Cédric Lefebvre Chargé de mission à l Apeas 1 Sur l exemple de Lignières en Berry : silence_lignieres-en-berry_10&12.htm Sur l exemple de Wörgl : com/fr/bibliographie/silence_worgl_8-9.htm Sur l exemple de Wir: generique/58/transf.html que faisons-nous avec notre argent? 19

20 par Jean Gadrey Redistribution publique, inégalités et pauvreté Le rôle de l État dans la réduction des inégalités est sans doute le sujet où la controverse est la plus vive et la plus ancienne entre les libéraux et leurs opposants lorsqu il est question de cohésion sociale. Pourtant, parmi les idées libérales, il en est peu qui soient aussi nettement contredites par les faits que celle qui préconise de réduire la voilure de l État pour favoriser la cohésion sociale. Parmi les méthodes d évaluation de l efficacité de la redistribution publique pour réduire les inégalités et la pauvreté, la plus simple consiste à se demander ce que seraient les inégalités et la pauvreté monétaires en l absence des «prestations sociales», et à comparer cette situation hypothétique à la situation réelle, avec prestations. Selon l Observatoire National de la Pauvreté, la proportion de ménages pauvres aurait été, en 2001, plus de deux fois supérieure sans les prestations sociales : 13,1 % contre 6,2 %. Selon la même source, les prestations ciblées ou minima sociaux (hors allocations chômage) représentent 40 % des revenus des 10 % de ménages les plus pauvres, ce chiffre passant à 52 % si l on tient compte des allocations familiales. Autant d indices convergents d une efficacité incontestable de ces dépenses pour réduire la pauvreté et donc les inégalités. On obtient un autre bon indice par le biais des comparaisons internationales, qui aboutissent à une «corrélation» forte : les pays dont les dépenses sociales sont les plus élevées (en proportion du PIB) sont systématiquement ceux dont les taux de pauvreté sont les plus bas. Mais les politiques publiques de réduction de la pauvreté et des inégalités sociales ne se limitent pas à l assistance aux pauvres et aux dépenses sociales. Bien d autres politiques économiques et sociales y contribuent. C est le cas des logements sociaux et d infrastructures et services publics accessibles à tous. C est aussi le cas des politiques d accès aux soins et à l éducation, à la justice, aux crèches, aux services pour les personnes âgées, etc. On peut donc se poser la question à un niveau très global : est-ce qu un niveau plus élevé d intervention publique, reflété par le fameux taux de prélèvements obligatoires, s accompagne ou non d inégalités plus faibles? Une comparaison internationale permet de répondre positivement, et la corrélation est forte : les pays les moins inégalitaires (les pays nordiques) sont systématiquement ceux qui ont les budgets publics les plus importants en proportion de la richesse nationale. Les constats qui précèdent ne signifient pas que l intervention publique a le pouvoir magique de produire de la cohésion sociale, ni que «toujours plus» équivaut à «toujours mieux». Il faut donc évaluer au cas par cas l efficacité sociale des dépenses publiques. Mais, dans un système où la concurrence est de plus en plus déséquilibrée en faveur des puissants, recréant spontanément de fortes inégalités, l État (et les partenariats qu il forme avec les associations) reste la principale institution capable de réduire l emprise de la «société de marché», d une part par la régulation et l affirmation de droits, d autre part par la redistribution et la présence de services publics vraiment universels. Jean Gadrey Economiste, Université de Lille 1 1 Voir par exemple UNICEF, Bilan Innocenti Guide pratique de l épargne et des finances solidaires en Paca

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