Le cloud computing à la française, une imposture?

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1 GNOSIE Le cloud computing à la française, une imposture? Sous la direction de Christian HARBULOT et Benoît FALLOT Auteur : Antoine LAURENT 21/05/2013 Avertissement et Copyright Ce document d analyse, d opinion, d'étude et/ou de recherche a été réalisé par un (ou des) membre(s) de l AEGE. Préalablement à leurs publications et/ou diffusions, elles ont été soumises au Conseil scientifique de l'association. L'analyse, l'opinion et/ou la recherche reposent sur l'utilisation de sources éthiquement fiables mais l'exhaustivité et l'exactitude ne peuvent être garantie. Sauf mention contraire, les projections ou autres informations ne sont valables qu'à la date de la publication du document, et sont dès lors sujettes à évolution ou amendement dans le temps. Le contenu de ces documents et/ou études n'a, en aucune manière, vocation à indiquer ou garantir des évolutions futures. Le contenu de cet article n engage la responsabilité que de ses auteurs, il ne reflète pas nécessairement les opinions du(des) employeur(s), la politique ou l opinion d un organisme quelconque, y compris celui de gouvernements, d administrations ou de ministères pouvant êtres concernés par ces informations. Et, les erreurs éventuelles relèvent de l entière responsabilité des seuls auteurs. Les droits patrimoniaux de ce document et/ou étude appartiennent à l'association, voire un organisme auquel les sources auraient pu être empruntées. Toute utilisation, diffusion, citation ou reproduction, en totalité ou en partie, de ce document et/ou étude ne peut se faire sans la permission expresse du(es) rédacteur(s) et du propriétaire des droits patrimoniaux.

2 SYNTHÈSE Le cloud computing peut être considéré comme une révolution numérique de par les perspectives de croissance annoncées (un marché en 2012 estimé à 65 milliard USD avec 15 à 20% de croissance par an jusqu en 2020) mais aussi par son appropriation massive dans les milieux privé, public et également chez les particuliers. Ce marché est largement dominé par les acteurs américains qui occupent plus de 60% de part de marché. Seulement, même sans mentionner le risque de renseignement économique permis par le Patriot Act, les acteurs français l utilisant sont dépendants de fournisseurs étrangers pour des données ou applications stockées dans le cloud. Le cloud computing représente une évolution des systèmes d information. Cette technologie est adaptée pour les grands groupes mais aussi pour les PME qui vont pouvoir s offrir une très forte puissance de calcul à moindres coûts. Il va permettre des gains majeurs en termes de flexibilités des Systèmes d Informations mais aussi permettre aux entreprises de se focaliser uniquement sur leur cœur de métier. Cependant, pour le moment, il existe encore des freins en termes de sécurité, de confidentialité, de réversibilité des données et de dépendances envers le fournisseur. Cette évolution se traduit par un nouveau modèle économique et une chaîne de valeur ultra spécialisée garantissant des compétences pointues et spécialisés. Le cloud computing va également faire évoluer le rôle traditionnel de la DSI et nécessitera d autres compétences pour appréhender le cloud dans l entreprise. Malgré tout, les standards de sécurité n étant pas encore clairement définis pour cette activité il est impératif de d établir la criticité des données et des applications stockées dans le nuage. Le cloud devrait s imposer comme nouvelle norme informatique à en croire les prévisions des différentes parties prenantes. Cela devrait se traduire, par de nouveaux emplois mais aussi une nouvelle dynamique industrielle à condition que les entreprises ou Etats ou l Europe se lancent dans la construction de leurs propres infrastructures. Un nouveau type de cloud a fait son apparition notamment en Europe, il s agit du cloud souverain, où les infrastructures permettant de le faire fonctionner sont la propriété de l Etat, non plus d une entreprise privé. Cela peut permettre, comme c est le cas au 1

3 Royaume Uni ou en Allemagne, de moderniser le service public tout en dynamisant le tissu industriel local apportant croissance et emploi en temps de crise. Ces infrastructures souveraines permettent l indépendance et la sécurité de données et applications stockées. Suivant une stratégie définie, ces clouds atteindront la taille critique nécessaire à la concurrence des fournisseurs déjà bien implantés sur le marché. En France, contrairement à ces voisins allemand et britannique, le développement du cloud souverain se fait sans aucune vision stratégique. La Caisse des Dépôts a investi dans deux entités clairement concurrentes dont la rentabilité sera par nature discutable. Cette absence de stratégie ne permettra pas à l Etat de moderniser ses infrastructures, passant à côté d économies estimées à 5 milliards USD par nos voisins anglais. Enfin, ce manque de stratégie, en plus de ne pas dynamiser le tissu économique local, met les deux entreprises issues du cloud souverains à la merci d une OPA. De nombreux organismes européens et internationaux travaillent à la standardisation du cloud computing (réversibilité, sécurité, interopérabilité des données mais aussi les appellations). Sur un marché où les prévisions atteignent plusieurs centaines de milliards USD dans les années à venir, remporter la bataille des normes permettra de changer la donne ou de protéger son marché intérieur (Europe, France) des concurrents étrangers déjà bien développés et implantés. Cette étude conduit à 10 recommandations stratégiques pour l Etat français: - Etablir un plan stratégique du cloud en France ; - Mutualiser les forces des 2 fournisseurs de cloud français ; - Cartographier les groupes de travail sur les normes et participer à ces groupes de travail ; - Accélérer le déploiement des produits et services du cloud souverain ; - Effectuer une veille permanente pour repérer des startups ou entreprises permettant au cloud français de se différencier ; - Développer une communication plus agressive sur le risque de fuite de données ; - L Etat se doit de développer des golden share concernant ces 2 entreprises ; - Développer l emploi et la formation dans ce domaine ; - Partir à la conquête des marchés. 2

4 SOMMAIRE Synthèse... 1 Sommaire... 3 I) Introduction... 5 II) Qu est-ce que le cloud?... 7 La France, 10 ans de retard sur Amazon... 7 Définition... 8 Différents types de cloud... 9 Quels intérêts, quels freins? III) Une modification des compétences nécessaire à l adaptation au cloud computing 19 Analyse de la chaîne de valeur du cloud computing Les effets pour l entreprise Des pistes de reflexion pour l externalisation des systèmes d Information dans le cloud IV) Le cloud computing, un marché en pleine explosion Le marché du cloud computing dans le monde Le marché du cloud computing en Europe Le marché du cloud computing en France V) Les clouds souverains, une nouvelle dynamique pour de nouveaux enjeux Le cloud de sa majesté : G-cloud la deutsch qualität dans le nuage : Trusted Cloud Un projet en devenir : Eurocloud VI) Les forces et faiblesses du cloud computing à la française Historique d un départ lent et difficile Les frères jumeaux du cloud à la française : Numergy et Cloudwatt Déjà des revers et une erreur de positionnement Le gaspillage de deniers publics et la manque de vision stratégique

5 Etude de cas : Des données confidentielles dans le nuage Ou dans le brouillard VII) La standardisation et l interopérabilité du cloud L interopérabilité du cloud Les organes de standardisation du cloud VIII) Recommandations Recommandation 1 : éditer un plan stratégique au niveau etatique et y intégrer le cloud comme vecteur d economie et d efficacite pour le service public et le domaine privé Recommandation 2 : mutualiser les forces des 2 fournisseurs de cloud souverain pour attaquer un marché européen déjà marqué par la concurrence américaine : Recommandation 3 : diligenter une étude pour cartographier l ensemble des acteurs nationaux, européens et étrangers oeuvrants pour la standardisation du cloud pour evaluer les priorités Recommandation 4 : participer aux différents groupes de travail européens identifiés pour remporter les appels d offre et éditer les normes d interopérabilité, de sécurité, et de reversibilité Recommandation 5 : accélérer le déploiement des produits cloud souverain Recommandation 6 : éffectuer une veille permanente sur le marché du cloud dans le but de repérer des startups ou entreprises développant un produit innovant et différenciant par rapport aux offres existantes Recommandation 7 : axer sur une communication plus agressive concernant les données stockées à l étranger Recommandation 8 : l Etat, par sa présence dans le capital de ce consortium se doit de développer une Golden Share de manière à ce que le cloud souverain ne puisse subir d OPA tandis que leurs serveurs contiennent des données stratégiques française Recommandation 9 : developper la formation des ingénieurs et commerciaux pour le cloud afin de pouvoir au mieux appréhender le futur marché de l emploi Recommandation 10 : partir à la conquête de marchés internationaux Liste des annexes

6 I) INTRODUCTION Le cloud, un sujet pour informaticiens et geeks? Oui mais pas seulement. Ce marché qui représente 62 milliards EUR en 2013 est promis à une croissance de 15 à 20% par an jusqu en Le cloud computing mérite que politiques, industriels et responsables R&D s y intéressent. Loin des déclarations d intention sur l emploi et la compétitivité, cette étude, au travers de ses recommandations, vise à proposer à la France et à son industrie 10 recommandations qui pourraient leur permettre de se positionner parmi les leaders mondiaux sur ce secteur. L évolution de la technologie permise par le cloud s accompagne d une mutation des usages au niveau de la société. En effet, nos Smartphones (1 milliard d utilisateurs en 2012, 3 milliards prévu en ) constamment connectés nous permettent d avoir accès, à distance, à une puissance de calcul permettant de faire fonctionner nos applications sans forcément passer par le processeur de ces machines. Dans les entreprises, le stockage de données mais aussi les univers applicatifs ne se font plus uniquement sur le hardware. Le cloud computing est la clé permettant toutes ces évolutions. Le cloud computing ou informatique nuagique, est décrit comme la nouvelle révolution du numérique. Il peut être considéré comme la deuxième tertiarisation de l économie, il s agit du service poussé à l extrême. A l heure où la plupart des internautes l utilisent sans s en rendre compte via, par exemple, leurs applications Gmail, des jeux en ligne ou encore par la synchronisation de leurs fichiers au travers des différents machines qu ils utilisent, le cloud est un enjeu stratégique. Aujourd hui, le marché est dominé par des entreprises américaines (Microsoft, Amazon ou encore Google pour ne citer que les plus importants) et commence à se structurer. Toutes ces entreprises sont soumises au Patriot Act, mais aussi aux lois FISAA qui autorisent la NSA à lire les données stockées sur ces serveurs ce qui pose des 1 Delphine Cuny, «Smartphones : déjà un milliard d utilisateurs dans le monde», latribune.fr, le 17 septembre 2010, consulté le 26 avril

7 problèmes de confidentialité des données et revisite le concept de frontières numériques ou de réversibilité et d interopérabilité entre ces différents systèmes. L Etat et les industriels français ont attendus 2012 pour se lancer officiellement sur ce marché. Les clouds souverains Numergy et Cloudwatt, financés à hauteur de 75 millions EUR chacun par la caisse des dépôts et consignation se posent en alternative aux géants américains. Ces deux entreprises créées en septembre 2012 souhaitent attirer les investisseurs étrangers en garantissant la confidentialité des données hébergées, la maîtrise de l infrastructure mais aussi l indépendance des informations stockées dans le cloud. Que ces données soient issues du secteur public (santé, administration), ou du privé, l Etat ou leurs propriétaires doivent savoir ne pas dépendre d un prestataire externe. Le marché mondial du cloud computing, est estimé en 2012 à environ 62 milliards de dollars, avec des perspectives de croissance de 16 à 17%, et des perspectives de création entre 1 et 3 millions d emplois 2 dans l Union Européenne. Est-ce que le cloud computing français peut être considéré comme une piste de sortie de crise pour la France? Quelle est la place du cloud Français dans ce marché international? Est-ce que l investissement étatique est à la hauteur de l enjeu? Est-ce que ces projets vont être capables de devenir rentable et vecteur de croissance rapidement? 2 Neelies Kroes, «Libérer tout le potentiel de l informatique en nuage en Europe qu en est-il en pratique?», consulté le 12 février

8 II) QU EST-CE QUE LE CLOUD? LA FRANCE, 10 ANS DE RETARD SUR AMAZON Prenons l exemple de l un des leaders du secteur, Amazon, qui a été confronté à cette problématique. Lorsque le site de vente en ligne a été lancé, en 1995, le site réalisait la plus grosse partie de son chiffre d affaire aux alentours de Thanksgiving. Cependant, les infrastructures dont disposait le site à l époque étaient très largement insuffisantes pour répondre à ce pic d utilisation, privant Amazon d une manne financière importante. Afin de profiter pleinement de la demande des consommateurs à cette période, Amazon a massivement investi dans son infrastructure, faisant monter en puissance son site pendant les périodes de rush. Cette infrastructure, qui est en excédent sur les autres périodes de l année, est louée à des entreprises clientes qui en ont besoin pour combler leurs besoins ponctuels. Ainsi est né en 2002, Amazon Web Services 3, précurseur du cloud tel qu on le connait aujourd hui. La définition du modèle économique du Cloud Computing date de 2001 avec l émergence du concept d «e-business on demand» : «la mobilisation des ressources informatiques en fonction de l intensité de l activité de l entreprise cliente. La facturation se fait alors en fonction de la consommation exacte, comme pour de l électricité 4» 3 Salesforce.com, «Cloud Computing Toute l histoire du cloud computing» 4 Louis Gerstner, ancien parton d IBM, vu sur l article d Erick Hess : «Comment le «cloud» bouleverse l informatique», business.lesechos.fr, le 9 avril 2013, consulté le 20 avril

9 DÉFINITION Il existe pléthore de définitions du cloud, celle retenu pour l ensemble de ce document sera celle d afsconsulting.fr 5. Elle servira de base explicative à toute la première partie. «L informatique dans le nuage ou dématérialisée est un concept qui fait référence à l utilisation de la mémoire et des capacités de calcul des ordinateurs et des serveurs répartis dans le monde liés par un réseau, internet. Les utilisateurs ne sont plus propriétaires de leurs serveurs informatiques mais peuvent ainsi accéder de manière évolutive à de nombreux services en ligne sans avoir à gérer l infrastructure sous-jacente, souvent complexe. Les applications et les données ne se trouvent plus sur l ordinateur local, mais dans un nuage composé d un certain nombre de serveurs distants interconnectés. L accès au service se fait par une application standard». L utilisation de la mémoire et des capacités de calcul des ordinateurs et des serveurs répartis dans le monde : Par le développement du haut débit, il est possible mutualiser la puissance de machines réparties dans le monde. Cette puissance de calcul mutualisée, accessible via un service de cloud permet à l utilisateur de sous-traiter des tâches, nécessitant un matériel onéreux, depuis son poste de travail. Les utilisateurs ne sont plus propriétaires de leurs serveurs informatiques mais peuvent ainsi y accéder de manière évolutive : Le cloud computing vient bouleverser les métiers de l informatique. Auparavant, pour équiper son entreprise, il fallait développer sa propre infrastructure réseau au sein des serveurs d entreprises. Les coûts fixes étaient donc élevés. Cette technologie, très couteuse, n était pas à la portée des PME. En plus de leurs coûts, les infrastructures étaient rigides en termes d usage et elles n étaient pas capables de s adapter de manière dynamique aux besoins de l entreprise. Aujourd hui, le cloud a l avantage d être très flexible, les coûts de location se font à la volée. Il est également très souple dans l usage, une montée en puissance peut se faire sans délai. 5 AFS consulting est le spécialiste du financement d actifs technologiques en mode indirect. Afsconsulting.fr 8

10 Sans avoir à gérer l infrastructure sous-jacente : Dans l entreprise ayant déployé sa propre infrastructure, une partie des équipes d informaticiens devaient s occuper de l entretien et de la mise à jour de ces services était nécessaire. Ils ne produisent pas directement de valeur pour l entreprise. Lorsqu une entreprise passe par un prestataire de cloud, entretenir l infrastructure n est plus du ressort de l entreprise mais celui du prestataire. L entreprise sous-traitant son infrastructure peut donc affecter d autres ressources au développement de sa propre activité. DIFFÉRENTS TYPES DE CLOUD i. IL EXISTE PLUSIEURS TYPES DE CLOUD : Le cloud public : Il s agit d un cloud externe à l entreprise, il est géré par un opérateur externe qui est propriétaire des infrastructures. Il s agit de l offre classique de cloud. On parle de cloud souverain lorsque l Etat est propriétaire de ces infrastructures. Cloud privé: Il s agit d un cloud dont l usage est réservé à une seule entreprise quelle que-soit sa situation géographique. Le cloud privé peut être externe c est-à-dire que l entreprise fera appel à un prestataire de service pour le mettre en place. Ou alors, ce cloud peut être interne, c est-à-dire que les DSI de l entreprise sont propriétaires de l infrastructure. Le cloud hybride : Il s agit d une infrastructure de type cloud privé avec un recours à un service de type cloud public pour répondre à des besoins ponctuels de ressources supplémentaires ou à des besoins spécifiques. 9

11 Il existe une typologie plus précise 6 : Typologie des clouds Source : CIGREF 2013 Cloud interne à usage privé (1) : Il s agit pour une entreprise de développer son propre cloud lorsque celle-ci en a les moyens, cette typologie est à rapprocher du cloud privé. Cloud géré en externe à usage privé (2) : Il s agit de solutions hébergées sur l infrastructure privée du fournisseur de service qui peuvent être partagées entre plusieurs entreprises clientes, dans la limite des capacités du fournisseur. On peut également citer l exemple d Amadeus 7 qui mutualise entre plusieurs entreprises son cloud, on parle alors de cloud mutualisé. 6 Opt. Cit. 7 Amadeus est le fournisseur leader mondial des solutions technologiques de gestion pour la distribution et la vente de services de voyages 10

12 Cloud géré en interne à usage ouvert (3) : Il s agira d entreprises offrant des services en interne à l entreprise et en externe à ses clients. Il s agira des mêmes contraintes que le cas précédant mais de manière inversées. Cloud géré en externe et à usage ouvert (4) : Il s agit des services gratuits ou payants de stockage et d applications Web à destination du grand public. Les données sont gérées par le fournisseur de cloud sans visibilité pour le client sur les conservations de celle-ci. Il est donc d autant plus difficile de savoir où se situent les données qui sont stockées dans différents Datacenter partout dans le monde. ii. LES 3 MODÈLES DE SERVICES DU CLOUD Les 3 modèles de services de cloud et leur visibilité pour l utilisateur final Utilisateurs finaux Développeurs d applications Architectes réseaux Source : IaaS (Infrastructure as a Service) : Il s agit de fournir aux développeurs les briques essentielles à la base de la construction d applications web, c est-à-dire l infrastructure (bande passante, disque dur, RAM, serveurs ). Ces infrastructures permettent aux développeurs de configurer le hardware et d en bénéficier de manière flexible 8. Dans le cadre d une entreprise, elle dispose d une infrastructure informatique hébergée chez le fournisseur. 8 Clément Vouillon, «IaaS PaaS, SaaS : définition des 3 modèles de service du cloud», mag.welovesaas.com, Le 20 février 2012, consulté le 12 mars

13 Cela permet : - A l entreprise : de maintenir ses applications, ses bases de données et ses logiciels serveurs - Au fournisseur de cloud de maintenir l infrastructure 9 PaaS (Platform as a Service): Il s agit de plateforme construites sur les IaaS et qui y ajoutent une couche de service qui facilité le déploiement et l exécution des applications dans le cloud 10. L entreprise dispose d un environnement dans lequel sa plateforme d exécution de ses applications est totalement externalisée 11 SaaS (Software as a Service): Il s agit des logiciels qui se trouvent dans le cloud construits sur les infrastructures cloud IaaS et PaaS. Le SaaS est la couche qui a été dessinée pour l utilisateur final. Le fait que les applications soient développées dans le nuage a plusieurs impacts : - La manière de consommer le logiciel est différente : avant l utilisateur achetait un logiciel à un certains prix qui lui en conférait un usage illimité ne payant que les mises à jour. Dans une logique SaaS, l utilisateur paye un abonnement pour avoir accès à un service qui sera mis à jour de manière invisible ; - L accès à ces logiciels est différent : dans la logique du logiciel, l utilisateur n y avait accès qu à partir des postes sur lesquels il l avait installé. Le SaaS va lui permettre d avoir accès à son service de n importe où, quel que soit le type de machine (ordinateur, tablette, téléphone) car ce n est pas la machine qui travaille pour faire tourner le logiciel mais bien l infrastructure qui est déployée dans le cloud. 9 Cigref, IFACI (Institut Français de l Audit et du Contrôle interne), AFAI (pour des systèmes d information de confiance et créateur de valeur), «guide pratique, Cloud Computing et protection des données», eurocloud.fr, mars 2013, consulté le 1 er avril Opt. Cit. 11 Cigref, IFACI (Institut Français de l Audit et du Contrôle interne), AFAI (pour des systèmes d information de confiance et créateur de valeur), «guide pratique, Cloud Computing et protection des données», eurocloud.fr, mars 2013, consulté le 1 er avril

14 Définition et contour du cloud computing Pour l entreprise, le SaaS lui permet d utiliser des ressources informatiques totalement externalisée 12. Pour résumer, les avantages d un logiciel en SaaS pour l utilisateur : - Aucune gestion de mise à jour de son logiciel ; - Une flexibilité accrue dans les coûts ; - Accès aux applications de n importe où à partir d une multiplicité de plateforme. Pour le développeur : - Un raccourcissement de ses cycles de développement, les nouvelles fonctionnalités sont mises en place plus rapidement ; - Un paiement mensuel ; - Des statistiques d utilisation lui permettant de d optimiser la solution par rapport à l utilisateur final. 12 Opt.cit. 13

15 QUELS INTÉRÊTS, QUELS FREINS? i. AVANTAGES DE CETTE TECHNOLOGIE Le Cloud computing est un virage dans la gestion des informations des entreprises. Désormais, elles vont pouvoir se focaliser sur leur cœur de métier. Le cloud fonctionnant sur un service de facturation à la demande/abonnement, les entreprises auront plus de visibilité sur leurs dépenses à moyen terme, les mises à jour étant incluses dans le prix de l abonnement. Dans le contexte économique actuel, 88% des entreprises estiment que cet environnement va favoriser l éclosion du cloud et 80% voient l introduction du cloud comme une innovation 13. La souplesse est également le maître mot du cloud computing. En cas d usage intense ponctuel, le Cloud permet de résoudre cette problématique sans nécessité d investir massivement dans des infrastructures que l entreprise aurait du mal à rentabiliser. Il va donc être possible pour les PME d acquérir une puissance de calcul digne d un grand groupe. Elles vont donc pouvoir concurrencer des entreprises plus importantes en supprimant les obstacles que sont les technologies et les outils de serveurs 14. Les PME sont les premières à adopter le cloud. Ainsi, étant donné que 95 % des entreprises européennes sont des PME, l'europe est très bien placée pour occuper la tête du classement en terme de nombres d'utilisateurs du cloud. Microsoft 13 Cap Gemini, CA Technologies, Forrester, Gartner, Information service group, Markeness, Syntec Numérique. 14 Étude Vanson Bourne ; étude AMI Partners Worldwide SMB Cloud Service ; étude 2011 ETRO 14

16 Le cloud computing permettrait aussi des économies d énergie équivalentes à 830 millions EUR d ici à 2020 ou une réduction des émissions carbones équivalentes à voitures 15. ii. LES FREINS AU DÉVELOPPEMENT DU CLOUD D après une étude ZDnet, aujourd hui, seules 56% des entreprises font confiance au cloud pour la sécurité de leurs données. Pour 41% elles craignent les failles de sécurité et 35% des enjeux de souveraineté 16. Les principaux freins au Cloud Source : zdnet.fr La principale crainte des DSI pour le passage au cloud reste la sécurité et la confidentialité des informations. En effet, très peu d études sur la fiabilité du cloud sont disponibles, qui plus est, lorsqu un fournisseur de cloud subit une attaque massive il n a pas vocation à en faire la publicité. On peut également observer dans les Conditions Générales d utilisation de CloudWatt la condition suivante : «Toute correspondance ou matériel que vous envoyez sur Internet à Cloudwatt est et sera considéré comme non 15 Plerudulier, «les vertus environnementales du cloud computing : moins d énergie et de CO2», Thingsigrab.wordpress.com, le 7 novembre 2011 consulté le 5 avril Capgemini, CA Technologies, Forrester, Gartner, Information service group, Markeness, Syntec Numérique. 15

17 confidentiel et non déposé 17». La confidentialité des données ne voulant pas être assumée par les fournisseurs de cloud, le CIGREF dans son étude «cloud computing et protection des données» recommande de revoir la politique de gouvernance de la protection des données de l entreprise et de choisir tel ou tel type de cloud en fonction de la sensibilité des données, mais aussi de la dépendance que peut avoir l entreprise vis-à-vis de ses données ou applications. Un des autres risques majeurs est la perte de contrôle sur les données confiées à un tiers. En effet, quelle est la garantie d accès à ces données lorsque l infrastructure du fournisseur de cloud tombe en panne? Pour les logiciels fonctionnant en SaaS sur des infrastructures, il est en effet difficile de parer un tel problème. En effet, le programme est développé sur une seule plateforme ce qui ne permet pas d outrepasser ce genre de panne. L interopérabilité des langages de programmation n étant pas encore optimale, il est difficile et coûteux de développer sur 2 interfaces différentes. Le rapport taux de fiabilité des services offerts par le cloud mis en relation avec celui du pourcentage de chance d inaccessibilité au système fait qu il n est pas rentable de développer un logiciel en SaaS sur deux plateformes différentes. En ce qui concerne le stockage de données pures, en général, des réplications automatiques sur plusieurs serveurs sont faites pour éviter ce genre de désagréments. Le cloud met ainsi en évidence un phénomène de dépendance vis à vis de son fournisseur. La dépendance vis-à-vis du fournisseur semble être le 3ème plus gros problème. En effet, utiliser le cloud revient à confier ses données à un prestataire externe. Qui plus est, le paiement d un abonnement à ce fournisseur permet d avoir un service, mais une fois que l on cesse de payer l abonnement, on ne profite plus d aucun service. Tandis qu en amortissant un investissement d infrastructure, une fois les créances remboursées, le matériel est la possession de l entreprise. La dépendance est belle et bien là. La problématique reste la même si le fournisseur ne veut plus héberger les données. L exemple du streaming légal de musique s inscrit parfaitement dans ces problématiques, 17 Conditions Générales d utilisation Cloudwatt, consulté le 23 février

18 si l abonnement est suspendu, aucun morceau loué n est physiquement sur la machine, si le fournisseur disparaît l accès aux playlists n est plus possible. A la différence d un CD où, pour un même budget mensuel, si l on arrête d acheter de la musique, on possède toujours ses anciens albums. Enfin, la problématique liée à la géocalisation des données est également très importante. Le stockage de données sur internet est international, le concept de frontière tel que nous le connaissons ne s applique pas aux données dans le cloud. Il est également difficile de savoir où sont stockées les données dans le cloud. Ceci est d autant plus problématique qu aux Etats-Unis la législation autorise le gouvernement à prendre connaissance du contenu des données hébergées sur les serveurs de son pays ou encore de ses entreprises. Le Patriot Act oblige les entreprises et leurs filiales situées hors des Etats-Unis à remonter des données vers leurs autorités 18. Coût et bénéfices du cloud computing côté client. Source : Cloud Computing nouveaux modèles, Syntec numérique. 18 Guillaume Pierre, «cloud et sécurité : le point sur 7 questions qui fâchent», business.lesechos.fr, le 9 avril 2013, consulté le 20 avril

19 SYNTHESE : Le cloud en 2013 Des technologies matures et adaptées aux besoins clients, publics ou privés, PME ou multinationales ; Des gains majeurs en termes de coût, de flexibilité, de concentration sur le cœur d activité ; Malgré des freins en termes de sécurité, de confidentialité et de réversibilité des données, de dépendances envers le fournisseur ; Un marché de 62 milliards EUR aujourd hui avec des perspectives de croissance entre 15 et 20% par an jusqu en

20 III) UNE MODIFICATION DES COMPÉTENCES NÉCESSAIRE À L ADAPTATION AU CLOUD COMPUTING ANALYSE DE LA CHAÎNE DE VALEUR DU CLOUD COMPUTING Le cloud computing va permettre une focalisation des entreprises l utilisant sur leur cœur d activité en confiant la gestion et l entretien de son SI à un prestataire. La chaîne de valeur du cloud computing est composée d une multiplicité d acteurs, tous ayant leur domaine d activité. Voici un exemple de chaîne de valeur concernant les différentes strates de spécialisation pour une infrastructure à la demande (IaaS) : - Des prestataires vont fournir des bâtiments réfrigérés à d autres entreprises. Ces prestataires sont spécialisés dans la construction de salles permettant le stockage des serveurs. Ces salles spécifiques sont appelés data center 19 On peut citer Interxion ; - D autres services sont également primordiaux pour équiper ces bâtiments en réseaux internet, et disponibilité de la bande passante ; - D autres entreprises vont louer cette surface pour y implanter des serveurs. Il s agit du hardware composant le cloud comme par exemple Atos ; - D autres entreprises vont louer ces serveurs pour les virtualiser. Cela consiste à faire fonctionner sur un seul serveur ou ordinateur physique différents systèmes d exploitation comme s ils fonctionnaient sur des ordinateurs distincts. Le cas, par exemple, de VMware ; - Enfin, d autres entreprises encore vont louer ces serveurs virtualisés à des clients. Il peut s agir ici de fournisseurs d IaaS comme Cloudwatt ou Numergy. 19 Data Center : Salle informatique répondant à des normes strictes d'équipement (baie, électricité, climatisation, équipement réseau) permettant d'héberger des serveurs de données ou des équipements télécoms. Source: 19

21 En ce qui concerne le PaaS et le SaaS : - Des acteurs spécialisés, comme Clever Cloud développeront donc une plateforme permettant l accueil d applications en SaaS avant de louer leur plateforme à des développeurs d applications. Cette application pourra ensuite être revendue à des clients finaux intéressés par l application développée. Un exemple d application développée dans le cloud : doctrackr. Cette spécification permet à tous les acteurs d obtenir une taille critique sur leur segment de marché. Cette taille critique permet la mise en application des économies d échelle. Les économies d échelle dans le domaine du cloud computing s effectuent notamment sur la puissance de calcul. Le coût d une unité marginale de puissance ou de stockage décroît de manière exponentielle plus le volume initial acheté est important. Cette économie d échelle est complétée par la loi de Moore : «le nombre de transistors incorporés dans un processeur va doubler tous les 24 mois environ 20.» «L idée est qu à capacité de traitement constant, la quantité d énergie requise va être divisée par deux tous les ans et demi 21». Voici un autre exemple de décomposition de la chaîne de valeur chez Ecritel 22 : Le cloud IaaS d Ecritel 20 Gordon Moore, co-fondateur d Intel, Jonathan Koomey, Stanford University, Spécialiste de l'infogérance/hébergement de serveurs (dédiés, web, e-commerce). Solutions cloud computing IAAS 20

22 LES EFFETS POUR L ENTREPRISE Que l entreprise choisisse un cloud privé ou un cloud public, les effets sont globalement les mêmes : Schéma représentant une entreprise n ayant pas fait appel au cloud Source : système-information.fr Sur ce schéma, nous voyons que l entreprise a élaboré sa propre infrastructure informatique. Cette infrastructure, dans la plupart des cas, ne représente pas son cœur de métier. Pour se faire, elle a dû employer du personnel informatique qualifié pour déployer ce système mais aussi pour le maintenir en Etat de fonctionnement. Lors d une croissance des services de l entreprise, l acquisition d une puissance de calcul supplémentaire risque de coûter cher et surtout de mettre un certain temps à être disponible. Cette infrastructure internalisée risque de poser problème à l entreprise dont ce n est pas le cœur de métier dans le cas d une mise à jour logiciel à faire sur les serveurs. En conclusion l infrastructure internalisée est un investissement important pour entreprise à la fois en termes de hardware mais aussi en termes de savoir-faire humain. Ces capitaux ne sont, pour la plupart, pas mobilisés pour la création de valeur économique de 21

23 l entreprise, autrement dit, son cœur de métier. Ces coûts sont d ailleurs hors de portée des PME. Schéma représentant une entreprise ayant fait appel au cloud. Source : système-information.fr Dans le schéma ci-dessus, l entreprise ayant fait le choix du cloud permet de réduire les budgets alloués aux systèmes d information par la réduction du personnel s attelant à son fonctionnement et l amortissement du matériel. L entreprise, par les avantages du cloud va bénéficier d une plus grande souplesse en terme de puissance de calcul et/ou de stockage permis par les différentes offres de cloud. On constate que la DSI peut être remplacée par des consultants ou prestataires capables d exprimer les besoins de l entreprise en termes technique chez un fournisseur de cloud. En conclusion le cloud computing va permettre à une entreprise, une allocation optimale de ses ressources sur son cœur de métier. Cependant, la question de la migration dans le cloud doit aussi prendre en considération les problématiques de criticité des applications ou des données. 22

24 DES PISTES DE REFLEXION POUR L EXTERNALISATION DES SYSTÈMES D INFORMATION DANS LE CLOUD Si le cloud computing permet de faciliter l administration de son système d information, il est important de définir une stratégie de déploiement. Définition de la stratégie de déploiement Source : Cloud Computing nouveaux modèles, Syntec numérique. Degré de spécificité et de criticité faible + flexibilité élevée : les applications sont plutôt de bonnes candidates pour le Cloud public. Dans certains cas, certaines applications de «Software à la demande (SaaS)» peuvent être très stratégiques ou critiques (par exemple : la messagerie). 23

25 Degré de spécificité et de criticité faible + flexibilité faible : les applications sont généralement de bonnes candidates pour la virtualisation. C est d ailleurs ce qui a fait le succès initial de la virtualisation des applications d infrastructure. Degré de spécificité et de criticité élevé + flexibilité élevée : contexte favorable au Cloud privé pour la conservation en interne et bénéficier de tous les avantages du Cloud. Degré de spécificité et de criticité élevé + flexibilité faible : il s agit de déterminer s il faut conserver la situation telle qu elle (en silo?) ou passer à la virtualisation, mais le Cloud n apparaît pas nécessaire sans la contrainte de flexibilité 23. Différents documents disponibles en ligne mettent l accent sur la typologie des données ou des applications à confier à un prestataire de cloud. Avoir recours à une structure de cloud computing externalisée étant synonyme de création de dépendance envers un de ces fournisseur, il est important de ne pas confier d applications ou données clé pouvant bloquer l entreprise si le fournisseur est défaillant. Egalement, la sécurité du cloud n étant encore pas clairement définie, il est déconseillé de confier à ce prestataire des données trop sensibles. Pour le moment les prestataires de cloud se basent sur les bonnes pratiques de la sécurité informatique traditionnelles, la norme ISO qui n est, par définition, pas idéalement applicable dans un environnement cloud. 23 Syntec, «Cloud computing nouveaux modèles», mars Guillaume Pierre, «Cloud et sécurité : les point sur 7 questions qui fâchent», business.lesechos.fr, le 9 avril 2013, consulté le 20 avril

26 SYNTHESE : La modification des compétences induite par le cloud Le cloud tend à s imposer comme nouveau modèle économique. Pour l instant un peu jeune mais somme toute très prometteuse : La chaîne de valeur du cloud se caractérise par des acteurs ultra spécialisés garantissant des compétences pointues sur leur cœur de métier ; Des économies pour les entreprises migrant dans le cloud permettant un recentrage sur leur cœur d activité primaire ; Cependant, des standards sécuritaires pas encore adaptés à cette nouvelle évolution, une nécessaire prise en compte de la criticité des applications et documents à faire migrer dans le cloud est nécessaire Le cloud va faire également évoluer le rôle traditionnel de la DSI et nécessitera d autres compétences pour appréhender le cloud dans l entreprise. 25

27 IV) LE CLOUD COMPUTING, UN MARCHÉ EN PLEINE EXPLOSION Sans être un raz de marée, le cloud accélère son adoption depuis ces 4 ou 5 dernières années. Selon Gartner 25, 43% des DSI s attendent à ce que, dès 2015, plus de la moitié des transactions passent par le cloud, 74% en Le marché global devrait atteindre 165 milliards EUR en En dehors des chiffres, le cloud computing bouleverse la structure du marché qui se bornait à vendre des licences. Désormais, le paiement est mensualisé et les acteurs traditionnels du logiciels doivent d adapter, sinon le cloud verra le marché se concentrer sans eux. «Peu importe les estimations utilisées, il est clair que le cloud computing est la prochaine grande révolution des technologies» Wall Street journal Entreprise américaine de conseil et de recherche dans le domaine des techniques avancées 26 Erick Hess : «Comment le «cloud bouleverse l informatique», business.lesechos.fr, le 9 avril 2013, consulté le 20 avril

28 LE MARCHÉ DU CLOUD COMPUTING DANS LE MONDE Le cloud computing est bien plus qu une mode. Aujourd hui, il s agit d un véritable tournant dans les stratégies d entreprise. Jusqu en 2014, les prévisions de croissance du cloud sont 4 fois supérieures à celles du logiciel sous licence 27. Selon le cabinet Gartner, les services cloud vont croître au rythme de 16,6% par an. Le marché global est estimé par cap Gemini à 241 milliards USD en suivante 28 : Selon Gartner, la croissance du cloud par secteur serait répartie de la manière La répartition du chiffre d affaire sur 5 ans en fonction des types de cloud 1 : Le Saas génère à lui seul plus de 80% des revenus du cloud dans le monde aujourd hui 29. Selon IDC le chiffre d affaire du cloud computing dans le monde en 2009 était de 17,4 milliards USD et de 40,7 milliards USD en En 2016, il est estimé que 36% des contenus numériques existant dans le monde seront stockés dans le cloud (7% en ). 27 Cegi.fr, «Le cloud computing, le marché et les acteurs», 28 Opt. Cit. 29 Opt. Cit. 30 Capgemini, CA Technologies, Forrester, Gartner, Information service group, Markeness, Syntec Numérique. 27

29 Le marché du cloud est réparti de la manière suivante dans le monde (%): LE MARCHÉ DU CLOUD COMPUTING EN EUROPE Au niveau européen, Neelie Kroes (commissaire Agenda numérique) précise que le cloud pourrait, en Europe, générer à terme 160 milliard EUR de chiffre d affaire et 2,5 millions d emplois supplémentaires 31 directs et indirects (entre 3,8 millions et 1,3 millions, dépendant de l atteinte des objectifs politique 32 ). Un chiffre d affaire qui pourrait atteindre 80 milliard d euros d ici à 2020 en Europe (pour une croissance presque 2 fois plus élevée que celle du secteur 33 ) en cas d intervention politique réussie. Aujourd hui 73% des entreprises européennes ont défini une stratégie d adoption du cloud alors qu elles sont 93% en Amérique du Nord. Désormais, ce n est plus seulement la DSI qui décide de cette migration, la décision est prise de concert avec la direction 31 Manon Malhère, Europolitique société de l information, «Agenda numérique : une stratégie pour promouvoir les services de «cloud computing», 9 octobre 2012, vu sur Lexis Nexis le 13 Février Neelies Kroes, «Libérer tout le potentiel de l informatique en nuage en Europe qu en est-il en pratique?», consulté le 12 février Neelies Kroes, «Libérer tout le potentiel de l informatique en nuage en Europe qu en est-il en pratique?», consulté le 12 février

30 opérationnelle. Leur poids dans les décisions est respectivement, en Europe, de 46% pour les DSI, 45% pour la direction opérationnelle et 9% pour des parties tierces 34. La fourchette de chiffre est tout de même assez large. Selon Eric Pigal, membre du Conseil Economique et Social Européen (European Economic and Social Committee), s interroge sur le bienfondé de ces chiffres : La Commission s appuie sur les perspectives d un cabinet d analyse pour annoncer que le CC [Cloud Computing] devrait conduire à la création de 2,5 millions d emplois. Le Comité s interroge pour savoir si ces chiffres ne sont pas inatteignables et déconnectés de la réalité du terrain informatique Capgemini, CA Technologies, Forrester, Gartner, Information service group, Markeness, Syntec Numérique. 35 Comité économique et social Européen, TEN/494, «Vers une stratégie informatique européenne en nuage», le 16 janvier 2013, consulté le 14 avril

31 L étude a été commandée à un cabinet la commission européenne, qui manque clairement d ambition concernant le cloud computing : Source: Journal Officiel de L Union Européenne, 2013/C 76/11, Avis du Comité économique et social européen sur la «Communication de la Commission au Parlement européen, au Conseil, au Comité économique et social européen et au Comité des régions Exploiter le potentiel de l'informatique en nuage en Europe», rapporteur : M. Pigal 36 En effet, la commission européenne applique selon Eric Pigal une stratégie top-down dans son approche du cloud. Elle se focalise sur les usages avant de se focaliser sur la partie production. La partie production englobe l industrie du cloud computing, c est-àdire, les data center, et la mise en place de l infrastructure : la partie créatrice d emplois. La production est dans ce cadre primordiale car elle permet de savoir où sont stockées les données et donc de récupérer une souveraineté et une indépendance sur leur usage. L approche bottom-up choisie par les américains s est révélée payante, il serait utile d analyser cette démarche et pourquoi pas, l adapter au modèle européen afin de maximiser la création d emploi, de chiffre d affaire et de garantir la sécurité des données stockées sur ce cloud. 36 Membre de l EESC (European Economic and Social Committee), Vice président EuroCloud Pologne 30

32 Pour le moment et à peu de choses près, tout ce que mettent en ligne les entreprises l est sur des infrastructures qu elles ne maîtrisent pas. Que se passerait-il si dans les prochaines années, un différent géoéconomique entre les USA et l Union Européenne apparaissait? Quelles seraient les conséquences pour ces données 37? Ces interrogations constituent une des failles non résolues du cloud. LE MARCHÉ DU CLOUD COMPUTING EN FRANCE En France, le marché du cloud computing représentait fin 2012, 2,8 milliards EUR et devrait afficher une croissance de 35%. Selon IDC, la croissance est estimée à 26% par an en France à l horizon 2013 contre 4% pour les offres IT traditionnelles. En 2012, 27% des contrats d externalisation informatique intègrent une dimension Cloud, cette proportion a triplé depuis % des décideurs ont recours au Cloud pour remplacer des logiciels existants dans leur organisation 38. Le logiciel dans le cloud a généré 720 millions EUR de CA, représentant 7% du marché du logiciel. En 2016, cette part devrait monter à 16% Propos recueillis au Cloud Computing World Expo au CNIT les 10 et 11 avril Capgemini, CA Technologies, Forrester, Gartner, Information service group, Markeness, Syntec Numérique. 39 Capgemini, CA Technologies, Forrester, Gartner, Information service group, Markeness, Syntec Numérique. 31

33 «En France, le marché du SaaS devrait peser 983 millions d euros cette année et doubler à 1,8 milliard en 2015, selon IDC. «64 % des entreprises de plus de salariés que nous avons interrogées sont en train de déployer une application cloud et 19 % d entre elles y réfléchissent ou montent des pilotes», analyse Olivier Nora, directeur des offres et des alliances chez Sogeti 40.» La France, pour dynamiser ce marché, a vu la création du projet Andromède aboutissant à la création de deux consortiums Numergy et CloudWatt dont l historique sera détaillé dans la prochaine partie : «Clouds souverains, une nouvelle dynamique pour de nouveaux enjeux». SYNTHESE : un nouveau marché en plein essor Le cloud, marché en pleine expansion devrait s imposer comme nouvelle norme des SI: Quelque soit le domaine (Iaas, PaaS, SaaS) le cloud va générer de nouveaux emplois et une nouvelle dynamique industrielle ; La plupart des emplois qui se créeront dans le cloud seront les emplois industriels ; Le cloud computing peut permettre à l Europe de se donner un nouvel élan fédérateur et créateur de richesse. 40 Erick Hess, «Comment le cloud bouleverse l économie de l informatique», business.lesechos.fr, le 12 avril 2013, consulté le 20 avril

34 V) LES CLOUDS SOUVERAINS, UNE NOUVELLE DYNAMIQUE POUR DE NOUVEAUX ENJEUX Une des faiblesses du cloud computing concerne la localisation des infrastructures. En effet, dans un marché dominé à 60% par des entreprises américaines soumises au Patriot Act, les potentiels clients sont en droit de se poser les questions suivantes : - Est-ce que le gouvernement américain peut avoir accès aux données que je stocke sur ses infrastructures? - Si un incident diplomatique devait avoir lieu entre l Union Européenne et les Etats-Unis, quelles seraient les conséquences pour les données stockées chez un prestataire américain? - Dans quelle mesure ces informations ne sont-elles pas partagées avec des entreprises américaines ou concurrentes? - Est-il souhaitable de voir nos données personnelles (santé, identité ) stockées à l étranger? Une potentielle solution dans cet environnement est la constitution de cloud souverain, c est-à-dire un cloud public dont l Etat, par une participation financière, assure un certain nombre de garanties. Cela peut également lui permettre de dynamiser son économie ou encore de moderniser les services régaliens comme les données e- gouvernement ou e-santé. En Europe, il existe 3 «clouds souverains»: la France qui fera l objet d une analyse plus poussée, G-Cloud au Royaume Uni et Trusted Cloud en Allemagne. 33

35 LE CLOUD DE SA MAJESTÉ : G-CLOUD Lorsque l on se rend sur le site web présentant le cloud souverain britannique, on peut tout de suite voir que cette initiative est étatique, ne serais-ce que par la structure de l adresse web : On retrouve sur la page principale du site, le logo «HM governement» qui signifie en français le «Gouvernement de sa Majesté». Les objectifs affichés par le gouvernement britannique sont clairs : - Accroître les économies d échelle ; - Délivrer un système d information flexible et adapté aux demandes des politiques et stratégies gouvernementales ; - Utiliser l avantage des technologies pour accroître les bénéfices et réduire les coûts ; - Atteindre les objectifs en termes de réduction d émission carbone ; - Permettre au gouvernement d encourager et dynamiser le marché. Lorsque l on rentre sur le «Cloud Store» qui est une base de données contenant 3500 services divisées en 4 zones : IaaS, PaaS, SaaS, et autres services 41, on comprend mieux la stratégie de développement mise en œuvre. Le cloud britannique créé une véritable dynamique. Lorsque l on regarde le «qu est-ce que le cloud store?» la première ligne nous indique : «Le cloud store est la nouvelle voie choisir par le gouvernement pour l achat de produits et services IT». Les applications que l on va trouver sur le cloud store 41 G-Cloud, visité le 27 avril

36 sont le fruit de PME ou de grands groupes labellisées par les services informatique de la Grande Bretagne. G-cloud est une interface multi fournisseur pour l achat de services informatiques par des organismes publics, dans l administration et le secteur public au sens large. Cette interface est gérée par le service des achats du gouvernement 42. Il s agit d un cloud open source et d un magasin applicatif transversal aux administrations du pays. Interopérabilité, open source, agilité, mutualisation sont les maîtres mots en matière de mutualisation de l informatique du gouvernement anglais 43. Cette démarche de cloud computing est originale car, en plus de permettre au gouvernement britannique de faire des économies concernant le déploiement d infrastructures, elle permet à des entreprises de d accroître leur chiffre d affaire : 18,2 million de GBP (un peu plus de 21,6 millions EUR) ont été dépensées depuis la création de G-Cloud et 7 millions (8,3 millions EUR) juste pour le mois de mars Parmi les plus grands acheteurs on retrouve 44 : - Le home office ( GBP, environ EUR) ; - Thurrock Borough Council ( GBP, environ EUR) pour une plateforme de transaction en ligne ; - Ministère de la justice ( GBP, environ EUR) pour un système biométrique ; - L Université de Herfodshire ( GBP, environ EUR). Cependant, il est explicitement noté dans la stratégie IT du gouvernement britannique que les PME sont également visées par l utilisation de ce cloud et des applications disponibles. Cela permettant de stimuler la croissance économique. L un des buts de la construction d un cloud souverain à l anglaise est que de nombreux projets IT portés par des grands groupes ont pu échouer. La stratégie britannique 42 Uk.atos.net, «G-cloud services», consulté le 27 avril Nadiya SHUR, Le cloud Gouvernemental est u domaine régalien de l Etat», LinAgora, consulté le 27 avril Publictechnology.net, «G-Cloud Cloudstore spend reaches 18.2 million following impressive March Figure» le 24 avril 2013, consulté le 27 avril

37 du cloud va permettre au gouvernement d économiser sur ses frais de service public. Les cibles sont à la fois les structures publiques, les entreprises tout comme les particuliers 45. Cette migration dans un contexte d austérité, aurait permis au gouvernement de sa majesté d économiser 5 milliards USD 46. La stratégie du gouvernement est très présente et claire : la migration dans le cloud tend à être obligatoire pour favoriser un contexte dynamique mais aussi et surtout pour la sécurité et confidentialité des données tout en permettant la réalisation d économies. Aujourd hui 2094 data centers contre 432 en servent le gouvernement britannique. Ici la stratégie est très claire et définie par un écrit, sur le modèle du Cloud First américain. Ce modèle de cloud permet au gouvernement britannique de migrer plus rapidement sur une infrastructure adaptable, de maîtriser ses données par l intermédiaire de data centers dont il possède l infrastructure tout en dynamisant le tissu industriel local 48. LA DEUTSCH QUALITÄT DANS LE NUAGE : TRUSTED CLOUD Le cloud computing allemand s appelle «Trusted Cloud». Tout comme pour son homologue britannique, on peut y voir l emprunte du gouvernement par le Bundesministerium für Wirtschaft und Technologie (Ministère Fédéral de l Economie et de la Technologie). L Allemagne, par la réputation de fiabilité qu elle a acquise au cours de sa longue histoire industrielle, jouit du label «Made in Germany». 45 HM government, «Government ICT strategy» 46 Lemagit.fr, «Le gouvernement britannique travaille à une politique publique du «Cloud First, le 8 mars 2013, consulté le 27 avril Opt. Cit. 48 HM government, «Government ICT strategy» 36

38 Le pays développe un cloud computing qui dispose d applications pour le secteur de la santé, pour l industrie et le commerce ainsi que pour le secteur public. Il s agit d un développement ambitieux recoupant l essentiel des secteurs dans lequel un cloud gouvernemental doit se développer. Le plan stratégique des technologies de l information et de la communication de l Allemagne pour 2015 défini les priorités suivantes : - Renforcer la compétitivité par l usage des technologies de l information dans tous les processus économiques ; - Accroître les infrastructures digitales et les réseaux pour accomplir anticiper les besoins futurs ; - Protéger les données personnelles des citoyens sur internet et dans l usage des nouveaux médias ; - Accélérer la R&D dans le milieu des hautes technologies pour transformer la recherche en produit le plus rapidement possible ; - Renforcer la formation et développer les compétences dans la manipulation des nouveaux médias ; - Faire que l usage des technologies de l information et de la communication s inscrives dans les problématiques sociales actuelles comme le développement durable, le réchauffement climatique, la santé, la mobilité, l amélioration de la qualité de vie des citoyens 49. Exemple et résumé de la stratégie Allemande en termes de cloud computing Source: ICT strategy Digital Germany Bundesministerium für Wirtschaft und Technologie (Ministère Fédéral de l Economie et de la Technologie)., «ICT strategy Digital Germany 2015» 37

39 La stratégie de développement des systèmes d information de l Allemagne se fait via les entreprises de hautes technologies locales. Le gouvernement intervient dans le financement de ces entreprises également dans un but de développement de l emploi sur le territoire. Cette stratégie de développement du cloud est également très proche de l Europe. Un Ctrl + F dans le document nous permet de faire apparaître 52 fois le mot dans un fichier comptant 29 pages hors annexe. Cette stratégie se déplie en plusieurs volets : - «un nouvel objectif de croissance par les technologies numériques o Le secteur IT en Allemagne o Le réseau d industries et d entreprises - Les réseaux du futur - La confiance et la sécurité du monde digital - Recherche et développement pour un futur digital - Formation, compétences et intégration - Solutions numériques pour les challenges sociaux et une administration proche des citoyens.» Parmi les objectifs on peut trouver la création de emplois dans le secteur IT d ici à

40 UN PROJET EN DEVENIR : EUROCLOUD L Europe est en train de fédérer les acteurs du Cloud de chaque pays. Créé en 2009, Eurocloud anciennement ASP Forum, a défini plusieurs axes de missions 50 : Faire prendre conscience de l'importance du Cloud Computing à travers la société et prendre un rôle actif dans la conception des processus et des normes de l'industrie du Cloud Computing; Construire un réseau pan-européen de contacts et de partage des connaissances pour les entreprises qui participent au Cloud Computing, soit en tant que vendeur / fournisseur ou facilitateur / agrégateur pour l'écosystème dans son ensemble. Créer une relation forte avec les autorités européennes, Commission européenne et Parlement européen, à travers lequel EuroCloud pourra promouvoir un environnement stimulant pour le développement et la croissance de l'industrie du Cloud Computing; Positionner les intérêts de l'industrie du Cloud au sein des associations existantes qui opèrent sur les technologies de l'information tels que la SNIA (Storage Networking Industry Association), la BSA (Business Software Alliance) ou la SIIA (Software Information Industry Association). Les principaux programmes mis en place par EuroCloud Europe: Le congrès annuel organisé à Luxembourg qui permet aux acteurs européens du Cloud de renforcer leur networking international et à la EuroCloud de renforcer ses liens avec la Commission Européenne. Les awards européens, à l'image de ce que sont les trophées du Cloud organisés par EuroCloud France depuis Le label qualité européen : Audit Stars 50 Eurocloud France, «Eurocloud Europe». Consulté le 28 avril

41 Voici quelques acteurs qui ont promus le lancement d Eurocloud, En se rendant sur le site d Eurocloud, on constate que les deux entreprises françaises (Numergy et Cloudwatt) de cloud computing souverains brillent par leur absence 51. Source : nuage.typepad.com Une grande partie d entre eux sont américains. Cela peut expliquer l avertissement émis par Eric Pigal 52 dans ses recommandations à destination de la commission Européenne. En effet, selon lui, l Europe à une approche trop focalisée sur l usage dans le cloud alors que la majeure partie de la création d emploi se ferait sur la partie production, la plus industrielle, se focalisant sur la production et l entretien d infrastructures de cloud computing. On constate que beaucoup d entreprises américaines sont présentes à Eurocloud. Ces entreprises, pour certaines sont spécialisées dans l infrastructure, on peut donc supposer que la commission européenne subit une influence outre-atlantique. Cela permet d expliquer les recommandations de M. Pigal concernant la nécessité pour l Europe 51 Eurocloud.org/members-join/ recherche effectuée le 21 mai 52 Membre de l EESC à Bruxelles, Vice président d Eurocloud Pologne, IT executive Advisor à Kognitis 40

42 de développer sa propre infrastructure, qui lui permettra de créer des emplois sans dépendre des fournisseurs américains. SYNTHESE : Les clouds souverains à la recherche de leur modèle économique Les clouds souverains allemand et britannique peuvent permettre un développement économique impulsé national tout en permettant à l Etat de moderniser son système public tout en réalisant des économies : Des infrastructures souveraines pour garantir la sécurité des données et leur indépendance ; La poursuite d une stratégie de développement permettant, à terme, d atteindre une taille critique propice à la concurrence des clouds américains ; Un projet européen en devenir sur lequel ces clouds souverains sont très bien positionnés 41

43 VI) LES FORCES ET FAIBLESSES DU CLOUD COMPUTING À LA FRANÇAISE La France terre d accueil du Cloud computing? Il est légitime de se poser la question. Le gouvernement a investi massivement dans le cadre du grand emprunt et via la Caisse des Dépôts et consignation dans ce secteur d activité. Mais pourquoi la France? Tout d abord, le pays dispose d infrastructure internet très fiable. Le taux de couverture français en très haut débit est de 20% ce qui place le pays à la 5 ème place 53 (derrière la Corée du Sud, le Japon, la Suède et les USA). Qui plus est, le climat de la France est également très favorable à l implantation de data center dont les coûts fixes sont principalement des frais électriques pour le refroidissement de ses bâtiments. En France l électricité reste 35% moins cher qu en Europe 54 grâce au choix du nucléaire. Même si celui-ci devrait augmenter pour compenser le démantèlement des anciennes centrales, la France est indépendante quant à sa production électrique, même si l uranium servant à faire fonctionner les centrales ne provient pas exclusivement de mines localisées en France 55. Enfin, pour développer le cloud computing, il est nécessaire d avoir des experts du domaine et dans ce domaine, la France dispose de filières d enseignement reconnues, et de techniciens ou d ingénieurs parmi les meilleurs du monde 56. La France dispose à priori de tous les éléments atouts pour être un leader mondial du secteur. De part un savoir-faire technique représenté par des SSII multinationales (Atos, Cap Gemini ), ses formations de haut niveau, son climat et aussi la qualité de sa bande 53 Hugo Sedouramane, «Les meilleures pénétrations en Corée du Sud et au Japon», Lejournaldunet.com, le 10 avril 2012, consulté le 31 mars Nicolas Sarkozy, le 26 mars 2010, donnée récolté sur vigie2012.eu le 28 avril Nicolas Aubé, «France : terre d accueil du cloud computing», journaldunet.com, le 28 mars 2013, consulté le 31 mars Opt. Cit. 42

44 passante. Pourquoi la France est-elle en retard sur ce marché d avenir? Quels sont les moyens mis en place pour tenter de rattraper ce retard? HISTORIQUE D UN DÉPART LENT ET DIFFICILE En août 2009, dans le cadre du grand emprunt, a été décidé le lancement du cloud à la française. Au départ constitué de la Caisse des Dépôts qui devait investir 135 millions EUR, de France Telecom et Thales devant apporter 60 millions EUR et Dassault Systèmes 30 Millions EUR 57, le consortium a subi quelques revers avant même de voir le jour. Il devait, selon un syndicat qui a souhaité resté anonyme, être également capable d héberger des données relevant de l e-santé, des données e-gouvernement mais aussi des données personnelles. Le 18 janvier 2010, l ancien premier ministre, François Fillon, déclarait : «Mon souhait est que ce nouveau type d'infrastructure de service fasse l'objet d'un partenariat public-privé grâce aux fonds du programme pour les investissements d'avenir. Il faut absolument que nous soyons capables de développer une alternative française et européenne dans ce domaine, qui connaît un développement exponentiel [...] Force est de constater que les Nord-Américains dominent ce marché, qui constitue pourtant un enjeu absolument majeur pour la compétitivité de nos économies, pour le développement durable et même, j'ose le dire, pour la souveraineté de nos pays 58». Le 22 décembre 2011, Dassault Système a décidé, de se retirer du projet critiquant la structure de coût d Orange. Dassault a ensuite choisi de s allier avec SFR pour créer un projet concurrent. Le but de ce projet était le stockage des données informatiques françaises stratégiques 59. Puis, Dassault Systèmes a décidé de claquer la porte du cloud à la française 60, laissant SFR à la recherche d un nouveau partenaire qui sera Bull. Dassault systèmes s est retiré car ses dirigeants «n entendait pas investir 75 millions d Euros dans 57 Serge Leblal, «285 millions d euros pour Andromède, le cloud souverain français», lemondeinformatique.fr, le 21 septembre 2011, consulté le 15 avril Xavier Sidaner, «L Etat investit dasn le «cloud computing»», acteurs-publics.com, le 21 septembre L expansion.com avec AFP, «Dassault Systèmes s allie à SFR pour concurrencer le projet Andromède», le 8 février 2012, consulté le 16 avril Jacques Cheminat, «Dassault Systèmes met un point final au projet Andromède», lemondeinformatique.fr, le 6 avril 2012, consulté le 14 avril

45 un projet où l un des actionnaires [l Etat] est actionnaire à part égale d une structure concurrente 61». Finalement financé par la Caisse des Dépôts à hauteur de 150 millions EUR, le cloud à la française est composé de 2 entités financées principalement par des opérateurs télécom et la Caisse des Dépôts. Ces entreprises sont donc concurrentes, ce qui pour le concept de cloud souverain est quelque peu embarrassant. Chronologie du projet Andromède & Globalement, le projet de cloud français qui devait être à la fois compétitif et innovant a, dès sa création, subi de nombreux revers qui ont retardé sa mise en place mais surtout abouti à la création de deux projets (Numergy et CloudWatt) qui sont concurrents et n ont pu bénéficier que de la moitié de la subvention étatique prévue. Pour rappel l objectif initial du projet Andromède étant de contrer les géants «non européens» - tels Cisco IBM, Microsoft ou encore Google qui ont investi ces dernières années des milliards de dollars dans le secteur 62. On parle bien de milliards de dollar en comparaison des 280 millions EUR que valait le projet Andromède à sa création. 61 Jacques Cheminat, «Dassault Systèmes met un point final au projet Andromède», lemondeinformatique.fr, le 6 avril 2012, consulté le 14 avril L expansion.com avec AFP, «Atos pourrait intégrer le consortium français du cloud computing», le 5 janvier 2012, consulté le 15 avril

46 La plus-value de ces consortiums français se situe dans le cadre juridique et la sécurité des données. En effet, pour le moment, la plupart des fournisseurs de cloud sont américains. Dans le cadre du Patriot Act et des lois FISAA, la NSA est ainsi en droit de demander l accès aux fichiers stockés sur les serveurs des entreprises hébergeant du cloud. Selon Eric Caprioli, avocat à la Cours de Paris : «sur l ensemble des activations du Patriot Act, seules 17% d entre elles sont imputables à des actes de terrorisme 63». Les 83% restants pourraient être dus à : - Une mauvaise définition du terrorisme ; - Des erreurs d appréciation des services américains concernant le potentiel risque de certaines données ; - Une motivation réelle liée au renseignement économique, ou à l espionnage industriel. Disposer d une offre de cloud souverain à la française permettrait une plus grande transparence de la gestion des données. Le cloud à la française induit également un choix facilité pour trouver un prestataire de service digne de confiance. En effet, Les deux entreprises soutenant le consortium sont réputées et ont une forte capacité à structurer le marché. De plus, du côté du demandeur, il s agira de fournisseurs tout en un qui vont permettre une compréhension plus facile des enjeux du cloud. Les choix stratégiques pour la création du cloud à la française sont les suivants : - Transparence des conditions d utilisation ; - Infrastructures implantées en France, indépendance et souveraineté ; - Réversibilité des données et interopérabilité entre les clouds. Dans un tissu industriel français composé en grande partie de PME, les avantages du cloud sont non négligeables. Ces deux projets fonctionnent en open source 64 et se basent 63 Stephane Bellec, «Patriot Act : vos données lui appartiennent», 01.net le 02/04/2012, vue le 23 février Ridha Loukil, «Numergy, le cloud souverain de SFR et Bull, va construire 38 data centers en France», Usinenouvelle.com, le 5 septembre 2012, consulté le 15 mars

47 sur du IaaS ce qui leur permet de garder une certaine indépendance dans le développement des offres. LES FRÈRES JUMEAUX DU CLOUD À LA FRANÇAISE : NUMERGY ET CLOUDWATT i. CLOUDWATT Supporté par le consortium Thalès et Orange, Cloudwatt est dirigé par Patrick Starck ex senior vice-président d HP France. L entreprise vise un chiffre d affaire de plus de 500 millions EUR d ici à 5 ans 65 avec la création de 3 à 500 emplois directs et au moins autant d emplois indirects. Thales apporte son savoir-faire dans les technologies de sécurité alors qu Orange Business Services met à disposition son datacenter de Rueil Malmaison. L entreprise va d ici peu lancer une grande campagne de recrutement de 150 personnes en CDI, il s agira de 120 cadres dont 80% de personnes expérimentées 66. Orange possède 44,5% du capital de Cloudwatt, Thalès 22% et la Caisse des Dépôts (33,5%). Selon son directeur, Cloudwatt vise à adresser au moins le marché européen. Techniquement, CloudWatt utilise des logiciels open source afin de garantir sa souveraineté technologique. Répartition du capital lors de la création de Cloudwatt Cloudwatt vient tout juste d ouvrir sa version bêta, la Cloudwatt box, un espace de stockage de 50Go à destination des entreprises. Un peu en retard par rapport à son Cloudwatte.com, «Le choix de l open source pour rester souverain», consulté le 15 mars Anne-Marie Kopanski, «Cloudwatt, la nouvelle coentreprise Orange-Thalès-Caisse des Dépôts, dévoile sa direction et vise un chiffre d'affaires de 500 millions d'euros d'ici cinq ans», La correspondance économique, lundi 3 décembre 2012, p Gordon Fowler, «Cloudwatt va recruter 150 collaborateurs en 2013», Developpez.com, le 18 février 2013, consulté le même jour 46

48 concurrent Numergy, mais le déploiement de la solution open source OpenStack a été plus lente que prévu 67. Cloudwatt axe son développement sur l utilisation de l Open Source qu il met en avant comme étant un intermédiaire incontournable de la normalisation du cloud computing. L accent est également mis sur la confidentialité des données via des audits réguliers de la part de prestataires extérieurs et également sur la réversibilité des données ou applications n étant pas garanties pas les certains fournisseurs américains 68. Retour d expérience personnel : J ai voulu testé ce service. Muni d un numéro SIRET valide, j ai pu remplir le formulaire d inscription au service. Au terme de la démarche, et avec plusieurs jours de patience, je n ai reçu aucun mail de confirmation et n ai jamais eu accès au service. Ces tests ont été réalisés en février ii. NUMERGY Supporté par le consortium SFR et Bull, l entreprise est dirigée par Philippe Tavernier 69 (ex Sogeti France). Numergy cherche à créer 400 emplois d ici à l horizon principalement des emplois d ingénieurs et de R&D. D après ces récents communiqués de presse 70, la stratégie de Numergy reposerait sur des ventes indirectes. Cette stratégie indirecte permet à Numergy de développer un réseau de partenaires capables d offrir au client des solutions innovantes pour soutenir leur croissance et leur compétitivité 71. Cela leur permet de renforcer leur crédibilité technique et financière. En d autres termes, Numergy, spécialisé sur la fourniture d un cloud en IaaS, sous-traite la vente de ses services avec des entreprises spécialisées dans un service de cloud profitant de leur notoriété. En effet, Numergy est arrivé sur le marché du cloud un peu tardivement. 67 Stratégie.fr, «La bataille du Cloud à la Française», 26 mars 2013, consulté le 1 er avril Propos recueillis lors de la visite du Cloud Computing Wolrd exposition, 10 Avril Anne-Marie Kopanski, «les femmes, les hommes et les affaires,», La correspondance économique, lundi 3 décembre 2012, p Numergy.com, «Numergy signe avec Sogeti un accord de distribution de son offre de cloud public», Le 26 février 2013, consulté le 26 février Numergy.com, «NUMERGY signe avec AENIX un accord de distribution de son offre cloud public», Le 25 février 2013, consulté le 28 avril

49 Numergy commercialise ses services depuis le mois de septembre dernier 72. La principale différence entre les deux concurrents se situent dans le mode de facturation, l un, Numergy, proposera le paiement à l usage tandis que Cloudwatt proposera un abonnement. Numergy a récupéré les infrastructures de cloud public de SFR, ce qui lui permet déjà d offrir des produits plus variés en comparaison de Cloudwatt qui a choisi de partir d une feuille blanche. Numergy ne vendra pas directement aux particuliers et professionnels, ils passent par des prestataires de service que peuvent être des SSII. Un de leurs premiers clients est Sogeti 73. Répartition du capital lors de la création de Numergy DÉJÀ DES REVERS ET UNE ERREUR DE POSITIONNEMENT La région Bretagne a passé un appel d offre en 2011 pour une offre d hébergement. A l époque, une seule entreprise avait répondu qui ne correspondait pas au cahier des charges 74. Cette entreprise française «s appuie effectivement sur l infrastructure externalisée d Amazon». 72 Stratégie.fr, «La bataille du Cloud à la Française», 26 mars 2013, consulté le 1 er avril Propos recueillis lors de la visite du Cloud Computing Wolrd exposition, 10 Avril Conseil Régional de Bretagne, «Cloud Computing : la région poursuit une expérimentation engagée en 2011», bretagne.fr, le 30 novembre 2012, consulté le 2 février

50 D autres exemples viennent étayer le retard qu a pris l Etat français dans le cloud computing. Trois grands acteurs du e-commerce français qui ont décidé de basculer toute ou partie de leur infrastructure dans un cloud public 75 : - LeGuide.com, a décidé de migrer sur Microsoft Azure afin d assurer le chargement de ses images («la performance de chargement des données fait la différence», «payer seulement ce qui est consommé» Mohamed Bellamine) ; - Voyage-sncf.com accélère ses déploiements grâce à Amazon (Amazon Web Service) Une plate-forme de test est mise en place en s'appuyant sur des instances Amazon EC2, et le service de stockage Amazon S3. Cependant, la migration du site vers le cloud n est pas encore prévue, mis en cause : la sécurité des données et les engagements au niveau du service jugés trop faible. (modélisation des transactions) ; - ConcoursMania et Jeux.com : Le premier a choisi l infrastructure cloud pour optimiser ses coûts ainsi que l agilité qu il permet. Microsoft Azure permet d accélérer la mise en œuvre de ses zones de jeux (de 5 jours à quelques heures). Qui plus est, selon ConcoursMania, Azure est très ouvert sur l open Source. Même si, pour le moment, ces entreprises sont méfiantes quant à l usage d un cloud américain, il n en reste pas moins évident que le cloud Français n a pas encore convaincu et va surtout devoir se faire une place sur un marché ultra concurrentiel et où les concurrents sont géants comme Microsoft ou Amazon pour ne reprendre que les noms mentionnés dans l exemple. Il y a également une erreur de positionnement purement marketing sur l appellation «cloud à la française». La France est reconnue à l international pour sa gastronomie, le luxe ou encore le romantisme, mais dans le domaine technique ou l informatique, la réputation de la France n existe pas. Alors que l Allemagne jouit d une réputation assurée, elle est 8 ème exportatrice de produits IT dans le monde (111 millions d EUR) 76. L appellation «cloud à la française» est donc, d une certaine manière, une mauvaise publicité pour des entreprises ayant une volonté à l international. 75 Antoine Crochet-Damais, «ces géants du e-commerce français qui choisissent le cloud», lejournaldunet.com, 15 février 2013, consulté le 17 février BMWI, ict strategy digital germany 49

51 LE GASPILLAGE DE DENIERS PUBLICS ET LA MANQUE DE VISION STRATÉGIQUE i. LE GASPILLAGE DE DONNÉES PUBLIQUES La première chose qui choque lorsque l on s intéresse à la stratégie du cloud computing à la française, c est qu elle n existe pas. En effet, il est impossible de trouver en France un document rédigé sur les modèles Américains, Britannique ou Allemand attestant de l implication du gouvernement dans un cloud souverain ou même une quelconque stratégie des technologies de l information. La création et la subvention de clouds étatique ne se sont pas faites dans un élan d allégresse commun. En effet de nombreux acteurs existaient déjà dans ce domaine. On peut citer OVH ou Atos pour les plus gros mais également des startups très spécialisées (ex : Clever cloud) offrant une qualité de service avec des prestations uniques et surtout opérationnelles en comparaison des entreprises issues du projet Andromède. Dans l idée la création de ces deux projets est une bonne initiative, cependant, le contribuable par l intermédiaire de l Etat a financé un investissement qui se devait d être privé. En effet, la seule volonté de l Etat a été d investir dans le cloud computing, il n a aucune volonté de développement stratégique comme peuvent le faire les allemands ou les britanniques. Cette participation fausse le jeu de la concurrence 77. Qui plus est, Orange, l ancien France Telecom n est pas connu pour sa bonne gestion des fonds publics 78. De fait, la concurrence aujourd hui se fait par voie de presse et non pas sur les produits. On assiste à un matraquage médiatique via des spots TV onéreux. Ces spots contribuent également à la confusion dans l esprit des potentiels clients. Le cloud computing étant un domaine assez technique, le seul service vanté par Cloudwatt est un espace de stockage de 50Go à destination des entreprises. Il n est nullement mentionné l intérêt que peut avoir un 77 Clément Cazalot, CEO de doctrackr, interview réalisée le 5 mars 2013 ; Quentin Adam, CEO de Clever Cloud interview réalisée le 14 mars 2013, Martin-Zack Mekkaoui, CTO, interview réalisée le 19 mars Delphine Cuny, «France Télécom plombe les comptes du FSI», la tribune.fr, le 8 mars 2013, consulté le 13 mars 2013, 50

52 cloud pour une entreprise cliente en termes d économie, de disponibilité de puissance de calcul ou encore de flexibilité. Un autre problème est que ces projets n atteindront jamais en France la taille critique suffisante pour concurrencer les entreprises américaines déjà très bien implantée sur ce marché. Selon les personnes que j ai pu interviewer, le projet a déjà 4 ans de retard mais en plus, les ambitions stratégiques ne sont absolument pas bien présentes. Les principaux concurrents à savoir Microsoft et Amazon, pour ne citer qu eux, ne sont ni des petits acteurs ni des tendres dans leur vision business. Toujours selon les mêmes personnes, une des manières de dégager du profit grâce au cloud computing sont les économies d échelle. Plus un acteur de cloud à de capacité à acquérir de la puissance de calcul, notamment via des machines, moins le coût marginal de cette puissance supplémentaire est élevé. Les différentes personnes interviewées 79 m ont toutes certifiées que la taille critique ne pourrait pas être atteinte en France. Ce problème de taille critique se répercutera lorsque les entreprises françaises tenteront d adresser le marché international. Là où l imposture est double c est que certaines des entreprises soutenant le développement du coud souverain sont en train de créer en parallèle une autre infrastructure de cloud public. En quelque sorte, elles sont en train de créer leur propre concurrent sur un marché déjà hyperconcurrentiel, et en train de demander d autres subventions étatiques pour cet investissement. Le projet Andromède n a de sens que d un point de vue politique aucunement dans le sens du business. Ce projet est un gaspillage d argent public dont il résulte un dumping politique et économique et une destruction de l écosystème environnant (SSII de type Cap Gemini, Atos, des entreprises assurant le virage du cloud avec brio comme OVH ou encore l univers start-up qui se spécialise sur des marchés de niche comme par exemple Clever Cloud). Qui plus est, l investissement étatique dans deux entités différentes est réellement problématique, il s agit d une allocation de ressources qui est tout sauf 79 Clément Cazalot, CEO de doctrackr, interview réalisée le 5 mars 2013 ; Quentin Adam, CEO de Clever Cloud interview réalisée le 14 mars 2013, Martin-Zack Mekkaoui CTO, interview réalisée le 19 mars

53 optimale. La valorisation de ces entreprises est très faibles comparée aux concurrents du secteur, cela ne nécessitera pas un gros effort pour mener une OPA sur Cloudwatt et/ou Numergy. Encore une fois la vision stratégique de la France est mis à mal dans ce projet. Ce projet part d une bonne intention mais créé tardivement, de toute pièce, et par des entreprises spécialisées dans les telecom. Le tissu industriel français est composé de 90% de PME, certaines ont des offres fonctionnelles et parfaitement innovantes. L Etat, par cet investissement, a ignoré l environnement dans lequel ces entreprises évoluaient. En plus de cette ignorance, la création du cloud français a commencé par des querelles internes qui se sont terminées par l émergence de deux entreprises concurrentes financées à hauteur de 75 millions EUR par la caisse des dépôts. A quelles logiques répondent cet investissement? Dans quelles conditions a-t-il été réalisé? En observant l historique du projet Andromède, sa création sans tenir compte de l écosystème français déjà spécialisé dans le cloud, en faisant soutenir ce projet par des opérateurs téléphonique dont ce n est pas le cœur de métier, on est en droit de se demander si l émergence d Andromède ne répond qu à des logiques d influences plutôt qu à une réelle volonté étatique de s imposer dans le cloud. ii. LE MANQUE CRIANT DE STRATÉGIE Depuis le 28 février 2013, est disponible en ligne la feuille de route du gouvernement sur le numérique. Il s agit d une feuille de route, signe que le gouvernement s intéresse au cloud computing mais en aucun cas d une stratégie comme celles de nos voisins britanniques ou allemands. 52

54 La recherche dans le texte indiquant «cloud» ne renvoie aucun résultat : En reprenant le compte Twitter de Fleur Pellerin 80 pour découvrir les mots clé qu elle utilise pour décrire le cloud computing : 80 Ministre déléguée chargée des PME, de l innovation et de l économie numérique en

55 Compte Twitter de Fleur Pellerin le 14 mai 2013 après sa visite des locaux de Numergy le 13 mai 2013 Source : twitter.com/fleurpellerin En effectuant une recherche avec le mot «nuage» : - 5 apparitions dans le document, il n apparait aucunement en en-tête de paragraphe ; - Il apparaît une fois et décrit comme un des cinq sujets identifiés comme stratégique faisant l objet d un plan de soutien stratégique présenté en mars. - Il est cité une nouvelle fois en tant que sujet identifié comme stratégique ; - Une fois comme une technologie [qui mérite] mérite d être mise particulièrement en avant ; - Une fois entre parenthèse à titre d exemple : En France, seuls 50 % des foyers disposent d une connexion haut débit de qualité (débit descendant supérieure à 8Mbit/s), ce qui représente aujourd hui le minimum en termes d usage classique pour un foyer, mais ne permet pas le développement de nouveaux usages (vidéoconférence, informatique en nuage, domotique) ; - Une fois dans la section «constats» à titre d exemple pour appuyer le développement du haut débit en France : L accès à des débits plus importants dans 54

56 des conditions tarifaires satisfaisantes représente un enjeu de compétitivité pour les entreprises françaises, et notamment pour les entreprises situées dans les territoires les moins denses, et tout particulièrement depuis l apparition de l informatique en nuage. Une recherche plus approfondie le 14 mai 2013 sur Google et Exalead donne avec une recherche par date à partir du 25 février jusqu au 14 mai: - Avec la requête suivante : "plan de soutien stratégique" filetype:pdf site:.gouv.fr AND:(Nuage OR cloud) => 0 résultat ; -"plan de soutien stratégique" site:.gouv.fr AND:(Nuage OR cloud) => 0 résultat Lorsque l on enlève les guillemets rien d intéressant est filtré sur les différents moteurs de recherche. En conclusion, la France a certes une volonté de définir le cloud computing comme sujet stratégique, cependant, il m a été impossible de trouver le moindre chiffre ou la moindre pensée stratégique. ETUDE DE CAS 81 : DES DONNÉES CONFIDENTIELLES DANS LE NUAGE OU DANS LE BROUILLARD Des députés utilisent dropbox, un service de partage et de synchronisation de données sur différents supports basé sur la technologie du cloud computing 82. Dropbox est une entreprise basée à San Francisco dont le service est disponible depuis le 1er septembre Cette société américaine est par sa nationalité, soumise au Patriot Act, c est-à-dire que le gouvernement américain peut, sur demande, accéder aux données stockées dans les serveurs Dropbox. La problématique est très sérieuse, en effet, les députés rédigent des notes ou des rapports confidentiels et les hébergent dans un nuage dont l infrastructure est hors du 81 Ce cas est basé sur l article de Paul Loubière intitulé : «Une startup française pour préserver les députés de tout risque d espionnage» publié le 26 avril de Challenge.fr 82 Définition du journal du net : «[ ] A travers le "cloud computing", les entreprises n'ont plus besoin de serveurs propres, mais confient cette ressource à une entreprise qui leur garantit une puissance de calcul et de stockage à la demande.» 55

57 contrôle de l Etat juridiquement et physiquement. Le Patriot Act permet aux services américains un accès illimité aux données lorsque celle-ci sont soupçonnées de pouvoir porter atteinte à la sécurité du pays (terrorisme), définition très vague. Selon Eric Caprioli, avocat à la Cours de Paris : «sur l ensemble des activations du Patriot Act, seules 17% d entre elles sont imputables à des actes de terrorisme 83». Il est possible que les 83% restants soient utilisés à des fins d espionnage économique ou de renseignement. Le Patriot Act a été voté en 2001, Dropbox existe depuis 2008, les députés ne se préoccupent de la sécurité de leurs données qu en La technique n est certes pas leur cœur de métier, mais la confidentialité des données doit l être. Comment se fait-il que nos députés utilisent-ils des services étrangers alors que l Etat a investi dans deux clouds souverains : Numergy et Cloudwatt, lancés en grande pompe en septembre Sans remettre en cause le savoir-faire de Wimi, startup proposant l alternative française à Dropbox pour nos députés, pourquoi la réponse à cette problématique n est-elle pas mieux appréhendée? Pourquoi ne vient-elle pas de l Etat? Pourquoi Wimi ne fait-elle pas partie d une stratégie de protection des données, gérée par l Etat en partenariat avec les clouds souverains comme c est le cas en Grande Bretagne? Encadré par l Etat, le cloud anglais a développé une interface multifournisseur pour l achat de services informatiques par des organismes publics et dans l administration 85. Cela permet de dynamiser le tissu économique local, et d augmenter l efficacité des services publics en ce dont la France aurait bien besoin. Quand est-ce que l Etat français, déjà en retard dans son appréhension des technologies du numérique, va définir une stratégie numérique globale claire et efficace comme ont pu le faire nos voisins allemands et britanniques ou encore les Etats-Unis? 83 Stéphane Bellec, «Patriot Act : vos données lui appartiennent», 01.net le 02/04/2012, vue le 23 février Mag-été.expert-telephonie-entreprise.fr, «CloudWatt et Numergy ou la réalisation du projet Andromède», Jeudi 13 septembre G-Cloud, 56

58 L information est aujourd hui le cœur de notre économie, ne pas maîtriser son cycle ou être dépendant d un prestataire externe pouvant avoir accès à l information confidentielle est inconcevable. La France a des outils dans lesquels elle a investi, mais leur utilisation n étant pas encadré par une vision claire et stratégique, il y a peu de chance de que leur potentiel soit exploité et qu il y ait un retour sur investissement. L information est le cœur de notre économie, [ ] être dépendant d un prestataire externe pouvant avoir accès à l information confidentielle est inconcevable. SYNTHESE : le cloud computing à la française S est développé tardivement sans aucune stratégie étatique pour le moment, à l inverse de l Allemagne et du Royaume Uni ; La Caisse des Dépôts permis la création de deux entités distinctes clairement concurrentes. Il y a donc peu de chance que cet investissement soit fortement rentable ; L Etat ne profitera pas des avantages économiques qu il pourrait obtenir avec une migration dans le cloud. En effet, en maîtrisant ses infrastructures l Etat pourrait faire migrer une grande partie des données comme les données personnelles ou encore la santé pour améliorer l efficacité et moderniser le service public ; Comme les clouds d Etat ne sont pas labellisés explicitement par un logo du gouvernement (comme en Allemagne ou en Grande Bretagne), un potentiel client verra Numergy ou Cloudwatt comme un fournisseur de cloud supplémentaire ; Cette absence de volonté stratégique non seulement ne contribuera pas à la réduction de la dette mais en plus risque de rendre cet investissement de la caisse des dépôts dangereux et à la portée d une OPA pour récupérer les données stockées chez ces fournisseurs. 57

59 VII) LA STANDARDISATION ET L INTEROPÉRABILITÉ DU CLOUD Cette partie se focalisera sur les organes de standardisation européen qui devrait le point d orgue des cloud souverains étatiques. Les économies d échelle réalisable seront très importantes pour la concurrence des entreprises américaines très bien implantées sur le marché depuis plusieurs années. Egalement, l Europe des 27 représente 600 millions d habitants ainsi que le premier Produit Intérieur Brut (PIB) de la planète. Il existe des moyens de se protéger de manière normative contre des entreprises proposant des services mettant en danger les informations stratégiques et applications critiques des entreprises. L INTEROPÉRABILITÉ DU CLOUD Aujourd hui, il est légitime de se poser la question. En ce qui concerne l interopérabilité d un cloud de stockage, elle est facile, le cloud n étant dans ce cas qu une gigantesque clé USB numérique. Mais qu en est-il des types de cloud tel le SaaS, le PaaS ou encore l IaaS? iii. EN SAAS L interopérabilité peut être un facteur de choix en faveur de l un ou l autre des cloud. En ce qui concerne le domaine applicatif, le SaaS, d après Clément Cazalot développant un logiciel en SaaS, la migration peut s effectuer relativement facilement avec «un peu d intelligence». D un point de vue plus global, il existe des fonctions d exportations dans la plupart des applications permettant de faciliter la migration. L éventuelle problématique de migration, en plus de pouvoir profiter des meilleurs tarifs est la réduction de sa dépendance envers un de ses fournisseurs de technologie Wygwan, «Le Cloud Computing : Réelle révolution ou simple évolution?»,

60 iv. PAAS Les environnements de développement (framework) étant beaucoup plus divers et variés (Java, AppEngine, Azure ) les process de développement n étant pas les mêmes, l interopérabilité est fortement compromise. Il existe tout de même une solution à prendre en compte lors du développement : lors de la conception de l application, il sera important d isoler les couches en relation avec la plateforme, afin de pouvoir l adapter sur une autre plateforme avec le moins d efforts possible 87. v. IAAS Afin que l interopérabilité se fasse au niveau de l infrastructure, la nécessite serait d avoir un format standard de machine virtuelles. Plusieurs entreprises travaillent sur la standardisation OVF «Open Virtual Machine Format» comme Novell, Dell, HP, IBM, Microsoft, VMware, Zen Source 88. LES ORGANES DE STANDARDISATION DU CLOUD i. EN EUROPE Selon l agenda numérique de l Europe, l Union a mis en place le partenariat européen en faveur de l informatique en nuage (The European Cloud Partnership (ECP)) afin d établir un marché unique digital pour le cloud computing. Cette technologie fait d ailleurs partie de la stratégie du cloud européen. Les mesures clé de cette stratégie sont les suivantes : - soutenir faire un tri dans la jungle des normes techniques de façon à assurer l'interopérabilité, la portabilité des données et la réversibilité pour les utilisateurs de services en nuage. Les normes nécessaires devraient être définies d'ici à 2013; - les systèmes de certification à l'échelle de l'ue pour les prestataires de services en nuage fiables; 87 Opt. Cit. 88 Opt. Cit. 59

61 - élaborer des conditions contractuelles types «sûres et équitables» pour les contrats d'informatique en nuage, notamment pour les accords sur les niveaux de service; - créer un partenariat européen en faveur de l'informatique en nuage associant les États membres et les entreprises pour pouvoir disposer du pouvoir d'achat du secteur public (soit 20 % de l'ensemble des dépenses informatiques), afin de faire prendre forme au marché européen de l'informatique en nuage, d'améliorer les perspectives de croissance jusqu'à un niveau concurrentiel des prestataires européens de services en nuage et d'offrir des services d'administration en ligne moins chers et de meilleure qualité 89. La concurrence pour le marché Européen est en train de s accentuer, notamment avec la mise en place de Cloud souverains dans d autres pays d Europe : G-Cloud pour le Royaume-Uni et Trusted Cloud en Allemagne. Les organes européens travaillant sur la standardisation du cloud 89 Communiqué de presse de la commission européenne : «stratégie numérique, nouvelles mesures pour stimuler la productivité des entreprises et des administrations de l UE grâce à l informatique en nuage», 27/09/

62 Source : Site de la commission européenne, ec.europa.eu En Europe l ETSI (European Telecommunication Standards Institute) via son comité technique, le TC CLOUD, il travaille sur l IaaS et les protocoles d accès ou de communication internes 90. Le président du comité technique est Michael Fisher, BT group Plc 91. Ce comité travaille sur la convergence IT telecom et son interopérabilité. En ce qui concerne le Cloud Standard Coordination, les 4 et 5 décembre 2012 s est tenu le salon réunissant 125 experts qui ont réfléchis sur de multiples sujets notamment : - l interopérabilité ; - la réversibilité des données ; - la sécurité des données ; - la portabilité des données. En Europe, il n y a pas que des groupements techniques. Eric Pigal membre du EESC (European Economic and Social Committee), et vice-président d EuroCloud Pologne a produit un avis sur l exploitation du potentiel de l informatique en nuage en Europe 92. Ce rapport a été transmis à la commission européenne pour examination et prise de position de la part de Madame Kroes. Le délégué général français d EuroCloud s appelle Henie-Michel Rozenblum 93. En Europe, le Federal Ministry of Economics and technology a déjà identifié les principaux organes de standardisation du cloud (voir annexe 11), le document est très détaillé et est plus qu une bonne base de travail : 90 Opt. Cit. 91 ESTI Organizational Chart 92 Journal Officiel de L Union Européenne, 2013/C 76/11, Avis du Comité économique et social européen sur la «Communication de la Commission au Parlement européen, au Conseil, au Comité économique et social européen et au Comité des régions Exploiter le potentiel de l'informatique en nuage en Europe», rapporteur : M. Pigal 93 LinkedIn, Henry-Michel Rozemblum, https://www.linkedin.com/in/hmrozenblum, consulté le 20 avril

63 Principales organisation de standardisation du cloud computing Source: BMWI, the standardisation environment for cloud computing ii. A L INTERNATIONAL L International Télécommunication Union est une agence des nations unies qui est chargée de la règlementation et de la planification de la télécommunication dans le monde. Elle établit les normes de ce secteur et diffuse toutes les informations techniques nécessaires pour permettre l exploitation des services mondiaux de télécommunication 94. Cette union a un groupe de travail en rapport avec le Cloud nommé «Focus Group on Computing (FG Cloud). Dans le management de ce groupe de travail, on peut trouver Jamil Chawki qui est considéré comme travaillant chez France Télécom Orange Fr.wikipedia.org, «Union internationale des téécommunications», consulté le 10 avril International Telecommunication Union, FG cloud. T/focusgroups/cloud/Pages/default.aspx, consulté le 10 avril

64 L IEEE (Institute of Electrical and Electronics Engineers) comptant plus de membres à travers le monde travaille depuis quelques années sur le cloud computing. Divers groupes de travail ont été créées concernant la normalisation entre autres le P2301 et P2302. Le premier prendrait en charge la portabilité de la normalisation tandis que le second s occuperait de l interopérabilité de nuage à nuage. La normalisation du cloud computing aurait plusieurs intérêt selon David Bradshaw (directeur de recherche pour l Européen SaaS et les services de cloud d IDC, qui écrivait en 2011 : «d'une manière générale, la normalisation dans le domaine du cloud computing est considérée comme une excellente chose, car elle permettra aux entreprises d'utiliser le cloud computing de façon plus efficiente et avec plus de confiance». Cependant, étant donné que le «cloud computing» en est encore à ses débuts, il y a aussi, selon David Bradshaw, «un risque à vouloir définir trop précisément la façon dont les choses devraient fonctionner.» Selon lui, «cela pourrait avoir un effet contraire et empêcher l'innovation 96.» Toujours selon cette même personne, il faudrait que la pléthore d organes de standardisation travaillent de concert pour éviter un morcellement du normatif. SYNTHESE : La standardisation du cloud computing En Europe comme à l international des groupes de travail élaborent des normes autour du cloud, marché encore jeune, régulé par des normes s appliquant aux services informatiques dits «traditionnels» ; Ces normes concernent l interopérabilité des systèmes de cloud, la réversibilité des données, mais aussi les appellations et les normes de sécurité ; Sur ce marché qui représente des milliards d EUR, la première entreprise, nation ou entité qui remportera la bataille des normes changera la donne ; Pour le moment, il existe de nombreux groupes de travail, il serait utile de les cartographier pour savoir lesquels sont réellement importants 96 Jean Elyan avec IDG NS, «L IEEE travaille sur la standardisation du cloud computing», le 5 avril 2012, consulté le 20 avril

65 VIII) RECOMMANDATIONS Afin que le cloud à la française puisse être à la fois crédible et disposer d une vision stratégique lui permettant d accroître ses parts de marché, et faire de ce marché un relai de croissance et d emploi dont le pays a besoin, voici 10 recommandations opérationnelles. RECOMMANDATION 1 : ÉDITER UN PLAN STRATÉGIQUE AU NIVEAU ETATIQUE ET Y INTÉGRER LE CLOUD COMME VECTEUR D ECONOMIE ET D EFFICACITE POUR LE SERVICE PUBLIC ET LE DOMAINE PRIVÉ Comment : Sur le modèle de stratégie américain, anglais et allemand. Qui : Le ministère du numérique Pourquoi : l amélioration de l efficacité du service public, une allocation plus optimale des ressources financière, une meilleure efficacité, lancer une dynamique industrielle française. En temps de crise, cela représente une opportunité primordiale pour renouer avec la croissance. Cette stratégie se doit d avoir : - un volet concernant l efficience des services publics permise par le cloud ; - un volet commercial pour favoriser le tissu industriel français ; - une volonté de développement des infrastructures souveraines. Quand : le plus tôt possible (1 an) et prévoir une stratégie, et pas uniquement une feuille de route à l horizon Ce document adapté à une stratégie française et/ou européenne pourrait permettre aux principaux acteurs d avoir une ligne directrice. Cela permettrait au gouvernement de disposer d une ligne de conduite claire et de rattraper un tant soit peu son retard dans l appréhension du domaine informatique. Dans une période de crise, le cloud computing pourrait également permettre de faire des économies. En développant cette stratégie, le gouvernement serait à même mettre en place l usage de l e-gouvernement, qui permettrait 64

66 une certaine efficience dans les lourdeurs administratives du quotidien. Il pourrait aussi être possible de mettre en place l e-santé qui permettait de réaliser des économiser sur les frais de fonctionnement de la sécurité sociale. C est également un des grands sujets de l Europe, l interopérabilité des données e-gouvernement et e-santé. Si la France rattrape son retard sur ce marché, elle pourra peut-être imposer son point de vue mais aussi créer de l emploi industriel et de service sur son sol. D autres exemples qui pourraient être de moderniser le marché des données de l éducation numérique qui pour l instant est très mal géré. En effet, le flou est le plus total en ce qui concerne la gestion des données personnelles des enfants, collégiens, lycéens et étudiants. Ces marchés ne doivent pas être remportés par des entreprises privées, qui plus est américaines, dont la frontière entre donnée privées et donnée publique tend à être de plus en plus poreuse. RECOMMANDATION 2 : MUTUALISER LES FORCES DES 2 FOURNISSEURS DE CLOUD SOUVERAIN POUR ATTAQUER UN MARCHÉ EUROPÉEN DÉJÀ MARQUÉ PAR LA CONCURRENCE AMÉRICAINE : En effet, 2 fournisseurs de cloud ayant approximativement les mêmes clients devraient se mutualiser plutôt que de se faire concurrence. Un seul fournisseur de cloud français rassurerait les potentiels clients et il serait plus facile de déployer une stratégie de conquête de marché par du lobbying. Cela permettrait de favoriser l émergence d un centre de données plus compétitif dans un environnement de marché déjà ultra concurrentiel. Il paraît primordial qu un des deux fournisseurs de cloud puissent racheter l autre, permettant la mutualisation de leurs forces mais aussi des capitaux investi et des ressources humaines déjà engagées. Cette mutualisation permettra également, dans une stratégie européenne, de parler d une seule voix afin d établir de façon plus rapide, plus cohérente et plus performante concernant les normes sur le cloud. Plan d actions: - Une intervention étatique répondant à la recommandation 1 permettrait à la Caisse des Dépôts une montée au capital de ce deux clouds avec comme objectifs de ne 65

67 former qu une seule entité. Idéalement, cette fusion devrait permettre la mutualisation des savoir-faire mais aussi des infrastructures - A moyen terme, l une des deux entreprises développerait son marché plus vite que l autre et serait capable de racheter l autre sous la forme d une OPA. Si l Etat se décide à avoir une vraie stratégie pour moderniser son infrastructure sur le modèle britannique, cette entreprise serait celle qui gagnerait son extension européenne. RECOMMANDATION 3 : DILIGENTER UNE ÉTUDE POUR CARTOGRAPHIER L ENSEMBLE DES ACTEURS NATIONAUX, EUROPÉENS ET ÉTRANGERS OEUVRANTS POUR LA STANDARDISATION DU CLOUD POUR EVALUER LES PRIORITÉS Après ce dossier et sa partie sur la standardisation, il apparaît que de nombreux organismes de standardisation ont vu le jour. Ces organismes dépendent d institution nationales ou internationale publiques ou privées. Ce travail n avait pas pour but de se pencher sur leur aspect juridique. Dans une démarche de réflexion à moyen terme il est primordial de se joindre à certains de ces groupes d où l intérêt de hiérarchiser ces groupes par ordre d importance afin d être acteur des normes qui émergeront et ne pas les subir. Les enjeux primordiaux sont l interopérabilité des systèmes et la réversibilité des données. Par ces normes, les entreprises européennes ont la possibilité de freiner l expansion des clouds étrangers leur permettant de gagner un peu de temps pour atteindre la taille critique. L Allemagne a déjà identifié les principales structures (cf. annexe 11), il serait intéressant de se baser sur ce travail afin de voir où es français peuvent encore espérer influer sur les nomes. Plan d action : - Embaucher un stagiaire en intelligence économique ayant une fibre européenne, stratégique mais aussi des notions d affaires publiques ; - Lui faire travailler sur le document allemand qui date du printemps 2011 ; 66

68 - Le but de cette cartographie serait de d effectuer des recommandations afin de sélectionner le groupe qui avance le plus en terme de normalisation afin de remporter l appel d offre européen qui devrait avoir lieu ; - Enfin, ces recommandations permettraient de définir une stratégie de lobbying à l échelle de l Etat français. RECOMMANDATION 4 : PARTICIPER AUX DIFFÉRENTS GROUPES DE TRAVAIL EUROPÉENS IDENTIFIÉS POUR REMPORTER LES APPELS D OFFRE ET ÉDITER LES NORMES D INTEROPÉRABILITÉ, DE SÉCURITÉ, ET DE REVERSIBILITÉ. Différents organismes européens et internationaux travaillent à l édiction de normes concernant le cloud computing. Qu elles soient à la fois sur la terminologie, les standards de communication ou encore l interopérabilité entre les systèmes, les clouds souverains se doivent de participer activement à l élaboration de ses normes pour diriger le marché et de ne pas juste s adapter aux normes déjà établies par d autres acteurs. En effet, comme dit ci-dessus, le concept de cloud souverain étant plutôt européen, les acteurs français ont tout intérêt à devenir acteur des normes pour être beaucoup plus offensif sur ce marché. Pour concurrencer les entreprises américaines, il y a nécessité pour ces fournisseurs de cloud d atteindre la taille critique que peut offrir les 600 millions d habitants de cette zone. Qui plus est, en devenant acteur des normes, le cloud souverain français n aura pas à s adapter au contraire imposés par des concurrents extra nationaux ou extra européens. Si les acteurs français ou européens s allient, ils pourraient faire contrepoids et passer une loi interdisant aux données des entreprises nationales d être hébergées dans un cloud dont l infrastructure ne serait pas maîtrisée. Plan d action : D après les différents documents analysés, il n est pas à exclure que l Union Européenne sorte un appel d offre pour s équiper en cloud computing. Il peut y avoir plusieurs manières de remporter cet appel d offre : - S allier avec les cloud souverain Allemands et Britannique pour éviter et annihiler l éventuelle concurrence américaine sur ce marché ; 67

69 - Créer une forme de coopétition avec les autres acteurs du cloud souverain européen afin de créer le marché pour l Union Européenne et se le répartir par domaine de compétence ; - Etre plus offensif que les autres afin de s imposer sur le marché. Après avoir défini la stratégie à adopter il pourrait être utile et à analyser d exploiter la présence en vue d influence dans les groupes suivants : - EuroCloud (Eric Pigal ou encore Henry-Michel Rozenblum sont des acteurs de la législation du cloud) ; - ETSI qui via son comité technique, le TC CLOUD ; - ITU et son groupe FG cloud (où Orange est déjà présent) ; - IEEE qui comprend plusieurs groupes de travail. - RECOMMANDATION 5 : ACCÉLÉRER LE DÉPLOIEMENT DES PRODUITS CLOUD SOUVERAIN La Caisse des Dépôts finançant à 33% ces projets, elle doit avoir un droit de regard et un rôle de guide sur ces entreprises qui suivent des intérêts privés. Même si l accélération de ces produits doit conduire à des partenariats avec des structures privées disposant d infrastructure convertissable en cloud, les produits doivent être développés rapidement. En effet, il est primordial d obtenir une taille critique afin de bénéficier d économies d échelle pour rendre les prix des offres souveraines compétitives par rapports aux offres concurrentes. Plan d action : - Investir dans l infrastructure afin d avoir une puissance de calcul suffisante pour atteindre une taille critique ; - Cet investissement peut être fait via le développement de partenariat avec des entreprises privées n utilisant pas toute leurs infrastructures ; - S allier avec l écosystème de startup existant pour diversifier les offres et ne pas se focaliser uniquement sur la vente de service en IaaS, cela permettrait également de dynamiser le tissu industriel français. 68

70 RECOMMANDATION 6 : ÉFFECTUER UNE VEILLE PERMANENTE SUR LE MARCHÉ DU CLOUD DANS LE BUT DE REPÉRER DES STARTUPS OU ENTREPRISES DÉVELOPPANT UN PRODUIT INNOVANT ET DIFFÉRENCIANT PAR RAPPORT AUX OFFRES EXISTANTES Les projets de cloud souverains français ayant vu le jour sans benchmark préalable, il est indispensable que ces consortiums développent un système de veille opérationnel pour repérer des startups à haut potentiel. Cela leur permettrait un rapide développement, une différenciation ou une capacité d innovation plus rapide. Ces start-up ou entreprises innovantes doivent permettre aux cloud souverains déjà en retard sur le marché de se différencier afin d accroître leur notoriété et surtout leurs offres de services tout en diminuant leurs structures de coût. Plan d action : - Embaucher un chargé de veille spécialisé dans l univers startup pour ce poste ; - Dans une optique internationale, repérer des startups prometteuses et tenter de les ramener dans le giron français sous l égide du cloud souverain. RECOMMANDATION 7 : AXER SUR UNE COMMUNICATION PLUS AGRESSIVE CONCERNANT LES DONNÉES STOCKÉES À L ÉTRANGER Il est ici question de dépendance, de souveraineté nationale mais aussi de préservation des données. Pour le moment, la plupart des données stockées dans le cloud le sont dans des infrastructures que la France ou les entreprises françaises ne maîtrisent pas. Il serait de bon augure d éduquer le public à la protection des données, leur préservation sur le territoire national ou européen doit être une condition non négociable pour les entreprises dites stratégiques en France. Cette recommandation doit s accompagner d un déploiement rapide des infrastructures de cloud souverain afin que ces entreprises ne se retrouvent pas dans l impasse. 69

71 Plan d action : - Définir des spots de publicité faisant se poser les bonnes questions concernant la dépendance vis-à-vis des infrastructures américaines sur le modèle des spots publicitaires de CloudWatt ; - Mettre en avant le facteur différenciant des clouds souverains sur les supports de communications ; - Cette communication se doit d être soutenue par l Etat afin de permettre aux potentiels clients d y voir plus clair au sein des différentes offres (sous réserve que l Etat acquiert une légitimité via son plan stratégique). RECOMMANDATION 8 : L ETAT, PAR SA PRÉSENCE DANS LE CAPITAL DE CE CONSORTIUM SE DOIT DE DÉVELOPPER UNE GOLDEN SHARE DE MANIÈRE À CE QUE LE CLOUD SOUVERAIN NE PUISSE SUBIR D OPA TANDIS QUE LEURS SERVEURS CONTIENNENT DES DONNÉES STRATÉGIQUES FRANÇAISE. Dans notre économie de plus en plus numérisée, l Etat, actionnaire à 33% de chaque consortium se doit de développer une stratégie de long terme empêchant la montée au capital d entreprises étrangères ayant des intentions hostiles sur les informations des entreprises stratégiques françaises stockées dans le cloud. Pour se faire, il est important que l Etat provisionne afin de parer à toute menace, dans un secteur ou le chiffre d affaire des concurrents se chiffrent en Milliards d USD. L Etat doit faire que la confiance des dirigeants de tous types d entreprises soit inébranlable quant à une possibilité de déstabilisation financière afin de pouvoir accéder aux économies d échelles et aux créations d emploi et à la croissance permises par le cloud. Plan d action : - L Etat doit provisionner suffisamment de capital pour empêcher une quelconque OPA sur ses infrastructures ; - L Etat doit pouvoir avoir une minorité de blocage. 70

72 RECOMMANDATION 9 : DEVELOPPER LA FORMATION DES INGÉNIEURS ET COMMERCIAUX POUR LE CLOUD AFIN DE POUVOIR AU MIEUX APPRÉHENDER LE FUTUR MARCHÉ DE L EMPLOI La France dispose de filières spécialisées dans les systèmes d informations. Les écoles formant ingénieurs et/ou managers sont encore parmi les meilleures du monde. Le cloud tend à s imposer par nature, il est urgent de proposer une filière permettant de garder cette excellence afin de garantir la pérennité des emplois à forte valeur ajoutée dans notre pays et aussi d éviter la fuite des cerveaux vers l étranger. Plan d action : - Identifier les principales contraintes techniques nécessitant une compétence spécifique ; - Identifier les emplois techniques ou commerciaux ou la demande est très supérieure à l offre - Définir, via des professionnels, des formations en partenariat avec différentes écoles sous formes, par exemple, d apprentissage afin de s adapter au plus vite au marché RECOMMANDATION 10 : PARTIR À LA CONQUÊTE DE MARCHÉS INTERNATIONAUX L influence française dans le monde est encore présente. Cela peut donc permettre aux services de cloud de profiter d un marché faisant office de pré carré. En effet, ces pays ont également besoin de moderniser leurs infrastructures ce qui peut permettre au cloud souverain d atteindre une taille critique plus facilement. Certains de ces pays se trouvant en Afrique ne sont pas la priorité des fournisseurs de cloud étrangers et la France a encore l avantage de la langue. Plan d action : - Définir des partenariats avec des fournisseurs de cloud, de bande passante et des entreprises d énergie pour la construction de data center ; - Former les ingénieurs locaux à l utilisation du cloud ; 71

73 - Mutualiser les data center français et étrangers afin de développer la puissance de calcul du cloud souverain et profiter des économies d échelles. 72

74 LISTE DES ANNEXES Annexe 1 : Avis du Comité économique et social européen sur la «Communication de la Commission au Parlement européen, au Conseil, au Comité économique et social européen et au Comité des régions Exploiter le potentiel de l'informatique en nuage en Europe» Avis du Comité économique et social européen sur la «Communication de la Commission au Parlement européen, au Conseil, au Comité économique et social européen et au Comité des régions Exploiter le potentiel de l'informatique en nuage en Europe» COM(2012) 529 final (2013/C 76/11) Rapporteur: M. PIGAL Le 14 août 2012, la Commission européenne a décidé, conformément à l'article 114 du traité sur le fonctionnement de l'union européenne, de consulter le Comité économique et social européen sur la «Communication de la Commission au Parlement européen, au Conseil, au Comité économique et social européen et au Comité des régions - Exploiter le potentiel de l'informatique en nuage en Europe» COM(2012) 529 final. La section spécialisée «Transports, énergie, infrastructures, société de l'information», chargée de préparer les travaux du Comité en la matière, a adopté son avis le 18 décembre Lors de sa 486 e session plénière des 16 et 17 janvier 2013 (séance du 16 janvier 2013), le Comité économique et social européen a adopté le présent avis par 158 voix pour, 2 voix contre et 7 abstentions. 1. Conclusions et recommandations 1.1 Le Comité voit dans le Cloud Computing (CC) une opportunité de croissance et de compétitivité pour l Europe, et souhaite, par le présent avis, proposer une vision différente et complémentaire de celle qu'expose la Commission dans sa communication. Le Comité encourage fortement la Commission à considérer avec attention cette proposition et à ajuster sa stratégie CC en fonction. 1.2 Le Comité partage le point de vue de la Commission sur la nécessité de développer l usage du CC en Europe afin de rendre son économie plus agile, plus performante et innovante. Il soutient donc les 3 actions proposées par la Commission: faire un tri dans la jungle des normes techniques et soutenir les systèmes de certification; élaborer des conditions contractuelles types «sûres et équitables» pour les contrats CC; créer un partenariat européen associant les États membres et les entreprises pour développer des secteurs publics s appuyant sur le CC. 1.3 L usage du Cloud Computing renforce la nécessité de protéger les citoyens, leurs données et leur vie privé. C est pourquoi le Comité encourage la Commission à continuer dans cette voie, notamment par la coopération internationale et par le renforcement d un cadre réglementaire pour: protection des données et vie privée; les accès gouvernementaux aux données; le contrôle des données et la gestion des conflits entre utilisateurs et fournisseurs; la portabilité et l interopérabilité. Le Comité rappelle aussi que ces efforts de protection auront une efficacité maximale pour des données stockées par des fournisseurs CC sur le territoire Européen. 1.4 En parallèle et complément aux usages facilités du CC, et s inspirant de la réussite qu ont connue les USA dans le CC, le Comité recommande que la Commission s attache à favoriser la création d une production européenne d énergie numérique, autrement dit l émergence et le renforcement de fournisseurs européens d infrastructure CC (IaaS: «Infrastructure as a Service»). Pour cela, plusieurs voies peuvent être envisagées: 73

75 encourager des acteurs européens à se mobiliser et à investir dans des projets de production d énergie numérique. Les entreprises cibles pourraient notamment être les opérateurs de télécommunication, les éditeurs de logiciels, etc.; renforcer les allocations des Fonds structurels ou favoriser l'emploi des subventions afin de favoriser l émergence de centres de données CC gérés et opérés par des acteurs européens; le financement européen du haut débit pourrait servir de modèle pour celui du CC; FR Journal officiel de l Union européenne C 76/59 lancer des projets européens sur lesquels des consortia européens pourraient proposer des offres compétitives et renforcer ainsi leurs activités, les services, leurs produits. L objectif est de profiter de conditions favorables (protection des données forte en Europe, craintes des utilisateurs vis-à-vis de fournisseurs trop distants, besoin de garanties fortes de sécurité, etc.), pour permettre l émergence de fournisseurs CC européens, qu ils soient locaux, nationaux (Cloud Souverain) ou transfrontaliers (consortia sur plusieurs États membres). 1.5 Les restructurations liées à la «cloudification» des services informatiques, les pertes d emplois, les délocalisations, la virtualisation et distanciation entre les utilisateurs et les informaticiens sont autant d aspects négatifs qu il convient de prendre en compte. Or cet impact social n est pas mentionné dans la communication de la Commission. Au contraire, la Commission s appuie sur les perspectives d un cabinet d analyse pour annoncer que le CC devrait conduire à la création de 2,5 millions d emplois. Le Comité s interroge pour savoir si ces chiffres ne sont pas inatteignables et déconnectés de la réalité du terrain informatique. 1.6 En complément au Partenariat européen du CC (ECP), la Commission devrait engager au plus vite le développement d un «texte de type Cloud First Policy» (s inspirant de celles des USA ou de la Nouvelle- Zélande) pour favoriser l usage du CC, parmi les administrations européennes et des États membres. L objectif en est de casser les barrières culturelles ou les craintes individuelles, et naturellement de bénéficier de la plus grande flexibilité des services, mais aussi de la réduction importante des coûts liées au CC. Naturellement, le Comité insiste pour que la Commission intègre, dans cette «Cloud First Policy», des gardefous à l utilisation du CC dans les services publics et certains secteurs privés sensibles afin de contrôler, voire d empêcher, son hébergement par des fournisseurs soumis à des réglementations nationales à risque; par exemple le «Patriot Act» pour les fournisseurs nord-américains, même quand ils sont implantés en Europe. 1.7 Une des principales difficultés et craintes des utilisateurs (individuels ou entreprises) concernant le CC est la gestion de conflits avec un fournisseur hors de leurs frontières. S inspirant du e-commerce, tout aussi globalisé et international que le CC, le Comité, qui a produit un avis sur le sujet ( 1 ), suggère que la Commission intègre l ODR (Online Dispute Resolution) comme une possible solution pour résoudre, par la médiation, la plupart des conflits, notamment ceux impliquant plusieurs juridictions. Cette médiation, devant être indépendante et impartiale, pourrait être confiée à une agence européenne existante ou nouvelle. Celle-ci se chargerait de la modération et la négociation entre les fournisseurs et les utilisateurs du CC. De plus, cette activité de médiation permettrait d identifier les principales causes de conflits, les dysfonctionnements récurrents, les besoins d ajustement des pratiques ou réglementations. 1.8 Même si les différentes interventions (conférences, presse, etc.) des représentants de la Commission ont confirmé leur volonté de soutenir la communication, la sensibilisation et la formation des utilisateurs potentiels du CC, la communication ne propose pas de mesures concrètes et chiffrées. Le Comité attend donc que la Commission complète sa communication avec notamment des initiatives visant en priorité les utilisateurs les moins sensibilisés au CC, c'est-à-dire: l éducation des utilisateurs individuels sur les protections et précautions d usage liées au CC; conditions générales ou contrats, la protection de la vie privée, etc.; la sensibilisation des PME sur les bénéfices qu elles peuvent attendre du CC; réduction des couts, flexibilité et agilité des développements informatiques, etc. 1.9 Le Comité propose que le Commission ajoute à la communication l élaboration de normes sur les consommations d énergie des centres de serveurs spécialisés dans le CC Concernant les actions que la Commission se propose d entreprendre, le Comité suggère qu un agenda précis soit établi, et que des dates et rapports d avancement soient précisément et explicitement planifiés pour chacun des chantiers envisagés. 2. Proposition de la Commission 74

76 2.1 Pour rappel, le CC peut être expliqué par la phrase introductive de la communication: «L'informatique en nuage peut se résumer au stockage, au traitement et à l'utilisation de données contenues dans des ordinateurs distants [sans en connaitre précisément la localisation] et auxquelles on accède par Internet».FR C 76/60 Journal officiel de l Union européenne ( 1 ) Avis du CESE sur le «Règlement extrajudiciaire des litiges de consommation», JO C 181 du , p. 93 et sur le «Règlement en ligne des litiges de consommation», JO C 181 du , p. 99. En complément, le Comité a adopté en 2012 un avis traitant exclusivement du CC ( 2 ). Les travaux du National Institute of Standards and Technology (NIST), du Parlement européen et du Contrôleur européen de la protection des données sont aussi tout à fait intéressants. La Commission a publié deux documents (la saisine de la Commission au Comité porte exclusivement sur le premier document): une communication («la communication») qui présente la stratégie CC de la Commission européenne («la Commission»); un document d'analyse d'impact. 2.2 La Commission propose trois «actions stratégiques» pour stimuler l usage du CC en Europe: faire un tri dans la jungle des normes techniques et soutenir les systèmes de certification à l'échelle de l'ue pour les prestataires de services en nuage fiables; élaborer des conditions contractuelles types «sûres et équitables» pour les contrats CC, notamment pour les accords sur les niveaux de service; créer un partenariat européen en faveur du CC associant les États membres pour développer, ensemble, des secteurs publics basés sur le CC. 3. Observations générales 3.1 Le Comité propose une nouvelle vision du CC, illustré par le concept d «énergie numérique» qui tend à se généraliser pour évoquer la capacité informatique (stockage, traitement, transfert d informations) mise à disposition par le CC. L énergie numérique est mise à disposition sans avoir à connaître (pour les consommateurs) le mode de production, autrement dit, le centre de données, sa localisation, les technologies utilisées, etc. Apparaît aussi une nouvelle segmentation du marché: aux utilisateurs et prestataires de services, viennent maintenant s ajouter des producteurs d énergie numérique, capables de réaliser d énormes investissements (en milliards de dollars) pour mettre en place des centres de CC. 3.2 L énergie numérique devient un enjeu économique et stratégique comme les autres énergies (fossiles, électriques, etc.). D abord, la maîtrise de cette énergie (que ce soit pour la production ou la distribution) est à la base du potentiel de croissance et de la création d emplois tels qu envisagés dans l Agenda numérique. De plus, un rôle actif dans la production d énergie numérique est nécessaire pour assurer à l Union européenne et ses États membres une indépendance et autosuffisance stratégiques (au moins partielle). 3.3 Le développement du CC en Europe passe donc par la maitrise de toute la chaine de valeur de l énergie numérique (usage, services et production) comme l illustre le tableau suivant: Niveau de développement Description Objectifs politiques Description Usage Usage croissant de solutions de CC par les particuliers, les entreprises et les services publics Cloud Friendly L'Europe utilise les technologies développées et l'énergie numérique produite en dehors de ces frontières. Services Émergence d un nouvel écosystème CC spécialisé dans le développement de logiciels s appuyant sur une infrastructure CC Cloud Active (*) L'Europe est non seulement utilisatrice, mais aussi active dans l énergie numérique; par l'innovation et le développement de nouveaux services Production Capacités informatiques mises à disposition des prestataires de services et des utilisateurs (par ex. les «mégafermes» de serveurs à la base de l'infrastructure CC) Cloud Productive (**) 75

77 L'Europe ne se contente pas de proposer des services pour consommer l'énergie numérique produite par d'autres, elle est aussi productrice pour être indépendante et autosuffisante (*) M me Neelie KROES, vice-présidente de la Commission européenne, en charge de l Agenda Numérique, a défendu ce niveau de développement dans de nombreuses interventions. (**) Le CESE a proposé cet objectif politique plus ambitieux dans son avis précédent sur le CC (dossier TEN/452). FR Journal officiel de l Union européenne C 76/61 ( 2 ) Avis du CESE sur «L'informatique en nuage (cloud computing) en Europe» (Avis d'initiative), JO C 24 du , p. 40. Les dernières décennies permettent de mesurer toute l importance que revêt la dépendance des États membres ou même de la zone Europe vis-à-vis de différentes sources d énergie: pétrole, gaz, électricité, etc. Si, à l avenir les informations des citoyens, des entreprises et des services publics européens devaient être hébergées, gérées et contrôlées par des acteurs du CC non européens, on peut légitimement s interroger sur les effets d une telle dépendance: la protection des informations les plus sensibles si elles sont au coeur d une compétition stratégique entre des pays non européens et européens; par exemple l aéronautique, l automobile, la pharmacie, la recherche, etc.; la disponibilité des informations dans l hypothèse de tensions internationales entre des pays «hébergeurs» et des États membres; l égalité de traitement des consommateurs d énergie numérique selon qu ils soient citoyens ou organisations d un pays «ami» ou non; la création d emplois et de richesses par la production d énergie numérique, mais aussi par tout l écosystème de développement de services, dans les pays hébergeurs; et ce, au détriment des pays simples utilisateurs, s étant contentés d être «cloud-friendly». 3.4 Or, l Europe est déjà très dépendante de fournisseurs non européens pour la fourniture de matériels, de logiciels et de réseaux informatiques. Les stars des réseaux sociaux sont issues des USA. Les moteurs de recherche les plus populaires sont contrôlés par des firmes basées soit aux USA, soit en Chine. Les développements informatiques sont de plus en plus externalisés en Inde ou d autres pays à bas coûts. Actuellement, la production d énergie numérique est presque totalement contrôlée au niveau mondial par un oligopole de producteurs. Le premier acteur européen est, selon certaines études, OVH (acronyme de «On Vous Héberge» - com), sans qu il bénéficie pourtant de la même visibilité et puissance mondiale. Quelques initiatives ont été lancées par des opérateurs de télécommunications tels que T-Systems, Telefonica Digital, Cloud Sigma, Numergy/SFR ou Cloudwatt/ Orange; sans qu'ils soient, cependant, en position de rivaliser avec les leaders du marché: Amazon, Microsoft et Google. 3.5 Actuellement, même s il existe certaines différences entre les réglementations des États membres, elles restent proches des textes, normes et directives européens, d où les craintes des utilisateurs, parfois légitimes, de voir leurs informations délocalisées en dehors de la zone Europe, avec des difficultés et blocages judiciaires en cas de litige. De plus, l aspect qui catalyse le plus les craintes des utilisateurs est le «patriotact». Issu de la lutte contre le terrorisme (après les attentats contre les tours jumelles du World Trade Center), il permet au gouvernement des USA ou à un juge fédéral d accéder à n importe quelle information; son propriétaire peut être américain ou non, la seule condition est qu elle soit hébergée et contrôlée par une société américaine; y compris, si les données sont hébergées dans un centre sur le sol européen. Surtout, le propriétaire de ces informations ne peut pas être informé que l hébergeur a révélé les données hébergées. 3.6 Économiquement, le secteur devrait, selon la Commission, permettre de créer 2,5 millions de nouveaux emplois d'ici huit ans en Europe et contribuer à hauteur de 160 milliards d'euros par an au PIB de l'union européenne (1 % environ). Le Comité s interroge sur la pertinence de ces objectifs chiffrés. En effet, une analyse détaillée de l impact du CC sur le terrain fait apparaître que: les services d exploitation seront «mutualisés» entre les clients du CC, s accompagnant naturellement d une réduction des effectifs, voire d une délocalisation; le CC favorise l utilisation de logiciels standards (cf. SaaS) au détriment de développements plus spécifiques qui requièrent aussi plus de développeurs. Donc là aussi, une perte d emplois est à prévoir. Or dans la communication, l impact social décrit ci-dessus n est pas mentionné ni pris en compte; pas plus, d ailleurs, que les restructurations liées à la «cloudification» des services informatiques, les pertes d emplois, les délocalisations, la virtualisation et la distanciation des utilisateurs et des informaticiens. 3.7 Le simple usage du CC permet déjà des économies d énergie pour les équipements informatiques. En parallèle, les grands fournisseurs de CC (espace de stockage et services associés) possèdent des fermes de 76

78 serveurs dont la majorité utilise des processeurs ayant une consommation de l ordre de 100 W/h par unité, et qui pourrait être divisée par 10 à court ou moyen terme. Quelques constructeurs de microprocesseurs offrent des processeurs bon marché, dégageant moins de chaleur (un vrai problème pour la climatisation des salles machines) et consommant moins d énergie.fr C 76/62 Journal officiel de l Union européenne Observations particulières 4.1 La Commission s intéresse principalement au Cloud public sans se pencher sur le marché du Cloud privé. Il s agit pourtant d une approche considérée comme fiable et parfois nécessaire pour les informations critiques avant de passer au «tout Cloud Public». Il convient de noter que par Cloud public, il faut comprendre «Cloud publiquement disponible» et non «Cloud pour les services publics». 4.2 Dans le paragraphe d introduction, il est mentionné que la technologie Cloud pourrait être porteuse de risques supplémentaires, ce qui ne reflète pas nécessairement la réalité; en effet, le Cloud apporte certes de nouveaux risques, mais en supprime aussi certains autres. 4.3 Certains termes anglophones tels que «cloud-friendly» ou «cloud-active» sont difficilement traduisibles dans d autres langues; dans certains cas, la traduction de la communication a totalement dénaturé le propos de la version originale. Par exemple en 3.1 et 3.2 «cloud-friendly» et «cloud-active» sont traduits (dans certaines langues) de manière identique alors qu ils reflètent des objectifs différents. 5. Analyse du Comité économique et social européen 5.1 Les propositions de la Commission pour développer l usage du Cloud visent à: l amélioration des contrats liant les consommateurs et les fournisseurs d énergie numérique; il s agit d imposer (ou d empêcher) certaines clauses afin de mieux protéger les utilisateurs individuels ou les petites entreprises face à la puissance de certains producteurs; l émergence de normes cohérentes et reconnues de tous, qui faciliteront l interopérabilité, voire la portabilité, entre deux plateformes Cloud; la définition d un marché unique européen du CC s appuyant sur un cadre légal cohérent, possiblement unique entre les États membres. Toutes ces propositions sont concrètes, réalistes et nécessaires; elles recueillent donc l entier soutien du Comité. Ce dernier note cependant que les deux premières propositions ne portent pas sur des difficultés propres à l Europe. Il aurait donc attendu que la Commission, par sa communication, s attaque prioritairement à des difficultés spécifiquement européennes. 5.2 Le Comité reste attaché aux objectifs fondamentaux de l Agenda numérique; notamment: positionner l Europe, ses États membres et ses acteurs économiques, en leader des secteurs informatiques et télécommunications; atteindre une certaine indépendance vis-à-vis d autres zones économiques actuellement leaders ou émergentes; et surtout, la création d emplois et de richesses au sein même de l Europe. 5.3 Concernant le développement de l «usage» du CC, la section 3.1 mentionne à deux reprises le terme anglais de «cloud-friendly» comme objectif à atteindre. Or la commissaire en charge de l Agenda numérique, dans ses nombreuses interventions pour soutenir le CC, défend, elle, l objectif de rendre l Europe «cloud-active». La Vice-présidente de la Commission européenne, M me Neelie KROES, indiquait à Davos le 27 janvier 2011): «I want to make Europe not just cloud-friendly but cloud-active» («Je veux rendre l'europe non seulement cloud friendly, mais surtout cloud-active») et annonçait officiellement la communication par un article du 27 septembre 2012 sur son blog «Making Europe cloud active» («Rendre l'europe cloud-active»). Le niveau de développement défendu dans ces interventions est donc plus ambitieux que le seul «cloud-friendly». Le Comité s étonne donc de l écart entre les objectifs légitimement défendus par la Vice-présidente de la Commission, avec, en deçà, la réalité des actions proposées dans la communication. De plus, il rappelle que, dans un précédent avis ( 3 ), il avait encouragé la Commission à être plus ambitieuse que «cloud- active» pour l Europe, en proposant qu'elle vise à être «cloud- productive». 5.4 La communication ne propose pas la création d un acteur européen, un «super-nuage européen», pour la production d énergie numérique. Compte tenu de la mission de DG Connect, de la difficulté de la création d un tel «géant», le Comité comprend et soutient cette position. Les différents acteurs du secteur rencontrés 77

79 (opérateurs de télécommunication, éditeurs de logiciels, intégrateurs de systèmes, etc.) sont d ailleurs unanimes pour renforcer cette position. Il n en reste pas moins qu entre un irréaliste «géant» européen, et des «micro-cloud» européens cantonnés aux marchés de niche face à la puissance marketing, commerciale et financière d acteurs globaux et noneuropéens, un juste milieu Européen existe! La proposition du Comité vise à l émergence et au renforcement d acteurs européens majeurs en charge de méga-centres CC, la future Industrie numérique Européenne! Ces acteurs pourront être locaux, nationaux (Cloud Souverain) ou transfrontaliers (consortia sur plusieurs États membres).fr Journal officiel de l Union européenne C 76/63 ( 3 ) Avis du CESE sur «L'informatique en nuage (cloud computing) en Europe» (Avis d'initiative), JO C 24 du , p Le Comité fait aussi remarquer que, sans avoir la taille des leaders du marché, les acteurs CC européens bénéficient de plusieurs avantages concurrentiels: les clients du CC sont encore extrêmement prudents et préfèrent un fournisseur CC de proximité, possiblement national ou même régional, même si cette prudence ne permet pas de maximiser les réductions de coûts du CC; la réglementation sur la protection des données en Europe et dans les États membres reste complexe pour les utilisateurs et favorise le choix d un fournisseur CC national; la réglementation internationale, à laquelle des fournisseurs d autres pays non européens sont tenus, n est à l heure actuelle pas appropriée pour le CC; l exemple le plus connu étant le Patriot Act aux USA. Or, ces conditions favorables pour l émergence d acteurs européens ne dureront pas. Il est donc important et urgent que la Commission agisse pour favoriser l émergence d acteurs européens dans cette période encore favorable. 5.6 Dans la section 2 de la communication il est indiqué: «il est peu vraisemblable que les efforts déployés isolément au niveau national s'avèrent très rentables». Le Comité encourage la Commission à réexaminer sa position vis-à-vis du Cloud souverain. D une part, nulle part dans la communication ou l analyse d impact, cette affirmation n est étayée par le moindre élément factuel, fait assez surprenant compte tenu de la sévérité de l affirmation. D autre part, sauf à proposer une solution alternative, qui n est pas non plus dans la communication, les critiques vis-à-vis des clouds souverains ou locaux sont sévères et pourraient compromettre toute solution crédible pour construire une offre CC robuste, durable et compétitive, face aux géants des autres zones géographiques (Inde, Chine ou USA). 5.7 L approche proposée, à travers le Partenariat du Cloud européen, est très largement centrée sur le secteur des services publics souhaitant (cf. section 3.5) «investir le secteur public d un rôle moteur». Le Comité reconnait et appuie la position de la Commission sur l importance des services publics dans les modèles socio-économiques en Europe. Ils ont donc un rôle à jouer dans le développement du CC. Cependant, le Comité peut difficilement envisager que, dans un contexte généralisé de restrictions budgétaires, les services publics européens puissent être les moteurs de l innovation CC. Il rappelle d ailleurs que les plus remarquables réussites européennes ont été portées soit par le secteur privé (exemple: la téléphonie mobile, les cartes à puce), soit par un secteur privé bénéficiant de soutien public (exemple: Airbus, Ariane Espace, etc.). Le Comité recommande que la Commission soit plus explicite sur le «rôle moteur» envisagé par ce partenariat. 5.8 L approche proposée par la Commission s inscrit dans un modèle «top-down»; autrement dit, faciliter l usage, pour encourager l émergence des services et possiblement de la production d énergie numérique. Le Comité soutiendrait tout à fait cette montée en puissance progressive tirée par la demande; dans un environnement vierge de tout acteur dominant, ou avec un équilibre entre les acteurs européens et non européens. Malheureusement, cet environnement n existe plus, et les principaux acteurs du Cloud sont non européens et dans une position oligopolistique. Le développement de l usage du Cloud pourrait donc avoir des effets contre- productifs renforçant encore la position de ces leaders. Sans refuser ce développement, le Comité insiste pour que la Commission établisse des «garde-fous» pour que ses actions bénéficient aux acteurs européens et leur permettent d émerger face à la position dominante d acteurs non européens. 5.9 En parallèle et complément à l approche «top-down» décrite précédemment, le Comité souhaite encourager la Commission à proposer des actions concrètes s inscrivant explicitement dans une approche 78

80 «bottom-up», c est-à-dire encourager la création de producteurs CC au niveau régional, national ou transfrontalier pour, par la suite, favoriser le développement des services et l usage du CC. D autres secteurs, tels que l automobile ou la téléphonie mobile, ont montré combien une production industrielle forte et puissante en Europe pouvait avoir un effet d entraînement sur les niveaux supérieurs (services et usages). Les mesures d encouragement pour ces secteurs pourraient être réutilisées pour la production d énergie numérique. Autre exemple, à prendre en compte, celui des USA. Le développement du CC dans ce pays a immédiatement adopté une approche «bottom-up», avec le succès que l on connaît! Le Comité s appuie donc sur cet exemple réussi de développement, à grande échelle, du Cloud, pour proposer à la Commission de s en inspirer et participer à un succès similaire en Europe.FR C 76/64 Journal officiel de l Union européenne La Commission, comme les autres institutions européennes, font un usage massif de moyens informatiques. Or à ce jour, les solutions développées ne sont que très rarement basées sur le CC. En parallèle, les USA ont mis en place le «Cloud First Act» qui impose aux administrations concernées de choisir prioritairement une approche Cloud. S appuyant sur ce succès, le Comité propose que la Commission s impose à elle-même, comme aux autres institutions, une «Cloud First policy», permettant ainsi le développement d un écosystème CC européen et des réductions de budgets de fonctionnement significatives Par le passé, la Commission avait développé et mis en place des actions de terrain; c était notamment le cas du «haut débit» et de la «modernisation informatique». Il s agissait notamment: de programmes d information et de communication visant à la sensibilisation et la formation des acteurs concernés localement; de programmes de développement de projets innovants visant au développement d écosystèmes locaux, y compris dans des régions considérées comme exclues de l innovation; de subventions visant à la modernisation des services publics, tels que l'administration en ligne. Compte tenu du succès de ces programmes passés, le Comité encourage la Commission à planifier et budgéter un programme similaire spécifiquement pour le CC. Le CESE préconise que des bases de données institutionnelles et sécurisées soient intégrés de manière réglementée, graduellement mais le plus tôt possible dans l'environnement de l'informatique en nuage. Cela permettrait aux citoyens de gérer plus facilement les données sensibles au sens du droit européen ou national et, dans le même temps, d'accroître leur confiance dans l'informatique en nuage La Commission propose une série d actions pour le développement du CC. La communication ne présente pas, pour ces actions, un planning précis et resserré. Le Comité encourage la Commission à rendre public, au plus vite, un tel calendrier. En effet les évolutions autour de la technologie CC sont rapides; il est donc urgent et important que tous les acteurs puissent accorder et aligner leur propre stratégie avec les actions de la Commission. Bruxelles, le 16 janvier Le président du Comité économique et social européen Staffan NILSSONFR Journal officiel de l Union européenne C 76/65 Annexe 2 : Federal cloud computing strategy : Annexe 3: HM government: Government Cloud Strategy: https://www.gov.uk/government/uploads/system/uploads/attachment_data/file/85982/gover nment-cloud-strategy_0.pdf 79

81 Annexe 4 : Federal Ministry of Economics and Technlogy ICT Strategy of the German Federal Government: Digital Germany ,property=pdf,bereich=bmwi,sprache=en,rwb=true.pdf Annexe 5 : feuille de route du gouvernement sur le numérique nement_sur_le_numerique.pdf Annexe 6 : mots cléf : Cloud computing, cloud souverain, Numergy, CloudWatt, Caisse des Dépôts et Consignation, France, Europe, Big Data, Stratégie, croissance, vie privée, Patriot Act, souveraineté nationale, normalisation, influence, lobbying, IaaS, Paas, SaaS, numérique, dépendance, infrastructure Annexe 7 : groupe de travail et présence française à l ETSI : 80

82 Annexe 8 : glossaire Quantité d'information que peut véhiculer un canal de communication. La bande passante se mesure en bits par seconde (bps). Sur Internet, elle Bande passante correspond au débit maximal du tuyau qu'empruntent les données consultées Big Data Big data, littéralement les Grosses données, est une expression anglophone utilisée pour désigner des ensembles de données qui deviennent tellement volumineux qu'ils en deviennent difficiles à travailler avec des outils classiques de gestion de base de données. Cloud computing Le Cloud computing est un concept de déportation sur des serveurs distants des traitements informatiques traditionnellement localisés sur le poste utilisateur. Les noms officiels en français sont informatique dans le nuage, informatique en nuage, informatique dématérialisée, ou encore infonuagique Chaine de valeur Une chaîne de valeur est l'ensemble des étapes déterminant la capacité d'une organisation à obtenir un avantage concurrentiel. Ces étapes correspondent aux services de l'entreprise ou de manière arbitraire aux activités complexes imbriquées qui constituent l'organisation. Data center Salle informatique répondant à des normes strictes d'équipement (baie, électricité, climatisation, équipement réseau) permettant d'héberger des serveurs de données ou des équipements télécoms. Externalisation Fait de se séparer d'une activité faite soi-même, et de faire appel à une société de services spécialisés. 81

83 IaaS (Infrastructure As A Service) : C'est toute l'infrastructure qui a été conçue pour permettre d'offrir les mécanismes du "Cloud" de façon sécurisée (le matériel serveur, le stockage, la virtualisation, les réseaux). Infrastructure L'infrastructure est un ensemble d'éléments structuraux interconnectés qui fournissent le cadre pour supporter la totalité de la structure. Migration Une migration est, en informatique, le passage d'un état existant d'un système d'information ou d'une application vers une cible définie dans un projet ou un programme. PaaS (Platform As A service) : C'est un environnement dans lequel plusieurs logiciels créés ou acquis par le client fonctionnent en mode SAAS (Environnement de développement par exemple). Patriot Act SaaS (acronyme traduisible en français par : «Loi pour unir et renforcer l'amérique en fournissant les outils appropriés pour déceler et contrer le terrorisme»1) est une loi antiterroriste qui a été votée par le Congrès des États-Unis et signée par George W. Bush le 26 octobre Le logiciel en tant que service ou en anglais le Software as a Service (SaaS) est un concept consistant à proposer un abonnement à un logiciel plutôt que l'achat d'une licence Serveur Dans un réseau informatique, un serveur est à la fois un ensemble de logiciels et l'ordinateur les hébergeant dont le rôle est de répondre de manière automatique à des demandes envoyées par des clients ordinateur et logiciel via le réseau. 82

84 Souveraineté désigne le droit exclusif d'exercer l'autorité politique (législative, judiciaire et/ou exécutive) sur une zone géographique ou un groupe de peuples. Startup A l origine terme utilisé pour désigner les sociétés technologiques en début de vie et à fort potentiel de croissance rapide, l expression est désormais un peu vampirisée par les nouveaux acteurs de l Internet et désigne souvent les nouvelles sociétés de l Internet. SSII Une société de services en ingénierie informatique (SSII) (prononcez S-S-2- I ou 2-S-2-I) est une société de services spécialisée en ingénierie informatique. Virtualisation La virtualisation consiste à faire fonctionner sur un seul ordinateur plusieurs systèmes d'exploitation comme s'ils fonctionnaient sur des ordinateurs distincts NB : les définitions ont été trouvées suite à la requête «define :» de Google. La plupart proviennent de wikipédia. D autres, ont pu être trouvées sur des sites divers. 83

85 Annexe 9 : d autres organes de standardisation : 84

86 Source : Cloud Computing nouveaux modèles! Syntec Numérique 85

87 Annexe 10 : exemple de développement du cloud britannique : Source: Government IT Strategy (HM government) Annexe 11: The Standardisation environment for Cloud Computing, BMWI: 86

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