PME, Innovation technologique & Secteurs d application. Technologies Logicielles. Jean-Christophe Gougeon

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1 PME, Innovation technologique & Secteurs d application Direction de la technologie et des projets européens Technologies Logicielles Jean-Christophe Gougeon

2 INTRODUCTION DEFINITION ET SEGMENTATION DU SECTEUR DES «LOGICIELS ET SERVICES» Définition du périmètre sectoriel Les segments du marché du logiciel CARACTERISTIQUES DE L INDUSTRIE DES L&S ET PRINCIPAUX ENJEUX Logiciel et «effets de réseau» Chaîne de valeur du logiciel L industrie du logiciel : entre concentration et innovation, des structures de marchés vulnérables au progrès technique Contrôle des «standards» et stratégie d alliances Les nouveaux défis de l industrie des L&S... 9 Convergence et complexité technologique... 9 Convergence, intégration et mobilité... 9 Les enjeux liés au modèle économique issu de la convergence L Offshore L Open Source EVOLUTION ECONOMIQUE DU SECTEUR Chiffres-clés de l industrie des L&S au niveau mondial et européen Les spécificités de l industrie française des L&S Le marché français se caractérise par une taille critique insuffisante et un grand nombre d acteurs de petite taille positionnés sur des niches de marché Un maillage industriel soutenu par une forte dynamique de création d entreprises Une spécialisation très marquée sur les services informatiques La croissance va vers les grandes structures Tendances de l année TENDANCES TECHNOLOGIQUES ET R&D DANS LE SECTEUR DES TECHNOLOGIES LOGICIELLES Un «framework» technologique validé au niveau européen Les priorités «thématiques» du développement technologique dans le secteur des L&S Effort de R&D et technologies logicielles R&D au niveau européen : 6 è PCRDT et initiative ITEA R&D au niveau français : le RNTL ANALYSE DE L ACTION D OSEO ANVAR Une mission revisitée Interventions et typologie des aides Typologie des bénéficiaires Par taille des entreprises Par âge des entreprises Nouveaux bénéficiaires Analyse régionale des aides Potentiels régionaux : en nombre d établissements Potentiels régionaux : en volume d activité CA (M ) Potentiels régionaux : DIRDE-L&S (M ) Répartition régionale des aides OSEO anvar Création d entreprises et jeunes pousses Les Aides au Recrutement pour l Innovation (ARI) Partenariats et transferts de technologie Tendances technologiques des projets aidés FAITS MARQUANTS 2005 ET PERSPECTIVES FUTURES CONCLUSION ANNEXE 1 Répartition des 2500 éditeurs français de logiciels ANNEXE 2 Levées de fonds 2005 dans le domaine des technologies logicielles ANNEXE 3 Les 152 «gazelles» françaises du logiciel ANNEXE 4 Potentiel de R&D de l Ile-de-France en matière de L&S et systèmes complexes

3 Introduction Au sein d une économie mondialisée caractérisée par la montée en puissance des pays émergents, la capacité à innover est devenue le principal avantage compétitif des pays développés. Moteur essentiel du renouvellement du système productif, une forte capacité d innovation permet, au prix d efforts sans cesse renouvelés, d obtenir des gains de productivité élevés et une croissance durable. Un tel régime de croissance par innovation (fondé sur le savoir, l intensité des activités de R&D, le niveau technologique atteint et la compétitivité hors prix) s oppose au régime de croissance par imitation dans lequel l économie croît par adoption progressive de changements technologiques ou organisationnels initiés dans d autres pays. Pour Aghion & Cohen (2004) 1, le choix de l un ou l autre de ces deux régimes de croissance découle de la distance à la «frontière technologique mondiale». 2 Dans ce contexte, l industrie européenne des TIC est prise entre deux forces : l avantage coût des pays émergents (Corée, Chine, Inde) et la vigueur de l économie américaine qui conjugue : capacité à innover dans les secteurs clés, capacité à s approprier et à diffuser rapidement les percées technologiques pour les convertir en marchés nouveaux dans le monde entier. Selon ces auteurs, le positionnement de l Europe (et de la France en particulier) à la frontière technologique resterait fragile, fragilité dont témoignerait également le fléchissement des dépenses de R&D. Ainsi, l Europe se trouve à un carrefour de sa stratégie économique développée dans le cadre de l agenda de Lisbonne Sachant que plus le degré potentiel de progrès technologique d un secteur est fort (cas des technologies de l information et des communications - TIC), plus la distribution des niveaux technologiques des différents pays est concentrée sur les niveaux les plus «avancés», alors, une nette augmentation de notre effort de R&D en matière de TIC et plus particulièrement dans le domaine du logiciel (notamment pour les systèmes à logiciels prépondérants Software Intensive Systems, SIS) est une condition essentielle pour : non seulement atteindre l objectif des 3% fixé dans le cadre de l agenda de Lisbonne, mais surtout, pour inscrire durablement l innovation comme principal moteur de la croissance et se maintenir ainsi à proximité de la frontière technologique mondiale. Si l Europe a jusqu à présent échoué pour se maintenir au niveau des investissements américains de R&D, les réussites européennes en matière de «systèmes embarqués complexes à logiciel prépondérant» indiquent le chemin à suivre : investir dans le logiciel en s appuyant sur les grandes industries compétitives, plutôt que de chercher à combler le retard accumulé dans le secteur informatique traditionnel. 1 P.Aghion & E.Cohen (2004), «Education et Croissance», rapport du CAE, Paris, La Documentation Française. 2 La frontière technologique de l économie mondiale (entre ce qui est connu et ce qui reste à découvrir) se définit comme l ensemble des technologies les plus efficaces et les plus récentes implémentées dans les pays «leaders». 3 Suite au Conseil européen de Lisbonne (mars 2000), l Union européenne s était donné comme objectif de devenir la région économique la plus compétitive, la plus dynamique et la plus prospère du monde. Les chiffres plaident en ce sens, puisque d ici 2015 en Europe, le secteur traditionnel du logiciel devrait connaître une croissance de 60% alors que pour les «SIS» des les cinq secteurs industriels que sont : l automobile, la santé et les systèmes médicaux, les télécommunications, l électronique grand-public et l aérospatiale, le taux de croissance prévu est de 175%. L explosion des «systèmes embarqués complexes à logiciel prépondérant» ou autres «smart objects», qui prend sa source dans le mouvement de convergence des technologies de l information et de communication, constitue sans nul doute, la pierre angulaire de presque toutes les grandes industries, à commencer par celle des TIC et devrait de plus, modifier en profondeur nos façons de vivre, d échanger et de produire. Or l Europe du logiciel se trouve à la pointe de cette nouvelle révolution amorcée il y a une dizaine d années. Si le logiciel est définitivement entré dans la composition des produits, son rôle est aussi déterminant dans le «process d affaires» (SI, productique ) et surtout, dans le grand bouleversement dû aux utilisations industrielles de l Internet, ainsi que dans toutes les situations où la maîtrise de la connaissance de son métier par une entreprise passe par la maîtrise des logiciels qui en sont le support. Quelque soit la branche d activité, le logiciel est toujours à la source de la production : sa maîtrise est devenue stratégique. Mais le logiciel n est pas un secteur économique comme un autre ; c est avant tout une technologie, immatérielle de surcroît, dont le caractère particulièrement fongible et diffusant possède un impact qui s étend bien au-delà de son propre secteur d activité. Le logiciel a atteint durant la décennie 90 un véritable caractère d'ubiquité, non seulement pour les besoins des systèmes d'information, individuels ou collectifs, mais aussi en tant que partie, souvent prépondérante, de la valeur ajoutée de la plupart des branches industrielles, que ce soit de manière visible ou invisible comme pour le logiciel enfoui. En d autres termes, les effets d entraînement associés à ce secteur sont à la fois étendus et importants (utilisation de logiciels embarqués ou enfouis dans l industrie ; rénovation des services marchands et non marchands ). En étendant continûment le champ et les modalités de ses applications, le logiciel s impose comme une «technologie générique», comparable en cela à l'énergie. Créant plus de gisements de productivité que d emplois, c est bien l adoption et la diffusion de produits logiciels (ou à logiciel prépondérant), qui, davantage sans doute que leur conception ou leur production, apparaissent comme les éléments stratégiques de la compétitivité globale des économies fondées sur le savoir. Néanmoins, la plupart des logiciels se situant sur un marché mondialisé, les effets d entraînement associés au secteur du logiciel sont totalement délocalisés : les entreprises françaises profitent autant que leurs concurrents des gains de productivité liés à leur utilisation. Ceci pose clairement le problème des moyens d action possible d une action publique en faveur de l innovation dans le cadre d une économie globalisée : comment créer les conditions de «captation» de la rente associée à la production et à la diffusion de logiciels? Cette action peut certes porter sur l offre technologique, mais elle doit aussi porter sur la demande commerciale, 2

4 celle qui permet d obtenir la «taille critique» ou d imposer un standard de fait sur le marché. Obéissant à une logique de diffusion transversale, le logiciel est à la source de nombreuses «innovations disruptives», qui participent à l accélération des cycles d adoption des nouveaux produits et services à haute densité en logiciels. Cette accélération, liée à la maîtrise de la production des technologies logicielles, en termes de rentabilité et de productivité, est un défi majeur pour les différentes économies, notamment pour celles qui désirent rester à la «frontière technologique mondiale». Comme la plupart des grands pays industrialisés, la France s attache à favoriser et à stimuler l innovation, devenue un levier essentiel de la croissance à long terme de l économie. 2005, une redéfinition du système de soutien à la recherche et à l innovation De ce point de vue, 2005 est une année charnière où, sur un spectre allant de la recherche fondamentale jusqu à la mise sur le marché d un produit innovant et favorisant la collaboration public-privé et/ou Grands-Comptes-Pme, le système de soutien à la recherche et à l innovation a profondément évolué (cf. graphique ci-dessous). L évolution de ce système, vers une recherche plus collaborative, aura été principalement marquée par : la création d OSEO anvar (juin 2005), qui a pour objet de promouvoir et de soutenir le développement industriel et la croissance des Pme, notamment par l aide à l innovation technologique. Pour cela, sur la base de synergies dégagées au sein du groupe, OSEO déploie une offre enrichie et adaptée à tous les stades du processus d innovation et participe aussi à la mobilisation des financements nécessaires à la croissance des Pme sur des projets d innovation, individuels ou collaboratifs. la création de l Agence Nationale de la Recherche - ANR (février 2005) : chargée de soutenir le développement des recherches fondamentales et appliquées dans le cadre d un partenariat accru entre secteur public et secteur privé afin de contribuer au transfert des résultats de la recherche publique vers le monde économique. L ANR poursuit une double mission : produire de nouvelles connaissances et favoriser les interactions entre laboratoires publics et laboratoires d entreprise en développant les partenariats. L une de ses priorités est d appuyer les projets collaboratifs des Réseaux de Recherche et d Innovation Technologique (RRIT), qui regroupent, autour d une thématique technologique d avenir, laboratoires publics et entreprises ; la création de l Agence de l Innovation Industrielle (AII) : qui à vocation à soutenir en co-financement avec des entreprises, de grands projets industriels porteur de R&D, a priori sur un mode coopératif (sans que cela soit une obligation). Ces projets, dont la taille est supérieure à ce que les autres dispositifs existants peuvent assumer : entre 10 et 100 millions d euros, concourent à la réalisation par les entreprises d une activité de développement pré-concurrentiel. Le gouvernement lui a en outre fixé un objectif de participation des PME à hauteur de 25% des programmes qu elle financera (en partenariat ou sous-traitance de grands groupes). la labellisation de «Pôles de Compétitivité» (12 juillet 2005) : les pôles de compétitivité visent à accroître la compétitivité de l industrie en mobilisant en réseau, sur des zones territoriales identifiées (Systèmes Locaux de Production -SLP) : les entreprises, les centres de recherche publics et privés et les organismes de formation, autour de projets communs à fort contenu en valeur ajoutée et en innovation. Les Pôles constituent la pierre angulaire du développement des «schémas régionaux de développement économique». Les projets des pôles de compétitivité ont vocation à concentrer des financements émanant de la CDC, d OSEO anvar, du FCE, de l ANR, de l AII et des collectivités locales et proposer des exonérations fiscales et sociales. L intervention de ces entités répond donc clairement à l idée de couvrir l ensemble des stades de la R&D selon la taille des projets concernés. Conçus autour des pôles de compétitivité mondiaux ou à vocation mondiale et pour permettre aux entreprises innovantes de nouer des accords avec tous les partenaires nécessaires à leur croissance, des «Forums du financement de l innovation et de la compétitivité» ont vu le jour en 2005 ; le démarrage du Pacte Pme (décembre 2004) : en partenariat avec le Comité Richelieu, OSEO fait de la mise en relation pour ouvrir les portes des grandscomptes (23 GC signataires du Pacte dont Syntecinformatique et Cigref pour ce qui concerne les technologies logicielles) aux Pme innovantes, sur des problématiques relatives aux politiques d achats ou sur des thématiques technologiques de R&D. L un des objectifs principal de cette évolution de l écosystème de l innovation vise à orienter une part significative et suffisante des crédits publics (CDC, ANR, AII, Pôles de Compétitivité, OSEO, Fonds Structurels Européens ) vers les Pme, tout en s assurant de ne pas isoler l appui aux Pme et de ne pas cloisonner l action des diverses agences. La complémentarité de ces dispositifs doit aider les Pme dans leur développement de l innovation et ce, dans toutes ses composantes (financement, accompagnement, mise en relation, conseil ). Plus que jamais, il s agit de favoriser la mise en relation entre des Pme, la recherche publique et les grands groupes industriels. 3

5 1. Définition et segmentation du secteur des «Logiciels et services» Le logiciel pourrait, sans aucun doute, être considéré aujourd'hui comme un bien marchand, dans la mesure où il peut être produit et commercialisé de manière autonome, indépendamment de la plate-forme matérielle sur laquelle il sera utilisé (ce qui n a pas toujours été le cas). Pourtant les nomenclatures courantes, des activités et du commerce (code NAF notamment), le considèrent encore comme un service et ne reconnaissent pas à sa production le caractère «d'activité industrielle». En effet, pour un bien industriel conventionnel, ce sont avant tout les conditions de coût de sa production en série (importance des coûts fixes, effets d'échelle, production jointe avec d'autres produits, effets d'apprentissage, ) qui prévalent dans le positionnement concurrentiel des producteurs et fondent les conditions de sa tarification. Pour ce qui concerne le logiciel, la quasi-totalité des coûts (cf. ci-après p.7) sont ceux de son développement et, quant à ceux de sa reproduction en série ils sont, en proportion, négligeables et limités aux seuls frais de duplication des supports d'enregistrement, voire nuls dans le cas d'un téléchargement sur Internet. Ce constat traduit bien, la nature particulière du bien logiciel, qui cependant, continue pour partie d'être réalisé comme un «service» (développement de logiciels sur mesure). 1.1 Définition du périmètre sectoriel La définition que donne la nomenclature INSEE des activités «Logiciels & Services associés» (L&S), en accord avec le Syntec-informatique (Chambre Syndicale Professionnelle des SSII, des éditeurs de logiciels et des sociétés de maintenance informatique) est la suivante : 721Z «Conseil en systèmes informatiques» recouvre l activité des Sociétés de Service et d ingéniérie Informatique (SSII) et plus particulièrement : les activités d intégration et les activités d études et de conseils en matière de systèmes informatiques, tant en ce qui concerne le matériel que les logiciels (établissement d un schéma directeur ; spécification des besoins utilisateur au travers la réalisation d un cahier des charges, d une maquette, d un prototype ; assistance à maîtrise d ouvrage ) ; 722 «Edition de logiciels», depuis le 1 er janvier 2003, concernant l édition logicielle l Insee distingue deux catégories d activités : 722A «Edition de logiciels non personnalisés» (ou «progiciels», produit «prépackagé» prêt à l emploi et le plus souvent disponible sur étagère), c est-à-dire un ensemble complet et documenté de programmes conçus pour répondre à des besoins génériques, standards, ce qui permet leur diffusion à grande échelle (par la vente de licences d exploitation, le logiciel demeurant la propriété de l éditeur) ; 722C «Autres activités de réalisations de logiciels» renvoient à la notion de développement unique pour la couverture de besoins spécifiques, réalisé à la demande en fonction des instructions de clients - utilisateurs (les logiciels produits appartiennent alors à la société cliente) ; NB Parmi les logiciels non personnalisés, on distingue les progiciels : «sur étagère», sous emballage et sans possibilité de modification ; «avec paramétrage», permettant une adaptation aux besoins spécifiques de l utilisateur final ; «ouverts à des développements complémentaires». Ils concernent généralement : les logiciels systèmes (OS, compilateurs ), les progiciels outils ou utilitaires (générateurs de programmes, de données, de documentation ) et les progiciels d application, horizontaux (inter-industries, type paie, comptabilité, gestion du personnel ) ou verticaux (qui concernent un secteur économique donné, de type banque, médical, collectivités locales ). 723Z «Traitements des données», concerne les activités d infogérance, «outsourcing» ou «facilities management». Au sens premier, il s agit pour une entreprise d externaliser vers un prestataire, la gestion de tout ou partie de son système d information, de son développement et de sa maintenance. Traditionnellement on distingue : la «Tierce Maintenance Applicative» (TMA ou infogérance applicative) et l infogérance globale ou sélective (infogérance de production, d exploitation, des réseaux ou infogérance de parc, le «help-desk» ). Avec le développement global d Internet et des réseaux haut-débit, les activités de sous-traitance de travaux informatiques, ensemble de services à valeur ajoutée, connaissent une véritable explosion sous des formes diverses telles que : les «Infocentres» (services multiclients) avec mise à disposition d assistance technique et de ressources informatiques pour le traitement d applications ; les «services de sauvegardes» (Backup) ; la mise à disposition de serveurs d hébergement, d applications distantes (Applications Services Providers - ASP) ; 724Z «Activités de banques de données, publication en ligne», comprend notamment la mise à disposition des entreprises ou du grand-public de données à valeur ajoutée (catalogues électroniques, données scientifiques, financières ) organisées pour la consultation ou l exploitation au travers d un serveur ; 725Z «Entretien et réparation de matériels informatiques» ou «Maintenance informatique» : tendance structurelle depuis quelques années, le phénomène de substitution de la maintenance traditionnelle au profit de l infogérance n aura jamais été aussi criant. En effet, l infogérance présente un avantage considérable par rapport à la maintenance traditionnelle : celui de faire évoluer les parcs matériels et logiciels au gré des innovations technologiques. Cependant l INSEE ne recense que les opérateurs pour lesquels ces activités sont exercées à titre principal. Sont par conséquent exclus de cette nomenclature, les spécialistes du conseil ou bien les constructeurs de matériel informatique qui n ont pas de filiales spécialisées et qui pourtant sont largement présents sur le marché des L&S. Citons à titre d exemple et non des moindres, Microsoft ou IBM, répertoriées sous d autres codes NAF (51.1G «Intermédiaires de commerce en machines, équipements industriels, navires et avions» ou encore 51.6G «Commerce de gros et de matériels informatiques»). Au-delà des constructeurs de matériels informatiques, ce sont la plupart des grands industriels de tous les secteurs, les administrations, les collectivités locales et autres laboratoires publics qui sont aujourd hui 4

6 directement concernés par la production ou l intégration de logiciels en réponse à leurs propres besoins. C est pourquoi d un point de vue statistique il est difficile d appréhender ce secteur. Tous les chiffres fournis doivent donc être considérés avec prudence, avant tout en tant qu ordres de grandeurs très probablement sousestimés. Par ailleurs, être éditeur logiciel ne consiste pas uniquement à vendre des licences d exploitation d un logiciel (NAF 722A). En effet, dans ce métier on trouve désormais pas moins de quatre «business models» de référence : Traditionnel : ventes de licences / maintenance / conseil ; ASP (Application Service Provider) ou SaaS (Software as a Service) : location de logiciels / maintenance / conseil. Ce modèle d affaire pour des applications accessibles en ligne via Internet et en mode locatif présente des avantages certains : flexibilité (accès Web, paiement mensuel voire à la consommation), coûts (faible coût de possession -TCO) et évolutivité (la maintenance éditeur -upgrade- est invisible) ; 4 Internet : modèle de flux où les revenus proviennent de la publicité ; Open source : licence gratuite / services payant. Si la vente de services informatiques associés au logiciel (conseil, support ) constitue actuellement la principale source de revenu associée au logiciel open-source, néanmoins différentes méthodes employées par les vendeurs de logiciels open-source pour générer des revenus complémentaires, peuvent être identifiées : le modèle «Apache» : le logiciel est gratuit ou très bon marché et la valeur ajoutée du vendeur se fait principalement sur le service (spécification et mise en place du serveur, hébergement ). la vente de logiciels open source propriétarisés par l ajout de modules propriétaires : ainsi les distributions Linux téléchargeables gratuitement sont différentes de celles que l on peut acheter dans le commerce et qui intègrent pour l installation des modules propriétaires (CODEC pour la vidéo, divers add-on type Schockwave Flash, Acrobat reader ) ; le modèle «MySQL» : génère des revenus par le biais de licences commerciales en vue d une intégration dans des produits commerciaux ; le modèle «Sendmail.com» : consiste à développer du logiciel propriétaire sur des fonctionnalités de base qui elles, continuent à relever de la logique «open-source». Enfin, l analyse des processus d innovation nous conduit à distinguer : les «fournisseurs» de technologie : que sont notamment les éditeurs et qui constituent en quelque sorte l industrie primaire du logiciel ; 4 Ce modèle d affaires semble se développer tout particulièrement sur le marché des PME. Il existe désormais un baromètre ASP (www.aspforum.org) qui regroupe une série d indicateurs témoignant de l évolution de la demande des entreprises françaises en matière d applications en mode hébergé. les «utilisateurs» de technologie : catégorie la plus hétérogène, qui comprend aussi bien les utilisateurs «end-users» (particuliers, entreprises ou administrations), les opérateurs de services ou les intégrateurs de systèmes. Chaque acteur, compte tenu de la nature «générique» des technologies logicielles, peut tour à tour intervenir en tant que producteur, diffuseur ou utilisateur de technologies logicielles. Il obéira alors à des cycles d activités et d innovations (R&D, commercialisation notamment) différents. Rappelons qu il convient de distinguer Recherche & Développement et innovation. La R&D s inscrit en amont du processus d innovation et en constitue souvent sa source principale. L activité de R&D peut se définir (Manuel de Frascati, OCDE 1993) comme : «l ensemble de travaux de création entrepris de façon systématique en vue d accroître la somme des connaissances». En aval de la R&D, l innovation s apparente quant à elle, à la mise au point d un service, d un produit, d un procédé nouveau. Néanmoins, l innovation n émane pas toujours d efforts de R&D et peut également trouver son origine dans l apprentissage par la pratique ou le transfert technologique. Mais l innovation peut aussi tout simplement correspondre à une adaptation d un produit existant à un nouveau marché ; ce faisant, elle ne s appuie pas nécessairement sur des travaux de R&D, mais s inscrit plutôt dans une stratégie de marché qu elle permet d élargir, de segmenter et/ou de mieux satisfaire afin de s adapter à l évolution de la Demande. 1.2 Les segments du marché du logiciel Le logiciel n est pas une catégorie uniforme. La segmentation classique par type de produits, qui s appuie largement sur la structuration technologique du logiciel en «couches» (basses, intermédiaires et hautes) correspondant aux différents niveaux intermédiaires d intégration entre les ressources du matériel et les besoins des utilisateurs (cf. graphique suivant), peut être décrite comme suit : Les logiciels système et réseaux (systèmes d'exploitation, protocoles de réseaux, sécurité etc ) dont la part au niveau mondial est estimée à 29%. La tendance à la standardisation de facto est maximale dans ce domaine qui détermine «l infrastructure système». Le «middleware» (ou «intergiciels» qui participent à l architecture donc à l intégration des systèmes), c'est-àdire l'ensemble des outils logiciels assurant la réutilisabilité et la tolérance à l'hétérogénéité de plusieurs produits logiciels entre eux. La part du middleware au niveau mondial, bien que difficile à évaluer (les solutions étant souvent internes aux entreprises utilisatrices), est estimée à 19%. Notons le caractère particulièrement stratégique de ce type de logiciel, au vu des fonctions qu'il remplit (intégration, interfaçage et interopérabilité). Véritable clé de voûte d un système d information, notamment en vue intégrer des «Architectures Orientées Services» (AOS), les plates-formes intergicielles (middleware) constituent l embrayage entre les besoins fonctionnels de l entreprise et les ressources informatiques. Ce constat a suscité l'initiative de recherche «ITEA» (Information Technology for European Advancement) 5

7 dirigée en priorité vers le «middleware» et les outils de développement ; Les applications finales sont évidemment les plus nombreuses et leur part au niveau mondial atteindrait 52%. Elles contiennent l expertise propre à un métier et assurent les fonctions directement exigées par les utilisateurs. C est pourquoi elles peuvent être distinguées suivant leur domaine d'application : bureautique, décisionnel, CAO, comptabilité, ERP (Enterprise Ressource Planning) ou PGI (Programme de Gestion Intégrée), CRM (Customer Resource Management), SCM (Supply Chain Management) Néanmoins, les logiciels applicatifs font l'objet d'un effort particulier visant à leur assurer une certaine généricité ou flexibilité (qui reste cependant toute relative) aux exigences spécifiques à chaque industrie, à chaque métier spécifique de chaque industriel. Les notions de standardisation et d interopérabilité sont donc essentielles dans ce segment très hétérogène du marché du logiciel. Généralement, on y distingue : Les progiciels : ce sont des applications génériques (bureautique, ERP ), disponibles sur étagères, qui réclament toutefois beaucoup de services spécifiques. L acceptabilité par les utilisateurs (interface, qualité d usage) y est souvent source d un avantage concurrentiel important ; Les «composants» logiciels : à l ère du service (des architectures orientées services, des Web services ), l approche par les composants (à base de langage objet) tend à s imposer. Qu ils soient construits pour circuler sur les réseaux ou au contraire comme des bibliothèques de contenus spécifiques (processus métier), il s agit «d encapsuler» un grain de connaissance générique dans un petit morceau de code susceptible d être réutilisé dans diverses applications ; Les logiciels applicatifs : à l opposé de la tendance à la standardisation ou de la généricité, c est à une déclinaison d applications de plus en plus spécifiques, au plus près des besoins de l utilisateur, à laquelle on assiste aujourd hui : le service à façon. Les logiciels enfouis, qui intègrent ces différentes couches ainsi que de nombreux modules en vue de piloter des systèmes «embarqués» : drivers, systèmes d exploitation, moteur d interactivité, librairies, applications interactives assurant différentes fonctionnalités (décodage, communication, graphique, contrôle d accès). Le logiciel embarqué dans un produit (un téléphone portable, un réfrigérateur et maintenant un vêtement) constitue une application propre à un métier. On peut se demander jusqu à quel point un logiciel lié à un service sur un produit ne fait pas partie du produit lui-même. C est pourquoi le métier d origine de l industriel tend à glisser vers la réalisation de ce genre d applications logicielles. Tous ces logiciels sont construits grâce à des «outils de développement». Enfin, les systèmes d information requièrent des outils de «gestion et d administration de systèmes» (le plus souvent des plates-formes globales). Plus on descend dans les couches basses du logiciel (au plus près du matériel), plus les outils sont génériques plutôt que spécifiques et plus ils sont stratégiques pour contrôler l ensemble de la chaîne de valeur. Ainsi, dans l ordinateur, l élément important c est le microprocesseur. Or la difficulté ne se trouve pas tant dans sa production que dans sa conception. Les constructeurs vendent aujourd hui des morceaux de plans de conception (les «IP») plutôt que les composants eux-mêmes. Si les moyens de production s externalisent vers l Asie et que les «IP» se standardisent, la véritable valeur ajoutée se trouve désormais dans les moyens de concevoir de nouveaux «IP». La nature profonde des «IP» est d être du logiciel (outils de conception). La puce, ce n est que du logiciel gravé. Les fabricants de matériel l ont bien compris : celui qui tient les outils de conception des processeurs tient l industrie du matériel informatique. En vue d appréhender au mieux «l écosystème lié aux technologies logicielles» dans son ensemble, nous distinguons : les «Technologies Logicielles de base» utilisées par l ensemble des producteurs de logiciels et services associés ; celles qui sont mises en œuvre et apparaissent en tant que produit final «logiciel» ; les «Software Intensive System» (SIS - pour reprendre la terminologie de la roadmap ITEA 5 ou «Systèmes à Logiciels Prépondérants» -SLP), où les technologies logicielles sont mises en œuvre par des fabricants de «produits intelligents», qui incorporent de manière prépondérante des logiciels dans les produits ou systèmes qu ils commercialisent. NB : le «Multimédia» et les «Services innovants» font l objet d un bilan spécifique. 5 middleware ITEA : Information Technology for European Advancement. 6

8 2. Caractéristiques de l industrie des L&S et principaux enjeux Compte tenu de la nature particulière du bien économique logiciel, l industrie des L&S est une industrie qui présente des caractéristiques singulières qui illustrent nombre des principes de la «nouvelle économie» : une économie basée sur la connaissance. services se situent en aval, depuis l évaluation des besoins des clients jusqu à la formation des utilisateurs. La chaîne de valeur du logiciel ne comporte pas de chaînon pour la «production». En simplifiant à l extrême : le logiciel c est de la R&D et du marketing/ventes. 2.1 Logiciel et «effets de réseau» La production de logiciels se caractérise avant tout par l existence «d effets de réseau», dans la mesure où un logiciel n est d aucune utilité en lui-même, mais seulement lorsqu il est mis en œuvre conjointement avec d autres produits complémentaires au sein d un système. De plus, dès lors qu il permet l échange d informations entre utilisateurs (de ce point de vue, Internet est un facteur d accélération et d amplification du phénomène), un logiciel génère de fortes externalités positives de réseau (effet club). En d autres termes, «l utilité marginale que retire un utilisateur d un logiciel croît directement avec le carré du nombre d utilisateurs de ce logiciel» (loi de Metcalfe). Un logiciel produit ainsi un gain d usage d autant plus grand que le parc des utilisateurs d un même logiciel est grand. Cet effet de réseau (effet de parc) constitue, pour un usage donné d un logiciel, un facteur de concentration de l offre sur quelques produits qui deviennent alors des «standards de fait». A coté de ces effets de réseau directs, il existe aussi des effets de réseau indirects. Au début des années 80, la diffusion des PC (Personal Computer) a incité les éditeurs de logiciels à développer des applications compatibles avec ce nouveau format (système d exploitation DOS sur processeur Intel X86), ce qui a augmenté l utilité de chacun des possesseurs de PC qui disposaient alors de plus d outils. Chaque possesseur de PC retire donc une utilité indirecte (via un catalogue de logiciels disponibles plus large) de l augmentation du nombre de PC. Ces effets de réseau combinés (effets directs et effets indirects), sont des facteurs naturels de concentration qui conduisent à une adoption mécanique de standards par le marché (standard de fait). Le domaine des applications de l Internet (commerce électronique, applications destinées au grand public notamment) avec l affirmation d entreprises comme e- Bay, Google, Yahoo ou Amazon, a particulièrement mis en évidence l importance d un effet de réseau conduisant à des situations où le «gagnant emporte tout» (winner takes all). De plus ces mouvements peuvent aller extrêmement vite : il n a fallu qu une vingtaine d années à Microsoft pour devenir le leader mondial que l on connaît, à peine une dizaine pour Google ou e-bay. Ainsi il y a une forte incitation à devenir grand le plus vite possible pour maximiser les effets de réseaux, imposer le standard de fait et devenir le leader sur son marché. C est la course à la «taille critique» (speed to scale). 2.2 Chaîne de valeur du logiciel La chaîne de valeur du logiciel édité et packagé, comporte 9 étapes comme le montre l illustration suivante : l édition se situe en amont alors que les Fortement mobilisatrice de main d œuvre en phase initiale, l édition logicielle est une activité à coûts fixes (voire irrécupérables 6 ), exigeante en préfinancement (importance des budgets de R&D) et à risques élevés. La conception d un logiciel requiert un investissement initial plus ou moins coûteux selon le logiciel développé tandis que sa duplication-reproduction s effectue à coût marginal quasiment nul 7. C est la faiblesse des coûts marginaux comparés aux coûts moyens qui caractérise l édition de logiciels. Par ailleurs, le développement d un logiciel est en mouvement permanent : on le maintient (correction d erreurs), on le fait évoluer (nouvelles fonctionnalités, upgrade ). De plus, contrairement aux biens matériels d équipements ou de consommation, le bien logiciel n est pas soumis à une usure physique à l usage. Sa durée de vie est donc potentiellement infinie et sans coût supplémentaire ; le chiffre d affaires du vendeur décroît, voire disparaît si les consommateurs ne renouvellent pas leurs achats. L absence d usure physique implique donc une tendance structurelle à la disparition des marchés du logiciel. Pour lutter contre ce phénomène et pour croître, les éditeurs sont contraints d innover constamment pour proposer de nouvelles versions enrichies, compatibles avec les précédentes (conserver une masse critique d utilisateurs nécessaire à l amortissement des budgets de R&D) afin d inciter au renouvellement de produits intrinsèquement inusables. Se faisant, ils rendent l usage du logiciel plus aisé (amélioration des fonctionnalités existantes) et/ou plus étendu (adjonction de nouvelles fonctionnalités). L innovation, le plus souvent incrémentale, permet alors aux éditeurs en place d organiser l obsolescence fonctionnelle des produits existants (incitation au renouvellement des produits) en vue de pérenniser leurs marchés. L absence d usure physique à l usage créer une obligation d enrichissement fonctionnel et d innovations régulières. 6 C'est-à-dire que les entreprises doivent supporter, qu elles vendent ou non leur produit. C est le cas des coûts de programmation et des coûts de publicité. 7 Un logiciel est considérablement plus coûteux à produire qu à reproduire. Une fois que le code a été développé, sa reproduction suppose des coûts complémentaires assez modiques : prix du CD (ou DVD) support, de la documentation et de l emballage, coûts de logistique, de commissionnement des distributeurs, de service après-vente qui peuvent être néanmoins considérablement allégés dès lors que le logiciel est téléchargeable par Internet. 7

9 Du point de vue de l utilisateur, le coût d adoption d un logiciel se révèle en réalité un coût élargi 8 par rapport à son seul coût d achat. Aussi, l effet de réseau produit des «rendements croissants d adoption 9» : plus le nombre d utilisateurs d un même logiciel est important, plus le coût d adoption de ce logiciel devient faible en terme de coût de transaction, de transfert et d apprentissage. La logique de l «upgrade» (compatibilité ascendante au cœur de l édition logicielle) trouve ici son fondement économique : la migration se fait sur un même standard en constante évolution (progrès technique), ce qui permet de minimiser les coûts de migration pour l utilisateur final et d accroître «l effet de parc» pour l éditeur. 2.3 L industrie du logiciel : entre concentration et innovation, des structures de marchés vulnérables au progrès technique L existence d effets de réseau, l association d une intensité capitalistique élevée et risquée avec de forts rendements croissants d adoption induit une tendance structurelle à la concentration de l offre, à l existence de barrières à l entrée élevées et à l adoption de «standard» de fait par le marché. Il en résulte une structure de marché à tendance plutôt monopolistique où les innovations sont portées par les entreprises installées qui y trouvent à la fois les incitations et les moyens d accroître leur pouvoir de marché. Parallèlement, à la faveur de ruptures technologiques fortes et/ou de créations de nouveaux usages induits par des innovations radicales, les nouveaux entrants ou challengers ont la capacité de déstabiliser (de contester ) les positions acquises, voire d évincer les acteurs en place et peuvent créer de nouveaux standards sur de nouveaux usages (cf. pénétration de Linux sur le marché des serveurs). En raison de cette capacité qu ont les nouveaux entrants ou «challengers» à prendre position sur les marchés à la faveur d innovation de rupture, l industrie du logiciel présente également les caractéristiques d un «marché contestable». Il en résulte que sur certains sous-secteurs de l industrie des L&S, en fonction du cycle d innovation, la structure de marché sera plutôt concurrentielle. Toutes ces caractéristiques confèrent à l industrie du logiciel un cycle d activités bien particulier, fondamentalement structuré par la vitesse de diffusions des innovations et animé par la recherche des tailles critiques (optimisation d effets de réseau pour un amortissement de frais de R&D croissants sur des cycles de produits de plus en plus courts). C est la maîtrise de ces cycles d innovations dynamiques qui mêlent innovation incrémentale et innovation de rupture, où tantôt l innovation encourage la concurrence, tantôt elle reste aux mains des monopoles, 8 Le simple fait de devoir convertir des formats différents d information, d émuler des programmes de conversion, etc. induit des coûts de migration élevés, constitués de coûts de transfert et d apprentissage (achat des programmes de conversion, risques de perte d informations, apprentissage des nouvelles interfaces). 9 Pour une analyse des caractéristiques économiques du bien logiciel, on pourra consulter : L.Benzoni «L édition logicielle, son impact sur l économie française, ses caractéristiques économiques face aux nouveaux défis», (voire oligopoles concentrés) qui conditionne pour partie la rentabilité à long terme des entreprises du logiciel. 2.4 Contrôle des «standards» et stratégie d alliances Dans le secteur des logiciels, les standards développés par les entreprises font le plus souvent partie intégrante des innovations dont la propriété intellectuelle est protégée par des brevets commercialisés. Ainsi, sur le segment stratégique des systèmes d exploitation, deux modèles économiques différents s affrontent : l un basé sur la propriété intellectuelle (Windows de Microsoft) ; l autre sur la commercialisation de services à partir du développement libre d un nouveau standard (Linux). Dans de nombreux cas, les nouveaux standards, avant même d être commercialisés, sont introduits sur le marché de manière plus ou moins libre ou gratuite afin de générer la demande (mise en place de la dynamique liée aux effets de réseaux : rendements croissants d adoption, «effet parc» et/ou «effet club»). A titre d exemple : de grands constructeurs, vendeurs de logiciels et/ou de services comme IBM, Sun, Oracle soutiennent activement le développement de Linux même s il se trouve en concurrence avec leurs propres produits ; le «Department of Justice» américain a accusé Microsoft d abus de position dominante, notamment en imposant son navigateur Internet Explorer à tout utilisateur de son système d exploitation Windows ; une trentaine d industriels (Nortel, Daimler-Chrysler, Ericson ) se sont regroupés pour faire pression sur les gouvernements canadien et européen afin qu ils soutiennent Linux et les logiciels libres. Toutes ces initiatives, qu elles aient pour origine des fournisseurs de logiciels, l Etat ou des consommateurs, ont un point commun : elles concernent toutes des actions qui visent à créer les conditions d existence d un marché. Les stratégies de standardisation résultent directement de la concurrence entre producteurs, diffuseurs et utilisateurs de technologies logicielles. Les producteurs dominants s allient pour s accorder sur les standards qui leur apportent des profits par les redevances perçues sur les brevets et par la commercialisation en masse des produits, services et technologies qui les utilisent. Cette collaboration leur permet d économiser sur les coûts de recherche-développement, sur les coûts de mise en oeuvre (mutualisation, coopération en amont) et de favoriser le renouvellement et l internationalisation de nouveaux produits ou marchés. Une fois adoptés par le marché (standardisation de facto ), les nouveaux standards sont utilisés par les sociétés «propriétaires», soucieuses de tirer profit du développement de ces nouvelles technologies et de ces nouveaux produits. Qu il s agisse d Unix, ou de Linux (sa déclinaison pour le marché des PC), ces systèmes d exploitation sont caractéristiques de ces trajectoires qui, in fine, aboutissent à la déclinaison de multiples versions «propriétarisées», expression du jeu concurrentiel qui s impose alors sur le marché (compétition en aval). 8

10 L évolution des standards est forgée par la diversité des stratégies de conquête des marchés et de lancement de nouveaux produits, qui dépendent toujours de la structure de la concurrence et de la manipulation des nouveaux standards. Le degré d innovation, la performance et le coût, la taille et la solvabilité des marchés, ainsi que le nombre et la taille des concurrents déterminent en grande partie les stratégies des différents acteurs. Les acteurs privés agissent soit individuellement, soit par alliances, soit en réseaux, soit en groupements professionnels pour s affronter ou collaborer. En présence d un grand nombre d entreprises (de taille comparable), les producteurs auront intérêt à harmoniser leurs standards. Dans le cas contraire, le producteur dominant aura une stratégie individuelle de type «propriétaire» plus marquée. Le contrôle des standards est au cœur des stratégies d alliances développées par les éditeurs de logiciels. Leur diffusion s accompagne d un régime concurrentiel particulier qui mêlent «coopération» en amont de la chaîne de valeur et «compétition» en aval, c est-à-dire sur le marché. 2.5 Les nouveaux défis de l industrie des L&S L industrie des L&S est aujourd hui confrontée à de nouveaux enjeux susceptibles de fragiliser les paradigmes technico-économiques en place et qui font de l innovation une force essentielle. Convergence et complexité technologique Issue de la convergence des technologies et des industries, la complexité croissante des technologies de l information, caractéristique d une «intelligence ambiante» (conjugaison de «l ubiquitous computing» et d interactions d usages personnalisés), s appuie sur l expansion des réseaux d information en même temps qu elle contribue à cette expansion, offrant ainsi le support à de nouvelles applications qui favorisent l apparition de nouveaux usages. Cette expansion repose sur le développement d une infrastructure universelle, cognitive, dynamique et interopérable, bâtie sur des protocoles normalisés et des standards ouverts. De ce point de vue, les possibilités offertes par l Internet créent une prime importante à l uniformité et à l universalité des outils, des formats et autres protocoles utilisés (Java, XML, web services, Open Grid Services Architectures Orientées Services -SOA ), d où il résulte une tendance accentuée à la standardisation. Cependant, cette expansion prend une dimension nouvelle avec la diversification des composants physiques des systèmes, la diversification des systèmes d information et de connaissances, la diversification de leurs capacités d interaction et le nombre croissant d utilisateurs et de terminaux connectés. Cette intelligence ambiante, intégration universelle de processus, d entités, d applications et de millions (bientôt de milliards) d équipements génère trop de complexité pour une seule gestion humaine des réseaux, des systèmes d information et autres systèmes embarqués qui s y rattachent. Ce paradigme universel fondé sur l interopérabilité amène la connectivité d Internet à son prochain stade d évolution logique : celui d une «informatique à la demande», assurant la fourniture transparente de services, à tous et partout, à tous moments et quelque soit le média support. A cette fin, la communauté mondiale pourra bientôt s appuyer sur des «grilles» (ou autres «réseaux pairs à pairs») aux capacités de calculs et de stockage illimitées pour effectuer des traitements informatiques complexes. Le passage de la notion "d'interconnexion" à la notion "d'interopérabilité" est certainement le fait majeur de ces 5 dernières années. Il a mis en évidence le rôle central que revêt le contenu, maillon essentiel de la chaîne de communication, qui rétroagit sur les technologies. La notion de contenu est à prendre au sens large, puisqu'elle reflète la variété des applications rendues possibles par les réseaux de communication et couvre à la fois le signal, le texte, les images, la vidéo, les programmes informatiques, la notion de "services" etc. Par ailleurs, l union entre la connectivité omniprésente via Internet et une puissance de traitement illimitée et décentralisée via la technologie des «grilles de calculs» constitue une véritable rupture dans le développement de l industrie du logiciel : un développement marqué par une complexité accrue (qui pose de nouvelles contraintes d environnement et d usage afin offrir à tout utilisateur la possibilité de s amarrer à ce nouveau monde virtuel), fondamentalement basé sur le couplage entre intégration et mobilité et où la sécurité est une nécessité absolue. Ce bouleversement du paradigme technologique de l industrie des L&S requiert à la fois : le développement de nouvelles architectures pour maîtriser la nouvelle intégration des ressources et des données à l ère d Internet (l ère du massivement hétérogène et réparti), de nouvelles technologies-clés (méthodes, outils, platesformes et applications logicielles), de nouvelles interfaces, de nouveaux algorithmes autant d éléments en rupture avec les approches établies, en particulier pour permettre un «passage à l échelle» inégalé à ce jour et pour satisfaire des normes de performance, de sécurité et de disponibilité de plus en plus critiques. La qualité et la robustesse des logiciels représentent désormais le point le plus critique. Convergence, intégration et mobilité L évolution technico-économique de l industrie des L&S à l heure de la convergence se traduit notamment par la montée en puissance de l informatique enfouie qui fournit aux objets communicants une immatérialité et une subjectivité croissante. Dans cette évolution des objets jusqu ici aussi différents qu un ordinateur à usage surtout professionnel, un téléviseur principalement dédié au loisir, un téléphone portable surtout attaché à la communication, un assistant personnel numérique et nomade seront en mesure d assurer le même ensemble de fonctions. Les segments de marché apparaissent de moins en moins cloisonnés. Un usage commun à plusieurs domaines contribue également à accroître le potentiel de marché du nouveau couple «objet/service», précisément du fait de son utilité dans plusieurs contextes et pour différents usagers possibles. Cette multifonctionnalité des objets est sous-tendue par une standardisation qui réduit le nombre d objets et atténue les frontières, notamment entre la sphère privée et la sphère professionnelle, mais aussi entre les différents segments de marché. 9

11 Aussi, peut-on distinguer quatre catégories d objets communicants : les objets d accès au réseau : le «média» (ordinateur, PDA ) ; les objets portatifs (vêtements communicants ) ; les objets d environnement (capteurs ) ; les objets passifs (étiquettes RFID ). Alors que la première catégorie recouvre les objets haut de gamme, destinés à un marché étroit (quelques centaines de millions à l échelle du monde), à l autre extrémité, la quatrième catégorie recouvre les objets bas de gamme, à très faible prix, qui équiperont les objets manufacturés les plus courants et dont le marché mondial est de quelques trillions. Sur cette base, Joëlle Coutaz 10 fournit une représentation en quatre quadrants, qui fait de l intégration (des capacités de traitements) et de la mobilité (des logiciels ou des utilisateurs), le couple de variables décisives de l évolution technologique. Dans le graphique suivant : la ligne d évolution à long terme va de Q1 vers Q4. Le quadrant Q4 marque l ultime étape de l évolution technico-économique, celle qui soustend le paradigme informationnel et communicationnel, celui d une l intelligence ambiante. Cependant, il n est pas certain que cette évolution aboutisse car elle s opère selon des situations de court et moyen termes qui correspondent à la situation actuelle et qui vont de Q1 à Q2, puis de Q1 à Q3, le passage Q2 à Q3 et de Q3 à Q4 n étant pas du tout automatique. En effet, interviennent alors dans le processus d intégration : des problématiques de validation par le marché, notamment en terme d usage (cf. rôle des «anticipations» basées sur l évolution probable des marchés existants dans un contexte d usages de plus en plus nombreux) et des innovations relatives aux technologies logicielles dans ce domaine. Q2 Haute intégration logicielle Environnements perceptifs («pervasive computing») Pas de mobilité logicielle de l IHM Q1 Station PC actuelle Faible intégration fortes capacités de calcul Q4 Q3 Intelligence ambiante Informatique enfouie et interfaces d usage personnalisées. ex : Récepteurs GPS Haute mobilité logicielle Informatique nomade (PDA) Logicielle Les enjeux liés au modèle économique issu de la convergence La question qui se pose alors est celle de la relation entre l offre et la demande, étant entendu que la demande met en jeu la propension de l usager à payer l usage de l objet et du ou des service(s) qu il procure et que l offre n est pas simplement dictée par ce qu il est techniquement 10 J.Coutaz, «Quand les surfaces deviennent intractives», LCN vol 3, n possible de produire. Cette question est autant liée aux pratiques d usage qu aux capacités technologiques. En effet, l anticipation des attentes des consommateurs et de leurs pratiques d usage sur des segments de moins en moins cloisonnés est plus que jamais au cœur des décisions relatives à l innovation technologique et aux évolutions probables des marchés. Pour la plupart de ces nouveaux produits et services, soit les marchés n existent pas encore, soit ils ne valident pas les contenus d une offre toujours plus foisonnante et diversifiée a fourni de nombreux exemples de ces dilemmes d ajustement technico-économiques (MMS, webconférence ), notamment celui qui oppose : une diversification d objets fonctionnellement spécialisés à la concentration multifonctionnelle sur quelques objets clés (la Sony PSP, arrivée sur le marché en 2005, en est un parfait exemple). La numérisation (la convergence) a en effet rendu compétitive l intégration de plusieurs systèmes ou objets de traitement et d échange de l information sur un même support, d où des dilemmes technico-économiques tel que celui opposant une variété d objets fonctionnellement spécialisés à la concentration multifonctionnelle sur quelques objets-clés. De ce point de vue, les technologies logicielles offrent aux objets courants la possibilité d être enrichis d une «réalité augmentée» (propice à la numérisation des informations : textes, sons, images, vidéo), ainsi qu un accroissement et une décentralisation accrue de leurs capacités de traitement, de stockage et d interactions avec des interfaces assurant automatiquement les connexions entre personnes et objets, entre objets ou entre objets et services. Tout objet peut alors être dédié à un ou plusieurs autre(s) usage(s) que son usage premier. Ils deviennent polyvalents, non seulement dans une même sphère d usage, mais aussi capables de passer d une sphère à une autre. La question du contrôle des interactions et celle de l interopérabilité entre objets et/ou services deviennent très vite cruciales et constituent l un des défis majeurs auxquels doivent répondre les technologies logicielles à l heure de la convergence. L informatique enfouie donne en effet aux «Software Intensive System» une immatérialité et une subjectivité croissantes qui modifient profondément les jeux de substitution/complémentarité et au bout du compte, les conditions de l évolution technico-économique de l industrie des L&S. Parallèlement, pour l utilisateur, sa propension à payer un simple service ou au contraire un service complexe va dépendre notamment du prix des télécommunications et de l arbitrage des opérateurs en présence entre la tarification de leurs services de base (qui incorporent le plus souvent le prix d achat de l objet support : téléphone portable, routeur multimédia ) et celle de leurs services à valeur ajoutée. Il est fort probable que la rentabilité minimale recherchée par les industriels intervenant dans les nouvelles chaînes de valeur issues de la convergence provoque une simplification de l offre, sur des volumes importants et des prix décroissants, plutôt qu une différenciation poussée, ouvrant l éventail de l offre mais créant des risques de sous-rentabilité sur tel ou tel segment. Le problème se pose d autant plus que ces produits font intervenir plus d un opérateur (convergence des industries des technologies de l information et de la communication) et que tous doivent être assurés de percevoir une part satisfaisante de la valeur créée. 10

12 Si c est la concentration de l offre sur des objets multifonctionnels qui tend à s imposer (tendance observable en 2005 aux Etats-Unis et au Japon), alors ce sont plutôt les services que les supports matériels qui seront au cœur des applications à venir et des chaînes de valeur associées. D où la question très actuelle de l organisation de la chaîne de valeur liée au modèle économique issu de la convergence. L Offshore Face aux délocalisations, les pays développés à fort coût de main d œuvre ne sont plus protégés par le niveau élevé de qualification requis. La généralisation de la délocalisation accroît la pression sur les prix et fragilise de nombreuses sociétés, accentuant par là même, la tendance structurelle à la concentration du secteur. La délocalisation de services informatiques constitue une opportunité offerte par les pays associant main d œuvre qualifiée et coûts très bas, comme l Inde, devenue en quelques années le leader mondial des services «offshore». Même si «l offshore» reste encore faible en France, cette dernière n échappera pas à cette pression nouvelle ; au contraire, elle risque d y être très exposée de par sa spécialisation historique sur le créneau des services informatiques. Il convient donc d accompagner au mieux ce mouvement : tout d abord parce que même dans les services informatiques, il existe des gisements d emplois qui ne sont pas aisément délocalisables, notamment pour des problèmes d ordre culturel et/ou de proximité de l utilisateur final ; ensuite, parce qu il peut y avoir un intérêt à favoriser des délocalisations intra-européennes, notamment en tirant profit des avantages compétitifs spécifiques aux nouveaux états membres de l UE ou dans les pays francophones. En effet, contrairement à un pays comme l Inde, ces pays offrent actuellement aux prestataires français à la fois une main d œuvre bon marché ainsi que des débouchés commerciaux pour les entreprises. L édition logicielle quant à elle est exigeante en main d œuvre structurellement plus qualifiée que la prestation de services et apparaît en conséquence moins aisément délocalisable. IBM en constitue un exemple probant : cette entreprise compte délocaliser plusieurs milliers d emplois pour économiser près de 170 millions de dollars par an dès 2006 (à compétences égales, un programmeur chinois coûte 12 dollars de l heure, contre 56 dollars pour un salarié américain d IBM). En revanche, côté édition logicielle, IBM Software n'a pas de «plan de délocalisation» car selon Marc Dupaquier (responsable marketing monde chez IBM) : «déplacer des usines de conception d'un logiciel est une opération très difficile qui met en jeu des ressources trop spécifiques» (Les Echos, 03/02/2004). Par ailleurs, une étude réalisée aux Etats-Unis en 2004 sur la sous-traitance informatique et le financement des start-up par le capital-risque, a montré que 40% des startup américaines emploient des ingénieurs, des analystes qui sont basés dans un pays étranger. Ces emplois ne sont donc pas considérés comme «délocalisés», puisqu ils n ont jamais été créés aux Etats-Unis. Ainsi, sous la pression de la délocalisation, de nombreuses «start-up» évitent de créer des emplois aux Etats-Unis et les installent directement dans des pays où la main d œuvre (toutes choses égales par ailleurs, notamment à compétences égales) est moins chère. Aussi, de nombreuses sociétés de capital-risque investissent massivement dans ces nouvelles «micromultinationales». Selon l enquête, les start-up opérant à l étranger obtiennent actuellement deux fois plus de fonds (en moyenne 6 millions de dollars et cela devrait encore augmenter) que les start-up qui ne prévoient des emplois qu aux Etats-Unis. Leur participation dans ce type de start-up atteint jusqu à 40% de leur budget total d investissement en capital-risque, contre 10% il y a à peine 5 ans. Ces start-up n embauchent pas uniquement en Inde, mais aussi au Canada ou en Europe, notamment pour les emplois de R&D. L activité de R&D, fortement consommatrice de main d œuvre très qualifiée, constitue un puissant levier de localisation des emplois dans le secteur informatique. A titre d exemple 70% des 100 premiers éditeurs français n envisagent pas de délocaliser leur R&D hors de France. Ainsi, l offshore, voire la structuration de ces nouveaux «réseaux virtuels» constituent sans conteste une donnée socio-économique susceptible de redistribuer les rôles et les hiérarchies au sein de l économie mondiale pour ce qui concerne le secteur des L&S. Cette nouvelle contrainte économique participe à l accélération du phénomène de concentration de l industrie mondiale des logiciels et services associés. L Open Source Dans sa version la plus radicale, ce mouvement réfute l idée de propriété individualisée des logiciels au profit d une propriété collective. Comme tout bien susceptible d être porteur de création de valeur dans une économie de marché, le concept de logiciel libre a attiré des entreprises avisées pour récupérer individuellement les fruits de l effort collectif. Cette stratégie constitue un moyen d entrer ou de «réentrer» à moindre coût sur les marchés en contournant les barrières à l entrée structurelles liées à l existence des standards en place. L open source se situe désormais au cœur d une concurrence frontale que se livre principalement les grands groupes américains : Microsoft, IBM, Sun, Oracle, etc. L engouement d une partie de l opinion publique européenne et des décideurs (publics et privés) pour le «libre» constitue un élément fort du jeu concurrentiel (cf. notamment la montée en puissance de Linux dans le monde de l embarqué temps réel, ou dans la «e- administration», voire le projet de système d exploitation Linux «chinois», transfert technologique de Sun Microsystems). Le succès de certains projets open-source phares (Linux, Apache, voire plus récemment «Eclipse» ou en France «ObjectWeb»), mais aussi les lacunes du droit de la propriété intellectuelle des logiciels, qui ont permis aux développeurs de logiciels libres de dupliquer les innovations et les fonctionnalités de logiciels commerciaux (d aucuns pensent que les dépenses de R&D des éditeurs commerciaux subventionnent ainsi pour partie les projets open-source ), ont favorisé l émergence de modèles économiques spécifiques au logiciel open-source (cf. p.5) dans lesquels, la gratuité initialement proclamée cède progressivement la place à la fourniture de prestations de services et/ou au rajout 11

13 d éléments propriétaires payants (notion de «libre propriétaire»). Les produits importants développés en open-source font souvent l objet d une déclinaison propriétaire, envisagée dès l origine du projet. Les utilisateurs ont alors le choix entre une version open-source du logiciel, en développement constant et une ou plusieurs versions «propriétarisées», dotées de fonctionnalités complémentaires et destinées à servir les besoins particuliers de certaines catégories d utilisateurs. Le code source additionnel de ces versions n est pas nécessairement rendu public. Les exemples des relations entre les projets open-source, Mozilla et OpenOffice, et leurs équivalents propriétaires respectifs, Netscape et StarOffice, illustrent comment des acteurs majeurs de l industrie informatique mettent à profit le modèle du développement open source. A de nombreux égards, le logiciel open-source ne peut plus s afficher comme un contre-modèle par rapport au paradigme classique du logiciel commercial, fermé et protégé. Les projets open source les plus crédibles et les plus sophistiqués adoptent un modèle économique sur le fond assez similaire au développement propriétaire, et surtout, la fourniture aux entreprises du niveau de fonctionnalités et de service après-vente dont elles ont besoin implique l adoption par les éditeurs de logiciels open-source de structures et de processus inspirés de ceux des éditeurs de logiciels commerciaux. Finalement, ce sont les services associés et/ou le développement de codes propriétaires, basés sur le code ouvert, qui semblent créer la valeur ajoutée. Immanquablement, le logiciel considéré quitte le camp du pur logiciel open-source et entre, à des degrés divers, dans le circuit du logiciel propriétaire traditionnel. Cette évolution du «gratuit» vers le payant, du libre vers le «propriétaire» (vers un libre-propritaire?) est liée, entre autres facteurs, à l implication croissante dans l univers de l open source des grands acteurs américains de l informatique propriétaire à l instar d IBM ou de Sun. Dès lors, la fin de la gratuité diminue l avantage économique dont peuvent bénéficier les logiciels opensource par rapport aux logiciels propriétaires. Elle aura probablement à terme un impact sur l organisation communautaire et bénévole du développement des logiciels open-source : ce modèle peut-il être maintenu durablement dès lors que les produits qui en découlent se professionnalisent de plus en plus et sont adoptés par des entreprises disposées à financer leur déploiement et leur intégration à leur système d information, mais pas le développement proprement dit? Ou bien l adoption des techniques et des modèles économiques des développeurs commerciaux ne va-t-elle pas finalement conduire à nier les spécificités coopératives de standardisation et d indépendance du logiciel libre? Quoiqu il en soit, l émergence des produits open source induit un nouveau paradigme pour l économie des technologies logicielles, qui décale les coûts pour les utilisateurs et la création de valeur vers l aval dans la chaîne de valeur du logiciel (cf. p.7). Ils permettent de stimuler le travail en réseau et pourraient constituer une opportunité forte pour l Europe en général et la France en particulier: Par ailleurs, l open source est au coeur du débat sur la propriété intellectuelle dans le logiciel, notamment la question de la création de «brevets logiciels» adaptés à cette industrie si particulière. Tous ces éléments de contexte, qui constituent autant de défis qui pèsent sur l industrie des L&S, sont à surveiller de près, dans la mesure où ils peuvent s'avérer être une menace ou une opportunité pour l Europe du logiciel. Si les standards de fait, promus par les grands du secteur (américains, asiatiques), ont tendance à exclure les autres de la course ; bien utilisés, ils peuvent servir de levier. 12

14 3. Evolution économique du secteur Le marché mondial du logiciel 190 G Au-delà des chiffres, retenons cette tendance structurelle, qui constitue un axe fort du développement technologique du marché mondial des TIC : l évolution de la dépense informatique mondiale se fait toujours plus nettement en faveur du secteur des L&S au détriment du matériel. La convergence numérique dans un contexte de globalisation des marchés (impératif de réduction des coûts) accélère ce phénomène. La part croissante du logiciel embarqué («embedded») participe activement de ce mouvement, avec des systèmes à logiciels de plus en plus prépondérants (sécurité des réseaux, services 3G, IP, Processeur multicoeur, DSP, FPGA ). Les marges «matériels» sont tirées vers le bas et le logiciel représente désormais 90% des coûts de développement des équipements et des produits du secteur des TIC. En France, entre 1995 et 2005, les dépenses de logiciels ont augmenté deux fois plus vite que les dépenses en matériel (116% de croissance contre 51%). L industrie du logiciel constitue bien le principal moteur de la croissance du secteur informatique. C est pourquoi, la rentabilité et la productivité de l activité logicielle sont devenues l enjeu majeur ; un enjeu qui passe en premier lieu par la maîtrise de tous les aspects du développement logiciel. L industrie européenne est potentiellement prise entre deux forces : l avantage-coût des pays asiatiques et le dynamisme innovant des Etats-Unis. Pour sortir de cette situation difficile et se maintenir au plus près de la «frontière technologique mondiale» (cf. introduction), il faut recréer en Europe les conditions permettant de restaurer une dynamique d accumulation de savoir, notamment dans ce secteur stratégique qu est la production logicielle. 3.1 Chiffres-clés de l industrie des L&S au niveau mondial et européen Le marché mondial des TIC est estimé en 2005 à milliards d euros (Source EITO), dont environ 919 milliards d euros (45%) pour les Logiciels & Services informatiques et 190 G pour le seul marché du logiciel. Le marché mondial des L&S 919 milliards d uros Les grandes zones de production de logiciels et de services apparaissent clairement sur le planisphère (cf. ci-contre) : l'amérique du Nord et l'europe (principalement occidentale) sont les premiers fournisseurs au monde, avec toutefois, une nette domination de l industrie informatique américaine qui représente à elle seule pratiquement la moitié des dépenses mondiales (51.25% de l édition logicielle et 45.7% des services). Cette domination, l Amérique l exerce notamment sur ses concurrents européens. A titre d exemple, sur le marché intérieur français, l industrie américaine du progiciel s impose avec 53% de part de marché, contre seulement 36% aux éditeurs français et 11% au reste du monde (source PAC), alors que les éditeurs américains maîtrisent près de 90% de leur marché intérieur. Ce déséquilibre est peu ou prou observable partout ailleurs en Europe. En revanche, les SSII françaises contrôleraient encore 68% de leur marché intérieur. La part des activités de services est de plus en plus dominante dans le secteur du logiciel. En effet, l externalisation (partielle ou totale) de l infrastructure logicielle des entreprises utilisatrices, qui représente déjà près de 25 % du marché des L&S, connaît depuis les trois dernières années, une croissance annuelle supérieure à 10 %, soit le double de la croissance relevée pour l ensemble des services. Les taux de croissance les plus élevés, pour ce qui concerne les services, se situent en Asie (notamment en Inde et en Chine) qui affichent désormais une ambition d autonomie de leurs marchés intérieurs ; c est en particulier le cas de la Chine, qui se dote de standards nationaux et compte des champions industriels domestiques à ambition mondiale. En matière de logiciels, l industrie américaine du logiciel bénéficie d un marché intérieur considérable et intégré. Elle tire profit de sa proximité avec les fabricants de composants et d ordinateurs, d où il résulte des positions de force sur les couches les plus stratégiques de ce secteur : systèmes d exploitation, middleware et autres bases de données. Les industriels européens du logiciel sont plus présents à l autre extrémité du spectre ( couches hautes ), dans les applications où l Europe détient des positions fortes dans les domaines suivants : les services informatiques et les logiciels applicatifs ; les logiciels industriels (notamment PLM -cycle de vie du produit) ; le logiciel enfoui (constructeurs aéronautiques, défense, automobile) ; le logiciel autour des technologies de carte à puce ; le logiciel libre avec une présence très forte au sein de la communauté «Open Source». 13

15 Globalement, pour ce qui concerne les dépenses informatiques rapportées au PIB, la France se situe dans la moyenne haute européenne avec 2,9% (718$ / habitant), devant l Allemagne 2,7% (653$ / h) et l Italie 1,7% (363$ / h), mais derrière la Grande Bretagne 3,7% (924$ / h), la Suisse 3,5% et les pays nordiques autour de 3,1%. Nombre d acquisitions en Europe sur le marché des L&S (source, Syntec 2005) Intensité des dépenses informatiques rapportées au PIB 3.2 Les spécificités de l industrie française des L&S Concernant la seule édition logicielle, sur la scène européenne, que ce soit en termes de parts de marché ou d intensité des dépenses (part du logiciel dans le PIB), les éditeurs français occupent la troisième place derrière l Allemagne et le Royaume-Uni et représentent environ 7% du marché mondial. Le marché français se caractérise par une taille critique insuffisante et un grand nombre d acteurs de petite taille positionnés sur des niches de marché Le secteur des L&S (NAF 72) en France aujourd hui est un secteur de premier plan, qui compte (source Insee) 11 : établissements dont (~22%) pour l édition de logiciels ; un CAHT cumulé de 34,5 milliards d euros dont 13,25 milliards d euros (~38%) pour l édition de logiciels ; environ emplois. Ce secteur se caractérise par un tissu extrêmement dense de petites entreprises (moins de 10 salariés), voire de micro-entreprises (moins de 2 salariés) : En revanche, en matière de dépenses de R&D, les acteurs français sont notablement moins intensifs que la moyenne mondiale et leurs dépenses atteignent tout juste 4% de celles de leurs seuls concurrents américains. En investissements de R&D, les éditeurs américains dépensent en moyenne 5 fois plus que leurs homologues européens et 25 fois plus que les seuls éditeurs français. en effet, 86,9% des entreprises de ce secteur emploient moins de 10 salariés et ne réalisent que 15.7% de l activité totale (pour un CA HT cumulé de 5 405,8 M ) ; à l autre extrémité, quelques centaines d entreprises de plus de 100 salariés, internationales le plus souvent, représentent 1,1% des entreprises du secteur, emploient plus de 50% des effectifs du secteur et représentent 52,2% du CA cumulé (~18 Md ). A titre indicatif, les Pme (au sens de la définition européenne : moins de 250 salariés et moins de 40M de CA) représentent 99,6% des entreprises françaises du secteur des L&S. Une répartition du nombre d établissements par tranches d effectifs nous est fournie par le tableau ci-dessous : Le marché européen, à l image du marché mondial, ne cesse de se concentrer comme en témoigne le graphique ci-après, traduisant bien le «speed to cale» (ou recherche de taille critique) qui structure ce secteur. Source, OSEO anvar 2005 (sur données Insee 2005) 11 Ce chiffre prend en compte tous les établissements quelque soit leur effectif : de 0 à 1000 et plus. 14

16 La répartition de la valeur ajoutée dans ce secteur est la suivante : Edition de logiciels 40,4% de la VA du secteur ; Conseil en systèmes informatiques 37,8% ; Traitement de données 16,8% ; Entretien et réparation de machines 3,2% et Activités de banques de données 1,7%. Concernant la seule activité de l «édition de logiciels», une étude récente du Ministère des Pme & Syntecinformatique («Cartographie éclairante des éditeurs français de logiciels», à paraître en 2006), réalisée par IDC & CXP, situe aux alentours de 2500, le nombre d éditeurs français sur le territoire national. 12 Ces derniers représenteraient 80% de l ensemble des éditeurs présents en France et leur CA cumulé atteint 7,2 Md dont 65 % (4.7 Md,) réalisé en France. Ces entreprises emploient environ personnes dont 88% (60 000) en France (pour une présentation de la répartition des éditeurs français de logiciels, référencés par cette étude, on pourra se reporter à l annexe 1 p.15). Ce secteur est très dynamique puisque 70% des éditeurs ont une croissance annuelle > 5% et la croissance de l industrie du logiciel stimule celle connexe des services informatiques car les entreprises réclament une personnalisation toujours plus poussée des logiciels qu elles utilisent. La diffusion généralisée de standards logiciels incite aussi à cette personnalisation. L édition de logiciels marrie les extrêmes : une centaine de sociétés réalisent 80% du CA cumulé des éditeurs français, alors que 80% de ces mêmes éditeurs sont des TPE qui réalisent un CA de moins de 1M et pèsent pour 7% du CA cumulé. Mais l édition de logiciels est l industrie française qui en 2005 a produit le plus de VA/salarié : 86,8 K /an (pour le segment 722A) contre 63,3 K /an en moyenne dans l industrie française (source : étude Xerfi 2005). Au final, cette création de valeur s exprime en terme de rentabilité, notamment au niveau de la capitalisation boursière des éditeurs (lorsqu ils sont côtés). Ainsi la rentabilité nette des Truffle 100 (palmarès des éditeurs de logiciels français dans lequel apparaissent quasi exclusivement des Pme) a atteint 8.6% du CA en Néanmoins, l édition de logiciels apparaît très largement sous-capitalisée : pour les 150 éditeurs français qui réalisent plus de 5M de CA, la capitalisation moyenne (fonds propres) est de 500 K ; les 250 éditeurs réalisant entre 1 à 2M de CA bénéficient en moyenne 300 K de fonds propres ; enfin, pour les petits éditeurs de moins de 1M de CA, la moyenne des capitaux propres est inférieure à 200 K. Or l édition logicielle est un secteur intensif en innovation où la R&D représente en France environ 29% de l activité d édition et mobiliserait 35% des ressources humaines (source, «Truffle 100», édité par le CXP, qui réunit les 100 plus importants éditeurs de logiciels français). Selon le rapport «Futuris 13», la R&D en technologies logicielles représenterait en 2005 autour de 55% du budget public de R&D pour l ensemble des TIC et environ 25% de la dépense totale de R&D (public et privée) en TIC. Toujours selon le «Truffle 100», ces éditeurs ont investi en 2005, 820 M en R&D, soit 2,3% de l ensemble des dépenses de R&D françaises ; ils comptent un effectif total de R&D d environ personnes. Ces entreprises bénéficient le plus souvent du Crédit Impôt Recherche, du statut de JEI (Jeune Entreprise Innovante) et nombre des Pme du «Truffle 100» ont été soutenues par OSEO anvar et/ou bénéficient du label FCPI. L activité de l édition de logiciels est une activité résolument innovante. Selon l étude menée en collaboration par IDC & CXP, la taille critique des éditeurs français, celle qui ouvre les voies du développement international, se situerait aux alentours de 5 M de CA, ce qui représente seulement 150 éditeurs. Au-delà de 5 M de CA, les entreprises semblent bénéficier d un cercle vertueux (CA croissance rentabilité financement CA). Toutefois, les quelques 400 éditeurs, qui réalisent un CA de plus de 1M, constituent un réservoir d entreprises à potentiel de croissance (les gazelles, à savoir les entreprises qui réalisent un CA < 50M et qui connaissent une croissance annuelle de leur CA, supérieure à 20%). Signalons par ailleurs, que seulement 16 sociétés sont cotées sur Euronext (créé en 2005). Ces sociétés représentent en revanche 77% du CA cumulé du secteur. Les 3 premiers éditeurs (Dassault systèmes, Business Objects et GL Trade) réalisent quant à eux, 78% des profits et 58% du CA du secteur de l édition de logiciels. Au total, c est un besoin de consolidation qui caractérise l industrie française du logiciel. Rappelons qu en 2005 : une trentaine seulement d éditeurs français ont réalisé un CA > 50 M et 1 éditeur sur 5 réalisant moins de 1M de CA a connu un résultat net négatif. Or l industrie mondiale du logiciel traverse actuellement une période de concentration croissante qui n épargnera pas la France. L industrie des L&S française, compte tenu de la taille moyenne des entreprises qui la composent, apparaît alors très exposée. La force économique des acteurs du logiciel vient du volume des ventes, donc de la taille et du développement international. 12 Cette étude considère comme éditeur : des entreprises distribuant des logiciels disponibles sur étagère, ayant au moins un développeur en interne et dont la majorité du capital est détenue par des actionnaires français. 13 Futuris 2005, «Quel avenir pour le système français de recherche et d innovation?» - ANRT Un maillage industriel soutenu par une forte dynamique de création d entreprises En 2005, la France a enregistré dans le domaine des activités informatiques environ créations de sociétés (tous statuts confondus). Le secteur de la 15

17 réalisation de logiciels a connu une évolution conséquente : + 17,9 % en Cependant, la création d entreprises dans le secteur des L&S connaît depuis quelques années une augmentation régulière du nombre de reprises d entreprises. Cette tendance s est nettement accentuée en 2004 et se poursuit en Toutefois, concernant l édition logicielle, 85% des éditeurs français ont été créés ex-nihilo. Dans ce secteur, la création d entreprises y est donc très dynamique et les fondateurs très actifs (comme le souligne le graphique suivant) puisque dans 92% des cas, ils sont encore présents dans leur entreprise et dans 88% des cas, ils détiennent encore plus de 50% du capital. Répartition des éditeurs français par année de création Au bout du compte, le solde net de créations 14 d entreprises est structurellement positif dans le secteur des L&S. A titre indicatif, en 2003 (année de crise), «l indice de dynamisme» était de 1.68 (source COFACE) : pour une entreprise qui disparaît, se sont 1.68 entreprises nouvelles qui se créent. Concernant les défaillances d entreprises, la cinquième année d existence apparaît comme une année stratégique dans le secteur des L&S. En effet, selon la Coface, le taux de défaillance des entreprises par classes d âge est le suivant : - 0.7% pour les entreprise de moins d un an % pour les entreprises entre [1-5[ ans % pour les entreprises entre [5-10 ans] % pour les entreprises de plus de 10 ans. 14 Solde net : créations (ex-nihilo+reprises) défaillances et cessations (cessations pures, cessations de fonds et fusionsabsorptions) Une spécialisation très marquée sur les services informatiques Alors que les trois grands segments du marché de l informatique présentent aux Etats-Unis une répartition équilibrée qui participe de leur leadership : 31% hardware - 33% services - 36% software, la France affiche une sur-pondération des services : 29% matériel - 47% services - 25% logiciels, qui l expose tout particulièrement aux mouvements internationaux de délocalisation. Hors construction de matériel, en 2005, l édition logicielle représente en France 38,4% de l ensemble des activités de la filière informatique. L intégration, c est-à-dire, le développement de logiciels «à façon» sous forme de prestation de service au bénéfice d un utilisateur unique, représente quant à elle 61,6%. La prépondérance de cette dernière (qui ne prend pas en compte le développement en interne des grands industriels appartenant à d autres secteurs d activités) qualifie une «singularité française». Cette spécialisation se traduit en terme d emplois, puisque l industrie informatique française compte aujourd hui environ personnes (Source, IDC) dont : environ 7% dans le logiciel, 53% dans les services et 40% dans le matériel et la distribution. Devant ce constat, on entend parfois souligner le positionnement favorable du secteur français de l intégration, dont certaines SSII sont aujourd hui leaders en Europe (Cap Gémini Ernst & Young, Atos Origin ). Toutefois, cet atout historique s explique en partie par une longue politique d externalisation des activités informatiques de la part des pouvoirs publics français. Cette situation prolongée de sous-exposition à la concurrence internationale risque de constituer une grande fragilité à un horizon de quelques années face à l internationalisation incontournable du secteur et la montée en puissance des «outsourceurs» étrangers et notamment indiens. Le poids historiquement important en France des intégrateurs (SSII) et des industriels utilisateurs, développant progressivement leurs propres outils logiciels, a sans doute, à l image de la quasi-totalité des acteurs européens, obéré quelque peu la compétitivité des éditeurs. Aussi les éditeurs français de logiciels doivent faire face à trois difficultés majeurs : d une part, une consommation de produits logiciels par le marché industriel qui reste très mesurée, notamment du fait de politiques de référencements qui excluent les produits issus des jeunes pousses. L impact du «SBA» 15 et d abord la composante qui oblige les grands comptes bénéficiaires de fonds publics à avoir recours à des Pme, est un dispositif essentiel de la réussite de cette industrie aux Etats-Unis. Soulignons de ce point de vue, l initiative française du «Pacte Pme», conduite en partenariat entre le Comité Richelieu et OSEO anvar ; d autre part, le caractère à la fois incontournable et difficilement accessible du marché américain en même temps qu un marché européen pas assez intégré et fortement pénétré par la concurrence américaine. Une compagnie européenne qui viserait le seul marché européen, du moins sa part non occupée par des compagnies américaines, viserait moins de 10% du 15 Small Business Act 16

18 marché mondial, ce qui, particulièrement dans le domaine du logiciel (cf. problématique de la «taille critique», p.7), est très insuffisant. Or le développement sur le marché américain est une opération très consommatrice de liquidités et le plus souvent, les jeunes entreprises innovantes doivent passer une période difficile après les premières ventes significatives, en raison d un décalage fréquent entre les clients les plus faciles à convaincre (les «early adopters», qui moyennant des conditions financières avantageuses, participent à la stabilisation du produit final : passage de la version bêta à 1.0) et les clients «standards», plus nombreux, qui permettent d atteindre la taille critique du marché. La nécessité pour les éditeurs de se déplacer au Etats-Unis, intervient généralement à ce stade délicat de leur développement. Sur fonds d essoufflement des ventes, il n est pas rare que la trésorerie nécessaire dépasse ce que les premières ventes leurs ont permis de provisionner ; enfin, notons pour ce qui concerne les éditeurs français, un manque de diversification sectorielle. Le secteur des progiciels de gestion est sur-représenté et la plus grande partie des éditeurs français réalise plus de 70% de leur activité (Source, CXP) dans les secteurs suivants : ERP (PGI) qui représente une activité dominante pour plus de 20% des éditeurs ; CRM (10%) ; SCM (Gestion industrielle) ; Gestion comptable ; GED ; Ressources humaines et Réseaux télécoms. Au total, par le biais de quelques industriels ou «grands utilisateurs», le France s impose dans quelques domaines de forte diffusion de logiciels : cela vaut pour les systèmes d armes et les transports (Thales, EADS, Airbus, Renault ), mais aussi pour les Télécoms (Alcatel, FT) ou l électronique (Thomson Multimédia, ST Micro). Par ailleurs, la France possède quelques leaders mondiaux dans le domaine de l édition comme : Dassault Systems (n 1 mondial de la CAO), Business Object (pour les progiciels décisionnels : le «business intelligence»), ILOG (dans les composants logiciels), voire GL Trade pour les transactions financières. A titre indicatif, les deux plus gros éditeurs français, que sont Business Object et Dassault Systems, réalisent environ M de CA annuel mais avec une part réalisée sur le territoire national inférieure à 10%. Néanmoins, la France ne possède pas suffisamment de grands éditeurs internationaux de logiciels, aucun éditeur français ne se positionnant parmi les 20 premiers mondiaux. C est surtout en matière d intégration et de services que la France possède des leaders de premier plan, au premier rang desquels : Cap Gemini Ernst & Young, Atos Origin et qui figurent parmi les 5 premières SSII en Europe et les 15 premières mondiales. Contrairement au marché des logiciels, sur le marché des SSII, la France est le seul pays européen où les sociétés nationales ont préservé de fortes parts de marché. Selon PAC, les SSII d origine française contrôlaient encore en 2003, 68% de leur marché intérieur. Pour cela, elles ont du poursuivre leur mouvement de concentration et de restructuration afin de renforcer leur pouvoir de marché, comme l indique le graphique ci-dessous (source, Syntec 2005). Poids du Top 10 sur le marché français des SSII La croissance va vers les grandes structures En 2005, deux éditeurs sur trois sont en croissance. Audelà de ce constat, ce que révèle l analyse des taux de croissance des CA réalisés par les éditeurs français en 2005 (tableau suivant) : la croissance va vers les grandes entreprises. Par ailleurs, étant donné que les grands éditeurs ciblent principalement les entreprises de plus de 500 salariés ainsi que le CAC 40 (qui représentent plus de 50% de leur CA) et que les petits éditeurs se dirigent plutôt vers les Pme de moins de 500 salariés, les facteurs de risques se concentrent sur les petites Pme, réduisant de fait leur potentiel de croissance. Tendances de l année 2005 Une croissance durable : sur fond de conjoncture peu dynamique (croissance de PIB réajustée à +1,4%), la croissance sur le marché des L&S en France est estimée à +6% pour 2005 (source PAC 2005, confirmée par Syntec informatique). Les investissements en logiciels applicatifs ont repris tout au long de 2005 et les ventes de licences se sont accélérées, affichant une croissance proche de 6%. Tout laisse à penser que 2006 connaîtra une évolution dans la continuité de 2005 et ce, pour tous les secteurs d applications comme en témoigne le graphique suivant (source, Syntec 2005) : 17

19 Mais ce sont aussi tous les segments du marché des L&S qui sont impactés par cette dynamique de croissance, (comme en témoigne le graphique ci-après - source, Syntec 2005) : les éditeurs qui réussissent à développer des produits innovants (technologie ou niche verticale très pointue) et qui peuvent signer des contrats de partenariat avec des éditeurs de grande taille auxquels ils permettent d élargir leur palette de services et profitent en retour d une diffusion élargie de leur produit. Au total, la répartition en volume des activités du secteur des L&S en France est la suivante : - Ingénierie informatique 40% - Infogérance & TMA 27% - Logiciels & progiciels 20% - Conseil, formation & divers 13%. Les problématiques de migration, d urbanisation et de rationalisation des SI dopent une partie du marché des progiciels outils, en particulier pour les Architectures Orientées Services (SOA). Il en va de même pour les ventes de progiciels dans le domaine applicatif où les nouvelles générations d ERP dédiés Pme animent le marché du mid-market. Parmi les autres tendances dominantes de l année 2005, retenons : la confirmation du développement du mode ASP dans les business models des Pme éditeurs ; une tendance à la segmentation verticale de l offre, y compris pour les progiciels, avec un renforcement des approches métiers et des développements très orientés vers les besoins spécifiques du «middle market» et des Pme ; les 6 principaux domaines du développement de projet : l interopérabilité (EAI, Web Services, standards ouverts), la mobilité, la sécurité, la Business Intelligence (BI), l e-business et l informatique embarquée. l offshore, phénomène qui semble s inscrire dans un mouvement inéluctable (mondialisation des services, réduction des coûts ), même si son développement reste limité en France où l on enregistre un mouvement plutôt orienté vers le «nearshore» (Maroc, Tunisie et nouveaux pays de l Europe de l est ). Compte tenu des caractéristiques de l industrie française des logiciels et services associés (taille critique insuffisante, insuffisance de capitaux propres, besoin de consolidation ), les éditeurs français sont placés dans une position délicate, avec en perspective le choix de tenter leur chance de manière indépendante, ce qui passe par un développement à l international (ce qui requiert des capitaux importants) ou de s adosser à des sociétés majeures du secteur des technologies de l information et profiter ainsi de l effet d entraînement qu elles produisent. Ce dernier modèle concerne plutôt 18

20 4. Tendances technologiques et R&D dans le secteur des technologies logicielles Le monde est aujourd hui dépendant des technologies de l information et de la communication, à la fois dans ses activités industrielles, commerciales et domestiques. A côté des réseaux qui en permettent l interconnexion, les systèmes embarqués (ou enfouis) communicants, temps réel et/ou critiques, connaissent un développement considérable. La montée en puissance de ces «systèmes complexes à logiciels prépondérants» constitue une véritable opportunité pour l Europe des technologies logicielles (cf. introduction). 4.1 Un «framework» technologique validé au niveau européen Dans le cadre de l agenda de Lisbonne, 2005 est une année stratégique dans la mesure où elle marque l émergence d un nouveau «framework» technique, validé au niveau européen : NESSI (Networked European Services & Software Initiative). NESSI fournit pour les vingt années à venir, les bases et les orientations technologiques d un nouvel écosystème de la connaissance orienté «e-services» qui consacre le logiciel comme moteur de la compétitivité européenne. NESSI est avant tout une architecture orientée service (SOA) dont l objectif est de relancer la compétitivité européenne par la mise en place de «business models» véritablement axés sur le service. Cette architecture constitue un continuum de connectivité qui repose sur trois piliers technologiques : le Web sémantique ; une information ambiante («ubiquitous computing») ; et des processus métier interopérables de bout en bout. La notion de service consacrée par NESSI est à prendre au sens large. Elle renvoie (cf. graphique ci-contre) aussi bien à la notion de composant logiciel générique (stockage, connectivité ), que de service à valeur ajoutée, décliné selon des logiques métier, sectorielles, par simple orchestration de services élémentaires (voire par configuration de systèmes plus complexes). De telles infrastructures consacrent les technologies de «virtualisation» des ressources (de traitement, de stockage ), de reconfiguration dynamique des réseaux ainsi que l ensemble des technologies «M2M» (Machine to Machine). Nessi, the focus on knowledge for IT is based on key evolution elements such as : context-aware, semantic aware, trustworthy, ubiquitous & invisible, scalable and user-centric. Services should be device and channel independent, accessible anywhere, anytime via a personal mobile device and from any platform to improve quality of live and productivity (cf. The Nessi Strategic Research Agenda). Véritable ossature technique de l Europe à l âge des technologies de l information et de la communication, NESSI apparaît comme la pierre angulaire du développement des technologies logicielles notamment dans le cadre du 7è PCRDT. Ainsi, pas moins de 26 plateformes technologiques européennes sont impactées par la R&D consacrée aux technologies de l information et de la communication et dont l ossature de base repose sur NESSI, comme nous l indique le graphique ci-dessous. NESSI est soutenue par une infrastructure technique faite de composants logiciels génériques, de composants logiciels orientés services ainsi que de middleware transactionnels. Elle s appuie sur le développement de logiciels «open source» et l établissement de normes ouvertes et interopérables. Cette infrastructure technique doit répondre à de nouveaux enjeux en termes de : passage à l échelle, robustesse, sécurité, tolérance de pannes Seules des infrastructures de grilles (Grid computing) ou de réseaux P2P (pair à pair) implémentées de «Web services» pourront faire face à ces enjeux largement renouvelés de par l ampleur du nombre de connectés (utilisateurs comme périphériques :-23 milliards de terminaux attendus d ici 2008, selon les chiffres de la Commission européenne) et la croissance de leurs interconnexions. 19

21 NB : sur ce graphique apparaissent uniquement certaines plateformes spécifiques au domaine des TIC : NESSI, emobility (Mobile and Wireless Communications Technology Platform), ARTEMIS (European technology platform for Intelligent Embedded Systems), NEM (Network and Electronic Media Platform), ENIAC (European Nanoelectronics Initiative Advisory Council), ISI (Integral Satcom Initiative) et NANOMEDECINE. Les plateformes technologiques, dispositif au cœur du 7è PCRDT constituent de véritables catalyseurs visant à établir des partenariats Public/Privé et devenir l interface privilégiée entre l UE et les Etats Membres en vue d assurer le développement d une politique cohérente autour de thématiques de recherche jugées prioritaires et essentielles au soutien de la compétitivité européenne. Elles ont aussi pour but de favoriser l implantation de programmes de R&D selon une logique de «clusters» régionaux (plateformes, pôles technologiques, systèmes locaux de production ). Une plate-forme technologique est avant tout pilotée par des industriels, mais elle doit donc correspondre à une vision partagée par tous les contributeurs (industrie, autorités publiques, communauté scientifique, organismes de régulation, société civile, opérateurs, utilisateurs). Toutes ces entités se regroupent pour définir un agenda de recherche (véritable roadmap technologique) autour d un certain nombre de défis stratégiques mais qui possèdent un intérêt sociétal élevé et doivent permettre la réalisation de la future croissance de l Europe avec des objectifs de compétitivité et de durabilité. Ces «roadmap» définies au niveau européen trouvent un relais au niveau national et régional, notamment pour ce qui concerne la France, dans les «pôles de compétitivité». Ainsi, en juillet 2005, ce sont 9 pôles de compétitivité qui ont été labellisés dans le domaine des TIC, comme nous l indique la carte ci-dessous. A titre d exemple, Paris-région IdF, dont la vocation est de doter la France et l Europe d un pôle d excellence de niveau mondial en matière de «conception et de développement de systèmes complexes à logiciels prépondérants», s inscrit et participe étroitement à la «roadmap» définie par la plateforme européenne ARTEMIS. Avec NESSI (et les autres plateformes technologiques qu elle structure), 2005 est une année charnière qui fournit une cohérence au schéma de développement technologique européen en matière de logiciels et de services et souligne l opportunité de développer d emblée la réflexion stratégique dans un cadre européen : les coopérations tangibles entre acteurs d un même pays peuvent désormais s établir aussi de manière transfrontalière, car elles abordent précisément les mêmes thématiques sur des bases similaires. 4.2 Les priorités «thématiques» du développement technologique dans le secteur des L&S Les tendances technologiques fondamentales des prochaines années sont liées à la montée en puissance de l Internet, des réseaux de capteurs intelligents et des systèmes embarqués complexes, celle de l informatique «ubiquitaire» permise par la généralisation du haut débit. Il s agit pour l essentiel de techniques d analyses de données intelligentes et de technologies qui permettront de faire face à distance à ces informations : des technologies pour ressentir (réseaux de capteurs), penser (analyses de données), et agir. Trois priorités se dégagent pour faire face à ces enjeux (complexité, intégration, mobilité, sécurité). La première priorité concerne le développement de nouvelles méthodes et de nouveaux outils pour concevoir et mettre en œuvre les systèmes d information collectifs et les services associés. Un effort particulier doit être mené pour répondre aux besoins croissants en matière de sécurité de l information échangée et tendre vers une plus grande disponibilité des ressources informatiques dans des architectures capables de diagnostiquer leur fonctionnement et capables de se reconfigurer de manière autonome. La deuxième priorité concerne le développement d applications pour l'ubiquité et le nomadisme, se déployant sur des assistants personnels de faible puissance et sur des téléphones cellulaires connectés aux réseaux fixes au moyen de divers media (Wifi, Bluetooth, GPRS, GSM, etc.). La troisième priorité concerne l organisation de données de plus en plus riches et multimédia, aux formes très variées, en vue d une meilleure connaissance sur un sujet donné, notamment en ce qui concerne l information sur le Web ainsi que l accès, la découverte et la classification de cette information et des services existants, qui eux-mêmes proviennent de sources toujours plus nombreuses. Cette priorité traite donc d'organisation, de traitement et de dynamique des connaissances. Un des principaux changements porte sur la complexité résultant de la coexistence de composants hétérogènes mais aussi de la nature très variée des traitements numériques effectués dans les applications enfouies (signal, image, données, contrôle ) : les systèmes embarqués. Pourtant, en regard de cette complexité croissante et pour satisfaire des objectifs de coûts et de performance toujours plus drastiques, le cycle de 20

22 conception de ces systèmes (hard et soft) se doit de raccourcir. Le composant logiciel se trouve alors au cœur d une problématique d intégration visant à éliminer les ruptures dans une conception d architecture qui fait appel à des technologies hétérogènes qu il s agit d intégrer, depuis des spécifications de haut niveau, jusqu à des mises en œuvre sur des architectures cibles spécifiques, conçues et optimisées progressivement en fonction des choix de composants et de leurs interactions. Concernant les systèmes d information et de connaissances : l accroissement de complexité de l information générée et échangée réclame une forte évolution de leurs architectures afin : d assurer divers types d intégration entre applications complexes et services hétérogènes ; d assurer un fonctionnement sans interruption ; de disposer de capacités d adaptation et de reconfiguration automatique en cas de panne ; d intégrer le nomadisme en assurant la sécurité des informations et en adaptant les applications, les interfaces et les ressources au besoin et à l environnement spécifiques de l utilisateur à un moment donné. Que ce soit pour le logiciel générique, le logiciel embarqué ou les systèmes d'information, la rentabilité et la productivité de l activité logicielle constituent l enjeu majeur ; un enjeu qui passe en premier lieu par la maîtrise de tous les aspects du développement logiciel. A titre d exemple, les contraintes de sûreté requises, notamment par les documents de certification liés à un secteur industriel, exigent le déploiement de procédures lourdes et coûteuses. Pour répondre à ces exigences, des techniques de transformation et de vérification formelle (correctes par construction), de génération de tests automatique (la complexité rendant impossible la production manuelle de tests possédant une couverture suffisante et supportant le passage à l échelle), permettent de chasser l incertitude. Le développement de techniques formelles d abstraction et de modélisation utilisées en phase de conception, renforce au-delà de leur profil (conformité à leur description d usage), la confiance sur l analyse du comportement des composants et au final, sur les propriétés de qualité de service (QoS : sûreté de fonctionnement, disponibilité, fiabilité, sécurité, déterminisme, certification ). Pour ce qui concerne le prototypage virtuel, où la conception séquentielle d un système embarqué s oppose à la réduction du délai de mise sur le marché, il est donc essentiel de pouvoir étudier au plus tôt les caractéristiques globales du système envisagé. La mise en place de plates-formes de simulation à base de modèles de composants (IP) est une approche émergeante de la conception des circuits qui répond à cet impératif. Enfin, il faut noter le rôle croissant que jouent les logiciels de modélisation, de simulation et d optimisation que ce soit pour l analyse, la conception ou le suivi de tous ces systèmes complexes. Ils interviennent tout au long du cycle de vie d un produit ou d un service et doivent, en conséquence, être conçus pour pouvoir intégrer et suivre l ensemble des processus intervenants. La généralisation des systèmes nomades (mobiles, communicants) qui doivent fournir des services de complexité croissante et à haute valeur ajoutée, confère au «middleware» un rôle stratégique (passage à l échelle, haute disponibilité, informatique autonome ). C est sur cette catégorie de logiciels que se déterminent une grande partie des enjeux d intégration et d interopérabilité des produits et services en cours et à venir. Enfin, dans un «framework» centré sur l utilisateur (NESSI se veut «user centric») ET l usage, notons l enjeu que représentent les interfaces personnes/systèmes (visualisation, collaboration, interaction ). La diffusion des technologies logicielles dans tous les pans de la société, couplée à l'émergence de nouvelles formes d'interactions rendues possibles par l'évolution technologique, fait des interfaces personnessystèmes un enjeu majeur. Les IHM constituent en effet, l une des principales variables «d acceptabilité» qui sous-tendent les usages, leurs évolutions et au-delà, leur validation par le marché. Il s'agit en effet de rendre des technologies de plus en plus complexes, accessibles à des gammes d'utilisateurs de plus en plus vastes et diverses pour des domaines d applications qui touchent à l ensemble des activités humaines (interaction en situation de mobilité ; réalité virtuelle et augmentée ; interaction gestuelles, sensorielle, cerveau-ordinateur ). Leur paradigme est profondément impacté par le processus de convergence technologique et porteur de d innovations multiples. Evidemment, tout cela n est pas envisageable sans un effort accru en terme d investissement de R&D. La relance des investissements de R&D en matière de L&S (cf. introduction) est un enjeu majeur pour l Europe en général et la France en particulier : un objectif prioritaire de la stratégie de Lisbonne (3% du PIB). 4.3 Effort de R&D et technologies logicielles La répartition mondiale des dépenses de R&D en matière de L&S est la suivante (source, IDC) : Etats-Unis 38% Japon 14%, Chine 8%, Corée du Sud 3% Allemagne 7%, France 5%, Grande Bretagne 4%, autres pays européens 9% Reste du Monde 12%. Le tableau ci-après traduit pour partie le différentiel qui s établit à la faveur des Etats-Unis en matière de technologies logicielles. R&D dans l'industrie du progiciel dans le monde 21

23 Ce dernier est encore plus significatif si l on considère les financements des Administrations publiques américaines par rapport à leurs homologues européennes, notamment pour ce qui concerne la Défense, l Espace et la Sécurité Civile ainsi que les fondations qui, aux Etats-Unis, financent environ 4% des dépenses de recherche alors qu en Europe, elles ne dépassent pas 0.1%. Ainsi, la part des financements publics en matière de R&D logicielle est 2.5 fois supérieure aux EU qu en Europe. De plus, les entreprises américaines de progiciels dépensent en R&D 5 fois plus que leurs homologues européennes et 25 fois plus que les entreprises françaises. Dans le contexte international, l effort français de dépenses et d investissements en matière de technologies logicielles, représente environ 18% de l effort européen (R&D TIC/PIB=0.35%), lequel représente environ 80% de la dépense équivalente aux Etats-Unis (R&D TIC / PIB=0.88%). Globalement, la DIRDE (Dépense Intérieure de R&D des Entreprises) du secteurs des L&S est estimée à environ : 2.5 Md. R&D au niveau européen : 6 è PCRDT 16 et initiative ITEA 17 Afin de renforcer les bases scientifiques et technologiques de l industrie et de favoriser le développement de sa compétitivité internationale, la Communauté Européenne met en œuvre des programmes de recherche, de développement technologique et de démonstration qui visent à promouvoir la coopération entre les entreprises, les centres de recherche (publics ou privés) et les universités. Même si la volonté initiale de coopération industrielle tend à s estomper au profit d une recherche plus orientée vers la recherche académique, le principe de subsidiarité (évoqué dans le traité de Maastricht) nous rappelle que : «ne sont traiter au niveau européen, que les points sur lesquels les acteurs des différents pays ont un intérêt commun et ce au profit de thématiques incluses dans les différentes priorités publiques nationales, pour venir abonder financièrement ces dernières». Il s agit de promouvoir un effort de concentration sur des sujets jugés essentiels au soutien de la compétitivité industrielle, dans le cadre d une recherche collaborative, et ce, pour des actions de type «pré-compétitif» (proches du marché) et en cohérence avec les politiques publiques développées au niveau national, ou, qui favorisent l émergence de projets de R&D transnationaux. A cette fin, le FP6 (Framework Programme for Research), principal instrument de support à la R&D au niveau du 6 è PCRDT (période ) a consacré 3,6 Md (soit 20%, la plus grosse partie des quelques 17.5 Md du budget global du 6 è PCRDT) pour la priorité thématique 2 : «Information Society Technologies - IST». Parmi ces crédits, 15% étaient réservés au seul bénéfice des Pme. Dans une approche très sociétale de la technologie (qui vise à résoudre les problèmes majeurs de la société et de 16 PCRDT : Programme Cadre de Recherche et Développement Technologique. 17 ITEA : Information Technology for European Advancement. l économie), la priorité IST se veut résolument innovante et se concentre sur les technologies de la prochaine génération : «pour une vision de l intelligence ambiante qui place l utilisateur au centre d une société de la connaissance et fait participer le plus largement possible les citoyens à la société de l information». Concernant plus spécifiquement les technologies logicielles (qu il est difficile d isoler dans une approche aussi transversale), une focalisation particulière s est faite, notamment sur : le développement des technologies en matière de sécurité liée au tout numérique ; la mise au point des technologies permettant d exploiter des ressources de calcul et de stockage géographiquement dispersées et les rendre accessibles à tous, de manière continue et ce, dans une approche résolument orientée «e-services». Au terme des trois premiers appels à propositions de la priorité 2 18 : 423 projets, soit plus de participations, dont 718 françaises (11.8%) ont été financés. La participation française représente donc 20% des projets déposés. Ces fonds ont bénéficié pour : 46% à des laboratoires académiques ; 42% à de grands groupes industriels ; et 14% à des Pme/Pmi. Selon la nature des outils retenus, la répartition est la suivante : 57% d IP (Projets Intégrés dont le but est de concentrer les efforts sur un grand projet commun, lequel impose la participation de tous les types d acteurs de la chaîne de valeur) ; 15% de NoE (Réseaux d excellence, dont le but est de coordonner l ensemble des activités dans un domaine particulier) ; 25% de STREP (Projets spécifiques de recherche ciblée ayant pour but de résoudre un problème précis outil privilégié des Pme) ; 2% de SSA (Actions spécifiques de soutien) et 1% de CA (Actions de coordination). L étude de ces projets montre que 40% des projets à l issue des travaux testent ou valident réellement un produit. Même si 47% des projets signalent des problèmes, notamment sur la gestion des droits de propriété intellectuelle et industrielle entre partenaires, la diffusion des résultats reste bonne et 1/3 des projets précisent avoir développé un business plan crédible alors que 20% ont débouché sur la création d une jeune pousse. D un point de vue plus qualitatif et à titre d exemple : les solutions pour améliorer l interopérabilité et l adaptabilité des réseaux ont représenté 37 projets pour une dotation de 157 M ; la mise au point de nouvelles technologies pour les logiciels embarqués ont enregistré 16 projets pour un montant de 57,6 M ; les logiciels d environnements de création de services multifonctionnels, ainsi que la création d outils pour le contrôle de systèmes distribués complexes : 12 projets pour 52 M. Concernant la France dans la thématique IST, si le taux de participation dans les projets éligibles n est que de 11.3% (peu de dossiers de candidatures ) ; en revanche, le taux de succès des entreprises françaises participantes est de 25% ( mais des dossiers de bonne facture), supérieur à celui de l ensemble des participants 21%. 18 Il y a eu au total 5 AAP qui concernaient les technologies logicielles dans le cadre du 6è PCRDT. Tous les résultats ne sont pas encore disponibles. 22

24 Les Pme représentent quant à elles, 18.5% des participants et bénéficient de 15.6% des fonds alloués par la Commission. L échec relatif de la participation des Pme dans les projets du PCRDT ainsi qu un saupoudrage certain induisent un désintérêt progressif des industriels. Plus que jamais, accompagner les Pme dans une démarche de R&D collaborative, notamment au niveau européen, apparaît une nécessité sur laquelle OSEO anvar compte s engager tout particulièrement que ce soit dans le cadre du 7 è PCRDT ou dans celui des pôles de compétitivité. Preuve de cet engagement, le projet «INNET» (projet phare de la DG entreprise) pour lequel OSEO anvar est le coordinateur. Ce projet vise à mettre en place un schéma européen de financement des transferts de technologie et des projets d innovation entre pôles technologiques et Pme. Dotée d un budget annuel de 1.15 Md et ciblant tout particulièrement le secteur des TIC et des nanomatériaux, cette initiative vise à promouvoir les interactions et la coopération entre l ensemble des programmes de financement de l innovation qui existent aux niveaux régional, national et européen. L enjeu est ambitieux puisqu il s agit de faire d OSEO (ANVAR et BDPME) et de leurs homologues européens, en association avec les régions européennes : l acteur clé des politiques européennes de soutien aux PME, à l innovation et aux pôles technologiques. ITEA, cette initiative est un cluster Eurêka de R&D collaborative (initiée depuis le 12 novembre 1998), destinée aux projets «pré-compétitifs» et centrée sur les technologies logicielles distribuées et embarquées. Ainsi, en matière de technologies logicielles, ITEA complète les programmes Eurêka et les appels à projets thématiques du FP6 au sein de l ERA (European Research Area). Les projets ITEA sont donc accessibles à l ensemble des 33 pays du dispositif Eurêka (dont le secrétariat français est géré par OSEO anvar). Sa mission : stimuler et supporter les projets innovants susceptibles de conférer à l Europe une situation de leadership pour ce qui concerne les «Software Intensive Systems». Son objectif : est le développement d'architectures, de plates-formes et de couches logicielles intermédiaires («middleware»). C'est sur les plates-formes issues d'itea que pourront être construites des applications (produits et services) touchant une grande partie des secteurs de l'économie et de la vie courante. ITEA se focalise sur six compétences critiques : - le multimédia étendu - les communications - les services et informations distribués - le traitement du contenu - les interfaces utilisateurs - la conception de systèmes complexes. Initié par des industriels européens (Alcatel, Barco, Bosch, Bull, Daimler Chrysler, Italtel, Nokia, Philips, Siemens, Thomson), le programme se déroule jusqu en 2006 pour un montant total d'environ 3,2 Md. Les projets labellisés par ITEA peuvent ensuite être présentés pour un cofinancement par les différents Etats impliqués. Les résultats d ITEA ont apporté la confirmation que le cofinancement public stimule de manière efficace, les efforts privés de l Europe en matière de R&D. Avec ITEA2, l Europe s apprête à poursuivre le renforcement de sa position dans les systèmes embarqués complexes à logiciel prépondérant, notamment en cherchant à unifier les efforts fragmentés de la R&D européenne tout en élargissant davantage le rôle des Pme dans les projets. Par ailleurs, ITEA2 accordera une attention toute particulière, aux projets susceptibles de consolider la position de l Europe dans la négociation de normes internationales, ainsi qu à l amélioration des performances concernant le délai de mise sur le marché. R&D au niveau français : le RNTL 19 Créé en 2000, le RNTL a vocation à soutenir et à valoriser l innovation dans le domaine des technologies logicielles pour améliorer la compétitivité du/des secteur(s) industriel(s) concerné(s). Il a pour rôle de favoriser la collaboration entre la recherche publique et la recherche industrielle et contribuer ainsi à l animation de la communauté scientifique et technique dédiée aux technologies logicielles. Cette recherche collaborative se fait à travers des Appels à Projets (AAP) annuels sur des thématiques jugées prioritaires pour la compétitivité de l industrie française et qui visent à accompagner un certain nombre d évolutions lourdes dans le domaine des TIC : les systèmes embarqués ; les logiciels pour la modélisation et la conception globale des systèmes complexes ; les interactions personnes-systèmes, visualisation et collaboration ; les réseaux d information et de connaissances. Ces projets se doivent de lever des «verrous technologiques» pour le développement de produits innovants. En quatre années d AAP, le RNTL représente : 474 projets soumis et 139 projets labellisés (soit un taux de labellisation d environ 30%) pour un montant cumulé d aides accordées d un peu plus de 100 millions d euros ; 402 participants aux projets labellisés (soit environ 2.9 participants par projet) dont 28% de Pme et 7% de Jeunes pousses, ce qui en fait l un des réseaux les plus ouvert aux Pme innovantes. En 2005, comme l ensemble des R2IT (Réseaux de Recherche et d Innovation Technologique), le RNTL est passé sous contrôle de l ANR et cette agence de moyens a eu recours à des structures supports pour gérer l AAP 2005 du RNTL. Dans ce dispositif, OSEO anvar est intervenu tant dans l évaluation financière des Pme que pour l analyse des devis au sein des différents programmes de recherche. Ainsi, au titre de l année 2005 et pour ce qui concerne les technologies logicielles : ce sont 32 projets collaboratifs qui ont été labellisés pour un montant total de 26.5 M de subventions. 19 RNTL : Réseau National des Technologies Logicielles. 23

25 5. Analyse de l action d OSEO anvar 5.1 Une mission revisitée Si OSEO anvar conserve son métier de soutien à l innovation par l accompagnement et le financement de projets qui combinent innovations technologiques et perspectives concrètes de commercialisation, ses modalités d interventions connaissent néanmoins un élargissement fondé sur la complémentarité entre OSEO anvar, OSEO bdpme et OSEO sofaris (cf. graphique ci-dessous), ainsi qu un doublement de ses moyens d interventions entre 2005 et Ainsi OSEO peut-il apporter de nouvelles réponses : 20 en quasi-fonds propres, notamment en amorçage, avec le PPA : «Prêt Participatif en Amorçage» ; visant à faciliter le lancement commercial et industriel des innovations avec le CDI : «Contrat de Développement Innovation». Conçu dans une logique de continuité de financement de l innovation, le CDI finance les investissements immatériels, les besoins en fonds de roulement et il facilite le cofinancement bancaire ; aidant à la création d entreprise, avec le PCE : «Prêt à la création d entreprise» ; visant à faciliter l accès des entreprises aux crédits bancaires grâce au «fonds de garantie innovation» ; permettant la mobilisation de créances de trésorerie ou la mobilisation des créances de Crédit Impôt Recherche pour le financement du cycle d exploitation ; visant à favoriser l accès aux premiers marchés de jeunes entreprises innovantes (JEI) à la recherche d une caution bancaire, grâce à la «garantie de caution sur marchés de projets innovants». Ces outils permettent à OSEO d accomplir sa mission : être présent tout au long de la vie de l entreprise, en particulier dans les phases les plus risquées (création, innovation, développement et transmission). Le profond bouleversement qu à connu l écosystème de l innovation et notamment celui de la R&D industrielle, en France, en 2005 (cf. introduction), vise tout particulièrement à associer l ensemble du tissu économique via les Pme, consacrant ainsi la notion de «partenariat» (public - privé, Pme-Grands-comptes). C est pour répondre à cette exigence qu OSEO compte développer son rôle d opérateur pour le compte de l Etat et des collectivités locales et entend proposer aux Pme : un accompagnement renforcé pour favoriser l émergence et le développement des Pme par l innovation, notamment au sein des pôles de compétitivité, mais aussi dans le cadre de projets européens. Pour OSEO anvar, il s agit : de favoriser les coopérations technologiques et les transferts de technologie, de soutenir la capacité des Pme à développer des partenariats sur des thématiques jugées prioritaires (pôles de compétitivité), le tout sur un modèle «gagnant-gagnant», ce qui n a rien d évident à priori. Pour cela, OSEO peut s appuyer sur un réseau régional enrichi et proposer aux Pme innovantes les moyens nécessaires à leur croissance : financements, orientations et mises en relation. 20 Pour plus de détails sur les produits présentés ci-dessous, on pourra consulter le site : 24

26 Ainsi, ce sont quelques 21 aides pour un montant de 3.8 M qui ont été accordées par OSEO anvar au titre des pôles de compétitivité en matière de technologies logicielles au cours du second semestre 2005 (comme le montre la carte suivante). Bien évidemment, il s agit là d une première étape qui traduit surtout la volonté d OSEO d apparaître comme un acteur incontournable du financement de projets collaboratifs et de ne pas se cantonner au soutient de projets innovants portés par des entreprises individuelles. 5.2 Interventions et typologie des aides En 2005, les TIC ont représenté environ 1 /4 (23.7% en montant et 24% en nombre de projets) des interventions d OSEO anvar. Parmi ces aides, les projets d innovation en matière de «technologies logicielles de base» se taillent la part du lion et représentent : 304 aides accordées pour 20.3 M Comme le souligne le graphique ci-contre, en 2005, l action d OSEO anvar en matière de «technologies logicielles de base», enregistre une stabilité par rapport à 2004 du nombre d aides accordées (304 contre 310). Toutefois, cette stabilité apparente révèle une baisse des aides aux projets (-15% pour les aides au développement et -26% pour les aides à la faisabilité), compensée un net accroissement des aides au recrutement pour l innovation qui représentent plus d une aide sur deux (+33%). Mais surtout, cette stabilité en nombre d aide, ne saurait cacher une baisse d environ 1/5 (19%) des montants accordés en 2005 : 20.3 M (contre 25M en 2004). Dans une conjoncture favorable (cf. p.17), cette baisse trouve son origine, principalement dans la baisse du montant moyen des programmes présentés à OSEO anvar (574.4K contre 675K en 2004), ce qui explique en partie la baisse des montants moyens accordés en phase de développement (174.4K contre 181.5K en 2004). Le taux d intervention en matière de technologies logicielles 25

27 reste stable : environ 30% pour les aides aux projets. Néanmoins, l effet de levier de l action d OSEO en matière de technologies logicielles demeure important. En effet, les 20,3 M d aides versées (dont 75% en avances remboursables et 25% en subventions) à quelques 296 entreprises, ont permis la réalisation de près de 65 M de programmes d innovation. Le détail de ces interventions, par types de procédures, nous est donné par le tableau ci-dessous : Mais le fait le plus marquant de l année réside sans conteste dans l évolution des sources de financements, comme le montre le tableau ci-contre. OSEO anvar confirme et accroît son rôle d opérateur pour compte de tiers. Tout d abord, la part des «Aides Déléguées par des Tiers» (ADT), représente désormais 39.5% du montant des interventions d OSEO anvar en matière de technologies logicielles. Parmi ces aides, c est l Europe qui constitue le principal pourvoyeur avec 18.75% des montants alloués. Viennent ensuite : les collectivités locales (principalement les conseils régionaux) avec 11.51% et l Etat avec pratiquement 9%. NB : OSEO anvar dispose d une convention avec la DGA pour le financement de projets relatifs à des technologies duales. Ainsi en 2005, un projet touchant à la sécurité (cryptographie) a reçu un abondement de 110 K. Enfin, en 2005, ce sont quelques 44 entreprises du secteur des L&S qui ont reçu le label «FCPI» (Fonds Communs de Placement pour l Innovation) entreprises innovantes. Ces labellisations FCPI ont permis à 23 entreprises bénéficiaires de lever quelques 191 M, le plus souvent lors d un troisième tour de table (cf. Annexe 2 p.42 pour une liste exhaustive). Rappelons à titre indicatif qu en 2005, une opération de venture capital français sur six (16.6%) concernent le logiciel, ce qui ne représente toutefois que 5% des montants investis par les capitaux risqueurs. Les activités logicielles en France apparaissent trop risquées au regard de la rentabilité dégagée. C est pourquoi une réflexion a été engagée par la Direction du Trésor, la BDPME et l AFIC en vue de la création d un «SBIC» (Small Business Investment Compagnies créé aux Etats-Unis en 1958) à la française visant à faciliter le financement des PME. Il s agit d un fonds dédié au capital-risque et au capital-développement qui regrouperait des capitaux provenant pour partie d investisseurs institutionnels et pour l autre d obligations garanties par l Etat. Une telle mesure est largement réclamée par les syndicats professionnels de l édition de logiciels. 26

28 5.3 Typologie des bénéficiaires En 2005, ce sont 296 entreprises (13% de l ensemble des entreprises aidées en 2005 quelque soit le secteur) qui ont bénéficié d une aide OSEO anvar, au titre des technologies logicielles de base. Sur ces 296 entreprises, seules 40% sont répertoriées (code NAF Insee) en tant qu éditeurs de logiciels. Ceci confirme que l édition de logiciels n est pas le seul fait, loin s en faut, des éditeurs de logiciels. Pour de nombreux industriels, la production de logiciels devient structurelle et représente une part toujours plus importante de leur chiffre d'affaires, un élément majeur de leur compétitivité fortement créateur de valeur ajoutée. Pratiquement 38% des porteurs de projets de «technologies logicielles» appartiennent à des secteurs d activités autres que celui des L&S (NAF 72). Ceci traduit bien le changement de nature qui caractérise le logiciel qui tend à s imposer comme une «technologie générique» (cf. p.2), en tout cas, en tant que principal support d activités génériques telles que : les méthodes de conception, la logistique, l édition ou la formation. Par taille des entreprises A l image du secteur des L&S dans son ensemble, les entreprises aidées par OSEO anvar sont très majoritairement des entreprises de petite taille : 84% ont moins de 20 salariés ; voire des micro-sociétés puisque 50% ont moins de 5 salairés. L effectif médian est de 5 salariés. Par âge des entreprises Par rapport aux années précédentes, on constate un recentrage de l échantillon des entreprises aidées vers des entreprises plus matures : certes 38.7% (contre 46% en 2004) sont de jeunes pousses de moins de 3 ans (dont les 2 /3 sont dans leur première année de création) ; mais 40.5% ont entre 3 et 10 ans (contre 33% en 2004, soit un accroissement d environ 23%) et 20.8% ont plus de 10 ans (contre 21% en 2004). L âge médian est de 4 ans. Nouveaux bénéficiaires Environ 1 /4 des entreprises aidées (23%) sont de nouveaux bénéficiaires. Ce taux est en nette régression par rapport aux années précédentes : 56% en 2003 et 49% en Mais surtout, la part des ADT parmi les nouveaux bénéficiaires s élève à 54% (au lieu de 39.5% pour l ensemble de l échantillon). Par conséquent, en 2005, les tiers qui nous délèguent la gestion de certaines aides ont plus contribué au renouvellement de notre clientèle que notre propre prospection. Aussi, le profil type de l entreprise aidée en 2005 au titre des technologies logicielles est le suivant : âge, 4 ans ; effectif, 5 salariés ; un CA moyen est de 2.3M (mais le CA médian est de 300K ) ; capitaux propres, 220K. 27

29 NB : dès 2006, OSEO cherche à rééquilibrer son cœur de cible notamment en faveur des sociétés à potentiel de croissance de type «Gazelles» (cf. Annexe 3, p.43) ainsi qu à relancer le soutien aux entreprises plus matures (le soutien aux jeunes pousses ayant dominé ces dernières années). 5.4 Analyse régionale des aides D une manière générale, la forte concentration de la R&D en matière de «technologies logicielles» dans quelques régions dominantes fournit naturellement une vision réductrice de la place des autres régions dans le panorama régional. Le poids prédominant de l Ile-de-France exacerbe ce point de vue : avec près de 45% des dépenses intérieures de R&D (publique + privée) et emplois de R&D estimés dans le domaine du logiciel et des systèmes complexes, l Ile-de-France est probablement, dans ce domaine, l une des premières régions au niveau international. La répartition régionale en matière de R&D logicielle privée -DIRDE (Dépenses Intérieures de R&D des Entreprises implantées sur le territoire national ; en France, les entreprises réalisent 63% des travaux de R&D et les administrations 37%) apparaît fortement corrélée : - à l implantation des établissements du secteur des logiciels & services associés (NAF 72) - au volume d activité de ces entreprises (chiffre d affaires) - et bien entendu, au niveau de dépenses de R&D effectuées par ces entreprises. Néanmoins, le classement en termes de part de marché ou de part dans la DIRDE-L&S (Dépenses Intérieures de R&D des Entreprises du secteur des L&S) ne suffit pas à rendre compte du véritable effort de R&D (et à fortiori de l effort d innovation -cf. p5) réalisé dans les régions. Lorsque l on observe les effets de spécialisation sectorielle au niveau régional, certes les écarts persistent globalement, mais les positions se relativisent. Ainsi, une analyse à partir de deux types d indicateurs (cf. tableaux suivants) : indicateurs de potentiel régional en matière de L&S et indicateurs de spécialisation régionale sur les activités de L&S, permet de montrer que certaines régions, aux poids économiques plus faibles, réalisent néanmoins des efforts importants en matière de R&D logicielle. C est en tous cas ce que révèlent les cartographies des potentiels régionaux présentées ci-après. Le potentiel régional en matière de L&S est mesuré par : - le poids de la région dans l ensemble du secteur des L&S (nombre d établissements du secteur L&S de la région / nombre total d établissements du secteur des L&S) - le poids de la région dans la DIRDE-L&S nationale (DIRDE-L&S régional / DIRDE-L&S nationale) Le degré de spécialisation régionale est mesuré par : - le poids du secteur des L&S dans la région (calculé comme le nombre d établissements régionaux du secteur L&S / nombre total d établissements de la région) - DIRDE-L&S régional / PIB régional Sur la base de ces cartographies, il devient possible d établir des profils régionaux en matière de technologies logicielles et de potentiel d innovation. Ces profils résistent globalement à l analyse de la répartition régionale des interventions d OSEO anvar, ce qui tend à prouver l importance de la technologie dans notre acception de l innovation. Ainsi : Ile de France se détache très nettement de l ensemble des autres régions françaises ; viennent ensuite les régions Rhône-Alpes et PACA ; puis, se détachant nettement, les autres régions françaises forment un ensemble relativement homogène, que l on peut néanmoins subdiviser en 3 sous-groupes, en fonction des indicateurs de potentiel et de spécialisation : - sous-groupe 1 : Midi-Pyrénées, Aquitaine, Pays de la Loire, Languedoc-Roussillon, Nord-pasde-Calais et Bretagne. Ce sous-groupe peut-être qualifié de régions à bon potentiel et forte spécialisation régionale sur le secteur des L&S. - sous-groupe 2 : Alsace, Centre, Lorraine, Haute-normandie, Picardie, Bourgogne et Poitou- Charentes. Ce sous-groupe peut être qualifié de régions à potentiel moyen en matière de technologies logicielles et spécialisation moyenne sur le secteur des L&S. - sous-groupe 3 : Basse-normandie, Champagne-Ardenne, Auvergne, Franche-Comté, Corse et Limousin. Ce sous-groupe peut être qualifié de régions à faible potentiel régional et faible spécialisation régionale en matière de technologies logicielles. 28

30 Potentiels régionaux : en nombre d établissements 21 Nord-Ouest (13.6%) Ile de France (37%) Nord-Est (12.7%) Paris - Ile de France concentre 37% des entreprises du secteur, et 2/3 des plus grands acteurs du secteur Sud-Ouest (9.2%) Sud-Est (27.5%) L&S : établissements Edition : établissements Potentiels régionaux : en volume d activité CA (M ) 22 Ile de France (71%) Nord-Ouest (6.2%) Nord-Est (5%) Paris - Ile de France concentre ainsi 71% du CA cumulé du secteur 3 régions Ile de France, Rhône-Alpes et Paca concentrent 85% du CA cumulé du secteur Sud-Ouest (3.6%) Sud-Est (14.2%) 21 Cette cartographie a été réalisée à partir d extractions du fichier Sirène de l Insee Cette cartographie a été réalisée à partir de données issues de la base «Bill Dun & Bradstreet» Evidemment, elle ne représente qu une approximation : de nombreuses entreprises n étant pas amenées à publier leur bilan. 29

31 Potentiels régionaux : DIRDE-L&S 23 (M ) Ile de France (54.4%) Nord-Ouest (6.1%) Nord-Est (4.4%) 3 régions Ile de France, Rhône-Alpes et Paca concentrent 81% de la DIRDE du secteur des L&S estimée à environ 2.5 Md Sud-Ouest (6.8%) Sud-Est (28.3%) La répartition régionale de l activité de R&D privée en matière de «Technologies Logicielles» apparaît très contrastée. Si près de 45% de la DIRDE (tous secteurs confondus) est réalisée en Ile de France, ce taux est encore plus prononcé pour ce qui concerne le secteur des L&S : 54.4%. Les dépenses de R&D en France demeurent fortement concentrées, à la fois dans un petit nombre d entreprises (65% de la DIRDE est réalisée par 2% des entreprises ; à l opposé 65% des entreprises ne réalisent que 6% de la DIRDE) ainsi que dans quelques branches d activités et dans quelques régions. Un chiffre traduit bien cette situation pour la branche des activités logicielles puisque seules 4 régions (Ile-de-France, Rhône-Alpes, Paca et Midi-pyrénées) ont un ratio DIRDE-L&S/PIB supérieur à la moyenne nationale (1.6 ). 23 DIRDE-L&S : Dépenses Intérieures de Recherche & Développement des Entreprises appartenant au secteur des L&S (code NAF Insee). Les seules données régionales concernant la DIRD, disponibles au moment de la rédaction de ce bilan, datent de 2003 : 32.9 Md. En 2004, ces dépenses s élèvent à 35.5 Md (soit 2.14% du PIB). Elles continuent de progresser de manière sensible, puisqu en 2005 la DIRD atteint 36.4 Md, ce qui place la France au 5è rang mondial derrière : les Etats-Unis, le Japon, la Chine et l Allemagne. Néanmoins, avec un ratio DIRD/PIB de 2.14%, l effort de R&D diminue en France, tout comme en Allemagne et au Canada. 30

32 Ainsi, la dépense intérieure de R&D privée relative au secteur des L&S et exécutée en Rhône-Alpes (2 ème région française) est pratiquement équivalente à celle exécutée dans l ensemble des autres régions françaises à l exception de l Ile-de-France et de Paca, soit 17.2%. Au total, les 3 premières régions (Ile-de-France, Rhône-Alpes et Paca) représentent 81% de la R&D logicielle exécutée sur le territoire national. Toutefois, le dynamisme d une région en matière de technologies logicielles ne s évalue pas uniquement en terme de dépenses de R&D consacrées aux activités logicielles. Elle se mesure également par la création de nouveaux produits et/ou nouveaux procédés découlant de ces activités de R&D. Répartition régionale des aides OSEO anvar 31

33 L analyse de l action d OSEO anvar en matière de «technologies logicielles de base», fait apparaître que : 8 régions totalisent plus de 80% des ressources affectées par OSEO anvar aux technologies logicielles ; parmi les mouvements les plus marquants de l année, retenons la bonne performance de : - Pays de la Loire : 4è du classement OSEO anvar pour la première fois, alors qu en terme de spécialisation sectorielle, cette région apparaît au 10è rang (en nombre d établissements) et au 12è rang (en DIRDE-L&S / PIB) ; - Languedoc Roussillon : 5è du classement OSEO anvar, son meilleur score depuis 3 ans alors qu en terme de spécialisation sectorielle, elle apparaît respectivement au 7è et 12è rang ; en revanche, Paca (7è) et surtout Bretagne (13è) enregistrent un recul assez net. Notons toutefois que si Paca demeure la seconde région française en nombre d aides (49 aides), il s agit pour l essentiel d aides de faibles montants. Le montant total accordé par Paca est de 1.12 M, ce qui est faible compte tenu de son potentiel de R&D '(DIRDE-L&S), du nombre d établissements du secteur des L&S implantés dans la région, du CA régional qui lui permettent de se positionner au 3è rang national ; de même si Ile-de-France et Rhône-Alpes arrivent toujours en tête du classement OSEO anvar, néanmoins, leur contribution à l effort national d innovation en matière de technologies logicielles pourrait être plus important. En effet, ces 2 régions phares apparaissent assez nettement en dessous de leur potentiel réel en terme d effort de R&D des entreprises : 26.1% des montants OSEO anvar contre 54.4% de la DIRDE-L&S nationale pour Ile-de-France, et respectivement, 12.4% contre 17.3% pour Rhône-Alpes ; les régions appartenant au sous-groupe 1 : Midi-Pyrénées, Aquitaine, Pays de la Loire, Languedoc- Roussillon, Bretagne et Nord-pas-de-Calais, réalisent dans l ensemble (à l exception de Bretagne) de bonnes performances avec un niveau d aide (en montant) très nettement supérieur à leur potentiel au niveau national. Rappelons qu il s agit dans l ensemble, de régions dont le niveau de spécialisation régional (poids du secteur des L&S dans l activité régionale) est plutôt élevé. Concernant Les régions appartenant au sous-groupe 2 : Alsace, Centre, Lorraine, Haute-normandie, Picardie, Bourgogne et Poitou-Charentes obtiennent, pour l année 2005, des résultats conformes à leur sous-groupe. Par contre ce sous-groupe enregistre des mouvements à l intérieur même du sous-groupe 2 (variations relatives). Ainsi, en tant que région du sous-groupe 2, on notera la bonne performance de Poitou-Charentes (qui devient pour 2005 la 1 ère région OSEO anvar du sous-groupe 2), notamment au détriment d Alsace (qui passe au dernier rang de ce sous-groupe dans le classement OSEO anvar). Enfin, Concernant le sous-groupe 3, Champagne-Ardenne termine 10è du classement OSEO anvar, ce qui constitue, au vu des ses caractéristiques en termes de potentiel et de spécialisation, une excellente performance. 5.5 Création d entreprises et jeunes pousses Sur les 304 aides accordées en 2005, l ensemble des aides aux jeunes pousses (entreprises de moins de 3 ans) représente 114 aides pour un montant K, soit 30% des montants accordées en Ce chiffre est en baisse régulière depuis quelques années : 55% en 2002, 44% en 2003, 36% en 2004 et donc, 30% en Les jeunes pousses ne représentent plus le principal cœur de cible en matière de technologies logicielles. Cette tendance risque de se prolonger à terme puisque parmi les jeunes pousses aidées par OSEO anvar, seulement 1/3 sont de nouveaux bénéficiaires. Seulement 18 aides ont été accordées à des entreprises en phase de création, dont 80% issues du «Concours d aide à la création d entreprises innovantes» organisé par le Ministère de la Recherche et OSEO anvar. Concernant le concours 2005 : sur les 1120 dossiers reçus (baisse de 20% par rapport à 2004), il y a eu 178 projets sélectionnés par le jury national au titre de lauréats Sur ces 178 lauréats, 46 projets (soit 25.8%) étaient des projets de technologies logicielles. La répartition régionale de ces 46 lauréats nous est fournie par la carte ci-après. 32

34 De plus, signalons que le prix «Création-Développement» du jury national a été décerné en 2005 à une entreprise du secteur de l édition logicielle, située en Rhône-Alpes : SIGNOPTIC, pour un «système d identification et de sécurisation des informations». Cette jeune société, située dans le pôle technologique de SAVOIE-TECHNOLAC, propose une nouvelle approche en rupture avec l état de l art, de l authentification et de la protection de données. Authentifier un objet par ce qu il est, sans avoir besoin de lui ajouter ni marquage spécifique, ni protection algorithmique, telle est le cœur de l innovation de Signoptic. Cette approche innovante est basée sur les propriétés intrinsèques des matériaux, les particularités physiques naturelles de la matière, sorte de lien hybride entre le monde analogique et le monde numérique, en vue d authentifier un objet et de protéger toute information (méta-données) pouvant être liées à cet objet. Chaque objet possède alors une empreinte originale. Concernant les jeunes pousses, rappelons le partenariat d OSEO anvar avec 01 informatique, qui chaque semaine se traduit par la promotion d une jeune pousse innovante aidée par OSEO anvar (page «Start-up» de 01-Informatique). De plus, chaque année, le «Concours de la jeune entreprise high-tech», animé conjointement par 01-informatique et OSEO, récompense 3 jeunes pousses pour la qualité de leur innovation. Cette année, les trois lauréats sont : Entropysoft (créée en 2005), pour un «bus orienté contenus destiné à l intégration d applications documentaires (contenus non structurés) et de bases de données» Industrial Software Technology -IST (créée en 2004), pour ses «machines virtuelles Java orientées métier pour des microcontrôleurs de très petite capacité» Mobiluck (créée en 2003), pour sa «messagerie et applications de proximité liaisons bluetooth, sansfil à courte portée» 5.6 Les Aides au Recrutement pour l Innovation (ARI) En 2005, 166 aides aux recrutements de cadres ou techniciens informatiques ont été accordées par OSEO anvar pour un montant d environ 2,7 M. Sur fonds de redémarrage des projets informatiques et de l embauche dans le secteur des L&S, les ARI, en constante évolution depuis 2003 où elles ne représentaient que 37% de l ensemble des aides accordées par l agence en matière de technologies logicielles (en nombre), ont augmenté significativement par rapport à 2004 (+33% - en nombre) et représentent en 2005 : 54% du total des aides accordées. Finalement, les ARI se révèlent un bon indicateur de conjoncture. En tout état de cause, pour le secteur des L&S, l aide au recrutement s avère tout à fait stratégique quant on sait que : d une part elle sont accordées en subvention et que d autre part, les devis des programmes d innovation se composent en moyenne, à 80% de frais de personnels. A l image du secteur, ces aides ont permis l embauche de personnel très qualifié : 56% d ingénieurs, 20% de techniciens supérieurs et 12.6% de doctorants. Les doctorants semblent toujours éprouver quelques difficulté à pénétrer le monde de la Pme, même si leur part a légèrement évolué par rapport à 2004 (+2,65%). Cette absence de débouché est d autant plus préoccupante que la France accuse déjà un large retard en matière de chercheurs dans le domaine des TIC (8 fois moins qu au Etats-Unis). Toutefois, le secteur des L&S reste un secteur très attractif pour les jeunes diplômés puisque plus d un élève de grande école sur quatre rejoindrait le secteur des L&S pour son premier emploi. 5.7 Partenariats et transferts de technologie Collaborations dans les projets (en phase de développement ou de faisabilité ) Type de collaboration Nombre de projets Pourcentage Collaborations avec un laboratoire public Collaboration avec un centre technique 5 7.4% Collaboration avec une entreprise % Collaboration avec un partenaire étranger % Dans le prolongement de la tendance observée ces dernières années, plus de la moitié (50.7%) des porteurs de projets ne font appel à aucune compétence extérieure pour le développement de leurs technologies. Pourtant, une étude d Ernst & Young (2004) sur les «Clusters technologiques» a montré qu un développement R&D ouvert sur l extérieur (rachat ou transfert de technologie) était bien souvent moins onéreux pour l entreprise qu un 33

35 développement en interne et ce, dans un rapport du simple au double. Cette étude a par ailleurs montré que les modes d acquisition de technologies les plus usités par les entreprises étaient respectivement : Partenariat % Achat / Licensing % Sous-traitance...21% Acquisition d entreprise...9.7% Joint-Venture...6.7% D une façon générale, les perspectives d investissements et de développement des éditeurs français pour les années à venir sont plutôt orientées vers le développement commercial. Ainsi, l étude menée par le CXP & IDC a montré que 75% des grands éditeurs et 33% des petits ont des projets de développement à l international par croissance externe. Néanmoins, parmi ceux qui ont fait appel en 2005 à des compétences extérieures, pour leur développement technologique, la caractéristique essentielle de ces collaborations est de privilégier un rapport de proximité (départemental ou régional). Les travaux externes de R&D des entreprises soutenues par OSEO anvar sont réalisés à 54.4% par des entreprises dont 53% sont des prestataires de services. Le renforcement de partenariats avec les grands intégrateurs du marché se révèle pour les Pme de l édition logicielle un levier de croissance important. Bien que l on observe de plus en plus de collaboration avec des laboratoires publics, néanmoins, seules 27.9% des entreprises (appartenant aux 50.7%) font appel à des compétences des laboratoires publics, mettant en évidence la nécessité d accélérer les efforts en matière de valorisation de la recherche publique ou de transfert herche technologique. Il s agit là d une priorité pour OSEO anvar pour les deux années à venir. Concernant les partenariats étrangers : ce sont essentiellement dans le cadre de coopérations «Eurêka» ou dans le cadre de projets du PCRDT qu ils se développent (19.1%). Les partenaires sont alors principalement européens (Allemagne, Royaume-Uni, Espagne), ou des pays du maghreb (Maroc, Tunisie), voire de l Europe de l Est ou d Israel. De plus, ce type de partenariats est autant motivé pour des raisons techniques que commerciales. Enfin, seuls 26.8% des porteurs de projets ont eu recours en 2005 à des prestataires externes pour la protection de leur propriété intellectuelle (PI) en vue de protéger leur code source. Parmi ces porteurs, 57% protègent leur code source via un organisme spécialisé type Agence pour la Protection des Programmes (APP) et 25% par séquestre chez un notaire. Globalement, le code source, qui constitue au bout du compte le capital de l éditeur, est insuffisamment protégé. Il s agit là d un point de douleur pour les éditeurs français qui d une manière générale appréhende mal la problématique de la protection juridique. Avec la protection de la PI ; les études de marché représentent le principal poste de recours à des prestations externes (28.2%). Dans une période fortement marquée par une évolution des «business models» vers le service, elles témoignent le plus souvent de besoins contrastés : connaissances de proximité (besoins de l utilisateur, concurrence directe, niches de marché ) et connaissances globales du marché, notamment pour les purs players dont les produits ont vocation à être distribué directement au niveau mondial. Les collaborations avec des centres techniques demeurent assez faibles (7.4%) et témoignent d une relative carence de ce point de vue dans le domaine de d industrie du logiciel. Néanmoins, un centre comme le CETIM (Centre Technique des Industrie Mécaniques) propose des démonstrations de logiciels (CAO, Simulation ) adaptés aux besoins des entreprises de la mécanique. 34

36 Accompagner un nombre croissant d entreprises innovantes dans des partenariats à l échelle européenne, levier efficace d élargissement des marchés et d accroissement des connaissances, constitue un objectif prioritaire pour OSEO, notamment en vue du 7è PCRDT. Ainsi, en matière de technologies logicielles, que ce soit par le biais : des «Aides au Partenariat Technologique International ou Européen» (APTI APTE : 6 aides pour ), des «aides à l innovation pour des projets transnationaux» (Eurêka : 3 aides pour ) ou l utilisation de «Fonds Structurels Européens» (FSE : 27 aides pour ), ce sont au total quelques 2.27 M d aides qui ont été accordées par OSEO anvar et ont permis la réalisation au niveau européen de quelques 4.2 M de programmes d innovations logicielles. 5.8 Tendances technologiques des projets aidés Au sein de la répartition des projets par segments (tel que définis p.5), ce sont toujours les «applications» (logiciels applicatifs, composants et progiciels) qui dominent largement avec plus de 57% des projets aidés en L influence d Internet sur l évolution des technologies de réseaux (SOA, web services ) et des matériels qui les supportent (client léger), entraîne l émergence de besoins nouveaux qui se traduisent par des applications toujours plus distribuées (données, calculs, stockage ) et l amélioration de fonctionnalités existantes. C est pourquoi de nombreux projets d innovation, plus qu une rupture par rapport à l état de l art, ont proposé une amélioration plutôt incrémentale d un cœur existant en vue de s adapter et d exploiter les potentialités offertes par les nouvelles architectures orientées services. De telles améliorations étaient néanmoins nécessaires pour conserver, voire accroître, son marché. Ces applications se définissent en général au plus près des besoins des utilisateurs, traduisant une logique de spécialisation par métier. Par ailleurs, nombre de ces applications ciblent le middlemarket et surtout les Pme. Par rapport à 2004, les composants logiciels et les progiciels ont enregistré un net accroissement, traduisant le besoin de standardisation pour des applicatifs destinés à s ouvrir vers le monde extérieur. Force est de constater l essor des composants interopérables et des web services ainsi que le déploiement de règles métier permettant de mieux contrôlés les processus concernés. Une autre tendance dominante de l année est la part croissante des projets relatifs aux systèmes embarqués (logiciels enfouis et composants). Ces projets sont dans l ensemble fortement marqués par des problématiques liées à l intégration de technologies hétérogènes, ainsi qu aux aspects liés à la mobilité et à la sécurité. Cette tendance exprime aussi la part croissante du logiciel (cf. notion de co-développement) dans des projets qui, l année dernière encore étaient classés dans le secteur de l électronique ou des télécoms. 57,3% NB : la baisse apparente au segment «intégration de services pour Internet» tient en réalité aux effets de la convergence. Désormais, de nombreux projets sont directement affectés à un secteur d application, les enjeux en terme d innovation n étant pas technologiques mais plutôt liés à la nature du service apporté. 35

37 Les outils de développement constituent un segment en croissance pour 2005 et représentent 14% des projets. Ce segment traduit une tendance technologique très marquée, liée aux approches MDA / MDE (Models Driven Architectures / Model Driven Engineering), à l utilisation d UML (Unified Modeling Language) notamment pour les spécifications fonctionnelles, ainsi qu à la généralisation de la norme XML (Extensible Markup Language). Au cœur d un certain nombre de projets : les techniques de «méta-modélisation» et de transformation de modèles et de programmes, depuis des spécifications très abstraites (de haut niveau) jusqu à leur adaptation à un contexte spécifique d utilisation. Dans les environnements de développement, notamment pour les applications embarquées, la plateforme Java open source : «Eclipse» tend à s imposer. Les outils de gestion et d administration des réseaux, même s ils sont en régression par rapport à 2004, voient s imposer le concept de «virtualisation», notamment dans le cadre de projets d optimisation d infrastructures (serveurs, stockage et réseaux), permettant ainsi d économiser sur le coût d achat du matériel et d augmenter les charges de travail (affectation dynamique des capacités, accroissement de la disponibilité des informations ). Typiquement, grâce à cette technologie, il devient possible de regrouper plusieurs serveurs physiques au sein de machines virtuelles tournant sur un seul serveur. Cette technologie s impose aussi dans le domaine de l embarqué, eu égard à des environnements contraints en ressource matérielles. Enfin, concernant les projets d applications qui représentent plus d un projet sur deux, ce sont toujours les projets liés à l intégration des processus de gestion d une entreprise (ERP, gestion collaborative de projets ) qui dominent (29.11%), suivis de très prêt par les outils de datamining et d aide à la décision (24.05%). Un domaine extrêmement innovant est celui de la logistique où les outils en développement commencent à intégrer des contraintes liées au développement durable. Il s agit là d une tendance observée dans quelques projets et qui constitue certainement une tendance d avenir. Quant aux logiciels libres (ou «open source») : sur les 3 dernières années, environ 10% des projets sont à base de logiciels open source et 27% utilisent des composants open source même si ce n est pas le caractère dominant du projet. Les domaines où sont le plus utilisés des logiciels «open source» sont : bureautique-utilitaires (67%) ; planification (45%) ; CRM (36%) ; travail collaboratif et gestion de contenus (25%) ; services de messagerie (25%) ; réseaux & sécurité (22%) et développement intranet-extranet-internet (20%). 36

38 Concernant les marchés principalement ciblés par les projets en 2005, il est intéressant de constater que les services arrivent largement en tête : dans 70% des cas, un projet concerne les services, alors que ce taux n atteint que 58% pour l industrie. Cette tendance est significative car si l on sait que le poids économique du secteur des services dépasse largement celui de l industrie, ce dernier occupait encore récemment, qu une place restreinte dans la clientèle des éditeurs. 6 Faits marquants 2005 et perspectives futures Le «Web 2.0». En 2005, la convergence numérique est une réalité pour les consommateurs : les offres «tripple play» (Téléphone, Télévision, Internet) ont fait leur entrée dans les salons et se multiplient. Les opérateurs télécoms et les acteurs de l informatique utilisent désormais les mêmes technologies et les industries convergent à marche forcée. Dans les années à venir, cette convergence devrait s accélérer et s étendre à la convergence des services (fixes/mobiles notamment). Profitant de ce contexte, les fournisseurs de services entrent alors dans une course au développement de «bouquets de services» (bundle) à destination des consommateurs, sur lesquels se déclinent des business models de plus en plus complexes. Le glissement du barycentre de la chaîne de valeur numérique vers le service aspire les consommateurs au cœur du processus de création de valeur. On peut même affirmer que nombre d innovations les plus significatives de l Internet viennent de l usage et n ont pas été initiées par un plan de développement industriel : le Web, le P2P, le Wi-Fi en espace public, les blogs, les flux RSS, ou même le SMS en tant qu outil de communication interpersonnelle. Beaucoup de ces innovations à l heure de la convergence ont pris forme par «le bas», au terme d un processus coopératif réunissant, souvent de manière spontanée, des réseaux ou des communautés d usagers. Cette dynamique, également appelée «innovation ascendante» est devenue une caractéristique essentielle du développement des usages et du marché de l Internet. De ce point de vue, le «Web 2.0» aura marqué l année 2005 et c est le grand public qui, en premier, s est massivement approprié cette technologie (wiki, blog, flux RSS). Le web 2.0 apparaît comme une plateforme d innovations technologiques incrémentales qui offre de nouvelles manières de rechercher, d accéder et d exploiter du contenu, permet de nouvelles modalités de syndication et de coopération des données et des services et fait face à la rupture d échelle liée à la croissance du nombre d utilisateurs. Le Web 2.0 combine de nouvelles interfaces, des architectures plus flexibles, des protocoles de communication plus ouverts (web services) et une interopérabilité plus poussée pour devenir une véritable plate-forme d innovations pour les technologies en ligne. Plus simple, plus intuitif, plus instantané, telle est la promesse du Web 2.0. Parmi ces améliorations, 2005 retiendra l arrivée de la version RSS 2.0 (Really Simple Syndication), qui avec les applications AJAX (Asynchronous Javascript and XML), marquent un aboutissement dans la logique de publication dynamique. Mais surtout, cette plateforme technologique provoque des ruptures dans les business models traditionnels et offre de nouvelles opportunités de marché. C est de ce point de vue que nous considérons que cette étape de l évolution technologique vers le «web sémantique» (que les chercheurs du W3C nous promettent d ici une dizaine d années) constitue une innovation majeure de l année Le Gartner Group produit une étude annuelle sur les cycles d appropriation (Hype cycle) des technologies émergentes afin de caractériser leur maturité, leur impact et leur vitesse d adoption. Le graphique ci-après montre où en sont les technologies dans leur cycle d évolution et tente de préciser les perspectives d avenir, à savoir, le nombre d années restant avant leur adoption massive par le marché. 37

39 Le cycle d appropriation des technologies émergentes (Hype cycle 2006, Gartner) Le web 2.0 : devrait arriver à maturité d ici 2 ans, avoir un fort impact et une adoption massive une fois qu il aura passé le creux de la courbe et les désillusions qui l attendent pour les 2 années à venir. La montée en puissance de l ASP, vers le business model «SaaS» (Software as a Service ). Dans la continuité de l infogérance ou de la TMA (Tierce Maintenance Applicative), le modèle ASP (Application Service Provider) propose d externaliser totalement le logiciel et les opérations le concernant. L ASP consiste alors à mettre à disposition des clients, des applications (et les services connexes) par le biais d Internet, moyennant une redevance (abonnement mensuel, forfait temps) donc sans acheter de licence. Le principe de l ASP repose sur la location et sur l utilisation réelle qui est faite du logiciel. Les applications sont alors mises à disposition et maintenues par un prestataire (qui peut être éditeur, hébergeur, intégrateur ), la disponibilité de l application est définie contractuellement et la facturation peut être établie sur la base de n importe quel indicateur adapté à la spécificité de l application (par exemple : un nombre de fiches clients traitées ou un nombre de lignes de code). Le logiciel passe ainsi du statut de produit (acheté sous licence) à celui de service et s accompagne d un changement dans le modèle économique de la fourniture (et de la facturation) d applications, appelé : modèle Saas (Software as a Service). Le modèle SaaS exprime une transition de la vente de licences vers la vente de «business process intégrés». A côté des «pure players», qui d emblée ont défini leur business model sur la location d applications hébergées, les éditeurs de logiciels «traditionnels» propose désormais le mode ASP à côté de la vente classique de licences (cette tendance se constate nettement parmi les porteurs de projets OSEO anvar).. Markess estime le marché total de l ASP en France en 2005 à plus de 400 M et prévoit une croissance de 44% en Aberdeen a mené une étude auprès de entreprises dont les résultats sont exprimés dans le tableau ci-contre et confirment le développement de l ASP. Si l éclatement de la bulle Internet avait brisé son élan entre 2001 et 2003, l évolution du Web (généralisation du haut débit disponibilité et temps de réponse améliorés et sécurisation des données encapsulation, cryptage, protocole SSL ) en fait désormais une solution attractive pour sa facilité de mise en place, de maintenance, de suivi budgétaire et ce, à des conditions plus économiques («on demand») et pour une qualité de service en constante augmentation. En 2005, Microsoft a entamé un revirement stratégique de son modèle économique, qui sera à l avenir basé sur le logiciel commercialisé sous forme de «services en ligne», transformant à cet effet le logiciel «Explorer» en une véritable plateforme de développement d applications. Derrière l aspect 38

40 technique de cette évolution, réside bel bien un enjeu éminemment stratégique pour Microsoft. Face au succès de firmes de l Internet comme Salesforce.com ou Google, Microsoft mise sur des redevances mensuelles plutôt que sur un prix définitif correspondant à l achat de licences. Microsoft veut également développer son offre de services en ligne à la manière d un Google ou d un Yahoo, en se rémunérant également sur la publicité générée autour des services proposés (cf. les premiers avatars des visions «Windows Live» et «Office Live», lancés fin mars 2005). A côté de ces outils, Microsoft a aussi lancé de nouveaux outils de développement d applications Internet pour «Explorer 7.0», ainsi que le nouveau «Windows-Vista». Tous ces outils introduits séparément, trouvent une cohérence : ils sont censés permettre de développer des applications en ligne plus attractives. Ce qui est certain, c est que Microsoft est désormais convaincu que «Windows» et «Office», ses principales sources de bénéfice, ne pourront plus générer éternellement la même rentabilité via un PC qui se transforme de plus en plus en un terminal dépendant d Internet. Parallèlement à cette montée en puissance de l ASP et l évolution vers le modèle Saas, le triplement d ici 2015 du nombre d utilisateurs de PC dans le monde (3 milliards d individus) ne s accompagnera pas d une augmentation à l identique du nombre d utilisateurs de Windows. Google et beaucoup d autres préparent des alternatives à base de terminaux bon marché (équipés d OS et de logiciels open source) dont l allègement sera compensé par une connexion permanente à Internet (ce qui supprime totalement la nécessité de disposer des programmes de Microsoft). Si le marché de la micro-informatique parvient à atteindre une telle croissance, il la devra principalement aux pays émergeants, notamment l Inde et la Chine, aujourd hui sous équipés. Or, chacun des grands projets d équipement pour ces pays ne passe plus par le couple traditionnel Intel-Microsoft, mais beaucoup plus certainement par le couple AMD-Linux qui équipe notamment le PC portable à 100 $ développé par le MIT et présenté lors du forum de Davos «Thin client», un concept en rupture : que ce soit ces nouveaux PC (équipés d une puce AMD et d une version simplifiée de Linux) ou autres «Thin client», 24 ils ont été vendus à 2,5 millions d exemplaires en Le marché de ces terminaux représente en 2005 déjà plus de 5% du marché mondial de la micro-informatique. Aussi, il ne peut plus être négligé et constitue une alternative bon marché aux PC classiques, notamment pour les pays en voie de développement. Wyse Technology, la firme qui contrôle plus d un tiers du marché de ces «Thin Client» a dévoilé en 2005 un accord avec AT&T Business Services pour une offre globale comprenant tous les services de communication sur IP. Mountain View, Wyse et AMD forment une alliance industrielle qui veut équiper de terminaux Internet bon marché, la moitié de la planète en Il en va de même pour Google, qui devrait bientôt commercialiser sous sa propre marque des terminaux communicants fabriqués par Wyse. C est bien dans la force de ce nouveau couple : «terminal bon marché / Internet», que réside la menace la plus sérieuse pour Microsoft. Au-delà, c est à une véritable restructuration du marché de la micro-informatique à laquelle on risque d assister, où l arrivée de firmes Internet sur ce marché (Yahoo, Google) accroît significativement cette menace et il ne fait aucun doute que ces nouveaux venus choisiront un autre modèle économique que celui des constructeurs d ordinateurs classiques. Comme pour les opérateurs de téléphonie sans fil, tout l enjeu consiste à subventionner le prix de leurs terminaux en échange d abonnements à leurs services en ligne. Dès lors, la notion de coût d achat pour le hardware tend à disparaître. A l inverse des années 70 s où l édition de logiciel était aux mains des constructeurs, va-t-on assister à la prise de contrôle du hardware par des sociétés de l Internet fortement capitalisées? L arbitrage qui oppose (cf. p10) une diversification d objets fonctionnellement spécialisés à la concentration multifonctionnelle sur quelques objets clés participera certainement aux modalités de cette restructuration. 24 Thin client : terminaux légers qui ne disposent pas de disque dur, d un embryon seulement de système d exploitation et qui ont vocation à être reliés à un réseau comme Internet. 39

41 Conclusion A l heure de la convergence, les TIC d une façon générale et les technologies logicielles en particulier constituent un puissant levier de productivité et de compétitivité dans tous les secteurs d une économie globalisée. Le lien entre la performance économique des grands pays industrialisés et l investissement qu ils consentent dans les technologies de l information se constate aujourd hui dans le monde entier : 80% du différentiel de croissance entre les Etats-Unis et la France s explique aujourd hui par le différentiel enregistré en terme d investissement dans les secteurs TIC, dont la part dans l investissement productif est aux Etats-Unis 5 fois supérieur à celui réalisé en France. Le formidable potentiel d innovation issu de la convergence des TIC met le plus souvent en jeu les relations interentreprises, dans un renouvellement parfois radical du modèle d activité sectoriel («business model») qui, pour être efficace, doit être mis en œuvre de manière collective. La collaboration des acteurs est indispensable pour créer de la valeur autour des nouveaux usages. Cette collaboration ne se réduit pas à de simples échanges institutionnels : elle implique un véritable travail de définition et d appropriation d une nouvelle manière de travailler ensemble à l aide de nouveaux outils. C est à ce niveau que la révolution culturelle, celle de la transformation par l innovation technologique, vers la «société de l intelligence» s opère. Tel est le sens de la redéfinition du cadre institutionnel de soutien à la recherche et à l innovation qui a pris corps en 2005 (cf. introduction) et dont OSEO constitue une composante essentielle. Avec NESSI («shift to the Web based Content Services»), les plateformes TIC du PCRDT et les pôles de compétitivité, 2005 apparaît comme une année de référence dans la mise en place d un dispositif d animation sectorielle visant à favoriser l émergence au sein des principaux secteurs d activité de nouveaux modes de coopération. Innover aujourd hui, c est instaurer trois types de proximité : technologique, d usage ou d intérêt et de communauté. Approche en terme d usage, importance du service et des modèles économiques associés, compromis entre marché mondial et personnalisation, recherche de différenciation, tels sont les enjeux aujourd hui attachés à l innovation. 40

42 Annexe 1 Répartition des 2500 éditeurs français de logiciels Source, CXP & IDC, 2006 L industrie française des éditeurs de logiciels est très fragmentée et se compose d une multitude de petites structures. Ainsi, on dénombre : une trentaine d éditeurs français de logiciels réalisent un CA > 50 M en logiciels & services associés moins d une centaine réalisent un CA > 10 M 41

43 Annexe 2 Levées de fonds 2005 des entreprises soutenues par OSEO anvar dans le domaine des technologies logicielles 42

44 Annexe 3 Les 152 «gazelles» françaises du logiciel : des sociétés rentables et à forte croissance Les 152 sociétés identifiées comme «gazelles du logiciel français» se caractérisent : par le dynamisme de leur croissance : elles ont réalisé plus de 20% de croissance en 2005 (ou prévoient de le faire en 2006) par leur rentabilité plus forte que la moyenne : 41% d entre elles affichent un résultat net de plus de 10% en 2005, (contre 25% en moyenne pour l'ensemble des éditeurs) par leur capacité à créer des emplois : 20% prévoient d embaucher plus de 5 salariés en 2006 (contre 14% en moyenne). Les trois quarts d entre-elles comptent moins de 20 salariés et elles sont tout de même 42% à avoir réaliser plus d un million d euros de chiffre d affaires en Leurs choix technologiques et commerciaux sont résolument innovants. Ces éditeurs font plus que d'autres le choix de l open source pour l infrastructure de leurs développement, ou celui du mode locatif et/ou hébergé (ASP) pour la diffusion de leur solution. Source, Syntec Informatique

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