IMPACT FONCTIONNEL DE L'INTERACTION KERATINOCYTE-LYMPHOCYTE T AU COURS DU PSORIASIS

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1 GUILLAUME MARTIN IMPACT FONCTIONNEL DE L'INTERACTION KERATINOCYTE-LYMPHOCYTE T AU COURS DU PSORIASIS Mémoire présenté à la Faculté des études supérieures de l'université Laval dans le cadre du programme de maîtrise en Pharmacie pour l'obtention du grade de maître es sciences (M. Se.) FACULTE DE PHARMACIE UNIVERSITÉ LAVAL QUÉBEC 2011 Guillaume Martin, 2011

2 Résumé Un important réseau de cytokines serait en grande partie responsable de la formation des lésions psoriasiques. La présence de cellules immunitaires dans des biopsies de peaux psoriasiques suggère une implication majeure de ces dernières dans la maladie. La présente étude tente d'explorer la communication à caractère pro-inflammatoire entre lymphocytes T et kératinocytes psoriasiques. Notre modèle in vitro consiste en une monocouche de kératinocytes sains ou psoriasiques mis en co-culture avec des lymphocytes T sains isolés du sang humain. Les interactions cellulaires ont été étudiées suivant l'analyse de la production de 22 cytokines/chimiokines (technologie du Luminex xmap) et complétées par ELISA. Nos résultats démontrent que les kératinocytes psoriasiques avec les lymphocytes T augmentent leur production de TNF-a, de GM-CSF, de MCP-1, d'il-6 et d'il-8 ainsi que celle de ltfn-y, du sil-2 Ra et de la Fractalkine lorsque 1TL-2 est présente comparativement à la co-culture kératinocytes sains-lymphocytes T. Des tests additionnels avec le neutrophile montrent que la production de cytokines inflammatoires est suffisante pour influencer ce dernier. Ces résultats démontrent l'interaction fonctionnelle entre les kératinocytes et les lymphocytes T ainsi que la persistance des caractéristiques pathologiques des kératinocytes psoriasiques in vitro. Ce modèle expérimental de coculture sera intéressant pour comprendre en profondeur des désordres cutanés auto-immuns comme le psoriasis.

3 11 Remerciements Avant tout, j'aimerais remercier ma directrice de recherche Roxane Pouliot pour son accueil et son soutien au cours de mes études, pour ses encouragements fort appréciés lors des moments positifs et sa grande patience dans les moments plus difficiles. J'aimerais aussi remercier tous les membres de l'équipe pour leur aide, leur support et leur contribution à la réussite de ce grand projet. Un merci à Marie-Michèle Rosa-Fortin qui a démarré ce projet en force et, bien entendu, à Simon Guérard qui va, j'en suis sûr, mener à bien ce projet au-delà de toutes attentes. Merci aux membres du LOEX qui ont contribué de près ou de loin à ce projet, aux collègues proches et amis qui ont su rendre notre milieu de travail agréable et motivant. Un merci spécial à mon co-directeur Patrice E. Poubelle et à son équipe de recherche au CRRI pour m'avoir accueilli comme un des leurs, m'avoir fait profiter de leur grande expérience et expertise technique. Le projet n'aurait pu aller de l'avant sans vous. Je tiens à remercier ma famille et mes amis qui m'ont toujours supporté moralement dans mes choix et ont tout mis en œuvre pour ma réussite. Merci à ma partenaire de vie Alicia, qui a vécu une grande partie du cheminement de mes études, pour sa patience et ses nombreux sacrifices. Merci d'avoir cru en moi et m'avoir supporté jusqu'au bout.

4 Table des matières Résumé Remerciements Table des matières Liste des tableaux Liste des figures Liste des abréviations i ii iii v vi vii Chapitre 1 : Introduction générale La peau L'hypoderme Le derme L'épiderme Le keratinocyte Le psoriasis Aspects cliniques Facteurs génétiques Facteurs environnementaux Le système immunitaire L'immunité innée L'immunité acquise Histopathologic et formation des plaques Interactions cellulaires dans le psoriasis Traitements Génie tissulaire Problématique et objectifs 28 Chapitre 2 : Matériel et méthodes Extraction et culture cellulaire Extraction des kératinocytes Isolation des cellules mononucléées périphériques du sang (PBMC) Milieu de culture utilisé Réalisation des co-cultures kératinocytes-lymphocytes en monocouche Cytometric en flux (FACS) Luminex et plaque multiplex Dosage par ELISA Co-cultures avec inserts Tests d'adhésion avec neutrophile Analyses statistiques 36

5 IV Chapitre 3 : Résultats Apoptose cellulaire Expression de cytokines Co-cultures avec inserts Adhésion des neutrophiles 51 Chapitre 4 : Discussion Apoptose cellulaire Interactions cellulaires Le neutrophile et le modèle psoriasique 60 Chapitre 5 : Conclusion 61 Bibliographie 63

6 Liste des tableaux Tableau 1.1 : Loci découverts comme étant susceptibles de causer le psoriasis 12 Tableau 2.1 : Caractéristiques des populations cellulaires psoriasiques utilisées 30 Tableau 3.1 : Sécrétion de cytokines et chimiokines par les kératinocytes sains et psoriasiques en monoculture 41 Tableau 3.2 : Sécrétion de cytokines et chimiokines par les kératinocytes sains et psoriasiques en co-culture avec lymphocytes T 42

7 VI Liste des figures Figure 1.1 : Les différentes couches de la peau 3 Figure 1.2 : Représentation des kératinocytes formant les couches de l'épiderme 5 Figure 1.3 : La différenciation du keratinocyte dans l'épiderme 8 Figure 1.4 : Aspect des multiples formes de psoriasis généralement retrouvées dans la population 10 Figure 1.5 : PSORS1 et ses composantes inclus dans le gène du CMH 13 Figure 1.6 : La synapse immunologique entre CPA-Th et cellule cible-tc 16 Figure 1.7 : Hypothèse de formation des lésions psoriasiques 20 Figure 1.8 : Aperçu du réseau de médiateurs chimiques et molécules d'adhésion impliqués dans le psoriasis 21 Figure 1.9 : Interaction des agents biologiques dans la synapse immunologique 26 Figure 2.1 : Schématisation de la méthode de séparation des PBMC du sang sur Ficoll- Hypaque 31 Figure 2.2 : Représentation du type d'insert utilisé dans cette co-culture 35 Figure 3.1 : Évaluation de l'apoptose dans les cultures 40 Figure 3.2 : Production des chimiokines MCP-1 et IL-8 en monoculture 43 Figure 3.3: Production des chimiokines MCP-1 et IL-8 en co-culture 44 Figure 3.4 : Production des cytokines TNF-a, IL-6, IL-lRa/IL-1 et GM-CSF en monoculture 45 Figure 3.5 : Production des cytokines TNF-a, IL-6, IL-lRa/IL-1 et GM-CSF en co-culture 46 Figure 3.6 : Production des cytokines IFN-y, sil-2ra et fractalkine en co-culture 48 Figure 3.7 : L'impact de l'utilisation d'inserts sur la production des cytokines 50 Figure 3.8 : Quantité de neutrophiles adhères aux kératinocytes sains ou psoriasiques suite à une co-culture avec lymphocytes T 52

8 Vil Liste des abréviations BCR Récepteur des lymphocytes B (B cell receptor) CCHCR1 : Coiled-coil alpha-helical rod protein 1 CDSN : CLA : CMH : CPA : Cornéodesmosine (corneodesmosin) Antigène des lymphocytes cutanés (cutanous lymphocyte antigen) Complexe majeur d'histocompatibilité (major histocompatibility complex) Cellule présentatrice d'antigène (antigen-presenting cell) CTLA-4 : Antigène du lymphocyte T cytotoxique 4 (cytotoxic T-lymphocyte antigen 4) DC : DMEM : ELISA : FACS : HBSS : HLA-C : Cellule dendritique (dendritic cell) Dubelcco- Vogt modified Eagle's medium Dosage d'immunoabsorption par enzyme liée (Enzyme-linked immunosorbent assay) Cytometric en flux par fluorescence (fluorescence activated cell sorter) Solution tampon de Hank (Hank's buffered salt solution) Antigène des leucocytes humains C (human leukocyte antigen Q ICAM-1 : Molécule d'adhésion intercellulaire-1 (intercellular adhesion molecule-1) IFN : IL : LFA : LOEX : MAC : MCP-1 : MEC : Interferon (interferon) Interleukine (interleukin) Fonction associée au lymphocyte (lymphocyte function associated) Laboratoire d'organogénèse Expérimentale Complexe d'attaque membranaire (membrane attack complex) Protéine chimiotactique des monocytes-1 (monocyte chemotactic protein-1) Matrice extracellulaire (extracellular matrix) NFAT : Facteur nucléaire des lymphocytes T activés (nuclear factor of activated T- cells) NF-KP : NK Facteur nucléaire rehaussant la chaîne légère kappa des lymphocytes B activés (nuclear factor kappa-light-chain-enhancer of activated B cells) Tueuse naturelle (natural killer)

9 Vlll PAMP : PBMC : PBS : PRR : PSORS : SCID : STAT : TACE : TCR : TGF : TLR : TNF : Treg : Motifs moléculaires répétés associés aux pathogènes (pathogen-associated molecular patterns) Cellule mononucléée périphérique du sang (peripheral blood mononuclear cell) Tampon phosphate salin (phosphate buffered saline) Récepteurs de reconnaissance de motifs répétés (pattern recognition receptors) Psoriasis susceptibility Immunodéficience sévère combinée (severe combined immunodeficiency) Signal Transducer and Activators of Transcription Enzyme de conversion du TNF-a (tumor necrosis factor-a-converting enzyme) Récepteur des lymphocytes T (T cell receptor) Facteur de croissance tumorale (tumor growth factor) Récepteur de type Toll (Toll-like receptor) Facteur de nécrose tumorale (tumor necrosis factor) Lymphocyte T régulateur (regulatory T cell)

10 Chapitre 1 : Introduction générale

11 1.1 La peau La peau n'est pas qu'une enveloppe recouvrant les muscles et organes internes, c'est aussi un ensemble de tissus regroupés pour assurer plusieurs fonctions essentielles. La superficie totale de la peau chez l'adulte moyen est d'environ 1,5 à 2,0 m. En plus de protéger l'organisme contre l'infiltration de pathogènes, de molécules antigéniques ou encore de certaines substances toxiques, la peau empêche la déshydratation et elle permet, par différents mécanismes, une régulation de la température corporelle. Ses propriétés semi perméables favorisent la pénétration de molécules liposolubles et aident légèrement à une détoxication des produits de dégradation entre autres, l'ammoniaque. Dans les couches plus profondes de la peau siègent les terminaisons nerveuses responsables des sensations tactiles ou thermiques. C'est grâce à l'ensemble de ses propriétés, ainsi qu'à sa capacité de régénération que la peau permet au corps de répondre et de s'adapter aux agressions extérieures [1]. La peau est formée de trois parties. L'hypoderme, aussi appelé fascia superficiel, est la couche la plus profonde. Elle donne suite au derme qui est la partie la plus épaisse et est composée surtout de tissu conjonctif. La partie la plus superficielle, l'épiderme, est composée de cellules épithéliales (Figure 1.1 ) [ 1 ] L'hypoderme L'hypoderme est la partie la plus interne. Il sert d'interface entre le derme et les tissus sous-jacents comme les muscles et les tendons. La prédominance du tissu adipeux dans cette couche lui confère les rôles d'isolant thermique et de réserve énergétique [2].

12 Épiderme Derme Hypoderme Figure 1.1 : Les différentes couches de la peau (Géras, A.J. 1990) Le derme Le tissu conjonctif qui compose le derme est principalement peuplé defibroblastes,cellules d'origine mésenchymateuse. Ces fibroblastes vont produire par exocytose une matrice extracellulaire. On retrouve dans cette matrice des fibres de collagènes qui vont s'assembler et donner à la peau une résistance à retirement ou à la compression tout en gardant une certaine souplesse. La présence defibresélastiques avec le collagène permet à cette peau extensible de reprendre sa forme initiale après déformation [3]. La matrice extracellulaire (MEC) présente aussi d'autres macromolécules comme des proteoglycans et

13 4 des glycoprotéines qui ont comme fonction respective de maintenir l'hydratation et de fixer les cellules à la matrice [3]. Selon sa structure histologique, le derme se divise en 2 couches : le stratum papillaire et le stratum réticulaire. Le stratum papillaire s'étend de la jonction dermo-épidermique jusqu'à environ un cinquième de l'épaisseur du derme. On y retrouve les papilles dermiques, des boucles de capillaires, ainsi que les corpuscules de Meissner et des terminaisons nerveuses libres assurant le sens du toucher. Le stratum réticulaire occupe la plus grande partie du derme. À mesure que l'on s'enfonce dans le derme, le tissu conjonctif devient plus dense et irrégulier. On y retrouve aussi des petites artères, des glandes sébacées et sudoripares [1, 4-5]. Le derme étant bien irrigué par des vaisseaux sanguins et lymphatiques, il est la voie d'entrée par extravasation des cellules immunitaires dans la peau. Par exemple, lors d'une réponse inflammatoire cutanée, il y a affluence de neutrophiles, lymphocytes, monocytes et macrophages dans les différentes couches du derme et de l'épiderme au site de la lésion [6-7]. Les fibroblastes du derme vont aussi avoir un rôle majeur dans la réparation d'un tissu lésé. Leur présence ainsi que la sécrétion de facteurs solubles et insolubles vont influencer la différenciation et la morphologie des cellules de la partie supérieure de la peau : l'épiderme [8-10] L'épiderme L'épiderme est la partie superficielle de la peau. Cette partie forme un epithelium stratifié pavimenteux kératinisé. Les cellules qui le composent sont des kératinocytes à environ 90%, 8% des melanocytes, des cellules de langerhans et des cellules de Merkel [1]. L'épiderme se subdivise en quatre ou cinq couches selon la localisation (Figure 1.2). Couche basale (stratum basale) : Cette couche est la plus profonde de l'épiderme. Elle est située juste au-dessus de la membrane basale et du derme. Elle se présente comme une

14 seule couche de kératinocytes rattachés à la membrane basale. On peut apercevoir quelques melanocytes et cellules de langerhans disséminés à travers des kératinocytes de cette couche. Les melanocytes produisent la mélanine, un pigment protecteur du rayonnement ultraviolet (UV). Cette mélanine est acheminée grâce aux longs prolongements entre les kératinocytes environnants [4]. Les cellules de langerhans originent plutôt de la moelle osseuse. Elles vont migrer dans l'épiderme et agir en tant que cellules présentatrices d'antigènes (CPA) avec un profil de marqueurs spécifiques [4]. Cornified envelope Keratin macrofibrils Stratum corneum Granular layer Spinous layer Dermis Figure 1.2 : Représentation des kératinocytes formant les couches de l'épiderme (Segre 2006).

15 Couche épineuse (stratum spinosum) : La couche épineuse vient tout juste après la couche basale. Elle occupe une épaisseur d'environ 8 à 10 kératinocytes polyédriques entassés. Cette couche aide à la résistance mécanique de l'épiderme [11]. Couche granuleuse (stratum granulosum) : Formée de 3 à 5 épaisseurs de kératinocytes en apoptose, cette couche marque la transition entre des cellules nucléées et les cellules mortes des couches supérieures. C'est aussi dans cette couche que commence la libération de lipides dans la zone extracellulaire. Ces lipides vont combler l'espace entre les cellules et former une barrière imperméable afin d'empêcher la perte d'eau ou l'entrée de substances étrangères [1, 12]. Couche claire (stratum lucidum) : Cette couche n'est présente que dans la peau de la paume des mains, du bout des doigts et de la plante des pieds. Elle est formée d'environ 3 à 5 strates de kératynocytes clairs, morts et aplatis [1]. Couche cornée (stratum corneum) : Elle est la couche la plus superficielle et elle est formée de 25 à 30 kératinocytes morts et aplatis, que l'on appelle maintenant cornéocytes. Ces cornéocytes, hautement insolubles, vont s'imbriquer les uns aux autres avec les lipides extracellulaires afin de constituer une barrière résistante aux lésions, à la pénétration d'eau et de microorganismes. Tous les jours, suite aux frictions ou naturellement, les cellules en superficie vont se détacher et tomber. C'est un processus que Ton appelle desquamation. Les cellules de la couche cornée ainsi perdues sont remplacées par des cellules sousjacentes [1,11] Le keratinocyte Les kératinocytes sont les cellules dominantes de l'épiderme. Lors d'une différenciation normale, les kératinocytes vont passer par plusieurs étapes de développement en migrant vers les couches supérieures. On retrouve les cellules progénitrices attachées à la membrane basale par des hémidesmosomes. À ce stade, ces kératinocytes vont exprimer les kératines

16 5 et 14. Les cellules nouvellement formées, suite à la division de ces cellules basales, vont se détacher et migrer vers la couche épineuse pour débuter la différenciation. Le keratinocyte passe d'une forme cubique à une forme plus étoilée, épineuse, et il va former des liaisons avec les kératinocytes voisins à l'aide des desmosomes bien encrés au cytoskelette. À partir d'ici, l'expression des kératines 1 et 10 montre que le processus de différenciation est bien enclenché. Plusieurs transformations du keratinocyte se produisent dans la couche granulaire. Il y a production des protéines qui formeront ou participeront à la formation de l'enveloppe des cornéocytes comme l'involucrine, la loricrine, la profilaggrine et la transglutaminase. Aussi, l'apparition des granules lamellaires qui, par exocytose, déverseront leur contenu lipidique dans l'espace extracellulaire. La morphologie du keratinocyte change. Les cellules s'applatissent, le noyau et les organites commencent à se dégrader. La différenciation terminale va se poursuivre avec l'accumulation des kératines et la formation de l'enveloppe du cornéocyte. Cela semble débuter par le dépôt d'involucrine à la surface interne de la membrane plasmique et avec l'augmentation de la concentration en Ca 2+ qui va activer les transglutaminases. Ces dernières sont impliquées dans la polymérisation des autres protéines composantes de l'enveloppe. Il en résulte une enveloppe d'environ 15 nm très résistante et insoluble, composée d'une partie protéique et d'une partie lipidique [12-14]. Un cycle complet de différenciation du keratinocyte prend environ 4 semaines mais peut être accéléré lors d'un stress dans l'épiderme (Figure 1.3) [1]. Le keratinocyte est une grosse cellule capable de produire et d'exprimer une vaste gamme de protéines membranaires, facteurs de croissances et médiateurs inflammatoires. Il exprime entre autres des récepteurs Toll-like (TLR) capables de reconnaître des substances exogènes et de produire une réponse inflammatoire [15]. Ce sujet sera revu plus en détail dans la prochaine section. Le keratinocyte exprime aussi plusieurs intégrines dont les plus citées sont: a2pi, a3pi, a5pi ou a6p4 (hémidesmosome). Dans l'épiderme, on les retrouve presque toujours sur les kératinocytes de la couche basale. Ils sont nécessaires à l'adhésion du keratinocyte à la membrane basale et aux différentes composantes de la matrice extracellulaire, et semblent jouer un rôle décisif dans la prolifération et la différenciation de celui-ci. Il existe différentes conditions où cette expression d'intégrines

17 est perturbée et se poursuit jusque dans les couches supra basales, altérant la prolifération et la différenciation des kératinocytes. Cela a été observé dans le processus de guérison, avec des carcinomes ou dans le contexte de différentes pathologies inflammatoires comme le psoriasis [13, 16-17]. i i Cornified ceil î Granular cell Loricrin Involucrin Fillagrin \ /\ Squamous cell Keratin 1/10 Keratin S/14 «6 integnn (J 1 integrin p63 Self-renewal n Commitment to differentiation t D Pos:-mitotic Keratin 5/14 _ differentiating cell Keratin 1/10 Transit amplifying -plify cell Epidermal differentiation program Expert Reviews in Molecular Medicinee2005 Cambridge University Press Figure 1.3 : La différenciation du keratinocyte dans l'épiderme (Cambridge University Press 2005). 1.2 Le psoriasis Le psoriasis est une dermatose inflammatoire assez répandue qui touche de 2 à 3 % de la population mondiale. C'est une maladie auto-immune chronique d'origine (étiologie) inconnue. Elle se présente le plus souvent sous forme de plaques rougeâtres, recouvertes de squames blanches argentées, aux contours bien distincts des régions non atteintes. Une caractéristique intéressante des lésions est qu'elles sont distribuées de façon symétrique aux

18 parties du corps les plus exposées aux contraintes mécaniques comme les coudes, les épaules, les genoux, la région lombaire ou le cuir chevelu. Le psoriasis peut apparaître à tous âges mais il débute généralement entre 15 et 25 ans et va évoluer sous forme de poussées suivies de rémissions. On constate souvent, chez les patients, des atteintes au niveau des ongles et 10 à 30% développent une arthrite psoriasique sans facteurs rhumatoïdes. La prévalence du psoriasis varie selon un facteur ethnique et il existe des antécédents familiaux dans la plupart des cas, laissant croire à une forte prédisposition génétique. Cependant, l'exposition à des facteurs environnementaux serait nécessaire au déclenchement de la maladie [18-20] Aspects cliniques Le type de psoriasis le plus commun se présente sous forme de plaques, mais il existe d'autres formes avec des aspects bien caractéristiques à chacune [19, 21]. Le psoriasis en plaques peut couvrir de grandes surfaces. Il est localisé surtout au niveau des coudes, des genoux et du cuir chevelu. Il compte pour plus de 80% des cas (Figure 1.4 A et D). Le psoriasis en gouttes compte pour environ 10% des cas. Les lésions ressemblent à des gouttes de 1 à 5 mm et souvent associées à des antécédents d'infection au streptocoque (Figure 1.4 B). Le psoriasis pustuleux est une forme assez rare, seulement 3% des cas. Il se manifeste par l'apparition de pustules disséminées (Figure 1.4 F et G). Le psoriasis inversé apparaît dans les plis comme sous les aisselles et les aines. Il présente peu ou pas de squames. (Figure 1.4 E) Le psoriasis érythrodermique est une forme sévère et rare. C'est une atteinte généralisée sur tout le corps et peut être une des autres formes de psoriasis qui a dégénéré (Figure 1.4 C). Dans certains cas, il est possible d'observer en plus des atteintes au niveau des ongles (Figure 1.4 H, I, J et K).

19 10 Figure 1.4 : Aspect des multiples formes de psoriasis généralement retrouvées dans la population (Schon 2005).

20 Facteurs génétiques Plusieurs indices nous permettent de faire le lien avec une prédisposition génétique dans le psoriasis. Des études familiales ont permis de souligner plusieurs faits intéressants. D'abord la distribution ne se fait pas selon la génétique mendélienne et l'héritage des gènes entre les générations reste obscur. Par exemple, lorsque les deux parents sont atteints environ 50% des descendants développeront la maladie. Cette prévalence chute à 16% quand seulement un parent est atteint et à 8% si aucun des parents n'a la maladie [22]. Aussi, il y a concordance de 35-72% chez les jumeaux homozygotes comparativement à 12-23% chez les dizygotes. L'implication de facteurs environnementaux expliquerait ces différences [18, 23]. Suite à ces découvertes, plusieurs ont entrepris la quête de trouver le ou les gènes susceptibles de causer le psoriasis. Cette quête se poursuit toujours aujourd'hui. En 2005, il y avait au moins neuf loci visés comme étant impliqués dans le psoriasis; nommés PSORS 1-9 (psoriasis susceptibility) (Tableau 1.1) [24]. PSORS1 serait un déterminant majeur puisqu'il compterait pour 30-50% de la susceptibilité génétique. Il se situe dans la région codante du complexe majeur d'histocompatibilité (CMH), spécifiquement dans la région de HLA-Cw6 du CMH I [25-26]. Une découverte intéressante car HLA-C a un rôle dans la présentation d'antigènes, par contre, son implication dans le développement du psoriasis reste incertain. Le locus PSORS 1 recoupe cependant les régions codantes pour d'autres molécules candidates à de futures explorations (Figure 1.5). Un exemple est le CCHCR1 (coiled-coil a-helical rodpotein 1) qui est régulé positivement par ltfn-y. Cette protéine est surexprimée dans le psoriasis et semble influencer la différenciation des kératinocytes au niveau de la couche basale [24]. Une surexpression de cette protéine dans un modèle de souris engendre l'apparition de caractéristiques retrouvées dans le psoriasis comme l'expression des kératines 6, 16 et 17 [27]. Une autre protéine, la cornéodesmosine (CDSN), est surexprimée dans les lésions de patients psoriasiques. Cette surexpression par les kératinocytes des couches supérieures de l'épiderme peut altérer la desquamation normale et causer les squames aberrantes [24].

21 12 Des études récentes sur un large échantillonnage ont permis de confirmer d'autres associations génétiques comme TNFAIP3, une séquence codante pour la protéine A20. Cette protéine est inductible par le TNF-a et elle vient freiner l'action du NF-KP dans la réponse inflammatoire. On y retrouve aussi une association avec la sous-unité p40, une composante de 1TL-12 et l'il-23. LTL-23 est nécessaire à l'obtention d'un profil de lymphocyte Thl 7 retrouvé dans le psoriasis [26, 28]. Plusieurs autres cibles potentielles ont été identifiées. Une meilleure connaissance de la susceptibilité génétique dans le psoriasis pourrait guider les choix thérapeutiques et permettre l'élaboration de nouveaux traitements afin que ceux-ci soient moins généralisés, plus visés. Possiblement faire ressortir des profils de dérèglement et y associer des traitements adéquats. Tableau 1.1: Loci découverts comme étant susceptibles de causer le psoriasis (Bowcock et al. 2005). PSORS locus Emplacement du chromosome Gène associé PSORS1 6p21 CMH de classe 1 Plusieurs PSORS2 17q25 SLC9A3R1 et NAT9 RAPTOR PSORS3 4q HH ND - Population étudiée Américaine Américaine et Britannique PSORS4 Iq21 EDC Italienne et Américaine (non publiée) PSORS5 3q21 SLC12A8 Suédoise PSORS6 19pl3 ND - PSORS7 ip un ND. PSORS9 4q31-4q34 ND - PSORAS1 16ql2 Possiblement NOD2 -

22 13 Chromosome 6 6p21.1-6p21.3 I II 500 1,000 1,500 2, ,000 3,500 kb CLASS II CLASS III CLASS I DP DN DM LMP/TAP DO DQ DR C4 C2 HSP70 TNF B C E A G F J Mill Ullii." " </ a B a H*«PSCRS1 HCG27, POa5F> CCHCFa, SEEK? i srg. H H HLA-B HLA-C CflvX PSCPS1C3 TCF1& SW f CDSN HLA-E Copyright 2C05 Nature Publishing Group Nature Reviews Immunology Figure 1.5 : PSORS 1 et ses composantes inclus dans le gène du CMH (Bowcock et al. 2005) Facteurs environnementaux Les différents facteurs pouvant causer des poussées de lésion ou aggraver l'état d'un patient atteint de psoriasis sont bien connus. Le stress, l'alcool, la cigarette et la prise de médicaments comme les P-bloquants et le lithium en font partie. Les patients atteints du VIH peuvent développer des lésions sévères et difficiles à traiter [29]. Il est difficile de pointer les facteurs initiateurs de lésions psoriasiques. Il est bien établi qu'une infection au streptocoque M peut déclencher le psoriasis. Ce pathogène présenterait un peptide analogue à la kératine 17 humaine [30-31]. L'activation du système immunitaire se ferait suite à la présence d'un super antigène ou par mimétisme moléculaire. Un fait intéressant est que l'on peut remarquer l'apparition de lésions chez un patient psoriasique suite à un stress mécanique subit par la peau ou suite à une blessure cutanée. Cette observation est nommée le phénomène de Koebner [32]. Ceci est utilisé chez les modèles animaux pour déclencher des lésions selon une technique que l'on appelle : «tape stripping».

23 14 Les mécanismes d'action de ces facteurs environnementaux sont peu connus. Cependant, il serait peu probable qu'à eux seuls, sans prédispositions génétiques, ils puissent initier le psoriasis. C'est plutôt une association de plusieurs faibles dérèglements génétiques combinés à des facteurs environnementaux qui mèneraient à une perte de tolérance au soi et la difficulté à éteindre la réponse inflammatoire Le système immunitaire L'être humain ainsi que les autres vertébrés, se protègent par un réseau complexe de mesures défensives dénommées : «système immunitaire». C'est un système de défense remarquablement adaptatif. Il est capable de faire la discrimination entre des molécules, des cellules ou des protéines d'organismes étrangers et de fournir une réponse effectrice en vue de neutraliser ces envahisseurs. L'immunité a deux composantes : l'immunité innée et l'immunité acquise L'immunité innée La composante innée du système immunitaire comporte un ensemble de mécanismes de défenses qui ne sont pas spécifiques à un pathogène en particulier. Cependant elle offre une défense à action rapide et étendue. Cette composante de l'immunité comprend les phagocytes, les cellules NK et certaines voies du complément. La réponse commence bien sûre par la reconnaissance de molécules étrangères appelées PAMP (Pathogen-associated molecular patterns). Des cellules du système immunitaire inné, comme les macrophages ou les cellules dentritiques, vont exprimer une famille de récepteurs appelés PRR (Pattern-recognition receptors) pouvant fixer ces PAMP. Les PRR les plus étudiés sont de la famille des TLR (Toll-like receptors). Ces TLR vont réagir à des composantes telles que les peptidoglicans, le LPS, des acides nucléiques microbiens et autres composantes bactériennes. L'activation de ces TLR va engendrer l'expression de

24 15 cytokines inflammatoires, de molécules de co-stimulation et de molécules d'adhésion. Cela va favoriser la phagocytose et l'entrée de leucocytes comme le neutrophile dans le tissu. De plus, l'activation des TLR va aider à la présentation d'antigènes par le CMH contribuant ainsi à l'activation de la composante acquise du système immunitaire [33-34] La cellule NK (natural killer) peut reconnaitre le CMH de classe I présent sur tous les types cellulaires. Son activation se fait cependant à l'inverse du CD8+ dans l'immunité acquise. Quand la cellule NK reconnaît une CMH I du soi, un signal inhibiteur est transmis et rien ne se passe. Si le NK ne rencontre pas de CMH I sur la cellule alors il y a activation de la cellule NK. Une fois activée, elle libère des perforines et granzymes qui vont induire la mort cellulaire par apoptose. Ce mécanisme est efficace pour détruire des cellules tumorales ou infectées par un virus qui empêcherait l'expression du CMH [35]. L'activation du complément peut se faire selon 3 voies : la voie classique, la voie alternative et la voie des lectines. Cette activation va mettre en jeu plusieurs protéines qui vont s'assembler en une cascade d'événements ayant comme but commun la formation du complexe d'attaque membranaire (MAC). Ce MAC est en fait un pore qui va s'insérer dans la membrane du pathogène et provoquer la lyse. Chacune des voies est activée différemment mais elles vont tous converger vers la protéine C3. La voie classique nécessite la présence d'anticorps sur le pathogène, tandis que les voies alterne et des lectines peuvent s'activer au contact direct de pathogènes. En plus de provoquer la lyse de pathogènes, les composantes C3a et C5a vont agir comme chimiokines favorisant le recrutement de neutrophiles et de monocytes [36] L'immunité acquise L'immunité acquise est capable de reconnaître et d'éliminer sélectivement des microorganismes ou des antigènes étrangers. Elle possède les propriétés de pouvoir reconnaître le soi et le non soi, d'avoir une spécificité antigénique, une grande diversité, ainsi qu'une mémoire immunitaire. Ce système repose essentiellement sur la maturation et l'action des lymphocytes. Tous les lymphocytes proviennent de précurseurs lymphoïdes. Les

25 16 lymphocytes B vont maturer dans la moelle osseuse tandis que les précurseurs des lymphocytes T vont migrer vers le thymus. À ce stade, le récepteur Notch dicterait le choix de différenciation entre les deux types [37]. Une fois dans le thymus, le précurseur du lymphocyte va prendre le nom de thymocyte et passer par différents réarrangements des composantes a et P de son récepteur TCR. On estime que grâce à ce réarrangement du Q fi TCR, le lymphocyte T peut reproduire 10 spécificités antigéniques et le lymphocyte B, 10 par son BCR [38]. Avant d'atteindre la circulation, le lymphocyte T doit passer par une étape de discrimination dans le thymus. Il doit, par son récepteur TCR, être capable de reconnaître une molécule du CMH du soi (sélection positive). Les lymphocytes T ayant une trop forte affinité pour le CMH et les antigènes du soi sont éliminés par apoptose (sélection négative). Cette discrimination permet de produire des lymphocytes T capables d'interagir avec les CMH du soi sans être auto réactifs protégeant l'organisme des maladies auto-immunes. Le choix de l'engagement en CD4+ ou CD8+ n'est pas bien défini. (b) Cellule!',, Cellule présentatrice dé lantigene/ f Cellule T, Cellule cible Figure 1.6 : La synapse immunologique entre CPA-Th (à gauche) et cellule cible-tc (à droite) (RA. Goldsby, T.J. Kindt, B.A. Osborne, Immunologie. 2001).

26 17 Les molécules du CMH de classe I sont exprimées par toutes les cellules nucléées du corps, alors que les molécules du CMH de classe II se retrouvent principalement sur les cellules dendritiques, les macrophages, les lymphocytes et les cellules épithéliales, suite à une stimulation. Les molécules de CMH ont comme fonction de présenter des antigènes du soi et étrangers. Ils peuvent présenter des peptides d'environ 8 à 20 acides aminés, selon le type de CMH, dans un sillon appelé niche peptidique, formé selon le repliement de chaines moléculaires. Il existe une importante variabilité génétique dans les gènes du CMH et la combinaison des alleles des deux parents font en sorte qu'une personne peut exprimer jusqu'à 6 CMH I et 12 CMH II. Les deux classes de CMH vont apprêter et présenter l'antigène selon des processus différents. Le CMH I va plutôt favoriser la présentation d'antigènes provenant d'infections intracellulaires tandis que le CMH II va présenter des produits de dégradations suite à la phagocytose. Le CMH I sera reconnu par le lymphocyte CD8+ et le CMH II par le CD4+. La figure 1.6 présente bien les molécules importantes impliquées dans la synapse immunologique. L'activation d'un CD4+ par une cellule présentatrice d'antigène se passe généralement comme suit : le TCR du CD4+ va reconnaître l'antigène fixé au CMH II de la cellule. Cette rencontre, avec l'aide de la costimulation par les récepteurs B7 et CD28, va augmenter l'affinité des intégrines LFA et ICAM-1 qui vont s'organiser et solidifier la liaison. Cette action va aussi permettre la liaison entre le CD40 et le CD40L du CD4+, un ligand important dans le développement du lymphocyte. Il en résulte la prolifération de cellules effectrices et de cellules mémoires. La fin de l'activation se fait par le remplacement de CD28 par CTLA-4 entraînant l'anergie ou l'apoptose du lymphocyte [38]. Selon la nature de l'activation, le lymphocyte CD4+ va se développer en l'une des différentes sous-populations avec des profils de cytokines propres à chacune. La présence d'il-12 et d'ifn-y favorisent la sous-population Thl et la sécrétion d'ifn-y alors que IL-4, IL-5 et IL-13 font pencher la balance pour la sous-population Th2 et la production d'il-4. Le rôle principal du Th2 est lié à l'activation des lymphocytes B et la réponse humorale. De nouvelles sous-populations ont été découvertes récemment comme le Thl 7 et le Th22. La combinaison d'il-6 et IL-23 semble favoriser le Thl7. Le Th22 lui semble être dépendant de 1TL-22. On suspecte ces sous-populations d'être impliquées dans les maladies auto-immunes [39-40]. Un autre type de lymphocytes T CD4+ est appelé T

27 18 régulateur (Treg). Son rôle serait de freiner la réponse immunitaire en produisant des cytokines comme 1TL-10 et le TGF- 3. Aussi, il provoquerait l'apoptose ou l'anergie de lymphocytes T activés en exprimant CTLA-4. Certains croient que ces Treg proviendraient des restes de la sélection négative dans le thymus. Même si ces Treg ne peuvent proliférer par activation du TCR, ils sont une bonne protection contre l'auto-immunité [41]. Le neutrophile a toujours été reconnu comme phagocyte faisant partie entièrement de l'immunité innée. Sa sensibilité et sa rapidité à répondre aux chimiokines, font de lui le premier leucocyte à être présent dans bien des contextes inflammatoires. Il est facile à reconnaître car il présente souvent un noyau irrégulier et polylobé. Le neutrophile peut répondre de plusieurs façons à un pathogène, soit par des substances oxydantes ou encore par une gamme de molécules cytotoxiques contenues dans des granules qu'il va relâcher par dégranulation. Néanmoins, le neutrophile semble avoir un rôle beaucoup plus grand et varié que l'on croyait lorsqu'il est placé dans des situations inflammatoires comme c'est le cas avec le psoriasis ou l'arthrite rhumatoïde. Il semble former une population non uniforme avec différentes fonctions adaptées au contexte. Par exemple, sous l'influence de cytokines inflammatoires, on constate déjà une survie prolongée de celui-ci, mais aussi l'expression de CMH de classe II en plus des molécules de co-stimulation comme B7. Alors, le neutrophile ne fait pas que favoriser le recrutement et l'activation des cellules dendritiques et lymphocytes T, il peut agir comme une cellule dendritique et présenter l'antigène. C'est un rôle important pour joindre l'immunité innée à l'immunité acquise [42] Histopathologic et formation des plaques Il est certain que de nombreuses comparaisons on été faites entre une peau lésionnelle de patient psoriasique et une peau normale. Ce que l'on observe dans une peau lésionnelle c'est une hyperprolifération des kératinocytes. Les kératinocytes passent de la couche basale à la couche cornée en seulement 3-5 jours dans une lésion contrairement à jours pour une peau saine. Cela réduit de beaucoup le temps de maturation et explique l'absence de la couche granuleuse [19]. On y retrouve aussi l'expression aberrante des

28 19 kératines 6 et 16 caractéristiques d'une hyperprolifération [19, 43-44]. L'augmentation et la dilatation des vaisseaux superficiels sont en accord avec l'afflux de cellules immunitaires. Une grande quantité de lymphocytes T CD4+ et CD8+ sont présents dans le derme des lésions [45]. On estime que pour un patient atteint d'environ 20%, 8 milliards de lymphocytes circulent dans le sang tandis qu'environ 20 milliards seraient situés dans les lésions [20]. La majorité de ces lymphocytes font partie d'une population mémoire affichant le CLA (cutaneous lymphocyte antigen), cellules normalement impliquées dans l'immuno-surveillance de la peau. Comme la plupart de ceux-ci sont différenciés en type 1 (Thl et Tel), ils vont donc produire de l'ifn-y [46-48]. Un afflux de neutrophiles est souvent observé dans les lésions. Une chimiokine clé dans le recrutement des neutrophiles est 1TL-8 qui peut justement être induite par une stimulation à l'ifn-y [49]. Un autre type cellulaire est retrouvé en quantité anormalement élevée dans les lésions psoriasiques. Il s'agit des cellules dendritiques. On estime que la quantité de cellules dendritiques dans les lésions est égale ou supérieure à celle des lymphocytes T. Pourtant, on en retrouve normalement moins en circulation [20]. On peut ressortir 3 types différents de cellules dendritiques. Il y a les myéloïdes immatures (idc), les myéloïdes matures (mdc) et les plasmacytoïdes (pdc). L'importance de ces cellules est la capacité qu'elles ont d'efficacement présenter des antigènes aux lymphocytes T et de les activer. Suite à ces découvertes, une hypothèse cohérente sur la formation des plaques a été formulée. Cette hypothèse tend à faire le lien entre la présentation d'antigène, la diversité de cytokines et facteurs de croissance impliqués, ainsi que le phénotype d'hyperprolifération observé (Figures 1.7 et 1.8). Voici un résumé des différentes étapes : tout d'abord, il y a reconnaissance d'un antigène, possiblement du soi (Kl3, Kl 7 ou autre) par une cellule présentatrice d'antigène. Celle-ci s'active et quitte la peau afin de migrer vers les organes lymphoïdes secondaires afin d'y rencontrer un lymphocyte T naïf CD45RA+/CLA-. Suite à l'activation de ce lymphocyte, maintenant CD45RO+/CLA+, ce dernier va proliférer, quitter l'organe lymphoïde par la circulation sanguine et se rendre au site d'inflammation en suivant le gradient de chimiokines. Une fois rendu dans le derme ou l'épiderme, il produit des cytokines inflammatoires comme l'ifn-y et IL-17. Ces cytokines

29 20 Antigen Psoriatic plaqi Activation Of CD45RO+ Vigorous cytokine release / ^Antigen/ M MHC complex Migration through ^_j afferent lymphatics ** Figure 1.7: Hypothèse de formation des lésions psoriasiques (J Eur Acad Dermatol Venereol 2003,17: 257). agissent sur les kératinocytes et fibroblastes en passant par la voie de STAT1 et potentialisent la réponse inflammatoire de diverses façons [50]. LTFN-y augmente entre autres l'expression des CMH de classe II et des molécules d'adhésion comme I-CAM sur les cellules présentatrices d'antigènes et les kératinocytes [51-52]. LTFN-y avec le TNF-a vont, ensemble, engendrer la production d'une grande variété de cytokines et facteurs de croissance qui vont agir directement sur la croissance et la différenciation des kératinocytes [53-54]. La figure 1.8 présente quelques cytokines et molécules d'adhésion qui sont impliquées dans les différentes étapes de formation des plaques. Une grande quantité de cellules inflammatoires comme les neutrophiles vont s'installer dans la lésion en réponse aux diverses chimiokines. D'autres lymphocytes T activés viendront contribuer à perpétuer le profil Thl /Tel et l'inflammation dans la lésion. Le TNF-a occupe une place importante dans le psoriasis. Les traitements anti-tnf ont prouvé leur efficacité dans de nombreux cas [55]. Le TNF-a va permettre, par l'action de son récepteur et via NF-KP, la production

30 21 de cytokines comme IL-1 et IL-6, ainsi que l'expression d'intégrines notamment par les vaisseaux sanguins. Cependant, l'importance de son implication dans le psoriasis n'est pas encore clairement définie [50, 56]. Figure 1.8 : Aperçu du réseau de médiateurs chimiques et molécules d'adhésion impliqués dans le psoriasis (J Clin Invest June 15, 113: 1664) Interactions cellulaires dans le psoriasis Un fait intéressant avec le psoriasis est que contrairement à la plupart des maladies autoimmunes, l'implication du système immunitaire n'est pas destructeur mais encourage plutôt une prolifération qui serait sensible à des stimuli activateurs. Il est difficile d'identifier exactement ce qui déclenche les lésions. Certains croient que le keratinocyte est en cause et que le système immunitaire est secondaire tandis que d'autres croient plutôt l'inverse [57].

31 22 D'autres pistes intéressantes et plausibles pouvant contribuer à la pathologie du psoriasis, sont ici présentées. Les cellules dendritiques immatures (idc) CDllc+ peuvent, suite à un signal de danger, produirent de 1TL-12 et se développer en cellules matures (mdc) CD83+. Ces dernières sont des cellules présentatrices d'antigène par excellence qui sont capables de produire de 1TL-23 et d'activer le lymphocyte T. LTL-12 et 1TL-23 sont les cytokines permettant l'emprunt de la voie Thl et Thl 7 respectivement [58-59]. En ce qui concerne les cellules dendritiques plasmacytoïdes (pdc), elles sont moins abondantes que les 2 autres types, cependant lorsqu'elles sont activées, produisent directement de l'ifn-a, un interferon de type I capable d'engendrer presque toutes les activités des autres interférons [60]. Comme les mdc ont tendance à se regrouper autour des vaisseaux sanguins, il n'est pas impossible que ces cellules puissent développer des fonctions similaires aux organes lymphoïdes secondaires en activant directement sur place, les lymphocytes T [24]. L'expression de CD94 par des lymphocytes dans l'épiderme psoriasique laisse croire à la présence de cellules NK-T. Cette présence de cellules NK-T n'a jamais vraiment été vérifiée. La cellule NK-T peut reconnaître un glycolipide présenté par la molécule CDld. Cette cellule, ainsi activée, se met à produire de ltfn-y. Comme le CDld est fortement exprimé par les kératinocytes psoriasiques, cette hypothèse reste valable [61-62]. Une autre théorie repose sur le fait que les lymphocytes CD8+ peuvent pénétrer dans l'épiderme grâce à l'expression de l'intégrine aep7 sur leur membrane [63-64]. Cette intégrine lie la protéine e-cadherine associée aux desmosomes [20, 65]. L'hypothèse est que l'afflux important de lymphocytes CD8+, traversant la membrane basale de l'épiderme, puisse causer des dommages à cette dernière en plus de détruire plusieurs desmosomes liant les kératinocytes. Ces dommages ainsi causés seraient assez puissants pour engendrer un état de réparation tissulaire dans l'épiderme. Les TLR7 et TLR9 reconnaissent des bouts d'adn viral et microbien. Normalement l'adn du soi libéré lors de bris cellulaires est toléré, car il n'entre pas facilement dans une

32 23 cellule. LL37 est un peptide antimicrobien continuellement surexprimé dans les lésions psoriasiques [66]. Comme ce peptide est fortement exprimé, il pourrait, par sa charge et sa forme en hélice a, lier de l'adn du soi et le présenter aux TLR9 endosomales. Le TLR9 par la voie impliquant MyD88 et IRF7 déclenche la production d'ifn-a notamment par les pdc. Cette théorie est intéressante car elle pourrait expliquer l'apparition de lésions lors de dommage tissulaire (phénomène de Koebner) [67-68]. Il existe tout de même des faits probants que le psoriasis ne viendrait pas uniquement d'un dérèglement des cellules épithéliales mais aussi des cellules immunitaires. Bien entendu, l'efficacité des traitements immunosuppresseurs sur le psoriasis donnent déjà de bons indices. Cependant on ne vient peut-être traiter que les conséquences du dérèglement en éteignant la réponse inflammatoire. Des observations réalisées lors d'interventions de greffes de moelle osseuse amènent des preuves plus convaincantes. Eedy et al. rapportent un cas où un homme, souffrant de psoriasis sévère, a reçu une greffe de moelle osseuse pour une leucémie et fut complètement débarrassé de son psoriasis [69]. Un autre cas rapporté d'une femme sans histoire de psoriasis fut greffée de moelle osseuse d'un patient psoriasique et développa par la suite la maladie [70] Traitements L'histoire de la thérapeutique du psoriasis a toujours démontré une incertitude face aux cibles à traiter. Plusieurs traitements ont été découverts par chance mais maintenant avec une connaissance grandissante de la maladie, il est possible de développer de nouvelles stratégies. Aujourd'hui nous possédons tout de même plusieurs outils afin de contrôler du mieux possible la maladie et d'offrir aux patients une meilleure qualité de vie. Toutefois, on estime que 70 % des patients sont peu satisfaits de leurs traitements [71]. Aucun traitement ne permet de guérir complètement du psoriasis. Voici les différentes catégories de traitements utilisés à l'heure actuelle.

33 24 Les agents topiques : Ces préparations sont employées lors de cas léger ou modéré et peuvent être utilisées en combinaison avec la photothérapie et les traitements systémiques [72]. Les préparations goudronnées sont utilisées depuis plus de 100 ans. Les produits raffinés sont plus appréciés mais leur action antiproliferative est moins efficace que le produit brut. Ils sont plus efficaces en combinaison avec la photothérapie mais augmentent le risque de cancer de la peau [73-74]. Les glucocorticoïdes sont connus pour leurs effets anti-inflammatoires et vasoconstricteurs. Ils semblent agir en supprimant l'action de facteurs de transcription comme AP-1 et NF-KP limitant ainsi la production de cytokines pro-inflammatoires [75]. Les préparations topiques de vitamine A (rétinoïdes) et analogues à la vitamine D vont agir sur les kératinocytes et possiblement les lymphocytes T des lésions. Ils vont réduire la prolifération, réguler la différenciation cellulaire et diminuer l'inflammation [76-77]. La photothérapie : Les traitements UVB ou UVA avec psoralène sont assez efficaces. Ils ont un effet immunosuppresseur en induisant l'apoptose des lymphocytes et en diminuant l'expression des molécules du CMH et de co-stimulation [78]. Les agents systémiques : Le methotrexate est un antiprolifératif puissant. Son action inhibe la synthèse des purines et pyrimidines empêchant la formation d'adn et d'arn. Il semble aussi promouvoir la voie Th2 des lymphocytes T [79-80]. La cyclosporine et autres inhibiteurs de la calcineurine phosphatase agissent sur l'activation des lymphocytes T. L'inhibition de la calcineurine phosphatase bloque la translocation du NFAT et du fait même la production entre autres d'il-2, d'ifn-y ou du récepteur de l'il-2.

34 25 Dermilex (XP-828L) provient du lactosérum de vache. Des tests in vitro ont montré qu'il inhibe la production d'une réponse Thl par les lymphocytes T. Une étude en double aveugle présente son efficacité dans le psoriasis [81]. Comparativement aux autres traitements, c'est un produit sécuritaire. Il pourrait alors être combiné à l'un de ces derniers. Les agents biologiques : Ce sont de nouveaux traitements visant généralement à empêcher l'activation des lymphocytes en agissant au niveau de la synapse immunologique. D'autres permettent de séquestrer des médiateurs chimiques de l'inflammation comme le TNF. Les sites d'actions de quelques-uns de ces agents sont représentés à la figure 1.9. Ethanercept est une protéine de fusion dimérique complètement humanisée. Elle est générée par la fusion de 2 unités p75 du récepteur soluble de TNF avec un IgGl humain. Cette protéine va se lier par compétition avec le TNF-a et P circulant ainsi que celui membranaire [82]. Infliximab est un anticorps monoclonal chimérique (souris/humain) avec une grande spécificité, affinité et avidité pour le TNF-a [83]. Diverses études ont démontré son efficacité à réduire l'inflammation dans le psoriasis [84]. Alefacept est une protéine de fusion LFA-3/IgGl qui se fixe au CD2 du lymphocyte, intervenant ainsi dans la présentation de l'antigène. Une autre propriété importante est qu'il va induire l'apoptose de lymphocytes mémoire CD45RO+ [85]. Efalizumab est un anticorps monoclonal humanisé dirigé contre le CD1 la de l'intégrine LFA-1. Cet anticorps va empêcher la liaison de LFA-1 à ICAM-1 des cellules endothéliales, contrant ainsi la migration des lymphocytes dans l'épiderme [86]. CTLA4Ig est une protéine chimérique soluble constituée de CD 152 humain avec une portion Fc d'un IgGl. Elle va lier les récepteurs de co-stimulation B7-1 et B7-2 sur les cellules présentatrices d'antigènes empêchant l'activation de lymphocytes T par le CD28 [87].

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