Analyse de l engagement de la diaspora tunisienne en Allemagne et potentialités de coopération

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1 Université de Maastricht École supérieure de gouvernance de Maastricht (Maastricht Graduate School of Governance MGSoG) Engagement de la diaspora en faveur du développement Analyse de l engagement de la diaspora tunisienne en Allemagne et potentialités de coopération Étude commanditée par GIZ 2013 Nora Ragab Elaine McGregor Dr. Melissa Siegel École supérieure de gouvernance de Maastricht

2 Table des matières Liste des tableaux et figures Abréviations 1. Introduction 1.1 Objectif de l étude et questionnement de la recherche 1.2. Méthodologie 2. Le concept de diaspora 3. La diaspora tunisienne : modes migratoires et antécédents 3.1. Profil de l émigration 3.2. Caractéristiques des Tunisiens vivant en Allemagne 3.3. Politiques de la Tunisie concernant la diaspora 3.4. Politiques d engagement de la diaspora en Allemagne 4. Les organisations de la diaspora tunisienne et leur engagement en faveur du développement 4.1. La diaspora tunisienne avant et après la révolution 4.2. Vue d ensemble des organisations de la diaspora tunisienne en Allemagne Associations culturelles Associations universitaires et estudiantines Organisations commerciales et professionnelles Organisations sociales et politiques 4.3. Domaines de participation au développement Les «jeteurs de passerelles» Promotion des investissements économiques et des transferts de connaissances Projets en Tunisie et pour la Tunisie 4.4. Potentialités de coopération : répondre aux besoins de la diaspora tunisienne et de la coopération allemande au développement Vue d ensemble de la coopération allemande au développement en Tunisie Les besoins de la diaspora Potentialités de coopération 5. Conclusion 6. Recommandations 7. Références bibliographiques Annexe A : Cartographie des organisations de la diaspora tunisienne Annexe B : guide d interview Annexe C : questionnaire

3 Liste des tableaux et des figures Tableau 1 : Ensemble de sous-questions Tableau 2 : Caractéristiques des personnes interrogées Tableau 3 : Principaux pays de destination des migrants tunisiens, 2012 Tableau 4 : Nombre de Tunisiens dans certains länder Figure 1 : Flux migratoires depuis la Tunisie, 2005/ /2012 Figure 2 : Niveau d éducation des migrants tunisiens, 2005/2006 à 2011/2012 Figure 3 : Émigrants tunisiens en fonction des groupes professionnels Figure 4 : Migrants tunisiens en Allemagne par tranche d âge Figure 5 : Principaux motifs d émigration vers l Allemagne, 2004 Figure 6 : Étudiants tunisiens en Allemagne, Figure 7 : Types d organisations tunisiennes

4 Abréviations APIA API BA BMZ CIM DAAD CD FIPA GIZ ACN OTE MASSTE SEMTE SES SKEW ZAV Agence de promotion des investissements dans l agriculture Agence de promotion de l industrie Bundesagentur für Arbeit (Agence fédérale de l emploi) Bundesministerium für wirtschaftliche Zusammenarbeit und Entwicklung (Ministère fédéral de la Coopération économique et du Développement) Centre pour la migration internationale et le développement Deutscher Akademischer Austausch Dienst (Office allemand d échanges universitaires) Coopération au développement Agence de promotion de l investissement extérieur Deutsche Gesellschaft für Internationale Zusammenarbeit Assemblée constituante nationale Office des Tunisiens à l étranger Ministère des Affaires sociales, de la Solidarité et des Tunisiens à l étranger Secrétariat d État aux migrations et aux Tunisiens à l étranger Senior Experten Service (Service d experts seniors) Servicestelle Kommunen Eine Welt (Service pour les communes du monde) Zentrale Auslandsvermittlung (Espace placement international)

5 1. Introduction Lors des récents débats scientifiques et politiques, le discours sur la migration et le développement a suscité un intérêt croissant. Pour de Haas (2012), ce débat est comme un pendule oscillant entre pessimisme et optimisme. Alors qu initialement les effets négatifs de la migration internationale sur les pays d origine fuite des cerveaux, par exemple étaient au centre des discussions, il est reconnu, depuis quelques décennies, que la migration internationale peut contribuer de manière positive au développement des pays d origine grâce aux transferts économiques, sociaux et politiques effectués par les communautés de migrants. Il a par conséquent été demandé d aborder le débat sur la migration et le développement de manière plus nuancée en reconnaissant que la migration peut avoir à la fois des effets positifs et des effets négatifs. La Banque mondiale (2013) estime qu à l échelle mondiale le montant des envois de fonds a dépassé les 529 milliards de dollars US en Les pays en développement ont reçu 401 milliards de dollars US et souvent, dans ces pays, les afflux de fonds ont de loin été supérieurs à l aide officielle au développement. En plus de leurs contributions économiques, les transferts sociaux, culturels et politiques des migrants peuvent jouer un rôle important dans le développement des pays d origine (de Haas, 2006). C est pourquoi un intérêt croissant est porté à l engagement de la diaspora. En tant qu agents du développement, les diasporas peuvent apporter une contribution économique sous forme de transferts de fonds, d investissements, d entreprenariat transnational ou de transferts de savoirfaire et de compétences. Au niveau politique, elles peuvent faire du lobbyisme en menant des actions de sensibilisation ou en suscitant un intérêt pour le pays d origine, ou avoir une action politique directe, par exemple en participant aux élections. Les organisations de migrants interviennent souvent dans le domaine social en favorisant l intégration des membres de leurs communautés dans le pays d accueil et en soutenant le pays d origine au moyen de projets de développement communautaire (Nyberg Sørensen et al., 2003). C est ainsi que les «diasporas sont progressivement devenues d importants acteurs de la scène politique internationale» (Vertovec, 2005, p.1). Bien que ces dernières années l engagement des diasporas ait suscité un intérêt croissant, les recherches effectuées sur des communautés données de diaspora et sur leur engagement dans différents pays d accueil restent limitées. La présente étude contribue à combler ce déficit de recherche en déterminant les structures et caractéristiques de la diaspora tunisienne et en donnant une vue d ensemble des organisations et associations tunisiennes en Allemagne. Par ailleurs, elle analyse les différents domaines d engagement et les potentialités de collaboration avec la coopération allemande au développement (CD).

6 En s appuyant sur une approche mixte essentiellement basée sur une recherche documentaire et des entretiens qualitatifs, cette étude exploratoire a constaté que l esprit du «Printemps arabe» a non seulement influencé la société tunisienne dans le pays d origine, mais aussi les Tunisiens vivant à l étranger. Il y a eu une prise de conscience, notamment parmi la jeune génération, accompagnée d un sens plus fort d appartenance et d attachement à la Tunisie. Si, historiquement, la diaspora tunisienne en Allemagne a mis l accent sur la promotion de l intégration, la révolution a mobilisé de nombreux Tunisiens et les a poussés à agir en faveur du développement de la Tunisie. On constate par conséquent, au niveau de la diaspora, une motivation nouvelle et une volonté de contribuer aux efforts de développement et de façonner l avenir de la Tunisie. En soulignant cette prise de conscience et le nouveau cadre institutionnel de la diaspora tunisienne en Allemagne, cette étude est une des premières à analyser l engagement de la diaspora dans le contexte du Printemps arabe. Elle s efforce par ailleurs de déterminer la façon dont la coopération allemande au développement pourrait tirer parti du mouvement créé par la révolution pour soutenir les activités de développement de la diaspora en Tunisie Objectif de l étude et questionnement de la recherche L engagement des diasporas dépend fortement du contexte. Les diasporas n étant ni unifiées ni homogènes, il importe de comprendre leurs intérêts, aspirations, institutions et objectifs hétérogènes. Les structures d opportunité du pays d origine et du pays de résidence imposent des contraintes et offrent des possibilités, et ce sont elles qui façonnent la nature de l engagement de la diaspora. Il est donc nécessaire de mieux comprendre le contexte dans lequel se situe l engagement de la diaspora. Cette étude répond au manque de données disponibles en donnant une image de la diaspora tunisienne en Allemagne et de son engagement en faveur du développement. Elle cherche à déterminer les caractéristiques de la diaspora tunisienne en Allemagne, de ses organisations et de son engagement. De plus, elle identifie les pistes potentielles de coopération constructive avec les institutions de la coopération allemande au développement (CD). En conséquence, les principales questions auxquelles cette étude cherche à répondre sont les suivantes : - Qu est-ce qui caractérise la diaspora tunisienne en Allemagne? - Comment la diaspora contribue-t-elle au développement de la Tunisie? - Quelles sont les potentialités d une participation et d une coopération constructives avec la coopération allemande au développement? Elle cherche par ailleurs à répondre aux sous-questions suivantes :

7 Tableau 1 : ensemble de sous-questions Domaine Diaspora tunisienne Engagement de la diaspora Potentialités de coopération Sous-questions Quelles sont les principales caractéristiques de la diaspora tunisienne en Allemagne quant à son importance, ses antécédents et ses facteurs socioéconomiques et démographiques? Comment la diaspora est-elle organisée et qu est-ce qui la caractérise en matière d importance, de niveau d organisation et d objectifs organisationnels? Quelles activités la diaspora tunisienne mène-t-elle pour favoriser le développement de son pays d origine? Quels facteurs contextuels façonnent et influencent son engagement? Quels sont les besoins et les objectifs de la diaspora tunisienne? Quels sont les besoins de la coopération allemande au développement dans ce contexte? 1.2. Méthodologie Cette étude a été réalisée sous forme d étude exploratoire faisant appel à différentes méthodes. Pour commencer, une recherche documentaire a été effectuée pour examiner la documentation actuellement disponible sur les concepts de diasporas et analyser les documents et données statistiques existants sur la diaspora tunisienne en Allemagne (et dans d autres pays). Ensuite, des entretiens semi-structurés ont été menés avec des membres de la diaspora tunisienne activement engagés. Les entretiens individuels ont eu lieu entre juin et septembre 2013 via Skype ou par téléphone. Par ailleurs, une table ronde a été organisée lors d une réunion de réseau de plusieurs organisations de la diaspora tunisienne. Pour avoir une vue d ensemble de la coopération allemande au développement avec la Tunisie et mieux la comprendre, des entretiens semi-structurés avec le personnel de la GIZ ont été réalisés par téléphone. Enfin, pour établir un contact avec elles et recueillir des informations auprès d elles, un questionnaire a été envoyé aux organisations de la diaspora tunisienne dont il était difficile de se procurer les adresses ou les numéros de téléphone. Cette étude visant à répertorier les organisations tunisiennes en Allemagne et à analyser leur engagement dans le développement, elle fait des organisations de la diaspora tunisienne l unité de l analyse. Ces organisations constituent souvent des groupements d intérêts agrégés et revendiquent la représentation de leurs membres si bien qu elles sont des outils pratiques de production d informations sur la diaspora en général. Pour Bush (2008), les organisations de diaspora sont des «organisations complexes, formelles ou semi-formelles qui définissent et poursuivent des objectifs représentatifs des intérêts et aspirations de la diaspora dans son ensemble» (p.195). Toutefois, les diasporas ne sont pas des groupes homogènes, ce qui veut dire que les participants doivent être soigneusement sélectionnés pour garantir l inclusion d un éventail de points de vue et d opinions. La première étape de cette recherche a consisté à répertorier les organisations de la diaspora tunisienne en Allemagne. Le registre de commerce possède une base de données de toutes les associations

8 enregistrées. L utilisation des mots clés «Tunisie» et «tunisien» ou «tunisienne» a permis d identifier 62 organisations pertinentes. Le registre présente toutefois un inconvénient : il ne donne généralement que les adresses postales des organisations et, dans certains cas, que le nom de la ville dans laquelle elles sont situées. Une recherche sur Internet a par conséquent été effectuée pour recueillir des coordonnées supplémentaires. De plus, la recherche sur Internet a également permis de découvrir des organisations qui n étaient pas officiellement enregistrées, mais dont il a néanmoins été tenu compte dans l étude. Au total, 82 organisations ont été identifiées (66 enregistrées et 16 non enregistrées). 27 d entre elles seulement disposaient d un numéro de téléphone ou d une adresse (active). Huit organisations ne disposaient d aucune coordonnée. Les 43 organisations restantes, pour lesquelles on ne disposait que d adresses postales, ont été informées de l étude par courrier auquel était joint un questionnaire sur papier (voir annexe C). Malgré ces efforts, aucune réponse n a été fournie pour les questionnaires sur papier. De plus, une proportion considérable (21 sur 43) de ces lettres sont revenues avec la mention «inconnue à cette adresse». Par conséquent, la majeure partie des informations présentées dans cette étude ne concernent que les 31 organisations dont les coordonnées (numéro de téléphone, ou présence sur Internet) étaient disponibles. Une de ces organisations ayant indiqué qu elle n était plus active, l échantillon a finalement été de 30 organisations. Après avoir identifié les principaux contacts au moyen d une recherche documentaire, un échantillonnage en boule de neige a été effectué pour trouver d autres personnes à contacter dans la communauté tunisienne. À la fin de chaque entretien, il a été demandé à chaque participant de nommer d autres personnes ou organisations susceptibles d accepter de participer à l étude. Cela a permis à l équipe de recherche de contacter des personnes en utilisant plusieurs points d entrée, ce qui réduit les chances de recevoir des informations biaisées, comme c est le cas lorsqu on n utilise qu un échantillonnage en boule de neige (McKenzie & Mistiaen, 2007). Au total, 12 entretiens approfondis et une table ronde avec les membres de différentes organisations ont été réalisés. Dans 83 pour cent des cas, les personnes interrogées individuellement étaient de sexe masculin. L examen des raisons de la migration montre que quatre répondants ont déclaré avoir migré pour travailler en Allemagne, essentiellement dans le cadre du programme d accueil de travailleurs. Les autres ont migré pour poursuivre leurs études, un a répondu avoir migré pour raisons familiales et un d entre eux était né en Allemagne.

9 Tableau 2 : Caractéristiques des personnes interrogées Code Organisation Sexe Objet du séjour Année d arrivée en Allemagne Lieu et date IN_1 Association culturelle masculin Travail 1964 Téléphone, IN_2 Association culturelle masculin Études 1999 Téléphone, IN_3 Association culturelle masculin Travail 1966 Berlin, IN_4 Association culturelle masculin Travail 1972 Berlin, IN_5 Associations universitaires et estudiantines masculin Études 2005 Skype, IN_6 Associations universitaires et estudiantines masculin Études N/A Skype IN_7 Association commerciale et professionnelle masculin Études 1992 Téléphone, IN_8 Associations universitaires et estudiantines masculin Études 1994 Téléphone, IN_9 Association culturelle féminin Raisons 1983 Essen, familiales IN_10 Organisation sociale et féminin - Né en Skype, politique Allemagne IN_11 Association culturelle masculin Études 1968 Cologne, IN_12 Organisation sociale et politique masculin Études 1991 Cologne, Les entretiens étaient semi-structurés et basés sur un guide d entretien (voir annexe B) divisé en trois grands thèmes. Premièrement, des questions ont été posées sur les caractéristiques de la diaspora tunisienne, sa relation avec le pays d origine et avec l Allemagne. Le second thème comportait des questions sur l engagement en mettant l accent sur la motivation, la structure et les objectifs des organisations, ainsi que sur leurs sources de financement. Enfin, le troisième thème avait trait aux potentialités de coopération. D une manière générale, l ordre dans lequel les questions étaient posées était flexible de manière à tenir compte des besoins de la personne interrogée. Pour l analyse, la technique de codage a été utilisée. Des catégories ont été définies pour synthétiser et structurer les informations obtenues en fonction des thèmes et du contenu. De plus, les données ont été complétées par trois entretiens semi-structurés avec du personnel de la GIZ spécialement sélectionné en fonction de ses connaissances du travail de la GIZ dans ce domaine. Il faut bien savoir qu un certain nombre de limitations sont inhérentes à cette étude. Comme elle s appuie sur une approche exploratoire, elle ne prétend pas faire des déclarations représentatives. Toutefois, son objectif est de contribuer à mieux comprendre la diaspora tunisienne en Allemagne et son engagement en faveur du développement, et de chercher à identifier les potentialités d une participation et d une coopération constructives avec les institutions de la coopération allemande au développement. Comme nous l avons vu plus haut, l analyse met l accent sur les organisations dont les coordonnées permettaient de les contacter par ou par téléphone. Par conséquent, la liste des organisations de la diaspora tunisienne n est pas exhaustive. Les résultats ne sont pas applicables à l ensemble de la diaspora tunisienne, mais ils représentent les organisations les plus actives. Le faible

10 taux de réponse peut être dû à la période défavorable pendant laquelle la recherche a été menée dans la mesure où les musulmans constituent la grande majorité des groupes cibles et où la fête religieuse islamique, le Ramadan, coïncidait aux phases de collecte de données pour l étude. Compte tenu des congés scolaires, certains participants potentiels aux entretiens n étaient pas en Allemagne et n ont donc pas pu participer. De plus, il faut tenir compte du fait que l engagement est un phénomène essentiellement volontaire qui vient s ajouter aux obligations professionnelles et familiales. Un autre problème s est posé, celui de la confiance et de l accès au groupe cible. En général, il est souvent nécessaire de disposer d un temps suffisant pour établir une relation avec les participants et les encourager à faire part de leurs perceptions, idées et points de vue. Or, compte tenu du peu de temps disponible, cela n a pas été possible avec toutes les organisations tunisiennes en Allemagne. 2. Le concept de diaspora L intérêt croissant porté aux diasporas dans le débat scientifique et politique a également entraîné une utilisation inflationnaire de ce terme comme métaphore de la population immigrée, des personnes déplacées, des minorités ethniques ou des formations sociales transnationales (Zunzer, 2004; Vertovec, 2009). En raison de l accroissement de la migration internationale, le mot et son usage ont changé dans le temps au point de décrire aujourd hui divers types de communautés migrantes ayant des caractéristiques très différentes. Il semble que l hétérogénéité des populations immigrées et le changement de sens du mot diaspora posent un problème d analyse qui complique sérieusement la définition du mot «diaspora». Au sens politique large, ce terme sert souvent à désigner un groupe d immigrés et souvent leurs descendants vivant hors de leur pays de naissance. Les deux points de vue ont une incidence sur la façon dont les politiques d engagement de la diaspora sont conçues. Gamlen (2006) élabore une typologie de compréhension des politiques d engagement des diasporas. Il classe les politiques d engagement des diasporas en trois catégories : renforcement des capacités, extension des droits et astreinte à des obligations. Sur la base de cette typologie, il évalue les politiques d un certain nombre de pays différents et constate que les politiques mettent souvent l accent sur le renforcement des capacités grâce à la construction symbolique d une nation et au renforcement de l institution (qu il s agisse d un réseau consulaire, d un ministère consacré aux affaires des diasporas, ou d outils de suivi permettant de mieux comprendre les points de vue de la diaspora). Les politiques visant à astreindre la diaspora à des obligations par exemple paiements obligatoires, programmes de transfert des connaissances (TOKTEN, TRQN), prise en compte des envois de fonds grâce aux incitations à investir ou à une réduction de coût ciblée sont également courantes. Les politiques visant à intégrer la diaspora grâce à l extension des droits sont moins courantes et peuvent pourtant, sans aucun doute, compléter d autres politiques visant à faire participer la diaspora. Ces

11 mesures politiques incluent la double citoyenneté, la représentation parlementaire, le droit de vote, la protection sociale, etc. L examen de l engagement de la diaspora peut par conséquent poser des problèmes d analyse. Premièrement, le mot «diaspora» est appliqué à différentes populations de migrants ayant chacune des caractéristiques qui lui sont propres quant au pays d origine, aux modes migratoires et aux expériences historiques. Deuxièmement, les définitions peuvent donner à penser que les diasporas sont des populations dispersées ayant des points de vue et des expériences communes. Or, aujourd hui, les diasporas ne sont pas des groupes homogènes : bien que leur pays de naissance ou d origine soient le même, leurs membres peuvent ne pas avoir les mêmes intérêts, idées, valeurs et attitudes. Il importe donc de comprendre les différents intérêts, aspirations, institutions et objectifs des diasporas. De plus, les structures politiques du pays d origine et du pays de résidence peuvent à la fois imposer des contraintes et offrir des possibilités et par conséquent définir ce que les diasporas peuvent faire et ne pas faire. 3. La diaspora tunisienne : modes migratoires et antécédents L engagement de la diaspora dépendant fortement du contexte, il importe de comprendre les circonstances particulières dans lesquelles l engagement de la diaspora tunisienne se situe. Ce chapitre donne par conséquent un aperçu du profil de l émigration, des caractéristiques de la diaspora tunisienne en Allemagne et de la structure des opportunités politiques dans le pays d origine et le pays de destination en faisant une analyse des données statistiques et de la documentation actuellement disponible. Les résultats serviront de base à l analyse qualitative des données fournies par les entretiens Profil de l émigration Selon l Office des Tunisiens à l étranger (OTE, 2013a), Tunisiens vivaient à l étranger en Si on examine l histoire de la migration moderne, on constate que différentes vagues d émigration en termes de pays de destination, de type de mouvement et de période d émigration ont façonné la diaspora tunisienne d aujourd hui. D une manière générale, on distingue quatre vagues d émigration moderne (Mensard, 2004). La première, des années 1950 au début des années 1960, était essentiellement caractérisée par des départs spontanés de migrants peu qualifiés vers les pays européens et notamment la France. La deuxième, du début des années 1960 au milieu des années 1970, a vu ces mouvements spontanés se transformer en flux migratoires réglementés par des accords bilatéraux de migration temporaire conclus entre la Tunisie et des pays européens tels que la France (1963), l Allemagne (1965) et la Belgique (1969). Ces flux concernaient essentiellement des hommes peu qualifiés. La Libye est

12 également devenue un important pays de destination en raison de la prospérité de son secteur pétrolier, mais essentiellement pour des migrants en situation irrégulière. La troisième, du milieu des années 1970 au début des années 1980, s est surtout caractérisée par la fluctuation des facteurs concernant les pays de destination. Tout d abord, le durcissement des restrictions à l immigration en Europe a transformé la migration temporaire de travailleurs seuls en installation permanente grâce aux regroupements familiaux. À cette époque, les tensions politiques entre la Tunisie et la Libye ont entraîné une réduction considérable des mouvements migratoires vers la Libye, ainsi que le retour de nombreux migrants. L émigration vers les États du Golfe s est accélérée en raison de l expansion de l économie pétrolière et des opportunités économiques qui en ont résulté. Au début de la quatrième vague d émigration, du milieu des années 1980 au milieu des années 2000, de nombreux migrants sont rentrés de Libye en raison des tensions dans ce pays et de l expulsion de travailleurs tunisiens. En conséquence, beaucoup ont cherché d autres pays de destination et ont migré vers les États du Golfe et de nouveaux pays européens tels que l Italie et l Espagne. Pendant cette période, on a également constaté un accroissement du nombre de migrants qualifiés, notamment de jeunes diplômés, et cette tendance se poursuit aujourd hui. Actuellement, le manque de perspectives économiques, les taux élevés du chômage (notamment chez les jeunes diplômés), le peu d intérêt accordé à ceux qui ont fait des études, l autoritarisme de l État, le manque de libertés fondamentales et l instabilité politique sont les principaux facteurs qui incitent les Tunisiens à migrer vers d autres pays (Fargues & Fandrich, 2012). Comme le montre la figure suivante, si on compare les années 2009/2010 et 2011/2012, on constate que les flux migratoires ont plus que doublé (les chiffres officiels pour l année 2010/2011 ne sont pas disponibles). Selon les données de l Institut national de la statistique de Tunisie, en 2011/2012 les émigrants étaient plutôt jeunes (61,6 pour cent avaient entre 15 et 29 ans), célibataires (78,3 pour cent), de sexe masculin (86,0 pour cent) et émigraient essentiellement vers la Libye (42,2 pour cent), la France (25,5 pour cent) et l Italie (18,8 pour cent) (INS, 2012).

13 Figure 1 : Flux migratoires depuis la Tunisie, 2005/ / Mai 05-Mai 06 Mai 06-Mai 07 Mai 08-Mai 09 Mai 09-Mai 10 Mai 11-Mai 12 Flux migratoires Source : Institut national de la statistique accès par la page d accueil officielle et consultation de la base de données CARIM. Remarque : les données officielles sont absentes pour l année 2010/2011. Les récents événements politiques en Tunisie peuvent expliquer la forte augmentation de l émigration au cours des deux dernières années. Selon le profil de la migration et du développement Tunisie de MTM i-map (2012) 1, on a constaté un accroissement considérable de la migration clandestine pendant la révolution, essentiellement vers les côtes italiennes. Pour Boubakri (2013), cet accroissement de la migration clandestine a commencé en 2008, année où, pour la première fois, les migrants tunisiens ont été le plus important groupe de migrants débarquant à Lampedusa, Italie. Le manque général de perspectives des jeunes Tunisiens et la capacité limitée du gouvernement tunisien à gérer ses frontières sont perçus comme les principales raisons pour lesquelles un aussi grand nombre de migrants ont quitté le pays pendant le premier mois de la révolution. Il semble toutefois que ces mouvements n aient pas eu de conséquences considérables sur la migration à destination de l Europe (Fargues & Fandrich, 2012). Si on examine les principaux pays de destination des migrants tunisiens en 2012 (tableau 3), la France est première (elle accueille plus de la moitié, soit 54,2 pour cent) des migrants tunisiens) devant l Italie (14,6 pour cent), la Libye (7,9 pour cent) et l Allemagne (7,4 pour cent) (OTE, 2013a). En accueillant 84,4 pour cent des migrants tunisiens, l Europe est leur principale région de destination. Selon le profil de la migration et du développement Tunisie, de MTM i-map (2012), les caractéristiques de l émigration varient en fonction du pays de destination. Alors que pour les destinations européennes traditionnelles telles que la France et l Allemagne la migration est basée sur les regroupements familiaux, l émigration vers l Italie est essentiellement une immigration de main-d œuvre. L émigration vers les pays du Maghreb a tendance à être plus spontanée, avec d importantes fluctuations, et concerne essentiellement des migrants peu qualifiés, alors que la migration vers les 1 Référence aux données collectées par des experts de l ICMPD lors de leurs missions d évaluation des déficits et des besoins dans le cadre du programme UE-Tunisie de coopération en matière de migration (EU-Tunisia Migration Cooperation Agenda - ETMA) (EN) (2012). Aucune source n est disponible

14 États du Golfe est réglementée et organisée par des programmes de migration de main-d œuvre temporaire. Tableau 3 : Principaux pays de destination des migrants tunisiens, 2012 Pays Total % France ,2 Italie ,6 Libye ,9 Allemagne ,4 Belgique et ,9 Luxembourg Arabie saoudite ,7 Canada ,5 Algérie ,4 Émirats arabes unis ,4 Suisse ,3 Autres ,8 Total Source : OTE (2013a). Répartition de la Communauté tunisienne à l étranger 2012 En ce qui concerne les caractéristiques démographiques, l émigration en provenance de la Tunisie a tendance à être surtout masculine (86 pour cent d hommes en 2011/2012). De plus, la majorité des émigrants est jeune (de 15 à 29 ans). Si on examine les compétences des émigrants tunisiens, on constate qu il y a eu une amélioration régulière des niveaux d éducation et que, par conséquent, la migration a surtout été le fait de personnes très qualifiées jusqu en Comme on peut le voir dans la figure 2, la proportion d émigrants ayant fait des études supérieures est passée de 14 pour cent en 2005/2006 à 26 pour cent en 2007/2008, alors que la proportion de ceux qui ont fait des études secondaires et primaires est respectivement passée de 48 à 40 pour cent et de 38 à 34 pour cent. Pourtant, en 2011/2012, la proportion de migrants hautement qualifiés n a été que de 17 pour cent et on a pu constater une augmentation sensible de la proportion d émigrants moyennement qualifiés (de 39 pour cent en 2009/2010 à 47 pour cent) et d émigrants peu qualifiés (de 28 pour cent en 2009/2010 à 36 pour cent). Cette forte réduction du niveau d éducation peut en partie s expliquer par les schémas de migration cette année-là. Comme nous l avons indiqué plus haut, la majorité des émigrants a migré vers la Libye et (traditionnellement) ces mouvements se sont caractérisés par des flux spontanés, essentiellement de migrants peu qualifiés.

15 Figure 2 : Niveau d éducation des émigrants tunisiens, 2005/2006 à 2011/2012 Études primaires Études secondaires Études supérieures 14% 20% 26% 23% 17% 48% 46% 40% 39% 47% 38% 34% 34% 28% 36% 2005/ / / / /2012 Source : Institut national de la statistique (INS), enquête nationale sur la population et l emploi. Pour les années 2005/ /2010, les données ont été fournies par la base de données CARIM. D autres informations sur la diaspora tunisienne en Europe sont fournies dans une étude publiée par l Organisation internationale pour les migrations (OIM Tunisie) en Cette étude s est appuyée sur les résultats d un sondage réalisé sur un échantillon de migrants tunisiens enregistrés dans les circonscriptions consulaires de Paris, Pantin, Marseille, Milan, Palerme et Hambourg. Selon cette étude, le travail a été la principale raison de l émigration (63,5 pour cent), devant le mariage (13,6 pour cent), les études (10 pour cent), le regroupement familial (7,3 pour cent) et d autres causes (5,6 pour cent). En ce qui concerne les secteurs économiques, 62,3 pour cent des émigrants travaillaient dans le secteur tertiaire, 32,1 pour cent dans le secteur industriel et 5,1 pour cent dans le secteur agricole. Comme l indique la figure 3, les professions les plus courantes sont celles d artisans (26 pour cent), de vendeurs et d agents de services (18 pour cent). Figure 3 : Émigrants tunisiens en fonction des groupes professionnels 1% Cadres 9% 9% 9% 9% Professions techniques et scientifiques Professions intermédiaires Employés de bureau 25% 8% 7% Vendeurs et personnel de service Agriculteurs et ouvriers agricoles Artisans 5% 18% Opérateurs de machines Ouvriers non qualifiés Non déclarés Source : Organisation internationale pour les migrations (OIM) (2011)

16 Selon l Office des Tunisiens à l étranger (OTE, 2013b), les statistiques de 2012 montrent que 40,1 pour cent des membres de la communauté sont des travailleurs, 6,8 pour cent des cadres, 4,2 pour cent des travailleurs indépendants et 14,3 pour cent des retraités, des femmes au foyer ou des personnes sans emploi (Note : on ne dispose pas d informations pour les 35 pour cent restants). Pour conclure, on constate que la diaspora tunisienne est devenue plus hétérogène en termes de facteurs démographiques et de niveaux de compétences. Alors que traditionnellement les flux de l émigration étaient essentiellement composés de migrants célibataires, de sexe masculin et peu qualifiés, les tendances récentes font ressortir une augmentation du nombre de migrants très qualifiés et, compte tenu des regroupements familiaux, une part plus grande de migration féminine. Mais la révolution a également influencé les modèles de migration. Des études récentes montrent un accroissement de la migration clandestine, essentiellement vers l Italie. De plus, le niveau d éducation a de nouveau baissé ces dernières années. Cet examen des modèles d émigration tunisienne historique et contemporaine ne fait que renforcer ce qui a été dit précédemment, à savoir qu il ne faut pas percevoir les diasporas comme des groupes fixes ou homogènes. Une analyse sérieuse nécessite par conséquent des données récentes et fiables sur la diaspora tunisienne en Allemagne Caractéristiques des Tunisiens vivant en Allemagne Cette section donne un aperçu des populations tunisiennes en Allemagne. Il faut toutefois savoir que les données statistiques sur la diaspora tunisienne en Allemagne sont incomplètes. L Office statistique fédéral allemand collecte des données annuelles sur les populations d immigrants résidant en Allemagne. Pour chaque nationalité, les informations recueillies concernent le genre, l âge, la durée moyenne du séjour et le statut de résident. Les données ne concernent que les immigrants n ayant pas la nationalité allemande. Pour les ressortissants tunisiens, elles ne donnent malheureusement pas d informations séparées sur le niveau d éducation, les performances sur le marché du travail ou d autres statistiques socioéconomiques clés. L Institut national de la statistique de Tunisie collecte bien, sur les émigrants, quelques données socio-économiques, mais sans faire de distinction entre les pays de destination. En plus de ces institutions, l Office des Tunisiens à l étranger (OTE) collecte des données annuelles sur la diaspora tunisienne auprès des sources consulaires. Malheureusement, des données récentes ne sont pas disponibles dans la mesure où, lors de la rédaction de la présente étude, la page d accueil était en cours de reconstruction 2. Pour avoir un aperçu précis de la diaspora tunisienne en Allemagne, les diverses sources font l objet d une comparaison critique dans la section suivante. Les modes d émigration tunisienne vers l Allemagne sont généralement conformes à ceux de l émigration vers les autres pays européens 2 Note : une demande a été envoyée par courriel.

17 mentionnés plus haut. L Allemagne est devenue une destination majeure en 1965, lorsque le programme d accueil de travailleurs a été instauré avec la Tunisie. Les flux migratoires étaient alors essentiellement composés d hommes jeunes peu qualifiés. Le premier choc pétrolier et la crise économique qui en a résulté dans de nombreux pays occidentaux ont entraîné l arrêt du recrutement de main-d œuvre en En conséquence, les schémas migratoires ont évolué vers la fixation des migrants et les regroupements familiaux, ce qui a également entraîné un accroissement du nombre de migrants de sexe féminin. Parallèlement, la migration pour raison d études a également augmenté à partir des années 1980, ce qui a donné plus d hétérogénéité à la diaspora en termes de compétences et de niveau d éducation (Schmelz, 2010). Selon les données de l Office statistique fédéral allemand (Statistisches Bundesamt, 2012), Tunisiens étaient enregistrés en Allemagne en 2011, dont (68,6 pour cent) de sexe masculin et (31,4 pour cent) de sexe féminin. Ce nombre ne tient pas compte des Tunisiens naturalisés en Allemagne, ce qui explique en partie les différences entre les statistiques allemandes et tunisiennes. L OTE (2013a) estime que Tunisiens résidaient en Allemagne en 2012, dont (61,3 pour cent) de sexe masculin et (38,7 pour cent) de sexe féminin 3. Selon Katterbach (2010), on peut supposer que les données de l OTE sont surestimées en raison d un éventuel double comptage, par exemple lorsque des personnes quittent une ville pour s installer dans une autre ou quittent le pays sans se désinscrire. Même si le nombre total de Tunisiens résidant en Allemagne varie considérablement, les deux sources de données confirment une plus forte proportion d hommes. En ce qui concerne les statistiques allemandes, l âge moyen des citoyens tunisiens résidant en Allemagne était 36,6 ans en 2011 (Statistisches Bundesamt, 2012). Comme le montre la figure ci-dessous, une forte proportion de Tunisiens a entre 25 et 35 ans. Là encore, ces chiffres ne concernent que les Tunisiens n ayant pas la nationalité allemande. Figure 4 : Migrants tunisiens en Allemagne par tranche d âge Source : Statistisches Bundesamt > 65 3 Il faut également savoir que deux années différentes sont comparées (2011 et 2012) dans la mesure où les statistiques allemandes ne disposent pas de données pour 2012 et où l OTE n en dispose pas non plus pour 2011.

18 L examen de la répartition régionale montre que la majorité réside en Rhénanie-du-Nord Westphalie, devant la Bavière, le Bade-Wurtemberg et la Hesse (voir tableau 4). Tableau 4 : Nombre de Tunisiens dans certains länder Land Nombre de Tunisiens Rhénanie-du-Nord Westphalie Bavière Bade-Wurtemberg Hesse Basse-Saxe Berlin Hambourg Source : Statistisches Bundesamt 2012 Les chiffres suivants (figure 5) sont représentatifs des motifs de migration vers l Allemagne sur la base des données fournies par le plus récent recensement général de la population et l habitat effectué par l Institut national de la statistique de Tunisie en Comme on peut le voir, le travail est le principal motif d émigration, devant les études, le mariage et le regroupement familial. Figure 5 : Principaux motifs d émigration vers l Allemagne, Travail Études Mariage Regroupement familial Autres Source : Recensement général de la population et l'habitat, 2004 données tirées de la base de données CARIM. Il ressort de plusieurs études que ces dernières années on a pu constater une tendance à l amélioration du niveau d éducation des migrants tunisiens. Selon Katterbach (2010), 7,6 pour cent de la diaspora tunisienne en Allemagne étaient des étudiants et, spécialement en Allemagne, le nombre d étudiants bénéficiant d une bourse d étude de l État tunisien a considérablement augmenté. Si on compare les statistiques allemandes et tunisiennes, on constate une énorme différence quant au nombre total d étudiants tunisiens en Allemagne.

19 Figure 6 : Étudiants tunisiens en Allemagne, OTE Office statistique fédéral allemand Source : Office des Tunisiens à l'étranger (base de données CARIM) et Office statistique fédéral allemand (Statistisches Bundesamt 2012) Si les deux sources statistiques font état d une tendance à la croissance du nombre d étudiants tunisiens entre 2004 et 2008, les étudiants correspondant aux données de l OTE semblent une valeur surestimée. Par ailleurs, entre 2008 et 2011, on constate une tendance légèrement décroissante du nombre total d étudiants tunisiens en Allemagne (pour cette période, on ne dispose pas de statistiques tunisiennes). Selon un microrecensement de la population étrangère en Allemagne (Statistisches Bundesamt, 2003), sur étudiants tunisiens, 824 étaient inscrits à un programme d ingénierie au semestre d hiver 2003/2004, contre 499 à un programme de mathématiques/sciences naturelles et 213 à un programme d études linguistiques et culturelles. Au niveau professionnel, en 2005, les Tunisiens résidant en Allemagne étaient majoritairement ouvriers (48,9 pour cent), 27,2 pour cent étaient des travailleurs qualifiés, 5,4 pour cent étaient cadres et 18,5 pour cent étaient travailleurs indépendants (Boubakri, 2010). On ne dispose malheureusement pas de données plus récentes. D une manière générale, il est particulièrement difficile de donner une bonne vue d ensemble de la diaspora tunisienne en Allemagne. Comme nous l avons dit plus haut, les statistiques clés sur les facteurs socio-économiques sont absentes, obsolètes, variables en fonction des sources et parfois même, contradictoires. Le chapitre 4 analyse les résultats des entretiens qualitatifs et aidera à comprendre les caractéristiques actuelles de la diaspora tunisienne en Allemagne. Néanmoins, une étude quantitative devrait s attaquer au problème du déficit de données pour offrir une base fiable à l analyse et à d autres politiques Politiques de la Tunisie concernant la diaspora Les politiques tunisiennes concernant la diaspora sont étroitement liées aux schémas migratoires et à l histoire du pays. Traditionnellement, les politiques mettaient l accent sur l administration des flux de travailleurs migrants et sur la protection de leurs droits sociaux en raison d accords bilatéraux signés dans les années 1960 et au début des années Ces politiques relevaient essentiellement du ministère du Travail et de la Formation.

20 Lorsque, en raison de changements de politiques dans les principaux pays européens de destination, la migration s est transformée en migration d installation et de regroupements familiaux, le ministère des Affaires sociales, de la Solidarité et des Tunisiens à l étranger a été créé et l Office des Tunisiens à l étranger en est le principal organe exécutif. L accent a été mis sur la promotion de l intégration des migrants tunisiens ainsi que sur le développement d une identité nationale et d un attachement émotionnel au pays d origine. Afin de promouvoir le développement national, des politiques plus récemment mises en œuvre visaient à accroître les avantages économiques grâce aux envois de fonds, aux réseaux d entreprises, au transfert des connaissances et aux investissements (Katterbach, 2010). Le programme présidentiel tunisien accordait une attention particulière à la diaspora tunisienne et il a, par conséquent, constitué l un des principaux cadres stratégiques utilisés pour s occuper des Tunisiens à l étranger (ICMPD-IOM, 2010). Il faut savoir que ce document a été rédigé du temps de l ancien président Zine El Abidine Ben Ali. En raison du renversement du régime en 2011 et des changements politiques qui ont suivi, les politiques de la Tunisie concernant la diaspora ont également été affectées. Avant la révolution, le ministère des Affaires sociales, de la Solidarité et des Tunisiens à l étranger (MASSTE) était la principale institution chargée de la diaspora. L application de la typologie élaborée par Gamlen (2006) montre que les politiques tunisiennes concernant la diaspora ont mis l accent sur deux domaines : «l extension des droits» et «le renforcement des capacités». Le premier comprenait des mesures offrant, par exemple, la possibilité aux Tunisiens résidant à l étranger de participer aux élections ou permettant de négocier des accords bilatéraux ou multilatéraux relativement à des questions de sécurité sociale. De plus, lorsque la migration est devenue plus permanente, la construction symbolique de la nation a été un objectif majeur visant à assurer l acquisition d une identité nationale et d un attachement émotionnel au pays d origine. Depuis le début des années 2000, les politiques ont de plus en plus mis l accent sur les «astreintes à des obligations» dans le but de mobiliser des ressources pour le développement du pays (Katterbach, 2010). L Office des Tunisiens à l étranger (OTE) a été créé 1988 pour assurer la mise en œuvre de ces politiques au moyen de divers programmes d assistance culturelle et sociale. Ses 14 attachés sociaux affectés auprès des ambassades et consulats tunisiens organisent des manifestations culturelles, des camps d été pour les enfants tunisiens vivant à l étranger, ainsi que des cours de langues destinés à renforcer les liens des migrants tunisiens avec le pays. Par ailleurs, l OTE fournit des informations sur les droits et privilèges dans le pays de destination et le pays d origine. Il a également mis en place un système d information destiné à recueillir des données et des informations sur la diaspora tunisienne. Afin de mobiliser les ressources de la diaspora, des séminaires et des conférences ont été organisés pour favoriser les investissements dans le pays d origine. De plus, comme leur nom l indique, l Agence de promotion de l investissement extérieur (FIPA), l Agence de promotion de l industrie (API) et l Agence de

21 promotion des investissements dans l agriculture (APIA) favorisent les investissements. L API et l APIA encouragent les investissements dans les secteurs de l industrie, de l agriculture et de la pêche. Les investissements des migrants tunisiens sont facilités par la création de guichets uniques et encouragés par des mesures spéciales d incitation (exemption des taxes et droits de douane, par exemple). Ces deux agences participent à des séminaires organisés par l OTE et donnent, sur leur site Internet, des informations ciblant les migrants tunisiens (Katterbach, 2010; ICMPD-IOM, 2010). Selon Katterbach (2010), la FIPA, qui vise à attirer les investissements directs étrangers et a des bureaux à Paris et Cologne, n a que récemment mis en œuvre des mesures encourageant les investissements de la diaspora. En plus des institutions susmentionnées, plusieurs autres ministères et départements traitent avec la diaspora (Katterbach, 2010; ICMPD-IOM, 2010) : le ministère des Affaires étrangères, qui est responsable de la gestion des relations consulaires et diplomatiques et des négociations d accords concernant les migrants ; le Fonds national de sécurité sociale, qui est responsable de la gestion du fonds de pension des Tunisiens vivant à l étranger et négocie des accords bilatéraux de sécurité sociale concernant les soins médicaux ; l Agence nationale pour l emploi et le travail indépendant, qui a pour objectif de faciliter la réintégration des travailleurs migrants de retour au pays dans l économie nationale ; l Agence tunisienne de coopération technique, qui soutient les cadres tunisiens émigrés et assure leur protection dans le cadre de la coopération technique ; le ministère de l Éducation supérieure et de la Recherche, qui cherche à promouvoir les échanges scientifiques et le transfert de savoir-faire. Les politiques et les institutions ont à nouveau changé à la suite des récents événements politiques en Tunisie. En octobre 2011 a été créé le nouveau Secrétariat d État aux migrations et aux Tunisiens à l étranger (SEMTE) qui dépend du ministère des Affaires étrangères. Il a pour mission de réorganiser et réformer les institutions dans le but de mieux gérer la migration et de clarifier les responsabilités. Comme nous l avons vu plus haut, les compétences en matière de migration et de diaspora ont été réparties entre plusieurs organes gouvernementaux et aujourd hui le SEMTE doit donc être le principal superviseur de ces activités. Entre autres, ce dernier cherche à créer de nouveaux organes (par exemple le Conseil consultatif des Tunisiens à l étranger et l Agence de la migration et du développement) en vue de collecter des données sur les Tunisiens à l étranger. Par ailleurs, une base de données visant à établir un lien entre les diverses parties prenantes en Tunisie et à l étranger doit être mise en œuvre pour faciliter la coordination et la coopération des autorités. Enfin, les accords conclus entre la Tunisie et les pays européens doivent être révisés et de nouveaux mécanismes de gestion

22 de la migration de travailleurs qualifiés doivent être mis en œuvre. L accent reste mis sur la mobilisation et la participation de la diaspora tunisienne. Dans les élections qui ont suivi la révolution, la diaspora tunisienne a pu élire ses représentants à l Assemblée constituante nationale (ACN) en vue d améliorer la participation politique des Tunisiens à l étranger (Boubakri, 2013). En conclusion, la diaspora tunisienne peut avoir un nouveau rôle à jouer dans le pays après la révolution. D une part, elle semble plus déterminée à accompagner l évolution de la Tunisie grâce à sa participation politique et aux transferts économiques et sociaux, et d autre part, les autorités nationales visent à promouvoir le dialogue et la participation de la diaspora pour favoriser le développement (MTM i-map, 2012) Politiques d engagement de la diaspora en Allemagne La question de l engagement de la diaspora a été mise à l ordre du jour au milieu des années 2000 lorsque le gouvernement allemand a reconnu l interaction positive potentielle de la migration et du développement. En 2003, la Deutsche Gesellschaft für Internationale Zusammenarbeit (GIZ) GmbH a organisé deux conférences sur «la migration et le développement» dans le but de mieux comprendre les diasporas en Allemagne, de s en faire une idée d ensemble et de définir des possibilités de coopération. En conséquence, plusieurs programmes et projets ont été mis en place pour promouvoir les activités transnationales des communautés de migrants en Allemagne (Sinatti, 2010). En 2007, la GIZ a créé le projet sectoriel «Migration et développement» qui conseille le ministère fédéral de la Coopération économique et du Développement (BMZ), les länder et les municipalités traitant la question de la migration et du développement. Par ailleurs, il établit des contacts avec les organisations de migrants en Allemagne, encourage leurs projets et propose des ateliers sur divers aspects de la migration et du développement (GIZ, 2013a). Depuis 2011, il fait partie du Centre pour la migration internationale et le développement, une communauté de travail de la GIZ et de l Agence fédérale pour l emploi (Bundesagentur für Arbeit), dont l objectif est de promouvoir le potentiel de la migration mondiale pour le développement durable. Le programme «Migration pour le développement» du CIM comporte quatre volets : experts de retour ; promotion des activités de développement des organisations de migrants ; migrants entrepreneurs ; conseils en matière de politique migratoire (CIM, 2013). 1) Promotion des activités de développement des organisations de migrants : aide financière accordée aux organisations de migrants pour la mise en œuvre de leurs programmes dans leurs pays d origine, et possibilités de formations et de travail en réseau. 2) Migrants entrepreneurs : aide accordée aux migrants qui souhaitent créer une entreprise dans leur pays d origine. Entre autres, des séminaires sur des sujets liés à la création d entreprises sont organisés et les entrepreneurs potentiels peuvent bénéficier d un accompagnement personnalisé pour

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