Bernard Debry. Vice caché. Roman

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1 Bernard Debry Vice caché Roman

2 «Le vendeur est tenu de la garantie à raison des défauts cachés de la chose vendue qui la rendent impropre à l'usage auquel on la destine, ou qui diminuent tellement cet usage que l'acheteur ne l'aurait pas acquise, ou n'en aurait donné qu'un moindre prix, s'il les avait connus.» ARTICLE 1641 DU CODE CIVIL 2

3 1 C est Gatien. Des épaules jusque dans la nuque, mes muscles se nouèrent car quand Gatien prenait la peine de décrocher son téléphone, c était pour exiger l impossible. Il faut que tu prépares un discours sur le développement des exportations dans les pays émergents. Quand le prononces-tu? Ce soir. Demander pourquoi il passait commande si tard eût été déplacé. Public? Chefs d entreprises, petites et moyennes. As-tu un message précis à faire passer? J aimerais mettre en avant deux ou trois propositions ambitieuses qui sortent des poncifs habituels. Une commande peut être passée de manière plus précise. Tu auras un projet pour dix-huit heures. J en ai besoin avant ; j ai un rendez-vous téléphonique avec le Premier ministre à dix-sept heures pour convenir des grands thèmes de mon intervention. Dans moins de une heure, j allais représenter Gatien à une réunion interministérielle à Matignon et j avais à suivre un déjeuner avec la fédération nationale du bâtiment et des travaux publics. Quand donc pourrais-je trouver le temps de rédiger? Pas de problème, m entendis-je néanmoins lui répondre. 3

4 À l autre bout de la ligne, mon interlocuteur n acquiesçait toujours pas. Avant mon entretien avec le Premier ministre, je souhaite que nous ayons le temps d un échange avec François, histoire de débusquer les chausse-trappes du parti majoritaire. Demande à Carole de nous trouver un créneau en milieu d après-midi et fais-nous passer ton projet avant, qu on ait le temps de le lire J étouffai un juron, puis, résigné, appelai Carole, l assistante de Gatien. Comment trouvez-vous le projet de discours, François? Convenable, monsieur le ministre. La formule se voulait assassine et conclusive. Rire vinaigre, se prolongeant en cascades étouffées d asthmatique, pelliculaire et joues flasques, François Mesven était le directeur de cabinet d Yves Gatien, ministre délégué aux petites et moyennes entreprises. Issu de la grande bourgeoisie parisienne, énarque comme son père, son grand-père et deux de ses oncles, Mesven avait, au gré des majorités élues, changé plusieurs fois de camp et participé à une multitude de cabinets ministériels. Pour une raison mystérieuse, le parti majoritaire continuait de lui faire aveuglément confiance et l avait imposé à Gatien comme «dir. cab». Mesquin, sans intérêt ni humour, Mesven considérait qu il était doté d une intelligence supérieure, lui permettant de mépriser son entourage, à l exception notable de ses supérieurs qu il couvrait d éloges. Il prétendait avoir des idées originales sur les sujets de société les plus difficiles et maîtriser les débats scientifiques les plus complexes. Il avait écrit d innombrables essais, ouvrages de vulgarisation, articles juridiques et publiait à la demande des points de vue et libres opinions dans les journaux d obédience nationale. Sa thèse centrale, très en vogue 4

5 dans les milieux intellectuels parisiens, était que tout étant complexe, mieux valait n y rien changer. Je détestais Mesven. J ai introduit les trois propositions que tu m as demandées dans la deuxième partie du discours. La première est anticonstitutionnelle, la deuxième prématurée et la troisième inopportune, intervint aussitôt Mesven. Il prit la pose, convaincu d avoir été brillant. Vous pouvez développer, François? demanda Gatien, tendu. Alors que dans son équipe le tutoiement était de rigueur, Gatien continuait de vouvoyer son directeur de cabinet Mesven prit une bonne dizaine de minutes pour répondre et en conclusion, il cita de mémoire deux arrêts du Conseil constitutionnel, un article du code général des impôts et un autre du code des marchés publics. Je comprends vos arguments, François! Mais, concrètement, que puis-je annoncer ce soir? La consultation du Conseil d État! répondit Mesven avec emphase, sûr de son triomphe. Benjamin, tu introduis dans le discours la proposition de François et tu supprimes les tiennes! trancha Gatien, sans m avoir laissé le temps d argumenter. Mesven, prétextant une réunion importante à suivre, demanda alors l autorisation de se retirer. À l avenir, tu me feras des propositions qui tiennent la route! L espace d un instant, la couleur de la peau de Gatien avait hésité entre le livide de la colère rentrée et le rouge de l exprimée, puis avait opté résolument pour la seconde solution. D accord, la prochaine fois, je te suggère la rédaction d un rapport! répliquai-je, sans me démonter. 5

6 Gatien haussa les épaules, mais ne trouvant rien à me répondre, retourna à la lecture de son courrier. L entretien était terminé. Accompagne-moi ce soir à la réunion ; au cas où il y aurait des questions techniques, ajouta-t-il, au moment où je refermais sur moi la porte de son bureau. Ce coup-là, je ne l avais pas vu venir ; et il était d autant plus compliqué à gérer que je devais le lendemain l accompagner dans un déplacement en Turquie. Il me fallait informer Sophie de ce contretemps. Je ne serai pas très tard, mais ne m attends pas pour dîner En tout cas, ne me réveille pas si je dors. Certes, la réplique manquait d amabilité, la réaction aurait pu toutefois être pire. Sophie Astrid était de loin la plus belle femme que je n avais jamais rencontrée ; et je ne sais par quel miracle, elle m était tombée dans les bras, trois mois auparavant. Je me souvenais encore du moment avec des picotements délicieux ; l invitation banale au restaurant, les chapelets de rire s envolant dans la nuit, la timidité contournée. Benjamin, tu as oublié quelque chose, avait-elle suggéré dans mon dos alors que je déverrouillais ma voiture d une pression sur la clef de contact clignotants immédiatement en action, couleur orange en trois pulsions. Je m étais retourné instinctivement vers elle ; et là, dans un brouhaha d étoiles et de sensations irréelles, elle m avait enlacé. Bizarrement, ce qui m émouvait le plus chez elle était sa coupe de cheveux classique, avec une raie légère côté gauche et un coup de ciseau franc à la lisière basse de la nuque. Élancée, hâlée, le regard intense et le sourire généreux, Sophie entretenait sa forme physique et sa silhouette ; elle s était inscrite dans un club de gymnastique où elle se rendait le midi, 6

7 en moyenne deux fois par semaine. Les autres jours, elle refusait toutes les invitations à déjeuner, sauf les miennes. Le public se leva et applaudit à tout rompre. Une fois de plus, le ministre Yves Gatien avait conquis son auditoire de chefs d entreprises très petites, petites et moyennes venus à la Chambre de commerce et d industrie de Lille l écouter discourir sur la conquête des marchés extérieurs. Il parlait de manière si aisée qu on écoutait la musique des mots s échapper de sa bouche, sans chercher à en comprendre le sens ; ce qui ce soir-là était heureux puisqu il n avait rien à dire. Même la saisine du Conseil d État préconisée par Mesven avait été accueillie avec enthousiasme par l auditoire. Un membre de l assistance, qui se présenta comme un chef d entreprise étranglé par les charges et la bureaucratie tatillonne, avait demandé la parole. Après quelques considérations générales sur l état de l économie, il déclencha une salve d applaudissements enthousiastes en prédisant à Gatien un grand avenir politique. Porté par la foule, il conclut : Nous avons besoin de vous, monsieur le ministre, mon cher Yves! Continuez à nous défendre face à l administration, qui ne connaît rien aux réalités économiques, et au sein du gouvernement auquel vous appartenez! Yves Gatien avait été lui aussi chef d une petite entreprise dans le secteur du bâtiment. Il avait particulièrement bien réussi ; et grâce à l apport de capitaux extérieurs, il était désormais à la tête d une entreprise de plus de sept mille salariés, comportant plusieurs filiales. Le plus étonnant était que dans ce secteur d activité, réputé rude et pingre, Gatien avait mis en place au bénéfice de ses salariés des dispositifs de rémunération et de protection sociale particulièrement avantageux. Il expliquait que de gigantesques 7

8 gisements de productivité existaient dans l organisation du travail et que, pour sa part, il se contentait de les exploiter. Prenant appui sur cette réussite économique, Gatien avait fondé, il y avait maintenant quatre ans, un club de réflexion politique. Regroupant au départ uniquement des chefs d entreprise qui avaient pour point commun de ne pas se retrouver dans les formations politiques traditionnelles, le club avait progressivement élargi son audience aux principales composantes de la société civile et réussi à créer des antennes sur tout le territoire. Le club préconisait le renouvellement en profondeur de la classe politique et des élites administratives, et telle fut sans doute la raison pour laquelle j eus envie d y adhérer. Bien qu évalué de manière satisfaisante dans mon administration et figurant sur la liste des «conseillers disponibles» du parti majoritaire, je n avais en effet jamais été sollicité pour participer à un cabinet ministériel. Pire encore, je croupissais dans un poste de chef de bureau au ministère de l Intérieur alors que la plupart de mes camarades de promotion de l École nationale d administration avaient déjà été promus sous-directeur ou chef de service. Gatien lui-même tint à présider la commission d agrément prévue par les statuts pour adouber les nouveaux membres du club. Elle fut convoquée à Grissan, belle cité balnéaire du Var, où Gatien avait établi ses quartiers comme chaque année pour l été. Je ralliai Grissan par l aéroport de Toulon-Hyères et y louai une voiture. Le rendez-vous eut lieu dans un immeuble de cinq étages, édifié sur une hauteur, à l écart du centre-ville. Les frais de déplacements étaient à ma charge, sans doute cela faisait-il partie du rite initiatique. Entouré d un stomatologue, d un expert-comptable et d un avocat, Gatien me reçut dans une salle aveugle à l atmosphère 8

9 étouffante. La commission m interrogea sur le fonctionnement des administrations parisiennes et sur l épaisseur de mon carnet d adresses. Je ne pus sur ce dernier point que bafouiller des réponses embarrassées ; car issu d une famille modeste, je n avais pas réussi à pénétrer le milieu fermé de «l énarchie», dans lequel les charges d inspecteurs des Finances, d ambassadeurs ou de préfets ont plutôt tendance à se transmettre de père en fils. Dès le début de ma scolarité à l ENA, j avais d ailleurs compris que je ne ferais jamais partie des leurs : j avais été affecté d autorité dans un département reculé auprès d un préfet dépressif qui, pour manifester le regret de son poste précédent à Mayotte, venait tous les matins au bureau en tenue coloniale blanche, short compris. À la suite d une manifestation d agriculteurs qui avait mal tourné, l homme avait été relevé de ses fonctions. Il fut remplacé par un mégalomane en fin de carrière. Ma note de stage avait été à la hauteur des frustrations et amertumes accumulées par mes deux mentors successifs, c est-à-dire éliminatoire du classement des meilleurs. La commission d agrément se retira pour délibérer sur ma candidature. Au bout de une heure, Gatien réapparut seul. Allons jusqu à mon bureau Montée en ascenseur vers le dernier étage de l immeuble. Gatien muet, sensation d éternité. Nous entrâmes dans une vaste pièce très claire à laquelle l on accédait par deux portes capitonnées. De grandes peintures abstraites, aux nuances cassantes et sombres, couvraient tous les murs. Un bureau noir, de forme ovale, était placé à l angle de deux baies vitrées coulissantes. La vue sur la baie de Grissan était imprenable. Vous aimez la mer, M. Berthou! Mon regard avait été happé par le bleu magique, lisse et plat, étincelant dans les obliques du soleil de septembre qui, au-delà 9

10 du balcon et derrière les collines brunes et séchées, habitait tout l horizon. Je ne la connais guère, répondis-je prudemment. Vous êtes donc un vrai marin! trancha-t-il. Gatien portait bien sa fin de quarantaine, sûre d elle-même, vive et élancée. Il avait le visage d un beau mec du sud, anguleux, ridé profond sur le front et aux commissures des lèvres. Même au creux de l hiver, le bronzage restait dense, compact. Seuls le menton et le cou, un poil trop empâtés, lui interdisaient l accès à la catégorie mannequin. Le jury est réservé sur votre demande d adhésion au mouvement. Pourquoi? Votre profil de haut fonctionnaire et vos liens avec le parti majoritaire! Mes collègues se demandent si vous n êtes pas un sous-marin Tout était dans l expression «Mes collègues» ; il s en démarquait délibérément. Ma voix étant prépondérante, je peux néanmoins arranger le coup Pourquoi le feriez-vous? Aimez-vous écrire? me demanda-t-il en guise de réponse. Je le fais sans effort. Je suis en train de rassembler dans un livre mes réflexions politiques. J ai besoin que quelqu un m aide à les mettre en forme. Bref, il cherchait un nègre. Vous pouvez compter sur moi. Je suis sûr que dans quelques mois, mes collègues se féliciteront de votre adhésion Voudriez-vous venir faire un tour de bateau avec moi? me demanda-t-il sans transition. Le vent est bien orienté ; nous pourrions ainsi continuer à lier connaissance. 10

11 Je pensai au billet d avion que j avais pris sans garantie d annulation. Mais il était hors de question de refuser. Le bateau de Gatien, un énorme catamaran d une vingtaine de mètres était amarré en plein cœur du port de plaisance de Grissan, le long de la promenade où déambulaient les touristes. Certains d entre eux s arrêtaient, et parfois même prenaient une photo de ce qui apparaissait être un monstre de course au large. Je vous présente Camille. Cheveux bruns coupés courts, la jeune femme en short qui me faisait face était d un petit format, poitrine légère, jambes très fines, presque fragiles, portant quelques traces de coups, évocatrices des virements de bord et des assauts inopinés des vagues. Son regard flottait étrangement, attentif et lointain, dur et doux à la fois. En expirant la fumée de sa cigarette, elle me serra la main de manière ferme. Bienvenue à bord. Camille est le capitaine du bateau, m expliqua Gatien. Peut-être en pinçait-il pour ce petit bout de femme, étrange mélange de fragilité, de séduction et d énergie. Elle représentait une forme extrême de fantasme, sans doute dangereuse à approcher. Le vent va tourner à l est puis se lever, dit-elle juste avant de lancer le moteur du bateau. Dans la baie de Grissan, au large du port, des barres d écume irrégulières irisaient déjà la mer. Il y avait bien force 3. Dès la sortie du port, elle hissa le foc qui claqua violemment dans le vent puis envoya la grand-voile. Elle borda les deux successivement à l aide d un énorme winch commandé de manière automatique, pour remonter dans le vent jusqu au près serré. Des creux commençaient à se former à l avant du bateau et, de petits coups de barre souples, elle les avalait. Au large, on vit bientôt de grandes traînées sombres crayonner le ciel de haut en bas. 11

12 Un grain, annonça-t-elle. Il sera sur nous dans moins d une demi-heure ; on a juste le temps de s amuser. Elle abattit dans le vent pour mettre le bateau vent arrière, puis envoya un gigantesque spi, blanc et bleu ciel sur lequel, en lettres géantes, apparaissait le nom de la société de Gatien. La meilleure publicité est celle qu on ne paie pas, commenta-t-il. Puis se tournant vers Camille : Laisse-lui la barre! Je l ai vu dans son regard tout à l heure : il connaît la mer. Je n osai pas refuser. Je saisis la barre à roue, terrorisé à l idée de piloter ce monstre dans la mer qui se formait et le vent qui forcissait de minute en minute. À la manœuvre au spi, Camille, biceps bandés et pieds en appui sur un couvercle de trappe au fond du navire, me criait ses ordres pour la barre. Le bateau se mit à surfer sur les vagues puis à les dépasser. Jamais je n avais eu une telle sensation de vitesse sur l eau. La barre était dure à tenir, cherchant toujours à nous faire remonter dans le vent. Abats! Abats, bon Dieu! Qu est-ce que tu fous? À un moment, en plein effort pour contenir le mouvement spontané de la barre, mon pied d appui glissa sur le pont mouillé. Pendant que je m étendais de tout mon long, le bateau partit au lof. T es vraiment nul comme mec! hurla Camille, en même temps que, dans les paquets de mer qui balayaient le pont, elle reprenait la barre, sans perdre la maîtrise du spi. Ne vous inquiétez pas, c est une professionnelle! me dit Gatien, hilare. Confiant dans son capitaine, il n avait pas jugé utile d intervenir. Pour ma part, j avais eu très peur ; de me noyer bien sûr, mais aussi de couler ce bijou de la navigation à voile : je n aurais pas eu assez de toute ma vie de labeur pour le rembourser. 12

13 C est une fille orpheline, me confia Gatien, alors que Camille était partie à l avant du bateau pour libérer le spi qui s était enroulé autour du hauban avant parce que je ne l avais pas bordé assez promptement après l empannage. Elle gagne son argent de poche en s occupant de mon catamaran tous les étés. Il était facile de comprendre que Gatien subvenait en totalité aux besoins de Camille. Tiens mieux ton cap! me hurla-t-elle en revenant de l avant du bateau. Elle avait décidé de rentrer le spi. Camille est une fille admirable, me dit Gatien. Ce n était sans doute pas faux. Mais ce qui était encore plus vrai était que ce petit bout de femme fascinait Gatien. Ma collaboration avec lui débuta dès le lendemain. Il m adressa sur ma messagerie électronique une première mouture de son livre qu il me demanda de relire sans complaisance. Contrairement à ce que j avais craint, le projet d ouvrage de Gatien était déjà très travaillé. L homme écrivait de manière précise, élégante et alerte, n ignorait rien des subtilités de la langue française ; et ses raisonnements étaient solidement structurés. Seules lui manquaient les notions de base du droit et de la comptabilité publics ; et c était la raison pour laquelle il m avait recruté. Gatien avait donné à son livre un titre explicite : En finir avec la politique politicienne. Programmée pour le début de l automne, la publication fut accompagnée d une intense campagne de promotion. Facile d accès et agréable à lire, le livre de Gatien connut vite un grand succès populaire et les médias nationaux qui avaient manifesté au départ une certaine réserve, décidèrent finalement de le soutenir. Pas un jour ne passait sans que Gatien fût interviewé dans un journal ou sur une radio. Il était aussi l invité d émissions 13

14 télévisées au cours desquelles son charisme et son sourire faisaient des ravages. Les éditorialistes commençaient à évoquer «une autre manière de faire de la politique», et les adhésions au club se multipliaient. Gatien fit une entrée tonitruante dans les sondages avec un score de 38 % d opinion favorable. Devant cette popularité grandissante, le parti majoritaire se mit à lui faire la cour avec assiduité. Au bout de un mois de palabres entre les états-majors sur les modalités de la rencontre, le premier secrétaire du parti, Romuald Sideau, reçut Gatien en grande pompe. L échange de vues dura quarante minutes au lieu des trente annoncées préalablement on sentait là le geste des communicants et fut suivi d une conférence de presse commune, au cours de laquelle les échanges furent qualifiés de «francs, riches et concrets». Un mois plus tard, en octobre dernier, à la faveur d un remaniement ministériel, Gatien fut nommé ministre de plein exercice, en charge des Petites et Moyennes Entreprises, du Commerce, de l Artisanat et du Tourisme. Il me sollicita aussitôt pour diriger son cabinet. Mais quelques heures plus tard, il fut obligé de faire machine arrière : le parti majoritaire lui imposait le nom de son directeur de cabinet. Ce serait François Mesven. Gatien me convia à sa première réunion avec Mesven. Il s agissait de composer le cabinet. À la manière dont Gatien et Mesven se saluèrent, je compris qu ils ne se connaissaient pas ; ils avaient juste conversé au téléphone pour prendre rendezvous. J ai une proposition à vous soumettre pour la composition de votre cabinet. Et sans plus de formalisme, Mesven mit sous le nez de son ministre une liste de douze noms. Vous devez en rayer deux car l effectif de votre cabinet est plafonné à dix. 14

15 Par-dessus l épaule de Gatien, je lus. Pas d inconnus au bataillon : tous hauts fonctionnaires, sortis de la même école que moi, et tous ayant déjà appartenu à des cabinets ministériels de ministres membres du parti majoritaire. Ne pourrait-on pas solliciter quelques nouveaux? Mesven me foudroya du regard puis s adressa au seul Gatien, pour bien signifier que je ne comptais pas. C est une question de confiance entre nous, monsieur le ministre. Si vous ne suivez pas mes propositions, je me retire! Pour la communication, qui prévoyez-vous? demanda Gatien sans répondre directement, esquive ordinaire pour un politique. Je n ai pas à ce stade de suggestion à vous faire. Voilà le seul espace de liberté qui était laissé à Gatien Je souhaite aussi que Benjamin Berthou fasse partie de mon cabinet. Vous vous êtes sans doute déjà croisés dans les réunions interministérielles, dit Gatien en esquissant un geste de la main dans ma direction. Jamais. Comment mieux signifier à Gatien que j étais quelqu un d insignifiant? C est lui qui écrit mes discours. Aucun problème il faudra juste que je les relise pour vérifier leur cohérence avec la politique générale du gouvernement. La marge de manœuvre n est pas immense, me dit Gatien, une fois Mesven parti. Nous allons la conquérir, répondis-je bravement. Plus tard, Gatien me confia que Mesven l avait rappelé pour lui demander de revenir sur ma nomination au cabinet. Il avait fallu qu il mette tout son poids de ministre dans la balance pour que Mesven accepte que je puisse travailler à ses côtés. 15

16 Je rencontrai dès le lendemain la chargée de communication qu avait choisie Gatien. C était Camille, le skipper du catamaran. Elle sait vraiment tout faire! dis-je, pour plaisanter. Plus encore que tu ne crois! me répliqua-t-il, d un ton acide. Il n avait pas aimé la boutade, que j avais d ailleurs lancée sans avoir conscience de tous les sous-entendus qu elle pouvait comporter. Camille était pour Gatien un sujet sensible, dans une équation aux multiples inconnues. Il avait aussi embauché au cabinet l assistante qu il employait au sein de son entreprise. Carole Fréville était une femme d âge mûr, dont le visage resté frais et lisse était engoncé dans une chevelure blond vénitien qui tombait en boucles souples sur ses épaules. Gatien la vouvoyait, lui parlait avec douceur et sans impatience. Tout comme Camille, Carole était un personnage important. Le reste du cabinet avait été recruté par Mesven : un troupeau de rats de ministères, tristes et sans imagination, toujours en costume gris, et tous membres du parti majoritaire. Une seule exception : l attachée parlementaire, recrutée directement par Gatien, était sympathique. Nez égyptien sur cheveux teintés roux taillés au plus court, corps mince et sportif, Catherine Merlon savait séduire. Et comme j aimais son rire démonstratif, son dynamisme grave et concentré sur l objectif, je me demande encore ce qui serait arrivé si je n avais pas connu Sophie. Je caressai Minouche, vieille chatte grise recueillie à la mort de ma grand-mère, qui, comme chaque fois que j entrais dans l appartement, s était faufilée entre mes jambes. Puis, après avoir jeté ma veste sur le divan dans le séjour, je me dirigeai vers la chambre. C est toi? 16

17 Sophie ne dormait pas. J avais essayé de ne pas faire de bruit, mais elle avait entendu la clef dans la serrure, puis le pêne cliqueter sous la pression de la porte sécurisée qui se refermait. Elle lisait dans le filet de lumière de sa lampe de chevet, le dos tourné à la porte. Je fis le tour du lit et allai m asseoir à côté d elle. Elle me tendit ses lèvres. Tiens, elle n est pas fâchée, pensai-je. Tu as eu chaud, mon amour. Sur ma chemise bleue, des traces de sueur sur les pectoraux et des auréoles sous les bras. Une chaleur étouffante régnait dans la salle où Gatien avait prononcé son discours. Je vais prendre une douche. Viens d abord, dit-elle en défaisant le nœud de ma cravate. Je me sentais gêné de me laisser aller à elle dans cet état. Mais le corps bronzé dans la chemise de nuit de soie rouge vermillon, à peine trop ample au niveau de la poitrine, les reflets des boucles de cheveux, encore plus blondes dans la lumière artificielle, les yeux non démaquillés que la malice cillait et ridait subtilement à leurs extrémités, eurent vite raison de mes inhibitions. Comment une femme aussi belle pouvait-elle m aimer? Cela dépassait mon entendement Ce ne fut qu au réveil le lendemain matin que je pensai devoir le lui rappeler. Tu te souviens que je pars aujourd hui en Turquie avec Gatien! lançai-je pendant le petit déjeuner. Tu ne m en as jamais parlé! C était exact. J avais voulu plusieurs fois évoquer avec elle la perspective de ce déplacement, mais n avais jamais osé, par peur d encourir des reproches. Combien de temps pars-tu? Jusqu à la fin de la semaine. 17

18 Elle continua de déguster à petites bouchées sa biscotte recouverte d une fine couche de marmelade d oranges à formule allégée. L annonce ne déclenchait donc pas de catastrophe Benjamin, je voudrais te dire quelque chose, finit-elle par laisser tomber d une voix neutre Je t écoute, répondis-je, bienveillant. Je crois que tu te fous de ma gueule, lâcha-t-elle sur le même ton. Le silence qui suivit s éternisa ; je ne trouvais rien à répondre. Comme d habitude, je l avais prévenue au dernier moment. J étais nul. Où allez-vous loger? Ouf! Elle enchaînait Nous sommes reçus par l ambassadeur. Heureusement que je ne suis pas invitée : je ne connais rien plus emmerdant que le monde diplomatique. J eus alors l impression qu elle n était plus fâchée. Mais lorsque je l embrassai pour lui dire au revoir, je sentis que ses épaules étaient nouées et sa nuque raide. 18

19 2 En raison de l emploi du temps très chargé du ministre cette semaine-là le projet de loi sur les très petites entreprises, dit PLTPE, venait notamment en discussion à l Assemblée nationale à la fin de la semaine, le chef de cabinet de Gatien avait obtenu de son homologue auprès du Premier ministre l autorisation d utiliser un avion du GLAM. Pour rallier à temps l aéroport d où nous devions décoller dans moins d une demiheure, Gilbert avait placé sur le toit de la voiture le gyrophare et déclenché la sirène. Les flots de voiture s écartaient docilement devant nous. Cette odeur de tabac froid est désagréable. Désolé. J ai fumé en préparant ton dossier pour la conférence ; il faut dire que le projet de discours transmis par les services était un vrai torchon J aurais pu ajouter que je me faisais du souci pour ma relation avec Sophie, car à force de tirer sur la corde Essaie de faire un peu attention! Tu sais bien que je ne supporte pas. Le tabac était le seul sujet de contentieux entre Gatien et moi. Lui aussi avait été gros fumeur, mais, sujet à angines à répétition, avait dû arrêter, selon ses dires, il y avait environ trois ans, à coup de séances d acupuncture. 19

20 Gilbert m avait un jour indiqué que cela faisait en réalité bien plus longtemps presque dix ans selon lui que Gatien avait réussi le sevrage. Mais sans doute parce qu il était toujours tenaillé par l envie de fumer, Gatien raccourcissait-il inconsciemment le temps. Chaque fois que je voulais vérifier quelque chose sur la personnalité et la vie de Gatien, je me tournais vers Gilbert Coudray, son chauffeur. Gilbert avait été embauché par Gatien dès le début de son aventure industrielle ; d abord comme agent chargé de la maintenance, puis comme chauffeur lorsque l entreprise avait atteint une taille suffisante pour pouvoir justifier la création d un emploi de cette nature. Ignorant le pool des chauffeurs officiels du ministère, Gatien continuait de se faire conduire par Gilbert, ce qui mettait en transe le chef de cabinet. Il existait selon lui un risque de mise en cause du «chef d entreprise ministre», pour confusion des genres et abus de bien social. Manière de me signifier sa protestation, Gatien avait ouvert en grand sa fenêtre. Dans le rétroviseur, Gilbert, fine moustache grisonnante, m adressa un clin d œil : l irritation de Gatien était superficielle, il suffisait que j attende la fin de l orage. Nous arrivons, monsieur le ministre, commenta inutilement l officier de sécurité assis à l avant, lorsque Gilbert stoppa devant la grille d accès aux installations aéroportuaires. Grand, rouge, costaud et gaucher, Michel Vorbacq portait son revolver sur le côté droit. Il n était ni bête, ni intelligent, ni sympathique, ni gentil, ni odieux : il se contentait d exister. Vorbacq avait servi auprès du précédent président de la République c était son titre de gloire, mais le nouveau n avait pas voulu de lui et l avait fait affecter d autorité auprès de Gatien. Après avoir vérifié les titres et pièces que Vorbacq avait centralisés, les deux militaires en faction ouvrirent au pas de course la grille d accès. 20

21 Tu peux rouler jusqu à la passerelle, dit Vorbacq à Gilbert. Un officier, commandant un peloton de trois hommes, nous attendait au pied de l avion, au garde-à-vous. Comment ne pas être grisé par tous ces symboles du pouvoir auxquels la vie ministérielle confrontait chaque jour? Bien qu il prétendît le contraire, je soupçonnais Gatien de secrètement les apprécier. Je pris place dans l avion près de lui. Vorbacq s assit seul de l autre côté de l allée centrale, près du hublot et s adossa immédiatement pour dormir. Faisaient également partie du voyage, le directeur des affaires internationales du ministère et sa collaboratrice préférée, blond affolant et rire charmant, qui, pour ne pas être indiscrets, s assirent deux rangées derrière. Comment évoluent tes relations avec Mesven? me questionna tout à trac Gatien, alors que je commençais à m assoupir. Elles restent plutôt moyennes Je crois qu il supporte mal la relation privilégiée que j ai avec toi. Du coup, chaque fois qu il peut, il essaie de me déstabiliser. Quelles formes cela prend-il? Par exemple : l écho qu il y a eu la semaine dernière dans la presse sur notre politique extérieure Tu penses qu il l a suscité? Une indiscrétion anonyme, en provenance des affaires étrangères avait critiqué la lenteur avec laquelle se mettait en place l action internationale de notre ministère, alors que pourtant, elle constituait une priorité gouvernementale. Étant en charge du dossier auprès de Gatien, il était évident que j étais la cible de ces attaques par presse interposée. L hypothèse de la manipulation ne peut effectivement pas être exclue. Il n avait pas envie d abonder davantage dans mon sens car il aurait alors été obligé à demander des comptes à son directeur 21

22 de cabinet. Un conflit ouvert avec lui n était pas opportun, du moins pour l instant. Tu ne dois de toute façon pas être naïf. Tu n appartiens pas à son réseau, et pour cette seule raison, il te déteste. Je souris. Il y a quelques jours, au retour d une réunion à Matignon, il m a convié à prendre un rafraîchissement dans son bureau. Au cours de la conversation, il m a dit que, de son point de vue, je n étais pas fait pour le travail en cabinet et, qu à titre amical, il voulait bien m aider à retrouver un poste dans l administration. Il est encore plus retors que je ne le pensais! Et même bien plus que Gatien ne pouvait l imaginer! Deux mois auparavant, Mesven avait poussé la mesquinerie jusqu à me diminuer mes indemnités de cabinet. Mais je n en dirais rien à Gatien : question de fierté! Sache en tout cas que je ne suis pas dupe de la situation Le parti majoritaire m a imposé Mesven pour pouvoir surveiller mes faits et gestes. J ai déjà pris plusieurs fois en défaut sa fiabilité en lui faisant de fausses confidences que j ai retrouvées le lendemain dans les journaux. Je décidai de prendre un peu de hauteur : Dans quelle perspective t inscris-tu? Le gouvernement ne te laisse pas de marge de manœuvre. Tu n as aucune autonomie dans la définition de ta politique. Et certains au club craignent que l exercice de tes responsabilités ministérielles finisse par ruiner ta popularité. C est ce que cherche le parti majoritaire : laminer mon crédit auprès de ma base électorale pour pouvoir ensuite m abattre. Comment envisages-tu alors la suite? Gatien me sourit. À supposer que je le sache, faudrait-il que je prenne le risque de te le dire? Non, bien sûr ; ma question était déplacée. 22

23 En tout cas, ajouta-t-il, mon sentiment est que le parti majoritaire a une vision de la société complètement dépassée. Il n a plus d idées, plus de projets. Le seul sujet de préoccupation de ses responsables est la répartition des strapontins ministériels et des accessits. Ce parti est usé par une trop longue pratique du pouvoir, corrompu du haut en bas de sa hiérarchie. Toutes les études d opinion le montrent ; il n a plus aucune crédibilité auprès de la population ; et pire encore, il voit maintenant sa base militante s éroder. Il va sans coup férir perdre les prochaines élections. Sans doute ; mais la victoire de l opposition ne sera pas davantage favorable au triomphe de tes idées! Il existe un autre scénario Gatien n avait pas besoin de me faire un dessin. Tactiquement, comment comptes-tu procéder? Il y a des élections européennes au mois de juin prochain. Ni l opposition, ni la majorité n ont la moindre idée nouvelle sur le sujet. Ce sera l occasion d affirmer les nôtres Je devinais le détail du scénario : campagne électorale de terrain, divorce affiché avec le parti majoritaire sur le plan des idées, démission spectaculaire du gouvernement à propos d un différend sur un sujet majeur de société, mobilisation de la puissance militante du réseau du club et de la force de frappe financière de ses membres Le dispositif pouvait fonctionner à condition que Gatien parvînt à incarner la relève du parti majoritaire. Les élections européennes peuvent effectivement permettre de percer. Mais comment transformer l essai après? Avoir des sièges au Parlement européen ne suffit pas pour peser sur la scène politique nationale! Ma démarche s inscrit dans une dynamique plus générale. Derrière cette formule un brin politicienne, les intentions de Gatien perçaient clairement : il n excluait rien et pas, en particulier, d être candidat aux prochaines élections 23

24 présidentielles Il avait vraiment du coffre, ce bonhomme! Je ne m étais pas trompé sur son compte et en étais soulagé. L ambassadeur de France en Turquie vint nous attendre à l aéroport et nous mena directement au palais où avait lieu la conférence internationale. Le thème était rébarbatif à souhait : le devenir des friches industrielles, Nous n étions pas assis depuis plus d une demi-heure que Gatien demanda la parole. Sans conviction, il lut mot à mot, en débit rapide, le discours que je lui avais préparé. Les applaudissements polis qui le ponctuèrent avaient à peine cessé qu une femme mince sur hauts talons, cheveux noirs longs bouclés, légèrement brune de peau, élégante, fraîche et sauvage à la fois dans un tailleur vert pomme, vint parler à l oreille de Gatien. J ai prévu de nouer des contacts en marge de la conférence, me dit-il à la fin de leur conciliabule. Je te laisse me représenter pour la fin de la séance. Je les retrouvai tous deux au dîner offert par l ambassadeur, servi par une flopée de domestiques en habit noir. Après une discussion convenue sur l opportunité d une adhésion de la Turquie à l Union européenne, l ambassadeur questionna Gatien : La promenade sur le Bosphore vous a-t-elle plu, monsieur le Ministre? Superbe! Et le commentaire de Cinna était passionnant! Les contacts diplomatiques de Gatien en marge de la conférence avaient donc pris un tour plutôt touristique. Et aux regards que lui jetait Cinna, on comprenait qu ils pouvaient promettre encore davantage. Je ne fus donc pas surpris de les retrouver ensemble sur le palier du premier étage, le lendemain matin, sortant de la chambre ministérielle. Voulez-vous visiter la basilique Sainte-Sophie avec nous cet après-midi? me demanda Cinna. 24

25 Merci. Très aimable à vous mais je connais déjà! Je mentais car c était la première fois que je mettais les pieds à Istanbul ; mais je ne voyais pas comment je pourrais justifier ma solde en allant baguenauder dans la ville ; et puis penser à Sophie en visitant l édifice du même nom, il n en était pas question Il y a un court de tennis dans l enceinte de la résidence, dit l ambassadeur à Gatien à la fin du petit déjeuner ; si vous voulez profiter de la fraîcheur du matin pour jouer. Le directeur des affaires internationales m avait invité sur les courts en terre battue de son club qui jouxtent la pièce d eau des Suisses à Versailles et j avais décliné l offre pour cause de poignet inapte suite à mon accident. Je le laissai s y coller. Cela ne m étonna pas parce qu il entretenait sa condition physique par des footings quotidiens auxquels j étais parfois convié à me joindre, Gatien disposait d un jeu de jambes tout à fait exceptionnel pour son âge. La technique était en revanche plutôt du côté de son adversaire ; et à plusieurs reprises, Gatien monté trop vite au filet, fut crucifié par des passing-shots décochés le long des lignes, indifféremment en revers ou en coup droit par son adversaire. Mené 3-0, Gatien s assit l œil sombre dans son coin et jeta sa raquette au sol de dépit. Je le savais par Gilbert, il avait horreur de perdre. Dès le début du quatrième jeu, Gatien prit pourtant de manière spectaculaire le dessus sur son adversaire, les balles de ce dernier arrivant de plus en plus molles et flottantes. Les deux joueurs allèrent jusqu au tie-break, gagné à l arraché par Gatien sur un smash rageur, suite à une tentative ratée de lob de son adversaire. Gatien proposa d en rester là, au motif qu il ne fallait pas arriver trop tard à la conférence. Au moment où les deux adversaires se serrèrent la main, je fus soudain saisi d un doute : et si le directeur avait fait exprès de perdre contre son ministre de tutelle? 25

26 Dans la voiture qui nous emmenait à la conférence, je fis part à Gatien de cette hypothèse sur le mode de la plaisanterie. Pour ne pas avoir à me répondre, il me questionna sur le programme de travail de la matinée. Au dernier jour du séjour, juste avant de partir pour l aéroport, Gatien me prit à part et me remit une enveloppe brune de taille moyenne, boursouflée. C est l argent de poche qu il me reste. Partage-le entre les personnels. Comment le ferais-je? Je ne sais pas lesquels t ont rendu service. Abandonne ton uniforme de technocrate et fais preuve d imagination! Je n avais pas envie d en avoir et remis l argent au chef du protocole. Je lui demandai de le répartir au prorata des services rendus tout en sachant qu il en garderait au moins la moitié pour lui. Venu nous chercher à l aéroport, Gilbert nous annonça qu il fallait rallier directement l Assemblée nationale pour la discussion du projet de loi sur les très petites entreprises qui commençait dans moins de deux heures. Autre surprise encore plus désagréable, une séance de nuit avait été programmée. Comme il était prévu par ailleurs que j accompagne le lendemain Gatien à Amiens pour une visite d entreprise, je risquais de recevoir un accueil plutôt mitigé de la part de Sophie. J essayai de l appeler sur son portable mais elle était sur messagerie. Dans le creux de ma main, je soufflai «Je t aime et pense à toi». Gilbert me regarda dans le rétroviseur, sourire amusé et yeux pétillants derrière ses lunettes. Il avait entendu le contenu de mon message et, comme un enfant, j en rougis. 26

27 Nous retrouvâmes Mesven dans la salle des commissaires du gouvernement. Comme d habitude, l ambiance y était surchauffée. Des fonctionnaires grattaient fébrilement des argumentaires et le téléphone n arrêtait pas de sonner. J ai fait arbitrer par Matignon tous les amendements, monsieur le ministre, dit Mesven, dans le brouhaha ambiant. Pas de problèmes particuliers? Je les ai tous réglés, monsieur le ministre. Je vous remercie pour votre efficacité. Gatien me prit alors à part. Tu relis tous les argumentaires qui ont été préparés. Je ne veux pas qu il y ait des embrouilles : les arbitrages de Matignon, je commence à connaître! Il était bien gentil, Gatien, mais Mesven gardait la main posée sur la pile d argumentaires déjà préparés ; et c était lui le directeur de son cabinet, pas moi! Le ministre souhaiterait que je relise les argumentaires, essayai-je de pactiser. Si tu n as rien de mieux à faire! Il se leva alors pour aller discuter un peu plus loin avec des hauts fonctionnaires. Gatien avait eu le nez creux ; un parlementaire d opposition avait déposé un amendement pour faire adopter une disposition qu il préconisait depuis longtemps. Lors des réunions interministérielles préparatoires au débat parlementaire qui avaient été organisées pendant notre séjour en Turquie, il avait été décidé que le gouvernement se prononcerait contre cet amendement. En cohérence, le groupe majoritaire voterait contre, et Gatien se retrouverait en difficulté pour expliquer pourquoi, en tant que ministre, il était devenu contre ce qu il avait proposé avant de l être! Bien joué, pour décrédibiliser Gatien, il n y avait pas mieux J évoquai la question avec lui en aparté. 27

28 Surtout, ne dis rien à Mesven! Dans ma poche, le portable vibra. Sophie me rappelait pour me remercier de mon message et me dire qu elle aussi m aimait. Je rentrerai très tard Ce n est pas grave, mon chéri. Ouf, elle ne m en voulait pas Quand, au bout de trois heures de débat, l amendement litigieux vint enfin en discussion, Gatien se leva d un bond de son siège et se saisit du micro : «Avis favorable du gouvernement.» Puis, sans croiser le regard de personne dans l hémicycle, il alla se rasseoir au banc des ministres. Comme ils avaient connaissance de la position initiale du gouvernement, les députés de la majorité se regardèrent un moment interloqués, ne sachant trop que faire ; puis déduisant des propos de Gatien que le gouvernement avait changé d avis, ils se décidèrent à voter oui. Assis à son banc, Gatien se retourna en direction du député auteur de l amendement et échangea avec lui un sourire complice. Mesven était abasourdi : La position du gouvernement n était pas celle-là, monsieur le ministre! Ne vous inquiétez pas, François ; j ai eu tout à l heure le Premier ministre en ligne à ce sujet Je savais que ce n était pas vrai. Il y aurait le lendemain des explications sévères entre cabinets. Mais plus rien ne pourrait y faire : l amendement était adopté. Gatien avait vraiment le sens de la manœuvre politique et des rapports de force. Plus tard dans la soirée, après une suspension de séance, Mesven me demanda de le suppléer quelques instants auprès du ministre : il avait plusieurs coups de téléphone à donner pour rendre compte de l état d avancement des discussions sur le projet de loi. 28

29 J étais à peine assis derrière Gatien à la place de Mesven que fut appelé à la discussion un amendement déposé par trois parlementaires bretons appartenant à la majorité. Le texte était technique, hermétique à la première lecture, car bourré de références à des articles du code général des impôts. Rédigé de manière sommaire, l exposé des motifs ne permettait guère d avancer dans la compréhension. Je cherchai dans le dossier de séance que m avait laissé Mesven l argumentaire que je devais passer à Gatien, pour inspirer sa réponse. La chemise correspondant à l amendement en discussion était vide Qu est-ce que tu bricoles, Benjamin? s inquiéta Gatien devant moi. Passe-moi l argumentaire.vite! Il n est pas dans le dossier. Impossible ; regarde mieux ; il a peut-être été glissé par erreur dans la chemise de l amendement suivant. Rien! Pendant ce temps-là, le porte-parole des trois parlementaires s était levé. Après avoir excusé ses deux collègues qui étaient retenus par des obligations impérieuses dans leur circonscription, il se mit à lire très vite et en articulant à peine un texte préparé à l avance par son attaché parlementaire. Débrouille-toi pour me gratter un bout de réponse! En écoutant le boniment du parlementaire, je finis par deviner qu il s agissait d accorder des facilités fiscales aux petites entreprises qui travaillaient pour des activités liées à la défense nationale ; mais je ne connaissais ni la nature ni le montant des exonérations proposées. Je griffonnai à l attention de Gatien deux phrases générales sur l importance de ce secteur d activité économique mais n eus pas le temps de finir la troisième : le parlementaire s était en effet rassis et Gatien ne pouvait plus différer sa réponse. Quelle est censée être la position du gouvernement? me demanda Gatien en se levant du banc des ministres. 29

30 Je réfléchis une seconde. L amendement avait été déposé par des députés du parti majoritaire. Le plus sûr était de s en remettre à la logique politique. Favorable! Avis favorable, répéta Gatien à l attention de l hémicycle. Et il se rassit, sans prendre la peine de lire les deux phrases que je lui avais rédigées. Il n avait pas tort : elles étaient nulles. À la suspension de séance qui suivit, je racontai à Mesven l incident : l absence d argumentaire dans le dossier, la réponse improvisée du ministre en séance, donnée au nom du gouvernement. Le gouvernement était contre cet amendement ; et puis, en tout état de cause, il fallait opposer l article 40 de la Constitution, me répondit Mesven, un sourire mauvais aux lèvres. Soudain, je compris. C était Mesven lui-même qui, pour nous piéger, avait retiré l argumentaire du dossier de séance. Par rapport à l amendement du député d opposition précédemment adopté, il avait pris tout à la fois sa revanche et un gage : au cours de la navette parlementaire, le gouvernement déposerait de manière symétrique des amendements de suppression des deux dispositifs. Un coup à droite, un coup à gauche, Mesven était vraiment retors. Et l idiot de service serait le conseiller incompétent de Gatien 30

31 3 Pour les prochaines élections présidentielles, qu envisagezvous? Je n exclus aucune hypothèse. Pouvez-vous être plus précis? Ce n est ni nécessaire ni utile. Tout le monde l avait compris. À la fin d une émission télévisée diffusée à une heure de grande écoute, Gatien venait d annoncer sa candidature aux prochaines élections présidentielles. Sur le fond, je n étais pas surpris. Je l étais en revanche davantage sur le moment choisi pour cette annonce. Avant l émission, Gatien ne m avait rien révélé de ses intentions ; et je n aurais jamais pu imaginer de mon propre chef qu il se décidât à partir dans la course aussi loin de l échéance décisive. Trois années encore nous séparaient du scrutin présidentiel! Au cabinet, l annonce de la candidature se traduisit par un recrutement supplémentaire, celui d une spécialiste des relations avec les médias. Grande et mince, bagues en matière plastique extravagantes aux doigts et tee-shirt moulant sur poitrine presque plate, Maria Baum semblait avec ses cheveux coiffés en brosse très courts vouloir jouer sur son identité sexuelle. Troublante elle était, comme finalement toutes les femmes qui gravitaient autour de Gatien. 31

32 Je pensais que Camille vivrait mal ce recrutement qui aboutissait à amputer ses attributions au titre de la communication. Mais il n en fut rien, les deux femmes devenant au contraire amies et complices dans le travail. Maria n avait pas été recrutée par le ministère mais par le club de réflexion de Gatien. Un détail qui aurait plus tard toute son importance. Maria monta un plan de communication habile et dense, preuve de son grand professionnalisme. Il comportait des visites sur le terrain dans les régions, auxquelles étaient couplées des interviews dans les journaux locaux ainsi que des dîners avec des journalistes de la presse nationale. Au cours de ces échanges, Gatien multipliait les confidences, réservant une ou deux exclusivités pour chacune des tablées. Paris se mit ainsi à bruire de rumeurs incessantes sur Gatien. Certaines concernaient ses projets politiques, d autres sa vie d entrepreneur, d autres enfin sa vie privée. Cette dernière rubrique qui était de loin la plus payante en termes de communication. Comme Gatien n avait aucune liaison stable connue, les journaux «people» s en donnaient à cœur joie. On lui attribua une liaison avec une grande actrice, une chanteuse rock en vogue, une présentatrice de journal télévisé ou encore une collègue ministre, sans compter ça allait de soi toutes les collaboratrices de son cabinet qu il mettait tour à tour dans son lit. Gatien avait des nerfs d acier ; il ne démentait jamais rien, même le plus ignoble. Pendant que j enrageais, Maria confortait Gatien dans ce comportement de sagesse en expliquant que dans cette phase, l essentiel était qu on parlât de Gatien. Après, il serait toujours temps de cibler et peaufiner son image Gatien avait décidé de réunir autour de lui une petite cellule informelle. Outre moi-même, y participaient les quatre dirigeants du club deux femmes et deux hommes, tous connus pour leur réussite professionnelle et leur aisance 32

33 financière, et les quatre femmes qui travaillaient à son cabinet : Camille, Maria, Carole, l assistante et Catherine, l attachée parlementaire. Les autres membres du cabinet, dont Mesven, étaient interdits de séjour. Les femmes étaient donc majoritaires dans ce groupe. Rien de surprenant : Gatien considérait qu en raison de leur goût insatiable pour le pouvoir, les hommes étaient toujours enclins à la trahison. Les femmes, elles, avaient, d après lui, d autres manières de se réaliser. Pourquoi m as-tu recruté? lui avais-je alors demandé. Il avait réfléchi un court instant avant de me répondre : Toi, tu ne me trahiras pas. Puis après un silence, il ajouta : Mais peut-être essaieras-tu de me tuer! La remarque était glaçante, mais il n avait au fond pas tort ; j étais davantage dans le registre du parricide que dans celui de l intriguant. Les journées étaient devenues épuisantes car les horaires de la cellule se rajoutaient à ceux déjà lourds du cabinet. Au sein de celui-ci, j étais chargé de rédiger les discours de Gatien et, domaine réservé du futur Président oblige, de suivre l actualité internationale. J écrivais sans difficulté. J avais, dès ma plus petite enfance, aimé noircir le papier ; et le passage au travail sur clavier et écran n avait en rien nui à ce plaisir. Certes, je regrettais de temps à autre d avoir un style trop conventionnel, de ne pas savoir arracher aux mots toute leur saveur et leur musique, de ne pas avoir écrit, faute de constance dans l effort, les romans qui poussaient dans ma tête, comme les champignons dans les forêts profondes et sombres de mon Jura natal. Mais je savais produire sur le pouce et à la demande les argumentaires, les droits de réponse, les exposés des motifs et les formules assassines. 33

Aimer Elle avait laissé sa phrase en suspens. Je rouvris les yeux, pour voir qu elle me regardait. Elle m observait. Elle allait dire quelque chose, et guettait ma réaction. Je n avais aucune idée de ce

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