Incapacité de travail temporaire et troubles anxio-dépressifs Incapacity to work and anxiety-depression disorders

Dimension: px
Commencer à balayer dès la page:

Download "Incapacité de travail temporaire et troubles anxio-dépressifs Incapacity to work and anxiety-depression disorders"

Transcription

1 Incapacité de travail temporaire et troubles anxio-dépressifs Incapacity to work and anxiety-depression disorders Jean Jadot (1) Résumé : Partant du constat d une augmentation de la fréquence de l état d incapacité de travail pour trouble psychique en Belgique, l article aborde les caractéristiques médicales, psychologiques et démographiques d un échantillon de 262 personnes se trouvant dans cette situation. La population à l étude se signale par une fréquence élevée de troubles polymorphes associant syndromes anxio-dépressifs et somatisations. Dans la discussion, l auteur interroge le caractère flou de ces troubles en regard des aspects sociodémographiques de l échantillon et des concepts cliniques de macrosyndrome psychique et de démoralisation. Mots-clés : Incapacité de travail - anxiété - dépression - macrosyndrome - démoralisation. ÉTUDES Summary: Based on the observation that an increasing number of people in Belgium are unable to work for reasons related to mental disorders, this article addresses medical, psychological and demographic characteristics of a sample of 262 persons who find themselves in this situation. This outpatient community is characterized by high prevalence of depression, anxiety and psychosomatic disorders of many forms. The article discusses and questions the polymorphism of these disorders with regard to socio-demographic characteristics of the sample population and clinical concepts of this macro psychic syndrome and demoralization. Keywords: Incapable of work - anxiety - depression - macro syndrome - demoralization. (1) Rue des Libellules, Boncelles. Belgique. Correspondance : J. Jadot Réception : 17/07/2006 Acceptation : 08/07/2008

2 456 J. JADOT Introduction Le nombre de patients belges en incapacité de travail pour le motif de trouble psychique connaît depuis plusieurs années un accroissement remarqué par les acteurs sociaux. Les chiffres donnés par l Institut national des Accidents, Maladies et Invalidités (INAMI) montrent une hausse significative de 15 % (de à ) du nombre total d invalidités (employés et ouvriers) entre 1998 et Pour cette même période, l augmentation est respectivement de 18 % chez les femmes et de 4 % chez les hommes. À titre de comparaison, entre 1992 et 1997, la hausse n avait été que de 4 % (6 500 unités). Il semblerait que l augmentation grimpe d environ 2 à 3 % chaque année. Les ouvriers sont plus touchés que les employés par ce phénomène de l incapacité et de l invalidité. Ce sont surtout les pathologies psychiques qui sont en augmentation : entre 1998 et 2003, ce groupe de pathologies passe de unités à (+ 27 %). On remarque qu à partir de 40 ans, de nombreux travailleurs sortent du marché du travail en raison de troubles psychologiques et de la dépression en particulier. L INAMI répertorie les invalidités en 17 catégories. Cependant, les informations relatives à la catégorie trouble psychique sont sommaires ; pour preuve, il n est pas fait de différence entre les sexes quant à la différenciation des troubles et l enregistrement des données ne répertorie qu une seule catégorie diagnostique sous la dénomination de trouble psychique [10]. La hausse du nombre d invalidités a suscité en 2004 des réactions rudes notamment de la part du patronat flamand (VOKA) et de la Fédération Belge des Entreprises (FEB). La VOKA fait remarquer que l invalidité risque de devenir une nouvelle porte de sortie du marché de l emploi. On a pu lire dans la presse économique et financière des analyses osées à la lumière des données effectivement disponibles. Ainsi, dans une étude présentée en 2004, la direction médicale d une Mutualité avançait une thèse selon laquelle l augmentation du nombre de cas psychologiques pourrait être due à l augmentation du nombre de femmes, surtout employées, sur le marché du travail, «sachant que les plaintes psychiques sont plus le fait des femmes» [10]. Ou encore que l augmentation des troubles psychiques pourrait s expliquer par la prise en compte récente de maladies jusqu alors non comptabilisées comme le syndrome de fatigue chronique ou la fibromyalgie. Au même moment, la direction médicomutualiste reconnaissait que «l interprétation des chiffres pour les maladies psychiatriques à l origine de l incapacité relève de la haute voltige» [10]. Devant l insuffisance des données épidémiologiques, de tels commentaires nous semblent inquiétants dans un domaine où la branche indemnité relative à l ensemble des incapacités et invalidités de travail représente environ 7 % du total des dépenses sociales. En Belgique, le montant total des indemnités d incapacité de travail représente d ores et déjà la moitié du montant dépensé pour les allocations de chômage. Depuis 2004, des acteurs sociaux évoquent l incapacité de travail comme piste de relèvement du taux d emploi et pointent la question de la place de la femme dans le champ des invalidités professionnelles. Sur ce fond de politique sociale, l article questionne des particularités sociodémographiques et médico-psychologiques d un groupe de 262 patients (101 hommes et 161 femmes) en incapacité de travail pour le motif catégoriel de trouble psychique. Dans la discussion, nous proposerons une réflexion sur les concepts cliniques de macrosyndrome psychique et de démoralisation et

3 INCAPACITÉ DE TRAVAIL TEMPORAIRE ET TROUBLES ANXIO-DÉPRESSIFS 457 leurs relations à des sous-groupes spécifiques de la population dans ce cadre des incapacités de travail pour trouble psychique. Matériel et méthode Lors d analyses [8] relatives à l apport du MMPI-2 (Inventaire Multiphasique de Personnalité du Minnesota-2) dans la compréhension des troubles de la personnalité associés à l état d incapacité de travail pour motif de trouble psychique, nous avons examiné rétrospectivement les données sociodémographiques et médico psychologiques recueillies entre 1999 et 2005 auprès de 262 patients suivis pour la réalisation d une évaluation psychologique en consultation ambulatoire (Clinique A. Renard et Centre de Consultations Psychologiques Centre Ville) à Liège (Est de la Belgique). Préalablement, nous avions rencontré individuellement chaque patient à la suite des demandes d avis psychologique formulées par les médecinsconseils de diverses mutualités. Ces 262 patients se trouvaient alors en état d incapacité de travail ; ce qui ne signifie nullement que les participants disposaient d une insertion professionnelle au moment de l évaluation. Le contexte d examen psychologique s inscrit dans le cadre du contrôle médical. L avis psychologique intervient comme complément d informations para-cliniques (testing) destinées au médecin-conseil dans sa propre évaluation de l état du patient et de sa capacité à être remis sur le marché de l emploi. L enregistrement des données sociodémographiques et médico-psychologiques a eu lieu lors d un entretien précédant la passation des tests psychologiques et dirigé à l aide d un questionnaire ad hoc. Outre le recueil des données civiles, familiales, scolaires et professionnelles, le questionnaire comportait des items relatifs à la durée de l incapacité de travail, à la consommation de médicaments psychotropes, à la fréquence des hospitalisations psychiatriques et des tentatives de suicide, ainsi qu à la présence effective d un suivi psychothérapeutique (assuré dans la grande majorité des cas par un psychiatre). Les données permettant de définir les caractéristiques diagnostiques de chaque patient provenaient des rapports médicaux transmis pour l évaluation de l état d incapacité de travail. Les descriptions cliniques des signes et symptômes de chaque trouble motivant l état d incapacité étaient répertoriées selon les directives et les indications taxonomiques de la Classification Internationale des Troubles Mentaux et des Troubles du Comportement ICD-10. Ces descriptions sont complétées par des informations relatives aux plaintes somatiques concomitantes. L analyse des données est de nature descriptive. Elle inclut une étude des corrélations entre les variables sociodémographiques et médicales. La gestion des données et le calcul des corrélations et des probabilités associées ont été réalisés à l aide du système informatique d analyse Statistica. Résultats Caractéristiques géographiques Tous les participants sont domiciliés dans la Province de Liège. La majorité réside dans l agglomération liégeoise (62 %). Rappelons que ces entités

4 458 J. JADOT urbaines sont implantées dans un bassin industriel en voie de restructuration et de redéploiement de l activité économique à la suite notamment de l extinction de la sidérurgie. Les taux de chômage sont particulièrement élevés (entre 15 et 30 %) dans ces agglomérations où les individus jeunes avec un faible niveau de scolarité ou de qualification professionnelle connaissent d importantes difficultés d insertion socioprofessionnelle. Caractéristiques sociodémographiques L échantillon est composé de 161 femmes (61 %) et de 101 hommes (39 %). La moyenne d âge est de 40 ans (écart-type de 8 ans). L étendue des âges est comprise entre 21 et 58 ans. Le groupe d âges numériquement le plus important rassemble les individus âgés entre 31 et 50 ans : il représente 80 % de l échantillon. Pour les deux sexes, les sujets mariés sont les plus nombreux (34 % pour les hommes et 45 % pour les femmes). Les catégories individus divorcés et séparés ont approximativement les mêmes répartitions chez les hommes (35 %) et chez les femmes (37 %). Les hommes célibataires (28 %) sont significativement plus nombreux que les femmes (16 %). Le nombre moyen d enfants par individu est semblable entre les deux sexes (1,53 et 1,78). Caractéristiques scolaires Le niveau de scolarité des participants est faible ; respectivement 55 % et 58 % des hommes et des femmes ont un niveau d étude qui ne dépasse pas les trois premières années du cycle secondaire, qu il s agisse de l enseignement général, technique ou professionnel. Le cycle supérieur de l enseignement secondaire a pu être terminé avec succès chez 26 % des hommes et 31 % des femmes. Seulement 2 % des hommes et 6 % des femmes ont eu accès à des études supérieures. Caractéristiques socioprofessionnelles La répartition socioprofessionnelle est dominée par les catégories ouvriers et ouvrières (40 %) ainsi que par la catégorie sans emploi (45 %). Chez les hommes, on enregistre une prépondérance d ouvriers qualifiés (42 %) et d individus sans emploi (33 %). Chez les femmes, les résultats montrent une majorité de femmes sans emploi (52 %) au moment de l évaluation et d ouvrières non qualifiées (26 %). Le nombre de femmes exerçant la profession de technicienne de surface (activité d entretien et de nettoyage) est particulièrement élevé : 31 personnes, soit 19 % de l échantillon féminin. Caractéristiques diagnostiques Les caractéristiques diagnostiques sont présentées dans le tableau I. En moyenne, le nombre de troubles diagnostiqués selon l ICD-10 [4] par patient est quasi identique pour les deux sexes (1,1 et 1,2). L étendue du nombre de diagnostics rapportés dans les dossiers médicaux des participants varie entre 0 et 4 diagnostics. Les troubles mentaux et du comportement concernés ciblent principalement les catégories F3 (troubles de l humeur) et F4 (troubles névrotiques, troubles liés à des facteurs de stress, et troubles somatoformes) avec notamment les sous-catégories «Épisodes dépressifs F32» et «Troubles anxieux et dépressifs mixtes F41.2». Pour la majorité des

5 INCAPACITÉ DE TRAVAIL TEMPORAIRE ET TROUBLES ANXIO-DÉPRESSIFS 459 Tableau I : Caractéristiques diagnostiques ICD 10 H (101) F (161) Total (262) Absence de diagnostic précis F F F F F F F F F0 (troubles mentaux organiques) ; F1 (troubles mentaux et du comportement liés à l utilisation de substances psychoactives ; F2 (schizophrénie, trouble schizotypique et troubles délirants) ; F3 (troubles de l humeur) ; F4 (troubles névrotiques, troubles liés à des facteurs de stress, et troubles somatoformes) ; F5 (syndromes comportementaux associés à des perturbations physiologiques et à des facteurs physiques) ; F6 (troubles de la personnalité et du comportement) ; F7 (retard mental). (N.b. Les sommes des effectifs peuvent être supérieures au nombre total de patients car certains participants se sont vus attribuer plusieurs diagnostics). participants, le type de diagnostic mentionné correspond essentiellement à des états mixtes anxio-dépressifs de nature non psychotique. Types de plaintes somatiques associées au trouble psychique Le nombre moyen de plaintes somatiques associées au diagnostic ICD-10 est significativement plus élevé chez les femmes (1,1 pour les hommes et 1,5 pour les femmes). L étendue du nombre de plaintes somatiques est comprise entre 0 et 6 plaintes. Parmi les plaintes somatiques les plus fréquemment associées à l état d incapacité de travail, nous relevons les problèmes de thyroïde (1 % hommes et 11 % femmes), les migraines (2 et 17 %) et les autres syndromes d algies céphaliques (8 et 4 %), les syndromes de spasmophilie-tétanie (4 et 18 %), les troubles de l appareil circulatoire et cardiovasculaires (12 et 8 %), les ulcères digestifs et de l estomac (11 et 7 %), les troubles du système ostéo-articulaire, des muscles et du tissu conjonctif qui représentent la catégorie numériquement la plus importante (26 et 35 %) avec notamment les dorsalgies (19 et 24 %) et la fibromyalgie (2 et 14 %), et enfin les douleurs somatiques aiguës chroniques (9 et 5 %). Caractéristiques médico-psychologiques Au moment de la passation du test, la durée moyenne de l invalidité était de 3 ans (écart-type de 3 ans) avec une dispersion des durées entre 1 et 10 ans. Parmi les médications psychotropes, ce sont prioritairement les anxiolytiques et les antidépresseurs qui sont les plus fréquemment prescrits (anxiolytiques 48 % hommes et 59 % femmes ; antidépresseurs 61 et 75 %). Ensuite nous observons les prescriptions d antidouleurs (15 et 21 %), de somnifères (12 et 11 %) et d antipsychotiques (16 et 6 %). Le nombre de type de psychotropes prescrit par patient s établit en moyenne autour de 2. Environ 25 % des participants ont connu au moins une hospitalisation dans un service psychiatrique au cours de leur existence. Pour les tentatives de

6 460 J. JADOT Tableau II : Corrélations entre les variables médicales et démographiques 1. sexe 2. âge marié(e).11.13* 4. enfant > ***.16** enf. nombre.09.16**.10.62*** 6. scolarité limitée à enseig. primaire.10.22*** sans emploi.19**.19** durée incapacité.02.20** * 9. nombre trouble ICD nombre plaintes somatiques.15* nombre psychotropes * hospitalisation psy > fréquence hospit. psy * tentative suicide > 0.14*.07.16*.12.16** fréquence tentative suicide.16*.05.18**.12.17** suivi psychothérapeutique.15*.08.17** Note. N = 262 En gras p <.10. *p <.05. **p <.01. ***p <.001. suicide, les femmes rapportent plus fréquemment que les hommes l existence d au moins un passage à l acte (25 et 37 %). Corrélations entre les variables démographiques et médicales La lecture du tableau II montre une corrélation positive entre la durée de l incapacité et d une part l âge (allongement de l incapacité au fur et à mesure du vieillissement) et d autre part l absence d emploi au moment de l évaluation alors que par ailleurs, il existe une corrélation négative entre l âge et l absence d emploi (plus on est jeune, plus il est probable d être sans emploi). Le nombre de troubles mentaux et du comportement (ICD-10) diagnostiqués par patient n est corrélé avec aucune variable démographique alors que le nombre de plaintes somatiques rapportées par patient est plus élevé chez les femmes. Relativement aux hommes, celles-ci sont plus nombreuses à être sans emploi. Les femmes de l échantillon mentionnent plus souvent que les hommes une ou plusieurs tentatives de suicide, et elles privilégient le suivi psychothérapeutique. Le statut marital est associé positivement à la variable suivi psychothérapeutique. Il diminue la probabilité d avoir été hospitalisé en service psychiatrique et le risque de tentative de suicide antérieure. Les patients n ayant pas d enfant consomment moins de médicaments psychotropes. Le nombre d enfants est corrélé positivement avec la mention d au moins une tentative de suicide et avec la fréquence des tentatives antérieures.

7 INCAPACITÉ DE TRAVAIL TEMPORAIRE ET TROUBLES ANXIO-DÉPRESSIFS 461 Discussion Même si cet échantillon n est pas représentatif de la population en incapacité de travail pour troubles psychiques, il souligne néanmoins les particularités des individus qui le constituent et leur ancrage dans une zone géographique spécifique. La répartition des sexes au sein de l échantillon laisse penser que dans ce contexte géographique et socio-économique, les femmes faiblement scolarisées et peu qualifiées professionnellement constituent un groupe social à risque pour l expression des troubles psychiques associés à l état d incapacité de travail. L âge moyen des participants est de 40 ans et la durée moyenne de l incapacité au moment de l évaluation est de trois ans. L analyse des corrélations suggère, logiquement, que les patients plus âgés présentent une incapacité de travail de plus longue durée au moment de leur évaluation. L âge est également en relation avec un niveau d instruction limité à l enseignement primaire : les patients les plus âgés disposent d un niveau d instruction plus faible. Par ailleurs, la durée de l incapacité s allonge significativement chez les patients ne disposant pas d un emploi. La variable «sans emploi» est en relation significative avec la variable «sexe». Les femmes présentent un taux d insertion professionnelle significativement moins élevé que les hommes. La lecture de ces données rejoint l analyse des résultats obtenus lors de l Enquête de Santé 2004 par Interview en Belgique [6]. L enquête souligne que les problèmes spécifiques de santé mentale (la dépression, l anxiété, les co-morbidités et le mal-être psychologique) tendent à se concentrer chez les personnes les plus faibles sur le plan socio-éducatif et socioprofessionnel. Elle signale également que les femmes sont plus susceptibles à mentionner des troubles de santé mentale, qu elles admettent plus souvent penser au suicide et reconnaissent plus souvent être passées à l acte. Le message que nous percevons est que le gradient socio-économique en termes de niveau d instruction et de statut professionnel est en relation avec l incapacité de travail pour trouble psychique. Par conséquent, il conviendrait de reconnaître au-delà de la spécificité des processus psychologiques et psychiatriques en œuvre dans ces troubles psychiques, une relation entre la précarité socio-économique et l état d incapacité de travail pour trouble psychique du moins dans la région étudiée. Subséquemment, on devrait en tenir compte dans la mise en place des politiques de santé mentale : il serait possible d identifier des sous-groupes de population plus à risque dans le domaine des troubles psychiques et vers lesquels des actions préventives et de soutien devraient s orienter. Ainsi, l âge moyen de l échantillon étudié se situe à une période de la vie où l on peut légitimement penser que le fait d être dans la tranche des ans avec un faible niveau de scolarité et de qualification professionnelle, et d être, de surcroît, en détresse psychologique, amplifie le sentiment d une incapacité à retrouver un emploi. Les expériences douloureuses du trouble psychique risquent ainsi de précipiter une double crise existentielle dans le rapport d assurance à soi-même et dans la relation de confiance sociale. D autre part, nous pouvons penser que le pourcentage élevé de tentatives de suicide enregistré parmi les participantes de l échantillon non mariées et

8 462 J. JADOT ayant à charge plusieurs enfants, témoignerait, entre autres, de la gravité de leur état psychologique de démoralisation et de désarroi [7]. D un point de vue clinique, les caractéristiques spécifiques et le diagnostic différentiel de la majorité de syndromes anxio-dépressifs de nature non psychotique sont loin d être épurés. La complexité et le polymorphisme de ces syndromes psychiques et des somatisations associées, nous font réfléchir au concept clinique de macrosyndrome psychique proposé par Ballus & Gasto [1]. Ces syndromes psychiques sont extrêmement flous en comparaison avec les classes diagnostiques conventionnelles de la psychiatrie. Les deux auteurs ont tenté de définir leurs caractéristiques cliniques : 1) manque de spécificité syndromique du point de vue de la nosographie psychiatrique, 2) co-morbidité élevée avec les somatisations, 3) évolution chronique, 4) faible réponse aux traitements d ordre pharmacologique ou psychothérapeutique, 5) importance des facteurs psychologiques et notamment des traits de personnalité, 6) difficultés d ordre social ou familial. Le macrosyndrome de type anxio-dépressif représente l amalgame de symptômes mixtes psychologiques et physiques. Ballus & Gasto [1] pensent que leur manque de spécificité est dû à l augmentation en général de problèmes psychosociaux qui combinent des symptômes issus de classes distinctes de la pathologie. Dans l échantillon liégeois, nous observons une majorité de syndromes anxio-dépressifs flous alors que les classes diagnostiques psychiatriques spécifiques (dépression majeure, troubles anxieux phobiques, trouble obsessionnel, psychose ) semblent sousreprésentées. Par ailleurs, le concept de démoralisation développé par Frank [7] et notamment étudié par Kissane [5] pourrait être utile aux cliniciens dans la compréhension, l approche diagnostique et thérapeutique de ces syndromes peu spécifiques. Frank [7] définit la démoralisation comme un état mental qui serait la conséquence d une incapacité à gérer le stress induit par les difficultés personnelles (symptômes, maladie, conflits, séparation ) et les sollicitations environnementales. Les traits psychologiques essentiels de cet état mental sont les sentiments d impuissance, d isolement et de désespoir. Cet état mental serait commun à des formes variées de l expression psychopathologique sans être spécifique à aucune d entre elles. Il a été décrit en termes de «crise» lorsqu il se présente sous forme sévère et aiguë et de «syndrome d inadaptation sociale» social breakdown syndrome s il persiste sous forme sévère et chronique. L état de démoralisation manifesterait une expression affective phénotypique similaire à la dépression mais s en distinguerait en raison de l association spécifique de la dépression avec l anhédonie. Le sentiment de désespoir, un trait fondamental de la démoralisation, est associé non seulement à un pronostic réservé pour l évolution des troubles physiques et psychiatriques, mais aussi à l idéation suicidaire [5]. Les concepts de macrosyndrome anxio-dépressif et de démoralisation peuvent être pertinents dans des situations socio-cliniques marquées par les taux élevés de troubles anxio-dépressifs non spécifiques et de somatisation, par les manifestations d une détresse affective et sociale [3], par le degré élevé d instabilité des troubles même dans le court terme, par le manque de spécificité du traitement qui est la règle plutôt que l exception, et par des troubles psychopathologiques pour lesquels aucun marqueur biologique de laboratoire n a pu, jusqu à présent, être qualifié de pathognomonique dans

9 INCAPACITÉ DE TRAVAIL TEMPORAIRE ET TROUBLES ANXIO-DÉPRESSIFS 463 l identification du trouble. Ces désordres psychologiques d allure non-spécifique semblent néanmoins partager une expression psychopathologique commune considérable quant à leur expression affective, cognitive et neurobiologique. Les consultations dans les centres de santé mentale de la région liégeoise montrent que le nombre de macrosyndromes de nature anxio-dépressive a considérablement augmenté au cours de ces deux dernières décennies chez les patients affectés par une précarité psychosociale et des détresses multiples (chômage, pauvreté, divorces, familles monoparentales, isolement social). L accroissement rapide de ces détresses humaines dans notre société n a toujours pas permis d établir leur morbidité réelle et leurs répercussions sur les systèmes de santé publique. De même, il est probable que l augmentation a entraîné une orientation rapide de ce type de patient vers des traitements psychiatriques, notamment pharmacologiques. Les macrosyndromes pourraient être interprétés en termes de modèle de conduite inadaptée ou de schéma de comportement désorganisé représentant l expression psychologique et somatique d une détresse humaine associée à un facteur général d inadaptation et de démoralisation. Ces schémas de conduite risquent d être renforcés par des réponses diagnostiques qui sanctionnent les plaintes psychiques et somatiques en les réifiant par l usage de modèle taxonomique exclusif [8]. Certains symptômes de la population peuvent refléter un désespoir généralisé ou une altération de la dynamique du milieu familial et/ou social plus qu une pathologie psychiatrique spécifique [1]. L accroissement des macrosyndromes psychiques invalidants à long terme tient notamment à la pluralité des problèmes psychologiques, sociaux, familiaux, professionnels, éducationnels, qui requièrent une approche thérapeutique différente des formes traditionnelles dominées par le seul modèle curatif de la clinique individuelle. Aussi, dans ce contexte médico-social, le champ thérapeutique des interventions viserait idéalement à lutter contre le sentiment de désespoir, d impuissance et d isolement social qui se définit notamment par une perte de l accès aux facteurs ordinaires de l identité sociale, en intégrant dans les stratégies thérapeutiques des processus de resocialisation [9] dont le cœur de l intervention est un travail de remise en lien en favorisant une restauration du goût à tout ce qui lie socialement mais aussi avec soi-même comme l image et l estime de soi. Ce courant d interventions thérapeutiques repose notamment sur le constat que la souffrance psychique et l isolement social sont, de nos jours, associés à de nombreuses ruptures et «déliaisons» [2]. Ce type de structure d aide travaille en réseau et privilégie la revalorisation du patient et la mobilisation des ressources résiduelles ainsi qu une autre conception de la demande d aide [11]. Ces modalités tendent à replacer la santé psychique dans la perspective d un état dynamique qui se construit individuellement et collectivement dans le lien social. Conclusion Nous sommes conscients que les descriptions proposées dans cet article sont uniquement illustratives d une population très distincte de personnes en incapacité de travail pour le motif de trouble psychique. En raison de la spécificité de l échantillon et en l absence de groupe contrôle, les signale-

10 464 J. JADOT ments et hypothèses développées ci-dessus restent à évaluer par une mise à l épreuve empirique d une question de recherche. Pour notre part, les ambitions se limitent, à partir de l approche de terrain, à essayer de décrire le lieu dont nous parlons. Nous laissons la question de la mise à l épreuve au soin des experts en épidémiologie et en sociologie de la santé. Toutefois, les concepts de macrosyndrome anxio-dépressif et de démoralisation semblent avoir le mérite d offrir une alternative dans la compréhension de ces troubles psychiques non spécifiques et leurs relations à des sous-groupes de la population en situation de précarité socio-économique et socioculturelle. Cette approche conceptuelle pourrait avoir des implications pour les interventions en santé mentale et l analyse de l incapacité de travail associée à des troubles anxio-dépressifs non spécifiques. BIBLIOGRAPHIE 1. Ballus C, Gasto C. Le rôle du généraliste dans l assistance psychiatrique. In : Pichot P, Rein W. L approche clinique en psychiatrie. Volume III, Paris, Les empêcheurs de penser en rond 1993: Benasayag M. D un nouveau malaise dans la culture, L Information Psychiatrique 2006;82(6): Briggs L, Macleod AD. Demoralisation A useful conceptualisation of non-specific psychological distress among refugees attending mental health services, Int J Soc Psychiatry 2006;52(6): CIM-10/ICD-10. Paris, Masson, 1993, 278 p. 5. Clarke DM & Kissane DW. Demoralization : its phenomenology and importance, Aust N Z J Psychiatry 2002; 36(6): Enquête de Santé par Interview, Belgique, Service d Épidémiologie, 2006 ; Bruxelles. Institut Scientifique de Santé Publique. N de dépôt : D/2006/2505/3, IPH/EPI REPORTS N Frank JD, Frank JB. Persuasion and Healing (3rd edition). Baltimore and London, The Johns Hopkins University Press 1993:343 p. 8. Jadot J. Taxonomie et Troubles anxio-dépressifs. Anxiété Dépression Démoralisation, L Information Psychiatrique 2007;83: Joubert M. Chomâge, précarité du rapport au travail et santé mentale, séance du 17 septembre 2002: santé mentale, travail et précarisation, Réseau régional Île-de-France de recherche en santé publique, document interne, 39 p. 10. L Écho. «La dépression, cause de plus en plus fréquente d invalidité», Bruxelles, article du février 2005, Lemaire JM. Liens soignés, liens soignant. «Cliniques de Concertation» et Violences de Quartiers, Cahiers de Psychologie Clinique 2007;28(1):

SOMMAIRE I. INTRODUCTION 4 II. SOURCES D INFORMATION 5

SOMMAIRE I. INTRODUCTION 4 II. SOURCES D INFORMATION 5 SOMMAIRE I. INTRODUCTION 4 II. SOURCES D INFORMATION 5 2.1. ETUDES REALISEES PAR LES SERVICES DES CAISSES D ASSURANCE MALADIE 5 2.2. ANALYSE DE LA LITTERATURE 5 2.3. ANALYSE DES VENTES 6 2.4. COMPARAISONS

Plus en détail

FARAP 2011 SAINT-ETIENNE

FARAP 2011 SAINT-ETIENNE Qu attendre d une consultation de gérontopsychiatrie? FARAP 2011 SAINT-ETIENNE Dr Dorey JM CHS le Vinatier, BRON Pôle EST (Pr d Amato) Gérontopsychiatrie: définition Discipline médicale qui s intéresse:

Plus en détail

Autisme et autres troubles envahissants du développement : diagnostic et évaluation chez l adulte

Autisme et autres troubles envahissants du développement : diagnostic et évaluation chez l adulte Autisme et autres troubles envahissants du développement : diagnostic et évaluation chez l adulte Juillet 2011 Démarche diagnostique et d évaluation du fonctionnement chez l adulte Généralités Diagnostic

Plus en détail

N 59. Connaître les bases des classifications des troubles mentaux de l enfant à la personne âgée

N 59. Connaître les bases des classifications des troubles mentaux de l enfant à la personne âgée N 59. Connaître les bases des classifications des troubles mentaux de l enfant à la personne âgée Auteur : J.-A. M. Relecteurs : C. Q., C. L. Statistiques ECN 2008, dossier 4 2008, dossier 7 2010, dossier

Plus en détail

en Mauricie et au Centre-du-Québec, ESCC cycle 1.1 (2000-2001)

en Mauricie et au Centre-du-Québec, ESCC cycle 1.1 (2000-2001) Analyse des données de santé mentale -, ESCC cycle 1.1 (2000-) Avant-propos Ce document traite des principaux résultats régionaux de l ESCC 1.1 portant sur la santé mentale. Les indicateurs présentés ici

Plus en détail

TROUBLES PSYCHOLOGIQUES

TROUBLES PSYCHOLOGIQUES TROUBLES PSYCHOLOGIQUES DANS LA SEP Pr Michèle Montreuil Professeur de psychologie Université Paris 8 La dépression, l anxiété et la labilité émotionnelle ne sont pas rares Dans la sclérose en plaques,

Plus en détail

Repérage, démarche diagnostique, identification de signes d alerte et stratégie de prise en charge

Repérage, démarche diagnostique, identification de signes d alerte et stratégie de prise en charge Repérage, démarche diagnostique, identification de signes d alerte et stratégie de prise en charge Démarche et objectifs Une démarche de santé publique à l initiative de la Direction générale de la Santé

Plus en détail

ACCOMPAGNEMENT ET SOINS DES ENFANTS ET DES ADOLESCENTS EN INSTITUTION. Accompagnement et soins des enfants et des adolescents en institution

ACCOMPAGNEMENT ET SOINS DES ENFANTS ET DES ADOLESCENTS EN INSTITUTION. Accompagnement et soins des enfants et des adolescents en institution Accompagnement et soins des enfants et des adolescents en institution Les souffrances des adolescents sont réelles et conséquentes, dans une période du développement de la personne, empreinte de bouleversements.

Plus en détail

Date de la dernière année disponible au moment du traitement des données 44

Date de la dernière année disponible au moment du traitement des données 44 ORST Charentes - Baromètre régional Santé au travail 14. Synthèse Cette analyse, à visée descriptive, met en évidence la diversité dans le recueil comme dans l exploitation des données des accidents du

Plus en détail

La dépression, une pathologie hautement récidivante? Dr J.M. Bonnin

La dépression, une pathologie hautement récidivante? Dr J.M. Bonnin La dépression, une pathologie hautement récidivante? Dr J.M. Bonnin PSYCHIATRE CLINIQUE ANOUSTE (Bordeaux) Thérapeute Comportemental et Cognitif Enseignant à l IRCCADE La dépression Un des principaux problèmes

Plus en détail

HEBERGEMENT SOCIAL ET ADDICTIONS

HEBERGEMENT SOCIAL ET ADDICTIONS HEBERGEMENT SOCIAL ET ADDICTIONS Pourquoi et comment une porte d entrée par la précarité dans une association qui a centré ses activités sur l addictologie? C PEQUART F MOISAN Association CHARONNE 1 logique

Plus en détail

Patricia Garel. Patricia Garel. Plan et objectifs

Patricia Garel. Patricia Garel. Plan et objectifs Plan et objectifs Synthèse de la conférence CAO2010 (l imparfait au présent) Les trois grandes raisons pour lesquelles un enfant semble ne pas apprendre De qui parle-t-on: Quelques histoires Que peut apporter

Plus en détail

Satisfaction du patient

Satisfaction du patient Satisfaction du patient Johan Van der Heyden Institut Scientifique de Santé Publique Direction opérationnelle Santé publique et surveillance Rue J. Wytsman, 14 B - 1050 Bruxelles 02 / 642 57 26 E-mail

Plus en détail

CÉPHALÉES CHRONIQUES QUOTIDIENNES (CCQ) Diagnostic, rôle de l abus médicamenteux, prise en charge (actualisation programmée : 5 ans)

CÉPHALÉES CHRONIQUES QUOTIDIENNES (CCQ) Diagnostic, rôle de l abus médicamenteux, prise en charge (actualisation programmée : 5 ans) Recommandations pour la pratique clinique Septembre 2004 (ANAES) CÉPHALÉES CHRONIQUES QUOTIDIENNES (CCQ) Diagnostic, rôle de l abus médicamenteux, prise en charge (actualisation programmée : 5 ans) Définition

Plus en détail

Admission à l hôpital pour tentative de suicide : analyse des facteurs de risque, du suivi médical et de la récidive

Admission à l hôpital pour tentative de suicide : analyse des facteurs de risque, du suivi médical et de la récidive Admission à l hôpital pour tentative de suicide : analyse des facteurs de risque, du suivi médical et de la récidive Synthèse Bien que les comportements suicidaires représentent un problème majeur de santé

Plus en détail

COMPÉTENCES CLINIQUES - SANTÉ MENTALE CONNAISSANCES PRÉALABLE OBJECTIFS 1. ENTRETIEN PSYCHIATRIQUE. 1.1. Les buts de l entretien psychiatrique

COMPÉTENCES CLINIQUES - SANTÉ MENTALE CONNAISSANCES PRÉALABLE OBJECTIFS 1. ENTRETIEN PSYCHIATRIQUE. 1.1. Les buts de l entretien psychiatrique CONNAISSANCES PRÉALABLE Les séminaires de compétences cliniques de santé mentale se basent sur l enseignement «Anamnèse et compétences psychosociales» du N. Blondel & C. Salathé (2014) et les cours de

Plus en détail

Addictions sexuelles Les stratégies thérapeutiques pour réajuster une sexualité compulsive

Addictions sexuelles Les stratégies thérapeutiques pour réajuster une sexualité compulsive Addictions sexuelles Les stratégies thérapeutiques pour réajuster une sexualité compulsive PARIS CSAPA BIZIA Dr Daulouède (Bayonne) lagadecaddiction@gmail.com Marthylle LAGADEC Psychologue clinicienne

Plus en détail

Dr Azizi Fatima MG Rabat 11/04/2013

Dr Azizi Fatima MG Rabat 11/04/2013 Dr Azizi Fatima MG Rabat 11/04/2013 Introduction L anxiété fait partie du registre émotionnel normal de l être humain Le caractère pathologique doit être évalué à partir de critères diagnostiques aussi

Plus en détail

Le CHSCT, le devoir de prévention et la santé mentale au travail, comment se préparer?

Le CHSCT, le devoir de prévention et la santé mentale au travail, comment se préparer? Le CHSCT, le devoir de prévention et la santé mentale au travail, comment se préparer? Les élus qui nous contactent sont souvent démunis face à cette situation nouvelle que représente pour eux la multiplication

Plus en détail

Outil de détection précoce du burnout

Outil de détection précoce du burnout Outil de détection précoce du burnout Guide d utilisation Objectif de l outil L objectif principal de cet outil est d apporter une aide aux professionnels de la santé pour déceler les signes avant-coureurs

Plus en détail

Approche psychologique de l immolation A. BELAID, S.JOUCDAR, F.KACHA

Approche psychologique de l immolation A. BELAID, S.JOUCDAR, F.KACHA Approche psychologique de l immolation A. BELAID, S.JOUCDAR, F.KACHA Introduction Nécessité d un abord psychologique, sociologique et politique Rare, la tentative de suicide par le feu représente environ

Plus en détail

LE RECOURS AUX MÉDICAMENTS

LE RECOURS AUX MÉDICAMENTS LE RECOURS AUX MÉDICAMENTS PSYCHOTROPES A L'ÂGE DE LA RETRAITE Lille, 13 septembre 2012 Laurent Plancke 1, 2, Alina Amariei 1, Thierry Danel 1, Laurence Ladrière-Lizet 3, Jean Deligne 3 1 Fédération régionale

Plus en détail

Compte rendu de la conférence sur la prévention des conduites à risques chez l adolescent (05/12/2003)

Compte rendu de la conférence sur la prévention des conduites à risques chez l adolescent (05/12/2003) Compte rendu de la conférence sur la prévention des conduites à risques chez l adolescent (05/12/2003) INTERVENTION DE MARIE CHOQUET Le suicide est la 2 ième cause de mortalité des 16/25 ans. On compte

Plus en détail

Améliorer la qualité du système de santé et maîtriser les dépenses : propositions de l Assurance maladie pour 2015

Améliorer la qualité du système de santé et maîtriser les dépenses : propositions de l Assurance maladie pour 2015 Améliorer la qualité du système de santé et maîtriser les dépenses : propositions de l Assurance maladie pour 2015 Rapport au ministre chargé de la sécurité sociale et au Parlement sur l'évolution des

Plus en détail

Troubles de la personnalité (286) Docteur Marc DUBUC Mai 2003

Troubles de la personnalité (286) Docteur Marc DUBUC Mai 2003 Troubles de la personnalité (286) Docteur Marc DUBUC Mai 2003 Pré-Requis : Nosologie des troubles névrotiques et des psychoses. Résumé : Comprendre la notion de personnalité pathologique. Savoir reconnaître

Plus en détail

PERSONNE AGEE AUX URGENCES. Dr O.DROUIN Court Séjour Gériatrique CH VERDUN

PERSONNE AGEE AUX URGENCES. Dr O.DROUIN Court Séjour Gériatrique CH VERDUN PERSONNE AGEE AUX URGENCES Dr O.DROUIN Court Séjour Gériatrique CH VERDUN ET NON PAS URGENCES DE LA PERSONNE AGEE QUELQUES BANALITES TOUJOURS BONNES A PRECISER L âge n est pas une pathologie L âge de l

Plus en détail

Les consommateurs de somnifères

Les consommateurs de somnifères ARgSES Arguments socio-économiques pour la santé Andrée MIZRAHI 1 et Arié MIZRAHI 1 Les consommateurs de somnifères Les somnifères ou hypnotiques, médicaments psychotropes destinés à lutter contre les

Plus en détail

PLAN. 1. Introduction. 2. Clinique des troubles anxieux. 3. Evaluation clinique. 4. Traitement

PLAN. 1. Introduction. 2. Clinique des troubles anxieux. 3. Evaluation clinique. 4. Traitement LES TROUBLES ANXIEUX CHEZ L ENFANT ET L ADOLESCENT DR PAULE GARROS PLAN 1. Introduction 2. Clinique des troubles anxieux 3. Evaluation clinique 4. Traitement 1. INTRODUCTION 1.1. Points de repère 1.2.

Plus en détail

DIAGNOSTIC DE LA FORMATION DES PERSONNES HANDICAPÉES VUE D ENSEMBLE

DIAGNOSTIC DE LA FORMATION DES PERSONNES HANDICAPÉES VUE D ENSEMBLE DIAGNOSTIC DE LA FORMATION DES PERSONNES HANDICAPÉES VUE D ENSEMBLE JANVIER 2014 INTRODUCTION Le CAMO pour personnes handicapées souhaitait établir un portrait de la situation de la formation des personnes

Plus en détail

La Fondation des maladies mentales

La Fondation des maladies mentales La Fondation des maladies mentales Fondée en 1980 par Dr Yves Lamontagne, psychiatre Mission: la prévention des maladies mentales Programmes de sensibilisation et de prévention Pour les jeunes des écoles

Plus en détail

Prise en charge par le médecin généraliste en ambulatoire d un épisode dépressif isolé de l adulte

Prise en charge par le médecin généraliste en ambulatoire d un épisode dépressif isolé de l adulte SFMG RÉFÉRENTIEL D AUTO-ÉVALUATION DES PRATIQUES EN MÉDECINE GÉNÉRALE Prise en charge par le médecin généraliste en ambulatoire d un épisode dépressif isolé de l adulte Décembre 2004 I. PROMOTEURS Société

Plus en détail

Le secteur spécialisé «assuétudes» wallon et la Réforme des soins en santé mentale

Le secteur spécialisé «assuétudes» wallon et la Réforme des soins en santé mentale Le secteur spécialisé «assuétudes» wallon et la Réforme des soins en santé mentale 1 L offre de soins en santé mentale dans l accord gouvernemental L accord gouvernemental du 9 octobre 2014 prévoit en

Plus en détail

8 RISQUES PSYCHOSOCIAUX

8 RISQUES PSYCHOSOCIAUX 8 RISQUES PSYCHOSOCIAUX DE QUOI PARLE T ON? (source : guide DGAFP) La définition de référence des risques psychosociaux (RPS) retenue ici est celle du rapport du collège d experts présidé par Michel Gollac

Plus en détail

Critères de Choix d une Echelle de Qualité De Vie. Etudes cliniques dans l autisme. Introduction

Critères de Choix d une Echelle de Qualité De Vie. Etudes cliniques dans l autisme. Introduction Critères de Choix d une Echelle de Qualité De Vie Etudes cliniques dans l autisme Marie-Christine Picot Congrès Epsylon 5 avril 2013 Introduction Mesurer la Qualité de Vie liée à la Santé : Evaluer les

Plus en détail

Manon Méndez CENEA centre neuchâtelois d alcoologie 23 mai 2013

Manon Méndez CENEA centre neuchâtelois d alcoologie 23 mai 2013 Manon Méndez CENEA centre neuchâtelois d alcoologie 23 mai 2013 Objectifs de la présentation Offres de la FNA-CENEA Politique fédérale Les différents types de consommateurs Processus d addiction et de

Plus en détail

Ministère des affaires sociales et de la santé

Ministère des affaires sociales et de la santé Direction générale de l offre de soins Sous-direction des ressources humaines du système de santé Bureau des ressources humaines hospitalières Personne chargée du dossier : Michèle LENOIR-SALFATI tél.

Plus en détail

Adult Learning for Older and Retired Workers L éducation des adultes et les travailleurs âgés face à la retraite 1

Adult Learning for Older and Retired Workers L éducation des adultes et les travailleurs âgés face à la retraite 1 Adult Learning for Older and Retired Workers L éducation des adultes et les travailleurs âgés face à la retraite 1 par Elaine Biron, Pierre Doray, Paul Bélanger, Simon Cloutier, Olivier Meyer Communication

Plus en détail

Troubles de l humeur et dépressions des sujets âgés. (Pr Ph. Meire)

Troubles de l humeur et dépressions des sujets âgés. (Pr Ph. Meire) Troubles de l humeur et dépressions des sujets âgés (Pr Ph. Meire) 1 Face aux malentendus et confusions, priorité à la clinique! Changement de personnalité ou de comportement = signal d alarme en gériatrie

Plus en détail

FONDS DES ACCIDENTS DU TRAVAIL 11/12/2007

FONDS DES ACCIDENTS DU TRAVAIL 11/12/2007 FONDS DES ACCIDENTS DU TRAVAIL 11/12/2007 Rapport statistique des accidents du travail de 2006 1 Introduction La déclaration d accident du travail constitue le socle de la collecte des données relatives

Plus en détail

LA LOMBALGIE CHRONIQUE INVALIDANTE

LA LOMBALGIE CHRONIQUE INVALIDANTE LA LOMBALGIE CHRONIQUE INVALIDANTE DE LOURDES CONSÉQUENCES ÉCONOMIQUES : 6 millions de CS par an 1,4 milliards d euros de coûts directs et 5-10 fois plus de coûts indirects Coût de la prise en charge de

Plus en détail

EDUCATEUR: APPROCHE CONCEPTUELLE 2

EDUCATEUR: APPROCHE CONCEPTUELLE 2 MINISTERE DE LA COMMUNAUTE FRANCAISE ADMINISTRATION GENERALE DE L'ENSEIGNEMENT ET DE LA RECHERCHE SCIENTIFIQUE ENSEIGNEMENT DE PROMOTION SOCIALE DE REGIME 1 DOSSIER PEDAGOGIQUE UNITE DE FORMATION EDUCATEUR:

Plus en détail

Définition, finalités et organisation

Définition, finalités et organisation RECOMMANDATIONS Éducation thérapeutique du patient Définition, finalités et organisation Juin 2007 OBJECTIF Ces recommandations visent à présenter à l ensemble des professionnels de santé, aux patients

Plus en détail

R. BARAKA B. Griene Consultation Douleur Centre Pierre et Marie Curie Alger

R. BARAKA B. Griene Consultation Douleur Centre Pierre et Marie Curie Alger R. BARAKA B. Griene Consultation Douleur Centre Pierre et Marie Curie Alger «si c est au plan physique que l on ressent la douleur, c est le psychisme qui la supporte». François BOUREAU Quelques définitions

Plus en détail

Table des matières. Module 1 : «Apprentissage de l exercice médical» Question 1 I. LA RELATION MÉDECIN-MALADE 13 II. L ANNONCE D UNE MALADIE GRAVE 15

Table des matières. Module 1 : «Apprentissage de l exercice médical» Question 1 I. LA RELATION MÉDECIN-MALADE 13 II. L ANNONCE D UNE MALADIE GRAVE 15 Table des matières CHAPITRE 1: LA RELATION MÉDECIN-MALADE L ANNONCE 13 D UNE MALADIE GRAVE. L INFORMATION DU PATIENT ATTEINT DE MALADIE CHRONIQUE. LA PERSONNALISATION DE LA PRISE EN CHARGE MÉDICALE Module

Plus en détail

Nadia Droz, psychologue FSP-APSYTRA, Unité Santé Sécurité au Travail. La prévention des Risques psychosociaux au CHUV

Nadia Droz, psychologue FSP-APSYTRA, Unité Santé Sécurité au Travail. La prévention des Risques psychosociaux au CHUV Nadia Droz, psychologue FSP-APSYTRA, Unité Santé Sécurité au Travail La prévention des Risques psychosociaux au CHUV Objectifs 1. Définition des risques psychosociaux 2. La prévention des risques psychosociaux

Plus en détail

Tension au travail selon le modèle de Karasek et recours aux soins de santé mentale

Tension au travail selon le modèle de Karasek et recours aux soins de santé mentale Tension au travail selon le modèle de Karasek et recours aux soins de santé mentale A. Atramont, F. Gilbert, P. Lapie-Legouis, M-N. Vercambre Fondation MGEN pour la Santé Publique, Paris MUTUELLE SANTÉ.

Plus en détail

Observatoire National de la santé des jeunes. Accès aux droits et aux soins

Observatoire National de la santé des jeunes. Accès aux droits et aux soins Observatoire National de la santé des jeunes Accès aux droits et aux soins Données septembre 2012 «Observatoire santé UNHAJ - accès aux droits et aux soins» La santé des jeunes sous observationerreur!

Plus en détail

Entre mal-être et bien être : comment vont les étudiants. Premiers résultats. Damien BERTHILIER Président La Mutuelle des Étudiants LMDE-EPSE

Entre mal-être et bien être : comment vont les étudiants. Premiers résultats. Damien BERTHILIER Président La Mutuelle des Étudiants LMDE-EPSE Entre mal-être et bien être : comment vont les étudiants Premiers résultats Damien BERTHILIER Président La Mutuelle des Étudiants LMDE-EPSE Objectifs de l enqul enquête Mieux identifier la souffrance psychique

Plus en détail

La souffrance psychique des jeunes: le mal-être des étudiants

La souffrance psychique des jeunes: le mal-être des étudiants La souffrance psychique des jeunes: le mal-être des étudiants Laurent Michel Délégué Général de l USEM Marie Portal Etudiante en Master 2 Promotion de la santé, ISPED Stagiaire à l USEM L USEM et les SMERS

Plus en détail

- Q1. Type d établissement ayant participé à l audit :

- Q1. Type d établissement ayant participé à l audit : Synthèse des résultats de l audit croisé et interhospitalier 2008 à propos de l isolement thérapeutique Q1. Type d établissement ayant participé à l audit : Type d établissement Nombre EPSM 4 CH Général

Plus en détail

Les Belges sont satisfaits de leur médecin Transparence et coûts restent cependant à améliorer

Les Belges sont satisfaits de leur médecin Transparence et coûts restent cependant à améliorer Les Belges sont satisfaits de leur médecin Transparence et coûts restent cependant à améliorer Annexe À l occasion du 50 ème anniversaire de l assurance soins de santé et indemnités, la MC a mené une enquête

Plus en détail

Bulletin d information en économie de la santé n 48 - février 2002. questions 2,6 1,9 1,0 1,0

Bulletin d information en économie de la santé n 48 - février 2002. questions 2,6 1,9 1,0 1,0 Bulletin d information en économie de la santé n 48 - février 2002 questions d économie de la santé analyses Repères Le CREDES a réalisé de septembre 1999 à mai 2000 une enquête sur l état de santé et

Plus en détail

Etude sur la santé mentale des étudiants

Etude sur la santé mentale des étudiants Observatoire Expertise et Prévention pour la Santé des Etudiants Etude sur la santé mentale des étudiants Premiers résultats Novembre 2007 Objectifs et méthode A la demande de La Mutuelle des Etudiants,

Plus en détail

Le circuit de soins internés Etat des lieux

Le circuit de soins internés Etat des lieux Le circuit de soins internés Etat des lieux 1. Quelques données chiffrées sur le monde de l internement 2. Historique de la création du circuit de soins pour internés libérés à l essai Rapport Cosyns (2005)

Plus en détail

Les souffrances psychiques et les comportements inhabituels

Les souffrances psychiques et les comportements inhabituels Premiers secours en équipe Les souffrances psychiques et les comportements inhabituels Service Départemental d'incendie et de Secours du Calvados A la fin de cette partie vous serez capable : de prendre

Plus en détail

Grand-duché du Luxembourg 2013: Santé mentale et psychiatrie

Grand-duché du Luxembourg 2013: Santé mentale et psychiatrie Grand-duché du Luxembourg 2013: Santé mentale et psychiatrie Etude du CRP-Santé Conférence de presse 26 Septembre 2013 SOMMAIRE Contexte Méthodologie Résultats Quelques chiffres clés Le cadre politique

Plus en détail

Indicateur n 9 : Nombre de consultations de professionnels de santé pat habitant

Indicateur n 9 : Nombre de consultations de professionnels de santé pat habitant 38 Indicateur n 9 : Nombre de consultations de professionnels de santé pat habitant Sous-indicateur n 9-1 : nombre de consultations de médecins par habitant (omnipraticiens et spécialistes, y compris consultations

Plus en détail

M me Florence Chanut. «Injection : Comment articuler prévention, éducation et réduction des risques?»

M me Florence Chanut. «Injection : Comment articuler prévention, éducation et réduction des risques?» M me Florence Chanut Psychiatre Responsable du programme de psychiatrie des toxicomanies du Centre Hospitalier Universitaire de Montréal (CHUM) Professeur adjoint de clinique au département de psychiatrie

Plus en détail

La santé au travail des cheminots en région Bretagne Enquête pour le CER et la Mutuelle Entrain

La santé au travail des cheminots en région Bretagne Enquête pour le CER et la Mutuelle Entrain La santé au travail des cheminots en région Bretagne Enquête pour le CER et la Mutuelle Entrain Présentation des résultats de l enquête auprès des salariés Sommaire A- La démarche 1. Méthodologie de l

Plus en détail

Internet, jeux vidéo, téléphone portable: frontière entre utilisation intensive et dépendance comportementale

Internet, jeux vidéo, téléphone portable: frontière entre utilisation intensive et dépendance comportementale Internet, jeux vidéo, téléphone portable: frontière entre utilisation intensive et dépendance comportementale Derniers résultats de la recherche Gregor Waller, MSc Berne, le 7 mars 2013 Forum national

Plus en détail

Enquête sur l importance du patrimoine en Suisse. réalisée pour l Office fédéral de la culture

Enquête sur l importance du patrimoine en Suisse. réalisée pour l Office fédéral de la culture Département fédéral de l'intérieur DFI Office fédéral de la culture OFC Enquête sur l importance du patrimoine en Suisse réalisée pour l Office fédéral de la culture Juillet 2014 Table des matières 1.

Plus en détail

Précarit santé mentale (Ces-d) en France à partir de 2002-2003

Précarit santé mentale (Ces-d) en France à partir de 2002-2003 Précarit carité de l emploi l et santé mentale (Ces-d) en France à partir de l Enquête Décennale D Santé 2002-2003 2003 Gaëlle Santin,, Christine Cohidon Département Santé Travail - InVS Indicateurs de

Plus en détail

ENQUÊTE DE SANTÉ 2013

ENQUÊTE DE SANTÉ 2013 ENQUÊTE DE SANTÉ 2013 RAPPORT 3 : UTILISATION DES SERVICES DE SOINS DE SANTÉ ET DES SERVICES SOCIAUX Sabine Drieskens, Lydia Gisle (éd.) Institut Scientifique de Santé Publique Direction Opérationnelle

Plus en détail

Enquête mensuelle de conjoncture auprès des ménages

Enquête mensuelle de conjoncture auprès des ménages Note Méthodologique Dernière mise à jour : 27-1-214 Enquête mensuelle de conjoncture auprès des ménages Présentation de l enquête L Insee réalise depuis janvier 1987 l enquête mensuelle de conjoncture

Plus en détail

LE MALADE EXPRIMANT DES PLAINTES SOMATIQUES. Pr Jean Louis Senon, Dr Nemat Jaafari Dr Christelle Paillard, Dr Mélanie Voyer Faculté de Médecine

LE MALADE EXPRIMANT DES PLAINTES SOMATIQUES. Pr Jean Louis Senon, Dr Nemat Jaafari Dr Christelle Paillard, Dr Mélanie Voyer Faculté de Médecine LE MALADE EXPRIMANT DES PLAINTES SOMATIQUES Pr Jean Louis Senon, Dr Nemat Jaafari Dr Christelle Paillard, Dr Mélanie Voyer Faculté de Médecine Malade exprimant des plaintes somatiques Beaucoup des troubles

Plus en détail

AVIS de l Association des centres de réadaptation en dépendance du Québec

AVIS de l Association des centres de réadaptation en dépendance du Québec AVIS de l Association des centres de réadaptation en dépendance du Québec EN RÉACTION AU DOCUMENT DE CONSULTATION SUR LE PLAN D ACTION EN SANTÉ MENTALE 2014-2020 Déposé dans le cadre du Forum national

Plus en détail

La méthode des quotas

La méthode des quotas La méthode des quotas Oliviero Marchese, décembre 2006 1 La méthode des quotas Principe de la méthode Point de départ et but recherché Caractère «intuitif» de la méthode A quoi ressemble une feuille de

Plus en détail

L aide aux aidants. Psychologue clinicienne. Capacité de gériatrie mars 2009

L aide aux aidants. Psychologue clinicienne. Capacité de gériatrie mars 2009 L aide aux aidants Aude Comberieu Psychologue clinicienne Hôpital Émile Roux Capacité de gériatrie mars 2009 Définition L aidant naturel L aidant non professionnel L aidant familial «L aidant familial

Plus en détail

Le modèle biomédical traditionnel se cantonne dans une approche biologique de la maladie.

Le modèle biomédical traditionnel se cantonne dans une approche biologique de la maladie. FACTEURS PSYCHOSOCIAUX DE LA DOULEUR CHRONIQUE I. FENNIRA CTD LA DOULEUR COMME PHENOMENE MULTIDIMENSIONNEL INTRODUCTION Le modèle biomédical traditionnel se cantonne dans une approche biologique de la

Plus en détail

Hyperactivité avec déficit de l'attention et de la concentration, un syndrôme à grand risque d'addiction

Hyperactivité avec déficit de l'attention et de la concentration, un syndrôme à grand risque d'addiction Résumé Hyperactivité avec déficit de l'attention et de la concentration, un syndrôme à grand risque d'addiction Dr Jean-Jacques Déglon Médecin-directeur de la Fondation Phénix Le syndrome d hyperactivité

Plus en détail

I -Les élèves des dispositifs

I -Les élèves des dispositifs Centre Alain Savary Résultats de l enquête sur les élèves scolarisés dans des dispositifs relais durant l année scolaire 1998-1999. Cette enquête qui fait suite à celle de 97-98, concerne la situation

Plus en détail

Neuroleptiques et Maladie d Alzheimer

Neuroleptiques et Maladie d Alzheimer Neuroleptiques et Maladie d Alzheimer Pr. M Ceccaldi (Centre Mémoire de Ressources et de Recherche PACA Ouest, CHU Timone, APHM, Aix Marseille Université, Marseille) Dr. G Retali (Centre Mémoire de Ressources

Plus en détail

Réhabilitation Psychiatrique, plaidoyer pour une formation de base des équipes psychiatriques de secteur Guy M. Deleu / Belgique 15-02-2004

Réhabilitation Psychiatrique, plaidoyer pour une formation de base des équipes psychiatriques de secteur Guy M. Deleu / Belgique 15-02-2004 Réhabilitation Psychiatrique, plaidoyer pour une formation de base des équipes psychiatriques de secteur Guy M. Deleu / Belgique 15-02-2004 Introduction Dans le cadre de mes activités de formateur en Réhabilitation

Plus en détail

Objectiver les inégalités sociales et territoriales de santé 13ème colloque national des ORS Bordeaux, 4 avril 2013

Objectiver les inégalités sociales et territoriales de santé 13ème colloque national des ORS Bordeaux, 4 avril 2013 Objectiver les inégalités sociales et territoriales de santé 13ème colloque national des ORS Bordeaux, 4 avril 2013 Dr Patricia Saraux-Salaün Xavier Samson Mission santé publique, Ville de Nantes Dr Anne

Plus en détail

EPIDEMIOLOGIE DES PATHOLOGIES BUCCO- DENTAIRES DES ENFANTS DE 6 ANS ET DE 12 ANS EN CORSE

EPIDEMIOLOGIE DES PATHOLOGIES BUCCO- DENTAIRES DES ENFANTS DE 6 ANS ET DE 12 ANS EN CORSE EPIDEMIOLOGIE DES PATHOLOGIES BUCCO- DENTAIRES DES ENFANTS DE 6 ANS ET DE 12 ANS EN CORSE Dans le cadre d un programme d observation du vivant en Corse (Bioscope Corse-Méditerranée), l INSERM a mené, en

Plus en détail

L externat en médecine générale L exemple de Paris V

L externat en médecine générale L exemple de Paris V L externat en médecine générale L exemple de Paris V Mémoire DIU Pédagogie Médicale 2010 Dr Olivier Benainous CCA médecine générale Dr Mirna Salloum Urgentiste 1 Sommaire I. Externat en médecine générale

Plus en détail

Le Contrat Thérapeutique en Catalogne

Le Contrat Thérapeutique en Catalogne Le Contrat Thérapeutique en Catalogne Programme d Aide d Intégrale aux Médecins M Malades de Catalogne Dr. Antoni Arteman Gérant Fondation Galatea Conseil Régional R de l Ordre l des Médecins M Rhône-Alpes

Plus en détail

INSTITUT BVA ACTUALITÉ AVRIL 2001 LA PSYCHOTHÉRAPIE. Cette enquête est réalisée pour. et la Fédération Française de Psychothérapie

INSTITUT BVA ACTUALITÉ AVRIL 2001 LA PSYCHOTHÉRAPIE. Cette enquête est réalisée pour. et la Fédération Française de Psychothérapie INSTITUT BVA ACTUALITÉ AVRIL 2001 LA PSYCHOTHÉRAPIE Cette enquête est réalisée pour et la Fédération Française de Psychothérapie Publiée dans du mois de Mai 2001 Vous personnellement, avez-vous suivi une

Plus en détail

Recensement de la population

Recensement de la population Recensement de la population Ménages et familles 1. Définition des concepts Un ménage Un ménage regroupe l ensemble des occupants d une résidence principale, qu ils aient ou non des liens de parenté. Un

Plus en détail

Le burn out : un concept flou?

Le burn out : un concept flou? Centre de recherche sur les Risques et les Crises Le burn out : un concept flou? Nice, 13 mars 2015 Philippe Zawieja philippe.zawieja@mines-paristech.fr 1 Objectifs 1. Comment situer le burn out dans la

Plus en détail

Focus. Lien entre rémunération du travail et allocation de chômage

Focus. Lien entre rémunération du travail et allocation de chômage Focus Lien entre rémunération du travail et allocation de chômage Introduction Le travailleur qui devient chômeur et qui est admissible sur base de prestations de travail se voit, en application du principe

Plus en détail

Une échelle d évaluation semistructurée. B. Gravier

Une échelle d évaluation semistructurée. B. Gravier Une échelle d évaluation semistructurée : la HCR-20 B. Gravier Exemple de jugement clinique structuré: The Historical Clinical Risk Management 20 item scale HCR - 20 Echelle utilisée par les cliniciens

Plus en détail

Recherche sur le Burnout en Belgique

Recherche sur le Burnout en Belgique Recherche sur le Burnout en Belgique Outil de détection précoce STRAETMANS Mélanie, psychologue melanie.straetmans@emploi.belgique.be SPF Emploi, Travail et Concertation sociale Direction générale Humanisation

Plus en détail

EDUCATION THERAPEUTIQUE A L'AUTO SONDAGE INTERMITTENT

EDUCATION THERAPEUTIQUE A L'AUTO SONDAGE INTERMITTENT EDUCATION THERAPEUTIQUE A L'AUTO SONDAGE INTERMITTENT Fiche descriptive d un programme d éducation thérapeutique à l auto-sondage intermittent Thème du programme: l amélioration et la conservation de son

Plus en détail

Communication écrite : un adulte sur cinq en situation préoccupante

Communication écrite : un adulte sur cinq en situation préoccupante Direction du Travail, de l Emploi et de la Formation Professionnelle de article déjà publié d la série ins e e part naires Communication écrite : un adulte sur cinq en situation préoccupante compte environ

Plus en détail

ÉQIIP SOL. Pourquoi une équipe d intervention intensive de proximité? 2014-11-13

ÉQIIP SOL. Pourquoi une équipe d intervention intensive de proximité? 2014-11-13 ÉQIIP SOL Équipe d intervention intensive de proximité Pourquoi une équipe d intervention intensive de proximité? Présence d un plateau technique de traitement en santé mentale et en toxicomanie : CHUM

Plus en détail

Pour une meilleure prise en compte de la santé mentale et de ses troubles

Pour une meilleure prise en compte de la santé mentale et de ses troubles 1 Pour une meilleure prise en compte de la santé mentale et de ses troubles En inter établissements à Montpellier plusieurs modules de formation à destination des travailleurs sociaux, éducateurs, psychologues,

Plus en détail

Déterminants de la réintégration au travail des personnes en situation de handicap psychique

Déterminants de la réintégration au travail des personnes en situation de handicap psychique 2 ème journée d étude de l Observatoire Régional des Risques Psychosociaux en Aquitaine Risques psychosociaux: tous préventeurs? Bordaux, 6 décembre 2012 Déterminants de la réintégration au travail des

Plus en détail

Les recommandations de l OMS pour la prévention du suicide en milieu professionnel

Les recommandations de l OMS pour la prévention du suicide en milieu professionnel Les recommandations de l OMS pour la prévention du suicide en milieu professionnel WHO (World Health Organization), Preventing Suicide : a resource at work. (Preventing Suicide : a resource series ; 8).

Plus en détail

Concordance entre le SOGS-RA et les critères du jeu pathologique du DSM-IV chez les jeunes

Concordance entre le SOGS-RA et les critères du jeu pathologique du DSM-IV chez les jeunes Résumé de recherche Concordance entre le SOGS-RA et les critères du jeu pathologique du DSM-IV chez les jeunes Robert Ladouceur, Ph.D. 1 Francine Ferland, Ph.D. Christiane Poulin, M.D., M.Sc., F.R.C.P.C.

Plus en détail

2.0 Interprétation des cotes d évaluation des risques relatifs aux produits

2.0 Interprétation des cotes d évaluation des risques relatifs aux produits 2.0 Interprétation des cotes d évaluation des risques relatifs aux produits L interprétation des cotes attribuées dans le cadre des évaluations des risques relatifs aux produits décrite plus loin repose

Plus en détail

Résumé Soutenir l amélioration continue de la qualité des soins donnés aux personnes souffrant de maladies chroniques au Québec

Résumé Soutenir l amélioration continue de la qualité des soins donnés aux personnes souffrant de maladies chroniques au Québec Résumé Soutenir l amélioration continue de la qualité des soins donnés aux personnes souffrant de maladies chroniques au Québec Des indicateurs de qualité à l intention des professionnels et des gestionnaires

Plus en détail

L état de santé des bénéficiaires de l AME en contact avec le dispositif de soins

L état de santé des bénéficiaires de l AME en contact avec le dispositif de soins L état de santé des bénéficiaires de l AME en contact avec le dispositif de soins 1 1 - objectifs L Aide médicale de l Etat (AME) permet l accès aux soins des personnes en situation irrégulière. 185 000

Plus en détail

Stress des soignants et Douleur de l'enfant

Stress des soignants et Douleur de l'enfant 5e rencontre francophone Suisse et France voisine de la douleur chez l enfant Stress des soignants et Douleur de l'enfant Céline ROUSSEAU-SALVADOR Psychomotricienne - Psychologue Clinicienne Service d

Plus en détail

Evaluation des équipes mobiles spécialisées en psychiatrie. DDASS des Bouches-du-Rhône

Evaluation des équipes mobiles spécialisées en psychiatrie. DDASS des Bouches-du-Rhône Evaluation des équipes mobiles spécialisées en psychiatrie DDASS des Bouches-du-Rhône Modalités de l évaluation envoi aux équipes d un questionnaire d évaluation spécifique entretiens menés avec tout ou

Plus en détail

La cyberaddiction: une dépendance à Internet?

La cyberaddiction: une dépendance à Internet? La cyberaddiction: une dépendance à Internet? Impacts d Internet en santé mentale: Résultats de l enquête sur les accros du web Docteur GAUTIER J., pédopsychiatre Service de psychiatrie infanto-juvénile

Plus en détail

DEUXIEME PARTIE : MALADIES ET GRANDS SYNDROMES. Trouble psychosomatique Question 289

DEUXIEME PARTIE : MALADIES ET GRANDS SYNDROMES. Trouble psychosomatique Question 289 DEUXIEME PARTIE : MALADIES ET GRANDS SYNDROMES Trouble psychosomatique Question 289 Rédaction : M. Ferreri Fl. Ferreri C. Agbokou M. Lejoyeux Le trouble psychomatique se définit comme un trouble somatique

Plus en détail

1. Les comptes de dépôt et d épargne

1. Les comptes de dépôt et d épargne 1. Les comptes de dépôt et d épargne 1.1 Les comptes de dépôt 1.1.1 Le taux de possession d un compte de dépôt Le premier constat est celui d un accès important aux comptes de dépôt, quelle que soit la

Plus en détail

DOMAINE 7 RELATIONS ET RÔLES

DOMAINE 7 RELATIONS ET RÔLES DOMAINE 7 RELATIONS ET RÔLES 327 Allaitement maternel inefficace (00104) 327 Allaitement maternel interrompu (00105) 328 Motivation à améliorer l allaitement maternel (00106) 329 Tension dans l exercice

Plus en détail

EQUIPE MOBILE PSYCHIATRIE ET PRECARITE

EQUIPE MOBILE PSYCHIATRIE ET PRECARITE EQUIPE MOBILE PSYCHIATRIE ET PRECARITE Cliquez pour modifier le style des sous-titres du masque Dr Michot Cécile ( psychiatre CHU Nîmes ) Création d équipes mobiles spécialisées en psychiatrie (novembre

Plus en détail