L assurance-vie et le Financement du secteur privé en Afrique Subsaharienne

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1 L assurance-vie et le Financement du secteur privé en Afrique Subsaharienne Nelly MONGOSSO O BAKANG Administrateur et Directeur Général Adjoint Allianz Cameroun Assurances Vie

2 Plan de la présentation Introduction Assurance-vie : collecteur de fonds Assurance-vie : investisseur institutionnel Assurance-vie : acteur majeur du financement Conditions du financement du secteur privé par l assurance-vie Conclusion

3 Introduction

4 Dans le contexte du sous-financement évoqué (et décrié) du secteur privé en Afrique, l assurance-vie peut-elle jouer un rôle? Comment est perçue la surliquidité des banques par les assureurs-vie et quelles sont les conséquences sur leur activité? La réponse à ces questions devrait logiquement ressortir des discussions prévues au cours de ce panel.

5 Pour ma part, je me propose de répondre à la première question en revenant sur les mécanismes principaux de l activité d assurance-vie afin de confirmer l importance de sa place dans le financement du secteur privé. Ensuite, répondre à la seconde question sera en réalité un prétexte pour présenter les desiderata de l assurancevie pour lui permettre de jouer pleinement son rôle dans le financement de l économie.

6 Assurance-vie : instrument de collecte de fonds (épargne)

7 L assurance-vie est celle qui couvre les risques dépendant de la durée de la vie humaine. Les principaux produits d assurance-vie se regroupent en deux sous-groupes : l assurance en cas de décès et l assurance en cas de vie. L assurance en cas de décès regroupe classiquement les couvertures temporaires du risque de décès par le versement d un capital dont la finalité détermine le montant. Exemple : l assurance des frais d obsèques (maximum XAF), l assurance des emprunteurs (encours du prêt),

8 L assurance en cas de vie (survie) est celle des capitaux différés payables en cas d atteinte d un certain âge par l assuré. Exemple : l âge de la retraite pour le capital retraite. Il existe des produits appelés mixtes qui combinent une garantie en cas de décès et une garantie en cas de vie. Les produits de capitalisation se retrouvent généralement classés avec l assurance-vie et correspondent bien souvent à une épargne en vue de la retraite dans le cadre de régimes à cotisations définies contrairement aux régimes de sécurité sociale qui fonctionnent par répartition, avec plutôt des prestations définies.

9 Malgré un chiffre d affaires en retrait par rapport à l assurance non-vie (dommages et responsabilité), la branche Vie connaît une croissance soutenue et régulière depuis près d une décennie notamment dans les pays de la zone FANAF (Fédération des Sociétés d Assurances de Droit National Africaines).

10 Source FANAF 2013 Evolution du chiffre d affaires FANAF (en millions de francs CFA) % 2009 % 2010 % 2011 % % % % % Structure des portefeuilles par produit 50% 55% 53% 26% 21% 23% 22% 23% 23% épargne et capitalisation mixte en cas de vie en cas de décès Source FANAF 2013

11 Les produits d assurance-vie qui génèrent le plus de fonds sont ceux qui ont trait à l épargne et à la capitalisation : illustration parfaite du rôle de cette branche d assurance dans la collecte des fonds auprès des ménages et entreprises.

12 L assurance-vie : investisseur institutionnel

13 Selon leur nature, les produits d assurance-vie engendrent des engagements plus ou moins importants pour l assureur. La juste évaluation de ces engagements est primordiale pour l assureur-vie dont c est la préoccupation principale. Outre ses actifs propres, l assurance-vie est tenue à une allocation puis à une gestion d actifs en représentation de ses engagements vis-à-vis des assurés (provisions Forum International techniques). de la Finance en Afrique Subsaharienne

14 L assurance-vie est ainsi détentrice d actifs importants à gérer pour son propre compte ou au titre de la gestion «déléguée pour le compte de ses clients» L assureur-vie est en permanence à la recherche d opportunités de placements pour investir la trésorerie dont il dispose car sa liquidité se renouvelle au fil de la souscription des contrats et du règlement de leurs primes périodiques.

15 Source FANAF 2013 Evolution des placements vie FANAF (en milliards de francs CFA) % 2009 % 2010 % 2011 % % % % % Structure des placements 7% 6% 36% 39% 11% 11% 18% 16% 27% 27% autres prêts liquidité immobilier actions obligations Source FANAF 2013

16 Il apparaît très clairement que les liquidités représentent une part conséquente dans les placements de l assurance-vie : elle est ainsi un gros contributeur à la situation de surliquidité observée dans les banques. La structure des placements de l assurance-vie est relativement stable depuis de longues années ; traduisant une forme d inertie des capitaux.

17 L assurance vie : acteur majeur du financement

18 Comme collecteur de fonds, l assurance-vie dispose de capitaux importants pouvant servir au financement. Une part importante des fonds des assureurs-vie constitue la liquidité (surliquidité) observée dans les banques. Les engagements de l assurance-vie s étalent sur du moyen et long terme, lui donnant donc la possibilité de financer des projets sur une durée analogue : la structure actuelle des placements indique une propension à la souscription d obligations (27%) suivie des actions (16%). La rémunération n est pas le principal critère déterminant le choix : «pas de course au plus offrant».

19 La réglementation incite au financement local notamment par les contraintes géographiques de souscription dans la zone CIMA. La contrainte de la diversité avec un catalogue de placements qui réduit notamment les dépôts en banque et en caisse à 35% des actifs est également une incitation forte au financement local.

20 Conditions de financement du secteur privé par l assurance-vie

21 Outre le règlement des sinistres survenus dans le cadre contractuel et correspondant à ses engagements, l assurance-vie a la vocation de financer l économie. Elle dispose de fonds stables et importants, sur une durée moyenne ou longue. Pour intéresser les assureurs-vie, les offres de placements devraient plus prendre en compte les contraintes réglementaires des assureurs notamment faire partie du catalogue des placements admis en représentation des engagements. Compte tenu de la structure des placements actuels, il est évident que plus d informations sur les entreprises notamment par un système de notation accroîtrait la lisibilité et permettrait certainement Forum International l augmentation de la Finance Afrique du Subsaharienne volume d actions et obligations souscrites par l assurance-vie.

22 La place d investisseur institutionnel de l assurance-vie doit être reconnue avec une sollicitation quasi-systématique des assureurs-vie sur les opérations d envergure (information) Les supports de placements doivent être attractifs et surtout imaginatifs pour remporter l intérêt des assureurs La surliquidité des banques doit être résorbée afin de rendre les dépôts en banque à nouveau attractifs. En effet, le contexte actuel qui détermine la baisse des taux d intérêt constitue un frein à double titre dans les activités des assureurs :

23 Les accords de bancassurance sont en difficulté car générant d importants dépôts dont la banque ne se sert vraisemblablement pas, réduisant la compétitivité des produits concernés. Les stratégies des assureurs-vie les conduisent à se replier sur leur activité plus traditionnelle en essayant de modifier la structure de leur portefeuille pour réduire le poids des produits d épargne et de capitalisation au profit notamment de ceux en cas de décès ; l objectif étant de réduire les provisions techniques.

24 Conclusion

25 Les perspectives de développement sont importantes en assurance-vie. En effet, de nombreux besoins sociaux ne sont pas couverts (ou sont partiellement couverts). De plus, le taux de pénétration de l assurance-vie dans la zone FANAF reste bien faible, évalué en-dessous de 1%. Il subsiste donc encore une bonne marge de progression dans la collecte de l épargne.

26 Seulement, celle-ci ne peut se faire convenablement que dans un contexte d utilisation effective de celleci au travers du financement de l économie. Par conséquent, tous les acteurs devraient s accorder face à l objectif commun qui consiste à créer l environnement susceptible de favoriser cet emploi des ressources de liquidités.

27 Merci pour votre bien aimable attention!

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